Le couvent : publication mensuelle à l'usage des jeunes filles, 1 janvier 1899, Janvier
COUVENT Publication mensuelle à l’usage des jeunes filles i 14ème année.— No 5 — Janvier 1899.Aiionnkmknt : 25 contins par an.Los abonnements datent du 1er septembre.—s’adresser à F.-A.Baiu.aiiicé, prêtre, curé, Itawdon, l\ Q.Xj’ecLixoa'bioirx et la politesse Etre poli n’est pas chose commune.Ce qui demande un sacrifice n’est jamais commun.car le sacrifice n’est point à la portée du vulgaire.La politesse cependant découle naturellement de la bonne éducation, c’est-à-dire qu’elle est commune chez les gens bien élevés.* * M.X.assistait à un banquet.M.11.et Mme B.surviennent.Ils reconnaissent M.X.le saluent, et s’asseyent à la même table.M.X.salue gracieusement, mais sans reconnaître les nouveaux venus, qui restent pour lui des étrangers. —¦ ÇO —' On apporte divers mets, que l’on met devant M.X.Ce monsieur donne à chacun sa part et poursuit son office, veillant à ce que chacun ne de rien et donnant à chacun l’attention manque la plus délicate.On en était au milieu des repas, lorsque M.X fixant un peu Mme B.reconnaît en elle une ancienne connaissance et en M.B.son mari.Il s’excuse de son mieux protestant qu’il ne les avait pus reconnus.“ Et vous êtes poli comme cela avec les gens que vous ne connaissez pas ! répliqua M.B.M.X.parut surpris de la réflexion.Ce M.X.est purement et simplement un homme bien élevé.Il est poli sans effort et sans qu’il y paraisse à ses propres yeux.C’est chez la femme surtout que l’on s’attend à trouver la politesse.Jeunes filles, les études spéciales vous apprendront les usages, elles ne vous rendront point polies.Abandonnez vous la main providentielle qui dirige vos pas, soit à la maison, soit à l’école.Ne mettez pas d’obstacle à la belle éducation que vos parents et vos maîtresses désirent implanter chez vous, et vous serez sûrement les femmes polies de l’avenir. —— f) t - La neige ÉLÉGIE hes oiseaux du ciel, dans nos champs, Ont jeté tant de plumes blanches Que l'aubépine sur ses branches A des bouquets comme au printemps.Et les arbres, dont la verdure Est tombée au souille d'hiver, Ont pris encore une parure Au fin duvet perdu dans l’air.Les toits sont blancs ; la colline Est blanche aussi.Tous les sentiers Sont couverts d'un tapis d’hermine.Oh ! j'y marcherais volontiers.¦T’irnis cueillir ces fleurs nouvelles Pour me couronner comme un roi ; Et je choisirais les plus belles Ma petite maman !.pour toi Si tu voulais 1 Mais, clans ma chambre Tu me renfermes ce matin Comme aux jours si noirs de décembre.Quand les pauvres, sur le chemin, Souillent dans leurs doigts, quand la mère Va mendier pour son enfant Qui meurt de froid dans la chaumière.Oh ! laisse-moi courir, maman ! — Ç2 - Je m’en irai jusqu’à l’église Et, pour la Vierge, je mettrai Un bouquet sur la marche grise.A deux genoux je lui dirai : “ Bonne Vierge je vous demande Pour tous les jours ce beau tapis, Pour tous les jours cette guirlande Qui me vient droit du Paradis.” Mais, en pleurant, la pauvre mère Répondit : — J’avais une fois Un autre ange, “ le petit frère ” Qui dort, là-bas, sous une croix.Un jour la terre devint blanche, L’arbustrc se chargea de fleurs, De ces fleurs pâles que la branche Laisse tomber comme des pleurs.Tous les sentiers de la colline Se couvrirent de beaux tapis Et, pour cueillir à l’aubépine Les guirlandes du paradis, L’enfant courut, fier, en cachette, Dans la neige au contact glacé.Quand il revint dans sa chambrctte Quand, dans mes bras il fut pressé, Entre ses doigts, la fleur si belle, N’était plus qu’une goutte d’eau ! Il pleura.la neige est cruelle !.Tout grelottant dans son berceau, — 93 — Jo le couchai l’âme navrée ; Sous mes baisers il s’endormit.Sa joue était décolorée.Le lendemain on me le prit ! On l’étendit, douleur suprême, Sous cette pierre que tu vois.Il ne peut plus dire : “ Je t’aime ! ” Et je n’entendrai plus sa voix ! Cette parure si brillante N’est qu’un linceul au froid mortel, Ajouta la mère tremblante.Et l’enfant, regardant le ciel, Disait : “ No tombez plus des ailes Des cygnes au lin duvet blanc, O plumes froides et cruelles, Vous avez fait pleurer maman ! ” Maiue Cassan.Points cL’lxis'boix’e L'ECLISE ANGLICANE, DIVISEE.Certains ministres protestants -il y a déjà pas mal de temps — trouvant leurs églises trop froides, trop nues, trop mortes, y ont introduit des rites catholiques : des cierges, des croix, des statues de la sainte Vierge ( Il y en a une dans le sanctuaire même de Saint-Paul do Londres ), etc.Ces RiTUAlistes ont reçu des reproches isolés ; mais les évêques anglicans ont toléré jusqu'à ce jour.Voici cependant que l’esprit de Cromwell ressuscite.C’est toute une campagne qui s’organise contre les — 94 — ritualistes.