Rapport de l'Archiviste de la province de Québec, 1 janvier 1920, 1920-1921
[" RAPPORT de L'ARCHIVISTE de la PROVINCE DE QUÉBEC POUR 1920-1921 y ^Ls-A.PROULX IMPRIMEUR DE SA MAJESTÉ LE ROI 1921 Province de Québec BUREAU DU SECRÉTAIRE S Québec, 28 décembre 1921 Au Très Honorable Sir Charles Fitzpatrick, c.p.,^:c.m.g., Lieutenant-gouverneur de la province de Québec.Monsieur le lieutenant-gouverneur, J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport de l'archiviste de la province de Québec pour l'année 1920-1921.\u201e ¦' J'ai l'honneur d'être, Monsieur, ¦ «.\u2014.Votre* très dévoué serviteur, Athanase David, 1 Secrétaire de la Province Québec, 28 novembre 1921 A l'honorable M.Athanase David, Secrétaire de la Province.Monsieur le ministre, J'ai l'honneur de vous présenter mon rappoàt'sur le| «Mhives de la province de Québec pour 1920-1921.* .Je ne me dissimule pas la responsabilité que le gouvernement de la Province a mise sur mes épaules en me confiant, le 1èr septembre 1920, le soin de ses archives historiques.En-effet, de l'aveu de tous les connaisseurs, ces archives sont les plus précieuses de tout le pays.Pour n'en citer que cinq séries: les Jugements et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France (soixante-quatorze cahiers), les Ordonnances des Intendants de la Nouvelle-France (quarante-quatre cahiers), les Pièces Judiciaires du régime français (soixante-dix liasses), les Jugements de la Prévôté de Québec (cent vingt-sept cahiers) et les Procès-verbaux des grands-voyers de la Nouvelle-France (vingt-huit cahiers) sont dès docu-\"ments que tous nos anciens historiens ont consultés et que nos futurs historiographes devront étudier avec soin s'ils veulent faire avec compétence de l'histoire.; Hôte assidu des voûtes du Secrétariat de la Province depuis vingt-cinq ans, je connaissais déjà assez intimement les intéressantes archives qu 'elles recèlent lorsque vous les avez mises sous ma garde.Je m'étais attaché à ces vieux papiers jaunis, effacés, indéchiffrables pour les profanes, mais si éloquents, pour ceux qui savent les faire parler.XC'est vous dire que je veillerai avec un soin jaloux sur .ces papiers, témoins véridiques de l'épopée française sur les bords du Saint-Laurent. VI Garneau et Ferland ont tracé les grandes lignes dé notre histoire nationale.Ils ont élevé un vaste et superbe édifice dans lequel il y a, je crois, peu de choses à changer.Il ne reste plus qu'à l'orner.La grande histoire ne peut s'occuper que des événements importants, des personnages de premier plan.Elle glorifie surtout les chefs.Les soldats héroïques qui, par leur mort, font passer leurs généraux à là gloire, souvent à l'immortalité, sont enfouis dans la fosse commune.Sur le tertre qui lès recouvre, la grande histoire met une belle inscription, mais pas de noms.Ils ont le sort des poilus inconnus.Les Archives de la province de Québec, en donnant la place très large à ceux qui ont fait notre histoire, s'efforceront, si vous le voulez bien, de sortir ou de sauver les autres de l'oubli.Le 5 octobre Ï731, l'intendant Hocquart -adressait là lettre suivante au ministre de, la marine, en France : \"Il m'a été souvent, représenté depuis mue je suis en Canada, que les minutes des actes des notaires,- les registres du Conseil Supérieur et de la Prévôté ne peuvent être en sûreté dans les maisons particulières des greffiers où ces minutes et ces registres sont déposés, par les accidents du feu qui peuvent survenir et qui consumeraient les titres de tous les particuliers de la colonie.Ces représentations m'ont paru, monseigneur, si importantes que j'ai cru devoir vous en faire part, et vous proposer pour la_sûreté publique de faire construire un.bâtiment à l'abri du feu pour contenir tous ces papiers\".Ce bâtiment à l'abri du feu que réclamait M.Hocquart en 1731 pour conserver les archives n'existe pas encore.Je veux bien croire que les voûtes qui contiennent nos archives sont à l'épreuve du feu, mais ces reliques précieuses ne méritent-elles pas un abri pl/us convenable et surtout plus vaste ?A deux cents ans tout près d'intervalle, je me permets de vous renouveler la demande de l'intendant Hocquart.La pro- vu .vince de Québec, qui a pour devise \"Je me souviens\", ne devrait-elle pas donner aux archives de la Nouvelle-France le temple qu'elles méritent ?Croyez-moi, Monsieur le ministre, Votre très dévoué serviteur, L'archiviste de la Province, Pierre-Georges Roy ERRATA Page 52, ligne troisième, Jirp 1708 au lieu de 1808.Page 146, ligne-quatrième, lire 1759 au lieu de 1859.Page 158, ligné vingt-septième, lire 1759 'au lieu de 2759.Page 236, ligne trente-neuvième, lire Sutherland au lieu de Kerallain.Page 273, ligne vingt-neuvième, lire soixante au lieu de soixante-six.Page 337, ligne vingt-sixième, lire paroisse au lieu de monastère ; même page, ligne vingt-huitième, même correction.-\u2022Page 345,,lignes trente-deuxième, trente-quatrième, trente-sixième et trente-neu^ vième, lire 1757,1758,1760,1762 et 1764 au lieu de 1657,1658,1660,1662 et 1664. LE TESTAMENT DE SAMUEL DE CHAMPLAIN, PREMIER GOUVERNEUR DE LA ' NOUVELLE-FRANCE , Dans les premiers jours dedécembre.1635, Champlain, se sentant mortellement atteint* se décida à faire son testament.\u2022 On suivait alors à Québec la Coutume de Paris, en autant qu'elle pouvait être observée dan\\.'un pays aussi éloigné de la France.L'/article 289 de la Coutume de Paris reconnaissait trois espèces de testament: lo le testament solennel reçu devant un notaire et deux témoins ; 2o lejesfanwnl reçu devant un curé et trois témoins; 3o le testament olographe écrit enlièrement\\dé[/a main du testateur.Par une ^singulière fatalité, Champlain ne pouvait remplir aitciine de ces trois conditions.*ll n'y avait pas de notaire régulièrement nommé à Québec.De plus, les Jêsujjés exerçaient bien le ministère paroissial à Québec, mais aucun d'eux n'avait pris et ne pouvait prendre le titre de curé.Quant à la troisième alternative, Champlain ne pouvait, non plus, la choisir.Perclus des bras, Champlain, avec beaucoup d'efforts, -pouvait, encore signer son nom, mais il était absolument incapable d'écrire son testament entièrement de sa main, ainsi que le voulait la Coutume de Paris.\\ Sur les conseils de Nicolas de la Ville, greffier de Québec, qui .avait quelques\" notions de droit, le fondateur de Québec s'avisa de suivre, pour son testament, l'usage des pdys de droit romain et d'appeler Sept témoins mâles et pubères.C'est Nicolas de la Ville qui rédigea le testament, mais il fut signé par Champlain et les sept témoins appelés., Par son contrat de mariage passé à Paris, le 27 décembre 1610, Champlain donnait à sa femme, si elle lui survivait, la jouissance de tous ses biens.r Dans son testament, soil'qu'il fût affaibli par la maladie ou qu'il prêsumât-qde sa femme ne ferait aucune opposition à ses dernières'volontés, Champlain mil de côté les clauses de son contrat de mariage.Il légua à la chapelle de Notre-Dame de Recouvrance qu'il avait fondée tout le mobilier qu'il avait à Québec, trois mille livres placées dans les fonds de la Compagnie de Ha-Nouvelle-France, dont il faisait luùmême partie, en outre neuf cents livres placées dans une compagnie particulière, et enfin quatre cents livres, ç!est-à-dire qu'il - instituait la chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance sa légataire universelle.Dans le style naïf du testament, Champlain déclarait qu'il instituait La Vierge Marie pourson héritière.\".' ,.' \" , Hélène Boullé, veuve de Champlain, ne fit aucune opposition à son testament-, ei le prévôt des .marchands de Paris, à qui.il fut présenté pour homologation, le confirma par sa sentence du 11 juillet 1617.' \u2022 .Ce sont sôuvenlles parents' éloighTs~'qui~s'e montrent les plus rev'ches lorsqu'il s'agit de succession.Champlain avait en France mie cousine germaine.Marie Camarel, mariée à Jacques Hcrsaut, contrôleur des traites foraines et domaniales de La Rochelle.Ellé'avail entendu parler, des conditions^ particulières dans lesquelles le testament du fondateur de Québec avait été fait.S'imaginant que ce cousin d'Amérique laissait une fortune considérable.'elle se décida à attaquer son testament devant les tribunaux.San avecat.maître Boileau.invoqua surtout deux raisons.If prélendit que le testament n'étant pas conforme au contrat de nufr.iage devait, de ce seul chef, être annulé.Il ajouta que le testament avait été fabriqué, à cause de l'esprit de piété qu'il respirait, Champlain y déclarant qu'il instituait la Vierge Marie pour son héritière.Le procureur-général Bignon réfuta celle dernière allégation.Après avoir fait remarquer à la Cour que madame de Champlain avait reconnu elle-même que Iç testament était signé de la propre main de son mari, il démontra que le style dé cette pièce n'avait rien qui ne convînt à un acte de dernières volontés ni à la personne du défunt, que l'on sait, ajouta-t-il, \"avoir été assez accoutumé à se servir de paroles bien chrétiennes pour avoir voulu, sur ce sujet, témoigner par exprès des sentiments particuliers d'une âme pieuse cl catholique\".Sur le premier point cependant, le procureur-général Bignon se rangea de l'avis de l'avocat Boileau.Tout en reconnaissant Vauthenticité du testament, il demanda à ce qu'il fû! déclaré nul comme contraire au contrat de mariage.* La Cour adopta les conclusions du procureur-général Bignon et annula le testament de Champlain par son jugement du 15 mars 1639.Le texte même du testament de Champlain n'a jamais été publié, nous ignorons même s'HÉÊfste encore, mais dans le Recueil d'arrests du Parlement de Paris de Pierre-Bardet, noiis trouvons un résumé des plaidoiries qui eurent lieu lors du procès en contestation du testament de Champlain.Sous le litre: Testament d'un Français au pays du Canada, en- présence de huit témoins et le greffier du lieu, conçu à là première personne, non olographe, et celui qui l'a écrit n'y étant pas même nommé, est déclaré nul, Pierre Bardet écrivait: \"Le sieur de Champlain étant allé au pays du Canada, à présent appelé la Nouvelle-France, et étant dans la ville de Québec, capitale du pays et lieu dg sa résidence, y fit sou testament en la présence de huit témoins ej d'un nommé de la Ville se disant greffier de ce lieu.- Par ce tcstameiir-chitçu en la^yremière personne et écriLpar un qui ne s'était nommé, le dit sieur de Champlainlêgua au 'collège des Jésuites de Québec tous et chacun ses meubles, et outre la somme de quatre mille livres à prendre sur ses immeubles.Après son décès .procès se ¦mut pardcvanl le prévôt, de PaAs ou son lieutenant civil louchant la validité de ce testament.Par sentence il fut déclaré bon et 'valable, et ordonné que.délivrance de legs serait faite.Les héritiers du sieur de Champlain en interjetèrent appel.Pour eux, Me Boileau dit que ce testament esïnûf, n'étant olographe ni passé pardevant notaires, qui sontjtéanmoins les deux seules formes par Inobservation desquelles on peut rendre un testament bôh et valable.Il n'est point olographe, et manque puisqu'il n'est point dit tout écrit de la main du sieur de Champlain, testateur, mais de celle d'une personne inconnue et non nommée; néanmoins étant conçu à la permière personne comme si le testateur avait parlé lui-même, il.parte en cela la forme d'un lestàinent olographe, et manque en toitt le reste, étant écrit de main étrangère.Il n'est point passé pardcvanl notaires, puisqu'ancun de cette qualité n'y était présent.Ce prétendu greffier n'est point considérable, sa qualité n'élanl pas suffisante pour autoriser un testament, qui est un acte important: Les appelants sont pauvres et leur cause favorable; et conclut.au m'ai-jugé, entendant que le testament soit déclaré nul.\u2022 \u2022 , : \"Me de Monlholon, pour jps légataires, dit que le testament est bon et valable, soit, que l on considère le pays on il a été fail, ou la forme en laquelle il se trouve.Le\\pays est étranger quoique sous l'obéissance du roi; ainsi ceux qui y habitent son' excusables s'ils ne savent pas les formes qui s'observent en ce royaume pour la validité des testaments, qui par la.pluparl de nos coutumes sont bons et alables faits en présence de témoins sans aucun notaire ni autre personne publique.Il est indiffèrent que le testament soit conçu en la première ou en la troisième'personne.Nihil interest talem sermonem que verborum usus profuderit, comme parle la loi, en cela suivie du droit canon.Le legs est modique et fait pour une cause si favorable qu'il ne doit être contesté et conclut au bien jugé.\"M.l'avocat-général Bignon dit que les testaments faits hors du royaume sont toujours suspects.Parm: nous la faveur des héritiers légitimes l'emporte sur les legs pieux, pour la validité desquels les mêmes formalités sont requises et nécessaires, que pour les autres.Le testament dont il s'agit est tellement hétéroclite qu'il y a plus d'assurance de l'annuler que.de confirmer la sentence\".(1) *¦ ¦ (1J La minute même du testament de Champlain est disparue depuis longtemps.Il est certain, toutefois, (jue ce testament fut insinué quelque part en France.Jusqu'ici, malgré toutes les recherches et démarches faîtes lù-bas, on n'a pu retracer cette insinuation. ÉTAT PRÉSENT DU CANADA , .s- ¦ ?.Nicolas-Gaspard Boucault -, Nicolas-Gaspard BOuçault vint ici en qualité de secrétaire: de l'intendant Bégon: On sait~que M.Bégon arriva dans la Nouvelle-France dans l'automne de 1712.Boucault passa-t-il ici en même temps que l'intendant ?Nous n'avons pu l'établir.Tout ce que nous savons c'est qu'il était déjà au Canada en 1721.En effet, en janvier et février 1721, le procureur-général Collet se rendait dans toutes les seigneuries de la Nouvelle-France afin de procéder aux procès-verbaux \"de commodo et incbmmodo\" pour la fixatipn et la limitation des districts de paroisses.C'est Nicolas-Gaspard Boucault qui lui servit, de secrétaire au cours de cette intéressante tournée.' \u2022'\u2022 \\.' \u2022 V Le 14 octobre 1726, l'iritendanipBégon s'embarquait sur le vaisseau du roi l'Eléphant, pour retourner en France, après un séjour de quatorze .années, dans la 'colonie.M.Boucault se trouvait donc sans emploi.M.Mâmard de la Borde, procureur du roi à la prévôté de Québec depuis 1722, était retourné en France en même temps que .M.Bégon.Boucault, qui se plaisait dans la colonie, résolut de demander la charge abandonnée par M.de la Borde.Et, pour avoir plus de chances de l'obtenir, il passa lui aussi en France dans le même automne de 1726.Ses démarches n'aboutirent pas tout de suite.Les ministres du roi n'allaient pas vite en besogne.- Enfin, le 20 avril 1728.M.Boucault était nommé procureur du roi à la prévôté de Québec M.Hamard de la Borde était également procureuridu roi de l'amirauté de Québec.M.Boucault lui succéda aussi dans cette charge.Nommé par.le grand amiral de France, le 4 mai 1728, le roi ratifia sa nomination.le-18 mai suivant.; \u2022 -: \u2022 - ¦ _ ., .¦ .(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier Vi'JEdits et Ordonnances, vol.ïll^v^SST^^^ * (2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 6. 2 ARCHIVES DE QUÉBEC (1) Rapport sur les archives canadiennes pour 1904, p.93.- .'\"' (2) Archives du Canada/Correspondance générale, vol.50, f 116.M.BouGault revint à Québec à la fin de septembre 1728, en même temps que M; Verrier nommé procureur-général au Gon-seil Supérieur n\\.'Les lettres de nomination de M.Boucault furent enregistrées pair le Conseil Supérieur le 4 octobre 1728.M.Boucault> évidemment, était dans les bonnes grâces de MM.de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle-France, et Daigremont,* qui faisait temporairement les fonctions ( d'intendant, puisque,moins de deux mois après son retour dans la colonie, ils demandaient au ministre de lui donner une augmentation de traitement.< Le 6 novembre 1728, ils écrivaient au ministre : \"Le sieur Boucault, pourveu de l'office de procureur du Roy en la Prévosté de Québec, nous a représenté que ne jouissant que de trois cents livres de gages attachés à son office, et n'ayant aucune autre ressource en Canada, il.ne luy seroit pas possible de s'y soutenir avec sa famille si Sa Majesté n'avait la bonté de luy accorder la même grâce qu'elle a faite au S.André, lieutenant général, én conséquence des mesmes-représentations, et à quelques Conseillers du Conseil Supérieur auxquels Sa Majesté a -bien voulu accorder des gratifications par forme d'augmentav tion de gages.; \"Le S.Boucaut a d'autant plus lieu, Monseigneur, d'espérer que vous voudrés bien luy procury la grace^gu'il demande que c'est un ancien sujet dè ce pays qui a servy sous \"M.Begon en qualité dé secrétaire avec un grand désintéressement et dont on a toujours été très content.Nous osons nous flatter que vous aurés la bonté de faire attention à la recommandation quejnous prenons la liberté de vous faire en sa faveur l2r.\"' Le 30 novembre 1729, l'intendant Hocquart, par la commission suivante, choisissait M.Boucault comme son subdélégué dans tout le gouvernement de Québec : \"L'application que demandent, de nous les affair es.générales du service du Roy et de la colonie ne nous permettant pas d'en- ARCHIVES DE QUÉBEC 3 trer autant que nous le souhaiterions dans le détail de plusieurs différens qui naissent entre les particuliers du ressort et gouvernement de cette ville et qui demandent d'être jugés sommairement et sans frais, nous aurions jugé à propos d'èstablir un officier public pour remplir les fonctions de notre subdélégué èn cette partie, et pour connaître et juger les d.différents et étant informé que le^S.- Nicolas-Gaspard Boucault, procureur du Roy de la prévêw§t amirauté de cette ville, joint la probité à la suffisance, et à Incapacité nécessaire_gour s'en bien acquitter, \"Nous eri vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, avons commis .et subdélégué, et par ces présentes commettons et.subdéléguons le d.S.Boucault pour en là d.qualité de notre subdélégué, entendre et juger tous les différens et contestations qui naîtront entre les habitans du ressort et gouvernement de cette ville, qui n'excéderont pas la somme de 100 1.et pour en outre connaître de toutes autres contestations et affaires plus importantes qui luy seront par nous renvoyées le tout sans frais et sauf l'appel.pardevant nous, en témoin de^quoy nous avons signé et fait contresigner les présentes par notreySecretaire et .apposer à icelles le cachet dë nos armes fait en notre hotel à Québec, le 30 novembre g b y vingt-neuf Le 27 mars 1736, M.Boucault était promu lieutenant particulier de la prévôté dé Québec pour remplacer M.Couillard de Lespinay, décédé .Présenté au roi le 1er avril 1736 par le grand amiral de France pour succéder au même M.Couillard de Lespinay dans .sa charge'de lieutenant-général de l'Amirauté de Québec, il fut agréé et nommé le 1er avril 1736 \u2022¦ .Boucault - DE LONGUEIL » ' , \u2022 RAIMBAULT, fils.Nre Royal a>.M.Boucault ne fit aucune concession dans son fief.Il y avait vingt ans qu'il le possédait et il était encore en bois debout.Probablement pressé par les héritiers du baron de Longueuil de se conformer, aux règlements du Roi qui obligeaient'les seigneurs à défricher leurs terres et à y établir des censitaires, M.Boucault se décida à se débarrasser de son arrière-fief.x Le 2 avril 1743, M.Boucault cédait, quittait et transportait à Antoine de La Corne, sieur de la Colombière, officier dans les troupes du détachement de la marine, l'arrière-fief que lui avait concédé le baron de Longueuil le15 avril 1723, pour en jouir le dit sieur de La Corne de la Colombière, ses hoirs et ayant causé aux\" mêmes conditions qu'il lui avait été accordé.M.Boucault donnait son arrière-fief \"par amitié particulière\" et à la charge , pour M.de La Corne de la Colombière d'exécuter les conditions de l'acte de concession du 15 avril 1723 (2).Le 30 septembre 1742, M.Boucault formait une société de commerce avec Pierre Angers.Le document suivant signé le même jour par les deux associés nous donne des renseignements sur leur société.\"Aujourd'huy, trente septre mil sept cent quarante deux entre nous Nicolas-Gaspard Boucault et Pre Angers a été formé une société\" de commerce à moitié profit ou perte p.trois années à commencer de ce jour comme suit, sçavoir : (1) Archives judiciaires de Montréal.(2; Acte de Boisseau, notaire à Québec, le 2 avril 1743. archives de quebec 7 .\"Que moy Boucault ay fourni et avancé'à lad.société le batteau le St-Antoine avec ses agrès et appareaux tel qû\"il est à présent en rade pour la somme de cinq mil deux cent quarante livres, en outre des effets et marchandises pour- la Cargaison et l'armement du: dt.batteau montant lé tout ensemble suivant l'état de nous arresté double à la somme de neuf mille sept cent quarante quatre livrés dix >neuf sols six deniers ; \"Que je fourniray pareillement les autres^années et sur les retours qui seront faits et profits lés marchandises qui seront nécessaires pour continuer le d.commerce, suivant les mémoires que me donnera^le d.sr.Angers aux prix courants ; \"Que moy d.Angers irai avec le bâtiment et carguaison au Petit Dégrat ou dans tous autres ports trouvés bons pour y négocier.,,.' v \\ '.' .\"Pourra vendre ou échanger le d- batteau, et en achepter un autre.\u2022\u2022 \"Remettra le, d.Angers à moy Boucault les retours de ses gestions jusqu'au parfait payement des d.batteau et carguaison pour après les profits estre partagés par moitié.\"Le^d.Angers sera nourri pendant le d.temps par la société et ne payera les marchandises dont il aura besoin p.son usage, et desquelles il tiendra un compte particulier, que le prix de la^ facture^.\"Ladite société formée de bonrï^foy entre nous d.Boucault et Angers, qui promet de ne faire auq^un commerce particulier, et de ne travailler que p.le bien et avantage de la d.société à l'effet de.quoy il tiendra jin, compte exact des ventes et troques qu'il fera ainsy que des dépensés utiles, p.en compter avec mon d.Sr.Boucault et répondre à sa confiance,\" approuvant dès à présent tous achapts, etc, faits en conséquence dtTprofit commun par l'un ou par l'autre.Fait dbl.à Québec les jour et an que dessus.' Boucault, .- \u201e ' Angers\".- (1) , (1) Pièce déposée dans le greffe_tju notaire Boisseau, à Québec, le 16 juillet 1743. 8 ARCHIVES DE QUÉBEC A l'été de 1743, M.Boucault, à la veille de passer en France et n'ayant aucune nouvelle de son associé parti pour aller faire la traite au Petit Degras dès les premiers jours du printemps, donnait procuration à ses amis Philippe et André Carrerot pour veiller à ses intérêts.\"Quoiqu'il ait toujours le même esprit de confiance dans la probité et bonne conduite du d.s.Angers, comme il pourrait être arrivé ou arriver quelque accident imprévu contraire au bien de sa société, pourquoy se trouvant dans les personnes de MM.Philippe et André Carrerot, des amis qui veulent bien se charger de veiller avec toute la discrétion possible à l'intérêt qu'a le d.sieur comparant dans ce rencontre, il leur donne par ces présentes plein et entier pouvoir en cas d'accidents par mort ou autrement et en tout événement contraire aux intérêts du d.s.comparant de le représenter et de réclamer tout ce qui peut appartenir à la d.société ou en provenir directement ou indirectement., promettant d'avoir pour agréable tout ce qui sera fait par l'un ou par l'autre des d.s.Carrerot Nicolas-Gaspard Boucault qui, comme tous les fonctionnaires de la colonie, recevait un traitement de famine, essaya d'améliorer sa position en se livrant à l'industrie de la pêche.» En 1733, il formait une société avec Françoi§ Foucault, conseiller au Conseil Supérieur, pour faire l'armement d'une goélette du port de quatre-vingts tonneaux la Saint-Michel.Les deux associés engagèrent dix-sept hommes d'équipage et mirent à leur tête le sieur Cheron, capitaine de navire.La Saint-Michel partit de Québec le 27 mai 1733 et se dirigea vers le Labrador, afin d'y faire la pêche au loup-marin.L'expédition ne revint\" à Québec qu'à la fin d'août 1734.La Saint-Michel rapportait cinquante barriques d'huile de loup-marin et quelquespelleteries.Le résultat n'était pas brillant car les frais de l'expédition se montaient à 17,000 livres.Au cours de son voyage, Cheron avait pu se rendre compte que l'île du Grand Saint-Modet, située à environ trois quarts de lieue de la rivière des Français, était un poste excellent pour la pêche au loup-marin.MM.Foucault et Boucault se décidè- (1) Procuration devant Boisseau, notaire à Québec, 16 juillet 1743. ARCHIVES DE QUÉBEC 9 rent-à en demander la concession.Elle leur fut accordée le 27 avril.1735 par MM.de Beaiiharnpis et Hocquart.- Quelques semaines plus tard, le 12 mai 1735, MM.Boucault et Foucault faisaient l'arrangement suivant avec M.Cheron pour l'exploitation de la concession du poste de Saint-Modet qui venait de leur être accordé :.r .\"Nous soussignés reconnaissons avoir cédé à Mr Cheron un tiers dans la concession du poste de St-Modet scitué à LaBrador qui nous a esté accordé par Messieurs les gouverneur et intendant de ce pays le vingt-sept avril dernier pour en jouir par luy personnellement et par indivis avec nous,,pendant tout le temps de la d.concession de laquelle nous luy avons remis l'original entre les mains, à la charge qu'il ne pourra céder le d.tiers à qui que ce soit et qu'il fournira son tiers pour l'exploitation du d.poste.Fait à Québec le douze may 1735.*' Boucault Foucault.\" ( ) En 1735, MM.Foucault, Boucault et Cheron envoyèrent de nouveau la Saint-Michel à la côté de Labrador, avec un équipage de trente hommes.L'année suivante, en 1736, les trois associés équipèrent deux vaisseaux et employèrent cinquante hommes à leur industrie de pêdhe.Le résultat des saisons de pêche 1735 et 1736 fut plutôt maigre.Mais l'année 1737 leur donna des résultats magnifiques qui leur permirent de payer leur déficit des années précédentes et de compter sûr l'avenir.C'est juste au moment où MM.Foucault, Boucault et Cheron fondaient les plus belles-espérances sur leur entreprise qu'ils rencontrèrejit un obstacle qui dérangea tous leurs plans et le§ mit à deux doigts de la ruine; , Le 18 mai 1713, MM.de Vaudreuil et Bégon avaient accordé; au sieur Pierre Constantin une concession de trente lieues de terre de front sur dix lieues de profondeur à la côte de Labrador.Trois ans plus tard, le 3i mars 1716, lé Roi avait donné une autre concession à Constantin au même endroit de quatre lieues de front sur quatre lieux de profondeur.(i) Pièce déposée par M.Cheron, le 13 mai 1735.au greffe de M.Boisseau, notaire à Québec. 10 ARCHIVES DE QUÉBEC Constantin prétendit que l'île du Grand Saint-Modet se trouvait dans la concession qui lui avait été accordée par le roi le 31 mars 1716 et il réclafia énergiquement .sa propriété.Le différend fut temporairement arrangé par un règlement de MM.de Beauharnois et Hocquart, le 18 avril 1738 u).- Quelques jours plus tard, le 1er mai J738, l'intendant Hocquart essayait de mettre fin à la dispute .en concédant à MM.Foucault et Boucault, pour dix ans, le lieu nommé Apétepy, aussi situé à' la côte de Labrador (2).Cette concession fut ratifiée par le roi le 6 avril 1741 (3).MM.Foucault, Boucault et Constantin n'en continuèrent pas moins à se chicaner pendant deux ou trois ans au sujet de la concession de l'île du Grand Saint-Modet.Un des frères de Nicolas-Gaspard Boucault, Gilbert Boucault de Godefus, vécut aussi dans la Nouvelle-France.Il fut d'abord employé comme écrivain dans le&fbureaux de la marine à \"Québec(4).\"Sn 0 Le 27 août 1736, l'intendant Hocquart nommait Gilbert Boucault de Godefus notaire dans le gouvernement de Québec, pour remplacer Henry Hiché qui venait de recevoir l'emploi de procureur du Roi à la prévôté de Québec45'.Trois années plus tard, le 17 octobre 1739, Gilbert Boucault.de Godefus acceptait du séminaire de Québec la charge de juge bailli de la seigneurie de Beaupré, en remplacement du notaire Jacques Barbel, résignataire.Lors.de la résignation de Nicolas-Gaspard Boucault, Gilbert Boucault de Godefus fit.des démarches pour lui succéder dans sa charge de lieutenant-général de l'amirauté.Mais l'intendant Bigot informa le ministre qu'il ne lui semblait pas propre à Occuper cette position, et il ne fut pas nommé.Gilbert Boucault de Godefus retourna en France en 1756.\u2014 - A± (1) Ordonnances des Intendants, cahier 36, T.90.(2) Ordonnances des Intendants, cahier 26, f.104.(3) Rapport sur les Archives du Canada pour 1904, p.285.(4) Archives du Canada, Correspondance générale, vol.68, p.235,11 octobre 1737.(5) Ordonnances des Intendants, cahier 24, f.-97. ARCHIVES DE QUÉBEC 11 ÉTAT PRÉSENT DU CANADA, DRESSÉ SUR NOMBRE DE MÉMOIRES ET CONNAISSANCES ACQUISES SUR LES LIEUX, PAR LE' X .SIEUR BOUCAULT (1754) IDÉE GÉNÉRALE DU CANADA OU DE LA NOUVELLE-FRANCE Ce continent fut découvert par des pêcheurs bretons l'an 1504 ; reconnu par Thomas Aubert, de Dieppe, en 1508 ; par Jean Verazany, florentin, au nom du Roy François premier en 1523 ; par Jacques Cartier en 1534 et 1535 ; depuis occupé de l'autorité de .nos Roys_et connu sous le nom du Canada, par corruption de Cacanada, qui signifie pays aquatique et montagneux, nom qui lui avait été donné par les sauvages.Le Canada, ou la Nouvelle-France n'est proprement borné au Nord que par la Baye d'Hudson, à l'Est par laftier et l'isls de Terre-Neuve, au Sud et au Sud-est par les colonies anglaises, au Su'd-est par la Louisiane, à l'Ouest^par les terres espagnoles.et par des terres ou des mers inconnues ; il était plus considérable avant h traité d'Utreck, par lequel le roy a cédé à la reine d'Angleterre et à ses successeurs, à perpétuité, la Nouvelle-Ecosse, ou l'Acadie, conformément à ses anciennes limites, la ville de Port-Royal, l.'isle de Terre-Neuve, et la Baye d'Hudson.¦ ' , Son étendue actuelle comprend.1\":.L'isle Royale qui est à l'entrée du golfe de Canada, (St-Laurent), avec toutes les isles qui se trouvent dans cette baye.2''.-.La terre ferme de l'Acadie, le long.de la presqu'isle d'Acadie, jusqu'à la mer, et ce qui se trouve' jusqu'à la Nouvelle-Angleterre, en tirant à l'Ouest.3\".La terre ferme de Labrador, at toutes les côtes maritimes qui se terminent ( et s'étendent du Détroit de Belle-Isle jusqu'à la Baye d'Hudson.4\".Toutes les terres aboutissantes au fleuve de St-Laurent, depuis son embouchure jusqu'à sa source, et à celle de toutes les rivières qui s'y déchargent.C'est sur les rives du fleuve St-Laurent, et des rivières principales qui s'y déchargent que la colonie française est établie, toute la profondeur n'est habitée en partie que par les diverses nations sauvages.- ~ La ville de Québec, capitale du Canada, est située sur.le bord dû fleuve du côté du Nord, à cent vingt lieues de' son embouchure. 12 ARCHIVES DE QUÉBEC A trente lieues au-dessus de Québec, on trouve la ville de Trois-Rivières, et à trente ' lieues au-dessus de la*ville de Trois-Rivières, on trouvera ville de Montréal, «cituée dans une fort belle isle.Le terrain le plus habité est depuis trente lieues ou environ au-dassous de Québec, jusqu'au dessus de l'isle.de Montréal, les habitations y sont contiguës et tout y est habité., .A six lieues ou environ.de la ville de Montréal, dans les terres du côté sud, on trouve le fort de Chambly, scitué sur la rivière de Sorel, qui défend les avenues delà Nouvelles-Angleterre._.Dans l'isle de Montréal, au-dessus de la ville, il y a plusieurs petits forts qui ont été construits dans les premiers tems de l'établissement, pour empêcher les incursions des sauvages iroquois.\u2022 e Arsoixante lieues ou environ au dessus de l'isle de Montréal, dans un lieu nommé, en terme sauvage; Calarakouy, on trouve le fort de Frontenac, sur le bord du lac Ontario, au travers duquel le fleuve St-Laurent passe ; ce fort a été bâty pour contenir les Cinq-Nations d'Iroquois, qui ont leurs villages en haut de a lac, le long de la côte méridional.?.Il est difficile d'assigner au juste, la source du fleuve St-Laurent, à^çause de la quantité de rivières peu donnues qui composent le lac Supérieur, d'où sort ce fleuve, au lieu nommé le Saut Sainte-Marie ; là, il entre dans le fee.Huron, qui, ayant reçu les eaux du lac Michigan, autrement lac des Illinois, reprend la forme du fleuve au-dessus du lieu nommé le Détroit, puis ayant formé le lac Erié, et couru à l'Est, au travers de ce lac, il revient au Nord, tombe par la fameuse chute de Niagara dans le lac Ontario, et continue sa course jusqu'au fort de Frontenac, en sorte que depuis son entrée dans le lac des Hurons jusqu'à ce fortf il forme un grand demi-cercle.Sur le bord du Détroit par lequel le fleuve passe du lac des Hurons dans le lac Erié, il y a, à gauche en montant, un fort appelé le fort du Détroit, ou le fort Pontchàr-train; qui est éloigné de trois cents et quelques lieues de Québec, et où il y/ a des habitations françaises ; il y a aussy des postesFrançais aux environs du lac Erié.__Il y a encore un poste distant de Québe« d'environ tr^is cents lieues, et de plus de cent du fort de Détroit, et se nomme Missilimakinàc ; il est scitué tout au haut du lac des Hurons, sur.le rivage de ce lac, à gauche en remontant, à demie lieue de l'embouchure du lac Michigan, appelé par quelques-uns, lac des Illinois ; aux environs de ce poste, il y a plusieurs villages sauvages, principalement d'Outaouais, c'est un entrepost fort commode aux Français pour la traite avec les Sauvages^ le plus court chemin pour y aller est de remonter la grande rivière des Outaouais ; on la trouve à six lieues de Montréal, du côté du Nord, on la remonte environ cent quarante lieues, au bout duquel on trouve, à gauche, une rivière qui vient du lac Nippissing, qui est par les 46 degrés et quelques minutes de latitude nord, et de ce lac on fait un portage jusqu'à une autre / 13 rivière appelée la- rivière des Français qui se décharge dans le lac des Hurons, on évite par ce moyen, le tour du demi-cercle que fait le fleuve jusqu'au haut du lac des Hurons Il y a encore dans le lac Supérieur, plusieurs postes occupés'par les Français, l'un' des plus anciens est celui de Kaministigoyan, scitué du côté du Nord, ce fort avait été construit en 1683, par deffunt Daniel Greysolon, Sieur du Luth, Claude de Greysolon, Sieur de la Tourette, y a commandé.Le gouvernement de la Nouvelle-France ne se borne pas du côté de l'Ouest et du Nord-Ouest au lac Supérieur, ny même aux sources du fleuve St-Laurent ; les Français ont, depuis plusieurs années, occupé plusieurs postes dont le détail serait trop long.pour ce mémoire, mais tout ce qu'on en,peut dire, c'est qu'il paraît qu'il y a beaucoup plus loin du lac Supérieur à ces derniers postes, que deMontréal aux extrémités-fas plus éloignées du lac Supérieur.* '.' Le Pays de Louisiane avait été subordonné à ce gouvernement par lettres pattentes du mois de septembre 1712, par lesquelles il avait été accordé au sieur Crozat le privilège d'y faire commerce exclusif pendant quinze ans, et par les mêmes pattentes, le pays des Illinois.avait été uni au gouvernement général de la Nouvelle-France, mais le pays de la Louisiane, a été.démembré de ce gouvernement par les lettres pattentes du mois d'aoCt 1717, portant établissement de la Compagnie.d'Occident, et le pays des Illinois a aussi été dérriembré du même gouvernement, par arrêt du Conseil d'Etat, du 27 septembre de la même annfe 1717, qui a uni ce pays à la province de la Louisiane, en faveur de la mêrrie Compagnie ; il n'y a que pour le spirituel que ces pays étaient restés dépendants de l'évêché de\\Québec, cependant depuis que la Compagnie des Indes a remis au Roy la Louisiane, l'administration du temporel a été rétablie sur le même pied qu'auparavant, excepté que les Illinois sont sous l'autorité immédiate du gouverneur particulier de la Louisiane, qui lui-même reconnaît le gouverneur général de la Nouvelle France pour son supérieur.-._ La ville de.Plalsance, scituêe en l'isle de\u201eTerre-Neuve avec une partie de cette isle, et toute la province de l'Acadie qui sont, l'une à droite, l'autre à gauche de l'isle Royalle, étaient aussi du gouvernement général du Canada, de même que la baye d'Hudson, au Nord, mais la tout a été cédé aux Anglais par le traité d'Utreck.Je rie feray point icy l'énumération de tous les peuples sauvages qui sont répandus dans le continent, ny de la position des uns à régârÊFdef autres ny de l'étendue particulière qu'ils occupent, les cartes cy-jointès e*i donnent une idée assé juste et il en sera ; fait mention dans le détail du pays que nous occupons entre eux, autant que leur position ou leur commerce est ou peut devenirThtéressant à la colonie.Mais pour n'être point engagé à des (répétitions trop fréquentes dans ce détail, j!ay cru qu'il convenait auparavant de/fonrier une idée générale de ces peuples, avec lesquels nous avons eu, et nous entretenons le commerce.Toutes les nations qui occupent cette estendue de pays, viennent des Sioux, des Algonquins, et des Hurons, que divers interests en ont séparés et leurs différents dialectes dérivent de ces trois langues mères.ARCHIVES DE QUÉBEC 14 ARCHIVES DE QUÉBEC L'air est généralement bon et sain dans toute cette étendue de pays.L'hiver y est très rude et étonne facilement ceux qui n'y sont pas faits\"; les premières gelées sérieuses arrivent ordinairement vers la fin d'octobre','elles remplissent en peu de temps les rivières de glaçons, bientôt après la terre est couverte de neige qui y séjourne l'espace de 6 à 7 mois, et-s'élèvent communément à la hauteur de 6 à 7 pieds ou le vent n'a point de prise, le bois à la vérité, y est très commun, fournit des moyens de se précautionner centre le froid, qui bientôt y devient extrême.et empiète beaucoup sur le printemps, ce qu'il y a de plus ennuyeux, c'est que pendant ce temps glacial, la neige qui éblouit lorsqu'il fait soleil, nous cache toutes les beautés de la nature, et ne laisse plus de différence entre les rivières et les campagnes.Lorsque le ciel est serein, il souffle de la partie de l'Ouest.un vent qui coupe le visage, s'il tournèHu sud ou à l'est, le temps s'adoucit un peu, wis alors il tombe une neige si épaisse qu'on ne voit pas à 10 pas en plein midy, un vent succède tantôt du Nord-Est, tantôt du Nord-Ouest, qui par son froid rend la neige en poussière, et l'enlève comme 11 fait de cette dernière sur la terre dans les sécheresses de l'été ce qui s'appelle tems de poudrerie, qui remplirait les maisons de neige si on n'avait la précaution d'en fermer les moindres ouvertures.Malgré ce qu'on a à souffrir de la rigueur du froid, l'on est encore réduit à souhaiter qu'il ne discontinue pas, parce que s'il survenait un dégèle dans les formes, les provisions de viandes grosses, les volailles et les poissons qu'on a empaillés et mis dans le, grenier depuis Noël, sur la foi de la bonne gelée, se trouveraient en risque de se gâter, ou au moins, de n'avoir plus la même substance dans le cas indubitable où une nouvelle gelée les reprendrait, parce que le dégel leur aurait fait perdre tout le suc.L'habitant, pour ménager son fourage, tue, à la fin de décembre, toutes les bêtes dont il veut se défaire, et les expose à la gelée pendant une seule nuit, ce qui les rend dures comme pierre, ensuitte sa provision faite, il apporte dans les villes ce dont il veut se défaire, les bœufs par quartier, ses moutons habillés entiers ou par moitié, et sa volaille en plume, ce qui engage un chacun de s'aprovisionner ; le poisson ne peut être péché qu'à travers la glace par des trous que les habitants font de distance en distance d'environ 12 à 15 pieds d'éloignement, faisant gagner d'un bout à 4'autre le maître bout d'un filet qui est chargé, au bas, de roches croisées et attachées, ou de calles de plomb pour tenir le filet en respect contre le courant et faire prendre le poisson dans les mailles.Les filets ont des mailles plus ou moins grandes, et sont mis en usage selon l'expérience et le jugement des habitants, qui occupent les différents endroits, où il'semble que la Providence ait permis la fréquentation, et le passage de certains gros poissons, plutôt d'un côté du fleuve que d'un autre ! Exemple, dans le chenail du sud du fleuve: St-Laurent, au-dessus du lac St-Pierre, en allant à l'isle du Pas, il se pêche des poissons de toutes espèces, comme brochets, maskinongés, poissons dorés, achigants, \"crapcts, carpes\u201e de deux espèces, éturgeons maillés et autres, .:mais beaucoup plus de moyens que de gros, et au-dessous de cette isle, en revenant vers la ville des Trois-Rivières, ARCHIVES DE QUÉBEC .^ sur le lac St-Pierre, qui -a plus dé sept lieues de tour distant d'environ deux lieues de \u2022 cette ville, il se pêche, en hiver, par des trous faits sur la glace, comme il est cy-devant dit', de£ poissons d'une beauté sans pareille, pour leur grosseur, comme brochets, depuis .deux pieds jusqu'à trois ou quatre pieds de long, des maskinongés, nommés àinsy en .sauvage, à peu près ressemblants au brochet, qui ont 4 ou 5 pieds de long, des poissons de toute beauté pour la grosseur et grandeur, ainsy que des achigants, poissons blancs et autres espèces.-' .\u2022\u2022 Cett?peschesur les glaces se fait par les habitants au-devant de leurs habitations; plusieurs voisins pour leur grand avantage s'unissent ensemble pour barer plus d'étendue d'eau, et lorsqu'ils veulent tirer leurs filets, par ces trous, dont le bout du maître du filet est amarré ou attaché à une perche entrée dans la glace à côté du trou, ils sont obligés avec la hache de refaire de nouveau ce trou, qui le plus souvent a plus de 5 à 6 pouces d'épaisseur de glace formée du jour au lendemain ; le poisson qu'ils en tirent meurt presque à l'instant, ils, le laissent sur la glacé où il gèle en peu de tems à devenir dur comme pierre, et lorsqu'ils en ont de quoy remplir une carriole, autrement traîneau, en chargent.une traîne comme de bois de corde ils apportent dans les marchés des villes, pour le vendre, ceux qui en font leurs provisions, se servent de la scie ou de la hache lorsque lé poisson est trop gros et trop long pour n'en prendre qu'à leur besoin, élT' étant ainsy gâté et bien entouré de paille, il se conserve jusqu'au dégèle et pour en faire usage-on jette le poisson ou le morceau dans l'eau froide pour le faire dégeler, et en une heure l'opération est faite, il se fait une loque de glace tout autour, laquelle étant ôtêe le poisson se trouve comme s'il sortait de' l'endroit ou il a été péché et presque aussi bon.Outre ces approvisionnements de poissons on a encore la morue verte et sèche, et par dessus tout, les anguilles qui sontfort abondantes dans le gouvernement de Québec, et que l'on a la précaution de sailer dans des quarts et cuves dès l'automne.Les légumes se gardent dans les caves bien fermées, elles perdent beaucoup de leur vertu par le long tems qu'elles y sont./ Lorsque le mois de may est venu, l'on goûte d'autant mieux la douceur de la saison, qui fait pour ainsy dire renaître, qu'elle succède à une très rigoureuse que l'on vient'de passer ; la chaleur de l'été qui vient subiternent, fait voir en moins de 4 mois les semences, la récolte, la sérénité de l'automne pendant lequel on jouit pour l'ordinaire d'une suitte de beaux jours, ce qu'on voit rarement dans la plupart des provinces de France, fait encore un nouvel agrément mais qui n'est point long tout cela joint à la liberté dont on jouit dans le pays, formë^ine compensation qui.fait trouver aux Canadiens-Français et aux Français qui y vont annuellement, le séjour pour le moins, aussi agréable que celui du Royaume, enfin, il n'est pas de climat plus sain que celui-là, il n'y règne aucune maladie particulière au pays ; celles que j'y ay vu régner, étaient apportées par les vaisseaux français ; il y a cependant, quelques femmes attaquées de gouttes, ce qui provient, à ce qu'on prétend, des eaux de neiges.¦; ¦' \u2022 ' ¦ ¦; '¦ ¦ .i ¦ 16 .ARCHIVES DE QUÉBEC Les campagnes et les bois y sont remplis de simples ; les arbres y distillent des baumes d'une grande vertu, tels que les pins et épinettes, l'érable et la plaine qui est la femelle de.?les sapins forment autour du gros de l'arbre des vessies grosses comme des petites noix, lesquelles étant percées distillent le beaume où gomme très clair dont bien des habitants se servent pour la médecine et pour les blessures de coups de haches quand il leur arrive de se blesser en bûchant.Les érables et plaines rendent dans la fin de mars, lorsque les jours sont bien beaux, et que le soleil répand sa force la neige étant au pied des arbres d'environ 5 à 6 pieds de haut/une sève qui commencée monter, et qu'on tire de l'arbre par des entailles en pentes faites à coups de hache, cette sève qui est une eau très claire un peu ambrée et agréable à boire, découle de ces arbres et par conduites d'écorce remplit les vaisseaux que les habitants mettent pour la recevoir, et lorsqu'ils en ont remply plusieurs cuves ou banques, ils font bouillir cette eatt dans de grandes chaudières qui à force de consommer se réduit en sirop et ce dernier étant fait ils le mettent tout chaud dans d'autres vaisseaux qu'ils font d'écorce ou autres qu'ils ont pour se prendre en sucre et lui donner la ' forme qu'ils veulent.D'une banque d'eau réduite ils en tirent environ 20 à 25 livres de sucre, dont ils font usage en un petit commerce.La colonie y renferme assé de noblesse et pour bien dire plus que toutes les autres colonies ensemble, elle descend de plusieurs officiers du régiment de Carignan-Salières que Louis XIV yenvoya en____, et auxquels Sa Majesté a permis de s'v établir ; beaucoup de ceux qui y sont restés ont pris des terres de différentes étendues, dont les conees- sions leur ont été accordées à titre de haute, moyenne et basse justice par Mssrs les gouverneurs générais et intendant, au nom du Roy et de la Compagnie de la Nouvelle-\u2022 France, et du Domaine d'Occident, qui existait alors, ils ont établi ces terres auxquelles ils ont donné leurs noms, et établi des domaines avec bien de la peine car tout était en bois debout, mais pour faciliter ces établissements, Sa Majesté permettait de donner des congés aux soldats qui prendraient des concessions particulières à titre de cens et rentes, et leur accordait une année de solde en s'établissant indépendament d'autres secours d'ustensils, outils et vivres qu'on leur fournissait des.magasins du Roy, pour les mettre en état dans les premières années de faire des déserts et de faire de la terre à la pioche pour ensemencer et de ces tems on permit comme il subsiste encore à bien des familles de France de s'y aler établir cela a occasionné à bien des ports de la Normandie et autres dè profiter de ces permissions et d'y former de belles terres et dans ce même tems aussy on fit passer des filles de joye et autres sans aveu qu'on adressait, à Québec, à une nommée Mme Bourdon qui les retirait et les tenait jusqu'après le départ des vaisseaux.