La presse, 26 novembre 2012, L. Affaires magazine
[" AFFAIRES MAGAZINE DES GENS, DE L'INNOVATION, DES STRATÉGIES HIVER 2012 MONTRÉAL INC.À LA RECHERCHE DE BARACK OBAMA La fabrication d'un président STEPHEN JARISLOWSKY Au-delà du provocateur MARCHÉ DES CONDOS Le marketing 2.0 \f Ensemble Nous livrons de façon responsable 2 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE Solutions de transport durables www.cn.ca \f SOMMAIRE 18 Le déclin manufacturier de Montréal depuis 10 ans laisse présager la disparition prochaine de la shop du patrimoine urbain.Pourtant, comme les églises désertées, des sites industriels abandonnés gagnent du potentiel de réhabilitation.Photoreportage.LES RELIQUES INDUSTRIELLES DE MONTRÉAL NOTRE ÉQUIPE Rédacteur en chef Paul-Émile Lévesque Directrice artistique Geneviève Dinel Conception et réalisation Camille Dussault Yanick Nolet Chefs de division David Boily Jean-Sébastien Gagnon Martin Vallières Journalistes Hélène Baril Maxime Bergeron Alain Bisson Jean-Philippe Décarie Paul Durivage Hugo Fontaine Stéphanie Grammond Rudy Le Cours Isabelle Massé Mathieu Perreault Marc Tison Photographes Hugo-Sébastien Aubert Marco Campanozzi Martin Chamberland Ivanoh Demers Olivier Pontbriand Alain Roberge Patrick Sanfaçon Illustrateurs Julien Chung Kevin Massé Yanick Nolet Collaborateurs Martin Beauséjour Éric Lefrançois Alain McKenna Elsa Vecchi Publicité 514-285-6909 André Desmarais Président du conseil d'administration Guy Crevier Président et éditeur Éric Trottier Vice-président à l'information et éditeur adjoint Mario Girard Directeur de l'information 12 LE SAUVETAGE D'UNE MINE D'OR 28 En octobre 2011, Agnico-Eagle s'est retrouvée avec une riche mine d'or en Abitibi menacée de fermeture en raison de soudains problèmes de sûreté structurelle.Un an plus tard, le récit d'un sauvetage inédit dans le secteur minier québécois.Le plus connu des financiers montréalais a quitté son poste de PDG de la firme de placements qu'il a fondée en 1957, Jarislowsky Fraser.Au cours de sa longue carrière, ce milliardaire parfois controversé a vu le Québec se transformer.Et pas pour le mieux, dit-il.STEPHEN JARISLOWSKY, LE GOUROU DÉSABUSÉ 4 PLANÈTE AFFAIRES Israël s'affranchit de ses voisins pétroliers.26 FINANCES PERSONNELLES Les pénalités hypothécaires: quel labyrinthe! 42 TECHNOLOGIE Portable ou tablette ?Pourquoi pas les deux ?6 DÉCISION Quand la ventilation affecte la prise de décisions.32 IMMOBILIER Condos : à l'heure du branding extrême 44 MODE La cravate : c'est in 46 SORTIR Nouveaux « 5 à 7 » à Montréal 8 POPULAIRES ET RICHES ! Les grands et les beaux gagnent plus.Les plus sociaux, aussi.36 PME Mieux contrôler ses frais d'avocat 48 AUTOMOBILE L'Amérique aime ses berlines.38 PROFIL BOURSIER La bonne médecine de Valeant 10 MARKETING L'image de marque de Barack Obama 40 DESIGN Sculpter la lumière 50 AU BOUT DU COMPTE Le lent déclin de l'Ontario LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 3 \f PLANÈTE AFFAIRES Israël s'affranchit de ses voisins pétroliers TEXTE MATHIEU PERREAULT TURQUIE GRÈCE M ER CHYPRE MÉ DI TER SYRIE IRAK RAN ÉE LIBAN ISRAËL LIBYE ÉGYPTE ARABIE SAOUDITE «M CHYPRE « On peut ma intena nt dire qu'Israël est un pays de gaz et de miel », explique Robin Mills, un économiste de la firme Manaar à Dubaï qui a publié en 2008 le livre The Myth of the Oil Crisis.« Depuis 2000, une société texane, Noble, a découvert des gisements offshore de plus en plus importants.Ça change la donne stratégique.Israël n'est notamment plus l'otage du gaz égyptien.Le printemps dernier, Le Caire a fermé le robinet pour faire pression durant des négociations commerciales, mais Tel-Aviv a pu résister parce qu'il sait que sous peu, il sera autonome.» Les découvertes les plus importantes ont eu lieu depuis 2009.CHAMPS DE GAZ NATUREL oïse a guidé les I s r a él it e s p e n d a n t 40 ans dans le désert pour les amener au seul endroit du Moyen-Orient où il n'y a pas de pétrole.» Cette boutade de Golda Meir, première ministre israélienne de 1969 à 1974, illustre bien les problèmes politiques de la dépendance énergétique d'Israël.Mais les techniques modernes de prospection l'ont rendue caduque : depuis quelques années, d'énormes gisements de gaz naturel en mer Méditerranée ont permis à l' État hébreu d'entrevoir un avenir où il ne dépendra pas de gazoducs régulièrement attaqués pa r ses en nem is, nota m ment au Sinaï.D MER MÉ Leviathan ITE A RR NÉ E LIBAN Beyrouth Fro n co ti è r e n tr m ov ar e r s i ti m ée e Tamar Dalit SYRIE ISRAËL CISJORDANIE JORDANIE Tel-Aviv Mari-B Marine GAZA Ashdod Jérusalem ISRAËL ET LES HYDROCARBURES PÉTROLE Production en 2011 GAZ NATUREL Production en 2010 CONFLITS FRONTALIERS En 2010, Israël a conclu une entente territoriale avec Chypre.Un contrat de partage des revenus des champs gaziers à cheval sur la frontière maritime est en train d'être négocié.Mais avec le Liban et la Syrie, la ligne de démarcation n'est toujours pas fixée.« Pour le moment, ce n'est pas un problème, mais ça pourrait le devenir si des champs sont découverts plus au nord-est, dit Robin Mills.La Turquie, dont les relations avec Israël se sont refroidies dernièrement, pourrait être tentée d'appuyer l'un des deux pays dans ce cas.» Israël a annoncé récemment qu'il renforcerait sa marine de surface avec l'achat de vedettes lancemissiles.Des hauts fonctionnaires israéliens auraient récemment discuté l'achat de vedettes Meko en Allemagne.Importations en 2011 Importations en 2010 à plus de 50 % en provenance des ex-républiques soviétiques entourant la mer Caspienne 40 % provenant de l'Égypte Réserves millions de barils LÉGENDE : bpj = baril par jour, m 3 = mètres cubes Sources : CIA World Factbook, EIA, Thomson Reuters, MBendi Réserves prouvées Réserves potentielles 4 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f .Transport et préparation inclus, taxes en sus Financement et location disponibles 25 205 DE SERIE À l'achat au comptant à partir de 2.5i 2013 $ * Caractéristiques · Traction intégrale symétrique à prise constante Subaru · Moteur BOXER SUBARU à 4 cylindres opposés horizontalement, 2,5 litres, 173 chevaux · Transmission manuelle à 6 rapports (6MT) · Transmission CVT Lineartronic® (boîte à variation continue) pour un rendement énergétique remarquable EN OPTION pensez luxe Meilleur choix sécurité Économie d'essence (l/100 km) CVT Lineartronic® Ville 8,4 / Route 6,0 6MT Ville 9,8 / Route 7,0 MEILLEURE MARQUE GRAND PUBLIC GAMME SUBARU 2012 LEGACY 2012 Indice d'octane recommandé : 87 Données estimatives Association des concessionnaires Subaru du Québec | www.quebec.concessionsubaru.ca * À l'achat au comptant à partir de 25 205 $, taxes en sus pour la Legacy 2.5i 2013 (DA1-BP), à transmission manuelle.Le concessionnaire peut offrir un prix moindre.Cote de consommation d'essence établie par Ressources Naturelle Canada de 6.0L / 100 km (route) pour la Legacy 2013 équipée de la transmission automatique à variation continue et dotée d'un réservoir d'essence d'une capacité de 70 litres.La consommation de carburant réelle variera selon les conditions routières, les habitudes de conduite et la charge du véhicule.Prix valeurs résiduelles 2012 ALG Canada pour la gamme Subaru : première position au classement général, catégorie marque grand public.Subaru nommée Meilleure marque grand public par ALG Canada pour une troisième année consécutive.Mention « Meilleur choix sécurité » pour la Legacy 2012.Une cote « Bonne » constitue la meilleure cote possible à l'essai de résistance de toit (test de capotage) ainsi que dans les essais de collision frontale déportée à 40 mi/h (65 km/h), de collision latérale à 31 mi/h (50 km/h) et de collision arrière à 20 mi/h (32 km/h) réalisés par l'Institut des assureurs américains (IIHS) (www.iihs.org).Un véhicule doit avoir obtenu la cote « Bonne » aux quatre essais de collision et doit offrir un programme de stabilité électronique (ESC) (Contrôle de la dynamique du véhicule) pour mériter la distinction « Meilleur choix sécurité ».Subaru est le seul constructeur à recevoir une mention « Meilleur choix sécurité » de l'IIHS pour tous ses modèles, et ce, pour une troisième année consécutive.Pour plus d'information sur cette (ces) offre(s), voyez votre concessionnaire Subaru participant.Les spécifications techniques sont sujettes à changement sans préavis.Photo(s) à titre indicatif seulement.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 5 JAPONAIS ET PLUS ENCORE ! \f VIE DE BUREAU Donnez-moi de l'oxygène! Les bureaux mal ventilés nuisent aux décisions, selon une nouvelle étude.Le coupable est le CO2, qu'on pensait inoffensif.Le point sur quelques facteurs qui influencent la prise de décisions.TEXTE MATHIEU PERREAULT C oup de théâtre dans le domaine de la ventilation.Un gaz produit par la respiration humaine, qu'on croyait inoffensif, se révèle délétère pour la prise de décisions.L e dioxyde de ca rbone (CO2) a des effets modérément néfastes à des concentrations équivalentes à ce que l'on trouve actuellement dans les immeubles nord-américains.Et il rend carrément dysfonctionnel, pour la prise d'initiative et les décisions stratégiques, à des niveaux élevés ma is cou ra m ment observés dans les immeubles mal ventilés.«On savait que des concent ration s modérées à éle vées de CO 2 augmentaient l'absentéisme, la fatigue et les maux de tête, mais on pensait que c'était à cause d'autres polluants», explique William Fisk, spécialiste de l'air intérieur au Laboratoire national Lawrence Berkeley, en Californie, qui publie la nouvelle étude dans la revue Environmental Health Perspectives.L e c herc heu r gouvernemental a fait passer neuf tests de décisions à 22 cobayes, à trois niveaux de CO2 (600, 1000 et 2500 ppm).Les normes de la Société américaine des ingénieurs en chauffage, réfrigération et climatisation (ASHRE) prévoient que la concentration de CO2 ne doit pas dépasser 1000 à 1200 ppm dans les immeubles.Selon Marc-André Baulne, président de Baulne, une 6 IMPACT DU CO2 SUR LA PRISE DE DÉCISION CAPACITÉ SUPÉRIEURE 600 ppm CO2 1000 ppm CO2 2500 ppm CO2 LES DÉCISIONS ET.Les négociateurs en Bourse qui ont des taux élevés de testostérone prennent des décisions plus risquées et ont des profits plus élevés, affirmait l'été dernier une étude londonienne.Une autre étude britannique a affirmé l'hiver dernier que plus les hommes ont de testostérone, moins ils collaborent bien avec leurs collègues.LA TESTOSTÉRONE 95 percentile e TRÈS BONNE 75e percentile MOYENNE 50e percentile MOINS BONNE 25e percentile DYSFONCTIONNELLE D é i cis o e nd D ba se n p ap l iq ué e c t en G ra tio n d t es âc he s In i ti at i ve f m or at io ns f m or at io ns ns d'e em bl e ra St té gi e éc o isi n Co es n tio Source : LBL G es tio nd U e n si til is a tio nd e n si e Vu «Quand il fait chaud dans une salle pleine de monde, le taux de CO2 est au plus élevé.» entreprise spécialisée dans le contrôle de la mécanique du bâtiment, les immeubles de classe A à Montréal ont des capteurs de CO2 permettant de maintenir un niveau sous les 700 ppm, soit bien en deça des normes AHSRE.Pour les immeubles de classe B et C, un bon indicateur est la difficulté de rafraîchir les salles de réunion bondées : « Quand il fait chaud dans une salle pleine de monde, le taux de CO2 est au plus élevé », dit M.Baulne.U ne é t ude a m é r ic a i ne de 2 0 0 8 montre que 5 % des immeubles de bureaux nord-américains dépassent régulièrement 10 0 0 ppm.Les salles de réunion de ces immeubles ont toutefois des concentrations plus élevées, selon William Fisk.Les petits et moyens édifices commerciaux obtiennent de moins bons résultats, 5 % dépassant généra lement 2 0 0 0 ppm , selon une autre étude, californienne, parue cette année.Les écoles sont les pires : le CO2 y dépasse 2000 ppm au moins deux heures par jour, en moyenne, selon un rapport californien de 2003.Les gens qui ne dorment pas assez ont tendance à être trop optimistes quand ils prennent des décisions risquées, selon une étude publiée en 2011 par des psychologues de l'Université Duke.Une autre étude, de l'Université Harvard, montrait en 2011 que la prise de décisions complexes est facilitée par une période de sommeil, probablement grâce au travail du subconscient.En d'autres mots, mieux vaut prendre une décision à tête reposée.LE SOMMEIL Il est possible de compenser les effets d'une consommation modérée d'alcool (alcoolémie de 0,05) sur la prise d'une décision simple, selon une étude américaine de 2010.Il faut pour ce faire prendre un peu plus de temps pour agir.Mais à 0,10, rien à faire.L'ALCOOL LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 7 \f DÉCRYPTAGE Populaires, donc plus riches! On savait que les grands et les beaux gagnent plus d'argent.Mais la popularité à l'adolescence compte aussi.TEXTE MATHIEU PERREAULT A voir trois amis de plus que la moyen ne au secondaire équivaut à u ne a n née supplémentaire de scolarité, pour ce qui est des revenus, 35 ans plus tard.Cela correspond à une différence de salaire de 6 %, un peu plus de 4000 $ pour la famille médiane au Canada.C 'est du moins ce que viennent de démontrer des é conom iste s a mér ic a i n s , dans une étude publiée par le Bureau national de recherche économique, qui portait sur 4000 hommes du Wisconsin suivis depuis les années 50.L e s aute u r s ont pr i s e n compte une foule de facteur, dont la scolarité et le revenu des parents.Détail important, le nombre d'amis qu'une personne déclarait à l'adolescence n'influençait pas le revenu futur ; ce qui était important, c'était le nombre de personnes qui déclaraient que le sujet suivi était leur ami.En d'autres mots, la vraie mesure de la popularité à l'adolescence est le nombre de déclarations d'amitié, pas le nombre d'amis qu'on pense avoir.La différence la plus marquée se retrouvait chez les gens qui avaient quitté le Wisconsin pour aller vivre ailleurs aux États-Unis.Cela pousse les économistes de l'étude à avancer que la popularité au secondaire améliore le « capital social », gage de succès dans une carrière.GRANDS ET RICHES HOMMES FEMMES 70 835$ 52 704$ 42 425$ 32 613$ 15e percentile de taille 85e percentile de taille LÉGENDE : Revenus moyens d'une cohorte représentative composée de 5500 Américains dans la quarantaine, en 2000.Source : Journal of Applied Psychology, 2004 LES MÉTIERS OÙ LA TAILLE RAPPORTE VENDEURS GESTIONNAIRES COLS BLEUS SERVICES PROFESSIONNELS ET TECHNICIENS COLS BLANCS OUVRIERS LÉGENDE : Par ordre décroissant, les secteurs d'activité où être grand améliore le plus les revenus SOURCE : Journal of Applied Psychology, 2004 8 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f OBÈSES ET MOINS RICHES NIVEAU D'ÉDUCATION: ÉTUDES SUPÉRIEURES Sous-poids Normal Surpoids Obésité L'ÉVOLUTION Pour ce qui est de la grandeur, une cause évidente existe pour expliquer les revenus plus élevés, du point de vue des psychologues évolutionnistes : dans le règne animal, les mâles évaluent leurs chances de succès face à un rival sur la base des caractéristiques physiques, en premier lieu la taille.Cela pourrait avoir été transmis au monde du travail d'aujourd'hui.44 300$ 42 500$ 44 300$ LE REVENU ET.LA TAILLE 29 500$ LÉGENDE : L'obésité ne diminue les revenus que chez les femmes instruites, selon plusieurs études.L'impact est négligeable chez les hommes.Ici, des résultats en Finlande, mesurés en marks finlandais en 1994 et actualisés en dollars canadiens de 2012.Source : American Journal of Public Health, 2004, Oanda, Banque du Canada Le tiers des PDG américains font plus de six pieds deux, ce qui est le cas de seulement 3,9 % des Américains, écrit le journaliste Malcolm Gladwell dans son livre Blink.