L'orchestre, 1 octobre 1894, lundi 29 octobre 1894
fs 2me Année, No.5.Montréal, 29 Octobre, 1894.Prix, 5 Cts.Rédaction et Administration, 73 Rue St=Jacques, (Bâtisse Perrault.) Criy'CîwêSPh LE SUPPLICE D’TN HOMME : 1er Acte.—“ Moi, je suis resté Jeune.” 46 L’ORCHESTRE ” >È) , 8 »i PRIX DES ABONNEMENTS' l ¦ • • On peut s'abonner par lettre en joignant g I Un an, - = $2.50 >$ Six mois, = 1.50 ON 0 Trois mois, = = .75 un mandat-poste à l’ordre de LA COMPAGNIE DU JOURNAL "L'ORCHESTRE" ¦ .¦ .Ou directement au Bureau du Journal, jpj No.73, Rue Saint-Jacques.NOTA.—Les abonnements sont payables entièrement d’avance.« LA SOCIETE DES ARTS DU CANADA 1GGG et 1GG8, Hue JSotre-Daiiie, • • • MONTHBAL.lU collections de LA SOCIÉTÉ DES ARTS DU CANADA.TIRAGE AU SORT: CHAQUE MERCREDI tw' Prix du Billet pour Tirage: 25 cts. ty® &G) & : vS CADEMIE.Is CADEM1E $ Programme de la Semaine du 29 octobre THE NEW SOUTH Comédie Avec le concours de fir.Grismer & Miss Phoebe Davies Comme nous l’annoncions dans notre précédent numéro, la direction de ce théâtre n’ayant trouvé aucune troupe qu’elle jugea digne des abonnés de son théâtre, a préféré faire relâche.Cette semaine, l’Académie donne une nouvelle comédie, The New South.La scène se passe dans les Etats du Sud, et donne des scènes de mœurs de ces régions.Le scenario est finement écrit, et t ent les auditeurs sous le charme d’un bout à l’autre.Les étoiles de la troupe sont M.Jos.Grismer et Miss Phœbe Davies.Mlle Davies est de petite taille, mais fort jolie et admirablement faite.C’est elle qui a créé le rôle de “ Cheapa ” dans Clay Green’s, au Baldwin Theatre, de San Francisco.La troupe est sous la direction de M.XV.M.A Brad y.Les étudiants en droit, en arts et en sciences de l’Université McGill doivent se rendre en corps à l’Académie, vendredi soir.PROGRAMME Semaine du 29 Octobre • ?• MADELEINE OU THE HAGIC KIS5 Avec le concours de niss Camille d’Arville The Burglars ont, la semaine dernière, eu une assez bonne interprétation, mais sans réussir à ramener la foule à ce théâtre.La seconde partie de la semaine a été consacrée aux concerts de Mlle Marie Louise Bailey, la pianiste.Cette dame est excellente pianiste et a un talent remarquable, mais un simple concert n’est guère à sa place dans une grande salle de théâtre, aussi l’empressement du public n’était pas très grand.Cette semaine, nous aurons Maleleine ou The Magic Kiss.La musique est, dit-on, très belle et très gaie.L’artiste principale est la jolie Camille d’Arville, qui interprête le rôle de Madeleine, rôle qui lui vaut de nombreux succès.La troupe qui la seconde est nombreuse et bien composée, et la mise en scène très soignée.A The Life Guard, a obtenu le succès prévu et annoncé.M.Jos.I.Dowling et Madame Myria Davis, les deux étoiles de la troupe, ont été fort remarqués et encore plus applaudis.Pour cette semaine, si nous en croyons la rumeur, ce sera une vraie semaine de gala.La troupe serait une des meilleures qui ait paru sur ce théâtre, et nous donnerait la comédie burlesque : Hades up to Date avec Rie/ly and Woods extravaganza.Dans la troupe on remarque la célèbre Lottie Longdale, du Music Hall de Londres et les Savans, les fameux équilibristes.THEATRE ROYAL PROGRAMME La Semaine mi 29 Octobre 44 Hades up to Date ” AVEC REILLY & WOODS Extravaganza Prix Ordinaires.4 La semaine qui vient de s’écouler a été une bonne semaine pour les recettes de ce petit théâtre, à en juger par l’affluence du public que nous avons vu y entrer.Aucun doute qu'avec le programme de cette semaine, les résultats financiers ne soient encore meilleurs.Nous voyons en effet la charmante petite comédie vaudeville “ Ce que vivent les roses,” puis la parodie du duo de la Mascotte chantée par MM.Moraize et Léonce.Nous devons faire des compliments à M.Moraize, l’aimable régisseur du théâtre de l’Eden, qui apporte tous ses soins, à organiser ces représentations de la façon la plus intéressante.THEATRE FRANÇAIS cr t 3> Eden Musée s Théâtre MONUMENT NATIONAL Rue Saint-Laurent.Semaine du 29 Octobre • • • Charge de duo de la Mascotte.Duo — Moustache Polka.CE QUE VIVENT LES ROSES Comédie-Vaudeville.4 • ?Entrée du Musee, 10 cts.Entrée du Théâtre, 10 cts. F aet'j X DC (Dpera—Spectacle de la Semaine : Lundi, Samson et Dalila ; mardi, La Korrigane ; mercredi, La Valkyrie ; vendredi, première représentation d’Othello, ; samedi, Roméo et Juliette.Les études d'Aida se poursuivent tous les jours sous la direction de Verdi qui a fait travailler Mm es Héglon, Breval, MM.Renaud, Alvarez et Gresse.Bien que les décors soient prêts, la reprise d'Aida n’aura lieu qu’après la première de la Montagne Noire, de Mme Holmes, dont les études sont déjà avancées.(Dpera Comique—Spectacle de la semaine : lundi, Mireille et Cavalleria Rusticana ; mardi et vendredi, Fa/staff ; mercredi, Manon ; jeudi, Mignon.Cfycotre français—Aucune nouvelle pièce.Lundi et jeudi, Denise; mardi, Cabotins ; mercredi, Severo Torelli; vendredi, La Femme de Tabarin et Le Gendre de M.Poirier.bouffes parisiens — Les représentations de La Femme de Narcisse ont été interrompues.Le 15, on a donné la première de l’Enlèvement de la Toledad.Tous les accessoires, étoffes, vêtements, mobiliers, etc.ont été importés d’Espagne pour que la couleur locale fut plus scrupuleusement respectée.palais Hoyal—Le 18 octobre, a eu lieu la première de Un coup de tête, comédie en trois actes de MM.A.Bisson et A.Sylvane, en remplacement des Joies du Foyer, qui ont obtenu un si grand succès.CoilCCrtS Colonne—Ont fait leur réouverture le dimanche 14 octobre.Cette année, la saison se composera de vingt-quatre concerts divisés en deux grandes séries.La première série incluant tous les dimanches du 14 octobre au 30 décembre, comprendra six concerts symphoniques avec le concours de nos plus grands virtuoses, et six séances entièrement consacrées à un cycle des œuvres de Berlioz.Cbcatrc fces nouveautés.