Parti pris, 1 octobre 1965, Octobre - Novembre
Vol.3, nos 3-4 octobre - novembre 1965 — $1.00 de la justice de classe à la logique des matraques saint Wagner JEAN MARC PIOTTE l’irremplaçable M.Wagner JACQUES FERRON la protection de l’état PIERRE MAHEU la criminalité dans la société capitaliste MCHEL GUENARD le dossier schirm-guénette ANDREE BENOIST divorce à la chinoise BERNARD S.MERGLER et les chroniques et marginales démocratie nouvelle revue mensuelle de politique mondiale consacre sa dernière livraison à oü va mister Johnson?Malgré l’inquiétude, les mises en garde, les échecs de plus en plus sanglantes, l’engagement militaire américain s’intensifie gu Vietnam.Les U.S.A.abandonnent la fiction des conseillers mili -taires.Le peuple américain se trouve en présence de toute une séri e de mesures dont le sens n’est pas douteux: à son insu il a été conduit pas à pas jusqu’à une nouvelle guerre terrestre en A-si e.l’asie et les incendiaires Dans la question du Cachemire, sous son double aspect national et stratégique, les responsabilités de l’impérialisme sont écrasantes.- Les Britanniques sont en effet, et de loin, les principaux responsables de la partition de 1947.De sa colonie irlandaise à ses ‘‘federations’' d’aujourd’hui, ‘‘diviser pour régner’ a toujours ete la regie d’or politique de l’imperialisme anglais.agence du Ilivre français 8180 rue St.-Hubert Montréal 11 271-6888 sommaire saint wogner.2 êdi tori al la mission de M.wagner.4 jact/ucs fcrroti la protection de l'état.6 pierre ni ah eu le fait criminel dans la société cap i tal i ste.16 michel guétiard le dossier sch i rm-gu en ette.32 andrce benoist de l'importance de l'action i dcolo gi que.42 pierre nui bon coeur’ les syndicats devant les tribunaux .45 ne rn: ain catniel divorce à la chinoise.51 b c rn < ; ni s.ni erg 1er exposé sur la théorie de gorz.62 niii'h el mill chroniques marginales fZ+TJ •' « n f • • i •• vol.3.nos 1-2 octobre-novembre 1965 revu* politique et culturelle partit chaque mois sur o I paces ou plus * EDITEUR.La coopération d'éditions Parti Pris REDACTION ET A PONS' F.M EN TS: 37 74, rue Saint-H en is Montréal 18, Québec Tel; 844-7 1 1 U COMITE DE REDACTION: jon depocas michel nuénard pi erre m ah eu p.aston miron jaccjues trudel COMPTA DI LIT K there se major DISTRI nu T EU R S.-Mont ré al: distributions Laval Ltée 290 Boulevard Pie IX Québec: Apencr Pro- vinciale (Québec) inc.2 2 b est, Christophe Colomb Hull: Lib.Libre 130 nie de l'ilôtel de Ville.La revue n’est par responsable des manuscrits qui lui sont adressés.R eproduction interdi te s;ms autorisation.• Le numéro: 50 cents 12 numéros; $5.00 éditorial saint wagner é La paléontologie fions enseigne que les réalisation s morales et eu l tare 11 es de Vhumanité (6000 ans) ne sont qu'une mince couche de vernis qui recouvre les instincts brutaux de l'homme préhistorique (1,000,000 années); elle nous montre que L histoire peut facilement di sparaitre et l'homme, retourner a une vie affective semblable a celle des premiers homo sapiens.Dans une autre perspective, la psychanalyse nous révèle des réalités similaires en nous dévoilant le domaine de /'inconscient qui conditionne notre vie et bouscule sans cesse notre petit moi.Aussi, V individu n'est pas, comme le pensait Rousseau, naturellement bon: il est naturellement mauvais, et c'est la société qui /’ éduque.Comment passer du principe de plaisir au principe de réalité?Comment substituer la reconnaissance de l'autre comme soi a la pure satis faction égoïste de nos instincts?Au plan individuel, nous avons le surmoi formé par les interdits païen tan x qui lutte contre nos pulsions et crée en nous le remords lorsque ces dernières vainque?/1 les barrages construits par le surmoi.Mais nous le voyons par notre vie quotidienne: le surmoi n'est pas de taille a lutter contre, notre inconscient.ogre insatiable.Aussi la société vient-elle a la rescousse du surmoi par ses législations civiles et criminelles ainsi que par ses polices.Protégé r l'F.taf, c'est protéger l'individu contre les attaques destructives de l'autre indi-vidu.lit, ce qui semble contradictoire mais est en réalité dialectique, il faut u-tiliser V individu contre son vis-à-vis, dans un systè?//e de "collabos", pour prévenir P émergence de tendances pulsionnelles anarchiques.Bref, tous les moyens sont bons pour vaincre la tyrannie de Vinconscient.Comment le surmoi et l’Etat protégé peuvent-ils neutraliser le domaine ins-tinctuel?Doser des barrières ne suffit pas: les polices, tant extérieures qu'intérieures, sont toujours débordée s par nos instincts anarchisants.Il faut renforcer les barrières par la punition, Au plan du surmoi, cela se concrétise par le remords.Aussi Monsieur Wagner, le jour meme de son assermentation comme procureur général, se demandait-il "si les grands prêtres du séparatisme ne se reprochent pas la mort du veilleur de nuit O’Neil, s'ils ne voient pas en cauchemar le visage à demi-éteint du sergent Lega, s’il ne leur est jamais arrivé de reconstituer par une nuit d’insomnie la fusillade meurtrière de la rue Bleury (Dimanche Matin 1 11 64)".Au plan de l’Etat protégé, cela se matérialise par les amen- des, la prison et la pendaison.Aussi, lors de la manifestation du 24 mai, Monsieur Wagner exige-t-il l' application des pleines rigueurs de la loi et, lors de l'épisode juridique du père noël, s' cl ère-t-i l contre le (ait qu'on ne poule pas Marcotte.Essayer d'arrêter le déferlement des instincts et punir les individus qui se laissent aller à leurs penchants anarchiques ne suffisent pas a enrayer la montée du Mal.Il faut aussi le prévenir.Après le samedi de V extrémisme frustré, Monsieur Wagner révèle que, sans la fermeté du corps policier, l'Etat protégé aurait eu à déplorer les conséquences d’émeutes sanglantes.Et s'il s'en prend à l'immigration italienne, c'est que celle-ci charrie en son sein des éléments de la Mafia et de la Cosa Sostra: il faut supprimer l’occasion de l'implantation du Mal dans notre province.Que la peine de mort contre Marcotte ait été commuée einpêche Monsieur Wagner de dormir tellement cela lui fait du chagrin, (.’est (jue le Afinistre de la justice représente le surmoi et le système juridique, c' est-à-dire le Bien, contre les forces anarchisantes de l'individu, le Mal.L* individu Claude Wagner n’ existe pas.S e demeure que Monsieur Wagner, représentant du Bien au Québec.Aussi, tors du samedi de l’extrémisme frustré, les journalistes avaient tort de dire que Claude Vlagner était juge et partie dans le jugement qu'il a rendu.Monsieur Wagner est au-dessus de ses distinctions individualistes: il represen te le Bien.Comment alors ne pas comprendre l’affirmation de Monsieur Wagner selon laquelle notre système judiciaire est un des mei f leurs an monde?Et Mon s t eur Wagner s'offre, avec raison, en modèle aux journalistes: j'aimerais que le journaliste "serve la société et qu'il la serve avec, le meme dévouement et la meme impartialité que je mets à servir la cause de la justice (I.e Devoir, 20 9 65)".Monsieur Wagner ne représente pas seulement le Bien: il est le Bien.Les journalistes, par leurs critiques et leurs sarcasmes contre saint Wagner, prennent position, inconsciemment peut-être, pour les forces individualistes et anarchisantés de l'homme, pour le Mal.Ils sont toujours à l'affût de notre saint national pour essayer de le ridiculiser et de le clouer au pilon - comme les Juifs l'ont fait pour J ésus-Christ.Il faut prendre position un jour: pour nos instincts maléfiques ou pour saint Wagner.Aussi, faisons un choix radical et exi g e on s ensemble: saint Wagner, matraque r-nott s, nous, pauvres pécheurs.j.m.p./p.p.3 i la grande mission jacques ferron Je me garde de mépriser les shérifs américains: le cinéma leur doit beaucoup.Et ils n’ont pas la prétention d’être des ministres de la justice.A son retour de chez Papon, préfet de police aussi controversé que Castro, on a demandé à Claude Wagner ce qu’il pensait de la poursuite que lui intente Michel Chartrand; un homme de sa qualité se serait tu par respect pour lui-même, ou bien il aurait dit tout simplement: “C’est un procès dont le juge décidera”, mais il n’a pu s’empêcher de répondre en shérif; “Quand je parcours l’Europe, je n’ai pas le temps de m’occuper des voyageurs de Cuba”, n insinuait ainsi qu’il entendait donner â l’affaire une tournure politique.C’est une toute petite chose, mais elle montre l’individu, d’autant plus dangereux qu’il ne se rend peut-être pas compte de son indignité.A un journaliste qui le hérissait de banderilles: “N’avez-vous pas écrit que j’étais un magistrat intègre”, de-manda-t-il.Le journaliste lui répondit: “Je ne pouvais tout de même pas écrire que vous étiez intelligent”.Monsieur Wagner passa outre; la critique ne l’entame pas; il se croit une mission.Chose curieuse, le meilleur du gouvernement Lesage ne vient pas de Lesage qui, pour prendre le pouvoir, l’a partagé avec des hommes d’une autre espèce, comme René Lévesque et Paul Gérin.Ceux-ci ont poussé à fond leur avantage, compromettant 4 • de m.wagner itérode avait aussi une *nis-sion, celle de couper la tète de J ean-d apti ste.Do s su e t un peu le dit Lesage qui, depuis 1960, se trouve à dépasser son petit personnage et gouverne au-delà de ses desseins.Toute sa stratégie est d’assurer son autorité et de compléter une prise de pouvoir réussie à moitié.Quand il aura compromis ou éliminé Gérin et Lévesque, il les remplacera par Bona et Wagner.Bona était déjà la créature de son oncle, le Sénateur; il faisait pour ainsi dire partie des bagages de la famille.Ce Bona est le prototype du politicien de province tandis que Wagner est le rejeton de l’accouplement de la dernière jument de la RC MP et de Mackenzie King.Entre ces deux larrons, le cher