La bibliothèque canadienne, 1 mars 1830, lundi 1 mars 1830
La Bibliothèque Canadienne.Tome IX.1er.MARS 1830.Numéro XVII.HISTOIRE DU CANADA, (continuation.) Au commencement de Juillet, les Anglais, sous le commandement des généraux Prideaux et Johnson, se mirent en marche pour aller assiéger Niagara, où commandait M.Pouchot, c.iinme on Va vu plus haut.En passant à l'empouchure de la rivière de Chouaguen, ils y laissèrent un détachement de deux mille hommes, avec l'ordre de rebâtir le fort détruit d'Ontario.Le chevalier de la Corne s'avança du même côté) dans le dessein de harceler les Anglais, et de les empêcher, s'il était possible, d'avancer vers Niagara.Les Français et les Anglais se trouvèrent en présence le* uns des autres, mais comme le combat allait s'engager, la terreur s'empara du détachement de la Corne, qui fut contraint de s'éloigner.Il croyait pouvoir renouveller la tentative le lendemain ; mais il trouva l'ennemi sur ses gardes et trop bien retranché pour qu'il fût prudent de l'attaquer.M.Pouchot ne fût averti qu'il allait être attaqué, que par la vue des Anglais, qui arrivèrent devant son fort le G Juillet.Dès le soir, Prideaux l'envoya sommer de se rendre.Pouchot lui fit réponse que sa garnison était brave, que sa place était forte, et qu'il comptait mériter l'estime des Anglais par la défense qu'il y ferait.Il dépêcha aussitôt des couriers à M, d'Aubry et à M.de Lignery, qui commandaient a l'ouest, pour leur mander de le venir joindre avec autant d'hommes qu'ils le pourraient.Sur la réponse du commandant de Niagara, les Anglais mirent le siège devant ce fort, et Je poussèrent avec vigueur et habileté ; mais la défense ne fut ni moins vigoureuse ni moins habile.Le 21, le général Prideaux fut tué, et remplacé dam le commandement par Sir William Johnson.Le 22, M.Pouchot reçut une lettre de M.d'Aubry, lui annonçant qu'il arrivait avec quinze cents hommes, Français et sauvages, assemblés du Détroit, du fort Le Bœuf, de la Presqu'île et de Venango, et qu'il se proposait d'attaquer les Anglais, dans l'espoir de leur faire lever le siège de son fort.Le combat Tome IX.N 0 .XVII.48 3ïf> Histoire du Canada.* C'est la première fois que nous voyons le nom de ce M.d'Aubry figu rer dans l'histoire du Canada, et nous ne saurions devenir pour quelle raison il avait, en cette occasion, le pas sur M.de Lu, nery, cjui avait déjà été chargé de commandement importants, et qui s'était distingué' en plusieurs rencontres^ si ce n'est que le premier était Français, et h seeond, Canadien.eut lieu, en effet, le lendemain : les Français commencèrent l'attaque, à leur ordinaire, avec beaucoup d'impétuosité ; mais soit que leur commandant se fût laissé investir par des forces supérieures, comme il est dit dans les Mémoires du chevalier de Lévis, soit qu'il eût été abandonné par ses sauvages, comme le porte une autre relation, au bout d'une heure, ils se trouvèrent hors d'état de résister.Tous les officiers, au nombre de 17, y compris M.d'Aubry, (*) \L de Ligrury, et M.Marin, officier canadien de mérite, et presque tous les Français ou Canadiens qui n'avaient pas été tué dans l'action, fuient faits prisonniers.Le lendemain, Johnson envoya un trompette au commandant français, avec une liste des dix-sept officiers faits prisonniers, pour le convaincre de l'inutilité d'une défense prolongée.M.Pouchot se montra persuadé de cette vérité, et il fut signé une capitulation, en vertu de laquelle la garnison, forte de six cents hommes, sortit du fort avec les honneurs de la guerre, pour être ensuite embarquée sur ie lac Ontario, et Cojtuitiite à New-York.Les femmes et les enfans furent envoyés à Montréal.La défaite du corps de d'Aubry et la prise du fort de Niagara firent une vive sensation dans la colonie, d'autant plus que la communication avec le Détroit se trouvait coupée, et qu'il devenait nécessaire d'évacuer plusieurs autres postes.On fut persuadé que les ennemis se présenteraient de suite, aux Rapides, d'où M.de la Corne avait écrit qu'il était hors d'état de résister, et qu'il serait contraint de se retirer à l'approche des Anglais.Le général Amherst arriva en effet, au commencement d'Août, a Carillon, qu'il trouva abandonné et détruit, en conséquence des ordres qu'avaient reçus M, d'Hu-be court, qui y commandait, de se replier de poste en poste, à l'approche de forces supérieures.M.d'Hébecourt se retira d'abord .