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Titre :
Rapport de l'Archiviste de la province de Québec
Éditeur :
  • Québec :Louis-A. Proulx, Imprimeur de sa Majesté le Roi,1921-1960
Contenu spécifique :
1935-1936
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
une fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Rapport des Archives du Québec
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Rapport de l'Archiviste de la province de Québec, 1935, Collections de BAnQ.

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[" département du secrétaire de la province RAPPORT i;> DE L'ARCHIVISTE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC POUR 1935-1936 .ww\\ RÉDEMPTI PARADIS Imprimeur de Sa Majesté le Roi 1936 Province de Québec BUREAU DU SECRETAIRE Québec, 27 décembre 1936.A l'honorable M.Emoff-Léon Patenaude, Lieutenant-gouverneur de la province de Québec.Monsieur le lieutenant-gouverneur, J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1935-1036.J'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre très dévoué serviteur, Albini Paquette, Ministre de la santé et secrétaire de la Province Québec, 23 décembre 1936 A l'honorable M.Albini Paquette, Ministre de la santé et secrétaire de la Province.Monsieur le ministre, J'ai l'honneur de vous soumettre mon seizième rapport sur les Archives de la province de Québec.% *.' * En 1935-1936, le Bureau dés Archives s'est enrichi de plusieurs pièces importantes.Le département des Archives Publiques d'Ottawa s'occupe surtout des grandes périodes de notre histoire.Notre Bureau des Archives ne néglige pas les grands faits de l'histoire nationale.Il s'efforce de procurer à nos historiens et à ceux qui font des recherches toute la documentation qui leur est nécessaire.Mais, en même temps, nous formons, chaque année, des milliers de dossiers sur la petite histoire, la généalogie, les menus détails des trois siècles d'existence du peuple canadien-français.Nous ne répondons peut-être pas à toutes les questions mais nous nous efforçons de rendre service à tous ceux qui s'adressent à notre Bureau d'Archives.Nous donnons dans le présent rapport une copie pour ainsi dire photographique du premier recensement de la Nouvelle-France.Cette publication nous était demandée depuis plusieurs années par les amateurs de généalogie.Le recensement de 1666 a déjà été publié mais de façon fort inexacte.Nous croyons que la copie donnée dans notre rapport de 1935-1936 reproduit fidèlement l'original conservé aux Archives de la Marine, à Paris.En tout cas, nous conservons dans nos Archives la copie au photostat du recensement de 1666, et si quelque chercheur avait des doutes sur un nom, un chiffre, etc., etc., il pourra se référer à l'original. vm ARCHIVES DE QUÉBEC M.l'abbé Ivanhoë Caron continue dans ce rapport l'inventaire de la correspondance de Mgr Panet, évoque de Québec.Nous avons reçu, au cours de l'année 1935-1936, des appréciations flatteuses de cet inventaire qui donne tant de renseignements précieux sur l'histoire de nos anciennes paroisses.Nous commençons dans ce rapport la publication des lettres et mémoires de l'abbé de L'Isle-Dieu.La correspondance du grand-vicaire de l'évêché de Québec à Paris jette la lumière sur beaucoup de faits ignorés de l'histoire de l'Église canadienne.Je vous prie de me croire, Monsieur le ministre, Votre très dévoué serviteur, L'archiviste de la Province, Pierre-Georges Roy LE PREMIER RECENSEMENT DE LA NOUVELLE-FRANCE Le plus beau titre de noblesse dans la vieille France est de compter un croisé parmi ses ancêtres.Le citoyen des Etats-Unis ne connaît pas de titre de.noblesse supérieur à celui qui le rattache à la lignée des Pilgrim Fathers.Lord Elgin a appliqué à la période de notre histoire qui va dé 1608 à 1666 l'expression de temps héroïques du Canada.Il nous semble qu'un Canadien-français, qui peut faire remonter sa famille à au moins 1666, a le droit de dire : mon premier ancêtre canadien fut un des fondateurs de la Nouvelle-France.C'est une gloire plus modeste que celle qui remonte aux croisades, mais qui n'est pas inférieure, loin de là, à la glorification des Pilgrim Fathers.Le premier recensement de la Nouvelle-France remonte précisément à 1666.C'est donc notre livre de noblesse ou de gloire.Sir Thomas Chapais écrivait, il y a déjà plus de trente ans : \" Ah ! ce premier recensement de notre patrie, cette nomenclature si sèche et si dépourvue d'attrait en apparence, comme elle est pleine de charme et de poésie pour les Canadiens qui ont le culte de l'histoire et des traditions nationales ! Elle ressuscite une société évanouie depuis deux cents ans.Elle fait revivre un passé mort.Elle nous promène à travers le Québec, le Montréal, le Trois-Rivières du dix-septième siècle, et fait passer devant nos yeux les personnages, illustres ou obscurs, qui, de leur croix, de leur épée, de leur charrue, de leur outil, de leurs sueurs et dè leur sang, jetaient ici, et cimentaient les bases d'une nation catholique et française ! \" Le recensement de 1666 fut fait sous la direction de l'intendant Talon.Arrivé dans la colonie en septembre 1665, il avait voulu connaître la population, les ressources et les conditions économiques du pays.Plusieurs se sont demandé à quelle époque de l'année le premier recensement de la Nouvelle-France fut établi.M\" Cyprien Tanguay, auteur du Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, a établi de façon indiscutable, à l'aide des registres de l'état civil, que le dénombrement de 1666 avait été fait dans les mois de février et mars. 2 ARCHIVES DE QUÉBEC La Nouvelle-France ne comptait pas une population encore bien-considérable en 1666.En tout, 3,215 personnes dont 2,034 du sexe masculin et 1,181 du sexe féminin.Le nombre des ménages était de 528.Québec comptait une population de 547 âmes.La région de Montréal avait une population de 625 âmes, celle des Trois-Rivières était presque aussi élevée, 455 âmes.L'tle d'Orléans renfermait 452 âmes, la côte de Beaupré 533 âmes, la seigneurie de Beauport, 185 âmes, la seigneurie de Sillery, 140 âmes, la seigneurie de Notre-Dame des Anges, 112 âmes.Sir Thomas Chapais classifie ainsi les professions et métiers des personnes mentionnées au recensement de 1666 : 3 notaires, 5 chirurgiens, 4 huissiers, 3 instituteurs, 36 charpentiers, 11 boulangers, 7 bouchers, 20 cordonniers, 32 maçons, 27 menuisiers, 30 tailleurs, 8 tonneliers, 5 pâtissiers, 9 meuniers, 3 serruriers, 18 marchands, 16 bourgeois, 401 engagés, etc., etc.Le recensement parle même d'un imprimeur qui habitait l'île d'Orléans.Evidemment, ce disciple de Gutenberg avait laissé la casse pour la culture.Le clergé se composait d'un évêque, de 18 prêtres et ecclésiastiques, de 35 Jésuites.On comptait aussi 19 Ursulines, 23 Hospitalières et 4 filles pieuses de la Congrégation.Le premier recensement de la Nouvelle-France a été publié dans l'Histoire dés Canadiens français de Benjamin Suite, mais Celui-ci s'était servi pour cette publication d'une copie faite'à la main et, conséquemment, très imparfaite.Les Archives de la province de Québec possèdent une copie photographique de l'original du recensement de 1666 conservé aux Archives de la Marine, à Paris.C'est sur cette copie authentique que nous donnons ici le premier recensement de la Nouvelle-France.Notre copie est absolument conforme à l'original et on n'aura, pour s'eù convaincre, si on a des doutes, qu'à la comparer avec la photographie dès Archives de la province de Québec. ARCHIVES DE QUÉBEC ESTAT GENERAL DES HABITANS DU CANADA EN 1666 Noms et Surnoms à ages quallitez et mestiers de touttes les personnes qui sont dans la haute & basse ville de quebecq y compris la grande Allée.Premièrement *;'.\"'\" Messieurs du Séminaire de quebecq et leurs domestiques Evesque de Petrée nommé par le Rby premier evesque de ce pays Grand vicaire, et prieur dud.séminaire aussy grand Vicaire prestre .prestre prestre .prestre .prestre .clercq d'esglise aages 33 domestique engaigé 30 domestique engaigé 17 aussy engaigé Messire Francois de Laval Monsieur de Dernière Monsieur de Charny Monsieur de Maiserets .Monsieur du doyst.Monsieur pommiers.Monsieur Morel.Monsieur Morin.Monsieur Jolliet.Denis Laberge.Claude Carpentier .Et Pierre Lamperier 4 ARCHIVES DE QUÉBEC Les Reverends Peres Jesuittes du college de quebecq avec les noms des frères & domestique* d'icelluy Le Reverend Pere francois le Mercier, Supérieur.Le Reverend Pere Claude d'Ablon, Ministre.Le Reverend Pere hierosme Lallemant.Le Reverend Pere Claude pijard.Le Reverend Pere pierre Chas tellain.Le Reverend Pere Joseph Chaumonot.Le Reverend Pere Claude Bardy.Le Reverend Pere Thierry Bechefer.Le Reverend Pere Raffeix.Le Reverend Pere Jullien gantier.Le frère Âmbroise Brouart.Le frère florant Bonnemer, Médecin.frère louis gaubert.frère pierre Masson.frère Joseph Bourcier.frère guOlaume Lausier.frère louis le Boesme.frères gris donnés.Charles Boyvin.guillaume Boyvin.Martin Bouttet.Jacques Louvier.Jacques Aubry.Charles panie.Charles Bousquet.François Poisson. ARCHIVES DE QUÉBEC 5 hommes de travail dud.College aages quallites & Mes tiers René Voysin-____ .20 Thomas pageot.21 Thomas trigallon.- 60 pierre leSot.23 pierre girard.26 Mathurin legras.20 pierre Rollandeau.22 Jacques Blay.30 Urbain Champlain .>.,.,.32 franco!» du Moussard.23 Il y a dans led.College vingt Un pention-naires dont quatre sont de France & les antres enfans du pays.tailleur d'habits tailleur d'habits menuisier, marié en France travaillant travaillant thonnellier Masson menuisier, marié en france M'd'Escolle M* de musique Les dames Religieuses Ursulînes avec leurs Proffessions & Mes tiers pentionnaires & domestiques.aages de leurs domestiques La dame de la pelletrie.-.63 la mere marie guyard dite de lincarnation.66 la mere Anne le bugle dite de S** Claire____ 69 la mere Margt0 Flescelles dite Saint Athanaze 62 la mere Cecille Richer dite de S'° Croix.66 la mere Anne leboue dite nostre dame.46 la mere marie de Villier dite de S' André .36 La mere Philippe* de Boulogne dite saint dominique.-____., 60 la mere Charles Barré.dite de S* Ignace.46 fondatrice de lad.religion Supérieure dépositaire religieuse religieuse religieuse religieuse religieuse religieuse .religieuse . 6 ARCHIVES DE QUEBEC Noms: et Surnoms.sages.profitassions & mestiers La mere geneviefve marie Bourdon dite de\t\t \t27\tReligieuse \u2022 Sœurs Professes\t\t Anne Bourdon dite Agnes.____\t21 .\tprofesse Marie Bouttet dite Sainct Augustin .\t22\tprofesse \u2022'.Jeanne de saint francois.\t22\tprofesse \t14\tprofesse Sœurs Converses\t\t Anne lefrancois dite de S'Laurent\t51\tconversse Catherine Lozeau dite de S'0 Ursulle\tS3\tcon versse Françoise Ouin dite Stc Magdelaine\t44\tconversse Anthoinette Mignon de S\" Marthe\t34\tconversse Marie dadier (dodiér) d.de la Passion\t23\tconversse Pentionnàires\t\t Marie Anne de S' denys Juchereau\t.12\tfille Jeanne Couillard de L'espinay\t12\tfille , Marie Magdelaine de Lauson .\t12\tfille Anne Catherine de Lauson\t\tfille Marie Margueritte Pinguet\t-12,\t.fille Mathurine Bellanger\t13\tfille Barbe fortin.\t12\tfflle .Marie Jeanne Moralle ou de S* quentin\t\u2022 13\t' fille.Catherine Augustine Bissot.\t12 \u2022\tÉté' \"' ARCHIVES DE QUÉBEC 7 Noms, et Burnoms aages Proffession & m es tiers Claire francoise Bissot.10 fille Marie Bissot.- 8 fille Simone Bisson.12 fille Marie Ursulle Boucher.11 fille Marie Perrot.- .9 .fille Anne Goupil.12 fille Marie louise le Maistre.8 fille Marie Lagarenne.7 fille Marie Magdelaine Desmoulins.5 fille Marie Magdelaine Boissel.12 fille Sebastienne Lognon.13 fiUe Marie Gloria.12 fille domestiques Pierre Moures.domestique non Engaigé Pierre Caillant .domestiqué Engaigé André Fouquet.aussy Engaigé Julien Bouttard.aU88V Êngaigé MichelRenninvaie(?).aussy Engaigé Jean Crepeau .«isay Engaigé Et Jean Avoir.'.r Joseph Signay.Acte de la tonsure de M.Jean-Baptiste Thibault, né à Saint- Joseph-cle-1 a-Pointe-Lé vis le 14 décembre 1810, fib de Jean-Baptiste Thibault et de Charlotte Carrier (dans la cathédrale de Québec le 8 décembre 1831) (Québec, 8 décembre 1831).(Registre L, t.13 r.) M\" B.-C.Panet au lieutenant-colonel Craig, secrétaire civil, Chateau Saint-Louis (Québec, 0 décembre 1831).Il a reçu sa lettre ainsi que la déposition faite contre M.(Stanislas) Malo, missionnaire de Rbtigouche, par le chef des sauvages de cet endroit.Il ne tardera pas un seul instant à prendre les renseignements qu'exige cette déposition.U doit à Son Excellence ses sincères remerciements pour la délicatesse de ses procédés à son égard.(Registre des lettres, v.14, p.526.) M\" Joseph Signay.Acte des ordres mineurs de MM.Godfroy Tremblay, John O'Grady, Charles Poiré, Louis Normandeau et Louis Parent (dans la cathédrale de Québec le 8 décembre 1831) (Québec, 8 décembre 1831).(Registre L, f.13 v.) M«r B.-C.Panet à M.(Pierre) Robitaille, curé de Sainte-Marie-de-Mon-noir (Québec, 10 décembre 1831).Il croit qu'il serait à propos que M.Robitaille fit l'acquisition d'un autre arpent de terrain en sus des sept arpents que la fabrique possède déjà.S'il ne peut agir autrement M.Robitaille se contentera de faire amortir les sept arpents seulement.U consultera M\" de Telmesse sur ce point.M|r Panet ne peut lui envoyer un vicaire dans le moment.(Registre des lettres, v.14, p.527.) ARCHIVES DE QUÉBEC 215 M\" B.-C.Panet à Son Excellence lord Aylmer, gouverneur en chef, au Chateau Sant-Louis (Québec, 10 décembre 1831).Il a eu l'occasion de voir M.Thibaudeau, représentant du comté de Bonaventure, qui lui a paru bien au fait des plaintes portées contre M.(Stanislas) Malo, soit par le chef des sauvages de Bistigouche, soit par certains habitants de la rivière Cascapédiac.Croyant que ce monsieur pourra donner des renseignements utiles au gouverneur, il le prie de vouloir bien accorder une audience à M.Thibaudeau.B profitera du premier courrier qui partira pour la baie des Chaleurs pour avoir d'autres éclaircissements sur la déposition du chef des sauvages de Ristigouche.(Registre des lettres, v.14, p.527.) Acte de la promesse de M.John O'Grady, par laquelle il s'engage à exercer le ministère dans le diocèse de Québec (Québec, 10 décembre 1831).(Registre L, f.13 v.) Mgr Joseph Signay.Acte du diaconat de MM.Louis-Antoine Proulx, John O'Grady, Louis Belisle et Pierre Huot (dans la cathédrale de Québec le 11 décembre 1831) (Québec, 11 décembre 1831).(Registre L, f.13 v.) M** B.-C.Panet à M.(Marc) Chauvin, curé de Sainte-Anne-de-la-Pérade (Québec, 12 décembre 1831).Il est attristé de la difficulté de la position où se trouve M.Chauvin à propos de l'élection d'un marguillier.Voici ce qu'il lui conseille de faire : \" Si vous recevez un Mandamus de la cour vous enjoignant de procéder à l'élection de trois marguilliers et d'appeler les notables à cette élection, il faudra vous soumettre pour éviter des procès qui n'auraient plus de fins.Mais il ne faudra pas oublier d'engager vos marguilliers, si la majorité du lieu est en votre faveur, à protester contre un mode d'élection inusité jusqu'à présent dans votre paroisse, sans cependant protester contre l'élection même.B sera plus prudent que vous assistiez à cette assemblée ; votre présence y empêchera bien du mal, surtout si vous avez soin d'y paraître avec un visage tranquille.Pour ce qui est du livre des délibérations, il faudra bien le mettre au jour, mais comme le marguillier en charge n'est pas du parti du mouvement, il aura soin que ce livre ne parte pas de sous ses yeux.Si vous ne recevez aucun ordre de la cour relativement à l'élection prochaine, il faudra suivre l'usage constant de votre paroisse.Quelle raison en effet auriez-vous de changer cet usage ?Cependant si quelques prétendus notables se présentent à votre assemblée, il sera à propos de les y souffrir et même de ne pas leur témoigner que leur présence vous incommode, mais vous aurez soin de ne recueillir que les suffrages de vos marguilliers.Peut-être conviendrait-il d'expliquer à vos paroissiens, le dimanche qui précédera l'élection, que la législature s'occupe actuellement' de régler comment et par qui doivent se faire ces élections et leur conseiller de laisser les choses où elles en sont jusqu'à ce que la loi projettée soit passée.Vous jugerez vous-même si cet avertissement pourrait être de quelqu'utilité.\" U compatit à toutes ses peines et lui souhaite d'en être délivré.(Registre des lettres, v.14, p.528.) M«r B.-C.Panet à M.(Jean) Baimbault, curé à Nicolet (Québec, 12 décembre 1831).U le prie d'aller marquer le site et fixer lés dimensions d'une chapelle dans le canton de Kingsey.M.Raimbault choisira le temps qui l'accommodera davantage pour faire cette visite et avertira M.Paisley du jour où il se rendra sur les lieux.(Registre des lettres, v.14, p.530.) M*' B.-C.Panet à M.(Jean-Olivier) Chèvrefils, curé à Saint-Constant (Québec, 13 décembre 1831).Il a reçu trop tard son adhésion à la requête pré- 216 ARCHIVES DE QUÉBEC «entée par le clergé à la Chambre d'assemblée.B regrette de ne pouvoir loi envoyer un vicaire, sachant surtout son mauvais état de santé.B le dispense de prêcher à la grand'messe, tant qu'il ne sera pas suffisamment rétabli.Si M\" de Telmesse est indispose contre lui, c'est parce que sa conduite envers son évêque n'a pas été celle d'un prêtre respectueux et déférent envers ses supérieurs.(Registre de* lettre», v.14, p.630.) M\" B.-C.Panet à M.(Edouard) Quertier, curé & l'Ile-aux-Grues (Québec, 14 décembre 1831).B accorde à la paroisse de l'Ile-aux-Grues, la permission de faire \" la neuvaine en l'honneur de Saint-François-Xavier commençant le premier samedi du Carême, avec une indulgence plénière à toutes les personnes qui «'étant confessées et ayant communié prieront aux intentions du souverain Pontife et assisteront en outre le jour de leur communion à la récitation publique des prières de la neuvaine.\" (Registres de* lettres, v.14, p.531.) M\" B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, i Montréal (Québec, 17 décembre 1831).B a reçu une lettre de l'honorable Viger qui ne lui donne aucun renseignement sur les affaires dont on l'a chargé.B l'avertit tout de même qu'il a écrit & M\" de Telmesse.\" Il est certain que nous avons fait notre devoir en représentant à la Législature qu'elle n'avait pas le droit de se mêler de nos affaires d'Église ; et c'est ce que nos législateurs n'ont pas compris ou n'ont pas voulu comprendre.Quoi qu'il en soit, ils craindront probablement par la suite d'entreprendre quelque mesure semblable, de peur de rencontrer l'opposition du clergé dont Us ne peuvent s'empêcher de redouter l'influence.Lorsque les résolutions de M.Bourdages ont été proposées dans un comité général de toute la Chambre, M\" Heney et Quirouet ont voté contre et se sont retirés lorsque le Comité a fait son rapport aussitôt après avoir siégé.M.Clouet étant malade n'a pu assister a la Chambre, non plus que M.Dionne qui n'est arrivé à Québec que quelques jours après l'adoption des résolutions.La 2de lecture du bill de M' Bourdages a eu lieu Samedi dernier, et il a été référé à un comité spécial qui, actuellement, ne sait comment se tirer d'affaires avec cette pièce insignifiante.On parait décidé à conserver au curé la présidence dans les assemblées, & fixer à £10, dans les campagnes, les dépenses qu'exigera la réunion des propriétaires et i £26 celles qui devront être approuvées par les propriétaires de bien fonds donnant £30 de revenu annuel dans les villes de Québec et de Montréal.Le gouverneur a témoigné que la mesure actuellement en Chambre ne lui p1-*\"»* pas ; les conseillers en général n'en sont pas plus contens.\" Dj laissé entendre à M.Bourdages qu'il serait peut-être nécessaire de réserva les deux concessions du Grand-Bois et du fort George pour une future paroisse : il ne rai a pats dit qu'il fallait les rattacher à Sainte-Marie-de-Monnoir.B ne croit pas que la paroisse de Saint-Hyacinthe soit trop diminuée par l'érection de celle de Sainte-Rosalie.B lui répondra dans une autre lettre i propos de U question des biens des Jésuites.(Registre de* lettre», v.14, p.532.) M\" B.-C.Panet i M.(Charles-Joseph) Ducharme, curé i Saute-Thérèse-de-Blainville (Québec, 17 décembre 1831).B a reçu trois requêtes, dont la première de quelques paroissiens de Sainte-Thérèse, les deux antres de habitants des paroisses environnantes.Les pétitionnaires de la première et de U troisième requêtes semblent avoir quelque raison de demander le changement qu'ils proposent.Quant i ceux de la deuxième, leurs raisons ne sont pas snffi-santes pour annuler le décret d'érection canonique d'une paroisse.B ARCHIVES DE QUÉBEC 217 M«* de Telmesse, lorsqu'il passera en visite dans ces paroisses, de vérifier les allégués des trois requêtes.(Registre dee lettrée, v.14, p.534.) M.C.-F.Caseau, secrétaire, à M.André-A.Papineau, écuyer, à Saint-Hyacinthe (Québec 10 décembre 1831).M\" Panet voudrait avoir certains éclaircissements sur les limites de la paroisse de La Présentation.M.Caseau prie M.Papineau de vouloir bien répondre aux questions qu'il lui pose.(Registre des lettres, v.14, p.534.) Le cardinal Pedicini à M\" B.-C.Panet (Rome, 19 décembre 1831) (en latin).Les deux questions suivantes ont été proposées à la sacrée congrégation avec prière d'y répondre : 1° Quelles sont les raisons données par les prêtres de Saint-Sulpice pour prouver que le supérieur du séminaire de Montréal est de facto curé de la paroisse de Ville-Marie, lorsque l'archevêque de Québec soutient que ce privilège n'existe pas ; 2° ce qu'il faut penser des raisons apportées par les prêtres de Saint-Sulpice pour démontrer que le supérieur peut, indépendamment de la volonté de l'archevêque de Québec, nommer un prêtre de sa communauté pour remplir l'office de curé dans la paroisse de Ville-Marie ?La sacrée congrégation, comprenant la gravité de ces questions, a répondu que d'une part la ligne de conduite des évêques, qui ont précédé sur le trône de Québec le présent archevêque, ne peut lier son autorité ; d'un autre côté, la sacrée congrégation déclare que le fait, pour les évêques de Québec, d'avoir laissé subsister le privilège ci-dessus indiqué est d'un grand poids, elle demande donc que l'on en vienne à une entente et qu'on laisse les choses dans l'état où elles sont maintenant.Sa Sainteté Grégoire XVI a confirmé de son autorité cette décision et a demandé qu'on la fasse connaître à l'archevêque de Québec en lui faisant savoir qu'il doit s'en tenir à la ligne de conduite suivie en cette matière par ses prédécesseurs.Le cardinal Pedicini termine en disant qu'il connaît l'obéissance de M\" Panet envers l'autorité et qu'il espère que la paix sera rétablie et qu'elle durera.(Cartable : Correspondance manuscrite de Rome, IV-76.) M\" B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec 20 décembre 1831).B a reçu une requête de certains habitants de la côte Saint-Joseph dans la paroisse de Saint-Benoit.B a reçu trois autres requêtes de quelques propriétaires de trois différentes concessions de la même paroisse qui demandent la même chose ; il les lui envoie avec celles de la cote Saint-Joseph, de Sainte-Thérèse et de Sainte-Anne-des-Plaines.B a en mains deux autres requêtes où l'on demande dans l'une l'érection canonique de Sainte-Scholastique et dans l'autre, celle de Saint-Colomban.B n'a pas autorisé M.(François) Parent à confesser et à prêcher dans son ancienne paroisse de Saint-Henri-de-Mascouche.B députera quelqu'un pour aller marquer le site d'une église dans la nouvelle paroisse que l'on se propose d'ériger dans la seigneurie de Saint-Hyacinthe.M.Bour-dages père s'objecte à ce que l'on annexe la 5* concession de Saint-Denis à La Présentation.B approuve le dessein qu'a Mtr de Telmesse d'écrire quelque chose en réponse aux discours de leurs adversaires dans la Chambre d'assemblée.Un prêtre de Québec se chargera de les faire imprimer dans la Gazette de Québec ou dans le Canadien.\" La question des Fabriqués doit être discutée ce ce soir, je crois, pour la dernière fois.M' Neilson se propose d'opposer le bill de M.Bourdages par grand nombre de bonnes raisons auxquelles on sera bien en peine de répondre.\" (Registre dee lettres, v.14, p.535.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) RObitaille, curé de Sainte-Marie-de-Mon-noir (Québec, 20 décembre 1831).fl se propose d'ériger en paroisse la partie la 218 ARCHIVES DE QUÉBEC plus habitée de la seigneurie de Monnoir, mais avant d'y procéder il lui faut certains renseignements que le procès-verbal de M.Déguise ne lui fournit pas suffisamment.M.Robitaille fera préparer par un arpenteur un plan du territoire que l'on se propose d'ériger en paroisse et l'enverra à M\" Panet.(Regùtre des lettre», v.14, p.635.) M\"r B.-C.Panet à M.(Antoine) Manseau, curé à Contrecoeur (Québec, 21 décembre 1831).U voudrait savoir s'il est bien vrai, comme l'affirme M.Bourdages, que les habitants delà cinquième concession de Saint-Denis étaient opposés à ce qu'on les détache de Saint-Denis pour les réunir à La Présentation.M.Manseau ne fait pas mention de cette opposition dans son procès-verbal.(Regùtre de» lettre», v.14, p.537.) M\" B.-C.Panet à M.(Remi) Gaulin, curé à Sainte-Scholastique (Québec, 21 décembre 1831).U a reçu les cinq requêtes transmises par M.Gaulin.U enverra un prêtre pour constater si réellement tous ces pétitionnaires ont raison de demander d'être rattachés comme paroissiens à Sainte-Scholastique.(Registre de» lettres, v.14, p.538.) M\" B.-C.Panet à M.(Joseph) Bélanger, curé de Saint-François-du-Lac (Québec, 22 décembre 1831).Afin de donner satisfaction aux paroissiens de Saint-François et aux Abénaquis, il est d'opinion que, deux prêtres étant à Saint-François, chacun chante la messe dans l'une ou l'autre église et que lorsque la maladie rend M.Bélanger hors d'état de célébrer, son vicaire dise une messe basse au village des Abénaquis et chante la grand'messe à la paroisse.(Regùtre de» lettre», v.14, p.538.) M*r Angus Bernard McEachern, évêque de Charlottetown.Lettre de vicaire général du diocèse de Charlottetown en faveur de Mer Bernai d-Claude Panet (St-John le 22 décembre 1831).(Regùtre L, f.15 r.) M.C.-F.Cazeau à St.McKay, écuyer, à Saint-Eustache, rivière du Chêne (Québec 22 décembre 1831).M\" Panet à renvoyé à M\" de Telmesse la requête des habitants de la côte Saint-Joseph, dans la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, qui demandent d'être rattachés à la paroisse de Saint-Eustache.M\" de Telmesse qui doit passer en visite pastorale à Saint-Benoit, dans le cours de l'été, examinera la question.(Regùtre de* lettre», v.14, p.539.) M\" de Telmesse à M.(Stanislas) Malo, missionnaire à Carleton (Québec, 22 décembre 1831).B a reçu de nouvelles plaintes contre lui.Tout de même d'après les renseignements qu'il a eus de M.Thibaudeau, représentant du comté de Bonaventure il est porté à croire que M.Malo a des ennemis qui cherchent à lui faire tort.B a chargé M.Thibaudeau de faire connaître au gouverneur que la déposition du chef des sauvages de Ristigouche n'est pas véridique.B parait que ce chef s'en est rendu compte lui-même après coup, et qu'il a voulu retirer cette déposition des mains de M.Christie à qui il l'avait confiée.M.Malo devra donc se faire donner des affidavits la contredisant et les envoyer à M\" Panet.(Registre des lettre», v.14, p.530.) M.C.-F.Cazeau & M.V.Guillet, écuyer, à Québec (Québec 23 décembre 1831).M.Guillet fera savoir à M.Montour que M,r Panet est décidé à ne pas agrandir la paroisse de la Pointe-du-Lac aux dépens de celle des Trois-Rivières.En effet, les fiefs de la banlieue des Trois-Rivières ont toujours été attachés à la desserte de cette ville quoique par le règlement de 1722 ils soient censés faire partie de la paroisse de la Pointe-du-Lac ; de plus les habitants de ces fiefs n'ont pas demandé d'être attachés à cette paroisse.(Regùtre de» lettre», v.14, p.540.) ARCHIVES DE QUÉBEC 219 M.C.-F.Cazeau à M.(Jean-Baptiste) Kelly, curé à Sorel (Québec, 20 décembre 1831).B a reçu la requête des curés de la rivière Chambly, relativement à la question de l'admission des notables dans les assemblées de fabrique.B l'a soumise à l'examen de M\" Panet et de Mgr le coadjuteur qui n'ont pas voulu émettre leur opinion sur icelle, avant d'avoir consulté les principaux membres de l'assemblée qui ont appuyé la requête au clergé.\" Ces messieurs, après en avoir pris communication, ont été d'opinion que le clergé, s'étant toujours tenu à l'écart dans les discussions publiques, devait suivre là même ligne de conduite dans la circonstance présente pour éviter de la part de ses ennemis toute attaque qui tendrait à lui faire perdre le respect et la confiance dont il jouit à juste titre.Us ont pensé que si les Résolutions de Messieurs les Curés de la Rivière Chambly et des environs étaient publiées, certains personnages, jaloux de l'influence que le clergé exerce, s'efforceraient de les faire regarder comme une preuve du désir qu'ils lui supposent de vouloir tout conduire ; et que, malgré toute l'injustice de ce reproche, ils réussiraient peut-être, à force de répéter, à produire dans l'esprit du peuple des impressions peu favorables au clergé.Ils ont donc été d'avis que, pour éviter ces inconvénients, les résolutions précitées ne devaient pas être publiées et Nos Seigneurs les Évêques, ainsi que les principaux membres du clergé de Québec sont tombés d'accord avec eux sur ce point.Comme les messieurs qui composaient l'assemblée en question ont manifesté leur désir de connoltre l'opinion de Monseigneur de Québec, sur l'expédiencé de publier leurs résolutions, sa Grandeur croit devoir leur conseiller, les prier même de ne point adopter cette démarche, en conséquence des suites fâcheuses qui pourroient en résulter.\" Toutefois M\" Panet demeure convaincu des bonnes intentions de ceux qui ont signé cette requête.Quant à l'intervention proposée auprès des membres du Conseil législatif, M\" Panet et M,r le coadjuteur ne manqueront pas de la faire, s'ils la jugent nécessaire.(Registre des lettres, v.14, p.540.) M*1 B.C.Panet à Mer l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 28 décembre 1831).B a reçu l'écrit que M(r de Telmesse a dessein de faire publier dans une des gazettes de Québec ; il ne peut en autoriser la publication parce que cet écrit ne servirait qu'à irriter les membres de l'assemblée.U remarque surtout une attaque contre MM.Duval et Mondelet, susceptible de leur faire perdre l'appui de ces jeunes auxquels on ne peut reprocher que la légèreté.H est de l'opinion de M** de Telmesse pour ce qui regarde l'annexion de la 5* concession de Saint-Denis à La Présentation ; il se rendra au désir de ces gens.H présentera ce même soir la requête au Conseil législatif.\" On a tout lieu de se fier sur les bonnes dispositions des M\" du Conseil qui paraissent bien favorables à notre cause.\" Quant à ce qui regarde les résolutions des curés de la rivière Chambly, après avoir consulté MM.Neilson, Heney et Duval, il a cru devoir conseiller à ces curés de ne point les publier dans les journaux.U n'est pas en faveur de l'établissement d'un journal ecclésiastique.\" Je craindrais qu'il ne nous mit continuellement aux prises avec les ennemis du clergé.\" (Registre des lettres, v.14, p.542.) M\" B.-C.Panet.Commission donnée à M.Pierre-Flavien Turgeon, prêtre', procureur du séminaire de Québec, pour recevoir une profession religieuse à l'Hôtel-Dieu de Québec (Québec, 28 décembre 1831).(Registre L, f.14, r.) M\"' B.-C.Panet à M.(Louis-Marie) Cadieux, vicaire général et curé aux Trois-Rivières (Québec, 29 décembre 1831).U a reçu une requête des tenanciers du fief Frédéric \" maintenant augmentation du canton de Caxton,\" qui 220 ARCHIVES DE QUÉBEC désirent être rattachés à la paroisse de Saint-Barnabe.S'il se rend à leur demande il faudra déplacer la chapelle actuelle pour la mettre dans un endroit moins éloigné des nouveaux paroissiens.Avant de répondre aux gens du fief Frédéric, il voudrait savoir ce que pense M.' Cadieux de leur requête.\" Le fameux bill des fabriques a été rejeté au Conseil à sa première lecture.Pour le bill, 2 ; contre, 3.\" (Regùtre de* lettre*, v.14, p.543.) M*' B.-C.Panet à M.(Sévère) Dumoulin, curé d'Yamachiche (Québec, 29 décembre 1831).B a reçu une requête des habitants du fief Frédéric formulant le désir d'être réunis à la paroisse de Saint-Barnabe ; leur demande lui paraît raisonnable.On l'a prié aussi de déplacer la chapelle actuellement en construction dans Saint-Barnabe ; les habitants du fief Frédéric \" s'engagent à conduire les ouvrages de la nouvelle chapelle au point où elle en est aujourd'hui, sans qu'il en coûte rien autre.\" B prendra une décision lorsqu'il aura reçu la réponse de M.Dumoulin, ainsi que celle de M.Cadieux à qui il a aussi écrit à ce propos.(Registre de* lettre*, v.14, p.644.) M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste) Bédard, curé à Saint-Denis (Québec, 29 décembre 1831).B le charge d'aller fixer la place et les dimensions d'une église et d'un presbytère dans une partie de la seigneurie de Saint-Hyacinthe, qui doit être prochainement érigée en paroisse sous l'invocation de sainte Rosalie.M.Bédard n'aura pas de difficulté à remplir sa mission, car les habitants de cette future paroisse sont bien disposés.B est presque décidé à rattacher à la paroisse de La Présentation la cinquième concession de Saint-Denis, malgré l'opposition de M.Bourdages.(Registre des lettres, v.14, p.545.) M\" B.-C.Panet.Lettres de vicaire général du diocèse de Québec en faveur de M\" Angus Bernard McEachern, évêque de Charlottetown (Québec, 30 décembre 1831).(Regùtre L, f.14 r.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Grenier, curé à Chateauguay (Québec, 31 décembre 1831).B le charge d'aller fixer le site et les dimensions principales d'une église dans la paroisse de Saint-Remi-de-Napier ville.B consultera M|r de Telmesse avant de se rendre sur les lieux, (Regùtre de* lettres, v.14, p.646.) M\" B.-C.Panet à MEr (Angus) McEachern, évêque de Charlottetown, à Saint-Jean, N.-B.(Québec, 31 décembre 1831).B a reçu sa lettre du 16 novembre dernier.\" Je n'ai qu'à regretter de n'en pas recevoir plus souvent de semblables.J'ai cependant lieu d'espérer que votre Grandeur me procurera dorénavant cet avantage avec plus de ponctualité.\" B ne permettra pas à M.John McMahon de s'agréger au diocèse de Charlottetown : il a absolument besoin dans celui de Québec de prêtres, parlant la langue anglaise.B a été informé trop tard de la prise de possession du siège de Charlottetown par M\" McEachern pour annoncer à ses anciens diocésains qu'ils étaient passés sous le gouvernement d'un autre évêque.B suppose que M\" McEachern a donné de nouveaux pouvoirs aux missionnaires de son diocèse.B le félicite de l'acquisition qu'il a faite du révérend M.Walsh pour présider à l'éducation de la jeunesse.On recevra avec plaisir dans les collèges de la province de Québec les jeunes gens qu'il aura préparés pour les hautes sciences.M.(Ferdinand) Gauvreau, missionnaire à Memramcook, reviendra à Québec au mois d'août prochain.M*' McEachern devra lui nommer un successeur.B lui envoie des lettres de grand vicaire pour le diocèse de Québec.(Regùtre de* lettre*, v.14, p.546.) ARCHIVES DE QUÉBEC 221 1832 M\" B.C.Panet à Son Eminence le cardinal Pedicini, préfet de la congrégation de la Propagande, à Rome (Québec, 7 janvier 1832) (en latin).Il a reçu les trois lettres de la Propagande, la première du 2 février 1831, la seconde du 23 avril et la troisième du 14 mai.B répondra aussitôt que possible à la demande de la première en envoyant à Rome un compte rendu de l'état du diocèse de Québec, ainsi que du district de Montréal et de celui de la Rivière-Rouge.En attendant on consultera avec avantage la relation transmise par son prédécesseur en 1814 et celle que le même soumit à la sacrée congrégation le 17 novembre 1810, lors de son séjour A Rome.Mer Panet regrette que l'on prenne tant de temps à répondre à ses lettres.Quant aux deux questions posées dans la seconde : à savoir si M(r Panet consentirait à ce que le district de Montréal format un diocèse séparé de celui de Québec, et ce qu'il pense de la démission de M\" J.-J.Lartigue, comme son suffragant dans le district de Montréal, que celui-ci a offerte au saint-siège, voici ce qu'il répond : il a déjà averti la sacrée congrégation par ses lettres du 27 niai 1829 et du 8 novembre 1830 qu'il ne s'opposait pas à ce que le district de Montréal fût séparé du diocèse de Québec B a même présenté un mémoire à Sa Majesté britannique demandant que cette séparation soit faite le plus tôt possible: le comte Goderich, ministre des colonies, lui a répondu que ce mémoire avait été présenté à Sa Majesté.Quant à la démission de M(r Lartigue il ne peut y consentir, surtout lorsqu'il considère que dans le mémoire dont il fait mention plus haut il demande à Sa Majesté britannique que M(r Lartigue soit nommé comme évêque titulaire de Montréal.Cependant, vu les infirmités croissantes de Mlr Lartigue, il prie le saint-siège de nommer un prêtre qui revêtu de la dignité episcopate pourrait, en cas de démission de M** Lartigue, prendre la direction du district de Montréal, comme coadjuteur, et pourrait lui-même devenir le premier évêque titulaire de Montréal.C'est pourquoi il envoie à la sacrée congrégation les noms de trois prêtres parmi lesquels on pourra choisir un successeur à M\" Lartigue.Parmi ces trois, celui qui lui semble avoir le plus de titre à la dignité episcopate est M.Antoine Tabeau, qui est déjà vicaire général, qui est très bien vu du clergé et du peuple et surtout bien connu à Londres et à Rome.Il veut que celui qui sera choisi par la sacrée congrégation pour être élevé à la dignité episcopate soit forcé par elle à l'accepter.B désire que l'on fasse la même chose lors de l'élection d'un coadjuteur pour l'évêque de Québec.Quant à sa démission, qu'il a lui-même offerte, il désire que dans le bref où l'on nomme un coadjuteur à l'évêque de Québec, il soit statué qu'advenant la mort ou la démission de l'évêque titulaire, le coadjuteur puisse prendre immédiatement possession du siège de Québec, sans que l'on ait besoin de recourir au saint-siège.Deux de ses prédécesseurs, M(I Olivier Briand et M\" Jean-François Hubert, ont pu d'après la teneur de leur bulle donner ainsi leur démission et remettre tous leurs pouvoirs entre les mains de leur coadjuteur.Pour lui d'après le texte de la bulle le nommant coadjuteur, il lui semble que la chose n'est pas clairement exprimée.C'est pourquoi il demande de nouveau que le saint-siège accepte sa démission et consente à ce que M(r Signay, son coadjuteur, soit de fait son successeur.B ne croit pas que l'on puisse dire d'une manière absolue qu'il a refusé au séminaire de Montréal la permission d'agréger à cet établissement des prêtres venant de France.Au contraire il 222 ARCHIVES DE QUÉBEC a toujours été d'avis que ces prêtres français, recommandés par leurs évêques, pouvaient rendre de grands services au diocèse et au séminaire de Montréal.Ce qu'il veut, c'est qu'on admette aussi au séminaire de Montréal des prêtres du Canada : il conviendrait que la moitié au moins fût de nationalité canadienne, ce qui est loin d'être, puisque dans le moment actuel sur vingt-trois prêtres agrégés au séminaire de Montréal, il ne s'y trouve que huit Canadiens de naissance ; on a même refusé, il y a deux ans, d'y admettre deux prêtres canadiens, sous prétexte qu'on attendait avant longtemps des prêtres de France.Comme ce séminaire est soumis à la juridiction de l'évêque, pourquoi tant réclamer si l'évêque du diocèse demande qu'on le consulte sur l'admission de nouveaux sujets, pourquoi s'étonner s'il exige qu'on l'informe de la qualité de ceux que l'on se propose d'agréger ?N'est-il pas convenable qu'il le sache, afin de pouvoir s'entendre avec le gouvernement au sujet de l'admission de prêtres étrangers dans le diocèse ?Pourquoi tant se récuser, si l'évêque demande au séminaire de Montréal de se soumettre à sa juridiction dans les choses spirituelles, comme le fait le séminaire de Québec t H a déjà proposé à la Congrégation plusieurs questions concernant les rubriques, il les renouvelle : quand on lui concède le pouvoir de conférer les ordres sacrés en dehors des temps ord inaire, est-ce que l'on entend par là les jours de fêtes obligatoires ou non, tombant dans le cours de u semaine ?H serait très' utile d'avoir cette permission pour lui et pour les évêques auxiliaires.De même peut-on lui permettre de conférer deux ordres sacrés dans la même semaine, en y mettant un intervalle de deux ou trois jours ?H demande aussi la solution d'une difficulté à propos des oraisons à dire à la messe de mariage, lorsque cette messe est dite un jour de fête du rite double ; d'une autre difficulté concernant la célébration des messes des morts, le corps non présent, les jours d'octave privilégiée, concernant les oraisons à réciter aux messes solennelles chantées dans le cours de l'année pour un défunt ou une défunte.H prie le cardinal Pedicini d'excuser sa lettre qui traite de tant de sujets.(.Registre de* lettre*, v.14, p.548.) M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Olivier) Chèvrefils, curé à Saint-Constant (Québec, 9 janvier 1832).Les paroissiens de Saint-Constant devront lui présenter une requête pour obtenir la permission d'allonger leur église et d'employer à cet effet les deniers de la fabrique.H voudrait savoir si ces gens qui ont fait opposition à son député, M.Marcoux, ont toujours appartenu à Saint-Constant.S'il en est ainsi il ne les attachera pas à Laprairie.(Regùtre de* lettres, v.14, p.564.) M\" B.-C.Panet à M\" (B.Angus) McEachern, évêque de Charlottetown (Québec, 9 janvier 1832).Un jeune homme de Madawaska est venu lui demander une dispense du 2\" au 3* degré de consanguinité.Vu qu'il n'avait pas de lettres de grand vicaire de M\" McEachern il n'a pu la lui accorder.D'après les raisons que lui a données ce jeune homme, il croit que M*' McEachern doit lui accorder la dispense en question.P.S.H reçoit à l'instant les lettres de grand vicaire pour le diocèse de Charlottetown.Il envoie immédiatement au jeune homme de Madawaska la dispense qu'il a sollicitée.(Regùtre de* lettre*, v.14, p.665.) M*r B.-C.Panet à M.(Romuald) Mercier, missionnaire à Madawaska (Québec, 9 janvier 1832).H vient de recevoir des lettres de grand vicaire de M\" de Charlottetown ; il lui envoie la dispense du 2* au 3* degré de consanguinité en faveur de Sylvain Daigle et de Modeste Hébert.Il lui adresse en ARCHIVES DE QUÉBEC 223 même temps de nouveaux pouvoirs.M.Mercier devra demander à M\" McEachern de les lui continuer.(.Registres des lettres, v.14, p.556.) M«r B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 10 janvier 1832).U n'est pas en faveur de l'établissement d'un journal ecclésiastique \" je ne puis me résoudre à me mettre à la tête de l'entreprise dans la crainte qu'elle ne soit par la suite une source de déboires pour les évoques.\" M\" de Telmesse a bien fait d'interdire toute fonction à ce (James) Larkin, sous-diacre sans recommandation, ni exeat qu'on a admis au séminaire de Montréal.M.l'honorable (Denis-Bonaventure) Viger les aurait plus satisfaits en leur écrivant ce que lord Goderich lui avait dit à propos de l'érection du district de Montréal en évêché, au lieu de leur faire savoir ce qu'il lui avait lui-même dit.Son secrétaire M.C.-F.Cazeau lui enverra une copie du jugement de la Cour d'appel relativement au procès de la fabrique des Trois-Rivières et de celui de la Cour inférieure par rapport au procès intenté par certains notables de Lotbi-nière contre le curé et les marguilliers du banc.M.Dionne parait regretter d'avoir donné son vote en faveur du bill des fabriques.(Registre des lettres, v.14, p.667.) M\" B.-C.Panet à M.(Nicolas) Wiseman, supérieur du Collège Anglais, à Rome (Québec, 11 janvier 1832).U n'a encore reçu aucune réponse aux différentes questions proposées à la congrégation de la Propagande.Ces délais l'ennuient beaucoup.\" Par une lettre du 14 mai de l'année dernière, son Em.le cardinal Pedicini, Préfet de la Propagande, m'engage à permettre l'entrée du sémr* de Montréal aux Prêtres sulpiciens de France qui voudraient s'y aggréger.Si vous avez occasion de voir son Em., ayez la bonté de lui faire connaître que je n'ai rien tant à cœur que la conservation de ce Séminaire qui rend tant de service au Diocèse par ses vertus et par ses lumières.Si je fais quelque difficulté d'y admettre des sujets venant de France, on ne doit pas l'attribuer à aucune disposition défavorable à son égard, mais au désir que j'ai de détruire cet esprit d'insubordination qui ne s'y manifeste que trop souvent pour le bien de la Religion.U est notoire que les sujets venus de France depuis l'établissement de M1' l'Évêque de Telmesse à Montréal ne se montrent pas mieux disposés que leurs confrères en faveur de ce Prélat.N'ai-je donc pas raison de craindre que ceux qui viendront par la suite ne perpétuent le même esprit dans cette maison ?Le refus qu'on a fait d'y admettre deux jeunes Prêtres Canadiens d'un mérite reconnu fait voir clairement quelles sont les vues des membres qui y résident actuellement.Après cela l'Êvêque de Québec pourra-t-il voir d'un bon œil des sujets étrangers prendre place au Séminaire de Montréal au préjudice des enfants du Pays ?Je ne m'oppose nullement à ce qu'on en fasse venir ; mais du moins qu'ils ne soient demandés que lorsque les sujets Canadiens manqueront.\" U a reçu la lettre du 6 décembre 1830 de M.Wiseman.U y a lu que M.Thavenet se donnait beaucoup de peine pour faire admettre des Sulpiciens français au séminaire de Montréal et pour faire décider le différend qu'il a eu avec cette maison, au sujet de la nomination du curé d'office de la paroisse de Montréal.\"J'espère que les raisons données dans le mémoire et son appendice dont vous avec eu communication me procureront une décision favorable.\" U espère qUe M.Wiseman usera de son influence afin qu'on donne une réponse immédiate aux différents articles de ses lettres, surtout à celui concernant sa démission.\"Je sollicite respectueusement qu'on m'accorde cette faveur vû mon Age avancé qui ne me permet guère de suffire au gouvernement d'un diocèse aussi vaste que 224 ARCHIVES DE QUEBEC celui de Québec.\" M.Wiseman voudra bien présenter à Sa Sainteté les plus profonds hommages de l'évêque de Québec.B les présentera aussi au nom de l'évêque à S.-E.le cardinal Weld.(Registre de* lettre*, v.14, p.568.) M*r B.-C.Panet à M\" (Robert) Gradwell, évêque de Lydda, à Londres (Québec, 11 janvier 1832).M«r Gradwell acheminera vers Rome les lettres adressées à la Propagande.B a appris que l'abbé Thavenet avait obtenu du saint-siège la permission d'introduire des Sulpiciens français au séminaire de MontiéaL M*' Panet traite au long de cette question dans sa lettre au cardinal Pedicini.B offre sa démission au saint-siège ; il croit qu'à l'âge de quatre-vingts ans, il lui est permis de soupirer après Je repos.B propose pour succéder à l'évêque de Telmesse, M.(Antoine) Tabeau.\" Son caractère doux et conciliant lui a mérité la confiance et l'estime du clergé qui serait content de le voir élevé à la dignité épiscopale, soit comme coadjuteur de l'évêque de Montréal, si la division du diocèse a lieu, soit comme suffragant et auxiliaire, après la mort ou la démission de ce prélat.\" B attend avec anxiété la réponse que fera Sa Majesté à la demande que lui et son coadjuteur ont faite pour obtenir l'érection du district de Montréal en diocèse.\" J'ai quelques raisons de croire que les divisions qui ont eu lieu précédemment et qui ne sont pas encore tout à fait éteintes dans le district de Montréal ne soient défavorables à notre cause.\" M\" Gradwell présentera les respects de l'évêque de Québec à M(r Bramston et ses compliments à l'honorable M.Viger.(Regùtre de* lettres, v.14, p.560.) Requête des habitants des seigneuries de L'Assomption, de Lachenaie et du fief Martel, demandant que leur territoire soit érigé canoniquement.Liste des noms des signataires.Certificat de L.Séraphin et de Louis Lachapelle, témoins (Saint-Roch-de-l'Achigan, 6 octobre 1820).Commission donnée par M*' B.-C.Panet à M.Jean-François Gagnon, curé de Lavaltrie, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 1\" mai 1830).Procès-verbal de M.Gagnon en conséquence de la commission ci-dessus (Saint-Roch, 29 septembre 1831).M(r B.-C.Panet.Décret d'érection canonique de la paroisse de Saint-Roch-de-l'Achigan (Québec, 12 janvier 1832).(Registre dee requite*, v.Ve, f.210 v.) Requête des habitants de la paroisse de la Visitation-de-l'Be-du-Pads demandant la permission de construire une sacristie.Liste des noms des signataires.Certificat de Joseph Plante et J.-B.-H.Marcotte, témoins (Be-du-Pads, 11 décembre 1831).Commission donnée par M** B.-C.Panet à M.Louis Lamothe, curé de Berthier, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 30 décembre 1831).Procès-verbal de M.Lamothe où il conclut à la nécessité de construire une nouvelle sacristie (Be-du-Pads, 9 janvier 1832).M*' B.-C.Panet.Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 12 janvier 1832).(Regùtre de* requite*, v.Ve, f.217 r.) Requête des habitants de l'Ile-Perrot demandant que leur paroisse soit érigée canoniquement.Liste des noms des signataires.Certificat de Pierre Toupin et de Joseph Daoust (Ile-Perrot, 28 août 1831).Commission donnée par M\" B.-C.Panet à M.Paul Archambault, curé de Vaudreuil, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 28 septembre 1831).Procès-verbal de M Archambault, en conséquence de la commission ci-dessus (Be-Perrot, 20 octobre 1831).M\" B.-C.Panet.Décret d'érection canonique de la paroisse de Sainte-Jeanne-de-l'Ile-Perrot (Québec, 13 janvier 1832).(Regùtre de* requête*, v.Ve, f.227 r.) ARCHIVES DE QUÉBEC 225 M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste) Marauda, curé au Château-Richer (Québec, 16 janvier 1832).Vu la maladie de M.(Hubert) Hamel' il charge M.Marauda de la desserte de la paroisse de L'Ange-Gardien jusqu'à nouvel ordre.M.Maranda fera l'office alternativement au Château-Richer et à L'Ange-Ga-dien.(Registre des lettres, v.14, p.561.) M\" B.-C.Panet à M.(Antoine) Tabeau,vicaire général à Montréal (Québec, 16 janvier 1832).B a reçu sa lettre du 9 du courant avec certaines résolutions adoptées par plusieurs membres du clergé du district de Montréal, pour l'établissement d'un journal ecclésiastique.Ce projet demande d'être mûri et on ne trouvera pas mauvais qu'il reste neutre dans cette affaire jusqu'à ce qu'il voie clairement comment sera dirigé ce journal.(Registre des lettres, v.14, p.562.) M*' B.-C.Panet à M.(Louis-Marie) Cadieux, curé aux Trois-Rivières (Québec, 16 janvier 1832).B le laisse libre d'agir à sa guise relativement à l'éta-blissment d'un journal ecclésiastique dans le diocèse de Québec.B n'a pas voulu approuver tout à fait l'entreprise avant de savoir si elle ne sera pas, par la suite, une source de division entre le clergé et les concitoyens et même entre différents membres du clergé.B espère que les notables des Trois-Rivières ne se mettront pas en frais de séparer la banlieue de leur paroisse.(Registre des lettres, v.14, p.662.) M(r B.-C.Panet à M.Pierre Viau, vicaire général et curé à la Rivière-Ouelle (Québec, 18 janvier 1832).L'érection de la paroisse projetée entre la Rivière-Ouelle et Kamouraska est une des plus compliquées qui se soient présentées depuis qu'il est évêque de Québec.Il lui parait bien difficile dans le moment actuel de procéder à cette érection.B vaut mieux attendre que les têtes soient un peu reposées.B n'est pas question du tout de joindre une partie de la Rivière-Ouelle à Sainte-Anne-de-la-Pocatière.M.Viau n'a pas besoin de craindre; M.Painchaud n'a pas cherché à lui nuire.(Registre des lettres, v.14, p.563.) M*r B.-C.Panet à M.(Michael) Power, curé à la Petite-Nation (Québec, 19 janvier 1832).B ne doit pas s'inquiéter à propos de la moitié de la rente des bancs qu'il a retenue à Drummondville et qu'il retient dans le moment à la Petite-Nation, pour son usage personnel.M*' Panet se rappelle lui avoir permis la chose.(Registre des lettres, v.15, p.1.) Requête des habitants du fief et seigneurie de Dumesnil ou de Saint-Denis demandant que leur territoire soit érigé canoniquement.Liste des noms des signataires.Certificat de Louis Bourdages et d'Olivier Chamard, témoins (Saint-Denis, 27 juin 1831).Commission donnée par Mt M.(Joseph) Crevier est porteur d'une lettre très favorable de M\" Alexander McDonell.M.(Patrick) McMahon est trop utile A Québec pour le laisser aller A Kingston.(Regùtre dee lettre», v.15, p.122.) M\" B.-C.Panet A M.(François-Xavier) Brunet, missionnaire aux lies de la Madeleine (Québec, 8 août 1832).Réponse A une question A propos des épaves trouvées au rivages.Les père et mère qui vivent chez leurs enfants doivent payer le supplément au missionnaire.Le mandement pour le choléra n'était obligatoire que dans les limites du diocèse de Québec et M.Brunet n'était pas obligé de s'y conformer.(Regùtre de» lettre», v.15, p.124.) M\" B.-C.Panet A M.(Jean) Raimbault, curé A Nicolet (Québec, 10 août 1832).R le charge d'aller A Nicolet pour marquer le site de la nouvelle église que l'on a décidé d'y construire.Un parti assez puissant s'oppose A ce que l'on change le site actuel, mais la majorité des paroissiens veut qu'elle soit placée plus au centre de la paroisse ; c'est aussi ce que l'évêque de Québec désire.M.Raimbault usera de toute son influence pour convaincre les dissidents.(Regùtre de» lettre», v.15, p.215.) M\" B.-C.Panet A M.(John) McDonell A.(Québec, 13 août 1832).B serait heureux de le recevoir dans le diocèse de Québec, mais dans les circonstances, son départ du diocèse de Charlottetown priverait M\" McEachern d'un prêtre qui lui est d'une grande utilité.R l'exhorte donc A rester A son poste.(Regùtre des lettre», v.15, p.127.M\" B.-P.Panet A M» Angus McEachern, évêque de Charlottetown* (Québec, 13 août 1832).B a reçu une lettre de M.John McDonell où celui-ci lui demande de venir exercer le ministère dans le diocèse de Québec.B ne lui a pas répondu aussi favorablement qu'il l'aurait voulu.Puisque M.McDonell désire quitter son poste où la plupart de ses paroissiens sont ses parents et ses censitaires, pourquoi Mgr McEachern ne le placerait-il pas A Saint-Jean, Nou-veau-Brunswick, place devenue vacante par le départ de M.(John) Carroll ?(Regùtre de» lettre», v.15, p.127.) M\" B.-C.Panet A M\" l'évêque de Telmesse, A Montréal (Québec, 15 août 1832).Vu son état de santé, il l'avertit qu'il ne s'occupera pas des changements de cures.Ses forces ont diminué considérablement depuis quelque temps.MBr de Telmesse voudra donc régler avec M(T le coadjuteur tout ce qui regarde les prochaines nominations aux cures.(Regùtre de» lettre», v.15, p.128.) M*' B.-C.Panet A l'honorable Thomas Coffin, aux Trois-Rivières (Québec, 20 août 1832).Afin de répondre au désir de messieurs les commissaires, et pour mettre A exécution dans le district des Trois-Rivières l'acte de la l\"6 année de Guillaume IV, Chap.51,0 fera préparer immédiatement des copies des actes ARCHIVES DE QUÉBEC 259 qui fixent l'étendue et les limites de chacune des paroisses du district des Trois-Rivières qui ont été érigées canoniquement.(Registre des lettrés, v.15, p.129.) M*' B.-C.Panet i M.(Edouard) Crevier, curé à Saint-Luc (Québec, 21 août 1832).U le nomme à la desserte des cures et paroisses de Saint-Hyacinthe et de Sainte-Rosalie vacantes par la mort du regretté M.Girouard.(Registre des lettres, v.15, p.129.) M1' B.-C.Panet & M.(Jean) Caron, curé à Sainte-Jeanne-de-l'Be-Perrot (Québec, 21 août 1832).H le nomme à la desserte de la cure et paroisse de Saint-Luc.(Registre des lettres, v.15, p.129.) MBr B.-C.Panet à M.(Pierre-Jacques) de Lamothe, à Sainte-Scholastique (Québec, 21 août 1832).B le charge de la desserte de la cure de Sainte-Jeanne-de-l'Be-Perrot.(Registre des lettres, v.15, p.130.) M\" B.-C.Panet.Circulaire à messieurs les curés leur demandant d'avertir leurs paroissiens qu'ils sont dispensés de la loi de l'abstinence et du jeûne, pendant le temps que durera le choléra, et prescrivant certaines prières (Québec, 21 août 1832).(Registre L, f.26 r.) Publiée dans Mandements, etc., etc., desi évêques de Québec, v.HI, p.301.M\" B.-C.Panet à MBr l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 23 août 1832).Il écrira au curé Pigeon suivant les intentions de M\" de Telmesse.B lui est impossible de comprendre quelque chose aux requêtes que M.(Joseph-Marie) Boissonnault a vérifiées au sujet des pétitions des gens dé Saint-Eustache et de Sainte-Thérèse.Il ne pourra pas donner de curé résidant aux paroissiens de Saint-Edouard.Il prie Mir de Telmesse de ne pas lui renvoyer les gens de cette paroisse s'ils s'adressent à lui pour en avoir un.Malgré les difficultés que rencontre le curé de Saint-Hilaire, il croit qu'il vaut mieux le laisser en cet endroit.B est toujours d'opinion que M\" de Telmesse pourra s'entendre avec les commissaires du district de Montréal, s'il apporte dans pes conférences cet esprit de conciliation qu'il sait avoir en certaines occasions.M.Quiblier va être obligé de publier de nouveau la dispense de l'abstinence et du jeûne dont il avait annoncé la cessation.B s'est décidé, vu les ravages que fait le choléra dans les paroisses, à accorder une dispense générale de ces lois.B admettra Volontiers M.(Joseph) Crevier, de Sandwich, dans le diocèse.B espère que le clergé s'empressera de contribuer au soutien du collège de Saint-Hyacinthe.Quand il a dit à M\" de Telmesse qu'il ne pouvait s'occuper de la nomination aux cures, il croyait que celui-ci s'entendrait avec le coadjuteur pour y voir.Il espère qu'il se montrera aussi bien disposé envers le coadjuteur qu'il l'a été envers lui-même.(Registre des lettres, v.15, p.130.) M*' B.-C.Panet à M.(Philippe) Angers, curé à la Pointe-Lévis (Québec, 24 août 1832).Il lui permet de prendre sur les révenus annuels de la fabrique de la Pointe-Lévis la somme qui sera jugée nécessaire pour terminer les ouvrages de l'église de cette paroisse.Les paroissiens devront lui présenter une requête à cet effet.(Registre dee lettrée, v.15, p.132.) M,r B.-C.Panet à M.(François-Xavier) Pigeon, curé de Saint-Philippe-de-Laprairie (Québec, 25 août 1832).B a appris que vu le grand âge de M.Pigeon, son vicaire, M.Flavien Lajus, avait assisté tous les malades de la paroisse de Saint-Philippe, pendant le temps du choléra.B ne peut avoir approuvé M.Lajus d'avoir confessé quand il savait fort bien qu'il n'y était pas autorisé.U prie M.Pigeon de lui expliquer sur quelle autorité il s'est appuyé pour laisser 260 ARCHIVES DE QUÉBEC ainsi son vicaire exercer le ministère sans autorisation.(Registre de» lettre*, v.15, p.132.) M\"\" B.-C.Panet à M.(Jacques) Odelin, curé à Saint-Hilaire (Québec, 25 août 1832).B voudrait savoir si les paroissiens de M.Odelin sont toujours dans la disposition de le laisser sans logement et sans lui donner les choses nécessaires à sa subsistance.S'ils ne montrent pas plus d'empressement, il le nommera à un autre poste.(Registre des lettre», v.15, p.133.) M\" B.-C.Panet à M\" de Telmesse, & Montréal (Québec, 27 août 1832).Il recevra un paquet de circulaires pour le clergé du district de Montréal.B le prie d'indiquer au coadjuteur, le plus tût possible, les changements ecclésiastiques qu'il y a à faire dans ce district.B est bien prêt à lui renvoyer M.(Pierre) Clément, mais il croit qu'il vaut mieux que M*r de Telmesse le prie lui-même de retourner dans le district de Montréal.(Regùtre de» lettres, v.15, P.134.) M\" B.-C.Panet à M.(Paul) Archambault, curé i Vaudreuil (Québec, 31 août 1832).B approuve tout ce qu'il a fait relativement aux gens du ruisseau Saint-Hyacinthe.B ne pensait pas que M.(Jean) Caron prendrait en aussi mauvaise part sa nomination à la cure de Saint-Luc.Cette dernière paroisse est, en effet, plus considérable que celle de Sainte-Jeanne-de-1'Re-Per rot et il espérait que M.Caron serait satisfait.B ne peut accepter les raisons alléguées par M.Archambault pour garder M.Caron dans son voisinage et celui-ci devra se rendre à Saint-Luc.(Regùtre de» lettre», v.15, p.134.) M\" B.-C.Panet a M.(Jean-Baptiste) Kelly, curé à Sorel (Québec, 31 août 1832).M.Kelly ira A Saint-Ours pour s'assurer si les syndics de cette paroisse ont rempli les formalités requises dans l'acquisition qu'ils ont faite dew maison .de M.(Jean-François) Hébert.(Regùtre de» lettres, v.16, p.135.) M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste Hertel) de Rouville, à Saint-Hilaire (Québec, 31 août 1832).Il a été un peu contristé en apprenant que les habitants de Saint-Hilaire refusaient de payer à leur curé la dime de pommes et que même les réparations, qui devaient être faites l'année dernière au presbytère, étaient encore i faire.R a tout lieu de croire que ces difficultés seront aplanies par l'intervention de M.de Rouville.(Regùtre de» lettre», v.15, p.135.) M\" B.-C.Panet à l'honorable Thomas Coffin, aux Trois-Rivières (Québec, 31 août 1832).\" Puisque Messieurs les commissaires pour l'érection civile des paroisses du district des Trois-Rivières sont d'opinion que les paroisses érigées canoniquement depuis la sanction de l'acte de la 1\"* Guillaume IV, chap.51, peuvent recevoir l'existence civile en vertu du même acte, je me propose d'émaner prochainement un acte d'érection pour chacune des paroisses de leur district qui ont fait des démarches pour obtenir l'érection canonique.\" B émanera ces actes aussitôt qu'il aura reçu les renseignements qu'il désire.(Regùtre de» lettre», v.15, p.136.) M*' B.-C.Panet à M.(Charles-François) Baillargeon, curé de Québec (Québec, 1\" septembre 1832).Comme il doit bientôt nommer un curé résidant à L'Ange-Gardien, il le charge d'aller visiter le presbytère de cette paroisse, afin de constater quelles réparations il faudra y faire pour loger convenablement le curé.(Registre de» lettre», v.15, p.136.) Requête des habitants de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévis demandant la permission de reconstruire leur église incendiée.Liste des noms des signataires.Certificat de MM.Villeneuve et Masse, prêtres (Pointe-Lévis, 1\" mars 1830). ARCHIVES DE QUÉBEC 261 Commission donnée par M\" B.-C.Panet à M\" Joseph Signay en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 6 mars 1830).Procès-verbal de M*' Signay où il donne les dimensions de la nouvelle église à reconstruire (Pointe-Lévis, 11 mars 1830).M*r B.-C.Panet.Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 12 mars 1830).(Registre des requêtes, v.Ve, f.14 r.) Requête des habitants de Saint- Joseph-de-la-Pointe-Lé vis demandant la permission de prendre la somme de six cents livres sur les revenus futurs de la fabrique, afin de parachever leur église.Liste des noms des signataires.Certificat de P.-M.Guay et de Jean-Baptiste Couillard, N.P.(Pointe-Lévis, 2 septembre 1832).M\" B.-C.Panet.Permission accordée (Québec, 3 septembre 1832).(Registre des requêtes, v.VI f, f.113 v.) M\" B.-C.Panet à M.(Michel) Ringuet, curé à Rimouski (Québec, 3 septembre 1832).B lui permet de prendre sur les revenus de la fabrique les huit livres courant dont il a besoin pour terminer la construction de son presbytère, pourvu toutefois que les marguilliers passent une résolution à cet effet.(Registre des lettres, v.15, p.137.) M\" B.-C.Panet.Commissions données à M\" J.-J.Lartigue, évêque de Telmesse, à M.Louis-Marie Cadieux, curé des Trois-Rivières et vicaire général, et à M\" Joseph Signay, évêque de Fussala et coadjuteur de Québec, les autorisant à conférer avec les commissaires chargés de mettre à exécution le bill des subdivisions de paroisses (Québec, 4 septembre 1832).(Registre L, f.25 v., 26 r., 30 r.) M(r B.-C.Panet à M.(Antoine) Villade, curé de Sainte-Marie-de-Beauce (Québec, 6 septembre 1832).B le charge de la desserte de la nouvelle paroisse de Saint-Sylvestre-de-Beaurivage ; M.(Pierre) Huot, qu'il lui envoie comme second vicaire, sera spécialement chargé d'aller y faire les offices.B l'aidera aussi dans la desserte de Sainte-Marie-de-Beauce.(Registre des lettrée, v.15, p.137.) M\" B.-C.Panet à M.(Michel) Dufresne, curé à Saint-Nicolas (Québec, 6 septembre 1832).B a pourvu a la desserte de Saint-Sylvestre et M.Dufresne se trouve déchargé du soin de cette paroisse.B espère pouvoir lui enlever aussi avant longtemps celle de Saint-Gilles.(Registre des lettres, v.15, p.138.) M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste) Maranda, curé au Chateau-Richer (Québec, 6 septembre 1832).B le prie de recommander aux paroissiens de L'Ange-Gardien de faire au presbytère de cette paroisse les réparations qui y sont jugées nécessaires, d'après le rapport de M.Baillargeon.B faudra aussi y construire une écurie.Les paroissiens de L'Ange-Gardien devront s'engager à payer à leur futur curé la dime de patates.(Registre dee lettres, v.15, p.138.) M*' B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 8 septembre 1832).B lui envoie une commission pour l'autoriser à représenter l'évêque de Québec auprès des commissaires pour l'érection civile des paroisses du district de Montréal.L'ecclésiastique (Michel) Charron sera reçu au séminaire, malgré la médiocrité dè ses talents.Il suppose que ceux qui lui ont présenté une requête pour former une paroisse sont des tenanciers des seigneuries de Laprairie, de de Léry, et de la baronnie de Longueuil.M.(Pierre) Clément préfère rester aux Eboulements plutôt que de retourner dans le district de Montréal.M.Quertier désire rester encore cette année à l'Ile-aux-Grues.Une partie de la cinquième concession de Saint-Denis lui a encore demandé d'être réunie à la paroisse de La Présentation.(Registre des lettres, v.15, p.140.) 262 ARCHIVES DE QUEBEC M8' B.-C.Panet à M.(Louis-Marie) Cadieux, curé aux Trois-Rivières (Québec, 10 septembre 1832).R lui envoie une commission qui l'autorise à agir avec les commissaires pour l'érection civile des paroisses dans le district des Trois-Rivières.{Regùtre des lettres, v.15, p.141.) M\"' B.-C.Panet à l'honorable Thomas Coffin, aux Trois-Rivières (Québec, 10 septembre 1832).R lui annonce qu'il a nommé M.Cadieux son grand vicaire aux Trois-Rivières, pour s'aboucher avec les commissaires de ce district, afin de régler les difficultés qui pourraient s'élever sur l'étendue et les limites des paroisses de ce territoire; (Registre des lettres, v.15, p.141.) M** B.-C.Panet à M.(Pierre-Flavien) Leclerc, curé à Saint-André-de-Ka-mouraska (Québec, 10 septembre 1832).Lé presbytère de Cacouna est dans un état si déplorable qu'il ne peut se déterminer à laisser M.