+6'2\" LE REVENU ET.Les revenus plus élevés des grands sont probablement dus à leur plus grande confiance en soi, avançait en 2004 une grande étude publiée dans le Journal of Applied Psychology.Le lien est particulièrement présent dans les professions où « l'estime sociale » est importante.Par exemple, dans les ventes et la gestion, la capacité de « persuader et de bien mener des négociations » est cruciale, écrivent les auteurs, les économistes Timothy Judge de l'Université de Floride et Daniel Cable de l'Université de Caroline-du-Nord.Pour vérifier leur hypothèse, ils ont évalué 45 études indépendantes et fait eux-mêmes des analyses avec quatre grands échantillons différents.Une autre preuve est un contre-exemple : le « complexe de Napoléon ».En 1985, une étude avait montré que les petits policiers ont un comportement plus agressif que leurs collègues, ce qui serait moins susceptible de leur attirer la sympathie d'autrui.L'ASSURANCE DES GRANDS LA BEAUTÉ 5% 3% Un bel homme ou une belle femme gagne 5 % de plus que la moyenne, ont calculé deux économistes américains, Daniel Hamennesh et Jeff Biddle, dans une étude qui a fait école, publiée en 1994.Les laids sont désavantagés : ils gagnent environ 3 % de moins que la moyenne.Les spécialistes se demandent depuis s'il s'agit d'un symptôme de confiance en soi ou d'une valeur conférée par les patrons des beaux et des laids.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 9 \f MARKETING-PUBLICITÉ L'image de marque de «Barack» Barack Obama est un leader politique à l'image de marque claire et assumée.Depuis six ans, le dirigeant des États-Unis applique à la lettre les slogans de ses campagnes présidentielles, pour séduire les Américains : « Change » et « Forward ».TEXTE ISABELLE MASSÉ E n se fa isa nt rééli re le 6 novembre dernier, Obama s'est assuré de conserver son poste de président jusqu'en 2016, mais aussi de garder bien vivante la marque « Barack ».Celle d'un président, qui a certes déçu une partie de l'électorat américain au cours des quatre dernières années, mais qui s'est appliqué à bien se servir des médias traditionnels et des réseaux sociaux.Et ce, pour faire valoir ses qualités présumées de bon dirigeant des États-Unis, mais aussi de bon père de famille, bon mari, d'homme sportif, drôle et accessible.Depuis 2006, alors en tant que sénateur de l'Illinois, il multiplie les visites sur les plateaux des talk-shows d'Ellen DeGeneres ou de Jimmy Fallon.Pour s'entretenir avec les animateurs.après avoir danse, boxé et chanté à leurs côtés devant un public réceptif et enjoué ! Mais surtout, fort d'une équipe de conseillers jeunes et branchés technologiquement, il s'est positionné sur Facebook et Twitter avant bien d'autres électeurs et aspirants présidents.« Comme Obama incarnait le changement, il est allé sur Facebook, alors que c'était nouveau, rappelle Jacques Labelle, président de l'agence de pub Saint-Jacques Vallée Y & R Bra nds.I l a pris des moyens inattendus.» À l'ère de la multiplication des médias, Obama semble viser dans le mille, chaque fois qu'on le voit danser le Gangnam Style devant des photographes, pour attirer l'attention des jeunes et des femmes ! « Les politiciens ont besoin d'une image de marque, estime Jacques Labelle.Les clips dans les bulletins d'information sont passés de 60 à 3 secondes ! Nous sommes bombardés d'information et notre attention est à la baisse.Une image de marque est donc une façon de raccourcir l'effort.Pourquoi Kruger veut-elle qu'on se souvienne de son produit Sponge Towels ?C'est que l'entreprise ne veut pas que le consommateur ait à lire les emballages en magasin.Les politiciens l'ont compris.Cela dit, une image ne se construit pas en quelques mois et elle doit être en accord avec la personnalité du dirigeant.» Obama n'est pas le premier Américain à développer sa marque.Au début des années 90, Bill Clinton ne se gênait pas pour jouer du saxophone sur le plateau du talk-show d'Arsenio Hall, lunettes fumées au bout de son nez ! « Ça vient de John F.Kennedy qui se faisait photographier avec sa famille, explique Jean-Jacques Stréliski, professeur associé, chercheur à HEC Montréal et ancien publicitaire.Son conseiller, Pierre Salinger, a poussé la notion de l'American Way of Life qui était très porteuse.Salinger a organisé tout le romantisme de Kennedy.Chez les démocrates, c'est très installé.Si Clinton n'avait pas joué le jeu, on ne lui aurait peutêtre pas pardonné l'affaire Monica Lewinsky.» «Il y a une iconographie autour des Kennedy, ajoute Jacques Labelle.Une présence dans les médias autrement que celle d'un président assis à son bureau.L'aspect familial servait bien Kennedy.» Obama sera-t-il aussi accessible penda nt son se cond et dernier mandat ?« Oui, répond Jean-Jacques Stréliski.Il y a quand même de grands enjeux pour lui.Il va encore être en mode électoral, sachant qu'il n'a pas la majorité à la Chambre des représentants.Il devra être visible.Souvent, en deuxième mandat, les présidents sont plus sages et conc i l ia nts .I l y au ra moi ns de talk-shows, mais tout dépend de ce qui arrivera sur le plan politique.Lorsqu'il y a une crise économique, les politiciens préfèrent ce genre de tribune.Car ce n'est pas la même tactique d'entrevue.» 10 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f « Depuis 2006, alors en tant que sénateur de l'Illinois, il multiplie les visites sur les plateaux des talk-shows d'Ellen DeGeneres ou de Jimmy Fallon.» LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 11 \f DOSSIER SAUVER LA MISE après avoir perdu un million d'onces d'or AGNICO-EAGLE \f D La salle des marteaux de Goldex, à l'arrêt en attendant la reprise des travaux.En octobre 2011, d'inquiétants signes d'instabilité du sol forcent Agnico-Eagle à fermer sa mine Goldex, à Val-d'Or, pourtant en activité depuis à peine trois ans.La société minière doit mettre une croix sur un million d'onces d'or.Un an plus tard, Agnico-Eagle est en voie de sauver au moins une partie de sa mise et d'éviter la condamnation de la mine.Récit d'un obstacle majeur et d'un changement de cap obligé.TEXTE HUGO FONTAINE PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND VAL-D'OR Quelque 760 mètres sous terre, deux grands marteaux articulés sont inactifs, leur bras armé sagement rangé sur socle.Personne n'occupe les deux sièges installés dans la bulle vitrée de la cabine de contrôle qui surplombe la salle des marteaux.Bienvenue dans les entrailles de la très moderne mine G oldex.qui ne produit plus rien depuis plus d'un an.Habituellement, des cha rgeuses déversent le minerai dans les tamis de l'énorme cavité souterraine qu'est la salle des marteaux, et ceux-ci s'agitent pour casser les morceaux de roche qui sont trop gros.Mais la chorégraphie des machines a cessé le 19 octobre 2011, quand Agnico-Eagle a été forcée d'arrêter la production à Goldex qui, parmi ses trois mines d'or abitibiennes, était celle qui produisait le plus.Un bloc rocheux de 400 mètres d'épaisseur montrait d'inquiétants signes d'instabilité.Un an plus tard, la société a fait contre mauvaise fortune bon coeur et prépare une relance de la mine, même si les paramètres financiers sont nettement moins intéressants qu'avant.v LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 13 \f UNE JEUNE HISTOIRE MOUVEMENTÉE AOÛT 2008 Entrée en production de Goldex MARS 2010 Agnico-Eagle procède à un sautage majeur de million de tonnes de roches, qui pourrait être la cause de l'écoulement d'eau et de l'instabilité du sol.19 OCTOBRE 2011 1,8 Suspension des activités minières à la mine Goldex et radiation de 253 27 JUILLET 2012 JANVIER 2014 millions US au bilan d'Agnico-Eagle.Agnico-Eagle annonce la relance de la mine Goldex.Redémarrage prévu de la production dans les zones M et E.Après 40 ans d'exploration par diverses sociétés, Agnico-Eagle réussit en 2008 à lancer une production rentable à Goldex, pour un investissement initial de 175 millions.Les faibles teneurs (moins de deux grammes d'or par tonne de minerai) expliquent pourquoi il a fallu tant de temps pour trouver une méthode de minage avec un tonnage quotidien assez élevé (8000 tonnes) et un coût par once assez faible (335 $US en 2010) pour exploiter la zone minéralisée.La rentabilité est possible parce qu'AgnicoEagle n'a pas besoin de remblayer les chantiers souterrains, qu'elle peut laisser vides.Située à deux pas de Val-d'Or un dôme recouvre la réserve de minerai pour que le vent ne transporte pas les poussières en ville Goldex produit un sommet de 184 000 onces d'or en 2010.En mars 2010, la société procède à un sautage majeur de 1,8 million de tonnes de roches, d'une durée de 22 secondes.Après ce sautage, cause vraisemblable des problèmes de Goldex, l'eau commence à s'écouler dans la mine, et Agnico-Eagle découvre des fissures qui courent dans le roc entre le haut du gisement et la surface.Les écoulements d'eau ont asséché la surface sur le terrain de la mine et dans les environs, causant des tassements et des mouvements de sol.Agnico-Eagle doit même racheter des résidences voisines endommagées par l'instabilité du sol.Pendant un an et demi, la société tente de rétablir la situation en colmatant les brèches avec du ciment ou en injectant de l'eau à certains endroits pour humidifier le sol trop sec.Mais en octobre 2011, un rapport d'expert informe Agnico-Eagle que la roche est clairement instable au-dessus de la zone exploitée, appelée GEZ.L'affaiblissement et le mouvement du roc représentent désormais un danger pour la sécurité des employés et des infrastructures.Le 19 octobre 2011, Agnico-Eagle suspend indéfiniment les activités.La société perd un million d'onces qui se trouvent dans la zone GEZ, désormais inexploitable, et radie 254 millions US de son bilan.En une journée, l'action perd 18 % à la Bourse de Toronto.Quelques mois plus tard, un recours collectif est déposé au Québec et en Ontario contre Agnico-Eagle et ses dirigeants, à qui on reproche de ne pas avoir correctement informé les investisseurs de la situation problématique de Goldex entre mars 2010 et octobre 2011.Le recours est en attente d'autorisation des tribunaux.Ne pas abandonner Agnico-Eagle n'abandonne pas G oldex pou r auta nt.Auc u n des 2 35 employés n'est m is à pied .Environ une centaine d'entre eux sont mutés dans d'autres mines de la société, tandis que 150 restent à pied d'oeuvre à Goldex pour suivre 14 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f D À la surface, un dôme recouvre la réserve de minerai de Goldex, à deux pas de Val-d'Or.Sous terre, une foreuse à flèches permet de prolonger les galeries de la mine.et contenir les problèmes de sol, mais aussi tenter de trouver une façon de relancer la mine.« Tous les efforts ont été mis sur l'étude économique des gisements appelés M et E », relate le directeur général de Goldex, Daniel Paré, au cours d'une visite de La Presse Affaires Magazine à la mine, un an presque jour pour jour après la suspension des activités.Ces deux petits gisements satellites (M et E) ne seraient sans doute pas rentables sans toute l'infrastructure qui avait été mise en place pour GEZ.Mais leur présence permet d'espérer une relance relativement rapide.Au mois de juillet, la société a confirmé qu'elle allait de l'avant et a investi 100 millions supplémentaires.Mais les paramètres de l'opération changent complètement.Les zones E et M contiennent seulement 300 000 onces d'or.C'est loin de remplacer les onces perdues dans GEZ.Goldex pourra produire pendant quatre ans à un coût de 863$US l'once, soit 2,5 fois plus qu'avant.Au moins, AgnicoEagle pourra mettre à profit les jeunes installations de Goldex.v «Tous les efforts ont été mis sur l'étude économique des gisements satellites.» - Daniel Paré, directeur général de Goldex més Un mini-MBA pour des gestionnaires confirmés Assimilez l'apprentissage d'un MBA dans un format concis et dynamique Échangez avec un groupe de pairs exceptionnels d'une variété d'industries Actualisez l'ensemble de vos pratiques de gestion avancée Débute le 25 janvier 2012 T 514 398 3970 or 1 888 419 0707 | E executive@mcgill.ca | W executive.mcgill.ca Visitez le http://executive.mcgill.ca/fr/seminaires/cours-de-gestion-avancee *Programme offert en anglais.\f «Quand nous avons appris la relance, en juillet, c'était toute une bonne nouvelle avant les vacances!» - Richard Rehel, formateur à Goldex L'entreprise utilisera une nouvelle méthode de minage pour les zones E et M, explique Daniel Paré.Chaque bloc exploité sera remblayé avec un mélange de résidus miniers et de ciment.