La presse, 17 novembre 1979, C. Arts et spectacles
[" 4- \u2022'.w fl! r I CAHIER C LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 7 NOVEMBRE 1 979 I Inû :n inrli ¦eti,î SB! pcil Ul yws y sos ic 1 B t» \\â 9 J .v'Jfc ( mmm y2 '.'T \u2022r ( B ¦ I# c W\"' ,3 H#./ .W: 5 ¦ C ¦ V : :\u2022 v z I»: F '¦ V- vi \\ x k'f: \u2022v % : PMmt m % è a y * IO \" ?- .m t I * -> fc./t ¦ ¦ .: x \u2022?, Mr m ¦¦ *£-\u2022 rv is .A ,r b 1 \u2022V W\\ S» if! & S .wW^' - g# :v » m :¦ I .k - ' I % ¦ \u2022ÿ >5 ¦ 8 m I\u2018 : .il i : * /// *7\\ % et de plus en plus mal BBS PAR PIERRE BEAULIEU L\u2019industrie du disque vit actuellement ses jours les plus sombres.Mondialement.Aux Etats-Unis, où la crise est née avant de s\u2019étendre aux pays satellites, plusieurs multinationales ont vu leurs ventes baisser de 40, voire 50 pour cent dans certains cas, au cours de la dernière année.La compagnie London, pour une, a connu un premier déficit en plus de 40 ans d\u2019existence.RCA, où le chiffre d\u2019affaires ne cesse de dégringoler depuis la fin des grandes heures de Presley, a accusé des pertes importantes aux USA de même que dans tous les pays où elle est implantée, sauf en France.A&M, enfin, aurait probablement déjà fait faillite n\u2019eut été du succès remporté depuis épaules d\u2019interprètes de talent, comme l\u2019ont fait les gens du septième art quand ils ont vu que leur galère coulait à pic.Et puis vint Beau Dommage acheté des disques où il n\u2019y avait souvent qu\u2019un «hit».Ils ont acheté du son, des images, mais ils réalisent de plus en plus, aujourd\u2019hui, que le ballon était vide.Et ils deviennent soudainement beaucoup plus exigeants.On constate maintenant, dans les bureaux des multinationales, que le marketing ne suffit plus.Qu'il suffira de moins en moins.Il ne s\u2019agira plus d'investir des fortunes dans des disques, il faudra désormais que le produit soit bon.Après des années de grandeur, de faste, comme en avait connu le cinéma, après des années de grand déploiement et de poudre aux yeux, il s\u2019agira maintenant de revenir aux disques d\u2019auteurs, de compositeurs, aux disques qui reposeront sur les qu\u2019on s\u2019acharne maintenant à suivre bêtement les sentiers battus, plutôt que de tenter d\u2019en tracer des nouveaux.Depuis quelques années, en effet, plusieurs pour ne pas dire la presque totalité des disques qui ont connu un succès important, se sont davantage imposés par leur marketing que parla qualité intrinsèque du produit.Qu\u2019il suffise de penser au groupe Kiss, à «The Knack», dont le premier album, tout à fait insipide, est en train malgré tout de battre tous les records de ventes, uniquement parce que poussé par une campagne publicitaire qui a dépassé le million de dollars.Pendant un certain temps, les gens ont mordu à l\u2019appât.Ils ont studios les plus importants d\u2019Hollywood ont dû fermer leurs portes.Il faudra désormais repenser l\u2019industrie, comme l\u2019a fait le cinéma, la réorienter complètement.Bien sûr, la hausse importante du coût de production d\u2019un microsillon, par rapport à son prix de détail relativement stable au cours des dernières années, a diminué sensiblement la marge de profits des compagnies, qui doivent maintenant vivre au jour le jour.Et puis les gens consomment beaucoup moins qu\u2019autre-fois.Parce qu\u2019ils ont moins d\u2019argent à consacrer aux «loisirs», d\u2019une part, mais aussi parce qu\u2019il ne se passe plus grand-chose en musique, qu\u2019on