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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1980-12-13, Collections de BAnQ.

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[" il ^DT3t)(S(3QQ Montréal Trust ABONNEMENT.LUNDI AU SAMEDI M .75 75 CENTS MONTRÉAL, SAMEDI 13 DÉCEMBRE 1980, 96e ANNÉE, no 293, 220 pages, 13 CAHIERS CM*} nfiuA.tw ititiïèU' QUÉBEC EN DEUIL POUR TROOS JOURS Un deuil de trois jours a été décrété par le gouvernement pour rendre hommage à l'ex-premier ministre Jean Lesage, décédé au cours de la nuit de jeudi d'une crise cardiaque, à l'âge de 68 ans.De plus, le gouvernement a créé un précédent en décrétant des obsèques officielles, qui se dérouleront lundi dans la cathédrale de Québec, sous la présidence du cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec.Le décès de l'ancien premier ministre a été annoncé à l'Assemblée nationale par le chef de l'opposition, Claude Ryan, qui a souligné que les Québécois avaient une dette énorme envers M.Lesage, parce qu'il a été l'instigateur du mouvement de transformation du Québec qui en a fait une société moderne.Des témoignages de respect et d'affection ont émané de nombreuses personnalités, et le député Claude Charron les a résumés d'une façon particulièrement touchante en déclarant que les gens de sa génération avaient été doublement affectés cette semaine, en perdant d'abord tragiquement un symbole de cette génération, puis en apprenant la disparition de «celui qui nous a permis de devenir ia première génération instruite du Québec».NOS INFORMATIONS EN PAGES A 5, B 1 à B 4, E 1 et H 25 photo Pierre McCann ALBERTA photo Paul-Honn T.îlbot L'ITALIE SINISTREE LES 1,575 DISPARUS RISQUENT DE L'ÊTRE POUR DE BON Un reportage de l'envoyée spéciale de LA PRESSE, Huguette Laprise photo Réal St-Jean page G 3 CHRIS NILAN LOUGHEED NE CÉDERA JAMAIS À OTTAWA BOSTON i > -M XA '¦ .>.0 pour que la prospérité revienne en Amérique.Ces cadres, devenus minis très, ont peu de choses à dire, se sentent mal à l'aise en conférence de presse et préfèrent au fond s'adonner à leur tâche de neuf à cinq que de s'interroger sur les bouleversements qui assaillent le pays le plus riche du monde.Le temps des jeunes Turcs géorgiens portant jeans et bottes de cuir est révolu.La Maison-Blanche est revenu à l'âge des habits trois pièces, à celui des spécialistes qui résistent à toutes les fluctuations de la mode pour se consacrer plutôt à la gri-s aille d'une administration vouée à l'establishment.Il ne s'agit pas là que de métaphores faciles.Quand on s'attarde à la carrière d'un Caspar Wineburger (ex-secrétaire à la Santé sous le gouverneur Reagan) ou d'un Donald T.Regan, ex président de la société Merril Lynch, on découvre» des hommes fermement convaincus de la pérennité d'un système capable de subsister à toutes les crises qu'engendreront les prochaines décennies.Ronald Reagan a toujours soutenu que les ministres de son _- cabinet auront à sacrifier un salaire ou leur prestige pour siéger dans le bureau oval.Or il est acquis aujourd'hui qu'aucun des huit «secrétaires» qu'il a choisis jeudi encaisseront en 81 un salaire comparable à celui de l'année précédente.En fait un ministre américain gagne au mieux, $70.000 par année.L'ennui c'est qu'aucun de tout ce monde n'a eu au cours des cinq dernières années à vraiment s'interroger sur l'ampleur de ses re\\ enus.Un cabinet modéré Le cabinet Reagan sera-t-il ultra, conservateur, ou modéré?Selon le curriculum des huit élus de jeudi, il sera modéré.Ronald Reagan semble en effet se soumettre à un rythme washingto-nien selon lequel la gestion des Etats-Unis est au depart apolitique puisque sujette à des bouleversements économiques et sociaux qui n'ont rien à voir avec les idéologies.Un président en entrant en fonction a à choisir non seulement un cabinet mais en plus 5,000 fonctionnaires qui devront exécuter sa philosophie politique.Dans un pays rongé par l'inflation et nourricier des rêves les plus absolus, Ronald Reagan, le président élu, a choisi la prudence et l'équilibre. A 6 SUR L'ACTUALITÉ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 DÉCEMBRE 1980 Chrétien cite Cicéron 05 # «Soyons guidés par la raison plutôt que par l'opinion publique» a traduit Jean Chrétien après avoir cité Cicéron.c'est que Gallup lui donne plus raison lip Si* ¦¦ C'est le Premier ministre Trudeau qui a glissé la citation latine à son ministre au moment opportun.«Plus apuci nos vera ratio valent quam vulgi opinio* \u2014Cicéron, 106-43 av.J.