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L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
jeudi 18 octobre 1860
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1860-10, Collections de BAnQ.

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L'ECHO DE MONTREAL, PARAISSANT LE 1er ET LE Sine JEUDI DE CHAQUE MOIS.LE PROCHAIN XUMÉRO DE UECHO PARAITRA LE lin DE NOVEMBRE.Volume II.Montréal, (Bas-Canada,) 18 Octobre 1860.No.20.SOMMAIRE.—Chronique «le la quinzaine.—L’histoire île l’K-loctricité par le Rév.Messiro Rilliun, professeur do Physique au Collège île Montréal.—Influence du Christianisme •.ur les Sociétés, par M.J.(i.P.Blancliet, ancien Elévo du Collège de Nicolet, et Etudiant à HUniversité-Laval.— Do l’ivrognetie ; les Sociétés de 'l'eiupérance ; visite à Beau-port : l'ivrognerie, folie volontaire ; l’ivrognor^e est une abdication ; l'ivrognerie est une impiété.—Ouérisons obtenues à l’occasion de la Statue miraculeuse de Notre-Dame de Pitié, honorée à Montréal,—Le petit frère, (poésie).—Lecture de M.Rameau, le 13 de ce mois.Chronique de la Quinzaine.SOMMAIRE.—La bataille de Castel-Fiilardo.—llonlo des vainqueurs et gloire des vaincus.- Dégradation de l’opinion publique.—/^ Correspondant et les derniers événements.— M.Cocliin et M.de Eallou.i.—Biographie du général da Pimodnn.— Vers de Louis Veuillot.—Napoléon 1er et le Souverain-Pontife.La Révolution l’a emporté dans les Etats du St.-Siège, niais nnx dépens de toutes les lois de l'honneur et «lu courage ; l’infamie de son triomphe égalera donc la honte de scs desseins.Cinquante mille hommes sc sont réunis pour en écraser dix mille.Les bandits procèdent ordinairement dans de telles proportions, et tout semble concourir à rendre la ressemblance plus frappante, le but de spoliation «[tte l’on se proposait et les moyens lâches et perfides «pie l’on a employés.Il y avait une certaine convenant e à ce «pi’une si abominable cause fut servie pnr des procédés m ignobles ; aussi, quoiqu il arrive plus tard, on devra toujours (lire que 1 unification de l'Italie a été honteusement inaugurée.Qu’il est triste de voir une grande armée, illustrée autrefois par de nobles et glorieuses entreprises, ainsi avilie ! Qu’il est triste de la voir employée à de pareilles expéditions et à de semblables coups de main! Le succès honteux qu’elle peut se promettre, ne la réhabilitera pas plus aux yeux de la postérité, qu il n’a pu sauver du dégoût et «le la réprobation universelle des siècles, la cohorte «le valets, de scribes et de bourreaux s’en allant au jardin de l’agonie porter une main outragense sur ln personne du Sauveur.En attendant le jugement de la postérité, il y a en ce moment, dans certains esprits, un singulier renversement des principes les plus simples de l’appréciation des choses, des faits, des hommes et des événements.Garibaldi qui, dans son existence aventureuse, a commis ou fait commettre lanl de forfaits, est glorifié et salué comme le sauveur, le modèle des Italiens et acclamé presque comme un Dieu.Des bandits descendus en masse des montagnes, ou échappés des prisons, ouvertes par la révolution, sont qualifiés et proclamés comme les plus purs et les plus vrais patriotes.Cette peste des idées anarchistes et révolutionnaires, qui gagne de proche en proche et qui menace de tout détruire et de tout anéantir, est saluée de mouvement régénérateur et de progrès civilisateur.11 est des gens pour qui le bruit, le mouvement, les bouleversements, l’audace et les cris sont des motifs si irrésistibles d’admiration «[u’ils ne peuvent en revenir ; ils ne s’inquiètent point, du reste, de savoir s’il s'agit de détruire ou d’édifier, de perdre ou de sauver, d’embrouiller ou de rétablir les choses dans l’ordre et | la tranquillité.| Ils ressemblent singulièrement à ceux dont parle le philosophe Joubert “qui, lorsqu’on met le feu à la mai-ion, s'occupent à admirer la flamme de la torche et la bonne mine de l'incendiaire et bornent là toute leur prudence.” Enfin, au milieu de ces erreurs étranges, l’on aime à voir la protestation des esprits élevés et des cœurs généreux.Le Correspondant, entr’autres, a donne plusieurs articles de ses principaux Rédacteurs qui sont à la hauteur «le la noble cause qu’ils défendent et qui la vengent dignement des aberrations de l’opinion publique.Nous citons d’abord «juelques lignes de M.Coehin sur la bataille où l’armée de Lamoricière a succombé «tous le nombre. L’ECHO DU CABINET “ La journée de Castelfidardo, signalée par le triomphe de soixante mille soldats aguerris contre une poignée de volontaires, instruits et réunis en trois mois, cause à Turin un enthousiasme extraordinaire.Il faut que l’éclat de Lamoricière soit bien grand, et que cet homme vailleà lui seul une armée, pour qu’un général, un roi, un peuple, se disent fiers d’avoir été les plus forts à dix contre 101 ! Les Piémontais, on le voit bien, n’ont pas l’habitude de gagner tics victoires à eux seuls.“ Pour nous, si nous avions en l’honneur de compter parmi les soldats du Vainqueur de Constantine et de livrer un si bon combat, sous un si bon chef, pour une si bonne cause, nous sentirions encore, au sein de notre défaite, quelque fierté mêlée à notre douleur, et, offrant à Dieu nos efforts malheureux avec plus de confiance que nos ennemis n’oseront offrir leur triomphe, nous entonnerions sans trouble ces paroles du Te Dcum : “ Te Martyrum candidatus laudat exercitus.In te, Domine, speravi, non confundar in œternum." “ L’histoire et la foi nous apprennent à ne pas trembler pour l’Eglise.Elle a connu des jours plus mauvais ; elle survit à tous les triomphes remportés contre elle.“ Tant que l’action est en marche et son issue “ en suspens, la force et l’activité morale prennent “ tout leur développement ; mais dés que la lutte a “ cessé, dès que le caractère d’irrévocabilité est venu “ proclamer la sanction ou la permission divine, le “ chrétien fléchit devant elles, et sa volonté s’unis-“ sant à la volonté suprême, elle entre, scion la ma-“ gnifique expression de Bossuet, dans les puissances “ de Dieu.” (Mme Swetchinc.) “ Voilà ce que nous sommes, ou du moins, ce que nous devrions être en tant que chrétiens.“ Et d’ailleurs, qui donc a succombé à Castelfidardo, c’est la cause, la politique, la parole de la France, engagées en 13-19, renouvelées à la face du monde en 1859.“ En 1859, les derniers vestiges de la même politique ont provoqué des paroles et des promesses solennelles.Ces paroles, ces promesses, sont dans toutes les mémoires.Ce que nous avons promis, Lamoricière allait le tenir.Qui est battu avec lui ?C’est noire parole.En vain on se prévaut de la garnison de Rome ; die garde ce que le Pape aimerait à perdre, sa vie ; clic 11e garde pas ce qu’il voudrait sauver, son sceptre.Elle l’empêche d’être martyr sans lui permettre d’être Roi.” Le comble de l’aliliction dans de pareils événements vient du pervertissement de l’opinion publique qui ne sait plus les juger et les apprécier.Que de grands crimes s’accomplissent, il y a toujours quelque remède, s’il reste un tribunal pour les juger, les flétrir et les condamner ; mais à quel avilis-sement la société est-elle réduite, lorsque ce tribunal reste muet et que le crime reçoit impunément et insolemment les acclamations et les applaudissements de la foule.M.de Falloux, dans un articlo du Correspondant, a fait ressortir ce triste caractère des derniers événements.Qu’on nous permette de citer quelques lignes : “ Ce n’est pas assurément la coexistence du bien et du mal, de l’ordre et du désordre, qui nous paraît nouvelle et redoutable : cette coexistence est vieille comme le monde et devra durer autant que lui.“ Il y a toujours eu, à fond de cale de toutes les sociétés, des hommes s'efforçant de briser, à coup de hache, le navire qui les porte, au risque de s’ensevelir dans l’abime avec lui.“ 11 y a toujours eu dans une sphère plus élevée, des hommes égarés par les chimères d’une fausse philantropie, rêvant une société sans freins, sans institutions, sans lois, sans Dieu.“ Ces hommes changent de nom d’àge en âge, ils ne changent ni de caractère ni de rôle.“ Mais ce qui est inouï à l’heure où nous vivons ; ce qui distingue, d’une façon qui épouvante l’esprit, l’œuvre à laquelle nous assistons, c’est que la résistance n’est nulle part et que la complicité est partout.“ La résistance n’est plus dans les rois, qui se jalousent et se dépouillent les uns les autre», comme des brigands au coin des bois ; elle n’«st plus dans les gouvernements qui chancellent et se troublent devant la première attaque, qui n’ont plus foi en eux-mêmes, qui ne connaissent et n’appliquent plus les principes du droit public et du droit des gens, qui se cramponnent à un absolutisme sans intelligence, 011 se laissent aller à merci devant le premier venu ; elle n’est plus dans cette presse qui ambitionnait jadis le double titre de conservatrice et de libérale.” Parmi les victimes tombées dans la lutte récente, on a eu à citer malheureusement le général de Pimo-dan.Né en 1S2J d’un Officier supérieur de la Garde Royale, il fit ses éludes en partie au Collège de Fri-bourg, en Suisse, où il se trouvait de 1836 à 18-10.Ne voulant pas servir le gouvernement d’alors, il entra au service de l’Autriche, i) lu condition formelle que, dans le eu.s d'une lutte contre su patrie, il pourrait se retirer.Ceci répond entièrement à la calomnie de quelques journaux anglais qui ont prétendu qu’il était dans les rangs autrichiens lors de la dernière campagne d’Italie.Il fit les campagnes de 1848-49 sous le maréchal Radetski, fut nommé lieutenant-colonel et fut décoré de la croix de Marie-Thérèse, une des plus liantes distinctions militaires, en Autriche.Rentre en France, il publia le récit de cette gnerre dans un livre qui a en le plus brillant succès et qui a été loué par tous les partis.C’est alors qu’il épousa une petite