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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
jeudi 1 mars 1945
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1945-03, Collections de BAnQ.

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MONTRFA I -M ARS 1915 2 Le B h I I e t i il des A g r i c u 1 t e u r s Mars 194^ membres de l'association canadienne des fabricants de moulees Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 3 Mors, 1945 Vol.XLI No 3 ROMANS ET NOUVELLES LE PERE BOUGONNEUX .CLAUDE-HENRI GRIGNON A PORTRAIT D'UN HOMME EN NOIR .PIERRE BENOIT 6 COEUR DC FLIRTEUSE (deuxième partie) .MAX-ANDRE DAZERGUES 14 ARTICLES LE CARROUSEL INDUSTRIEL DES CANTONS DE L'EST (deuxième portic) .GABRIELLE ROY L'AVENIR DE L'AGRICULTURE .HON.ADELARD GODBOUT QUE LE CANADA RENDE HOMMAGE A SES VAILLANTES FERMIERES .S.E.GUMMOW COMITE DES PRODUITS AVICOLES .RENE SOULARD 8 12 15 20 CHRONIQUES LA SANTE DES ANIMAUX .22 PRIX DU MARCHE.23 PAGE DES JEUNES .60 ONESIME .65 CONCOURS D'OBSERVATION .66 VOTRE DOMAINE, MADAME OUI .MAIS.ALICE BER 51 POUR GUETTER LES BEAUX JOURS (PATRONS) .52 POUR LE SALON .CLAUDE PAYSAN 53 LES SECRETS DE LA COUTURE (14èmc leçon) .YVONNE CLOUTIER 54 BOITE A OUVRAGES.SIMONE D'ALENCON 55 UTILES A TOUS .DR ADRIEN PLOUFFE 56 LES EVENTAILS DE GRAND'MERE .57 DINER DE FAMILLE POUR PAQUES .BERTHE MIREPOIX 58 LE COURRIER D'ALICE BER .61 DEMANDES DE NOS ABONNES .66 Nous n'avions encore jamais connu les impressions d'une femme journaliste sur les chantiers forestiers.Gabrielle Roy, qui revient d'un voyage à Saint-Dorai-, nous rapporte, des sombres forêts du Nord, tout l'éfincellemenf, la beauté froide et aussi le caractère tenace et courageux de cette existence établie en pleine solitude glacée.Si vous voulez connaître la vie des bûcherons, celle de leurs femmes qui souvent les accompagnent aux chantiers, toute l'histoire de l'organisation forestière, ne manquez pas de lire: L'APPEL DE LA FORET.?* ?Jean de Bcrmont et Claudette d'Alys, douce et charmante jeune fille viennent de se fiancer dans l'amour.Fantasque, égoïste et prétentieuse, une amie de Clai:dcttc, Chantai Ber-: hier, éblouit un instant Jean de Bermont pair sa mondanité Claudette qui a surpris entre eu:< une conversation sentimentale, se croiî^ abandonnée et en souffre cruellement.Mais elle a pour Jean une affection si profonde que, croyant faire le bonheur du jeune homme, elle lui rend la parole donnée et sacrifié ainsi sen propre amour.Mais Chantai est indigne du geste héroïque dont elle va profiter.Un malheur qui frappe Jean de Bermont révèle soudain l'égoïsme et l'indifférence de sa nouvelle fiancée.Le mariage projeté aura-t-il lieu?Une intrigue habilement menée dans une langue claire et rapide vous tiendra sous le charme d'un "Rêve étoile" de Stéphane Clarmont.?* ?Depuis sa querelle avec le curé de St-Macaire, Polycarpe Chicoi-ne, le fort à bras de son village, se vante qu'il ne fera pas ses Pâques et qu'il ne remettra jamais los pieds à l'église mais le curé de St-Cyrille, un homme qui n'a pas froid aux yeux, a ses idées à lui.De si bonnes idées qu'à la fin "Polycarpe fait ses Pâques".Dans son charmant conte Rodolphe Girard fait échec à la morale du fabuliste que "patience et longueur de temps font plus que force ni que rage".?* Dans le domaine féminin, Germaine Robert présentera un très joli modèle de gilet fantaisie pour dames et Claude Paysan, un modèle pour napperon, tentures ou sacs à main, composé de cannelés travers à trois couleurs sur un fond d'armure uni.Il y aura aussi un modèle de tapis crocheté."l'organise des oeuvres dans le quartier .et arrête une querelle de famille" JL .J'ai accepte d'organiser des oeuvres do guerre dans mon quartier pour le gouvernement.Toutes les femmes travaillent en groupe — collectes de récupération, sollicitation de dons de sang.Croix-Rouge, etc.st du boulot, mais heureusement je connais mes voisines.L'autre jour, en entrant chez n.on amie Laurc, je la trouvai en discussion avec sa mère au sujet de son bébé.H il 3."Maman prétend que je gâte ma lette", me dit Laurc en pleurnichant."I dit que j'ai trop de choses spéciale "Oui", reprit sa mère, "même un lax: spécial 1" nielle s!" itif 4."Mais c'est exactement ce qu'il faut", répondis-jc."Le système d'un 1k'- est si délicat.Ma soeur, qui est garde-rialade, donne toujours du Castoria à son enfant — il est bénin, mais efficace".5 • Laurc donna donc du Castoria A sa fillette et la grand'maman, voyant celle-ci l'accepter joyeusement, ne put s'empêcher de dire: "Après tout, je crois bien que c'est vous qui avez raison!" Comme le savent les membres île la Faculté, le séné — l'ingrédient principal dans le Castoria—jouit d'une excellente réputation dans la littérature médicale.L'expérience a démontré que le séné produit surtout son effet dans le gros intestin, dérangeant ,aremcnt l'appétit ou la digestion.Bien dosé, le séné favorise l'élimination, n'occasionnant presque jamais de coliques ou d'irritation.CASTORIA A le laxatif SUR prépara spécialement pour les enfant» 4 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 Surveillez les POTEAUX FAS ELIS Votre société de téléphone fuit tout en son pouvoir pour bien entretenir les lignes téléphoniques rurales en dépit de lu disette de main-d'oeuvre et de matériaux.Aidez ù garder vos lignes en bon élut eu signalant uu bureau du téléphone tout poteuu faible ou penché que vous voyez: autrement, les fils peuvent se relâcher ou se briser.La compagnie les redresse-ru ou les remplacera sitôt qu'elle le pourra.Merci.c&l (JoIasl diJL PAROLES d'Alain Rivière MUSIQUE de Vincent Ferval du programme radiophonique "Un homme et son péché" PRIX .$0.55 Frais de poste compris En vente chez M.Claude-Henri Grignon Ste-Adèle, Cté Terrebonne, P.Q.@RATI S Une belle robe d'intérieur, 30% en argent, votre choix pormi nos 75 primes données gratuitement aux personnes qui vendront 50 paquets de graines à 10 cents.Travail facile.Mous ovons confiance en vous.Demandez 50 paquets et le catalogue de cadeaux et graines.Alien Nouveautés Dept.A, Sr-Zachoric, Que.tfb» BOaGOMfHX Par CLAUDE-HENRI GRIGNON TJX premières gelées de l'automne, une fois les canards sauvages partis pour une air plus douce, j'me disais: "Sainte misère! que l'hiver va être long!" Ben, mes vieux, le temps passe pis i passe vite.On est déjà rendus au mois de mars.Dans cinq ou six semaines, i restera pus grand neige dans le chemin, on entendra gronder les chutes, le beau temps sera proche.C'est comme ça.L'hiver de c't'année aura été dur pareil.Des bancs de neige plus hauts qu'icitte-d'dans pis quand le vent du nord se mettait à souffler dru, la poudrerie poignait qu'on voyait pus rien.J'ai pas besoin de vous dire que moi, icitte, le père Bougon-neux, je restais ben au chaud au ras le poêle.Oit aller, quoi faire?Pres-quement tous ies jours, le père Math ias venait faire son tour.On jouait aux dames.Des dames en bois.C'est pas dangereux.Ça passait l'temps.Les souvenirs des jours d'autrefois montaient à la mémoire que j'ai pas trop mauvaise malgré mon âge avancé.On parlait du temps passé.C'est ben loin pour moi.Comme une brume, comme un nuage sus ma vie.Icitte et là 'les éclarcies de soleil mais le plus souvent de la misère.Le monde a ben changé.On a l'temps d'y penser quand on marche en deux comme moi.C'est toutes des étranges astheure qui rôdent dans mon village en fin de semaine.Ça vient de tous pays, de tous bords, tous côtés.I traînent avec eux autres des grands patins en bois, I s'mettent ça dans les pieds pis avec des bâtons qui portent à la main, i poussent, i poussent pis i avancent.Quand i arrivent dans une côte ben à pic i se laissent descendre qu'on les voit pas aller.Les femmes font ça comme les hommes.I sont toutes habillés pareil.I ont un fun vert.I paraît.Ouais, les temps sont ben changés.C'est le roule du monde.Aux jours d'autrefois on connaissait pas ça.C'est vrai qu'on glissait en traîne sauvuge ou ben qu'on chaussait des raquettes.Le soir, on allait veiller en herlot.C'était toute.Non c'était pas toute.L'hiver, presquement toute la journée on la passait au magasin général.Le magasin général! I s'en voit pus dans le village que j'habite, astheure.Le magasin général! La plus belle place qu'on pouvait trouver pour ramasser les racontars à la brassée.C'est ben là qu'on préparait les élections de toutes sortes; c'est ben là qu'on décidait des grandes questions pis qu'on se piquait un p'tit brin dans les flancs par rapport qui en avtiit toujours un plus fin que les autres.Le fin-fin du village! J'oublierai jamais le magasin général de monsieur Durosier.I a bon soixante ans de ça astheure.C'était du temps de ma folle jeunesse quand on a le coeur grouillant d'amour pis la tête bourrée de belles histoires.I faut vous dire comme ça dans le tuyau de l'oreil que monsieur Durosier portait un autre nom.On l'appelait Vécrivain par rapport que c'est lui qui écrivait pour les autres ]>is qui écrivait toutes les lettres que vous voudrez à partir d'une demande pour l'achat d'un veau jusqu'aux plus belles lettres d'amour.L'écrivain! I me semble le voir encore allant et venant dans son magasin général, lui le maître, lui le propriétaire, lui le confident de la vie de la plupart des villageois.Aussi grand qu'un confesseur.Un homme de belle allure, qui parlait doux comme un ange.Jamais un mot plus haut que l'autre.Toujours poli.Avec ça qui était capable de garder un secret.Une vraie tombe.Dans le fond de son magasin qui se trouvait sus la rue principale, i avait un p'tit bureau séparé.Le celui qui avait une lettre à faire écrire rentrait là comme on rentre au confessionnal.Sans dire un mot.I faisait un signe à monsieur Durosier qui s'excusait devant tous nous autres pis qui allait rejoindre son homme.1 restaient là renfermés le temps qui fallait pendant que nous autres on continuait à jaser tranquillement.Les soirées passaient qui avaient rien de plus beau.L'écrivain chargeait pas trop cher pour écrire des lettres mais son tarif restait toujours le même.I aurait aimé mieux trépasser que de changer ses prix.Pour une lettre d'affaires, ordinaire .$0.15 Pour une lettre de menaces .50 Pour une lettre de remerciements .20 Pour une lettre de félicitations .15 Pour une lettre d'amour, ordinaire .25 Pour une lettre d'amour enflammée .50 Pour une demande en mariage au père .75 Pour une demande en mariage à la mère .1.01) Pour fixer date de mariage à la fiancée .A0 Pour briser engagement de mariage .2.00 Pour une lettre à des parents .15 Pour une lettre ordinaire aux amis .20 Pour une lettre politique .75 I en avait comme ça toute une pleine page pis c'était affiché sus un morceau de carton dans le bureau de l'écrivain.I avait pas d'erreur possible.J'ai pas besoin de vous dire que ça venait de loin, à dix milles, vingt milles à la ronde pour faire écrire monsieur Durosier.1 fournissait pas pis ça nuisait pas à son commerce.Une année, l'écrivain a pardu sa femme.Ça l'arrivé des malheurs de même.I était veuf depuis six mois quand un beau soir de mai, que les àbres bourgeonnaient, qui faisait un temps doux aux senteurs de lilas, on vit-y pas monsieur Durosier se promener en plein coeur du village au bras de la belle Valérienne, vieille fille ben conservée, corporente, pleine de beaux atours, qui parlait en tar-mes pis d'une distinction à faire rougir les étoiles.— Ça ferait un tannant de beau couple, qu'on disait de même au village.A part de ça qui doit être capable d'i écrire des belles lettres d'amour sans que ça i coûte une token.Pour parler franchement, i a du monde chanceux dans le inonde.Le temps passait, les jours après les jours.L'été toute en fleurs, en couleurs, en parfums enveloppa notre p'tit village d'un air qu'on avait jamais vu.Monsieur Durosier à lui tout seul apportait le bonheur parmi nous autres, les pauvres, les descendants de défricheurs, les fabricants de misère.Le belle Valérienne qui approchait ben des quarante-cinq astheure niais (pii les portait comme une jeune demoiselle passait pour avoir du bien laissé par son défunt pére qui était mort.Une dizaine de mille piastres.Le marchand général, lui, valait pas loin des trente mille.Quarante mille (liasses dans deux mains! Comme de raison, le monde jacassait un p'tit brin.Sans ça i aurait pas de village pis la vie vaudrait pas la peine d'être vécue.— C'est ben pour dire, braillait le père Mathias, vieux critiqueux, c'est ben pour dire que toute l'argent delà paroisse va se trouver au magasin général.— C'est par rapport que monsieur Durosier l'a ben gagné, répétait Ro-sario, l'homme de cour de monsieur le docteur.Rosario c'était un coeur simple, mais un beau jeune homme dans les vingt-cinq ans.On le voyait tous les soirs au magasin général.I parlait )ias gros.I écoutait.I passait pour un écornifleux.Pour dire le vrai i était pas plus écornifleux que nous autres.I aimait ça: venir prendre les nouvelles du village.Un soir i s'est décidé à parler.I a dit d'même: — Pis monsieur Durosier, écrivez-vous encore des lettres d'amour?— Ça, mon garçon, répondit l'écrivain do sa voix la plus doucereuse, ça c'est mon secret.* * * Dans le mois de janvier de l'année d'ensuite, Rosario rentre au magasin.I appelle monsieur Durosier à l'écart.Savez-vous pourquoi?Pour se faire écrire une belle lettre d'amour en demande en mariage?Savez-vous à qui?Pas à d'autre qu'à la très chère et très belle Valérienne.Monsieur Durosier se mit à rire.Ça l'empêche pas que deux mois plus tard Rosario se mariait avec Valérienne.L'écrivain fit encan pis i est allé mourir de peine pis de chagrin en Amérique aux alentours de Boston. Mais 1945 Le Bulletin des Agriculteurs e Roi Hiêron demanda à Archimède de découvrir si tout l'or qu'il avait donné à son orfèvre avait bien été utilisé dans la fabrication de sa couronne, ou si une partie de l'or avait été remplacée par de l'argent.Un jour, en prenant un bain, Archimède remarqua que l'eau débordait quand il s'y plongeait, et cela lui suggéra une solution.Il plongea la couronne dans un récipient rempli d'eau jusqu'au bord et mesura l'eau qui en déborda.Une barre d'or du même poids que la couronne déplaça moins d'eau que la couronne.Une barre d'argent du mêtne poids déplaça plus d'eau que la couronne.Il sut alors que la couronne contenait de l'or et de l'argent.Après d'autres recherches, il donna au monde la loi de la gravité spécifique, appelée Principe d'Archimède.Les découvertes faites par les savants sur le Nickel n'ont peut-être pas une aussi grande portée que celle d'Archimède, mais elles ont été très importantes pour l'industrie du Nickel Canadien et pour le Canada.Ces découvertes sont en grande mesure responsables de ce que le Nickel est aujourd'hui un produit important dans presque toutes les industries.Dans les années d'après-guerre, les laboratoires qui s'occupent de recherches se rapportant au Nickel continueront leur travail qui consiste à découvrir de nouveaux usages pour le Nickel.Au fur et à mesure que ces nouveaux usages sont adoptés par l'industrie, la demande pour le Nickel Canadien augmente; Les renseignements recueillis par l'International Nickel au cours d'années de recherches sur les métaux sont continuellement à la disposition des ingénieurs et des dessinateurs canadiens; Les recherches aident à maintenir l'exploitation des mines et des usines de Nickel du Canada et à créer du travail pour les Canadiens.ALLIAGES DE NICKEL THE INTERNATIONAL NICKEL COMPANY OF CANADA, LIMITED, 25 KING STREET WEST, TORONTO 6 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 POBTEÀIT d'un HOMME» NOIR Par PIERRE BENOIT He N plein coour d'Ottawa, entouré d'arbres superbes qu'il domine bellement de ses créneaux, se dresse le Musée national.Bâti loin des autres édifices gouvernementaux, au milieu d'un quartier vieillottement résidentiel, il surprend le visiteur qui, de la rue Elgin, aperçoit tout à coup sa masse de pierre énorme dont les lignes rappellent les châteaux d'Ecosse.Lorsque la bâtisse centrale du Parlement fut détruite par les flammes en 1010, les Chambres s'installèrent provisoirement au Musée, mais la fièvre parlementaire convenait mal à son cadre.Il ne tarda guère à reprendre le calme à la fois olympien et poussiéreux qui lui convient.Quand s'abat sur la capitale l'ennui soporifique des dimanches on tarions, le Musée devient l'un des buts de promenade favoris des citadins oisifs.On aime surtout retourner à l'aile gauche où loge la galerie d'art, car ses trésors sont une source de jouissance inépuisable et toujours variée.La collection est vaste, répartie sur quatre étages, et la plupart des visiteurs se fatiguent avant d'avoir tout vu.Les véritables amateurs d'art y vont à petite dose et passent souvent une heure à n'étudier qu'une dizaine de tableaux.Ces esthètes sont l'exception.En cet hiver de 1912, Monique Hubert était au nombre des amis du beau qui peuvent encore s'attarder longuement devant un chef-d'oeuvre.Les gardiens admiraient, sans la connaître, cette jeune femme au regard profond, un peu mélancolique, souvent assise dans la salle des maîtres espagnols et italiens, en contemplation muette devant un Murillo ou un Veronese.Elle avait une prédilection spéciale pour ces toiles aux teintes chaudes encadrées de riches moulures dorées.Elles symbolisaient pour elle tout ce que la vie dans sa plénitude peut apporter de contentement inespéré.Monique aimait passionnément les beautés et les douceurs de la vie mais ce sybaritisme, qui aurait pu devenir déplaisant chez d'autres, avait toujours été mitigé par une ingénuité exquise, un charme naturel et spontané avec lequel elle aurait pu se faire excuser ou pardonner les pires défauts.Elle avait autrefois été éprise de luxe, et comme elle était de celles auxquelles la vie ne sait rien refuser, elle n'avait cessé d'être servie à souhait.Fille unique du sénateur Hubert, son enfar>ce et sa jeunesse s'étaient écoulées sous le double signe protecteur de la richesse et de la distinction.Elles s'étaient épanouies comme fleurissent les plantes de choix dans une serre où ne pénètrent aucune intempérie, aucun froid destructeur.Le sénateur était un homme qui ne tenait pas en place.En plus d'une grande demeure à Outreuiont il avait, durant la Session, son pied-à-terre au "Roxborough", et de 1925 à 1938 on ne lui compta pas moins de quinze voyages en Europe.Etant resté veuf assez tôt, il n'avait pas tardé à faire de Monique sa compagne de tous les instants.A dix-huit ans, la jeune fille comptait déjà à son actif plus do ¦• jyages, d'études, de connaissances générales que toutes ses amies.Elle était extrêmement douée et rttrayan-te, éminemment désirable et, pendant les cinq années qui suivirent son début, trois ou quatre prétendants sérieux se disputèrent sa main.Tan-.tot à Montréal, tantôt à Ottawa, tantôt à Paris ou à Londres, on apprenait que Monique Hubert allait se fiancer.Puis la rumeur mourait de sa belle mort et celles qui enviaient la vie vraiment trop choyée de cette amie des dieux se prenaient à rire et accusaient Monique d'être poseuse.Rien n'était plus loin de la vérité.Cette belle enfant aurait pu facilement devenir gâtée, insupportable; elle devait toute sa vie demeurer aussi aimable (pie dépourvue d'ostentation.Lorsque, durant un hiver passé à Nice, son partenaire au tennis lui offrit entre deux matches une couronne de comtesse et l'un des noms les plus nobles de France, elle déclina l'offre gentiment, tout simplement parce qu'elle n'ajoutait pas foi à une union sans amour véritable.Et personne, au Canada, ne sut alors qu'elle était venue près d'atteindre des hauteurs aussi enviables.En 1937, Monique surprit son entourage mondain en acceptant l'offre de mariage de Sébastien Deschênes.Quelque surprenant que cela puisse paraître à première vue, le Musée national avait joué un rôle actif dans l'éclosini de ce roman.Au cours de la Session, cette année-là, de graves questions d'ordre économique et social occupèrent les Chambres et le sénateur Hubert, qui jouait un rôle occulte dans l'éclosion de deux ou trois projets à longue portée, séjourna à la capitale plus longtemps qu'à son habitude.Pendant plusieurs mois, son appartement du "Roxborough" accueillit largement connaissances et amis politiques et Monique y joua le rôle d'hôtesse avec une facilité inculquée par de longues années d'expérience.Elle avait alors vingt-sept ans et l'éclat factice d'une existence passée presque uniquement en réceptions, en voyages, ou en lectures sérieuses, en conversations avec les vieux amis de son père, commençait à la lasser quelque peu.Un après-midi qu'elle cherchait h tuer le temps, elle "découvrit" la salle des maîtres italiens et cette collection, en lui rappelant les galeries qu'elle avait si souvent visitées en Europe, capta immédiatement sa fantaisie.Le Musée fut dès lors pour elle comme une espèce de sanctuaire, un coin secret où personne ne pouvait la rejoindre, i'importuner, l'aduler.Les tableaux silencieux devinrent ses meilleurs confidents.L'un d'eux particulièrement exerça sur elle un mystérieux attrait.Le "Portrait d'un homme en noir" de Moroni.Les familiers de la Galerie natio- ns s'arrêtèrent devant le portrait do Moroni et elle épia anxieusement la mine de Sebastien.Il regarda longuement la toile sans témoigner de surprise.