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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1993-01, Collections de BAnQ.

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PORC Donald Young: pour l'amour du «show» Sa passion pour les jugements et expositions de porcs de race a fait de lui une figure quasi légendaire dans le domaine.par Georges O'Shaughnessy Il n'y a vraiment aucun terme français qui traduise adéquatement tout le sens contenu dans le mot show, c'est-à-dire tout le rituel qui entoure la présentation d'un animal lors d'un jugement.Pour Donald Young, de Beebe (Stanstead), le show fait partie intégrante de sa carrière d'éleveur de race.Cet éleveur a été et est encore une figure dominante de plusieurs expositions agricoles, qu'il suffise de mentionner 26 années consécutives de présence à la Royale de Toronto.Ces rencontres annuelles ont été pour lui l'occasion de voir les tendances et les changements dans l'élevage de race.De voir ce que les producteurs de porcs appréciaient particulièrement et ce qu'ils aimaient moins.C'était là une façon unique de rester en contact avec les acheteurs.«Nous avons eu du plaisir», commente Donald Young en parlant surtout des premières années où il a participé à des expositions.Il raconte encore avec un plaisir évident des anecdotes de ces rencontres où on se narguait et où on se lançait des défis à savoir qui remporterait le championnat.Des souvenirs de ces jours passés dans et autour de l'arène, à montrer des animaux, à se figurer les préférences du juge, à évaluer les sujets des collègues éleveurs du haut des gradins.Les succès de Donald Young aux expositions ne se comptent plus, tant il a remporté de championnats avec ses sujets de race.Mentionnons tout de même que ses truies ont décroché 11 fois le titre de Grande championne Landrace à la Royale de Toronto.En 1986, il revient de Toronto avec le Georges O'Shaughnessy, agronome, est journaliste à la pige.L'automne dernier, Donald Young se préparait pour la 26e année consécutive à montrer ses bêtes à la Royale de Toronto.Grand champion inter-races et le Grand champion inter-races de réserve.Chez nous, dans le cadre d'Expo-Québec, il ravit le titre de Meilleur troupeau Landrace à tous les ans de 1984 à 1992, avec 1987 comme seule exception.Une préférence pour le Landrace Mais c'est en 1990 qu'il connaît son heure de gloire à la Royale, raflant les prix suivants: la Grande championne inter-races (une Yorkshire), la Grande championne inter-races de réserve (une Landrace), les Grands champions Landrace et Duroc et la Grande championne Duroc.Du même coup, il reçoit les bannières de Meilleur éleveur et Meilleur exposant pour les races Duroc et Landrace.Ce mordu des expositions en a parcouru du chemin depuis l'achat en 1956 d'un premier sujet Landrace importé d'Europe parGordonGreene.un éleveur d'Ormstown.Ce premier sujet de race pure constitue le début du troupeau Beebe Plains Farms.Donald Young a été l'un des premiers éleveurs de Landrace au Canada et peut se permettre de parler avec nostalgie des animaux d'autrefois, lui qui en a connu les débuts chez nous.Il constate que les bons types Landrace du départ se font rares: «On sélectionne beaucoup maintenant pour avoir des animaux minces, ayant un très bon indice.Mais voilà, ils sont peut-être devenus un peu trop minces», constate-t-il.Selon lui, la diversité des types de verrats Landrace explique la difficulté actuelle de trouver le géniteur approprié ou de fournir à l'acheteur le type particulier recherché.Quoique Donald Young élève aujourd'hui des Duroc et des Yorkshire en plus des Landrace, cette dernière race demeure sa préférée.Il produit également quelques femelles hybrides.On compte de 80 à 90 truies en production.Il achète régulièrement des verrats en Ontario pour renouveler ses lignées.Ses sujets de race sont vendus un peu partout dans le sud de la province, majoritairement au-près d'une clientèle fidèle et établie depuis des lustres.Par ailleurs, il s'adonne encore LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 18-1 Grandeurs et misères des expositions à l'élevage du bovin de boucherie, la production avec laquelle il a commencé lors de son établissement à Beebe, au début des années 50.Quand on lui demande ce que sera le plus grand défi du futur pour les éleveurs de porcs de race, il mentionne d'emblée la question du statut sanitaire des troupeaux.Avec certaines maladies qui gagnent en importance, il devient très difficile de conserver un statut élevé dans un troupeau de race.Il sera également ardu, selon lui, de continuer à rencontrer cet objectif tout en produisant des animaux de haute valeur génétique.«Les affaires sont plus difficiles maintenant, commente Donald Young.Même si on produit nos animaux avec une grande conscience professionnelle, on a toujours la crainte d'une poursuite après avoir vendu une bête.» Il avoue ne plus retirer aujourd'hui autant de plaisir de sa production, à mesure que s'estompe la franche camaraderie qui animait il n'y a pas si longtemps encore les relations commerciales dans ce secteur.Très impliqué au sein des associations de race, Donald Young a siégé à maintes reprises au conseil d'administration de la Société des éleveurs de porcs du Québec et de l'Association canadienne des éleveurs de Landrace, en plus d'avoir assumé la présidence de cette dernière.Il a également assumé la présidence du Comité porc de la Royale de Toronto.On l'a plusieurs fois invité à titre déjuge dans des expositions nationales au Canada.¦ Plusieurs expositions ont abandonné les jugements des porcs de race.par Georges O'Shaughnessy Au Québec, Expo-Québec demeure la seule exposition dont les jugements sont ouverts à l'ensemble des éleveurs de porcs de race de la province.Plusieurs expositions agricoles de la province ont abandonné la présentation et le jugement des porcs de race.Pour la première fois, en 1992, il n'y a pas eu de jugement de porcs de race à l'Exposition de Saint-Hyacinthe.Selon Donald Young, si toutes les expositions de la province où il y a encore des porcs étaient ouvertes à tous, il y aurait davantage de compétition entre les éleveurs et la participation serait accrue.Peut-être cela empêcherait-il d'autres fermetures.Dans le même ordre d'idées, le Congrès du Porc est un excellent outil de promotion pour les éleveurs de race.Les retombées du Congrès ont toujours été positives pour lui, comme il en témoigne: «Les gens regardent le type de bêtes que tu produis et les succès remportés.Même si on ne fait pas beaucoup de ventes sur place, on reçoit par la suite de nombreux coups de fil débouchant sur des achats.» Les problèmes des expositions agricoles ne se vivent pas qu'au Québec.Même la Royale de Toronto connaît quelques ratés.Donald Young est bien placé pour en parler.Mais même s'il y a connu de bons succès, surtout au cours des dernières années, il prévoyait que 1992 serait sa dernière participation à cet événement.C'est que Donald Young y a constaté là aussi une diminution de participation des éleveurs.Avec les années, il y a eu un déclin important du nombre d'animaux présentés.Il faut dire que pour un éleveur qui veut participer à une exposition, les contraintes sont nombreuses.«D'abord, explique Donald Young, il nous arrive souvent de garder des animaux expressément pour une exposition, alors que nous aurions pu les vendre à bien meilleur prix que ce qu'on en tirera à la vente de l'exposition.» Ensuite, les exigences sanitaires sont de plus en plus sévères, ce qui fait qu'un éleveur de race ne peut rapporter d'animaux à la ferme après une exposition.Ils doivent obligatoirement être vendus sur place.Et il y a finalement toute la logistique des opérations de la ferme: il n'est pas toujours évident de s'absenter de trois à cinq jours et de trouver quelqu'un qui connaît assez bien l'entreprise pour voir à tout.¦ | LA SOLUTION?DÉ-ODORASE RÉDUCTION DE L'AMMONIAC ET CONTRÔLE DES ODEURS PAR L'ALIMENTATION PROBIOTECH INC.1-800-267-7252 18-2 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Les profits en production porcine: chaque élément compte Tylan le facteur de croissance En production porcine, les facteurs de croissance sont un des nombreux éléments dont il faut tenu-compte losqu'on cherche à optimiser le rendement de son entreprise.Les additifs alimentaires qui favorisent la croissance agissent de plusieurs façons : ils réduisent le nombre des microorganismes responsables des maladies, ils augmentent l'absorption des substances nutribves nécessaires à la croissance et ils modifient la vitesse à laquelle ces dernières sont métabolisées.Il en résulte des gains de poids plus rapides et un meilleur taux de conversion alimentaire.L'ajout de Tylan à votre ration de croissance/finition non médicamentée vous aidera à optimiser votre rendement en amenant vos porcs au poids du marché en moins de temps et avec moins d'aliments.Tylan • Permet une mise en marché plus rapide • Assure un meilleur taux de conversion alimentaire • Se présente sous forme granulée • Est sûr, ne nécessite aucune période de retrait Laissez Tylan devenir l'architecte de votre réussite.Consultez votre vétérinaire.E [ANCO 1 Tylan tyrosine Elanco Division EU Lilly Canada Inc.Calgary, London, Brossard.Tylan est une marque déposée de Eli Lilly and Company.Elanco, division de Eli Lilly Canada Inc., est un usager inscrit.LASANTE ANIMALE GÉNÉTIQUE Un verrat croisé en croisement terminal Plusieurs pays utilisent de plus en plus de verrats croisés dans les élevages commerciaux.par Daniel Godboul Le verrat terminal a un impact majeur en production porcine.On lui attribue environ 70 % de l'amélioration génétique des performances de croissance (âge à l'abattage, indice de consommation) et de qualité de carcasse (épaisseur de lard, indice de classement).Il a aussi un impact non négligeable sur certains paramètres de reproduction (taux de conception, taille de portée, etc.).Cependant, au Québec, une proportion importante des verrats utilisés à l'échelle commerciale sont de race pure.Lors de l'achat du verrat, le producteur ne considère bien souvent que la valeur génétique pour l'âge à 100 kiloset l'épaisseur de gras dorsal.Pourtant, si l'on considère 1 ' impact du verrat sur les performances de reproduction, l'utilisation du verrat croisé est une solution de rechange qui peut s'avérer fort intéressante.De meilleures aptitudes reproductrices On observe un effet d'hétérosis (vigueur hybride) important pour les caractéristiques de reproduction chez le verrat (voir le tableau I).En effet, le verrat croisé montre un développement testiculaire plus important.Il produit aussi un plus grand volume de semence et un plus grand nombre de spermatozoïdes par éjaculat.Les verrats croisés sont plus précoces sexuellement que les verrats de race pure et peuvent commencer environ un mois plus tôt leur rôle de reproducteur.Les verrats croisés présentent également un intérêt sexuel accru et accomplissent mieux leurs saillies que les verrats de race pure.En outre, ils Daniel Godbout.agronome, est responsable génétique pour la Firme Génétiporc.Les verrats croisés montrent de meilleures aptitudes à la reproduction que les verrats de race pure.montrent un taux de conception (% de truies gestantes) plus élevé, notamment en début de vie reproductrice (17%), résultant probablement de leur plus grande maturité sexuelle.Par contre, si l'on considère l'ensemble de la vie reproductrice du verrat, cet avantage est environ de 3 %.C'est que l'écart de la maturité entre les deux types de verrats, important en jeune âge, tend à s'estomper avec l'âge.Il faut bien dire, du reste, que cet effet positif du verrat croisé sur la qualité des saillies et le taux de conception ne se traduit pas, en moyenne, par une amélioration de la taille de portée à la naissance et au sevrage.En fait, les verrats croisés engendrent, en moyenne, des tailles de portée à la naissance qui sont très similaires à celles des verrats de race pure.Plusieurs études rapportent également un avantage non négligeable des verrats croisés en insémination artificielle.On observerait un pourcentage de spermatozoïdes anormaux plus faible et une plus longue durée de vie de la semence fraîche.Ceci s'ajoute évidemment à la plus grande quantité de spermatozoïdes produits par éjaculat qui est certainement en soi un avantage notable.Maintenant, le pourcentage de verrats réformés en raison des problèmes de reproduction (notamment en début de vie reproductive) est également plus faible chez les verrats croisés.La réduction observée dans certaines études, de l'ordre de 50 %, serait imputable vraisemblablement à leur plus grande ardeur sexuelle et à leur meilleure «capacité d'acclimatation».Les verrats croisés montrent, en général, une plus grande tolérance aux effets de l'environnement.Par contre, il ne semble pas existerd'effets hétérosis pour la qualité des membres.Les verrats croisés ont donc une qualité de membres intermédiaire par rapport aux deux races que l'on utilise dans le croisement.En ce qui concerne les performances de croissance et de qualité de carcasse, l'utilisation du verrat croisé n'amène aucun avantage particulier (tableau II).En effet, les différences notées entre les verrats croisés et de race pure ne dépassent pas 2 %.Ce phénomène serait attribuable à un ef- 18-4 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 I - Pourcentage d'amélioration des performances de reproduction observé chez les verrats croisés par rapport aux verrats de race pure correspondants* Caractère % d'amélioration Taille des testicules 25 Volume de semence 10 Quantité de spermatozoïdes par éjaculat 27 Intérêt sexuel 50 Taux de conception Six premiers mois 17 Ensemble 3 Taille de portée Nés totaux -1 Nés vivants -3 Source: Buchanan (1987), J.Anim.Sci., 65:117-127.