Parti pris, 1 janvier 1967, Janvier - Février
VOL 4 — No 5-6/ JAN.- FÉV.67 - $1.00 histoire et idéologie lue racine et gilles bourque merdemerdemerdemerdemerdemerdemerdemerde 1937 séraphin ou la dépossession pierre desrosiers 1967 è quand I indépendance ?éditorial qu'est-ce que le r.i.n.?gilles dostaler la démocratie.guy bourassa hâtez-vous ! c'est ‘le moment où jamais de compléter votre collection de la revue parti pris il ne reste que cinquante exemplaires du volume I prix spécial — pièce de collection .$10.00 les autres volumes et exemplaires sont vendus au prix marqué séries spéciales manifestes: numéro-présentation, manifeste 64-65, manifeste 65-66 .$ 1.50 problèmes de culture : le cinéma, l'information, la littérature au Québec $ 1.00 études de milieux : le milieu rural, les villes de Montréal et Québec .$ 1.00 portraits de colonisé : deux numéros doubles sur les aspects vécus de la colonisation au Québec .$ 1.50 Entourez d'un cercle les prix des séries ou numéros demandés et envoyez le tout à Revue parti pris, casier postal 149, station N, Montréal, au Québec nom .adresse sommaire éditorial l’indépendance au plus vite ! 2 P»P»j P.1T1.la démocratie a-t-elle un ave-au québec .6 guy bourassa le r.i.n.: un parti de gauche ?17 grilles dostaler histoire et idéologie .33 grilles bourque et lue racine séraphin ou la dépossession .52 pierre desrosiers exposé la réforme agraire à cuba .63 lise rochon chroniques le québec politique .71 gaëtan tremblay le québec syndical .77 grabriel gagnon politique internationale.81 Philippe bernard colonialisme quotidien .85 p.p.la laïcité 87 pierre malieu les essais .89 lue racine littérature québécoise .95 raoul duguay interprétations de la vie quotidienne .99 Patrick straram marginales .107 vol.4 nos 5-6 janv.-fév.1967 revue politique et culturelle paraît tous les deux mois sur 112 pages ou plus rédaction et administration : c.p.140, station "X" montréal 18, québec comité de rédaction : co-directeurs : gabriel gagnon lue racine gaëtan tremblay Philippe bernard Paul chain berland jan tlcpocas raoul duguay pierre malieu gaston miron jean-mare plot te trésorier : michcl rivet secrétaire à la rédaction : Patrick straram distributeurs : agence de distribution populaire, 1120 Lagauelietière Est Tél.: 523-1182 La revue n’est pas responsable des manuscrits qui lui sont adressés.Reproduction interdite sans autorisation.le numéro : $1.00 G numéros : $6.00 éditorial l'indépendance au plus vite ! Ce n’est pas une coïncidence si notre premier éditorial de Tannée 1967 porte sur l’Indépendance du Québec : à l’occasion du centenaire de la Confédération, nous sentons le besoin impératif de reformuler notre rejet irréductible de cette institution coloniale qui contient la nation québécoise dans l’aliénation, le sous-développement et la dépossession.Nous n’en resterons cependant pas à cette déclaration de rejet du colonialisme.Nous voulons l’indépendance du Québec et dès lors nous voulons analyser la lutte pour l’indépendance, qui se poursuit depuis plusieurs années, dans l’optique du socialisme décolonisateur, et nous situer dans le débat sur la question coloniale qui couve toujours au sein de la gauche québécoise.Cette question hypothèque lourdement les chances d’arriver à construire un grand parti des travailleurs du Québec qui proposerait une véritable alternative au pouvoir bourgeois ou néo-bourgeois.Toute la gauche s’entend sur le but de la libération du Québec.Cependant, "libération” signifie pour nous indépendance et socialisme, alors que d’autres n’acceptent que la lutte pour le socialisme.Nous savons bien que l’indépendance n’est qu’une étape dans la libération du Québec, mais nous savons parfaitement bien aussi que le socialisme est impossible à réaliser ici sans l’indépendance.Nous croyons que les socialistes qui ne font pas la lutte pour l’indépendance immédiate du Québec font fausse route, que leur opposition est stérile et leur stratégie inappropriée à la situation.Le problème politico-culturel conditionne toute notre lutte pour l’organisation socialiste de la société québécoise.Il ne faut jamais proposer de tâches pour la réalisation desquelles les conditions ne sont pas réunies.Or justement, le socialisme ne peut ctre réalisé dans un Québec qui ne serait d’abord indépendant; les Québécois doivent d’abord pouvoir vouloir, 2 c’est-à-dire qu’ils doivent se mettre en situation d’agir, avant de seulement songer à établir le socialisme au Québec.En ce sens, il ne fait plus de doute pour nous que l’indépendance est une nécessité prioritaire au Québec.C’est l’étape décolonisatrice, pré-requis à toute prise de conscience collective ultérieure : prise de conscience de l’exploitation des travailleurs, de l’aliénation religieuse et culturelle, d’une schizophrénie collective, etc.Il est en effet impossible que les travailleurs aient une conscience nette de l’opposition des classes tant que la situation coloniale entretient la confusion entre l’exploitation du travail par le capital et la domination des canadiens-anglais sur les québécois.L’indépendance et le socialisme sont indiscutablement indissociables : d’ailleurs l’expérience de plusieurs d’entre nous le montre bien, qui ont été amenés au socialisme par une prise de conscience de la colonisation, alors que d’autres ont été amenés à l’indépendantisme par une prise de conscience sociale.Indissociables, parce qu’on ne peut véritablement parler d’indépendance sans parler de socialisme, et vice-versa.Cependant, cette indissociabilité ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir graduation des buts pour atteindre à la libération réelle du Québec; et "graduer” est bien différent de "hiérarchiser”.Pour nous ça signifie que l’indépendance est un préalable au socialisme, qu’elle est une condition nécessaire, mais non suffisante, à la libération du Québec.L’expérience des dernières années, et particulièrement celle du passage du M.L.P.au P.S.Q., nous a convaincus du bien-fondé de cette position.Il n’y a pas de stratégie commune possible entre des socialistes indépendantistes et des socialistes anti-indépendantistes à l’intérieur d’un meme parti.L’argumentation qui a conduit le M.L.P.au P.S.Q.et qui nous apparaissait alors d’une logique incontestable, ne résiste pas à une analyse plus approfondie.Cette argumentation disait en gros ceci : en réalisant l’indépendance nous ne réalisons pas nécessairement le socialisme, alors que la réalisation du socialisme amène nécessairement l’indépendance; donc luttons pour le socialisme et l’indépendance viendra par surcroît.On avait simplement oublié que si l’indepcndance n’amène pas nécessairement le socialisme, elle rend sa réalisation possible; on avait oublié aussi que s’il était bien vrai que le socialisme amènerait nécessaire- l’évolution historique, qui va dans le sens du socialisme.C’est toute la différence entre "révolution” et "évolution”. Nous posons donc l’indépendance comme un pré-requis au socialisme.L’idéal serait que ce soit un parti socialiste qui fasse l’indépendance, mais cette possibilité nous semble improbable dans l’immédiat et dans un proche avenir.Et parce que nous avons un besoin pressant de l’indépendance, il faut que ce parti socialiste accepte de joindre ses forces à un parti comme le R.I.N.par exemple, pour faire l’indépendance la plus à gauche possible, mais la faire au plus tôt.Au plus tôt, parce que l’hypothèque nationale paralyse et continuera de paralyser l’action efficace de la gauche tant qu’on ne l’aura pas résolue.Lorsque les Québécois auront assez pris conscience de leur situation de colonisés pour faire l’indépendance, ils auront franchi le premier pas de la révolution, ils seront dès lors en situation de saisir la nécessité du socialisme, c’est-à-dire de la mise en commun de leurs moyens, pour achever la libération.Alors et alors seulement un parti socialiste pourra présenter une alternative véritable, une alternative claire et saisissable par quiconque.C’est d’ une clarification du jeu politique que nous avons un pressant besoin, d’une mise en situation, et ça s’appelle l’indépendance, l’étape décolonisatrice de la libération.Présentement, les socialistes sont condamnés à une opposition courageuse et ardue, mais stérile, parce qu’ils ne peuvent lutter immédiatement pour le pouvoir des travailleurs.Ils ne peuvent lutter que médiatement, parce que l’alternative qu’ils proposent n’est saisissable que dans une situation d’indépendance.Et ceci ne veut pas dire que les socialistes doivent attendre l’indépendance, mais bien qu’ils doivent la réaliser, lutter stratégiquement pour sa réalisation sans délai.Pratiquement, cela exige qu’un parti socialiste soit indépendantiste ct.