« Cette méthode n'était pas possible pour la zone GEZ à cause des coûts plus élevés et des prix de l'or plus bas au moment de la construction de Goldex », précise M.Paré.Cette méthode, plus chère, assure toutefois une meilleure stabilité du sol.Alimenter l'espoir Au moment de notre visite sous terre, les travailleurs s'activent même si la production est suspendue.Ils mettent en place les nouvelles galeries dans les zones E et M.Les foreuses à flèches, des machines armées de deux mèches horizontales, percent des trous dans le roc, où seront disposés des explosifs.Chaque bloc de quatre mètres est ainsi foré, sauté, et la roche est recueillie.« Il y a 10 kilomètres de galeries à creuser à coups de 4 mètres », souligne Daniel Paré.La taille des tunnels est impressionnante : environ 4,5 mètres de diamètre.Les camions de 26 tonnes et d'autres équipements lourds y passent sans problème grâce à de bons conducteurs, il est vrai.Les camions ne sortent jamais de la mine.Ils y ont été acheminés par le puits en pièces détachées et sont entretenus dans un spacieux garage souterrain.Agnico-Eagle n'en a pour l'instant que pour quatre ans d'exploitation U Les vêtements des mineurs sont suspendus pour le séchage.Sous terre, une galerie contemporaine rejoint un tunnel d'exploration deux fois moins large et haut, vestige de l'exploration sur rail au début des années 90.16 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE avec les zones M et E.Cela pourrait être suffisant pour alimenter les espoirs.Sept foreuses au diamant sont à l'oeuvre dans les profondeurs de la mine, pour découvrir d'autres zones rentables à exploiter.Il y a notamment une zone très prometteuse située 150 mètres sous la zone problématique GEZ, toujours non exploitable.Quand les foreuses au diamant sont en action, « ça signifie que la mine est en vie », lance Daniel Paré.L'exploitation des zones M et E permettra au moins à Goldex de retrouver son niveau d'environ 250 employés et de reprendre la production commerciale au début de 2014.En toute sécurité, assure le directeur général adjoint de la mine, Marc Moffet.« Il y a eu des études de consultants, des analyses indépendantes, un processus très rigoureux.» C'est Richard Rehel, formateur à Goldex, qui nous conduit dans les dédales obscurs de la mine qu'il connaît comme le fond de sa poche.C'est un fier employé d'Agnico-Eagle, et de Goldex particulièrement.Il se souvient du choc quand les employés ont appris la fermeture en octobre 2011, même si tout le monde était au courant des problèmes d'infiltration d'eau.Il est allé travailler à La Ronde avant de revenir à Goldex.« Quand nous avons appris la relance, en juillet, c'était toute une bonne nouvelle avant les vacances », lance-t-il, heureux de voir la mine reprendre le chemin de la production.\f PROMOTION FORMATION ET COACHING EN ENTREPRISE SE SYNCHRONISER POUR MIEUX COMMUNIQUER « Née dans les années 70 en Californie, la programmation neurolinguistique (PNL) propose aujourd'hui aux entreprises des outils permettant de mieux communiquer et de susciter dans leurs rangs une meilleure cohésion, en particulier dans un contexte de crise et de changement.La PNL est un ensemble de modèles liés à l'observation attentive de comportements d'excellence, explique Guillaume Leroutier, directeur depuis deux ans du Centre québécois de programmation neurolinguistique (CQPNL), la première école francophone du genre en Amérique du Nord.Ses sources de bases sont la synchronisation du formateur à son interlocuteur, de manière à l'aider à mobiliser les ressources créativité, concentration, énergie, etc. qu'il a en lui-même et qui lui permettront de réaliser ses objectifs.» Fondé à Montréal en 1985, le CQPNL a formé jusqu'à maintenant plus de 10 000 personnes issues aussi bien de grandes organisations que de petites et moyennes entreprises.« Les organisations qui font appel à nos services cherchent en général à optimiser la cohésion de leurs équipes autour de leur vision, de leur mission et de leurs valeurs, précise Guillaume Leroutier.Ces interventions sont souvent réalisées en phase de crise et de changement, au moment où les équipes sont mises à rude épreuve et où, précisé- linguistique, le CQPNL entend ment, leur cohésion est en jeu.Or on désormais déployer de plus en plus son remarque que les équipes qui pren- expertise à l'échelle internationale.nent le temps de savoir ce qu'elles font, Déjà, elle offre des formations en comment elles le font, quels sont leurs France et au Maroc.objectifs, leurs valeurs et les balises dans QU'EST-CE QUE LA PNL ?lesquelles elles évo- À la fois un art, un ensemble d'outils et une philosophie luent communiquent de vie, la programmation neurolinguistique a pour objet mieux et font preuve la modélisation de l'excellence humaine.S'intéressant d'une plus grande avant tout au « comment ça marche » plutôt qu'au maturité émotionnelle « pourquoi ça ne marche pas », elle a développé dans leurs comporte- des modèles simples et concrets pour décoder les ments.» compétences exceptionnelles de personnes reconnues pour leur savoir-être et savoir-faire (pédagogues, Les formations du coachs, entrepreneurs, gestionnaires, négociateurs, CQPNL sont axées à artistes, sportifs, etc.) et les rendre accessibles au plus la fois sur le coaching grand nombre.individuel et le travail en équipe.Elles sont L'appellation programmation neurolinguistique repose encadrées par une sur les trois plus importantes composantes qui strucéquipe de 17 forma- turent l'expérience humaine : le langage, la neurologie teurs expérimentés et la programmation.ayant eux-mêmes réalisé une formation longue (plus de 1 000 heures), complète et rigoureuse.www.centrepnl.com info@centrepnl.com Misant sur sa réputation de leader 4848 rue Papineau, Montréal, mondial en programmation neuroH2H 1V6 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 17 \f DOSSIER C'ÉTAIT MONTRÉAL INC.TEXTE HÉLÈNE BARIL Le bruit des machines s'est tu depuis longtemps, mais ce qui reste de leurs murs témoigne encore du glorieux passé industriel de Montréal.Ces usines, qui ont servi à bâtir des fortunes considérables, ont aussi attiré comme des aimants des milliers d'hommes et de femmes désireux d'améliorer leur sort.Difficile, à voir ce qu'il en reste aujourd'hui, de croire que ces carcasses représentaient l'avenir des Montréalais.18 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f En 1928, le port de Montréal est le premier port d'exportation de céréales du monde.Sa position stratégique au croisement des voies fluviale et ferroviaire et l'augmentation de la production de grains dans l'Ouest permet une expansion rapide.Après un ralentissement provoqué par la Seconde Guerre mondiale, le transport du grain vers les l'Europe connaît une autre poussée qui durera plusieurs décennies.Mais peu à peu, les céréales canadiennes prennent la direction de l'Asie et Vancouver détrône Montréal comme plaque tournante de l'exportation du grain.Le silo numéro 5 est le seul témoin de cette époque.Désaffectées depuis 1996, les installations sont en quête d'une nouvelle vocation.Silo N 5 o 1 2 3 1 4 5 PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE \f PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Raffinerie Shell 2 Encore un peu de temps et ces cheminées disparaîtront du paysage montréalais.Shell a commencé récemment la démolition de sa raffinerie de Montréal-Est, après avoir mis fin à ses activités en novembre 2010.Montréal a déjà été le centre pétrochimique majeur de l'est du Canada, avec six raffineries de pétrole en activité.BP, Esso, Gulf et Texaco ont fermé leurs portes au début des années 80.Avec la fermeture de Shell après 75 ans de raffinage, il ne reste plus qu'une raffinerie à Montréal, celle de Petro-Canada (Suncor).20 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f Derrière ces fenêtres grises, des centaines d'ouvrières se sont penchées sur leur machine à coudre dans ce qui était connu comme le quartier de la guenille de Montréal.À la fin du XIXe siècle, seule l'industrie de la forêt emploie plus de travailleurs que l'industrie textile au Québec et Montréal compte une importante concentration d'usines de tissus et de vêtement.Malmenée par l'ouverture des marchés et la concurrence des pays asiatiques, l'industrie combat vaillamment, retranchée dans ses quartiers de la rue Chabanel.Les manufacturiers sont les premiers à baisser les bras, mais concepteurs et designers tentent encore tant bien que mal de maintenir en vie la Cité de la mode.Rue Chabanel 3 PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE \f 22 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Un château d'eau et une cheminée, c'est tout ce qui reste de la distillerie de Seagrams qui a déjà fait travailler plus de 2000 personnes dans ce qui était alors Ville LaSalle.L'usine a fermé ses portes en 2003, après avoir embouteillé des millions de litres de whisky Crown Royal et de rhum Captain Morgan pendant ses 70 années d'activité.Trois ans plus tôt, Seagrams avait été acquise par les multinationales Diageo et PernodRicard.À la fermeture, l'usine ne comptait plus que 200 employés.Seagrams 4 \f LA SHOP MONTRÉALAISE : BIENTÔT UNE RELIQUE ?TEXTE JEAN-PHILIPPE DÉCARIE L a question se pose.L'accélération du déclin manufacturier de Montréal observée depuis le début des années 2000 présage-t-elle la disparition prochaine de la shop du patrimoine urbain montréalais?Comme les églises désertées de la métropole, les usines qui faisaient travailler au siècle dernier les résidants de quartiers entiers sont transformées en projets résidentiels ou survivent comme des reliques décrépites d'un âge industriel révolu.Les appartements de la Biscuiterie Viau, les condos Lowney sur ville ou l'Imperial Loft sont autant de projets immobiliers novateurs qui ont vu le jour récemment et qui ont permis à quantité de gens de revenir vivre à Montréal, à proximité du centre-ville.Ces recyclages de la biscuiterie d'Hochelaga, du fabricant de friandises de Griffintown ou du cigarettier de SaintHenri viennent aussi, plus tristement, confirmer la mort d'une activité industrielle qui était importante pour l'économie montréalaise pendant tout le du siècle dernier et jusqu'à tout récemment encore.La société évolue.Le temps, le goût et les habitudes changent aussi.La biscuiterie Viau a été achetée par Dare en 2001 qui l'a aussitôt fermée.Le virage santé a réduit la consommation de produits sucrés et a fait du tabac l'ennemi public numéro un.Mais l'évolution des goûts et besoins des consommateurs ne peut expliquer à elle seule le déclin industriel que la LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE métropole a essuyé depuis les 12 dernières années.Par exemple, 5941 entreprises manufacturières employant 154 000 personnes étaient actives à Montréal en 2000.L'an dernier, on ne recensait plus que 3664 shops qui ne donnaient plus de travail qu'à 93 100 personnes sur le territoire montréalais.En 12 ans, Montréal a donc enregistré une chute de 38% du nombre de ses usines et de 40% de celui de ses travailleurs spécialisés.L'ensemble du secteur manufacturier québécois qui représentait 23,6% du PIB en 2000 ne représente plus aujourd'hui que 16,3 % de l'économie québécoise.Cette chute de 30 % de la contribution du secteur manufacturier au PIB totalise un manque à gagner annuel de 10 milliards.Ce qui n'est pas rien et ce qui explique aussi pourquoi la balance com mercia le du Québec est passée d'excédentaire à déficitaire.On connaît les raisons de cet inquiétant désinvestissement.Fouettée par un dollar canadien totalement déprimé, l'activité manufacturière québécoise avait enregistré une forte progression durant les années 90 et a dû soudainement faire face à deux inconnues de taille.L'entrée en scène spectaculaire de la Chine comme nouvel acteur commercial international au début des années 2000 et la flambée du dollar canadien - qui est passé d'un creux de 62 cents US dans les années 90 à la parité en 2007 - ont littéralement scié les jambes de nombreuses entreprises manufacturières québécoises, déclassées et incapables de livrer concurrence.La crise financière et la récession de 2008-2009 ont enfoncé les derniers clous du cercueil manufacturier alors que les deux principaux marchés de nos entreprises les États-Unis et l'Europe se sont complètement effondrés et peinent depuis à se remettre sur pied.Ce n'est pas la première transformation qui frappe le secteur manufacturier québécois.L'activité industrielle est née en 1850 sur les bords du canal de Lachine avec l'i mpla ntation d'industries lou rdes liées aux chemins de fer, et elle s'est déplacée dans une deuxième vague vers Hochelaga, où se sont implantées les entreprises de transformation alimentaire et les usines de chaussures.La troisième vague a vu l'apparition de vastes usines textiles dans le nord de Montréal et, depuis la fin des années 80, c'est le secteur de l'aéronautique qui a pris le relais comme activité industrielle significative.Mis à part l'aéronautique, force est de constater qu'il ne reste plus grandchose des activités industrielles du siècle dernier à Montréal.L'industrie lourde, la chaussure, le textile ont disparu.Montréal a besoin rapidement d'une nouvelle vague.C'est ça ou le reliquat.24 \f Entourée de condos tout neufs, la Canada Malting se désintègre dans l'indifférence générale.Construite en 1905 sur les rives du canal de Lachine, l'usine a des silos uniques en blocs de terre cuite, un matériau que le béton a remplacé.La Canada Malting transformait l'orge en malt pour approvisionner les brasseries de Montréal.Après la guerre, elle était la plus importante malterie canadienne.Désaffectées depuis 1985, les installations ont échappé à la démolition en raison de leur valeur patrimoniale.