Rapport de l'Archiviste de la province de Québec, 1 janvier 1930, 1930-1931
[" RAPPORT de L'ARCHIVISTE de la PROVINCE DE QUÉBEC pour 1930-1931 RÉDEMPTI PARADIS Imprimeur de Sa Majesté le Roi 1931 Province de Québec BUREAU DU SECRÉTAIRE Québec, 10 décembre 1931.A l'honorable M.Henry-Georges Carroll, Lieutenant-gouverneur de la province de Québec.Monsieur le lieutenant-gouverneur, J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1930-1931.J'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre très dévoué serviteur, Athanase David, Secrétaire de la Province Québec, le 2 décembre 1931.A l'honorable M.athanase david, Secrétaire de la Province.Monsieur le ministre, J'ai l'honneur de vous présenter mon onzième rapport sur les Archives de la province de Québec.Nos archives sont enfin rendues dans le palais que le gouvernement de la Province leur a élevé sur les Plaines d'Abraham, théâtre des deux plus grands faits d'armes de l'histoire du Canada : la bataille des Plaines d'Abraham (13 septembre 1759) et la bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760).Les archives, au sens rigoureux des mots, sont silencieuses.Elles témoignent mais ne parlent pas.Seulement, pour ceux qui gardent le culte du passé, ces vieux papiers, conservés dans un monument élevé à l'endroit même où Montcalm fut blessé à mort et où Wolfe expira en apprenant sa victoire, ne sont-ils pas plus éloquents, plus évocateurs de souvenirs, que les discours les plus beaux et les mieux réussis ?Aussi, soyez assuré, Monsieur le ministre, que tous les membres du personnel des Archives prendront un soin jaloux de toutes ces paperasses jaunies par le temps, usées, parfois presque illisibles, qui racontent avec une scrupuleuse exactitude une époque disparue mais non oubliée.Nous les garderons ces vieilles choses, comme des fils bien nés conservent les objets qui ont appartenu à leurs parents bien-aimés.Notre installation dans le palais du Musée et des Archives n'est pas entièrement terminée.Le classement et le placement de milliers et de milliers de pièces d'écriture, d'imprimés de toutes sortes, de gravures, de cartes, etc., etc., ne se font pas en quelques vi archives de québec semaines.Notre personnel s'est attelé à la tâche.Tous y ont mis une bonne volonté, je dirais un entrain, dont je les remercie.Le travail se poursuit au fur et à mesure et, dans quelques mois, j'espère pouvoir vous dire, Monsieur le ministre, que chaque pièce est à sa place et que ceux qui désirent se renseigner peuvent venir consulter nos archives.Ce qui a retardé notre installation c'est que, pendant les six mois écoulés depuis notre déménagement sur les Plaines d'Abraham, nous avons reçu tous les chercheurs sérieux qui se sont présentés, et mis à leur disposition les pièces dont ils désiraient prendre connaissance, et cela malgré les retards et les ennuis que nous occasionnait parfois la recherche de ces documents.Pareillement, nous avons répondu aux centaines de demandes de renseignements qui nous étaient adressées.*.La matière du présent Rapport est d'une grande importance, je crois.Correspondance de Talon: Nous publions intégralement les lettres de l'intendant Talon.Le grand ouvrage du docteur E.-B.O'Callaghan, Documentary History of the State of New York, contient, au volume neuvième, presque exclusivement consacré à la Nouvelle-France, la traduction anglaise de quelques lettres de Talon.De même, dans la Collection de Manuscrits, publiée à Québec en 1882, on trouve des fragments de lettres de Talon reproduits de pitoyable façon.Le présent Rapport renferme toutes les lettres connues de Talon au roi et au ministre Colbert.Photographiées sur les originaux mêmes conservés aux Archives Nationales de France, elles ont la valeur de l'original.Il suffit de comparer les lettres données ici avec celles publiées par O'Callaghan et dans la Collection de Manuscrits pour se rendre compte qu'une publication intégrale de ces pièces s'imposait, était nécessaire.Correspondance des évêques de Québec: M.l'abbé Ivanhoë Caron continue dans ce Rapport l'inventaire des lettres des évêques de Québec.Il nous donne, cette an- archives de québec vu née, le résumé des lettres de M8r Louis-Philippe Mariaucheau d'Esgly, de M\" Jean-François Hubert et de M\" Charles-François Bailly de Messein, coadjuteur.Inutile d'insister sur l'importance de cet inventaire des lettres des évêques de Québec pour la petite histoire.Nos archives paroissiales gardent bien les registres de l'état civil, les délibérations des marguilliers et les livres de comptes, mais très peu de curés, surtout autrefois, ont pris la peine de conserver les lettres reçues.Les monographies de paroisses se font de plus en plus nombreuses.On reproche à quelques-unes de manquer de précision dans les détails, de mélanger les faits.Le seul résumé des lettres inventoriés permettra à nos auteurs d'histoire locale de suivre le développement de la paroisse dont ils racontent les événements heureux et malheureux, et de mieux coordonner leur récit.Les engagements pour l'Ouest: Le répertoire des engagements pour l'Ouest, commencé l'année dernière par M.E.-Z.Massicotte, se continue dans le présent Rapport.Nous espérons en donner la fin l'année prochaine.Ce répertoire a été une véritable révélation pour des centaines de généalogistes.Que de Canadiens dont on ne pouvait retracer les noms dans nos registres de l'état civil et nos greffes de notaires se retrouvent dans le répertoire de M.Massicotte! Nos ancêtres avaient le goût des aventures, des voyages lointains.Partis pour l'Ouest avec l'intention de revenir au bout d'un an, de deux ou de trois ans, plusieurs ont perdu la vie dans ces solitudes et combien d'autres ont fini par s'y établir.Le répertoire de M.Massicotte a attiré l'attention de plusieurs sociétés historiques des États-Unis, et nous avons eu à répondre à de nombreuses demandes de renseignements concernant ces engagements pour l'Ouest.\u2022 % Dans la série déjà longue de nos inventaires, j'ai publié cette année le cinquième volume de l'Inventaire des procès-verbaux des grands voyers et le Papier Terrier de la Compagnie des Indes Occidentales. viii archives de québec Le Papier Terrier de la Compagnie des Indes Occidentales, c'est tout simplement le premier cahier des actes de fois et hommages du régime français.Cette vieille pièce d'archives, très souvent consultée, était un sujet d'inquiétude depuis plusieurs années.Les ans, l'humidité des voûtes, le frottement continuel des doigts de ceux qui cherchaient à la déchiffrer, l'avaient rendue presque impalpable, sans consistance.Il aurait fallu la mettre sous verre afin de la conserver.J'ai cru que le meilleur moyen de remédier à la chose était de livrer à l'impression ce précieux cahier.Répandu à plusieurs centaines d'exemplaires, le Papier Terrier de la Compagnie des Indes Occidentales sera facilement consulté.On n'aura ainsi recours à l'original que dans des cas exceptionnels.Au cours de l'année 1930-1931, le Bureau des Archives de la province de Québec a reçu les dons suivants: Audet, F.-J., Ottawa: Livres, brochures et revues.Becdelièvres, S.J., R.P., Paris: Les Cahiers Notre-Dame\u2014Numéro jubilaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception, 1864-1929 (don de l'auteur).Belleau, Noël, Avocat, Levis: Série complète du Journal Le Sourire.Plusieurs numéros de journaux anciens publiés à Québec.Bernier, Alphonse, Québec: Photographie des employés du Secrétariat de la province de Québec.Les Révélations du crime de Cambray et ses complices.Binet, MUe Béatrice, Québec: Livres et brochures.Blanchard, Etienne, Grenoble, France: Études canadiennes: Le Rebord Sud de l'Estuaire du Saint-Laurent (don de l'auteur). archives de québec ix Bonnault, Claude de, Les Murs-par-Vierzon, France: Plusieurs livres, brochures, cartes, etc., etc.Bouffard, M\", Québec.Quatre volumes du Bulletin Paroissial de Saint-Malo.Bourbeau, M\"* Hermine, Danville: Une vieille carte géographique Plusieurs anciens manuscrits.Bouzanquet, Gaston, Nîmes, France: Un Voyage au Maroc (don de l'auteur).Le Rire et l'Humour (don de l'auteur).Caron, L'abbé Ivanhoë, Québec: Journal de Catalogne (copie au photostat).Influence de la Déclaration de l'Indépendance américaine et de Ut Déclaration des Droits de l'Homme sur la Rébellion canadienne de 1837 et 1838 (don de l'auteur).Casterman, M.Louis, Tournai, Belgique: Répertoire alphabétique de 7000 auteurs, par le R.P.Sage-homme, S.J.Le ISOhne anniversaire de la fondation de la maison Casterman, Tournay, 5 octobre 1930.Département de l'Intérieur, Ottawa: North West Territories and Yukon.Desmeules, Alexandre, Québec: Livres et brochures.Ernest-Béatrix, Révérend Frère, Iberville: Chez les Sauvages (don de l'auteur).Fauteux, Aegidius, Montréal: Livres et brochures.Flornoy, Olivier, Paris: Livres et gravures.Fortier, M™ Taschereau, Québec: La Huronne, par Maxine.Les Orphelins de Grand-Pré, par Maxine. x archives de québec Gérin, M.Léon, Coaticook: La Première Tentative de colonisation française en Amérique (don de l'auteur).Hamel, M\"8 Gabrielle, Québec: Livres et brochures.Kelley, Canon, A.-R., Québec: Un certain nombre d'exemplaires de la revue The Church Messenger.Laramée, R.P., Québec: L'Ame huronne, drame (don de l'auteur).Leymarie, M.Léo, Paris: Notice historique sur la maison de Lévis.Magnan, M.C.-J., Québec: Historique de la Société Saint-Vincent de Paul au Canada (don de l'auteur).Maillet, M.Roger, Montréal: Lithographie de sa maison restaurée à Sainte-Thérèse.Massicotte, M.E.-Z., Montréal: Plusieurs livres et brochures.McLennan, M.Francis, Lorette: Simpson's Journey Round the World.Fleur de Lys, par Arthur Weir.La Chanson du paysan, par Ulric-L.Gingras.Plusieurs livres, brochures, revues, etc., etc.McCoy, M.J.C, Grasse, France: Canadiana and French Americana in the library of J.C.McCoy (don de l'auteur).Minnesota Historical Society, Saint-Paul, Minnesota, États-Unis: A History of Minnesota, by William Watts Folwell.Morin, M.Victor, Montréal: Livres et brochures. archives de quebec xi Morissette, M\"e Mina, Québec : Livres et brochures.New York State Library, New York: Documentary History of the State of New Yorh.Niagara Historical Society, Niagara: Records of Niagara, par le brigadier général Cruikshank.Nisbit, M.Robert-H., Québec: Licence pour vente de liqueurs alcooliques accordée à James Henderson & Sons, de Sainte-Geneviève, en 1848.Perrault, M» J.-E., Arthabaska: Manuscrits canadiens.Richard, M\"\" Ernestine, Québec: Livres et brochures.Riddell, Honorable juge, Toronto: Titles in Early Canada (don de l'auteur).Rouleau, L'abbé Jos.-D., curé de Pintendre (Lévis) : Plusieurs cartes géographiques anciennes concernant le Canada et l'Amérique.Gravures anciennes représentant des Sauvages.L'Émigration percheronne au Canada, par M.de la Sicotière.Différentes brochures.Roy, L'abbé Adalbert, Saint-Côme-de-Kennebec: Grandes fêtes paroissiales à Saint-Côme-de-Kennebec (don de l'auteur).Roy, M.Adjutor, Lévis: Livres, brochures et revues.Roy, M.Antoine, Québec: Manuscrits et livres.Roy, M.Pierre-Georges, Lévis: Manuscrits, livres, brochures, revues, vieux journaux.Saint-Pierre, Le comte de, Montereau, France: Les Saint-Périer, ancienne famille du Gâtinais (don de l'auteur). xii archives de québec Salinger, M™ Jehanne Brétry, Toronto: Les Idées d'un précurseur sur les questions actuelles (don de l'auteur).Sasco, M.Emile, Saint-Pierre et Miquelon: Historiques des rues de Saint-Pierre (don de l'auteur).Savard, M\"06 Télesphore, Québec: Cinq photographies anciennes représentant des rues de Québec.Simard, M.Chs-Jos., Québec: Plusieurs livres et brochures.Tessier, L'abbé Albert, Trois-Rivières: Deuxième Cahier de la Société d'Histoire des Trois-Rivières: l'abbé F.-X.Noiseux, par l'abbé Vallée.Fastes trifluviens (don de l'auteur).Vézina, Élie, Woonsocket, R.L: Vieux Cantiques et Hymnes Religieuses.Warburton, M.E., Montréal: Hochelaga; or England in the New World.Women's Canadian Historical Society, Toronto: Plusieurs rapports et transactions de cette Société.Wood, M.William, Québec: Livres et brochures.Laissez-moi vous dire, en terminant, toute la reconnaissance que nous devons à monsieur C.-J.Simard, ancien sous-secrétaire de la Province, décédé le 8 novembre dernier.Je vous écrivais l'année dernière: \"Nous nous consolons un peu du départ de monsieur Simard en songeant que le Musée et les Archives seront sous le même toit.Nous pourrons ainsi encore profiter de ses bons conseils.\" Hélas! Les espoirs des hommes sont souvent des rêves.Monsieur Simard n'a pu se rendre que deux fois au Palais du Musée et archives de québec xiii des Archives.Il n'eut pas même la force de monter à l'étage supérieur où était son bureau.Je vois encore le long regard attristé qu'il jeta sur les rayons et les vitrines en laissant notre salle des Archives.Il contemplait pour la dernière fois ces choses, ces riens, auxquels son âme d'artiste et de patriote s'était si vivement attachée.La province de Québec a perdu en monsieur Simard un serviteur dévoué, et moi, le plus fidèle et le plus sincère ami.Son souvenir restera attaché à ce Bureau d'Archives dont il a vu avant de mourir l'heureux épanouissement.Le Bureau des Archives de la province de Québec n'oubliera pas ce qu'il doit au regretté monsieur Simard.Qu'il jouisse de la paix éternelle! Je demeure, Monsieur le ministre, Votre très dévoué serviteur, L'Archiviste de la Province, Pierre-Georges Roy JEAN TALON, INTENDANT DE LA NOUVELLE-FRANCE L'INTENDANT JEAN TALON M.Chapais a intitulé la traduction anglaise de son Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, The Great Intendant.Ce titre, croyons-nous, n'est pas exagéré.Talon a été véritablement un grand intendant.Il surpasse de beaucoup tous ceux qui occupèrent ce poste après lui.Et, pourtant, MM.Raudot, Bégon et Hocquart étaient des hommes remarquables.Jean Talon était né à Châlons-sur-Marne, en Champagne, vers 1625.Il appartenait à une famille de robe dont plusieurs membres s'étaient distingués.Talon entra dans l'administration militaire vers 1653.Il fut commissaire des guerres en Flandre, sous les ordres de Turenne.En 1654, nous le voyons commissaire du Quesnoy, petite ville du Hainaut.L'année suivante, il montait un échelon et devenait commissaire de tout le Hainaut.Il devait exercer cette charge pendant dix ans, de 1655 à 1665.Le 23 mars 1665, Talon était nommé intendant de la Nouvelle-France.Il remplaçait M.Robert, nommé à cette charge en 1663, mais qui n'était pas venu dans la colonie.M.Talon partit de La Rochelle le 24 mai 1665, sur le navire le Saint-Sébastien, et débarqua à Québec le 12 septembre 1665.Talon avait été cent dix-sept jours sur mer, à partir de son embarquement.Talon resta dans la Nouvelle-France un peu plus de trois ans.A plusieurs reprises, il avait demandé son rappel en France.Le climat du Canada lui était défavorable.De plus, des intérêts de famille lui faisaient désirer de retourner dans son pays.Le 15 octobre 1668, M.de Bouteroue, successeur de M.Talon, arrivait à Québec, et celui-ci s'embarqua, quelques jours plus tard, pour la France.Trois mois à peine après son retour en France, le roi décida de le renvoyer dans le Nouvelle-France.Louis XIV et Colbert avaient jugé que Talon était l'homme nécessaire dans la colonie. 2 archives de québec Le 10 mai 1669, le roi signait la nouvelle commission de Talon, mais l'intendant ne put s'embarquer que le 15 juillet 1669.Le vaisseau qui le portait fut assailli par des tempêtes.Il lutta pendant trois mois contre les vagues en furie et fut obligé, à la fin, de relâcher à Lisbonne.Après s'être ravitaillé et avoir repris la mer, le vaisseau, qui jouait de malheur, fit naufrage tout près de Lisbonne.Talon ne revint en France qu'au mois de janvier 1670.Enfin, vers le milieu de mai 1670, Talon s'embarqua de nouveau.Cette fois, il put se rendre à Québec mais après une traversée de trois mois.Il débarqua dans la capitale de la Nouvelle-France le 18 août 1670.La seconde administration de Talon dura moins de trois ans.Parti de Québec au milieu de novembre 1672, il était de retour à Paris dans les premiers jours de janvier 1673.Talon vécut en France tout le reste de sa carrière, mais toujours avec le désir ou le rêve de revenir dans la Nouvelle-France.Il décéda le 23 novembre 1694.Ce sont là les grandes dates de la vie de Talon.Le grand intendant a eu en M.Chapais un historien sympathique, mais consciencieux et juste.Les lettres de Talon que nous publions ici ne changeront aucune des appréciations de M.Chapais.Elles ajouteront même très peu de nouveau à son livre, mais il convenait de les mettre au jour d'une façon définitive parce que celles de ces lettres qui ont été publiées dans des recueils de documents sont tronquées ou incomplètes.Le texte que nous offrons a été photographié sur l'original même de chacune des lettres de Talon.On pourra donc s'y fier comme si on avait la lettre originale sous les yeux.Ajoutons que la photographie de ces lettres a été faite sous la direction et la surveillance de M.Claude de Bonnault.C'est une nouvelle garantie d'authenticité. CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE LA COUR DE FRANCE ET L'INTENDANT TALON PENDANT SES DEUX ADMINISTRATIONS DANS LA NOUVELLE-FRANCE POUVOIR D'INTENDANT POUR LE S* TALON (23 MARS 1665) Louis par la grace de Dieu Roy de franco et de Navarre A n» amé et féal Con souverain pour le composer d'autres personnes, en cas qu'ils ayent remarqué qu'ils n'ayent pas fait leur devoir, ou se seront contentez d'en oster quelques uns, ou enfin les auront tous confirmez, si effectivement ils auront reconnu qu'ils ont de bonnes intentions et qu'ils n'envisagent que le bien de la justice.Il importe qu'il ayt perpétuellement dans l'esprit que cette mesme justice devant faire la félicité des peuples et remplir la première intention du Roy, sa principale application doit estre à la faire régner sans distinction de qui que ce soit, en prenant garde que le Con*> souverain la rende tousjours avec intégrité, sans nulle caballe et sans frais.Et, quoy qui luy soit conféré l'authorité de juger seul souverainement et en dernier ressort les causes civiles, il sera bon néantmoins qu'il ne s'en serve pas que dans une nécessité absolue, estant de conséquence de traiter les affaires dans leur ordre naturel et n'en point sortir, que pour des occasions indispensables.Note de M.Talon en marge: Pour remplir la p** et principale Intent* du Roy qui recherche la félicité de ses sujets dans l'administration de la Justice que sa Ma** veut leur estre rendue sans distinction et sans frais, fay accommodé jusques a pnt toutes les affaires et tous les procès archives de québec 15 qui sont tenus par devant moy.De manière qu'il n'y a tuny sergens ny Greffier employez.En cela j'ay simbolisé avec Mons.de Tracy dont l'Esprit est d'accommodement, et je crois pouvoir faire gouster cette voye plus douce qui n'est d'aucune despense, et qui espargne des temps précieux aux parties qui sont dans les habitations Esloignies dont elles ne peuvent sortir qu'en canot.Quand le Con*1 souverain sera fixement estably, je luy renvoyeray les matières civiles et criminelles pour estre par luy Trailties dans F ordre naturel et ne prendray connoissance que de celles dont I'Interest de sa Ma** voudra que je me saisisse a l'exclusion dud.Con*1.Comme la colonie tirera un autre avantage très considérable de l'establisse-ment d'une bonne police, tant pour ce qui regarde l'administration des deniers publics, la.culture des terres, que dans les manufactures que l'on y pourra establir, led.sr Talon concertera avec les officiers qui composeront led.Conseil et les principaux habitans du pays les moyens1 de faire quelques règlemens fixes sur ce sujet pour les faire observer inviolablement, les fondant, s'il se peut, sur l'exemple de ceux qui sont en vigueur dans les villes du royaume où l'ordre est le mieux estably.Il luy est remis un estât du revenu du pays, et de femploy qui s'en est fait jusques icy, ensemble des debtes qui ont esté contractées et des intérêts qui s'en payent annuellement; mais comme il pourra, estant sur les lieux, en tirer encore plus d'éclaircissement, l'intention du Roy est qu'il tasche d'entrer si avant dans cette matière qu'il connoisse avec certitude jusqu'au dernier sol à quoy ce revenu monte effectivement, et mesme, s'il s'y est commis quelques abus, qu'il en fasse informer pour faire punir les coupables s'ils se trouvent prévenus de malversations considérables.Note de M.Talon en marge: Comme les lumières me viennent de differens endroicts, je travaille autant que je puis a les rassembler pour pouvoir plus utilement dresser des règlemens fixes sur la police, l'administration des deniers publics, la culture des terres, et les manufactures qui se peuvent introduire et establir dans le pays.Cependant sa Ma** peut estre informée par les Mémoires que j'envoyé a Monsieur Colbert de ce qui est desja venu a ma connoissance sur ce sujet et sur tout des raisons qui m'obligent a conserver, comme Je pretends faire, le droict du quart des pelleteries qui repond aux aydes de France, et qui est presque la seule marque de souveraineté qui reste icy a sa Ma** si la Comp* fait les Establissem** que son Agent g\"*> y pretend pour Elle.Il est bon d'observer qu'en tout te pays de Canada il n'y a pour tous deniers publics que ce seul droict prétendu par Fagent g00' qui soustienl qu'il a esté cédé pour lousjours a la Comp*.L'administration des deniers publics dans les temps precedens, sera examinée a fond après que les troupes auront receu le secours que je leur dois pour tout l'hiver.L'une des choses qui a apporté plus d'obstacle à la peuplade du Canada a esté que les habitans qui s'y sont allés establir ont fondé leurs habitations où il leur a plû, et sans se précautionner de les joindre les unes aux autres, et faire leurs défrichemens de proche en proche pour mieux s'entre secourir au besoin.Ils ont pris des concessions pour une espace de terres qu'ils n'ont jamais esté en estât de cultiver, par leur trop grande estendue, et, estant ainsy espars, se sont trouvez exposez aux embusches des Iroquois, qui, par leur vitesse, ont tousjours fait leurs massacres avant que ceux qu'ils ont surpris ayent pû estre secourus de leurs voisins; c'est aussy par cette raison que le Roy fit rendre, il y a deux ans, un arrest du con«i dont il sera deslivré une expédition aud.sr Talon, par lequel, pour remédier à ces accidens, Sa Ma** ordonnoit qu'il ne serait plus fait à l'avenir aucun défrichement que de proche en proche, et que l'on réduirait les habitations en la forme de 16 ARCHIVES DE QUÉBEC nos paroisses et de nos bourgs, autant qu'il serait dans la possibilité; lequel néant-moins est demeuré sans effet, sur ce que, pour réduire les habitans dans des corps de villages, il faudrait les assujettir à faire de nouveaux deffrichemens et à abandonner les leurs.Toutefois, comme c'est un mal auquel il faut trouver quelque remède pour garantir les sujets du Roy des incursions des sauvages qui ne sont pas dans leur alliance, sad.Ma** laisse à la prudence dud.sr Talon d'aviser avec le sr de Courcelles et les officiers du Con'i souverain de Québec à tout ce qui sera praticable pour parvenir à un bien si nécessaire.Note de M.Talon en marge: // n'tsl que trop connu que la distant1* qu'il y a d'une habitation a l'autre est très préjudiciable au pays, tant parce qu'elles se trouvent toutes exposées aux courses des Iroquois que par la difficulté que rencontrent les Cures et le Juges, les premiers a administrer les Sacremens de FEsglise, et les autres a rendre la Justice.Le mal pour le passé est presq.sans remède, mais je trouve asset de facilité à ne plus tomber dans ces inconteniens et a former des vilagcs et des bourg.Et desja je commence a faire deffri-cker pour preparer un lieu ou les nouveaux colons que nous espérons Vannée prochaine pourront vivre en communauté quoy que dans des habitations particulières.La difficulté qui s'est rencontrée, ainsy qu'il est dit cy dessus, à l'exécution de cet arrest pour réunir les habitations en corps de paroisses, ayant empesché l'effet d'une chose qui est tout à fait salutaire au pays, et laquelle peut le plus contribuer à rendre cette colonie florissante, il sera important que, sans s'arrester à vouloir exécuter cet arrest à la rigueur, led.sr Talon travaille de concert avec les habitans à l'exécuter en partie, s'il ne peut estre exécuté entièrement; et le tempérament que Ton y pourrait apporter serait, par exemple, qu'un habitant qui aurait une concession pour 500 arpens de terre dont il n'aurait défriché que 50 en abandonnerait cent arpens au nouveau François qui viendrait s'habituer au pays; à quoy s'il s'opposoit, on pourrait mesme le menacer de luy oster toutes celles qu'il n'aurait pas encore mises en culture, et effectivement, en cas de besoing, il sera expédié une déclaration pour estre enregistrée aud.Con*' souverain de Québec, portant que lesd.habitans seront obligez de deffricher toutes les terres qui leur ont esté concédées, sinon, et à faute de ce faire, il leur en sera retranché chaque année le 10* ou quinzies* pour les donner à de nouveaux colons; et par ce moyen il y aurait lieu d'espérer que dans un petit nombre d'années toutes les terres concédées seraient généralement mises en culture.Note de M.Talon en marge: Quoy que le retranchement des terres proposé dans cet article ne soit pas un moyen praticable partout ny seur pour obliger les habitans de Canada a faire plus promple-ment leurs deffrichemens, il est toujours très a propos de m'en envoyer une declaration pour estre enregistrée au con*1 souverain et publiée dans toutes les paroisses portant que les habitans seront obliges de donner par dénombrement les terres qui leur auront esté concédées, celles quits peuvent cultiver chaque année, et sur le pied de leur declaration leur en laisser po.trente ans retirant le reste pour le distribuer aux nouveaux colon* a condition cependant qu'il leur sera encore retranché chaque année autant de terres qu'ils en auront laissées non deffrichées de la quantité de celtes qu'ils se seront engages de mettre en culture.Je dis d'en donner ce qu'une famille en peut cultiver pour trente ans, parce que le chef de famille travaille avec plus d'application a preparer a ses Enfans de quoy leur donner demeure et subsistance dans son voisinage et parce que lorsque cet Enfant est en aage de travailler pour soy, il est bien aise d'augmenter F heritage de son pere qui le regarde et auquel il doit succéder. 124 LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (Voir pages 20 et 21) ARCHIVES DE QUÉBEC 17 Il reste encore une chose à faire sur la mesme matière qui servira beaucoup à l'augmentation de la colonie qui est que le Roy désire que, dans le cours de chacune année, led.P Talon fasse préparer trente ou quarante habitations pour y recevoir autant de nouvelles familles, en faisant abbattre les bois et ensemencer les terres que l'on aura deffrichées aux dépens de Sa Ma\".Note de M.Talon en marge : Du Lendemain de mon arritle on travaille a remplir l'Intention de sa Ma** a cet esgard avec tant d'application que j'espère qu'au printemps prochain il y aura non quantité habitations mais peut estre soix** et dix ou 80, et s'il se peut en forme de vilage ou de bourgs et j'adjouste que quoyque les anciens habitans m'ayent voullu persuader qu'un arpent de terre pour estre mis en bonne culture demandait cent francs de despense, il en couslera peu a sa Ma**.Le Roy, considérant tous ses sujets du Canada depuis le premier jusques au dernier comme s'ils estaient presque ses propres enfans, et désirant satisfaire à l'obligation où il est de leur faire ressentir la douceur et la félicité de son règne ainsy qu'à ceux qui sont au milieu de la France, led.sr Talon s'étudiera uniquement à les soulager en toutes choses et à les exciter au travail et au commerce, qui seuls peuvent attirer l'abondance dans le pays et rendre les familles accommodées.Et d'autant que rien ne peut mieux y contribuer qu'en entrant dans le destail de leurs petites affaires et de leur domestique, il ne sera pas mal à propos qu'après s'estre estably, il visite toutes les habitations les unes après les autres pour en reconnoistre le véritable estât, et ensuite pourvoir autant bien qu'il pourra aux nécessitez qu'il y aura remarquées, afin qu'en faisant le devoir d'un bon père de famille, il puisse leur faciliter les moyens de faire quelques profits et d'entreprendre de labourer les terres incultes qui sont les plus prochaines de celles qu'ils ont desjà mises en culture.Note de M.Talon en marge: Il n'est rien de plus tray que le travail et le commerce sont les deux principaux moyens de mettre l'abondance dans le pays de Canada, de soustenir les familles accommodées et relever les misérables et sans la liberté du dernier en faveur des habitans.Je demeure persuadé par ce que j'ay desja reconnu que non seulem* le pays ne s'esta-blira pas, mais qu'il se destruira par la retraitte des principales familles.Il seroit donc a propos que sa Ma** fist entendre que son Intention est que lesd.habitans fassent tout le commerce que leur Industrie leur peut rendre util, mesme des pelleteries qu'ils envoyèrent en france et qu'en eschange d'icelle par retour de voiture ils pourront sortir du Royaume de france non seulement de quoy subsister Mais encore de quoy tr ailler avec les sauvages; il a esté besoin d'un peu de Rethoriq.po.remettre les esprits des peuples tous abbatus, pareeque l'Agent general de la Comp' leur avoit fait entendre que le commerce leur estoil deffendu.Sortant du bord j'ay pris terre a la cosle de beaupré qui est au nord de V Isle d'Orléans et fay visité près de sept lieues de pays passant d'habitation en habitation.De manière que j'ay commencé par cet endroict a satisfaire a tordre que j'ay receu de sa Ma**.Je continuer ay Dieu aydant, et au p\" loisir Je visileray toutes les familles, pren-dray connoissance de leurs affaires, soulager ay leurs besoins autant quil dépendra de moy et leur rendray des tesmoignages les plus sensibles que je pourray de la tendresse que le Roy a pour elles.Il observera que l'un des plus grands besoins du Canada est d'y establir des manufactures et d'y attirer des artisans pour les choses qui sont nécessaires à 18 ARCHIVES DE QUÉBEC l'usage de la vie: car jusques icy il a fallu porter en ce pays là des draps pour habiller les habitans, et mesme des souliers pour les chausser, soit qu'estant obligés de cultiver la terre pour leur subsistance et celle de leurs familles ils en ayent fait leur seule et leur plus importante occupation, soit par le peu de zèle et d'industrie de ceux qui les ont gouvernez jusques a présent.C'est pourquoy il examinera tous les moyens que l'on pourra embrasser pour l'introduction d'une chose si utile aud.pays, à laquelle sa Ma** contribuera par l'ouverture de ses coffres, estant bien persuadée qu'elle né sçauroit employer une bonne somme d'argent à un meilleur usage.Note de M.Talon en marge: Toute la disposition que sa Ma** désire par cet article a l'establissem* des manufactures en Canada se trouve en beaucoup de personnes, les noms desquels j'ay par escrit et dont j'ay tiré des engagent** sur Vasseurance respective que je leur ay donnée q.sa Ma** les ayderoit de ses finances qui peuvent a mon advis estre très utilement employées a cet usage.Je dis mesme avec profit po.sa Ma**.J'ay pris une parfaite connoissance des raisons pour lesçp** il n'y a pas eu de manufactures introduites en Canada, et j'ay en mesme temps trouvé les moyens de les faire cesser, ainsy je crois pouvoir prendre sur moy d'accomplir dans l'année prochaine une partie du désir de sa Ma** a cet esgard et si on n'excepte les draps po.lesquels on n'a pas de laine, Je vois peu de damées en fronce que l'on ne puisse faire trouver icy dans quelques années.L'éducation des enfans estant le premier devoir des pères à leur esgard, led.s* Talon les excitera à leur inspirer la piété et une grande vénération pour les choses qui concernent n™ religion (quoyque le sr évesque de Petrée et les Pères Jésuites s'y appliquent avec beaucoup de fruict), et ensuite beaucoup d'amour et de respect pour la personne royale de Sa Ma\", et après à les accoustumer de bonne heure au travail; car l'on a tousjours fait une expérience certaine que la fainéantize des premières années de la vie est la véritable source de tous les désordres qui la traversent, au lieu que l'application produit un effet contraire parmy ceux qui évitent l'oysiveté dans ces premiers temps.Note de M.Talon en marge: J'executeray ce qui m'est commandé par cet article.Il est vray qu'on ne peut rien adjomler au tele et a la charité de Mons.l'Evesque de Petrée et des Peres Jesuistes Qui travaillent fortement au salut des personnes Aagées et ne negligent rien de l'Education des Jeunes.Je les imiteray et feray beaucoup si je puis le bien faire.L'expédition contre les Iroquois estant achevée, le Roy désire que led.sr Talon invite les soldats, tant du régiment de Carignan que des quatre comp» d'infanterie qui ont d'abord passé en l'Amériq.sous le commandement dud.s* de Tracy à demeurer dans le pays, en faisant à chacun d'eux une légère gratification au nom de Sa Ma\" pour leur donner plus de moyens de s'y establir, et leur procure mesme, des anciens habitans, quelques terres deffrichées outre celles qu'il pourra leur accorder