“ Vous voulez être député, eh bien, promettez que vous soutiendrez l’église anglicane contre les ritualistes ”, Il est donc vrai de dire que la division est au sein de l’église anglicane.Constatons le fait, pour le moment et contentons-nous de dire que l’Angleterre a, elle aussi, sa “ question religieuse ” question menaçante pour demain.CHINIQ.TJY.L’apostat haineux, vagabond, et calomniateur, a cessé de vivre, à l’âge de 90 ans.Cette longue vie serait-elle la récompense ici-bas de ses prédications sur la tempérance, le seul bien public qu’il ait à son crédit.Son éloquence vive et émouvante a fait prendre la tempérance à plusieurs, mais ses succès n’ont fait qu’ajouter à sa vanité.La chute du reste datait déjà de quelque temps.Dieu lui a-t-il fait grâce ?Si grande est sa miséricorde ! Mais, cet homme, dont le nom reste souillé, n’a pas ménagé l’outrage à Marie, porte du ciel.La CHINE et la VÉRITÉ RELIGIEUSE.“ La vérité est — écrit un missionnaire, dans VUvi-que la Chine prise en masse restera hostile à toute influence religieuse venue du dehors, tant qu’une force étrangère n’aura pas brisé l’orgueil intolérant de ses lettrés.” vers Soyez fidèles dans les petites choses, et les grandes ne seront jamais en souffrance. — 95 — LE MONDE DES NOUVELLES m 5g BK Mgr ïurinaz publie un excellent ouvrage “ La vio chrétienne.” ' L’agitation causée par l’affaire Dreyfus est le plus grand danger qui ait inenaçé la France, depuis la dernière commune.Les Américains commencent à voir chaud, aux Philippines.Les négociations se poursuivent.Les habitants des Philippines veulent à tout prix leur indépendance.M.Lückroi a confié les hautes fonctions do chef de l’état major général de la marine française, à 1 ami • L’am i- ral Cavelier de Cuverville.Retenez ce nom.ral de Cuverville est un catholique ardent dont les aspirations religieuses n’ont d égal que pour la patrie française.Au Transvaal ( dépêche de Iohannesburg, ça va mal entre Boors et inlanders ( les étrangers ).La tranquillité s’accentue à la Havane, mais le général cubain Maxime Gomez demande à l’armée cubaine de rester sous les armes.L’Angleterre, la Russie, la France et les Etats-Unis font des préparatifs de guerre qui n’annoncent rien son amour tie bon.Nos; députés siègent à Québec.Demandons pour les lumières du Saint-Esprit.eux — g6 — Mgr l’archevêque do Montréal demande à la grande presse d’éviter les illustrations malsaines ou imprudentes.Il y a 3.877 milles de chemins do fer en opération dans notre province.La nouvelle prison de Québec renferme 97 cellules pour les hommes et 41 pour les femmes ! On fonde à Montréal un refuge de nuit.Une centaines de personnes qui sont censées ne pas savoir où coucher vont, chaque soir, au Refuge.La conférence qui a siégé à Québec et qui siège aujourd’hui à Washington vient de perdre l’un de ses membres les plus distingués.M.Dingley.Chef d’une politique républicaine et protectioniste, c’était le membre américain de la Conférence, le plus opposé à toute concession en faveur des Canadiens.La dette de la confédération canadienne, qui était de 258 millions de piastres, en 1896, est aujourd'hui de 263 millions.Froid terrible par tout le Canada, au commencement de janvier.Grâce aux dons généreux d’un certain nombre, Mgr Bruchési a collecté $56,000.00, pour 1’ “ Œuvre de la Cathédrale ”.Il faut §200,000.