^u, ^ joigne ses forces à un parti comme le R.I.N.s’il ne peut réaliser l’indépendance lui-même à courte échéance.Et cette exigence n’implique pas qu’un parti socialiste laisse de côté la lutte pour le socialisme, mais bien qu’il relance sa lutte pour le socialisme dans la seule ligne stratégiquement conforme à la situation, celle d’une décolonisation préalable.Il ne fait aucun doute pour nous qu’une indépendance réalisée par un parti comme le R.I.N.servirait le développement d’un par4:i socialiste, parce que ce dernier pourrait alors présenter une alternative immédiatement saisissable et s’opposer efficacement à un pouvoir québécois qui n’entreprendrait pas la réalisation du socialisme, deuxième étape de la libération.De toute évidence, il n’est pas question de cesser la lutte pour le socialisme, et encore moins de dissoudre le parti socialiste : quoiqu’il arrive, il devra exister un mouvement socialiste structuré au Québec.Mais il faut se poser de sérieuses questions sur l’opportunité de lutter au sein d’un parti socialiste québécois qui ne veut pas intégrer l’indépendance à sa stratégie, se cantonnant ainsi dans une opposition stérile.Si on croit, comme nous le croyons, qu’une révolution violente de style cubain ou algérien est impraticable au Québec, il faut adapter la stratégie aux étaqes qu’il faut poser.Si de plus on croit, comme nous le croyons, que l’émergence d’une conscience nette de l’opposition des classes est impossible sans la résolution de l’aliénation coloniale, alors il faut accepter l’indépendance comme pré-requis à toute libération plus poussée.Et nous répétons ici que c’est là une graduation des objectifs et non une hiérarchisation.Comme nous le disions plus haut, l’idéal serait de faire en même temps l’indépendance et le socialisme.Des bouleversements politiques actuellement imprévisibles peuvent rendre cet idéal réalisable, mais ce n’est pas le cas dans la conjoncture présente.Alors nous ne répugnons pas du tout à l’idée d’un parti socialiste qui joindrait ses forces au R.I.N.pour faire l’indépendance, ni à imaginer des socialistes militant dans un parti indépendantiste déjà social-démocrate.Nous répugnons même bien moins à cette idée qu’à celle d’un parti socialiste qui se refuse à voir dans l’indépendance une nécessité, aussi bien politique que culturelle.Nous croyons qu’une stratégie n’est valable que si la problématique qui l’inspire est réaliste.Or l’aliénation coloniale des québécois nous semble un fait évident.C’est pourquoi l’indépendance nous semble absolument nécessaire pour désembourber de cette aliénation la conscience de classe, instrument de la véritable libération des travailleurs québécois.p.p./ g.t., p.m.5 la démocratie a-t-elle un avenir au québec?guy bourassa S’il n’est pas nouveau que les hommes s’interrogent sur leur avenir, il est tout de même frappant de constater à quel point l’on s’est adonné à un effort de prévision dans les sciences sociales ces dernières années.L’analyse politique n’échappe pas à cette tendance qui voudrait définir un instrument précis et rigoureux pour laisser apercevoir ce que sera l’avenir.Nous en sommes encore bien loin cependant comme nous le verrons dans cet article.Diverses causes peuvent expliquer cette préoccupation tournée vers le futur.Les deux guerres et le développement économique comptent sans doute pour beaucoup et on ne saurait s’étonner que ceux qui s’intéressent à l’examen de la société québécoise aient été marqués à leur tour.Aux causes plus générales s’ajoute probablement ici l’intense bouillonnement que le Canada en général et le Québec en particulier ont connu depuis quelques années.Vers quelle forme de régime politique allons-nous ?Que paraissent devenir les institutions politiques mises en place il y a plus d’un siècle l Par institutions politiques, nous entendons aussi bien les mécanismes formels comme le Parlement, les partis et la fonction publique que tous les autres agents de l’activité politique : en un sens aussi large, la question revient à vouloir déterminer le sens et la portée réelle des transformations profondes qui affectent les principaux rouages du gouvernement de la société québécoise.Disons tout de suite que deux voies s’offrent à qui veut entreprendre une telle tache, deux voies fort différentes et même passablement oppo-sées économie agricole / économie marchande, nation française/nation anglaise.Lors de l’Insurrection, les Patriotes échouèrent parce qu’ils étaient les porte-paroles d’une classe représentant les intérêts d’une société de type rural et agricole inévitablement vouée à être dépassée et subordonnée par une société urbaine et marchande.5.0.V — Ainsi, en plus d’une lutte entre deux classes sociales, l’Insurrection a bien été aussi une lutte entre deux ensembles de classes (nations ou sociétés) : un premier ensemble ayant un fondement socio-économique progressif (commerce et industrie), un second ensemble ayant, lui, un fondement socio-économique attardé (agriculture traditionnelle), du moins par rapport au développement des sociétés occidentales de l’époque.Le ré- 47 sultat de leur opposition a été la subordination d’un ensemble de classes par l’autre, la domination socio-politique et culturelle d’une société par une autre, ce qui nous justifie d’interpréter l’Insurrection comme une opposition de nationalismes, et l’Union (puis la Confédération) comme un mécanisme politique de colonisation.5.0.4 — La difficulté d’interpréter justement l’histoire passée et présente du Québec vient précisément de ce qu’on y assiste à des oppositions entre ensembles de classes, ensembles qui se distinguent l’un de l’autre non seulement par des caractéristiques socio-économiques, mais aussi par des caractéristiques ethniques, le recoupement des oppositions ethniques et socio-économiques s’expliquant précisément par ce qui s’est passé lors de la Conquête de 1760, c’est-à-dire par le remplacement d’une bourgeoisie mercantile et d’une administration politique françaises au profit de groupes analogues, mais anglo-saxons.Toute l’ambiguïté de notre histoire provient de ce recoupement.5.0.5 — On voit bien que ce n’est pas en minimisant le sens de la Conquête comme événement socio-économique et politique global que l’on arrivera à comprendre l’histoire du Québec.Et c’est justement une telle incompréhension de l’importance de la Conquête qui amène M.Ouellet à expliquer l’échec de l’Insurrection par la mentalité traditionnelle des Pa- triotes, sans s’apercevoir que la mentalité de la classe des professions libérales s’explique très bien par son insertion à l’intérieur de l’ensemble de classes constituant alors la société québécoise à fondement socio-économique attardé.Si la Conquête n’était pas venus bouleverser le développement endogène de la société québécoise, une bourgeoisie mercantile proprement québécoise s’y serait développée en même temps que la bourgeoisie des professions libérales, et ces deux classes se seraient sans doute alliées victorieusement, comme ce fut le cas en Europe, contre les classes traditionnelles représentées par le clergé et les seigneurs.Le remplacement d’une bourgeoisie mercantile française par une bourgeoisie mercantile anglo-saxonne, lors de la Conquête, a conduit à des alliances différentes (bourgeoisie mercantile, administration coloniale, agriculteurs anglo-saxons ; bourgeoisie professionnelle, clergé, seigneurs, habitants: expliquant l’isolement et la survie, en Amérique du nord, pendant plus d’un siècle, d’une société hybride et réactionnaire dirigée par une bourgeoisie clérico-professionnclle devenue avec les ans complètement schyzophrène.5.1.0 — Toutefois, puisque l’on ne saurait refaire l’histoire, il ne nous reste qu’à examiner brièvement les conséquences de l’analyse qui précède sur la compréhension de notre situation présente, ce qui permettra de 48 mieux saisir le sens véritable de l’interprétation de M.Ouellet, en comparant les implications de son analyse aux implications de la nôtre.5.1.1—Si l’on adopte la perspective que nous avons élaborée plus haut, il est naturel de se demander quelles furent les transformations de la société québécoise, vue comme un ensemble de classes, à partir de 1840.On sait que, schématiquement, l’évolution fut la suivante : stagnation de l’agriculture et émigration massive vers les Etats-Unis, colonisation de terres plus ou moins stériles ; prise en main définitive de l’éducation par le clergé ultra-montain ; contrôle de ce que la Confédération laissait aux provinces de pouvoir politique par la bourgeoisie libérale assagie.Puis, à partir de 1900 environ, par vagues successives et sous le coup des transformations socio-économiques induites par la société anglo-saxonne, urbanisation et prolétarisation des paysans, développement du syndicalisme, apparition d’une classe de salariés non-manuels, réactions diverses et plus ou moins régressives de l’élite clérico-bourgeoise.Tout cela pour en arriver aujourd’hui à une configuration de classes de la société québécoise radicalement différente de celle dont nous sommes partis : prédodinancc des travailleurs manuels (ouvriers) et non-manuels (de l’employé de bureau au fonctionnaire), régression de l’agriculture, du clergé et des professions libérales.Ce nouvel ensemble de classes est cependant toujours dominé politiquement et économiquement par la société anglo-saxonne nord-américaine sous la prédominance d’une classe monopolisant de façon de plus en plus concentrée le capital financier et industriel.5.1.2 — Das cette perspective, il est clair que l’indépendance politique du Québec n’aurait aucun sens si elle n’était fondée sur une indépendance économique qui, elle-même, ne saurait se réaliser, en contexte néocapitaliste nord-américain, autrement que par une planification socialiste intégrale (nous ne pouvons pas nous attarder ici sur les modalités et sur les difficultés d’application de cette solution qui nous apparaît toutefois comme étant la seule praticable pour le Québec).L’erreur des patriotes fut de croire que l’indépendance politique réglerait tous les problèmes.Bien peu d’entre eux se rendirent compte des effets économiques du colonialisme.Ils voulurent solutionner par la révolution la seule question politique, sans se donner les moyens de remédier en même temps à la faiblesse économique de la nation.Encore aujourd’hui, on retrouve cette fausse perspective chez plusieurs rinistes et indépendantistes de droite qui croient aux .vertus rédemptrices de la seule décolonisation politique, suivie de quelques ajustements économiques d’ordre marginal.Il a déjà été dit que 49 le sort de ceux qui ignorent l’histoire est de la répéter.5.1.3 — Cette perspective n’a ce-pendant pas tardé, après l’Union, à provoquer une réaction radicalement opposée.Un grand nombre "d’intellectuels” de la bourgeoisie professionnelle, Etienne Parent à leur tête, se sont mis à proclamer la seule importance du contrôle de l’économie.C’est de nos jours, la perspective adoptée par les fédéralistes.Ces gens, s’intégrant parfaitement à la cohérence du système, prêchent à ceux qu’ils appellent les Canadiens français d’acquérir une mentalité propre à leur assurer le succès économique individuel (cf.P.E.Trudeau et consorts).Ils oublient cependant d’ajouter qu’une pratique économique individualiste ne pourra jamais résoudre le problème de la faiblesse économique des Québécois et qu’une telle attitude ne conduit qu’à jouer le jeu de la bourgeoisie colonisatrice qui n’a qu’une chose à craindre : l’organisation collective des dominés.Nos fédéralistes sont d’ailleurs de vivants exemples de l’échec inévitable de cette attitude.La plupart d’entre eux, conséquents avec eux-mêmes, débarrassent le Québec de leur présence et font désormais leur chant du cygne à partir du Parlement fédéral.5.1.4 — Ces deux solutions, exclusivement politique et exclusivement économique, ont déjà fait la preuve de leur inefficacité.Il nous faut donc opter pour une stratégie plus englobante, reposant sur une prise de conscience de l’ensemble du problème.Seule une action collective visant à faire une révolution totale, à la fois politique et économique, peut s’avérer efficace.Elle consistera en l’établissement d’un socialisme intégral qui permettra à la collectivité d’assurer son hégémonie sur l’état politique et, par lui, de contrôler l’économie pour le mieux être de chaque Québécois.Comprendre le sens véritable de l’échec des patriotes qui fut de vouloir se réapproprier collectivement par des moyens exclusivement politiques, peut maintenant nous aider à développer le degré de conscience nécessaire qui nous permettra de cesser de subir notre histoire pour enfin la faire.gilles dostaler et lue racine notes Tableau III G A L J Commentaires critiques Il nous reste maintenant à apprécier les divers aspects de cette tentative d'élaboration d'une théorie politique systématique.92 Tout d'abord, il faut savoir éminemment gré à AA.Bergeron d'avoir remplacé par des concepts opératoires et reliés logiquement entre eux (relations politiques, contrôle, fonctions) des abstractions fumeuses telles que pouvoir"'-", auto-rité,L',"/ valeurs1-"; et aussi d'avoir bien démontré que, en sociologie politique, l'état (et ses relations avec les autres groupes de la société, ajouterions-nous, c'est-à-dire ce que l'auteur nomme les niveaux infra et superfonctionnel) n'est pas l'unité d'analyse mais la totalité qu'il faut décomposer afin de comprendre les relations dialectiques entre ses parties constituantes et son dynamisme interne en équilibre toujours instable.* Toutefois, lorsque l'auteur applique son appareil conceptuel à l'analyse des relations entre les diverses fonctions politiques, *-:5) et aussi quand il tente d'appliquer des techniques telles que la théorie des graphes, la topologie et la théorie de l'information à l'analyse de ces relations dialectiques entre les fonctions, on ne peut qu'être fortement déçu par l'extrême formalisme de sa démarche.'-" C'est a ce moment que la théorie devient trop abstraite et que le caractère opératoire des concepts précédemment é aborés s'enlise.Et il nous semble que les raisons de cette lacune ou de cet échec tiennent à la perspective trop exclusivement fonctionnaliste adoptée par AA.Bergeron.En effet, si l'on parle de fonctions remplies par l'organisme étatique, il serait, semble-t-il, assez logique de se demander quels sont les groupes d'hom- mes qui remplissent concrètement ces fonctions; l'état ayant été défini par l'auteur comme une collectivité particulière, il est difficile de ne pas tenir compte, lorsque l'on analyse cette collectivité, des groupes divers qui la constituent et par lesquels elle remplit les diverses fonctions que l'auteur a si bien su dégager.Si, au lieu d'analyser des groupes qui remplissent certaines fonctions d'impé-ration et d'exécution de décisions po iti-ques, qui se contrôlent mutuellement tout comme ils sont à la fois contrôlés par la société globale en contrôlant aussi cette dernière, si au lieu de cela on se borne à analyser les relations possibles entre des fonctions abstraites à des niveaux eux-mêmes abstraits, on se condamne à verser dans le formalisme et à couper la théorie scientifique de toute expérimentation ou pratique alors rendues complètement impossibles.Cependant, en prolongeant dans un autre sens l'élaboration théorique de l'auteur, il est possible d'éviter cet écueil et de se forger un outil scientifique qui pourra virtuellement être très efficace dans la perspective de l'établissement d'un état socialiste.En effet, si l'état est bien un ensemble de groupes ayant comme rôle de remplir certaines fonctions précises de prise, de coordination et d'application de décisions concernant la société globale, la démocratie socialiste, avec une politique planificatrice et autogestionnaire, pourrait seulement être rendu possible par une plus grande représentativité de l'état.Et c'est alors 93 que les relations entre les groupes formant l'état et les autres groupes de la société globale deviennent d'une importance très grande.En tenant compte du fait que les fonctions politiques sont exercées par des group.es bien concrets, on s'aperçoit que c'est autant du mode de nomination des membres des groupes politiques que de la provenance sociale de ces groupes que découlent la plus ou moins grande représentativité et démocratie de tel ou tel état particulier.Par exemple, si les sous-groupes extrêmement divers et hiérarchisés qui constituent l'administration étaient élus par la population au lieu d'être nommés par le gouvernement (la même chose se produisant pour la fonction juridictionnelle), il serait certainement moins facile pour l'assemblée législative et pour le gouvernement de toujours favoriser une minorité, détenant le contrôle de la production et de la distribution des biens et des services, au détriment de l'immense majorité les ayant supposément élus de façon "démocratique".Mais, bien entendu, il n'est pas possible de transformer une structure politique sans tenir compte de l'imbrication de cette dernière avec une structure socio-économique dont elle dépend largement.Quoiqu'il en soit, une connaissance véritablement scientifique des structures politiques et socio-économiques est un préalable à toute transformation réelle de ces structures.C'est justement en cela que, malgré ses lacunes et son formalisme outrancier, un livre comme celui de M.Bergeron est impor- tant.L'avènement du socialisme, au Québec comme ailleurs, dépend, entre autres choses, de la rencontre de la pratique socialiste et du savoir scientifique.lue racine NOTES : '4* ( 1 ) G.Bergeron, Le fonctionnement de l’état, Colin et P.U.L., 1965.( 2) Ici., ibid., p.511).< 3) Id., ibid., p.513.( l) L’uuteur emploie souvent des ternies et des tournures de phrases dont nous nous efforçons, dans la mesure du possible, de ne pas reproduire la lourdeur.( 5) G.Bergeron, loc.cit., p.51S.Comme dans toutes les autres citations, les soulignés sont de M.Bergeron.( «») G.Bergeron, loc.cit., p.170.< ,> Distinction faite par Raymond Aron.V.Démocratie et totalitarisme, Gallimard, coll.Idées, Paris, 1005.( 8) G.Bergeron, loc.cit., pp.19-20.< 9) G.Bergeron, loc.cit., p.1S- ( 10) G.Bergeron, loc.cit., pp.29-30.ill) G.Bergeron, loc.cit., p.30.(12) G.Bergeron, loc.cit., p.43.(13) G.Bergeron, loc.cit., pp.70-71.(14) G.Bergeron, loc.cit., P.90.(15) G.Bergeron, loc.cit., PP.126-127.(16) G.Bergeron, loc.cit., p.199.(17) G.Bergeron, loc.cit., I».427.Les lettres désignent les fonctions : les flèches désignent les relations de contrôle intrafonc-tionnel.(1S) G.Bergeron, loc.cit., p.427.Les flèches indiquent les relations interfonctionnelles.(10) V.G, Bergeron, loc.cit., p.147: *'.la séparation ternaire et organique des pouvoirs est apparue une division trop restreinte pour rendre compte des grands processus politiques”.('-’«») V.G.Bergeron, loc.cit., p.22: “La décision autoritaire n’est pas propre Cl l’activité politique, et, si elle l’était, elle ne rendrait compte que d’une infime partie de l’univers politique”.(21) V.G.Bergeron, loc.cit., p.21 : “Le social et le politique ne peuvent pas se distinguer d’un point de vue sociologique autrement que par le type do relations sociales qu’ils présentent à notre observation, sflrement pas d’abord par les valeurs qui les for-dent ." (22) V.G.Bergeron, loc.cit., p.23 : "Pour nous, l’état est l’indispensable cadre général fl l’Intérieur duquel la vie politique se coule fl l’époque contemporaine; il est la 94 grande unité totalisante de la politique ( .) Mais l’état ou mieux, le "phénomène étatique” dans une théorie fonctionnaliste est très exactement V “organe” qui vit de et par ses fonctions, qui les ramène littérature québécoise .raoul duguay A l'imité, et dont la totalité se manifeste entre antre par ses infrafonctions et ses superfonctions’’.(ü:>) G.Bergeron, loc.cit., pp.192-120.(24) G.Bergeron, loc.cit., pp.420-513.gérald godin ou du langage aliéné bourgeois au langage aliéné prolétaire "Le jouai, c’est, je crois, alternativement une langue de soumission, de révolte, de douleur.” (Jacques RENAUD) "L’état d’une langue reflète tous les problèmes sociaux.Publier devient donc un acte aussi probant que l’action politique.” (Gaston MIRON) "Kcrirc, c’est alors choisir de mal écrire, parce qu'il s’agit de réfléchir le mal vivre.” (Paul CHAMBERLAND) "L’écrivain qui a honte d’écrire sans caution politique immédiate est en effet peut-être mieux d’abandonner.” (Jacques BRAULT) (N.B.Toutes ces citations extraites de parti pris, Janv.65) "Christ de câlisse qu’on en finisse” (Gilbert LANGEVIN Jadis au Perchoir d'Haïti.) 