—On a fêté, lundi 15 courant, la centième de “Mon Prince ! ” Le maestro Audran a reçu, à cette occasion, une véritable manifestation.(Dt'eOU—Une première, Fiancée, drame en quatre actes de Madame Daniel Lesueur.Reprise de Don Juan d'Autriche, de Casimir Delavi-gne, ce vieux vaudeville (il date de 1835), a été joué dans le temps à la Comédie Française et y a obtenu un très grand succès.Sa reprise à l’Odéon a été fort bien accueillie, et le public paraît l’avoir assez goûté pour qu’il soit donné fréquemment cet hiver.*** Les journaux de Paris nous apportent des nouvelles fort intéressantes sur le théâtre de Rouen.Le public rouennais a encore voulu mériter, une fois de plus, sa réputation de sévérité et d’exigence.M.Fonteix aîné, fort ténor, a été déclaré reçu pour la saison, après un troisième debut, malgré une assez vive opposition.Les opposants ne voulurent pas considérer ce résultat comme acquis, malgré la déclaration du commissaire de police qui présidait le vote et revinrent en foule pour le quatrième soir.Un tapage assourdissant, sifflets, huées, accueillirent le malheureux ténor ; en outre, tous les spectateurs s’étaient couverts et tournaient le dos à la scène.M.Fonteix refusant de démissionner, le maire de Rouen prit un arrêté lui interdisant l’entrée du théâtre.*** On annonce de Paris le départ par la “ Bretagne ” pour New York du ténor Mauguière et de la basse Plançon.Ces deux artistes viennent rejoindre Madame Melba.Nous aurons le plaisir de les entendre dans la soirée qu’ils donneront à l’Académie.*** Des nouvelles de Londres : Le Criterion a fait, hier, sa réouverture avec une comédie de mœurs en trois actes, The Case ojRebellions Susan, de M.Henry Arthur Jones.En voici l’analyse : Au premier acte, lady Susan Harabin, ayant trouvé des lettres compromettantes qui prouvent que son mari la trompe, veut lui rendre la monnaie de sa pièce et faire rentrer un petit roman dans son existence.Elle part pour Le Caire avec une veuve de ses amies.Au second acte, lady Susan est toujours furieuse contre son mari, cependant repentant, et flirte avec un jeune homme qu’elle a rencontré en Egypte.Au troisième acte, elle apprend que le jeune homme, parti pour l’Australie après avoir juré de l’aimer toujours, s’est marié en arrivant là-bas.Elle se reconcilie alors avec son mari.A ^ , 2* Mademoiselle Miller.| ADEMOISELLE Miller, notre charmante seconde chanteuse, nous pourrions presque dire l’artiste favorite de la troupe, est née à Paris.Elle n’a suivi les cours d’aucun conservatoire et n’a étudie la musique qu’en pension.Il est vrai qu’elle a eu un excellent professeur et guide dans sa mère, Madame Miller, qui fut si longtemps l’artiste favorite du public Marseillais, et dans sa tante, Mme Froment, cette gracieuse et populaire artiste.Mlle Miller a fait ses débuts dans la comédie au théâtre de Rouen.Elle n’y resta qu’une saison, ayant suivi son directeur, qui passa du Grand Théâtre de Rouen aux galeries St-Hubert de Bruxelles.Elle obtint dans cette ville un succès fou, et le célèbre compositeur Audran l’y ayant entendu, l’engagea lui-même pour jouer Fiametta, de la Mascotte, au théâtres des Bouffes, Mlle Miller tint ce rôle de Fiometta avec un tel succès, que tous les journaux de Paris furent unanimes à chanter ses louanges ; nous avons sous les yeux des extraits du “ Gil Bias,” du “ Clairon,” de la “ Liberté,” et de plusieurs autres, célébrant ses débuts avec forces louanges.Si Mlle Miller est une gracieuse chanteuse elle excelle surtout dans la comédie et le vaudeville, et le célèbre Coquelin sait l’apprécier à sa valeur, car il l’a engagée souvent pour l’accompagner dans ses tournées.Non seulement Coquelin l’apprécie assez pour la faire figurer auprès de lui, mais assez pour la traiter en camarade intime, et il lui en a donné souvent la preuve, en allant prêter son concours à ses représentations à bénéfice.C’est ainsi que notamment lors du dernier séjour de Mlle Miller à Rouen, Coquelin vint exprès de Paris pour jouer le soir de son bénéfice dans “ Le luthier de Crémone.” La ville où Mlle Miller a obtenu le plus grand succès est sans contredit Marseille où elle est restée trois années de suite.Nous ne pouvons mieux faire que de citer quelques extraits de journaux de cette ville : “ Un diable de petite femme qui a du vif-argent dans les veines ; c’est suivant une expression locale un “ troun de l'air.” Elle n’est pas jolie, jolie, comme dit la chanson, mais il y a dans ce minois futé, aux )eux vils et pétillants de malice, au nez légèrement retroussé, je ne sais quoi de sympathique, qui plait par sa mutinerie.Sous son apparence chétive, elle cache des trésors de grâces, qu’elle laisse à peine deviner, mais dont elle nous a donné dans la “ Fille de Mme Angot ” un léger aperçu.Il y a vingt ans, elle aurait joué des soubrettes et aurait continué les glorieuses traditions de sa famille ; mais depuis l’invasion de l’opérette, dès qu'une artiste dispose d’un léger filet de voix, elle se fait chanteuse, et cela lui permet de doubler ses appointements.Mlle Miller n’a pas échappé à la contagion.Ses moyens vocaux sont réduits, sa voix est exiguë, mais elle en tire parti avec une extrême habileté, elle chante avec goût, avec infiniment de sentiment.’ ’ Notre confrère Marseillais continue par ces notes qui sont plus que jamais d’actualité, etque nous reproduisons, ne sachant mieux exprimer et notre sentiment et ceux du public : “ Elle arrache parfois aux connaisseurs qui apprécient fort ses qualités de comédienne, ce cri qui est l’expression d’un regret et en même temps un éloge flatteur : “ Si elle possédait un peu plus de voix ! ” Notre seconde chanteuse serait accomplie, si elle joignait à son expérience consommée un organe plus étendu ! Avec quelle désinvolture piquante elle donne à chaque rôle une couleur particulière ! ” Pour terminer ces notes sur Mlle Miller nous ajouterons qu’elle a passé la saison dernière au théâtre d’Alger comme seconde chanteuse. j?(^LOCHES DE (?ORNEVILLE Opéra Comique en trois actes.Paroles de Clairville et Galiet.Musique de Blanquette.—r^NRKMIKR ACTE.—La scène se passe sur la place I ^ du marché de Corneville, en Normandie.Le jeune seigneur de Corneville qui est parti tout enfant du pays y revient incognito.Le jour de son retour coïncide précisément avec celui de la “ Louée” annuelle des domestiques des deux sexes.Un vieil usage féodal veut que tous les serviteurs et servantes pendant la durée de leurs engagements appartiennent sans conteste à celui qui les a loués.La justice elle-même perd tous ses droits pendant ce temps.Le vieux seigneur de Corneville, en quittant le pays, avait confié la garde du château et tous ses intérêts à son vieux fermier, Gaspard.Ce dernier a chez lui une jeune fille, Germaine, qui passe pour sa nièce, mais les langues du pays trouvent étrange que le vieux Gaspard, qui est extrêment avare, l’ait fait élever en demoiselle.Ce n’est pas l’affection qu’il éprouve pour elle, qui l’a fait agir ainsi, car pendant tout le temps qu’il l’a laissée en pension, c’est à peine s’il a été la voir une fois.Gaspard voudrait que Germaine épousât le bailli de 1 endroit, qui est vieux et laid ; mais Germaine, qui un jour est tombée à la mer, a juré de n’épouser que son sauveur.Or elle croit que son sauveur est Grenicheux, un pauvre pêcheur.Germaine, pour échapper aux mauvais traitements de son oncle, furieux de ce qu’elle refuse d’épouser le bailli, est venu se réfugier sur la place du marché, avec l’intention de s’y engager.Elle y arrive juste au moment où le jeune seigneur de Corneville, (toujours incognito) vient engager un personnel complet.Germaine est immédiatement engagée par lui.Gaspard, parti à la poursuite de sa nièce, arrive trop tard, l’engagement est signé et la loi est formelle, Germaine n’appartient plus qu’à son maître.Deuxième Acte —La scène se passe dans une des salles du château de Corneville.Le jeune Seigneur, accompagné de quelques-uns de ses fidèles matelots et de ses nouveaux serviteurs, s’est introduits dans son château.Les serviteurs tremblent, car le château passe pour hanté, on voit depuis quelques années des ombres passer devant les fenêtres et des lumières y briller.Le marquis a amené avec lui le bailli.On trouve dans une des salles, des traces manifestes du séjour fréquent de Gaspard, et dans un cabinet voisin, un portefeuille rempli de papiers établissant que le comte de Luce-nay, avant de quitter le pays, avait confié sa fille unique au vieux Gaspard.Afin de prendre ce dernier en flagrant délit, le marquis fait tout remettre en place et se retire avec tout son monde.Le vieux Gaspard vient, il est préoccupé, des pressentiment l’assaillent, mais bientôt il est tout à la joie, car il s’est remis à compter son or, son dieu, sa vie.En effet, l’honnête Gaspard de jadis s’est transformé.Pendant dix ans, il a géré les biens des Corneville, économisant, thésaurisant pour ses maîtres, mais n’en entendant plus jamais parler, la fièvre de l’or l’a gagné, et il se croit possesseur de tous ces biens.Mais bientôt on entend sonner les cloches.Gaspard tremble et blêmit, puis se rue sur son or, car la légende veut que les cloches muettes depuis vingt ans, sonnent toutes seules le jour du retour des maîtres du château.Bientôt la porte de la galerie des ancêtres des Corneville s’ouvre et le marquis parait ; Gaspard, au comble de l’épouvante, sent la folie l’envahir et s’affaisse.Troisième Acte.—La scène se passe à Corneville sur la terrasse d’un jardin public.Serpolette, enfant trouvée, dont la naissance correspond exactement avec celle de la fille du comte de Luce nay, a été envoyée en possession de l’héritage de ces derniers, Gaspard, le seul qui eut pu éclairer ce mystère, étant resté fou depuis la fameuse nuit.Le marquis de Corneville, lui, a toujours pensé que Germaine était la seule et la vraie descendante des Luce-noy, aussi quoiqu’elle fut légalement sa servante, l’a-t-il toujours traitée avec la plus grande considération.Bientôt même il lui offre son cœur et sa main, mais Germaine dans sa modestie proteste et veut refuser ; lorsque Gaspard apparaît.Il n’est plus fou, il raconte comment le comte de Lucenay partant en exil lui a confié sa fille et que cette fille est bien Germaine, c’est pourquoi il l’a élevée comme il l’a fait, et 11 montre des papiers l’établissant sans conteste.Le marquis lui pardonne, et Germaine le console, lui jurant qu’elle le traiterait toujours comme son oncle.