Le passe-temps, 1 janvier 1948, v. 54, no 916
REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 TOUJOURS soucieux d'ajouter à son champ d'action.Le Passe-Temps inaugure dans le présent numéro une rubrique d'une haute portée éducative que notre eminent et dist:ngué collaborateur, Maitre Isidor Philipp a bien voulu se charger de vous présenter : "Le Forum pianislique" ou "Guide d'interprétation" que le directeur du "Passe-Temps" vient de demander à M.Maurice Dumesnil, de qui les lecteurs de cette revue ont Ju d'intéressants souvenirs, sera apprécié.M.Dumesnil, qui est à la lois un virtuose de grand talent, un excellent écrivain, un professeur émérite, est chargé par le grand magazine "Etude", de Philadelphie, de la rubrique "The Teachers 'Round Table" dont le succès est grand.Son "Forum Pianis-tique" du "Passe-Temps" aura, je suis certain, le même succès.M.Dumesnil repondra aux questions qu'on lui adressera à la revue, et les réponses d'un artiste qui a été en contact avec tous les grands maîtres de notre temps, de Saint-Saëns à Debussy, Paul Dukas à RaveJ, seront à la lois intéressantes et utiles.Je souhaite grand succès à cette rubrique nouvelle du journal, signée d'un musicien qui a été mon élève — un élève très brillant — au Conservatoire de Paris.Prolesseur Dr I.Philipp.Une autre rubrique nouvelle qui suscitera certainement beaucoup d'intérêt est celle intitulée "Etes-vous mélomane ?" par Musicophile.Elle vous permettra d'éprouver vos connaissances musicales, celles de nos élèves et de vos amis.Ce questionnaire nouveau pourra être aussi un passe-temps très amusant dans les soirées et les réunions."Etes-vous mélomane ?" c'est-à-dire "Aimez-vous la musique ?" Prouvez-le en tentant de répondre chaque mois à ce questionnaire instructif et passionnant.Dans le domaine de la chanson populaire, nous commençons une galerie des interprètes les plus en vedette, due à la plume alerte de Jacques Gagnier, dont nos lecteurs goûtent les oeuvres régulièrement dans Le Passe-Temps.Nous devons ces illustrations à l'obligeance du poste CKAC et à la collaboration de son publiciste, M.Paul Gélinas.Dans une prochaine livraison, nous aurons l'occasion de commenter des observations fort justes de plusieurs de nos critiques musicaux sur l'édition musicale canadienne, sur la profession de compositeur, sur la chansonnette et autres sujets connexes.I SOMMAIRE FEVRIER-MARS 1948 - No 916 • THEMES ET VARIATIONS .2 et 3 ALESSANDRO SCARLATTI, un des plus illustres compositeurs par Robert CHAUMONT .4 OUTRE-TOMBE, poème inédit par J,J.GAGNIER.D.Mus.5 LA MUSIQUE QUI HANTE LES MURS par Geo.PETOLAS .6 POINTES SECHES, CRAYON GRAS par J.-J.GAGNIER.D.Mus.8 FORUM PIANISTIQUE et GUIDE D'INTERPRETATION par Maurice DUMESNIL .9 POT-POURRI.10 ALBUM MUSICAL .11 à 18 MARIETTE VAILLANT .13 QUE PENSEZ-VOUS DE CETTE SUGGESTION ?par André VADEBONCOEUR 16 LES BALLETS DE MONTE-CARLO 17 ETES-VOUS MELOMANE?par MUSICOPHILE .19 OPINIONS DE CHOPIN SUR LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS par Edouard-C.LANCTOT .20 MUSIQUE, poème indédit par Gabrielle RAEENNE .20 BIOGRAPHIES-ECLAIR d'artistes de la radio par Paul GELINAS .22 Clichés CKAC LES MOTS CROISES.23 LES BELLES LECTURES .23 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS".24 LES CONCERTS WILLIS .24 Autorise comme matière de seconde classe par te Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions da Passe-Temps, (inc.).£27 ouest, rue Dorchester.Montréal 2.— Téléphone : MArquette 9905.11 est imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non, ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST : rédaction : Roland PREVOST ; publicité : Paul PREVOST.ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour 12 mois : S3.7S pour 2« mots Etats-Unis : S2.25 pour 12 mois.Autres pays : S2.50 pour 12 mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance pai mandat-poste ou chèque allranchl, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moine trente jours avant le numéro d'où le changement sera ellectU.Pour discontinuer de recevoir celte revue, 11 faut avoir acquitté tous lee arrérages — Le Passe-Temps publie aussi de la musigue en feuilles MONTREAL, FEVRIER MARS 1948 PAGE UN Frank Sinatra s'élève contre la chanson insipide.Sinatra, surnommé "La Voix", plutôt connu pour sa carrière de chanteur populaire, est aussi un réformateur animé d'un sens social prononcé ; mentionnons seulement ses campagnes personnelles contre l'intolérance raciale, et contre la cupidité des agents d'artistes.Mais sa béte noire c'est la chanson populaire américaine, qu'il qualifie de bête, d'immorale, d'insignifiante, d'abrutissante, de décadente, de dégoûtante, d'insipide, et ce sont là ses termes les plus doux.Dans un retentissant interview, il a pris violemment à partie la vénalité des chansonniers, le mercantilisme des éditeurs de musique et des compagnies d'enregistrement de disques qui aident à la diffusion de cette "pourriture".Les mots qu'il a employés à leur endroit sont si violents qu'ils ne peuvent être publiés.Il parle avec connaissance de cause, car depuis des années il est mêlé à ce domaine ; plus d'une fois, il a eu la "nausée" de voir ces chansons dégradantes imposées à la jeunesse, avec leurs effets désastreux sur la formation du goût.Proportionnellement à l'immense production de ces "chanscnneries".les véritables chansons de bon goût représentent un nombre infime.Au cours de ses tournées, il s'efforce toujours de parler aux jeunes gens pour connaître leurs goûts, leurs impressions ; à son avis, la majorité apprécieraient des chansons plus spirituelles, plus propres.Et suggère des remèdes.D'après Sinatra, il esl urgent d'entreprendre la formation du goût chez les jeunes, afin qu'ils sachent de bonne heure discerner le beau du laid, chose difficile avec les procédés actuels."Dans les écoles élémentaires et supérieures, il faudrait des cours, des conférences d'initiation à la musique populaire.La radio, le disque, le cinéma devraient participer a cette oeuvre capitale, considérable et d'une extrême importance." L'avenir de la musique de bon goût est en jeu, et il faut que des mesures énergiques et pratiques soient prises sans tarder." Et comme une grande partie de ces chansons populaires déplorables s'infiltrent au Canada, même dans les plus reculés de nos villages, par la radio, le disque, les boites à musique, etc., les résultats désastreux sont les mêmes.Des remèdes identiques s'imposent.Il nous faut louer ici le courage et la sincérité de ce jeune et talentueux chanteur américain qui a aussi sen violon d'Ingres, la peinture et le dessin.• Origine du bâton de chef d'orchestre L'origine en remonte à Lull:.Avant lui, paraît-il, les orchestres étaient insoumis trop souvent.Voulant donner le sentiment de la mesure aux violons, Lulli s'arma tout simplement d'un bâton long de six pieds, qu'il manoeuvrait en frappant le plancher.L'objet étant embarrassant, il s'égarait parfois et allait caresser l'échiné de quelque violoniste récalcitrant.Un jour, Lulli s'atteignit lui-même au pied, et il mourut des suites de cette blessure.Depuis cette époque, le bâton, dans la main du chef d'orchestre, devint une tradition qui, on le voit, a eu son martyr.Précieuse galerie des grands maîtres.