Le passe-temps, 1 janvier 1904, v. 10, no 239
le passe-temps ABONNEMENTS: Pour l'Amérique : Un an.f 1.'" : «U im.iv 73 oents Pour l'Europe : Dn aa, 10 fn : sli moli, 5 fn patablb d'avahox MONTREAL, SAMEDI, 21 MAI 1904 ANNONCES UHmrt ac«M Ira insertion 10e la li*™ , Insertions subséquentes .V Conditi liberated poor snnin ei a lona tenue Vol.X — JYo 289 Le JVo, Se ; anciens Nos, 10c J.E.B K.I, AIH, *dll.-pr«p., AOOa Crals;.HONTKEAL, Canada L.UU * Voir la liste de Nos Primes à la page 71.w M>L.UU soiïiinalig TEXTE : Portrait i Mlle EMMA VIGER.A.Ristark Chronique Ht quinzaine.1 '«AU II I kir Poésie 1 LE CIIIBN MEURT.L.-J.Doucet Monologue 1 UNE PROFESSION ORIGINALE.E.Deprr Scène de la vie bourgeoise : TROP DE PRECAUTIONS NUTT.E.Depr* Coups de Ciseaux i CE DRAPEAU NATIONAL.Feuilleton i PERRUQUES BLONDES (luiu).G.Lenotes Dut le monde artiste ) — Mondanités ; — Block-Notes | — Graphologie ; — Recreation ) — Jeui de société | — Ponr rire, etc., etc CHA NI MUSIQUE : A LA VEILLE DES NOCES D'OR.Plans Berauii SANCTA MARIA.R.F.GiEVAis, o.af.i.LE VIEUX MENDIANT.G.Milo LES FRAISES D'AMOUR.L.Colli s L'ECHELLE DEMOCRATIQUE.Christine P/AAO MON AMIE.EmmaViusx LE VRAI CAKEWALK.leon Dkijuin 0.30 0.40 o.jo o.10 o.10 0.40 0.40 LE PASSE-TEMPS MUSICAL, LITTERAIRE rr ÏAHTAIsISTB ParaU lou.Ut 9«mm ioMn .75 cl, .5rn j.¦n.r.-KTT.T-iTTur-m^n- : Pour ¦" A "'/'!'." l'n »n.Sl-SOI Six moli.Pour VSurop.• .m.lOfnl SU mola.P.IÏIIU 0'»va»ril AnnonoM l Première Insertion.10 cta la llxn.lasertton» subséquentes.o Conditions libérales uour annonces a Ions terme.Le" annoncée sont mesurées «ar l'uate.Tont* demande de chatte* rat d'adreiee doi «tre areompairnèe de l'ancienne adresse.Pour discniinuer de recevoir ee tournai, il faat e*oir i»eyé tous se» arrérage.Le» manuscrits oubliée on non ne sont pu rondo».Adrenei tonte oomirunloatlon LE PASSB-TRMPS, Montréal, Can.HONTRtAI., 21 mai I9O4 «8x©ï^5>=S*Sï'8ï;Sxé:*xS«S> Avis au Public On peut se procurer les anciens numéro» Ou l'ASSK-TKMl'S en s'adressant à tous nos agent» locaux, niai» plus particulièrement aux adresses suivantes : A Afonlrtal: C.li.Desrochers, 80 Marianne, tél.K.23t3-Arthur Yon, 1892 Ste-Catherine.Mme A.Ilélanger, 1376^ Ste Catherine.A Qutbtc : J.AK.(iuay, 195 rue St-Joseph.A Ullawa : Ch» St-Jacques, 263 rue Water.A SAINTE ANNE DE PEAU PRE On annonce un |>èlerinage à Ste-Anne de Iti-jupré au profit de la M Vincent de Paul et îles Dames île Charité de I' I mraaculée Conception, sons la direction de» Pères Jé»uites, l»iur samedi, le 11 juin 1904.Départ dp la gare Viger a i)% P.M.; du Mile r.ml, à 10 hr» T.M.Retour, dimanche soir, à g}i hrs.Billel» : adultes $r.jO : enfants $1.25.1111-let de retour lion pour le 13 et le 14 juin, par les trains de 8 h.A.M.et II lira P.M.S'admter : le Père Curé, directeur.Tel.Bell.Ett 1320 Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le cinquanteseplième rapport annuel de la Manque d'Epargnes de la Cité et du District île Montréal, que nous publions à la page 69.On pourra »e convaincre de la prospérité de cette vieille institution en jetant un coup d'ii'il sur les chimes intéreaaants de ce rapport.chronique de quinzaine UNE BELLE stÊPONSE Dernièrement, an Anglais visitait lea Invalide*.Arrivé dans l'église, il s'accoude aur le petit mur circulaire qui protege la grande haie miveite sur la crypte, et demeure longtemps plonge* dans une sorte de rêverie contempla-live.I Tout a coup, il se redresse, entr'oave ton portefeuille, y prend de l'or et, s'opprochant de l'invalide de faction, lui dit 1res poliment : '* Vodriez-vo me céder un tout petit mur-" ceau de ce drapeau.Là.voyez-vous." blou pèle.sur la droite du tombeau., .•* blou-pèle.Et le vieux grognard, un médaillé à l'air très digne, de répondre : 11 Pardon, monsieur, je suis ici pour garJer " les drnpeaux er non pour les vendre." Mademoiselle EMMA VIGER Mlle Emma Viger est déjà trop favorablement connu des lecteurs du Passe-Temps el de tous ceux qui s'occupent de musique pour que nous analysions son talent fait de délicate inspiration et de distinction raffinée.Elle a d'ailleurs de qui tenir, car son grand-pire maternel, M.de Landrecies, organiste et compositeur de musique à Hou-cherville, et son oncle Théodore de I-andre-cies, musicien bien connu à New York et en Prance, ont laissé des œuvres fort estimées.Mlle Viger a fait de solides éludes musicales au couvent de Longueuil, avec Sœur Amélie, qui lui inculqua les premières notions du l'art divin ; avec le professeur Larivée, de cette même ville, et enfin avec feu Paul Le tondal qui forma autrefois tant de musiciens.Des'leçons qu'elle reçut de ces trois artistes distingués, elle a gardé une science profonde qui appuyée sur un tempérament juste, sur un sens éveillé, et sur un goût sûr des choses artistiques, en a fait une musicienne dont on peut a bon droit être fier.Nos lecteurs se rappellent avoir lu dans nos pages une délicieuse valse intitulée Sou-venez-vous.Celte œuvre eut un succès instantané qu'on n'a pas oublié et nous sommes sûrs de rencontrer l'approbation de tous en publiant aujourd'hui une autre valse du jeune compositeur.Mon amit se verra vite entre les mains de tous ceux qui jouent le piano et est appelé à une vogue solide et longue.Mlle Viger demeure à Longueuil et consacre ses loibirs à écrire, «a Espérons qu'elle consentira encore à livrer au public un grand nombre des jolies choses qu'elle a dans ses cartons.A.RIS TARA'.UN POÈTE QUI NE SE COMPREND PLUS Klopstock, le grand poète de la Messiadc, se trouvait un jour au milieu d'un groupe d'étudiants de l'Université de Gotlingue.Un d'eux lui déclara qu'il trouvait une des strophes du poème absolument inintelligible et en demanda la signification.Klopstock la lut et la relut avec attention et finit par dire : — Je ne puis me souvenir de ce que je voulais die quand j'écrivis ceci, mais je sais que c'e>t une d»*s plus belles choses que j'aie jamais écrites, el vous ne pouvez mieux faire que de consacrer votre vie à retrouver le sens perdu de ces vers.* FERDINAND GAGNON Un comité ae citoyens de la ville de Worcester, Mass., a décidé d'organiser une fête commemorative à la mémoire de fçu Ferdinand (îagnon, le vaillant pionnier du journalisme français aux Etats-Unis.Le comité a résolu de mettre cette démonstration sous l'égide du patronage des journalistes franco américains.M.Gagnon a dépensé toute son énergie el les belles années de sa vie à implanter chez nos compatriotes des Etats-Unis, le journalisme français.Ses efforts ont été couronnés de succès et ce n'est que justice que lui rendent les citoyens de Worcester.Le programme de cetlc lete sera publié dans les derniers joars de mai.PASTEUR EN ALLEMAGNE Berlin va avoir sa rue Pasteur.Ainsi en a décidé l'empereur Guillaume.I - grand savant français, qui était en même temps un grand patriote, refusa avec éclat, peu de temps avant sa mort, une décoration allemande.Les Allemands ne lui ont pas tenu rigueur, respectueux des sentiments sincères.GfiNfi.ROSIlÊ ROYALE La reine de Roumanie, en littérature Carmen Sylva, vient d'avoir une délicate attention pour les gens de lettres, ses confrères.Elle a décidé de transformer son château de Sozcnheim, situé sur le Rhin, en une maison de retraite pour les vieux ^écrivains et journalistes, incapables de gagner leur vie.J Voilà une générosité toute royale, dont les gens de lettres lui seront reconnaissants.• M07 DE LA FIN Un gendre qui exècre sa belle-mère n férocement tout préparé pour qu'un 1res lourd cartel Louis XV lui dégringole sur la téte.Il l'a hypocritement installée sous le car tel qui ne tient que par un fil.Mais le fil résiste, La belle-mère finit par quitter sa place.Un instant après, le cartel vient s'abattre sur le parquet.— Zut.dit le gendre à voix basse.j'avais oublié que cette pendule relardait toujours I GRAPPILLEUR.LIVRES ET JOURNAUX Nous accusons réception d'un volume intitulé Le drapeau national des Canadiens-Français.— Un volume de 308 pages, publié par le Comité de Québec.En vente chez lous les libraires.La lecture de ce volume intéressera sans doute ceux qui pensent qu'il faut changer le drapeau des Canadiens-français.Quant à nous, il nous est impossible de renier l'emblème de la France que nous avons appris à respecter et aimer dès notre plus tendre enfance.Cette campagne pour l'adoption d'un nouveau drapeau aura pour effet de jeter la désunion dans la famille canadienne-française.Colonne des Abonnés LÉGENDE NOIRE C 'était nn soir d'automne tristement sombre, nn de ces soirs qui parlent étrangement, où le eceur qui espère sent ses rêves pesants ; pourtant mon front brûlant d'un dernier labeur bénissait comme un parfum le vent doux et indécis de la plage aimée.Le fleuve était calme et beau.Depuis une heure la cloche de l'église, éveillant le» prières pour les morts.avait tinté j le ' ' boipourril ' oiseau nocturne et solitaire comme l'instant qu'il chante, avait évoqué l'esprit dea songes.I.'