(Jean-Marie) Ma-dran curé dans cette paroisse, si l'on ne se décide à faire les réparations requises à son logement.M.Leclerc ira donc à Cacouna et convoquera une assemblée des paroissiens pour leur exposer la nécessité de voir immédiatement à cette réfection.(Registre de* lettres, v.15, p.142.) M(r B.-C.Panet à M.(Jean) Caron, curé à l'Ile-Perrot (Québec, 11 septembre 1832).B l'exhorte à obéir à son évêque et à aller prendre possession aussitôt que possible de la cure de Saint-Luc à laquelle il l'a nommé.(Registre des lettres, v.15, p.143.) M1' B.-C.Panet.Lettres d'archiprêtre pour les paroisses de Saint-Hyacinthe, Sainte-Rosalie, Saint-Damase, Saint-Césaire, Saint-Pie, La Présentation et Saint-Jean-de-Rouville, en faveur de M.Edouard Crevier, curé de Saint-Hyacinthe (Québec, 12 septembre 1832).(Regùtre L, f.27 ri) M|r B.-C.Panet à Son Eminence le cardinal C.-M.Pedicini, préfet de la Propagande, & Rome (Québec, 12 septembre 1832) (en latin).B ne peut cacher le chagrin qu'il a éprouvé en lisant la lettre du 20 mai 1832 en réponse i celle qu'il lui avait envoyée le 31 janvier de la même année.B ne peut comprendre pourquoi on lui refuse ce qu'il demande à l'âge avancé de quatre-vingts ans et après cinquante-deux ans passés au service de l'Église.Si lui-même jouit de la confiance de son peuple, le coadjuteur en jouit également.Ce qu'on lui propose, de garder son titre d'archevêque de Québec, tout en laissant l'administration du diocèse au coadjuteur, est une chose impossible, vu la position de ce coadjuteur qui n'aurait pas l'autorité suffisante dans ce cas pour régler bien des difficultés avec le gouvernement.D'autant plus que le présent gouverneur du Canada, lord Ayimer, se montre très favorable à la nomination du nouveau coadjuteur qu'il a recommandé i Rome, conjointement avec le présent coadjuteur dans sa dernière lettre.Comme, d'après la lettre du cardinal Pedicini,la sacrée congrégation souhaite seulement que l'archevêque actuel conserve son poste d'archevêque, il croit qu'il aurait fait mieux d'abdiquer tout simplement en faveur de son coadjuteur sans recourir à Rome, comme l'ont fait ses prédécesseurs, M(T J.-O.Briand et M\" Hubert.S'il s'est abstenu d'agir de cette façon, c'est parce que son coadjuteur ne voulait pas consentir à son élévation au siège de Québec sans l'assentiment de Rome.Il supplie la sacrée congrégation d'accepter sa démission et de confirmer l'élection d'un nouveau coadjuteur ; il ajoute à sa lettre des lettres de recommandation en faveur de celui-ci.Le cardinal voudra bien les soumettre à la sacrée congrégation.B a reçu une nouvelle lettre du cardinal Pedicini en date du 2 juin où il est question du marché conclu entre le gouvernement britannique et les Sulpiciens, relativement à leurs biens ARCHIVES DE QUÉBEC 263 en Canada.Lord Goderich a proposé un nouvel arrangement aux Sulpiciens et il ne ne doute pas que leur supérieur ait fait connaître à Sa Sainteté les propositions du cabinet anglais.(.Registre dee lettres, v.15, p.144.) M*' B.-C.Panet à M.(Bellarmin) Ricard, à la Pointe-Claire (Québec, 15 septembre 1832).B le nomme à la desserte de la paroisse de Sainte-Anne-du-Bout-de-lTle (en marge : cette lettre n'a pas été envoyée).(Registre des lettres, v.15, p.146.) M*' B.-C.Panet à M.(Damase) Richard, curé à la Pointe-Claire (Québec, 15 septembre 1832).Comme il a nommé M.Bellarmin Ricard, son frère, à la cure de Sainte-Anne-du-Bout-de-lTle, il le décharge de la desserte de cette paroisse.(Registre dès lettres, v.15, p.147.) M\" B.-C.Panet à M.(François-Louis) L'Heureux, prêtre, à Montréal (Québec, 15 septembre 1832).H le charge de la.desserte de la paroisse de Saint-François-d'Assise-de-la-Longue-Pointe.(Registre des lettrée, v.15, p.147.) M\" B.-C.Panet à M.(Alexis-Basile) Durocher, curé à la Pointe-aux-Trembles, lie de Montréal (Québec, 15 septembre 1832).Comme il a nommé M.L'Heureux curé delà Longue-Pointe, il décharge M.Durocher de la desserte de cette paroisse.(Registre des lettres, v.15, p.147.) M(r B.-C.Panet i M.(James) Moore, à Saint-Jacques, Montréal (Québec, 17 septembre 1832).B le nomme à la desserte de la nouvelle paroisse de Saint-Anicet-de-Godmanchester.(Registre dee lettrée, v.15, p.147.) M*' B.-C.Panet à M.(Jacques) Varin, curé à Kamouraska (Québec, 17 septembre 1832).M.Varin passera encore une année à Kamouraska, mais vu ses infirmités il lui envoie pour l'aider un ancien vicaire, qui mériterait d'avoir une paroisse à gouverner.M.Varin payera à celui-ci un salaire double de celui qu'il a coutume de donner.(Registre des lettres, v.15, p.148.) M\" B.-C.Panet.Pouvoirs extraordinaires et instructions donnés & M.Antoine Gosselin, missionnaire à Bonaventure (Québec, 17 septembre 1832).(Registre L, f.27 r.et 28 v.) M\" Joseph Signay.Acte de la tonsure de MM.Joseph Gauthier, né aux Êboulements le 30 août 1807, fib de Louis Gauthier et de Marie Jean; William Dunn, né à Kilkenny, diocèse d'Ossory, Irlande, le 25 octobre 1806, fib de Jacob Dunn et de Brigitte Quinn ; Joseph-Alexandre-César d'Estimauville, né à Québec le 30 juillet 1809, fib de Jean-Baptiste-Philippe d'Estimauville et de Marie-Josephte Drapeau ; John Francis Cannon, né à Québec le 23 novembre 1810, fils de John Cannon et d'Angèle Griault dit Larivière ; Edouard Bob, né à Québec le 11 septembre 1813, fib de Firmin Bob et de Marie-Anne Boissonnault (dans la chapelle de l'Hôpital général de Québec Je 18 septembre 1832) (Québec, 18 septembre 1832).(Registre L, f.38 v.) M.C.-F.Caseau, secrétaire, à M.(Hector-Simon) Huot, à Québec (Québec, 19 septembre 1832).M*' l'évêque de Québec a nommé M(r le coadjuteur son député, pour conférer avec les commissaires pour l'exécution du bill de la subdivision des parobses dans le dbtrict de Québec.(Registre des lettres, v.15, p.148.) Requête des habitants de la ville des Trois-Rivières demandant que leur paroisse soit érigée canoniquement.Lbte des noms des signataires.Certificat de J.-E.Dumoulin, N.P.(Trois-Rivières, 9 septembre 1831).Commission donnée par M\" B.-C.Panet à M.Jean Raimbault, curé de Nicolet, en conséquence de là requête ci-dessus (Québec, 26 septembre 1831).Procès-verbal de 264 ARCHIVES DE QUÉBEC M.Raimbault en conséquence de U requête ci-dessus (Trois-Rivières, 12 octobre 1831).Acte d'opposition de certains tenanciers de la paroisse de la Pointe-du-Lac à ce que les fiefs de la banlieue des Trois-Rivières fassent partie de la paroisse projetée des Trois-Rivières (Pointe-du-Lac, 26 septembre 1831).Acte d'opposition de la part de madame Geneviève Wills, épouse de feu Nicolas Montour, seigneur esse de U Pointe-du-Lac, à ce que la dite paroisse soit démembrée (Pointe-du-Lac, 26 septembre 1831).M\"' B.-C.Panet.Décret d'érection canonique de la paroisse de l'Immaculée-Conception-des-Trois-Ri-vières (Québec, 19 septembre 1832).(Regùtre de» requeue, v.Vif, f.115 v.) Requête des habitants de la Pointe-du-Lac demandant que leur paroisse soit érigée canoniquement.Liste des noms des signataires.Certificat d'Olivier Girardin et de Jos.-A Megrette, témoins (Pointe-du-Lac, 6 août 1831).Commission donnée par M,r B.-C.Panet à M.Jacques Lebourdais, curé de la Rivière-du-Loup, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 25 août 1831).Procès-verbal de M.Lebourdais en conséquence de la commission ci-dessus (Québec, 30 septembre 1831).M\" B.-C.Panet.Décret d'érection canonique de la paroisse de La Visitation-de-Notre-Dame-de-la-Pointe-du-Lac (Québec, 20 septembre 1832).(Regùtre de* requête», v.Vif, f.122 r.) M\" B.-C.Panet à M.(François-Xavier) Marcoux, missionnaire à Saint-Régis (Québec, 20 septembre 1832).B le charge de la desserte de la mission des Iroquois de Saint-Régis et des autres postes desservis par M.(Joseph) Vallée, i l'exception de la nouvelle paroisse de Saint- Anicet.Ses pouvoirs, dans le diocèse de Québec, s'étendront du côté nord du fleuve à Saint-Poly carpe et & Soul anges; du côté sud, i Saint-Anicet et à Saint-Timothée.B l'autorise aussi pour les parties du diocèse de'New-York, voisines de Québec, et de même pour celles du diocèse de Kingston.(Regùtre de» lettre», v.16, p.149.) M«r B.-C.Panet à M.(Augustin) Tessier, prêtre, à Montréal (Québec, 20 septembre 1832).B le nomme i la desserte de la paroisse de Sainte-Jeanne-de-l'Be-Perrot (en marge : cette lettre n'a pas été envoyée).(Regùtre de* lettre», v.16, p.160.) M\" B.-C.Panet à M.(Hubert-Joseph) Tétreau, curé à Saint-Clément (Québec, 21 septembre 1832).B le charge de la desserte de la cure et paroisse de Saint-Damase.(Regùtre de* lettre*, v.15, p.150.) M\" B.-C.Panet à M.(Michel) Quintal, curé de Saint-Damase (Québec, 21 septembre 1832).B le nomme à U desserte de la paroisse et cure de Saint-Clément-de-Beauharnois.(Regùtre de* lettre*, v.15, p.150.) M«r B.-C.Panet à M.(Etienne) Lavoie, desservant à Sainte-Marguerite-de-Blairfindie (Québec, 21 septembre 1832).B le charge de la desserte de la cure et paroisse de Saint-Timothée-de-Beauharnois.(Regùtre de* lettre*, v.15, p.151.) M\" B.-C.Panet à M.(Joseph) Crevier, prêtre, à Montréal (Québec 21 septembre 1832).B le charge de là desserte des catholiques habitant les seigneuries d'Ailleboust et de Ramsay et du canton de Kildare (paroisse de Sainte-Mélanie).(Regùtre de* lettre*, v.15, p.161.) M«r B.-C.Panet à M.(Olivier) Larue, curé à la Pointe-du-Lac (Québec 21 septembre 1832).R lui envoie le décret d'érection de la paroisse de la Pointe-du-Lac.R n'a pas cru faire attention à l'opposition que ses paroissiens ont signifiée à M.Raimbault, parce que la banlieue des Trois-Rivières et le fief de Tonnan-cour n'ont jamais fait partie de cette paroisse, qui n'a pas été érigée canonique- ARCHIVES DE QUÉBEC 265 ment par le règlement de 1722, comme ils le prétendent.(Regùtre dee lettrée, v.15, p.151.) M\" B.-C.Panet & M.(Bemi) Gaulin, curé à Sainte-Scholastique (Québec, 21 septembre 1832).Il le charge de la paroisse et cure de Repentigny (en marge: cette lettre n'a pas été envoyée.) (Regùtre dee lettrée, v.15, p.152.) M'r B.-C.Panet à M.(Joseph) Vallée, curé à Saint-Régis (Québec, 22 septembre 1832).R le charge de la desserte de la paroisse de Sainte-Marguerite-de-Blairflndie (en marge : cette lettre n'a pas été envoyée).(Regùtre dee lettrée, v.15, p.152.) M\" B.-C.Panet à M.(Julien) Courtaud, missionnaire à Chéticamp (Québec, 22 septembre 1832).R a été bien content d'apprendre que M.Courtaud était décidé à rester à Chéticamp, jusqu'à ce que M'' Fraser lui ait trouvé un successeur.Il pourra alors revenir dans le diocèse de Québec.(Regùtre de» lettre», v.15, p.153.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Duguay, curé à la Malbaie (Québec, 22 septembre 1832).B lui envoie M.(Godèïroy) Tremblay qui remplacera M.(Antoine) Gosselin, comme vicaire.M.Tremblay est un jeune prêtre rempli de sèle et laborieux, bien que faible de santé.(Regùtre de» lettre», v.15, p.153.) M*1* B.-C.Panet à M.(Pierre Duguay, curé à la Malbaie (Québec, 22 septembre 1832).La fabrique de la Malbaie pourra vendre le lopin de terre dont il est question dans la lettre de M.Duguay.(Regùtre de» lettre», v.15, p.153.) M(r B.-C.Panet.Règlement de vie pour un vicaire (Québec, 22 septembre 1832) (en marge : ce règlement a été augmenté de quelques articles).(Regùtre L, f, 31 r.) Requête des habitants de la paroisse de l'Immaculée-Conception-de-Saint-Ours demandant la permission de construire un nouveau presbytère.Liste des noms des signataires.Certificat de Le Noblet, N.P.(Saint-Ours, 20 février 1832).Commission donnée par M*' R.-C.Panet à M.Jean-Baptiste Kelly, curé de Sorel, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 24 février 1832).Procès-verbal de M.Kelly où il conclut à la nécessité de construire un nouveau presbytère (Saint-Ours, 15 mars 1832).M(r B.-C.Panet.Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 21 mars 1832).(Regùtre de» requête», v.Vif, f.36 v.) Requête des syndics de la paroisse de l'Immaculée-Conception-de-Saint-Ours demandant à M\" B.-C.Panet d'approuver l'achat d'une maison en pierre pour servir de logement au curé (Saint-Ours, 31 juillet 1832).Commission donnée par M(r B.-C.Panet à M.Jean-Baptiste Kelly, curé de Sorel, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 31 août 1832).Procès-verbal de M.Kelly déclarant que l'achat de la maison en question sera un marché avantageux pour la paroisse (Saint-Ours, 17 septembre 1832).M*' B.-C.Panet.Approbation de l'acquisition que les syndics se proposent de faire (Québec, 22 septembre 1832).(Regùtre de» requêtes, v.VI f, f.126 v.) M*\" B.-C.Panèt.Acte de la prêtrise de M.Louis-Antoine Proulx (dans la cathédrale de Québec le 22 septembre 1832) (Québec, 22 septembre 1832).(Regùtre L, f.30 v.) M\" B.-C.Panet & M.(Charles-Joseph) Primeau, curé à Saint-François (Québec, 24 septembre 1832).B a l'intention de nommer un curé résidant à Berthier, c'est pourquoi il désirerait savoir si M.Primeau aime mieux être nommé à la desserte de cette paroisse ou garder Saint-François-Rivière-du-Sud (en marge : cette lettre n'a pas été envoyée).(Regùtre des lettres, v.15, p.154.) 266 ARCHIVES DE QUÉBEC M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste) Maranda, curé au Chateau-Richer (Québec 24 septembre 1832).B nommera prochainement un curé résidant à L'Ange-Gardien.H désire savoir si M.Maranda préfère être nommé à la desserte de cette paroisse ou garder le Chateau-Richer.(Regùtre dee lettrée, v.15, p.154.) M«r B.-C.Panet à M.(Bellarmin) Ricard, prêtre » 1» Pointe-Claire (Québec 24 septembre 1832).M.Ricard regardera comme nulle la lettre que M\" Panet lui a adressée le 15 du courant B le nomme par la présente à la desserte de la cure et paroisse de Sainte- Jeanne-de-l'Ile-Perrot.(Regùtre dee lettrée, v.15, p.154.) M1\" B.-C.Panet à M.(Pierre-Jacques) de Lamothe prêtre, à Sainte-Scholastique (Québec, 24 septembre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse de Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Ile.(Regùtre dee lettrée, v.15, p.165.) M\" B.-C.Panet & M.(Joseph-David) Deliale, curé à Sainte-Marguerite-de-Blairfindie (Québec 24 septembre 1832).Aussitôt que M.Delisle aura déposé entre les mains de M** de Telmesse une obligation, par laquelle il s'engage à livrer à M*1 le coadjuteur et à son successeur immédiat le tiers de la dhne annuelle de tous les grains qu'il perçoit dans la paroisse de Sainte-Marguerite, il entrera en possession de cette cure.(Regùtre dee lettrée, v.15, p.155.) M*' B.-C.Panet à M.(Jean-Marie) Madran, curé i Cacouna (Québec 24 septembre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse de l'Assomption-de-Bellechasse (Berthier).(Regùtre de» lettre», v.15, p.155.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Roy, vicaire à L'Islet (Québec 24 septembre 1832).B le nomme à la desserte de la cure et paroisse de Saint-Georges-de-Ca-couna.(Regùtre des lettre», v.15, p.156.) M\" B.C.Panet à M.(Pierre) Bourget, curé à L'Islet (Québec 24 septembre 1832).H lui envoie M.François-Xavier Del âge comme vicaire pour remplacer M.(Pierre) Roy qu'il vient de nommer curé de Cacouna.(Registre de» lettrée, v.15, p.156.) ?' ¦ M\" B.-C.Panet & M.(Jean-Baptiste) Labergc desservant à l'Ancienne-Lorette (Québec 25 septembre 1832).Sur réception de la présente M.La berge pourra se considérer comme curé en titre de la paroisse de l'Ancienne-Lorette.(Registre de» lettre», v.15, p.156.) M\" B.-C.Panet i M.(Michel) Carrier, vicaire à Québec (Québec 25 septembre 1832).B le charge de la paroisse de Saint-Édouard-de-Gentilly.En le nommant i cet endroit il est heureux de le récompenser des longs services qu'il a rendus à la cure de Québec.M.Carrier aura à desservir, en plus de Gentilly, quelques familles catholiques établies sur la rivière Bécancour dans les cantons de Bulstrode, de Blandford et de Maddington.(Regùtre de» lettre», v.16, p.157.) M\" B.-C.Panet i M.(Joseph) Vallée missionnaire à Saint-Régis (Québec, 26 septembre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse et cure de Sainte-Scholastique.(Regùtre de» lettrée, v.15, p.157.) M\" B.-C.Panet à M.(Augustin) Tessier, curé i Saint-Roch-de-l'Achigan (Québec, 26 septembre 1832).B le nomme à la desserte de la paroisse et cure de Saint-Mathias-de-la-Pointe-Olivier.(Regùtre de» lettre», v.15, p.157.) M*' B.-C.Panet à M.(François-Louis) Parent curé à Saint-Henri-de-Mascouche (Québec, 26 septembre 1832).H le charge de la desserte de la paroisse et cure de L'Assomption-de-Repentigny.(Regùtre de» lettre», v.15, p.158.) ARCHIVES DE QUÉBEC 267 Mir B.-C.Panet à M.(Rémi) Gaulin, curé à Sainte-Schloastique (Québec, 26 septembre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse et cure de la Visi-tation-du-Sault-au-Récollet.(Registre dee lettres, v.15, p.158.) M** B.-C.Panet à M.(Laurent) Aubry, prêtre, à Montréal (Québec, 26 septembre 1832).B le nomme à la desserte de la paroisse et cure de Saint-Roch-de-l'Achigan.(Registre dee lettrée, v.15, p.158.) M1\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Mercure, curé au Sault-au-Récollet (Québec 26 septembre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse de Saint-Césaire (en marge : cette lettre n'a pas été envoyée).(Registre des lettres, v.15, p.158.) Requête des habitants de Sainte-Anne-de-Varennes demandant la permission de construire un nouveau presbytère.Liste des noms des signataires.Certificat de P.Pinel, N.P.et de J.-T.Cloutier, N.P.(Varennes, 1*' septembre 1832).Commission donnée par M\" B.-C.Panet à M.Antoine Tabeau, vicaire général, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 10 septembre 1832).Procès-verbal de M.Antoine Tabeau où il conclut à la nécessité de construire un nouveau presbytère (Varennes, 25 septembre 1832).M1' B.-C.Panet.Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 28 septembre 1832).(Registre des requites, v.Vif, f.128 v.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Duguay, curé à la Malbaie (Québec, 29 septembre 1832).B lui permet d'aller dire la messe quelquefois sur semaine dans la paroisse de Sainte-Agnès, où bon nombre de gens sont privés de l'entendre, parce qu'ils ne peuvent se rendre à la Malbaie ; il l'autorise aussi à y bénir le cimetière.(Registre des lettrée, v.15, p.159.) M** B.-C.Panet à M.(Alexandre) Bois vert, prêtre, à Québec (Québec, 1\" octobre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse de Saint-Cèsaire.(Registre des lettres, v.15, p.159.) M\" B.-C.Panet à M.(Louis) Gingras, curé à Saint-Pierre, île d'Orléans (Québec, 4 octobre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse de Saint-Ignace-du-Cap-Saint-Ignace.(Registre des lettrée, v.15, p.159.) M\" B.-C.Panet à M.(Philippe-Auguste) Parent, curé au Cap-Saint-Ignace (Québec, 4 octobre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse et cure de Saint-Pierre, tie d'Orléans.(Registre des lettres, v.15, p.160.) M\" B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 6 octobre 1832).B enverra prochainement une circulaire au clergé pour révoquer la dispense du jeûne et de l'abstinence accordée pour le temps qu'a duré le choléra.B a averti M.Flavien Lajus que son ministère se bornerait à dire la messe et & faire les autres offices de l'Église.On ne pourra s'empêcher dé trouver étrange que M.Laurent Aubry soit nommé curé d'une plus grande paroisse que celle qu'il avait lorsqu'on l'a conseillé de se retirer.B remettra dans une semaine l'administration du diocèse entre les mains de M.Signay, après l'avoir fait agréer par le gouvernement.B aimerait savoir si M.(Jean) Caron est rendu à son poste de Saint-Luc.(Registre dee lettres, v.15, p.160.) M\" B.-C.Panet à M.(Pierre) Mercure, prêtre à .(Québec, 6 octobre 1832).Il le charge de la desserte de la paroisse de La Présentation-de-la-Sainte-Vierge, seigneurie de Saint-Hyacinthe.(Registre des lettres, v.15, p.161.) M\" B.-C.Panet à M.(Nicolas) Wiseman, supérieur du séminaire anglais, & Rome (Québec, 6 octobre 1832).B a reçu ses deux lettres des 10 février et 20 avril de l'année courante.B le remercie de l'intérêt qu'il prend aux affaires du diocèse de Québec.Lord Goderich a proposé un nouvel arrangement aux 268 ARCHIVES DE QUEBEC messieurs de Saint-Sulpice.Quoi qu'il en soit, le clergé et les laïcs du diocèse verront d'un très mauvais œil toute transaction qui aurait pour but l'aliénation des biens des établissements religieux.B n'y a aucun doute que l'abbé Thavenet cherche à faire introduire des prêtres sulpiciens de France au séminaire de Montréal.B a pu se rendre compte par une lettre de lord Goderich au gouverneur que ht chose est très mal vue du gouvernement britannique.Il apprend avec plaisir que M.Wiseman présentera un mémoire à la congrégation de la Propagande sur les affaires du diocèse de Québec encore en suspens à Rome.R lui envoie une copie de la dépêche adressée au cardinal Pedicini, le 11 janvier dernier.Cette dépêche s'est probablement perdue en route, car au mois de juin Son Eminence ne l'avait pas encore reçue.R désire que l'on accepte le plus tôt sa démission comme archevêque de.Québec.B a appris avec peine que le supérieur du séminaire de Montréal avait été informé qu'il avait sollicité sa démission.\" Je ne vois pas pourquoi on communique i Rome, à l'abbé Thavenet, ce qui concerne un diocèse auquel il est tout à fait étranger et qu'il ne connaît en aucune manière.Car c'est lui qui a donné les informations ci-dessus à M' Quiblier.Je ne serai pas fâché que vous en exprimiez ma surprise à Son Eminence le cardinal préfet, i la prochaine entrevue que vous aurez avec elle, et que vous lui fassiez part du désir que j'ai de voir les affaires de mon diocèse à Rome demeurer étrangères à ceux qui ne sont pas chargés d'y prendre part.\" R le prie de tenter tous les efforts possibles pour faire expédier des bulles à la personne qui a été désignée pour être coadjuteur de M(r de Fussala, son coadjuteur actuel.R espère que la permission qu'on lui accordera de résigner son siège sera accompagnée de la nomination tant désirée du futur coadjuteur.C'est probablement la dernière fois qu'il lui écrit.R le charge de présenter à Sa Sainteté l'hommage de son profond respect et de sa plus parfaite soumission.(.Regùtre dee lettrée, v.15, p.161.) M\" B.-C.Panet à M\" Robert Gradwell, évêque de Lydda, à Londres (Québec, 6 octobre 1832).M,r Gradwell voudra bien acheminer vers Rome les dépêches incluses.R tarde à M\"' Panet d'avoir une réponse & la demande qu'il a faite depuis longtemps d'être autorisé à se démettre du siège episcopal de Québec.B a décidé d'abandonner l'administration du diocèse à M\" de Fussala, son coadjuteur, et M\" Gradwell voudra bien correspondre avec ce dernier à l'avenir.R le remercie de l'intérêt qu'il a toujours pris aux affaires du diocèse de Québec.(Regùtre des lettrée, v.15, p.164.) M\" B.-C.Panet à M.(Théodore) de Laporte, 26 Allsopp's Building, New Road, London (Québec, 6 octobre 1832).M.de Laporte remettra à M*r Gradwell les dépêches incluses.R lui demande pourquoi il ne lui écrit plus.M.de Laporte lui fera savoir où il en est dans ses comptes avec M.Wiseman et M\" Gradwell.(Regùtre des lettrée, v.15, p.165.) M'r Joseph Signay.Acte de la tonsure de MM.Michel Lemieux, né à Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévis, le 4 février 1811, fils de Michel Lemieux et d'Apolline Côté ; Prisque Gariépy, né & L'Ange-Gardien le 16 janvier 1809, fils d'Alexis Gariépy et de Madeleine Jacob ; François Pilotte, né à Saint-An-toine-de-Tilly le 3 octobre 1811, fils d'Ambroise Pilotte et de Marguerite Cou-lombe ; Wenceslas Frechette, né à Saint-Thomas le 6 juin 1811, fils de François Frechette et de Thècle Morin ; Thomas Roy, né à Québec le 21 octobre 1812, fils de Pierre Roy et de Françoise Biais ; Joseph Tardif, né à Saint-Augustin le 20 octobre 1813, fils de Jean Tardif et de Josephte Drolet ; Edouard Plante, ARCHIVES DE QUÉBEC 269 né à Québec le 14 décembre 1813, fils de Gabriel Plante et de Marie-Ursule Huot ; Adrien Théberge, né à Saint-François-Rivière-du-Sud le 15 août 1808, fils de Louis Théberge et de Marguerite Bacquet dit Lamontagne ; Alexis Bélanger, né à Saint-Roch-des-Aulnaies le 18 janvier 1808, fils de Pierre Bélanger et de Marie-Marthe Talbot (dans la cathédrale de Québec le 7 octobre 1832) (Québec, 7 octobre 1832).(Registre L, f.32 r.) M\" Joseph Signay.Acte du sous-diaconat de MM.Joseph-Olivier Leclair et Siméon Marceau (dans la cathédrale de Québec le 7 octobre 1832) (Québec, 7 octobre 1832).(Registre L, f.32 v.) Le lieutenant-colonel Craig, secrétaire, à l'évêque catholique de Québec (Château Saint-Louis, 8 octobre 1832).Son Excellence le gouverneur ayant accepté la résignation de M.Pierre Vézina, comme commissaire pour la subdivision des paroisses dans le district des Trois-Rivières, il prie M*1 Panet de lui désigner une autre personne pour remplir cette charge.(Cartable : Gouvernement .-11-55.) M\"' B.-C.Panet à Son Excellence lord Ayimer, gouverneur en chef, Château Saint-Louis (Québec, 8 octobre 1832).\" J'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence que mon âge avancé et les infirmités qui en sont inséparables ne me permettant plus de gouverner, comme il convient, l'immense Diocèse que la Divine Providence a confié à mes soins, j'ai résolu d'en abandonner la conduite à M\" Joseph Signay, Évêque de Fussala, mon digne Coadjuteur, qui est .plus en état que moi de porter un tel fardeau.J'ai lieu d'espérer que Votre Excellence, convaincue de la pureté des motifs qui me font agir dans cette circonstance, ajoutera à ses attentions ordinaires pour moi celle d'approuver la démarche que je me propose de faire.Je prie, en même temps, votre Excellence pour le bien des sujets Catholiques de sa Majesté en cette Province, de reconnoitre mon coadjuteur en sa qualité d'administrateur du Diocèse de' Québec, dans toutes les affaires que l'Évêque Catholique de Québec est dans l'usage de traiter avec le Gouvernement.En quittant les affaires, pour aller dans la solitude me préparer à rendre compte de mes actions à mon Créateur, j'ai la satisfaction de pouvoir me rendre témoignage que, dans toute ma carrière, je me suis constamment efforcé de resserrer les liens qui doivent unir les Catholiques de cette Province au Gouvernement, sous lequel ils ont le bonheur de vivre.Quoique je ne doive plus avoir de rapport avec eux, comme pasteur, je ne cesserai de faire des voeux pour qu'ils apprécient de plus en plus les bienfaits qu'ils reçoivent tous les jours du Gouvernement de Sa Majesté.Avant de terminer, permettes moi de vous exprimer ma plus sincère reconnoissance pour toutes les attentions que vous n'avez cessé de me.témoigner en toute occasion et en particulier pour l'acceptation que vous avez bien voulu faire d'un Coadjuteur pour M** de Fussala, mon Coadjuteur actuel.\" (Registre des lettres, v.15, p.165.) M*' B.-C.Panet à messieurs les curés du diocèse (Québec, 10 octobre 1832).R révoque la dispense du jeûne et de l'abstinence accordée pour le temps que durerait le choléra.(Registre L, f.33 v.) Publié dans Mandements, etc., etc., des évêques de Québec, v.III, p.302.Lord Ayimer à l'évêque catholique de Québec (Château Saint-Louis, 10 octobre 1832).\" Hier au soir j'eus l'honneur de recevoir la lettre que votre Seigneurie a bien voulu m'adresser en date d'hier, dans laquelle vous m'annoncez la résolution adoptée par votre Seigneurie de se retirer dë la charge sacrée 270 ARCHIVES DE QUÉBEC et importante qu'elle a constamment si dignement remplie.Je prie votre Seigneurie d'ajouter foi à l'assurance de mon chagrin en apprenant la certitude de cette résolution de votre part ; dont pourtant je ne puis pas m'empècher d'apprécier les motifs qui vous y ont déterminé ; et que votre Seigneurie soit persuadée qu'elle porte avec elle dans sa retraite les sentiments de ma Vénération; et de mon estime.En exprimant les regrets que j'éprouve dans cette occasion, il m'est bien agréable de me rappeler les mérites de celui qui doit remplacer votre Seigneurie dans ta charge importante, le digne Évêque de Fus-sala qui sait si bien se concilier l'estime et le respect de tout le monde.Pour ce qui regarde la question intéressante de lui trouver un Coadjuteur, je prie votre Seigneurie d'avoir la complaisance de communiquer à l'Évêque de Fus-gala mon désir de m'entretenir personnellement avec lui là dessus ; et j'espère que le résultat contentera, et votre Seigneurie et lui.En terminant mes relation» officielle» avec votre Seigneurie, je ne doute pas qu'il vous sera agréable de recevoir l'assurance de mon désir constant, et sincère de faire tout ce qui dépend de moi pour l'avancement des Intérêts du Clergé Catholique du Bas Canada.\u2014Je suis bien persuadé que de leur part ils savent apprécier les avantages dont ils jouissent sous le gouvernement de Sa Majesté, surtout dans les circonstances actuelles, auxquelles je me borne seulement à faire allusion.Elles sont trop en évidence pour qu'il soit nécessaire de les indiquer plus particulièrement ici.\" (Cartable : Gouvernement, H-56.) Requête des habitants de Sainte-Anne-d' Yamachiche demandant que leur paroisse soit érigée canoniquement Liste des noms des signataires.Certificat de V.Guillet, N.P.(Yamachiche 9 septembre 1831).Commission donnée par M\" B.-C.Panet i M Jacques Lebourdais, curé de la Rivière-du-Loup, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 15 septembre 1831).Procès-verbal de M Lebourdais en conséquence de la requête ci-dessus (Yamachiche, 30 septembre 1831).(Registre de» requête», v.Vif, f.132 r.) M\" B.-C.Panet Décret d'érection canonique de la paroisse de Sainte-Anne-d' Yamachiche (Québec, 11 octobre 1832).(Registre de» requête», v.Vif, f.138 v.) Requête des habitants du canton de Kingsey demandant la permission de construire une chapelle.Liste des noms des signataires.Certificat de Jacques Pèlerin et de Joseph Painchaud, témoins (Kingsey, 28 novembre 1831).Commission donnée par M(r B.-C.Panet & M.Jean Raimbault curé de Nicolet en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 12 décembre 1831).Procès-verbal de M.Jean Raimbault où il dit avoir marqué le site d'une chapelle sur le douzième lot du sixième rang de Kingsey et en avoir donné les dimensions (Kingsey, 11 janvier 1832).M** B.-C.Panet Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 11 octobre 1832).(Registre dee requêtes, v.Vif, f.134 v.) Requête des habitants de Saint- Jean- Deschaillons demandant à M\" B.-C.Panet de leur fixer une place de cimetière.Liste des noms des signataires (Saint-Jean-Deschaillons, 4 août 1832).Commission donnée par M\" B.-C.Panet à M.Edouard Faucher, curé de Lotbinière, en conséquence de la requête ci-dessus (Québec, 10 août 1832).' Procès-verbal de M.Faucher où il dit avoir indiqué la place d'un nouveau cimetière près de l'église (Saint-Jean-Deschaillons, 30 septembre 1832).M»' B.-C.Panet.Vu, approuvé et permis de procéder (Québec, 11 octobre 1832).(Registre des requêtes, v.Vif, f.136 v.) M«* B.-C.Panet à M.(Ferdinand) Gauvreau, prêtre à Québec (Québec, 11 octobre 1832).B le charge de la desserte de la paroisse et cure de L'Ange-Gar- ARCHIVES DE QUEBEC 271 dien, seigneurie de Beaupré.Aussitôt qu'on aura fait un chemin pour communiquer avec l'établissement de Laval, qui se trouve dans les profondeurs de cette paroisse, il sera chargé des familles catholiques établies en cet endroit.(Registre des lettres, v.15, p.166.) M\" B.-C.Panet à M.(Jean-Baptiste) Maranda, curé au Château-Richer (Québec, 11 octobre 1832).Comme il vient de nommer M.Ferdinand Gauvreau curé de L'Ange-Gardien, il le décharge du soin de cette paroisse.(.Registre des lettres, v.15, p.167.) M\"\" B.-C.Panet.Copie de l'acte par lequel il abandonne â M6r Joseph Signay le soin des affaires temporelles de l'évéché de Québec Acte passé devant Antoine-A.Parant, N.P., à Québec le 12 octobre 1832.(Registre L, t.33 v.) M*\" B.-C.Panet.Copie de l'acte par lequel il abandonne à M\" Joseph Signay, le revenu dés componendes du diocèse.Acte passé devant Antoine-A.Parant, à Québec le 12 octobre 1832).(Registre L, f.34 v.) MBr B.-C.Panet.Lettres d'administrateur du diocèse en faveur de MB' Joseph Signay, évêque de Fussala et coadjuteur de Québec (Québec, 13 octobre 1832) (en latin).(Registre L, f.32 v.) M\" B.-C.Panet à M\" l'évêque de Telmesse, à Montréal (Québec, 13 octobre 1832).B a abandonné l'administration du diocèse & M\" Signay ; afin que celui-ci ne soit pas privé du bénéfice des induits des 11 février 1826 et 20 janvier 1828, il les lui communiquera aussitôt qu'il sera incapable d'en user.De même il a renoncé à toutes les componendes en faveur du coadjuteur.B ne sait s'il serait convenable de demander au clergé de décerner au coadjuteur les honneurs qu'on lui rend à lui-même.(Registre des lettres, v.15, p.167.) M*\" B.-C.Panet à MBr Angus McEachern, évêque de Charlottetown (Québec, 13 octobre 1832).B a appris avec plaisir que M.(John) Carroll avait quitté Saint-Jean ; il espère que M.(William) Dollard, son successeur en cet endroit, y ramènera la paix.MM.Ferdinand Gauvreau et John McDonell sont arrivés à Québec ; il a placé le premier curé à L'Ange-Gardien, et le second au séminaire de Québec.C'est à contre-cœur qu'il garde M McDonell à Québec, mais il lui a montré des lettres de M11 Plessis où celui-ci lui promettait de l'employer plus tard dans le diocèse de Québec.M.(François-Xavier) Brunet, missionnaire aux Bes de la Madeleine, est aussi revenu à Québec avec l'intention d'y rester.Mais comme il lui a représenté qu'on ne pourrait pas lui donner un successeur dans la présente année, il a consenti à y retourner pour une année encore.B a abandonné l'administration du diocèse de Québec à son coadjuteur ; M(r McEachern voudra bien correspondre avec ce dernier à l'avenir.(Registre des lettres, v.15, p.168.) M\" B.-C.Panet.Mandement au clergé et aux fidèles (Québec, 13 octobre 1832).B leur annonce qu'il a confié l'administration du diocèse à son coadjuteur, MBr Joseph Signay.(Registre L, t.34 v.) Publié dans Mandements, etc., etc., des évêques de Québec, v.III, p.302.MBr B.-C.Panet.Itinéraire des visites pastorales faites par M\" Panet durant les années 1826, 1827, 1829 et 1830.(Registre K, f.186 r.) Publié dans Mandements, etc., etc., des évêques de Québec, v.III, p.309.M\" B.-C.Panet à MBC J.Signay, évêque de Fussala (Québec, 26 octobre 1832).B n'est pas juste que MBt Signay soit chargé de l'administration du diocèse de Québec sans avoir part aux honneurs attachés à cette charge.M8* Panet veut donc que Mcr Signay, lorsqu'il présidera à l'église, jouisse des. 272 ARCHIVES DE QUEBEC mêmes honneurs qu'on lui rendait à lui-même comme évêque de Québec.(Cartable : Évoques de Québec, IV-188.) Le cardinal Pedicini à M*' B.-C.Panet (Borne, 8 décembre 1832).La supérieure de l'Hôpital général se plaint de ce que sa communauté, après avoir été administrée pendant quatre-vingts ans par le supérieur du séminaire de Montréal, a été mise sous la direction de M,r Lartigue, d'après les ordres de M,r Panet.La sacrée congrégation, après avoir pris connaissance des faits, invite l'archevêque de Québec à rétablir l'ancien ordre des choses et lui demande les raisons qui l'ont poussé.à le changer.(Correspondance manuscrite de Rome, IV-79.) 1833 Lord Goderich, secrétaire des Colonies, i lord Aylmer (Downing Street, Londres, 3 janvier 1833) (copie).B a reçu sa lettre du 30 octobre 1832, annonçant la résignation de M\" B.-C.Panet comme évêque catholique romain de Québec, l'élévation de M\" de Fussala au siège episcopal de Québec, et lui soumettant les noms de trois ecclésiastiques pour le choix d'un coadjuteur.B est heureux de constater par sa correspondance avec M\" Panet \" the marks of that esteem and confidence which can never fail to be the fruit of exemplary conduct and piety on the part of the ecclesiastical authorities, met by good faith and justice on the part of the Government under limits they exercise their functions.With respect to the appointments of a future coadjutor, I entirely approve the nomination of M.Turgeon.And as the subject seems to be viewed with some anxiety by the bishop of Fussala and M.Turgeon, it is a satisfaction to me to be able to state to you my opinion that there is no need for the continuance of the practice first introduced by lord Dalhousie of sending to this country, the name of three ecclesiastics, in order that one of the number may be selected as coadjutor.It appears to me enough that the name of the one whose appointment has been approved by the governor of the Province, should be submitted to his Majesty's Government.I need scarcely say that the circumstances must be very peculiar indeed, which would induce his Majesty's Government to disapprove a choice enforced by the recommendation of the King's representative in Lower Canada, and that they are not of a nature which can be expected ever to affect the leading members of a Body so distinguished, as the Roman Catholic Clergy of Canada has always been known for loyalty and a peaceful devotion to the sacred duties of their office.\" Lord Aylmer fera passer une copie de cette dépêche à M(r l'évêque de Fussala.(Cartable : Gouvernement, 11-63.) Mer Signay.Circulaire à messieurs les curés du diocèse (Québec, 15 février 1833).B leur annonce le décès de M*' Panet (Registre L, f, 56 v.) Publiée dans Mandements, etc., etc., des évêques de Québec, v.III, p.311.Le cardinal Pedicini à M«r B.-C.Panet (Rome, 23 mars 1833).B lui disait dans sa lettre du 26 mai 1832, que la sacrée congrégation, sachant combien il était vénéré du clergé et du peuple canadiens, désirait le voir retenir son titre d'archevêque de Québec, tout en laissant le soin de l'administration du diocèse a son coadjuteur.Mais la sacrée congrégation, voyant par la lettre de M\" Panet du 12 septembre 1832, combien celui-ci était affligé de ce qu'on n'avait pas accepté sa démission, a décidé dans sa séance du 25 février dernier de l'agréer, et Sa Sainteté Grégoire XVI a ratifié cette décision.(Correspondance manuscrite de Rome, IV-85.) PIERRE DE LA RUE, ABBE DE L'ISLE-DLEU L'Église catholique a-t-elle actuellement plus de liberté au Canada que les rois de France lui en accordaient sous le régime français?Nous serions presque tenté de l'affirmer.Que de situations étranges vit le régime français au Canada ! L'histoire ne nous dit-elle pas qu'un évêque de Québec ne mit jamais les pieds dans son diocèse?M*r de Mornay, en effet, fut coadjuteur puis évêque de Québec de 1714 à 1733, et ne vint jamais prendre possession personnellement de son siège.Voici un autre cas presque aussi étrange .L'abbé de L'Isle-Dieu gouverna l'église de Québec de 1739 à 1741 et, cependant, il vivait à Paris et n'était jamais venu dans la Nouvelle-France.Hâtons-nous d'ajouter, toutefois, que l'abbé de L'Isle-Dieu était un homme sage, d'un grand jugement et d'une expérience consommée.Sa situation n'en était pas moins insolite par suite du peu de liberté que le roi de France accordait au saint-siège pour gouverner l'Église dans ses états.Pierre de La Rue, plus connu sous le titre d'abbé de L'Isle-Dieu, était né en 1688 et avait d'abord été aumônier de l'illustre famille de Mortemart.En 1722, il devenait le trente-sixième abbé de L'Isle-Dieu, abbaye fondée en 1187, à quelques lieues de Rouen.Dès le 11 mai 1734, M\"' Dosquet écrivait au ministre : \" J'ai jeté les yeux sur M.de La Rue, abbé de L'Isle-Dieu, pour être mon grand-vicaire à Paris.C'est un homme qui a beaucoup d'esprit et beaucoup de monde.\" Le ministre accepta le choix de M\" Dosquet et l'abbé de L'Isle-Dieu resta le grand vicaire de l'évêque de Québec à Paris pendant un demi-siècle (1734-1777).Il décéda en 1779, à l'âge de 91 ans.L'abbé de L'Isle-Dieu avait rendu tant de services à l'Église canadienne, qu'il continua, après le traité de 1763, à remplir ses fonctions d'intermédiaire auprès des cours de Rome et de France.Il avait le titre officiel d'aumônier général des colonies de la Nouvelle-France. 274 ARCHIVES DE QUÉBEC L'abbé de L'Isle-Dieu, proclamons-le bien fort, ne demanda jamais rien aux évêques de Québec.Il fit tout son travail, pendant cinquante ans, pour la plus grande gloire de Dieu et le bénéfice de l'Église canadienne.Nous ne croyons pas exagérer en le qualifiant de grand bienfaiteur de la religion au Canada.Les lettres de l'abbé de L'Isle-Dieu, que nous publions ici, sont conservées, en original ou en copie, aux Archives de l'archevêché de Québec.L'abbé Auguste Gosselin, plutôt sévère pour les prêtres français qui s'occupèrent de l'Église du Canada, ne peut s'empêcher de rendre hommage à l'abbé de L'Isle-Dieu.\" C'est \", dit-il, \" un des plus grands ecclésiastiques, des plus pieux, des plus vertueux, qui aient jamais été attachés à notre Église, et c'est vraiment un coup de la Providence qu'elle ait eu un homme de ce mérite pour la servir auprès du Saint-Siège et de la cour de France dans les jours mauvais qu'elle avait à traverser.\" Pareille appréciation en dit plus long sur le dévouement de l'abbé de L'Isle-Dieu en faveur d'une Église qu'il ne vit jamais, que les commentaires les plus élogieux. LETTRES ET MÉMOIRES DE L'ABBÉ DE L'ISLE-DIEU Lettre a M«r pu Pontbriand \u2014 (1\" mai 1742) Monseigneur, R s'est passé bien des choses depuis votre départ de france pour Québec ; je me suis conformé aux derniers ordres que vous m'aves envoyés pour la N*\"* Orléans je ne puis encore vous dire quel effet ils auront fait sur l'esprit des capucins de cette Colonie ; je crois qu'ils n'en auront pas été contents, si j'en juge par la manière dont les regarda d'abord leur provincial de champagne qui en écrivit à M.le Comte de Maurepas, qui pour toute réponse écrivit ou fist écrire au père provincial que M.l'évêque de Québec n'étant pas en france il y avoit laissé un vicaire g*1 à qui il falloit s'adresser, cette démarche du père provincial, et le mauvais succès qu'elle eut auprès de M.de Maurepas l'obligèrent de se replier vers moy, et d'un air de suppliant, quoyque M.le Comte de Maurepas eut eu la bonté de me faire part des démarches qu'inutilement on avoit faites auprès de luy je feignis de n'en rien sçavoir, et quoy qu'on me de-mandat grace pour les capucins de la nouvelle Orléans j'ay tenu bon, disant que je pouvois la solliciter ; mais non pas l'accorder, et que pour cette année il falloit que les choses restassent comme vous les a vies réglées, que je ne pouvois y rien changer ; mais que j'offrois de solliciter auprès de vous, Monseigneur, le rétablissement des premiers arrangements que vous avies faits, et par lesquels vous aviez déterminé et fixé l'étendue de chaque mission sans qu'aucun ordre pust anticiper l'un sur l'autre en sorte que le supérieur des prêtres séculiers fust grand vicaire des autres prêtres séculiers, le supérieur des jésuites grand vicaire des jésuites et le gardien des capucins grand vicaire des capucins, chacun dans l'étendue de sa mission, selon que vous l'avies limitée.Je me suis engagé Monseigneur à solliciter auprès de vous l'exécution de ce premier arangement ; mais préalablement à tout j'ay exécuté le dernier qui donne la jurisdiction aux jésuites sur les capucins, nous nous sommes concertés le père provincial et moy ; je l'ay d'abord convaincu de la réalité des sujets de plainte que vous avoient donné les capucins de NUo Orleans ; en conséquence nous leur avons écri le p.provincial et moy des lettres très fortes, en leur notifiant les mesures que vous avies été forcé de prendre, j'ay communiqué mes lettres au père provincial et il m'a communiqué les siennes ; il a de plus fait partir au mois de janvier un nouveau supérieur pour aller mettre la réforme parmy ses religieux ; dans ma lettre aux jésuites je les exhorte à en bien user avec les capucins, et dans ma lettre aux capucins je les exhorte à me fournir les moyens d'obtenir de vous leur rétablissement Monseigneur.J'attends par le premier retour des vaisseaux des nouvelles de l'effet qu'auront produit mes lettres et celles du p.provincial, et si le succès en est heureux Monseigneur, je crois que vous serés contrains de faire usage des premiers arrangements 276 ARCHIVES DE QUÉBEC que vous «vies faits en laissant chacun supérieur et grand vicaire de sa mission 1 ° pour éviter toute jalousie et le mauvais effet des discussions qui en naissent, 2° parce que les jésuites ne veullent accepter de jurisdiction et d'inspection que sur eux même, disant que cela est contraire a l'esprit de leur institut, ça été la décision du p.provincial de la province de france, et celle du p.général a qui on en a écri a Rome ce qui m'a déterminé a prendre le party de m'adres-ser à M.le nonce pour obtenir une dispense et même un ordre du S* pere, pour le terns seullement, et les conjonctures ou vous pourries en avoir besoin pour les colonies esloignées et que vous ne pouves gouverner par vous même, voilà ou nous en sommes Monseigneur, c'est a vous a me donner des ordres positifs et a me prescrire la conduite que je dois tenir, et je vous supplie de vouloir bien ne rien laisser a ma décision ; lorsqu'on agit en second on est bien aise de ne rien prendre sur soy quant a la fermeté pour exécuter vos ordres, rapportés vous en a mon exactitude je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé Du Libubdieu.ce 1\" may 1742.Lettre À M*' de Pontbwand \u2014 (4 mai 1748) Monseigneur, B est juste de vous rendre exactement compte de ma petite administration dans la commission dont vous m'avés honoré, vos missionnaires de la nouvelle Orleans se conduisent assés bien, du moins a ce qui me paroit par les lettres qui me viennent de cette colonie, vos nouveaux réglementa y ont été suivis par les cappucins et après les premieres representations ils ont pris le party de la soumission.Leur provincial de champagne a pris toutes les mesures les plus convenables pour pacifier cette colonie en y envoyant de bons sujets ; il y a surtout envoyé un gardien homme ferme et fort régulier qui a tout mis dans l'ordre.Le Roy a nommé pour gouverneur de cette colonie M.de Vau-dreuil qui m'a paru très bien intentionné et très disposé à protéger les missionnaires qui se conduiront bien, mais le pere provincial de champagne demande touiours que ses religieux, soient rétablis dans la jurisdiction qu'ils avoient sur eux mêmes et a ne point dépendre des jésuites.C'étoit le premier règlement que vous a vies fait Monseigneur et que vous aves cru devoir changer pour de bonnes raisons, ainsy vous ferés sur cela ce que vous juger es a propos c'est a moy a recevoir vos ordres et a les exécuter ; mais le pere provincial des jésuites doit vous écrire luy même a ce qu'il m'a dit pour vous supplier de les décharger de la jurisdiction sur les capucins disant que cela est contraire aux règles de leur institut.Si vous me donnes sur cela de nouveaux ordres je m'y conformeray.d'icy a ce tenu la je suivray les derniers.B est aussy arrivé quelque mouvement a l'isle Royale dont M de Mignac vous aura informé.M.de combe vous en écrit aussy a ce qu'il me dit ; pour ce qui me regarde seullement voicy Monseigneur ce qui s'est passé ; le pro vin- ARCHIVES DE QUÉBEC 277 cial des recollets de Bretagne qui fournit des sujets a Lisle Royale m'avoit écrit pour approuver 4 religieux qu'il envoy oit et vouloit que je les rendisse par mon approbation indépendants des grands vicaires secnliers qui residoient a Lisle Royale, je luy ay fait réponse que j'avois ordre de ne leur donner qu'une simple lettre d'attache pour se presenter a M** les grands vicaires qui étoient sur les lieux aussy tot qu'ils seroient débarqués, cela ne l'a pas contenté, j'en suis resté la, et luy ay mandé qu'il devoit sçavoir vos intentions Monseigneur et que vous les luy aviés notifiées vous même par votre lettre ; en cela Monseigneur j'ay suivi exactement co que vous m'avés prescrit sinsy ces 4 religieux ont du s'adresser à M.de Minac ou a M.Maillard ces bons récollets me paroissent fort opposés au gouvernement séculier et craignent apparemment qu'on ait pour eux les mêmes procédés qu'ils ont eu pour les prêtres séculiers ; car le pere provincial d'aujourd'huy a été autrefois a Lisle Royale et traitoit fort durement les prêtres séculiers, je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé Dïj L'islbdieu.ce 4 may 1743.Lettbe à M*r de Pontbriand \u2014 (2 févbieb 1746) Monseigneur, Voicy l'extrait des lettres que j'ay receues des différentes colonies du diocese de Quebec et ce dont j'ay cru devoir vous rendre compte, afin de recevoir vos ordres sur chaque article a l'effet de m'y conformer dans mes réponses, et c'est dans cette vue que j'ay fait ces extraits sur une même colone afin que vous puissies faire mettre vis-à-vis de chaque article ce que vous juger es a propos.Lettre de M.l'Evêque de Quebec du 3 novembre 1745 Cette lettre contient quatre articles principaux.Le premier regarde les fortifications que l'Evêque de Quebec croit qu'on veut faire faire a Quebec et qu'il dit devoir monter a 300,000* ; R donne sur cela plusieurs veues que j'ay cru inutile de détailler icy, et dont j'auray l'honneur de vous rendre compte Monseigneur si vous le juges a propos.Le Second article regarde la construction d'une cathedralle qui doit servir egallement d'Eglise paroissiale, L'ancienne étant trop petite et menaceant une ruine prochaine.M.L'Evêque de Quebec mande que le quart de la maçonnerie est déjà fait, que cette dépense ira a 8000'; que cette construction sera finie en 1747, Si la guerre ne traverse pas ses operations et que la colonie ne demande que 25000' pour luy ayder a parachever cette cathedralle Le troisième article concerne la concession demande par les religieuses ursulines de la Nouvelle Orleans dont je rendray compte cy après et que M.l'Evêque de Quebec me recommande de solliciter. 278 ARCHIVES DE QUÉBEC Le quatrième article concerne l'Isle royale dans le cas ou cette Isle rentre-roit sous la domination du Roy.B s'agit des recollets auxquels M.l'Evoque de Quebec voudroit substituer des prêtres séculiers, et il est question des frères de la Charité qu'on a eu autrefois.Le projet d'établir a l'isle royale et dont M.l'Eveque de Quebec ne veut point B ma envoyé sur ces deux articles un mémoire fort détaillé des raisons d'opposition qu'il a pour les uns et pour les autres, et que je feray valloir dans leur tems si vous le permettes Monseigneur.Lettres des Jésuites et des Capucins de la Nouvelle Orleans L'une du pere Vitry supérieur des Jésuites du 13 9br° 1745 et l'autre du pere Charles de Rambervilliere capucin supérieur de sa maison et residents l'un et l'autre a la Nouvelle Orleans.B parott par les lettres de ces deux pères que les Jésuites et les Capucins sont actuellement dans une grande union et une parfaite intelligence et tout ce qui me revient de cette colonie me le prouve egallement mais les lettres de ces deux pères contiennent quelques articles particuliers qui regardent les details dont ils sont chargés.Le pere Vitry jésuite me rend compte du Spirituel et du Temporel des Ursulines dont il est supérieur et a l'égard du temporel il m'expose L'embaras ou elles se trouvent tant sur leur revenu, que sur la caducité de leurs bâtiments, mais pour ne pas faire de double employé, je reserve ce détail a l'extrait des lettres des religieuses ursulines qui sont en grande nombre.Le pere Charles supérieur de la mission des Capucins se lotie beaucoup * de tous ses confreres, chacun dans leur poste qu'ils desservent au grande contentement et a l'édification de toute la colonie mais il se plaint de deux choses auxquelles j'avois dessein de remédier depuis longtems.S'il ne s'agissoit que de mes soins et de mon travail, j'i emploierais l'un et l'autre avec grand plaisir, mais il y a une dépense a faire que je ne suis pas en état de soutenir avec les ports de lettres qu'il ne faut paièr.Tous les missionnaires de cette colonie manquent de rituels pour l'administration des sacremens et de catéchismes pour l'unifoimité de l'Instruction ; les projets que j'avois faits sur cela sont restés sans exécutions faute d'en pouvoir faire la dépense.Lettres des Yamarois et des Illinois desservis par les prêtres séculiers que fournit le séminaire des missions étrangères.M.Mercier qui est supérieur de cette mission se plaint toujours amèrement de la grande quantité d'eau de vie que les francois, tant voyageurs que marchands répandent parmy les sauvages et les nations domiciliées qui sont toujours prestes a se révolter et a s'égorger mutuellement par l'usage et l'excès de cette malheureuse boisson.Ce bon missionnaire ne cesse de demander qu'on veuille bien y mettre ordre.Lettres des Ursulines de la Nouvelle Orleans Ces bonnes religieuses n'ont cessé d'écrire depuis le 7 mars 1745 jusqu'au 13 novembre dernier, par toutes les yoyes par lesquelles elles ont pu m'adres-ser leurs lettres. Elles me psroissent dans un grand besoin de secours.A en juger par leur lettres M.Le Normand commissaire ordonnateur de cette Colonie les traite fort mal, et les tracasse beaucoup sur l'administration de l'hôpital, dans laquelle, il les accuse d'avoir malversé quoy que sur leur exposé il soit très facile de les justifier, du moins a en juger par les moyens qu'elles proposent pour éclairer leur conduite, en compulsant les registres de leur administration qu'elles ne demandent pas mieux que de produire, et d'exposer à l'examen et a la critique de qui on voudra leur nommer pour commissaire.Par toutes les lettres que je recois de cette colonie ces bonnes religieuses paroissent y rendre de très grands services, tant pour le soin des malades de l'hôpital, que pour l'éducation des orphelines, et l'instruction des enfans de la colonie qu'on envoyé dans leur Classes d'externe, aussy bien que les négresses qu'elles instruisent séparément quoy que ces bonnes et saintes religieuses ne soient qu'au nombre de douze.Un préjugé bien fort et bien favorable pour elles, c'est que depuis quatorze ans que j'ay soin du Spirituel de cette Colonie il ne m'en est jamais revenu que des louanges et que les Capucins ont été les seuls qui les ont tracassé sur le prétexte du conflict de jurisdiction avec les Jésuites, ce qui n'a plus eû lieu depuis que j'i ay remédié.A Dieu ne plaise que je veuille imputer a M.Le Normand d'agir par humeur ou par antipathie mais il me paroit bien étonnant que M.de Vaudreuil dont ces bonnes religieuses se louent beaucoup, leur fasse journellement du bien, que d'ailleurs M.de Salmon qui leur en faisoit egallement n'ait jamais reconnu de leur part aucune mauvaise administration, et que M.Le Normand les accuse, veuille même sans les entendre les declarer convaincues d'avoir spolié l'hôpital, c'est a vous, Monseigneur a verifier les plaintes qu'on fait d'elles, et a en juger; si elles sont innocentes comme je le crois, elles n'en seront que plus dignes de vos bontés, de votre protection, et des graces de la cour dont elles ont grand besoin.Voicy, Monseigneur, ce qu'elles demandent.Si le pere Charlevoix Jésuite et procureur de cette colonie, pour elles et pour ses confreres n'a rien reçu du Trésorier de la marine pour elles depuis le 13 0b\" 1745 U leur est du U y a toute aparence que le pere Charlevoix a reçu quelque chose sur ces 21G791 10° mais quand la totalité leur en seroit dUe ; Elles seroient encore bien éloignées d'etre au pair par les sommes considerables qu'elles ont été obligées d'emprunter.1° Pour remettre au Trésorier de ht marine de la nouvelle Orleans par ordre de M.Le Normand 90001 qu'elles y avoient reçues, croyant les y pouvoir toucher.2\" Elles ont été obligées d'acheter 24 têtes de nègres pour le prix de 300001 pour lesquelles elles ont donné des lettres de changes, sur le pere Charlevoix Jésuite qui ne peut y faire honneur a moins que la cour ne veuille bien pour 1743 pour 1744 pour 1745 57511 7964 7964 10' 21,679- 10» les faire paier de ce qui leur est du, et même s'il etoit possible leur avancer 'pour les tirer d'embarras, l'année 1746 de leurs pensions et de celles de leurs orphelines.Elles demanderaient, en sus quatre graces.La première que comme M.Le Normand les menace de les faire auprimer Le Roy voulut bien leur accorder des lettres patentes pour assurer leur état La seconde, que comme les années impaires de leurs pensions, et de celles de leurs orphelines, leurs sont paiées a la Nouvelle Orleans en billets sur lesquels elles perdent beaucoup.Le Roy voulut bien les faire payer, en France, pour les années impaires comme pour les années paires.La troisième que comme leurs bâtiments tombent et menacent d'une ruine prochaine, Le Roy voulut bien les leur faire rebâtir.La quatrième, enfin que sa Majesté voulut bien leur permettre de faire l'acquisition énoncée dans le mémoire cy joint dont elles ont présenté le double a M de VaudreuU gouverneur de la colonie et a M Le Normand commissaire ordonnateur qu'elles ont suppliés de certifier ou de contredire la justice de leur demande sur laquelle elles espèrent que vous voudrés bien leur être favorable Monseigneur.\\ Voila a peu prèsNce qu'il y a d'essentiel ou du moins de plus important dans les différentes lettres que j'ay réelles.Le pere de Vitry jésuite me parle dans sa lettre d'un nouvel arrangement qu'il a fait pour sa missioV en mettant six missionnaires aux Illinois et quatre aux Tchactàs, mais commV il me mande que cet arrangement a été fait de concert avec M le gouverneur, il y a lieu de croire que c'est pour le plus grand bien de la colonie, d'ailleurs toute mon attention a toujours été d'inspirer aux missionnaires d'agir de concert Wec les personnes qui sont revêtus de l'autorité du Roy, dans les colonies ou ils stmt.Le même pere de Vitry jésuite supérieur des Ursulines et qui pour cet effetNreside a la Nouvelle Orleans me mande que ses religieuses n'ont rien reçu de France depuis 1743 et cela est dacord, a peu de choses près, avec l'exposé du pere Charlevoix qui ma dit qu'elles n'avoîent reçu que la moitié de 1743, mais qu'il a Voit parolle d'etre bientôt paie du restant de 1743 de 1744, ainsy il ne resterait plus que l'année 1745, et l'avance qu'il demandroit si il osoit de l'année 1746 seul moien, dit-il, de faire honneur aux lettres de changes qu'on a tirées sur luy.S'il m'estoit permis de demander une grace pour ces pauvres filles ce serait que leurs pensions et celles de leurs orphelines leur fussent payées en France tant pour les années impaires que pour les années paires et alors je pourrais veiller plus sûrement sur ce qu'on reçoit et sur ce qu'on paie pour elles en France ce qui leur éviterait la confusion ou elles sont tombées et d'où il a été d'autant plus difficile de les tirer, que M Le Normand leur a refusé de leur viser l'état que leur avoit accordé M.le Trésorier de la Marine de la Nouvelle Orleans pour constater ce qu'elles avoient reçu et ce qui leur etoit du.Je ne veux pas juger M.le Normand, mais je soupçonne par les différentes lettres que j'ay reçtles qu'il est prévenu contre ces bonnes religieuses je crains qu'il ne soit egallement contre les jésuites par le séjour qu'il a fait faire pendant six mois a M.Laurent prêtre missionnaire des Tamaroia et du haut des Illinois a la Nouvelle Orleans apparentent pour y desservir l'hôpital.Ce serait un grand malheur si la division s'alloit mettre dans cette colonie au point ou je l'ay vile.D'ailleurs en faisant descendre a la Nouvelle Orleans ARCHIVES DE QUEBEC 281 les prêtres séculiers missionnaires des Illinois et des Tamarois c'est surcharger ceux qui y restent qui ne sont qu'au nombre de deux deja fort âgés et qui au lieu de pouvoir se passer de M.Laurent auraient besoin de deux missionnaires de plus pour les secourir.Je suis avec respect Monseigneur Votre très humble et très obéissant serviteur.L'Abbé de L'islbdieu.Ce 2 Février 1746.Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (21 avbii, 1747) 21» Avril 1747 Monsieur Je ne crois pas devoir vous laisser ignorer ce qui se passe a La Rochelle au sujet des religieuses de Lisle royalle.Elles n'ont point encore touché La gratification que Le Roy leur a accordée pour Leurs entretien et subsistance.Comme je soubçonnois qu'elles a voient de la peine a se determiner a leur retour a Quebec a cause de La guerre et de la crainte des Anglois J'avais prie M.Le Loutre Missionnaire de L'acadie de Leur parler.Vous verres Monsieur par La Lettre Les dispositions ou sont actuellement ces bonnes religieuses et vous aures s'il vous plait la bonté de m'ordonner ce que vous Souhaités que je fasse au sujet et sur quel ton vous souhaites que je leur Ecrive.J'ay de La peine a imaginer pourquoy on a Laissé jusqu'à present ces bonnes religieuses sans ressource après les ordres precis que vous avés donnés a ce sujet mais je m'en tiens sur cela a ma surprise et ne porte pas plus loin mes reflexions a L'égard de M- Le Loutre et de M.Maillard Je me content de vous adresser La Lettre du premier, ce sont deux grands et saints Ecclésiastiques qui ont assés bien mérite de l'état et de la religion pour avoir part dans votre souvenir si vous trouvés occasion de leur procurer quelque petit secours qu'ils ne demandent que pour être plus en état de faire du bien.Quant aux religieuses de La Louisiane je ne sçay que leur mander sur ce qui leur etoit du L'année dernière si elles ne recouvrent rien elles auront beaucoup de peines a subsister.Ce sont pourtant de bonnes et de saintes filles qui rendent de grands services à la colonie et qu'on Continue cependant de tourmenter je pense.Monsieur que sur cela vous ne pouries mieux vous en rapporter qu'a M.de Vaudreuil dont tout Le monde se Loue dans la Colonie par le bien qu'il y fait, et par la Douceur de son gouvernement.J'attendray pour Ecrire que vous m'ayes honoré de vos ordres.Je suis avec respect Monsieur * Votre très humble et très obéissant Serviteur ce 21 avrH 1747.L'Abbé ne Lisle Dieu. 282 ARCHIVES DE QUEBEC Lettre ad président du Conseil de Marine \u2014 (12 septembre 1747) A Rouen ce 12 7b\" 1747 Monsieur Fermetés moy de vous demander ce que j'ay a faire sur différentes Lettres que J'ay reçues de La Colonie de la Nouvelle Orleans.On vient de m'en renvoyer de Paris a Rouen ou je suis actuellement pour mes propres affaires, six de la Louisiane et huit tant du provincial des Capucins de la province de Champagne que de différents religieux de cette province qui demandent a aller a La Nouvelle Orléans pour y remplacer Les Sujets qui manquent a Leur mission, tant a La Nouvelle Orleans que dans Les différents postes de cette Colonie qu'ils desservent.J'apprends même par un Religieux particulier nommé Le père f.ainé de Rainbervilliers que vous Luy avés accordé son passage et il m'écrit en consequence de Paris où il s'est rendu pour avoir son approbation et mon attache, suivant les dispositions faites par M.L'évêque de Quebec qui parlent expressément qu'il ne partira aucun missionnaire séculier n'y régulier qu'il n'ait été examiné par son vicaire générale resident pour cette effet a Paris.Je me conformeray sur cela a ce que vous me prescrives, Monsieur et d'autant plus volontiers que cette Colonie a grand besoin d'ouvriers apostoliques, mais je ne pensois pas qu'il eu pûst partir cette année La voyant trop avancée.D'ailleurs on m'écrit de La Nouvelle Orléans que Le Supérieur des Capucins que j'y ay envoyé il y a 6 ans et qui est un excellent sujet qui a retably Le bon ordre et L'Esprit apostolique dans cette mission est hors de combat, et ne peut plus être utile a cette Colonie que par son bon exemple et sa régularité ce qui prouve que cette Colonie a grand besoin de sujets.On m'ajoute qu'il a passé cette année un religieux en france pour y choisir Les sujets qui Conviendront mieux a cette maison et qu'on peut d'autant plus s'en rapporter a Luy que c'est un excellent sujet qui a beaucoup d'intelligence de sèle et de régularité, d'ailleurs L'Esprit pacifique et Conciliant vivant très bien avec les jésuites et au gré et a L'Edification de toute La Colonie dont il est aimé et respecté.Je Comptois sur cela conférer avec ce Religieux que je connois d'ailleurs en ayant eu très bonne idée dans l'Examen que j'en fis lorsque je lui donnay a paris son approbation ; mais si ce religieux part dans le courant de cette année nous n'avons guère le teins de Conférer ensemble sur Le choix des sujets qu'offre Le provincial pour remplir les postes vacants, Voila Monsieur ce qui regarde Les Capucins et sur cela vous régler es ce qui conviendra Le mieux a vos arrangements que je me suit toujours fait un devoir de suivre, et par soumission aux ordres de la Cour et par déférence personnelle pour tout ce qu'il vous a plu de me prescrire depuis 1732 que j'exerce la jurisdiction qui m'a été conférée dans la Colonie de La Louisiane et l'ay trouvée comme vous scavés Monsieur, dans un état de trouble et de fermentation très contraire au bien de L'état et de La religion et J'ose me flatter que vous avés été content des mesures de prudence et de douceur que j'ay prises pour y pacifier Les troubles et y concilier les esprits du moins vous m'avés fait l'honneur de me le dire dans Les différentes occasions qui se sont présentées n'ayant jamais rien fait sans vous demander votre attache et votre approbation, a L'égard des personnes qui ARCHIVES DE QUÉBEC 283 dans cette colonie sont revêtus de L'autorité du Roy j'ai toujours agi de concert avec eux, et outre que je le devois et que ma façon propre de penser m'y portoit je m'en suis d'autant mieux trouvé que Le peu de bien que j'ay fait dans cette Colonie n'a reussy que par eux et que par la je les ay intéressés au soutient et a La protection des missionnaires et même de la religion.Dieu répand sa benediction sur cette Colonie en vous inspirant Monsieur d'y placer Les sujets que vous y mettes.M.De Vaudreuil y fait des biens immenses, toutes Les Lettres que j'en reçois sont pleines de ses éloges et il me paroit qu'il n'y sert pas moins bien la religion que L'état; je suis pénétré de-dification en voyant Les details dans Lesquels La bonté de son cœur le fait entrer a En juger même par Les Lettres qu'il me fait L'honneur de m'ècrire il est actuellement occupé a prendre des mesures avec M.L'Eveque de Quebec pour faire venir quelques religieuses de Quebec pour secourir et Soulager Les Ursulines de la Louisiane par La difficulté ou l'on est et même L'impossibilité d'en faire passer de france dans la circonstance de la guerre.Cette pauvre Communauté est réduite a onze sujets tandis qu'il en faudrait au moins 30 pour remplir les offices et Les obediences de cette Maison et Les Mettre en état de satisfaire aux services qu'elles rendent a la (colonie) pour l'instruction tant de leurs pensionnaires que des externes, des orphelines et des négresses dont elles prennent soin aussy bien que de L'hôpital des troupes du Roy a qui elles fournissent tous Les medicaments nécessaires et donnent tous les soins qu'on exige d'elles.Sur cet article il me paroit que je les ay reconciliées et remises en bonne odeur dans l'Esprit de M.Le Normand du moins a En juger par La manière dont il m'a Ecrit a Leur sujet, et J'ay Eprouvé a cette occasion comme dans bien d'autres qu'on venoit a bout de tout par La voye de La douceur, et de la persuasion.Il me paroit par Les Lettres de M.de Vaudreuil et de M.Le Normand que ces Messieurs ont faire faire quelques petites reparations et même quelque reédifications aux bâtiments des ursulines qui en avoient Le plus de besoin ; mais suivant ce que me mandent ces bonnes et saintes filles Le surplus est encore en mauvais état.Le Surplus a ce qu'elles Espèrent viendra avec Le tems par La Libéralité du Roy et avec La mediation des bontés et de La protection que vous voudres bien Monsieur accorder a cette pauvre petite Communauté en consideration des Services qu'elles rendent a La Colonie ou elles sont et des benedictions de dieu qu'elles y attirent par La ferveur de Leurs prières.n doit vous arriver un mémoire et une Nouvelle Supplique sur La petite acquisition que cette pauvre Communauté desire faire et qui leur est absolument nécessaire pour leur aider a subsister et a mettre a profit Leur petite Economie.L'objet est de peu de consequence puisqu'il ne s'agit que de 2600' de principal.La raison qui empêcha La Cour de leur accorder La dernière année La permission de faire cette acquisition etoit qu'elles avoient des dettes, elles y ont satisfait au moyen de ce que vous Leur aves fait payer tant de Leurs pensions Echues que de celles de Leurs orphelines ainsy j'espere, Monsieur que cette année vous serés favorable a leur demande ; pour vous mettre a portée d'y faire droit avec plus de connoissance de cause j'ay prié M.de Vaudreuil et M.Le Normand de vouloir bien examiner sur Les Lieux La justice et l'utilité de leur demande pour elle, et de vous en rendre compte, en me mandant si je 284 ARCHIVES DE QUÉBEC peux vous importuner de cette nouvelle demande pour cette année il m'a paru par Leurs réponses qu'ils etoient favorables a La demande de La Communauté.Ces bonnes et Saintes filles me demandent de leur faire un Envoy de Livres francois et Latins pour Leurs classes.C'est une dépense que je ne suis pas en état de faire par moy même, mais a mon retour a Paris, je compte m'adresser a quelques personnes charitables qui voudront bien m'aider a faire Les fonds nécessaire pour Cet envoy auquel je joindray quelques petits Livres de devotion et d'instruction pour donner en prix et recompense dans Les Classes pour exciter L'émulation.Je ne vous aurois pas importuné de cet article ; mais j'ay besoin d'une facilité pour l'envoy de ces Livres et on ma dit qu'avec votre agrément je pou-vois Les mettre avec L'envoy des remèdes.J'ose espérer que vous M'accor-deres cette grace.B y a encore plusieurs autres articles que je supprime pour ne pas faire un volume de ma Lettre; ces différents articles entreront dans Les extraits que je vous feray comme a L'ordinaire des Lettres que j'ay reçues affin que vous y metties vos apostilles pour m'y conformer dans mes réponses.Je ne vous dis rien des Jésuites de La Louisiane ce sont d'excellents sujets qui se conduisent for bien dans leur mission des Binois, et des Missouris etc.Bs ont un pere de Vitry resident a La Nouvelle Orleans qui y exerces La jurisdiction de grand vicaire sur les Capucins suivant les dernières arrangements de M.L'Evêque de Quebec.C'est un esprit Liant et Conciliant qui conduit très bien Sa barque et au gré même de ceux sur qui il a autorité.Je n'ay point Encore reçue mes Lettres des Missionnaires prêtre séculiers qui sont aux Tamarois elles me viennent quelque fois par Quebec.Je prends La Liberté de rappeler Les pauvres religieuses de La Congregation de Louisbourg qui sont a La Rochelle, elles ont grand besoin de Secour pour subsister, Si la cour veut bien leur en accorder comme L'année dernière.Je suis avec respect, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.L'Abbé Du L'Ible Died.Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (12 septembre 1747) \u201e .12 7b\" 1747 Monsieur, Apres vous avoir parlé des affaires d'autruy, permetés moy par La Confiance que J'ay En vos bontés pour moy de vous parler des miennes et de ma situation présente.Je suis venu a Rouen pour y achever des reparations que j'ay commencées dès 1742 et que j'ay continuées chaque année jusqu'à celle cy que je compte finir par un dernier effort qui ira a plus de 80001 qui jointes a ce que j'ay été forcé de faire depuis 1742 font un objet de plus de 220001 de dépense que j'ay été obligé de soutenir depuis ce tems ht sur une abbaye qui va au plus a 3000 de net par an deduction des charges. ARCHIVES DE QUÉBEC 285 M\" L'Evcque de Mirepoiz m'a refusé il y a deux ans La permission de faire un emprunt sur La Caution de ma Manse a Condition d'en rembourser tous Les ans une portion jusqu'à parfait remboursement du principal; vous trouvâtes dans ce tems la, ma demande juste et me dites même que j'avois tort de La proposer Comme une grace cependant elle m'a été refusée même, sans Le titre de grace, et je me vois chargé d'une dépense considerable que je n'ay pu éviter sans laisser dépérir un Benefice qui seroit devenu a Rien et comme La plus part de ceux qui vacquent tous les jours et dont se plaint M.L'Eveque de Mirepoix.Je ne demande pas de recompense pour avoir fait ce que j'ay cru devoir faire en Conscience : mais seroit il possible Monsieur que avec une protection telle que la vostre M.L'Eveque de Mirepoix voulut Laisser sans pain un Ecclésiastique qui sert l'Eglise en qualité de grand vicaire depuis 1732 et sous vos yeux, Monsieur dont le témoignage ne peut pas être suspect, et D'ailleurs doit être pour le moins aussy respectable que ceux sur lesquels MBr L'Eveque de Mirepoix, S'est déterminé depuis qu'il est en place a recompenser les grands vicaires qui travaillent dans L'intérieur du Royaume et a qui il donne pour L'ordinaire 1600' de pension qui sont réduites a 12001 par La retenue du quart pour La participation et contribution aux charges.C'est a cette grace Monsieur que je croirois pouvoir prétendre ai vous vou* lés bien m'honorer de vostre protection.Sans quoy il m'est impossible de rester a Paris et de continuer mes soins pour Les colonies dont je suis chargé; jusqu'à present j'ay soutenu comme J'ay pu en mettant par part Le peu de Livres que y a vois : mais dans ma position présente et la détresse ou je me trouve Mon sort est entre vos mains, et j'ay Cru pouvoir recourir a votre protection et vous supplier de me dire si je puis en espérer L'effet ; cela me mettra en Etat de continuer mes soins aux Colonies dont je suis chargé et de vous prouver par mon zèle et le respect avec Lequel je suis et seray toute ma vie Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.L'Abbé ni L'islxs Dieu.A Rouen ce 12 7D\" 1747.Lettre au prébioœnt po Conseil du Marine \u2014 (16 octobre 1747) Le 16 8b\" 1747 Monsieur, Je viens de recevoir dans Le moment a Rouen ou je suis Encore votre Lettre du 27 7b\" dont vous m'aves honoré et qui m'y a été renvoyée.Je suis trop pénétré de reconnaissance et trop touché de La bonté que vous avés de vouloir parler Encore une fois a M.L'ancien Evêque de Mirepoix En ma faveur pour ne pas vous en remercier, et vous supplier de me Continuer votre protection, et vos bona offices auprès de ce prélat.Ayant L'honneur 286 ARCHIVES DE QUÉBEC d'etre connu de vous Monsieur par Les petits Services que J'ay pu rendre aux Colonies dont je suis chargé depuis près de 16 ans, en qualité de vicaire general et m'ayant toujours paru content de La manière dont je m'y suis comporté, personne n'est plus en état de M'obtenir Le petit secour dont j'ay besoin pour subsister, et continuer mes services et mes soins tant qu'ils vous seront agréables, et a M.L'Evêque de Quebec; mais sans cela il ne m'est plus possible de me soutenir et en voicy La preuve portée jusqu'à la demonstration.J'ay un benefice de 30001 dont la moytié consiste en maisons dans Rouen, et en maisons qui avoient été données a Canon, et Bail Emphytéotique par mes religieux il y a plus de cent ans, et avant La Commande L'emphyteose a fini en 1730 et L'emphyteote est mort solvable, et a Laissé Les susdites Maisons dans un état de dépérissement total, et C'est dans cet état que je les ay trouvées.Je Les ay soutenues en Les reparant Les mieux qu'il m'a été possible jusqu'en 1742 qu'il m'a Eté indispensable de Les reedifier ne pouvant plus Les Louer; par La je me suis trouvé Mon Benefice réduit a 1600' et c'est avec ce revenu que j'ay entrepris de reedifier ces maisons qui me coûtent actuellement 22000' y Compris 7000' que je viens d'y dépenser Cette Année en reparations et re-edifications qui vont finir dans ce mois cy ; mais qui mettront, au plus a pasque prochain en état de Louer ces maisons qui mettront ce benefice au niveau du même revenue dont il étoit.auparavant ; mais je n'en seray pas plus riche pub qu'il faudra abandonner Le revenu total d'icy a 7 a 8 ans pour satisfaire Les ouvriers et cela est aisé a Comprendre ; on ne peut pas faire pour 220001 de reedifications en six ans avec 15001 et jé a moins actuellement 13000', Si je n'avois pas vendu pour y suppléer tous Les petits effets que je pouvois avoir et La plus grande partye de mes Livres qui faisoicnt toute ma Consolation il me reste encore a payer près de 10000' pour Lesquelles j'ay délégué Les revenus de la totalité de mon revenu, toute ma peine C'est qu'ayant 60 ans je crains de mourir insolvable, et c'est ce qui me réduit a demander une pension en consideration de mes Services et la Situation forcée, et inévitable ou je me trouve.M.L'ancien Eveque de Mirepoix se plaint tous Les jours que Les Bénéficiera Laissent dépérir Leurs Benefices et qu'ils Meurent insolvables, au moins faudrait il prêter La main a ceux qui ont bonne volonté et qui S'exécutent au point ou je l'ay fait, surtout étant vicaire général des Colonies de L'Amérique depuis 16 ans, et n'ayant jamais rien demandé qu'a La dure et extreme nécessité, mon benefice me doit Son rétablissement et s'il etoit tombé entre Les mains de toute autre j'oserais presque dire qu'il n'en serait plus Mention au lieu que Le voila reedifié pour 100 ans.Si vous avés La bonté de me Continuer votre protection je vous supplie de faire valloir Les raisons que j'ay pris La Liberté de vous exposer, et de me permettre de vous renouveler Les assurances de L'attachement inviolable et du respect avec lequel je suis.Monsieur, etc.i etc.L'Abbé de L'Isle Dieu.A Rouen ce 16 8b\" 1747. ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 287 Monsieur j J'ay L'honneur de vous adresser L'extrait des Lettres que j'ay reçues par les derniers vaisseaux tant de Quebec et de Montreal que de la Nouvelle Orleans.Celle de M.L'Eveque de Quebec du 8 Octobre dernier ne contient presque rien qui mérite d'etre extrait.B me parle seulement de la disette ou il est de prêtres dans son seminaire(l) ou il voudrait au moins Cinq de plus pour remplir les postes vaquants et fournir a la desserte de la paroisse principalle dont le Séminaire est chargée.B se plaint qu'il est sans grand vicaires et presque sans officiai et sans secretaire(2) le premier de ces deux derniers étant sourd et le second infirme.B me dit un mot de ce qui s'est passé à la Nouvelle Orléans entre M.le Normant(3) et les ursulines, il paroit craindre que je ne vous en aye pas informe Monsieur a en juger pas une de vos Lettres.B finit La Sienne par annoncer un grand mémoire et une procuration de la part de l'hôpital de Montréal pour gérer Les affaires en france je va vous rendre compte de l'un et de l'autre, Monsieur peut-être M.de Beauharnois vous en a-t-il déjà parlé.Lettre de La Supérieure de l'Hôpital de Montreal du 17 8D\" 1747 Vous êtes sans doute informé Monsieur que l'hôpital de Montreal Etabli par Lettres patentes du Roy des le mois d'avril 1694 a été gouverné jusqu'au 14 octobre dernier par des frères hospitaliers nommés les frères Charon qui des le 9 8b\" 1745 avoient présenté Leur Requête pour être déchargés du d.hôpital, a raison de la modicité de leur nombre et de leur Infirmité.En consequence et depuis c'est a dire le 14 octobre dernier il a été rendu au Conseil Souverain de Québec, une ordonnance qui vû la demission des frères hospitaliers a nommer par provision' la Dame D'youville veuve d'un ancien officier qui depuis la mort de son mary S'est apparemment retirée dans une Communauté Séculière pour avoir soin du d.hôpital de Montreal avec Ses Compagnes.Et a en gérer et administerer les revenus, suivant et en la ma- (1) Le séminaire des mission, étrangères y envoyé deux prêtres dont l'on est destine pour 1» cure de Quebec.(3) C'est a lay d'y pouvoir comme il lo jugera a propos.(S) Je a'ai pu qu'approuver les compte* quo M.Le Normant m'a rendu de ce qui «'est, passe touf arrangement qu'il a fait estant dans la réglée et nécessaire» pour le service de la hôpital de la Nouvelle Orleans qui se iaiioit sans aucune sorte d'ordre.(2 mars 1748) 288 ARCHIVES DE QUEBEC niere qui luy est prescrite par l'ordonnance du Conseil Souverain de Quebec dont j'ay l'honneur de vous envoyer une Expedition en datte du 14 octobre dernier en suitte de laquelle est une procuration de même datte a moy adressé a l'effet de révoquer le porteur de-procuration du sus d.hôpital de Montreal, de luy faire rendre Son Compte vuider ses mains et traiter et transiger comme bon me semblera avec les créanciers du sus d.hôpital, qui ont saisis une rente de 800' a luy appartenante sur L'hotel de Ville de Paris.Voila Monsieur a peu près le résultat de 1a lettre de la Supérieure de l'hôpital de Montreal quoi quelle contiene huit pages de fort grand papier.Le premier objet de cette lettre est de me demander de sollicitter et d'obtenir de la Cour la confirmation de la nommination par provision de la Supérieure(l) de l'hôpital de Montreal.Je crois mon Ministère remply simplement en vous le proposant Monsieur.Le Second objet de la lettre Exige de moy, des Soins et un travail plus Etendus, et dont mes affaires et ma Santé ne me permettent guère de me Charger(2) suivant que j'ay eû L'honneur de vous le représenter la dernière fois.Je crois que mon Zèle et mon dévouement pour tout le bien qui se présente a faire vous sont connus mais il y a des positions ou il est prudent de Scavoir Enrayer, et assurément ce n'est pas Mauvaise volonté de ma part.Le travail qu'on me propose est immense par l'embrouillement et le Cahos ou sont les affaires de l'hôpital de Montreal, en ce pays cy, je connois l'homme a qui il s'agit défaire rendre compte, depuis douze ou quinze ans même depuis Seize que je suis vicaire general du Canada.Ce n'est pas besogne aisée, a en juger par les différentes Conversations que j'ay eu avec luy.D'ailleurs C'est un homme tombé en paralisie, chés qui il faut aller travailler pour en tirer les titres et papiers et il n'y a pas de terns a perdre.B faudra peut être y aller autorité et que la votre intervienne comme protection de l'hôpital de Montreal.B est question d'une lieitation de créance et d'une defalquation de ce que chaque créancier a Touché, ou sur les principaux ou sur les Interests, cet ouvrage demande du tems et de la suitte et plus de Santé que je n'en ay ainsi J'ecriray sur ce ton la a M.l'Evêque de Quebec étala nouvelle Supérieure de Montreal et si vous avés la bonté Monsieur de me renvoyer sa procuration je La remettray a qui elle m'indiquera.A l'Egard des Lettres de la Louisiane comme Elles sont en grand nombre et assés chargé d'articles a Extraires je prends le party de les remettre pour quelques jours d'icy (3) d'autant plus que les miennes pour la Nouvelle Orleans, ,'M > \"\"'¦sèment a ejté approuvé comme proviaionne et en attendant qu'on » puiue prendre ¦a deuiuitif 1ST Lequel j MM a It.L'Evêque et a Ha.de la Galinoniere et Hocquart.(2) Celt a you, de »oir aï rou, pouvé» vou, en charger, an ai Ton» M trouveric, pat quelqu'un qui f*t an eitre chargé en Sûreté.(3) Vont avéa le tempe. ne partiront qu'avec M.Michel qui va a ce qu'on m'a dit remplacer M.Le Normant a moins que vous n'ayes la bonté Monsieur de m'indiquer une voye plus prochaine.Ce qui me determine encore a rester a L'extrait des Lettres de Quebec et de Montreal, c'est que je suis obligé de faire les miennes pour cette Colonie pour Mardy prochain que doit partir une de M' Les directeurs du Séminaire des missions Etrangères, avec un autre Eclesiastique pour y arranger pendant quelques tems le Séminaire de Quebec, y nommer un Supérieur y placer chaque sujet dans le poste qu'il peut remplir, et y mettre tout dans l'ordre ou il doit être Dieu veuille que ce soit sans bruit et sans atiercationÇl), vis a vis du Seigneur Eveque qui est un homme ferme, mais grace a Dieu je ne seray n'y témoin n'y agens pour rien dans ce qui se passera je connois les viles de M* les supérieur et Directeurs de cette maison cy, qui sont très bonnes \"et très pacifiques ; mais je redoute Le Heum et le Tumur frigidum J*attendray vos ordres pour faire mes réponses Monsieur, ne voulant rien repondre de moy Même.Je suis avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.L'Abbé De L'iblh Dieu.A Paris ce 2 Mars 1748.Lettre au président du Conseil d* Marine \u2014 (0 septembre 1748) De Paris ce 6 7b\" 1748 Monsieur, Vous avés paru souhaiter que je vous rendisse compte par écrit de l'Examen que j'ay fait de celuy que présente Le Sr De la Marche, de l'administration qu'il a eu des revenues de l'hôpital de Montreal pour m'autoriser a le recevoir et a L'arrêter en recette et dépense.Je joins icy les observations que j'y ay faittes et sur lesquelles j'attends vos ordres en vous suppliant de me renvoyer Les susdittes observations.J'ay cru Egallement devoir remettre sous vos yeux, Monsieur, L'Extrait d'un mémoire qui vous à été présenté il y a quelques années sur l'Etat actif et passif de l'hôpital de Montreal par le Sr de la Marche.Vous y verres, Monsieur L'origine des 7861 1756 de rentes perpétuelles que L'hôpital de Montreal à sur L'hôtel de Ville de Paris et qui composent Le Seul Revenu que cet hôpital ait en france.J'ay fait Les Extraits des differens contrats qui forment la premiere dotation de l'hôpital De Montreal.(1) Il faut l'cipenr. 290 ARCHIVES DE QUÉBEC B y auroit bien des observations a faire sur cela.La premiere qui se présente est que ces fonds ont été donnés aux pauvres et non personnellement aux frères hopitaliers qui n'en étoient que les administrateurs, sous l'inspection et L'autorité de M.L'Evêque de Quebec, de M\" Le gouverneur et des autres personnes qui composent Le Conseil Souverain de Cette Colonie.Sur ce principe, il me paroltroit que le frère turc, dit chrétien n'a pû engager les fonds de cet hôpital et les rendre passibles de ces dettes personnelles contractées sur tout pour des Entreprises folles et Extravagantes qui n'avoient aucun trait au bien personnel de l'hôpital dé Montreal.Vous voyés Cependant, Monsieur, quelles en ont été les suittes et les frais immenses qui résultent des poursuittes faittes a cet Egard qu'on auroit pû parer par un arrêt d'Evocation et d'attribution, qui auroit Epargné bien des frais judiciaires.J'auroia un second petit mémoire a vous presenter, Monsieur, sur les dispositions a faire pour L'isle Royalle et L'Acadie, mais cela viendra dans son terns; j'aurois Seulement besoin pour le moment present de deux nouvelles cartes de L'isle Royalle et de l'Acadie, qu'on m'a dit que l'on ne delivroit point sans ordre.Si vous jugés a propos qu'on me les deliyre pour les petites opérations que j'aurois a faire sur les differens postes occupés par les missionnaires ; J'attends sur cela vos ordres Et Suis avec Respect, Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé Du L'isle Dieu.Reflexions Sub Lb Compte présenté Pab M' De La Marche, Au Sujet de la Recette Et Dépense par luy faittes four L'hôpital de Montréal Le Recette parott Régulière dans toutes ses parties R faut la passer.Far rapport a la Dépense, quoy qu'on ne soit pas dans le dessein de former de Contestation, il est Cependant des objets sur lesquels on ne peut garder le silence et qu'il n'est pas possible de passer dans L'Etat qu'on les présente.Tels sont les appointemens a raison de cinquante Livres par an.Les voyages de Versailles.Les frais de carosses, et Dépenses extraordinaires pour lesquelles on demande Deux cent cinquante Livres, Les placets qu'on dit avoir fait dresser, ports de lettres etc.R est encore nombre d'autres articles qui peuvent être susceptibles de biens des reflexions sur les payemens que M.De la Marche a faits.On ne dit pas a cette Egard qu'il n'a pas payé, mais on observe qu'il l'a fait un peu trop Légèrement et qu'il n'a pas pris touttes les precautions que la prudence devait luy Suggérer.Ainsy les reflexions qu'on se propose de faire sur le Compte de M de la Marche Se réduiront a deux objects principaux 1° Sur les Vacations peines et soins que Mr De La Marche prétend luy être dus, C'est a dire, la Dépense qui luy est personnelle 2° Sur quelques payemens qu'il a faits ARCHIVES DE QUÉBEC 291 premier objet Peines, soins et vaccations extraordinaires.Est-il dû a M.De La Marche une recompense pour les peines et soins qu'il s'est donnés?d'un coté on ne voit rien qui puisse faire présumer c'est peines et soins ; et d'un autre côté, que cette recompense soit due.On croit qu'il n'y a que des motifs de charité et de bonne volonté qui l'on engagé a faire les demarches dont il veut ajour-d'huy se faire payer.S'il étoit due une Recompense, serait il le maître de la fixer a cinquante livres par an ?Et si on luy accordoit cette somme, pouroit-il encore Exiger des vacations extraordinaires qu'il fait monter par les trois derniers articles de son mémoire a une somme de trois cent soixante Livres.C'est ce qu'on ne pense pas, avec d'autant plus de raison qu'il demande des frais de recette qu'on luy passe ; en L'assimilant a un receveur à la ville, il ne pouroit espérer que les droits de recette et rien de plus ; ce qui excède doit donc être rayé de la dépense cela fait une difference de plus de mille Livres.Les peines et soins prétendus par M' De La Marche renferment bien d'autres objets, on les trouve designés dans nombre d'articles différents sous le nom d'appointemens, de \u2014 frais de recette carosses, voyages de Versailles, ports de lettres.On y joint encore des droits assés considerables, pour avoir fait dresser desmémoires, placets, en avoir fait faire des coppiès.Il faut convenir pour peu qu'on fasse reflexion à la modicité des revenus de l'hôpital De Montreal et a Sa triste Situation, que la Dépense que M.De la Marche veut exiger est exorbitante et quelle peut être susceptible si non d'une radiation totalle du moins d'une reduction considerable.second objet Payemens faits par Mr De La Marche.On ne considère dans ces paye-mens que ceux qui ne sont pas réguliers.Il y en a qui ont été faits a quelques créanciers dont on ne rapporte point de quittances ou du moins dont celles qu'on rapporte ne sont point signées de ceux qui paroissent les avoir données.Dans la Règle ces quittances ne peuvent passer par ce que ceux qui devroient les donner, ou du moins ceux qui pourroient les représenter dans la suitte, seroient en état d'en exiger une seconde fois le montant.B y a d'autres quittances que M.De La Marche rapporte régulières a la vérité en la forme, mais dont le montant ne doit pas passer en Dépense parce qu'il n'a pas été autorisé a le payer et qu'il n'a pas dû le faire.M.De La Marche porte en Dépense sur l'article 45 une somme decent soixante deux livres quinze sols qu'il a payés au procureur des créanciers du frère Chretien.B y a en tête de la quittance«de cette somme un mémoire des frais fait par ces créanciers dans lequel on trouve deux articles, l'un de cinquante livres pour un Extrait et dépouillement des procedures et acts concernant la liquidation des dettes contractées par le frère Chretien, Et l'autre de vingt livres pour un Etat des créances contractées a leur promt.On sent qu'une pareille Dépense consistante uniquement en faux frais, ne devoit point regarder les frères hospitaliers, qu'on ne pouvoit dans la règle leur en demander le payement et qu'elle étoit a la charge de ces créanciers qui avoient sans doute fait faire ces Extraits pour leur utilité particulière, et pour la Liquidation de leurs droits.B en est de même de plusieurs articles du mémoire du Sieur 292 ARCHIVES DE QUÉBEC Gendron compris dans ce même article 45 qui n'etoient à la charge des frères hospitaliers et que M.De la Marche ne devoit par conséquent pas payer.Tels sont L'article de soixante dix huit livres pour une procuration envoyée a Quebec, ceux des ports de lettres honoraires d'avocats qui excédent le Règlement Et un autre de Vingt sept Livres pour différons payemens que M.Gendron suppose avoir fait, sans les énoncer n'y les détailler.On trouve aussy dans ce compte des Envois de marchandises et Effets que M' De La Marche prétend avoir faits aux frères hospitaliers et qu'il fait monter à plus de deux cent Livres.B parott bien par une Lettre rapportée, que M.De La Marche a été chargé d'achepter ces effets, mais rien ne prouve qu'il les à envoyés aux frères hospitaliers et qu'ils les ont réelement reçus.Enfin B y à encore nombre d'autres articles aussy irreguliers que ceux dont on vient de parler, il seroit trop long de les détailler.Ceux qu'on vient de rapportés paroissent assés importans pour ne pas permettre au fondé de procuration de personnes qui administrent actuellement Les revenus de L'hôpital de Montréal d'arrêter Le Compte de M' De la Marche dans l'Etat qu'il le présente, en ce faisant, ce seroit S'exposer a la même critique que celle qu'il vient de faire sur le Compte dont il s'agit, à moins que d'y être autorisé par une Puissance Supérieure.Par l'opération du Compte présenté par le Sieur De la Marche et la Balance de La Recette et de La Dépense.La Recette monta a.8615» 19\" 6* La Dépense a.8497 9 6 Partant la Recette Excède la Dépense de .-.155 10 0 Mais il est a observer que lorsque le S' De La Marche a propose de dresser et de presenter son compte, il a déclaré qu'il avoit Employé 5001 a L'acquisition d'un Billet de lotterie Royalle au profit de l'hôpital de Montréal, dans L'Espérance que S'il en provenoit une prune ou un Lot Cela aideroit a en acquitter les dettes.Le d'Sr De La Marche à offert de plus de remettre le Sus d.Billet de lotterie comme provenant des fonds de La Caisse; aujourd'huy il n'en est plus question, parce qu'il ne se trouve devoir Suivant son compte présenté que 155\" 10* au lieu que si on laissait en souffrance une partie des articles de la Dépense, ou même qu'on la rejetta et qu'on refusa de l'allouée, comme on y paroitroit fondé, B seroit obligé de rapporter a la Caisse non seulement Le Billet de lotterie mais en sus plus que les 1551 10', dont il dit que sa recette excède sa dépense.Et c'est sur cet article qu'il n'est pas moins nécessaire d'avoir des ordres Supérieurs, que sur ceux des observations précédentes.Lettre au président, du Conseil de Marine \u2014 (18 octobre 1748) 18 8b\" 1748 Monsieur, Le S' de la Marche qui recevoit les revenus de l'hôpital de Montreal En France est mort a ce que j'appris hier.B s'agit forcément de retirer les contrats qui luy avoient été confiés. ARCHIVES DE QUÉBEC 293 Les créanciers pourraient bien s'opposer a le délivrance des titres qui appartiennent a L'hôpital de Montreal.A L'Egard du Recours sur la succession du S' de La Marche pour ce qu'il peut devoir, la ressource sera faible, et je regarde le Billet de lotterie, dont j'ay eu l'honneur de vous parler comme perdu et les observations que j'avois faites sur son Compte comme inutiles, mon dessein est cependant de demander Communication de L'Inventaire qui a dû être fait en formant mon opposition pour la seureté des titres et papiers qui concernent L'hôpital De Montreal.Je prends ce party d'autant plus volontiers que je le crois forcé et J'espere que vous ne le désapprouverés pas.Je suis avec respect etc, etc, etc, L'Abbé de L'ible Dieu.A Paris ce 18 8b\" 1748.Lettre au ministre Rouillé \u2014 (1er avril 1750) Monsieur, Je n'aurais osé vous importuner davantage depuis que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire que vous me feriez avertir de me rendre a Versailles lorsque vous auriez quelque chose à me dire sur les différentes colonies du Canada.Mais, je me trouve forcé d'y revenir pour vous faire souvenir que j'ai pris la liberté de vous demander le passage pour deux ecclésiastiques que me demande M\" l'Evêque de Québec.L'un s'appelle M.de Thyersant, diacre du diocèse de Québec, qui a fait ses études à Paris, et que j'ai fait ordonner par ordre de MBr l'Evêque de Québec qui le rappelle pour l'ordonner prêtre, et s'en servir dans la disette où il est d'ecclésiastiques.L'autre se nomme M.Le Guerne, du diocèse de Quimper, que M8r l'Evêque de Québec a demandé à M\" l'Evêque de Quimper par le zèle et les talents qu'il lui connaît et le besoin qu'il a de bons sujets pour la partie de Québec, des Trois-Rivières et des Sauvages de cette Colonie.Je m'étais flatté, Monsieur, que vous voudriez bien m'accorder le passage pour ces deux ecclésiastiques.Cependant je commence à en être inquiet, surtout n'entendant parler de rien, et voyant une lettre de vous entre les mains de M.le Supérieur des Missions Etrangères, par laquelle vous lui accordez le passage pour deux jeunes ecclésiastiques nommés MM.Manac et Pelé qu'il envoie à Son Séminaire de Québec.Vous avez de plus accordé la même facilité à deux Récollets de la Province de Paris qui doivent passer sur le premier vaisseau qui partira de Brest.J'ai cru, Monsieur, que sans m'opposer à la grâce que vous accordez a M.le Supérieur des Missions Etrangères et aux Récollets de la Province de Paris, vous trouveriez bien que j'eusse l'honneur de vous représenter le besoin où est M*7 l'Evêque de Québec de prêtres.Après quoi je resterai tranquille ayant satisfait a ce que ce prélat exige de moi. 294 ARCHIVES DE QUÉBEC Je pourrais même vous ajouter que je me trouverais dans un embarras d'autant plus grand, si M.Le Guerne ne partait pas par les premiers vaisseaux que pour le conserver a Mcr l'Evêque de Québec je paie sa pension dans la maison où il est depuis le 1** juillet 1749, ce qui fait actuellement neuf mois d'échus, et ce qui m'obligerait de le renvoyer dans son diocèse et d'en priver M** l'Evêque de Québec, s'il ne partait pas, ne me trouvant pas en état de satisfaire plus longtemps à cette dépense qui d'ailleurs deviendrait inutile pour le diocèse.Je vois par votre lettre que les personnes à qui vous avez accordé le passage doivent être rendues à Brest avant le 20, et qu'il n'y a pas de temps à perdre.Ainsi, j'espère que vous voudrez bien m'honorer d'un mot de réponse.A l'égard des autres détails qui regardent le diocèse et dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer des extraits ce sera pour le temps qu'il vous plaira et j'attendrai vos ordres.Je ne suis chargé que de représenter non pas de faire réussir les demandes qu'on me charge de faire.D'ailleurs depuis bientôt vingt ans que je suis chargé des lettres de Vicaire général de M** l'Evêque de Québec, j'ai toujours eu attention'de prendre l'esprit de la Cour et de faire entendre aux missionnaires des différentes colonies de la Nouvelle-France qu'ils ne devaient rien entreprendre que de concert avec le ministère et les personnes qui sur les lieux sont revêtues de l'autorité du Roi.Dans la disposition où se trouvent actuellement l'Acadie et une grande partie de l'Ile Royale, cette règle de prudence est plus à observer que jamais, et c'était précisément ce qui m'avait fait souhaiter de pouvoir me présenter à une de vos audiences pour prendre sur cela votre esprit èt vos vues autant que vous auriez jugé a propos de me les communiquer.J'attends votre réponse, vos ordres et suis avec respect, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur, L'abbé de L'isledieo, Vicaire général de Québec.Lettre a M\"' de Pontbriand \u2014 (4 avril 1750) de Paris ce 4 av.Monseigneur, Je ne suis pas embarassé de trouver r.pour cette la commencer.lettre, mais je le suis Je vous envoyé enfin M.le Guerne .vendredy 10 de prêtre que M™ les supérieur et Paris avec un second ARCHIVES DE QUEBEC 295 directeurs de.maison envoyent a votre séminaire de Quebec, pour se rendre l'un et l'autre a Brest ou ils doivent s'embarquer.Le premier n'est que clerc tonsuré, comme j'ay eu l'honneur de vous le dire, lorsque j'ay eu celuy de vous le proposer, c'est un excellent sujet qui a de la santé, une bonne vocation, du zele, plus d'esprit qu'il n'est façonné; il a même des talents et c'est un des meilleurs qu'il y ait icy parmi ceux qu'on disposoient aux missions de chine, et je ne conçois pas pourquoy M.l'Evêque de Quimper a refusé les demissoires et l'exeat qu'il luy accorde a votr.e seulle considération Monseigneur, surtout après les bons témoignages qu'on luy a rendus, tant a la communauté du S( Esprit qu'en cette maison, du côté des mœurs, de la pieté, du gout pour l'étude, pour le travail, d'une douceur et d'une docilité a l'épreuve de tout ; je sub persuadé Monseigneur que vous en serés content et qu'il se dévouera a tout ce a quoy vous le destinerés, et je serob bien fâché qu'il en fut.que de me dépenser de 30 à 35 .le sub approprié pour vous le.entretient (car il étoit tout nud).pour sa pension que j'ay payée.dans cette maison; mab vous ne devés .quiétude Monseigneur, il n'y a aucune.faire pubque j'ay tiré cette dépense.de partie, de la générosité des personnes de.aydé a faire cette bonne œuvre.M' D.compagnon de voyage de M.Le Guerne est aussy un excellent sujet, plain de zèle et de pieté, je laisse au surplus a M\" les supérieur et Directeurs de cette mabon qui vous l'envoient a vous en faire l'éloge, et je pense que leur choix en est un.Vous trouvères cy joint Monseigneur, une lettre de M.l'Evêque de Quimper qui contient, selon les apparences, l'exeat et les demissoires de M.Le Guerne, du moins il me le mande dans celle qu'il m'écrit.M.Du Thiersant doit passer aussy sur le même vaisseau il s'y est enfin déterminé, il est jeune, il a plus de monde que les deux premiers, mab je souhaite qu'il en prenne l'esprit et le caractère.J'ay rendu compte à la Cour des différents articles contenus dans vos lettres, Monseigneur, mab comme je fab ce travail par forme d'extraits en deux marges,, les réponses qu'on a mbes vb a vb de chaque article sont si vagues et si peu conséquentes qu'il est difficile d'en tirer quelque chose de clair et de satisfaisant, par bonheur M.Rouillé m'a fait réponse qu'il me donneroit une audience et un travail mab je ne scay si j'en tirerai.particulière et de vive voix ; que j'ay.suivre l'ordre de mes extraits pour.ce qui m'a été repondu.1° sur le besoin qu'ont les religieuses.nouvelle Orleans qu'on leur envoyé des sujets d.cour est toujours dans l'idée que vous en pouvés.ebec et des trois Rivières, et la réponse a été qu'on dev.écrire cependant il en doit partir deux cet an.nsy je crob que vous pouvés tenir bon Monseigneur.tout dans l'impossibilité ou vous me paroisses être d.des sujets qui vous sont nécessaires.2° Sur l'article de l'acquisition que les Ursulines demandent a faire depub si longtems, il ma été repondu qu'il y avoit longtems qu'elles faboient cette demande, mab qu'on ne pouvoit prendre aucun party sur cela qu'après qu'on ARCHIVES DE QUÉBEC auroit reçu les éclaircissements qu'on avoit demandé dans la colonie et on m'a mandé de ce pays la qu'il y avoit ordre de faire arpenter toutes les terres de cette colonie qui peuvent être cultivées et même d'en lever un plan général 3° Sur l'article des plaintes que vous faîtes Monseigneur, aussy bien que les missionnaires de la Louisianne, des troubles que cause parmy les sauvages de cette colonie la traite d'eau de vie qu'on y fait, il ma été repondu que les plaintes sur cette traite d'eau de vie aux sauvages étoit ancienne, mais que de tout tems il a été reconnu qu'on ne pouvoit que prendre des mesures pour empêcher les abus de cette traite dont la suppression pourroit être très dangereuse a tous égards.4° Sur la demande que jay faite de livrer pour les Ursulines de cette colonie, il m'a été repondu (contre la connoissance.aire et moy aussy, Monseigneur).age que le Roy fit cette dépense.circonstances n'étoient pas favorables;.nouveau système.5e .commis protestans, il ma été dit qu'on.donner.res convenables sur cette representation a M.1.general et a M.l'intendant de la colonie.6° Sur la.du chapitre de Québec, voicy la réponse.c'est un.ement qui n'est pas sans beaucoup de difficultés,.rra ce qui pourra se faire a ce sujet.Lorsque j'en ay parlé a M.l'Evêque de Mirepoix, il ne ma pas paru disposé a recevoir cette demission, surtout lorsqull a vu qu'il se trouverait chargé de solliciter et d'obtenir la pension, et je ne pense pas que cette demission puisse avoir lieu, non seullement a cause de la difficulté de la pension, mais par report aux inconvénients qui en naitroient, et que j'ay l'honneur de vous déduire ailleurs.7° Sur l'article de la réunion de l'hôpital de Montréal a celuy de Québec, la réponse comme toutes les autres est 'des plus vagues et n'a rien de positive, la voici.on examinera sur cela quelles sont les dispositions plus convenables a faire par raport a cet hôpital lorsqu'on travaillera sur les affaires du Canada.Je puis vous assurer Monseigneur, pendant que je suis sur cette réunion, que je nay rien obmis pour en démontrer, non seulement l'inutilité et le danger qui en résulterait pour l'hôpital de Québec, mais l'impossibilité de la consommer par les dispositions de l'établissement de l'hôpital de Montreal, et celle de sa premiere dotation.Le danger parce que l'hôpital de Montréal doit actuellement sur le pavé de Paru suivant.que je vous ay envoyé l'année dernière, et pour le.197761 11», 3d dont l'hôpital de Qué- hec se.-.ssible et redevable, s'il acceptoit la réunion, .créanciers ne fait quattendre quelle soit consomm- .cer ses créance a l'hôpital de Québec.L'impossibilité, parce qu'on peut bien.nom de l'ho- ¦ pital de Montréal a celuy de Québec,.mais les fonds qui par la fondation même sont.au séminaire de Montréal Jay ajouté a ces representations que si on vouloit laisser subsister l'hôpital de Montréal et confirmer la commission donnée a la Dame D'You ville de la Gemeraye et a ses compagnes dont le gouvernement a été reconnu pour bon, une personne de pieté donnerait de quoy traiter avec les créanciers, finir avec eux, ARCHIVES DE QUÉBEC 297 et délivrer pax U les 780', 17\", e' que l'hôpital de Montréal a sur l'hôtel de Ville de Paris.Jay enfin fini suivant vos ordres Monseigneur, et par les voyes judiciaires, avec la veuve de la Marche, qui ayant renoncé a la succession de son mary, ma servy d'une fin de non recevoir, mis et hors d'etat d'en tirer autre chose qu'un billet de la loterie Royale de 5001 de principal, sur lequel il a fallu luy rendre 1001 quelle a affirmé que son mary avoit fourni de ses deniers comme vous le verres par un écrit cy joint, qui vous rendra compte de la procedure qui a été suivie contre elle, je compte qu'on a perdu avec elle 10001 au moins, mais comme vous a vies ordonné qu'on finit avec elle, et que d'ailleurs elle pou voit faire son profif^ikbillet de loterie qui se trafique sur la place.'\".7v.au porteur.Je suis.A.billet, sur le récépissé que j'an ay donné aux ./.ancien.Ce billet n'est point sorty dans le.ny dans celuy de 1750, il a produit la premiere 20' pour la.20'.B est./.dernier 3 années des 786' 17* 6d.23601 12\", *A.j>f.23601 12» 6.2400» 12' 0.De ces trois années j'en ay déjà fait recevoir deux et dès que j'auray reçu la troisième (les frais de palais prélevés et qui ne seront pas considérables, parce que le procureur qui est de mes amis n'a rien voulu prendre) je feray une distribution aux créanciers sur les 107761, 11*, 3d qui leur sont actuellement dus, mais si le Cour avoit voulu confirmer la commission de la D* You ville, la somme de 2400', 12', 6d jointe a ce qu'on est prest de me remettre pour finir avec les créanciers, m'auroit donné bien plus de facilité, au lieu qu'ils n'en seront pas moins difficiles a traiter, lorsqu'ils auront la susd.somme de 24001, 12*, 6d.Je souhaite Monseigneur que vous soyés content de mes opérations a ce sujets, je l'espère d'autant plus volontiers que je n'ay pu mieux faire, et que d'ailleurs je n'ay agis que sur vos ordres et sur ceux de M.le comte de Maurepas pendant qu'il etoit en place.J'oubliois de vous dire Monseigneur que la raison pour laquelle je n'ay pas encore fait recevoir la dernière année des rentes sur la Ville dhui au mois de j** quoy que nous soyons au mois d'avril et qu'il faut attendre la lettre de l'hôpital de Montréal qui est.B ne me reste plus, Monseigneur.rendre compte des deux colonies, de la Louisianne.Royale, pour y procéder par ordre, je commence.l'honneur de vous dire que je n'ay reçu cette ann.uvelle de M\" les prêtres séculiers qui.et dont M.Mercier est Grand Vicai.leur pauvre mission bien agitée et bien.par la traite d'eau de vie qu'on y fait aux sauvages, du moins M.Mercier me le mandoit par sa dernière lettre, mais vous scavés Monseigneur ce qu'on m'a répondu à la Cour sur cela.Le supérieur des Jésuites me mande par sa lettre du 20 7br* 1740 qu'il y a cinq jésuites dans les différents postes des Illinois, deux aux Tohaktas et deux qui resident à la nouvelle Orleans, le premier en qualité de supérieur èt de Grand vicaire, et le second en qualité d'aumonier de l'hôpital des troupes du Roy.20 298 ARCHIVES DE QUÉBEC La mission des Tchaktas a souffert au point que les deux missionnaires ont été obligés d'abbandonner leur poste, cette nation étant entièrement révoltée, et la cour m'a répondu a ce sujet que si les abus de la traite de l'eau de vie qu'on y fait aux sauvages viennent de l'excès de cette malheureuse boisson, il n'en est pas la seulle cause.¦»¦ Vous voyés Monseigneur, par le petit détail que je viens de vous faire, que les jésuites n'ont actuellement que 9 missionnaires a la Louisianne, mais ils comptent en envoyer cette année, du moins ils me l'ont promis.A l'occasion des Jésuites, j'ay un éclaircissement a vous demander Monseigneur, et en même teins vos ordres, sur un cas qui m'a été proposé cette année par le supérieur des Jésuites de la Louisianne.la nouvelle Orleans en qualité de Grand vicaire.fait Le 26.ecrivite au Père de Vitry, qui étoit alors supérieur.serve pour l'eau de vie etoit le même a la Loui.Québec, par la teneur du mandement de M.Ce Père.que malgré cela on ne peut se persuader dans la c.que de donner ou traiter de l'eau de vie aux sauvages.si grand mal, et il me demande sur cela 1\" Si les commandants des postes qui donnent de l'eau de vie aux sauvages pour les engager a aller en guerre contre les ennemis, ou faire toute autre chose concernant le bien du service tombent dans le cas de la reserve.2\" B me fait la même question sur les francois qui sont obligés de se servir des sauvages pour voyager, et il me demande si ils peuvent leur donner de l'eau de vie a boire.30 Si les francois qui sont dans des postes éloignés, et qui manquent de viande ( ne pouvant absolument vivre sans ce secours) peuvent en acheter des sauvages pour de l'eau de vie.4° Si donner ou vendre de l'eau de vie aux sauvages, en quelques circonstances que ce puisse être, et en quelque quantité que ce soit, ce n'est pas tomber dans le cas de la reserve.J'ay voulu faire decider ces quatre questions en Sorbonne on m'a repondu ce que j'avois prévu, qu'il falloit voir l'étendue que M.Dosquet avoit donné a la réserve qu'il avoit portée, pour s ça voir si ces quatre espèces y étoient enfermées ; j'aurois de la peine a le croire, l'eau de vie par elle-même n'étant pas défendue, mais simplement l'abus qu'on en fait ; ainsy tout ce que je puis faire pour cette fois et jusqu'à ce que j'aye reçu votre réponse Monseigneur, c'est de donner a ce Père un conseil de prudence et de lui recommander de prendre dans le doute le party le plus seur.Par les dernières lettres des Cap.vois qu'ils occupent sept postes : 1 ° B y en a cinq a la nouvelle Orleans, ce seroit trop mais il y en a un d'inutile par son âge et ses infirmités.2° B y en a un a la mobile.3° Un aux appalaches 4° Deux aux allemands.5° un a la pointe coupée 6° un aux natches.7° un aux natchitoches. ARCHIVES DE QUÉBEC 299 R y a un huitième poste nommé La B alizé qui n'a point de missionnaires parce qu'il n'y a plus que douze soldats de troupes du Roy et que l'église et le -\"M., presbytaire sont hors d'état, l'un d'être habité, l'autre d'y célébrer les S'\" mystères.Vous trouverez dans ce paquet Monseigneur la coppie d'une lettre que j'ai écrite cette année au provincial de champagne pour l'engager a envoyer par le premier départ des vaisseaux au moins un ou deux sujets et a se conformer aux ordres que vous m'aves laissés en partant.La mission des capucins est assés tranquille, ils ont un excellent supérieur qui vît de très bonne intelligence avec les Jésuites, le supérieur se plaint seulement d'un peu de libertinage de mœurs dans les différents postes qu'ils occupent, la cour m'a repondu sur cela qu'on ne cessoit de recommander cet important objet aux chefs de la colonie, et la Cour paroit persuadée que la religion seulle et les mœurs sont capables de former non seullement des hommes et des chrestiens, mais des sujets pour le Roy.Par les lettres de la supérieure des Ursulines, je vois que ces bonnes et su\" filles se soutiennent malgré leur petit nombre et la caducité et les infirmités de plusieurs, elles sont d'une grande utilité a la colonie, le changement qu'elles ont fait dans les Negresses par l'instruction qu'elles leur ont donnée en est une preuve, et la Cour comprend que ce seroit a tous égards un grand avan.la colonie si les Nègres et Négrillons y étoient egallement instruits, je pense qu'il seroit très avantageux que la Cour vou.ien établir a la Nouvelle Orleans deux frères des écoles, ce seroit au plus une dépense de 600' par an, et ces bons frères seroient bien plus capables d'instruire que les capucins qui d'ailleurs ont d'autres fonctions a remplir.La Cour a fait rebâtir la maison des Ursulines ; mais outre qu'elle est très petite dans sa nouvelle construction il leur manquera beaucoup de lieux et de portions de batimens qui leur sont absolument nécessaires, tant pour le logement de leurs orphelines que pour la classe de leurs pensionnaires et celle des externes qu'elles instruisent, même pour les petites commodités de leur logement.Elles ne sont point d'ailleurs cloitrées mais simplement renfermées par une espèce de palissade formée par des pieux que franchissent aisément les soldats et les nègres de la colonie qui pillent et volent ce qu'elles ont dans leur jardin, et d'ailleurs dissipent leurs orphelines, ce qui pourroit avoir de très grands inconvéniens auxquels on a remédié jusqu'à present le mieux qu'on a pû.Aux representations que j'ay faites a ce sujet, la cour m'a repondu que ces bonnes religieuses dévoient s'adresser au gouverneur et au commissaire ordonnateur de la colonie, qui feroient a ce sujet les representations et les propositions qui leur paroitroient convenables, et sur lesquelles on leur enverroit les ordres du Roy.A l'égard du gouverneur, vous le connoissés Monseigneur, il est autant le père que le gouverneur de la colonie, et surtout de nos pauvres Ursulines, et tous les missionnaires ont grand sujet de s'en louer, mais comme M.Michel commissaire ordonnateur est nouveau, je crains que voulant faire sa reputation d'homme attaché aux intérêts du Roy, il ne tire a l'épargne, il m'a paru cependant bien intentionné dans la réponse qu'il m'a faite, et la supérieure des ursulines m'a mandé qu'en luy montrant ma lettre il luy avoit fait beaucoup d'amitié et d'offres de service. 300 ARCHIVES DE QUÉBEC Pour ce qui regarde la cloture des ursulines je doute que le Roy y entre sitôt et j'aimer ois.les fit rebâtir a forfait, d'autant mieux qu'une personne de pieté m'a promis de leur donner 10001 par an jusqu'à ce que leur cloture soit parachevée, mais je n'en veux rien due qu'a vous seul Monseigneur 1° parce que tout est incertain dans la vie, et en second lieu il ne faut pas fournir à la cour des moyens de retrancher ses libéralités, ce qu'on ma promis pouvant servir a de petits ajustemens nécessaires, si la cour venoit a faire a ses frais la cloture.Me voicy présentement Monseigneur aux filles de la Congregation de Louis bourg qui sont extrêmement a plaindre dans leur position présente, et qui ont beaucoup souffert pendant tout lé tenu qu'elles ont passées en france depuis le mois d'août 1744 jusqu'à l'année dernière 1749 qu'elles en sont parties pour repasser a Louis bourg.Elles n'ont reçu pendant tout le tems qu'elles ont été en france aucune ration (graces qui avoient été accordées a tous les habitans de Louis bourg qui avoient passé avec elles); leur dépense pendant le tems qu'elles ont passées en france (et dont elles m'ont envoyé exactement les états et mémoires) monte a5043'.Pour faire face a cette dépense elles n'ont eu que deux années de la fondation d'un M.de forant de 1600* par an qui font.32001 Je leur ay obtenu en 1746 une gratification de 1040* sur laquelle on leur a retenu 21' pour le droit de quittance, partant n'ont reçu réellement que.1019 Plus je leur ay encore obtenu en partant.600 48191 Vous voyez Monseigneur que leur dépense étant de.6043 Leur recette de.4819 elles redevoient en partant de france.224' Et pourquoy ont-elles fait des dettes ?parce que le Roy ne leur a rien payé de leur pension de 16001 depuis 1743 et qu'il leur en etoit dû au mois de janvier dernier six années formant 90001 sur laquelle somme je demand ois a la Cour qu'il leur fut diminué les deux gratifications, l'une de 1040' et l'autre de&OO1 formant 1640' qui déduits de 9000* faisoit encore 7360* dont le Roy leur etoit redevable, sur quoy j'ai demandé qu'il leur fut pay.au moins la moitié, et le surplus en différentes sommes partielles jusqu'à parfait payement, et qu'on voulut bien de plus les remettre sur l'état pour le courant de leur pension de 1600' sur le Domaine de Québec.On ma repondu d'abord qu'elles auroient épargné la plus grande partie de la dépense qu'elles ont faite en france si elles eussent pris le party de repasser plustot en Canada, et qu'elles ne se fussent pas obstinées a rester en france jusqu'à la paix (comme s'il eut été prudent d'exposer des filles et surtout des religieuses a se trouver dans les prises que les anglois faisoient continuellement de nos vaisseaux).2° on ma repondu qu'il ne leur etoit point du de pension pour le séjour qu'elles avoient fait en france, que les 1640' qu'elles avoient reçues n'étoient point un accompte qu'on leur eut donné sur leur pension, mais une pure et ARCHIVES DE QUEBEC 301 gratuite gratification, et qu'elles ont jouy de la rente constituée par M.de forant, qu'enfin pour ce qui regarde leur pension de 15001 elles seront traitées a l'avenir comme avant la prise de Louis bourg, et qu'on ne peut faire rien de plus pour elles, voila de pauvres filles bien traitées, je vous prie Monseigneur de ne m'en pas imputer le.mauvais succès, car j'y ai bien fait tout ce qui a pu dépendre de moy.Elles ne sont pas mieux traitées pour leur logement, elles ont trouvé leur maison hors d'etat d'être habitée, et elles ont été forcées d'en louer une 500' d'un frère ou parent de M.l'abbé de Gannes, si petite qu'a peine peuvent-elles y loger, et que du grand nombre d'enfans qui se sont présentés a leur arrivé, elles n'en ont pu recevoir que trente des plus prêtes a faire leur première communion n'ayant pas de quoy tenir leurs écoles ce qui a beaucoup mécontenté les pères et les mères de la colonie, mais a l'impossible nul n'est tenu.Ces bonnes filles sont egallement renvoyées au compte que M.le Gouverneur et M.le Commissaire ordonnateur rendront a la cour de leur maison et du besoin qu'elle a d'être reediffiée (presque toujours même réponse) le système d'éluder est bien commode quand on peut s'en servir.Me voicy présentement Monseigneur aux Recollets de Louisbourg mais je ne puis vous en rien dire, le supérieur ne m'ayant point écrit, et n'en ayant regu aucun detail, ny du nombre qu'ils sont, ny des postes qu'ils desservent, si leur conduite a l'avenir n'est pas meilleure que par le passé, je n'en espère pas grand chose, il seroit bien a souhaiter qu'ont eut pu établir a Louisbourg des prêtres séculiers, je crois Monseigneur que dans l'impossibilité ou l'on est de le faire il ne sera pas mauvais que vous ecriviés au supérieur des Recollets, si vous en avés l'occasion, et que vous leur donniés les avis que vous croirés nécessaires, je le feray moy même comme en ayant ordre positif de vous Monseigneur, en écrivant au supérieur pour luy demander le detail des postes que ses Pères occupent et du nombre de religieux qu'il a avec luy, en luy recommandant le zèle, l'édification, l'instruction, la visite et le soin des malades, et la bonne intelligence avec le peu de prêtres séculiers qui reste actuellement dans cette colonie, dont je crois Monseigneur que vous connoissés l'état deplorable pour le temporel et le spirituel, je va cependant vous dire ce que j'en scay, si je ne vous aprend rien de nouveau, je vous prouveray du moins que je m'en occupe, comme cytoien qui doit être touché du bien de l'état, et comme prêtre, qui doit être occupé de celuy de la religion.Vous n'ignorés pas Monseigneur, que depuis l'évacuation de Louisbourg, les anglois se sont établis a chibouctou ou ils se sont faits conduire par nos propres,vaisseaux de transports et ou quelques jours après ils ont fait arriver 2000 hommes de troupe réglée avec 600 familles, sur 22 vaisseaux de transports, tant navires que brigantins, parmi lesquels il y en a de 24 pièces de canons, sans ce qui est arrivé depuis.M.de Cornoail (Cornwallis) pourvu d'une commission de Gouverneurgeneral de l'acadie, au nom du Roy de la grande Bretagne, pretend s'emparer de toute l'a-cadie en remontant jusqu'au fleuve S* Laurent.Dans la position ou il est U luy est aisé de se rendre le maitre des six paroisses qui etoient desservies par vos missionnaires sçavoir : Le Port Royal par M.des enclaves, la Rivière aux Canards par M.de Miniac repassé en france, la Grand pré desservie par M.de la Gou-dalie actuellement en france, Pegiguitk autrement les Mines desservie par M.le Chauvreux, Cobeguitk par M.Girard, Beaubassin, autrement cehqueniktouk 302 ARCHIVES DE QUÉBEC par M.Brassard.Ces six paroisses me paroissent effectivement (dans le plan qu'on ma envoyé) renfermées dans la péninsule qui forme la veritable acadie et ses limites telle qu'elle a été cédée aux anglois par le traité de 1713 sous la condition en glose du traité, que les deux puissances nommeroient des commissaires pour limiter leur possession, ce qui na point été fait, et en second lieu que les familles françaises qui se trouveraient établis dans l'acadie cédée aux anglois, y conserveraient leur possession, le libre exercice public de leur religion, et la liberté d'avoir des prêtres catholiques romains pour leur célébrer les s\" mystères, les instruire et leur administrer les sacremens.Cela s'est observé jusqu'au 24 avril 1730 que les familles franco is es de l'acadie firent une deputation au gouverneur anglois qui etoit alors.M.Philipps qui les conserva dans tous leurs droits et privileges dont ils sont restés en possession jusqu'au gouvernement actuel de M.De Cornoail, l'acte en est déposé chés alexandre Bourg Notaire aux Mines et signé par son Excellence le seigneur Richard Phillips écuyer capitaine en chef et gouverneur general de la province de sa Majesté Britannique, la nouvelle Ecosse.B est même a remarquer que ce General exempte les familles francois es établies dans la péninsule du fait des armes et de la guerre contre les francois et les sauvages, et que les mêmes habitans s'engagent réciproquement de ne jamais prendre les armes ny entrer dans le fait de la guerre contre le royaume d'angleterre.Cet acte se trouve egallement signé avec un serment de fidélité par M.de la Goudalie prêtre curé missionnaire de la paroisse de S' chartes des mines, et par M.de Noinville missionnaire apostolique et curé de l'assomption et de la s'\" famille de Pegiguitk.Les choses sont restées en cet état jusqu'à l'évacuation de Louiabourg et jusqu'à l'établissement du port de chibouktouk par M.de Cornoail qui tourmente beaucoup les familles françoises, les sauvages qui se trouvent enclavés dans la péninsule bornée par une rivière qui va au portage de la baye verte, qui selon les apparences, en forme les limites a la hauteur de beaubassin qui en est l'extrémité.Les missionnaires ne sont pas moins troublés dans leur ministère, on a rendu plusieurs arrets pour leur en interdir l'exercice public, on veut un serment de fidélité des missionnaires même des habitans francois et des sauvages, et les conditions en sont de plus contraires aux intérêts de l'état et de la religion.Par une dernière ordonnance du 1er août 1749 M.de Cornoail déroge formellement aux privilèges, libertés et franchise conservés aux habitans francois de l'acadie par M.de Philipps en 1730, 1° en ce qu'en leur accordant des Prêtres il ne veut pas qu'aucun puisse présumer d'officier publiquement sans en avoir préalablement obtenu la permission du gouverneur ou commandant en chef de la province, et sans avoir prêté le serment de fidélité au Roy de la grande Bretagne.2° en ce que par la même ordonnance, non seullement il exige le serment de fidélité des habitans francois pour la defense de leur possession mais même pour celle du gouvernement comme sujets naturels du Roy de la grande bretagne, ce que les missionnaires ny les habitans francois, ny les sauvages renfermés dans la péninsule de l'acadie paroissent dans la disposition de refuser, les uns quand ils devraient y perdre leurs possessions et leurs effets et tous au peril de leur vie. ARCHIVES DE QUEBEC 303 Leur position paroit cependant d'autant plus dangereuse et d'autant plus pressante (si ils n'ont pas un prompt secours) que le general anglois n'épargne ny soins ny dépense pour s'établir a chibouktouk et aux mines, paroissant dans le dessein d'établir non seullement un fort a chibouktouk, mais d'y former une ville considerable, et différents forts aux mines pour se mettre a couvert d'un coté des incursions des partis canadiens et de l'autre de l'attaque des sauvages que l'anglois redoute ; aussy son premier soin at'il été de les gagner par caresses et par presens, mais M.le Loutre les a rassemblé et mis dans la disposition aussy bien que les habitans francois, de se défendre mutuellement et de declarer une guerre ouverte aux anglois.Le député des sauvages ne leur a pas caché l'intention de sa nation, on vous a sans doute envoyé Monseigneur la coppie du discours qu'il a tenu au general anglois.Les habitans francois envoyent en france le Sr Joseph vignau en qualité de député pour demander du secours a la cour.S'il m'étoit permis de mêler icy mes reflexions a celles qu'il me paroit qu'on fait actuellement a l'acadie, je dirois 1° Qu'on a eu grand tort de ne pas borner et limiter immédiatement après le traité de 1713, et pendant le cours de l'année assignée pour cela, la portion de l'acadie cédée aux anglois par le susd.traité comme on en étoit convenu entre les deux couronnes.2° Que dans l'incertitude de ce qui de voit apar tenir aux anglois, on de voit au moins présumer que c'étoit la presqu'isle que je vas borner et limiter cy après qui leur avoit été cédée, que par conséquent il n'y falloit pas former d'habitations françoises, que les habitans francois qui y étoient deja dévoient en sortir suivant la faculté que leur en donnoit le traité de 1713 a compter du jour de la datte de sa signature, au lieu d'y rester et de s'y multiplier comme ils ont fait depuis 1713 jusqu'au nombre de 13 à 1400 familles qui y sont actuellement établies dans leurs possessions et avec leurs effets qui pourroient bien rester aux anglois si les hommes mêmes et les familles n'y restent pas comme il est fort a présumer par l'intention ou paroissent être les anglois d'y établir des colons de les mêler avec les francois d'y former des alliances dans la vue de n'y avoir plus dans la suitte qu'une seule nation et une même religion.3 e Que pour les mêmes raisons que cy dessus le zèle des missionnaires éclairé par la prudence auroit du les porter a éviter de former des paroisses considerables dans la presqu'isle dont il s'agit, et on voit au contraire que M\" de la Goudalie et de Noinville se sont donné tous les soins imaginables pour y retenir les habitans francois en 1730 sur le prétexte de flatteuses espérances que leur donna M.le general Philipps plus habile qu'eux et moins sans doute pour favoriser les habitans francois et leur conserver leur privileges et leur liberté de religion, que pour les retenir dans l'acadie, prevoiant bien que plus elle seroit habitée et cultivée, plus elle deviendroit utile, aux anglois, lorsque par quelqu'evenement favorable, ils s'en mettroient véritablement en possession.Jay dis cy devant que les missionnaires francois avoient formé des paroisses considerables dans ce que les anglois appellent aujourd'huy le poste principal de la nouvelle ecosse, en voicy la preuve tirée des differens mémoires qu'on ma envoyés de ce pays la et sur lesquels jay formé mes plans d'instructions. 