à conserver Les nouvelles couvertures du Passe-Temps représentant les grands maîtres suscitent un grand intérêt parmi les musiciens, à an juger par les commentaires reçus et les demandes pour les premiers numéros de la série : Beethoven, Bach et Rossini.L'ensemble constituera une galerie précieuse et unique, à conserver par tous les musiciens, professionnels ou amateurs, professeurs, élèves, et par les bibliothèques, les écoles de musique, surtout avec les biographies vivantes écrites spécialement pour notre revue.Tout en continuant la série des grands maîtres, nous aurons un peu plus tard une galerie des artistes canadiens et des artistes contemporains de l'extérieur, selon une formule inédite Ici.Mlle Thérèse DALY Nous signalons avec plaisir les débuts d'une carrière très prometteuse à /'opérette, ceux de Mlle Daly, mezzo-soprano, qui a fenu, récero-menf, fe premier rôle féminin, aux cores de Lionel Donnais, aux Variétés Lyriques dans topérette 'Dix-neuf ans".Mlle Daly est une élève du professeur Albert Viau pour Ja voix et de Alfred Brunet, pour la diction ; elle possède aussi un remarquable talent de danseuse de ballet, que set professeurs, Peter Millet et Betty Speirs.ont su développer éga-'ement.Félicitations à l'élève et à tous ses professeurs.Mademoiselle Daly est la lille de M.ef Mme John Daly, de l'avenue Addlngton.(Photo Studio Garcia) Un bon truc En 1853, lors de la première représentation de Faust au public anglais, le directeur M.Mapleson s'arrachait les cheveux lorsqu'il vit qu'au lieu d'encaisser une vingtaine de mille francs, le bureau de location n'en avait reçu que 750 pour les trois représentations annon-cées.D'urgence, un truc s'imposait.M- Mapleson lit fermer tous les bureaux de location en affichant que lous les billets étaient vendus, puis annonça dans le Times : "Par suite d'un deuil de famille, deux lauteuils pour l'opéra de Faust qui excite tant d'intérêt, au point qu'il n'y a plus une seule place à louer pour les trois représentations, sont à céder par M.Philippe, bijoutier.Cockspur Street " Cm deux fauteuils furent demandés par tant d'amateurs qu'ils remplirent la salle.On annonça par la suite quo vu "l'immense succès", les représentations seraient continuées : les bureaux furent pris d'assaut, et.pendant dix soirs de suite, Fausf fit le maxi- mum de recette.PAGE DEUX le passe-temps Mme Yolande LAGRENADE A la liste déjà imposante de noms de brillants artistes canadiens ajoutons celui de Mme Yolande LAGRENADE.qui possède une des voix les plus riches et les plus extraordinaires \amals entendues.Son succès récent au programme "Singing Stars ol To-Morrow".à Totonto.tut un véritable triomphe ; elle est une des quatre artistes en Amérique à rejoindre une nofc a"une octave plus haute que le "ut" du ténor — cette nofe que Mozarf attlrme n'avoir entendue qu'une fois au cours de sa carrière.Cette jeune coloratura étudie le chant avec le professeur Roger Larlvlère.depuis huit ans ; ef elle étudia le violon avec Albert Chamber-land, après des études de piano et de solfège.Elle débuta à ia radio à CHLP ; puis elle participa à une série d'émissions à CZAC.où elle remporta le premier prix lors d'un concours ; elle chante régulièrement au programme "Soirées de Chez nous" à CBF.A la scène, elle remplit avec succès le rôle de la poupée dans les "Contes d'Hoffmann", présentés par Sarah Fisher.Yolande Lagrenade poursuit ses études avec ardeur en vue de la carrière de concert et d'opéra à laquelle mile aspire et où Jes pfus grands succès lui sont assurés- Son mari, un jeune Industriel de Montréal, la seconde et F encourage dans toute la mesure du possible.Nous prions cette nouvelle vedette d'accepter nos félicitations et nos voeux de succès.tPhoto Annette et Basil Zarov) En parlant de témoignages d'appréciation.Il noua faudrait plusieurs pages chaque mois pour reproduire les commentaires reçus ou publiés sur Le Passe-Temps.Permettez-nous de citer ici ceux de la REVUE DE L'UNIVERSITE LAVAL, de Québec, portant le titre suivant : UNE REVUE MUSICALE INCOMPARABLE."Nous tenons à signaler à nos lecteurs le superbe numéro de décembre du "Passe-Temps", l'estimée revue musicale du Canada français.Elle est à lire de la première à la dernière page.D'abord, sur la couverture, une magnilique tête de Bach, dessin de Jacques Gagnier.".Vient ensuite le sommaire complet des pages de rédaction et de l'album musical."Tous les amateurs de musique, les musiciens et les élèves de l'Ecole de Musique trouveront un grand plaisir à lire une revue comme "Le Passe-Temps", qui renferme une documentation de grande valeur." (TELEMAQUE).Notes pointées.• En primeur, nous sommes heureux d'annoncer pour mai prochain, le premier récital de "L'Ensemble vocal Euphonla", fondé et dirigé par le professeur Roger Filiatrault.de Montréal.Cet ensembe mixte, d'une cinquanaine de membres, est formé de ses éèves ; son répertoire comprend la musique polyphonique palestinienne, la musique classique et moderne ainsi que lo folklore.Ce concert suscitera, assure-ton, un intérêt considérable.e Mlle Raymonde Gagnon, une jeune pianiste de Dolbeau.était récemment l'artiste invitée au grand concert de 1 Orchestre Symphonique de Québec ; elle exécuta avec grand succès un concerto en trois mouvements.e L'honneur d'avoir présenté le premier concert entièrement composé de musique canadienne semble revenir à l'Orchestre Symphonique do Toronto, sous Ernest MacMillan ; des oeuvres de Claude Champagne et Maurice Delà figuraient au programme e Deux artistes lyriques de Québec, Pierre-A.Bou tet ct Joan-F.Bignell.viennent de gagner respectivement S200 et S100 au Festival de musique Kiwanis.qui répartissail plus de cinq mille dollars en prix.e Félicitations à M.Eugène Lapierre.D.Mus., pour sa nomination comme critique musical au Journal Le Devoir.In Memoriam .En fin février, une belle famille de musiciens était plongée dans le deuil par le décès de Madame Joseph Gagnier, {née Elise Caron).La vénérée mère de Messieurs J.-J-, Guillaume.Armand, René, Lucien et Réal.décédait à l'âge de 82 ans.Nous aurons l'occasion sous peu de relater des fait» Intéressants de la vie de celte femme distinguée, dont la famille occupe une si large place dans notro monde musical.A la famille éprouvée, nous exprimons nos très sincères condoléances.Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps" sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.Les concurrents trouvent les réponses en lisant les articles et les chroniques du numéro courant.Tous les lecteurs du "Passe-Temps", abonnés ou non, ont droit de participer au concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolongement d'un an à leur abonnement.Le nom des gagnants paraîtra dans le prochain numéro.I.— Quel est le nom de la nouvelle rubrique du "Passe-Temps" concernant le piano ?2.— Commenf appelait-on ces "instruments se jouant sans éfude" lors de leur présentation il y a un demi-siècle ?3.