— Ne trouves-tu pas qu'il te ressemble?dcmanda-t-cllc finalement.nale connaissent bien cette oeuvre.Le maître y a campé un gentilhomme florentin ou vénitien du seizième siècle, au long visage aristocratique.Le teint est olivâtre, la bouche à la fois sensuelle et un peu amère, les yeux révèlent une intelligence froidement calculatrice, hautaine.Et malgré tout, il se dégage de l'ensemble une certaine beauté discrète, indéfinissable qui excite la curiosité du visiteur et lui fait regretter de ne pouvoir approfondir davantage l'énig-matique personnage.Les mains longues et finement modelées laissent deviner qu'on est en présence d'un ami des arts, d'un homme qui en dépit de son aspect sombre, a dû à l'occasion savoir charmer et aimer.Au bas du tableau apparaît ce qui semble être une devise personnelle: Duritiem mnllitic jrangit.Par la souplesse il vainc l'obstacle.La vision de l'homme en noir hanta longuement Monique.Elle retourna maintes fois le contempler et dut finalement reconnaître qu'elle risquait fort de devenir amoureuse d'une toile.Elle était cependant trop sensée pour encourager longtemps cette sorte d'aberration et prit le parti d'en rire.— Je connais du moins, pensa-t-clle, le type d'homme qui me va.Et comme elle devait, ce soir-là, accompagner son père à l'Université pour y entendre une conférence que patronnait un groupe libéral, elle changea de robe prestement et crut avoir en même temps changé d'idée.Mais l'amour se sert de moyens étranges pour arriver à ses fins et ce n'est pas en vain qu'il mena la jeune femme du Musée à la salle des conférences de l'Université.Le conférencier était Sébastien Deschênes.Le nom était totalement inconnu de Monique et elle ne jeta au programme qu'un regard distrait, prête à endurer stoïquement ce qu'on se proposait de lui apprendre sur "Un projet de relèvement économique".Deschênes avait à peine commencé son préambule, toutefois, qu'elle était déjà suspendue à ses lèvres, tout à fait et irrémidiablement subjuguée par la personnalité de l'orateur.A tort ou à raison, elle lui trouvait une ressemblance étonnante au portrait de Moroni.Même teint olivâtre, même nez aquilin, mêmes yeux bruns expressifs et fiers.Monique était si bien sous le charme qu'elle écoutait à peine la lente et précise élaboration du projet mentionné.Ordinairement, elle aurait été assez perspicace pour deviner que le sénateur ne l'avait pas emmenée là sans motif et qu'il attachait un intérêt tout particulier au sujet de la conférence.Mais ce soir elle n'était plus elle-même et ne remarquait pas les coups d'oeil fur-tifs que son père jetait sur l'auditoire de quelque deux cents personnes afin de jauger l'effet produit par ces données nouvelles.Martial Hubert était un homme sincèrement dévoué aux intérêts de son pays.Il s'efforçait à cette époque d'aider à alléger le fardeau de lu crise et tendait une oreille sympathique aux suggestions qui lui paraissaient raisonnables.Son rang l'empêchant de préconiser trop ouvertement les innovations qui lui plaisaient, il avait habituellement recours à d'autres tactiques pour observer les réactions du public avant de pousser une initiative vers les rouages parlementaires. Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 7 Ce soir-là, après la conference, il ramena quelques amis chez lui et félicita chaleureusement Deschêucs de l'habileté avec laquelle co dernier avait su présenter le projet à l'auditoire de choix.— C'est une bonne semence que vous avez jetée là, fit-il en tapotant affectueusement l'épaule du jeune homme.Elle portera ses fruits.Cette manifestation d'amitié ne fut lias perdue pour les personnes présentes.Elle confirma ce qu'on savait déjà, c'est-à-dire que le jeune Deschênes avait un bel avenir devant lui et qu'avec un peu de protection en haut lieu il irait loin.Il était certes bon orateur et intelligent économiste et surtout il savait tirer son épingle du jeu.Sa cote monta encore de quelques points à In fin de cette soirée mémorable lorsque les invités s'aperçurent que Monique lui témoignait un intérêt plus qu'ordinaire.La jeune femme avait utilisé tous les prétextes imaginables pour se tenir près de Sébastien.De brillante façon elle avait discuté avec lui les trois aspects principaux de son plan et il avait paru ravi de trouver chez une auditrice tant de flatteuse attention.Monique avait depuis longtemps été initiée par son père aux méandres sinueux de la politique.Elle savait argumenter savamment dans n'importe quelle discussion où la cause publique était en jeu.Elle mit ce soir tout son arsenal en jeu pour conquérir le jeune homme et lorsqu'elle lui serra la main, passé minuit, elle avait déjà le pressentiment qu'il serait à elle, bien à elle.Deux mois plus tard, elle annonçait ses fiançailles.Le premier moment de surprise passé, tout le monde convint que l'alliance était excellente.Le sénateur avait passé toute sa vie dans la politique, il n'aimait et ne comprenait que les gens nourris dans son sérail.Il accueillit donc son futur gendre les bras ouverts.Depuis plusieurs années, le célibat de Monique avait commencé à l'inquiéter secrètement car il ne pouvait concevoir qu'elle restât perpétuellement seule devant la vie.En même temps, comme tous les pères à enfant unique, il lui semblait qu'aucun homme ne fût assez méritant pour obtenir cette perle de Monique.La candidature de Deschênes fut toutefois acceptée d'emblée.— Tu ne sais pas combien tu me fais plaisir, avait dit le vieillard à belle tête blanche en serrant sa fille sur son coeur.Je n'aurais pu mieux choisir moi-même.Il était à cent lieues de soupçonner que les qualités tant admirées chez Sébastien "n'avaient joué qu'un faible rôle dans la décision de Monique et celle-ci était trop intelligente et connaissait trop bien son père pour lui avouer l'attrait mystérieux, presque uniquement physique qui la poussait dans les bras de son fiancé.Plus elle voyait Sébastien, plus elle lui trouvait de ressemblance à l'Homme en noir.Il avait comme lui un long visage plutôt osseux aux traits fins, une bouche où se mariaient étrangement la sensualité et la sévérité.Plus que toute autre chose, ses yeux dénotaient la même intelligence persévérante, perçante.Un jour, elle pressa son fiancé de ¦ l'accompagner au Musée et lui fit parcourir ln salle favorite.Ils s'arrêtèrent devant lu portrait par Moroni et elle épia anxieusement la mine de Sébastien.Il regarda longuement la toile sans témoigner de surprise.— Ne trouves-tu pas qu'il te ressemble?dcmnndn-t-clle finalement?Il hnussa les épaules et eut un air désintéressé.— Peut-être.Oui, avec de l'ima-¦ • • ' " t gination on arrive à trouver une certaine affinité.Elle comprit qu'il considérait tout cela comme vain babillage et enfantillage.La vie pour lui était une chose sérieuse qui n'admet pas de légèreté ni de détails laissés au hasard ou à l'imagination.Monique rougit de sa propre puérilité et se promit de ne plus jamais ramener cette histoire sur le tapis.La signification profonde du tableau resterait un secret enfoui tout au fond de sa conscience.Elle refoula le léger désappointement qui s'était fait-jour en cile.Sébastien refusa toujours d'ailleurs de voir le Musée sous un aspect romanesque.Un soir d'automne qu'ils passaient tous deux rue Elgin, Monique lui fit remarquer l'effet curieux du clair de lune sur les créneaux des tou rs.— Vois donc, Sébastien.On dirait un vieux château hanté.Ces rayons laiteux qui jouent au sommet de la tour! On s'attend presque à voir apparaître quelque dame blanche.Il eut un sourire indulgent pour ce caprice de l'aimée.— J'aime mieux penser aux richesses qui se trouvent à l'intérieur des murs.Ce qu'il a fallu de patientes et laborieuses recherches pour accumuler ainsi en quelques salles des spécimens représentant toutes les ressources du pays.La collection d'animaux préhistoriques à elle seule vaut une fortune.J'espère que les visiteurs étrangers savent apprécier tous ces travaux à leur juste valeur.Elle fit entendre un petit rire amusé.— Je nie soucie bien de ce que pensent les étrangers! Franchement, leur opinion sur nos squelettes de mastodontes m'intéressent aussi peu que les mastodontes eux-mêmes.— Evidemment, quand on ne s'y connaît pas en paléontologie.Mais ces petits différends étaient de brève durée et ne signifiaient pas grand'chose alors.Le sérieux imperturbable de Sébastien représentait un attrait de plus pour sa fiancée.Elle s'amusait à discuter avec lui de problèmes les plus épineux, les plus abstraits, et puis, lorsqu'elle l'avait bien convaincu qu'elle n'était pas après tout une cervelle de moineau, elle terminait sur une pirouette ou une boutade.Le visage du jeune homme s'éclairait alors d'un pâle et furtif sourire.Elle aurait donné beaucoup, à certains moments, pour le voir rire, plaisanter.Il lui expliquait que ceux qui travaillent fort n'ont guère le temps de rire.Et pourtant elle l'aimait tel qu'il était, avec sa mine distinguée, un peu hautaine, son beau profil de médaille, sa taille élancée, vigoureuse.Il était généralement mis avec une recherche tant soit peu sévère et affectionnait dans ses complets des teintes sombres ou neutres.Sa voix était calme, bien modulée, académique.Il avait, sous ses dehors froids, les passions profondes de l'homme à tempérament nerveux.Lorsqu'il la prenait dans ses bras et lui murmurait son amour d'une voix basse et mordante, elle ne doutait pas un moment du bonheur sans fin qui l'attendait auprès de l'élu.Croyant lire cet homme comme un livre, elle était sûre de pouvoir en faire ce qu'elle voudrait, d'ajouter de brûlants chapitres à l'histoire d'une vie où rien ne lui avait jusqu'à présent été refusé.Il lui fallut cinq années de ménage pour apprendre à connaître vraiment Sébastien.* * •> Sébastien Deschênes était avant tout et surtout fonctionnaire.Il était d'ailleurs voué à ce sort en vertu de toutes les lois de l'hérédité et des traditions familiales puisque son père avait occupé, trente ans durant, un poste de chef de service au ministère des Postes, et que sa mère était elle-même fille de sous-ministre.A peine eut-il l'âge de raison que son père commença à lui inculquer ce respect minutieux des petits détails qui est l'âme du fonctionnarisme dans toutes les capitales du monde.Les rouages d'un gouvernement marchent presque aussi lentement et sûrement que ceux de la Providence.Son personnel a donc tout le temps voulu pour scruter, examiner à la loupe, couper un cheveu en quatre, peser longuement et soigneusement le pour et le contre.A douze ans, l'intelligence précoce de Sébastien s'était déjà modelée parfaitement sur l'exemple paternel.Lorsqu'on le pressait de répondre, il refusait de s'engager avant d'avoir approfondi tous les aspects du problème et finissait, dans la plupart des cas, par donner une réponse éva- Ellc savait qu'en s'abandonnont ainsi à ce plaisir inattendu, clic se forgeait une peine à venir, mais rien ne comptait plus que le moment présent.Elle avait presque oublie combien il est consolant de se laisser guider par un homme.sive où il ménage-lit ia chèvre et le chou.Puis il courait secrètement se renseigner à la source afin d'être plus sûr de son affaire la fois suivante.Il était le quatrième d'une famille de sept enfants et ne tarda pas à éclipser ses frères et soeurs par ses aptitudes exceptionnelles.Il faisait l'orgueil de ses parents qui sacrifièrent tout pour lui procurer les avantages d'un enseignement d'ordre supérieu r.A seize ans, il était devenu un adolescent grand et mince, au teint mat, au regard pénétrant.D'une nature distante, il ne se mêlait pas beaucoup aux jeux de ses camarades et passait ses heures en d'interminables lectures et travaux de recherche.Il ne sortait de sa coquille qu'aux joutes oratoires intcrcollégiales où on le considérait comme un as.Alors il étonnait jusqu'à ses professeurs en délaissant sa réserve coutumière pour se lancer dans des charges à fond de train contre l'adversaire.Sébastien n'était pas toutefois de ces orateurs qui mettent toute leur force dans la violence de leurs paroles et qui cherchent à assommer leur vis-à-vis à coups de matraque.Son jeu était sensiblement plus habile et plus insidieux car il ne s'enflammait jamais mais attendait toujours le moment propice pour sortir, avec une passion magnifiquement contrôlée, l'argument final qui écrase un adversaire trop imprudent.Il brilla dans toutes les matières qui relevaient des mathématiques, de la rhétorique, des sciences pures.La littérature, la poésie, le latin et le grec le laissèrent indifférent; les arts d'agrément l'ennuyaient.Son esprit positif n'était à l'aise que devant des chiffres, des statistiques, des faits concrets.Chacun d'entre nous a sur la rétine un point aveugle.Sébastien était aveugle aux raffinements spirituels et artistiques de l'existence.Bie.; peu s'en rendaient compte, toutefois, car la nature capricieuse lui avait donné des traits fins, une personnalité souple et si patricienne dans ses attributs extérieurs que les mieux avertis s'y trompaient facilement.Il termina son cours classique en remportant tous les honneurs.Après la collation des diplômes, ses parents tout émus vinrent l'embrasser, le féliciter.— Je vous remercie, leur répondit-il simplement.Je n'ai pas perdu mon temps au collège.Maintenant, grâce à Dieu, j'ai tout ce qu'il me faut pour réussir.— Grâce à nous aussi un peu, interrompit doucement sa mère qui songeait aux sacrifices passés.— Evidemment, dit-il vivement, et je vous en garderai une reconnaissance éternelle, mes chers bons parents.Ces accents où vibrait la plus authentique éloquence firent monter de nouvelles larmes de bonheur aux yeux de madame Deschênes.L'orientation professionnelle de Sébastien ne fit de doute pour personne.Il entama ses études de droit avec la même ardeur bien contrôlée, le même souci d'exactitude et de précision qui l'avait toujours caractérisé.Il termina le cours encore une fois en décrochant tous les honneurs.Comme tous les forts en thème, il n'avait jamais rencontré de rivalité sérieuse et son classement au premier rang était presque devenu rituel.Lorsqu'il subit avec succès les examens du Barreau en 1930, son étoile était bien accrochée nu zénith et semblait devoir y briller d'un éclat perpétuel et incontesté.(lire la $uiU à la page 27) 8 L c H « 1 1 et in des A g r i ; u 1 te u r-s Murs 19+5 1 Le Carrais®! iistatnd te Emifiis i© Ils! EPUIS l'établissement de la Celanese à Drummcndvillc, cette ville a pris dans le commerce des soieries une très grande importance.Ce produit plus que tout autre s'allie à la nature de Drununondville.C'est vraiment une ville de la soie avee toute la mélancolie, le dur travail et aussi le luxe, le brillant qui s'attachent à ce mot.Dans aucune autre ville ouvrière verra-t-on sans doute des petites fileuses si pimpantes, si bien mises et dont la toilette sert si habilement de réclame aux filatures où elles travaillent.Un hôtel d'une tenue, d'un service impeccables donne aussi le ton de la ville qui est souple, élégant, un peu frivole et marqué pourtant de cet empressement auprès des étrangers qui fait le grand charme des Cantons de l'Est.Au reste, Drummondville ne démentira jamais ce ton de vie et aussi longtemps que vous y resterez, vous ne cesserez de la voir comme une ville pleine d'amabilités, aux manières un peu artificielles mais engageantes.Ces petites ouvrières qui font de l'élégance avec quatre sous, voilà déjà indiquée une des préoccupations premières delà ville.En quelque sorte, les villes finissent par ressembler aux articles qu'elles produisent.Victoriaville, marchande de chaises, de lits, de meubles pour le repos, marque une certaine tranquillité, un air débonnaire et plaisant.Drummondville, centre du textile et productrice d'article de fantaisie, d'objets puérils et charmants, vit beaucoup plus vite, avec une certaine fébrilité et aussi un goût de la parure qui s'accorde à ses travaux.Rien de plus dissemblable, au fond, que ces deux villes de populations à peu près égales — déliassant 10,000 âmes — et qui sont pourtant assez rapprochées.Victoriaville u grandi lentement en même temps que ses manufactures; elle a donné naissance à toutes ses maisons de commerce.Deuxième partie Par GABRIELLE ROY Trois joiies villes au destin particulier et remarquable complètent le panorama de la région la plus industrialisée après celle de Montréal: Granby, Drummondville, Sherbrooke La Drummondville Carton a créé un atelier pour la fabrication do filets de pêche que l'on voit ici à l'inspection avant l'emballage.Les filets sont tires par une grande ouverture, puis descendus sous pression et ensuite emprlos automatiquement.Les entreprises tic Drummondville, au contraire, sont presque toutes des succursales de maisons anglaises ou américaines.Victoriaville, en dépit de son progrès, garde et gardera longtemps, je crois, son apparence do gros village cossu, tandis que Drummondville, s'étendant en tous sens vers la campagne, forme un dessin composite et déréglé de banlieues nouvelles, de beaux quartiers de résidence et de petits villages qu'elle attrape tout autour dans son agrandissement rapide.C'est une agglomération éparse en faveur de l'industrie; un noyau de ville auquel se joignent des quartiers décousus qui travaillent, les uns à la Celanese, les autres, au Drummondville Cotton, Ce n'est plus par deux cents, par trois cents que les ouvriers se dirigent aux usines, mais en groupes considérables: .'5.-100 à la Celanese, •1,000 à la Drummondville Cotton.Les ouvriers en soie et en coton représentent déjà une bonne partie de la population.Le reste trouver-i emploi à tl'autres entreprises importées.Nous sommes loin de la bon-hommic si naturelle à Victoriaville où les rapport)! établis entre patrons et employés, se connaissant tous de longue date, prennent si facilement la forme d'une certaine camaraderie.Les patrons à Drummondville sont des tlieux éloignés qui habitent New-York ou l'Angleterre et régissent la vie tie populations inconnues par l'entremise de gérants qui eux-mêmes se considèrent en somme exilés au Canada.C'est la condition normale des villes industrielles tie la province de Québec à laquelle Victoriaville fait une si brillante exception.En fait, Drummondville représente la ville ouvrière typique qu'un standard de vie très élevé, d'indiscutables avantages de confort seuls empêchent de voir dans son étroite sujétion aux grands intérêts économiques.Une ville ouvrière, mais soignée et d'allure indépendante. Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 9 Les initiatives étrangères qui eurent libre cours de s'y développer — et c'est la raison de la vitalité de cette ville — s'exercent dans un champ d'action très varié et très neuf.Drummondville peut se réclamer de nombreuses innovations.Ou plutôt, faudrait-il dire que la ville fut un terrain propice à plusieurs splen-dides réalisation d'entreprises importées.Ainsi la Drummondville Cotton, occupée presque uniquement durant les dernières années aux productions nécessitées par la guerre: nylon, tissu de pneu, vient néanmoins de créer un atelier pour la fabrication de filets de pêche.C'est le premier qui ait surgi au Canada.Un jeune Norvégien, Monsieur Neilsen, apporte de son pays une précieuse expérience dans la fabrication de châlons, de rets, de seines, de chaluts, de combriè-res, enfin de filets de tout genre destinés aussi bien aux pécheurs des lacs, des rivières qu'à ceux de la Gaspésie et de la côte du Pacifique.Drummondville possède aussi le seul établissement au Canada de l'Eagle Pencil, la plus grande fabrique de crayons au monde.Une série de crayons émise par cette fabrique joua d'ailleurs un role assez important et fort pittoresque dans la vie de Drummondville.Toute une histoire charmante .Monsieur Felser, gérant de la compagnie, avait eu l'idée, à l'élévation de Tie XII au pontificat, de lancer sur le marché québécois un crayon d'écolier qui porterait en motif peint les traits du Saint-Père.Ingéniosité .s'iiccordant bien au caractère américain, mais qui ne valut pas pour l'instant à Monsieur Felser les importantes commandes qu'il avait prévues.Le crayon se vendit assez bien dans le Québec, guère mieux pourtant que l'émission spéciale qui devait commémorer la visite du roi et de la reine.En somme l'initiative qui devait plus tard provoquer tout un branle-bas à Drummondville passa d'abord à peu près inaperçue.Cependant le Saint-Père avait été touché de cette marque de respect, tout imprégnée qu'elle fût de réclame en faveur de la maison Eagle Pencil; et il arriva par la suite que le nonce papal au Canada, Monseigneur An-toniutti, fit savoir, un bon jour, à Monsieur Felser qu'il se rendrait à Drummondville, tout spécialement pour visiter la fabrique de crayons Eagle.Grande excitation dans la ville et dans la paroisse où on avait aussi reçu la nouvelle de l'arrivée de Monseigneur Antoniutti, mais sans plus de précisions, et où on en était à se demander ce qui pouvait bien valoir cet honneur à Drur.irnondville, tout en Peut-être moins bien pourvue de manufactures que certaines autres villes des Cantons de l'Est, Sherbrooke, au centre du grand tourbillon industriel, en reçoit néanmoins le plein éclat.Seul ce grand pays si riche pouvait foire surgir une ville d'un caractère puissant, dynamique et cosmopolite qui en fait la ville la plus conciliante de la province.élaborant là-dessus mille conjectures ^/->;>; qui ne contentaient personne.Puis grande surprise quand le nonce papal, dès en arrivant, signifia son intention de visiter, non pas une des brillantes et des plus importantes industries de la ville, mais bonnement, la petite fabrique de crayons.Au reste, la ville n'est jamais complètement revenue de son étonnement.Et Monsieur Felser n'aime rien tant' que de raconter comment, s'étai t présenté à l'évcché, il lui fut dit que .Monscipncur Antoniutti ne recevait personne et comment, s'étant nommé, tout aussitôt les portes lui furent largement ouvertes et les saluts dispensés alors dans la ville par à droite et par à gauche; et comment encore le distingué prélat prit de plaisir à sa visite de la fabrique, y manifestant la joie d'un collégien en vacances.La fabrication de cet objet si simple qui avait attiré sur Drummondville cette attention marquante offre, en effet, à travers le spectacle industriel de la ville, un intérêt captivant auquel personne ne pourrait être indifférent.Ses diverses parties proviennent déjà des quatre coins du monde.Pour l'assemblage et la com-Shcrbrooke est la capitale d'une des plus riches contrées laitières du Québec.D'un Position de cet article si usuel, il est rayon de 50 milles arrive à la Carnation Milk, fabrique de lait évaporé, l'apport pourtant nécessaire d importer le le-quotidien do toutes les belles fermes étogecs sur les coteaux de l'admirable pays.ger bois de cèdre de la Californie, le C'est la production laitière presque totale de 1,800 fermes qui sera évaporée, mise en boîtes et répondue dons les régions les plus éloignées.Le lait de chaque bidon est scrupuleusement analyse ovont do subir les différentes épreuves de l'évaporation.Au cours de la mise en boîtes du lait Carnation d'une excellente réputation à travers le monde entier de géontes sertisseuses automatiques scellent les boites à l'épreuve de l'air et des bactéries.Un ingénieux dispositif rejette les boites imparfaites. 10 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 ¦ - ' ':'' ;,*\\ ' ' 1 ¦ > .; : Fa^^^Kfe^HaMDSMkv^MP^^B^B^BsaW»y r JCS» ' - • e^&^Hs!n^^EBn__ 75 »-a;.zS Drummondvitlc.s'ctcndont en tous icni vers la campagne, forme un dessin dérègle de banlieues nouvelles, de beaux quartiers de residence et de petits villages qu'elle attrape tout autour dans son agrandissement rapide.C'est une agglomération éparsc en faveur de l'industrie.C'est une ville ouvrière, mois bien soignée et d'allure indépendante.graphite de Sibérie, du Ceylan ou du Mexique, un argile de Tchécoslovaquie; le crayon requiert encore de l'huile line, de la cire, du vernis, de la laque, du caoutchouc et, avant d'être à point, ne reçoit pas moins de sept à huit applications de peinture.D'.s produits de cette sorte, dans un centre de grandes filatures, de fortes équipes, adoucissent de leur ton léger, humain, son caractère besogneux, son indéfinissable mélancolie de ville ouvrière.Une autre maison américaine a aussi établi sa seule succursale canadienne à Drummondville: c'est la Den-nison aux produits délicieusement puérils ou d'usage si quotidien, tels que confetti, papier crêpé, papier d'emballage coloré, sceaux de Noël, serpentins, serviettes de table, étiquettes de vêtements, bulletins de bagage, étoiles d'or, d'argent, ronds gommés, capsules de bouteilles de scotch; tous les riens qui accompagnent les fêtes, les réjouissances, enveloppent les cadeaux, font la joie des écoliers et égaient un peu, de leurs couleurs vives, tant de moments du la vie.Une grande partie de ce travail, plutôt facile, amusant, se fait à la main et presque entièrement par des jeunes filles.La fabrique Dennison apparaît comme une ruche débordante de préparatifs de carnaval où, d'entre les doigts des femmes, sortent une infinité de choses découpées qui aussitôt semblent vouloir se mettre à voltiger.Partout d'ailleurs les femmes sont nombreuses dans ces soieries, ces papeteries, ces grandes filatures de Drummondville.Ville de jeunes filles aux métiers, aux cardes, aux bureaux, aux dévidoirs, aux filets de pêche, aux pièces de soie, à la confection, su grande production en partie destinée aux femmes provient du travail des femmes.Maintes personnes ont remarqué qu'a Drummondville on voyait peu de femmes.La raison en est d'abord qu'elles sont aux usines.Mais i on les voit peu aux heures de magasinage, partout on perçoit comme sous-latent leur désir de distractions légères et aussi cette passivité un peu pathétique qui rend la situation ouvrière tranquille, apparemment sans problèmes, lorsque ce sont des femmes qui remplissent les usines.A la très grande importance de Drummondville comme centre du textile, à son caractère ambitieux s'allie de toute façon quelque chose de coquet, de frivole, de gai parfois, qui est entièrement féminin.* • • Les produits de Grnnby, dit-on, connaissent toutes les routes du monde .(ils connaissaient déjà avant lu guerre le chemin du Groenland, de l'Afrique du Sud, de l'Egypte, et ont appris depuis celui de l'Australie, de la Russie, jusqu'à Vladivostock) mais peu de routes conduisent commodément à Granby.Cette petite ville des Cantons de l'Est qui se trouve être la plus industrialisée de la province, une des plus vivantes à coup sûr, est assez mul desservie par ses moyens de transport.A quarante-cinq milles seulement de Montréal, elle s'y trouve reliée, pour service de voyageurs, par le tortillard des Southern Counties Railway, muni d'à peu près aucune commodité pour le trajet, bien qu'il le fusse en tunguunt et roulant et à grands renforts de son sifflet aigu comme un gros train pressé.Granby qui so glorifie encore d'être la ville la plus riche de la province — et, chose curieuse, elle l'est — ne possède aucun service d'autobus urbain et, tout ce temps, elle s'éparpille pourtant en longueur et à tel point qu'une industrie nouvellement étublic aux confins tic la ville a dû, pour s'assurer des employés, organiser elle-même le transport en commun de ses ouvriers.Mais une fois qu'on est à Granby, on ne peut faire autrement que de s'en réjouir.C'est la ville la plus amusante, la plus vitale que l'on puisse trcc"er.Drummondville avec ses importunes filatures, ses énormes carrés d'usine, laisse parfois douter qu'elle soit un centre ouvrier tant la classe aisée qui lui donne le ton apporte de soin à paraître réservée, élégatite, et tant les petites fileuscs elles-mêmes mettent de bonne volonté à suivre cet exemple.Grnnby, au contraire, semble adopter une allure volontairement relâchée et gamine.Cette petite ville d'environ 1G.0OO habitants éclate de malice, de farces et de bagout ouvriers.Rien de plus animé, de plus grouillant que sa rue Principale les soirs de paye, quand y déambulent les filles des fabriques, les garçons des manufactures aux souliers bien cirés, aux cheveux aplatis, niais la chemise sur le pantalon, gouailleurs, marchant en rangs pressés jusqu'aux cinémas où ils échangent des répliques d'un haut à l'autre de la salle et continuent si bellement leur tapage qu'il est bien impossible de se laisser absorber par les figures de l'écran.La rue Principale de Granby, c'est déjà, le samedi soir, une image assez ressemblante de quelque quartier houleux de Montréal; c'est véritablement une espèce do foire où les cafés aux noms exotiques, l'Haïrai, le Tropicana, baillent des airs discordants aux jeunes dandys qui passent par là, les reins cambrés, le bras arrondi au coude de leur compagne et pommadés à souhait.Cependant, Granby n'a pas entièrement perdu sa couleur de campagne.Lo dimanche, la ville est aux buggies ramenant de la messe des familles juchées sur le siège, les femmes retenant leur chapeau que le galop frisquet de la jument menace de faire envoler et, dans l'après-midi, aux gamins qui lu pnreourent à cheval, et encore à la visite des cousins, de toute la parenté de la campagne venue par delà la petite Ynmaska.Et puis, le lundi mutin, très sagement, de bon coeur, souvent à pied, Granby reprend la route vers ses manufactures de caoutchouc, de vêtements, de brosses, de gomme ù mâcher, situées aux quatre points c;"«dinaux, au nombre d'une quarantaine et dont elle n'est point encore satisfaite puisqu'elle est en pourparlers pour en attirer au moins cinq ou six autres dans un avenir rapproché.En effet, la grande passion de Grnnby c'est d'avoir une nouvelle industrie à tout moment, comme d'autres villes se paient un trottoir neuf ou un aqueduc.Depuis quelque temps, les entreprises particulières s'implantent à Granby au rythme d'une ou deux par année, mais ce n'est pas encoro assez pour l'umbitieusu petite ville.Elle en veut encore, elle on veut toujours plus.On lu dirait engagée duns une course uu championnat et occupée à battre son propre record.Certaines villes ont des musées de souvenirs, d'art; Granby possède, aménagée dans son joli hôtel de ville, une manière de musée qui célèbre la qualité et la quantité des articles qu'elle produit.On peut y voir, comme à l'étalage d'un beau bazar, des édredons île fine laine, dos peignes, des articles de toilette en bakélite, des brosses, des bas de soie, cent échantillons de produits élastiques.A quelques-uns de ces produits, la petite ville u donné son nom qui court maintenant le monde, ussocié nu tissu élastique, ù la gomme à mâcher.Pour plus d'effet, elle l'a modifié parfois en "Grand-B".Sous cette marque de commerce engageante, elle fabrique d'ailleurs de la gomme à mâcher à l'usage du monde entier: La World Wide Cum.La réclame ajoute: "La gomme qui rend Granby fameuse." Encore que ce soit plutôt dans les corsets que Granby ait fait son nom.La Granby Elastic Webb, avant la guerre vendait déjà du tissu élastique dans soixante-huit pays du monde, y compris des endroits comme la Jamaïque, le Cuba, l'Amérique Centrale, l'Honduras, l'Egypte.La dernière exportation des temps de paix, destinée au Danemark, fut coulée en 1039.Depuis le début de la guerre, cette compagnie livre tous les six mois d'importantes commandes de matériel de baudriers en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Angleterre.Elle dirigeait, il y a deux ans, vers Vladivostock, par voie de Philadelphie, du matériel pour courroies de parachutes destiné à la marine russe.Par la Granby Elastic Webb, le nom de cette petite ville canadienne a pénétré en Russie, un peu partout sur le continent, aux Indes Occidentales, et en des terres brumeuses comme Terre-Neuve, le Groenland.Et le mérite en revient à une entreprise qui, encore une fois, hoi.s des apparences américaines, est entièrement canadienne-française.Granby, comme Warwick, en définitive, doit son élan initial dans les affaires ù une famille canadienne-française, la famille Boivin.Monsieur Ernest Boivin fonda la fabrique de tissu élastique que son fils, Monsieur Horace Boivin dirige maintenant, suivant aussi dans le domaine public l'exemple de son père qui fut maire de Granby pendant dix-huit ans.En fait, Granby pendant près d'une quarantaine d'années a eu un Boivin comme maire.Les petites gens de ln ville continuent colle tradition, en marquent grand contentement et ne so gênent pas pour déclarer: "Grnnby, ce sont les Boivin qui l'on faite." D'esprit pratique, de mémoire fidèle, la petite ville témoigne une véritable admiration à cette famille qui résume ses ambitions, son ingéniosité dans les nffnires.Dans le succès du père et du fils, elle uime se regurder, comme dans sa propre réflexion.A sa fière joie de posséder de si belles industries, s'ajoute un esprit civique très développé.Granby marche, faute d'autobus, mais du moins la ville a de jolies rues, bien ombra- Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 11 gées pour la promenade et de beaux parcs magnif iquement entretenus.Une propreté méticuleuse achève de lui donner un_ air agréable.Quoique bâtie dans la plaine, elle a des aperçus charmants sur les monts d'Abbots-ford, sur le pays des vergers, cependant qu'aux bords de sa Yamaska, petite rivière lente, elle revête un aspect presque pastoral.Elle s'intitule elle-même: cité progressive.C'est là le titre auquel elle tient le plus et, pour justifier sa réputation, d'autres manières que dans le commerce, se donne ni plus ni moins que trois journaux hebdomadaires.Mais c'est aussi une petite ville heureuse, et à plus d'un titre.Nous avons un très curieux standard par quoi mesurer dans notre province la fortune des villes.C'est à la dette qu'elles portent qu'on les estime riches ou de précaire situation financière.Selon ce genre d'évaluation, Granby, la ville du tissu de corset et de la gomme à mâcher, se révèle la plus opulente de la province.Elle a le moins de dettes.En fait, une dette si petite, si minime, qu'elle semble l'image même de la richesse.Une dette même ridicule comparée aux obligations qui pèsent sur les grands centres où pourtant on se croit bien le droit de vivre.D'après les derniers relevés statistiques, Granby avec une population qui était alors de 14,000 âmes n'était endettée que de $5,965,500; soit une bagatelle de $42.59 sur les épaules de chaque citoyen.Joliette qui vient tout de suite api'ès dans l'ordre de la richesse porte une dette de $121.SO par personne et Saint-Hyacinthe, en troisième lieu, $134.81; Les grandes villes sont loin en arrière de Granby.Il n'y a plus de comparaison possible.Heureuse, la petite ville peut bien marcher, et allègrement encore, puisque c'est sous le fardeau le plus mince, le plus léger qu'on puisse porter dans notre temps.* * * Nous devons marquer une profonde fidélité aux attributs de la royauté, car les villes chez-nous se parent volontiers du titre de "reine." Il y a la reine du Sagucnay, la reine des Bois-Francs et, enfin la reine des Cantons de l'Est.Ce qualificatif plutôt usé, Sherbrooke le porte cependant avec dignité.Peut-être moins bien pourvue de manufactures que certaines autres villes des Cantons de l'Est, Sherbrooke, au centre du grand tourbillon industriel, en reçoit néanmoins le plein éclat.Seul ce grand pays si riche en établissements du textile, en moulins à papier, en entreprises de tous genres, pouvait faire surgir une ville d'un caractère aussi puissant, aussi dynamique et aussi cosmopolite, car c'est là la ville la plus conciliante de la province.Sa grand*1 affaire personnelle reste, au fond, l'achat du lait.Sherbrooke est la capitale du royaume industriel, mais aussi la capitale d'une des plus riches contrées laitières du Québec.La plaine roulante qui se dégage des hauteurs où elle est établie se couvre des fermes les plus avenantes.Le grand pays laitier, va rouler en toutes direction, dès les confins de la ville, vers les vallées prochaines où d'autres pentes fertiles leur succèdent et ainsi de suite jusqu'aux approches de la frontière.De tous côtés, les verts pâturages entourent cette ville moderne.Mais si manifestement destinée à l'industrie laitière, il a pourtant fallu qu'une maison américaine, La Carnation Milk, établisse à Sherbrooke une fabrique de lait évaporé pour que la ville prenne en ce sens son expansion naturelle.D'un rayon de cinquante milles lui arrive maintenant l'apport quotidien de toutes ces belles fermes étagées sur les coteaux et les versants de l'admirable pays.C'est brinquebalant vers la fabrique Carnation de longues files de camions qui ont parcouru la campagne et en arrivent au roulement dos bidons de lait.C'est, en plus de tout ce qui va aux beurreries, aux fromageries de la ville, la production laitière, presque totale, de 1,800 fermes qui sera évaporée, mise en boîtes et répandue dans les régions les plus éloignées.Fait intéressant, la Carnation Milk, qui compte trente-cinq fabriques aux Etats-Unis et qui institua des succursales en Hollande, en Ecosse, en France, en Allemagne, en Afrique du Sud, au Pérou et même au Japon, a fixé à Sherbrooke son seul établissement de la province.Au reste, la réputation excellente dont jouit son produit sous des noms divers à travers le monde entier, prend tout son prestige vue à travers la carrière spectaculaire, typiquement américaine, d'un modeste employé de l'état de Washington, un Monsieur Stewart qui, après de laborieux essais, des années de recherche, fonda en 1899 la compagnie Carnation Milk.Ce nom lai fut donné, chose curieuse, pour la simple raison que Monsieur Stewart qui aimait beaucoup les fleurs préférait entre toutes le charme délicat de l'oeillet.Il y a d'ailleurs dans le carrousel industriel des Cantons de l'Est plus d'un exemple de ces succès dus d'abord à l'esprit d'initiative pratique dont les Américains se montrent si admirablement doué et qui sont l'oeuvre d'un homme parti de rien, telle la Johns-Manville d'Asbestos, telle la Julius Kayser aussi qui a planté au-dessus de Sherbrooke la marque de commerce connue dans le monde entier et atteint 1U'EST-IL ADVENU dos \/ approvisionnements de nourri-!" turcs de meunerie?" Voici l'une des V questions que posèrent le plus fré- quemment les délégués aux nombreuses réunions agricoles tenues à \.