304 ARCHIVES DE QUEBEC Le Fort Royal contient dans douze lieues d'étendue le nombre de deux mille communians cy La rivière aux Canards dans 4 lieues d'étendue La grand pré dans 4 lieues d'étendue Pegiguitk dans 10 lieues d'étendue Cobequitk dans 12 lieues d'étendue Beaubassin dans 25 lieues d'étendue 8000 voila donc 8000 communians d'où il n'est pas difficile de conclure qu'il se trouve actuellement dans la presqu'isle de l'acadie 13 a 1400 familles, et si le nombre des communians est de 8600 on peut bien mettre le tiers en sus pour les enf ans qui ne sont pas encore en Age de communier, ce qui par une suputation juste formeroit 12800 habitans francois, sans compter qu'il en nait encore tous les jours, de laquelle perte n'est ce pas pour l'état, et combien d'âmes exposées a une perte sans ressource par le schisme et la separation du sein de l'église catholique apostolique et romaine.Ces deux motifs seuls sont bien plus que suffisant pour exciter le zèle du Roy et le porter a écouter favorablement le député des habitans francois de l'acadie a qui je me promet bien de donner tous les secours qui pourront dépendre de moy, lorsque sur les eclaircissemens qu'il m'aura donné, j'auray pu rectifier les connoissancea que j'ay prises de cette colonie depuis près de vingt ans.La perte des habitans francois n'est pas la seulle qui me touche, près de douze cent sauvages, tous chrestiens et bons catholiques, instruits par les soins et le zèle infatigable de M.Maillard et de M.le Loutre, ne mérite pas moins d'attentions, l'état même y perdroit des sujets qui luy sont aussy attachés que les francois mêmes, et d'autant plus à conserver que quelque secours que le Roy veuille donner aux habitans francois de l'acadie, on peut dire que le succès en dépend de la conservation des sauvages, aussy M.le Loutre qui en a bien senty l'utillité, n'a pas perdu un instant, a son arrivée, pour les relier et les preserver de la seduction des anglois.J'attends le député des habitans francois, et aussy tot qu'il sera arrivé, je travailleray de concert avec luy sur tout ce qui pourra tendre a mettre la Cour a portée de connoitre le danger ou se trouvent actuellement les acadiens francois et les sauvages de cette colonie, pour la porter s'il est possible a leur donner des secours promps et proportionnés a leur pressant besoin.La cour a nommé deux commissaires, scavoir M.de la galissonniere et M.de Silhouce pour travailler aux bornes et limites de l'acadie vis a vis (et contra-dictoirement) de deux commissaires anglois, qui arrivent incessamment en france, et qui y sont peut être deja, après quoy il y a toute apparence que M.de la Galissonniere très habile et qui connoit parfaitement le local de l'acadie, sera envoyé sur les lieux en qualité d'inspecteur general de Marine pour constater vis a vis du general anglois les possessions des deux puissances et assurer le sort des acadiens francois et des sauvages de cette colonie.Vous voyes Monseigneur que le député des acadiens arrivera fort a propos en franco, si luy et moy nous sommes écoutés dans les conferences de M\" les commissaires, aydé des nouvelles lumières qu'il me donnera et du peu que j'en ay acquis jusqu'apresent, je tacheray d'indiquer, le mieux qu'il me sera pos- 2000 500 1000 1800 800 2500 ARCHIVES DE QUÉBEC 305 sible, les véritables bornes et limites de la péninsule de l'acadie cédée aux anglois par le traité de 1713, mais je pense pour ma consolation que M.de la Galissonniere en est mieux instruit que moy, et qu'ayant les lumières et l'autorité nécessaires pour soutenir les droits de l'état et de la religion dans cette colonie il n'obmettra rien de tout ce qui pourra dépendre de luy pour repondre à la confiance du Roy et a l'attente et a l'espérance des pauvres habitans de l'acadie et des sauvages de cette colonie, voicy cependant Monseigneur, comme je vous l'aye promis cy dessus, ce que je pense des bornes et limites de l'acadie cédée aux anglois en 1713, suivant les differens plans que je m'en suis fait d'après ceux qui m'ont été envoyés, ce que je compte verrifier sur les nouvelles cartes du canada et de l'acadie, dès que j'auray pu en obtenir de la cour, ce qui me paroit long a venir et difficile a obtenir.En fixant la portion de l'acadie qui en 1713 a été concédée par la france aux anglois, a la simple péninsule qui selon les apparences doit former la nouvelle ecosse, je l'avois d'un coté bornée au port royal, audessus duquel est la baye francoise qui le borne luy même.En parcourant le plan de gauche a droite, car je ne puis me servir d'autre terme le plan qu'on ma envoyé n'étant pas orienté, je trouve en dedans de la péninsule et sur les limites la rivière aux Canards l'entrée des mines.Plus loin, et toujours de gauche a droite, et en angle aiguë et saillant, beaubassin borné par la rivière qui tend au portage de la baye verte et qui forme la presqu'isle nommée cy devant l'acadie lors de la concession et depuis par les anglois la nouvelle ecosse.De la U s'ensuivroit que tout ce qui est audessus de la riviere dont je viens de parler et qui tend au portage de Ut baye verte fait partie du Canada, et n'appartient point aux anglois.De la et par une suitte et conséquence nécessaires, le canada comprend la pointe de beauséjour et ses habitations, la rivière avec le lac de la baye verte et ses habitations, la rivière de tintamare oueskak, la prée des bourgs tintamare la coupe et leurs habitations, audessus le portage de cocagne a memeramcouk, de trois a quatre lieues.En suivant le même plan et en le regardant a gauche audessus de la Baye francoise lisle S* Jean, chipoudi petkoudiak et Memeramcook a droite et au bas de la pointe que forme la péninsule de l'acadie et la rivière de Cobequitk, Tagamigouche, et audessus en remontant Pictou, le cap S* Louis, la baye verte, le cap Tourmentin la cocagne et son port.Voila Monseigneur le plan que je me sub fait de l'acadie, actuellement la nouvelle ecosse, et qui selon les apparences a été cédée aux anglois par le traité de 1713.Le surplus jusqu'au fleuve S1 Laurent devroit former le canada non seulle-ment pour les partyes que jay eu l'honneur de vous citer mais pour celles qui ne sont pas a ma connobsance, et c'est la sans doute et hors de la péninsule, que les habitations françobes auroient du se former, et les paroisses s'établir, plustot et de preference a l'intérieur de la presqu'isle, dans laquelle on devoit bien prévoir que les anglois tot ou tard formeroient de grands établissement, et s'empareroient non seullement de nos habitations, mab même des habitans 306 ARCHIVES DE QUÉBEC et de leurs effets ; aussy ma-t-on mandé que M.de la Jonquière en homme habile, attentif et prevoiant, avoit envoyé M.le Chevalier de la Corne avec quelques troupes et ordre de lever des milices, pour s'emparer de lisle S' jean, et des differ ens postes qui y sont joints, pour les fortifier et s'y établir ; je ne vous fait tout ce détail Monseigneur que pour vous faire voir que je ne néglige rien de ce qui peut remplir vos vues et vous prouver le respectueux dévouement avec lequel je suis Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur l'abbé DE LlBLEDIETJ.Je me suis occupe a la recherche de la commission qui fut donnée a m.de Soubercasse 1\" gouverneur de l'acadie pour le roy de la grande bretage, peut être y trouveroit-on les limites de cette concession.Lettre à M, de la Ville ange vin \u2014 (9 avril 1760) A Monsieur r Monsieur de la villeangevin * Théologal et president du chapitre de Québec en Canada.A Quebec.Je voudrais avoir de meilleures nouvelles a vous donner Monsieur, sur la commission dont vous et votre compagnie m'aves honoré, et je vous supplie d'être persuadé, et d'assurer tous M.M.vos confrères que dans toutes' les occasions ou je pourray vous être utile je m'y porteray bien volontiers ; mais vous me permetterés de vous dire (en déférant cependant toujours a votre sentiment) que le projet que vous avés de remettre au Boy l'abbaye de Maubec et les deux petits prieurés qui y sont joints peut être sujet a de très grands inconvénients et a des suites fâcheuses ; car 1° vous vous défaites d'un titre de propriété, et d'autant plus solide qu'il est revêtu de lettres d'union, et que voulés vous échanger contre et vis a vis de ce titre?une pension, et de combien ?et sur quoy ?sur le trésor royal ou sur le domaine de votre colonie sur lequel vous en avés deja une, ou sur l'économat, vous sériées donc réduits a une pension réductible ad nulum ?cela ne me paroit pas si solide que vos trois titres reunis en un par vos lettres d'union, et pour première dotation de votre chapitre, circonstance et modification qui les rendent inatacables.2° avés vous prévu les suites de votre demission, et a quoy elle vous exposerait vis a vis d'un nouveau titulaire pourvu par le Boy,,et vis a vis des religieux dont la conventualité a été détruite et éteinte, et le revenu de leur manse converty et employé a former party e de votre dotation ?Le premier ne sera-t-il pas en droit de vous demander les reparations des benefices que vous quitteriés ?Les seconds ne seront ils pas également rece-vables a demander qu'on rétablisse en leur faveur la conventualité?par la même raison et sur le même fondement ils seront ce me semble autorisés a demander leur manse qu'ils n'ont cédée que pour vous doter, il faudra donc que vous retablissiés a vos frais les lieux et bâtiments réguliers que vous avés ARCHIVES DE QUÉBEC 307 laissé périr comme inutiles ou que vous aures peut être détruits sur le même prétexte qui auroit eu lieu tant que vous auriés conserve l'abbaye et les deux prieurés.Voila M.M.ce que je prends la liberté de vous représenter et ce que je vous supplie de bien pezer sans vouloir que ma simple opinion ait force de loy vis a vis d'une compagnie aussy respectable que la votre.vous vous plaignes que vos trois benefices valient au moins 90001, et que vous n'en tirés presque rien.En voicy le revenu et les charges d'après ce que m'en a dit M.l'abbé de Lorme votre confrère et votre agent en france.abbaye de Maubec cy devant, et par le precedent bail affermé 5000* présentement et par le dernier bail 45001 Le prieuré d'eue 1500 Le prieure de chezelle 1300' Total 7300' dépenses ou charges : en portions congrues 750* décimes 1400 gages de gardes 250 reparations de l'abbaye 1000 reparations des prieurés 500 honoraires de regie .->'< 900 48001 partant ne vous reste de net que 25001, vos benefices ne valient donc pas 90001 comme vous me faites l'honneur de me le mander, mais quant ils ne vaudoient que 73001, comme me le dit icy M.de L'orme, c'est une bien mauvaise regie que celle qui ne tire que 25001 de 7300'.c'est presque } de non valleur, et j'avoue que je n'y comprends rien quoyque je sois bien persuadé de la probité et de l'intelligence de M.de L'orme que jay l'honneur de connoi-tre et dont je suis amis depuis près de 20 ans.Cependant a force de causer avec luy sur vos intérêts et but une regie moins dispendieuse et plus utile, jay apperçu dou venoit le défaut de la sienne sans qu'il en fut coupable ny qu'il pût faire autrement.vos benefices sont situés dans un pays ou près de moytiê, du moins un grand tiers, du produit des terres consiste en chetelles ou bestiaux dont les terres sont chargées au profit du propriétaire et des fermiers en conservant les souches.Mais pour tirer ce profit il faudroit faire les fonds que ne peut pas faire Monsieur de Lorme si vous ne les luy fournisses pas ; ainsy les fermiers retirent tout le produit et vous laissent les charges, et voila pourquoy vous ne retirés de 7300' que 2500'.U faudroit donc que j'imagine une autre regie puisque la votre est fautive et trop dispendieuse.Si celle dont je vous donne l'idée, et qui seroit de charger les fermes qui forment votre revenu de chetelles et de bestiaux ne vous convient pas, conférés en avec Monseigneur votre eveque, il vous donnera peut être quelque projet meilleur que tous ceux que je pourrois vous suggérer.Tout ce que je puis vous dire Monsieur, c'est que dans tout ce qui pourra dépendre de moy il n'y a rien que je ne fasse pour vous prouver combien je suis 308 ARCHIVES DE QUEBEC attaché à votre compagnie, je vous prie de salluer de ma part tous ceux qui la composent et de les en assurer.Je suis avec respect Monsieur votre très humble, et très obéissant serviteur L'abbé Du L'iblediiu.ce 9 avril 1760 france de paris.Lettre au président du Conseil de Marine \u2014(5 mai 1750) A Paris, ce 6 mai 1750 Monsieur, En conséquence de la lettre que vous m'aves fait l'honneur de m'écrire au commencement du mois d'avril dernier, j'ai fait partir M.l'abbé Thiersant pour Brest, où il s'est rendu i temps suivant ce qu'il me l'a marqué, pour profiter du passage que vous lui aves accordé sur le vaisseau du Boi L'Anglczea qu'on avait armé dans ce port pour le Canada.Comme par la même lettre vous me fîtes l'honneur de me mander que vous accordiez le passage pour Québec au S' l'abbé Le Guerne, que j'envoie à M1\" l'Evêque de Québec suivant qu'il me l'a demandé, sur un vaisseau qui doit partir de Rochefort, et qu'il eut & s'y rendre entre le 15 et le 20, je' le fis partir dimanche, le trois.Ainsi il y arrivera lundi prochain, onze du courant, et assez i temps pour profiter de la grace que vous voulez bien accorder à M\" l'Evêque de Québec qui me parait en avoir grand besoin suivant la destination qu'il m'a mandé en vouloir faire.On m'a dit ces jours-ci que vous renvoyez & l'Acadie un ancien missionnaire (a) de soixante dix à soixante douze ans.Je souhaite que son retour fasse un bon effet dans cette colonie, surtout dans les circonstances où elle se trouve.Comme je n'y aurai contribué en rien, je n'aurai point de reproches a me faire.Je suis avec respect, Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur, L'abbé de Libledieu, Vicaire général du Canada.Lettre aux chanoines de Quebec \u2014 (22 mai 1751) Je ne vous repeteray rien Messieurs des representations que j'eus l'honneur de vous faire l'année dernière 1750 sur le projet que vous aviés formé de vous démettre entre les mains du Roy de votre abbaye de Maubec, et des autres (o) L'abbé delà.Goudalic \u2014 Je le retrouve en la même année «ur l'Ile St-Jean où il a pant quel-tm**,mZ'^™mî&2'lt'u°P?n.17M^°haY0r\"*\\*™*'' St-Jaaq \u2014 Voir lettre de Y M*I/Iale-Ôleu.du 28 m».1762.au mlui.tr.- De fait 1.lettre indique qu'il y était «n 1762. ARCHIVES DE QUÉBEC 309 petits benefices qui y sont joints, vous en avés compris les inconvénients, cela me suffit pour me rassurer sur l'effet contraire qu'auroit peut être pu vous faire ma lettre dans laquelle je m'étois uniquement proposé non de contrarier vos idées, mais de vous en dire simplement mon sentiment saouf a vous messieurs a le suivre ou a le rejetter.Je n'ay jamais prétendu non plus faire tomber le défaut de l'administration de vos bien en france sur M.De Lorme votre confrère et votre agent en ce pays cy, vous le pouvés voir en relisant ma lettre.Je connois trop sa probité et son intelligence, son attachement pour vos intérêts pour luy imputer ny negligence ny incapacité, je ne luy aurois pas d'ailleurs confié mes extraits pour la Cour sur votre article comme je le fis dans ce tems la en presence de M.l'abbé de Gannes votre exconfrère si j'avois été capable de vous en donner une idée peu conforme a son caractère a ses sentiments et a ma façon de penser.L'un et l'autre parurent contents de mes representations a la cour a votre sujet, et du compte que j'y rendois de votre chapitre.Tous deux, loin d'être blessés de ce que je disois de l'administration de celuy qui en étoit chargé, convinrent qu'il falloit des fonds pour la rendre meilleure, moins dispendieuse pour vous Messieurs, et plus lucrative, et qu'il etoit difficile de faire quelque chose de rien, et que dès qu'on etoit obligé d'affermer sèchement le sol au colon sans luy fournir ny chetelles ny bestiaux, il en tiroit seul le profit au prejudice du propriétaire; pour l'ordinaire Messieurs, une abbaye doit de net rendre les deux tiers du prix des baux au titulaire ; ainsy 75001 doivent luy donner fiOOO1.vous voyés au contraire que les deux tiers de votre revenu en france s'en vont en charges, soit d'impositions soit de regie ; l'administration n'est donc pas bonne, et en supposant le principe que l'expérience rend incontestable, la consequence en est également juste, et vous est trop préjudiciable pour ne pas mettre ceux qui régissent vos intérêts en état de faire autrement, car j'ay l'honneur de vous le repeter Messieurs, je défie M.Delorme tout zélé et tout habile qu'il est de faire autrement.Ainsy Messieurs supposé que quelqu'un parmy vous ait pu penser que mon intention a été de vous le rendre suspect, en vous représentant le peu de produit que vous le mettiés en état de vous faire, je vous prie de l'en dissuader, et vous rendrés justice a trois personnes a la fois : Au premier en le dissuadant d'une idée qu'on n'a pas voulu luy donner et qui seroit contre la justice et l'équité.A M.Delorme, qui mérite toute votre confiance, et a moy Messieurs dont la pensée et l'expression auroient été mal interprétées.Quant a votre affaire vis a vis du séminaire et de vous Messieurs, pour la contestation de la cure, le Roy informé des mesures que M(r votre évêque avoit prises pour vous concilier, l'a évoquée de luy même a son conseil et a nommé des commissaires pour luy en faire le rapport, ainsy elle sera incessamment jugée.Le ministre me fait scavoir que votre député repassoit cette année a Que-bec et qu'il suffisoit d'un seul agent en france pour y suivre cette affaire et y administrer vos revenus.Pour ce qui regarde M\" votre évêque-Messieurs, il m'a mandé que son pourvu a la cure de votre ville avoit été maintenu et que le Conseil souverain .avoit jugé qu'il n'y avoit abus dans sa presentation, nomination et visa.Pour ce qui concerne les autres chefs de moyens d'appel comme d'abus que vous aviés articulés contre luy, jusqu'à present il n'en est point question quoy 310 ARCHIVES DE QUÉBEC qu'il ait cru avoir lieu de s'en plaindre pour luy même et pour le respect dû a la mémoire de son prédécesseur.B les a seullement fait consulter en ce pays cy a gens habiles qui de vous a moy les ont trouvés mal fondés et pas assés mesures.Vous pensés bien Messieurs que sur cela je n'ay garde de me declarer votre partye, ny votre juge, quant a la première qualité ce seroit faire plus que M*1 votre évêque n'exige de moy, a l'égard de la seconde, elle ne pourroit me convenir, je n'entre même pas dans le détail de cette discussion.J'ignore les exceptions et les moyens que M1\" les Directeurs du séminaire employèrent contre vous messieurs et également les titres dont vous prétendes etayer votre droit.Tout ce que je scay c'est que M\" votre évêque conserve entre deux corps qui luy sont également chers, une parfaite neutralité, avec cette seulle et unique reserve, qui est que si la cure passe en vos mains en vertu de la bulle de 1713 dont vous excipés, il en demandera également l'exécution pour son droit de choisir le sujet a qui parmy vous on fera titre de la cure.Voila Messieurs l'état ou sont les choses dont sans doute Monsieur votre député vous rendra compte, j'aurois bien souhaité le pouvoir voir plus souvent pendant son séjour a Paris, et avoir eu un logement a luy offrir ; j'ay même été étonné que messieurs les directeurs de cette maison ne l'ayent pas déterminé a y en prendre un.Quant aux services que vous me jugeriés a portée de vous rendre, je vous les offre de tout mon coeur dans toutes les occasions ou je pourray vous prouver a tous en general et a chacun en particulier le dévouement sincère et le respect avec lesquels je suis Messieurs votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De Lisledieu, vie.g*1 de Québec.A Paris ce 22 may 1751.Je voudrois bien Messieurs que vous eussiés suivy le conseil que je pris la liberté de vous donner l'année dernière et que vous fussiés restés amis de M\" votre évêque, il est dans une grande consideration dans ce pays cy, et auroit pu vous rendre de très bons offices pour vous tirer de l'état ou vous me paroisses être.Mémoire a présenter a M.Rouille, ministre secretaire d'etat de la marine, de la part de M L'Eveque de Québec \u2014 (23 mai 1751) Ce mémoire a deux objets des plus intéressants pour le service de l'Etat et le bien de la Religion.Le premier est d'exposer l'état actuel et peu consolant de la Mission de L'Isle Royale et surtout de celle de Louisbourg sa capitale desservie par les Recollets de la Province de Bretagne.Le second est de proposer à la cour les moyens de rétablir cette mission au profit de l'Eut et a l'avantage de la Religion. 311 Depuis longtems les .Recollets de la province de bretagne sont en possession de desservir une partie des missions françoises de Lisle Royale, en particulier la cure de Louisbourg, et surtout les postes ou il y a des garnisons de troupes réglées établies.A la prise de Louisbourg par les anglois, ils en furent renvoyés comme les autres habitans francois qui furent obligés de l'évacuer.Suivant une lettre du Père Michel ange Kroëlen, provincial des Recollets de la province de bretagne dattée de Lesneven près L'anderneau du 28 juin 1751 écrite en réponse a l'abbé de Lisle-dieu vicaire general de toutes les colonies de la nouvelle france en canada sur les plaintes qu'il luy faisoit de la mauvaise conduite de ses religieux a Lisle Royale et surtout a Louisbourg.Il paroit que par deux lettres du ministre l'une du 28 8bn et l'autre du 7 9bn 1748 adressées au sud.Pere Provincial lesd.Recollets au nombre de six ont été redemandés par la cour a Louisbourg, et en particulier les Pères Athanase et Isidore.D paroit encore que lesd.six recollets se sont rendus a Louisbourg sur la fin de 1749 en même tems que nos vaisseaux de transport y conduisirent les familles françoises qui pendant la guerre avoient été amenées a la Rochelle, pour y vivre au pain et sur les rations du Roy.L'abbé de lisledieu, que M.l'Evêque de Québec a chargé de dresser et de presenter ce mémoire a la cour, observe: Is Que depuis la fin de 1749, il n'est point arrivé a Louisbourg d'autres recollets que les six premiers qui y ont été envoyés.2° Que ce nombre est insuffisant, puisqu'il y enfaudroit au moins douse, relativement au.nombre des postes qu'ils y auroient a remplir.3° Que quand ils y seroient en nombre suffisant, si les sujets dont on voudra les completer n'ont pas plus de régularité de zèle et d'exactitude que les six premiers qui y sont arrivés, ils ny feront jamais aucun bien, et quant ils cherchéroient a y en faire, ils détruiront toujours par leur exemple, tout le fruit de leurs instructions, si ils en faisoient car ils n'en font point, ils negligent tout, instructions, confessions, administration de sacrements, visites et consolations des malades, catéchismes des enfants, rien n'est rempli et tout est négligé au scandale de la colonie, au prejudice même du service de l'état et au detriment de la religion.4° Lead, recollets n'ont entreux ny intelligence ny union, chacun tire de son côté, ils se déchargent de l'onéreux du ministère l'un sur l'autre, a moins qu'il n'en resuite quelque profit et qu'ils ny soient sollicités par la cupidité et par quelque attrait pécuniaire.On mande a l'abbé de LisleDieu que ceux qui sont dans des postes éloignés de Louisbourg, et a qui le supérieur accorde la permission de donner des dispenses gardent a leur profit les aumônes qui sont ordonnées eh pareil cas, ou ce que le rituel du Dioceze permet de recevoir pour ces sortes de dispenses.Ce n'est que demi mal, si ils n'en accordent pas en dedans des degrés prohibés, mais tout cela prouve que quant on les conser-veroit dans la colonie, il ne faut leur laisser exercer aucune jurisdiction gra-tieuse ny contentieuse et les retraindre simplement a dire la messe, a prêcher, confesser, baptiser, marier et catéchiser, administrer les sacrements et a visiter les malades, encore faudra til beaucoup veiller pour savoir s'ils s'en acquittent supposé qu'ils veulent reconnoitre un supérieur séculier.fait 312 ARCHIVES DE QUÉBEC 6° On a toutes les peines du monde a les assujettir a un grand vicaire séculier et ils sont si persuadés qu'ils peuvent agir sur la simple mission de leur supérieur régulier qu'ils sont parti de france sans aucune approbation canonique, qu'ils sont arrivés a Louisbourg et se sont mû en plein exercice des fonctions de leur ministère sans demander des pouvoirs, ny a M.l'Evêque de Quebec a qui ils n'ont pas même écrit, ny au supérieur local a qui ils ne se sont pas plus présentés.M.l'Evêque de Quebec leur écrivit en 1750 vers le milieu de l'année, leur ordonna d'écrire tous les ans a l'abbé de LisleDieu son vicaire general en france qui leur a écrit luy même tous les ans et qui en 1751 leur demanda un état de leur mission et des postes qu'ils occupoient ; ils n'ont pas daigné luy faire réponse ; ils ont plus fait ; pour empêcher M.Maillard de luy envoyer led.état, ils ont dit qu'ils l'envoyeroient eux mêmes, et ils n'en ont rien fait ne voulant pas apparemment se montrer a découvert.6° L'abbé de Lisledieu voyant qu'il ne recevoit point de réponse des Recollets de Louisbourg a cru devoir écrire d'abord a leur Provincial le P.Etienne Goff, au port Louis, et au Père Jacques Abgral leur commissaire a Morlaix avant que d'exécuter les ordres de M.l'Evêque de Quebec, sur les plaintes qu'il vouloit qu'on en portât a la cour ; ny le Père Provincial ny le Père commissaire n'ont fait réponse a l'abbé de Lisledieu.Ce n'est pas cependant qu'ils ignorent le peu de satisfaction qu'on a de leurs Pères a Louisbourg ; car dès le 28 juin 1751 le P.Michel ange Kroelen alors provincial en convient avec l'abbé de Lisledieu, dans sa lettre susdattée, et luy promit en même tems de rappeler surtout les Pères Athanase et Isidore nulement propres a l'oeuvre des missions quoique dit-il ils eussent l'un et l'autre prêché dans la province a vent, carême et Dominicale ; mais il y a toute aparence que le changement de gouvernement a changé les idées et les resolutions prises a ce sujet ; et c'est pour cela et afin que la religion n'en souffre pas plus longtems que l'abbé de Lisledieu s'est déterminé (en exécution des ordres de M.l'Evêque de Quebec) a faire passer ce mémoire a la cour, Dailleurs on luy a mandé de Louisbourg que la plupart des plaintes qui y sont contenues doivent être referees a M.Rouillé par M.le Gouverneur et M.le commissaire ordonnateur qui témoins oculaires sont plus en état de juger de leur fondement et des moyens de remédier au mauvais état de cette mission que qui que ce soit ; voicy cependant ceux que propose l'abbé de Lisledieu, et qu'il soumet a la prudence et au jugement de M.Rouillé.Moyens que propose l'abbé de Lisledieu pour rétablir solidement la mission de Louisbourg actuellement desservie par les Recollets.L'abbé de Lisledieu pense, d'après M.l'Evêque de Quebec et ce qu'il y a de gens a Louisbourg plus intelligens et plus amateurs du bien de l'état et de celuy de la religion, que: 1° Les recollets ne sont aucunement propres ny aux missions des habitations françoises ny a celles des sauvages.point aux premieres parce qu'ils en ont perdu la confiance ; que les francois ne veulent pas s'y adresser pour la ARCHIVES DE QUÉBEC 313 confession, et qu'ils demandent tous les jours des Prêtres séculiers, ce qui y a fait descendre de Lisle Saint Jean M.de la Goudalie, qui y est actuellement pour quelque tems et pour le service des nations francoise» jusqu'à ce qu'il puisse retourner a Lisle ou a la riviere S.Jean, selon que ses forces, son age et sa santé le luy permettront.2° Les recollets ne sont pas plus propres aux missions sauvages, parce qu'ils n'en entendent pas la langue, et que d'ailleurs les sauvages n'en voudraient pas, accoutumés qu'ils sont aux prêtres séculiers auxquels ils sont fort attachés.3° Dans le cas ou l'on voudra conserver des Recollets dans les colonies de Lacadie et de Lisle Royale, ils ne peuvent être employés qu'en qualité d'aumôniers dans les postes ou il y a des garnisons franco is es de troupes réglées, encore faudroit il que les prêtres séculiers dans le voisinage desquels ils se trouveroient veillassent sur eux.4° En supposant qu'on ne conserverait a Lacadie et a Lisle Royale des Recollets que pour les postes d'aumoniers dans les garnisons, il y a a la riviere S.Jean deux compagnies de troupes réglées en garnison, un recollet y suffirait avec les trois ou quatre prêtres séculiers qu'on y a demandé tant pour les anciens habitans francois que pour les nouvelles familles qui y sont réfugiées.5° R ne s'agir oit plus que de distribuer dans toutes les garnisons soit a Lacadie ou a Lisle Royale des recollets pour aumôniers et de n'y en avoir que pour cet usage.6° En suposant les cinq articles precedents acceptés par la cour, et pour établir solidement la mission de Louisbourg et de cette colonie il faudroit former a Louisbourg une communauté de six prêtres séculiers dont M.Maillard auroit l'inspection et la supériorité pour les distribuer et employer selon qu'il le jugeroit a propos ; six prêtres séculiers feroient plus d'ouvrage que neuf recollets, ainsi ce seroit toujours un tiers de dépense de moins pour le Roy.L'abbé de Lisledieu, s'il le juge a propos, en conférera avec M.Rouillé et exécutera ses ordres a ce sujet.Lettre à M«r du Pontbriand \u2014(23 mai 1751) Monseigneur, voicy encore une 4* lettre ; mais ce ne sera que pour vous presenter M.jousseran prêtre, très bon sujet, et un excellent et vertueux ecclésiastique que M.M.les supérieur et directeurs de notre maison envoyent et ont destiné aux Tamarois.Je vous avois annoncé M.pelé et M.de La Lanne m'avoit annoncé luy même qu'il vous le r envoy oit dans leur séminaire, cependant aujourd'huy, veille du depart, je vois le contraire, et je ne devine ni pourquoy on vouloit vous le renvoyer, ny pourquoy on ne le veut plus.C'est un bon ecclésiastique qui peut être luy même un peu indécis ; mais on l'a furieusement baloté surtout depuis 7 a 8 mois, on a voulu luy faire prendre un vicariat dans le diocese, on m 314 ARCHIVES DE QUÉBEC luy a même fait ordonner par M.l'archevêque de le prendre, le refus qu'il en en a fait luy a été funeste.M.jousseran vous en dira les suites si vous les lui demandées.Le bon M.pelé a été interdit pour punition de son refus qu'il fondoit cependant sur une raison asés plausible.Je suis, disoit il, membre d'un séminaire auquel je suis attaché, et dont les liens doivent être réciproques a mon profit comme au sien, cela ny a rien fait, l'interdit a tenu et subsiste.depuis ce tems la ces messieurs ont paru vouloir donner une cure a M.pelé et cette intention n'a point eu son effet ; etoit ce volonté réelle, ou simple velléité de parade ?je l'ignoré, ce sont encore pour moy et pour toute la maison lettres closes.Enfin on vouloit il y a quelques jours vous renvoyer M.pelé Monseigneur, et a la veille du depart il n'en est plus rien, j'y jette mon bonnet pardessus les moulins, et je renonce sur cela a toute espèce de curiosité et de perquisition, je pense Monseigneur que vous en fer es autant.Je vous ay mandé la tournure qu'avoit pris l'affaire de votre chapitre et de votre séminaire Monseigneur, la retenue au conseil et les commissaires nommés pour l'examiner et en faire le rapport.Ces messieurs avoient d'abord paru vouloir la défendre avec beaucoup de chaleur et d'activité, aujourd'huy ils ont jeté de l'eau sur le feu non comme le forgeron pour le concentrer et le ranimer mais pour l'éteindre.ils s'en rapporteront disent ils au conseil sans aucune defense; si on leur laisse la cure sur le simple titre de l'union qui leur en a été faite et la possession ou ils sont de la desservir depuis son erection ils la garderont.s'il en est autrement, bene tit, disent ils ; ainsy Vous voyés Monseigneur que toute la challeur de M.de la Lanne s'est éteinte, ses idées font plus de chemin et vont plus vite seulles qu'en compagnie.Tout cecy est une raison de plus Monseigneur pour demander au profit de la conservation de vos droits l'exécution de la bulle de 1713 pour ce qui les regarde, comme votre chapitre la demande pour revendiquer la cure ; mais il y a toute apparence que ny le chapitre ny le séminaire ne l'auront.Si ces messieurs combattent contre vous Monseigneur avec de pareilles armes pour la maintenue de l'union du séminaire de Quebec au leur, il y a toute apparence que le séminaire prendra la même route que la cure, ipti viderunt et not videbimus ex tempus licuerit.Je ne scay Monseigneur si vous ne trouvères pas que j'ay fait un coup de ma te te, et le voicy : non seullement j'adresse la bulle du jubilé a la Louisianne a cause de la distance ou vous en êtes Monseigneur ; mais je viens de l'adresser a M.Maillard pour Lisle Royale et Lacadie avec injonction de ne faire ni recette ny mise de mon envoy s'il a reçu asses tot vos ordres, j'ay pris cette precaution de peur que ne recevant pas asses tot le paquet de la cour vous n'ayes pas le tems de donner vos ordres et votre mandement a Lisle Royalle.J'ay eu l'honneur de vous marquer dans une de mes lettres que j'avois peu de choses a vous dire des Recollets de Louisbourg ; mais par réflexion j'ay pensé que j'en etois asses instruit pour vous informer qu'ils ne font rien qui vaille, aucun ne parle ny n'instruit, point de prones, point de catéchismes, tous les genres d'instruction sont négligés, les malades point visités mal soignés et peu consolés dans leur état fort peu d'union et d'intelligence parmy les sujets de cette mission.Le nombre des sujets est inférieur a celuy des postes a remplir et a desservir, ils attendent disent ils six prêtres et un frère, et pendant ce tems la ils binent.Quoy qu'ils n'ayent point de pouvoirs de grand ARCHIVES DE QUÉBEC 315 vicaire ils prodiguent les dispenses de mariage, en un mot tout va mal, et c'est une mission a reformer de la tete aux pieds, le pere athanase est une espèce qui n'a ny talent ny parole, et peut être aussy peu de bonne volonté et de sele pour son ministère ; mais que f croit il du dernier s'il n'a pas capacité suffisante pour le remplir.U m'a mandé que M.De la Lanne avoit fait en passant la visite de sa mission et qu'il avoit trouvé les registres en bon ordre.Je viens de luy écrire et de luy mander que vous exigiés quelque chose de plus Monseigneur que d'inscrire sur des registres des actes de baptêmes, de publication de bans, de dispenses et de celebration de mariages, de sepultures, &c.je luy ay écris une lettre un peu ferme parsemée d'instruction affin d'en corriger la sécheresse par l'onction, je luy parle sur et d'après les ordres que j'ay reçus de vous a ce sujet Monseigneur.Je luy ajoute qu'il doit songer a se concerter avec M.Maillard a qui vous l'aves subordonné et que je prie M.Maillard de m'envoyer tous les ans un detail de sa mission s'il ne le fait pas luy même pour se conformer a vos intentions.Je luy mande encore que je vas écrire a son provincial pour luy envoyer des sujets en nombre proportionné aux six aumoneries qu'il est obligé de remplir et au.besoin qua la cure de Louisbourg pour être exactement desservie et par des sujets capables d'instruire et édifier suivant la parole de S* Bernard pascas verbo et exemple, sans quoy ils seroient des nuées sans eau nubee sine aqua.Je tonne un peu Monseigneur, mais de votre propre tonnerre et non du mien, mon unique dessein c'est que vos vues soyent remplies.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé de Libuodibu.ce 23 may 1751.Lettbe au phési dent du Conseil Du Marine \u2014 (23 mai 1761) Toutes mes lettres des colonies sont écrites Monsieur, et il ne me reste plus qu'a vous faire réponse ; je vous ay gardé pour le dernier afin d'avoir la tete plus libre, et d'être plus en état de vous dire l'usage que j'ay fait de vos lettres et des différentes instructions que vous m'y avés données sur l'état de vos missions, et en particulier sur la position pressante et.intéressante de vos chers habitants et familles françoises qui restent encore dans la péninsule de l'acadie, sous la main des anglois, qui leur font les plus mauvais traitemens et veuUent les rendre garants de la guerre que leur ont déclaré les sauvages pour revendiquer eux mêmes leur terrain, leurs propriétés et leurs possessions.J'ay essayé de peindre a la cour votre position et celle de votre mission tant de francois que de sauvages, je crois y avoir reussy, la cour m'en a paru touchée, le ministre et M\" les commissaires nommés par le Roy m'en paroissent occupés ; mais les commissaires anglois qui ne demandent qu'a temporiser pour gagner du tems et du terrain ne finissent point. 316 ARCHIVES DE QUÉBEC J'ay vu, lu et examiné leur mémoire de pretentions, et les titres et moyens dont ils osent les etayer et les soutenir ; rien n'est si peu fonde, si extravo-guant, si vague et si peu concluant ; on pourroit même réfléchir et diriger contre eux leurs propres titres.j'ay également lu ou du moins entendu la lecture du mémoire de M.le Marquis de la Galissonnière et de M.De Syllhouete, en réponse a celuy des commissaires anglois (car ces messieurs de la Galissonnière et de Syllhouete m'honorent de leur amitié et de leur confiance, ils m'ont même demandé la communication de mes extraits sur l'acadie que je leur ay confiés).B m'a paru qu'ils en étoient contens et qu'ils y trouvoient un precis exact de tout ce qui s'étoit passé dans l'acadie depuis l'évacuation de Louisbourg de la part des anglois, et leur établissement a Chibouktou, au grand detriment de nos pauvres familles françoises et de vos missions qui en ont été culbutées.B ne faut pas croire Monsieur, que le Roy aye dessein de les abandonner, vous pouves les assurer du contraire, et M.le marquis de la Galissonnière vous le fait bien voir luy même dans sa réponse qu'il m'a communiquée.M.Rouillé m'a tenu le même langage pendant trois jours que j'ay passés a Versailles et ou j'ay eu de luy huit heures d'audience en trois fois, sur les extraits que je luy a vois envoyés 15 jours en avance, afin qu'il en prit connoissance avant mon arrivée a Versailles.On ne peut être plus content que je l'ay été des audiences qu'il ma données et des bonnes et favorables dispositions ou je l'ay trouvé.B m'a assuré'et il me la même écrit en marge de mes extraits, que l'intention du Boy etoit de faciliter l'évacuation des familles françoises et leur transmigration dans le surplus du continent qui ne fait point partie de la péninsule, uniquement cédé, et même pas encore dans sa totalité aux anglois, comme vous le remarques fort bien dans votre lettre.L'intention du Roy est également de donner des secours aux familles françoises pour leur subsistance et pour leurs nouveaux établissements hors la péninsule dans le continent, jusqu'aux rives du fleuve S* Laurent, et les ordres sont donnés a ce sujet de la manière la plus precise, je suppose qu'ils seront exécutés avec la même exactitude, du.moins autant que les circonstances le permettront, mais la cour tout recommande surtout et a M\" tot confrère* missionnaires, de ne rien compromettre vie a vit de* anglais.A l'égard de la fixation des limites, cela ne peut aller aussy vite qu'on le voudroit et que vous le desireriés, M, le Marquis de la Galissonnière vous le mande luy même et vous en dit les raisons, quoyqu'il n'y perde aucun tems, qu'il en soit extrêmement occupé et qu'il y donne tous ses soins.J'ay vu comme je vous lay dit cydessus ses observations sur le mémoire et les titres des anglois, aussy bien que son mémoire en réponse, il n'y a rien de mieux, et j'avoue que je ne conçois pas comment les anglois osent avancer et soutenir de pareilles pretentions.On leur a cédé l'acadie selon ses anciennes limites, elle en avoit donc de nouvelles lors du traité, et les termes mêmes de cession, selon le* ancienne* limitée, sont plus qu'une présomption que la cession ne s'etendoit pas jusqu'aux nouvelles limites.En second lieu on leur cede l'acadie, et même Port Royal ; Port Royal, appelé depuis annapolis, n'étoit donc que contigu a l'acadie et n'en faisoit pas partie ; ainsi la péninsule etoit bornée de ce coté la. ARCHIVES DE QUÉBEC 317 La Baye francoise, qui porte encore aujourd'huy ce nom, ne nous est pas contestée, et rien par consequent de ce qui est au dessus en avant dans le continent,' du coté de la rivière et de l'isle S' Jean, ne doit nous être disputé, tous ces postes étant des partyes contigues a la péninsule cédée, et non pas une continuité de la péninsule.Lors du traité et par le traité même les deux couronnes, l'une cédante et l'autre cessidnnaire, convinrent de nommer des arbitres pour reconnoitre et determiner les anciennes limites qui dévoient renfermer et circonscrire l'acadie cédée par le roy de france, selon ses anciennes limites, et acceptée pour telle et avec cette restriction et cette reserve par la reine anne, cependant et au prejudice d'un texte aussy formel et aussy clair, voicy quelles sont les pretentions des anglois d'écrites sur la carthe par une ligne qui de la pointe méridionale du banc de S.george se poursuivant au nord-est, coupe lisle des Sables d'où se continuant au nord elle passe de la pointe du cap de nord de l'isle Royale, qu'elle renferme aussy bien que le cap Breton, d'où remontant au nord-ouest elle passe par les isles de la madelaine et aboutit au cap des rosiers, et ensuite comprend toute la rive méridionale du fleuve S* Laurent jusqu'à la riviere des trois saumons et retombe ensuite selon la demarcation de la ligne la moins occidentale qui aboutit a lad.riviere des trois saumons, du côté du nord, et au midy, a l'embouchure de la rivière de Pentagouet, ou penobscot, dans la mer, ou suivant la demarcation la plus occidentale qui aboutit au nord, un peu audessus de Quebec, et au midy a l'embouchure de la riviere de Kinibeks a la mer, de façon que selon cette seconde demarcation, toute la rive méridionale du fleuve S* Laurent se trouverait former les limites reclames par les anglois, qui par la deviendraient maîtres de presque tout le continent, et de toutes ses cotes.S'il en avoit été ainsy, on ne voit pas pourquoy ny de quelle nécessité il pouvoit être entre les deux couronnes de nommer des arbitres pour reconnoitre les anciennes limites.Les titres dont les anglois appuyent leurs pretentions ne sont pas plus concluàns que leur système parait vraisemblable, il faudra voir ce qu'ils répliqueront a la réponse de M.le marquis de la Galissoniere et de M.De Syi-lhouette.Comme ces deux M\" veullent bien m'admettre quelque fob dans leurs conferences et leur travail particuliers, je tacheray de suivre leurs operations et d'en accélérer tant que je pour ray la fin et la consommation; il étoit difficile qu'on pust mettre les intérêts de l'état et de la colonie en de meilleures mains.Vous seres peut être bien abe d'apprendre que M.Maillard a eu une pension de 800* au mob d'août d\".Je luy écris pour luy en donner la nouvelle, en luy envoyant la bulle du jubilé.J'écris pareillement a M.Girard et au P.Germain, j'adresse toutes mes lettres a M.Prévost commissaire ordonnateur pour le Boy a Louisbourg, en le priant de leur faire tenir mes lettres le plus sûrement qu'il pourra.A l'égard de M.le chauvreux et de M.des Enclaves, je crois qu'il seroit difficile de leur écrire au milieu des anglois.J'ignore ou est M.De manac, s'il est avec vous je vous prie de le saluer de ma part.M.le marquis de la galissonniere n'a point reçu la carthe que vous m'aviez annoncée, et qui selon les apparences etoit très exacte, elle nous auroit été icy d'une grande utilité, peut être nous Penverrés vous l'année prochaine. 318 ARCHIVES DE QUÉBEC Je prends bien part a lembarras de votre position, il faut espérer que les mesures que la cour a prises du côté de l'angleterre vous donnera plus de tranquillité, et que le general anglois portera moins loin ses entreprises, en ce cas il faudra tacher de contenir vos sauvages pour ne pas irriter les esprits par de fréquentes hostilités, la cour me charge de vous le recommander, aussy bien qu'a messieurs vos confreres.B ne tiendra pas a moy que vos chers habitants n'ayent la satisfaction qu'ils demandent, je m'intéresse beaucoup a leur sort, je vous prie de les en assurer et de les saluer tous de ma part en N.S.a fur et a mesure que vous en aures l'occasion.Informes moy chaque année exactement de tout ce qui se passera dans votre mission et dans celles de M\" vos confreres, me trouvant plus que jamais chargé d'en rendre compte a la Cour.B n'y a rien de nouveau dans cette maison tout le monde s'y porte bien, tous vos amis vous y salluent, ne doutes jamais de mon tendre et sincère attachement pour vous ny du respect avec lequel je suis Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé Du L'ibledieu, Vie.g*1 de Quebec.A Paru ce 23 may 1751.Lettre À M\" de Pontbriand \u2014 (2 juin 1751) Monseigneur, Tant que j'auray occasion de vous écrire je le feray ; je voudrais ne vous rien laisser ignorer de tout ce qui vous interesse en ce pays cy.Quand on est esloigné tout doute et toute incertitude produisent leur effet et leur deplai-sance ; mais par malheur on ne peut questionner les lettres qu'on reçoit elles disent exactement ce qu'on leur confie et rien de plus.vous trouvères dans ce nouveau pacquet une seconde lettre que j'écris au supérieur des Recollets de Louisbourg, c'est le modèle que je vous envoyé, je ny regrette vis-a-vis de vous Monseigneur que la manière dont je m'explique sur votre compte et a l'égard de la façon d'écrire du p.athanase, c'est le sentiment de mon cœur que je luy ay tracé et le désir que j'aurois quil seut s'exprimer d'une manière convenable avec quelqu'un a qui il doit du respect a tous égards, vous me trouvères peut être un peu sec, et trop ferme ; mais j'ay pensé quil y avoit des gens avec qui il falloit l'être, surtout quand ils manquoient a lessentiel, et c'est ainsy et sous ce coup d'oeil que j'envisage le défaut de respect et de subordination pour les premiers supérieurs, d'où pour lordinaire dérivent toutes les autres fautes qu'on fait surtout dans notre état ou les moindres fautes entraînent toujours des suites fâcheuses.Ma premiere lettre ne contient que de simples conseils, et un petit reproche sur le peu de detail que le p.athanase me fait de sa mission après celuy que je luy a vois demandé. ARCHIVES DE QUÉBEC 319 Le motif de la seconde a été la crainte quil ne me soupçonnât davoir pris sous mon bonnet les avis que je luy donnois, ou quil ne taxât M.Maillard de m'a voir écrit contre luy.soupçon ordinaire des recollets depuis que M.Maillard a autorité et jurisdiction sur eux.je me souviens encore des lettres quils ont autrefois écrit contre luy du tems de M.le comte de maurepas et je me suis cru obligé d'en avertir M.Rouillé pour éviter les préjuges qu'on luy pouvoit donner.Me voicy présentement occupé de nouveau a l'affaire de lhopital de Montreal, la cour ma demandé un nouveau mémoire sur les inconvénients de la reunion, ou même de tirer des sujets de celuy de Quebec pour gouverner le premier.R paroit que mon mémoire a fait son effet, il a été renvoyé a M.de la galissonniere pour en conférer avec moy.M.de la gallissonniere paroit de mon avis et par consequent du votre Monseigneur.R m'a demandé un nouveau mémoire qui contienne le plan et la forme quil faudroit observer pour la verification de la commission donnée a Madame D'Youville le 27 août 1747, quoyquil paroisse a ce quil ma dit qu'on ait deja disposé par vente des lieux et bâtiments de lhopital de Montreal.R me semble Monseigneur que dans le pays ou vous êtes comme dans celuy cy on va bien vite en besogne, et quon commence par exécuter les projets avant que de les examiner, c'est ce me semble pendre quelqu'un par provision et ensuite instruire son procès.R ne faudroit pas que M* you ville se pressât ny quelle prist aucun party que celuy que vous luy prescrives Monseigneur, j'ay représenté a la cour une copie de la commission que vous luy donnâtes conjointement avec M.le general et M.l'intendant en 1747 en qualité de chefs de l'administration, elle a été trouvée extrêmement bien concertée, et toutes les mesures et precautions qui y sont referees prouvent a la cour qu'on y a prévu tout ce qui pouvoit assurer une bonne fidèle et utile administration, et de plus les voyes les plus sures pour s'en faire rendre compte.R doit y avoir aujourd'huy une conference entre M.de la gallissonniere, M, l'abbé couturier et moy, s'il se passe quelque chose avant le dernier depart des vaisseaux je vous en informeray, aussy bien que de la decision de sorbonne sur la traite d'eau de vie ; car dans ce pays la de vous a moy Monseigneur on est un peu omnia méditons, cuncta anhelans, nihil avt pauca agent ; et ce ton me va moins qu'a un autre qui desire besogne faite, non pour l'avoir faite mais pour lavoir bien faite.Voicy une lettre pour la dame Youviile, je n'entre avec elle dans aucun detail affin que vous ne luy confiés ce que vous voudrés.C'est ma maxime, l'oracle ne doit sortir que d'une bouche, tout ce que je Crains c'est de beaucoup vous ennuyer par mes griffonnages inlisibles ; mais aussy pourquoy prènes vous un grand vicaire et un correspondant aveugle en ce pays cy.Du moins (si mes yeux sont mauvais) mon coeur est bien sain et mon respect et mon sele le sont également pour tout ce qui vous interesse, et c'est avec ces deux sentiments bien purs et bien sincères que je suis et seray jusqu'au dernier soupir de ma vie Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur a paris ce 2 juin 1751.L'abbé De L'isle dieu, Vie.g*1 320 ARCHIVES DE QUÉBEC (28 man 1762) Monsieur, Je me hate de répondre aux différents articles sur lesquels vous m'avés paru désirer que j'eusse l'honneur de vous écrire dans la dernière audiance de vendredy avant mon départ, ne l'ayant pu faire plustot par raport a la fièvre et une inflamation a la gorge dont J'etois menacé si Je ny avois remédié par trois seignées consécutives dans l'espace de vingt quatre heures.Voicy présentement Monsieur le premier article dont J'ay à vous rappel-ler le souvenir et un des plus important ; il s'agit du renfort de prêtres séculiers qu'il faut envoyer à Monsieur Le Loutre, il na actuellement qu'un seul prêtre pour.3000 francois, tant d'anciens habitans que de ceux qui sont sortis de l'Acadie pour aller s'y joindre.Si on ne leur donne pas de prêtres pour les reunir en villages et peu a peu en paroisses, ils seront toujours errants, ne se fixeront point et ne s'établiront jamais.Ors en partageant ces 3000 habitans par 600' il faudra cinq Prêtres.B n'y en a qu'un, c'est encore quatre qu'il faut ; car il ne faut point compter sur Monsieur Le Loutre qui par la seule inspection et les secours qu'il donnera a ces cinq missionnaires fera plus de travail luy tout seul que les cinq missionnaires ensemble.Ainsy Monsieur, ce sera quatre missionnaires séculiers qu'il conviendra de demander cette année à Messieurs les Supérieur et Directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, si ils sont en état de les fournir et de les envoyer incessamment.fl ne faut point compter, sur un jeune Missionnaire (Manach) envoyé il y a deux ans puisqu'il est occupé à partie des sauvages de Monsieur Le Loutre qui onthyvernésaTagamiskouchea 18: a 20 lieues du fort de Beauséjour.L'autre partie qui est allée hy verner a Quebec, ne manquera pas de revenir au printerns, et si elle ne peut se joindre à la première il leur faudra égallement un missionnaires pour les empêcher d'être errants et sans poste.L'intérêt de l'Etat et de la Religion étant de les former autant qu'il est possible en villages tant pour leur instruction que pour les attacher à l'Etat par la Religion et en disposer selon les circonstances.B ne faut point compter non plus sur le Père S* Jean Jésuite, il a sa mission ¦ séparée à La Rivière S' Jean ou il est un exemple de desinterressèment de vertu de sèle et d'édification.B faudra aussi deux aumôniers recollets, pour les deux compagnies qui sont à la Riviere St* Jean, si ceux de Louisbourg pou voient seulement yen envoyer un.Monsieur de la Goudallie, ancien missionnaire séculier qui n'a plus de paroisse dans l'Acadie angloise pourroit peut être en luy écrivant comme je le feray si vous l'aprouves, Monsieur, rester encore un an ou deux à la Rivière S' Jean quoy qu'il soit fort âgé.Quant aux Récollets de Louisbourg ils ne sont actuellement que six et ils sont sûrement obligés d'en fournir davantage par la convention faite avec eux par la cour.D'ailleurs des six il faut en retirer deux du nombre desquels se trouve le Pere commissaire ou Supérieur qui n'est pas en état de veiller sur les autres Lœttbb ad pbébidbnt du Conseil, de Marine \u2014 ARCHIVES DE QUÉBEC 321 s'il se conduit mal luy même.J'en ay écris moy même au Père Provincial qui suivant l'adresse qu'on ma donnée est a Lorient et au Père Jacques Abgralt qui est commissaire de sa mission de Louisbourg quoy qu'il reside a Morbus.Ce dernier m'a fait réponse et le premier continue de garder le silence.Une lettre de vous Monsieur ou de Monsieur de la Porte, par vôtre ordre fer oit beaucoup plus d'effet et cela me paroit d'autant plus nécessaire que cette mission n'est aucunement desservie ny complette par nombre des missionnaires et moins encore par les qualités qu'ils doivent avoir, ce qui forcera tot ou tard M.l'Evêque de Québec de demander à la Cour la permission d'y établir des prêtres séculiers si les Récollets ne se conduisent pas mieux.Comme il y a toute aparence que ça été la maladie de Monsieur Le Comte de Raymond qui la empêché de vous en écrire, et qu'il le fera sans doute par les premiers vaisseau, J'ay cru devoir vous renvoyer Monsieur, le mémoire que j'ay eu l'honneur de vous présenter dans votre première audience a fin que vous voyés si les dits Pères Recollets se conduisent aussy mal ce n'est pas faute d'avoir été avertis et exhortés à mieux faire.Ce qu'il a de vray c'est que les Récollets de Bretagne, ne peuvent se dispenser d'envoyer cette Année six sujets qui avec les quatre anciens qui resteront (puisqu'il en faut retirer deux) ne seront jamais que dix, nombre toujours disproportionné a celuy des postes qu'ils auront à remplir a moins qu'ils n'y veuillent suppléer par l'activité de leur zèle.A l'égard des deux missionnaires nommés Monsieur Le Chauvreux et Monsieur Desenclaves qui sont restés aux Acadiens francois qui sont encore sous la domination des anglois, ce sont deux bons et vertueux missionnaires qui ont de fort bonnes velles mais pas assés éclairés.Vous Etes convenu Monsieur qu'il ne falloit pas leur envoyer le renfort de missionnaires qu'ils demandoient suivant que le pense luy même Monsieur Le Loutre, mais qu'il ne falloit pas reformer leurs velles sur cela de peur que les avis qu'on leur donnerait ne parvinssent à la connaissance du gouvernement anglois qui en tireroit peut être avantage auprès des Accadiens francois qui sont encore sous Sa domination ou à celle des François accadiens qui jugeraient peut être par ce refus qu'on les abbandonne aux anglois.C'est la ce me semble.Monsieur l'esprit et le résultat du conseil que vous avés tenu a ce sujet.Ainsy il suffira de mander à ces deux bons missionnaires qu'on ne peut cette année et dans les circonstances présentes leur envoyer les secours qu'ils demandent.' Je pense à ce sujet qu'ils batailleront encore assés de tenir pour attendre la décision des limittes après quoy ils se retireront d'eux mêmes étant fort âgés et fort infirmes.Le Provincial des Capucins de Champagne me vint encore trouver hier au soir pour sçavoir si vous Voudriés bien être favorable à sa province vis a vis de la position ou le met l'arrêt du parlement de Metz, dont il vous a été fait lecture .B persiste à dire qu'il ne peut donner de sujets cette année pour la mission de la Louisianne que sa province fournit dès que l'arrêt dont je viens d'avoir l'honneur de vous parler en fait évacuer plus d'un tiers des sujets.B est cependant d'autant plus nécessaire d'envoyer cette année des sujets dans cette mission que comme vous le verres par la lettre de Monsieur de Vaudreuil, Monsieur, il en faut retirer deux qui ne sont pas de bons sujets, et par 322 ARCHIVES DE QUÉBEC conséquent y en envoyer deux de plux que ce qu'on avoit destiné ou du moins demandé, eû égard aux nouveaux établissemens des postes de cette Colonie par les compagnies qu'on y a envoyées en 1751.Le Pere provincial de Champagne vous demande Monsieur, Sa permission de se présenter a votre audiance à Versailles et ma prié de vous en prévenir, et même de luy donner une lettre pour l'annoncer.Outre les quatre Missionnaires absolument nécessaires à Monsieur Le Loutre pour favoriser les nouveaux établissemens qu'il veut faire des Acadiens francois sortis de la péninsule, je pense qu'il en faudrait envoyer un aux Tamara is, mission de la Louisianne la plus proche des Minois, desservie par des prêtres séculiers des Missions étrangères du Séminaire de Paris et de celuy de Québec.Vous verres Monsieur par cet article de mes extraits que cette mission est presque tombée qu'elle ne consiste presque plus qu'en un petit établissement de francois.que presque toutes les nations sauvages s'en sont détachées pour aller aux anglois, tandis que cette mission aurait pû non seulement se conserver mais s'acroitre comme celle des Jésuites aux Illinois et ceux (?) autres nations qu'ils desservent si Elle avoit été fournie de sujets.B n'y a aux Tamarois que trois prêtres séculiers dont deux sont fort âgés et demandent depuis longtems du secours; il faudrait du moins y en envoyer un cette année y ayant plus de seise ans qu'on y en a envoyé.Ceux qui sont chargés de cette mission ne comprennent pas assés combien il est important de la bien établir ; elle est environnée de toute part de nations sauvages et tout ce que nous en perdons s'acquiert par l'anglois.La religion est un des plus fort motifs qui nous les attache, s'il vient a manquer par notre faute, la cupidité et l'yvrognerie nous les enlèvent.Je pense donc, Monsieur qu'il n'y aurait pas de temps a perdre pour rétablir peu à peu cette mission en y envoyant du moins cette année un sujet qui irait a la Nouvelle Orleans et remonstrait facilement aux Tamarois comme les Jésuites le font aux Illinois.Vous trouvères cy joint Monsieur un petit mémoire concernant les intérêts de Monsieur Le Loutre.Cette grace luy avoit été promise dès le tems de Monsieur de Maurepas.J'attendray vos ordres sur le contenu de cette lettre qui est un peu longue pour ma tête surtout après trois seignées en 24 heures.J'espère que vous voudrés bien me faire renvoyer mes extraits lorsque vous y aurés mis ou fait mettre vos apostilles pour m'y conformer dans mes réponses et n'y rien mettre dont je ne sois bien sûr.Je suis avec respect, Monsieur, etc etc etc, L'Abbé de L'IsleDied, Vicaire.Général des Colonies Françoises.A Paris 28 Mars 1752. ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre aux Chanoines de Québec ¦\u2014 (17 avril 1752) 323 Messieurs, Je suis très flaté de la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'ecrire ; quant aux remerciements que vous me faites je n'ay encore pû les mériter que par mon zèle bien sincere pour tout ce qui peut vous intéresser, et par le désir que j'aurois d'etre bon a quelque chose a votre compagnie en ce pays cy, soit vis a vis de 1a cour, si j'etois assés heureux pour pouvoir vous y servir, du moins par mes amis, si mon credit n'est pas ases étendu pour m'en procurer la satisfaction et a vous l'utilité Messieurs, soit dans quelque occasion particulière que je saisirois d'autant plus volontier qu'il me seroit aussy satisfaisant qu'honorable d'etre utile a un corps aussy respectable que le vôtre.Quant a la contestation que vous avés avec le séminaire de Québec, quoy que j'aye des liaisons d'habitation et de société avec celuy de Paris, les amis communs n'ont plus rien a faire dans une contestation portée en justice réglée, que de désirer que la justice soit rendue a qui elle appartient, et c'est le vœux de mon cœur pour vous, si vos pretentions sont aussy justes que vous les croyés.Si il avoit été question de conciliation, et que mon ministère eut pû vous être agréable, et utile, j'ay deja eu l'honneur d'etre une fois votre arbitre vis a vis de feu M.de Montigny directeur de cette maison, dans une audition et un apurement de compte, que M.l'abbé de la Tour votre ancien Doyen, avoit a vous rendre, vous me parûtes dans ce terns la contents de mon operation, du moins a en juger par ce que M.delorme m'en dit alors, et par ce que vous m'avés fait l'honneur de m'en écrire depuis ; je vous supplie d'etre persuadés Messieurs, que mon zele et mon dévouement pour vous n'ont souffert depuis ce tems la aucune alteration ; mais il est question, entre vous Messieurs, et le séminaire de Québec, d'un arret du conseil qui decide de vos pretentions réciproques, et tarisse par la vos contestations, dans lesquelles Mer l'Evêque de Québec ma assuré quil ne vouloit entrer pour rien, si vous en exceptés la reclamation de son droit de libre institution et de nomination, si la cure que vous contestés au séminaire, vient a passer de ses mains dans les vôtres.Telles sont Messieurs les intentions que M** l'Evêque de Québec ma notifiées en me chargeant de presenter sa requête au Roy a l'effet d'en obtenir un arret qui l'autorise a intervenir pour la simple conservation de ses droits, dans la contestation que vous avés avec le séminaire.Ainsy Messieurs, je me trouve fort a mon aise en executant les ordres de M** l'Evêque de Québec vis a vis de vous, puisqu'il ne s'agit que d'un seul point, qui est le droit de nomination, et de libre institution, reclamé par M\" votre évêque, et que vous ne demandés pas mieux que de voir decider, du moins a ce que m'en a dit plusieurs fob M.l'abbé de la Corne votre agent et votre confrère, que j'ay eu l'honneur de voir cette année, bien plus souvent que la précédente.A l'égard du sort des pretentions de M8r l'Evêque de Québec et des vôtres, tub judice lit ett, les commissaires du conseil en décideront, je m'interdis jusqu'à la faculté d'opiner vis a vb de moy même, et je me trouve d'autant plus 324 ARCHIVES DE QUÉBEC libre, dans les vœux que je fais a ce sujet, que je les dirige tous vers le bon droit, bien persuadé que M\" l'Evêque de Québec nen exige pas plus de moy, et que vous ne m'en demanderez pas d'avantage.J'espere d'ailleurs que cette petite contestation ne portera aucune atteinte a la paternelle amitié de M*' l'Evêque de Québec pour vous Messieurs, ny a votre confiance filialle et a votre attachement pour luy, et que l'arrêt qui décidera tout, n'altérera rien de ce qui peut contribuer a votre satisfaction réciproque, tel est mon dernier vœux Messieurs, en désirant la fin de toutes vos contestations, et c'est la seulle preuve que je puisse vous donner en ce moment de mon attachement, de mon sèle, de mon dévouement sincères, et du respect avec lequel je suis Messieurs Votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé de L'isledieu, Vie.g*1.A Paris ce 17 avril 1752.Lettre à M\" nu Pontbriand (17 avril 1762) Monseigneur, Vous avés eu raison de dire que vous m'envoyés bien de la besogne par les derniers vaisseaux qui sont arrivés de Quebec en france, mais peu a peu je m'y suis accoutumé, et je n'en trouveray jamais trop, lorsque j'y pourray satisfaire, ce sera toujours la puissance qui me manquera, et jamais le respect le dévouement ny le sele pour tout ce qui peut vous intéresser, tandis que Dieu me conservera en ce bas monde.Je commence par vous dire Monseigneur, que toutes vos lettres ont été rendues a leur adresse, du moins je les ay fait mettre toutes a la poste, excepté celle de M.Pelet qui n'etoit plus en france, mais en Danemark, ce qui vous étonnera beaucoup sans doute Monseigneur.J'auray soin de vous adresser toutes les réponses qui me seront envoyées.Vous aurés un arret d'intervention pour la conservation de vos droits, dans la contestation du chapitre et du séminaire, qui ne va pas fort vite, cependant M\" du chapitre ont deja fait signifier au séminaire leur requête d'introduction, contenant leurs demandes et leurs moyens, les seconds travaillent a leurs réponses, et chacun s'aplaudit et paroit content de son bon droit.Pour vous, Monseigneur, et selon vos intentions, vous ne prenés aucune part a la contestation, vous reclamés seulement votre droit, si par l'événement la cure vient a passer au chapitre.M.Rouillé a fait difficulté de joindre dans votre requête a la demande en intervention, la question de l'érection des cures, qui appartient de droit commun a l'ordinaire, je vous en diray les raisons cy après, mais ce dont je puis vous assurer, c'est que vous n'avés pas plus a cœur vos intérêts, a tous égards, Monseigneur, que M.Rouillé les a luy même. ARCHIVES DE QUÉBEC 325 L'affaire de l'indépendance prétendue du séminaire de Québec, a votre égard, va son train Monseigneur.Jay fait faire a M.Estève un mémoire d'observation sur cette question, une consultation que j'ay fait repondre en Sorbonne, et un petit mémoire sommaire contenant les propositions que vous faites a M\" les supérieur et directeurs du séminaire des missions étrangères de Paris.Je leur ay remis ce petit mémoire sommaire, ils y ont repondu, vous aurés des coppîes de tout, dès que M.Esteve m'aura remis sa réplique aux réponses de ces Messieurs, les luy ayant données a examiner et a confronter, vis a vis de son mémoire d'observation, et de la consultation de Sorbonne.Je ne me suis pas contenté de consulter M.Estève et la Sorbonne, j'en'ay conféré, de votre part Monseigneur, avec M.l'évêque de Nitry, et M.l'évêque de Bethléem, je crois que vous fériés bien de leur en écrire, si pour éviter l'éclat dont vous ne voulés point, vous voulies confier cette question a des arbitres, vous ne pourries mieux choisir.J'ose vous dire d'avance Monseigneur, que vous ne pourrés vous empêcher de rire des réponses qu'on vous fait.on vous fait partir d'un faux principe, il n'y a jamais eu, dit on, d'autre séminaire a Quebec que celuy des missions étrangères, ainsy l'érection du séminaire Diocésain que M.de lavai établit au mois de mars 1663, que le Roy confirma par ses lettres patentes du mois d'avril suivant, est une chimère qui n'a jamais existé qu'en projet, en idée et sur le papier.Ces Messieurs traitent de la même manière l'union de ce séminaire Diocésain, c'estoit, disent ils, unir une chose qui n'existoit pas, et qui n'a jamais existé ; ainsy Monseigneur, vous vous repaisses d'idées et de chimères.M\" les supérieur et Directeurs du séminaire des missions étrangères de Paris, rapportent trois fameuses pieces a l'apuy de leurs réponses 1° une lettre de M.De Laval, qui leur permet d'aller s'établir a Quebec, sur la demande qu'ils en avoient faite, 2° un acte qui contient les conventions qu'il faisoit avec eux, 3° un contrat de vente d'un terrain sur lequel est actuellement baty le séminaire, par le prix et somme de 8,000' que M.Délavai reconnoit avoir reçu en deniers comptants, et dont il se tient et reconnoit content.Voila, Monseigneur, les titres que rapportent M.M.les supérieur et Directeurs du séminaire des missions étrangères, auxquels ils ajoutent, en force, et comme pieces probantes et inattaquables, du moins insurmontables, l'inscription qui est sur la porte du séminaire de Québec, ainsy avec 8,000' une fois payées en beaux deniers comptant, comme le porte l'acte, les voila en possession imperturbable de votre séminaire, sur lequel vous n'avés aucune propriété ny possession, et d'autres droits de jurisdiction que celuy que vous avés sur le séminaire de Montreal, pour ne pas vous chercher d'exemples étrangers .cela est net et precis Monseigneur, vous l'entendes.Pour parer a la difficulté naturelle qu'on pourroit faire a ces M\", car ils paroissent l'avoir prévue, ils prétendent que tout ce qui est acrû a ce séminaire, depuis l'acquisition de 8000' comme union de Dixmes, ou d'autres biens ecclésiastiques, union de benefices, donations quelconques entre vifs, legs par testaments &c, tout les regarde privativement et aucun bienfaiteur n'a eu en vue le Diocèse. 