Monsieur Lesage, pommadé et gommeux, sera enfin à son meilleur.Pour prendre le pouvoir, digne neveu du Sénateur, il était prêt à tout, même à coiffer le bonnet rouge, se disant qu’au pouvoir il pourrait remettre le chapeau d’Ottawa.Cet homme ne se juge pas à ce qu'il paraît; il garde une main dans l’ombre.Quand de sa dextre il faisait de la surenchère et nous proposait d’être maîtres chez-nous, de sa gauche il donnait par Monsieur Josaphat, maquereau en cette passe, la PP à la Gendarmerie Royale.C’est là un point â considérer: on s’est plu à faire de Duplessis un dictateur.Quelle drôlerie! Le bonhomme était sans doute autoritaire, mais quel moyen avait-il d’être dictateur?LesBomarcs?L’ar-mée?La police?La police en partie par la F.TI PP.C'était bien peu.C'était quand même trop et les petits penseurs de McGill se donnèrent le frisson à bon compte.La chair de poule sur le flegme anglais, n'y croyez pas trop.Ces penseurs étaient plutôt obscènes, comme des putains jouant l'effroi de la virginité menacée.Jean Lesage les a tirés de cette posture par les bons services de Monsieur Josaphat.Les polices ont été réunies, stylées, politisées.Quand cela fut fait, Wagner est apparu, représentant de la minorité anglaise au Québec, diplômé de McGill et ancien élève du Vénérable Frank Scott.Dans cette conjoncture de basses intrigues le nouveau shérif a été assez bête pour entendre des voix et prétendre à une mission.Il restaure la justice au Québec avec le résultat qu'il est en train de reprendre au compte d'Ottawa, cette fois avec tous les moyens et la fanfare, ce qui, chez Duplessis, n'avait été qu'une velléité.Le fascisme ne peut venir que de la minorité dominante.Pierre Elliot Trudeau, avec tous ses refoulements et sa drôle de face, sera bien capable d'y mettre la main.Quant à la belle âme des penseurs de McGill, ne vous mettez pas en peine pour elle: ils la retourneront comme une vieille culotte.Après s'être projetés sur nous et nous avoir accusés d'aspirer à la dictature, ils conviendront que nous ne sommes pas dignes de la liberté, que nous devons d’abord nous en instruire et que, somme toute, la matraque de Wagner est la baguette du meilleur instituteur que nous méritions.D’une certaine façon, oui, cela est vrai: jamais un peuple dominé ne s'est libéré sans rencontrer la violence de la minorité dominante.Wagner est arrivé en temps et lieu pour exprimer cette violence.L'inquiétude qu'il nous cause n'est rien auprès de celle que nous aurions éprouvée s'il n'était pas survenu .Sans Wagner nous restions des insignifiants, des enfants.Avec lui nous pouvons commencer à nous prendre au sérieux.vive la collaboration “Je songe à instituer un système grâce auquel seraient officiellement reconnus par mon ministère les actes de coélaboration de la part des citoyens avec les forces policières ou tout organisme Taisant partie de l'administration de la justice".Wagner. la protection de l’état pierre maheu Celui qui adopte une attitude ou une idée une fois pour toutes, et s’y ti mt ensuite sans broncher, avec i une logique parfaite, sans admettre le moindre compromis ni tenir compte de rien d’autre, il v a de fortes «/ chances qu'il soit un génie ou un fou.M.Wagner, en tout cas, est un homme logique.C’est pourquoi les éditorialistes de nos journaux, qui sont tout ce qu’on voudra sauf des génies, changent d’opinion à son sujet aussi souvent que le vent tourne.Un jour ils vous le montrent comme un vaillant protecteur de l’ordre, le lendemain comme un affreux fanatique.A travers leurs hésitations, leurs volte-face, perce une idée constante: M.Wagner et jnos lois sont justes, mais cet homme manque de tact.il fait bien des bourdes.Eh bien non, M .Wagner ne se trompe pas.Il est logique, c’est tout, et il ne fait pas les choses à moitié.Il a reçu, du ciel ou de Ivl.Lesage, on ne sait trop, la mission de protéger l’Etat.Il est l’arbitre: il doit faire appliquer les règles du jeu.Aussi sévit-il quand il surprend un joueur à tricher, ou tout aussi bien si des importuns s’avisent de jouer un jeu 6 • autre que le jeu capitaliste et Canadian.Sa mission, c’est de veiller au fonctionnement rigoureux d’un système, celui qui a fait Asbestos et Murdochville, les conscriptions et la loi du cadenas.La logique de M.Wagner, c’est la logique du système; ministre de la Justice, il doit faire appliquer la Loi, et la Loi vise au maintien de l’ordre.Or la pègre, les grèves, les manifestations, les idées, ça trouble l’ordre.Alors M.Wagner orend les moyens qu’il faut; et plus "’Etat est menacé, plus les moyens de répression sont radicaux.Cela est normal, et je considère comme des pleutres ou des hypocrites ceux qui défendent le système en prétendant critiquer les méthodes wagnériennes.Les matraques en attendant mieux c’est le résultat logique des prémisses d’un Pelletier, quoi qu’il en ait, aussi bien que d’un Wagner.On a cependant le droit (à ses risques et périls) de n’être pas d’accord avec cette logique-là, de ne pas aimer les “légers coups de bâton sans conséquence”.Mais alors il faudra opposer au système qui crée à la fois les Wagner et les Pelletier une force réelle, capable de renverser l’ordre établi qui a besoin des matraques )our se protéger, capable de percer a logique de l’aliénation.o-O-o le droit, idéologie implicite C’est des structures les plus fondamentales de la société que le Droit tire son origine et sa fonction de protection de l’Etat.En effet les relations des hommes entre eux.qu’il régit, dépendent en bonne partie de leurs relations avec les choses et les biens.Les grandes structures sociales ont toujours un fondement matériel; ainsi, par exemple, étant donné le faible développement de la technique dans l’antiquité, l’organisation de cités, avec tout ce qu’elle implique comme travail de construction, d’administration, de protection, n’était possible que si l’esclavage existait; de même l’agriculture de subsistance et le besoin de protection du paysan fondaient au moyen âge le régime féodal.Aujourd'hui, la révolution industrielle, l’économie de marché, le besoin d’accumulation de capitaux ont entraîné le droit bourgeois qui institutionnalise l’apropriation des moyens de production par une classe privilégiée.L’état de la matérialité, c'est-à-dire des relations des hommes avec le monde, les choses matérielles, est donc le fondement de leurs relations entre eux à un moment historique donné.Nous venons de faire allusion à trois ordres sociaux différents, reposant sur trois états de la matérialité.Du même coup, un ordre de valeurs se donne à la conscience des hommes.De ces structures, matérielles et sociales, découle une vision du monde, une conception de la vie.Toute forme d'organisation sociale s'exprime en normes, en règles: ainsi le moyen-âge féodal était-il une société hiérarchisée, correspondant à une vision théoeratique du monde; le féodalisme avait besoin d'être de droit divin pour s’imposer.Ces normes, composant un système formel, c’est le Droit.On pourrait donc définir le droit comme “l’ensemble cohérent des normes émises par l’Etat, et qui reflètent les relations sociales dans une société”.C’est dire que le Droit vise toujours à conserver l'ordre social établi.A le conserver, et à le justifier idéologiquement du même coup.Dans un régime qui repose sur l'exploitation d’une classe par une autre, le Droit définit donc les normes qui fondent l’exploitation des classes exploitées, qui la justifient dans tous les sens du mut.La base matérielle et la superstructure juridique renvoient l’une à l’autre, elles se fondent mutuellement.Si le Droit est efficace, en tous cas, c’est qu’il correspond à un ordre de valeurs historiques réelles, bien ancrées dans la conscience des gens.Il fait donc plus que protéger par la force l’intérêt des classes dominantes, il les 4 rend valide.Il est un des instruments principaux de la mystification par laquelle les classes dominantes conservent leur emprise, il donne force rie loi au rapport rie forces qui favorise la classe dominante.C’est face à ce système glubai où la matérialité, les institutions et l’idéologie rie la société bourgeoise participent à l'exploitation des classes laborieuses que nous avons à provoquer une révolution globale.C’est pourquoi, dans ce numéro, nous avons préféré étudier le système juridique plutôt (pie la personnalité rie M.Wagner.Car notre but, c’est le renversement rie ce régime étatique-juridique, en même temps que la transformation ries rapports rie production.Notre but, c’est l’instauration d’une société proprement humaine, d'une société qui soit consciente d’elle-même et se donne comme seule finalité la communauté humaine.Cela implique une transformation rie la matérialité, rie la façon rie produire les biens, qui devra rechercher le mieux-être des producteurs et non le profit de quelques-uns, cela implique aussi une transformation en profondeur ries institutions juridiques, l’instauration d’une justice populaire, faite par et pour le peuple visant à assurer l’équité dans les rapports ries hommes entre eux, et non à maintenir un ordre établi.De ce qu’une telle justice pourrait être, l’article de Ber- 8 • nard Mergler donne un aperçu intéressant; il nous montre comment la révolution transforme, en même temps que l’économie, l’ordre rie valeurs qui justifie les institutions sociales, comment le socialisme fait passer dans la réalité l'humanisme que l’idéologie bourgeoise pose abstraitement sans le réaliser concrètement.