Mon magazine, 1 mars 1926, mars
Vol I_No 3 ^ j Montréal, Mars 1926 "Revue Canadienne de la Famille et du Foyer Vingt Cents Mon Magazine, Mars 1926 inAGAZLNB utèfimr a> t., i " Par des Canadiens-Français Pour les Canadiens- Français " UNE FONDATION CANADIENNE-FRANÇAISE A ceux qui désirent le savoir : "MON MAGAZINE" est publié par la Cie de Publication Mon Magazine dont MM.J.L.K.Laflamme et G.Laurin sont les seuls propri' étaires.CEUX SiUl LISEHT "MCXN MAGAZINE" En se rendant à son bureau.Enfoncé dans sa limousine.Monsieur parcourt un numéro De Mon Magazine.Après le petit déjeuner, "Tasse de café et tartine," Madame en se faisant coiffer Lit Mon Magazine.Sous le grand lustre du moir, £>ui toute la salle illumine, La Débutante, en clair peignoir.Lit Mon Magazine.Seul dans sa chambre, après son cours.De droit ou bien de médecine, Crufcjue étudiant de nos jours.Lit Mon Magazine.La jeune veut* en son boudoir.Pour chasser l'ennui qui la mine.Plutôt que de brow du noir.Lit Mon Magazine.Tout en surveillant ses chaudrons, Marie, au fond de sa cuisine.Se régale du feuilleton De Mon Magazine.La couturière, le trottin Le brair ouvrier de l'usine Et le superchic manneifum Lis' Mon Magazine.Comme cadeau du nouvel an, /I n'en est aucun, j'imagine, i^ui remplace un abonnement A Mon Magazine.SEM.Rien ne remplace le plus beau magazine de chez'nous .'.Le service des modes de " Mon Magazine" a résolu ce problème : L'élégance chez soi et à bon marché.De Belles Récréations pour les grands et les petits, pour les jeunes et les vieux.a a UN GUIDE SÛR POUR LA MÉNAGÈRE ET LA PERSONNE QUI VEUT ' ETRE BIEN MISE.UNE ANNEE D'ABONNEMENT À " MON MAGAZINE " CONTIENT DOUZE GRANDS ROMANS COMPLETS Abonner vous a "Mon Magazine" et intéressez tous les membres de la famille.Coûte le prix d'un volume et en vaut une douzaine et bien davantage.?39999999999999999999999992899999999999999 Mon Magazine, Mars 1926 1 GR ATI S !! GRATIS SEDAN FORD livré taxe et fret payés, DONNÉ GRATUITEMENT.I I PIANO "PRATTE" ou $600.00 en argent acheté de la maison J.Donat Langelier et exposé dans ses vitrines, DONNÉ GRATUITEMENT.BELLE BALAYEUSE ÉLECTRIQUE OU $ 50.00 JOLI SET DE VAISSELLE OU.$ 40.00 LAMPE ÉLECTRIQUE SUR PIED OU $ 40.00 BICYCLE MARQUE C.M.C.OU.* 30.00 BELLE MONTRE EN OR POUR DAME OU $ 30.00 KODAK EASTMAN OU $ 20.00 ET DES CENTAINES D'AUTRES PRIX EN ARGENT DONNÉS GRATUITEMENT.Nom «vont dan» le puit donné plusieurs centaine* da pria.Maintenant noua donnons un Sedan Ford dernier modèle, a une personne qui répondra A cette annonce.Voua pouvel être celui que 1» Providence choisira.Ca ne coûte rien.Paa un eeul aou de votre argent voua eat demandé aujourd'hui ni plus tard.Cette occaaion eat unique et eat ouvert* à toua lea citoyena de langue f rançaiae.Voici votre chance de gagner un auto Ford Sedan gratuitement.En plu» du Sedan Ford noua donnerona un Piano Pratte acheté de la maison J.Donat Langelier Lté*, et expoié dana aea vitrinee.Un Radio Marconi, dea Bicycle», dei phonographe*, dea caméra*, de l'argenterie, dea fusil*, dea montre* et de* centainea d'autre* prix dispendieux qui représenteront de* centaines de dollar» en valeur at » tou» ce» prix nou» ajouterons plusieurs centaine» de dollars en argent.Vou» pouvel gagner ce* magnifique» prix a part du Sedan Ford.Découpe* le coupon et mallez-le-noue immédiatement avec votre solution à notre casso-tête.3 RADIO MARCONI A 5 LAMPES AVEC TOUSILES ACCESSOIRES, 7 DONNÉ GRATUITEMENT.8 4 MAGNIFIQUES VICTROLAS VICTOR VALANT.$250.00 9 5 SPLENDIDES CHESTERFIELDS VALANT.$150.00 10 6 MERVEILLEUX SETS D'ARGENTERIE MARQUE COM- 11 MUNITY PLATE OU.$ 70.00 12 POUVEZ-VOUS RESOUDRE CE CASSE-TETE DE N Revue Canadienne de la Famille et du foyer Quels sont les trois mots représentés par ces quinze chiffres ?19 5 4 1 14 6 15 18 4 7 18 ;.4, li rÛhx.'j '/ ÇJ/ ii / Pouvcz'voui les trouver?Essayez et gagnes le Sedan Ford gratuitement.Toutes les lettres de l'alphabet sont représentées par des chiffres: A est représenté par I, B par 2, C par 3, etc.Les chiffres dans les petits carrés ci-haut représentent trois mots (20 repré-sente T).Quels sont ces trois mots > Pouvet-voui les trouver ?Mettes votre ingéniosité è l'épreuve, Prenez votre crayon et du papier et trouves ces trois mots.Ensuite msJles-nous votre réponse aujourd'hui.Nous donnerons gratuitement le Sedan Ford et tous les autres pris, sûrement vous aimeriez être au nombre des gagnants.Ca ne vous coûte rien d'essayer.Ne laisses pas un autre vous devancer.Découpes le coupon et malles-le de suite.ÉCRIVEZ-NOUS AUJOURD'HUI Si vous désires un Sedan pour vos affaires ou pour vous promener, si vous voulez le gagner, écrives-nous aujourd'hui- Notre compagnie vous garantit à l'avance que vous seres traité avec justice.A part du Sedan nous donnerons des centaines de dollars en pris.Quiconque répondra à cette annonça participera A tous les prix.Rien de bien difficile a faire.Il n'y aura pas de perdants dans ce concoure.Quelqu'un gagnera la Sedan et il se peut que ce soit vous.Envoyés votre réponse aujourd'hui «t tâches de gagner le Sedan.En plus du Sedan Ford, du Piano Pratte.Radio Marconi, nous donnerons des centaines d'autres prix et des centaines de dollars eo argent.I 35 MALLEZ VOTRE RÉPONSE AUJOURD'HUI M.la Gérant du Concours, •MON MAGAZINE" a 2»."Edifie.La Patrie", Montréal.F Chimbr I In trois mots sont.et je vaux gagner la Sedan Ford, demi Nom.Adresse er modela.(Ecrives lisible niant ).| I © 7 46 Mon Magazine, Mars 192G Lequel est Votre Enfant?Lequel est Votre Enfant ?Celui dont le visage relevé reflète le succès et brille de triomphe enfantin, ou celui qui courbe la tête afin de cacher a honte que lui apporte son insuccès?Votre enfant ! Que ne feriez-vous pour aider votre garçon ou votre fille?Que ne feriez-vous pour les rendre heureux?Oh ! les tragédies de l'enfance !.Si souvent inaperçues par les parents, mais qui laissent des marques profondes dans l'esprit des tout petits.Toutes les joies et les peines des parents leur sont apportées par leurs enfants.Votre garçon et votre fille ont l'ambition d'être à la tête de leurs classes, c'est aussi un de vos plus grands désirs.Pourquoi ne pas les aider en leur donnant les moyens de s'aider par eux-mêmes.Combien ils jouissent de cette nouvelle méthode ! Dans plus d'un million de familles heureuses, les enfants s'instruisent aujourd'hui au moyen des 10,000 gravures de l'"Encyclopédie de la Jeunesse", lesquelles gravent dans leur mémoire, les articles courts mais si attirants qui rendent le savoir du monde si plein d'intérêt et si facile à comprendre.Savoir est Bien ! Connaître est Mieux ! Comprendre est Tout ! Aimeriez-vous savoir ce que c'est que l'"Encyclopédie de la Jeunesse"?—Ses avantages qui aident tant d'enfants à remporter un tel succès à l'école?Comment les mille et une questions qu'ils vous posent tous les jours sont répondues d'une manière à satisfaire l'esprit et qui stimule chez eux, le désir d'apprendre?Vous trouverez dans les quelques cinquante pages de l'"Encyclopédie de la Jeunesse" que nous vous offrons gratuitement, la méthode d'enseignement avec explications claires, simples et faciles à comprendre que nous donnons à l'enfant, au moyen de conversations agréables.Tous les lecteurs de MON MAGAZINE ont droit à une copie gratuite.Si vous avez un enfant, vous ne sauriez faire autrement que de vous intéresser à ce que P'EncycIo-pédie de la Jeunesse" peut faire pour lui.Renseignez-vous.Le succès de votre enfant en dépend.