n\u2019est plus inventif comme on l\u2019était autrefois, parce deux ou trois ans par le groupe britannique Supertramp.En fait, même chez Polygram (où les Bee Gees enregistrent), CBS et WEA, les trois compagnies les moins affectées par la crise actuelle, on parle d\u2019une baisse importante des profits par rapport aux années précédentes.Partout, dans les entrepôts, on accumule des retours de disques invendus comme jamais auparavant, retours que l'on doit ensuite écouler dans les régions les plus éloignées des grands centres, à $1 pièce la plupart du temps, pour sauver les meubles.Le problème est de taille, semblable, disent les observateurs, à celui qu\u2019a connu le cinéma, il y a 10 ou 15 ans, quand plusieurs des De l\u2019avis de Gilles Talbot, président de Kébec-Disc, de l\u2019avis de Paul Hébert, autrefois de CBS, de l\u2019avis, en fait, de tous les intervenants d\u2019ici, qu\u2019ils soient artistes producteurs, ou annonceurs de radio, l\u2019histoire de l\u2019industrie québécoise, sa démarche, le krach qu\u2019elle connaît maintenant, sont en tous points semblables à l\u2019ex périence qu\u2019ont vécue vivent les Américains.Après s\u2019être contentés, pendant et que ' vO'r DE NOUVEAUX i \u2022\t\u2022 *4 * *. mm êk » .:M,y.À: i; : «Digital» ou non «digital».la différence n'est pas très grande! degrés très variables mais presque immanquablement, affectent les disques de production courante.Les «digitalistes» (le néologisme est de moi) soutiennent que le nouveau procédé élimine cette distorsion et ces bruits parasites, c\u2019est-à-dire les deux principaux obstacles qui empêchent le son original de parvenir absolument intact à l\u2019oreille de l\u2019auditeur installé chez lui, devant son appareil de reproduction.Autrement dit, s\u2019il faut en croire certains textes publicitaires: a) tous les disques en circulation sont affectés de distorsion et de bruits photo Michel GRAVEL, LA PRESSE parasites (ce qui n\u2019est pas tout à fait vrai); b) il n\u2019y a aucun de ces défauts dans les quelques disques de procédé «digital» produits à ce jour (ce qui n\u2019est pas vrai non plus).Encore une fois, la publicité a exagéré.Je n\u2019ai pas cherché à comprendre comment fonctionne le procédé «digital».Ce n\u2019est pas mon rôle.Mon rôle, c\u2019est d\u2019écouter.Et j\u2019ai écouté les produits tant vantés \u2014 dans les meilleures conditions techniques, physiques et mentales possibles.et, surtout, sans tenir compte du fatras publicitaire qui, là comme ailleurs, est conçu (génialement, il faut l\u2019admettre) pour amener le consommateur à croire tout ce qui est annoncé, à se dire qu\u2019«il n\u2019y a jamais eu rien de pareil», et, en conséquence, à acheter.De la production encore très mince d\u2019enregistrements produits en «digital», j\u2019ai écouté les quatre suivants: BEETHOVEN: Concerto pour piano et orchestre no 5, en mi bémol majeur, op.73 (dit «Empereur»), Lupu, pianiste, Orch.Philharmonique d\u2019Israël, dir.: Zubin Mehta (London, LD R 10005); MAHLER: Symphonie no 4, en sol majeur.gital» avec d\u2019autres enregistrements des Oreh.Philharmonique d\u2019Israël, dir.:\tZubin Mehta; Barbara Hen-mêmes oeuvres, enre- dricks, soprano, au der-mouvement gistrements «digital» mais choisis parmi les plus récents, c\u2019est-à-dire parmi ceux qui sont susceptibles d\u2019offrir les qualités techniques optima \u2014 ceux-là mêmes que le «digital» prétend supplanter.Pour l\u2019Empereur de Beethoven, enregistré en «digital» par