û-O-o le droit bourgeois La société capitaliste pose bien, abstraitement, une sorte d’humanisme individualiste: les différentes “Déclarations des droits de l’homme’' en témoignent; c’est là, justement, le hiveau de l’idéologie et du Droit.Dans sa matérialité, cette société se base sur la production industrielle, le développement des moyens de production accaparés par une minorité privilégiée.C’est cet état de choses que le Droit bourgeois vient, légitimer.En effet, le droit bourgeois repose sur le concept de l’individu comme atome social, individu abstrait, considéré en dehors de sa vie quotidienne et concrète; il voit la société comme l’ensemble inerte des individus qui la composent, indépendamment des relations sociales réelles; et la règle des rapports des individus entre eux est la concurrence, c’est-à-dire que les intérêts de chacun s’opposent aux intérêts de tous les autres.Loin de se donner comme fin le mieux-être de ses membres, cette société repose au ,1 contraire sur la recherche du profit personnel, c’est dire que par définition l’intérêt particulier s’y oppose à l’intérêt général, qu’elle impose une forme de sociabilité antagoniste.J'ai tente ailleurs (parti pris, vol.I, no 6) de montrer comment, à partir de son concept d’individu, le Droit bourgeois élabore un système politique qui fait de l’Etat l’instrument de la classe dominante.Mais ce qui m’intéresse ici, c’est plutôt d’introduire quelques notions sur le Droit civil, de montrer comment il justifie dans la vie quotidienne l’exploitation capitaliste.L’individu étant tout, le seul fondement du droit civil, c’est la volonté libre, son libre consentement.A l’intérieur de la concurrence, l’individu bourgeois admet, pour pouvoir dépouiller les autres, d’être dépouillé lui-même s’il y donne son consentement: l’acte légal fondamental, c’est le contrat.Le contrat est l’acte par lequel la volonté libre s’engage, et l’individu en est totalement responsable, sans limite.Il peut voir ses biens saisis, être jeté en prison s’il ne remplit pas les obligations d’un contrat.Et comme tout le système est purement formel, c’est la lettre qui compte: ainsi, un contrat de vente spécifie qu’un objet vous sera livré, mais non que vous en serez satisfait; celui qui se porte à vous amener à destination, mais pas à garantir votre sécurité en route.Le droit bourgeois originel, tel qu’il était à ses débuts, pose implicitement deux principes: la responsabilité illimitée de l’individu devant le contrat, et l’irresponsabilité capitaliste, dont nous venons de voir des exemples quant à la production, et qui permet surtout au capitaliste de se libérer de ses responsabilités ne fondant des “sociétés anonymes”, ou “compagnies à responsabilité limitée”, comme on dit ici, qui deviennent des “personnes” légales, seules responsables devant la loi.Des actes qu’il pose en tant que possesseur de capital, l’individu comme tel n’est donc plus responsable.C’est ce droit contractuel qui est à la base de la mystification capitaliste; en termes légaux, le travailleur passe un contrat de travail libre; peu importe qu’il soit forcé de travailler, d’accepter les conditions du patron: officiellement, c’est son libre consentement à l’exploitation qui fonde le droit du capitaliste à tirer son profit de son travail.Mais ce droit civil bourgeois s’est profondément transformé en régime néo-capitaliste.C’est surtout de cela que je veux parler.évolution néo-capitaliste Ce régime capitaliste initial créait une situation telle que les masses exploitées devaient fatalement se retourner contre lui.Etant données certaines conditions, cela a permis la prise du pouvoir par les producteurs eux-mêmes; parti pris exposera dans un prochain numéro les stratégies des • 9 grandes révolutions, et les conditions de leur réussite.Dans les pays occidentaux, les pressions des travailleurs, et les transformations techniques ont plutôt entraîné une adaptation du capitalisme.Le résultat: le néo-capitalisme, caractérisé par la domination des monopoles, la production de masses, une certaine intervention de l'Etat.Au niveau légal, les recours intentés par les exploités ont le plus souvent fini par s’insérer dans le système.Le syndicalisme a sans doute été le plus important de ces recours.Au début, le droit bourgeois présentait les syndicats, les grèves, comme des choses illégales, parce que faisant échec à la concurrence et à la liberté de contracter.Mais, avec les pressions grandissantes, un nouveau secteur du Droit a été créé, le droit du travail.Ce droit, au fond, ne fait que fixer des limites à l’action des syndicats; et l’hostilité plus ou moins déclarée des pouvoirs envers les syndicats joue en faveur des capitalistes (comme deux articles du présent numéro le montrent).Le droit bourgeois a réussi à contenir le syndicalisme dans les limites du système; si bien qu’en Amérique du Nord au moins, les syndicats sont un des rouages du système, participant à la fixation du prix d’achat du travail, mais ne remettant jamais en question les structures de la production et de la propriété.10 • Il faut dire un mot aussi du recours de sécurité et de garantie.De même, les pressions populaires ont imposé des limites à l’irresponsabilité capitaliste.D’une part, l’Etat a édicté des lois et règlements très stricts, en certains domaines, sur les caractéristiques que les produits doivent avoir: ainsi en alimentation, par exemple.D’autre part, comme à un moment les tribunaux commençaient à donner raison à des gens qui faisaient des réclamations parce qu’on leur avait vendu des produits défectueux, les grandes entreprises se sont adaptées en émettant elles-mêmes leur garantie.Seulement, elles ont tourné le problème en faisant des garanties limitées dans le temps et par toutes sortes de condition.C'est là une façon détourné de dégager ses responsabilités, et de tirer en plus des nouveaux profits en exigeant par exemple que '’acheteur ait recours exclusivement au “service” du producteur.J’aimerais bien un jour pouvoir publier une bonne étude là-dessus; de même sur la loi des assurances, qui permet à ceux qui ont les moyens de payer de se faire protéger contre les risques de toutes sortes, entre autre contre ceux qu’entraîne leur propriété.Toute une série de risques, accidents, incendies, etc.font l’objet d’une sorte de pseudosocialisation: l’individu en est déchargé, mais par l’intermédiaire d’intérêts privés.Avis aux juristes qui voudraient nous envoyer des articles sur 1 ces problèmes.Enfin, parallèlement au syndicalisme ouvrier, le néo-capitalisme est en train de voir apparaître un nouveau recours, qu’on peut appeler le recours syndical d’usage.En effet, à cause de" la puissance des grandes entreprises, le droit contractuel traditionnel correspond de moins en moins à la réalité.Dans plusieurs secteurs, le consommateur se voit imposer des contrats tout faits: on ne les discute pas, on y souscrit.C’est le cas par exemple du téléphone, des compagnies de prêts, d'assurances, etc.C’est là la source de divers syndicats de consommateurs: associations de téléspectateurs, de locataires, d’usagers du téléphone, que sais-je encore.Ces diverses organisations ne sont pas encore très développées au Québec.Mais elles apparaissent dans presque tous les pays très industrialisés.Elles peuvent souvent avoir une force de pression considérable, et poser de grandes exigences quant à l’organisation et au contrôle social de la consommation.Le malheur, c’est qu’elles ne trouvent devant elles que de grands trusts anonymes, et ne peuvent donc que très mal appliquer leur pression.Ces organisations finissent d’ordinaire par se trouver vers le gouvernement pour faire valoir leurs revendications.Et, même sans leur présence, le public impose ses revendications quant à la consommation.C’est ainsi que les gouvernements en viennent à assumer plusieurs des secteurs les moins rentables de l’économie: sans oarler du réseau routier ou de .’éducation, il suffit de rappeler ici les initiatives de la S.G.F., par exemple.Les exigences du “public” quant à l’usage des biens produits amènent l’Etat à se charger de créer le substrat nécessaire à l’utilisation des biens produits par l’entreprise privée.Ainsi l’Etat, c’est-à-dire nos taxes, payent les routes, l’entreprise privée fabrique les véhicules qui les empruntent et.empoche les profits.Le recours d’usage, lui aussi, est intégré par le système, et tourne au profit de la classe dominante, quoique parfois il amène l’Etat à légiférer, à fixer les prix de certains services, à imposer des normes de qualité, à définir, en somme, les modalités légales du profit et de l’exploitation, nouvelles contradictions Vraiment, la société néo-capitaliste est un bien drôle de machin.L’idéologie bourgeoise individualiste, et le Droit bourgeois, y subsistent pres-qu’intégralement, côte à côte avec des réalités qui leur sont contradictoires.Cela donne parfois des résultats hautement fantaisistes, comme l’est par exemple le droit des entreprises.Ces lois, à force d’abstraction, en viennent à définir la propriété au niveau du capital lui-même, qu’elles fétichisent: ainsi les “propriétaires” d’une entreprise sont ses actionnaires, et le •11 pouvoir de contrôle se trouve officiellement au niveau de l’assemblée des actionnaires.Que la réalité soit tout autre que le contrôle réel soit entre les mains des quelques hauts administrateurs de l’entreprise, peu importe, la fiction légale a* préséance sur la réalité.D’autre part un certain nombre d’éléments nouveaux, auquels je viens de faire allusion: pseudo prise en charge collective des risques par l’assurance (qui assume entre autres la “responsabilité du fait des choses”, dont le droit sur la propriété privée rend le propriétaire responsable — exemple: les accidents d’automobile); normes de production et parfois de prix fixées dans certains domaines par le gouvernement au nom de la collectivité, et qui tend vers un certain contrôle social sur la production; développement des services, dont la portée générale se concilie mal avec le droit contractuel; développement le