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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1958-10, Collections de BAnQ.

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[" Socialisme et justice sociale \u2014Il Richard ARES Vers Vhumanisation du régime économique Jacques MARITAIN Le credo de Nehrou Luigi d'APOLLONIA La scène ou le studio ¦¦¦¦¦¦ Georges-Henri d\u2019AUTEUIL Le congrès de spiritualité de Nicolet ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Georges ROBITAILLE « La grève de l\u2019amiante » : réflexions vers l\u2019avenir ¦ ¦ ¦ Jacques COUSINEAU Pie XII à VÉglise persécutée de Chine La conférence de Lambeth et la limitation des naissances REVUE DU MOIS j 35* PROFESSIONNELS et HOMMES D'AFFAIRES Economisez 50% sur le coût de votre assurance-vie pendant les dix premières années \u2022\tValeurs de rachat dès la 3e année \u2022\tMontant minimum : $10,000 VOYEZ VOTRE REPRESENTANT REGIONAL LUCIEN LADOUCEUR, gérant Division Montréal 7 1555 est, rue Jean-Talon, MONTRÉAL RA.9-1805 CAISSE NATIONALE D\u2019ÉCONOMIE Compagnie-mutuelle Assurances-Vie et Rentes Viagères 41 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal - VI.5-3291 L\u2019épargne Solution à pluâieuiâ problème* .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l'hypothèque ou l'instruction des enfants.C'est l\u2019épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIEME 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 SOMMAIRE Octobre 1958 Editoriaux.253 Pie XII à l\u2019Église persécutée de Chine.\u2014 La conférence de Lambeth et la limitation des naissances.\u2014 Exemple américain à suivre.Articles Vers l\u2019humanisation du régime économique.Jacques Maritain 255 Le Credo de Nehrou.Luigi d\u2019Apollonia 258 Socialisme et justice sociale \u2014 II.Richard Arès 260 Réflexions vers l\u2019avenir en marge de « la Grève de l\u2019amiante ».Jacques Cousineau 264 Au fil du mois.266 L\u2019Acetf et la langue parlée.\u2014 Le cardinal et le komissar.\u2014 M.Diefenbaker et les droits du français.\u2014 Œillères et santé de l'esprit.\u2014 Langue parlée, langue écrite.Articles Le congrès de spiritualité de Nicolet.Georges Robitaille 269 La scène ou le studio.Georges-Henri d\u2019Auteuil 271 Horizon international.Joseph Ledit 272 Les livres.274 Le Pape nous parle.278 Notes bibliographiques.279 Revue des revues.280 Relation* REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia (Vie religieuse et Politique internationale), Jacques Cousineau (Vie ouvrière), Joseph-H.Ledit (Communisme international).Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Joseph P.-Archambault, Marcel Marcotte.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Administrateur : Albert Plante.Rédaction et administration: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Jacques Séguin, du Service de Publications Seg, Limitée: Montréal, 4234a, rue de Laroche, LA.6-6638; Toronto, H 6, Norris Crescent, CL.9-9742.Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: Canada: $4 par année.Hors du Canada: $5.Le numéro: $0.35.Les articles de Relations sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XVIIU année N° 214 Octobre 1958 Montréal £ïditotiaux Pie XII à PÊglise persécutée de Chine LES NOUVELLES de Chine sont inquiétantes; si J inquiétantes, en effet, que le Saint Père vient de publier une nouvelle encyclique sur la persécution en ce pays, la troisième en six ans.Elle est datée du 29 juin, fête de l\u2019apôtre Pierre; d\u2019où son titre Ad Apostolorum Principis sepulchrum.Le Saint Père a attendu, pour la rendre publique, qu\u2019elle fut distribuée en Chine.Il écrit: Nous avons le devoir de dénoncer ouvertement (et Nous le faisons avec une peine profonde) la tentative nouvelle et plus insidieuse de développer et de porter à ses conséquences extrêmes, l\u2019erreur pernicieuse que Nous avons clairement condamnée.Quelle est cette erreur pernicieuse?L\u2019établissement, sous le couvert du patriotisme et de la paix, d\u2019une Église nationale asservie à l\u2019État communiste.La tentative « nouvelle et plus insidieuse » est la création d\u2019une hiérarchie schismatique « élue par le peuple ».Les phases progressives de cette erreur sont nettes.Au lendemain de la guerre, il y avait en Chine 6,500 missionnaires: 3,500 prêtres, 475 frères, 2,500 religieuses.Tous « ces laquais et ces espions des impérialismes étrangers » furent chassés, y compris l\u2019inter-nonce du Saint-Siège, le Vatican étant de mèche avec Washington.C\u2019est alors que, le 18 janvier 1952, Pie XII publia l\u2019encyclique Cupimus imprimis où il rappelait que « l\u2019Église est partout chez elle chez tous les peuples, et hostile à aucun ».Restait une Église fervente avec une hiérarchie chinoise (25 évêques), un clergé chinois (2,000 prêtres) et cinq millions de fidèles.La persécution contre eux sévissait déjà; on la poussa à bout.Suivant le plus pur style marxiste, on introduisit parmi les chrétiens le venin de la dialectique, opposant fidèles au clergé, clergé aux évêques, évêques au « Vatican ».En 1950, Pékin, lança le « Mouvement des Trois autonomies » : autonomie de gouvernement, autonomie d\u2019administration, autonomie d\u2019apostolat.Dans certaines conditions, les « Trois autonomies » supportaient un sens acceptable; dans le contexte communiste, elles signifiaient « en théorie ou dans ses conséquences » l\u2019adhé- OCTOBRE 1958 sion au matérialisme athée.Pie XII dénonça le piège dans l\u2019encyclique Ad Sinarum Gentem (7 octobre 1954).L\u2019erreur pernicieuse atteint maintenant ses « conséquences extrêmes ».En 1957, à la suite du « Congrès national » de Pékin, on fonda « l\u2019Association patriotique des Catholiques chinois ».Le mouvement proclame que les catholiques chinois (sous-entendez le gouvernement athée) ont le droit d\u2019élire des évêques de leur propre initiative.Malgré les avertissements explicites et sévères adressés par Rome aux intéressés, on a osé conférer à des ecclésiastiques la consécration épiscopale: ce « fait très grave » remplit le cœur du Saint Père d\u2019une « amertume indicible ».Conférés sans l\u2019autorisation du Saint-Siège, ces sacres d\u2019évêques sont « gravement illicites, partant peccamineux et sacrilèges ».Sont-ils tous valides ?C\u2019est-à-dire ont-ils tous été accomplis par des évêques ou reçus par des prêtres, capables d\u2019actes pleinement libres, ayant l\u2019intention de conférer ou de recevoir la plénitude du sacerdoce?Un passage de l\u2019encyclique laisse percer un doute (.« lorsque la consécration conférée fut valide.») et mentionne aussi les violences, menaces, ruses, séances d\u2019endoctrinement qui, nous le savons aujourd\u2019hui, ont préparé tant d\u2019« aveux spontanés ».Chose évidente, et quoi qu\u2019en disent certains « touristes », la persécution fait rage en Chine.L\u2019Église, semblable à son Maître, y est accusée de soulever le peuple contre César et de former de mauvais citoyens.L\u2019accusation n\u2019est pas nouvelle.Nous qui mangeons paisiblement notre pain, et n\u2019avons pas à payer de notre sang notre fidélité à l\u2019unité catholique, ne laissons pas l\u2019Église de Chine, seule, sous le pressoir.Nous pouvons beaucoup puisque nous pouvons prier et souffrir avec elle.La conférence de LMmheth et la limitation des naissances T A CONFÉRENCE décennale de Lambeth, à Londres, \u2014 à laquelle ont pris part, pendant 5 semaines de délibérations à huis-clos, 310 évêques de 46 pays différents en communion avec le siège anglican de Cantor- 253 béry, \u2014 vient de publier son rapport qui contient 131 résolutions de l\u2019assemblée générale et les travaux des 5 comités, chargés d\u2019étudier les sujets mis au programme: la sainte Bible (son autorité, son message), l\u2019unité de l\u2019Église et l\u2019Église universelle, le progrès dans la communion anglicane, la paix intérieure et extérieure des peuples, la famille dans la société moderne.De ce volumineux rapport de 267 pages, la grande presse n\u2019a retenu, en somme, que le travail du dernier comité, et donné la manchette aux paragraphes relatifs à la limitation des naissances.Or ces textes sur la limitation des naissances, à l\u2019encontre de ceux sur l\u2019avortement et la stérilisation, n\u2019avaient rien de bien neuf.La résolution 115 ne fait que reprendre, en l\u2019élargissant, il est vrai, sous le mot bien élevé de « planisme familial », une attitude, manifeste déjà dans la fameuse résolution 15 de la conférence de Lambeth de 1930.L\u2019on sait qu\u2019à la fin de cette même année (31 décembre), l\u2019encyclique Casti connubii condamnait absolument et sans appel cette tolérance inadmissible: franche prise de position, qui fut louée jusque dans certains milieux anglicans.Le Church Times, (16 janvier 1931), en effet, sous le titre « Rome comparée avec Lambeth », écrivait: La publication de cette encyclique est vraiment un grand événement.Ce qui fait le plus d\u2019impression, c\u2019est l\u2019état d\u2019universalité de la doctrine théologique.Tous les problèmes modernes de la vie de mariage y sont considérés d\u2019après les principes solides et essentiels.C\u2019est la doctrine caractéristique de saint Paul que reproduit ce document de saint Pierre.C\u2019est la façon de faire la seule véritable.A ceux qui s\u2019étonneraient de ces variations de doctrine parmi les anglicans, rappelons que la conférence de Lambeth n\u2019a jamais revendiqué