fille des Montmorency-Laval.A la nouvelle des dangers que courait le Souverain-Pontife, il quitta sa jeune femme, et vint offrir son épée au général de Lamoricière, qui le nomma aussitôt général et le fit son chef d’état-major. DE LECTURE PAROISSIAL.307 Lnfin, an combat de Castel-Fidardo, il reçut la mission de soutenir, avec son corps d’armée, tout l’effort de l’armée piémontaise, pendant que le gî itérai de La-moricière forçait la ligne et introduisait dans Aneône une armée de renfort.C est dans ^accomplissement de son devoir qu’il reçut le coup mortel ; il est tombé, mais c’est pour la plus sainte des causes, dans des exploits héroïques, laissant le plus bel exemple et le plus grand souvenir.Ici l’on peut appliquer cette sainte et sublime pensée : Si, mourir pour son Roi, est un si noble sort, Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort ! ! Gloire au saint et héroïque guerrier ! gloire aux braves enfants de la F rance qui ont partage son destin ! gloire, enfin, aux Irlandais qui sont morts en prononçant une parole digne de servir à jamais de mot de ralliement à leur noble et sainte patrie.Des Irlandais au service du Souverain Pontife, ne peuvent sc rendre, ils ne peuvent que mourir ! ! fc.ii présence de si tristes événements, avec quelle douceur reporte-t-on ses yeux vers le ciel, vers un séjour meilleur, où viennent d’entrer de si nobles héros.L’un des champions les plus dévoués de la bonne cause, dans des vers charmants, a ému notre cœur en nous parlant des espérances célestes.C’est Louis Veuillot.Après les outrages qu’a essuyés ce grand écrivain dans son dévouement pour la justice et la vérité, il a tourne avec calme et joie ses yeux vers le ciel, et voici comment il s’exprime.ON TESTAMENT.Placez à mes côtés ma plume, Sur mon cœur le Christ, mon orgueil.Sous mes pieds mettez ce volume, Et clouez en paix ce cercueil.Après la dernière prière, Sur ma fosse plantez la croix ; Et, si l’on me donne une pierre, Gravez dessus : J'ai cru, je vois.Dites entre vous : “ 11 sommeille, “ Son dur labeur est achevé.” Ou plutôt dites : “ Il s'éveille, “ Il voit ce qu'il a toujours râvé." Ne défendez pas ma mémoire* Si la haine sur moi s’abat ; Je suis content, j’ai ma victoire, ¦l'ai combattu le bon combat.Ceux qui lont de vils morsures, A mon nom sont-ils attachés?Laissez-les faire : ces blessures Peut-être couvrent mes péchés.Je suis en paix, laissez-les faire Tant qu’ils n’auront pas tout vomi ; C’est que, Dieu soit béni ' poussière Je suis encore leur ennemi.Dieu soit béni ! ma voix sonore Persécute encor ces menteurs ; Ce qu'ils insultent, je l’honorc, Je démens leurs cris imposteurs.Je fais un chemin dans leurs fanges ; A leurs captifs je peins le jour ; Je suis l’envoyé des bons ange* Vers les cœurs où naîtra l’amour.Quant h ma vie, elle fut douce : Les ondes du ciel font fleurir Sur l’aride pierre la mousse, Sur les remords le repentir.Dans ma lutte laborieuse La foi soutint mon cœur charmé ; Ce fut donc une vie heureuse, Puisqu’enfin j’ai toujours aimé.Je fus pécheur, et sur ma route Hélas ! j’ai chancelé souvent ; Mais, grâce à Dieu, vainqueur du doute Je suis mort, ferme et pénitent.J:espère en Jésus.Sur la terre Je n’ai pas rougi de sa foi, Au dernier jour devant son Père, Il ne rougira pas de moi.Un jour, Napoléon, au comble de sa puissance, dans le moment où il était en lutte avec le Souverain Pontife, étonné de sa résistance, s’écria dans un moment de colère, devant le cardinal Maury : Quoiqu'il fasse, U ne peut m'échapper.Et où irait-il, d'ailleurs, où je ne puisse l'atteindre ?Sire, dit le cardinal Maury, en regardant finement l’empereur, il ira au ciel.Napoléon sourit, baissa la tête, puis, ne trouvant rien à répondre, il détourna la conversation.Il en est ainsi de tous les défenseurs de la vérité, il est un asile où ils seront en sûreté, où ils peuvent être bien assurés que leurs adversaires ne pourront jamais les atteindre : c’est le ciel.L'Histoire de l'Electricité, PAR LE RÉVÉREND MESSIRE IIILMON, Professeur de Physique au Collège de Montréal.Lu le 11 Avril 1857.“ Un petit phénomène de Physique,qui se présente rarement et qu’on ne daigne pas observer, parce qu’il ne paraît conduire à rien, a commencé, depuis un temps, ii.devenir plus considérable, grâce aux yeux savants qui l’onl regardé de près ; et aujourd’hui, il est si étendu et si important qu’on ne sait plus où , cela s’arrêtera.” C’est ainsi que s’exprimait l’historien de l’Aeadé-' mie Royale des Sciences de Paris, en l’année 1773, au | sujet de l'électricité. 308 L’ECHO DU CABINET Ces pressentiments se sont vérifiés.De puis l’époque où Fontenelle écrivait ces lignes, l’électricité justifiant son horoscope a fait des pas de géant : Elle a marché ; elle marche toujours.“ Où cela s’arrè-tera-t-il ?” Nous ne sommes pas plus capables de le dire aujourd’hui qu’on ne l’était en 1773.Ce petit phénomène de physique qu’on ne daignait pas observer, parce qu’il paraissait ne conduire à rien, était pourtant le premier anneau d’une longue chaîne de découvertes toujours plus curieuses, toujours plus surprenantes, toujours plus brillantes, et il faut ajour-ter, toujours plus utiles, toujours plus pratiques à mesure qu’elles se succèdent les unes aux autres.C’était le germe qui renfermait toute une science, alors entièrement cachée, et cette science était la science de l'électricité ; c’est-à-dire de cet agent aussi universel que mystérieux, auquel la météorologie emprunte le secret des grands phénomènes atmosphériques, et les moyens assurés de désarmer les nues orageuses en conduisant dans les entrailles de la terre, sans danger et même sans explosion, la foudre que ces nues recèlent ; de cet agent auquel nous attribuons encore la production de ce magnifique spectacle des longues nuits polaires, l’Aurore-Boréale, phénomène purement électrique, qui nous fait, sinon comprendre, du moins entrevoir comment la terre, dans les âges qui ont précédé la création de l’homme, a pu jouir de la lumière et avoir même ses alternatives de jour et de nuit, bien que le soleil ne fut pas encore créé.Ce petit phénomène de.physique devait produire un jour la Pile de Volta, le plus puissant instrument de décomposition et d’analyse que la chimie ait eu à sa disposition, et auquel elle doit ses plus importantes découvertes.Ce petit phénomène devait fournir à la physique des indicateurs d’une précision, d’une délicatesse incroyable, au moyen desquels le savant peut saisir et noter les plus imperceptibles nuances de température, celle que le simple rayonnement de la main peutpro.duire à un pied de distance, les plus fugitives fractions de la durée, le temps qu'une balle met à parcourir le canon du fusil ; les forces d’attraction et de répulsion les moins saisissables, le physicien armé de son galvanomètre, comme d’un microscope d’un nouveau genre, les saisit, les compare, les calcule, et pénètre ainsi dans les secrets les plus intimes de la nature des corps.Ce petit phénomène est devenu entre les mains du Minéralogiste et du Géologue un fil conducteur pour remonter à l’origine des couches minérales du globe terrestre ; et pour découvrir la cause de la formation des cristanx naturels dans l’influence très-faible, mais très-prolongée des forces électriques.Ce petit phénomène a donné au Physiologiste et au Médecin lu connaissance des forces qui régissent la nature organique, et le moyen de guérir des maux ! jusqu’alors réputés incurables.Ce petit phénomène a fourni aux arts métallurgi- ques de nombreux procédés pour extraire, préparer et exploiter facilement et économiquement les métaux.Enfin, ce petit phénomène, qui n’a pas encore fini de marcher et de produire, a enfanté de nos jours le Télégraphe Electrique, cette puissance véritablement fabuleuse, et cependant très réelle, qui donnant à la parole les ailes de la pensée, s’affranchissant du temps comme de l’espace, semble permettre à l’intelligence de sortir de son enveloppe limitée, pour s’élancer, indépendante et libre, et voler en un instani, selon le caprice de.ses désirs, dans les régions les plus lointaines.Ce phénomène, en apparence si insignifiant et en réalité si considérable, qui consiste en ce que l'Ambre jaune, lorsqu’il a été frotté, attire vivement les corps légers, tel que des barbes de plumes, des brins de paille, de la sciure de bois, et même des petites parcelles de métaux : ce phénomène était connu de l’antiquité : Thaïes de Milet, G00 ans avant notre ère, esl, dit-on, le premier qui l’ait observé, et il en fut si frappé qu’il s’imagina et prétendit que l'Ambre était animé.Théophraste, l’auteur des ‘Caractères, qui llo-rissait 300 ans environ avant Jésus-Christ, dans son traité des Pierres, dit que le lyncurium jouit, comme \'ambre, de la propriété d’attirer les corps légers.Pline, dans son Histoire Naturelle, raconte très sérieusement sur l’origine, le nom et la nature, de Y Ambre quantité de fables au milieu desquelles nous trouvons ces deux observations : 1“.VAmbre peut acquérir la propriété de luire dans l’obscurité, Philemon ml flammam al> electrn reddi ; 2°.L'Ambre attire à lui les corps légers, ce qui lui a fait donner le nom d’harpaga, ou, comme nous dirions, harpagon.Et vocare harpaga quia folia rt paleas vestiumque fimbrias rapiat ; et dans un au.tre endroit : Succina attritu digitorum acceptâ ri coloris attrahunt in se paleas rt folia arida, ut magnks 1 ferrum.Toute la science des anciens se résume dans ces deux faits, auxquels du reste, ils ne paraissent pas avoir attaché plus d’importance qu’à un .simple accident de forme ou de couleur.Quant à l’ex plieation de ces phénomènes, il n’en est nullement question, et l’on conçoit bien qu’il n’en pouvait pas être question à cette époque, à moins qu’on ne veuille voir une explication dans ce que Pline nous raconte d’après Nicéas : à savoir, que l’Ambre est formé pur le suc des rayons du soleil, lesquels, du côte du couchant, étant dardés sur la terre avei beaucoup plus de force, laissent dans cette partie de l’Océan une sueur grasse qui.pendant l'éte, est poussée sur les rivages delà Germanie, et comme ceth sueur grasse n'est pas autre chose que l'ambre, on voit assez pourquoi l’ambre a la propriété de luire : c’est de la lumière, épaissie.Je ne sais pas si les anciens ont expliqué auss heureusement le pouvoir attractif ; mais voici la tai DE LECTURE PAROISSIAL.309 son que nous en trouvons dans Jérôme Cardan :— “ Toute chose sèche tend à se mouvoir vers l’humidité qui est son contraire; or, la paille, étant sèche, se meut vers V Ambre, parce que celui-ci est formé d’une certaine humidité grasse et glutineuse.” Jérôme Cardan n'appartient pas à l’antiquité ; mort en 1576, il est, de plus de 20 siècles, postérieur à Thaïes de Milet ; donc, pendant 20 siècles, Velcctricite est demeurée à l’état de germe.Hâtons-nous d’ajouter qu’à ce moment même elle est à la veille d’éclore et qu’elle va bientôt nous déployer toutes ses magnificences.C’est maintenant que nous abordons son histoire ; après que nous aurons dit un mot sur les divisions que nous nous proposons de mettre dans ce travail.Toute l’histoire, de infime que toute la science de l’électricité, peut se partager en deux grandes partiesi Première partie.