àla Pointed la Chevelure, où il fit sauter le fort St.Frédéric, et ensuite à l'Isle aux Noix, où M.de Rourlamaque avait élevé des retranchemens, et avait une garnison de trois mille deux soixante hommes.Amherst ayant appris que le fort St.Frédéric avait aussi été abandonné, il s'y rendit avec son armée, forte d'environ dix mille hommes, y fit camper ses troupes, et y construisit un nouveau fort, qui prit le nom anglais de Crown Paint.Pour nous rapprocher de Québec, le général Wolfe despé- Histoire du Canada.WPf rant de pouvoir effectuer un débarquement au-dessus de cette ville, résolut d'attaquer le marquis de Montcalm, dans ses retranchemens, entie Beauport et la rivière Montmorency.Dans ce dessein, il fit échouer deux navires à fond plat vis-avis de la principale redoute, et fit placer un vaisseau de soixante pièces de canon entre ces deux bâtimens.Les brigades de Townshend et de Murray furent mises en bataille, pour tenter le passage du gué quand l'ordre leur en serait donné ; et celle de Monkton eut ordre de traverser de la Pointe Lévy, pour soutenir les deux premières, s'il était nécessaire.A une heure de l'après-midi, le 31 Juillet, le chevalier de Lévis fut informé que deux mille hommes de troupes anglaises étaient en mouvement du côté du gué; il fit aussitôt partir cinq cents hommes et les sauvages pour renforcer ce poste, et donna ordre au sieur Duprat, capitaine des volontaires, de suivre le mouvement des ennemis, et de l'informer de ce qui se passerait.S'étant apperçu que les troupes anglaises embarquées dans des berges et des chaloupes paraissaient se diriger vers le partie du camp retranché qui était vis-a-vis de la pointe de l'île d'Orléans, il y fit marcher le régiment de Roussillon, avec ordre de communiquer par sa droite avec les troupes qui s'avançaient du centre de l'armée vers les rédoutes du Sault.Le marquis de Montcalm, joingnit M.de Lévis, vers deux heures, et approuva les dispositions qu'il avait faites.Les berges anglaises faisaient divers mouvemens propres à inquiéter les Français, en les mettant dans l'impossibilité de devenir dans quel endroit se ferait l'attaque principale, ou plutôt en leur donnant à croire qu'ils seraient attaqués en même temps en différents endroits.Ces mouvemens divers venaient en grande partie de ce que la plupart des berges s'échouèrent sur des bas-fonds ; ce (jui lit que les troupes ne purent débarquer aussitôt que le général Saurait désiré.La brigade de Townshend attaqua la première, et contre l'ordre qui lui avait été donné, avant d'être à portée d'être soutenue par les deuxautres, les retranchemens du Sault, et fut reçue par un feu si vif et si meurtrier d'artillerie et de mousqueterie, que dès l'abord, les grenadiers, qui s'étaient avancés assez en désordre, à la tête des autres troupes, perdirent un grand nombre d'hommes et surtout d'officiers.Le chevalier de Lévis s'étant apperçu que les Anglais s'étaient déterminés a ne faire qu'une seule attaque, fit renforcer le point attaqué des regimens de Cayenne et de Roussillon.Les Anglais redoublèrent d'efforts soutenus par le feu de leur vaisseau de soixante canons, mais toujours sans succès et en perdant beaucoup de monde.Vers cinq heures, la confusion se mit dans leurs rangs, il commencèrent à plier et à se retirer, et il survint une espèce de tempête qui les dé- 323 Histoire du Canada.robu pour quelque temps à la vue de leurs ennemis.Lorsque les Français les revirent, ils s'embarquaient dans leurs berges, derrière leurs navires échoués.Le gain de la bataille de Montmorency, fut principalement dû aux judicieuses dispositions et à l'activité du chevalier de Lévis.La perte des Anglais fut de mille à douze cents nom-: mes tués, blessés et prisonniers: celle des Français ne fut que