-C\u2014 \u2014Jean Chretien, 11 dec.80\u2014 Le ministre de la Justice.M.Jean Chrétien, a sorti son latin jeudi aux Communes, pour réagir au dernier sondage Gallup qui montre la désaffection de la population à l'endroit de l'action unilatérale d'Ottawa en matière constitutionnelle.GILBERT LAVOIE (de notre bureau d'Ottawa) «Soyons guidés par la raison plutôt que par l'opinion publique» a-t-il traduit, après avoir cité Ciceron.cet avocat et orateur latin, dont Larousse dit qu'il fut un «homme politique médiocre et vaniteux à l'excès».En fait, c'est le Premier mitre Trudeau, qui a glissé la citation latine à son ministre au moment opportun.Si le premier ministre, qui a toujours prétendu avoir le peuple de son côté dans sa démarche constitutionnelle a sorti une telle citation, c'est qu'il venait d'en prendre pour son rhume: le dernier sondage Gallup avait révèle deux jours plus tôt que f>8 p.cent des Canadiens désapprouvent le rapatriement unilatéral de la constitution, et que seulement 27 p.cent sont d'accord avec un tel geste.Mais la victoire apparente des adversaires du projet Trudeau auprès de la population ne sera pas concédée aussi facilement: les libéraux ont sorti hier les sondages du Centre d'informations sur l'unité canadienne, dont ils ont toujours refusé l'accès au public, et qui révèlent un appui au rapatriement de la constitution amendée, et à l'enchâssement d'une charte des droits.Aucune mention, bien sûr.à l'action unilatérale! Astuce habile mais dangereuse Le ministre Chrétien a eu une phrase significative à ce sujet après avoir cité Cicéron: «Nous avons l'intention de rendre les sondages publics, mais si nous avons raison nous avons l'intention de continuer de la même façon» Bref, les libéraux vont continuer d'affirmer qu'ils défendent le voeu de la population, même si les movens utilisés sont plus ou moins populaires.Et le premier ministre Trudeau continuera de dire que la seule oppo- sition à son projet vient des marchands de poissons ou de pétrole (les premiers ministres des provinces) et des intellectuels québécois.L'astuce peut sembler habile, mais elle a ses lacunes.Un des sondages en question, réalisé par la firme Goldfarb de Toronto, a été effectué au début de l'été, à une période où la population canadienne, à peine remise du référendum québécois, était vendue à l'avance à toute suggestion fédérale proposant d'en finir une fois pour toutes avec l'imbroglio constitutionnel.Les deux derniers sondages ont été effectués juste après la conférence des premiers ministres de septembre, alors que la population, chauffée à blanc par la publicité fédérale de l'été, venait d'apprendre que ses dirigeants politiques n'avaient pu s'entendre sur la réforme constitutionnelle.Bref, les circonstances entourant ces sondages laissent à désirer.Malgré tout, 67 p.c.des Canadiens ont alors déclaré que leurs gouvernements provinciaux les avaient bien ou très bien représentés à la conférence de septembre alors que seulement 48 p.c.ont dit la même chose du fédéral.Les libéraux affirment qu'ils n'ont effectué aucun autre sondage depuis cette période; ils se réclament donc de l'ap- pui populaire à partir de sondages vieux de quatre à six mois, ignorant du même coup l'influence qu'ont pu avoir les événements des derniers mois aux Communes sur la population canadienne qui a eu le temps d'analyser le pour et le contre de la politique gouvernementale.Les libéraux jouissent tout de même d'un atout: les travaux du comité constitutionnel ont clairement démontré que les Canadiens sont favorables à l'enchâssement d'une charte des droits dans la constitution.Ce n'est pas sans raison que les conservateurs de M.Joe Clark ont fait savoir qu'ils sont d'accord eux aussi avec un tel principe: ils ont senti le vent tourner.Mais ce que les sondages n'ont pas encore révélé, c'est l'opinion de la population si elle avait à choisir entre son dédain devant l'action unilatérale, et son appui au rapatriement et à l'enchâssement d'une charte des droits.L'hostilité des Canadiens à l'action unilatérale révélée par Gallup, rappelle néanmoins une constante que les libéraux rappellent eux-mêmes volontiers: les Canadiens et notamment les Québécois, en ont assez des chicanes constitutionnelles et ils veulent en finir.Or ce qui ressort du débat actuel à Ottawa, c'est que ces chicanes ont repris de plus belle et que la population pourrait s'en fatiguer.C'est ce qui inquiète le Premier ministre Trudeau, et ce qui l'a amené à dire récemment qu'il faut agir rapidement avant que la population demande qu'on passe à autre chose, l'économie et le chômage par exemple.Quoi qu'il en soit, la publication des derniers sondages Gallup vient de priver M.Trudeau d'un argument de base pour imputer aux seuls intellectuels et aux chefs gouvernement des provinces, l'odieux de l'opposition à son projet.Si les libéraux disent la vérité quand ils soutiennent qu'ils n'ont effectué aucun sondage depuis septembre, on voit mal comment le premier ministre a pu affirmer le 30 novembre à Québec qu'il lui suffit de savoir que «La population est avec nous» pour le consoler de l'opposition des intellectuels.Il faudrait se résoudre à croire que le gouvernement a préféré ne pas connaitre l'évolution possible de l'opinion de la population après l'annonce de son action unilatérale.Et si les libéraux mentent et qu'ils