— Adressez-nous sans délai, le coupon et recevez absolument gratuit, le livret que nous vous offrons avec nos compliments.Détachez et adressez-nous aujourd'hui, le coupon ci-joint.LA SOCIÉTÉ GROLIER LIMITÉE 313 Immeuble Coronation - - Montréal LA SOCIETE GROLIER LIMITEE.313 Immeuble Coronation, Montréal Veuillez m'envoyer par la poste la brochurette GRATUITE descriptive contenant des sections et des illustrations spécimens tirées de l"'Ency-clopédie de la Jeunesse", de sorte que je puisse juger par moi-même de son utilité pour les enfants.Nom Adresse Mon Matin:ine.Murs Hh'tJ 3 D'UN MOIS A L'AUTRE Où il est question de ce que Von donne, de ce que Von va donner, et de ce que Von va demander Deux points importants à régler Pictorial Review et nous ON a attiré notre attention sur le fait qu'en certains quartiers on avait l'air de croire que Mon Magazine était tout simplement une édition française de la grande revue américaine "Pictorial Review".C'est une erreur qui a pu être propagée par le zèle enthousiaste de quelques-uns de nos agents, mais c'est une erreur.Et nous tenons à la dénoncer sans plus de retard.Mon Magazine ne dépend en quoi que ce soit de "Pictorial Review" dont il est indépendant de toute façon.Un simple examen des deux publications suffit pour s'en convaincre.Nous publions, il est vrai, un service de modes qui nous est fourni par Pictorial, mais c'est un service pour lequel nous payons, que nous estimons, certes, beaucoup, mais qui limite là les relations des deux publications.Ces explications étaient nécessaires, croyons-nous, en justice pour notre Magazine, aussi bien que pour la revue américaine.Pictorial, on le sait, est une revue de tout premier ordre.Mon Magazine en est une autre.Et nous tenons trop à garder jalousement pour Mon Magazine tout le mérite qui lui revient pour que nous le laissions confondre même avec la meilleure des revues anglaises du continent.Nous soupçonnons que Mon Magazine est la plus belle des publications canadiennes et c'est une gloire que nous avons bien raison de ne pas vouloir partager.Mon Magazine, le 15 du mois L'EXPERIENCE que nous avons acquise avec nos deux premiers numéros, nous a convaincus qu'en fixant au quinze du mois la publication de notre Magazine, nous servirions à la fois les intérêts de nos annonceurs et ceux de nos abonnés.Tous les services bénéficieront du changement.Le fait que notre publication est française entraîne chez nos annonceurs des arrangements spéciaux qui causent dans le service des clichés, par exemple, des retards nombreux.C'est pour cette raison qu'un grand nombre de périodiques, même de langue anglaise, ont choisi le 15 du mois comme date de publication.Nous croyons devoir faire comme eux.Le changement, d'autre part, nous permettra d'assurer à nos abonnés un service de la plus rigoureuse ponctualité, ce à quoi nous tenons plus qu'à tout le reste.Donc, commençant avec le présent numéro, Mon Magazine sera publié le 15 de chaque mois.Et nous espérons que ceci sera jugé une explication suffisante pour les quelques jours de retard apportés à la distribution de notre numéro de mars.Nos abonnés ne sont pas plus pressés de recevoir notre journal que nous sommes pressés de le leur faire parvenir.Nous leur ménageons, chaque mois, la plus agréable des surprises et il nous tarde toujours de les en faire bénéficier.Leur plaisir est notre plus belle récompense.Un secret qui démange LES humoristes prétendent que les femmes peuvent bien garder un secret, mais à condition de se mettre plusieurs.Je ne trahirai personne en disant que, sous ce rapport, beaucoup d'hommes sont femmes.Et l'exemple est tout trouvé dans l'envie que nous avons de donner la liste détaillée des belles choses que nous réservons à nos abonnés pour le mois d'avril.Mais, pourquoi gâter à nos amis le plaisir que l'on a d'explorer les belles pages illustrées de la revue qui arrive.C'est comme si nous entreprenions d'annoncer au commence- ment de chaque roman le dénouement qui est réservé pour la dernière page.Nous nous contentons donc d'indiquer quelques titres, laissant à chaque numéro du Magazine, le soin de faire désirer celui qui le suivra.11 y a, par exemple, l'histoire de cette Commune où les gens, après trente années d'une vie paisible, découvrent un beau matin que, par un caprice du hasard et de la loi, tous les mariages des trois décades sont nuls.Et l'auteur intitule son récit: "En libre grâce".Il faut voir les revanches qui se préparent, les.Mais est-ce que je ne suis pas en train de vous raconter toute l'affaire?Il ne faut pas.En somme, nous continuerons, en avril, à servir nos abonnés de notre mieux, ayant réuni, pour cela, la fine fleur de tout ce qui peut flatter le goût et orner l'esprit.Les perdants, dans tout cela, ce sont ceux qui n'auront pas eu la précaution de se faire inscrire sur nos listes, par l'entremise de nos agents, ou par l'entremise de ceux ou celles qui prennent part à notre grand concours et prennent les moyens de gagner nos grands prix.Le guide sûr de celle qui veut être bien mise BULLETIN D'ABONNEMENT Ecrire très lisiblement le nom et l'adreaee MON MAGAZINE, Edifice "La Patrie", Montréal.Veuillez m'tmcrrrt pour un abonnement d'un an à MON MAGAZINE, pour lequel vous trouverez, sous pli, la somme de DEUX DOLLARS.Le.Nom____________.____ Adresse.________________ - _ - {Signature) 19 Le charme assuré de tous vos loisirs 4 Mon Magazine, Mars 1926 lD£0 CROWN STOUT Mon Magazine, Mars 1926 5 Vol.1 No.3 ABONNEMENT.$2 00 par année, payable " d'avance, pour le Canada et l'Empire Britannique.Le numéro.20 cent*.Etats-Unis.S3.00.Autres pays étrangers.$4.00 par année.Les remises peuvent être faites par mandats-poste, lettre recommandée, mandat-express ou chèque auquel on a ajoute le montant de l'échange.ATTENTION.Changement d'adresse.Nous changeons l'adresse d'un abonné a sa demande, mais 11 faut donner l'ancienne adresse en môme temps que la nouvelle pour que le changement puisse être fait.7%/f %us44eC7ê JJVAGAZUN^ Revue Canadienne de la Famille et du foyer Direct fur J.-L.K.-LAFLAMME Parlons Magazine UNE maison d'affaires importante de Montréal attire l'attention de ses clients sur le fait que les magazines américains sont distribués annuellement, au Canada, à plus de 2.5,000,000 d'exemplaires.Et elle ajoute que parmi ces publications il en est un grand nombre "qu'il faut désigner comme littérature de chambre à coucher" Puis, le financier qui parle conclut à la nécessité d'un impôt qui, tout en étant d'un grand secours pour le ministre des finances, contribuerait à enrayer une distribution littéraire où il voit toutes sortes de dangers.A vrai dire, ce qui s'impose dans le cas qu'il signale, c'est d'abord un service de censure qui éloigne absolument des foyers canadiens, les publications de moralité douteuse ou carrément pornographiques.La moralité d'une publication ne dépend guère, on l'avouera, du chiffre de l'impôt qu'elle sera forcée de payer à la frontière.C'est un autre remède qu'il faut au mal dont on se plaint.Pour notre part, nous avons peu de sympathie pour cette tournure d'esprit qui veut conspuer des publications, je parle des bonnes, pour la seule raison de leur origine.Cela sent la chicane de boutique.Car, l'on ne sait peut-être pas que les Magazines canadiens, si peu nombreux soient-ils, ne sont pas sans rencontrer ici-même au Canada, l'hostilité de publications qui se montrent fort scandalisées de ce qu'ils décrivent aveo horreur comme une pénétration étrangère.Et tel journal quotidien, qui s'est proclamé longtemps l'organe des Canadiens-français a refusé l'annonce de Mon Magazine pour la seule raison qu'il ne voulait pas favoriser le développement d'une institution qui lui ferait concurrence parmi les annonceurs.Cela ne l'a pas empoché, quelques jours plus tard, d'annoncer à pleines colonnes une "feuille Jaune" à laquelle le ministre des douanes interdisait l'entrée du Canada quarante-huit heures plus tard.On avouera que, comme logique, ce n'était pas très reluisant.Nous placerions dans le même cas tel personnage eminent qui refuse de s'abonner à une publication canadienne parce qu'il reçoit déjà un trop grand nombre de publications américaines.Mais alors, qu'est-ce que l'on vient nous prêcher 7 A-t-on songé que le meilleur moyen, et le plus sûr, de combattre l'étranger sur un marché, le nôtre, où il réussit à s'installer par tous les moyens que donnent Chant -Générai G.LAURIN Publié le 15 du mois par la Compagnie de Publication Mon Magazine, Montréal (Laflammc fiv Launn) Editeurs-propriétaires Enregistré comme matière de deuxième classe au bureau de poste de Montréal.une forte organisation de capitaux, et un voisinage que tout favorise, est encore de faire aussi bien ou même mieux que lui ?Dans le domaine canadien-français il y a cet avantage que nous avons une population fort avertie à laquelle nous offrons, dans sa langue, un service dont nlle a été jusqu'ici privée.AU COIN DU FEU La tempête qui hurle autour de mon abri Reveille la chanson en mon poêle surprit; C'eet un duo curieux: dans un thème uniforme.L'ouragan par à-coupi mêle sa toil énorme.Auprès du feu, les pieds sur le* chenets d'acier.Ainsi que chaque soir pour rêver, je m'assieds.J'écoute tournoyer la ronde d'épouvante Et j'écoute chanter la complainte émouvante "Je voudrais démolir cette porte insolente,*' Rugit le vent.Vitre répond, la voix dolente: — "Tu peux porter la mort dans la pauvre mansarde, Messager de malheur.— Ici, je fais la garde".Le vent, exaspéré, ébranle mon endos.Frappe aux voleù, soupire en longs sanglots.L'oeil au coffret rempli de gros rondins d'érable Je songe au voyageur transi et misérable Qui, par les noirs chemins, dans son habit mouillé.S'en va, hâtant le pas, vers le lointain foyer.