La presse, 12 décembre 1981, C. Arts et spectacles
[" EN VENTE PARTOUT COSMOS de CARL SAGAN EDITIONS i& SELECT GRAVURES JAPONAISES RUE DULUTH C 10 THÉÂTRE CINÉMA HORAIRES ] Cahier D JANE FONDA semble parfois avoir plusieurs personnes dans plusieurs réalités différentes» J'avais rendez-vous avec Jane Fonda à Toronto, en fin d'après-midi.Comme il faisait beau, j'ai flâné dans la rue avant de monter à sa chambre d'hôtel.De son côté, elle a fait la même chose.Nous aurions pu nous rencontrer.A l'heure convenue, j'ai frappé à sa porte.Jane Fonda n'y SERGE DUSSAULT était pas encore.Quand elle est entrée, elle avait les joues roses, la mine superbe.Elle me paraissait beaucoup plus détendue qu'il y a deux ans, quand je l'ai vue à New York pour la sortie de The China Syndrome.Elle s'excuse de son retard.Dans quelle langue se fera l'interview?Je propose le français, puisqu'elle a vécu en France à l'époque où elle était la femme de Roger Vadim.Jane Fonda hésite: elle a beaucoup oublié son français.Mais elle a tort: elle s'exprime bien, même si, par moments, pour préciser sa penser, elle retourne à l'anglais.De quoi avons-nous parlé?De Rollover, son dernier film, que je venais de voir et qui prend l'affiche vendredi prochain à Montréal.De On Golden Pond, dans lequel elle joue pour la première fois avec Henry Fonda, son père.De sa carrière, qui a pris une tournure passionnante.Elle écoute les questions, réfléchit avant de répondre et elle a la gentillesse de prendre cette interview au sérieux.Elle rit souvent, d'un beau rire franc.\u2022 C'est étonnant de voir comme sa carrière a changé depuis l'époque Vadim.On dirait qu'elle n'est plus la même actrice, ni la même personne.«C'est l'impression que j'ai quand je vois mes films de cette époque.Il me semble parfois avoir été plusieurs personnes dans plusieurs réalités différentes.Heureusement que je suis une actrice.Autrement.I would be in big trouble! » - N'est-ce pas ce qui vous est ar-rivé en dehors de votre carrière proprement dite qui a fait de vous l'actrice que vous êtes devenue?« Oui, c'est ce que mon mari pense: que, d'une certaine façon, ma réalité est plus grande que la somme de mes rôles et ça amène une dimension nouvelle à mes personnages de fiction.Autrefois, j'avais honte de mon image, maintenant je n'ai plus honte, mais je suis distanciée.Je me vois objecti- vement, comme si ce n'était pas moi.Je n'ai jamais cru que j'aurais du succès, et que ma vie serait comme ça, je trouve ça étonnant.» - Le succès, pourtant, vous le connaissiez depuis toujours, il entrait à la maison paternelle avec le pain et le beurre.Est-il vrai que, toute jeune, vous ne vouliez pas faire carrière au cinéma, et que votre père, d'ailleurs, ne vous y encourageait pas?«Il m'a toujours dit que j'avais du talent, mais il avait vu tellement de gens échouer qu'il ne voulait pas que je sois actrice à n'importe quel prix.Je n'avais pas le physique et le tempérament que je croyais nécessaires.J'étais timide, pas très jolie et un peu gauche.Alors, ça a pris beaucoup de temps et c'est seulement parce que je ne pouvais pas faire autre chose.» - A vingt ans, vous êtes tout de même allée étudier la peinture à Paris.«Oui, mais je n'étais pas assez douée.Mon père, oui, mais pas moi.Il est brillant même.Il fait une peinture très précise, en trompe l'oeil, surtout des natures mortes.» - Qu'est-ce qui vous a décidée, à votre retour aux Etats-Unis en 1961, à suivre des cours de théâtre?«Je voulais voir si j'avais ce qu'il fallait.Et c'était à cause du maître Lee Strasberg, le directeur de 1'Actors' Studio à New York où Marlon Brando, Montgomery Cliff, James Dean ont tous commencé.C'est lui qui m'a dit: « Il y a quelque chose!».Et, brusquement, je me suis sentie libérée d'un poids et complètement envahie par le désir de jouer.Je crois que ce désir était là tout le temps, mais j'avais tellement peur de ne pas être à la hauteur à cause de mon père.» - Ça correspondait à quoi, pour vous, de jouer?«A une libération.» - De ce que vous étiez?«Oui.Oui, je pouvais enfin m'exprimer.En ça, je ressemble beaucoup à mon père: nous sommes tous les deux très timides: mais cachés derrière le masque d'un personnage, on peut se laisser aller.« Au début, à Hollywood, j'ai fait des films simplement parce que j'avais du succès, que c'était un travail facile, qu'on me payait beaucoup et que je ne savais pas quoi faire d'autre.Le point tournant de ma carrière a été, en 1968, They Shoot Horses, Don't They?.J'avais pour la première fois un personnage complexe, je pouvais vraiment entrer dedans, sans jamais l'épuiser.Et, pour la premiè- re fois, j'ai eu le sentiment de jouer dans une histoire qui disait quelque chose de la société américaine.» - C'était un tournent en effet, puisque votre film précédent, Barbarella, n'était pas du tout la même chose.Avant, vous n'étiez d'ailleurs pas encore Jane Fonda, mais toujours la fille d'Henry Fonda ou la femme de Roger Vadim.«Je crois que, d'une certaine façon, le contraste entre Barbarella et They Shoot Horses m'a éloignée de Vadim et de la France.» - La Nouvelle Vague française n'a pas été pour vous très enrichissante.«On m'a exploitée, on a fait de moi un sex objet.Je n'étais pas satisfaite, quoique j'aie beaucoup appris et que je sois devenue plus professionnelle.Mais je n'étais pas très stimulée par les projets de Vadim.» - Comment voyez-vous Hollywood aujourd'hui?«Les racines du cinéma américain sont dans les films de gauche, même des films très progressistes.A IPC, ma maison de production, nous poursuivons cette tradition établie par John Ford, Frank Capra.Mais Hollywood a| tellement changé depuis que j'ai commencé.Les acteurs, liés par contrat aux grands studios, ne pouvaient pas mener leur carrière ¦ comme ils voulaient, particulièrement les femmes.Depuis Julia et Turning Point, c'est-à-dire depuis que les femmes ont du succès au box-office, cela a changé et il y a plus de rôles intéressants pour elles.Je crois que de plus en plus de producteurs et de metteurs en scène s'interrogent sur la valeur de leurs films et veulent pouvoir se sentir fiers de leur travail.C'est aussi vrai pour les jjjudios: peu à peu, les gens qui dirigent les studios sont les gens qui ont été formés dans les années soixante.Ça fait peut-être bien de dire que les années soixante, c'était pas grand'chose, mais les gens de cette génération ont une conscience différente.Et ce sont eux aujourd'hui qui décident quel film se fera et quel film ne se fera pas.Je suis très optimiste, ne serait-ce que parce que le cinéma va réagir contre Reagan.» - Comment entrevoyez-vous la suite de votre carrière?Songez-vous à écrire un scénario, à réaliser vous-même les films de votre maison de production?«Je serais incapable d'écrire un scénario ou de faire la mise en scène.Je suis capable de donner l'étincelle, comme je l'ai fait pour China Syndrome.J'ai créé mon personnage, son nom, la couleur de ses cheveux, d'où elle venait, ce qu'elle faisait, tout.Même dans Rollover, en réalité j'ai créé le personnage.Dans plusieurs films, il m'est arrivé d'improviser le dialogue.J'ai improvisé toutes les scènes avec le psychiatre dans Klute, plusieurs grandes scènes dans Coming Home, j'ai écrit quelques dialogues dans China Syndrome et Rollover.Mais un scénario, je ne peux pas.Là encore, il faut que je me cache derrière un masque.Le scénariste, c'est le masque.Sachant que c'est lui \u2022 ou elle - qui doit signer et finalement écrire les mots, ça me libère.- C'est incroyable! Vous sem-blez incapable de dire: voilà ce que je suis et voilà ce que je fais.