— Quel est le nom du célèbre ténor canadien qui chanta deux des oeuvres de Berlioz plus de quatre cents fois ?Dites en quelques mots quels genres d'articles et de musique vous plaisent le plus dans "Le Passe-Temps".Adresses comme suit : Concours mensuel du "Passe-Temps".627 ouest rue Dorchester.Montréal 2.LES GAGNANTS DU CONCOURS DE JANVIER : Mlle Jacqueline Bussières.197 est.rue Laurier, Montréal m ; M.Robert Picard, Amqui, Que.Nos sincères félicitations.MONTREAL, FEVRIER-MARS 1949 PAGE TROIS Un des plus illustres compositeurs Alessandro SCARLATTI — Collaboration spéciale de Robert CHAUMONT ^==^===r Le plus grand harmoniste de l'Italie, le véritable fondateur de l'école napolitaine, le plus illustre représentant de cet opéra napolitain fastueux et riche en couleurs est sans contredit le chevalier ALESSANDRO SCARLATTI, maitre de la chapelle royale.Son oeuvre immense dont le classement exact serait une tâche considérable comprend pas moins de cent vingt-cinq opéras, en plus de sept cents cantates et oratorios, des messes, des madrigaux, des symphonies, des sonates, des concertos pour divers instruments, en outre des oeuvres théoriques.ALESSANDRO SCARLATTI, un des plus grands artistes qui aient cultivé la musique, naquit vers 1659 à Trapani.en Sicile, et non point à Naples, comme l'ont écrit un grand nombre de biographes.Il paraît avoir lait ses études musicales à Palerme, et à Rome avec Carisslml ; de plus, il était sans doute en relations avec l'Italie du nord, car ses premières oeuvres portent l'influence des maîtres vénitiens Cesti.Cavalll.Legrensi.et plus particulièrement Stradella.La bonne éducation musicale du jeune compositeur italien se compléta donc avec l'étude des grands maîtres de l'école romaine.II n'était pas seulement un homme de génie, et l'un des musiciens les plus instruits dans l'art d'écrire, mais il possédait aussi un rare talent sur le clavecin el la harpe.Dès 1679.son premier opéra i'Etiore innocente connut un grand succès à Rome.Scarlatti n'était àgô que de 21 ans.lorsqu'il fut chargé de l'opéra Intitulé l'Onestà ne//' amore.qui fut représenté au début de l'année 1680 dans le palais de Christine, reine de Suède.Le succès de cet opéra, ajouté à celui qu'avait connu G/i Equivoci neW amore l'année précédente à Rome, lui assura la protection do la reine, dont U devint le maître de chapelle, en 1684.La même année, son opéra Pompeo, dédié au raarquiB de Carpin, vice-roi.est joué au palais loyal de Naples, le 30 janvier ; peu après, il écrivit l'oratorio I dolori di Maria sempie verglne.pour la congrégation des Sept Douleurs, à S.Lufgi di Paiasxo, et l'opéra Teodora, joué à Rome.En 1695, ce dernier opéra est représenté au théâtre royal de Turin.C'est dans cet ouvrage que Scarlatti donna le premier exemple du retour au motif principal des airs après la seconde partie.C'est ce qu'on appelle le da capo.Cette forme fut adoptéo dès lors par tous les compositeurs, et fut conservée pendant plus de soixante ans.(1) C'est en 1684 égalemenl qu'il se maria avec une Napolitaine, de qui II eut trois ou quatre enfants ; leur premier fils, Guiseppe Dominfco, né le 26 octobre 1685, devait jouer un grand rôle dans l'histoire de la musique instrumentale.Nous en reparlerons plus loin.A la mort de sa protectrice, Christine, Scarlatti est resté sans autre emploi que celui de compositeur pour le théâtre et pour l'église ; 11 n'avait pas le choix, d'ailleurs, car l'opéra était alors sous le coup d'un interdit papal.U faut ajouter qu'à cette époque, l'opéra se prêtait aux pires scandales, et le pape Innocent XI essaya en vain de le supprimer.Tout le public, encouragé et appuyé par la reine Christine de Suède, une passionnée de l'opéra, soutenait avec ardeur la lutte contre le pape Le jeune Scarlatti fut évidemment entraîné dans cos luttes < I ' iip n nr rc im m Vf u ut ¦*'.plus Importante l'iii'ure.punit iIhiim lu Trmloitt: Jnt*(|tl'illors lt?rtV-fliitlf li'imilt ou fl'uilire urmiupil i:m-îurii( H"** ln bnHKP, «iiil !¦• Kiuitonnlt un lit* Interruption.Kt-nrlittil y Introdnl Rit l'orr-iestre.coup» 1rs i rn iihII ions pnr del ritournelles, et doiinii nnlKomii-e s •** i|ii'nn appelle Improprement lo rtVltutlf obllse.A I'.': mi •)>¦ t'nrroiiipniriipiiipiti (Ip* Htm, mi Heu iIp leur fuire milvre I-ehmit pu tinnnnnle plmjtifc\ II leur ilonnn un dessin psirtlciiller.lorsqu'il Juiren ronveiiRbie.et pnr leur vlvucli.\ évita In langueur ct ls monotonie.héroï-comiques, lesquelles s'envenimèrent au point que lo pape Innocent XII avait ordonné en 1697 la destruction du magnifique théâtre Tor dJ Nona, et Interdit toutes représentations.Par on ne sait quelles intrigues, Scarlatti obtînt d'emblée la place de maitre de chapelle royale de Naples, titre qu'il gardera jusqu'en 1702 Cotte nomination prit l'allure d'un scandale, car les musiciens napolitains, évidemment lésés, y voyaient une injustice criante ainsi que l'influence indue de la soeur de Scarlatti, Anna Maria, chantouse à l'opéra de Naples, volage et Intrigante.Scarlatti continue quand même d'écrire des opéras pour Naples et pour Romo.des sérénades, des cantates pour les nobles de Naples dont 11 est le musicien attitré ; mais l'indifférence à l'art de ce public plutôt médiocre et jouisseur, le décourage quelque peu.Toutefois, il y a fait représenter Pirro e Doroefrfo et Prfxfoniero forfunafo, lesquels avec Loadicea e Berenice, surtout, joué en 1701, scellèrent sa réputation.C'est dans ce dernier opéra qu'il écrivit un air admirable, pour ténor et violon obligé, dont l'accompagnement était destiné à Corelli.qui en manqua les traits à la répétition générale.A la suite de cette aventure et de la difficulté de trouver de bons violons pour l'exécution de ces traits, Scarlatti refit cet air, de même que plusieurs autres morceaux, pour la représentation de cet opéra à Rome, en 1705.Mais il semble que les changements ne furent pas pour le mieux- e A NTOINE FOGG1A, maitre de chapelle de Sainte-Marie-Majeure de Rome, devenu vieux, eut besoin d'être secondé par un maître adjoint ; Scarlatti fut appelé à remplir cet emploi, le 31 décembre 1703, et devint premier maître, au mois de mai 1707.Le cardinal Ottoboni lui avait déjà donné le titre de directeur de sa musique, ainsi qu'on le voit par le livret de son opéra // Trionto délia liberté, qu'il fit représenter à Venise en 1707.Il est vraisemblable que ce fut ce cardinal qui lui fit obtenir en 1716 la décoration de chevalier de l'Eperon d'Or.La conquête du royaume de Naples par l'empereur d'Autriche sur les Espaqnols et le chanqement favorable dans le sort des Napolitains qui en résulta, semble avoir incité Scarlatti à reprendre ses fonctions de maitre de la chapelle royale.Au mois de mai 1709, il donna sa démission comme maitre de chapelle de Sainte-Marie Majeure, et retourna à Naples, qu'il ne quittera qu'en 1717.Parmi les opéras qu'il y fit représenter, on remarque le Tlqrane, en 1715, au théâlro San Baitohmeo, qui s'était rouvert.Tout en conservant son titre à Naples, Il séjourne à Rome, de 1718 à laj fin de 1721 C'est au théâtre Caprinica do cette ville qu'il donna quelques-uns de ses plus remarquables opéras, (Tefemaco.1718; Marco Attilio fîego/o.1719; Griselda, 1721) ainsi que ses plus belles oouvros d'église dont une messe pour orchestre ot choeur, écrite en l'honnour de Sainte Cécile pour le cardinal Acquavlva, en 1723 La musique de chambre et d'église atteignait alors un haut degré de perfection parmi les musiciens romains, stimulés d'ailleurs par l'intelligence et l'enthousiasme d'un public raffiné.Il existait à Rome un foyer de culture bien propre à intéresser un artiste tel que Scarlatti : l'Académie de l'Arcadte.qui avait été fendée en 1690 pour la défense de la poésie populaire et de l'éloquence.Les papes, les cardinaux, les princes en faisaient partie, et s'y trouvaient sur un pied d'égalité avec les artistes.Aux réunions qui se tenaient dans les splendides jardins du prince Ruspali.sur le mont Esquilin, ou aux soirées du lundi, ches le cardinal Ottoboni, Scarlatti et son fils se rencontraient avec Pasqulnl, Corelli, Francis-chiello ot Haendel.Ces réunions hautement éclectiques exercèrent une influence heureuse sur Scarlatti, dont le style ne cessait de progresser.PAGE QUATRE LE PASSE TEMPS D'OUTRE-TOMBE A MAMAN.décédée le 26 lévrier 1948 S /, dans Je silence du soir, fon pouvaif entendre la voix des disparus, nous redire que notre souvenir leur est toujours vivant, que leur adieu douloureux n'était qu'un soulfle périssable, que notre image les a suivis, réconfortés des allres de la nuit, que l'amour présent — par la cendre purifié — demeure incandescent dans l'éternité, que la voix des disparus serait chère à entendre ! J.