pour les mettre en culture.Note de M.Talon en marge: J'ose desja respond, qu'une partie des soldats du Regiment de Carignan restera en Canada puisque plusieurs officiers ont promis de m'ayder au dessein que je forme de les faire travailler cet hiver a former pour eux des habitations, a desfricher, et cultiver la terre au printemps prochain pour lesqV** semer, je le.donner ay du bled, du chanvre et autres grains, et non seulement le Roy aura des habitons, mais des habitans soldats qui formeront des colonies par le soin que je prendray de leur donner des gens de mestiers les plus necess1** au maintien de la vie. ARCHIVES DE QUÉBEC 19 Par un arrest du Con que le s* évesque de Petrée, qui travaille avec beaucoup de zèle et de ferveur à l'advancement et à la perfection du christianisme de la Nouvelle France, emporta du dernier voyage qu'il fit à la Cour, le Roy establit des di x me s sur les fruicts de la terre et luy permit et à son clergé de lever le ving ti esm e pour ayder à la subsistance du Séminaire et des ecclésiastiques qui font les fonctions curialles à Québec, Montréal, Trois-Rivières et autres habitations de la colonie, Et Sa Ma\" estimant alors que cette charge ne seroit point grande auxd.habitans, attendu mesme que l'Eglise prend le onziès° pour la dixmes en la plus-part des lieux du royaume.Néantmoins son intention est que led.sr Talon examine avec lesd.s™ de Tracy et de Courcelles, si, effectivement, cet establissement est trop onéreux au pays, parce qu'en ce cas, il faudrait voir le tempérament que l'on y devrait apporter, et que sa Ma** contribuerait plutost d'ailleurs à l'entretien dud.séminaire et des prestres qui le composent.Note de M.Talon en marge: L'Esglise pour la conservation de ses droicts demande la perception des dixmes; la difficulté de la lever sur des habitations fort escortées et les frais qu'il convient faire pour les remettre en un lieu commun, autant que la pauvreté des paroissiens ne souffre pas qu'on les exige.Mais jt crois que M' l'Evesque de Petrée trouvera bon Vexpedient que je luy proposeray pour concilier ces deux interests opposez.Je m'estends davantage sur cet article dans les mémoires que j'envoyé a Monsieur Colbert.Par tous les rapports qui ont esté faits du Canada, il est constant qu'il s'y trouve une très grande quantité de bois propre à toute sorte d'usages, et mesme à la construction de toutes les parties d'un vaisseau, et qu'il y a des arbres de la grosseur et de la hauteur nécessaires pour master.Et comme c'est un trésor qu'il faut soigneusement conserver pour avec le temps dresser quelques ateliers pour y bastir des navires pour le Roy, il sera bon, lorsqu'il se deffrichera quelque terre, d'em-pescher l'abbattis du bois qui sera de la plus belle venue, et que l'on pourra employer à l'effet susd.Cependant led.sr Talon rendra un service au Roy qui luy sera bien agréable, et contribuera en mesme temps à l'establissement du commerce dans la colonie, s'il peut disposer les habitans les plus accommodez à entreprendre quelques bastimens pour eux; à quoy mesme ils trouveront d'autant plus de facilité, si l'on vient à ouvrir les mines de cuivre.de plomb et de fer, que l'on a vérifié estre très abondantes par les divers essais qui ont esté faits.Note de M.Talon en marge: Le temps ne m'a pas encore permis d'examiner moy mesme la nature du bois propre a construire les vaisseaux, mais j'apprens par rapport des personnes que j'ay employées a la recherche desd.bois qu'il se trouve de la masture et du bordage et mesme des courbes mais plus rarement; j'iray moy mesme a la descouverte et porteray avec moy les mémoires que j'ay dressez et ceux qui m'ont esté envoyez par Monsieur de Terron enrichis de la figure de chaque piece de celles qui composent un basliment, J'ay desja attroupé quelques habitans pour entreprendre des bastimens du port de 30 à 40 tonneaux pour l'espreuve et je m'asseure que poureeu que sa MoM trouve bon que je fasse venir de france le fer et les toiles qui nous manquent, de mesme que les cordages po.faire les agrez, nous aurions dans peu des vaisseaux du port de cent et de deux cens tonneaux.Led.s* Talon examinera de plus si les terres rapportent beaucoup de bled par leur fertilité, et, par ce moyen, si, y en ayant dans le pays au delà de ce qui est nécessaire pour la nourriture de tous les habitans qui composent la colonie et de leurs familles, il ne seroit pas plus avantageux auxd.habitans de semer en quelques unes des chanvres et des légumes; et en cas qu'il l'estime nécessaire, il pourra par 20 ARCHIVES DE QUÉBEC la participation du gouverneur et du Con«i souverain en dresser un règlement pour le faire après exécuter.Et comme les nourritures de bestail, à quoy le pays est fort propre par la salubrité des eaux et la vaste estendue des prairies, contribueront beaucoup à l'avantage de la colonie, il sera bon a ussy que led.s* Talon examine, avec la mesme participa™ dud.s* gouverneur et dud.Con*', s'il ne seroit pas à propos de faire des deffenses de tuer des bœufs, vaches, veaux, brebis, porcs et généralement toute autre espèce de bestail pendant un temps dont ils conviendront.Au surplus led.s* Talon doit estre fort soigneux à informer le Roy de tout ce qui se passera aud.pays, et d'envoyer à Sa Ma** les observations qu'il aura faites sur la présente instruction.Fait à Paris le 27e jour de mars 1665.Signé Louis, et plus bas de Lionne.Note de M.Talon en marge: Je ne puis douter que les terres de ce pays qui produisent ordinairement plus de bled que les habitans rien peuvent consommer ne soyent propres à tous legumes \"* 1666 (2).(U Archives Nationales, Colonies.C\" A.2.(2) Archives Nationales.Colonies.C\" A.2. 52 ARCHIVES DE QUÉBEC Québec, le xie novembre 1666 Quoyque les ordres que Vostre Majesté a donnés à Mr de Tracy et à Mr de Courcelle et au Regiment qu'Elle a icy envoyé pour agir contre les Iroquois, n'ayent pas esté exécutés jusques à l'entière destruction de cette nation sauvage, Je m'as-seure que Vostre Majesté demeurera satisfaite du service qu'on tasche de luy rendre en Canada, par là connoissance que les relations que Mesd.S* de Tracy et de Courcelle luy font par escrit, et que celle que M'ie Chevalier de Chaumont pourra faire de vive voix lui pourront donner que ses gens de guerre ont remply tout leur devoir et fait tout ce qu'humainement ils pou voient faire en trois voyages entrepris contre ces payens et barbares.Il est vray, Sire, qu'on ne peut rien adjouster au zele et à la chaleur que tout le monde a tesmoigné pour procurer de la gloire aux armes de Vostre Majesté dans trois expeditions consécutives.Il m'est d'autant plus séant de rendre ce tesmoignage, que Je n'ay nulle part en la chose, et que tandis que tout le monde travailloit et prenoit sur soy des fatigues extraordinaires, Je demeurois à Québec en repos.Je l'avoue avec confusion et Je n'ay pour me consoler que le mérite de mon obéissance.On me persuada qu'il le falloit ainsy et J'y acquiescay.Ce n'est pas à moy de faire icy l'éloge de Mess* de Tracy et de Courcelle.La voye publique fait connoistre à tout le Canada qu'on ne peut rien adjouster à tous leurs travaux et qu'il faut avoir leur zele pour le service de Vostre Majesté pour entreprendre ce qu'ils ont entrepris.On ne pouvoit rien désirer dans la dernière expedition qu'un peu plus de vigueur aux Ennemis qu'on vouloit attaquer pour qu'opignaatrant leur deffense ils eussent fait mieux connoistre et valoir ce que peut un françois, quelque nation qu'il ayt à combattre, quand il combat pour la gloire de Vostre Majesté et qu'après avoir sacrifié aux mânes de tant de chrestiens esgorgés et bruslés la meilleure partie de ces barbares, on eu pû voir l'autre sur les galères de Vostre Majesté.Il ne se peut que les Anglois et les Hollandois de ces contrées qui ont veu les armes de Vostre Majesté dans leurs habitations et dans celles des sauvages qu'ils protègent à cause du Benefice qu'ils reçoivent de leur traitte, ne soient surpris de connoistre le François capable de faire en huict mois, et dans trois différentes saisons, l'hy ver, l'esté et le printemps trois differens voyages chacun de trois cens Heùes de desert avec des peines insuportables à toute autre nation, et qu'ils n'ayent de la veneration, du respect et de la crainte pour le nom de Vostre Majesté.Le terme du séjour que vostre Majesté m'a prescrit en Canada ne peut qu'il ne soit expiré, quand J'auray l'honneur de recevoir ses commandemens.J'espère qu'elle me fera celuy de partir.Cependant quelque légitime que soit la passion que J'ay de me reprocher d'EUe pour luy continuer avec mes services mon obéissance très respectueuse et que d'ailleurs ma santé soit icy fort souvent attaquée, Je suis prest de rester si vostre Majesté l'ordonne.Qui doit sa vie à son souverain, luy doit à plus forte raison tout ce qui n'en fait que la suite et sur tout la santé qu'on ne peut mieux sacrifier qu'au service de son Prince.La grace qu'en cela Je pour-rois demander est que Je sceusse au vray le temps que j'auray à servir icy.LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (Il NOVEMBRE 1666) ARCHIVES DE QUÉBEC 53 Si Je n'ay pas l'honneur d'escrire de ma main à Vostre Majesté c'est que mon caractère n'est pas si lisible que celuy de la main que J'emprunte.Talon (1).LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (13 NOVEMBRE 1666) Novembre 1666 Monseigneur Voicy Le procez verbal que j'ay promis de vous envoyer avec ma précédente despesche, Je l'accompagne du Rolle des familles, auquel il y a quelques obmissions qui ne peuvent estre reparées, que dans l'hyver prochain.Je joins à ces deux pieces Le procez verbal de la possession que M.du Bois porteur de ce paquet a prise au nom du Roy, de toutes Les habitations, et des forts des Iroquois.Ce Gentil homme vieil officier ayant autrefois commandé l'artillerie en Italie, & en France Le Regiment d'Estré, et depuis qu'il est icy avec moy très utilement servy en toutes occasions, meriteroit qu'on eust quelque consideration pour Luy, pour qui je vous demande très humblement.Monseigneur, L'honneur de vostre protection.Il a fait Le voyage avec Messieurs de Tracy, et de Courcelle, chargé de la distribution des vivres, des bateaux, et canots, des munitions de guerre, et du passage des Rivieres, et en tout il s'est très dignement acquitté de son devoir.Je l'ay jusques icy entretenu po.agir dans les forts, et partout ailleurs, ou je ne puis me trouver en personne.Ce Gentilhomme est celuy que j'ay chargé de mon billet, pour recevoir du Trésorier ce que vous ordonnerez.Si vous me faites La grace de m'envoyer mon congé, et que vous vouliez entretenir icy une personne de la part du Roy qui soit seulement chargée de la police, et des finances, Je scay que Monsieur de Tracy vous propose Mr de Ressan son secretaire, souffrez, Monseigneur, que je vous le propose aussy, pour ces deux chefs, pour lesquels Je luy trouve tout Le talent nécessaire, outre que je luy crois un bon fond de probité.Je me suis trouvé nécessité d'employer la mesme somme du produit de la ferme, que Le Conseil employoit les années précédentes, tant pour acquitter Les pensions, et charges Indispensables du pays, que pour les autres despenses a faire pour Le service du Roy, et la conservation de la Colonie, sur quoy J'ay donné mon certificat au commis de la Compagnie, J'ay mesme encore esté obligé d'employer à cet usage le fonds du droict de dix' pour cent qui s'est trouvé receu.Je dresseray un estât de cet employ, Lors que j'auray satisfait les gens de mes tiers, qui reviennent des forts, et les Matelots du pays qui retournent de la navigation.Je vous supplie très humblement d'approuver ce que j'ay fait en cela, comme je dis par pure nécessité.Pensez s'il vous plaist, Monseigneur, que les trois voyages qui se sont faits aux Iroquois n'ont pû se faire sans despense.La Barque que j'avois envoyée à la pesche des Loups marins, est retournée chargée de six vingt graisses.Un seul de ces animaux s'est trouvé si gros, que quatre hommes ne pouvoient Le Lever de terre, on peut sans doute en faire de l'huile abondamment pour en charger quelque navire, ou le raport des pescheurs est peu veritable.(1) Archives Nationales, Colonies.C\" A2. 54 ARCHIVES DE QUÉBEC Monsieur Colbert de Terron m'a envoyé icy deux chaudières a Brasserie, Je vous supplie, Monseigneur, d'avoir la bonté de me les accorder a telle condition qu'il vous plaira, soit que je parte, soit que je demeure.Je feray de mes deniers la despense de la brasserie qu'il faut bastir pour les placer, et cela me sera de quelque utilité.Cependant de quelle manière que voua en ordonnerez, je me tiendray esgal-lement obligé, Je suis avec tout le respect que je dois, Monseigneur, Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur, A Quebec Le XIII» 9b» 1666 (1).LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (13 NOVEMBRE 1666) A Quebec 13 novembre 1666 Monseigneur Je n'auray plus l'honneur de vous parler du grand establissement que cy devant j'ay marqué pouvoir se faire en Canada à la gloire du Roy et à l'Utilité de son estât puisque vous connoissez qu'il n'y a pas dans l'ancienne France assez de surnuméraires, et de sujets ynutils po.peupler La Nouvelle, et entrant dans toutes Les raisons de vostre dernière despesche, Je tournera y mes soins, et donnera y toute mon application à ce que vous m'ordonnerez jusques à ce que cette matière informe vous paroisse digne de quelque plus grand secours, que celuy qu'elle a reçeu cette année.Souffrez seulement Monseigneur que Je dize que si elle paroissoit à vos yeux ce qu'elle est vous ne luy refuseriez pas quelque peu de vostre application, Persuadé d'ailleurs qu'un pays sauvage ne se peut faire par soy mesme s'il n'est aydé dans ses commencemens.La Compagnie jouissant de tous les avantages que le Roy a prétendu luy faire par la concession de ce pays, Je crois avoir de ma part travaillé à son establissement conformément à vos intentions de manière qu'il ne me paroist plus rien d'essentiel à faire pour elle de tout ce que vous me commandez par la mesme dépes-che.J'ai mesme fait autant que je l'ay pû tomber entre les mains de ses commis toutes les pelleteries, jugeant bien qu'en souffrant qu'elles soient partagées, on diminue de beaucoup le bénéfice qu'elle en devrait attendre.Et je conviendrais aysèment que si la compagnie se chargeoit de fournir abondamment le Canada de tout son nécessaire on pourrait donner à tous autres l'exclusion du commerce, Laissant seulement aux habitans la liberté de tirer de France ce qui pourrait estre à leur usage particulier.Je me suis suffisamment expliqué sur cet article avec L'agent général de la compagnie qui présentement doit estre auprès de Mess» Les Directeurs.(1) Archives Nationales.Colonie».C\" r\\2. ARCHIVES DE QUÉBEC 55 Toutes les Inféodations se feront au nom de la Compagnie, J'ay desja commencé par Le Mont Real, principal Fief de ce pays, a luy faire rendre Les Foy et hommage, et a luy fournir Les adveus et denombremens.Je fais travailler à la confection du papier terrier, et elle aura dans la conservation de ses droicts tous les avantages que le Roy Luy accorde.La compagnie jouira du quart de pelleteries, dixiesme d'orignaux et traitte de Tadoussac a telle condition que vous ordonnerez et il me suffit de connoistre vos mouvemens pour que je les suive.Quand j'ay représenté dans mes lettres que le droict de quart de pelleteries pouvoit estre conservé et mis à ferme au plus offrant et dernier enchérisseur, je n'ay pas prétendu disputer les interests du pays contre la compagnie mais comme ce qui provient de cette ferme fait tous les deniers publics du Canada qui ne pouvant souffrir d'Imposition retombe de nécessité sur les coffres du Roy, quand Le fonds de ce droict ne suffit pas pour faire Les despenses nécessaires, J'ay crû qu'il falloit le faire valloir, Tout autant qu'on pourrait à la descharge de sa Majesté.Il sera cependant réservé à la compagnie à telle somme qu'il vous plaira régler si mieux elle n'ayme que le pays Luy paye La redevance d'un milliers de castor.Je devrais en cet endroit vous faire un des tail des despenses auxquelles ce pays icy engage mais à la vérité Je n'ose tant j'ay de confusion de celles que j'y ay faites, et tant j'ay de crainte de ne paroistre pas bon œconome du bien du Roy.Depuis mon arrivée J'ay esté obligé de fournir pour la guerre à M' de Tracy et à Mr de Courcelle cent cinquante deux batteaux capables de porter quinze hommes avec leurs vivres èt le seul Fret des munitions de guerre et de bouche qu'il faut faire remonter par les lacs et les rapides à tous les postes avancés, couste par au près de douze mille Livres.Vous pouvez Monseigneur juger de la qu'elles peuvent estre les autres despenses du Canada pour lesquelles je n'ay pas reçeu un sol cette année.Je feray cependant de tout mon mieux pour so us tenir Le succès que les armes du Roy ont eu, et disposer le pays à produire quelque chose d'utile, dans l'espérance que j'ay que vous aurez la bonté de ne nous pas abandonner.Je trouve que dans l'envoy que Monsieur de Terron nous a fait en denrées, Il peut y avoir du surabondant en quelques unes, Je Les mesnageray pour en faire Les despenses plus pressées, quelqu'instance qui puissent faire Les officiers des troupes pour que je donne Le tout au soldat.J'en ay ainsy usé l'an passé, et j'ay vendu, et converty quelqu'eau de vie en bled dont je me suis bien trouvé.J'Informe La Compagnie de l'Employ present de leur fondeur que je trouve plus propre a contenter L'Esprit des curieux qu'à faire des extraits de mines qui produisent de grands bénéfices.Je viens présentement de faire l'essay d'une mine de charbon qui règne en plusieurs endroicts du pied de la montagne sur Laquelle Québec est planté.J'ay trouvé qu'il chaufoit assez bien la forge, quoy qu'il ne soit tiré que de la superficie pour que je puisse en envoyer à Monsieur de Terron si elle se vérifie bonne.J'en pourray faire tirer du fond pour Lester, et charger les vaisseaux qui retourneront d'icy en France fort souvent sans aucun fret charge, en ce cas La marine recevra de la un secours assez considérable, on pourra mesme se passer du charbon d'Angleterre.Je n'oze respondre qu'il se trouve icy des mines de cuivre rouge, mais au mesme endroict ou j'ay fait prendre aujourd'huy Le charbon dont je parle, J'ay moy mesme amassé forces petits morceaux qui paraissent de la nature du cuivre que La Suéde produit, j'en ay fait fondre dans une cuillière, mais cette matière s'est incorporée avec le fer de lad.cuillière qu'elle a fait couler.Je donne cet effet à la 56 ARCHIVES DE QUÉBEC quantité du souffre qui accompagne ce métal, on fait bien souvent des espreuves inutiles pour réussir utilement une fois.Je travaille autant que Je puis a reunir et reprocher Les habitations esloignées et je m'oppose à ce qu'à l'avenir on en forme aucune, qui ne soit en corps de communauté, hameau, Vilages ou Bourgs; pour faire connoistre que La chose est aysée J'ay entrepria de former trois Vilages dans le voisinage de Québec qui sont desja bien avancés; j'en destine deux pour les familles que vous avez dessein d'envoyer cette année, et pour Lesquelles l'Instruction que j'ay receue, m'ordonne de preparer quarante habitations.La Troisiesme se forme par dix huict personnes des plus considérables des troupes.Mr Le Chevalier de Chaumont, L'agent général de la Compagnie, six capitaines du régiment de Carignan Salière et dix subalternes de mesme que Le secretaire de Mr de Tracy entreprennent chacun d'y former une habitation, cela en excitera d'autres.Comme j'ay emprunté des P.Jésuistes, et de quelques particuliers Le terrein que j'ay fait occuper, on peut leur en laisser la seigneurie, et les droits qui seront exigés, si sa Majesté n'ayme mieux commencer de se faire icy un fonds de domaine ou s'asseurant Le service de ces nouveaux colons, en la manière qu'il est porté par le projet de règlement que j'ay adressé a mon frère, Le jugeant d'une Lecture trop Longue pour vous estre présenté, Je trouverois par la les moyens de donner des soldats au fort de S* Louis pour sa garde de Québec; ou par des droicts de domaine util, de quoy soustenir un jour Le pays par Luy mesme.Quand j'ay demandé quelque secours pour Introduire ycy et y ayder plus tost la fabrique que les manufactures, J'ay eu Intention de seconder les vostres, qui me paraissent dans l'article quinziesme de mon Instruction qui me dit en ces termes parlant des manufactures.C'est pourquoy II examinera tous les moyens que l'on pourra ambrasser po.l'Introduction d'une chose si utile aud.pays a laquelle Sa Ma** contribuera par l'ouverture de ses coffres, estant bien persuadée qu'elle ne sçauroit employer une bonne somme d'argent à un meilleur usage.Je ne scavois pas.Monseigneur, quand j'ay eu l'honneur de vous escrire pour vous demander quelque secours à cet effet, que le Roy eut à combattre les forces d'Angleterre, et présentement quelque avantage que Je juge qu'on puisse tirer des manufactures et fabriques à Introduire icy, Je ne vous demande plus ce que je scay vous estre plus util ailleurs; si cependant vous estimez a propos de faire quelque avance pour cela, elle sera mesnagée et remplacée peut estre avec bénéfice.Je responds que le chanvre vient parfaitement bien en ce pays.J'en ay fait semer et recuillir en différents endroicts, il est cru beau et grand et s'est trouvé très bon; J'en envoyé à Monsieur de Terron pour espreuve, età mon frère pour vous le faire voir, si vous le désirez.Je ne doute pas qu'il ne s'en fasse icy quelques jours autant, et plus que dans la basse Bretagne.Les terres nouvellement deffrichées m'ont paru tes meilleures pour le bien nourrir; quand j'ay distribué La graine que j'avois apportée l'année passée, j'ay voulu qu'on m'en rendit autant à la récolte de la présente, et cela s'est pratiqué de manière que je dorme ce que j'en reçois a qui n'en a pas, aux mesmes conditions pour l'année prochaine, on pourra bien nous en envoyer de france, mais comme elle ne peut passer Icy qu'elle ne soit trop vielle d'une année, elle ne produit pas toute.J'ay trouvé que pour engager les habitans à cultiver beaucoup de chanvre, il falloit Les réduire à avoir besoin de fil; pour cela je me suis saisy de tout celuy que j'ay trouvé icy que je ne fais distribuer qu'a ceux qui s'engagent de rendre une quantité de chanvre pour le fil qu'on leur donne et sur ce pied je pretends continuer t' ARCHIVES DE QUÉBEC 57 prochain, si j'ay suffisamment de graine.Il seroit donc bon a cet effet que vous eussiez agréable d'ordonner à Mess* Les directeurs de la Compagnie de deffendre à leurs commis d'envoyer icy du fil, que j'en fisse achepter deux, ou trois mille Livres par un homme que j'adresse à mon frère, et que cette quantité fust reçeue dans les vaisseaux que nous espérons recevoir l'an prochain.Je m'arreste a cet article, par ce que je comtois que le Roy en tirera un jour de grands avantages pour la marine.Non seulement on peut faire icy quantité de merin; mais on y peut aussy trouver beaucoup de bois propres à bastir des vaisseaux et peu de pièces entrent dans le corps d'un navire qui ne se trouvent icy, ou les rapports que les charpentiers du Roy, que Monsieur de Terron entretient en ce pays, m'ont fait ne sont pas véritables.Je pourray parler plus scavant l'an prochain parce que cet hiver je pretends visiter moy mesme sur les neiges Les forests Les plus fournies de chesnes, érables, charmes et francs fresnes.J'asseure desja que j'ay veu de quoy faire du bordage et j'oblige Les mesmes charpentiers à rendre compte à Monsieur Colbert de Terron de ce qu'ils ont veu dans les forests que je leur ay fait visiter.Pour exciter les habitans du Canada a entreprendre la construction de quelque petit vaisseau, pour l'utilité du pays, j'en ay fait commencer cet hiver un du port de six vingt tonneaux et j'employe a cet ouvrage le benefice d'environ deux mille escus, que j'ay reçeu sur la vente des denrées que j'avois acheptées des douze mille Francs de mes appointemens que le Roy a eu la bonté de me faire passer sans payer de fret.Ce vaisseau sera à Sa Majesté, ou au pays, ainsy qu'il Luy plaira en ordonner.J'espère qu'au printemps prochain il sera en estât de servir s'il me vient des agrèz.Je feray faire dès cet hiver L'essay du merin et je charge La personne que j'envoye en france de m'amener au printemps prochain six fondeurs pour servir de chefs d'àtteliers et faciliter aux gens du pays les moyens de réussir en cette fabrique.Il est certain que sans faire passer de france icy une grande quantité de brebis, Le peu qui s'y trouve aujourd'hui peut multiplier assez considérablement pour en fournir tout le pays, mais comme du grand nombre de ces animaux on emprunte La quantité de Laine si utile a tant de manufactures on ne peut les espérer qu'après une longue succession de temps, si ce n'est que nous ayons commerce ouvert avec les anglois par le Lac Champlain, ou les François de l'acadie qui sont soubs leur domination, avec lesquels j'espère que nous pourrons quelque jour communiquer par la Rivière de S* Jean.Je seray fort exact à faire conserver Les espèces de ces animaux pour en introduire plustost la multiplication.Nous espérons l'an prochain quelques nouveaux colons, dans le courant de celle cy il s'en est estably plus de deux cens cinquante qui ont formé des habitations.Les quatre vingt et dix filles que le Roy a fait passer sont toutes mariées à l'exception de six auxquelles je suis obligé de donner quelque secours de temps en temps, de mesme qu'aux mariées dans le besoin qu'elles souffrent les premières années de leur mariage.Je vous envoyé le procez verbal que j'ay dressé sur les debtes de la communauté qui fera connoistre au Roy de qu'elle nature elles sont et qu'elle est leur origine.Les plus considérables créanciers de ce pays sont en france, et ont deub s'adresser à Monsieur de Pussort.Je joings mon avis a ce procez verbal au désir de l'arrest du Conseil de Sa Ma** et je marque Les expédiens que je crois qu'elle peut prendre 58 ARCHIVES DE QUÉBEC pour desgager cette communauté de ses de tes; en attendant L'Estat de Liquidation et de la distribution que sa Ma** ordonnera, Je feray conserver les deniers qui proviendront du dix pour cent, hors quelque chose que je suis obligé de donner aux plus pauvres du pays.J'accompagne cet estât d'un Rolle des familles.La Lecture d'une feuille peut vous faire voir l'ordre que j'ay fait observer pour mieux connoistre La véritable force et les differens mes tiers de ses colons.Ce que je puis asseurer est que presque tout ce qu'il y a d'hommes d'aage, et de force a porter les armes ont l'air de la guerre, et sont capables de la faire.Il n'est pas si exact cette année qu'il le sera la prochaine.Quelque temps après mon arrivée icy J'ay proposé de donner des règles de police aux Sauvages Algonquins et Hurons pour former leurs mœurs sur celles des Francois, dans la veûe que vous me marquez et pour avoir droict de les punir quand ils contreviendront aux ordonnances, Les faisant d'ailleurs jouir des avantages qu'ont icy les François, entre autre de l'usage des boissons qui jusques icy leur ont esté deffendues, mais J'ay trouvé quelque obstacle que je tascheray de lever cet hy ver.Il est vray qu'on a deub dès il y a longtemps leur faire apprendre nostre Langue et ne pas nécessiter les sujets du Roy à estudier la leur pour pouvoir communiquer avec eux.Il y a eu beaucoup plus d'erreur surtout dans la qualité des munitions de bouche envoyées l'an passé que je n'ay eu l'honneur de vous le marquer, et je me suis trouvé fort court, mais graces à Dieu j'ay receu par l'assistance du pays Les secours nécessaires.Monsieur Colbert de Terron nous a envoyé cette année des vivres bien mieux conditionnées et je me suis bien aperçeu qu'il avoit fait veiller sur la conduite des marchands chargés des fournitures du Canada.Je vous remercie très humblement, Monseigneur, de la bonté que vous avez eu d'escrire sur cet article duquel depend La conservation des troupes du Roy et le soulagement de toute La colonie, sur laquelle il faut retomber quand Le soldat n'a pas son nécessaire.Ces manquemens passés m'ont fait essuyer de la mauvaise humeur de quelques officiers particuliers, mais le corps en général en a bien usé et a eu toute la patience que j'en pouvois désirer.Il est composé pour la partie plus nombreuse de très honnestes gens.Je vous remercie pareillement de ce que vous avez eu la bonté de faire aquitter La lettre de change que j'a vois donnée au Sr.de la Motte je n'en tireray plus de cette manière.Mais je vous supplie très humblement de faire ordonner que du fonds fait pour les troupes qui servent icy Le Trésorier en remette un tiers sur mon billet portant promesse d'en tenir compte et de luy en fournir descharges Vallables parce que les vaisseaux n'arrivant icy qu'au mois de Juin et plus tard, ainsy que cette année en laquelle ils n'ont paru qu'au mois d'Aoust Je suis obligé pour soustenir en les attendant L'officier et Le soldat, et fournir aux autres despenses, d'emprunter de toute part, et rendre après à Paris et ailleurs ainsy que j'ay fait dans tout le cours de l'année présente, cela n'augmentera pas la despense du Roy, et me facilitera de beaucoup son service.J'ay mis entre les mains d'un officier que j'envoye un billet a cet effet.Le Trésorier pourra luy remettre ce fonds si vous luy ordonnez de le faire.Je suis si persuadé qu'avec l'ayde que vous faites espérer Les soldats du Regiment de Carignan Salière, de mesme que des quatre Compagnies qui ont servy en l'amérique soubs le commandement de Mr de Tracy, s'habitueront icy, que j'oze vous respondre que la meilleure partie y demeurera, et mesme plusieurs officiers m'ont desja donné Leurs parolles pour cela, si le Roy tesmoigne avoir agréable ce que je ARCHIVES DE QUÉBEC 59 propose dans un mémoire que j'adresse à mon frère, ou vous pourrez voir l'oeco-nomie qui se peut faire icy pour la subsistance des troupes qui y serviront.Vous m'ordonnez de faire régner la justice et d'establir une bonne police pour augmenter La colonie, on a satisfait à ces deux devoirs autant qu'on l'a pû par des Reglemens escrits.Il s'en est fait d'autres pour la vie civille et honneste par des coustumes introduites, voye plus douce, plus agréable aux peuples que n'est celle de l'ordonnance qui semble porter par la contrainte les hommes à leur devoir auquel ils sont insensiblement engagés par la coustume qui les invite à la pratique.Toutes les gratifications que vous avez procurées ont esté très bien receues particulièrement celle de M» de Tracy.J'en reçois une tous les ans dont je suis obligé de vous remercier très humblement, c'est la liberté que vous me donnez de convertir partie de mes appointemens en denrées qui passent icy sans payer de fret, sur l'eschange des quelles je trouve du bénéfice.Je voue asseure que j'en feray bon usage et le plus utile que je pourray au service du Roy afin de mieux mériter la continuation des graces que je reçois de Sa Ma** par vostre moyen.Jusques icy j'ay respondu aux articles que vous m'avez fait l'honneur de m'escrire.Je commence présentement à me donner celuy de vous rendre compte de beaucoup de choses.Je crois m'estre cy devant presque suffisamment expliqué sur le secours de bois que le Roy peut tirer du Canada pour sa marine de France, cependant j'ajouste que tous les avis qu'on me donne me persuadent qu'ils peuvent estre plus considérables que je ne les ay marqué.J'asseureray quand j'auray veu moy mesme dans le voyage que je pretends faire ce que je n'avance que sur le raport d'autruy.Je confirme ce que j'ay marqué sur le chanvre, et j'asseure qu'on peut espérer que ce pays en produira quelque jour presqu'autant que l'ancienne France, si on le sème bien abondant, et si on le cultive avec le mesme soin que dans la basse Bretagne.Comme il se trouve icy quantité de pins et sapins, on peut espérer de ceux cy du Bré, de la résine, et de l'encens, et de ceux La du goldron.Je commenceray au printemps prochain à faire des essays des uns et des autres, et puis j'auray l'honneur de vous marquer l'effet de mes espreuves.Il est très asseure qu'il y a icy de fort belles mastures, mais la plus part ne se trouvent pas au bord du fleuve.Cependant comme tout ce pays est fort percé de très belles Rivières qui se desgorgent dans led.fleuve, on peut espérer que lesd.Rivières faciliteront le transport desd.mastures jusques a luy.Le peu d'application qu'on a eu jusques icy à faire valloir le pays fait qu'on n'est pas scavant de ce qu'il peut produire.Il ne tiendra pas à mes soins que vous ne l'apprenniez.Dieu veuille que ce soit à vostre satisfaction.Sur l'avis que j'ay eu que deux vaisseaux pescheurs avoient fait l'an passé naufrage à l'Isle percée et dans la Baye de Gaspé, j'ay proposé à Mr de Tracy d'en sauver les canons et par la les oster aux Anglois de Baston qui auraient pû en profiter, Nous les donnant dans un temps auquel je les croyois non seulement utiles mais nécessaires à la deffense de ce pays qui en a peu.Pour cela j'ay fait partir une barque qui en a apporté dix de quatre et six Livres de balle.Si vous jugez qu'ils soient aquis au Roy par droict d'admirauté n'ayant pas esté répétés dans l'année, c'est un bien sauvé pour Sa Ma** et s'il est juste de les rendre aux Mais-tres des navires, ils seront restituez au moindre ordre qu'ils en envoyeront de vostre part. 60 ARCHIVES DE QUÉBEC Ayant envoyé