«Je ne peux pas! Si c'est ma responsabilité, je deviens très prudente, inhibée.Ce que j'aime, c'est d'avoir la liberté de jeter une idée et que quelqu'un que je respecte et en qui j'ai confiance me dise franchement: «Ah, brrr, affreux!» Ou: « Ah, c'est pas mal!» Je ne peux rien faire toute seule.Je vis mal sans mari, je ne peux PAGE D 1 DANIEL LAVOIE Comme un chanteur français Tous les artistes québécois sont attirés par la France.Pour des raisons évidentes.A cause de l'importance de sa population tout d'abord.Parce qu'on peut y donner le même show pendant deux bonnes années, sans jamais devoir se représenter devant le même public.Parce qu'elle leur permet de respirer donc, un luxe que ne consent pas l'étroit marché du Québec où il faut se renouveler constamment, réinventer pour le début de chaque saison, où l'on ne peut donner guère plus de trente ou quarante spectacles par année, à moins d'être une très grosse vedette, où les distances à franchir entre chaque ville sont énormes par surcroit, où les frais sont conséquemment très élevés, au point de bouffer une partie importante des recettes de chaque show.Il faut dire aussi que la loi concernant les droits d'auteur est beaucoup plus incisive en France qu'elle ne l'est chez nous, qu'on la respecte davantage donc, que sa perception y est également beaucoup mieux structurée, ce qui fait dire à tous les artistes ayant travaillé là-bas un jour ou l'autre, qu'il est plus rentable d'y connaître un petit succès que d'en remporter un énorme au Québec.Quoi qu'en dise les gens de la CAPAC (l'Association des auteurs, compositeurs et édi- teurs canadiens, un des organismes responsables de la perception des droits d'auteur au Canada).Et puis il y a le prestige.Ajoutez à tout cela, en effet, ce vieux réflexe qu'ont encore les Québécois de porter aux nus un artiste dont ils ne se souciaient pourtant guère avant que la France n'en reconnaisse officiellement le talent, et vous comprendrez aisément pourquoi des gens comme Vigneault, Charlebois, Diane Du-fresne et plusieurs autres, y ont investi une partie importante des cachets qu'Us touchaient au Québec, pendant de longues années, avant même d'en retirer un seul cent.Car il ne faut pas se faire d'illusion malgré tout.La partie ne sera pas facile.Sauf exception, PAGE D 4 LEMEAC Le 100e titre de la collection théâtre PAGE D 2 \u2022 1 C 2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 12 DECEMBRE 1981 KATHERINE PANCOL Trente-trois mmsw deux romans, un succès Katherine Pancol.C'est en écrivant les résultats d'une interview avec Katherine Pancol, la dernière-née des étoiles montantes de la littérature française et la plus jeune, que la question se pose.Devrait-on lire l'oeuvre avant l'interview ou faire comme il ar-rive,pârfois, faute de temps, la lire après.Pourrait-on bavarder aussi allègrement et simplement avec cette belle grande fil- JttADELEINE PUBUC le saine qui a l'air de croquer la vie à belles dents blanches, qui pourrait, si elle n'était pas déjà casée dans la littérature, faire du cinéma, poser pour le dernier parfum-on le lui a déjà demandé- se faire voir avec le beau monde international, mais qui refuse tout ça, par amour pour l'écriture.Lui parlerait-on comme à une copine, presqu'une amie si on avait fait sa connaissance d'abord à travers les lignes de «La barbare».ce livre, publié aux éditions du Seuil, qu'elle ne veut pas considérer autobiographique, mais qui ne peut pas ne pas l'être, la passion de l'auteur y resurgissant de partout et le récit prennant souvent des allures de règlement de comptes.L'approche, sans doute,le cas échéant, aurait été différente, sans pour autant, diminuer la sympathie.Catherine Pancol, pour ceux qui n'ont pas encore lu son pre- mier livre, «Moi, d'abord» publié en 1979 alors qu'elle avait 30 ans, livre vendu par la suite à 300,000 exemplaires, c'est une journaliste française, née au Maroc et qui, après des études avancées en lettres à Nanterre, devient professeur à Lausanne et, par la suite, collaboratrice au Figaro, à Paris Match, au Cosmopolitain.« J'ai réalisé un jour que j'avais fait le tour du journalisme, raconte Catherine Pancol, et que, si j'en faisais toute ma vie, ce serait par intermittence.» Ce qu'elle fait maintenant, partageant son temps entre New-York où elle se réfugie pour écrire,* pour , dit-elle candidement, fuir le succès dont j'ai mal pris les à-côtés, les fausses impressions qu'il crée, les obligations qu'il impose » et Paris où l'attend son monde à elle, une mère, une frère, un ami qu'elle aime et à qui elle retourne toujours.« J'ai eu la chance d'avoir un homme qui a cru en moi, dit Katherine Pancol.On a besoin d'avoir quelqu'un qui croit en soi.qui dit «Tu as envie d'écrire ce que tu ressens, fais-le» et qui prend la chance que ce qu'on va écrire peut faire mal.» «La Barbare» « La Barbare» de Katherine Pancol, c'est l'histoire de l'amour,partagé, d'une jeune femme pour l'ami de son père rencontré après la mort de celui-ci.C'est une histoire de passion, émouvante par moments, cruelle souvent.Comme la vie.« Comme moi, dit l'auteur,qui puis tout , .aussi bien être généreuse, bravé,, aimante que moche, plouke, bêté; et méchante».Le roman retrouve son heroine, Anne.une dé-voreuse, revivant l'abandon , à'-l'âge de dix ans, d'un pert2 qu'elle adore et qui l'adore,et dont elle se sent abandonnée lo« \u2022 rsqu'il quitte sa mère.Anne va chercher la vengeance par per*' sonne interposée.«Mon père *ù y moi, dit Katherine-Anne, c\"était le Père Noel.Je cherche encore , le Père Noel.Quand je le trouve* je le rejette.Et je ne changerai\" pas.Seulement, maintenant, je me connais et j'avertis les autres.» \u2022 Une fois ses deux premiers- \u2022 livres, un peu beaucoup biogtftg j phiques,ii semble qu'il y aup&-.changement dans l'oeuvre littô-/ raire de Katherine Pancol.On Retrouvera probablement dans urî prochain roman, celui qu'elle irtl* ! jote dans sa retraite newyor- ¦ kaise , dont elle n'a pas encore\"' trouvé le thème , mais qu'elle voudra, assure-t-elle, moins ceri- ' tré sur la démystification de ses fantasmes.«Le travail littéraire i ne m'est pas facile, a-t-elle dit la I semaine dernière devant le café \u20221 de quatre heures, les yeux brll- \u2022 lants, les joues rosées et sans fard comme celles d'une adoles-cente.Quand j'écris, je souffre pendant des mois.Autant je suis .volubile en temps normal, autant je deviens renfermée.C'est la \".raison de New-York, d'ailleurs, où je n'appartiens à personne, où je n'ai pas de références.Ensuite, quand tout est fini, je rentre chez moi.» ni Pour les fêtes.offrez des best-sellers Québec/Amérique vous propose des traductions de grands succès américains.i.H» in &2 737 p.19,95$ AZTECA par Gary Jennings UN GRAND BEST-SELLER AUX ÉTATS-UNIS Voiià une magistrale fiction historique.(New York Times) Un énorme roman coloré, puissant et souvent effrayant, qui fait o juste titre crier ou best-seller (Publishers Weekly) Un tribut de premier ordre à la civilisation aztèque.des centaines de détails impudiques, effroyables, parfois drôles, magnifiquement théâtraux.dans un récit courtois et picaresque.rempli de sang, de sexe et d'aventures.(Kirkus Review) * - 210 p.95$ LE SOLITAIRE par Frank Hohimer Un cambrioleur qui gagnai, entre 3 et 5 millions de dollars par année.Voici la traduction du best-seller américain THIEF.Cesr l'histoire vécue d'un cambrioleur professionnel qui a voulu taire forlune en travaillant seul mais qui, au bout du compte, a été forcé de mettre ses talents au service de la Mafia.jusqu'au moment où Jl en a ou assez.