d'une trentaine de soldats tués, et de quelques officiers blessés.Aussitôt après cet échec, le brigadier Murray fut détaché a-vec douze cents hommes, afin d'aider l'amiral Holmes, qui a-vait été envoyé au-dessus de Québec avec quatre vaisseaux, pour tenter de détruire les deux frégates françaises.Murray tenta deux fois de descendre à la Pointe aux Trembles, et fut repoussé, chaque fois, par M.de Bougainville, qui y commandait.Le général anglais réussit néanmoins à effectuer une descente à Déehambault, où il brûla quelque bagage appartenant aux officiers de l'armée française ; après quoi il se rembarqua.Les Anglais passèrent tout le mois d'Août à canonner Québec et le camp de Montmorency, et à faire sur l'eau divers mouvemens propres à inquiéter les Français, ainsi qu'à faire plusieurs expéditions déprédatoires dans les campagnes.Le 1er.Août, un détachement, commandé par le capitaine Gore-ham, fut envoyé à la Baie St.Paul, pour y faire des vivres.Une corvette qui convoyait le détachement, ayant jette l'ancre vit-à-vis de l'île aux Coudres, elle fut saluée par une décharge de mousqueterie, qui lui tua un homme et lui en blessa huit.Sur quoi lé capitaine Goreham fit débarquer ses gens, chargea les habitans et les mit en fuite.Peu content de cetk*.facile vic'oire, il brûla toutes les maisons et ne laissa sur pied que l'ég'i e, sur la porte de laquelle il mit, suivant M.Smith, un écriteau portant qu'on en avait agi.et qu'on en agirait encore avec cette rigueur envers les Canadiens, en conséquence du peu de cas qu'ils avaient fait de la proclamation du général Wolfe, et de l'inhumanité avec laquelle ils avaient traité les Anglais, er.plusieurs rencontres.Le même historien rend uu compte détaillé du butin que lit le capitaine Goreham en cette occasion : il consista en vingt bètes à cornes, quarante mou-tous, plusieurs cochons, une grande quantité de volaille, des livres, des meubles, des bardes, et autres objets de pillage.Suivant le même Mr.Smith, le général Wolfe ayant appris, que le curé du Chateau-Richer s'était fo/tific dans une grande maison, avec environ quatre-vingts de ses paroissiens, y envoya un détachement avec um pièce do canon et un obusier.Au premier coup de canon tirée sur la maison fortifiée, les Canadiens en sortirent pour aller au-deyant de l'ciiiietii ; mats Histoire du Canada* J)fl2 ils tombèrent chinsi un embascadc qui leur avait été dressée à l'entrée du bois; il v en eut trente de tués, et les Anglais leur enlevèrent la chevelure, en conséquence, ajoute l'historien anglais, de ce (ju'ils s'étaient déguisés en sauvages.Les Anglais n'eurent que cinq hommes blessés.Un autre détachement anglais envoyé du côté de Beaumont, y surprit une vingtaine d'habitans occupés à faire la récolte.Ceux-ci prirent leurs armes, se retirèrent derrière un bois taillés, et tirèrent avant que les ennemis lussent à la portée du fusil.Sur quoi, l'oflicier anglais partagea ses gens en trois bandes, pour prendre les Canadiens en front et sur les deux flancs.Ces derniers tirèrent sur la bande du centre, qui s'avançait au petit pas ; sur quoi les deux autres précipitèrent leur marche, et tombèrent à Pimproviste sur les Canadiens, dont cinq furent tués et quatre faits prisonniers.Les Anglais n'eurent que deux hommes blessés légèrement.Quelques jours après la bataille de Montmorency, M.de Lévis fut envoyé dans ie gouvernement de Montréal.Il fit une excursion jusqu'à Catarocouy, et ordonna sur la route, en allant et revenant, les travaux et les dispositions qu'il crut être les plus utiles pour la défense de cette partie de la colonie.De retour à Montréal, il alla a l'Ile aux Noix, où il trouva les ouvrages ordonnés presque achevés, el la garnison tenue en bon état par les soins de M.de Bourlamaque.Oh avait formé le dessein de faire descendre les deux frégates pour attaquer les quatre vaisseaux (entre lesquels il yen a-.vaît un de ligne,) que des Anglais avaient fait passer au-dessus de Québec ; mais cinq autres vaisseaux étant venus renforcer les quatre premiers, le 28 Août, et quatre autres, le 31, le projet d'attaque devint inexécutable: Dais les premiers jours de Septembre, le général Wolfe voyant la saison avancée, et désespérant de pouvoir forcer les Français dans leurs lignes de Beauport et de Montmorency, résolut, d'après l'avis de son conseil de guene, de changer de position, et d'essayer de combattre le marquis de Montcalm dans une situation moins désavantageuse, une victoire étant à peu près devenue pour les assaillans la seule alternative do salut.Eu conséquence, après avoir incendié les campagnes des environs, l'armée anglaise abandonna le Sault de Montmorency pour revenir à la Pointe Lévy.