1—vers la dépoétisation Ce n'est pas l'évolution, mais la contre-évolution des niveaux de langue qui caractérise la poésie ou plutôt, la non-poésie, (dans le sens où AAIRON l'entend) de GERALD GODIN.Cette brève étude rétrospective de ses quatre recueils de poèmes (par ordre de parution : Chansons très naïves, (60) Poèmes et cantos, (62), Nouveaux poèmes (63) et Les can-touques (66) nous révélera l'importance du passage d'une -langue médiévale à la langue jouale.Le premier recueil de poèmes de GODIN est en majeure partie 95 d'inspiration moyen-âgeuse, voire, latine.La première des quatre parties de ce recueil, écrite dans la langue des trouvères et troubadours, respecte scrupuleusement (du moins dans la structure de la strophe) les règles de la versification fran-coyse (et non pas française : il n'y a jamais d'alexandrins).Les termes sont ceux de l'écriture des Xlllème, XlVème et XVIème siècles : icelui, icelle (aujourd'hui, juridiques et plaisants) d'estoc et de taille, cotte de maille, créneaux, lustre, page luth, soubrette (termes de chevalerie et de galanterie bourgeoise).Cette langue évoluant clans son formalisme deviendra tour à tour, classique, romantique et symbolique avec toute la pédanterie et les préciosités du genre.Ces poèmes crissement bien rimés, disposés en strophes lyriques et élégia-ques (wakewake), que l'on peut lire dans la première et dans la troisième partie du premier recueil (respectivement 7 -sur 8 et 2 sur 6) et dans la première partie du second recueil (3 sur 10), naïfs et puérils^ le sont, à l'intérieur d'une rétrospective, intentionnellement.Ce langage est choisi volontairement sans doute, pour rire de lui-même, pour provoquer la critique et manifester 'l'aliénation.D'ailleurs, il est l'équivalent à rebours du jouai parce qu'il n'est pas d'ici et de maintenant.La seule différence, c'est qu'il est pédant, bourgeois etc.Son contenu est à la fois le signe de l'aliénation et de l'auto-critique.Les trois premières parties du premier recueil décrivent nettement, au point de vue thémati- que, une situation d'aliéné : dans la première partie, on y devine la mort dans l'impossibilité de l'amour où la caresse est restreinte au visage (femme platonique) dans la perte de l'enfance et de la jeunesse passées dans le^ livres et remplies de purifications inutiles, dans ia perte de la fraternité (i! conduira sa petite soeur en terre) et dans la vanité de l'amitié (la rencontre de l'indifférence).Dans la deuxième partie l'aliéné tente une libération de la mère, du maître et des autres, appelle la mort mais finit par prendre peur de mourir seul (il mourra seul avec son cheval).La troisième partie marque la consommation de la mort, (la nature, les saisons).Mais la dernière partie nous montre une certaine résurrection, un appel à la vie, une dénonciation de tout ce qui tue l'être.Ce n'est qu'au deuxième recueil que s'effectuera la démystification du langage médiéval par le langage classique, du langage classique par le langage classique et du langage classique par le langage jouai.Charley Charli Charles Beaudelai-re Rutebeuf, Rimbaud, Vivaldi sont tour à tour mis en dérision, la femme de salon, la femme idéale, éternelle par la suite.Poèmes et cantos donc, introduit l'écriture jouale et marque déjà une distan-tiation de l'écriture médiévale.Le jouai chlinte et grasseye en quatre langues : anglais, allemand et canayen-français : "chpréchen zîe frantsozich ?/chomebody chtole my gai / qui c'est qu'a pris ma gale" (Canto).96 Mais c'est dans Les cantouques que le genre littéraire JOUAL (car c'en est un) atteint son apogée et se triture lui-même, se vicie lui-même à en devenir drôle : "tabanaque de clisse de cinclème ./ clisse de toi lieu monsieur la baië (Can-touque de vieillir (2) ).Drôle et triste à la fois.Tragique.Cette transcription de l'oralité, prolétarienne, de cuque pauvre qui a perdu son dentier dans la clasette.Et qui grasseye.Qui ne peut même pas bien sacrer.Le sacre ici, identifie bien le québécois aliéné.Et le cul.Le langage pro étaire que l'on rencontre dans les poèmes de GODIN est, au point de vue sociologique, immédiatement correspondant du bagage restreint de mots et des idiomes pas polis, pas stylisés de l'homme de la rue, de l'ouvrier, du draffeur, du draveur, du chasseur, du pêcheur et du spectateur ébloui par des "teddy bère".C'est le langage-vérité du quotidien mortifié, puant : "ainsi la gueule baveuse des chiens que nous sommes éperdus de mots cherchant à dire non pas des secrets ni des mystères mais bien pourquoi puant pays de mes amours" (Cantouque du soir) Le jouai est la saisie immédiate et la transcription immédiate de l'âme du colonisé québécois, colonisé à la Conquête : "à la conquête on a perdu / le cheval dit qu'il en a marre / de s'entendre toujours parler" (Cantouque à répondre).Le jouai est la langue des "révolutaver-nes" des "molsonnutionnaires" et celui qui la parle cette langue de cuisine de taverne et de rue est mal vu du diseur ou de la diseuse de salon et l'écoeurement général de celui qui est passé "de l'herbe à puces aux morpions" (de la nature à la cul-ture), qui invente une "sémantique du blasphème et de l'injure" contre une "gang de saint-chrèmes", qui veut tirer "des tomates aux Anglais", qui cherche ses bourreaux "layousqu'ils sont ces hosties-là", les "blôkes" est forcément vomi par les bourgeois, les gens qui parlent bien, qui ont eu l'éducation, mais : "j'ai pas pu finir mon cours ouatche-moé chu un crisse un tabarnaque." Opposez cette langue jouale à la langue médiévale, belle et enchanteresse : Z" des boeufs entiers tournebrochent / et les truffes s'étouffent au feu".Remarquez le jeu joli des fricatives spirantes labiodentales et des dentales sourdes et sonores.Remarquez et admirez la valse à trois temps du deuxième vers.La contre-évolution s'était faite d'elle-même, dès le début du deuxième recueil où le poète dépoétisé veut "faire péter la cerise des mots" ce qui veut dire dévierger la langue et "inlassablement dire" le mal qui peut conduire au suicide ou au meurtre de tous : "je n'ai que ma haine pour survivre / et je me dis qu'une balle gardée suffisamment longtemps / dans le creux de ma main peut éclater" (Fins IV).Le dernier des Nouveaux poèmes, qui nous force à recourir au dictionnaire de botanique marque combien le poète est dénaturalisé, dépoétisé et ce dernier poème est significatif de l'aliénation par le porcédé d'énumération négative (ni .97 ni .ni .) de toutes ces belles races d'arbres, de plantes, de végétaux et d'animaux ailés qui en fait n'existent plus dans l'immédiateté de l'ici.Mais l'on sait que le choix du jouai signifiant une fraternisation avec les "Jean de peu", les "Philippe de rien" nous montre un écrivain conscient et responsable du risque de ne pas être reconnu comme bon écrivain de génie, mais qui travaille d'une manière positive à la revalorisation d'un peuple colonisé, à sa rédemption : "Ce phénomène (du jouai) est explicable : il est partie à un processus de rédemption dont le principal événement est que tout à coup, le jouai ait accédé à sa véritable dimension : celle d'un décalque parfait de la décadence de notre culture nationale" (GERALD GODIN in parti pris, janvier 1965).2—l'aliénation dans les thèmes Il n'y a jamais de feu et peu d'air dans ces quatre recueils de poèmes.La terre et l'eau se partagent les symboles cosmogoniques.La terre a pour images positives l'arbre et le cheval, lequel sera changé en arbre : "les chevaux immobiles devenir des arbres" (Fiertés).Le cheval est le symbole de la force : "j'aime la danse des muscles sous la robe des chevaux", de la conquête : "un torrent de chevaux éventre l'univers" (Fiertés), de la virilité et de l'amour à l'égard de Maria (remarques que le poème Pour Maria est le seul qui ait été écrit d'un seul trait, sans strophes) : "maria tes jambes de blé quelle chevauchée jamais / m'envahira la mémoire" et de la fidélité : "seuls mes chevaux fidèles m'entouraient par milliers" (Fiertés).D'autre part, le vent est une autre des rares images positives et libératrices : ce vent qui nous délivre .nous enivre .le vent est un autre moi" (Fiertés).Autant l'arbre et le cheval marquent l'enracinement et la sauvage liberté en même temps que le dur labeur (arbres-pitounes), autant l'eau est le symbole de la nostalgie, de la faiblesse, de l'ennui et de la mort.Il y a en effet beaucoup de pleurs et de pluies dans ces plantes jouales et de la bière aussi.L'eau de la mer surtout où se noient les hommes, l'eau qui devient un élément d'identification et de triste solidarité : "la tristesse des hommes est une mer et je suis poisson" (Fins IV), mais dont il faut sortir comme un requin : "j'émerge des femmes comme un squale hors de l'eau" (Fiertés).La femme d'ailleurs, qui jamais n'excède le coeur du poète est tantôt mère (et c'est de celle-ci qu'il faut d'abord se délivrer), tantôt épouse (i.e.l'ensemble des amantes) et c'est l'amour impossible : "Maria morte dans l'eau du bain, l'eau des flaques d'eaux mortes du printemps (Pour maria).Les femmes que l'on rencontre sont soit châtelaines (et "trop plus que hautaine(s) ou reines.Les fesses de la châtelaine sont dans son visage, mais celles de la reine sont une grappe au poing.Bien que "nourri, logé, blanchi" le poète refuse la prostitution de sa classe.On pourrait aussi parler de l'eau 98 de vaisselle, du wisky et de la mort du poète une femme-ange sur les genoux .etc .Bref, la poésie dépoétisée de GODIN n'est pas reposante, ni esthétique à tout casser, mais elle rejoint l'évidence de la vérité, de la "truie vérité '.Ce n'est pas une poésie qu'il faudrait enseigner à nos enfants, mais aux