la “matérialité publique d’usage”, .ubstrat de la consommation de masse assumée par la collectivité (routes, hydro, etc.); rationalisation et “planification”, au niveau de l’entreprise et du gouvernement, qui introduisent des critères parfois irréconciliables avec la règle du profit à l’état pur; ces éléments nouveaux, d i s - j e , entraînent les nouvelles contradictions internes de la société néo-capitaliste.Tous ces éléments nouveaux vont dans le même sens: ils sont la consé- 12* quence du changement d’échelle qu’impliquent la production et la consommation de masse.Les techniques modernes, l’état actuel de la matérialité impliquent l’agrandissement des entreprises qui deviennent oligopolistique, ce qui transforme la concurrence ou l’élimine presque, et entraînent d’autre part l’apparition de secteurs de plus en plus vastes qui sont “publics” par vocation, pourrait-on dire: services, assurances, etc.Mais ces secteurs demeurent entre les mains d’intérêts privés, de sorte qu’on assiste à une pseudo-socialisation: une société qui, tout en étant forcée de se donner une organisation collective croissante, n’assume pas ses responsabilités collectives; la société capitaliste se collectivise sans poser la collectivité humaine comme sa fin.C’est donc finalement la collectivité elle-même et ses besoins qui finissent par fonder le profit individuel, ce qui est une situation pour le moins aberrante.Pour l’individu à qui sa situation ne permet pas d’accéder aux postes de commande du système, ces contradictions irrésolues ouvrent la voie à des solutions de révolte.C’est souvent le cas de la criminalité, où l’individu s’arrange pour tirer lui aussi son profit du système, mais en dehors de la légalité.On remarquera que le crime organisé agit précisément dans ces secteurs de pseudosocialisation, de façon à en tirer 7 avantage: l’affaire récente des incendies criminels, racket organisé autour de l’assurance, en est un bon exemple.Et à bien y penser, y a-t-il plus qu’une différence de degré entre le capitaliste financier qui tire son profit légalement des assurances, et le gangster qui prend des méthodes plus radicales?Après tout, l’un et l’autre ne font qu’utiliser à leur avantage personnel un secteur de responsabilité collective; et le système qui en fait une source légale de profit ne les y invite-t-il pas?Dans d’autres cas, que le Droit bourgeois définit aussi comme des crimes, l’individu prend une conscience réflexive des injustices du système et se lance dans des actions individuelles pour le changer: au Québec, la “violence”, le “terrorisme” des dernières années relèvent d’une telle action positive.Mais, exigence révolutionnaire ou révolte de type Icriminel, le pouvoir ne fait aucune différence, et en organise la répression pour maintenir le, système: c’est ici qu’intervient la logique de M.Wagner, logique qui vise à perpétuer les réalités contradictoires sur lesquelles elle repose, logique fondée sur l’illogique.Deux articles du présent numéro étudient la criminalité et l’action violente contre le système, leur origine, et le sens et les modes de leur répression.o-O-o Conclusions Je suis bien conscient du caractère parcellaire et confus de ces notes.Le sujet que j’aborde ici est immense, il faudrait de longues études pour l’approfondir, et de toutes façons, je n’aurais pas compétence pour le faire.Je n’apporte ici aucune réponse, je ne pose même pas les problèmes, j’ai simplement voulu souligner l’intérêt d’une problématique que nous avons négligée jusqu’ici.Il y a au niveau du Droit toute une série de questions que nous devons nécessairement nous poser si nous voulons arriver à transformer le système.Ce Droit moderne est d’une grande complexité, et d’une grande cohérence (les contradictions sont entre lui et la réalité, et non en lui); mais il nous faut trouver les points faibles du système, et faire porter notre action sur eux.De ce qui précède, je voudrais faire découler quelques remarques qui indiquent quelques-uns des facteurs qui nous permettront de fonder notre stratégie.La société de consommation de masse a permis une importante amélioration du niveau de vie, si bien que les exigences qui étaient à la base des revendications socialistes il y a quelques décennies sont en partie satisfaites; au Québec aujourd’hui, rares sont ceux qui souffrent de la faim ou du froid.Mais l’absurdité du système fondé sur le profit entraîne des insatisfactions profondes dans la • 13 consommation: l'absence de planification réelle fait que la production ne tient pas compte des priorités réelles, si bien que dans certains secteurs, la consommation de masse crée de petits enfers quotidiens, celui de la circulation automobile, par exemple.C’est dire que les exigences les plus profondes qui découlent de cette situation sont plutôt qualitatives que quantitatives.Pour satisfaire à ces exigences, il faut dépasser la pseudo-socialisation, en arriver à une organisation collective réelle et responsable.Après l’humanisation des conditions de vie, nous en sommes au point où l’humanisation de la société est le problème majeur.Dans les “masses”, on exige de plus en plus que les services, la sécurité, etc.soient assumés collectivement, et rationalisées.C’est l’état de la matérialité lui-même, la structure de la production et le genre de biens produits qui exige ces transformations; et le palliatif de la pseudo-socialisation par les intérêts privés devient sans cesse plus insatisfaisant.D’autre part, l’Etat moderne est une énorme machine, et il est bien évident que l’action individuelle n’arrivera jamais à le transformer.En tant que superstructure, il est, relié à la base matérielle.Et même un Parti révolutionnaire fort ne pourrait pas réussir tout seul à transformer le système, précisément 14 • parce qu’il est uniquement politique, et donc privé de moyens d’action sur la base matérielle.C’est une des causes de la stérilité des grands partis européens.Il me semble donc que ces exigences nous donnent le terrain d’une lutte importante.Il s’agit pour nous de construire un pouvoir authentiquement populaire, ancré dans les structures fondamentales de la base matérielle, pouvoir qui le moment venu pourra renverser l’Etat bourgeois.Et je crois que c’est cette volonté de prendre en charge les responsabilités collectives qui nous permettra d’organiser ce pouvoir.En plus du parti, nous avons à mettre sur pieds des organisations communautaires efficaces, que les carences du système appellent, et qui se développeront donc indépendamment de, même en opposition avec le pouvoir établi.Il reste à se demander ce que ces organisations pourront être, quelle sera la forme du double pouvoir.Les syndicats, en effet, réduits à un pur rôle d’affaires, semblent bien intégrés au système: ils essaient d’obtenir des contrats de travail avantageux, mais ne remettent jamais en question la légitimité du contrat de travail et de la propriété privée des moyens de production.Quant aux divers syndicats de consommateurs, leur pression sur le gouvernement l’amènent à jouer un pur rôle de suppléance et g I îrl de soutien par rapport à la production de l’entreprise privée.Quant à moi, j’avoue que je ne sais trop quel serait le genre d’organisme qui pourrait opérer une contestation fondamentale du système, jouant un rôle analogue à celui qu’eurent les soviets dans la Russie pré-volutionnaire.Mais je pose la question ici, parce que je la crois essentielle.Je pense qu’il est indispensable d’étudier attentivement tous les rouages, juridiques et économiques, du système que nous combattons, pour trouver ses points faibles.Nous avons aujourd’hui un immense travail de défrichement et de démystification à faire, aussi important que celui de Marx accomplit pour le capitalisme du 19e siècle.Ce travail d’analyse seul nous permettra de trouver le coin qui détruira le système, de créer une logique nouvelle qui parvienne à briser la logique démentielle qui conduit à M.Wagner et aux matraques.Pierre Maheu P.S.Cet article s’inspire largement d’une série d’articles de Robert Dupuy, parus dans Les Temps Modernes, en février et mars 1964, et mai et juin 1965, d’un article de Nicos Poulantzas “L’examen marxiste de l’Etat et du droit actuels et la question de 1’ ‘alternative’ ”, et d’un article de Jean-Marie Vincent “Vers une théorie marxiste du droit moderne”, ces deux derniers publiés dans la livraison d’août-septembre 1964.Ces articles, ce caractère philosophique, sont assez difficile d’accès, mais je ne saurais trop en recommander la lecture.p.m.le samedi des coups de bâton sans conséquence “.un comportement hostile et provocateur qui leur a valu, non pas d'être martyrisés ou matraqués ou assommés, mais d’être repoussés avec quelques légers coups de bâton sans conséquence." Wagner, Le Devoir, 21-10-64 le fait criminel dans la société capitaliste michel guénard SCI K NC E PALLIATIVE.On situe souvent h» crimonologio cornm une science dont le champ d'action se li-mitérait à une mensuration criminalistique de la collectivité.Réduit au concept de l'instrumentalisme de Dewey, elle ne servirait qu’à l’analyse, la classification et L.prévention du “délR criminel”.On lui attril v»e aussi la modalüé a>odictktue de • comprendre (avec une compassion {intern: l-1 ) 1** criminel.Science palliative, elle ~on-( i li rait à ‘‘limiter les dégâts”.Celte vision d**s choses conduit à l'élaboration d’une pensée fouriéristo.L^ criminel devient b* refb*t d’un ensemble d ¦ ‘‘valeurs répréhensibles” dont le Cad** criminel nous fixe les lignes de déni ircations.-Ainsi, si vous dérobe/ $r»0.