&mc pleine de religion, religion de l'insondable et immense nature, je me promenais bénévolement sou» les peupliers sana feuilles, là-bas, le long de l'interminable route.J'errais, rêvassant de tout, du passé et de l'avenir en regardant s'approcher l'autre sai- son des neiges à mesure que le soir et la jonchée des feuilles mortes s'engouffraieut au néant.Et je vis, loin, par de là les monts, des lueurs étranges comme des regards de bêtes fauves, chargés de fureur, de sang et de malheur, sous des nuages d'une couleur Indécise comme les bois d'automne.Alors je devins triste après avoir souri, et mes yeux qui voyaient voulaient voir de plus en plus.Je vis aussi de grands oiseaux aux ailes pointues el immobiles traverser cette image vaste de mystère sous les portiques très étroits de l'infini.Et je vis aussi, quelque chose qui n'a aucune proportion avec le monde épars de nos choses, quelque chose qui ressemble à la gloire d'avoir vécu, à la gloire vraie dont l'àmeasoifet qui coûte la vie à l'être qui désire.Bientôt, repliant sa forme oblongue de lac, cet occident de soir brassa des voiles en triangle de gaz jaune et de dentelle rouge, puis nne main ouverte »c dessina, noire et crevassée comme une main brûlée, sur le fond d'une image, ayant près de la paume, comme les mains d'un crucifix, un clou à tête octogone et plus noir que le reste.J'eus peur et je courus du haut du rocher vers ma cabane à la lisière des peupliers.Quand je fus assis près de mon leu, mon esprit devint plus paisible et je me rappela mot pour mot quelques phrases déjà lues dans un livre cabalistique, les voici : m Dans un territoire inconnu de l'Amérique du Nord, aux temps les plus reculés, où seules quelques peuplades sauvages marchaient à l'aventure, un démon prit la forme humaine et, voulant imiter l'Homme Promis, se cloua à une croix et aussitôt, comme par une punition venant du ciel, périt en criant,consumé par le feu de Sébolm de Ségor et d'Ada-ma.Celui qui dit ne m'a pas dit où sa jious-sière demeure mais les flots du Jourdain en entraînent et le rock qui passe la mer la plus proche de Cumes où vécut la sibylle, clans son cri rauque et secquement énorme émitc bien le rftle dernier de ce démon sur sa croix en flamme." Son Sme damnée deux fois recherche le pourceau et la bête effroyable allant, le poil hérissé, par les nuits et les orages qui tuent et fulminent sur les toits liauts.Cette Sme habite aussi sous les ponts en ruine et y attire les reptiles immondes et redoutables i c'est pourquoi on se sent parfois fremir sans raison sous les soirs sans étoiles.Il ne vente pas et les maisons craquent lorsque cette âme y passe." Une main consumée, effroyablement gran-dect noire, apparat! un soir à tout cent ans par de là l'horizon de l'espace ; c'est la main du démon Aprooune." C'était à l'heure où la colline Prête des ombres aux vallons, A l'heure où l'occident s'incline Sur les infinis horizons.LrmU-Jouph D0UCE7.PROFITEZ DE L'INDICATION Certaines personnes souffrant de maladies de poitrine sont 'rès difficiles à soigner parce que leur estomac ne les supportent pas.A ces personnes, nous recommandons de fiaire usage du BAUME RHUMAL qui est très agréable à prendre et ne fatigue pas l'estomac.— Prévenu, vons aves déjà Bubi vingt condamnations pour coups, vols, abus de confiance.— Plua ba».Votre Honneur, mon futur beau-pore eit dana la salle. LE PASSE-TEMPS POESIE LE CHIEN MEURT Au tournant du chemin le pauvre était tombé.L'ennui, U fatm, la soif, une longue fatigue Vert la grange natale avaient fail succomber Fasiigue de chez-nous, notre bon chien Kastigue.Et, «entant qu'on passait, il avait aboyé Tristement, faiblement d'un long adieu suprême Que des échos en deuils avaient loin renvoyé.Vers les champs retrouvés et lc soir où l'on aime.En me penchant sur lui j'ai senti qn'il tremblait Le frisson de la fin, frisson inénarrable ; Je l'appelai bien fort de ma voix qui pleurait.Lui se raidit en vain contre l'inévitable.La téte retomba dc travers, en avant ; 11 agita la queue en guise de caresse.Le poil se hérissa comme au souffle du vent, La gueule s'emplit d'ombre et d'inerte tristesse.Ainsi meurent les chiens, ainsi nous finissons, Songeant à quelque chose, à la chose certaine : L'homme comme le chien a les mêmes frissons, r.t plus tôt ou plus tard chacun meurt à sa peine.Chacun meurt à sa peine, et le soir qui nous suit Emporte du défunt une ombre de la veille : Ainsi s'en va la vie, ô tristesse I Aujourd'hui C 'est mon chien et demain c'est moi, béte plus vieille 1 LOUIS-JOSEPH DOUCET.MONOLOGUE Une Profession Originale Comment me trouvez-vous ?Joli ?Oui, je suis joli, je sais.Mais ce n'est pas ça que je vous demande.Je parle de ma physionomie qui est nette, franche, n'est-il pas vrai ?Et savez-vous vous pourquoi ?C'est que dans la vie jc n'ai jamais hésité pour prendre une décision.J'ai toujours dit : 11 Je veux çà." Pan I ou : " Je ne veux pas.Pan I Pan ! Sans réfléchir, bien entendu.Et c'est ce qui lait ma force ! Si je réfléchis, je suis perdu.La vraie bonne réflexion, c'est la réflexion qui ne réfléchit pas, qui tire au doigt mouillé et qui tombe juste.Il en résulte parfois des traits de génie.Une fois seulement j'ai hésité : ce fut pour embrasser une carrière.On m'avait tellement dit que la chose était d'extrême importance, que toute la vie dépendait du métier que l'on faisait.Ma foi, j'ai eut peur de me tromper, j'ai pesé le pour et le contre, j'ai hésité enfin 1 Ça a duré dix ans.Au bout dc de ces io fuis 365 jours, j'étais aussi avancé qu'auparavant.Je me demandais si je serais l>oursier, poète, restaurateur, ministre des travaux publics ou garçon de bain.En dehors de ces cinq professions, les autres ne me plaisaient guère.À toutes je voyais un inconvénient téneux, et rien qui flattât mes goûts, ces fameux goûts, résultat de Tins tint t et qu 'on appelle une vocation.Tandis que j'adorais au contraire l'argent, les vers, la nourriture, les pots de vin ct les bains de son.Malheureusement pour ma décision, on m'apprît que, boursier, je volerais ( sans même que ce soit de mes propres ailes ! ) poète, je mourrais de faim, restaurateur, je claquerais d'indigestion, ministre ce serait l'honnête qui m'étoufferait, et garçon de bain, à force de voir dans l'eau des hommes très laids ct mal bâtis, je serais rapidement dégoûté de l'humanité.Aussi, de peur de me trouver exposé i de tels inconvénients, je préférai ne rien faire.Ne rien faire 1 Ah ! ah ! on croit que c'est facile 1 D'abord, ri-n n'est plus fatiguant que de se croiser les bras toute la sainte journée, sans avoir l'occasion de remuer seulement le petit bout du doigt.Ensuite, on encourt le mépris public.Les gens passent près de vous, vous lancent un regard chargé de foudre et disent : " Quoi I c'est celui là qui ne fait rien ?" Et il s'en vout en crachant sur vous.moralement.^Ils ménageraient certes leur salive, s'ils savaient ce qu'on s'ennuie à vivre sans but ; et moi, je me taisais dant cette inaction un sang couleur d'encre, — ce qui aurait pu me porter S être journaliste, si je n'avais eu, dès ma plus tendre enfance, horreur de me mêler de ce qui ne me regarde pas.Cet état d'âme fil qu'un beau jour mon esprit de décirion reprit ses droits.J'écrivis sur des bouts de papier une centainede professions diverses, je mis le tout dans un chapeau, et je tirai au sort.Le petit papier que j'amenai portait : Spécialité de quatertiéme ! Le hasard me favorisait : La vie s'ouvrait devant moi douce el bonne.Mais pour comprendre la nature, les obligations que devait m'imposer une telle carrière, il est indispensable que je vous explique ce qu'est au juste cette profession aussi peu courante qu'agréable : Spécialité de quatorzième I Vous savez combien les gens superstitieux redoutent le nombre treize.Cette idée qu'on peut être treize à tabla est la terreur des mattresses de maison.Or, combien de fois ce chiffre faladique déjoue-t-il toutes les précautions ?Au dernier moment, une dépêche.On doit être quatorze, et chose ne vient pas I Ou scixe et la grippe s'est abattue sur M.Machin, Mme Machin et Machin et au.Quelquefois même on n'est que douze, ct il vous tombe un oncle millionnaire qn'on ne peut pas envoyer manger au bouillon Duval, sous peine d'être déshérité.D'autre part, si on est treize à table il vous déshéritera tout de même.Alors, que fait-on ?On m'envoie chercher pour faire le quatorzième, je sauve la situation, jc dtne comme un prince, je passe pour un invité de marque, et je rapporte chez moi un bon cachet.Un cachet variant entre dix francs et cinq louis.N'est-ce pa 1 délicieux ?Pour cela évidemment, il faut avoir de la tenue.Ce métier ne peut être exercé que par un homme du monde.comme moi, intelligent, Ik-.ui, élégant.Un bachelier est payé plus cher : il peut raconter des anecdotes historiques et ne tait pas de cuirs.La II spécialité de quatorzième " doit flatter l'amphitryon qui peut au besoin le présenter comme son cousin.un cou sin dr lait.Indispensable d'être bien habillé.Quelques bijoux discrets, taux si l'on veut, mais de bon goût.Col et manchettes à peu près blancs.Au bout de quelques années, la "spécialité de quatorzième' ' qui ne se grise pas au champagne possède des relations très étendue;.C'est ainsi que, me rencontrant d nus tous les mi Heu x, je passai pour un caractère aflable et éclectique, un brave homme devant.qui on pouvait tout dire, ou au 1>csoin 11c pas parler.Une fois seulement, on me regarda d'un oril méfiant : on crut que " j'étais de la police ".A cause d'un ministre qu'on avait invité ce soir la, et qui n'avait pas la conscience tranquille.Moi, je n'ai rien réponpu.J'ai laissé croire, pa.ee que dans cette maison la cuUinc était infecte ct jc ne tenais pas à ce qu'on me réinvite.Maintenant, d'ailleurs, je suis assez lancé pour pouvoir fair c mon choix parmi les meilleures tables de Tout-Paru, cl je n'accepte plus dans le m *ndc bpawau|| : c'est des bonis bouis I Ces gens là ne aont pas aasex chic pour moi : ila peuvent rester treize et mourir dans l'année si ça leur fait plaisir, je n'y vols aucun inconvénient.Est-ce curieux comme, aussitôt qu'on commence à être quelqu'un, on devin rosse ! L'aventure la plus amusante est cette qui m'est arrivée au mois de janvier dernier.Un matin, j'ouvre VOfficiel et j'aperçois mon nom parmi ceux des nouveaux décorés de la Légion d'honneur.Je bondis au ministère dc l'instruction publique, où je demande la raison de celte faveur inespérée.— La raison ?me fut il répondu.C'est que le Ministre, ayant distribaé treize croix, eut peur d'être renversé «tans l'année.A ce moment il aperçut voire carte sur son bureau : Spécialité de quatorzième ! Voilà mon affaire 1 s'écria t - il.Kt, comme en acceptant la croix, vous lui sauvez la vie, il vous décore pour action d'éclat I Depuis ce temps, orné du ruban rouge, vous jugez si on se m'arrache J Aussi, quand l'occasion se piésentera chez vous, d'être treize, je me recommande à votre souvenir.Téléphone 518 04 H.Seulement, pour l'entretien du ruban je vous avertis que j'ai augmenté mon piix.Emest DEPKÊ.KESREATIOk 104.— CHARADE.