— Je songe aux miséreux.Dans leur tire sans braise La voix s'est tu, qui conjurait la nuit mauvaise.Je songe encor.que l'âme est un brasier ardent Où pétille le rêve ainsi que le sarment.— Quand c'est la vérité, poète, qui l'inonde.Ton vers est un foyer.Tu réchauffes le monde.HtlÉNA Et nous n'avons pas oublié ce que nous disait il y a quelques années un ecclésiastique, aujourd'hui di>-para-qui a joué un grand rôle dans tous les domaines de la vie canadienne: 'On se plaint, disait-il, des publications américaines.On a peut-être raison.Mais, dans tous les cas, ce problème ne sera résolu que le jour où les Canadiens donneront à leurs compatriotes des publications qui valent les autres.Tant que nos belles dames iront s'habiller à New-York, lo plus sur Février 1926 ADMINISTRATION GENERALE Edifice de La Patrie (Ch.2*1 Momrfal.Tel LAncaster 2754 Succursale a Toronto, Ont.33.Richmond St.West - Tel Main 20N3 William l.Bell Gérant de Publicité pour l'ouest.Succursale m Manchester, Nil , I s \ Suite 40.1.22 rue Amherst j.a.Marengo Chant pour Us Etats-Unis.moyen d'enrayer le mal sera d'amener la mode chez nous et de la contrôler." C'est cette pensée qui a présidé à la fondation de Mon Magazine.C'eH elle aussi qui porte notre publication à poursuivre sa marche sans trop s'occuper des paroles d'admiration ou de critique entendues sur son chemin.Nous n'échappons pas a la loi oommune qui veut que, dans tous les règnes, tant d'être» cherchent à s'entre-dévorer.Le succès phénoménal remporté par Mon Magazine nous démontre que non souloment il arrive h son heure, mais encore qu'il répond au désir ii peu près univorsel de notre population qui lit et aime les belles choses.Les œuvres de presse sont un peu comme les hommes; elles bénéficient, au cours du temps, des multiples efforts, des échecs mômes, des sacrifices toujours, qui sont la rançon du progrès "cette grande roue qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un".C'est une loi qui s'applique même à ceux qui voient d'un oeil soupçonneux les efforts que font, ii côté d'eux, des ouvriers de la pensée qu'ils devraient plutôt encourager Nous nous sommes donné pour tâche d'offrir à no* compatriotes un magazine qui soit véritablement une œuvre nationale, même sans on prendre le titre.L'accueil chaleureux que nous a fait le publie est une preuve que nous sommes dans la bonne voie.Cela nous suffit.Et, autant nous sommes reconnaissants envers tous les amis qui se groupent en foule autour de nous, autant nous accueillons aveo une patience tranquille, et sans intérêt, les paroles amères qui nous viennent de cœurs trop blessés pour juger impartialement d'une situation dont ils n'ont pas su profiter pour l'avoir mal comprise.Mon Magazine est une revue canadienne de la famille et du foyer.Nous voulons qu'elle soit la meilleure, même publiée en français.L'on admettra que jusqu'ici nous y avons passablement réussi.Et, pour une fois, on nous permettra d'attirer l'attention sur un fait "c'est que nous en avons fait une institution essentiellement canadienne-française*'.Nous insistons sur ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu, pas plus sur la ligne de conduite que nous entendons tenir que sur nos origines.Du reste, nous attirons déjà l'attention de nos lecteurs sur ce point dans une autre page du présent numéro.On voudra bien en prendre note et nous tenir compte des efforts que nous faisons pour être à la hauteur du rôle que nous avons assumé, et pour mériter chaque jour davantage l'encouragement que l'on nous accorde aveo une générosité incomparable — j'allais dire sans mesure.POUR LE PROCHAIN NUMERO EN VOITURE ! L'âme des foules migratoires, par quelqu'un qui sait.— LE TEMPS DES SUCRES (Illustration).LE CONGRES EUCHARISTIQUE DE CHICAGO — Détails sur ces fêtes qui attirent l'attention du monde catholique.Programme des fêtes, illustrations, renseignements pour les pèlerins, etc.UN ROMAN COMPLET — CONTES — NOUVELLES — MODES — SCIENCE MÉNAGÈRE — RADIO — BOITE AUX LETTRES. 6 Mon Magazine, Mars 1926 "Cœurs héroïques" LE REFUGE Par JACQUES BASCHET ///.de René Lelong.PREMIERE PARTIE ALLONGEE dans la chaleur du lit, les paupières baissées, Germaine prolonge le demi-assoupissement des fins de sommeil.Mais elle sent bien que c'est fini, que le jour est là, qui cherche les joints des rideaux tirés, le jour incolore des matins d'hiver.Déjà sa pensée lui échappe et la devance.Elle se voit rejetant d'un geste brusque les couvertures pour se décider au lever; et c'est la toilette pressée, dans le froid qui glace les épaules, sans la douceur des raffinements qui prennent du temps.Puis c'est le déjeuner trop chaud, avalé d'un trait.La voici dans les rues, mêlée à la foule qui se hâte vers le centre, fouettée par la peur du retard, les yeux encore gros de sommeil piqués par le froid humide.Des autobus bondés passent en trombe devant les arrêts comme devant des disques toujours ouverts.Au fond des boutiques s'allument de pauvres lumières jaunes, qui font de leur mieux pour aider le jour et ont l'air exténuées.C'est l'heure sans gaieté de Paris, l'heure sale des brouillards mal dégagés de la nuit, celle où les épaules sentent tout lo poids de la journée qui commence.Et Germaine s'alourdit sur l'oreiller, lasse d'avance de sa morne tâche d'institutrice.La porte s'est entr'ouverte presque sans bruit, discrete et craintive.—Germaine! —Maman! —Il est sept heures et demie, mon enfant.Tu vas te mettre en retard.La voix douce, peureuse, de Mme Mazier s'est encore assourdie, évitant tout accent pour ne pas laisser croire à un reproche.—Oui, maman, je me lève.La porte a un petit frémissement d'hésitation et la voix reprend, prudente: —Tu as bien dormi ?—D'un trait, comme une souche.—Ah! Tant mieux.tant mieux.Est-ce une idée ?On croirait percevoir, dans l'intonation des mots, la nuance d'un regret, d'une déception ?Décidément la porte semble inquiète ce matjn, presque nerveuse, va, vient, se referme.Mme Mazier écoute encore, puis se retire enfin, lente, à pas précautionneux.—Pauvre mère! soupire Germaine en s'étiraut.Elle voudrait bien savoir si j'ai pris une décision.La veille, on l'avait demandée en mariage, un homme déjà mûr, qui habitait le premier étage de la maison et qu'elle connaissait à peine, un savant assez réputé, M.Ducros.Elle voulait réfléchir.Rien ne pressait.Sa réponse, d'ailleurs, était toute prête.Ce n'était pas un parti pour elle.Les rideaux tirés, ce fut bien la lumière attendue, morne et grise, qui entra.La fenêtre s'ouvrait sur une large cour qu'elle dominait du cinquième étage.En face, le bâtiment s'abaissait et ouvrait uno large trouée que comblait, ce matin-là, un ciel pesant.Une humidité froide glissait sur la pente des toits étages à l'infini et envahis par l'innombrable légion des cheminées.Elles n'avaient pas, comme certains jours où les rafales les secouaient, les faisaient tirer sur leurs attaches et affolaient leurs têtes casquées, des airs de partir en guerre pour se disputer cette solitude.Quelques-unes plus hautes, avec des angles dans leurs armures, prenaient alors l'aspect de Don Quichotte dégingandés se ruant à l'escalade des faîtes, où les petites, inexpugnables, se tassaient comme en famille.Dans cette aube de février, toutes pacifiques et grelottantes, elles laissaient emporter par la bise aigre leur haleine transie.Qu'il peut tenir de tristesse dans les choses, les mauvais jours, les jours mal commencés! Germaine fut vite habillée.Preste, elle jetait sur la glace ce dernier regard d'examen, si familier aux femmes, suivi de ce petit geste rapide et atavique qui flatte la chevelure, lorsqu'elle s'aperçut de la gravité de son visage.—Si je garde cette figure-là, je vais bouleverser maman.Elle esquissa un sourire.Et ce fut un de ces sourires las, navrés, qui révèlent toute une détresse intérieure.—Ah! ça.Je suis stupide.Qu'est-ce qui me prend, ce matin ?Ce mariage ?Quel enfantillage! Et elle se hâta de piquer son chapeau sur les bandeaux qui couvraient les tempes.Le mouvement qu'elle fit souleva son buste, dégagea ses formes pleines et robustes.C'était une belle fille, grande, bien faite, douéo d'un sang généreux qui mettait à sa chair de brune uno coloration de fruit sain et mûr.11 émanait d'elle à la fois de la force et de la grâce.Ses vingt-cinq ans triomphaient, et elle le savait.Mais elle eut un haussement d'épaules et se détacha avec brusquerie du miroir.Dans la salle à manger un soupir soulagé l'accueillit, celui de l'inquiète Mme Mazier.