* Compilation de plusieurs études nord-américaines eteuropéennespourdiftérentstypesdeverratscroisés et de race pure.fet limité du verrat, autrement que par les gènes qu'il transmet, sur les performances de la progéniture.En pratique, la valeur du verrat terminal dépend beaucoup plus de la valeur génétique des parents que du fait que le verrat soit croisé ou non.Elle dépend aussi des effets d'hétérosis qui sont particuliers à chacune des races utilisées dans le croisement.On peut donc prédire de manière assez précise la valeur d'un verrat croisé, si l'on connaît les performances en croisement des deux verrats en race pure correspondants.Minimiser le décalage génétique L'objection majeure qui est soulevée pour limiter F utilisation des verrats croisés est l'accroissement du retard génétique de la pyramide de production.Théoriquement, on estime ce retard à environ 1 $ à 2 $ par porc produit pour les caractéristiques de croissance et de qualité de carcasse.En pratique, ce retard peut être minimisé, si l'on contrôle le niveau génétique des parents du verrat croisé.Trop souvent, on ne porte pas suffisamment attention au niveau génétique du père et de la mère de celui-ci.On garde évidemment les meilleurs géniteurs pour la sélection en race pure.Il faut dire que c'est de cette façon qu'on crée continuellement du progrès génétique.N 'empêche qu 'on peut définir des standards de sélection sévères (indice génétique du gain et du gras, indice de prolificité, qualité des membres, etc.) pour les parents du verrat croisé.En réalité, les standards utilisés devraient se rapprocher le plus possi- ble de ceux utilisés en race pure.De plus, les lignées génétiques (races) utilisées pour produire le verrat croisé devraient être sélectionnées intensivement sur les performances de croissance et sur la qualité de carcasse, des aplombs et de l'appareil reproducteur.Une attention particulière devrait être apportée pour enrayer les anomalies génétiques à forte incidence économique (translocations réciproques, hernies, etc.).Quel verrat recommander?Les études réalisées au Québec ces dernières années ont permis de déterminer de manière plus précise le verrat à recommander en croisement terminal.Si l'on considère exclusivement les performances de croissance et de qualité de carcasse, l'utilisation du verrat Duroc semble, a priori, l'option la plus intéressante.Toutefois, on lui reproche souvent son manque de libido, notamment lorsqu'il prend de l'âge.Cette caractéristique génétique peut difficilement être l'objet d'une sélection en race pure, alors que les effets du croisement sont importants et bénéfiques.En somme, l'aspect reproduction prend de plus en plus d'importance au sein des élevages.Une augmentation d'un porcelet sevré par truie par année se traduit par une amélioration moyenne de la marge brute de 25 $.D'autre part, la réduction des jours non productifs (NPD) chez la truie devient aussi une préoccupation de Il - Pourcentage d'amélioration des performances de croissance et de qualité de carcasse des verrats croisés par rapport aux verrats de race pure correspondants Caractère % d'amélioration* Gain journalier 1,2 Indice de consommation 1,2 Épaisseur de lard -1,3 Surface de l'oeil de longe -1,4 Rendement de carcasse 0,4 Source: Buchanan (1987), J.Anim.Sci., 65:117-127.' Une valeur positive correspond à une amélioration des performances pour le caractère concerné en laveur des verrats croisés.plus en plus importante pour le producteur.Par exemple, la réduction du taux de conception de 3 % se traduit par une diminution des NPD de quatre jours.Or il ne faudrait pas sous-esti-mer en soi l'impact du verrat sur ces facteurs.D'ailleurs, tout porte à croire que l'utilisation du verrat croisé peut être une solution intéressante pour le producteur soucieux d'améliorer la reproduction de son troupeau.Mais pour que cette avenue soit pleinement satisfaisante, il faut que l'amélioration obtenue pour les performances de reproduction ne se fasse pas au détriment des performances d'engraissement.Par conséquent, les verrats doivent provenir de lignées mâles hautement sélectionnées et montrant de bonnes aptitudes en croisement.¦ cga- Leader au domaine de l'équipement de production porcine, BSM fabrique et distribue une gamme complète de systèmes de logement du bétail.Cases et stalles La conception novatrice évite que les porcelets nouveau-nés soient écrasés.Plancher BSM est un des rares fabricants à produire sa propre barre de profil triangulaire pour fabriquer les planchers populaires de barrer en V.Le double sondage robotique de ce produit garantit sa précision et sa qualité constante.Également offert: plancher à revêtement plastique.Alimentation et ventilation Funki BSM s'enorgueillit d'être le distributeur en Amérique du Nord des systèmes d'alimentaiton liquide et de ventilation Funki.Supplément d'information: commuiniquer avec BSM.Les marchands sont invités à s'enquérir.B.S.M.Ltd.R.R.4, Arthur, Ontario NOG 1AO Tél.: (519) 848-3910- Fax: (519) 848-3948 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 18-5 ALIMENTATION La prolificité a ses avantages On a créé des truies qui sèvrent 25 porcelets par année.Mais la conduite d'élevage de ces troupeaux est très rigoureuse.par Ghislaine Roch Des compagnies de génétique ont créé des lignées de truies hautement prolifiques.Ces truies peuvent sevrer plus de 25 porcelets par année (voir le tableau I).Ces lignées (PIC, NPD, COTSWOLD, FRANCE HYBRIDE, GENETIPORC, etc.) seraient, à première vue, la solution au manque de productivité de certaines entreprises québécoises.Mais la marge d'erreur dans la conduite de ces troupeaux est très mince.Les truies hyperprolifiques possèdent de grands avantages de productivité.Elles ont une vitesse de croissance fulgurante, une précocité sexuelle supérieure, une composition corporelle différente comportant plus de tissus maigres, une capacité à produire un grand nombre de porcelets et un appétit réduit.Mais ces truies ont aussi des besoins nutritifs particuliers et une plus grande dépendance vis-à-vis les facteurs environnementaux.Si ce phénomène est nouveau dans le domaine porcin, il existe depuis plus de 20 ans dans la production avicole pour les poulets à griller et les pondeuses commerciales.Chaque producteur de volailles reçoit régulièrement un manuel technique expliquant les particularités de l'espèce qu'il a entre les mains.Une alimentation particulière La conduite d'élevage des sujets hyperprolifiques demande une attention de tous les instants, mais l'effort investi est largement récompensé par les résultats zootechniques obtenus.Les truies et les verrats issus de ces lignées ont, au classement, moins de Ghislaine Roch, agronome, est adjointe au développement, responsable de la nutrition des monogastriques chez Nutribec liée.Le rationnement doit favoriser un état de chair de 3,5 à la mise bas et de 2,5 au sevrage.12 mm de gras dorsal en croisement P2 et ils utilisent les nutriments ingérés un peu différemment.D'abord, il faut utiliser deux moulées (gestation et nourricière) dans ces troupeaux afin de mieux répondre aux besoins immédiats de la truie (voir les tableaux II et III).L'utilisation d'une formule de moulée unique ne peut répondre aux besoins spécifiques de chacune des phases de production.La truie en gestation, quia génétiquement un meilleur taux de conversion, aura tendance à développer une masse musculaire trop I.Productivité des truies prolifiques en Angleterre Paramètres de Troupeau performance des truies Traditionnel Hyperprolifique Taux de mise bas (%) 85,60 89.40 Portées / truie / année 2,25 2,40 Porcelets nés vivants / portée 10,73 11,40 Porcelets morts-nés / portée 0,83 0,84 Porcelets sevrés / portée 9,49 10,33 Porcelets sevrés / truie / année* 21,40 24,80 * les cachettes non saillies ne sont pas incluses.II.Recommandations nutritionnelles pour les moulées de gestation et de lactation des truies Paramètres Moulée gestation Moulée lactation Énergie métabolisable (Kcal kg) 2950-3050 3100-3300 Protéines brutes (%) 12-14 15-17 Lysine (%) 0,60 0,8-0,9 Methionine (%) 0,20 0,22 Tryptophane (%) 0,13 0,15 Threonine (%) 0,50 0,57 Fibre brute (%) 4-6 3-5 Calcium (%) 0,9 à 1,05 0,8 à 1,0 Phosphore total (%) 0,65 à 0,8 0,65 à 0,8 Phosphore disponible (%) 0,37 à 0,5 0,35 à 0,45 Sodium (%) 0,18 à 0,25 0,18 à 0,25 18-6 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 PORTRAIT III.Objectifs de consommation quotidienne des différents nutriments Paramètres Moulée gestation Moulée lactation Énergie métabolisable (Kcal) 5500-6500 16 500-20 000 Protéines brutes (g) 250-300 800-925 Lysine (g) 11-15 42-48 Calcium (g) 15-20 40-50 Phosphore total (g) 13-17 35-45 Consommation quotidienne moyenne de moulée (kg) 1,8-2,2 5,0-6,5 IV.Influence de la condition de chair sur la productivité des truies Période Cote d'état % de truies % de truies Porcelets Moulée de chair à en deçà réformées sevrés/ consom- la mise bas de 2 ou mortes/ truie / mée/an an an Année 1 2,6 16 49,5 22,4 1,12 Année 2 3,3 1 47,7 22,4 1,32 Année 3 3,5 4 46,8 22,9 1,16 Année 4 3,6 1 40,6 23,9 1,17 importante et à être trop lourde à la mise bas si on utilise une formule de moulée unique.Cet état de chair trop développé provoque une diminution de la consommation durant la période de lactation.On assiste donc à une mobilisation importante des réserves corporelles et à un retard de l'oestrus subséquent.De plus, la longévité de l'animal est très souvent compromise.En fait, il faut viser un rationnement qui favorisera une condition de chair voisine à 3,5 à la mise bas et 2,5 au sevrage.Les extrêmes, très maigre (cote 1) ou très grasse (cote 4 à 5), doivent être éviter dans ces troupeaux (voir la figure).Pour obtenir les bons résultats, le rationnement des truies durant la gestation est primordial.Une consommation supérieure à 2,25 kg par jour est trop élevée, provoque de l'embonpoint et réduit la consommation en période de lactation.Il ne faut pas négliger, par ailleurs, les facteurs environnementaux.Un bon contrôle de la température, de l'humidité et du confort des animaux favorise l'extériorisation du potentiel génétique.Le plan de rationnement doit être rigoureusement suivi et réévalué constamment en fonction de l'état de chair des sujets.La vérification régulière de la conditon corporelle des truies sert un peu de thermomètre dans l'élevage.On recommande d'effectuer ces vérifications tous les mois durant la gestation, à la mise bas et au sevrage.Une faible variation de la cote de l'état de chair est un peu un gage de succès (voir le tableau IV).Il faut se souvenir que la truie prendra du poids d'une gestation à l'autre.On considère comme normal une prise de poids net de 20 kg pour la première portée, 15 kg pour la seconde et 10 kg pour les portées subséquentes.Durant la lactation, le scénario change complètement.Il faut favoriser le maximum de consommation d'aliments afin de supporter les besoins de production.Les truies issues de ces lignées sont plus laitières et elles ont besoin d'un apport accru de nutriments.Servir trois repas par jour, avec un apport supplémentaire d'eau, stimule la consommation quotidienne des truies.De plus, on recommande souvent le recours à des suppléments énergétiques.¦ Un travail soigné qui rapporte Ouverture d'esprit, travail et minutie sont les clés du succès à la Ferme Arclade.par Marie-Josée Handfield Il faut croire en ses moyens pour se lancer dans une production qui vit périodiquement des hauts et des bas.Claude Fortier, un des trois actionnaires de la Ferme Arclade de Saint-Malachie, y a cru.Il y a six ans, il commença à exploiter une maternité, qui compte maintenant 200 truies Yorkshire-Landrace.Sa décision était bien mûrie.Il voulait combler la demande en porcelets dans les fermes d'engraissement de son père, Arthur.