(10 ! Les lectrices du Couvent doivent prier saint Antoine, le saint aux ressources, pour que l’on arrive à la somme voulue.La dette de la cathédrale absorbe les ressources dont l’archevêque de Montréal a besoin pour faire honneur à sa position et aux besoins sans cesse croissants de son vaste diocèse.Les intérêts matériels, beaucoup, et les tendances doctrinales, un peu, ou beaucoup, commencent il — 97 — accentuer les divisions chez nos politiciens.Ce ne sont pas ces divisions qui nous feront du bien.La grande chose à désirer pour nous, c’est un centre catholique.Sans cela, peu d’obstacle à l’esprit de parti et à tout autre esprit mauvais.Certains canards, de sang juif ou maçonnique, tendent à faire croire que le Pape est riche.Ce n'est qu’un moyen détourné de diminuer les aumônes.Soyons généreux, et souscrivons largement au Denier de Saint-Pierre.Cette ressource qui va diminuant est nécessaire au Saint Père.La vraie devotion a la sainte Vierge 1er DEGKÊ “ S’acquitter des devoirs du chrétien ; Eviter le péché mortel ; Agir plus par amour que par crainte ; Prier de temps en temps la sainte Vierge et t’honorer comme la mère de Dieu, sans aucune dévotion spéciale envers elle.2ème DEGiift i Eviter le péché ; Avoir pour la sainte Vierge des sentiments plus parfaits d’estime, d’amour, de confiance, de vénération ; Honorer ses images et ses autels ; Publier ses louanges ; S’enrôler dans ses congrégations.i' — g 8 —— Sème degré Se donner tout entier en qualité d’esclave à Jésus par Marie.Chignon de Montfobt.P.S.La Réel.Sème degré.Nous reviendrons sur ce Le BoxiiLeTir I Des roses blanches dans lu main, Le bonheur se montre h ma porte ; “ Attends ! criai-je, que je sorte l Je te rejoins sur le chemin." Hors du seuil me voilà sorti ; Que vois-je, les dalles jonchées De fleurs pâles et desséchées, Et le bonheur était parti ! Maurice Faucon, Avez-vous lu la “ Mission providentielle du Bienheureux Louis Marie Grignon de Mont-fort ” ?De grands serviteurs de Jésus et de Marie restent inconnus malgré leurs vertus éminentes.Grignon de Montfort est l’un de ces inconnus. — 99 — M.F.IL Lavallée, ptre, de Sherbrooke, vient de rééditer le susdit ouvrage.C’est une bonne œuvre dont la diffusion ne peut être qu’utile à tous les chrétiens.Merci pour l’envoi d’un exemplaire.Le voyageur de treize ans J’ai voulu conserver à cette historiette l’allure et le Ion du commis voyageur, un illustre Gaudissart, qui me l’a racontée.C’est lui qui parle.La scène se passe à Boulogne-sur-Mer.C’était donc hier soir.Nous arrivions par le dernier train, vers minuit.Vous compteriez, on a hâte de gagner l’hôtel.et le dodo.Avec ça qu’il ventait frais du larg".Ou se serait cru de l’autre côté de la Manche, en Angleterre, et par un brouillard de novembre.“ Saprelotte, ils n’en finiront donc pas avec les énormes colis du confrère qui nous fait droguer dans l’omnibus I ” Il arrive enfin, il monte à son tour.Mais la nuit est si noire que mes yeux ensommeillés distinguent à peine noire nouveau compagnon.Je remarque cependant sa taille exigue, je murmure entre deux bâillements: 11 Ah ça ! mais il est tout petit, le voyageur aux grandes caisses ! ” Cinq minutes plus tard, nous débarquions sous le péristyle du Lion d'Or.Je m'empresse de demander bougie, mon numéro.J’y grimpe et referme aussitôt ma porte, mais non sans entendre en bas cette recommandation formulée par une voix douce comme celle d’une fillette : “ Prenez bien garde à mes échantillons ! Vous pouvez les laisser ici.” Ici, c’était le vestibule.En m’assurant si ma fenêtre était bien close, je les entrevis : une montagne.ma - 100 — Le lendemain, descendant pour aller aux affaires, je constatai qu’ils n’y étaient plus.“ Bigre, pensai-je à part moi, il est matinal, le jeune confrère! ” J’achevais de déjeuner lorsqu’il vint s’asseoir à la table d’hôte.Ah ! le gentil petit homme ! Des traits fins, le regard intelligent, des façons distinguées.Dans tonte sa personne, tirée à quatre épingles, quelque chose qui faisait que tout de suite ou s’intéressait à lui.“ Mais c’est un enfant ! dis-je à mi-voix.Quel peut être son âge ?— Treize ans ! ” me répondit en sourdine le gar- çon qui nous servait.J’avais fini.Tout en prenant ma canne et mon chapeau, j’examinai de profil cette singulière variété d’adolescent.Son aplomb, sa prestesse indiquaient un négociant consommé.Il avait l’appétit d'un collégien transporté du réfectoire ou festin de Balthasar.“ Il va bien 1 dis-je à l’oreille du garçon, qui venait de lui servir une seconde côtelette.