^j*hJgR Toronto durant le mois de février.Incidemment, ces assemblées traitèrent pratiquement chaque phase de la production agricole.Elles furent très intéressantes et réunirent un ce qui annonce bien en faveur du programme de Production Intensifiée pour 1015.Avant de répondre à cette question, il est bon de faire remarquer que durant les quatre premiers mois de l'année de récolte actuelle, c'est-à-dire du 1er août au 1 novembre 19.44, les livraisons de nourritures de meunerie aux éleveurs de l'Est du Canada étaient GO pour cent plus élevées que la moyenne des expéditions des années d'avant-guerre mais légèrement inférieures au volume de l'an dernier.Lors de la première tempête de neige, le 12 décembre, les difficultés commencèrent — le temps froid et l'obstruction des routes par la neige se maintinrent jusqu'au milieu de février et l'Est du Canada devait envisagé le plus sérieux problème de transport dans son histoire.Durant les deux derniers mois des milliers de wagons de fret ont été complètement immobilisés dans les cours et sur les voies d'évitement.La rareté des wagons à marchandise pour le transport des articles manufacturés à pratiquement paralysé la production.Actuellement nous n'avons pas de chiffres bien définis concernant toute la perte de production de l'industrie de meunerie.Mais il est certain que la situation est sérieuse.Depuis le 1er janvier, la meunerie Maple Leaf Milling Company, à Tort Colborne, Ontario (la plus importante dans l'Empire Britannique) voyait sa production de farine pour expédition en Grande-Bretagne réduite de 225,000 barils et de 8,000 tonnes de nourritures de meunerie qui auraient pu être livrées sur le marché domestique.Ceci démontre bien la situation et indique aussi à quel point les autres meuneries importantes peuvent être affectées.Malheureusement, ces pertes ne peuvent être recouvrées car toutes les meuneries produisent à pleine capacité lorsque les conditions le permettent.C'est la raison de l'actuelle pénurie de nourriture de meunerie et l'on croit que les conditions normales ne pourront être restaurées avant la fin de mars au moins.Entre temps, les meuneries font tout leur possible pour distribuer les approvisionnements limités de nourritures disponibles aussi équitablement que possible.Une autre question posée par les producteurs de lait fut: "Pourquoi les rations laitières Monarch ne contiennent-elles pas de la mélasse comme certaines autres nourritures sur le marché'.'" Voici les faits: d'après les règlements, il n'y a aucune mélasse disponible pour les manufacturiers de nourritures mélangées car elle sert totalement à la production d'alcool industriel pour fin de guerre.Quelques manufacturiers de nourritures utilisent le sous-produit, soit les "solubles de mélasse distillée." Ce produit ressemble à la mélasse, possède la même odeur mais la ressemblance s'arrête là car il ne contient pas de sucre, a un goût amer et est d'une valeur alimentaire douteuse.De plus, il peut produire la diarrhée, si on ne l'emploie pas avec discrétion.Lorsque la mélasse de canne pure sera de nouveau disponible, elle entrera flans la composition dos rations laitières Monarch.Public chaque mois par Ic3 fabricants des nourritures Monarch et Cafeteria pour volaille et bétail.maple leaf milling [™{£,y La liane de qualité de b'us de 70 troduits Le discours du Trône Le discours du Trône prononce à l'ouverture de la première session de In vingt-deuxième législature provinciale annonce les grandes lignes de grands projets, mais derrière le voile d'un texte volontairement vague la province y voit de lionnes nouvelles.Le gouvernement aidera les familles du Québec.On croit reconnaître dans la phraséologie ambiguë la volonté du gouvernement de distribuer lui-même les allocations familiales fournies par Ottawa afin, probablement, île les augmenter et d'en faire bénéficier un plus grand nombre d'enfants par famille.Comme le gouvernement fédéral doit commencer le paiement des allocations vers le mois de juillet prochain, la population peut être assurée que l'administration Duplçssis aura réglé avant cette date son différend avec le pouvoir central sur la modalité des paiements afin de ne pas priver notre population de cette manne céleste plus longtemps qu'il n'est nécessaire.Dans le domaine de l'agriculture le gouvernement facilitera la fertilisation des sols et le drainage des terres, il appliquera une saine politique d'électrification rurale qui offrira les meilleures garanties de succès et d'expansion progressive et rationnelle ainsi que des taux raisonnables et il s'occupera d'améliorer notre réseau de routes rurales.Nos sols ont besoin d'être fertilisés.Les cultivateurs sont de plus en plus convaincus de la nécessité de la fertilisation mais il leur manque soit les engrais soit les moyens de se les procurer en abondance.Le gouvernement s'engage dans la bonne voie en faisant sauter les obstacles à une fertilisation intensive de nos S'>is.Le drainage des terres est une autre amélioration agricole déjà en bonne voie mais qu'il faut accélérer.Encore là le gouvernement abattra de l'excellente besogne dans toutes les régions de la province quand il aura augmenté la machinerie d'excavation et qu'il aura subventionné l'adoption du drainage souterrain sur une grande échelle car pour le cultivateur c'est une entreprise trop coûteuse.Le gouvernement se dit en outre disposé à promouvoir l'élec-trification rurale; de nouveau, c'est une entreprise trop coûteuse pour l'individu.Il faut que l'Etat intervienne de ses deniers.Uni-administration ne dépensera jamais trop pour l'agriculture qui lui offre certainement le meilleur placement.En dépit des nombreuses améliorations apportées à nos route* depuis une dizaine d'années, un trop grand nombre de chemins sont encore trop étroits, raboteux ou poussiéreux.Le gouvernement va corriger tous les défauts de la voirie rurale pour donner des communications faciles à toutes nos campagnes.Dans les premiers jours de la session le gouvernement a été autorisé à emprunter s" la livre VOLAILLE VIVANTE POULETS 5 llw et plus.27—28 27- 28 27—28 2H—29 la livre 4-5 II».20—2G 26-27 26—27 27—28 la livre POULETS De (jril.- - - - la liviv Cochcts.____ • • • • • •.¦ .la livre POULES 5 ll>s et plus.23 —25 ____ 25 25—25X la livre Légères.16—17 16—17 16—18 1S—20 la livrr Vicux coqs-.la livre Vieilles dindes.la livre Oies, tous poids.la livre Canetons, 5 llss et plus.la livre N.O.—Les prix payés aux expéditeurs sont de un ;'i deux sous inférieurs a ceux du Rros.PRIX DES ANIMAUX VIVANTS au cours des périodes hebdomadaires closes respcctl-rcment le BOUVILLONS (jusqu'à 1050 lbs) Choix.Bona.Moyens.Commun».BOUVIIXONS (nu-dessus de 1050 lbs) Choix.lions.Moyens.Communs-.-.TAURES Choix.-.Bonnes.Moyennes.Communes.VACHES lionnes.Moyennes.Communes.Très communes.TAUREAUX lions.Communs.VEAUX Choix et IhmiS.Moyens el communs.D'herbe.AGNEAUX lions.lourds.Communs.Non-chiUrés.MOUTONS .Lourds.Communs-.-.> janvier 1er février 8 février 15 février 12.00 12.35 12-.25 12.25 Il.19 11.28 11.20 11.25 9.11 9.26 9.25 9.40 12.50 12!35' 12.28 iliin' 11.28 11.45 9.11 9.26 9.00 11.00 9.91 ' 10.09 10.25 10.35 K.H9 8.92 8.90 9.40 li.87 l>.89 6.90 7.G0 8.75 8.K5 8.65 8.95 7.51 7.58 7.55 7.70 tu (i.Il G,35 G.G5 5.16 5.51 5.50 5.55 7.87 7 .81 7.80 8.80 6.45 6.49 G.50 7.25 15.30 15.3.1 15.10 15.80 12.88 12.93 12.90 14.55 8 29 8.32 8.10 9.00 12.25 12.00 12.00 13.00 6.15 u'.is' 11*.in" 9.10 11.25 11.00 11.25 11.45 6.50 2 47 2.45' 'i'.ào 3.60 le, 1 Or» II,, 1rs 100 lli-, les 100 IIm les II» II,, les 100 11m les 100 IIm les 100 llis les 100 II» les 100 IIm les 100 II,, les 100 llw les 100 IIm les 100 IIm les 100 llw les 100 lin les 100 IIm les 100 IIm les 100 IIm par léte par tête par tele par téte par t«Me par tCle par lete par lete par tfte Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs La moulée pour poussins FUL-O-PEP offre '%) '//* 11 ^ PRIX EN ESPÈCES (50 Chances de Gagner) UN TOTAL DE $1000.00 Ul #250.00 Grand Pris .150.00 Deuxième P«* .100.00 Troisième Prix .50.00 Quatrième Pris .- 50.00 Cinquième Prix .25.00 chacun Cinq Prix de 10.00 chacun Ouinze Prix de .3.00 chacun Vinpt-Cinq P"X de .**>X AVICULTEUR^ GAGNEZ $25000 EN ESPÈCES! 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Scrvc2-vous de la formule d'inscription qui se trouve au bas de cette annonce et envoyez-la immédiatement ayant soin d'y joindre l'étiouctte d'un sac de MOULEE POUR POUSSINS FUL-O-PEP.Chaque sac porte une étiquette.Voyez votre marchand sans délai.Vous avez 50 chances de gagner.Sonp.cz à ce que vous pourriez faire avec les 3250.00 du grand prix.N'importe qui peut prendre part à ce concours pourvu que chaque déclaration soit accompagnée d'une étiquette de sac de MOULEE POL'R POUSSINS FUL-O-PEP.SERVEZ-VOUS DE CETTE FORMULE AUJOURD'HUI ! The Quaker Oats Company of Canada Limited, Boite 6200, Montréal.Messieurs: Je désire prendre part à votre concours conformément aux règles énoncées.Ci-joint une étiquette de sac de MOULEE POUR POUSSINS FUL-O-PEP avec ma déclaration de cent mots ou moins sur le sujet: "Pourquoi je crois que la MOULEE POUR POUSSINS FUL-O-FEP est la plus profitable que j'aie jamais employée.Nom ¦.(Lisiblement en lettres moulées) Adresse .VHIe.Prov.:.Nom du marchand .Adresse du marchand. 22 Le Bulletin d es Agriculteurs Mars 19+5 î m'est le ph,c util1»?" .Ce tonneau métallique de carburant Imperial Oil pour tracteurs a actuellement beaucoup d'importance pour le cultivateur qui manque «l'aide.C'est ['énergie qui fait marcher son tracteur — qui ne lui coûte «pie quelques sous par jour, et qui active les labours, les semences, la moisson et beaucoup d'autres travaux agricoles.La main-d'ocuvre agricole étant plus rare que jamais celle année, il est essentiel de maintenir vos machines agricoles en parfaii étal.Sauvegardez leur rendement, prolongez leur «luréc en employant les Lubrifiants cl Carburants Imperial Oil qui soul conçus spécialement pour cet usage.L'Agent Imperial Oil vous les livrera à votre porte.Mais il est important que vous placiez votre commande maintenant pour être certain d'avoir à temps ce qu'il vous faut.IMPERIAL OIL LUSTED .Il existe un Produit Imperial OU pour Chaque Usage à la Ferme LA SANTE DES ANIMAUX Organismes, causes de maladies L est des maladies, chez les animaux qui se propagent rapidement tandis que d'autres se transmettent difficilement.Les raisons de cette différence sont souvent compliquées, mais en pratique toutes les pertes peuvent être prévenues ou réduites par l'hygiène et les mesures sanitaires.Sur la ferme, ces dernières ont pour but d'empêcher la propagation et l'introduction des maladies.Pour réaliser cet objet cependant, l'éleveur doit connaître certains principes au sujet des organismes qui attaquent son cheptel.Les maladies autres que celles causées par une alimentation déficitaire ou l'empoisonnement chimique sont ordinairement le résultat de l'invasion des animaux par les germes ou bactéries, les virus filtrables, les champignons microscopiques, les vers ou autres parasites.Les germes (ou bactéries) sont des plantes microscopiques qui peuvent s'adapter elles-mêmes à un genre de vie parasitaire sur certaines espèces animales.Elles sont capables de se multiplier elles-même à une vitesse étonnante, et elles ont le pouvoir de former des substances toxiques, principalement lorsqu'elles pénètrent dans un milieu favorable, tel que le sang ou autres tissus du corps.Certains germes ne peuvent envahir que certains tissus d'une espèce animale déterminée et causent alors des maladies spécifiques.Panni celles-ci mentionnons la tuberculose, l'avortement contagieux, le charbon symptomati-que, la mammite, la gourme, etc.Les germes sont ordinairement présents dans tout ce qui provient du corps d'un animal affecté et peuvent atteindre d'autres victimes par presque tous les moyens de contact.Ils peuvent être transportés par les mains ou les pieds de l'éleveur, les mouches, les aliments contaminés et l'eau, ou encore dans les étables mal ventilées, par l'air.Plusieurs germes, particulièrement ceux de la tuberculose, ne peuvent vivre longtemps en dehors du corps de l'animal; par contre d'autres, tels ceux du charbon symptomatique, ont assez de forces pour vivre plusieurs années dans la terre sèche.La plupart des germes sont facilement détruits par les désinfectants; les maladies ne se propageront donc pas aisément si l'on a soin d'enlever et de brûler les déchets des animaux malades et de désinfecter les planchers.Les virus filtrables ne sont pas aussi connus car ils ne peuvent être vus même avec un puissant microscope.Ils sont si petits qu'ils peuvent passer à travers un filtre de porcelaine.L'anémie infectieuse des chevaux, la peste du porc et l'encéphalo-myélite du cheval sont des maladies causées par les virus.Quelques-uns d'entre eux, comme les bactéries, se propagent par contact entre les animaux, d'autres par l'intermédiaire d'insectes suceurs.Aussi la désinfection et l'isolation des animaux A VOTRE SERVICE Si la maladie attaque l'un de vos animaux, n'hésitez pas à nous écrire." "Le Bulletin des Agriculteurs" a retenu les services d'un vétérinaire'd'expérience pour répondre à toutes les questions de ses abonnes.Ce spécialiste vous donnera dans le plus bref délai possible de précieux renseignements sur les moyens de combattre la maladie dans votre troupeau.Ce service GRATUIT est offert à tous les abonnés du "Bulletin des Agriculteurs".Il suffit de décrire aussi complètement que possible les symptômes de la maladie, de donner son nom et son adresse et d'inclure un timbre de ¦1 cents avec sa lettre.Notre spécialiste est toujours à votre service.malades sont-elles nécessaires pour contrôler les maladies causées par les virus filtrables.Contre plusieurs de ces maladies, la peste du porc par exemple, le Canada est protégé par une loi sévère et efficace.Quelques maladies sont causées par des champignons microscopiques.L'actinomycose (os gras), une maladie fréquente dans Québec, en est un exemple.Ces organismes vivent sur les plantes ou dans le sol et ne peuvent être efficacement contrôlés par l'hygiène.Les vers sont des causes communes de troubles particulièrement chez les moutons, les chevaux et les porcs.Ces parasites ne sont pas des plantes comme les organismes précédents, mais des animaux inférieurs.Ils ne peuvent se multiplier à l'intérieur des animaux, mais la femelle pond ses oeufs dans l'herbe ou sur le sol où ils éclosent seulement lorsqu'il fait chaud.Les jeunes animaux absorbent ces vers sur les terrains contaminés, ou, dans le cas des porcs par exemple, sur les planchers malpropres de leur stalle.Les oeufs et les jeunes vers ne se détruisent pas avec des désinfectants, mais par l'eau ou la sécheresse.Garder les moutons adultes et les chevaux exempts de parasites en les traitant en hiver, prévient la contamination des pâturages, L'observance de l'hygiène empêche les porcs d'être contaminés par les vers ronds.La prévention des maladies repose sur les point ssuivants: 1) Les maladies contagieuses (causées par des bactéridiés ou des virus) ne peuvent se rencontrer sur une ferme à moins qu'un animal infecté y soit introduit.Dès lors, tout sujet nouveau devrait être acheté avec-soin et isolé pour quelque temps.2) Lorsqu'on soupçonne une maladie, il faut isoler l'animal, désinfecter et détruire tous les déchets pour empêcher les organismes d'atteindre d'autres animaux.3) Tenir les animaux bien alimentés et confortables.Avoir recours au vétérinaire pour faire diagnostiquer le mal et donner le traitement avant que l'animal soit trop malade pour en revenir.CONSEILS SAISONNIERS A l'approche du printemps, on se prépare à l'arrivée des jeunes animaux.Si ces derniers naissent normaux et conservent leur vigueur au cours des premiers jours ou des premières semaines, on a de grandes chances qu'ils fassent des sujets profitables sur la ferme.L'un des principaux ennemis du jeune bétail, au printemps, c'est le froid, mais l'éleveur peut obvier à ce danger s'il a la précaution de bâtir des abris isolés.Il peut sauver la vie a des porcelets, par exemple, en confectionnant, dans un coin de la stalle, une plato-formc en bois recouverte de paille.Un tel dispositif réduit les pertes de chaleur animale. Mars 1945 Le Bulletin des A g ul t e u r s 23 Jean aura plus de chance que moi" — C'est mon Jean qui a élevé ce veau, et tu devrais voir comme il en est fier.Il va faire un vrai cultivateur mon Jean.— Il a ça en lui, hein?— C'est évident.Et il aura plus de chance que moi.Je n'avais presque rien quand j'ai commencé, et j'avais mes parents à ma charge.J'ai trouvé ça bien dur pendant les dix premières années.Mais maintenant, avec mon assurance-vie, j'ai de quoi garantir la sécurité de Jean et de sa mère .du moins jusqu'à ce que Jean soit assez grand pour prendre charge de la ferme, au cas où il m'arriverait quelque chose.Et, si je vis, il y aura une pension d'assurance pour ma femme et moi, de sorte qu'il nous sera possibe de nous donner du bon temps sur nos vieux jours.On éprouve une grande satisfaction à la pensée qu'on a pris les mesures nécessaires pour assurer l'avenir.C'est parce qu'elle a su répondre aux pressants besoins de l'homme, e» matière de protection financière, d'indépendance et de tranquillité d'esprit, que l'assurance-vic a constamment monté en faveur auprès du public.Soumise à une sage direction, à des lois appropriées et à la surveillance compétente du Gouvernement, elle protège maintenant l'avenir de plus de quatre millions de Canadiens.Il n'y a pas de meilleur moyen pour les individus de mettre leurs épargnes en commun, tout en jouissant de la protection, pour leur bénéfice et pour le, bénéfice de ceux qui leur sont cbers.Tout bon citoyen possède de ^ASSURANCE-VIE Un message des compagnies d'assurance-vie du Canada -— .—-— Ci-dessus c, IHEZ Allis-Chalmcrs nous considérons la ferme comme un moyen d'existence .la ferme exploitée par les membres de la famille! Nous consacrons nos efforts à rendre le fermier plus indépendant, plus florissant .en lui fournissant un outillage qui lui appartient en propre, qu'il mettra en fonction, qu'il lui est possible d'acheter et qui lui rapportera des profits quelle que soit l'importance de s?ferme.Les tracteurs à pneus, les imminents qui s'y attachent et les machines Allis-Chalmcrs sont conçus, construits et vendus à un prix pour atteindre ce but.Tracteur à .TÏAtlE modèle C Les coussinets dans un réservoir scelle mettent fin au graissage quotidien .éliminent l'usage du fusil à graisser.Des centaines de livres de graisse et d'heures de travail sont ainsi économisées dans la durée de votre tracteur.NOUVEAU TRACTEUR EQUILIBRE l.c modèle C dont les instruments fonctionnent par l'action hydraulique introduit le contrôle équilibrer.La profondeur de pénétration est mesurée avec exactitude.Le semoir et le distributeur d'engrais forment une unité compacte, à ligues fuyantes avec le cultivateur.wjxj;£):l5ji|j;ijjj.|.3 RUMELY LTD - TORONTO La Compagnie Legaré Limitée 1200 rue Amherst représentant autorisé Montréal, Québre Le fauchage à vision nette entièrement contrôlé grâce à la faucheuse Allis-Chalmers qui est montée en ?avant du conducteur.Travail rapide en sécurité.La barre de traction toujours libre pour les autres travaux. 2+ Le Bulletin des Agriculteurs E POULETTE SUR 100 SAUVEE EFFACE TOUTE DIFFÉRENCE DE PRIX Quelle moulée de début pour poussins servirez-vous cette année?Connaissant la réputation du Startena Purina pour Poussins lequel procure une viabilité élevée, une grande vigueur et une croissance rapide, vous voudriez sans doute en servir; mais vous savez aussi qu'il y a des moulées de début se vendant moins cher au sac; et vous vous demandez si vous devez payer le surplus ?Eh bien voici une façon d'envisager le problème— considérant la viabilité seulement, et laissant de côté la vigueur et la croissance supérieures pour le moment: supposons qu'en servant du Startena, vous puissiez élever iustc une poulette de plus par 100 poussins .