«On s'assurait ainsi de la qualité et d'une meilleure performance des porcelets en engraissement», lance Claude Fortier.Pourquoi chercher ailleurs quand une production sur place est possible?Ses forces: du travail et une bonne équipe La réussite de son élevage, Claude Fortier la doit aux heures de travail «incalculées» et à des personnes de confiance qui l'entourent.Dans un élevage aussi prenant, il ne faut pas lésiner sur le nombre d'heures d'ouvrage.Sa femme Francine l'épaule pour le travail de ferme et l'aide à assurer une gestion suivie du troupeau grâce à la comptabilisation des données techniques sur ordinateur.Ce fut sûrement une grâce de gagner un logiciel Logiporc lors d'une récente exposition agricole.Il doit aussi une fière chandelle à deux personnes-ressources qui le conseillent régulièrement depuis le début de son exploitation.Ce sont l'agronome Denis Champagne et le vétérinaire Michel Bellavance, tous deux au service de la Meunerie Alfred Couture de Saint-Anselme.«Denis connaît son affaire, ça fait plusieurs années qu'il fait ce travail-là.Pour me tenir à la fine pointe de la technologie, il résume des articles qui pourraient s'avérer utiles à l'amélioration de mes performances d'élevage.» Grâce aux précieux conseils du docteur Bellavance sur la prévention des maladies de son troupeau, Claude Fortier évalue actuellement les possibilités de convertir l'arrangement en chambres des sections de mise bas et de la pouponnière.Ainsi, l'incidence des maladies fréquemment rencontrées dans l'élevage serait diminuée.En somme, comment Claude Fortier ne peut-il pas réussir en étant entouré d'une équipe aussi fidèle et dynamique?En entrant dans le bâtiment, on peut déjà respirer de l'air ambiant frais.Pas d'odeur ammoniac qui prend aux poumons, il faut dire que ça donne le goût de découvrir l'élevage encore plus! Qui donc est responsable de cette Marie-Josée Handfield est journaliste à la pige.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 18-7 Claude et Francine Fortier exploitent une maternité de 200 truies.circulation d'air frais?Claude Fortier montre du doigt les ventilateurs de marque Martin qui sont des systèmes de trappes qui ouvrent et ferment selon les besoins de la section.Il a fait d'une pierre deux coups en les installant dans sa porcherie: «En plus de régénérer l'air frais de la porcherie, je peux aussi régler la température désirée dans chaque section.» L'air est frais aussi du fait que les Fortier se soucient beaucoup de la propreté de la maternité.Lorsque vient le temps de transférer les animaux de parc, on effectue une désinfection complète des cages.Cela diminue, bien sûr, les risques de contamination.D'autre part, le lisier ne demeure pas longtemps dans les sections grâce à un système d'«écurage» automatique.Des performances comparables à la moyenne québécoise La plupart des résultats d'élevage des Fortier se rapprochent de ceux recueillis par le PATPQ pour l'année 1991 (réf.: voir Le Porc, mars 1992).L'intervalle entre le sevrage et la saillie fécondante varie entre 1 et 10 jours.Claude Fortier affirme ne pas avoir de difficulté à faire saillir ses truies fraî- 18-8 chement sevrées.Les plus «récalcitrantes» sont aussitôt inséminées artificiellement.Quant au nombre de porcelets sevrés par portée, il arrive ex aequo avec celui inscrit au PATPQ.Cependant, la même donnée par truie productive par année est inférieure de 2.D'ordinaire, ce paramètre chez les Fortier frôle le 20! Il y a de toute évidence des raisons en cause.A un moment donné, les truies à la mise bas ont souffert d'avor-tements et les porcelets des jeunes truies, de diarrhée.Est-ce la maladie mystérieuse qui est venue frapper à sa porte?On ne l'a pas su exactement.Dans un deuxième cas, malgré une vaccination des porcelets, le traitement s'est avéré inefficace pour les Fortier.L'écrasement des porcelets fait encore perdre des sujets, et aussi de l'argent au producteur.Toutefois, ce phénomène devrait être maîtrisé d'ici quelque temps, car Claude Fortier planifie l'installation de nouvelles cages de mise bas munies de barres antiécrasement.Ainsi, les porcelets seraient à l'abri du «poids lourd» qui menace leur vie! Il ne faudrait pas passer sous silence le jeune âge auquel mettent bas, pour la première fois, les truies de la Ferme Arclade: 11 mois.En comparaison avec la moyenne québécoise, cela signifie quasi un mois de plus pour l'éleveur à économiser du temps et de l'argent en moulée et en soins! Les truies productrices de la Ferme Arclade commencent jeunes leur «métier» et le terminent après environ six portées.L'élevage accuse un taux de réforme très bas (32 %) par rapport à la moyenne du PATPQ (47 %).Pourquoi en est-il ainsi?«Quand une truie produit bien et fournit suffisamment de lait aux porcelets, il n'y a pas de raison de l'éliminer», mentionne Claude Fortier.Ce dernier observe aussi beaucoup ses animaux, ce qui l'aide parfois à prendre des décisions quant à la réforme de ses truies.Par exemple, celles qui n'adoptent pas une position sur le côté empêchent les porcelets de téter et, par conséquent, de grandir.Ça ne fait pas des «enfants forts»! Misons sur le meilleur Les bonnes performances du troupeau Fortier sont reliées aussi à la distribution d'aliments toujours frais et à une diminution des stress chez les porcelets nouvellement sevrés.«J'aime mieux servir les aliments en petites quantités pour qu'ils soient le plus frais possible», dit Claude Fortier, en montrant les restes de moulée dans une cage.Il semblerait aussi que cette méthode évite un trop grand gaspillage, surtout chez les porcelets nourris à la dérobée.De plus, vers 28 jours d'âge, le producteur transfère la truie dans un parc d'attente de la section gestation et garde les porcelets environ une semaine dans la cage de mise bas.Cela les prépare mieux à un changement prochain d'alimentation et des conditions environnementales de la pouponnière.Encore là, Claude Fortier regroupe les frères et les soeurs dans un même parquet, loin des stress d'adaptation avec les cousins, cousines.Des projets d'avenir en production porcine?Oui, répond Claude Fortier.«Ça ne se peut pas qu'on laisse crever l'agriculture au Québec, car il y a trop d'intervenants directs et indirects.» A l'heure où tout est remis en question en agriculture, pense le responsable de la maternité, il serait prudent de conserver les programmes d'assurance pour plus de sécurité.Malgré cela, Claude Fortier veut aller de l'avant en tâchant de surpasser ses performances en maternité.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 AMELIOREZ LA CROISSANCE DE VOS AFFAIRES.avec Posistac*, une nouvelle approche pour améliorer la performance de vos porcs.Unique en son genre Posistac* n'est ni une hormone, ni un antibiotique thérapeutique.C'est un nouvel additif qui améliore l'utilisation des aliments chez les porcs aux stades de croissance et de finition.Accroît la production pendant la période de consommation maximale Agissant indépendamment de la présence d'une maladie pour stimuler la croissance, Posistac* exerce son effet maximal durant toute la période de croissance/finition.En modifiant l'activité digestive naturelle, il aide le porc à mieux utiliser la valeur nutritive des aliments.Réduit le temps de production et donc, économise la nourriture Des tests effectués au Canada et dans le monde entier, sous différentes conditions d'élevage, démontrent que Posistac* permet aux porcs d'atteindre le poids du marché jusqu'à 6 jours plus tôt, ce qui réduit les coûts d'élevage et les besoins en alimentation.Pas de période de retrait On peut administrer Posistac* jusqu'au moment de l'abattage.De plus, il est bien toléré, même à des doses 6 fois supérieures à celle recommandée.Renseignez-vous au sujet de Posistac*, le nouvel additif qui stimule l'utilisation des aliments.Vous améliorerez la croissance de vos porcs.et celle de vos affaires! Posistac [marque di IT-.(marque de sa lino my cine sodlquef •Marque déposée / Usage autorisé CCPP MISE EN MARCHÉ Un virage du côté de la publicité et de la promotion La Fédération est satisfaite de son nouveau programme de mise en marché du porc en magasin! par Jacynthe Beauregard Cette année, la Fédération des producteurs de porcs (FPPQ) a axé sa campagne sur la promotion aux lieux de vente.En effet, c'est la promotion qui est le fer de lance de la Fédération pour l'année 1993.Il était primordial de retrouver en magasin une viande de porc qui reflétait la même image offerte par la publicité, selon la Fédération.En février dernier, la Fédération des producteurs de porcs du Québec a donc misé sur un tout nouveau programme.Elle embauchait alors une équipe de trois consultants dont la mission est de donner une formation aux bouchers et aux gérants des viandes, et ce, dans les trois chaînes d'alimentation du Québec.Cette équipe doit initier aux nouvelles coupes de viande les bouchers et les gérants des viandes des supermarchés.Selon de récentes études, il a été prouvé que les consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher pour des coupes plus petites, plus maigres et désossées.Il devient donc important de leur offrir un produit qui répond à leurs nouveaux besoins.Meilleur marchandisage, meilleur rendement Quand la Fédération a lancé son nouveau programme, les consultants ont dû faire la preuve de la rentabilité des nouvelles coupes auprès des marchands.L'équipe s'est donc rendue dans quelques supermarchés en prenant bien soin de choisir des lieux qui n'étaient pas nécessairement des endroits de prédilection pour la viande de porc.Jacynlhe Beauregard est conseillère en publicité et promotion à la Fédération des producteurs de porcs du Québec.Une équipe de consultants initie les bouchers et les gérants des viandes des supermarchés aux nouvelles coupes.Certains marchands incrédules sont tombés des nues.Au lieu de vendre seulement 10 fesses de type traditionnel en une semaine comme ils avaient l'habitude de le faire, ils en ont vendu 78, et ce, malgré le fait que le jambonneau était en réclame cette même semaine.En outre, certains magasins présentent même — chiffres à l'appui — une augmentation de 25 % des ventes de viande de porc sur une période de six mois.La FPPQ prouve aux bouchers et aux gérants des viandes des supermarchés qu'une meilleure mise en comptoir (ou marchandisage) fait augmenter les ventes.En effet, plus de 40 % des achats en supermarché se décident directement sur les lieux de vente.Les autres motivations à l'achat étant les soldes dans les circulaires et la planification (liste d'épicerie).Fait intéressant à mentionner: nous pouvons maintenant retrouver dans les circulaires des différentes chaînes d'alimentation des coupes nouvelles en promotion.L'équipe de formateurs fait la promotion d'une cinquantaine de coupes dont 20 nouvelles.L'augmentation des ventes De plus en plus, les nouvelles coupes de viande de porc se retrouvent dans les comptoirs des supermarchés.Cela crée une habitude chez le consommateur qui en profite pour mettre cette viande à son menu hebdomadaire.Force est de constater que tous y trouvent leur profit; le consommateur obtient un meilleur rapport qualité/ prix, puisqu'il n'y a plus de pertes dans les coupes secondaires et le marchand réalise un plus gros bénéfice.Autrefois, par exemple, les profits réalisés sur les coupes traditionnelles annoncées provenant de la longe variaient entre 0% et 5 %.Avec l'avènement des nouvelles coupes, le marchand peut réaliser entre 18 % et 21 % de profits.La transformation permet 18-10 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Depuis quelques années, la perception des consommateurs s'est nettement améliorée face à la viande de porc.de mettre en marché des coupes secondaires tels les «spare ribs» qui deviennent aussi très rentables.Le porc étant une viande qui se vend à l'année, il n'y a plus, comme autrefois, de saisons mortes.Tout se vend dans la viande de porc; les paupiettes, les côtelettes désossées, dont les ventes dépassent celles des côtelettes régulières, et les escalopes de porc.Au dire de certains commerçants, les escalopes de porc sont même plus populaires que les escalopes de veau.Au fait, depuis quelques années, la perception du consommateur face à la viande de porc s'est nettement améliorée.Aujourd'hui, la viande de porc est considérée comme une viande maigre, et les nouvelles coupes incitent le consommateur à modifier ses habitudes alimentaires en intégrant le porc à son régime.D'ailleurs, les coupes semi-désossées dans la longe sont dorénavant plus populaires que les coupes traditionnelles.