-J.GAGNIER.C'est vers cette époque qu'il devint le protéqé d'un riche seigneur.Ferdinand III de Médicis, le fils du grand duc de Toscane, pour qui U écrit des opéras représentés au théâtre royal â Pratolino.près de Florence, opéras que Scarlatti considérait comme les meilleurs qu'il eût écrits.Quoique excellent claveciniste, ce prince considérait le style de Scarlatti comme trop savant, el, on conséquence, 11 refusa de le nommer maître de chapelle comme l'espérait Scarlatti.Ajoutons que Bartolomeo Cristofori.l'inventeur du piano forte, était au service de ce grand-duc.En 1715.Scarlatti avait écrit 106 opéras, â quoi il laut ajouter dix ou douze autres qu'il écrivit dans les années subséquentes, plusieurs oratorios et beaucoup de musique d'église.Les derniers opéras de cet homme extraordinaire furent la Gxiselda (Grisélidis), joue à Rome et Cadufa de Dicemviri, Joué à Naples.Sa dernière oeuvre importante semble être la Sérénade inachevée pour le mariage du prince Stiqliano- Scarlatti mourut le 24 octobre 1725, à l'âge do 66 ans, ainsi que l'indique l'inscription placée sur son tombeau, dans la chapelle de Sainte-Cécile, à l'église des Carmes de Monte-Canto.Sa profonde influence ?"1REATEUR d'un nouveau style, maître très conscien-^ cieux, ne cédant jamais à la facilité, contrairement à tant d'artistes de son temps, Scarlatti ne se soucia guère de flatter son époque, d'où son impopularité ; son équilibre et sa raison calme imposaient le respect aux Italiens qui semblaient ne le comprendre que médiocrement.Pourtant, son influence fut grande.La musique de Scarlatti ferme le plus important chaînon entre les tentatives de musique nouvelle du XVIIe siècle et l'école classique du XVIIIe, qui a atteint son apogée avec Mozart.On peut considérer Scarlatti comme le créateur de la ferme du langage de la musique classique.Tour à tour chargé de l'enseignement dans les conservatoires de San Onofrio de' poveri di Gesù Crista, fondé en 1589, et de Santa Maria di Loreto.fondé en 1537 — (fameux conservatoires pour l'éducation musicale des enfants pauvres.Idée admirable, que nos démocraties modernes n'ont pas eue, ni reprise.) Scarlatti, nous dit Fétis, eut pour élèves quelques-uns des artistes qui fondèrent la gloire de l'école de Naples, particulièrement Lagroscino, Durante, et en dernier lieu Hasse, en 1724.Les biographes qui lui donnent aussi pour élèves Leo et Pergolèse se sont trompés ; car le premier eut pour maître Pitoni, de Rome, et l'autre, Gaetano Greco.Nul ne pouvait être plus digne que Scarlatti de diriger l'éducation musicale des hommes de génie produits alors par le royaume des Deux-Siclles.Audacieux génie lui-même, il unissait à la richesse, â la hardiesse de l'imagination, un savoir étendu, la pureté de style de l'école romaine, et de l'expérience acquise par d'immenses travaux.Sa modulation, souvent inattendue, n'offre Jamais de succession dont l'oreille soit blessée, et jamais, dans ce que cette modulation a de plus hardi, les Intonations des voix ne sonl difficiles : art que les Italiens seuls ont connu, parce que leur éducation commence par l'étude du chant.Le mérite de Scarlatti, comme professeur, se montre d'une manière évidente dans un écrit qui n'a malheureusement pas été Imprimé, mais dont on trouve des copies â Naples, et dans lequel brille un profond savoir.Ce manuscrit, datant de 1717, (de 28 pages in-folio de texte, et de 12 pages d'exemples de musique), fut composé à l'occasion d'une dispute entre deux compositeurs espagnols, sur l'emploi que l'un d'eux avait fait d'une double dissonance de seconde et de neuvième dans une de ses messes.Scarlatti avait été pris pour juge de la contestation.Sa dissertation fut écrite pour résoudre la difficulté ; il y montra une rare dextérité dans l'analyse, mais en adroit Italien.11 trouva le moyen do donner des éloges à chacun des adversaires sans prononcer entre eux.UN des caractères du talent de Scarlatti fut une fécondité inépuisable, car, Indépendamment des cent vingt-cinq opéras, son oeuvre comprend 500 cantates, des messes, des oratorios, des symphonies, concertos, etc.genres dans lesquels il excella.(2; On sait que Jomelli considérait ses messes et ses motets comme les meilleurs qu'on eut faits dans le style concerté.Ces messes étalent, dit-on, au nombre de deux cents ; un critique a révoqué ce fait c-n doute, et considérant le petit nombre de celles qu'on connaît, il a demandé fSuife à la page vingtcinql ¦ Photo de la charmante artiste ERNA SACK, lors de son passage à la maison Ed.Archambault, Inc., où elle a pu entendre un de ses derniers disques, arrivé depuis peu.Elle est accompagnée ici de son mari et de Messieurs Rosaire et Pierre Archambault, respectivement secrétaire et président de cette importante maison.La tournée cTErna Sack dans notre province a suscité un intérêt vraiment extraordinaire, et partout des foules nombreuses ef enthousiasmées l'ont acclamée.Son impressario était La Société Classique.(Photo André Lamarre) MONTREAL.FEVRIER-MARS 1948 PAGE CINQ LA MUSIQUE QUI HANTE LES MURS par Georges PETOLAS La musique est un aliment de l'esprit.Comme la littérature elle a du bon et du mauvais, mais kl est indéniable qu'elle est une source d'énergie, elle stimule nos pensées, nos actes et possède un effet thérapeutique qui n'est pas passé inaperçu par la science médicale.Dans certaines cliniques on fait présentement des expériences pour guérir par la musique certaines maladies nerveuses.Dans l'art militaire la musique n'est pas uniquement un objet de parade, elle fortifie et exalte la bravoure des soldats Autrefois, avant l'ère atomique, les clairons, fifres et tambours, entraînaient les combattants à l'assaut de l'ennemi et le fameux clairon de Déroulède est un exemple typique de l'exaltation qu'il créait auprès des troupes.Du côté pacifique, la musique, savamment dosée, nous permet de voir la vie par son bon côté.Elle stimule le travail, éclairai les idées, donne de l'imagination aux choses de l'esprit, bref ! la musique est devenue un besoin moral dans maintes circonstances.Cet état de choses a élé savamment compris ol Intelligemment utilisé par quelques grands esprits (J'allais dire des psychiatres, mais le mot est trop fori) qui se sont groupés pour fonder une vaste institution musicale appelée Murale Corporation.Son but est de rendre la vie agréable sous tous ses aspects dans les bureaux, les magasins, les grandes institutions, les gares et dans les restaurants el les hôtels.DEPUIS quelques mois vous avot certainement entendu dans des endroits publics une musique mystérieuse, douce, jolie, agréable, qui vous arrivait on ne sait d'où ; elle avait sur votre esprit (gai ou triste) un effet vivifiant.et bien c'esl MuzaJc qui, par dos voies secrètes, arrivait jusqu'à vous.J'ai fait moi-même cette agréable constatation 11 y a deux ans, pendant les fêtes de Noel et du Nouvel An, )e prenais le Iraln à la gare Windsor et j'ai, pour la première fois, entendu cette charmante musique.l'ai cru.tout d'abord, que la compagnie du Canadien Pacifique avait eu l'heureuse idée d'égayer le temps des fêtes avec l'aide d'un phonographe installé dans un de ses bureaux et relié à travers tout l'édifice par plusieurs haut-parleurs.j'étais près de la vérité mais., ce n'était pas lout à fait ça.En tout cas.l'essai à la gare Windsor fut un coup de maître I les voyageurs approuvèrent hautement cette innovation musicale.L'année suivante, les concerts Invisibles recommencèrent aux lêles mais celte fois pour devenir permanents.Depuis une