d\u2019autorité doctrinale.L\u2019archevêque Longley, qui réunit, en 1867, la première de ces conférences, déclarait qu\u2019elle « n\u2019aurait aucune compétence.pour définir des points de doctrine ».Une déclaration de la conférence de Lambeth de 1930 sur l\u2019unité de croyance, concluait de même: 4 Cette communion est un commonwealth d\u2019Églises sans constitution centrale; c\u2019est une fédération sans gouvernement fédéral.» Interviewé à la B.B.C., vers la fin de juin, l\u2019archevêque de Cantorbéry, à son tour, redisait avec insistance aux millions de téléspectateurs qu\u2019il n\u2019était que le chairman de la conférence, et que celle-ci ne prétendait « exercer aucun pouvoir de contrôle ou de commandement ».Certains catholiques pourraient regretter de ne point jouir, en matière de chasteté conjugale, des concessions et des libertés que le comité de Lambeth met à la portée de leurs frères protestants.Mais s\u2019ils réfléchissent que les condamnations portées contre la stérilisation directe et l\u2019onanisme relèvent de la loi naturelle, qui est la même pour tous les hommes de tous les temps, comme vient encore de l\u2019affirmer Pie XII, au VII8 congrès internationale d\u2019hématologie, ils se réjouiront plutôt de ce que les exigences de l\u2019Église de Rome leur permettent simplement de mieux connaître et de mieux remplir les requêtes fondamentales et immuables de l\u2019amour humain dans le mariage.Exemple américain à suivre PAR PROCLAMATION du président Eisenhower, le mercredi 1er octobre sera jour national de prière aux États-Unis.M.Eisenhower exhorte son peuple à rendre des actions de grâces à Dieu et à Lui demander: pour guider la jeunesse, des dons de lumière; pour aider les multitudes malheureuses, le don de compassion; pour ne rien faire ou omettre qui puisse faire courir un danger à la paix, le don d\u2019humilité; pour affronter les malheurs du temps, le don de force.Ce langage en surprendra plusieurs.Il n\u2019est pas nouveau, cependant.C\u2019est le langage même de la tradition politique américaine; car, bien que non confessionnel, l\u2019État américain se proclame État religieux, et n\u2019a jamais voulu entendre le régime de séparation de l\u2019Église et de l\u2019État en un sens sectaire.This nation under God, disait Abraham Lincoln qui, par cinq fois, demanda aux Américains, « de courber la tête en signe d\u2019humble soumission aux châtiments de Dieu, de confesser et de déplorer leurs fautes et transgressions.» Avant Lincoln, James Madison qui fut président de 1808 à 1816; Andrew Jackson, the people's man de 1828 à 1836; James Buchanan au temps où fermentait la discorde civile, désignèrent tous \u2014 et Madison, même à trois reprises, \u2014 des jours d\u2019humiliation, de prière et de jeûne.Ces proclamations présidentielles, et plusieurs autres qui suivirent (Ulysses S.Grant, Woodrow Wilson, etc.), ont leur source historique et constitutionnelle dans un document étonnant et trop ignoré.Signé le 12 juin 1775, il précède d\u2019un an ce grand manifeste de politique chrétienne qu\u2019est la Déclaration d\u2019indépendance.Noblement intitulé, Déclaration de Dépendance de Dieu, il stipulait que, le 20 juillet 1775, serait « un jour d\u2019humiliation publique, de prière et de jeûne » et recommandait aux citoyens « de s\u2019abstenir de toute œuvre servile et de tout divertissement, le jour sus-dit ».Ce geste que la nation américaine, en tant même que nation, va poser une fois de plus, est un grand exemple que le Canada gagnerait à suivre.Au dernier recensement, notre peuple s\u2019est déclaré presque unanimement chrétien; nos chefs de gouvernement n\u2019ont jamais hésité à invoquer le nom de Dieu; et M.Diefenbaker, le soir des deux élections qui l\u2019ont porté au pouvoir, a demandé publiquement le secours de la prière de tous.Une journée nationale de prière et de pénitence, décidée par le parlement, soulignerait que le Canada attend son salut et sa prospérité non seulement des hommes, mais de la Providence ordinaire de Dieu qui veut avoir besoin des hommes.Elle serait, croyons-nous, accueillie, avec faveur, par la nation tout entière.254 RELATIONS Vers rhumanisation du régime économique Jacques MARITAIN Le printemps dernier, Jacques Maritain publiait chez Scribner\u2019s Sons {New York) un livre sur les États-Unis, intitulé Reflections on America, dont une traduction par Philippe Lecomte du Noüy paraîtra à Paris, chez Arthème Fayard.Nous sommes honoré et reconnaissant à M.Maritain de pouvoir présenter, sous un autre titre, à nos lecteurs, le chapitre XIII presqu\u2019en entier.Des notes nombreuses et étendues qui soutiennent le texte, nous n\u2019avons retenu, avec la permission de l\u2019auteur, que les plus indispensables.Les sous-titres sont de nous.LRÉGIME industriel tel qu\u2019ils l\u2019avaient reçu de l\u2019Europe est devenu maintenant impossible à reconnaître aux États-Unis.Il a été remplacé par de nouvelles structures économiques, encore en devenir et instables, mais qui font, à la fois, et du capitalisme et du socialisme, choses du passé.La libre entreprise et la propriété privée œuvrent aujourd\u2019hui dans un contexte social et dans un climat général tout autres que ceux du xixe siècle.A cet égard, il faut relever deux développements majeurs: l\u2019essor des organisations ouvrières {labor), l\u2019évolution de l\u2019industrie et de la gestion des entreprises {management).L'essor des organisations ouvrières Quelques mots, d\u2019abord, sur l\u2019essor des organisations ouvrières.Il y a une centaine d\u2019années, voire au tournant du siècle, la situation des travailleurs n\u2019était pas meilleure en Amérique qu\u2019elle ne l\u2019était en Europe, aux jours sombres des débuts de la révolution industrielle.Elle répondait à la description faite par Marx de la vie misérable du prolétariat.La plupart des pionniers du syndicalisme \u2014 obscurs précurseurs oubliés, voués au sacrifice \u2014 étaient, sans espoir, brisés parfois par leurs propres compagnons de travail.Les conflits aigus où la violence, sous toutes ses formes, était de mise pour écraser les essais d\u2019organisation ouvrière, et où la victoire ne pouvait être achetée qu\u2019à force de courage, de dévouement \u2014 et de dureté sans merci \u2014 sévissaient encore dans le premier quart du vingtième siècle: c\u2019est en 1903, au cours d\u2019une longue grève, finalement victorieuse, des mineurs d\u2019anthracite que Georges F.Baer a écrit sa fameuse lettre sur le « droit divin » des patrons, et en 1914 qu\u2019eut lieu le massacre de Ludlow.Avec l\u2019adoption, en 1935, du National Labor Relations Act qui accordait aux ouvriers des droits d\u2019une importance fondamentale, le progrès aux États-Unis de la législation sociale atteignait un sommet et allait OCTOBRE 1958 jouer, en même temps que l\u2019effort acharné du monde du travail lui-même et de ses chefs obstinés, un rôle essentiel dans ce processus de transformation.Et à présent?A présent, le niveau de vie moyen des travailleurs américains est plus élevé que partout ailleurs, et rend possible à la majorité d\u2019entre eux une vie humaine digne de ce nom.Le travail organisé est devenu une puissance formidable: ses moyens financiers lui permettent de posséder ses institutions d\u2019assistance sociale, ses hôpitaux, ses organes de diffusion auprès du grand public; de traiter d\u2019égal à égal avec les grandes compagnies industrielles, sûr de pouvoir les obliger à négocier.L\u2019idée maîtresse des chefs ouvriers est d\u2019obtenir le plus d\u2019avantages possibles sans, toutefois, compromettre le progrès de la production; car en raison des engagements financiers de plus en plus lourds qu\u2019entraîne le syndicalisme, et du fait que ses ressources proviennent de quotes-parts automatiquement retenues sur le salaire de ses membres, il est clair que la puissance même du monde ouvrier a besoin de la grande industrie, tout comme la prospérité de la grande industrie a besoin du monde ouvrier.Le monde du travail américain connaît, évidemment, tensions et conflits internes; il doit procéder à de difficiles nettoyages au sein de quelques syndicats; il est exposé aux risques ordinaires du gigantisme et de 1\u2019 « institutionalisation ».On est fondé, cependant, à croire que son pouvoir sans cesse grandissant, son sens des responsabilités et l\u2019intérêt qu\u2019il cultive pour les problèmes généraux de la civilisation en feront, dans un avenir prochain, une des forces les plus décisives dans l\u2019histoire de la nation et de l\u2019humanité.L'évolution de l'entreprise industrielle Pour en venir à l\u2019évolution de l\u2019industrie et de la direction des entreprises, elle est, en un sens, plus surprenante que la promotion rapide et les réussites du monde ouvrier américain, car elle touche à la transformation même de la structure capitaliste.C\u2019est là encore un phénomène typiquement américain.Le fait saillant est que les grandes compagnies industrielles {corporations 9 ont, au cours de leur croissance, subi dans leur structure même de profonds changements; de sorte qu\u2019un journaliste pouvait écrire, à l\u2019occasion de la conférence organisée, en 1951, par la Compagnie Corning Glass: « Au début de ma carrière, il était courant de dire: la corporation sans âme.Eh bien! au cours de ma vie, j\u2019ai assisté à un changement remarquable en ce domaine! Je ne sais si on peut dire que les corporations ont acquis une âme; elles ont, au moins, 1.Les « corporations » ou sociétés « incorporées » américaines sont en quelque façon comparables, en Angleterre, aux sociétés « limitées » ou, en France, aux sociétés anonymes.Cependant les différences entre la société anonyme française et la société « incorporée # américaine restent si considérables que, dans l\u2019impossibilité de rendre le mot par un équivalent exact, il nous a paru préférable de garder le terme américain corporation, étant bien entendu que la corporation américaine et le corporate management n\u2019ont rien à voir avec la t corporation » d\u2019avant la Révolution française et le sens ordinaire du mot français « corporation ».