(A continuer.) 330 MEMOIRES DE M.DE MONTLOSIER.( Suite et fin.) " Dans la Chambre de la noblesse, à Versailles, Cazalès n'avait eu que des bouffées d'éloquence.Au moment de la réunion des Ordres en assemblée nationals, il voulut bien s'es Juin au Tafilet, après les souffrances e$ les privations les plus cruelles-, il traverse tout le Maroc, et s'arrête enfin à Tanger, où le généreux M.D-Japorie, notre vice-consul, l'accueille et le préserve des perd* qu'il aurait courus si sa fable eût été connue.Le prix de 10,000 f.décerné .à M.Caillié par la société géographique e->t un magnifique témoignage en faveur de sa découverte ; mais l'ouvrage qui en renferme le résultat se distingue encore par de précieuses qualités.M.Caillié peint les choses et les hommes dAune manière si vive; il décrit les lieux d'une manière si exacte, qu'on croit ies voir et les toucher.A 1 absence de toute prétention, à la naïveté de langage, on sent que M.Caillié n'a pas lu défaut tant reproché aux voyageurs.Sa candeur ajo rte à l'attrait du récit, et, en effet, comme on lit craint pas d'être surpris par des peintures imaginaires ; on Mimée Cosmopolite* MUSE'E COSMOPOLITE.On vient de faire dernièrement l'ouverture d'une espèce de Musée Cosmopolite, dans lequel M.Mazzara se propose d'offrir successive merit à la curiosité publique les lieux, les villes et les monurnens les plus célèbres qu'il a visités et dessinés dans ses nombreux voyages.Dans ce moment, on voit une suite (la tableaux représentant toutes les stations importantes du voyage de Naples à Alexandrie, en Egypte.M.Mazzara, en fournissant les dessins, a confié l'exécution de ces peintures à dû jeunet* artiste dont les noms sont déjà avantageusement connus.On distingue ceux de MM.Yiard, Storelli, iils, Saint-Aulairç, et E.Isabey.On voit successivement, et comme cela pourrait Se faire dans un bâtiment par l'ouverture des sabords, les Iles de Procida et de Capri, avec ie Golfe de Naples ; le volcan de Stromboli, au moment où douze ou treize trombes de mer menacent d'engloutir le vaisseau du voyageur; le phare et le détroit de Messine; Malte et l'Ile de Calypso ; l'Jle de Candie, et enfin une vue générale d'Alexandrie et de tous ses environs.—-Ce dernier tableau et celui où est représente l'étrange phénomène des trombes, fait je plus grand honneur au talent de M.E.Isabev.Dans la vue d'Alexandrie, les artistes et les savans auront l'occasion d'apprécier les effets singuliers et heureux que M.Mazzara a obtenus en combinant les lignes anamorphoses pour produire un genre d'illusion tout particulier.Jamais on n'a vu un tableau qui sur un espace donné représentât un espace aussi large.Au surplus, on ne peut qu'engager M.Mazzara a faire passer ainsi en revue au public toutes les richesses qu'il a en portefeuille.Ce voyageur distingué a parcouru en antiquaire zé\$ «'.isspcie vivement aux souffrances et aux paroles té les nations sauvages.Toute l'Afrique jusqu'à l'Ethiopie et la Nigritie obéit au livre de l'Alcoran, après avoir fléchi sous le livre de l'Evangile.La Chine est régie par le livre moral de Confucius; une grande partie de l'Inde, par le livre du Veidam.La Perse fut gouvernée pendant des siècles par IcsliVresd'un des Zorastres.Si vous avez un |m>cès, votre bien, votre honneur, votre vie même dépend de l'interprétation d'un livre que vous ne lisez jamais.Robert le Diable, les Quatre fils Aimon, les Imaginations de M.Oufîe, sont des livrés aussi ; mais il en est des livreà