Radu Lupu, Mehta et la Philharmonique d\u2019Israël, chez London, la comparaison s\u2019est faite avec d\u2019autres ments où figuraient plusieurs de ces éléments: non nier (London, LDR 10004); BARTOK:\tConcerto pour orchestre.Orch.de Philadelphie, dir.: Eugene Ormandy (RCA, ARC 1-3421); «NEW YEAR\u2019S IN VIENNA! »: Valses et polkas de Johann Strauss père et fils, Josef et Eduard Strauss, etc.Orch.Philharmonique de Vienne, dir.: Willi Boskovsky (London, album de 2 d., LDR 10001-2; enregistrement public).Dans un deuxième temps, j\u2019ai comparé ces enregistrement «di- Radu enregistre- a) V Empereur d\u2019Ali-cia de Larrocha, avec Mehta et la Philharmo- nique de Los Angeles (London, CS 7121); b)\tle Concerto no 4, en sol majeur, de Beethoven également, par Lupu, Mehta et Israël (London, CS 7108); c)\tenfin, j\u2019ai voulu inclure dans cette comparaison un autre Empe- 1 CUi l CVCUt, V vi ui i vâ xi» fred Brendel et la Philharmonique de Londres, dir.: Bernard Haitink (Philips, 9500 243).Pour la quatrième Symphonie de Mahler, mes points de comparaison ont été les deux versions suivantes: a)\tOrchestre Symphonique de Chicago, dir.: James Levine; avec Judith Blegen, soprano, au mouvement final (RCA, ARL 1-0895); b)\tOrchestre Philharmonique de Vienne, dir.: Claudio Abbado, avec Frederica von Stade, mezzo-soprano, au mouvement final (Deutsche Grammophon, 2530 966).Enfin, pour le Concerto pour orchestre de Bartok: a)\tl\u2019ancienne version d\u2019Ormandy et Philadelphie, parue en 1964 (Columbia, MS 6626), ainsi que les versions suivantes: b)\tOrchestre Philhar- monique de New York, dir.:\tPierre Boulez (Columbia également, M 32132); c)\tOrchestre Symphonique de Boston, dir.: Raphael (Deutsche Grammophon, 2530 479); d)\tOrchestre Philharmonique de Berlin, dir.: Herbert von Karajan (Angel, S-37059).Quelques tests.Les trois disques «digital» mentionnés en premier lieu (le Beethoven, le Mahler et le Bar- Kubelik iR CLAUDE GêSSHAS Plusieurs nouvelles hniques d\u2019enregistre-i nt sonore sont actuel.» nent à l\u2019essai, toutes i ant pour but princi-; 1, bien sûr, la repro-ction la plus parfaite ssible de l\u2019«événe-_>nt» original.C\u2019est nscet esprit \u2014 «repro-irelarêalite» (comme la chose était possi-'.) \u2014 qu'on a inventé .stéréophonie, ensuite quadraphonie, plus ¦ cemment la gravure -ecte («direct-to-disc» \u2022t maintenant l\u2019enre-stremcnt «digital», ns lequel les spécialis-s voient l\u2019«avenir» en qui concerne la repro-îction du son.¦ Digital».Le terme est glais.Il vient du mot igit», qui désigne un iffre, de 0 à 9.Car nregistrement «digi-> se fait par ordi-teur.Très techniques, > bien très avares de nseignements, les arti-ds sur le sujet nous sent, en substance, e le procédé est appe-«digital» parce qu\u2019«il registre des nombres .présentant le son» extuel de la pochette CA du Concerto pour ¦chestre de Bartok: «It called «digital» becau-it records numbers to present the sound.»).Heurs, on lit que l\u2019ordi-iteur «traduit les vi-\u2022ations sonores en une :rie de nombres correspondant à la courbe de ;s vibrations» (d\u2019où la aduction d\u2019«enregis-.ent numérique* préco-sée par les techniciens ançais) et que «ces ambres forment la line droite la plus droite possible entre le studio enregistrement et le sque».Selon les promoteurs u «digital», l\u2019enregis-\u2022ement conventionnel, lême dans la stéréo-honie la plus au point, omporte inévitable-îent une déformation, i minime soit-elle, de ette «ligne