quînxaine de mois la gare Windsor accueille quotidiennement les voyageurs avec une musique douce, charmante qui ne gêne aucunement le public.J'admets qu'une gare n'est pas uniquement réservée aux voyageurs de noce, il se trouve quantité de voyageurs qui viennent prendre le train pour des raisons qui n'ont pas toujours la qaieté comme motif.Comment ces derniers réagissent-ils devant ces effluves musicales ?l'ai constaté que des personnes, souvent 1res déprimées, acceptaient de bonne grâce celle musique quasi lointaine qui leur rappelait parfois de très louchants souvenirs.La musique de Muxak possède ce précieux avantaqe d'être facilement ignorée si on le désire, elle ne gêne en rien les conversations et si vous voulez l'entendre vous n'avex qu'à prêter l'oreille et tout aussitôt vous la percevez nettement, tel un rêve musical.Muzak est maintenant â la mode, on retrouve cette charmante musique dans d'autre* lieux, tels : les restaurants, les salles-à-dîneT d'hôtels où elle donne un confort mental aux convives et puis dans les grands magasins.les halls d'hôtels, les clubs, les bureaux et (tenex-vous bien ! ) les ateliers et les usines, mais oui, les usines où ell» stimule l'ardeur des ouvriers.Les milliers de disques sont soigneusement classés et étiquetés.Us subissent un examen minutieux avant d'être utilisés.(Millar Studio) Ma curiosité étant chauffée à blanc, je résolus d'aller aux nouvelles en m'adressant à la source même de cette "affaire musicale" qui captivait mon esprit.Je Buis allé recueillir sur place des renseignements fort Intéressants qu'il me fait plaisir de communiquer ci-après.Les concessionnaires à Montréal de Muxak Corporation occupent, sous le nom d'Associated Broadcasting Company.Limited, un vaste studio au Dominion Square Building, en plein centre de la ville.J'ai été trèB courtoisement reçu au studio par M, Jack Maxwell, directeur général de la compagnie.En guise de préambule M.Maxwell m'informe que les émissions musicales de Muzak fonctionnent 24 heures par jour, sauf le dimanche.L'idée fondamentale c'est de louer des disques qui, par fil téléphonique, sont transmis dans les établissements, déjà fort nombreux, qui louent les services de Muzak.Cependant, en étudiant la chose de près, je me suis aperçu que ce service d'émission était une minutieuse organisation où tout marche à l'heure, disons mieux : à la minute.Dès qu'un établissement requiert les services de Muzak.l'Asso-ciated Broadcasting Co.communique avec la Compagnie Bell Telephone pour le relier à son studio ; on Installe ensuite chez le nouveau client des haut-parleurs, en quantité suffisante et un amplificateur pour répandre de bonne façon les effluves musicales.Grâce à cet amplificateur, le client de Muzak peut à volonté augmenter ou diminuer le volume de la musique et mémo, s'il le désire, arrêter les émissions on n'importe quel temps.Revenons maintenant au studio de Muzak pour en surveiller le fonctionnement.Les programmes musicaux sont établis heure par heure, minute par minute, par Muxak Corporation de New-York qui imprime lous les programmes que l'on voil sur les tables des restaurants et salles-à-diner pour renseiqner los clients.Ces programmes, faits au Jour le jour, donnent l'horaire des émissions, les titres deB morceaux, etc.Grâce à ce système on arrive à ce curieux résultat qu'un établissement situé à Kawai, en Floride, en Californie ou à New York, donne chaque Jour les mêmes morceaux de musique que les restaurants ou hôtels de Montréal reliés au système Muzak, T ASSOCIATED Broadcasting possède un vaste studio à Montréal.l_i un autre à Toronto relié directement avec Hamilton.En co qui concerne la province de Québec il n'est pas encore possible do dépasser le territoire de l'île de Montréal mais, dans un avenir qu'on espère prochain, la compagnie envisage l'installation PAGE SIX LE PASSE-TEMPS d'un studio à Québec avec un certain rayonnement, puis un autre dans le centre des Laurentides.etc.Les diilicullés matérielles, la pose des fils directs, le coût encore élevé des lignes sur une longue distance, empêchent une expansion rapide., mais cela viendra dés que les choses te seront un peu replacées.Il est donc possible qu'avant longtemps une petite hôtellerie située dans les Laurenlides.les Cantons de l'Est ou ailleurs, puisse obtenir les services de Muxak à un prix qui ne sera pas prohibitif.De nombreux établissements de Montréal possèdent déjà le système Muxak.Je relève au hasard quelques noms : l'Hôte/ Plaxa - des clubs et restaurants ; Tic Toc Café - Old Colony Club — Chex Ernest Samovar Lounge — Drury's — Drakes - Ruby Foo's — Calé de l'Est — Oasis Lounge — Au Lutin qui Bouffe Quartier Latin — Esquire — Mirsky's Steak House - Stork Club - Child's — Honey Dew Ciro's Restaurant - Blue Skies Lounge — Villanova - Alqlers — Diana Grill — Chic N Coop — Copacabana.Plusieurs magasins et bureaux, tels : Sun Life Boll Telephone - National Breweries (pour certains services) — Ronald's Printing - Eaton's Grover's Men's Wear Birks Ftanceen's — Yveffe Britlon - F raid's Carrière S Senécal - Steinberg's Groceteria -Rosaiie's Pastry et autres ; sans oublier les gares Windsor et Centrale, reçoivent les émissions musicales Muxak.Vient ensuite une liste copieuse d'usines et ateliers où le système Mutak est en opération dans le but d'accélérer le rendement des ouvriers, grâce aux bienfaits de la musique.¦ ¦ ¦ T E STUDIO que j'ai visité comporte un immense tableau de distri-•I—> bution qui ressemble à un standard (switch board) ; los lumières rouges Indiquent le réseau industriel, les lumières vertes sont réservées aux hôtels, restaurants, clubs, etc.Le réseau industriel fonctionne de 12 à 13 minutes par demi-heure, la musique est plutôt du genre populaire, c'estâ-cire gaie, enlevante, pour donner de l'émulation aux ouvriers ; olle est préparée selon les directives d'un comité spécial qui étudie continuellement les réactions sur le moral des gens travaillant aux sons de la musique.Le réseau vert (hôtels, clubs, restaurants, etc ).diffuse une musique semi-classique et populaire qui rencontre la majorité des goûts des clients NOTES SUR L'AUTEUR m L'auteur de cet article, M Georges PETOLAS, est à la fois journaliste, écrivain radiophonique, romancier et dessinateur de talent, ll est une figure bien connue dans le domaine de l'hôtellerie, étant le directeur-fondateur de l'importante publication mensuelle: L'HOTELLERIE, de Montréal.Enfin un tourne-disque spécial est réservé aux programmes sur demande.Les disques sont le double de la grandeur de ceux que l'on vend dans le commerce ; les tourne-disques (au nombre de trois) sont du type employé dans les studios de radio, ils tournent à la vitesse de 33 révolutions W par minute, alors que les tourne-disques ordinaires atteignent une vitesse de 78 révolutions pour le même temps.Par sa dimension et sa vitesse un disque peut, sans arrêt, diffuser un programme d'uno demi-heure.Grâce au procédé vertical, les aiguilles de disques du système Muzak possèdent une résonance plus grande que les aiguilles ordinaires qu'on trouve dans le commerce.Pour bien comprendre cette valeur des résonances, disons que l'oreille humaine perçoit une fréquence de vibrations qui va de 50 â 8.000, l'aiguille des tourne-disques Muzak possède une fréquence de vibrations qui va aussi bas que 50 pour atteindre 14,000 d'où la netteté des sons.La discothèque du studio de Montréal contient environ 16,000 sélections qui vont de la musique populaire à la musique la plus classique.Un dispositif spécial permet d'Interrompre les programmes pour annoncer des nouvelles sensationnelles ou émissions de sports, à cet effet le studio Muzak est relié directement par fil téléphonique avec tous les postes de radio de la ville.Pour en revenir à Musak Corporation, je vous ai dit au début que des techniciens préparaient quotidiennement les programmes, ceux-ci alimentent 198 studios disséminés dans l'Amérique du Nord, le Mexique el même les îles Hawaî et le Brésil.Devant son standard l'opératrice en chef règle constamment le volume dos émissions.Une assistante-opératrice place sur le tourne-disque un morceau de musique suivant le programme quotidien minutieusement établi.Millar Studio) MONTREAL.FEVRIER MARS 1948 PAGE SEPT Une opératrice reçoit l'appel d'un client qui lui demande un orogramme spécial.Tout est soigneusement noté et exécuté dans le temps reguis.