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Canada Malting 5 \f STÉPHANIE GRAMMOND FINANCES PERSONNELLES Pour joindre notre journaliste : sgrammond@lapresse.ca I L LU S T R AT I O N J U L I E N C H U N G , L A P R E S S E Les pénalités hypothécaires : In-com-pré-hen-si-bles ! Les pénalités hypothécaires sont l'un des pires problèmes du monde bancaire.Pour casser leur hypothèque, les propriétaires doivent souvent payer des dizaines de milliers de dollars à la banque.Tout cela à cause d'une clause incompréhensible enfouie dans un contrat hypothécaire de 60 pages ! Le ménage fait par Ottawa suffira-t-il à mettre de l'ordre dans cette paperasse ?A vez-vous lu votre acte de prêt hy pothécaire en entier avant de le signer ?Allons, ne soyez pas gêné de répondre par la négative.Les contrats s'étendent maintenant sur des dizaines de pages et ils sont rédigés dans un jargon indigeste.Même les notaires y perdent leur latin ! « Quand j'ai commencé à travailler, il y a 30 ans, les contrats d'hypothèque variaient entre 3 et 9 pages.Aujourd'hui, j'en ai qui font jusqu'à 60 pages, avec des définitions qui n'ont ni queue ni tête.C'est d'une lourdeur inouïe », déplore MarcAndré Théorêt, notaire à Laval.« L a clause de rembou rsement pa r anticipation est hyperdifficile à comprendre », ajoute Me Théorêt.Pourtant, il s'agit d'une information cruciale, car c'est ce qui détermine la pénalité qu'il faudra payer si on doit se libérer de son hypothèque avant l'échéance.Généralement, la pénalité équivaut à trois mois d'intérêts ou au « différentiel des taux d'intérêt », selon la formule qui donne la pénalité la plus élevée.Avec la chute des taux d'intérêt, c'est souvent le différentiel qui s'applique.Ave c c e t t e fo r mu le , le s cl ients doivent verser u ne pénalité qui correspond à la différence entre l'ancien et le nouveau taux.Par exemple, si l'hypothèque a été conclue à 6 % et que le taux actuel a fondu à 4 %, il faudra payer 2 % d'intérêts sur le solde du prêt.En théorie, la formule du différentiel de tau x permet de compenser la banque pour son manque à gagner.Après tout, la banque ne recevra pas les intérêts prévus puisque le client déchire son contrat en cours de route.M a i s d a n s l a pr a t iq u e , la pénalité dépasse souvent 200 % de la perte financière subie par le prêteur, dénonce la Fédération des chambres i m m o bi l i è r e s d u Q u é b e c (FCIQ).La Fédération a répertorié une dizaine de tours de passe-passe qui provoquent des surpénalités.Par exemple, les banques jouent avec les taux pour élargir l'écart dans la formule du différentiel, ce qui peut gonfler la pénalité de plusieurs milliers de dollars.Jugez-en vous-même : pour rembourser une hypothèque de près de 350 000 $, deux ans et demi à l'avance, un propriétaire pourrait devoir payer une pénalité de 34 000$, selon la Fédération.Le hic, c'est que les clients ne sont pas en mesure de calculer, ou même d'évaluer, l'ampleur des pénalités qui les guettent en lisant leur contrat.« Il faut faire tout un exercice mental pour comprendre comment sera calculée la pénalité ! », écrit la juge Marie-Christine Laberge, dans une décision rendue en août dernier contre deux banques qui ont imposé des pénalités abusives à leurs clients.La clause de résiliation est « incompréhensible », indique la juge en caractères gras.Mais le recours collectif n'est pas réglé, car les banques ont fait DES CONTRATS HYPOTHÉCAIRES DE PLUS EN PLUS VOLUMINEUX Banque de Montréal Hypothèques CIBC Banque Royale Commandite Société financière First National Financière Macquarie Société de fiducie Computershare du Canada Banque Toronto-Dominion Société hypothécaire Scotia Caisse Desjardins Thérèse-De Blainville Banque Nationale Source : Me Marc-André Théorêt, notaire 53 pages 31 pages 31 pages 25 pages 28 pages 27 pages 25 pages 13 pages 11 pages 10 pages 26 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f appel de la décision.Les clients lésés devront attendre.Pendant ce temps, les pénalités hypothécaires demeurent une des plus importantes sources de problèmes dans le monde bancaire, selon l'Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).E n 2 0 1 1 -2 0 1 2 , l 'A C F C a constaté une « augmentation notable du nombre de plaintes de consommateurs, qui portaient sur l'option du différentiel de taux d'intérêt qui figure DES CLAUSES QUI GONFLENT LES PÉNALITÉS On utilise le taux affiché, souvent 2 % plus élevé que le taux négocié par le client, comme point de départ du calcul de la pénalité.On utilise un taux plus bas que celui qui serait accordé à un client, comme celui d'une obligation du Canada sans risque, comme point d'arrivée du calcul de la pénalité.On n'actualise pas les écarts de paiements périodiques pour la période restante.On récupère différents « cadeaux » offerts à la signature, comme une remise en argent ou le paiement des frais de notaire.Source : Fédération des chambres immobilières du Québec da ns de nombreux contrats hypothécaires », peut-on lire d a n s s on r a pp or t a n nuel , déposé en octobre dernier.L a sit uation i nqu iète la F é d é r a t io n d e s c h a m br e s i m mobi l ières qu i a déjà demandé à Ottawa d'encadrer les pénalités pour empêcher les abus des prêteurs hypothécaires.La FCIQ prônait l'abolition pure et simple des pénalités, ou encore la mise en place d'une formule claire qui empêcherait les surpénalités.Mais au lieu d'uniformiser la méthode de calcul, Ottawa a choisi la voie de la transparence.Le gouvernement a obligé les prêteurs hypothécaires à fournir davantage d'information aux consommateurs afin qu'ils puissent mieux comprendre le calcul de leur pénalité.Depuis le mois de septembre, les banques doivent notamment mettre sur leur site web une calculette permettant aux clients d'évaluer leur pénalité.À partir du mois de mars prochain, les contrats devront fournir tous les éléments qui entrent dans le calcul de la pénalité.Et l'information devra être communiquée « dans un langage et d'une manière simples et clairs, et de façon à ne pas induire en erreur», indique une directive de la commissaire de l'ACFC.Souhaitons que cette mesure ait plus d'impact que le Code volontaire pour l'utilisation d 'u n la ngage si mple da n s les documents hypothécaires que les banques avaient signé en 2000.POUR ÉVITER LES PÉNALITÉS HYPOTHÉCAIRES MÉFIEZ-VOUS DES HYPOTHÈQUES À LONG TERME Par réflexe, les Canadiens optent majoritairement pour un terme de cinq ans fermé, qui leur procure une paix d'esprit.En ce moment, certains sont tentés de «geler» leur taux pour encore plus longtemps, avec des taux de seulement 3,59% sur 7 ans, et 3,89% sur 10 ans.Mais attention: la vie change.Divorce, déménagement, perte d'emploi, etc., casser votre hypothèque en cours de route coûtera cher.FAITES UN REMBOURSEMENT PARTIEL OU ACCÉLÉRÉ Plusieurs hypothèques permettent de rembourser 15 ou 20 % de la somme empruntée chaque année, ou encore de rehausser vos paiements réguliers pour rembourser plus rapidement.Profitez de ces privilèges pour réduire le montant de votre hypothèque avant de résilier le contrat, ce qui diminuera la pénalité.DÉMÉNAGEZ AVEC VOTRE HYPOTHÈQUE Si vous déménagez, certains prêteurs acceptent de transférer votre hypothèque sur la nouvelle maison.À négocier.Sinon, il est possible de céder votre hypothèque à l'acheteur de votre maison, à certaines conditions.On évite ainsi la pénalité, mais on demeure légalement responsable du prêt.Alors, pensez-y bien.1 2 3 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 27 \f PORTRAIT UN GOUROU DÉSABUSÉ STEPHEN JARISLOWSKY \f Le plus connu des financiers montréalais, Stephen Jarislowsky, vient de laisser son poste de pdg de l'entreprise qu'il a fondée en 1957, Jarislowsky Fraser.Au cours de sa longue carrière d'investisseur, Stephen Jarislowsky a vu le Québec se transformer, et pas pour le mieux, estime-t-il aujourd'hui.Entrevue avec un milliardaire qui n'a jamais eu peur de la controverse.TEXTE HÉLÈNE BARIL PHOTOS MARTIN CHAMBERLAND C es temps- ci, Stephen Ja rislowsky ne décolère pas.La décision du nouveau gouvernement du Québec d'augmenter les impôts des plus riches et de renforcer la loi sur l'utilisation du français l'a même poussé à tremper sa plume dans le vinaigre pour écrire une lettre aux médias.Le financier montréalais, qui a souvent été comparé à Warren Buffet pour son approche « du gros bon sens » en matière d'investissement, estime que le Québec s'isole fiscalement et linguistiquement dans une économie de plus en plus mondialisée.Il ne le digère pas.Ces décisions font fuir la richesse et reculer le Québec, déplore-t-il encore une fois, lors d'un entretien avec La Presse Affaires Magazine.Finira-t-il par fuir lui aussi avec ses millions ?«Maintenant, c'est la première fois que j'y pense », dit-il.Stephen Jarislowsky vit au Québec depuis plus de 60 ans.En plus d'y faire fortune, il est devenu un financier respecté et un mécène admiré.Chaque fois qu'il a exprimé publiquement son opinion, il a allumé des incendies dans la société québécoise.Il est d'avis, par exemple, que c'est l'anglais, et pas le français, qui recule à Montréal.Il a déjà dit que les souverainistes sont animés de la même ferveur religieuse que les fascistes et les nazis.« C'est grave en maudit », dit l'ancien premier ministre Bernard Landry à propos de ce choix de mots de Stephen Jarislowsky.Le principal intéressé n'aime pas qu'on lui rappelle ça.«C'est du passé», plaide-t-il.Il reconnaît pourtant qu'il aime choquer.Et il en remet.Lorsque nous l'avons rencontré, Stephen Jarislowsky a suggéré que Toronto élève une statue à René Lévesque pour lui avoir offert tous les sièges sociaux des grandes entreprises qui ont quitté Montréal.« Bell n'est plus ici, la Banque de Montréal n'est plus ici.Tous ces gens ont déménagé.Pourquoi ?» Certaines entreprises québécoises pour lesquelles il avait de l'estime le déçoivent.Comme SNC-Lavalin.Ou Bombardier.« Bombardier n'est pas une entreprise privée, soutient-il.C'est tout financé par les gouvernements.» Stephen Jarislowsky est tout sauf politically correct, estime Jacques Lamarre, l'ancien patron de SNC-Lavalin qui est maintenant conseiller stratégique pour le cabinet d'avocats Heenan Blaikie.Le financier a été pendant des années membre de son conseil d'administration.Ils sont devenus amis.« On a besoin de gens comme lui au Québec, dit Jacques Lamarre.Il ne cherche pas à faire plaisir à qui que ce soit.Il dit ce qu'il pense.Ça ne veut pas dire qu'il a toujours raison ! » Il n'a pas toujours raison, mais il faut des munitions pour argumenter avec lui, note Denis Durand, qui travaille avec lui chez Jarislowsky Fraser depuis 1981.Il faut surtout laisser ses émotions au vestiaire.« Avec lui, c'est toujours le gros bon sens.» Denis Durand a été embauché chez Jarislowsky Fraser pour développer le marché francophone.« Quand je suis arrivé, la seule personne du bureau qui parlait français était M.Jarislowsky », raconte-t-il.Les propos controversés du patron sur la société québécoise lui ont souvent compliqué la tâche.« Nous sommes allés voir les gens de l'Université du Québec six fois avant d'obtenir la gestion d'une partie de leur caisse de retraite », dit-il.Denis Du ra nd croit que M .Ja rislowsky s'exprime parfois de façon choquante en français parce que ce n'est pas sa langue maternelle.« Même en anglais, son style est abrasif.C'est l'influence de l'allemand (sa langue maternelle) », estime-t-il.Stephen Jarislowsky parle aussi japonais.Il a appris à connaître et à aimer ce pays lorsqu'il a travaillé pour les services américains de contreespionnage après la guerre.Le Japon le déçoit aussi.« Ils sont aussi fous que les Québécois, parce qu'eux aussi se cachent dans leur pays avec leur langue.» Tout jeune, pendant ses années d'études aux États-Unis, Stephen Jarislowsky rêvait de faire fortune à 40 ans et de devenir ambassadeur v LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 29 \f 10 000$ PEUVENT RAPPORTER 2,5 MILLIONS EN 40 ANS américain à Tokyo.« Ça ne se passe jamais comme on veut, constate-t-il aujourd'hui.Il y a toujours de petits tournants qui t'amènent quelque part ailleurs.» I l y a eu beaucoup de tournants dans la première partie de la vie de Stephen Ja r islowsk y.I l a qu it té Berlin, sa ville natale, à 4 ans, pour aller vivre avec ses parents aux Pays-Bas.C'était en 1930.Il a ensuite déménagé à Paris en 1937, puis à Aix-en-Provence.Il a fini par aboutir avec sa famille aux États-Unis, où il a étudié.Il est devenu citoyen américain avant de servir dans l'armée américaine au Japon.S a fa m i l le n 'a j a m a i s m a n q u é d 'a r g e n t , m a i s S te phen Ja r islowsk y a t o u j o u r s t r ava i l l é p o u r gagner sa vie.Son premier véritable emploi, c'est Alcan qui le lui a offert, et c'est la raison pour laquelle il s'est retrouvé à Montréal en 1949, à 25 ans.Il y est toujours, à 87 ans.Lâcher prise Ja r islowsky F ra ser, aujourd'hui, c'est 48 professionnels de l'investissement qui gèrent 37 milliards à Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver.Le bureau du boss, perché au haut d'une tour du centre-ville, est envahi par des pla ntes tou ffues qui grimpent jusqu'au plafond.On croirait voir la jungle du placement, com me le titre du livre que Stephen Ja rislowsky a publié en 2 0 0 5, u n gra nd succès de librairie.Il va bientôt en sortir, de cette jungle.Il y songe depuis 2004, mais ce n'est que tout récemment qu'il a accepté de quitter son poste de PDG.Il reste président du conseil de Jarislowsky Fraser mais il fait un pas vers la sortie.Il est grand temps , recon na ît-il.« Je perds beaucoup de clients ces temps-ci, parce que les gens de ma génération sont ou bien en enfer ou au ciel, mais ils ne sont plus ici.» S te phen Ja r islowsk y ne se fa it pa s beaucoup d'illusions pour la suite des choses.« Il y a très peu de boîtes comme la mienne qui dépassent le bonhomme qui les a fondées, dit-il.Mais je pense qu'on va réussir.» 30 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f Depuis deux ans, sa fille travaille dans l'entreprise.Mais ce ne sera pas elle qui lui succédera.«Elle va travailler avec les autres.Je n'ai pas l'ambition d'un Paul Desmarais ou d'un Rémi Marcoux de continuer avec ma famille.Pour moi, c'est éphémère et tout ce que je veux pour mes enfants (il en a quatre), c'est qu'ils soient heureux et qu'ils fassent ce qui les intéresse.» À 87 ans, le gourou est fatigué et désabusé.«Quand vous arrivez à mon âge, il y a la famille et les bons amis, c'est tout ce qui reste dans la vie.» Pendant longtemps, il a aimé et admiré les États-Unis, un pays qui a aidé ses ennemis, au Japon et en Europe, à se reconstruire après la guerre.