—Ah! te voilà! Vite, Nicole, le déjeuner de ta soeur, cria-t-elle à la plus jeune de ses filles, occupée à déposer des tasses sur un côté de la table.Et, s'adressant de nouveau à Germaine: —As-tu seulement le temps de le boire, sans te brûler ?Celle-ci surprit dans les yeux apitoyés, levés sur elle, l'habituelle angoisse qui les rendait si douleu-reux.Elle répondit gaiement: —Mais oui, j'ai de la chance, aujourd'hui.Toutes mes leçons sont à proximité de métros.Puis apercevant, dans le cercle de lumière que la lampe allumée rabattait sur la table, les mains pâles et minces, allongées par l'habitude de courir sur le métier, et qui, à son entrée, avaient abandonné l'ouvrage commencé, elle ajouta: —Ah! maman! Nous t'avions pourtant interdit de travailler à la lampe! Une voix un peu brusque interrompit: —-Je la grondais quand tu es entrée.Mais elle a toujours de si bonnes raisons! C'était la soeur cadette, Michèle, penchée sur les cahiers ouverts devant elle, qui manifestait sa réprobation, sans s'interrompre d'écrire.—Mes enfants, Mme Clampier veut mettre son col demain.Elle me l'a instamment demandé.Elle paraissait même assez gênée, car elle reçoit et ne nous a pas invitées.—Sa réception n'a lieu qu'après-demain, s'écria Germaine.Je le sais par Blanche Clémencin qui, ingénument ou peut-être par rosserie, m'en a parlé.Michèle avait enfin relevé la tête et montrait en pleine clarté son visage contracté, durci par un ressentiment subit et farouche.Elle se cabrait toujours sous ces petites blessures faites à leur fierté de filles pauvres.Rageusement, elle murmura entre ses dents: —On ne t'invite pas et on t'accorde la même confiance qu'à une couturière. [ Mon*Maç0 par mois à $33, en même temps qu'on coupait leurs dépenses de voyages.Puis il y a moins d'un siècle, on leur à défendu de mettre le pied aux Etats-Unis.Les gouvernements do Québec ot des Proyinces-Maritimos ont des agents do rapatriement ou d'immigration.Ces agents n'ont pas la liberté d'aller renseigner los Canadiens des Etats-Unis des avantages offerts par chacune de ces provinces à ceux qui vont s'y établir.En d'antres termes, missionnaires et agents ont été employés pour donner des renseignements à des familles qu'on leur a défendu do rencontrer.Chaque année on dépense des centaines de milliers de piastres en publications anglaises de toutes espèces, afin do renseigner los gons de langue anglaise qui sont susceptibles de venir s'établir au Canada.Ces brochures sont payées et distribuées par le gouvernement.Les quelques brochures françaises que distribue le gouvernement sont mal faites, remplies de faussetés historiques ot remarquables surtout par leurs omissions et leur banalité.On pout dire que c'est du bon argent mal dépensé.Quand les missionnaires-colonisateurs publient, en français, des brochures pour renseigner los Canadiens des Etats-Unis sur les différentes régions colonisablcs du Canada, il leur faut payer l'impression do ces broehures à mémo leur salaire.Ils doivent aussi payer à mémo leur mince bourse la distribution de ces broehures.Aussi longtemps qu'on organisera le rapatriement de cette façon, ne soyons pas surpris si les résultats ne sont pas extraordinaires.Mais ce n'ost pas une preuve CONCLUANTE que l« rapatriement est une utopie. Mon Magazine, Mars 1926 19 LES BEAUX COINS DE CHEZ-NOUS Notre-Dame du Portage», jetée.S) so if on Maynzhu; Mars 1 !ouillios ou rôtieâ, qui ont perdu leur saveur, leur communiquent un goût plus relevé.Vous pouvez aussi utuiser les rognures des côtelettes ou d'autres débris de viandes crues en les ajoutant (Vmr la suite \iage 61) Riche Arôme Saveur Délicieuse THÉ et CMFE SEAL BRAND de Chase&Sanborn Gin Canadien Melchers Croix dbr C[ Fabriqué à Berthierville, Que., sou» la surveillance du Gouvernement Fédéral, rectifié quatre fois et vieilli en entrepôt pendant des années.TROIS QftANDCUK» M Fl_*COM»i Gros: 42 onces $3.80 Moyens: 26 onces 2.55 Petits : 10 onces 1.10 The Melcberi Gin & Spirit.Distillery Co., Limited MONTREAL MON MAGAZINE est publié par la Compagnie de Publication Mon Magasine.J.-L.K Laflamme.directeur et G Laurin, gérant-général, au No.120 rue Ste-Cathcnne E*t.Imprime jrs."La P.Un.*".120 nie Ste-Catherine Eut.Montréal L'Ecriveiir Facile ROYAL Comparez Comparez le Travail La sténographe qui emploie un clavigraphe ROYAL, l'écriveur facile, augmente, par le fait même, son efficacité et sa valeur.Téléphonez-nous votre i je t'écrit, c'est que je n'ai pas encore le courage de me résigner.C'est fou, probablement, mais je veux, je dois espérer encore.Si tu es vivant, écris-moi bien vite.Ensuite, plus rien.C'est donc que tante Laurette, toujours raisonnable, avait cessé d'espérer et le croyait mort.Cette conviction, sans doute, Nancy la partageait, puisque, après deux mots "gais" rédigés selon la formule qu'elle avait admise, elle aussi, depuis lors, restait silencieuse.Devant l'irré- parable acquis désormais, toutes deux, évidemment, s'étaient inclinées.Gilbert eut un rire nerveux: —Oui, pensa-t-il, je comprends bien.Je suis mort — pour elles.La nuit suivante, la fièvre le prit.Ce fut, après la maladie, une rechute dangereuse.N'allait-il pas, cette fois, mourir pour de bon et remettre ainsi toute chose à sa place?Il guérit, cependant, et voulut, d'abord, crier à tante Laurette sa résurrection.Puis il réfléchit: la joie tue, comme la douleur.Si tante Laurette vivait encore, supporterait-elle la brusque émotion qu'il lui infligerait?Ce fut donc la vieille Catherine qu'il avertit, en la priant de ménager le cœur trop fragile.A cette époque, un bonheur lui vint, inespéré, presque trop vif pour ses nerfs usés.L'intervention d'une commission neutre le délivrait.Un matin, on lui annonça qu'il partait en Suisse.Ce n'était pas encore la liberté, mais que pesaient les tristesses de l'internement à côté des autres ?Là bas, du moins, c'en serait fini des persécutions.La prison s'ouvrait, il allait revivre.Oh! le beau jour! Il revoit encore la petite gare joyeuse, sonore d'orphéons que protégeait le drapeau fédéral claquant à la brise.Et, dans le frais du matin, sous un soleil rose, toutes ces jolies filles qui les attendaient! Il y en avait des grandes, des petites, mais elles se ressemblaient toutes, les jeunes Suissesses, avec leurs joues rondes, leurs yeux pâles et, sur le velours du corsage, la double natte blonde qui leur donnait un air gentil de poupées honnêtes.Dès l'arrêt du train, le pacifique bataillon montait à l'assaut et, des mains prodigues, les friandises s'échappaient, tombaient comme grêle sur les soldats émus et ravis.Quelques-uns riaient, d'autres pleu- raient.Une Thurgovienne de quinze ans mit aux doigts de Gilbert une boîte de croquettes.Et lui, fou de joie, embrassa l'enfaut.Au loin, la fête se poursuivait et, sur les pentes gazonnées ou bleues de sapins, chaque petit chalet, avec sa rampe de géraniums, était un sourire.Ensuite, ce fut le silence du sanatorium qu'éclairait nuit et jour le reflet des neiges.Gilbert y retrouva son ami lyonnais, miné, celui-là, par une phtisie, hélas! incurable.L'ennui pesait, à peine rompu par des jeux puérils — d'interminables parties de manille ou de domino sur les tables grasses.—Mon cher, raillait le malade, ce n'est plus l'enfer, pas encore le ciel.Ici, j'ai l'impression de prendre un bon acompte sur mon purgatoire.Au bout d'un mois, la réponse de Catherine atteignit Gilbert.Tante Laurette.écrivait-elle, était morte l'an passé presque avec bonheur, tant elle avait hâte do rejoindre là-haut son "petit monsieur".Dans la tristesse où le plongeait cette disparition-Gilbert songea moins, d'abord, à Nancy Tomblaine-Il eut une crise mystique, des élans passionnés vers la religion.Mais, peu à peu, la jeune till'' rwilll Il rêva d'elle, les yeux fixés sur une grande fenêtre où s'encadrait un perpétuel décor de neige et d'azur.Des doutes l'assiégèrent.Il éprouva l'angoisse de ceux qui hésitent entre deux devoirs, ne sachant plus, après avoir trop raisonné, la route qu'il faut prendre.Il se disait: "Le temps a passé.Nancy s'est faite à l'idée que je ne suis plus.Pourquoi, dès lors, la tourmenter et troubler sa vie ?De moi vivant, elle s'accommodait.Elle n'aura peut-être plus la même indulgence pour un revenant." (A suivre) Le Petit Capet dans sa prison du Temple (Suite de la page 88) Le 31, des membres de ce Comité se présentèrent au Temple, examinèrent l'enfant et recommandèrent "qu'on le traitât mieux" (1).Il n'était pas difficile de le mieux traiter.L'économe Liénard, successeur de Lelièvre, le 30 juillet 1794, l'avait aperçu à travers les barreaux, dans le cloaque où il vivait et avait déclaré "que c'était cette putndité qui lui ôtait l'appétit, qu'il ne mangeait presque plus, et qu'il était urgent d'entrer dans sa chambre." On ne s'y décida que le 1er septembre.Ce jour-là.Liénard, accompagné de Laurent et du chef de cuisine Gagnié, fit descellor la porte et briser le guichet.L'enfant, épouvanté, essayait do se dérober aux regards et se blottissait sur son lit, le visage noir de crasse, le corps couvert de vermine, avec ses cheveux emmêlés, plaqués sur le front, et ses ongles si longs qu'ils ressemblaient à ceux d'une bête.Sur la table était encore le dîner apporté la veille et auquel il n'avait pas touché.