«Les gens comme Frank hohimer ne passent habituellement pas le cap de la quarantaine: ils sont exécutés en douce par leurs employeurs ou abattus par la police.Hohimer, lui, o survécu et il vient raconter son histoire.» \u2022 (Herbert Beigel, ex-procureur de l'équipe spéciale chargée d'enquêter sur les syndicats du crime) :DlCTIONNAIRE .PRATIQUE ¦ - '.DES MEDECINES iDOUCES il DICTIONNAIRE PRATIQUE DES MÉDECINES DOUCES présenté par le docteur Serge Mongeau LE CORPS HUMAIN EST MERVEILLEUSEMENT ÉQUIPÉ POUR RÉSISTER AUX MALADIES ET SE GUÉRIR 392 p.12,95$ Voici, peut-être, le livre le plus important de votre vie.Plus de deux millions d'exemplaires vendus aux USA.?Xln ouvrage de référence pratique, indispensable à toute la famille.0> Un livre qui recèle aussi bien des traitements naturels éprouvés par le temps que les nouvelles thérapies nées des plus récentes recherches.«t JMfij w 1F B.«t»i«> »« « > v \u2022 »» > vs.- \u2022 »., LE PHENOMENE EDGAR CAYCE par Lytle W.Robinson 216p.9,95$ C'est une étude particulièrement bien documentée, qui o pour but d'établir si les pré-dictions, les déclarations et les «lectures» de Ccyce sont vraios ou fausses.Dans cet ouvrage, on cura enfin l'occasion d'explorer en profondeur le monde d'Edgar Cayce et de fortifier \u2014 ou modifier \u2014 son opinion sur'ce qu'a dit et fait le plus grand médium-guérisseur de notre temps.Les évidences qu'on y présente en étonneront certains et épouvanteront d'autres.BON DE COMMANDE O Azteca $19.95 ?Le Solitaire $12.95 ?Dictionnaire.$12.95 O Le Phénomène Edgar Cayce 'Nom.Adresse.$ 9.95 Code Vous trouverez ci-joint la somme de.S sous forme de ?chèque C mandat à l'ordre de : ÉDITIONS QUÉBEC/AMERIQUE 450 est, rue Sherbrooke, Suite 801 MONTRÉAL, QUÉBEC H2L 1J8 COMMANDES TÉLÉPHONIQUES ACCEPTEES: (514) 288-2371 JEAN ASSELIN Le mime, c'est l'art de la manière Seul au milieu du plateau, avec des gestes qui ont, au préalable, été défaits et recomposés suivant les règles de son art, le mime s'exerce, pelle à la main, à un mouvement, bref mais bien rodé, que des spectateurs verront peut-être au prochain spectacle.Il y a 18 ans que Jean Asselin s'adonne au mime, q'il définit, simplement, comme «l'art de la manière».C'est en 1964, au collège, que Paul Buis-sonneau Ta découvert et qu'il s'est retrouvé à la Roulotte, le théâtre mobile de la ville de Montréal.Il y a passé cinq saisons et réalisé deux mises en scène.Entre-temps, Jean Asselin avait fait à Paris un séjour d'étude chez Maximilian Decroux, le fils de celui qui serait un jour son grand maître.\u2022 C'est durant les cours de mime qu'il a rencontré Denise Boulanger.Ensemble et avec d'autres membres de la troupe qu'ils avaient formée en 1970, ils sont allés, de 1972 à 1977, étudier le mime à Paris chez celui qu'Asselin appelle «le grand maestro»: Etienne Decroux.«Decroux, confie Jean Asselin en interview, a été un homme de théâtre, un politique aussi, socialiste dans l'âme, anarchiste dans sa jeunesse.Il a voulu passer par le mime pour exprimer ses convictions.Il existe aujourd'hui une école de mime corporel, de mime moderne, grâce à lui, en réaction à la pantomime au masque blanc du 19e siècle.» Selon Asselin, Decroux (aujourd'hui âgé de 83 ans) a «créé une grammaire, un vocabulaire» du mime.Denise et moi avons passé cinq ans chez Decroux.Nous vivions dans le bâtiment, nous recevions des cours, nous en avons donné les trois dernières années.» Les premières créations du Mime Omnibus remontent à 1972: cette année-là, au Théâtre de Quat'sous, la troupe a fait 80 pour cent d'assistance pendant un mois.Mais c'est à leur retour de Paris, en 1977, que Jean Asselin et Denise Boulanger fondent l'École de mime corporel du Quat-sous, et qu'ils relancent en même temps la troupe du Mime Omnibus avec d'ex-collègues de Paris: une Australienne, un Suisse, une Française, des Américains et des Canadiens.Rue Saint-Dominique, l'École de mime corporel est vite devenue un centre international de formation où viennent souvent se perfectionner des professionnels qui sortent des écoles européennes.la sang-mêlé d'arrière-pays de Réal-Gabriel Bujold ; i sang-meie «/.»¦¦» /-.'(/nions ÏA'iw.u i L«j fermeture des petits villages gaspésions vers i f»G9 met la hache dans les espoirs d un peuple trahi Les boucliers se lèvent de tous Ie9 coins de Ramelet trandis que des événements insolites viennent chavirer les habitudes de la «Tawainguo».la sang-mé!e Epiphanie Innis et de sa fillt» Un récit envoûtant écrit dans une langue roche et sonore que I auteur nous a rendue familière par son roman: «le P tit Ministre-les-pommos.» ¦ \u2022 '-4 \u2022 1.1 Mm t \u2022 » t .» \u2022 .i \u2022 \u2022 » GRAND PRIX LITTÉRAIRE 1981-82 RÈGLEMENT 1.L'ouvrage primé doit avoir été édité sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal 2.Dans le cas de co-édition.l'édition étrangère doit porter le nom du co-éditeur montréalais.3.Le prix est décerné a l'auteur dune oeuvre littéraire (roman, nouvelle, poésie, essai, histoire, etc.) éditée sous forme de livre, pour la première fois, au cours de l'année précédente (1981).4.Le prix à décerner consiste dans le versement à l'auteur de l'ouvrage primé d'une somme de $3,000.00 5.Le Conseil des arts paie les frais d'attribution du prix et les autres frais incidents.6.Le Conseil des arts forme un jury de gens de lettres et suggère au Conseil de la Communauté la formation du jury du Grand Prix.Tous les ouvrages doivent parvenir au secrétariat du Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, avant 1 6 heures, le 1 2 janvier 1 982.date limite pour l'inscription.Les formulaires d'inscription peuvent être obtenus à l'adresse suivante: 2, Complexe Desjardins \u2014 Suite 2223 Montréal H5B 1 E6 Tél.: 872-2074 et 843-41 42 CONSEIL DES ARTS de la COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL * 101] M (Kl \\ \\ 14 \\ \u2022 '\u20224 '\u2022\u2022 v.\\itt\\i V.1 i i \u2022 ¦ i .'\\j \u2022?i.r 'mil rtfi S z » 1 V I r Hibratrte les éditions flammarion 25 00 ch arneau 1691 est, rue Fleury - Complexe Oesjardins - 573 est, bout.Henri-Bourassa - Carrefour du Nord à St-Jérôme Promenades Saint-Bruno - Centre d'Achats Duvernay (Librairie Dussault) x LA CUISINE ITALIENNE 2150 I m I - T i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 12 DÉCEMBRE 1981 C 3 Jean CathcaSa IJTTERATUME # 30 ans en y US PARIS \u2014 Jean Cathala fait les choses comme personne d'autre ou à l'envers.Il attend l'âge de 75 ans pour publier ses Mémoires d'Europe de l'Est dos années 30*40 (Sans fleur ni fusfl, 100 pages, Albin Michel) et, sans sourciller, prévoit qu'il lui faudra cinq à sept ans LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale pour écrire la suite, c'est-à-dire les 30 années qu'il a passées à Moscou entre 1943 et 1973.En faignant d'ignorer qu'il fait partie des témoins privilégiés de cette histoire du siècle qui s'est faite en union soviétique.Le Goulag?Il y est resté un an, un mois et huit jours.Staline?Il l'a rencontré en personne, au moment des entretiens avec de Gaulle en 1944.Soljénitsyne?Il a été le traducteur français de Ivan Denlssov-titcfi.Les communistes occidentaux?Il les a tous connus, étant de 1947 à 1973, le correspondant de France Nouvelle, l'hebdomadaire du P.C.F.D'abord gaulliste, puis procommuniste à partir de la guerre froide, puis sceptique, aujourd'hui critique impitoyable de la réalité soviétique.Cathala a eu un itinéraire qui parait incroyable, a été témoin d'événements comme pratiquement aucun autre Occidental.«Il y a des gens qui peuvent écrire sur l'URSS après trois semaines de séjour, Moi ce n'est pas mon genre», dit-il en me recevant dans son appartement-musée à Paris \u2014 portrait au mur de son père officier, impressionnante collection de pipes russes et centre-européennes, bibliothèque imposante.Rigueur toute militaire, ou méticulosité d'intellectuel?En tout cas il lui aura fallu longtemps après son arrivée en Europe de l'Est pour com mencer à déballer ses souvenirs.