¦ Tirez plus d'énergie et de protéines de votre programme alimentaire pour les porcs.Gain de poids accéléré.Stafac vous aidera à tirer plus d'énergie et de protéines de vos aliments.Ce qui signifie que vos porcs se rendront au marché plus rapidement et que vous obtiendrez plus pour chaque dollar investi en nourriture.Voici comment travaille Stafac.L'ingrédient actif de Stafac, la virginiamycine, agit au niveau des intestins du porc.Elle réduit la compétition entre les bactéries du système digestif et les besoins de croissance de l'animal pour les éléments nutritifs.Ainsi, Stafac aide l'animal à absorber plus d'énergie et de protéines disponibles dans l'aliment.Les porcs atteignent donc leur poids de marché plus rapidement.Aucune période de retrait Stafac est sûr et efficace.Aucune période de retrait n'est nécessaire.Ainsi, vous pouvez l'utiliser pendant les périodes de croissance et de finition, jusqu 'au poids de marché.Peu importe la grosseur de votre entreprise, et que vous achetiez des rations complètes, des suppléments ou des prémélanges.Stafac vous aidera à tirer plus d'énergie et de protéines de vos aliments.Il aidera à améliorer les performances de vos porcs et aidera à réduire vos coûts d'alimentation.Utilisez Stafac dans votre programme alimentaire.et foncez vers le marché.nTTTîl SB SmithKIme Beecham Santé Animale 3130PepperMill Court.Mississauga, Ontario L5L 4X4 Bureau des commandes: 1-800-263-5975 Service technique: 1-800-668-4622 Une offre bien accueillie Les chaînes d'alimentation ont accueilli à bras ouverts les formateurs de la FPPQ.par Jacynthe Beauregard C'est à bras ouverts que les chaînes d'alimentation ont accueilli l'équipe de formateurs de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.La Fédération compte former 500 magasins à travers le Québec d'ici la fin de l'année et environ 900 sur deux ans.Au rythme où l'équipe fonctionne, les objectifs seront vite atteints, puisque, à ce jour, environ 350 magasins ont reçu la formation.Les bouchers et les gérants des viandes qui ont, dans un premier temps, été formés par groupes de magasins de même secteur et de même bannière reçoivent par la suite une formation individuelle pour chaque magasin.Dans un second temps, une première séance comprenant trois suivis est effectuée et une seconde séance est aussi prévue.Évidemment, les formateurs sont disponibles en tout temps pour répondre aux questions ou pour donner une formation additionnelle, si besoin est.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 18-11 PERFORMANCES TESTS EN STATION (Mâles) Mâles évalués à la station de Saint-Cyrille d'indice 120 et plus et acceptés à l'inspection morphologique, ayant terminé le test en septembre et octobre 1992.Appréciation Gain Valeurs génétiques phenotypique Dale de Âge Gras jour.Conver.Gras Age Identification Parents sur 60 naissance (mm) (kg/jr) alimen.(mm) (jrs) REF IPG DUROC JML-314B P: LEMIEUX PLEIN MASSIF 163A 38 92-05-12 165 11,1 0,95 2,31 -2,7 -5,3 52 ' 157 Jean-Marc Lemieux, Saint-Gervais M: LEMIEUX MASSIF AUG 304A ALGC-385B P:VADNAISRALLY163Z 38 92-05-19 148 10,6 0,97 2,07 -1,8 -4,8 55 143 Ferme J.M.Nadeau & Fils inc., M:NAD0382A Sainte-Hénédine ALGC-384B P:VADNAISRALLY163Z 38 92-05-19 148 12,2 1,02 2,07 -1,2 -7,0 55 140 Ferme J.M.Nadeau & Fils inc., M:NAD0382A Sainte-Hénédine FASI-81B P: POISSON 41A 44 92-05-23 150 10,7 0,95 2,23 -1,1 -6,9 52 138 Élevage G.Poisson inc., Warwick M: POISSON 142A LEF-592B P: POISSON 16A 44 92-04-15 143 13,3 1,07 2,37 0,3 -14,1 53 138 Ferme Luc & Estelle Forget, St-Jacques M: FORGET 648A HAMPSHIRE ARIS-193B P:SYLBEC DB SB132A 46 92-05-13 153 12,6 0,88 2,43 0,3 -9,5 52 128 E.Cécile & S.Gaudreau inc., Farnham M: SYLBEC DB 494X BEAU-264B P: BODMIN MIZZOV 3707Z 46 92-05-15 149 12,4 0,94 2,37 -0,1 -5,0 54 120 Ferme Beau Porc enr., Saint-Valérien M: BEAU PORC IRIS 12Y LANDRACE BEND-283B P: DUKEBECOIS GAUTH 591Z 42 92-05-08 141 12,2 1,08 2,36 -0,3 -10,7 57 144 Bernard Paquette inc., Ange-Gardien M: VADNAIS RANK532X ATKC-720B P: SYLBEC 1231Y 42 92-05-23 148 13,6 0,97 2,41 -0,2 -9,9 60 140 Ferme J.& F.Ouellet inc.Saint-Joseph M: OUELLET126Z ATKC-722B P: SYLBEC 1231Y 38 92-05-23 150 13,0 0,91 2,41 -0,4 -8,3 60 137 Ferme J.& F.Ouellet inc., Saint-Joseph M: OUELLET 126Z ASAX-742B P:BICOTE 5-AMES 841Z 38 92-06-03 140 11,9 0,97 2,44 -1,0 -5,6 58 134 J.& R.Perreault inc., Saint-Patrice M: DUKEBECOIS PORCHE 727Z DIOB-429B P: DION RANK 255Z 50 92-04-28 161 11,7 1,00 2,32 -0,7 -6,4 50 133 Ferme J.P.Dion & Fils inc., Saint-Liboire M: DION BAIL 598Z YORKSHIRE LEF-103B P: RALHEN DVEE433Z 38 92-04-16 151 8,5 0,91 2,06 -2,4 -3,8 45 149 Ferme Luc & Estelle Forget, St-Jacques M: FORGET 134Z LEF-102B P: RALHEN DVEE 433Z 44 92-04-16 151 9,6 0,94 2,06 -2,0 -4,6 45 145 Ferme Luc & Estelle Forget, St-Jacques M: FORGET 134Z ZDW-136B P: FORGET 122Z 42 92-04-12 143 9,0 1,05 2,13 -1,8 -5,1 48 144 Ferme Rouslay inc., Sainte-Perpétue M: ROUSLAY ISLAND KMG 420Z ZDW-145B P: FORGET 122Z 46 92-04-13 144 10,8 1,00 2,17 -1,1 -4,4 48 131 Ferme Rouslay inc., Sainte-Perpétue M: ROUSLAY ISLAND APMG 401Z ZDW-147B P: FORGET 122Z 46 92-04-13 146 11,0 0,98 2,17 -1,0 -3,9 48 128 Ferme Rouslay inc., Sainte-Perpétue M: ROUSLAY ISLAND APMG 401Z Statistiques fournies par Agriculture Canada.Développement agricole (Québec) (418) 648-4775 PERFORMANCES: IPG GRAS (mm) -1,2 IPG ÂGE (jours) -8,9 INDICE IPG 149 GRAS AJUSTE (mm) 49 AGE AJUSTE (jours) 145 DES REPRODUCTEURS DE QUALITÉ Nom: DU BERCEAU ELITE 253A LCAS - 253A NAISSANCE: Octobre 1991 RACE: Landrace • Verrat profond et très développé • Aplombs solides • Très bonne tète Centre d'insémination porcine du Québec Inc.1486, rang St-Aimé, C.P.220 Saint-Lambert, Beauce-Nord (Québec) GOS 2W0 Téléphone: (418) 889-9748 Télécopieur: (418) 889-8210 18-12 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 I-J-.08 Janvier 1993 ulletin des agriculteurs Spécial formation Affaires La jeunesse à l'oeuvre La présidente de la FRAQ, Nathalie Malo, vient de «s'établir» Mais son dossier préféré reste la formation, p.19 Vie rurale Sexualité: le langage des «corps-muets» Quand on travaille ensemble, comme un couple d'agriculteurs, ce n'est pas toujours érotisant.p.52 ¿1 GATT: les associations de consommateurs s'opposent Certaines estiment que la gestion de l'offre donne d'excellents résultats.D'autres, que l'accord du GATT favoriserait le Québec, p.8 Technique SPECIAL MAIS-SOYA En primeur, les nouveaux cultivars recommandés par le Conseil des productions végétales du Québec en 1993.p.27 Sirop d'érable: à la recherche d'une solution On propose de créer une corporation où siégeraient autant de producteurs que d'acheteurs, p.43 "Elle est meulicieuse." "Elle est meurrissante." "Elle fait du lait à "Ah! La Meuhlti-King IV -Noiraude - Blanchette meurveille." -Poildoux - Caillette MULTIKING "La Luzerne pour le kiif ' Elles savent ce qu'elles aiment Comment les blâmer de préférer la luzerne de Northrup King?Après tout, Northrup King est un chef de file depuis plus de 40 ans en fait de luzerne de haute qualité.Une des raisons, c'est que nos variétés ont la valeur nutritive voulue pour aider les vaches à produire davantage.Notre luzerne multifoliée MultiKing 1 en est un exemple éloquent.Dans des essais universitaires américains, cette variété s'est révélée nettement supérieure aux trifoliées northrup king ordinaires pour la valeur alimentaire relative.Et sur tout, ce surcroît de valeur alimentaire relative se tradui par une hausse de la production de lait.Cette année, passez donc à cette luzerne sans égale pou le lait, un produit de Northrup King.Et vous réservera ainsi des surprises agréables à vos laitières.Avec la MultiKing 1, vos vaches sont comblées. Le Nathalie Malo: la jeunesse à l'oeuvre Conseil consultatif auprès de la rédaction Pierre Courteau Conseiller en communications, Agriculture Canada Marcel Couture Vice-doyen, Campus Macdonald Pierre Doyon Consultant en publicité agricole Michel Forest Association des marchands de machines aratoires du Québec Nathalie Gauvin Conseillère en gestion, Joliette Victor Girouard Producteur de porcs, Saint-Valérien Louis-R.Joyal Producteur de céréales, Yamaska Réjean Lavallee Producteur de lait, Saint-Marc-sur-le-Richelieu Serge Lebeau Directeur-adjoint du GRÉPA, Université Laval Stéphane Mailloux Association de la jeunesse rurale du Québec Jocelyne Martel-Parisé Direction des services aux agricultrices, MAPAQ Gilbert Mathieu Producteur de lait, La Plaine Louise Tellier Productrice de poulets de gnl, Saint-Félix Bulletin SPÉCIAL MAÏS-SOYA Les cultivars recommandés en 1993 30 27 Flexibilité et qualité égalent meilleur prix Deux producteurs américains utilisent des stratégies totalement différentes pour vendre leur grain.Le maïs craint le gel! 34 Si le gel survient 25 jours avant la maturité du maïs, on peut s'attendre à des pertes de rendement de 25 à 40%.Affaires 8 GATT: les associations de consommateurs s'opposent Certaines estiment que la gestion de l'offre donne d'excellents résultats.D'autres, que l'accord du GATT favoriserait le Québec.Des pressions irrégulières 10 Certains banquiers approuvent un prêt à condition que les économies de l'emprunteur soient transférées chez eux! Notre agriculture est 12 en profonde mutation Selon le président de Cargill, le succès de l'agriculture dépend de notre volonté d'agir.La ferme des années 90: 13 très grande ou très petite L'agriculture québécoise se développe autour de ces deux extrêmes.Une gigantesque «épicerie» à Paris 14 Le SIAL est une colossale exposition.Huit entreprises québécoises étaient sur place.On ne prête pas que sur des garanties 16 On peut vous refuser un prêt même si vous avez d'excellentes garanties.Baisse du revenu stabilisé 18 On annonce des baisses de 7 à 13 % pour la récolte 1992.Technique Poulet: un rapport d'abattage, ça parle! 39 Il permet de tracer le portrait du poulailler et de recommander un programme de prévention adapté.des agriculteurs Alimentez votre cheval 41 comme un cheval Une bonne alimentation doit tenir compte de son système digestif particulier.Des bestioles prendront 44 la relève des pesticides L'introduction d'un organisme biologique peut avoir un effet résiduel prolongé.Un travailleur honnête 46 mais conservateur Le pick-up Costaud de Nissan est un bon véhicule utilitaire mais sans plus.SPÉCIAL FORMATION La jeunesse à l'oeuvre 19 La présidente de la FRAQ, Nathalie Malo, vient de «s'établir».Mais son dossier préféré reste la formation.Une carrière en biotechnologie 23 À cause de la croissance des besoins alimentaires, on aura besoin de spécialistes dans ce domaine.À quand la révolution informatique?25 Les ITA et les cégeps se mettent à l'heure des écrans cathodiques.Mais les outils sont rares.Vie rurale Une fille d'asphalte devenue 50 agricultrice.de l'année Hélène Chevrier-Miron tenait mordicus à avoir une ferme.À 45 ans, elle a réalisé son rêve.Sexualité: le langage des 52 «corps-muets» Les couples peuvent passer plusieurs nuits au fond de leurs insatisfactions.Chroniques Actualité Agenda Cuisine Éditorial Forêt Météo Nouveaux produits Nouvelles de l'industrie Onesime Petites annonces 6 7 49 5 43 54 57 58 48 55 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Les années 50 La bousculade du progrès prenait son élan et se préparait à rayer de la carte des milliers de fermes québécoises.par Maurice Hardy, agronome La décennie des années 50 passera à l'histoire de notre agriculture comme un long noviciat.Pendant cette période devait s'élaborer l'échafaudage de tous les outils modernes dont notre agriculture devait se doter pour se hisser, au cours des 25 ou 30 prochaines années, au faîte des plus intéressantes au monde.Au cours de cette décennie, des outils déjà vieillots ont été rajeunis, d'autres remplacés ou encore créés de toutes pièces.Qu'on parle de grandeur des fermes et des troupeaux, de technologie de production ou d'équipement et de machinerie, de crédit à la production ou de gestion des intrants, de commerce ou de transformation, de marchés ou de distribution, de contrôles de production ou de protection des cultures, de recherche ou de communication, tout bouge.En agriculture, en coopération, dans le commerce privé, les projets se bousculent.Les agriculteurs et leurs conseillers prennent conscience du grand potentiel de leurs entreprises encore jeunes où on a grand besoin de guides façonnés aux nouvelles réalités.Mais les producteurs manquent de moyens financiers pour évoluer.Jusque-là, l'agriculteur ne s'était à peu près jamais rendu compte de l'importance que devrait prendre au cours des ans le financement de son entreprise.Ce mot-là n'existait pas à la ferme qui se donnait de père en fils.Dans les entreprises para-agricoles, les comptes s'accumulent.Les agriculteurs membres de leur coopérative souhaitent faire financer leur évolution par le biais de leurs comptes qu'ils laissent désespérément traîner.On a payé cher et longtemps cette mauvaise habitude et ce retard de nos institutions financières à apporter à ce secteur l'aide dont il avait tant besoin.La bousculade du progrès prenait son élan et se préparait à balayer de la carte quelques centaines de milliers de fermes québécoises.Au cours des années 50, on a vu partir définitivement les chevaux et les «charrues à mancherons», la petite «herse à finir» et le «rouleau», les «quatre-roues» tout comme l'arroseuse du cercle agricole.Seul le petit silo de bois en «2 x 4 embouffetés», de 22 pieds, continuait à marquer la silhouette de la ferme familiale ancestrale.Le labour «Richard» demeurait populaire, mais le «glaisage» des terres de sable perdait petit à petit du terrain.Dans les champs, les rendements plafonnaient à 3/4 de tonne de foin; dans les étables, les vaches produisaient 5000 à 6000 livres de lait.