— Pourquoi, demanda Gagnié, ne voulez-vous pas manger ?L'enfant secoua la tête et répondit: — Je veux mourir.11 était alors si malade que le bruit de sa mort se répandit à Paris et que cette prétendue mort fut donnée comme officielle dans les gazettes anglaises.Lavé, pansé, vêtu de vêtements propres, traité avec plus de douceur, quoique son régimo alimentaire ne fut pas modifié et que sa solitudo restât, dans les premiers temps, presque aussi complète, le petit prisonnier respira, laissa apparaître sur son pâle visago un peu plus de confiance et de joie, et il eut l'air de se mieux porter.On ne l'appelait plus Capet, et encore moins lnur.-leau.Il était désormais "Monsieur Charles".Sa nouvelle existence, après ces longs mois de claustration, pouvait, par comparaison, paraître presque heureuse Vers neuf heures du matin, Laurent (2) et le commissaire, de service ce jour-là, montaient à la chambre, accompagné des deux porte-clefs Gourlet et Baron.Baron habillait l'enfant, faisait le lit et balayait la chambre.In des deux garçons de cuisine, Caron ou Vandobourg, apportait le déjeuner, auquel assistaient le gardien et le commissaire.Puis on (1) Mémoires particuliers (de Madame Royale).No 88 — Le» Œuvre» Libre».(2) Et plu» tard Laurent et Gomin.laissait l'enfant seul jusqu'au dîner, qui avait lieu à deux heures.Après ce dîner, composé généralement d'un potage, aveo le bouilli et d'un plat de légumes, on laissait encore l'enfant seul jusqu'au souper, à huit heures, et, à peine le dernier morceau avalé, on le couchait dans sa chambre bien verrouillée, sans lumière.Ce régime, encore rigoureux, allait sans cesse en s'améliorant, à mesure que déclinait la santé du prisonnier et qu'il inspirait, si près de la mort, plus de pitié.Laurent, avec quelques pincées d'arsenic, débarrassa des rats qui l'infestaient, cette chambre où Gomin apporta un jour une lampe, longtemps réclamée, difficilement obtenue, et, vers la même époque, les repas, d'abord arrosés d'eau claire, furent complétés par mu' petite bouteille île \ in et un peu de dessert.Ills d'un tapissier de l'île Saint-Louis, très brave homme mais craignant toujours de se compromettre, ce Gomin avait été adjoint à Laurent, comme gardien, le 8 novembre 1794.Laurent démissionna le 29 mars 1795 et eut pour successeur, le 31, Lasne.Les allures militaires de Lasne et ses fortes moustaches d'ancien garde-française, devenu ensuite peintre eu bâtiments et commandant du bataillon du petit Saint-Antoine, avaient d'abord intimidé Moruiew Charles mais il n'avait pas tardé à s'apprivoiser et il s'était mis à tutoyer le rude soldat dans lequel il devinait un ami.11 en avait d'autres, occasionnels, des amis d'un jour, des municipaux, des pères de famille qui no pouvaient pas s'empêcher de penser à leurs enfants, en voyant cet enfant si abandonné.Ils lui apportaient des jouets, des cartes.Un tabletior de la rue des Arcis, Debiorne, lui donna un baguenaudier et un petit bilboquet d'ivoire.On essayait de le distraire et de mettre dans ses dernières heures un peu de joie.Parfois, dans la triste prison, entre ces murs épais d'où suintait l'ennui, un concert s'improvisait.Gomin prônait son violon et Lasne chantait quelques-unes de ces vieilles chansons, rythmées comme une marche, et qui lui rappelaient ses campagnes d'autrefois, les longues étapes, les joyeux combats et la bonne hôtesse.Dans cette atmosphère moins lourde, près de ces braves gens qui l'aimaient, le petit roi avait l'air de reprendre goût à la vie, mais il retombait vite dans son abattement, dans son désespoir silencieux.Comment n'aurait-il pas été abattu et désespéré?Il se sentait frappé à mort et il se regardait mourir.Il marchait de plus en plus péniblement.Il avait les genoux et les poignets enflés.Gomin, dès son arrivée au Temple, s'en était aperçu: "Il crut, dit Mme Royale, qu'il allait se nouer; il en parla au Comité et demanda qu'il fut descendu au jardin pour faire de l'exercice." L'autorisation fut refusée.Le jardin lui étant interdit, on le conduisait, à certaines heures, sur la plate-forme, pour qu'il put s'y promener et jouer.Un jour, il y cueillit quelques fleurs, poussées entre les pierres, et, en descendant, au troisième étage, il les laissa tomber devant la porte de la chambre, là où avait habité sa mère.Bientôt, pour ces promenades, jugées nécessaires et si inutiles, on fut obligé de le porter.Il restait, de longues heures, tremblant de fièvre, au coin du feu, sans bouger, sans dire un mot, comme perdu dans ses pensées.A d'autres moments, son âme semblait tout à coup aspirer à d'impossibles départs et il avait l'horreur de cette pièce hostile, que n'égayait jamais un rayon de soleil, et où sa vie s'écoulait, toujours pareille, si monotone, si triste.Ce que rapporte de Gomin et de ses impressions Mme Royale, dans le passage que je viens de citer, est confirmé par M.Tourzel, dans ses Mémoires.Gomin, qu'elle eut l'occasion de voir et d'interroger, à plusieurs reprises, sur l'enfant dont il avait été l'un îles gardiens, lui dit que, à la suite de son eucellule-ment, "il était tombé dans un état d'absorbement continuel, parlant peu, ne voulant ni marcher, ni s'occuper de quoi que ce put être.Il aimait à quitter sa chambre et on lui faisait plaisir quand on le portait dans la chambre du conseil (que Mme Royale appelle le salon) et qu'on le posait près de la fenêtre." Au début, ajoute Aime de Tourzel, Gomin, voyant à l'enfant des joues roses (comme en ont parfois certains phtisiques) et ne remarquant aucune altération dans la beauté de son visage, "qui s'est conservée au delà même de sa vie", ne se douta nullement de la gravité de sa maladie.Il ne s'en rendit compte que phis tard, en s'apercevant "qu'il avait des grosseurs à toute- les articulations" et c'est alors qu'il commença à demander, plusieurs mois avant d'obtenir satisfaction, qu'on fit venir un médecin.Qu'il ne parût pas, après trois ou quatre mois d'un régime meilleur, d'une hygiène moins défectueuse, aussi malade qu'il l'était en réalité, une anecdote racontée par Boauchesne, probablement d'après Gomin, et avec une précision et des détails qui en garantissaient l'authenticité, suffirait à nous en fournir la preuve.(Voir la suite page 48) Mon Magazine Mars 1926 43 "Et je gagne $4.00 par jour EN PLUS DE FAIRE TOUT MON TRAVAIL DE MAISON" " T'ÉTAIS m field, qui J l'Ontario, 'ÉTAIS modiste," écrit Mme Fred Wig-îi habite une petite ville de 'mais je dus abandonner mon travail, mon mari trouvant qu'il occasionnait trop de va-et-vient dans la maison " Cette dame raconte qu'elle n'y renonça pas sans peine, "parce qu'il lui permettait d'avoir toujours de l'argent bien à elle." Elle tomba un jour sur l'annonce que vous lisez en ce moment sur l'Autotricoteuse.mais laissons Mme Wigfield finir son intéressante histoire: "J'ai tricoté deux paires de chaussettes en une heure et gagné $4.00 par jour, en plus de m'occuper de tout mon ménage.J'ai gardé mon Autotricoteuse pendant trois ans et fait une moyenne de $20 par semaine." Voici, simplement racontée, l'histoire d'une femme ambitieuse.Des milliers comme elle convertissent en beaux dollars leurs moments de loisir.Nous passons un contrat avec vous Notre système est, en peu de mots, le suivant: Vous tricotez des chaussettes pour nous à la maison sur l'Autotricoteuse — où, quand et aussi longtemps que vous voulez.Pour chaque paire de chaussettes régulières que vous nous envoyez— régulières voulant dire tricotées dans une grandeur uniforme nous vous payons un prix fixe garanti.Notre contrat vous assure la vente de tout votre travail.Rien à vendre, aucune sollicitation à faire; vous n'avez qu'à tricoter des chaussettes et nous les expédier.Comme nous vous fournissons gratuitement la laine, vos chèques de paye représentent un bénéfice net.Chèques de paye hebdomadaires Nous payons chaque mois des milliers de dollars aux personnes qui tricotent pour