• L'entier terrible, impétueux, Que de ce» Etat» ténébreux Eole déchaîne en colère.Avec danger, avec fracai.Renverse parfois la prtmiirt.Que bâtirent les goujats : Quelque sous Turent leur salaire, Dont le uecnJ est la matière.Les réponses seront reçues jusqu'au 4 juin.Les dis premières réponses justes, accompagnée! rie notre coupon de primes, No 239 recevront un morceau de musique da chant ou de piano, au choix.SOLUTIONS 101.— CHARADE, Tire lire.êmpàt Ciseaux CE DRAPEAU NATIONAL Du Nationaliste : Le comité dit "du drapeau national" vient de publier à Québec un ouvrage de trois cents pages à l'appui de son projet : les quatre fleurs de lys du drapeau de Carillon sur le champ d'azur, traversé d'une croix blanche portant au centre l'emblème du Sac ré-Cœur entourée d'une guirlande de ailles d'érables.Cel ouvrage, en vente chez, tous les librai-s, est une compilation de tout ce qui s'est it et de tout Ce qui s'est écrit jusqu 'ici en veur du Carillon.Sacré-Coeur.Malgré le in avec lequel lc comité a groupé les adhé- sions, on ne peut s'empêcher de constater | que le nouveau drapeau, en dehors des cercles religieux, provoque peu d'enthousiasme.Le peuple comprend d'instinct qu'avant de se chicaner sur le choix d'un drapeau, il faut avoir 011 le planter.Lt puis, la coraplica tion du dessin proposé ne lui dit rien ; en voulant trop mettre dans le drapeau, on a fini par en faire une chose lourde et sans grace, qui ne claquera pas au vent.N'EN PRENEZ PAS D'AUTRES Avec le BAUME RHUMAL on guérit ra ilicalemeni : rhume, grippe, toux, bronchite, sans s'abstenir à un régime spécial qui débilite l'estomac et affaiblit le malade.La guérison est certaine.Voir à l'avant-dernière page la liste des primes offertes i nos abonnés, £1iii?.le 4^oqilc j^rlisfc' WATIONAL FRANÇAIS — 1440 Ste-Catherine — Tél.Hell Est 1736, Tél.Marc.5,0— DRAME— Deux représentations par |Our.Prix, Matinées 10, 15, 20, 25 et 30c " Soirées 10, 25, 35, 40 et 50c N.B.— Lci enfants âgés moins de 5 ans ne sont pas admis aux représentations.* lk concert tarrahto Dans tous les cercles musicaux on ne parle plus que du concert de Mr Tarranto, violoniste, qui aura lieu à la Galerie des Beaux Arts, lundi le 16 mai, à 8.15 hrs.Si on en juge par le succès remporté a la I Symphonie, Mr Tarranto aura une belle réception A son concert du Id mal qui promet d'être un événement artistique, à cause des œuvres qui y seront données ct des arlislcs qui y prennent part.Mr Dultois, violoncelliste, Mlle Kcllcrt, soprano, et Mlle Ploufle, pianiste, sont tous assez bien connus du public Monuéalais.Un quatuor a cordes, conqiose de Messieurs Tarranto, 1er violon, DuIkùs, violoncelle, Scheur, 2nd violon, et Kiccliling.vio-la, rendra le célèbre Quatuor de Beethoven No 4.Les billets se vendent chez Shaw et chez Archambault.• ysayk a montréal Ysaye, le maître inconteslé des virtuoses du violon, revient en Amérique après une absence de plusieurs années. LE PASSE-TEMPS Il y donnera une série de cinquante con ccrts.Nous aurons la bonne fortune de l'entendre à Montréal.• Samedi, lc 23 avril courant, avait lieu la distribution des diplômes de musique, au Collège Dominion, rue Dorchester, Résultat des examens de musique, pratiques et théoriques du 13 dernier.Sur la liste des diplômés, on remarquait les noms suivants qui figuraient avec honneur : Cours élémeniaire (piano) Mlle Olivine Houde, fille du professeur Chs E.A.Momie.jMlle llortei.se Bourguignon, fille de Mr Ferdinand Bourguignon.Mr Ernest Lamonugne, fils de Mr Frédéric Lamontagnc Cours junior (piano) Mlle Bernadette Rousse, fille de Mr Dosi-thée Rousse.Mr Avila Gauthier, fil.de feu le Dr Avila Ga ut nier.Cours junior (orgue) Mr Alltert Crevicr, lits de Mi L.Célestin Crevier.Ces six nouveaux diplômés sont les élèves de notre excellent maître Mr Chs E.A.lloude, professeur de musique au Collège St-Laurent et organiste a l'Eglise du St-Enfant Jésus, Montréal.Nous offrons donc à notre distingué professeur et à ses brillants élèves no* plus chaleureuses félicitations.E T R jA*N G E R A l'Opéra de Paris.H esl maintenant tout à fail certain qu'on remontera (Jretna-Creen, ballet d'trnest Guiraud, dont les représentations furent in Urrompues par l'incendie de la rue Le l'cle-tier en 1873.Une reprise de SalammbS est prochaine.Mlle Agnès BorgO chantera Salammbô.• 1* Cabrera à Milan.Prochainement aura lieu, au ThéAtre-Lyrique, la première de la Cabrera, drame lyrique, de Mr Henri Cain, musique de Mr Gabriel Dup.mt.Les interprètes désignes sont t Mines Kmma Uellincioui, lie! Sorel, MM.l'aie:, Kavazzolo et Huti.On sait que le jury international du concours musical a fixé son choix sur trois partirions, qui seront successivement representors.C'est le public qui désignera la meilleure.L'ouvrage désigné veira la séiie de ses représentations continuée en -Italie et à l'étranger.MOjND^NITÉS Nous Invitons nos lecteur.» a non- tenir au courant du mouvement mondain de leur localité respective.Lea ren** lane menu qu'il* nous fourniront (aeeomi-aRnéi de notre coupon» «eront insérés dans nos colonnes, pourvu qu'ils portent une •i «mature refli-ontiable.Une bonne nouvelle pour ceux qui désirent faire des excursions le samedi e' le dimanche.Une chance exceptionnelle d'admirer le lac S,tint-Lou is et toutes les lies que beignent ses eaux bleues : Chatcauguay, Beauharnois et les alentours.Le vapeur Beau fin mois, J.A.A.Desrochers, capitaine, fera à partir du 4 juin, des excursions les samedis après-midi et dimanches qui enchanteront tous les amateurs de belles promenades, d'air pur et de verdure, l.e samedi le départ aura lieu de Montréal, au pied de la rue Nazareth, à une heure et demie p.m.et à quatre heures de Lachine, arrêtant à Chatcauguay, en allant seulement, arrivant à Beauharnois à six heu rc» p.m.Les excursionistes auront deux heures pour visiter ce site charmant, le va j eu; hissant Beauharnois a huitfheures p.m.et Lachine à neuf heures et quinze, où le* attendra des tramways du Park & Island pour les ramener à Montréal.Une autre innovation qui va réjouir le public est celle que vient de faire le capitaine Desrochers, et qui permeltrit de sauter les rapides de Lachine le dimanche.Ainsi, tous les dimanches, à quatre heures p.ni., le vapeur quittera Lachine pour sauter les rapides.Des ta.Les Fraises d'Amour Paroles de VILLEMER Musique de L.COLLIN Du temps où mon creur bat • tait près., dit tien.J'ai tou-jours, Ni - non, dou - ce sou-ve-nan - ce.Ton a • mour a fui,.j'ai gar - dé.le mien.Tout fleu- ri mal - gré ton in - dif • fé - ren Pour me re - par- par - fu - mer mes veil les: Je me vois a - lors., cou' rant par les bois,.Cueillant du prin-temps lus fraises vermeil les.Mais ils son pas ses, ces jours pleins de fièvre, Hélas ! j'ai per- du.ton eceur sans re - tour Au prin-temps nou-veau, Ni - non, pour tes « ralL |>-^ ^ ^ ï S PJ f—" lè-vres D'au-trescueil le-ront.des frai ses d'a - mour Je revois toujours ce petit chemin Où, rêvant, hélas I d'amours éternelles, Nous allions tous deux, la main dans la main, Bien plus amoureux que des tourterelles.De leurs verts donjons, les merles moqueurs Nous sifflaient bien haut des refrains superbes, Et, de tous côtés, les fraisiers en fleurs Parfumaient, Ninon, la mousse et les herbes.Mais ils sont passés ces jours pleins de fièvres ; Hélas 1 j'ai perdu ton cœur sans retour.Au printemps nouveau, Ninon, pour tes lèvres Ne fleuriront plus les fraises d'amour.Que tu les aimais, gourmande Ninon, Ces fruits de corail, couleur de tes lèvres, Sertis dans la mousse et dans lc gazon Par Dieu, le premier de tous les orfèvres I Dans ton frais chapeau, parmi les rubans, Je jetais alors gatment ma vendange i Tu me 1a rendais en baisers brûlants.Nous ne ferons plus un si doux échange ; Car ils sont passés ces jours pleins de fièvres ; llélasI j'ai perdu ton coeur sans retour.Au printemps nouveau, Ninon, sur tes lèvres D'autres cueilleront des fiaises d'amour.fraichissements seront servis a bord aux prix de la ville.Le capitaine Desrochers mérite des félicitations pour l'organisation d'un service depuis longtemps désiré du public.Sur l'invitation de M.T.E.Meredith, le nouveau syndic, les membres anciens et nouveaux du Conseil du Barreau de Montréal se sont réunis samedi après-midi, le 7 mai, aa Forest and Stream Club, à Dorval.Au nombre des convives on remarquait MM.Donald McMaster, E.-F.Surveyer, Eug.Laflcur, P.-B.Migneault, Paul La cot te, Ls.Coderre, P.Davidson, H.-K.Elliot, K.Monty, I.-A.Hur tenu, R.-G.de Lorimier, R.-G.Giecnshilds, etc.Un convoi spécial a conduit les invités de Montréal à Dorval.La fête a été courronnéc d'un succès splendide.* Mardi, le 10 mai, à la chapelle de Notre-Dame du Chemin, près Québec, notre confrère, M.J.U.Bégin, directeur-propriétaire du journal la Croix, conduisait à l'autel Mlle Aibcrtine, fille cadette de J.P.Tardive!, directeur-propriétaire de la Vérité, m Mercredi, le 2% avril, avait Heu à l'église Saint - Jacques, un très joli mariage.Mr Lucien Proulx, agent, conduisait à l'autel Mlle A.Percheron, fille de Mr J.Percheron, marchand.Durant la cérémonie il y eut chant, musique par Mlles A.Davis, B.Percheron, MM.A.Leduc, Séguin, violoniste.Mlle Marie-Jeanne Beaudreault, de Villeray, était à l'orgue.Immédiatement après la cérémonie l'heureux couple est parti pour voyage.m Samedi soir, le 16, charmante soirée d'intimes chez Mlle Hermina Lacombc.Parmi les invitéson remarquait : Mr et Mme Vincent Lacombc, Mr et Mme J.lafontaine, Mr et Mme Alfred Mercil, Mr et Mme La-brèche, Mlles Hermina La com be, Ilermint Labrèche, Zéphirine Labrèche, Laura Trudel, Berthe Vital, Adrienne Rivet, Lapensé, Léa Paré, Marie-Louise Gauthier, Vital, Aida Lauzon, E.Dicaire, A.Dicaire, Alexin.Denis, H.Rivet, A.Montpclit, !.Rivet, MM.A.Major, Adélard Labrèche, Horace Roy, Emile Mantha, Lauzon, Roch, Cour-ville, Ross, Jos.Bigras, Duke, Jutras, Emile Isabel, Décary, Filion et beaucoup d'autres dont les noms nous échappent.La soirée se passa dans le plaisir au milieu du chant, musique, danse et déclamation.On se sépara a une heure très avancée en emportant un joyeux souvenir.Charmante soirée intime, dimanche le 24 avril, chez Mlle Fabiola Fichaud, de la rue St-Philippe (m Henri,.Chant, danse, musique et déclamation ; tout concourut a faire écouler les heures très agréablement.Mlle Marie Louise Pilon, s'est surpassée dans 11 Friedbnrga " du P.Delaporte, et s'est attirée de sincères félicitations.On a aussi fort admirer la belle diction, de Mlle E.l'ilon.dans la " Robe "• M.René Charbonneau nous déclama, avec naturel, " l'Epave ' ' de François Coppée.M.Louis H.Crêpault, se fit entendre, dans le m Dernier Huron " de F.