—Elle commence aux premières découvertes, et nous conduit jusqu’au commencement du siècle actuel, en 1800 ; nous lui donnons pour titre : IJiatoirc de VElectricité Statique, c’est-à-dire, de l’électricité en repos, ou mieux, en équilibre.Deuxième partie.—Elle date du jour où Voila annonça au monde savant sa grande découverte de la Pile, le 20 mars de l’année 1800, nous l’intitulerons : Histoire de l'Electricité dynamique, c’est-à-dire, de l’électricité en mouvement, on encore, histoire des courants électriques.Le sens de ces diverses dénominations sera expliqué en son lieu.Chacune de ces deux grandes périodes peut encore être sous-divisée.Ainsi, nous partagerons Vhistoire de.lileclricitè statique en deux chapitres.Dans le premier chapitre, nous suivrons l’histoire de l’électricité jusqu’à la découverte de la bouteille de Leyde, en 1716.Dans cette première période, nous ferons eonnaitre les tentatives îles premiers électriciens, l’invention et les perfectionnements successifs de divers appareils producteurs de l’électricité.Dans le second chapitre, nous prendrons l’histoire j de l’élcctrieité it la découverte de la bouteille de Lcy-de (janvier 1716) et nous la continuerons jusqu’en 1800, où nous achèverons l’histoire de l’électricité statique.Cette seconde période, outre la remarquable découverte qui en marque le commencement, comprendra les diverses applications de la bouteille de Leydc.\ L’expose des différents systèmes qui ont partagé les j savants au sujet de l’électricité ; distribution de l’é-lectncité, mesure des forces électriques; vitesse de l’électricité ; électricité atlimosphérique ; explication de la foudre ; invention des paratonneres ; mort tic liichman, foudroyé dans son cabinet de physique ; | enfin les premières découvertes de Volta.Vous partagerons de même l'histoire de l’elreirieite dynamique en deux autres chapitres.Dans le premier, ou si vous voulez, dans le troisième chapitre, nous nous proposons d’étudier les divers perfectionnements et les applications si nombreuses et si variées de la Pile ; effets physiques effets chimiques ; effets mécaniques, effets physiologiques.A propos des effets chimiques, nous parlerons de la galvanoplastie, ou de la reproduction des empreintes par l’électricité, cet art d’amateur, qui ne fait pour ainsi dire que de naître, et dont les résultats ont déjà dépassé toutes les espérances qu’on en avait conçues.Enfin, dans un dernier chapitre, nous prendrons l'histoire de l’électricité en 1820, époque de la décou-couverte d’Œrsted, physicien Danois, qui a lait entrer la théorie du magnétisme dans celle de l’électricité ; nous exposeronis, à partir de là, les applications récentes et si merveilleuses de l’électricité : Electro-magnétisme ; théorie des courants ; phénomènes d’in-1 duction ; télégraphes électriques, etc., etc.Avant d’entrer en matière nous ferons encore deux remarques sur l’ordre que nous venons d’exposer ; la première est que nous avons cru devoir quelques fois sacrifier l’ordre des dates à l’enchainemen! logique des faits ; du reste nous indiquerons autant que nous le.pourrons la date précise de chaque découverte.La seconde remarque est que nous nous sommes tracé ce plan à l’avancc, comme un but qu’il nous fallait avoir sous peine de travailler sans dessein : mais il est infiniment probable que l’exécution amènera des modifications que nous ne prévoyons pas encore.Nous ferons ces modifications si elles nous paraissent né-1 cessaires, et, dans ce cas, nous aurons soin d’avertir.Nous abordons maintenant le premier chapitre que nous parcourrons en deux lectures.L’ambre qui est le premier corps sur lequel on ait observé la propriété d’attirer les corps légers se nommait en grec clcclron en latin clectrum.De là on a formé le mot électricité, qui ne désigne plus seulement aujourd’hui la puissance attractive de Vambre, mais s’applique à une immense variété d’effets, à tous les détails d’une science aussi étendue que brillante.Nous avons déjà dit que les anciens avaient découvert la même pr priété dans le lyncurium, substance dans laquelle le Dr.Watson a cru reconnaître la tourmaline.Vers la fin du seizième siècle, une troisième substance vint prendre place à la suite des deux premières, c’est le jayct, ou le jais, espèce de charbon de terre, très-dur et très-compacte, d’un beau noir, et susceptible de recevoir un beau poli, ce qui l’a fait longtemps rechercher pour les parures de deuil.Les premiers efforts des physiciens devront naturellement avoir pour but d’augmenter le catalogue des corps électriques.C’est en effet ce que lit Guillaume Gilbert, né à Colchester en 1540, et médecin de la Reine Eliza-| beth.| Au lieu que jusqu’alors le hasard avait fait tous les 310 L’ECHO DU CABINET frais des découvertes touchant l’électricité, Gilbert entreprit d’explorer un sujet si curieux avec l’intelligence et la méthode qui sont le propre caractère de la science moderne.Ce philosophe avait fait une étude spéciale des propriétés de l'aimant ; et il a consigné les résultats de ses travaux dans un ouvrage intitulé Tractatus de Ma-gnetc, publié à Londres en 1590, et qui jouit encore aujourd'hui d’une estime méritée.Il y avait trop d’analogie entre la propriété de Vambre et celle de l'aimant pour que le savant Anglais, en s’occupant de cette dernière substance, ne donnât pas quelque attention à la première.Il entreprit donc une série d’expériences qui lui firent reconnaître l’électricité (nous prenons ici ce mot dans le sens très-restreint qu’il avait alors) dans un grand nombre de corps où elle était auparavant ignorée.C’est ainsi qu’il ajouta aux corps électriques déjà connus , le diamant, le saphir, le rubis, Vopale, ['améthyste, l'aiguë marine, le cristal de roche, le ferre, le soufre, etc____ Comme parmi ces corps il y en avait où la vertu électrique ne se manifeste que très-faiblement, Gilbert imagina un petit appareil destiné à rendre cette vertu beaucoup plus sensible ; il se servait donc d’une aiguille d'un métal quelconque équilibrée sur un pivot, à la façon de nos aiguilles de boussole, puis ayant préalablement frotté le corps qu’il voulait soumettre à l’expérience, il l’approchail d’un des bouts de cette aiguille, et si ce corps était électrique, il attirait l’aiguille plus ou moins fortement suivant le degré de sa vertu.Les substances ainsi expérimentées se trouvaient donc réparties en deux classes : dans une, celles qui étaient électriques ; dan» l’autre, celles qui ne l’étaient pas.Plus tard on donna un nom à chacune de ces deux classes, on appela les corps, rangés dans la première, corps idio-électriques ; et ceux de la seconde classe fuient appelés unêlectriques.Nous verrons dans la suite ces dénominations remplacées par d’autres plus conformes à la vérité des faits.Gilbert ignorait probablement l’influence destructive de l'humidité pour l'état électrique des corps, il dut faire plusieurs expériences dans des temps défavorables, et avec des substances qui n’étaient pas suffisamment desséchées ; c’est ee qui lui fit mettre dans la catégorie des corps anéleciriques beaucoup de matières qui auraient dit certainement être rangées dans la classe opposée, telles que l'émeraude, Vagatlie, plusieurs autres pierres, les os et l'ivoire.Enfin (iilbert fit encore de curieuses remarques touchant l’action des corps électriques sur le/eu, la flamme, la Jumée, l’air, Venu et l'huile.Il étudia les changements que peut apporter, dans les phénomènes électriques, l’interposition des différents corps ; et aussi l’influence du frottement et de la chaleur.lout cela paraîtra sans doute peu de chose, considéré en soi, et surtout comparé au développement prodigieux que la science a pris depuis ce temps.Mais c’était là le premier pas tenté dans la voie de l’expérience ; après Gilbert, viendront les autres savants qui continueront son œuvre, apporteront de nouvelles pierres à l’édifice, et à force de travaux et de persévérance en feront la merveille que nous admirons aujourd’hui ; et si ces hardis et ingénieux explorateurs ont droit à quelque honneur ; n’oublions pas qu’une grande partie de leur gloire doit remonter jusqu’il l’homme de génie qui par ses modestes et obscurs, mais nécessaires travaux, a jeté le premier les fondements de la science.Les observations de Gilbert sur les corps électriques, n’étaient qu’une partie accessoire de son ouvrage sur l'aimant ; peut-être n’y attacha-t-il pas lui-mè-mc toute l’importance qu’elles méritaient ; toujours est-il qu’un long temps se passa encore avant que d’autres chercheurs vinssent donner suite il scs premiers essais.Ce ne fut qu’en 1670 que de nouvelles expériences vinrent cette fois donner tout de bon l’éveil à la curiosité publique et exciter l’émulation des savants.Alors vivait à Magdebourg le fameux Otto de Gue-ricke, bourgmestre de la ville, célèbre par ses expériences du vide, et par l’invention de h machine pneumatique ; il était sorti de ses mains des merveilles, qui l’étaient autant pour les philosophes que pour le simple peuple ; avec quel étonnement n’avait-on pas vu de ux bassins de cuivre, exactement moulés en demi• sphères, appliqués simplement l'un contre l'autre par leurs bords, et tirés l'un d'un côté par huit chevaux, Vautre du côté opposé par huit autres chevaux, sans pouvoir être séparés ! ces sortes d’expériences étaient appelées, dans le style naïvement enthousiaste de cette époque, les miracles de Magdebourg.C’en était encore un dans ce temps-là qu’un petit marmouset de verre qu’on appelait mystérieusement le petit homme prophète de Guéricke qui se cachait dans un tuyau quand le tempe était pluvieux, et en sortait quand il devait faire beau.