évitant sa mort sous l'éleveuse ou empêchant qu'elle tombe dans les rebuts.Cette poulette devrait vous obtenir au moins $2.00 de plus que le coût supplémentaire des aliments dès sa première année de ponte.Tout est pour le mieux Ce revenu supplémentaire est déjà suffisant pour effacer toute différence dans le coût du Startena, à comparer avec quelque autre moulée de début "meilleur marché".Et il y a ENCORE les AUTRES avantages du Startena — plus de vigueur — de développement et de pesanteur — tout cela est pour le mieux.Travail Aliments Lorsque autant dépend de si peu, comme la chose arrive avec la moulée de début pour poussins, vous ne pouvez vraiment pas courir de risques avec la qualité, la variété ou l'équilibre des ingrédients ou une certitude absolue quant au mélange.Même une variation insignifiante de l'une ou l'autre peut détruire vos plans et vos profits d'une année entière.Faites que ces quelques premières semaines, alors que chaque jour compte, vous procurent tout ce qu'elles doivent! Quand vous considérez les résultats, le Startena Purina pour Poussins constitue un placement remarquable; et ce sont les résultats qui vous intéressent.UNE "ASSURANCE SUR VOS POUSSINS" La plus grande partie des trouilles affectant les poussins passent d'un sujet à un autre par l'eau de consommation, l'urina a découvert une tablette désinfectant l'eau, Iai|iielle (1 tablette par pinte) détruit lea germes de maladies propagées par l'eau.Quand vous commandez votre approvisionnement de Startena l'urina pour Poussins démailliez donc aussi une bouteille de Chek-K-Tabs l'urina.1 Chck-R-Tab par pinte d'eau de consommation constitue une excellente assurance pour vos poussins et votre portefeuille.peu dispendieuse et très facile à obtenir.y Mars 1945.QUE LE CANADA RENDE .(lire ici la suite de la page 15) avec l'espoir que les fermiers verraient des jours meilleurs.Les services d'-.ililité publique La fermière s'attend à ce que les projet?formulés pour l'après-guerre signifient une amélioration de sa situation et de celle le sa famille; cela jomprend naturellement tout 'un Mondo d'améliorations.Si l'on se ;eportc au domaine de l'électricité, •' convient de noter que deux provinces du Dominion, le Québec et l'C'iitario, ont pris les dispositions nécessaires pour assumer la distribution do l'électricité du façon à ce que les centres ruraux en bénéficient.Il va sans dire que pareille initiative a eu sa répercussion et que dans d'autres provinces on envisage la situation de manière a pourvoir aux besoins de la ferme en matière d'électricité.Le fluide électrique servira lien seulement à éclairer la maison de ferme en général, mais il pourvoira à l'eau courante et à tous les autres usages dont la ferme a un pressant besoin.La fermière qui travaille de peine et de misère avec des moyens de fortune regarde avec envie les illustrations de revues où les cuisines sont pourvues d'éviers modernes et d'appareils électriques nui épargnent du temps mais elle ne saurait bénéficier de tout cela tant que ('electrification rurale ne sera pas généralisée.L'amélioration éducationnelle L'amélioration des méthodes édu-cat'.onncllcs est déjà commencée grâce à une centralisation des moyens jusqu'ici en vigueur et cette amélioration c'a ité rendue possible que par la construction d'une seule école modei-l.v, alors qu'il en existait plusieurs d'ordre secondaire.Les cours par correspondance ont eu un effet remarquable tendant ainsi à uniformiser l'éducation.Divertissements Pour ce qui est des adultes, des mesures ont déjà été prises pour perfectionner leur instruction grâce aux bibliothèques mobiles qui circulent un peu partout au pays.Le côté divertissement n'a pas non plus été ignoré à la campagne, où les salles paroissiales se prêtent admirablement à la chose.L'école tenait jadis le haut pavé mais la situation a changé sensiblement depuis.C'est la salle paroissiale généralement située dans le sous-sol de l'église qui tient lieu de centre de raliement et divertissement.Dette de reconnaissance Ces améliorations à la ferme ne sont malheureusement pas encore généralisées.Ce serait pour le Canada un moyen pratique de prouver la reconnaissance que le nays doit aux fermières en général pour le splen-.lide effort de guerre qu'elles ont fourni.La femme a encore sa place à la maison mais cette plaie a pris de l'ampleur au point quj la fermière ne saurait être plus longtemps confinée entre quatre murs.Pour que la fermière se sente parfaitement heureuse, il faudra qu'elle soit assurée du lendemain, que ses enfants reçoivent l'éducation qui leur convient, que sa maison soit pourvue de toutes les commodités essentielles à l'existence et qu'enfin son avenir soit assuré.Sans cela, elle conservera l'amertume d'avoir travaillé tout du plus pour exister et non pour vivre. Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 2 Rien d'impossible Au cours de ces quelques dernières années de guerre, le fermier, en dépit d'une pénurie de main-d'oeuvre, :i pris sa tâche à coeur sachant que les compensations qui en découlaient valaient la peine.Ses conditions de vie se sont améliorées, l'avenir lui a paru plus souriant et tout le monde en a bénéficié.Cette modification de son existence l'a récompensé pour ;es années au cours desquelles il lui fallait travailler dur dans ¦ l'espoir que la situation s'améliorerait un jour.Cette situation s'est maintenant améliorée et il a fallu la guerre pour la créer.Mais la fermière est prudente, économe, prévoit l'avenir et c'est la raison pour laquelle elle place ses économies dans des obligations gouvernementales, afin qu'à leur retour, ses fils à l'armée se sentent plus- à l'aise.La guerre impose un tribut d'argent et de san^ en échange de la sécurité à venir mais la fermière sait fort bien que ses économies placées dans les ressources naturelles du nays le sont à bon «-scient.La fermière canadienne s'attend à ce que le retour de la paix lui apporte un mode d'existi-nce meilleur grâce à une stabilisation des prix des produits de la ferme, un plus beau foyer, un meilleur outillage agricole, une école que ses enfants fréquenteront avec plaisir, enfin la certitude Oie les soins appropriés lui seront donnés en cas de maladie.La fermière canadienne, bien que très occupée, ne s'est pas désintéressée des événements internationaux et elle est au courant de ce qui se passe dans sa manière d'envisager les choses d'une façon sereine et avec l'apport de meilleures conditions d'existence, n'est-il pas à souhaiter qu'un jour elle tienne un rôle de premier plan dans la vie de la nation?Pendant la guerre, la fermière à démontré ce qu'elle pouvait faire; elle a aussi prouvé que maigre des revenus plus élevés, elle savait encore résister à la tentation de se procurer des douceurs et friandises et au besoin économiser.Ces économies, elle les a placées dans les Obligations de la Victoire et l'occasion lui sera fournie, au retour de la paix de prouver qu'elle sait aussi bien se comporter qu'en temps de guerre.STELLA E.GUMMOW LES SEAUX A SEVE Nous désirons attirer l'attention de nos lecteurs sur la remise en vigueur d'une politique fédérale-provinciale suspendue au début de la guerre.Il s'agit de celle ayant trait à l'échange des seaux à sève contaminés par le plomb contre de nouveaux en aluminum.Le gouvernement d'Ottawa et celui de Québec contribuaient dans le paiement des seaux neufs dans la proportion de 70% de la valeur; la balance, soit 30%, était payable par le producteur.Comme il est maintenant possible de se procurer une certaine quantité d'aluminium, les deux gouvernements ont pris les mesures nécessaires pour remettre en application ce mode d'échange.Ln nouvelle en a été communiquée par M.J.R.Méthot, chef de la division du sucre d'érable au ministère de l'Agriculture.Les conditions et règlements demeurent les mêmes qu'avant la guerre.Le prix des seaux n'est pas changé et les échanges doivent se faire par l'entremise des asocisations ou par groupe de producteurs réunissant au moins i!r.ono seaux.m imimn dire ¦ vous aviez acheté m NfllIVF! FPANBEUR .j'ach O Les cultivateurs connaissent et apprécient ce qu'il y a de mieux en fait d'instruments aratoires.Et les Epandeurs Cockshutt sont recommandés d'une façon enthousiaste par les milliers de cultivateurs qui en ont.Les Epandeurs Cockshutt ne sont pas préférés pour une caractéristique en particulier.Ce sont tous les avantages de leurs nombreuses caractéristiques qui leur valent cette supériorité extraordinaire.Par exemple, le fait que le distributeur épand du fumier finement déchiqueté, uniformément et sur une très grande largeur, est important.très important.Mais beaucoup d'autres caractéristiques Cockshutt exclusives sont également importantes et démontrent pourquoi les Epandeurs Cockshutt font un meilleur travail .moyennant moins de frais ; : ; et moins d'effort.ET VOICI QUELQUES-UNES DES RAISONS: •k Châssis en acier, léger et robuste .; .force extraordinaire et durabilité maximum.Côtés et fond en tôle "Armco"—le métal inoxydable qui fait le plus long usage.* Roues à suspension indépendante .essieu avant flottant .¦ ; .nivelant les bosses et les creux et aidant â.maintenir droit le coffre de l'épandcur.ic La Commande et le mécanisme de distribution positifs assurent le mouvement doux et régulier de la convoyeuse pour un epandage uniforme.* Agencements pour lubrification à haute pression â tous les points essenu'els, situés à des endroits convenables.•k II y en a une grandeur pour chaque genre de ferme.Voyez votre Marchand Cockshutt Autorisé aujourd'hui au sujet d'épandeurs! Rappelez-vous qu'il est mieux en mesure de vous servir s'il sait d'avance ce qu'il vous faut.Ecrivez à la succursale la plus 'proche pour demander de la documentation illustrée sur n'importe quelle machine—lahoureusc, sc-¦ meusc, faneuse, moissonneuse, etc.—dont vous avez besoin."UNE PLUS GROSSE RECOLTE DANS CHAQUE CHAMP'?PLOW COMPANY LIMITED SMITHS FALLS MONTREAL TRURO BRANTFORD WINNIPEG REGirJA CAtOABT SASKATOON EDMONt'ON 26 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 LE RENDEMENT DES BOUGIES AC EST ASSURÉ PAR DES INGÉNIEURS Le fonctionnement sûr et efficace est littéralement réalisé par des ingénieurs — dans toute bougie AC! Toute l'année durant, les techniciens AC travaillent avec les ingénieurs de toute l'industrie automobile afin de s'assurer que les bougies AC possèdent la gamme de chaleur et les autres facteurs de rendement appropriés à chaque auto, camion ou tracteur.C'est pour cela que les bougies AC sont installées à l'usine, comme équipement d'origine, dans un si grand nombre d'autos et de camions.C'est aussi pourquoi tant de propriétaires préfèrent les AC de conception technique soignée comme remplacement.BOUG FAITES AU CANADA DIVISION UNITED MOTORS SERVICE DE LA GENERAL MOTORS PRODUCTS OF CANADA, LIMITED Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 27 PORTRAIT D'UN HOMME EN NOIR (lire ici la suite de la puge 7) A son profond mécontentement, son premier conflit avec la vie professionnelle ne lui apporta pas tous les lauriers auxquels il pensait avoir droit légitimement.Un grand bureau d'avocats montréalais l'avait accueilli comme jeune partenaire et semblait devoir lui assurer une première réussite.Sébastien se mit à la tâche vaillamment, consciencieusement.Après quelques mois, il dut reconnaître qu'il n'était pas très populaire parmi ses confrères.On appréciait sans doute ses connaissances étendues, le mal infini qu'il se donnait à vider une cause jusqu'à la dernière goutte, la patience qu'il apportait à ses nombreuses recherches, mais on ne lui donnait aucun témoignage d'estime personnelle.Sans se l'avouer, il souffrait terriblement de cette carence d'admiration, de compliments, qui sont comme un baume consolateur pour la vanité humaine.De plus en plus, il se sentit seul dans un bureau sourdement hostile.Les causes qu'on lui passait devenaient moins intéressantes.Absolument incapable de se juger lui-même, il ne pouvait comprendre qu'il s'était mis tout le* monde à dos en affichant celle froide supériorité, cet esprit d'analyse sec et sans compromis, cette reserve inconsciemment arrogante qui le mettait à part des autres.Sébastien ne pouvait endurer l'opposition ni la contradiction.Son orgueil naturel l'empêchait d'admettre qu'il put y avoir dans Montréal d'autres avocats aussi capables que lui, sinon supérieurs.Chaque fois qu'un juge ne lui donnait pas raison, c'était une brûlure au fer rouge qui mettait bien du temps à se cicatriser.Les yeux du jeune homme étaient étrangement fermés à toute joie réelle.Il pratiquait sa religion même avec l'austérité sans relief des jansénistes.Ses prières n'étaient pas un encens mais une pétition de droit.Il endura son abjecte condition pendant trois ans puis finit par conclure que le succès lui était interdit dans la métropole pour trois raisons: il était d'une ville étrangère, ses qualités ne seraient jamais reconnues par des confrères trop envieux, sa véritable vocation était ailleurs.A la demande de son fils préféré, monsieur Deschcnes père mit en jeu tout ce qu'il comptait d'influence dans la capitale pour placer Sébastien au contentieux du ministère du Revenu fédéral.Arbitre des questions litigieuses qu'on lui soumettait, Sebastien se retrouva soudain dans son élément.Le ministre lui accordait pleine confiance et il avait le dernier mot dans toutes les décisions.La vie lui souriait à nouveau.Au cours des quatre années qui suivirent, son ascension fut spectaculaire.Fort d'arrêtés ministériels qui lui confiaient des pouvoirs de plus en plus étendus, Sébastien finit par faire la pluie et le beau temps dans sa division.Toutes ses qualités (l'ordre, de circonspection, de calcul intelligent s'épanouirent d'un commun accord sous l'oeil paterne des nuto-rités.A temps perdu, il se mit à étudier sérieusement les questions d'ordre économique qui passionnaient alors l'opinion.Deux ou trois articles pondérés dans des périodiques importants furent, le résultat de cette assimilation et valurent des louanges générales à leur auteur.Dès lors, il acquit et non sans raison une réputation d'économiste averti.Le ministère le soignait comme un enfant gâté, son personnel l'admirait et le respectait à la fois car il faisait un chef juste mais ferme.Il ne tolérait aucune bévue, aucun retard dans le travail.Ses sténographes devaient rester souvent après les heures.Durant toutes ses années dans le service civil, on ne le vit rire que deux fois.La première occasion lui fut donnée lorsqu'un journal local réfuta un rival qui s'était attaqué à l'une des théories économiques, la seconde lorsqu'un jeune commis qui avait osé contester l'une de ses décisions fut transféré vers un autre ministère.Sébastien était trop bon orateur pour ne pas verser dans l'art du conférencier.C'est au cours de l'un de ses brillants exposés technologiques qu'il attira pour la première fois l'attention du sénateur Hubert.Le sénateur était un philantrope reconnu et lorsqu'il s'intéressait à un jeune, son protégé pouvait compter sur un appui généreux et constant.Il fut frappé par la logique imperturbable des propos de Sébastien, par son verbe précis et châtié, par la richesse de sa documentation.Le jeune conseiller juridique n'avait pas son semblable pour extraire l'essentiel d'une masse de papiers, de statistiques et de rapports officiels.La compulsion et la revise de documents, le sempiternel tri des idées anciennes et nouvelles faisaient ses délices.Il se distinguait de' ses confrères toutefois par son habileté à coordonner ces données et à les présenter au public sons une forme simplifiée.Le sénateur demanda à faire la connaissance de Deschênes.Il le vit plusieurs fois et lui confia enfin la présentation du projet de relèvement économique qui lui tenait tant à coeur.Sébastien accepta d'emblée et, comprenant que son avenir était en jeu à la salle de l'Université, il se surpassa littéralement ce soir-là.Jamais ses conceptions n'avaient été plus claires, son exposé (dus brillant, son éloquence plus convaincante.La soirée fut vraiment un triomphe personnel.D'un seul coup, il s'était assuré un protecteur, un avenir merveilleux et une épouse très désirable.Sébastien n'avait jamais songé sérieusement au mariage.Il se suffisait tellement à lui-même et sa famille qui l'idolâtrait, cédait à tous ses désirs et lui faisait la vie douce.Pourquoi compliquer cette aimable aisance par des liens conjugaux?Mais, après tout, il dépassait la trentaine et un homme gagne parfois en prestige à donner au monde le spectacle d'une vie rangée.Lorsque la fiancée est riche et belle, la perspective devient doublement attirante.Il se décida donc à demander la main vie Monique.Le doux temps des fiançailles eut une heureuse influence sur If jeune avocat et réussit presque à l'humaniser.La tendresse de Monique, sa gaieté naturelle et primesautière, son détachement des soucis matériels, son élégance aisée et sans affectation étaient des facteurs tellement nouveaux pour Sébastien qu'il en resta pris au dépourvu et en vint presque à partager cette joie de vivre.Il se mit à aimer la jeune femme violemment, pris d'un soudain désir de connaître ce côté attrayant de la vie qu'il n'avait pas encore réussi à saisir.Ainsi la brebis qui s'est isolée du troupeau se met à convoiter follement l'herbe du champ voisin.Lorsque Monique lui montra le célèbre tableau au Musée, il réprima mal son déplaisir.La ressemblance évidente lui avait causé un léger choc.Il se figurait tout autre que ce sombre gentilhomme à mine hautaine, tant il est vrai qu'il nous est impossible de nous représenter tel que les autres nous voient.11 eut quelques minutes l'embarrassante impression que son âme avait été mise à nu, mais ne tarda pas à reprendre son aplomb.Quelques jours plus tard, en secret, '1 retournait contempler le portrait de l'Homme en noir et finit par se convaincre que la ressemblance n'était pas tellement marquée.— Je n'ai pas le nez si long, se dit-il, ni le visage si émacié.Je suis plus vivant que ça.En refusant obstinément d'admettre la ressemblance morale, qui dépassait de beaucoup celle des traits, il parvint assez facilement à oublier cet incident où, sans qu'il sut pourquoi, sa vanité avait subi un échec.A compter de ce jour cependant il surprit son entourage en choisissant des teintes d'un ton plus clair pour ses complets et ses cravates.Au printemps de 19.18, à la veille de son mariage, Sébastien vint tout près de subir une métamorphose.Il avait accompagné Monique aux jardins de la ferme expérimentale et le jeune couple s'était engagé dans les allées soigneusement entretenues où fleurissaient les lilas.L'air était empreigne d'une odeur tellement suave que l'âme des visiteurs en paraissait allégée, dégagée de la matière.Au détour d'une haie de cèdre, Monique poussa un cri de joie.Trois plates-bandes de tulipes en pleine floraison flamboyaient au soleil.Les teintes les plus vives, depuis le rouge cardinal jusqu'au jaune citron, s'offraient impérieusement à l'admiration du public.