(Page Tôles Studio) 104 des meilleurs orchestres sont au service de Muzak Corporation qui lait elle-même les transcriptions d'après des orchestrations spécialement étudiées et préparées pour convenir à l'enregistrement Boris Morros.Vaughn Monroe et le célèbre conducteur Leopold Stokowsky sont les directeurs permanents des programmes de Muzak.Les émissions destinées à l'Industrie (réseau rouge) sont établies d'après les directives d'Anna Rosenberg, experte dans les relations ouvrières.On se souviendra qu'Anna Rosenberq a lait partie du lameux "brain-trust" du New Deal de Franklin D.Roosevelt, le très regretté président des Etats-Unis.Anna Rosenborg s'est longuement spécialisée dans les problèmes du travail en série, le rendement de la main-d'oeuvre et les loisirs de la classe ouvrière.Les programmes spéciaux sont connectés directement des postes de radio aux clients.(Millar Studio) Comme on peut s'en rendre compte, l'institution Musak est une sérieuse aflaire ; grâce à ses qualités elle prend de jour en jour plus d'expansion à travers les deux continents américains.Le bureau de direction de l'Associated Broadcasting Co., ltd., est composé comme suit : M.M.Maxwell, président ; M.M.H.Raymond, vice-président : M./.Maxwell, gérant général ; M A.F.Ryan, chel Ingénieur, spécialiste en son et acoustique ; Madame /.L.Rutledge.gérante du tralic ; viennent ensuite les employés spécialisés pour les programmes.Et pour conclure, n'oublions pas que Ja musique donne un confort moral, à ce titre elle mérite d'avoir sa large place partout.Georges PETOLAS.DC Pointes sèches crayon gras J.-J GAGNIER.D.Mus.Toujours au parc Sohmer M.Lavigne, qui avait été l'âme dirigeante de cet endroit d'amusement, en avait conçu l'idée après avoir visité des établissements de ce genre aux Etats-Unis et en Europe.Son ambition était d'y loger les concerts de "La Bande de la Cité" qui obtenait de retentissants succès.Une enceinte, ménagée du coté ouest de la rue Saint-Hubert, au carré Viger.permettait à l'auditoire, composé de deux mille personnes, de venir dans les belles soirées d'été, écouter la musique préparée avec soin par le directeur On se souviendra des emporte-pièces au répertoire, nouveautés d'alors.Les ouvertures Marifana, de Wallace, Guillaume Tell, de Rossini.La lone, de Petrella.la Valse des Roses, de Métra, la Marche du Général Boulanger, le Retrain des Vosgiens, etc.Sans oublier les fameuses pièces descriptives, telles que La Forge dans la Forêt, où l'on se servait d'enclumes et de feux de Bengale ; la Caravane, donnant l'illusion d'un défilé qui se rapproche, passe et disparait ; l'Armée du Salut, dont les musiciens peu respectueux chantaient VAlleluia à tue-tête, certains avec une voix de fausset pour imiter celles des femmes, au grand ravissement de l'assistance' Quel succès ! L'Idée dominante de M.Lavigne.en organisant son parc, avait été d'y donner des concerts impeccables, "assaisonnés" de numéros do vaudeville à sensation, pour attirer la clientèle.Ceux de l'époque se souviendront du français Pénol.sautant d'une élévation de 60 à 100 pieds, dans un filet où d'ailleurs il y laissa un Jour sa peau ; aussi des célèbres tours de force de Louis Cyr.soulevant parfois des groupes de 25 à 30 personnes sur son dos.ou bien retenant sur place deux chevaux, placés l'un à sa gauche et l'autre à sa droite et que l'on avait préalablement eu soin de fouetter pour les faire avancer chacun dons une direction, — truc de poudre aux yeux qui ébahissaient chaque fols.— mais chaque cheval retenait l'autre De même qu» du lardln xoologique.avec ses panthères, lions, éléphants, serpents, etc.ménagerie qui devait se réduire dans les dernières années à quelques cages pour oies, pigeons, un ou deux singée, écureuils, etc.O décadence I Il y aurait un coup de crayon gras à tracer id, un bon mot d» M.Lavigne sur la cage aux écureuils Par un beau dimanche après miidi.alors qu'il y avait foui» près des cages, une femme se met à crier soudainement A M.Lavigno inquiet, - - qu'elle avait facilement reconnu à son haut-do-forme, — elle se plaignit qu'un écureuil était sorti de la cage et s'était réfugié.Mais pardon ! 1» directeur du journal m» fait signe de n» pas continuer.J» vous laisse, amis lecteurs, le soin de terminer à voir» fantaisie cett» anecdote qu» l'on pourrait intituler Lavigne, la dam», l'écureuil.• et les noix".Nous recevrons avec plaisir la solution qu'il vous plaira d'imaginer et 1» directeur du Passe-Temps accordera trois prix pour les meilleures réponses.Vite, à l'o»uvre ! Et bon succès ! J.-J GAGNIER PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS Forum pianistique et GUIDE D'INTERPRETATION par Maurice DUMESNIL Mes chers lecteurs et amis, le me sens justifié à vous appeler ainsi, car ne suis-je pas en contact avec vous depuis longtemps déjà, par les nombreux articles que j'ai écrits pour le "Passe-Temps" ?C'est donc avec grand plaisir que j'ai accepté de présider aux destinées de la nouvelle rubrique.Le Forum Pianistique, récemment créée par la direction.Le but de ce Forum est très clair : les amateurs aimant le piano mais n'ayant plus le temps de prendre des leçons, les élèves temporairement éloignés de leur professeurs, et les professeurs eux-mêmes quelquefois intrigués par certains problèmes un peu en dehors des méthodes et principes généralement adoptés dans l'enseignement, pourront nous envoyer en forme concise et ne dépassant pas cent-cinquante mots un résumé du problème qui les tracasse.Et nous nous e/forcerons de les aider à trouver la solution.le dis NOUS, car dans cette importante tâche pédagogique j'ai la chance de pouvoir compter sur l'assistance d'une remarquable musicienne canadienne : Madame Madeleine Raymond, dont le talent accompli de pianiste et de compositrice vous est familier.Avant d"ouvrir ce Forum.iJ est utile que nous vous donnions quelques détails sur la meilleure façon de le conduire.Votre coopération sera nécessaire.Nous vous demandons de n'envoyer qu'une question à la lois, évitant ainsi de surcharger notre page au profit d'un seul.Tâchez aussi de rédiger votre question aussi clairement que possible, afin qu'elle nous paraisse aussi netle qu'à vous-même.Si votre problème concerne plusieurs mesures, ayez la bonté de les copier au lieu de les indiquer par le nom de l'oeuvre, et les numéros des pages et mesures ; ceci nous évitera une recherche parfois difficile, car nul ne possède une complète bibliothèque de toute la musique ; enfin, efforcez-vous de soumettre des problèmes d'intérêt général, afin que leur solution apporte à tous ceux qui aiment le piano un élément susceptible de leur faire gravir un nouveau degré sur l'échelle du progrès.Et maintenant, voici quelques exemples qui vous donneront une idée du genre de questions que nous accueillerons volontiers.Vous remarquerez que seules les initiales sont mentionnées dans les réponses : "Voulez-vous ra'exp/iquer ce qu'on entend par 'son chantant', et comment un élève peut obtenir le toucher qui le produit".