«Il fallait attendre que ça mûrisse», ajoute-t-îl avec-un sérieux imperturbable.Cathala avait 24 ans lorsqu'il est arrivé à Tallin, ville aujourd'hui inconnue de la terre entière, et qui.en 1929, était la capitale de l'Estonie, petite république de la mer Baltique, brièvement indépendante, depuis la défaite allemande de 1918, et en attendant l'annexion par l'URSS en 1940.Cathala y est directeur de l'Alliance française et jeune diplomate.Dans la tempête Arrive précisément en 1940, «le même jour, dit-il, la Wehr-machl défile dans Paris, et l'URSS annexe l'Estonie».Cathala.antipétainiste de la première heure, refuse de se faire rapatrier en France occupée: *il aurait fallu traverser l'Allemagne nazie, et ce son! de> choses qui ne se font pas.En tout cas pour moi».Avec deux autres Français, le voilà donc, abandonné en pleine tempête, sans emploi et sans ressources à Tallin \u2014 «j'étais le seul chômeur officiel d'URSS».Ce qui lui donnera tout le loisir d'observer le processus de transformation volontaire de l'Estonie en démocratique populaire, scénario qui devait se repeter en Europe de l'Est après la guerre.Jusqu'au moment où.après la rupture du pacte germano-soviétique, lui le gaulliste inconditionnel se trouve déporte au Kazakhstan en tant que ennemi petairiiste.Il y restera un an.Si je dis que Cathala fait les choses à Tenvers c'est qu'effectivement ce fils d'officier patriote de viendra effectivement pour de longues années pro-eommu-niste \u2014 et à Moscou \u2014 , mais après avoir cons la té de ses yeux l'expansionnisme de Staline et les joies du système concentrationnaire.Mais, ex-plique-t-il.-«c'était la guerre et ses absurdités\".Lui-même avait parié sur l'URSS, «le seul pays capable de casser les reins à Hitler».On l'emprisonne: «bon.c'est comme le fantassin qui se fait bombarder par sa propre artillerie».Le régime soviétique, il en voit tous les cotés boni Mes, mais il est également fasciné: «je savais qu'il s'y passait des choses épouvantables, mais je croyais que l'idéologie constituait la force même du régime, qu'elle avait une rationalité qui me manquait».Le système concentrationnaire, en réalité, il le voit et ne le voit pas en même temps., «je savais qu'il y avait des centaines de milliers, des millions de gens dans les camps, qu'il y «avait des villes entières transformées en camps de travail.Mais, au fond, comme tout le monde, je croyais que la plupart étaient vaguement coupables, en tout cas opposants.Le vrai choc, pour moi, ce lut le rapport Khrouchtchev, les millions et les millions de victimes du stalinisme étaient donc innocentes».Libéré après un peu plus d'un an, il redevient diplomate auprès de la délégation de la France Libre.C'est là uu'il rencontrera à la fois de Gaulle et Staline.Y compris au cours d'une réception nocturne ou le directeur géorgien se livre a un extraordinaire numéro terroriste-bouffon ù l'endroit de ses ministres et adjoints.La mort de Staline En fait, il aura été surtout le témoin (et la victime) de la grande illusion stalinienne.«La grande cassure, ça été la mort de Staline en 1953, les premières révélations sur le complot des «blouses blanches», les premiers retours des camps.v Pour Cathala, Staline a été effectivement une sorte de Dieu vivant pendant la plus grande parte/ de son rogne.«Du jour au lendemain, on apprendra qu'il était l'un des plus grands criminels de l'histoire., a partir de ( e moment la.les Sovié tiques ne croiront plus à rien.Plus jamais.» Cathala assistera \u2014 entre autres \u2014 aux émeutes de l'adoration».Des milliers et des milliers de personnes tentant de forcer les cordons de sécurité pour s'approcher du cadavre de Staline.Combien de morts?«Quelques milliers, on ne sait pas.».Puis il restera encore 20 ans en URSS.Pourquoi, si, comme il le dit, il avait cessé d'y croire?Il avait choisi Moscou au moment de la guerre froide en estimant que «des deux impé-rialismes, le moins dangereux pour l'Europe était l'URSS».Là-dessus je me suis complètement trompé, dit-il aujourd'hui.L'URSS est une puissance expansionniste, c'est sa caractéristique principale.» Il restera pourtant à Moscou, correspondant d'un hebdomadaire coiTimuniste, «j'essayais malgré tout de faire passer des informations, des analyses»».Peut-être a-t-il cru au Kroucht-tchevisme, a une certaine libéralisation.A quel moment a-t-il cessé d'y croire pour de bon?En tout cas il voulait «connaître ce pays».Ii était marié à une Soviétique et, vers la fin.«le problème était d'en sortir: nous n'avions plus d'autorisations pour aller en vacances en France.» Ce monsieur très élégant, un peu raide, noeud papillon, veste de tweed, 75 ans, et qu'on confondrait volontiers vec quelque colonel britannique retour des Indes, a donc dans la peau et dans le cerveau 45 ans de soviétisme.Le livre qu'il vient d'écrire ne constitue finalement qu'une introduction, un avant-goùt.Couleurs Goethe, que nous connaissons tous comme écrivain et poète, fut aussi un homme de science remarquable.Il travailla durant toute sa vie à parfaire sa théorie des couleurs, qui avait à PIERRE MASSUE ses yeux une importance primordiale.Cette théorie eut une influence décisive sur de nombreux artistes, dont Kandinsky, auquel certains attribuent la paternité de l'art abstrait.Goethe qui fut initié à la tradition maçonnique en même temps que Mozart, élabora une théorie qui tient compte autant de la nature de la couleur que de son symbolisme.Pierre Cadieu, dans un livre qui réussit le tour de force d'en résumer l'essentiel, en une soixantaine de pages seulement: LA THÉORIE DES COULEURS DE GOETHE, nous propose de découvrir le monde de la couleur, non seulement à travers la théorie de Goethe, mais encore par des exercices à la fois simples et pratiques, qui seront du plus grand secours à tous ceux qui veulent perfectionner leurs connaissances en cette matière.Contrairement à Newton, Goethe estime que l'oeil est à la fois percepteur et le créateur des couleurs.Parmi les multiples expériences qu'on nous propose ici, à la page 17, une citation tirée du traité des couleurs, nous invite à poser une feuille blanche sur un mur jaune et à la regarder se teinter de violet.Cadieu nous fait voir le mouvement des couleurs à travers le prisme, l'arc-en-ciel et le cercle chromatique.Le jaune, à la fois rayonnant et informe, vire à l'orangé en s'in-tensifiant.Le bleu s'incruste dans les formes et se concentre en violet.Le rouge «pénètre son environnement et parfois même le submerge».Il s'agit d'un exposé remarquable, brillamment adapté de l'anglais, à la fois poétique et pratique, rehaussé de trois planches, évidemment en couleurs et complété d'une courte et précieuse bibliographie.Tout est couleur et pourtant peu de livres y sont consacrés.Bien que la peinture soit avant tout l'art de créer par la couleur, trop d'artistes se contentent encore de les plaquer sur leur dessin, un peu au hasard.Pierre Cadieu, lui-même poète, parvient avec une rare élégance à nous faire pénétrer dans la pensée profonde de Goethe.Ce petit traité se penche d'une manière radicalement nouvelle sur la vie parfois très brève des couleurs dans les phénomènes chimiques, alchimiques, naturels et artistiques.À la page 58.elles sont en parallèle avec le yin et le yang, les notes de musique et les planètes qui leur correspondent.«La couleur est énergie! Goethe l'étudié qualitativement, contrairement à New- ton et ses considérations quantitatives.La théorie des couleurs réfère à une conception panthéiste de l'univers.«Tout est dans tout!» Ce petit traité vous invite à une plus grande compréhension de la nature.L'artiste ne doit pas se contenter de représenter le monde, mais bien d'en faire émaner les principes.Car l'art est toujours la manifestation de l'esprit dans la matière.» (page 61).Quel dommage que pour des raisons bêtement économiques, dont l'absence de toute subvention, ce petit livre merveilleux ne soit tiré qu'à mille exemplaires.LA THÉORIE DES COULEURS DE GOETHE, par Pierre Cadieu, Éditions Université Libre, Montréal 1981.67 pages.