«Personne n'avait jamais fait ça à l'époque et personne n'a fait ça depuis», dit-il.Mais il ne reconnaît plus les États-Unis d'aujourd'hui, obnubilés qu'ils sont par la guerre contre le terrorisme.De la folie, selon Jarislowski.Leur démocratie ne fonctionne plus, déplore-t-il.«Plus de 45 % de l'argent qui finance les campagnes électorales vient de Wall Street.Ce n'est pas de la démocratie », s'emportet-il.Le Québec d'aujourd'hui désespère aussi le financier.Trop de socialistes, trop de syndicats, trop de gouvernement.Il y a cru, pourtant.« J'ai aimé Jean Lesage, Bourassa, René Lévesque.La Révolution tranquille était nécessaire.Il fallait que le Québec se libère du clergé.» En chemin, on s'est trompé d'ennemi, selon lui.En colportant que les riches étaient tous des voleurs, ce sont les curés, pas les Anglais, qui ont maintenu les francophones dans la pauvreté, dit-il.Stephen Ja rislowsky est riche et n'a jamais volé personne.Il a toujours payé ses impôts.Il estime que l'argent des impôts n'a pas été bien géré puisque les infrastructu res tombent en ruine.Surtout à Montréal, la ville la plus importante du Québec.« J'habite à Westmount, à un mille et quart du bureau.Ça m'arrive de mettre plus d'une heure de voiture pour faire le trajet », s'indigne-t-il.La récente annonce d'une nouvel le aug ment ation du fardeau fiscal des plus riches conduira peut-être Stephen Jarislowsky à plier bagage.Il aime beaucoup la ColombieBritannique, d'où vient Gail, son épouse depuis 40 ans.« Si je déménageais, je déménagerais sûrement là-bas.» Il ne faudrait toutefois pas s'étonner qu'il reste.Après tout , Stephen Ja r islowsky a déjà traversé des périodes plus troublées : l'arrivée du gouvernement séparatiste en 1976, les deux référendums de 1981 et 1995.«D'autres sont partis pour moins que ça», dit Jacques Lamarre.Si Stephen Jarislowski est resté, ça veut peut-être dire qu'il aime le Québec, malgré tous ses travers.LA RECETTE JARISLOWSKY POUR OU CONTRE HÉLÈNE BARIL La recette qui a rendu riche Stephen Jarislowsky est d'une simplicité désarmante : achetez des actions d'entreprises dont vous comprenez bien les activités, évitez autant que possible l'immobilier, le pétrole et les mines, et conservez vos investissements longtemps parce que multiplier les transactions ne sert qu'à enrichir les intermédiaires.Investie ainsi, une somme de 10 000 $ peut rapporter 2,5 millions en 40 ans, nous dit le financier dans le livre où il explique comment il a réussi à tirer son épingle du jeu.« Pourquoi ne pas ambitionner d'être millionnaire à 40 ans ?», nous demande-t-il.Pourquoi pas, en effet ?« C'est un conseil de milliardaire, rétorque Fabien Major, conseiller financier et gestionnaire de portefeuille.Sa recette a fait sa fortune, mais fait-elle celle de ses investisseurs ?Je pense que non.» Selon lui, Jarislowsky Fraser a eu une bonne période avec son style de gestion, mais le rendement n'est plus là.« Son étoile pâlit », estime-t-il après avoir comparé la performance des fonds communs de placement gérés par la firme avec celle de la concurrence.Le monde de l'investissement a changé, explique le gestionnaire.« Aujourd'hui, les investisseurs ne sont plus les mêmes.Ils sont inquiets et ont un sentiment d'insécurité, parce qu'ils ne savent pas s'ils pourront garder leur emploi.Ils ne sont pas prêts à attendre 10 ans pour avoir du rendement.C'est comme la cuisine, dit-il.On ne mange plus la même chose qu'avant.Qui aurait cru, il y a 20 ans, qu'on pourrait acheter autant de produits différents et d'épices au marché Jean-Talon ?» Le style de Jarislowski Fraser a besoin d'un ajustement, selon Fabien Major.« La concurrence a des outils plus appropriés dans le monde d'aujourd'hui », affirme-t-il.Le gestionnaire a investi longtemps dans le portefeuille équilibré de Jarislowsky Fraser.Il ne le fait plus depuis 2007 et il ne regrette pas sa décision.« Il y a mieux ailleurs », assure-t-il.Yvan Allaire n'est pas du même avis.« C'est quelqu'un qui investit dans la durée, dit le professeur, président du conseil de l'Institut pour la gouvernance des organisations privées et publiques.Ce qu'il fait est excellent », dit-il.Selon lui, il en faut des investisseurs comme Stephen Jarislowsky, à la Warren Buffett.« Il n'est ni un spéculateur ni un actionnaire qui se comporte en touriste dans les entreprises dans lesquelles il investit.» Ces « touristes » de l'investissement qui sont à la recherche de rendements rapides découragent la création de valeur dans les entreprises, estime Yvan Allaire.« C'est malsain pour les entreprises et pour le système financier ».LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 31 \f DOSSIER Michel Parent et Alain Desgagnés, de la firme Innédesign + MP1.CONDOS BRANDING EXTRÊME Bureaux des ventes opulents, campagnes publicitaires inédites, personnalisation des projets poussée à l'extrême: les promoteurs montréalais mettent les bouchées doubles pour se démarquer dans l'industrie de plus en plus féroce de du condo neuf.Incursion dans l'univers du marketing immobilier 2.0.32 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f Stéphanie Cardinal, de la boîte Humà.TEXTE MAXIME BERGERON PHOTOS ALAIN ROBERGE IVANOH DEMERS A nthony Broccolini est fébrile.En ce jeudi après-midi du mois d'octobre, le jeune promoteur inaugure le bureau des ventes de son plus récent projet, une tour résidentielle de 50 étages à deux pas du Centre Bell.Des ouvriers mettent la dernière touche à l'appartement-témoin de ce centre de présentation qui a coûté 1,5 million à bâtir.« C'est un investissement majeur, mais c 'est pou r u n projet majeu r », dit M .Broccolini, directeur principal du groupe immobilier, pendant une visite du bâtiment de verre anguleux baigné de lumière automnale.À quelques dizaines de mètres, d'autres travailleurs achèvent de bâtir le bureau des ventes de la Tour des Canadiens.Le gratte-ciel longiligne de 520 appartements représente une concurrence directe au projet de Broccolini.L'un mise sur sa hauteur impressionnante pour se démarquer; l'autre, sur son association avec le célèbre club de hockey.« Je pense que le fait d'être associé au Canadien nous donne certainement une longueur d'avance, car c'est une chose que les gens ne peuvent pas oublier», avance Daniel Peritz, vice-président de Canderel - l'un des promoteurs de l'immeuble.Partout à Montréal, les projets de copropriétés se sont multipliés comme des champignons au cours des dernières années.Plus de 12 700 appartements ont été mis en chantier en 2011, du jamais vu.Et une série de nouveaux complexes majeurs a été annoncée pendant toute de cette année, provoquant une concurrence exacerbée entre les promoteurs et l'adoption de techniques de mise en marché jusqu'ici inédites dans la métropole.«C'est devenu incontournable, il faut toujours trouver une nouvelle façon de se démarquer», dit Michel Parent, un publicitaire qui a cofondé la boîte innédesign + MP1 en 2001 avec le designer Alain Desgagnés.Les deux hommes ont vu l'industrie montréalaise du condo changer de visage en profondeur pendant la dernière décennie.Leur firme, nichée dans de discrets bureaux du Mile End, a contribué à redéfinir la façon de concevoir - et de vendre - les projets de copropriétés aux Montréalais.« Les gens font deux ou trois achats majeurs dans leur vie, dont leur propriété, souligne Michel Parent.Avant, ces gens-là, on les recevait dans une roulotte, on leur remettait une pochette photocopiée chez Bureau en gros et une carte d'affaires imprimée à 1000 pour 100$.Quand on a commencé, on a dit: c'est fini, cette époque-là.Les gens veulent être respectés, ils veulent voir le produit.» Innédesign + MP1 a conçu l'image de plusieurs complexes résidentiels majeurs des dernières années à Montréal: Sax, m9, Cité Dix30, Louis Bohème.Dans plusieurs cas, l'équipe a développé de A à Z l'identité du projet, du nom de l'immeuble jusqu'à la campagne publicitaire, en passant par le bureau des ventes et le design des appartements.v LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 33 \f PRIX MÉDIAN DES APPARTEMENTS DANS LE GRAND MONTRÉAL 2000 94 000$ 2012* 230 000$ +145 % *donnée pour le troisième trimestre Source : fciq « Notre prem ier ma ndat, c 'est d'amener les gens au bureau des ventes et, une fois la porte ouverte, qu'ils disent : wow ! » résume M.Parent.L'architecte Stéphanie Cardinal est elle aussi devenue une référence da ns le branding i m mobil ier au cours des dernières années.L'un des récents projets sur lesquels elle a travaillé, appelé Se7t, pousse la personnalisation à l'extrême.Tout le concept s'articule autour du cinéma, un clin d'oeil aux anciens studios de tournage qui se dressent sur le terrain du futur complexe résidentiel.« L'allée centrale est comme un tapis rouge qui se déroule et l'architecture rappelle le bandeau de film qu'on déroule, explique la présidente de la boîte Humà en montrant les esquisses du projet.Dans le hall, on veut créer des sous-lieux, comme sur un plateau de tournage.» Plusieurs observateurs du secteur immobilier estiment que la personnalisation des projets est devenue une quasi-nécessité, alors que l'offre d'appartements - neufs et usagés - n'a jamais été aussi abondante à Montréal.Le nombre d'appartements inscrits sur le marché de la revente a bondi de 27 % au troisième trimestre, autant d'unités qui entrent en concurrence avec les nouveaux projets.Et qui forcent leurs concepteurs à mettre le paquet pour se démarquer du lot.Sans tous aller aussi loin que le Se7t pour développer une thématique, les promoteurs investissent massivement en publicité et marketing.MC Finance, qui projette la construction d'un complexe de 2 tours de 35 étages tout près du Centre Bell, le Roccabella, a ainsi acheté des blocs de publicité pendant le Téléjournal de Radio-Canada cet automne, une manoeuvre inédite.L e promoteu r de la Tou r des Canadiens, en plus de miser sur son association avec l'équipe de hockey, a pour sa part créé des publicités radio.Une multitude d'autres firmes affichent leurs tours à condos sur des panneaux en bordure des autoroutes.et même à l'aéroport Montréal-Trudeau.Sans compter les campagnes virales sur les médias sociaux, devenues pratique courante dans l'industrie.En parallèle, le niveau d'opulence et de raffinement des bureaux des ventes a grimpé de plusieurs crans depuis quelques années.Les roulottes banales sont de plus en plus rares.Les grands promoteurs investissent des sommes imposantes pour créer une forte impression sur les acheteurs potentiels, avec décors soignés et brochures luxueuses en papier glacé.Celle du Belvédère, un projet du Groupe Benvenuto dans le quartier Hampstead, fait une cinquantaine de pages ! Cette évolution allait de soi, vu l'explosion du prix des appartements à Montréal, croit Michel Parent, de la société innédesign + MP1.« Quand tu achètes une auto, que ce soit une Mercedes ou une Smart, on te reçoit dans une belle salle d'exposition, tu as une brochure lustrée de 40 pages, tout ça pour un achat de 20 000 $ ! » Malgré la mutation des techniques de marketing immobilier, les observateurs de l'industrie sont unanimes : aucune publicité ou brochure, si chatoyante soit-elle, ne saura compenser un produit de mauvaise qualité.« N ou s ne s o m m e s p a s d a n s l'industrie du parfum, lance Louis Migneault, vice-président marketing et associé chez Dev McGill.C'est sûr que la publicité, le marketing vont optimiser les ventes.Mais rien ne remplace la valeur en immobilier.Ce n'est pas un achat impulsif : il faut que les gens en aient pour leur argent.C'est là-dessus que la concurrence doit s'exercer.» M.Migneault dit constamment renvoyer son équipe à la table à dessin pour maximiser chaque pied carré des appartements vendus par Dev McGill.Au coursd des dernières années, le groupe a aussi mis sur pied un système de consultation auprès de ses clients, pour concevoir des appartements qui répondent le plus possible à leurs besoins - et à leur portefeuille.La recette a été appliquée dans toutes les phases du m9, dont les unités sont presque vendues à 100 %, et elle le sera encore une fois dans le gigantesque projet Univers, en lisière du centre-ville.Les recommandations faites par d'anciens clients constituent toutefois, et de loin, le meilleur moyen de se démarquer dans l'univers ultraconcurrentiel qui prévaut désormais à Montréal, dit Louis Migneault.« Pourquoi on préfère le bouche à oreille ?Pour baisser les coûts de publicité ! Pensez-vous que je suis en amour avec la publicité ?Moins il y en a, mieux c'est.» Même son de cloche chez Jadco, constructeur connu de Laval.Selon le 34 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f MISES EN CHANTIER RMR DE MONTRÉAL 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012* 3 615 3 054 3 461 3 560 1 508 1 525 2 464 2 765 3 219 3 539 3 763 5 687 7 893 10 053 8 758 8 050 7 361 8 280 7 657 10 457 12 681 8 729 *Janvier à septembre LE MARCHÉ DU CONDO RALENTIT vice-président, André Doudak, 35 % à 40% des ventes de l'entreprise sont générées grâce au bouche à oreille.Et s'il reconnaît que le marché a ralenti depuis quelques mois, il estime que les grands groupes immobiliers établis - comme le sien - sauront mieux se tirer d'affaire que les plus petits promoteurs dans le contexte actuel.«Je compare ça à la pêche en haute mer: vous avez de grands projets, avec de grands entrepreneurs, de grandes structures et des produits qui ont de l'allure, avance-t-il.Et vous avez de petites chaloupes près du quai avec leurs petits filets.Quand le poisson est loin et qu'il y a beaucoup de compétition, les petites chaloupes ont moins de poissons.» Avec les milliers d'appartements neufs en prévente à Montréal, les promoteurs croisent les doigts pour que le banc de poissons ne s'éloigne pas trop.MAXIME BERGERON C'est comme le monde à l'envers.Au moment même où le nombre de condos neufs en prévente atteint un sommet, le marché de la revente, lui, connaît un revirement marqué à Montréal.Le nombre de transactions a reculé de 13% au troisième trimestre dans l'île de Montréal, indique la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ).En parallèle, le nombre d'appartements inscrits sur le système MLS a bondi de 27%.Les vendeurs ont perdu la main haute qu'ils avaient depuis des années, en somme.