326 ARCHIVES DE QUÉBEC Je serois assés tenté de croire Monseigneur, que ce sont ces M\" qui partent d'un f au principe, il n'est pas possible que le Roy ait confirmé en 1663 l'érection d'un séminaire qui n'existoit qu'en idées et sur le papier.Je ne suis pas plus disposé a croire que la vente de M.Délavai soit autre qu'une vente fictice, mais quant on la supposerait réelle, elle est faite a M.De Berniere et a ses associés, qui n'ont jamais été membres du séminaire de Paris.Ces M.M.qui avoient suivi M.délavai dans tous ses travaux apostoliques, et dans le cours de son vicariat apostolique de Petrée, se reunirent avec luy a Quebec dès quil fut destiné par le Roy pour y' être le premier évêque en titre, ils y établirent un séminaire pour y vivre en communauté, et comme ils etoient tous fort riches, il leur fut très aisé de le doter amplement comme un séminaire diocésain, suivant que le porte le décret d'érection du mois de mars 1663 et les lettres patentes confirmatives du mois d'avril suivant.Or dans tout cecy, je ne vois point de propriété pour M\" du séminaire de Paris.Que la vente de M.DeLaval ait été fictice ou réelle, elle etoit naturelle et même nécessaire, étant designé par le Roy pour être le premier eveque en titre de Québec, il ne de voit pas conserver de propriété dans les biens et revenus d'un séminaire quil fondoit et etablissoit pour son Diocese.D'ailleurs encore (et c'est une raison triomphante) dans l'union même du séminaire de Québec a celuy de Paris, il a été formellement et réciproquement stipulé de part et d'autre quil n'y auroit entre ces deux séminaires, ny communauté de biens ny communauté de charges, ce qui réduit cette union a une simple union morale et de regime spirituel, que vous ferés cesser quand il vous plaira Monseigneur, du moins c'est mon avis.Jay donné toutes ces reflexions beaucoup plus étendues a M.Esteve, pour répliquer a M\" du séminaire de Paris, nous verrons quel usage il en fera, j'auray l'honneur de vous en rendre compte dans une seconde lettre, en vous envoyant une coppie de son ouvrage, tout ce que je crains c'est de vous ruiner, car ce qui sort des mains de m™ les avocats est bien plus cher que ce qui sort des miennes, excepté le prix que vous y mettes, en continuant de m'honorer de votre amitié, et de votre confiance Monseigneur.L'union de l'hôpital de Montreal est enfin abbandonnée sur mes representations poussées, je crois, jusqu'à la demonstration, et sur mes offres d'en apurer et d'en acquitter les dettes de Paris, s'entend, sous la condition de subroger la personne qui fournira les deniers, au lieu et place des créanciers, pour la portion seulement qui leur sera payée de leur créance, remise faite des interest, et deduction de la portion des principaux que les d.créanciers remettront en les payant comptant.Pour consommer cette affaire, d'abord aussy solidement qu'elle le peut être, il sera rendu un arret du conseil d'etat qui confirmera la commission donnée a Mad.Youville et a ses compagnes, après quoy la cour ne pourra s'empêcher de donner des lettres patentes, parce que sans cela Mad.Youville et ses compagnes, ne formant pas un corps legal de communauté, resteroient toujours séculières, et en état de transmettre leur possession a leurs héritiers naturels, ce qui mettrait ceux de Mad.Youville en état de repeter sur l'hôpital de Montreal les sommes qu'elle paroitroit avoir payées pour l'acquittement des dettes de cette maison. ARCHIVES DE QUÉBEC 327 Je n'ay pas d'abord fait envisager cet inconvenient a la cour mais je la défie d'y parer que par des lettres patentes, qui consolideront a perpétuité le sort de cette maison.Vous voyés Monseigneur, que par cet arrangement et ce système, la commission de Mad.youville sera confirmée, que la colonie conservera son hôpital pour le soulagement des pauvres, et les autres usages que la pieté et le zèle en voudront faire, que Mad.Youville ou ceux qui fourniront l'argent et les fonds pour l'apurement des dettes, auront toutes leurs sûretés a tout événement, et que la cour dans la suitte, pour consolider ce qu'elle aura fait, ne pourra s'empêcher de donner des lettres patentes a Mad.Youville et a ses compagnes pour les former en corps legal de communauté séculière a laquelle il ne tiendra qu'a, vous de donner une règle et des constitutions, et de la part de l'administration, les règlements qu'on jugera nécessaires pour la conduite de cette maison, que vous verres fleurir et prospérer au grand contentement et au profit de la colonie.J'en écris a Mad.Youville, mais je n'entre dans aucun detail avec elle, je vous adresse même sa lettre toute décachetée, étant toujours dans le système de croire que tout doit passer par vous Monseigneur, et que les secondaires ne doivent rien s'attribuer que l'honneur et la satisfaction d'avoir exécuté ce qui leur a été confié.Jay conféré de tout cecy avec M.l'abbé Couturier qui m'en a paru content.C'est mon seul guide ; car pour M.votre frère, de vous a moy, en fait d'affaires, on ne le fixe pas aisément ny longtems sur la même idée, je voudrois seulement quil se communiquât et quil s'ouvrit moins avec ces M\" qui après cela me font des questions auxquelles il est inutile de repondre, que pour ce qui peut conduire a connoitre toute la force de leur batterie, que jusqu'à present il ne me paroit pas difficile de démonter.M.l'abbé Couturier ma apris Monseigneur, que les auteurs et promoteurs de la reunion avoient deja commencé a la faire exécuter par voye de fait, en faisant enlever quantité d'effets mobiliers qu'il s'agit de faire rentrer et restituer a l'hôpital de Montreal, en consequence, et sur le champ, jay eu l'honneur d'en écrire a M.Rouillé pour le supplier de donner ses ordres a l'effet de faire rentrer dans l'hôpital de Montreal les effets mobiliers qui en ont été enlevés, je ne fais aucun doute que ses ordres a ce sujet ne soient exécutés, je vous en donne avis Monseigneur, de peur qu'on ne vous en fasse mystère, car on prend pour l'ordinaire plus aisément qu'on ne rend.Je ne vous enverray point mes mémoires sur l'affaire de Montreal, dès qu'elle est consommée ils vous seroient inutiles.Les propositions qu'on a faites aux hospitalières de Quebec, soit pour les engager a bâtir une nouvelle salle a leurs dépens, soit pour confondre leurs revenus personnels et n'en faire qu'une seulle masse ou manse, avec ceux des ¦ pauvres, sont également tombées, il a été dit dans le travail a ce sujet avec le ministre, que ces bonnes et S*\" religieuses avoient trop aisément et trop fortement pris ï'epouvente et quil n'avoit jamais été question n'y de confondre leurs revenus avec ceux des pauvres, n'y de les forcer a construire seulles et a leurs frais la nouvelle salle réputée nécessaire, mais simplement d'y contribuer autant qu'elles le pourroient, et que c'etoit a vous Monseigneur, a examiner et a pezer sur cela leurs facultés, et a les engager a contribuer de ce qu'elles pourroient, mais que dans le cas ou elles seroient hors d'etat, même de contribuer a 328 ARCHIVES DE QUEBEC la construction de cette salle, c'estoit au Roy a y pourvoir, telle a été la decision, je n'ay point entendu parler du mémoire de ces bonnes religieuses, mais je crois que le mien, appuyé de la consultation de M.Esteve, a dérangé et démonté toutes les batteries qu'on avoit dressées contre elles.Je vous envoyé l'un et l'autre Monseigneur, mais comme je nay pas le teins d'en faire des coppies, je vous supplie de me renvoyer ces originaux par les premiers vaisseaux, attendu que je suis dans l'usage depuis 21 ans de garder tous les mémoires que je présente a la cour, et les decisions qu'on y met soit pour ma sûreté, soit pour mon instruction ou pour celle de ceux qui me succéderont.Voila donc encore une affaire décidée, mais il n'en a pas été de même de celle du greffier de votre offiçialité en même teins receveur des insinuations.R a été dit que l'exemption demandée tireroit a consequence, et quil conve-noit mieux de donner des ordres pour qu'on joignit aux deux fonctions de votre greffier quelque petite commission ou employ qui portassent par eux mêmes les exemptions demandées, je vous envoie a ce sujet Monseigneur, mon mémoire et la consultation de M.Esteve ; mais toujours sous la condition, si vous me permettes d'en faire avec vous Monseigneur, que vous me renverres l'un et l'autre pour les raisons que j'ay deja eu l'honneur de vous alléguer.La demande des Ursulines des trois rivieres n'a pas été plus favorablement reçue.R a été dit que la permission par elles demandée, et par vous sollicitée Monseigneur, paroitroit tirer trop a consequence.mais comme j'avois donné l'alternative ou de la permission de recevoir sans dot les sujets qui se proposent actuellement, ou de les doter, de la part de la cour, d'une petite pension viagère, et que j'avois appuyé cette seconde demande d'un exposé sommaire de tous les services que cette petite communauté rend dans le lieu de son établissement, et de tout ce quil en couteroit au Roy pour les remplacer, si elles venoient a manquer, faute de se renouveller par des nouveaux sujets, a fur et a mesure quil en meurt par my elles.il ma été répondu que c'estoit un motif de leur donner quelques secours, mais non de leur permettre de recevoir des religieuses sans dot, et il ma été ajouté que je pouvois vous en écrire Monseigneur, pour en conférer avec M le General et M.l'Intendant.C'est toujours quelque chose et même meilleur que ce qu'on demandoit, ainsy le sort de ces bonnes religieuses depend actuellement du rapport que vous en ferés a la cour conjointement et de concert avec M.le General et M.l'Intendant.Aux nouvelles et instantes et respectueuses representations que jay faites a la cour sur la manière dont les commis et employés protestants se multiplient chaque jour dans les colonies franco is es et surtout a Quebec, et Sur le danger des communications que ces employés ont avec les anglois, surtout de Quebec a L'acadie anglois e, ou les premiers peuvent donner connoissance aux seconds des mouvements qui se passent a Quebec, des resolutions et des partis qu'on y peut prendre pour soutenir les sauvages et secourir les acadiens francois.on m'a repondu qu'on donneroit cette année des ordres plus precis et plus rigoureux que jamais.Comme jay vu que mes observations a ce sujet faisoient impression a M.Rouillé, dans le travail que jay eu l'honneur d'avoir avec luy, je les ay fortement appuyées par l'application que j'en ay faite aux autres colonies, et les inconvénients qui en peuvent résulter, et qui en sont deja nés par les exemples ARCHIVES DE QUEBEC 329 et les preuves que j'en ay administrés, jay lieu de croire, ou du moins d'espérer, que mes observations et mes representations a ce sujet auront leur effet.L'article de la traite de l'eau de vie a toujours ses partisans et ses protecteurs, mais j'espere les dérouter et leur ôter toute ressource dans le courant de cette année, par un mémoire en forme de dissertation, dans lequel je traiteray également et les intérêts de l'état, et ceux de la religion, qui sont si étroitement liés qu'on ne les peut diviser qu'a leur detriment réciproque.Mon but n'est pas d'attaquer la nécessité de la traite de l'eau de vie, puisqu'on est déterminé a la soutenir, envers et contre tous, mais de prouver et de démontrer même.1° qu'elle ne se peut soutenir de la manière dont elle se fait, eu égard aux inconvénients qui en résultent.2° Que la traite de l'eau de vie, a la manière dont elle se fait, est plus propre a detacher les sauvages de nous et a les porter aux anglois, qu'a les retenir, surtout des qu'ils trouvent cette malheureuse boisson a meilleur compte chez l'anglois que ches nous.3° Que la seuil e traite de l'eau de vie ne suffit pas, puisque quand nous en donnerions aux sauvages autant et plus qu'ils n'en veullent, ils iroient toujours aux anglois pour y chercher leurs autres besoins.4° Qu'il faut absolument faire retirer tous les traiteurs anglois des postes quila occupent chez nous, êt ou ils ont des magasins fournis abondamment de tout ce qui peut être nécessaire aux sauvages.5° Qu'il faut y substituer des traiteurs francois, et établir des magasins dans tous nos postes, quils soient fournis de tout ce qui peut être nécessaire.0° Que nous ne devons pas moins traiter avec les sauvages des choses quils peuvent nous fournir en échange, que de celles dont ils ont besoin, et que par consequent ils exigent que nous leur procurions.7 s Que comme les sauvages ne peuvent traiter avec nous que des pelleteries, il faut nécessairement traiter avec eux de toutes celles quils peuvent nous fournir, sans quoy ils porteront le surplus aux anglois, ce qui est arrivé jusquaujourdhuy, que nous n'avons voulu traiter avec eux que de peaux de chevreuils, encore voudrions nous qu'ils nous les préparassent, ce que n'exigent pas d'eux les anglois.8° Qui! faut absolument interdire toute espèce de traite ou commerce aux troupes des postes ou il y a des garnisons, et recommander aux officiers d'y tenir la main, ce qui sera d'autant plus difficile a obtenir, qu'il n'est presque pas possible de ne pas soupçonner un intérêt commun.9° Qu'en interdisant toute espèce de traite et de commerce aux garnisons, il faut absolument qu'elle se fasse, ou pour le compte du Boy, ou par quelque compagnie qui ait deux magasins généraux, l'un a la nouvelle Orleans pour fournir les magazins particuliers dans les differens postes, en remontant du coté du nord, et l'autre a Quebec, pour remonter du côté du midy, jusqu'à ceux qui auront été établis en remontant du sud au nord; le detail de cette distribution depend d'un plan general qui pourra être fait et formé sur la carte des différentes colonies de votre Dioceze Monseigneur.10° Je compte terminer ce mémoire en prouvant que mon système et mon projet bien exécutés, produiront aux entrepreneurs 100 pour 100, sur quoy il sera facile de prélever les frais indispensables qui ne seront pas considerables, puisquils n'absorberont jamais le quart du produit. 330 ARCHIVES DE QUÉBEC J'espère Monseigneur, que l'appas de ce coup d'oeil, assés riant pour la cupidité, sera plus capable, non de faire tomber la traite de l'eau de vie, mais d'en faire cesser les abus, que toutes les decisions de sorbonne, qui hésite toujours a prononcer dès qu'elle apperçoit le moindre melange entre les intérêts de l'état et ceux de la religion.Si vous avés quelques vues particulières a me confier sur mon projet Monseigneur, je vous suplie de me les donner, mais de n'en rien communiquer, de peur de trouver des opposants avant même quil ne soit mis au net.Je crois Monseigneur, que vous êtes d'effait de M.f omel, mais jay eu bien de la peine a faire parvenir votre lettre jusqu'à luy, voulant être sûr quil la recevroit, et qu'il n'en put prétendre cause d'ignorance, jay même été obligé de m'adresser a M1\" l'Archevêque de Paris, a qui je crois, sauf meilleur avis, que vous fériés bien d'écrire, tant pour les ecclésiastiques de votre Diocese qui peuvent se trouver dans le sien, et qui ont besoin à'exeat pour y résider, y dire la messe et s'y faire approuver, que pour les personnes qui de vos colonies passent en france, et surtout a Paris, et qui ny ayant pas acquis un domicile suffisant ont besoin d'une dispense de trois bans, qu'on ne peut pas se dispenser de leur donner ratione dùtantiœ locorum et quil cons te de leur état, et quils sont libres de contracter ; il conviendroit je crois Monseigneur, que vous donassiés avis a M\" l'Archevêque de Paris que vous avés quelqu'un icy revêtu de vos pouvoirs, vous paieries par la a beaucoup d'inconvénients'qui résultent pour l'ordinaire des informations qu'on fait pour suppléer au deffaut de domicile, du reste Monseigneur, je soumet a votre prudence ce quelle vous dictera a ce sujet, je suis fait pour recevoir des avis, et non pas pour en donner, surtout vis a vis de vous.Voicy donc ce qui s'est passé entre M.f omel et moy, je n'ay pu m'aboucher avec luy puisqu'il n'est pas a Paris, mais je suis porteur de trois lettres de luy.l'une du 19 février par laquelle il promet de se decider avant le depart des vaisseaux.La seconde du 18 mars par laquelle il se decide a rester en france et vous supplie Monseigneur de luy envoyer ses lettres de prêtrise, et un exeat, cette lettre porte même demission de son canonicat.La 3* du 24 mars, en conformité et en confirmation de la précédente.J'en ay une 4* a M.l'archevêque de Paris qui a la bonté de repondre a la demande que je luy avois faite de votre part, en me donnant avis que M.fornel luy a dit, luy même, quil desiroit rester en france.La lettre du Prélat est du 20 mars.En consequence jay écris a M.fornel, et je luy ay fait observer quil conviendroit quil vous écrivit luy même, et vous annonça le party qu'il prend.Je crois quil le fera Monseigneur, mais maigre cela je luy feray toujours donner une demission en règle dès que vous maures envoyé ses lettres et son exeat, je pense cependant qu'en attendant vous pou vés nommer a son canonicat sur ses simples lettres missives dont je vous enverray des expeditions en forme de peur d'accident, et des que vous le jugerés a propos, je ne les garde en original que pour les luy représenter s'il venoit a Paris.Je viens d'avoir l'honneur de vous dire Monseigneur, que je comptois faire donner a M.fornel une demission en règle, il m'en envoya hier au soir une sous sa signature privée avec une lettre assés sèche, comme un homme fâché de ce que jexecutois vos ordres a son sujet, peutêtre avec trop d'exactitude ; mais comme avec les gens qui ont tort il faut conserver toute sa raison pour les y ramener, s'il est possible, je luy écris ce matin, et je luy mande que sa ARCHIVES DE QUÉBEC 331 demission sous seing privé ne suffit pas.que l'article 9 de la declaration du Roy du mois d'8b\" 1646, enregistrée au parlement de Paris le 2 août 1649, et l'article 6 de celle du 14 février 1737, enregistrée au parlement 'de Paris le 13 mars suivant, portent formellement que les demissions pure et simple seront reçues par deux Notaires, ou par un en presence de deux témoins non parens des party es, gens connus et domiciliés, ainsy par reflexion Monseigneur, je vois que jay eu tort de vous dire quelques lignes auparavant, que vous pouviés toujours nommer au canonicat dé M.fornel sur ses simples lettres missives, je préviens donc la correction que vous m'en auriés pu faire par l'aveu que je vous en fais.J'ajoute a M.fornel qu'une formalité nécessaire et même indispensable, pour la validité d'une demission pure et simple, est qu'elle soit acceptée par le collateur, et pour ne luy laisser aucune difficulté qui puisse l'arrêter et luy fournir prétexte de reculer, je luy mande que je crois avoir qualité pour accepter sa demission, ayant l'honneur d'être votre vicaire general en france.J'es-pere que M.fornel reculera d'autant moins quil m'a envoyé une lettre pour vous Monseigneur, et une seconde adressée aux Doyen, dignitaires et pre-bendaires de sa compagnie, par laquelle il leur fait sans doute ses adieux, et leur annonce la fortune immense qu'il va faire en france, ou il deviendra peut être premier ministre, par la grande intelligence qu'il a pour les affaires.Il ma même envoyé une troisième lettre pour M.l'abbé de la Corne et pour le presser je luy mande, par ma lettre de ce matin 16 avril, que mes premiers paquets partiront de demain en 8, 24.H ne me reste plus, je crois Monseigneur, qu'a vous parler et a vous rendre compte des colonies de l'acadie, de l'isle royale et de la Louisianne, j'y va procéder dans cet ordre.M.Rouillé a écrit a M\" les supérieur et directeurs du séminaire des missions étrangères de Paris, pour leur demander quatre missionnaires qui doivent être envoyés a M.Le Loutre, a l'effet de les destiner selon sa prudence et le besoin quil en aura, car la cour me paroit avoir une grande confiance a ce missionnaire, et il la mérite a tous égards par son intelligence et son zele.La peur que vous a vies Monseigneur, que M\" Le Loutre, maillard et manac, ne fussent rappelés a Quebec, na plus de fondement.Ces Mn nient le fait, quoy qu'il m'ait été mandé a moy même, et la cour sy seroit fortement oposée, ainsy soyés tranquile de ce coté la Monseigneur, quand vous me recommandés quelque chose c'est comme si vous etiés present vous même pour l'exécuter, du moins par le zèle et la bonne volonté.U me paroit que les anglois n'ont rien entrepris a l'acadie depuis le mois d'août d\", mais ils vont peut être recommencer avec le printerns ; jay rendu un compte exact a la cour, dans mes extraits, de tout ce qui s'etoit passé a l'acadie depuis le mois de 7br* 1750 jusqu'au depart de mes dernières lettres reçues de cette colonie, de toutes les entreprises des anglois, même de tout ce quils pretendoient vouloir faire a l'avenir, ce qui nous paroit très préjudiciable, jay taché de peindre l'état de nos pauvres acadiens, tant de ceux qui sont encore sous la Domination des anglois que de ceux qui en sont sortis, le Ministre m'en a paru touché, mais les commissaires anglois temporisent toujours, et pendant ce tems la leur nation s'établit toujours, et gagne du terrain, les limittes de vous a moy Monseigneur, ne sont point encore fixées, cependant les mémoires de part et d'autre sont imprimés, et il me paroit que tout devroit finir ; jay remis dans son tems a M.le comte de la Galissonniere une coppie du mémoire d'observations, en forme de lettre, sur les limittes de l'acadie, il m'en parut très content, et me dit en riant quil ae doutoit de qui je le tenois.On ma mandé de Louisbourg et de l'acadie que les acadiens francois qui sont encore dans la péninsule, sous la domination des anglois, vous solicitoient fortement Monseigneur pour leur envoyer des Prêtres, et m\" des Enclaves et le Chauvreux, qui sont encore parmi eux, m'en ont demandé eux mêmes, mais je suis chargé de vous mander sur cela l'esprit et les vues de la cour qui sont quon y laisse ceux qui y sont, qu'on'leur écrive d'une manière vague, sans leur faire envisager qu'on n'est pas dans l'intention de leur envoyer des secours, de peur d'allarmer et d'effrayer les acadiens francois Testés dans la péninsule.Il me paru quon etoit bien plus occupé a en fournir a ceux qui lavoient évacuée, dans l'idée que les prêtres qu'on enverroit a ceux qui y sont encore, ne fissent que les y retenir, c'est même la reflexion qu'en a fait faire a la cour M.Le Loutre, qui vous l'aura sans doute communiquée ; mais il seroit dangereux de s'en ouvrir avec M.des Enclaves et M.le Chauvreux de peur que les lettres ne fussent interceptées, ou que par indiscrétion ils ne les communiquassent aux acadiens francois, ce qui les decourageroit beaucoup et les porteroit, peut être, a se livrer aux anglois.Je crois Monseigneur que vous êtes instruit de l'embaras ou M.Le Loutre s'est trouvé sur la fin de l'année dernière pour la subsistance de ses familles francoises et de ses sauvages, ce qui la déterminé a diviser les derniers, a en envoyer une partie séjourner chés vous, et l'autre a 18 lieues du fort de Beau-sejour, a Tagamicoucne.Il a été obligé de faire des emprunts considerables de munitions de bouches sur ses propres billets, et d'après les ordres mêmes de M.Bigot, a qui il a plu de les faire convertir d'abord en lettres de change, et ensuitte en billets courants et payables au porteur, qui ne sont guère du gout de ses pauvres habitants, et qui peuvent leur être très préjudiciables.De vous a moy Monseigneur, M.Bigot me paroit un homme un peu léger et prévenu en faveur de son opinion, mais les representations que jay faites a la cour sur son système, m'ont paru faire impression.Nous avons affaire a un ministre qui ayme le vray et donne envie de luy dire la vérité par l'accueil quil luy fait, et a ceux qui la luy disent, je crois avoir quelque part dans son amitié et sa confiance, et je puis vous assurer Monseigneur, que vous en avés une bonne dans sa veneration ; on vous envois M.Duquêne pour remplacer M.de la Jonquiere, je crois que le Ist agira un peu plus par luy même que le second, et que M- Bigot ne tiendra pas si aisément la manivelle du gouvernement, et il ny aura pas grand mal, on n'approuve pas trop icy l'entreprise sur les miamis, voisins du détroit, Dieu veuille quelle n'ait pas de fâcheuses suittes.Vous ne me paroisses pas content des recollets de Louisbourg Monseigneur, jay l'honneur d'en penser comme vous.M.le comte de Reymont présentement gouverneur de Louisbourg en est très mal édifié, jay été forcé d'en porter des plaintes moy même a la cour, voyant que le Provincial de bretagne ne se donnoit pas même la peine de faire réponse a mes lettres, c'est un etourdy qui a été luy même commissaire a Louisbourg et qui en a été rappelé pour mauvaise conduitte, jay l'honneur de vous envoyer coppie du mémoire que jay- donné a M.Rouillé sur la mission de Louisbourg.Il en est fort mécontent et il en écrit fortement au provincial.B serait a souhaiter ARCHIVES DE QUEBEC 333 Monseigneur, que comme vous le dites, la cour voulut établir a Louisbourg des Prêtres séculiers en place des recollets, et quon ne garda de ces derniers que ce quil en faudroit pour les places d'aumoniers dans les garnisons, ce sont les seuls postes quils puissent remplir, encore faudroit-il qu'ils fussent veillés de près, et sous la coupelle de M.Le Loutre, car javois deja porté le même jugement que vous de M.Maillard Monseigneur, il a le mécontentement vif, l'autorité molle, point d'égalité dans la fermeté, ce qui fait qu'il n'y a qu'a l'attendre, et luy montrer seulement l'espérance de ce quil desire, il loue comme il blame, peut être pas avec assés de mesure et proportion, peut être manque t'il d'une certaine dignité personnelle, qui attire la consideration et ne nuit pas a l'autorité ; malgré cela c'est un S' et vertueux eclesiastique qui a du zele et des talents et qui est d'une grande utilité dans le poste quil remplit, et en luy le mal, ou plutôt le deffaut des qualités qui lui manquent, est bien plus que compensé par les bonnes qualités quil a.Vos pauvres filles de la congregation de louisbourg sont toujours très mal, malgré tout ce que je fais, ou du moins tout ce que je tente, pour les mettre mieux, j'espere cependant y réussir, surtout avec le secour de M.le Gouverneur actuel qui aime la religion et tout ce qui y a rapport, ainsy je les encourage tant que je peux pour les soutenir, car elles sont d'une grande utilité dans la colonie.Je reviens encore aux recollets de Louisbourg dont jay eu l'honneur dans vous parler dans l'article precedent, je compte leur écrire par les 1*\" vaisseaux et quils n'auront pas si bon marché de moy que de M.Maillard Me voila enfin arrivé a mon petit troupeau particulier et privilégié de mon cœur.Vous entendes bien Monseigneur, que c'est de la Louisianne dont je vas avoir l'honneur de vous parler.Mes bonnes et Su> Ursulines font toujours très bien, quoyque foibles en nombre, elles sont fortes en zele, mais je crains bien quelles ne perdent incessam* leur supérieure qui ne pourra jamais être remplacée surtout par la seulle qui puisse luy succéder, elle me paroit un peu inquiète et avoir la tête un peu chaude, elle m'écrit cette année, non une lettre, mais des volumes sur le marché qu'elles ont fait a la fin de 1744 avec M.Le Normant pour l'entretien de l'hôpital de la nouvelle Orleans, je scay bien quelles y perdent et quil y faut remédier, mais ce ne sera pas par la voye quelle me suggère, je compte même luy laver la tête sur sa simple proposition, quand ce ne seroit que de me l'avoir faite sans la participation de sa supérieure, et d'etre entrée dans une contestation entre le commissaire ordonnateur de cette colonie, et le médecin et chirurgien de l'hôpital.Ces bonnes filles sont rebâties, et cependant point encore logées.D'ailleurs point de cuisine dans le corp de leur bâtiment, qui de luy même est un peu petit et na pas assés de cheminées ; elles ne sont point encore cloîtrées, j'en poursuis la demande tant que je peux.J'espere réussir cette année a leur faire accorder la permission de la petite acquisition quelles sollicitent depuis tant d'années, et qu'elles disent (d'elles a moy) devoir leur être si profitable.Des trois sujets quon leur envoya l'année dernière, une est devenue inutile, c'est ce qu'on ne peut pas prévoir.Je compte en faire partir trois cette année, dont l'une est converse et demandée avec instance. 334 ARCHIVES DE QUÉBEC Jay été informé comme vous Monseigneur, qu'on demandoit a la havanne une religieuse des Ursulines de la nouvelle Orleans pour un nouvel établissement, si c'estoit un sujet bien merveilleux je n'y consentirois pas, malgré cela j'examineray encore, et je vous rendray compte de ce que je decideray, non avec mon autorité, mais avec la vôtre, je souhaiterois que ce fut également avec votre discernement, mais chacun n'a que ses yeux.Je suis avec respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De L'isledieu, Vie, g*1.A Paris ce 17 avril 1752.MÉMOIRE À M\"r DE PONTBBIAND- (17 AVRIL 1752) Mission des Capucins: Celle des Capucins manque de sujets, il en f audroit au moins six de plus, n'étant qu'onze, surtout depuis les 24 compagnies qu'on a envoyées de france dans cette colonie, pour y rétablir différents postes dans lesquels il n'y avoit point de garnison, et auxquels il faut des aumdniers ; ainsy chaque mission doit augmenter de sujets a proportion des garnisons qu'on aura rétablies dans son enceinte, or les capucins sont dans le cas.d'ailleurs il y a par my eux deux sujets foibles, même véreux, qui de l'aveu de M.le Gouverneur doivent être rappelés ; car de vous a moy Monseigneur, mes liaisons avec le gouvernement me sont d'une grande ressource, et vous n'avés point de meilleur grand vicaire que M.le MQU'8 de Vaudreuil ; mais je me trouve dans un grand embaras vis a vis des Capucins de la province de champagne qui fournissent la mission de la louisianne, et qui disent ils, ne peuvent me donner de sujets, a cause d'un arrêt du parlement de Metz, qui proscrit et renvoyé de chez eux tous les sujets qui sont aubains et point regnicoles.je suis après a me retourner sur cela, et M.Rouillé s'y prête de la meilleure grace du monde.Les Capucins de la nouvelle Orleans ne m'ont point écrit par les derniers vaisseaux.il y a toujours quelques petits souvenir répugnants de leur ancienne jurisdiction, et de tems en tems il leur echape quelques petits murmures ; mais je me propose bien de leur écrire une lettre, cette année, dans le gout ou je voudrois que M.Maillard parlât et agit vis a vis des recollets de Louisbourg.Comme lesd.capucins savent deja de quel bois je me chauffe, je crois quils ont actuellement plus de peur que moy, et quils sont vis a vis de moy plus embarrassés de leur contenance que je ne le suis de la mienne vis a vis d'eux.La mission des Jésuites aux illinois est assés bien fournie, ils se conduisent assés bien, sont fort exactes dans leur correspondance, fort dociles aux avis qu'on leur donne, très attentifs a les suivre, aussy en usai-je avec eux avec beaucoup de politesse, de douceur, de confiance et d'amitié, même d'égards, qui me sont emplement payés par la réciprocité de leur part.B leur faudra ARCHIVES DE QUÉBEC 335 cependant quelques sujets de plus, comme aux Capucins, pour aumôniers dans les nouvelles garnisons quon aura établies ches eux, mais je n'en suis point inquiet.Vous aurés scû sans doute Monseigneur, les mouvemens qui ont été excités dans la nation illinoise, par celle des miamis, voisine du détroit depuis qu'on a frapé sur elle pour la punir des réponses peu mesurées qu'elle avoit faite au commandant du détroit.Ces derniers ont envoyé depuis des députés avec un colier, signal d'aliance aux Minois, pour les attirer chés eux au conseil des anglois, sur le prétexte de propositions favorables a leur faire de la part des traiteurs anglois pour la traite de l'eau de vie et des autres choses qui leur sont nécessaires.c'estoit le motif aparent et il n'est pas douteux quil en avoit un secret, fort different et peu favorable pour nous, voila Monseigneur l'inconvénient de souffrir des traiteurs anglois sur nos terres et parmy les nations sauvages qui nous sont affidées et alliées.Il y a encore des mouvemens du côté des Teactas (Tchactas), nation considerable qui etoit restée divisée depuis la guerre des Natches et des Tchicachas, en 1729 jusqu'en 1733, même 1734.La nation des Teactas vient de faire la paix entre elle et de se reunir, et pour signe reconciliation ils ont 1° envoyé une Deputation au Gouverneur de la colonie, 2° ils ont été fraper sur le reste des Tchicachas, ce que les anglois ne manqueront pas de nous imputer pour soulever contre nous les nations voisines.Il y a deja beaucoup de mouvement aux alibamons, aux arkansas Talapouche &c, et si de nation en nation cela venoit a s'étendre et a gagner jusqu'aux miamis, cela nous donneroit du fil a retordre, et c'est toujours le même inconvénient qui resuite de la facilité que nous avons de souffrir des traiteurs anglois sur nos terres, rappelés sur cela Monseigneur, ce que jay eu l'honneur de vous dire, de la manière dont nous faisons la traite de l'eau de vie avec les nations sauvages dans nos colonies, et vous en concluerés avec moy la nécessité de la modifier, de la rectifier et de la reformer, ou avec le secour du système que je propose, ou sur tout autre, si on le trouve meilleur, pour peu quil tende au même but, et quil produise le même effet ; car je ne tiens point a mes idées.La mission des-tamarois est réduite a un bien petit pied Monseigneur, vous scavés que cette mission depend du séminaire de Quebec qui y a un très bon établissement, elle n'est composée que de trois missionnaires, qui sont M.Mercier qui en est le grand vicaire, M.Gagnon et M.Laurent, j'écris tous les ans au premier qui me repond fort exactement, et qui est un très grand sujet, je ne scay pas quelle correspondance entretient avec eux le séminaire de Quebec, mais ce dont je suis certain, c'est que celuy des missions étrangères de Paris n'en a que très peu ou presque point, et quil y a plus de 16 ans qu'on n'a envoyé aucun sujet dans cette mission, j'ignore même si on écrit a ceux qui la composent, c'est apparemment de cet abandon qu'est né le dépérissement de cette mission, qui n'est plus composée que d'un très petit nombre de familles françoises, et faute de missionnaires pour suivre les sauvages quand ils s'écartent, soit pour leur pêche et leur chasse, ou pour leur traite avec les anglois, ils si livrent et nous abandonnent, et ce sont autant de nations ennemies, de l'état par la desertion, et de la religion par l'apostasie, c'est icy un beau champ de reflexions que sans doute on ne fait pas et qui m'effrayent quand j'y pense pour ceux qui le devroient faire. 336 ARCHIVES DE QUÉBEC Quoy que ce ne soit pas icy une lettre, je ne puis m'empécher de vous renouveller les assurances de mon respect Monseigneur.LOIS, a Paris ce 17 avril 1762.Lettre A M\" de Pontbriand \u2014 (19 avril 1762) Monseigneur, Je vous en ay deja écrit bien long et vous verres par toutes mes petites operations que je n'ay pas toujours dormy depuis la fin du mois de Xb\" que' j'ay commencé a recevoir vos paquets et vos ordres ; mais je m'apperçois a ma honte et a ma confusion que j'ay manqué a l'essentiel qui etoit de vous remercier des presents que j'ay reçus.de vous.Mais aussy Monseigneur pour quoy m'en faites vous d'autres que celuy de votre amitié qui me tient lieu de tout, et a laquelle je reponds je vous le proteste bien sincèrement par le plus tendre et le plus respectueux dévouement.La durée n'en peut être longue en ce monde ; mais je vous donner ay au moins tout le tems que la providence me destinera encore.Venons présentement aux motifs de cette lettre particulière, elle suppléera a quelques articles que je crois avoir oubliés ou pas assés expliqués, mais ne my demandés pas d'autre ordre que celuy ou tout naturellement ils se présenteront a moy.c'est le supplement de Morery ou de Trévoux, dans une nouvelle edition nous remettrons chaque chose a sa place ; mais j'espère qu'elle ne se fera pas et que l'année prochaine si dieu nous conserve nous opérerons sur nouvelle matière.M.Rouillé me demande instamment votre requête et le modèle de 1 arret qui doit être rendu pour confirmer la commission de Madame la veuve Youville.nous aurons peut être besoin de sa procuration pour autoriser a payer en son nom et sous la condition de subrogation aux créanciers les dettes de l'hôpital de Montreal.Jay imaginé un moyen de nous en passer ; mais envoyés la moy toujours, abondance de droit ne vicie pas ; j espère cependant que cette procuration nous sera inutile et qu'elle trouvera l'affaire toute consommée, que de plus vous aurés cette année l'arrêt quoyque ce ne puisse être par les premiers vaisseaux.C'est M- Du Quène votre nouveau gouverneur general qui vous porte vos papiers, je luy ay rendu une visite, et le plus obligeamment du monde il a bien voulu s'en charger.Le retranchement que M.Rouillé a voulu faire dans votre requête d'intervention a eu lieu il na pas jugé a propos qu'on y insérât l'article de l'érection des cures lorsque le cas y echeoira.R m'a promis sur cela tous les arrets de règlement dont vous aurés besoin a lappuy de votre droit commun ; mais il luy a paru que cet article etoit étranger aux motifs de votre intervention dans linstance de votre chapitre et de votre séminaire, et quil falloit vous en tenir a reclamer votre droit de nomination et de libre institution si la cure vient a passer au chapitre ; ainsy soyés tranquille sur cela Monseigneur vous seres servi sur les deux faits toutes les fois que vous en aurés besoin. ARCHIVES DE QUÉBEC 337 Je sçay bien que M.M.du chapitre craignent beaucoup que voua netablis-aiés une nouvelle et même plusieurs cures dans le ressort et letendue de celle de votre ville, si elle vient a passer en leurs mains ; même dans la basse ville, ou cependant j'ay fait remarquer a leur agent et confrere qu'il en avoit été question des 1692, a plus forte raison quil en doit être question aujourdhuy.Je sçay que le chapitre consulte but les cures quil a érigées pendant la vacance du siege et sur le droit quil peut en avoir le cas échéant, jay battu sur cela a platte couture l'abbé de la Corne ; car nous sommes cette année fort bons amis depuis que je me suis prêté a luy rendre quelques petits services quil m'avoit demandé de luy rendre ; mais les supérieur et directeurs de cette maison et luy ne penvent se sentir, ils prennent feu comme de la poudre a canon des qu'ils se rencontrent surtout M.de La Lanne votre grand vicaire qui a voulu le faire taire en luy présentant comme une arme defensive et parant a tout sa qualité de.grand vicaire, et vous connoissés Monseigneur le bonhomme La Lanne qui ne mange peut être pas plus de bœure que de pain, mais qui dit plus de mots que de choses.Je vous envoyé la lettre que jecris au chapitre, en réponse a la sienne, vous aurés la bonté de la cacheter quand vous laurés lue et vous verres combien de tems il faut parler quand on ne veut rien dire de positif et se renfermer dans le vague et le simple stile de la politesse, car je ne crois pas quils puissent se plaindre de ma lettre, la sausse ny est pas épargnée.Jen use de même avec le petit bonhomme villars qui m'a fait des reproches de ce que je ne luy disois rien de votre affaire avec eux et de celle de M.leveque d'ecrincé avec le séminaire de paris.Voicy ma réponse sur la vôtre, je suis dans cette affaire (luy ai-je dis) Comme les facteurs qui portent les lettres, et qui ne-sçavent pas ce quelles contiennent.Sur celle de M.d'ecrincé que jetois dans cette maison sourd muet et aveugle, et il y a la plus grande partye de cecy vray du moins a le prendre moralement, et vous sçavés quil n'y a pas de pire sourd que celuy qui ne veut pas entendre et je suis dans ce cas pour toutes mes facultés dans les affaires d'autruy (les vôtres exceptées Monseigneur).Quant au point d'appuy de M.de villars sur la donnation de M.De lavai il est bien foible et c'est de sa part bâtir sur le sable.Il en est de cette donation comme de la vente qu'allèguent Messieurs les directeurs de cette maison, l'une pu l'autre, et toutes deux ne peuvent avoir au séminaire de paris aucun trait ny rapport, surtout depuis et après que par lunion même il est dit et stipulé par les partyes contractantes que les deux séminaires quoy qu'unis ne seront en aucune communauté ny de biens n'y de charges.Je dois avoir demain une conference avec M.Esteve sur la réplique a faire aux réponses de M.M.les directeurs du séminaire de paris et je crois quelle sera triomphante ; je désire beaucoup lavoir assés tot pour vous lenvoyer par le vaisseau qui va partir et par ou et sur lequel doit passer M.Du Quêne.Mais de grace Monseigneur ne me faites faire aucun relie ny personnage ny vis a vis de votre chapitre, ny vis a vis de votre séminaire, faites moy passer pour une bête dont vous vous serves parce quil ne vous en faut pas d'autre, que vous n'aimes pas qu'on voye si clair, et que c'est pour cela que vous avés choiay un vicaire general aveugle en france.1 338 ARCHIVES DE QUEBEC Je crois vous avoir dit qu'outre les 4 sujets que M.Rouillé demande a Messieurs du séminaire de paris pour être envoyés a M.Le Loutre, il leur en demande.un pour les Tamarois.ils me paroissent tortiller selon leur pieuse et louable coutume ; mais ils ont affaire a quelquun qui ne connoit que la ligne droite comme la plus courte et pas plus-de courbes dans le moral que dans le physique.J'attends de moment en moment l'abbé fournel pour me faire sa demission devant nottaire et cependant il ne vient point, je crois quil redoute mon entrevue, il n'a cependant rien a craindre je vas au but je tends a ma fin je veux arriver au terme et ne marréte point a ce que je rencontre sur mon passage, ce sont des objets faits pour me guider, et m'empécher de m écarter, et non pas plus pour m'arreter que pour cheminer avec moy.J'ay reçu Monseigneur votre ampliation de pouvoir dont je n'abuseray pas sûrement.Je vas dresser mon tableau de vos comtes sur le modèle que vous m'aves envoyé, pouvant mettre en état de satisfaire aux certificats demandés par la chambre des comptes aux trésoriers de la marines pour les pensions par eux payées.Quant on peut être utile le plaisir de recevoir un service ne me paroit pas égal a celuy de le rendre.De vous a moy Monseigneur on me paroit bien noir dans cette maison, lancien esprit qui y reignoit du tems du pauvre M.l'abbé de Combe s'est entièrement evanouy, ceux qui composent cette maison ont un esprit et un système tout different qui est a cent picques de celuy de lceuvre qui luy a donné la naissance, il me semble quils veullent ht sapper par les fondements et la convertir en toute autre oeuvre différente.Le procès jugé ou plutôt suspendu entre M.leveque d'ecrince et eux fait un grand tort aux missions des indes orientales, plus d'union plus d intelligence presque point de correspondance dont les vicaires apostoliques et les missionnaires se plaignent amèrement, et pendant ce tems la les biens de 1 oeuvre restent entre les mains de 4 ou 5 personnes qui n'ont ny rapport ny liaison avec personne, qui peuvent avoir toutes les vertus possibles cependant pas une des vertus sociales, ils cherchent tant quils peuvent a écarter de ches eux tout ce qui les offusque, et attire dans leur maison des gens qui leur font honneur, vous seres de plus étonné Monseigneur que presque tous les exercices de pieté ou d'instruction pour les jeunes gens y soient tombés plus aucune trace de sele jusqu'au simple public s'en apperçoit a plus forte raison le public éclairé.M.leveque d'ecrince vient de partir pour Rome ou le S* pere la demandé pour rendre compte des missions des indes orientales.Je pense quil rendra plus mauvais service a ces Messieurs a Rome quicy, d'autant plus que laffaire n'est point jugée au fond et quil a été simplement ordonné un règlement qui en distinguant les biens de lceuvre de ceux du séminaire en laissera très peu au second, Dieu veuille étendre la main surtout cecy, il y a aujourdhuy dans tous les corps une espèce desprit de vertige.M.notre archevêque est extrêmement brouillé avec le parlement de cette ville.Le second tend au premier tous les pièges quil peut, le Roy ne finit pas de donner des arrets devocation et quelque protection que sa majesté donne a la religion, cellecy y perd toujours quelque chose.il sagit aujourdhuy de billets de confession et de refus des sacrements a la mort pour cause de révolte contré leglise et de défaut de soumission a ses plus saintes decisions, le parlement décrète ceux qui les refuse ordonne qu'on les administre envoyé ARCHIVES DE QUÉBEC 339 garnison ches les curés, les menace de peines afSictives et corporelles, outre la saisie de leur temporel.Voila ou nous en sommes il ny a presque plus de religion dans le monde, et on en n'a jamais tant parlé chacun la prend en main et pour prétexte pour venger sa cause personnelle.Laffaire du clergé paroissoit assoupie elle va se réchauffer et se ranimer plus que jamais, appelons dieu a notre secour, la main des hommes ne prévaudra pas sur la sienne.Je finis mon griffonnage Monseigneur heureux si vous le pouvés lire, lises y cependant je vous prie bien clairement les assurances de mon tendre et sincere attachement aussy bien que celles du respect avec lequel je suis Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé Du Lisle dieu.ce 19 avril 1752.Lettre k M\" de Pontbriand \u2014 (22 avril) 1752 Monseigneur, Je me determine enfin a vous envoyer la demission de M.fornel sous seing privé ne pouvant venir a bout de la luy faire donner devant nottaire.je pense cependant quil s'y déterminera ; mais c'est un homme qui écrit des volumes pour des riens, et sil est aussy grand parleur on peut reposer avec lui sa poitrine dans la conversation ou il doit fournir beaucoup, et je pense que dans un chapitre c'est un fort diffus capitulant.S'il se determine a me donner sa demission devant nottaire jauray encore le tems de vous lenvoyer dans le courant de la semaine prochaine.Si vous faites usage de la demission de M.fornel je vous supplie de m'envoyer son exeat et ses lettres de prêtrise comme il les demande.Je suis avec respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur, L'abbé De L'isledieo.ce 22 avril 1752.Lettre k M\" de Pontbri and \u2014 (25 a veil 1752) Monseigneur, Voici la quatrième lettre que j'ay l'honneur de vous écrire et par laquelle vous verres que je change de secretaire aussi souvent que de chemise; mon pauvre domestique qui m'avoit fait tous mes extraits et la pluspart de mes lettres est tombé malade d'une fluxion de poitrine dont j'espere cependant qu'il reviendra ; car depuis vingt cinq ans bientôt que je l'ay il seroit fort triste pour le peu de temps que j'ay a vivre de m'en séparer étant fait a moy comme moy a luy.Dans le premier paquet couvert de toile cirée et bien fisselé que j'ay pris la liberté de remettre a M.le Gouverneur General pour vous Monseigneur vous trouvères qu'il en contient six sur l'envelope de chacun desquels j'ai mis ce qui contenoit. 340 ARCHIVES DE QUÉBEC C'est su premier que j'en veux ici car les cinq autres vous porteront tout ce que j'ay pu leur confier en réponse aux différents ordres que vous m'avés donnés, le premier paquet contient les observations de m.Esteve sur la prétendue indépendance de votre séminaire vis a vis de vous Monseigneur et la consultation de sorbonne sur la légitimité de vos pretentions a ce sujet.B y manquoit donc 1° les propositions faites au séminaire des missions étrangères de Paris de votre part Monseigneur.2° Les réponses de mes dits sieurs les Directeurs a vos propositions.3° La réplique de M.Esteve auxd.réponses par forme d'observation.Je vous envoyé en deux cayers ces trois articles, le premier en contient deux sçavoir vos propositions et la réponse de M\" les Directeurs, en marge desquelles jay mis quelques observations de ma tête dont vous ferés le cas qu'il vous plaira, ce premier cayer est original, le second n'est qu'une copie.Le second contient la réplique de M.Esteve ; ainsi en joignant au premier paquet le contenu de ce septième il se trouvera complet et il ne me restera plus qu'a attendre vos nouvelles observations et vos ordres pour m'y conformer ; car j'ay toujours la même bonne volonté a vous offrir, vous trouvères aussi dans ce paquet Monseigneur la demission de M.fornel reçue devant notaire par consequent en règle ; mais je crois que j'en seray pour dix huit livres de frais sçavoir pour six livres d'honoraire a chaque notaire et six livres d'expédition ; car le bon M.fornel me parut avoir mauvais pied puisqu'il est boiteux et bourse vuide a juger du second par la mine qu'il fit lorsqu'on luy dit le prix coûtant de l'opération qu'il venoit de faire.Vous trouvères peut être que je vous ruine Monseigneur je vous depensay l'année dernière 107' sur quoy Monsieur flacourt m'avoit donné 100'.J'ay déjà dépensé cette année 1351 sur quoy M l'abbé de Pontbriant m'a aussi donné 100'.B me reste encore a payer a M Esteve son mémoire sur vos moyens d'intervention dans la contestation de votre chapitre et de votre séminaire, le modèle D'arrêt d'intervention et ses répliques, par forme d'observation, aux réponses de M\" les supérieur et Directeurs du séminaire des missions étrangères de Paris a vos propositions Monseigneur.B y aura encore a payer l'avocat du conseil pour l'obtention de l'arrêt de Montreal et de celuy de votre intervention.Je souhaitte que vous soyés content de toutes mes operations de cette année.Je voudrois bien avoir quelques nouvelles a vous dire de ce pays cy Monseigneur mais elles sont si mauvaises qu'autant et mieux vaudrait les taire que de leur faire passer les mers.U s'agit présentement de la brouillerie de M.notre archevêque avec le Parlement dont la source vient du gouvernement des hôpitaux dont la police a été pour ainsi dire ôtée au Parlement.- aujourd'huy il s'agît de l'administration des sacrements et des billets de confession demandés par M\" les curés pour les conférer aux malades, le parlement s'en est rendu l'arbitre vous le verres par l'extrait de ses registres sur l'arrêté du 18 avril dernier que j'ay l'honneur de vous envoyer et dont vous serés fort étonné, me voila donc au premier son de matine sur l'article de la bulle unigcnitus qui ne fait plus ny règle de f oy ny loi, ainsi c'est l'ouvrage de plus de trente années perdu; tout est arbitraire dans ce pays cy et ce qui vous étonnera beaucoup Monseigneur c'est que nous voila au 26 et que la cour n'a ARCHIVES DE QUEBEC 341 encore rien dit de l'arrêté du parlement du dix huit qui a été affiché au coin des rues, crié publiquement et mis dans ht gazette de france le samedy 22 du courant ce qui présente un fort préjugé ou soupçon d'un consentement tacite.que feront les evéques du clergé de france jusqu'à present me latet et omnee, nos et ipei ciderimus faxit ut inde non pereat religio tota, toute notre ressource est dans l'infaillibilité des promesses de J.C.et dans l'indefectibilité de son église, mais par malheur la dernière ne depend pas de notre union avec elle et notre desertion ne portera jamais d'obstacle ny d'atteinte a son universalité de lieu et de tems.gémissons et prions voila tout ce que nous avons a faire surtout nous autres subalternes dans notre second ordre ou l'on ne nous reprochera pas d'avoir été canes m-uti non valentes latrare, quant a Nos aeig\" les évêques il faut espérer que le zele et la prudence guideront leurs demarches.Nous avons perdu ici Mad* premiere henriette de france infiniment regrettable et également regrettée, nous avons ici plus qu'une demi disette surtout dans les provinces ou le peuple souffre beaucoup et marque a proportion son mécontentement; nous avons eu dans quelques unes des mouvements assés vifs et il y a actuellement une espèce de sedition a rouen depuis le 20.voicy je crois ou doit finir mon bultin pour me conserver la place de vous assurer du respect avec lequel je suis Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abb.De Lisledieu.ce 25 avril 1752.Lettke k M*\"' de Pontbri an d \u2014 (26 avrii.1762) Monseigneur, ( Voicy encore je crois une 5*\"\" lettre et ce que j'ay appelé dans une des premieres mon petit port a part.Je viens de recevoir mes lettres de la Lousianne et il y en a de tout le monde excepté de M.le Gouverneur, et de M.Mercier des Tamarois qui etoit trop esloigné pour me faire passer sa lettre dans une saison aussy dure puisque celles que j'ay reçues sont toutes du mois de janvier, par consequent de fraîches dattes.a l'égard de M.de Vaudreuil j'ignore pourquoy il ne ma pas ecri.de vous a moy Monseigneur, M.de Vaudreuil repasse cette année en france, et doit être remplacé par M.de Kerlerec qui est de votre province et qui ma paru un très honnête homme ; mais je vous supplie de me garder sur cela un secret inviolable quant même vous le scauriés d'ailleurs.nous faisons une très grande perte dans M.de Vaudreuil, nos pauvres Ursulines le regretteront beaucoup et a bien juste titre ; mais M.de Kerlerec ma bien promis quil leur en tiendroit lieu.M.Michel commissaire ordonnateur les tourmente un peu sur un très mauvais marché pour la direction de l'hôpital que M.le normand leur fist faire au mois de Xb>* 1740.il n'y a pas moyen qu'elle puisse le tenir eu égard a l'augmentation des charges qui ont triplé et même quadruplé sans quil leur ait été fait aucune augmentation, ny même que M.Michel en veuille écouter les representations. 342 ARCHIVES DE QUÉBEC Comme le vaisseau qui doit passer M.et M* De Kerlerec ne doit partir qu'au mois de 7bro je compte employer ce tems la pour dresser un mémoire d'observations sur chaque article du dit marché en faisant la balance des charges avec ce qu'on leur accorde et constater par la une disproportion insoutenable et pour y mieux réussir je prieray M.Rouillé d'envoyer ce mémoire sur les lieux pour en verifier les faits, de le confier même a M.de Kerlerec pour en faire l'examen et la verification avec M.Michel qui ne pourra dire blanc quand il verra noir, ny noir quand on luy fera voir blanc, d'ailleurs je veux le mettre dans mon party.Je compte que nous enverrons cette année trois sujets excellents aux ursulines ; mais cela les ruines ; car il faut pour ainsy dire les acheter par les frais que le transport occasionne, tandis qu'en france les corn*\" religieuses reçoivent des dots, et augmentent leurs fonds en se renouvelants de sujets, et c'est icy une representation que je n'obmettray dans mon mémoire en faisant voir que les sujets qu'on leur a envoyés depuis 1742 leur coûtent 2000 ecus, et avec cela il faut a ce qu'on me mande que la mere S* Joseph ancienne du dernier envoy repasse en france pour raisons de santé, a moins quelle ne veuille périr a la nouvelle Orleans, dou je conclus que si nous avions des fonds, et que nous trouvassions des sujets il en faudrait cette année envoyer six au lieu de trois, c'est morlaix qui nous en fournit deux et bay eux une.Nous allons encore perdre une mere Ramachard qui s'en va a la ha vanne, supposé quexamin fait je croye quil convienne de le luy permettre.Les capucins mont enfin écrit, leur mission est fournie a un prés, d'ailleurs je suis averti par M.de Vaudreuil quil y a parmi eux deux sujets quil faut absolument relever, et de plus il y a dans le ressort de leur mission un poste considerable (par la manière dont il est peuplé) a établir.ainsy il leur faudrait cette année 5 sujets ; mais l'arrêt de Mets dont j'ay eu l'honneur de vous parler nous fera grand tort.Ces bons capucins (a ce que me mande M.de Vaudreuil) ont toujours sur le coeur la privation de leur ancienne jurisdiction, il est bien fâcheux detre humble par état, et vain par sentiment.La mission des jésuites va fort bien, elle est complette et de fort bons sujets, leur correspondance avec moy est de la plus grande exactitude, j'en suis fort content et je me flatte quils le sont de moy.La mission des Tamarois dont M.Mercier est le grand vicaire est absolument perdue faute de sujets pour contenir et ramener les sauvages quand ils secartent pour leur chasse ou leur pèche, aussy cette mission est elle réduite a une petite poignée de francois, et pour le nombre des missionnaires elle est toujours réduite a 3, sicut erat in principio.J'ay beau parler M.M.les directeurs de cette maison me repondent oui, oui, et n'en font pas davantage ils n'écrivent pas même a M.Mercier qui s'en plaint amèrement.Jay deja eu lhonneur de vous dire Monseigneur que le ministre leur avoit demandé 5 sujets.4 pour envoyer a M.Loutre et le 5* a M.Mercier, il me semble qu'on ne remue pas sur cela plus que la bastille, on m'a dit cependant qu'on devoit envoyer cette année un sujet a Quebec, j'auray lhonneur le lendemain de son depart (?) pour ne me pas tromper; mais M.Rouillé sera bien mécontent si il ne part cette année de sujets pour M.le loutre.votre affaire avec M.M.nos directeurs les a si bas bridés vis a vis de moy depuis vos propositions quils n'usent même bailler moy present de peur que ARCHIVES DE QUÉBEC 343 je ne lise dans leur amc, et je vous assure que je crois que M.l'abbé de pont-briand ne fait pas bien de les voir quand ce ne seroit que pour ne pas sexposer a en être question ; car de vous a moy Monseigneur en fait de son secret même, il est un peu crible ou pannier percé.Le provincial de Bretagne a enfin tenu bon a ne me point écrire, et j'ignore encore sil a gardé le même silence avec M.Rouillé.R est un peu gené avec moy malgré son provincialat; il se souvient sans doute que je l'ay vu supérieur de la mission de Louisbourg, dou ses supérieurs majeurs furent obligés de le retirer, et un pareil souvenir est humiliant et importun vis a vis de quelquun qu'on soupçonne davoir aussy bonne mémoire que luy.Enfin le pere commissaire royal de la mission de Lisle royalle qui fait sa residence a morlaix m'a écrit, et me mande que son provincial doit envoyer cette année 3 sujets a Quebec, ou vous pourres les examiner dit il Monseigneur, et de la leur donner votre mission pour Louisbourg si vous le juges a propos, il aura par la évité de men écrire, bene tit ; car seulement je ne suis point jaloux de ma besace.Comme je prévois Monseigneur que si M.le comte de Raymond reste longtems a Louisbourg il ne sera pas content des recollets.'.il pourra bien par cette raison entrer dans votre projet sur letablissement dune com** de prêtres séculiers a Louisbourg, pour remplacer les recollets, ça même deja été sa premiere veue a linspection de leur mauvaise conduite, et jay été averti quil en devoit écrire a la cour sil n'étoit pas tombé malade.Cette idée ma fait maboucher avec M.Carres du S' esprit a qui j'ay demandé pour quoy depuis quelque tems il fournissoit si peu de sujets dans notre maison : sa réponse a été courte.Ces M.M.n'en veullent pas (ma til dit) et comme je prévois que ces M.M.les directeurs ne pourront donner cette année a M.Rouillé le nombre de sujets quil a demandé j'ay questionné M.Carres qui ma repondu quil en donnèrent si on vouloit, et que même dans la suitte il vous en fourniroit si vous le souhaitiés Monseigneur.toute la difficulté ce seroit la pension du jour quils seroient retenus et les frais du transport jusqu'au lieu de lembarquement a moins que le Roy ny voulut fournir, ou engager ces messieurs a le faire suivant lesprit de leur premier institut pour lequel sa majesté leur a donné des fonds considerables par des unions de benefices, et par 160001 de rentes quil leur fait payer chaque année sur son trésor royal.Vous me dires sur cette fin de ma lettre ce que vous en penseres Monseigneur.J'oubliois de vous dire Monseigneur que quand les 3 recollets qu'on vous envoyé a Quebec seroient juges propres pour les missions de Louisbourg, ce n'en seroit jamais qu'un daugmentation puisque de l'aveu du pere abgraal commissaire resident a morlaix il en faut rappeler deux dont le supérieur en est un.Je finis Monseigneur en vous assurant de mon respect ; mais ne me demandés pas de relire cette lettre ; car ce seroit m'arracher les yeux, il y a peut être bien des mots et des phrases entières oubliées ; mais jespere que vous y voudres bien suppléer, et me deviner ou vous ne m'entendres pas.Nous avons icy beaucoup de fluxions de poitrine, mon domestique est plus mal aujourdhuy.j'avois été plus tranquille pendant 2 jours, cette nuit a été mauvaise et j'en suis inquiet. 344 ARCHIVES DE QUEBEC Lettre à M\"' de Pontbbiand \u2014 (30 avril 1752) Monseigneur, Cette lettre ne servira si vous le voules bien qu'a vous annoncer la voye par laquelle mes différents pacquets parviendront jusqu'à vous.tout est renfermé en deux.bien envelopes de toile cirée que j es pere que vous recevres en bon ordre dautant plus que M votre nouveau gouverneur general a bien voulu s'en charger et de la manière du monde la plus obligeante.Jay eu lhonneur de le voir deux fois ches luy et j'en été enchanté, je crois quil vous paroitra comme a moy lhomme du monde le plus aimable, le plus affable et du commerce le plus aisé du moins a ce que jay eu lieu d'en juger dans les deux seulles entreveues.Je souhaite que vous soyes content de toutes mes petites operations sur lesquelles je crois être en règle, tant vis a vis de votre intervention dans la contestation de votre chapitre et de votre séminaire, que vis a vis de votre séminaire a loccasion de son indépendance ; mais je pense que vous ne voules rien entreprendre qu'après avoir vu leurs réponses a vos propositions, et vos répliques a leurs réponses.Dailleurs il s'agit de scavoir quelle route vous voudres prendre, celle du conseil me paroit la plus courte et la plus sûre en faisant rendre par le Roy un arret de propre mouvement qui renvoyé la contestation a une commission pour en rendre compte a sa majesté pour sur le rapport qui luy en sera fait en decider ce quelle jugera convenable.mais je pense quil faut que vous examiniés vous même jusqu'au depart des prochains vaisseaux toutes nos operations pour pouvoir plus sûrement nous donner vos ordres, a moins que vous ne passiés vous même en france Monseigneur.L'ecclésiastique qui vous remettra cette lettre me paroit un bon sujet qui est depuis quelques années dans Cette maison et qui y a été fait prêtre.a legard des 4 demandés par le Ministre pour être envoyés a M.le loutre je crois qu'on y pense, mais je ne vois encore guère de préparatifs, il est vray quil y a encore du tems ; mais je ne vois qu'un sujet dans la maison qu'on y puisse envoyer, supposé quil ne s'en trouve pas au depart des vaisseaux, jay prévenu M.Carres du S' esprit qui m'en fournira quelques uns que je presen-teray moy même au ministre, et si on vouloit établir a Louisbourg une com'* on dit que la santé de M.lancien eveque de Mirepoix se derange un .quoy quil n'ait que 99 ans ; car on vit longtems quand on touche de près ou de loin au ministère.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé Du Lisledieu, Vie.g*'.ce 26 avril 1752. ARCHIVES DE QUÉBEC 345 de prêtres séculiers je suis persuadé qu'en sadressant a M.Carrés on en viendront facilement a bout, et pour letablir et pour lentretenir dans la suite, et de très bons sujets tout ce qui sort de cette maison étant très bon, leducation y est un peu dure pour la vie on y étudie bien, on y prend bien lesprit ecclésiastique, on y est eleve dans une grande simplicité de mœurs, on y apprend bien sa moralle, et ce quil y a eu dans vos colonies et dans les missions des indes orientales de meilleurs sujets sont sortis de cette maison.Je ne scay si M.M.les directeurs de paris pensent a rétablir la mission des Tamarois ; mais cela est fort important, ils ont fait grand tort a letat et a la religion en la laissant tomber, le nombre de nations sauvages qui se sont détachées de nous, qui ont passé aux anglois et qui sont aujourdhuy nos plus cruelles ennemies non seullement par elles mêmes puis quelles nous font la guerre, mais par les nations voisines quelles cherchent a detacher et a soulever contre nous, lexemple seul des miamis doit nous en convaincre, et dieu veuille que ches ces nations et de leur part nous neprouvions pas la seconde edition de la guerre que nous ont fait les natches et les Tchikachas depuis 1720 jusqua la fin de 1733, et qui est prête a se rallumer.de vos nouvelles je vous prie Monseigneur, vous s caves linteret que j'y prends, oU vous douteries de mon sele de mon dévouement le plus tendre si josois le qualifier ainsy et du respect avec lequel je suis et seray toute ma vie Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé De L'ibledieu, Vie.g*1.ce 30 avril 1752.Lettre à M\" de Pontbri and \u2014 (9 mai 1752) Monseigneur, Voicy je crois la dernière lettre que j'auray lhonneur de vous écrire du moins par le vaisseau sur lequel doit passer M.votre nouveau Gouverneur dont j'espere que vous serés très content du moins il ma paru le plus aimable homme du monde; comme j'ignore si il est parti de paris pour se rendre a Rochefort lieu de son embarquement j'envoye par la poste' ce paquet a M.Rousseau qui doit être arrivé a Rochefort et a qui je crois quelle sera assés tot rendue pour qu'il puisse vous la porter Monseigneur comme vos paquets vous arriveront d'asses bonne heure cette année j'espere que vous aurés le tems de débrouiller le cahos que je vous envoyé et dans lequel cependant j'ay mis le plus d'ordre qu'il m'a été possible.R y a quelque tems que je n'ay vu le député du chapitre il me paroit que cette affaire va bien lentement par la faute (a ce que me dit M.de la Corne) de M** les supérieur et Directeurs de cette maison qui ne se pressent pas de repondre a la requête d'introduction de M\" du chapitre.Rs m'ont demandé le mémoire contenant vos moyens d'intervention qui est prêt depuis longtemps 23 346 ARCHIVES DE QUÉBEC je n'ay fait aucune difficulté de le leur communiquer ny ayant rien qui puisse heurter leurs intérêts ni leur humeur; ils seront peut être assés imprudents pour dire au député que je leur ay communiqué vos moyens mais j'ay pris les devants en luy disant que je croyois que c'étoit le moyen de les faire avancer quoiqu'ils parussent n'en avoir guère d'envie étant tantôt d'un coté et tantôt de l'autre.M.Dufau arrive ces jours cy de Langres ou il est depuis plusieurs mois.M.de Lalane va partir pour ly aller remplacer, un troisième arrive de Carcassonne, et toutes ces disparates font que personne n'est au fait qu'un supérieur qui reste assés assidûment icy mais qui sy casse la tête et qui n'avance a rien.Ces M\" m'ont beaucoup demandé la réplique de M.Esteve a leur réponse a vos propositions j'ay repondu que tout vous avoit été envoyé Monseigneur j'ay apperçu dans les moyens de Mn les Directeurs de cette maison contre le chapitre une bisarerie bien singulière.ils excipent de la premiere fondation du séminaire de Quebec en 1603 le 26 mars et des lettres patentes confirmatives du mois suivant pour se donner une existence qui cadre avec lunion qui leur a été faite de la cure et contre vous Monseigneur, ils prétendent que l'érection du séminaire du mois de mars 1663 est une chimère qui n'a jamais existé tant il est vray quon envisage les choses selon l'intérêt que l'on a de les voir.Je vous ai dit Monseigneur que M Rouillé avoit fait oter de votre requête d'intervention vos pretentions sur l'érection de nouvelles paroisses dans le ressort de celle de Quebec comme demande étrangère dans le moment present.vous ne devés en avoir aucune inquietude car j'en ay trouvé la reserve dans l'érection même de celle de Quebec ainsy tout ce cahos se débrouille peu a peu et je tire toujours quelque éclaircissement de M\" les Directeurs de cette maison soit dans leurs conversations soit dans les pieces qu'ils me communiquent.Je vois que M.de Lalane qui faisoit avec vous Monseigneur les yeux doux et le complaisant pendant quil etoit a Quebec a cependant tiré du séminaire beaucoup de coppies collationnées quil a fait légaliser par M.Bigot.Jen ai tiré le plus de coppies quil m'a été possible a fur et a mesure quils me les ont communiquées, jy ai trouvé une chose que vous ignorés sans doute Monseigneur.c'est que Louisbourg a été érigé en cure en 1726, j'ay coppie de l'érection.M.Rousseau qui1 vous rend ma lettre est destiné pour le séminaire de Quebec il vous en rendra une premiere que je luy ai donnée en partant de Paris.on ne pense point icy a envoyer des missionnaires au Tamarois.cette mission est cependant abandonnée.il ny reste que quelques francois toutes les nations sauvages s'en détachent et se portent aux anglois au grand mécontentement de la cour.L'affaire essentielle pour les colonies et surtout pour l'acadie est la fixation des limites qui n'avance point et qui n'est poin encore réglée pour le depart des vaisseaux, j'avoue que j'en suis embarassé pour cette pauvre colonie surtout vis a vis de M.le loutre qui en est plus affecté que qui que ce soit embrassant également et avec la même vivacité et le même zele les intérêts de l'état que ceux de la religion.