-X.Garneau, etc., etc.Tous, sont membres de l'Institut Philotechnique Canadien, et font honneur à son noble but, qui a pour mission de répandre et cultiver, chez nous, le goût du doux "parler de France".Au nombre des invités, on remarquait : Mme A.Fichaud, Mlles Alice Fichaud, Marie-Louise et E.Pilon, Bertha et Dora Legault, V.P.et T.Madore, A.Richot.Aurors Décarie, A.Charrette, etc.MM.A.Fichaud, Rémi Charbonneau, Louis II.Cré- Emit, A.Daignault, Richot, A.Charrette, élisle, André Germain, D.Lalande, P.l-iiiiv, B.Cloutier, Janeau, Ross, etc.Un délicieux goûter fut servi à minuit, où l'entrain le plus charmant régna.Bref, tous se sont retirés fort tard, emportant les meilleurs souvenirs de cette soirée.* QUÉBEC Mercredi le 4 courant, à la Basilique, dans la chapelle du Sacré-Cceur, M.Adolphe Stein, avocat, fils de notre ami M, le capitaine Stein, conduisait à l'autel mademoiselle Alice Ilamel, fille de M.Théofred Ilamel, courtier de cette ville.Le mariage a été béni par M.le curé de la Basilique, et Mgr Mathieu assistait a la cérémonie.Les nou- LE BAUME RHUMAL est le ROI DES GUERISSEURS LE PASSE-TEMPS 60 La Banque d'Epargne de la Cité et du District de Montréal CINQUANTE-SEPTIÈME RAPPORT ANNUEL Catherine et de l'avenue McGill Collège, laquelle fait des progrès satisfaisants.La Banque a aussi fait l'acquisition d'une propriété à l'angle des rues Ontario et Maîsan-neuve dan* l'intention d'y ouvrir une succursale aussitôt que possible, pour le service de nos Déposants de ce quartier.Vos Directeurs ont eu a déplorer la mort, depuis la dernière assemhlée annuelle, de leur estimé collègue, feu l'honorable James O'Brien, directeur dc cette Banque depuis 27 nn*, cl dont les connaissances financières et le dévouement aux Intérêts de cette Institution ont été d'un grand avantage pour la Banque.Monsieur Robert Archer, ci devant président du Board of Trade, a été élu Directeur a sa place.L'inspection des livres de la Banque a été faite avec soin plusieurs fois durant l'année, comme d'habitude.\x rapport des auditeurs et le bilan sont maintenant devant vous.Vous êtes invités a élire des directeurs et auditeurs pour l'année courante.W.IL KINGSTON, Président.ETAT DES AFFAIRES DE LA BANQUE D'EPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL, AU 31 DECEMBRE 1903 ACTIF.Espèces en caisse et dans les Banques .$ 1,108,697.36 Actions du Gouvernement du Canada et intérêt accru.2,037,013.5(1 Debentures du Gouvernement Provincial ., 403,907.43 Debentures de la Cité de Montréal, el autre debentures municipales ct scolaires.4,840,463.23 Autres obligations et debentures.661,385.50 Valeurs diverses.S20$i7-*S Prêts à demande et à courte échéance, garantis par des valeurs en nantissement.6,920,503.63 Fonds de charité, placé sur debentures municipales, approuvées par le Gouvernement Fédéral.180,000.00 Immeubles de la Banque (bureau principal et six succursales).$4 50,000.00 Autres titres.9,186.36 Montréal, 3 mai, 1904.Aux actionnaires, Messieurs, Vos Directeurs ont le plaisir de vous soumettre le cinquante-septième rapport annuel des affaires de cette Banque el le résultat de ses opérations pendant l'année expirée le 31 décembre 1903.Les profits nets de l'année ont été de $152,415.08, lesquels, ajoutés a $50,263.-29, balance au crédit du compte des Profits et Pertes de l'année précédente, élèvent ce dernier ft $202,708.37.Sur cette somme deux IMvidendcs et boni ont été payés et $25,0.0 ont été portés en déduction du compte des immeubles, laissant une balance au crédit du compte des Profits et Pertes de $77.708.37.le nombre de comptes ouverts au 31 décembre dernier était de 69,487 et la somme moyenne due a chaque déposant de $220.29.Pour la commodité de nos Déposants de la partie ouest, une succursale a été ouverte, pendant l'année, à l'angle de la rue Sainte- bonnement jusqu'au moment du paiement, qu'il ait retiré ou non le journal au bureau de poste.3.Tout abonné peut être poursuivi pour abonnement dans le district où le journal te publie, lors même qu'il demeurerait ft des centaines de lieues de cet endroit.4.Les tribunaux ont décidé que le fait de retirer un journal du bureau dc poste, ou de changer de résidence et de laisser accumuler les numéros ft l'ancienne adresse, constitue une présomption et une preuve prima facie d'Intention de fraude.INSTRUMENTS DE LA PASSION U nous parait intéressant dc laire connal tre les sanctuaires qui possèlent les souvenirs da crucifiement et les instiuments «le la Passion.!* Couronne d'épines est a Notre Dame de Paris, mais elle est dépourvu: «les épines qui onl élé concédées à un grand nombre d'églises.1.: Tunique du Sauveur fut donnée par Charlemagne au Monastère d'Argen-teuil.La Robe sans couture fut donnée par sainte Hélène à l'église de Trêves.Les Clous : le premier fut jeté par Sainte Hélène dans la mer Adriatique, afin de calmer une tempête ; le deuxième se trouve dans la couronne de fer des roi lomtuirds ; le troisième se trouve a Notre-Dame de Paris.L'éponge est à Rome, dans la basilique de St Jean de Latran.La I.iik'c est divisée en deux parties : le manche est a Rome et la pointe est à Paris.Lc Rois de la Croix, divisé, se trouve dans la basilique Ste Croix de Jérusalem, t Rome et dans la métrojK>lc de Paris.$16,572,806.95 459.186.36 PASSIF.AU PUBLIC : Montant dû aux Déposants.$15,302,061.19 • ' au Receveur Général.93.3-.-86 M au Fonds de Charité.180,c00.00 H aux Comptes Divers.78,88189 AUX ACTIONNAIRES : Capital (souscrit $2,000,000) payé.$6 0,000.00 Fonds de Réserve.700,000.00 Profits ct Perles.77.7°8 37 $i7.03i.993-3' $15,654,284.94 $'.377.708.37 $17.031,993*31 Nombre de comptes ouverts.69,487.Somme moyenne due a chaque déposant.$220.29.Contrôlé et trouvé conforme, JAS.TASKER, A.CINQ-MARS, Auditeurs.A.P.LhSPÉRANCE, Gw, au t.UNE MERVEILLE Il n'est pas un étranger ayant passé par Strasbourg qui ignore Ta cathédrale et son horloge astronomique, la " huitième merveille da monde", disent non sans fierté,les stras-bourgeois.Cette fameuse horloge astronomique a été, au cours de la dernière nuit de 1903, l'objet d'un pèlerinage fort intéressant.Le changement d'année a, en effet, produit dans l'horloge un mouvement de rouages tellement extraordinaire qu'il ne Murait se reproduire avant l'an -,000.L'an 1904 est.en effet, le premier centenaire bissextile, d'après les conventions qui président au calendrier grégorien.Environ cent cinquante personnes ont assisté aux mouvements compliqués de l'horloge sur le coup dc minuit.Tout l'espace réservé au public était occupé dès onze heures du soii.Les touristes anglais étaieut %-euus pour assister a cette séance qui ne se reproduira plas pour aucun de ses spectateurs, car la prochaine conjonction de senblables événements astronomiques aura lieu dans quatre-vingt dix-sept ans seulement, o Notons, en panant, cette particuLrité curieuse que l'hnrloge astronomique de Strasbourg continue a marquer l'heuic française.Elle ne fonctionne qu'à minuit vingt-neuf, donc, quand minuit sonne à Paiis.11 n'a pas été possible de germaniser le chef-d'œu-vre ce SchwUgué.veaux mariés ont reçu au delà de trois cents riches et superbes cadeaux.On annonce pour le 31 mai courant, le mariage de M.Alexandre Dion, dc Beauport, a Mlle Marie-Anne Provençal, fille de M.Edouard Provençal, de St-Grégoire du Sault Montmorency* On annonce pour le 13courant, le mariage de M.Georges I .a pointe, de la maison A.A.J.Gingras, A Mlle Marie Aimée Gagnon, de Limoîlou.» Nous apprenons avec plaisir le mariage de notre ami M.Odias Daigle, employé de la maison de MM.Turcotte «V Cie, épiciers en gros de cette ville, a Madame veuve Céllna Brunelle, qui a cu Meu mardi, le dix courant, a ta chipcllc Stimuli* dc la Basilique de Québec.* Lundi matin le 2 du courant, a eu lieu dans la chapelle privée de l'église St-Jean- Baptiste, le manage de M.Ernest Maranda, de F raser ville, i Mlle Lucie Sirois, de cette ville.Le marié avait pour témoin M.Arthur Maranda, frère du marié, et la mariée était accompagnée de sou oncle M.David Ouellet, architecte.Lundi, le 25 d'avril, a été célébré à Biddeford, Me, le mariage de Mr P.E.Bélanger, marchand de nouveautées de la Basse-Ville, à Mlle Anna, fille du Dr N.Thlvierge, de Biddeford.Nos meilleurs souhaits de bonheur.• >.H A N ' '* M ! K ' , v, g.Dimanche, le 24, a eu lieu une magnifique excursion à la sucrerie.Un dîner de circonstance fut dressé en dehors de la sucrerie cl tous les convives firent honneur aux mets et surtout a la bonne tire d'érable.Ont pris part I l'excursion : Mr et Mme Wil-brod Lemay, Mr et Mme Damasc Grenier, Mlles Flora et Edouardina Généreux, Eula-lie Daveluy, Jeannette, Jane et Marie Bordcleau, Lydia Juneau, M.-L.Juneau et Oli va Gagnon.MM.Thomas Grenier, Willie Juneau, Albert Daveluy, Donal Bordeleau, Charles Gagné, Ernest Vcilleux.ANNONCEU R8 ar CORRESPONDANTS La copie d'annonce ou autre pour le prochain numéro sera reçue jusqu'à mardi, le 7 juin 1904, NOTRE COUPON Notre coupon vaut 5c, à déduire du prix de chaque article annoncé soit dans le Passe* Temps, soit dans notre catalogue, mais n'a aucune valeur : l" Sur les anciens numéros du Passe-Temps ; 2" Sur les objets donnés comme prims gratuite aux abonnés payant un an d'avance.(Voir la dernière page du ournal.) CINQUANTE CENTS A GAGNER Le prix régulier de l'abonnement au Pesse-Temps est de $1.50 par an payable d'avance.A toute personne qui s'abonne ou renouvelle son abonnemcnl nous faisons l'offre suivante : Envoyez-nous en même temps que votre abonnement le nom et l'adresse d'un nouvel abonné et $2.50 (soit $1.15 par abonnement, au lieu de $1.50).Chaque abonné ayant droit a la ptime comme auparavant.Conditions essentielles.