nous.Notre famille de travailleurs s'étend dans tout le Canada.La distance ne compte pas.N'aimeriez-vous pas à savoir que, chaque jour, vous pourriez vous installer confortablement chez vous et gagner de l'argent ?Ne trouvez-vous pas rassurant de savoir qu'une forte compagnie compte sur votre travail et qu'elle vous le paiera en chèques aussitôt que vous le lui aurez envoyé?Des milliersd'hom-mes et de femmes dans tout le Canada jouissent de cette aubaine nous le savons parce que c'est nous qui les payons.Aucune expérience requise Chaque nouveau travailleur apprend son ouvrage dans les simples instructions qui accompagnent chaque machine.Jeunes gens, hommes et femmes d'âge mûr, vieilles personnes, tout le monde travaille pour nous Tout membre de la famille peut apprendre à se servir de l'Autotricoteuse.Les avantages de l'autotricotage L'Autotricotage représente pour vous une occupation agréable autant que profitable, dans l'intimité et le confort de votre maison.Vous n'avez besoin d'aucune installation spéciale.Il ne vous faut que- l'Autotricoteuse — la laine — et vos dix doigts.DES PREUVES À L'APPUI Nous payons chaque mois des milliers de dollars aux personnes qui travaillent pour nous.Jugez par la liste ci-dessous des profits que vous pouvez faire.Les sommes portées ne représentent pas tous les gains des travailleurs, parce que plusieurs d'entre eux font du travail pour des clients particuliers.Mlle E.Moore, N.E.$ 660.00 Mme F.Rescorl, Ont.735.00 Mme C.E.Hill.Alta.590.00 M.C.Stubbs.Alta.680.00 Mme F.Ames, Man.455.00 M.L.K.Owen.N.E.758.00 Mme R.Fireman.Man.460.00 Mme L.Williams, Ont .520.00 Mme S.Pearson.Sask.773.00 Mme Gauvier, Que.1,185.00 M.C.Bellhouse.C.B.1.238.00 Nous recevons des centaines de lettres comme celles-ci "Pendant les huit mois que nous avons eu notre Autotricoteuse, nous avons gagné plus de $600 00.en travaillant à nos heures de loisir." .Vmc H.Armstrong, Colombie britanniqtu."Je possède mon Autotricoteuse depuis déjà trois ans Au cours de l'hiver dernier, je n'ai jamais fait moins de $100 00 par mois.Geortj» Niven, Manitoba."Je suis l'aînée de la famille et je tenais à gagner de l'argent pour mes besoins.Avec mon Autotricoteuse, j'ai fait plu» de $1.000 00 en un an." Mlle C.McPhitlamry, Alberta."Quand j'ai terminé mon ménage, je m'asseois à une table et je me mets à ma machine: cela me repose J'ai gagné jusqu'ici $^27 00" Mme Frank Moure, (tularin.Trois moyens de gagner de l'argent Nous achetons toutes les chaussettes qu'il vous eat possible de tricoter.En plus.l'Autotricoteuse vous met à même de gagner de l'argent de trois manière» différentes Premièrement: en tricotant des chaussettes pour nous.Deuxièmement: en tricotant pour vos voisins et les magasins.Troisièmement: en tricotant chaussettes, bas, gilets de laine, écharpes foulards et mitaines pour votre propre famille Quand vous tricotez pour nous, nous vous payons une commission sur tout ce que vous vendez Quand vous tricotez pour votre famille, nous voua épargnons cinquante pour cent sur tout.Preuve indiscutable de succès Les centaines de milliers de paires de chaussettes que nous recevons de nos travailleurs sont la preuve évidente que l'Autotricotage donne ce qu'il offre.Au cours d'un des derniers mois, soixante mille dollars de ces chaussettes ont été vendus à des maisons de gros à Toronto.Chacune de ces paires avait été tricotée par nos travailleurs dans leur propre maison Ce que vous avez à faire Envoyez-nous simplement le coupon ci-dessous.Renseignez-vous sur le système.Puis prenez une décision.Inutile de tarder, puisque vous pouvez gagner tout de suite de l'argent—aussi n'attendez pas pour envoyer le coupon Employez vos heures de loisir à gagner de l'argent pour la maison.Mettez le coupon à la poste aujourd'hui même.Inutile de vous dire que vous ne vous engagez en rien, absolument, en envoyant le coupon I THE AUTO KNITTER HOSIERY CO LIMITED.Dcpl Ml.1171, Divenpoil Roid Toronto.Onl Veuillez m'envoyer tous renseignements sur la manière de faire de l'argent à la maison II est bien entendu que cela ne m'oblige en rien Nom et prénoms.VI, Mon UttitiHi.Mari I».'» Mon Magazine, Mars 1926 LE REFUGE (Suite de la page 17) certitude d'être, dans la vieillesse, à l'abri du besoin, grâce à la pension de l'Etat, le détournaient d'être prévoyant.Et il n'est pas certain que cet homme, simple et bon, eût trouvé la volonté de résister à un caprice de l'un des siens.Car trois enfants étaient nés, trois filles, comme si la Providence eût voulu répondre aux désirs secrets de M.Mazier et utiliser cette protection si ardente à se donner.Elles furent sa fierté.Parfois, le soir, la besogne terminée, il se hâtait de venir prendre l'une d'elles, et presque toujours l'atnée, Germaine, qui lui ressemblait un peu déjà, tenant de lui une belle harmonie de santé physique, pour courir par les rues, visiter les antiquaires, avec l'espoir de découvrir le bibelot rare — une occasion — qui arracherait une approbation de complaisance à Mme Mazier, indulgente h ces folies.Et dans ces courses à l'aventure, où il satisfaisait son innocente manie de collectionneur, ce n'était pas sa moindre joie que d'entendre à ses côtés un petit pas rapide sonner sur le trottoir, de recueillir, en se penchant un peu, une mince voix babillarde, ou de sentir parfois les doigts tièdes et menus de l'enfant, prisonniers dans sa large main, s'agiter doucement pour mieux s'enfoncer dans leur abri.Et tout à coup ce grand bonheur sombrait dans la plus inattendue, la plus brutale des catastrophes.Oh! cette mort foudroyante, ces grands yeux ouverts, déjà envahis d'ombre, fixés sur l'avenir qui se fermait, dans l'épouvante de la misère entrevue, installée à son foyer!.Quand elle a poussée sa chaise près de la fenêtre, qu'elle est seule, ses filles parties, et que ses doigts courent sur le métier, Mme Mazier se met à songer et va, par le chemin familier du passé, à la rencontre des souvenirs.Ses yeux regardent naître des fleurs do dentelle.Mais parfois ils ont des fixités, comme si des choses invisibles pour les autres s'étaient prises dans le réseau des fils.Ils sont étranges, ces yeux, d'un bleu presque décoloré à force d'être pâle, avec de délicates lumières d'horizon, comme s'ils voyaient toujours au loin.Un nuage vient de les assombrir.C'est que sa songerie l'a conduite aux grands jours de détresse, après le départ du mort, dans le grand appartement sonore, où ses trois filles, étonnées, silencieuses, la regardent pleurer, la tête dans les mains, écroulée sur les ruines de son bonheur.Que va-t-elle devenir avec ces trois enfants dont l'aînée n'a pas quinze ans?Cependant, cet effondrement éveille des pitiés.Des collègues de son mari s'informent pour elle.M.Mazier est mort trop tôt.Elle ne peut prétendre à aucune pension.On lui cause vaguement d'un bureau de tabac pour lequel il faudrait beaucoup se remuer et dont elle n'entendra plus jamais parler.Et ces sympathies discrètes se lassent bientôt.C'est au tour maintenant d'un notaire de lui présenter des chiffres, avec une mélancolie professionnelle, et de lui apprendre qu'il ne lui reste, en fin de compte, pour vivre, que sa modeste dot apportée dans le mariage.Alors les bonnes âmes s'émeuvent.Un moment, juste le temps pendant lequel les gens du monde, si pressés ou si sollicités, lui laissent la scène, elle parait intéressante.Comme on l'entoure! Dans l'angle de son salon, elle se voit encore, les bras tombants, désemparée, tandis que l'assaillent les amies attristées, appliquées, entre deux visites, à régler son sort.—A-t-elle des parents?.Que sait-elle faire?.Pas même une langue!.Et tandis que sa tête, sa pauvre tête, étourdie sous le choc du malheur, résonne du bruit des mots qu'elle n'entend pas, autour d'elle les lèvres s'allongent en moue de dépit, les bonnes volontés s'irritent de constater qu'elle est à peu près incapable de gagner sa vie et qu'elle rend si malaisée leur oeuvre de secours.Les mains de Mme Mazier s'immobilisent un moment.Dans ses yeux passe un sourire.Car elle assiste maintenant à l'exode prudent des âmes charitables.Elle revoit les lentes retraites accompagnées de gestes consternés, de chuchotements.