ont effectué d'autres sondages, ils peuvent difficilement défendre leur action actuelle à partir de vieux sondages.La situation ainsi créée sème le doute, et donne des arguments aux adversaires du premier ministre.Une trentaine d'intellectuels québécois ont pris la plume cette semaine pour rappeler, dans un texte commun, que «Duplessis, dans les années cinquante, se réclamait aussi du peuple et de sa majorité électorale pour mépriser les intellectuels et faire taire les critiques» (Le Devoir, 11 décembre).Le Globe and Mail de Toronto lançait de son côté un appel aux Canadiens qui préfèrent la collaboration à l'affrontement, les invitant à s'opposer au projet du gouvernement.Le premier ministre conserve à tout le moins un allié.Selon le correspondant de la Pravda à Ottawa, le journaliste soviétique Nikolai Bragin, M.Trudeau, appuyé du Parti communiste, des syndicats et des femmes, fait face à l'opposition des premiers ministres réactionnaires des provinces, qui sont à la solde des multinationales américaines».L'analyse porte plus à la caricature qu'à la nouvelle, mais les malins pourraient conclure que, privé de l'appui des sondages et supporté par la Pravda.le journal officiel d'un pays où l'on ne s'embarrasse guère des libertés civiles, M.Trudeau est bien malvenu de fustiger les intellectuels, et de prétendre seul parler au nom de la population.COMMISSION PARLEMENTAIRE SUR LA CONSTITUTION A QUEBEC train Le premier ministre aura eu beau repeter que «le Québec vit le moment le plus grave depuis 113 ans», et reprendre ses appels a la mobilisation PIERRE VINCENT (de notre bureau de Québec) pour lutter vigoureusement contre le «coup de force» d'Ottawa, le départ de la Commission parlementaire, chargé d'étudier, à Québec, le projet de rapatriement de la Constitution du gouvernement Trudeau, se sera fait sans éclat.Presque sans soldats' En effet, très peu de citoyens et d'organismes québécois (une vingtaine, tout au plus) ont manifesté le désir de monter à ce nouveau front qu'a ouvert, cette semaine, le gouvernement Lé-vesque dans la lutte à finir au projet Trudeau.«Cette Commission a une importance stratégique», avait pourtant insisté le chef du gouvernement.Mais il semble que la plupart des intervenants, qu'on trouve habituellement dans les Commissions parlementaires, estiment ou bien que le projet Trudeau ne les menace pas ou bien que cette commission est inutile.Seul le Conseil du statut de la femme, M.Rolland-A.Pinson-neaull de l'Association culturelle franco-canadienne de Saskatchewan et le Conseil d'expansion économique sont venus, mercredi, proclamer leur indignation devant le «coup de force».Ils n'ont étonné personne, puisque tous les trois avaient déjà exprimé leur position, à quelques reprises, sur d'autres tribunes.Des répétitions, des répétitions La quinzaine d'autres intervenants que le gouvernement garde en réserve pour la reprise des travaux, à la fin du mois de janvier, ne devraient pas, à une ou deux exceptions près, susciter plus d'étonnement: presque tous viendront répéter au Salon rouge de l'Assemblée nationale ce qu'ils crient déjà aux quatre coins du Québec, soit qu'ils s'opposent au geste unilatéral qu'Ottawa s'apprête à poser.Et rares.m Jean-Claude Rivest, libéral, est convaincu que cette Commission s'inscrit dans une stratégie bien arrêtée du PQ.Jean-Pierre Charbonneau, péquiste, défie les libéraux d'engager leur propre action contre le coup de force d'Ottawa.Claude Morin se demande si les libéraux ne seraient pas d'accord avec le projet Trudeau.T pour ne pas dire inexistants, seront ceux qui feront enregistrer leur désaccord pour des raisons différentes que celles qu'invoque le gouvernement, pour des raisons qui pourraient s'apparenter, par exemple, à celles des Libéraux de Claude Ryan.«C'est bien évident que nous n'avons pas fait desollicitation pour amener du monde ici», reconnaît le libéral Jean-Claude Rivest.Qui ajoute: «Nous sommes tout à fait convaincus que cette Commission s'inscrit dans une stratégie bien arrêtée du PQ, et nous n'y apporterons certainement pas de l'eau au moulin.» Avec ce résultat que la Commission parlementaire s'embourbe plus souvent qu'autrement dans les sempiternels échanges partisans.Ainsi, à propos de l'action gouvernementale dans le dossier constitutionnelle, Herbert Marx accuse: «Votre campagne de publicité en est une de peur, qui repose sur de arguments erron-nés au plan juridique.» Réplique de Jean-Pierre Charbonneau: «Si vous n'êtes pas d'accord avec le dépliant du gouvernement, faites-en un.Si vous n'êtes pas d'accord avec la pétition de Solidarité-Québec, lancez-en une.Nous vous mettons au défi d'engager votre propre action contre le coup de force.» Et là-dessus le ministre Claude Morin s'interroge tout haut: «C'est bien beau votre affaire qu'un oui veut dire un non, qu'un non veut dire un oui et que l'unanimité devise, mais, face au coup de force fédéral, il faut décider