(Fausseté}.Ensuite, les soldats congédiés pour s'établir sur les terres, et ceux qui ne pouvaient garder la continence et qui étaient bien aises de défricher aussy, demandaient leurs congés, des terres et des femmes, elles leur étaient accordées à leur choix ; dans la première entrevue et au coup d'oeil, la bande féminine était rangée en haye, chacurr ARCHIVES DE QUÉBEC 17 prenait sa compagne dont il était tenu registre pour le bon ordre, ensuitte on passait à la célébration du sacrement ; et en faveur du mariage, outre l'année de solde accordée aux soldats on leur donnait encore pour dot, la somme de 50 lbs, ce qui s'est continué jusqu'en 1717, que la colonie se trouvait assé bien établie, le sieur Charon, l'un des bienfaiteurs de l'Hôpital-Gênéral de Montréal, étant passé en France sollicita et obtint * du Conseil de la marine, les mil écus, à quoy avait été réduit le fond annuel pour 60 \u2022mariages.de filles, et les fit destiner pour l'entretien de plusieurs maîtres d'école qu'il \u2022avait entrepris d'établir tant dans son hôpital qu'aux Trois-Rivières, et dans quelques paroisses de ces deux gouvernements.Pour revenir aux Sauvages, ils s'adonnent peu, ou pour mieux dire, point dù tout, à la culture delà ferre ; ils laissent ce soin à leurs femmes qui n 'y font pas grandes façons, elles choisissent autour de leur village, (car il n'est point touché aux terres labourées ' par les Français) les endroits qui leur paraissent les plus propres et là, elles font des troux larges d'environ deux pieds en carré et éloignés les uns des autres à peu près d'autant; après avoir remué la terre dans chaque trou elles y plantent un certain \"nombre de grains de bled d'Inde qu'on nomme en France, bled de Turquie, elles font autant de trous qu'elles croient en avoir de besoin, pour planter le bled nécessaire pour la subsistance d'une famille.Elles plantent aussi dans de pareils trous des citrouilles du pays bien plus petites -que celles de France et de différentes formes qui ont la chair jaune comme les melons et qui sont excellentes à manger, étant cuites sous les cendres.Les Français en font des confitures, qui.imitent la marmelade d-'apricots, pour les morceaux qui ne se conservent point entiers, dont le goûè approche de celui des coins.¦.Après que le bled d'Inde est sorti de terre, elles plantent autour de chaque tige des fèves d'haricots lesquelles en croissant, montent autour de ces tiges qui leur servent d'eschalats.'\"\" Ce sont là toutes les cultures et plantations des Sauvages, c'est-à-dire des femmes et des filles car pour les hommes et les garçons leur principale application est à la chasse et à la pesche, ils font parfaitement bien les canots d'écorce, pour naviguer sur le fleuve, sur les lacs et sur les rivières, les avirons dont ils se servent sont très proprement faits, ils font aussi des gamelles de bo\\s, ,et d'autres d'écorce d'arbres qu'ils appellent des ouragan?, de?mortiers de bois pour piller leur bled d'Inde, dont\" ils font une espèce de bouillie qu'ils nomment de la.sagamité, des arcs et des flèches armées d'une pierre ou d'un os taillé et éguisé qui perce comme si c'était du feu, des pipes de pierres rouges et grises, tes derniers, qu'ils noircissent à la fumée et qu'ils nomment des calumets, et quantité d'autres ouvrages de cette nature, sont finis avec propreté et une patiance admirable.Ils no sont point dans l'usage de se servir de sel dans ce tout ce qu'ils mangent, et ils conservent les viandes et les poissons en les faisant boucaner c'est-à-dire fumer.\u2022 5300v-2 18 ARCHIVES DE QUÉBEC Les Sauvages sont.très adroits à toutes sortes dé chasses et de pesches, ils se servent de fusils et de fteches quand la'poudre et le plomb leur manquent ; ils font aussi des pièges qu'ils appellent des attrapes ; comme ils vont en chasse fort loin, ils partent, l'automne, et ne reviennent qu'au printemps qui ne commence-en ce pays-là, qu'à la fin d'avril, et le plus souvent au mois de may, ayant vu plusieurs, fois le pont de glace qui se forme sur le fleuve au devant de Québec, malgré le flux et le reflù^ de la mer, se conserver jusqu'au 4 et 5 de may et notamment en 1743 ou 44 où il se soutint jusqu'au neuf, qu'il partit.lorsque ces années arrivent, les habitants de la ville vont ordinairement y planter un may dans le large, et le traversent à pied, avec les précautions qu'ils ont de prendre une perche pour se conserver dans le cas où la glace, plus faible dans quelques endroits que dans d'autres, viendrait à manquer sou's leurs pieds, et faire le trou, alors la perche étendue sur les parties qui subsistent, les empêche de caller à fond ofl de passer avec le courant de l'eau sous la glace, et ils s'en retirent en assé mauvais état, plusieurs ont péri en pareils cas, mais les exemples ne retiennent pas la témérité d'aucuns, quixCntre-prennent de passer ou pour aller chez eux ou pour affaires, ou pour braver ledanger, tel est l'esprit du Canadien.Les Français qui ont obtenu les vingt-cinq congés que le Roy a rétabli par sa déclaration du 28 avril 1716 partent dans ce même temps pour aller dans les pays d'en haut traitter les pelleteries que les sauvages ont fait pendant l'hiver, et portent pour cette traitte les marchandises propres pour l'usage de ces nations.Les Sauvages qui sont domiciliés dans les pays d'en bas du fleuve, et dans les terres qui sont dans l'intérieur de la colonie, viennent pendant l'été et apportent leurs pelleteries dans les villes où ils traittent, c'est>àjdire les troquent avec les négociants et habitants, contre TeTmarchandises dont ils ont besoin.Ces pelleteries consistent en peaux de castor, de loutres, de martres, de chats sauvages, de renards, de pichous, de visons ou \"fouines, de peccans ou carcajoux, de rats musqués, de loups de bois, de loups cerviers, de loups marins, d'ours, de chevreuilles, de cerfs, de caribouts et d'orrignaux qui stmt d'espèce d'élants.Ils tuent aussy des porcs-épics, ils teignent le poil de ces animaux, en divers couleurs, et s'en servent à orner plusieurs de leurs ouvragesV Il y a peu de bœufs sauvages dans l'étendu?du Canada; on ne commence à en voir fréquemment qu'aux environs du pays des Illinois ; ils sont plus puissants que les plus gros bœufs de l'Europe, ils ont une bosse sur le dos, les jambes courtes, e,t le poil extrêmement long, et si fin qu'on peut le nommer laine ; les Sauvages en tuent et en traittent les peaux avec les Français, qui s'en servent pour mettre en hiver dans leurs carrioles et s'envelopper les jambes et plus de la moitié du cors étant assis., Les habilans du Canada ont la liberté de faire le commerce du castor entre eux dans l'intérieur de la colonie,' ils peuvent y vendre et acheter en castor ou s'obliger de payer en castors ; mais il n'est permis.à'qui que ce soit, habitant du Canada ou autres, de faire passer du castor, soit en France soit dans les pays étrangers. ARCHIVES DE QUÉBEC 19 On a reconnu depuis longtemps que la liberté du commerce du castor, tant en France que dans les pays étrangers, était préjudiciable à ce commerce, et pour en soutenir le prix et eh même temps la manufacture des chapeaux en France, on a choisi des personnes auxquelles oh a accordé le privilège exclusif de ce commerce ; c'était d'abord la Compagnie d'Occident qui a eu ce privilège pour 25 ans, par l'article second de l'édit de son établissement ; aujourd'huy c'est la Compagnie des Indes.Cette compagnie a un bureau à Québec tous les habitants de la colonie et autres qui ont du castor sont obligés de l'y apporter ; il est çezé et pour en payer la valeur le directeur du Bureau fournit des récépissés, qui se prennent en payment comme billets payables au porteur, et dans l'automne, l'agent à qui on les reporte, délivré des lettres de change sur la Compagnie à Paris, payables à différents termes selon la qualité du castor gras ou sec.v , ,.x Il y a donc deux sortes de castor, du sec et du gras, le sec est la peau du castor telle qu'elle sort de dessus l'animal, le gras est plus difficile à faire, il faut que les Sauvages passent plusieurs peaux de castor qu'ils en fassent des couvertes qu'ils portent ces couvertes pendant deux ou trois ans du côté du poil et du côté de la peau pour en faire tomber le grand poil et les engraisser en y faisant pénétrer par leur sueur les huiles dont ils se frottent ; il n'y reste après ce\" temps que le poil fin ou duvet,'lequel étant gras, sert à faire de§ chapeaux de pur castor parce qu'il est liant et qu'il lie le poil du castor Sec.Anciennement, les chapelliers mettaient un tiers de.sec avec deux tiers de gras, mais aujourd'huy ils ont troûvêUe secret d'y mettre plus de sec que de gras à l'imitation des Anglais à |la Nouvelle-Yorck, qui ont aussi trouvé celui de lier le castor sec seulement, et de faire des chapeaux de 3, 4 à 5 onces.' A l'égard de toutes lesautrés pelleteries chaque particulier les vend ou les envoyé à des commissionnaires en France pour les vendre, le commerce en étant absolument libre, dans la colonië^èt dehors.On traite aussy avec les sauvages, du capilaire qui est excellent, de la racine de gensens et du duvet de Moyac, dont le commerce est'de même libre partout.La racine de gensens a été découverte en Canada par le Père Laffiteau, Jésuite, en 1716, et il y en a au Jardin du Roy qu'il a envoyé en motte, on prétend qu'il est de même nature et propriété que le gensens de Tartarie si estimé à la Chine.Le duvet de moyac, autrement nommé de l'ydredon ou aigledon, est ramassé par les Sauvages et par les Français, par ces derniers lorsqu'ils vont faire la pesche du loup marin dans la coste de Labrador où il y a présentement quantité de ces peschés sédentaires établies tant audessus qu'au dessous de la baye Phelippeaux.Ces oiseaux nommés moyac sont en nombre si prodigieux qu'ils couvrent, pour ainsi dire, la surface d'une quantité d'isles et islets non boisés, qui se trouvent du côté du Nord ; et vers le milieu de may, ces oiseaux ayant fait leur ponte sur leur duvet dont ils se sont dépouillés pour conserver leurs œufs et les faire éclore, les Français pescheurs et les Sauvages vont en canots sur ces isles, font leurs provisions de ces œufs, dont ils 20 ARCHIVES DE QUÉBEC emplissent leurs canots, et arrachent de dedans- les crans dis rochers le duvet qui se trouve lié et meslé avec des mousses pour la solidité du nid.Ces œufs sont aussy-gros et même plus gros que les œufs d'oye.encorre que l'oiseau -soit deus fois plus petit.Ceux qui ont mangé de ces œufs en aumelette prétendent que les œufs qui ont été couvés et dont les petits sont formés, sont les meilleurs ; on en croira ce qu'on voudra, mais ils ont à leurs secours un grand apétit, que leur donne la dureté du travail de-la pesche du loup marin et l'air dévorant de ce pays.Ce duvet estd'une extrême chaleur ; on s'en sert à faire des jupons, des gillets.des mantelets, couvertures ou couvre-pieds ; si L'on tuait de ces animaux, le duvet que l'on en tirerait serait séparé et volatille comme celui des canards, oyes, et outardes, et ne serait propre qu'à mettre dans les lits de plumes, oreillers ou .traversins ; \\mais celui qui est pris dans leurs nids, est liant comme de l'ouette et du cotton ; onYétend si mince et si épais que l'on veut, ces oiseaux se l'arrachent eux-mêmes pour garnir leurs nids, et ils le rendent tels que l'on le trouve, on a seulement la peine de le netoyer des morceaux des petits jongs, de la mousse venant du fond des nids où ils se rencontrent ordinairement.\u2022 .Le bledr Les fruits français ont de la peine à y venir principalement à Québec, on ne peut y élever ni poiriers, ni abricotiers, ni-pesches, ni vignes, on en élève à Montréal en y donnant beaucoup de soins, pour les sauver des rigueurs de rl'hiver, les pommiers de toutes espèces et les pruniers viennent bien partout, et donne d'excellents fruits ; on y fait quantité de cidre aussi bien que celui de la basse Normandie.La terre y produit facilement et abondamment en fort peu de tems, et il y a lieu de croire que les neiges qui y tombent en abondance pendant l'hiver engraissent la terre et lui communique une espèce de nitre qui la rend féconde.On y fait comme en France tous les labours ou guérets en automne, mais on ne sème quoy que c* soit avant le mois de may qui y amène le printems ; quand ce mois aproche on voit les neiges qui sont souvent de 7 à 8 pieds de hauteur diminuer à vue d'ceil ; elles s'insinuent si doucement dans la terre qu'elles en grossissent n'y les rivières, n'y le fleuve, et quelques fois il est le 15 may avant que la terre soit totalement découverte, qu'ant-elle l'est et quelle est un peu ressuyée chaque habitant fait ses semences qui consistent à répandre les grains sur la terre, et en même tems y passer la hersé pour les recouvrir, on sème aussi sur les couches les grainnes de jardinage, de melons et de concombres, et lorsque ces grainnes semées sur couche sont levées et venues à un certain point de force, on replante tout ce qui doit être planté, le tout vient à merveille, et la récolte des grains se fait dans la même'saison qu'en France.On sème peu de seigles dans ce pays, quoy qu'il vienne bien, le froment qùîsi trouve, vient originairement du Nord, c'est un bled qui a la propriété de-produire et venir en maturité en trois mois ou environ ; il est assêbeau, mais plus petit que le bled trémois que l'on voit en France, qui est appelé bled de Mars, en quelques provinces. ARCHIVES DE QUÉBEC 21 Le-bled ordinaire de France n'y raporte'que de l'herbe au temps de la récolte.quant on ly sème au printems ; on en a fait l'expérience, un particulier en avait semé, crut que c'était du bled perdu, n'y voyant point d'aparehce d'epies lors de la récolte, mais seulement de grandes taies d'herbe, il y fit mettre ses bestiaux pour en tirer du moins leur nourriture, il ne laboura point la pièce de terre l'automne, et au printemps suivant il vit que ce bled était devenu beau et bien verd, il le laissa pour voir ce qu'il deviendrait, et il recueillit le plus beau froment qu'on peut voir, qui était mûr avant les autres bleds du pays.Si on pouvait être sûr d'avoir d\"e~ïa neige avant les grandes gelées, on sèmerait du bled de France qu'on nomme en ce pays bled d'automne, parce que les neiges les sauveraient des rigueurs de l'hiver, étant certain que la farine qu'il donne est plus solide que celle du bled Nord, mais dans l'incertitude on n'oze pas risquer ; néanmoins quelques particuliers en ont semé quelque peu chaque automne, et s'en sont bien trouvés.Il s'y fait un grand commerce de fleur de farine et des secondes que l'on fait mettre en quarts pour envoyer'aux isles de l'Amérique, on y envoyé aussy des poids vcrds de Canada, qui sont foft estimés même en France, on y envoyé encorre des pommes, des chevaux, des planches,.des madriers, des bordages, des bois à bâtir, des bardeaux (1) de construction pour les'bâtiments de mer.Les négocians de Québec envoyaient autrefois du biscuit de mer, des farines, des choux, des oignons! ails, eschalottes, pommes, herbes salçes, et de toutes sortes de légumes, et de racines, tant à Plaisance qu'aux autres postes, que nous avions en l'isle de Terre-Neuve, et aux environs, ils en envoyaient aussi en la province de l'Acadie, mais présentement que ces lieux sont aux Anglais, ils n'en envoyent qu'en l'isle Royale et en l'isle St Jean.\u2022 ¦ ', Il y a plusieurs moulins à scie aussi bien construits qu'en France, les bois de toutes espèces y étant très abondants, des particuliers y font construire tous les ans plusieurs bâtiments comme navires, frégattes, batteaux, barques et autres.^ On a établi à Québec depuis plusieurs années des chantiers de construction pour le Roy, tant audevant du Palais, sur la rivière St-Charles, qu'audevant du lieu nommé Cul de Sac de la' basse-ville, ja plus grande partie, même des-emplacements et maisons qui estaient depuis la Batterie Royalle jusqu'en deçà du Cap aux Diamants, ont été achetés pour le compte du Roy, pour être applanis et former ce chantier qui a deux lits de pièces sur pièces bien établis pour construire des vaisseaux de 70 à 80 pièces de canon.\u2022 Il y avait autrefois du tems de l'intendance de Monsieur Begon, une gaudronnerie royalle qu'il avait établie dans la coste de ce Beaupré, au.lieu nommé la Baye St-Paul, qui produisait beaucoup; et à l'imitation de cette entreprise, plusieurs habitants tant au Nord qu'au Sud du fleuve s'étaient .adonnés à ce travail ; il a été depuis quelques (1) Cèdre pour couvrir les maisons et des bois.V 22 * ARCHIVES DE QUÉBEC ' .' années assez négligé., il y en a cependant encore quelques-uns qui en font vers la Rivière-Ouelle, et le Kamouraska, qu'ils fournissent aux magasins, du Roy.Le chanvre vient fort beau au Canada, il s'y en fait néanmoins très peu à présent, et depuis que M.Bégon est sorti du Canada, parce que le prix a extrêmement changé, les habitans aiment mieux semer du lin pour leurs usages ; mais on.peut compter y avoir beaucoup de chanvre quant on voudra ce qui ne permet pas d'en douter est l'épreuve qui en a été faite pendant plusieurs années ; il y vient beau et d'une qualité plus forte que celui de France ; l'épreuve en a été faite à Rochefort, et il en a été dressé des procès-verbaux.\u2022 .< ' Si on voulait obliger chaque habitant dont l'HabitatiGin serait de 4 arpents de front, sur 20 de profondeur, d'en semer seulement un arpent en quarré et en superficie, et les autres habitans à proportion de c?qu'ils tiennent de terre, on aurait de quoy fournir et établir une corderie, pour fairs faire les cables et cordages nécessaires et une manufacture de toilles à voiles dont on aurait de besoin pour les vaisseaux de Sa Majesté, qui s'y construiraient y ayant actuellement une forge aux Trois-Rivières pour le compte du Roy qui produit du fer qui est aussi beau que celui d'Espagne, on n^aurait rien à désirer pour l'accomplissement du service, et en cas de guerre on ne serait pas exposé à perdre les agrès qui s'envoyent de France comme cela s'est vu dans la dernière guerre.Les negotiants de Québec envoyent à la pesche des morues, dont ils font aussi un grand commerce; cette pesche se fait aux environs de l'isle de Terre-Neuve dans le golfe du Canada, et dans le bas du fleuve St-Laurent, comme il sera expliqué cy-après.Dans les mêmes lieux se font les pesches des marsouins et des loups-marins qui1 fournissent une grande quantité d'huiles de poissons ; on y- fait aussy la pesche des vaches marines, qui ont deux dents ou crocs à la mâchoire supérieure, gros environ comme le bras, et long d'un pied et quelques pouces, elles s'en aident pour grimper sur les rochers, on employe ces dents comme l^voire, on pesche aussi dans le golfe du Canada des maquereaux qui sont fort bons ; on y faisait autrefois et dans le bas du fleuve la pesche des baleines, mais on n'y en voit presque plus ; les Basques ont pourtant recommendc cette pesche aux Sept-Isles avec assez de succès depuis 1730, jusqu'en 1745, que la guerre les a obligés de se retirer.On fait dans le fleuve.jusqu'à 20 ou 30 lieues audessous de Québec, une pesche très abondante de harengs et de sardines pendant le printemps et l'automne,\"on y pesche aussi et dans les rivières.q'ui s'y déchargent, des saumons, des alozes, des éperlans, des poissons dorés, des poissons blancs, des bars, des achigans, des masquinongés, des éturgeons et des anguilles.Le pays est abondant en toute espèce de gibier à poil et à plume, à l'exception du lapin n'y en ayant que de domestiques ;\\les perdrix qui sont une espèce de gelinottes' de bois et les outardes y sont fort-communs, outre les canards ordinaires.Il y en a qui se branchent qu'on nomme canards branchies ; ils sont excellents et d'un très beau plumage.On trouve dans les pays d'en haut depuis le fort Frontenac des dindes sauvages, des faisants et des cailles. ARCHIVES DE QUÉBEC 23 Au commencement du printems il vient des pays chauds une quantité inexprimable de pigeons ramiers que les vulgaires nomment tourtes, ils passent par bandes quelquefois de plus de deux à trois mille ; leur passage dure souvent plus de trois semaines et est général dans toute l'étendue du pays ; la chasse y étant permise à tout le monde, on entend tirer pendant tout ce tems depuis le matin jusqu'au soir, tant dans les villes que dans les campagnes ; ces oiseaux ne sont bons alors qu'à mettre en pâte ou au pot ; ils vont dans la profondeur des bois pour y faire leur ponte, ils cherchent surtout les lieux où il y a beaucoup de hêtres, parce qu'ils trouvent au pied de ces arbres leurs fruits, qu'on nomme fêne, ils en vivent et en nourrissent leurs petits, et quand ils sont assez forts pour voler ils les enmèhent dans les terres ensemencées, ils restent dans le pays jusqu'à l'automne, on en fait pendant ce tems une terrible destruction, so:t à ooups de fusils, soit avec des attrapes que les habitans nomment geôles, soit avec des filets on en prend alors plus de jeunes que de vieux, les jeunes sont les bons rôtis, ou sur le gril ; cet oiseau a la figure, la chair et le goût des pigeons bizets de France, il s'aprivoise aisément, on en nourrit dans les greniers avec du gru ou du bled, et en quinze jours ils sont comme pelotons de graisse, ils changent pour ainsy dire leur nature, leur chair devenant blanche.Il y a des années qu'il vient du nord pendant l'hiver une quantité à peu près semblable de perdrix, elles ont- en cette saison, le plumage blanc comme neige, le bec gros et noir, elles sont fort grosses et fort belles, la nature leur a donné de quoy se défendre du froid, elles ont des plumes le long des jambes jusqu'au bout des orteils, et le dedans ou dessous de leurs pattes est garni d'un poil touffu comme sont les pattes de lièvres ; elles ont la chair noire ; les jeunes sont bonnes rôties et les vieilles ne sont bonnes qu'en pâte, ou en pot.' Les lièvres de ce pays deviennent blancs l'hiver et reprennent leur couleur ordinaire au printemps, comme il y a beaucoup de sapinières dans le pays et que les graines et lés feuilles de sapinages sont leur principalle nourriture leur cîiair contracte cette odeur, ce qui les rend moins bons en hiver qu'en été, leur grosseur est dessous du lièvre trois quarts de Ffar/re- ' .Les autres animaux domestiques comme chevaux, bestes à cornes, bestes à laine ¦gf cochons y sont abondants les espèces en ont été apportées de France, ainsy que celles des volailles, tels que sont les canards barbotteux, oyes français, dindes, poules, pigeons, et lapins.¦¦ On a peine à croire que les hivers soient plus longs et plus rudes en ce pays qu'en France parce qu'il se trouve à peu près à la même hauteur du soleil ; mais il y a deux raisons de cette différence, la-'première que ce pays n'étant que bois, les neiges s'y conservent plus long tems et augmentent le froid en communiquant leur fraîcheur glaciale aux vents qui passent par dessus ; la seconde que ce pays étant plus voisin du nord, il est plus exposé au vent du Nord-Ouest, qui est d'un froid insupportable et qui règne continuellement pendant cette saison, ou pour mieux dire plus fréquemment que d'autres. 24 ARCHIVES DE QUÉBEC car si le Nord-Ouest soufflait toujours on ne pourrait pas paraître à la Campagne, c'est ce que j'ai observé dans le commencement.Tout n'étant que bois dans la profondeur des habitations, on ne peut juger que les habitans ne l'épargnent point pour leur chauffage, ils ne sçavent.ce que c'est que de faire n'y fagots n'y cotrets, ils laissent pourir dans la forêt tout^ce qui pourrait servir à en faire ou ils les brûlent sur le champ,' ou dans l'été lors qu'ils poussent leurs déserts et qu'ils essouchent, parce qu'alors les branches et tous les petits bois servent à brûler ces souches qu'ils déracinent pour faire leur terre.La chaleur en été y est aussi grande que le froid est violent et nide en hl Il est très important au bien du service du Roy .que cette place soit occupée par des personnes qui connaissent à fond les différentes nations sauvages, et qui sachent par expérience la manière de les conserver unies avec les français.\u2022 ARCHIVES DE QUÉBEC 35/j Il y a aussy à Québec un lieutenant de Roy, un major de la place, un capitaine d'artillerie qui commande un détachement de canoniers, et un maître canonier entretenu.La place de commandant des troupes qui étaient autrefois*en Canada ne subsiste plus depuis la mort de M.le marquis Dollogny qui a péri en passant en France en 1714, dans le vaisseau le Sl-Jérôme, Sa Majesté n'ayant pas jugé à propos de remplir cette place.Les maisons de la haute et de la basse ville sont bien construites, elles sont presque toutes.de pierre avec chaux et sable, il y en a-qui ne sont que de colombages, mais peu, et elles sont anciennes, étant deffendu à présent de construire autrement qu'en pierre à cause des incendies, il en est de même dans les autres-villes et dans la plupart des costes.Ces maisons sont couvertes pour la plus grande partie de bardeaux de cèdres, et de planches chevauchées ou en couteau, surtout dans les villes.On a aussi fait des deffenses de couvrir en bardeaux à cause du feu dont le bardeau est fort susceptible dans l'été, les moindres étincelles qui sortent des cheminées, rabattues par le vent étant capable d'y mettre le feu, comme il arriva en 1726, sur le toit de la Maison Blanche, qu'occupait M.Bégon, intendant, après l'incendie du Palais arrivée en 1725.Dans la partie de la basse-ville qui est sur l'angle vis-à-vis le fleuve, il y a une rué pour monter à la haute ville, il y en a une autre dans la partie qui est au fond de la baye de la rivière St-Charles, elles sont l'une et l'autre commodes pour les carosses, charettes, et autres voitures, il y a encore deux chemins pour descendre sur la grève, le long de la baye St-Charles l'un pour les voitures, et l'autre pour les gens de pied.La haute ville est présentement fortifiée en bonnes pierres de taille, revêtues de terrasses avec de bonnes batteries.Le Sr.Chaussegros de Léry, ingénieur, a été envoyé en Canada, en 1716, c'est lui qui à fait faire les nouvelles fortifications de Québec, sous les ordres de Monsieur le marquis de Beauharnois et Hocquart, il avait précédemment fortifiié la ville de Montréal, et dans les pays d'en haut, le fort de Niagara et celui de St-Frédéric qu'il a construit.Il y a à la haute ville, sur le bord de la coste vis-à-vis le fleuve, un fort qulcommande sur toute la partie de la basse-ville qui est audessous et sur toute la rade jusqu'à l'isle St-Laurent vulgairement nommée l'isle d'Orléans; dans ce fort est construit un château apellê le Château St-Louis, ce château a deux pavillons sur les aisles ; c'est la demeure du gouverneur général.Tous ceux à qui le roy a concédé des terres en fiefs, qu'on appelle terres et seigneuries dans ce pays sont tenus, par leurs titres de concession, de prester la foy et l'hommage, à ce château, mais c'est l'intendant et non le gouverneur général qui la reçoit.'Audessus de ce fort en remontant le fleuve il y a une redoute sur le haut du Cap aux Diamants qui est plus élevé que le fort.Le Conseil Supérieur de la Nouvelle-France tient sa séance à Québec,- il a été créé par édit du mois d'aoust 1663, sous le titre de Conseil Souverain.Il fut composé 36 ARCHIVES DE QUÉBEC -r* par cet édit du gouverneur général qui aurait la première place, de l'évêque qui aurait la seconde, du premier ecclésiastique en l'absence de l'évêque, de cinq conse 11ers, du procureur général, et d'un greffier ou secrétaire, tous ces officiers devaient prester le serment entre les mains du gouverneur ,et de l'évêque qui les pourraient changer ou continuer au bout d'un an.Ce pouvoir causa plusieurs différends entre le gouverneur et l'évêque, l'un voulant changer des officiers que l'autre voulait maintenir ; pour le terminer, le Roy donna' une déclaration le 5 juin 1675, qui rend fixes les places des officiers du Conseil, règle le nombre des conseillers à sept, érige ces sept places, celles du procureur général et du greffier ou secrétaire, en autant de charges, ordonné que le grand vicaire de l'évêque, n'aura séance en ce conseil, que lorsque l'évêque sera absent du pays, et que l'intendant qui n'aura que Û troisième place, recueillera les voix, prononcera les arrêts, et fera toutes les fonctions de premier président.,.Jusqu'au jour de .l'enregistrement de cette déclaration, le gouverneur général qui a la première place avait toujours fait les fonctions qui y sont attribuée à l'intendant.En conséqyence de cette déclaration, il fut expédié des provisions à chaque conseiller et officier du Conseil.Le conseiller qui eut le premier des provisions du Roy prétendit, lors désa réception, qu'il devait avoir la préséance sur les autres conseillers qui n'avaient pas encore de provisions ; le Conseil Souverain ne lui accorda néanmoins que la dernière place, mais par la suite il eut la première parce que les autres furent obligés de se faire aussi recevoir, sur les provisions qu'ils eurent, et ne purent avoir séance que suivant l'ordre de leur réception.Depuis, la place de conseiller a été considérée comme une dignité, on a inséré dans les provisions de cette charge, ces mots : la charge de notre premier conseiller, et celui qui en est présentement pourvu, a la préséance sur le doyen ou plus ancien des conseillers, ce qui s'est aussi introduit dans les autres colonies.Le Conseil Souverain établi à Québec tenait sa séance dans le Château St-Louis, mais le Roy ayant fait construire un Palais, tant pour loger le Conseil et la jurisdiction, ordinaire que l'intendant, la séance du Conseil fut transférée dans ce Palais par un arrêt du Conseil d'Etat du 10 may 1685.Ce Palais était scituê dans la partie de la basse ville qui est au fond de la baye de la rivière St-Charles, il fut réduit en cendres la nuit dèTa^veflîe des Rois de l'année 1713.M.Bégon, intendant, qui n'était arrivé dans le pays que le 6 octobre précédent y a fait une perte des plus considérables, tous ses meubles et provisions y furent con-' sûmes sans qu'il ait été possible d'en rien sauver, à peine lui, son épouse et quelques domestiques eurent-ils le tems de s'échaper, deux filles de chambre périrent dans les flammes et le sieur Seurai, son secrétaire, mourut au bout de 8 jours, pour s'estre gelé les pieds en se .sauvant par le jardin, il aurait été guéri sur le champ s'il avait voulu souffrir le remède usité dans ce pays qui est de mettre la partie gelée- dans l'eau froide, jusqu'à ce que la glace en soit entièrement sortie, il ne voulut pas courir les risques de suporter les douleurs que ce remède cause, il fallut lui faire des dissections ei\\ amputations, la gangraine s'y mit qui l'emporta. archives de québec k 37 On a bâti un nouveau Palais sur le même terrain plus près' de l'eau que n'était l'autre, il est incomparablement plus magnifique, et sur la place où était l'ancien oh a-construit de fort beaux magasins pour le Roy/ et on y a établi les prisons.Ce nouveau Palais a été incendié en 1725.La dernière feste Noël, entre huit à neuf heures du soir, et après dans la chambre .du Sr.Daigremont, commissaire de la marine, qui était au nord-est, le vent prit avec tant de violence qu'en moins de deux heures et demie le feu gagna du nord-est au sud-ouest tout le bâtiment et en consuma entièrement toute la charpente qui consistait en plus de 40 milliers de pieds de bois, Monsieur Bégon y perdit encore considérablement et se retira à la Maison Blanche, où il se logea et ses bureaux le mieux qu'il put, et ne songea qu'à faire rétablir ce Palais qu'il avait fait construire en 1714 pour le mettre en état de recevoir et loger M.Dupuis qui vint le remplacer en 1726._, Le nombre des conseillers de ce Conseil a été augmenté de cinq par la déclaration du 16 juin 1703, ainsy il a présentement douze conseillers ; qutre les cinq derniers il a été établi un conseiller clerc, moyennant quoy la déclaration porte que le grand vicaire n'aura plus de séance au Conseil en l'absence de l'évêque.Il n'y a en ce Conseil qu'un huissier pourvu par lè Roy, on lui donne la qualité de premier huissier pour le distinguer de quatre autres qui y font les fonctions d'huissier sur commissions des intendants.Ce Conseil administre la justice gratuitement ; qui que ce soit n'y reçoit ny épices, n'y vacations^ legreffierest seulement payé des expéditions qu'il délivre et les huissiers de leurs salaires.Le scel de ce Conseil est gardé par celui des conseillers qu'il plait au Roy de nommer', et attendu qu'il n'y avait point de chancellerie établie près de ce Conseil, il accorda les lettres soit de restitution, de bénéfice d'âge ou d'inventaire, et autres qui s'expédient dans les chancelleries, établies près les Parlements.A l'égard des requêtes civilles, elles sont reçues en ce Conseil sur simple requeste, suivant la déclaration en forme d'édit du mois de mars 1685.'% -.\u2014 .' La jurisdiction ordinaire de Québec a le titre de Prévosté.Elle est composée d'un lieutenant-général civil et criminel, un lieutenant particulier, un procureur du Roy et un greffier ; il y a des notaires et des huissiers qui exercent sur des commissions des intendants, le siège de cette jurisdiction est dans le Palais, elle avait été suprimée par édit du mois de décembre 1674, portant révocation de la Compagnie des Indes Occidentales et elle a été rétablie par édit du mois de may 1677.Les salaires de juges civils et criminels, greffiers, huissiers, sergents et notaires des jurisdictions royalles et seigneurialles de tout le pays ont été réglés par déclaration du\" 12 may 1678.\u2014- Par édit du mois de may 1664, portant établiésement de la Compagnie des Indes Occidentales, tous les juges de ce pays sont obligés de juger suivant les loix du Royaume, et de se conformera la coutume de Paris suivant laquelle les habitans pourront contracter sans qu'on puisse y introduire aucune autre coutume pour éviter la diversité. 38 ARCHIVES DE QUÉBEC Depuis, cet edit, ayant été représenté au Roy que l'ordonnance de 1667 n'y pouvait pas estre exécutée entièrement, d'autant plus que la meilleure partie de ses dispositions regarde les procureurs qui n'avaient point été établis en ce pays, et qu.'il n'était pas à propos d'y établir, Sa Majesté ordonne au Conseil Souverain de faire ses observations sur chaque article de cette ordonnance et d'en dresser procès-verbal en forme de règlement le 7 novembre 1678 et par l'édit du mois de juin 1679 Sa Majesté autorisa et donna force de loy à ce règlement.Les compétences du prévost général de la maréchaussée en Canada qui auraient dû être jugées, suivant les lois du royaume, au Siège de la Prévôté, sont renvoyées à juger au Conseil Souverain par déclaration en forme d'édit du mois de mars 1685, Y dans laquelle il est dit,, que c'est en attendant que Sa Majesté ait augmenté le nombre des officiers de la Prévosté.Les juges de la Prévosté ont connu des causes maritimes jusqu'en l'année 1717-Auquel tems Mr.le comte de Toulpuze, amiral, ayant obtenu qu'il serait établi sur sa nomination des juges de l'amirauté dans toutes les colonies, comme dans le royaume, il a été établi à Québec un lieutenant-général de l'amirauté, un procureur du Roy et un greffier, le siège de cette jurisdiction est aussi dans le Palais.Outre le prévost général de la Maréchaussée qui fait sa résidence ordinaire à Québec, il y a aussi un grand voyer.Le séminaire de Québec dépend de celui des Missions Etrangères de Paris, il est bâti sur la haute ville, attenant l'église cathédralle, il est fort grand et fort beau ; la principale entrée est sur la place Notre-Dame qui est audevant de cette église.Il a été érigé le 26 mars 1663, par feu Mr François de Laval de Montmorency, lors évêque de Pétrée, vicaire apostolique en Canada, et nommé par te roy premier évêque de Québec, duquel évêché il reçut les buHes peu après, cette érection a été confirmée par lettres patentes du mois d'avril de la même année, l'objet de cet établissement a été d'élever et former de jeunes clercs, afin qu'on put dans ce séminaire et clergé former un chapitre, en tirer des sujets pour les envoyer faire les fonctions curialles, et les retirer quand on le jugerait à propos, toutes les dixmes du pays étaient appliquées à ce séminaire pour estre possédées en commun, mais par edit du mois de may 1679, il a été dérogé à cet établissement.Quand aux cures et dixmes ordonnés que les curés seraient fixés à l'avenir et non amovibles ; que chacun d'eux jouirait des dixmes de sa paroisse, et que si dans la suite il était établi de nouvelles paroisses, les nouveaux curés jouiraient des dixmes dans l'étendue de leur paroisse, sans que les anciens curés puissent prétendre aucune indemnité n'y reconnaissance pour les terres qui étaient auparavant de leurs paroisses.L'article second de cet édit fait mention d'un règlement du 4 Tbre 1667, qu'on prétend,estre resté dans le secrétariat de M.Talon, lors intendant, par lequel il a été convenu entre le Séminaire et les habitants, que les dixmes ne se payeraient à l'avenir que des grains seulement à raison du vingt sixième minot en considération de ce que les ARCHIVES DE QUÉBEC 39 habitans seraient tenus-d'engranger, battre, vanner, et porter les grains aux presbytères, il est aussi, fait mention de ce règlement dans un arrêt du Conseil d'Etat du 12 juillet 1707, rendu contre les curés qui voulaient exiger d'autres dixmes que celle des grains.Depuis l'établissement dé ce séminaire, feu M.de Laval a donné de grands biens à cette maison, On y reçoit tous les enfants qui veulent se pousser aux études, les uns gratuitement suivant l'intention du testateur, et les autres moyennant une pènsion-fort modique, on ne peut pas avoir plus d'égards et de bontés qu'en a eu feu M.Ango.de Maiseret qui a été supérieur de cette maison.Les enfants sont nourris, blanchis, logés, et entretenus de linge, habits, livres, papiers et en un mot de tout ce qui leur est nécessaire, jusqu'à la fin de leurs études qu'ils font.au Collège des Pères Jésuites, ils sont tous habillés avec des capots bleus, et un petit liséré blanc sur les coutures, ce qui leur' fait un habillement fort leste.% Feu M.de Laval étant parvenu à un âge fort avancé, suplia le feu Roy de lui donner un successeur.Sa Majesté nomma Mr.Jean-Baptiste de la Croix de St-Vallier, il fut pourvu et sacré évêque de Québec au commencement de 1678.Il prêta serment en cette' qualité entre les mains du Roy le 13 février de la même année, et quelque tems après il se rendit dans son évêché ; il y trouva M.de Laval encore vivant et qui y est décédé en odeur de sainteté en.1692, regretté de tous les habitans de son diocèse.M.de St-Vallier a suivi l'exemple de son prédécesseur en fondant des hôpitaux qui seront des monuments éternels de sa piété.Il en sera parlé cy-après.Il a aussi fait bâtir un palais épis'copal qui joint la'cathédralle avec une belle et grande chapelle, ' il serait à souhaiter que cet édifice fut achevé, il en serait venu à ce point, s'il ne s'était volé pour ainsi dire lui-même pour donner à des pauvres familles dont il connaissait les pressants besoins, mais il est à craindre que cet édifice ne soit jamais fini à moins que Sa Majesté ne le prenne à cœur, ou qu'il, ne retourne en ce pays des Montmorency ou des St-Vallicrs., M.Mornay de Montchevreuil, cydevant capuscin, a été nommé et sacré coadjuteur de l'évêque de Québec dès l'année 1713.Mais il n'a pas été curieux de venir prendre possession de sa coadjutorerie.-C'est aujourd'huy M.de Ppntbriant qui remplit le siège episcopal avec une vertu exemplaire, et tel qu'a pu faire M.Dosquet, évêque de Sàmos, qui a succédé à M.de St-Vallier, décédé en 1727,.¦ L'église cathédrale de Québec est dédiée à la Ste Vierge, elle a été érigée en cathédrale par le pape «Innocent XI ; la bulle d'érection est du 23 aoust 1677.Elle porte dispense d'être graduée en faveur de ceux qui composeront le chapitre, qu'elle permet à l'évêque d'y établir, cette église est scituée à la haute ville, au devant d'une grande place appelée place Notre-Dame, à cause que cette église lui est dédiée, elle est en même tems cathédrale et paroissiale, le service divin s'y fait avec toute la solennité et la décence possible, les voyageurs comme les habitans en sont édifiés.' Le chapitre de l'évêque a été établi en conséquence de la bulle cy-dessus par feu M.de Laval, premier évêque de Québec, par décret du 6 9bre 1684.Il est composé 40 ARCHIVES DE QUÉBEC de douze chanoines y compris les cinq dignités sçavoir, le doyen, le chantre, l'archidiacre, le théologal et le pénitencier, le feu Roy l'a fondé et dotté, et Sa Majesté s'est réservé la nomination du doyen et du chantre.Les revenus de l'évêché et du chapitre consistent principalement en ceux des abbayes de l'Estrée, de Maubec et de Bénêvent donnés par le feu Roy dont l'union a été en cour de Rome, et une somme de 3000 livres par an, à repartir entre les chanoines que Sa Majesté a encore donnée et assignée sur les charges du Canada.Le séminaire a prétendu que la cure de Québec lui appartenait et lui était unie ; feu M.de St-Vallier a soutenu le contraire, et par l'article 6 d'un règlement fait par ordre du Roy par deffunt M.Duharlay, archevêque de Paris, et le Père de la Chaise, le 20 janvier 1692, homologué.par arrêt du Conseil d'Etatrdu 11 février suivant, il est dit que les titres et procédures concernant l'union de cette cure au Séminaire, seront raportés à Sa Majesté pour estre ordonné ce que de raison, les choses demeurent en l'état, depuis, et en 1714 M.de St-Vallier a fait un projet de statuts pour son chapitre, qui porte entr'autres choses que les fonctions de la cure seront unies à la dignité de doyen, mais on ne voit point ce que ce projet est devenu.Il y a une église succursale à la basse-ville qui est scituée sur la place dans la partie qui est aû nord du fleuve, M.de St-Vallier voulait l'ériger en paroisse, l'article sept du règlement dont on vient de parler, porte à cet égard que les informations, super commodo et incommodo seraient faittes dans les formes canoniques pour le tout, fait et raporté au Roy, estre réglé ce que de raison ; il ne parait pas qu'il a été fait sur cela.Les Jésuites ont été des premiers missionnaires qui sont passés en Canada.Ils ont obtenu des lettres pattentes au mois de juillet 1652 qui approuvent et confirment leur établissement dans ce pays, leur maison est sur la place Notre-Dame, à la haute ville devant l'église cathédralle, elle est grande et spacieuse, ils y ont un collège, une fort belle église?des chapelles, des congrégations, de lort beaux jardins et un beau clos, garni d'arbres de haute futaye.L'Hôtel-Dieu est aussi fort ancien.Il a été fondé par Mme la duchesse d'Aiguillon; cet établissement a été approuvé et autorisé par lettres pattentes du mois d'avril 1639.Les première religieuses qu'on y a envoyées étaient hospitalières à Dieppe, il est scitué à la haute ville proche la coste qui regarde la baye de la rivière de St-Charles, il a été érigé sous ce titre Hôtel-Dieu de la Miséricorde de Jésus ; les bâtiments en sont très beaux et très spacieux, il y a des très grands jardins,.et au moins 60 religieuses, les malades y sont fort bien soignés.Cet hôpital est pour les habitans, les troupes et les matelots des vaisseaux du Roy, les habitans conviennent de gré à gré pour s'y faire soigner, les officiers malades y abandonnent leur paye, et les soldats également mais pour ces derniers Sa Majesté donne un supplément à l'Hôpital, leur solde n'étant pas suffisante.Comme le pays est beaucoup augmenté depuis trente apnées, il serait à souhaiter que cet hôpital fut agrandi de quelques salles, pour recevoir ou pour conserver les habi- ARCHIVES DE QUÉBEC 41 tans qui sont obligés d'en sortir pour faire place à des soldats et matelots des vaisseaux du Roy qui arrivent quelquefois malades et en grand nombre, ce qui est à là connaissance de M.Hocquart qui en 1743 fut obligé de se servir du lieu nommé la Potasse et d'autres lieux, pour retirer, un nombre considérable de malades qu'il y eut cette année.Les Religieuses Ursulines sont établies en cette ville par lettres pattentes du mois de may 1639.Leur maison est scituée à la haute ville, elles sont fort commodément logées et ont de beaux jardins, leur église est jolie, elles sont au moins cinquante religieuses.: \u2022 Les Récolets ont obtenu des lettres pattentes au mois de mars 1692 qui leur permettent de s'établir à Québec, Montréal, Plaisance, isle St-Pierre, et en tous autres lieux où ils seront jugés nécessaires, avec pouvoir d'y servir d'aumôniers pour les troupes et de recevoir par aumône les appointements à ce destinés, ils avaient cy^devant leur maison hors de la ville, dans le même lieu ou est actuellement l'Hôpital-général, ils sont présentement dans le plus bel endroit de la haute ville, sur une grande place qui est devant le fort et château St-Louis ; ils ont une très belle église, un très beau cloître, des bâtiments comodes et spacieux, et un fort beau jardin.Ca été feu M.le comte de Frontenac, gouverneur général du pays, qui les à placés là, il était leur protecteur et père temporel, il a voulu estre enterré par eux, ils ont encore.une maison ou hospice scituée sur le bord de l'eau, derrière la partie de la basse ville qui est au fond de la baye .deJa rivière St-Charles il y a une église ou chapelle dédiée à St Roch qui est contigile à la maison et un jardin qui est bien retranché, depuis la construction qui se fait vers le.Palais.Au mois de may 1671 le Roy accorda des lettres pattentes pour l'établissement des Soeurs de la Congrégation de Montréal pour l'instruction des jeunes filles, on a jugé que ces sœurs étaient nécessaires à Québec, on y en a fait venir, elles ont' leur maison à la basse-ville, sur le bord du fleuve, il y en a aussi qui sont allées s'établir au Château-Richer, audessous de Québec et à la paroisse de la Ste-Famille en l'isle St-Laurent.Il y en a encore en la paroisse.de Neuville, ditte la Pointe-aux-Trembles, à sept lieues audessus de Québec et à Champlain.Ce sont des filles biens sages et bien utiles.L'Hôpital-Général est scitué proche le bord de la rivière St-Charles, à un demi quart de lieue de Québec.Il a été fondé et bâti par M.de St-Vallier, évêque de Québec, en conséquence des lettres pattentes qu'il en avait obtenues au .mois de mars 1692; il a fait cet établissement pour retirer les pauvres de l'un et de l'autre sexe, hors d'état de travailler par vieillesse ou infirmités, il y mit d'abord douze religieuses qu'il tira de l'Hôtel-Dieu de Québec, et deux sœurs converses, il a obtenu, le 5 may 1716, d'autres lettres pattentes qui permettent d'augmenter de quatre le nombre de religieuses, et le 9 jnay 1717 il a encore obtenu d'autres lettres pattentes qui lui permettent d'augmenter de deux le nombre des sœurs converses, les bâtiments de cette maison sont beaux et très spacieux, il y a des salles particulières pour les hommes et d'autres pour les femmes, 42 ARCHIVES DE QUÉBEC une église fort propre, des chapelles dans les salles, de beaux jardins et de beaux clos,^ moulin à eau et moulin à vent et généralement tout ce qu'on peut souhaiter pour la comodité de la maison et le soulagement des pauvres: Le feu Roy en vue de peupler le pays a.ordonné par édit du mois de may 1664 portant établissement de la Compagnie des Indes Occidentales que tous .es sujets qui iraient s'y habiter et y résideraient l'espace de dix ans pourraient ensuitte en rapportant des certificats qu'ils y auraient demeuré pendant ce tems, venir s'établir dans toutes les villes du Royaume, et y exercer tels arts, métiers ou professions qu'ils voudraient sans être obligés à faire aucun apprentissage.Par arrêt du conseil d'Etat du 12 avril 1670, Sa Majesté a assigné 300 livres de pension aux habitants de ce pays, qui auraient dix enfants, et 400 livres à ceux qui en auraient douze, il est enjoint par le même arrêt du Conseil Souverain de Québec d'établir des peines pécuniaires contre les pères qui ne marieraient pas\" leurs enfants à l'âge de vingt ans pour les garçons et de seize pour les filles.Cette disposition fait connaître que les religieuses se sont multipliées dans la colonie contre les intentions du feu-Roy ; par autre arrêt du Conseil d'Etat du dix mars 1685, Sa Majesté a permis aux gentilshommes établis dans le Canada d'y faire commerce par mer et par* terre en gros et en détail, sans qirils puissent -estre réputés avoir dérogé à leur noblesse.Les soins que le fëu Roy voulut bien se donner pour procurer l'établissement de ce pays et des autres colonies étaient dignes d'un Roy qui a véritablement mérité le nom de Grand.Rien ne paraissant plus glorieux pour un puissant monarque que d'étendre sa domination, faire révérer son nom et redouter sa suprême puissance dans les climats les plus éloignés.Il a été fâcheux à la colonie que les guerres que ce grand prince a été engagé de'soutenir en Europe, l'ayent empêché de suivre ses nobles projets, mais la colonie s'en est trouvé indemnisée par les bontés de Sa Majesté régnante qui a mis tout en usage pour Jui procurer de nouveaux avantages sur les demandes qui lui ont été faites en différents tems, par Messieurs les gouverneurs généraux' et intendants, et c'est sur ces demandes que les chanvres ont été reçus aux magasins du Roy, et payés aux habitants du tems de Mr Bégon, et sur sa demande à raison de 60 livres le quintal, afin d'engager les colons à cette culture, de la même façon a été établie dans ce pays la construction pour les vaisseaux de Sa Majesté, sur les représentations de ' Messieurs le marquis de Beauharnois et Hocquart, ce qui a fait et fait encore une dépense assez considérable pour procurer un très grand avantage au pays, et enfin en plusieurs autres parties directes au pays que ces sages administrateurs ont proposés suivant les occurences, et ont fait entreprendre à l'imitation de ce qui se pratique chez les étrangers' puisqu'il est certain que l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande, en ne tirent du profit de leurs colonies, que par l'application continuelle qu'ils ont donnée, tant pour les bien établir que pour faire valloir tout ce qui y vient, soit naturellement, soit par le travail et l'industrie de l'homme : le Canada est un bon pays pour ceux qui y sont faits ou qui peuvent s'accommoder à la dureté du climat, mais ses habitans ont besoin de la continuation de la protection toute particulière du Roy pour se soutenir.' ¦ -» ¦ - ' \u2022 x ; .ARCHIVES DE QUÉBEC i 43 < DE LA VILLE DES TROIS-RIVIÈRES Cette ville est scituêe sur le bord du fleuve St-Laurent, du côté du nord, à trente lieues au dessus de Québec, elle est par les 46 degrés latitude nord, on la nomme Trois-Rivières parce qu'elle est joignante une rivière au bas de laquelle sont deux isles qui séparent en trois11 chenaux son embouchure dans le fleuve.Il y a dans cette ville un gouverneur particulier, un lieutenant de Roy, un major de la place et des troupes en garnison.La jurisdiction royalle de cette ville et gouvernement a été établie en 1663, par le Conseil Souverain de Québec, en conséquence du pouvoir qui lui a été donné par l'édit de sa création.Elle est composée d'un lieutenant général civil et criminel, d'un procureur du Roy, et d'un greffier.Il y a aussi des notaires et des huissiers qui exercent sur des commissions qui leur ont été données par Mrs les intendants, depuis que les fonctions de premier président dans le Conseil Supérieur leur ont été attribuées.L'église paroissialle est desservie par un récolet qui y fait les fonctions curiallés.Feu Monsieur de St-Vallier, évêque de Québec.obtint des lettres pattentes au mois de may 1702, portant approbation et confirmation d'un Hôtel-Dieu qu'il avait érigé et fondé dans cette ville.Il y a mis des religieuses Ursulines qu'il a tirées du couvent de Québec.