tomme des hommes, le très petit nombre joue un grand rôle ; le reste est confondu dans la foule.Qui mène le genre humain dans les pays policés ?ceux qui savent lire et écrire.Vms ne connaissez ni Hippocuate, ni Boeiuiaave, ni Sydenham, mais vous mettez votre corps entré les mains de ceux qui les ont lus.Les livres gouvernent tellement le monde que ceux qui commandent aujourd'hui dans certains pays ont voulu que les livres de leur loi ne fussent que pour eux.Dans d'autres pays on a 'défendu de penser par cent sans lettres-patentes, 11 est des nations chez qui l'on regarde les pensées purement comme un objet de commerce.Les opérations de l'entendement humain n'y sont considérées qu'à deux sous la feuille.81 par hazard le libraire veut un privilège pour sa marchandise, soit qu'il vende Rabelais, soit qu'il vente les Pères de l'Eglise^ le magistrat donne le privilège sans répondre de ce que le livre contient.Dans un autre pays, la liberté de s'expliquer par des livres Livra.est une de» prérogatives Jes plus inviolable!.Imprimez tout ce qu'il vous plaira, sous peine d'ennuyer, ou d'eue puni, si vous avez trop abusé de votre droit niuurel.Avant l'admirable invention de l'imprimerie, l»>s livres étaient plus rares et plus cher s (jue le s pierres précieuses Presque point de livres chez nos nations barbares jusqu'à Chakm ma* cnk, et depuis lui jusqu'au roi de Fiance Chaki.ks V dit le Sage ; et depuis ce Charles jusqu'à François 1, c'est une disette extrême.Les Arabes seuls en eurent depuis le huitième siècle de notre ère jusqu'au treizième.Lu thine en était pleine quand nous ne savions ni lire ni écrire.Les copistes furent employés dans l'empire romain, depuis le temps des Scipion jusqu'à l'inondation des barbares.Les Grecs s'occupèrent beaucoup à transcrire vers le temps 'l'A-Mintas de Philippe et (I'Alexanore : ils continuèrent surtout ce métier dans Alexandrie.Ce métier étaU assez ingrat» Les marchands payèrent toujours fort mal les auteurs et les copistes.U fallait deux ans à un copiste pour bien transcrire la Bible sur du vélin.Que de temps et de peine pour copier correctement en grec et en latin les.ouvrages d'OltlGENE, de Clk'ment d'Alexandrie, et de tous les autres écrivains nommés Pères ?St.Jerome dit dans une de ses lettres contre Hufin, qu'il n épuisé toute sa bourse a acheter les ouvrages d'Origène dans Alexandrie.Les poèmes d'Homère furent longtemps si peu connus, que Pisistrate fut le premier qui les mit en ordre, et qui lea fit transcrire dans Athènes, environ cinq cents ans avant l'ère durit nous nous servons.Il n'y a peut-être pas aujourd'hui une douzaine de copies du Veidam et du Zenda-Yesta dans tout l'Orient, Vous n'auriez pas trouvé un seul livre dans toute la Russie en 1700, excepté quelques *Missels et quelques Bible?, chez les papas.Aujourd'hui on se plaint de trop ; mais ce n'est pas aux lecteurs à se plaindre ; le remède est aisé ; rien ne les force à lire : cr n'est pas non plus aux auteurs; ceux qui font la foule ne doivent pas crier qu'on les presse.Malgré la quantité énorme de livres, combien peu de gens lisent?et si on lisait avec fruit, verrait-on les déplorables sottises auxquelles le vulgaire se livre encore tous les jours en proie ?Ce qui multiplie les livres, malgré la loi de ne point multiplier les êtres sans nécessité, c'est qu'avec des livres on en fait d'autres ; c'est avec plusieurs volumes déjà imprimés qu'on fabrique une nouvelle Histoire de France ou d'Espagne, sans rien ajouter de nouveau.Tous les dictionnaires sont faits avec des dictionnaires ; presque tous les liviei nouveaux de géoirna- Tome IX, N°.XViL *0 • 3S9 KpHftti $tfire*% Wa«.«mj, fa pnte sont des répèYrtlons^le livres dé gfagoapbie, î,a Snrtfm* ile St.Thomas a produit'deux mille roi} mnes de 'theologies Les livres sont aujourd'hui multipliés à uh tel point, que non seulement il *st impossible vie «les lire tous sïtttfô dVn ft*» VèÎT même ie nombre et d'en connaître les titres.Ht-wreumènent, on n'est pas obligé de lire tout -ce qui s'imprime,
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