Le bulletin des agriculteurs /, 1 août 1926, jeudi 26 août 1926
JOURNAL HEBDOMADAIRE .y ! publié par la Qe DE PUBLICITE RURALE Ltée DIRECTEUR : J.-N.Ponton REDACTEUR : Firm in Létouracau VOLUME 11 — No 34 MONTREAL, 26 AOUT 1926 Le sol est notre plus grande force Àqricviltexirs Rédaction et Administration; 3, RUE NOTRE-DAME EST, Montréal Téléphone: Main 2651 Abonnement: 1 an, 81.00; 3 ans, *2.50: Montréal et pays étrangers, S0.50 de jolui par année.CINQ SOUS LE NUMERO I ira ge Certifié par VA.B.C Un point que les cultivateurs aimeraient à entendre discuter La campagne électorale avance rapidement; elle atteindra bientôt sa ; fin.Chose certaine, c'est que personne ne s'en plaindra, les électeurs nas plus que les candidats.Les candidats du gouvernement défait continuent d'attacher une crandc importance à la question de la "constitutionnalité".Cette question semble toutefois laisser le commun des mortels joliment indifférents, pour la bonne raison que l'on ne voit pas bien comment elle- affecte les intérêts du pavs, et pour cette autre raison qu'elle est survenue en cette élection, comme un cheveu sur la soupe.En effet, la dissolution des Chambres avait déjà été demandé et ce n'est qu'après coup que cette question fut soulevée.Un malin disait, l'autre jour: "Je me demande ce nue certains candidats auraient eu à dire si le gouverneur eût accordé la dissolution des Chambres à l'ex-premier ministre, l'honorable King." Tout cela relève de ce que l'on appelle communément la politique et pour cela nous ne nous en occuperons pas.Il est une autre question qui nous intéresse grandement, comme agriculteurs : c'est la question de la protection et de la conservation, pour les producteurs canadiens, des marchés canadiens.Et cette question nous intéresse grandement parce que nous savons qu'en douze mois les cultivateurs américains ont vendu sur les marchés des villes canadiennes pour S73,000,000 de produits agricoles alors que les cultivateurs canadiens n'en avaient vendu aux Etats-Unis que pour 842,000,000.Nous avons donc à ce jeu perdu 331,000,000 qui, au lieu de tomber dans les goussets des cultivateurs canadiens, sont allés enrichir les cultivateurs américains.En hommes ordinairement sensés, nous croyons que ce -mil le devoir du gouvernement de porter notre tarif à peu près au niveau de celui des Etats-Unis afin de rétablir l'équilibre actuellement rompu entre nos exportations de produits agricoles aux Etats-Unis et nos importations de ces mêmes produits du même pays.Il y a, auTestc.des faits très tangibles qui nous portent à croire que nos produits ne sont pas suffisamment protégés.Si nous parcourons la liste de ceux importes depuis le printemps, par exemple, nous ouvrons .malgré nous les yeux.En effet, pendant la semaine du 30 avril au 5 mai, nous avons importé à Montréal: 3 char» de céleri, 5 de tomates, 1 de laitue.10 de choux.8 d'oignons.12 de légumes mélangés, 2 d'épinards, '.i rie fntises.Durant la semaine du 12 au 19 mai.nous avons importé: 5 chars tie fraises, 11 de concombres.27 de choux, 2 d'oignons, 4 d'épinards, 8 de Mini, 4 de tomates.2 de pommes de terre.1 de chou-fleur, 8 de légumes mélanges.Durant la semaine finissant le 27 mai.nous avons importé: 11 chars ¦ .nombres.10 de tomates.4 de laitue.5 d'oignons, 2 de céleri, fi de 1 houx, 8 de.fraises.1 de légumes mélangés.1 de patates, 3 de.pommes.Durant la semaine du 10 juin, nous avons importé: 19 chars de patates, 25 de concombres, 5 de tomates, 31 de fraises, 5 de céleri, 3 de ¦tirions d'eau.Durant la semaine finissant le 13 juin, nous avons importé: 9 chars it patates, 20 de tomates.10 de fraises.10 de fruits mélangés, 1 de pom-lies, 1 de melons d'eau, Ifi d'oignons, 1 de laitue, 1 de prunes, 2 de lègu-r.rs.'