> , Au surplus, cette ville est fort petite et peu peuplée, elle n'est fortiffiée que de pieux, de gasons et de gabions.A trois lieues de cette ville, on-trouve le lac St-Pierre au travers duquel le fleuve St-Laurent passe ; ce lac a six lieues de longueur.Avant la ville des Trois-Rivières, environ à trois lieues au dessus de Québec, du côté du Sud, on trouve dans \"les terres, à la distance d'une lieue du bord du fleuve, le Salit de la Chaudière qui est une cascade ou chute d'une rivière plus considérable que celle du Sault de Montmorency dont a cy-devant parlé.On trouve aussi du même côte du Sud, la rivière de Bécancourt qui tombe dans le fleuve, et celle de St-François qui se décharge dans le lac de St-Pierre, sur chacune de ses rivières ; dans la profondeur sons\" établis des villages de sauvages Abénakis qui ont chacun un Jésuite pour missionnaire ; il y a proche des Trois-Rivières des Algonquins, ce sont les seuls Sauvages domiciliés qu'il y ait à présent depuis Québec jusqu'à Montréal., DU FORT DE CHAMBLY En continuant de remonter le fleuve, on trouve du même côté du Sud, la rivière de Sorel, autrerrflfet de Chambly, de Richelieu, ou de St-Pierre, et en remontant cette rivière, on trouve à six lieues ou environ de distance de la ville de Montréal, par les terres, un fort appelé Chambly, construit de pierres ayant de bonne courtines et flanqué de bons bastions.¦ ¦ Le Conseil de régence, informé de l'avantage que cette traitte produit, a rétably par une déclaration du 28 avril 1716, vingt-cirtq congés en faveur de pauvres familles du Canada, pour y aler faire la traitte, lesquels avaient été supprimés par déclaration du 21 may.1696.Missillimakinac est éloigné de Québec, comme on l'a dit au commencement de ce sommaire, de trois cents lieues ou environ.Encore faut-il y aler par la rivière des Outaouais, comme on l'a aussi dit, car si on y allait par les lacs Ontario, Erié et des Hurons, il y aurait au-moins cent lieues de plus.Après le fort de Missillimakinac, 5300^1 50 ARCHIVES DE QUÉBEC en continuant de remonter le lac des Hurons on trouve le chenail du Détroit, par lequel le fleuve de St-Laurent se décharge dans le lac ; audessus de ce détroit est l'embouchure du lac Supérieur qui a cinq cent lieues ou environ de circuit, au haut de ce lac, sur le bord du côté du Nord, se trouve le fort de Kaministigoyan, dont on a parlé au commencement de ce sommaire ; il a été construit comme on l'a dit en 1683.Les Sauvages du Nord y viennent traitter leurs pelleteries.Au dessus du lac Supérieur on trouve le chenail ou détroit par lequel le fleuve de St-Laurent vient s'y décharger et audessus de ce détroit l'embouchure du lac Alemi-pigon, qui est par 50 degrés, audessus de ce lac, on trouve pareillement le chenail ou détroit par lequel le fleuve de St-Laurent vient dans ce lac, et en haut de ce détroit, le lac des Assenipoils qui est par 52 degrés, duquel lac les Sauvages du nord prétendent que le fleuve de St-Laurent sort, quelques géographes le font venir de plus loin, ils placent aussi un lac qu'ils nomment des Cristinois entre le lac des Assenipoils, et le lac Alemi-pigon, mais il y a aparence qu'ils ont eu de mauvais mémoires, puisque les Sauvages qui habitent ces pays-là, parlent autrement, et placent le lac des Cristinois plus proche de la baye d'Hudson, au surplus tout le cours du fleuve St-Laurëht audessus du lac Supérieur est jusqu'à présent très mal connu.DE LA BAYE D'HUDSON Cette baye court nord et sud, c'est-à-dire que le coté du large ou de la mer est au septentrion, et le fond de la* baye au rnidy; elle s'étend depuis 52 degrés et 30 minutes \u2022 jusqu'à 63 degrés latitude nord.On trouve dans la mer du nord proche des terres de Labrador, un détroit qui y conduit, dont l'entrée est par 62 degrés et quelques minutes.Les plus belles pelleteries se font aux environs de cettdbaye.Il y avait au fond de cette baye deux forts, l'un à gauche en allant au fond, nommé le fort Rupert, l'autre à droite nommé le fort St-Louis, ils étaient à 40 lieues ou environ l'un de l'autre, du côté et au dessus du fort St-Louis en avançant vers l'entrée de la baye, il y avait trois autres forts, sçavoir, le fort de Sainte-Anne, par 56 degrés, et celui de Bourbon à l'embouchure de la rivière du même nom, par 58 degrés de latitude nord, c'est sur cette rivière que les Français avaient leur principal établissement, lorsque cette baye a été cédée aux Anglais par le traitte de 1713 (l).y (1) Noua donnons l'Etal prisent du Canada du sieur Boucault d'après une copie conservée aux Archives de la province de Québec.L'original de cet intéressant mémoire est la propriété de la Bibliothèque du Parlement, à Ottawa*;./' S ÉLOGE FUNÈBRE DE MGR DE LAVAL- ¦'' .' ¦ ¦ ¦ .- ' PAR M.de Belmont Mgr de Laval décéda à Québec le 6 mai 1708.Le jour même de la sépulture du saint évêque, le 9 mai 1708, M.Glandelet, vicaire-général et doyen du chapitre de Québec, prononça la première oraison funèbre.Ce discours n'a pas été conservé.Le 4 juin 1708, trentième jour après l'inhumation de Mgr de Laval, une deuxième oraison funèbre fut prononcée dans l'église cathédrale de Québec par messire Jean Seré de la Colombière, vicaire-général du diocèse de Québec.Cette pièce d'éloquence a été publiée, en 1845, par M.l'abbé Bois, dans son Esquisse de la vie et des travaux apostoliques de Mgr de Laval-Montmorency, premier évêque de Québec.En juin 1708, M.de Belmont, supérieur du séminaire Saint-Sulpice à Montréal, fit l'éloge de Mgr de Laval dans l'église Notre-Dame de la même ville.Nous donnons ici ce discours d'après l'original conservé à la Bibliothèque Nationale, à Paris Le 23 mai 1878, avait lieu la translation des restes de Mgr de Laval à la cjiapelle du séminaire de Québec.Mgr Taschereau célébra ce jour-là dans la cathédrale de Québec un service solennel pour le repos de l'âme du premier évêque de Québec.Après le service, Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, fit le panégyrique de Mgr de Laval.Cet éloge a été publié dans une brochure^intitulêe Translation des restes de Mgr de Laval à la chapelle du séminaire de Québec: relation complète de tout ce qui s'est passé depuis l'exhumation des ossements de Mgr de Laval le 19 septembre 1877jusqu'à leur déposition au séminaire le 23 mai 1878.(1) Nous devons la copie des Archives de la province de-Québec à l'obligeance de M.A.-G.Doughty, archiviste du Canada.' -i V 52 ARCHIVES DE QUÉBEC ÉLOGE FUNÈBRE DE FEU Mgr FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL, PREMIER ET ANCIEN ÉVÊQUE DE QUÉBEC, PRONONCÉ A MONTRÉAL LE 1er JUIN 1808, PAR M.DE BELMONT, SUPÉRIEUR DU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE DE VILLE-MARIE ET L'UN DES VICAIRES GÉNÉRAUX DE CE DIOCÈSE Hic sunt viri misericordiae quorum pietales ' non defuerunt : heredilas sancta ncpotes eorum.Voici des hommes consacrés à la Miséricorde dont les charités ne manquèrent jamais, et dont les descendants sont une lignée toute sainte.Ecclésiastique, 54, 10-12.Je ne devrais pas, Messieurs, paraître dans~une chaire uniquement consacrée au Saint Evangile, si je n'avais à parler_que decla noblesse d'un illustre défunt.Je ne devrais point non plus interrompre les saints mystères de la mort du Sauveur, si je n'avais à faire entendre que les regrets de la Nouvelle France sur la mort de son véritable père.Quelque respectable que soit une maison peuplée de conestables, quel-qu'illustre que soit la famille des premiers barons chrétiens, quelque ancienne que soit une noblesse dont on ignore l'origine, comme selle du nil.Ce sujet est trop mondain pour occuper cette chaire.Le saint prélat de qui j'ai à parler désavouerait un éloge si profane.~\u2014 Quelques justes que soient vos regrets, le sujet est trop naturel le temps, le lieux se doivent tous entiers à la sainteté, et d'ailleurs la sainteté de celui dont je parle m'ouvre un champ si vaste et m'offre une si riche matière que je ne dois pas le regarder par un autre endroit.C'est pourquoi l'unique sujet de ce discours sera la sainteté de feux Monseigneur l'illustrissime et reverandissime François de Montmorency de Laval premier et ancien évêque de Québec, fondateur et apôtre de l'église de Canada.Et si par hasard sa noblesse, et les rapports que nous avons avec sa charité paternelle entre dans ce discours, ce ne sera qu'à la faveur, et sous les auspices de la sainteté, et comme pour l'accompagner, on verra la sainteté dominer dans les trois parties de cette belle vie, dans sa vie cléricale, dans sa vie episcopate et dans sa vie solitaire.A la vérité, en décrivant les commencements de sa vie cléricale II sera inévitable de parler de La grandeur de sa naissance mais ce ne sera que pour faire voir le mépris que la sainteté lui en a fait faire de la grandeur.En parlant de sa vie episcopate le triste souvenir de ses bontéznous arrachera peut-être quelques soupirs, mais sa sainteté le souffrira puisqu'elle est cause de sa tendresse pour nous.Mais enfin sa sainteté paraîtra toute pure en sa vie solitaire.C'est la sainteté qui a fait le caractère de sa vie, c'est celle qui l'a couronné d'une mort précieuse, et qui sera le sujet de votre attention.premier point V \u2022 Dieu qui a voulu qu'on honora les grands que sa Providence a mis en place, et qu'on vénéra en eux, le caractère, et l'Image de la Divinité, jpermet qu'un petit rejaillisemant de leur gloire dore superficiellement leur postérité_et qu'on honore les anfants à cause ARCHIVES DE QUÉBEC 53 de leur père.Ce n'est pas qu'on croie que les ancêtres puissent transmettre et faire passer avec Leur sang un mérite héréditaire à leur postérité; .C'est seulement pàrcequ'on présume qu'ils répondront à l'Education et aux bons exemples qui sont les véritables canaux par où passe dans une âme bL-n née la géhé-' rosité des sentiments et la noblesse des inclinations.Mais après tout quand un indigne successeur n'est orné que d'un mérite étranger, que comme la corneille de la fable il se pare uniquement de plumes empruntées, tous, et Les poètes même se donnent la liberté de mépriser cette feneante noblesse.Nam genus et pro-avos, et quœ non fecimus ipsi, vix Ea nostra voco, ce que nous n'avons pas fait bien peu a nous.\u2022 ' , Personne, ce semble, nést plus en droit de faire des leçons aux grands sur la noblesse que notre illustre défunt, et de leur représenter, que si la vertu a donné naissance à la noblesse dans son commencement elle en doit être l'effet dans la suite, puisque\" la noblesse est une obligation à la vertu ; si cette obligation, nést pas remplie, si cette dette nést pas payée, elle devient un reproche de la lâcheté, une honteuse contradiction, et antitêse de la conduite et du devoir, un lieu eminent, où les défunts sont expo-, ses à un plus grand jour, Gradus summus, animus Infimus, un rang élevé, et un esprit bas, et ramport c'est à luy, dis je, plus qu'à personne qu'apartient de faire les sortes de leçons et à cause de l'élévation de sa noblesse, et à cause du bon usage qu'il en a fait, né danjs une maison qui comptait déjà son Philippe Auguste ayeul de saint Louis, quajfrtrconestable de France, qui en a donné deux ensuite et douze Maréchaux.Mais ou do/lt la généalogie mêle avec celle des Souverains forme une splandeur éblouissante, un glorieux embaras de grandeur, un labirinthe pompeux de dignités si inexplicable, que je n'ose l'entamer par respect.Il luy appartenait sans doute de parler de noblesse.L'usage qu'il a fait de la sienne lui donne encore plus le droit s'est-il endormi à l'ombre des lauriers de ses ancêtres dans une molle oisiveté, bien delà?Donné du ciel comme un beau présent du ciel à sa famille, il lui a plus rendu d'honneur, qu'il nen a receu,-et on peut dire qu'il est plus glorieux aux connétables de l'avoir pour dessandant, qu'à lui d'avoir des connétables pour ancêtres.Il ne sest point entêté de la fumée de sa propre grandeur, Il en a fait un meilleur usage, Et quel?Il l'a méprisée.Il considéra sagement dèz ses plus jeunes années que ces épées formidables des connétables, ces bâtons glorieux de maréchaux, ont comme le verre, autant de fragilité que déclats, qu'ils viennent enfin se briser comme de la glace à l'ëceuil du tombeau et que les armes de Montmorency que vous voyez, avaient déjà souvant servi de trophée au char de triomphe de la mort qui est le cercueil.Plein de ces nobles sentiments, appelé à une noblesse, et plus élevée, et plus véritable, qui est celle du clergé, Il immola les aiglons de Montmorency sur la croix de ses armes, c'est à dire il sacrifia au service de l'église son droit d'ainesse et ses espérances, et s'enrôlant dans la famille apostolique de Jésus-Christ il se fit une loi de ne parler plus de Montmorency et une peine de L'entendre, Sola volens deinceps Christi paterriitatt' censeri.St.Ambroise. 54 ARCHIVES DE QUÉBEC O Dieu Infiniment magnifique en vos recompences, infiniment fidèle en vos promesses ! Si comme vous l'avez promis vous donnez indubitablement au centuple à ceux qui quittent pour votre amour, leurs parents, et leur maison, dites nous à quoi doit se monter le centuple d'un sacrifice si grand, si précieux, enfin d'un Montmorency.Dites-nous par quelle faveur vous avez remplacé ce qu'il quittait, par quel honneur vous l'avez dédommagé au centuple dans votre cœur céleste de ce qu'il pouvoit espérer an ce monde.- Mais je m'emporte, je me trompe, et je ne m'apersois pas que je sors des véritables sentiments de notre saint-jeune homme.'- * Ah ! il savoit trop.bien qu'un jour passé dans la maison du Seigneur, surpasse en plaisir, en honneur, et en toute sorte d'avantage les ciecles entiers passés au service du monde, ainsi il faudrait avoir veû La ferveur de son entrée dans la cléricature avec quelle sensibilité il disait avec David J'ay choisi d'être abjet dans la maison de Dieu plutôt que d'habiter dans les Tabernacles des pécheurs.Il faudrait, dis-je, l'avoir oûï prononcer les saintes paroles de la profession cléricale, Seigneur, vous êtes la portion de mon héritage, C'est vous qui' me randrez ce que je vous sacrifie.Heureuse jeunesse, qui a été ainsi prévenue des bénédictions de douceur, et dont l'inocence a été preyenue par une protection si particulière des êccueils de cet age heureux les colleges et les direc-^ te'urs qui ont formé ce disciple si parfait qu'il est seul l'éloge de ses maîtres.Que ne puije vous faire un journal si exact, ce qui auroit achevé de les calmer.Ensuite ayant mis le cap en route, nous sommes sorti de la baye d'Amargo, et après avoir fait quatre à cinq lieues de caps, nous avons vû à une heure après midy de la fumée dans une autre baye, dont l'entrée n'a qu'une demie lieue Et laquelle en dedans s'élargit de plus en plus, et peut avoir deux lieues de profondeur avec des isles, et îlots, et grande eau par toute son entrée.Etant entré dans là dte baye nous avons tiré quelques coups de fusil, et notre surprise a été de voir qu'on nous répondrait à terre par d'autres coups de fusil, ce qui nous auroit fait comprendre que c'étaient d'autres Sauvages que des Eskimaux, parce que ces derniers n'ont pas l'usage des armes à feu, nous aurions mis le cap Sur la fumée, et les vents contraires nous auraient obligé de mouiller entre les isles et terre à dix brasses d'eau.Après avoir de nouveau fait tirer d'autres coups de fusil àusquels on nous aurait repondu, sur les huit heures du soir, il seroit venu à notre bord des Sauvages lesquels nous auraient dit avoir été embarqués sur le bâtiment d'Araby.Comme plusieurs de ces Sauvages parloient françois, je 68 ARCHIVES DE QUÉBEC leur aurois demandé pourquoy ils etoient restés, à quoy ils m'auroient repondu qu'ils dévoient conduire le dt Araby jusqu'à la baye Kessessakiou, mais que le dt Araby ayant eu peur des Eskimaux, il les avoit laissé, et qu'il s'en retournoit.Leur ayant ensuite demandé s'ils connoissoient la de baye, ils m'auroient repondu que ouy, et que si je vou-lois les embarquer avec leurs femmes, et Leurs enfants, ils nous montreroient la route, Et nous y conduiraient, à quai j'aurais consenti.Et pour avoir rencontré des Sauvages en ce lieu, nous lui aurions donné le nom de baie des Sauvages.7 juillet 1743 \u2014 Sur les quatre heures de relevée les vents's'etant rangés de la part du sud, et sud, sud-ouest, nous aurions appareillé pour sortir de la de baye des Sauvages, et en passant devant l'endroit où etoient cabanes Les Sauvages on leur a tiré quelques coups de fusil pour les faire venir à bord, où ils seraient venus avec armes èt bagages, femmes et enfants, après avoir fait environ deux lieues dé chemin le Long de la coste des Eskimaux qui court nord et sud depuis la baye St-Alexis, nous serions entrés dans \u201e une chaîne d'isles et îlots très hauts, et escarpés qu'on voit jusqu'à huit, et dix lieues dans le large, et après fait route au milieu des dtes isles jusqu'à dix heures du soir, nous aurions mouillé dans les dtes isles que nous avons apelé Isles des Eskimaux, ou Mille Isles.Il y a quantité de gibier, et ce que nous, aurions remarqué dans ces isles, c'est un grand nombre de monceaux de pierre en forme humaine, qui sont l'ouvrage des Eskimaux qui rôdent toujours dans ces isles ou qui y font leur résidence.8 juillet 1743 \u2014 Les vents au sud ouest, et le cap au nord-ouest quart de nord nous avons levé l'ancre à trois heures dû matin, et sur les huit heures nous avons découvert dans la profondeur des terres en une distance très éloignée une grosse montagne et très haute que Lès Sauvages nous ont dit estre celle de Kessessakiou.Sur le midy un gros vent du nord s'etant élevé avec de la pluye et de la brume, il nous a fallu encore mouiller dans les dtes Mille.'Isles.' 9 juillet 1743 \u2014 Les vents s'etant rangés au sud-est quart de sud sur les deux heures de relevé nous avons continué route pour sortir des dtes Milles Isles, dont l'étendue nous a paru estre d'environ vingt cinq lieues de route très difficile, d'où nous ne sommes sortis que par le secours de nos Sauvages, et nous sommes entrés dans l'ance de la rivière au Sable, ainsy nommé par les Sauvages à cause de la quantité de sable qu'il y a : au fon de laquelle ance est une rivière du mesme nom dont nous avons entendu en passant le bruit de la chute.Cette rivière, suivant le raport des Sauvages, est poissonneuse et abondante en saumons.Depuis cette rivière le terrain est bas et couvert de bois de sapin et autres bois gommeux, en allant au nord le tour de l'ance est rempli d'un grand nombre d'isles qui sont le long de la terre, ce qui forme cette ance qu'on pourroit nommer baye est une presqu'isle du costé du sud, laquelle avance beaucoup dans le large, et joint par l'autre bout à la terre ferme.C'est par cette pointe que les Eskimaux font le portage de leurs canots.Cette presqu'isle fait une pointe avancée dans le large laquelle est fort difficile à doubler. ARCHIVES DE QUÉBEC 69 10 juillet 1743 \u2014 Quoy que les vents soyent de prés nous aurions néanmoins marché en route, et sur les onze heures nous aurions aperçu devant nous une pointe dans le large que les Sauvages nous ont dit former l'entrée de La baye des Eskimaux que les Sauvages nomment Kessessakiou, après avoir passé L'ance de la rivière aux Sables dont nos pilotes ont estimé la longueur d'environ vingt lieues, sur les deux heures après midy nous aurions doublé la de pointe dont les terres sont basses et nous serions entré dans la de baye dés Eskimaux, dont l'embouchure d'une pointe à l'autre nous a paru estre d'environ douze lieues de large laquelle baye retracit dans la suite a huit et neuf lieues et va en diminuant peu à peu, au large de laquelle pointe d'entrée au sud sont deux ^slestrès hautes, l'une grande, l'autre médiocre, après avoir examiné l'embouchure de la de baye cy devant nommée des Eskimaux et par les Sauvages Kessessakiou, nous luy avons donné le nom de baye St.Louis : et nous avons nommé St-Frédéric les deux grandes isles d'entrée.Nous avons apelé pointe de Beauharnois celle qui forme au sud l'entrée de la de baye dont l'autre pointe du costé du nord a été nommé pointe de St-Gilles.Ensuite nous avons fait route pour entrer dans la de baye, qui court dans les terres ouest-nord-ouest, au sud de laquelle à quelque distance de terre nous avons trouvé douze et quinze brasses d'eau ainsy cette baye peut estre utile pour donner havre à de très gros vaisseaux.Nous sommes entrés dix lieues avant dans cette baye à la faveur des vents de sud-est quart d'est et sur les dix heures du soir qui est l'heure à laquelle le soleil se couche, les vents s'etant jettes au nord-nord-ouest il nous a fallu mouiller à six brasses d'eau entre Les isles, et terre au nord et au sud de la de baye depuis son entrée il y a des iles et îlots le long de la terre qui continue d'être boisée à l'égard de la latitude n'ayant point de pilote pour prendre hauteur nous ne la pouvons pas donner juste.Suivant le coucher,du soleil qui est à dix heures du soir au commencement de juillet, l'on estime que cette baye doit être par les 55 et 56 degrés latitude nord.Les Sauvages que j'ay emmené nous ont dit qu'il entra il y a deux ans dans cette baye deux gros navires anglois ce ne peut être que les deux vaisseaux anglois qui vont tous les ans à la baye d'Hudson.Les mesmes Sauvages nous ont assuré qu'au nord de la pointe St-Gilles, sans pouvoir nous en marquer la distance, étoit le grand village des Eskimaux qu'ils disent être en grand nombre à l'embouchure de la riviere Blanche, qu'ils disent être un bras de celle de Kessessakiou que nous nommons rivière St-Louis du nom de la baye ou elle se décharge, et ils assurent .que cette mesme rivière St-Louis a une autre branche à la hauteur des terres qui va tomber dans la baye d'Hudson par laquelle les Sauvages descendent en canot pour aller traiter avec les Anglois.11 juillet 1743 \u2014 Etant resté tout le jour mouillé à cause des vents contraires nous serions descendu à terre ; et sur une eminence, nous aurions planté deux grandes croix aux pieds desquelles étant à genoux nous aurions chanté plusieurs cantiques et hymnes en action de grâces de notre heureuse arrivée et au mesme lieu nous aurions arboré le pavillon françqis,en criant à diverses reprises Vive le Roy pour marquer de la prise de possession que nous faisions au nom du Roy, et de la nation française d'une terre qui n'au- 70 AKC1UVKS DE QUEBEC tort WK\\w latna-U été habita &\\»r aueuw nation, et dont nous sommes les premiers qui en pieiKV,tS yosisessiott.Vî jiùlfeç tt-i»- J\"awtv& souhaite n'ayant I*» aucun danger à essuyer pénétrer jusqu'au fcwd * !» bayt^ SA4*ttfeaSn d\"?tre en état d'en rendre compte, et de voir la devbargede ta ùvièce St4.ot.tis.tuais conuw V temps nous pressoit de nous en retourner uous voyant d'aiitettts oontrariés peu tes vents, i \"aurois proposé au nommé Pilote, et à son Sis de tester avec tes Sauvages càout il entend ta langue, et avec lesquels il est acoutumé d'hy v«w dat» te* tvis pour alfec-twwitee If tond de la de baye St-Louis.comme aussy pout auee.découvrir tesdeux bras ote la cte rivière Si-Louis, l'un qui.vaà la baie d \"Hudson, et Vautr* au grand village des fc?s&raau.\\ suivant t peaux de loup-marinret que les autres se servent d'écorce d'arbres.Leur chasse est le long de la mer, et non dans les bois, ou ils n'osent pénétrer par la crainte qu'ils ont des Sauvages des terres.Pour leur habillement, ils sont vêtus de peaux de loup-marin qu'ils sçavent passer et coudre fort artistement avec du nerf.Les hommes ont un capot ou pourpoint cousu devant et derrière qui leur descend à la ceinture, avec un capuchon cousu avec l'habit pour se couvrir la teste, ils ont des culotes, des bottes ou brodequins ausquels est attaché le soulier.Les femmes portent un pourpoint de mesme avec un capuchon fort grand dans lequel elles mettent leurs enfans a la mamelle : avec Cette différence que leur pourpoint a une longue queue qu'elles se passent entre les cuisses pour l'attacher par devant avec deux boutons ; au lieu de culotes elles ont des brodequins ou bottes qui leur montent à la ceinture avec un soulier joint à la botte.Les hommes, et les femmes ont un casque de bois sur le front attaché derrière la teste à cause du soleil pour se conserver la veue.A l'égard de leur navigation ils se servent de canots dans chacun desquels il n'y a que la place d'un homme.Les femmes avec les enfans vont dans les chaloupes qui leur servent à porter leur bagage, et dans lesquels elles manœuvrent fort bien.Leurs canots sont pointus par les dçux extrémités, et sont revestus de peaux de loup-marins si bien cousus ensemble avec de la baleine qu'ils ne prennent point l'eau, pour leurs chaloupes ils les volent aux pescheurs le long de la coste de Labrador, et au Petit Nord, ils en font quelques-unes, mais au lieu de bordages, ils les couvrent en dehors de peaux de loup-marins, ils les garnissent de voiles commes les nôtres. ARCHIVES DE QUÉBEC 75 Pour en scavoir davantage il faudrait pouvoir les frequenter, et apprendre leur langue.Si je n'avois appréhendé faire un acte d'hostilité j'aurois essayé de prendre un jeune homme de quinze à seize ans afin d'apprendre sa langue, et de luy apprendre la nôtre, mais cela pourra avoir lieu dans la suite.Si j'ay laissé deux hommes à la dte baye St-Louis j'ay cru le devoir faire pour avoir une juste connoissance de la profondeur des terres, et pour examiner les passes à loup-marins.Je me suis flatté que M.le gouverneur-général, et M.l'intendant auraient pour agréable mon zèle, ainsy comme il importe de partir cet automne pour porter du secours aux deux François et aux Sauvages que j'ay laissé au dt lieu, et comme il est nécessaire à cause de la distance des lieux, et de la rigueur dusfroid qui commence de bonne heure dans le nord de faire partir sans délais, c'est pourquoy j^tv eu l'honneur de présenter mon placet à M.le gouverneur-général, et à M.l'Intendant Jour les prier de m'accorder la permission d'y envoyer cet automne, et de me donner le brevet de concession de la de baye St-Louis dont j'ay l'avantage d'avoir-fait la découverte.Quêbec20e7bl743., Fornel.(l) (1) L'original de la Relation du sieur Fornel est aux Archives de la Marine, à Paris.Copies aux Archives du Canada, à Ottawa, et aux Archives de la Province, à.Québec. MÉMOIRE SUR LES TROUBLES ARRIVÉS A QUÉBEC EN 1727 ET 1728 L'intendant Dupuy Le 26 décembre 1727, Mgr Jean-Baptiste de la Croix de .Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, s'éteignait à l'Hôpital-Général de Québec, à l'âge de soixante-quatorze ans et quelques semaines.Le même jour, le chapitre de sa cathédrale s'assemblait et donnait l'administration du diocèse à M.Boulard, curé de Québec.- .' L'intendant Dupuy et le Conseil Supérieur refusèrent de reconnaître M- Boulard et déférèrent toute l'autorité à M.de Lotbinière, archidiacre., Mgr de Saint-Vallier avait demandé à être inhumé dans l'église de l'Hôpital-Général.M.Dupuy, s'imaginant çme'Je_ chapitre voulait déposer le corps de l'évêque de Québec dans les caveaux de la cathédrale, prit un moyen extrême pour se rendre au désir du défunt.- Le 2 janvier 1728, veille du jour fixé pour les funérailles, il se rendit pendant la soirée à l'Hôpital-Général avec M.de Lotbinière, archidiacre, M.André de Leigne, lieutenant-général de la Prévôté; et M.Hiché, procureur du roi.Il- ordonna à la supérieure, la mère Geneviève Duchesnay de Saint-Augustin, de faire fermer les portes des salles ; puis il assembla toutes les personnes de la maison dans le vestibule de l'église.Là, M.Dupuy déclara qu'il venait faire sans le moindre délai l'enterrement de Mgr de Saint-Vallier, parce que les chanoines étaient déterminés à -l'inhumer dans la cathédrale ; il ajouta qu'il agissait ainsi pour conserver à l'Hôpital-Général les restes précieux de son fondateur. ARCHIVES DE QUÉBEC 77 M.de Lotbinière, le Père de la Chasse, Jésuite, le Père Antoine de Lino, Récollet, et le Frère Récollet Thomas Bédard, diacre, se revêtirent alors de leurs surplis et se rendirent dans la chapelle ardente.Après les prières prescrites, ils prirent le corps de Mgr de Saint-Vallier qu'ils renfermèrent dans deux cercueils, l'un de plomb et l'autre de chêne, et le portèrent à l'église.M.Dupuy, les personnes venues avec lui et les pauvres de l'Hôpital-Général, portant des cierges, formaient le cortège funèbre.A l'église, la cérémonie fut très simple.Après le libera entonné par M.Dupuy lui-même, le cercueil fut déposé dans le tombeau préparé au pied de l'autel du Saint Cœur de Marie.Lorsque la nouvelle se répandit dans la ville que Mgr de Saint-Vallier avait été enterré au milieu de la nuit, sans aucunes cérémonies, une véritable émeute se déclara.Quelques individus sonnèrent même le tocsin et publièrent que le feu était à l'Hôpital-Général.f Le lendemain, M.Boulard se transporta à l'Hôpital-Général, il interdit l'église, suspendit la supérieure de sa charge et nomma une autre religieuse pour la remplacer.Nous n'entreprendrons pas de raconter ici les démêlés qui suivirent entre M.Dupuy, M.de Lotbinière et le Conseil Supérieur d'une part, et M.Boulard, le chapitre de Québec et le gouverneur de Beauharnois de l'autre part.M.l'abbé Auguste Gosselin, dans son ouvrage L'église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu'à la Conquête (1) a longuement parlé de cette querelle entre les principaux personnages de la colonie.M.l'abbé Gosselin s'est contenté de rapporter les faits de cette longue chicane sans justifier ou blâmer la conduite des différents personnages qui en furent les acteurs.Faisons de même.Les documents pour asseoir un jugement définitif ne sont pas encore tous connus.Le Mémoire de l'intendant Dupuy que nous publions ici apportera un peu de clarté dans cet embrouillamini.Toutefois, il ne faut pas prendre à la lettre tous les avancés de M.Dupuy.(1) 1ère partie, pp.449 et suiv. 78 ARCHIVES DE QUÉBEC MÉMOIRE DE M.DUPUY, INTENDANT DE LA NOUVELLE-FRANCE, SUR LES TROUBLES ARRIVÉS A QUÉBEC EN 1727 ET-1728, APRÈS LA MORT DE MGR DE SAINT-VALLIER, ÉVÊQUE DE QUÉBEC.Il est si important pour le Roy de remédier promptement aux désordres qui se sont passés dans le Canada, depuis la mort de feu Mr.l'Evêque de Québec : les rapports qu'en est venu faire en France le Député du Chapitre sont si odieux et si remplis d'impostures et de calomnies contre celui ou ceux qui, par leurs places ou leurs fonctions, ont été obligés d'y mettre l'ordre nécessaire et de maintenir la justice et l'autorité du Roy ; la tentative et les efforts qu'a faits pour la troisième fois en cette occasion le clergé de Canada de se soustraire à la justice du Roy et à la dépendance de l'Ordinaire sont si inouïs et si scandaleux et les excès de ceux qui, loin de.contribuer à les ramener à la règle, comme c'était leur devoir, leur ont prêté protection et main forte sont si outrés et si nombreux que, me trouvant obligez de les détailler à son Eminence, je la supplie très humblement de m'en permettre l'exposition par écrit, la plus succincte qu'il me sera possible.Feu Mr.de St Vallier, Evêque de Québec, tomba malade vers le 12 décembre 1727.Depuis ce jour jusqu'au 26 du même mois qu'il est décédé, âgé de 77 ans, après 41 ans d'épiscopat, aucun de ses prêtres, à l'exception du Père de la Chasse, jésuite, son confesseur, et des autres Pères de la Société, de Mr.de Lotbinières, son archidiacre, et de Mr.Lions, supérieur du Séminaire, ne l'approchèrent ; et cette affectation qui scandalisa tout le monde ne contribua pas peu à le contrister et à avancer ses jours, cette affeçt,atjon étant la suite de l'aliénation et de l'opposition que ce clergé s'était plû dans tous les temps à montrer pour son Evêque.\u2014\u2014 Il avait fait son testament et ordonné sa sépulture dans l'église paroissiale de son .hôpital-général, où il s'était retiré depuis nombre d'années, distant d'une demie lieue de la ville de Québec, église absolument indépendante d'aucune autre église ; il y avait fait construire une chapelle sépulcrale et y avait creusé son tombeau sur lequel il avait la piété d'aller tous les jours prier pendant deux heures.Il m'avait nommé son exécuteur testamentaire et m'avait surtout reccmmandé son hôpital-général, dont il avait fait les Religieuses ses légataires universelles, mais beaucoup plus de ses exemples et de ses bonnes œuvres passées que de ses biens présents, puisqu'il est vrai (ainsi que j'en ai rendu le témoignage public aussitôt après avoir pris connaissance de ses affaires) que ce St Prélat mourait saris dettes, et sans biens ; sans biens, parce que, s'etant dépouifjé_de son patrimoine par des établissements sans nombre qu'il a faits dans le Canada tant pour les pauvres que pour son clergé, il ne possédait plus que le revenu annuel de son Evêché, et sans dettes, parce qu'il dépensait ce revenu avec tant de justesse et d'œconomie; non pour lui mais pour les pauvres (n'ayant qu'un domestique à son service), qu'il payait exactement chaque automne sa dépense passée et destinait pour l'année d'après le fond que luy devait produire l'année suivante' de son revenu. ARCHIVES DE QUÉBEC 79 Aussitôt après sa mort, j'aposay le scellé sur ses effets.Deux députés du Chapitre de Québec se présentèrent au scellé et me requirent de n'y point engager les sceaux et les registres du diocèse, attendu que, par la mort de l'Evêque, la jurisdiction diocésaine était dévolue au Chapitre sede vacante.Je leur fis, sur le champ et sans aucune difficulté, la tradition des sceaux et des registres du diocèse ; mon procès-verbal d'opposition de scellé en fait foi ; les députez l'ont signé et par conséquent le Chapitre ne peut pas dire que je luy aye disputé l'exercice de la jurisdiction diocésaine.- Ensuite, comme exécuteur testamentaire, je songeai aux obsèques.On dressa une chapelle ardente où le corps de Mr.l'Evêque resta sept jours, la face découverte, jusqu'à ce qu'on eût préparé la pompe funèbre dans l'église paroissiale de son hôpital-général où il devait être inhumé.a l'exception des personnes nommées cy dessus et quelques Pères Récolets, aucun ecclésiastique du clergé ne vint prier à la chapelle ardente et il est constant dans le fait que les Chanoines de Québec et le reste du clergé de Canada sont encore aujourd'hui à dire la première prière pour leur Evêque, qu'ils ont même demandé aux religieuses de l'hôpital-général qu'elles eussent, en qualité d'héritières, à payer la sonnerie de la cathédrale et qu'ils ont porté sur cela l'indécence, pour ne rien dire de plus, jusqu'à faire des deffencés aUx prêtres, aux jeunes clercs et aux écoliers, de se trouver en aucune des églises où l'on prierait pour l'Evêque, tellement que dans les communautés, où l'on a fait pour luy des services solennels et où l'on a prononcé son oraison funèbre, on n'a pas pu obtenir, même du séminaire, deux ecclésiastiques pour faire diacre et sous-diacre.L'église paroissiale de l'hôpital-général fut tendue de noir jusqu'à la voûte avec trois rangs d'armoiries et de plaques garnies de cierges.Il y fut élevé une estrade de douze degrés garnis de chandeliers et de cierges.Cette estrade portait un dais à quatre pilliers orné d'étoffe blanche et noire et d'armoiries pour y recevoir le corps de Mr.l'Evêque.Le maître-autel et la chapelle sépulcrale furent parez à proportion.On ne fait point en France d'obsèques plus magnifiques aux évêques.Il n'y avait sur cela rien d'ordonné par le testament ; tout y était laissêà la discrétion de l'exécuteur testamentaire.Je me fis un devoir d'y suivre le zèle et la reconnaissance de ses légataires universelles qui étaient les religieuses de l'hôpital-général.C'est cependant dans ces circonstances que les Chanoines de Québec ont osé inventer et envoyer débiter en France l'odieuse imposture que j'avais fait enterrer l'Evêque par les enfants du boureau et que, pour en faire une tradition dans la colonie ou plutôt un bruit commun qui se débitât par tout l'univers, ils l'ont fait publier ainsi dans lés prônes par tous les curés de la colonie avec des démonstrations ajoutées par les curés comme l'Intendant l'avait pris lui-même par les cheveux pour le traisner en sa fosse.Et, ce qui fait connaître dé quoi l'esprit humain est capable dans l'invention du mal, c'est qu'il y avait en effet parmi les pauvres de cet hôpital le fils d'un ancien 80 ARCHIVES DE QUÉBEC boureau.Si donc, pour ramener les choses à la vérité, Mr.l'Evêque de Québec a été enterré par les pauvres, il l'a été par cçux qu'il traitait de ses enfants, il l'a été par les membres de Jésus-Christ, qui étaient les pauvres de son hôpital.Cette pompe funèbre disposée et le jour marqué pour l'inhumation, les Chanoines prétendirent avoir la dépouille de l'Evêque, sa chapelle, sa mitre, sa crosse, son anneau pastoral et sa croix pectorale.Je leur répondis que, comme exécuteur testamentaire, je ne leur pouvais pas livrer ces choses qui faisaient partie du mobilier et appartenaient aux héritiers ; que, comme juge, je ne connaissais point de droit de dépouille sur les évêques ; que de possession je ne pouvais présumer qu'ils en eussent, l'église cathédrale de Québec étant toute récente et n'y ayant eu encore dans cette église qu'un évêque prédécesseur du deffunt ; mais que, s'ils avaient quelque titre, ils n'avaient qu'à présenter leur requête et qu'on y ferait droit.Ils me firent une autre proposition d'une manière assez indécente, me disant qu'il suffisait bien que cet évêque eût vécu dans une maison de religieuses, qu'il ne convenait pas qu'il y fût enterré, qu'il devait l'être à sa cathédrale avec son prédécesseur.Je leur fissentir, ainsi que je le devais, l'indiscrétion de leurs expressions que je ne rapporte point ici dans toute leur grossièreté, leur marquant combien il eûst été glorieux à chacun d'eux de se trouver en état de faire un pareil établissement et de l'animer par ses exemples, comme l'avait fait leur prélat, mais que je n'étais pas le maître de déranger sa disposition testamentaire.On connaîtra aisément que tout ce qu'ils voulaient en cela n'était que le renversement de cette disposition testamentaire et qu'un Chapitre qui demandait qu'on payast le son de ses cloches pour son Eyêçjue, lorsqu'il est étàbly qu'à sa mort toutes les prières de son diocèse luy sont dues, ne demandoit pas son corps par piété et par révérence.Ils formèrent le dessein de l'enlever et de le retenir à la cathédrale.J'en eus des avis de toutes parts, et de bouche et par écrit, lesquels me jettèrent dans une grande inquiétude sur ce que je m'étais engagé, au cas que le temps et la rigueur de la saison le permissent, de faire porter le corps à Québec, à la cathédrale, et successivement en toutes les églises des communautés qui demandaient à le recevoir et à luy dire des prières, et de le rapporter de là à l'hôpital-général où il devait être inhumé, ayant même pour cela fait équiper un char en forme de traîne et fait caparaçonner des chevaux à cet effet.Il y avait cependant cinq pieds de neiges sur la terre : il falait faire une demie lieûe de chemin dans la campagne, le froid était excessif et tout s'opposait, en une saison si peu convenable, au projet d'un pareil convoy qui ne se faisait que ad pompant et osten-tationem et qui n'aurait pu même s'exécuter à cause des poudreries qui survinrent.Aussi je n'en rend compte que pour faire connaître que, quoique maître de la pompe funèbre en qualité d'exécuteur testamentaire, il ne m'était pas venu en pensée de m'opposer à rien de ce qui pouvait être désiré à\" ce sujet et que, si le chapitre de Québec a déclaré ne pas vouloir m'avoir pour juge et me reconnoitre en rien, ce n'est pas que je les eus indisposé par le refus de quoy que ce soit qui fût raisonnable ou proposable. ARCHIVES DE QUÉBEC 81 Mais ce fût alors que survinrent les contestations entre le Chapitre et le Sr de Lotbinières, archidiacre.Le Sr de Lotbinières est conseiller au Conseil Supérieur de Québec.Il est fils et petit-fils de conseiller en ce Conseil, par conséquent homme d'étude et instruit du droit public.Devenu veuf, il a désiré d'entrer dans l'état ecclésiastique.Feu Mr.l'Evêque de Québec l'en avait jugé digne.Il l'avait ordonné prêtre, luy avait ensuite donné sa confiance et l'avait fait son archidiacre.Le Sr de Lotbinières a justifié le bon choix de son Evêque puisque, par le recueillement où il s'est tenu depuis qu'il a quitté le siècle, il s'est mis en état de prêcher et fréquemment, ce qui ne se fait pas [sans] travail et sans capacité, et c'est ce que je lui ai vu faire plusieurs [fois] avec beaucoup d'applaudissement., Le Chapitre, résolu de renverser tout ce que Mr.l'Evêque de Québec avait fait, entreprend de chagriner cet archidiacre, de luy ôter toutes ses prérogatives.Il est pourtant de principe que la mort de l'évêque ne change rien à l'intérieur d'un Chapitre ; les dignités entre-elles doivent conserver leurs rangs et leurs fonctions.L'archidiacre était en possession d'officier dans toutes les fêtes pontificales.Lorsque l'évêque n'officiait point à la cathédrale comme première dignité existante dans le Chapitre, c'était à luy à le tenir et à le convoquer.Tout luy est disputé et, le droit de faire l'enterrement de l'Evêque luy étant pareillement contesté, il est contraint de se pourvoir.Le Conseil Supérieur était lors dans une vacance qu'on nomme la vaccance des Roys.La requête m'est présentée ; je la réponds d'un viennent les parties sur la provision au lendemain, l'affaire requérant célérité puisque l'enterrement se devait faire le surlendemain, réservant aux parties d'en venir sur le fonds des contestations au premier jour d'audiance- du Conseil Supérieur.Je fus servi le lendemain d'un appel de mon ordonnance qui me fut apporté, les Chanoines déclarant qu'ils en appelaient tant comme de juge incompétent qu'autrement, qu'ils ne comparoîtroient ni devant l'Intendant ni au Conseil Supérieur qui n'était pas leur juge, qu'ils n'en avaient point dans la colonie et qu'ils prétendaient porter en France, au Roy même, le jugement de leurs contestations: Quand j'eus reçu cette déclaration par écrit faite par le Chapitre de Québec qu'ils ne reconnaissoient aucun juge dans la colonie, qu'ils n'y vouloient déférer aucun jugement, et que je vis que leurs mesures étaient prises pour enlever le lenden.ain le corps de l'Evêque, à l'occasion dequoy j'avais même étéobligéde faire coucher dès la veilleà l'hôpital-général le lieutenant-général de Québec, le Procureur du Roy, pour empêcher les violences qu'on ne peut trop prévenir en de pareilles rencontres, je ne crus pas devoir diférer à faire enterrer feû Mr.l'Evêque de Québec.Il le fut solennellement et au son des cloches par tous les prêtres tant séculiers que Jésuites et Récolets qui étaient à l'hôpital-général, en présence de la justice, en présence du peuple de cette paroisse, des pauvres de cet hôpital, ayant chacun un cierge à la main, des religieuses hospitalières ayant également un cierge à la nain et de tous ceux 5300\u20146 82 ARCHIVES DE QUÉBEC qui se trouvèrent à la cérémonie.Et le procès-verbal qui fût fait dans la même journée par les Chanoines, où ils expriment qu'ils én ont fait la lecture devant une nombreuse et honnorable compagnie, fait bien voir qu'il ne s'est rien fait dans cette occasion de clandestin et de forcé.Enfin il est dans le tombeau qu'il s'est creusé luy-même ; il repose dans le lieu dont il avait fait choix ; il y est au désir de son testament dont l'entière exécution m'était confiée et par lequel il luy à été libre, comme à tous les autres hommes, de choisir sa sépulture.Les Chanoines, voyant leurs-mesures rompues, firent sonner le tocsin à la cathédrale.On fit battre la générale.On cria par toute la ville que le feu était à l'hôpital.Le soleil se couchoit alors et ses rayons, répondant à l'aspect de Québec au derrière des bâtiments de cet hôpital, y formaient comme une apparence de feu, à laquelle les gens sensés et accoutumés aux effets du soleil, qui se repetoit tous les, jours, ne se laissèrent point tromper et rioient du stratagème ; mais les Chanoines, usant de ce prestige pour emmener les plus simples, entrènèrent avec eux sous ce prétexte du feû le plus de peuple qu'ils purent à l'hôpital-général.Il y avait une demie lieue à faire en rase campagne.L'œil toujours porté sur un même objet pouvait bien se désabuser dans le chemin de ce feû imaginaire ; aussi le plus grand nombre leur déserta.Et de ma part étant sorty au devant de ce concours, sur l'avis qui m'en fût donné aussi bien que du motif qui l'amenait, je remerciai le peuple de son zèle pour l'hôpital-général, l'assurant que le feû n'y avoit point été, ainsy qu'ils le pouvoient voir.Le peuple me salua et se retira.Pour les Chanoines, ils entrèrent tumultueusement dans l'église, ils renversèrent les personnes qui prioient sur le tombeau de l'Evêque ; ils'tentèrent par deux fois d'enlever le Saint Sacrement ; ils déposèrent la supérieure de cet hôpital et, comme si le droit des communautés n'était pas de procéder par la voye du scrutin à l'élection d'une autre supérieure lorsque le cas arrive d'une déposition juridique et légitime, ils en nommèrent une autre et prétendirent l'instituer de leur autorité privée.Et, étant restés à verbaliser dans cçt hôpital jusqu'à plus de neuf heures du soir en présence de l'assemblée qui y étoit encore et qu'ils ont traitée eux-mêmes de compagnie nombreuse et très honnorable dans leur Mandement et manifeste du 6 janvier, ce qui fait voir qu'il ne.s'y était rien fait de clandestin; ils signiffièrent qu'ils interdissaient l'église où était inhumé le corps du seigneur Evêque (ce sont les termes de leur procès-verbal) avec deffences à tous prêtres séculiers et réguliers d'y célébrer ny d'y faire aucune fonction sous peine d'irrégularité et de suspense a divinis.Y a-t'il rien de plus indécent et de plus absurde que d'interdire une église parce qu'un évêque y est enterré?Y a-t'il rien de plus irreligieux et de plus inhumain que d'interdire sans réserve la célébration des mistères et l'administration des sacrements en un hôpital où il y a tous les jours des mourants ?Le Sr de Lotbinières, archidiacre, me présenta sa requête pour que j'eusse à demander aux Chanoines de Québec les pouvoirs en vertu desquels ils étôient venu interdire cette église, déposer la supérieure et en instituer une autre. ARCHIVES DE QUÉBEC 83 Le Chapitre en effet n'avait encore alors délivré aucun pouvoir de grand Vicariat Le surlendemain ces pouvoirs me furent apportés et, les ayant en effet trouvé posté rieurs de plus de 24 heures aux actes d'autorité qui avaient été exercés à l'hôpital-général, je les paraphay ne.varietur.