une grande barque au naufrage du vaisseau la Paix qui se perdit l'an passé dans le fleuve de S' Laurens, on a sauvé quelques agrèz et une assez bonne quantité de pelleteries appartenantes à des marchands dont le droict de Sauvage remplacera du moins La despense que j'ay faite pour sauver lesd.agrèz qui sont au Roy.J'ay fait commencer la pesche de morue dans le fleuve et j'ay reconnu qu'elle s'y pouvoit faire abondamment et avec bénéfice.J'espère mesme qu'on pourra en establir de sédentaires qui seront d'une double utilité, puisque l'hiver les esqui-pages pourront faire la chasse d'orignaux.Un des grands avantages que je regarde en ce pays est qu'il pourra fournir quelques jours grand nombre de matelots s'il se peuple beaucoup, les habitans ayant une grande et prochaine disposition à la navigation.J'ay envoyé à la pesche du Loup marin pour faire cette année une tentative, qui puisse servir de Règle pour les autres, mais la barque n'estant pas encore retournée, Je ne puis vous marquer le succez de mon entreprise.J'ay renvoyé à Monsieur Colbert de Terron le plus de mousquets et de bandol-lières que j'ay pfl retirer des troupes qui sont icy et aux Trois-Rivières pour les remettre dans les magazins de la marine, parce qu'il m'a tesmoigné qu'il estoit du service du Roy dé le faire ainsy.J'aurais envoyé tout ce que Le Régiment de Carignan en a, si le reste ne s'estoit trouvé dans les forts, ou une partie peut servir très utilement.Je ne puis me deffendre de vous faire connoistre que les fréquentes et nombreuses ambassades des Iroquois dont quelqu'unes ont esté de six vingt et plus, avec la nourriture des prisonniers de cette nation, dont vingt deux sont encore gardez, ont fait presque autant de despense que trois compagnies des troupes du Roy.Je ne dis rien de la despense extraordinaire des deux expeditions de guerre dans lesquelles, surtout dans la dernière.Il a fallu nourrir habitans Francois, Algonquins, Montagnez et Hurons en grand nombre.Le Roy aura à ces extraordinaires, qu'il faut que je sous tienne, tel esgard qu'il Luy plaira et je me contentera y de tout ce que Sa Ma** ordonnera.Mons\"- de Tracy et Monsr de Courcelle sont revenus de leur expédition.Les Iroquois ayant pris le party de se retirer et d'abandonner leurs habitations Mond.Srde Tracy n'a pQ en prendre d'autre, que de brasier leurs forts et faire un degat général.C'est à ces deux Mess* à vous informer de ce qui s'est passé dans tout le voyage, qui a demandé cinq\" trois jours de marche; ce que je scay de la voye publique est qu'on ne peut rien adjouster à ce qui s'est fait de ce qui se pouvoit faire et que les ordres du Roy auraient esté parfaitement exécutés et son attente entièrement remplie, si ces sauvages avoient tenu ferme, à la vérité il serait à désirer qu'une partie eust esté battue et quelqu'autre prisonnière.L'aage avancé de Mr de Tracy doit augmenter de beaucoup Le mérite du service qu'il a rendu au Roy, en prennant sur un corps cassé comme le sien une fatigue qui n'est pas concevable, on m'asseure que dans tout le voyage qui a esté de trois cens lieues, comprennant le retour, il ne s'est fait porter que deux jours; encore y fut il contraint par la goutte.Mr de Courcelle plus vigoureux que Luy n'a pû se deffendre de se faire porter de mesme parce qu'il fut attaqué d'une retraction de nerfs.Tous deux ont à la vérité fait toute la fatigue que l'humanité peut porter. ARCHIVES DE QUÉBEC 61 Mond.Sr de Tracy a fait dans son voyage quelque despense pour le port des Canons, et autres services extraordinaires rendus par les troupes; j'ay voulu luy en faire Le remboursement, mais par moderation il n'a pas voulu Le souffrir.N'ayant pas esté tesmoing de ce qui s'est fait dans cette entreprise contre les Iroquois, Je ne puis marquer Le mérite de chacun des officiers qui ont esté employés à cette expédition; c'est à Mr de Tracy et à Mr de Courcelle de vous en donner connoissance; ce que je scay par une Relation publique est que tous y ont fait ce que sa Ma\" peut désirer de ses plus zélés sujets.Si le Roy faisant l'accommodement de la Hollande avec l'Angleterre, stipuloit la restitution de la nouvelle Hollande et qu'auparavant il trouvast jour d'en traitter avec Mess* Les Estats, J'estime qu'il le pourrait à des conditions raisonnables et ce pays, qui ne leur est pas bien considérable.Le seroit fort au Roy qui aurait deux entrées dans le Canada et qui par la donnerait aux François toutes les pelleteries du nord, dont les Anglois profitent en partie par la communication qu'ils ont avec les Iroquois, par Manatte et Orange et mettrait ces nations Barbares à la discrétion de Sa Ma\" outre qu'elle pourrait touscher la suède quand il luy plairait, et tiendrait la Nouvelle Angleterre enfermée dans ses Limites.J'ay crû devoir mettre icy cette pensée.Vous m'avez fait l'honneur de me mander que le Roy a gratifié M' Berthier, Capitaine au Régiment de l'Allier, nouvellement converty.de la somme de quatre cens escus.Il ne l'a pas reçeue ny moy pour Luy; si vous avez la bonté de me La faire remettre Je la Lui feray payer.De quelque costé que doive venir Le secours de l'esglise pour la subsistance de ses Esclésiastiques, Je me sens obligé de vous le demander.Il est constant que Monsieur l'Evesque de Pétrée qui n'est que trop zélé, ne peut fournir de curés ou Missionnaires tous les endroicts de ce pays qui en ont besoin pour Le spirituel, qu'il ne soit assisté ou par Le Roy, ou par la Compagnie.Le fonds des dixmes que nous establirons cette année avec beaucoup de modération ne peut suffir à moins que M' de Bretonvilliers, Supérieur de S1 Sulpice, fasse passer cinq ou six Prestres choisis dans son séminaire qui ne soient pas plus a charge que ceux qu'il nous a fait donner cette année pour deservir la cure des Trois-Rivières et administrer les sacre-mens aux Troupes d'un ou de deux des forts.Cet expédient me paroist le plus facile et Le plus soulageant de tous.Quand le Roy me commanda de passer en Canada Sa Majesté me fit l'honneur de me dire qu'elle ne m'y laisserait que deux ans, mon congé ne peut venir avant ce terme expiré.Je vous supplie très humblement.Monseigneur, d'avoir la bonté de me l'obtenir.Je ne le demanderais pas si je me connaissois assez de génie et de talent pour bien m'aquitterde I'employ que vous m'aviez fait La grace de me procurer, et policer un estât naissant sans un secours comme est celuy que je reçois de Monsieur de Tracy.Si cependant Sa Ma\" croit que je luy sois util je n'ay pas d'autres volontés que la sienne et la vostre; commandez et quoyqu'infirme J'obéiray, faisant un sacrifice entier de ma personne à son service et à votre satisfaction.Je scay bien que je ne sers pas icy au gré de tout le monde et c'est ce qui, joint à mon indisposition, me fait demander mon congé au Roy, si vous désirez scavoir qui sont ceux qui peuvent n'estre pas satisfaicts de ma conduite et pourquoy M.Le Chevalier de Chaumont et l'agent général de la Compagnie pourront vous le dire et vous informer que si je voulois laisser l'Esglise sur le pied d'autorité que je l'ay trouvée j'aurais moins de peine et plus d'approbation. 62 ARCHIVES DE QUÉBEC Je ne demande pas que le Roy me faisant la grace de me retirer d'icy, ordonne ¦ à mon successeur d'y maintenir et conserver toutes choses au mesme estât qu'il les aura trouvées, il sera bien peu esclairé, s'il ne l'est plus que moy et s'il ne trouve & reformer dans les establishments de police auxquels J'ay pfl contribuer.Je ne voudrois pas respondre si le Roy me commandoit d'y demeurer que je n'y fisse moy mesme quelque changement, selon l'exigence des temps.Je suis dans un profond Respect Monseigneur Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur Talon.Québec Le XIII» Novembre 1666 (1).LETTRE DE M.DE LIONNE A TALON (7 JANVIER 1667) Monsieur, J'ay receu v» lettre du 15= Octobre dernier ensemble le Traitte que vous avez conclu avec les Iroquois, Je le conserveray comme une piece fort curieuse et très judicieuse, Le Roy en a escouttê la lecture avec beaucoup de plaisir aussy bien que de la Relation que vous me faites de tout ce qui se passe au lieu ou vous estes, Et Sa Ma\" a donné créance a tout ce que vous me mandez du Courage et de la valeur de ses trouppes estant persuadée que vous luy en parlez avec sincérité et ne faites que leur rendre Justice, Mats Je doibs vous dire aussy qu'a Ve esgard sa Ma\" vous la rend toute entière, et que se louant des bons succez des entreprises de ses trouppes Elle en attribue beaucoup a vos bons conseils et a vos soins dont Elle tesmoigne une satisfaction très particulière, Je vous prie de croyre que je seray ravy de pouvoir pro fritter en quelque occasion importante pour v1» advancement des dispositions favorables que sa Ma\" y fait paroistre, et que cependant je tas-cheray de luy faire valoir autant quil me sera possible les importans services que vous luy rendez.Je suis Monsieur V» bien humble et très aff««* serviteur De Lionne.S.Germain en laye 7» Janvier 1667 (2) (1) Archive.Nationale».Colonie*.C\" Ai (2) Archive.Nationale», Colonie*.F* 3. ARCHIVES DE QUÉBEC 63 Le Canada est un vaste pays de différentes hauteurs, capable dans ses diffé-rens climats, et expositions au soleil, de toutes les productions de l'ancienne france, sans en excepter aucune.Ayant ainsy qu'Elle du chaud vers le midy, du froid au Nord, et du tempéré dans le milieu de ces extremes.Il y a en beaucoup d'endroits des prairies naturelles qui produisent de l'herbe abondamment, et de si bonne qualité, que toute sorte de bestiaux peuvent s'en nourrir grassement.Il est fécond en hommes français naturels, les femmes y portant presque tous les ans, et en animaux des espèces que le pays produit.Il n'est pas de mesme des Sauvages dont les femmes sont assez stériles, soit que le grand travail auquel elles sont obligées, retarde leur portée, soit qu'elles nourrissent trop longtemps leurs enfanS de leur laict, mais cet obstacle à la prompte formation de la Colonie peut estre surmonté par quelque règlement de Police aisé à introduire, et faire valoir, si on n'empesche pas les sauvages de sy sousmettre.La Colonie de Canada peut ayder par ses productions à la subsistance de celle des Antilles et luy devenir un secours asseure si celuy de france luy man-quoit.Ce secours peut estre de farine, de légumes, de poisson, de bois et d'huile, et d'autres choses qu'on n'a pas encore découvert.A mesure qu'elle recevra des accroissemens, elle pourra par ses peuples, naturellement guerriers et disposés à toute sorte de fatigues, soustenir la partie de l'Amérique méridionale, si l'ancienne france ne pou voit luy porter ses secours; d'autant plus aysément qu'elle aura de soy des vaisseaux.Si elle s'amplifie ou d'elle mesme, et par ses productions, elle donnera la subs-sistance nécessaire à ses colons, et en ce cas elle ne sera pas à charge à l'ancienne france, ou Elle empruntera de lad.france ce qui pourra luy manquer, et par la douane et sorties du Royaume, elle contribuera à l'augmentation des fermes et revenus du Roy, et accommodera ses sujets de l'ancien Estât, en les deschargeant de leur surabondant, Et, par ce qu'elle rie paye pas en argent monnoyé ce qu'elle emprunte, elle donne des denrées, pour retour, qui payent au Roy les entrées dans son Royaume.D'ailleurs ces denrées consistantes en pelleteries tournent au bénéfice des sujets de Sa Ma\" lesquelles si la Colonie de la Nouvelle france n'estoit soustenue, tomberaient entre les mains des Anglois, des holandois ou des Suédois, Et cet avantage n'est pas si peu considérable que la Compagnie ne doive convenir que cette année, il passe de la Nouvelle en l'ancienne france pour prez de 550m U.de Pelleteries.Par tous ces endroits, comme par ceux qui sont connus, dont on ne parle pas, ou qui sont cachez, et que le temps est seul capable de découvrir, on doit connoistre que le Canada est d'une utilité sensible.On peut adjouster à ces avantages celuy de pouvoir en cas de rupture porter la guerre par le Canada aux Colonies Angloises, holandoises, et Suédoises, et la Colonie françoise continuant de recevoir les accroissemens qu'elle reçoit tous les ans, pourrait un jour soubsmettre à l'obéissance du Roy un grand pays fertil et assez peuplé.MÉMOIRE DE TALON SUR L'ÉTAT PRÉSENT DU CANADA (1667) 64 ARCHIVES DE QUÉBEC Le Canada se distribue en trois Estats, l'Esclésiastique, la Noblesse et le populaire.L'ECLÉSI ASTIQUE Est composé d'un Evesque nommé, ayant le tiltre de Pétrée, In partibus infi-delium, et se servant du Caractère, et de l'autorité de Vicaire apostolique.Il a soubs luy neuf près très et plusieurs Clercs qui.vivent en communauté, quand ils sont près de luy dans son séminaire, et séparément à la Campagne, quand Us y sont envoyez par voye de mission, pour deservir les Cures qui ne sont pas encore fondées.Il y a pareillement les Pères de la Compagnie de Jésus au nombre de 35.La plus part desquels sont employez aux missions estrangères pour la conversion des Sauvages, ouvrage digne de leur zèle et de leur piété, s'il est exempt du mcslange de 1'Interest dont on le dit susceptible par la traite des pelleteries qu'on asseure qu'ils font aux 8ta8aks, et au cap de la Magdelaine ce que je ne scay pas de science certaine.La vie de ces eclêsiastiques par tout ce qui paroist au dehors, est.fort réglée et peut servir de bon exemple et d'un bon modèle aux séculiers qui la peuvent imiter, mais comme ceux qui composent cette colonie ne sont pas tous d'esgalle force n'y de vertu pareille, ou n'ont pas tous les mesmes dispositions au bien, quelqu'une tombent aysement dans leur disgrace pour ne se pas conformer à leur manière de vivre, ne pas suivre tous leurs sentimens, et ne s'abandonner pas à leur conduite, qu'ils estendent jusques sur le temporel, empiétant mesme sur la Police extérieure, qui regarde le seul Magistrat.On a lieu de soupçonner que la pratique dans laquelle ils sont qui n'est pas bien conforme à celle des Eclésiastiques de l'ancienne france, a pour but de partager l'autorité temporelle, qui jusques au temps de l'arrivée des troupes du Roy en Canada résidoit principalement en leurs personnes.A ce mal qui va jusques à gehesner, et contraindre les consciences et par là desgouster les Colons les plus attachez au pays, on peut donner pour remède l'ordre de balancer avec adresse et modération cette autorité par celle qui réside ez personnes envoyées par Sa Ma\" pour le gouvernement, ce qui a desja esté pratiqué; de permettre de renvoyer un ou deux Eclésiastiques de ceux qui reconnoissent moins cette autorité temporelle, et qui troublent plus par leur conduitte le repos de la Colonie, et introduire quatre eclésiastiques entre les séculiers, ou les réguliers, les faisant bien autoriser pour l'administration des Sacremens, sans qu'ils puissent estre inquiétez, autrement ils deviendraient inutils au pays, parceque s'ils ne se conformoient à la pratique de ceux qui y sont aujourd'huy, MT l'Evesque leur détiendrait d'administrer les Sacremens.Pour estre mieux informé de cette contrainte des consciences, on peut entendre M* Dubois aumosnier du Régiment de Carignan qui a ouy plusieurs confessions en secret et à la desrobée, et Mons.de Bretonvilliers sur ce qu'il a apris par les Eclésiastiques de son séminaire estably à Mont Real.Outre ces Eclésiastiques dont il est parlé il y a onze près très du séminaire de S* Sulpice establis à Mont Real et qui s'employent à y desservir la cure principale avec les habitations adjacentes du spirituel desquelles ils prennent soin, de mesme que de l'instruction des Sauvages,' vers lesquels ils ont commencé d'envoyer en mission, et de la jeunesse française.Comme ces Eclésiastiques ne sont à charge ny au Roy ny au pays à cause du bien qu'ils transportent en Canada, et que d'ailleurs ils ne causent pas aux LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (Voir page 39) ARCHIVES DE QUÉBEC 65 colons la peine d'esprit qu'ils ressentent par la conduite des autres, j'estime qu'il seroit bon d'inviter Mr de Bretonvilliers a y en faire passer tous les ans quelqu'uns.Ces Eclésiastiques subsistent de leur revenu.Les Pères Jésuites tant du leur que des aumosnes envoyées de france et de cinq mille Livres de pension annuelle qu'on prend sur le fonds du pays pour sous-tenir leurs missions estrangères.Le séminaire de Mr l'Evesque subsiste tant de son revenu consistant ez Seigneuries de l'Isle d'Orléans et Beaupré, que de deux mille livres de pension annuelle, sur le fonds du pays, outre mille livres po.l'entretenement de la paroisse, pris sur le mesme fonds, des dixmes qu'on a commancé d'establir pour elle et de la gratification du Roy.Outre ce nombre d'Eclésiastiques, il y a trois maisons de Religieuses, dans Québec.Celle des Ursulines est composée de vingt trois Religieuses qui s'appliquent à l'Instruction des jeunes filles, et subsistent tant de leur fondation, que de cinq cens livres de pension annuelle que le fonds du pays fournit, et principalement de leur oeconomie.Ces Religieuses sont utiles.Plus utiles encore les Religieuses hospitalières de l'ordre de S' Augustin esta-blies à Québec, qui travaillent avec beaucoup de zèle et de charité a nourrir, penser et guérir les malades et blessez qui leur sont envoyez de tous les endroits du pays.Mont Real a son hospital deservy par cinq Religieuses de mesme zèle et charité que les précédentes et qui assistent utilement la Colonie.Toutes ces maisons de Charité ont besoin qu'on leur en fasse, plus l'hospital de Québec que les autres.Si le Roy leur accordoit cette année par forme d'ausmosne quelque gratification, et permettait que dans les vaisseaux qui seront par luy envoyez en Canada, elles pussent faire porter dix ou douze tonneaux de denrées à leur usagé, et à celuy des pauvres, sans payer fret, elles s'en sentiraient bien obligées.LA NOBLESSE N'est composée que de quatre anciens nobles et de quatre autres chefs de familles que le Roy a honnorés de ses lettres l'année dernière.Outre ce nombre il peut y avoir encore quelques nobles entre les officiers qui se sont establis dans le pays.Comme ce petit corps est trop peu considérable pour bien soustenir, ainsy qu'il est naturellement obligé, l'autorité du Roy, et ses Interests en toutes choses, mon sentiment seroit de l'augmenter de hùict autres personnes choisies entre les plus méritans et les mieux intentionnées, en laissant les noms en blanc ainsy qu'il a esté fait l'an passé.LE PEUPLE Est de pièces de.raport et quoyque composé d'habitans de différentes provinces de France dont les humeurs ne symbolisent pas toùsjours, il m'a paru assez uny dans tout le temps de mon séjour.Il y a parmy ces Colons gens aisés, gens indigens et gens tenant des deux extrêmes.Le second ordre demande le secours du Roy et l'ayde des Conseils et de l'application de ceux qui sont chargez dans le 66 ARCHIVES DE QUEBEC pais des affaires de Sa Ma** qui doivent par obligation estroitte entrer dans le des tail des familles.LA JUSTICE Est rendue en premier lieu par le juge des Seigneurs puis par un Lieutenant Civil et Criminel estably par la Compagnie en chacune des jurisdictions de Québec et des trois Rivières et sur le tout un Consul Souverain qui juge en dernier ressort de tous les cas dont il y a appellation.Je connois peu de choses à redresser en la Justice, si le Roy par son autorité faisoit observer le Code, en diminuer les procédures et les formalités non essentielles, et ordonner d'ailleurs qu'elle se rende dans l'ordre plus naturel, C'est à dire que les matières de la première Instance se traittent par le Lieutenant Civil, réservant l'appel au Consul Souverain, si les parties ne se tiennent au premier jugement.LA GUERRE Les troupes du Roy, et les habitans du pays y sont soubs l'autorité de M'de Courcelle Lieutenant général et Gouverneur du pays.Lesd.troupes en quatre Compagnies de soixante et quinze hommes chacune, officiers compris, sont distribuées.SC AVOIR A Mont Real teste du Pays deux compagnies.Au fort de S* Louis dans la Rivière de Richelieu deux autres desquelles on a destaché trente hommes pour le fort de S** Anne, le plus avancé vers les Iroquois, et vingt et un sergent pour le fort de S.Jean.Ces troupes n'ont autre application que la garde des postes qui leur sont confiés, la chasse et la cultures des terres à laquelle ils s'appliquent, ou pour leur compte ou pour celuy des habitans, ne pouvant faire sur les Iroquois aucun acte d'hostilité, tandis que les sauvages conserveront la paix qu'il a plu au Roy leur accorder.Le Gouverneur visite chaque année tous les postes avancez et y ordonne ce qu'il estime à propos pour leur seureté et le bien du service du Roy et s'il y a quelque chose à désirer de sa part, c'est qu'il exerce ou fasse exercer au port et maniement des armes les habitans du pays, ce qu'il n'a pas encore pratiqué mais ce qu'il a promis de faire.Une despense de cent pis to lies dans toute une année mis en prix pour les plus adroits exciteroit bien de l'émulation au fait de la guerre (1).(1) Archives Nationales, Colonies.C\" A.2. ARCHIVES DE QUÉBEC 67 A S1 Germain en Lave le 5 avril 1667 Monsieur Je dois premièrement accuser la reception de trois de vos depesches l'une du 14« Octobre, & les deux autres du 13» Novembre de l'année dernière 1666 avec le procez verbal des debtes de la Communauté, le rolle des habitans de la Colonie, L'acte de prise de possession des forts abandonnez par les Iroquois, & quelques autres mémoires qui les accompagnoient, et ensuite Vous dire que le Roy est fort satisfait de l'application que vous avez' eue pour bien exécuter ses intentions, Tant en administrant & faisant administrer une bonne Justice aux peuples de cette Colonie, qu'en prenant soin de faire réussir a leur advantage toutes les choses que sa Ma\" avoit estimé pouvoir y contribuer.Quoy qu'elle soit entrée dans les raisons qui vous font souhaiter de revenir icy, après que lés deux années, pendant lesquelles elle s'estoit expliquée qu'elle vouloit que vous la servissiez en la nouvelle france, seraient expirées, elle a jugé qu'il estait important que vous y demeurassiez encore une troisiesme pour fortiffier & affermir dans le pays les différents establissemens auxquels vous avez donné une si bonne disposition afin que celuy qui vous succédera n'ayt qu'a les maintenir et a travailler sur les fondemens que vous luy aurez si bien préparez.Vous & M.de Tracy me rendez un tesmoignage advantageux de la personne du Sr de Ressan qui a un bon fonds de probité, une intelligence & une application suffisantes pour remplir cet employ lors que vous repasserez en l'ancienne france, a quoy n'ayant point de peine a donner ma créance (cette relation s'accordant aussy a celle qui m'en a esté faite d'ailleurs), Il est nécessaire que vous luy communiquiez toutes vos intentions & vos pensées pour la plus grande utilité de la Colonie, que vous luy inspiriez que la principale veue qu'il devra cy après avoir est de conserver les habitans dans le repos et la tranquilité, de procurer par une estude continuelle le succès des choses qui peuvent tourner a leur bien, d'introduire parmy eux le Commerce, l'usage des manufactures propres aux nécessitez de la vie, et généralement tout ce qui peut les mettre a leur aise, et en outre d'augmenter le nombre dés Colons; luy faisant connoistre que le Roy ne comptera les services qu'il pourra luy rendre dans cet employ dans la suite du temps que par cette multiplication de Colons; Et afin que je puisse connoistre moy mesme quel est le Caractère de son esprit, disposez le s'il vous plaist a me rendre compte des affaires du pays, & a me proposer les moyens qu'il croira pouvoir estre pratiquez pour l'améliorer & l'augmenter, parce que de son raisonnement je pourray former mon jugement sur sa capacité, et si naturellement il a le sens droict, et tel qu'il le faut avoir pour gouverner des peuples, Mais vous luy insinuerez le dessein de m'escrire comme de vous mesme sans que vous luy tesmoigniez que jel'aye désiré.La satisfaction du Roy est entière sur les soins que vous avez pris pour faire fournir les choses nécessaires aux Troupes afin de les bien faire agir dans les expeditions différentes qu'elles ont faites contre les Iroquois du succès desquelles Sa Majesté a esté bien aise d'estre informée, Mais comme l'effet des armes du Roy contr'eux quoy que considerable n'est pas suffisant pour asseurer la Colonie contre leurs invasions, n'estant pas destruicts, et estant d'ailleurs a craindre qu'ils ne LETTRE DU MINISTRE COLBERT A TALON (5 AVRIL 1667) 68 ARCHIVES DE QUÉBEC reviennent avec plu» de férocité que jamais faire leurs massacres accoustumez dans les habitations esparses & qui ne peuvent estre secourues par leur esloigne-ment, Sa Majesté s'attend que vous engagerez et par vos Conseils, et par tous les moyens que vous aurez en main, M.de Courcelles a faire une nouvelle entreprise sur eux pendant l'esté prochain, soit pour les destruire entièrement s'il est possible, soit au moins pour augmenter la Terreur qu'ils ont des forces de Sa Ma** et les mettre moins en estât de troubler le pays quelque envie qu'ils en puissent avoir.Vous apprendrez par la teneur des Ordres du Roy qui sont envoyez en la nouvelle france que le regiment de Carignan Salières, & les quatre Compagnies qui y ont passé des Isles de l'Amérique sous le commandement de M.de Tracy y demeurent encore une année et comme-vous & M.de Tracy donnez a Sa Ma\" une pareille espérance que la pluspart des Officiers et soldats s'y habitueront volontairement, et que c'est la chose la plus importante qui se puisse faire dans la conjoncture présente pour le bien du pays, elle desire que vous les aydîez a se confirmer dans cette resolution en leur facilitant les moyens de s'establir, Apres quoy il faudra travailler a les marier pour les y attacher encore plus fortement estant persuadée que vous leur pourrez distribuer des habitations dans les trois Villages que vous avez formez es environs de Quebec sur des Terres appartenant aux Peres Jésuistes, et qu'il vaut beaucoup mieux commencer a faire un petit Domaine de ces trois Villages dont le revenu sera appliqué aux besoins du fort, que de les ériger en Seigneurie au proffit desd.Peres Jésuistes.Les espérances qui vous esté données par les Charpentiers qui vous ont esté envoyez par M.Colbert de Terron que l'on trouverait dans les bois de la nouvelle france tous les membres qui entrent dans la construction des vaisseaux, et dans lesquels vous vous serez sans doute confirmé dans le voyage que vous deviez y aller faire pendant l'hyver passé, m'ont causé beaucoup de joye, et sur tout que l'on y pourrait faire quantité de bordages, parce que j'espère que nous en tirerons cy après de ce pays là au lieu d'estre obligez d'en aller chercher dans le Nort avec beaucoup de fraix & de dépenses; Mais pour estre bien seurs que l'on pourra en tout temps s'y en pourveoir, Il serait a mon advis bien nécessaire de marquer une estendue de forests que l'on réserverait pour y preparer ainsy des bois pour la marine dans laquelle on ne fist aucun défrichement, & abandonner le reste aux particuliers qui voudront défricher les bois pour mettre des Terres en culture pour l'usage & la commodité de leur vie, bien entendu que l'on ne souffrira point qu'ils s'habituent dans des lieux escartez les uns des autres, ces défrichemens se devant tousjours faire de proche en proche.Les mines de Charbon de Terre estant bonnes & assez abondantes suivant le jugement que vous en faites dans le commencement de leur descouverte, Il est certain que cy après l'on en pourra lester tous les vaisseaux qui reviendront de la nouvelle en l'ancienne france, et que par la succession de quelque temps l'on en tirera beaucoup d'utilité en sorte qu'avec celuy que nous avons a present venant des Provinces de Guyenne, Nivemois et Auvergne, nous nous passerons de celuy d'Angleterre qui emporte tous les ans des sommes très considerables hors de Testât; Ainsy appliquez vous s'il vous plaist a bien cultiver ces mines qui ont esté descouvertes estant un bon Commerce que Ton peut establir dans le pays.Je suis cependant marry que par Tessay qui a esté fait des matières tirées des lieux ou l'on pre-tendoit qu'il y avoit du Cuivre, on ayt trouvé simplement de quoy satisfaire les Curieux sans beaucoup d'espérance d'en recouvrer de Tadvantage. ARCHIVES DE QUÉBEC 69 Les Chanvres venant si bien en la nouvelle france le Roy a esté très satisfait du soin que vous avez pris d'en faire semer, et d'obliger ceux a qui vous avez donné premierem' de la graine de vous en rendre une pareille quantité pour en distribuer a d'autres, et ainsy successivement, parce que c'est un moyen d'y en faire ensemencer beaucoup de Terres en très peu de Temps; ainsy sans empescher la liberté du Commerce & d'y transporter des fils comme vous le proposiez il y a lieu de se promettre que les habitans de la Colonie ne seront pas longtemps obligez d'en acheter dans les bureaux de la Compagnie, parce que comme les hommes s'appliquent naturellement a ce qui peut leur apporter du gain et de la commodité, L'expérience leur faisant connoistre qu'ils en trouveront esgalement en mettant une partie de leurs Terres a cette Culture, Il est hors de doute qu'ils ne le fassent d'eux mesmes sans que l'on soit obligé de pratiquer cette voye extraord™.Sa Ma\" attend par le retour de M.de Tracy un rolle encore plus exact que celuy que vous m'avez envoyé de tous les habitans de tout aage & de tout sexe de la Colonie puisque vous mesme semblés douter qu'il soit aussy fidèle qu'il seroit a désirer, par lequel elle puisse connoistre de quel nombre ils sont augmentez depuis v» passage, voulant aussy avoir le mesme esclaircissement a l'esgard des bestiaux de chacune espèce & du nombre des arpens de terre qui estoit mis cy devant et qui ont esté mis depuis V* arrivée en Culture, ce detail estant nécessaire pour sa satisfaction.La facilité que vous .trouvez qu'il y aura d'establir des pescheries et principalement des sédentaires dans le fleuve de S( Laurens me donne aussy beaucoup de joye parce que c'est un moyen seur d'introduire le Commerce dans le pays, d'y faire des envoys, et d'en tirer des retours, et comme vous connoissez mieux que personne estant sur les lieux les consequences advantageuses que cet establissement peut avoir, je m'asseure que vous n'oublierez rien pour y porter les peuples de la Colonie qui s'y porteront après d'eux mesmes quand l'utilité leur en deviendra sensible, le profrit que le S' Sorel fait dans son habitation qui est la plus advancée estant un préjugé de celuy que les autres y feront lors qu'ils y apporteront, ou une pareille application, ou une pareille industrie.Le Roy fait passer encore cette année en Canada par les soins de la Compagnie ensuite du traité qu'elle a fait avec Sa Ma\" quatre cens bons hommes, cinquante filles, douze cavales et deux es talons, et comme le S1 Le Gaigneur de Rouen & les autres marchands qui sont associez avec luy se sont bien acquitez les années précédentes de tout ce qui a regardé la levée & le passage d'un pareil nombre d'hommes, de filles & de chevaux, je m'asseure que vous en aurez aussy une pareille satisfaction pour cette année, & la prochaine je fera y en sorte qu'elle y fasse passer un plus grand nombre de filles afin que les soldats qui se seront habituez dans le pays et les nouveaux colons puissent se marier, et ainsy donner lieu a la multiplication du peuple, Ce qui vous fera aisément comprendre qu'il est nécessaire que vous disposiez encore de nouvelles habitations pour les recevoir, et mesme une levée de deux ou trois cens suisses qu'elle pourra faire dans les Cantons Catholiques pour les y envoyer en mesme temps, estant persuadée que si cette nation qui ayme naturellem» le travail et qui est endurcie a la peine par l'aspreté de son pays peut une fois se mesler par my nos françois dans cette Colonie, estant fort nombreuse comme elle est, nous pourrons faire chaque année une semblable, veoire mesme une plus forte levée pour fortiffier & augmenter la Colonie.Le premier soin que doivent avoir ceux qui ont l'aùthoritê du Roy en main sur tout dans une Colonie naissante comme la nouvelle france est de contribuer a y 70 ARCHIVES DE QUÉBEC faire fleurir le Culte de Dieu, la pureté du Christianisme, & d'appuyer dans les rencontres ceux qui ont la conduite spirituelle des ames, & en cela ils se conforment entierem* aux s*» intentions de sa Ma\" qui comme fils aisné de l'Eglise et héritier de la pieté de ses prédécesseurs aussy bien que de leur Couronne en donne un Illustre exemple a toute la terre.Mais cette consideration et ces esgards doivent aussy avoir leurs bornes & ne s'estendre que sur les matières qui concernent la discipline eclesiastique et la conduite des consciences, la connoissance des affaires temporelles estant naturellement réservée aux Officiers & Magistrats proposes par elle pour les administrer.J'ay veu le traité que vous avez fait avec M\" de Tracy et de Courcelles avec quelques unes de ces nations Iroquoises qui, n'ayant point de liaisons et s'es tant destachêes de celles qu'elles avoient avec les Annies, sont venues volontairem* demander la paix et se sousmettre a l'obéissance du Roy ayant fort bien remarqué que vous avez eu principalement en veue d'acquérir une possession contre les pretentions présentes ou de l'avenir des nations de l'Europe, aussy sa Ma\" y a donné une entière approbation.Comme la pluspart de ces peuples sont