.' de fèves—haricots , 2 de patates, 1 de choux.fendant la semaine du 23 juin, nous avons importé des Etats-Unis: 17 , hors de pommes de terre, 13 de choux, 2 de carottes, 4 de laitue, 11 /•• fraises.14 de.concombres, 11 de légumes mélangés, 41 de tomates, 1 de ¦rriscs, 2 de fèves, 14 de fruits mélangés, 14 de pèches, 4 de melons d'eau, 2 de céleri.1 de pommes, 1 de prunes.Il est bien évident que le Canada peut produire et produit tous ces articles; mais les produits américains réussissent à s'introduire dans notre pavs parce qu'ils sont plus natifs, en général, et parce que les droits tarifaires sont relativement peu élevés.\ une époque où l'on fait de si grands efforts pour développer la culture fruitière et maraichère, il semble que cr courant formidable des produits américains n'est pas de nature à encourager les cultivateurs canadiens.En fait; la plupart des maraîchers pratiques qui sont au courant de la question considèrent que ces importations des Etats-Unis sont contraires à leurs intérêts et qu'elles ne servent pas non plus l'intérêt du consommateur, parce que, en fin de compte, elles ne font qu'avancer parfois de quelques jours seulement la consommation de toiles primeurs, dont la qualité devient vite inférieure aux produits canadiens quand eèux-cl apparaissent sur les marchés, et qui font que.après avoir payé hauts prix des primeurs aux producteurs américains, le consommateur canadien ne paie, pour les primeurs canadiennes, que des prix détériorés par l'abondance de la production américaine avec l'avance de la saison.La question du rajustement du tarif intéresse donc vivement nos cultivateurs et c'est pour cela qu'ils préfèrent que leurs candidats la discutent devant eux, plutôt que de les entretenir indéfiniment de la question le In "ronstitutionnalité".Les enchères publiques Malgré le.mépris qu'il affiche, le porte-parole du Comité exécutif de la Coopérative Fédérée attache tout de même une grande importance à mes articles sur celte question.Il est bien vrai que ses réponses souffrent du péché mignon de n'être jamais au poinl, mais quant â la longueur des échappatoires qui les constituent, il faut avouer que ces réponses sont nu moins des sortes de réponses.Le point que j'ai soulevé et la question que j'ai posée sont pourtant flairs: j'ai affirmé que la vente du beurre et du fromage aux enchères était préférable aux ventes privées et je l'ai prouvé en citant des chiffres et en apportant le témoignage de tous les producteurs des principaux rentres de l'Ontario et d'ailleurs.-, En second lieu, j'ai demandé aux offiriers de.la Coopérative pourquoi ils avaient abandonné le système des enchères.L'on a répondu, comme je le disais plus haut, de toutes sortes de façon, mais l'on ne m'a jamais dit que j'avais tort de proclamer le système des enchères publiques comme le meilleur système, ni non plus pourquoi ce système avait *W mis de côté.Cette semaine, l'on me demande, de donner les noms des connaisseurs dont je partage les opinions.Si je ne craignais de mettre dans une situation difficile l'une des principales autorités en industrie laitière, au ministère d'Agriculture d'Ottawa, je pourrais accompagner sa déclaration de son nom, et j'aurais beau jeu pour le faire, car cette déclaration "l'a été faite devant trois témoins.Mais comme cela ne suffirait pas à convertir les messieurs de la Coopérative, je ne vois pas pourquoi j'exposerais cet homme aux embarras politiques que lui susciterait certainement la publication de sn déclaration.Voici, à tout événement, ce qu'il disait après avoir demandé pourquoi nous n'avions plus d'enchères à Montréal: le système actuel de vente du beurre, et dit fromage est mnu-vais pour les cultivateurs; "It should not he tolerated." Je pourrais aussi citer le témoignage de plusieurs cultivateurs, que K ne suis pas prêt h considérer comme incapables de juger cette matière, qui appuient entièrement mes dires et désirent une réponse à la question 1Uc i'al posée.Mais comme ces gens ne doivent rien aux administrators de la Coopérative, Je ne vois pas pourquoi je donnerais lours noms.'« auront probablement l'occasion d'ontendr© parler d'eux Individuellement.