à l'effet qu'il ne fut plus possible de supposer-d'autres d'une datte antérieure.v- L'archidiacre continua de se pourvoir au Conseil Supérieur sur les droits et prérogatives et, le Conseil s'etant assemblé, le Chapitre y envoya un député fondé de sa procuration.C'étoit le Sr Hazeur, grand Pénitencier.Ce député déclara qu'il ne se pré-sentoit pas au nom du Chapitre comme partie, mais seulement pour déclarer par écrit au Conseil Supérieur ce qu'ils avoient déjà signiffiéà l'Intendant que ni le Conseil Supérieur ni l'Intendant n'étoit leur juge, qu'ils n'en avoient point dans la colonie et qu'ils prétendoient porter en France, au Roy même, la connoissance de leurs contestations.Cela dit de bouche fût accompagné d'un papier que le député requit le Conseil de recevoir pour l'inscrire en ses registres et ne prétendre cause d'ignorance de la déclaration qu'ils entendoient faire.On essaya de faire entendre à ce député l'absurdité de sa proposition par l'endroit que la colonie du Canada étant composée, comme tous les autres pays de la domination du Roy, de trois états, clergé, noblesse et tiers-état, il n'y avoit aucun de ses trois états qui ne fût soumis à la justice du Roy ; qu'en matière possessoire, telle qu'est le jugement de prérogatives, de préséances, et du possessoire des bénéfices, il n'y avoit que les juges royaux qui en pussent connoître ; qu'ils avoient déjà essayé d'autres fois de se déclarer indépendans de la justice du Roy dans la colonie ; qu'on avoit été obligé de les contraindre à la reconnoitre et à y comparoître par la saisie de leur temporel, ainsy ^jque le Roy enjoint à ses juges d'en user par ses ordonnances ; qu'ils eussent donc à ^§e reconnoitre, pour quoy on leur donnerait le délay de trois mois, et, comme l'interdit a divinis de l'église paroissiale de l'hôpital-général aussi bien que la déposition de la supérieure et l'institution d'une autre supérieure à sa place avaient été faites avant les pouvoirs donnés par le Chapitre à ses grands Vicaires, le Conseil Supérieur, sur les conclusions du Procureur général, annulla ces actes faits tanguant a non habente poleslatem.Cet arrest ne fut pas plutôt signiffié qu'au mépris^* ses dispositions les grands Vicaires du Chapitre retournèrent de nouveau interdire l'église de l'hôpital-général, déposer la supérieure et en instituer une nouvelle.Les Grands Vicaires du Chapitre entreprirent encore de tourmenter les autres communautés.Ils prétendirent interdire aux Jésuites la confession et la prédication ; ils écrivirent des lettres aux religieuses portant des menaces d'excommunication ipso facto, de sorte que, sur les différentes plaintes de communautés et sur la considérât du trouble jette de toutes parts, le Conseil Supérieur de Québec fut obligé de prendre un party capable de remédier à ces désordres et d'en prévenir de plus considérables.Grand nombre d'attentions, plus importantes,les unes que les autres, ne permettaient pas même de différer : La situation singulière du diocèse de Québec, qui n'a aucun supérieur 84 ARCHIVES DE QUÉBEC ecclésiastique qui l'avoisine auquel les parties vexées puissent se retirer, ainsi que les diocèses en ont en France ; Le grand élpignement de la France, lequel met toujours plus d'une année d'intervale entre le mal commis en Canada et le remède-qu'on y apporte ; La déclaration publique que venoit de faire par deux actes différents le Chapitre de Québec de ne vouloir se soumettre à aucun juge dans la colonie à l'effet de s'autoriser d'avantage et de se jetter- impunément en toutes sortes d'excès et de violences ; Le trouble mis dans les consciences, le partage de l'autorité dans les couvents par la déposition des supérieures en place et l'institution de supérieure nouvelle, laquelle formoit nécessairement ou pouvoit former un double party dans les communautés religieuses ; et plus que tout cela.La considération que c'étoit déjà pour la troisième fois que le Clergé de Canada avait essayé de se soustraire à l'autorité du Roy et avoit fait bien d'autres efforts pour diminuer celle de l'Ordinaire et ne s'y pas soumettre.Tout cela détermina le Procureur général à représenter au Conseil Supérieur.lo Que c'étoit pour la première fois seulement que le Chapitre de Québec prétendoit exercer la jurisdiction diocésaine, cette église naissante n'ayant encore acquis là-dessus aucune possession, telle que l'ont acquise et du l'acquérir pour l'exercer les autres Chapitres, parce que ce droit est de soy opposé au droit ancien qui deservit la jurisdiction pendant la vidûité de l'église au supérieur ecclésiastique, ainsi que cela se pratique encore en quelques églises de France ; 2o Que c'étoit même par rapport à la nouveauté de l'établissement de cette église que Louis Quatorze, informé de l'indisposition du Chapitre de Québec et de l'indocilité de ce clergé envers son évêque, avait tenté de les accorder par différens règlemens qu 'il avait fait dresser par feû Mr.l'archevêque de Paris et le Père de la Chaise, son confesseur, et avoit fait donner successivement un coadjuteur à chacun des deux évêques qui avoient gouverné cette église, dont le premier, qui étoit Mr.de Laval, étant mort ayant son coadjuteur auprès de luy, cette mort n'avait laissé aucun prétexte à la jurisdiction du Chapitre ; 3o Que, comme ce n'était point l'absence de l'Evêque, mais bien la viduité de l'église, qui rendait le siège vaccant, l'éloignement actuel du second coadjuteur, devenu évêque au moment de la mort de son prédécesseur, n'apportait en cela aucune différence et ne luy pouvoit préjudicier étant coadjuteur cum futura successione quLest précisément l'espèce de coadjutorerif que les canonistes ont décidé faire cesser la Vacance du siège, parce que les règles des successions dontcette sorte de coad j utorerie porte le caractère y doivent être suivies et que par conséquent les mêmes grands Vicaires qui, par la mort de feu Mr.l'Evêque de Québec, avaient cessé d'être ses grands Vicaires l'étaient devenus de l'évêque existant, ainsi que dans les justices seigneuriales les officiers du Père deviennent les officiers du fils par cette règle des successions que Je mort saisit le vif, n'y ayant jamais, en fait de succession, un seul instant d'interruption entre la propriété du père ARCHIVES DE QUÉBEC 85 et la propriété du fils ; que Mr.de Mornay, coadjuteur depuis quinze ans, était existant ainsi qu'on en avait la preuve littérale et démonstrative par ses lettres de l'année : que ce prélat avait prêté serment de fidélité au Roy depuis plus de quinze ans ; que la possession était publique et formelle, puisqu'il exerçait épiscopalement, au vû et au ceû d'un chacun, la partie du diocèse qui est la Louisiane à laquelle il s'étoit fait à l'instant même une réunion du total en sa faveur ; que c'en était autant qu'il en falait à un évêque qui jouissait déjà d'une partie, n'ayant, à proprem ent parler, besoin de prise de possession que pour jouir de droits et de prérogatives qui seraient attachés singulièrement à sa personne comme Evêque d'un tel endroit ou au domaine de son église, mais non pas pour l'exercice de ses fonctions êpiscopales dans lesquelles il n'a jamais de contradicteur ou de concurrent, le Roy ne nommant qu'un seul évéoue au même évêché, à ;a différence d'autres bénéficiers lesquels, pouvant être plusieurs en nombre nommés et prétendant à un même bénéfice, ont indispensablement besoin d'une prise de possession pour faire valoir leurs droits et les deffendre jusqu'à la pleine maintenue ; 4Q Que l'exercice de la jurisdiction diocésaine étoit une chose délicate de soy, sujette à des excès ou des fautes de la part des plus habiles ; qu'il faloit par conséquent des juges qui pussent prêter secours aux parties, mais que les Chanoines de Québec n'en voulant pas reconnaître en Canada on n'y pouvoit à leur égard rendre justice à personne ; 5° Que, pour s'attribuer un droit de cette nature de la part d'un Chapitre et pour en permettre de la part du Conseil Supérieur l'exercice à ce Chapitre, il faloit au moins que ce corps qui le vouloit exercer eust caractère et qu'il eûst au Conseil Supérieur de la province ou de la colonie des lettres patentes enregistrées ; que le Chapitre de Québec n'en avoit point; qu'on pouvoit même dire que cette église naissante étoit encore informe parce qu'érigée en 1674 par une Bulle de Clément X avec un certain nombre de dignitez et de prébendes, ce Chapitre n'avoit point songea obtenir de lettres patentes sur cette première Bulle et qu'ayant été réduit depuis à un moindre nombre par une Bulle postérieure de Clément XI à l'occasion de trois abbayes dont le Roy avait consenti l'extinction au proffit de cette église, mais dont le même Pape Clément XI n'avoit fait l'union que sous la condition sine qua non de cette réduction.Le Chapitre y ayant formé opposition en 1707 étoit resté dans ce combat de Bulles sans faire prononcer le Pape sur cette opposition; en telle sorte que cette église qui n'avoit point de lettres patentes n'avait pas même d'état certain ni sur la jouissance du revenu de ces trois abbayes unies ni sur le nombre de ses dignitez et prébendes, lequel deffaut de forme extérieure rendoit tout au moins impraticables et très contestables les droits et prérogatives ordinaires qui avoient pu y être attachés ; Raisons pour lesquelles feu Mr.l'Evêque de Québec de son côté avait été très attentif à avoir toujours, jusqu'à l'arrivée de son coadjuteur, plusieurs grands Vicaires, ayant même sur cela obtenu au nombre de ses dispenses du Pape de se pouvoir nommer des grands Vicaires après sa mort, dispense qui ne se fût peu être (sic) pas assez accordée avec nos principes, mais qui en tout cas était devenu inutile depuis la nomination de son coadjuteur.¦ 86 ARCHIVES DE QUÉBEC Ce fut sur ces motifs que le Conseil Supérieur, considérant que le Chapitre de Québec n'affectoit la puissance diocésaine que pour s'en faire une autorité arbitraire et sans bornes et que, ne voulant user et n'usant en effet de ce pouvoir que pour faire le mal et non pour opérer le bien, que pour mettre le trouble dans les communautés et non pour y conserver la paix et l'édification au peuple, déclara par son arrest (ce qui étoit ën effet) c'est-à-dire la non-vaccance du siège et ordonna que le diocèse seroit réglé, ainsi qu'il l'étoit à la mort de feu Mr.l'Evêque de Québec, par les mêmes grands Vicaires, lesquels étoient en grand nombre et qui par la mort de Mr.de St Vallier étoient devenus grands Vicaires de Mr.deMornay, ainsi que Mr.de Mornay étoit devenu luy-même Evêque de Québec par la mort de Mr.de St-Vallier.Ce party étoit d'autant plus sage et plus louable qu'il ne déplacoit aucun de ces grands Vicaires et celuy là même qui avoit été nommé Vicaire général du Chapitre, étant du nombre de ces grands Vicaires, acquérait beaucoup plus qu'il ne perdoit à ce changement, puisqu'il y a bien de la différence entre exercer le grand vicariat pour un évêque ou l'exercer au nom d'un Chapitre sede vacante lequel, n'étant regardé que comme simple curateur à la succession vaccante, ne peut rien innover et est obligé de se renfermer dans des actes d'une indispensable nécessité, n'ayant rien de ce qui vient a clave et de ce qui procède de l'ordre, ce caractère eminent, et la puissance qui en résulte ne venant que de l'imposition des mains que le Chapitre n'a pas reçue, puissance même que ne peuvent exercer les évêques en France qu'après avoir prêté au Roy le serment de fidélité, ce que ne fait point un Chapitre, lequel par conséquent est obligé de s'en tenir à ce que luy donne cette autorité qui ne luy est point propre, mais qui n'est que précaire, passagère et momentanée, sans quoy des Chapitres en France auraient plus de pouvoir et de privilège que les évêques même, ce qui seroit absurde.Tels furent les motifs du Conseil Supérieur de Québec dont il étoit nécessaire, Monseigneur, de rendre compte à Votre Eminence qui, par ses lumières supérieures, connoitra aisément qu'on n'a pas.pu se dispenser de faire ce qu'on a fait et de veiller sur cela à la propre sûreté du Prince par le maintien de la subordination et des droits de sa justice.Ce party d'ailleurs ne détruisoit point le droit que prétendoit avoir le Chapitre d'exercer la jurisdiction diocésaine ; il le suspendoit seulement à cause de la non-vaccance du siège, il le confirmoit par conséquent, mais il le réservoit à un temps auquel le siège eut été véritablement vaccant, Exceptio firmat régulant.Les Chanoines n'yjeussent donc trouvé aucun désavantage pour eux s'ils n'eussent eu d'autre intention que d'exercer un droit légitime et limité et non pas celle de détruire ou d'entamer le droit de l'Ordinaire ou plutôs t de disputer de puissance avec luy, comme ils l'ont bien fait connaître par leur dernier excès, en insultant encore tout récemment à la prise de possession de leur Evêque qu'ils n'ont point voulu reconnoitre dans la vue de se perpétuer la jurisdiction diocésaine en leur propre et privé nom, au mépris des propres pouvoirs qu'il a bien voulu leur envoyer, dont ils n'ont fait aucun cas, prenans ARCHIVES DE QUÉBEC -J encore actuellement, au préjudice de ses pouvoirs envoyés, la qualité de Vicaires généraux du Chapitre de Québec et continuant de vexer les communautés par la privation des sacrements, leur refusant pour confesseurs ceux mêmes d'entre eux que les communautés-leur ont demandés à moins qu'elles ne donnent des rétractations par écrit des requêtes et plaintes judiciaires que ces communautés s'étoient vû forcées de présenter au Conseil Supérieur, conduite présente qui accuse assez celle qu'ils ont eue précédemment et qui peut bien justiffier la nécessité et la peine dans laquelle se sont trouvés ceux qui avoient à mettre l'ordre ; peut-être sentira-t'on de quelle conséquence il étoit de ne pas souffrir dans le Canada, non plus que partout ailleurs, qu'un corps ecclésiastique s'arrogeaainsy un pouvoir qu'ilh'a pas, qu'il abusa de ce qu'il y a de plus sacré, qui est la direction au spirituel, pour contraindre les parties de se rétracter en justice, et qu'i n'est nul endroit au monde où le Roy fust le Maître de ses Etats si, à la faveur de cette direction au spirituel, on entreprenait d'y déranger les opérations de sa puissance et de sa justice.Les Pères Récolets de Québec, qui pouvoient se dispenser de prendre party dans cette affaire, se trouvèrent à l'Intendance, le jour que cet arrest fut rendu, au nombre de huit ou dix.Mrs.du Conseil Supérieur, qui dînent à l'Intendance toutes les fois que le Conseil s'assemble, étoit encore présent quand, adressant la parole aux Pères Récolets, je leur dis ce que le Conseil venoit de juger ajoutant que, les connaissant bons et fidels serviteurs du Roy, je pensois qu'ils entreroit sur cela dans les vues de la compagnie et qu'ils se conduiroient dans cet esprit avec ceux qui etoient sôus leur direction.L'un d'eux, qui n'étoit pas le Supérieur quoy que le Supérieur fût présent, prit la paroles et me dit que leurs Pires sçavaienl bien qu'elle était l'autorité du Conseil Supérieur mais qu'ils sçavaienl bien aussy ce qu'ils dévoient penser de ses décisions.La réponse me parut peu convenable ; toute l'assemblée s'en choqua.Je leur en faisais connoître le tort et le danger où ils s'exposoient que le Conseil ne s'en plaignit à Sa Majesté, lorsque le même qui avoit parlé me répliqua qu'ils avoient bien au moms les bras aussy longs que ceux qui les menaçoient.Ils sortirent en profférant ces dernières paroles.'_ __'Z.Le Conseil Supérieur ne fut pas longtemps sans éprouver la suite de ce mépris Le premier de ces religieux qui monta en chaire fit une déclamation contre le Conseil pour exciter le peuple à s'émouvoir, laquelle a été suivie de sept ou huit sermons plus séditieux les uns que les autres, au dernier desquels l'auditoire fut tellement scandalisé qu'on sortit de l'église avant la fin du sermon.Il n'est d'invectives et de mépris dont ils n'ayent usé contre le Conseil Supérieur ; rien dé plus hardy que ce qui s'est proféré dans ces prédications contre la justice du Roy : le Conseil y a été traité d'ennemy déclaré de l'Eglise, comparé aux tyrans et aux persécuteurs des chrétiens.On y a porté l'absurdité jusqu'à prier le Seigneur de bénir les armes de Mr.de Beauharnois tant dans la guerre qu'il enlreprenoit contre la nation des 87 88 ARCHIVES DE QUÉBEC Renards que dans celle qu'il s'êtoil vû obligé de déclarer au Conseil Supérieur.Rien donc de plus inoûi et de plus téméraire que ce que ces religieux et les autres ecclésiastiques \"ont proféré dans les chaires, mais rien aussy n'était plus capable de démasquer les desseins qu'avait Monsieur de Beauharnois, Gouverneur général, en protégeant ce clergé rebèle.Menlita est iniquitas sibi.L'apologiste n'a pas assez ménagé son éloquence ; il a caractérisé et étably à jamais la mémoire des entreprises qu'on a faites contre le Roy dans le Canada.C'est la guerre, dit-on, que l'on a été obligé de déclarer à son Conseil ; et Son Eminence va voir par la suite de ce récit que ce n'a rien moins été en effet qu'un abus continuel des armes du Roy contre le Roy même et qu'on vient réellement d'y prendre plus d'une fois les eûmes contre ses intérêtset son autorité.Ces discours séditieux et les plaintes des communautés donnèrent lieu à plusieurs arrêst sans que le Conseil Supérieur pût arrêter ce désordre.Il en avoit été rendu jusqu'à sept lorsque Mr.le Marquis de Beauharnois, Gouverneur général, qui a sa place au Conseil Supérieur et qui peut y venir donner sa voix comme les autres conseillers, qui avoit même cautume de s'y trouver presque tous les Conseils, s'étant abstenu depuis les affaires du Chapitre, y vint le 8 mars 1728 avec une ordonnance de luy à la main qu'il déclara vouloir être lue dans le Conseil à haute et intelligible voix par l'un de ses secrétaires qu'il avait amené avec luy.Mais comme ses pouvoirs de Gouverneur général ne lui donnent point le droit d'exercer aucun acte d'autorité en son nom dans le Conseil, qu'il luy est même deffendu par ses pouvoirs de se mesler directement ni indirectement à la justice ordinaire autrement que pour y donner mainforte et qu'il est déclaré par tous les règlements du Roy n'avoir aucune direction sur les officiers qui rendent la justice, la Compagnie n'en permit point la lecture \u2022 en cette forme.Son ordre fut mis entre les mains du Procureur général qui en fit la lecture.Il deffendoit par cet ordre au Conseil Supérieur de connoître et de juger dans les matières ecclésiastiques et de recevoir aucune requeste des parties citées à cet égard (ce sont les termes de cet ordre), // suspendoit l'exécution des arrêsts rendus etfaisoit deffenses d'en rendre de pareils à l'avenir, imposant sur ce silence au Procureur général du Roy (ce sont encore là les propres termes de son ordre), deffendoit au greffier de les écrire, aux huissiers de les mettre à exécution et au peuple d'y obéir.Il y avoit déjà du temps que personne ne doutait plus de l'appuy que Monsieur le Marquis de Beauharnois avoit résolu de donner au clergé et aux Récolets ; il se tenoit enfermé avec eux des jours entiers dès le temps de la maladie de feÙ Mr.l'Evêque de Québec.Depuis sa mort il ne luy avoit rendu aucun devoir et ne s'étoit trouvé en aucune des églises où l'on avoit prié pour luy, quoyque son oraison funèbre èûst été prononcée deux fois et que le Conseil Supérieur y eust assisté en corps et en cérémonie.Il était poutant aisé à Mr.le Gouverneur général de ramener à la raison et à la surjofcfination à la justice ce clergé rebelle et.pour peu qu'il leur eust témoigné désa- 89 prouver la prétention chimérique qu'ils avoient de ne reconnoitre aucun juge dans la colonie, de ne s'y vouloir soumettre à aucun supérieur et que, sentant luy-mêmê l'empêchement qui en pouvoit résulter contre ses propres opérations dans le service du Roy, et le maintien de la sûreté et du bon ordre dans le pays, il leur eust marqué ne pouvoir tolérer une telle désobéissance, le clergé s'y seroit rendu ou bien n'auroit pas porté aussi loin qu'il l'a fait ses excès et sa révolte ; mais la surprise du Conseil fut grande de voir que Mr.le Gouverneur général, lequel par le règlement que le Roy a fait depuis longtemps et qui ont été très souvent réitérées ne peut faire aucune ordonnance de justice n'ayant d'autre recommendation sur le fait de la justice que de luy prêter main-forte quand il en est requis, vînt, par une pareille ordonnance et de son autorité privée dispenser le peuple d'obéir à la justice du Roy et rompre ainsi le lien que forme, entre le prince et ses sujets, l'administration nécessaire de la justice et cela en faveur d'un clergé qui de luy-même s'en étoit déclaré exempt et ne vouloit pas s'y soumettre.On luy représenta que le Roy, en interdisant la connaissance de quelque matière ou de quelqu'affaire particulière à.quelqu'une des ses Cours supérieures, ne manquoit jamais ou de se l'évoquer à luy-même ou de désigner d'autres juges pour en connoitre ; que, n'y en ayant pas d'autres dans le Canada qui pussent juger des.matières en question que le Conseil Supérieur à qui Mr.de Beauharnois en interdisoit\" la connaissance, son ordre, quelque frivole qu'il fût en soy, ne faisoit qu'appuyer la révolte du clergé et ne mettait aucune borne ni aucun remède aux excès du Chapitre ; qu'il était le premier homme au monde qui eust osé imposer silence au Procureur général du Roy ; que cette injonction étoit réservé à la seule personne du Roy qui ordonnoit même à ses Procureurs généraux de ne cesser de parler pour ses droits jusqu'à ce que Sa Majesté leur en imposât elle-même la deffense par ses lettres de jussion où le Roy comme souverain use seul de cette formule et sur ce imposant silence à notre Procureur général-La Compagnie détermina d'une voix unanime qu'elle porteroit au Roy ses plaintes de l'insulte que luy étoit venu faire Mr.de Beauharnois ; et, comme il fit beaucoup d'efforts pour faire rétracter les conseillers de leurs avis et le Procureur général des conclusions qu'il avoit prises, prétendant qu'elles n'étoient pis telles que l'arrest déjà prononcé, on reprit encore une fois les voix et l'arrest fut prononce pour la seconde fois la Compagnie d'une voix unanime étant restée indeliberalis.Mr.le Gouverneur général sortit aussitost du Conseil.¦ Il fit mettre les troupes sous les armes dans Québec et, employant ainsi les armes du Roy contre le Roy même puisque c'étoit contre le corps qui exerce la justice, il fit publier à la tête des troupes sa deffense au peuple d'obéir aux arrêsts du Conseil.Cette deffense fut ainsi faite dans tous les carefours de la ville de Québec avec des cris de Vive le Roy et Beauharnois qu'il fit criés par les soldats et excités du chapeau par les àydes majors.IPenvoya publier ses mêmes deffenses dans les campagnes à la tête des milices mises sous les armes avec de pareils cris de Vive le Roy et Beauharnois qu'il a toujours fait crier depuis dans Québec par des enfants que les domestiques y excitent quand il y 90 ARCHIVES DE QUÉBEC marche et que les ecclésiastiques ont fait crier pendant un temps considérable par les enfants dans les églises à la fin des offices.Il faudrait détailler cet ordre pour faire connaître à Son Eminence l'imprudence avec laquelle il est conçu et le'danger qu'il y avoit de le rendre public.On n'y parle que de révoltes pour des droits et des prérogatives de corps et de communautés ou de particulier à particulier lesquelles se règlent tcus les jours communément en justice ; rien n'y est plus marqué que l'invitation faite au peuple de prendre à ce sujet party pour le clergé et que l'idée donnée au clergé d'appeller sur cela le peuple à son secours.Son Eminence poura lire cet ordre dans le recueil des pièces qui luy avoient été adressées ; ses lumières supérieures à toutes les réflexions qu'on y pouroit ajouter luy en feront pénétrer le dessein et le danger ; les termes de parties citées et autres luy feront connoître que cette pièce n'a point d'autre auteur que les Chanoines de Québec, mais qu'il est étrange qu'un Gouverneur général, au hazard de détruire la justice du Roy, d'avilir ceux qui la rendent, et dans le dessein de sacrifier, ainsi qu'il est arrivé, l'homme du Roy à la haine et au ressentiment d'un clergé rebele, se soit prêté à des veûes aussi indiscrètes et aussi'contraires aux maximes d'un bon gouvernement.Quoy qu'il en soit, Mr.le Gouverneur général, ne voulant point paroîstre l'auteur de tout ce qui pouvoit s'en suivre d'un tel désordre et d'un pareil renversement des loys et du bon ordre, s'en fut â Montréal, distant de Québec de soixante lieues.Le 30 mars, trois semaines seulement après son départ et son ordre apporté au Conseil et publié dans les villes et dans les campagnes, la garnison de Québec, en présence du Sr Le Verrier, Lieutenant du Roy qui commandoit dans Québec, fit rébellion à la justice et déchira avec les êpées, conjointement avec les ecclésiastiques, les arrests du Conseil et les ordonnances du Roy.Helle qu'étoit celle de toilles peintes et autres, qui etoient affichées aux portes des églises, ainsi qu'il résulte des informations et des procès-verbaux envoyés.Dix jours après (c'est-à-dire le 9e avril) je me vis investi à sept heures du matin au palais du Roy par quatre-vingts hommes, la bayonnete au bout du fusil, commandés par le même Sr le Verrier, lesquels rompirent devant moy les prisons du Roy et en enlevèrent les prisonniers.Ce détachement étoit descendu sans bruit et s'en retourna comme en triomphe, tambour battant, les prisonniers à la tête du détachement.Et enfin Mr.de Beauharnois, voulant s'attribuer sur le Conseil Supérieur une voye d'autorité, après avoir menacé les autres conseillers chacun en particulier, ainsi qu'ils en ont rendu plaintes, de les mettre dans les prisons et dans les cachots, envoya deux ordres de luy en forme de lettres de son cachet, l'une et l'autre dattées du 13 may, l'une au Sr Gaillard et l'autre au Sr Dartigny, tous deux conseillers au Conseil Supérieur, pour aller chacun en exil jusqu'à nouvel ordre en un lieu séparé qui leur est marqué à chacun.Ces.deux conseillers, qui ont des provisions du Roy et qui ont prêté serment au Conseil de n'en point désemparer au préjudice dè leurs fonctions, n'ayant pas crû ARCHIVES DE QUÉBEC 91 devoir defferer aux ordres de Mr.le Gouverneur général qui, par le règlement de 1684 fait par le Roy, a été dit n'avoir aucune direction sur les officiers qui rendent la justice, se réfugièrent dans le palais pour éviter d'être conduits en prison.Ils y ont continué de rendre la justice jusqu'au jour de ma révocation, sans quoy l'on n'eûst pu rendre la justice aux sujets du Roy n'y ayant pas nombre suffisants de consers, à cause du grand âge et de l'infirmité des autres.¦ Mais, depuis ma révocation, Mr.le Marquis de Beauharnois, dans le dessein de disperser le Conseil et de le réduire à un nombre de Consers qui luy fut asservi par la crainte et empêcher l'entrée du Conseil qu'il en a voulu exclure par l'exil et la prison» en a fait garder la porte tantôt par ses gardes la carabine haute tantôt par les archers de la Maréchaussée et enfin par un corps de garde qu'il a étably dans la grande salle du palais qui précède la salle de l'audiance ; De sorte que le Conseil Supérieur de Québec n'est plus composé que du Sr Delino.Doyen, qui a trahi sa compagnie et qui a conseillé à Mr.le Marquis de Beauharnois l'acte d'autorité qu'il est venu faire au Conseil ainsi que le Conseil Supérieur l'a exposé dans la lettre qu'il a pris la liberté d'écrire au Roy ; encore cet homme est-il sourd et paralitique de sa dernière maladie ; du second conseiller qui est le Sr Maquard, qui depuis trois ans a une paralisie sur la langue et qui n'opine que du mouvement de la tête ; d'un troisième conseiller qui ne travaille point et n'a jamais raporté de procez, parce que son état de médecin fait ses fonctions principales ; du Sr de St Simon qui a presentment 80 ans passés et qui ne veut point opiner depuis plusieurs années ; du Sr de Lotbinières qui a eu la permission de passer en France et qui y est actuellement ; et de deux ou trois autres que leur âge ou leurs affaires empêchent de venir au Conseil-Mr.de Bauharnois, par la voye des exils et la menace des prisons et cachots en ayant écarté les autres, nonobstant que, par ses instructions particulières et par les différens règlements que le Roy a faits pour l'administration de sa justice en Canada, il soit dit que le Gouverneur général n'a aucune direction sur les officiers qui rendent la justice, que même, par l'instruction commune donnée en 1726 au Gouverneur et à l'Indendt il soit deffendu très expressément au Gouverneur général de se mesler des affaires qui regardent la justice ordinaire, Sa Majesté voulait que les arrêts du Conseil Supérieur soient exécutez conformément aux Loys et que les conseillers ayent une entière liberté dans leurs suffrages, et enfin que, par des instructions de 1725, il luy soit deffendu de mettre les habitans en prison et de faire aucune ordonnance de justice, ne pouvant faire de sa part que des ordonnances militaires.' .C'est ainsi que la justice et l'autorité du Roy ont été totalement dégradées en Canada.Le Gouverneur Général a sauvé tous les prisonniers et leur a donné azile dans sa propre maison.Il luy est deffendu non-seulement d'emprisonner les habitans sans le concours de la justice, mais encore de faire chartre privée de son logis.Il y a tenu pendant quinze jours, les fers aux pieds, un habitant qui demandoit justice contre un banqueroût dont il a pendant ce tems.là favorisé l'évasion. b ¥1 ARCHIVES DE QUEBEC (1) A la marRe.\u2014Nota que le Procureur du Roy le luy ayant demandé de bouche Mr.de.Beauhamois luy fit réponse qu'il luy en faloit faire la demande par écrit.Le Procureur du Roy revient le lendemain, luy présente sa réquisition par écrit ; il n'en reçoit point d'autre réponse sinon qu'il l'a envoyé à sa destination.92 Il a enlevé par surprise à la justice un soldat homicide après réquisition à luy faite par le Procureur du Roy et l'a fait évader (1).Il a fait mettre prisonniers chez luy les huissiers pour les contraindre à venir saisir et enlever les meubles de l'Intendant, ce qui leur a fait faire à main armée conjointe ment avec les soldats ; et l'un d'eux, nommé Chetiveau, n'ayant pas voulu le faire parce qu'il travailloit pour moy dans les procédures que j'étois obligé de faire pou répondre à celles que Mr.de Beauharnois me faisait faire pour s'autoriser à m'enlever .mes meubles, il l'a fait conduire, après l'avoir gardé chez luy prisonnier pendant plusieurs jours, aux prisons du Roy les fers aux pieds, ensuite au vaisseau du Roy les fers aux pieds pour être mis pareillement les fers aux pieds dans les prisons de Rochefort d'où le Roy sur le champ lui a donné sa liberté.Il avait été envoyé un homme pour faire fonction d'exécuteur ; il l'a fait mettre en prison à son arrivée et depuis mon départ on l'a mis aux cachots les fers aux pieds, afin que ce pauvre misérable n'ait d'autre dessein que de déserter du pays quand on luy rendra sa liberté.Et la fille d'un habitant s'étant plainte conjointement avec son père de rapt et de séduction contre le fils d'un autre habitant, il s'est déclaré publiquement prendre le dernier sous sa protection pour en faire cesser la poursuite.Il envoyé faire des deffences aux juges ordinaires, par des aydes majors, de continuer à connoitre de plaintes à eux rendues par des parties offensées.Il veut introduire qu'on luy aille demander la permission d'assigner en justice les officiers des troupes ; et l'on a mis des soldats en prison pour avoir été, sur des assignations à eux données, déposer en justice sans la permission de leur capitaine.Il a soustrait toutes les lettres de la colonie en envoyant des détachements de soldats au devant des vaisseaux pour demander les lettres et s'en emparer.Le commerce, qui ne veut que secret et liberté, en a été totallement dérangé, les marchands n'ayant point eu les factures de leurs marchandises ; personne n'a eu ses lettres ou ne les a eus que décachetées.Il n'est pas un plus sur moyen pour supprimer les ordres du Roy et du ministre ou pour n'admettre que ceux qui conviendront aux vues de ceux qu ozent introduire de pareilles pratiques.Mr.de Beauharnois a fait casser tout nouvellement, d'autorité, une acte d'élection de tutelle d'un oncle, lequel est conseiller au Conseil Supérieur, choisi par la famille pour être subrogé tuteur de ses neveux, à.l'effet de donner la même charge au Sr de Rigauville qui est le principal débiteur des.mineurs, homme insolvable et qui ne l'a sollicité que pour retirer d'entre les effets et papiers de la succession ses promesses et ses obligations. ARCHIVES DE QUÉBEC 93 Il veut que les parties se pourvoyent au Conseil Supérieur contre tous les arrêts dans lesquels ont opiné les consers par luy exilez, prétendant qu'ils sont in reatu et hors d'état de faire aucune fonction au Conseil Supérieur.Il a empêché d'autorité l'exécution d'un jugement rendu à la prévosté de Québec .contre un nommé Lisle Ronde, navigateur de La Rochelle ; et ce navigateur, qui a triomphé, de son succès, s'est vanté depuis à La Rochelle d'avoir bien rossé à Québec les consers exilez et d'avoir donné un soufflet à l'un et une bonne volée de coups de canne à un autre de ceux qui n'ont point été exilez : ce qui est conforme à une lettre que j'ay reçue de l'un de ces Messieurs qui se plaint qu'on l'a fait insulter publiquement dans les rues (1).Le Chapitre et le clergé du Canada sont restez dans l'avantage de leur indépendance par eux prétendue déclarée.Le Procureur Général qui y a été envoyé depuis peu, homme sans capacité et sans biens, qu'il a même falu quester avant son départ sans quoy il n'eust pû faire le voyage, n'a pas manqué de se livrer en arrivant à tous ceux qu'il a trouvé être intéressez au désordre.Ce procureur général a fait sortir des prisons par surprise les deux prisonniers qui y étaient restez et fait plusieurs actions qui méritent repréhension ; et, profitant de la disposition des consers exilez par Monsieur de Beauharnois aussi bien que de l'insufisance des autres et de l'imbécillité du doyen à qui il est échu de présider à la place de l'Intendant (car voilà l'état où l'on à réduit ce Conseil Supérieur), il s'ingère de prononcer les arrêts et les fait lui-même avec le greffier.Ce Procureur général a fait rendre un arrêts contre l'expresse volonté du Roy au sujet de la mainlevée delà saisie du temporel prononcée contre le Chapitre de Québec Monsieur le Comte de Maurepas avoit ainsy annoncé la volonté du Roy : le Roy ne trouvera pas mauvais que le Conseil Supérieur accorde au clergé la mainlevée qu'il poura demander de son temporel autant néanmoins qu'il se montrera soumis à sa justice.Par ce préjugé qui est entièrement en faveur des arrêts que le Conseil Supérieur a rendus, le Roy a entendu certainement que son Conseil Supérieur de Québec étoit le juge du clergé de Canada.Et qu'est ce qui en pourroit douter ?Le Roy a entendu que ce clergé demandât luy même sa mainlevée.En a-t'on jamais accordé d'office?et surtout en pareil cas ?v Et, comme le clergé avoit levé l'étendart de la révolte contre la justice du Roy, le Roy vouloit que ce clergé, pour réparation, se déclarast soumis à sa justice et que la requeste marquast leur repentir de s'en être soustraits, autant néanmoins qu'il se montrera soumis à sa justice.(1) A la marge.\u2014Nota.: Il n'est rien de pareil à la quantité de plaintes qui ont été envoyées la dernière année 1729 par le retour des vaisseaux sur toutes sortes de chefs contre M.de Beauharnois et par ¦ toutes sortes d'états de la colonie et en particulier par les armateurs et habitants de l'isle Royale sur l'empêchement qu'il a fait qu'aucun bâtiment de l'isle Royale ne chargea des farines en Canada pour faire achetter avec bénéfice toutes celles qu'il y avoit envoyées pour son compte' particulier, ce qui a réduit la moitié de l'isie Royale à manquer de pain et y a autorisé le commerce défendu avec l'anglais pour en tirer des farines. ARCHIVES DE QUÉBEC 95 ^ Telle est même depuis longtemps leur pratique.Et je me suis vû obligé de reprendre publiquement des ecclésiastiques refusant les Pâques à des parties plaignantes en justice, si elles n'abandonnaient pas leurs poursuites.Y a-t'il un abus plus dangereux à laisser introduire que celuy d'abuser ainsi de la part des ministres de la direction qu'ils ont au spirituel pour intervertir l'ordre et les opérations de la justice ?Qui sera en sûreté de son bien et de ses jours si l'on tolère de pareilles pratiques?Je ne joindray point ici, Monseigneur, le détail d'une infinité d'autres abus à quoy ce désordre a donné lieu.J'auray seulement l'honneur de dire à Son Eminence que je n'ay rien eu de plus pressé, après les glaces écoulées, que d'envoyer en France lés avis de ce qui se passoit en Canada et que, par la première navigation, je pris la liberté d'adresser à Son Eminence un paquet et des mémoires qui ne luy ont point été rendus.Le bâtiment que j'envoyay en France ne devoit rien coûter au Roy ; j'en avois fait moy-même les frais et j'avais pris mes mesures pour son retour.Il devoit bien payer ses frais et, s'il fût revenu, je n'aurois rien dû dans le Canada, puisqu'il eut satisfait à sa dépense.Le capitaine à qui je le confiay s'est même offert de l'armer à ses frais pour le ramener à Québec et il n'est personne qui n'eust trouvé son avantage à l'armer avec luy.¦ Il ne seroit donc pas juste de me faire aucun reproche sur une pareille attention de ma part qui faisoit partie de mes devoirs ; car s'il n'est plus permis à aucun intendant d'envoyer par extraordinaire en France les avis de ce qui se passejlaijs la colonie, ainsi que le font les intendants en France chacun dans son département par des courriers extraordinaires, le Roy ne sera jamais averti de ce qui se passe en un pays qui n'est déjà que trop distant de sa personne pour n'être pas exposé à y voir arriver de ces désordres majeurs dont le Roy ne peut être trop tôst àverty.Tel qui se sentira le plus fort, le plus appuyé et le plus accrédité dans le pays s'y rendra toujours le maître à la faveur de la distance des lieux, laquelle sur chaque entreprise hazardée met toujours dix-huit mois d'intervale entre le fait commis et la plainte qu'on en peut faire entendre, plus encore entre le niai et le remède, entre les moindres doutes et les décisions qui en sont demandées., .Y Cet envoy'en France étoit d'autant plus indispensable que Mr.le Marquis de Beauharnois avoit de sa part permis au Chapitre de Québec de députer, quatre mois auparavant, un chanoine de Québec pour passer en France par la voye de la nouvelle Angleterre, voye que le Roy a toujours deffendu sous de très graves peines à cause du danger qu'il y a d'introduire par cette route les Anglais dans la colonie.On ne peut pas dire qu'en cela Mr.le Marquis de Beauharnois n'ait agi directement contre la justice du Roy et contre le Conseil Supérieur dont il est membre parce que, donnant un passeport à un chanoine pour venir se pourvoir en France contre les arrests du Conseil Supérieur, ce Conseil n'avoit pas le même avantage pour les venir deffendre.Mais n'a-t'il rien fait en cela contre les intérêts et le service du Roy, lorsqu'il a joint à ce chanoine un officier des troupes pour traverser avec luy la nouvelle Angle- 96 ARCHIVES DE QUÉBEC terre ?On.comprend bien que cet officier ne servoit de rien pour venir deffendre en France les affaires du* Chapitre ; si Mr.le Gouverneur général avoit quelque lettre à envoyer au ministre à l'occasion de ces affaires du Chapitre ou autres, il pouvoit bien en charger le chanoine qui passoit en France ! Mais, outre les deffenses que le Roy en a faites, tout répugnait à envoyer des françois par cette voye.On les exposoit.à être fouillez comme ils l'ont été en effet, parce que l'année précédente les Anglais avoient fait invasion dans la colonie et y avoient construit un fort dont Mr.de Beauharnois n'a pas jugé à propos de les chasser par aucun effort, quoy qu'il en eût l'ordre de la Cour au cas que les Anglais entreprisst quelque chose de ce côté-là et que, sur la nouvelle de cette irruption, le Conseil de guerre assemblé eut requis l'armement de 2,000 hommes qui furent armés aussitost mais désarmez incontinent après par les ordres de Mr- de Beauharnois sans qu'il eut sur ce rassemblé le Conseil de guerre pour prendre une délibération contraire, et cela pour se contenter de sa part de leur envoyer faire une sommation de raser leur fort sans faire appuyer cette sommation d'aucunes troupes pour les y forcer.Penseroit-on que Mr.de Beauharnois n'eut rien commis contre son devoir et contre les intérêts du Roy si l'on ajoutoit à cela ce qu'il a fait, après l'incursion des Anglais, qui est que, pour éviter d'aller à cet ennemy réel lequel venoit de traverser quatre-vingt lieues de notre terrain pour planter un fort au centre de notre colonie et qui n'avoit fait d'autre réponse à la puérille et frivole sommation de Mr.de Beauharnois sinon \"que l'année suivante il nous feroit sortir de notre fort' de Niagara, Monsieur de Beauharnois, loin de se tenir au moins sur ses gardes avec quelqu'un qu'il luy parloit d'un ton si fier, qui le menaçoit en ennemy déclaré et ne lui cachoit pas même ses desseins, il se soit advisé, à l'instant de l'invasion des Anglais et au moment qu'on avoit le plus besoin de troupes dans le coeur de la colonie, d'en faire une diversion aussi insensée que suspecte et de les envoyer à six cent lieues des habitations contre des sauvages qu'on n'a ni cherchez ni rencontrez et qu'on vouloit si peu chercher et rencontrer qu'en annonçant et chantant cette guerre, comme on l'a fait, un an devant le temps marqué pour l'exécuter c'étoit leur en donner assez pour fuir et nous éviter ; mais si Mr.de Beauharnois par cette conduite précipitée sembloit renoncer à la gloire de les battre, il n'a pû se détacher de l'avantage qu'il y avoit à fureter leur pays, puisque ces sauvages Renards n'ayant dans le vray servi que de prétexté à faire faire sur le compte du Roy une dépense de cent mil ëcus en équipements, en munitions de guerre et de bouche, Mr.de Beauharnois a sçu s'en servir pour traiter et achetterà son profit toute la pelleterie qui s'est trouvée à traiter dans l'espace de douze cent lieues qu'on a fait parcourir à ces troupes.