si on est pour ou contre.Je me demande, parfois, si vous ne seriez pas d'accord avec le projet de M.Trudeau.» Le témoignage de Me Yves Pratte Mais ces deux jours ne furent pas tout à fait inutiles, notamment à cause du témoignage de Me Yves Pratte, à la suite de son témoignage remarquable, a éclairé tout le monde en quelques heures.Me Yves Pratte, ex-juge de la Cour suprême et chef de la petite équipe de juristes embauchée par le gouvernement pour contrer lz projet Trudeau devant les tribunaux.En quelques heures, mardi, il aura éclairé tout le monde, à commencer par les parlementaires, par ses savants avis juridiques: le projet d'inclusion d'une Charte des droits de la Constitution créerait une instabilité juridique pendant une période indéterminée, elle invaliderait un bon nombre de lois du Québec et elle affecterait fondamentalement la compétence législative des provinces.Or, les provinces et le Fédéral étant sur un pied d'égalité, a défendu Me Pratte, «aucune des deus parties à la Fédération ne peut procéder unilatéralement à la modification de la souveraineté législative de l'autre partie.» Il a donné l'impression d'être l'avocat qui tient une bonne cause et qui est certain de la gagner.Et si M.Trudeau abandonnerait l'inclusion d'une Charte des droits dans son projet, pour ne demander au goqvernement britannique qu'un simplz rapatriement, assorti d'une formule d'amendement à l'unanimité, alors là Me Prattz estime que la cause serait moins bonne.«Je ne vois pas comment les provinces pourraient contester un tel projet, comment elles pourraient s'y opposer et dire que c'est inconstitutionnel dans le sens que c'est illégal.» Plus d'impact dans la deuxième série En dépit du peu d'empressement des non-parlementaires à venir se faire entendre devant cette Commission, le gouvernement demeure confiant que la deuxième série de ces séances aura plus d'impact que celle-ci, notamment parce qu'elles seront télédiffusées.Mais aussi parce qu'elles arriveront peu de temps avant que les premiers ministres des provinces contestatrices ne tiennent une importante réunion (probablement à Montréal) pour réajuster leur tir à la veille de l'échéance finale pour l'adoption du projet de loi à Ottawa.Sans compter que les soirées creuses et froides du milieu de l'hiver sont plus propices que cette période d'avant-Noel pour tenter de raccrocher l'opinion publique à la locomotive constitutionnelle. A 7 SUR L'ACTUALITE NEW YORK \u2014 La mort de John Lennon, tragique en soi (comme tout assassinat), assumera-t-elle maintenant les proportions mythiques que lui prêtent impatiemment, frénétiquement et presque désespérément les milliers d'affligés?Pour parler en termes nietzschéens, il y a derrière tout cela une -volonté de tragédie» plus forte que la tragédie en soi.ROBERT-GUY SCULLY (collaboration spéciale) La génération des années soixante, dont Bob Dylan était le véritable oracle, souffre plus publiquement de ce mal américain que l'écrivain Jayne Anne Phillips a qualifié de «vide spirituel sans précédent».Nous le subissons tous, certes, mais chez les Nords-Américains ceux parmi nous qui ont goûté à l'idéalisme enivrant de Woodstock restent le plus vivement déçus.Ils vieillissent avec leurs jeans, qu'ils ne lâcheront pas, tout en sachant que les jeans sont maintenant une bonne affaire, comme la vente des disques rock.Dans son désarroi, cette tranche de Ta population ressemble à la fameuse génération de 1840 dont Flaubert faisait l'amère autopsie dans son «Education sentimentale».Et de quoi s'agit-il aujourd'hui, sinon d'un romantisme contemporain qui donne encore quelques pirouettes avant de s'évanouir tout à fait?Un symbole qu'il faut saisir On s'accroche donc au célèbre disparu comme à un symbole parfait qu'il ne faut pas laisser passer.Même la vie de l'assassin présumé, suite chaotique de déménagements aboutissant dans le faux paradis d'Honolulu pour rebondir une dernière fois vers la fausse géhenne de Manhattan, vie nourrie de cultes contradictoires à Jésus et à Lennon, .semble porter un message noir \u2022plein de vérité.Les mythes sont bien loin des hommes, mais ils sont nécessaires aux hommes, disait Malraux en 1974.Inutile d'ajouter que nous sommes bien loin de John Lennon.Serait-il mort il y a cent ans, sa vie réelle serait tout aussi abstraite.Dorénavant, c'est la réalité du mythe, avec ses lois propres, qui s'impose.Presley ou Napoléon, James Dean ou Jules César, peu importe: leur existence dans le temps et dans l'espace ne compte plus.Les faits encore moins.A cette tâche s'attellent maintenant les bâtisseurs d'empire mythologique, avec d'autant plus d'énergie que les héros sont rares.Il y a bien Dylan, le plus grand chansonnier du vingtième siècle, dont l'oeuvre peut supporter une analyse exhaustive (mieux que les tentatives assez timides de Lennon) et qui a davantage forgé les années soixante.Mais Dylan vit toujours, quelque part, dans son silence