-t moins, vous attraperez un sermon du juge.Vous faites le “cash” d’uiv* pharmacie $150,.), do deux à inc mois.Vous êtes un ‘‘vilain” et vous monte/, un ‘‘bon coup” ($1,000.), on vous envoie à Bordeaux pour deux ans.Maintenant vous êtes un “gradué”, un “dur”.Vous défoncez une banque (anglaise de pré- * * P lu si ours cyniques ont souvent ilit que si le Christ, p.r quelque -ni rode, app nrm ks ai t dans une de nos grandes villes pour y prêcher le christianisme.il serait proha'U i ru« nt jeté en prison pour va•jobonüa-7.e et soupçonné ci’encouru,’.er la subversion Corn— uni ste” .K.1.h ninkm férence); avec un Bon avocat larmoyant qui va dire au juge que vous êtes un pauvr père de famille avec douze enfants, alors ciu9 vous êtes célibataire, vous êtes bot nrmr nn ci y .itk.Kfr % ^ ^ #• • % Pour les juristes, le Code criminel circonscrit les actes “susceptibles de poursuite” par la justice.La criminologie dit le “pourquoi” du crime.ASSISES DU CODE CRIMINEL.La Loi s’établit sur un ensemble de valeur.-' (souvent fictives) dont le but est de sanctionner le comportement normal -ou si v >us préférez, le comportement déviant- des cites en s.Do par sa structure historique, la 1 i repose sur un “schème de valeurs provisoires” devant lequel la seule réaction qu’on nous demande est “l’aplaventrisni"’’.De cette assise s’érige l’idéologie social *; respect de l’ordre établi, droit sacré .» la propriété privée (surtout depuis Uecrum Novarum), inviolabilité de l’entreprise eupi- taliste, etc.Dieu étant son droit, elle affiche souvent un refus de flexibilité, une i-.norance des “contingences sociales”, une incompréhension de la nature humaine.Parfais, elle laisse même à jour ses préju-és devant l'apport des sciences humaines.Devant tous et chacun, les juristes orien-t *nt 1 ur code suivant l’intensité et la direction des délits criminels.L’ “ordre Mai ii" sanctionne avec vigueur el zèle les articles pénaux qui la protègent des “incursions gênantes'’ fl** groupes marginaux.-.vu'oii se souvienne d'Asbestos, I ouïs • ille, Murdochville, et plus réeoui ment I.visite de la Rein.».Mais par contre, le pouvoir est beauco ip plus “souple" devant les infractions au Code qui favorisent •?i.maintiennent son emprise* politique.(Af-t .ir* des faux certificats) Sous le régime Duplessis, le galvaudage d * la “loi électorale” se faisait avec la complicité et la bénédiction du Procureur général.A ce su i¦*i mi s > i »- )'.a » américain disait: * ‘ > * Qi 11* ] s Sont 1rs fücîriirs qui d'nêncnt un** «Jrnsinn tî vh « Hi'nt t;»nt « « rî.iintfs of-Irtiscs i’o‘m mv ‘ 'si nph*s m«*.fait!*'* ft Pourquoi le détouPH’^K’nt i!f fotvis fs#-il •noms pi-ni qi|f 1rs nutffs for* *!;rs «If Vil 1 s * .t St-ff f)US I ô Jf jçq ou p r f s I i ** l.i nt*i sssme f rpi i r*>t iitusi pour 'uihr a Pint rrtrur litiques.Avec une telle mentalité défaitiste, l’individu se place au départ comme incapable de parvenir par ses propres moyens à ses fins proposées.Notre société est imbibée par cette philosophie; que cela so nomme régionalisme, esprit de clocher, ou encore ostracism e de groupe, ce n’est en fait qu’un patronage affectif de l’intelligence conduisant au refus de l’universel.Cette attitude de “serre-chaude” engendre comme corollaire naturel une para tique népotique à l’égard des individus.Ici on appelle ça patronage, pot-de-vin, passe-droit, favoritisme, etc.- Le père Taschereau avait “placé” plus de quatre-vingt membres de sa famille dans le fonctionnarisme québécois*.Face à ce népotisme, les individus qui ne peuvent profiter de cette sorte de “lobbying”, éprouvent un sentiment amer de frustration.Une agressivité émerge devant l’iniquité des structures sociales établies.Elle prend corps dans les actes de vandalisme, dans la délinquance juvénile (augmentation proportionnelle à la |X)pulation de 215% depuis 1047), dans les scènes de violence commises sur les personnages (assaut, viol, meurtre, sadisme, etc.)- Des auteurs soutiennent que des personnalités à forte tendance psychopathique roulent sur nos routes dans le but explicite de causer intentionnellement des accidents mortels aux autres conducteurs.Cette violence humaine est souvent due au cour-circuitement des voie normales de promotions sociales.Devant cette partialité, plusieurs personnes ont recours aux crimes comme ascenseur social capable de remédier à la discontinuation du processus normal.DU DUWERISME AU MISANTHROPES ML.Notre société a hérité d’une grande méfiance envers l’intellectualisme, méfiance propagée par Panti-philosophie de Dewey.(8) L’influence de ce penseur a démuni notre milieu d’un manque de cadre afin de juxtaposer les divers éléments de la vie nord-américaine.Cette pensée a fortement réduit l’influence des milieux intellectuels sur notre société.Ceux-ci ont peut-être collaboré ;1 ce mouvement par le monnayage de leurs services.Il a résulté de cette attitude un creusage profond entre l’intellectuel et le peuple.Le premier envisage la vie avec une approche scientifique et rationnelle alors que le second se fie plus à son intuition, à son sens commun ou encore à un certain dogmatisme.Le refus et la méfiance des gens devant l’apport des sciences humaines déterminent assez bien le degré criminogène d’une société.Le rejet d’un humanisme, ou si vous préférez, l’indifférence aux valeurs qu’il soustend, ouvre la porte à une attitude misanthropiste devant le monde.Bien sûr tous propagent l’idée abstraite de l’altruisme.Mais en fait on rend hommage à l’altruisme pour mieux ignorer les actions et attitudes qu’une telle pensée entrafne.Devant la prétendue charité des paroisses catholiques, allez donc demander aux curés ce qu'ils pensent lorsqu'arrive le temps de remettre les reçus de charité pour l'exemption d'impôt.Nous avons une philosophie sociale orientée sur l'utilisation et l'exploitation des hommes; et ceci, à cause de l'attitude foncièrement égocentrique de ceux-ci.Agrémentée d'un certain sadisme, cette conception de l'homme se retrouve assez bien dans ses moments de loisirs.- Le football et la boxe (quand elle n'est pas monopolisée par la pègre) témoignent que plus “ça cogne dur'' plus les spectateurs jouissent.Qu'on se rappelle les scènes du Forum ( et le terme est ici très juste) lorsque dans une joute de hockey les joueurs en viennent aux coups.La foule hurle et trépigne sa joie devant les “nouveaux gladiateurs".Ce phénomène de la jouissance devant la violence et le sadisme se rencontre dans les productions cinématographiques.Que cela soit dans “55 jours à Pékin" oïl des milliers de Boxers se font massacrer par une oligarchie d'impérialistes.Ou encore dans les films genre “Zoolou", “Mo ido Cane", “Women of The World" (sur :ette pellicule, on a réussi par un montage assez génial à rabaisser la femme au niveau .1* •a viande de -.>oucherle).Dans un siècle de violence comme le nôtr-i, la télévision joue aussi un rôle primorlinl dans l'orientation affective des individus.Les acteur.» pj'elle étale sont toujours plus beaux et plus puissants que la majorité de la population, et par conséquent fort enviés.Pour atténuer cette envie, les spectateurs projettent leur personnalité sur ces conquérants nouvelles vagues.Cette projection laisse inconseiemmo'iî: ressortir les désirs et les espoirs latents chez tous les individus.- Ainsi dans les émissions fie “lutte" oil tous savent que ce sport n'est qu'un spectacle d'athlétisme •-’arrangé", différentes réactions surgissent de la foule.Quelques-uns perçoivent le combat comme une séance d'adresse entre deux athlètes bien entrâmes.D'autres à tempérament sadique verront dans l'engagement le bajoue-mont des ‘valeurs morales prônées par la société.N'oublions pas que dans ce “sport", le méchant gagne souvent par les manoeuvres déloyales sur le bon.Le phantasma-gorique attrait de la télévision sur les gens est une source de défoulement pour l'agressivité accumulée dur ant la journée.Ledanger d'un tel procédé, c'est que la “boite à images" devienne une fabrique de “James Bond" par suite d'une constante projection sur les individus de valeurs semblables.A ce sujet, le Dr.H.fcillemberger écrivait dans la rovie allemande “Kriminologie Houte" (9) que les sociologues “éprouvaient" beaucoup de difficultés de la part du “Big Business" lorsqu’ils scrutaient les effets de la télévision sur les taux de délinquance juvénile.Lors de la parution du livre de Sutherland “While Collar Crime", les compagnies mises en cause avaient lancé une campagne de publicité contre sa personne.On mettait meme .son intégrité intellectuelle et sa vie privée en doute.D'ailleurs l'auteur éprouva beaucoup de difficultés ;l trouver un éditeur ayant le courage de publier son livre.Ce qui laisse J penser qu'en régime capitaliste on élève une stable J un ingénieur qui découvre un procédé révolutionnaire pour la télévision on couleur.Mais qu'un crimi-nologue cherche J établir une relation de cause à effet entre les films de “gangsters" et la délinquance juvénile; les producteurs •d’Hollywood vont alors lui ‘‘conseiller" d’aller faire une étude de la criminalité au Labrador.APPROCHE STATISTIQUE DG LA CRÎM:> N A LITE.On dit qu'on peut tout faire dire aux statistiques, mémo 11 vérité.La querelle entre les économistes québécois et ceux d'Ottawa nous montre bien la justesse de ce propos.Sans inonder le lecteur de chiffres, je voudrais situer le "fait criminel" dans sa juste proportion.Les récentes statistiques officielles laissaient entendre que 15% de la population avait eu des démêlés avec la justice durant la dernière année civique.Ce chiffre est largement au-dessous de la réalité criminelle de notre société.Et ici, la plupart des criminologues et des travailleurs sociaux sont d'accord pour affirmer que les chiffres officiels de criminalité ne reflètent nullement le dsgré d'altération de notre société.Plusieurs raisons contribuent à cette fâcheuse situation:- a) Un nombre considérable de crimes ne sont pas découverts (75%).b) De ceux qui sont découverts, beaucoup ne sont pas déclarés.c) Plusieurs crimes déclarés ne sont pas enregistrés.d) Des crimes enregistrés, plusieurs ne sont pas relevés à la compilation finale.28 • e) Un grand nombre de procédures judiciaires sont contre-carrées par des influences politiques ou financières.Il y a aussi que les statistiques recueillies servent à ries fins administratives ei ne sont par conséquent d'aucuio utilité pour une approche scientifique dj problème.Ainsi les chiffres ayant attrait aux fraudes et virements de fonds deviennent difficilement contrôlables Dans bien des cas, les com pagnies mises en cause préfèrent régler l'affaire à l'amiaole ou encore "remercier" discrètement les fauteurs.Elles veulent ainsi éviter l'avilissement de leur "Public image" face aux coiso ai in rieurs.La fluctuation d'intérêt des différents corps policiers vis-à-vis tel genre de délit plutôt que tel autre fausse la perspective é-volutive des taux de criminalité.Pour corn penser cette situation, les criminologues ont recours à un "chiffre noir", i.e.un indice de référence situant la criminalité réelle dins une ville et visant à évaluer la "dan-gérosité criminelle" de la société.En appliquant cet indice de référence à la ville de Montréal l'on constaterait que, le "chiffre noir" des avortements est de 100 et plus, celui des infanticides et incendies criminels de 10.