Évidemment, les meilleurs producteurs montraient des chiffres un peu plus impressionnants que ceux-là.C'était eux qui servaient de modèles dans la quinzaine d'écoles d'agriculture régionales que le Québec rural.Les petits tracteurs «Row crop» Oliver 55 et leurs petites charrues à deux rangs, les grands Cockshutt «hauts sur pattes», les International, les Ford-Ferguson, les John Deere à deux temps et tous les autres à roues avant écartées ou collées, à pneus étroits et avec poulies étaient partout populaires.Mais, comme disait un agriculteur, ils «ne faisaient pas de fumier».Un vendredi soir, à l'heure où, essoufflé par une semaine de travail infernal à la Coopérative agricole Lac-Saint-Jean-Nord, je me préparais à «fermer les livres», un de mes représentants m'annonce qu'il venait de terminer la vente d'un tracteur à un producteur qui exigeait toutefois qu'on prenne son acompte.Et cet acompte, c'était un «team de chevaux» toutattelé.Vitequ'arrive larévolution verte! ¦ Les grands noms du Bulletin par Aubert Tremblay e Canada français doit partici-per corps et âme à la grande bataille qui se livre outre-mer.» En 1941, le Bulletin se prononçait pour la conscription.L'éditorial de juillet est clair: la lutte contre le totalitarisme nazi, c'est notre lutte.À cette époque, les pages du Bulletin débordaient de grands noms.Le regretté journaliste Louis Francoeur venait de mourir dans un accident de voiture, après avoir signé des dizaines de textes sur les grands enjeux mondiaux.Un article de plusieurs pages rappelait ses mérites: il était écrit par nul autre que Claude-Henri Grignon! Le célèbre auteur lui-même, d'ailleurs, ajoutait régulièrement sa fantaisie au Bulletin dans une chronique intitulée «Le père Bougonneux».«Après-midi j'me suis mis à penser à l'Exilé, un vieux Français que j'avais connu quand j'courais encore nu-pieds dans les fardoches.» Et puis, il y avait la grande Gabrielle Roy.Pour ses textes de fiction, elle avait choisi un pseudonyme: Aline Lubac.Mais même dans ses textes signés, «journalistiques», on sent qu'elle résiste mal à l'attrait de la fiction.On aurait d'ailleurs de la difficulté, aujourd'hui, à appeler «reportages» les textes vivants, humains, truffés de dialogues, qu'elle écrivait.C'en était, pourtant.À preuve celui, émouvant, où elle décrit la misère des institutrices dans les villages abitibiens de 1942.Ses premiers mots s'attardent sur un autre villageois, aussi pauvre mais mieux valorisé: le curé.«Je ne l'ai vu qu'une fois.Il descendait d'un boghey démodé et attachait sa jument maigre au pieu d'une clôture.» Autre temps, autres mots.¦ Aubert Tremblay est journaliste pigiste.4 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Bulletin des agriculteurs JANVIER 1993 VOL.76, No 01 Editeur: Simon-M.Guertin, M.B.A.Secrétaire à la direction: Christiane Martin REDACTION Rédacteur en chef: Marc-Alain Soucy Journalistes: Sylvie Bouchard, agronome Simon-M.Guertin, ingénieur et agronome Secrétaire: Murielle Marineau PUBLICITÉ Bureau de Montréal: Tél.: (514)382-4350 Fax: (514)382-4356 75.rue de Port-Royal Est, bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Directrice de la publicité: Isabelle Poutre Représentant: Claude Larochelle Bureau de Toronto: Tél.: (416)486-4446 Fax: (416)486-6636 501 East, Eglinton Avenue, suite 304 Toronto (Ontario) M4P 1 N4 Directeur de la publicité: Peter Salmond Coordonnatrlce à la production: Rochelle Meilleur-Leroux GRAPHISME Martine Lalonde, Expression Graf-X ABONNEMENTS Montréal : 382-4350 Extérieur : 1-800-361-3877 Directeur: Normand Thérien Adjointe: Lise Tremblay Tarif de l'abonnement: (TPS et TVQ non Incluses) un an deux ans trois ans Régulier 23.95$ 43,95$ 59.95$ Agricole 19,95$ 35,95$ 49,95$ À l'extérieur du Canada, un an: 40$ Éditions spéciales: Le Lait (6/an), Le Porc (5/an), Aviculture (4/an) Tous droits réservés 1991 Envoi de publication Enregistrement no 0068 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Le Bulletin des agriculteurs, fondé en 1918, est publié par les Magazines Maclean Hunter Québec 1001.bout de Maisonneuve Ouest Montréal (Québec) H3A3E1 Président: Jean Paré Adjointe au président: Suzanne Lamouche, c.a.Maclean Hunter Limitée Président du Conseil: Donald G.Campbell Président et chef de la direction: Ronald W.Osborne Président de l'Imprimerie: Matthew B.Fyte Président, Éditions Maclean Hunter Canada: James K.Warrilow EDITORIAL L'avenir, c'est maintenant! Dans le sirop d'érable, producteurs, transformateurs et commerçants sont condamnés à travailler ensemble.par Marc-Alain Soucy On peut amener un cheval à la rivière, mais on ne peut pas le forcer à boire.C'est sans doute en s'inspirant de ce dicton que les membres du Comité spécial sur l'industrie de l'érable ont rédigé le rapport qu'ils ont remis un peu avant Noël.On y fait neuf propositions pleines de bon sens qui vont de la mise en marché du produit jusqu'à l'interdiction de la paraformaldéhyde.Le rapport se tient très bien, à la seule et unique condition que les intervenants acceptent de travailler ensemble.Cette industrie évolue dans une telle anarchie que le Comité a dû proposer la création d'une corporation sans but lucratif, composée de représentants de la production, de la transformation et du commerce.De cette corporation dépendra l'avenir de l'érable, puisque c'est elle qui devra créer le consensus nécessaire pour se sortir du bois.Les membres du Comité spécial ne rêvent pas en couleur et se doutent bien qu'il sera difficile d'obtenir la concertation que tous souhaitent.Le sous-ministre Guy Jacob croit quand même qu'il sera possible d'avoir l'appui de la majorité dès le départ.Après, les retardataires n'auront plus le choix et se verront contraints de suivre le peloton de tête.Quant à Jacques Proulx, il croit qu'on a de bonnes chances de réussir, puisque tout le monde est en état de péché mortel dans cette industrie.Les ententes passées n'ont à peu près pas été respectées ni par les transformateurs ni par les producteurs.Même la Fédération n'a pu tenir ses promesses quant aux avances qu'elle devait retourner aux producteurs.Personne ne peut blâmer l'autre, alors si tout le monde regarde vers l'avenir, tout est possible.Plus de 70 % de la produc- tion québécoise doit être exportée.Le chaos actuel de l'industrie la rend très vulnérable.Les producteurs américains en ont ras le bol des acéricul-teurs québécois et sont en train de s'organiser pour restreindre nos exportations.Le prétexte.la qualité, évidemment.Sans organisation valable, les acériculteurs ne pourront pas contrer le protectionnisme de nos voisins du Sud.Le sirop qui ne pourra être exporté reviendra immanquablement sur le marché québécois, avec comme conséquence une baisse de prix importante.C'est pourquoi les petits acériculteurs comme les gros, les transformateurs et les commerçants ont tout avantage à investir quelques sous la livre de sirop dans leur organisation et à faire une croix sur l'individualisme et l'opportunisme qui les ont toujours divisés.S'organiser ou se faire organiser La banque de sirop d'érable, avec ses 26 millions de livres, est aussi une épine dans le pied de l'industrie.Les contribuables détestent l'idée de payer pour entreposer des surplus de sirop via une subvention fédérale.La banque a pour conséquence de maintenir les prix plus élevés.Ils ont l'impression d'être les dindons de la farce en payant comme contribuables et comme consommateurs.Si l'industrie ne se prend pas en main, elle va bientôt manquer d'arguments pour répondre aux questions des consommateurs québécois et au protectionnisme américain.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 5 L'ACTUALITÉ La vraie position de PUPA Le discours de Jacques Proulx, lors du dernier congrès de l'UPA, a tenté d'apporter quelques précisions sur la vraie position de son organisme face à l'ouverture des marchés.«Essentiellement, cette po-sition dit que nous partons à la conquête des marchés locaux, régionaux, nationaux et internationaux.Mais il y a deux conditions, précise-t-il, la croissance de nos revenus et la pratique d'une agriculture durable».Le Bulletin a demandé au président de l'UPA s'il ne voyait pas de contradiction entre ces conquêtes et des prix plus élevés.Selon Jacques Proulx, il ne faut pas compter envahir les marchés internationaux avec nos produits.Nous pou- Jacques Proulx vons faire des percées ici et là dans des secteurs particuliers, mais pas à grande échelle.Il faut plutôt tenter d'innover sur nos propres marchés et mieux répondre aux besoins des consommateurs québécois et canadiens.Toujours selon M.Proulx, il y a encore beau- coup de possibilités à exploiter chez nous.Quant aux prix des produits agricoles, il croit que les agriculteurs, surtout les jeunes, n'accepteront plus de travailler sept jours sur sept pour joindre les deux bouts.On ne peut pas leur demander de couper leurs revenus, eux aussi exigent maintenant une certaine qualité de vie.La «vache à hublot» fait des vagues! Vous avez déjà vu une vache fistulée?Vous savez, celle qui a un trou dans le flanc pour que les vétérinaires puissent aller fouiller dans son rumen.Eh bien, il faut croire que beaucoup de citadins n'en ont jamais vu.On en a exposé une en plein centre-ville de Montréal en octobre dernier, au Complexe Desjardins, dans le cadre de la semaine animale.Elle a fait des ravages: le stand de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), tout près, a été inondé de plaintes.«On ne s'attendait pas du tout à ça», avoue une responsable.Au point que, dès la semaine suivante, un comité spécial de la SPCA se penchait sur la question.La Société, en effet, n'avait toujours pas pris position sur les «vaches à hublot».Pris de court, les représentants, au stand du Complexe, ont dû se débrouiller seuls devant les «faites quelque chose», les «on n 'aime pas ça voir ça» et les «mais cette vache-là elle souffre!».«On ne peut pas se prononcer, même pas d'opinions personnelles.Allez plutôt voir les vétérinaires», répondaient-ils.Impossible de savoir, au moment d'écrire ces lignes, si la SPCA allait condamner la pratique de la fistule, comme on l'a déjà fait en France.Un dossier à suivre.CREAQ + CEGAQ + CAPGA = GÉAGRI! Vous vous sentiez perdu à travers les différents sigles des organismes s'occupant de gestion agricole?Réjouissez-vous! Le MAPAQ et ses partenaires ont décidé de regrouper en un seul les trois organismes en question: le Comité de références économiques (CREAQ), le Conseil d'économie et de gestion agricole (CEGAQ) et le Comité d'action et de perfectionnement en gestion agricole (CAPGA).Ouf! On a jugé que les trois groupes se chevauchaient un peu (ça vous surprend?).D'autant plus que certains membres siégeaient à plusieurs conseils d'administration à la fois.Le nouvel organisme se nomme GÉAGRI, pour Groupe de gestion et d'économie agricole.Sa principale particularité, c'est qu'il est une corporation à but non lucratif.L'idée, c'était de rendre le groupe plus autonome face à son trop influent membre gouvernemental, le MAPAQ.Une sorte de désengagement, quoi.Mais le ministère a juré qu'il continuerait à fournir le même budget et la même aide qu'autrefois.Il signera d'ailleurs une entente de service avec le GÉAGRI et prête déjà trois de ses fonctionnaires.De leur côté, les onze organisations membres (les universités, Agriculture Canada, l'Office du crédit, la Régie des assurances, la Fédérée, l'UPA, etc.) se sont entendues pour investir chacune au moins 5000 dollars par an dans l'aventure.Avec cet engagement financier, es-père-t-on, tout le monde aura intérêt à ce que le nouvel organisme soit le plus efficace possible.Dès juillet prochain, le nouveau conseil d'administration arrêtera son plan d'action.Tout sera alors possible: création de nouveaux comités, disparition des anciens.D'ici là on continue les projets amorcés.La personne-ressource au MAPAQ est Claude Tremblay.Le GÉAGRI loge au 200, chemin Sainte-Foy à Québec.5 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Club