À Tailleur pour Dames Comédie en, trois Actes /TXETTE comédie a été représentée pour I Y première fois à Paris sur le théâtre de la Renaissance, le 17 septembre 1887.Le premier acte se passe dans le salon de Moulineaux, médecin.Le docteur Moulineaux, marié depuis six mois à peine, fait déjà chambre à part, et quoiqu’il aime bien sa femme, il ne peut s’empêcher de penser à une de ses clientes, Mme Aubin.Cette dernière lui a donné rendez vous au bal de l’opéra, mais n’y est pas venue, et le pauvre Moulineaux a attendu en vain jusqu’à trois heures.Pour comble d’infortune, il a oublié sa clef, et ne voulant pas sonner de crainte de donner l’éveil à sa femme, il s’est résigné à passer la nuit sur une banquette.Mais sa femme, ayant eu à lui parler, s’est aperçue de son absence.A son retour, il cherche à expliquer cette absence et son habit noir, par une consultation d’un genre spécial.Lui et quelques collègues ont voulu soigner un nommé Bassinet par un traitement mêlé de bals et soirées.Sa femme reste fortement incrédule, lorsque, pour comble de malheur, on annonce Bassinet ; ce dernier ne comprend pas les signaux désespérés que lui fait Moulineaux, et commet impairs sur impairs.Madame Moulineaux se retire désolée.Une fois seul avec Moulineaux, Bassinet lui explique le but de sa visite, il possède, rue de Milan, une maison qu’il ne peut louer, et il espère que Moulineaux qui voit tant de monde pourra lui trouver des locataires.Le pauvre Moulineaux qui est brisé de fatigue, ne sait comment s’en débarrasser, et le maudit intérieurement.On annonce Madame d’Aigreviile, la belle-mère de Moulineaux.Elle arrive pleines de bonnes intentions (pour une belle-mère), mais elle s’aperçoit vite qu’il y a quelque chose dans le ménage de sa fille.Elle interroge cette dernière qui lui raconte en pleurant que son mari a découché.Grande altercation wmm Les Cloches de Corneville—Fin du entre Madame d’Aigreville et son gendre.Celui-ci énervé la met presque à la porte, et s’éloigne se sentant des envies de l’étrangler.Retour de Bassinet, qui entendant Madame d’Aigre- 2ème Acte.ville parler de logement, lui propose son entresol de la rue de Milan, car cet entresol est meublé et était occupé par une modiste qu’il a expulsée.Madame d’Aigreville promet de l’aller voir le jour même.Moulineaux, afin de pouvoir recevoir Madame Aubin plus facilement, le lui loue.Deuxième Acte.— La scène se passe dans l’entresol de la rue de Milan.Moulineaux et Madame Aubin y sont en tête à tête.M Aubin, qui vient rejoindre sa femme, arrive au moment où Moulineaux était à genoux devant elle.Convaincu que Moulineaux est tailleur et qu’il prenait des mesures, il lui demande quelle toilette il compte faire.Le malheureux Moulineaux doit, bien malgré lui, jouer le rôle de tailleur.Pour comble d’infortune, plusieurs clientes de la précédente locataire arrivent successivement et Moulineaux doit continuer son rôle de tailleur.Aubin, qui s’est enfin retiré, revient trouver Moulineaux et lui dit que son amie, Madame de Sainte-Anigreuse, va venir tout à l'heure pour se faire habiller par lui.Elle arrive, et Moulineaux reconnaît Rosa, une ancienne camarade du quartier latin.Rosa, qui veut parler à Moulineaux, envoie Aubin promener son chien.Elle raconte son histoire, comment elle s’est mariée à un imbécile et comment deux jours après elle s’est fait enlever par un général.Moulineaux, à certains faits, la reconnaît pour Madame Bassinet, toujours pleurée par son mari.Aubin revient tenant le chien dans ses bras, Madame Aubin, qui est toujours dans le cabinet voisin, perd patience, apparaît et fait une scène à son mari et à Rosa.Aubin dépose le chien dans les bras de Moulineaux pour courir après sa femme.Rosa s’évanouit.Madame Moulineaux parait et voyant son mari avec une femme évanouie dans les bras est convaincue de sa culpabilité.Bassinet, qui vient d’entrer, reconnaît sa femme et, tout joyeux, l’embrasse ; celle-ci, qui s’est ranimée sous ce baiser, le giffle.3IEME Acte.—Nos personnages se trouvent réunis, Mmes Aubin et Moulineaux veulent quitter leurs maris, mais tout s’arrange, car Bassinet leur présente sa femme.À NE des conséquences de ma chronique de la semaine dernière, a été des marques d’étonnement et beaucoup de demandes de renseignements sur le coût et et le rapport des théâtres.Désirant établir ces frais ainsi que le bénéfice possible avec une précision suffisante, j’ai pris mes chiffres à bonne source ; mais le temps me manquant pour mettre toutes ces notes au net, j’en remets la publication au prochain numéro.Ce que je puis annoncer d’or et déjà, c’est que beaucoup de personnes seront surprises du chiffre très élevé des dépenses qu’entrainent un théâtre et du faible montant auquel atteignent généralement les recettes.“ Les Deux Timides ” et “Le Supplice d’un homme ” ont été un nouveau et immense succès pour la troupe de comédie de l’Opéra Français.Nous avons vu jouer “ Les deux timides ” à Paris, ainsi que dans plusieurs de nos meilleurs théâtres de province, et nous pouvons certainement affirmer que jamais nous ne les avons vus interprèterd’une façon plus supérieure, Messieurs Milo et Fetis ont été absolument admirables de naturel et de vérité ; ils ont su se montrer sous un jour absolument différent de celui où on les avait vus jusqu’à présent.Mesdames Milo et Raymonde ont été également très bonnes et très applaudies.