néochrétien.Lennon a l'idéalisme faible, mais tout ça est sincère, fait mieux l'affaire.Ici, le Village Voice de cette I- semaine ouvre la danse glorifi-I; catrice avec un éloge qui couvre toute la première page.Certes, le New York Times avait été très discret, et le New York Post s'était montré une fois de plus incapable de sortir du fait divers.Mais c'est le «jean set», c'est le Voice qui compte.Une \u20ac\u20ac volonté de tragédie» plus forte que e en soi Le rédacteur pose une question significative: Pourquoi Lennon et non McCartney, pourquoi Bobby Kennedy et non Nixon?Il a raison de répondre que Lennon symbolisait un certain espoir.Il aurait pu ajouter ceci: l'idéalisme que la société récompense généreusement devient intolérable à ceux dont l'idéalisme a été bafoué sans cesse.Un rôle loin d'être pur Cependant, cette vision méconnaît le rôle réel des Beatles dans le mouvement musical contemporain, rôle qui est loin d'être pur.A l'instar de Presley, qui était habilement dirigé par le Colonel Parker, les Beatles ont profité des conseils de leurs nombbreux managers, Epstein en tête.Et il réussirent le même exploit que Presley: faire pendant un an ou deux du «vrai» rock, pour se gagner la faveur des jeunes, puis soudainement se transformer en artistes «pop», pour amadouer les parents et l'industrie du disque.Les parallèles avec Elvis sont frappants.Quand ce dernier entrait dans l'armée en 1958, deux ans après ses débuts, on lui tailla les cheveux et on lui soigna l'apparence.Presley ne fit plus jamais de musique révolutionnaire.En 1961, quand les Beatles se rendirent au Ed Sullivan Show, Epstein prit soin de laisser leurs mèches inégales et leurs vestes de cuir en Europe.C'étaient déjà des vedettes «pop», et leur véritable rock-and-roll, celui de «Long Tall Sally», était derrière eux.Tout le reste, jusqu'aux «bed-ins» de Lennon avec Yoko Ono, n'y changerait rien.L'histoire du rock minimisera Elvis et Lennon L'histoire du rock, cette grande musique qui compose avec le jazz une monumentale symphonie du vingtième siècle populiste, ne pourra que minimiser avec le temps l'importance d'El-vis ou de Lennon-McCartney.Cette importance était surtout fonction de leurs personnalités sympathiques et de leur énorme succès financier.Les authentiques héros rock des années cinquante se nomment Little Richard, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry.Et ceux de notre temps seraient plutôt Mick Jagger, Jimi Hendrix, Jam's Joplin, Joe Cocker, Jan Morrison.Voilà ceux dont le cri n'a pas fléchi.Néanmoins, notre civilisation nord-américaine, si pauvre en contenu spirituel, se précipite sur les héros que son système commercial de vedettariat lui fournit.On ne peut s'en étonner, et on doit au moins se féliciter de l'importance accordée au rock, qui signifie bien plus pour la culture en Amérique que le cinéma ou la télévision.Si les funérailles de Presley à Memphis ressemblaient aux obsèques d'Etat offertes à Victor Hugo, réjouissons-nous tout de même de ce que l'art populiste est devenu aussi légitime que la «grande» littérature.Mais ne prenons ni Elvis, ni Lennon pour Hugo.Le jour où mourra Dylan, notre véritable Rimbaud, il n'y aura sans doute que des funérailles dans l'intimité.LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 3 DÉCEMBRE 1 980 Autour de la mort de Lennon Pourquoi étions-nous si nombreux cette semaine à pleurer la mort dt John Lennon et à verser de vraies larmes devant l'écran de télévision qui nous montrait dans un saisissant flash-back ces quatre jeunes hommes dans leurs complets si \u2022straight* de 1964 puis dans les flamboyants oripeaux qu'ils allaient plus tard arborer?Pourquoi, tout à coup, en marchant rue St-Denis, ce coup au coeur devant un restaurant qui diffusait par haut-parleur leur belle musique?Bien sûr, c'était en partie sur notre première jeunesse que nous pleurions.Je le dis sans nostalgie personnelle car je fais partie de cette majorité de femmes qui, pour une foule de raisons, sont plus heureuses dans la trentaine qu'à 20 ans.(Je n'ai jamais cru d'ailleurs que quironque pouvait être vraiment heureux à cet âge si fragile et incertain.) Ce n'est pas qu'à nos premières jeunesses que nous renvoyait la mort de Lennon.C'est à une charge symbolique considérable: les Beatles ce furent les années 60.l'expasion économique et l'explosion culturelle où tout semblait possible, la révolte étudiante et le début du mouvement des femmes (deux volets de la grande contestation du pouvoir), le Peace and Love et l'écologie, les grands combats contre la guerre du Vietnam et les mouvements de libération nationale qu'on croyait tous porteurs de liberté.Cette semaine, en même temps que ces souvenirs, nous est revenue avec la même violence la réalité d'aujourd'hui, comme l'envers abîmé d'une médaille: au Vietnam, tranquillement, méthodiquement, la Révolution dévore un à un ses enfants, les Goulag sont partout où des hommes et dès femmes ont voulu changer le cours des choses, les clameurs des campus se sont éteintes.Et même l'espoir le plus profond, celui que porte la nouvelle parole des femmes, est menace par Reagan et les autrede la Moral Majority.Pieurions-nous sur hier?Mon mes amis, c'est sur aujourd'hui que nous pleurions.Quelqu'un que j'aime beaucoup a eu cette réaction: «C'est Lennon des Beatles qui a été tué.Pas Mick Jagger des Stones.» Remarque symbolique.Lennon, cet homme bon, tendre et amoureux, capable de douter de tout y compris de lui-même, si différent de l'autre, le gars de bicycle de cuit vêtu, le dur macho qui crie pour éloigner l'angoisse.