(/I continuer.) —?.•» - Influence du Christianisme sur les Sociétés Essai prononcé devant la Société Littéraire du Séminaire de Nicolet, l’AK UN 1)E SES MEMBRES, M.J.(i.P.HLANCHET, Présentement étudiant à l’Université-Laval.M.le Président et Messieurs, Le monde vit s’accomplir, il y a près de deux mille ans, une.révolution unique dans les annales de l’histoire, une révolution qui devait transformer l’homme et la société, et ramener sur la terre le règne de la véritable civilisation.Depuis des siècles l’univers gémissait sous l’étreinte cruelle du Paganisme ; tous les vices et toutes les passions y possédaient des tronesel des autels ; le mal s’était emparé du monde et les hommes étaient devenus ses esclaves et sa proie.Mais par une heureuse transformation, et sous l’uction bien- DE LECTURE PAROISSIAL.311 faisante de la miséricorde divine, cet état de choses allait changer.Une main bienfaisante allait renverser le culte odieux des idoles, soustraire l’homme à la tyrannie du mal, et le ramener à l’adoration du vrai Dieu et à la pratique de la vertu.Il était temps que le secours vint, que la lumière se fit au sein de ces ténèbres, et que le souffle de Dieu passât sur celle boue, pour en faire sortir, par une seconde création, les éléments d’un monde nouveau ; car la vieille société payenne, usée de débauches et de corruptions, se débattait dans les convulsions fiévreuses de l’agonie.Un jour encore, et elle allait déteindre dans l’effort d’une dernière et délirante orgie.Quelle était donc la cause de ce dépérissement ?Quelle puissance inique et aveugle avait ainsi jeté l’aveuglement dans les esprits et la corruption dans tous les cœurs?Qui avait chassé la lumière pour appeler les ténèbres, éloigné la vie pour faire alliance avec la mort ?L’homme, Messieurs, l’homme lui-même.Il avait fait divorce avec la vérité, il ne voulait plus de ses leçons et de ses préceptes, et, en punition de sa faute, il était tombé dans la plus profonde corruption.A l’origine des temps, Dieu s’était révélé à la terre.Sa sagesse infinie était descendue du ciel, pour apporter à nos pères, dans les commandements de son amour, le germe fécond de toute vie et de toute vérité.Sa parole éternelle avait brillé dans le monde, et l'avait inondé de ses vives lumières.Mais les hommes se fatiguèrent bientôt de l’éclat de ces rayons qu’une intelligence divine répandait avec tant de profusion et de bonté.Ils voulurent chercher ailleurs, et dans un autre ordre de choses, une félicité plus pleine et plus complète, et, ne pouvant y arriver sans violer les lois de Dieu, ils rompirent avec lui ; ils se révoltèrent contre son autorité, et méconnurent sa puissance et ses bienfaits.Ainsi méprisée et rejetée, l’éternelle vérité abandonna un monde qui ne voulait plus de ses lumières ; 1 elle remonta vers le ciel, et l’homme se trouva seul sur la terre, seul au milieu des ténèbres, seul avec sa raison aveugle et son cœur corrompu.Avec la vérité, l’homme avait perdu la connaissance de ses devoirs, de sa nature, de son origine et de su fin.Il avait tout oublié jusqu’à Dieu lui-même.Il n’avait donc plus ni guide, ni soutien; personne pour lui montrer la route et lui faire éviter les précipices qui l’environnaient.Dans celle absence presque complète de toute lumière et de tout secours, l’homme ne lit plus que marcher de chute en chute dans une voie de misère et de corruption.Scs passions, délivrées du frein salutaire de la loi divine, s’emparèrent de son cit’ur et y firent d’incalculables ravages.L’erreur, restée en possession de la terre, devient bientôt son Dieu et son tyran.Ainsi, à l’adoration du Souverain Bien avait succédé l’adoration du souverain mal ; au culte de l’esprit et de la vertu, le culte du vice et de la chair.De ce renversement étrange devait naître toutes les horreurs et les monstruosités du monde payen.Une religion perverse dans son objet, immorale dans ses maximes el ses préceptes, devait être funeste dans ses effets, atroce dans ces conséquences.—Or, quand la Religion, principe des devoirs et sanction des lois, sc transforme ainsi en une source empoisonnée dont les Ilots vont porter partout la corruption et l’oubli de toute morale, de toute pudeur et de toute justice, l’homme devient un monstre, et la société, un véritable enfer.Aussi voyez les résultats de l’action exercée par cette religion affreuse sur les éléments constitutifs de la société payenne ! Voyez quel rôle elle a joué dans la famille et dans l’Etat ! Sous son influence délétère, la famille, devenue le ministre empressé du mal, ne s’appliquait plus qu’à en introduire le germe dans l’âme do la jeunesse, et l’Etat, serviteur obéissant, et courtisan adulateur des divinités payennes, instituait en leur honneur des cérémonies et des fêtes où toutes les lois de la morale el de la pudeur étaient foulées aux pieds.Les rapports de l’homme avec l’homme, du sujet avec le souverain, de la créature avec le Créateur ; les limites du juste et de l’injuste, les bornes du pouvoir et de l’obéissance, la délimitation de l’arbitraire et du droit, mêlés et confondus, avaient introduit dans la politique et la législation des dispositions injustes, des sentences et des applications barbares.Nulle place pour la vertu sur la terre ; elle était impitoyablement frappée d’ostracisme et reléguée hors de la société.Voilà le fond de cette société payenne tani vantée par le philosophisme moderne.Son dernier mot, le voici : dégradation, triple dégradation ! Dégradation de l’homme par la religion, dans ses pratiques et dans son culte ; dégradation de l’homme dans la famille par les mœurs ; dégradation de l’homme dans l’Etal par l’abus ou le mépris de l’autorité.Et ce qui lait de la société antique un prodige d’a-Teuglemcnt et de stupidité, c’est qu’elle avait fait servir à la dégradation et au malheur de l’homme les trois choses destinées à sa conservation et à son bonheur, l'éducation, la loi et la religion; c’est qu’elle avait su tirer le mal du bien lui-même ; de la lumière faire jaillir les ténèbres, et trouver la mort dans le principe même de la vie.Sous l’influence désorganisatrice de cette triple corruption, le monde avait bientôt pris cet aspect hideux qui nous épouvante encore.Les esprits, sans règle et sans boussole, s’étaient abîmés dans la chair ; et les sens, privés du principe qui devait les diriger, n’obéissant plus qu’à leurs instincts et à leurs appétits brutaux, se plongèrent à leur tour dans le sang et dans la boue.Voilà les efléts de l’erreur sur l’homme et sur les œuvres de l’homme.Cependant l’heure de la miséricorde était arrivée ; l’erreur avait assez régné sur le monde; il était temps ! que la vérité reprit son empire sur les intelligences et 312 L’ÊCHO DU CABINET sur les cœurs ; les ténèbres devaient fuir devant la lumière.Le prophète avait vu, dans le lointain des âges, cette aurore nouvelle se lever sur le monde, et, dans sa joie, il s’était écrié : une lumière a brillé au sein des ténèbres pour ceux qui ont le cœur droit : exortum est in tcnebris lumen redis.Le ciel s’ouvre, un Dieu descend sur la terre : il vient racheter l’homme, le retirer de l’abime où il était tombé, et le rappeler à la pratique de ses devoirs et au culte de la vertu.Il vient, comme une seconde manifesiation de la vérité, proclamer une doctrine qui doit cire le salut de tous, et dans laquelle les individus et les peuples trouveront la lorce et la vie.Douze hommes, pauvres de l’esprit du monde, mai» riches de l’esprit de Dieu qui était descendu en eux, et les avait admirablement transformés, s’en vont annoncer au inonde le règne de celui qui s’est appelé lui-mème la voie, la vérité et la vie.Ils se répandent par toute la terre ; ils parlent, et leur voix est entendue.Les hommes entrâmes par une force divine, viennent s’asseoir aux pieds des apôtres et recueillent leurs paroles.La douceur, la beauté et la perfection de la Doctrine nouvelle les frappent et les étonnent, les miracles les éclairent, la grâce les touche, ils abandonnent les idoles et se convertissent.Des peuples, des nations entières viennent bientôt se ranger sous la bannière du Christ, et, malgré la plus horrible persécution, la Religion nouvelle surmonte tous les obstacles, et, après 300 ans de souffrances et d'épreuves, elle voit enfin la croix triomphante briller au Ca-pitole.Dès lors la Doctrine Chrétienne règne sur le monde, et, de son trône, comme d’un foyer, s’échappent, en rayonnant vers les extrémités de la terre, ia vie, la paix et le bonheur.A la lueur de ce (lambeau divin, tout renaît, tout se réforme et se reconstitue, tout progresse et tout fleurit.L’erreur avait tout anéanti, la vérité va tout régénérer ; c’est une nouvelle création.La société religieuse une fois fondée avec Dieu, la société domestique et