(Voir tableau) Ce qui est inquiétant dans ces chiffres, c'est la constatation de la grande part de délits commis par les adolescents (14-19).Il faut constater que le virus anti-social a installé son empire chez les jeunes adultes.Les statistiques du FUB.I.démontrent que 50% des crimes leur sont dus, quoique ils ne constituent que le 1/13 da la population.Ainsi, les adolescents sont respon- Criminalité dans la ville de Montréal durant 1964.Dél ifs Criminalité Connue (chiffre officiel) “Chiffre noir" Criminalité Réelle Meutres 21 -4- 84 j î Vol spar ! effraction i i 1 13,6 32 -18- 240 , 37 6 1 V A Vols qualifiés 1,9 56 -4.5- B, 802 j | Vols à la tire 1 0, 9 9 8 -50 ET PLUS- ENVIRON 550,0 0 0 Abus de confi ance (fraude) 1,147 B CM i 22,9 4 0 i 1 • Pour l’année 1964, la criminalité réelle de la ville de Montréal serait égale au produit de la multiplicité du “Chiffre noir” par le nombre de crimes officiellement enregistrés durant cette période.sables de 35% des vols d’autos, de 17% des délits sevuels et de 12% des meurtres, Ce fléau d’actes criminels est directement lié à la formation des “gangs” de jeunes (Teddy Boys, Blousons Noirs) qui terrorisent les grandes villes modernes.Les groupes de jeunes se forment à cause du caractère disparate de notre culture qui maintient les jeunes dans une ambiance d’indécision quant à leur avenir.Ces groupes de sous-cultures servent à transmuter sous une forme moderne les “rites d’adolescents” des cultures dites primitives.Oi sait que dans ces cultures des “séances d’initiation” déterminaient le passage des individus d’un groupe d’âge â un autre.AtrourJ’.iu?.cette coutume est disparue, ce qui fait que les adolescents ne savent pas s’ils doivent s’accaparer du “statut d’homme” à 18, 20 ou 24 ans.En fait, le stade moratoire psychosocial s’allonge de génération en génération.Devant cet embarras d’identification à l’adulte, les adolescents esquivent le problème en se constituant une société de compensa - « 29 tion ou si vous préférez une “société de consolation”.Par la formation de “gangs", les jeunes acquièrent un statut de prestige tout en se situant bien dans la société.Le lien qui soude chacun des membres du groupe ensemble réside dans la peur qu'ils ont tous de la “grande société”.Par la “gang”, ils s'évadent et s'échappent ainsi de la société effective.La dynamique de groupe aidant, ils se valorisent mutuellement et renforcent la position de leur “moi”.Cette formation de “gangs" marquent l'expression de révolte des adolescents vis-à-vis le monde adulte.Elles constituent une sous-culture de négation où prévaut l'idéologie le la dissidence.Cette philosophie du comportement a ses proprès valeurs, ses propres schèmes de fonctionnement et même son jargon particulier.Par cette option, l'adolescent refuse sa propre personnalité et se fusionnant à un groupe minoritaire - identification héroïque - pour se dérober aux responsabilités de “l'autre société”.La délinquance juvénile est en somme le plus grand défi auquel aient jamais eu à faire face les sociétés modernes.DESORGANISATION SOCIALE* Comme nous avons essayé de le démontrer tout au cours de cet article, la criminalité est le fruit d'une incompatibilité entre les valeurs proposées et les visées de la vie moderne.- Une criminalité très différente de celle du dix-neuvième siècle, la nôtre, se caractérise par une tendance psychopathique des délits.Les voies Je fait ont augmenté de 1269 outre 1933 et 1964 dans la ville de Montréal.Cette anomie s'est développée par deux principales ramifications.D’un côté il y a la technique moderne qui a bouleversé complètement les habitudes de vie et les comportements ancestraux.De l'autre, sont corollaire naturel, la naissance d'une désorganisation sociale - les gens deviennent aliénés oar leur milieu - s'ac- a» centue par lt rupture brutale entre les différentes générations.Les normes .prê-chées par les parents sont davenues incompatibles - comme les religions d'ailleurs -avec les “nouvelles morales" d'une société industrielle* Le pluralisme des tâches occasionne une multiplicité des comportements.Celle-ci ouvre la voie à la pullulation d?s normes et des valeurs.Une telle situation entrafhe inévitablement des conflits de personnalité; l'individu en vient à vivre deux morales totalement différentes, il doit en tant qu'individu créer une synthèse constituée par une morale des affaires (genre de loi de la jungle) et par une morale du foyer (genre de néo-thomisme).La désorganisation sociale conduit à la situation suivante.Les bourgeois enfreignent la loi afin d'élever ou d'améliorer leur statut de prestige pendant que le reste de la société fait de même par convoitise du niveau de vie des premiers.Il est à remarquer que dans les deux cas, les mêmes forces hédonistiques agissent sur touts les individus pour déclencher le même mécanisme du “passage à l’acte".Mais par contre, et c'est ça qui constitue le paradoxe de notre justice, si les forces qui agissent sur les individus sont les mêmes, les lois qui limitent leurs conséquences sont cependant très différentes.L'orientation des juristes va vers tel ou tel auttre genre de délits, mais toujours dirigée vers le même but.Les forces policières règlent leur tir sur les classes subalternes de la société.Or, on sait que les crimes les plus coûteux (tant au point de vue monétaire que moral) sont perpétrés par les classes privilégiées de notre société.- Les fraudes commises durant une année s’élèvent à dix fois la somme des vols de banque pendant cette même période.Ces crimes sont cependant beaucoup moins combattus que les délits des classes non privilégiées.Cette drôle de justice de la “Justice” dérive de la structuration historique de nos lois.Il n’y a pas à douter que nous avons une justice bourgeoise émanant de valeurs bourgeoises.Cette justice protege par ses lois le “statu-quo” puisque ce dernier la maintient dans une situation des plus avantageuses par rapport au reste de la population* En effet, les lois étant structurées en conçues en fonction de sa protection, la bourgeoisie n’exerce sur elle-même qu’une chétive force de coercition regardant les délits propres à son aura.Lorsqu’on veut poursuivre un individu pour fraude, l’on rencontre devant soi un appareil judiciaire drôlement traumatisé.Les articles du code et leurs interprétations sont tellement ambiguës qu’on doit faire siéger un magistrat de grande expérience - de préférence sans alliance politique- pour réussir à démêler le tout* En regard de cet article, on peut cir-conscrir la criminalité comme étant une résultante de la lutte des classes, lutte autant horizontale que verticale.Cette friction sociale s’alimente par une projection constante de valeurs amorales, et même quelquefois immorales, qui encouragent et favorisent indirectement le passage à l’acte.Devant l’ensemble des forces exogènes pressurant l’individu, il faut convenir que le principe de la “responsabilité individuelle” n’est qu’un atavisme moyenâgeux sans aucune utilité de nos jours.A la lumière de ces faits on peut aussi affirmer que notre société mérite la criminalité qu’elle récolte car elle a, par les valeurs prônées, ensemencé auparavant le germe de “l’appât illicite”.Michel GUENARD ( l) D.J .Newman “Sociology of Crime”.(2) Reckless ‘ ‘Encvc lonedi a of Criminolouv’ .(3) Robert Merton “ Contcmporay Social Problems’ .(-1) E.H.Sutherland and D.K.Cressy “Principle of Criminology .(^n) Robert A.Nisbet “The Study of Social Problems”.(6) John Uarron “Crime on the Social Structure”.(7) Voir le reportage sur In Mafia dans “Historamn" de janvier 1965.(8) Voir le livre I.K.Crasser “The Nihilism of John Dewey”.(0) “Kritninologie IIeute” 1961 31 le dossier scliirm-guénette andrée benoist Le vendredi 21 mai 1965, à neuf heures trente du soir environ, le juge André Sabourin condamnait François Schirm, 33 ans, et Edmond Guénette, 20 ans, à la peine de mort, la sentence devant être exécutée le 22 octobre 1965.Tous deux étaient accusés .de meurtre qualifié sur la personne de Leslie Mac Williams, âgé de 56 ans, vice-président de l'International Fire Arms (1011 rue Bleury, à Montréal; meurtre commis le 29 août 1964 au cours d’une tentative de vol à main armée.L’appartenance des deux accusés à l’A.R.Q.