“ Le Supplice d’un homme ”, de même que “ Les deux timides ”, ont valu de nombreux applaudissements à leurs interprètes.Autant Monsieur Milo était grave, timide, indécis dans son rôle de Thibaudier, des “ Deux timides,” autant il était bouillant et plein d’entrain dans celui de Montflanquin.Monsieur Fetis avait su s'adapter le caractère de Baudriard, et l’a rendu à la perfection.Mademoiselle Berthaël s’est révélée artiste consommée et a été vivement admirée.Jusqu’à ce jour, n’ayant eu que quelque “patine” à jouer, elle n’avait encore pu se faire apprécier ; elle s’est rattrapée.Madame Geraizer s’est montrée très agréable et très suffisante dans le rôle de Madame Truquet, la belle-mère, rôle si difficile à bien interpréter.Cependant, il nous semble que les emplois où Madame Geraizer se montrera surtout supérieure et sous son véritable jour, seront ceux du genre gai, tandis que le rôle de Madame Truquet est fort sérieux et même .comment dire.solennellement tragique.Nous ne voudrions pas que l'on prit ce que nous disons pour une critique, car nous constatons avec plaisir qu’elle a recueilli de nombreux applaudissements.M.Desfassiaux s’est, comme toujours, montré parfait, et Madame Mile la plus charmante soubrette que l’on puisse désirer.*** Si l’interprétation des comédies a été admirable, les salles ne l’ont pas été.Il est triste de constater la manifestation du goût de la majorité du public ; je dis la majorité du public, car grâce à Dieu, il reste assez de monde pour apprécier les choses à leur valeur.Lundi, mardi, mercredi, salles à demi remplies.On joue “ Les deux timides,” comme je le dis plus haut, l’interprétation est admirable, la pièce est un véritable chef-d’œuvre d’esprit.Que voit-on ?A peine quelques petits applaudissements par-ci par-là.La salle est manifestement froide.On ne rit qu’à la scène de la première entrevue des deux timides.(Scène quelque peu chargée devant le résultat).On passe au “ Supplice d’un homme la salle reste encore froide, elle ne commence à se dérider qu’à l’apparition de Milo en canotier, et la bonne humeur n’est manifeste que devant la vivacité et les boutades de Monfianquin.Cette manifestation du goût du public est déplorable, car la conséquence forcée sera et est que les artistes qui, quelques supérieurs qu’ils soient, désirent avant tout plaire et être applaudis, sont fatalement portés à exagérer, à charger le côté comique de leurs rôles, ce qui finit par devenir énervant et enlève tout charme aux plus belles pièces.*** Je disais, entre autre chose, dans le précédent numéro, que l’Opéra Français était une œuvre utile.Eh ! bien, non seulement c’est une œuvre utile, mais c’en est une dont tous les Canadiens-Français doivent être fiers, car l’Opéra Français aura obtenu un résultat que plus d’un siècle de luttes de toutes sortes n’a pu obtenir : L’étude et la connaissance de la langue française par nos frères et sœurs anglais.Il est une chose digne de remarque : c’est que, en ce pays, contrairement à ce qui se passe ailleurs, l’aristocratie ou tout au moins la haute société anglaise a toujours montré un certain dédain, pour ne pas dire mépris, de la langue française et de tout ce qui est français; aussi, anglo-canadiens et anglo-canadiennes parlant français sont-ils rares.Il est juste de constater que depuis sept à huit ans les commerçants et hommes d’affaires anglais de notre ville, (dans leur intérêt commercial), ont jugé la connaissance.10 du français utile et le font apprendre à leurs fils, mais les dames, sauf de rares exceptions, l’ignorent complètement.On pouvait déjà compter, à la fin de la dernière saison d’opéra, une assez bonne clientèle anglaise ; mais cette année, tout le monde a pu constater que chaque jour cette clientèle augmente et que, notamment le jeudi, tout ce que Montréal compte de mieux dans l’ouest de la ville se donne rendez vous à l’Opéra Français.Si c’est un résultat fort agréable pour les recettes du théâtre (résultat dont chacun doit se réjouir), nous devons l’envisager à un point de vue plus haut et exclusivement patriotique.Si la population sœur de notre ville vient si assidûment à notre théâtre, c’est qu’elle reconnaît du mérite, non seulement à l’interprétation, mais aussi à la musique et à la littérature française ; et comme conséquence, elle ne peut faire autrement qu’éprouver plus d’estime et de sympathie pour tout ce qui est français, et, par suite, pour vous mes compatriotes.Et croyez-moi, la conséquence forcée sera l’étude de la langue française pour tous les habitants de Montréal.Lundi soir, je me trouvais placé près de deux messieurs anglais ; on jouait la comédie, ce n’était donc pas pour la musique qu’ils étaient venus.En sortant, je les entendais manifester bien haut le regret de ne pas savoir mieux le français, car, disaient-ils, “ce que nous pouvons comprendre nous parait bien intelligent et amusant.” “ Madame l’Archiduc ” est une pièce à succès, grand succès, les salles combles, archi-combles de jeudi, vendredi et samedi l’ont prouvé.La musique en est si jolie et notre orchestre la rend si brillamment ! Quant à l’interprétation, c’est à coup sûr une des meilleures que nous ayons eues.A tout seigneur tout honneur Madame Bon it a été plus que charmante, on peut dire adorable dans son rôle de Marietta, aussi pas un couplet qui ne fut bissé, rebissé, et ce n’est que justice, car son rôle était dur, très dur, le rôle