(Mlle) fl.P.lolieffe.Rép.— La qualité chantante du Bon est produite par la terme pression du "gras du doigt" sur la louche ; mais cette lermelé doit rester souple, et sans dureté.La touche doit être poussée jusqu'au fond, cependant que le poignet et le bran conservent leur flexibilité.Ainsi le son sera plein et profond, comme la voix humaine, ou un Instrument à cordes* "Croyez-vous qu'il soif possible d'augmenter le prix de mes leçons, en vue de la cherté actuelle de la vie ?Tout mon temps est occupé, ef fai une liste d'attente, le crains, cependant, de perdre des élèves si ie demande plus cher.Merci d'avance pour vos conseils à ce su)el".F.S.D.Montréal.Rép.Oui.tout "raugmente".comme disait ma crémière de la rue Lévis.à Paris.La demande pour l'enseignement musical a suivi le pas.et de façon phénoménale, depuis plusieurs années Dans ces conditions le prix des leçons peut avancer, lui aussi ; mais discrètement, bien entendu.Aux Etats-Unis, j'ai conseillé un arrangement mensuel payable d'avance, avec une réduction du temps des leçons (par exemple 45 mirtutes au lieu d'une heure) si le prix reste ie même.D'après les Informations gue je reçois.les résultats sont excellents et cet arrangement supprime la plupart des difficultés causées par los leçons manquées Pourquoi n'essaieriez-vom pas ce système ?"On ne fait pas d'omelette sans Avez-vous des problèmes pianistiques ?Soumettez-les comme il est décrit plus haut au FORUM PIANISTIQUE a/B LE PASSE-TEMPS 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2 et la réponse paraîtra dans cette rubrique.casser des oeufs", dit le proverbe.El songes aussi à ce vieux dicton : "Deux d'perdus, troiB de r'trouvés." "Que pensez-vous de l'usage des disques de phonographe pour l'élude pianistique ?l'ai travaillé plusieurs morceaux en les écoutant ainsi.Approuvez-vous une felle méthode ?" (Mme) M.A.!.Chicoutimi.Rép.— Certes non, je n'approuve pas cette méthode I On peut se servir de disques, au début, pour se rendre compte de la laçon dont un morceau "sonne" à l'oreille, et se donner une idée de sa forme et de sa couleur.Aprpp cela il laut le travailler d'après votre conception personnelle, car cutrement vous deviendriez un perroquet imitateur.Et puis, supposons que vous ayez travaillé d'après un disque "La Voix de son Maitre".el soudain vous entendez quelque part un disque Columbia de la même oeuvre, dont l'Interprétation vous plaît bien davantage ! Il faut alors tout changer, tout détruire, et refaire tout le travail.Non.mille fois non ! Ecartez les disques, et comptez surtout sur votre personnalité et votre clairvoyance."Ma fille, qui a quatorze ans.est une jeune planiste d'un talent exceptionnel.Mais les gammes et les exercices l'ennuient, et fe ne puis obtenir d'elle qu'elle les travaille selon les instructions de son prolesseur.Croyez vous qu'en raison de son talent exceptionnel: lo.Elle puisse se passer de celte étude routinière et mécanique ; 2o.Existe! il une méthode spé claie qui serait un raccourci vers une technique accomplie ?" fMmel F.E.M-, Québec.Rép.No 1 Non.Rép.— No 2 — Aucune.Et voilà, mes chers lecteurs.Comme vous voyez, ces dernières questions n'ont pas causé à mes ménin-qes un travail exaqéré, et dans un cas pareil il sera admissible d'envoyer deux questions au lieu d'une.En tous cas, et quoi qu'il arrive, soyez assurés que nous chercherons toujours à vous être utiles.Peut-être trouverez-vous.çà et là dans mes réponses perse miel les.une truculence normande inséparable d'un natif de cette belle province.Je ferai de mon mieux également pour ne pas être trop pédagogique, et ne pas prendre tout trop au sérieux.Sur ces bonnes résolutions, je vous quitte, en vous donnant rendez-vc us au prochain numéro du Passe-Temps, et en vous souhaitant d'ici là, mille félicités musicales et pianistiques ! Maurice DUMESNIL.INSTITUT GENEALOGIQUE DROUIN MONTREAL.FEVRIER-MARS 1948 PAGE NEUF ¦ Rodolphe Plamondon.le célèbre ténor canadien, chanta "la Damnation de Faust" de Berlioz plus de deux cent cinquante lois, et "l'Enfance du Christ" de Berlioz plus de cent cinquante lois.Les Américains diraient que c'est là une performance-record1.¦ Une revue anglaise donne un secret merveilleux pour les chanteurs qui veulent adoucir leur voix et améliorer leur respiration.C'est simple, mais imprévu et pittoresque.Il faut se coucher sur le dos et se livrer à des vocalises variées avec une certaine quantité de briques sur le ventre.Le poids des briques assouplit le diaphragme et le renlorce.Vous commencez par une brique et vous allez jusqu'à cinquante.Décidément, l'humour hante les Anglais.¦ La musique municipale d'une petite ville doit jouer un certain dimanche.Quelques jours avanf, le maire lait afficher cet avis : "S'il pleut le matin, le concert aura lieu Faprès-midi" ; "Et s'il pleut l'après-midi, le concert se lera le matin" ¦ Beaucoup croienf que New-York a toujours été le grand centre musical de l'Amérique, ce qui est inexact.La Havane avec son splendide Tea-tro Tacon surpassa longtemps New-York pour ses opéras ; ainsi, plusieurs oeuvres de Verdi y lurent représentées bien avant d"atteindre File Manhattan.La "Traviata" passa d"abord par Rio de Janeiro, Montevideo et Mexico.De même pour les oeuvres de Puccini : "La Bohême", "Madame Butterlly" et la "Tosca" lurent représentées à Buenos Aires, d"abord.¦ Le premier livre avec des notes de musique, paru dans l'hémisphère occidental, lut imprimé à Mexico, en 1556, soit cent quarante-deux années avant le premier livre publié dans les colonies primitives de la Nouvelle-A ngleterre.¦ On estime à plus de quinze cents les oeuvres musicales importantes (opéra, ballet et autres) de compositeurs de l'Amérique latine qui ont été jouées en Europe.Ce nombre dépasse de beaucoup celui des oeuvres des compositeurs nord-américains qui ont été jouées en Europe.¦ L'usage de la musique à la radio est devenu si important que bien des compositeurs limitent maintenant la durée de leurs oeuvres pour en laciliter la présentation à la radio.¦ Dans le temps que le "Stabat" de Pergolèse parut, une bonne femme fut chez son marchand de tabac, et lui dit : "Donnez-moi donc une prise de "c'tabac du père Golèse", dont on parle tant I " ¦ Lorsque la musique du roi Louis XIV exécuta pour la première lois le beau "Miserere" de Lulli, le monarque, à genoux, y tenait nécessairement toute sa cour.Lorque le psaume lut Uni : "Qu'en dites vous ?dit-il au comte de Grammont.— Que la musique.Sire, est bien douce aux oreilles, mais bien dur aux genoux." ¦ C'est un rien, mais qui décèle vraiment une époque.Deux jeunes lilies entrent chez un marchand de musique et demandent un "Tantum ergo".On voit alors les deux jeunes lilies étudier du regard la musique, puis se concerter.— Dites donc, dit brusquement l'une, c'est bien ce "Tantum ergo" que nous voulions.Toute/ois, ne l'auriez-vous pas en swing ?¦ On connaît le compliment que lit Rossini à la Patti, après l'audition de la cavatine du "Barbier" qu'elle venait de chanter, "arrangée" à sa manière : "Mais bravo I bien ! très bien I Et., de qui est cette musique ?" ¦ Gluck était un chel d'orchestre redoutable et exigeant ; il obligeait ses musiciens à abandonner pour l'opéra toute autre occupation et il leur faisait répéter souvent une partie de ses oeuvres, vingt et trente /ois.