— Au mois un des deux abonnés devra Cire entièrement nouveau et les deux abonnements devront être envoyés ensemble.PETITS AVIS 26 numéros forment notre année.Li date de l'abonnement est toujours de sept jours antérieure ft celle du premier numéro envoyé.Les deux chiffre- imprimés à la suite du nom de l'abonné sur la bande sont les numéros où commence et finit l'abonnement.Nos abonnés sont priés de choisir leur pri- me en s'abonnant au journal.Dorénavant, A défaut de telle précaution, aucune prime ne pourra être réclamée, après trois mois ft tompter de la date de l'abonnement.Une istc de nos primes est envoyée sur demande.NOS ABONNES N'auront pas Heu de s'étonner si, après la réception du second avis de l'expiration de leur abonnement, l'envoi du journal est suspendu.11 L'abonnement est strictement payable d'avance " ; cette règle ne souffre pas d'exception.Ne décidez rieu, cependant, avant d'avoir consulté la liste des primes offertes aux abonnés payant leur abonnement d'avance.(Voir notre avant-derniè/e page.) GAGNEZ VOTRE ABONNEMENT Vou lez-vous gagner un abonnement ?Si oui, envoyez-nous le nom et l'adresse de quatre personnes, accompagnés du prix de trois abonnements d'un an, soit $4.50.Chacun de ces quatre abonnés a droit ft une prime.TIMBRES A VENDRE Timbres des Etats-Unis ft vendre au bureau du Passe-Temps.OFFRE 8PECIALE En nous envoyant le nom et l'adresse d'au moins dix personnes susceptibles de s'abonner au Passk-TisMPB, on recevra un joli morceau de musique par le retour de la malle.DÉCISIONS JUDICIAIRES CONCERNANT LES JOURNAUX 1.Toute personne qui retire régulièrement un journal du bureau de poste, qu'elle ail souscrit ou non, iiue ce journal soit adressé ft ion nom ou ft celui d'un autre est responsable du paiement.2.Toute personne qui renvoie un journal est tenue de payer tous les arrérages qu'elle doit sur son abonnement, autrement, l'éditeur peut continuer ft le lui envoyer jusqu'il ce qu'elle ait payé.Dans ce cas, l'abonné lt tenu de donner, en outre, le prix de l'a- CONSEIL UTILE Les Crampes.Symptômes.— Chez les personnes nerveuses, ou ft la suite d'efforts pour soulever, ti"er ou traîner quelque chose, dans les mouvements d'extension, pour bailler, sauter, nager, etc.; daus certaines maladies, la dys-senteric, le choléia, l'empoisonnement par le plomb, la grossesse, l'accouchement, il peut Se produite une contraction : .m ¦ li [ 1 : ; muscle ou d'une poition dc muscle avec dou leur très vive et dureté dans le point où se fait sentir la crampe.La durée dé la crampe est, en général, de quelques minutes, mais le mal revient bientôt.Son siège le plus ordî nairc, est le mollet, on l'observe aussi aux doigts, chez les écrivains, les dessinateurs.UN NEGLIGENT Celui qui tousse est un négligent s'il ne ,ail pas usage du BAUME RHUMAL qui e guérira en quelques jours.81 VOUS TOUSSEZ PRENEZ LE "BAUME RHUMAL * LE PASSE-TEMPS SCÈNES DE LA VIE BOURGEOISE Trop de Précautions nuit ! Lt cabinet de toilette de Af, Dupignon, Dix heures du ma-tin.Af.Dupignon en bras de chemise, les épaules ceintes d'admirables bretellet retires, ride trh affairé.Sa Jemme, Ju.little Dupignon est ( morallement) snspeudnt d tes Ihires : tilt guette chacun de tes ordres pour se précipiter et y Jaire droit.DuncNON.— Quelle heure est-il ?juliette.— Dix heures cinq.dupignon.— Au juste ?juliette.— Dix heures sept minutes M trente trois secondes.Tu as vingt fois le temps.dupignon.— Pas tant que ca ! Surtout avec celte empo.lée d* Augustine.(hurlant) Kh bien ! Augustine 1 Cette eau chaude ?.augustine, entrant la bouitlote à la main.— Voila, monsieur.File n'en finissait plus de bouillir.dupionon.— llout-elle pour de bon ?augustine.— Monsieur n'a qu'a y tremper le bout du net.dupignon.— C'est qu'il ne s'agit pas de plaisanter I II n'y a rien de plus dangeurcux que de se laver la ligure avec de l'eau froide.ou tiède.enfin de l'eau qui n'a pas bouilli.augustine.— Pourquoi ?dupignon.— A cause des microbes.L'enu l>ouillante, ça les tue.Alors on jieut en respirer tant qu 'on veut par les narines, sans cralnted'atlraper la fièvre typhoïde et toute espèce d'autres maladies.Aver-vous compris ?augustine.— Non, monsieur.dupignon.— C'est bien, allez-vous en.Juliette, remets-moi un bouton a mon veston.juliittp.— Oui, mon ami.(Elle se précipite et se met à coudre.Femtan: ce temps Dupignon a ttrie Peau dans ta tu.vette et plongé dedans sa figure précipitamment.dupignon.— Aaah I.Oooh I.julim'te.— Qu'y a-t-il ?dupignon.—Je me suis brûlé I juliette.—C'est vrai.pauvre chéri I Tu ressembles à un homard cult I.dupionon.— Vite I De l'huile ! Etale-moi de l'huile sur la ligure I Sales microbes, va I Si jc n'avais V\.élé forcé de me méfier d'eux, je ne me serais pas échaudé I juliette.— C'est égal, tu sais.11 n'y a vraiment que l'antisepsie I II Dam la rut.Dupignon hlle un fiacre dupignon.— Cocher, a l'heure.LKcocilE».— Plus souvent I (Il l'éloignt).juliette.— Ce n'est pas malin ce que tu fais là.Tu les préviens d'avance I dupignon.—Je suis bien forcé.sans ça j'aurais des histoires.juliette.— Mais non.Tout ça est changé.Mainte nant ou peut ne rien dire et les garder toute la journée si on veut.dupignon.— Tiens en voilà une autre.caoutchoutée.Cocher I lié, mon ami I (Le cocher s'arrête.Dupignon et Juliette entrent dans le coupé et s'imtattent.) juliette.— Tu ne trouves pas que ça sent drôle là dedans ?DUPIGNON.— Si.Parbieu, je sais ce que c'est I JULIETTE.— Quoi donc î DUPIGNON.— Ça sent les microbes.JULIETTE, effrayée, — Lesquels ?DtfptGNON.— Les mauvais microbes, parbleu I Attends un peu, que j'ouvre.JULIETTE.— Le carreau de droite.dupignon.— Et celui de gauche.Il n'y a jamais trop d'air pour chasser ces sales poisons-là I JULIETTE.— Tu ne vas pas nous mettre dans un courant d'air ?dupignon.— Avant tout il faut nous débarrasser des microbes I juliette, qui étemue, — Mais il fait un froid de loup.dupignon.— C'est un détail.juliette.— Tu vas me faire attraper la mort ! dupignon.— Il vaut mieux attraper la mort que des mi-crol>es qui risque dc vous la donner.juliette.—Je ne comprends pas.dupignon.— Moi, je me comprends I juliette.— Tu os de la chance I dupignon, /ternuant.- - Ça y est.Je suis pincé.Mais l'antisepsie, tu sais, il n'y a que ça I III Boulern\rd des Italiens.Leurs courses faitei, Af.et Mme Dupignon ret'ienneul ches eux bras dessus, bras dessous.juliette.— Quelle charmante promenade I Le ciel est bleu, les feuilles soul vertes.Tout ça me donne des idées roses.dupignon.— Evidemment Paris est une ville dc premier ordre, juliette.— Dis : unique I dupignon.— Eton l'habiterait avec joie, si seulement on pouvait respirer.juliette.— Tu ne respires pas ?qu'est-ce qui l'en empêche ?dupignon.—Les microbes.JULIETTE.— Encore ! dupignon.— Si tu avais comme moi éludié la question, tu saurais que nos cellules vivantes sont à la merci dc ces animalcules.Aussi quand jc me promène, ma principale occupation esl dc respirer le moins possible.JULIETTE.— Ça doit être gai 1 dupignon.— Non.Mais je me dois à mon pays, a toi ma femme, à moi-même qui suis jeune encore.Ainsi, en ce moment, nous passons auprès d'un balayeur : tu vois, je reliens ma respiration, Un silence au bout duquel Dupignon apparaît les Joues gonféei, les yeux hors de la téte.JULIETTE, effrayée.— Théophile.Tu es tout rouge I Dupignon fait de la téte un signe d'assentiment.juliette.— Tu deviens même écarlale .Respire, mon chéri, respire I Dupignon court en avant pour se dégager du centre de la pousti/re soulei'éepar le balayeur.dupignon, tuffoqvé.—Juliette I JULIETTE.— Moq chéri ?dupignon.— Je n'en peux plus ! JULIETTE.— Je crois bien.Tu es resté près de deux minutes à étouffer.dupignon, haletant.— Tu n'aurais pas voulu que j'absorbasse des milliers de microbes qui auraient pu développer en mol le» germes dc maladies épouvantables I juliette.— Mais mol, je les ai bien absorbés I dupignon.— Tant pis pour toi.Voilà qui peut te jouer un vilain tour.I.e jour où je serai veuf, tu te rappelleras que dans la vie on ne prend jamais trop de précautions I De sorte que.enfin.qu'est-ce que j'ai ?juliette.— Tu chancelles I dupignon.— Oui.on étourdissemenl I Juliette, sous-tiens mol I juliette.— Parbleu I A"vec ton excès de prudence, tu finiras par te faire mourir de congestion I dupignon, qui dé/ait fébrilement sa crai-att et son faux-col.— Possible I Maisj'auraisobéi aux règles de l'antisepsie.// reste une demi-heure affalé, sur sut banc, omtrantdt temp: en te-.; le bec commt une carpe hors de Peau.IV Trente-cinq minutes aprH.Dupignon est fout 4 fait remis.Ses joues ont repris leur couleur rosée, son eaur, ses battements calmes.JULIETTE.— Eh bien, mon mignon, ça va mieux ?dupignon.— Oui.Mais j'ai une soif I juliette.— Veux-tu prendre un bock ?dupignon.— Jamais I La bière des calés c'est une purée de microbes, ils versent ça dans des verres mal lavés.Ils touchent ça avec leurs mains sales I juliette.— Pourtant si tu meurs de soif?dupignon.— 1* fait est que j'ai des pièces de dix sous dans la bouche.juliette.— Précisément, tu.dupignon.— J'en serai quitte pour cracher.juliette.— Oui, mon chéri.DUpIGNON.— Mais pas sur le trottoir.c'est défendu.juliette.— Pourquoi ?dupignon.— A cause des microbes.Le préfet de police veut qu'on crache sur la chaussée.Il trachéen l'air.Ça retombe sur un monsieur bien mis qui passe en voiture.LE MONSIEUE./nrirxT.—Saleté I Goujat I Dégoûtant personnage I dupignon, atterré.— Le ministre qui devait me donner les palmes.juliette.— Voilà une sale journée I dupignon.