export agro-alimentaire du Québec Des sociétés de transformation des aliments, des agriculteurs et des chefs de file du mouvement coopératif ont mis en commun leurs compétences pour effectuer une percée sur les marchés d'exportation.Leur effort a débouché sur la création du Club export agro-alimentaire du Québec.Celui-ci a établi d'étroites relations de travail avec le Centre de recherche et de développement alimentaires de Saint-Hyacinthe afin d'aider les exportateurs à adapter leurs produits aux besoins des marchés d'exportation.Le Club export réunit à l'heure actuelle plus d'une centaine d'entreprises agro-alimentaires qui réalisent ensemble un chiffre d'affaires de 4 milliards de dollars, dont 250 millions sur les marchés d'exportation.Les membres sont fermement persuadés que la croissance future des exportations agro-alimentaires canadiennes viendra des produits transformés et des Services connexes.Source: AgExport.AGENDA 12 au 14 Janvier Salon de l'agriculteur Auberge des Seigneurs, Saint-Hyacinthe 13 janvier Journée d'information sur les produits phytosanitaires Complexe scientifique, Drummondville 19 au 22 janvier Canadian International Farm Equipment Show International Centre, Toronto 20 janvier Assemblée annuelle de l'Association Holstein Motel Plaza, Sainte-Foy 22 janvier Colloque sur la gestion de l'entreprise agricole Hôtel Delta, Sherbrooke 24 au 31 janvier 6e semaine de la gestion agricole «Organiser le changement dans l'entreprise agricole» CLINIQUES DE MAIS 19 janvier Saint-Grégoire 20 janvier Valleyfield 22 janvier Louiseville 27 janvier Sainte-Madeleine 28 janvier Notre-Dame-du-Bon-Conseil 4 février Saint-Jean Un prix pour un livre sur l'agriculture québécoise Les Éditions Berger viennent de faire paraître un livre traitant de l'agriculture au Québec: climat, sols, pratiques de fertilisation, maladies des plantes, tout y est touché ou presque.Il a été écrit par Roger Doucet, agronome à la Station de recherche agricole de Saint-Hyacinthe, et Roger Ménard, professeur de gestion au Cégep d' Sa réalisation a été pilotée Cégep Joliette-De Lanaudière rainée par le ministère de 1' Roger Doucet Alma, par le et par-Ensei- gnement supérieur et de la Science.Roger Doucet a d'ailleurs reçu pour son ouvrage, le 12 novembre dernier, une mention spéciale du jury, remise par la ministre de l'Ensei-.j^ gnement supérieur et »| de la Science.Mme Lucienne Robillard a décerné cinq Prix de la Ministre et dix mentions à des personnes qui, au sein des collèges du Québec, ont créé du matériel pédagogique d'une qualité exceptionnelle.Mise en marché rigide Ala lecture de votre éditorial de novembre, il est frustrant pour nous, les producteurs laitiers, de constater votre méconnaissance du système en place.Nous avons certainement avantage à améliorer et peut-être même à assouplir nos structures de mise en marché, mais pas à n'importe quel prix.[.] Il est révoltant d'entendre un transformateur se plaindre de manquer de lait pour l'exportation.Vous oubliez de dire que ce sont les producteurs qui paient pour les pertes liées au marché de l'exportation.Chaque fois qu'un hectolitre de lait est produit pour l'exportation, les producteurs touchent en moyenne 16 $ l'hectolitre.Il est drôle d'entendre monsieur Cayer qui exporte ses produits avec l'argent des producteurs, se plaindre lorsque l'on sait que le lait américain se vend actuellement entre 35 $ et 37 $ l'hectolitre.Serait-il prêt à conquérir le marché américain en nous offrant ce prix?J'en doute puisqu'on sait qu'ac- tuellement l'aide à l'exportation donnée par les producteurs à monsieur Cayer équivaut à un prix net pour le lait de 22 $ à 23 $ l'hectolitre.Monsieur Cayer bluffe donc lorsqu'il se dit prêt à acheter du lait aux États-Unis à 36 $ ou 37 $ l'hectolitre, prix payé aux producteurs américains.Le système américain que vous vantez pour sa souplesse est le système de l'indiscipline.Le producteur n'est pas rémunéré pour ses coûts de production et le consommateur paie ses produits laitiers aussi cher qu'ici.[.] Nous sommes fiers de notre système.La conquête des marchés, c'est l'affaire de tous, en partageant équi-tablement les risques et les bénéfices entre tous les partenaires de la filière, ce qui n'est pas le cas actuellement.Soyez assuré que nous relèverons le défi.Denis Brillant Syndicat du Cap à l'orignal LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 7 MISE EN MARCHE $ s s s s s s s s s s s s s s s s s $ $ $ s s s s s s $ $ $ $ s s $ s s $ $ s $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ s $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ s $ GATT: les associations de consommateurs s'opposent D'un côté, on estime que le système de gestion de l'offre donne d'excellents résultats.De l'autre, que l'accord du GATT favoriserait le Québec.par Marius Marin Ala veille des possibles transformations de l'industrie agro-alimentaire, dues principalement aux négociations du GATT, certaines associations de consommateurs ont jugé bon de se prononcer sur l'avenir de cette industrie au Québec.Les parties s'écoutent mais ne s'entendent pas.En fait, deux positions diamétralement opposées se font face: d'un côté, celle de la Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec (FNACQ), et de l'autre, celle de l'Association des consommateurs du Québec (ACQ) et de l'Association des consommateurs canadiens, section Québec (ACC-Québec).La FNACQ est celle qui est en désaccord avec les négociations actuelles du GATT.Elle estime que le système de gestion de l'offre que l'on connaît a donné d'excellents résultats, tant dans la qualité des produits que dans l'évolution des prix sur le long terme et de l'amélioration de l'environnement.Ce système permet aussi le maintien d'une agriculture de type familial de plus en plus productive.La FNACQ est donc en faveur du maintien du système actuel, qui représente, selon elle, un compromis convenable entre les intérêts des consommateurs et des producteurs.«Les négociations du GATT menacent, selon nous, les agriculteurs du Québec à court et moyen terme, affirme Francesca Dalio de la FNACQ.La ferme familiale, par exemple, risque de disparaître au profit d'un modèle à l'américaine, qui privilégie la grande entreprise.L'agriculture américaine surproduit tout en exploitant les agriculteurs et les travailleurs agri- Marius Marin est journaliste pigiste.Nicole Lemire, de l'Association des consommateurs du Québec, estime qu'il y aura une hausse de la production agricole au Québec si les partenaires du GATT signent l'accord.coles.» Selon elle, il n'est pas évident, comme le croit l'ACQ et l'ACC, que les prix à la consommation seront plus avantageux.«Enfin, pas à long terme, ajoute-t-elle.Et, de toute façon, la qualité du produit risque de ne pas être la même sans réglementation.» Enfin, la FNACQ ne croit pas que l'industrie, dans un contexte de libre-marché, puisse s'auto-discipliner.Pas d'effet dévastateur L'ACQ, elle, ne pense pas que le GATT puisse avoir un effet dévastateur sur l'agriculture québécoise.S'ap-puyant sur certaines études (du Georges Morris Centre notamment), l'Association estime au contraire qu'il y aura une hausse de la production canadienne et québécoise si les partenaires du GATT signent l'accord.«Nous ne consultons pas les mêmes données que la FNACQ concernant le GATT et les effets que cet accord aura sur l'industrie agro-alimentaire, souligne Nicole Lemire de l'ACQ.Nous croyons qu'il y aura une hausse de la production agricole.pas eux.Nous croyons que le retrait ou la réduction des barrières tarifaires aura un bon effet sur le prix à la consommation.pas eux.Peut-être n'avons-nous pas la même vision du problème.Ce n'est pas la première fois que nous sommes en désaccord avec cette fédération.» L'ACQ estime également que les consommateurs-contribuables ne sont plus en mesure de soutenir le système actuel.Sollicités de toutes parts, ils n'ont plus les moyens de payer les sommes astronomiques qu'ils versent à l'industrie agro-alimentaire chaque année.Certes, l'association est en faveur de la mise en place de mesures qui assureront une certaine stabilité dans le revenu des agriculteurs, mais il faut aussi, selon elle, tenir compte des consommateurs.Quant à l'ACC-Québec, elle croit aussi que les règles doivent changer.En ce sens, elle appuie le gouvernement du Canada dans sa démarche pour la signature de l'accord.«Les agriculteurs, les consommateurs et l'industrie agro-alimentaire canadienne seraient mieux servis s'il 8 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Nous ne pouvons changer la température.Mais nous pouvons vous protéger de certains imprévus.DeKalb vous protège des hausses de prix de la semence de maïs.Après la saison que vous avez enduré, devriez-vous faire face à de forte augmentation des prix de la semence de maïs.Nous ne le pensons pas.C'est pourquoi DeKalb a gardé ces prix les plus bas possible, ce qui n'est pas le cas de tout les compétiteurs.Nous avons aussi, bien sur, gardé la qualité élevée des hybrides DeKalb.La combinaison d'une performance constante et des prix sensés vous procure une valeur maximum.Boni en semence gratuite.Les hybrides haute performance de DeKalb ne sont pas seulement parmi les meilleurs, ils imposent les standards en escompte de volume.Achetez 10 unités, peu importe l'hybride DeKalb et obtenez 1 unité gratuite.Achetez-en 16 unités et obtenez 2 unités gratuites.Achetez 30 unités et recevez 4 unités gratuites.Les bonis augmentent avec le volume de vos achats.Epargne sur toute la ligne.Ces bonis sont disponibles sur tout les hybrides DeKalb, incluant les nouveaux hybrides pour 1993.Des nouveaux hybrides qui continuent 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produits agricoles à moindre coût et, de plus, les agriculteurs d'ici seront sûrement en mesure de développer de nouveaux marchés.C'est la voie à suivre pour les prochaines années.À moins bien sûr que l'on nous dise que c'est la mort de l'agriculture au Québec.Mais ce n'est pas le son de cloche que nous avons pour le moment.» Heureusement, les parties impliquées ne sont pas complètement en désaccord.Sans nécessairement travailler main dans la main, elles aimeraient être davantage invitées à participer aux discussions sur l'industrie agro-alimentaire.Les associations estiment que la place du mouvement des consommateurs devrait être plus importante qu'elle ne l'est présentement.Des associations diversifiées.Au Québec, on compte une quarantaine d'organisations qui disent représenter les consommateurs.Elles sont présentes dans toutes les régions: la Côte-Nord, l'Abitibi, l'Outaouais, les Bois-Francs, Montréal.Et en plus, elles sont à l'image des consommateurs eux-mêmes: diversifiées et imprévisibles.Les mouvements des consommateurs s'intéressent maintenant à l'environnement, aux politiques économiques et sociales, aux travailleurs, au crédit, à l'endettement, au budget, etc.C'est la consommation au sens large.Assez large en tout cas pour englober le domaine de l'agriculture.Trois des grandes associations québécoises s'y intéressent de près.La Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec est sûrement le regroupement le plus intéressé à la question agricole.Depuis une quinzaine d'années, la FNACQ est intervenue publiquement sur des dizaines de sujets touchant cette industrie.Elle a également présenté différents mémoires au gouvernement en plus de participer activement aux discussions entourant l'agro-alimentaire.dont le tout dernier Sommet de l'agriculture.En fait, cette question constitue l'un des principaux secteurs d'expertise et d'intervention de la Fédération et, en ce sens, elle se démarque nettement des autres organisations.qui prennent position L'Association des consommateurs du Québec suit de près, elle aussi, le secteur agro-alimentaire.Dans la dernière année, l'ACQ s est opposée à la hausse du prix du lait, en plus de participer au comité de certification des appellations des produits agro-alimentaires.Elle est aussi intervenue publiquement pour faire abolir les barrières à l'importation des offices de mise en marché.Sans être aussi impliquée que la FNACQ, l'ACQ estime suivre suffisamment la question agro-alimentaire pour prendre position quand elle le croit nécessaire.L'Association des consommateurs canadiens, section Québec, est un autre regroupement qui met des énergies à travailler dans des dossiers touchant l'agro-alimentaire.Affiliée à l'ACC nationale, l'ACC-Québec s'est prononcée, au fil des ans, sur la manipulation génétique, l'irradiation des aliments, l'agriculture biologique et, plus récemment, sur les négociations du GATT et les marchés de commercialisation.En ce sens, l'ACC-Québec suit à peu de chose près le discours de l'ACQ.