$9.I ¦ \u2022\u2022t1 \u2022*($> \u2022 - ^ 1».' , « m ¦ l*Xft'''\">: Y 7J JL JONATHAN LIVINGSTON I.E GOELAND Flommjnon \u2022 29 50 S L'ESTAMPE SKir.i-1?5 00S VIF.Dl JCHANN SEBASTIAN HACM njmm.tr ion 1r».95$ BACH FLAMMARION.LE GOUT DES FETES 4 * 4 i9Z -'A HE '->.r< m ¦ 1 *.- ' Ht* «\u2022., \u2022M 9&- TOUS à longueur d'année1 Les romans Les essais L'allée du Roi de F.Chdndernagor Prix rcg.: *20.75 Notre prix: $16.60 Les puissances des ténèbres d Anthony Buroess Prixrég $ 16.95 Notre prix: il 3.56 Belle du seigneur d'Albert Cohen Pnx ré'j.-*26.50 flotte prix: $21.20 Azteca de G Jennings Pnx rég: ^19.95 Notre prix: 115.96 Biographie d Yves Navarre Pnx rég.: $18.50 Notre prix: * 14.80 Le choix de Sophie de William Styron Prix rég: 519.95 Notre prix: $15.96 Une vie n'est pas assez de Rota Groult Pnx rég : *9.95 Notre prix: #7,96 Le jeu de la tentation de Jeanne Bourin Pnx réa.* 15.95 Notre prix: $12.76 La chambre des dames île Jeanne Bourin Prix rég: 515.95 Notre prix: $12,76 Gn autre nom pour l'amour de Colleen McCuilough Prix ré.j:* 14.95 Notre prix: $11.96 Anne-Marie de Lucien Bodaid (Pnx Concourt 1981) Prixrég $ 18.95 Notre prix: #15.16 La nuit du décret de M del Casullo (PrixRenaudot1981) Pnx rég.: * 15.95 Notre prix: $12,76 Satan Belhumeur de V L Beaulieu Prix rég.: $12.95 Notre prix: $10,36 Les têtes à Papineau de Jacques Godboui Prix rég.: *9.95 Notre prix: #7.96 Cent ans dans les bois d'Antoniiie Maillet Prix rég.: * 14.95 Notre prix: #11,96 Les lilas fleurissent à Varsovie d'Alice Panneau Prix rég.:* 19.95 Notre prix: #15.96 Le matou de Yves Bcauchemm Prix réq.: * 14.95 Notre prix: $11.96 Le canard de bois de louis Caron Pnx rég.: S 13.95 Notre prix: $11.16 Le spectateur engagé de Raymond Aron Pnx réo ;*20.75 Notre prix: $16,60 L'état du monde 1981 Prix rég * 14.95 Notre prix: $11.96 Les enfants du Verseau de M f'erquson Pnx rég.^21.95 Notre prix: $17,56 Le défi informatique de 3.Lussdto Prix rég.:* 12,95 Notre prix: $10.36 La lumière médicale de N Rer>>:id Prixrég.*! 9 43 Notre prix: $15.56 Notre démocratie d'ignorants instruits de R.Jolrv Prix rég.î 12.95 Notre prix: $10.36 Sadate, pharaon d'Egypte del Desiard:ns Prix rég.: $26,50 Notre prix: $21.20 Histoire .des Américains de D.BoofStin en 3 vol.Pnx rég.* 150.80 Notre prix: $120.64 Histoire de la Gaspésie de Délanger.Desjaidins et Prenette Pnx rcq.: *29.95 Notre prix: $23.96 La famille de M Chan ipagne-Gilbert Prixrég^* 18.95 Notre prix: $14,36 Nostradamus historien et prophète de J.C.Je Fontbrune Pn\\rég:*!9.95 Notre prix: $15.96 Les fantasmes masculins deN Fnday Prixrég.: 514.95 Notre prix: $11,96 Dictionnaire d'Histoire de France de Decaux et CasteUot Prix rég : *93.00 Notre prix: $74.40 Dictionnaire des symboles de J.Chevalier Pnxréq.*42.û0 Notre prix: $33.60 Un homme de O Failed Pnx ré; * 14.95 Notre prix: $11.96 Une femme honorable (Marie Curie) de F Giroud Pnx rég.:* 14.95 Notre prix: 611.96 La Rive Gauche de H Lottman Pnx rég.*2l.9t> Notre prix: $17.56 Entre le ciei et l'enfer de lgiesias Pnx rég.*9.95 Notre prix.$7.96 Une sorcière comme les autres de L Lanctot Prix réa * 12.95 Notre prix; $10.36 Confidence d*» *A Paanol Pnx rég : *1595 Notre prix: $12.76 Moi.ChristianeF., 13 ans, droguée, prostituée Pnx rég *13 95 Notre prix: $11.16 Biographies et souvenirs Maria Callas par delà sa légende d\"A.Siassinopoulos Prix rég.:* 10.95 Notre prix: $15,16 La virginlenne de B.ChaseRiboud Prixrég 516.95 Notre prix: $13.56 Les livres pratiques Dictionnaire Petit Robert I (noms communs) Prixrég $49.95 Notre prix: $39.96 Dictionnaire Petit Robert II (noms propres) Pnx rég:$64.95 Notre prix: $51.96 Le livre des records 1981 Prix rég * 19.95 Notre prix: $15.96 Quid 1982 Pnx rég : *45.30 Notre prix: $36.24 Dictionnaire pratique des médecines douce de S Monqeau Pnxré.; *i2.9: Notre prix: $10.36 Depuis quand?de P.Germa Prixrég 514.95 Notre prix: $11.96 Nouvelle encyclopédie de la cuisine canadienne de.l Benoit Pnx rég.: *32.95 Notre prix: $26.36 Grand atlas mondial de Reader's Diq«-s: Pnx réq.: *39.95 Notre prix: $31.96 Nouveau cours des Glénans Prix rég : *39.60 Notre prix: $31,68 Manuel complet du bricolage de Reader's Digest Pnx rég.: $26.95 Notre prix: $21,56 Beaux livres Riopelle de Guv Robert Pnx rég *79.95 Notre prix: $63.96 Maria Chapdelaine illustré par Clarence Gagnon Pn* rég.: $70.00 Notre prix.S56.00 Rabelais illustré par Gustave Doré en 2 vol.Pnx rég : *49.90 Notre prix: $39.92 Les arts décoratifs 1980-1940 de Bot cîas Prixrég.: $49,95 Notre prix: $39,96 L'art maya ri?H.SUerlin Pnx rég.: $79.50 Notre prix: $63.60 Cosmos de C.Sagan Pnx rég.: $34.95 Notre prix: $27,96 La gravure au Québec de G Daiqneault et O Deslautiers Prix rég: $75.00 Notre prix: S60.00 Histoire d'un art: le dessin de Sfdra P-.^ràï $115.00 Notre prix: $92.00 L'acupuncture chinoise de G Soulié de Mcrant en 2 vol.Pnx réq.* 155.65 Notre prix: $124.52 Les grands vins de France Pnx rég: $41 4^ Notre prix: $33.16 Le livre de la photographie de LarousseMontH Pnx rég : $50.00 Notre prix: $40.00 Nouveau Larousse gastronomique Prix rég.: $104,00 Notre prix: $83.20 Dictionnaire encyclopédique Larousse Prixrég: * 105.00 Notre prix: $84.00 La peinture au Québec de G Robert Prixrév] \u2022 Notre prix: $36.00 À la recherche du temps perdu df Marcel Projst en 3 vols Coll Pléiade Prixrégj $109,00 Notre prix: $87.20 Norval Morisseau de L.Sinclair et J.Pollock (comprenant une sénqraphie gratuit» Prixrég : *75.00 Notre prix: $60.00 ».» t Commandes postales et téléphoniques (514) 342-1515 Nous acceptons les commandes téléphoniques avec VISA et Mastercard seulement.Les commandes postales doivent être accompagnées d'un cheque ou mandat-poste au montant exact (frais de poste: $0.75 par livre) ou du numéro de votre carte de credit et de la date d'expiration.librairie NAUD-BRAY ».\u2022 ».tji s k K * C 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 12 DÉCEMBRE 1981 UTTEMFUKEL PEUT-ETRE À TOKYO Histoires désir et Jean-François Somcynsky est parisien d'origine, comme son nom l'indique, et vit parmi nous ou à l'étranger depuis quelque vingt-cinq ans.On a pu lire de lui, au fil des saisons, des nouvelles et des romans qui témoignent de son enracinement et de son ouverture au monde.Il a écrit aussi pour la radio et la télévision.Il paraît faire de la littérature un passe-temps, ce qui veut dire qu'il MARTEL plaisir prend l'écriture au sérieux plus que lui-même.Sans qu'il s'en rende compte peut-être, il a derrière lui ce qu'on appelle modestement une oeuvre.Pour la défendre, à supposer qu'elle en ait besoin, il ne fait rien.Une oeuvre tout court, ces ponts jetés sur l'espace qui sépare les humains, à l'usage de qui voudra bien y passer.Chez un éditeur sherbrookois qui a accoutumé de publier à peu près n'importe qui, des recalés d'ici et des égarés d'ailleurs, au nom semble-t-il d'une certaine idée de la francophonie militante, ce à quoi il n'y a rien à redire, voici qu'ont paru il y a quelque temps deux douzaines de nouvelles dudit Jean-François Somcynsky.J'aurais pu ne jamais savoir que ce recueil, Peut-être à Tokyo, existe et le mérite.Le hasard m'a fait plaisir et je trouve dans ce livre quelque chose de rare, peut-être un certain goût du bonheur.Tant d'ouvrages nous tombent des mains : s'il vous arrive de trouver celui-ci, vous n'y échapperez pas.