(Note de Philippe Lecomte du Noüy.) 255 acquis de l\u2019intelligence2.» Ces vastes organismes à structure et à direction collectives continuent, bien sûr, à couver des yeux les dividendes de leurs actionnaires; mais ce n\u2019est plus pour eux l\u2019unique affaire, ni même l\u2019affaire principale.Ils ont, en effet, compris que pour exister seulement et produire, ils doivent, de plus en plus, se pénétrer de sens social et avoir souci de l\u2019intérêt général.Ainsi donc, non par amour chrétien, certes, mais par intérêt personnel bien compris, et en raison de la générosité pour ainsi dire ontologique du mouvement de la vie, peu à peu prend le dessus l\u2019idée du bien de l\u2019être humain, de tous ceux qui coopèrent au travail et, aussi, du grand public.Je ne suppose point que les corporations en sont à faire passer le bien commun avant leur bien particulier.Mais elles sont en voie d\u2019atteindre un point où leur intérêt particulier les force à tenir compte des droits supérieurs du bien commun.« Le baron (de l\u2019acier, du pétrole, etc.) est mort » \u2014 ou se meurt \u2014 comme l\u2019écrivaient les rédacteurs de la revue Fortune dans une réclame pour leur publication: U.S.A.\u2014 The Permanent Revolution.Les corporations, par suite, tendent à devenir des sortes de communautés autonomes où la gestion d\u2019un seul individu cède la place à la direction en équipe; elles sont, dans leur structure, si complexes et si différenciées qu\u2019elles rendent nécessaire une nouvelle fonction: celle du spécialiste en relations humaines, chargé d\u2019enseigner la psychologie appliquée aux différentes branches de telle industrie en particulier, et de susciter entre elles une compréhension humaine.Une large part de planification existe, de fait.Elle est à la fois spontanée (grâce au personnel d\u2019économistes employé par chaque grande corporation) et étroitement liée aux législations de l\u2019État fédéral et de chaque État, ainsi qu\u2019aux régulations et aux instigations gouvernementales.Aux vieilles luttes qui opposaient, sans merci, syndicalisme et patronat, pendant la période héroïque de l\u2019organisation du travail, a succédé un nouveau type de relations où les antagonismes demeurent foncièrement sérieux, mais se réduisent, somme toute, à une collaboration d\u2019affrontement, source d\u2019immenses progrès sociaux tels que le salaire annuel garanti aux ouvriers, que l\u2019on retrouve dans quelques grandes firmes industrielles, et les conventions reliant salaire et rendement.Certaines compagnies ont introduit la participation aux bénéfices.Et il ne serait pas surprenant qu\u2019un jour, malgré l\u2019opinion aujourd\u2019hui prévalente, l\u2019imagination créatrice américaine trouvât un moyen imprévu d\u2019associer l\u2019ouvrier à la gestion de l\u2019entreprise.Quoi qu\u2019il en soit, on peut dire que la prochaine génération américaine verra se modifier le rôle même de la fonction du syndicat.Ce rôle et cette fonction deviendront un principe profond et organique du tout économique, en sorte que le syndicat, de pure force antagoniste qu\u2019il était dans la formule patron- contre-ouvrier, propre à l\u2019économie capitaliste d\u2019hier, évoluera en une force de contre-poids nécessaire, consciente de ses responsabilités et « en un rouage institutionnel de l\u2019économie américaine, y fonctionnant avec autant d\u2019efficacité quoique avec moins de conflits émotionnels3 ».Enfin, l\u2019un des traits les plus frappants du tableau est le fourmillement, sur la scène américaine, de groupes privés, de clubs d\u2019étude, d\u2019associations, de comités, dont l\u2019objet est de « veiller à tel ou tel aspect du bien commun ».Leur activité est inextricablement mêlée à celle des organes gouvernementaux, des autres groupes privés, du monde universitaire, ou des affaires et de l\u2019industrie.Il en résulte une régulation et une stimulation collectives, spontanées, incessantes de l\u2019énorme effort du pays tout entier, dont on ne saurait exagérer l\u2019importance.Tout cela n\u2019est qu\u2019un commencement, car humaniser le monde industriel est une tâche immense et difficile.Les progrès sociaux, dont je viens de parler, entraînent, dans le cas des grandes corporations, les inconvénients habituels au gigantisme, sans parler de la « névrose de la promotion » (promotion neurosis) qui guette les dirigeants d\u2019entreprise4.Le pouvoir de la haute finance est toujours grand; en vérité, très grand.Et il faudra, au nom de l\u2019intérêt public, que la puissance formidable des corporations et des grandes entreprises soit, à mesure qu\u2019elle grandit, légalement réglée et équilibrée par divers autres pouvoirs.L\u2019alliance de plus en plus étroite des grandes corporations et du gouvernement pose de sérieux problèmes; également, le sens des responsabilités qui s\u2019éveille, peu à peu, chez elles, face à l\u2019intérêt général \u2014 et, en dernière analyse, à l\u2019endroit du bien commun politique de la nation \u2014 et qui témoigne du fait que les corporations, qu\u2019elles le veuillent ou non, jouent dans la société démocratique un rôle spécifiquement politique.J\u2019ai confiance qu\u2019on trouvera des solutions satisfaisantes à ces problèmes comme aux problèmes analogues posés par le rôle politique que le travail organisé est, lui aussi, inévitablement appelé à remplir.Pareille œuvre exigera néanmoins beaucoup de temps, beaucoup d\u2019énergie et beaucoup de dévouement tenace.La lutte, mettant aux prises l\u2019esprit du peuple et la logique du système industriel, se poursuivra sous de nouvelles formes et à travers de nouvelles phases, cependant que, poussé par le progrès scientifique, le système industriel lui-même s\u2019acheminera vers de nouvelles révolutions techniques.La réalisation graduelle de l\u2019idéal américain « d\u2019égale opportunité pour tous » et le progrès de la justice sociale seront l\u2019affaire de générations.Mais la route est ouverte; l\u2019esprit qui anime, en dernière ins- 2.\tRalph Coghlan, dans le Post Dispatch de St.Louis.Cité par Frederick Lewis Allen The Big Change, New York, Harper, 1952, p.252.3.\tF.L.Allen, op.cit., p.237.4.\tCf.The Executive Life, par les éditeurs de Fortune, New York, Doubleday, 1956.256 RELATIONS tance, tout le rituel de l\u2019économie, est changé; on a rompu avec les vieilles formes du régime industriel.Un nouveau régime économique et social Afin d\u2019étoffer cet aperçu trop rapide et imparfait, on me permettra d\u2019emprunter quelques passages au dernier chapitre du livre de Frederick Lewis Allen, The Big Change, que j\u2019ai mentionné.Ce chapitre a d\u2019abord paru, en juin 1952, dans Harper's Magazine.Dans la publication This Week (4 mars 1951), .le rédacteur en chef, William I.Nichols, écrivait un article intitulé: « On demande un nouveau nom pour le capitalisme ».Jugeant ce mot inexact pour désigner le système américain actuel, parce que, dans l\u2019esprit de trop de gens, surtout à l\u2019étranger, « il évoque le système économique du dix-neuvième siècle, à ses débuts », M.Nichols demandait: « Comment décrire ce système \u2014 imparfait, mais toujours en progrès et toujours ouvert au progrès \u2014 où les hommes vont de l\u2019avant ensemble, travaillent ensemble, construisent ensemble, produisent toujours davantage et partagent ensemble les fruits de leur rendement accru ?» Il ajoutait avoir entendu différentes expressions: nouveau capitalisme, capitalisme démocratique, démocratie économique, démocratie industrielle, distributisme, mutualisme, productivisme; mais il voulait savoir si l\u2019on ne pouvait trouver un meilleur vocable, et invitait les lecteurs à mettre par écrit leurs suggestions sur une formule jointe à la revue.