(Armée Révolutionnaire du Québec), le refus de l’un deux de toute assistance judiciaire (“la Couronne m’a bien offert un avocat, mais la Couronne, c’est la Couronne Britannique, donc mon ennemie, et je ne peux en accepter aucune faveur”) ont conféré à ce procès, qui s’est déroulé pendant toute une semaine devant un jury de douze jurés, un caractère assez particulier.J’ai eu avec Edmond Guénette deux longs entretiens, au cours desquels il s’est très clairement expliqué sur son évolution personnelle et la genèse de son acte.Avant de les* 32 rapporter, il est important de connaître.les cadres et conditions de vie qui furent les siens.J’utiliserai pour cela le curriculum vitae qu’il a lui-même rédigé, le 12 mars 1965, à l’intention de son avocat, Me Gilles Juteau.Edmond Guénette est né le 19 août 1944 à Montréal, dans la paroisse de Saint-François La Flèche.Il est de nationalité québécoise, et sa langue maternelle est le français.Célibataire, il réside à Montréal.Il a fait ses études primaires à la Crèche Saint-Paul (3 ans), à la Crèche Côte-de-Liesse (1 an) et à l’école Saint-Pascal Bailon (3 ans).Ses études secondaires se déroulent à Notre-Dame-des-Neiges (1 an) et à l’école secondaire Saint-Luc (2 ans).Il a toujours obtenu de très bonnes notes, se classant régulièrement parmi les dix premiers.Dès l’âge de treize ans, il travaillait les fins de semaine et les soirs d’été pour aider son père à s’occuper de la maison.Mais à seize ans, ayant obtenu un certificat d’étude de lOème commerciale, il lui faut quitter ses études pour travailler et gagner de quoi nourrir ses quatre frères et soeurs, car son père ne dispose que do l’assurance-chômage.Il entre donc comme commis d'épicerie chez Steinberg, à $30 par semaine; il occupe cet emploi- de juin 1960 à septembre 1960.Il décide alors de poursuivre ses études en prenant des cours du soir.Il sort en 1961 de l'Institut Alie gradué d’une llème commerciale.En septembre 1964, il entre comme commis de correspondance à la Northern Electric; pour $30.par semaine.Il y restera jusqu’en juin 1964, ayant eu dans l’intervalle deux promotions, l’une comme imprimeur ($65), l’autre comme opérateur de Xerox ($75).Pour la clarté de l’exposé, je rapporterai les paroles d’Edmond Guénette en les centrant autour de ses thèmes prédominants: la révolte, la violence, les intellectuels.Q.Comment en êtes-vous arrivé à la révolte?R.Vers l’âge de 14-15 ans, je me suis lié d’amitié avec un Belge, Francis Bastain, de 4 ans plus âgé que moi, qui s’intéressait beaucoup à la politique, et plus particulièrement au nationalisme.Je n’étais pas alors spécialement attiré par la politique, mais je réfléchissais beaucoup le soir, dans ma chambre, .surtout aux problèmes économiques du pays.Il y a surtout un fait qui m’a frappé: l’aspect minoritaire de la langue française: à la Northern Electric, où on travaille en anglais, dans les magasins de Montréal, à Ottawa.D’autres choses également: les élections, qui sont toutes prévues d’avance, car seul l’argent compte; l’existence des partis politiques, qui promettent et ne tiennent pas; le colonialisme économique, subtil mais indiscutable.Au point de vue social, je me suis mis à fréquenter le bas de la ville, et je me suis rendu compte de la pauvreté des gens: pourquoi tant de pauvreté à Montréal?j’ai comparé avec les autres pays: l’assurance-hospitalisa-tion; le nombre de chômeurs, etc.C’est ainsi que j’en suis arrivé à la révolte, mais ma révolte était sociale plus que politique.Et c’est de cela que je discutais avec les camarades: quels changements faut-il faire?J’ai pensé au RIN, mais ce sont tous des bourgeois, sauf Marcel Chaput, qui ne pensent qu’à leur propre avenir.Et peu à peu, je me suis dit que la violence était peut-être le seul moyen de s’en sortir.Q.“Que pensez-vous de la violence?R.La violence est difficile à utiliser au Québec, parce que les gens ont une mentalité de colonisés, parce que les gens ont l’habitude de vivre tranquilles et abrutis, sans s’apercevoir qu’ils sont exploités.La révolution, si elle arrive, doit être faite par notre génération, donc avant dix ans.On ne peut pas ne pas remarquer qu’après le FLQ beaucoup de gens se sont réveillés, et ont regardé • 33 autrement, comme un peuple qui commence à s’émanciper.Donc, la violence oblige à regarder les faits en face; il faut l’utiliser comme un moyen de pression pour le gouvernement du Québec, pour le mettre devant l’alternative: ou l’indépendance, ou le Québec à leu et à sang, car de plus en plus les gens vont devenir indépendantistes.C’est ainsi que l’Algérie a pu gagner la guerre.Il faut libérer le Québec de sa tutelle politique et économique, émanciper e peuple québécois, lui donner et sa liberié morale et sa liberté physique; relever le niveau social et intellectuel qui.actuellement, n’est satisfaisant que pour une minorité de Canadiens français, n y a tout un ensemble de réformes sociales à réaliser dans le genre de celles que René Lévesque a faites pour l’électricité.Q.Et les intellectuels?R.L’intellectuel s’oppose au travailleur; le travailleur n’a pas beaucoup d’éducation, il vit au jour le jour, ses joies sont simples, et ses soucis aussi; il a certains préjugés, mais il est moins complexé.L’intellectuel, lui, est très instruit, il est imbu de sa supériorité les trois-quarts du temps, il a beaucoup de préjugés car il vient souvent d’un milieu aisé, il ne travaille pas pour payer ses cours, et c’est une expérience qui lui manque que le contact avec les pauvres.La différence entre l’intellectuel et le travailleur se manifeste surtout 34 « dans leur différence de frappe vis-à-vis de l’indépendance: l’intellectuel envisage la théorie, il va dire que c’est faisable économiquement et socialement, il regarde cela comme un cas; le travailleur va se demander, sur le plan pratique, comment on peut procéder, ce que ca va donner; en ce sens, il est peut-être plus égoïste (bien que l’intellectuel le soit aussi).Il accepte mieux les difficultés car il imperméable, ou alors il se révolte, un des deux.Sa révolte, il ne l’analyse pas, elle est diffuse; celle de l’intellectuel est canalisée parce qu’il l’analyse.Les travailleurs n’ont pas grand-chose à perdre, ils peuvent se lancer dans la violence.Les intellectuels, eux, me font enrager, car ils ne savent pas ce que c’est que l’action, ils végètent dans leur petit groupe d’intellectuels; ils n’ont pas l’expérience des gens, de la police.ils ne savent pas parier aux travailleurs, ils ne savent pas se mettré dans leur peau.” La défense d’Edmond Guénette, préparée et assurée (bénévolement) par Me Gilles Juteau, comprenait entre autres un rapport sociologique, dont le but était de mettre en évidence l’aspect idéologique de l’affaire et sa non-assimilation à un crime crapuleux.Je fus donc, à titre d’expert, appelée à la barre des témoins le jeudi 20 mai 1965, afin d’expliquer les motivations idéologiques et politiques de l’acte accompli par l’accusé. Me Jacques Clément, Procureur de la Couronne, s’opposa fermement à ce témoignage.Me Juteau expliqua qu’il n’y avait pas si longtemps, on refusait d’entendre témoigner les psychiatres, et, faute d’une expertise psychiatrique, des prévenus furent condamnés à mort pour des crimes dont ils n’étaient pas responsables; qu’au-jourd’hui, en présence d’un crime la première réaction est de se demander si l’individu était en pleine possession ou non de ses facultés mentales au moment où il commettait l’acte, et donc il est devenu normal, pour ne pas dire légalement automatique, d’ordonner une expertise psychiatrique.De même, un crime accompli en fonction d’un idéal peut s’expliquer par le fait que la société à laquelle se rattache l’individu est une société en crise, une société qui n’est pas dans son état normal; que donc il appartient à un sociologue d’en faire l’expertise et de donner son diagnostic.L’expertise sociologique n’est pas encore entrée dans les moeurs, mais, conclut-il, il ne faut pas craindre d’innover, de casser les préjugés, de réformer les systèmes.Le juge André Sabourin répliqua qu'il fallait s'en tenir à la loi: “C’est ici une cour de justice, et non un parlement”, que le but du procès était de faire la preuve du crime, et en conséquence qu’il refusait le rapport sociologique.Au nom de Guénette, Me Juteau dit alors que, devant le refus de la Cour d'entendre l'expertise sociologique, son client jugeait inutile de- témoigner.Ceci mit fin à la défense d’Edmond Guénette.qui n’avait que deux témoins à présenter.Voici le texte de l’expertise socio-logique en question: Edmond Guénette: rapport sociologique “L’homme est un animal social”: cet aphorisme est à la base d’une discipline scientifique dont l’importance croit de jour en jour: la Sociologie.qui étudie les multiples aspects de la vie humaine en société et.entre autres, les relations entre l’individu et le système social dans lequel il s’insère.Elle est donc, en quelque sorte, une réflexion sur la vie sociale.Mais la Sociologie reste cependant strictement objective.c’est-à-dire qu’elle ne s'intéresse pas à ce qui devrait être, mais à ce qui est: elle n’est pas normative, mais constatative.C’est dans cette optique que nous tenterons, par le présent rapport, d’analyser le cas de M.Edmond GUENETTE.en l’étudiant comme un phénomène sociologique, autrement dit en mettant en lumière les mécanismes du système d’interaction individu-société dans lequel, comme tout être humain, il se trouve impliqué.En effet, individu et société ne peuvent être considérés isolément, car l’un et l’autre s’influencent, s’interpénétrent pour former une i ^ -JJ réalité" totale et globale que seule l’analyse dissocie pour ses propres fins.Pour qu’un groupe d’individus puisse s’organiser et fonctionner en tant que société, il faut que les individus qui le composent aient en commun un ensemble d’habitudes, de modes de faire et de penser etc.qui leur permettent de se reconnaître