(Je sais que les Stones sont eonsidé rés comme ayant été plus fidèles au sens original du rock, mais moi j'ai toujours préféré la musique des Beatles, plus mélodique, moins agressive.) Symbole encore: un«beatle» évoque une petite créature légère, inoffensive.«Stone» c'est la pierre, celle qui roule mais qu'on peut aussi lancer.Ainsi donc, sur le coup de l'émotion on se dit: «Le monde c'est fait pour les durs.Ce sont toujours eux qui gagnent.» Et chez nous.' h'uisqu on parle d'espoir et d'espoirs déçus voire de désespoir, il fait bon lire des livres qui parlent de détermination, d'esperences et de projets.«L'Impasse» par exemple recueil de 12 textes sur l'après référendum écrits par des cens de la gauche non-dogmatique qui ill viennent du milieu syndical, des groupes populaires, des milieux indépendantistes et de l'université.Les textes sont d'inégale valeur et le travail d'édition fort mauvais comme en témoignent les innombrables coquilles, mais cette lecture est stimulante, «ressourçante» pourrait-on dire.Dans leur intelligente introduction, Nicole Laurin-Frenette et Jean-François Léonard évoquent la possibilité que la gauche, associée depuis 20 ans au projet indépendantiste, en vienne à «reformuler la problématique d'une transformation globale de la société dans des termes qui rendraient inutile sinon désuète l'ancienne terminologie nationaliste.Aussi bien, la crise mondiale qui couve sous le volcan de la faim et de l'exploitation, du pillage des ressources et de la dégradation de l'environnement, pourrait-elle prendre tout le monde de court, gauche et droite, nationalistes et fédéralistes.(I! (-M vrai que la colère qui monte de l'hémisphère sud pourrait submerger comme une vague nos délicats problèmes de i lasse moyenne en proie à l'angoisse constitutionnelle, à mesure que des réfugiés poussés par la misère et le totalitarisme assailleront à l'instar des boat-people, des Cubains et des Haïtiens les rives des pays bien nantis.) Lire l'excellent texte d'André Leclerc, permanent à la FTQ, qui constitue l'une des première^ autocritiques vivantes et concrètes émanant du milieu syndical.Lire, au moins pour le style, Pierre Vallières qui voit les choses de fort haut et évoque, «après les intermèdes Reagan-Ryan».une «secousse populaire.(qui rappelle) aux hommes que l'ordre du monde n'est pas figé et que le réveil, même anarchi-que, est préférable \"aux chaises longues de la résignation.» Lire Andrée Bertrand- Ferret-ti.qui dit comment le FQ a évacué le contenu subversif et mobilisateur de l'idée d'indépendance au profit d'un projet qui était inévitablement voue à l'échec.(Sur le PQ, les auteurs du live ont des jugements très durs dans l'ensemble mais il y a aussi des complicités, des sympathies et surtout une énorme déception.) Lire surtout le remarquable article de Jean-Robert Sansfa-çon, qui intègre dans une perspective qui ne décolle jamais du réel les projets sociaux et culturels contemporains susceptibles de renouveler la vision de la gauche indépendantiste.En le lisant, on a cette impression bienfaisante d'entendre enfin une parole dégagée des dogmes, des clichés et des naïvetés si courantes en milieu de gauche, une parole neuve et libératrice, venant d'un homme qui a le sens profond de l'égalité et de l'autonomie (y compris celles que revendiquent les femmes).Disons, un John Lennon qui serait politisé.(1) Aux Editions Noum'IU' Optiqm Cetlc chronique reviendra Je mardi 23 décembre.SANCTIONS CONTRE L'URSS Le Canada ne veut pas être ie «dindon de la farce» En dépit de la violente dénonciation par le Canada de l'invasion de l'Afghanistan, le mois dernier à la conférence de Madrid, Ottawa vient de lever son embargo sur les livraisons de céréales, à l'URSS, embargo qui avait justement été décidé à la suite de l'intervention de Moscou à Kaboul.C'est dire que les impératifs économiques et commerciaux Pont, cette fois encore, emporté sur l'aspect «moral» de la politique étrangère canadienne, surtout qu'Ottawa est convaincu qu'il sort perdant de cette opération.Mais y a-t-il vraiment eu embargo?A Ottawa, on l'a qualifié de «partiel», car de juillet 1979 à juillet 1980, le Canada a vendu 3.8 millions de tonnes de céréales à l'URSS.En endossant l'embargo proposé par Washington, Pan der- nier, le Canada