«Le marché de la copropriété est dorénavant un marché équilibré dans tous les grands secteurs de la région montréalaise, dont l'île de Montréal, une première depuis 2001», souligne la FCIQ dans un récent rapport.La plupart des économistes attribuent ce revirement au resserrement des règles hypothécaires imposé en juillet par Ottawa.Le gouvernement a notamment abaissé de 30 à 25 ans la période maximale d'amortissement des prêts, ce qui a fait reculer les ventes à Montréal, Vancouver et Toronto.Les milliers d'appartements neufs prévus par les promoteurs - plus de 7000 seulement dans le quartier Griffintown, 2000 de plus autour du Centre Bell - entrent par ailleurs en concurrence avec le marché de la revente.Quoi qu'il en soit, le prix médian des copropriétés existantes se maintient pour l'instant.Il s'est établi à 230 000$ au troisième trimestre dans la région métropolitaine (+2%) et à 275 000$ dans l'île (+4%).Le prix moyen des copropriétés a explosé de 155 % depuis 2000 dans l'île de Montréal et de 145% dans la région métropolitaine.Il n'existe pas de statistiques officielles sur le prix des appartements neufs.À titre indicatif, plusieurs projets du centre-ville affichent des prix variant de 500$ à 600$ le pied carré, avant les taxes.Un appartement de 1000 pieds carrés peut donc coûter plus de 600 000$ en tenant compte de tous les frais.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 35 \f PME Contrôler le compteur des frais d'avocat Les frais juridiques : on sait quand le compteur part, mais jamais quand il s'arrêtera ?Plus tout à fait.Depuis la récession de 2008, les cabinets d'avocats ont compris que l'ère de la facturation horaire classique est révolue et que leurs clients s'attendent à des prestations de service qui ont une fin et des coûts prévisibles.Voici huit étapes à considérer par les PME avant de se lancer dans une aventure juridique.TEXTE ALAIN BISSON ILLUSTRATION YANICK NOLET LA PRESSE 1 2 3 4 SE DONNER DE SOLIDES ASSISES Une constitution d'entreprise en règle, un encadrement financier adéquat, des outils de protection du capital intellectuel et de planification fiscale sont les fondations sur lesquelles construire une entreprise, suggère Jean-Pierre Bertrand, associé et membre de l'équipe de direction nationale du cabinet McCarthy Tétrault.« Ces aspects sont parfois la dernière des préoccupations d'un entrepreneur.C'est normal.On pense produits, ventes, clients.Les considérations légales viennent en queue de liste, alors qu'elles devraient être tout en haut », dit-il.Selon l'avocat, il arrive trop souvent qu'il faille refaire une partie du travail de l'encadrement légal d'une société afin de le mettre à niveau, ce qui occasionne des coûts qui auraient pu être évités avec une meilleure planification au départ.SORTIR LA DÉBROUSSAILLEUSE Avant de soumettre un dossier à un avocat, il vaut toujours mieux faire un travail préliminaire d'organisation de l'information.« Si le client arrive avec une boîte à chaussures remplie de documents pêle-mêle, c'est mal parti, dit Erik Sabbatini, associé chez Fasken Martineau.Le client doit s'impliquer, faire en sorte que l'information soit minimalement organisée, que les personnes ressources soient identifiées.Bien sûr, l'avocat peut faire tout ça, mais ça va coûter plus cher.» COMPARER ET SAVOIR DE QUELLES COMPÉTENCES ON A BESOIN Il ne faut pas hésiter à joindre plusieurs avocats avant de choisir le conseiller qui pilotera un dossier, assure Eric Stevens, responsable de l'équipe de fusions-acquisitions privées chez Norton Rose Canada.«Je conseille aux gens de rencontrer deux ou trois avocats, de leur demander comment ils pensent que le dossier devrait cheminer.Ils pourront alors choisir le professionnel avec lequel ils sont le plus à l'aise», dit-il.Selon Me Stevens, il ne faut pas avoir peur de retenir les services d'un spécialiste, même si son tarif horaire paraît plus élevé.«Parce qu'il est spécialisé dans le domaine de pratique recherché, ce type d'avocat sera souvent plus efficace qu'un généraliste et il coûtera probablement moins cher au bout du compte», avance l'avocat.UN AVOCAT CHEVRONNÉ, UN VERT OU UN PARAJURISTE DE L'INDE?Les trois.Dans le cheminement d'un dossier, il est rarement nécessaire que tout le travail soit accompli par l'un ou l'autre.L'avocat chevronné (senior) interviendra sur les aspects plus pointus tandis que le junior pourra se charger des éléments administratifs.L'avantage est évident.On a une représentation optimale à moindres coûts.« Nous faisons même appel à l'impartition en Inde, aux Philippines ou en Afrique du Sud pour certains travaux, explique Me Jean-Pierre Bertrand.Les services que nous recevons sont de grande qualité et ils permettent de réduire considérablement la facture.» 36 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f 5 6 7 8 UN SYSTÈME DE GESTION DES DOSSIERS, QU'EST-CE QUE ÇA DONNE?De nombreux cabinets se sont dotés depuis quelques années de systèmes de gestion évolués des dossiers, appuyés par des logiciels de pointe, qui permettent d'allouer les bonnes ressources aux bons endroits, et surtout de donner une « prévisibilité » aux coûts.« Notre banque de données nous offre la possibilité de prévoir les étapes d'un dossier, de faire intervenir les bonnes personnes au bon moment et d'être beaucoup plus efficaces, ce qui a un impact certain sur les coûts », selon Me Erik Sabbatini.LA CEINTURE ET LES BRETELLES, POUR UN RISQUE ZÉRO À GROS PRIX?Non, répond Me Eric Stevens.«Le but n'est pas d'éliminer tous les risques mais de les gérer adéquatement.Il ne sert à rien de se prémunir contre tout ce qui peut arriver, ça n'arrivera probablement pas, mais il faut le faire contre les risques réels liés aux activités de l'entreprise», explique-t-il.Il faut également définir clairement le mandat à confier.«Posez des questions, beaucoup de questions», conseille Me Jean-Pierre Bertrand.Selon lui, le client doit exprimer clairement ses attentes.Son avocat et lui s'entendront ensuite sur la nature du mandat à exécuter.«Savoir ce qui s'en vient et comment ça se passera est important pour le client», ajoute Me Sabbatini.Il faut ensuite fixer sur papier ce mandat de la façon la plus précise possible.FINI, OU PRESQUE, LE TAUX HORAIRE Depuis la récession de 2008, les cabinets d'avocats rivalisent d'ingéniosité pour attirer des clients, notamment avec des méthodes alternatives de paiement des honoraires.Le taux horaire fixe est en voie de disparition et il est remplacé par une gamme d'options allant de la somme forfaitaire aux frais fixes par étape, en passant par le partage du risque ou le taux horaire avec plafond.Ne pas oublier de déterminer à l'avance quels seront les frais supplémentaires (photocopies, déplacements, etc.).PASSER AU CONFESSIONNAL Il faut tout dire à son représentant au sujet de l'affaire pour laquelle il est consulté, même ses secrets les moins glorieux.L'avocat ne pardonnera pas à son client d'apprendre des choses en même temps que le juge.« Il faut donner toute l'information à son avocat dès le début et ne rien retenir.Sinon, une belle stratégie peut s'écrouler et il faut reprendre à zéro », prévient Me Sabbatini.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 37 \f PROFIL BOURSIER La bonne médecine de Valeant TEXTE PAUL DURIVAGE M ais qui arrêtera Valeant dans sa course aux acquisitions ?Depuis l'arrivée de Michael Pearson à sa tête en 2008, le groupe pharmaceutique nouvellement déménagé à Laval a réalisé une cinquantaine d'acquisitions.La stratégie est claire et avouée : acheter des entreprises possédant des médicaments déjà en marché plutôt que d'investir dans la recherche pour tenter d'en découvrir de nouveaux.L'objectif: devenir un des 15 plus grands groupes pha rmaceutiques du monde d'ici la fin de 2013.La plus récente acquisition, Medicis Pharmaceutical, laboratoi re de s pé c ia l ité s po sitionné sur les marchés de la dermatologie et de la médecine esthétique, constitue le jalon le plus i mporta nt depu is la fusion de Biovail et con fère déjà à Valeant le titre de leader de la dermatologie.L'ajout va à Valeant « comme un gant », estime l'analyste Corey Davis de la f i r me new-york a i s e Jefferies.L a mu lti nationa le cherche également à étendre son emprise sur le ma rché de la pédiatrie qui, selon M ichael Pearson, « offre des similitudes et des complémenta rités fortes avec les marchés de la dermatologie ».Et Valeant n'entend pas s'arrêter en si bon chemin.D'autres opérations de croissance externe pourraient être lancées dans les prochains mois, la direction évoquant des occasions en Asie du Sud-Est.Elles seront toutefois plus modestes, l'entreprise s'étant engagée à contrôler son niveau d'endettement.38 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f Moody's Investors Service a en effet le bilan de Valeant à l'oeil et menace d'abaisser sa cote de crédit en raison de l'accroissement de ses engagements financiers.« Malgré des justifications stratégiques solides, l'acquisition de Medicis pourrait pousser le niveau d'endettement de Valeant audelà du seuil de tolérance de Moody's pour la cote Ba3 », note l'agence qui souligne néanmoins les «solides fondements stratégiques» de la transaction projetée.Valeant était une entreprise déjà passablement endettée avant l'acquisition de Medicis.Au 30 juin dernier, la dette nette totale comptait pou r presque le double de l'avoir des actionnaires.L'acquisition de Medicis portera ce poste à près de 9,5 milliards soit à deux tiers du capital total, selon l'analyste Herman Saftlass de Standard&Poor's.La stratégie de la société pharmaceutique plaît aux analystes.«Le modèle d'affaires de Valeant a des jambes», affirme l 'a n a lyste G a r y Na c h m a n du groupe financier SIG, de Pennsylvanie.La plus importante entreprise pharmaceutique canadienne cotée en Bourse obtient ainsi l'estime de 16 des 18 analystes qui la suivent même si son cours a beaucoup augmenté ces dernières années.Onze d'entre eux y vont même d'une recommandation ferme d'achat.Deux considèrent toutefois surévalué le titre qui se négocie tout de même à près de 45 fois les bénéfices courus des 12 derniers mois.Les investisseurs peuvent aussi apprécier la médecine de Valeant.Le titre, inscrit à la Bourse de Toronto et à la Bourse de New York, a gagné 17 % à la Bourse depuis le début de l'a n née da ns u n marché difficile.L'entreprise pèse aujourd'hui près de 17 milliards en Bourse, ce qui la classe parmi les grandes de l'industrie.Le titre, à environ 55 $ au début du mois, a encore du chemin à faire avant d'atteindre la cible de près de 68 $ pour les prochains 12 mois, établie par le consensus des analystes.Valeant est devenue la seule multinationale pharmaceutique québécoise quand elle a déménagé son siège social de l'Ontario à Laval au printemps dernier.Fondée en 1960 en Californie, l'entreprise a réalisé un gros coup en 2010 en fusionnant avec l'ontarienne Biovail.À la suite de la fusion, Valeant s'est d'abord installée au siège social de Biovail à Mississauga, en Ontario.À la surprise générale, elle a déménagé ses pénates au Québec, en avril dernier, en raison de son importante présence dans la province et d'une aide de 6 millions du gouvernement.L a mu lt i n a t io n a le , q u i emploie plus de 8 0 0 0 personnes dans 11 pays, investit 20 millions pou r agra ndir l'usine de sa filiale Laboratoire D r Renaud, à Laval, y créer un centre d'excellence en cosméceutique et dermatologie et implanter le siège social dans l'ancien immeuble de Sanofi-Aventis.Valeant est devenue la seule multinationale pharmaceutique québécoise quand elle a déménagé son siège social de l'Ontario à Laval au printemps dernier.Valeant fait ses emplettes Valeant a conclu pas moins d'une dizaine d'acquisitions, pour plus de 3,5 milliards, depuis le début de l'année.Elle a notamment englouti quatre de ses concurrents, en Russie, en Autriche et aux États-Unis.Rappels.Valeant s'empare de la société pharmaceutique russe Natur Produkt International spécialisée dans les médicaments antigrippaux et contre les maux de gorge, pour environ 185 millions.Rachat de certains avoirs du fabricant de génériques autrichien Gerot Lannach, très présent en Russie et dans les pays de l'exbloc soviétique comme le Kazakhstan ou l'Ouzbékistan, pour 55 millions.MARS 2012 Valeant rachète le groupe américain OraPharma, spécialisé dans les soins buccaux et dentaires, pour 312 millions US.Prise de participation de 19,9 %, pour un prix de 10 millions, dans Pele Nova Biotecnologia, un laboratoire de recherche brésilien spécialisé dans la régénération des tissus.Acquisition de certains éléments d'actif d'Atlantis Pharma, entreprise de production de médicaments génériques établie au Mexique, pour 71 millions.JUIN 2012 Rachat d'Eyetech, une biotech privée qui commercialise aux États-Unis le Macugen, un traitement de la dégénérescence maculaire dont Pfizer détient les droits dans le reste du monde.La valeur de la transaction n'a pas été dévoilée.Valeant achète Probiotica Laboratorios, un fabricant brésilien de suppléments alimentaires, pour 87,2 millions.FÉVRIER 2012 Acquisition de Pedinol, un laboratoire de produits pédiatriques installé aux États-Unis pour 18 millions.AVRIL 2012 Valeant s'offre le traitement pour l'acné AcneFree de la société californienne University Medical Pharmaceuticals, pour 64 millions.MAI 2012 Achat du laboratoire américain Medicis Pharmaceutical pour 2,6 milliards.Valeant ajoute à sa pharmacie le Solodyn, un traitement de l'acné grave, et le Dysport, une toxine botulique indiquée en médecine esthétique.Valeant débourse 112,5 millions pour acquérir les droits du Visudyne, un traitement contre une forme courante de cécité associée au vieillissement.SEPTEMBRE 2012 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 39 \f DESIGN Sculpter la lumière TEXTE MARC TISON Lumenpulse lance ses luminaires architecturaux à la conquête du monde.Ses armes : le design et les diodes électroluminescentes (DEL).1 D es projecteurs architecturaux de Lumenpulse, on n'admire que l'effet, sans regarder l'objet.Leur lumière caresse des parois, sculpte des façades, enveloppe des colonnes.Mais eux-mêmes restent discrets.Pourtant, le projecteur Lumenbeam LBX a une telle présence qu'il a remporté en 2012 un prix au réputé concours de design Red Dot, en Allemagne.Pourquoi cette attention à son design ?Parce que les architectes, urbanistes et autres aménagistes qui prescrivent ces projecteurs les découvrent d'abord dans une salle de conférence, déposés sur une table.C'est leurs yeux que les Lumenbeam doivent d'abord faire briller.La révolution DEL Fort d'une longue expérience dans les luminaires, François-Xavier Souvay a fondé Lumenpulse à Montréal en 2006 avec un unique objectif : mettre à profit l'extraordinaire potentiel des diodes électroluminescentes, ou DEL.Ces petits composants électroniques émettent une lumière blanche ou colorée, en tirant le maximum de lumens de chaque watt consommé.Autre coup d'éclat, la DEL émet sa lumière dans une direction précise, alors que les lampes fluorescentes ou incandescentes la dispersent dans toutes les directions.Dans le Vieux-Port, la tour de l'Horloge est entièrement illuminée avec des produits Lumenpulse d'une puissance totale d'à peine 450 W.