— Que veux tu, ma chérie.L'antisepsie avanllout I Ernest DEI'A'Ê.LÈ REPOS Une fois, par malheur, si vous avez pris terre, Peut-être qu'un de vous, aur un lac solitaire, Aura vu, comme moi, quelque cygne endormi, Qui se laissait au vent balancer à demi.Sa tête nonchalente, en arrière appuyée, Se cache dans la plume au soleil essuyée, Son poitrail est lavé par le flot transparent, Comme un éccull où l'eau se joue en expirantj Le duvet qu'en passant l'air dérobe à sa plume Autour de lut s'envole et se mêle à l'écume, Une aile est son coussin, l'autre son évantall ; Il dort, et de son pied le large gouvernail Trouble encore, en ramant, l'eau tournoyante ct douce Tandis que sur ses flancs se forme un lit de mousse, De feuilles et dc joncs, et d'herbages errants Qu'apportent près de lui d'invisibles courants.ALFRED DE VIGNY.URAPHOLOUtE Montjolaise.- Sensibilité de caractère assez grande, ambition passagère ; l'égolsme et l'avarice dispaiaissent chez vous pour faire place à la générosité.Esprit au goût fé minin, délicatesse d'esprit mais parfois man que d'intention; expansif et manque de prudence dans beancoup d'occasions.L'oubliée.— Esprit un peu exalté, de la bizarrerie, emballement très facile, peu dc volonté aime à se laisser diiigcr, |*»du tout économe, aime les plaisirs.I.terre.— Esprit sérieux et réfléchi, peu d'imagination, ne s'emballant jamais, marche droit à son but, beaucoup de volonté et de sens artistique.Lilas en fleurs.— Aimable ct spirituelle, quelque.- dispositions a la mélan- colie, romanesque, bon caractère, esprit peu sérieux grand amour du plaisir, de l'air, de la liberté cherche a se faire aimer et y réussit, tout en n'ayant pas beaucoup de volonté.Minette.— Esprit sérieux ct réfléchi peu d'imagination, dispositions mélancoliques et romanesques, sans emballement, amour de la famille avec beaucoup de volon té ct sens artistique.Hobonne, — Esprit grave, calme froid et sérieux, imagination active et agissante, licaucoup tl'ordre, économie bien entendu, caractère entreprenant, amour du travail, volonté ct sens artistique.Makaroff.— Caractère calme, sérieux et réfléchi, aimant le travail, économie bien entendue, un peu d'irrégularité de caractère, aimant les entreprises, sens artistique, volonté peu arrêtée.Louis Napoléon.— A du goût cl aime la toilette, assez impressionnable, peu de volonté, aime le travail, amour de l'ordre, économie bien entendue, intelligence et vivacité.J'aime sah,>oéle.— Beaucoup d'imagination au service de sa coquetterie, ordre, économie, esprit léger et frivole ; mais aimable et bon caractère, sachant se faire aimer, sens artistique, très peu de volonté, goût des grandeurs.Armand do ttéihune, évoque «le IV.eo l -iv »it un très grand net.Un jour, lo duo de ltoquelaure, qui n'en nv.it presque point lo plaisantait fort.Colui-ci fiuit par b'on lisser.— Hôl morjHiour I dit-il, laissez mon nez t (Jroypz-vou» qu'il ait été fait aux dépens du vûtro ! 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de Ca coupon sera nul | Libi airie sera diminué de 5 cts, si la commande est accompagnée de après U ce coupon, — La coupon ne peut être utilisé pour les Nos du Journal.,4 — o — 1904 t j Vol.X Feuilleton du Passe-Temps No 2}Q Et.ie jetant dans un fauteuil, elle cacha son visage et se mit à sangloter.— Lucile, mon amie.ne m'entendez-vous pas 7 Jo vous aime.Qu'y a-t-il de changé entre mn» ?K i rr mot vou* blesse jo suis prêt à imposer sih nco à mon amour ; mais veuille» croire que si je vous l'ai confesse ce n'est point pour me départir du respect qua votre isolement m'impose.De moi & vous ce mot ne pout avoir qu'un sens : Lucile voulez-vous êlro ma femme f La jeuno Hlle fit non sans relover la téte, et comme elle continuait 4 pleurer, Armand so mit à genoux près d'elle.— Pardonner-moi, Lucile ; j'ai agi peut-être avec léger lté; jo no viihvs devoir mon bonheur qu'à vous-même, ut si j'avais cru quo m s sincérité put vout troubler à ce point, j'aurais d'abord sollicité de votre pèro i'autoriia'.ion do vo 13 parler 010 ne je l'ai fait ; mais jo suis prêt à réparer mt faute.voui-«-tous qie j'aill-t i l'instant trouver M.Latour, que je lui fawe la confidence de notr» intimité, qu i j'obtienn > de lui la promesse de voire main ?Lucile essuya ses yeux, passa la main sur son front, et d'une voix que les pleurs faisaient trembler : — Jamais, dit-elle je ne serai votre femmo.— Hélas, vous ne m'aimes pas ! Jo m'étais illusionné ai_point de croire.— Monsieur, ajouta Lucile avec effort, si ma conduite inconsidérés est l'origine du chagrin que je vous cause, pardonnez-le moi.J'ai été coupable, jo le reconnais : dans mon inexpérience j'ai cru que nous serions amis rien do plus, et, pour ma part, j'avais un si grand besoin de confiance etd'alTcotion, que jo me suis laissée aller à voir en vous un frère : Dieu m'est témoin que les plus doux moments do ma vie ont été ceux passés avec vous.etjo n'ai eu nulle arrière-pensée.Les hommes no savent pas aimer ainsi.Soit i le rêve est terminée.oubliez-moi.— Alors.vous nn aime/, un autre ?Interrogea Araiand conBterné, vous êtes liée par quoique serment ?vous êtes fiancée, déjà, peut-être 1 — .'e no suis pas fiancée, jo n'aimo pas, jo n'épousorai jamais personne.Lucile faisait visiblement appel à tout son courage pour garder un calme que le tremblement nerveux de ses mains dénonçait.Debout devant la fenêtre ouverte, elle se raidissait dans uno attitude hautaine ot résolue.Armand sentait qu'an mar de glace lo séparait maintenant de celle qu'il aimait.— Mo diroz-vous du moins, Lucile, quel motif vous porte à me torturer ainsi f II y a un mystère dans votre existence, je veux le connaître, je l'exige, voub me dovex oette dernière confidence.— Mon existence n'a jamais compté d'autre événement que notre rencontre : elle ne contient aucun mystère ; vous connaissez toute r»a vie, et tout mon passé, je vous le jure.— Mais alors o'est moi qui vous fait horreur ; c'est moi, Armand d'Auberive, que vous repoussez ; pourquoi f que vous ai-je fait ?Quel secret est entre nous T — Mon refus n'a rien qui vous soit p«rg< nnel, Monsieur Armand ; jo vous fais le serment quo jamaiB, jusqu'au jour où vous mo l'avez apprib, je n'avais entendu votre nom, et quo personne, depuis lors ne l'a prononcé devant moi.— C'est à perdre la raison, Lucile.ayez pitié de moi.Dites-moi pourquoi voua refusez de m'entendr.'.— Je refuse.pour votre bonheur et pour le mien.— Mais encore.— Oh i Monsieur, fit Lucile, avez pitié à votro tour.je soutire.Elle eut un geste si navrant do lassitude et de douleur, qu'Armand n'osa plu» insister.— Je vous laisse, Lucile ; demain vous serez plus calme et plus confiante.— Demain.ie ne voua verrai pas, dit-ellu.— Vous me chassez ?— Je vous pri?do no plus vonir.— Je ne vous verrai plus r No pouvez-vouB oublier ce qui s'est passé aujourd hm entre nous ; pourquoi refuser do me rocevoir f Ne sommes-nous plus amis, commo autrefois ?Elle secoua tristement la tête.— Maintenant, dit-ello ; ce sorait mal agir ' oubliez-moi.D'ailleurs je vais bientôt quitter Paris : jo dois, sous peu de joura, aooumpagner mon père dans nn de ses voyagea.— Eh bien, non i cela ne peu pas êtro i Dusaé-je vous forcer à parler, je connaîtrai Voir les numéros 231 et suivants. 34 PERRUQUES BLONDFS )¦ cuise dc cette inconcevable attitude, je reste.Elle leva sur lui un regard si plein cie supplication qu'il pjt aussitôt rogret de ses paroles : il s'inclina profondément.— Pardon, mademoiselle, j'obéis.II se dirigea vers la porte, vers la porte, l'ouvrit ; mais au moment de sortir il se retourna vers elle, attendant un mot d'espérance : — Lucile.?murmura-t-il.Elle nsta impassible, ne Ot pas un geste, seulement il l'ontendit prononcer i voix I aise le mot adieu.Alors il sortit, repoussa la porto, descendit en courant l'escalier et te jeta dans la rue, fuyant comme s'il étail poursuivi.Il courut, ne tachant où il allait, jusqu'au pont do la Révolution.il refit ainsi, sans qu'il so doutât, le chemin que, si souvent, il avait suivi aveo elle ; une sorte d'instinct la poussait : il travena la place, entra dans le jardin rempli de promeneurs, et vint tomber sur ce banc écarté où il l'avait abordée pour la première fois.Les pensées les plus folles •(Huaient à son cerveau : il étouflait, i| pleurait de rnge, il se croyait la proie d'un cauchemar aflolant.El toujour) cette interrogation revi • i '.en son esprit : que faire f 11 d'bmui aucun doute, Lucile l'aimait : la façon mémo dont elle l'avait repoussé tn fuit un indice certain : il était non moins rarstiré que jamais elle no revlondmit sur sa détermination.Pourquoi?Quel secret possédait-elle qui creusait ainsi ontro eux un ol stacle insurmontable ?Qurlqno lien mystérieux lea tinitstit-il au con t rai r ?Mais comment savoir ?A qui s'adresier dans cette ville dont tous lis habitants semblaient en proie au vertigo ?De qui prendre conseil 7 11 ionica s Marcus Curtius.Mais celui-là n'avait rien appris.Puis, par une peule ii.seurible, sa pensée inclina vers Aspasie ; il se rappela la singulière émotion dont elle était sgiiée, lorsqu'elle lui rapportait les parolos de Marous.Il repassa tons les details de son en ire tien avec ell», ct sa tristesse, et son serrement de main, et ses regarda de pitié.Aspasie savait certainement quelque choae ! Mais, non, o'était inadmissible : commont supputer un lel hasard ?Et, le front dsns Us mains, il échafaudait millo projets aussitôt rejetés ; il voulait courir de nouve au cht» Lucile, te jeter à ses pieds, la supplier avec tant d'instance qu'elle ne | (aurait garder le cil uce.Il ae reprochait amèrement do n'avoir point profité du trouble où elle étail tout A l'heure pour lui arracher un mot qui oût pu jeter uno lueur sur celle obsédante éhigmo.Une clameur qui e'éleva, au loin, dans lo jardin, lui fit relever la této : il aperçut en face de lui la i lace de la Révolution remplie d'une foule mouvementée, et un remords lui traversa le cœur.Là, son père ct Ba mère étaieut morts : o'était pour les venger qu'il avait quitté son »Ieul, qu'il était venu à Paris, ct il Its avait oubliés i Qu'avail-il fait depuis son arrivé) en France 7 Un amour sans issue avait absorbé toutes ses facultés ; il avait ¦ ¦oi m, par de" seèvre ment, Us bals, les cafés, les maisons de j- u.il s'était laissé enliser tir l'insouciance parisienne: son ocur s'était amolli au contact de cette ville sans conviction».Le matin même ne rêvail-il pas la réconciliation générale ?Il-aocuoillit par un ricanement de rnéptis co retour sur lui-mémo : Bes désirs do vongeance reprirent ii ¦ -r.'Mi n de Bon coeur : la haine y rentrait par la blessure béante faite à son amour.