— C'est sans doute pour qu'on puisse lui pardonner de n'avoir pas d'odeur que la tulipe s'est faite si belle, s'exclama Monique.Sébastien ne dit mot.Il avait, pour une fois, oublié de calculer mentalement le nombre d'oignons plantés là et leur coût approximatif dans les prévisions budgétaires du Gouvernement.Un peu plus loin, dans un coin frais et ombragé, ils découvrirent des iris d'un mauve indéfinissable près desquels embaumait du muguet.Monique s'assit dans l'herbe afin de mieux admirer le tableau.Elle était vêtue d'une vaporeuse robe bleue et la lumière de mai jouait dans ses cheveux châtains aux reflets cuivrés.Elle symbolisait le printemps qui régnait en maître autour d'eux, l'amour et ses droits inéluctables.Sébastien se laissa choir près d'elle et saisit ses mains entre les siennes, les couvrit de fous baisers.Il était ivre de jeunesse, de beauté, de fleurs odorantes et de ciel bleu.Il voulait vivre, aimer enfin.Un bruit de pas se fit entendre tout près, dans l'allée voisine.D'autres visiteurs s'approchaient de la charmille.Sébastien, subitement dégrisé, se redressa.Il avait vraiment perdu la tête pour se laisser aller ainsi comme le vulgaire populo.— Il faut partir, Monique.J'ai un engagement à cinq heures.Un peu déçue, elle le suivit en ajustant sa coiffure.Sébastien était évidemment un homme sérieux, son-gca-t-elle.Après tout elle avait vingt-sept ans elle-même.Il vient un âge où la raison doit dicter au coeur, même dans un jardin au mois de mai.* » * Le mariage Deschênes-Hubert fut un des événements marquants de la saison.Monique appartenant à une paroisse de la métropole, la cérémonie eut lieu à la basilique de Montréal mais attira d'Ottawa un grand nombre d'invités distingués.Sébastien eut un- peu l'impression de revenir en conquérant dans la ville qui n'avait pas su l'apprécier.Est-ce qu'il ne venait pas de lui enlever une de ses plus belles filles?Il exultait lorsque le sénateur Hubert lui serra la main après la noce.— Je projette un bel avenir pour vous, mon gendre, lui dit-il.Attendez, vous verrez.Sébastien n'avait guère besoin d'attendre.Il n'avait jamais douté que la fortune dût lui sourire un jour.Les nouveaux mariés s'installèrent quelques mois à l'appartement du "Roxborough" puis, le sénateur s'étant montré extrêmement généreux dans sa dot à Monique, ils décidèrent d'acheter un logis un peu plus approprié à leur âge.La jeune femme optait pour le quartier de Rockliffe qu'elle trouvait plus pittoresque et plus fashionable.Sébastien décida que la côte de sable était un endroit à la fois plus démocratique, plus canadien-français et plus approprié à sa condition.Ils achetèrent donc une confortable maison rue Wilbrod et, après quelques travaux d'aménagement, y pendirent la crémaillère pour leurs nombreux amis.La première année de son mariage fut pour Monique toute empreinte de félicité.La nouveauté de la vie à deux, la joie de partager les projets et les pensers de Sébastien, le plaisir tout naturel de créer un foyer surpassèrent de beaucoup les petites déceptions que pouvait lui causer le prosaïsme de son époux.Il se montrait évidemment bon mari et même parfois amoureux ardent, mais jusque dans ses manifestations sentimentales il faisait montre d'un formalisme qui ne laissait pas d'étonner un peu.Monique avait parfois l'impression que ses baisers, répartis à intervalle régulier, étaient enregistrés et catalogués mentalement quitte à faire plus tard l'objet d'un rapport annuel.Sébastien aimait voir sa femme désirable, gracieusement étendue sur une chaise longue, vêtue d'un élégant déshabillé, mais plus que toute autre chose, il savait l'apprécier lorsqu'elle l'aidait à rédiger un discours en lui fournissant des tournures de phrase un peu plus souples, des développements plus frappants.Pour la récompenser il la serrait alors un peu plus étroitement sur son coeur et lui répétait ces mots d'amour auxquels elle semblait tant tenir.Il pouvait alors lui dire qu'il tenait à elle plus qu'à toute autre chose au monde et il ne mentait pas complètement.Leur premier différend sérieux survint au printemps de 1939 à l'occasion de la visite royale.La capitale était en proie à une fièvre indescriptible et le grand problème du jour pour l'hiérarchie officielle se résumait en ces mots: Etre ou ne pas être invité?Les barrières sociales tinrent bon mais non sans avoir été sérieusement ébranlées par des assauts multipliés.Le protocole permit aux sénateurs de se faire accompagner de leurs épouses lors de l'assentiment donné par Sa Majesté à quelques bills dans l'auguste enceinte de la Chambre Haute.Avec un peu d'influence, Martial Hubert obtint que sa fille prit à ses côtés la place d'une épouse défunte.Mais toutes les "ficelles" au monde n'auraient pu procurer à Sébastien une carte d'entrée.Lorsque Monique lui annonça la nouvelle, elle fut surprise de le voir devenir presque blême.Elle ne s'était pas imaginée qu'il put attacher tant d'importance à la chose.— Vraiment, Sébastien, si je le pouvais je te céderais ma place.Je ne savais pas.Elle avait commencé par sourire de sa mauvaise humeur, mais elle s'aperçut qu'il était en réalité bouleversé par un accès de rage mal con- 28 Le Bulletin des A g r i c ii 1 t e u r s Quel est \'é\rt de votre accumulateur, "TOfE vous faites pas prondre avec un moteur mort quand viendra le temps de commencer vos travaux de printemps.Vérifiez maintenant l'état des accumulateurs de votre tracteur, de votre camion et de votre auto.Il vous sera profitable de les faire mettre au point dés maintenant.Portez-les chez votre marchand Prest-O-Litc .il verra à ce qu'ils vous donnent un prompt démarrage et une longue durée, ce qui fait la réputation des accumulateurs Prest-O-Lite.PREST-O-LITE BATTERY COMPANY UtAHÏD 1352 Dufferin Strati - Toronto, Ont.Pour obtenir de meilleures récoltes IL L'EPANDEUR ultra-léger JUTRAS' Il se vend plus d'epandeurs JUTRAS que toutes les autres marques, au Canada, des milliers de cultivateurs en font usage.II est sur le marché depuis au delà de 40 années consécutives, c'est la machine idéale de la ferme canadienne.La boite en bois résiste a l'acide du fumier.Houes de traction forgées, de plus longue durée.Arbres de couche 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redevenu peut-être un peu plus olivâtre que d'habitude.Sa lèvre avait pris un pli amer, dédaigneux.— Si tu m'étais vraiment dévouée, tu préférerais rester près de moi plutôt que de ne pas me voir partager ton plaisir.— Je t'assure que je le ferais volontiers si je n'avais pas promis à mon père de l'accompagner.— Tu es comme toutes les autres femmes.Tu sacrifierais tout à la satisfaction d'être dans la même pièce que le roi et la reine.Peu importe que ton mari doive en souffrir dans sa dignité.Peu importe que tout le monde doive faire des gorges chaudes en voyant que je ne puis te suivre au Sénat.Monique le considéra en silence, toute étonnée de découvrir cet aspect insoupçonné de son caractère.Ayant toujours pris l'intelligence cauteleuse de Sébastien pour de l'élévation d'esprit, elle se refusait à comprendre cette incroyable étroitessc de vue.Bile aurait pu facilement renverser les insinuations de son mari en lui apprenant qu'elle avait, dans sa jeunesse, refusé l'occasion d'être présentée à la Cour d'Angleterre.Elle ne s'en donna pas la peine.Sébastien quitta lit chambre en faisant claquer la porte.Ce fut la brisure fine et profonde qui se discerne à peine mais dont l'entaille doit un jour mener à une perte totale.Monique souffrit beaucoup d'être seule avec son père à la séance historique et le souvenir de la scène de ménage récente lui gâta tout à fait la solennité du moment.En revenant chez elle, après la cérémonie.Il boudait toujours et elle n'osa pas lui décrire la beauté du spectacle encore frais devant ses yeux.Il demeura bourru et s'enterra sous un amas de travail pendant toute la visite royale puis, une fois les souverains partis, il revint subitement à de meilleurs sentiments.— Excuse-moi.dit-il à sa femme, si j'ai été un peu brusque.Je ne me suis pas senti très bien dernièrement.On dirait que ma digestion se fait péniblement.— Tu travailles trop, mon pauvre ami.Voici l'été et tu auras l'occasion de pretulrc du repos.— Le repos n'est pas fait pour les gens comme moi.Il me faut travailler, prendre de la peine pour me prouver digne de la confiance que ton père a bien voulu placer en moi.Je veux que tu sois toujours fière de moi, ma chère.Je fais des projets magnifiques pour notre avenir.Quinze jours auparavant, Monique eut prisé cette expression d'admirables sentiments.Elle commença cette fois à mettre leur profondeur en doute.Sébastien ne craignait-il pas plutôt que le sénateur s'étonnât de sa bouderie récente?Cherchait-il à réparer la mauvaise impression causée par sa sortie?Ses ambitions et ses "projets magnifiques" étaient-ils aussi légitimes qu'elle l'avait cru jusqu'alors ou bien basés sur un amour-propre désordonné?Mars 1945 La jeune femme demeura perplexe et meurtrie, car on souffre toujours en découvrant à son idole des pieds d'argile.Et puis, durant cet été qu'elle passa en partie chez des amis à Chelsea tandis que Sébastien s'absentait rarement d'Ottawa, elle s'aperçut qu'elle allait être mère.La naissance de leur premier enfant, combinée avec tous les changements apportés par la guerre, effaça momentanément les doutes qui avaient jeté leur ombre entre le jeune couple.En quelques mois, la capitale revêtit un aspect nouveau.Ses rues paisibles s'emplirent d'hommes en uniforme, d'officiers galonnés.Des édifices temporaires se mirent à sortir de terre comme les classiques champignons et un flot de fonctionnaires surnuméraires commença à affluer de tous les coins du pays vers Ottawa.Les engrenages ministériels étaient à leur tour pris dans l'engrenage suprême de la guerre.Près du Château Laurier, soldats, marins et aviateurs se faisaient photographier an pied du cénotaphe dont la masse héroïque venait de prendre un sens plus actuel et vivant que jamais.Dans certains bureaux, ce fut la course aux postes bien cotés et bien rémunérés.Sébastien fut au nombre des concurrents les plus actifs.On lui confia les fonctions de conseiller auprès d'un comité d'économie en temps de guerre.Cette nouvelle situation n'était pas une sinécure.A compter de sa nomination, Sébastien ne s'appartint plus.Il tenait à faire bon effet et, soir après soir, on le vit rester à suri bureau, attelé à quelque tâche urgent'' qui réclamait toute son attention.Il revenait à la maison exténué, con ten i de se laisser choir sur son lit, de regarder silencieusement Monique donner le biberon au petit Philippe.— N'est-ce pas qu'il est un amour?demandait la jeune femme.Je ne me hisse pas de le contempler.Sébastien ferma ses yeux cernés par la fatigue.— C'est quelque chose de savoir que mon nom ne mourra pas.Elle ne releva pas l'incongruité de cette remarque, sachant qu'il était rendu à bout et prêt à s'assoupir.Il songeait qu'il était évidemment fier de son fils, puisque cet enfant était le fruit de ses oeuvres.Ce fait seul lui donnait une valeur inestimable à ses yeux.Il n'aimait pas les mioches en général mais, dans ce cas-ci, c'était différent.Il avait assuré sa postérité et raffermi ses liens de famille.I.c sénateur ferait beaucoup plus tard pour son petit-fils.Sébastien avait allumé une cigarette.Il fumait énormément depuis quelque temps.Après à peine deux ou trois bouffées, sa tête roulait sur l'oreiller.Monique enleva délicatement la cigarette qui lui pendait au bout «les lèvres et l'écrasa dans un cendrier.Elle se mit à regarder longuement cet homme qu'elle avait tant aimé, qu'elle aimait encore, bien qu'il se mêlât maintenant à cet amour un peu de désillusion et de pitié.Il avail maigri et ses traits étirés, ses yeux battus accentuaient sa ressemblance à l'Homme en noir.Monique en eut un léger remords.Son mari se dépensait sans relâche et elle ne lui accordait sans doute pas assez de mérite.Il était naturellement très ambitieux, très arriviste, mais est-ce qu'on ne reproche pas à d'autres hommes d'être tout le contraire?Si seulement il savait abandonner ce détachement qui faisait désespérer de jamais arriver à le comprendre.Monique était profondément éprise de son foyer, de son enfant, mais avec LE TABAC À CIGARETTES DOUCEUR QUALITÉ- VALEUR Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteur» 29 7 : • Travaillez-vous longtompo ou dur?Vos rnuocloD n'en ios-sentiront sûremenî! Dès quo vous sentirez une douleur, tapotoz du Liniment Sloan à cet endroit.Lo Liniment Sloan agit rapidement, scientifiquement—pour aider à soulager les muscles douloureux.Vous avez beaucoup de muscles et les muuclos ont besoin d'oxy-g6no pour fonctionner.En tapotant du Liniment Sloan, vous aidez à stimulor la circulation du sang autour dos muscles fatigués.Lo sang frais fourni do l'oxygôno essonticl, ot chasso lo vieux sang chargé d'acides causes par la fatigue.Les douleurs musculairos lancinantos disparaissent vite, quand vous appliquoz du Liniment Sloan.F23Y L'ART PAYSAN DU 31/ rue McMohon BRODERIE COTON A BRODER FIL A COUDRE Bobines de 200 à 10,000 verges COTON A REPRISER ROUETS et CARDES Demandez liste do prix.VIEUX QUEBEC Québec.deux servantes et une aide maternelle, la tenue de maison ne suffisait pas à l'absorber complètement.Elle n'était pas tout à fait heureuse.Il lui manquait de la gaieté, l'aimable abandon qu'on trouve généralement chez un jeune ménage.A sa grande surprise, elle se prenait souvent à considérer la vie sous l'aspect grave que lui prêtait Sébastien.Les amis de celui-ci lui ressemblaient tous.Gens au verbe sec, métallique, dont les dieux jumeaux se nommaient Succès et Efficacité.A ce contact, elle en était venue elle aussi à attacher une importance énorme à l'équilibre des comptes, à la stricte discipline de ses domestiques.Sébastien ne tenait pas beaucoup aux amies de sa femme qu'il jugeait trop frivoles et mondaines.Il s'expliquait mal le goût du sexe faible pour les potins, les sorties, la mode.L'épouse, à ses yeux, devait être avant tout une utilité et il ne désespérait pas de former Monique à la longue.Au cours de l'hiver de 1940-41, il fut uppelé à participer à une grande manifestation publique en faveur d'un emprunt de guerre.Contrairement à son habitude, il ne sollicita pas l'aide de sa femme dans la préparation de son discours.— J'ai tout ce qu'il me faut sous la main au bureau, cxpliqua-t-il brièvement à Monique.Elle se rendit à l'assemblée en compagnie de son père.Lorsque vint le tour de Sébastien, parlant à la suite de deux personnages éminents, il se leva plus sobre et plus confiant que jamais.D'un ton calme et mesuré, il fit un exposé de la situation financière du pays, de la nécessité d'un appel pressant au public, il aborda les raisons d'ordre sentimental qui devaient pousser ses auditeurs à verser leur or.Il raconta l'histoire d'un petit soldat dont les ancêtres s'étaient battus pour les libertés humaines à Saint-Eustache et qui, à son tour, était prêt à tout sacrifier pour défendre ces mêmes libertés compromises à nouveau aujourd'hui."Plus que soi-même, plus que sa ville, plus que son pays, conclut-il, il faut aimer l'humanité, il faut aimer et défendre le frère qui souffre et qu'on opprime.Si l'on ne peut voler à son secours armes en main, alors qu'on lui vienne en aide par d'autres ressources.Souvenez-vous que tant qu'un membre de la grande famille humaine est enchaîné par l'esclavage, aucun homme sur terre n'est vraiment libre!" Ces mots prononcés avec éloquence éveillèrent les applaudissements de l'auditoire.Monique se sentit frémir.C'était là un nouveau Sébastien, un homme à l'âme sensible et compatissante plein d'abnégation devant les souffrances des autres et les besoins de l'heure.Le sénateur Hubert se hâta d'aller féliciter chaleureusement son gendre, tout fier de l'avoir enfin vu se départir de ce positivisme qui devenait un peu aride à la longue.— Bravo, bravo, lui dit-il.Vous avez exprimé là de bien beaux sentiments.Vous auriez peut-être pu y mettre un peu plus de chaleur mais, dans les circonstances, vous avez gardé la note juste.Un sens très juste des proportions.En rentrant à là maison, Monique embrassa tendrement son mari.— Tu as été magnifique tantôt.Je ne te savais pas si profond penseur.Sébastien eut un pâle sourire.Il joua pensivement avec ses boutons de manchette.Ce concert de louanges allait tout juste à la mesure de sa taille, mais une certaine probité innée commençait à lui donner des remords de conscience.— La fin du discours n'était pas de moi, avoua-t-il finalement.Le président du comité, en lisant mon texte Tout le monde doit aider la CROIX ROUGE "C'EST NOUS, LES BLESSES de guerre, et plus encore ceux qui ont le malheur d'Être prisonniers des boches, qui savons tout le bien que fait la Croix-Rouge, sans distinction de rang ou tïe nationalité.Si nous n'avions pas eu les soins et les colis de la Croix-Rouge, nous n'aurions jamais revu le pays." Ce giand blessé ou ce prisonnier rapatrié est l'un des millions de soldats et de civils qui ont été secourus dans des circonstances tragiques.Le monde entic.- proclame le dévouement, voire l'héroïsme, des membres de la Croix-Rougej Aussi, le devoir de tout citoyen est-il d'aider cette société dans l'intérêt des nôtres et au nom de l'humanité.La Croix-Rouge a besoin de $10,000,000 pour poursuivre son oeuvre.Donnez le plus possible, car jamais votre aide n'a été aussi nécessaire! SERVICES DE LA CROIX-ROUGE Gardos-malados • Volontaires • Cliniquos des donneurs do sang Colis aux prisonniers do guorro • Ambulancos • Médicaments Instruments do chirurgie • Secours aux soldats • Vivres aux Alliés Service do rensoignomonts pour les prisonniors ° Socours aux civils Socours aux équipages do la marine marchande Secours aux sinistres • Instruction dos volontaires Service do renseignements pour les civils • Équipement mobile ¦ 8j£*r/Vww,'*^:**.»0,00© • LA @Mi!Ji§!iii!ii t*tc£tien& de vie& 30 Le Bulletin des Agriculteurs Murs 19+5 Oui! cela paye sûrement do .so procurer dos poussins on santé provenant de poules auxquelles on a servi do la moulée d'incubation Blatcliford.Ensuite, regardez-les profiler à vue d'oeil on leur servant do la moulée do début lilatcliford pour poussins.Mademoiselle, attendez de vous être gavée do moulée de début vitaminée Blatcliford pour poussins! Vous la recevez dans sa pleine force et en quantité additionnelle afin de posséder cette santé robuste qui vous aidera à surmonter les maladies qui affectent tant de jeunes poussins, et c'est ainsi que vous réduirez les portos.Il m'en coûte moins également do servir les moulées Blatcliford parce qu'il en faut moins que d'autres nourritures et ce profit additionnel n'est pas toujours tenu on ligne do compte par les éleveurs.Ainsi je sais que parce que vous avez eu un bon début vous aurez une meilleure chance de produire des oeufs en abondance.Je le déclare : — tout est duns le début — pour un bon début la moulée de débul foré Pourp oussins ETABLIE EN 18 OO J^fouïèes i VOLAILLES PORCS VEAUX/ VACHES Toujours bonnet — meilleurs résultats — plus de profits pour vous Protégez votre lait avec un refroidisseur "GEM" Depuis 25 ons le refroidisseur de loif ' GEM" donne satisfaction dans tout le pays.Il refroidit votre lait en bas de 50° en 30 minutes.Il possède un agitateur qui fonctionne sur le même moteur.C'est le plus économique.Clôture électrique "GEM" Plus que jamais vous vous devez d'employer GEM pour vos clôtures.Laissez la broche et l'acier pour les besoins de la défense.Des milliers de cultivateurs l'emploient depuis des années avec succès.Tot ou tard vous en achèterez un.Pourquoi pas dès maintenant?Agissez sans retard car la H production est limitée et la demande est très CAILLÉ FRÈRES, Dept.B, St-Félix de Kingsey, P Q.I 'RIMES DE LUXE ENR.l'ortclcuillc en cuir, verrerie, sel de toilette, coffret en cèdre avec papier lettre, etc.De très belles primes à votre choix données à ceux qui vendent pour nous 70 paquets de graines de jardin à 10c ou bien 35 images religieuses en couleurs à 20c chacune.Rien à débourser Demandez-nous de suite ce que vous croyez avoir le plus de facilité à vendre: 70 paquets de graines, ou bien 35 grandes images.Adressez à: Dépt.B.Neuville, P.Que.original, l'a trouvé trop sec._ Il m'y a fait ajouter ces fleurs de rhétorique fournies par notre division de la publicité.