« C'est l'équivalent de quatre ampoules incandescentes ! », s'extasie Jean-Philippe Pellan, directeur du design et du génie mécanique chez Lumenpulse.Les DEL offrent en outre une durée de vie phénoménale de plus de 100 000 heures.Le luminaire qui les porte doit donc passer lui aussi le test du temps .« Notre approche, c'est un design minimaliste, pour que ça franchisse bien les années, décrit François Besner, un des cinq designers industriels de l'entreprise.La mode peut mal vieillir.» L es projecteu rs de la fa mille Lumenbea m , moulés en alu miniu m , ont la forme d'un cône tronqué.Leur pourtour est ajouré de fines ailettes, qui leur donnent une vague allure de rotonde classique posée sur une colonnade.Ce n'est pas une coquetterie : les DEL sont sensibles à la chaleur et le peu qu'elles produisent doit être dissipé.« On conçoit des radiateurs », ironise François Besner.2 3 IMAGES FOURNIES PAR LUMENPULSE 40 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f 1 Le projecteur architectural Lumenbeam LBX en version suspendue.2 Le luminaire ponctuel Lumendome.Comme tous les produits de Lumenpulse, ses sources lumineuses sont des DEL.3 Dans la gamme Lumenbeam, le grand modèle LBX a remporté en 2012 un prix au réputé concours de design Red Dot.4 Les nouvelles suspensions intérieures Lumenline : comme un bloc dont une des faces projette un long trait lumineux.4 Une vision du design Si « le design est la pierre angula i re de L u me n pu l s e », c o m me l'affirme François Besner, les composants électroniques sont le coeur de ses luminaires.Elles sont mises au point par la brillante équipe d'ingénieurs réunie dans les laboratoires de l'entreprise à Boston.Les 26 demandes de brevet déposées par l'entreprise témoignent de leur créativité.Q u a nd F ra nçois B e s ner s 'e st joint à l'entreprise, en 2010, elle ne comptait encore qu'une quinzaine d'employés.Deux ans plus tard, Lumenpulse emploie près de 170 personnes.« On a un taux de croissance phénoménal », constate-t-il.Pour l'instant, les États-Unis constituent le principal terrain de jeu de Lumenpulse.Toutefois, un bureau a été ouvert à Londres pour développer les marchés européens et asiatiques.Le siège social de l'entreprise, situé dans l'ancienne usine de la Northern Electric, dans Pointe SaintCharles, exprime son parti pris pour le design.Murs et mobilier blancs, touches décoratives noires, parois vitrées : c'est le contraste entre la clarté et la pénombre, la transparence et l'opacité.L e volu m i ne u x c a t a lo g ue de Lumenpulse se présente lui-même comme un ouvrage d'art, avec sa couverture noire rigide, sa reliure cousue et son graphisme soigné.Il compte une dizaine de familles de produits, comme les barres d'éclairage Lumenfacade, qui inondent les parois des édifices de leur lumière > Pour joindre notre journaliste : mtison1@lapresse.ca rasante.Elles animent la quadruple bande de panneaux lumineux multicolores qui ceint le stade BC Place, à Vancouver.L e s L u me nd o m e « tou t e s t Lumen, ici », rigole François Besner sont de jolis luminaires ponctuels faits d'un hémisphère translucide encastré dans un socle circulaire.Ce sont eux qui illuminent la croix du mont Royal.La plus récente famille, Lumenline, en cours d'achèvement, est destinée à l'éclairage de bureau.« C'est notre prochain gros coup », assure François Besner.Ce sont de fines poutres suspendues, aux arêtes aiguës, dont toute la surface inférieure diffuse une lumière uniforme, fondue, comme un trait lumineux qu'aurait tracé un énorme surligneur à photons.« On voulait un bloc duquel la lumière sort, et on le voulait le plus neutre possible », décrit-il.Pas de quincaillerie apparente.Pas de perte de lumière aux joints entre les sections.Pas d'interruption du ruban lumineux.« C'est simple mais cette simplicité est un défi extrêmement difficile à réaliser », dit-il.On songe aux lignes fondamentales de l'iPhone, à Steve Jobs et à sa passion obstinée pour le design épuré.« Effectivement, on utilise souvent cette image de l'iPhone, et c'est ce qu'on essaie de reproduire, confirme le designer.La simplicité dans la forme et tout dans la fonction.» U ne si m pl ic ité u n ive r s el le , espèrent-ils.Les ailettes des projecteurs Lumenbeam ne sont pas une coquetterie: les DEL sont sensibles à la chaleur et le peu qu'elles produisent doit être dissipé.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 41 \f TECHNOLOGIE Portable?Tablette?Pourquoi pas les deux! Avec son nouveau système Windows 8, Microsoft ouvre grande la porte aux nouveaux formats d'ordinateurs personnels.Besoin d'un portable et d'une tablette ?Vous pouvez désormais profiter des deux en un seul appareil.TEXTE ALAIN MCKENNA, COLLABORATION SPÉCIALE Dell XPS Duo 12 Dell pousse un peu plus loin le concept de l'ordinateur hybride en proposant le X PS Duo 12, un portable dont l'écran pivote dans son cadre afin de se transformer en tablette ou en écran multimédia bon pour un diaporama photo, une présentation professionnelle ou une pause vidéo.L'écran n'est pas détachable, ce qui a tout de même ses avantages: une mémoire Flash de 128 ou 256 gigaoctets et un processeur Core i5 ou Core i7 d'Intel.En revanche, ça vide la batterie en moins de cinq heures ce qui, pour un appareil à 1200$, est difficile à accepter.est livré avec un clavier détachable qui lui confère l'allure d'un portable ultramince, ajoutant des prises USB et une fente pour cartes SD.Le reste de la fiche technique est tout aussi attrayant : caméra HD à l'avant, caméra de 8 mégapixels à l'arrière, capteur NFC pour le transfert sans contact entre appareils, stylet pour la prise de notes et une sono signée Beats Audio, ce qui plaira aux amateurs de musique et de vidéos sur le pouce.À partir de 850 $.Il suffit ensuite de retourner l'écran pour transformer l'appareil en une (imposante) tablette prête pour le travail ou les loisirs mobiles.Lenovo assure une autonomie de huit heures, mais son poids de 1,5 kilo pourrait vous inciter à reposer l'IdeaPad Yoga sur le bureau avant cela.1100 $.Microsoft Surface Pro Pour le prix d'un iPad, la tablette Surface de Microsoft est vendue avec un choix de deux claviers en option, mais l'appareil qui retiendra l'attention des voyageurs en quête de productivité est la Surface Pro, animée par Windows 8 Pro, une version du système combinant ses facultés mobiles et de bureau.En prime, l'appareil est livré avec un clavier ultramince, mais assez confortable, grâce au format élargi de ce modèle.Reste à voir s'il ne se frottera pas d'un peu trop près à l'écran.L'appareil inclut aussi un port USB, une fente pour cartes Lenovo IdeaPad Yoga Pourquoi Yoga ?Probablement parce qu'avec son écran pivotant et le système Windows 8, ce nouvel IdeaPad à écran de 13 pouces est un appareil pour ainsi dire très.flexible.En mode portable, cet appareil paraîtra familier à quiconque a l'habitude des produits Lenovo.Le clavier et le pavé tactile sont pratiques.Le processeur Core i5 anime l'appareil avec aplomb.HP Envy x2 Hewlett-Packard revient sur le marché des tablettes avec l' Envy x2, u n appa reil hybride qui dev ra it rapidement faire oublier l'aventure TouchPad avec WebOS.Doté d'un écra n de 11,6 pouces, l' Envy x 2 42 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f MicroSD et un pied amovible qui permet de l'asseoir aisément sur un bureau.Et pour bien faire, Microsoft inclut la suite Office 2013 de série, ce qui évitera quelques coûts additionnels.Son prix : plus de 800 $.pas de batterie d'appoint, ce qui en limite l'autonomie : moins de huit heures.Sinon, tout le reste est au rendez-vous : ports USB, fente pour cartes mémoire, sortie MicroHDMI, etc.1200 $.sous la forme d'un portable, le Vaio Duo 11 n'est pas des plus agréables.À 1,6 kg, il n'est pas léger non plus.Et à 1300 $, il faut, en plus, en avoir les moyens.Samsung Ativ Smart PC Samsung a eu un peu plus de temps pour jouer avec Windows 8, ayant conçu le prototype de tablette utilisé par Microsoft pour démontrer les nouveautés de son système avant son lancement officiel.Le fabricant coréen mise donc sur cet avantage afin de présenter une gamme d'appareils appelée Ativ, qui comprend deux portables hybrides, une tablette et un téléphone, tous animés par Windows 8.L'Ativ Smart PC P ro a droit à Windows 8 Pro, l'édition complète du système pouvant accueillir les applications du Windows Store et les logiciels de bureau plus traditionnels.Son clavier, détachable, ne comprend Sony Vaio Duo 11 Les propriétaires d'un iPad qui ont acheté un étui d'appoint comprenant un clavier seront habitués à l'allure du Vaio Duo 11, un appareil qui prend la forme d'une tablette Windows 8 de 11,6 pouces à laquelle on a greffé un clavier de secours.Ça rend le format un peu étriqué, surtout si on doit plancher sur de longs documents.En plus, Sony troque la souris contre un pointeur optique logé en plein coeur du clavier, mais on a tôt fait de mettre le doigt sur l'écran, ce qui semble plus naturel.Sony inclut également un stylet, au besoin.Autrement dit, > Pour joindre notre journaliste : alain.mckenna@lapresse.ca Toshiba Satellite U925t Le Satellite U925t est avant tout un portable ultramince, mais l'écran peut être couché sur le clavier afin de le transformer en une tablette de 12,5 pouces.Comme plusieurs autres, sa fiche technique rappelle celle d'un PC : processeur Core i5 d'Intel, ports USB, fente pour carte SD, 128 gigaoctets de mémoire interne, etc.La caméra de 3 mégapixels n'est pas terrible, mais l'autre, à l'avant, permet de faire des appels vidéo par Skype sans tracas.En mode tablette, l'image est vive et le son est suffisamment puissant pour satisfaire les besoins des amateurs de multimédia mobile.1150 $.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 43 \f MODE Hugo Boss : 98 $ Topman : 20 $ Burberry London : 160 $ Ted Baker London : 95 $ Dubuc : 100 $ Dubuc : 100 $ La cravate: c'est in La cravate serait-elle l'uniforme de bureau par excellence ?Elle est surtout l'indispensable chic à maîtriser.Mode d'emploi de cet essentiel de la garde-robe masculine.TEXTE ELSA VECCHI, COLLABORATION SPÉCIALE PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT Les tendances de la saison vues par Martin Charbonneau, conseiller en magasinage personnalisé chez Holt Renfrew.« La cravate la plus in cette saison mesure entre six et sept centimètres de largeur », selon Martin Charbonneau.« Exit la super skinny et le modèle surdimensionné, la cravate de l'automne/hiver 2012 se situe à la frontière des deux.» Qu'on se le dise, cet accessoire chargé par essence en testostérone ne suit pas aveuglément les tendances, tant s'en faut.Mais il flirte élégamment avec la mode saisonnière sans plonger tête baissée dans les excès.Côté nuances de la saison ?« Aubergine, prune, bourgogne sont les tonalités de la rentrée », poursuit notre spécialiste.Au rayon matières, les plus classiques sont aussi les plus convoitées.C'est-à-dire « soie, tweed et laine », le trio imparable.Autrement formulé, le retour à un certain classicisme façon élégance british est à envisager.Vous pouvez foncer les yeux fermés sur un modèle rayé ou agrémenté de micro pois ou carrément uni.« Et surtout : un noeud simple, c'est plus simple d'ailleurs, et parfaitement d'actualité ! » Qu'on se le dise: la cravate est hot! Quelques preuves s'il en faut.Don Draper, le héros viril et mystérieux de la série Mad Men symbolisé par le costume sombre, la chemise blanche et la cravate noire a fait plusieurs émules depuis cinq saisons! Daniel Craig (l'actuel James Bond), Marc-André Grondin (acteur et sex-symbol national) ou Justin Timberlake (star de la musique et consacré régulièrement «l'homme le plus sexy de la planète!»), tous dégainent la cravate au moment le plus opportun.En costard trois-pièces pour certains, chemise décontractée pour d'autres, et même associée à un jean et à des baskets, la cravate est l'atout chic, irrésistible et parfaitement élégant.44 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f YSL : 150 $ Holt Renfrew : 125 $ Jil Sander : 150 $ MEXX Metropolitan : 59,90 $ Hugo Boss : 115 $ Duchamp : 190 $ Les erreurs à éviter Bien souvent, la cravate la plus simple est la plus chic : évitez le crash stylistique.Respectez votre morphologie.Grands gabarits, évitez les modèles mini.Et inversement.Elle ne doit être ni trop courte ni trop longue, mais côtoyer le haut de la ceinture.Si vous portez une chemise avec un grand col, il vous faudra une cravate avec un noeud imposant.Et inversement.Une cravate trop large donnera une importance excessive au torse, à moins que vous ne soyez animé d'une envie irrésistible d'affirmer cette zone de votre anatomie.CONSEILS DE CRÉATEUR : Philippe Dubuc « La cravate est la ponctuation graphique de la silhouette.Elle a cette capacité d'allonger la silhouette en un tournemain », selon le designer québécois Philippe Dubuc.