¦\u2022 _ Mais, Monseigneur, comme cette expédition masquée n'a été nullement faite que: pour favoriser l'Anglois, pour luy donner tout le temps d'achever son fort et de s'y bien \u2022 établir, ainsi qu'il l'a fait, et que par contre coup elle nous a coûté la perte de nos postes les plus avancés et les plus précieux et singulièrement celuy des Scioux que j'avois fait AR CHIVES DE QUÉBEC 97 de l'ordre exprès de la Cour, dont le missionnaire et quelques officiers de la garnison, pris tout récemment par les Mascoutins, auraient été ou brûlés ou livrés aux sauvages Renards si on ne les avoit rachettées de deux mille francs, cette seule considération fournira assez aux réflexions de Votre Eminence pour n'avoir point sur cela à prévenu-son jugement (1).Je m'en tiendray donc à dire qu'indépendant de toutes autres considérations il n'étoit pas moins imprudent que contraire aux ordres du Roy et à l'attention que l'on doit à son (mot omis) d'envoyer dans de pareilles conjonctures quelqu'un en France par la voye de la nouvelle Angleterre et de s'engager à demander au Gouverneur de la nouvelle Angleterre qu'il procura à ces deux députés des embarquements prompts et favorables.' Les Anglais ne pouvoient qu'avoir pour suspect le passage de ces deux hommes au travers de leur colonie sitost après l'invasion qu'ils avoient faite dans la nôtre.La sommation qu'on leur avoit faite de raser leur fort et de se retirer de dessus nos terres ne pouvoit que leur donner la pensée qu'on passoit en France pour cette-affairé.Pour leur otër cette idée il ne faloit pas moins que leur déclarer les désordres présens du Canada et leur promettre dans d'autres occasions complaisance pour complaisance.Aussi n'a-t'on pas tardé à s'apercevoir de la représaille de ce passage par eux accordé.Une entrée libre dans la colonie a été donnée par Monsieur de Beauharnois à une infinité d'Anglois.Ils y sont venus tête levée avec une démarche assurée y établir des magasins de fraude et de contrebande dans les campagnes et dans les côtes, lever le plan des villes, prendre le contour des rivières et y traiter de commerce de l'aveu même et avec les lettres de recommandation de Monsieur de Beauharnois, Gouverneur général, de ville en ville, contre les deffenses expresses qui luy sont faites de les laisser pénétrer dans la colonie et de les y laisser séjourner, deffences que nous avions portées si précises en Canada, Mr.de Beauharnois et moy, quand nous y arrivâmes ensemble en 1726, que nous obligeâmes de jeunes seigneurs anglois, venus pendant l'hiver à Montréal avec leurs gouverneurs et domestiques, d'en sortir en deux fois 24 heures! deffences qui n'ont point été révoquées depuis par la Cour et qui doivent être d'autant plus rigoureusement observées aujourd'huy que, depuis cette irruption des Anglois dans la cofonie, laquelle n'étoit entamée d'aucune part quand nous y sommes arrivés après la mort de M.le marquis de Vaudreuil, précédent gouverneur, mais qui l'est à présent de tous côtés tant par la paix que Monsieur de Beauharnois a laissé faire aux sauvages Abénaquis avec les Anglois, laquelle donne à ces derniers le passage de Canceaux et tout le bas de la colonie, que par le fort qu'il leur a laissé construire à Choueguen, qui leur donne tous les pays d'en hault, ils n'y ont maintenant qu'une trop libre (1) Nota que les liaisons auxquelles cela a donné lieu depuis entre les Anglais et les sauvages viennent de produire encore tout récemment le coup fait par la nation des sauvages Natchés dans' le Mississipy, le 29 novembre 1729.5300\u20147 98 ARCHIVES DE QUÉBEC entrée pour y établir la fraude et la contrebande par la voye de laquelle la colonie, se fournissant de tout ce qui luy est nécessaire de la main des Anglois,- là colonie perd et ruine en entier le commerce qu'elle devrait faire avec la France et que l'on veut qu'elle fasse seulement avec la France, parce qu'en effet sans ce commerce le Roy, qui y a beaucoup dépensé, n'en retireroit jamais aucun profit.C'est aussi l'une des choses à laquelle il m'a falu donner le plus d'attention ; mais d'un côté la surveillance que j'ay apporté à faire exécuter en cette partie les ordres du Roy, en tombant sur les magasins des fraudeurs et en les écartant par de fréquentes confiscations et saisies, et d'un autre costé l'opposition formelle qu'il m'a falu apporter à la vente que Mr.de Beauharnois a faite et fait encore aujourd'hui à son profit, contre les deffenses qui lui en sont faites, des vingt-cinq congezrétablis par le Roy à la charge qu'il n'en abusera pas, de même qu'à la multiplication de ces congez dont il a passé le nombre, de même encore qu'aux sommes qu'il se fait payer par chacun des officiers qu'il met dans les garnisons, nonobstant la deffence faite par le Roy à ces officiers d'y faire aucun commerce directement ni indirectement avec injonction à l'Intendant d.'y tenir la main, parce que ce commerce indirect ruine non-seulement celuy de la colonie mais empêche'celuy qui se fait pour le compte du Roy dans ses traites.Tout cela n'a (pas) peu contribué à mettre contre moy tous les gens intéressez, à la fraude aussy bien que celuy qui les y autorisent.Le soin que j'ay eu d'ailleurs, suivant les instructions qui m'étoient données, de porter sur chaque nature de dépense toute l'ceconomie dont elle étoit susceptible et dont j'ay les preuves et les opérations en mains a élevé contre moy tous les comptables et les gens qu'on avoit voulu de tous tenis être subordonnez à l'Intendant pour le détail de ces mêmes dépenses, ayant réduit de près de moitié le prix de toutes sortes de travaux dont les ingénieurs et entrepreneurs gagnoient l'excédant sur les adjudications des ouvrages.Tout le corps des comptables et gens subordonnez se sont joints et n'ont voulu depuis plus d'un an avoir aucune relation avec moy, se sentant appuyez et excitez par Mr.le Gouverneur général auquel ils tiennent par différents endroits.Le Sr Foucault, garde-magasin de Québec, est son parent et a été envoyé par luy en 1716 dans la colonie.C'est ce Mr.Foucault qui fait valoir les terres et domaines que Mr.Begon, qui m'a précédé et qui est beau-père de Mr.de Beauharnois, a acquiz dans la colonie.Le garde-magasin de Montréal est le beau-père du chevalier Begon, major de Québec, frère du beau-frère de Mr.de Beauharnois.Le controlleur a marié une de ses belles-soeurs au maître d'hôtel de Mr.de Beauharnois.Le frère de ce controlleur est à Québec le commis des trésoriers généraux de la marine et est de plus agent de la Compagnie des Indes.Les fermiers généraux ont pour directeur du domaine le Sr Cugnet qui a pour ' visiteur son propre beau-frère èt pour contrôleur le gendred'un homme sous le nom duque ARCHIVES DE QUÉBEC 99 il arme tous les ans un vaisseau et fait un gros commerce dans la colonie de vins et d'eau de vies.' Tous ces hommes-là qui sont aujourd'huy associez ensemble ont à eux,\" tant par la caisse du Trésor qui est de près de cent mille écus que par celle du Domaine qui est de pareille somme et par la caisse de la Compagnie des Indes, qui est de la même force, avec le fonds des magazins plus d'un million de fonds chaque année à leur disposition, avec quoy ils font tout le commerce de la colonie, dans lequel Mr.de Beauharnois est de part sans faire de fonds, et ruinent ainsi tous les autres marchands au point qu'il n'y a \"pas dans la colonie un seul marchand qui puisse faire aucune fortune pendant que tous ces commis y font des fortunes immenses sans y prendre d'établissement, ne s'y regardant que comme passagers, et empêchent par là visiblement l'accroissement et l'établissement de la colonie.Ils ont encore cette année acheté tous les vins et eaux de vies que Mr.de Beauharnois, en société avec Mr.le comte Desgoutes, ont fait venir sur le vaisseau du Roy comme ils en font venir tous les gens (ans), contre les deffenses que le Roy en fait aux capitaines de ses vaisseaux, et frusrtent même le Domaine des droits que ces vins et eaux de vies doivent payer en Canada, parce que c'est le receveur du Domaine et ses associez qui les achettent au par delà de ce que ce même receveur du Domaine en \" fait venir pour son compte par le vaisseau qu'il arme en secret sous le nom du beau-père de son contrôleur dont il a grand soin de ne point payer non plus les droits au proffit du Roy, cette fraude étant le premier proffit que ce receveur fait sur-soTTcSmmerce.Ce.sont là, Monseigneur, les mistères d'iniquité où j'ay osé pénétrer pour y mettre ^*un peu l'ordre que je devois et empêcher la fraude qui s'y fait au désavantage de Sa Majesté.J'ay voulu de plus reformer le prix des adjudications et des ouvragés, ¦\u2022 réduire au vray les états de dépense et détruire l'usage des employs simulez, veiller au toisé des ouvrages et régler le prix des premiers matériaux.J'ay sur cela trouvé le moyen d'amener les ouvrages que l'on fait pour le Roy à la ' moitié du prix qu'on en donnoit auparavant : j'en ai les preuves à la main.Et je serais venu about de ne pas laisser tomber les choses dans l'abus des excédans de dépense sur les états projettez chaque année, lesquels ont principallement et notamment tourné à l'utilité d'un ingénieur qui dans ce pays-là trompe le Roy ouvertement et sans pudeur qui s'y est enrichi considérablement, aussy bien que d'autres entrepreneurs qui y sont devenus fort riches et se sont bâtis de belles maisons aux dépens du Roy parce qu'on les a laissé inconsidérément les maîtres de s'aprécier les ouvrages ou de les réduire en mémoires qui leur étaient passez en plein sans examen et dans lesquels le prix, les journées, le toisé, tout étoit doublé et simulé ; c'est là ce qui a si souvent causé ces excédans de dépense lesquels ont à la fin paru énormes et ont tellement embarassé pour en faire les fonds qu'on s'est peu à peu dérangé de les remettre et d'envoyer de l'argent dans la colonie.Cela fait un tort notable à son commerce et l'éteint plus que jamais et peut 100 ARCHIVES DE QUÉBEC encore plus l'exiter par la suite à chercher le commerce et la liaison des Anglois pour se procurer de l'argent qu'on néglige d'y envoyer de France.Il n'est donc pas étonnant, Monseigneur, que tout ce corps de comptables, qui se tient dans toutes ses parties et qui est lié aux intérêts de Mr.de Beauharnois, se soit écarté de moy et que, proffitant de la circonstance d'un départ aussy précipité que le mien, puisque je n'ay eu que six semaines à m'y disposer, sans qu'on ait envoyé lors un Intendant pour tenir ma place, ils n'ayent vouKPrormer aucun compte avec moy ni même me communiquer ceux qu'ils ont projettez à leur façon, dont je demande l'examen avec moy.Si l'on prétend à cet égard m'imputer quoy que ce soit, n'étant pas juste que des gens, qui n'ont pas voulu compter avec moy quelqu'instance que je leur en aye faite même par des sommations judiciaires, ayent eu la liberté de fabriquer des comptes à leur proffit et au désavantage du Roy à la faveur du commissaire ordonnateur qui a eu ordre de faire mes fonctions dès l'instant même que mon rappel me.seroit annoncé et qui cependant se trouvoit à ce moment par son âge et par ses infirmitez en une telle imbécillité qu'il ne pouvoit plus que signer son nom et qu'il ne (se) souvient pas même aujourd'hui d'avoir rendu aucune ordonnance contre moy ainsy que plusieurs l'ont mandé uniformément par les derniers vaisseaux quoy qu'on luy en ait fait rendre des plus singuliers et des plus injustes à la sollicitation de Mr.de Beauharnois sans m'assigner et sans m'entendre, sans que ce commissaire fût mon juge et contre toute vérité, par laquelle il me répute débiteur au Roy de 26000/.et cela pour donner lieu de retenir, ainsi qu'on l'a fait, tous mes meubles et effets dans le Canada, ce qui étoit sy injuste en soy que ce qu'on faisoit en conséquence de l'ordonnance de ce commissaire étoit contre l'objet même que l'on supposoit, puisqu'au cas que j'eus été débiteur au Roy on ne devoit pas arrêter mon bien en Canada où je n'ai ni mon juge ni mon domicile, il faloit lé laisser passer en France pour y être la sûreté du Roy.Je ne dois rien au Roy, Monseigneur, j'en ay la preuve à la main ; je dois à un particulier la dépense qu'il m'a falu faire pour mon établissement en Canada telle que tout Intendant est obligé d'en faire pour s'établir, en quelque lieu qu'on l'envoyé et que l'on conçoit être toujours plus forte pour s'aller établir en Canada qu'en l'intendance la-plus éloigné du Royaume.Mais cette dépense a encore été bien plus forte pour moy que pour aucun autre par deux circonstances, l'une qu'à mon passage dans le Canada Mr.le comte Desgouttes qui commandoit YElêphant sur lequel j'ai passé et qui avoit encombré le vaisseau du Roy de vins et d'eau de vies pour son compte, ainsi qu'il le pratique tous les ans contre les deffenses expresses de Sa Majesté, refusa de me donner dans le vaisseau du Roy la place qui m'y étoit accordée pour mes meubles et me contraignit de mettre à fret sur des vaisseaux marchands la plus grande partie de mes meubles et provisions qu'il m'a falu porter en ce pays là, lesquels m'avoient déjà bien coûté pour les faire traverser la France et les transporter à La Rochelle.Je suis le premier à qui de pareils incidents soient arrivés.- L'autre qu'étant arrivé en Canada et ayant trouvé la maison de l'Intendance brûlée il m'a falu avoir pendant un tems très considérable mes domestiques en pension ARCHIVES DE QUÉBEC 101 hors de chez moy à quoy ajoutant les chevaux, équipages et autres choses qu'il m'a falu achetter en ce pays et qu'on ne porte point de France, cela m'a constitué en une dépense que je n'ay pû prendre sur moy même, mais dont ni moy ni personne n'eust pû s'acquitter en deux années seulement, n'ayant pû en aussi peu de tems avec ma dépense courante ratraper pour y satisfaire le courant de mes apointements, ainsi que je l'aurois fait si l'on m'y eust laissé le tems ordinaire ; à quoy il convient d'ajouter ce qu'il m'a falu dépenser pour envoyer en France les mémoires nécessaires pour instruire le Roy des désordres de la colonie.Or, ne m'ayant été remis aucuns fonds dans le Canada et ne pouvant acquitter en partant ce que je-devois, il n'est d'offre que je n'aye faite de telle partie de mes meubles qu'on eust voulu prendre pour nantissement, soit une vaisselle d'argent, soit mon linge ou toute autre nature de meuble, y en ayant actuellement pour plus de vingt mille écus qui y sont restez.Mais la tragédie n'étoit pas finie.Il faloit, de la part de Mr.de Beauharnois, frapper un dernier coup sur l'Intendant ; il faloit l'outrager devant le peuplé et décréditer pour toujours dans le Canada la place de l'Intendant, ainsi qu'il avoit fait le reste de la justice du Roy ; il ne faloit pas non plus qu'il pust apporter en France aucun, papier ni rien qui pût instruire votre religion, Monseigneur, sur les désordres qui se passoient en ce pays là.Pour cet effet on m'enleva tous mes meubles à main armée et sans description la pluspart des ballots en étant faits pour être portés au vaisseau du Roy ; on me les a pris sans les ouvrir ; on m'a ôté jusqu'à mon lit, jusqu'à la dernière broche de ma cuisine et jusqu'à la jarre de terre où reposoit l'eau de la maison.Des voisins qui ont été touchez de mon état m'ont prêté un lit pour coucher, une marmitte pour vivre et une jarre pour mettre éclaircir de l'eau dans la maison.Mais, pour exercer cette barbarie avec plus d'éclat encore, on m'a constitué prisonnier dans le propre palais du Roy où le Roy loge son Intendant et dans ce palais du Roy où il n'avait jamais été permis aux soldats d'entrer armez.M.le Marquis de Beauharnois qui dix-huit mois auparavant s'étoit imaginé de m'y faire enlever par ses gardes, qui depuis en avoit fait rompre les clôtures par quatre-vingt hommes armez de haches et la bayonnete au bout du fusil et qui y avoit brisé les prisons et enlevé les prisonniers, m'y reteint enfin prisonnier jusqu'au quart d'heure de mon embarquement par quarante hommes amenez sans bruit à neuf heures et demie du soir et depuis ce jour relevez par vingt quatre heures au son du tambour.Le corps de garde établi dans la sale du palais et dans mon antichambre, l'on boure mes domestiques pour les exciter à l'impatience et avoir occasion de faire main basse dans la maison.On fouille tous les gens qui venoient au palais, les prêtres, Ies'jésuites ; les officiers des troupes sont- fouillez par leurs propres soldats, et même les femmes et les filles jusques dessous les jupes et sans qu'il y ait dans ce récit aucune exagération.Je fus obligé de faire coucher pendant tout ce tems là le Lieutenant général, le Procureur du \\ 102 ARCHIVES DE QUÉBEC Roy et un secrétaire dans ma chambre, crainte d'insulte et qu'on ne fist main basse sur les papiers de l'Intendance.Le quart d'heure même de l'embarquement il ne me fut (plus) permis d'emporter autre chose que quelques matelats pour coucher à bord et quelques linge et hardes à l'usage de ma femme et au mien ; et ce peu de hardes ayant presque pourri à la mer par le peu de soin qu'on a pris, le Comte Desgouttes a encore eu la barbarie de me les retenir et la hardiesse de supposer à cet effet, aux aterrages de France, un ordre du ministre venu, disoit-il, par l'isle d'Aix où il envoya un officier chercher cet ordre supposé pour retenir mes valises à bord et m'a réduit moy, ma femme et mes domestiques, à gagner La Rochelle avec la seule chemise que nous avions chacun sur nous, pendant qu'en conséquence de l'ordre qu'il a eu la hardiesse de supposer et dont j'ai l'honneur, Monseigneur, de vous demander justice, il a fouillé les valises qu'on m'avoit laissé' emporter du Canada pour y chercher les no (tes) et les notions que luy et Mr.le Marquis de Beauharnois ont tant appréhendé que je n'apportasse à Votre Eminence.Comme je suis le premier à qui de pareils traitement ayent été faits et qu'on n'a-pas vû encore que, sur quelque nature de mémoires qu'on se soit donné la liberté d'en voyer en Cour contre un Intendant, on ait donné d'une façon aussi marquée le désavantage à l'homme public par raport à tous ceux qu'il a voulu mettre dans la règle et ranger à leur devoir, et cela sans l'entendre ni attendre de douze cent lieues le contredit des faits qu'on aurait pû luy imputer, on peut penser qu'il est dans le tort et plus le sort qu'on luy fait éprouver est rigoureux et plus le tort que cela suppose en a deu paraître énorme aux yeux du public.C'est dans cette Situation, Monseigneur, que j'ose demander à Votre Eminence, aux risques d'être requis si je suis trouvé coupable, qu'on examine ma conduite sur tous les points qui me pourront être objectez.Je demande qu'on me donne des commissaires qui entrent dans l'examen des faits, dans l'importance des objets et dans le détail de ce que j'ai été obligé de faire et de ce qu'ont été pareillement obligez de faire le Conseil Supérieur de Québec et tous ceux qui ont agi avec moy.Car enfin je puis bien dire que, n'ayant point agi seul dans cette affaire, on ne devrait rien m'y imputer de personnel.C'a été le Conseil Supérieur de Québec qui a jugé et ce Conseil Supérieur se flatte qui l'a ( = qu'il a) bien jugé.Je n'ai eu, ainsi que chacun de ceux qui le composent, que ma voix dans les arrêts.C'est peut-être la première fois qu'on a imputé au Président les jugements d'une compagnie entière.Le Conseil Supérieur de Québec en a rendu jusqu'à huit au sujet des excès du clergé et de la révolte à la justice du Roy et des plaintes des communautez, qu'il n'étoit pas possible de laisser dans le dérangement et la vexation où on les avait mises.Ces jugements ont été rendus dans le courant de trois mois entiers.On.aura peine à croire qu'un Président ait eu assez d'ascendant sur une compagnie pour luy faire rendre jusqu'à huit arrêts contre son gré et qu'il ait été le maître de mener sa compagnie pendant un espace de tems aussi considérable. ARCHIVES DE QUÉBEC 103 Mais deux considérations qui font absolument tomber ce préjugé, c'est premièrement la religion que j'ai eUe à faire relire chaque arrêts d'un Conseil à l'autre, ainsi que cela se doit faire en des matières aussi importantes, pour connaître s'il avait été rédigé dans l'intention de la compagnie ; La seconde, c'est que le huitième arrêts, rendu à l'occasion de l'insulte faite par le Gouverneur général au Cdnseil Supérieur, par lequel la Compagnie délibère et resoult en sa présence d'en porter ses plaintes au Roy et en conséquence duquel cette Compagnie a en effet porté ses plaintes au Roy par une lettre écritte au Roy qu'elle a adressée au ministre, est une preuve qui ne peut être contredite de l'unanimité de la Compagnie dans tous les arrêts qu'elle avoit rendus précédament.Si j'ai joint des principes et des maximes aux arrêts qui ont été rendus, je l'ay fait pour l'acquit de mon devoir puisque, dans une colonie aussi formée et d'un peuple aussi nombreux que l'est celuy du Canada auquel il est nécessaire tous les jours de rendre la justice et où il est question de juger les points de droit et de coutume les plus difficiles, on n'y envoyé un Intendant de justice que pour aider ceux qui ne sont pas également instruits des règles de la jurisprudence, mais qui n'en sont pas moins en état de juger sur chaque espèce qui se présente au tribunal lorsque quelqu'un leur met devant les yeux, avec fidélité et avec exactitude, les principes et les maximes de chaque matière qui se présente à juger.C'étoit de plus le cas de donner les motifs des arrêts, puisqu'ils etoient attaqués et que le Chapitre avoit député en France pour se pourvoir au Conseil du Roy contre ces arrêts.Or il est de notoriété autant que de règle que c'est au Président et au Procureur général à donner les motifs des arrêts attaquez et portez au Conseil du Roy, plus encore au Président, parce qu'ayant recueilli les voix, dont le Procureur général n'a jamais connaissance, c'est le Président qui sçait comme l'arrest s'est formé et les motifs qui en ont déterminé la décision.On ne peut donc pas me faire de reproches si j'ai aidé à les établir.C'est d'ailleurs un usage dans toutes les Cours Supérieures de joindre aux arrêts importans, qu'on appelle pour ce arrest de règlement, comme le sont tous ceux dont il est question, les moyens des gens du Roy pour en assurer d'autant les maximes et la jurisprudence.Le soin qu'on a pris de les étendre dans ces arrêts n'étoit qu'une précaution nécessaire et raisonnable pour prévenir le tems qu'on les auroit pû demander, auquel tems, à raison de la distance des lieux, on ne les auroit pas eus aussi présens qu'à l'heure même qu'on venoit de les rendre ; joint à ce que, dans une matière et une occurrence aussi importante, il faloit instruire le peuple contre l'illusion que luy vouloit faire le clergé qui de sa part négligeoit si peu jusqu'aux moindres argumens capables de le suspendre qu'on leur entendoit débiter au peuple que, puisque le Chapitre n'avoit pas coutume de se mesler des affaires du Conseil, il n'étoit pas raisonnable que le Conseil se meslât des affaires du Chapitre.Ce seroit faire trop d'honneur à un pareil raisonne- 104 ARCHIVES DE QUÉBEC ment que de le traiter de sophisme.Il faut avoir perdu le sens commun pour en ozer faire un pareil abus envers un peuple.Il faloit encore répondre chaque jour à cent écrits plus absurdes et plus séditieux les uns que les autres, à la faveur desquels on débitoit dans le pays les maximes les plus pernicieuses à l'exercice de la justice du Roy et aux droits de la Couronne.~_ On n'en faisoit pas moins dans le secret ; on y a tout tenté pour faire méconnoître le Roy.La confession a été sur cela le véhicule aux insinuations les plus criminelles.A-tron jamais vu le Roy en Canada?l'y verra-t-on jamais! y en a-il d'autre queceluy qui y commande! C'étoient là les moindres prestiges dont on usqit et qu'on inspirait au menu peuple et, sans parler des couronnes de laurier vottées par le clergé du Canada à Mr.de Beauharnois W-de plusieurs autres pratiques qui ont été plus sérieuses qu'on ne le pense, les informations juridiques et les preuves judiciaires que j'ay envoyées en France font as«ez connoître pour quoy dans le tems de Pâques le Chapitre avoit interdit la confession et la prédication aux Jésuites, ne voulant pas qu'aucuns d'eux fût en état et à portée de détruire les maximes criminelles qu'il s'étoit proposé d'inspirer et de faire inspirer au peuple par les moines et les prêtres à l'effet de porter à la révolte et à la méconnoissance de son Roy (1).Il ne seroit donc question aujourd'huy que de peser aussi sérieusement qu'il conviendrait l'importance d'une telle affaire et d'examiner si les maximes établies dans les arrêts du Conseil Supérieur de Québec sont bonnes et s'il a été moins nécessaire en Canada que par tout ailleurs, et surtout dans de pareilles occurrences, de les établir ou d'y tenir la main, ainsi qu'on le fait avec grand soin dans toutes les autres parties de domination du Roy.Tels que soient ces arrêts et les maximes qu'ils renferment, personne ni (=n'y) peut toucher que le Roy.C'est au Roy seul à les juger ; ce luy est un droit acquis de juger luy même ses justices.C'est ce qu'il fait tous les jours en grande connaissance de cause et, comme dans ce genre il n'y a qu'une voye pour attaquer les arrêts des Cours Supérieures, aussi ni ( = n'y) a-il qu'une forme pour les détruire, qui est la cassation au Conseil du Roy.Le Conseil Supérieur ne doute nullement, Monseigneur, de l'attention de Votre Eminence ou à le faire réformer, s'il a manqué et s'il s'est trompé dans les règles et les principes, ou à maintenir ses arrêts, s'ils sont sagus et équitables et s'ils renferment comme le Conseil a lieu de le présumer, les maximes les plus pures et les plus importantes de l'autorité du Roy.' - Mais quelque chose qu'il doive arriver de ces arrêts ; que l'homme public et l'homme du Roy, envoyé expressément pour maintenir la règle et la loy, soit la victime de son (l) A la marge\u2014(Nota) que cet interdit des Jésuites avoit été concerté avec Mr.de Beauharnois. ARCHIVES DE QUÉBEC 105 zèle et de son travail ; que les loys les mieux établies, les ordres les plus positifs a luy donnez et les instructions à luy les plus recommandées soient devenus autant de pièges à ses démarches ; c'est ce qu'il seroit ( = ce qui serait) d'une trop périlleuse conséquence pour quiconque auroit à travailler après luy.Cela me fait espérer, Monseigneur, qu'après l'examen de cet affaire (que j'ose dire être la plus importante affaire de Sa Majesté, eu égard non-seulement au pays qu'elle affecte, mais encore à ce qu'en nul autre endroit de la domination du Roy aucun n'eust été assez ozé d'exciter un pareil renversement des loys et du bon ordre), Si je ne suis pas trouvé en faute.Votre Eminence voudra bien, entrer dans mes dédommagemens, n'étant pas juste ni dans les principes de la munificence du Roy qu'un officier, qui a passé plus de vingt huit ans de sa vie à porter la parole pour les droits les plus sacrés de la Couronne, qui a eu l'honneur de travailler au Conseil du Roy pendant trois ans, Maître des requêtes ordinaires de son hôtel et que Sa Majesté a fait ensuite son Maître des requêtes honoraires à l'instance même de sa Compagnie, l'honnorant de plus d'un brevet de Conseiller d'Etat au moment même qu'il a plû au Roy luy confier l'intendance de la Nouvelle France, en revienne au bout de deux ans, luy et sa femme dont le père a servi le Roy toute sa vie en qualité de Concr au Parlement de Paris, et qu'ils en reviennent dépouillez de leurs biens et ayans perdu jusqu'au moindre de leurs meubles qui leur ont été pillez à main armée et retenus dans le Canada, dont la réclamation va devenir pour eux un mal et un procès sans fin et sans remède.Quel avenir pour deux personnes qui, flattez d'aller servir Sa Majesté, ont eu le courage de passer par dessus les dangers de deux prédécesseurs péris à la mer, de se voir réduits en France, à la fleur de leur âge, à manquer du nécessaire, à traîner une vie de peines et de misère peu convenable à la dignité de leur état et qui, dans le souvenir d'une disgrâce non méritée, ne sera plus pour eux qu'une langue(u)r propre à les conduire au tombeau ! (1) (1) Les Archives de la province de Québec doivent le Mémoire de Dupuy publié ici à M.le chanoine Chartier, qui l'avait copié sur l'original conservé à la Bibliothèque Mazarine, à Paris. LES REGISTRES DE L'AMIRAUTÉ DE QUÉBEC PAR Louis-Guillaume Verrier L'Amiral de France, sous l'ancien régime, avait des pouvoirs très étendus.C'est lui qui était chargé de la police des ports et de la surveillance des sièges d'Amirauté.L'Amiral de France percevait : 1.des droits pour la délivrance des congés aux capitaines de navires ; 2.un droit de feux, tonnes et balises, établi dans douze ports seulement ; 3.la moitié du produit des objets provenant des bris et naufrages; 4.le tiers des successions maritimes non réclamées ; 5.le produit des amendes et des confiscations prononcées dans les sièges d'Amirauté.Le droit de feux, tonnes et balises suffisait à peu près à payer les dépenses faites par l'Amiral dans l'intérêt de la navigation.Dans bien des cas, les droits prélevés sur les naufrages et les successions maritimes étaient abandonnés aux intéressés.Les amendes, souvent, étaient aussi remises.Quant au droit de congé, il était fort modique.Dans les sièges d'Amirauté, la justice civile et criminelle était rendue au nom de l'Amiral de France.Quelles étaient les attributions des officiers des sièges d'Amirauté ?Elles étaient de deux sortes : les unes judiciaires, les autres administratives.Comme officiers de justice, ils connaissaient de toutes les causes relatives aux contrats maritimes, tels que les contrats d'association, les chartes parties, les affrètements, connaissements, polices d'assurances, obligations à la grosse aventure et autres semblables, passés, soit entre des négociants régnicoles, soit entre ceux-ci et des négociants étrangers.Ils connaissaient aussi des dissensions entre les armateurs, les capitaines de navires et les ARCHIVES DE QUÉBEC 107 gens des équipages ; des saisies de navires ; des difficultés sur les réclamations des effets naufragés ; en un mot, de toutes les questions qui naissent du commerce maritime.En temps de guerre, ils étaient de plus chargés de constater la validité des prises faites sur les ennemis, et c'est sur leurs procédures que le Conseil des prises rendait ses jugements.Au point de vue administratif, les officiers d'Amirauté avaient la police des ports, quais et havres et celle de la pêche ; ils surveillaient les maîtres des quais lesteurs et délesteurs, interprètes, courtiers,' jaugeurs et autres officiers qui leur étaient subordonnés.Ils s'employaient au sauvetage des navires et effets naufragés, à la conservation des épaves de mer, à celles des prises maritimes ; veillaient à l'exécution des traités de commerce et de navigation, à l'observation des lois sur le fait de la contrebande par mer Dans la Nouvelle-France, les attributions des Sièges d'amirauté furent d'abord données à l'intendant.Plus tard, l'intendant, à cause de la multiplicité des affaires de sa charge, se déchargea sur la prévôté de Québec de la plupart des affaires qui avaient un caractère maritime.En 1698, l'intendant Bochart Champigny obtenait du roi de France et du grand-amiral la nomination d'un juge d'amirauté à Québec.Le 27 octobre 1698, l'intendant Bochart Champigny écrivait au ministre : \"Monseigneur l'amiral m'a fait envoyer cette année des commissions de juges pour les causes maritimes, mais elles n'étaient point accompagnées de provisions de Sa Majesté qui sont nécessaires suivant l'Ordonnance de 1681.Et je n'ai point reçu de vous aucun ordre sur ce sujet ; si vous avez agréable, Monseigneur, d'en faire expédier, cet établissement se fera l'année prochaine ; il a été fait choix pour juge du sieur Dupuy, dont la probité et la bonne conduite vous sont connues par les assurances (1) J/Edrr.cnd Roy, Kappcit sur les Archives.de France relatives à Vhisloire du Canada, p.238. 108 ARCHIVES DE QUÉBEC que je vous en ay données, étant effectivement un des plus judicieux et des plus désintéressez officiers que nous ayons.La commission de procureur du Roi m'a été envoyée en blanc, celle de greffier a été remplie de Le Pailleur, homme sage et intelligent, et celle de receveur du sieur Duplessis, commis en ce pays de M.de Lubert.Il me paraît, Monseigneur, que ce sera un bien que cet établissement se fasse séparément de la prévôté, où il y a beaucoup d'affaires Le 30 mai 1699, Louis XIV signait les lettres de provisions de M.Paul Dupuy de Lislois, comme juge de l'amirauté en la Nouvelle-France Le même jour, 30 mai 1699, Michel Lepailleur était nommé par le Roi greffier de la nouvelle juridiction l3!.Les lettres de provisions signées par le roi en faveur de MM.Dupuy et Lepailleur donnaient en mandement au Conseil Souverain de les mettre et instituer en possession et jouissance de leur office respectif.Ni M.Dupuy ni M.Lepailleur ne présentèrent leurs lettres de nomination au Conseil Souverain.Paul Dupuy de Lislois avait été nommé, le ler^juin 1695, lieutenant particulier de la prévôté de Québec.Il exerça cet office jusqu'en 1710.Nous sommes donc en droit de conclure qu'il n'accepta pas la charge de juge de l'amirauté créée pour lui le 30 mai 1699.Le lieutenant-général de la prévôté de Québec continua à exercer pendant plus de dix-sept ans les fonctions de juge de l'amirauté de Québec.Le 12 janvier 1717, par lettres patentes du roi de France, un siège d'amirauté était établi à Québec., Le préambule du règlement édicté le même jour par Louis XV donne la raison de l'établissement de ce tribunal : attendu qu'il n'y a point : encore d'amirautés établies dans les colonies d'Amérique, ni des Indes Occidentales, ce qui donne occasion à toutes sortes de juges et de praticiens de s'attribuer (1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol.F., p.141.(2) Archives du Canada, Collection Moreau SainfMéry, tome VI, 1er vol., folio 193.(3) Archives du Canada, Collection Moreau Saint-Mêry, tome VI, 1er vol., folio 193. ARCHIVES DE QUÉBEC 109 la connaissance des affaires maritimes, sans aucune capacité ni connaissance des ordonnances, ce qui cause un préjudice considérable au commerce et à la situation de la navigation, que les rois prédécesseurs de Sa Majesté ont toujours regardés comme affaires très importantes, et qui ne pouvaient être bien administrées que par des ordonnances particulières, et par des juridictions établies exprès pour les faire observer Le Siège de l'amirauté de Québec devait être composé d'un lieutenant-général, d'un procureur du Roi, d'un greffier et de un ou deux huissiers.La nomination de ces officiers appartenait à l'amiral de France mais ils devaient obtenir une commission de Sa Majesté.Le lieutenant-général de l'amirauté pouvait être choisi parmi les juges des juridictions ordinaires, mais il devait rendre la justice au nom de l'amiral.Le lieutenant-général de l'amirauté ne pouvait être en même temps conseiller au Conseil Supérieur.Le lieutenant-général de l'amirauté et le procureur du roi devaient être reçus au Conseil Supérieur, où se portaient les appels des sentences de leur tribunal, mais le greffier et les huissiers étaient reçus par le lieutenant-général même.Pour être lieutenant-général ou procureur du roi de l'amirauté il fallait être âgé de 25 ans.Il n'était pas nécessaire d'être gradué pour exercer les charges de lieutenant-général ou de procureur du roi de l'amirauté, mais il fallait \"avoir une connaissance suffisante des ordonnances et des affaires maritimes a'.\" Le siège de l'Amirauté de Québec, établi le 12 janvier 1717, ne commença à fonctionner qu'à l'été de 1719.La première audience fut tenue le 19 août 1719.Ce tribunal exista jusqu'à la chute de Québec le 13 septembre 1759.Il avait donc vécu juste quarante ans.Que sont devenues les archives du siège de l'Amirauté de Québec ?(1) Le règlement du 12 janvier 1717 enregistré au greffe du Conseil Supérieur de Québec, le 22 novembre 1717, a été publié au volume premier (p.358) des Edits et Ordonnances. 110 ARCHIVES DE QUÉBEC L'article 45 de la capitulation de Montréal, disait : \"Les registres et autres papiers du Conseil Supérieur, de la prévôté et amirauté de la même ville, ceux des juridictions royales des Trois-Rivières et de la ville de Montréal, ceux des juridictions seigneuriales de la colonie, les minutes des Actes des notaires des villes et des campagnes, et généralement les actes et autres papiers qui peuvent servir à justifier l'état et la fortune des citoyens, resteront dans la colonie, dans les greffes dont ces papiers dépendent.\" Malgré cette clause pourtant très claire, les archives des amirautés de Québec et de Louisbourg furent transportées en France.Le 8 mai 1761, le ministre écrivait à M.Poncet de la Grave que les registres et minutes des amirautés de Louisbourg et de Québec avaient été déposés aux archives de la Rochelle, pour être retournés dans les colonies, si l'occasion s'en présentait quand la paix serait rétablie.On espérait encore que le Canada retournerait à la France ! Les anciennes archives de l'Amirauté de Québec sont aujourd'hui conservées aux Archives de la Marine, a Paris.Dans les voûtes des Archives de la Province, à Québec, on conserve deux registres des causes de l'Amirauté de Québec, l'un pour l'année 1741, et l'autre pour les années 1749-1756.Les Archives Judiciaires de Québec possèdent également quelques dossiers et pièces détachées des procès qui furent soumis à l'ancien Siège de l'Amirauté de Québec.Dans le rapport du comité nommé par lord Dorchester en 1789, pour examiner les anciennes archives françaises, nous lisons, à la date du 4 août 1789 : \"Le comité a ajourné au bureau de M.le secrétaire Pownall, pour examiner l'état et le contenu d'une grande caisse de documents endommagés, mentionnés dans l'inventaire de M.les secrétaire Pownall.\"Le comité constate que cette caisse contient des registres des causes dans la Cour d'Amirauté, avant la Conquête, ils sont tous si pourris que l'on ne peut les lever, excepté un registre pour 1759, qui a le titre suivant sur la seconde feuille : ARCHIVES DE QUÉBEC \"Le présent registre contenant cent quatre-vingt-dix-huit feuillets, celui-ci compris, a été paraphé par premier et dernier feuillet, par nous Guillaume Guillimin, conseiller du roi, lieutenant particulier de la prévôté, et lieutenant-général civil et criminel de l'Amirauté de cette ville, pour servir à l'enregistrement des causes d'audience de l'Amirauté ; - fait à Québec le huit juin, mil sept cent cinquante-neuf ;\" il est signé Guillimin.\"Ce livre est aussi dans un très mauvais état ; il contient sur 22 feuilles écrites, marquées 1 à 22, des jugements de la Cour d'Amirauté, authentiquées par la signature de M.Guillimin, juge de cette cour, excepté les deux dernières feuilles qui~n'ont pas de signature.PROCÈS-VERBAL DE L'ÉTAT DES REGISTRES DU GREFFE DU SIÈGE DE L'AMIRAUTÉ DE QUÉBEC DRESSÉ PAR LOUIS-GUILLAUME VERRIER, PROCUREUR-GÉNÉRAL DU CONSEIL SUPÉRIEUR, LES 2, 3, 6, 7, 10, 11 et 12 SEPTEMBRE 1737.L'an mil sept cent trente-sept, le deuxième jour de septembre, trois heures de relevée, nous Louis-Guilllaume Verrier, procureur-général du Roy au Conseil Supérieur de ce pays, commissaire nommé par arrest de Conseil d'Estat de Sa Majesté du dix-huit may dernier, à l'effet de dresser procès-verbal de l'état des registres du greffe du siège de l'Amirauté de cette ville de Québec qui ne se trouve point cottez et paraphez par le feu sieur de l'Epinay, lieutenant de la ditte amirauté, au désir de l'ordonnances de la Marine du mois d'aoust mil six cent quatre vingt un, nous sommes transportez au dit greffe accompagné du S.Christophe-Hilarion Dulaurent, greffier commis au dit Conseil Supérieur et notre greffier commis en cette partie, où estant et en.présence du sieur Boucault, lieutenant en la dite Amirauté, du sieur Hiché, notre substitut, et du greffier du dit siège, nous nous sommes fait représenter par ledit greffier de l'Amirauté, les registres du dit greffe, tant ceux des causes d'audiences que ceux des déclarations et autres prescrits par la ditte ordonnance de la Marine, livre premier, titre quatre, article cinq et suivants, pour constater Testât d'iceux, à quoy nous avons procédé ainsy qu'il en suit en présence des dits sieurs officiers cy-dessus nommés. 112 ARCHIVES DE QUÉBEC Il nous a esté représenté le premier des sept registres requis par la ditte ordonnance et servant pour les causes d'audience.Le dit premier registre en quatre volumes et un carton des feuilles détachées servant de plumitif contenant des jugements rendus depuis le dix-sept octobre mil.sept cent trente un jusques au vingt-deux aoust mil sept cent trente six que ledit sieur Boucault, successeur du d.s.l'Epinay, a esté installé en la d.place de lieutenant de l'Amirauté, le d.carton faisant la suite et continuation des dits quatre precedens volumes du dit premier registre le tout ainsy qu'il va estre expliqué.Le premier des dits quatre volumes contenant soixante et onze feuillets cottéz et paraphez par premier et dernier feuillet par le dit feu sieur l'Epinay, commencé-le samedy dix-neuf aoust mil sept cent dix-neuf, première audience tenue depuis l'état blissement du dit Siège de l'Amirauté, jusque au mercredy, sept octobre mil sept cent vingt-deux, dans lequel registre nous avons trouvé tous les jugements y portés duement signés tant du dit feu sieur L'Epinay que du sieur André de Leigne, lieutenant-général en la prévosté de cette ville, qui a tenu l'audience pour l'absence, maladie ou récusation du dit feu S.de L'Epinay.Le second desdits quatre volumes du dit premier registre, contenant soixante-onze feuillets cottés et paraphés par premier et dernier par le dit feu S.l'Epinay et commencé le dit jour mercredy sept octobre mil sept cent vingt-deux jusques et compris le treize décembre mil sept cent vingt-quatre nous avons trouvé tous les jugements y portés duement signés tant du dit feu l'Epinay que du dit lieutenant-général de la Prévosté qui a tenu le siège pour l'absence, maladie ou recusation du dit feu S.l'Epinay.Le troisième des dits quatre volumes du dit premier registre contenant quarante cinq feuillets cottés et paraphés par premier et dernier par le dit feu L'Epinay, nous avons trouvé tous les jugemens y portés duement signés tant du dit feu l'Epinay que du dit lieutenant-général de la prévosté qui a tenu l'audience pour l'absence, maladie ou récusation du dit feu S.L'Epinay, à l'exception de l'audience du samedy premier février mil sept cent vingt-sept, folio trente-neuf verso, dont le premier jugement est signé du dit feu S.L'Epinay, et le second et dernier ne l'est point, et des audiences suivantes du samedy quinze du dit mois de février contenant un seul jugement ; mercredy cinq mars suivant contenant quatre jugements : samedy huit dû dit mois de mars contenant un seul jugement : samedy quinze du même mois contenant trois jugements : samedy vingt-deux du même mois contenant un seul jugement : mercredy sept may au dit an mil sept cent vingt-sept contenant un seul jugement ; mercredy onze juin suivant, contenant deux jugements ; mercredi vingt-cinq du même mois contenant un jugement ; même jour en l'hôtel du juge contenant un seul jugement ; vendredy vingt sept du même mois de juin contenant un seul jugement ; jusques et compris l'audience du mercredy vingt-neuf juillet au dit an mil sept cent vingt-sept contenant un seul jugement et faisant la clôture du dit troisième volume ; tous lesquels jugemens ne sont ARCHIVES DE QUÉBEC 113 point signés ni du dit feu S.L'Epinay ni du dit S.lieutenant-général en la d.Prévosté lorsqu'il a tenu le siège comme il est expliqué cy-dessus.Le quatrième des d.quatre volumes du dit premier registre, contenant quatre vingt dix-huit feuillets cotté et paraphée par premier et dernier par le dit feu S.L'Epinay et dont les soixante et dix-sept premiers sont seullement remplis et les vingt un derniers restés en blanc lesquels nous avons bâtonnés, commençant au dit jour mercredy vingt-neuf juillet mil sept cent vingt-sept jusques et compris le mercredy dix-sept octobre mil sept cent trente un et nous avons trouvés les jugements y contenus duement signés tant dudit feu sieur L'Epinay que du dit lieutenant-général de la Prévosté qui à tenu le siège comme il est cy-dessus expliquée l'exception de l'audience du samedy vingt-trois juin mil sept cent trente-un tenue par ledit s.lieutenant-général de la Prévosté à cause de l'indisposition du dit feu s.l'Epinay et portée folio soixante-un verso contenant un seul jugement non signé et des audiences du samedy sept juillet au dit an contenant deux jugements, mercredy onze du même mois contenant un seul jugement ; extraordinaire du treize du même mois contenant un seul jugement ; samedy quatorze du même mois contenant un seul jugement ; mercredy premier aoust au dit an mil sept cent trente un contenant quatre jugements : samedy quatre du même mois Contenant deiix jugements ; extraordinaire du huit du même mois contenant une criée : samedy onze du même mois contenant un seul jugement ; extraordinaire du seize du même mois contenant une criée : autre extraordinaire du mercredy vingt-deu x du même mois contenant une criée : extraordinaire du même jour de relevée contenant un jugement ; autre du lundy vingt-sept du même mois contenant un jugement et une criée ; audience du vingt-huit du même mois contenant un jugement ; extraordinaire du lundy trois septembre au dit an mil sept cent trente un contenant un jugement ; mercredy cinq du même mois contenant un jugement ; mercredy douze du même mois, contenant huit jugements ; mercredy dix-neuf du même mois contenant deux j ugements ; samedy vingt-deux du même mois contenant un jugement ; mercredy vingt six du même mois, contenant deux jugements ; extraordinaire du même jour contenant un jugement ; autre du jeudy vingt-sept du même mois contenant un jugement ; autre du premier octobre au dit an mil sept cent trente un contenant un jugement ; mercredy trois du même mois contenant quatre jugements : extraordinaire du vendredy cinq du même mois contenant un jugement ; mercredy dix du même mois contenant quatre jugements : samedy treize du même mois contenant deux j ugements : jusques et compris l'audience du mercredy dix-sept«du dit mois d'octobre au dit an mil sept cent trente-un, contenant trois jugements et faisant portés au dit folio soixante dix sept arrest et verso dernier rempiy, ainsy que dit est.des d.quatre.vingt dix-huit feuillets tous lesquels jugemens ne sont point signés ni du dit.feu S.i/'Epinay, ni du d.lieutenantgénéral de la Prévosté lorsqu^il a tenu le siège de l'Amirauté dans les cas cy-dessus expliqués.5300\u20148 114 ARCHIVES DE QUÉBEC Et attendu qu'il est sept heures sonnées nous avons remis la continuation du présent procès-verbal à demain deux heures de relevée et ont les dits Srs cy-dessus nommés signé avec nous et notre dit greffier commis.Boucault HlCHE Louet, greffier commis Verrier Du Laurent, gref.commis.Et le dit jour lendemain troisième jour de septembre au d.an, deux heures de relevée, nous commissaire susdit nous sommes transportés au dit greffe de l'Amirauté de cette ville où estant avons en présence des sieurs officiers susnommés et accompagné de notre greffier commis susdit procédé comme dessus à la continuation de Testât des registres du dit greffe ainsy qu'il en suit.Nous estant fait représenter le dit carton contenant les feuilles détachées.servant de plumitifs des jugements rendus depuis le dix sept octobre mil sept cent trente un jusqu'au vingt-deux aoust mil sept cent trente-six exclusivement que le d.s.Boucault, successeur du dit S.L'Epinay, a été installé en la d.place de lieutenant de l'Amirauté, le d.carton faisant la suitte et continuation des dits quatre précédents volumes du dit premier registre nous avons mis à rang suivant Tordre des dattes année par année toutes les dites feuilles détachées servant de plumitifs auquel arrangement nous avons jusqu'à sept heures sonnées et remis la continuation du dit présent procès-verbal à vendredy prochain deux heures de relevée.Et ont les dits sieurs et officiers susnommés signé avec nous et notre greffier commis.Boucault Hiche Verrier Louet fils, greffier commis DU Laurent, greffier commis.Et avenant le vendredy sixiesme jour du dit mois de septembre au dit an mil sept cent trente sept, deux heures de relevée, nous commissaire susdit nous sommes transporté avec notre greffier commis au dit greffe de l'Amirauté de cette ville de Québec où estant avons en présence des Srs officiers susnommés procédé à la continuation du présent procès-verbal ainsy qu'ilen suit : Sçavoir pour le restant de la ditte année mil sept cent trente un à commencer à l'audience du mercredy dix-sept octobre au dit an, avons trouvé six feuilles détachées servant de plumitifs, la première desquelles six feuilles contient la d.audience du dit jour mercredy dix-sept octobre mil sept cent trente un et dans laquelle outre les trois ARCHIVES DE QUEBEC 115 jugements portés sur le d.quatrième volume du premier registre au dit jour dix-sept octobre ainsy qu'il est expliqué à la fin de la première vacation cy-dessus sont cinq autres jugements faisant en total le nombre de huit, laquelle feuille servant de plumitif n'est point signée ni paraphée du dit feu s.L'Epinay.La seconde des d.feuilles du samedy 20 du même mois d'octobre contient cinq jugements et n'est point signée ni paraphée du dit feu Sr L'Epinay.La troisième du samedy vingt sept du même mois contient cinq jugements et n'est point parphée ni signée du dit sr lieutenant-général de la d.Prévosté qui a tenu le siège pour l'indisposition du d.feu s.L'Epinay.La quatrième du mercredy trente un du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La cinquième du samedy vingt-quatre novembre suivant contient trois jugements et n'est point signée ni paraphée du dit feu S.L'Epinay.La sixième et dernière du samedy premier décembre au dit an contient un jugement qui n'est signé ni paraphé du -d.sr.lieutenant-général en la d.Prévosté qui a tenu le siège à cause de la récusation du dit feu S.L'Epinay.Lesqueslles six feuilles détachées contenant les d.plumitifs pour le restant de la d.année mil sept cent trente un nous avons cotté par première et dernière et paraphé ne varietur.