proprement des Sauvages n'ayant quasi rien d'humain que la figure de l'homme, Je croy que quand ils s'adviseront d'envoyer cy après des Ambassadeurs II ne faudra constituer le Roy, ny ses principaux Officiers, ny le pays qu'a une très légère despense estant certain que pour les tenir en bride II importe de les traiter haut la main, la consideration que l'on a pû avoir pour eux dans les Temps passez ayant contribué a les rendre plus insolens.Quant au produict de la ferme du droict qui se levé sur les Castors & du dixiesme des Orignaux, je comprends bien que par l'action des troupes & l'occasion de la guerre que l'on a portée jusques aux habitations des Iroquois II vous a esté impossible de vous dispenser de le consommer entièrement.Mais comme il est bien juste que la Compagnie qui fait beaucoup de fraix pour soustenir la nouvelle france tire quelque advantage de la concession que le Roy luy en a faite, Il est de consequence et c'est l'intention de sa Ma\" que vous réduisiez cy après toute la dépense qui s'est jusques icy prise sur cette ferme a la somme de trente six mil livres par chacun an sans vous arrester au règlement qui a esté cy devant fait par le S* du Pont Gaudais, hors en des nécessitez pressantes et indispensables comme dans la rencontre d'une nouvelle entreprise pour la destruction des Iroquois, bien entendu que vous prendrez grand soin d'en faire faire l'employ avec une exacte oeconomie d'autant plus qu'avant cette concession ces charges du pays qui estaient prises sur le mesme fonds ne montaient pas a 20» \" & depuis la concession a 29m \" estant la seule utilité que cette Compagnie peut tirer de la Colonie pour compenser tous les fraix différents qu'elle est obligée de faire.M.Pussort a examiné le procez verbal des debtes de la communauté du Canada duquel il fera incessamment son rapport au Roy.On trouvera sans doute des moyens de l'ac-quiter et de la descharger, mais en mesme temps il faut que vous travailliez a en establir d'autres pour l'empescher d'en contracter de nouvelles a l'advenir en sorte que par la nécessité qui est inseparable de ces sortes de debtes elle ne retombe jamais dans la mesme incommodité ou elle se trouve.Vous aves fait un très bon usage du benefice que vous aves tiré par l'exemption de fret pour les marchandises auxquelles a esté converti l'argent de vos appoin-temens en l'appliquant a la construction d'un vaisseau de six vingts tonneaux.C'est donner l'exemple aux habitans qui sont un peu accommodez d'en faire bastir d'autres pour s'en prévaloir pour leur Commerce, et si une fois ils peuvent parvenir ARCHIVES DE QUÉBEC 71 a en avoir quelques uns.Ils s'en serviront advantageusement et pour cette pesche sédentaire du fleuve de S» laurens, pour apporter en l'ancienne france du charbon de terre ai tant est que les mines qui ont esté ouvertes soient aussy abondantes que l'on en a conceu l'espérance, et sur tout du merrein, cette dernière marchandise estant d'un très grand debit dans le Royaume ou l'on n'en fait plus avec la mesme facilité que cy devant depuis que l'on fait conserver soigneusement les bois qui sont propres pour le bastiment des Navires.Comme la multiplication des peuples depend de la frequence des mariages, Il est bien nécessaire d'engager les Peres de familles de marier leurs enfans des qu'ils auront assez d'aage pour conduire leurs mesnages, et d'autant que l'amour que les Peres ont pour leurs enfans est le sentiment qui leur est le plus commun et qui leur est aussy le plus a coeur, Il est certain que rien ne les portera tant a affermir leur establissem* et a perdre la pensée de jamais revenir en l'ancienne france que la bonne education qu'on leur donnera en cultivant les espérances de leur jeunesse suivant leurs différents talents et les dispositions qu'ils auront en particulier pour chaque profession, et quoy que ce soin semble estre particulièrement reserve ausd.Peres vous sçavez assez que ceux du Prince & des magistrats peuvent intervenir sur une chose qui regarde si essentiellem* l'interest du public Il est de grande importance pour la seureté de la Colonie d'adviser aux expedients qui peuvent estre pratiquez pour mettre principalement le fort de Quebec en estât de deffense en y faisant une fortiffication régulière et le garnissant d'une bonne artillerie & de toutes sortes de munitions de guerre, en sorte que non seulement il ne puisse estre insulté, mais mesme qu'il puisse faire une vigoureuse deffense quand mesme les nations de l'Europe les plus aguerries y feraient un siege formé.On doit aussy avoir la mesme application a l'esgard des autres forts nouvellement bastis, et penser tousjours aux moyens de les rendre meilleurs, Et comme ce serait un très grand advantage pour la conservation du pays si l'on pouvoit y faire faire de la poudre, faites rechercher soigneusem* si l'on n'y trouvera point de sal-pestre.J'ay trouvé que la dépense faite pour le restablissement de la maison de la Seneschaussée qui a monté a sept mil livres est fort considerable, c'est, natu-rellem* a la Compagnie a la faire puisque les Officiers de la Justice estant pourveus sur sa nomination, Il est juste qu'elle leur donne un lieu ou ils puissent la rendre aux sujets de la Colonie, Mais comme elle est surchargée comme je vous ay desja dit de diverses dépenses, & qu'elle ne retire aucun advantage du pays II faut la souslager autant que vous pourrez.Le Roy trouve bon que vous preniez les deux Chaudières propres a faire de la bierre qui ont esté envoyées par M.Colbert de Terron et que vous fassiez construire une brasserie ainsy que vous me le proposez parce que comme toutes les choses nécessaires pour composer cette boisson se trouvent abondamment sur les lieux, laquelle d'ailleurs est fort saine & se pourra débiter a bon marché, les Colons y trouveront leur commodité, n'estant pas tous en estât d'avoir des vins & des eaux de vie qui s'y vendent chèrement.Quoy que les dix pieces de Canon de 6» de baie chacune que vous avez fait repescher dans la baye de Gaspé appartiennent sans contredit au Roy n'ayant pas esté répétées dans le terme de l'année du naufrage.Sa Ma** desire neantmoins qu'elles soient rendues par grace aux particuliers qui justitrieront valablement de leur propriété voulant convier par toutes sortes de bons traitemens les Marchands qui font Commerce en la nouvelle france de l'augmenter. 72 ARCHIVES DE QUÉBEC Comme il est a désirer par une infinité de raisons d'y pouvoir faire passer quelques familles de nos gentilshommes pour s'y habituer, et que pour les y convier il faut leur proposer des commodités réelles & présentes, examinez si vous ne pourriez pas dans cette veue commencer a faire preparer quatre ou cinq habitations.Pour faciliter l'exécution de cette pensée II me semble qu'en faisant la distribution des terres a des roturiers ce pourrait estre a cette condition que dans un nombre d'années que vous limiteriez Us rendraient teUe partie desd.terres que vous arbitreriez juste toutes défrichées & labourées, en sorte que cette preparation estant faite, et ces gentilshommes arrivant ils trouveraient des habitations pour les recevoir et des terres capables de leur donner la subsistance & a leurs famiUes.Il me tombe encore dans l'esprit un autre moyen qui pourra contribuer au succès de cette pensée c'est que comme il est bien difficile qu'il ne meure quelque fois des habitans qui n'ont point d'héritiers desquels par conséquent la succession appartient au Roy ou a la Compagnie on pourrait encore la reserver pour ces mesmes gentilshommes.Et en cas mesme qu'il y eust dans le pays des gentilshommes ou des Off*\" des troupes qui y demeureront, qui ne fussent pas mariez ou qui ne trouvassent pas a s'y marier par la disproportion de leur qualité a celle du Peuple, je tasche-rois d'y faire envoyer d'icy des Demoiselles bien nourries et bien eslevées pour les unir ensemble par ce sacrement, ou bien l'on pourrait faire passer en l'ancienne france ces gentilshommes & Off*1* pour s'y marier et repasser ensuite en la nouveUe avec leurs femmes & leurs Domestiques.Je vous avoue que j'ay jugé comme vous que l'on s'est fort peu soucié jusques icy de la police & et la vie civile en la nouveUe france envers les Algonkins & les hurons qui sont il y a longtemps sousmis a la domination du Roy en faisant peu d'efforts pour les destacher de leurs coustumes sauvages et les obliger a prendre les nostres, et sur tout a s'instruire dans n>* langue, au lieu que pour avoir quelque commerce avec eux nos françois ont esté nécessitez d'apprendre la leur; Vous avez commencé de remédier a cette longue negligence et vous devez tascher d'attirer ces peuples sur tout ceux qui ont embrassé le Christianisme dans le voisinage de nos habitations et s'il se peut les y mesler, afin que par la succession du temps n'ayant qu'une mesme loy & un mesme maistre ils ne fassent plus ainsy qu'un mesme peuple et un mesme sang.Le Roy vous fait remettre la somme de vingt mil livres pour employer aux besoins des Troupes & de la Colonie estant bien asseure que vous en ferez un bon usage, et que vous serez un exact et mesme un peu severe dispensateur de cette somme, d'autant plus que vous avez reconnu par experience que vous n'avez gueres d'autres ressources par l'impuissance du pays que de ce costé là.Sa Ma\" fait une gratiffon de six mil livres à M.l'Ev.de Petrée pour subvenir a ses nécessitez personnelles, a celles de ses Près très & de son Eglise dont il ne manquera pas aussy de faire un bon usage, et en a fait aussy d'autres au Sr Du Bois que vous m'avez recommandé comme un viel Officier dont vous avez tiré beaucoup de souslagement, et qui a pris possession des forts des Annies après y avoir planté la Croix et les Armes Royales, au Sr de Chambly, Capitaine dans le regiment de Carignan, qui commande dans le fort S* Louis, & au Sr de la Poterie que vous avez fait partir de Quebec pour se jetter au Cap Breton avec quinze hommes et qui a esté obligé de relascher a la Rochelle par une grande et extraordinaire tourmente.Vos appoin-temens et ceux de v* Secretaire ont esté payez jusques a la fin de la pnt* année 1667, de sorte qu'il ne me reste plus après avoir respondu sur tous les points de ARCHIVES DE QUÉBEC 73 vos depesches qu'a vous prier de croire que je feray tousjours valoir a sad.Ma** autant qu'il dépendra de moy les services que vous continuerez de luy rendre en la nouvelle france, lesquels luy sont pour le moins aussy agréables que si vous les luy rendiez sous sa veue, et que je suis véritablement Monsieur Vostre très humble et très affectionné serviteur Colbert A S* Germain en laye le 5> avril 1667 (1).LETTRE DU ROI A TALON (9 AVRIL 1667) A S» Germain, 9 avril 1667 Monsr Talon, J'envoye des ordres au S1 de Tracy de repasser en france, mais co9 je suis très satisfait des services que vous mavez rendus dans le canada depuis que vous y estes dans toutes les fonctions qui dependent de lemploy que je vous y ay donné, et que j'estime à propos que vous les continuiez encore pour quelque temps, Je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous restiez encore aud.pays pendant une année après laquelle Je trouveray bon que vous repassiez pareillement en france.Cependant il faudra que vous vous apliquiez tousjours a faire régner la justice parmi les habitans de la colonie, a les bien policer, et a prendre un très grand soin de la subsistance et conservation des troupes Et surtout de contribuer par toutes sortes de moyens a confirmer la resolution ou j'ay esté bien aise d'aprendre questoient la pluspart des officiers et soldats desd.troupes de s'habituer volontairement en ce pays la, facilitant leur establissement de tout votre pouvoir et Industrie.Et me remettant du surplus a ce que j'ay chargé le Sr Colbert de vous faire scavoir plus particulièrement de ma part sur les affn* générales et particulières de lad* colonie Je ne vous feray la pnto plus longue que pr prier Dieu &c.(2).(1) Archives Nationales, Colonies.C\" A.2.(2) Archives Nationales, Guerre. 74 ARCHIVES DE QUEBEC A Québec, 25 aoust 1667 Monseigneur, Après avoir accusé la réception de la despeche que vous m'avez fait l'honneur de m'escrire le 5« Avril de la présente année, je dis que quoy que la raison qui m'a fait «ouhaitter mon retour en france après deux années expirées, subsiste encore aujourd'hui, et que ma santé soit aussy souvent attaquée, qu'elle fut l'an passé, aussy soubmis que je dois l'estre, je demeure en Canada pour une troiziesme année sans inquiétude, et sans chagrin puisqu'il m'est connu que c'est la Volonté du Roy et que vous me tesmoignez estre satisfait du service que j'ay l'honneur d'y rendre à Sa Ma1* et j'adjouste que vostre despeche est si remplie d'honnesteté et qu'elle me traitte avec des termes si obligeans quand elle parle du service que je rends icy soubs vos ordres, de so y si peu considérable, que seule elle est capable d'effacer tous les desplaisirs que pourroit me causer un plus long séjour en ce pays.Si M.de Ressan prend le party d'hyverner en ce pays, je prendray celuy de luy donner toutes vos veiics sur le Canada et ma principale application sera de luy former l'idée qu'il faut qu'il ayt de cette colonie naissante, relativement aux desseins du Roy, et à la félicité de ses sujets, qu'il devra procurer par la paix au dehors et avec les Ennemis du nom Chrestien, par la tranquillité au dedans, par l'introduction des manufactures, l'establissement du commerce, les pescheries sédentaires, et générallement, par tout ce qui les peut mettre dans l'abondance dans laquelle se trouve l'ancienne France par Vostre ministère, mais s'il se détermine à repasser la mer pour mettre ordre à ses affaires et n'avoir plus rien qui retarde l'establissement, qu'il prétend faire icy pour tousjours, si vous le gratifiez de l'employ dont vous m'avez honnoré, comme vous tesmoignez désirer de connoistre le caractère de son esprit, je ne m'oppose ray pas à ce dessein, afin que vous rendant compte de vive voix, vous puissiez en porter un jugement plus asseure.Cependant il doit commencer par sa première despeche à Vous marquer quel est son génie, à quoy je l'ay engagé, sans qu'il pûst connoistre que vous l'avez ainsy désiré.Il ne m'auroit pas esté difficile d'engager M.de Courcelle à une nouvelle entreprise sur les Iroquois de la nation d'Agnez, puisque de luy mesme il avoit un assez grand penchant à retourner à la charge, si ceux de cette nation venus en ambassade au mois de juin dernier, n'avoient receu les asseurances de la paix qu'ils ont tesmoigné vouloir observer autant inviolablement qu'ils la solicitoient avec empressement.M.de Tracy pouvant vous dire de vive voix les raisons qui ont pû le porter à traitter avec ces barbares, je me dispenseray de les coucher icy, de mesme que les conditions soubs lesquelles la paix leur a esté accordée.J'aurois bien sou-haitté pour une plus grande seureté de la colonie qu'ils nous eussent transmis un plus grand nombre de leurs familles, que celuy qu'ils nous ont laissé, puisque cela avoit esté stipulé dans le traitté fait avec toutes les nations, ne pouvant me dissuader que celle cy, qui connoist peu la bonne foy, n'ay t donné beaucoup au présent, et à la guerre qu'elle souffre de la nation des Loups et que cette mesme guerre prenant fin, ne donne commencement à la rupture de la paix qu'elle a receu de nous.Pour me trouver toujours en estât de faire exécuter pour la Campagne prochaine LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (25 AOUT 1667) ARCHIVES DE QUÉBEC 75 les ordres que le Roy donnoit pour la présente, je prépareray toutes choses à la guerre, et je feray faire à bonne heure quantité de biscuit dans le fort le plus avancé vers Agnez, sans cependant donner lieu à nos ennemis de se réveiller, et d'entrer en soupçon sur nostre dessein, si c'est la volonté de sa Ma** que, sans considérer que cette nation se sera religieusement tenue dans les termes du traitte fait avec elle, on luy donne encore une attaque.Il est bon que nous le «cachions à bonne heure pour choisir la saison convenable toutes n'estant pas également propres au grand trajet qu'il faut faire et les rivières et les lacs ne pouvant se passer qu'en certain temps de l'année.Les vaisseaux qui ont deub partir de Normandie, et porter les passagers engagez, Les filles et les cavales, ne sont pas encore arrivez; ainsy je remets a Vous rendre le compte que je vous dois sur cet article, de mesme qu'à m'expliquer sur le Chanvre qu'il faut faire cultiver en Canada, sur le charbon de terre.Le bordage, et les membres servans à la construction des vaisseaux, Les mastures et les planches de sapin pour les ponts, et pour border les hauts desd.vaisseaux, me contentant de dire à l'avance que j'espère pouvoir remplir une bonne partie de vostre attente sur toutes ces choses, de mesme que sur l'engagement dans lequel vous désirez que nous fassions entrer des officiers des troupes du Roy a s'establir en ce pays, mesme par le mariage, seulement diray-je en passant que de tous les vaisseaux venus cette année de l'ancienne France en cette rade, un seul Flamand s'es-tant trouvé capable de recevoir des bois que j'avois préparé cet hyver, je l'ay fait charger de quelques mastures, et presque de chaque espèce de pièces principalement nécessaires à la construction d'un navire pour servir de monstre et d'essay.Ce vaisseau ne partira que dans quinze jours de celuy cy.Parce que présentement je me trouve fort indisposé, je remets encore au départ des autres vaisseaux qui sont en cette rade à vous envoyer Le Rolle des habitans que vous recevrez fort exact.J'ay eu l'honneur de vous escrire de Manate, et Orange et de vous proposer, ou la conqueste, ou l'aquisition de ces deux postes, si vous trouvez jour de les donner au Roy par l'une ou l'autre de ces deux voyes, j'espère que vous aurez fait plus de la moitié de l'establissement que vous projettez en Canada et que vous en tirerez les avantages contenus au mémoire cy joint.M.de Tracy pourra vous rendre compte des raisons qui ont pû nous obliger à establir les dixmes au profit de l'esglise et à la descharge de la Compagnie, j'accompagne cette despêche de l'acte que j'ay dressé en conséquence de la requeste de M.l'Evesque de Pétrée présentée en commun à Mr de Tracy, à M' de Courcelle et à moy.Comme ce n'est pas mon premier mestier que dé dresser des arrests, ou des ordonnances dans le stile du Conseil, je ne doute pas qu'il n'y ait à réformer à cet acte.M.L'évesque est tombé d'accord pour son clergé que si dans l'essentiel il y avoit quelque chose qui ne plust pas au Roy, que led.acte n'auroit point de lieu.Je vous supplie donc très humblement de me marquer si vous l'avez agréable ou point.Quoyque je n'aye pas encore receu les vingt mille livres que vous avez la bonté de m'envoyer pour soustenir les despenses que le service de sa Ma** demande en ce pays, non plus que les six mille livres dont le Roy gratifie M.l'Evesque de Pétrée, je vous remercie très humblement à l'avance de ces secours que le Canada reçoit, comme un fruict des soings que vous prennez de cette Colonie.Je vous remercie encore très humblement des gratifications que vous avez eu la bonté de 76 ARCHIVES DE QUÉBEC faire accorder à Mess* du Bois Chambly et la Porterie, mais bien plus fortement des grâces que je reçois de Vous en ma personne et en celles de mes frères qui sont en France, que je scay vous estre très obligés, si la caution d'un cadet valoit pour des aisnés et que d'ailleurs ils n'eussent pas-l'honneur d'estre connus de vous, je vous supplierais très humblement d'estre asseure de leur parfaite reconnoissance par la mienne qui n'a pas de pareille.Je suis avec tout le respect que je dois, Monseigneur, Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur Talon.A Québec, le 25= aoust 1667 (1).LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (26 AOUT 1667) 26 août 1667 Monseigneur, Parce que ce qui vous sera dit en premier lieu par Mr de Tracy, retournant en l'ancienne france, sur Testât général du Canada peut vous donner les premières impressions qui suivies pourroient vous déterminer à quelques ordres ou règle-mens préjudiciables au service du Roy dans l'establissement de cette colonie, je me sens obligé de vous supplier très humblement de suspendre jusqu'à l'arrivée de mon secrétaire vostre créance sur ce qui vous sera avancé touchant l'église dont l'authorité, bien loing d'estre diminuée, a repris de nouvelles forces et s'est rendue ai redoutable que j'ose asseurer que tandis qu'elle demeurera au point ou je la vois, vous Monseigneur et ceux qui auront l'honneur de servir icy soubs vos ordres auront beaucoup de peine à faire valloir les bonnes intentions de Sa Majesté pour l'augmentation de cette colonie qui sera tousjours de beaucoup retardée par la crainte que l'Eglise a fait naistre de son gouvernement qu'on peut dire estre trop souverain et s'estendre au delà de ses bornes.Pour obéir à ce que vous me commandez de vous faire un portraict fidèle de M.de Courcelles, j'auray cy après l'honneur de vous esc rire de ses qualités personnelles et de vous distinguer les bonnes des mauvaises, je dis mauvaises puisqu'il n'y a pas d'homme parfaict et jusques icy ce terme doit s'entendre du tempérament.A l'avance je vous asseure que je garderay de si bonnes mesures avec luy et avec M.l'Evesque de Pétrée que le repos du Canada ne sera jamais altéré par moy et que le service du Roy ne souffrira aucune atteinte par aucune de mes violences, estant grâces à Dieu nay avec l'esprit de paix que j'inspireray partout et que je tascheray de faire régner entre les principaux officiers de sa Ma\" et les eclésiastiques tant séculiers que réguliers, les trouppes et les peuples.J'espère (1) Archives Nationale».Colonics.C\" A.2. ARCHIVES DE QUÉBEC 77 Monseigneur que vous prendrez aysement cette créance et que vous n'aurez pas plus de peine à demeurer persuadé que je suis dans une parfaicte soubsmission, Monseigneur, Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.Talon.A Québec, ce 26« aoust 1667 (1).LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (27 OCTOBRE 1667) A Québec, 27 octobre 1667 Monseigneur, N'ayant eu l'honneur de vous escrire par M.de Tracy que fort succintement, je suis obligé de m'estendre, tant pour respondre à vostre despeche du 5e Avril de l'année courante, que pour vous informer de la disposition en laquelle demeure ce pays, après le départ de Mond.S.de Tracy.Je ne m'expliqueray plus sur les qualitez personnelles de M.de Ressan, sur lequel vous jettez les yeux pour le faire succéder à l'employ que vous m'avez fait l'honneur de me donner, me contentant de dire icy, qu'il me paroist d'un probité toujours esgalle, et je ne diray pas quel est le caractère de son génie, puisqu'exêcu-tantvos ordres, je l'ay engagé de moy mesme à vous rendre compte de l'Estât du pays, et de vous communiquer ses veiies, sur toutes les choses, qu'il estime pouvoir s'y faire pour le mieux du service du Roy, et le plus grand avantage des colons et cela en la manière que vous l'avez souhaitté, puisqu'il ne s'est aucunement aperçu que j'avois cet ordre de vous, et j'adjouste que ses lumières iront sans meslange à vos yeux, n'ayant pas voulu consentir qu'il me consultast sur les choses qu'il avoit à vous faire scavoir, afin qu'il vous donnast son propre ouvrage par lequel vous en puissiez mieux connoistre l'autheur.Tandis que les Iroquois de toutes les nations jouissant du bénéfice de la paix, qui leur a esté accordée de la part de Sa Ma** donneront lieu à la colonie française de s'estendre en ce pays et d'y travailler à la culture de la terre dans une profonde tranqullité, nous estimons qu'il n'est pas à propos de leur porter la guerre durant l'hy ver; ainsy nous demeurons dans l'attente des ordres du Roy, si Sa Majesté veut que, nonobstant le traitte conclud avec Eux, on fasse sur ceux de la nation d'en bas une seconde irruption pour les raisons dittes dans vostre despeche.Le moyen a mon sens d'asseurer plus fortement toute la colonie, soit contré les sauvages, soit contre les Européens, serait de donner au Roy Manatte et Orange, ou par voye de conqueste ou par celle d'aquisition, ainsy que j'ay eu l'honneur de vous le proposer pour les raisons que j'ay mises dans le mémoire cy joint.Si Monsieur de Tracy vous a dit à son retour que partant d'icy, il y avoit lieu, d'espérer que plusieurs officiers et soldats se détermineraient à s'habituer dans le pays, il ne vous aura pas dit ce qui est arrivé depuis son départ.Que desja deux Capitaines du Régiment de Carignan Salière se sont mariez à deux Demoiselles (1) Archive* Nationale*.Colonie*.C\" A.2. 78 ARCHIVES DE QUÉBEC du pays, qu'un lieutenant a suivy leur exemple, ayant espouse la fille du Gouverneur des Trois Rivières, en exécution du contract de mariage que j'avois dressé, qu'un autre lieutenant, et quatre enseignes sont en pourparler avec leurs mais tresses, et je les tiens desjà à demy engagés, que tous ceux dont je parle, maries, ou non mariez, travaillent de ce moment à faire valoir chacun l'habitation que je leur ay donné soubs le bon plaisir du Roy, que les deux Capitaines employans sur les leurs les meilleurs soldats de leurs Compagnies et les subalternes ceux que leurs officiers supérieurs leur ont bien voulu accorder, pour ayder à leur entreprise, il se fera durant l'hy ver prochain un très grand abattis et j'ay lieu d'espérer que le pays recevra de l'application de ces gens bien intentionnés, un accroissement fort considérable.Je ne cotte point icy les soldats qui me demandent a foule des femmes, et des habitations mais je dis que la glace estant ainsy si bien rompue tant par eux que par les officiers, j'aurois ozé respondre de l'engagement de la meilleure partie du Régiment, si je n'avois trouvé des Esprits qui se plaisent à traverser les desseins du Roy, et a ne se faire valoir qu'en controUant la sage conduite de Messeigneurs ses Ministres.Je m'estendrois beaucoup plus sur cet article, estant un des plus importants à l'establissement que vous projettes en Canada, si mon secrétaire qui doit vous rendre cette despesche n'es toit parfaitement instruit des obstacles que j'ay recéda d'où je de vois attendre de l'ayde, et du secours, et ne vous portoit en mesme temps un mémoire des moyens que j'estime devoir estre mis en pratique, pour m'applanir toutes difficultés, avant que je repasse en l'ancienne France.Si vous desirez que j'exécute les ordres du Roy avec quelque succez et que je ne travaille pas infructueusement icy, il est très à propos que vous ayez la bonté de me faire donner les expéditions qui vous sont demandées par le mémoire dont est chargé mond.secrétaire.Je n'ozerois vous demander quelque gratification pour chacun des officiers, Capitaines, Lieutenans, et Enseignes qui s'habituent icy (que de ma part j'ayde selon mes forces, et de ce que vous avez mis en mes mains) non plus que pour ceux qui me donnent de bonne grace les moyens d'avancer la colonnie.pour lesquels, à mon sentiment, deux mil escus seroient très bien employez, niais j'ozerois vous demander pour eux un petit tesmoignage d'estime dans quelqu'unes des lettres du Roy, ou des vostres, qui marquait que Sa Ma** leur sçait gré de ce qu'ils m'ont preste la main pour les establissements qu'elle désiroit faire et qu'elle scaura leur tesmoigner aux occasions.Cela donnera une grande disposition à ce qu'on devra faire cy après pour l'exécution de vos ordres.Un d'entre tous, M.de la Motte, premier capitaine et commandant dans le fort le plus avancé vers les Iroquois, m'oblige par sa conduite prudente et sage, et accompagnée de tout le zèle qu'on peut désirer d'un fort bon officier, à le distinguer des autres, et & vous demander pour luy une gratification que j'estimerais devoir estre plus forte de quelque chose, que celle de son cadet M.de Chambly, auquel vous avez eu la bonté de faire donner quatre cens escus.J'ay tant de connoissance que cette distinction doit faire dans tout le corps un très bon effect pour le service, que plustost que cette gratification ne soit pas faite, je demande qu'on diminue mes appointemens de cinq ou six cens escus pour luy estre appliqués, pourveu qu'il luy paroisse dans quelque despeche que c'est le Roy qui luy fait cette grace pour marque de l'estime que Sa Mat* fait de son zèle à son service.Il suffira que tous les autres dont j'ay donné le rolle à mon secrétaire soient nommez (ainsy que j'ay cy devant dit) dans quelqu'unes de vos despesches ou dans celle du Roy, si vous le jugez à propos.Conformément à vostre sentiment j'attache au fort de S* Louis de Québec ARCHIVES DE QUÉBEC 79 la mouvance des trois vilages que j'ay fait former fort prez d'icy, pour fortifier ce poste principal par un plus grand nombre de colons et le Roy, ou, au choix de Sa Ma** la Compagnie en demeurera seigneur propriétaire jouissant du dommaine util, et des droicts que je stipule dans les contracta des habitations que je fais distribuer aux soldats, aux familles nouvellement venues, et aux volontaires du pays qui se lient par mariage aux filles que vous m'avez envoyées, auxquels je fais mesme donner la terre que j'ay fait préparer aux despens du Roy, à condition que les possesseurs en rendront autant dans l'espace de trois ans, au profit des familles envoyées de france que mes successeurs auront ordre d'establir, prétendant que par la le pays aura ce terme expiré, un fond certain et perpétuel pour la meilleure partie de la subsistance des familles dont il sera chargé.Mon but principal est en cecy de peupler le voisinage de Québec de bon nombre de gens capables de contribuer à sa defîense sans que le Roy en ayt aucun à sa solde.Je pratiqueray autant que je pourray cette mesme oeconomie dans tous les endroicts ou je feray des bourgs, villages et hameaux, meslangeant ainsy les soldats et les habitans pour qu'ils puissent s'entre instruire de la culture de la terre et s'entre secourir au besoin.Je ne scay pas comme je suis avec les Pères Jésuistes depuis que je leur ay fait perdre l'espérance qu'ils a voient que la seigneurie des terres que j'ay employées a former ces vilages, tourneroit à leur profit, mais je scay qu'on m'asseure qu'ils en ont mal au cœur.Cependant ils ont la prudence de n'en rien tesmoigner.Us a voient en leurs papiers un ancien contract de concession de deux lieues de front sur quatre lieues de profondeur au sud, et vis à vis de l'Isle de Montréal.Us m'ont demandé permission de cultiver cette terre, et d'y former un establissement pour eux.Je la leur ay accordée après en avoir communiqué avec M.de Courcelle, mais soubs le bon plaisir du Roy et à condition qu'Us obtiendraient sur ce que j'ay fait l'agrément de Sa Ma**.Il dépend de vous.Monseigneur, de la leur faire donner, ce que j'estime que vous pourriez sans blesser les interests du Roy, si l'Estendue ne vous paroist trop grande, les obligeant cependant à prendre des lettres patentes de Sa Ma** à cause de l'hospice qu'ils y veulent bastir.Ce que j'ay découvert de mes yeux, tant dans le voyage que j'ay fait l'hyver, que dans la visite des postes avancés durant le printemps dernier, m'a fort confirmé dans l'espérance que les charpentiers envoyez par Monsieur Colbert de Terron, m'avoient fait concevoir, que la Nouvelle France fournirait à l'ancienne beaucoup de bois propres à la construction de ses vaisseaux.Outre les membres et le bordage, toutes les apparences veulent qu'on y trouve de fort bonnes mastures y ayant, de fort beaux sapins, espinettes, et pins rouges, de quoy faire des planches de pins de telle longueur, et espesseurs qu'on désirera pour les haults, les pons, et les chambres des vaisseaux, des baux et du bois pour les termes.Si les vaisseaux qui sont venus icy cette année a voient esté ouverts par leurs deriers, j'aurais envoyé pour es preuve de toute espèce plus abondamment que je n'ay fait, mais U a fallu me contenter de faire charger une flute hollandoise de ce qu'elle a pû recevoir et de mettre sur un autre vaisseau par la S\" Barb* tout ce que j'ay pu de mastreaux, d'espars et de DamoiseUes que Monsieur Colbert de Terron m'a fait sçavoir luy estre très nécessaire pour ses atteUers vivans.Les magazins du Roy s'en trouvant desfournis.Il me reste du bordage que je n'ay pû faire embarquer non plus que plusieurs matreaux, espars et damoiselles que je conserveray et auxquels je feray joindre ce que je pourray d'autres bois pour les faire passer l'an prochain au lieu que m'indiquera Monsieur de Terron.Si j'estois bien riche j'aurois asseurement l'avantage de mieux respondre à vos intentions 80 ARCHIVES DE QUÉBEC mais en vérité mon bien ne peut soustenir mon zèle.Il ne faut pas que je finisse cet article sans vous faire connoistre que ce pays n'est pas moins estimable en cette partie, s'il ne vous fournit pas présentement tous les bois qu'on vous dit qu'il nourrit comme jusques icy on n'a fait qu'eneurer que ce qui borde le fleuve de S' Laurens, que les chemins ne sont pas encore ouverts pour passer dans les terres, et en tirer les bois propres à la construction d'un vaisseau, on doit espérer que le transport s'en rendra cy après naturellement facile, quand les habitans auront formé les communications de colonie à autre en ouvrant des chemins, et nettoyant les Rivières embarassées, Ce que présentement par application particulière et dans cette seule veue de profiter des bois, on ne pourrait faire qu'avec grandes despenses.L'EspÉrance que je puis donner au Roy avec un juste