droite», du ait que cet enregistraient n\u2019est pas «digital», ¦e là proviennent cette istorsion et ces bruits arasites (bruits de surace, surtout) qui, à des C 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 7 NOVEMBRE 1 979 DISQU6S Et alors, ce disque «digital»?ECKANKAR Un genre de vie.Quel est le but de la vie?Ai-je vécu auparavant?Qu\u2019y a-t-il derrière le voile de la mort?PRESENTATION D'UN FILM DOCUMBttAIRÉ TOUS LES DIMANCHES 14 HEURES Soirée d\u2019information (Entrée libre) Tous les lundis.20h00 1319 est, rue Sainte-Catherine (métro Beaudry) Montréal 521*6518 Ce monde inédit photographies par Catherine M.Young avec un essai de Margaret Atwood et des citations tirées du journal de Henry David Thoreau traducteur: Robert Choquette 50 photos couleurs 128 pages, $29.95 les éditions tides 235 est.bout.Dorchester Montréal H2X 1N9 (514) 861 -9621 S ) I .- m 2 tok) ont d\u2019abord été '-i écoutés isolément, dais *: les mêmes conditions ; optimales où j\u2019écoute habituellement tous mes disques.Ils ont ensuite été écoutés sur un appig-'*.reil quelque peu infé- » rieur (l\u2019équivalent, %i : somme, de ce par quoMb\"-r.limart ries gens font ____ passer leurs disques; j\u2019ai même eu l\u2019occasion d\u2019écouter certains pas- } sages sur un troisième \u2019 appareil).J\u2019ai ensuite-,1 procédé à des comparaisons, jouant chaque disque «digital» et chaque disque non «Digital» stii' le meilleur et sur \u20183e .moins bon des deux ajj- v pareils.Les conclusions auxquelles je suis arrivé, j\u2019ai voulu les fairecop-'.firmer par certaines -personnes (dont je rëç- \" pecte l\u2019oreille, bien sût)' ' que j\u2019ai soumises à certains tests \u2014 sans leur .dire, bien entendu, quel disque tournait! Ce n\u2019est que dans la moitié des cas que j\u2019ai obtenu des réponses justes.Une fois-sur deux, on croyait en- -tendre du «digital» alors ¦ \u2022 que c\u2019est un disque cort- \u2022 ventionnel qui tournait, ou bien on n\u2019était pas sûr.Preuve que le «digital» ne constitue : pas un progrès tellement marquant, comme l\u2019avait été la stéréophonie, par exemple.J\u2019entends le «digital» tel qu\u2019il eist utilisé présentement, car les promoteurs sont les premiers à admettre que, le disque «digital» ' ayant été produit par ordinateur, il faudrait, pour en tirer le maximum, le faire de nouveau passer par un ordinateur et non par urt amplificateur.\t' ' Clarté, relief, mais.Ma première constatation, à la suite de toutes-ces expériences comparatives, est la suivante: dans les meilleures conditions d\u2019écoute, on note, chez London et chez RCA (les deux seules grandes marques qui, à ce jour, font du «digital», et encore, en très faible quantité) \u2014 on note, dis-je, d\u2019une façon générale mais non constante, même à l\u2019intérieur d\u2019un même disque, une meilleure définition de l\u2019information sonore, pltirs précisément l\u2019élimination à peu près complète de ce «son ambiant» qui existe sur presque trçüs les disques conventionnels et qu\u2019on avait fini par ne plus entendre tellement sa présence est généralisée.Résultat: l\u2019information sonore, c\u2019est-à-dire la musique, nous parvient avec plus de clarté et de relief, principalement dans les passages où il y a peu d\u2019instru- : ments; dans les tutti d\u2019orchestre, la distor- 1 sion n\u2019a pas été complè- ' tement éliminée.Quant ; aux bruits de surface; il -y en a encore, et je pense ! qu\u2019il y en aura tarit ; qu\u2019un bras exercera tiîfe -pression, si légère sait- ! elle, sur un disque (seul le disque à rayon laser, \u2022 qu\u2019on est à mettr^au : point, éliminera cès ; bruits).Donc, plus de clarté et ; de relief dans l\u2019informa- -tion sonore.C\u2019est sans : doute là qu\u2019intervient ' l\u2019idée de «ligne droi- -te» qui, dit-on, caraeté- i rise «digital», c\u2019est-à-dire ¦ l\u2019enregistrement.itpar \u2018 les nombres».Mais cette ; clarté et ce relief,«je le -répète ne sont pas can- ¦ stants, d\u2019où mon enthôu- ; siasme mitigé devant ce dernier-né, d\u2019où égàje- : ment la difficulté de ! mes volontaires à, toujours l\u2019enregistreipent ; différencier «digital» et non «digital».; J\u2019ajoute que, souvent, jl y a dans le son «digital» quelque chose d\u2019artificiel, de cru, et finalement d\u2019assez désagréa- \u2022 ble à l\u2019oreille.Autres handicaps: le volume ¦ sonore est en général plus bas que dârià les disques conventionnels.et le prix, plus élevé!\ta» * La musique Les deux Empereur de Lupu et de Larrocha sont récents et proposent des approches assez différentes mais également valables: Lupu plus dramatique, de Larrocha plus introspective (Brendel, déjà commenté, est également magnifique).Le 4e Concerto de Lupu est aussi une nouveauté et le pianiste s\u2019y montre, là comme ailleurs, un interprète très racé.Les deux versions de la 4e Symphonie de Mahler de Mehta et Abbado sont également récentes.et bien différentes: dans les tempi, le phrasé, la couleur orchestrale, les nuances.Le «schmalz» de Mehta est acceptable dans cette musique, mais l\u2019élégance d\u2019Ab-bado y projette un éclairage nouveau et intéressant (comme l\u2019avait déjà fait la lecture détaillée de Levine).La partie vocale facilitera le choix: von Stade (version Abbado) possède l\u2019innocence requise par le texte, alors que Hendricks (version Mehta) chante cela comme page d\u2019opéra, et dans un allemand du reste imparfait.Le nouveau Bartok d\u2019Ormandy et Philadelphie est inférieur à la version Columbia de 1964 de la même équipe: non seulement au niveau de la prise de son mais encore de l\u2019exécution orchestrale et de l\u2019esprit.(Les versions Boulez, Kubelik etKarajan, déjà commentées, sont toutes trois parfaitement recommandables, dans cet ordre-là!).Quant au concert Strauss de la Philharmonique de Vienne, enregistré en public, il est décevant: musique finalement énervante dans sa répétition constante des mêmes motifs, jeu orchestral non toujours irréprochable, son métallique des cordes.une mais C.G.O y o « NORMAND ROUSSEAU ê, O % laitiEgs gOUhcti6 les .bécots maille1 «Je que 1 Que rie P°s de lire ce V\\ Livre ci® 11 & X $9.95 m \\\\ Y, CD -''Le cercle du livre de frange PIERRE T1SSEYRE 8955 boulevard Saint-Laurent, Montréal H2N 1M6 (514) 384-4131 II % a iis -4 A m % M ZM ¦Æ mm V m rf M 51 L< m [V p\u2019 ! » ! m.¦ m v v : ;v .%., X > » M I P LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 7 NOVEMBRE 1 979 C 3 LITTÉRATURE La Une nostalgie de Sa rigueur d\u2019amour Nostalgie du futur a inspiré au romancier Louis Caron, président de l\u2019Union des écrivains québé- K1 ,) ton livre ressemble étrangement à un hublot par lequel on apercevrait la terre.Ton livre est aussi le câble à l\u2019intérieur duquel montent les bulles d\u2019air.Et c\u2019est une ancre aussi qu\u2019on peut jeter au passage sur les planètes pour y passer des après-midi entières.» Va pour le hublot et ce qu\u2019on voit n\u2019est pas beau, oppresseurs et empêcheurs de danser