¦' * _.- * Pour l'année suivante mil sept cent trente deux à commencer à l'audience du mercredy vingt-trois janvier jusques et compris celle du mercredy vingt-deux octobre au dit an, nous avons trouvé trente cinq feuilles détachées servant de plumitifs des jugements rendus dans le cours de la ditte année.La première des dittes feuilles du dit jour mercredy vingt-trois janvier contient un jugement signé par le dit s.lieutenant-général de la Prévosté à cause de la recusation du dit feu S.L'Epinay.jir La seconde du samedy vingt six du même mois contient un jugement non signé ni paraphé dudit S.lieutenant-général qui a tenu le siège.La troisième du vingt-sept mars au dit an mil sept cent trente-deux contenant un jugement signé du dit s.lieutenant-général qui a tenu le siège.La quatrième du mercredy vingt-trois avril au dit an contient quatre jugements non signés ni paraphés du d.s.lieutenant-général en la d.Prévosté qui a tenu le siège.La cinquième du samedy dix may au dit an contient deux jugements non signés ni paraphés du S.Boucault alors procureur dû Roy en la d.Amirauté qui a tenu le siège attendu la maladie des deux lieutenants-généraux.La sixième du samedy dix-sept du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du d.s.lieutenant-général en la d.Prévosté qui a tenu le siège.La septième du mercredy vingt un du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du d.s.lieutenant-général en la d.Prévosté qui a tenu le siège.La huitième du mercredy vingt-huit du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit sieur lieutenant-général qui a tenu le siège. 116 ARCHIVES DE QUÉBEC La neuvième par extraordinaire du même jour contient un jugement non signé ni paraphé du d.lieutenant-gnal en la d.Prévosté qui a tenu le siège.La dixième du jeudy vingt-neuf du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La onzième du mercredy dix-huit juin contient un jugement non signé ni paraphé du dit S.L'Epinay.La douzième du mercredy vingtrcinq du même mois contient un jugement non signé ni paraphédu dit feu S.L'Epinay.La treizième du mercredy deux juillet suivant contient un jugement non signé ni paraphé du dit -feu S.L'Epinay.La quatorzième du sàmedy cinq du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du d.feu S.L'Epinay.,v *r La quinzième du mercredy neuf du même mois estant ensuite de la treizième cy-dessus contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu sieur L'Epinay.La seizième du mercredy seize du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du d.feu s.l'Epinay.La dix-septième du même jour seize par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit sieur l'Espinay.La dix-huitième du mercredy vingt-trois du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit S.L'Epinay.La dix-neuvième du même jour par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du d.S.L'Epinay.La vingtième du mercredy trente du même mois de juillet contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La vingt-unième du même jour par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du d.feu S.L'Epinay.La vingt-deuxième du mercredy six aoust suivant contient un jugement non signé ni paraphé du d.feu S.L'Epinay.La vingt-troisième du vendredy huit du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du d.feus, de L'Epinay.La vingt-quatrième du mercredy treize du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du d.feu S.L'Epinay.La vingt-cinquième du samedy vingt-trois du même mois contient quatre jugements non signés ni paraphés du dit feu s.L'Epinay.La vingt-sixième du trois septembre au dit an contient deux jugements dont le premier n'est point signé ni paraphé du lieutenant-gnâl en la d.Prévosté qui a tenu le siège, et le second n'est point aussi signé ni paraphé du d.feu S.L'Epinay qui l'a rendu.La vingt-sixième bis du samedy treize du même mois contient sept jugements non signés ni paraphés du dit feu sieur L'Epinay. ARCHIVES DE QUÉBEC 117 La vingt-septième du vingt du même mois contient trois jugements non signés ni paraphés du feu sieur l'Epinay.La vingt-huitième du vingt-sept du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du d.feu S.L'Epinay.__ La vingt-neuvième du premier octobre au dit an contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La trentième du mercredy huit du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La trente-unième du mercredy quinze du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du lieutenant général de la Prévosté qui a tenu le siège.La trente-deuxième du vendredy dix-sept du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit sieur lieutenant-général qui a tenu le siège.La trente-troisième du samedy dix-huit du même mois contient trois jugements non signés ni paraphés du dit sieur lieutenant-général en la prévosté qui a tenu le siège.La trente quatrième et dernière du d.jour mercredy vingt-deux octobre contient deux jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.Lesquelles trente-cinq feuilles détachées au moyen de la vingt-sixie.bis contenant les dits plumitifs pour l'année entière mil sept cent trente-deux, nous avons cottées par premier et dernier et icelles paraphées ne varietur.Pour l'année suivante mil sept cent trente trois à commencer à l'audience du mercredy quatorze janvier jusques et compris celle du samedy douze décembre au dit an nous avons trouvé vingt neuf feuilles détachées servant de plumitifs des jugements rendus dans le cours de la ditte année.Et attendu qu'il est sept heures sonnées nous avons cessé et remis la continuation du présent procès-verbal à demain samedy deux heures de relevée.Et ont les dits sieurs officiers susnommés signé avec nous et notre greffier commis.-Boucault Hiche Verrier Louet fils, greffier commis Du Laurent, greffier-commis.Et le dit jour lendemain, samedy sept du dit mois de septembre au dit an mil sept cent trente sept, deux heures de relevée, nous commissaire susdit nous sommes transportés avec notre greffier commis au dit greffe de l'Amirauté de cette ville où étant en présence des officiers du dit siège susnommés, avons procédé à la continuation du présent procès-verbal de l'état des registres du dit greffe ainsy qu'il en suit.La première des vingt six feuilles détachées servant de plumitifs pour la d.année mil sept cent trente trois, du dit jour mercredy quatorze janvier, contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu s.l'Epinay. 118 ARCHIVES DE QUÉBEC La seconde du samedy trente un du dit mois contient deux jugements non signés ni paraphés du dit S.L'Epinay.La troisième du mercredy vingt may contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu sieur l'Epinay.La quatrièrhe du mercredy vingt-sept du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La cinquième du mercredy vingt-neuf juillet contient deux jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.La sixième du mercredy cinq aoust contient'deux jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.«, La septième du mercredy douze du même mois contient trois jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.La huitième du mercredy vingt-six du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La neuvième du jeudy vingt-sept du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La dixième du samedy vingt-neuf du même mois ensuite de la huitième feuille cy-dessus-contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La onzième du jeudy trois septembre par extraordinaire contient un jugement non signé, ni paraphé dudit feu sieur L'Epinay.La douzième du samedy cinq du même mois par extraordinaire estant ensuite de la précédente contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu s.L'Epinay.La treizième du même jour à l'audience ordinaire estant ensuite des deux précédentes feuilles contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La quatorzième du samedy douze du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.La quinzième du mercredy seize du même mois contient trois jugements non signés ni paraphés du dit s.L'Epinay.La seizième du jeudy dix-sept du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.de l'Epinay.La dix-septième du samedy dix-neuf du même mois contient quatre jugements dont trois non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay et le dernier aussi non signé ni para- .phé du dit s.lieutenant-général en la prévosté qui a tenu le siège.-.La dix-septième bis du lundy vingt-huit du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu s.L'Epinay.La dix-septième ter estant ensuitte de la précédente du mercredy trente du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La dix-septième quater par extraordinaire du jeudy premier octobre contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La dix-huitième du vendredy deux du même mois par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.l'Epinay. ARCHIVES DE QUÉBEC 119 La dix-neuvième du samedy trois du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit S.'lieutenant-général en la Prévosté qui a tenu le siège.La vingtième du mercredy sept du même mois contient deux jugements non signés ou paraphés du d.feu s.L'Epinay.La vingt-unième du samedy dix du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.La vingt-deuxième du samedy dixrsept du même mois contient quatre jugements non signés ni paraphés du dit feu S.L'Epinay.La vingt-troisième du samedy vingt-un novembre contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La vingt-quatrième du samedy vingt-huit du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit feu S.L'Epinay.La vingt-cinquième du samedy.cinq décembre contient deux jugements non signés ni paraphés du S.Lieutenant gnal.en la d.prévosté qui a tenu le siège.Là vingt-sixième et dernière du dit jour samedy douze décembre contient deux jugements non signés ni paraphés du dit feu s.L'Epinay.Lesquelles vingt-neuf feuilles détachées (au moyen des dix septième bis, ter et quarter) contenant les dits plumitifs pour l'année entière mil sept cent trente trois nous avons cottées par première et dernière et icelles paraphées ne varietur.Pour l'année suivante mil sept cent trente quatre à commencer à l'audience du samedy seize janvier jusques et compris celle du mercredy vingt-deux décembre au dit an, nous avons trouvé trente deux feuilles détachées servant de plumitifs des jugements rendus dans le cours de la d.année.La première des d.feuilles du dit jour samedy seize janvier contient deux jugements non signés ni paraphés du lieutenant-général en la d.prévosté qui a tenu le siège.La deuxième du dix-neuf du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du lieutenant-général qui à tenu le siège.La troisième du samedy trois avril contient deux jugements non signés ni paraphés du lieutenant gnal.de la Prévosté qui a tenu le siège.La quatrième du samedy dix-sept du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit S.lieutenant gnal.qui a tenu le siège.La cinquième du vingt-cinq may contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.La sixième du mercredy neuf juin contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.La septième du samedy trois juillet contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.\u2022 La huitième du mercrdy quatorze du même mois contient deux jugements non signés ni paraphés du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.La neuvième du mercredy vingt un du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège. 120 ARCHIVES DE QUÉBEC La dixième du mercredy quatre aoust par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.',.v La onzième du samedy vingt-huit du même mois contient trois jugements non signés ni paraphés du dit lieutenant-général qui a tenu le 'siège.La douzième du lundy trente du même mois par extraordinaire contient un jugement signé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.La treizième du jeudy deux septembre par extraordinaire contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.La quatorzième du vendredy trois du même mois par extraordinaire contient un ¦jugement non signé ni paraphé du élit lieutenant-général qui a tenu le siège.La quinzième du samedy onze du même mois contient un jugement non signé ni paraphé du dit lieutenant-général qui a tenu le siège.:du Sault qu'on voyait descendre sur la grève.Ce feu a duré depuis le matin jusqu'à -7 heures K du soir, qu'une des frégattes échouées a.pris en feu, un moment après l'autre s'est enflammée aussy.; nous/ .- ._j__-\u2014:- .:- - Item, le diet seigneur donne au sieur d'Angoville son habit noir affin qu'il porte le deuil de sa personne, ainsy qu'il désire.Item, ordonne le diet Seigneur qu'il soit payé à la Chesnaye, son serviteur, la somme de cinquante livres pour six mois de service à raison de cent livres par an.Item, veut et ordonne qu'il soit payé à Droissy son serviteur la somme de.quinze livres par mois.Item, veut et ordonne que le diet sieur de Gimanderye, sergent, soil payé de la somme de quatorze livres de gaiges qui luy reste de l'an passé.- Item, veut et ordonne le did Seigneur testateur que le did sieur d'Angoville, major, procure à la diligence de l'exécution du susdit testament affin qu'il soit promptemen exécutlé, affin que son âme en soit plustost déchargée, et acquiler et solliciter le dit Testament.Item, veut el ordonne le did Seigneur testateur que par l'article sept dans le dit Testament il est diet qu'il donne la somme de mil livres à l'Esglise paroissialle du did Quèbeq, pour faire prières pour luy, il veut et entend que la dicte somme soit myse entre les mains de \u2022 * Monseigneur l'Evesque pour en faire à son intention el régler les services pour le repos affin de son âme.j Le lout faict l'an et jour susdicts en présence de Monsieur de Bernières, presblre, el du sieur Amicel Goumin à ce présents, lesmoins, lesquels ont avec le diet Seigneur el moy notaire susdicts el soussigné à la minutie des dictes présentes; Ainsi signé \"Augustin de Saffray Mêzy\".\u2014\"H.de Bernière\".\u2014\"Goumin\"\u2014el moy Notaire avec paraphe, signé \"Auber\", Notaire Royal avec paraphe.La lettre missive et testament ensuitte et cydessus ont esté cy dessus régistréz au désir de l'ordonnance de Monseigneur de Tracy estant ez liasses du Greffe du Conseil Souverain dallée du qualorziesme avril dernier par le Greffier el secrétaire au did Conseil soussigné, dont acte, pour servir ce qu'il appartiendra.(Signé) \"Peuvret\", avec paraphe (1).(1) Le testament de M.de Mézy avait été reçu par le notaire Claude Auber.Le greffe de Auber est conservé aux Archives Judiciaires de Québec, mais la minute du testament de M.de Mézy en a été enlevée il y a déjà plusieurs années.Nous en donnons le texte d'après les Insinuations du Conseil Souverain conservées aux Archives de la province de Québec. LES HÉROS DE 1759 ET DE 1760 INHUMÉS AU CIMETIÈRE DE L'HÔPITAL-GÉNÉRAL DE QUÉBEC A la bataille des Plaines d'Abraham, le 13 septembre 1759, la perte des Français, d'après l'estimation de l'historien Gar-neau, fut de plus de mille hommes, y compris deux cents prisonniers qui tombèrent entre les mains des vainqueurs avec la plupart des blessés.Du côté des Anglais, neuf officiers et quarante-neuf sous-officiers et soldats furent tués.C nquante-cinq officiers et cinq cent quarante-deux sous-officiers et soldats furent blessés.On semble croire aujourd'hui que Garneau a un peu exagéré le nombre des tués du côté des Français.Quoi qu'il en soit, tous ces braves furent inhumés pèle-mêle sur le lieu même où ils étaient tombés.A la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760, les pertes des Anglais furent de onze cent vingt-quatre hommes, tués ou mis hors de combat.Les Français eurent huit cent trente-trois hommes tués ou blessés, parmi lesquels on comptait un chef de brigade, six chefs de bataillon et quatre-vingt-seize autres officiers.Encore là, les glorieux disparus furent inhumés sur le champ de bataille.Nous connaissons à peu près tous les noms des officiers tant français que anglais qui furent tués aux batailles des Plaines d'Abraham et de Sainte-Foy.Les soldats sont des héros anonymes.Bien peu de noms sont parvenus jusqu'à nous.Si nous ne pouvons retracer les noms de ceux qui furent inhumés sur les champs de bataille, nous avons toujours la consolation de faire connaître les noms des blessés qui furent transportés à l'Hôpital-Général de Québec et succombèrent dans -cette institution.Dans les Lettres de divers particuliers au chevalier de Lévis, nous trouvons un état des blessés français transportés à l'Hôpital-Général après la bataille de Sainte-Foy. 248 ARCHIVES DE QUÉBEC Ce rapport donne : Régiments Officiers Soldats Total La Reine.1.4.5 La Sarre.\\.5.¦.16.21 Royal-Roussillon.-.3.11.14 Languedoc.2.8.10 Guyenne.1.12.13 Berry.8.58.66 Beam.:.; .7.14.21 Marine.T .3,.31.34 Artillerie.4.4 Miliciens.24.24 Le registre mortuaire de'l'Hôpital-Général donne les noms de tous les blessés français qui moururent dans les salles de cette institution et furent inhumés dans le petit cimetière qu'on voit encore en face même de l'hôpital.La copie des Archives de la province de Québec a été faite d'après le registre original conservé à l'Hôpital-Général.REGISTRE MORTUAIRE (EXTRAITS) DE L'HOPITAL-GENERAL DE QUEBEC POUR 1759 ET 1760 Francois Boucher L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quatorze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Boucher, selon ce que nous ont rapporté ceux qui l'ont apporté mort, lesquels nous ont dit qu'ils pensaient que c'était là son nom, canadien, tué à l'affaire du treize, en foy de quoy j'ay signé., Rie au ville, ptre, chane- Jean Portier L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quatorze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Jean Fortier, de l'isle d'Orléans, paroisse St-Jean, décédé après s'être confessé et avoir reçu le sacrement de l'extrême-onction ; en foy de quoy j'ay signé.Rig au ville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 249 Pierre Laroche L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quatorze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Pierre Laroche, de la compagnie de Remigny, régiment de Lassarre (la Sarre), décédé après avoir reçu les sacremens de pénitence et d'extrême-onction ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.jacoues chaulet dit laramée L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Jacques Chaulet dit Laramée, milicien de la compagnie de Dumont, décédé après s'être confessé et avoir reçu le sacrement d'extrême-onction, en foy de qtioy j'ay signé.' ' Rigauville, ptre, chane.Joachim Colinette L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Joachim Colinette, natif de Poitiers, paroisse de Luçon, matelot sur le bord de la Manon, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Charles Alarie L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Charles Alarie, de Batiscan, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé La victoire L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le nommé Lavictoire, soldat de la colonie, compagnie de la Périère, décédé après s'être confessé et avoir reçu le sacrement d'extrême-onctîoh ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane Le nommé Lare doute L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, Laredoute, soldat du régiment de Lassarré (la Sarre), compagnie d'Alet, décédé après s'être confessé et avoir reçu le sacrement d'extrême-onction ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane. 250 ARCHIVES DE QUÉBEC Joseph Martel L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Joseph Martel, milicien, de la ville de Montréal, décédé après s'être confessé et avoir reçu le sacrement d'extrême-onction ; en foy de quoy j'ay-signed Rigauville, ptre, chane.Antoine DePlaine L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps d'Antoine DePlaine, de la paroisse de St-Ours, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chan c.Jean-Baptiste Adam dit Larose L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Jean-Baptiste Adam dit Larose, soldat au régiment de Roussillon, compagnie de Dour (?), d'Elein, en Lorraine, décédé muni des sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane \u2022 Jean-Baptiste Contant L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, Jean-Baptiste Contant, de Champlain, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église, en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Lacouture L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Lacouture, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie de Bassillac, (Bassignac), décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.\u2022 .M.Dupont L'an mil sept cent cinquante-neuf, le seize septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Mr Dupont, natif de Soyon (?), en Vivarais, lieutenant au régiment de Guyenne, décédé muni des sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.ll) (1) Le chevalier Dupont était lieutenant dans le 2e bataillon de Guyenne, compagnie de Patris.Nous n'avons rencontré nulle part ses prénoms.Dans le Bulletin des Recherches Historiques, vol.xv p.382, M.Régis Roy nous apprend, mais sans indiquer ses sources, que Balthazar Dupont, dit le chevalier de Jonchères, servant dans Guyenne, aurait été mortellement blessé en tentant d'incendier l'escadre anglaise qui bloquait Québec en 1759.Est-ce celui-ci? ARCHIVES DE QUÉBEC 251 Pierre Sansregret L'an mil sept cent cinquante-neuf, le seize septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, Pierre Sansregret, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Monguët, décédé à l'hôpital susdit muni des sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Joseph Beaudoin L'an mil sept cent cinquante-neuf, le dix-sept septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Joseph Beaudoin, de Champlain, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre Longerat dit Blondet L'an nul sept cent cinquante-neuf, le dix-sept septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Pierre Longerat dit Blondet, soldat au régiment de Lassarre (la Sarre), compagnie de Beauclaire, décédé après avoir reçu les sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre Voyer L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quatorze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de Pierre Voyer, boulanger pour le Roy, décédé le jour précédent après avoir reçu le sacrement d'extrême-onction, âgé d'environ cinquante ans, habitant de la ville de Québec ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Maurice Couteleau~~\" L'an mil sept cent cinquante-neuf, le quinze septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Maurice Couteleau, habitant de la ville de Québec, décédé le dit jour, après s'être confessé et avoir reçu le sacrement d'extrême-onction, âgé d'environ soixante ans ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Boucher de la Perière L'an mil sept cent cinquante-neuf, le dix-sept septembre, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de François Boucher, écuîer, sieur de la Pêrière, capitaine d'une compagnie des troupes de la colonie, chevalier de l'ordre royal et militaire de St-Louis, décédé d'hier muni des sacrements de l'église, âgé d'environ quarante-cinq ans ; en foy de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.(1) (1) François-Clf-mcnt Boucher de la Périêrc, né à Montréal le 2 s'être confessé et avoir reçu les sacremens d'eucharistie et d'extrême-onction ; en foy de quoy j'ai signé.{ Rigauville, ptre, chane.(1) Jacques-Michel-Marie Boissadel L'an mil sept cent soixante, le onze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de monsieur de Boissadel, officier au régiment de Royal Roussillon, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foi de quoy j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Le Roy dit Le Roy L'an mil sept cent soixante, le onze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Le Roy dit Le Roy, soldat de la compagnie de Paschalis, au régiment de la Reine, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville ptre, chane.Joseph Gobeau dit Dubousquet L'an mil.sept cent soixante, le onze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Gobeau dit Dubousquet, sergent des troupes de la colonie, compagnie de Rouville, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Arnault Moimon dit La France L'an mil sept cent soixante, le onze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Arnault Moimon dit La France, soldat des troupes de la colonie, compagnie de La Valtrie, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Fréreaud dit Latour L'an mil sept cent soixante, le douze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Fréreaud dit Latour, soldat au régiment de la Reine, compagnie de Maron, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.(1) A la fin de 1759, le chevalier de Lévis demandait une pension pour M.de Trécesson.Il écrivait au ministre : \"M.de Trécesson, lieutenant-colonel, commandant du troisième bataillon de Berry : lé seul des lieutenants-colonels qui n'ait point de pension, il a trente .incrîp services et plusieurs blessures.\" (Lettres du chevalier de Levis, p.420.) ARCHIVES DE QUÉBEC 279 Le nommé Bonnau L'an mil sept cent soixante, le douze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Bonnau, soldat grenadier au régiment de Berry, compagnie de Mordon, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane Joseph-Alexandre de Fourcet L'an mil sept cent soixante, le treize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Monsieur Fourcet, capitaine au régiment de Lassare (la Sarre), décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Picard ' \u2022 L'an mil sept cent soixante, le treize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Picard, soldat grenadier au régiment de Royal Roussillon, compagnie D'Estor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Lajoie L'an mil sept cent soixante, le treize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Lajoie, soldat des troupes de la colonie, compagnie de St-Martin, servant au siège de Québec en qualité de grenadier, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane \u2022 Pierre Lebosquet L'an mil sept cent soixante, le treize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre Lebosquet, de îa paroisse de Chambly, gouvernement de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Adrien Lefebvre dit Prêt-a-Boire L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'Adrien Le fêvre dit Prêt-à-Boire, soldat grenadier au régiment de Berry, compagnie de Fouillàc, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. 280 ARCHIVES DE QUÉBEC Francois Edouaire dit La Déroute L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Edouaire dit La Déroute, soldat de la compagnie de Revillas ( ?) au régiment de Berry i décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Manuel Concile L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Manuel Concile, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie de Valet, décédé d'hier muni des sacremens de l'église, en foy de quoy, j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre Lefort dit Sansfacon- L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre Lefort dit Sansfacon, soldat au régiment de Berry, compagnie de Dupont, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi, j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Bazin dit Lajoie 1 L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital François Bazin dit Lajoie, soldat de la colonie, compagnie de Benoit, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Quintal L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Quintal, officier de milice de la paroisse de Verchères, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ay signé.Rigauville, ptre, chane.Louis Gélin dit Gélin L'an mil sept cent soixante, le quatorze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital Louis Gélin dit Gélin, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Montgay, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 281 Le nommé L'Etoile L'an mil sept cent soixante, le quinze mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de L'Etoile, soldat au régiment de Béarn, compagnie Daubigny, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.\u2014 Rigauville, ptre, chane Jacques Quena dit La Batterie .L'an mil sept cent soixante, le quinze' mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jaques Quena dit La Batterie, soldat canonier de la colonie, compagnie de Montbéliard, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi Pierre Laluge dit Jolicœur L'an mil sept cent soixante, le seize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre Laluge dit Jolicœur, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie d'Estor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église; en foy de quoi j'ai signé.L'an mil sept cent soixante, le seize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Nicolas Nadoreau dit Nantais, soldat des troupes de la colonie, compagnie de Faleze (Falaise), décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Louis Bois dit Laviolette L'an mil sept cent soixante, le seize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Bois dit Laviolette, soldat de la colonie, compagnie de Lanaudière, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Joseph Palerdi L'an mil sept cent soixante, le seize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Palerdi, de la paroisse de Verchères, gouvernement de Montréal, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Rigauville, ptre, chane.Nicolas Nadoreau dit Nantais Rigauville, ptre, chane.Rigauville, ptre, chano: 282 ARCHIVES DE QUÉBEC Germain de Vassal de Monviel L'an mil sept cent soixante, le seize mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Mr.de Vassale, capitaine au régiment de Béarn, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, décédé d'hier muni des sacremens de l'église, en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.(1) Dominique Maunecy dit Saint-Martin L'an mil sept cent soixante, le dix-sept mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Dominique Maunecy dit Saint-Martin, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie de Dugros, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Casterne dit Sanssoucy L'an mil sept cent soixante, le dix-sept mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Casterne dit Sanssoucy, soldat au régiment de Berry, compagnie de Pressac, décédé d'hier muni des sacremens de l'église; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Etienne Thuray dit Belle-Fleur L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'Etienne Thuray dit Belle-Fleur, soldat au régiment de Languedoc, compagnie de Renepont, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Joseph Dumont dit Dumont L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Dumont dit Dumont, soldat au régiment de Berry, compagnie de Trouroux, décédé d'hier muni des sacremens de l'église; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.(1) Le chevalier de Levis avait sollicité de M.Berrycr, ministre de la marine, l'expectative d'une place à l'école militaire pour le jeune fils de-la veuve de M.Vassal de Monviel.\"Cette dame, disait-il dans son placet, est la fille du sieur de la Périère, capitaine des troupes de la colonie, tué à l'affaire du 13 septembre.Elle avait épousé le sieur Vassal, capitaine au régiment de Béarn, lequel est mort des blessures reçues à l'affaire du 28 avril.Elle est sins biens et chargée d'un fils en bas âge.\" Le duc de Choiseul.qui avait succédé à M.Berrycr, obtint à la veuve Vassal de Monviel une pension de trois cents livres sur le trésor royal.Nous croyons que cette pension ne lui fut jamais payée. ARCHIVES DE QUÉBEC 283 Francois Caro dit Pret-a-boire L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Caro dit Prêt-à-boire, soldat au régiment de Guyenne, compagnie de Dubleau, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chant-.Renault Doureau dit Conviac L'an mil sept cent soxiante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Renault Doureau dit Conviac, soldat au régiment de Guienne, compagnie de Dubousquet, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chan».Louis Aubri dit Laramée L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Aubri dit Laramée, de la paroisse de Verchères, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chanu.Le nommé Saint-Martin L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Saint-Martin, soldat grenadier au régiment de Berry, compagnie de Fouillac, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chan\u201e.Jacques Gé dit Crépin L'an mil sept cent soixante, le dix-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jacques Gé dit Crépin, soldat au régiment de Berry, compagnie de Saint-Félix, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane ; Louis Goulard dit Prët-a-boire L'an mil sept cent soixante, le dix-neuf mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Goulard dit Brêt-à-boire, soldat de la colonie, compagnie de Lautbinier (Lotbinière), décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. 284 ARCHIVES DE QUÉBEC Simon Losier dit Ossassière L'an mil sept cent soixante, le dix-neuf mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Simon Losier dit Ossassière, soldat de la colonie, compagnie de Du Buisson, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.' \u2022 Jean-Baptiste Despulcre dit Latulippe L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Despulcre dit Latulippe, soldat au régiment de Lassare (la Sarre), compagnie de Vauve (?), décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; érf foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Joseph Totel dit Sanssoucy L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Totel dit Sanssoucy, soldat au régiment de Lassarre (la Sarre), compagnie de Savournin.décédé de ce jour muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Jean-Baptiste FontaY' dit Languedoc i L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Fbntay dit Languedoc, soldat au régiment de Guyenne, compagnie de Saint-Poney, décédé d'hier muni des' sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Jean-Baptiste Pontard dit Pontard L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Pontard dit Pontard, soldat au régiment de Guienne, compagnie de Déchambeau, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Etienne Godefroy dit Bellehumeur L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'Etienne Godefroy dit Bellehumeur, soldat au régiment de Berry, compagnie de Surimeau, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 285 Renault Martin dit Saint-Martin L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Renault Martin dit Saint-Martin, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Jourdeau, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Un sauvage L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital un Sauvage décédé ces jours-cy après s'être confessé à Monsieur Matavet, missionnaire du séminaire de St-Sulpice établi à Montréal ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Coté dit Bigoire L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Côté dit Bigoire, soldat au régiment de Lassarre (la Sarre), compagnie de Souverain, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean-Jacques Cros dit Saint-Gervais L'an mil sept cent soixante, le vingt et un mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Jacques Cros dit Saint-Gervais, soldat grenadier au régiment de Royal-Roussillon, compagnie Destor, décédé d'hier muni des sacrements de l'église, en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Hue dit Bezier L'an mil sept cent soixante, le vingt-deux mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Hue dit Bezier, soldat grenadier au régiment de Royal Roussillon, compagnie d'Estor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Christophe L'an mil sept cent soixante, le vingt mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Christophe, soldat au régiment de Guyenne, compagnie de Dubleau, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. 286 ARCHIVES DE QUÉBEC Jean Barié dit Barié L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Barié dit Barié, soldat au régiment de Berry, compagnie de Trouroux, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Aunel dit Foin d'Orange L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Aunel dit Foin d'Orange, soldat de la colonie, compagnie de la Périère, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Léonard Gaulthier dit Lajoie L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Léonard Gaulthier dit Lajoie, soldat de la colonie, compagnie de Laroche, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean-Pierre Bachoie de Barrauté L'an mil sept cent soixante, le vingt-deux mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de M.Barrautte, capitaine au régiment de Béarn, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Lafleur L'an mil sept cent soixante, le vingt-cinq mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Lafleur, soldat au régiment de Berry, compagnie de Saint-Félix, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Vergne dit Vergne L'an mil sept cent soixante, le vingt-quatre mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Vergne dit Vergne, soldat au régiment de Béarn, compagnie d'Aubrespic, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 287 Charles Marsil L'an mil sept cent soixante, le vingt-quatre mai, a été inhumé par nous soussigné prêtre chanoine de la cathédrale de Québec, desservant l'Hôpital-Général du dit Québec, en qualité d'aumônier, le corps de Charles Marsil, milicien de la paroisse de Longueuil, gouvernement de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Durasoir L'an mil sept cent soixante, le trente avril, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Durasoir, soldat grenadier au régiment de la Reine, compagnie de Montreuil, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.François Dorais dit Saint-Francois L'an mil sept cent soixante, le vingt-sept mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Dorais dit Saint-François, soldat grenadier au régiment de Languedoc, compagnie d'Aiguebel, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jacques Lavigne dit Lavigne L'an mil sept cent soixante, le vingt-sept mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jaques Lavigne dit Lavigne, soldat au régiment de Berry, compagnie de Praysac, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Gilbert Thier dit Laviolette L'an mil sept cent soixante, le vingt-sept mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Gilbert Thier dit Laviolette, soldat au régiment de Berry, compagnie de Trouroux, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre Arié dit Labonté L'an mil sept cent soixante, le vingt-sept mai, a été\" inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre Arié dit Labonté, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Vassal, décédé d'hier muni des sacrements de l'église; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. 288 ARCHIVES DE QUÉBEC Louis Bruère dit Saint-Cloud L'an mil sept cent soixante, le vingt-huit may, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Bruère dit St-Cloud, soldat au régiment de Berry, compagnie de Chantigni, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Nicolas Frémon dit Frémon L'an mil sept cent soixante, le vingt-huit mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Nicolas Frémon dit Frémon, soldat au régiment de Berry, compagnie de Ségouin, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Captel dit Laviolette L'an mil sept cent soixante, le vingt-neuf mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Captel dit Laviolette, tambour au régiment de Royal-Roussillon, compagnie Destor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane., Louis Gros Cois L'an mil sept cent soixante, le vingt-neuf mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Gros Cois, habitant de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé Rigauville, ptre, chane.Le nommé Saint-Honoré L'an mil sept cent soixante, le trente mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de St-Honoré, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie de Lefevre, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Francois Magin dit Beauséjour L'an mil sept cent soixante, le trente et un mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital, le corps de François Magin dit Beauséjour, grenadier au régiment de Languedoc, compagnie d'Aiguebel, décédé d'hier^muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 289 Jean-Jacques Treillet dit Latreille L'an mil sept cent soixante, le trente et un mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Jacques Treillet dit Latreille, sergent de la compagnie de Montagnier, au régiment de Guyenne, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jacques Content dit Montfort L'an mil sept cent soixante, le trente et un mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jacques Content dit Montfort, soldat au régiment de Béarn compagnie de Montgay, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Henri de Pradel L'an mil sept cent soixante, le trente et un mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Mr Pradel, lieutenant au régiment de Languedoc, décédé du même jour muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Lajoie L'an mil sept cent soixante, le quatre juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Lajoie, soldat au régiment de Guyenne, compagnie de Montagner, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Amarault dit La Fidélité L'an mil sept cent soixante, le quatre juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Amarault dit La Fidélité, soldat au régiment de Berry, compagnie de Chantigni, décédé d'hiir muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre Péret dit Péret L'an mil sept cent soixante, le cinq juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre Péret dit Péret, soldat grenadier au régiment de Royal Rous-sillon, compagnie D'Estor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.5300\u201419 290 ARCHIVES DE QUÉBEC Martin Paquet L'an mil sept cent soixante, le huit juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Martin Paquet, décédé la nuit dernière muni des sacremens de l'église, âgé d'environ quarante-cinq ans, marié à Anne Chappeau, de la paroisse de Québec ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville.ptre, chane.Sulpice Moulin dit Moulin L'an mil sept cent soixante, le six juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Sulpice Moulin dit Moulin, grenadier au régiment de Berry, compagnie de Villemohté, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane Jean Orsigny dit Fonteny L'an mil sept cent soixante, le dix juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Orsigny dit Fonteny, soldat des troupes de la colonie, compagnie de Gaspé, décédé d'hier muni des sacremens' de l'église; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Joseph Chauvreux de Vaudaran L'an mil sept cent soixante, le dix juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Mr Vaudarant.lieutenant au régiment de Berry, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville.ptre, chane.Michel Stiremam L'an mil sept cent soixante, le quatre mai, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Michel Stiremam, natif de la paroisse de Kocbsheim, diocèse de Strasbourg, en Alsace, décédé d'hier muni des sacremens de l'égiise ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane- Noel Joannes dit Saint-Marche L'an mil sept cent soixante, le quatorze juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Noel Joannes dit Saint-Marche, grenadier au régiment de Berry, compagnie de Villemonté, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.