— Ah I monsieur, il travaille tant 1 me répondit-il une admiration contenue.C’est pas pour dire, avec mais il n’y en a guère parmi vous, messieurs, qui y aillent d’aussi bon cœur ! ” Je sortis.C’était l’heure du café.Mais j’aime la mer, et, voyant des nuages à l’horizon, je me décidai pour une promenade immédiate sur la grève.Plus tard, il ferait peut-être par trop mauvais temps.Cela ne manqua pas.Une pluie battante me surprit ; un grain, comme disent les matelots.Par bonheur, il y avait là, tout près, comme abri, la guérite des douaniers, sans le moindre gabelou dedans.Je n’y étais pas depuis cinq minutes, qu’un second naufragé s’y précipita tout n coup : “ Part à deux 1 II y a de la place pour deux, n’est-ce pas ?— Pour un et demi ! répliquai-je en reconnaissant mon Gaudissart imberbe.— Mettons trois quarts, dit-il gaiement.Hein I coin- —- 1 O I •— — va tombe ! Plus dru que les commissions, pas vrai ?"" _ C’est donc positif que vous voyagez pour le commerce ?— Très positif! _ Et que vous n’avez guère plus — Je ne les aurai qu’aux raisins I — Alors il y a avec vous quelque parent t le patron ! me de treize ans ?geur.Je dois connaître votre - Ali ! ah ! un louveteau.Comment s’appelle-t-il ?Pierre Morand I ., TT - Pierre Morand 1 Un de mes meilleurs amis ! Un s, brave garçon 1 Au fait, voilà longtemps que je ne 1 ai rencontré.Est-ce qu’il serait ?•••••• Je me tus, n'osant pas articuler le terrible mot.L’enfant m’avait compris.„ « Non ! me répondit-il, mais il est bien malade !.Une larme avait brillé dans ses yeux.Je ne sais quelle fougue me passa _ deux mains, puis sa jolie tete et, le baisant père dans le cœur.Je un saisis ses front, le tutoyant : “ Tu es son tils I Alors te voilà comme qui dirait le Morand 1 Raconte-moi tout de suite tout savoir.” mien 1 Ce pauvre *»**• - - V,l'< Bah ! lui dis-je, il est midi.C’est l’heure où les clients prennent leur nourriture.A a toujours, mon ’’ La incite avait un banc sur ses trois côtés.Nous non» assîmes en face l’un de l’autre, et ce lut ainsi qu ,1 1)11,1,1 Vous n’ignorez pas que Pierre Morand a pour femme la meilleure de toutes.notre bien aimee mere.Pas de fortune 1 rien que le travail pour famille.Elle est nombreuse.Nous sommes sept Je suis l’aîné.“ Que d’efforts I Quel dévouement pont Vous avez vu mon père à I œuvre.soutenir leur nous élever I — 102 — mm gmmm «** •» «“m-J ^ • ce de \ ait être mieux que cela.Ml faut vous dire que mon père et moi iiiüi SpSHSpB enfant” e,‘fUUtS ‘.q"e devieniJroilt Il consécutifs moral.lions nous mes pauvres J’eus une inspiration, je lui répondis : lillliss ŒWes Le «0“- Î 0 ) — *' Je ieui* dis an besoin : " Respectez le père de famille ! U .,.” Ije fils de Pierre Morand n’en dit pas davantage.Je l’embrassais en pleurant, mais avec nn sourire comparable an rayon qu’il filtrait à travers les dernières larmes du ciel, Quand nous passâmes devant l’église en retournant aux affaires, ce vicn, cette prière, me vint aux lèvres : “ Dieu, protège le petit voyageur de treize ans ! .” Chaules Dbsi.ys.L’amour-propre a l’art d’habiller tous les défauts décence : l’avarice, c’est de l’économie l’emportement, c’est de la vivacité ; la légèreté, c’est de la gaieté , la susceptibilité, c’est une délicate sensibilité ; l’entêtement, c’est de la force de caractère ; l’insolence, c’est de la franchise ; la mollesse, c’est de la douceur ; l’indolence, c’est de la tranquillité.L’aumône est une plus grande grâce que celle do ressusciter les morts ; car le don des miracles vous rendrait débiteur envers Dieu ; l’aumône, au contraire, fait que Dieu devient votre débiteur.(S.Jean C ) Le canard ni ne vole bien, ni ne nage bien, ni ne court bien, ni ne chante bien.Mieux vaut savoir une chose bien, que plusieurs mal.avec SOUS LES VEB.R0UX Il y a un siècle qu’un gentilhomme savoyard, que désignerons sons le nom d’Amédée de Itollaz, habitait château bâti sur l’un des rochers qui dominent le beau lac du Bourget, Il vivait simplement bien et possédait de vrais amis.nous un milieu des siens ; faisait le au - î 04 —¦'* Il aurait pu passer en paix les temps malheureux de la Révolution entre sa femme et ses trois enfants, si le devoir n’avait parlé dans °on cœur plus haut que I intérêt de sa propre vie.Né anq jours de la ruine de sa maison, orphelin à sept ans, il avait été élevé par une sœur de sa mère, hile l’avait marié et doté, ne se réservant que quelques milliers de francs qui devaient payer son entrée au vent des Carmélites de Saint-Denis.Quand monsieur de Rollaz apprit les profanations commises dans les sépultures royales, la violation des couvents, le massacre des prêtres, il trembla pour seconde mère.Il savait qu'elle avait