« Quinze mille formules revinrent avec des suggestions.Jamais, dans toute mon expérience de journaliste, devait dire M.Nichols, je n\u2019ai touché une corde aussi sensible.» (F.L.Allen, The Unsystematic American System, Harper's Magazine, juin 1952, p.21.) M.Allen lui-même semble préférer le mot « ges-tionisme » (managementism).Puis-je proposer, comme plus agréable à l\u2019oreille et plus exacte, l\u2019expression « humanisme économique » ?L\u2019auteur fait remarquer qu\u2019en vertu du mécanisme du système capitaliste reçu d\u2019Europe, l\u2019Amérique, au tournant du siècle, semblait menacée de devenir un pays où les millionnaires posséderaient de plus en plus d\u2019argent et les autres de moins en moins, et où quelques financiers tiendraient en main non seulement l\u2019appareil économique de la nation mais aussi son appareil politique.C\u2019était faire injure, continue-t-il, (et j\u2019attache à cette remarque beaucoup d\u2019importance), à l\u2019esprit démocratique du pays et au sens national du fair play.Nous nous sommes, alors, attelés à la besogne afin de modifier cet état de choses, non par une révolution mais par une série de revisions expérimentales du système.Le mouvement de réforme des premières années de ce siècle \u2014 cette révolte de la conscience américaine, fomentée par Théodore Roosevelt, le vieux La Follette et Woodrow Wilson, \u2014 (a eu pour effet) que par une combinaison de revisions pièce à pièce du système \u2014 lois fiscales, lois sur le salaire minimum, subsides, garanties, régulations de diverse nature; \u2014 grâce, aussi, à la pression exercée par les unions ouvrières, et au changement d\u2019attitude dans la direction des entreprises, nous avions abrogé la loi d\u2019airain des salaires.Nous avions déclenché une redistribution automatique du revenu entre les plus fortunés et les moins fortunés.Nous avions trouvé une nouvelle frontière à ouvrir: le pouvoir d\u2019achat des pauvres.Telle est, me semble-t-il, l\u2019essence de la grande découverte américaine.Elle a son corollaire que voici: si vous lui en offrez les moyens, la masse des déshérités saura en tirer parti et donnera, dans l\u2019ensemble, des citoyens sur qui on peut compter.{Ibid., p.22.) C\u2019est ainsi qu\u2019en ce pays un nouveau régime économique et social prend corps.Le phénomène inflige un démenti aux prédictions de Karl Marx, et il est dû non à quelque nécessité interne de l\u2019évolution du capitalisme qui aurait échappé à Marx, mais à la liberté et à l\u2019esprit de l\u2019homme, et, dans notre cas, à l\u2019intelligence et à la conscience du peuple américain, et à son effort collectif d\u2019invention créatrice.Parlant en philosophe, je dirais que le profit individuel reste encore, et restera toujours, un indispensable stimulant humain, mais qu\u2019il est en train de perdre décidément sa primauté absolue; le principe de la participation aux profits dans une association contractuelle a décidément supplanté le principe de la fécondité de l\u2019argent.Même si ce nouveau régime économique et social n\u2019est encore qu\u2019une ébauche, il a déjà porté l\u2019histoire humaine au delà, à la fois, et du capitalisme et du socialisme.Comme le dit le même auteur, « les États-Unis n\u2019évoluent pas vers le socialisme, mais au delà du socialisme.Il est temps de nous en rendre compte: lorsque nous combattons le communisme, nous combattons le passé, non l\u2019avenir5 6 ».C\u2019est là un fait capital dans l\u2019histoire moderne; et il constitue un succès considérable de la méthode expé-rientielle, chère à l\u2019esprit américain.Nécessité de formuler une philosophie Oui, bien sûr.Mais je reviens à mon thème: à la nécessité d\u2019une idéologie ou d\u2019une philosophie suffisamment élaborées.Et je demande: qui, dans le monde, se rend compte du fait capital dont je viens de parler?Ici-même aux États-Unis, faute d\u2019une conceptualisation explicite et d\u2019une formulation idéologique marchant de pair avec l\u2019événement, le langage courant et le vocabulaire officiel donnent à penser que l\u2019Amérique a accepté le défi du communisme dans les termes de la propagande communiste: communisme contre capitalisme, l\u2019Amérique étant la forteresse du capitalisme.C\u2019est grand dommage, à mon avis, si l\u2019on se place au point de vue des autres peuples pour qui le capitalisme garde son sens classique: ils en abhorrent jusqu\u2019au nom même et ne sont certainement pas prêts à mourir pour lui.Personne, ni en Asie ni en Afrique ni en Europe, ne songerait à donner sa vie pour le capitalisme.C\u2019est encore grand dommage, du simple point de vue de l\u2019exactitude du langage; car la vérité est que l\u2019Amérique est en train de prendre congé du capitalisme, non par une révolution soudaine, violente et destructive, mais par une transformation continue, constructive \u2014 et asystématique ®.Nombre d\u2019ouvrages, bien entendu, et excellents, écrits par des auteurs américains, mettent en lumière cette vérité.J\u2019en signalerai quatre: The Big Change de 5.\tIbid., p.25.6.\t« Appeler capitalisme le système américain est en vérité du dernier ridicule, si l\u2019on tient compte de ce que le terme signifie ailleurs.La libre société industrielle qui émerge de cette analyse, est certainement très différente de ce que nous avons traditionnellement considéré comme le «capitalisme».Elle est aussi fort différente de ce que nous avons traditionnellement considéré comme le « socialisme ».Une société industrielle est au delà du capitalisme et du socialisme.C\u2019est une nouvelle société qui transcende l\u2019un et F autre.» Peter F.Drucker, op.cit., pp.349, 351.(Italiques de l\u2019auteur.) OCTOBRE 1958 257 Frederick Lewis Allen, auquel je me suis reporté à plusieurs reprises; The 20th Century Capitalist Revolution d\u2019Adolf Berle; The New Society de Peter Drucker; et Big Business : A New Era de David Lilienthal.Tous ces livres, cependant, ont été écrits après coup.Ils nous offrent des analyses réflexives de ce qui a eu lieu.Ce n\u2019étaient pas des études théoriques éclairant la marche des événements.Ils ne formulaient pas une pensée capable de soulever les esprits et d\u2019entraîner à l\u2019action.Immergés dans la description du processus expérientiel américain et dans les particularités américaines, ils n\u2019ont qu\u2019un intérêt limité pour ceux qui ignorent ce pays.Bref, ils présentent une analyse des toutes premières étapes d\u2019un processus qui, pour se développer pleinement, exigera au moins un siècle; alors que ce qui pourrait réveiller l\u2019espoir des hommes, partout dans l\u2019univers, c\u2019est une idée du but ultime vers lequel tend ce processus.Les érudits européens qui se tiennent au courant des affaires américaines, connaissent assurément le fait historique que je viens de souligner; mais les masses européennes, elles, n\u2019en ont pas la moindre idée.Vous avancez dans la nuit, portant des flambeaux vers lesquels l\u2019humanité, avec joie, lèverait le regard.Hélas ! enveloppée dans la brume d\u2019une méthode stric-ment expérientielle et d\u2019une conceptualisation pure-tement pratique, sans idées universelles à transmettre, faute d\u2019une idéologie à la hauteur, votre lumière échappe à la vue.Cette longue digression n\u2019était qu\u2019un exemple.Elle nous montre, je crois, que ce pays ne doit jamais abandonner et n\u2019abandonnera jamais la méthode expé- rientielle, qui est un bienfait pour lui.Mais elle montre aussi qu\u2019il aurait grand profit à concevoir, parallèlement, une idéologie adéquate, une philosophie explicite, qui exprimerait son idéal particulier en termes communicables.Non qu\u2019il faille, Dieu nous en garde! monter de toutes pièces une idéologie de propagande.Mais il importe de cultiver davantage le goût des idées et des vérités universelles, condition préalable à tous véritables échanges intellectuels.Pour une telle fonction, la communauté a besoin de penseurs.Nous voyons ici combien sont nécessaires les eggheads, si peu populaires aujourd\u2019hui, \u2014 ceux-là surtout qui s\u2019efforcent de projeter la lumière d\u2019une philosophie adéquate et d\u2019une juste interprétation rationnelle, le pouvoir apostolique des idées, sinon en avant du mouvement de la vie, du moins directement sur lui, comme ce fut le cas au temps de la Déclaration d\u2019indépendance et de la rédaction de la Constitution.Il convient de souligner qu\u2019à cette époque l\u2019Amérique a participé activement au mouvement d\u2019idées qui emportait le monde occidental.Elle venait même en tête pour ce qui est des questions de philosophie politique, relatives à la Constitution d\u2019un peuple libre.Il n\u2019est que de lire The Federalist pour se convaincre de l\u2019ampleur intellectuelle des discussions en jeu.L\u2019intelligence américaine a tenu, dans le mouvement idéologique de l\u2019époque, un rôle tel qu\u2019elle a exercé une influence considérable sur la Révolution française et sur les parties les moins contestables de sa philosophie.Même si dans notre monde moderne la formulation philosophique d\u2019un idéal universel semble devoir être inévitablement devancée par le flot des événements, il faudrait du moins pouvoir dégager des faits une synthèse de philosophie sociale et un programme systématique suffisamment mis au point.