—C'est incroyable!.Quelle imprévoyance!.Ne pas avoir un métier en main!.Se laisser surprendre par les événements!.Que voulez-vous qu'on fasse d'elle?.Comme si elles n'étaient pas ainsi, pour la plupart, confiantes en la vie, à la merci d'une catastrophe semblable, aussi désarmées!.Seules, quelques amies fidèles s'étaient obstinées à lui tendre la main et avaient eu l'idée d'utiliser son adresse et son goût à monter ces fins ouvrages de dentelle et de broderie dont elle approvisionnait les ventes de charité.Et Mme Mazier avait accepté un sauvetage qui ne l'empêchait pas do s'absorber dans le grand rêve de bonheur qu'elle avait vécu.Pour ne point dépayser ses souvenirs, il lui avait plu de rester dans le cadre des vieux meubles qui lui soufflaient des choses oubliées.Pour la même raison, elle n'avait pu se résoudre à quitter cette vieille maison du quai Voltaire, qui lui était si familière et rassurait ses appréhensions.Au haut du même escalier, un petit appartement, qui tenait la moitié du cinquième étage, était vacant.Elle y avait enfermé son existence rétrécie, découragée.C'est là que s'écoulèrent près de dix années de gêne, de labeur, de soucis.Ce ne fut pas tout à fait la misère, mais l'incertitude du lendemain, les privations, les calculs pour éteindre une dette avant d'en contracter une nouvelle, cette lutte secrète de quatre femmes pour rester fidèles au passé, soutenir leur rang, faire illusion aux relations qui, devant la dignité de leur pauvreté, n'avaient pas osé rompre.Un soupir a gonflé la poitrine de Mme Mazier.r*es pensées lui ont rappelé les exigences du présent.Le jour n'éclaire pas ce matin.Paris reste sous lo brouillard qui se met à tomber.Le travail avance plus lentement et les yeux se fatiguent davantage.Le col ne sera pas fini.Mme Mazier jette encore un regard sur la fenêtre.—n pleut! Pauvre Germaine.C'est de nouveau le silence.Elle a retrouvé sous le filet, que ses doigts fleurissent, son rêve emprisonné.Elle retourne se blottir dans les bras de son cher grand et doux géant.Là, enfin, elle oublie la peur, cette peur qui la traque plus que jamais et semble vouloir s'installer en elle à perpétuelle demeure.II Le cours vient de finir.Les petites voix claires, tout à l'heure emprisonnées, jettent vite dehors toute leur joie et font un ramage d'oiseaux.C'est une bousculade, des poursuites.Germaine cherche à se frayer un passage.Des regards profonds, admiratifs.levés vers elle, l'arrêtent.Elle fait peur un peu parce qu'elle incarne l'autorité, mais on l'aime pour sa douceur, sa patience maternelle, et cette tendresse que les enfants savent si bien discerner.Plus difficile encore est do franchir l'obstacle des mères, de colles qui ont à excuser la réponse étourdie dont on a souri, de celles qui quémandent un compliment toujours trop tiède, des éducatrices surtout, zélées et minutieuses, les plus redoutables, auxquelles il faut, entre deux portes, refaire le cours.Midi vient de sonner.Elle sera en retard.Car elle ne rentre pas chez elle.Comme d'habitude, elle déjeune chez les Clémencin où elle passe une grande partie de l'après-midi en qualité d'institutrice de la jeune fille.Cette combinaison lui permet d'économiser un repas.Mais, presque chaquo jour, c'est la même course rapide pour gagner des minutes.Car.M.Clémencin aime l'exactitude et ne plaisante pas à co sujet.(A suivre) Le Petit Capet dans sa prison du Temple (Suite de la page 4S) Le 2.5 janvier 1795, qui était un dimanche, le commissaire de service, Cazeaux, qui habitait rue de la Boucherie, no 1292.permit au petit prisonnier de descendre à la salle du conseil et même, inestimable faveur, de dîner avec lui, Laurent et Gomin.L'enfant était tout joyeux de cette petite fête.Cazeaux le remarqua, et se tournant vers Gomin: — Vous me disiez tout à l'heure qu'il était très malade.Vraiment, il n'en a pas l'air.Et il ajouta, soupçonneux: — Peut-être me lo présentiez-vous comme agonisant pour appeler l'intérêt sur lui ?_ _ — Agonisant, non, répondit Gomin, mais je vous assure, citoyen, qu'il ne se porte pas bien.A ces mots, dans lesquels se lisait une trop vive préoccupation de la santé do cot enfant qui, en somme, n'était qu'un détenu politique et le fils d'un tyran, Cazeaux eut un accès de patriotique indignation.— 11 se porte comme il se porte, s'éeria-t-il.11 y a tant d'enfants qui le valent qui sont plus malades que lui! Il v en a tant qui sont plus nécessaires! L'enfant ne mangeait que du bout des lèvres.Cette petite scène lui avait coupé l'appétit, et on n eu sera pas, je pense, trop étonné._Puisqu'il ne veut pas manger, déclara Cazeaux, il faut qu'il boi\e à la santé de la République.Et il remplit de vin son verre.Mais l'enfant laissa son verre plein et il refusa de boire à la santé de la République, qui, à l'époquo où se passait cette scène, se portait presque aussi mal que lui.D'un jour à l'autre, la maladie faisait des progrès Vn mois après ce diner avec le citoyen Cazeaux.le 8 ventôse, c'est-à-dire le 26 février, la gravité de son état fut signalée au Conseil général de la Commune, et celui-ci envoya des commissaires civils du Comité de Sûreté générale pour l'aviser "du danger imminent que couraient les jours du prisonnier." D'après le rapport de ces commissaires civils, et de Gomin, il avait des tumeurs à toutes les articulations, surtout aux genoux ot aux coudes, il restait toujours assis ou couché, refusait de se livrer à aucun exercice et gardait un mutisme obstiné.Le moral semblait atteint autant que le physique.Les membres du Comité promirent qu'ils enverraient au Temple, le lendemain, trois de leurs membres.Ce serait quelques jours après, d après Uarmand (de la Meuse) lui-même (1), et peut-être le lendemain, qu'aurait eu lieu la visite de ces trois membres du Comité de Sûreté générale, Harmand Mathieu et Reverchon.La date du 27 février ou même d'un des jours du mois de février a été contestée mais cela n'a aucune espèce d'importance.Ce qui importe c'est ce que Harmand a vu et dit et non pas lo jour où il l'a dit et vu.Or, Harmand, dans sa visite, fut parfaitement convaincu qu'U se trouvait en face du fils de Louis XVI, et si cot enfant — qu'il jugea très malade _ne lui dit pas un seul mot, ce fut tout simplement parce qu'il ne le voulut pas, dans un de ses accès de mutisme, de silence obstiné, dont il était coutumier.A la date où nous sommes arrivés, en février 1795, Louis XVII était perdu sans retour.L'œuvre de la République, en ce qui le concernait, touchait à sa fin.Après avoir guillotiné le père et la mère, olle liquidait le fils.Par incurie, par lâcheté, ou simplement par indifférence, plus encore que par fanatisme cruel, un allait se débarrasser d'un prisonnier coûteux — et si encombrant, quoiqu'il fût si petitl Il s'éteignait lentement, doucement, dans sa prison du Temple, et, pendant ce temps, l'humanité et même la "sensibilité" continuaient à être à la mode, et le citoyen Lefèvre, secrétaire général de la Trésorerie nationale, publiait dans VAlmanach des Muses, pour l'année 1795, l'Hymne sur l'Enfance pour la fête du 10 thermidor — lo 10 thermidor où le prisonnier, dans son infect cachot, recevait la visite de Barras: Espoir naissant de la patriel Approchez-vous, jeunes enfants.Et de vos jeux intéressants Récréez ma vue attendrie.Nous envions à nos ayeux L'âge antique de l'innocence: Je crois vivre en ces temps heureux Quand je vois les mœurs de l'enfance.Chers enfants1, par le fanatisme Vous ne serez point abrutis: Vos pères vous ont garantis Des fers honteux du despotisme.Henri d'Almeras.(1) Anecdotes relatives a quelques personnes et a plusieurs evenements remarquables de la revolution,.P.1814.p.16.— Harmand place le rapport du commissaire de la Commune au Comité de Sûreté générale aux premiers jour» de pluviôse, an 11 lequel mois de pluviôse commençait le 20 janvier 1795. Mon Magasine, Mars 192G 1,5 Le Thaumaturge de Montréal à cette époque sont toujours dans un état florissant.Partout dans le pays, la croix est en évidence; croix rustiques plantées le long des routes dYi verges de taffetas, 40 pouces de large — Yi verge de crêpe Georgette de 40 pouces de large pour le jabot qui est festonné avec le Dessin-Feston No 11661.(Suite de la page 19) 3192—Blouse pour dames et jeunes filles.Mesure de buste: 34 à 48, 14 à 18 ans.No 2686-Jupe-Corsage pour dames et jeunes filles.Mesure de buste: 34 à 48, 14 à 20 ans.La largeur du bas de la robe est environ 36 Souces.Taille 36 demande \\i verges e crêpe de soie de 40 pouces de large — \i verge de dentelle de 18 pouces de large — 7/8 verge de doublure de soie de 36 pouces de large.Les poches se garnissent avec le Motif No 13077.3181—Robe pour dames.Mesure de buste: 34 à 48.La largeur du bas de la robe est environ 90 pouces.Taille 36 demande 3?i verges de crêpe de soie de 40 pouces de large.3231—Manteau-Cape pour dames et ji h in's filles.Mesure de buste: 34 à 44, 14 à 18 ans.Un des manteaux les plus en vogue à Paris.3211—Robe pour dames et jeunes filles.Mesure de buste: 34 à 38, 14 à 18 ans.Spécialement dessiné pour le taffetas.Un Motif-Floral No 13042 s'emploie comme garniture.