— A'luna, citoyen, on ferme : il faut quitter la place.L'homme qui prononçait ces mots portait un ohapeau en bataille orné d'uno large cocarde ot avait un sabre au côté.Armand leva enr lui les yeux et lo considéra, •tu pétait.¦ — On ferme ?i.irft.'.il.sans comprendre.— Eh, oui, pas de réflextious ; ou formo lo jardin.— Mais il est deux heures à poine.— Ça ne me regarde pas ; c'est la consigne ; détale.Armand te leva du bano sur liquel il était assis ct descendit la pente des terrassi s.On forme criait l'homme en s'éloignant.La masse dt ¦ promeneurs, refoulée par un cordon de sentinelle», s'écoulait on effet par la grille du pool Tournant : on entendait au loin dea ta ubotirs battant le rappel ; du tôle deB Champs-Elysées, une clocho grêle, à coups pressés, sonnait le toacin.i lain la foule c'étaient une animation oxlraordiuaire, des cris, des appels, un échaugo de nouvelles rapidement jetées de l'un A l'autre : — Ils arriveut par la rue Nicaiso.— Oo1 rons lea voir passer devant les Jacobin» I FEUILLETON DTJ PASSF-TKMPS 35 — Ile ont déjà enfoncé la devanture da café de l'Egalité.lies femmes se lamentaient, s'enfuyant vers les Champe-Elysées ; le» hommes riaient, satisfaits : do toutes parts montait un même cri : — Enfin, on va rn finir 1 Armand suint lo flot qui l'emportait vers la r,i e Saint-Honoré : tout en ee hâtant il questionna un homme qui courait à son côté.— Que so pnsse-t-il done, citoyen ?— On dit que les sections marchent sur 1» Convention.— Pourquoi faire, — Tiens i pour étranger ces ventrus de thermidoriens, bien sûr ! Et le citoyen «c tournant vers la foulo hurla d'uno voix éraillée.— La guillotine ou du pain i La ruo Saiut-Honoré était noire de foule.A toutes les fenêtres des gens se tenaient, braquant des lorgnettes dans la directiou du Palais-Royal.— Les voilà, les voilà ! crisit-on.A l'angle de la place des Piques il y eut ur remous : une troupe d'hommes ivres, det femmes en haillons, marchait en raDgs serrés, hurlant la MarneUlaùe, agitant des oripeaux roug>s, répondant aux acclamations des curieux par do grandes clatieun : — La Constitution de 93 ot du pain i Par la rue del'Echello, par la rue Helvétiug, par la med'Argenteuil, toute la population do la butte des Moulins descendait vers les Tuileries : c'était un océan de têtes arinfrs, hurlantes, épouvantables.Et commo Armand, pour ne paa être écrasé par cetto formidable poussée, était monté sur une borne à la porto des ancionnes écuries du roi, il vit arriver une nor.- ilo troune arméo do piques, de fusils, de barres de fer.en téte un enfant de douze à treize ans tapait à tour de bras sur un tambour ; une vieille femme titubante, agitait un drapeau noir, et, devant oux, conduisant la bande, one jeune fillo, dressant ses bras nus, portait un écritean aur lequel était gros-Bièremcnt tracé : 93 OU DU PAIN.Armand ne put retenir un cri de stupeur.c'était Aspasie i D'un bond il sn jota dana la foule, joua des coudes, écarta la cohue au riaquo do ae faire éoharper, et il ee trouva aux côtés de la jeuno fille.— Voua, criait-il, voua, ioi.?Aapasie, le viaago couvoit de sueur, 1rs yeux hagards, lea chovoux dénoues, le corsage ouvert, le regarda fixement, ne semblant point lo reconnaître, et, en plein visage de aa voix grêle, elle lui Iança.le cri siniatro : — La guillotine ou du pain i Armand recula, terrifié, par lc sauvage regard de colère et do haine que la malheureuse lui a jeté ; une pouaséo furieuse le rejette au milieu de la foule ; par un effort surhumain il ae rapproche d'ABpaeio, il lui saisit lo bras, il veut l'entraîner : — Laisses-moi, crie-t-elle, ou je vous brûle.De la main qui lui restait libre, ello agitait un pistolet.— Aspasie, pour Dieu i reconnaissez-moi.quo fait a-voua-là ?où est Claude.s'il voua voyait en cet état.y penaez-voua ?— Claudel II ist occupé à détrotisaer les diligtncea aur la grande route, hurla-t-elle.Co que je faiB ?voua n'avez qu'à mo auivro, voua lo verrez bien.Ah i ce sera dc la bonne besogne-Elle acheva ea phrase par un éclat de rire nerveux.— Claude avait raison ; elle eat folle, penaa Armand.La pauvro fille semblait en effet avoir perdu la raison ; n aintenant elle dansait, ehantaut: Si la canaillo libro et fière Succombe, voua triompherez, Tyran ; mais voua ne régnerez Que aur un vaste cimotlêre.En on moment, la bande qu'elle conduisait, débouchait sur U Carrousel.En oet immense espace la populace était massée à no pouvoir bouger.Le chàttau des Tuileries dressait bcs nobles façades, quo venait battre lï-Uni vante marée do l'émeute.Au pavillon de l'Unité, doLt le dôme était surmonté d'un énorme bonnet rouge, une clochette, oontln r.eUenunt, tonnait lo tocsin.la chaleur était éciasante : uno odeur auflbcnnte et fét ide montait de la foule tntaaaée ; et, toutes les ruca étroites dégorgeaient sur la H ï'Errttqtjes-hlondkr place déjà pleine un Sot incessant do fommee et d'hommes déguenillé*, chargés de piques, do bêches, de fusils r milles, terri limite armée do la misère et de la faim, Tenant réclamer du pain A ceux qui, pour so faire les mall res, avaient promis au pouple une licite sbds pareille.Armand nn perdait pas de vue Aspasie, s'cfforcant de la suivro à travers la cohue, espérant profiter d'un éclair,de raison pour l'entraîner loin de cetto fournaiio oil bouillonnaient toutes les colères.Tout à coup il U vit émorger au-dessus des têtes ; on la portait en triomphe ; d'un geste fou elle désignait lo palais où siégeait la Convention ; dominant tous 1»» bruits, elle criait d'uno voix cassée et nuque : — Ils sont U.On va lour passer le gout du pain.Ah I les brigands, comme ils nous ont trompés 1 — Dn pain I du pain I hurlaient les femmes qui ne semhlalont plus connaître que ces deux mots.— La, Constitution ilo 08 I répondait nt los hommes.— Mtirt aux députés ! A sac I à sac ! Et tout i coup, coamo lancée par une gigantesque catapulte, la masse humaine qui i noo n brait la place fut |etée centre let grilles qui volèrent en éclat ; er.un instant la dour fut envahie.Rien no résistait 4 oc prodigieux effort de la rage populaire : Arnaud se sentit foulcvéo do terre ; haletant, hébété, devenu dans cette tempête uue eerie d'épavo roulée par les formidables tourbillons do la foulo, il fut jeté contre la façade du palais ; l'émeute hurlante s'er.goullra sous le pérystyle, gravit le premier palier de 1 escalier, se lépandit dans Icb galeries, vint s ' heurter aux portes fermées de fa salle de la Convention, s'élança dans les escaliers do bois qui conduisaient aux tribunes : toute cette construction de planch's et do toiles peintes, élevéo en halo pour loger l'Asie tablée, tremblait, secouée par lo passage do cet ouragan.Ce fut une heure terrible dans l'histoire de la Révolution,cette journée de Prairial.Le peuple qui jusque-là n'avait, pour ainsi dire, assisté aux événements qu'en spectateur .i i m i is.i m en t-, m partir docilo, rappela ce jour-là son existence à ses maîtres : pour la première fois il manifesta directement sa volonté et co fut un iBectacle étrange do voir combien ceux-ci étaient chétifset impuissant* en présence de cotte force Inconnue ot vraiment souveraino.En moins d'une minute les tribunes publiques furent envahies.Armand d'Auberive s'v trouva poussé par cette force irrésistible qui le roulait depuis lo Carrousel.Séparé d'Aspasie, emporté par le torrent humain qui avait submergé le palais, il était arrivé là sans savoir comment, sans avoir même tenté un eflort de résistance illusoire.Rt maintenant, dans cette tribune dont les charpentes fléchissaient sous le poids énorme d» la foule sans cesse grossissante, écrasé contre le parapet du balcon qui surplombait la salle, il contemplait oette terrible assemblée qui depuis trois aim emplissait le monde.C'était donc cela, cette Convention qui avait assumé le fardeau de la régénération bun aire.' Oh I qu'elle était piteuse à voir ainsi, terrifiée à ion tour, muette d'angoisse ti de stupeur.Sur les bancs en hémicycle, do grands vides disaient les hécatombes passées ; à ces banquettes désertes avaient siégé Robespierre et ses amis de U Montagne : là s'était assis le groupe de Danton ; plus loin, vers la droite, toute une travée inoccupée Indiquait la place ao la Gironde.L'asseniblée, comme fauchéo par endroits, montraient ainsi les plaicB qu'elle s'était faites à elle-même, et cette évttcation de Bon sanglant passé était si éloquente, que le peuple, pris d'une insouciante émotion, se taiBsit, presque respectueux.D'en bas, lee députés, pâles, cloués à leurs bancs, regardaient l'immense tribune envahie, la horde de femmes en guenilles, lt* visages hâves d'hommes affamés, vengeresse pcrsonniDcal ion de la détresse publique: on entendait au loin un continu grondement de tonnerre : c'était la populace roulant à travers le vieux palala : doB coups sourds étaient frappes à la porte de la salle; l'immense clameur de misère montait des cours ; et toujours un flot plus pressé Be dévers ait des escaliers dans la tribune, et s'immobilisait là daus un silence menaçant.La Convention agit à l'égard des ¦Maillants comme Louis XIV ne l'aurait osé faire: elle envoya pour faire évacuer cette tribune un officier accompagnés d'huissiers armés cie fouets de poste : sous cet aflronl lc peuple hurla de rage ; de ton tos ces bouches affamés sortit un mémo cri.— Du pain I Un roi ou du pain I ¦ Et la fuiour populaire se donna libre cours : la tribune, co-nme une digue tout à rompue, se déversa en un instant sur le prétoire.Le balcon céda, la foulo se rua dans la salle ; ce fut un tnvabiescnient siuiaire do loqueteux, de femmes ivres de cris et de ihsleur, do nUérables déguenillés, tombant par grappes de la tribuno subitement dégorgée.Armand projeté d'abord sur les bancs do la Montagne avait été poussé jusqu'aux -I* PAGES MUSICALES -"PASSE-TEA\PS Sommaire musical No 239, 21 mai 1904.chant A la veille des noces d'or.Plans-Géraud 0.30 Sancta Maria.R.P.GervaK DM.1.0.41* Lc vieux mendiant.G.Mil" 0.30 Les fraises d'amour.L.Collin o.10 L'échelle démo< ratique.Christine o.10 PIANO Mon amie.,.Emma Vijjer 0.40 Le vrai cake-walk.