\u2022 .' .Rigauville, ptre, chane- ARCHIVES DE QUÉBEC 291 Nicolas Matis dit Matis L'an mil sept cent soixante, le quatorze juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Nicolas Matis dit Matis, soldat au régiment de Berry, compagnie de Beauchamp, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy dî quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Claude Bernard dit Lajeunesse L'an mil sept cent soixante, le seize juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Claude Bernard dit Lajeunesse, grenadier au régiment de Royal Roussillon, compagnie d'Estor, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Martin Crete dit Saint-Martin L'an mil sept cent soixante, le seize juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Martin Crete dit Saint-Martin, grenadier de la compagnie de Saint-Martin, au siège de Québec formé par les Français le printems de la susdite année, des troupes de la colonie, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Laurent Brière dit La Giberne L'an mil sept cent soixante, le dix-sept juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Laurent Brière dit La Giberne, grenadier au régiment de Languedoc, compagnie d'Aiguebel, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane- Joseph Normandin L'an mil sept cent soixante, le seize juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Normandin, de la paroisse de Verchères, gouvernement de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Jean Massé dit Saint-Jean L'an mil sept cent soixante, le dix-huit juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Massé dit Saint-Jean, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Pouchot, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano. 292 ARCHIVES DE QUÉBEC Joseph Du Pontel dit La Feuillade L'an mil sept cent soixante, le dix-huit juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph DuPontal dit La Feuillade, soldat de la colonie, compagnie d'Herbin, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Francois Montfort dit Vadeboncœur L'an mil sept cent soixante, le vingt de juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de François Montfort dit Vadeboncœur, soldat au régiment de Berry, compagnie de D'Arlins, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Adrien Doudan dit Bapaume L'an mil sept cent soixante, le vingt et un juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'Adrien Doudah dit Bapaume, soldat de la compagnie de Segla, au régiment de Béarn, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.1 Jean Fajot dit Montpellier L'an mil sept cent soixante, le vingt juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps dé Jean Fajot dit Montpellier, soldat de la compagnie de Dugros, au régiment de Royal Roussillon, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Antoine Fesant L'an mil sept cent soixante, le vingt-deux juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'Antoine Fesant, du gouvernement de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.LÉ nommé Lagravère dit Laforme L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Lagravère dit Laforme, grenadier au régiment de Guyenne, compagnie de Launay, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 293 Le nommé Mongaret Martel dit Brindamour L'an mil sept cent soixante, le vingt-quatre juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Mongaret Martel dit Brindamour, soldat au régiment de Lassarre (la Sarre), compagnie de Savoumin, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville.ptre, chan».Laurent Gilbert dit Saint-Laurent L'an mil sept cent soixante, le vingt-quatre juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Laurent Gilbert dit Saint-Laurent, soldat au régiment de Berry, compagnie de Darlins, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé Lafranchise L'an mil sept cent soixante, le vingt-neuf juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Lafranchise, soldat au régiment de Berry, compagnie de Millian (?), décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Louis Bourette dit Saint-Louis L'an mil sept cent soixante, le vingt-neuf juin, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Bourette dit Saint-Louis, soldat de la colonie, compagnie de Du Buisson, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Joseph La vallée dit Saint-Joseph L'an mil sept cent soixante, le premier ju llet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Joseph Lavallée dit Saint-Joseph, soldat de la compagnie de Duparquet, régiment de Lassarre (la Sarre), décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoy j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Julien Cougneau dit Saint-Julien L'an mil sept cent soixante, le trois juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Julien Cougneau dit Saint-Julien, soldat au régiment de Berry, compagnie de Saint-Félix, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. 294 ARCHIVES DE QUÉBEC Louis Dion L'an mil sept cent soixante, le dix-huit juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Dion, fils de Louis Dion et de Marie-Magdeleine Normande marié à Marie Allard, décédé d'hier muni des sacremens de l'église, âgé de trente-deux ans et demie ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jean Soulier dit Montpellier L'an mil sept cent soixante, le seize juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Soulier dit Montpellier, tambour-major au régiment de Guyenne, compagnie de Manneville, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.\"Rig au ville, ptre, chane.Louis Rodolphe dit Saint-Jean L'an mil sept cent soixante, le dix-huit juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Louis Rodolphe dit Saint-Jean, soldat au régiment de Guyenne, compagnie de Saint-Poney, décédé d'hier muni des sacremens de l'église.; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Jacques Barjeton de Montredon L'an de grâce mil sept cent soixante, le vingt-quatrième du mois de juillet, par moy prestre Récollet aumônier soussigné, a été inhumé dans le cimetière de l'Hôpital-Général, près Québec, 'e corps d'Ecuyer sieur Jacques Barjeton de Mordon (sic), chevalier de l'ordre royal et militaire de St-Louis, capitaine de grenadiers au Régiment de Béarn, natif d'.en Languedoc, mort la vei le muni des sacremens de notre mère la Ste-Eglise, âgé de cinquante-neuf ans ; en foy de quoy j'ay signé les jour, mois et an que dessus.F.Emmanuel Crespel, Récollet.André Tailleur dit Francœur L'an mil sept cent soixante, le vingt-trois juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps d'André Tailleur dit Francœur, soldat au régiment de Royal Roussillon, compagnie de Thiballier, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane. ARCHIVES DE QUÉBEC 295 Jean-Baptiste Vadeboncœur L'an mil sept cent soixante, le vingt-quatre juillet, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Vadeboncœur, habitant de Montréal, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Pierre-Joseph Chorel (?) dit Francœur L'an mil sept cent soixante, le deux d'aoust, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Pierre-Joseph Chorel ( ?) dit Francœur, soldat au régiment de Berry, compagnie de Cambray, décédé le même jour muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Jean Lajeunesse L'an mil sept cent soixante, le six août, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean Lajeunesse, habitant de la seigneurie de Vaudreuil, gouvernement de Montréal, paraissant âgé dî vingt-trois à vingt-quatre ans, décédé d'hier muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Jean-Baptiste Clément L'an mil sept cent soixante, le vingt-neuf août., a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Clément, soldat grenadier du régiment de la Sarre, compagnie de Palmarol, décédé d'aujourd'huy muni des sacremens de'l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Rqch Duperier dit Sansquartier L'an mil sept cent soixante, le trente et un aoust, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Roc Duperier dit Sansquartier, soldat au régiment de Berry, compagnie de Saint-Félix, décédé d'aujourdhuy muni des sacremens de l'église ; en foy de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chano.Nicolas Pied Dorneil dit Nicolas L'an mil sept cent soixante le vingt-sixiesme de 7bre a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital Nicolas Pied Dorneil dit Nicolas, soldat grenadier du regt de Berry, compagnie de Villemonté, décédé muni des sacremens de l'église le vingt-cinquième du dt.mois.En foy de quoi j'ay signé.Briand, chan.Vie.g. 296 ARCHIVES DE QUÉBEC Jean-Baptiste Nochet L'an mil sept cent soixante le vingt huit octobre a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Nochet, matelot du Soleil Royal, département de Bayonne, décédé d'hier muni des sacrements de l'église ; en fo^ de quoi j'ai signé.Rigauville, ptre, chane.Le nommé DéJardin L'an mil sept cent soixante un le dix-neuf mai a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Déjardin, soldat au régiment de Royal Roùssillon, commpagnie de Servies (?), décédé d'hier muni des sacrements de l'église, âgé d'environ vingt-deux ans, en foy de quoi j'ai signé.\\ Rigauville, ptre, chane.Louis Marie dit St-Louis L'an mil sept cent soixante un, le onze juin est décédé à l'Hôpital général de Québec le nommé Louis Marie dit St-Louis, soldat au régiment de Béarn, compagnie de Raimon.après s'être confessé et avoir reçu l'extrême onction seulement.Son corps a été inhumé dans le cimetière du dit hôpital par nous soussigné prêtre.Rigauville, ptre, chane. 1 TESTAMENT DE LOUIS DE BUADE, COMTE DE FRONTENAC, GOUVERNEUR DE LA NOUVELLE-FRANCE Pardevant les Not'\"' gardenotes du Roy en Sa ville et Prévôté de quebec Soussignez Fut présent haut et puissant Seigr Messire Louis de Buade Comte de Palluau et de Frontenac Con\" du Roy en ses Con!\" Chevalier de lordre de St Louis, Gouv\"'r Lieutenant général pour Sa Majesté en tout ce pays de la france Septentrionale, Syndic apostolique, Pere el protecteur Spirituel de lordre des très Rds P.Recollets en cedit pays, Gisant grièvement malade en son fauteuil dans sa Chambre au Château de cette ville: mais cependant Sain dEspril mémoire et entendement ainsy Qu'Est apparu aux dits Notaires; Lequel Seigneur a dit que le grief mal qui le travaille ne luy permetant pas de Songer a l'étal de ses affaires el biens temporels pour en disposer présentement comme II Voudroit le pouvoir faire: Qu'Au moins, ayant toujours eû singulière intention et devotion d'Etre Inhumé et enterré e>ï LEglise des d.Peres Recollels de celte ville, Il veut en ce Chef faire, par ces présentes, son Testament et ordonnance de dernière Volonté, pour éviter les obstacles et contradictions quy pourraient y être apportées.Sans cela, S'yl arrive qu'yl plaise a Dieu le retirer de cette Vye mortelle, par cette maladie, sans avoir le temps défaire plus ample Testament: Pourquoy declare Ledit Seigneur Qu'yl ordonne Veut et entend, en ce cas; même prye el requiert que Son corps soit, après Son decez, porté, Inhumé et enterré dans la dite Eglise des Rds Peres Recollels de cette d.ville en la manière et avec les Simples Ceremonyes que les d.Peres jugeront a propos luy être convenables en la dite qualité de Syndic apostolique Pere et protecteur Spirituel de leur ordre en ce dit pays\u2014Souhaittant et désirant que Sa devotion et piété soit Satisfait a cet égard.Sans empêchement ny obstacle de quelque part que ce soil, telle étant sa dernière Volonté.Et comme Madame anne de la grange son épouse peut souhaiter comme Luy, que le cœur de luy Seigneur testateur soit transporté en la Chapelle de Mes\"1 de Montmort dans lEglise St Nicolas des Champs à Paris, en laquelle sont Inhumés Madr de Montmort sa sœur et Monsieur Labbé dObasine son oncle; il veut qu'a cet effet son cœur soit séparé de son Corps el mis en garde dans une boéle de plomb on d'argent.El au surplus Donne et aumône défaveur des dits Revds.P.Recollets de ce pays entre les mains du Sr Boutteville le Syndic ordinaire et receveur de ler aumônes la somme de quinze Cents Livres monnoye de France, pour être employée à LAchevemenl de la bâtisse ou autres nécessites de leur couvent de cette ville, a prendre Sur les biens et Effets qui se trouveront appartenons a Luy seigneur Testateur en ced.pays au jour de son decez; Et ce a la Charge de dire et Célébrer par les d.Revds P.Recollets en le' dite Eglise de celte Ville tous les jours une messe basse pendant Lan du decez dudit Seigr Testateur pour le repos de son ame; Et outre Un Service annuel tous les ans a perpétuité a pareil jour de son decez; Lequel service annuel II desire II desire et veut être appliqué conjointement pour ladite Dame Son Epouse lors qu'Elle Sera décédée.Et pour faire exécuter et accomplir son d.present Testament a nommé et Eleu les Sieurs françois Hazeur marchand bourg de celle Ville conjointement: avec le Sieur Charles de Monseignal son premier Secretaire: comme aussi pour prendre soin de LElal du reste de ses affaires et biens qui peuvent être apresent ou luy Venir cy après en cedit pays par les Vaisseaux de lan prochain: Pourquoy Luy seigneur Testateur prye Monsieur de Champigny, Intendant, de les appuyer de Sa protection el aulhorité pour Laccomplissemenl de ce que dessus; Le priant aussy de régler ce quyl Jugera apropos a Legard de tous ses domestiques pour quyls Soient satisfaits: Donnant et léguant Icelui Seigr Testaleur% DuChouquet son vallet de Chambre, toute Sa garderobe consistant en ses habits linge el autres hardes dlcelle avec la petite vaisselle dargent dépendante de lad.garderobe; el ce en considération des services que le d.DuChouquet luy a rendu jusqu'à present.Et pour marque de la confiance qu'a luy Seigr Testateur aux protestations damitié que le dit Seigr Intend1' luy a faites.Il le prye.daccepter Un crucifix de bois de Calambourg que Made de Montmort sa sœur luy a laissé en mourant et qla toûjo.gardé depuis comme une véritable-relique el prie aussi Madame llnlendante de Vouloir recevoir le Reliquaire ql avail acoulumé de porter, et qui est remply des plus rares et précieuses reliques qui se peuvent rencontrer.£t ledit present Testament accomply, ses domestiques et dettes contractées en ce pays étant payées auront soin les d.exécuteurs de remettre ez mains de Madame la Comtesse Epouse de luy Seigneur Testateur ce qui se trouvera duresle de ses dits Biens en ce pays.Ce fui ainsy fait dicté et nommé de mot a mol par ledit seigneur Testateur el a luy leu et releu par Genaple lun des d.notaires, lautre present; que ledit Seigneur adit avoir bien entendu et être Sa Vraye Intention el ordon' de dernière Volonté a laquelle II sarrete Seule declarant quyl Révoque tous autres testaments quyl pourrait avoir cy devant faits se tenant uniquement au present.Fait Et passé en ladite Chambre du dit Seigr testateur après midi Sur les quatre heures, Le Vingt deuxième Jour de Novembre mil six Cents quatre vingt dix huict.Et a.le dit seigneur testateur avec nous Notm Signé.Louis de Buade Frontenac, Rageot Genaple (1) (I) Archives Judiciaires de Québec, acle de Genaple, 22 novembre 1698. QUI ÉTAIT M.DE MENEVAL, GOUVERNEUR DE L'ACADIE ?Le 1er mars 1687, le roi de France nommait M.de Meneval, gouverneur de l'Acadie, en remplacement de M.Perrot, qui venait d'être rappelé ou destitué.Il était dit dans les lettres de provision accordées à M.de Meneval qu'il était nommé pour trois années consécutives \" pour commander tant aux habitants qui y sont établis ou qui s'y établiront ci-après, qu'aux soldats et gens de guerre qui y seront en garnison, leur faire prêter à tous le serment de fidélité qu'ils nous doivent ; faire vivre les dits habitants en union et concorde les uns avec_les autres ; contenir les gens de guerre en bon ordre et police, suivant nos reglemens ; maintenir le commerce et trafic dans la dite colonie et généralement faire et exercer tout ce qui pourra être du fait du dit gouvernement.\" u>.Outre ses lettres de provision, M.de Meneval reçut du roi des instructions écrites assez détaillées au sujet de son gouvernement.Sa Majesté attirait son attention sur l.es particuliers qui avaient des concessions de terres en Acadie mais qui au lieu de s'occuper de culture ou de pêche ne s'occupaient qu'à faire xa traite dans les bois.Il avait instruction de mettre fin à cet abus.M.de Meneval devait aussi empêcher les étrangers, particulièrement les Anglais, de commercer ou de faire la pêche dans les ports, rivières, rades et côtes de l'Acadie 121.M.de Meneval s'embarqua dans l'été de 1687 pour aller prendre possession de son gouvernement.La nomination de M.de Meneval au gouvernement de l'Acadie fut particulièrement bien vue de MM.de Denonville et Champigny.Le 6 novembre 1687, ils écrivaient au ministre : (1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 2.folio 72 ; Edits el Ordonnances, vol.III, p.89.(2) Les instructions données à M.de Meneval ont été publiées au long dans Collection de manuscrits,' vol.1er, p.396. 298 ARCHIVES DE QUÉBEC \" Vous avez faict, Monseigneur, un très digne choix de Mons.de Meneval pour gouverneur de l'Acadie.Il y a longtemps que nous le connaissons pour un galant homme qui avait l'honneur d'estre aymé et estimé de Monsieur de Turenne M.de Meneval était un excellent soldat et un honnête homme.Mais laissé à lui-même, par les ministres du roi, contrecarré par ceux-là même qui auraient dû.le plus l'aider, il se découragea et demanda bientôt son rappel.En 1689, il écrivait âu ministre : \"Je commence à désespérer de voir les navires que nous attendons toujours, et qui cependant ne viennent point.Si nous passons jusques à la Toussaint sans recevoir de secours, je ne sais en vérité ce que je ferai, car je me vois dans des embarras dont un plus habile homme que moi aurait peine à se bien tirer, et plût à Dieu que je vous y puisse voir seulement une semaine, M.de Lagny et vous, qui êtes tous deux habiles ; cela m'apprendrait, en vous voyant faire, et me vengerait un peu des facilités que vous croyez être en ce pays.Si l'année prochaine je ne sors d'ici, ou j'y mourrai de chagrin, ou je ferai quelque pas qui déplaise à la cour, c'est-à-dire je sortirai d'ici sans congé, quoi qu'il puisse arriver (2).\" Un mémoire anonyme de la même année 1689, qui fut probablement rédigé par l'abbé Petit, dit de M.de Meneval : \" Ce qui paraist encore important en Testât où sont les choses, c'est que le gouverneur qui est un homme de courage, sage, expérimenté, estimé de tous les habitants, et capable d'aucun vilain intérêt, semble tombé dans un grand dégoût ; il a été en effet attaqué de la goutte ; il craint qu'on ait abandonné ce poste ; il voudrait être en état de s'y défendre, il y a fait des pertes et ne peut soutenir les dépenses qu'il est obligé de faire ; il a été traversé par des esprits si brouillons qu'il a cru avoir mis en hasard son autorité et la confiance des habitants.\u2022 \"H supplie très humblement, Monseigneur, de lui donner congé pour venir passer l'hiver en France vaquer à ses affaires (1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol.9.(2) Rameau, Une colonie féodale en Amérique, tome premier, p.165. ARCHIVES DE QUÉBEC 299 et rétablir sa santé.Si Monseigneur trouve à propos de lui donner cette satisfaction, il représente qu'il n'y a rien à craindre ni à faire pendant l'hiver et que le chevalier de Villebon, capitaine, qu'on lui a envoyé, a toutes les qualités nécessaires pour pourvoir à tout pendant son absence'1'.\" M.de Meneval partit, en effet, de l'Acadie l'année suivante, mais pas de la manière qu'il aurait désiré.Au mois de mai 1690, sir William Phipps, que le gouverneur de Frontenac devait si glorieusement repousser quelques mois plus tard, paraissait devant Port-Royal avec une flotte de sept vaisseaux portant plus de sept cents hommes.M.de Meneval avait pour défendre la place moins de cent hommes et dix-huit canons qui n'étaient pas même en batterie.Il y aurait eu folie à se défendre, et le gouverneur obtint de Phipps la meilleure capitulation possible.M.de Meneval, dans une lettre au ministre datée de Port-Royal le 29 mai 1690, lui fait connaître les conditions qu'il, obtint de sir William Phipps et comment ce dernier tint sa parole : \" Ce que j'ai eu sujet d'appréhender tous les jours depuis que je suis ici est enfin arrivé, Monseigneur.Les Anglais y sont venus le 19 du courant avec trois frégates de guerre de 46 et de 30 pièces de canon, cinq ou six moindres bâtiments et huit à neuf cents hommes de débarquement.L'état de la place et de la garnison me mettant dans l'impossibilité de me défendre comme je l'aurais fort souhaité et me voyant sommé avec menaces de tout détruire si je ne rendais le lieu, je me suis vu dans la nécessité (ce que j'aurais pu faire étant inutile) d'envoyer quelqu'un à bord du commandant de leur flotte pour traiter des conditions que j'ai obtenues assez avantageusement pour que vous en soyez content, tant à l'avantage de la religion que des habitants ; et pour la garnison avec moi nous devions sortir en gens de guerre avec armes et bagages et être conduits sûrement par eux dans un navire ou à Québec qu en France à mon choix ; mais lorsque le commandant anglais eût vu l'état de ma place sans aucune défense, comme j'ai eu l'honneur de vous le (1) Collection de manuscrits, vol.1er, p.473. 300 ARCHIVES DE QUÉBEC mander l'année passée et ma garnison pas plus nombreuse que de soixante et douze soldats et trois habitants, n'en ayant pas pu faire venir davantage, il s'est repenti de m'avoir accordé une aussi avantageuse capitulation et a prétendu n'être pas obligé à me tenir sa parole, et malgré tout ce que j'ai pu dire il a désarmé mes soldats, les a enfermés, et pillé et ravagé les habitants, m'a fait arrêter et gardé fort étroitement pour me mener avec ma garnison prisonnier à Boston, après m'avoir pris toutes mes hardes et l'argent que j'avais entre mes mains, tant au roi, à la compagnie, qu'à moi en mon particulier, qui montait en tout à cinq mille livres, ayant fait la même chose au trésorier qui en avait encore entre ses mains environ quatre.\" Leur attachement particulier a été d'abattre et de détruire l'église et toutes les marques de notre religion et l'autorité du roi dans cette colonie, qu'ils ont réduite dans un très pitoyable état\"1.\" Amené à Boston, M.de Meneval y fut gardé prisonnier pendant plusieurs mois.Le conseil de Boston reconnut que la capitulation accordée à M.de Meneval avait été violée, mais il n'avait pas l'autorité ni la force nécessaires pour faire rendre justice au malheureux gouverneur.Phipps se décida enfin à remettre à M.de Meneval une partie de l'argent qu'il lui avait volé ainsi que ses hardes.Le gouverneur de Boston lui donna alors un passeport pour Londres.Mais le vaisseau sur lequel s'était embarqué M.de Meneval ayant été retardé par les,glaces, Phipps en profita pour manquer une seconde fois à sa parole.Il fit enlever M.de Meneval du navire et le fit jeter de nouveau en prison.Ce ne fut que dans le printemps de 1691 que le gouverneur de l'Acadie recouvra sa liberté et put enfin s'embarquer pour Londres d'où il passa en France.M.de Meneval en avait eu assez de son séjour de trois années en Acadie et il ne revint pas au Canada.En 1700, il rédigea un mémoire sur les événements de 1690 en Acadie et mourut en France avant 1709.(1) Collection de manuscrits, vol.ii.p.10.Dans le Rapport sur les travaux de la division des Archives, du Canada pour l'année 1912, on trouvera plusieurs pièces inédites sur la prise de Port-Royal. ARCHIVES DE QUÉBEC 301 La Hontan, qui a essayé de salir tous ceux qu'il n'aimait pas, accuse M.de Meneval d'avoir fait la traite et d'avoir maltraité les colons pendant son gouvernement en Acadie.Il écrit : \" Les gouverneurs français ont les mêmes vues que ceux de bien d'autres postes d'outre-mer.Ils considèrent leur emploi comme une mine d'or qu'on leur donne pour en tirer de quoi s'enrichir ; aussi le bien public ne marche jamais qu'après leur intérêt particulier.Mr.de Meneval laissa prendre le Port-Royal aux Anglais, parce que la place n'était revêtue que de simples palissades, et pourquoi n'était-elle pas mieux fortifiée ?C'est qu'il croyait avoir le temps de remplir sa bourse avant que lès Anglais s'avisassent de l'attaquer.Ce gouverneur avait relevé Mr.Perrot, qui fut cassé honteusement pour avoir fait sa principale occupation de s'enrichir, qui étant repassé ensuite en France revint avec plusieurs vaisseaux chargés de marchandises, pour faire en ce pays-là la profession d'un négociant particulier.Celui-ci, dans le temps de son gouvernement, laissa prendre aux Anglais plusieurs postes avantageux sans se donner aucun mouvement ; il se contentait d'aller dans ses barques de rivière en rivière pour trafiquer avec les Sauvages, et après sa cassation, non content de faire son commerce sur les côtes de l'Acadie, il voulut aller sur celles des Anglais, mais il lui en coûta cher, car quelques corsaires l'ayant surpris, enlevèrent ses barques et'lui donnèrent ensuite la cale-sèche dont il mourut sur le champ111.\" La Hontan est le seul de nos anciens historiens à accuser M- de Meneval d'avoir fait la traite.Tous les mémoires de l'époque s'accordent à nous le faire connaître comme un parfait honnête homme.Nous venons de résumer aussi fidèlement que possible ce que nos historiens ont dit de M.de Meneval.Une question se pose tout naturellement ici : Qui était M.de Meneval, gouverneur de l'Acadie ?Le Père de Charlevoix, d'ordinaire bien informé, dit que M.de Meneval était le fils du baron de Bécancour ou de Port- (1) Nouveaux voyages, édition de 1703, tome H, p.27. 302 ARCHIVES DE QUÉBEC neuf.Parlant du détachement canadien envoyé de Québec à Kaskebé en 1690, il écrit : \"Ce parti avait pour commandant M.de Portneuf, le troisième des fils du baron de Bekancourt, et lieutenant de la compagnie de Menneval.M.de Frontenac lui avait donné ordre de prendre toute cette compagnie, qui était en Acadie, parceque M.de Menneval, son capitaine et son frère, était gouverneur de cette Province.Il y avait joint quelques Canadiens, et soixante Abénaquis du Sault de la Chaudière, avec lesquels il était parti de Québec le même jour que M.Hertel était parti des Trois-Rivières.Tilli de Courterhanche lui servait de lieutenant'1'.\" Il n'y a pas eu ici distraction de la part du célèbre Jésuite puisque à la table des matières du même ouvrage il répète \"M.de Menneval, fils du baron de Bécancourt, gouverneur de l'Acadie\".Tous ceux qui, après Charlevoix, ont eu à parler de l'Acadie disent également que M.de Meneval était un Robineau de Portneuf.La plupart le donnent comme le quatrième fils du baron de Portneuf.M.de Meneval était-il un des fils du baron de Portneuf ?Le premier baron de Portneuf, décédé à Québec le 12 décembre 1699, avait eu sept fils de son mariage avec Marie-Anne LeNeuf de la Potherie : lo.Pierre Robineau né en 1653.Il décéda à Bécancour le 14 juin 1729.C'est le deuxième baron de Portneuf.2o.Joseph Robineau de Villebon né à Québec le 22 août 1655.Il décéda au fort Saint-Jean, en Acadie, le 5 juillet 1700.3o.René Robineau hé à Québec le 3 septembre 1659.Décédé à Montréal le 26 juillet 1706.C'est le troisième baron de Portneuf.4o.François-Alexandre Robineau né en 1663 (?).C'est celui que le Père de Charlevoix et tous nos historiens ont pris pour le sieur de Meneval.Or, un acte du notaire Chambalon, en date du 18 décembre 1707, conservé aux Archives de la province de Québec, nous prouve hors de tout doute que François- (1) Histoire tie ta Nouvelle-France, vol.II, p.52. ARCHIVES DE QUÉBEC 303 Alexandre Robineau portait le nom de chevalier de Bécancour et qu'il fit toute sa carrière en Louisiane.Citons la partie de cette pièce qui nous intéresse Fut présent Messire Jacques de Robineau chevalier seigneur de Bécancourt y demeurant lequel de son bon gré a reconnu avoir eû et reçeu de Ignace Juchereau Escuyer seigneur Duchesnay et de Beauport y demeurant à ce présent et acceptant la somme de trois cens cinquante six livres douze sols monnaye de France faisant le quart de celle de quatorze cens vingt six livres huit sols trois deniers mesme monnaye de France qui restait due de celle de deux mille seize livres aussy mesme monnaye à la succession de défunt messire François-Alexandre Robineau chevalier seigneur de Bécancourt, vivant enseigne sur les vaisseaux du Roy, son frère.\" 5o.Jacques Robineau né en 1670 ( ?).Décédé à Québec le 26 mars 1715.Il fut.toujours connu sous le nom de Robineau de Bécancourt et signait Robineau tout court.6o.Daniel Robineau né aux Trois-Rivières le 9 mars 1673.Il fut connu sous le nom de Neuvillette et décéda en Acadie en 1702.7o.Michel Robineau né à Portneuf en mars 1674.Connu sous le nom de Robineau des Iles.Il décéda en 1691.Nous croyons avoir prouvé que M.de Meneval ne pouvait être un des fils du baron de Portneuf.Maintenant, à l'aide de deux petites pièces conservées aux Archives de la province de Québec nous restituons au sieur de Meneval ses noms et prénoms méconnus ou plutôt tronqués depuis près de deux siècles.Au bas des lettres de provision de l'office de lieutenant-général au siège ordinaire de l'Acadie accordées à Mathieu Des Goutins le 31 mars 1687 et insinuées par le Conseil Souverain de la Nouvelle France le 29 novembre 1688 se trouve un certificat de M.de Meneval ainsi conçu : \"Nous Alexandre Desfriches, chevalier, seigneur de Meneval, gouverneur pour le Roy du pays et coste de l'Acadie, certifions à qui il apartiendra que la présente copie a esté tirée et est conforme à l'original en parchemin au Port Royal le vingt-troisie.septembre g b c qiiatre vingt huit signé de Meneval.\" 1 304 ARCHIVES DE QUÉBEC Au bas des lettres de provision de l'office de procureur du Roi en la juridiction de l'Acadie accordées à Pierre Chesnet le 25 mars 1687 et insùiuées par le Conseil Souverain de la Nouvelle-France le 29 novembre 1688, se trouve Un autre certificat de M.de Meneval qui se lit comme suit : \"Nous Louis-Alexandre Desfriches chevalier, seigr de Meneval, gouverneur pour le Roy de la province de Lacadie, certifiions à qui il apartiendra que la présente copie a esté tirée et est conforme à l'original en parchemin.Au Port Royal ce vingt deuxie.septembre g b y c quatre vingt huit.Signé de Meneval.\" M.de Meneval se nommait donc Louis-Alexandre Desfriches, chevalier, seigneur de Meneval.En consultant les Àrmo-riaux des différentes provinces de France on devrait trouver des renseignements sur la famille de M.de Meneval.Il est tout de même assez curieux de constater que l'erreur de Charlevoix se soit perpétuée pendant deux siècles.L'agneau de la fable se défendait de la faute dont on l'accusait en ré on-dant qu'il n'était pas encore au monde quand elle avait été commise.Disons de M.Robineau de Bécancour qu'il ne peut être tenu responsable de l'erreur de Charlevoix, puisqu'il n'était plus de ce monde lorsqu'elle fut commise.QUITTANCE DE Me JACQUES ROBINEAU DE BECANCOUR A Mr DUCHESNAY FAISANT POUR MADe DHIBERVILLE Pardevant le Notaire Royal en la prévosté de Québec soussigné résidant et témoins cy-bas nommez fut présent Messire Jacques Robineau chevalier seigneur de bécancourt y demeurant lequel de son bon gré a reconnu avoir eû et reçeu de Ignace Juchereau Escuyer seigneur Duchesnay et de Beauport y demeurant à ce présent et acceptant la somme de trois cens cinquante six livres douze sols monnaye de France faisant le quart de celle de quatorze cens vingt six livres huit sols trois deniers mesme monnaye de France qui restait deiie de celle de deux mil seize livres aussy mesme monnaye à la succession de deffunct Messire François-Alexandre Robineau chevalier.seigneur de Bécancourt vivant enseigne sur les vaisseaux du roy, son frère, duquel il est éritier pour un quatriesme, par la succession de deffunct Monsieur Lemoihe DHiberville vivant capitaine sur les vaisseaux de Sa Majesté pour les apointements du d.feu sieur de Bécancourt pour l'année mil sept cent trois et pour ses deux valets suivant le compte signé Alternant pour madams DHiberville datte à LaRochelle du 31e juin 1703, dépozé ARCHIVES DE QUÉBEC en l'estude du notaire soussigné et joint à une quittance que messieurs le baron de Portneuf et de Portneuf ses frères ont donné au dit sieur Duchesnay pour leur part et portion de la dite somme en datte du 8e novembre dernier duquel le dit sieur de Bécancour a présentement pris lecture et iceluy aprouvé ; de laquelle somme de trois cent cinquante six livres douze sols monnaye de France ledit sieur dé Bécancourt audit nom quitte et décharge le dit sieur Duchesnay la succession du d.feu sr DHiberville la ditte dame sa veuve et tous autres à cet égard sans que la présente puisse nuire ny prejudicier au dit sieur de Bécancourt ny à Mrs ses frères aux autres actions et prétentions qu'ils peuvent avoir et prétendre en la dite qualité d'héritiers chacun pour un quatriesme en la succession du dit feu sieur leur frère à rencontre de la succession du dit feu sieur DHiberville et contre la dite dame sa veuve.Fait et passé au dit Quebec en lestude du dit notaire après midy le dix-huitiesme jour de décembre mil sept cent sept en presence des sieurs Estienne Mirambeau et Pierre Normandin marchands témoins demeurans au dit Quebec qui ont avec les d.srs de Bécancourt, Duchesnay et notaire signé.Robineau Juchereau Duchesnay Mirambeau P.Normandin Chambalon (1) PROVISIONS DE L'OFFICE DE LIEUTENANT-GÉNÉRAL AU SIÈGE ORDINAIRE DE L'ACADIE ACCORDÉES A Me MATTHIEU DE GOUTIN Louis, par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut.Estant nécessaire de pourvoir à la charge de nostre cone et lieutenant-général au siège ordinaire de la Cadie dans la Nouvelle-France dont est maintenant pourveu Me Michel Boudrot qui est hors d'état par son grand age d'y faire les fonctions, sçavoir faisons que pour le bon et louable raport qui nous a esté fait de la personne de Me Matthieu Des Goutins et pour l'entière confiance que nous avons en ses sens, suffisance, capacité prudhomie et expérience au fait de judicature et affection à nostre service, à iceluy pour ces causes et autres à ce nous mouvans avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes signées de nostre main le d.office de nostre coner et lieutenant-général au siège ordinaire de l'Acadie, pour connaistre en première instance de toutes matières tant civiles, criminelles que de police, commerce et navigation suivant les uz et coutume de Nostre Royaume et de la prévosté 3t vicomte (1) Archives de la province de Québec.5300\u201420 306 ARCHIVES DE QUÉBEC de Paris, pour le d.sieur De Goutin en jouir et uzer aux honneurs, fonctions, pouvoirs, franchises, libertés, prerogatives, prééminences, privilèges, exemptions, gages, droits, avantages, revenus et esmoluments au d.office apartenans tout ainsy qu'en a bien et dedement jouy ou deub jouir le d.sr.Boudrot, Si, donnons en mandement à nos amez et féaux coners les gens tenans nostre Conseil Souverain à Quebec, qu'après leur estre aparu des bonne vie et moeurs, age requis par nos ordonnances, conversation et religion catholique, apostolique et Romaine du d.Sr.De Goutin, et de luy pris et reçeu le serment en tel cas requis et accoutumé.ils le mettent et instituent de par nous en possession et jouissance du d.office, l'en faisant jouir et user ensemble des honneurs, autho-ritez, prerogatives, prééminences, privilèges, franchises, libertez, exemptions, gages suivant les estats arrestez en nostre Conseil, droits, fruits, proffits, revenus et.emolu-mens, pleinement et paisiblement, et le fassent obéir et entendre de tous ceux qu'il apartiendra, et choses concernant le d.office.Car tel est nostre plaisir, En tesmoin de quoy nous avons fait mettre nostre scel secret à ces d.présentas, donné à Versailles le trente unie jour de mars l'an de grace g.b.c.quatre vingt sept et de nostre règne le quarante quatrie.signé Louis et plus bas par le Roy Colbert et scellé du scel secret en cire rouge.Collationné à l'original en parchemin signé et scellé par moy greffier soussigné.-Nous Alexandre Desfriches chevalier seigneur de Meneval gouverneur pour le Roy du pays et coste de l'Acadie, certiffions à qui il apartiendra que la présente copie a esté tirée et est conforme a l'original en parchemin au Port Royal le vingt-troisie.septembre g.b.c.quatre-vingt huit.Signé de Meneval.Nous Michel Boudrot lieutenant général civil et criminel au pays et coste de l'Acadie en consequence des lettres de provisions données par Sa Majesté en faveur de Me Mathieu De Goutin le trente unie, jour de mars g.b.y.c.quatre vingt sept signées Louis et plus bas par le Roy Colbert avec paraphe et scellé du sceau secret en cire rouge, après qu'il nous a esté aparu des bonnes vie et mœurs, religion, conversation du d.Me De Goutin, ouy sur ce le procureur du Roy; ordonnons qu'il sera reçeu au, d.office de lieutenant général en prestant par luy le serment requis et accoutumé, fait en jugement au Port-Royal le vingtie.jour d'aoust g.b.y.c.quatre vingt huit, et acte du serment fait en nos mains.\u2014 \u2022 Je certifne l'acte cy-dessus avoir esté déposé au greffe an nostre presence, signé de Menneval.Registre au greffé du Conseil Souverain séant à Québec, suivant son arrest du vingt-neuf novembre g.b.y.c quatre vingt huit par moy Con' secrétaire du Roy et greffier en chef en iceluy soussigné.Peuvret.(n (1) Insinuations du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France, cahier 2, folio 74. ARCHIVES DE QUÉBEC 307 PROVISIONS DE L'OFFICE DE PROCUREUR DU ROI EN LA JURIDICTION DE L'ACADIE ACCORDÉES A Me PIERRE CHESNET Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, a tous ceux qui ces présentes lettres verront salut sçavoir faisons que pour l'entière confience que nous avons enlapersonnede nostre (effacé) et bien amé Me Pierre Chesnet et de ses sens, suffisance, capacité, prudhomie, fidélité et affection à nostre service ; à ces causes et autres considérations à ce nous mouvans nous avons au d.Pierre Chesnet, donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes signées de nostre main, l'office de nostre conseiller et procureur dé la juridiction de l'Acadie, pour le d.office tenir, avoir et doresnavant exercer par le d.Pierre Chesnet, aux honneurs, authoritez, prerogatives, exemptions, gages qui luy seront ordonnez par Testât que nous en ferons à cet effet dresser, et tous les autres droits dont jouissent nos procureurs dans les prevostez et sièges presidiaux de nostre royaume ; si donnons en mandement à nos amez et féaux les gens tenans nostre Con1 Souverain de Quebec qu'après leur estre aparu de bonne vie et moeurs, age competant, conversation, religion catholique, apostolique et romaine du d.Pierre Chesnet, et de luy pris et reçeu le serment en tel cas requis et accoutumé, ils le mettent et instituent de par nous en possession du d.office' de nostre procureur de nostre jurisdiction de l'Acadie, et le facent, souffrent et laissent jouir des honneurs, authoritez, prerogatives, exemptions, gages qui luy seront ordonnez, revenus et esmolumens à la d.charge apartenans pleinement et paisiblement cessant et faisant cesser tous troubles et empeschemens au contraire, et au surplus le faire obéir et entendre de tous ceux et ainsi qu'il apartiendra ez choses concernant la d.charge, car tel est nostre plaisir.En tesmoin de quoy nous avons fait mettre nostre scel secret à ces d.présentes ; donné à Versailles le vingt-cinquiesme jour de mars l'an de grace g b.y c quatre vingt sept et de nostre règne le quarante quatrie.Signé Louis, et plus bas par le Roy Colbert, et scellé du scel secret en cire rouge.Nous Louis Alexandre Desfriches chevalier seigr de Meneval gouverneur pour le Roy de la province de Lacadie, certifiions à qui il apartiendra que la présente copie a été tirée et est conforme à l'original en parchemin.Au Port Royal ce vingt deuxie.septembre g.b.y.c' quatre vingt huit, de Meneval.Nous Mathieu De Goutin lieutenant général civil et criminel au pays de l'Acadie en conséquence des lettres de provisions données par Sa Majesté le vingt cinquie.jour du mois de mars g b.y.° quatre vingt sept, signées Louis et plus bas par le Roy Colbert et scellées du sceau secret en cire rouge en faveur de Me Pierre Chesnel, après qu'il nous a esté aparu des bonnes vie et moeurs du d.sieur Chesnet, oùy sur ce le procureur du Roy, avons ordonné qu'il serait reçeu en lestât et office de procureur du Roy de la jurisdiction de lacadie en prestant par luy le serment requis et accoutumé.Au Port Royal le vingt troisie.septembre g b.y 0 quatre vingt sept, et acte de prestation de serment. 308 ARCHIVES DE QUÉBEC Je certifie l'acte cy dessus avoir esté déposé au greffe en nostre presence, signé de Meneval.Registre au greffe du Conseil Souverain séant à Québec, suivant son arrest du vingt neufv.novembre mil six cent quatre vingt huit par moy conseiller secretaire du Roy et greffier en chef en iceluy soussigné.Peuvret.(1> (1) Insinuations du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France, cahier 2, folio 75. LA RECRUE DE 1653 : LISTE DES COLONS QUI PARTIRENT DE FRANCE POUR MONTRÉAL EN L'ANNÉE 1653, PARE.-Z.MASSICOTTE, ARCHIVISTE EN CHEF DU PALAIS DE JUSTICE, MONTRÉAL En 1653, pour la première fois, notre ville reçut un groupe d'une centaine d'immigrants.Ce renfort, relativement considérable et qui doublait presque la population, venait à point ; sans lui, l'existence même de Montréal était menacée.Cet événement a paru d'une importance telle à l'érudit abbé Faillon qu'il a cru devoir publier un rôle général de cette recrue, contenant plus de 150 noms, c'est-à-dire que cet historien a mentionné tous ceux qui promirent de partir, laissant à d'autres chercheurs la tâche de démêler quels furent ceux qui quittèrent la France, ceux qui y restèrent et ceux qui moururent en route?C'est à cette question complexe que nous allons essayer de répondre, grâce à la masse de notes que nous avons pu recueillir sur nos anciens colons, dans les archives du palais de justice de Montréal, grâce encore à la liste inédite des immigrants de 1653, conservée dans les archives du Séminaire Saint-Sulpice et dont on trouvera la copie annotée à la fin de cette étude.* * * Ainsi que nous le disions plus haut, Montréal, après une décade de luttes, semblait vouée à l'extinction.C'est dans le but de lui infuser une vie nouvelle que M.de Maisonneuve partait pour la France (1651) et qu'il allait sonner l'alarme auprès de ceux qui avaient rêvé de fonder, en ce monde nouveau, une ville consacrée à Marie.Après plusieurs démarches, M.de Maisonneuve réussit à obtenir une somme de 75,000 livres devant être utilisée à recruter des \"hommes forts et courageux\", à les transporter, puis à \"les nourrir et loger pendant cinq ans\".Et dès le printemps de 1653, c'est-à-dire en mars, avril et mai, notre gouverneur, en compagnie de M.de la Dauversière, engageait, à la Flèche, par devant maître Lafousse, quantité de jeunes hommes, la plupart célibataires.Malheureusement, près d'un tiers de ces engagés refusèrent de partir au dernier moment, ainsi qu'on le constatera.* * * 310 ARCHIVES DE QUÉBEC Ce fut le 20 juin, que nos immigrants s'embarquèrent, dans la rade de Saint -Nazaire, près de Nantes.Le navire qui devait les traverser se nommait le Saint-Nicolas, il était la propriété d'un M.Charles LeCoq, sieur de la Beaussonniôre, et le capitaine Le Besson en avait le commandement.Mais, hélas ! l'histoire de ces transports de colons au XVIIe siècle (1653, 1659, 1662,1663) ne varie pas sur un point : On ne prend aucun soin de s'assurer de la solidité des vaisseaux ni de leur état sanitaire.Vraiment, il y aurait matière à comparaison entre les méthodes d'immigration du XVIIe siècle et celles du XIXe, lors de l'exode des Irlandais vers nos rives (1) Résumons ce qu'en raconte la sœur Bourgeois qui était du voyage.\" A peine avait-oh levé l'ancre qu'on s'aperçut que le navire était pourri et faisait eau de toutes parts\" !.Néanmoins, on voulut continuer quand même \"espérant qu'on pourrait étancher le vaisseau\" en rout.-.N'y réussissant pas, et après avoir parcouru 350 lieues, il fallut revenir au point de départ.Les passagers, cela se conçoit, étaient indignés ; aussi, \"M.de Maisonneuve dut-il mettre tous ses soldats dans une île d'où l'on ne pouvait s'échapper, car autrement, il n'en serait pas demeuré un seul.