— Fleurs de rhétorique ! Tu n'ajoutes pas foi à ces belles pensées?Comment alors as-tu pu donc les présenter au publie avec tant île chaleur?Il haussa les épaules.— Question de métier.— Qui a composé la fin du discours?— Est-ce que je sais?Le personnel de la publicité est payé pour nous rédiger ces fioritures sans lesquelles le public refuse d'avaler nos pilules.— Sébastien ! Elle était profondément scandalisée de ce cynisme inconscient, presque glacée par la désillusion qui s'infiltrait de toutes parts en elle.Sébastien se rappela tout à coup l'enthousiasme vibrant du sénateur, enthousiasme qu'il serait mal avisé de ne pas cultiver.Monique voyait souvent son père durant la Session et elle pourrait lui faire part (le son désenchantement.— Tu dois comprendre, ma chère, reprit-il sur un ton conciliant, que la direction d'une entreprise comme la nôtre exige trop de précision mathématique, trop de manutention de faits concrets, pour qu'on y fasse place au roman ou à la poésie.Nous sommes avant tout des fonctionnaires au service de l'Etat, nous servons une bonne cause au meilleur de nos connaissances.Mais quand il s'agit de nous faire comprendre des profanes, de ceux qui ne sont pas initiés aux rouages administratifs, alors il faut bien adopter le langage imagé et un peu simplet que chérit le populaire.— Mais alors tu n'es pas sincère! — Bien sûr que je suis sincère.Personne ne s'est donné plus de mal que moi pour organiser la dernière campagne.le pourrais te montrer à mon bureau des douzaines de lettres de félicitations.Le président me juge indispensable.Tu verras, il restera quelque chose de tout ça.— Pour toi.— Naturellement.Il avait étalé son égolsmc si innocemment, si uniment, qu'elle ne sut pas iui répondre.,11s montèrent à leur chambre et Sébastien se mit à délayer l'une de ses poudres digestives.Il en prenait maintenant quatre à cinq par jour.— J'ai encore l'estomac détraqué, gémit-il.— Ne sois pas surpris, mon pauvre ami.Tu prends ton petit déjeuner à la course, tu déjeunes sur le pouce, parfois vers deux heures de l'après-midi, même le soir tu dînes en douze minutes.— Tu vois, tu l'admets toi-même.Je suis tellement accablé de travail que je n'ai plus le temps de manger et de digérer comme il faut.Tout ça pour notre avancement.Et tu me fais des reproches! Elle fit entendre un rire prolongé, mais sans joie.— Que sert à l'homme de gagner l'univers entier s'il devient dyspeptique, parodia-t-elle.Ce genre d'esprit n'avait pas beaucoup d'emprise sur Sébastien, singulièrement dépourvu de sens de l'humour.Il tourna le dos it sa femme et alla s'enfermer dans son cabinet de travail où l'attendait la préparation d'un rapport.» * * Au printemps de 1941, Monique annonça à ses proches qu'elle allait être mère une seconde fois.Elle n'attendait pas cette naissance avec autant de sereine allégresse que celle du petit Philippe.L'enfant à venir était le résultat d'une suite de réconciliations alternant avec des différends de plus en plus marqués.La jeune mère était nerveuse, irritable et faisait à son mari des scènes généralement suivies de crises de larmes.Sébastien essuyait tout cela sans grande consternation et considérait sa femme d'un oeil inclément.La tension prolongée du travail commençait à l'user, lui aussi, mais il était trop bien engagé pour reculer.Partagé entre mille soucis divers, souvent forcé de rentrer à des heures tardives, il décida d'installer ses pénates dans une chambre d'ami situé.' au troisième étage où il pourrait aller et venir à sa guise.Il constata que l'arrangement lui convenait à merveille, car malgré sa vie active il aimait la solitude.Son isolement domestique lui plut si bien qu'il finit par se cantonner définitivement nu troisième dont il fit une espèce d'ermitage.Cette demi-séparation plut aussi ;'t Monique au début.Elle accueillit le calme et la solitude comme une panacée et, ses sorties se faisant forcément de plus eu plus rares, elle consacra ses heures il son petit garçon qui commençait à trottiner par toute la maison.Durant sa longue attente, il lui arrivait toutefois (!>• comparer mélancoliquement sa situa tion présente aux jours évanouis où elle livrait son temps aux voyages et aux plaisirs.Que serait-il devenu d'elle si elle eut accepté d'être comtesse?Le second enfant vint pl" s tôt qu'on ne l'attendait.Sébastien étant introuvable à la dernière minute, ce fut le sénateur qui vit à faire transporter Monique d'urgence à l'hôpital de la rue Water, qui fut le premier à apprendre la naissance d'une fillette.Lorsque Monique contempla faiblement les traits de son bébé, Sébastien n'avait pas encore été rejoint.Contrairement à Philippe qui ressemblait plutôt à son père, la petite était blonde et promettait d'avoir le teint frais, les yeux bleus.— Nous l'appellerons Claire, murmura Monique qui avait soif de lumière et de joie.Le sénateur s'était pendu au téléphone et cherchait son gendre pai tout Ottawa.A la maison, on lui avait répondu que monsieur Deschênes n'était pas encore rentré.Finalement, pressée de questions, une de-servantes admit qu'elle n'avait pansé aller voir au troisième car monsieur avait donné comme consigne formelle de ne jamais le déranger dans son antre.Hubert s'oublia jusqu'à faire entendre quelques juron-bien sentis qui eurent un effet magique.Deux secondes plus tard.Sebastien était à l'appareil et se confondait en excuses.Pendant les deux mois qui suivirent.-Sébastien se fit plus empressé auprès de sa femme, du moins aux yeux du monde.Le sénateur avait eu la mine un peu longue entre la naissance et le baptême du bébé et son appui étui; trop précieux pour être compromis.Il semblait s'être rendu compte tout à coup que sa fille n'était plus aussi heureuse qu'aux premières années de son mariage.Sébastien se montra donc plus prudent et contrebalança ce mauvais effet en envoyant à son beau-père un long compte-rendu personne! sur les remarquables réussites du comité d'économie en temps de guerre.La pensée que Monique avait pu se plaindre à son père suscita entre-temps chez le jeune homme une violente indigestion accompagnée de dépression nerveuse.Et pourtant Monique no s'était jamais plainte.Elle ne pouvait oublier qu'elle avait été la première à faire des avances à Sébastien avant leurs fiançailles.Si, à la suit« d'un ••vgouement physique inexplicable, Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 31 elle s'était jetée à la tête du sosie de l'Homme en noir, elle n'avait qu'à s'en prendre à elle seule.Elle endurait son mal en silence et, après ses rclevaillos, elle chercha à combler le vide de son existence en reprenant éperdument le fil de sa vie mondaine puisque son mari s'obstinait toujours à rester terré, le soir, dans son ermitage.Mais la vie mondaine, jamais très active à Ottawa, avait grandement souffert de kl guerre.La pénurie ' de domestiques, le ra- tionnement, avaient réduit sensiblement le nombre des réceptions et (les thés, sauf dans les milieux diplomatiques où l'on ne s'amuse guère, de toute façon, parce que personne n'y parle beaucoup de peur d'être indiscret.Monique se lassa vite de ces plaisirs creux où elle se rendait toujours seule, comme une veuve, en.excusant l'absence de son mari.En triplant les gages elle avait réussi à conserver sa domesticité intacte et cela lui laissait des loisirs dont elle ne savait que faire.Elle se lança dans l'étude des arts qu'elle avait négligés depuis bien des années et on la vit de nouveau toutes les semaines passer une heure ou deux au Musée en quête du refuge spirituel qu'elle y avait trouvé jadis.C'est ainsi qu'en cet été de 1912 les gardes pouvaient souvent admirer une belle jeune femme à l'air un peu mélancolique qui s'attardait dans la salle des maîtres espagnols et italiens.Avec un raffinement de névrosée, Monique s'arrêtait devant la toile de Moroni et, un par un, elle relevait ces traits caractéristiques dont elle comprenait maintenant la signification véritable.N'y avait-il pas jusqu'à la devise qui revêtait un sens ironique et cruel.Par la sni(i>lcisse, il ¦vainc l'obstacle.On ne pouvait résumer Sébastien de1 façon plus subtile.Où la vie devait-elle les mener Du ci cinéma " qui respire et qui vit l'oeuvre des hommes qui pensent à demain ON L'APPELLE LE CINEMA A TROIS DIMENSIONS—si vivant que les personnages semblent sortir do l'écran et passer à côté de vous.Des avions qui pétaradent dans le ciel viennent voler dans le théâtre même.Les fleurs d'un jardin semblent s'effeuiller à vos genoux.Chaque représentation de cinéma devient un spcctaclo grandiose, si vivant que vous avez l'impression d'y participer.Voilà ce que sera le cinéma de l'avenir que perfectionnent aujourd'hui les Hommes Qui Pensent à Demain! Il n'y a pas d'autre continent au monde qui ait plus de perspective d'améliorations extraordinaires dans son mode d'existence quotidienne, que le nôtre.C'est parce que nous pouvons compter sur les hommes qui pensent à demain! • Nos résolutions et nos efforts quotidiens pour assurer la venue du lendemain en acquièrent une importance plus grande.Et ne l'oubliez pas—un ennemi se dresse entre nous et ce lendemain.Il joue le tout pour le tout pour tenter de nous en écarter.Pouvons-nous jouer moins que lui pour avoir raison de lui?• Créons la victoire.Arrachons-la au sol môme que nous cultivons, aux outils même dont nous nous servons dans nos usines—aux dollars môme que nous gagnons.Maintenons nos niveaux de production; non, améliorons-les.Achetons plus d'Obligations de la Victoire et de Certificats d'épargne de guerre.Faisons tout et n'importe quoi pour aider à gagner cette guerre.• Soyons loxis des hommes qui pensent à demain.LA MAISON SEAGRAM 1x8 distilleries Seagram au Canada et aux États-Unis travaillent il la product ion d'alcool il haute preuve.L'alcool il haute preuve sert à la fabrication de poudre sans fumée et de nombreux autres produits nécessaires en temps de guerre. 3Z Le Bulletin dey Agriculteurs Murs 1945 tous doux?Monique se sentait défaillir légèrement en songeant que, selon toute probabilité, elle passerait le reste de ses jours auprès d'un homme froid, indifférent, atrabilaire.Depuis la naissance de Claire, Sébastien n'avait jamais cherché à rc-trouver l'intimité des anciens jours, ri était resté comme une sorte de pensionnaire dans la maison de sa femme, partageant silencieusement ses repas, pestant contre les enfants dont les cris dérangeaient ses travaux intellectuels.Non.cela ne pouvait durer.L'existence devenait intenable et Monique se débattait dans le noir, en quête d'une issue.Cette issue lui fut offerte inopinément par Sébastien lui-même.Un soir qu'ils étaient à table, il lui dit soudain: — La plupart" des femmes de mes amis participent d'une façon ou d'une autre au travail de guerre.Ou doit s'étonner de te voir inactive alors que tu as tant de loisirs.Notre division de la publicité a besoin d'une directrice pour le section féminine.Est-ce que cela t'intéresserait?Surprise, elle demanda à réfléchir.Mais son hésitation fut de brève durée.Le mois suivant, après avoir rempli les nombreuses formalités d'usage, elle était installée dans ses nouvelles fonctions.On lui donna un bureau spacieux dans un édifice de la rue Wellington, face aux bâtisses du Parlement.Elle avait à ses ordres un personnel de quatre jeunes filles intelligentes et dévouées.Son travail, assez facile, consistait à relire toute la publicité de la division et à faire distribuer ce qui était susceptible d'intéresser les diverses revues et publications féminines du pays.Cette besogne devint pour elle un puissant dérivatif.Elle reprenait contact avec le monde et ce rôle nouveau faisait oublier les vicissitudes des derniers mois.Le détachement tenace de Sébastien en vint presque à lui paraître quantité négligeable.Monique, en relations étroites avec la division de la publicité, ne tarda pas à en connaître assez intimement le personnel.Elle recevait presque tout son matériel d'un jeune sous-chef nommé Robert Breton qui n'entrait jamais dans son bureau autrement qu'avec le sourire aux lèvres et des paroles aimables.Ses visites quotidiennes étaient toujours bien accueillies car il ne négligeait pas de conter fleurette aux jeunes employées et avait généralement quelque histoire dans son sac pour les faire rire.Cette familiarité déplut tout d'abord à Monique.Rire et badiner durant les heures de travail, cela allait à rencontre de tous les principes que Sébastien lui avait lentement inculqués.Elle résolut de donner un petit mot d'avertissement au jeune homme.— Mes commis sont très occupées, monsieur Breton, lui fit-elle remarquer à la première occasion.Vous seriez bien gentil de ne plus les déranger en passant dans l'antichambre.Il la regarda d'un oeil pétillant de malice et elle baissa les yeux.Elle se sentit absurde tout à coup.Breton savait aussi bien qu'elle que ses jeunes filles n'étaient jamais trop prises pour ne pouvoir plaisanter cinq secondes.Monique avait-elle donc tellement délaissé sa belle humeur d'autan qu'elle ne savait plus rire?Elle crut qu'il allait lui servir une répartie spirituelle, mais sa réponse fut anodine.— Entendu, madame.A votre service.Elle l'étudia du coin de l'oeil tandis qu'il lui expliquait les détails d'une nouvelle brochure.Il était tout l'opposé du genre d'homme qu'elle voyait habituellement.Blond, de taille moyenne, ses yeux brillaient d'énergie, de gaieté, sa lèvre était retroussée perpétuellement d'un pli ironique mais non méchant.Il semblait avoir l'esprit un peu gouailleur.Il accomplissait sa tâche consciencieusement sans toutefois avoir l'air de prendre les gens ni les choses bien au sérieux.Monique ne savait si elle devait s'irriter ou s'amuser de cette personnalité originale.Elle alla aux renseignements.On lui apprit que Breton était un ancien journaliste, arrivé à Ottawa depuis le début de la guerre seulement.11 appartenait à une excellente famille montréalaise.Son père surtout était un avocat de renom.Monique soupira.Elle ne sortirait donc jamais du cercle de Thémis! Au fil des jours, elle s'aperçut que la visite quotidienne du jeune homme devenait graduellement pour elle une nécessité, un tonique.Elle se surprit à échanger des boutades, à répondre au rire communicatif de son compagnon de travail.Loin de nuire à ses occupations, ces moments de détente la laissaient allégée, rafraîchie.A certains moments, il lui semblait retrouver petit à petit une jeunesse qu'elle croyait avoir perdue pour toujours.Lorsqu'elle revenait chez elle le soir, elle embrassait ses enfants avec plus d'ardeur qu'avant et la vie lui semblait belle et pleine dans sa maturité.— Oh, que tu as été bien inspiré de me trouver cette place, dit-eilc un jour à son mari.Il me semble que j'ai fait peau neuve.Sébastien contempla silencieusement le teint frais de son épouse, son sourire, ses yeux qui avaient repris l'éclat des beaux jours.Autrefois, il se serait alors rapproché de Monique et l'aurait étreinte entre ses bras.Mais aujourd'hui, il souffrait de ces maux d'estomac presque constants qui avaient tendu son monde de noir.— Tant mieux, répondit-il laconiquement aux remerciements de Monique.Et il continua à ruminer ses pensées d'homme seul.Le sénateur Hubert l'avait prié de passer chez lui le lendemain.Il se demandait ce que signifiait cette convocation.Un autre avancement peut-être.Ou bien îles reproches.D'une façon ou d'une autre, Sébastien se sentait étrangement indifférent.Son ambition dénie- NE CHOMEZ PAS -continuez à travailler régulièrement Contribution de la ©®&ifISiaBH "BLACK HORSE" ®&WS' S-IWF Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs purée, snpée par trop de surmenage, faisait place maintenant à un pessimisme croissant.Moralement, il était devenu aussi terne et olivâtre que son visage.Monique lui parlait de nouveau, mais il n'écoutait pas.Elle dut lui répéter la question.— Les Métivier nous invitent à dîner au Château samedi.Un groupe du huit.Les Scott, les Lanteigne.Vais-jc accepter pour toi?Il fit signe que non.Les Métivier et leurs amis n'étaient pas du Gouvernement et ne pouvaient rien faire pour lui.— Alors j'irai seule.Ça ne surprendra personne.— Quel plaisir prends-tu à toutes i es simagrées "mondaines?Une mère de famille se doit à ses enfants.— Les enfants sont au lit à sept heures.Je suis invitée à huit.— Que dit-on en te voyant arriver sans ton mari?— Je l'ignore et je m'en hats l'oeil.Tu disposes de ton existence à ta guise.Je fais de même.Marguerite Métivier me trouvera un compagnon ans difficulté.Il eut un grognement dégoûté et se replongea dans la lecture de son journal.L'émancipation des femmes modernes lui donnait la nausée.Deux jours plus tard, Monique relevait un téléphone de son amie.— J'ai réussi à te trouver un compagnon de table épatant.Robert Breton.Je suis sûre que tu l'aimeras.— Ha.Qu'est-ce qui te fait croire que je l'aimerai?— Il est tellement amusant, tellement gai.Bien différent de ton vieux hibou de mari.— Marguerite! Je t'en prie.— Alors, ce soir à huit heures.Nous nous rencontrons à l'entrée, pit's du buste de Laurier.Robert passera te prendre.Inconsciemment, Monique apporta à sa toilette un soin tout particulier.Elle déboucha même ur.t: bouteille >le parfum qu'elle avait reçue en ca-deau à Noël et à laquelle elle n'avait pas encore touché.Robert l'avait toujours vue au bureau, en vareuse grise, des lunettes à monture d'écaillé sur le nez.Lorsqu'il vint la chercher ce soir-là, il iista muet d'admiration devant la i auté statuesque de la jeune femme.— Je bénis le hasard, dit-il finalement, — Quel hasard?— Celui qui vous a mise sur mn route, pardi! — En l'occurrence, il se nomme Marguerite.Ils se mirent à rire sans trop savoir pourquoi.Monique embrassa le petit Philippe revêtu de son pyjama • que la bonne entraînait bon gré mal gré vers sa chambre.— Votre mioche?• — J'en ai deux.Ma petite a dix mois.— Mais c'est miraculeux.Comment avez-vous pu conserver la fraîcheur ie vos vingt ans?Elle enfila ses gants, un sourire énigmatique aux lèvres.— Le parfum de Chanel vous monte déjà à la tête, mon cher.Lu véritable madame Doschênes c'est celle que vous voyez tous les jours au bureau "lis la lumière crue de la baie vitrée.Trêve de flatteries, nous allons être en retard.Un instant seulement, elle eut une pensée pour Sébastien qu'elle laissait là-haut, cloîtré à son étage.Elle avait liasse l'étape des remords.Dans le Grill au plafond trop bas, une foule compnetc achevait d'enlever a la danse tous ses attraits.Les gens qui n'étaient plus très jeunes comme les Métivier et leurs amis préféraient rester attablés ù converser entre les services.Monique s'amusait du bagout léger de son compagnon.— Vous n'êtes à Ottawa que depuis quelque temps, monsieur Breton?— Oui.Je suis venu avec le grand dérangement.La capitale n'est pas encore tout à fait sûre si elle doit me tolérer ou non.Je ne me conforme pas à ses canons.— Comment ça?— Etant ancien journaliste, je suis porté à oublier les conventions, le protocole, la bienséance.Ça m'attire bien des ennuis.— Nul doute.— J'aime le plaisir, voyez-vous.J'aime rire, badiner.J'essaie toujours d'égayer mon entourage.Et puis, subitement, on me rappelle que tout le monde est très occupé et qu'd faut être sérieux.Monique rougit de cette allusion à peine voilée.— Vous êtes mordant.— Le croyez-vous franchement?Je suis sans malice, je vous Pasurc.Un peu trop moqueur peut-être.— Et irrespectueux.Vous oubliez que je suis de trois ans votre aînée.— Vous le rappeler serait le plus grand manque de respect.Personne ne le croirait d'ailleurs, à part nous deux.— Tout flatteur vit aux dépens.