- le ministre a demandé a cette maison quatre missionnaires pour les envoyer a M.le loutre et les joindre a M.Girard qui est deja aux acadiens francois sortis de Ut péninsule et réfugiés dans le continent au nombre de prés de trois mille y compris les anciens habitans.le but de la cour en procurant les secours spirituels aux pauvres habitans est de les engager a se domicilier, a se ARCHIVES DE QUEBEC 347 former en village, peu a peu en paroisse, mais il leur faut des missionnaires independament des secours temporels qu'on leur envoyé pour les encourager a s'établir et a cultiver le terrain ou ils se fixeront et exciter par la les autres acadiens qui sont encore dans la péninsule a l'évacuer et a les aller joindre pour secouer le joux des anglois.mais je ne vois pas que M\" les Directeurs de cette maison soient fort empressés a suivre les vues de la cour sur cela et a seconder celles de M.Leloutre qui restera fort embarassé s'il se trouve vis a vis de ses sauvages et de trois mille acadiens avec un ou deux ecclésiastiques, étant d'ailleurs occupé suivant les vues de la cour a attirer hors de la- péninsule les francois qui y restent encore sous la domination des anglois pour les engager a se joindre a leurs frères.M\" les Directeurs de cette maison offrent un seul sujet et disent qu'ils ne sont obligés d'en fournir que pour les sauvages.Je suis occupé a en chercher trois autres soit au S* Esprit soit a S' Louis ou dans quelqu'autre séminaire et je ne sçay si j'y pourray réussir avant le depart des vaisseaux.Je suis d'ailleurs très occupé de ma colonie particulière de la Louisianne il y a cette année beaucoup d'affaires.Tout vient en même tems nos Ursulines sont un peu tracassées elles ne peuvent soutenir le traité de 1744 passé avec M.Le Normant sans se ruiner, M.Michel ne les écoute pas trop il les tracasse même un peu.J'évite de presenter tout cecy a la cour sous l'apparence de plainte pour n'egrir personne et je crois que je viendray a bout de tout concilier.M.de Vaudreuil repasse cette année en france c'est M.de Kerlerec breton qui commandoit a Brest qui va le remplacer.nos bonnes religieuses perdront beaucoup a M.de Vaudreuil ; mais M de Kerlerec qui m'a promis monts et merveilles m'a fait entendre qu'il prendroit mes Ursulines sous sa protection et effectivement nous avons pris ensemble toutes les mesures nécessaires pour que la cour le mette a portée d'examiner la justice de leurs demandes et qui sur Bon rapport et celuy de M.Michel il y soit fait droit et c'est pour cela que je n'ay pas voulu qu'il passât a la cour aucune plainte de M.Michel pour me le concilier.je perds une année en faisant renvoyer la decision de mes representations a l'année prochaine mais je suis sûr par la de tout concilier et d'obtenir pour mes religieuses ce que je voudray.Je mets d'ailleurs par la M.de la Galissonnière (de qui M.Michel est parent) dans mes intérêts tant pour faire achever le bâtiment et logement de la communauté que pour luy obtenir une augmentation et indemnité sur le traité de 1744 et pour faire l'acquisition que la communauté demande.Jay dans cette maison un ou deux sujets qui ont la tête un peu chaude surtout l'hospitalière.les chirurgiens les tourmente l'officier de garde ne maintient pas assés la police il ny a pas assés de subordination dans cet hôpital on ny soutient pas la consideration due aux religieuses on dit tout haut qu'il faut les laisser due.comme elles sont chargées de l'entretien des meubles et ustensiles de la maison on les pille et cela se tolère.cet hôpital est gouverné privativement par le commissaire ordonnateur' il me semble que le gouverneur y doit être admis même comme chef de l'administration a la finance près dont la regie appartient de droit au commissaire ordonnateur ; mais pour la police generalle et particulière il me semble quelle doit regarder en commun les chefs de l'administration dont M.le gouverneur doit être le pr.Je suis occupé présentement a obtenir un règlement sur cela de M Rouillé qui ma dit de luy proposer un projet de luy a moy. 348 ARCHIVES DE QUÉBEC Je ne voulois vous écrire que deux lignes Monseigneur et voila dix pages et encore oubliay je bien des choses mais en recompense vous essuyrés bien des repetitions qu'il faut me passer sil vous plait le zele, est bavard et diffus.J'ay manqué de perdre mon domestique aussy voyés vous que j'ay changé de secrétaire car sans ce secours je pourrais vous écrire mais vous ne pourries lire que difficilement mon écriture.Je crois vous avoir mandé la mort de M.le Duc d'orleans et celle de Mad' henriette de france, je vous ay aussi dit quelque chose de la tracasserie que le parlement fait a M.l'Archevêque sur les billets de confession le 1\" cite les curés les décrète d'ajournement personnel les mettent en prison les condamnent a des amendes; le Boy a pris assés decisivement le parti de M.l'Archevêque celuy des curés et de la religion; je crois tout fini par un dernier arrêt du conseil d'Etat du Boy qui casse et annuité toutes les procedures de la cour du parlement a qui le Boy par un arêt d'évocation Ate toute connoissance des affaires de religion et surtout de l'administration des sacrements.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé de L'isledieu, Vie.g*1.ce 9 may 1752.J'oubliois Monseigneur de vous faire une très humble prière en faveur de deux pauvres gens a qui je m'intéresse l'objet est peu important mais il est proportionné a la faculté des personnes, il y a des gens pour qui tout est pretieux a proportion de leur état.Il y a sur cette affaire qui depend de M\" les officiers de votre amirauté un mémoire dans le paquet de M.Le Guerne mais je le crois peu- propre a suivre cette, affaire; si vous a vies quelqu'un auprès de vous Monseigneur qui voulut sen charger a lappuy de votre recommandation je vous en seray bien obligé.Lettre À M*' de Pontbriand \u2014 (14 mai 1762) Monseigneur, Je comptois ne vous plus écrire du moins dicy au mois de juin, si il part encore des vaisseaux pour votre colonie afin de vous informer jusqu'au dernier moment ou je le pourray de ce qui se sera passé entre votre chapitre et votre séminaire, mais M.de Lery qui doit partir demain pour la Rochelle afin dy attendre le moment de son embarque* me demande encore cette lettre pour vous Monseigneur.Je lay beaucoup vu pendant son séjour icy et ay fait avec luy une assés grande liaison c'est un officier aimable qui paye bien de sa personne, vous n'avés point de meilleur citoyen et d'homme plus amy de sa patrie il mériterait bien dêtre avancé par les qualités de l'esprit et du coeur.¦ ARCHIVES DE QUÉBEC 349 R nest point de mouvemens quil ne se soit donnés pour représenter aux ministres combien il etoit important de pourvoir a la seureté a l'établissement et la subsistance des pauvres acadiens on ne pouvoit guère députer icy personne qui fut plus actif et plus intelligent ; d'ailleurs comme il a vu les choses par luy même il luy etoit aisé de les rendre au naturel et d'une manière intéressante ; aussy la t'il fait de tout son coeur ; mais nous nen sommes pas encore plus avancé sur la fixation des limites tout ce qu'on nous a fait espérer ce sont des secours de subsistance et de protection dieu veuille quils soient proportionnés aux besoins.M.de Lery part bien mortifié de n'avoir pu trouver M.l'abbé de Pombryant chés luy il ma dit en me quittant quil alloit encore en faire la tentative j'ignore sil aura été plus heureux cette dernière fois que les précédentes ; mais ce n'est pas chose aisée que de trouver M.votre frère chés luy si jen juge par la difficulté que jy ai moimême.Je compte Monseigneur que vous ne voulés rien entreprendre cette année vis a vis de votre séminaire jusquau retour des vaisseaux qui vous amèneront peut être dont jay grande envie ou qui nous apporteront vos ordres positifs sur ce que vous voudrés faire.Je vous ay fait chercher depuis quelques jours l'imprimé de tout ce qui s'est passé entre M.L'archevêque et le parlement, des remontrances du premier au Roy et des réponses du roy ensemble ; des différentes procedures de parlement contre différents curés mais je nay pu y réussir si je puis faire ce recueil je vous l'enverray par les derniers vaisseaux car sur cela il faut tout ou rien.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé Du L'isledibtj.ce 14 may 1752.Si j'osois Monseigneur je vous supplierois de me faire acheter par quelqu'un de quoy me faire un beau manchon de martre je le voudrois un peu plus gros que les petits manchons de velours qu'on portoit et dont on commence a quitter lusage mais a condition sil vous plait que ce ne sera pas un present car je suis honteux de ceux que vous mavés deja faits et vous moteriés la liberté de vous rien demander.Lettre à M,r de Pontbri and \u2014 (23 mai 1752) Monseigneur, Je ne sçay plus ou j'en suis du nombre de lettres que jay deja eu l'honneur de vous écrire cette année ; mais en voicy une que je crois absolument nécessaire.1° pour vous envoyer copie de l'arrêt qui vous autorise a intervenir dans la contestation de votre chapitre et de votre séminaire pour la reclamation de vos droits sur la libre institution du sujet pour desservir la cure, si elle vient a passer au chapitre. 350 ARCHIVES DE QUÉBEC Je dois vous observer Monseigneur que M.M.du séminaire de paris n'ont point encore produit leurs moyens ny leur réplique a la requête dintro-duction du chapitre.2° j'ay cru également devoir vous envoyer copie de l'arrêt rendu sur et pour l'hôpital de montres!.mais j'y remarque une chose qui va nous arrêter pour cette année, et nous empêcher de liquider et de payer les dettes de cette maison jusqu'au retour des vaisseaux et la réponse quils nous apporteront de M.M.les chefs de l'administration.J'avois donné a la cour avec le modèle de l'arrêt un tableau des dettes de lhopital de montreal tel que vous le trouvères cy joint et le conseil par son arret renvoyé cette liquidation a faire sur les lieux par M.M.les chefs de .administration vis a vis de Madame youville.Je ne conçois rien a ce changement ny aux motifs qui ont pu determiner a' le faire; les dettes sont a paris parce que lés créanciers y sont.C'est avec eux quil s'agit de transiger, et d'eux dont il est question d'obtenir remise des intérêts et de partye des principaux, et j'etois deja bien avancé sur ces deux operations, il n'y avoit plus aucune difficulté sur la remise des intérêts et j'avois lesperance d'une remise considerable sur les principaux.Cette difficulté et le delay quelle apporte a notre operation va fatiguer et ennuyer les créanciers et peut être les dégoûter, ils pourront penser que je leur ay donné de fausses paroles.B faut cependant les tenir en halaine jusqu'au retour des vaisseaux sil est possible ; mais je pense qu'on auroit pu suivre le modèle darret que javois donné, et en consequence j'aurois pour et au nom de Madame youville transigé avec les créanciers dont j'aurois eu une d'autant meilleure composition que j'aurois fini cette année et dans le tems ou je leur avois promis de finir, voila le sort des choses de cette vie et les contre-tems auxquels elles sont Sujettes, j es pere cependant que sur la réponse qui nous viendra par le retour des premiers vaisseaux la cour verra que comme les dettes et les créanciers sont en france cest icy quil faut les liquider appurer et solder.Jen ay deja fait la remarque et mes observations a la cour, mais larret etoit party ainsy il faut attendre.Voila Monseigneur ou nous en sommes et ce qu'on auroit pu éviter si on avoit voulu ; mais quand on prie on ne commande pas.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé Du L'isludibu.ce 23 may 1762. sont en france Suivant l'affirmation des dits créanciers devant M.le lieutenant civil au chatelet de paris du 17 avril 1728, et l'arrêt du conseil supérieur de Quebec rendu en consequence le 29 juillet 1735 les dette du d'hôpital furent fixées alors a.249401 13* 9d plus pour les frais.5871 11* total des dites dettes au d* jour 29 juillet 1735 .265281 4* 9d par les différentes distributions faites aux créanciers avant 1750 les dites dettes se trouvent réduites a.197761 -11* 3d le 29 juillet 1750 à été faite une distribution aux créanciers de la somme de .2729' 5* partant reste actuellement dû .170471 6* 3d pour payer la susdite somme de dix sept mille quarante sept six sols trois deniers il est actuellement du et échu du 31 Xbr* 1751 deux années de différentes partyes de ventes sur lhotel de ville de paris qui montent ensemble pour cha-qu'une a la somme de 7861 17* 6d pour 1750 7861 17* 6d pour 1751 786' 17* 6d total 1573' 15* les dettes actuelles en lautre part sont de la somme de.170471 6* 3d est actuellement du.1573* 15* partant resteroit a payer.154731 11* 3d non compris les intérêts courus pour les sommes non payées depuis 1735 même depuis la demande formée ; mais dont il sera facile d'obtenir la remise.a legard des principaux montant a quinze mille quatre cent soixante et treize livres onze sols trois deniers la remise qu'on pourra obtenir dépendra de la célérité de l'opération quil s'agit de faire avec les dits créanciers et qui auroit été faite des cette année si l'arrêt du conseil d'etat n'avoit pas renvoyé la dame youville a faire un acte ou traité vis a vis de M.M.les administrateurs généraux a l'effet 1° de constater le montant des dettes actuelles, 2° celuy des sommes qui seront employées a les appurer et solder, sur cela on observe a M.M.les administrateurs généraux l°que la dame youville ne peut sçavoir ce que lhopital peut devoir en france que sur, et par ce qui luy en est mandé.2° que la somme qui sera employée pour les payer depend pour le montant de la remise que les créanciers feront.3° quil n'y a aucun risque a laisser a la dame youville la liberté de traiter avec les créanciers et de transiger avec eux des quelle se charge d'acquitter les 154731 11* 3d et qu'en second lieu suivant les termes de l'arrêt la dite dame youville ne peut être subrogée que pour la somme quelle aura réellement payée. 352 ARCHIVES DE QUEBEC Quant a la liquidation des susdites dettes qui est cy faite, et aux autres parts l'abbé de Lisledieu vicaire general de Monseigneur de Quebec en france croit pouvoir la certifier veritable saouf cependant erreur de calcul, et U se charge volontiers de lappurement des dites dettes sur la procuration de la dame youville et du consentement de M.M.les administrateurs généraux, des deux années de rentes dues a 1 hôpital de montreal il y en a une de reçue, et lautre qu'on recevra au mois de juillet prochain ce qui ne mauroit pas empêché de finir parce que j'en aurois fait les avances, par reflexion je pense quil faut que je signe ce bordereau pour le certifier veritable a paris ce 24 may 1762.L'abbé De L'isledieu.Lettre au président dd Conseil de Marine \u2014 (24 Juillet 1752) Monsieur, Les deux missionnaires qui ont été fournis par Messieurs les Supérieur et directeurs du Séminaire du Saint Esprit sont enfin partis l'un de hier, parle messager, et le second aujourd'huy par le carosse et je souhaite qu'ils arrivent assés tost pour les derniers vaisseaux qui partiront pour Louisbourg.J'ay bien fait d'arriver de Picardie à Paris pour les déterminer et leur donner les pouvoirs et les instructions nécessaires sans quoy je crois qu'ils auraient manqué de partir cette année.J'ay pris toutes les precautions nécessaires pour qu'ils parviennent a Monsieur Le Loutre qui est attaché au dessus du fort de Beauséjour aux Francois qui ont évacué l'Acadie affin qu'ils ne soyent pas retenus par les missionnaires qui y sont encore et qui demandent instament du secour quoy que ce soit contre le bien de la chose et contre les vetles de la cour puisque ce seroit retenir les acadiens francois sous la domination des Anglois tandis qu'on leur fournirait des prêtres.y étant d'ailleurs solicités par leur propre cupidités et par l'envie de conserver leurs petites possessions dans cette péninsule qu'ils ont d'autant plus de peine à quitter qu'ils ont employé de tems de peines et de soins a la cultiver et qu'ils la voyent plus en état de les payer des dépenses qu'ils y ont faites.M*lgré cela ils redoutent la domination angloise, et le motif de la différence de religion les en tirera sûrement pourvu qu'on leur en facilite les moyens.C'est dans ces velles que Monsieur Le Loutre continue d'en écrire et ce qui m'a obligé d'adresser les deux nouveaux missionnaires a Monsieur le Comte de Raymond, gouverneur et i Monsieur Prevot, commissaire ordonnateur pour les faire passer plus sûrement et plus promptement à Monsieur Le Loutre.Mes dernières lettres de Louisbourg sont du 10 Juin j'ay été étonné de les recevoir sitôt, mais bien aise cependant parce qu'elles contiennent des choses dont il est bon que vous soyés instruit.B y a un peu de mésintelligence même dans le gouvernement ! Mon Dieu ! Je ne sçay comment les hommes sont faits, et pourquoy chargés de mêmes interests ils ont des vetles particulières et qui les empêchent d'y tendre par la même voye. ARCHIVES DE QUÉBEC 353 Si en revenant de Compiegne voua passes un jour a Paris et que vous le permetiéa J'auray l'honneur de vous rendre compte de tout ce qui se passe a Louisbourg pour en tirer les conséquences qu'il vous plaira sur tout d'après les autres connoissances que vous en avés.A l'égard de la mission des Becollets à Louisbourg et dans les autres postes qu'ils occupent je l'avois abandonnée et par la disette de sujets et par le peu de talent et de zèle de ceux qui la composent.B n'y étoit encore arrivé aucun recollet de Bretagne au 18 Juin, cependant il y en est mort un a la devise de ceux qu'il falloit absolument relever ; mais cela fait qu'ils sont encore plus foibles en nombre.On me mande qu'il en est arrivé quelques uns a Quebec mais ce n'etoit pas là la route qu'ils dévoient prendre pour arriver à Louisbourg aussitôt que le besoin pressant de l'œuvre l'exige.D'ailleurs celuy qu'on a destiné pour supérieur est un sujet qui en a été deja chassé pour mauvaise conduite et je n'en suis point surpris puisque le provincial qui l'envoyé est luy même dans le cas et a été rappelé de Louisbourg du tems de Monsieur le Comte de Maurepas lorsqu'il y etoit simple religieux, en vérité je ne conçois plus' rien aux hommes dans tous les états.L'aveu doit nous coûter cher puisqu'il est humiliant non pour la Religion qui soutient par elle même mais pour ceux qui la représentent de plus près.B semble aujourd'huy que les velles particulières soyent lunique ressort qui nous fasse agir, nous importunons et nous fatiguons les puissances par nos discussions au lieu de les édifier par notre zèle.L'œuvre de Dieu périt entre nos mains et on est réduit a nous exciter au lieu de nous retenir sur l'article du vray zèle et sur tout de ce zèle, pur sage, prudent et désintéressé qui ne cherche le bien et ne le veut faire que pour luy même, et la gloire unique de celuy a qui il doit être rapporté.Vous ne pouvez je crois Monsieur vous dispenser d'en écrire au Provincial des Recollets de Bretagne.A l'égard des Capucins de la province de Champagne qui sont tenus de fournir sa mission de la Louisanne le provincial est reparty pour Charleville d'où il m'a écrit et ma mandé la tournure qu'auroit pris son affaire et les suites de l'arrêt du parlement de Metz.B me mande qu'il a été arrêté entre M.l'ancien Eveque de Mirepoix et Monsieur le Maréchal de Belisle qu'il seroit donné des lettres de cachet aux discales qui avoient solicité l'arrêt contre leur ordre et que pour la tenue prochaine du chapitre général il seroit nommé deux Commissaires pour y présider l'un séculier et l'autre régulier, je crois même que le premier est laïque.C'est ainsy ce me semble qu'on punit les innocents et les coupables ; car si les premiers ont mérité leur éloignement comme cela paroit démontré on auroit pu je crois épargner aux seconds c'est à dire aux maisons de la province le remède qu'on leur a préparé par la commission.Je crois qu'on a été un peu trop vite dans cette affaire et qu'on a donné trop de confiance a des mécontents et a des ( ?) qu'on se voit aujourd'huy forcé desloigner et de punir ; et pendant ce tems là notre pauvre mission manque de sujets à moins qu'on ne nous en destine et qu'on ne nous en donne immédiatement après la tenue du chapitre; j'ay écris pour cela ils pourraient encore partir par le vaisseau qui doit passer M.et M* de Kerlerec au mois de septembre. 354 ARCHIVES DE QUÉBEC Je crains que vous n'ayés un peu de peine a lire ma mauvaise écriture ; mais cette lettre contient bien des choses que je n'ay pas cru devoir confier a la main d'un secretaire.J'auray l'honneur de vous entretenir du surplus a votre passage A Paru si vous le jugés a propos.D'icy à ce tems la je vas m'occuper à finir mes lettres pour la Louisianne d'après les réponses que vous m'avés fait l'honneur de me donner.Toute cette œuvre me pèse non par son propre poids puisque celle de Dieu n'en doit point avoir pour ceux qui s'y livrent par des veUes pures et droites mais je vois des choses qui m'en dégoûtent et qui me feront cet hyver vous renouveller la prière que je vous ay déjà faite de trouver bon que je m'en décharge sur quelqu'un qu'auroit moins d'ûge et plus de talent que moy.Ce sera cependant toujours avec peine que je me detacheray de quelque chose qui me procure avec vous des liaisons qui me nattent autant qu'elles m'honorent ; mais il y a une sorte de gens dans le monde a qui on attribue sa maxime qu'il faut faire une fin, et je crois que la prudence, mon age, et mes infirmités concurrent à m'inspirer de l'adopter.Je Buis avec respect, Monsieur etc etc etc L'abbé de L'Isle Dieu, Vicaire G»1 des Colonies de la N1\"' France en Canada.Je vous demande pardon Monsieur de l'ancre qui est tombée sur la premiere page de ma lettre après quelle a été écrite mais mes mauvais yeux me font faire des fautes ou mon respect na point de part Monsieur.Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (15 août 1752) Monsieur, - s ii Je n'ay encore osé Jusqu'à présent vous écrire dans l'alarme et la cruelle inquiétude où j'ay seû que vous étiés aussy bien que toute la cour et que nous avons bien sûrement partagée ; mais heureusement nous sommes présentement plus tranquilles et nous aprenons avec une véritable joye que sans changer d'objet, mais simplement de motif et d'intention, nous pouvons désormais changer ou du moins diriger nos prières en actions de graces pour le meilleur état de Monsieur le Dauphin qu'on nous dit absolument hors de tous dangers.Ainsy Monsieur, Je crois pouvoir présentement vous rendre compte de mes petites expéditions pour la Louisianne, que j'ay fait passer ce matin a Monsieur le Comte de la Galissonniere pour me les contre signer, afin de les adresser sous une seulle envelope à Monsieur de Kerlerec à Brest et de luy en épargner le port aussy bien qu'a moy persuadé que comme c'est pour les affaires du Roy, de l'Etat, et de la religion vous ne le trouvères pas mauvais.J'adresse donc a Monsieur de Kerlerec toutes mes lettres pour la colonie, dont le Roy le nomme gouverneur. ARCHIVES DE QUÉBEC 355 Je luy envois en même tems, un mémoire détaillé de tous les éclaircisse-mens qu'il m'avoit demandés sur la Colonie, et dont nous étions convenus dans les différentes conference que nous avons eues à Paris pendant le séjour qu'il y a fait.Je luy envois pareillement un mémoire que j'ay eu l'honneur de vous présenter sur les Frères des Ecoles demandés dans la Colonie par les habitans pour l'instruction de leurs enf ans avec les apostilles et réponses que vous y avés fait mettre ensemble et dans le même paquet la requête des Ursulines sur la petite acquisition qu'elles demandent la liberté de faire depuis longtems afin qu'examen fait du tout sur les lieux il puisse être en état de vous en faire son rapport et de vous mettre a portée, Monsieur de prendre sur cela tel party qu'il vous plaira.A l'égard des deux cahiers concernant les mêsme Ursulines, et les representations qu'elles prennent la liberté de faire au sujet de l'hôpital et des indemnités qu'elles demandent à l'occasion des nouvelles charges qui leur ont été imposées sans aucune augmentation de bénéfice depuis le traite du dernier Décembre 1744.Il m'a paru Monsieur que Votre intention étoit de remettre ces deux cahiers a Monsieur de Kerlerec avec les ordres nécessaires pour verifier les faits contenus dans les dits mémoires, vous en faire le raport, et vous mettre a portée de faire sur cela les nouveaux règlemens qui vous paroitront convenables, et d'après toutes les précautions nécessaire pour qu'on a fort a coeur le bien de l'Etat, le bon ordre et même le progrès et l'avantage de sa religion mais il y a longtems que S* Paul a dit que la vertu même avoit ses bornes et qu'il falloit sapcre cul sobrietatcm.Je ne sçay comme les hommes sont faits et si leurs défauts viennent des vues ou de l'intention, ils tendent tous au même but et ont peine a convenir de la route qui y conduit.Si J'avois pu avoir l'honneur de vous voir avant mon départ, J'aurois eu celuy de vous rendre compte de cette lettre qui n'est guère susceptible d'extrait.J'attends votre réponse sur ce dernier article et sur le surplus du contenu de ma lettre, si vous jugés a propos de me la faire et je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.L'Abbé de L'isle Dieu, Vicaire général des Colonies françoises en Canada.J'imagine que le moins qu'on pouroit envoyer de Capucins cette Année i La Louisianne dans la disposition ou sont les choses, ce seroit de 5.a 6.ou au moins 4.Si on ne peut faire autrement.Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (23 août 1752) Monsieur, Le Religieux qui a l'honneur de vous présenter ma lettre est le Père Gardien de Charleville, dont J'ay eû celuy de vous en envoyer une du 10 du courant, 356 ARCHIVES DE QUÉBEC et par laquelle il me mande qu'il devait incessamment se rendre à Paris pour les sujets dont on peut actuellement avoir besoin pour la mission de la Louisianne.B s'offre luy même d'y conduire le nombre de sujets que vous jugerés a propos d'y faire passer et de se mettre a la tête de cette mission.Il en est d'autant plus capable qu'il a été provinciale de sa province et a passe par toutes les charges de son ordre avec un succès que sa capacité et sa vertu luy ont également acquis.Vous sçavez Monsieur ce qui se passe actuellement dans cette province, le récit seul s'il vous le fesoit vous ferait horreur ; mais il n'est plus tems d'y remeder par l'excès ou on a laissé porter les choses.D'ailleurs l'autorité même paroit aujourd'huy favoriser les coupables par toutes les fourberies qu'on a imaginées pour en surprendre et captiver le souf-frage et l'appuy ; mais comme cela ne me regarde qu'autant que la religion le bon ordre et l'édification s'y trouvent également attaqués et altérés j' m'en tiens au besoin que nous avons de sujets pour une mission qu'il s'agit de soutenir ou de laisser tomber a f ortfait, et pour laquelle de plus il sera très difficile d'obtenir des sujets de la province de Champagne, lorsque l'arrêt de Mets aura eu sa pleine et entière execution pour l'expulsion de plus d'un grand tiers des sujets de, cette province.Je me borne donc Monsieur a vous suplier d'examiner le nombre de ceux que vous pouvés faire passer cette année et à le décider en donnant vos ordres au Révérend Pere Gardien de Charleville qui sy conformera sûrement en se rendant au lieu de l'embarquement que vous luy indiqueras et avec le nombre de sujets que vous croires pouvoir faire passer cette année ; il ma seulement observé que selon le nombre que vous demanderés il auroit besoin d'une petite gratification pour les frais du voyage qu'ils auront à faire et leur propre nourriture du jour qu'ils seront sortis de leur maison pour se rendre au lieu de leur embarquement et pendant le séjour qu'ils seront obligés de faire pour attendre le moment de leur passage.Quant au besoin pressant de sujets pour la mission de la Louisianne ; J'ay eu l'honneur de vous le représenter dans ma dernière lettre il faut nécessairement remplacer un excellent sujet qui est mort l'année dernière, d'onze qui restent il en faut absolument renvoyer un qu'il ne convient pas de garder dans cette mission.Il y a nécessité d'établir deux paroisses pour le bien même du service.d'ailleurs il y a près de 200 familles qui se sont établies au bas du fleuve et qui n'ont ny missionnaire, ny aumônier, sans compter qu'il y a des garnisons dans des postes nouvellement rétablis qui en manquent également, ce qui me fait penser qu'il faudroit au moins 5 à 6 sujets et même plus si on le pouvoit; vous ferés donc sur cela, Monsieur ce que vous jugerés et de convenable et de possible.Les deux missionnaires partis de Paris pour l'Acadie sont embarqués i ce que me mande Monsieur le Normand, celuy de Messieurs les directeurs des missions étrangères ne s'est point trouvé au moment de l'embarquement ainsy il ne partira point.Je compte partir lundy pour Rouen à moins que vos ordres ne m'arrêtent d'icy a ce tems la et sur ce que vous aurés décidé j'expêdiray les pouvoirs et les approbations des sujets, que vous conviendrés de faire passer cette année, et j'ecriray en consequence pour la disposition qu'il en faudra faire. ARCHIVES DE QUÉBEC 357 J'attends donc vos ordres pour my conformer moy même et je suis avec Lettre au président du Conseil du Marine \u2014 (27 août 1752) Monsieur, A la reception de votre lettre J'ay envoyé chercher le Père Gardien des Capucins de Charleville à qui j'ay rendu compte des ordres que j'ay reçus de vous, sur le nombre de Religieux que vous demandées pour la mission de la Nouvelle Orleans, et de la gratification de chacun 100' que vous leur avies fixée et pour laquelle vous m'avies envoyé une ordonnance de 4001 sur Monsieur de Georville Trésorier de la Marine ; Il ma répondu qu'il n'etoit pas possible qu'il put conduire 4 religieux de Charleville a la Rochelle pour chacun 100' qu'il en cou ter oit cette somme pour la place de chaque religieux par le carosse qui etoit la seulle voyture qu'ils pussent prendre pour se rendre assez tot au lieu de leur ambarquement.J'ay eû beau luy dire que je ne pou vois pas passer les ordres qu'on m'a-voit donnés et que d'ailleurs il n'etoit pas d'usage qu'on leur accorde des gratifications, il ma repondu qua la vérité ils voyageroient de maison en maison mais que par cette route ils ne pourraient pas se rendre assés ( ?) a leur destination étant obligé de sécarter pour trouver des hospices.Il doit partir lundy pour se rendre a Charleville où il assemblera les trois sujets qui doivent partir avec luy s'il reçoit de nouveaux ordres, mais il pretend ne pouvoir fournir à la dépense du transport et de la nourriture de chaque Religieux a moins de 300' pour chacun .J'ay crû Monsieur ne pas devoir vous laisser ignorer la façon de penser de ce religieux et l'impossibilité ou il pretend être de partir sans ce secours ; surtout vis a vis de La position ou se trouve sa province par la mésintelligence que y règne et le peu d'apparence qu'il y a que sa maison veuille luy donner aucun secours.Je garderay la rescription que vous m'avés fait l'honneur de m'envoyer jusqu'à ce que (vous) m'ayés ordonné de vous la renvoyer.Je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.respect, Monsieur Votre très obéissant serviteur Paris 23 Aoust 1752.L'abbé de L'Isle Dun, Vicaire général des Colonies Françoises en Canada.A Paris ce 26 aoust 1752.L'abbé de L'Isle Dieu, Vicaire Général des Colonies Françoises en Canada. 358 ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (28 août 1752) Monsieur, Depuis la lettre que j'ay eû l'honneur de vous écrire avant hier 26 et qui n'est partie qu'hier 27 j'ay enfin déterminé le Pere Gardien des Capucins de Charleville à partir ce matin de Paris par le Carosse pour se rendre a La Rochelle, et de la Rochelle à Rochefort avec son compagnon a l'effet d'y recevoir de Monsieur le Normand intendant de la Marine, les instructions nécessaires pour le tems de leurs embarquement, après quoy il y a' toute aparence qu'ils se replieront sur la Rochelle chés les Capucins leurs confrères pour y attendre les ordres de Monsieur le Normant.Vous verres Monsieur, par le reçu que je vous envois que j'ay remis au Pere Gardien de Charleville les 400' que je dois toucher aujourd'huy de Monsieur de Georville, Trésorier de la Marine, et comme ce Pere va en voiture de Paris a La Rochelle il en a laissé 2001 au Supérieur des Capucins de S1 Honoré pour les remettre aux deux autres religieux de Charleville, a qui il a écrit de se rendre incessamment a Paru, pour de la l'aller joindre à La Rochelle et je Compte moy même leur laisser une lettre à Paris qui leur sera rendue en y arrivant et par laquelle ils verront qu'ils peuvent prendre leur gratification et partir sur ma lettre qui contiendra leur mission et leur approbation pour se rendre au lieu de leur embarquement pour le tems ou vous jugerés à propos de donner les ordres a ce nécessaire.En conséquence de la lettre dont vous m'avés honoré, Monsieur, et de l'ordonnance et des ordres qu'elle contenoit j'ay écrit à Monsieur de L'abbaie Commissaire ordonnateur pour le Roy à La Rochelle et à Monsieur Le Normand intendant de la Marine à Rochefort pour leur annoncer les deux premiers Capucins qui leur rendront eux mêmes mes lettres et l'arrivée prochaine de deux Seconds.Par là Monsieur, vous jugerés je crois que tout est suffisamment arrangé pour que vos ordres soient pleinement exécutés.B me reste encore seulement une petite et respectueuse representation a vous faire de la part du Pere Gardien qui a eu l'honneur de vous voir à Versailles sur la modicité de la gratification qui répartie sur quatre ne leur fournira véritablement pour chacun, que les frais de la voyture de Paris à la Rochelle du reste Monsieur, je né suis chargé que de la representation et non pas du succès.Si cependant vous y vouliés faire honneur je pourrois encore recevoir votre lettre, et la nouvelle gratification mardy dans tout le cours de la journée parce que pour l'attendre je différeray mon voyage jusqu'à mercredy, après quoy je pourray recevoir vos ordres a Rouen, si vous en avés à me donner pendant tout le courant du mois de Septembre.Je reçu hier une lettre de Monsieur de Kerlerec qui m'annonce la réception de mes paquets pour U Lousianne dont il a bien voulu se charger.Je suis etc.etc.Monsieur, A Paru, ce 28 Aoust 1752.L'Abbé de l'Isle Dieu : Vicaire général des Colonies françoises en Canada. ARCHIVES DE QUÉBEC 359 30 Décembre 1752 Monsieur, Permettes que ne pouvant aller à Versailles pour vous renouveller les assurances de mon attachement et de mon respect a l'occasion de la Nouvelle Année, je puisse au moins vous faire passer le vœu de mon cœur pour votre conservation, si prétieuse surtout pour nos pauvres colonies du Canada.J'ay reçu toutes mes lettres de Québec, de Montreal, de Louisbourg, de l'Acadie et de la Louisianne.Je n'attends plus qu'un paquet considérable que m'annonce M.l'Evêque de Québec et que je souhaite très fort në pas recevoir par la poste comme mes autres lettres, qui m'écrasent de port à payer.Il est parti cette année cinq Capucins pour la Louis ianne, dont deux par le vaisseau qui a passé Monsieur Kerlerec, et trois par des vaisseaux marchands, sur lesquels Monsieur Le Normant, intendant de la Marine a Rochefortma mandé les avoir fait placer.Vous scares, Monsieur que vous avés accordé 100' de gratification a chacun des quatre premiers, en mon absence et pendant mon séjour à Rouen, le cinquième a pris pareille somme de 100* a Paris, sur mon compte malgré la communication que j'avois donné de vos ordres, ou du moins de vos intentions à ce sujet au Père agent des Capucins de Paris, ainsy je vois que ces 100' tomberont encore sur moy à moins que vous n'ayés la bonté de me les faire rembourser, et sans quoy il résultera que je donne en même' tems pour ces colonies mon tems, mes soins, et mon nécessaire.B paroit qu'il est arrivé un petit renfort de sujets aux Recollets de Louisbourg, Les deux prêtres séculiers qui ont été fournis par le Séminaire du S* Esprit et à qui vous avés accordé a chacun une gratification de 600' sont arrivés à Louisbourg;le plus ancien a déjà été destiné pour la Cure de l'Isle S' Jean on compte faire passer le second à la pointe de Beauséjour pour avoir soin des Acadiens qui se sont réfugiés au de la de ce fort, pour si établir, si on leur en procure les moiens et la facilité ; mais il nous faut des prêtres et M.l'Evêque de Québec en a si bien senti l'indispensable nécessité qu'il vient d'y envoyer un seul et unique prêtre qu'il avoit auprès de luy, quoy qu'il luy fut très utile.On ne sçait ce qu'est devenu l'eclésiastique qu'avoient fourni Messieurs les Directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris et a qui vous a vies accordé une gratification de 6001; comme il ne s'est point présenté dans le tems de l'embarquement des deux autres il n'a pu passer avec eux, et tout cela prouve Monsieur qu'il est essentiel de s'assurer de bonne heure de quelques sujets sur lesquels on puisse compter par le besoin ou l'on est dans cette Colonie.J'ay eu jusqu'à présent un fort soupçon que Monsieur Le Loutre passeroit cette année en France, malgré les représentations que je luy ait fait à ce sujet et le besoin qu'on à de luy dans cette Colonie (tous roulant sur luy) mais il y a Lettre au président du Conseil db Marine \u2014 (30 décembre 1752) 360 ARCHIVES DE QUÉBEC toute apparence qu'il s'y est trouvé forcé faute de secours qu'il attendait de la Cour et pour luy rendre compte de l'extrémité ou cette Colonie se trouve réduite du moins on me le mande par toutes les lettres que j'ay reçues, et je n'en ay point encore reçu de luy ce qui me confirme dans le soupçon et même dans l'idée qu'il passe cette année en France.B me paroitroit nécessaire que j'eusse l'honneur de vous entretenir en particulier de deux articles bien essentiels que je ne puis confier au papier l'un regarde Louisbourg et l'autre la Nouvelle Orleans.Ainsy si vous passés quelques jours à Paris dans le courant du mois de Janvier et que je puisse en être averti je me rendray à votre hotel à l'heure ou je croiray vous être moins incommode, sinon je me rendray a Versailles dés que ma santé pourra me le permettre et je vous demanderay Un audience particulière.Je suis avec respect Monsieur, etc.etc.etc .r L'Abbé on L'Islb Dieu, Vicaire général des Colonies Francoises en A Paris le 30 Décembre 17S2.Canada.Lettbe au président du Conseil de Marine \u2014 (30 janvier 1763) Monsieur, Aussitôt le retour de M.Le Loutre de Versailles qui fut vendredy au Soir, nous nous sommes occupés du travail que vous avés jugé a propos que' nous fassions avec M.le Comte de la Galissonniere comme une preparation a celuy qui doit être fait avec vous, lorsqu'il vous conviendra d'en ordonner et d'en marquer le jour En consequence nous avons employé samedy et dimanche a faire choix du plan sous lequel nous avons crû devoir vous presenter les différentes matières qui doivent vous être proposées.Nous allâmes voir lundy M.le Comte de la Galissionniere et au retour, nous avons employé le reste de la semaine a mettre au net et par ordre, ce que nous n'avons fait que luy proposer verbalement et par forme de conversation.Comme il s'agit toujours de la fixation des limittes que l'on ne peut trop accélérer, et que tous les moyens proposes dans les différentes conferences tenues à ce sujet n'ont encore pu y faire accéder les anglois qui trouvant mieux leur compte a en retarder, et a en reculer la conclusion, malgré la force des titres dont on a combattu leurs pretentions et l'insuffisance et l'invalidité de ceux qu'ils y ont opposés, nous avons envisagé la matière sous un autre point de vue qui, loin d'écarter tout ce qui a été fait, de la manière la plus claire et la plus convainquante par M.M.les commissaires pour établir et constater les droits de la france sur les articles contestés ne sera au contraire qu'un nouveau point d'apuy aux inductions et aux consequences qui en ont été tirées en faveur de ht france et contre les pretentions des anglois. ARCHIVES DE QUÉBEC 361 Noua noua sommes mis en état 1\" de vous presenter un tableau exact de toute la colonie, 2° un plan de cantonnement qui puisse établir un équilibre d'intérêt proportionnel et une paix solide entre les deux nations.Dans le premier plan, vous verres ce que la france possède et qu'elle peut cedex et ce qu'elle doit reclamer et de la nécessite d'accélérer la fixation des limittes., Par le second nous proposons un projet de cantonnement qui facilite la fixation des limittes, ne laisse plus aucun mélange entre les deux nations et etein par consequent toute semence de discussion et tout germe de division.D'ailleurs (et c'est un avantage commun aux deux nations) le plan de cantonnement proposé forme une chaîne de correspondance entre tous les postes que chacune aura qui les mettra a portée d'établir si solidement leurs possessions, que rien a perpétuité n'y pourra-donner atteinte.Nous souhaitons beaucoup que ce plan de cantonnement soit du gout de la Cour, et que les anglois veuillent bien y accéder, mais comme ils sont peu portés a la conciliation dans le cas ou ils refuseroit de s'y prêter, par le système ou ils sont de toujours pécher en eaux trouble et de se porter en avant sans autres titres de propriété que ceux que leur suggère et que leur fait supposer l'envie qu'ils ont de s'agrandir ; nous ne voyons d'autre moyen de s'opposer aux pretentions sans bornes de l'anglois que celuy de nous fortifier dans les differens postes qui nous restent, comme nous avons fait du coté de la riviere de S** Margueritte par l'établissement du fort de Beausejour, pour arrêter l'avidité d'une nation qui ne connois de bornes, que celles qu'elles ne peut franchir.Nous donnons également le plan des differens postes, que dans cette dernière suposition, la france auroit a fortifier, mais M.Le Loutre qui connois le local de cette colonie pense qu'il ne faut prendre ce dernier party qu'a l'extrémité d'autant plus que : Is B seroit beaucoup plus dispendieux a exécuter que celuy d'un cantonnement réciproque 2° B nous conservèrent ce que nous avons encore et ce que nous possédons dans cette Colonie; mais il ne nous mettroit ny en droit ny en état de reclamer ce qu'on nous a usurpé.3e Enfin il ne nous donnèrent pas la même facilité de fixer a nos familles f rançoises un asile aussy sur et aussy avantageux, ny celle de les y établir aussy solidement, et d'ailleurs les operations en seroient bien plus dispendieuses, et de bien plus longue halaine.B paroit donc incontestable et démontré qu'il n'y a d'autre party a prendre que celuy de mettre tout en œuvre pour engager les anglois a accéder au plan de cantonnem' proposé et nous espérons que vous en jugerés ainsy lorsque vous l'aurés vû et examiné.d'ailleurs je crois M.Le Loutre en état de repondre aux difficultés que vous y pouries trouver lorsque vous luy aures donné jour pour l'entendre et pour repondre aux questions qu'il vous plaira luy faire.B remit hier a M.le Comte de la Galissonniere nos deux premières ope-rations, c'est a dire celle du tableau general de la Colonie et celle du plan de Cantonnement.M 362 ARCHIVES DE QUÉBEC Le surplus qui ne conciste qu'aux demandes qu'il m a vous faire pour la subsistance de ses habitans sera également remis cette semaine a M.le Comte de la Galissonnière, et je pense que comme vous le luy recommandés il se retranchera a tout ce qu'il pourra de moins pour entrer dans vos vetles Je suis avec respect, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé de l'isle Dieu, V.G*1 des Colonies françoises au Canada.A Paris ce 30 j\" 1763.Lettre ad président dd Conseil de Marine \u2014 (19 février 1763) Monsieur, Pour consoler M.Le Loutre du retard de l'audiance que vous luy avés promise et de celuy qu'il craint que cela n'apporte au désir qu'il a de profiter des premiers vaisseaux, pour aller rejoindre ses sauvages j'ay crû devoir vous envoyer par la poste l'ouvrage que nous avons fait ensemble, et qui a été communiqué comme vous le desiries, Monsieur, a M.le Comte de la Galissonnière, vous y trouvères comme j'ay déjà eû l'honneur de vous le mander par ma dernière lettre, qui a precede votre dernier voyage a Paris: 1° Un plan general de la Colonie appellee Nouvelle france ou Canada, dans laquelle se trouve l'acadie cédée aux anglois par le traité d'Utrecth, selon ses anciennes limittes auxquelles ils donnent une étendue contraire a les prit et a la lettre du traité entre les deux couronnes, contredite par leurs propres titres, et démontrée fausse et insoutenable par la clareté et l'évidence ou ont été mis par M.M.les commissaires du Roy ceux de Sa Majesté.Vous verres dans ce plan general, Monsieur, l'état actuel de cette Colonie ce que la france en possède encore ; ce que l'angleterie en a envahi a force de pousser et d'étendre ses pretentions ; dans l'un et dans l'autre ce que la france en pourroit céder par voye de conciliation et de composition et ce qu'elle doit nécessairement reclamer, et de droit et de fait, si elle ne veut 'pas courir le risque de perdre peu a peu et tot ou tard, le Canada en entier.2° Comme il paroit que Malgrés la force et l'évidence des titres de la france, et les inductions concluantes qu'en ont tiré M.M.les Commissaires du Roy, l'angleterre paroit ne pas vouloir decider la question des limittes, sur la representation et la confrontation des titres, nous avons M.Le Loutre et moy, dressé et rédigé un plan general de cantonnement qui pourroit procurer une conciliation solide entre les deux couronnes en ne laissant aucun melange dans leurs propriété et possessions respectives, par consequent aucun germe de division ny de discussion.Vous verres peut être et vous dues que nous cédons beaucoup aux anglois mais C'est un simple projet que la grande connoissance que M.Le Loutre a du local, nous a mis a portée de vous proposer et sur lequel sans doute vous ARCHIVES DE QUÉBEC 363 avés droit de vie et de mort, et d'ailleurs la bonne opinion que l'angleterre a de ses pretentions (quoy que détruites par ses propres titres, et par une chaîne de raisonnemens' et de consequences que M.M.les commissaires du Roy en ont formé et tiré contre elle), vous mettroit hors de risque d'etre pris au mot, quand.le projet de cantonnement luy seroit proposé d'emblé, et sans sonder le terrain./ 3° Et comme il faut s'attendre a tout de la part d'une nation qui prend ses simples pretentions pour des titres incontestables en supposant que l'angle-terre ne voulut entendre a la fixation des limittes ny sur la representation et la confrontation des titres ny but le plan de cantonnement proposé, dans l'espérance que la confusion ou sont resté les propriétés respectives depuis le traité d'Utrecth, luy seroit plus favorable que des abornemens cons tans fixes et déterminés, nous avons crû d'après l'idée ou nous sommes que la Cour ne voudra pas consentir a perdre sa main parce qu'on luy conteste son poulce (ou plus tot qu'elle la cédé), que le seul moyen de se garantir de l'avidité de l'anglois seroit de se cantonner et de se fortifier, de s'établir même dans ce qu'elle possède encore, en attendant qu'elle pu repeter sur l'anglois ce qu'il luy a enlevé, et c'est pour cela, que nous avons ajouté une nouvelle feuille d'observations dont le projet seroit une annonce de guerre, plutôt qu'une voyë de conciliation et d'ailleurs plus dispendieux et moins favorable que la fixation des limittes, soit sur la representation et la confrontation des titres, ou sur le plan de cantone-ment proposé.S'il m'etois permis de donner quelque realité a mes simples reflexions sur la conduite qu'ont tenu les deux couronnes depuis le traité d'Utrecth, J'oserois presque dire qu'elles n'auroient du se permettre aucun établissement jusqu'à la fixation des limittes pour être reciproquem* sur de s'établir solidement et sans retour.on auroit rendu le cantonnement et la reconnobsance des vrayes limittes bien moins difficiles, on ne se batteroit pas aujourd'huy du possessore vis a vis du petitoire et des titres qui seuls doivent decider la question, mais le gouvernement d'angleterre et ses maximes sur l'établissement de ses colonies n'ont rien de semblables a ce qui se pratique en france.En angleterre ce sont des compagnies qui forment les premieres colonies et en font les frais.si elles réussissent le gouvernement les avoue et les en recompense par de simples concessions, en s'en reservant toujours la propriété domaniale, et la souveraineté, voila pourquoy l'anglois pousse toujours sa pointe et ne donne de bornes a ses pretentions que celles de sa cupidité.Si au contraire ces compagnies échouent le Gouvernement les desavoue.on en peut donner pour exemple ce qui vient de se passer dans le nord de la Louisiane, du coté du détroit ou nombre d'anglois avoient etably des magasins dans nos propres colonies, on s'en est plaint, le gouvernem* anglois s'est apperçu qu'ils n'y etoient pas assés affermis pour les y soutenir et les a méconnu.En france au contraire c'est le Roy qui etably luy même ses colonies, s'il arrive quelque discussion elle se decide vis a vis de son égal mais ce sont les particuliers avides et intéressés qui font naitre les difficultés, tel est je crois le noeud de celles qui se trouvent aujourd'huy entre la france et l'angleterre, je crains d'avoir porté sur cela trop loin mes reflexions politiques, mais pour ma tranqnilité et ma sûreté je sçay a qui j'ay pris la liberté de les confier.4° Comme il n'y a point d'apparence que la cour veuille livrer a leur mauvais sort, les pauvres habitans francois qui se trouvent actuellement dans 364 ARCHIVES DE QUÉBEC le Canada sans leur donner aucun secours de subsistance, nous vous adressons pour eux une très humble et très respectueuse requête raisonnée dans ses motifs, calculée dans la quotité des secours demandés, et en raison réciproque de leur nombre, et de ce qui a été fixe pour chaque habitant par M.Bigot intendant et commissaire ordonnateur pour le Boy a Quebec.J'espere Monsieur, que vous seres d'autant plus favorable à nos demandes et très humbles representations que vous en avés vous même exigé l'état, d'ailleurs s'il vous survient quelque difficulté sur' cela et que vous ayes quelques questions a faire pour les lever, M.Le Loutre est en état d'y satisfaire et j'avoue que j'ay été étonné de voir a quel point il possède le local de la Colonie dont nous avons l'honneur de vous parler, je luy dois toutes les connoissancea que j'en ay prises et je me fait une espèce de scrupule de m'approprier quelque chose des quatre petites operations que j'ay l'honneur de vous adresser.Je voudrais bien que ce que vous aures a decider sur cela fut finy, afin de faire cheminer de suitte mes extraits ordinaires de chaque année, dont je n'ay encore osé vous parler de peur de vous surcharger, je vous suppliray cependant de me permettre de vous les faire passer immédiatement après de peur d'etre trop pressé dans mes réponses par le depart des vaisseaux.Je suis avec respect, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé de L'isle Dieu, V\" Gen1 de la Nouvelle france au Canada.A Paris 19 f\" 1763.Permettes moy Monsieur, de vous supplier de me faire remettre les differens cahiers que j'ay l'honneur de vous adresser au nombre de cinq y compris la feuille de nouvelles observations, les ayant fait pour ma propre instructions dans la fonction que je remplie, pouvant d'ailleurs devenir utiles a celuy qui me succédera, n'en ayant point de coppie, bien entendu que vous les garderes tant qu'il vous plaira supposé que vous en puissies tirer quelque utilité Comme je crois Monsieur, qu'il conviendrait que____d'un missionnaires fourni l'année dernière par M.M.du Séminaire des Missions étrangères de Paris, et qui ne s'est point trouvé au depart des vaisseaux partis cette année 'avec M.Le Loutre étant destiné pour l'isle S* Jean je vous supplie de m'en dire un mot si vous me faite l'honneur de m'écrire, afin que j'en puisse prévenir M.M les Directeurs de cette maison de votre part, ayant d'ailleurs reçu sa gratification.Joint à la lettre de M.l'Abbé de l'isle Dieu du 19 février 1763.Nouvelles observations a faire a la Cour sur le party qu'il y auroit a prendre dans le cas ou les anglois refuseraient de consentir et d'accéder au plan de cantonnera* proposé.B se pourrait très bien faire que dans les circonstances présentes et dans U confusion ou se trouvent lés intérêts des deux couronnes dans l'Acadie, les anglois ameroient mieux l'incertitude ou ils vivent depuis le traité d'Utrecth que la fixation et la légitimité du sort qui leur seroit fait par la fixation des limittes, et l'événement du cantonnement proposé, et qu'après avoir éludé dans les différentes conferences qui se sont tenues, la force des titres qu'on leur ARCHIVES DE QUEBEC 365 a proposés aussy bien que les inductions et les consequences triomphantes qui en naissoient d'elles mêmes contre leurs pretentions, et avoir de plus refusé de reconnoitre et d'avouer l'insuffisance et l'invalidité de tout ce qu'ils avoient a y opposer et qu'on pouvoit même réfléchir contre eux, ils peraisteroient a refuser de se prêter a toute espèce de conciliation dans ce cas et cette supposition on ne voit plus qu'un party a prendre de la part de la franco, qui seroit d'établir et de fortifier le cap de la chêne, distant de 2 lieues du fort S* George, pour borner de ce coté la les entreprises de l'anglois comme on a fait du coté de Beausejour, en l'empêchant de passer la rivière de S\" Margueritte.Alors et des que les habitans des Mines verroient que nous y serions établis, et qu'ils pourraient s'y retirer en sûreté leur party seroit bientôt pris quand même ils seraient obligés de laisser et d'abbandonner aux Mines tout ce qu'ils y possèdent d'effets morts et vifs.B faudrait également (du coté de l'est) établir et fortifier l'isle de Camp-seau pour nous conserver le grand passage de Fronsac, et toutes les terres qui s'y trouvent jusqu'à la baye verte.D'ailleurs et pour Mettre a couvert de ce coté la (comme on la dit dans le plan de cantonnement proposé) Louisbourg l'isle S1 Jean la baye verte, et Takamigouche, il paroit également indispensable d'établir et de fortifier le poste dont on vient de parler mais tous ces préparatifs ont plus l'aparence d'un apareil de guerre annoncée que d'une conciliation concertée.On ne peut de plus dissimuler que ce dernier projet ne peut et ne doit être execute que ad duritiam cordis et que comme un party forcé, et qui laissera toujours, trop de melange entre les deux couronnes pour y établir jamais une paix-soude, puis qu'il laissera toujours, non seulement une mais plusieurs portes ouvertes 4 l'avidité et aux entreprises de l'anglois.ce qui est peut être le seul point de vue qu'il se propose, et qui l'empêchera d'accepter le plan de cantonnement proposé ; Mais c'est une raison de plus pour la france d'y insister.D'ailleurs les nouveaux établissemens et les fortifications qu'on vient de proposer a la Cour luy seront toujours 1° beaucoup plus dispendieux.2° Bs n'assureront jamais aussy solidement le sort des habitans francois qui sont encore dans l'Acadie, et qui veullent absolument l'évacuer a quelque prix que ce soit, et par motif de religion et par raison d'attachement pour l'EUt 3° B ne faudra pas moins les faire subsister jusqu'à ce qu'ils ayent cultivé lea habitations qu'on leur aura assigné soit du coté du cap de la Chêne ou celuy de Camps eau ce qui occasionnera une plus grande et une plus longue dépense attendu que les d.habitations ne se formeront pas si facilement n'y si solidement surtout en cas de guerre et d'entreprises réciproques, de la part des deux couronnes.De ces courtes et simples observations, fondées mêmes sur ce qui s'est passé entre les francois et les anglois depuis l'établissement des premiers a Beausejour et celuy des seconds a Beaubassin, par les mouvemens continuels entre les deux nations il resuite que le party le plus avantageux, le plus sûr et le moins dispendieux pour les deux couronnes seroit d'accepter et d'exécuter le plan de cantonnem' proposé, surtout si L'Angleterre vouloit sur cela agir d'aussy bonne foy que la France, et qu'elle ne fit pas plus de fond sur ce qu'elle peut envahir et usurper que sur ce qu'elle peut légitimement réclamer et pos- 366 ARCHIVES DE QUÉBEC seder, en vertu d'un traité qui (si B avoit été exécuté dans l'année même ou il a été signé, ou même avant l'établissement de l'anglois a Chibouctou) luy auroit bien restraint ses pretentions puisqu'il l'auroit réduit a la simple acadie circonscrite par ses anciennes limittes.La contusion ou sont restés depuis ce tems la les droits réciproques des deux couronnes, n'auroit pas occasionné toutes les dissentions qui sont survenues entre elles et on peut dire que n'y l'une ny l'autre n'auroit dû former aucun établissement jusqu'à la fixation des limittes, et c'est a quoy il faudroit en revenir aujourd'huy et ce qui ne se peut exécuter que par le plan de cantonnement proposé ce qui en justifie le motif, et en doit faire accepter réciproquement le projet par les deux couronnes.B est facile de conclure des differens projets déjà tentés et de ceux qu'on vient de proposer a la Cour qu'il n'y a que trois partys a prendre.Le premier, de s'en rapporter aux titres et a l'évidence dans laquelle les ont mis M.M.les Commissaires du Roy, et qui ne laisse rien a désirer n'y a opposer.Le second est celuy de composition sur le plan de cantonnement proposé.Le troisième de s'établir et de se fortifier sur les frontières indiquées dans le premier mémoire de nouvelles observations, a moins que la Cour ne veuille tout abbandonner (ce qui ne paroit pas vraisemblable) \u2014 mais par malheur il n'est pas plus apparent que les choses puissent rester dans l'état ou elles sont.Lettre à M*' de Pontbri and \u2014 (3 mars 1753) Monseigneur, Il ma paru par une de vos lettres que vous desiriés que je vous en accusasse la reception par un des premiers vaisseaux qui partiront de nos ports, aussy bien que celle de vos differens paquets, ainsy je profite d'un vaisseau qui doit partir de Bordeaux.Quant a vos lettres Monseigneur, jay reçu celle du 22 8bn et son duplicata, et celles du 3 9brc du 5, du 7 et du 20 du même mois, et si j'en juge par ce que ces mêmes lettres m'annoncent jay tout reçu a l'exception de la lettre de M.l'archevêque de Paris, et de celle de M.l'ancien eveque de mirepoix, qui ne se sont point trouvées dans les paquets.Vous n'ignorés pas Monseigneur, que M.le loutre est icy pour soliciter la cour d'accélérer la fixation des limittes, et en même tems les secours desubs-a is tance nécessaires a ses pauvres réfugiés.Nous avons fait ensemble un plan de cantonnement qui est deja entre les mains du ministre, avec lequel nous devons avoir un travail la premiere semaine de carême, j'en ay deja eu un avec M.Rouillé a Paris, mais nous n'avons fait que parcourir les objets ; je luy remettray mes extraits a Versailles après le travail de l'acadie.Jay eu une conference avec M.Couturier sur l'affaire de l'hôpital de montreal, nous avons lu l'acte que vous m'avés envoyé avec la procuration de Mad.youville et ses lettres dans lesquelles die se plaint 1\" de la fixation des sujets a 12.2° de ce que les puissances temporelles entroient un peu trop dans ARCHIVES DE QUÉBEC 367 le detail du gouvernement, non de l'hôpital, mais de sa petite communauté, persuadée que cela vous regardoit seul Monseigneur.Nous avons aperçu dans les lettres écrites a M.l'abbé Couturier une autre petite difficulté que fait, je crois, le supérieur du séminaire de montreal qui est quil a toujours crû quoutre les 2501 de rentes viagères quon s'engage a faire a la D* Youville et a ses compagnes si on venoit a les renvoyer âpres 30 ans de regie et d'administration, on leur donnerait en sus 18000' a partager entre celles qui resteraient alors, mais comme il n'en est pas dit un mot dans l'acte et que c'est luy qui doit nous servir de boussole, nous allons incessamment presenter cette affaire au conseil pour l'y faire ratifier.Je vous avoue Monseigneur, que je nay pu m'empécher de rire en voyant dans la lettre de Mad.Youville qu'elle se f aisoit un plaisir de m'apprendre la nouvelle de l'arrêt du conseil qui cassoit et annuloit la reunion projettée de l'hôpital de montreal a celuy de Quebec.J'observeray sur cette affaire tout ce que vous me recommandés en ce qui peut concerner votre jurisdiction Monseigneur, et je ne cederay que ce que je ne pourray pas vous, conserver.Quant au sort fait a Mad.youville et a ses compagnes je crois qu'il faut quelles s'en contentent, d'autant plus que pour les 18000' dont j'ay eu l'hon-leur de vous parler cy dessus, comme il n'en est rien dit dans l'acte, il seroit bien difficile d'y faire ajouter quelque chose par la cour, qui a toujours plus de pente a diminuer qu'a augmenter.L'affaire des dames hospitalières de Quebec souffrira quelques difficultés dans la circonstance des demandes qui leur ont été faites, ce n'etoit pas l'occasion favorable pour demander a faire une acquisition, la cour fera toutes les reflexions que vous aves prévues.Monseigneur mais il faut suivre le lièvre qu'elles ont fait lever en écrivant elles mêmes en droiture au ministre ; je ne le poursuivray cependant qu'avec le degré de chaleur que vous m'aves prescrit, l'essentielle pour elles est que je puisse engager la cour a écrire cette année au gouvernement ce qu'elle a décidé l'année dernière sur la reunion de leurs biens a ceux des pauvres, afin que M.Bigot ne les tourmente plus sur cela.L'affaire du chapitre et du séminaire n'est point encore jugée, le député du premier se plaint amèrement, et même au ministre, que le séminaire ne produit point, effectivement cela est ridicule.Pour moy toute mon affaire est faite, ma requête d'introduction contenant mes moyens, ma réplique a une requête que le chapitre ma fait signifier, tout est prest, et sous les yeux du reporteur, avec coppie signifiée au chapitre, je crois même que je pourray vous envoyer avec cette lettre un petit mémoire sommaire, que jay cru devoir faire imprimer pour le distribuer a nos seigneurs les commissaires lorsque laffaire sera sur le bureau, l'agent du chapitre se plaint un peu mais doucement de ce que j'entre trop dans un historique qui luy paroit peu favorable, mais je luy ai fait entendre que cela m'etoit indispensable, et quil m'y avoit forcé par aes conclusions, dans lesquelles il avoit attaqué et intéressé, non seulement la mémoire et la conduite de vos prédécesseurs, mais directement les droits de votre siège en prétendant vous dépouiller, si la cure vient a passer au chapitre, de la faculté de choisir celui a qui il sera question d'en faire titre et de luy en donner l'institution canonique. 