• ïJc plus, je connais un bon nombre d'hommes qui, parce cru'lls sont des ' nommes d'affaires, ne sont pas nécessairement des voyous ni des voleurs, XSuite à la page 1P* Apropos d'une démission Un des directeurs de 1*U.C.C, M.Damlcn Neveu, directeur pour le diocèse de Joliettc, a accepté d'être candidat; c'était son droit et l'Union n'a pas à intervenir.Scr concitoyens voteront pour lui ou pour son adversaire, l'Union ou son président n'ont qu'une chose à dire aux électeurs de ce comté comme 3ux électeurs de toute la province: Voter, suivant votre conscience et pour ceux que vous croirez les pflus qualifiés pour vous représenter et administrer les affaires de notre pays, prenant Qeur part de la confection des lois, qui seront bonnes ou mauvaises, suivant que nos mandataires seront bons ou mauvais.Le point que je veux mettre en lumière est la mentalité agricole que cette démission indique.Comme le dit M.Neveu, les statuts de l'Union ne défendent à personne de faire de la politique à part d'en faire au nom de l'Union.C'est très vrai.Alors pourquoi démissionner?Cest quo l'on demande plus de délicatesse et d'indépendance aux cultivateurs qu'aux autres classes.Aux officiers d'une association professionnelle autre que la nôtre, on ne ferait aucun reproche de faire de Ja politique active, mais quand il s'agit des cultivateurs il faut éviter l'ombre d'un équivoque.M.Neveu l'a compris; il s'est conduit en conséquence; comme président de l'U.C.C, Je l'en remercie.Mais toutes ces" preuves de loyauté et d'indépendance chez l'Union et «os officiers vont-elles faire cesser la malveillance de ceux qui voudraient nous voir disparaître comme organisation?Bien téméraire serait celui qui aurait cette espérance.Une organisation comme la nôtre a trop de travaux à accomplir, trop de services à rendre aux cultivateurs, trop de luttes à soutenir dans l'intérêt des cultivateurs, pour qu'il n'y ait pas d'appétits et de spéculation» de dérangés chez certaines' gens.Alors rien de surprenant qu'on se serve de tous les moyens possibles,pour retarder son dévoloppcment.Aux cultivateurs1 qui sentent le besoin d'un groupement bien à eux, jo poserai une question: Pouvez-vous trouver une organisation comme la nôtre où il y ait autant de souci d'Indépendance et d'impartialité et en mêm« temps appartenant uniquement aux cultivateurs qui seuls peuvent en faire partie?Et la conclusion qui s'impose est coTle-ci: Cultivateurs, vous voulez d'un groupement; vous le voulez indépendant des partis, vous le voulez fort, puissant, capable d'en imposer par sa force, sa dignité, par l'esprit de loyauté et de Justice présidant à ses activités et à son administration, faites partie de W.C.C.et si parfois vous renoontrez certaines gens pour vous dire que un tel ou un tel, membre ou ami de l'U.C.C, défend ses convictions politiques, et que vous ne devez pas en faire partie parce que ces convictions ne sont pas les vôtres, demandez-vous si parmi les autres classes il y a plus de délicatesse que chez nous sous ce rapport?Et cependant, bien que dans toutes les autres associations professionnelles il y ait moins de délicatesse que chez nous, il n'est aucun des intéressés qui refuse d'en faire paTtic pour raison de partisan-neric.Pour une fols, prenons exemple des autres; cultivateurs, soyons membres de notre Union pour sa force et notre bien.LAURENT BARRé président de l'U.C.C de Québec.La défense de notre capital humain LES DEFENSEURS (Cet article a été écrit pour /'Action Française qui poursuit une enquête sur la défense du capital hum lin).La vente des produits laitiers M.Edouard Montpetit nous a démontré l'importance du capital humain."La production, a-t-il écrit, est le résidtat d'une collaboration.La nature prête sa fécondité et ses forces; elle subit la conquête humaine.L'homme, volonté intelligente, décuple sa puissance par le travail et le capital.Mais dans l'oeuvre de production, l'un des facteurs est essentiel parce qu'il est Initial: c'est le travail de l'homme.Rien sans lui.S'il s'arrête, c'est la sauvagerie qui renaît.L'homme est donc à l'origine, il est donc au soutien