à la condition que vous cédiez parfois au besoin d'applaudir.Le titre évoque l'exotisme et les nouvelles nous emportent en effei de Kogoshima à Ziguinchor, de Rio de Janeiro à Prague, en passant par bien d'autres villes des trois ou quatre bouts du monde connu.Ces villes pourtant, que l'auteur a connues parce que son métier l'y a mené, ou qu'il a inventées à sa guise en des lieux plus banals, ne sont pas le prétexte des nouvelles.Elles en ) ï i à y S* ï ï 1 x V.?«f -4 f V .* ' ¦ x * * * p * i 7 v ^.> \u2022 \u2022\u2022 h sont à peine - je veux dire juste ce qu'il faut - le décor utile et non nécessaire.Il n'y a plus rien d'exotique, tout le monde le sait ; pas un seul coin de planète qui ne soit dans le champ de vision des gentils membres de ces paradis artificiels (en est-il d'autres ?) que sont les clubs Méditerranée.Comme Virgile l'a vérifié et dit il y a quelques siècles, on traîne partout avec soi ce qu'on est ou ce qu'on souhaiterait être.On change son mal de place, en quête d'une illusion.Celle-ci se refuse-t-elle, on feint d'y croire.Jean-François Somcynsky dit la même chose autrement : «Le fait même de partir, de vivre ailleurs, de rencontrer des gens différents, de voir des paysages nouveaux et d'entreprendre de longs voyages, cet élan vital représente un élément essentiel de ma manière d'être et d'é- crire.Mais quand je voyage, je ne pars pas à la recherche de thèmes ni d'histoires : j'emporte plutôt les miens avec moi.» S'il n'y a pas exotisme à tout prix, désert ou jungle, sable ou neige, monts ou merveilles, qu'y a-t-il donc de si prenant ?C'est de femmes, c'est d'amour, c'est de bonheur qu'il s'agit.La belle équation.Risquée, j'en conviens, mais les personnages de Jean-François Somcynsky n'abusent personne, sinon eux-mêmes parfois, comme tout le monde.Ce que j'aime dans ces nouvelles, à part leur écriture simple, étrangère à toute prétention et surtout pas moralisatrice, c'est que l'écrivain y affirme bravement que les humains, qui paraissent principalement occupés à tout .autre chose, sont avant tout des êtres de désir.Ce recueil invente la fête et par analogie je pense à ces réunions mondaines qui commencent dans la verbosité polie et qui se transforment, grâce au miracle d'un regard ou à quelque miraculeux avatar des métabolismes, en généreuse folie.Il n'y a pas de scénario prévu.Les regards parlent au-dessus de la rumeur, cherchent au delà des masques la connivence qui réchauffe le coeur et l'âme.Les mains se font baladeuses, tendues vers la chaleur du corps de l'autre pour effacer, ne serait-ce que le temps d'un spasme intense et doux, la solitude qui est le nom exact de la pauvreté de la vie.C'est l'érotisme, c'est le refus de la mort donc.Illusion encore, puisque la Mort est toujours là qui attend, patiente ou non.Illusion choisie chez les personnages de Peut-être à Tokyo, qui savent que l'amour rapproche les femmes et les hommes mais que sa brûlure spécifique n'est pas vraiment le bonheur.L'amour est pour eux l'acte de foi et d'espérance, dérisoire si on veut, en la vie.Répondre aux appels de la nature plutôt qu'aux diktats de la culture, choisir le scandale et tant pis pour la faute, préférer le risque amoureux aux certitudes de l'ennui, telle est la morale, s'il en faut une, des personnages qui, dans ces histoires de désir et de plaisir, offrent et reçoivent le geste de l'autre (ni tout à fait gratuit ni tout à fait intéressé, simplement humain), «sans autre frémissement que celui de la terre sous la première caresse de l'aube.» Jean-François Somcynsky n'invente pas un art d'aimer, puisque tout a été dit.Il réaffirme tout simplement la puissance du regard et la réalité musicale, concertante, de l'échange charnel.Son registre est celui de l'art d'être et de vivre, c'est celui de l'utopie.Dans quelques nouvelles, en contrepoint ironique, des personnages qui, plutôt que de perdre leur temps dans les jeux aléatoires de l'amour, se lancent à la conquête de la vérité, de la Vérité même, pour conquérir une stature.qui rendrait plus accessibles les femmes qu'ils désirent ! Ou encore, à la rescousse d'une ferveur erotique qui risquerait à la longue de s'émousser et de contredire le propos central, quelques pages dans la veine fantastique.De l'humour aussi, mais retenu et qui tient à la manière de dire l'évidence : «Il y a longtemps que rien ne me surprend plus dans ce monde où tout est étonnant, y compris le simple fait d'exister.» Oui, un goût de bonheur.Allez y voir.Jean-François Somcynsky, PEUT-ÊTRE À TOKYO, nouvelles, 144 pages.Éditions Naaman, Sherbrooke, 1981.AU TEMPS DES ENFANTS DE CHOEUR L'enfa une gene On croit son enfance unique et sans doute l'est-elle.Un aimable petit livre de Jean-Pierre Boucher, qu'on savait plus versé en sérieux travaux littéraires qu'en confidences, incite un moment à en douter.À bien y penser, l'hésitation vient de ce que l'auteur, dans ses Souvenirs d'un enfant de choeur, ne pratique pas du tout la confidence.Il raconte plutôt, avec une sincérité dont il n'y a pas lieu de douter, ce qu'a été l'enfance de la plupart des garçons québécois qui ont aujourd'hui entre trente-cinq et quarante-cinq ans.14: \" .i j ¦ * REGINALD MARTI!_ C'est une lecture facile, amusante à l'occasion.Le petit gars est né au coeur de la ville et il dit ce qu'il a vu, jusqu'à sept ans, à travers les barreaux du balcon.Puis les parents déménagent plus au nord, dans un appartement qui est mieux à la mesure de la famille.Ils se fixent enfin dans leur maison à eux, quelque part près du boulevard Henri-Bourassa, dans un quartier que les spécula *?urs ont peine à rattraper.Jean-Pierre Boucher a de la chance.D'un quartier à l'autre son univers s'agrandit, ses amitiés se multiplient.Il bénéficiera aussi d'une expérience d'enseignement classique menée à la Commission des écoles catholiques de Montréal.Par cette brèche, il ira jusqu'en Vcrsifica lion.11 lui faut alors choisir un collège privé et ce sera (mais il ne le nomme pas) le collège Brébeuf, dirigé - et comment î - par les jésuites.La plupart des souvenirs communs aux gens de cette génération y passent.La première année d'école, la première communion, le premier contact avec le cinéma et la télévision, les premiers jeux de billes, la première prise de conscience des frontières géographiques et ethniques dt- la grande ville Bref, toutes ces premières de ia vie qui apportent émerveillement ou déception, selon la nature do éi qu'on o rêvé.Certes, un petit livre agréable mais plutôt froid.On le réchauffe en y greffant un instant, quand l'occasion se présente, ses propres souvenirs.Mais on s'étonne que l'adulte d'aujourd'hui ait cultivé tant de rancunes envers ies jésuites.Une bonne partie ci»i livre sert ;j les juger et h ies condam ner.il nu» semble qu'ils ne méritent pas une si grande attention * i En passant, M le professeur.Vous écrive/ plutôt bien, sans être un conteur naturel, mais sont ce les jésuites qui VOUS ont appris ù écrire «défraver les frais de scolarité» ?Jean-Pierre Boucher, SOUVENIRS D'UN ENFANT DE CHOEUR, 160 j pages.Éditions Libre Expression, Montréal, 1981.un ¦P 0k ; \"M r.( h ici w .empereur, - ,^Ti?riB*^ffWrtfrtif.11 \"i y§ if^tçif after?tr^^i/aotzfxfLfio i^-* ¦ chinois qui décida d éti^\\ens£veli]^^ rif^^Hachett^vollâvin^tme \u2022' bTllesiid^sÏÏefêaaGaùx voyez-les chez ygtr^ellibVaire K -v* OAjD FAYA0O 11.95* .IS**?JlfSf * ¦on* RIOPELLE LES MEILLEURES RECETTES OU CHEF POL martin ^95T 28.95$ NOUVELLE ENCYCLOPEDIE JUNIOR WW 19.95 S UN AMOUR INFINI 5cottSptn\u20actr \u2022EO^IONS DIJ SÇUM.V -WOt- 11.255 \" LE LIVRE GUINNESS DES RECORDS 1982* -WrT 16.95$ 1 RIOPELLE.chauetir d Imagn fraj>k:e-amepioue 63.95$ LE GRAND livre.* ' DES predictions *JE f DiTlONS BAUAMO 1 .' 13.95$ ' CENT ANS DANS LES BOIS Antonme M.illlet ¦ r- tOITIONS LE MF AC 1*95-$- 11.95$ .PLACED** Avec tout achat vous ootenez un coupon vous permettant de parucipei du t/raye de 5C paires de billet! pour le spectacle 1 Yvon Deschamps «i la Plai e des Arts 3?CADl Nos certifiCdts-CcKîedux; sont disponibles dans toutes nos librairie! 