\u2022-\u2022 LE CREDO DE NEHROU Luigi d'APOLLONIA, S.J.SUR LES INSTANCES d\u2019amis, à qui il l\u2019avait adressé, M.Nehrou a donné à VEconomie Review, (organe officiel du Congrès indien, dont il est le chef de parti) un texte que le New York Times Magazine (7 septembre) a jugé bon, à son tour, de reproduire intégralement.Ce document est important.Leader d\u2019un pays de 400,000,000 d\u2019habitants, grande figure du bloc neutraliste, Nehrou, las de la vie publique, semble-t-il, et sentant le poids des années, nous livre sa vision de l\u2019homme et du monde contemporain.Cet essai ressemble à un testament politique; il est même une sorte de credo.Bien qu\u2019il affirme sa croyance aux valeurs idéales et aux réalités spirituelles, Nehrou ne croit pas en un fondement absolu de l\u2019ordre naturel, ni dans un Dieu personnel, Seigneur de l\u2019histoire.Sa pensée baigne dans le relativisme.258 Hostile à toute intolérance, elle confond l\u2019intransigeance de la vérité, qui est source authentique d\u2019humilité et de respect, avec l\u2019intransigeance du caractère, qui est désir de domination et principe de fanatisme.De cette intolérance, comme il la voit et l\u2019exècre, sont responsables surtout « certaines religions » qu\u2019il ne nomme pas.Faisons comme lui.Ce qui échappe à Nehrou, c\u2019est que l\u2019agonie de notre monde est due à un véritable cancer, imputable, en premier lieu, au rationalisme bourgeois et au relativisme doctrinal dont il voudrait faire la source même de la tolérance.Une lente et progressive détérioration, au cours des siècles, a consumé la substance même de l\u2019idée de Dieu, abîme de liberté et de transcendance.Impatient de tout joug, l\u2019homme moderne a érigé son indépendance subordonnée en indépendance absolue, usurpant ainsi un des noms di- RELATIONS vins.Sans le dire trop fort, il s\u2019est proclamé la fin dernière.Mais ce qu\u2019il a distillé dans sa philosophie et pratiqué dans sa vie politique, sociale, économique, le communisme le crie aujourd\u2019hui par-dessus les toits et les frontières: la religion est un opium, une aliénation, une abdication de l\u2019homme maître suprême de sa destinée.De sorte que le commentaire le plus net et le plus pénétrant de l\u2019athéisme pratique du monde occidental, on le trouve dans cet athéisme positif, absolu, dynamique du monde communiste.Il faut se faire violence pour ne pas voir dans le matérialisme athée à la fois la condamnation et le châtiment d\u2019une civilisation temporelle superficiellement et hypocritement chrétienne, négatrice surtout dans sa philosophie sociale, du commandement divin de l\u2019amour, \u2014 le pire des scandales.Nehrou, qui s\u2019est emballé dans sa jeunesse pour le socialisme de l\u2019U.R.S.S., est en quête d\u2019une fin dernière aux formes changeantes des civilisations.Il scrute l\u2019horizon lointain pour trouver un port dans l\u2019océan en colère de l\u2019histoire.Il semble voir le salut de l\u2019humanité dans une sorte de sainte abnégation devant les faits, et une réconciliation héroïque avec les événements sans cesse en fuite et en devenir.La vieille question, écrit-il, se pose toujours, comme elle se posait à l\u2019humanité dans le passé.Quel est le sens de la vie ?La vieille réponse des âges de foi ne semble plus suffisante à un monde en transition; la vie est une adaptation constante aux changements et aux événements.C\u2019est ce manque d\u2019adaptation qui engendre les conflits.L\u2019esprit et la conscience de l\u2019homme doivent donc se plier courageusement aux faits qui fuient, et adhérer généreusement à l\u2019histoire en devenir.Il y a là une inconsistance profonde et, pour séduisante qu\u2019elle soit, une contradiction interne entre l\u2019affirmation et la négation de la vérité et de la dignité de l\u2019homme, à la fois enchaînées et immolées à un devenir qui doit les libérer et les grandir.La réponse de Nehrou reste centrée sur l\u2019homme et sur la communauté humaine, non sur Dieu et sur la communion divine, même si elle s\u2019y réfère vaguement.La communion avec Dieu \u2014 la religion \u2014 lui paraît même une évasion devant les tâches de ce monde, alors que, bien comprise, elle est une exigence d\u2019engagement temporel, d\u2019efficacité politique, de justice sociale, de solidarité universelle.La vision de Nehrou, telle du moins qu\u2019elle apparaît dans cet essai, se résume en un humanisme social et international, fondé sur l\u2019interdépendance des hommes sur le plan de la technique et de l\u2019économique où l\u2019on doit voir, croyons-nous, un vestige du marxisme.Mais si sérieuse que soit cette déviation, elle ne doit pas nous empêcher d\u2019admirer la sincérité et la générosité de la pensée de Nehrou; ni sa révolte contre un monde d\u2019injustice, d\u2019oppression et de misère; ni son angoisse devant le paradoxe de l\u2019homme moderne de plus en plus maître de l\u2019univers et de moins en moins maître de lui-même.Dans certains passages de l\u2019essai du pandit, on croirait lire des bribes des messages de Noël du Saint Père sur les désharmonies de notre civilisation.Rien n\u2019est si frappant, écrit Nehrou, que la conquête graduelle et la connaissance du monde physique par l\u2019esprit de l\u2019homme moderne.Ce processus se poursuit à un rythme vertigineux.Il n\u2019est plus besoin que l\u2019homme soit la victime des circonstances extérieures, au moins en très grande partie.Mais alors qu\u2019il se rend OCTOBRE 1958 maître des circonstances extérieures, il donne l\u2019étrange spectacle de manquer de fibre morale et de possession de soi-même.Conquérant la nature, il échoue dans la conquête de lui-même.Tel est le tragique paradoxe de l\u2019âge de l\u2019énergie nucléaire et du spoutnik.Dans le message de Noël de 1953 sur l\u2019esprit technique, on trouvera la même communauté de pensée, moins un certain pessimisme que ne saurait tolérer une pensée chrétienne; et dans son dernier message de Noël sur « la divine symphonie de l\u2019univers », Pie XII signale, d\u2019une encre encore plus vigoureuse que celle de Nehrou, « le fait lamentable d\u2019hommes extérieurement en progrès et qui deviennent intérieurement des non-civilisés ».Nehrou consacre aussi un long passage à une critique comparée du capitalisme et du communisme.Lorsqu\u2019il parle de la transformation du système « capitaliste » et de la nécessité de la formulation philosophique d\u2019un idéal capable d\u2019enflammer les esprits, il corrobore ce que Ma-ritain dit, avec plus de détails et de profondeur, dans un chapitre de Reflections on America dont on trouvera la traduction dans cette livraison de la revue.En Inde nous parlons, dit Nehrou, du welfare state (État des services sociaux) et du socialisme.En un sens, tous les pays, socialistes ou communistes, acceptent l\u2019idéal du welfare state.Le capitalisme, dans quelques pays au moins, a atteint dans une large mesure cet idéal du bien commun, quoiqu\u2019il n\u2019ait pas résolu tous ses problèmes et que quelque chose de vital lui fasse défaut.Nul doute que la démocratie, alliée au capitalisme, n\u2019ait atténué plusieurs des maux de celui-ci.De fait, le capitalisme est différent aujourd\u2019hui de ce qu\u2019il était il y a une ou deux générations.Les agences de presse ont surtout souligné la critique que fait Nehrou du communisme.Elle en a surpris plusieurs, quoique Nehrou, malgré son neutralisme, ait toujours répudié le communisme.Jamais, cependant, avec tant de franc-parler.Il en dénonce les contradictions internes, son mépris de l\u2019esprit et de la liberté individuelle, son emploi de la violence, son usage de moyens mauvais pour obtenir sa fin, sans oser dire, toutefois, que cette fin est elle-même une violence intolérable, intrinsèquement mauvaise, que ne saurait purifier des moyens, même bons dans leur ordre.Est-ce une victoire des vaincus de Budapest?Du meurtre rituel d\u2019Imre Nagy?De la mise-au-ban de Tito?Ou a-t-il médité la leçon de Kerala, l\u2019État communiste de l\u2019Inde?Nehrou mentionne la Hongrie.Mais peu importe, au fond.L\u2019essentiel, c\u2019est qu\u2019il ne parle plus aujourd\u2019hui du « socialisme », comme il en parlait dans son autobiographie intitulée la Découverte de VInde.Encore plus que les circonstances politiques, sociales, économiques, géographiques où se trouve son pays, ce rejet de toute violence surtout en politique internationale \u2014 qui est, dit-il, un legs de Gandhi, \u2014 semble la raison dernière de son neutralisme.Pour les uns et les autres (les communistes et les anticommunistes) il n\u2019y a pas de nuances; il n\u2019y a que du blanc et du noir.C\u2019est la vieille méthode des aspects fanatiques de certaines religions.Ce n\u2019est pas la méthode de la tolérance, le sentiment que peut-être les autres possèdent aussi une part de la vérité.Quant à moi, je trouve cette méthode absolument contraire à la science, à la raison et à la culture, qu\u2019on l\u2019applique au domaine de la religion, à une théorie économique ou à tout autre problème.Moins ses aspects religieux, je préfère la vieille méthode païenne.Ce passage explique la politique idéaliste de Nehrou.Poussée à sa conclusion logique, elle rejoindrait la position simpliste des objecteurs de conscience.Car, si noble que soit la méthode de la tolérance et si horrible la méthode 259 de la guerre, celle-ci reste un moyen de légitime défense quand tous les autres moyens de patience et de conciliation ont été épuisés.Une société digne de ce nom ne l\u2019emploiera qu\u2019avec crainte et tremblement.Elle l\u2019emploiera, cependant, et en fera le bras terrifiant de la justice.Il faut oser le dire: il y a une façon chrétienne de faire la guerre et, tout en aimant ses ennemis, de semer la mort quand une nécessité barbare y oblige.Parler ainsi de la juste guerre n\u2019est pas saluer la violence ou la déclarer purificatrice et bienfaisante.Même nécessaire, la guerre reste un moyen affreux; mais même affreuse, elle peut rester un moyen juste.Nehrou refuse de l\u2019avouer.Mais puisque l\u2019Inde possède un ministère de la défense, un équipement militaire, des soldats en service, il est évident que Nehrou admet, dans un contexte de circonstances, la moralité de la résistance violente.Bien sûr que le communisme ne sera vaincu définitivement que par un idéal vécu de justice et de charité, et non par la guerre et la mise hors-la-loi.Nehrou fait bien d\u2019y insister à temps et, parfois même, à contretemps.Il ne semble pas, cependant, vouloir faire dans la hiérarchie des moyens, sa juste place \u2014 fût-ce la dernière \u2014 à la force, gardienne du droit.Or, dans un monde qui n\u2019a pas encore réussi à mettre sur pied une institution internationale capable, comme dit Pie XII (Noël 1957), « d\u2019effrayer par la solidarité assurée entre les nations qui veulent sincèrement la paix, celui qui voudrait la troubler »; face surtout à un ennemi dont la volonté de domination est manifeste, et les moyens d\u2019agressions multiformes, c\u2019est là, à notre avis, un purisme politique qui peut avoir de tragiques conséquences.