de l'oeuvre économique." Or, c'est à la campagne que se trouve la source du capital humain.M.Esdras MinviUe nous l'a prouvé au mois de mai dernier."C'est h la campagne, a écrit M.Min ville, que se trouvent véritablement, ainsi que dit Romier, "les sources profondes de la nation".L'élément rural de la population représente en quelque sorte la stabilité, la, continuité, tandis que l'élément urbain donne plutôt l'idée d'une masse toujours en mouvement et en voie de transformation.La nécessité d'une classe rurale prospère et satisfaite ne fait de douie pour personne: le progrès de nos villes en dépend; l'avenir de notre peuple y est intimement lié." Xotre première ligne de défense — on la plaçait hier dans les Flandres — est donc à la campagne.Or — c'est le deuxième "or", mais c'est le dernier —or, qui défendra, à la campagne, le capital humain?Les cultivateurs.# * * Les cultivateurs ont fait la nation.Ils étaient 65,000 en 1760.Ils sont aujourd'hui 1,000,000.Us ont défriché 20,000.000 d'acres de terre, organisé 150,000 fermes, bâti 1,500 paroisses.Et cependant qu'ils faisaient cela, ils fournissaient à l'industrie, au commerce, etc., 1,000,000 de leurs enfants, car "pour produire', il faut des hommes".'*La tâche, a écrit Mgr L.-A.Paquet, fut longue et rude.Que d'obstacles à vaincre! El combien défectueux étaient alors les instruments par lesquels le colon, abandonné à ses propres ressources, et contraint souvent de tout fabriquer lui-même, s'efforçait de dompter les resistances de la terre, de la soumettre à son empire, de la plier à ses volontés, à ses espérances et h ses besoins! En parcourant les anciennes paroisses, on pourrait voir encore, dans les recoins des granges ou sous les combles des vieux hangars, des débris de charrues primitives, des rouelles, des faucilles, des fléaux, obscurs survivants d'une époque héroïque et trop promptcmenl oubliée.(les témoins d'un autre âge et ces reliques des premiers défrichements racontent, mieux'que des mots, le labeur obstiné de plus de deux siècles." Les cultivateurs ont défendu, dans le passé, le capital humain et ils veulent continuer h le défendre dans "'avenir.Voilà pourquoi ils se sont groupés en une grande union: L'Union Catholique des Cultivateurs de la Province de Québec.* * * L'agriculture québécoise, vers 1922, subissait une crise.Les campagnes se dépeuplaient.Le réservoir de la race se vidait.Le 10 mai 1923, S.G.Mgr Gauthier, alors archevêque auxiliaire de Montréal, dans une circulaire adressée de son diocèse, jetait le cri d'alarme.Mgr Gauthier écrivait: "L'on entend dire de tous côtés que l'émigration des nôtres aux Etats-Unis prend des proportions alarmantes.J'attendais, pour vous en écrire, d'avoir des chiffres officiels; je viens de les recevoir rt il est trop évident que nous sommes menacés d'un danger sérieux.Pendant les douze premiers mois, ln province de Québec a fourni à l'émigration un contingent considérable.Dans les onze diocèses où l'on a pu suivre avec exactitude le mouvement des emigrants, 2,563 familles ont quitté leur paroisse.De ce nombre, 638 sont allées s'établir dans des centres canadiens; 1,928 familles, soit 14,060 individus, sont passées aux Etats-Unis.Le diocèse de Montréal n'etfrpas lo plus éprou- vé; il a tout de même perdu 1,019 personnes.La statistique que je tiens de la source la plus autorisée porte la date du 9 avril.Depuis lors, le mouvement s'est encore accentué.Et quand l'on songe/ a la sur-' veillance étroite que le gouvernement américain exerce sur tous ceux qu'il laisse entrer sur son territoire, il est évident que nous perdons nos hommes solides et robustes, nos artisans expérimentés.Quelles forces vont manquer :'i notre province, qui/lui seraient si nécessaires!." Le 11 juin de la môme année.S.E.le cardinal Bégin écrivait à ses prêtres: "Nous croyons, Nos Très Chers Frères, être à l'une de ces époques inquiétantes où notre sollicitude pastorale alarmée nous imposa le devoir d'élever la voix pour signaler le danger qui menace