fondement est que, lorsque les forests de l'ancienne France seront altérées, ce pays luy fournira ce que Sa Ma\" ne trouvera plus chez elle.Et pour prévenir la dissipation qui se pourrait faire des bois propres à sa Marine, je feray de très rigoureuses deffenses de couper, non seulement ce qui se trouvera en corps de Chesnaye, mais mesme les arbres qui seront espars dans l'Estendue des concessions et qui seront de quelque utilité à la marine et pour faire observer ces deffenses, j'establiray des esgards dans tous les quartiers.En un mot, je feray de tout mon mieux pour que dans la succession des temps ce pays puisse donner au Roy ce que Sa Ma** est obligée d'envoyer chercher chez les Souverains de la mer Baltique.Je ne diray plus rien de la culture du chanvre et du lin, n'estant que trop persuadé par les espreuves qui se sont faites que ce pays en peut produire tant et plus, et fort bon.Si vous avez la curiosité d'en voir quelques brins j'en ay fait prendre par mon secrétaire comme de toutes les autres productions de ce pays sur lesquelles j'ay l'honneur de vous escrire.J'ay receu cinq barriques de graine que je feray distribuer avec la précaution que j'ay accoustumê de prendre, de faire rendre semence pour semence.Je demeure tousjours persuadé que la rareté du fil en ce pays introduirait l'abondance de cette plante.La mine de charbon de terre qui est au Cap Breton, dont on vous porte un essay, pour que vous en connussiez la bonté, est si abondante, à ce que m'asseurent ceux qui en sont venus cette année, qu'un vaisseau du port de cent cinquante tonneaux peut s'en charger en huict jours de temps.Celle de Québec, dont j'ay fait faire la première ouverture, prennant son origine dans la cave d'un habitant et se conduisant soubs le chasteau de S'Louis, ne peut à mon sentiment s'exploiter qu'avec risque d'endommager led.Chasteau qui est sur l'Escors de la Roche qui couvre cette mine.J'essayeray néantmoins de la trouver en biaisant parce que nonobstant qu'il y en ayt une très bonne au Cap Breton, les vaisseaux qui arrivent à Québec s'y chargeraient avec plus de facilité qu'ils ne feraient ailleurs.Un père Jésuiste venu cette année des Outaouk a raporté un petit morceau de cuivre tiré à ce qu'il m'asseure d'une roche qu'il a veu plusieurs fois dans le lac des Hurons, mais la distance d'icy la est si grande qu'on n'oze se promettre d'en tirer de grands avantages, cependant il la dit et très pure, et très abondante; on vous porte ce morceau pour que vous en connoissiez le carac.On vous porte pareillement le Rolle le plus exact qui s'est pû faire de tous les habitans de tous ages et de tous sexes qui composent cette colonnie.Je l'ay fait moy mesme des habitations de Mont Real, des Trois Rivières, du Cap de la Magde-laine et de tous les lieux qui sont audessus de Québec, visitant tout de porte en porte.J'aurais passé dans toutes les maisons et cabannes de ce qui est sur le fleuve au dessous de ce lieu, si ma santé me l'avoit permis, pour m'informer en tous lieux ARCHIVES DE QUÉBEC 81 des besoins particuliers des familles et y faire la fonction de Père commun, ainsy que vous me l'avez commandé.Je vous promets de ne partir point d icy que je n'aye, en ce point, satisfait à vos ordres.J'ay fait observer dans ce rolle ce que vous avez souhaitté sur les bestiaux et la quantité de terre mise en culture depuis nostre arrivée.Et je puis vous dire sans blesser la Modestie que je dois garder en parlant du lieu ou j'ay l'honneur de servir soubs vos ordres que depuis que Mess» de Tracy et de Courcelle sont arrivez icy, ou pour parler plus juste, depuis que de ma con-noissance vous donnez vos soins au pays, il a bien changé de face quant aux habitations et à la descouverte des terres.On regarde ce changement comme le fruict de vostre application que tous les habitans vous supplient très humblement de vouloir continuer.Si Dieu vous conserve la vie autant que je le souhaitté vous aurez sans doute de la joye de voir de vostre temps, l'accroissement de ce pays et les avantages que l'ancienne France en pourra recevoir.Le retour de quelques Pescheurs, ayant par les pesches ambulantes fait connoistre le profit qu'on pourroit faire par les sédentaires, m'a facilité le projet que je faisois d'en establir quelqu'unes et desjà nous sommes convenus quatre des principaux habitans et moy d'y travailler au printemps prochain.Si pour l'exécution de ce dessein, mon secrétaire vous demande quelques expéditions, je vous supplie très humblement, Monseigneur, de les luy faire accorder.Je juge bien avec vous.Monseigneur, que nous en ferons naistre l'envie à qui ne Ta pas aujourd'huy et que le bénéfice que j'ay fait trouver a neuf habitans employés par moy à la pesche de la morue pour l'usage des troupes et po.faire le Commerce des Isles de l'Amérique méridionale servira d'un puissant apas.J'ay bien du desplaisir de me sentir obligé de vous dire qu'au lieu de quatre cens bons hommes dont vous vouliez fortifier ce pays et favoriser les habitans par le traitté que le Roy a fait avec la compagnie, je n'en ay receu que cent vingt sept, très foibles, de bas Age et de peu de service.Je veux croire que les levées qu'on faisoit en france pour la guerre ont osté les moyens de mieux réussir à ceux qui ont esté employés dans le choix qu'ils ont deu faire de ces passagers.Peut estre ont ils cru nous récompenser par Tenvoy des filles, puisque au lieu de 50 que vostre des-pesche me fait espérer on nous en envoyé quatre vingt quatre de Dieppe et vingt cinq de la Rochelle, sans comprendre les enfans que les chefs de familles ont amen-nés avec eux.Je m'asseure qu'ils n'ont pas considéré que vous me procurez un grand secours quand sur un grand nombre de passagers vous me donnez un Recouvrement considérable à faire des avances qu'ils ont recettes en France, et qu'eux me chargent d'une double despense et pour la nourriture et pour le mariage d'un double nombre de filles de celuy qu'ils dévoient m'envoyer.On a fait entendre à la plus part en france que le Roy leur faisoit plus de cent escus de mariage, particulièrement à celles qui sont de quelque naissance et qui se trouvent au nombre de quinze ou vingt, plusieurs bien Demoiselles et assez bien eslevées.Si j'ay quelque industrie je Temployeray à soustenir vostre ouvrage, quoy que les commis de la Compagnie m'en retranchent fort les moyens.Bien que tous les chevaux soient heureusement arrivés, je ne puis m'empescher de vous dire que ceux qui ont esté employés pour en faire Tachapt ont mal fait leur devoir quand Us ont acheptez qulques bestes de neuf ans.Le Roy n'espargnant point sa bourse pour ces despenses, qu'il regarde comme très utUes.ceux qui sont employez de la part de la Compagnie devroient n'espargner pas quatre ou cinq pistoUes sur chaque teste pour le p» achapt.Q 6 82 ARCHIVES DE QUÉBEC je dis le mesme des brebis car, outre qu'elles sont très foibles et d'un petit corsage, on ne s'est pas précautionnê contre la malice d'un berger qui, au récit de celuy qui en a esté chargé, en a empoisonné vingt, de quoy le conducteur m'a donné son procès verbal que j'envoyé à M.de Bechameil et avec lequel je m'entends sur ce fait comme sur tout ce qui regarde la conduite des gens employez par la Comp* qui demande quelque réformation, afin de ne vous renvoyer pas cet embarras.Je vous tairais fort volontiers ces choses, si le silence ne nourrissoit ces sortes de désordres fort préjudiciables à l'establissement que vous projettes.Le dessein que vous faites de tirer trois ou quatre cens suisses des cantons Catholiques pour les faire passer icy, réjouit d'autant plus les habitans de Canada qu'ayant receu cette année des hommes fort foibles, ceux que vous leur faites espérer ont de grandes dispositions a un travail fort utile; quant à moy je suis persuadé qu'un homme de cette nation en vault du moins deux de la nostre pour ce qu'on fait en ce pays.Un seul de la mesme nation qui se trouve icy s'est mis par le fruict de son travail en estât de faire construire des vaisseaux et j'en ay desja acheptê un de luy pour lequel je luy ay payé deux mille livres.Je vous remercie très humblement de ce que vous n'avez pas improuvé que j'aye consommé dans les deux premières années le fond de la ferme sur le pied que je 1 ay trouvé arrivant en ce pays, n'ayant pû me dispenser d'en user ainsy à cause des charges extraordinaires qu'il m'a fallu soustenir.Peut estre ne vous a on pas bien informé quand on voua a dit qu'avant la concession faite à la Compagnie on n'employoit que 20° 11.pour satisfaire aux charges dud.pays puisqu'en mille six cens soixante quatre courant à 65 on a consommé outre tout le produit de la ferme de 4650011.la somme de 30 ou 40\"41.qui furent envoyés par sa Ma** pour le secours extraordinaire du Canada.Je réduiray à l'avenir toutes les despenses de ce pays à la somme que vous fixez et bien loing de vous demander des augmentations pour les despenses qu'il faut que je soustienne, je les mettray volontiers au dessous si par mon ceconomie je le puis, quoy que je trouve icy force esprits portes à la despense qui ne peuvent souffrir que je mesnage ce que le Roy a fait remettre dans ses magazins qu'on voudrait que j'espuizasse tout d'un coup, soubs prétexte que ce qu'ils enferment est destiné pour la subsistance des troupes.Puisque Monsieur Pussor doit faire son rapport au Roy du procez verbal dressé sur les dettes de la communauté de Canada qui luy a esté cy devant envoyé, je dois attendre Testât de la liquidation desd.debtes et cependant je mettray en pratique les moyens que j'estimeray, avec les principaux du pays, les plus convenables pour empescher que cette communauté ne contracte de nouvelles dettes.L'exemple a quelque force puisqu'un habitant pour avoir veu un vaisseau construit en Canada prépare de la matière pour en mettre sur le Chantier un pareil à celuy que j'ay fait faire pour s'en servir à la pesche au bas du fleuve de S' Laurens.Je suis en pourparler avec ce mesme habitant et deux autres, presques de sa force, pour leur faire entreprendre pour leur compte et celuy de M.de Courcelle un vaisseau du port de trois à quatre cens tonneaux, offrant d'entrer dans la despense que demande cette entreprise, de mesme que dans celle du commerce a establir avec les Antilles ou ce vaisseau pourra porter ce que ce pays cy produit et qui manque & l'autre.A ce propos je dois dire que ce mesme marchand et moy nous servant du Retour d'un vaisseau de la Compagnie qui va, avant que de Repasser en france, en l'Amérique meridional!*, envoyons aux Antilles du saumon et de l'anguille salles, de la morue verte et seiche, des pois blancs et verts, des planches, du merin.de l'huile de loup marin, et quelques mastreaux qu'on dit y estre recherchés, le tout ARCHIVES DE QUÉBEC 83 pour faire des es preuves et ouvrir le chemin au commerce que les habitans de Canada n'ont point encore trouvé.Si les Espagnols sont en guerre avec le Roy et qu'ils continuent d'envoyer Tan prochain leurs vaisseaux à la pesche dans les bayes de l'Isle de Terreneuve, Cap Breton, et autres lieux voisins, ainsy qu'ils ont accoustumé de faire, j'estime qu'on pourrait employer utilement le vaisseau que j'ay fait construire à leur faire la guerre, d'autant plus qu'on le peut monter de quatre pièces de fonte que je fais faire icy par un fondeur assez habile en son meatier et de quelques autres pièces de fer.On pourrait mesme aussy armer en guerre le vaisseau du Marchand dont je viens de parler, qu'il m'asseure pouvoir estre fait au mois de Juillet prochain, mais pour une entreprise de cette nature il faut non seulement l'agrément du Roy, mais je crois quelque commission particulière.Pour toutes les raisons pressantes que vous avez déduites dans vostre des-pesche, on ne peut trop travailler à engager dans le mariage les filles d'âge nubile, puisqu'elles engagent à mesme temps leurs parens à demeurer fixement dans le pays dans leqeul elles prétendent faire leur establissement perpétuel; aussy ne perd-on pas un moment à seconder vos intentions en ce point, et il n'est presque pas de jour que je ne signe plus tost deux contracts qu'un.Et vous ne serez pas fasché d'apprendre qu'entre ceux qui se sont liez à ce pays par le sacrement se trouvent trois charpentiers de navire, des quatre que Monsieur de Terron avoit icy envoyés.Quoy que je scache fort bien que vous estes surchargé de despenses je ne puis m'empescher de vous dire qu'il y a icy sept ou huict filles des plus apparentes familles de Canada, mais si peu accommodées, que l'âge du mariage se passe fort en elles pour n'avoir pas de bien qui invite quelques officiers à les rechercher; si vous aviez la bonté de secourir ce nombre de cinq ou six mille livres, on pourrait faire cinq ou six mariages qui réveilleraient l'espérance d'autant de familles abattues.L'illustre et rare exemple que le Roy donne par sa piété, partout ou Sa Majesté se porte, me persuade assez ses saintes intentions sur le culte qu'on doit à Dieu et le respect à son Esglise, pour ne rien obmettre de ma part à m'y conformer, et les faire bien valloir auprez de tous ceux sur lesquels Sa Ma\" m'a fait l'honneur de me donner quelque autorité.J'oze espérer que les interests de Dieu se traitteront icy de manière que vous n'en recevrez aucune juste plainte, je dis juste, parce que je scay qu'on peut bien vous en faire qui n'auront pas de fondement, sur tout quand on voudra confondre la jurisdiction Magistrale avec l'Esclésiastique.Ce que je scay que vous ne souffrez pas.Le Chasteau de Québec estant planté sur l'Escors d'un Rocher, et ayant dans son voisinage un terrain fort inesgalle, ne peut estre à mon sens régulièrement fortifié, et tous ceux qui ont la théorie ou la pratique de la fortification, qui en ont considéré l'assiette, tombent d'accord qu'on ne peut y faire que quelques légères chicannes, que je remets au printemps prochain, cette saison favorisant mieux que toute autre les ouvrages de terre.Si vous regardiez ce poste (asseurement le plus important du Canada à cause de la rade, et de l'abord des vaisseaux) comme un plan destiné à quelque chose de grand, il rie faudrait pas s'arrester à ce réduit capable de cinquante ou cent hommes, .tout au plus; mais remontant au dessus et à la hauteur d'une montagne qui le commande, on peut bastir un fort sans des-truire celuy cy qui sert à la conservation du havre.Cependant, en attendant vos ordres et pour soustenir le dessein que vous avez de le fortifier et le munir suffisamment de tout, j'y feray mettre les dix pièces de canon qu'on sauva l'an passé 84 ARCHIVES DE QUÉBEC à Gaspé.J'y feray pareillement remettre pour quatre mille livres de munition de guerre que j'ay achepté, par l'avis de M.de Tracy, de M.l'Evesque de Pétrée qu'il a eu en compensation de quelque argent que luy devoit l'ancienne compagnie, le prix desquelles je mesnageray sur les fonds dont vous me laissez la disposition sans vous engager à d'autres despenses.J'estime que si la découverte qu'on a faite dans la baye de S' Paul d'un terrein qui se trouve boulversé par les tremblemens de terre & meslangé de salpestre, répond à nos espérances on pourra fournir de poudre non seulement le Canada mais encore en donner au dehors, pourveu que nous trouvions le souffre.Je vous remercie très humblement de la grâce que vous m'avez obtenue du Roy, en m'obtenant le dom de deux chaudières, desquelles je me serviray à faire une brasserie dont le public recevra beaucoup de soulagement, au sentiment des plus nottables du pays qui m'ont fait de grandes instances pour que je commençasse cet ouvrage.Outre que la bierre est saine et qu'elle espargnera plus de cent mille livres, que le vin et l'eau de vie emportent chaque année, elle excitera l'habitant au travail de la culture de la terre, parce qu'il sera asseure de la consommation du surabondant de ses grains qui s'employera à cette boisson.Comme il n'y a pas icy de Roturier qui voulust prendre des terres couvertes de bois à condition d'en rendre quelque partie défrichée, j'ay estimé qu'il falloit faire une seule fois la première despense en faisant préparer quelque estendue de terre pour estre distribuée auxd.Roturiers à condition d'en rendre autant dans l'espace de quatre années ou plus.Ce qui pourroit aysément se pratiquer à l'esgard des familles nobles qui passeraient de france icy et successivement perpétuer ainsy cette avance avec son remplacement.Je travailleray cependant pour lesd.familles selon l'ordre que vous me donnez.Et pour mieux faire valoir le moyen que vous me proposez pour faciliter l'establissement de ces Gentils hommes en leur accordant le bien des personnes qui meurent icy sans héritiers, j'estime qu'il seroit bon que le Roy par une déclaration donnast l'exclusion des successions aux parens de france qui se voudraient déclarer héritiers, ou que vous approuvassiez que j'en fisse rendre un arrest du Conseil Souverain de ce pays, le Procureur général le requérant, si vous ne jugez que cette exclusion pourroit esloigner les habitans de l'ancienne France d'assister de leur bien ceux de la NouveUe leurs parens.Si vous continuez dans le dessein de faire-passer icy quelques Demoiselles Francoises de belle et noble éducation, six ou huict suffiront à mon sens pour la première année, parce que desja dans celle cy j'en ay receu quinze ou vingt qu'on dit estre d'assez bonne naissance et qui asseurent avoir esté recommandées pair la Reyne et par Madame, ce qui n'a pas empeschê qu'eUes n'ayent esté très maltraitées par leur conductrice qui leur a friponne la moitié de leurs hardes.Les Pères Jésuistes auxquels j'ay fait un espèce de reproche, civilement néant-moins, de n'avoir pas jusqu'icy donné l'application qu'ils dévoient à la politesse du naturel des sauvages, et à la culture de leurs mœurs, m'ont promis qu'Us tra-vailleroient à changer ces Barbares en toutes leurs parties, à commencer par la langue.Vous verrez à quoy le supérieur du Séminaire de Mont Real s'engage par un escrit cy joint.J'estime que si vous consentez que je luy promette de la part du Roy que ses ouvriers ne seront pas inquiétiez à l'avenir, en tenant escole pour l'instruction desd.sauvages, on aura beaucoup fait pour les desprendre de leur humeur farouche et que l'Emulation se mettant entre eux et lesd.Pères Jésuistes, Us travailleront à l'envie à la perfection de leur ouvrage.Le fond de la subsistance des troupes qui sont icy, ne se faisant pour chaque ARCHIVES DE QUÉBEC 85 année que de Janvier en Janvier, m'oblige tous lea ans à faire de grands emprunts pour attendre l'arrivée des vaisseaux qui ne paraissent ordinairement icy qu'au mois de Juillet.La lettre de change que vous eustes la bonté de faire acquitter la première année me donna de la facilité et cependant il n'en cousta pas davantage au Roy.Je vous supplie très humblement, Monseigneur, d'ordonner que du fond destiné pour l'an 1668 on en remette sur mes billets la somme de dix mil escus dont je tiendray compte et dont mon secrétaire a ordre de se servir, partie à aquitter les lettres de changes particulières que j'ay données pour les emprunts que j'ay faits, partie pour achepter les matéreaus, outils et denrées que j'estime les plus nécessaires po.distribuer aux soldats qui s'habitueront icy.Et comme mon successeur n'aura peut estre pas les mesmes moyens que moy pour prévenir les besoins des troupes que vous pourrez laisser icy, j'estime qu'il seroit très à propos et pour le service du Roy et pour n'incommoder pas le pays, de faire en l'année 1668 le fond de la subsistance desd.troupes pour l'année 1669, au moins des six premiers mois.Si vous prenez ce party, mon secrétaire employers le fonds que vous luy ferez remettre en l'achapt des vivres et autres denrées nécessaires à leur usage, conformément à l'estat que je luy ay donné.Après vous avoir bien parlé de plusieurs officiers qui servent icy avec beaucoup de zèle, je ne puis vous taire sans blesser nottablement le service du Roy que M.de Lafredière, Capitaine et Major au Régiment de Carignan, et neveu de M.de Salière, a donné lieu par ses violences a plusieurs plaintes qui nous ont obligé M.de Tracy, M.de Courcelle et moy à luy conseiller son retour en France sans en venir à une voye moins douce.Et comme il a fortement opignastré son séjour en ce pays contre nos sentimens, voulant soustenir po.justice ce qu'il avoit fait avec emportement, troublant le repos de la Colonnie de Mont Real, M.de Tracy a jugé qu'il estoit du service de Sa Ma\" de luy donner un ordre de partir auquel cependant il ne vouloit pas obéir, appuyé de M' de Salière, son oncle, qui par son chagrin et sa mauvaise humeur, noua donne icy beaucoup de peine, et nous fait de grands obstacles aux establissement que vous m'ordonnez d'y faire en faveur des officiers et soldats.La coppie de cet ordre mise au bas de nostre sentiment est cy jointe, pour que vous connoissiez nostre procédé (peut estre trop modéré) et les informations faites après l'ordre donné par M.de Tracy sont entre les mains de mon secrétaire.Je scay que led.Sr de la fredière prétend trouver auprez du Roy de grands appuya pour faire condamner nos conduites, quelque mauvaise qu'ayt esté la sienne, mais je scay qu'estant le protecteur des troupes vous ne Testes pas moins des peuples.Du jugement que le Roy portera sur la conduite de cet officier despend la seureté et la tranquilité des Colons du Canada et le maintien de l'autorité des supérieurs qui se trouvent dans des pays aussy esloignez qu'est celuy ou cette seule autorité les sauve de l'Insulte des inférieurs et leur donne les moyens de faire avec succez le service de Sa Ma\".Je parle icy plus pour mon successeur que pour moy, qui espère mon congé par vostre entremise.En vérité si vous désirez qu'il réussisse il est bon de luy donner toute l'autorité qui se peut.J'envoye d'icy à Poitiers cent peaux d'orignal, choisies po.les y faire passer en buffles, si elles s'y passent bien, je les feray porter à Paris, pour que vous y voyez cette espreuve qui vous donnera peut estre envie de faire un magazin de réserve de dix ou quinze mille buffles pour la cavalerie du Roy.Cet amas se pourroit faire icy avec beacoup d'oeconomie.Les Demoiselles qui sont venues de France cette année se louent fort du traitte-ment qu'elles ont receu de Mess* de la Comp* à Rouen, à Dieppe et en rade, mais 86 ARCHIVES DE QUÉBEC elles m'ont fait de grandes plaintes de celuy qu'elles ont receu sur mer, et elles m'ont asseure que du moment qu'elles ont esté soubs la voile, elles n'ont reconnu ny ho nn es té ny humanité, dans les officiers de leur bord, qui les ont beaucoup fait souffrir de la faim, ne leur donnant qu'un léger repas le matin, et le soir pour souper un bien peu de biscuit sans aucune suite.Il seroit à mon sentiment à propos que les gens de leur sexe et de leur qualité eussent un Conducteur sage et autorisé pour leur faire donner les choses nécessaires; elles escrivoient toutes ce mauvais traittement à leurs correspondants, mais tant que j'ay pû j'ay destourné ce coup pour l'obstacle qu'il aurait formé au dessein que vous faites d'envoyer Tan prochain des demoiselles bien choisies et je feray d'ailleurs tout ce que je pourray pour charmer leur chagrin.La fondation de l'Hospital de Québec estant assigné sur les coches d'Orléans suit la condition de cette ferme et pour cette raison led.Hospital a besoin pour son soustien de vostre protection.Ce mesme hospital vous demande par grâce le fret des provisions qui luy sont envoyées de france qui peuvent estre de huict à dix tonneaux, si vous luy faites accorder elle luy donnera plus de facilité i recevoir et nourrir plus grand nombre de malades.J'ai fait jusques icy tout ce que j'ay pu po.le soustenir et sans vous demander d'autres secours pour luy je continueray à l'ayder des fonds que tous les ans vous me faites la grâce de me confier.' Pour ne rien obmettre de ce qui peut contribuer à l'establissement de ce pays, j'expose la pensée qui me vient qu'il y a en france beaucoup de gens sans qualité qui possèdent de grands biens et qui sacrifieraient quelque somme considérable a l'aquisition d'un tiltre ou pour eux ou pour leurs enfans.Le Roy ne pourroit il pas sans blesser ses interests, tiltrer icy des terres de Chastelenie, Baronnie, Vicomte et autres de plus grand caractère, si Sa Ma\" le trou voit à propos, à condition que ceux en faveur desquels elles seraient distribuées formeraient à leurs dépens, un, deux ou trois vilages et plus selon la dignité du tiltre.Je me souviens qu'une proposition me fut faite en france qui quadroit fort avec cette pensée qui vous est aisé de rejetter si elle ne vous paroist pas praticable.Quand on doit estre une année toute entière sans vous rendre compte, et qu'on est sur le point de quitter un pays pour l'establissement duquel on doit encore travailler quelque temps, et passer à un autre, on ne peut se deff endre d'estre un peu prolixe.Vous devez.Monseigneur, le pardonner et l'imputer au zèle qu'on a de ne rien laisser d'imparfait après soy.Je ne fais pas d'instance auprès de vous pour obtenir du Roy le congé que Sa Ma\" me promet pour l'an prochain, par la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'escrire dans le courant, puisque vous mesme par vostre des pesche avez eu la bonté de me le faire espérer.Je l'attendray, Monseigneur, pour retourner en l'ancienne france, et n'y faire toute ma vie que ce qui vous plaira.Et cependant je vous asseureray que personne n'est avec plus de respect que moy, Monseigneur, Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur, Talon.A Québec le XXVII octobre 1667 (1).(1) Archive* Nationale*, Colonie*.C\" A.2. ARCHIVES DE QUÉBEC 87 LETTRE DE TALON AU MINISTRE COLBERT (29 OCTOBRE 1667) \u2022 Talon demande à Monseigneur Colbert: Une lettre de cachet po.Le congé de retourner en France, si le Roy l'a ainsy agréable.Si sa Majesté Laisse des trouppes en Canada en corps de Compagnies, que Les ordres pour celles qui resteront soient expédiez en blanc.Estimant qu'il est a propos d'y faire rester celles des Capitaines qui s'y seront engagez, ou voudront s'y engager par L'habitation, ou Le mariage, Et que ces ordres expliquent que sa Ma** entend que Les officiers subalternes des compagnies qui devront retourner en france, Lesquels seront ou mariez ou habituez eschangeront Leurs places avec ceux de mesme Rang des Compagnies qui resteront en ce pays.Qu'il soit deffendu a ceux qui seront chargés des Levées des Passagers po.Le Canada d'envoyer aucun homme qui ne soit au dessus de 16 ans et audessous de quarante parce que tout ce qui est audessus de l'un de ces aages et au dessous de l'autre ne peut accommoder ce pays et ne Laisse pas de couster au Roy.Que pareillement deffenses soient faites d'en faire passer aucun fol, estropié, malade de maladies habituelles, ou fils de familles pris par force parce que ces sortes de personnes ou sont a charge au pays ou Le décrient.La mesme règle pourrait estre observée a L'Esgard des Femmes et filles pour Les aages convenables a la generation, et surtout qu'elles soient choisies bien saines.S'il trouvera bon qu'il soit expédié une Lettre de Cachet adressée a Talon par Laquelle sa Ma\" fasse connoistre qu'elle est bien informée qu'il y a des officiers de son Régiment de Carignan salliere qui secondent ses intentions avec chaleur dans les es tablissemens qu'elle fait faire en Canada, et qu'il y en a d'autres qui n'ont pas La mesme chaleur, et qu'elle veut et entend que tous travaillent esgâllement a me faciliter Les moyens d'establir icy Leurs soldats et qu'elle aura beaucoup d'esgard au tesmoignage que j'auray L'honneur de Luy rendre sur Le service et Le mérite de chaque officier.Que d'ailleurs elle fera plus de consideration d'une compagnie qui retournera foible en France si Le Capitaine emporte avec soy un certificat qui justifie a sa Ma** qu'il aura laissé beaucoup de ses soldats en Canada, que d'une autre qui repassera forte.Si en conformité de cet article II n'estime pas a propos de faire escrire sur le mesme sujet Une Lettre a M.de Salliere par Laquelle sa Ma\" Luy commande de m'ayder de toutes ses forces en tous ces Es tablissemens s'adressant en sa personne a tous Les officiers du Corps pour Le mesme Effet.S'il approuve qu'on fasse amas de peaux d'orignal bien choisies.S'il a agréable de faire remettre entre Les mains de Patoulet mon secretaire La somme de dix mille Escus faisant partie du fonds que le Roy aura fait pour La subsistance du Regiment de Carignan salière durant L'année 1668, attendu qu'il a falu faire des emprunts pour La subsistance dud.Regiment durant Les six premiers mois.S'il aura pareillement agréable de Luy faire remettre par avance Le fond qui sera destiné po.La subsistance des troupes qui resteront en Canada durant Les six premiers mois de l'année 1669 Et en ce cas expédier un ordre pour qu'a La Rochelle on fournisse quelque vaisseau po.Le Transport des vivres et denrées a l'achapt desquels Led.fonds sera employé. 88 ARCHIVES DE QUÉBEC S'il veut bien faire gratiner de Lettre de noblesse Les s* Godefroy, Denys Le Moyne, et Amiot, quatre habitans de ce pays des plus considerables et po.Leur naissance et pour leur zelle au service de sa Ma\", Cette distinction devant faire un bon effet mesme par l'Emulation qu'elle fera naistre dans Les familles.S'il n'estime pas a propos de faire expédier un ordre en vertu duquel on puisse faire passer d'icy en france toute personne de quelle conduite et qualité qu'elle soit qui blessera par sa conduite Le service du Roy.Si Monseigneur Colbert ne voulant point changer L'ordre des finances en faisant Le fond de la subsistance de l'année ou des six premiers mois des troupes qui resteront en Canada en 1669, Veut que Talon se charge de faire faire cette avance sur son credit, avec asseurance de remboursement, sur Les certificats de son successeur.Si sa Ma\" a agréable que Les Esclésiastiques du séminaire de S* Sulpice demeurans a Mont Real portent L'Evangile aux sauvages et Les Instruisent en tous Lieux.Si sa Majesté aprouve ou condamne qu'on traitte des boissons aux sauvages et si elle desire qu'on Les mette sur Le pied des reglemens françois.Si Le Roy continuant d'envoyer des filles en Canada il n'est pas a propos d'achever Le bastiment qu'on a commencé de bastir pour Les recevoir pour La perfection duquel il faut environ mille escus.Un règlement sur La contestation formée entre Les officiers des troupes du Roy et Les Margueliers de L'Esglise de Quebec sur les honneurs de L'Esglise que M.de Tracy n'a pas trouvé a propos de régler de son temps.Si Le Roy entend qu'on ne fasse aux prosnes des Paroisses aucune publication d'ordonnance consernant son service, pas mesme d'aucun acte de ceux qui demandent cette formalité pour Valoir en Justice, conformément a deux ou trois articles de la Coustume de La Vicomte de Paris que Sa Majesté veut qu'on observe en ce pais; cette question Roule sur la difficulté qui a esté faite par M.L'Evesque de Petrée sur une affaire de cette nature.Talon.fait a Quebec le XXIX octobre 1667 (1).LETTRE DE TALON AU MINISTRE LOUVOIS (19 octobre et 19 décembre 1667) Monseigneur, - \u2022\u2022» .Il ne se peut faire que M.de Tracy, vous rendant compte de son voyage de l'Amérique, ne vous ayt particulièrement informé de la disposition en laquelle il a laissé le Canada; ainsy, je me dispenseray d'en rien marquer.J'auray donc seulement l'honneur de vous dire qu'il n'y a eu, depuis son départ, aucun changement dans les quartiers où le mesme nombre de troupes est demeuré que mondit sieur de Tracy y avoit laissé, la seule compagnie des Portes ayant relevé à Montréal celle de du Gué dont le capitaine ne peut compatir avec un autre officier.On a gardé le mesme nombre de forts avec le mesme nombre de compagnies et aparemment on ne retirera aucunes troupes desdits forts jusques à ce que vous (ï) Archives Nationales, Colonies.C\" A.2. ARCHIVES DE QUÉBEC 89 nous ayez fait connoistre si S.M.veut qu'on fasse une seconde irruption sur les Iroquois ou qu'on se contente de confirmer avec eux la paix pour en faire profiter les habitans dans la culture de leurs terres à l'avancement de la colonnie.Sur ce plan, j'ay pris mes mesures et j'ay fait porter des vivres et munitions dans lesdits forts pour tout l'hyver prochain.Un party de quatorze Iroquois, qui avoient rôdé deux ans entiers autour de Tadoussac au nord de Québec, retournants à Agnez, a esté rencontrés par la nation des Loups nos alliez qui les ont tous ou tuez ou fait prisonniers.Ces coups, quoyque petits, humilient tousjours ces barbares.La mort de M.du Prat, capitaine au régiment de Carignan-Salière, estant arrivée environ le mois de janvier 1666, fait que, la commission n'ayant esté donnée à M.des Portes qu'en 1667, il est demeuré dans les magazins du Roy de quoy faire la paye de ses appointemens; car quoyque j'aye esté bien pressé de faire des despenses fort utiles, je n'ay pas voulu qu'on toucha à ce revenant bon de 82511.seulement parce que le mois de janvier avoit esté payé à La Rochelle avant que les troupes partissent de France.J'attendray, Monseigneur, que vous disposiez de cette somme de laquelle j'ay fait espérer partie au lieut' de ladite d° qui en a pris tout le soing imaginable et qui a bien de la douleur de n'avoir pu monter à la place de son capitaine (1).J'ay fait vendre quelques denrées pour faire un fond pour les hautes payes et je continueray d'en user ainsy pour les satisfaire au moins pour partie, si je ne puis le tout.Je suis dans un pays qui demande un peu de prévoyance et d'oecono-mie et je reconnois qu'il y a quelques gens qui voudraient une prompte dissipation parce qu'ils ne sont chargez de rien.Pour ne pas faire une répétion ennuyeuse sur le sujet qui oblige M.de la Fredière, capit™ au régim* de Carignan-Salière, de retourner en France, je vous supplie très humblement.Monseigneur, après luy avoir demandé l'ordre sur lequef il retourne et avoir considéré le chemin qu'on luy avoit ouvert par le congé qui est au dessus dudit ordre, de vouloir vous faire faire lecture de ce que j'ay l'honneur d'escrire a M*?Le Tellier de mesme que des informations qui sont cy-jointes.Je sçay que ledit sr de la Fredière se plaint qu'elles ne sont pas dans les formes; mais il faut icy dire que quand M.de Tracy, M.de Courcelle et moy luy avons conseillé de repasser en France, on ne pensoit pas à faire des informations, parce qu'on ne pensoit pas à luy faire aucun mal, seulement, à guerrir par son e&loigne-ment celuy que les sujets du Roy souffraient icy de sa conduite.J'espère l'an prochain repasser en France.Si sur ce qu'il vous dira et que M.de Salliere, son oncle, pourra vous mander, vous suspendez vostre jugement, je suis asseuré que, par le compte que j'auray l'honneur de vous rendre de ce pays, vous demeurerez persuadé qu'on a eu pour luy autant de modération qu'il a eu d'emportement pour les colons et peu de déférence pour les supérieurs.M.de Tracy, qui a connu la conduite et de l'oncle et du neveu, peut vous la dire.Le premier \u2014 si ce qu'il a dit est cru \u2014 me perdra auprez de vous.Je ne me deffends pas là dessus; mais je dis seulement, parlant pour les colons de ce pays, que je sçay que vous estes le protecteur des troupes, mais que vous ne restes pas moins des peuples qui attendent leur appuy du Roy par vostre moyen contre les violences qu'on leur fait.Pour rendre justice distributive à tous, il faut vous dire avec vérité qu'il y a des officiers très sages dans ce régiment; mais je puis dire aussy avec la mesme vérité (I) En marge, de la main de Louvoie: \"En donner les 2 tien au lt et le surplus au ar dea Portes.