s'était engagé à limiter ses ventes de céréales à des niveaux «normaux».Le gou vernement- conservateur de M Clark avait alors fait la moyenne des achats soviétiques au cours des dix dernières années et en était arrivé au chiffre de 3.8 millions de tonnes métriques.Et c'est cette quantité qui a été vendue à Moscou, Ottawa s'en-gageant également à ne pas remplacer les approvisionnements refusés par Washington à l'URSS.C'est surtout l'attitude des Etats-Unis, sans pour autant qu'il y ait changement de politique à\" Ottawa face à l'Afghanistan, qui a suscité le geste du Canada.En octobre, les Etats-Unis ont conclu un important marché avec la Chine, s'engageant à livrer à Pékin entre 6 et 9 millions de tonnes métriques de blé pendant quatre ans.Or, la Chine est un fidèle client du Canada depuis plusieurs années et Ottawa a vu d'un mauvais oeil cette irruption américaine sur le marché.De plus, le contrat américain prévoit que si Pékin veut plus de 9 millions de tonnes, il devra les acheter aux Etats-Unis, ce qui a ajouté à la colère d'Ottawa.Le sénateur Hazen Argue, ministre responsable de la Commission canadienne du blé, a qualifié l'attitude américaine d'«agressive» et la décision d'Ottawa constitue en quelque sorte des représailles à l'endroit de Washington.En outre, le Canada avait un peu l'impression d'être le «dindon de la farce» dans cette affaire.En effet, l'Australie, qui participe à l'embargo, et l'Argentine, qui avait été sollicitée, ont considérablement augmenté leurs ventes de blé à l'URSS au cours de la dernière année.Le Canada s'est alors retrouvé au quatrième rang des fournis-à l'URSS d'ici à août 1981, la transaction étant évaluée à $450 millions, soit en moyenne $3.000 pour chaque producteur canadien.Il ne faut pas oublier non plus que la récolte canadienne de cette année a été très bonne.Statistique Canada rapporte une hausse de 11.3 p.cent à 702.9 millions de boisseaux, comparativement à 631.4 millions de boisseaux en 1979.II faut que ce blé s'écoule et c'est pourquoi Ottawa vendra 2 millions de tonnes de blé de plus à l'URSS d'ici août 1981, la trans action étant évaluée à $450 millions, soit en moyenne $3,000 pour chaque producteur canadien.Malgré tout, le ministre des Affaires extérieures, Mark MacGuigan, a déclaré devant un comité des Communes que le Canada n'a nullement modffié sa politique face à l'URSS et à la question afghane.Dans un communiqué, le ministre souligne que l'occupation soviétique constitue un obstacle majeur à l'amélioration des relations entre le Canada et l'URSS.Ottawa décourage d'ailleurs les échanges culturels, universitaires et sportifs entre les deux pays, comme en témoigne le boycottage des Jeux de Moscou.Malgré tout, les relations commerciales entre l'URSS et le Canada se portent très bien.Pour 1979, les exportations canadiennes ont été de $762,953,000 et les importations d'URSS de $64,088,000.Pour la première moitié de 1980, les exportations ont atteint $444,896,000 et on peut donc prévoir que, pour l'ensem- ble de l'année, il y aura hausse.Quant aux importations, de janvier à juin 1980, elles étaient en baisse, à $26,029,000.Conséquences du geste d'Ottawa Chose certaine, la décision du Canada a quelque peu surpris Washington qui.cette semaine, a adressé à M.MacGuigan une demande d'«explication».Cependant, l'embargo céréalier était une initiative du président Carter et.pendant la cam-Dagne électorale, Ronald Reagan s'y est fermement oppose, le qualifiant d'inefficace.M.Reagan n'est d'ailleurs pas connu pour être un chaud partisan de la réglementation des marchés.Toutefois, le président élu a également déclaré qu'il favorisait l'adoption de la ligne dure face à Moscou et a invité les alliés des Etats-Unis à l'imiter.De plus, le sénateur Charles Percy, qui doit prendre la tête de la Commission du Sénat sur les Affaires étrangères, vient d'effectuer un voyage de «reconnaissance» à Moscou et, à son retour, il a recommandé le maintien de l'embargo.Wash- ington voudra peut-être en faire un argument de négociation pour obtenir des concessions des Soviétiques, au moment où ceux-ci ont des difficultés d'approvisionnement alimentaire.En effet, la récolte de 191 millions de tonnes de céréales, cette année en URSS, a été qualifiée de «désastreuse» par les experts occidentaux.La levée de l'embargo canadien pourrait cependant enlever du poids aux arguments américains dans ce domaine.Néanmoins, même si les Etats-Unis voulaient lever prochainement leur embargo, ils ne pourraient exporter davantage de céréales en URSS sans créer une pénurie aux Etats-Unis et faire monter les prix des aliments dans leur pays, car leurs réserves de cette année sont déjà vendues.Du côte canadien, Ottawa n'hésite pas à condamner les actions de l'URSS sur la scène internationale, mais le Canada n'est certainement pas prêt à mettre en cause l'économie et le commerce du pays pour autant, de sorte que les relations commerciales