de nouveau notre expansion normale.Un mouvement intense d'émigration arrache A nos campagnes et jusque dans nos centres ouvriers des milliers de nos compatriotes qui désertent le sol, et font bénéficier nos voisins d'un travail plus que jamais nécessaire nu rétablissement de l'équilibre économique de notre pays.Notre pays, encore jeune et en pleine croissance, doit souffrir plus que tout autre de ces saignées qui épuisent sa vitalité et arrêtent son développement.Il a le droit de réclamer de tous ses enfants la part de travail et d'énergie qu'ils peuvent lui fournir; déserter son poste au moment où, pour le sauver, il faut redoubler ses sacrifices et ses dévouements constitue, flans des circonstances d'une exceptionnelle gravité, une sorte de trahison dont un peuple ne peut se rendre coupable sans forfaire aux devoirs dont tout citoyen est lié envers sa patrie." Les sociologues, les journalistes, etc., déploraient le même mal.On était pessimiste ! Les cultivateurs résolurent alors de se porter à la défense, du capital humain.Instruits, soutenus par le Bulletin des Agriculteurs, ils fondèrent, en octobre 1924, l'Union Catholique des Cultivateurs de la Province de Québec, h laquelle ils assignaient la tache suivante: lo—rGrouper tous les membres de la classe agricole indépendamment de toutes considérations autres que celles de leur profession; 2o—Donner aux cultivateurs un organisme bien à eux, qui les personnifiera comme classes et qui leur permettra d'étudier leurs problèmes et d'exprimer leur volonté: 3o—Mettre les cultivateurs, au point de vue organisation, sur un pied d'égalité avec les autres corps sociaux pour leur permettre de travailler plus efficacement au bien-être de l'agriculteur et de ln communauté entière; 4o—Développer les initiatives individuelles et de leur permettre de s'exercer librement pour le bien commun ; 5o—Coordonner les activités des organisations agricoles spéciales existantes et de celles qui seront créées dans l'avenir; 6o—Travailler à organiser les producteurs agricoles selon leurs spécialités; 7o—Fnirc bénéficier les différents groupes de producteurs agricoles de l'influence de toute la classe agricole; 8o—Coopérer a la vulgarisation des enseignements de la science agronomique; 9o—Renseigner les cultivateurs, au moyen d'enquêtes que fera ou suscitera l'Union, sur les questions de production et d'écoulement des produits agricoles; Ijlo—Travailler à diriger méthodiquement la production agricole de manière h répondre aux exigences des marchés locaux et étrangers; lo—Provoquer l'établissement de nouvelles industries agricoles; ¦ 12o—Encourager la création de sociétés coopératives, de caisses de crédit, de sociétés d'assurances mutuelles, ou de toute autre organisation susceptible d'aider l'agricultpre; 13o—Surveiller et Inspirer la législation agricole.14o—Faire représenter l'agriculture auprès des VSuite à la ïonge 10) Stc-Hélènc de Bngot, 14 août M.le directeur, Entre le Bulletin des Agriculteurs et le Bulletin de.la Ferme s'est élevé depuis quelque temps un différend.Récemment il s'est manifesté sur un point précis: la façon de disposer des produits laitiers reçus ^consignation par la Coopérative F-ederée.le crois que d'un côté on représente à celle-ci que In vente de gré à gré de ces produits est contraire aux intérêts des cultivateurs et empêche d'obtenir pour eux plus hauts prix.De l'autre roté, on tente de justifier cette façon d'agir.