la société publique s’établissent et se forment à son image, en prenant pour base et pour lois, les règles et les préceptes de la loi divine.L’homme, éclairé par les leçons de l’Evangile, connaît maintenant sa nature, son origine et sa (in ; il sait ce qu’il doit à Dieu et à scs semblables.Ainsi plus de doute, plus d’hésitations, plus d’erreurs ; mais la paix, le repos, le bonheur.Régénérée dans sa source et son principe, établie sur la base de toute institution durable, les mœurs et la vertu, la société marche puissante et forte vers l’avenir.Elle porte en soi le principe de toute force, de toute‘durée.L’ordre, la justice et la paix s’y épanouissent dans une simple et touchante harmonie.Toutes les vertus, qui honorent les hommes et font la vie et la gloire des peuples, y brillent d’un éclat porté souvent jusqu’à la perfection de l'héroïsme.La pensée de Dieu domine sur ces fortes générations, dont les construction* grandes et su- blimes comme la vérité qui leur sert de base, bravent les coups du temps, et résistent aux assauts des accidents humains.Une chose frappe dans l’histoire du monde payen ; toutes les constructions de cetie époque reposent seulement à la surface du sol, elles n’y pénètrent pas ; ce sont comme des tentes dressées pour un temps seulement, et qui ne doivent abriter qu’une génération.Il manque une base il leur durée, un principe à leur solidité.La vérité est éternelle et immuable, et ses constructions participent de son immutabilité ; l’erreur est mobile, variable et ne donne pour base :i ce qu’elle fonde que le caprice ou l’opinion.L’histoire moderne a confirmé cette grande vérité de la faiblesse que l’erreur communique aux société!», et du principe de force qui les soutient, quand elles sont assises sur une base vraie.Les peuples qui se sont séparés de l’Eglise Catholique, pour vivre de leur vie propre, se sont égarés dans les sentiers de leur fausse sagesse.Enfants ingrats de la lumière et de la vérité, ils n’ont plus marché que dans les ténèbres; et le monde les voit aujourd’hui avec effroi glisser, par une pente rapide, vers l’abime du paganisme et du Rationalisme.Tel est l’anathème porté contre toute nation qui fait divorce avec la vérité pour s’allier à l’erreur et au mensonge.Tel a été le sort des populations jadis chrétiennes de l’Afrique et de l’Asie ; et, tel est de nos jours celui de l’Angleterre, punie de sa séparation d’avcc l’Eglise, par un état social affreux et inique, et par une démoralisation égale à celle de Rome payenne.L’Evangile a donc opéré une révolution complète dans les idées, la législation, la philosophie et la morale des peuples.Elle a transformé le principe de la société, et, par ce moyen, elle a régénéré la société elle-même.Ainsi réforme, transformation, réhabilitation, voilà l’œuvre de la vérité sur le monde.Réhabilitation de l’homme par la religion, réhabilitation de l’homme par l’éducation, réhabilitation de l’homme par la loi.Révolution profonde, œuvre grandiose et gigantesque que la sagesse infinie pouvait seule concevoir, et qu’une miséricorde infinie pouvait seule exécuter ! Vous avez vu, Messieurs, les résultats du travail de l’erreur et de la vérité sur les institutions humaines, et sur l’homme lui-méme.Quel principe admettez-vous ?Voulez-vous être les esclaves de l’erreur, ou les serviteurs de la vérité Acceptez-vous la domination de Jupiter, ou celle de Jésus-Clirist ?Ali ! vos cœurs me répondent et je vous comprends1 Vous ne voulez pas la dégradation et la démoralisation payenne ; vous voulez la paix ei la civilisation véritable, la paix et la civilisation chrétienne ! Vous êtes les fils de la lumière, et les ténèbres vous font horreur! Vous avez été nourris de vertus et vous rejetez le fruit amer du vice, vous portez sur vos fronts le sceau de la régénération divine ; la Croix brille DE LECTURE PAROISSIAL.313 jur vos poitrines cl sur vos drapeaux, et vous vous écriez clans les transports de votre foi et de votre filiale reconnaissance : Nous sommes les enfants de l’Eglise, de l’Eglise qui a sauvé le monde, de l’Eglisc qui nous a faits grands, nobles, forts et puissants.Nous ne voulons point d’autre domination que celle de l’Evangile, parce que nous vivons de vérités, et l’Evangile, c’est la vérité.Voilà, Messieurs, le langage de tout liomme juste et raisonnable ; de tout homme qui, ayant eu le bonheur de posséder la vérité et d’en jouir, est assez sage pour ne plus vouloir s’en séparer jamais.Nous n’avons pas été privés de ee bienfait.Oui, nous aussi nous avons en part à la régénération opérée par l’Evangile ; nous aussi nous sommes les fils de l’Eglise.Notre titre de Catholiques et d’enfants de la foi, nous l'avons reçu dans le liai)lisière de Rheims, des mains I de St.R6my, et la France nous l’a légué avec le sang de ses braves.Oui ! gloire en soit rendue à Dieu ! nous sommes nés dans la vérité ; elle a été notre berceau et elle sera notre tombe ; elle a été notre puissance, notre bonheur et notre vie dans le passé : elle est notre soutien, notre consolation dans le présent ; qu’elle soit encore notre appui et notre guide dans l’avenir.Elle a été l’aurore et le matin de notre vie ; qu’elle soit en- | core la lumière qui nous dirige et nous éclaire au : midi de notre maturité ! Quand l’immortel Jacques Cartier descendit pour la première fois sur les rives sauvages du St, Laurent, à côté du drapeau blanc de la France, il planta une Choix.C’était le Prêtre et le Soldat qui s’embrassaient avant de s’élancer dans nos forêts, l’un pour conquérir le sol, l’autre pour annoncer la parole de Dieu et gagner des âmes à Jésus-Christ.Dans ces immortels travaux qui nous ont assuré le glorieux héritage de notre foi vt de notre sol, l'apôtre n’était pas isolé du soldat ; le soldat s’était fait l’aide et le défenseur du missionnaire, et il avait su trouver, dans sa foi vivace et dans son dévouement sans bornes, le zèle et la charité des ministres de Dieu.Lui aussi annonçait la parole de vérité aux infidèles étonnés, et, plus d’une fois, au sein de nos forêts sauvages, le sang de celui qui portait l’épér se confondit avec le sang de celui qui portait la croix, dans un même sacrifice et dans un martyr commun.Voilà le rôle de nos pères dans le passé ! Conservons, Messieurs, ces glorieux souvenirs et ces enseignements sacrés ; nourissons-nous de ces sublimes exemples, et, quelque soient les tendances et les opinions de l’époque, n’oublions jamais que toute institution ci toute société qui a pris la vérité pour base ne saurait périr.Or, la vérité, Messieurs, c’est la doctrine catholique, c’est l’Evangile ; la vérité j c’est l’Eglise, c’est Jésus-Christ, restaurateur et con- j servateur de l’homme et de la société.Attachons-nous i donc à l’Eglise, attachons-nous à elle d’un amour réel I et véritable, et nous ne saurions périr.Eloignons de * notre cœur et de notre esprit les inspirations de l’or- | gueil en démence, et des passions en révolte contre la raison.Soyons toujours fidèles à la vérité, c’est-à-dire à Dieu, et Dieu saura trouver encore, dans les inépuisables trésors de sa Providence et de sa bonté, des grâces et des bénédictions qui éloigneront de nous les jours mauvais, et feront de notre jeune société l’orgueil de nos cœurs, le modèle et l’étonnement des peuples étrangers.—?«.« «• De l’Ivrognerie.Dans notre dernier numéro, nous disions, avec le Docteur Massé, qu’outre l’intempérance des aliments il y avait une autre intempérance, celle des liquides, celle des boissons fermentées, alcooliques, et que cette intempérance sc nommait ivrognerie.Ivrognerie! nom honteux, dénomination abjecte et (pii dépeint parfaitement le vice nauséabond qu’elle dénonce ! Dans le numéro 18, page 288, nous avions attiré l’attention de nos lecteurs sur les inconvénients de l'ivresse, en la montrant comme la source et la cause première de toutes sortes d'infàmies et de crimes ; aujourd’hui, après quelques mots sur les belles sociétés de Tempérance, M.Massé nous dira ce que c’est que l’ivrogne.I.LES SOCIÉTÉS DE TEMPERANCE.Depuis près d’un siècle déjà, l’iwmc, c’est-à-dire, l’abus des liqueurs fermentées, alcooliques, s’est répandu presque dans la plus grande partie du monde : traversez le beau pays de France, passez les frontières, franchissez l’océan, et allez rendre visite aux autres nations : dans chaque ville, dans chaque village, jusque dans le moindre hameau, vous trouverez une l cave, une boutique, un magasin, une maison ouverte où l’on débite du vin, de l’eau-de-vie, des liqueurs frelatées.Mais pourquoi tant de marchands ?N’est-ce pas parce qu’il y a beaucoup d’acheteurs ?n’ust-ce pas parce qu’une foule de gens, de tonte condition et même de tout âge, les ouvriers, surtout, et ordinairement les plus malheureux, prennent, sur le peu d'argent qu’ils gagnent, de quoi avaler une liqueur corrosive qui détruit leur santé et finit par les abrutir ?Pour arrêter cette funeste extension de Vivrognerie, non contcnt d’avertir, de surveiller, de supplier même, on a voulu employer l’efficace stimulant de Pémulation, et le lien solide d’une promesse faite solennellement.On a donc institué des réunions, des sociétés, qui ont pris la dénomination de Sociétés de Tempérance.Quiconque veut être admis dans ces réunions vraiment sages, vraiment patriotiques, et fort adroitement hygiéniques, doit prendre rengagement de ne jamais boire aucune liqueur fermentée, ni vin, ni cidre, ni bière, ni boissons alcooliques.Tous les membres sVn tiennent à cette donne eau pure dont nous aurons l’occasion de signaler tous les bienfaits.C’est dans l’Amérique, au beau milieu des Etats- 314 L’ECHO DU CABINET Unis, que germa tout-à-coup cette idée vraiment philantropique.Les Sociétés de Tempérance, établies d’abord aux Etats-Unis, furent importées en Angleterre vers l’an 1829.De là elles s’étendirent en Irlande, en Ecosse- Ces sociétés eurent un plein succès en Suède, en Norwége, en Allemagne, et surtout en Canada ; mais en Russie le pouvoir autocratique leur ferma la porte.Il parait, ajoute M.Massé, qu’il faut de Veau-dc-vie pour faire digérer les chandelles.Un journal anglais a donné des détails statistiques, excessivement curieux, sur l’état actuel des Sociétés de Tempérance et sur les bons résultats qu’elles ont produits dans l’empire britannique.En 1855, l’Angleterre, l’Irlande el l’Ecosse comptaient 850 sociétés de tempérance ayant plus d’un million et demi de membres.Dans le Canada, la Nouvel le-Ecosse et le Nouveau-Brunswick, il y a 950 de ces sociétés avec 370,000 membres.Dans les Etats-Unis, 70,000 personnes portent la Médaille de Tempérance.En Allemagne, (non comprises la Prusse et l’Autriche, où, de même qu’en Italie, il n’y apasde sociétés de tempérance,) le nombre de ces dernières monte à 1500 et celui des membres à un million trois cent mille.La Suède et la Nonvège possèdent 510 sociétés de tempérance ; 120,000 personnes en font partie.Dans les Iles Sandwich, 5,000 personnes se sont vouées à l'abstinence des spiritueux, et 900 au Cap de Bonne-Espérance.Il est prouvé que dans la Grande-Bretagne 7000 personnes périssent, chaque année, par suite d’accidents occasionnés par l'ivrognerie, et que cinq ccnts millions de piastres, c’est-à-dire trois milliards trois cent millions de francs sont dissipés en boissons, également chaque année, par les classes ouvrières.Quel gouffre ! ! II.