¦ S $ S 5 S S S S $ S S 5 s s s s s s s s $ s $ s s $ s $ s FINANCE Des pressions irregulières Certains banquiers tentent de forcer leurs clients à transférer chez eux tous leurs placements pour leur accorder un prêt.par Pierre Piché Personne ne peut obliger qui que ce soit à confier toutes ses affaires à une même institution financière.Pourtant, divers organismes de protection des consommateurs font état d'une recrudescence alarmante de la tendance par les institutions de dépôts et de crédit à exercer des pressions indues sur leurs clients.Or, si vous vous trouvez devant une telle situation, vous avez certains recours pour les contrer.Prenons l'exemple de Charles T., qui avait besoin de financement hypothécaire pour l'achat d'une propriété.Charles T.présente donc une demande d'emprunt auprès d'une succursale de l'une des cinq grandes banques à charte canadiennes.Il prend soin de soumettre un inventaire financier détaillé de la valeur nette de son patrimoine, composé notamment d'un capital REER respectable.«Le banquier m'a informé sur le champ que ma demande de prêt hypothécaire serait approuvée sans délai, à condition que je transfère mes économies à la banque», raconte Charles T.Choqué, notre emprunteur retire sa demande et sort en claquant la porte.Mais il avait toujours besoin de ce financement.Rien d'illégal, mais.Charles T.était tout à fait justifié de refuser de traiter avec ce banquier.Bien que ce dernier n'ait rien fait d'illégal, une telle façon d'agir va à l'encontre de l'éthique professionnelle des institutions financières.Elles doivent être au service de leurs clients et non l'inverse.Les mesures à prendre en pareil cas sont d'abord d'exprimer immédiatement votre inquiétude face au préposé aux prêts Puis, vous pouvez l'informer de votre intention de soumettre votre demande à un concurrent.Si vous n'obtenez pas d'excuses et l'assurance que votre demande sera étudiée en toute objectivité, il faut s'adresser ailleurs.Enfin, vous pouvez prendre le temps de décrire par écrit votre situation à Consommation et Corporation Canada, s'il s'agit d'un établissement à charte fédérale, ou à l'Inspecteur général des Institutions financières à Québec, pour ce qui est des chartes provinciales.Pareil cas mérite d'être communiqué au président du comité spécial de la Chambre des communes sur les lois régissant les institutions financières, Don Blenkarn.(Chambre des communes, Ottawa (Ontario), K1A 0A6).M.Blenkarn et son comité s'intéresseront sûrement à votre lettre, puisqu'ils ont tenu des audiences publiques sur la déréglementation des institutions financières.Ces audiences ont eu pour effet d'intensifier la concurrence, d'où l'apparition de moyens de pression indus exercés par certaines sociétés ou personnes.¦ Pierre Piché est conseiller en placemenls pour le Groupe Investors inc.10 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 Escomptes sur fas achats d'hiver Plus vous achetez tôt, plus vous économisez.Venez faire un tour et réaliser de grosses économies sur l'équipement de fenaison et de fourrage ainsi que sur le matériel pour la pelouse et le jardin dont vous aurez besoin au printemps prochain.C'est la saison des escomptes sur les achats d'hiver; ils sont en vigueur en ce moment.Venez négocier le meilleur prix.Vous recevrez ensuite un bon escompte Ford New Holland sur les achats d'hiver à déduire du prix d'achat négocié de tout l'équipement admissible.Prenez le temps d'évaluer les escomptes qui vous sont proposés: ESCOMPTE ESCOMPTE ÉQUIPEMENT MODÈLE NOV./DÉC./JAN.FÉV./MARS Presse à balles rectangulaires 570 1075 $ 800 $ Presse à balles rondes 660 1675 $ 1275 $ Faucheuse-condit.492 1600$ 1350$ Fourragère 790 1975 $ 1650$ Voilà bien des économies à ne pas manquer.Alors ne tournez pas autour du pot! Dépêchez-vous! Venez profiter de gros escomptes avant le 1" février 1993.Mais attention, une telle offre ne durera pas longtemps.Alors, allez vite voir votre concessionnaire Ford New Holland pendant la saison des escomptes sur les achats d'hiver.FORD NEW HOLLAND COMMERCE INTERNATIONAL s s s s $ s s s $ $ s $ s $ $ s $ s s s s s s ; s s s s $ s s s s $ $ s s s $ s s s s s $ s s s $ Notre agriculture est en profonde mutation Selon le président de Cargill, le succès de l'agriculture de demain repose sur notre volonté d'agir.par Simon M.Guertin Au cours des prochaines années, il faudra répondre à un consommateur de plus en plus exigeant mais plus fortuné.Éduqué, il se préoccupera davantage de sa santé et de son mieux-être en général; il délaissera les mets traditionnels pour goûter à des plats exotiques.Évidemment, cette évolution dans les goûts du consommateur aura des conséquences directes sur les tablettes des épiceries.Pour le président de Cargill ltée, Kerry L.Hawkins, il s'agit d'une occasion en or, car ce nouveau consommateur est moins sensible au prix et recherche plutôt un produit de valeur.Selon M.Hawkins, notre infrastructure agro-alimentaire nous place dans une position avantageuse pour offrir des aliments à forte valeur ajoutée, c'est-à-dire à un plus haut degré de transformation.C'est du moins ce qui ressortait de la conférence qu'il prononçait, en octobre dernier, lors du congrès de l'Association des banquiers canadiens.Le président de Cargill y a résumé les enjeux de la prochaine décennie et apporté une bouffée d'air frais à ceux qui veulent encore bâtir.De nouveaux marchés Selon M.Hawkins, les prophètes de malheur, qui se plaisent à répéter que l'ex-URSS et l'Ukraine deviendront à court terme de grands exportateurs de grains, oublient que la population du globe s'enrichit de 100 millions d'habitants par année.Il faudra aussi se préoccuper de la diète des 50 millions de personnes qui meurent chaque année de malnutrition.En raison des progrès économiques réalisés par la Chine, l'Indonésie, la Malaisie, l'Inde et même l'ex-URSS, la consommation de viande ira en aug- Le Canada serait particulièrement avantagé dans la production des grains, des huiles végétales et des viandes à forte valeur ajoutée.mentant, ce qui aura des répercussions sur la consommation des grains et sur leurs prix.Par contre, il faut se rendre à l'évidence que cette croissance de la population grugera des millionsd'hec-tares de sol arable.Heureusement, les progrès technologiques favoriseront une agriculture à la fois plus intensive, plus sophistiquée et plus durable.Les pays ayant déjà une bonne infrastructure de services ainsi qu'une excellente base de sol arable seront les premiers à profiter de cette révolution technologique.D'après M.Hawkins, le Canada est particulièrement avantagé dans la production des grains, des huiles végétales et des viandes à forte valeur ajoutée.En effet, il est convaincu que tout est question de volonté puisque nous possédons la ressource agricole et les infrastructures nécessaires.«De plus, en l'an 2000, la demande mondiale de grains forcera le Canada à exporter entre 40 et 45 millions de tonnes chaque année, comparativement aux 32 millions de tonnes que nous expédions actuellement», avance le président de Cargill.Par ailleurs, M.Hawkins ne voit aucun conflit d ' intérêt entre ces objectifs de productivité et notre préoccupation environnementale.Il prétend que les compagnies du secteur agroalimentaire s'impliqueront davantage dans la protection des ressources et fourniront aux agriculteurs des services leur permettant de mieux utiliser les engrais et les pesticides.À l'autre bout de la chaîne, Kerry L.Hawkins entrevoit une plus grande préoccupation des entreprises à fournir de l'information auprès des consommateurs.Il va même jusqu'à dire que les entreprises amélioreront leurs procédés de transformation afin de garantir l'innocuité des aliments en plus de choisir des emballages plus respectueux de l'environnement.En fait, dans le futur, semences, engrais et pesticides formeraient un ensemble ou un tout biologique.«Avec les progrès que procure la biotechnologie, nous pouvons maintenant produire de nouveaux hybrides en moins de cinq ans, ce qui nécessitait 10 à 15 ans auparavant», argumente-t-il.Kerry L.Hawkins ne voit pas les 12 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 $ $ $ $ s $ s $ $ $ $ $ $ $ $ $ s $ $ $ $ s s $ s s s s $ $ s s $ s s $ $ $ s s $ s $ s s $ s s s $ $ APPRIVOISONS LE FUTUR La ferme des années 90: très grande ou très petite pressions environnementales comme un frein au développement de l'agriculture.Au contraire, il prétend qu'elles aideront à la transformer pour le meilleur.«Les produits dont nous diposerons dans 10 ans seront complètement différents de ce que nous connaissons aujourd'hui, prétend-il.Nous aurons de la difficulté à reconnaître nos propres entreprises.» De nouveaux emplois Et comme conséquences bénéfiques, il entrevoit la création de nombreux nouveaux emplois.Par exemple, il voit de grandes possibilités dans le secteur de l'information, du suivi environnemental et du suivi de la qualité des aliments.Pour lui, le succès de l'avenir repose dans une vision éclairée du futur et une volonté d'agir.Bien que le mot qualité soit utilisé à tout venant, Kerry L.Hawkins prétend qu'on ne peut réaliser la prochaine révolution technologique sans une gestion supérieure de qualité.Selon lui, les entreprises sans plan d'affaires incorporant la notion de qualité ne survivront pas.«Ça fait quatre ans que Cargill se préoccupe de cette dimension, déclare-t-il, et nous avons déjà constaté un accroissement de notre rentabilité.Par ailleurs, ça contribue à resserrer les liens entre les employés.L'an dernier, Cargill a connu une performance financière encore jamais inégalée au Canada et la qualité fut l'un des facteurs déterminants.» En fait, une stratégie de qualité s'inscrit dans celle du respect des exigences des consommateurs et du respect de l'environnement.Cette stratégie place aussi les compagnies canadiennes sur un terrain avantageux face au XXIe siècle.Enfin, le président de Cargill ne pouvait passer sous silence la politique interventionniste des gouvernements des pays membres de l'OCDE dont le Canada fait partie.Ces 24 pays dépensent 200 milliards de dollars chaque année dans le secteur agricole qui ne semble pas mieux s'en porter.«Ne pensez-vous pas qu'il y aurait des façons plus efficaces de supporter notre agriculture, questionne-t-il.Cette méthode crée de la distorsion dans les marchés, et ça ne sert personne.» Pour remplacer les interventions des gouvernements, Kerry L.Hawkins voit plutôt se développer une relation de confiance entre acheteurs et vendeurs, le tout basé sur les exigences de qualité.¦ L'agriculture québécoise se développe autour de deux extrêmes: des grandes fermes très spécialisées et des petites exploitées à temps partiel.par Simon M.Guertin Depuis le début des années 80, le revenu net des agriculteurs québécois a presque doublé.Il atteignait 1,1 milliard de dollars en 1992, c'est-à-dire autour de 27 000 dollars par ferme.Durant la même période, le revenu brut est passé de 55 000 dollars à presque 100 000 dollars par ferme.Or cette statistique cache une réalité singulière.En effet, face à des problèmes de rentabilité, la production agricole s'est polarisée entre un groupe qui a choisi la spécialisation et un autre qui a préféré l'agriculture à temps partiel.Selon les chiffres disponibles au MAPAQ, on prétend que la moitié des entreprises agricoles du Québec seraient exploitées à temps partiel.Un phénomène qui prend de l'ampleur Si on se réfère au dernier recensement de Statistique Canada, on place dans cette catégorie les 19 000 fermes dont le revenu agricole est inférieur à 50 000 dollars.Loin d'être marginal, ce phénomène représente 25 % du capital agricole et occupe 37 % du territoire agricole.En terme de contribution économique, l'agriculture à temps partiel ne représente pourtant que 15 % de l'ensemble du revenu net agricole du Québec.Il faut toutefois comprendre que ces fermes n'ont pas les mêmes impératifs financiers puisqu'elles peuvent compter sur d'autres sources de revenu.L'agriculture à temps partiel n'est pas un phénomène temporaire appelé à disparaître, mais bien une situation permanente porteuse d'avenir.En plus d'offrir une solution au manque de rentabilité, elle procure une certaine qualité de vie à ceux qui la choisissent.Par ailleurs, si on se fie à ce qui se passe au sud de la frontière, les petites fermes exploitées à temps partiel domineront le paysage agricole américain au tournant du siècle.Aux États-Unis, on compte 2,2 millions de fermes.Près des trois quarts se classent dans la catégorie petites fermes, c'est-à-dire des entreprises agricoles dont les revenus bruts sont en deçà de 40 000 dollars américains.On prétend que ce type d'agriculture occupe le tiers du territoire américain et que son influence n'est pas négligeable, puisqu'il agit comme un élément stabilisateur.Historiquement, là-bas comme ici, le nombre de fermes a diminué au fil des ans.Le nouveau phénomène indique qu'un certain nombre de personnes s'engageront de bon gré dans l'agriculture à temps partiel et perpétueront cette tendance.D'ici 10 ans, le gouvernement américain devrait avoir éliminé plusieurs des paiements de transferts pour concentrer ses efforts sur l'amélioration de la productivité des fermes.On prétend que les Européens n'échapperont pas à cette tendance.Il est donc justifié de se questionner sur la façon dont les agriculteurs réussiront à tirer leur épingle du jeu face à ces nouvelles règles.On peut d'ores et déjà prévoir que les fermes géantes, fortes d'une capitalisation importante, devraient bien s'en tirer, en particulier en raison de l'ouverture des marchés.Ce ne sera pas problématique non plus pour celles dont une partie du revenu provient d'une source extérieure.Mais il reste les autres.Comme on ne s'attend pas à de nouvelles politiques adaptées à leur situation, elles disparaîtront.C'est pour cette raison que les sociologues américains pensent que l'agriculture américaine se polarisera entre les grands et les petits.