368 ARCHIVES DE QUEBEC Lettre à M,r bb Pontbhiand \u2014 (3 marb 1753) Monseigneur, permetes que je vous griffonne une lettre particulière sur quelques articles que je ne crois pas devoir confier a mon domestique.Le premier concerne M.votre frère.vous êtes surpris, dites vous, quil paroisse aussy peu instruit de vos affaires.Ce n'est pas, je vous assure, ma faute ; car je luy ay fait voir tout ce que son opposition naturelle pour les affaires luy peut permettre de voir et d'écouter ; je luy ay même fait des extraits surtout de l'affaire du chapitre et du séminaire et je ne suis pas venu a bout de le mettre vis-a-vis du droit commun de votre siège, il en parle cependant quelquefois et souvent il nous fait dire a vous et a moy Monseigneur, ce que nous sommes même bien esloignés de penser.De vous a moy il m'embarasse beaucoup sur l'affaire de lindependance prétendue du séminaire vis a vis de vous Monseigneur.vous luy avés envoyé votre dernier mémoire avec lex trait qui l'accompagne il sçait les moyens que vous prenés pour finir cette affaire sans procès, et par voye d'arbitrage et de conciliation, et il est tous les jours vis-a-vis de M** nos directeurs a leur repeter quil vous dissuade bien de jamais entamer et suivre cette affaire au tribunal réglé comme si vous y etiés porté ou que je fusse capable de vous y porter ; vous voyés Monseigneur que cela ne fait pas un bon effet pour moy surtout qui demeure dans la maison.D'ailleurs il semble que si ces Messieurs venoient a quitter le séminaire vous sériés sans ressource et qu'il vous seroit Mad.la supérieure de votre hôpital a apparemment envoyé en droiture son mémoire au ministre, puisque je ne le trouve point quoyqu'elle me l'annonce.A ce que je vois, votre chapitre va toujours son train vis a vis de vous en fait d'entreprises Monseigneur, j'en diray un mot a M.l'Evêque de Mirepoix et au ministre pour leur faire voir votre moderation et les disposer a recevoir par la suitte plus favorablement les plaintes que vous serés enfin forcé d'en porter.Je compte renouveller encore mes instances auprès de la cour sur l'article des protestons et ne rien oublier de ce que vous me recommandés dans vos lettres ; celle cy et celle que jay eu l'honneur de vous écrire de ma main, et avec mes mauvais yeux, ne sont seulement que pour vous accuser la reception des vôtres, et pour vous faire voir que je les ay lû avec toute l'attention dont je suis capable et le zele que m'inspire le sincere et respectueux dévouement avec lequel je suis et seray jusquau dernier soupir de ma vie Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De L'ibledieu.A Paris ce 3 mars 1753. ARCHIVES DE QUÉBEC 369 impossible de trouver des prêtres pour les remplacer.je veux croire quil a la meilleure intention du monde mais le moyen de les rendre plus tenaces et plus opiniâtrement attachés a leur prétendue indépendance c'est de leur laisser voir qu'on ne peut s'en passer ; tandis que les hommes ne se croyent quutiles ils sont traitables mais des quils se jugent nécessaires ils en sont bien moins portés a la conciliation.Je dois voir dans 7 a 8 jours M.lancien evéque de mirepoix;sil se veut mesler de votre affaire et engager luy même M.leveque de Nitrie et M.lev.de Bethléem a lexaminer et a luy en rendre compte il sera en état d'en parler au Boy, si je ne vois pas quil sy porte de bonne grâce, je me replieray du coté de M.Rouillé.M.Esteve travaille actuellement au mémoire sommaire de cette affaire je compte lavoir dans le 15 de ce mois.Le même M.Esteve na pas cru devoir faire usage de vos dernières nottes sur laffaire du chapitre et du séminaire de peur de vous trop faire entrer dans le fond et par la déroger a vos premieres conclusions, lagent du chapitre se plaint deja beaucoup de ce que vous entrés trop dans lhistorique de ce qui s'est passé depuis lerection du chapitre, j'ay beau luy dire que cela etoit nécessaire pour la mémoire et la conduite de vos prédécesseurs quil a attaqués dans ses conclusions pour les droits de votre siege quil meconnoit, rien ne l'appaise, nous sommes cependant très bien ensemble ; mais il est furieusement picqué contre M\" nos directeurs qui le mènent et le trainent en longueur sans produire, je crois cependant qu'ils l'ont fait de hier 1\" mars.Jay fait passer vos nouvelles nottes a M.Rouillé affin quil puisse en faire part a m.le rapporteur.La dernière piece que vous m'avés envoyée et qui est le traité du supérieur, des deux assistants et du pr.de votre séminaire avec la fabrique de votre église des le 30 Xbn 1063 prouve bien que le séminaire episcopal existoit des ce tems la, non pas seullement en idée, mais en realité; j au rois souhaité que cette piece eut été plus en règle, et collationnée par un nottaire sur loriginal.M.M.nos directeurs paroissent.disposés a envoyer cette année deux sujets aux Tamarois ; mais ils ne m'en ont point encore parlé, comme M.de La Lanne se dit votre grand vicaire Monseigneur, il pretend n'avoir pas besoin de m'en parler, vous imaginés bien que sur cela je suis fort tranquille et je ne vous en avertis seullement Monseigneur que pour que vous ne me demandiés pas compte des sujets qu'on enverra dans cette mission.dieu veuille que par la suitte ils en prennent enfin soin ; car il y a plus de 16 ans qu'on y a entendu parler d'eux.M.le Loutre ma consulté sur quelques embaras qu'il a dans sa mission par rapport a l'étendue de ses pouvoirs, il craint toujours d'etre forcé de les passer dans certaines circonstances ou il peut se trouver par rapport a la guerre de ses sauvages et même des francois surtout de ceux qui sont encore sous la domination des anglois, et qui ont prêté serment au gouvernement.Jexamineray avec luy quelle est la mattiere de ses peines et je vous en rendray compte, je les consulteray même en sorbonne si cela est nécessaire.Je me suis trompé ou plustot mon domestique sous ma dictée en vous parlant de Lisle S* jean, sous le nom de la riviere S' jean.vous avés présentement 4 sujets séculiers dans ce poste et un recollet pour aumônier, 4 sous le fort de beausejour y compris M Le Loutre et M. 370 ARCHIVES DE QUÉBEC M«T»tV ainsy ces deux postes sont suffisamment pourvus pour le momemt ' ' present.B ne s'agit plus que du besoin qu'ont les pauvres acadiens francois qui sont encore sous la domination des anglois selon ce qui sera réglé cette année pour les limites nous pourrons leur envoyer des secours spirituels ; mais il faut que ce soient des hommes intelligents et qui soyent au fait des vues de la cour.Quant aux vôtres sur ces pauvres habitants et aux secours que vous croyes leur devoir, je les feray valoir auprès du ministre, et dans le gout ou vous me les confiés sans vous commettre ny vis a vis de vos obligations ny vis a vis de la cour.Les observations que vous me faites sur la traite de leau de vie trouveront leur place, vous penses bien que vis a vis de vous Monseigneur mes idées rendront toujours hommage aux vôtres.Un mot seullement de ma reconnoissance, vous macablés de presents, et vous voules sans doute payer le peu que je puis faire pour vous et qui n'a dautre mérite que celuy du sentiment de respect et d'attachement qui my porte.vous me mandés de mettre\" sur votre compte les 1181 que jay payés a \u2022occasion de la demission de M.fornel ce n'est que 181 ainsy je pense que c'est une erreur de votre secretaire.Cette lettre na ny suite ny liaison mais la circonstance ou je me trouve ne me permet pas dy mettre lordre que je voudrois, ne faites rien appercevoir a M.l'abbé de pontbriant ny a M.de la Lanne de ce que je vous dis d'eux, le premier est quelquun que je respecte, et qui au milieu de mille bonnes et vertueuses qualités que je luy eonnois n'a pas celle de se mettre une affaire de detail dans la tete, il seroit pourtant bien plus naturel quil se meslat des vôtres que moy.Quant au second vous le connoissés euncta anhelant omnia méditant nihil agent ; si son estomac physique etoit aussy mauvais que son estomac moral il feroit souvent de mauvaises digestions ; car dans le second il entasse tout et ne digère rien.Dailleurs cependant il veut tout faire ; mais il est un peu dans le gout et fort proche parent du chrisologue de Rousseaux qui etoit tout et n'etoit rien.Dailleurs si vous croyés quil vous convint en qualité de vicaire general des différentes colonies de votre diocèse, comme votre serviteur et votre amis cela ne mempecheroit pas de vous être également dévoué pour tout ce qui pourroit être a ma portée.Quant au mémoire que je vous ay envoyé sur ce qui regarde les recollets les preuves n'en sont que trop clairement administrées a la cour par le gouvernement même, et c'est M.le gouverneur luy même qui a demandé le rappel du pere patrice et du pere paulin, le 1** etoit a Lisle S* jean il a exigé qu'on le rappelât a Louisbourg pour lavoir sous ses yeux pour le veiller de plus près, triste precaution; en rappelant cette année ces deux sujets aussy mauvais lun que lautre, il faut un curé et un vicaire 3 aumôniers pour la grande batterie le fort et lhopital.il y a outre cela 3 postes vuides ; ainsy ce seroit 7 sujets quil faudroit cette année et le provincial a qui jay écris de la part du ministre m'en offre trois ; juges Monseigneur comment fournir avec cela les postes a remplir.Lidée du vicariat apostolique proposé par M.le comte de Raymond est une chymere ; mais ce n'en seroit pas une que d'établir deux ecclésiastiques a Lou is bourg l'un pour curé, et l'autre pour vicaire en retranchant les recollets ARCHIVES DE QUEBEC 371 aux seuls postes d'aumonier, et peu a peu par la on les expulserait de Louisbourg comme on a fait de Lisle S* jean.Je compte vous proposer un autre projet plus raisonnable, si celuy des deux prêtres séculiers pour Louisbourg réussit M.M.du S1 esprit ne demandent pas mieux que de les fournir et même dans la suite tous ceux dont on auroit besoin, même pour votre séminaire de Québec (sil vous revient), ce projet seroit d'établir un grand vicaire a Lisle S' jean, et l'autre sous le fort de beause-jour netant pas possible que M.Maillard puisse embrasser seulement et suivre efficacement linspection des trois postes dont il se trouve chargé.Ces 3 grands vicaires tireraient d'autant moins a consequence quils seroient simplement ad nuium et comme ces 3 postes ne vont faire qu'augmenter il seroit avantageux quils eussent chacun au milieu deux un supérieur.mais songes, je vous supplie Monseigneur que quand je prends la liberté de vous proposer quelque chose cest toujours sans vouloir suivre ny exécuter que ce que vous aves approuvé.D ailleurs cette lettre a lair si décousu que ce ne sont que de simples idées vagues que je vous propose je compte avoir lhonneur de vous écrire plus en ordre et peser davantage tout ce que jauray lhonneur de vous mander.un mot seullement sur les affaires de l'église.Le Roy paroit absolument décidé a protéger la religion contre les atteintes que le parlement veut donner et donne réellement a la jurisdiction ecclésiastique en se rendant le juge des motifs du refus des sacrements.Si le Roy avoit voulu trancher court et arrêter la discussion il auroit déclaré lincompetence du parlement, au lieu que les différentes evocations en detail ne font qu'un effet suspensif pour le moment et de la procedure particulière du parlement qui se raccroche a la premiere dénonciation qu'on luy fait, ou quil se fait faire.Dailleurs encore le parlement exige des lettres patentes et des lettres de jussion sans quoy, dit il, il ne eonnoit pas les arrets du conseil, si le conseil du Roy netoit pas aussy partagé quil est il y a longtems que tout seroit appaisé; mais nous sommes dans un tems où la religion est comptée pour fort peu de choses, dieu veuille la protéger, et soutenir son église ses promesses sont infaillibles contre les portes de lenfer, seroit il possible quelles nous manquassent contre les puissances de la terre non ; mais nous manquons a ses mêmes promesses, et nous nous exposons a voir la f oy sortir de notre sein, je finis sur cet article ; car il y auroit trop de choses a dire, et omnia non expediunt.Je suis avec respect Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De L'isledieu.ce 3 mars 1753.Lettre au président du Conseil, de Marine \u2014 (4 mars 1753) Paris 4 Mars 1753 Monsieur \u2022 M.l'Evêque de Quebec ayant désiré que j'eusse l'honneur de vous presenter un de ses mémoires lorsqu'ils seroient imprimés, je m'en acquitte en vous en adressant deux exemplaires par la poste il y a longtems que ce mémoire 372 ARCHIVES DE QUÉBEC est fait mai* J'ay cru devoir attendre que M.M.les principaux contondants eussent fait leur dernière signification respective pour l'établissement de leur droit et de leurs moyens réciproques.Je joins aussy a ces deux mémoires, des notes particuliers de M.l'Evêque de Quebec qu'il ma envoyées cette année et par lesquelles il déduit asses clairement les motifs qu'il a de désirer que les choses restent dans l'état ou elles sont pour le bien même de la chose, persuadé qu'il conviendrait mieux a tous égards que la cure continuât d'être desservie par le séminaire mais je nay pas crû devoir faire entrer ces motifs n'y dans la requête de M.l'Evêque de Quebec n'y dans son mémoire imprimé, attendu que ce seroit entrer dans le fond, et dire d'ailleurs quelque chose d'étranger a la contestation, surtout ayant dit dans sa requête d'intervention qu'il ne prenoit de part qu'autant que de la part de son chapitre elle intercessoit, elle attaquoit même la mémoire et la conduitte de ses prédécesseurs, et les droits de son siege pour ce qui concerne celui de presentation qui est inherant a sa qualité d'Evêque lorsqu'il ny a pas de fondateur qui ait fonde l'Eglise ni fourni de son fond la glebe sur laquelle elle est bâtie.Je remply du moins autant qu'il m'est possible l'intention de M.l'Evoque de Quebec, en vous faisant passer ses nouvelles notes pour en faire tel usage que vous jug ères a propos et seconder ses vetles et ses motifs, si vous le juges convenable.Je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.L'abbé de l'ibub died, V'G*1 des colonies françoises en Canada.A Paris ce 4 mars 1753.M Le Loutre est toujours icy, les pieds luy brûlent d'envie de partir pour aller rejoindre ses sauvages et ses pauvres habitans qui sont sous le fort de Beausejour, il attend vos ordres Monsieur, pour se rendre a Versailles et y apprendre son sort afin de ne pas perdre l'occasion du depart des premiers vaisseaux.Je voudrais bien aussy que son affaire fut décidée, afin de mettre les miennes sous vos yeux, dans la crainte de me trouver également retardé pour mes réponses et pressé par le depart des vaisseaux.Joint à la iettre de M l'Abbe de l'Isle Dieu du 4 mars 1754.Notes de M.l'Evêque de Quebec sur l'arrest par luy obtenu pour intervenir dans le Procès pendant entre son chapitre et son séminaire 1° B semble qu'on auroit pu dire les motifs qui engagent ce Prélat i n'intervenir qu'en cas qu'on enlevât au séminaire la cure de Quebec qui luy a esté unie; il est vray que ces motifs sont étrangers au fond et qu'en s'expli-quant on auroit de la peine à ne rien dire contre les chapitres qui deservent les cures quoy qu'il en soit voicy les raisons de l'Evêque de Quebec.La cure sera mieux déservie par le séminaire, les ecclésiastiques pourront plus facilement apprendre les fonctions curiales, le curé vivant dans une com- ARCHIVES DE QUÉBEC 373 munauté sera toujours plus régulier s'il faisoit une fautte, la communauté la répare, il est plus facile de le faire abdiquer, un membre de communauté se menage plus qu'un particulier, si les revenus de la cure devenoient plus considerables, ils pourroient estre employés a des pensions, dans le séminaire il peut s'y trouver d'anciens directeurs qui se chargeroient d'un quartier de la ville avec succès qui autrement demeureroient oisifs dans la maison, si le curé tombe malade, on fait suppléer facilement; tost ou tard l'office de la paroisse sera séparé de celuy du chapitre les ecclésiastiques du séminaire seront obligés d'assister au premier, il faut donc que le curé s'accorde avec le supérieur ce qui arrivera toujours des qu'il sera de la maison, ces ecclésiastiques font le catéchisme, autre relation essentielle avec le curé ; les vicaires oU son curés peuvent se mettre en pension au séminaire ils y sont mieux qu'autre part, leur conduite sera plus régulière.2° B paroit nécessaire d'appuyer sur ce qu'il ne faut pas donner la nom-mination au chapitre, n'y obliger l'Evêque a prendre même propria tnoiu un des membres, voicy les raisons qu'on peut faire valoir.Les nomminations faites par les chapitres y occasionnent des brigues rarement le même l'emporte, le chapitre n'y a dans le fond aucun interest ce n'est qu'un droit honorifique il arrive même que ce ne sont pas ceux qui sont nommés qui ménagent le plus le chapitre; celuy de Quebec est pour l'ordinaire composé ou des secretaires des Evecques, des officiaux, des grands vicaires, ou de vieux curés qui ne sont plus en estât de déservir, ou des prestres qui ont quelques repugnances pour le Ministère, cela s'exercera aussy longtems qu'il y aura peu de prestres dans le diocese ; obliger l'Evêque de prendre du chapitre un sujet pour la cure, c'est le forcer d'en prendre qui ne conviennent pas.3° Le curé ne doit pas estre chanoine si ce n'est ad honore* ce seroit en diminuer le nombre il ne sont que 13, presque sans bas choeur, il y en a toujours d'infirmes ou d'occupés ailleurs.4° B paroist qu'on ne fait monter dans cette colonne la pension congrue qu'a 300* et il faut icy au moins 500' tout estant a un prix exorbitant.5° L'Evecque de Quebec souhaitte qu'on représente fortement qu'il faut dans la cure de Quebec au moins deux sous vicaires, ou sous curés, qu'il faut au moins 600* a chacun, que si le chapitre prenoist les dixmes, il faudroit l'obliger a payer pour les pensions congrues de ces deux vicaires ou du curé 1500*.B faut faire remarquer que la nomination de ces deux vicaires ne doit pas dépendre du chapitre 6° M.FEvecque de Quebec scait que le chapitre demande deux choses qui regardent la fabricque sur lesquelles il voudroit que son avocat, ou celuy du séminaire entre suffisament pour en montrer le féaux.La 1*'* demande permission de bastir sur un petit terrain une maison pour loger le curé les vicaires les enf ans de coeur et les chanoines.1\" L'espace est trop petit puisqu'il ne contient qu'environ.en superficie il faut laisser l'espace pour faire tourner les bas costés il convient de laisser après 15 ou 20 pieds partant il ne resteroit que.2° Ces messieurs suposent ce terrein a la fabricque et avant qu'il y eut de vicaire apostolique vers 1655, il a esté achepté par le corps de la ville pour un prebistaire qui a été battit non par la-fabricque mais par les habitans. 374 ARCHIVES DE QUÉBEC La seconde chose que demande le chapitre a la fabricque c'est la somme de 2000' pour l'entretien de la sacristie; l'église a este bastie depuis peu par la fabricque qui a esté obligée d'emprunter, dépense de plus de 800001 sur quoy le chapitre n'a pas donné 500'.C'est la fabrique qui fournit les Tasses sacrés, a qui appartiennent presque tous les ornemens qui fait toutes les reparations.Le chapitre ne fournit que les chantres et les enfans de chœur fondés par son errection, s'ils servent aux enterremens ils sont payés, il n'y a que deux près très de la cure qui y disent la messe.Ce Chapitre en 1742 ne faisoit monter la dépense de la sacristie qu'au plus a 1800' ; on a preuve en main quant même ces offices ne serviroient pas d'office paroissialles il luy en coutte-roit a peu près autant cependant la fabricque qui entre dans toutes les dépenses extraordinaires de la sacristie donne 700' par an, elle fait toutes les reparations elle fournit les cloches les bedeaux; il est vray qu'elle retire aussy les rentes.Dans le mémoire qui contient mes moyens d'intervention voicy ce que j'ay remarqué.On dit que la bulle de 1674 donne pouvoir a l'Evesque d'éteindre, et de supprimer la cure: il faut dire elle etteint et suprime.On dit que le Pape donne pouvoir d'unir la cure du chapitre : il faut dire confier le eoin dee amee, ou a un dignitaire, ou a un chanoine, ou a un prestre ie la même église, autour ou autrement comme VEtecque le jugera pour le mieux.On dit Que M' de la Val croyoit apparentent que la premiere union faite au séminaire ne subsistoit plus:les termes du décret font voir le contraire ce n'est que pour confirmer.On dit dans le même endroit que l'union de 1684 a pour but la demission du chapitre: le décret par ois t contraire annuentee insuper.i On dit qu'en 1674 il n'y avoit point d'officiai : des 1664 on voit la nommina-tion des grands vicaires des officiaux, et des promoteurs.Sur le premier moyen d'appel comme d'abbua il faut prouver que le Pape ignorait que la cure etoit unie au séminaire ce qui a esté assez bien expliqué dane ta premiere reponte au chapitre fait a Pari* dan* mar* de cette année 166t.n faut encore dans cette article ou on parle de la renonciation du chapitre en 1684 faire ce raisonnement.Peu importe a M.de Quebec que le* chanoines fussent du séminaire ou non la demission est pure et simple entre te* main*, qu'il ait cil tord d» t'en tenir et d'unir au séminaire elle demeure dane toute ta force vis a vis ses successeur* ainsy quand la bulle donnerait la nomination au chapitre il y a renoncé.Cecy me paroist une preuve invincible, il ne faut pas l'oublier.Dans le troisième moyen d'abus on dit que par les lettres patentes de 1713 le Roy confirme le don de 30001: il faut dire fait don.Dans le 7* moyen il semble que l'on convient que l'union est ordonnée par la bulle quant mime vaudrait mieux.A la fin du mémoire après avoir prouvé que par la bulle le chapitre n'a pas la nomination il faut ajouter le raisonnement cy dessus, et en supposant la bulle aussy favorable que le prétendent les chanoines, M.de Québec doit faire valloir la renonciation il faut ajouter:pour les actes confirmatifs de la renonciation.Enfin il faut s'attacher a faire donner au vicaire perpétuelle tout le casuel et a exiger du chapitre pension congrue sur les dixmes tant pour luy que pour les deux sous curés. ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 375 Paris 8 Mars 1753 Je crois devoir commencer par vous faire mes excuses sur la frequence et l'importunité de mes lettres, mais J'espere obtenir (sur l'une et sur l'autre) d'autant plus aisément ma grace que mon but et mon dessein ne sont que de vous partarger les differens objets que j'ay a vous presenter, pour vous en moins surcharger et vous en faciliter par la l'examen et le jugement qu'il vous plaira d'en porter.Vous trouvères cy joint une coppie du traité passé le 28 7bro dernier entre M.M.les chefs de l'administration de l'hôpital de Montreal et la dame Youville et ses compagnes, dont je suis persuadé que l'original vous a été adressé.Je ne scay Monsieur si en lisant cet acte vous n'y avés pas trouvé, comme moy, quelques articles qui demanderaient un peut plus de precision et de clarté dans la manière de les annoncer pour n'y laisser ny equivoque ny retour de discussion dans la suitte.J'ay mis en marge vis a vis de ces articles des notes; si après les avoir examinés et y avoir fait mettre vos apostilles vous voulés bien me renvoyer ce traité et y joindre vos ordres je m'y conformeray pour faire dresser les lettres patentes par l'avocat de M.l'Evêque de Quebec a moins que vous n'en ordon-niés autrement mais je vous prie de me permettre de vous représenter qu'il seroit bon qu'on put accélérer l'obtention des d.lettres patentes, pour me mettre en droit et a portée d'assembler les créanciers de Paris et de finir avec eux, car sans cela je ne puis connoitre ny sçavoir jusqu'où peut s'étendre la subrogation de la d* veuve Youville au lieu et place des creanceriers (sic), que sa nouvelle procuration me met en droit de payer pour elle et en son nom.Tous mes extraits sont en état de vous être présentés Monsieur, mais J'at tend ray vos ordres pour vous les envoyer; pour'votre plus grande facilité j'en ay tellement divisé et distingué tous les objets que vous naures qu'un simple coup d'oeil a y jetter, et vos simples apostilles a y faire aposer, selon ce qu'il vous aura plu de decider sur les différentes representations qui vous y seront faites.Je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.L'Abbé de l'isle dieu, Y* G*1 des Colonies francois es en Canada.A Paris ce 8 mars 1753.(8 mon 1753) 376 ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre au président du Consul du Marine \u2014 (16 mars 1753) Monsieur J'ay eu l'honneur de voir M.le Cardinal de Soubise et de luy proposer de donner quelque part aux religieuses des trois Rivieres dans la distribution du produit de la lotterie des com\"1\".Son Eminence m'a fait sur cela les objections qu'on peut faire sans m'ex-clure il m'a au contraire demandé un Mémoire pour la premiere assemblée qui se tiendra ; comme je luy ay parlé de votre part Monsieur j'ay cru devoir vous en informer affin d'accompagner mon mémoire d'une lettre de vous si vous le juges a propos ou que vous en préveniez, de vive voix, ceux de M.M.les Commissaires qui sont a Versailles.Je tiendray mon mémoire tout prêt et si je ne recois point de réponse je le feray cheminer tout seul, il aura du moins votre attache puisque j'ay parlé de votre part.J'ay rendu compte a M.l'Abbé Couturier de ce qui avoit été décidé pour le missionnaire demandé par M picquet et sur les lettres patentes de l'hôpital de Montreal.M Le Loutre attend non son audiance niais son obediance de congé, pour se rendre a Brest et y attendre le jour et le moment de son embarquement, il vous supplie de l'expédier promptement, il prend la liberté de vous supplier de ne pas oublier son frère ny le mémoire que je vous ay présenté a son sujet il fait toutes ses petites emplettes pour lesquelles sa gratification viendra fort a propos.Nous avons deja trouvé deux missionnaires l'un pour M.Maillard et le second pour les Acadiens francois pour lesquels nous en avons même deux dont nous prendrons le meilleur.Je suis avec respect, Monsieur etc.etc.etc.L'Abbé de l'isle dieu.16 Mars 1753.Lettre au président nu Conseil de Marine \u2014 (21 mars 1753) Paris 21 Mars 1753 Monsieur, Depuis la dernière lettre que j'ay eu l'honneur de vous écrire, j'ay présenté a M.le Cardinal de Soubise un mémoire en faveur des religieuses Ursulines des trois rivieres, suivant la permission que son Eminence m'en a donné dans la premiere audiance que j'en au elle, ce qui me fait juger, ou du moins espérer que ces bonnes religieuses obtiendront quelque gratification, surtout si vous voules bien appuyer mon Mémoire auprès de Son Eminence et des Prélats et magistrats de qui depend la grace que je solicite. ARCHIVES DE QUÉBEC 377 Le pere Mesaiger, Jésuite, et procureur des missions du Canada, ma dit qu'il avoit pris les mesures nécessaires pour que Ses supérieurs ne retirassent pas le pere Germain de sa mission des marichites sur la riviere S* Jean surtout dans les circonstances présentes, ainsy c'est un grand inconvenient paré de ce coté la, et je vas écrire au P.Germain qu'il peut être tranquile et rester a sa mission M.Le Loutre vouloit aller aujourd'huy a Versailles, il me représente a chaque instant la nécessité qu'il y a de le faire partir par les premiers vaisseaux pour se rendre a sa mission surtout avant la fin d'avril s'il est possible, et toutes les raisons qu'il en aporte paroissent autoriser son empressement.C'est le tems des semailles dans cette colonie et des petites cultures et jardinages qui y sont d'une grande ressource.Les habitans réfugiés sous le fort de Beausejour n'ont de vivres que pour jusqu'à la fin d'avril.B s'agit de les empêcher de manger le peu de bestiaux qu'ils ont et qui leur sont nécessaires pour leurs labours et semences.de leur annoncer et de leur faire envisager les secours de subsistance que la Cour leur a accordés cette année, pour soutenir leurs espérances et même d'en tirer des acadiens francois, pour quelques mois, et pour attendre ceux de france, si ils tard oient a arriver, ou que les ordres donnés a Louisbourg n'y parvinssent pas assés tot.Toutes ces différentes observations combinées demandent également la presence de M.Le Loutre et ce sont les differens motifs de l'empressement qu'il a de partir et de la permission qu'il demande de se rendre a Brest, d'où il imagine qu'il partira incessamment un vaisseau.Nous avons trouvé un missionnaire pour les acadiens francois, fourny par le S' Esprit, et tel qu'il convient pour le poste délicat qu'il est question de remplir dans l'intérieur du gouvernement Anglois, qu'il ne faut n'y heurter n'y contrarier, pourvu que qu'il ne s'agisse pas de serment, qui puisse gêner le ministère de ce missionnaire ou donner atteinte a la fidélité que les acadiens francois doivent concerver pour leur legitime souverain.M.Le Loutre pense que ce missionnaire nommé M.de Vern pourroit s'embarquer a Brest et faire la traversée avec luy et en consequence il demande et vous supplie Monsieur.1° De vouloir bien luy accorder le passage sur le vaisseau de Brest pour luy et ce missionnaire qu'il pourra instruire dans la traversée, de l'esprit et des intentions de la Cour, sur la manière de se comporter dans la mission qu'il va desservir.2° De faire incessamment délivrer au d.missionnaire la gratification que la Cour voudra bien luy accorder pour son voyage, et les petites emplettes qu'il ne peut s'empêcher de faire.3° M.Le Loutre vous supplie également Monsieur, de luy adresser les ordres nécessaires pour qu'on luy délivre le mémoire de MM.les commissaires du Roy.4° L'ordre de M.le Comte de S1 Florentin pour le libraire qui délivrera les livres que la Cour aura bien voulu accorder pour les différentes colonies.5° Un pareil ordre pour le médecin de Paris qui est chargé de délivrer les remèdes et medicamens aux pauvres dans les provinces de l'intérieur du Royaume.' 28 378 ARCHIVES DE QUÉBEC 6° Monsieur Le Loutre vous supplie également Monsieur de vouloir bien luy foire payer incessament le mémoire d'avances et d'emprunts par luy faits, qu'il a eu l'honneur de vous presenter avec les certificats de M.M.les commandants et commissaires.7° De vouloir bien régler la gratification que vous jugerés a propos de luy accorder pour les frais de son voyage et séjour en france, et ceux de son retour a sa mission, et de vouloir bien la luy faire payer incessamment, pour que rien ne puisse retarder son depart.8° De ne pas oublier les ordres nécessaires pour completer les chapelles qui manquent a la mission de l'isle S' Jean.9° Enfin de luy donner, si vous le juges a propos, vos ordres par écrit, surtout ce dont il vous plaira de le charger.J'ay écris a M.l'Evêque de Quebec en consequence des ordres que vous m'avés donnes.Monsieur, je luy donne avis, qu'il part cette année un missionnaire pour les acadiens francois qui sont encore sous la domination des anglois, qu'il débarquera a Louisbourg et qu'il y attendra ses ordres et la lettre qu'il luy adressera pour se presenter au Gouverneur anglois par qui il a été demandé aussy bien que par les habitans Je ne fais icy aucune mention des deux missionnaires fournis par M.M des missions étrangères l'un nommé M.Le dieu, destiné pour l'Isle S' Jean et qui devoit partir des l'année dernière l'autre nommé M.Cassiete, destiné pour les sauvages de M.Maillard.M.le Supérieur des missions étrangères m'ayant dit que vous luy avies fait l'honneur de luy écrire a ce sujet, et qu'il auroit celuy de vous faire réponse ainsy je me borne a ce qui me regarde précisément.J'aurois eu quelques petites observations particulières a vous faire a Versailles, sur l'avantage de nos missions et même le bien du service, mais j'attendray que vous venies a Paris, ou que je puisse retourner a Versailles.Je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.L'Abbé de l'ibli Dibit, V* G*1 des colonies de la N'\"\" France en Canada.A Paris ce 21 mars 1763, Leetre au président dd Conseil db Marine \u2014 (29 mars 1763) Paris 29 Mars 1763 Monsieur, J'ay reçu hier matin la lettre dont vous m'avés honorés avec l'ordonnance de 6001 pour la gratification du missionnaire fourny par le séminaire de S* Esprit.Je le crois un très bon sujet capable d'entrer dans les vues de la Cour et de les bien remplir dans sa mission auprès des acadiens francois qui sont encore dans l'acadie, sous le Gouvernement anglois, du moins nous les luy avons bien expliquées'M.Le Loutre et moy, et comme il va se rendre a Brest pour son ARCHIVES DE QUÉBEC 379 embarquement avec M.Le Loutre, suivant que vous l'ordonnés ils auront encore le tems de la traversée a conférer sur cela ; d'ailleurs comme ils conserveront ensemble sur les lieux le plus de correspondance qu'il leur sera possible, l'un ne fera rien qui ne soit avoué par l'autre du moins il nous l'a bien promis, et comme c'est un homme d'un age mûr qui a fait toutes ses etudes avec M.Le Loutre, qui étoit même depuis du tems dans le ministère et qui a quitté une fort jolie cure qu'il avoit dans le dioceze de Sens, il y a tout lieu d'espérer qu'il repondra a ce qu'on attend de luy.M.Le Loutre ira aujourd'huy chés M.le Comte de la Galissonniere pour y prendre le mémoire sur les affaires de l'Acadie, Monsieur, et il se conformera entièrement a vos viles sur lusage qu'il en fera.Sur l'article des livres et des remèdes puisqu'on ne peut finir avant son depart il s'en rapporte a la bonté que vous avés de vouloir bien y pourvoir et si vous voulés bien m'adresser vos ordres a ce sujet, je feray suivant que nous en sommes convenus, M.Le Loutre et moy, le partage de ce qui doit luy rester, et de ce qui doit être envoyé a M.l'Evêque de Quebec pour les parties de son dioceze qui sont sous ses yeux.M.Le Loutre est cependant arrêté par le remboursement des farines qu'il a achetées a Louisbourg pour Beausejour jusqu'à ce qu'il fournisse le mémoire en règle des d.farines, qu'il a eu l'honneur de vous presenter et que M.de la Porte a entre ses mains,,cette formalité étant nécessaire pour le payer vali-dement et le montant en être passé a la chambre des comptes ainsy Monsieur il espère que vous voudrés bien luy faire renvoyer des demain ce mémoire pour qu'il puisse toucher son remboursement et partir sur le champ.Pour ne pas vous importuner d'une seconde lettre M.Le Loutre me charge de vous assurer de sa vive et respectueuse reconnoissance pour la demarche que vous avés bien voulu faire auprès de M.le garde des Sceaux, en faveur de M.son frère et il espère qu'une pareille protection ne scauroit manquer d'avoir son effet surtout si vous voulés bien l'appuyer et il me prie moy même de vous en rappeller le souvenir en son absence, ce que je vous prie de me permettre de faire en faveur de quelqu'un'que j'aime tendrement et qui mérite cette façon de penser pour luy par ses qualités personnelles, et son attachement et son zele pour le bien du service et le progrès delà religion dans la colonie ou se trouve sa mission et même toutes celles sur lesquelles il a inspection.Je suis avec respect Monsieur etc.etc.etc.L'Abbé du l'isle dieu, V\" G\" des Colonies de la N«lle France en Canada.A Paris ce 29 Mars 1753.Je m'apperçois Monsieur qu'il faut que je me soit trompé en donnant le nom du missionnaire qui doit partir pour l'Acadie, il sapelle M.Daudin au lieu de M.de Vern, ainsy Monsieur je vous supplie de vouloir bien faire reformer l'ordonnance et d'avoir la bonté de me la faire renvoyer des demain et d'employer le même dans l'ordre de l'embarquement de peur que cela ne fit quelques difficulté. 380 ARCHIVES DE QUEBEC Monsieur, Je differay hier de vous marquer ma reconnoissance dans la crainte de vous importuner de deux lettres dans un même jour ; mais je comprends que si je differois plus longtems, je n'en aurois que plus de peine a vous lexprimer, la sentant augmenter a chaqu'instant, et chaque fois que je relis la lettre dont vous m'avés honoré, et par laqu'elle vous avés la bonté de m'annoncer la gratification extraordinaire de 1200' que le Boy a bien voulu m'accorder sur le compte que vous avés rendu a Sa Majesté de ma situation actuelle, quelle vous a même paru déterminée a m'accorder d'autres marques de sa satisfaction, et qu'en conséquence vous aves fait part de ses dispositions à M.L'ancien évêque de Mirepoix.En vous faisant icy l'historique de vos dernières bontés pour moy, Monsieur je vous avolle que je les ressens bien plus vivement que je ne puis vous en exprimer la reconnoissance, ce sera du moins par un attachement bien sincere, et qui n'aura d'autres bornes que celles de ma vie mab il me reste encore une grace a vous demander auprès de M.l'ancien évêque de Mirepoix qui est de l'engager a ne me rien diminuer de celle que le Boy a bien voulu m'accorder; en me donnant une gratification de 1200' Sa Majesté a eu apparentent intention que j'eusse en plein chaqu'année, ces 12001 pour m'indemniser de 22 ans de services dont j'ay pris les faux frab et les dépenses annuelles sur mon propre nécessaire si M.L'ancien évêque de Mirepoix croit me réaliser la bonté du Boy en m'accordant une pension sur un benefice de pareille somme de 1200' il ne m'en restera que 000, par la retenue du quart pour la contribution aux charges.Ainsy pour qu'il m'en restât 12001 de net, il faudroit qu'elle fut de 10001, et en vérité quant il me la donneroit de 20001 pour qu'il m'en restât 15001 je croirob (non vb a vb du Roy, mab vb a vb des grands vicaires de l'intérieur du Royaume) mériter une pension égale a celle qu'on leur accorde tous les jours.Dieu qui connoit le fond de mon cœur scait que je sub bien esloigné de vouloir, n'y d'accepter multiplicité de benefices, mab je demande uniquement de quoy vivre en servant î'etat et la religion jusqu'au dernier soupir de ma vie surtout dans un âge ou les infirmités et les besoins augmentent.Mon sort est donc entre vos mains, Monsieur, et j'ay bien lieu d'y mettre toute ma confiance surtout d'après les premieres demarches que vous avés bien voulu faire; je vous deveray la douceur de ma vie et quelques bornes que pût mettre M.l'ancien évêque de Mirepoix à la bonne volonté du Roy pour moy, il n'en mettra jamab a ma reconnoissance, n'y au respect avec lequel je sub et seray toute ma vie Monsieur, Votre très humble etc etc., L'Abbé de l'isle Dieu, V\" G*1 des colonies de la Nouvelle France en Canada.Ce 30 Mars 1753.Lettre au president du Conseil de Marine\u2014(80 mars 1763) ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre 1 M\" de Pontbri and\u2014 (1er avril 1763) 381 De Paris ce 1\" avril 1753 Monseigneur, Jay deja eu l'honneur de vous écrire deux lettres, sous la même enveloppe et sous le contre seign de M.Rouillé, l'une de ma main et l'autre par secrétaire.Comme ce n'etoit encore presque que pour vous accuser la reception de vos paquets de ce que j'y ay trouvé et de ce que voua y aviés omis (comme les deux lettres l'une pour M.l'archevêque de Paris, l'autre pour M.l'ancien évêque de mirepoix que je n'y ay pas trouvées, quoyque vous me les eussiés annoncées) celle cy sera un peu plus détaillée, quoyque je n'aye pas encore reçu mes extraits de la cour avec les apostilles qui en contiennent les responses, et j'aurày du moins l'honneur de vous rendre compte de ce qui s'est passé et de ce qui a été décidé, réglé et accordé dans un travail de quatre jours avec le ministre, M.Le loutre et moy, en presence de M.le comte de la Galissonniere, qui nous a été très favorable et d'un grand secour pour tout ce que nous avons obtenu, et dont je vas vous rendre compte article par article, selon quils se présenteront ; car ma tete en est si pleine quil vaut mieux les en laisser sortir d'eux mêmes que de les appeler de commande, ce qui y mettroit cependant un peu plus d'ordre, mais exigeroient plus de contention de mémoire, que je crois que vous voudrés bien m'epargner.M.Leloutre part demain 2 avril pour se rendre a Brest lieu de son embarquement, qui sera, je crois, du 25 au 30.R emmené avec luy deux missionnaires, l'un qui est M.D'au din, prêtre du dioceze de Blois, homme fait et formé, qui a de la prudence, de l'esprit et de l'expérience.B est destiné pour les acadiens francois qui sont encore sous la domination des anglois.ainsy de ce coté la Monseigneur, voila deja une partye de vos vues remplie et si cet essay réussit selon l'esprit et les vues de la cour dont M.Daudin est instruit pour la conduitte quil doit tenir vis a vis du gouvernement anglois, la cour en enverra encore un second l'année prochaine.M.D'audin débarquera a Louisbourg, et y attendra une lettre de vous Monseigneur, pour M.le Gouverneur anglois, a moins que vous n'aymiés mieux quil s'y présente sur la mienne, que je ne luy ay donnée que condition-nellement et pour la circonstance forcée ou il se pourroit trouver.La cour ayant jugé quil conviendroit mieux quil se présenta sur votre lettre que sur' la mienne.si le tems me le permet, je vous f eray part des instructions qui ont été données a M.Daudin, sur la manière dont il doit se conduire vis a vis du Gouvernement anglois, pour ne point se commettre, et en même tems ne se pas écarter des vues et des intérêts de la cour.M.LeLoutre emmené de plus avec luy un M.Cassiete prêtre du dioceze de Langre fourny par M.M.du séminaire des missions étrangères que la cour » a accordé pour second a M.Maillard afin de luy laisser le tems dachever et de perfectionner son ouvrage sur la langue de ses sauvages.B doit encore partir avec M.LeLoutre un troisième missionnaire destiné pour l'isle S* jean, cet ecclésiastique s'appelle M.Ledieu, qui devoit partir des 382 ARCHIVES DE QUEBEC l'année dernière avec M.Perronnel et M.Lemaire, le premier du dioceze de Lion le second jde celuy d'amiens, qui ont été joindre M.Girard, et voicy Monseigneur le tableau, en abbregé, des postes occupés a l'isle S* jean sous le fort de beausejour et sur les rivieres, tant par les ecclésiastiques que vous aves envoyés, que par ceux qui y etoient, et par ceux qui y ont été envoyés de france.L'isle S' Jean contient actuellement 450 familles qui sont environ 3000 francois qui y sont réfugiés avec la garnuori du fort la Joye.ces habitans sont distribués en quatre postes, savoir la Pointe prime, desservie par M.Girard, la riviere du nord-est par M.Perronnel, S* Pierre du nord par M.Lemaire, et Malpec par M.Ledieu des quil y sera arrivé.Le port de la joye ou est la garnison est desservy par le pere ambroise recollet, bon religieux, exact et régulier, qui a également soin des francois qui sont voisins de son poste et trop éloignés des autres pour y avoir recour.Comme les quatre missionnaires séculiers dont je viens d'avoir lhonneur de vous parler Monseigneur, ne peuvent pas encore vivre du produis des dix-mes des habitations qui forment leurs postes ou paroisses, la cour, sur mes representations, a bien voulu les faire mettre sur l'Etat du Roy, jusqu'à ce que leurs djxmes soient suffisantes pour les faire subsister, et les ordres en consequence ont été donnés au gouvernement de Louisbourg, aussy bien que pour les rations des habitans, afin quils ayent le terns de s'établir et de cultiver les concessions quon va leur faire, on compte même fortifier cette isle qui est un poste important pour la france, mais il y faudroit un commandant plus actif et moins infirme que M.de Bonne venture pour veiller sur les habitans et les exciter a setablir et a cultiver leurs nouvelles habitations.B y faudroit même un commissaire.du coté du spirituel il ny a rien a désirer pour le moment present quant même il y passerait encore quelques familles françoises ; quatre missionnaires séculiers et un aumônier au port de la joye sont plus que suffisant, ainsy Monseigneur vous devés être tranquille sur ce poste, le voila suffisamment fourny, et la cour paroit disposée a suppléer au temporel.A l'égard du fort de beausejour et de ses rivieres.ces postes contiennent 1600 anciens habitans et 1200 nouveaux réfugiés sortis de l'acadie depuis l'établissement des anglois a chibouctou ou a Wifffr, et leur nouvelle ecosse.Nous avons sous le fort de beausejour et sur ses rivieres quatre missionnaires.M.Leloutre au fort et pour les sauvages et familles françoises eparses et répandues autour dud.fort.d'ailleurs pour veiller de concert avec le commandant et commissaire a l'établissement desd.familles auxquelles la cour a bien voulu accorder, sur nos representations, et le.dénombrement que nous en avons donné, des secours de subsistance et de vivres proportionnés a leurs besoins actuels pour leur donner le tems et la facilité de s'établir et de cultiver les terres qui vont leur être concédées, sur de simples permis, jusqu'à ce que M.le Gouverneur General, informé des cantonnements qu'on va leur faire, puisse leur accorder des concessions en règles pour fixer leurs etablissemens, en raison réciproque de ce qu'ils peuvent cultiver.la cour nous a même accordé 50000' pour les abboitaux, digues, levées et autres ouvrages nécessaires pour b> solidité des nouveaux etablissemens, elle a même consentie a faire \u2022 achever et perfectionner le fort pour le mettre en état de deffence en cas d'attaque, mais ces derniers fonds ne seront faits que pour le printems prochain, voila.Monseigneur la destination de M.Le Loutre qui aura de quoy exercer ARCHIVES DE QUÉBEC 383 son activité et son zele si Dieu nous le conserve, car je l'ay trouvé changé et je crains pour luy les suites d'un asthme dont il est menacé.M.de manach restera fixé aux sauvages mikmak de M.Le Loutre, dans la langue desquels il a fait de très grands progrès, c'est d'ailleurs un excellent sujet, qui a de l'esprit, de la prudence, et beaucoup de piété et de zele.M.Le Guerne et M.Le Guet se sont établis sur les rivieres de beausejour, parmi les anciens et nouveaux habitans, ils y ont suffisamment de l'occupation dans leur poste, mais tandis quil n'y passera pas de nouvelles familles, ils pourront les desservir surtout aydés, secourus, et guidés par M.le Loutre.ainsy Monseigneur, je crois que quoyque vous les eussiés destinés pour l'intérieur de l'acadie, par l'événement et les nouveaux arrangemens qui ont été pris, vous n'aurés pas lieu de vous repentir, ou plutôt de blâmer ce changement de destination, d'autant plus que voila actuellement trois missionnaires dans l'intérieure de l'acadie, sous le Gouvernement anglois, qui sont M.Desenclaves, .le Chauvreux et M.Daudin et que si le Gouvernement anglois ne les tourmente pas, la cour est déterminée a en envoyer encore au moins un, l'année prochaine.Voila donc Monseigneur sept missionnaires, tant dans l'acadie angloise et sous le fort de beausejour et sur les rivieres, mais sur cela et a l'occasion de ces sept missionnaires, il y a un règlement a faire qui passe mes forces, et demande votre autorité que je feray etayer de celle de la cour, si vous le jugés a propos, voicy le fait.La cour a accordé depuis longtems une pension de 12001 pour les missionnaires de l'acadie.si les trois qui sont dans l'intérieure de cette péninsule, sous le gouvernement anglois, prétendent avoir seuls cette pension 1° cela ne seroit pas juste, puisque les missionnaires du fort de beausejour ont également soin des acadiens francois, en faveur desquels, ou plutôt pour la desserte desquels lad.pension de 12001 a été accordée, d'où il résulterait (si la cour ny avoit pas pourvu d'ailleurs) que les missionnaires de l'Isle S* jean devraient également y avoir part, puisque les 450 familles, dont ils ont soin, sont pareillement sorties de l'acadie.2° Je pense que dans la distribution de cette pension, le partage par tête et par portions égales ne seroit pas juste, et quil faut avoir égard a ceux qui ne perçoivent presque point de dixmes, et leur en faire une plus forte distribution qu'a ceux qui sont encore dans l'intérieure de l'acadie, sur d'anciennes habitations dont la dixme peut nourrir le missionnaire.C'est icy Monseigneur, une simple observation que je vous fais, et qui demanderait, je crois, que vous donnassiés a ce sujet vos ordres, soit a M.le Loutre ou a quelqu'autre.J'oubliois de vous dire, Monseigneur, a l'occasion de l'isle S' Jean, quil n'y avoit qu'une seulle chapelle, ou au plus deux, dont l'une etoit fort mal en ordre, ce qui avoit obligé M.Lemaire, faute de chapelle, d'aller hyverner avec M.de manach, la cour nous en a accordé trois qui montent a 2680 et quelques livres, dont jay deja touché le montant, tout est ordonné, les prix faits, et doit partir pour Rochefort dans le courant du mois.La cour nous a aussy accordé des livres de piété et des remèdes et medica-mens pour l'Isle S* Jean, Beausejour, et les parties de votre dioceze qui sont sous votre main Monseigneur, du moins le ministre ma promis d'obtenir pour l'un et pour l'autre un ordre de M.le comte de S( florentin, mais vous saves 384 ARCHIVES DE QUEBEC Monseigneur qu'a la cour il faut presser, et en solicitant prendre le point milieu de la simple representation réitérée, et de l'importunité, pour ne pas rebuter.Des que jauray reçu les ordres sur les deux articles cy dessus, et qu on m'aura délivré le montant desd.ordres, je feray les partages le plus equitable-ment que je pourray, et en consequence les envois pour chaque destination, et des que jay trouvé cette trouée que vous m'aves vous même indiquée Monseigneur, je tacheray chaque année de vous obtenir quelques petits secours de ce coté la.Pour continuer mon récit il convient, je crois, de vous parler de l'Isle royale et de la mission des recollets avant que de vous rendre compte des commissions que vous m'aves données pour Quebec, les trois rivieres et Montreal.Les Soeurs de la Congregation seront rebâties cette année, en consequence la cour fait donner des ordres au gouvernement.Non seulement on accorde un second a M.Maillard, mais de quoy achever de bâtir son église et son presbytaire et la cour paroit très contente de luy sur tous les bons témoignages que le Gouvernement en a rendus, aussy bien que des Soeurs de la Congregation.Vous m'avés fait l'honneur de me'dire dans une de vos lettres Monseigneur, qu'en vous parlant de la mission des recollets, je chargeais un peu sur le manteau francisquin.Je voudrais avoir quelque chose de plus consolant a vous dire de leur mission, mais il faut vous dire Monseigneur, les faits tels quils sont.Elle est foible en sujets par le nombre, plus mince, encore par la qualité et 1 espèce de sujets.vous en allés juger vous mime par le tableau de ce quelle est et de ce quelle devroit être.1° Le Pere Candide y avoit été envoyé pour curé, y est mort au mois de 9b\".B s'y etoit assés bien présenté.B y prechoit exactement, dit M.le comte de Raymond dans sa lettre par laquelle il m'annonce sa mort.il y laisse trois sujets dont voicy a peu près le portrait.Le Pere Isidor aumônier du fort et faisant ensemble les fonctions de curé, depuis la mort du Père Candide.Ce bon religieux est aymé et estimé, mais fort vieux et a moitié sourd, sans aucune espèce de talent, il est cependant chargé de la garnison et de la paroisse.Les deux autres religieux sont les pères Paulin et.Patrice dont le gouvernement même demande le rappel en france, et quil a été obligé de rapeler luy même des postes éloignés pour les avoir sous ses yeux, precaution bien triste a prendre et bien humiliante pour ceux qui y donnent occasion, surtout quand c'est pour causé d'irrégularité de moeurs et de conduittc.ors c'est pour cela même que l'un d'eux a été rappelé de l'isle S* Jean, et qu'on a prié le pere am-broise, qui est un fort bon religieux, d'occuper ce poste, vous voyés par la Monseigneur par qui est desservi Louisbourg.B y faudroit un bon religieux pour curé, qui eut des moeurs et de la régularité, du zèle et le talent de la parolle pour les instructions publiques.Un second pour vicaire, qui soulagerait le premier pour les prônes, catéchismes, l'administration, la visite et la consolation des malades.Un troisième à la grande batterie.Un quatrième au fort.Un cinquième a l'hôpital, et pour ces cinq postes, il y a trois sujets, et de quel espèce ?vous le voyés Monseigneur.Jugés par la si la ville de Louisbourg est desservie. ARCHIVES DE QUEBEC 385 Venons aux postes éloignés qui sont également de la mission des Recollets, je ne tous diray rien de plus de celuy qui est a l'isle S' Jean, qui est le Père ambroise, c'est un très bon sujet.Les recollets ont encore trois postes remplis.Le premier est le port d'au-phin desservi par le Père Julien, sujet mince et sans talent, jusqu'à present on n'en dit rien de plus.Le 2d est le port Toulouse desservi par le P.chérubin, a peu près de même mérite.Le 3* est l'aurentbec ou le pere lue fait les fonctions curiales, on n'en mande ny bien ny mal, mais je scay quil a peu de talent, Dieu veuille quil ait des moeurs, du moins il ne maledifiera pas.Voicy présentement Monseigneur, les postes de la mission des Recollets qui restent vaquants et sans sujets (ny bons ny mauvais) pour les remplir et les desservir.Les Isles Madame et le petit d'egra peuvent recevoir des secours de l'au-monier du port Toulouse, mais il faudroit: 1 \"un missionnaire au S* esprit qui en est distant de plus de six lieues.2° un second pour l'indienne, la baye des espagnols et l'abrador.3* un troisième pour Niganiche, poste considerable qui a été autrefois des-servy par le Pere Etienne Goff, qui est actuellement provincial de la province de bretagne.Je pourrôis même ajouter les deux postes de miré et de mordienne que M.le comte de Raymond fait établir tous les jours, et qui n'ont aucun secours spirituels.ainsy de compte fait Monseigneur, la mission des recollets est composée au moins de douze postes* a desservir, il leur faudroit donc douze religieux, ils en ont actuellement six.des six il en faudroit rappeler deux, reste a quatre, et dans ces quatre il n'y a que le Pere ambroise aumônier du port la Joye, dans l'isle S' Jean, dont je voulusse repondre.Sur ce même tableau que jay envoyé au pere provincial, il ma repondu que n'étant jamais sorty de Paris, il etoit étonnant que je connusse mieux sa mission que luy.Un autre religieux destiné par son supérieur a remplacer le Pere Candide, ma mandé quil iroit volontier ; mais sous la condition que M.Maillard se mê-leroit de ses mikmak comme luy de sa mission et quil falloit que chacun resta ches soy.B est étonnant combien les recollets sont opposés aux prêtres séculiers, et si cela vous paroit un énigme Monseigneur, il est facile de vous en donner l'explication, et la voicy.Le Provincial qui est actuellement en place, et Provincial pour la seconde fois, a été luy même, comme je vous lay dit cy dessus, missionnaire a Niganiche, d'où il a été rappelé par son provincial dont jay encore les lettres, et pour des raisons qui ne font pas son éloge, et cependant avouées par son supérieur qui men fait des excuses.Ce n'est pas le seul quon ait été obligé de rappeler de cette mission, la plupart des premieres places des maisons de cet ordre, sont remplies de sujets qui ont eu le même sort, et qui ont été rappelés pour des fautes et des deffauts notoires, reconnus avoués et publiquement reparés ou punis par le rappel, et que tous ces mauvais sujets n'ont pas manqué d'imputer a M.Maillard, inde prima malt label, et voila pourquoy on prévient dans la province contre M.Maillard et contre tous prêtres séculiers tous les religieux qu'on envoyé de 386 ARCHIVES DE QUÉBEC france a l'isle royale et a Louisbourg.juges.Monseigneur, si avec de pareils préjugés le bien se peut faire.Je ne vous cacheray pas Monseigneur, que le plus grand bien qui pour-roit arriver a cette mission seroit que les recollets voulussent l'abbandonner et si les puissances temporelles vouloient le demander, la cour se porteroit aisément a y établir une communauté de prêtres séculiers, qui seroit bientôt fournie par M\" du S* Esprit, ainsy Monseigneur cest a vous a prendre sur cela les mesures et les precautions que vous jugerés a propos, avec M.M.les Gouverneur, commissaire ordonnateur et principaux de la ville, qui sy ils y veuillent acquiescer, y détermineront facilement la cour, et alors je me chargeray de vous trouver des prêtres, Jay sur cela parolle et promesse de M\" du S* Esprit.M.Le Loutre pourra luy même vous le certifier lorsquil aura l'honneur ou de vous voir ou de vous écrire.Quant a l'offre de 4001 de pension par an a M.M.du S' Esprit pour.vous fournir chaque année un sujet, ils l'ont accepté et ils m'en offrent actuellement un a choisir sur plusieurs, saouf a faire commencer la pension du jour que vous voudrés et suivant les ordres que vous m'en donneras par les premiers vaisseaux, et si je puis rassembler cette année une vingtaine de pistolles pour faire conduire cet ecclésiastique de Paris a Rochefort, je demanderay son passage et je vous l'enverray.Je dis si je puis ramasser une vingtaine de pistolles pour le voyage de Paris a rochefort, car je n'ose demander cette année de nouvelles gratifications en ayant obtenu trois de chacune 600* pour trois missionnaires, et une de huit pour M.LeLoutre sans compter les chapelles qui vont a 2680 et tant de livres.Quant au sujet a fournir par M.M.des missions étrangères, je crois Monseigneur, que vous prenés le bon party en y renonçant, mais vous n'en man-querés par d'ailleurs quand vous en voudrés, et quand même vous reussiriés au projet de former a Louisbourg une communauté de prêtres séculiers au lieu et place des recollets, que d'après les faits que jay eu l'honneur de vous expliquer, vous ne me taxerés plus de trop charger, je suis bien éloigné de vouloir rien leur imputer mal a propos, et sans fondement, mais en vérité aussy ils se conduisent par trop mal.venons présentement a ce qui regarde Quebec, les trois rivieres et montreal, vous pouvés Monseigneur être tranquille sur l'affaire de l'hôpital de montreal, le ministre s'est chargé luy même de faire dresser les lettres Patentes, d'après l'acte passé a Quebec entre M.M.les chefs de ladministration et Mad.la veuve Youville, et quelques observations que nous y avons faites M.l'abbé Couturier et moy, qui ne changent rien aux conventions respectives, mais qui, de vous a moy, en rédigent quelques articles un peu plus clairement quils ne l'etoient, on n'a rien dit sur l'étendue de votre autorité, sur ce qui regarde le gouvernement et le regime intérieur de la communauté qui par la va se former, il a seulement été fait une simple observation sur la nomination des officieres particulières qu'on auroit pû laisser au choix de la supérieure, nous allons nous occuper a appurer et solder toutes les dettes de Paris au plus tard dans le courant du mois prochain et a subroger Mad.Youville au lieu et place des créanciers pour les sommes quelle leur aura payées.Il sera donné un ou plusieurs missionnaires a M.Piquet selon le besoin quil en aura pour sa mission.le projet de la concession de l'isle de la preaen- ARCHIVES DE QUÉBEC 387 tation a M.M.de S* Sulpice n'a pas pris a la cour, on m'y a fait des objections auxquelles il n'y a pas de réponse, et qui ont paru telles a M.de la Galissonniere quelque bien intentionné quil fut pour tout ce qui pouvoit favoriser cette mission, par l'utilité dont il la'croit pour l'état et pour la religion.on a pris le party de demander a M.l'abbé couturier les sujets dont M.Piquet auroit besoin, sous la condition de les employer a Quebec sur l'état du Roy, et on a promis de parler icy et d'écrire a Quebec en conséquence.La cour a promis de donner des ordres pour le rétablissement des ursulines des trois rivieres.Je n'ay point trouvé dans mes paquets la lettre que vous m'aviés annoncée pour M.l'archevêque de Paris Monseigneur, ainsy, comme jay deja eu l'honneur de vous le dire, cette voye ma manqué, mais m'auroit été d'un très petit produit.Quant aux aumônes qu'on pourroit tirer de france, la misère y est si grande qu'on n'est point tenté d'envoyer ses aumônes au delà des mers.dans la conference que jay eue avec le ministre sur ces bonnes et StM religieuses, a qui M.le comte de la Galissonniere a accordé tous les témoignages les plus favorables, M.Rouillé a luy même imaginé la ressource de la loterie des communautés religieuses, je me suis chargé de faire un mémoire pour son Eminence Mgr le cardinal de soubize qui est a la tête de cette commission, mon mémoire a été accompagné d'une lettre de M.Rouillé.J'avois deja fait une demarche auprès de M.le cardinal qui m'avoit luy même dit de luy donner un mémoire, ce qui me fait bien augurer de son succès, et si nous pouvions être mis sur l'état, cela pourroit durer quelques années, et peut être y pourrions nous rester pour une petite pension annuelle, si nous ne réussissons pas ce ne sera pas ma faute.Même réponse que l'année dernière pour mesdames les hospitalières de Quebec sur la confusion de leurs biens avec ceux des pauvres, et sur la nouvelle salle a bâtir ; sur le premier article on pretend n'y avoir jamais pensé quoy qu'on croit toujours le pouvoir faire, sur cela je ne suis pas resté sans réplique, et je me suis servi des mêmes réponses que vous avés lues dans mon premier mémoire.Sur l'article de la nouvelle construction, on m'a répété qu'on avoit eû dessein de les y faire contribuer qu'autant que leurs épargnes les mettroient en état de le faire, et que c'etoit a vous Monseigneur, a en faire l'examen et a les y porter, selon leurs facultés.la demande de la permission de faire une nouvelle acquisition, a fait naitre toutes les idées et tous les soupçons d'aisances que vous avés prévus.J'y ay repondu par l'emprunt qu'on vouloit faire, on n'en a crû que ce qu'on a voulu, cependant la permission est accordée sous la condition que dans l'espace de deux ans on se deffera de la terre qu'on se propose de vendre.tout ce que je crains, c'est que comme je nay pas encore mes extraits apostilles, n'y mes réponses en marge par écrit, on abbrege le tems donné pour vendre, pour éluder si on peut la permission d'acheter.M.Rouillé me paroit toujours très bien disposé pour tout ce qui peut vous intéresser Monseigneur, et en particulier sur ce qui concerne votre intervention, la prétendue indépendance de votre séminaire, et les reglemens a faire entre vous Monseigneur et votre chapitre, je luy ay fait valloir sur ce dernier article toute votre patience et votre moderation, il m'en a paru touché et disposé a faire decider par le Roy tout ce qui peut donner atteinte a vos droits ; sur le premier article il a pris plusieurs de vos mémoires, s'est chargé d'en parler a M.M.les commissaires, que jay tous vus, mais cette affaire ne 388 ARCHIVES DE QUÉBEC sera guère mise sur le bureau qu'après pAques, dont bien fâche M.l'abbé de la Corne.sur l'article de l'indépendance de votre séminaire, m.Esteve travaille depuis le commencement du carême, je luy ay fait moy même un extrait de tous les titres, que je luy ay mis dans un portefeuille, par ordre de dattes, avec des observations sur les inductions quon peut tirer des uns et des autres.L'acte passé le 30 Xbn 1663 entre M.M.les supérieur, assistants et procureur du séminaire et M.M.les fabriciens de votre église de Quebec, est une piece triomphante et qui déconcertera beaucoup la pretention ou ils sont qu'avant eux, il n'y a jamais eu de séminaire a Quebec ny de prêtres pour le former.M.Esteve auroit souhaité que cette piece eut été collationnée par un notaire.Jusqu'à present ces M.M.ne me disent rien, quoy que je les aye prévenu sur les propositions que vous leur faites, tout ce que M.de LaLane ma dit de plus c'est que si ils ne restoient- pas sur le pied ou ils avoient toujours été ils quitteroient le séminaire ; mais je crains de leur part une botte fourrée sur le temporel, ils ont lâché a quelqu'un quils quitteroient le séminaire, mais que la pluspart des biens leur appartenoient, et que vous sériés bien embuasse lorsquils vous les auroient retirés, et quils vous auroient laissé sans prêtres, et avec un revenu très modique pour soutenir et faire subsister votre séminaire, et c'est ce qui occupe M votre frère qui crie sans cesse la paix la paie, sans que j'ose m'ouvrir avec luy, par les liaisons étroites que, de vous a moy, il a avec ces MM____c'est donc sur ce prétendu droit au temporel quil s'agit de travailler sérieusement avec M.Esteve pour distinguer et reconnoitre si dans les biens du séminaire il y en a quelques portions qui appartiennent personnellement aux directeurs, soit par legs, donnations, acquets ou autrement, et a quels titres ils ont reçu, ou des épargnes de quels fonds ils ont acquis.Quant aux unions de benefices, comme jen ay eu quelque tenu les titres en ma possession, j'en ay tiré des extraits qui ne nous seront pas inutiles.En supposant que ces M\" quittent votre séminaire, vous ne manquer es pas de prêtres Monseigneur, la même maison qui vous en offre pour Louisbourg ne vous en laissera pas manquer pour Quebec, mais de grace ne les commettes, ny eux n'y moy, avec vos directeurs, et je pense même que quoy que vous soyes fort sûr de celuy que vous aves souvent ches vous, il convient de ne le pas mettre entre ce secret et ses confreres.si ces M.M.en quittant croient pouvoir dépouiller votre séminaire jay peine a croire que la cour leur accorde autre chose que des pensions, surtout n'y ayant aucune communauté de bien entre votre séminaire et celuy de Paris.Ces M.M paraissent dormir sur cette affaire, ils seront bien étonnés quand ils verront un parallelle exacte de vos pretentions et des leurs, l'analyse des titres et la chaine d'inductions que vous en pouves tirer ; car mon dessein est de faire traiter cette affaire par forme déposition, afin qu'on puisse balancer et peser les pretentions et les moyens réciproques des parties.Mêmes réponses que les années précédentes sur la traite de l'eau de vie, impossibilité de dissuader là cour de sa nécessité, on convient des abus et de l'eccès ou l'on porte cette traite, on se contente de dire qu'on donne tous les ans des ordres, et qu'on en donnera encore de nouveaux pour reprimer les premiers et diminuer le second, qu'il faut s'adresser au gouvernement.Quant a vos observations Monseigneur, sur le projet de système que je vous a vois proposé, je nay jamais prétendu quil remédiât a tout, et d'autant moins que tout ARCHIVES DE QUÉBEC 389 ce qui est confié aux hommes peut être très bon dans sa speculation, et vicieux dans son execution, parce que la vanité ou la cupidité des hommes subordonnent tout a leurs vues lorsqu'il s'agit de s'élever ou de s'enrichir, il est donc bien malheureux que tous les avantages et la sûreté même de la société peris-sent dans les mains et par la malice de ceux qui la forment, et surtout de la part d'hommes qui devraient porter des moeurs que leur raison cultivée, et une religion qui en fait son objet devraient leur inspirer parmi des nations qui, si elles avoient eu les mêmes avantages, auraient perdu leur férocité, sans contracter les mêmes deffauts.La cour veut bien accorder cette exemption pour tous les objets proposés, pourvu que l'envoy s'en fasse de france en canada sous votre adresse Monseigneur, ainsy vous pouvés user de cette precaution qui vous mettra a couvert des droits exigés.lies representations au sujet des protestans, et surtout le mémoire de M.le curé de Quebec, appuyé de votre témoignage Monseigneur, ont fait leur effet, il en sera rappelle plusieurs, et on donnera des ordres très precis pour le surplus afin de faire cesser les inconveniens dont on se plaint.C'etoit par erreur de scribe que j'avois placé dans une de mes lettres le Père Germain a l'isle S* lean, scacbant bien quil etoit a Ekouba, missionnaire des marichites, sur la riviere S' jean ; mais voicy un fait dont il est bon que vous soyés informé Monseigneur, les supérieurs du pere Germain qui n'envisagent apparemment que leur regime ordinaire dans la destination de leurs sujets l'avoient nommé supérieur de leur maison de Quebec, sans faire attention aux circonstances critiques ou nous nous trouvons sur la riviere S' Jean quil s'agit d'établir pour y recevoir les familles qui voudront s'y établir.la cour a trouvé mauvais cette destination, a regardé le pere Germain comme un homme essentiel ; le ministre ma chargé de faire sur cela les representations nécessaires, elles ont réussies, et le pere Germain nous reste, fort a propos pour nous donner les eclaircissemens nécessaires sur le court de la riviere quil habite, sur les travaux et fortifications quil y aura a y faire, sur la profondeur des terres, sur la bonté du sol, sur les establissemens qu'on y peut faire, sur le fort, sur la nécessité et les moyens de le mettre en état de deffense, sur les desse-chemens quil y auroit a faire dans le bas de la riviere S1 Jean, surtout en empêchant les inondations qu'y forme la fonte des neiges, qui gonfle cette riviere principalement vers son embouchure, l'oblige de sortir de son lit et de répandre sur les terres, que la cour veut absolument établir, habiter et cultiver.Jay écris pour cela une lettre fort détaillée au pere Germain, je luy demande une réponse également détaillée-de plus la cour doit envoyer cette année M.Jacrau de fiedmont visiter le cours de cette riviere, et il paroit que l'intention du ministre est que M.Leloutre l'y accompagne, quand il aura disposé avec M.le commandant et M.le commissaire de Beausejour les differens etablissemens des familles de ce fort et de ses rivieres, qui vont avoir le tems de travailler et de cultiver les terres quon leur accordera, par les secours que la cour leur accorde cette année, ce.qui pourra encourager celles qui sont encore sous la domination de l'anglois, a évacuer.Nous avons donné M.Le Loutre et moy a la cour un tableau exacte de tout le continent depuis les rivieres méridionales du fleuve S' Laurent jusqu'à la riviere S' Jean, de la Riviere S* Jean jusqu'à Beausejour, et de beausejour de toute la partie occidentale jusqu'à Louisbourg.nous y avons ajouté un 390 ARCHIVES DE QUÉBEC plan de cantonnement dont la cour a paru assea contente, et dont elle pourroit faire usage, supposé que ne pouvant ammener l'anglois a fixer les limites sur la representation et la confrontation des titres respectifs, on voulut finir, a l'ayde du cantonnement proposé, par voye de conciliation et de composition, sans quoy il faut nécessairement se retrancher chacun ches soy et s'y fortifier, ce qui occasionnera de grandes dépenses et ne finira rien, laissera au contraire tout dans la confusion, et c'est précisément ce que demande l'anglois qui ayme a pécher en eau trouble, et qui se portera toujours d'autant moins à la fixation des limites qua la seulle inspection et confrontation des titres respectifs, elle ne peut leur être que défavorable et restraindre beaucoup leurs pretentions, si on vient a les borner a l'acadie selon ses anciennes limites.Jay lû tous leurs titres et les nôtres dans le mémoire de M.M.nos commissaires et j'avoue que je ne conçois pas comment ils osent soutenir leurs immenses et ridicules pretentions, surtout ayant (comme vous laves remarqué dans le petit mémoire que vous m'aves envoyé) cinq provinces qui avoient chacune un gouverneur, avant le traité d'utrecth, et dont l'acadie etoit une des plus petites et des plus bornées.Je suis peut être dans l'erreur sur cet article Monseigneur, mais je pense qu'excepté aux habitans de port royal, qui est expressément cédé aux anglois par le traité d'utrecth, ils ne peuvent demander le serment de fidélité aux autres acadiens francois qu'après la fixation des limites, puisque jusques la aucune des deux nations ne peut dire cecy est a moy et cela est a vous, et de ce principe il résultèrent une consequence bien avantageuse pour ces pauvres acadiens, puisque jusqu'à la fixation des limittes ils seroient dans le même droit et la même faculté d'évacuer avec tous leurs effets mobiliers morts et vifs, ou ils etoient en 1714, et de la je tire encore une seconde consequence qui paît également du même principe, et qui est qu'on a eu tort de laisser prêter aux acadiens le serment qu'on a exigé d'eux en 1728 et en 1730, et dont jay les coppies.Sur cet article je suis encore plus étonné que M.le Chauvreux se soit déterminé a la prestation du serment quil a fait au gouvernement anglois.il pou voit sûrement l'éluder et sur de bonnes raisons.je suis, pou vois je dire, un simple missionnaire toléré par le Gouvernement puisquil permet aux familles françoises d'en demander et d'en avoir, qu'une des conditions mêmes du traité est la liberté de religion.comme je puis être renvoyé, si on trouve que jay fait ou insinué quelque chose contre la police extérieure du gouvernement je puis également me retirer, et je ne puis jamais être réputé sujet du Roy de la grande bretagne, et pas plus que les missionnaires des Indes orientales le sont de l'empereur de la Chine, du roy de Siam, de celuy du Tonquin et de celuy de cochinchine, mais le bon M.le Chauvreux na pas raisonné n'y vu que l'emprisonnement de M.Girard etoit une infraction du traité sur la liberté de religion, une atteinte donnée au droit des gens et a la liberté publique, il a apparemment été séduit par l'exemple de M.de la Goudalie et de M.de Noin-ville, qui en 1730 portèrent leurs habitans a prêter le serment que M.de philips leur demanda, mais il devoit se souvenir quils éluder pour eux la prestation de ce serment.Ce n'est pas icy une lettre Monseigneur, c'est un volume, il me reste cependant encore bien des choses a vous dire, parce que je voudrois vous tout dire, mais ce ne sera pas la dernière lettre que j'auray l'honneur de vous écrire ARCHIVES DE QUÉBEC 391 cette année.d'ailleurs j'en joindray encore une petite de ma main pour vous marquer ma reconnoissance sur les immenses presents que vous mavés faits, je n'écris a personne qu'a vous seul et a M.le Gouverneur, par cette voye, mais une lettre très courte, je vous supplie, donc de faire part aux personnes dont jay l'honneur de vous parler dans ma lettre, des articles qui les concernent jusqu'à ce que j'aye reçu mes extraits de la cour, et les réponses par écrit quils contiendront, car tout ce que je viens d'avoir l'honneur de vous écrire nest que le detail de ce qui s'est passé pendant quatre jours de travail que jay eu a Versailles avec le ministre qui sûrement est bien intentionné et ne demande pas mieux que de procurer le bien et l'avantage des différentes colonies qui composent votre diocèse.J'oubliois de vous dire a ce sujet Monseigneur, que la cour nous a accordé une monnoye courante qui aura lieu a Quebec, a Louisbourg et dans tout le continent, pour la facilité du commerce des habitans, mais ce ne sera que pour l'année prochaine, et d'icy a ce tems la, et pour le même sujet, et la même facilité du commerce entre lesd.habitans, leurs billets auront cours et seront reçus, et la monnoye qu'on nous promet sera reduitte sur le même pied qu'en france, ce qui fera baisser le prix des choses qui seront dans le commerce, avantage que nous avons démontre, devoir vertir au profit du Roy comme a celuy des habitans.Je ne scay Monseigneur, si je ne vous enverray pas cette année un ecclésiastique pour remplacer M.Le Guerne, cela dépendra d'une vingtaine de pistolles qui me seront nécessaires pour son voyage de Paris a Rochefort lieu de son embarquement, si je vous en ay deja parlé ce sera icy une repetition qui servira du moins a vous prouver combien je suis occupé de tout ce qui vous interesse et le sincere et très respectueux dévouement, jay presque osé dire le tendre attachement avec lesquels je suis et seray toute ma vie Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.L'abbé De I'Isledieu, vie.g*1.Lettre À M(r de Pontbriand \u2014 (5 avril 1763) Monseigneur, Je vous ay promis de vous écrire une lettre particulière, et de ma main, pour ne pas confier a un secretaire quelques particularités que celle cy contiendra.Je commence par ce qui concerne M.M.nos supérieurs et directeurs, je vous ay dit dans quelques unes de mes lettres quils ne pretendoient point que les missionnaires quils envoyoient en Canada passassent par autre examen que par le leur.sur cela je pense quil ny aura aucun risque, et quassurement ils sont bien en état de les choisir et d'en juger.Quelqu'un leur a fait remarquer quil falloit au moins quils eussent une approbation en partant jusqua ce quils eussent pu joindre sur les lieux les supérieurs qui pouvoient leur en donner une.a cette premiere objection ils ont 392 ARCHIVES DE QUÉBEC repondu que M.de la Lanne etoit grand vicaire et que quand il ne le seroit pas ils avoient par leur premier appel et leur premier établissement dans le dioceze une permission générale et non limitée née ration» temporit nee ration* loci dy envoyer des missionnaires sans autre approbation, je ne suis pas trop sûr du point d'appuy de cette pretention ; mais je vous supplie Monseigneur de ne me point commettre vis a vis d'eux, cette pauvre maison est de vous a moy tombée en de singulières mains, ils ont donné un sujet bien mince pour second a M.Maillard ; mais aux representations quon leur en a fait ils ont repondu que si il ne convenoit pas on le renverroit.je suis avec eux sur le pied de politesse et sans aucune espèce d'explication surtout depuis que vous aves entamé la question de leur indépendance prétendue, je leur en ay parlé par forme de conversation depuis les n\"\" propositions que vous leur aves faites de larbi-trage, les deux premiers ne disent rien, M.de la Lanne un peu plus déboutonné parce quil dit même souvent plus quil ne veut repond hautement nous quitterons tout, séminaire et diocese, si on change quelque chose a notre situation, nous ne tenons a rien, et en vérité il dit vray puisquils laissent tout aller, et quils ne s'occupent de rien excepté du diocese de Langres et de celuy d'aire, si votre affaire de l'indépendance finit vous sçaurés a quoy vous en tenir; pour ce qui regarde votre séminaire vous aves pris le bon party en prenant celuy de la conciliation, la cour vous donnera sûrement sur cela un règlement dont vous serés content ; mais l'essentiel est de bien tirer au clair vos droits sur votre séminaire, quant au spirituel et au temporel, d'après la maxime qui dit ai vit pacem para bellum.Je vous ay rendu compte de vos missions de lisle royalle, de lisle S* Jean' de celle de beausejour et de ses rivieres, de celle de la Riviere S* jean, et de celle de l'acadie ou n'11' ecosse ; mais il me reste une observation a vous faire que je n'ay pas voulu confier a la main d'un secrétaire dans la crainte que cela n'eût eu l'air de vous donner un avis n'étant fait que pour recevoir vos ordres et les exécuter.voicy Monseigneur l'objet de ma simple observation.M.Maillard est grand vicaire et peut avoir l'oeil et linspection sur toute lisle royalle ; mais il est a 60 lieues de lisle S* jean, et lisle S' jean est elle même a 15 lieues du fort de beausejour, il n'y a guère moyen que M.Maillard puisse embrasser tout ce terrain.il y a eu de tout tems un grand vicaire dans lin-terieur de lacadie, et M.de la goudalie l'est encore ; mais va quitter, et c'est d'ailleurs un bien bon homme, mais grand parleur et qui pesé peu et decide légèrement.Je penserois donc Monseigneur quil faudroit au moins un grand vicaire ad annum pour lacadie, beausejour et lisle S' jean, et que beausejour étant a peu près le point milieu pour la communication ce grand vicaire de-vroit être resident a Beausejour.vous fer es sur cela ce qui vous conviendra Monseigneur, peut être en nommerés vous un pour chacun de ces 3 postes qui graces a dieu sont bien pourvus de missionnaires, et je compte m'occuper a avoir en main tous ceux dont vous aux es besoin par la suitte.quand je vous proposeray quelque chose qui ne vous conviendra pas vous sçaves bien lusage que vous en deves faire.les affaires de la religion sont toujours très brouillées.le parlement plus entêté et plus entreprenant que jamais ; mais comme il heurte de front lautorité même du Roy il faut espérer que Sa majesté y mettra un frein pour le maintient même de son autorité, pour la paix de l'église et la sûreté et liberté du ministre et du ministère, le surplus sur cet article ARCHIVES DE QUÉBEC 393 pro allia et 1* et proximo via, vous connoissés tout mon respect et mon dévouement Monseigneur.L D L D.ce 15 tavvril 1753.