politiciens, aux curés, pour qu'ils en comprennent le sens critique, créateur, parce que critique.C'est la poésie faite par le peuple, la poésie de la violence du cri, la poésie qui réclame la liberté et l'appartenance au pays : "mais l'effroi de mourir sans jamais avoir été libres nous avait effleurés." C'était le temps.Poésie de l'amour et de la fidélité au pays du QUEBEC : "à mon pays seul je suis fidèle" le monde sont drôles Pour connaître la psychologie de la femme, l'emprise de la mère sur sa fille, la condition humaine québécoise violentée par les trucs publicitaires, le mythe de la star, l'angélisme et l'idiotie de l'éducation "fesses-serrées" d'autrefois, la simplicité de la vie quotidienne, l'amour lent et long d'une jeune fille timide et rangée, typiquement québécois (conventine quoi), lire absolument LE MONDE SONT DROLES.Pour une cure de vérité banale, naïve, comme l'est celle de la ménagère, pour un spectacle d'humour critique, pour un panorama synthétique des aliénantes quotidiennetés, pour l'amour du pays, lire absolument LE MONDE SONT DROLES.Qui raconte des choses pas toujours drôles.raoul duguay "L'art, c’est le délire d’interprétation do la vie." Louis ARAGON ("Qu'est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ?” / "Les lettres françaises", 9-15 sept.65.) long distance call minuit vrai interprétations de la vie quotidienne Patrick straram Il me faut encore dire un blues.Encore il te concerne Gaétan F., puisque c'est le "cantouque" du passage d'une année pendant laquelle j'ai vécu ta mort à une pendant laquelle tu ne seras plus, et moi de plus en plus seul, tandis que les demeurés le sont.Aussi, pourquoi vouloir tant s'exposer à tous les confluents ?Oh ! ce monde à tiroirs et garde-fous de catalogues, 99 pour "entrer dans la carrière", à l'âge technique et moral que nous traversons !.bilan-préambule En 1966, j'ai vu 107 courts-métrages (ou sketches, ou moyens métrages, et seulement ceux notés : les sketches de PARIS VU PAR .ou l'extraordinaire MOSAÏQUE de McLaren, BLUE JEANS ou LES PAPARAZZI de Rozier, des films de Lenica, Pierre Perrault ou Dziga Vertov, etc), et 323 longs métrages, dont 227 que j'ai découvert durant cette année.Liste des 10 films présentés pour la première fois à Montréal en exploitation commerciale durant l'année 66 que j'ai préférés.1/ AU HASARD BALTHAZAR (Robert Bresson) et PIERROT LE FOU (Jean-Luc Godard).3 GERTRUD (Carl Th.Dreyer).10/ L'EVANGILE SELON LA PASSAGERE (Pier Paolo Pasolini — Andrzej Munk), LA GUERRE EST FINIE MURIEL (Alain Resnais), PARIS VU PAR LA VIEILLE DAME INDIGNE (Jean Rouch — René Allio), RED LINE 7000 THE DAMNED (Howard Hawks — Joseph Losey), SEVEN WOMEN PAPARAZZI (John Ford - Jacques Rozier), THREE ON A COUCH SANDRA (Jerry Lewis — Luchino Visconti), TORN CURTAIN : FORTUNE COOKIE (Alfred Hitchcock — Billy Wilder).(Auraient-ils été exploités commercialement, MASCULIN FEMININ (Godard) serait au 1er rang, NIGHT VERSOHNT (Jean-Marie Straub) au 3e, et L'HOMME N'EST PAS UN OISEAU (Dusan Makavejev) au 10e, rang auquel figurerait aussi NOTES FOR A FILM ABOUT DONNA AND GAIL, MISTER LEONARD COHEN, HOP OP, COMMENT SAVOIR ?(Don Owen — Pierre Hébert — Claude Jutras) .) Comment savoir ?Claude Jutra a fait un reportage et un essai admirable sur les nouvelles méthodes d'enseignement, au moyen principalement des communications audio-visuelles et des ordinateurs.L'enquête saisit, qui enseigne.Le film est d'une gravité et d'un lyrisme conjugués qui hantent, qui éblouissent, qui font immédiatement accessibles de nouvelles perspectives stimulantes pour l'esprit.Le 26 décembre — la veille nous étions à Asociaciton Espanola, le 28 il partait pour Sausalito, chez J.-M.-D., — Claude Péloquin est venu chez Milischka.Nous allâmes ensuite au "Rodéo".Il m'a laissé alors un texte, sur le sens d'expériences, d'une quête, d'expérimentations.On ne découvre ni modifie un monde en se consacrant à une action dirigée dans un seul champ d'opérations.Breton ni Sartre ne s'annulent, qui contribuent chacun à un niveau de l'homme à sa libération.Et l'un des microbes auxquels imputer la grande sclérose de l'homme dans un monde qui connaît un si prodigieux dépassement de toutes ses données, c'est bien certain exclusivisme de la politique.Comme la politique n'est pas faite de rien, une abstraction se suffisant à elle-même, mais une science faite 100 d'abord de toutes les activités humaines, qui convergent à la somme qu'elle est, à l'oublier pour plus de "commodités" on la voit aboutir à bureaucratie ou chapelles inopérantes — ce qu'elle devrait, bien comprise, éliminer; faute de quoi elle se nie.Le film de Jutra, les travaux divers de Péloquin, il faut les intégrer à une problématique marxiste.A une vie quotidienne, interprétée comme on la vit.Et surtout pas en collant de vaines et fausses étiquettes.Chaque "produit" vaut par sa spécificité exclusivement.C'est pour en être convaincu, dialectiquement, que je considère les lignes de Péloquin qui suivent urgentes et exemplaires dans cette chronique.Parce que parmi les interprétations de la vie quotidienne qui me paraissent aptes le plus à la modifier il y a ce qu'est, ce que f a it le Zirmate.ciaude péloquin: zirmate Bien décidés à mettre en branle un mouvement de choc dans le monde des arts, une dizaine de jeunes chercheurs se groupèrent.Ce fut l'époque des mutations instantanées, l'époque d'un certain délire, celle de l'improvisation-pourquoi-pas .En 63/65, ils donnent plusieurs spectacles, amalgamant le rire et le scandale des esprits; les conditions et situations les plus inimaginables leur sont familières.L'HORLOGE expérimente aussi la télévision avec succès; protagonistes, techniciens, caméramen, tous y trouvent leur part d'envol.La réaction du public ne laisse pas d'équivoque : des centaines d'appels téléphoniques hostiles à l'expérience ! Ça bouge.L'HORLOGE se produit en divers endroits, au hasard des lieux et des esprits.Et c'est pendant ce cahotant cheminement que s'opéra une scission au sein du groupe, tant au niveau scénique qu'idéologique.Ainsi, après plusieurs bouleversements, allait naître le ZIRMATE, groupe de recherche et d'intégration en vue d'un art de totalité.Il s'adresse à tous les sens et à des dimensions de l'esprit encore insoupçonnées.Il peut choquer, faire rire ou pleurer, désarçonner ou éclairer.Il chevauche l'infiniment Possible.En intégrant différentes disciplines, comme la musique électronique, des montages scéniques, des textes anticipates, des formes visuelles fantastiques, le ZIRMATE totalise les pouvoirs du théâtre, de la poésie, de la peinture et du graphisme; il agit sur plusieurs couches à la fois.Du groupe dissous, demeurent les deux instigateurs du mouvement, soit le peintre Serge Lemoyne et le poète Claude Péloquin, ainsi que le musicien Jean Sauvageau et le peintre Pierre Cor-nelier.Donc deux chercheurs visuels, un poète-théoricien, un musicien en électronique, plus l'équipe technique et les collaborateurs que nécessitent les différents scénarios.Le noyau est solide, son expérience bien dirigée et son but bien défini : faire 101 et faire faire le "voyage".halluciner, dans des dimensions autres que celles du "Happening", beaucoup moins précis dans ses envols.On interprète ce dernier de différentes façons une fois qu'il a été mené à bout, tandis que le ZIRMATE peut être scruté avant qu'il n'entre en opération.Donc le ZIRMATE adopte pour un certain temps la forme "spectacle", ia scène permettant d'actionner un amalgame de sons, de textes et d'expériences visuelles, capables d'amener le spectateur dans ses "ailleurs", dans ses couches inconnues.Ça me rappelle ce psychiatre qui, après un spectacle est venu me dire jusqu'à quel point on l'avait enlevé à lui-même.Ayant été très limité dans ses moyens jusqu'ici, le ZIRMATE n'a pu dévoiler que quelques expériences.Plus le voyage est lointain plus l'appareil se complique, et plus les tentatives sont hardies plus les esprits retardés, desquels nous sommes entourés, se ferment et s'endorment.On se rappelle les mémorables soirées de l'Asociacion Espanola, le théâtre de Verdure, l'école Normale Jacques-Cartier etc.L'HORLOGE s'est produite dans les endroits les plus disparates.Puis il y eut le ZIRMATE au Patriote, à Val-David, à la Guillotine, en plus de manifestations bénévoles (de notre part) comme celles de nos deux musées à la con.ZIRMATE, c'est beaucoup plus qu'un mouvement de recherches, c'est un état d'esprit, c'est une disponibilité à une Conscience Possible un jour pour tous.Il y a un certain groupe qui canalise ccs dimensions, que ce soit en spectacle ou autrement, mais il y a infiniment plus de Zirmatiens à leur façon; d'où le fait que les membres actuels sont ouverts à toute participation nouvelle, aux idées "parties", à tout ce qui peut dimensionaliser la pulsation Zirmatique.Même si par petitesse d'esprit ou de c.nous sommes littéralement sabotés par tous ceux qui pourraient travailler avec nous, le ZIRMATE est bien vivant dans l'esprit de tous ceux qui n'ont pas cessé de vibrer et de voyager.On peut nous séparer, on peut se servir de nous, on peut nous ignorer, mais on ne pourra jamais éteindre nos pouvoirs en constante éruption et en perpétuel voyage.Nous sommes lucides et ne nageons pas dans cette civilisation de chansonniers, dans ce peuple qui se ment à tour de siècle.et à tous points de vue.Le mouvement est donné, il appartient à ceux qui procèdent d'un infini respect pour le Caché.Paul Chamberland disait : "Le Zirma-tien est celui qui fait le "voyage" sans en calculer les risques.La machine et la technique sont devenues, à leurs yeux, le corps et le mouvement mêmes du rêve et du délire.Produire, pour eux, constitue le dernier moment d'une activité dont le sens premier n'est