\oilo une question qui intéresse particulièrement tous les cultivateurs et puisque l'une et l'autre partie plaident cette cause devant 2SS5' ccst nous invit("'' à juger ce (llfférend.Si j'essaie de le faire au-jourd nui, j'espère que d'autres m'imiteront, car je ne suis que l'un •les mcm.ires de ce jurv.la classe agricole, i qui l'on soumet la contestation et qui doit se prononcer.» uis-je faire remarquer d'abord que les articles du Bulletin de la f-erme mont laissé une fâcheuse impression?Ils s'éloignent beaucoup de la manière courtoise de faire la discussion a laquelle nous o n t accoutumés votre page éditoriale et même vos correspondants de la tribune 1 bre.Ceux-ci affectionnent a i occasion 1 expression énergique pour dire leur pensée, mais ils n'allongent pas leurs lettres de ces mal-veHantes personnalités, de ces qua- rf« i,fî fb'"san,s «Pii n'ajoutent rien a la force des arguments, ,1e crois que pon ne devrait pas par exemple leur enseigner à oublier le respect que l'on doit à l'advcr-Mlre dont on critique les actes publics ou les opinions, .le crois encore r,ue malgré notre manque de culture nous savons apprécier la dignité dans le discours et qu'il sr.rail plus avantageux pour nous convaincre d'aligner des arguments que des mots blessants.Le Bulletin des Agriculteurs attirait donc l'attention des cultivateurs sur la nécessité des ventes publiques par encan pour leur obtenir pour leurs produits laitiers les Dlus hauts prix.Ce prix élevé que désire le producteur, une formule ¦•¦creptee par tous l'indique: le plus haut prix du marché.El comment i établir autrement que pnr une concurrence ouverte à tous les acheteurs de ce produit?La vente à 1 encan serait, il me semble, le bon nioven de l'obtenir.Et la Coopéra-tj.ve qui dispose, à ce qu'on dit.'I une forte quantité de produits serait en mesure d'intéresser tout le commerce à ses enchères, et de faire hausser les prix.Ceux qui obtiennent par consignation ce qu'ils ont besoin pour alimenter leur commerce n'ont aucun intérêt à faire monter les pris.Autant ceux-ci seront bas autant ils seront favorisés dans les remises à faire a leurs expéditeurs.Ainsi notre intérêt nous commande de favoriser cette manière de disposer de nos produits, la vente par enchères publiques.Si une entente entre acheteurs peut imposer à l'encan un prix inférjeur a celui que les circonstances rendent possible, pourrait-on croire cette entente moins facile entre un groupe de consignn-l.iircs qui peuvent opérer dans I ombre?D'une manière générale ie crois que la lumière et le grand jour sont des agents de protection dont les intérêts agricoles ne peuvent se passer.Alexis BEAUREGARD L'esprit de parti w , , , Henryville.15 août.1926.M.le Directeur, Depuis longtemps l'on savait que I esprit de parti est une vilaine bête qui exerce ses ravages chez les gens de peu d'instruction, niais l'on avait cru jusqu'ici que les grnllde^ intelligences étaient réfractaires à ses morsures.Il paraîtrait que tel n'est pas le cas.S'il faut en croire l'unique correspondant de la tribune libre du Bulletin de la Ferme, le monstre est en train de faire des victimes même chez les agronomes.Dans le numéro du 12 août de ce journal, ce correspondant parle de la désertion des campagnes et suggère les remèdes à y appliquer.II nous apprend que, par le traitement qu'il propose, les préjugés disparaîtront et cet esprit de parti bote d'un certain nombre, nui empêche nos t echniciens agricoles de donner leur plein rendement.S n est vrai, comme semble l'insinuer le correspondant, que la bêle fait des siennes même chez les agronomes, le ministère de l'agriculture devra au plus tôt appliquer le traitement qu'il propose., Rien à vous, * Joseph COMÉAU.Bas de la Province — A Rimous-ki la fenaison est avancée, à Mata-ne et Motapédia elle est à moitié faite et à peine commencée à Gas-pé.La récolte du foin sera un peu inférieure à celle de 1925 mais en bonne condition.Les pommes de terre ont une belle apparence et font prévoir une bonne récolte de coltc ne puisse mûrir.Les pàtu-ressc à causé des dommages aux céréales et diminué quelque peu la vigueur de croissance des pommes de terre.Dans Gaspé l'avoine est très peu avancée et l'on craint qu'une grande quantité de la récolte ne puisse mûrir.Les pâturages sont e.n assez bonne condition mais les prix des produits laitiers sont inférieurs à ceux de l'an dernier.District de.Québec — En général la fenaison est avancée.La récolte est inférieure à celle de l'an dernier mais d'execellentc qualité.A part quelques localités, les pommes de terre seront abondantes.Les pommiers, les pruniers donneront une récolte moyenne mais les légumes seront abondantes.Les céréales ont souffert un peu de la sécheresse; parc notre dans le comté de Champlain i'avoinc, le sarrasin et l'orge ont été ravagés par les dernières pluies: l'avoine est versée et environ V* de la récolte est presque perdue.Les pâturages ont médiocre apparence et les produits laitiers se vendent moins cher que l'an passé.District de Montréal.