échappé à la mort grâce au dévouement de la sœur d'une îles tourièrea du Carmel qui l’avait reçue chez elle, mais chaque jour, chaque nuit cachaient des pièges, des dangers île mort pour sa chère reclure.N’ayant plus un instant de repos, j| partit pour Varia et trouva facilement la maison qu’on lui avait indiquée.Sa tante n’y était plus.Elle avait été emmenée par des amis du couvent dans un asile qui présentait, mieux que le premier, des garanties de sécurité.Il était trop tard pour aller à sa recherche.M.de Rollaz crut prudent d’accepter pour la nuit la modeste chambre que sa tante avait habitée.Malheureusement, l’arrivée du gentilhomme avait etc signalée an tribunal révolutionnaire.Il tut saisi brutalement pendant son sommeil et jeté dans un de ces cachots d’où ou ne sortait que pour aller à l’échafaud.Amédée de Rollaz, comme tous les enfants de la Savoie était dévot à Notre-Dame de l’Aumône.Il aimait la chapelle Vénérable, habitants de Rnmilly-Alhanais.Il avait foi en son pouvoir qu’il avait entendu proclamer depuis son enfance.Dans son malheur, il tourna son cœur vers elle et lui lit la promesse de lui rendre un hommage spécial, chaque jour, si elle daignait étendre sur lui et sur sa famille son liras bienfaisant.Un soir qu’il renouvelait son pieux engagement, coup frappé contre le mur île sa prison le lit tressaillir.cou- 9ft la statue miraculeuse si chère aux un — io5 — Il avait donc un compagnon d’infortune.Sous l’empire de ce sentiment d’égoisme, naturel à l’homme, il fut tenté de s’en réjouir.La solitude pesait presque autant que la captivité gentilhomme habitué aux courses à cheval, au grand air du matin, aux exercices de la chasse ; on ne pourrait lui en vouloir de sou inconscient égoisme.Tout agité par sa découverte, il se mit à parcourir prison qui ne lui offrait pas un grand cadre d’exercice : elle mesurait à peine trois mètres carrés.i,Quand il eut détendu ses n-rfs, il s’arrêta devant le mur, à l’endroit où le bruit révélateur s’était produit.Il le palpa, le sonda minutieusement et sentit sons sa main les pierres remuer, les feuilles de plâtre et de chaux gonfler, prêtes à céder à une énergique pression.Le geôlier allait faire sa tournée avant la nuit.Il fallait attendre pour renouveler l’expérience.Amédée de Rollnz reprit sa place sur la paille qui lui servait de lit et songea.Dans quelques instants il allait prononcer devant ce mur qui cachait un mystère les mots fatidiques ; “ Césa-me, ouvre-toi.” Ce ne serait pas un tas d’or et de diamants qui s’offrirait à ses yeux éblouis, comme dans les contes orientaux, mais le plus grand bien de la terre : la liberté.Quand il fut rassasié de beaux rêves, il s’attendrit le sort de ce condamné, comme lui, sans doute, époux et père.“ Si je pouvais le voir, lui parler, se disait-il, je lui rendrais quelques services ; je le consolerais.” Le charitable gentilhomme oubliait son impuissance et ne résista plus au besoin d'entrer en communication avec son voisin.Mais il eut beau frapper doucement, puis plus fort, et enfin d’une main impatiente, personne ne répondit à son appel.“ Est-ce que j aurais rêvé ?” se demanda-t-il angoisse.“ E-t-«e que mon cerveau faiblirait ?0 Notre-Dame de l’Aumône, prenez pitié des prisonnier.- ! ” La nuit tombe brusquement dans ces {prisons raines ; une nuit humide aux émanations fétides, où grouillent, dans un pôle mêle hideux, les insectes des au sa sc sur avec soûler- — i o6 — ténèbres et les rats contre lesquels on est obligé tie se défendre.M.de Rollaz leva les laissait pénétrer s’envola vers son Les beaux arbres de son parc recevaient encore la lumière du ciel.Les oiseaux donnaient encore leur dernier salut au soleil qui rougissait les crêtes du Colombier, du Grallier, du lverard couronnées de leur auréole neigeuse.Le lac du Bourget se plissait de petites vagues vertes et bleues qui balançaient gracieusement les liantes herbes flexibles qui ombrent ses bords.