\u2022 .\u2022 DOCTRINE SOCIALE SOCIALISME ET JUSTICE SOCIALE - Il Richard ARES, S.J.CONSIDÉRÉ comme mouvement, avons-nous dit (.Relations, septembre 1958), le socialisme se caractérise avant tout par l\u2019aspiration à la justice sociale.Mais ce n\u2019est là qu\u2019un aspect de la réalité; s\u2019y borner, ce serait ne prendre des choses et des hommes qu\u2019une vue partielle, et donc exposée à la partialité ainsi qu\u2019aux erreurs.Le socialisme est un mouvement, sans doute; mais c\u2019est un mouvement qui a dû, pour atteindre ses objectifs, élaborer une doctrine, se donner une armature institutionnelle, opérer un choix des moyens; bref, se traduire concrètement en un système ou, plus exactement, en une famille de systèmes.Non seulement on ne doit pas oublier ce second aspect, mais il faut reconnaître avec François Perroux que « si le terme socialisme a un sens c\u2019est parce qu\u2019il exprime une certaine relation entre un esprit ou un ensemble de fins, et un « système » ou un ensemble de règles et d\u2019institutions ».Ne voir dans le socialisme qu\u2019un système économique, comme sont portés à le faire beaucoup d\u2019esprits conservateurs, c\u2019est, ajoute le même économiste, éluder « le problème de conscience que le socialisme a la fonction historique de poser ».Mais, d\u2019un autre côté, c\u2019est une « tricherie intellectuelle » que de mettre l\u2019accent sur l\u2019esprit dont le socialisme est animé, en présentant comme accessoires les règles et les institutions qui en opèrent la réalisation.Le socialisme par ce moyen se présente comme le seul porte-parole de la conscience morale dans le monde contemporain.Il escamote ou estompe les véritables difficultés, qui résident dans les rapports entre un certain esprit et un système économique de contenu déterminé basé, par exemple, sur l\u2019appropriation collective des moyens de production.Il ne cesse d\u2019être une morale sociale (que tous, socialistes ou non, peuvent accepter) et ne commence à être socialisme que lorsqu\u2019il affirme le lien nécessaire entre un esprit et un système; quand il dit par exemple: « Légalité, la liberté, le plein développement de la personnalité humaine ne peuvent s\u2019accomplir que dans un système fondé sur l\u2019appropriation et sur la gestion collective.» (Préface à l\u2019ouvrage de Ludwig von Mises: le Socialisme.) Il s\u2019ensuit que, dans une étude sur les rapports entre le socialisme et la justice sociale, il est beaucoup plus important d\u2019insister sur les règles, méthodes et institutions propres au système que sur l\u2019esprit et les fins du mouvement: rechercher la justice sociale comme un idéal est une chose, proposer un système pour la réaliser concrètement en est une autre.La question capitale qui se pose alors est donc la suivante: le système socialiste est-il apte à réaliser la justice sociale ?A une pareille question il me paraîtrait imprudent de donner dès maintenant une réponse globale, se résumant par exemple en un oui ou en un non catégorique et définitif.C\u2019est que, d\u2019une part, l\u2019ambiguïté des termes en cause subsiste encore, et que, d\u2019autre part, le passage de l\u2019ordre abstrait à l\u2019ordre concret risque de fausser d\u2019abord la perspective, puis la réponse elle-même.Il n\u2019y a pas, en effet, une seule sorte de socialisme, mais plusieurs; de même, les conceptions que l\u2019on se fait de la justice sociale varient d\u2019un système de pensée à un autre.De cette double difficulté notre réponse doit tenir compte.Et tout d\u2019abord, elle devra se borner aux aspects généraux du socialisme, à ceux qui sont communs à tous les systèmes.Comme nous sommes ici dans l\u2019ordre, non pas des fins \u2014 par exemple, de la justice sociale à réaliser, \u2014 mais des moyens, nous pouvons avancer la proposition que l\u2019un de ces principaux aspects généraux, c\u2019est l\u2019appropriation et la gestion collective des instruments de production, c\u2019est le caractère public imprimé à l\u2019économie.Sur ce point nous imitons en somme l\u2019attitude de Schumpeter qui définissait le socialisme « comme l\u2019organisation de la société dans laquelle l\u2019autorité publique (et non pas des entreprises placées 260 RELATIONS sous le régime de la propriété et de la gestion privées) contrôle les moyens de production et décide ce qui sera produit, comment cela sera produit et à qui seront attribués les fruits de la production ».(Sur le socialisme de Schumpeter, voir l\u2019important article paru dans Social Order, janvier 1958: «Schumpeter and Catholic Thought ».) Il est clair, en second lieu, qu\u2019un jugement sur la conception socialiste de la justice sociale ne peut se faire qu\u2019au nom d\u2019une autre conception, admise au point de départ et servant elle-même de norme critique dans le jugement à porter.En l\u2019occurrence, c\u2019est évidemment la conception chrétienne de l\u2019homme et de la société, et donc de la justice sociale, qui est appelée à jouer ce rôle.Je rappelle simplement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une conception essentiellement spiritualiste, qui fait de la société un tout non pas fermé mais ouvert, un tout dans lequel l\u2019homme plonge sans doute tout entier, mais dans lequel il ne doit ni s\u2019absorber ni se résoudre parce que pour lui ce tout n\u2019est qu\u2019un moyen pour réaliser sa vocation de personne.Ces explications préliminaires données, j\u2019en viens aux critiques à formuler sur la notion socialiste de justice sociale.Je ne prétends pas \u2014 qu\u2019on le note bien \u2014 que ces critiques s\u2019appliquent indistinctement et automatiquement à tout ce qui se présente sous l\u2019étiquette de socialisme; je soutiens simplement que, dans la mesure où il prête flanc à ces critiques, un système de type socialiste doit être tenu en suspicion et considéré comme inacceptable.Le grand mérite du mouvement socialiste, je l\u2019ai déjà noté, c\u2019est d\u2019avoir contribué d\u2019abord à réhabiliter, puis à réintégrer dans le social des éléments que les tenants du capitalisme libéral avaient eu trop tendance à négliger ou à dissocier, tels que l\u2019économique, l\u2019institutionnel, l\u2019étatique et le principe d\u2019égalité.Le tort des systèmes socialistes, c\u2019est précisément de vouloir s\u2019édifier, par réaction contre l\u2019individualisme libéral, sur la primauté ou l\u2019exaltation excessive de ces quatre éléments, c\u2019est de prétendre réaliser la justice sociale par des moyens trop exclusivement économiques, institutionnels, étatiques et égalitaires.i.l\u2019excès d\u2019économique ou le matérialisme Contre la justice sociale des systèmes socialistes proprement dits, \u2014 je laisse ici de côté tout ce qui n\u2019est socialiste que de nom sans l\u2019être systématiquement de fait \u2014 le premier grand reproche que l\u2019on puisse et doive formuler, c\u2019est celui de l\u2019excès d\u2019économique.Et par là il faut entendre non pas tant le fait de mettre l\u2019accent sur l\u2019économique ou même de lui accorder la prépondérance, que le fait de l\u2019ériger en un absolu dont vont dépendre tous les autres facteurs de la vie sociale, d\u2019absorber en somme le social dans l\u2019économique et de le réduire ainsi au seul bien-être matériel.Pour employer le langage de Maritain, le mérite du socialisme a été de saisir « l\u2019importance essen- OCTOBRE 1958 tielle de la causalité matérielle », son tort, d\u2019avoir prétendu en faire « la causalité purement et simplement première ».Le matérialisme! C\u2019est le reproche essentiel et fondamental que la doctrine chrétienne fait à la plupart des théories et systèmes socialistes.Est-il besoin de rappeler ici la position de Quadragesimo anno ?L\u2019Église, y affirme Pie XI, ne peut admettre le socialisme, parce que « sa conception de la société est on ne peut plus contraire à la vérité chrétienne », et « suppose que la communauté humaine n\u2019a été constituée qu\u2019en vue du seul bien-être ».Les socialistes, continue le pape, bornent leur attention aux seuls buts matériels de l\u2019activité économique, ils prétendent que les hommes doivent, « pour ce qui touche à la production, se livrer et se soumettre totalement à la société », et ils accordent une telle importance « à la possession de la plus grande quantité possible des objets pouvant procurer les avantages de cette vie, que les biens les plus élevés de l\u2019homme, sans en excepter la liberté, seront subordonnés, et même sacrifiés, aux exigences de la production la plus rationnelle » (n08 128-129).Or, d\u2019une conception matérialiste de la société, et donc de l\u2019homme, il ne peut découler autre chose qu\u2019une conception également matérialiste de la justice sociale.Si, pour les vrais socialistes, l\u2019œuvre