11 *« « librairies flammarion ! 24 rue Université Montrer 866-6381 4380.rue Saint-Denis 284 3'j88 librairies du scorpion Centre Ljval Mail Champl.nn 1600.in i.i LeCorbtivief 2150 bôùï Lipinieie \u2022 me :\u2022 .\u2022 688 54?; 465 2242 Les Terreurs /OS Ste ( .\\ RE>aSSs «or k éTAG £^ ^NreA^wii o OLIËRE ouvre une 10e librairie \u2014 Le livre des records 82 \u2014 L'amour infini \u2014 La nouvelle encyclopédie de la cuisine de Jehanne Benoit \u2014 Moi Christiane F.\u2014 La cuisine raisonnée (broché) \u2014 La cuisine raisonnée (relié) \u2014 Petit Larousse 81 \u2014 L'Odyssée d'Astérix \u2014 Le grand fosse Astérix PRIX $19.95 13.95 EN SPÉCIAL $|595 1095 MOLIERE: la plut importante chaîne quftb* de librairies indépendante.ACHETONS CHEZ NOUS! Vous avez toujours une librairie MOLIERE près de chez vous 1.Galeries des Laurentides 2.Galeries Joliette 3.Carrefour de la Pointe 4.Centre d'Achats Soint-Martin 5.Centre d'Achats Jacques-Cartier 6.Plaza Saint-Hubert 7.Centre d'Achals Newman 8.Plaza Alexis Nihon 9.Galeries Saint-Laurent 10.2020 Université Saint-Antoine Joliette Pointeaux-Trembles Laval Longueuil Montréd Ville LaSolle Montréal Ville Saint-Laurent m Montréal J «P* qui êtes-vous ptotsisu?UNE STUPEFIANTE HEROINE.V y^La plus sophistiquée des héroïnes ou le charme discret de l'électronique LA SPIRALE DU TEMPS Mystérieuse matins, midis et r.oirs, elle est une créature de rêve, une amie ««t une soetir.Une parfaite maîtrise des techniques de combat et d I M I I I I I I I I I I I I l l ; i , , .^^v.^^^^^^^^^^\u2022.\u2022.^\u2022.^x\u2022^^^^^^^^^^^v.^^^^v:\u2022^^^;^^^\u2022^;^^ \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 Oeuvres choisies de: L.Bernard H.Peacock V V \u2022X R.Boucher L.Brooks S.Cosgrove L.Del Signore M.Gagnon V.Horik G.Pfeiffer N.Poirier A.Sherriff-Scott A.Tatossian G.Tsoukas A.Turenne jet.|Iaurcnt 916, boul.Oécarie; $jwt Uirèm (514) 744-6683 .AUSSI OUVERT LE DIMANCHE DE 13hA 11k > OUVERTURE VERNISSAGE 14 DÉCEMBRE À 19h.J TOILES PAR *f j GUY ST-ARNEAULT RÉTROSPECTIVE i ¦ { ¦ t J.Yahouda Meir, Galerie-Studio 2160, rue de la Montagne, suite 705 J \u2022 Montréal 845-3974 i \u2022 s Mardi au vendredi: 13h à 18h Samedi: 11 h à 17h.EXPOSITION SERGE LEMOYNE DU 13 DEC.AU 23 DEC.1981 bibliothèque centrale j de prêt de restrie inc.41 55, rue Brodeur à Sherbrooke (810) 565-0744 8699 C 10 ARTS LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 12 DÉCEMBRE 1981 L'ESTAMPE JAPONAISE AVENUE DULUTH » Une cinquantaine d'estampes ™ japonaises des siècles passés dévoilent leurs charmes ces jours-Ci sur les cimaises d'une petite galerie de l'avenue Duluth (532 est).Le jour même de l'ouverture, le quart de ces images étaient achetées certes par quelques amateurs mais aussi par des personnes qui Savaient jamais fréquenté cette fjûrme d'art peu connu à Montréal.; Andréa LeBlanc, qui pour l'occasion a transformé sa petite boutique d'encadrement en galerie (Tart, a déjà visité le Japon à dix Reprises.«Au début, explique-t-eïle, j'avais un intérêt général pîour Part du Japon.J'aimais beaucoup les pièces miniatures en métal mais peu à peu j'ai découvert l'Ukiyo-e et j'ai décidé de faire connaître aux Montréalais cette forme d'art.Lorsque les premières estampes de ce genre sont apparues au Japon au début du AVIIe siècle, elles visaient principalement la populace.La grande peinture zen était réservée à la noblesse et aux samouraïs.On appe- la l'art de l'estampe Ukiyo-e, c'est-à-dire «les images du inonde flottant».11 y a un proverbe chinois qui rend bien ce que signifie le «monde flottant».Ce proverbe dit que la vie est à la dérive sur la marée de la mort».Sur les murs, madame LeBlanc m'indique quelques-unes des feuilles qu'elle a précieusement choisies chez les antiquaires, les bouquinistes et les collectionneurs japonais.Ce «monde flottant», c'est celui de la vie quotidienne et de ses gestes simples, celui du théâtre, de l'érotisme, celui même de l'Histoire; celui en somme de l'ensemble des actions passagères, éphémères et illusoires de l'existence humaine, rappelant ainsi étrangement le concept indien de Samsara.Les images du printemps Là, quelques guerriers de Ku-niyoshi tirés de la fameuse série des quarante-sept Renins évo- s J al V w # \u2022 \u2022\u2022 Buste de Madame Hasegawa, bronze de Manzù, 1980.LÉ SCULPTEUR MANZU l'académisme à son meilleur m- ,'Manzù est l'un des sculpteurs italiens dont la carri- »\\.v ère^si l'on s'en tient à ses notes biographiques, est fulgurante.Né en 1908, toute sa vie n'est qu'pne succession de commandes officielles et de hautes récompenses gouvernementales.C'éfct,\" pour tout dire, un artiste doitt;l?art plaît considérablement aux édiles, aux notables et aux papes.\" \u2022 L'exposition itinérante de quelque cent oeuvres qu'il présente à travers le pays et qui est à Montréal ces jours-ci au Centre Say-dieT Bronfman nous permet de voit un oeuvre qui ne peut certes justifier à lui-seul les multiples honneurs qui pavoisent le curriculum vitae de Manzù.Sa sculpture, on ne peut plus attachée à la représentation de la (figure humaine, est un étrange compromis entre l'académisme figuratif et les trouvailles d'une certaine sculpture moderne qui n'en est plus à ses premières redites.Ses thèmes vont de la représentation du modèle féminin aux cardinaux en passant par les classiques amants, faunes et nymphes.En sorrime toute une imagerie rassurante et conformiste tant elle ne remet pas en question l'icono- graphie de la sculpture du siècle passé.Quant à l'aspect proprement plastique de ses oeuvres, Manzù se caractérise par la stylisation de ses modèles, grossissant certaines parties de ceux-ci ou diminuant certaines autres.Ce dif-formisme représentationnel, qui chez un Giacometti se doublait d'une véritable expressivité, n'est qu'un maniérisme sans conséquence chez Manzù.Les dessins à l'encre, à la détrempe et au crayon ainsi que les eaux-fortes de l'artiste offrent en contrepartie le volet le plus intéressant de cette exposition.Manzù y a exploité surtout les thèmes amoureux et les corps fé^ minins mais avec une maîtrise technique qui compense pour l'excès d'élégance que recèlent ces images.Ce qu'il y a d'agaçant en somme dans ce genre d'art, c'est qu'il ne prend pas véritablement position.Il réussit tout juste dans ce simulacre de synthèse entre le modernisme et l'académisme à se perdre dans un compromis plastique qui fait fi de toute véritable créativité.MANZU, 100 oeuvres, au Centre Saydie Bronfman, jusqu'au 31 décembre.\u2022 quent un moment de l'Histoire.Ici, une série d'énormes lutteurs Sumo vêtus de riches kimonos rappellent avec majesté l'un des divertissements favoris des Japonais un peu comme la photographie sportive contemporaine fait l'éloge de nos athlètes.Là encore un très bel acteur de kabuki, déguisé en femme selon la coutume, est magnifiquement gravé par Kunichika.Ailleurs, le monde fantastique des fantômes et des génies est illustré tantôt par Kuniyoshi tantôt par Kunichika.Plus loin un shunga de Ko-ryusai Isoda qui fut actif entre 1765 et 1780.Shunga signifie gracieusement «images du printemps» et englobe toutes ces estampes erotiques que les maîtres japonais publiaient sous forme de livres de douze images, une pour chaque mois de Tannée.Celle de Koryusai Isoda est l'un des rares exemplaires signés qui soit parvenu jusqu'à nous.Les Anglais ont baptisé ces livres les \u2022 pillowing books», ce qu'il conviendrait sans doute de traduire en français par «livres des rencontres sur l'oreiller».Que dire aussi de ces images lc Eisen Keisa, en particulier ces «Cloches du soir à Asakusa», qui sont certainement les plus belles de l'exposition.11 faudrait également mentionner les travaux du célèbre Hiroshige, de Kunisada Utagawa, de Shunsho, de Kuni-masa, de Kuniyasu.de Hirosaka ou de Hokuei.Tout cet univers est à découvrir et il est heureux qu'une galerie montréalaise veuille enfin se faire l'ambassadrice de cet art aux genres et aux thèmes si diversifiés.