‘‘ tiue font-ils, en ce moment, les êtres chéris dont je suis pour toujours séparé 7 ” pensait-il “ M’atteudenl-ils encore ou portent-ils déjà mon deuil ?" Le grincement des verroux arracha le gentilhomme a ses souvenirs.Il redressa sa haute taille et montra au geôiier un visage calme et fier.L’homme des prisons entra courbé en deux.Il remplit la cruche d eau fraîche, déposa à terre une double ration de pain et, contre son habitude, il regarda en face le prisonnier.bi M.de ltollaz n’eût point détourné la tête, il aurait vu sur cette face rougeaude à la barbe inculte, un signe de sensibilité ! yeux vers l’étroite ouverture, qui faible rayon de clarté et sa pensée un pays.Le geôlier prit sa lanterne qu’il avait déposée à terre en entrant, lit le tour du cachot, promena la lumière le long du mur et s’arrêta précisément à l’endroit qui avait subi un assaut.Il frappa la muraille, comme s’il voulait en éprouver la solidité et, après avoir considéré en tous sens les pierres disjointes et mises à nu, il sortit.Atnédée de ltollaz était tout tremblant rente insensibilité.“ Si mon voisin a entendu ce bruit, se disait-il, sommes perdus.Il va croire a un appel de ma part, il y répondra et le geôlier qui rôde autour de nous reviendra pour nous séparer.Son angoisse dura insupportable longueur.Le pas lourd et traînant du geôlier se perdait dans le lointain des corridors sombres.Bleu n’avait donné sous son appâ- tions quart d’heure qui lui parut d’une mi signe — io7 — de vie de l’autre côté du mur.Il se baissa devant la muraille qui répandait une odeur de moisissure et suait une eau fétide, et saisissant à deux mains, l’une des plus grosses pierres, déjà ébranlée, il lit de violents efforts pour l’attirer à lui.Rile remuait ; ses doigts déchirés lu tachaient de sang, mais elle ne cédait pas.Le prisonnier s’irrita contre cette pierre récalcitrante et s’exalta dans son désir de triompher de sa ténacité.Après avoir réfléchi un instant au moyen qu’il pourrait employer, il saisit sa cruche, but une gorgée d’eau et la brisa contre la terre.Accroupi sur le sol, il choisit les débris qui pouvaient lui servir.L’anse présentait un bout aigu.Le fond de la cruche une sorte de palet.Armé de ces instruments fragiles, raidissant ses doigts, il parvint à arracher la pierre qui avait présenté une sérieuse résistance, tomba et une épaisse et âcre poussière enveloppa le travailleur, sans interrompre sa besogne.Il enfonça son bras dans le trou, très profond qui s’était ouvert et chercha à l’agrandir.Après une vigoureuse poussée, un craquement se fit entendre dans l’épaisseur du mur et les pierres disparurent avec un bruit mut comme l’applutissunent d’un corps sur la terre.L’air du cachot voisin arrivait par courants humides qui glaçaient le visage du prisonnier.Il arrondit ses deux mains de chaque côté de sa bouche, et, à mi-voix, il appela son compagnon de captivité : — Réveillez-vous.Ne craignez rien.Le malheur rend frères.Il prêta l’oreille et ne recueillit qu’un bruit léger qui pouvait être produit par la fuite d’un rat interrompu dans son repas nocturne.Il réitéra son invitation en termes presque suppliants et se retira découragé.M.de Rollaz était, comme nous l’avons dit, un gentilhomme chrétien.Il reprit bien vite la sérénité de son âme, et soumettant tous ses désirs au lion plaisir de Dieu, il fit sa prière, invoqua Notre-Dame de l’Aumône et s’endormit paisiblement.Rile — i oS — Quand II s’éveilla, le jour n’avait pas encore pénétré dans sa prison, mais une lueur blanche annonçait qu’il éclairait déjà la campagne.11 eut la curiosité de se rendre compte de son travail de la nuit, et se baissant devant le mur ouvert, il passa la tête entre les pierres.Comme si l’on eût tiré un rideau, un jet de lumière blonde frappa ses yeux et un front couronné de cheveux noirs se montra de l’autre côté de l’ouverture.Amédée de Rollaz, surpris par cette apparition, se retira vivement.La petite figure en fit autant.— Vous pouvez vous vanter de m’avoir fait une terrible frayeur, dit une voix enfantine.Une enfant, frêle et gentille, de ses deux grands yeux noirs regardait le prisonnier qui n’osait faire un mouvement dans la crainte de voir disparaître la gracieuse vision.Elle parut satisfaite de son examen.— Vous ressemblez un peu à mon père, reprit-elle à voix basse ; vous avez l’air bon et je n’ai plus peur de vous.Mais hier, quand vous avez démoli ce mur à grands coups, j’aurais préféré être rongée par les rats que de vous répondre.Je craignais tant de voir paraître une de ces affreuses figures.Elle se cacha la tête dans ses mains et un frisson lit trembler ses épaules.Une scène terrible se représentait à sa mémoire.Le gentilhomme avait retrouvé son sangfroid.Il salua la petite prisonnière avec une parfaite courtoisie.