de Marietta étant de beaucoup le plus important de tous.Ajoutons que Madame Bouit a répété de la meilleure grâce du monde les couplets que les bravos de la salle solliciiaient.M.Bouit, au début du premier acte, avait retrouvé sa voix des grands jours, ce qui nous a permis de juger qu’elle a dû être fort belle.On nous dit que c'est dans l’opéra comique qu’il montrera tout ce qu’il vaut : tant mieux, nous aurons double plaisir à le constater.M.Vissière n’avait, dans son emploi de baryton, qu’un bout de rôle au premier acte, ce qui ne l’a pas em-pê.hé d’obtenir un succès magistral dans son duo avec la comtesse (Mme Berthael).Mme Berthael a partagé le succès de M.Vissière, elle a été une comtesse des plus gracieuses et des plus agréables.M.Ciraud a dû employer tout son remarquable talent pour nous donner un archiduc passable.En effet, pour tous ceux qui ont bien suivi la pièce, la conception de ce rôle est des plus étranges et par conséquent des plus difficiles à rendre.Ce mie demandait en outre une voix approchant autant que possible de celle de ténor, voix que M.Ciraud ne possède pas.M.Ciraud n’a pas à s’en affliger, si son succès n’a pas été aussi brillant que de coutume il saura s’en dédommager amplement.Mlle Miller a, comme de coutume, recueilli autant de suffrages qu’il y avait de personnes dans la salle.On ne saurait en effet rêver un plus charmant petit capitaine, Fortunato.Si sa voix n’est pas forte, elle sait du moins s’en servir, quant à là diction, elle est parfaite, pas un mot ne se perd, et pour ce qui est de son talent de comédienne, tous mes confrères ont été unanimes à la déclarer artiste consommée, nous ne pouvons que renchérir sur ce compliment.*** Notre aussi habile qu’aimable régisseur, fier des éloges qu’il a reçus pour ses excellentes mises en scène et le soin avec lequel tout est réglé, déclare vouloir recevoir plus de compliments, (il est exigeant), et se montrer intraitable quant à la tenue de ses artistes et à l’étude des rôles.Nous profiterons de l’occasion pour le prier de recommander aux dames qui attendent pour leurs répliques, à ne pas rester visibles sur le bord de la coulisse, et surtout à ne pas avancer de temps en temps la tête.On nous promet du régal, si nous en croyons le tableau des pièces à l’étude.Voyons d’abord la partie musicale : “ Mignon,” “Cousin-Cousine,” une reprise de la “ Mascotte,” et enfin “ Si j’étais Roi.” Comme comédie : “ Le gendre de M.Poirier,” “ Le Procès Vauradieux, ” “Le Député de Bombrignac toutes ces pièces sont pour être jouées dans le courant du mois de novembre.Les plus exigeants auront, comme on le voit de quoi être satisfaits. v^ÉPUTÉ DE J§OMBIGNAC Comédie en trois Actes de M.Alexandre Bisson.La Scène se passe de nos jours an château de Chantelaur près Poitiers.ACTE PREMIER SCÈNE XII De Chantelaur, De Morard.{Suite) De Chantelaur.—De tout, ma chère Hélène, de tout ! Je te le promets ! Dis à Julie.de préparer ma valise.Hélène.—Comment?Est-ce que tu pars aujourd’hui ?.De Chantelaur.—Aujourd’hui même, à cinq heures, par l’express.Il le faut !.N’est-ce pas, Morard?De Morard.—En effet, madame, c’est indispensable !.La période électorale ouvre après demain !.( Des Vergettes entre par le fond, tenant une lettre à la main.) Raymond n’a que le temps de se rendre à Bombignac !.SCÈNE XIII.Les Mêmes, Des Vergettes.Des Vergettes.—A Bombignac ?.Vous allez à Bombignac, dans la Basse-Garonne ?De Chantelaur, vivement.—Vous connaissez Bombignac ?Des Vergettes.—Non; seulement j’y ai un cousin, le baron Tancrède de Contras.{Finement.') Mais, mon cher, vous ne pouvez pas partir aujourd’hui !.De Chantelaur.—Comment ?.Je ne puis pas?.Et pourquoi ?.Des Vergettee, aimablement.—Je vous ai dit que je m’occupais de vous !.Si je suis venu vous voir ce matin, c’est que l’on devait m’envoyer chez vous une lettre fort importante.De Chantelaur.—Eh bien ?.Des Vergettes.—Eh bien !.Cette lettre, je viens de la recevoir et elle m’apprend que j’ai réussi.De Chantelaur.—A quoi ?.Parlez donc?Des Vergettes.—Ecoutez !.(A la marquise.) Il va être aux anges !.{Il lit.) “ Mon cher baron, le comité “ monarchique du canton de Poitiers (ouest), vient d’adop-“ ter la candidature de M.le comte de Chantelaur, votre “ ami,.” De Chantelaur, abasourdi.—Hein ?La Marquise.—Ah !.bah !.Des Vergettes, lisant.—“ Que vous avez énergique-“ ment patronné !.” Vous entendez?De Chantelaur, furieux.—Patronné ?.Vous m’avez patronné?Des Vergettes, lisant.—“Nous espérons qu’il ne “ déclinera pas cet honneur et nous vous chargeons de lui “notifier cette décision!” Hé bien!.Qu’en dites-vous?.De Chantelaur, à part.—L’imbécile ! Renée.—Quel bonheur !.Vous ne nous quitterez pas!.Hélène.—Inutile maintenant d’aller à Bombignac! De Chantelaur.—Ah ! permettez.La Marquise.—Hélène a raison ! Que vous vous présentiez ici ou là-bas, peu importe !.De Chantelaur.—11 importe beaucoup, au contraire!.Ça n’est pas la même chose.pas du tout! Ici, on ne manque pas de candidats, tandis que là-bas.n’est-ce pas, Morard ?Des Vergettes.—Comment ?.Est-ce que vous refuseriez?De Chantelaur.—Parfaitement !.Je refuse !.Des Vergettes.—Vous ne ferez pas cela !.De Chantelaur.—Je n’aime pas que l’on me patronne sans me prévenir, mon cher ami, je vous le dis une fois pour toutes.Des Vergettes.—Moi, qui croyais.Dé Chantelaur.—Vous aviez tort !.La Marquise.—Vous êtes injuste, Raymond : des Vergettes a pensé vous être agréable.Des Vergettes.—Parbleu !.La Marquise.