(Suite de la page SI) 3200—Robe pour enfants, contenant le Dessin-Broderie.Taille 2 à 6 ans.Taille 2 ans demande 11 ¦> verge de toile pêche de 36 pouces de large.La robe est d'une seule pièce n'a pas de manches, le col est rond, en arrière et en avant.Elle ouvre sur le devant et les côtés sont froncés.3208—Robe-Culotte pour enfants, contenant le Dessin-Broderie.Taille 2 à 6 ans.Taille 2 ans demande 2% verges de taffetas de 36 pouces de large.Le col de la robe est rond et ferme en arrière La robe est froncée en arrière et en avant, aux épaules, et se coud à l'empiècement.On passe un élastique a la ceinture et au bas des pantalons.3221—Robe pour enfants, contenant le Dessin-Broderie.Taille 2 à 6 ans.Taille 4 ans demande 1!-r r I / r>T rllQ Phont MiIo DNUi >pr«< f hrurr.du loir "* ¦ Phone Atlantic ÎKSJ-J. Mon Magazine, Mars'1926 "On le voyait sans cesse écrire, écrire, Ce qu'il avait jadis entendu dire".LE DERNIER MOT PRUDENCE PASSE SCIENCE.— Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on croyait sérieusement que, dans les batailles, les membres de certaines maisons royales étaient invulnérables.Les princes de Savoie jouissaient de ce privilège légendaire.Le maréchal de Schauenbourg, pour en avoir le coeur net, fit tirer à plusieurs reprises sur le prince Thomas sans qu'on pût l'atteindre.Ces princes descendent, dit-on, du prophète Daniel.On croyait jadis que les Hohenzollern pouvaient braver impunément les balles vulgaires.Les vétérans de la campagne de 1792 étaient convaincus que Frédéric-Guillaume II ne pouvait 6 tre atteint que par une balle en argent.Le Kaiser et le Kronprinz connaissent certainement ce privilège accordé à leur race ; mais ils ont préféré ne pas trop s'y fier.pARLEZ-VOUS FRANÇAIS ?— Oui Alors, dit-on je vais ou je vas?A propos de ce verbe, voici la boutade que je trouve dans un journal haut coté: Ce verbe aller prend des formes très diverses: je vais, j'allais, j'irai que j'aille; aussi sa conjugaison fait-elle le désespoir des étrangers qui apprennent notre langue.Un Anglais se plaignait amèrement de l'irrégularité des verbes français qu'il apprenait.Le verbe aller, disait-il, est impossible.11 avait toutes les peines du monde à retenir le premier temps, qu'il récitait à tout propos, et qu'un jeune voyageur français lui avait appris ainsi- Je vais Nous courons Tu danses Vous partez Il se promène Ils marchent.Quelle irréguloularitél s'écriait le brave homme.f A COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON a ouvert, il y a quelques mois, à Londres, un nouvel entrepôt et a célébré, à cette occasion, son 255ème anniversaire.En 1670, le roi Charles II accorda au Prince Rupert et sa compagnie d"'aveu- turiers" la charte qui donna naissance à cette compagnie.Cette charte donnait à ses possesseurs le droit exclusif de faire la traite sur les bords de la Baie d'Hud-son; d'élever des forts, d'établir des lois, de maintenir des vaisseaux de guerre et de "faire la paix et la guerre avec tout prince qui ne serait pas chrétien." La compagnie fit tout cela, et réalisa de gros profits.Puis la France, établie au Canada, réclama son territoire.Ce n'est, à vrai dire, qu'après le traité d'Utrecht ou après que le Canada fut devenu possession anglaise en 1763 que la compagnie se trouva vraiment à l'abri de toute agression extérieure.En 1869 la compagnie céda ses privilèges et reçut en retour une indemnité de L300.0O0, 7,000,000 d'acres de terre, la possession de ses foVts, "factoreries" ou postes de traite.Elle est devenue une institution commerciale de premier ordre.Elle possède à Winnipeg et Vancouver des magasins à_ rayons qui ne le cèdent en rien aux mieux établis du continent.NOS ENFANTS L'enfant.—Petite tante, voua a-t-on jamais demandée en mariage?La Tante.—Une fois, mon chéri.Un gentleman me fit des propositions par téléphone., mais il s'était trompé de numéro.PATISSERIE FRANÇAISE £E DUC de RICHELIEU disait que pour manger de l>ons petits pâtés, il fallait avoir un four dans sa poche.L'on a fait aussi sur les petits pâtés des calculs très amusants: Ainsi étant donné trente-six petits pâtés à six centimes chacun, combien faut-il de personnes pour les manger, quel es: leur sexe et leur nationalité ?En multipliant trente-six par six centimes l'on trouve au total deux francw seize (deux Françaises).PROVERBES Il ne faut pas crier famine sur un tas de blé.Rien de plus éloquent que l'argent comptant.Querelle en ménage n'accroît pas l'héritage.Vieux amis et vieux écus sont les meilleurs.Qui aime labeur parvient à honneur.Tout est amer à qui a du fiel dans la bouche.La plus mauvaise roue fait le plus de bniit.Il y a plus d'ouvriers que de maîtres.Soit heureux qui peut, ne l'est pas qui veut.SOMMAIRE DE MARS 1926 D'un mois à l'autre.3 Parlons Magazine.5 Le Directeur.Le Refuge (roman).G Jacques Baschet.Maître Bruin â Jasper.8 Claude Melançon.Le Thaumaturge de Montréal.10 Geo.H.Ham.Le Petit Capet dans sa prison.15 Henri à"Aimeras.Le Château sous les roses (roman).16 Pierre Villttard.Le palais fait par les Anges (conte) 18 Robert Choquelle.Le rapatriement esUl possible?.18 Paul Latour.Les beaux coins de ohez-nous (111.) 19 Broderies — Modes.20 à 33 La bonne cuisine:— Perretle Brizard.Quand l'appétit s'en va.34 Pour goûter après le bridge.35 Quelque ohose de bon.36 Essayez les huîtres.37 La boite aux lettres.47 Tante Suzon.PETIT CROQUIS LE CAFE C'EST le trait d'union entre la salle à manger et le salon, en même temps que le paraphe noir qui souligne la fin du repas.Il ouvre un nouveau chapitre, celui de l'adresse masculine, tout en prolongeant celui des grâce* féminines.Tandis que les jeunes filles multiplient leur activité légère pour distribuer les tasses, tendre le sucre au bout de !a pince et leur sourire au bout des lèvres, et verser la liqueur en gestes précis et arrondis, les hommes s'essaient à manier la cuiller en maintenant l'équilibre de la soucoupe, à travers la mobilité des groupes et à boire debout en dépit des hasards de la conversation.Les malins logent leur tasse sur un coin de piano ou de cheminée.Les vrais amateurs n'en prennent pas.L.LANDRON.A PROPOS DVH DERBY IHTERJïATIOHAL L'Attelage de Chien» qui a représenté la "Salada Tea Co.0/ Canada Ltd., de Montréal", dans le derby International (Section Est) qui a eu lieu à Québec, durant U présent Carnaval d'hiver.La Course fut gagnée par l'attelage Alex Mackey Co., conduite par François Du-puis — on y établit un record mondial pour la vitesse — les 123 milles ayant été parcourus dans lî h.SI m., et 10 s. Mon Magazine, Mars 1926 Les Cuisines CLARK vous aideront a servir des repas meilleurs et moins coûteux.Vos cuisines, mesdames, tout bien aménagées qu'elles soient, ne peuvent se comparer aux merveilleuses Cuisines Clark avec leur outillage scientifique et leurs cuisiniers si habiles.On y prépare les mets qui y sont mis en conserve pour vous faciliter la tenue de maison.Tout comme la balayeuse mécanique et la laveuse ont facilité ces travaux, de même les Cuisines Clark font pour vous le gros de 1 ouvrage de la cuisine, en vous offrant, tout prêts à servir, une série de plats excellents, nourrissants et peu coûteux.En voici quelques-uns que vous trouverez chez votre fournisseur.SOUPES CLARK 13 soupes délicieuses très concentrées DINER BOUILLI CANADIEN LANGUES DE BOEUF "LUNCH TONGUES" SPAGHETTI AU GRATIN avec Sauce Tomates VIANDES EN PATÉ VIANDES EN PAINS BEURRE D'ARRACHIDE (Pea-Nut Butter) SAUCE CLARK (aux Tomates) SAUCE "GOVERNOR" Toutes les viandes employées sont inspectées et sur les étiquettes est la légende "Canada Approved".Exigez-la.FEVES AU LARD CLARK FONT LES DÉLICES DE TOUS Chaque fève est cuite à point, le morceau de lard salé, bien gras, ajoute sa saveur à tout le contenu, et une sauce délicieuse donne juste le piquant voulu.Faut voir l'appétit avec lequel grands et petits attaquent ce mets si nourrissant, si digestible et si économique.Notez quand vous l'achetez, non seulement le prix, mais le poids net du contenu imprimé sur chaque boîte.C'est un détail important.D'importance égale est la légende "Canada Approved" qui indique l'inspection sévère du Gouvernement Canadien.Servez souvent les Fèves au Lard Clark qui donnent un plat si bon avec si peu de dépense et qui n'exige aucune cuisson.Les Cuisines CLARK vous aideront.W.CLARK.Limited MONTRÉAL Montréal.P.Q.Saint-Rtmi.P.Q.t Harrow.Ont.Wr Mon Magazine, Mars 1926
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