— Tâchez de vous asseoir commodément, mademoiselle, lui dit-il, car notre entretien sera long.L’enfant, sans embarras, s’installa sur une pierre, autour d’elle les plis de sa robe usée et croisa arrangea bras maigres sur sa poitrine.— Comment vous nommez-vous ?— Jeanne de Malfeuille.Et vous, monsieur ?— Joseph-Louis Amédée de llullaz.Vous devez avoir dix ans.— Je ne les aurai que le 2 février, jour de la fete de Marie, la patronne de maman.— Pourquoi êtes-vous seule ici ?Où sont vos parents î Ne me cachez rien, mon enfant ?ses —— 109 *“~* Les yeux île Jeanne se voilèrent Je larmes et sa voix trembla en faisant son triste récit : — Nous habitons un vieux château-fort près île Mont-méliar.Ce n’est pas gai.Mais j'aime tant papa et maman que je ne m’ennuie jamais auprès d'eux.Nous allons à Chambéry, dans notre maison, pendant les jours de grands froids.Connaissez-vous la fontaine des Eléphants ?— Oui, mon enfant.J’ai habité Chambéry.— Que je suis sotte 1 Est-ce que tous les Savoyards ne connaissent pas Cliambéiy ?Au printemps, nous demeurons chez tante Ursule, à Saint-Germain, pendant deux mois.Elle a une fille bien plus grande que moi, qui s’appelle Marie-Thérèse, et je l’aime beaucoup.Un soir, on il frappé de grands coups à la porte du château et de vilains hommes qui avaient des fusils à la main nous ont tous emmenés dans une mauvaise voiture, malgré tout ce qu’on a pu leur dire.Oh ! c’était affreux I Papa et maman ont été enfermés avec moi dans cette chain lire froide.Je ne sais ce que sont devenues tante Ursule et Marie-Thérèse.Floréal, la fille du geôlier, m’a dit qu’il y avait deux mois hier que je suis arrivée ici, portée par mon père qui me cachait la tête sur son épaule, et qu’elle m’avait aimée tout de suite.— Comment passez-vous vos tristes journées dans cc réduit ?— Maman faisait pendant longtemps de belles prières à liante voix, Elle se mettait à genoux à cette place, voyez : là où j’ai mis un petit pot où fleurit une giroflée jaune.Elle sent bon.C’est Flora qui l'a arrachée du mur de la cour et me l’a apportée eu cachette.— Et votre père, que faisait-il dans ce triste lieu ?— Papa lisait dans un beau livre qui s’appelle: l’Imitation.Il est tout petit.Maman le porte toujours avec elle.Papa me racontait aussi de belles histoires où un roi bien bon était tué par ses sujets très méchants, il disait qu’il fallait prier pour les ennemis du roi et pour les nôtres.Un matin, nous avons entendu beaucoup de, pas dans le corridor.On a appelé papa dehors, puis — no — Ils m’orit embrassée.Ils pleuraient et je pieu- maman.vais aussi.J’avais passé mes bras autour de leurs cous, je les tenais bien fort et ne voulais pas les laisser partir.Maman étouffait mes cris en me serrant sur sa poitrine disait à l’oreille qu’il fallait rester dans la chambre triste, sans pleurer, parce que l’on allait les interroger, et qu’ils reviendraient bientôt.Ils ne sont pas encore et me revenus.Elle éclata en sanglots.— Encore une orpheline, pensa le gentilhomme, re > ne par celle (Ionien.Après, mon enfant ?Que s’est-il passé dans leur départ ?Soulagez votre cœur.Je suis un ami la Providence vous envoie.J’ai connu votre père ; servi le roi ensemble.ici bonheur ! s’écria Jeanne, en tendant ses que nous avons deux mains à son nouvel ami.Je ne serai plus jamais seule.Floréal vient me tenir compagnie tous les jours, mais seulement deux heures.Elle m’apporte des fruits et du pain, tout ce qu’elle a de meilleur.Elle a douze ans et n’est pas si grande que moi.La geôlière vient aussi tous les jours.Flora est malade d’être enfermée dans celte maison où l’on voit et entend, dit-elle, de si tristes choses ! Je lui ai promis qu elle viendrait demeurer avec moi.Papa et maman ne me le refuseront pas.Elle m’a dit ce matin que son père était absent pour deux jours et que j’allais sortir de cette chambre où il y a des rats si gros I cela fait peur, la nuit, quand on les sent courir sur son visage et sur ses mains.Il y a aussi des araignées si noires ! Les traits d’Amédêe de Rollaz exprimaient une tendre passion.Il aimait déjà cette enfant qui commen-deuil, le plus cruel de tous, et sans le q,.com ça it la vie par un savoir, vivait côte à côte avec la mort.— Vous comptez partir cette nuit ?et où irez-vous ?lui demanda-t-il.