—Puisque vous êtes décidé à défendre la bonne cause, il vaut mieux le faire ici, où l’on vous estime et où l’on vous aime, qu’à Bombignac, où personne ne vous connaît.Qu’en dites-vous, monsieur de Morard ?De Morard.—J’avoue, en effet, que cela me parait plus logique.De Chantelaur, furieux.—Comment, toi aussi?.Toi, qui m’as proposé aux électeurs de Bombignac, tu veux maintenant que je les abandonne ! Est-ce que tu me prends pour une girouette ?.D’ailleurs, je n’ai qu’une parole !.Hélène.—Mais tu ne l’as pas donnée !.De Chantelaur.—Hé bien !.Je la donne !.Je poserai ma candidature à Bombignac et pas ailleurs !. La Marquise.—Vraiment, mon ami, je ne comprends pas votre répulsion !.De Chantelaur, très embartassé.—Ah ! Vous ne comprenez pas !.C’est pourtant bien simple!.Je m’étonne même que vous ne compreniez pas ! Nul n’est prophète en son pays, vous le savez !.Un échec à Bom-hignac me sera indifférent ; ici, je n’en veux ; as !.La Marquise.—Cependant.De Chantelaur —Et puis, il ne me plaît pas d’aller mendier la voix des gens, que je connais : celles de mes fournisseurs, de mes fermiers et de mes domestiques, qui me feront des protestations et qui voteront contre moi.HELENE.—Mais nos amis !.De Chantelaur.—Oh! nos amis, je m'en méfie !.Des Vergettes.—Ah ! Chantelaur !.De Chantelaur.—Je ne dis pas cela pour vous, des Vergettes !.Vous avez cru bien faire, merci ! Mais Boni-bignac m’a demandé le premier, je vais à Bombignac.Brisons là, c’est chose arrêtée !.La Marquise.—Soit !.Allez à Bombignac ! Vous avez peut-être raison !.Des Vergettes.—Ces messieurs du comité seront désolés ! De Chantelaur.—Vous les remercierez de ma part ! Je vais leur écrire ! {A part.) Ouf !.Ç’a été dur !.De Morard, le prenant à part.—Dis donc !.De Chantelaur.—Hein ?.Qu’est-ce que tu veux ?De Morard.—Si, par hasard, tu rencontre Anaïs, là-bas.De Chantelaur.—Anaïs !.Quelle Anaïs ?.De Morard.—Anaïs Dutronchet !.De Chantelaur.—Ah ! oui.ton ancienne passion ! Hé bien ?De Morard.—Ne lui parle pas de moi !.De Chantelaur.—Tu peux être tranquille.Des Vergettes, qui vient d'écrire sur une carte de visite.—Puisque, décidément, vous allez à Bombignac, ne manquez pas de voir mon cousin.De Chantelaur.—Quel cousin ?.Des Vergettes.—Le baron Tancrède de Coutras.De Chantelaur.—Ah ! oui, parfaitement !.Des Vergettes.—Tenez, voici son adresse pour que vous ne puissiez pas l’oublier.De Chantelaur, prenant la carte.—Trop aimable !.(A part.) Compte là-dessus ! SCÈNE XIV.Les mêmes, un Laquais, puis Pinteau.Un Laquais, entrant.— Madame la marquise est servie.La Marquise.—Votre bras, monsieur de Morard ! Nous allons boire au succès de notre candidat.De Chantelaur, à part.—Pauvre marquise !.Si elle se doutait !.La marquise sort avec de Morard, suivie de des Vergettes et d'Hélène.Pinteau entre et va parler à de Chantelaur.Pinteau, bas, à Chantelaur.—Dis donc, je me suis aperçu que mon habit était dans un état déplorable, alors, j’ai pris le tien.De Chantelaur.—Comment ?.Renée.— Hé bien !.Raymond, vons me laissez toute seule ?De Chantelaur.— Oh ! pardon, pardon, petite sœur !.{Il lui offre le bras).Renée.—Comme vous avez l’air content de nous quitter !.De Chantelaur.—Moi ?.Par exemple !.Renée.—Oh ! l’odieuse politique ! De Ch xntelaur.—Elle a du bon.quelquefois.(f/s sortent).Pinteau.—Allons !.Le sort en est jeté !.Pendant quinze jours, je vais être pour tout le monde le riche et noble comte de Chantelaur ! On a beau être républicain, ces choses-là font toujours plaisir !.{Il sort).RIDEAU.ACTE DEUXIÈME.Mêmes décors.SCÈNE I.Julie, puis Pinteau.Julie, entrant du fond, un panier à la main.—Il dort encore probablement !.Dame!!.quand on rentre à cinq heures du matin !.(.frappant à la porte de gauche, premier plan.) Monsieur ! Je parie qu’il ronfle à poings fermés.Monsieur ! {Elle frappe).Ma foi, tant pis !.Il m’a dit de venir le réveiller à dix heures ! {Elle frappe).Monsieur ! Pinteau, en /’ entendant ouvrir la porte fermée à clef.Ill'entrebâille doucement.—C’est toi, ma bonne Julie ?.Tu es seule ?Julie.—Oui, monsieur, ces dames sont à la messe.{Pinteau descend en scène).Pinteau.—Et lui, est-il rentré ?Julie.—Qui ça ?Pinteau.—M.de Chantelaur.Julie.—Non, M.le comte n’est pas encore de retour.Pinteau.—Tu en es bien sûre?Julie.—Oh ! sûre et certaine ! Même que madame la marquise et madame la comtesse commencent a s’inquiéter.Pinteau, à part.—C’est incroyable ! Une pareille incurie !.Julie.—Il parait qu’on a voté, dimanche, et que M.le comte devait revenir hier, lundi ?Pinteau.—Certainement, qu’il devait revenir ! Tu es sûre que personne ne m’a vu rentrer, ce matin ?.Julie.—Oh?personne !.Il n’y avait que moi de levée dans la maison ! Pinteau.—Ecoute !.Il faut absolument que nul ne soupçonne ma présence ici Julie.—Vous avez donc fait quelque mauvais coup, que vous n’osez pas vous montrer ?Pinteau.—Non, rassure-toi, ma bonne Julie, et apporte-moi quelques provisions : je meurs de faim ! Julie, montrant son punier.—Je m’en suis bien doutée !.Tenez !.Voilà de quoi déjeuner.{Elle pose le panier sur un siège).Pinteau, prenant le panier.—Tu es un ange !.Dismoi !.Il ne s'est rien passé d’extraordinaire ici, pendant notre absence ?.Julie.— Ma foi, non !.Si ce n’est que M.de Motard est installé au château depuis une huitaine.Pinteau.—Tiens!.Tiens !.Ah ! une recommandation!.Tu vas guetter avec soin l’arrivée du facteur, et tu me remettras, à moi seul, tous les journaux.Julie.