\" 90 ARCHIVES DE QUÉBEC qu'il y en a quelqu'une fort inquiets et ayant peu d'inclination à ayder aux esta-blissemens que le Roy me commande de faire en ce pays.Comme on sçait que S.M.donne le prix à la vertu par vostre bouche ou vostre plume qui fait les expressions de ses plus véritables sentimens, j'estime que si vous me faisiez l'honneur de m'es-crire et de me marquer dans vostre despesche la considération qu'elle fait de ceux qui me donnent des secours et apportent de la facilité aux choses que j'entreprends pour son service, cela produirait un fort bon effet.Ce pays commence à prendre une autre forme que celle qu'il avoit avant l'arrivée des troupes du Roy.Il se découvre en beaucoup d'endroicts et la résolution que forment plusieurs officiers de s'y habituer ne contribuera pas peu à son establissement.Desjà MM.de Contractu* et du Gué, capitaines, et de Varenne, lieutenant, s'y sont engagez mesme par le mariage avec des filles du pays.Quatre ou cinq autres subalternes capitulent avec leurs maistresses et si vous tesmoignez par les premières despesches du Roy qu'ils se rendent agréables à S.M., non seulement en demeurant icy, mais mesme encore en invitant leurs soldats à y prendre party, j'estime que plusieurs ne retourneraient pas en l'ancienne France.Si je n'estois bien persuadé que vous avez de plus agréables et de plus importantes affaires que ne sont celles du Canada, je vous en donnerais un destail dans lequel je n'obmettrois rien des moindres particuliaritez de ce qui s'y passe; mais il ne seroit d'aucune utilité.Je remetz à me donner l'honneur de vous informer moy-mesme de ce qui sera de plus considérable si vous avez la bonté d'appuyer auprès du Roy le congé que je supplie très humblement S.M.de m'accorder sans que je sorte de la soumission dans laquelle je dois estre à son esgard et qu'aura tous-jours très esgallement au vostre Monseigneur, Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur Talon.Québec le XIX lObre 1667 (1).LETTRE DU MINISTRE LOUVOIS A TALON (27 JANVIER 1668) à Saint-Germain, le 27 janvier 1668 Monsieur, J'ay reçeu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire le 19 d'octobre.J'ay veu parce qu'elle contient un plan assez exact des affaires de Canada et de la conduitte particulière des officiers.C'est une chose sans difficulté que les troupes doibvent apuyer les establissements qui se font par ceux ausquels le Roy a donné sa principalle autorité en ce pays là et que c'est un moyen d'obtenir des grâces de Sa Majesté.Il est juste que le sieur des Portes et le lieutenant de la compagnie qui a esté donnée au premier par la mort du chevalier du Prat profitent des appointements (1) Archives de la guerre, Correspondance 463, pièce 13. ARCHIVES DE QUÉBEC 91 de la proposition pendant que la charge a vacqué.Et, comme le lieutenant a este charge du soin de la compagnie, pendant un long temps, vous pourrez luy faire deslivrer les deux tiers des 825 u.qui ont este mis en deniers revenant bons et le surplus au sieur des Portes.Pour ce qui regarde les affaires généralles du Canada, je vous remetr à ce que vous en aprendrez par les lettres de monsieur Colbert et je me contenterayde vous asseurer que je suis.(1) LETTRE DU MINISTRE COLBERT A TALON (20 FÉVRIER 1668) De Paris, le 20 feb.1668 Vostre.Sec» estant arrivé il m'a rendu v» mémoire du 27« du mois d'octobr dernier et un avis pareil™' des 25,26 et 27e du mesme mois Ensemb.un au.(autre) mémoire concernant toutes les choses q.v.estimez necess» de résoudre p.le Canada suivant la constitua\" présente des affaires en ce pays.Avant q.(que) d'entrer en matière j estime ql est bon q.je v* informe des resolute q.S.M.a prise tant a lesgd (l'égard) des troup» & des off™ qui les commandent q.ct (celui) par11' (pareillement) de La Colonie qui l'ont obligée a y f* quelques reflexions.Premier'.Elle envoyé ses ordres pr fr revenir le Regiment d'Infanterie de Carignan Salières composé de 20 comp°i« et les quatre compagnies destachées d.corps de Pordou estans chambellé et Ligniers a L'Excepti* de quatre des d.Compagnies qu'elle laisse d* le Pays pr conserver les forts les pl.advances et les pl.imp** (importants) p.la garde des habit» et les garantir de L'Incursion des Sauvages et au* (autres) nation Ennemie en cas q1* vinssent a rompre la paix qui le.(leur) a esté accordée, lesquelles quatre Compagnies sont choisies de celles dont les cap'» (capitaines) se sont desja mariez d.le pays ou qui seront en disp\"»» de sy marié.Je v* informe encore q.le R.(Roi) serait bien aise q.t* les soldat du corps de ces troup.shabituassent en Canada, et q.sa Ma4* sera autant et pl.satisfaite des Cpt» (Capitaines) qui ayant d.le pays leurs Comp°fe* en bon estât ne les ramèneront q.fort foibles en france, q des au.(autres) qui se feraient une aff» de les fr repasser fort nombreuses.Et pr preuve de cela Sa Mat* destine une soe (somme) consider^ (considérable) ainsi q.v* le verrez cy dessous p.estre distribué aux soldats qui Sy marieront et habitueront au»' (autant) q.ceux dont les quatre Compagnies demeureront composés lesquels recevront leur solde c.(comme) cy devant.Sa Ma\" a fait fonds pr la subsistance de vingt compagnies pendant neuf mois entiers cest a dire jusques au temps quelles reviendront en france et pr douze mois entiers p.les quatre autres qui demeureront en Canada.Les Directeurs de la Compagnie des Indes occidentales ses tant chargez en recevant ce fonds de f.(faire) t* les préparatifs de vivres et marchandises necess»* suivant le memre (mémoire) de v» Sec» en qy (quoy) je le.(leur) ay f.connoistre ql estoit de grande consequence d'apporter beaucoup de prudence et de precaution En sorte que J'espère q.ces vivres et marchandises arrivant d.le pays v* aurez lieu d'en estre satisfait.Sa Ma\" a fait fonds aussi p.vos app°** (appointements) et ceux de vr* Sec» p.les trois mois de l'année dernière qui v* sont deubs et p.neuf mois delà présente,et (1) Archiva de la guerre, Correspondance, vol.212, toi.388. 92 ARCHIVES DE QUÉBEC p.les mesmes trois mois de l'année dernière des app*** (appointements) de M.de Courcelles et p.douze mois entiers de l'année courante.Elle a fait une gratiffo» (gratiffication) de 1500 L.au Sr de La motte p« (premier) Cap1» (Capitaine) du Regiment de Carignan Salières Tant en employ de services q' a rendus en Canada d* la construction de forts q.d* les Expeditions q.ont esté f*** contre les Irocquois, q.du mariage q1 a contracté dans le Pays et de la Resolution ql a prise de s'y habituer; Elle a ordonné de pl.la somme de six mil livres p.estre distribuée aux off1* des mesmes troupes ou qui s'y sont desja mariez ou qui s'y marieront cy après afin de leur donner plus de moyens de sestablir et les mieux affermir d* la pensée ou ils sont de ne pl.revenir en france.Elle a fait un au.(autre) fonds de Douze mil livres p.estre distribué aux soldats qui resteront aud.pays o.b.(ou bien) qui sy marieront autres q.ceux des quatre compagnies quelle y laisse, ces dernières estant entretenus p.(par) le py* (paiement) d.le.(leur) solde, Se remettant a v* du bon usage de cette so* (somme) q.sans doute v* trouverez consider') (considérable) et dont Lapplication estant bien f«* ne scau-roit manquer de produire de gr* (supporter) une conduite appuyée sur dau.(d'autres) maximes que celles q.Le R.(Roi) a establies.Com.Je rends compte au R.de toutes choses je ne p.(puis) manquer de L'informer des points essentiels de ce mémoire Et sa Ma\" a jugé q1 faisoit paroistre trop danimosité envers l'Ev.de Petrée et les Jésuistes.Il n'y a pas d'apparence de donner a un ho* (homme) de ce caractère d'Esprit l'Intendance d'un pays aussi esloigné q.le Canada, dau tant pl.q.q* (quoique) tout ce ql advance seroit veritable dont néammoins il y a beaucoup a douter, il ne seroit pas de la prudence de se declarer d'un mal tel q.a esté, veu q.quelq.remède q'.y pourroit apporter, il seroit tousjr (toujours) pire que le mal mesme Et il faut que lapplica0\" d'un gouverneur et d'un Intendant aille a l'adoucir (illisible) sans lirriter ny se porter a aucune extrémité contre le d.sr Ev.(Evêque) et les d.Peres Jésuistes q»* bien mesme ARCHIVES DE QUÉBEC 93 Ils auroient abusé du pouvoir q.leur habit et le respect q.l'on a naturelle' p.la religion le.(leur) donne.En se contentant par des conférences particulières de restreindre ce pouvoir autant ql se pourra de les borner d.une legitime auctorité Et espérant q.qnd le pays sera pl.peuplé, qui est la seule et unique chose q.doit convier les d.S\" Gouverneur et Intat a y employer leurs soins quant a present, la charité Royale qui sest touj.reconneue des Peuples prévaudra sur l'au» (l'autre) et la contiendra aise»»' d* de justes limites.A qy (quoi) jadjouteray seulmt quii ne seroit p.icy de bon sens q.le R.sirite sur les sentmta (sentiments) du S' de Ressan Sec1» de M' de Tracy estant entière\"»' opposés ou p.mieux dire entier\"' contraires a ceux d.d.(du dit) sr de Tracy.Il ne se peut rien de mieux q.le soin q.v» avez pris de f.(faire) former trois Villages dont v.avez attaché la mouvance au fort S' Louis en faisant f.(faire) les defrichmta (défrichements) des terres de par»» en par»' (paroisses en paroisses) p.ce ql (parce qu'il) est vray q.le salut et la force du Pays consiste et consistera t> (toujours) a projeter q.les habit»» unissent leurs habita»»» et semment le pl.ql se pourra d» les lieux les meilleurs et les plus fertiles, sans le.permettre de sesten» (s'étendre) et de se séparer ou suivant le.(leur) commodité ou suiv' (suivant) leurs Inclination p.ce q'estant réunis ensemb, Il est indubitab.ql» en seront beaucp (beaucoup) pl.forts et ql» seraient en estât de sentresecourir et d.se prester la main au besoin, et ceux qui ont a present et qui auront cy après laucthorité d» le Pays ne scauroient jamais assez travailler a les aguerrir et a les rend, (rendre) adroits au manimt (maniement) des armes capab.(capables) de lobéissance et dune bonne discipline et pr consequent a les mettre en estât et de se bien deffendre, et aussi d'attacquer.Le R.connoist Claire™' (clairement) q.si v» santé v» eust permis de demeurer encor en Canada une deux ou trois années non seul»' la Colonie en aurait receu beaucoup d'advantages mais aussi quelle s'en seroit considerabmt (considérablement) augmentée.Et dautant q.le principal fruict de cette Colonie en lestât nécessaire ou elle est encore consiste a la multiplica»» des peuples.Je dois vous mettre en conside°n (considération) quel agrémt sa Ma\" aurait donné au service q.v» luy auriez rendu, d'avoir fort°>' (fortement) contribué à doubler et mesme a tripler le nomb.des habitans pendant q.v\" seriez encor resté d» le pays.Mais après avoir entretenu v» Sectn sur lestât de vre santé, et avoir esté Informé p.luy des differens maux dont v» estes présentement travaillé, En sorte que v.Infirmité est pr°q (presque) continuelle, je ne crois q.v» deviez balancer a v.servir du congé q.sa Mat* v» envoyé pr revenir.Le R.Désire q.v» fassiez bien connoistre a Mr de Courcelles ql doit se conduire et agir avec une grdc (grande) douceur envers t» (tous) ces Peuples et une des causes qui a empesché jusquicy laugmenta»» du Canada provient (et v» en conviendrez avec moy) q.les mariages ny sont pas assez frequents ayant veriffie sur le Rolle qu'il y a beaucoup d'hommes qui ne se marient qu'à trente ans et de filles qui ne se marient aussi qu'à vingt et vingt cinq ans.Je v.prie de bien considérer la gr»* (grande) et extrême conséquence de ce point p.l'augmenta»» de la Colonie et de bien f.(faire) considérer ensuite a tout le pays q.leur bien, leur subsistance et tout ce qui peut les rendre de pl.en pl.dep» d'une résolution publicque a laquelle II ne soit jamais contrevenu, de marier les garçons a dix-huict ou dix neuf ans et les filles a quatorze ou quinze (illisible) doivent estre rejettées par ce q.d» un pays co» (comme) le Canada pourveu que tout le monde travaille II est possib.(possible) quil 94 ARCHIVES DE QUÉBEC trouve sa subsistance, et q> est vray q.l'abondance ne peut jamais le.(ur) venir q.par labondance des hommes.Apres cette resolution prise d'un consent™' unanime il faudrait establir des moyens p.(pour) la l' (faire) général*»' exécuter.Par suite il me semble q.sil y a quelques charges dans le Pays ou quelque se-rerité a laquelle les habitans soient assujettis II seroit bien de rendre ces charges ou cette sévérité doubles a lesg**i (l'égard) des garçons qui ne se marieraient pas a cet aage étant dans ce lieu a quelques distinctions pr les honneurs dont ils seront exclus ny ayant rien qui fasse pl.d'impression ordinaire d* les esprits q.la privation de ces sortes de choses qui emportent après elles de la honte et de la confusion.Et a 1 esgard de ceux qui sembleraient avoir absolmt (absolument) renoncé au mariage non seul*»' il seroit a propos de leur augmenter les charges de les priver de tous honneurs et en outre y ad jouter quelques marque d'Infamie.Pour cet effect II seroit necess\"* destablir quelques lieux publics s'> (sous) la Direction des Peres Jésuites et des Missionnaires de Montréal pr nourrir et eslever d* la pureté du christianisme et de nos mœurs un nomb (nombre) dEnfs.(d'enfants) de Sauvages, a qui Ion pourroit adjouster qi« (quelques) principaux habitans et les pl.accommodez de la Colonie seraient obligés d'en entretenir un ou deux suivant le.facultés.Et qu M» L.-P.D'Esgly à M\" J.-O.Briand (Québec, 3 novembre 1786).Il lui accorde les facultés nécessaires pour la consécration episcopate de M\" Jean-François Hubert, évêque d'Almyre.(Registre D, f.60 v-) M«« L.-P.D'Esgly à M* (J.-F.) Hubert, évoque d'Almyre (Québec 20 novembre 1786).Il lui donne les pouvoirs requis pour sa charge d'évêque coadjuteur.(Registre D, f.61 r.) M\" L.-P.D'Esgly.Lettre pastorale aux habitants des trois villes de Québec, Montréal et Trois-Rivières (Québec, 22 novembre 1786).Il leur annonce la consécration de M» Jean-François Hubert, et déclare qu'U Ta revêtu de pouvoirs très amples pour l'administration du diocèse de Québec (Registre D, f.62 r.) M\" L.-P.D'Esgly.Règlement du Conseil Souverain de Québec: 1° pour les cures et seigneurs hauts justiciers du Canada (1709); 2° pour la distribution du pain bénit (1716); 3° pour les bancs (lettre de M.de Morville, 9 juin 1723); 4° concernant les droits honorifiques des capitaines de milice (ordonnance de M.Bégon, 7 janvier 1715); 5° concernant les élections des marguilliers.(Registre D, f.62 v.et68r.) M Vicaire 6>»i Bedard j>tre Sup™ du Sem™ Lahaille p Jean-François Hubert.Pouvoirs extraordinaires accordés à M.(Jean-Jacques) Berthiaume, curé de Saint-Joseph-de-Chambly, pour les paroisses de Chambly, Belœil, la pointe Olivier et le lac Champlain, jusqu'aux limites du diocèse de Baltimore.(Québec, 19 septembre 1794).(Registre B, f.40 v.) M\" Jean-François Hubert à M.(Joseph-Marie) Boissonnault, au séminaire de Québec (Québec, 20 septembre 1794).Il le charge de la desserte des deux paroisses de Saint-Pierre et de Saint-Laurent, en 111e d'Orléans.(Registre des lettres, v.2, p.156.) M«* Jean-François Hubert à M.(Pierre-Joseph) Périnault, au séminaire de Montréal (Québec, 22 septembre 1794).B approuve son dessein de se faire Sulpi-cien, mais il ne peut lui permettre de l'exécuter dans le moment.B le nomme vicaire à Longueuil.\" Le bon papa n'étant pas fort éloigné de Longueuil, vous pourrez lui donner souvent la consolation de vous embrasser.\" (Registre des lettres, v.2, p.156.) M» Jean-François Hubert à M.(Pierre) Denaut, coadjuteur de Québec, curé à Longueuil (Québec, 22 septembre 1794).Il lui donne la liste des dernières nominations.M.Castanet reste professeur de philosophie au séminaire de Québec; M.Desjardins le jeune, est nommé vicaire à Québec; M.Daulé, chapelain des Ursulines.M.Sarault, curé de Saint-Charles, menace ruine.(Registre des lettres, y.2, p.156.) M\" Jean-François Hubert à M.(Joseph-Jérôme) Raizenne, vicaire au séminaire de Montréal (Québec, 22 septembre 1794).Il le charge de la desserte des deux paroisses de Saint-Pi erre-les-Becqueta et de Saint-Jean-Deschaillons.Il ne peut lui permettre de s'agréger au séminaire de Montréal, pour le moment.(Registre des lettres, v.2, p.157.) Me Jean-François Hubert à M.(Gabriel-Jean) Brassier, vicaire général du diocèse, à Montréal (Québec, 22 septembre 1794).Il a nommé M.Duval à la desserte de Gentilly.Autres nominations.M.Raizenne quitte le séminaire à regret.Il a écrit à M.Gazaniol pour le remercier de l'envoi des onze Sulpiciens, et à M\" l'évêque de Léon, pour lui demander huit autres prêtres.M.Vallée continuera ses études théologiques.(Registre des lettres, v.2, p.157.) M.Joseph Bédard, secrétaire, à M.L.-B.Proulx, à Montréal (Québec, 23 septembre 1794).M\" Hubert lui fait dire qu'il peut revenir au séminaire continuer ses études de théologie.(Registre des lettres, v.2, p.159.) Le cardinal Antonelli à M\" Jean-François Hubert (Rome, 27 septembre 1794).Il lui annonce la nomination de M.Pierre Denaut comme coadjuteur.Pouvoirs qui lui sont communiqués.(Cartable: Correspondance manuscrite de Rome, II1-63; Registre E,f.51 r.) 308 ARCHIVES DE QUÉBEC M\" Jean-François Hubert à M.(Pierre) Robitaille, curé à Rimouski (Québec, 6 octobre 1794).Il ne doit pas marier le nommé Laurent Chouinard, sans la permission de M» Hubert.(Registre des lettres, v.2, p.159.) M\" Jean-François Hubert à M.(Gabriel-Jean) Brassier, vicaire général, à Montréal (Québec, 6 octobre 1794).Il a retenu M.Perrault à Québec vu qu'il était trop malade pour se mettre en route.(Registre des lettres, v.2, p.159.) M\" Jean-François Hubert à M.(Joseph-Michel) Paquet, curé de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud (Québec, 8 octobre 1794).Il consent à ce que l'on transporte le corps de Michel Biais dans la nouvelle église de Saint-Pierre.(Registre des lettres, v.2.p.159.) M«r Jean-François Hubert à M.P.Marganne de Lavaltrie, êcuyer, à Lavaltrie (Québec, 11 octobre 1794).Il voudrait bien le satisfaire ainsi que les habitants de Lavaltrie, mais il n'a personne pour remplacer M.Serrand, s'il l'enlève de cette paroisse.(Registre des lettres, v.2, p.159.) M«r Jean-François Hubert à M.(Claude) Carpentier, curé à Verchères (Québec, 12 octobre 1794).Il lui envoie M.Toupin, comme vicaire.Il a beaucoup de ferveur mais peu de santé.(Registre des lettres, v.2, p.160.) M» Jean-François Hubert à M.(Pierre) Denaut, coadjuteur de Québec, et curé à Longueuil (Québec, 12 octobre 1794).Il envoie M.Toupin à Verchères, en qualité de vicaire.\"M.Perrault remonte à Saint-Laurent avec une aussi faible santé que lorsqu'il est descendu.Je suis charmé que vous soyez content de M.Péri-nault.\" (Registre des lettres, v.2, p.160.) M«* Jean-François Hubert à M.(Jacques-Philippe) Serrand, curé à Saint-Paul-de-Laval trie (Québec, 13 octobre 1794).Il a reçu des plaintes si graves contre lui qu'il se croit obligé de le retirer de sa paroisse.(Registre des lettres, v.2, p.161.) M» Jean-François Hubert à M.(Jean-Baptiste) Poujet, curé à Berthier (Québec, 13 octobre 1794).Il le charge de faire enquête sur les plaintes portées contre M.Serrand, curé de Lavaltrie.(Registre des lettres, v.2, p.161.) M\" Jean-François Hubert à M.(Jean-Marie) Boissonnault, curé à Saint-Pierre, Ile d'Orléans (Québec, 15 octobre 1794).Il a appris qu'il désirait la cure de Sainte-Marie-de-Beauce.Il la lui offre.(Registre des lettres, v.2, p.161.) M.Joseph Bédard, secrétaire, à M.Vallée, prêtre, à Montréal (Québec, 16 octobre 1794).M\" Hébert ne lui permettra pas d'exercer le ministère sans qu'il ait passé un examen.Qu'U se rende chez un des curés du district de Montréal, afin de continuer ses études et s'y exercer à faire quelques actes du ministère, comme les baptêmes et les enterrements.(Registre des lettres, v.2, p.165.) M\" Jean-François Hubert à M.(Pierre) Denaut, coadjuteur de Québec, curé à Longueuil (Québec, 16 octobre 1794).Il le prie de régler la difficulté entre M.Foucher, curé de Mascouche, et le nommé Truchon, d'une part, et M.Alexis Caron, de l'autre.Il a appris que M.Molin était confesseur des Soeurs de l'Hôpital général, et M.Roux, de celles de la Congrégation.(Registre des lettres, v.2, p.161.) M\" Jean-François Hubert à M.(Jean-Marie) Boissonnault, curé à Saint-Pierre, Ile d'Orléans (Québec, 16 octobre 1794).M\" Hubert a été mal renseigné sur son compte.Il restera à Saint-Pierre, comme il le demande.(Registre des lettres, v.2, p.162.) M\" Jean-François Hubert à M.(Charles-Denis) Dénéchaud (Québec, 17 octobre 1794).Il le charge de la desserte de la paroisse de Saint-Charles, rivière Boyer.(Registre des lettres, v.2, p.162.) ARCHIVES DE QUÉBEC 309 M.J.-O.Plessis à M.(Joseph-Maurice) Jean, curé de Sainte-Geneviève (Qué-bed, 23 octobre 1794).\"La réponse de Monseigneur à votre question est que les chantres exercent, dans le chœur, une fonction qui fait partie du service divin; ils sont sous l'inspection immédiate du curé, et il n'appartient qu'à lui d'en admettre de nouveaux, de déplacer les anciens et de régler le rang que tous doivent tenir entre eux.Mais aussi, c'est à lui d'enseigner ou faire enseigner le plain-chant, à autant de jeunes gens qu'il est nécessaire pour entretenir le chœur, en sorte que la mort, la maladie ou la mauvaise humeur de quelques chantres, ne laisse pas le lutrin dégarni.\" (Registre des lettres, v.2, p.162.) M\" Jean-Francois Hubert à M.(Joseph) Gagnon, curé de la Pointe-du-Lac (Québec, 23 octobre 1794.) \"Je n'ai d'autre réponse à vous faire, sinon que l'usure est défendue et que les tuteurs ne peuvent, en conséquence, prêter les deniers de leurs pupilles à intérêt, et que les pupilles qui exigent cet intérêt sont tenus à restitution.Vous trouverez cette décision dans le Rituel de Toulon, tome II, page 421.\" (Registre des lettres, v.2, p.163.) M\" Jean-Francois Hubert à M.(Jean-Baptiste) Poujet, curé à Berthier (Québec, 23 octobre 1794).Malgré la répugnance qu'il éprouve à remplir cette mission, M.Poujet est prié de nouveau de se rendre à Lavaltrie, afin de s'enquérir des plaintes portées contre M.Serrand.(Registre des lettres, v.2, p.163.) M» Jean-Francois Hubert à M.(Pierre) Denaut, coadjuteur de Québec, curé à Longueuil (Québec, 27 octobre 1794).Il lui apprend une bonne nouvelle.C'est que lord Dorchester a envoyé son secrétaire, M.Coffin, pour lui dire que la pension de M\" Briand lui était continuée \"Ainsi, je puis donc espérer deux cens livres sterlings per annum outre 150 pour le loyer de l'évêché; avec cela, je suis riche et j'espère que vous le serez aussi à votre tour.\" (Registre des lettres, v.2, p.163.) M.J.-O.Plessis à M.(Joseph-Claude) de Courval, curé à la Pointe-aux-Trembles (Québec, 6 novembre 1794).Longue réponse à propos du cas du capitaine Jacques Garneau, qui avait clôturé, à ses frais, le cimetière de la paroisse et que les habitants refusaient de rembourser, parce qu'il avait fait cet ouvrage sans leur consentement.(Registre des lettres, v.2, p.163.) M.J.-O.Plessis à M- (Pierre) Denaut, coadjuteur de Québec, curé à Longueuil (Québec, 13 novembre 1794).M» Hubert est à l'Hôpital général, sous les soins du docteur Badelard qui le condamne à y rester quelque temps.M» lui accorde la dispense qu'il sollicite; il lui envoie une copie des pouvoirs accordés à M.Alexander McDonell \"auquel il a reproché d'avoir porté l'habit séculier, et d'avoir exercé mission.Celui-ci s'est humilié et a promis de mieux faire.\" A propos de l'état de santé de M.Perrault, curé de Saint-Laurent.(Registre des lettres, v.2, p.166.) M\"r Jean-Francois Hubert.Pouvoirs extraordinaires accordés à M.Alexander McDonell, missionnaire à New Johnston, pour le comté appelé Glengary, dans le Haut-Canada.(Québec, 7 novembre 1794).(Registre E, f.41 r.) M.Henri Gravé, vicaire général, aux habitants de Saint-Nicolas (Québec, 18 novembre 1794).Il leur ordonne de réparer le presbytère et de fournir le bois de chauffage au curé.(Registre E, f.41 v.) M\" Jean-Francois Hubert à Son Eminence le cardinal Antonelli, préfet de la S.Congrégation de la Propagande, à Rome (Québec, 21 novembre 1794).Il lui envoie une copie de son mandement du 28 octobre dernier, et dans lequel il a corrigé les deux autres du 10 décembre 1788 et du 15 avril 1791, à propos de la suppression des fêtes.Il a supprimé, dans le premier des deux, la partie du premier article qui dêfen- 310 ARCHIVES DE QUÉBEC dait à certains prêtres de célébrer la messe hors de certaines églises.A propos des bénédictions accordées aux archiprêtres.Ce ne sont pas celles qui requièrent le caractère episcopal.Il a retranché aussi la partie qui concernait la confession des fidèles au temps pascal.Il a été satisfait des réponses concernant l'usure et les componendes des dispenses et la question des limites du diocèse de Québec et de celui de Baltimore.Il regrette que la Congrégation ait été obligée de réitérer, sur les mariages entre catholiques et protestants, des décisions déjà données pour le Canada.Aucune de ces pièces n'avait été enregistrée dans les archives de l'évèché.Il lui envoie un mémoire assez étendu sur l'état actuel de la religion en Canada.C'est vrai qu'il a chargé M.Burke, missionnaire dans le Haut-Canada, d'une commission de grand vicaire, mais sans lui laisser espérer rien de plus.\" Car d'après une certaine inconséquence de caractère qu'il a montré ces années dernières, je ne le crois pas propre à être un préfet apostolique, ni à préparer les voies à l'érection d'un nouvel évêché dans la dite province, ni même à s'accommoder longtemps de la place qu'il y occupe, quoiqu'il l'ait acceptée avec alacrité et qu'il soit en état de la remplir avec succès.\" Décès de M«r l'évêque de Capse et de M» Briand.Il a envoyé, par trois voies différentes, les papiers relatifs à l'élection du nouveau coadjuteur, M.Pierre Denaut.Doute proposé à la Congrégation des Rites.Assurance de son dévouement au Saint-Siège.(Registre des lettres, v.2, p.166.) M» Jean-François Hubert.Mémoire sur le diocèse de Québec.Compte que l'évêque de Québec rend au Saint-Siège, de l'état actuel de la religion dans son diocèse, conformément aux désirs exprimés dans les lettres reçues de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 28 novembre 1792 et 4 juillet 1793 (Québec novembre 1794).(Registre E, f.41 v.) Publié dans Mandements,etc., etc.,des évêques de Quittée, v.II, p.474.M\" Jean-François Hubert à M.(Jean-Baptiste) Deguire, curé à Vaudreuil (Québec, 27 novembre 1794).Il le félicite du zèle qu'il apporte à desservir ses paroissiens du haut de Vaudreuil.Il consent à ce qu'il dise la messe dans une \" maison décente de ces cantons, une fois par mois ordinairement, laissant à votre prudence de la dire plus souvent.\" (Registre des lettres, v.2, p.168.) Me Jean-François Hubert à M.(Joseph-Michel) Paquet, curé à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud (Québec, 1er décembre 1794).Il ne peut lui permettre de faire à son église les réparations demandées, si l'on ne lui envoie une requête en due forme, requérant ces réparations.\" Priez pour votre prédécesseur à Saint-Pierre (M.Charles Chauveau) qui est mort le deux du courant, à Sainte Anne de la Grande-Anse.\" (Registre des lettres, v.2, p.171.) M\" Jean-François Hubert al senior Dr Germain Dudevant, S Jean-François Hubert à M.(Jean-Baptiste) Deguire, curé à Vaudreuil (Québec, 12 janvier 1797).Il est flatté d'apprendre que son fils va mieux depuis qu'il est retourné à Vaudreuil.Il sera ordonné par M» Hubert ou par M\" Denaut, lorsque M.Deguire le jugera suffisamment préparé et capable de lui servir de vicaire.\" Il est juste que vous en ayez la préférence, puisqu'il vous appartient à tant de titres, et qu'il sera toujours mieux sous votre inspection que sous celle des autres.\" M.Vallée sera placé ailleurs.(Registre des lettres, v.2, p.328.) M\" Jean-François Hubert à M.Jean Vienne, êcuyer, à Varennes (Québec, 12 janvier 1797).Il a reçu la requête relative à l'établissement d'une nouvelle paroisse au Grand-Coteau.M.Roux, actuellement à L'Achigan, a été chargé de s'occuper de la chose.(Registre des lettres, v.2, p.328.) M\" Jean-François Hubert A M.(Alexis) Le françois, curé aux Grondines (Québec, 21 janvier 1797).Réponse A diverses questions concernant la vente des bancs dans son église.(Registre des lettres, v.2, p.328.) M- Jean-François Hubert A M.(François) Noiseux, vicaire général, aux Trois-Rivières (Québec, 23 janvier 1797).Il ne pourra pas aller A Montréal dans le courant de l'hiver.Il l'invite A venir passer une semaine A Québec.On devra ae conformer au règlement de la Chambre A propos des actes de baptêmes et de mariages de la paroisse de la Baie-du-Febvre.(Registre des lettres, v.2, p.329.) M' Jean-François Hubert A M» l'évêque de Canathe, coadjuteur de Québec, A Longueuil (Québec, 13 février 1797).Il ne peut dispenser d'aucun degré de parenté ou d'affinité lorsqu'il est question du premier degré.Il le prie de conférer les ARCHIVES DE QUÉBEC 347 ordres sacres à M.(Joseph) Deguire et à M.(Théodore) Létang.B pourra aussi les conférer à M.Fournier si les supérieurs du séminaire de Montréal l'en prient.B lui envoie une requête des habitants de la Longue-Pointe contre M.Labadie.Il le prié de terminer l'affaire de Chambly.(Registre des lettres, v.2, p.329.) M\" Jean-François Hubert à M.(Jean-Marie) Vidal, curé à Lotbinière (Québec, 16 février 1797).B ne peut lui permettre de faire les réparations à son église avant que les formalités, prévues par la loi, n'aient été remplies.{Registre des lettres, v.2, p.330.) M.J.-O.Plessis, secrétaire, à la très honorée Sœur Saint-Augustin, supérieure de la Congrégation de Notre-Dame, à Montréal (Québec, 23 février 1797).M\" Hubert, étant indisposé, lui fait dire qu'elle peut se montrer moins exigeante pour la dot de la novice dont elle parle, si c'est un bon sujet.Il approuve aussi que l'on augmente le prix de la pension dans les missions nombreuses en enfants.(Registre des lettres, y.2, p.330.) M\" Jean-François Hubert à la très honorée Soeur Dêzéry, supérieure de l'Hôtel-Dieu de Montréal (Québec, 26 février 1797).Il est d'avis qu'elle n'appelle pas du jugement rendu contre les pauvres de la communauté.B y a danger qu'elle ne perde ce procès une seconde fois.(Registre des lettres, v.2, p.330.) M\" Jean-François Hubert à M\" l'évêque de Canathe, coadjuteur de Québec, à Longueuil (Québec, 27 février 1797).Il apprend que les pauvres de l'Hôtel-Dieu de Montréal viennent de perdre un procès de 2400\" avec l'intérêt d'un an et les frais de justice.B est d'avis qu'elles n'aillent pas en appel.Il lui demande de leur fournir cette somme en se servant des componendes, et en sollicitant la contribution de quelques curés du district.Dès que M.Joseph Deguire sera ordonné, il restera, comme vicaire, chez son père.M.Vallée ira aider M.Carpentier.(Registre des lettres, v.2, p.330.) M\" Jean-François Hubert à M.Couillard, écuyer, à Saint-Thomas (Québec, 4 mars 1797).Il apprend avec regret la maladie de M.Verreau.Il a permis à M.Paquet, curé de Saint-Pierre, de biner afin de donner la messe, au moins le dimanche, aux habitants de Saint-Thomas.Il remercie M.Couillard de sa sollicitude envers son curé.(Registre des lettres, y.2, p.331.) M\" Jean-François Hubert.Circulaire autorisant une quête pour une église d'Albany (Québec, 4 mars 1797).