— La fenai.son est presque terminée partout.La récolte du foin est inférieur ¦.à celle de l'an dernier mais a été faite en excellente condition.D'après l'apparence, les pommes de tcrr-3 seront abondantes à moins qu'rllcs ne souffrent d'échandage.Les conditions actuelles flu tabar seront généralement bonnes, mais médiocres en quelques localités.I.e blé d'Inde â grains et le blé d'Inde fourrager, bien que retardés au printemps, s'améliorent sensiblement.Les pommes et les prunes donneront un rendement moyen mais les légumes seront 1res abondants.La condition des pntur.-iges varie entr?assez-bonne et médiocre.Les prix fies produits laitiers sont bon, bien qu'inférieurs, dans quelques cas, à ceux de l'an dernier.Dans 1rs comtés de Rouvîllc, Chambly et Rer.thier l'on rapporte des dommages, de lOOr'r.causés à la récolte dC3 céréales, par la pluie.Cantons de l'Est.La fenalâon est avancée mais pas encore terminée.La moyenne de la récolte de ce district sera à peu près égale à celle de l'an dernier et le foin a éî?fait en excellente condition.Les pommes de terre semblent devoir être abondantes.Les blé d'Inde à grains et blé d'Inde fourrager ont médiocres apparences.Peu de pom-| nies et de prunes mais beaucoup de légume*.La sécheresse a fait | tort aux céréales et aux plantes ! sarclées.La condition des pâtura-I ses varie entre excellente et assîz bonne.Les produiLs laitiers obtiennent des prix très satisfaisants.Nord de la province.- - La fenaison est avancée danroduction plus uniforme.L'on a fait beaucoup de propagande sur cet aspect de l.i question par l'entremise les clubs de jeunes éleveurs de porcs, à l'exposition de bacon, et aux cours commerciaux des exposition1: de printemps et 'par la publicité des journaux.Dans plusieurs parties de Québec, la pratique de la production de deux portées par armée se généralise, dit M.Rodrigue.Les fermes de démonstration poursuivent des expériences dans ce sens et elles seront bientôt en éUt d'aviser le cultivateur sur la plausibililé de cette pratique.Les cultivateurs de Québec sont d'opinion qu'ils peuvent plus facilement produire chaque année deux portées de porcs à étal qu'une de porcs à bacon select.Dans Québec, dit M.Rodrigue, une bonne partie de la nourriture pour les porcs s'achète et cela est | désavantage pour la production ' économique.Dans l'Ontario, le* cultivateurs engagés dans l'élevage du porc revivent une assistance précieuse par les statistiques hebdomadaires préparées par les officiers du service de la production an.uialc .localisés dans les comtés.Cette information locale que les agronomes reçoivent en dedans de deux r>u trois jours est un fort stimulant pour les producteurs.Des progrès marquants ont été faits dans les provinces maritimes durant les dernières années, rapporte M.MacMillan.Des porcs furent vendus pour la première fois, cet automne.Une forte proportion des bêtes d'élevage viennent de l'Ile du Prince Edouard, zones réservées, et le pourcentage des "selects" dans les provinces maritimes est très élevé.| Parlant des porcs comme de 'l'une des entreprises profitables du ! cultivateur, M.S.