comme faisant partie du même groupe.Chaque société se caractérise ainsi par les attitudes, les croyances, les connaissances, J ïs lois, les aptitudes qu’elle exige de sas membres afin de les reconnaître comme tels.Les sociétés qu’on appelle primitives parce qu’elles sont peu avancées au point de vue technologique, offrent à l’étude une très grande variété de ces modes de faire et de penser.Nos sociétés industrielles occidentales se ressemblent beaucoup plus entre elles; mais, contrairement aux premières qui sont monolithiques en ce sens qu’elles exigent une très grande homogénéité interne, elles sont pluralistes c’est-à-dire qu’elles tolèrent, et même favorisent, l’existence d’un certain nombre de groupes dont les opinions, les croyances, les façons de vivre diffèrent largement, et s’opposent parfois totalement.Autrement dit, à l’intérieur de l’univers mental collectif spécifique o'e notre société actuelle, se développent de véritables microcosmes que le sociologue appelle des “sous-culturcs” par opposition à la “culture” globale (le terme “cultu- 36 re” désignant cet ensemble de croyances, façons de faire etc - dont nous avons parlé plus haut).De ces sous-cultures, une des plus étudiées actuellement est sans conteste la sous-culture adolescente.Classiquement définie comme une période transitoire, radolescence, dans notre société occidentale est aussi reconnue comme un passage difficile à un état adulte que l’on arrive de moins en moins à définir.Sa durée tend à augmenter puisqu’on considère qu’elle débute vers l’âge de 10 ans (sur le plan biologique on constate d’ailleurs que la puberté se fait à un âge beaucoup plus avancé qu’au siècle dernier ou que dans les sociétés actuellement peu évoluées) et qu’elle déborde l’âge de 20 ans; le mariage ne représente plus l’accès au statut d’adulte; les études sont longues et nécessaires.Tous ces facteurs font qu’il existe indubitablement un “malaise de la jeunesse”, qui inquiète de nombreux spécialistes et plus particulièrement les sociologues.Leurs recherches et leurs travaux ont mis en lumière un certain nombre de constantes que nous illustrerons en analysant le cas qui nous occupe ici.Après 10 ans d’une enfance riche en incidents pathogènes, Edmond G.retourne au foyer de son père, où il connaît quelques années difficiles de réadaptation.Ses premiers contacts avec le monde du travail l’amènent à une première prise de conscience: il a la révélation brutale de la situation minoritaire de la langue française que ce soit à Ottawa, dans les magasins de la ville, ou dans la Northern Electric.D’autres faits le frappent: existence de partis politiques qui tous promettent beaucoup et ne tiennent jamais, primauté de l’argent dans les élections politiques; au point de vue économique, un colonialisme qui pour être subtil n’en existe pas moms; et surtout, au point de vue social, découverte de l’existence d’une pauvreté que, par comparaison avec d’autres pays, peu de mesures sociales permettent d’atténuer.Il sent alors que des changements sociaux sont absolument nécessaires, et qu’il doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider à leur accomplissement.Il se réunit le soir avec des camarades pour discuter de la situation et des mesures à prendre; il lit beaucoup, à la fois pour se tenir au courant de l’actualité, des problèmes existants, et pour se renseigner sur les solutions adoptées dans d’autres pays.Il en arrive ainsi peu à peu à penser qu’il faut utiliser tout moyen jugé opportun car, dit-il, après les premières manifestations du FLQ, beaucoup d?gens se sont réveillés de leur abrutissement, se sont aperçu qu’ils étaient exploités et ont commencé à regarder les choses d’un autre oeil, comme un peuple qui commence à s’émanciper.La manière forte, conclut-il, oblige les gens à regarder les faits en face; c’est elle qu’il faut utiliser comme moyen de pression contre le GOUVERNEMENT QUEBECOIS pour le mettre en mesure de libérer le Québec de la tutelle politique et économique qui l’emprisonne, d’émanciper le peuple Québécois en relevant son niveau social et intellectuel, en réalisant l’ensemble des réformes sociales qui s’imposent.Lorsque le vol d’armes est décidé, Edmond G.se porte comme volontaire car il agit en fonction d’un idéal et, pour cet idéal, il quittera le toit paternel, son travail qui lui rapportait un bon salaire et plusieurs de ses amis.Ce rappel biographique, bien que rapide, est cependant suffisant pour comprendre que, semblable en cela à beaucoup de jeunes de sa génération, au Québec et ailleurs, Edmond G.manifeste de façon péremptoire son appartenance à un groupe que caractérisent essentiellement à la fois l’insécurité, la recherche de soi-même, le besoin d’un idéal et d’une justice.Ce problème de l’adolescence, on le rencontre dans toutes les sociétés occidentales ayant atteint un certain niveau d’urbanisation et d’industrialisation (John Barron Mays.) Il se manifeste par un refus, une révolte devant le monde tel qu’il est perçu, une remise en question des *37 choses jusqu’alors tenues pour admises; par des réactions violentes vis-à-vis de ce qui est ressenti comme injustice sociale; par un idéalisme parfois implacable et intransigeant.En effet, comme l’a montré S.N.Eisenstadt, le grand problème de l’adolescent vient de la confrontation entre le tableau qu’on lui a présenté du monde et la réalité sociale qu’il découvre.En rentrant dans le monde des adultes, les jeunes jugent le comportement de la génération qui les précède.Devant les difficultés de la société, les conflits, la misère et les contraintes, les adultes ont tendance à l’acceptation.Plutôt que de remettre en question ce qu’ils ont péniblement acquis, ils préfèrent fermer les yeux sur ce qui contredit leur idéal et acceptent des solutions de compromis.Les jeunes, au contraire., sont moins réalistes et, pour accomplir leur idéal,, préfèrent changer la société plutôt que de l’accepter telle qu’elle est.C’est au terme de cette confrontation qu’ils s’engageront dans une des voies suivantes: le cynisme, le révolte idéaliste, l’idéologie révolutionnaire, ou alors la lente et graduelle maturation vers l’âge adulte.Edmond G., lui, a choisi la voie révolutionnaire, ce qui revient à dire que, dans une société où sa propre place, sa propre identité tant personnelle que collective lui sont apparu contestées, il a délibérément opté pour le radicalisme.Il rejoint en cela 38 • tous les mouvements par lesquels, de par le monde, la jeune génération* à une étape quelconque de cette quête d’elle-même dont nous avons parlé, exprime aux générations plus anciennes le conflit idéologique qui les sépare.Ce conflit est le plus souvent traduit en termes de nationalisme: on sait, par exemple, que la plupart des mouvements nationalistes au Moyen Orient, en Asie et en Afrique étaient composés de jeunes; leur révolte contre le traditionnalisme et la situation sociale s’est trouvée reliée au développement d’une idéologie nationale et d’une conscience de la spécificité de leur groupe d’âge.Cette idéologie rejoint le vieux rêve adolescent d’une société nouvelle où la liberté et la justice permettent à l’homme de se réaliser pleinement.11 serait donc faux, sociologiquement parlant, de considérer Edmond G.comme un cas isolé, un cas à part.Il est un représentant parmi beaucoup d’autres, de ce groupe d’âge qu’on appelle “les jeunes’’ et dont l’importance augmente de jour en jour dans nos sociétés modernes.Adolescent d’une société en remaniement et en développement, ses croyances, ses attitudes, ses idées, ses comportements rejoignent ceux de ses compagnons d’âge, et s’opposent aux normes en vigueur dans le monde des adultes.Ce qui pourrait s’énoncer de façon plus générale de la manière suivante: de par le dynamisme psychique propre a son âge.de par la’situation sociale riche en conflits dans laquelle il $ esc trouvé impliqué.Edmond* G a rejoint l’un des groupes où les jeunes expriment leur identité particulière.La société québécoise actuelle n’offre pas seulement à ces jeunes des organisations sportives ou des gangs de~délinauants.Sa structure et ~ ses problèmes engendrent d’eux-mèmes ces ârouoements à base A idéolosiaue oui veulent réformer le monde des moyens.Tel nous de l'anal via d’Edmond* G * ^ • * • • « car tous les * a la sccioioaiaue.lumière le cas ce sa: — Un mois étudiants canac à Paris signera: fut présemee ambassadeur ci la voix Brûlé, peine de nom à Guenette co; infâme peur x se prononçai: d de mort en gé.Par ardeur' adressée au : Canada et au Québec, ce non françaises derr pas appliquée prononcée *ccuti naires.En void environ après.60 lie ns-français résidant :t une nrotestation qui a M.Jules Léger, i Canada a Paris.Par .pone-parole.Michel ne délierait crue la v A imposée a Schirm et tatnua.t une sanction le action politique, et e tins contre la peine — « une requete Ministre du Ministre du personnalités que ne soit la sentence de mort e les deux révolution-.le texte: m — * n.- - -—‘2.- 1,2 : ne 21 mai 1S65, François ScLim 33 ans.et Edmond Guénens.2G ans.membres de “T Armée Eévoiucicnnaire du Québec”, étaient condamnés par la cour d'assises du district piciciama de Montréal, à erre pendus.En vue de s'emparer de carabines à répétition dans une armurerie, un avaient participé a me opération le commando au cours de laquelle M.Leslie Mac '-Viliams, aérant ce iinternational Firearms Company et M.Alfred Finie h.son employé, trouvèrent la mort.Las débats judiciaires devaient établir tue M Alfred Finie r emu :»r sous les balles tirees car des policiers: ceux-ci ne contestèrent pas le fait.Fouie la mort de M.Leslie MaeW-liants fut retenue i la charge des accusés: ils reconnurent qu’ils na.s soutinrent qu'ils vcu
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