ni plus ni moins que de transformer nos rapports avec la réalité.Ils entendent bouleverser nos coordonnées, nos points de repère, provoquer des métamorphoses, des "mutations" de conscience qui projettent l'homme dans l'Ailleurs.En fait ce que 102 j'appellerais les "praticiens" du délire, de la voyance, sont, devraient être les écla ireurs, à demi sacrifiés, qui précèdent le gros de la troupe dans les forêts vierges de l'inconnu, de l'interdit.Car l'interdit est toujours social dans sa réalité, sinon dans son langage.Le poète véritable réalise une première fois, dans la révélation de l'image — plastique, sonore ou verbale — les désirs obturés, refoulés par les tabous sociaux et moraux qu'imposent aux groupes humains les guichetiers, les professeurs de l'obscurantisme consacré." ZIRMATE, c'est un respir XXe siècle et plus.Il va devenir de plus en plus inconcevable, (ce l'est même maintenant au Québec), qu'il n'y ait pas, dans un très proche avenir, des "lieux-laboratoires" où les gens pourraient aller pénétrer leurs "ailleurs" cosmiques et psychiques.et où les esprits seraient dimensifiés par des "voyages" fantastiques avec les moyens de l'idéologie Zirmatienne.Mais le ZIRMATE fait face aux barrières des esprits et à l'inconscience de ceux qui pourraient permettre sa production.ZIRMATE croit et sait que si les sens que nous nous connaissons sont exploités à fond, il y a de fortes chances pour que de nouvelles couches se manifestent.D'où cette volonté de recherche toujours plus axée sur une conscience de l'arrière-réel.Il faut être porteur d'une peur positive, il faut aussi cultiver le pouvoir de s'halluciner soi-même à partir des infinies facettes du Réel.Le mouvement ZIRMATE qui emploie un lieu de cicatri- sation comme la scène, s'étend aussi à toute phénoménologie d'envol cosmique ou psychique.Gémini, la recherche, l'expérimentation de drogues nouvelles, la parapsychologie etc., sont autant de phénomènes qui "Zirmatisent" l'Homme à la recherche de lui-même et de ses Ailleurs.Zirmatise, ceîui qui voit.celui qui comprend jusque dans l'essence de l'os.ZIRMATE c'est le grincement d'esprits inquiets à jamais.C'est une conscience du Fantastique ramenée ici maintenant.Libération des corps et des esprits.Recherche de l'Ailleurs.Lucidité à tout prix.Rêver à froid de rêver de quoi son rêve est fait.• daude péloquin clair de terre Ce que j'aime, ce sont des moments-charnières, des moments-limites, qui font signifiantes des sélections naturels radicales.Pour la définition critique ainsi soudain faite évidente.Dans l'axe, à l'intérieur même d'une éthique, et d'une pratique de la vie quotidienne inséparable d'une pensée, d'engagements.Irréductiblement.Irrémédiablement.Cicatrisé, affectivement (ce qui ressort de l'humanisme), averti, par l'événement réel et son sens (ce qui ressort de l'analyse scientifique des constituants d'une problématique), on peut enfin lorsque des hypothèses sont suggérées dire en toute connaissance de cause MON OEIL.s On l'a bien vu, cette année, que Piot- 103 te le Pierrot le fou d'une politique du Québec et Lise la subjuguante n'étaient pas là ! Et dans le prolongement de cette absence, c'est bien naturellement que s'inscrivent, inévitables et réconfortants, les éléments de la mise au clair d'incompatibilités mises de l'avant, sans rien dire des couvertures pour les camoufler.Je ne veux pas expliciter au niveau de l'anecdote.M'intéresse, politiquement, le seul fait qu'une situation critique suffisamment suffise pour dévoiler des natures réelles, modifiant au niveau des rapports humains l'idée d'une action.Je veux dire seulement qu'il n'y a pas de projet marxiste qui ne soit fondé, aussi, sur une "observance" de la nature, et l'intégrité et l'intégralité des relations entre individus, des hommes.Je suis donc extrêmement satisfait des manoeuvres et des ignorances pour m'isoler, au moment de grands jeux au cours desquels les hommes se découvrent selon leur véritable identité, et l'homme politique vrai le premier.(Je sais gré au cher Miron de sa stupéfaction et son inquiétude, je sais gré à Garcia d'avoir compris l'imposture.) Et je choisis, à l'expression "c'est clair comme le jour", de substituer, en "contem-poranéisant" une pérénité ainsi dramatiquement projetée, l'expression-signe clair de terre.Exclu sans explications de moments auxquels il est justifié que je n'aie pas participé, l'idéal est que je m'en sois retrouvé bien mieux dans ma peau.Je n'avais nulle place pour des fêtes marquant le passage d'une année à l'autre ailleurs qu'à l'Asociacion Espanola, avec Pedro mon cher ami, Juan, Adam, Domingo, Teran, "Pépin'e", l'ineffable et superbe Antonio Murillo, le Sire LaRo-chelle, quelques-uns, avec mon cactus-ookpik.C'est à elle que je lisais, avant de retourner voir PARIS VU PAR.puis d'aller é l'Asociacion, dans "Le revolver à cheveux blancs", dans "Noeud de miroirs" (quelle synthèse rien qu'avec les titres !) : Il y a ce que j'ai aimé c'est le plus haut rameau de l'arbre de corail qui sera foudroyé C'est le style du cadran solaire à minuit vrai Il y a ce que je connais bien ce que je connais si peu que prête-moi tes serres vieux délire Pour m'élever avec mon coeur le long de la cataracte Les aéronautes parlent de l'efflorescence de l'air en hiver.("Clair de terre", d'André Breton.Collection de poche "Poésie", Gallimard.) Nous écoutions Muddy Waters chanter, ce blues, ce blues.(Muddy Waters, folk singer.Disque Chess LP 1483.) "Hear my phone ring, sounds like a long distance call ! Hear my phone ringin', sounds like a long distance call !" O heure.1967.Asociacion Espa- 104 nola.Mon litre de rouge.Je viens de boire une rasade par toast porté a quelques camarades qui le sont.Le dernier toast, je l'ai porté à ceux avec lesquels j'aurais du être, ne l'eussent-ils évité, et j'ai craché à terre.Téléphone.Straram.Style.C'EST LE STYLE DU CADRAN SOLAIRE A MINUIT VRAI.MY PHONE RINGIN', SOUNDS LIKE A LONG DISTANCE CALL.De Sausalito, le Flibustier au soleil de Sausalito, Chien Jaune, Homme illustré et Singe en été panoramique, et son hôte, Claude Péloquin, ont tenu à m'appeler a l'Asociacion Espanola.Parce qu'au cadran de la vie, certains temps-charnières se célèbrent.Signes.Style.Comme quoi certains "dingues" de l'expérimentation et certains de l'aventure quelque peu anarchiste ont un sens de la camaraderie et des signes que d'autres n'ont pas.Soit un sens de l'échange capacités — besoins qui est la superstructure de l'humanisme marxiste.unlucky, bison ravi au-dessous du volcan Et c'est le cher Gilles Groulx qui a raison, jamais n'a été plus d'actualité et plus essentiel le mythe des Rois Mages.Ceux qui savent percevoir des signes, les suivre, "se rencontrer", donner (se consumer, comme je le disais à Gaétan F.).(Points de suspension qui n'indiquent aucune coupure mais l'envie delimiter pour ceux-là seuls qui "perçoivent", chers Michel et Michel, l'Homme qui est un oiseau et le Grand Loup du rendez-vous de minuit.Digression à la J.-L.G., celui qui écrivait récemment, Cahier du cinéma 184: "En embrassant Gilberte rapidement sur la bouche dans un néon de la porte d'Auteuil, j'ai le sentiment de traverser un événement tiède et léger.Elle me parle de cette invention formidable à son avis de Sartre et Merleau-Ponty, qui fut de marier le verbe philosophique et l'adjectif romanesque.A mon avis aussi.Nous parlons avec émotion et tendresse, elle d'Ivitch, moi du séquestré de Venise, elle de la "Phénoménologie de la perception", moi de l'étude sur Cézanne et le cinéma dans "Sens et non-sens".Michel Foucault, Lacan et l'Alsacien marxiste ne feraient pas bon venir s'asseoir à notre table.Leur compte serait vite réglé." Trop l'ignorent, pour ne pas déranger leurs conforts, qui se disent les seuls sartriens.Moi, je sais quel sartrien ne trompe pas.) D'aucune façon je ne remets en question le projet d'une politique.Je dis qu'il serait bon qu'aucune politique ne désincarné les hommes, ou elle se nie elle-même, si elle n'opte alors pour le plus artificiel et compromis arrivisme, l'homme non-assumé.D'où la nécessité d'un dépassement vital, au moyen des techniques et de l'indicible qu'on connaît aujourd'hui, qu'on s'appropriera demain si on fouille, si on s'expose, afin de redonner à l'homme un sens de l'homme 105 qui lui fasse vouloir une politique.Boucle bouclée.J'ai voulu dire que je ne saurais participer à un projet politique, dans une perspective marxiste à laquelle j'emprunte directement mon schéma d'un homme se vivant vraiment dialectique, ne rappellerais-je sans cesse que l'homo poli-ticus, l'accentue en le confirmant l'homo ludens, le plus dionysiaque, le plus intègre dans son débordement.Ainsi parle Zarathoustraram.Autres blues.Memphis Slim et Willie Dixon.(Folkways FA 2385.) Unlucky.Heureux comme un con (sul) I had soup for dinner, couldn't even find a spoon, I had soup for dinner, couldn't even find a spoon, I aimed to get up early in the morning, Didn't wake up till late this afternoon.Long distance call.C'est le style du cadran solaire à minuit vrai.prête-moi tes serres vieux délire Pour m'élever avec mon coeur le long de la cataracte Les aéronautes parlent de l'efflorescence de l'air en hiver.Mon pays c'est l'hiver.Et dans l'axe Marx-Lénine, aussi Breton, et le blues.Gravité de grandes fêtes.Jusqu'au bout.Camaraderies-signes.Il en va de la politique selon la disponibilité et l'authenticité des hommes pour la faire, la "jouer", la vivre.6-7 janvier 1967 Montréal (dont Taverne Novo Rex) % patrick straram 106 marginales un député en maudit.L'excitélibriste monté en graine de député, Gérard “catholic Action" Pelletier, a fulminé l’autre jour contre l'unilinguisme de la ville d'Ottawa." Cette ville se comporte exactement comme si les Canadiens français n'exis-taient pas", a-t-il dit.Maudit qu'il est thomas ! On lui disait ça, il y a trois ans et il nous traitait de petits castristes", de rêveurs, d'illusionnés.Petit à petit, il va faire l'expérience dite des claques sur la gueule de notre culture" et avant longtemps, il va être nommé ministre et se la fermer à tout jamais sur ces problèmes.p.p.lâchez pas c'est pour betôt ! Le premier ministre de l'Ontario, M.John Roberts déclarait le 23 novembre à Montréal : La minorité franco-ontarienne pourra bénéficier avec le temps d’un système complet d'écoles publiques bilingues”.