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 13 COMMERCE INTERNATIONAL s s s 5 s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s $ s s s s s $ s s s s s s s s s s s s Une gigantesque «épicerie» à Paris Les épis de maïs précuits et emballés individuellement par les Produits Ronald de Saint-Damase ont attiré l'oeil et le goût des Européens.Le SIAL est une colossale exposition où 4000 exposants offrent leurs produits alimentaires.Huit entreprises québécoises étaient sur place.par André Magny En dépit de deux années de bouleversements économiques et politiques et d'une reprise économique mondiale qui se fait attendre, pas moins de 72 pays étaient représentés à Paris, fin octobre, au Salon international de l'alimentation.Une bonne façon de se faire un portrait de l'innovation dans l'agro-alimentaire du côté des pays industrialisés.Tous les deux ans, le Parc des Expositions de Paris devient une gigantesque épicerie où 4000 exposants français et étrangers viennent offrir aux professionnels de l'agro-alimentaire leur dernière fournée.Certains exposants québécois n'ont pas voulu rater ce salon.À circuler dans les 100 000 m2 du Salon, quelques tendances se démarquent.La tendance «pratique» créée par une déstructuration des repas (on mange quand on veut, sans attendre le reste de la famille, et on mange plus à l'extérieur) est de plus en plus répandue.Elle entraîne le succès de produits individuels vendus à la portion ou en pack.La tendance «nutritionnelle» perdure, mais se modifie largement.Les «produits moins» — moins de sel, moins de cholestérol — sont en perte de vitesse.Par contre, les «produits plus» — plus de vitamines, plus de fibres — sont en progression.La tendance nutrition s'oriente vers le retour à la nature.Les produits du terroir sont à l'honneur! Les mouvements verts gagnent également du terrain.On voit des produits «bio» dans des emballages «bio».De plus, à en croire les spécialistes de la mise en marché de certains aliments, l'après-guerre du Golfe a entraîné un André Magny est journaliste.retour au plaisir de rester chez soi — le cocooning — d'où le regain d'intérêt pour les produits de luxe, style terrine de caille, confiseries fines, alcools vieillis, etc.Et la tourtière, elle?Rassemblés sous la feuille d'érable de l'Ambassade du Canada—la Délégation générale du Québec à Paris, bien qu'accueillant au moment du SIAL une mission agro-alimentaire québécoise vers la Bretagne, n'avait pas jugé opportun la présence d'un stand québécois au Salon — quelque huit entreprises québécoises étaient surplace parmi la quarantaine d'entreprises canadiennes.De Madelipêche aux aliments Carrière, en passant par l'Érablière aux 4 saisons, ils étaient surtout venus pour prendre des contacts avec le continent européen.Si certaines entreprises comme Madelipêche, en raison de la guerre franco-canadienne sur la morue, ne sont pas rentrées au Québec enthousiastes, d'autres comme les Produits Ronald ou l'Érablière aux 4 saisons de Saint-Ubalde dans le comté de Portncuf ne regrettent pas les 5000 $ de frais de location du stand pour les cinq jours du SIAL.Mario Boi vin de l'Erablière aux 4 saisons s'est montré satisfait des contacts obtenus auprès d'Australiens, d'Allemands, d'Italiens, de Danois, d'Israéliens, de Japonais et de.Canadiens.«Même si ça reste des contacts à développer, ça peut représenter pour nous six fois plus de sirop à écouler seulement en France», con-firme-t-il.Il a d'ailleurs constaté que l'intérêt européen pour les produits de l'érable ne s'arrête plus au sirop, mais tend vers la gelée ou le sucre d'érable.Non encore offerts au Québec, des maïs précuits et enveloppés individuellement par les Produits Ronald de Saint-Damase ont attiré l'oeil et le goût des Européens.«Même si rien n'est encore conclu, confie le chef de produits, Michel Beauregard, tout porte à croire que notre produit se retrouvera en France dans le courant de 1993».Pouvant se conserver un an au frigo, le blé d'Inde québécois a également intéressé les Allemands.«D'ailleurs, précise M.Beauregard, quand je me suis assis pour parler sérieusement affaires, 9 fois sur 10, ce n'était pas avec un Français».L'investissement est certes important, mais ceux qui jouent le jeu et savent présenter l'originalité québécoise en matière de goûl alimentaire démontrent qu'on n'est peut-être pas né pour un petit pain.¦ 14 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 PRODUCTEURS, OU »11 besoins: •Coteau/ •Set Nutrîbec vous offre 3 produits pour vache tarie: m Moulée Vache Tarie [• Complément Vache Tarie: 1.0 kg/tête/jour (• Minéral Vache Tarie: 150 g/tête/jour Le choix dépendra de la condition de chair de vos vaches et de la qualité de vos fourrages.H[ Nutribec L'ALIMENTATION EN PREMIER COURRIER DU GESTIONNAIRE s s s s s s s s $ s s s s s s s $ s s s s s $ s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s $ $ s s $ s s On ne prête pas que sur des garanties On peut vous refuser un prêt PRÊTS VS GARANTIES même si vous avez Q.: Je possède une ferme bovine a excellentes garanties.aVec des valeurs totales d'environ ^TOUS LES MOYENS DE LA^ NOUVELLE RENTABILITÉ Du 28 février au 4 mars 1993, vous êtes attendu au plus important salon international consacré à l'agro-fourniture.Retrouvez l'ensemble de la filière agricole -génétique animale et végétale, amendement et produits de traitement - santé animale.Faites le point sur les toutes dernières innovations et rencontrez, en direct, plus de 1000 exposants venus du monde entier pour travailler avec vous.Le SIMA 93, c'est aussi 3 sections spécifiques: Le SITEPAL, le SIMEQUIP et, pour la lé'e fois à Paris Nord Villepinte, le SIMA PRODUCTIONS ANIMALES.SIMA 93 SALON PROFESSIONNEL INTERNATIONAL DE L'AGRO-FOURNITURE PARC DES EXPOSITIONS PARIS NORD • VILLEPINTE 28 FÉV.• 4 MARS 1993 POUR TOUS RENSEIGNEMENTS VEUILLEZ CONTACTER: PROMOSALONS CANADA TEL: (514) 861-5668 1-800-565-5443 FAX: (514) 861-7926 200 000 $.J'ai besoin d'un prêt de 50 000 $ pour consolider mes dettes et payer mes comptes.Comment se fait-il qu'on m'ait refusé ce prêt alors que j'offre quatre fois plus de garanties que le montant du prêt?R.: Avant d'accorder un prêt, l'institution financière fait une analyse globale de la situation de l'entreprise.Elle analyse avant tout les capacités de gestion financière et technique du propriétaire.On se base sur ses expériences passées en affaires, sa cote de crédit, sa formation et la confiance qu'il inspire.Ensuite, on étudie la rentabilité de la ferme, vos résultats antérieurs, actuels et vos projections futures.Il faut dire que la rentabilité de l'entreprise est reliée fortement à vos capacités de gestionnaire.Lorsque l'institution financière conclut qu'elle peut vous faire confiance en tant que gestionnaire et que votre exploitation est rentable ou le sera d'ici peu, elle analysera vos garanties.En fait, les garanties sont un facteur accessoire pour les institutions financières.Leur décision d'accorder un prêt est rarement basée là-dessus même s'il est presque toujours nécessaire d'en offrir plus qu'il n'en faut.Comme votre situation financière semble délicate, nous vous conseillons de faire analyser votre dossier par un organisme neutre comme le Bureau d'examen de l'endettement agricole ou par un consultant privé.MOTIVATION DES EMPLOYÉS Q.: J'ai un employé permanent depuis quelques années.Comme il est excellent et fiable, j'ai peur de le perdre.J'aimerais avoir des moyens pour augmenter sa motivation et son attachement à l'entreprise.R.: 11 existe bien des programmes de motivation pour les salariés agricoles permanents.L'objectif de ces programmes est d'augmenter l'intérêt des em- par Gaétan Villeneuve et Sylvie Bouchard 16 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1993 s s s s s $ s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s s ployés, leur sens des responsabilités et leursentimentd'appartenance.Enfait, il s'agit d'encourager les employés à se sentir plus en relation de partenariat avec le propriétaire.Nous vous proposons trois moyens pour atteindre cet objectif: une association graduelle, une participation aux profits de l'entreprise ou des primes à l'efficacité.Si vous possédez une compagnie, nous vous conseillons une association graduelle avec votre employé par l'achat progressif d'actions.Vous pouvez jumeler ce programme avec une association immédiate en transférant un bloc d'actions très minoritaire, inférieur ou égal à 1 %.Pour une ferme d'une valeur nette de 300 000 $, ça correspond à un montant de 3000 $, ce qui n'est pas négligeable pour l'employé.Puis, chaque semaine, vous retenez sur son salaire une somme minime (par exemple 20 $).Cette somme sert à acheter des fractions d'actions qui s'accumulent au fil des ans.Votre employé se sentira un peu propriétaire et pensera moins à aller voir ailleurs.Si vous possédez une entreprise individuelle ou une société, vous ne pouvez pas vendre facilement des parts.C'est un processus complexe et coûteux légalement, puisqu'il faut faire un contrat notarié chaque fois qu'il y a un changement dans le partage.Nous vous suggérons dans ce cas de faire participer votre employé aux profits de l'entreprise, c'est-à-dire lui donner, annuellement, un certain pourcentage fixé à l'avance.Attention toutefois de bien déterminer ce que vous entendez par profits.Normalement, il s'agit du revenu après amortissements, mais avant le coût de vie et avant les remboursements de capital.Cependant, l'entente pourrait être autre.Une gratification autour de 10 % est assez raisonnable.Si vos profits sont de 20 000 $, l'employé recevra 2000 $.Enfin, vous pouvez aussi donner des primes à l'efficacité à l'employé qui atteint des objectifs réalistes fixés à l'avance.Ce moyen peut s'appliquer dans le cas où l'employé travaille à une activité spécifique de l'entreprise et que la qualité de son travail influence les rendements.Si votre employé est mécanicien et qu'il est responsable de l'entretien et de la réparation de vos machines, il serait irréaliste de lui proposer une prime sur les rendements au champ puisqu'il n'a pas d'influence dessus.Par exemple, les primes à l'efficacité s'appliquent bien sur les fermes porcines et avicoles où les employés sont responsables d'un secteur très particulier de la production et où on peut facilement mesurer l'efficacité des résultats obtenus.Dans une maternité où l'employé est responsable des truies, on pourrait lui proposer une gratification de 3000 $ à la fin de l'année s'il atteint le résultat de 19 porcelets sevrés par truie, 2000$ pour 18 et 1000$ pour 17.¦ Gaétan Villeneuve, agronome et économiste, est consultant privé en économie agricole, à Saint-Hyacinthe.Vous avez des questions concernant l'économie ou la gestion agricole?N'hésitez pas à nous écrire ou à nous téléphoner: Courrier du gestionnaire Bulletin des agriculteurs 75, rue de Port-Royal Est, bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Mil: 382-4350 Extérieur: 1-800-361-3877 T 0 U R C A R DU 20 AU 23 JANVIER 1993 PARTICIPEZ A UNE EXCURSION AU CANADIAN INTERNATIONAL FARM EQUIPMENT SHOW Voyages Agri-tour vous convie à un voyage de 4 jours à Toronto à l'occasion de la plus importante exposition intérieure de machinerie agricole au Canada.PRIX Occupation simple Occupation triple: Occupation quad.: rs.occ.double $348 $228 $215 LE PRIX COMPREND: - Hébergement 3 nuits occ.double - 3 petits-déjeuners continentaux - Services d'un suide accompagnateur - Visite de la Tour du CN - Les pourboires au suide et au ebaffeur - La TPS et la TVQ l'mir toute information supplémentaire, composez sans frais le 1-800-463-2265
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