Canada-URSS sont florissantes. LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 1 3 DECEMBRE 1 980 Vingt dollars t.Julian (Ë)tfêvries et Ç^Godoçers 1180 ouest, STE-CATHERINE, 866-9081 VASTECHOIX DE BIJOUX I0K.I4K.ei l&K - BELLE Ql ! ALITE SE R VICE DE R EPARA TIOS 24 HEURES \\l \\DK RSc AGENTS OFFICIELS de OMEGA, LONG IN ES, PI AG ET BU ON A.GIRARD PERREGAUX CONCORDE NOUS REPARONSETENTRETESOSS LIS MONTRES DE TOUTES Si\\RQUES Il arrive que la nature se surpasse.c'est aiors que prend racine un vin de véritable bonne souche.Hier matin en! partant de chez nous j'avais $20 en poche.En les vidant hier soir avant de me coucher il me restait $1.27.Je n'ai rien acheté de particulier, je ne suis pas allé dans les bars et j'ai mangé au restaurant pour $3.85.Restent $11.88.Où sont-ils passés?Qu'est-ce qu'on fait avec notre argent?C'est une question que je vous pose, parce que moi je n'en ai aucune idée.On parle d'argent de nos jours comme on parlait de cul il y a vingt ans: tout sur la performance, rien sur le train-train quotidien.Pourtant une maison de $60,000, une job de $30,000, une auto de $8,000 c'est bien ça que ça veut dire: $327 sur ton compte de banque et (20 en poche un vendredi matin, avec les courses pas faites.Et je n'ai même pas de maison ni de char de ce prix-là.Mais ça revient au même, je paie plus cher pour habiter dans la maison d'un autre et mon auto boit en huile les économies que j'ai faites en l'achetant usagée.J'en étais donc là vendredi ma- tin, quand je suis sorti avec $20en poche.Ah oui, j'ai acheté le Devoir.Comme tous les matins en me levant.25 sous.Ce n'est pas cher quand on pense que pour dix sous on a seulement deux boules de gomme balloune et que le suçon est rendu à 15 sous.Et puis c'est un bon journal.Il y en a qui disent qu'il se lit moins vite que le «JournaldeMontréaU, je ne suis pas d'accord.Dans le «Journal de Montréal» des fois il y a des nouvelles qu'on est obligé de lire, par exemple «Elle se plante un clou dans la tête, exclusif, pages 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 84.» Le Devoir c'est le contraire, rien pour piquer votre curiosité, prenez ce matin, la manchette sur les taux d'intérêt, le voyage de Lévesque en Wollonie, le cabinet de Reagan, le bordel dans les cuisines des Communes et les Al-bertains qui détestent Trudeau.ça m'a pris une minute pour lire les titres de la première page, et mon café n'était pas arrivé sur la table que j'étais déjà rendu aux mots croisés.Ah oui, le café.85 sous, deux croissants à 60 sous chaque, plus le tip.Combien j'ai donné de tip au fait?Dans ce café-là on dépose le tip dans une soucoupe à côté de la caisse et les matins où je suis cassé, je laisse tomber des cents juste pour faire du bruit dans la soucoupe.Pour donner le change si j'ose dire.Ce matin?.mettons 20 sous de pourboire, ça donne $2.35 pour le petit déjeuner.Reste tout de même bien $12.53 à retracer.Où?Ah oui, ça me revient maintenant, je suis allé chez le nettoyeur.Deux pantalons et trois chemises à mon fils qui m'avait laissé une note désespérée, la veille sur mon bureau: «Papa urgent, grave, tragique, nettoyeur.Ton fils tout nu».Ils sont très sévères sur la tenue à son école.Comme dans toutes les écoles privées.«La propreté d'abord, l'imagination ensuite, d'ailleurs les jeans n'ont jamais donné d'imagination à personne et en plus c'est malpropre.» Je me console en me disant que ce n'est pas pour qu'il apprenne ça que je paie.mais pour le plaisir de le lui désapprendre quand il revient à la maison.C'est un plaisir qui me coûte cher en nettoyages à sec! $5.50 à matin!.Au moins, cet enfant-là ne pourra pas dire que j'ai négligé son éducation.Il en reçoit deux, complètement opposées.Si ce n'est pas moi qui gagne, tant pis, c'est qu'il aura mérité d'être propre.Ah oui tiens, ça me revient maintenant.je sais où est passé le reste de mon vinte: j'ai acheté des cigarettes et j'ai mis pour $5 de gaz dans mon auto.Ce véhicule-là est en train de me coûter une fortune.De ruiner ma santé aussi: j'ai passé une nuit de cette semaine dans un garage de la rue Saint-Hubert, trois heures assis sur une chaise entre une machine à coke et une armoire à balais.Les pieds baignant dans un mélange de slotche et d'huile.J'ai attrapé une pneumonie à chaque fois que quelqu'un ouvrait la porte, toutes les 30 secondes.Eh bien voilà, les comptes sont faits.Je sais ou est passe mon vingt.Par un beau vendredi de décembre, j'ai acheté «Le Devoir», j'ai pris un café avec deux croissants, je suis allé chez le nettoyeur et j'ai mis du gaz dans mon char.Tout ça pour vingt dollars.Comme disait l'autre.Non, pas comme disait l'autre.Comme disait un imbécile heureux qui aurait mieux fait de se taire: «On n'est pas payé cher, mais on a du fun.» Si votre cave est pleine d'objets dont vous ne vous servez plus.Les annonces classées 285-7111 è ?erc Anselme .9- Grave! 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