en rond que l\u2019auteur Tc\u2019happy dit le coyote pourfend sur tous les tons y compris parfois le bon, qui pour lui est poétique.On trouve de tout dans cet essai, y compris des images assez belles, photographiques ou textuelles, sauf de la rigueur.Il y a peut-être dans le stylo de l\u2019essayiste quelques-unes de ces bulles dont parle Caron et qui causent des pannes sèches.Dire la vie rêvée, cela ne se fait pas idéalement sur le ton de la confidence improvisée, non plus qu\u2019à coups de citations pas nécessairement pertinentes.I f amour ni amants \t - liMSS m wmm PAR REGINALD MARTEL C\u2019est un roman beau et dense que nous propose enfin, après trois romans de moindre intérêt, Dominique Blondeau.L\u2019argument est tout simple: un éditeur montréalais devient amoureux d\u2019une jeune femme dont il lit le manuscrit; Il la cherche dans la ville, il se perd en lui-même, il croit la reconnaître et elle s\u2019échappe dans la foule, il l\u2019invente à mesure qu\u2019il avance dans sa lecture; jamais il ne la rencontrera, sinon dans la mort, au delà du réel.On croit d\u2019abord que tout cela n\u2019est pas très vraisemblable mais ensuite c\u2019est sans importance, parce que Dominique Blondeau réussit très vite à nous imposer son univers, à infléchir la lecture selon les moindres mouvements de l\u2019écriture, à rendre nécessaire tout son appareil de fabulation.Et pourtant, l\u2019imaginaire n\u2019arrive pas à cacher tout à fait ce qu\u2019on imagine être une vérité vécue douloureusement et que le roman exorciserait.sifs, c\u2019est-à-dire capables plus que d\u2019autres de produire le bien et le mal, comme il est écrit dans une citation liminaire tirée de Lawrence Durrel.Nous lirons plus loin, dans le texte même de l\u2019Agonie d\u2019une salamandre: «.tout restait à écrire pour glorifier le retour à la barbarie.Persuadée qu\u2019elle avançait sur le chemin le plus large et qu\u2019elle encourageait ceux qui lui ressemblaient, elle exprimait un moindre désir: que des livres fussent engagés dans l\u2019universalisme, dans la dispersion des idéaux et, s\u2019il le fallait, régresser des milliers de fois dans l\u2019obscurantisme avant de progresser vers une direction lumineuse.» On reconnaît facilement le ton de cette hallucinante aventure qu\u2019est le Quatuor d\u2019Alexandrie.On reconnaîtra encore, transposée à Montréal, l\u2019écrasante présence de la ville-personnage.Un baroquisme éblouissant Parce qu\u2019il va dans toutes les directions, parce qu\u2019il n\u2019a pas de forme unique et linéaire, ce roman se prête mal à une analyse brève.Il faudrait explorer séparément tout le discours sur l\u2019amour et sur la mort, qui est probablement le coeur même de l\u2019entreprise de Dominique Blondeau, et puis tout le reste où sont évoquées les images de l\u2019exil, physique ou intérieur, celles des miroirs en quoi se reflètent à l\u2019infini les personnages et leurs projections oniriques, celles aussi, innombrables, qui relèvent d\u2019une sorte de rhétorique incantatoire où l\u2019auteur trouve à exercer efficacement sa maîtrise stylistique.On dirait que cette prose ne fait qu\u2019effleurer la conscience pour s\u2019infiltrer ensuite dans l\u2019inconscient, au delà du' champ connu du verbal, et les personnages et leurs histoires égarent le lecteur dans une irréalité pourtant presque palpable.Il arrive pourtant que la romancière est emportée par l\u2019écriture, qu\u2019à l\u2019occasion elle ne sait plus circonscrire.Certains passages, où elle a voulu mettre trop d\u2019idées, de sensations, de descriptions attentives, deviennent obscurs, alambiqués.On pourrait aussi s\u2019interroger\" sur la ressem- !.g 6 WmÆM û w % f I z Pourtant, il y a dans ce livre un petit côté velléitaire qui n\u2019est pas antipathique.C\u2019est sans doute ce qu'il faut entendre par passer l\u2019après-midi entière sur l\u2019ancre planétaire.