par excellence de la cité est une œuvre essentiellement économique qui vise, principalement sinon uniquement, 1\u2019 « administration des choses » et la production industrielle, il y a grand risque que leur justice sociale ne soit une justice bien pauvre et trop courte, précisément parce qu\u2019amputée de ses aspects spirituels.Il est vrai que certains, après avoir admis le bien-fondé de ce reproche, s\u2019efforcent aujourd\u2019hui de faire, dans le programme socialiste, une plus large place aux valeurs spirituelles et personnalistes (voir l\u2019ouvrage lucide et courageux de Jeanne Hersch: Idéologies et réalité, 1956, le volume d\u2019André Philip: le Socialisme trahi, 1957, et le livre de C.A.R.Crosland: The Future of Socialism, 1957) ; ils vont même jusqu\u2019à prédire une dissociation du socialisme et du matérialisme, et l\u2019évolution de « tout le système théorique et institutionnel du socialisme matérialiste.vers une conception personnaliste, à laquelle des chrétiens peuvent adhérer » (Jean-M.Domenach, dans Esprit, mars 1958, p.357).Mais, il est non moins certain que d\u2019autres ou nient radicalement la possibilité d\u2019une telle évolution (voir l\u2019article du P.Messineo, S.J., dans la Civiltà Cattolica, 17 août 1957, article traduit en français dans YOsserva-tore romano des 20 et 27 septembre et 4 octobre), ou mettent en doute la valeur humaniste d\u2019une telle conversion.(J.Maritain dans Humanisme intégral qualifie de « grande illusion » le fait de croire qu\u2019il suffit de juxtaposer l\u2019idée de Dieu ou les croyances religieuses à l\u2019humanisme socialiste, pour en faire « une synthèse viable et fondée en vérité », alors que « c\u2019est une refonte générale qui est requise », p.98.) 261 Quoi qu\u2019il en soit, une chose est certaine: tant que la justice sociale préconisée par les socialistes n\u2019aura pour fondement qu\u2019une conception matérialiste de l\u2019homme et de la société, elle ne pourra satisfaire les catholiques.II.l\u2019excès d\u2019institutionnel ou l\u2019institution alisme Cette influence du matérialisme se retrouve à l\u2019origine d\u2019un deuxième excès inhérent d\u2019ordinaire à tout vrai système socialiste, et qui porte sur la manière, non pas tant de concevoir, que de réaliser la justice sociale.Cet excès, que faute d\u2019une meilleure expression j\u2019ai déjà appelé l\u2019excès d\u2019institutionnel, consiste à accorder dans l\u2019établissement de la justice sociale le principal et parfois même l\u2019unique rôle aux structures et aux institutions de la société.Je m\u2019explique en recourant à la distinction posée dès le début de cette série d\u2019articles (en février) : celle du sens subjectif et du sens objectif.Au premier sens, la justice sociale est une disposition de l\u2019esprit, une qualité qui perfectionne le sujet, une vertu de l\u2019âme régissant des actes et comportant des obligations personnelles; au second sens, elle est un état de la société, un idéal concrétisé dans des institutions, un ordre où chacun reçoit son dû social.Or, l\u2019erreur propre aux systèmes socialistes, c\u2019est de prétendre réaliser la justice sociale au sens objectif, c\u2019est-à-dire dans la société, tout en ne se préoccupant pas de sa réalisation subjective, c\u2019est-à-dire dans les hommes, en refusant de voir le lien de cause à effet qui les unit.Ils veulent en somme un ordre social extérieurement juste sans trop s\u2019occuper de rendre intérieurement justes les hommes destinés à vivre dans cet ordre et à le faire fonctionner.Leur justice sociale sera dans et par les institutions, donc dans et par des choses, au lieu d\u2019être d\u2019abord dans et par les personnes.Leur objectif principal en ce domaine, pour employer le langage des philosophes, c\u2019est Y avoir, non Y être.Voilà pourquoi les vrais socialistes mettent partout l'accent sur la réforme des structures et des institutions, par exemple sur la socialisation des moyens de production et sur l\u2019appropriation collective du pouvoir, et ne se soucient guère de la réforme des esprits et des cœurs, de la réforme des mœurs.La conséquence de cette option, c\u2019est qu\u2019après avoir laissé les hommes à leurs appétits et à leurs passions, ils n\u2019ont, pour faire fonctionner leur système, d\u2019autre alternative que de les forcer à poser des actes extérieurs de justice sociale, et de réduire du même coup le champ de la liberté pour augmenter toujours davantage celui de la contrainte.Voulant rassurer les catholiques sur les bonnes dispositions de son parti à leur égard, le socialiste français, André Philip, déclarait un jour: « Le socialisme n\u2019est pas une foi ou un système philosophique, mais une technique institutionnelle.» L\u2019expression est caractéristique et significative: trop souvent c\u2019est par une pure « technique institutionnelle » que le socialisme prétend instaurer la justice sociale.Celle-ci n\u2019est plus guère considérée comme une vertu à pratiquer par les citoyens, mais d\u2019abord et avant tout comme un résultat dû à la technique sociale: comme le résultat du jeu, scientifiquement réglé au point d\u2019en devenir automatique, des structures et des institutions.Nous sommes en pleine physique sociale; rien d\u2019étonnant que la morale proprement dite y tienne si peu de place.Qu\u2019une bonne technique institutionnelle soit requise à l\u2019établissement de la justice sociale, personne ne le conteste; mais qu\u2019on la présente comme le grand et même l\u2019unique moyen d\u2019un aménagement idéal de la cité, voilà qui est moins acceptable.L\u2019excès en ce domaine entraîne fatalement la mécanisation de la liberté et conduit, grâce à la pression nécessitante des structures et des institutions, à son automatisation.Or une société d'automates ne constituera jamais, pour l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui et, encore moins pour celui de demain, un ordre social juste, un ordre où par conséquent se réalise la justice sociale, même si par ailleurs elle pourvoit à tous les besoins matériels de ses membres.ni.l\u2019excès d\u2019étatique ou l\u2019étatisme Cette confiance excessive et aveugle en l\u2019efficacité des institutions dans le domaine de l\u2019agir humain et du vivre social est d\u2019autant plus pernicieuse, qu\u2019elle s\u2019accompagne ordinairement chez les socialistes, de la volonté de transférer le plus de responsabilités possible à une seule et même institution qui a nom l\u2019État.Aussi, après l\u2019accusation de matérialisme, le reproche le plus grave et le plus constant fait au socialisme est-il celui d\u2019étatisme.Ses partisans reconnaissent de plus en plus aujourd\u2019hui qu\u2019un tel reproche n\u2019est pas sans fondement, mais au lieu de diminuer leurs exigences à l\u2019égard de l\u2019État, ils les conservent et font porter maintenant le gros de leurs efforts sur les moyens de contrôler l\u2019État, d\u2019en garder la maîtrise; aussi parlent-ils volontiers d\u2019un socialisme démocratique.Mais même devenu démocratique, l\u2019État vraiment socialiste n\u2019en demeure pas moins avant tout un État économique, ce que la philosophie traditionnelle rejette comme « une monstruosité » (Jacques Maritain), et ce que la doctrine sociale de l\u2019Église n\u2019admet pas, non plus; car, comme l\u2019enseigne Pie XII, « l\u2019économie \u2014 pas plus d\u2019ailleurs qu\u2019aucune autre branche de l\u2019activité humaine\u2014 n\u2019est de sa nature une institution d\u2019État; elle est, à l\u2019inverse, le produit vivant de la libre initiative des individus et de leurs groupements librement constitués » (7 mai 1949).De même, les systèmes socialistes ont tendance à concevoir la justice sociale comme l\u2019affaire propre, comme le monopole de l\u2019État.Mais n\u2019est-elle pas d'après son nom même la justice que la société doit à ses membres?Et la société, est-ce donc uniquement Y État?On ne saurait l\u2019admettre, on ne saurait identifier l\u2019une 262 RELATIONS à l\u2019autre sans faire courir de graves dangers aux libertés individuelles et sociales.De la société, certes, l\u2019homme est en droit d\u2019attendre protection, sécurité, assistance, direction, mais tout cela de l\u2019ensemble de la société, c\u2019est-à-dire de l\u2019ensemble des groupements sociaux et des institutions qui en forment l\u2019armature, et non pas uniquement de l\u2019État.Confier à ce dernier le monopole en cette matière, c\u2019est nuire à la cause même de la justice sociale que l\u2019on prétend servir, car un pareil monopole ne peut s\u2019établir sans d\u2019une part, stériliser une bonne partie de la vie sociale, laquelle se caractérise par la liberté, l\u2019initiative, la spontanéité et la responsabilité, et sans d\u2019autre part, laisser l\u2019individu démuni de tout moyen efficace de défense et de protection personnelle en face d\u2019un État tout-puissant.Aussi le problème crucial auquel se heurtent les théoriciens du socialisme est-il précisément de faire fonctionner intégralement leur système, tout en ne détruisant pas la vitalité propre à l\u2019ordre social et tout en n\u2019asservissant pas entièrement l\u2019individu à l\u2019État.Tant qu\u2019ils ne l\u2019auront pas résolu, leur justice sociale, si abondante qu\u2019elle soit dans le domaine de la sécurité matérielle, non seulement n\u2019assurera pas tout son dû à la personne humaine, mais en contrecarrera sur bien des points les exigences spirituelles.iv.l\u2019excès d\u2019égalité ou l\u2019égalitarisme Cette même justice sociale, objectif suprême des systèmes socialistes, prête flanc enfin à un autre grave reproche: celui de verser dans un égalitarisme niveleur et despotique.