Ça c est une bonne nouvelle ! Rollie Gauthier, Frank Dubois, John Leclerc, Peter Poisson et Charlie Trottier de Sudbury, Timmins, Toronto et Port Hope m'ont dit qu'ils étaient bien contents qu'on leur accorde peut-être d'ici une centaine d'années la chance d’envoyer leurs arrières petit-fils apprendre le français dans les écoles du gouvernement."We will sure survive, thanks to Mister Robarts”.P- P- national-socialisme.ou colonial-socialisme?Alfred Dubuc, dans le dernier numéro de Socialisme 66 : l'évolution de la société québécoise peut facilement se passer de la phase transitoire de ‘‘l'alliance tactique avec la bourgeoisie nationale” que préconise parti pris, décalquant beaucoup trop servilement le schéma de la décolonisation.” Notre camarade n’est pas très au courant.L’hypothèse de l’appui tactique à la bourgeoisie, que nous avions avancée en septembre 1964, il y a 107 longtemps que nous l’avons rejetée.Ça serait-il qu’il y a deux ans qu’il ne nous a pas lus ?Ou bien ça serait-il plutôt une façon commode de rejeter toute forme d’indépendantisme ?Comme lorsqu'il écrit : "Le nationalisme introduit la confusion dans les sociétés de type colonial, car il devient à la fois le fondement idéologique des revendications de la petite bourgeoisie nationale et des forces de gauche." Tiens, tiens, moi j'aurais pensé que c’est la colonisation qui introduit la confusion, et que l'indépendance est la seule façon de lever cette hypothèque nationale.En tout cas, et malgré la réalité et la force actuelles de la volonté de libération nationale, la position de Dubuc le conduit à affirmer l’impossibilité de la création d’un parti de gauche "dans un proche avenirOr la bataille de la décolonisation est déjà engagée.C’est donc dire que la gauche, si elle adopte une telle pensée, en arrivera à laisser faire la bourgeoisie, à ne même pas s’engager dans un moment essentiel de notre histoire.Notre hypothèse de l'appui tactique, si erronée qu'elle fût, était au moins une tentative de dépassement de cette attitude démissionnaire de la gauche québécoise qui nous fait toujours remettre le moment de la lutte dans un avenir douteux.Il n’y a qu’une autre solution, c’est que le parti de la gauche socialiste assume la lutte pour l’indépendance.Et qu'on ne vienne plus nous faire le coup du national-socialisme.C’est un jeu de mots qui rappelle Elliot-Trudeau, un jeu de mots d'inspiration colonial-socialiste.p.m.les sacrements sont bien administrés Les soldats américains au Viêt-nam sont les soldats du Christ." Cardinal Spellman Nous ne savions pas que le Christ baptisait au napalm.g.m.c.r.s boy.Murray Ballantyne, royaliste, réactionnaire, un des nombreux anglophones paternalistes de la gang à Claude Ryan, a déclaré l'autre soir que le Canada n’aurait qu'à devenir intéressant et séduisant pour refaire son unité.C’est ça, posons-lui des faux seins, puis les Québécois vont arrêter de chiâler.p.p.daniel dans la fausse aux millions Daniel Johnson à New-York : nous devons réduire sensiblement les déficits et les emprunts afin d'offrir aux contribuables l'exemple d'un gouvernement qui vit selon ses moyens".Si le gouvernement du Québec vit seulement selon ses moyens, ce ne seras pas bien trépignant, car il ne nous reste pas grand chose après les Américains et les canadiens se sont assurés une vie "décente” avec nos moyens._________________ g.t.c'est gênant d'étre gouverneur.L’administration de l’U.de M.a décidé d'épurer L'image de l’Université que les cris- 108 scs d'étudiants salissent.Selon le vice-recteur Lacoste et le recteur Gaudry, "on ’ proteste dans certains milieux contre la manière dont les étudiants sc mêlent de diriger leurs affaires.Le Bureau des Gouverneurs de l'Université, composé comme chacun le sait des figures les plus respectables des représentants de la finance de "cheu nous", doit être gêné.Comment peut-on en effet se vanter d'être gouverneur de l’Université de Montréal si les étudiants ne se tiennent pas tranquilles.Auparavant, ça pouvait faire une grosse impression auprès des amis millionnaires de se dire gouverneur, mais maintenant ça devient gênant .et ça peut peut-être même nuire aux affaires.g.t.y a toujours un bout ! A l'heure où j'écris ces lignes, lo grève des enseignants de la C.E.C.M.vient de commencer.Ce pauvre monsieur Ryan, on lui donne bien du trouble.Comment va-t-il s y prendre pour régler celle-là.Il en a quand même déjà réglé plusieurs cette année.Et il n’a pas que ça à faire.Il a le problème de "l'hypothèse canadienne à résoudre, sans compter la marche de l'esprit du concile" à surveiller.Ce qu'il va lui en falloir de la sévérité pour ramancher tout ça ! g.t.la bêtise n'a pas de limites La Renaude R- folle et le gastronome Shampoo sont engagés dans une lutte de tous les instants : à qui écrirait le plus de stupidités et d’insignifiances dans le plus petit espace.C’est un combat de Titans et chacun semble donner le meilleur de lui-même.La Renaude R-f avait réussi à distancer Shampoo avec des propos sur les enseignants, mais le gastronome s’est admirablement repris en étalant ses idées sur la Centennial Year.Comme disait jenesaisplustropquix, la seule chose qui n’ait pas de limites, c'est la bêtise.__________________g.t.pourquoi ne pas préciser M.Kierans : Je ne peux, en tant qu'éco-nomiste, recommander l'indépendance à cause de la baisse du niveau de vie qu'elle entraînerait pour 75 pour cent de la population".Il n'y a qu'une petite erreur dans cette phrase (c'est probablement la langue qui lui a fourché); il faudrait lire niveau de survie".Chacun l'aura compris par lui-même, mois on ne précise jamais trop.g.t un conseil n'est jamais perdu Dans le tout premier numéro de parti pris, publié un mois après la mort de Paul Morin, nous publiions une « vulgarité » : « Les moralistes français étaient friands d'exemples.Il est un exemple que M.Jean-Charles Harvey devrait suivre : celui de Paul Morin.» Nous félicitons M.Harvey d'avoir finalement su, malgré (ou à cause de ?) son grand âge, entendre la voix de la raison.p.m.109 un devoir spellmaniaque Le mérite d’une télévision bien pratiquée est qu'elle permet d’établir un contact réel, sans fard, entre la personne filmée sur le vif et le téléspectateur.Rapports humains, connaissance, culture désormais s'élaborent à partir de ces contacts audio-visuels.Ce qu'il y a de vrai dans le terme cinéma-vérité, c’est le mot vérité.Et pour l'instant, bien plus à la télévision qu’au cinéma, à de rares exceptions près (Godard parfois, le Rouch de GARE DU NORD, plusieurs moments du CHAT DANS LE SAC de Gilles Groulx, Skolimov/ski, etc.).Le mardi 27 décembre 66, au canal 2, C.B.F.T., dans le cadre de l'émission « Aujourd'hui », pour commenter le « sermon » du cardinal Spellman à Saigon (« Toute autre solution que la victoire est pour nous inconcevable ! »), on avait invité le dominicain Louis Doucet, de la revue «Maintenant », qui fut objectif, tranquillement, intelligemment très opposé au « sermon », et Paul Sauriol, rédacteur en chef adjoint et éditorialiste au « Devoir ».Paul Sauriol tenta de diminuer la portée de la phrase incriminée, expliqua qu’il faudrait pouvoir la replacer dans le contexte de tout le sermon, souligna qu'on ne pouvait s'en tenir à une seule formule diffusée un peu trop vite par des agences de presse avides de scandale ! ! ! Ce fut un moment bouleversant, terrifiant.Tout, de Sauriol, gueule, vocabulaire, arguments, ton, tout apparaissait dans sa plus définitive clarté.A quel point la presse « arrange » l'information avant de la communiquer aux lecteurs, soudain on le voyait.Et « l'éthique » à laquelle se con- forme « Le Devoir » était révélée dans toute son hypocrisie, faite évidente son aliénation à la grande coalition nord-américaine : Eglise-Gouvernement-Pègre.Voir et entendre Sauriol, ce soir-là, représentant d'un quotidien prétendu celui de l'élite et des cadres de la société canadienne-française : on avait honte, tragiquement, in-fcrnalement honte, honte de vivre dans un pays où d'aussi épouvantables impostures sont admises, font tellement partie des moeurs qu'elles ne dérangent même plus .Je repose la question : Dans quel contexte justifiez-vous la dernière imprécation spellmaniaque, « Les soldats américains au Viêt-nam sont les soldats du Christ ! », A4, le rédacteur en chef adjoint, de quel journal, Dieu ?p.S.proclamation d'une virilité On n’a pas encore fini d’écrire des livres ou de tourner des films sur les perversions sexuelles d’Hitler, que déjà, jaloux sans doute des succès d’un rival à sa mesure, Lyndon B.Johnson, président des Etats-Unis, tente de se faire valoir.Dans « Le Nouvel observateur» 113 (11-17 janvier 67,) Olivier Todd révèle des aspects significatif de L.B.J.(et à ce propos, recommandons avec insistance « MacBird », par Barbara Garson, une oeuvre maîtresse semble-t-il).