— Ne me citez pas La Fontaine, ce vieux malin.Je pourrais vous répondre par les mots de la chanson: .vous savez bien Que dans le fond je n'en crois rien Mais cependant je veux encore Ecouter ces mots que j'adore.Il y avait des années qu'on n'avait parlé à Monique sur ce ton frivole et badin.Elle se refusait d'y voir autre chose que des bulles de savon mais, malgré elle, elle tombait sous le charme.Robert avait un dynamisme subtil, volatile.Ses propos inconséquents semblaient fous au premier abord et puis on découvrait sous tout ce clinquant un fond de vérité.— Allons danser, dit-elle.Il y a moins de monde que tout à l'heure."L'orchestre jouait "Begin the béguine" et Robert, bon danseur, s'adapta admirablement au rythme rêveur de cet air.Ce fut une révélation pour la jeune femme.Elle avait rarement trouvé un partenaire dont les pas fussent aussi inspirés.Elle savait qu'en s'abandonnant ainsi à ce plaisir inattendu, elle se forgeait une peine à venir, mais rien ne comptait plus que le moment présent.Elle avait presque oublié combien il est consolant de se laisser guider par un homme.Ils regagnèrent leur table sans commentaire.Ils ne parlaient plus, probablement parce qu'ils auraient voulu en dire trop long.— Mn chère, tu es radieuse, fit Marguerite.On ne te reconnaît plus.Cela paraissait donc sur son visage, cette satisfaction intérieure.Monique détourna la tête et se mit à rouler de ses doigts fins les boucles écourtées qui déferlaient sur sa nuque.Deux heures plus tard, rentrée chez elle, elle décida d'oublier tout ce qui s'était passé.Elle avait vraiment doublé l'âge des amourettes.Et pourtant des mots lui frottaient dans la tête en même temps que des bribes d'un air de danse.dans le fond je n'en crois rien Mais cependant je veux encore Ecouter ces mots que j'adore.Une seule phrase trotta aussi dans l'esprit de Robert ce soir-là, une phrase qu'avait laissé tomber négligemment Marguerite Métivier en l'invitant.— Elle n'est pas heureuse en ménage.# ?* Sébastien marchait de long en large Accélérez votre épandage ^^OTRE temps, vos forces et votre sol sont ce que vous avez de plus précieux sur la ferme.Afin de les conserver tous .afin de leur faire produire davantage .nous avons fabrique cet épan-deur Case à traction mécanique.Vous n'avez pas à soulever le devant de l'épandeur ni à le soutenir pour l'attacher au 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Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 MOULEE DE DEBUT PIONEER POUR POUSSINS Voici une lettre de M.Henry Kettles.Hurdman's Rridgc, Ont.(ci-dettsus) courte mois trè.s nu point."Des 52 poupins expédiées, I étaient des coqs ; il me restait donc 48 poulettes, toutes en production actuellement.Je songe à commander plus de poussins Bray".Que penser de ce témoienace quant à (1) la justesse de sexace, (2) la viabilité, 1.1 ' la satisfaction.Donat Bcllcmarc, St-Léon, P.Q."Enchanté de vos pousins.Ils se développent rapidement— et les poulettes ont commencé à pondre à S mois.J'ni vendu les coq» 31c la livre: ù 6% mois ils pesaient de à 7 lva.Iî.Kiel, St-riiilipper P.Q."Sur 120 poulettes (garantie Wf,'f ) je n'eus que 6 coqs et ne perdis en tout que 5 poussins.Des 100 poulettes dans mon poulailler ta décembre, j'nvnis vendu 23.'1 douzaines et consomma à la maison 11 douzaines.En novembre — décembre — janvier, ma production ne fut pas inférieure à 72% Très rustiques I" Rév.II.I.ejïors.Hull, P.Q.— "Laissez-moi vous dire que vos poussins sont ma,:nifiques".Mme Lionel Lussier, Roxton Pond, P.Q."Je suis très satisfaite.Veuillez m'envoyer une autre liste de prix que je donne encore une autre commande".EN DEBUTANT MAINTENANT PROFITS MAXIMA! L'étude des prix des oeufs pour plusieurs années en arrière fait voir que l'aviculteur bien payé est celui qui obtient la production la plus considérable de gros oeufs produits l'automne et au début de l'hiver.Mais pour avoir un troupeau bien développé et une forte production de gros oeufs au début de l'automne, il faut du temps.Pour profiter nu maximum de cette opportunité, il vous faut commencer votre élevage de poussins très tôt.Maints aviculteurs disent qu'il est plus facile d'élever des poussins nés l'hiver que d'autres arrivant plus tard .ce n'est certainement pas plus difficile et à cette époque on peut leur consacrer plus de temps.Beaucoup de poussins lïray pour livraison Bans retanl et n'importe quelle date libre pour expeditions plu» tardives si vous commandes maintenant.Une carte postale à nous ndrcsséo avec vos noms et odressc vous ohtiendra tous les rcnHcicncmcnls désirés.Choix de 10 races, 6 hybrides, tous sujets approuves par les oficiers du Gouvernement.Fred W.BRAY Limited, 144 JOHN ST.N.- HAMILTON, ONT.Couvoirs dans OuÉboc.& Sherbrooke et St-Fflls de Valois._ le rebord de la balustrade.Il avait, au début, essayé de plaisanter bravement, mais son courage défaillait.— Dieu sait quand je vous revorrai maintenant, Monique.Je pars demain.Mon père m'a trouvé une position très avantageuse à Montréal.Mais, sans vous.Il n'acheva pas.Ses yeux expressifs s'attardaient sur l'aimée et la caressaient doucement.Elle comprit son silence.— Oh, Robert, que la vie nous est cruelle, fit-elle d'une voix sourde.Nous nous sommes côtoyés longtemps dans la même ville sans que jamais nos routes se croisent.Lorsque nous nous sommes finalement connus, il était trop tard.Je me souviens d'avoir vu le destin représenté sous la forme d'un homme aux yeux couverts d'un bandeau.Dans su main droite, il tenait une palme, dans la gauche un glaive.Le Destin distribue indifféremment ses coups et ses faveurs.Dans notre cas, c'est le glaive qui s'est abattu.Il lui saisit la main brusquement, mais elle se dégagea après un serrement fugitif.— N'avivons pas notre déception, dit-elle.Plus tard, nos souvenirs n'en seraient que plus lamentables.Ils regagnèrent par une allée plantée de pins géants le tramway aux flancs rouges qui devait les ramener rue Rideau.Monique rentra seule chez elle, et combien seule! Depuis qu'elle avait renoncé à toute idée de séparation, Sébastien avait retrouvé un peu de son ancienne vigueur.Il avait remercié sa femme en une petite homélie assez ampoulée où il fit, chose cocasse, vibrer la note patriotique.Puis il s'était replongé dans ses anciennes habitudes.Monique devait même le voir moins qu'auparavant car l'élection avait lieu la semaine suivante et les assemblées se succédaient rapidement.Sébastien fit appel à toutes ses réserves d'amour-propre pour terminer sa campagne glorieusement.Si sa dernière assemblée ne fut pas glorieuse, elle fut du moins hautement satisfaisante.A la suite d'un discours presque génial, il fut applaudi à tout rompre par un auditoire déjà gagné à la cause du parti et mis en train par une généreuse distribution de promesses et de cigares.Monique et son père avaient pris place sur l'estrade avec les visiteurs de marque.Le sénateur était rose de plaisir.Sébastien, en reprenant son siège, lança à sa femme un regard de triomphe.Sa main retrouvait contact avec les rênes du pouvoir et cette vieille sensation familière valait mieux que tous les toniques au monde.Le lendemain soir, tout un groupe de parents et d'amis se réunissait rue Wilbrod pour écouter à la radio les résultats du vote populaire.Le grand vivoir, dont Monique se servait rarement depuis la naissance de Claire, revint à la vie.Les invités offraient à Sébastien leurs félicitations anticipées.Le sénateur fumait cigare sur cigare.Au cours de la journée, ses observateurs lui avaient fait les meilleurs rapports imaginables.Une victoire s'annonçait indubitable.A l'habitude, les premiers bulletins furent insignifiants.Vers neuf heures, la situation commença à se dessiner et une gêne croissante se mit à peser sur les auditeurs.Le suffrage était loin de favoriser Sébastien et l'un de ses deux adversaires accumulait une majorité qui devenait rapidement inquiétante.Dans la pièce, lourde de réticences, on n'osait plus se regarder lorsque la voix nasillarde de l'annonceur interrompait un programme pour clamer les chiffres les plus récents.Sébastien pâlissait à vue d'oeil.Son menton s'agitait, pris d'un tremblement nerveux, et il portait souvent la main à sa poitrine comme pour réprimer un spasme intérieur.Monique l'observait d'un oeil inquiet.Un peu avant dix heures, alors que la tension était devenue presque intenable, un dernier bulletin annonça la défaite par une majorité de quelque 2,000 voix.Le sénateur se leva et ferma l'appareil.Il alla dans la pièce voisine se faire confirmer la nouvelle par téléphone.A son retour, son visage fermé était une confirmation muette du désastre.— Je vais faire recompter, s'écria Sébastien d'une voix étranglée.Hubert hocha la tête lentement sans espoir.Les invités allaient se retirer discrètement, lorsqu'on entendit Sébastien pousser une espèce de son étranglé, comme un animal blessé à mort.11 s'affaissa tout d'une pièce.Un mince filet de sang apparut ensuite à la commissure de ses lèvres tandis qu'on le déposait sur un sofa avant l'arrivée du médecin.Il avait reçu un coup dont il ne devait jamais se relever.Les spécialistes, consultés à maintes reprises, furent tous d'accord pour recommander une intervention chirurgicale.L'état de Sébastien était devenu grave et les médicaments ne seraient jamais plus que des demi-mesures.— Eh bien soit, accepta-t-il.Ouvrez-moi et réparez-moi si vous le pouvez.Il était cependant trop déprimé et démoralisé pour qu'on put opérer immédiatement.Il n'entra à l'hôpital qu'à la fin de juin, après un repos de plusieurs semaines dans un sanatorium.Mais Sébastien n'était pas de ceux qui savent profiter d'une oisiveté forcée pour se détendre et refaire leurs forces.Lorsqu'il revint à Ottawa, son calme n'était qu'apparent.Les chirurgiens se félicitèrent, au premier jour, du succès de l'opération.Toutefois, deux jours plus tard, des complications survinrent.On ne réussit pas à enrayer la péritonite qui s'était déclarée à la suite d'une hémorragie.Au troisième jour, la situation était devenue désespérée.Sébastien, à demi conscient, reçut les derniers sacrements dans la chambre blanche exiguë où flottait perpétuellement un relent d ether.Monique se tenait agenouillée près de la petite table émaillée où une religieuse avait allumé deux cierges et disposé les quelques objets requis par le prêtre.Ses sens défaillants refusaient de croire que c'était vraiment Sébastien, cet homme aux traits cireux, amaigris, qu'on entourait des suprêmes consolations de la religion.Sa vie était devenue une chose si confuse, si bouleversée, qu'elle s'en trouvait plongée dans une sorte île stupeur passive et incohérente.Son amour pour celui qu'elle avait épousé presque par fantaisie était mort depuis trop longtemps pour qu'elle put ressentir aujourd'hui une douleur poignante.Mais un amour, même éteint, ne disparaît pas totalement sans causer un pénible remous.Après le départ du prêtre, elle resta longtemps immobile, assise sur une chaise dure, contemplant ce visage émacié que recouvrait déjà l'ombre de la mort.Elle sursauta quand elle vit Sébastien ouvrir les yeux soffdain et la regarder faiblement.Ses lèvres exsangues s'agitaient.Elle comprit qu'il voulait lui parler et s'approcha du lit, le coeur battant.Quel suprême message allait-il lui confier?Elle se surprit à désirer que ce fussent des mots de repentir, d'amour, des mots qui effaceraient tous les griefs passés.— A mon bureau, hnleta-t-il,à Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteur» 41 CE FUT LA NUIT DU 3 1 MARS 1942 que la Sté canadienne Ford cessa de fabriquer des automobiles pour la population civile.Un grand nombre de nos dépositaires devaient ipso judo, et assez inopinément, faire face à la perte des recettes que leur apportait la vente de véhicules neufs.Quelle fut leur attitude en l'occurrence?Se sont-ils mis à la recherche d'une autre occupation, d'autres moyens de subsistance?Non.Leur fermeté, leur activité persévérante ont évité ces changements toujours aléatoires: ils ont fuit preuve de caractère.Leurs établissements sont restés au service de milliers de Fordistes.Réparations et mises au point n'ont rien perdu de leur excellence.Le transport des civils n'a subi aucune interruption.Les dépositaires Ford sont des homines résolus.Devant ce problème critique, chacun d'eux se montra apte à bien juger, s'appuya sur l'expérience acquise comme membre de l'organisme Ford, et se plia bravement aux circonstances nouvelles.La route fut parfois ardue.Mais il ont prou\é que rien n'est impossible au vrai courage.C'est à l'école de l'adversité que des organismes comme le nôtre puisent leur force et assurent leur stabilité.Le 31 mars 1SM2, la Société canadienne Ford avait sept cents dépositaires.Ft elle eu a sept, cents aujourd'hui.*uio«*o«ul «010 IT CAMtOMl, lUIt AOIICOKI grotui ro«o FORD MOTOR COMPANY OF CANADA, UNITED. 42 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1945 # Vous pouvez avoir les meilleures volailles au pays, mais si vous les négligez ou les nourrissez mal, elles ne pourront pas vous donner de gros profits en œufs et en poulets.Des poulets de race méritent de bons soins .une bonne alimentation.En leur donnant les Nourritures pour Volailles "Miracle" vous êtes assuré qu'elles reçoivent la meilleure alimentation possible dans les proportions exactes qui assureront les meilleurs résultats à tous points de vue; ceci a été prouvé par de nombreuses expériences dans les laboratoires "Miracle".Demandez les Nourritures pour Volailles "Miracle" et vous verrez vos profits augmenter.NOURRITURE POUR VOLAILLES Si c'est 'Ogilvie'-c'est bon! - feg Vthï O G! 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Maintenant, il va nous falloir un bon candidat pour reprendre le siège aux prochaines élections.* * * Monique séjourna encore un an à Ottawa, mais elle évita soigneusement toute visite au Musée et surtout à ce portrait dont la mémoire hantait souvent ses nuits de veille.Elle n'aurait pu souffrir de revoir vivre les traits du Sébastien qu'elle avait trop bien connu.Ne valait-il pas mieux se souvenir avec pitié du moribond qui lui avait murmuré humblement: "Tu es bonne".Un jour qu'elle s'apprêtait à partir en promenade avec ses deux enfants, on luit remit une lettre de Robert."Chère amie, écrivait-il, vous voilà seule depuis plusieurs mois.Le temps efface bien des choses; les mauvaises s'oublient nssez vite, les bonnes sont moins faciles à oblitérer parce qu'on y tient tant.Je songe encore à nos marches dans le parc de Rock-liffe, à ces jours où nous nous sentions divisés par la fatalité.Tous cela n'est plus, Monique, et je me demande parfois ce que sera la page suivante au livre de notre vie.Suis-je présomptueux en nous prédisant beaucoup de bonheur?J'occupe maintenant un poste assez avantageux et je suis en mesure de vous faire ce qu'on appelle plaisamment "la grande demande".Je ne vous presse pas de répondre.Pensez-y bien.Si vous acceptez, vous viendrez vivre ici avec moi.Je vous promets d'être un bon père pour vos petits et de demeurer toujours, votre humble serviteur, Robert." Monique relut ces mots plus de dix fois en suivant la promenade ombragée qui longe le canal Rideau.Sur la berge opposée, un train venait de quitter la gare et glissait presque silencieusement sur le rail jumelle.Monique jeta un coup d'oeil à la tour du Parlement.c.Adressez: PROFESSEUR DROMAH, casier 574, HatuêWilIc, Québec, P.Q.ce soir • une ou .deux ROBOL ©AMI \tlM *J?RESULTAT .demain Matin ZS rages de dames.C'est dans cette boite ou dans cette corbeille que l'on trouve tout rassortiment de l'ils à iroder ou à tricoter, de crochets, d'aiguilles et de patrons de toutes sortes, utilisés dans les travaux de fantaisie, broderie, tricot, crochetage et couture.Une simple boite de carton fort convient très bien quand elle est enjolivée par un joli tissu fait à la main ou encore mieux par une toile bise brodée à la paysanne.Nous répétons les indications déjà publiées: Tracer sur papier de soie les motifs en nombre requis pour l'ornementation de la boite; faufiler le papier sur la toile, broder et enlever la toile.0 ù • o o m O > o > 0 5 m a o > > 0 0 • O > > > > 0 < m 0 > > • • « > v o o > V o o yj V V V > > V > > > > > > > > > > > > > S" > > > > > > > > A A A • o • /S o • > A m o > > i • * > > > > « » 0 » m > > 0 9 m > 0 > m- # « 0 Les B représentent des points lancés avec fil bleu royal Les • représentent des points lancés avec fil roujse Les V représentent des points lancés avec fil vert Rien de plus facile que de TEINTER à L'AMPOLLINA Pour garder fraîche et brillante la couleur de vos chandails, gants, foulards, lingerie, ou pour donner à vos accessoires la teinte s'harmonisant à celle de votre costume, le teintage à l'eau froide est la méthode la plus simple et la plus économique.A cette fin, aucune autre teinture ne peut surpasser L'AMPOLLINA; elle se caractérise par ses couleurs franches et solides et par ses teintes délicates et ravissantes, sons ne rien enlever à la durée des tissus les plus fins.Teinter à l'AMPOLLINA est aussi facile qui de passer au bleu.Les instructions simples mois complètes qui accompagnent chaque tube vous indiquent comment obtenir les nuances les plus en vogue.En vente partout à 15c Ditirîbulcurâ canadien i: BAR1BBAU & FILS, Livi».jw -t e i rs t o r e «y.» ampolli m Rapfie/ep-iXUid ce nom— OCILVIE C'EST LA ntedUu^\kmi AU CANADA GRATIS CLOTUREZ 10 ARPENTS avant midi avec 95 DEPUIS $12 * Mécanisme à roulement à billes * Contacts renouvelables * La caisse contient les batteries * Allumage intermittent Neon * Fait par les fabricants de "La Voix Radiophoniquc la plus riche' POUR AVOIR IE UVRET, ÉCRIVEZ À SPARTON OF CANADA ITD., IONDON Glâtune.Zled/iùffUe.SPARTON STOCK-AID! 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La complainte du soldat, Vous avez dû passer par là.MM.Armand Péloquin, Ste- Victoire, Cté Richelieu : Je revois les grands sombreros, J'aime, Paul-Hector Lamnrche, Ecole Régionale d'Agriculture, St-Barthélemy, Cté Bcr-thicr : To souviendras-tu de moi.Isidore Morin, Cabanu: Valse des lilus, Je rêve au fil de l'eau.Mngloire Garon, St-Dcnla de Kamou-raska: Je n'avais que cinquante cents, Le sport.Gaétan Robitaille, Val-Emard, Cté de Gatincau: My only sunshine.Aurèle Lyrctte, Bois-FraneH: Les Allemands ont ttié ma mère.Alcide Beauvais, Saint-Constant de Lapralric?L'homme aux guenilles.En terrez-moi dans la prairie.Alfred ilamel, 2 John, Victoriaville : La chanson du cinquante cents.Florian Péloquin, Coaticook, r.r.no 1.Cté Stanstead : L'envers du ciel.Les trois temps.Alfred Cn-ouette, St-Cyrille de I/Islet: Ne pleurez plus.L'adieu du marin.Adrien Tardif, Stc-Marïe de Bcaucc, r.r.no 2: Petite amie.Mon beau rêve.Léo Chnmpagne, St-Vianney, Cté Matane: Less trois couleurs.Beau fusîllier.Arthur Saindon, Clériey, Abitibi: Les vieux garçons.Ça se passait un dimnnehe.Patrice Anctll, Ste-Louise Cté L* Islet: J'attendrai toujours mon soldat.Le dernier baiser du soldat.Raymond Leboeuf, St-Denis liur Richelieu: Le coeur délaissé, Je pars pour Id guerre.Aimé Côté, Notre-Dame des Bois, Cté Frontenac: Tu photo, Le général de Gaulle.Jean-Mario Lessard, St-Odilon, Cté Dorchester: Réponse à la prière d'une maman.Jean-Baptiste Rlusay, St-Félix Dalqulor : J'ai quelque chose dans le coeur, On n'a pn» tous les jours vingt ans.Laurier Rouleau, 101 Dépôt, Sherbrooke: I'm an old cow-hoy.On est Canadien.Mlles Laurette Vaillancourt, St-Pnmphile de L'Islet, Burenu Artois: Mère sèche tes larmes, Les trois couleurs.Germaine Jobln, Rang St-Picrrc, Chlcoutimi: Dans tous lea cantons.Je resterai toujours fidèle.Lucienne Pelletier, St-Joseph de Knmouraskn: Derrière les volets.Hirondelle fuyez en Angleterre.Rita Hardy, Barraute, Abitibi: Maman je l'aime, Barnnbé.Clothilde Déllalc, St-Ubald de Portneuf, rang St-Gcorgcs : les trou" couleurs.Un baiser puis bonsoir. Mars 1945 Le Bulletin des Agriculteurs CORRESPONDANTS Mlles Nottlln Pelletier.Cm» Chat Cté Gaspe: 1S-20 ans.Rachollc Vaillancourt, Tourvillc.Bureau
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