(Registre E, f.78 r.) Publiée dans Mandements, etc., etc., des évêques de Québec, y.II, p.502.M\" Jean-François Hubert à M\" l'évêque de Canathe, coadjuteur de Québec, à Longueuil (Québec, 8 mars 1797).\" M.(Jean-Baptiste) Deguire est un prêtre dont j'ai tant à me louer que vous ne pouviez mieux entrer dans mes vues qu'en ordonnant chez lui son jeune abbé.Puisse-t-il marcher toujours sur les traces de son digne père !\" B est heureux que le séminaire de Montréal ait envoyé un prêtre pour aider M.Cherrier, car il aurait été incapable de lui en fournir, n'ayant encore pu remplacer son frère au Chateau-Richer.M.Verreau, curé de Saint-Thomas, est aussi malade au lit.MM.Foucher et Panet persistent ft vouloir appeler de la sentence rendue contre les pauvres de l'Hôtel-Dieu, et s'offrent à défendre leur cause sans exiger de salaire.Il s'est rendu à leur opinion.M\" Denaut gardera par devers lui la somme qu'il aura recueillie jusqu'à l'issue du procès.(Registre des lettres, v.2, p.331.) M\" Jean-François Hubert à la très honorée Sœur Dêzéry, supérieure de l'Hôtel-Dieu de Montréal (Québec, 8 mars 1797).MM.Foucher et Panet s'offrant 348 ARCHIVES DE QUÉBEC à défendre gratuitement la cause des Pauvres de l'Hôtel-Dieu, en cour d'appel, il a consenti à ce que le dit appel fût interjeté.(Registre des lettres, v.2, p.332.) M\" Jean-François Hubert aux habitants de la paroisse de Saint-Joseph, seigneurie de Deschambault (Québec, 13 mars 1797).Ce n'est pas à eux à décider s'ils doivent payer la dime à leur curé.Tous y sont tenus par les canons de l'Église, et c'est un cas réservé dans le diocèse de Québec, de ne pas payer la dime.Il ordonne donc à tous ceux qui n'Ont pas encore rempli ce devoir de le faire au plus tôt.Autres désordres sur lesquels il attire leur attention.(Registre E, f.78 v.) M\" Jean-François Hubert à M.(Charles-Joseph) Deschenaux, curé à Deschambault (Québec, 28 mars 1797).A propos de la sépulture en terre sainte d'un de ses paroissiens qui s'était suicidé.(Registre des lettres, v.2, p.332.) M.J.-O.Plessis (?) à M.(François) Noiseux, vicaire général, aux Trois-Rivières (Québec, 5 avril 1797).Il répond au nom de M* Hubert malade à l'Hôpital général, depuis quelques jours.M\" est d'avis que l'on mette, sous l'invocation de saint Grégoire, pape (12 mars), la paroisse que l'on veut former du village Sainte-Marguerite et du lac Saint-Paul.Il se réjouit du succès de M.Noiseux dans l'affaire du clocher de son église, et de celle de la Rivière-du-Loup, et le prie de témoigner combien il applaudit à la conduite noble et généreuse que M.Bertrand a gardée.Il lui demande de s'occuper maintenant de l'église de Champlain.Il est inquiet de la santé de M.Taschereau.(Registre des lettres, v.2, p.333.) M\" Jean-François Hubert à M.(François) Noiseux,vicaire général du district des Trois-Rivières (Québec, 1er mai 1797).R le charge de se transporter au lieu dit Chacoura pour vérifier les énoncés d'une requête des habitants de ce lieu, tendante à ce qu'une nouvelle paroisse, distincte de celle de Sàint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup, soit établie.Si la formation d'une paroisse nouvelle lui parait nécessaire, il fixera le site de l'église qui sera sous le vocable de saint Léon le Grand.B fixera ensuite les limites de cette nouvelle paroisse.(Registre E, f.79 v.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, vicaire général à M.(Jean-Baptiste) Poujet, curé à Berthier (Québec, 1er mai 1797); Il ne peut accorder une dispense pour un empêchement d'affinité au premier degré.B faut recourir à Rome.(Registre des lettres, v.2, p.333.) M\" Jean-François Hubert à M.(Alexis) Lefrançois, curé aux Grondines (Québec, 4 mai 1797).B lui accorde les pouvoirs requis pour réhabiliter un mariage.(Registre des lettres, y.2, p.333.) M.J.-O.Plessis (?) à M.(Jacques) Panet, curé à L'Islèt (Québec, 16 mai 1797).M\" Hubert, malade à l'Hôpital général, lui demande de répondre à ses dernières lettres.On ne peut trouver les titres relatifs au banc seigneurial de L'Islet.Puisque le nouveau seigneur est protestant, la question des droits honorifiques ne se présente pas \" attendu qu'il n'est pas permis de les accorder à ceux de cette religion.\" On ne doit donc pas l'inquiéter sur la possession de ce banc.M\" Hubert lui permet de prendre, avec le consentement des marguilliers, la somme de vingt louis, au coffre dë la fabrique, pour aider à bâtir la sacristie de l'église.Il lui permet d'absoudre des cas réservés cinq de ses paroissiens.(Registre des lettres, y.2, p.334.) M.J;-0.Plessis (?) à M.(Charles)Genest, curé à L'Ile-Verte (Québec, 15 juin 1797).M\" Hubert lui accorde les dispenses requises, et l'autorise à réhabiliter les mariages des huit personnes qu'il mentionne dans sa lettre.Il lui permet de s'ab* senter un dimanche pour venir ett ville.(Registre des lettres, v.2, p.335.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, vicaire général, à M.(Joseph) Delavaivre, missionnaire à la Baie-des-Chaleurs (Québec, 28 juin 1797).M\" Hubert, ARCHIVES DE QUÉBEC 349 connaissant l'état délabré de sa santé, a décidé de le rappeler à Québec.U profitera, pour revenir, \"de la prochaine occasion du capitaine Charlemagne Arbou dont la goélette eat commode.\" (Registre des lettres, v.2, p.336.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, vicaire général, à MM.Desjardins et Castanet, missionnaires à la Baie-des-Chaleurs (Québec, 28 juin 1797).M\" Hubert le charge de les avertir qu'il rappelle M.Delavaivre, de la Baie-des-Chaleurs, à raison dt; dépérissement de sa santé.U les engage à remplir, de leur mieux, le vide que va laisser; à Bonaventure et aux lieux voisins, le rappel de M.Delavaivre.\"Monseigneur est convalescent d'une maladie qui nous a donné beaucoup d'inquiétude.\" Registre des lettres, v.2, p.336.) M\" Jean-François Hubert à M.(Jean-Baptiste) Castanet, missionnaire à la Baie-des-Chaleurs (Québec, 29 juin 1797).Il l'encourage à continuer ses travaux mais aussi à ménager sa santé.\"Je sais ce qu'il en revient de l'avoir prodiguée.J'échappe d'une maladie qu'on a traitée de grave.\" Qu'il fasse son possible pour aller à Fredericton présenter ses hommages au lieutenant-gouverneur.Il espère que M.Carleton lui accordera le traitement accordé aux autres missionnaires.(Registre des lettres, v.2.p.335.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, à M.(Joseph) Gagnon, curé à la Pointe-du-Lac (Québec, 10 juillet 1797).M0 Hubert le prie de lui faire savoir qu'il le nomme curé à Saint-François, lie d'Orléans.U pourra se rendre à sa nouvelle paroisse pour le mois d'août.(Registre des lettres, v.2, p.336.) M\" Jean-François Hubert ft M\" l'évêque de Canathe, coadjuteur de Québec, ft Longueuil (Québec, 18 juillet 1797).Il se sent de plus en plus incapable de faire la prochaine ordination de prêtres.U le prie de descendre ft Québec le plus tOt possible pour la présider.\"Quand vous serez une fois ici, j'aurai quelque chose d'ultérieur ft vous proposer.\" (Registre des lettres, v.2, p.337.) M«* Jean-François Hubert ft M.(Charles-Denis) Dénéchaud, curé à Des-chambault (Québec, 19 juillet 1797).Il lui permet de prendre, au coffre de la fabrique, l'argent requis pour réparer les murs de son église.(Registre des lettres, v.2, p.337.) M» Jean-François Hubert ft M.(François) Noiseux, vicaire général, aux Trois-Rivières (Québec, 27 juillet 1797).Il apprend avec regret que M.Taschereau est malade.Il le remplacera par un homme en bonne santé, aussitôt après les prochaines ordinations.Il consent ft ce que les habitante de la Pointe-du-Lac et ceux du Cap-de-la-Madeleine n'aient la messe que tous les quinze jours.Puisque M.Gallet ne veut pas mieux se conduire, il le remerciera de ses services.(Registre des fetfr«,v.2,p,337.) M.J.-O.Plessis à l'honorable William Qsgoode, êcuyer, juge en chef, ft Québec (Québec, 27 juillet 1797).M\" Hubert a reçu sa lettre, mais il est dans un tel état d'indisposition qu'il ne peut y répondre.U chargera M.le coadjuteur de l'affaire mentionnée.(Registre des lettres, v.2, p.338.) M\" Jean-François Hubert.Acte de prêtrise de MM.François Bêlair, François Ranvoysé, Clément-Amable Labroquerie et Maurice Lemedèque (ordonnés dans la cathédrale de Québec, par M\" Pierre Denaut, le 13 août 1797) (Québec 13 août 1797).(Registre B, f.79 v.) M.(François) Noiseux, vicaire général, aux Trois-Rivières, à M.(Jacques) Delavaivre, missionnaire à la Baie-des-Chaleurs (Québec, 14 août 1797).M\" Hubert lui permet de passer un deuxième hiver à Bonaventure.(Cartable: Vicaires généraux, IX-15.) 350 ARCHIVES DE QUÉBEC M.J.-O.Plessis (?) à M.(Joseph) Delavaivre, missionnaire à la Baie-des-Chaleurs (Québec, 14 août 1797).Puisque sa santé est dans un tel état de faiblesse qu'il craint de s'embarquer pour revenir à Québec, et puisque ses paroissiens témoignent un si grand désir de bâtir immédiatement une église et un presbytère, M\" Hubert lui permet de différer son retour, si sa santé lui permet de tenter un second hiver à Bona venture.(Registre des lettres, v.2, p.338.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, à la révérende Mère Sainte-Ursule, supérieure des Ursulines, aux Trois-Rivières (Québec, 15 août 1797).M\" Hubert approuve la profession de la Sœur Geneviève Robert, dite des Saints-Anges.\" Monseigneur désire vivement que votre communauté s'enrichisse de sujets fervens et propres à y maintenir le bon esprit qui y règne en ce moment et qui est un des fruits d'un sage gouvernement.\" \" La santé de M\" est fort délabrée.\" (Registre des lettres, v.2, p.338.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, vicaire général, à M.(Francois) Noiseux, vicaire général, aux Trois-Rivières (Québec, 17 août 1797).Me Hubert le charge de lui répondre qu'il réfléchira sur la demande des habitants de la Pointe-du-Lac, mais que pour le présent, il ne trouve rien à changer aux derniers arrangements.(Registre des lettres, v.2, p.338.) M\" Jean-François Hubert.Acte de prêtrise de M.Pierre Bossu (ordonné dans la cathédrale de Québec, le 20 août 1797, par Me Pierre Denaut) (Québec, 20 août 1797).(Registre E, t.BOv.) M.(Philippe-Jean-Louis) Desjardins, à M.(Jean-Henri-Auguste) Roux, vicaire général, à Montréal (Québec, 23 août 1797).Il répond au nom de M«™ Hubert et Denaut.M\" Denaut accepte la proposition du Séminaire relativement à Sainte-Anne qui sera démembrée de l'Ile Perrot.Il désire aussi que le Séminaire reprenne la desserte de Lachine.B autorise M.Orfroy à rester à Saint-Laurent.\" Nous croyons nous apercevoir que l'infirmité de M\" de Québec fait des progrès sensibles.\" (Registre des lettres, V.2, p.339.) M«r Pierre Denaut, évêque de Canathe, à M.(Thomas) Kimbert, curé à Laçhine (Québec, 28 août 1797).M» Hubert est bien peiné de sa conduite, surtout de sa dernière affaire avec M.de Lorimier.Toute \" la province en est instruite.\" Il est disposé à le remercier de ses services; cependant, M\" de Canathe prend sur lui de lui offrir un poste avantageux, dans le district de Québec, où il pourra refaire sa réputation avariée.B devra laisser le presbytère de Lachine avant le 30 septembre.(Registre des lettres, v.2, p.360.) M\" Jean-François Hubert.Acte de démission en faveur de M\" Denaut fait devant Ji» Planté et F.Têtu notaires (Québec, 1er septembre 1797).(Cartable: Diocèse de Québec, 1-86 ; Registre E, f.80 v.) M\" Jean-François Hubert à Son Excellence, Robert Prescott, gouverneur général (sans indication de lieu ni de date).Il lui annonce qu'il a résigné sa charge d'évêque de Québec, en faveur de son coadjuteur.M\" Pierre Denaut.\"Je ne saurais témoigner trop de reconnaissance à Votre Excellence pour le choix qu'elle a fait du futur coadjuteur (M.Joseph-Octave Plessis).Ce choix est selon mon cœur, et il aura, je n'en doute point, l'approbation unanime des fidèles sujets de sa Majesté.\" Il lui recommande le clergé catholique du Canada.(Registre E, f.81 v.) M.Jones, grand vicaire, à Halifax, à M\" Jean-François Hubert et à M» Pierre Denaut (Halifax, 1797, 1799).Renseignements concernant la succession de M\" Bailly de Messein.(Cartable: Noueelle-Êcosse, 1-62.63, 64.66.67.68.) ARCHIVES DE QUÉBEC 351 Me J.-O.Plessis à M\" Pierre Denaut (Québec, 4 septembre 1800).Concernant la rente que M«r Bailly de Messein a léguée à la mission de Halifax.(Cartable: Évêques de Quebec, 111-73.) M\" Bailly de Messein (Halifax, 29 novembre 1802).Pétition des marguilliers de Halifax demandant que les fonds qu'il a laissés pour cette mission soient investis à Halifax.(Cartable: Nouvelle-Ecosse, 11-55.) M.(Edmund) Burke, grand vicaire; à Halifax, à M\" J.-O.Plessis, évêque de Québec (Halifax septembre, octobre 1813).U ne peut renoncer à la succession que M\" Bailly a laissée à l'église de Halifax.(Cartable : Nouvelle-Ecosse, IV-77-79.) M.(Edmund) Burke, vicaire général, à Halifax, à M\" J.-O.Plessis, Québec (Halifax, mars, avril 1814).Affaires concernant la succession de M\" Bailly de Messein.(Cartable: Nouvelle-Ecosse, IV, 81, 85, 87, 93, 97.) M.(Edmund) Burke à M\" J.-O.Plessis (Halifax, 6 novembre 1814).C'est à l'exécuteur testamentaire de régler les affaires de la succession de M\" Bailly de Messein.(Cartable: Nouvelle-Ecosse, IV-97.) M\" Bailly de Messein.Au sujet de certaines clauses de son testament (Londres, décembre 1834).(Cartable: Angleterre, III-3I, 33, 34, 35.) ARCHIVES DE LA PROVINCE : SALLE DES MANUSCRITS RÉPERTOIRE DES ENGAGEMENTS POUR L'OUEST CONSERVÉS DANS LES ARCHIVES JUDICIAIRES DE MONTRÉAL (1670-1778) (Suite) 1746, 3 mai.\u2014Engagement de Joseph Gautier à Charle Héry pour aller à Témiskamingue\u2014Étude Simonnet.1746, 3 mai.\u2014Engagement de Joseph Brault dit Pomminville à Charle Héry pour aller à Témiskamingue\u2014Étude Simonnet.1746, 7 mai.\u2014Engagement de Noël Deniau au V S'-Ange pour aller à la pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 7 mai.\u2014Engagement de François Colleret dit Bourguignon au s' S'-Ange pour aller au poste de Lapointe\u2014Étude Simonnet.1746, 8 mai.\u2014Engagement de Jean Baptiste Fauteux au sr S'-Ange pour aller à la pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 9 mal\u2014Engagement de François Lécuyer au s' S'-Ange pour aller à la pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 9 mai.\u2014Engagement de Jacques Reguindeau dit Joachim au s'S'-Ange pour aller à la pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 9 mai.\u2014Engagement de François Lafram boise à Louis Charly S'-Ange pour aller à la pointe de Chouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 9 mai.\u2014Engagement de Charle LaRivière au s' Louis S'-Ange Charly pour aller à la Pointe de Chouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 9 mai.\u2014Engagement de Joseph Ranger dit Laviolette et de François Dicaire à Louis Charly S'-Ange pour aller à la pointe de Chouamigon\u2014Étude Simonnet, 1746,10 mai.\u2014Engagement de Joseph Patenotte à Louis S'-Ange Charly pour aller au poste de la Pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746,10 mai.\u2014Engagement de Jean Marie S'-Maurice à Louis S'-Ange Charly pour aller à la Pointe de Chaouamigon\u2014Étude Simonnet.1746.10 mai.\u2014Engagement de Jean Bap* Pépin dit Decardonnet et Augustin Lemire à Louis Charly S'-Ange pour aller au poste de la pointe de Chouamigon\u2014 Étude Simonnet.1746.11 mai.\u2014Engagement de Estienne Roy et Adrien Boismenu à Louis S'-Ange Charly pour aller à la Pointe de Chaouamigon\u2014Étude Simonnet.1746.12 mai.\u2014Engagement de Charle Valade à Louis S'-Ange pour aller à la pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746,12 mai.\u2014Engagement de Olivier Garahaut à Louis S'-Ange Charly pour aller à la Pointe de Chagouamigon\u2014Étude Simonnet.1746, 23 mai.\u2014Engagement de Pierre Dérocher au s'Jean Bu Benard Carignan pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 23 mai.\u2014Engagement de Nicolas Lefeve dit S'-Eustache à Louis D'ailli-boust, s'De Colonge, et Compagnie pour aller à MichUimakinac\u2014Étude Blanzy./-1?46' 24 mai~Engagement de Antoine La traverse à Louis D'ailliboust, sieur de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.23 354 ARCHIVES DE QUÉBEC 1746, 27 mai.\u2014Engagement de Gabriel Gibault à Jean Bap* Benard Carri-gnan pour aller au Detroit\u2014Étude Simonnet.1746, 27 maL\u2014Engagement de Gabriel S'-Michel et de Nicolas Lefevre dit S'-Eustache à Jean Baptiste Besnard Carignan pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 27 mai.\u2014Engagement de Joseph de Noyon et Michel Lafrance à Jean Bap** Besnard Carignan pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Robert Jeaune au sieur Dominique Godé pour aller jusques au poste du Détroit\u2014Étude Blanzy.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Pierre Bombardier dit La Bombarde au s* Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Toussaint Pilon à Louis D'ailliboust et compagnie pour aller jusqu'au poste de Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Jean Chartran au ar Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Thomas Pilon à Louis D'aillibout, sr de Cou-longe, et compagnie pour aller à Michilimakina\u2014Étude Blanzy.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Nicolas Donnay à Jean Poupart Lafleur pour aller au Détroit et au lac Erié\u2014Étude Adhémar.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Michel Charbonneau à Jean Poupart Lafleur pour aller au Détroit et au lac Erié\u2014Étude Adhémar.1746, 30 mai.\u2014Engagement de François Brunet La Sablonnière à Jean Poupart Lafleur pour aller au Détroit, du lac Erié\u2014Étude Adhémar.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Pierre Ride à Joseph Douaire Bondy pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1746, 30 mai.\u2014Engagement de Pierre Viau Lespérance à Joseph .Douaire Bondy pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1746, 31 mai.\u2014Engagement de Jean Boyer au rieur Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1746, 31 mai.\u2014Engagement de Jacques Roy à Jean Poupart Lafleur pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1746, 31 mai.\u2014Engagement de Jérémie Dupuy à Jean Poupart Lafleur pour aller au Détroit\u2014Étude Adhémar.1746, 31 mai.\u2014Engagement de Louis Déroche à Joseph Douaire Bondy pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1746, 3 juin.\u2014Engagement de Louis Gervais à Charles Courtois pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Etude Adhémar.1746, 4 juin.\u2014Engagement de François Baucham à Claude Lamargue, sr De Laperrière Marin, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 4 juin.\u2014Engagement de Joseph Mesnard au sr Jean Bap'» Benard Carignan pour aller au poste du Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1746, 5 juin.\u2014Engagement de Joseph Patenoste à Joseph Douaire Bondy pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1746, 5 juin.\u2014Engagement de Jean Bap'\" Jusiaume dit S'-Pierre au sr Jacques Charly pour aller au poste des Mis\u2014Étude Simonnet.1746,10juin.\u2014Engagement de Laurent Roy à Louis D'ailliboust, s'de Colonge, (Coulonge) et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746,10 juin.\u2014Engagement de Michel Dufresne à Louis D'aillibout, sieur de Coulonge,et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy. ARCHIVES DE QUÉBEC 355 1746, 10 juin.\u2014Engagement de Julien Piedaleu dit Laprairie à Louis D'ailli-boust, sr de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 10 juin.\u2014Engagement de Jean B* Meunier dit Lafleur à Louis D'ailli-boust, sieur de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 10 juin.\u2014Engagement de Joseph Charbonneau au sieur Philippe Leduc pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1746, 14 juin.\u2014Engagement de Joseph Lecler à Jacques Deno Detailly pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 17 juin.\u2014Engagement de Gabriel Bechet à Ignace D'ailliboust, v de Périgny, et compagnie pour aller au poste des Michipicoton\u2014Étude Adhémar.1746,17 juin.\u2014Engagement de Louis Gervaise à Ignace D'ailliboust pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746,17 juin.\u2014Engagement de Louis LaCombe à M'La Pérade pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 17 juin.\u2014Engagement de Antoine Boyer à M' La Pérade pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746,17 juin.\u2014Engagement de Jean Bap\" Texier à M' La Pérade pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1746,17 juin.\u2014Engagement de Jean Guignolet à M' La Pérade pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1746,17 juin.\u2014Engagement de Jean Bap'° Desève et André LaPerle à M' La Pérade pour aller au fort Ponchartrin, du Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 17 juin.\u2014Engagement de Pierre Gagnié à M' La Pérade pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1746,19 juin.\u2014Engagement de Jacques Charlebois à Louis D'aillibout, sieur de Colonge, et Compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746,19 juin.\u2014Engagement de Augustin Brabant à Louis D'ailliboust, sieur de Colonge, et Compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 19 juin.\u2014Engagement de Nicolas Ledoux dit La treille à M' La Pérade pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746, 19 juin.\u2014Engagement de Antoine Montreuii à M' La Pérade pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1746,19 juin.\u2014Engagement de Jean Bapu Derousel à M'La Pérade pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1746, 20 juin.\u2014Engagement de Jean Baptiste Villeneuve au sieur Philippe Leduc pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1746, 20 juin.\u2014Engagement de Nicolas Valade dit La jeunesse à Louis D'ailliboust, s' de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 20 juin.\u2014Engagement de François Legault dit Deloriers à Louis D'ailliboust, 8r De Colonge, et Compagnie pour aller au poste de Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 20 juin.\u2014Engagement de Michel Reguindeau à Louis D'ailliboust, s' de Colonge, et Compagnie pour aller au poste de la Baye\u2014Étude Blanzy.1746,20juin.\u2014Engagement de Jean Baptiste Aymond aux sieurs Louis D'ailliboust, s'De Colonge, et compagnie pour aller au poste de la Baye\u2014Étude Blanzy.1746, 20 juin.\u2014Engagement de Joseph Brabant à Louis D'ailliboust, sr De Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 20 juin.\u2014Engagement de Vital Lamagdelaine dit La Douceur à Joseph Durocher pour aller à MicWlimakinac\u2014Étude Simonnet. 356 ARCHIVES DE QUÉBEC 1746, 20 juin.\u2014Engagement de Jean Baptiste Rapin à Joseph Durocher pour aller au poste de Michilimakinac\u2014Étude Simonnet.1746, 21 juin.\u2014Engagement de Francois Mousseaux dit Desilets au sieur Phi-lippes Leduc pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1746, 21 juin.\u2014Engagement de Michel Leduc au s' D'ailliboust Perigny pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Simonnet.1746, 22 juin.\u2014Engagement de Joseph Magdeleine dit Ladouceur à Louis D'ailliboust, sr de Colonge, et Compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 22 juin.\u2014Engagement de Louis Magdeleine dit Ladouceur à Louis D'aillibout, sr de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 26 juin.\u2014Engagement de Jacques Desormeaux au sieur Nicolas Joseph Denoyelle pour aller au poste de la Reine\u2014Étude Blanzy.x 1746, 28 juin.\u2014Engagement de François Lantier à Pierre Julien Trotier Derivière et Compagnie pour aller au poste du Nepigon\u2014Étude Blanzy.1746, 30 juin.\u2014Engagement de Pierre Lebert Yvon à Claude de Lamarque, s' Marin de Laperrière.et Compagnie pour aller à la rivière S'-Joseph\u2014Étude Adhémar.1746, 30 juin.\u2014Engagement de Augustin Valiquet à Claude de Lamarque pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 30 juin.\u2014Engagement de Bernard Laviolette à Claude de Lamarque pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 30 juin.\u2014Engagement de Joachim Primot à Claude de Lamarque pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 30 juin.\u2014Engagement de Louis LeGau Délauriés à Claude de Lamarque pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 1\" juillet.\u2014Engagement de Joseph Guertin dit Monplaisir au s' Souli-gny Leduc pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 1\" juillet.\u2014Engagement de Pierre Giroux à Claude de Lamarque, sr Marin de Laperrière, et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746,1** juillet.\u2014Engagement de Joseph Biscornet à Claude de Lamarque, S'Marin de Laperrière, et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 1\" juillet.\u2014Engagement de François Lefebvre à Claude de LaMarque, sr Marin de Laperrière, et Compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1746, 5 juillet.\u2014Engagement de Louis Rangeard au sr Nicolas Denoyelle pour aller au poste du fort La Reine\u2014Étude Blanzy.1746, 6 juillet.\u2014Engagement de Claude Merlot au sieur Nicolas Denoyelle pour aller au fort La Reine.\u2014Étude Blanzy.1746,5 juillet.\u2014Engagement de Gabriel Alard à Louis D'ailliboust, sr de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 5 juillet.\u2014Engagement de Antoine Gignac au s' Souligny Leduc pour aller à Michillimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 7 juillet.\u2014Engagement de Antoine Pilon à Louis D'ailliboust, s' de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 8 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Dejardin à Louis S'-Ange Charly pour aller au poste de La pointe de Cha8amigon\u2014Étude Simonnet.1746, 8 juillet.\u2014Engagement de Joseph Lefebvre aux s\" Paul Leduc et Garau S'-Onge pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy./ ARCHIVES DE QUÉBEC 357 1746, 8 juillet.\u2014Engagement de Jean B«« Texier à Louis D'ailliboust, s' de Colonge, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 8 juillet.\u2014Engagement de Michel Joachim Reguindeau au s' Nicolas Denoyelle pour aller au fort La Reine\u2014Étude Blanzy.1746, 9 juillet.\u2014Engagement de Félix Denis aux s\" Paul Leduc et Garau S'-Onge pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746, 9 juillet.\u2014Engagement de Reno Maurice aux s\" Paul Leduc et Garau St-Onge pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1746,13 juillet.\u2014Engagement de Michel La Lumière au sieur S'-Ange Charly pour aller à la Pointe\u2014Étude Simonnet.1747, 9 avril.\u2014Engagement de Charles Chapeu à Mathurin Laroche, pour faire le voyage dans les pays d'en haut\u2014Étude Sanguinet.1747, 11 avril.\u2014Engagement de Joseph Bouin dit Dufresne à Charles Teyssier pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,11 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste Jerosme dit La tour à Charles Teyssier pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,13 avril.\u2014Engagement de Constant Villeneuve au s' Mathurin LaRoche et Compagnie pour aller jusqu'au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 14 avril.\u2014Engagement de Joseph Lamoureux dit S'-Germain au s' Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747,15 avril.\u2014Engagement de Joseph Godin dit Tourangeau au s' Mathurin LaRoche et Compagnie pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 15 avril.\u2014Engagement de Toussaint Bertrand au sr Mathurin LaRoche et Compagnie pour aller au poste du lac Bourbon.\u2014Étude Blanzy.1747, 19 avril,-\u2014.Engagement de Claude Troye Lafranchise à Paul Leduc et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 19 avril.\u2014Engagement de Pierre Bourdet à Jean Garreau et compagnie ' pour aller au poste de la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 19 avril.\u2014Engagement de Antoine Soyé dit L'enfant au sieur Charles Te'yHsier pour aller au poste de Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,19 avril.\u2014Engagement de Joseph Bissonnet à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,19 avril.\u2014Engagement de Louis Beauvais au sr Carignan pour aller au fort Ponchartrin, du Détroit.\u2014Étude Simonnet.1747, 21 avril.\u2014Engagement de Pierre Dérocher à Jean B4* Benard Carignan pour aller au fort Ponchartrin, du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 21 avril.\u2014Engagement de Paul Dérocher à Jean Baptiste Besnard Carignan pour aller au fort Ponchartrin, du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Charles Boutin dit Dubord à Jean Garreau et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Nicolas Ledoux fils dit Latreille à Jean Garreau S'-Onge et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Jean Chalifoux à Jean Garreau et compagnie pour aller à Missillimakinac.\u2014Étude Adhémar.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Charles Archambault à Jean Garreau et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Joseph Forant à Jean Garreau et compagnie pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Adhémar. 358 ARCHIVES DE QUÉBEC 1747, 23 avril.\u2014Engagement de Joseph Cire dit Les Trois Pouces à Jean Baptiste sieur de Guoddefroy pour aller à la Rivière Blanche\u2014Étude Simonnet.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Joseph Coulon au s' Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 23 avril.\u2014Engagement de Joseph Patenoste à Jean Baptiste Lefebvre et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 24 avril.\u2014Engagement de Pierre Pitallier dit Lamarine au s' Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au lac Bourbon\u2014Éludé Blanzy.1747, 24 avril.\u2014Engagement de Laurent Baudin à Charles L'archevesque et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 25 avril.\u2014Engagement de Joseph Giguière à Ignace Hubert et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 25 avril.\u2014Engagement de Laurent Roy à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 26 avril.\u2014Engagement de Joseph Lavalée au sr Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrin, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 26 avril.\u2014Engagement de Joseph Lavalée au sr Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 26 avril.\u2014Engagement de Louis Menard fils à Pierre Hubert et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 26 avril.\u2014Engagement de Louis Mesnard père à Pierre Hubert et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 27 avril.\u2014Engagement de Joseph Nober à Pierre Julien Trottier Desrivière et compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747,1\" mai.\u2014Engagement de Joseph Diel à Pierre Julien Trottier Desrivière et compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747, 2 mai.\u2014Engagement de Pierre Bombardier dit Labombarde au a' Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 2 mai.\u2014Engagement de Jean Bu Cusson au s' Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 2 mai.\u2014Engagement de Alexandre Boisson dit S'-Onge au s' Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 3 mai.\u2014Engagement de J.Marie Charpentier au sr S'-Ange pour aller au fort Ponchartrin, du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 3 mai.\u2014Engagement de Louis Diker au s'Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 3 mai.\u2014Engagement de Pierre LeComte au sieur Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 4 mai.\u2014Engagement de Francois Bissonnet au sr Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 4 mai.\u2014Engagement de Joseph Dufresne au sr Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 4 mai.\u2014Engagement de Pierre (Nom de famille omis) au sr Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 4 mai\u2014Engagement de Jean B\" Marcot au sieur Mathurin LaRoche et Compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 4 mai.\u2014Engagement de Pierre Berge à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar. ARCHIVES DE QUÉBEC 359 1747, 5 mai.\u2014Engagement de Louis LeClair à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 5 mai.\u2014Engagement de Joseph Longtain à Charles L'archesvesque et compagnie pour aller à Missillimakinac-Étude Adhémar.1747, S mai.\u2014Engagement de Jean Baptiste Olivier à Charles L'archevesque et compagnie pour aller au poste de Missilimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 5 mai.\u2014Engagement de Ustache Dielle à Paul Leduc et compagnie pour aller au poste de la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, S mai.\u2014Engagement de François et Augustain Bazinet au sr Jean Bap** de Guodefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 6 mai.\u2014Engagement de Joseph Brossard au s' Mathurin LaRoche et compagnie pour aller au poste du lac Bourbon\u2014Étude Blanzy.1747, 6 mai.\u2014Engagement de Jean Bapu Charretier au sr J.Noel Desrivierre pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 mai.\u2014Engagement de Jean Baptiste Basinet à Charles Larchevesque et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 8 mai.\u2014Engagement de Charle Charron au sr Jean Noël Desrivière pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 mai.\u2014Engagement de Joseph Marie Demers au sr Rai m ont Quenel pour faire le voyage de Michilimakinac\u2014Étude Dufresne.1747,12 mai.\u2014Engagement de Pierre Poupart dit Lafleur au s' Pierre Leduc dit Souligny et compagnie pour aller à Kamanistigouya\u2014Étude Blanzy.1747,12 mai.