«Tous ceux qui ont vu ensemble Johnson et Moyers » (attaché de presse à la Maison Blanche et confident privilégié du président) « ont noté des rapports de père à fils entre 110 eux pendant les dix-sept mois de service de Moyers ,» (qui a remis sa démission) « récompensés parfois par d'étranges satisfecit : Ce garçon-là, dit le président, travaille pour moi comme un chien et il est aussi fidèle.» «.tout le monde savait que le Président détestait autant que la solitude morale, la solitude physique — jusqu'au point de ne pouvoir s'empêcher d'inviter ses interlocuteurs à le suivre aux w.c.: ce n’est point une méchante revue « peacenik » qui donnait cette (information il y a longtemps, mais Time Magazine.» « La veine obscène de Johnson, centrée d’habitude sur le scatologique (boutade préférée à propos de n’importe quel adversaire politique : Il ne trouverait pas son cul avec ses deux mains) devenait de plus en plus sexuelle.» « Devant un petit groupe de journalistes qui lui parlaient des Gardes rouges, le président, faisant un geste obscène, hurlait : Mao, Mao, je suis sûr qu'il n'en a pas une comme la mienne ! » Quand un homme en est à avoir besoin de proclamer l'énormité de sa queue, c’est vraiment qu’il est au bout I Je me souviens de soirées à Saint-Ger-main-des-Prés.Devant d’affolées adolescentes aux anges, les garçons se masturbaient pour voir lequel éjaculerait le plus loin.Certainement les mêmes qui aujourd'hui achètent « Lui », passent de bien triviales vacances en quelque Club Méditerranée et votent De Gaulle ou U.N.R.avec arrogance.Pour mieux sceller l’accord U.S.A.-Canada, le commerce des armes étant un peu dépassé, pourquoi ne pas proposer ce petit jeu, avec Johnson comme arbitre, qui tenterait ensuite de battre le record du vainqueur, aux con-fédés d’Ottawa ?p.S.les émissaires de De Gaulle Trois jeunes Français interrogés à « Aujourd’hui » — en un sens certainement le meilleur médium d'information au Québec.Les services de l’immigration les avaient assuré qu'ils trouveraient un emploi au Québec.Ils n'ont rien trouvé.Sont-ils venus pour s'établir définitivement au Québec ?Non.Non ! Ils voulaient profiter de l'Expo 67 pour faire le plus d'argent possible, et aussitôt après entreprendre un tour du monde, pour voir du pays ! Dire que c'est un écrivain français magistral qui a inventée Zazie, celle qui aurait dit ce soir-là : « Pour ça, du travail ?Mon cul ! » Il ne reste plus qu'à attendre le Général.____________________ p.s.qu on en finisse vite «Aujourd’hui» encore.Le 16 janvier 67.François Bachand a dénoncé l’entreprise, il a réduit le livre à sa petitesse mais aussi son abjection comme il le fallait, clairement, avec des arguments justes, avec une présence sur le petit écran qui accusait d’autant plus l’exactitude nécessaire de son jugement, avec une énergie qui frappait où il fallait.Mais il demeure qu’un Jean Semcinsky est parvenu à publier «Les rapides», un roman prétendument au sujet de « maquis » révolutionnaires au Québec, au sujet du F.L.Q., du terrorisme.Ce monsieur osa en appeler à Marx et Lénine, 111 pour expliquer que l’indépendantisme était voué à l'échec, parce que ce n'était pas une révolution prolétarienne.Et il appuyait son « argumentation » sur le fait que tous les terroristes québécois qu’il avait rencontrés étaient des « bohèmes » fréquentant d'équivoques boîtes pour adolescents.Doit-on rappeler qu’à Paris, Lénine passa des journées au « Dôme » ou à « La Coupole », je ne sais plus lequel metis l’un des deux ?La révolution d'octobre 1917 en Russie en était-elle une de « Montparnos » ?Mérite de la télévision : Bachand ayant parlé, le Semcinsky ne pouvait plus que tirer désespéremment sur sa cigarette, affichant le pâle sourire de compassion propre aux intel- lectuels qui font croire qu’ils ne peuvent vraiment pas expliquer ce qu’il en est à un si piètre interlocuteur, pour camoufler leur impuissance lorsqu’on les met à découvert.Il demeure que Jean Semcinsky a pu publier « Les rapides ».Evidemment, au « Cercle du livre de France» le bien nommé.M.Pierre Tisseyre n'a-t-il pas le droit de refuser Réjean Ducharme et de publier une saloperie très d'à-propos pour le Centenaire à exploiter ?Espérons qu'à cette autre occasion M.Jean Basile sera à la hauteur de son métier de M/nute-Mon.p.S.ont participé à la rédaction des marginales: l'équipe parti pris, pierre maheu, gaston miron, patrick straram et gaétan tremblay les éditions parti pris Les éditions parti pris ont besoin de vous La littérature du Québec a besoin des éditions parti pris Devenez souscripteur aux éditions parti pris Une souscription de $9.vous donne droit à $13.de publications Au cours de l’année 1967, pour commémorer le 130e anniversaire de l’Insurrection de 1837, nous publierons Les cent dessins du centenaire, par Berthio L’inavouable, un long poème de Paul Chamberland Elégies pour l’épouse en-allée, les plus récents poèmes d’Alfred DesRochers Mon pays le Viêt-nam, par Nguyen Van Hoach Une analyse de la politique du “duplessisme” au “johnsonisme” par Gérard Bergeron, politicologue, l’auteur du “Fonctionnement de l’Etat” Des Nouvelles de Claude Jasmin Des inédits sur L’insurrection de 1837 et cetera, et cetera, et cetera, et cetera, et cetera, et cetera, et cetera, 112 jeunes travailleurs ouvriers, agriculteurs, employés, étudiants.POUR L'INDÉPENDANCE NATIONALE I POUR LA RÉVOLUTION ! POUR LE SOCIALISME ! adhérez aux Jeunesses Socialistes Québécoises : l'organisation des jeunes révolutionnaires.FORMULE D'ADHESION Veuillez m'inscrire aux Jeunesses Socialistes Québécoises.Ci-joint, un montant de $.comme contribution pour .mois.TARIF : Un dollar par mois (ceux qui travaillent).NOM .ADRESSE .VILLE .COMTÉ .PROV.TÉ, ::::::::: ¦ ¦ Jeunesses Socialistes Québécoises, 1406 Beaudry, Québec.TÉL.: 524-3593 ou 288-3574.113 Le socialisme québécois, une utopie ?7 au 10 février 1967 Si le socialisme est un refus des structures et des valeurs de l'ordre établi, il est aussi une volonté ferme de construction d'une société dont les structures servent l'homme et tous ses besoins et ses aspirations .Que vous soyez étudiants (avec ou sans dettes) travailleurs, bourgeois, prolétaires, professeurs, ouvriers, journalistes, doyens, collets bleus, collets blancs, collets romains, chômeurs, directeurs, ministres, camionneus, écrivains, balayeurs, ou premier ministre .les étudiants de la FACULTÉ DE SCIENCES SOCIALES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL, VOUS INVITENT À PARTICIPER à un colloque dont le thème est : le socialisme québécois, une utopie?CONFÉRENCES - DÉBATS - ATELIERS DE TRAVAIL - PROJECTION DE FILMS -EXPOSITION DE LIVRES - ÉMISSIONS DE RADIO ET DE TV.PROGRAMME MARDI, 7 février, 8 heures p.m.# MERCREDI, 8 février, 8 heures p.m.% "L'avenir économique du Québec" : "Le socialisme est-il possible au Québec" ?Les débattants expliqueront comment ils entrevoient l'avenir du Québec et particulièrement du socialisme québécois.114 Participants : M.Chapdelaine, économiste de l'université de Montréal et membre du RJ.N.M.Stanley Ryerson, historien de Toronto et membre du parti communiste canadien.» JEUDI, 9 février : — midi trente : "Nationalisme et socialisme" Participants : Robert Cliche du NPD; M.Lavalié, médecin et professeur à l'université de Sherbrooke.m — 8 heures, p.m.: "Les valeurs culturelles qui favoriseront la construction du socialisme québécois".Pierre Maheu; abbé Jacques Grandmaison.• ^ VENDREDI, 10 février : * — Midi trente : "La réforme de l'entreprise" Marcel Pépin; Gabriel Gagnon; et probablement un autre débattant.0 — 3 heures trente (environ) : "Planification et idéologie" ou "Le BAEQ est-il un plan" ?Jean-Claude Lebel, Bernard Solasse, Maurice Bouchard.— 8 heures p.m.: "Différents débattants répondront à la question : "Le socialisme québécois est-il une utopie ?" et aborderont le problème de la construction-du socialisme dans son ensemble.Fernand Dumont, Michel Van Schendel, Charles Taylor, Vincent Harvey o.p., Michel Doré.115 \ un livre en cadeau ' aux abonnés de parti pris A tous les nouveaux abonnés et à ceux qui se réabonnent, nous offrons en cadeau un des trois livres suivants, au choix : ?Carnets politiques, de Jean-Marie Nadeau.» ?Le monde sont drôles, de Clémence Desrochers.?Sonnets archaïques pour ceux qui verront Vinde pen dance, de Jean-Robert Rémillard.(cochez le titre désiré) BULLETIN D’ABONNEMENT Veuillez m’inscrire pour un abonnement de ?an (s), à parti pris, à partir du numéro de .196.Ci-joint un ?chèque, ?mandat poste, au montant de .$.- TARIF : Abonnement ordinaire — de soutien — outre-mer (avion) $6.00 $12.00 $10.00 Un an, 6 numéros (entre 112 et 128 pages) ., le.196___ (Signature) (date) Nom.Adresse .Ville .m Profession .parti pris, C.P.149, Station “N”, Montréal, Québec 116 Bulletin de commande - volumes déjà parus édition-s parti pris Veuillez me faire parvenir les titres suivants : ?la ville inhumaine, roman de Laurent Grrouard .$2.00 ?le cassé, nouvelles de Jacques Renaud.$1.00 ?la chair de poule, nouvelles d'André Major .$1.75 ?la nuit, roman de Jacques Ferron .$1.50 ?pleure pas, germaine, roman de Claude Jasmin .$1.75 c I ?journal d'un hobo, roman de Jean-Jules Richard .$2.50~ ?carnets politiques, de Jean-Marie Nadeau avec une préface de René Lévesque .$2.00 ?sonnets archaïques pour ceux qui verront l'indépendance, de Jean-Robert Rémillard .$1.00 ?papa, boss, roman de Jacques Ferron .$1.50 ?le monde sont drôles, nouvelles, suivies de '** la ville depuis ., lettres d'amour de Clémence Desrochers .$1.50 * Q les cantouques, poèmes en langue verte, populaire et quelquefois française, de Gérald Godin .$1.00 Nom .Adresse.Ville .Ci-joint un ?chèque, ?mandat do poste, au montant de .Faire parvenir ces bulletins à Les éditions parti pris, C.P.149, Station "N", Montréal (18) vient de paraître aux éditions parti pris les cent dessins du centenaire par berthio un regard neuf, indiscret, impertinent sur les grands du monde "Canadian" et québécois à l'occasion du centenaire dans les bonnes librairies $2.00
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