¦ En Allemagne, dans la première partie du dix-huitième siècle, la musique italienne était tellement en honneur, qu'on ne pouvait même pas imaginer qu'il y eût quelque bon sens à chanter les opéras dans une autre langue que Titalienne."Une chanteuse allemande ! — disait alors le roi Frédéric II — J'aurais autant de plaisir à entendre le hennissement de mon cheval 1" ¦ Croiriez-vous qu'il se soit vendu pour une valeur de plus de SI 8,000,-000 d aiguilles de phonographe, l'an dernier, aux Etats-Unis ?¦ Sait-on que le premier orgue sorti des ateliers Casavant tut celui de Notre-Dame-de-Lourdes, de Montréal.Le plus considérable des instruments construits par ces ateliers est celui de l'Hôtel Royal York, à Toronto ; il a cinq claviers, cent sept jeux, cent quarante-neuf registres.¦ Une dame anqlaise.Miss Drew, amateur passionnée de musique, a laissé par testament une somme de soixante mille dollars à un critique musical du "Daily Telegraph", M.Scott, ainsi qu'une collection précieuse d'anciens instruments à un musicologue anglais, M.Wilcox, "pour le plaisir qu'ils lui ont fait par leurs écrits".Ah ! s'il fallait que tous ceux qui éprouvent "du plaisir à lire Le Passe-Temps en fassent autant, ce serait trop beau.¦ D'où vient cette "scie" que la radio et le disque ont popularisé dans toute l'Amérique ?En 1919.un vieux comédien de vaudeville, du nom de John Mason, inventa une pantomime qui eut quelque succès : un ivrogne tente d'introduire 'a clé dans la serrure et, n'y pouvant parvenir, il supplie qu'on le laisse entrer.L'an dernier, Jack McVea, directeur d'un petit orchestre de jazz, se rappela cette farce lorsqu'on lui demanda un sujet nouveau pour enregistrer un disque.Il composa un air sur cet argument, et "Open the door, Richard" lui ouvrit aussitôt les portes de la renommée.¦ Au cours dune discussion récente entre ministres des Affaires étrangères, M.Bevin eut un mot très courtois : — Ce que la France pense aujourd'hui, le reste du monde le pense un peu plus tard.¦ Si quelqu'un n'aimait pas Wagner, c'était bien Rossini.Un jour, celui-ci s'amusa à déchillrer une partition de "Tannhàuser" posée à l'envers sur le piano, et comme quelqu'un lui en faisait l'observation : — J'ai essayé de l'autre côté, répondit-il, c'est encore pis.(Comoedia) Et il parait que de nos jours, en dépit du progrès et des leçons de l'histoire, ces petites rivalités existent encore entre artistes.qui ne demeurent toujours que des humains ! PAGE DIX LE PASSE-TEMPS •EXAMEN de la VUE • VERRES CORRECTEURS • Le Spécialiste LORENZO FAVREAU, o.o.d.et ses assistants optométristes-opticiens Ba.O.Sureaux chez ]AiïfAVR]AU 265 Esl.Ste-Cathetlne LA.6703 6890 tue Si Hubeil CA.9344 ALBUM MUSICAL DU FEVRIER-MARS 1948 No 916 ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles el du Conservatoire National de Paris Enseignement scientifique de l'ai vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris • Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Outremont Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Professeur Ecole Normalo de Musique Institut Pédagogique D'abord.voyez le nouveau Piano De style moderne et d'une sonorité merveilleuse vendu exclusivement par Le magasin de musigue le plus complet au Canada Téléphone : MAïquelte 6201 500 Est, rue Sainte-Catherine, Montréal JE NE SAIS, chant, version française de M.S., musique de J.-J.GAGNIER, D.Mus.Cette charmante mélodie avait d'abord été composée sur un texte latin pour un spectacle présenté au Collège Loyola de Montréal.MENUET, pour piano, par W.-A.MOZART.Extrait du Divertissement No 1, ce joli menuet est une pièce rarement jouée, et cependant il est d'un charme exquis.LE VIEUX TROMBLON, paroles de Poterat.musique de Guy Lafarge.Illustrations de Pol Ferjac et H.Monier.Une amusante chanson pour enfants à qui elle procuiera des instantB charmants, surtout si elle est mimée Facile et entraînante.ECHOS DU THEATRE, pour piano, par Robert SCHUMANN.Est 11 besoin de présenter une pièce do ce grand compositeur ?Celle-ci saura plaire lout particulièrement.POUR ENTRETENIR CHEZ VOS ENFANTS LE GOUT DE LA MUSIQUE.DONNEZ-LEUR "LE PASSE-TEMPS".$2.POUR 12 MOIS.ALFRED LALIBERTÉ Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendezvous par correspondance seulement.72 Columbia Montréal • MUSIQUE FRANÇAISE en FEUILLES • ROULEAUX PERFORES : succès américains La MUSIQUE MODERNE ENRG.840 est, rue Beaubien, Montréal IMPORTATEURS EN GROS Téléphone : DOllard 7177 MONTREAL.FEVRIER MARS 1948 PAGE ONZE INEDIT JE NE SAIS J.-J.GAGNLER m - i bJ, J> J i IJ J J Que l'a — mour - J J l r ht r r i soit dou -leur ^—L T- -f |r r r 1 rcill.m Ou la dou — leur.a ¦ mour.Je P r 1 r r ne sais le ra//.vain-queur ! r—r r m Adnpio.i j.m"' X\m— '-F-1 m}.- é j i —é-é-«— Mais ie sens | J J J | if qP e r dans l'a - mour 1 J-Tr/"".J - buml |î r r i r r r PAGE DOUZE Copyrfcjhr.IM» - Canada cl USA.- Let Edifions du PoMcTtmpj.Inc.Montreal LE PASSETEMPS n I/arc.ofisia i a tempo t f Une ex _ qui _ se dou-leur.Mais je sens dans l'a-mour J J-Jl.Jr-^-l» T~r=^r=f a l ta ce.r r r r motVo iillarg: *-^ r m ' ¦ ¦ Une ex — qui — se dou - leur Si dou — leur est a - mour I -m-w- Y motto allarg.f ¦ MARIETTE VAILLANT, dans une pose oaractérisique.et portant un des costumes régionaux qu'elle revêt dans ses tournées à travers la province.MARIETTE VAILLANT Une interprète sincere.Sincère, mais auui charmante ef délicieuse interprète de la chanson de genre et de foil-lore, telle est l'impression ressentie à écouter Mariette Vaillant, la toujours gracieuse vedette de la radio, de la scène et du disque.Profondément1 artiste et formée à fa bonne écolo, étant une ancienne élève de Madame Jeanne Maubourg et du regretté M.Roberval.Mariette Vaillant possède à un degré rare le souci de F interprétation soignée, personnelle et exacte.D'un goût sûr elle n'inclut à son répertoire que les pièces qui conviennent à sa voix, à eon tempérament et à son public, au contraire de tant de chanteuses et de chanteurs qui "butinent" dans tous les genres sans discernement.Aussi atelle su se créer un genre propre à elle et qui torme la base de son succès.' Sa renommée n'est pas artificielle et Mariette Vaillant a horreur de la publicité tapageuse, le plus souvent gonllée et de goût douteux.Mariette Vaillant est belge d'origine ; mais arrivée très Jeune au pays, elle est vraiment Canadienne de coeur et d'esprit.Seule, ou en compagnie de son époux, le violoniste Omer Dumas, elle participe depuis plusieurs années à de nombreux programmes radlopho-niques, à de nombreuses fournées à travers kt province, et à F enregistrement de disques ches RCA Victor.Présentement, on peut 1 entendre aux programmes suivants: "On danse au village" à CKAC.et comme artiste invitée à différents programmes tels que ; On chante dans mon quartier, CKVL.etc.Et fou/ours, elle sait donner à ses chansons, la fraîcheur, h fantaisie et kr grâce de la traditionnelle chanson française.M.PAUL DU BOIS Prolesseur de chant bien connu de Montréal, qui présentera ses élèves dans son GRAND COCKTAIL MUSICAL annuel, au Monument National, le 3 mai prochain.L'ensemble vocal de 45 voix mixtes sera accompagné par un orchestre symphonique de 25 musiciens.Costumes, mise en scène ef dialogues du professeur Du Bois, dont plusieurs compositions sont au programme de ce spectacle de très belle tenue* dont nous reparlerons dans notre prochaine livraison.MONTREAL, FEVRIER-MARS 1948 PAGE TREIZE Cette présentation s'avère un grand succès. PIANO E N U E T (Du Divertissement No 1) W.A.MOZART « J- Tftf T h r ,J,I«JJJ —a vf>>ii-—- ^ * r ' r * - -fl-f^- .»^yw» '»m ^ .-PAGE QUATORZE LE PASSE TEMPS CHANSON ENFANTINE l.Qujint) un purl à la
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