—qu’EST-CE QUE l’ivrognerie ?L’ivrognerie, dit M.Massé, est une folie, mais une folie volontaire ; l'ivrognerie est une honteuse abdication ; l'ivrognerie est une impiété.Visile à Charenton, ou à Beauport.Chers lecteurs, avant de démontrer la première assertion, qu’il me soit permis de vous conduire par l’imagination dans une de ces maisons qu’on appelle à Paris Charenton, et Beauport à Québec et où se trouvent renfermés tant d’aliénations, tant de maladies d’esprit.Un jour donc, je fus obligé de condescendre aux désirs de toute une famille et dç rendre visite à un malade qui se trouvait à Charenton.Je connaissais le médecin en chef.J’allai le trouver chez lui à l’heure de son départ ; il m’offrit une place dans sa voiture, et bientôt, assis en tête a tète, nous traversions en équipage les boues et les embarras de celle immense capitale.Naturellement, la conversation s’engagea sur la folie et sur ses causes, sur sa marche, sur ses symptômes, enfin sur ses moyens de guérison.La folie aiguè, me disait mon savant confrère, est sans contredit la moins pénible à traiter ; d’abord parce qu’elle offre l’espérance d’une guérison, et ensuite, parce que sa marche est toujours identique, tou-| jours régulière.Aussi dans un pareil terrain, on ne craint pas d’agir et d’avancer.Tout d’abord, il se fait au cerveau un afflux sanguin qui en surexcite les perceptions,qui en aiguise les sentiments, qui en multiplie les sensations ordinaires.L’homme qui, par une cause ou par une autre, glisse sur le penchant terrible qui mène à la folie, trouve tout-à-coup ses facultés intellectuelles plus vivaces ; il sent vivement, il se rappelle avec effervescence ; il communique à tout venant ses sensations, ses peines et ses plaisirs ; alors se déclare une loquacité pittoresque, mais pénible, imagée mais désastreuse.Ses yeux s’allument, le regard s’exaspère, la commotion est exorbitante ; bientôt arrive l’insomnie, la tête est pleine, les idées sont si multipliées qu’elles fermentent, qu’elles débordent et s’opposent nécessairement au sommeil.Le sommeil, tout le monde le sait, est l'acte réparateur, l’aliment, en quelque sorte, du système nerveux.Quand il est mauvais ou qu’il manque, on voit survenir tous les inconvénients de l’abstinonce et du jeûne trop prolongé ; plus d’équilibre : la chainc des idées rompue, brisée, n’offre plus que des anneaux confusément épars ; et puis, un homme qui n’a pas dormi, comme un homme qui n’a pas mangé, est sujet à des absences, à des incohérences, à des hallucinations ; peu à peu, ces hallucinations s’installent dans sa pauvre tète comme des idées réelles, comme des locataires reconnus et Jetés.De là les sottise», les extravagances, les fureurs.l’eu à peu, à toute cette effervescence succède une réaction contraire : mutisme, tranquillité, somnolence, abattement, découragement, tristesse.Il faut alors vigoureusement agir sur le moral, et chercher à relever l'organisation physique en la bonifiant.Mon savant confrère me parla assez longtemps de la sorte, et tout-à-coup il s’arrêta : nous étions arrivés à Charenton, disons Beauport, et je me trouvais en face des fous.Les hommes,—c’est par eux que nous commençâmes,—étaient rangés en bataille pour l’inspection médicale.Si vous aviez vu tous ces visages blafards, niais, | fantasques, idiots ; si vous aviez contemplé ces re-, gards éteints ou sottement énergiques, ces mises lié-i téroclites, ces poses prétentieuses, ces maintiens bn-| tards et affaissés ; oh ! vous auriez compris comme moi ce qu’il y a d’épouvantable dans l’aspect de l’n-i liénation, et dans la minutieuse inspection d’un cer-j tain nombre de gens atteints de folie, et vous n’auriez DE LECTURE PAROISSIAL.315 pu vous empêcher de sentir votre cœur se serrer, vos idées s’effrayer et s’obscurcir.—Mon cher ami,—me dit mon confrère, après avoir terminé sa visite médicale,—vous venez de voir bien des insensés, n’est-ce pas ?Eh bien ! la plupart des idiots, des fous que vous avez vus le sont par incurie, par excès, par sottise, en un mot, par leur faute.Les neuf-dixièmes seraient aussi sensés que vous et moi, sans deux causes terribles qui peuplent les maisons d’aliénés, l'intempérance intellectuelle,c’est-à-dire l’am-bition, l’envie, les excès de travail, etc., etc.; puis Vin-tempérance animale, c’est-à-dire, la gourmandise, les fautes du régime, la table, la bouteille, et surtout les liipieurs spiritueuses, \'eau-de-vie.Qu’aurait-il dit s’il avait connu notre brandy, notre whisky ?III.—l’ivrognerie est une folie volontaire.Chers lecteurs, ce n’est pas sans intention qu’avant de démontrer que l'ivrognerie est une folie volontaire, je vous ai conduits à Charenton, à Beauport ; ce n’est pas non plus sans intention qu’en vous racontant ma conversation avec un médecin habile et occupé depuis longues années du traitement des aliénés, je vous ai initiés à la marche, à tous les symptômes, aux phases effrayantes de la folie.Dans les effets produits par l’excès des boissons fer-mentées,alcoolique», nous retrouvons tous lescaractères de l’aliénation.Tout d’abord, sous l’inilucnce d’une sur-stimulation qui se passe du côté du cerveau, l’ivrogne devient agité, bavard et fantasque ; il est pris d’une loquacité intarissable, d’une gaieté déplacée ou d’une tristesse absurde.Peu à peu l’incohérence dans les idées, l’absurdité des jugements, la lourdeur et le désordie du langage.Bientôt la mémoire se perd, l'intelligence s'envole, les luillucinaliuns se dénoncent ; et après l’intelligence, disparaissent à leur tour l'appareil physique, la force musculaire, l'instinct animal.L’homme ivre est un véritable fou qui ne sait plus ce qu'il fait, qui ne comprend pas ce qu’il dit, qui voit trouble et fait mal en quelque sorte malgré lui.Il bat et brutalise les gens qu’il vénère et qu’il aime ; il caresse et flatte par mille protestations d’attachement ses plus dangereux ennemis.Il trahit ses secrets les plus chers, il s'irrite et s’exaspère des plus patientes remontrances; quelquefois il devient perturbateur, casseur, furieux, énergumène ; il est près du delirium tremens ! Heureusement qu’il est ivre et que son ivrognerie lui lie les mains en quelque sorte, lui enchaîne les bras et lui met un boulet aux pieds.Il veut frapper et il n’en a pas la force ; il veut marcher, courir, et c’est à peine s’il peut se tenir debout.J’ai toujours regardé la faiblesse musculaire rt la démarche mal assurée des ivrognes comme une permission de la Providence, qui met ainsi ces espèces de fous hors d’état d’exécuter leurs stupides projets, et d’obéir à toutes leurs méchantes et diaboliques inspirations.Je l’ai dit et je le répète, c’est un épouvantable accident que la folie : demandez à tout homme raisonnable, à tout être doué de sentiment et de cœur ; demandez a un père de famille, à un jeune homme plein d’émulation et de bons désirs ; demandez à un vieillard si heureux de ces souvenirs, si justement glorieux du respect et des attentions qu’on lui prodigue : “ Lst-ce que vous ne seriez pas bien malheureux de perdre la raison et de devenir tout à coup insensé?” A cette question vous les verrez effrayés, impres-sionnés, aussi épouvantes que le voyageur cjui regar-derait imprudemment au fond d’un abîme ; et tous répondront avec un élan caractéristique : “ Dieu me préserve d’un tel malheur, d’une pareille catastrophe.” Eh bien ! chers lecteurs, l'ivrogne se rend momentanément fou ; l’ivrogne sc fait tout à coup stupide, insensé, et cela volontairement, de galte de cœur, tout simplement pour éprouver le plaisir d'enflammer son gosier, de brider son cslomac et de se casser la tête.IV.