— Je sortirai d’ici ce soir, Je dormirai dans le lit de Floréal.Elle me prêtera une de ses robes et son oncle conduira chez lui à Nanterre, en attendant, que mes parents viennent me chercher.— Que ne puis-je, pauvre enfant, t’emmener dans maison, dans ma famille ! me ma 1 t I —- Jeanne ne répondit pas, Ses yeux étaient baissés ; un travail difficile s'accomplissait dans son cerveau.Sane limite Dieu lui vint en aide, car elle poussa un cri joyeux, se mit à genoux devant l’ouverture du mur et y introduisant sa tête, elle dit à voix basse : — Monsieur de Rollnz, j’ai trouvé ce que je dois faire pour vous sauver.Vous comprenez que je ne veux pas vous laisser tout seul ici.Que dirait mon cher papa ?Vous allez arracher encore quelques pierres A ce vilain mur qui nous sépare, et quand Floréal et sa mère viendront me chercher, vous serez là près de moi, et nous partirons ensemble.Vous verrez comme je saurai leur parler.— Ali I Notre-Dame de l'Aumône, s’écria le gentilhomme, c’est ton bras qui travaillait ici pour moi ! Mon enfant, je te bénis pour tes parents.Tu trouveras bientôt la famille qui doit t’aimer et te bénir toute la vie.Une heure plus tard, la brèche faite au mur de la prison livra passage au prisonnier.Assis auprès île sa petite amie, moitié causant, moitié priant, la journée s’écoula et il attendit patiemment l’heure qui devait décider de son sort.Des pas légers se rapprochèrent, Floréal entra et se jeta au coup de Jeanne avec une explosion de joie.File ne vit pas le compagnon de l’orpheline ; mais la geôlière qui arrivait presque en même temps, jeta sur lui un regard courroucé.— Qu’est-ce que cela signifie ?demanda-t-elle à l’enfant.Un prisonnier chez vous ?Un mur troué ?Que dirait l’inspecteur s’il nous tombait sur le dos avant le retour de mon mari ?Nous serions jetés sur le pavé, victimes de notre bon crniir.Jeanne lui prit les mains d’une façon câline qui devait être irrésistible.— Ne vous fâchez pas, dit-elle ; à ma place, vous auriez agi comme moi Le prisonnier est un ami de mon père.Nous avons arraché ces pierres pour réunir, et je ne sortirai de là qu’avec lui.Grâce à votre complaisance, nous serons heureux.Vous le serez aussi.Mes parents vous donneront beaucoup d’argrut et Floréal pourra vivre au grand air, dans nos belles campagnes.nous I I 2 —— an lien de respirer l’air humide de cette triste prison.C’était le rêve de la fille du geôlier qui s’étiolait dans la lugubre maison.Elle battit des mains et regarda sa mère d’un air suppliant.ha Révolution qui avait terrorisé la France touchait à sa fin.On sentait que ce colosse d’argile, pétri dans le sang, allait bientôt tomber dans la boue, entraînant lui ses adorateurs.Le geôlier et sa femme se rendaient compte de la situation critique d'un gouvernement qui n’avait pour point d’appui que le caprice de ses chefs sanguinaires.Souvent ils b étaient demandés ce qu’ils feraientquand les prisons seraient ouvertes.“ On ne croira pas que la misère nous a poussés dans cette geôle, et personne ne voudra nous faire travailler, Que deviendra alors notre enfant ?” Moitié par pitié, moitié par calcul, ils avaient favorisé le penchant de leur fille pinr la noble orpheline, dans l’espoir que Jeanne de Malfeuille sauvée par eux, les sauverait un jour.La geôlière consentit à la double évasion, qui lui paraissait cependant très compromettante.— Vous êtes une dangereuse prisonnière, dit élis à l’enfant qui lui serrait les mains.J’ai hâte île vous voir partir.Floréal va vous apporter sa meilleure robe.Je prêterai au citoyen les habits de mon frère qui se chargera de vous procurer un sauf-conduit.— Vous serez bien récompensés de votre bonne action, lui dit le gentilhomme dont la voix tremblait d’émotion.La geôlière fit un geste qui signifiait : “ Nous verrons.’’ Ni le gentilhomme, ni l’orpheline ne devaient mentir à leurs promesses.La nuit, les portes de la prison s’ouvrirent, et quelques semaines après, Jeanne de Malfeuille entrait au bras d’Amédêe de Rollaz dans le château du Bourget où elle passa sa vie comme un ange consolateur, su famille adoptive qu’elle ne voulut jamais quitter.M.de Rollaz, protégé si visiblement par Notre-Dame de l’Aumône, lui rendit toute sa vie un culte de reconnaissance.avec au milieu de X.Bl.AXfilIKT.
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