\u2019 ?\u2018% » * < *\u2022 Nostalgie du futur?Peut-être, mais d\u2019un futur que Tc\u2019happy dit le coyote se garde bien de définir et l\u2019essai demeure bien en deçà de ce titre prometteur.Disons que c\u2019est un bavardage un peu fou, assez gratuit, qui n\u2019engage personne à rien et qui distrait un moment.I % - » > « m \u2022 » Le mieux, pour écrire comme Pierre Léger, c\u2019est d\u2019être Pierre Léger, qui n\u2019écrit plus ou, du moins, ne publie pas.Une histoire de vie et de mort m R.AA.NOSTALGIE DU FUTUR, essai pur Te'happy dit le coyote, sans pagination.Les Editions de la Porte suivante, 1979.C\u2019est dire que le roman est porté par sa vérité singulière et que par là même il implique le lecteur, qui devient le témoin indiscret d\u2019une histoire d\u2019amour peu banale, vécue parallèlement par des personnages qui sont sans cesse et de plus en plus poussés vers la plus haute tension de l\u2019être, là où il devient impossible de vivre.Le jeu narratif est fait de la lutte entre l\u2019instinct de vie et l\u2019instinct de mort, l\u2019amour contenant l\u2019un,et l\u2019autre dans un équilibre d\u2019une extrême fragilité.Le mérite de la romancière consiste, surtout à avoir refusé toute facilité, d\u2019abord en donnant aux deux personnages une telle épaisseur humaine que la bluette devenait improbable, ensuite en explorant tout aussi bien les données de la vie pratique que celles du rêve, pour tisser autour de l\u2019histoire un réseau très complexe de significations qui en appellent d\u2019autres ou y répondent.K.PARUTIOnô ; MONTRÉAL ET SES ENVIRONS, par Michael Drummond, illustrations.89 pages.Éditions Hurtubise HMH.Prix: S12.95.L INTERNATIONALE DES ROIS, par Roger Duhamel.258 pages.Éditions La Presse.THE DANGERS OF NUCLEAR WAR, par Franklyn Griffiths et John C.Polanyi, 196 pages.University of Toronto Press.Prix: $5.95.DICTIONNAIRE MODERNE SÉ\u2018 LECT FRANÇAIS-ANGLAIS \u2014 ANGLAIS-FRANÇAIS, par Gustave Rudler et Norman C.Anderson.502 pages.Presses Sélect Liée.Prix: $8.95.L'HEURE DU TAUREAU, par Ivan Efremov, trad, par Jacqueline La-hana.359 pages.Éditions L'Âge d'Homme.Dominique Blondeau: la lutte entre l\u2019instinct de vie et l\u2019instinct de mort.gré dans le choix du vocabulaire.Il est agaçant d\u2019être continuellement confronté à son ignorance et de devoir consulter le Petit Robert, parfois sans succès, trois fois dans une même page.Et on s\u2019interroge quand on voit la proxi- blance, gênante surtout au début, alors que le personnage masculin vient tout juste de prendre connaissance du manuscrit de la romancière, des deux écritures.Il faut signaler enfin une affectation poussée à un très haut de- mité, dans le roman, de mots rares que le dictionnaire offre à la suite, comme chrysoprase et ch thonien.L'AGONIE D'UNE SALAMANDRE, pur Do-minique Blondeau.220 pages.Editions Libre Expression.Montreal, 1979.Ainsi doit-il en être pour que les personnages et leurs avatars puissent objectivement devenir exces- A /'occdsz'oM /a sorfz'f affs dfgzzx %ozzz)fa%x
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