—l’ivrognerie est une abdication.L’homme a été créé maître et roi de toute la nature.Magnifique royaume que le monde ! étranges mais admirables sujets que tous les êtres de la création ! N’avez-vous jamais réfléchi à l’histoire de notre premier père, debout au milieu de ce séjour splendide, resplendissant et pompeux comme un paradis ! Tous les animaux, dociles et soumis lui obéissaient au moindre geste ; la terre, fertile sans aucune culture, était parée pour lui de ses plus admirables bijoux ! Eh bien! quoique puui et déchu,l'homme tempérant et sage domine encore, avec toute la majesté de son intelligence, le reste des animaux, et les merveilles terrestres du monde qu’il habite.Voyez un paysage sans un homme, parcourez une longue route sans rencontrer un seul habitant, restez dans une campagne, isolé, en véritable cénobite et complètement solitaire ; tout cela vous paraîtra ennuyeux, pourquoi ?parce que le maître est absent, parce que le chef manque ; parce que la création sans l’homme est comme un corps humain mort et décapité.Cependant, quand ce monarque terrestre que le Créateur a voulu faire à son image, se traîne dans le ruisseau de la débauche et le fossé fangeux de l’ivrognerie, il perd son intelligence et ne garde même plus aucun de ses instincts conservateurs ; il perd par conséquent sa supériorité, sa suprématie, son pouvoir! il sc dégrade et il abdique.Et pourquoi abdique-t-il ?hélas ! pour le sut plaisir de caresser l’organe du goût, pour se trainer par terre, pour s'empoisonner lentement, et démolir à coup d'épingle la magnifique architecture de son organisation En vérité, n’est-ce pas une honte de voir des gens qui préfèrent un verre de vin, de brandy, ou de whisky, ù leur suprématie intellectuelle, qui mettent leur 316 L’ECHO DU CABINET ventre bien au-dessus de leur conscience, et qui sacrifient leur raison aux caprices tyranniques de leur gosier et de leur estomac.V.—l'ivrognerie est une impiété.J’ai ajoute que Vivrognerie était une impiété.Figurez-vous un homme que voua auriez amicalement invité à venir jouir de tous les bénéfices d’une campagne qui vous appartient.Vous avez un grand verger et un magnifique parterre ; tout cela vous le mettez à sa disposition.Libre à cet homme de manger deux ou trois fruits, de cueillir et de savourer les fleurs qui lui font plaisir.Voilà que cet intrus coupe et ravage toutes les fleurs ; non seulement il cueille les fruits, mais il abat et détruit les arbres qui les portent.Enfin, si vous vous présentez pour mettre le holà et pour lui reprocher son impudence, cet homme vous dit des sottises, et tente de vous mettre à la porte.Je vous le demande, n’est-ce point là une insulte, un ignoble et odieux procédé ?Eh bien ! ce que cet insolent vous ferait en pareille circonstance, l'ivrogne, toutes les fois qu'il s'enivre, le commet à l’égard de la divinité.Qui nous a donné la vigne?Qui la fait pousser, germer et mûrir: A qui devons-nous ces liqueurs spi-ritueuses ?Nous les devons à la Providence qui nous a dit : prenez et usez suivant votre convenance ; à la Providence qui, d’un autre côté, nous a donné la raison, l’intelligence, toute la puissance qui en dérive, et qui nous a laissés maîtres et dispensateurs de toute nos actions ; qui nous a donné cette splendide permission que l’on appelle liberté ! Or, l'ivrogne mesuse île cette liberté, il en mésuse et pourquoi faire ?Pour se gorger d’une liqueur dont l'excès l’abrutit ; pour se tuer non seulement au physique, mais se tuer surtout au moral.Chez l’homme ivre, nous l’avons déjà fait remarquer, plus d'intelligence, plus de raison; s’il agit, c’est pour faire quelque faute, et s'il prononce le nom de Dieu, c’est pour le blasphémer et se perdre.Franchement, n’cst-ce pas là un acte de flagrante ingratitude, et l'ivresse n’est-cllc pas une dégoûtante impiété ?Ainsi non seulement, au nom de notre santé physique, mais au nom de notre santé morale ; pour le salut de notre ôme comme pour le salut de notre corps, nous devons nous garder de l’intempérance.Guérisons Obtenues par l’intercession de Notre-Dame de Pitié à l'occasion de la Statue miraculeuse, honorée ù Montréal.Dans notre numéro du 1(5 août dernier, en parlant de la Consécration de l'Eglise de Notre-Dame de Pitié, à Montréal, nous avons donné quelques détails historiques sur la .Hatue.miraculeuse, qui est devenue l’heureuse occasion de ce riche et pieux Sanctuaire.Nous disions que par la confiance excitée à l’apparition de la Statue, et par les guérisons extraordinaires obtenue* depuis qu’elle est arrivée eu ce pays, Dieu montrait évidemment qu’il voulait exciter, en Canada un renouvellement de ferveur et de confiance envers Marie ; et qu’il voulait ainsi lui faire rendre dans cette eolonic encore récente, les hommages qui lui sont dûs dans le touchant mystère de sa Compassion.Plusieurs de ces guérisons, arrivées à Montréal ou dans les diocèses voisins, sont certainement très frappantes, et tout-à-fait semblables à celles que, dans le Comlat d’Avignon, on attribuait à la Statue de Notre Dame de Pitié, ainsi qu’on le verra bientôt.Mais avant de raconter ces guérisons, obtenues par la confiance des pieux Canadiens, nous donnerons la déclaration authentique de l’autorité archiépiscopale d’Avignon, attestant que cette statue est celle qu’on honorait comme miraculeuse depuis un temps immémorial dans l’Eglise de St.-Didier de cette ville.Cet acte est du plus haut intérêt pour l’Eglise du Canada ; et alin de le conserver plus sûrement il la postérité, nous le rapporterons ici textuellement.ARCHÉVÊCHÉ ü’AVIGNON.“ Nous, soussigné, Vicaire Général du Diocèse d’A-“ vignon, certifions que la statue de Notre-Dame de “ Pitié, remise en 1852, par le Conseil de fabrique de “ la paroisse de St.-Didier, dans Avignon, à M.l’Ab-“ bé Fabris, prêtre de St.-Sulpice, directeur au grand “ Séminaire d’Orléans, et présentée aux Sœurs de la “ Congrégation de Montréal, en Canada, par M.l’Ah-“ bé Fai lion, prêtre de la mémo Compagnie, est la “ même qui a été honorée, depuis une époque recu-“ lée, dans la dite Eglise de St.-Didier ; qu’elle a été “ recueillie par des personnes pieuses durant la révo-“ ution en 1789 ; tel que depuis le rétablissement du “ culte, elle n’a cessé d’ôtre honorée dans la chapelle ‘•qui lui était dédiée, dans la même Eglise, jusqu’à * l’époque oû elle a été remplacée.“ Voici la liste des ex-voto conservés, qui attestent, tous, des grâces obtenues par l’invocation de Marie, dans cette chapelle, (depuis le rétablissement du culte en France, les anciens ex-voto ayant disparu pendant la révolution.) “ Ces divers tableaux représentent les sujets suivants : “ Une femme malade, en prières, pendant qu’une charette passe sur le corps de son mari.“ Une fille malade.“ Une veuve, en prières avec son fils.“ Une femme malade.“ En 1812.Un petit enfant malade dans son berceau.“ 1815.Une femme présentant son lils emmaillote à la Très-Sainte Vierge.“ 1815.Un noyé secouru.“ 1815.Deux femmes, faisant l’aumône à un pauvre aveugle, conduit par un enfant.Elles prient avec lui pour leur compagne malade.“ 181G, i, février.Trois femmes priant pour la guéri son d’uu homme. DE LECTURE PAROISSIAL.317 » 1810.Un cavalier, renversé sous son cheval.Il invoque la Très-Sainte Vierge.u (817.Cinq jeunes enfants, priant pour la gueri- sonde leur père.‘i 181*.Trois femmes, priant pour la guérison d’un homme.» 1817.Un octobre 1855.“ S f.h.manu, V.G.” Il est à remarquer que, de temps immémorial, les fidèles qui désiraient obtenir quelque guérison en recourant ii Notre-Dame de Pitié, se procuraient par dévotion de l’huile de la lampe qui brûlait auprès de la Statue, et en faisaient des onctions sur les malades avec une confiance que Dieu daigna exaucer dans une multitude d’occasions.Et chose étonnante, qui montre bien que, par le moyen de cette Statue, Dieu veut renouvellcr, en Canada, les mêmes faveurs qu il accordait en France, les pieux Canadiens, qu.sont : allés, les premiers, la vénérer à Ville-Marie, ont aussi demandé cux-mèines, par un mouvement spontané, j (le l’huile de la lampe que les Sœurs de la Congrégation avaient allumée devant elle par honneur, quoique ni eux, ni les Sa urs, n’eussent jamais oui-dire qu’auparavant on en usait de la même sorte il Avignon.Car 011 n’a appris cette dernière circonstance que par les lettres du donateur de la Statue, en réponse à d’autres, où on lui annonçait des guérison» obtenue*, en Canada, à l’occasion de celte huile.11 en témoigna son étonnement et son admiration, ne pouvant s’empêcher de reconnaître, dans cette confiance comme instinctive à demander de l'huile de la lampe de Notre-Dame de Pitié, un mouvement de grâce, inspiré par la bonté de Dieu qui voulait renouveller, en Canada, les mêmes merveilles qu’il avait opérées à Avignon.La confiance des Canadiens a obtenu, en effet, un grand nombre de guérisons, non seulement à Ville-Marie et dans les paroisses des environs, mais encore dans le Diocèse de St.Hyacinthe, dans celui des Trois-Rivières, dans le diocèse de Québec et ailleurs.Nous allons rapporter ici textuellement les déclarations authentiques de quelques-unes des guérisons obtenues, durant l’année présente, dans le Diocèse des Trois-Rivières.Nous n’oserions affirmer qu’elles soient miraculeuses ; mais elles suffisent assurément pour montrer le dessein de Dieu dans le don qu’il a fait de cette Statue au Canada.I.