\u2014Engagement de Joseph Péra au s' Pierre Leduc dit Souligny et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,12 mai.\u2014Engagement de Jean Baptiste Gaudin à Louis Chapeau et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,12 mai.\u2014Engagement de Joseph Latraverse à Paul Leduc et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747,12 mai.\u2014Engagement de Louis Troye à Paul Leduc et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,12 mai.\u2014Engagement de Nicolas Vadenet à Ignace Hubert et Compagnie pour aller au poste de Missilimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,12 mai.\u2014Engagement de Antoine Heu dit Paul à Raimon Quesnel pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747,14 mai.\u2014Engagement de Marin Leduc, filsde Joseph Leduc, à Paul Leduc et compagnie pour aller au poste de la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747,16 mai.\u2014Engagement de André Bertrand au s' Pierre Julien Trottler Derivière et compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747,19 mai.\u2014Engagement de Michel Petit dit Lalumière au 8' Henry Catin pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 22 mai.\u2014Engagement de Etienne Beaulieu à Pierre Julien Trottler Derivière et Compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747, 8 juin.\u2014Engagement de André French dit Laframboise à Joseph Lemaire St-Germain pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 11 juin.\u2014Engagement de Jacques Quintin dit Dubois à Pierre Julien Trottier Derivière et compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747; 13 juin.\u2014Engagement de Laurent Baudin à Charles Rupalais Gonne ville et compagnie pour aller au poste du lac à la Pluye et lac des Bois\u2014Étude Adhémar. 360 ARCHIVES DE QUÉBEC 1747,15 juin.\u2014Engagement de Jean Louis Pépin dit Decardonnet à Jean Baptiste Guodefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747,15 juin.\u2014Engagement de Francois Pepin dit La Verdure ft Jean Baptiste Guodefroy pour aller au poste des Miamis\u2014Étude Simonnet.1747, 23 juin.\u2014Engagement de Basyle Riel dit Lirlande à Louis Mathieu Damour pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 23 juin.\u2014Engagement de Antoine Casty au s'Jean Noël Desrivière de la Morandière pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 26 juin.\u2014Engagement de Francois Gautier à Jean Garrau S'-Onge et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 26 juin.\u2014Engagement de Robert Robert Jeanne à César Dagneau, s' Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 26 juin.\u2014Engagement de Nicolas Richard à Charles Larchevesque et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 27 juin.\u2014Engagement de Joseph Charlebois à François Dailliboust et compagnie pour aller au poste de Michipicoton\u2014Étude Adhémar.1747, 27 juin.\u2014Engagement de François Reboust dit LéveiUé à Jean Garrau dit S'-Onge et Compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 28 juin.\u2014Engagement de Jean Baptiste Brisebois à François D'ailliboust et compagnie pour aller à Michipicoton\u2014Étude Adhémar.1747, 28 juin.\u2014Engagement de Nicolas Rivet à Louis Mathieu Damour pour aller au Sault S\"-Marie\u2014Étude Blanzy.1747, 29 juin.\u2014Engagement de François Bal an dit La combe à Alexis Lepellé Mésière pour aller au poste du Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 29 juin.\u2014Engagement de Joseph Raimon au s' Jean Noel Desrivière pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Pierre Courcambec au sr François Godé pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Michel Philipe au sr Dominique Godé pour aller au fort Pontchartrain\u2014Étude Blanzy.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Alexis LaRichardière à Louis Mathieu Damour pour aller au poste de la Baye\u2014Étude Blanzy.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Jean Claude Raimbault au sieur Pierre Julien Trottier Desrivière et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Nicolas Vadenay au sr Pierre Julien Trottier Derivière et compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Joseph Bardel dit Lapierre à Monsieur Dela-pérade et compagnie pour aller au Détroit et au lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Jean Baptiste Charlebois à François D'ailliboust et compagnie pour aller à Michipicoton\u2014Étude Adhémar 1747, 30 juin.\u2014Engagement de Louis Morisseaux ft Jacques Giasson et compagnie pour aller ft Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Jean Gautier LandrevUIe ft Jacques Giasson et compagnie pour aller ft Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 30 juin.\u2014Engagement de François Mauriceau à Jean Giasson pour aller ft Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 30 juin.\u2014Engagement de Noël Desniau ft Louis Saint-Ange Charly pour aller ft Missilimakinac\u2014Étude Simonnet. ARCHIVES DE QUÉBEC 361 1747, 30 juin.\u2014Engagement de Jacques La Croix au 8' S'-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747,1» juillet.\u2014Engagement de Michel Gagnon au 8' Pierre Julien Trottier Derivierre et Compagnie pour aller au poste du Ounepigon\u2014Étude Blanzy.1747, 1\" juillet.\u2014Engagement de Jean Chartran au sr Dominique Godé pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, l\" juillet.\u2014Engagement de Toussaint Força à Pierre Ritchot et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,1\" juillet.\u2014Engagement de André Força à Pierre Ritchot et compagnie pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 1\" juillet.\u2014Engagement de Jean Gautier Landreville à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 1\" juillet.\u2014Engagement de Jacques Chaput à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,1\" juillet.\u2014Engagement de Louis Cullerier à Pierre Ritchot et compagnie pour aller au poste des Lacs des Bois et de la Pluye\u2014Étude Adhémar.1747, 1** juillet.\u2014Engagement de Louis Brien Dérochera à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747,1\" juillet.\u2014Engagement de Jean Bapta Mador au sr Godefroy pour aller au poste des Miamis\u2014Étude Simonnet.n.1747, 1\" juillet.\u2014Engagement de Joseph LeClerc\\à Louis Saint-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.n.1747, 1\" juillet.\u2014Engagement de Charte Daoust dit; Dau à Louis S'-Ange Charly pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Paul Massia à Dominique Godé pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.\\ 1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Mesnard à Jean Garrau et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Joseph Marie, Pany de nation, à Charles Lar-chevesque pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Philippe Daragon dit Lafrance à Charles Lar-chevesque et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Alexis Deblé à Louis Chapeaux et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Derousset à Mr Delaperade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747, 2 juillet.\u2014Engagement de Jean B\" et René LeBeau père et fils et Laurent Caillé au sr Jean Baptiste Godefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Michel Remond au sr Dominique Godé pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Nicolas Monplaisir au sr Dominique Godé pour aller au poste de Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de François Saint-Amour à Claude Marin, s' Delapérière, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Dubaut au s'Henry Catin pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Michel Henault à Jacques Giasson et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar. 362 ARCHIVES DE QUÉBEC 1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Joseph Henault à Jacques Giasson et compagnie pour aller a Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Bourhis A Jean Baptiste Lefebvre pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Joseph Lafleur à Francois D'ailliboust et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 3 juillet.\u2014Engagement de Antoine Charron au s' Louis S'-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Antoine Prou au s'Dominique Godé pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Nicolas Loysel au s' Pierre Julien Trotier Derivière et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,4 juillet.\u2014Engagement de Gabriel Gibault à César Dagneau, sr Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Joseph Gaspart à Pierre Richote et compagnie pour aller au poste des lacs des Bois et de la Pluye\u2014Étude Adhémar.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Lefebvre Lasiseray à Francois D'ailliboust pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Antoine Pilon à Francois D'ailliboust pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de Paul Guyot à Charles Rupallais Gonneville et Compagnie pour aller au poste des lacs des Bois et de la Pluye\u2014Étude Adhémar.1747, 4 juillet.\u2014Engagement de André Jannot dit Lachapelle à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Pierre Boileau à Louis Mathieu Damour, sr de Clignancour, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Francois Drousson dit Robert à Louis Mathieu Damour, s' de Clignancourt, pour aller au Sault S**-Marie\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Louis Baudry à Pierre Gaultier, s' Delà ver an-derie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Jean Moran à Pierre Leduc et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Pierre Mandeville à Pierre Gaultier, V Dela-veranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Francois Colin dit Laliberté à Pierre Gaultier, sr DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinc\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de Francois Savignac à Pierre Gaultier, s' Dela-veranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 5 juillet.\u2014Engagement de François Jourdain dit Laliberté à Pierre Gaultier, s' DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 6 juillet.\u2014Engagement de Louis Morné dit Léveillé à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 6 juillet.\u2014Engagement de Pierre Ouimet à Louis S'-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Charte Robiliard au s' Louis S'-Ange Charly pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de François Reguindeau au a' Godefroy dit Joachim pour aller au poste des Miamis\u2014Étude Simonnet. ARCHIVES DE QUÉBEC 363 1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Joseph Bonneau au s* Pierre Forville pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Joseph Ducharme au s' Pierre Forville pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de François Houilem dit Thomas au s' François Daguilhe pour faire le voyage à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Léonard La Pierre au sr Raimon Quesnel pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Antoine Estu dit Lafleur au s' René Lemoine Despin pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Jean Bap«« Vallois au s' René Lemoine Despins pour aller au poste de Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Paul Léger dit Parisien au sieur René Lemoine Despain pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet,\u2014Engagement de Pierre La Magdelaine dit Ladouceur au s' René Le Moine Despin pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de François Deschamp dit Marion à Pierre Leduc Souligny et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Michel Baudin à Henry Catin pour aller au fort Pontchartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Nicolas Brossau à Jean Giasson pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar: 1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Ambroise Grignon à Jean Defon pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Joseph.Réaume à Antoine Marié pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Boidoré à Antoine Marié pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Laurent Dagenest à Charles L'archevesque et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Charles Legé dit Parisien à Pierre Trottier Derivière et Compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 7 juillet.\u2014Engagement de Pierre Gautier Landreville à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de François Mousseaux à Pierre Gaultier, sr DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de Joseph Regnault à César Dagneau, sr de-Quindre, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de Julien Delinel à François Godé pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de François Baucham à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Vincent à Joseph Lemaire S'-Germain pour aller au poste de Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de Claude Bourbonnois et de Charle Lajeunesse au sr S'-Ange pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 8 juillet.\u2014Engagement de Joseph Monet dit Boismenu au s' S'-Ange pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet. 364 ARCHIVES DE QUÉBEC 1747.8 juillet.\u2014Engagement de Charles Sauvé dit La Plante et de Pierre Ranger au s'S'-Ange pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Joseph Hamelin, à M' Delà Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Joseph Delinelle à Francois L'Huillier Chevalier pour aller au fort le pont Chartrain, du Détroit\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Charte Marly à Francois L'Huillier Chevalier pour aller au fort Le pont Chartrain, du Détroit\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Paul La Violette au s' René Lemoine Despin pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Etienne Roy à Jacques Francois Daguilhe pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Charte La Rivierre au s1 S'-Ange pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Joseph Ranger dit Laviolette à Louis S'-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Cardinal à Pierre Leduc et Compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Pierre Langlois dit LaChapelle à Pierre Gaultier, sr DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Charles Boutin dit Dubord à César Dagneau, sr Dequindre, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de François Roy à César Dagneau, s' Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Jean Beauvaisà César Dagneau, s'Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de François Gérard à Pierre Gaultier, s'DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Jean B\" Regnaud au s' Pierre Leduc et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Pierre Lépine à César Dagneau, s' Dequindre, et compagnie pour aller à la rivière S'-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Etienne Merlot à Jean Garrau et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Francis Merlot à Jean Garrau et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Pierre Roberge à Jean Garreau et compagnie pour aller à la Baye des Puants\u2014Étude Adhémar.1747, 9 juillet.\u2014Engagement de Joseph Rivard Loranger à M' DelaPérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Ignace Prud'homme au sr Dominique Godé pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Thomas Pilon à Pierre Leduc Souligny et Compagnie pour aller à Mi chili makimac\u2014Étude Blanzy.1747,10juillet\u2014Engagement de Antoine Potvin à César Dagneau, s'Dequindre, et compagnie pour aller au poste de la rivière S'-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Pierre LaPorte dit S'-Georges au s' Henry Catin pour aller au poste du Détroit.\u2014Étude Blanzy. ARCHIVES DE QUÉBEC 365 1747,10 juillet.\u2014Engagement de Léonard Janot dit Belhumeur à Pierre Gaultier, sr DelaVeranderie, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Nicolas Légaré à Pierre Gaultier, s' Dela-verandrye, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Joseph Urbain à Pierre Gaultier, s' Dela-verandrye, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,10 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Forville à Charles Rupallais, sr de Gonneville.et compagnie pour aller au poste des Lacs à la Pluye et des Bois\u2014 Étude Adhémar.1747.10 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste De jardin à Jacques Giasson et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 10 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Bouchard Lavallée à Louis Chappeau et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 11 juillet.\u2014Engagement de Michel Deschamps à César Dagneau, s' Dequindre, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747.11 juillet.\u2014Engagement de Joseph Monpetit dit Poitevin à César Dagneau, s' Dequindre, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747.12 juillet.\u2014Engagement de Joseph Salvaye à Pierre Trottier Derivière et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747, 12 juillet.\u2014Engagement de Paul Chevalier à Joseph Daguilhe pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1747.13 juillet.\u2014Engagement de Joseph Fossant à César Dagneau pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,13 juillet.\u2014Engagement de Pierre Metot à Mr de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747.13 juillet.\u2014Engagement de Antoine Boyé à Mr De la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747.14 juillet.\u2014Engagement de Charles Cusson à Francois Godé pour aller au Détroit'\u2014Étude Blanzy.1747,14 juillet.\u2014Engagement de Joseph Miville à Pierre Jorian et Compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,14 juillet.\u2014Engagement de Honoré Dany fils à M' Delà Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 14 juillet\u2014Engagement de Joseph Lausierre à Jean Baptiste Godefroy pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Francois Bourbonois à César Dagneau, sr Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Henry Carpentier à César Dagneau, sr Dequindre, et Compagnie pour aller à la rivière Saint-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747, 16 juillet.\u2014Engagement de Joseph Cauder à César Dagneau, sieur Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Julien Saillant à Pierre Jorian et compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Jacques LaSelle à César Dagneau, sieur Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747, 16 juillet.\u2014Engagement de Louis Morache au s' Francois Godé pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Sarazin au s*Barthélémy Méti-vier pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Simonnet. 366 ARCHIVES DE QUÉBEC 1747,16 juillet.\u2014Engagement de Nicolas LeNoir au v Pierre Forville pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747,16 juillet.\u2014Engagement de Louis Du beau au v Jean Bta Godefroy pour aller au poste du Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1747.16 juillet.\u2014Engagement de Joseph Raimon dit Toulouse au r Jean Baptiste Godefroy pour aller au poste du Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Simonnet.1747, 17 juillet.\u2014Engagement de Antoine Gignac au s' Pierre Jorian et compagnie pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747.17 juillet.\u2014Engagement de Joseph Paré à Pierre Jorian et compagnie pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Sulpice Blanchevière dit S \"-Georges au s' Pierre Jorian et compagnie pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste Charlan A César Dagneau, s' Dequindre, et compagnie pour aller à la rivière S'-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Francois Binet à César Dagneau, 8' Dequindre, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Louis Truchon dit Léveillé A M'de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Alexis Moran à M'de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747,17 juillet.\u2014Engagement de Pierre Gabory dit S'-Pierre A Jean-Baptiste Godefroy pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Simonnet.1747.17 juillet.\u2014Engagement de Antoine Forget dit Depatye au s' Jean B** Godefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747.18 juillet.\u2014Engagement de Jean Charbonneau au s' Henry Catin pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747.18 juillet.\u2014Engagement de Joseph Dikier au s'Henry Catin pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 18 juillet.\u2014Engagement de Joseph Le Cire et François Giard au s' Godefroy pour aller au poste des Miamis\u2014Étude Simonnet.1747.19 juillet.\u2014Engagement de Jean Bu Fourville au sr Pierre Jorian et compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,19 juillet.\u2014Engagement de Antoine Vaudray au sr Pierre Jorian et compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747.19 juillet.\u2014Engagement de Julien Maisonneuve au s* Pierre Jorian et compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747,19 juillet.\u2014Engagement de Michel Tetro à M' de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747,19 juillet.\u2014Engagement de Claude Foisy a M'de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Êrié\u2014Étude Adhémar.1747,19 juillet.\u2014Engagement de Louis Bernier à Mr de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747,19 juillet.\u2014Engagement de Lambert Richard A M'de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 19 juillet.\u2014Engagement de Christophe Mongeau au s* Godefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 19 juillet.\u2014Engagement de Charte Chaput A Jean Bapu Godefroy pour aller au poste du Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet. ARCHIVES DE QUÉBEC 367 1747, 20 juillet.\u2014Engagement de Jean Goulet au sr Henry Catin pour aller au Detroit\u2014Étude Blanzy.1747, 20 juillet.\u2014Engagement de Isidore Bemier à Mr de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747,20 juillet.\u2014Engagement de Joseph Gautier à M'de la Pérade pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 20juillet.\u2014Engagement de Francois Grégoire au s'Jean Bapto Godefroy pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.' 1747, 21 juillet.\u2014Engagement de Joseph Lombard au s' Pierre Jorian et compagnie pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 22 juillet.\u2014Engagement de Louis Arsenault au sr Godefroy pour aller au poste du Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1747, 22 juillet.\u2014Engagement de Estienne Petit Boismorel à Jean Bap'° Godefroy pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 23 juillet.\u2014Engagement de Joseph Ducharme au sr Henry Catin pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 23 juillet.\u2014Engagement de Louis L'Écuyer à Pierre Jorian et compagnie pour aller-au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 23 juillet.\u2014Engagement de Joseph Asselin à M' de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 24 juillet.\u2014Engagement de François Gadois au s' Henry Catin pour aller au Détroit\u2014Étude Blanzy.1747, 24 juillet.\u2014Engagement de Francois Lepage dit S'-Antoine à Francois L'huillier pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 24 juillet.\u2014Engagement de Jean Defoy au sr Barthélémy Métivier pour aller au fort Pontchartrin, du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 25 juillet.\u2014Engagement de Pierre S'-Martin à Mr de la Pérade et compagnie pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 25 juillet.\u2014Engagement de Jean Baptiste De Couagne à François L'huillier pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1747, 25 juillet.\u2014Engagement de Pierre Budemon au s' Barthélémy Métivier pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Simonnet.1747, 25 juillet.\u2014Engagement de Jean B\" Olivier au s' Antoine Moison pour aller au Détroit, du Lac Érié\u2014Étude Simonnet.1747, 25 juillet.\u2014Engagement de Joseph Estu dit La Jeunesse au s' Antoine Moison pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Simonnet.1747, 24 août.\u2014Engagement de Joseph Barrabée au sr D'ailliboust pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Simonnet.1747, 1\" septembre.\u2014Engagement de Dominique Brunet dit L'Étang à César Dagneau pour aller à la rivière S1-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747, 3 septembre.\u2014Engagement de Pierre Giguère à César Dagneau pour aller à la rivière S*-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747, 3 septembre.\u2014Engagement de Antoine Giguère à César Dagneau pour aller à la rivière S'-Joseph\u2014Étude Blanzy.1747, 31 décembre.\u2014Engagement de Pierre Comte à René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748,10 janvier.\u2014Engagement de Louis Diquier au s' René de Couagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy. 368 ARCHIVES DE QUÉBEC 1748, 11 janvier.\u2014Engagement de Joseph Desloges au sr René Decouagne pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748,11 janvier.\u2014Engagement de Augustin Merlo au a' René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748.14 janvier.\u2014Engagement de Joseph Merlot au s'René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 28 janvier.\u2014Engagement de Francois Daragon dit Lafrance à René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 6 février.\u2014Engagement de Louis Lalande au s' René Decouagne pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 22 mars.\u2014Engagement de Pierre Morin à Charles Rupallais de Gonne-ville et compagnie pour aller dans les pays d'en haut\u2014Étude Adhémar.1748, 23 mars.\u2014Engagement de Jacques Déloge au s'René de Couagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 23 mars\u2014Engagement de Thomas Prou au sr René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 1\" avril.\u2014Engagement de Antoine Charron au s' S'-Ange pour aller au Détroit\u2014Étude Simonnet.1748,3 avril.\u2014Engagement de Louis Croquelois dit Laviolette à René Decouagne pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 6 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste dit Lereynard à René Decouagne et compagnie pour aller à Thémiskamingue\u2014Étude Blanzy.1748, 8 avril.\u2014Engagement de Louis L'écuyer à Louis Mathieu Damour, s' Declignancourt, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 10 avril.\u2014Engagement de Nicolas Lefebvre dit S'-Ustache à Charles Rupallait, sr de Gonneville.et Compagnie pour aller au poste des Lacs des Bois et du lac à la Pluye, dans les pays d'en haut\u2014Étude Adhémar.1748, 10 avril.\u2014Engagement de Jean Parant à Louis Mathieu Damour, s' Declingnancourt, et compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 15 avril.\u2014Engagement de Antoine Boyé à Charles Rupallais de Gonne-ville et compagnie pour aller au poste des Lacs des Bois et de la Pluye dans les pays d'en haut\u2014Étude Adhémar.1748.15 avril.\u2014Engagement de Joseph LeClaire à Charles Rupallais, s' de Gonneville, pour aller au poste des lacs des Bois et de la Pluye dans les pays d'en haut\u2014Étude Adhémar.1748.16 avril.\u2014Engagement de Louis Maurice Lafantaisie à Charles Rupallais de Gonneville et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748, 16 avril.\u2014Engagement de Charles Dubord à Charles Rupallais Gonneville et compagnie pour aller au poste de Missillimiakinac\u2014Étude Adhémar.1748, 16 avril.\u2014Engagement de Jean Bap'» Boyer dit Laderoutte à Louis Saint-Ange Charly pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748,16 avril.\u2014Engagement de Pierre Lauson au sr S'-Ange Charly pour aller au poste des Miamis\u2014Étude Simonnet.1748, 16 avril.\u2014Engagement de Michel Laplante dit Champagne à Pierre Gaultier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 16 avril.\u2014Engagement de François Bonnier à Pierre Gaultier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 16 avril.\u2014Engagement de Charles LeBlan à Pierre Gaultier et Pierre Trottier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy. ARCHIVES DE QUÉBEC 369 1748, 17 avril.\u2014Engagement de Charles Chevaudier dit Lespine à Charles Rupallais, sr de Gonneville, et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748.17 avril.\u2014Engagement de François Roy à Charles Rupallais Gonneville pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748.18 avril.\u2014Engagement de Hyacinthe Behic dit Lafleur à Louis Mathieu Damour, sr Declignancourt, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748.19 avril.\u2014Engagement de Jean B\" Charle dit La Jeunesse à Jean Giasson pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748, 19 avril.\u2014Engagement de Gabriel Blaye à Pierre Gaultier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748,19 avril.\u2014Engagement de Jacques Poiriau dit Bellefeuille au s' René DeCouagne et compagnie pour aller à Thémiscamingue\u2014Étude Blanzy.1748,19 avril.\u2014Engagement de Thimothée LeBlan à Louis Mathieu Damour, s'De Clignancourt, et comp* pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 19 avril.\u2014Engagement de Antoine Caty à Pierre Gaultier et Julien Trottier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748,19 avril.\u2014Engagement de Louis Beauvais au sr Jean Giasson pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748.19 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste Chartier à Pierre Gaultier pour aller ft Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748.20 avril.\u2014Engagement de François Colleret dit Bourguignon au s' S'-Ange pour aller au poste de Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748, 20 avril.\u2014Engagement de Jacques Jasmin au sr Pierre Hubert La Croix pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748.21 avril.\u2014Engagement de Jean B'° Bazinet au s* Jean Giasson pour aller au poste de Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Charles Cardinal à Charles Rupallais Gonneville pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Gabriel S'-Michel à Charles Rupallais Gonneville pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Joseph Defond à Charles Rupallais Gonneville et compagnie pour aller à Missillimakinac\u2014Étude Adhémar.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Joseph Monet dit Boismenu au sr S'-Ange pour aller i Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Ignace Thibault à Pierre Boumois et Pierre Julien Trotier Derivière pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 21 avril.\u2014Engagement de Louis Rose à Louis Mathieu Damour, sr De Clignancourt, et Compagnie pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 22 avril.\u2014Engagement de Gabriel Bienvenu au s' Pierre Hubert La Croix pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748.22 avril.\u2014Engagement de Joseph Barrabée au s' Pierre Hubert LaCroix pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748, 22 avril.\u2014Engagement dé Joseph Label au s' Henry Catin pour aller au fort pont Chartrain, du Détroit\u2014Étude Blanzy.1748, 23 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste La Brèche au s' Pierre Hubert La Croix pour aller à Missilimakinac\u2014Étude Simonnet.1748.23 avril.\u2014Engagement de Joseph Marie Caron A Charles Rupallait Gonneville et compagnie pour aller dans les pays d'En hault\u2014Étude Adhémar.24 370 ARCHIVES DE QUÉBEC 1748, 23 avril.\u2014Engagement de Toussaints Brissebois à César Dagneau.s' Dequindre, et comp* pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748,23 avril.\u2014Engagement de Pierre Choret à Jean B'° LeGras et compagnie pour aller au poste de l'ouest\u2014Étude Blanzy.1748, 23 avril.\u2014Engagement de Pierre Gagné à Pierre Gaultier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 23 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste Belhumeur à Louis Mathieu Damour, s' de Clignancourt, pour aller A Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748.23 avril.\u2014Engagement de Joseph Urbain à Louis Mathieu Damour, s'de Clignancourt, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 23 avril.\u2014Engagement de Nicolas L'Egaré à Louis Mathieu Damour, sr Declignancourt, pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 23 avril.\u2014Engagement de François Morisseaux à Pierre Gaultier pour aller à Michilimakinac\u2014Étude Blanzy.1748, 24 avril.\u2014Engagement de Paul Jourdain La Brosse fils, à Jean Baptiste Lefebvre et compagnie pour aller dans les pays d'en hault\u2014Étude Adhémar.1748, 24 avril.\u2014Engagement de Jacques Chevrefils dit Belisle à François Lhuillier pour aller au Détroit, du lac Érié\u2014Étude Adhémar.1748.24 avril.\u2014Engagement de Antoine Beauregard au sr Antoine Moison pour aller au Détroit\u2014Étude Hodiesne.1748.24 avril.\u2014Engagement de Louis Goguet au sr Antoine Moison pour aller au Détroit\u2014Étude Hodiesne.1748, 24 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste LaBonté au sr Antoine Moison pour aller au Détroit\u2014Étude Hodiesne.1748, 24 avril.\u2014Engagement de Jean Baptiste Moison au sr Antoine Moison pour aller au poste du Détroit\u2014Étude Hodiesne.1748, 24 avril.\u2014Engagement de Ignace Crevier dit S
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