«C'est à force de fréquenter les estampes japonaises, nous explique Andréa LeBlanc.que l'oeil se forme et que nous parvenons à distinguer les bonnes oeuvres des moins bonnes.» Entre $50 et $1 800 «Il y a une grande abondance d'estampes japonaises dans le monde, poursuit madame LeBlanc.Sauf que depuis quelques années, surtout à cause de l'intérêt que les Américains lui portent, elles sont de plus en plus co-lectionnées et les prix augmentent proportionnellement à la demande.De mon point de vue elles ne sont pas encore suffisamment appréciées au Japon mais les choses sont en train de changer.Les Japonais voyagent beaucoup et se rendent compte de la valeur que prend ce patrimoine aux yeux des étrangers.» Côté prix, ces oeuvres qui se répartissent entre les XVIIe, XVIIIe, XIXe et début XXe siècles, sont évaluées selon la célébrité de l'artiste, la qualité de l'oeuvre, sa rareté et sa condition matérielle.«Si vous tenez à acheter un Sharaku, commente Andréa LeBlanc, il vous faudra payer entre $60 000 et $75 000.Pour un Outamaro, les prix varient entre $15 000 et $50 000.J'ajoute tout de suite que Montréal n'a pas encore de vrais collectionneurs d'Ukiyo-e et que le marché n'est pas encore prêt pour les Sharaku et Outamaro.Pour ma part, j'ai choisi mes gravures par goût personnel mais aussi en tenant compte du marché.Mes prix varient donc entre $50 et $1 800.» Plusieurs se demandent également à quoi correspondent tous ces sceaux et ces écritures que Ton retrouve sur la plupart des Madame Andréa LeBlanc devant deux estampes japonaises.photos Jean-Yves Létourneau, LA PRESSE estampes.«Certaines écritures, commente madame LeBlanc, signaient le titre de l'oeuvre et la série à laquelle elle appartient.On retrouve souvent aussi sur les estampes la signature et le sceau de l'artiste, le sceau de la censure, celui de l'éditeur et parfois même celui de l'imprimeur.» La question des faux De sa conception à sa phase finale, l'estampe japonaise passe entre plusieurs mains.«Il y a d'abord, explique Andréa LeBlanc, l'artiste qui dessine l'image sur papier.Ensuite, chez l'imprimeur, un maître reproduit sur papier transparent le dessin de l'artiste.Ce papier est collé sur la plaque de bois qui à son tour est gravée par un autre maître.Pour chaque couleur de l'estampe le maître-graveur grave une plaque.11 est difficile d'évaluer les tirages car ceux-ci varient selon la popularité de l'artiste.Je puis affirmer qu'ils varient en général entre 50 et 500 exemplaires et que les plaques étaient par la suite complètement détruites.» Il y a bien sur le problème des faux.Madame LeBlanc prétend qu'il est facile de distinguer en regardant attentivement la texture du papier les vieilles estampes des nouvelles.Elle ajoute que le Japonais est en général très honnête et qu'il a trop le respect de ses artistes pour vendre des faux.Enfin, lorsqu'on a à faire avec des oeuvres souvent vieilles de plus de deux cents ans, certaines précautions de conservation s'imposent.Andréa LeBlanc, qui s'y connaît en matière d'encadrements, précise qu'il faut que l'estampe soit encadrée avec des collants et un passe-partout non acide afin que la pulpe du papier ne soit pas attaquée.Il faut de plus utiliser des plexiglass spéciaux qui filtrent les rayons ultra-violets.Car il n'y a pas que la lumière du soleil qui peut endommager une gravure.La lumière artificielle peut aussi causer des ravages importants.Andréa LeBlanc entend bien se spécialiser dans l'estampe japonaise.Grâce au succès de cette première exposition, elle prépare pour 1982 un autre voyage au Japon où elle espère trouver d'autres trésors du genre de ceux qu'elles nous offre avenue Duluth.ESTAMPES JAPONAISES, AR Encadrements, 532 est avenue Duluth, jusqu'au 24 décembre to 4* s* y/.\u2014: fir t0 A- 2 \u2022.\u2022 .*, 3 f* * tY iZL ft - P ¦y ¦ * « * \\ -\u2022 -4 :g ¦ , -,;» - ¦ .Xi' .¦ Vf.y ¦s i «Les cloches du soir à Asakusa», tirée de «Huit scènes du Yoshiwara» de Eisen Keisa (1790-1848).Détail.Triste, triste ignorance! Dans son édition du 21 novembre dernier le cahier Arts et spectacles du journal Le Soleil à Québec usait d'un procédé pour le moins malhonnête en publiant les comptes rendus de cinq membres de son équipe à qui ont avait demandé de visiter l'exposition du sculpteur contemporain québécois David Naylor qui se déroulait au Musée du Québec.Ces cinq journalistes dont la compétence dans le domaine de la critique d'art est tout à fait inexistante, à en juger par ce qu'ils ont écrit, s'en sont donné à coeur joie pour détruire gratuitement et dans la plus triste des ignorances les travaux de Naylor.Les textes de Jacques Samson, Régis Tremblay, Paul Roux, Louis-Guy Lemieux et Yves Bernier privilégient la bêtise, la raillerie, l'ironie douteuse et facile sans compter le mauvais goût pour ridiculiser les tra- vaux de Naylor.Véritables textes d'étudiants en mal de mauvaises blagues, les propos de ces personnages sont des atteintes à l'éthique du métier de critique d'art et à l'intégrité même de la profession journalistique.La réaction ne s'est pas faite longtemps attendre puisque les artistes de La Chambre Blanche (un centre d'animation, d'expositions et de promotion de Part contemporain situé sur le boulevard Charest ù Québec) ont fait parvenir une lettre de protestation au Soleil et aux principaux médias du Québec.Ces artistes rappellent avec justesse l'époque du Refus Global en 1944 où Borduas se voyait la cible d'une certaine presse reductive.«Liée par ses préjugés, écrivent-ils, elle mettait les automatistes au ban d'une socié- té que Ton préférait docile et ignare.L'histoire se répète.» Bien sûr, il est inutile de préciser davantage à quel point ces soit-disant critiques se sont couverts de ridicule et à quel point ils ont perdu leur crédibilité.Mais comme le signalent encore les artistes de La Chambre Blanche, il y a pire.«Les-articles du 21 novembre sont perfides, ajoutent-ils.On attaque le Musée du Québec qui, cette année, s'efforce d'enrichir sa programmation et on dénigre le travail bénévole des membres de La Chambre Blanche.» Comment, interrogent les artistes, peut-on mettre en doute la nécessité et la portée sociale d'une telle action collective alors qu'on ne met jamais les pieds à La Chambre Blanche?Il est possible que les sculptures de David Naylor, élaborées à partir d'assemblages de poutres déposées sur le sol, ne soient pas des oeuvres de grande qualité.Je ne puis honnêtement le dire parce que je n'ai pas vu l'exposition.Cela ne change rien à la situation.La plus simple probité intellectuelle implique dans le domaine de la critique d'art que l'on fasse part au lecteur des implications des oeuvres'que l'on commente.Elles sont le fruit d'une conscience historique et jouent un rôle plus ou moins grand, selon le cas, au sein des transformations de l'art contemporain.L'ignorance de ce procès historique n'excuse pas les points de vue qui tiennent de la petitesse.Les préjugés réactionnaires et l'absence de conscience professionnelle tiennent ici de la piraterie la plus primaire.Il ne reste à ces messieurs qu'une seule façon de s'en sortir, c'est de plaider l'infantilisme. la presse, montréal, samedi 12 décembre 198 Expositions \u2022 ¦ i * \u2022 \u2022 i \\ t i \u2022 i \\ \u2022 1 i » t t ' \u2022 j i * i i % * i .r-.uti
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