—GUÉRISON DE JOSETTE UEKVA1S.Josette Gcrvais, née à la Pointe-aux-Trembles de Montréal, âgée de cinquante deux ans, femme d’Isidore Reeves, menuisier, domicilié à St.André d’Ao-ton, diocèse des Trois-Rivières, a tait la déclaration suivante : Depuis dix-huit ans, elle était affligée d’un canner au nez, sans que les docteurs, à qui elle s’était adressée, eussent pu lui procurer quelque soulagement.Il y avait déjà trois ans qu’elle avait cessé toute espèce de traitement, lorsque vers le Carême de 1860, son mal augmenta de manière à lui ôter tout repos.Le cancer, fixé depuis si longtemps au nez, gagna la joue droite, et envahit l’œil, et sur le front se formèrent deux espèces de tumeur, chacune de la grosseur de la moitié d’un jaune d’œuf.L’inflammation était devenue générale et la malade éprouvait desdoulenrs extrêmement vives dans toute la figure et même dans toute la tète.A cela se joignait une suppuration si abondante, produite par le cancer, qu’il (allait employer jusqu’à sept ou huit mouchoirs, par jour, pour l’étanchcr.La suppuration répandait une odeur létidc qui occasionnait à la malade, des dégoûts excessifs lorsqu’elle prenait seulement deux heures de sommeil ; la matière coulant avec assez d’abondance, pour remplir alors toute la bouche.Le mal en était à ce point, lorsqu’elle entendit parler des guérisons opérées à l’occasion de la Statue Miraculeuse de Notre-Dame de Pili honorée à Montréal dans la nouvelle Eglise des Sœurs de la Congrégation.Elle eut le mouvement d’aller l’invoquer dans ce même lieu ; et le samedi, 25 août, accompagnée de son mari, elle se rendit a Montréal, ou elle n’était pas revenue depuis vingt ans.hn arrivant, elle se rendit aussitôt à l’Eglise de Notre-Dame de Pitié ; il était environ une heure, et, entrant dans l’Eglise, elle remarqua que la douleur cessa aussi complètement que si elle n’avait jamais eu aucun mal.La suppuration s’arrêta en même temps, en 318 L’ECHO DU CABINET sorte que les mouchoirs qu’elle avait apportés pour l’essuyer lui devinrent inutiles.Immédiatement en sortant de l’Eglise, où elle passa un quart d’heure en prière, elle alla trouver Madame la Vice-Supérieure de la Congrégation, qui fit sur le mal une onction avec l'huile de Notre-Dame de Pitié.Josette Gervais fit ensuite sa confession ; le lendemain, dimanche, elle communia avec son mari dans l’Eglise de Notre-Dame de Pitié ; et le mardi suivant, 28 août, elle retourna a Acton, en voie de parfaite guérison, car la suppuration avait cessé tout-à-fait ; les ddnleurs ne se faisaient plus sentir ; l’inflammation avait disparu sur toute la face, ainsi que les tumeurs du front.Il ne lui restait plus sur le visage que la cicatrice du cancer, qui alla toujours en diminuant.Enfin, l’œil atteint par le mal, et duquel elle ne voyait presque pins, avait repris toute sa force et était complètement rétabli depuis le jour de son pèlerinage : il ne lui reste plus que la cicatrice dont on a parlé, qui, aujourd’hui, 8 octobre 1860, se trouve réduite de plus de moitié.Telle est la déclaration que la dite Josette Gervais a faite, dans le presbytère d’Acton, conjointement avec Isidore Reevcs, son mari, témoin de toute la suite de sa maladie et de sa guérison.11.—GUÉRISON d’aLKREI) DUBOIS.Alfred Dubois, âgé de quatre ans et demi, né à V’audreuil, diocèse de Montréal, fils d’Alexandre Dubois, aujourd’hui Maire de St.André d’Acton, diocèse des Trois-Rivières, et d’Odile Choquet, a été guéri de la manière suivante, par l’invocation de Notre-Dame de Pitié : Cet enfant fut atteint du rifle dès l’âge de six mois.Malgré les soins intelligents de plusieurs docteurs, appelés successivement, tels que MM.Tresler et Cartier, médecins à Vaudreuil, et M.le Baron de la Frenière, médecin à Acton, le mal persévéra toujours ; ces docteurs n’osant employer des remèdes efficaces, dans la crainte que l’humeur venant à rentrer ne causât la mort de l’enfant.Le mal prenait toujours plus d’intensité, â l’occasion de la nouvelle lune : les démangeaisons étaient alors plus excessives, et l’enfant pour se procurer quelque soulagement se déchirait avec ses mains, jusqu a faire couler son sang, en sorte qu’on était obligé de lui lier les mains derrière le dos, pendant la nuit, et souvent pendant le jour.Sa tète était entièrement en suppuration ; la croûte qui en provenait avait, en plusieurs endroits, l’épais- seur d’un doigt ; le mal gagna le visage et même le cou et se porta aussi aux mains, aux jambes et jUs.qu’aux pieds qu’on ne pouvait plus chausser.Au mois d’avril 1860, Mme Dubois, mère de l’en-fant, ayant entendu parler des guérisons, opérées à l’oceasioti de la Statue.Miraculeuse de N.-l).de Pitié se procura, par le moyen de M.le Curé d’Acton, de’ l'huile de la lampe qui brûle devant cette statue.Elle commença d’en faire des onctions à son enfant, en lui faisant réciter, chaque fois, F Oraison Dominicale, la Salutation Angélique et le Souvenez-vous : ce à quoi l’enfant se portait avec beaucoup de dévotion.Dès le troisième jour, la mère s’aperçut d’un changement sensible ; les démangeaisons cessèrent graduellement a mesure que le mal diminuait ; et au bout d’un mois environ, toutes les traces du rifle avaient entièrement disparues.L’enfant, plein de reconnaissance pour sa libératrice, répond à tous ceux qui paraissent étonnés de sa guérison : que c’est la Ste.Vierge qui l’a guéii.Aujourd’hui, 8 octobre 1860, on ne voit aucune trace de son mal, ni sur sa tète, ni sur sa figure, non plus que sur tout le reste de son corps.Son visage est devenu complètement net, frais et coloré, comme s’il n’avait jamais eu aucune affection à la peau.Il jouit delà meilleure santé ; il est très grand, très fort et beaucoup avancé pour son âge.Monsieur et Madame Dubois, touchés de reconnaissance envers N.-D de Pitié, au crédit de laquelle ils sont convaincus qu’ils doivent la guérison complète de leur enfant, ont voulu laisser dans l’Eglise d’Acton un monument de leur gratitudes, en offrant, conjointement avec Mme.Dubord, un tableau représentant Notre-Dame de Pitié, lequel décore aujourd’hui l’autel de cc nom, érigé en cette paroisse au St.jour de Pâques dernier.Telle est la déclaration qu’a faite Mme Dubois, mère de l’enfant, n Acton, le 8 octobre 1860.III.—GUÉRISON DE WILFRID DUBORD ET DE MADAME Dl’BORI), SA MÈRE.VVilfrid Dubord, âgé de deux ans et demi, né ii Acton, fils de M, Hippolyte Dubord et de Mme Julie Piché, résidant â Acton, a été guéri dans le mois de mai dernier.Dès l’âge de 7 mois, le jeune VVilfrid lut atteint du rifle qui continua toujours depuis et augmenta graduellement, s’étendant sur le visage, sur la tête et sur le cou.Ce mal lui causait les plus vives souffrances, et des démangeaisons si excessives que l’rn-lant se mettait tout en sang pour se soulager. DE LECTURE PAROISSIAL.319 Enfin, Mme Duborcl ayant appris l’heureux changement survenu dans le jeune Alfred Dubois, à l’ocea-»ion de l’huile de Notre-Dame de Pitié, voulut user dn même moyen pour obtenir la guérison de son enfant.Elle commença donc une neuvaine à son intention et lit sur lui des onctions avec cette huile.Au deuxième ou troisième jour, elle s’aperçut d’une amélioration sensible ; au bout des neuf jours l’enfant était en pleine voie do guérison, et enfin, après un mois et demi son mal disparut complètement, sans qu’il en restât aucune trace.Dans le même temps que Mme Dubord employait cette huile pour son enfant, elle en nsa aussi pour elle-même, afin d’obtenir par l’intercession de Notre-Dame de I’itié, la guérison d’une affection dartreuse, dont elle était atteinte depuis l’âge de neuf ans, et qui avait constamment persévéré depuis.Ce mal était accompagné de démangeaisons très vives, de douleurs extrêmement sensibles et couvrait les deux mains jusqu’aux poignets.L’année 1860, il avait pris un caractère d’intensité qui le rendait à la malade plus insupportable qu’il n’avait jamais été depuis dix-neuf ans.Elle en était au point de ne pouvoir se servir de ses mains pour aucun usage ; l’inflammation en vint excessive et des croûtes s’étaient formées sur les mains avec gerçures et crevasses profondes d’où le sang sortait fréquemment, il arriva même que par la violence de ce mal plusieurs de ses ongles tombèrent.S’étant adressée à divers docteurs, qui malgré les traitements employés, n’avaient pu lui procurer aucun soulagement : elle eut recours avec confiance à notre Dame de Pitié ; elle usa, pendant huit ji>ur>, du même moyen qu’elle employait pour son enfant.De* qu’elle employa cette huile elle ressentit un soulagement notable, et graduellement son mal disparut, au point qu’au bout d’un mois et demi, il ne lui en resta plus aucune trace, ce qui a persévéré depuis.Ainsi l’a dit et déclaré Mme Dubord.Elle a pourtant ajouté que quand elle eut recours a N.-D.de Pitié, elle avait continué d’user de divers médicaments prescrits par son médecin.Mais que convaincue qu’ello devait la guérison de son enfant et la sienne propre a Notre-Dame de Pitié, elle s’était jointe à Mme Dubois pour faire exécuter et offrir à l’Eglise d’Acton un tableau représentant le mystère de la Compassion de la Très-Sainte \ ierge, qui orne aujourd’hui l’autel érigé dans cette Eglise, i sous le nom de Notre-Dame de Pitié, \eton, * octobre 1860.IV.—ÜUÊRISON D’ANTOINE COI.t.Mil) ET DK.SA FAMll.l.l.Antoine Collard âgé de cinquante ans environ, né à St.Léon, diocèse des l'rois-Kivières, et Marie La-plante, son épouse, âgée de trente-sept ans, née a , Yamaska, dans le môme diocèse, ont été guéris au mois de mai dernier, par l’invocation de Notre-Dame de Pitié, ainsi que cinq de leurs enfants dont les noms suivent : Marie, âgée de M ans ; Joseph,âgé de 11 ans ; Eusèbe, âgé de 7 ans ; François, âgé de 4 ans; et Henri, âgé de 3 ans.Antoine Collard fut afiligé, au commencement de l’automne de 1859, d’une Cécité partielle ; il pouvait se conduire et distinguer les objets, lorsque le soleil était sur 1 horizon et.sans nuages ; mais le matin et le soir, il était entièrement privé de la vue, en sorte qu’on était obligé de le conduire par la main, et cet affaiblissement ne cédait pas à la lumière artificielle.Au mois de mai 1860, Marie Laplante, son épouse, et leurs cinq enfants, désignés plus haut, furent atteints du même mal ; il fallait les conduire aussi eux-mêmes par la main et lorsque le soleil n’était plus visible le mal était encore plus intense.La mère en vint à un tel point de malaise qu’elle avait la figure toute enflammée, et qu’il lui semblait que ses yeux, qui étaient excessivement gonflés et enflammés, allaient entrer en suppuration.Les malades recoururent d’abord aux médecins qui ordonnèrent divers traitements, entr’autres des lotions avec de Peau de trifle, mais sans aucun succès.Après tous ces essais infructueux, vers le mois de mai, M.le Curé d’Acton engagea cette famille aflligée, à recourir â Notre-Dame de Pitié, et à faire une neu-vaine;et en même temps il leur procura de l’huile de la lampe qui brûle devant la Statut: Miraculeuse de la Congrégation.Des onctions de celte huile ayant été faites, durant les neuf jours, la mère commença à la lin de la neuvaine, et s’en aperçut, la première fois, en
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