-E.Todd, déclara ! qu'en aucun temps durant les der-i nières (innées, y a-t-il eu une période de 18 mois durant laquelle l'élevage du porc né fût pas profitable, bien que les cultivateurs nient été força**'acheter une certaine quantité (Tes aliments pour combler les déficits de leurs récoltes.L'insolation et la gale des porcs furent aussi discutées.La question ; de l'enregistrement spécial des porcs et son application occupa le temps d'une séance entière.L'on | exprima la crainte que l'enregistre- j ment idéal deviendrait peut-être embarrassant et dispendieux.On I Offrit alors comme alternative la | proposition de fournir un propa- gandiste pour assister les éleveurs:] encore de race pure dans le choix de leurs bêtes d'élevage.Tous les renseignements disponibles sur ce point seront recueillis par le secrétaire et présentés à la prochaine assemblée annuelle alors qu'une décision sera probablement nrisc.Le progrès et la stabilité de l'élevage du porc au Canada fit l'objet de la conférence de M.porcs lourds et extra lourds, aux cours à bestiaux de Winnipeg cl certains points da l'Ontario.C'e là une des exceptions à l'amélior.tion générale.Toutes les class sont mieux finies.Avec l'exception du Manitoba, le provinces des Prairies ont eu un splcndide saison pour l'arrivé des jeunes et les pertes ont été le gères.L'usage de lait écrémé c des fourrages verts se généralise.Dans l'est, la saison de la mise bas fut moins favorable et ies perle furent lourdes.Nonobstant la faiblesse des yrri vages et l'intensité de la demande les acheteurs montrent quand rhemi une préférence pour le-, porcs d type à bacon.De ceci, M.MacMil lan déduit qu'avec l'augmentation des offres celle distinction ser; plus forte.Presque tous les sujets d'élevage des troupeaux le raci pure sonl vendus, dit M.MacMillan.et l'es ont favorisé.- la mise types indésirables de: prix élevés de côté des troupeaux.MacMillan.j de retour, à ce moment, d'un voyage à travers le Canada, d'un océan à l'autre.Non seulement le commerce du porc s'accrevt d'une façon générale, dit-il, mais la qualité de ce produit est meilleure.Il nota que l'augmentation des sujets d'élevage se caractérise surtout par l'augmentation des femelles rie type à bacon cl l'emploi îles mâles de type à bacon se généralise aussi.Les cultivateurs montrent une plus forte détermination à s'éloigner des types et des rares impropres à la production du bacon et ils comprennent mieux les besoins des marchés d'exportation.En un mot.les cultivateurs établissent cet élevage sur des bases permanentes.Les arrivages de pores, pour les six premiers mois rie l'année, ont été plutôt faibles, comparé à l'an dernier et bien qu'il v aura une augmentation durant le prochain semestre, M.MacMillan doute que le total des porcs s'élèverait au chiffre de l'an dernier.On admet généralement, dit-il.que l'année 1027 sera une année exceptionnelle pour la production du porc.Le nombre des porcs à bacon accuse une augmentation constante sur celui des porcs à étal sur les marchés.La qualité de-, trapus-lisses s'améliore, mais il y a une augmentation dans le nombre des E De former une mentalité agricole M.Thomas Poulin écrivait, dans l'Action catholique de mercredi dernier, l'éditorial suivant: "Le Bulletin de la Ferme nous arrive avec une tribune libre qu'un ami nous avait déjà signalée comme étant très importante.Cette lettre est signée par un Monsieur .I.-A.Lambert, cultivateur, et traite de la désertion des campagnes.Le sujet est assez grave pour que chacun s'y arrête comme M.Lambert a eu la bonne idée de le faire.L'auteur de la tribune libre commence par constater que, en dépit de tous les efforts faits, la population rurale de notre province est paséc de SOÇV à 44"yt.11 trouve que la cause de cette rupture d'équilibre n'est autre qu'une sélection natu-qui se fait dans la classe agri- L'aromc.qu'exhale F 20 révèle la qualité parfaite de la feuille.L'excellence de cette qualité ne varie jamais.Etiquette brune, 75c.- Mélange Orange Pckoc, 85c, 3 demandée pour la crémerie EATON de Montréal.Nous avons organisc_ une crémerie, récemment, en rapport avec notre magasin de Montréal, et nous achetons de la crème pour faire du beurre.Nous payons les frais d'express de la station la plus rap.prochée de vous et nous payons promptement chaque envoi individuel.Pour plus amples détails, ndressez-vous: Département de la Crème, The Eaton 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