\" \" Il y en eut même qui se jetèrent à la nage pour se sauver, car ils étaient comme des furieux et croyaient qu'on les menait à la perdition\" ! (Faillon, Sœur Bourgeoys, l.65.) Le Saint-Nicolas ne pouvant être radoubé, il fallut trouver un autre vaisseau, chose difficile, si l'on songe qu'on ne put mettre de nouveau à voile qu'un mois plus tard, soit le 20 juillet.Sans doute, dans ce second navire, l'espace faisait défaut et la nourriture n'était pas des meilleures, puisque la maladie, suivant la coutume, commença aussitôt» ses ravages et qu'il mourut huit personnes en mer, au rapport de sœur Bourgeoys, durant les 60 jours de la traversée.La recrue arriva le 22 septembre à Québec où se produisit un incident curieux : \" On ne prit point garde, raconte la sœur Bourgeoys, à une arête qui s'enfonça tellement dans le navire, en arrivant, devant Québec, que les grandes marées ne purent le relever, et qu'il fallut le brûler sur la place.\" \u2022 : (1) En effet, sur les 100,000 Irlandais qui furent dirigés sur notre pays en 1847 et après, il mourut en mer et à l'arrivée 13,850 individus, cela représente un pourcentage de près de 14; sous le régime français la mortalité fut presque toujours de 7 p.c.à 10 p.c.Dans les deux cas, cette mortalité est excessive. ARCHIVES DE QUÉBEC 311 A Québec, où l'on persistait depuis plus d'une décade à voir dans la colonie montréalaise, \"une folle entreprise\", les autorités refusent 'd'abord de fournir à M.de Maison-neuve les barques nécessaires à la conduite de la recrue plus loin ; mais, enfin, on accepte l'inévitable et les colons peuvent atteindre lelieu de leur destination le 16 novembre 1653.$ # ¦# -' _\\\u2014.Combien d'immigrants prirent-ils terre alors à Ville-Marie?La sœur Bourgeoys dit qu'ils étaient environ 120 passagers (Faillon, Sœur Bourgeoys, I, 65) dont 108 soldats,\u2014c'est ainsi qu'elle nomme les engagés.L'abbé de Belmont fixe le nombre des soldais à 105.La liste que nous publions ci-contre ne contient que 102 noms, mais tout le monde n'est pas mentionné ainsi que nous le démontrons.L'abbé Faillon, dans ses recherches en France, a trouvé, dit-il, que 154 hommes s'étaient engagés à passer à Montréal, cependant dans son rôle général, tome II, p.531, il n'y a que 153 noms.Encore, sur ces 153, s'est-il mépris et voici comment : Il a fait un premier relevé des actes d'engagement passés au printemps devant maître Lafousse, à la Flèche, ensuite, il a pris note des déclarations faites par les engagés, au moment du départ, à Saint-Nazaire, par devant le notaire Beliotte, de Nantes.Or il est arrivé que dans un cas, un colon a donné, en premier lieu, son surnom, puis en second, son véritable nom, et il en a fait deux individus ; dans deux autres cas, lui ou un de ses secrétaires a lu, à la Flèche, puis à Nantes, les mêmes noms différemment, ce qui a augmenté la liste d'autant.Précisons ces cas : \u2022 Au susdit rôle général, on lit que Jean Laforêt, armurier, de la paroisse de Roizi ou Royssi, pays du Maine, s'engage à la Flèche, le 30 mars 1653, pure ne paraît pas au départ à Saint-Nazaire, alors que l'auteur constate, même rôle, page 559, que Jean Tavernier, armurier, s'est embarqué, sans contrat d'engagement.Or ce dernier était surnommé Laforêt aussi bien que La Lochetière (Voir Massicotte, Dollard des Ormeau* et ses compagnons, 1920, page 62).D'autre part, l'abbé Faillon mentionne (pp.539 et 541) les nommés Marin Denyau et Marin Druzeau, le premier s'embarquant sans engagement, tandis que le second passe un contrat à la Flèche, mais est absent au départ.L'erreur de lecture entre Druzeau et Denyau est patente (1).Enfin, Honoré Dauvin passe un contrat à la Flèche et ne s'embarque point, mais au départ, il y a un nommé Honoré Dany.II est évident que dans le premier cas, le notaire (1) Dans le même rôle, Jean Denyau est aussi nommé Druzeau. 312 ARCHIVES DE QUÉBEC avait mis Dansni (ou Dansny), ainsi que Basset écrit toujours, à Montréal.Ce qui confirme cette hypothèse, c'est que Dauvin est dit originaire de Mont-Louis près de Tours, et Dany, de Monloux, près de Tours Ici encore l'erreur de lecture est flagrante.Il résulte de cet exposé que le rôle général de M.Faillon doit se réduire à 150 noms.Enfin, le même auteur ajoute que sur ces 150 engagés, 103 seulement répondirent à l'appel à Saint-Nazaire.Toutefois, en examinant attentivement sa liste on découvre qu'il n'y en a réellement que 102, ce qui s'accorde avec la liste qui fait l'objet de la présente étude.* * * Peut-on établir quels sont les autres passagers qui voyagaient avec les soldats?Dans ses mémoires, la vénérable soeur Bourgeoys écrit qu'il y avait à bord, outre M.de Maisonneuve et elle-même : \"la femme Milot, Marie du Mans, une autre femme avec son mari et quelques filles\".(Faillon, Sœur Bourgeoys, I, 62).Au mois de novembre 1653, il ne réside à Montréal que Jean Milot, ici depuis quelque temps déjà, et Jacques Millots qui faisait partie de la recrue, mais tous deux étaient célibataires.Jean Milot, cependant, fait dresser son contrat de mariage, un mois plus tard, le 29 décembre, avec Marie-Marthe Pinson, qui accompagnait la recrue et qui demeurait en France, à la Flèche, près de Mans, pays du Maine.Il n'y a aucun doute que c'est cette dernière qui est appelée \"la femme Milot, Marie du Mans,\" car cette désignation était exacte à l'époque où la sœur Bourgeoys rédigeait ses mémoires.Quant au mari avec sa femme on ne peut douter qu'il s'agit de Julien Daubigeon (mentionné sur la liste) et Perrine Mousnier qui font baptiser le 25 novembre, neuf jours après leur arrivée.Il y a bien aussi Jean Auger qui était marié, mais sa femme, Louise Grisard, ne nous parait être venue que plus tard.Les autres personnes qui figurent pour la première fois dans les actes après le mois de novembre 1653 sont : Jacques Beauvais (Closse, 11-12-53) ; David Le Moyne (Closse, 10-12-53) ; Antoine Lhermite dit Bassompierre (Closse, 10-12-53) ; Jacques Mousnier (Closse, 29-12-53) ; Jeanne Soldé (Closse, 11-12-53) ; (1) Tanguay lui donne comme pays d'origine : Montoux, mais c'est bien Mont-Louis qui est te véritable nom ainsi qu'on peut le vérifier sur une carte du département d'Indre-et-Loire. ARCHIVES DE QUÉBEC 313 Ces 7 personnes : une femme mariée, deux filles et quatre hommes, ajoutées aux 102 de la liste, plus M.de Maisonneuve et sœur Bourgeoys, forment le chiffre de 111, qui ne laisse qu'un écart de 9 noms avec le total approximatif de 120, au compte de la sœur Bourgeoys.On peut supposer que les neuf autres personnes sont les \"quelques filles\" qu'on emmenait pour les marier.* * * La vénérable fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame nous a appris que sur le nombre de ceux qui traversèrent, huit furent ensevelis dans l'Océan.(Faillon, Sœur Bourgeoys, I, 66).Il serait téméraire de nier l'exactitude de ce chiffre; toutefois, on constate que sur les 102 noms de la liste, il y en a 11 sur lesquels on ne trouve aucune information, dans nos archives.Il est évident que les huit victimes du voyage sont parmi ces onze, mais quel a été le sort des trois autres ?Ont-ils réussi à se sauver à la nage, à Saint-Nazaire, ou bien sont-ils passés ici, inaperçus?L'avenir le dira peut-être, en tout cas voici la nomenclature de ces onze engagés : Jean Fruitier, no 12 ; Pierre Mouliers, no 25 ; Michel Leconte, no 47 ; Joachim Lepallier, no 61 ; Jean Chaudronnier, no 67 ; Charles Belot ou Beliot, no 68 ; Jacques Audru, no 71 ; René Cadet, no 72 ; Louis Doguet, no 75 ; Guy Motais, no 77 et Olivier Beaudouin, no 97.* * * Pour compléter ce travail, il nous parait nécessaire de donner la liste de ceux qui contractèrent à la Flèche l'engagement d'émigrer, mais ne donnèrent pas suite à leur projet : François Gallois.Noel Gilles, Pierre Guesery, Pierre Hardy, François Hérissé, Hubay, François Larcher, Olivier Le Prince, ' Sébastien Leroux, Martin Loriot.(Il est possible que ce soit Mathurin Lorion, dit l'abbé Faillon).Julien Macé, Pierre Anselin, François Avisse, Jacques Balue, Valérie de Barbouson, Michel Bardet, Pierre Beauvais, René Bélanger, Gilles Biards, Jean Bonneau, René Boudu, Augustin Boullay, Jacques Boutelou, Jean Chesnau, Nicolas Cornier, 314 ARCHIVES DE QUÉBEC René Coubart, René Maillet\", Mathurin Coudret, Jean Maugrisson, .François Coudreux, Michel Mogin, Pierre Darondeau, Jean Pichon,^ Claude de Louaire, .Pierre Proust, Jessé Dessommes, Mathurin Richard, Jean Dolbeau, Pierre Salmon, Jacques Fleury, André Sépuré, Etienne Foucault, René Truffault, François Foucault, Simon Tupin, Gilles Fricquet, Charles Vigneux.Pierre Frogeau, ROLLE DE HOMES ENVOIES A MONTRÉAL EN L'ANNÉE 1653 ET DE CE QUI A ESTE ACORDÉ DE GAGES A CHACUN D'EUX SAVOIR A (1) Mtre Estienne Bouchart chirurgien ¦ 150 tt (a) (2) Louis Chattier chirurgien 100 tt (3) Claude Robutel (4) Jacques Brassier (5) Rene Rodayer défricheur 75 tt (6) Jehan Guyet défricheur 75 tt (7) Simon Després défricheur 75 tt (8) René Besnart défricheur 75 tt (9) fiacre Ducharne menuisier 100 tt (10) Toussaint huhaut défricheur 75 tt (11) Jacques Millaust défricheur 75 tt (a) Nous adoptons ce signe (tt) pour remplacer les II barrées qui, dans les anciens manuscrits sont l'abréviation du mot livres.\u2022 , (1) Epousa Marguerite Boissel en 1657.Sep.1676.Demeura rue Saint-Paul, vis-à-vis la rue Saint-Vincent.(2) Se noie en se baignant en 1660.Sept, le 20 juillet.(3) Sieur de Saint-André et de la Noue.Retourne en France en 1658 et revient marié, avec la recrue de 1659.(4) B.1635.Compagnon de Dollard.Mort en 1660.(5) Sept, le 20 nov.1653, sous le nom de Rodoré.(6) Demeure ici jusqu'en 1658.(7) Dit Berri.Pris et brûlé par les Iroquois en 1663.(8) Sieur de Bourjoly.A la suite d'un procès (4-12-58) il quitte Montréal et va demeurer dans la région des Trois-Rivières.(9) Epouse Marie Pacrault en 1659.(10) Epouse Marie Lorgùeuil en 1654.(11) Sieur de Laval.Signe Mulots.Epouse Jeanne Hébert en 1660. ARCHIVES DE QUÉBEC 315 (12) Jehan fruitier défricheur ,.\t60 tt (13) François piron serrurier et défricheur\t75 tt (14) Marin Denyau défricheur\t75 tt (15) René Doussin scieur de lonc\t75 tt (16) René Bondy charpentier\t100 tt (17) Pierre Godin charpentier\t100 tt (18) Paul Benoist charpentier\t100 tt (19) Zacharie Desorsons charpentier scieur de lonc\t100 tt (20) Nicolas Millet charpentier scieur de lonc\t100 tt (21) Marin Jannot charpentier\t100 tt (22) Silvestre Vacher charpentier\t100 tt (23) Jehan le Mercher menuisier\t100 tt (24) françois hudin défricheur et boulanger\t75 tt (25) pierre Mouliers défricheur et taillandier\t.75 tt (26) Michel louvart mousnier et défricheur\t100 tt (27) Louis biteau défricheur\t75 tt (28) Jehan Davoust défricheur et chapelier\t75 tt (29) Louis Chevalier défricheur et cordonier\t75 tt (30) Jehan fresnot défricheur et couvreur\t75 tt (31) Urban Getté sieur de lonc masson et défricheur\t90 tt (32) Urban brossait masson et défricheur\t80tt (33) pierre des autels défricheur\t65 tt (12) Aucune trace.Dut mourir pendant la traversée.(13) Dit La Vallée.Devint soldat de la garnison.(14) Dit des Taillis.Faillon II, 539, le nomme Denyau, puis, à la page 541, par suite d'un eerreur de lecture d'un de ses copistes, il en fait un nouveau colon sous le nom de Druzeau.(15) Bapt.1630.Compagnon de Dollard.Mort en 1660.(16) Semble quitter Montréal après 1655.(17) Dit Chastillon.Epouse Jeanne Rousselière en 1654.(18) Dit Le Nivernois.Epouse Elisabeth Gobinet en 1658.(19) Figure dans les actes jusqu'en 1655.(20) Dit le Bauceron.Epouse Catherine Lorion en 1657.Brûlé dans sa maison en 1674.(21) Dit La Chapelle.Epouse Frse Besnard en 1655.(22) Dit St-Jullien.Tué par les Iroquois en 1659.(23) Dit La Roche.Epouse Catherine Hurelle en 1654.(24) C'est évidemment lui qui est inhumé à Montréal le 15-1-54 sous le nom de François Dhaidin.(25) Aucune trace.Dut mourir en mer.(26) Dit Desjardins.Epouse Jacqueline Nadreau en 1658.(27) Dit St-Amant.Meunier.Sep.15 fév.1658.(28) Se noie en 1657 en conduisant le R.P.Duperon.(29) Fut syndic de Montréal en 1672.(30) Sepult.26 juillet 1655.(31) Epouse Catherine Charles en 1659.(32) Epouse Urbaine Audiau dit Laflèche en 1660.(33) Dit Lapointe.Epouse M.Remy en 1666. 316 ARCHIVES DE QUÉBEC (34) Michel bouvier défricheur et masson (35) pierre Martin défricheur (36) Simon Galbrun défricheur (37) pierre barau défricheur (38) Jehan pichart défricheur (39) Jehan pretrot défricheur et mousnier (40) pierre Chauvin défricheur & mousnier (41) Antoine Baudry défricheur et cloutier (42) Gilles Lauzon défricheur et chaudronnier (43) Estienne Lair défricheur (44) pierre papin défricheur (45) pierre Bruzé défricheur (46) Jehan le Conte défricheur (47) Michel lo Conte défricheur (48) Nicolas du Val défricheur (49) André heurtebize défricheur (50) Marin heurtebize défricheur (51) Jacques Nail défricheur (52) Jehan Gérvais défricheur & Boulanger (53) Mathurin Jousset défricheur (54) Mathurin Jouaneaux défricheur (55) françois Nochct défricheur (56) Jacques Boivin défricheur 60 tt 60 tt 60 tt 75 tt 60 tt 100 tt 75 tt 75 tt 80 tt 60 tt 60 tt 60 tt 75 tt 75 tt 60 tt 60 tt 60 tt 60 tt 80 tt 75 tt 70 tt 75 tt 75 tt (34) Epouse Mathurine Desbordes en 1663.(35) Dit La Rivière.Epouse Marie Pontonnier en 1660.Tué par les Iroquois en 1661.(36) Epouse Françoise Duverger en 1659.(37) Dit La Gogue.Devint soldat de la garnison.(38) Epouse Louise Gamier en 1658.Tuê par les Iroquois en 1661.(39) Semble quitter Montréal après 1665.(40) Dit le Grand Pierre.Épouse Marthe Le hautreux en 1658.(41) Dit Lcspinette.Epouse en 1665, Catherine Gaillard.(42) Chaudronnier.Epouse Marie Archambault en 1657.(43) Epouse Marie Lorrion en 1658.(44) Epouse Anne Pelletier en 1665.(45) Disparaît après 1654.(46) Compagnon de Dollard.Mort au Long-Sault en 1660.(47) Aucune trace, probablement mort en mer.(48) Compagnon de Dollard, mort au combat de l'Ile Sl-Paul, le 19 avril 1660.(49) Sepult.2 décembre 1659, âgé de 29 ans.(50) Epouse Etiennette Alton en 1660.(51) Tué le 25 octobre 1657 par les Iroquois et inhumé sous le nom de Noël.(52) Devint l'un des liabitants les plus marquants de Ville-Marie.Epouse Anne Archambault en 1654.(53) Dit La Loire.Epouse Catherine Lotier en 1661.(54) Se donna aux Hospitalières en 1660.(55) Sepult.le 11-12-54 sous le nom de Loche t.(56) Dit Panse.Epouse Marguerite Blois' en 1665. ARCHIVES DE QUÉBEC 317 (57)\tguillaume Chartier défricheur et tailleur\t60 tt (58)\tMorice léger défricheur\t75 tt (59)\tpierre piron bêcheur et chirurgien\t60 tt (60)\tpierre Raguideau défricheur\t75 tt (61)\tJouachin Lepallièr défricheur\t75 tt (62)\tUrban Graveline défricheur\t75 tt (63)\tJehan Cadieu défricheur\t75 tt (64)\tSimon le Roy défricheur\t75 tt (65)\tJehan Gasteau défricheur\t60tt (66)\tChristophe Roger défricheur\t60 tt (67)\tJehan Chaudronnier défricheur\t60tt (68)\tCharles belot de fricheur.\t60 tt (69)\tpierre hardy laboureur défricheur\t75 tt (70)\tLouis gueretin défricheur et sabotier\t60 tt (71)\tJacques Audru défricheur\t60 tt (72)\tRené Cadet défricheur\t60 tt (73)\tNicolas Jousselin défricheur\t60 tt (74)\tJehan Valais défricheur\t75 tt °(75)\tLouis Doguet Défricheur\t60 tt (76)\tfrançois Roisné défricheur\t75 tt (77)\tGuy Motais défricheur\t75tt (57) Epouse Marie Faulcon en 1663.(58) Maurice Averty dit Léger.Dans les pièces sous seing privé, au Palais de Justice, il se Irouve à son adresse, une lettre pathétique, dans laquelle ses parents le conjurent de retourner en France.\u2014 Il n'avait que 16 ans.Tang.I, 2, le nomme Adversy et dit qu'il se maria en 1685.Au recensement de 1666, il était scieur de long.(59) Epouse Jeanne Lorion eh 1663.l mille livres pour l'acliapl des charges d'enseigne et sons lieutenant aux Gardes françaises, laquelle somme veut et.entend le d.seigneur testateur que le d.Jean de Rigaud tienne en compte sur sa legitime, El en cas que la d.somme de dix- sept mil livres excède la legitime telle que de droit dette au d.Jean de Rigaud, le d.seigneur testateur declare qu'il luy donne cet excédent, mesme la somme de cinq cent livres audela, moyennant quoy le d.Jean de Rigaud ne pourra plus rien prétendre sur ses biens; le faisant en ce son herillier, entendant neantmoius le d.seigneur testateur que si la legitime telle que de droit du!d.Jean de Rigaud excède la d.somme de dix sept mil livres le d.Jean de Rigaud ne soil point privé de cet excédent; Et à l'égard des d.Pierre, Pierre François, Joseph Hiacintlic, Marie Louise, Marie Joseph, el Louise Elisabel de Rigaud, autres enfans du d.seigneur testateur, mesme au posthume on posthumes, le d.seigneur testateur a déclaré et declare qu'il leur donne el lègue à chacun leur legitime telle que de droit cl les fait en ce ses héritiers; El par ce que le fondement de tout bon et valable testament est l'institution héréditaire, le d.seigneur testateur qui a presque tous ses biens dans le ressort du Parlement de Touloitze et pays du droit écrit, a de sa propre bouche nommé et créé son héritier et légataire universel en tous cl chacuns ses biens raisons noms droits el actions, Louis Philippe de Rigaud lieutenant des vaisseaux du Roy, son fils aisné pour joilir cl disposer de tous et chacuns ses biens libres tant en lu vie qu'en In mort à ses plaisirs et volontez, mais doutant que la terre de Vaudreuil est depuis 1res longtemps dans la maison de Rigaud le d.seigneur testateur qui jouit librement de la d.terre de Vaudreuil désirant lia perpétuer dans sa famille a déclaré et declare qu'il la substitue graduelement et perpéluelcmenl au fils aisné de Louis Philippe de Rigaud herillier institué et ainsy- d'aisné mask en aisné mask, voulant que si le d.Louis Philippe décale sans enfans mask ou son aisné mask sans enfans masks la d.tejre passe au mask aisné on descendant de l'aisné de la ligne du d.Louis Philippe de Rigaud; Et au deffault du d.Louis Philippe de Rigaml ou de masks descendons de mask de sa ligne le d.seigneur testateur appelle a la d.substitution son second fils ou ses descendons masks du nom el armes de Rigaud voulant que dans celte seconde ligne le mesme ordre de substitution soit observé que dans la première, el ainsy de ligne e>i ligne, de façon que la d.substitution ne puisse appartenir aux masks de la deuxième ligne qu'au cas qu'il ne s; trouve aucun mask du nom et armes de Rigaud de la première ligne; Ce qui sera pareillement observé pour'la troisiesme ou autres lignes; Veil en outre le d.seigneur testateur que si celuy à qui en vertu de la présente substitution la d.terre de Vaudreuil doit appartenir se trouvait engagé dans les ordres sacrez elle passe au mask qui le suit dans l'ordre cy dessus marqué, sans que la d.terre puisse jamais estre partagée et appartienne perpétuekmenl ù laisnè mask de la famille de Rigaml descendant par mask du d.seigneur testateur, qui déclare que son intention est de faire une substitution graduelle perpétuelle el masculine de la d.terre de Vaudreuil en faveur de ses enfans masks el leurs descendons masks du nom de Rigaud, l'ordre de primogeniture gardé, el si le d.Louis Philippe herillier institué vient à décéder sans enfans masks pendant la vie du d.seigneur testateur, le d.seigneur testateur nomme pour son herillier el légataire universel Philippe Antoine, ou eluy de ses frères qui se trouvera l'aisné. Et pour l'exécution de son testament ledit seigneur testateur a nommé la d.dame Louise Elisabet de Joiberl sa bien aimée épouse par la confiance entière qu'il a en sa,bonne et sage conduite, a laquelle il laisse la liberté de recompenser ses domestiques par raport à leurs services ainsy quelle le trouvera a propos, la priant et conjurant d'avoir soin comme elle a toujours eu de ses enjans mineurs el de ses filles jusqu'à leur mariage ou autre établissement convenable, enjoignant et commandant par exprès à tous ses enjans de rendre à leur mère l'honneur et le respect quils luy doivent, et les exhortant de s'en rapporter à elle el a sa tendresse pour la composition de leur legitime et le partage de leur bien, tel est son testament que le d.seigneur testateur a nommé et dicté à nous notaire en presence de monseigneur Michel Begon chevalier seigneur de la Picardière, Murbelin el autres lieux, coner du Roy en ses coneils el au Parlement de Mets, intendant de justice, police et finances en ce pays de la Nouvelle-France, de Jean Bouillet Escuyer sieur de la Chassaigne chevalier de l'ordre militaire de St-Louis, et major de la ville el gouvernement de Quebec, de Mrs Dubuisson de Villedonné, cap «'« de compagnies des troupes du détachement de la marine en ce d.pays, de Mr Adhemar de Lantagnac, lient, d'une cômpe des d.troupes de la marine, de Monsieur Me Jean-François Martin De Lino, coner du Roy el son procureur au siège de la d.prévosté .de cette ville, el de Joseph Fleury Escuyer sieur de la Gorgendière, lesmoins appeliez par le d.seigneur testateur qui ont signé la minutie du present testament avec le dit seigneur testateur après quil luy a esté leu el r'eleu par nous notaire en presence de d.témoins, voulant le d testateur que la présente disposition dé dernière volonté vaille comme testament, codicile donnation a cause de mort et en toutte autre meilleure forme et manière qu'il pourra valloir.Fait et passé au clutsteau St-Louis du d.Quebec ou le d.seigneur testateur fail sa residance ordinaire après midy le dixième jour novembre mil sept cent dix huit.Philippe de Rigaud de Vaudreuil La Chassaigne Begon.¦ \u2022 - Dubuisson De Villedonné - \u2022 Adhemar de Lantagnac J.Fr.m.De Lino Joseph de Fleury dé la Gorgendiére DuBreuil (1) Rivet.(1) L'original du testament du premier gouverneur de Vaudreuil est conservé aux Archives du Canada, à Ottawa.Nous en devons la copie .photographique à M.A.-G.Doughty, archiviste du Canada. ARCHIVES DE QUÉBEC 409 volumes d'autrefois, ne le fassent donc pas sans s'assurer au préalable de la non-valeur historique de ces documents.On est tenté de détruire ces pièces, surtout lorsqu'on déménage et que l'on désire \"en apporter le moins possible\".Il est facile d'avertir les conservateurs de nos bibliothèques, par exemple, ou encore le curé ou le notaire, dans les campagnes, qui se feront un devoir d'examiner les papiers que l'on a décidé dè jeter au rebut.Nul doute que, par ce moyen, on arrivera à mettre la main sur bon nombre de documents importants, capables souvent de mettre en lumière certains épisodes encore obscurs de notre histoire nationale.\"Il suffit d'attirer l'attention de nos concitoyens sur ce point pour qu'ils fassent aussitôt tout ce qui dépend d'eux pour arracher à la destruction et à l'oubli les papiers ayant une valeur historique Ils feront ainsi une œuvre de bons patriotes.\" A ceux qui ont des papiers de famille ou autres qu'ils ne tiennent pas à conserver, nous demandons de les expédier à nos frais aux Archives de la province de Québec.Ici, ils seront examinés et s'ils peuvent servir pour l'histoire ils seront étiquetés et classés avec soin.Une minute de notaire, un acte de l'état civil, une lettre qui semble anodine aux non initiés, etc., etc., peuvent être quelquefois d'une extrême importance pour ceux qui s'occupent de la grande comme de la petite histoite. 410 ARCHIVES DE QUÉBEC LE DICTIONNAIRE GENEALOGIQUE DE Mgr TANGUAY Mgr Laflamme a écrit du Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay : \"Il suffit d'avoir un tant soit peu étudié le Dictionnaire généalogique pour se faire une idée de la somme colossale de travail qu'il représente.Il fallait d'abord remonter aux sources.Aussi l'auteur fut-il obligé de faire de longues et patientes recherches dans les différentes parties de la France qui ont fourni au Canada ses premiers colons.Et ensuite, au Canada, il avait à suivre comme à la piste nos ancêtres qui étaient de grands voyageurs.Mgr Tanguay a découvert de cette façon des migrations de familles à des distances qui dépassent trois mille milles.Ainsi, par exemple, il trouve un jour qu'un colon, né en France, s'est marié en Acadie.Il est venu ensuite résider à Québec où ses enfants ont été baptisés.Plus tard on le trouve à Montréal où il enterre sa femme.Plus tard encore, il se marie de nouveau à Détroit et finit par mourir à son tour dans quelque paroisse de l'Ohio ou du Mississipi, où ses derniers enfants se sont établis, les premiers étant restés sur les rives du Saint-Laurent.\"L'idée donc de parcourir tous les registres du pays, nous devrions dire de l'Amérique, d'en relever tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures, puis, à l'aide de ces matériaux frustes et informes, de construire les arbres généalogiques de toutes les familles qui constituent la nation canadienne, cette idée, dis-je, présente à première vue une telle difficulté, qu'on se demande comment un seul homme a pu être assez hardi pour essayer de la mettre à exécution.Et quand on réfléchit que non seulement cette entreprise a été tentée, mais encore que l'imprudent qui avait commencé ce travail de géant a été capable de le conduire à bonne fin avec ses seu es ressources, on se demande comment tout cela s'est ait.Il n'est que juste d'ajouter qu'il fut puissamment aidé dan?cette tâche par le gouvernement du Canada qui lui accorda à plusieurs reprises de fortes allocations.\" ARCHIVES DE QUÉBEC 411 Mgr Tanguay n'a pas eu de ses contemporains la reconnaissance qu'il méritait et même la justice à laquelle il avait droit.On a crié bien fort parce que le Dictionnaire généalogique renfermait un certain nombre d'erreurs.Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay contiendrait-il vingt-cinq mille erreurs dans ses sept volumes qu'il serait encore un ouvrage unique au monde, un chef-d'œuvre de patience, d'érudition et d'utilité.Toutes les familles canadiennes-françaises, roturières ou nobles, pauvres ou riches, obscures ou célèbres, peuvent, à l'aide du Dictionnaire généalogique, remonter à leur premier ancêtre arrivé de France au Canada avant 1759.Qu'on nous cite un peuple au monde qui peut accomplir pareil exploit.Nous avouons franchement, pour notre part, que ce qui nous étonne le plus dans le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay, c'est qu'il ne renferme pas plus d'erreurs.D ailleurs, ces erreurs peuvent se corriger.Déjà des chercheurs de bonne vo'onté se sont mis à la tâche.Malheureusement, pour des raisons faciles à comprendre, le chercheur le mieux avisé y consacrerait-il sa vie qu'il ne réussirait pas à réunir toutes les erreurs de Tanguay.Il faut pour arriver à un résultat appréciable la collaboration de tous ceux qui s'occupent de généalogie.Les Archives de la province de Québec sont prêtes à faire leur part dans ce travail patriotique.Que tous ceux qui ont relevé des erreurs dans le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay nous envoient le résultat de leur travail.Ici, ces notes feront partie d'un dossier spécial et, dans dix ans, peut-être dans cinq ans, quand elles auront suffisamment de données, les Arch'.ves de la province de Québec se chargeront de la publication du volume qui corrigera les erreurs de Tanguay et donnera à son œuvre sa pleine et entière valeur.' Il va sans dire que toutes les corrections envoyées devront être accompagnées de pièces probantes et irréfutables.La généalogie est une science comme le droit: elle s'appuie sur la preuve et non sur la déduction ou la probabilité. 412 ARCHIVES DE QUÉBEC DONS FAITS AUX ARCHIVES DE LA PROVINCE JDE QUEBEC EN 1920-1921 Archives Judiciaires de Québec (par J.-B.Caouette) Plusieurs séries de documents historiques du régime français.Archives Judiciaires de Montréal (par E.-Z.Massicotte) Plusieurs documents concernant la voirie du district de Montréal et un grand nombre de copies d'actes notariés du régime français.Archives du Canada (par A.-G.Doughty) Quarante-quatre copies d'anciennes ordonnances des intendants de la Nouvelle-France.Bibliothèque de la législature de Québec (par Joseph Desjardins) *¦ Treize cahiers de la correspondance des gouverneurs de la Nouvelle-France.Canadian Bank of Commerce, Toronto Letters from the front, being a record of the part played, by officers of the bank in the Great war, 1914-1919 ; A history of the Canadian Bank of Commerce, by Victor Ross.Commission du Havre de Québec (par Charles Smith) Rapports annuels, de 1900 à 1921.Département des Terres de la Couronne, Québec Un grand nombre de pièces manuscrites relatives aux anciennes seigneuries des Jésuites.Desjardins, Joseph, Québec General Index to the Journals of the Legislative Assembly of the province of Quebec, 1867-1887, by Paul-Ernest Smith.Doughty, A.-G., Ottawa Copie au photostat des neuf cahiers de l'importante collection des ta nd Books du 17 février 1787 au 22 mai 1835. ARCHIVES DE QUÉBEC 413 Dussault, Georges, Québec Une ancienne gravure en couleur représentant une famille d'Ottawas.Fraser, Alexander, Toronto Fifteenth report of the Bureau of Archives for the province of Ontario, 1918-1919 (don de l'auteur).Gagnon, Alphonse, Québec Petites notices biographiques et généalogiques sur l'une des bratiches canadiennes de la descendance de Pierre Gagnon émigré au Canada entre 1636 et 1640 (don de l'auteur) Roy, Pierre-Georges, Lévis Plusieurs centaines de copies d'actes de notaires du régime français.Glanures lévisiennes, 1er et 2e volumes (dons de l'auteur).Officiers d'étal-major des gouvernements de Québec, Montréal et Trois-Rivières (don de l'auteur).Société catholique de protection et de renseignements, Montréal Rapports annuels, de 1916 à 1920.^ , Smith, Arthur, Québec Rapports annuels de la Corporation des arpenteurs-géomètres de la province de Québec, de 1891 à 1920.Wood, William, Québec Memorial of the city of Québec for the seat of the Government of Canada, document daté du 25 mai 1857 et signé par Joseph Morrin, maire de Québec, et F.-X.Garneau, greffier de la cité.Young, A.-H., Toronto - The Parish Register of Kingston,- Upper Canada, 1785-1811 (don de l'auteur). A TESTAMENT DE JACQUES-PIERRE DE TAFFANEL, MARQUIS DE LA JONQUIERE, GOUVERNEUR DE LA NOUVELLE-FRANCE Aujourdhuy, treize février mil sept cent cinquante deux, sur les deux heures et demie de relevée, sur l'ordre et requisition de haut el puissant seigneur Monseigneur Jacques-Pierre de Taffanel, marquis de Lajonquière, seigneur Durdens Magnas et autres lieux, commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, gouverneur et lieutenant-général pour le Roy en toutte la Nouvelle-France, Isle Royalle, terres et pays de la Louisiane: Les notaires royaux en la prévosté de Québec y résidens soussignez, se seroienl transportés au château Saint-Louis du dit Québec, en la chambre du costé du sud-ouest du dit chateau ayant face sur la galerie du dit fort, où ils auroient trouvé mondit seigneur marquis de Lajonquière malade gissant dans son fauteuil proche du feu, où estant mondit seigneur auroit dit et déclaré aux d.notaires que dans la vue de la mort et craignant d'en eslre prévenu, il désirait disposer des .biens el effets qu'il a dans ce.pays, sans entendre au surplus rien changer, aux dispositions testamentaires par luy.déjà failes cy-devant en France avant son départ pour cepïiys.sicen'est la substitution cy-aprcs expliquée.Pourquoy toutefois sain d'esprit, mémoire et entendement ce qu'il nous en a paru à nous dits notaires par ses justes paroles et maintient, auroit présentement fait el dicté à nous dits notaires son présent testament ou codicile ainsy qu'il suit: Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.Ainsi soil-il.Premièrement, comme chreslien catholique, appostolique'et romain, a recommandé el re-.commande son âme à Dieu le Père Tout-Puissant, suppliant sa divine bonté de luy faire grâce et miséricorde par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Noire Sauveur, el l'assistance de saint Jacques el saint Pierre, ses patrons, el tous les saints el saintes de la Cour Céleste.Veut el ordonne mond.seigneur testateur que ses dettes soient payées cl torts par luy faits si aucuns se trouvent par messieurs les exécuteurs du présent tes'ament cy-après nommés.Veut el ordonne que son corps mort il soit inhumé et enwrré chez les RR.PP.Rccolets, avec le moins de pompe qu'il sera possible.¦ Item déclare mon dit seigneur testateur que, quant aux biens dont il a pu tester par son précédent testament, soit en France devant Desparbès, notaire de la ville de Saint-Glade Loumagne, il y a environ trois ans, au profit de Dame Marquette Jacquelte de Taffanel, sa fille unique, épouse de M.le marquis de Noé, l'intention el volonté de mond.seigneur testateur est que, sans préjudice à la jouissance viagère que doit premièrement avoir Madame la marquise de Lajonquière suivant.le d.précédent testament cy-devant raporte, que la propriété de tous es d.biens soit el appartienne au premier des enfants mâles de ma dite Dame marquise de Noé, et en cas de dêcez, le premier des autres enfans mâles qui suivra.( Le tout pour conserver les dits biens dans la famille de mon d.seigneur testateur.El où il n'y auroit aucuns enfants mâles du d.mariage de ma dite Dame marquise de Noé, soit de ce mariage ou d'autres, le fond et propriété des d.'biens se partageront également entre les autres enfans de ma ditte dame de Noé, auxquel dit premier enfan mâle ou autres survivant suivant la destination et explication cy-dessus.Mon d.seigneur testateur fait toutes substitutions pour la propriété des d.biens.Le tout pour le répéter sans entendre nuire ni préjudicier à l'usufruit et jouissance des d.biens en faveur de ma d.Dame marquise de Lajonquière, suivant le d.premier testament cy-devant déclaré.Et y ajoutant par le présent veut el entend mon d.seigneur testateur que si ma ditte Dame marquise de Noé el la Demoiselle sa fille unique venaient à décéder sans enfants, lesdils biens fonds et propriété d'iceux soient réversibles envers les héritiers collatéraux tant paternels que maternels de mon dit seigneur testateur qui le veut ainsi, suivant la même destination el explication ci-dessus pour les mâles.Item déclare mon dit seigneur testateur qu'il veut que Mire Taffanel de Cabanac, doyen du Chapitre de Québec, el Monsieur le chevalier de Bonne, capitaine des troupes et de ses gardes, el Madame son épouse soient nourris aux dépends de mon dit seigneur testateur dans le d.château St-Louis de Québec comme à sa table, el ce jusqu'à l'automne prochain.Veut el ordonne pareilles nourriture el demeure pour le Sr Capelan el sa femme, ses maîtres d'hôtel et femme d'ordre, auxquel et auxquelles il lègue en outre sçavoir au dit sieur Capelan, deux cents livres de rente au-delà des cent cinquante livres aussy de rente portées par le dit premier testament de mon d.seigneur testateur, et à la d.femme du d.Capelan, la somme de cent livres.Le tout dé rente et pension viagère leur vie durant.Et veut en outre que les d.Capelan el sa femme soient en outre payés de leurs gages jusqu'à leur retour en France, et qu'y estanl arrivés ils pourront si bon leur semble demeurer sur les terres et maison des seigneuries de mon d.seigneur testateur gratuitement leur vie durant.Donne et lègue à Armingo, son cuisinier, ta somme dé cent livres une fois payée et en outre ses gages jusque à son arrivée en France, et qu'il soit jusqu'à son départ nourri aux dépens de mon d.seigneur testateur, ainsy que son palefrenier, dont les gages et nourriture courreront pendant trois mois.Donne cl lègue à chacun de ceux qui ont veillé luy dit seigneur testateur, vingt quatre livres à chacun outre leurs gages el sallaircs.Veut que M.de Saint-Sauveur, son secrétaire, soil nourri et logé au d.château pendant trois mois, s'il le juge à propos.Donne el lègue mon d.seigneur testateur à la paroisse de cette vil e la somme de cent cinquante livres pour cslre employée en rétribution de messes, le lout pour le repos de l'âme de mon d.seigneur testateur.Donne el lègue aux pauvres de la d.paroisse la somme de cent livres une fois payée.Item vent el ordonne mon dit seigneur testateur qu'il soit fait dire aux révérends Pères Recollels trois cent soixante six messes basses de requiem une chaque jour alternativement jusqu'en fin d'icelles, le ton' pour le repos de l'âme de mon d.seigneur testateur.Ordonne qu'il soit pareillement fait dire par Messieurs du séminaire de cette ville cent messes basses, et pareille quantité par Messieurs du Chapitre de Québec, el que les rétributions des d.messes soient payées par ses exécuteurs testamentaires cy-après déclarés le plus tôt que faire se pourra: Donne el lègue à chacune des communautés de l'Hôpital-Général, près cette ville, Hôtel-Dieu et Ursulines de Québec, à chacune la somne d; cen'.livres uizfois payée.Hem donne el lègue la somme de cent cinquante livres aussy une fois payée à chacune des paroisses des seigneuries de mon d.seigneur testateur pour estre distribuées aux pauvres d'icelles.El pour satisfaire aux sommes cy-dessus léguées el que le surplus des biens et effets de mon d.seigneur puisse être envoyé en France en argent comptant à Madame la marquise de Lajonquière, son épouse, ordonne que tous ses biens el effets qu'il a dans ce pays seront vendus en la manière accoutumée, après inventaire préalablement fail d'iceux.Le tout en présence cl sous la conduite du dit sieur Capelan, son maître d'hôtel.El pour exécuter el accomplir le present testament et codicile et iceluy plustôl- augmenter que diminuer, mon d.seigneur testateur a choisy el nommé les personnes de mon d.Sieur de Cabanaé, doyen du d.Chapitre de Québec, et mon d.Sieur le Chevalier de Bonne, qu'il prie d'en prendre la peine conjointement et de concert entre eux èz-mains desquels il s'est présentement démis et dessaisy de tous ses biens suivant la coutume.Révoquant mon d.seigneur testateur tous précédais testamens el codiciles qu'il pourrait avoir fait avant ou depuisson premier testament cy-devant déclaré et le présent testament ou codicile auxquels seuls il s'arrête el veut qu'ils soient exécutés selon leur forme el teneur comme estant son intention et ordonnance de dernière volonté.Ce fut ainsy fait, dicté et nommé de mol à mot par mon d.seigneur testateur à nous dits notaires soussignez et à luy lû el relu par l'un des d.notaires, l'autre présent, qu'il a dit bien entendre et estre son intention el dernière volonté, en la d.chambre sus-déclarée, environ les quatre heures et demie de relevée.El a mon d.seigneur testateur signée avec nous dits notaires, \u2022 Laïonquiere, Lanoullier, .dulaurent.Et le vingt-cinq du dit mois de février du dit an mil sept cent cinquante-deux, environ deux heures de relevée, nous, notaires royaux en la prévosté.de Québec susdits et soussignez, ayant estes rappelles par mon dit seigneur marquis de Lajonquière, nommé en son testament ou codicile cy-dessus el des autres parts dans sa chambre au d.château St-Louis de Québec, el estant mon dit seigneur toujours sain d'esprit, mémoire el entendement, ainsy qu'il est aparu à nous dits notaires, où estant mon dit seigneur nous a dit qu'ayant réfléchi que M.le chevalier Debonne par luy nommé par son dit testament ou codicile cy-dessus et des autres parts pour exécuteur telamentaire conjointement avec mon dit sieur de Cabanac, doyen du Chapitre de Québec, aussy y nommé, pourrait eslre obligé de faire voyage soit en France, soil à Montréal ou partout ailleurs que le service du Roy auquel il est attaché pourrait exiger, il le décharge.de la dite charge el veut que mon dit sieur de Cabanac soil el demeure hour son seul el unique exécuteur testamentaire.Et au cas que le dit sieur de Cabanac vint à mourir, i! veut en ce cas et non autrement que mon dit-sieur chevalier de Bonne soit à sa place pour son exécuteur testamentaire.Et veut en outre mon d.seigneur que ces.dispositions, dons ou gratifications par lu: faites par écrits, de hiy signé aux personnes y nommés soient entièrement exécutés.Ce fut ainsyfail, dicté el nommé par mon dit seigneur marquis de Lafonquière\\iux notaires soussignez el à luy leu et relu par l'un des d.notaires, l'autre présent, qu'il a dit bien entendre et vouloir que ce que dessus soitQxécuté en la d.chambre susdite les jour et an 'que dessus.Et a mon dit seigneur marquis de la Jonquière signé avec nous dits notaires.Laïonquiere, Lanoullier, dulaurent (1).(1) Archives Judiciaires de Q:ë'viz, acte de DjLaurent, 1.3 février 1752. table des matieres Lettre de l'honorable M.Athanase David, secrétaire de la Province, à sir Charles Fitzpatrick, C.P., G.C.M.G., lieutenant-gouverneur de la Province.III Lettre de l'archiviste de la province de Québec à l'honorable M.Athanase David.IV Le testament de Samuel de Champlain, premier gouverneur de la Nouvelle-France.1 Notes biographiques sur Nicolas-Gaspard Boucault.:.:.1 Etat présent du Canada, dressé sur nombre de mémoires et connaissances acquises sur les lieux, par le sieur Boucault.11 Notes sur les éloges funèbresde Mgr de Laval.51 Eloge funèbre de feu Mgr François de Montmorency-Laval, premier et ancien évêque de Québec, prononcé à Montréal le 1er juin 1708, par M; de Belmont, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice de Ville-Marie, et l'un des vicaires-généraux de ce diocèse.\"\"t-n^.;.52 Notes biographiques sur Jearfiouis Fornel.60 Relation de la découverte qu'a faite le sieur Louis Fornel en 1743 de la baie des Eskimaux nommée par les Sauvages Kessessakiou,.63 Notes explicatives sur les funérailles de Mgr de Saint-Vallier.-.76 Mémoire de M.Dupuy, intendant de la Nouvelle-France, sur les troubles arrivés à Québec en 1727 et 1728, après ja mort de Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec.'.'.\".:.i.,.;-78 Notes sur le siège de l'Amirauté de Québec.J06 Procès-verbal de l'état des registres du greffe du siège de l'Amirauté de Québec, dressé par Louis-Guillaume Verrier, procureur-général du Conseil Supérieur, , les 2, 3, 6, 7, 10, 11 et 12 septembre 1737.____:.____.111 Vacations de M.Verrier.129 Lettre de M.Verrier au ministre.130 Note sur le marquis de la Jonquière.132 Oraison funèbre de Pierre de Ta'fîanel, marquis de la Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France.133 Don mutuel entre Louis d'Ailleboust, gouverneur de la Nouvelle-France, et Barbe de Boulogne, son épouse.137 Note sur les Journaux du siège de Québec en 1759.____.137 Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759, annoté par Aegidius Fauteux, bibliothécaire de Saint-Sulpice.140 Notes_____.-.'.-.202 The Archival work of the Literary and Historical Society of Quebec, by William Wood.242 Testament de Augustin de Saffray de Mézy, gouverneur de la Nouvelle-France.247 416 ARCHIVES DE QUÉBEC Les héros de 1759 et de 1760 inhumés au cimetière de l'Hôpital-Général de Québec.247 Registre mortuaire (extraits) de l'Hôpital-Général de Québec pour 1759 et 1760 - 248 Testament de Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France.\\.297 Qui était M.de Meneval, gouverneur de l'Acadie ?.297 Quittance de Jacques Robineau de Bécancour à M.Duchesnay faisant pour madame d'Iberville.304 Provisions de l'office de lieutenant-général au siège ordinaire de l'Acadie accordées à Mathieu De Goutin.305 Provisions de l'office de procureur du roi en la juridiction de l'Acadie accordées à Pierre Chesnet.____.307 La recrue de 1653 : liste des colons qui partirent de France pour Montréal en l'année 1653, par E.-Z.Massicotte, archiviste en chef du palais de Justice, Montréal.309 Testament de Louis-Hector de Callières, gouverneur de la Nouvelle-France.321 Inventaire sommaire des archives conservées au palais de Justice de la Rivière-du-Loup (en bas), district de Kamouraska, par Louis-J.Pelletier.321 Inventaire sommaire des archives conservées au palais de Justice des Trois-Rivières, par J.-B.-Meilleur Barthe____.328 Renseignements demandés aux Archives de la province de Québec en 1920-1921.350 Les mariages à la gaumine.'.366 Procès de Louis de Montél .on, officier dans les troupes du détachement de la marine, et de Marie-Anne-Josette de L'Estringuant de Saint-Martin, accusés de s'être mariés à la gaumine dans l'église de Beauport le 7 janvier 1711.368 Testament de Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France.: 408 Les papiers de famille.¦.408 Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay.410 Dons faits aux Archives de la province de Québec en 1920-1921.412 Testament de Jacques-Pierre de Taffanel, marquis delà Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France,.*.414 Table des matières.\u2022.____ 415 Index.;.417 index A Abénakis, Les Sauvages, 28.Abercromby, Le généra!, 226.Abraham, Les Plaines d', 245, 247.Acadie, L', 11, 27.Acadiens au Labrador, Les, 363.Adam dit Larose, Jean-Baptiste, 250.Adhémar, Le notaire, 340.Aigremont\u2014Voir Daigremont.Aiguillon, La duchesse d', 40.Ailleboust, Louis d', 137.Ailleboust de Manthet, Catherine d', 214.Ailleboust de Saint-Vilmé, Louise-Marguerite, d', 227.Ailleboust de Saint-Vilmé, Hector-Pierre d',227.Aimé, Louis, 153,219.Alaire, Pierre, 252.Alarie, Charles, 249.Albergatti-Vezza, Le marquis d', 207.Albert, La famille, 351.Alcide, Le navire 1', 165, 227.Alexandre, Le navire Y, 29.Algonquins, Les Sauvages, 43.Allaire, L'abbé, 216.Allard, Marie, 294.Aloigny de la Groix, Charles-Henri, marquis d', 35, 394.Amarault dit La Fidélité, Jean, 289.Amargo, Le capitaine, 66.Ambassadeur, Le navire 1', 146, 213, 222, 224.Ameâu, Sévérin, 340, 344.Amèriquain, Le navire 1', 140, 156, 204, 222, 223.Amherst, Le général, 193.Amiot, Le sieur, 211.Amiot, Marguerite, 213;,.Amiot, Louis, 325.Amirauté de Québec, L', 38, 106.Amis, La corvette les, 216.Amitié, Le navire 1', 140, 205, 206.Anctil, J.-Norbert, 326.André de Leigne, Pierre, 2, 76, 112.André de Leigne, Mlle, 213.Ange-Gardien, L', 197.Angélique, Le navire 1', 140, 203, 222, 224.Angers, Charles-Fanet, 321.Angers, Pierre, 6.Anticosti, L'ile d', 29.Apétépy, Le poste d', 10.Araby\u2014Voir Raby.Araby, Le capitaine, 66.Arcand, L.-Z., 343.Arcand, L.-C.-A., 343.Archambault, Louis, 275.Archambault, Marie, 352.Arêlhuse, Le navire 1', 205.Arié dit Labonté, Pierre, 287.Ariens, Jean-Gérard Preyssac d', 218,219, 277.Armingo, Le sieur, 414.Arsenault, Pierre, 344.Artigny, Rouer d', 90.Atalante, La frégate 1', 140, 145, 193, 197, 205, 224.Aubert, Thomas, 11.Aubert de la Chesnaye, Ignace-François-Gabriel, 207, 210, 219.Aubert de la Chesnaye, Le sieur, 140, 144, 153, 158.Aubert de la Chesnaye, Charles, 351, 394.Aubigeon, Julien, d', 318.AubrrrJ.it Laramée, Louis, 283.Audet, F.-J., 218.Audet dit Lapointe, La famille, 355.Audouart, Le notaire, 137, 340.Audru, Jacques, 317.Auger, 340.Aunel dit Foin d'Orange, François, 286.Avaugour, M.d', 362.5300\u201427 418 ARCHIVES DE QUÉBEC B Beaulieu, Jean-Baptiste, 326.Beaumont, Le nommé, 259.Beaumont, 160, 161, 164, 225.Beauport, 151, 153, 161, 175, 193.Beauséjour\u2014Voir Magin.Beauséjour, Etienne, 261.Beauséjour, François Magin dit, 288.Beauset\u2014Voir LeRansais.Beausoleil\u2014Voir Vital.Beausoleil, Le nommé, 254.Bécancour, Le chevalier de, 303.Bécancour\u2014Voir Portneuf.Bécancour\u2014Voir Robineau.Béchard, Thomas, 325.Bédard, Félix, 341.' Bédard, Thomas, 77.Bédard, Pierre-Stanislas, 363.Bedout, Jean-Antoine, 352.^ Bégin, Louis-Charles, 326.Bégon, Claude-Michel, 98; i Bégon, Michel, 1, 2, 9, 21, 35, 36,37, 408.Belcour.Thisbé de, 359.> r-
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