« Il ne faut surtout pas la porter par obligation, mais bien par plaisir.C'est à ce moment précis qu'elle prend tout son sens.» La cravate en dit long sur la personnalité ! Chemise totalement boutonnée ou plus ou moins ouverte, selon votre envie du moment, la cravate est l'essentiel avec lequel il faut jouer, s'amuser, pour séduire professionnellement ou dans un registre plus privé.À vous de voir.« Lors d'un rendez-vous professionnel important, porter un modèle très typé motifs imposants et couleurs flashy aura vite fait de vous faire passer pour un homme à la personnalité parfaitement affirmée, donc sûr de lui ! », précise Martin Charbonneau (Holt Renfrew).Est-ce à dire que vous allez en mettre plein la vue à ceux que vous croiserez ?Il n'y a qu'un petit bouton de manchette à franchir.Et pour le soir ?« Un modèle noir agrémenté de fils de lurex pour les plus audacieux.Une manière de vous propulser au comble de la tendance.» Deux petits conseils pour la fin : « À oublier absolument : la cravate en maille, quétaine ! N'hésitez pas à sortir des sentiers battus, la société a évolué », selon Martin Charbonneau.> Pour joindre notre journaliste : elsavecchi@videotron.ca CONSEILS DE STYLISTE : Conrad Nadeau « Il faut coordonner la cravate avec la chemise et non avec la veste.» « En misant sur la soie, la forme demeure plus longtemps.» « On peut la mixer avec un chandail col en V ou un gilet pour en atténuer le côté formel.» LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 45 \f SORTIR Montréal Envie de couper la semaine en deux ?Voici trois suggestions de 5 à 7 originaux qui vous feront patienter jusqu'à l'arrivée du week-end.TEXTE MARTIN BEAUSÉJOUR, COLLABORATION SPÉCIALE LES JEUDIS BIÈRES, BULLES ET BOUCHÉES DU BEVO Tous les jeudis, le restaurant Bevo du Vieux-Montréal offre son nouveau 5 à 7 intitulé Bières, bulles et bouchées.On y déguste une bière locale ou un verre de Prosecco bien frais, au son de la musique du DJ, et entouré d'une clientèle décontractée et branchée.Des bouchées italiennes (arancino, polpette di casa et pizza) sont aussi servies gratuitement.Comme l'endroit est à la fois une pizzeria et un bar, vous pourrez ensuite vous installer à une table pour casser la croûte et faire durer le plaisir.L'endroit ferme à 2 h du matin, les jeudis, vendredis et samedis.bevopizza.com 410, rue Saint-Vincent 46 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f LES MARDIS MARTINIS MIDTOWN Tous les derniers mardis du mois, sauf en décembre, le Midtown Sporting Club Sanctuaire organise une soirée où les tapas, les martinis et la bonne musique sont à l'honneur.Nul besoin d'être membre de ce club sportif très sélect, l'entrée est gratuite et ouverte à tous.On y retrouve une clientèle d'affaires, agée de 25 à 45 ans.Côté musique, on encourage les artistes émergents, que ce soit des DJ ou des groupes live.Les Mardis Martinis se déroulent dans l'espace M Café et commencent à 19 h.Consultez la page Facebook du Midtown pour connaître la programmation.Prochain rendez-vous : le 27 novembre.www.midtown.com 6105, avenue du Boisé LE BAR BIG IN JAPAN Avec son décor unique, le Big in Japan attire une faune plutôt artistique.Grâce aux bouteilles de whisky japonais accrochées au plafond et aux dizaines de lampions, entrer pour la première fois dans ce bar fait tout un effet.Le personnel, en chemise blanche et noeud papillon noir, est dévoué, quoiqu'un peu trop sérieux.Côté musique, le volume est si bas qu'on s'entend parler sans problème.On s'y rend de préférence le jeudi soir.Il ne vous reste qu'à trouver la porte, car le Big in Japan est discret.Au lieu d'une enseigne, cherchez plutôt un petit sigle japonais.À ne pas confondre avec le restaurant du même nom.> Pour joindre notre journaliste : beausejourmartin@gmail.com Big in Japan 4175, boulevard Saint-Laurent LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 47 \f AUTO L'Amérique aime (toujours) ses berlines Comme le vin, l'automobile a ses grands crus.Hélas, celui de cet automne 2012 n'a rien de très marquant pour qui aime les produits de cette industrie.Cette saison, la plupart des nouveautés se concentrent au rayon des berlines intermédiaires.Une espèce que d'aucuns jugent banale.En effet, on a eu beau affiner la silhouette, acérer la calandre, accroître la surface vitrée ou sculpter les ailes, rien à faire.Une berline, c'est d'abord et avant tout : un capot, un habitacle et un coffre.Que la base peut-être, mais ça marche toujours, même si cette carrosserie se trouve aujourd'hui à contre-courant des tendances du marché.TEXTE ÉRIC LEFRANÇOIS, COLLABORATION SPÉCIALE «U ne e s pè ce en voie d'extinction », prophétisaient certains observateurs, convaincus que les multisegments et les autres véhicules aux formes métisses allaient la balayer de l'échiquier.Cela reste encore à voir.Car si ce segment n'a plus l'envergure qu'il avait autrefois, il est certainement très loin d'être sinistré.Au Québec, ce créneau connaît même une croissance à deux chiffres depuis le début de l'année et occupe une confortable troisième place au palmarès des automobiles les plus recherchées.Mais qu'elle retrouve des couleurs auprès des Québécois ou des autres Canadiens n'a pas énormément d'importance.L'industrie automobile est d'abord et avant tout préoccupée pa r l'intérêt des A méricains.Bonne nouvelle, ils aiment toujours leurs berlines.En fait, ils les aiment (encore) beaucoup.Pour preuve, un véhicule sur cinq vendu aux États-Unis appartient à cette 48 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f catégorie.Et celle-ci « croît deux fois plus vite que toutes les autres », a rappelé Mark Fields, président de Ford des Amériques, aux journalistes invités à conduire la Fusion en avant-première.Mark Fields et ses homologues s'entendent sur un point : pour s'imposer sur le deuxième marché automobile de la planète, il faut une intermédiaire.Et de préférence, une qui soit compétitive pour déloger la reine du segment, la Toyota Camry.Depuis la Taurus en 1986, Ford n'est jamais remonté sur la plus haute marche du podium.La Fusion aura peut-être cette chance, même si, contrairement à la Camry et bien d'autres de ses rivales, aucun des moteurs prévus ne compte plus que quatre cylindres.Chevrolet et Mazda adoptent une approche similaire avec la Malibu et la 6.L es Honda Accord et Nissa n Altima, au contraire, gardent le V6 en poste.Même si cette mécanique n'est pas la préférée des acheteurs elle représente plus ou moins 20 % des immatriculations , sa présence apparaît, aux États-Unis à tout le moins, indispensable.Pour peu que le prix de l'essence demeure stable évidemment.Outre un bataillon de nouveaux moteurs quatre cylindres, Chevrolet, Ford et Honda proposent également comme Toyota une version hybride de leurs modèles.Même deux dans le cas de Ford qui, outre une hybride classique, en ajoute une seconde à prise rechargeable (Plug-in).Celle-ci promet une autonomie encore plus grande en mode électrique.Mazda entend, de son côté, emprunter une autre voie.Plutôt que d'adopter la double motorisation (essence et électrique), la 6 soulèvera son capot pour une mécanique turbo diesel issue de sa technologie SkyActiv.Et Nissan?La marque joue de prudence et préfère s'en tenir au statu quo.De ces cinq nouveaux modèles, lequel déboulonnera la Camry de son piédestal cette année ?Aucun.L'avance de la Camry paraît insurmontable.L'année prochaine ?Les paris sont ouverts.> Pour joindre notre journaliste : eric.lefrancois@lapresse.ca La berline Honda Accord 2013 La Nissan Altima 2013 LES VENTES D'INTERMÉDIAIRES AU QUÉBEC 6 PREMIERS MOIS DE L'ANNÉE 2012 3000 NISSAN ALTIMA (1 549) VOLKSWAGEN PASSAT (1 087) TOYOTA CAMRY (2 517) KIA OPTIMA (2 314) HYUNDAI SONATA (2 203) CHRYSLER 200 CHEVROLET (887) IMPALA (674) SUBARU LEGACY (604) CHEVROLET MALIBU (561) CHRYSLER CHARGER (287) CHRYSLER AVENGER (310) BUICK ALLURE/ LACROSSE (245) SUZUKI KIZASHI (107) GENERAL MOTORS REGAL (207) 2500 2000 1500 1000 500 FORD FUSION (1 270) NISSAN MAXIMA (279 KIA RONDO (986) HONDA ACCORD (714) MAZDA MAZDA6 (608) TOYOTA PRIUS (572) BUICK LUCERNE (25) 0 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 49 \f RUDY LE COURS AU BOUT DU COMPTE Pour joindre notre journaliste : rlecours@lapresse.ca I L LU S T R AT I O N K E V I N M A S S É L A P R E S S E Le lent déclin de l'Ontario À regarder la chorégraphie désordonnée des grues dans la région métropolitaine de Toronto, on pourrait conclure que l'Ontario connaît un nouveau boom économique.Malheureusement, c'est plutôt une illusion.L'Ontario vit les derniers mois d'un surcroît d'activité économique, au lendemain d'une récession qui a mordu là davantage qu'ailleurs au pays.Les signes de difficultés structurelles de la première économie ca nadien ne sont nombreux.Rescapée à coups de milliards par Ottawa et Queen's Park, l'industrie automobile ne retrouvera jamais sa superbe d'avant la récession.L'agrandissement annoncé en juillet dernier de l'usine Toyota à Woodstock ne compensera pas la fermeture de l'usine GM à Oshawa au mois de juin prochain.Celle-ci s'ajoute à ces autres de GM à Oshawa et à Windsor, à celles de Ford et des camions Sterling à St.Thomas, aux fournisseurs de pièces tels Magna International et Martinrea, à l'aciérie Stelco, spécialisée dans la fabrication de pièces pour n'en nommer que quelques-unes.Certains préféreront plutôt regarder la relance des exportations de véhicules vers les États-Unis depuis le début de l'année, qui sont pourtant loin d'atteindre les niveaux d'avant la récession.L'Ontario est aussi aux prises avec une production électrique lourdement dépendante 50 du nucléaire et du charbon.Elle s'est engagée au tournant de la décennie à remplacer prochainement ses quelque 6300 mégawatts de génération électrique houillère par des parcs d'éoliennes et des centrales alimentées à la biomasse ou au gaz naturel.C'est un gros défi à la fois technique et budgétaire, avec sans doute, à la clé, des hausses de tarifs et d'importations d'énergie, voire d'occasions d'investissements ratées.La restructuration économique en Ontario a des conséquences même en cette année de croissance appréciable.À l'échelle de la province, la progression annuelle des salaires hebdomadaires moyens est désormais plus faible que celle observée d'un océan à l'autre.Des salaires qui progressent moins vite, ce sont des rentrées fiscales moins importantes alors que les finances publiques ontariennes sont en bien mauvais état.Queen's Park prévoit un retour à l'équilibre budgétaire en 2017-2018, seulement.Cela en fera la dernière des provinces, et de loin, à se sortir du rouge.La partie est, de surcroît, loin d'être gagnée.Rien n'est prévu dans le plan budgétaire déposé au printemps au-delà de 2015, si ce n'est que la croissance des dépenses des ministères devra être limitée à 1% par année.Du jamais vu, même quand la province était sous l'emprise idéolog ique de la pseudo révolution du bon sens (du non-sens plutôt !) de M ike Harris (de 1995 à 2002).Des coupes budgétaires avaient La décote guette l'Ontario.Une étude récente sur la solvabilité des provinces montre que l'Ontario aura le plus grand défi fiscal à relever au cours des deux prochaines décennies.a lors nou r r i des ba isses d'impôt excessives qui créent aujourd'hui des carences structurelles de recettes budgétaires.Autrement dit, les Ontariens n 'o n t p a s c o m p r i s q u ' i l s sont aux prises avec un problème semblable à celui des Américains, mais heureusement de moindre ampleur.Sa résolution devra passer par l'alourdissement du fardeau fiscal des ménages et des entreprises qui rendra la province moins attrayante.Le gouvernement minoritaire de Dalton McGuinty s'est refusé à cette solution.L'opposition néodémocrate l'a forcé à imposer davantage les plus riches en échange de son accord.Cela ne suffira pas.Le manque à gagner de ce cinquième déficit d'affilée reste évalué à 14,4 milliards pour l'année en cours.Il pourrait être plus élevé.En démissionnant le mois der n ier, M .McG u i nty a ajourné sine die les travaux parlementaires.L'administration publique sera par conséquent moins surveillée par des partis politiques qui salivent à l'idée d'élections hâtives.La décote guette l'Ontario.L'étude récente de Ma rk Joffe de l'Institut MacdonaldLaurier sur la solvabilité des provinces montrait que c'est l'Ontario qui aura le plus grand défi fiscal à relever au cours des deux prochaines décennies.Pou r le Québec, il n'est pas bon de voir faiblir son deu xième pa rtena i re commercial alors que le premier, les États-Unis, est loin d'être remis des méfaits de la grande récession.Les acheteurs de la dette ontarienne en revanche devront digérer cette nouvelle donne : malgré la gra nde liquidité de ses obligations, l'Ontario ne mérite peut-être plus d'emprunter à des taux plus avantageux que la ColombieBritannique ou le Québec, plus disciplinés dans la conduite de leurs finances publiques.LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f nortonrose.com Nous nous dépassons pour vous Quel que soit l'endroit ou la situation, nous possédons les connaissances approfondies et le réseau mondial nécessaires pour mener vos projets juridiques à bon port, et plus loin encore.Nos relations de longue date avec nos clients et les nombreuses opérations que nous traitons, témoignent de la qualité de nos services, que ce soit au Canada, en Amérique latine ou ailleurs dans le monde.2 900 avocats | 43 bureaux | 6 continents | 1 vision LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 51 \f © 2012 Ernst & Young s.r.l./s.e.n.c.r.l.Tous droits réservés.Toujours plus haut.Toujours plus loin.Avec nous.C'est grâce à nos gens, dont les talents et la passion sont sans bornes, que nous méritons d'être au sommet du monde littéralement et de figurer sur la liste des meilleures multinationales où il fait bon travailler.Pour en savoir plus, visiteznous à ey.com/ca/fr.Voyez grand | Croissance 52 LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE \f "]
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