-.Léon Dequin 0.40 $a.co Le FJLSSB.-THM.FS, 500a Craig, Montreal Académie Nationale de Coupe de Robes ET DE COUTURE8 DEPARTEMENT DE CONFECTION - Nonvcau département de confection |Miur Hiiliits de .Dûmes, CoKltinies-tuilleur,, Man-teaux, ltobes do Bui, do Itéceptiou, etc., etc.Notro ouvrage est garuuti do premier ordre.Madame E.L.ETHIER, Directrice, Toi.s.V7 Fni.88 Hue Mt-Denl», montrent. Ut PAME-WMPS Dédié à mon ami LOUIS CHARBONNEAU LE VIEfclX MENBIANT MÉLODIE Créée par Mllo ANGÈLE D'ARCY à l'Eldorado Paroles de H.SECOND And'no mod'to.Musique de G.MILO #4 h ë J?0 La lu - ne brille au fir - marnent, -1—H-=-fS~*|- La nuit est é - toi- lee et —s.r -S- -61- 8 r«."fc—s—:—hr-fc—, j 3=È pom pin a ni mol n.Dans la cam - pu - gue pas do bruit 1 Les travaux, los cha-grlns font tri ¦ vo, é PP 1 La Vlom MonJi»Dt. Ut PAMft-TKMPS «3 VP molto rail, all fine.Un 16-gerso'if - Dedans la nuit., Un 16-ger souf-lle dans la nuit.C'ost un vieux niondi- 1 3 b 13 —*r- fig bsb=: diminuendo.Ppp S7\ ant, C'est un vieux men-di - ant qui rS - ve.2mo Couplet Il n'eut paa sou-vent îé ooaur gai, l'ouï - tant jamais comme à.cette heu - re Il uo s'est aen - ti fa - ti-gué; Cer - tea la mort ao - rait meil-leure.Mar-cher en-cors il ne peut Toua aea ef-forta aont aupor - Qua.Et le vieux men-di - ant, Et le vieux men-di-ant a'ar-rê - te.8 Il ao «ont l'os-to-mao aer - ré Do faim et dan-goia-ae sans dou - te, Il est dé - jà oomme on - ter - ré Au foa - ao du bord de la route.Un san - glot dana l'aube é - per - du Son a - go - nie au moina eat brè U - ne plain - to de chien per - du U - ne plain -to de chien per - du C'est le vieux men - di - ant, C'ost la vieux men - di - ant qui orô - ve.* LoVIeuiM.nJi.nl.BAUME RHUMAL «3* ta «ASta-tatitt SANCTA MARIAI R.P.GÈRVAIS, o.m.1.TÉNOR SOLO.CHŒUR.Andante, EzE^lE -F—|z=gz J—hh ITljJ-g^zfe :±~ELr™ rfz=^E=f=3 Sanc - ta Ma - ti - a, «ne - cur - re, suc-cur.re mi - te ¦ ris, PP- Ju - va pu - sll- /;/.Bouche fermée.C-J-d - °-J+-SM-I-jçl- —-* —»-=_-•-«d — /;Bouche fermée.e ¦*9s ;-S>- cres - cen - do.la ni rocs, ic - fo - ve Me - bi - les, O - ra pro po • pu • lo, in - ter - ve • ni pro - cie - ro in - ter- :t?± cres - cen - do.cres - oen - do.ce - de pro de • ro - te, fe-mi-ne - o sex - n : O - ra pro po • pu-lo, In ter - ve-ni pro- crescendo.Pat traXzzzzz-—: crescendo.__i 1 éO i Pnili* nin.An lir\r)I\ï r ~" POUR IJÏS'ENFÀNTS'-Vemplole'avec d'étonnant» Micce» dans toute» le» Maladies dei Jeune»'Entant», préside au déve- \ I I / I 1 \ J Ml I 1 \J I RI loppement de ce» frêle» organisation», on assure U croissance et juérlt toutes le» Maladie» propre» à ce premier âge de ta vie.I>e» SIROP MORIN l'enfanCC OlAUl lYlUlAlll mlillen de mères en tont de magnlfiquet «logo, et plutleurs eommunautet rtllgUute», ayant la garde d'orphellnati le rtcommandtnt «v«c bien vail land*. LB PASSf.-TEMFB •33 pcco pm mosso.^ cie • ro, in • 1er - ce - de pro de • vo .lo, U -mi - nc - - ——f*1- _Tr_Soli______Tmti.Sen • tl -ant • om - ncs, sen - ti.fa -t-&-t- Sen • ti ant om • ncs, sen - ti- ff______Soli._ Tutti./____ ¦nt, Kn-ti-nnt om - nés F tu - am ju - va • men Sen - ti - ant, sen-ti-ant om - ncs, tu - urn Ju - va ant, sen - ti ant om • ne» tu ¦ um ju - va - men Sen - ti - ant, sen .ti -ant oi om • u- , tu • um Ju - va '.0—0.^.0-0^^, —»-F*-0—&-; men, -ril cum • que ce - Ic - brant to - am men, q'il cum • que ce - le • brant to • am lane - tarn, tu - am sanc - Um, tn- men, qui cum - tjue ce • le - brant tu - am sanc - tarn, tu - am sanc - inm.ta.•r- .— 1» - — - —-« "'™ que ce - le brant tain, tu-¦f5r ' -0- 1 u .ini ju - va - men qui cum i _poco_rit._#.;.#__ _-a tempo.&_____rp.;__.___rall._# _.# _-J*! am sanctam &n-cep - li .o - nem, tu - am aanc.tarn, tu "am •anc^taa,, tu-"am ¦anc-t.m cSn « am sanc-tam con cep - ti - o- nem, ta .am sanc .tarn, ta - am aanc-tam.tu - am aanc-tam con ap - ti - o .nem.•lempc, rail Solo.poco rit.largo I.Ifc largo.II.morendo.Sanc - ta Ma • rl argo.I.^~ m —, largo.II.—=ZZ Z^=- -==- morencto.| ic - ta Ma • rl - - a! O • ra pro a I PP Sanc - ta Mn Sanc - ta Ma - rl Sanc- ta Ma - ri - al PP Sanc - ta Ma - rl"~—^ al O - ra pro no - tf> bia. •34 LE PASSE-TEMPS A LA VEILLE DES NOCES D'OR GAVOTTE Poésie et musique de PLANS-BÉRAUD PIANO.| m jgr -ts— 1= —i _ ¦G- -#-¦- Vous sou - Te • net - vous de ¦r»-j-Nrn , J_.*_ a 9 m f ¦G- vos dix ¦ huit ans, Quand nous dan • lions au bon vieux temps i 3 f -P— 5i=E=É —=-f\ —c— ^1-4S-m—T-r\-4*—H-1—I-¦ I—!-B ¦ Fd-^—] Ahl que vous é • ttez bel-hl Nous n'en dl.lions rien, mais l'on son ¦ tait bien Que l'a - mour nons a- 4—.-1—i-—i—i-—2-rft-àV—1:| —s>- '1—* m !' _*Z_ »-«-f-«¦— !-G>- bri - tait sous son al le.Nous fai ¦ sions un ef - fet I Et de fait,.te SERE* fS- _i-3— 1 tt: ±z=p= fe Nous for fg==j— 3EEE Souffrei-vous de Om nus Flad» M de IDrarlllcnms?H XïTlYfiD I JIIIDL7XTPC Sans douleur et sûr.En ••.Avez-vous des Yerru».?Employé»!'.AN 1IRUK LiiUKtNUL vente partout, a 5c le feS Ut VAMB-WMTt '31 te Sou vent, l'air at • ten - dri s>- ré ¦ pé " Vrai Dieu,.c'eat pour eux qu'on in • ven- L'on nous maris, Je ne m'en plains pas I Le oiel n'offre p«s plus d'appats I De miel ni d'ambroisie I Mais comme à plaisir Vous savies saisir Le moyen d'exciter ma Jalousie, Yen un duc pomponne, rubanné, Le poing sur son pommeau blaaonné.Lorsque votre toto de linotte Se penchait en dansant l'oail noyé, A tous los diables j'eusse envoys Lk gavotte I Les jours ont passés, Noua voici tria vieux, Et nous avons fait nos adieux A ca monde frivolo ; Plus d'émois jaloux Car l'âge, entre nona, Vous et moi, noua s mia à bonne école I Mais rions une fola de ses lois Et tant pis si sautant quelque mois La mort un peu pluatOt noua garrotte.Morbleu I le soir de nos noces d'or Avec vous je veux danser encor La gavotte I s—A la veille des noces d'or. LB PAS9B-TBMPS LE VRAI CAKE-WALK LÉON DEQUIN Allegretto, ( pas trop vite.) a «b a pIANO.i ff —cp:|=p:!*-F ¦0- ¦*- -m- -m- •^z£zi*—-'—*—|-—I - I .5" ?-ta—i-H-w - —F-»- - ! - h: i ! § s i i r « p- • — i— mf~t t- -P-TT-Ë - -•-»- -•—'-i-m—|- ¦m- _«_î_«?_#»- —hï—r —r rjr1 — «/ «¦ F , P —f—^ :^P-p: •-F—tr-»• SE m -m- -i——j—>—i— = t t A >- S =-' /7=J - A A ¦T-ar-A-=- rr ¦•—i-i— F —•—*>- 1= 5^:t-pri* -h" A _T."î ad libitum.-i- 1 fer ^ * pz.«E£ïJ tr-à- —F=îrf -¦-r-P-p- ¦0- f?> -m- - ï S î Se -*—f- ff la ae (ois pp -i-0—0- m- -¦iP-f^: r-F-—P: ~0—%—0- -0—\— a- 5—»—«-.—i—i—0—i— P —•—i— 8 ., dU DcteUr GUERISSENT les FEMMES et JEUNBS FILLES FAIBLES, PALES, ANEMIQUES ET SANS ÉNERGIE c A K» ¦ — latsKBt forte et vigoureuse 1» femme qui s'en sert «vec confiance, fermeté et persévérance.Essiyealea, elle! «ont bd.Morin rx»*»x+xx4x»xoxox» *» MB»riTâiM.-4l- , u - D94D LE PASSE-TEMPS '37 -•—i- r-r r —¦—-1— -«-1-r~ fef3É S—$5_Jz zfrzzzzrîzz^ W ' i u *3=* -« 8»— fl.ad libitum.I fil.3~P~£Z_ZI_I rr —H-•-rr -1-(-A-A • *}-• •-r-¦» - p- été ZZf-f-tzzzEl -—«—1~- .-^zrzz.*z: f r>j- rr» r S^rEzz^z •—1—•- -»—•—v— sfx -I.e vrai cake walk.EPF z*:?> H-^ _ ¦0- \ ¦*—zi— ^25" aaj" #4 m -j-—£- Ut FABW-ÏEMPS 'AO LE PASSE-TEMPS Dédié à Mme AMÊDÉE CHERRIER MON AMIE VALSE EMMA VIGE* * Vivo.PIANO *> I f i mf ?^?g*.valse.ta - -i «m r espressivo.i 3 - * » - — » _— -n—i—•— »ZZA_ t—a—« i ï i —» — ¦I-M wzzx-z-r: 7TT r VIVO.|-fi=P33iEp|: Ir* tàrrJSp: valse.1-eS» m t=9 • —m- i 'M—Ç~- m—w- ff espressi vo.—o—i- en dimin -I-H r- taant.-•»—•- —a r?ïEp=|=gEEEf f- fE=É i â: :x f— SEE 1 -r Enregistrée conformément à l'Acte du parlement du Canada, l'an mil neuf cent quatre, par M'ie Emma Viger, Jau Ministère de l'Agriculture, à Ottawa. tt PASSE-TEMPS ui A tempo.8va.•.p :p=t W w L.I., t.t p: 75- :tz=F-E -r—r " t t- :p=F-p= S3r :q=rp=p^ rpqbJi «¦—* ¦—r— l * u p1 f r 1 -HHF-J 1 ' f r j ** i 8va- :t-A-=i S=t= x :t=t: -r-r|-r—r 5: ï t=t=c.I Va m?0 'Y' *_1t —0- I -pzr=t: amoroso.#- ==§=* —r m/" •:*: -p.fep^ziÇi: -t-1— 1—» * —ii-s-1— 4* 3 3: J ## zczîz: 8ra- :q=B=p= Là «t,-»- -h-S-1P =-=t=m __tt ¦J.J-.8va- !ZZD-p=pl| —1- •r mf.F1 F-i , :^ ' * -'— -r- X=.îL5x= -d-4- £3= =P: I I r P _J._j__l_ Ep^grQp= dolce il basso.—_j_ «j — r.— -é—m—0— i- • ¦ * - - m- 3=£ -7{~rp—|n; 2—Mon Amie.Maux de Gorge BAUME RHUM Al LB PASSE-TEMPS -tr_t_L.c- dolce il basso.J- •-I £1 -h- A tempo.Sva.«¦—fr- -p-*-Ë- p * * -qzHzpz: -É-i—Fr r —1-.3—lion Amis.p.m fvf-1 It I " fr««n- PBCCOMIBl GOWTKE TOUTVBILM HALAD1IB PULMONAIRES, piérkat ttmdrit la TOUX fTi|*|K I |\l -u » •• obitlnai, la GRIPPE, CATHARRB, ASTME, TV»DAMCE A LA CONSOMPTION, *•„ «V, Qh / ' \_| j "I r natOS et «n huL Cette «eieibe pr rporilirn e»t iei« n tlllear Unique M'U j tit m monde | Incomparab •M HI rt Ui RHUMES cbatu 1* W diet incomparable daai vai da ut », •43 8ri- v v ^amoroso.¦ -_g jt -m S* fa r « T ir r 4J—4 f -I-f—ç zw—*—! *—»•- r Vivo.' 3* :9i *=p=p: valse?:p:Êp« 1—r:rtr n ES F I— -m—• - • 'M P -P—#-P- espressl r-r vo.3EE -*—'—F- 2 3 ta —r- —d—P- 2 ' :p^z£: -»—•- -0—0- r vivo.P=li=i: ?8=p-l2p:Bp: !__t -1— j__ valse.- -i-e>— i :t=î -m-\zz r espressih/o -0 — 0- 3 :P=f:=t:: iluant.i —-» 3=S 35 -q-»-« f -I-«Tf 4—_-#-f-i — »— b m pp rapide.3 ï r 4—Mon Amie.Cette viae eat en rente ch«i lea piincipaux marchanda d« mueique, on chea l'auteur, Mlle Emma Viger, Longueuil, P, Q.Vrix, 40c franoo. m4 LE PASSE-TEMPS Nos Primes ©n Aluminium * t.-1-i___.i i ill | i i.Toute personne qui s'abonne ou renouvelle son abonnement an PASSE-TEMPS pour un an — $1.80, payable d'avance — a le dioit de choisir, comme prime, un ou plusieurs des articles illustrés ci-dessous jusqu'au MONTA NT euoer Petits aabols des petits bretons.B trol Piano Chanson ds la Garde Duveriiay.Hébert Vacancea.-.Dugas Scaramouch'._.Measagor Rayon d» usai.'.Andr* Tu m'aimes.-.Gounod Albert-Valso.Boiaclair Nooe aux boboeaes.Dimlet Ces numërob sont envoyés franco sur réception 10 ett pièce, uu 3 pour 25 cts.Toute personne payant un an
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