^Lettre ad président du Conseil de Marine \u2014 (10 avril 1753) Paris 10 avril 1753 Monsieur, Je reçois dans le moment la lettre dont vous m'avés honoré avec l'ordre de M.le comte de S* Florentin pour les 1900 volumes dè livres de pieté que la Cour veut bien accorder aux différentes colonies du diocèse de M.l'Evoque de Québec.En\" consequence j'écris sur le champ au S* Boudet libraire pour m'abou-cher des demain avec luy sur la délivrance le partage, Tembalage et l'envoy des sus d.volumes par les roulliers a l'adresse de M.de Givry.Je me conformeray sur cela a vos ordres Monsieur et pour le partage a la destination convenue entre M.Le Loutre et moy.B ma laissé en partant un bordereau des articles sur lesquels il vous supplie de donner les ordres en consequence de ce qu'il vous a plus de régler sur ce qui regarde l'isle Royale, Beausejour l'isle S* Jean et la rivière S1 Jean.J'ay l'honneur de vous l'adresser tel qu'il me l'a confié, après l'avoir fait mettre au net.Les trois missionnaires destinés le premier pour les acadiens francois sous le gouvernement anglois le Second pour l'isle S* Jean le troisième pour les sauvages de M.Maillard, sont partis, et se rendront a Brest en même tems que M.Le Loutre pour le tems et le lieu de leur embarquement.J'ay écris a M.l'Evêque de Quebec pour luy donner avis que la Cour envoyé cette année un missionnaire aux acadiens francois que ce missionn\" attendra ses ordres a Louisbourg et une lettre de luy pour se presenter au Gouverneur anglois.J'en ay donné une a ce missionnaire pour le cas et la supo-sition ou M.l'Evêque de Quebec tarderait trop a luy envoyer la sienne et j'espere (qu'après les instructions qui ont été donnés a ce missionnaire), il se conduira dans sa mission avec toute la prudence qui luy a été inspirée et selon l'esprit et les vues de la Cour.Comme le missionnaire envoyé a M.Maillard est destiné pour les sauvages, il y a lieu d'espérer qu'il sera mis sur l'état du Roy a Louisbourg suivant l'usage des missionnaires des sauvages sans quoy il ne pourroit pas subsister, celuy cy s'appelle M.Cassiette.Toutes les gratifications que vous avés eu le bonté d'accorder, Monsieur ont été touchées et remises aux missionnaires avant leur depart excepté celle de M.Le Dieu, destiné pour l'isle de S'Jean qui est de 1501 et qu'il touchera a Brest lieu de son embarquement.M.Le Loutre vous supplie par son bordereau Monsieur, de donner les ordres nécessaires et conformes a ce que vous avés décidé et accordé pour que tout soit exécuté en consequence et a tems, je vous demande la même grace pour ce qui regarde Quebec, sea voir 1° pour ce qui concerne les hospitalières et leur permission d'acquérir tous.la condition de vendre l'isle aux oyes, dans le tems prescrit par votre decision.;¦ 26 394 ARCHIVES DE QUÉBEC 2° Les protestons dont vous avés promis de renvoyer le plus dangereux.3° La traite de l'eau de vie, et les ordres a donner aux puissances temporelles pour empêcher au moins les excès, les abus et les inconveniens.4° Le rétablissement des Ursulines des trois rivieres.6° Qu'il sera accordé un ou plusieurs missionnaires a M.Picquet pour sa Mission des iroquois selon le besoin qu'il en aura, qu'ils seront demandé a S* Sulpice et mis sur l'Etat du Roy comme Missionnaire des Sauvages comme l'est luy même M.Piquet 6° Exemption des droits pour tout ce qui sera envoyé sous l'adresse de M.l'Evêque de Quebec en livres de pieté, livres de théologie, ornemens, linges livres d'église et vases sacrés.7° Les lettres patentes de l'hôpital de Montreal.pour qu'en consequence on puisse incessamment assembler les créanciers de france et les payer au nom et des deniers de la d* veuve Youville, sous condition de subrogation pour la somme seulement quelle leur payera.8° Le passage promis pour S* Dominique au nomme Paradis qui l'attend a La Rochelle.J'espere aussy, Monsieur, que vous voudrés bien me faire remettre incessamment mes extraits avec vos apostilles, pour ne rien mander sur quoy je ne sois autorisé.Je vous supplie également de vouloir bien me faire renvoyer le petit ouvrage que nous avons fait M.Le Loutre et moy sur le tableeu de la colonie, le plan de cantonnement celuy des nouveaux etablissemens, et les autres mémoires qui y ont raport n'en ayant point de coppie et m'etant absolument nécessaire pour le simple raport de correspondance puisque les bontés du Roy et les vôtres Monsieur me lient a cette œuvre jusqu'à extinction de chaleur naturelle.R y a icy plusieurs officiers et entre autre M.de Villejoins qui me paroit très instruit, homme de detail et qui connoit bien le local d'ailleur fort occupé du bien du service et même de celuy de la religion.J'ay eu plusieurs conferences avec luy, et même un espèce de travail suivi et détaillé sur les différentes positions de l'isle Royale, et de l'isle S* Jean, croyant n'en pouvoir être trop instruit par les différentes voyes qui se présentent, persuadé d'ailleurs que vous blamerés d'autant moins ma curiosité, qu'elle n'a pour but que de me rendre utile et de ne me mêler que de ce que vous approuvées dans la seulle vue de vous prouver en toute occasion mon entière deference pour tout ce que vous me prescrirés aussy bien que le respect avec lequel Je suis Monsieur, etc, etc, etc, L'abbé ni l'isle dieu, V\" G*1 des colonies françoises en Canada.A Paris ce 10 Avril 1753.Joint à la lettre de M.l'Abbé de l'isle dieu du 10 avril 1753.Bordereau des articles bissés a l'abbé de l'isle dieu par M.Le Loutre avant son depart pour en rapeller le souvenir a M.Rouillé Ministre secrétaire d'etat de la Marine. ARCHIVES DE QUÉBEC 395 Sur la monnoye courante.que les.billets soyent reçus des cette année a Louisbourg, sur les ordres de la Cour pour faciliter le commerce de l'habitant.Demander que le Sr Jacau de fiedemont, puisqu'il agrée a la Cour soit nommé pour faire incessamment la visite des postes et des lieux propres a augmenter la culture des terres et les établissemens en consequence.En consequence de ce qu'il a paru que le ministre vouloit bien entrer dans la dépense des abboiteaux autrement digues ou levées, que l'on estime pouvoir aller a la somme de 500001, luy demander de donner des ordres pour que ces ouvrages s'exécutent le plutôt qu'il sera possible attendu que de la dependent les ameliorations qu'on pourra faire, et la solidité des établissemens qui déchargeront la Cour de la subsistance des habitans.48 Autoriser le S' Jacau de fiedemont a demander a Quebec ou a Louisbourg les personnes qui luy seront nécessaires pour les ouvrages qu'il se trouvera chargé d'ordonner et de diriger.En supposant que le Ministre croira que je pourray être de quelque utilité pour les plans et les ouvrages a faire, le prier de donner ses ordres afin que je puisse travailler de concert avec le commandant et n'entrer dans rien sans y être appelle, et autorisé par le Ministre.Représenter au Ministre que la distribution des rations accordées se fasse exactement et en quantité suffisante pour qu'il ne soit pas obbgé d'aller les chercher tous les jours ce qui luy fait perdre du tems et l'empêche de travailler.7° Le Ministre ne doit avoir aucune inquietude sur la bâtisse et construction des differens batimens nécessaires pour loger l'habitant, je me charge de le porter a se loger luy même et a ses frais, quoy qu'on luy ait brûlé ses habitations, ainsy toute la dépens e dont la Cour se trouvera chargée ne consiste que dans les ouvrages proposés dans l'article trois concernant les abboiteaux et digues.¦ ' 8° Ordonner la perfection du fort baty sur le terrain de Beausejour qu'il convient désormais d'appeller le fort Rouillé, et comme c'est le voeu des habitans permettre qu'on le dédie sous ce nom respectable, a qui il devra et son commencement et sa perfection. 396 ARCHIVES DE QUÉBEC Lettre au président du Conseil de Marine \u2014 (18 avril 1753) ,, .Paris 18 avril 1753 Monsieur, Quoy que nous soyons dans un tems et des jours peu propres a penser, et a nous occuper dans notre Etat, a des affaires temporelles, je me suis cependant 9\" Demander s'il convient d'achever le fort des Gaspareaux, ou le laisser dans l'état ou il est.10» Scavoir s'il convient de permettre aux habitans de relever la levée que les Anglois ont fait abbatre et qui a ruiné et rendu inutile un terrain de 80 banques de semence.11° Si l'on peut permettre a l'habitant d'établir le coté du sud de la baye verte.12° Scavoir du Ministre quels arrangemens je dois prendre pour mes sauvages qui sont errants et sans mission depuis l'établissement des Anglois, s'il convient de les fixer ou de les laisser comme ils sont jusqu'à la fixation des limites, article délicat et intéressant.13° Supplier le ministre de ne pas oublier de donner des cette année les ordres pour le payement du S* Le Blanc dit le maigre, dont M.le comte de la Galissonniere a rendu luy même un témoignage si favorable comme d'un homme qui s'etoit sacrifié pour le service et le bien de l'état.14° Ordonner que les puissances de Louisbourg ayant égard aux pertes qu'à faites le Sr farribault, comme il paroit par le procès verbal de l'amirauté et veullent bien en régler et certifier le montant.16° Ordonner que les quatre Missionnaires de l'isle S' Jean, aussy bien que le second donné a M.Maillard, seront mis sur l'Etat du Boy a Louisbourg.16\" Le rétablissement de la maison des sœurs de la congregation de Louisbourg.17° Les secours promis a M.Maillard pour achever son église et son preshi-taire. ARCHIVES DE QUEBEC 397 mis a portée de faire partir pour La Rochelle les emplettes de M.Le Loutre, mais il me manque encore un ordre pour obtenir les remèdes que la Cour a bien voulu accorder pour les colonies du Canada ; je vous seray très obligé, Monsieur si vous voulés bien me faire dire si j'y puis compter, j'ay encore mieux aymé courir le risque de vous importuner d'une nouvelle demande (persuadé que vous me la pardonnerés) que celuy de fair partir la caisse que je dois adresser a M.de Givry sans avoir vos derniers ordres.Je suis avec respect Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, L'abbé de l'isle dieu, V\" G\"1 des colonies de la N*u* france en Canada.Paris ce 18 avril 1753.On m'écrit du cap que le pere Baudouin Jésuite qui fait sa residence a la Nouvelle Orleans y a mandé que les sauvages renards joint a quelque autre nation leur alliée avoient fait coup et frapé le premier juin dernier sur un village de francois, qu'ils en avoient tué 50 et fait 19 prisonniers tant hommes que femmes et enfans ce qui dit-on, a mis la consternation dans ce village, je n'ay encore sur cela aucun autre detail.Extrait d'une lettre de M.Le Loutre a M.l'abbé de l'isle Dieu de Morlaix le 18 avril 1753: Voicy, Monsieur Un petit mémoire de nos effets et je vous prie de le faire passer au bureau pour qu'on en ordonne le passage 1° 4 caisses contenantes un autel peint et doré 2e 1 gros caisse contenant mes orgues 3° 1 idem ou sont mes ornemens 4° 1 idem bu sont mes chandeliers croix lampes etc 5° 2 ballots ou sont des effets pour francois 0° 5 banques ou sont 400 bouteilles de vin 7° Nos maies, ou il n'y aura pas grand chose.Je voudrois avoir les passage de deux enfans dont l'un est frère de M.de Manach Missionnaire.J'avois obtenu le passage d'un domestique et de mes effets, mais présentement je demande le passage de trois domestiques et du nombre de ces effets, il m'en coûte assés pour ne rien laisser après moy, j'auray réponse a tems si on fait diligence.Permettes que je vous recommande l'affaire de mon frère, pour toute gratification je ne demande que son avancement, la survivance de l'entrepôt de Brest.Lettre au président du Conbeil de Marine \u2014 (26 avril 1753) Paris 26 Avril 1753 Monsieur, Permettes que je vous importune encore et je m'en fais un scrupule que je ne surmonte que parce qu'il ne s'agit pas de mes interests, mais de ceux de M.Le Loutre et du bien du service. 398 ARCHIVES DE QUÉBEC M.Le Loutre me paroit encore a Morlaix, si j'en juge par l'inscription de sa lettre du 18 que je ne reçue qu'hier.U demande un ordre pour le passage de ses effets, qui paroissent plus considerables qu'il ne l'avoit crû il faut qu'il y ait employé toute sa gratification, et qu'il ait même pris de l'argent dans sa famille sans quoy je ne vois pas par ou n'y comment il auroit pu fournir a la dépense qu'il a faite il me mande qu'il pourra encore recevoir l'ordre pour l'embarquement de ses effets, si vous avés la bonté Monsieur de le luy faire adresser incessamment.B me parle encore dans sa lettre d'une recommandation et lettres de protection auprès de M.le Gouverneur general, et de M.L'intendant de S' Dominique en faveur d'une personne dont le mémoire est cy joint et dont il ma laissé les pieces justificatives en partant, si vous avés la bonté de m'adresser les d.lettres je les remet-tray a leur destination.Je fais partir la semaine prochaine par les roulliers les chapelles accordées aux Missionnaires de l'isle S' Jean, et les livres destinées pour M.l'Evêque de Quebec pour la mission de M.Le Loutre pour celle de l'isle S' Jean et le surplus pour les soeurs des écoles de l'isle Royale le tout a l'adresse de M.de Givry comme vous me l'avés prescrit, Monsieur, mais je commence a perdre l'espérance d'obtenir l'ordre pour les remèdes et medicamens puisque je ne le reçois point.J'ay encore eû l'honneur de voir hier M\" le Cardinal de Soubise sur le mémoire et la lettre que je luy a vois présentés de votre part, en faveur des religieuses ursulines des Trois rivieres incendiées il ne ma point donné l'exclusion il ma dit au contraire vous en avoir parlé et être dans l'intention de proposer la demande dans la premiere assemblée.J'ose encore vous supplier de me faire renvoyer mes extraits et autres mémoires y joints et je suis avec respect Monsieur, etc, etc, etc, L'Abbé on l'ible dieu, V\" G\" des Colonies de la N\"u France en Canada.A Paris ce 26 Avril 1753.Lsttbb au président du Conseil de Marine \u2014 (9 mai 1753) 9 May 1753 Monsieur, On ne peut être plus reconnoissant que je le suis de vos bontés et de l'assaisonnement que vous mettes a la grace que vous m'avés fait accorder je me pre-senteray la semaine prochaine ches M.de Selle pour toucher cette gratification sur la lettre dont vous m'avés honoré.Ma reconnoissance est égale au respect avec lequel je suis Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur, L'Abbé db l'isle Dieu.Ce 9 May 1758. ARCHIVES DE QUÉBEC 399 Paris 9 May 1763 Monsieur, Je re$u hier une lettre de M.Le Loutre dattée du 3 et du jour même qu'il devoit s'embarquer.il me mande qu'il a eu l'honneur de vous écrire, et de tous informer que M.Le Dieu, destiné des l'année d'* pour la mission de l'isle S' Jean, ne part point encore cette année parce que sa santé est dérangée et\"qu'il n'y faut plus compter, ce qui nous jette dans un très grand embaras.sur le champ j'en ay averty M.M.les directeurs de cette maison, qui m'ont dit n'avoir point de sujet pour remplacer M.Le Dieu.a l'instant même j'ay écris a M.M les directeurs du Séminaire du S' Esprit, qui me sont venu trouver ce matin et m'ont promis de me trouver un sujet, qui pourra partir de lundy en 8, 21 du courant, si vous le jugés a propos, et que vous vouliés bien lui accorder le passage par les vaisseaux qui doivent partir de Rochefort, selon les apàrences, au commen' du mois prochain.A l'égard de la gratification qu'il conviendroit d'accorder a ce missionnaire, il paroitroit juste que M* les supérieurs et directeurs des missions étrangères rendissent celle qu'ils ont touchée pour M.le Dieu dès qu'il ne part pas, mais sur cela Monsieur, je vous supplie de ne me pas commettre vis a vis d'eux, et de leur donner sur cela les ordres qu'il vous plaira et à moy celles qui me seront nécessaires pour faire partir avec sûreté le sujet qui doit remplacer M.le Dieu, n'étant pas possible que trois sujets puissent suffire a près de 3000 habitans qui sont actuellement a l'isle S* Jean et dans ses dépendances .d'ailleurs la Cour ayant fait cette année des dépenses pour quatre missionnaires il seroit triste qu'il ny en eut que trois et d'autant plus fâcheux qu'il est absolument nécessaire qu'il y en ait un nombre suffisant non seulement pour donner a ces habitans les secours spirituels, mais pour les porter et les encourager a s'établir, a se bâtir et a cultiver les terres qui leur sont concédées, du moins d'abord par de simples permis pour subsister par eux mêmes, et cesser d'etre a charge a la cour comme ils le sont depuis trois ans, faute de missionnaires qui les fixent et les forment en villages et en paroisses operation également nécessaire au bien de l'Etat et a celuy de la religion, et sans laquelle il est inutile a la france d'avoir des colons et des habitans, si on ne les applique pas a cultiver la terre, et a former de nouveaux établissemens pour attirer peu a peu ceux qui restent encore sous la domination des anglois qui (si ils avoient le même avantage) en tireroient sûrement un grand party dans la portion de la péninsule, dont ils se sont mis en possession, et dans laquelle la pluspart de leurs habitans périssent faute d'etre faits au climat comme le sont les nôtres, et voila.Monsieur ce qui Me fait désirer de les conserver, et surtout de les employer utilement pour fournir par eux mêmes a leur propre subsistance et pourvoir par la, a la décharge de l'Etat.J'ay fait remettre hier au voiturier, pour la Rochelle, les chapelles et les livres qui ont été accordés par la Cour .comme ces voituriers ne vont qua la Rochelle et point jusqu'à Rochefort, j'écris a M d'Abbàdie ordonnateur Ljsttbe au président du Conseil de Marine \u2014 (9 Mai 1763) 400 ARCHIVES DE QUÉBEC pour le Boy a la Rochelle, je le supplie de retirer le tout, de le faire transporter a Rochefort.j'écris en consequence a M.de Givry, je le supplie de faire embarquer le tout, et de l'adresser a M.Prévost ordonnateur pour le Roy au département de l'isle Royale a Louisbourg, pour remettre a M.Le Loutre qui suivant le mémoire que je luy envoyé, fera le depart et le partage des d.chapelles et des livres suivant leur destination conformément aux veues et aux intentions de la Cour.J'y ay ajouté pour environ 100* de psautiers et de livres de pieté, dont j'ay quêté le montant, afin qu'on puisse faire une distribution aux soeurs de la congregation de Louisbourg, pour les pauvres enfans de la ville qui vont a leurs écoles._ Si je reçois la semaine prochaine les remèdes et medicamens destinés pour nos pauvres colonies je les feray partir par le messager ou par le courrier afin qu'ils arrivent plustot et a tems pour l'embarquement de cette année.J'attens toujours mes extraits et les mémoires que j'ay joins, tant sur le plan general de la colonie que sur celuy de cantonnement, les premiers m'etant nécessaires avec leurs apostilles pour la senreté de mes réponses .les seconds pour l'intelligences de ma correspondance.Le dernier voeu de M.Le Loutre en «'embarquant a été le désir de la place qu'il voudroit obtenir pour son frère c'est un entrepot de tabac dont celuy qui l'exerce a plus de 80 ans.B desiroit aussy un mot de lettre de vous Monsieur et par laquelle vous luy marquassiez ce que vous attendes et ce que vous exigés de ses soins lorsqu'il sera rendu dans son poste, il pourroit la recevoir a Louisbourg, et cela le metteroit en état d'exécuter vos ordres, de concert avec ceux qui sont revêtus de l'autorité du Roy, sans qu'il parut vouloir se mêler de choses qui ne le regardent pas, precaution de sagesse et de prudence que les missionnaires ne scauroient trop observer, pour ne donner ny inquietude n'y jalousie a ceux qui sont directement chargés des ordres du Roy.M.Le Loutre me parle encore de quelques lettres de recommandation de votre part, Monsieur, pour S* Dominique et pour un Breton qui, je crois est de ses parens, et dont j'ay l'honneur de vous envoyer le mémoire.J'ay apris la mort de M.Michel ordontour pour le Roy a la Nouvelle Orleans cela va vous jetter dans un nouvel embaras pour le remplacer toutes les affaires viennent a la fois.M.de Kerlerec est bien en état de satisfaire a tout du moins jusqu'au remplacement surtout si M.de Vaudreuil n'est pas encore party pouvant en tirer beaucoup d'éclaircissement, outre ceux qu'il a pris en partant de france (car il auroit pompé des pierres).Je n'ose vous parler de nos lettres patentes pour l'hôpital de Montreal quoy qu'il fut très a propos d'accélérer le payement de ses créanciers en france mais quand nous aurions ces lettres patentes, la circonstance est peu favorable pour leur enregistrement au Parlement (formalité cependant nécessaire).a cela je dis dans le secret de mon cœur.Mon Dieu donnés nous la paix dans l'Etat et dans hi religion, et disposés vous même les esprits et les cœurs a la recevoir, et pour cela il faudroit je le pense, des esprits droits et des coeurs purs les uns et les autres dégagés de tous préjugés d'opinions, et de sentiment et qui ne tendissent qu'au bien public que la paix seule et la subordination pour l'autorité legitime peuvent procurer a l'Etat et a la Religion.J'en dis peut être ARCHIVES DE QUÉBEC 401 trop pour un simple particulier, mais mes velles et mes intentions sont droites et pures et aussy sincères que le respect avec lequel je suis Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé de l'isle dieu, V* G*1 de colonies françoises en Canada.A Paris ce 9 May 1753.Lettre à M*' du Pontbriand \u2014 (21 mai 1753) Monseigneur, Jay l'honneur de vous écrire presqu'aussy souvent que si nous n'étions pas séparés par des espaces immences, mais c'est cela même qui me fait profiter de toutes les occasions qui s'en présentent.d'ailleurs jay a vous informer d'un envoy de quatre ballots qui vous parviendront par les premiers vaisseaux qui doivent partir de la Rochelle dans 15 ou 20 jours, a compter de celuy de la datte de ma lettre, et il vous en sera, sans doute, rendu une premiere qui n'est que la troisième de cette année, par le missionnaire que M** les directeurs de cette maison envoient a Quebec, pour de la passer aux Tamarois.Les trois premiers ballots que vous recevrés et qui sont numérotés 1, 2 et 3 contiennent des livres dont la cour vous fait present, a la vérité en petit nombre ; mais il en a été donné autant pour la mission de Beausejour, et pareil nombre pour celle de l'isle S* jean.Le quatrième ballot contient une boëte de remèdes, et il en a été donné deux pareilles l'une pour la mission de Beausejour et l'autre pour celle de l'isle S* jean.Je crois avoir deja eu l'honneur de vous écrire trois fois Monseigneur ; la premiere par Rochefort, la seconde par Brest, la troisième par le missionnaire qui est party lundi 14 pour la Rochelle et que cette lettre pourra bien encore y trouver.Depuis son départ il est arrivé bien des choses en ce pays cy.les cinq chambres des Requêtes et Enquêtes du Parlement de Paris ont été exilées dans différentes villes de son ressort.La Grand chambre a été transférée a pontoise.Quatre membres du Parlement ont été arrêtés comme prisonniers d'etat et conduits le premier au mont S* miche], et de la ramené au chateau de Caen, le second a la cytadele de ham en picardie, le 3* aux laies S*° marguerite, et le 4* a Pierre en cize, et le tout pour arrêter les entreprises du Parlement contre la discipline ecclésiastique, le ministère et les ministres.Les cartes sont furieusement brouillées on ignore encore quelle en sera la fin, et tout ce quon y apperçoit c'est que l'autorité du Roy y est directement blessée de la part du parlement qui a refusé constamment d'enregistrer différentes declarations de sa majesté. 402 ARCHIVES DE QUÉBEC Le procès du chapitre et du séminaire n'est pas encore prest d'etre jugé.l'agent du 1\" vient de faire signifier aux seconds une requête immense et si vive que M.M.les supérieurs de cette maison ont d'abord pensé prendre a partie M.l'abbé de la Corne qui ma dit il y a quelques jours, qu'il meferoit signiffier la même requête a laquelle, comme bien penses Monseigneur, je re-pondray par vos simples et premieres conclusions.Quant a votre affaire vis a vis du séminaire M.Esteve a fini votre mémoire a la campagne ou il s'est retiré depuis l'exil du parlement et ou je dois l'aller trouver lundy, pour conférer avec luy sur ce mémoire, et si je puis avoir le tems de vous en faire faire une coppie avant le depart des dn vaisseaux, j'auray l'honneur de vous l'envoyer.La pluspart des pieces que produit aujourd'huy le chapitre, me paraissent plus favorables a vos pretentions sur votre séminaire qu'aux siennes sur la cure de Quebec.A l'égard des lettres patentes de l'hôpital de montreal, la circonstance de l'exil du parlement et de la translation de la grand chambre ne nous est pas favorable, et pourra bien reculer l'obtention desd.lettres patentes, et surtout leur enregistrement, ce qui me fâche beaucoup par l'envie que j'aurois de finir cette affaire, et la crainte que jay que ce' retardement ne mette les créanciers de mauvaise humeur.M\" les supérieur et directeurs de cette maison sont toujours dans l'idée que leurs missionnaires n'ont pas besoin d'approbation; pour celuy qui part pour Quebec il ny a pas d'inconvénient puisqu'il vous y trouvera Monseigneur, et il ma paru bien disposé a n'y remplir aucune fonction sans votre agrément et votre aprobation.A l'égard de celuy qui part pour Louisbourg il y auroit eu un peu plus d'inconvénient puisqu'il n'est pas si sûr d'y trouver M.Maillard, mais M.Leloutre lui en a fait un scrupule a Brest, et je luy ay envoyé une approbation.Le missionnaire que M.M.les directeurs de cette maison dévoient envoyer dés l'année dernière a l'Isle S' Jean, a encore manqué cette année, le ministre leur a écrit sur cela asses fortement et ma mandé dy suppléer par ailleurs si ces M™ ne le font pas, mais je ne le feray qu'a la dernière extrémité, ne voulant pas élever de contre autel vis a vis d'eux, ils sont actuellement onze directeurs et leur charue ne m'en paroit pas mieux attelée, tout ce qui m'en déplaît, c'est que l'oeuvre de dieu en souffre.Continués moy vos bontés et votre amitié je vous prie, comme je vous continueray mon zele, mon attachement et le respect avec lequel je suis Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur, L'abbé Du L'isledieu, Vie.g*1.A Paris ce 21 may 1753.Lettre au président du Conseil du Marine (30 mai 1753) .Paris, 30 May 1753 Monsieur, Je suis bien fâché qu'on vous ait donné lieu de soupçonner ma fidélité et mon exactitude a exécuter les ordres que vous me donnés ; mais pour ma con- ARCHIVES DE QUÉBEC 403 solation et ma tranquilité je me flate d'etre connu de vous par une façon de penser et d'agir bien différente, et si j'avois quelque chose a craindre de ce coté la ce seroit de vous être quelques fois importun par mes representations trop souvent reitérées, quand il s'agit d'obtenir de vous, Monsieur les ordres dont il vous plait de me charger, pour me mettre a portée d'exécuter ce que vous jugés a propos de me confier.En consequence de votre lettre du 10 du courant Monsieur je me suis transporté chés M.Diest, ne l'ayant pas trouvé j'y ay envoyé des le lendemain matin avec une lettre, pour le supplier de me donner son jour et son heure .des le jour même il ma envoyé quelqu'un de sa part avec qui j'ay fait en trois caisses séparées le partage des remèdes accordés par la Cour, pour les colonies de la nouvelle france en Canada.La premiere pour M.l'Evêque de Quebec la seconde pour la mission de M.LeLoutre sous le fort Rouillé autre fois dit Beausejour et sur ses rivières.La troisième pour la mission de l'isle S' Jean et des le samedy 19, j'ay fait mettre les d.trois caisses au messenger de la Rochelle, pour partir le lundy suivant 21 a l'adresse de M.Dabbadie, que j'ay eû soin d'en prévenir par une lettre séparée ainsy Monsieur c'est aujourd'huy le dixième jour que ces trois caisses sont en route pour la Rochelle.Quant aux autres ballots concernant les chapelles et livres, accordés par la Cour et que vous m'avés ordonné de faire partir par les roulliers ils sont partis de le 9 du courant par consequent depuis 21 jours et sûrement arrivés quoy que M.Dabbadie n'ait pas encore eu le tems de m'en accuser la reception.Je crains bien que le Missionnaire nouvellement promis par M.M.des missions étrangères pour remplacer celuy de l'année dernière et qui n'a pû encore partir cette année n'arrive pas aussy exactement pour le tems de l'embarquement, d'autant plus qu'ils n'en ont pas encore de réponse, et outre le tort que le deffaut de ce missionnaire fera a la mission de l'isle S* Jean, a laquelle il etoit destiné je m'attends bien a en recevoir des reproches de M.l'Evêque de Quebec, qui depuis plusieurs années me mande de m'adresser au séminaire du S' Esprit qui a fourny'les meilleurs sujets qu'il ait dans son diocèse, et en particulier M.Le Loutre et M.Maillard et en cela Monsieur je m'avoue-ray d'autant plus coupable que j'avois un missionnaire qui seroit party sur le champ et dont j'avois même prévenu M.le Comte de la Galissonniere, mais sur le compte que M.M.les directeurs de cette maison m'ont rendu de la demarche qu'ils avoient faite auprès de vous pour vous offrir de remplacer le missionnaire qu'ils promettent depuis un an j'ay cru devoir les laisser faire quoy que je sois bien persuadé que leur nouvelle promesse a ce sujet sera sans effet comme les précédentes ; mais par la suitte Monsieur, je vous suppliray de vous en rapporter a moy du choix des sujets que vous jugerés a propos de faire passer dans les Colonies, car je vois avec douleur qu'on vous fatigue inutilement et que faute de s'entendre le bien du service et celuy de la Religion en souffrent également.J'ose encore vous supplier Monsieur de me faire renvoyer mes derniers extraits avec le plan de cantonnement que j'y ay joint et les mémoires différents qui l'accompagnent le tout m'etant nécessaire pour l'entretien de ma 404 ARCHIVES DE QUÉBEC correspondance avec les missionnaires des différentes colonies dont je me trouve chargées de vous rendre compte chaque année Monseîur et a M.l'Evêque de Quebec.Les créanciers de l'hôpital général de Montreal me tourmentent journellement pour finir avec eux et ce seroit une occasion favorable pour me les rendre plus tr ai tables, mais je ne pub rien finir, au nom de la d* veuve Youville que je n'y sob autorbé par les nouvelles lettres patentes du Roy et leur enregistrement.En finissant, comme en commençant mes lettres je me trouve toujours vb a vb de la crainte de vous importuner par mes representations réitérées quoy que je ne cherche en cela qu'a vous prouver mon exactitude inseparable du respect avec lequel je sub Monsieur, etc, etc, etc, L'abbé de l'isle dieu, V\" G*1 des Colonies de la N*u* france en Canada.A Paru ce 30 May 1763.Lettre A M\" de Pontdriand \u2014 (mai 1753) Monseigneur, B ne me paroit pas naturel de laisser partir un missionnaire de cette maison sans vous écrire, je vous ay adressé par un vaisseau partant de Brest un fort gros pacquet dans lequel je vous informe de tout ce qui a été décidé a la cour en faveur de lacadie pour les habitants francois qui sont encore sous la domination des anglob, et a qui on envoyé un missionnaire, de ce qui a été accordé a ceux qui sont sous le fort de Beausejour, sur les rivieres et dans lisle S'jean, des mesures qu'on veut prendre pour fortifier les rivières de l'isle S* Jean, et du missionnaire qu'on accorde a M.Maillard.Celuy que MM.les directeurs de cette maison envoyent cette année et qui vous remettra cette lettre est destiné par eux pour leur mission des Tamarois qui me paroit depuis longtems fort négligée ny ayant été envoyé aucun sujet depuis plus de 16 ans .Cest M.Laurent qui mecrit cette année pour me demander de luy faire lemplette de quelques ornements pour son église, en me mandant quil n'écrit point a M.M.ses supérieurs de paria parce quil n'a jamais pu en avoir de nouvelles depuis plus de 16 ans qu'Os lont envoyé dans cette mission, d'un autre côté ces messieurs me disent quils leur écrivent tous les ans et quils leur envoyent tout ce quils leur demandent .qui croire ?il faut quil y ait du mécompte de part ou d'autre.Tout ce que je crob quil y a de vray, et ce qu'on me mande du vobinage de cette mission, cest quelle est fort négligée et qu'elle ne consiste presque plus qu'a un très petit nombre de familles françoises et que tous les sauvages s'en aont détachés soit par le libertinage ou les plonge l'excès de leau de vie qu'on leur verse, ou parce quon ne les suit pas lorsqu'ils vont hyverner dans les bob pour leur pèche et pour leur chasse. ARCHIVES DE QUÉBEC 405 il me paroit cependant que cette mission est, ou doit être asses bien pour le temporel puisque les emplettes que M.Laurent me propose de luy faire et pour lesquelles il offre d'envoyer des lettres de change monteront a près de 2000'.Jay proposé a M.M.les directeurs de cette maison de s'en charger ils ont refusé.nos lettres patentes pour l'hôpital de mont real ne sont point encore expédiées .rien ne finit a la cour.les affaires du parlement et ses entreprises contre le clergé encrouent toutes les affaires et celles du public en sont même négligées puisque le palais est fermé, et que les chambres quoyque restées assemblées ont déclaré quelles cesseraient toute autre affaire jusqu'à ce que le Roy eut écouté leurs remontrances, et que sa majesté vien de leur enjoindre sous peine de désobéissance d'enregistrer sa declaration et ses lettres patentes du 22 février dernier.Cette affaire se brouille plus que jamais et pendant ce tems la toutes les affaires soit du public ou des particuliers restent indécises tant au conseil qu'au parlement, voila ce qui retarde lobtention de nos lettres patentes, et quant elles seroient expédiées au conseil, nous serions retardés au parlement pour lenregistrement, et pendant ce tems la les créanciers me pressent, et je crains que ce retardement ne les rendent moins favorables pour les remises.cest a tous égards un grand malheur que les troubles qui subsistent dans letat et la religion.Je n'ay encore pu obtenir mes extraits donnés au ministre des le 20 du mois de mars ; ainsy je n'ay encore n'y extraits n'y apostilles pour seureté des réponses que je dois faire.aussy n'ay je encore fait de réponse qu'a vous seul Monseigneur ; mais je crois cependant quil n'y aura n'y changement ny variation sur les articles dont je vous ay fait part et qui ont été décidés dans le dernier travail, du moins on m'en a expédié une partye pour ce qui regarde les livres et les chapelles pour les nouveaux missionnaires de Lisle S* jean.Quant aux livres de pieté on ne m'en a accordé que 1000 vol.dont un tiers pour vous Monseigneur, le second pour la mission de Beausejour, et le 3* pour celle de lisle S* jean.le tout arrivera a Louisbourg et M.le loutre vous fera envoyer ce qui vous regarde Monseigneur.j'ay fait une petite quête pour envoyer quelques psautiers aux sœurs de la Congregation et quelques catéchismes de sens et quelques journées chrétiennes pour distribuer aux pauvres enfants de la ville qu'on envoyé aux écoles, et qui n'ont pas moyen d'en acheter; mais la quête s'est trouvée plus foible que l'emplette, cest ordinairement la recompense des commissionnaires ; mais en tous cas la dépense n'est pas grande et le profit qui en résultera pour les pauvres est plus que suffisant pour en dédommager.Laffaire de votre chapitre et de votre séminaire n'est point encore jugée, et ne le sera pas même encore de quelque tems.Lagent du chapitre s est plaint au ministre de ce que le séminaire retardoit le jugement en ne produisant point, et depuis ce tems la cest le chapitre qui retarde pour produire de nouvelles pieces quil a découvertes et aux quelles il m'a dit que le séminaire nauroit point de répliques a faire sans compter (ma til dit) quelles ne luy feraient pas honneur. 406 ARCHIVES DE QUÉBEC la dernière fois que jay vu le rapporteur il m'a assuré que cette affaire ne finiroit pas sitôt surtout en été ou les affaires vont beaucoup moins vite pour l'expédition a causes des frequents voyages de la cour qui vont se succéder jusq'a celuy de fontainebleau.Quant a la votre Monseigneur, vis a vis du séminaire ces M.M.sont fort tranquilles, et ne me disent rien, ils n'en paroissent pas fort occupés, ils disent seullement que si les choses ne restent pas dans letat ou elles sont vous fer es de votre séminaire diocésain (s'il en existe un) ce qui vous plaira.cest la leur arme defensive persuadés quils sont que les biens leur appartiennent et cest la je crois ce qui effraye M.votre frère qui je crois s'est imaginé que cest moy qui vous ay excité a entreprendre et a soutenir ce procès, vous s caves au contraire combien j'en suis esloigné ; mais vous étant aussy attaché que je le suis je ne puis me dispenser de vous rendre les services qui dependent de moy, du moins pour vous faire les consultations dont vous aves besoin.je crois que M.M.les directeurs de cette maison seront étonnés du jour dans lequel M.Esteve aura mis cette affaire, malheureusement son age et ses infirmités font quil ne va pas vite, d'ailleurs nous ne sommes pas dans une circonstance a mettre cette affaire sous les yeux du Roy si nous sommes obligés d'en venir la.chose je crois inevitable pour demander un arret de règlement sur et d'après lavis des arbitres si ces MM.en conviennent, ou des Commissaires si le Roy informé de vos contestations vous en donne pour luy en rendre compte et le mettre en état de les juger et de vous régler.Je finis en vous assurant du dévouement, de l'attachement et du respect bien sincères avec lesquels je suis Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De L'isle dieu, Vie.g»1.Lettre A M«' de Pontbri and \u2014 (31 u ai 1763) Monseigneur, Voicy, je crois, la dernière fois que j'auray l'honneur de vous écrire de cette année, du moins je ne prévois pas avoir d'autres occasions ny d'autres motifs de le faire.R s'agit dans cette lettre de votre affaire vis a vis de votre séminaire et de son indépendance prétendue, il me paroit que ces M\" l'exercent icy comme a Quebec et quils sont toujours dans le même système, qui abboutit a dire que si vous changés la moindre chose a la forme de leur gouvernement, vous n'aves qu'a reprendre votre prétendu séminaire.Ils m'ont dit aujourd'hui quils s'alloient assembler pour vous faire réponse, et que sans manquer au respect quils vous dévoient, ils alloient vous parler fort nettement, sur les quatre propositions que vous leur aves fait faire l'année d\".Vous trouvères cy joint un nouveau mémoire de M.Esteve quil ma renvoyé de b) campagne ou il est depuis la translation de la Grand chambre, a Pontoise, et l'exil de cinq chambres des requêtes et enquêtes. ARCHIVES DE QUÉBEC 407 Je n'ay pu prendre qu'une lecture très rapide de ce mémoire, dont jay fait faire une copie qui m'est restée pour l'étudier un peu plus a fond.B y a quelque chose que je voudrois retrancher: 10 sur l'avidité de M\" du séminaire de Paris et leur envie de s'enrichir aux dépens du séminaire de Québec, je scay bien quil y a eu autrefois une sérieuse contestation entre un directeur de cette maison qui etoit procureur du séminaire de Quebec, et les directeurs de ce séminaire, pour les comptes que ce pr avoit a leur rendre, je me souviens même que ce comptable s'en est mal tiré, mais il ne s'agit pas de cela présentement, c'est la question de droit quil faut agiter.le séminaire de Quebec est il Séminaire diocésain.?fut' il érigé pour tel en 1663 et confirmé tel par les lettres patentes.?etoit-ce un séminaire diocésain quon vouloit unir au séminaire de Paris dans le projet sans effet de 1665 ?est-ce un séminaire diocezain qu'on a unit réellement au séminaire de Paris par l'union de 1675, confirmé par les lettres patentes de 1676,.?voila Monseigneur, la veritable question de droit et, a laquelle doivent être ramenées toutes les questions de fait qu'on pourroit faire naitre a ce sujet.2° J'aurois voulu que M.Esteve se fut épargné le parallelle peu flatteur quil fait dans son mémoire des anciens directeurs, du tems de l'union, et des directeurs actuels, aussy bien que des secours que les premiers donnoient au diocese et du peu que ceux cy fournissent de sujets.3s Je trouve le mémoire de M.Esteve un peu lâche, chargé de plus de quelques repetitions, le parallelle quil fait de l'espèce de contestation que vous aves actuellement avec les directeurs de votre séminaire, et de celle de M.de Langres, vis a vis des pères de l'oratoire qui gouvernoient alors le sien, me paroit nonseulement former pour vous Monseigneur, une forte présomption mais une demonstration de votre droit commun et de votre jurisdiction immediate sur votre séminaire, et l'argument fait a M.M.les directeurs de cette maison, et surtout a M.Dufaù, est tellement ad hominem que j'ignore encore comment et par ou il pourra repondre, et quelle exception de fait il pourra opposer a la question de droit, si comme les Pères de l'oratoire il y acquiêce ; mais vous ne deves jamais croire Monseigneur, pouvoir terminer cette affaire par la voye d'arbitres, et je vois, a mon grand regret, que Vous serés forcé de vous adresser au ministre, et de demander au Roy un bureau et des commissaires pour juger votre contestation, a moins que M.M.les directeurs de cette maison ne vous fassent une réponse plus favorable que celle quils m'ont communiquée de vive voix ; car quelque respectueuse quelle soit, je vois quelle tend a tout éluder et a ne rien terminer.Si vous aviés le tems Monseigneur, de faire un petit precis du mémoire de M.Esteve, pour l'adresser au Roy par la voye du ministre, vou* auriés sûrement aussytot un arret, de propria moiu qui vous accorderoit un bureau et des commissaires.c'est même la voye courte et abrégée que vous indique M.Esteve par la lettre quil m'écrit et que je joins a ce paquet.Peut être ces Mra parleraient ils plus francois sils se voioient pressés a ce point.Jay eu l'honneur de vous dire cy devant Monseigneur, que c'etoit a regret que je vous donnois ce conseil, mais je regarde ce party comme forcé, a moins que vous ne vouliés trainer cette contestation au delà de la durée de votre episcopat, et laisser pendant ce même tems votre séminaire sous la conduite de gens qui meconnoissent votre jurisdiction. 408 ARCHIVES DE QUEBEC Jay eu l'honneur de vous dire quils ne U reconnoissent pas plus icy qu'a Quebec.Bs viennent d'envoyer un sujet pour second a M.Maillard a Louisbourg, sans aucune espèce d'aprobatioa, et sil ne trouve pas M.Maillard a Louisbourg je ne scay pas comment il fera pour exercer ses fonctions, a moins que ces M.M.ne luy ayent dit quil le pouvoit faire sur leur simple mission, et toujours sur le fondement que feu M.de La Val les avoit appelle dans son Diocese avec une extanssion de pouvoirs illimitées.Ce missionnaire que je ne connois point, puisqu'il n'a fait que passer a travers de la maison, a apparemment eu une sorte de scrupule en route, ou le scrupule est venu de M.Leloutre, qui m'a écrit de Brest pour luy envoyer des pouvoirs.Ce n'est pas la Monseigneur, le moindre inconvenient que nous ayons et que nous causent M.M.le directeurs de cette maison, quand on leur demande des sujets, ils n'en ont point.Quand on en trouve ailleurs ils en veullent fournir, mais ces sujets ne partent point, et en voicy un exemple.On leur demanda l'année d\" trois sujets pour l'isle S* jean, ils repondirent quils n'en avoient point, des quils virent qu'on en avoit trouvé, par le S* esprit, ils en offrirent un, qui devoit accompagner M.Lemaire et M.Perronnel.Ce missionnaire, après avoir reçu sa gratification, n'est point party, ça été la même chose cette année et des quils ont vu quon en avoit un pour remplacer le leur, ils ont écrit au ministre pour le prier de leur permettre d'en chercher un, apparemment pour se dispenser par la de rendre la gratification de 600* que leur premier missionnaire avoit reçue des il y a un an, quoy quil ne soit party, et je vois avec douleur quil en sera de même du dernier qu'ils ont promis, puis quil ne paroit point, et quil ne leur a pas même encore fait réponse.cependant le ministre me manda hier que les vaisseaux alloient partir, et tout ce que cette lettre pourra faire sera d'arriver asses tôt.B est fâcheux que la pauvre mission de l'isle S' Jean reste, par la faute de ces M.M.avec trois missionnaires qui sont M.M.Girard, Perronnel et Lemaire, qui se trouveront chargés par la au moins de 460 familles qui se sont répandues sur cette Isle et dans ses dépendances.B est vray que comme jay eu l'honneur de vous le mander dans mes premieres lettres Monseigneur, quil y a un très bon religieux recollet au port la Joye ; mais un quatrième missionnaire séculier seroit encore absolument nécessaire pour fixer ces pauvres habitans en villages, les former même en paroisses, et les encourager, par le moyen de leurs missionnaires, a s'établir et a cultiver les terres qui leur seront concédées, pour pouvoir subsister par eux mêmes, et cesser d'etre a charge a la cour, qui a fait cette année de très grands efforts pour eux, tant en chapelles, livres, medicamens, rations de subsistance, qu'en mettant leurs missionnaires sur l'état de Louisbourg jusqu'à ce quils puissent subsister des dixmes, et c'etoit la une belle occasion pour fournir cette Isle d'un nombre suffisant de missionnaires, dont le deffaut fera également souffrir le bien du service et celuy de la religion.Je ne fais aucun doute que la cour, qui s'en appercevra, ne s'en plaigne quand elle verra que le missionnaire promis par M\" les directeurs de cette maison ne partira pas cette année, surtout en ayant un qui ne demandoit pas mieux que de partir, et quil partiroit même encore sur le champ si ces M\" ne nous leurroient pas chaque jour de nouvelles promesses contre toute espérance. ARCHIVES DE QUÉBEC 409 Voua me dires peut être Monseigneur, que je ne devrois pas my arrêter, mais j'ignore quelle extension de pouvoir et de confiance vous aves donnée sur cela a M.de Lalanne en partant de Quebec, d'autant plus quil se dit votre grand vicaire.c'est donc a vous Monseigneur, a vous expliquer sur cela, non vis a vis de moy mais vis a vis du ministre, afin que je puisse agir conse-quemment et ne rien hasarder ny faire au delà de vos vues qui feront toujours ma règle.Le dernier missionnaire qui est party pour le séminaire de Quebec, et qui est destiné par ces M\" aux Tamarois, m'a paru bien disposé a recevoir vos ordres et a les exécuter.On ma mandé hier de la cour que les lettres patentes de l'hôpital de montres! avoient enfin été passées et expédiées au conseil, reste présentement la formalité de l'enregistrement que la dispersion du Parlement pourra bien encore retarder ; car la Grand chambre est toujours transférée a Pontoise, et les cinq chambres des requêtes et enquêtes dispersées dans les différentes villes du ressort du Parlement.le Roy paroit tenir bon et le parlement reste opiniâtrement dans son opinion et sa resistance aux ordres les plus precis de Sa Majesté, tandis quil professe par un corps monstreux (sic) de remonstrances, quil a fait imprimer et distribuer dans le public, quil est le seul deffenseur, le protecteur même de l'autorité du roy et des loix fondamentales de l'état, on ignore encore comment tout cela finira ; mais cela fait un grand mal, et porte un coup égal et bien dangereux a la religion et a l'autorité du Roy.un tiers désintéressé, s'il pouvoit y en avoir dans le royaume, auroit beau jeu a dire que nous nous battons des mêmes armes, quoyque le vray ne puisse être que d'un coté et le sophisme de l'autre ; en voila bien long Monseigneur, mais la distance ou nous sommes et le tems que je vas passer sans vous écrire, font que je voudrais vous tout dire, entreprise bien difficile, heureux du moins si je réussis a vous prouver l'attachement inviolable et respectueux avec lequel je suis Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur L'abbé De L'Ibledieu.A Paris ce 31 may 1753.Je crois Monseigneur quil conviendrait d'envoyer une coppie collationnée de l'acte du 30 Xbn 1663, passé entre les supérieur, assis tans, et procureur de votre séminaire et la fabrique de votre église.Lettre de M.Helvetiub à l'abbé de L'Ible-Dietj (1\" Juin 1753) Monsieur, Vous avés grande raison de vous plaindre du petit nombre de remèdes, il y en a trop peu pour la quantité d'endroits ou vous voules en envoyer, mais 1° jày agi en aveugle, et -je ne s ça vois pas quelle etoit la destination de ces remèdes, et je croyois quils alloient dans un même lieu et dans ùn même endroit.2° M.Rouillé m'avoit donné ordre d'en envoyer pour 4 ou 5001, ce que jay exécuté.B en faudrait au moins pour 10001 tous les ans pour ces trois endroits dont vous me parles ; enfin on na jamais envoyé de remèdes 410 ARCHIVES DE QUEBEC dans ces colonies la.Le Boy en faisoit donner autrefois aux missionnaires du Levant, qui étoient les reverends pères jésuites, mais ce netoit pas pour les sujets du Boy ny pour les colonies, c'estoit parce que M\" les jésuites preten-doient qu'a la faveur de ces remèdes, qui faisoient beaucoup de bien, ils s'intro-duisoient dans bien des maisons, gagnoient la confiance et faisoient plus de progrès pour la religion.La Destination de cet envoy me paroit encore plus intéressante pour le Boy, puisque c'est pour la conservation de ses propres sujets ; lesquels effectivement luy doivent être tout aussy chers que ceux de france.outre cela il en coûte beaucoup plus au Boy pour le malade quand il est a l'hôpital, ou il n'arrive jamais que fort tard, ce qui fait quils périssent pour l'ordinaire, au lieu quil en guérit d'avantage quand on peut leur donner des secours de bonne heure, et pour ainsy dire ches eux, ainsy je croîs quon ne peut rien faire de mieux et de plus utile que d'y faire tous les ans un envoy, je crois a vue du pays quil faudroit quil aille à 1000 ou 1200', le succès qu'ont les remèdes dans les provinces doivent bien engager les ministres a faire ce nouvel établissement qui n'est pas considerable pour le Boy, mais je suis bien aise de n'en avoir envoyé d'abord que peu, afin qu'on puisse juger des effets des remèdes, et voir quels sont ceux qui sont les plus convenables, si les doses sont assés fortes, et faire en consequence dans le premier envoyé suivant une plus grande quantité de certains remèdes que des autres qui seront moins utiles.Pour cet effet il faut que M.l'évêque de Quebec recommande beaucoup a tous ceux quil chargera de la distribution de ces remèdes, de lire et de relire plusieurs fob les petits livrets qui sont joints, ou il est parlé des différentes espèces de maladies, et de lire outre cela les feuilles imprimées séparément avec grande exactitude, la manière de se servir des remèdes, leur dose, et les precautions qu'on doit observer en les donnant ; et c'est sur les observations de ces personnes la que je pourray régler le premier envoy, mais il faut quib lbent beaucoup le petit livret ou il est parlé des différentes maladies ou ces remèdes conviennent, car c'est la ce qui doit les conduire, et moy je ne peux agir que sur leurs observations, il faudra aussy quib me marquent quels sont les remèdes qui réussissent le mieux, et dont on se sert plus fréquemment, afin que je pubse régler mon envoy en consequence ; il faudra que dans les suittes nous le faisions toujours de concert, et vous pouves être sûr que je me preteray toujours autant quil sera en' moy a vos vues charitables, et que je ferny tout ce qui dépendra de moy pour les faire réussir.Je sub avec un respectueux attachement Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur (signé) J.helvetius.Versailles ce 1\" juin 1763.A suture dans le prochain rapport de l'Archiviste. ERRATA Page 137, 1*.3*.4*.5* lignes \u2014 Lire Jutrat au lieu de Jutral.Page 161, 2* ligne \u2014 Lire Georges-Antoine Belcourt au lieu de Jacques.Page 162, 46 et 48* lignes \u2014 Lire Deguire au lieu de Déguise.Page 167, 22* ligne \u2014 Lire Trois-Pistoles au lieu de Trois-Rivières.Page 170, 45* ligne \u2014 Lire Jean-François Gagnon au lieu de Joseph-François.Page 173, 10* ligne \u2014 Lire Michel Masse au lieu de Pierre.Page 184, 15* ligne Dito.Page 174, 34* ligne \u2014 Lire Raby au lieu de Roby.Page 175, 15* ligne \u2014 Lire Jean-Olivier Chèvrefils au lieu de Jean- Baptiste.Page 178, 13* ligne Dito.Page 184, 30* ligne \u2014 Lire François-Joseph Déguise au lieu de Jean-François.Page 197, 3* ligne \u2014 Lire Sainte-Luce au lieu de Sainte-Lucie.Page 199, 29* ligne \u2014 Lire Louis-Marie Cadieux au lieu de Jean- Marie.Page 200, 35* ligne \u2014 Lire Hubert Robson au lieu de Hugh- Page 256, 3* ligne \u2014 Lire Louis Raby au lieu d'Antoine Raby.Page 223, 9* ligne \u2014 Lire Denis-Benjamin Viger au lieu de Denis- Bonaventure.Page 263, 8* ligne \u2014Lire Damase Ricard au lieu de Damase Richard. INDEX AbancoUr, Marie d', 54.Abbadie, Jean-Jacques-Blaise d', 358, 399, 403.Abénaquis, Les, 219, 253.Ablon, d*\u2014Voir Dablon.Abgrali, R.P.Jacques, 312, 321, 343.Abgralt\u2014Voir Abgrali.Abraham, Jeanne, 46.Abraham, Le nommé, 55.Abraham, Marguerite, 73.Achon, Anne, 43.Acoup, Michel, 55.Adam, Jean, 17.Adinvaut dit Polidor, Jacques d', 135.Adverty\u2014Voir Averty.Agathe, Marie-Anne, 89.Agrin, Elisabeth, 125.Aguenier, Léger, 124.Alain, L.-L.-S, 179.Alain, Simon, 87.Alibamons, Les, 335.Allaire, Charles, 80.Allaire, Jean, 70.Alleboust, V\" Louis d', 12.Ailleboust de Musseaux, Charles, 108.Allemands, Les, 298.Allenou de Lavillangevin, L'abbé René-Jean, 306.Aloignon, Sébastienne, 7.Alton, Êtiennette, 127.Ambroise (Aubré), R.P.385.Ameau dit Saint-Séverin, Séverin, 136.Amiot\u2014Voir Amyot de Vincelotte.Amounet, Jean, 27.Amyot, L'abbé Laurent, 189, 198, 200.Amyot de Villeneuve, Mathieu, 26.Amyot de Vincelotte, Charles, 16.André dit Saint-Michel, Michel, 117.Andrieu, Antoine, 62.Anest, Robert, 44.Angers, L'abbé Philippe, 159, 193, 259.Anglszf, L', 308.Antoine, Le nommé, 59.Apalaches, Les, 298.Archambault, Anne, 118.Archambault, Jacquette, 103.Archambault, Laurent, 112.Archambault (Mm° Gilles Lauson), Marie, 126.Archambault (Mmo Urbain Tessier), Marie, 123.Archambault, L'abbé Paul-Loup, 170, 195, 205, 211, 224, 231, 260.Archambault, Pierre, 178, 179.Archevêque de Paris\u2014Voir M\" de Beaumont.Ardion, Marguerite, 80.Ardionne\u2014Voir Ardion.Ardy\u2014Voir Hardy.Arkansas, Les, 335.Arnue, Marthe, 120.Arpentigny\u2014Voir Le Gardeur de Re- pentigny.Arrivé, Jacques, 97.Arrivé, Jean, 82.Arrivé, Maurice, 64.Arrivé, Pierre, 151.Artaut de Latour, Pierre, 148.Artus, Michelle, 119.Artus de Sailly, Louis, 107.Asseline, Jacques, 72.Athanase (Guégot), R.P., 311, 312, 318.Aubard, Jacques, 15.Aubé, Marcel, 244, 245.Aube, Marie, 75.Aubert, Jacques, 148.Aubert, Marguerite, 16.Aubert de la Chesnaye, Charles, 23.Aubin, Michel, 55. 414 ARCHIVES DE QUÉBEC Aubry.L'abbé Clément, 186, 243.Aubry, L'abbé Laurent, 180, 181, 188, 189.191, 199, 203, 207, 239, 267.Aubry, L'abbé Luc, 192.Aubuchon, Anne, 147.Aubuchon, Jacques, 137.Anchois, Nicolas, 89.Audet, G., 245.Audiau\u2014Voir Hodiau.Audigcr, Pierre, 23.Auger, Isabelle, 77.Auger de Subercase, Daniel, 306.Auger dit Le Bacon, Jean, 114.Aunois, Jeanne, 149.Aurard, Catherine, 123.Autreuil, Marthe, 118.Auty, Jean, 37.Auvray, Jean, 94.Auvray, Michel, 52.Averty, Julien, 132.Averty, Maurice, 113, 132.Avisse, Denis, 92.Avoir, Jean, 7.Avril, François, 92.Aylmer, Lord, 155, 166, 163, 171, 180, 208, 213, 215, 228, 234, 237, -,243, 244, 247, 253, 262, 269, 272.Baby, Jacques, 242.Baby, Jacques Dupéron, 186.Bacon, Gilles, 46.Bacquerville, Adrien, 139.Bacquet, Jean-Baptiste-Edouard, 264, 267.Bacquet dit Lamontagne, Marguerite, 269.Baillard\u2014Voir Bayard.Baillairgé, M., 174, 178.Baillargeon, L'abbé Charles-François, 191, 192, 199, 239, 246, 260, 261.Baillargeon, L'abbé Etienne, 172, 246, 267.Baillargeon, Jean, 74.Baillargeon, Jeanne, 74.Baillargeon, Mathurin, 146.Bâillon, Antoine, 72, 76.Bailly dit Lafleur, François, 125.Balan, Ignace, 124.Balier, Jean, 85.Ballent\u2014Voir Balan.Barabé, Nicolas, 136.Barbaut\u2014Voir Barbeau.Barbeau, Marie, 61.Barbier, Gilbert, 119.Bardé, Jeanne, 68.Bardy, Le notaire A.-E., 186.Bareau, Marc, 61.Bareau dit Saintonge, Jean, 143.Barette, Guillaume, 142.Barette, Jean, 36.Baril, Jeanne, 57.Barille\u2014Voir Baril.Barré, Catherine, 64.Barré, Gabrielle, 66.Barthe, J., 205.Barthélémy, Le boulanger, 45.Barthélémy, Le nommé, 84.Bascon\u2014Voir Bacon-Basset, Bénigne, 108.Bathurst, Lord, 248.Bauchand\u2014Voir Beauchamp.Bauché, Guillaume, 64.Baudet, Antoine, 124.Baudoin, Jacques, 103.Baudon de Lagrange, Jacques, 72, 76.Baudouin, Jean, 120.Baudouin, Madeleine, 136.Baudoin\u2014Voir Baudouin.Baudouin, S.J., B.P.Michel, 397.Baudreau dit Greveline, Urbain, 127.Baudry, Antoine, 122.Baudry dit Lamarche, Urbain, 185.Baugy, Michel, 57.Baust\u2014Voir Baux.Baux, Michel, 71.Bayard, Bénigne, 108.Basin, Charles, 212.Bar.ire, Charles, 13.Beatrix, Jacques, 72.Beaubien, L'abbé Jean-Louis, 188, 189.Beauchamp, Jacques, 122.Beaudet, Jean, 91.Beaudouin, Jean, 138. ARCHIVES DE QUÉBEC 415 Beaufils, Etienne, 84.' Bcaugis\u2014Voir Baugy.Beauharnois, Le Gouverneur Charles , de, 287.Beau jean, Élie, 114.Beauïieu, Le nommé, 22.Beaumont, Mir Christophe de, 330, 348, 366, 381, 387.Beaumont, L'abbé Pierre, 195.Beausseron, Claude, 109.Beaussier, Jeanne, 24.Beauvaïs, Jacques, 124.Becquet, François, 106.Bédard, Isaac, 101.Bédard, L'abbé Jean-Baptiste, 199, 203, 230, 231, 246, 250.Bédard, L'abbé Pierre, 174, 176, 177, 236.Bedmond, Hugh, 166.Béland, L'abbé Pierre, 158, 161, 167, 175, 205, 234, 235, 236, 237, 240.Bélanger, L'abbé Alexis, 269.Bélanger, Charles, 37.Bélanger, Charlotte, 77.Bélanger, François, 31.Bélanger, L'abbé Jean-Baptiste, 169, 198, 201, 202, 211.Bélanger, L'abbé Joseph-Marie, 192, 218, 253, 255.Bélanger, Louis, 158.Bélanger, Marie-Charlotte, 55.Bélanger, Marie-Madeleine, 18.Bélanger, Martial, 235.Bélanger, Nicolas, 60.Bélanger, Pierre, 269.Belcourt, L'abbé Georges-Antoine, 157, 160, 161, 163, 164, 165.Belisle, La maréchal de, 353.Bellanger\u2014Voir Bélanger.Bellanger, Charles, 13.Belleau, L'abbé Ferdinand, 159, 168, 169, 175, 176, 186.237.Bellefeuille\u2014Voir Lefebvre de Belle-»
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