— Bien, monsieur.{Elle remonte vers le fond).Pinteau.— Fais ce que je te dis, tu ne t’en repentiras pas.Et surtout, sois discrète.Julie.—Quant à cela, monsieur,vous pouvez être tranquille! On ne me fait jamais dire que ce que je veux bien perdre.(Elle sort par le fond').SCENE II.Pinteau.— N’oublie pas les journaux !.C’est ce matin qu’ils vont annoncer le résultat de l’élection !.Et Chantelaur, qui ne revient pas au jour fixé ! Et il ne m’avertit pas !.Je l’ai attendu à Poitiers, hôtel du Palais, jusqu’à deux heures du matin.Et me voilà obligé de me cacher pour ne pas être interrogé!.Non, ma parole, c’est inoui ! C’est probablement cette Sidonie qui lui fait | erdre la tête ! Il devrait pourtant en avoir assez.depuis quinze jours !.Oh ! les femmes !.les femmes ! A propos, n’oublions pas que j’ai promis à A nais de lui écrire aussitôt arrivé.Cette bonne Anaïs de Valboisé !.Une noble dame et une femme superbe, qui a singulièrement agrémenté mon séjour à Bombignac !.M’a-t-elle aimé pour moi-même ou à cause de mon titre de comte de Chantelaur ?.(Julie entre, une lettre à la main).SCENE III.Pinteau, Julie.Julie.—Monsieur, voilà une lettre que François rapporte de Poitiers.Elle est arrivée ce matin pour vous à l’hôtel du Palais ! Pinteau, prenant la lettre.—Tu n’as pas dit à François que j’étais ici ?Julie.—Pas si bête !.Je lui ai dit que je vous la remettrais à votre retour.(Elle va ouvrir les rideaux et la porte du fond.Pinteau, t/ni a ouvert ta lettre, à part.—Ah ! c’est de Chantelaur.{Lisant).‘• Mon cher Pinteau, impossible de partir.” Allons, bon ! “Je suis retenu par une “ affaire d’honneur ; il faut que je coupe les oreilles à un “ jeune insolent, qui s’est permis d’insulter Sidonie.” “ Sidonie !.j’en étais sûr !.“ Rentre au château et dis “ à tout le monde que tu es parti avant moi pour une “ affaire personnelle.Je prendrai demain matin le train “de cinq heures avec Sidonie.” Comment ?Avec “ Sidonie, qui va donner à Bordeaux quelques représentations.Les journaux d’aujour-“ d’hui sont muets sur l'élection “ de Bombignac ! Es-tu con-“ tent ?Cela s’est-il bien passé ?“ T’es-tu bien amusé ?.Tu “ sais, si je n’ai pas récolté au “ moins une dizaine de voix, je “ te brûle la cervelle !.J’es-“ père bien ne pas en venir à “ cette extrémité, toujours fâ-“ cheuse et je te serre la main.” I,emalheureux !.Il plaisante!.Dix heures et demie !.11 sera ici dans une heure !.Julie, qui époussette les meubles, regarde par la fenêtre du fond, à gauche.Julie.— Monsieur, voici madame la marquise et madame la comtesse.Pinteau.—Fichtre !.(Il va pour rentrer à gauche.Julie.— Et votre déjeuner, que vous oubliez !.{Elle lui donne te panier).Pinteau.—Merci !.Rappelle-toi ce que je t’ai dit .Et surtout.motus !.(// entre à gauche, premier plan.On l’entend refermer la porte à clef.Julie, rangeant le bureau et les sièges.—Il a beau dire : .Tout ça n’est pis naturel.On ne se cache pas quand on n’a rien à craindre.SCENE IV.La Marquise, Hélène, Julie.La Marquise, entrant par le fond avec Hélène—Le facteur n’est pas arrivé, Julie ?Julie —Pas encore, madame la marquise.La Marquise.—Dès qu’il viendra, vous nous apporterez le courrier ici.Julie.—Oui, madame la marquise.(X suivre) Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.mm LE plus économique en même temps que le plus efficace toni que stomachique et digestif.Un paquet de 25 cents suffit pour préparer 3 grandes bouteilles.-PRENEZ GAREE AÜX I WT En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE, LE COGNAC Jockey G21ub CARTE OR V.S.O.P -^p- Est importé en caisse seulement.Exigez la marque • • • En Vente ^PARTOUT.g imprimerie Cognac .Jockey .Club CARTE OR V.S.O.P.f(u < Uù En Vente Partout $1.25 LA BOUTEILLE.Le Meilleur .Chocolat.EST LE CHOCOLAT N.F.&V.Quertin 79 RUE ST-JACQUES OJO/qOJO/q Telephone 2732 Ouvrages de toutes sortes faits avec gout et à Prix Modérés.DU .PLANTEUR De la Compagnie Coloniale.IMPORTE PAR LU GiE D'HPPROVISiONHEDlEHTS HLEHTHES DE MONTRÉAL (Limitée).15 A !*¦: Le meilleur.Vin Mariani .Le plus agréable et le plus efficace des Toniques et des Stimulants.Planteur De la Compagnie Coloniale * Importé par LA COMPAGNIE D’Approvisionnements Alimentaires DE MONTREAL (Limitée).le “Vin Mariani” est le remède par excellence pour combattre l’Anémie, la Chlorose, la Dyspepsie, la Gastralgie, la Laryngite, les Granulations de la Gorge, etc.D'un goût très agréable, il convient parfaitement aux convalescents et aux personnes les plus délicates.VENDU CHEZ LES PHARMACIENS, EPICIERS, MARCHANDS DE VINS.Pour Circulaires Descriptives et Liviet contenant les Portraits de Célébrités, etc., s’adresser à Lawrence A.Wilson & Cie, 20 & 30, RUE DE L’HOPITAL, MONTREAL.Seuls Agents au Canada pour Mariani & Cie, de Paris, et le Champagne Gold Lack Sec.Chocolat EST LE.- Ohocolat Y DU “ J’ai été charmée de pouvoir trouver le “Vin Mariani” dans toutes les grandes villes des Etats-Unis, et il a, comme toujours, contribué grandement à me donner les foret s nécessaires pour accomplir la tâche que je me suis imposée.Je ne manque jamais d’en vanter les effets à mes amis, et je vous félicite très cordialement sur le succès que vous avez si bien mérité.” SARAH BERNHARDT.Savez-vous LA PRESSE, Par son esprit d’entreprise, a laissé loin derrière elle tous les autres Journaux du Canada, comme le prouve sa circulation quotidienne de 37,000 numéros obtenue en 10 ans.
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