« C\u2019est la passion de la justice, a écrit Jacques Maritain, qui fait les grands doctrinaires de l\u2019égalité.» Or les socialistes, passionnés de justice, en sont venus à proposer une doctrine de l\u2019égalité qui ne se garde pas toujours de l\u2019excès, notamment sur les trois points suivants: les inégalités sociales, la propriété privée et la répartition des biens matériels.Chacun de ces points exigerait de longs développements, je dois me borner à quelques observations essentielles.Pour bien des socialistes, les inégalités sociales sont synonymes d\u2019injustices sociales, et la justice demande qu\u2019on travaille à les supprimer.C\u2019est là une généralisation excessive, car s\u2019il est vrai que tous les hommes sont fondamentalement égaux en nature et en dignité et doivent être considérés comme tels devant la loi et par l\u2019État, il est non moins vrai que les individus ne possèdent pas tous les mêmes dons naturels, les mêmes aptitudes et la même culture, et ne peuvent par conséquent remplir tous les mêmes fonctions dans la société.Le tout social lui-même ne peut fonctionner harmonieusement et efficacement que s\u2019il est différencié, hiérarchisé, organisé, et donc que s\u2019il comporte des inégalités.Sans doute, certaines inégalités se fondent sur l\u2019injustice et doivent être supprimées, mais il y en a d\u2019autres qui sont nécessaires au bien commun, et la vraie justice sociale se doit de les conserver (voir J.Leclercq: Leçons de droit naturel, t.I, pp.160-202).OCTOBRE 1958 Les principales inégalités sociales cependant que les socialistes dénoncent comme autant d\u2019injustices sont celles qui découlent de la propriété privée.Pour eux, celle-ci est la grande cause d\u2019inégalité et d\u2019injustice dans la société; il faut la supprimer.Il y a du vrai dans leur diagnostic, mais aussi de l\u2019excès dans le remède proposé.La suppression de la propriété privée rend certes les hommes plus égaux de fait, mais d\u2019une égalité dans la non-possession et la dépendance à l\u2019égard de l\u2019État.Les socialistes \u2014 et c\u2019est là leur erreur \u2014 considèrent la propriété privée uniquement comme un « economic device » (lord Beveridge), et se refusent à en reconnaître le rôle social.La doctrine chrétienne en fait un élément constitutif de l\u2019ordre social, une garantie de la dignité humaine, un instrument de liberté et de sécurité pour la personne en face de l\u2019État.Aussi n\u2019est-ce pas la suppression de la propriété privée que demande la vraie justice sociale, mais sa réglementation en vue du bien commun, n\u2019est-ce pas une égalité négative dans la dépossession qu\u2019elle exige, mais bien une égalité positive dans les possibilités offertes à la masse des citoyens d\u2019exercer l\u2019un de leurs droits fondamentaux.Les socialistes enfin espèrent réaliser la justice sociale par une répartition plus équitable des biens matériels, répartition qu\u2019ils veulent égalitaire et dont ils chargent évidemment l\u2019État.Qu\u2019une meilleure répartition des biens matériels soit l\u2019une des grandes exigences de la justice sociale, tout le monde l\u2019admet,mais encore ici, il faut se garder de l\u2019excès et dans l\u2019égalité recherchée et dans le rôle à attribuer à l\u2019État.L\u2019égalité que la justice sociale doit tendre à établir entre les membres de la société ne doit pas être une égalité arithmétique, mais proportionnelle: il ne s\u2019agit pas tant de rendre tous les citoyens économiquement égaux par un nivellement des fortunes, que d\u2019assurer également à tous des conditions matérielles de vie vraiment humaines, à quelque couche sociale qu\u2019ils appartiennent, et de rendre ensuite à chacun son dû, proportionnellement à son mérite, à sa valeur et à son travail.Jacques Maritain écrit fort justement à ce propos: C\u2019est une illusion de vouloir que tous trouvent au départ des chances strictement identiques d\u2019accéder aux degrés les plus élevés de la vie sociale.Mais il est normal que les conditions sociales les plus élevées ne soient d\u2019elles-mêmes fermées à personne, et que chacun puisse réellement y accéder selon ses dons; et il est normal, et plus important encore, qu\u2019en quelque structure sociale que les hommes soient engagés, ils aient les mêmes chances d\u2019accéder, chacun selon son effort et selon sa condition, à sa plénitude humaine.Ainsi des notions comme celles de l\u2019égalité des chances ou de l\u2019égalité des conditions, dont l\u2019égalitarisme ferait des chimères, deviennent vraies si on les entend au sens, non d\u2019une égalité pure et simple, mais d\u2019une égalité proportionnelle.Cette égalité de proportion joue un rôle capital dans la cité.Dans le domaine des relations entre le tout social et ses parties, elle est la justice même.{Principes d'une politique humaniste, chap.Ill, « L\u2019égalité humaine », pp.128-129.) Quant au rôle d\u2019instrument et d\u2019agent d\u2019égalité que les socialistes attribuent à l\u2019État dans le domaine de la 263 répartition des richesses, il suppose pour être intégralement rempli deux conditions: que l\u2019État dispose à son gré des biens de ses citoyens et qu\u2019il ait pour tâche directe d\u2019assurer leur aisance matérielle.Mais ces deux conditions une fois admises, la voie est libre à tous les despotismes, et c\u2019est pourquoi, selon le mot de Mari-tain, «à la fin, l\u2019égalitarisme aboutit aux pires formes de servitude ».Pour les socialistes sincèrement épris de justice sociale, quelle déception que ce résultat! Ce qu\u2019ils veulent et recherchent, ce pour quoi ils luttent, c\u2019est la libération économique et sociale de l\u2019homme, non l\u2019instauration d\u2019une autre forme de servitude.Leur idéal, aujourd\u2019hui plus que jamais, c\u2019est l\u2019égalité dans la liberté.Le malheur est cependant que les systèmes qu\u2019ils préconisent n\u2019aboutissent à assurer la première qu\u2019aux dépens de la seconde.Pourrait-il en être autrement?Il faudrait tout d\u2019abord que le socialisme se débarrasse de la philosophie matérialiste, qui gâte ses élans les LE PEUPLE EN MARCHE plus généreux et déshumanise ses plus beaux programmes d\u2019action.Un penseur comme Jacques Maritain voit dans cette philosophie la source principale des déceptions que le mouvement socialiste n\u2019a cessé d\u2019apporter à ceux qui avaient mis en lui leur espoir: C\u2019est une étrange pitié de constater que les erreurs de philosophie première et de philosophie sociale dont il dépend à l\u2019origine ont gâté en lui tant de ressources, et se sont aggravées en même temps qu\u2019il grandissait, et font, tant qu\u2019elles durent, une séparation si forte entre la pensée chrétienne et lui.Dureront-elles toujours ?Elles sont primordiales, elles tiennent à la méconnaissance de l\u2019éternel dans l\u2019homme.(Humanisme intégral, p.99.) Le mouvement socialiste s\u2019est tout entier identifié à la quête de la justice sociale, mais il n\u2019a pu inventer et mettre sur pied que des systèmes dont les excès reposent, sur un plan supérieur, ce problème même de justice sociale: c\u2019est la grande tragédie de son histoire.RÉFLEXIONS VERS L\u2019AVENIR EN MARGE DE « LA GRÈVE DE L\u2019AMIANTE' » Jacques COUSINEAU, S.J.EN MAI 1956, paraissait aux Éditions Cité libre, un ouvrage, rédigé en collaboration et publié sous la direction de Pierre-Elliott Trudeau, sur la Grève de l'amiante.La parution du livre, au dire de certains, constituait « le point tournant de l\u2019histoire sociale de notre province », surtout parce que des chercheurs sociaux pouvaient pour la première fois, dans « une puissante étude.heurter le conformisme de front ».A coup sûr, l\u2019événement fit grand bruit dans les cercles qui pensent et observent les influences qui travaillent notre milieu; personne ne songea à nier sa puissance d\u2019appel à une révision des valeurs dont vivait la communauté canadienne-française.On peut encore, après deux ans, avec grand intérêt se poser, à ce propos, deux ou trois questions : cet important ouvrage de recherche sociale qui décrivait « une étape de la révolution industrielle au Québec », quel accueil a-t-il reçu de la part des observateurs du Canada français, du Canada anglais ou de l\u2019étranger et dans les milieux intéressés ?Les critiques sont-ils tombés d\u2019accord en leurs jugements ?Quelle orientation donner désormais aux recherches sur le sujet?L'accueil reçu Au dehors du pays, la publication passa pratiquement inaperçue.Les éditeurs manquèrent-ils de largeur de vues en leur service de presse J1 II est vrai que les grandes revues économico-sociales des États-Unis ou de Grande-Bretagne ne donnent pas d\u2019ordinaire compte rendu de volumes publiés en langue française.Les directeurs de revues similaires de 1.N.D.L.R.\u2014 Sous le titre « Réflexions en marge de « la Grève de l\u2019amiante ».Contribution critique à une recherche, le Père Cousineau vient de publier le Cahier n° 4 de l\u2019Institut social populaire, dans la collection qu\u2019il dirige.A ses articles publiés dans Relations, il ajoute un long épilogue où il analyse, avec abondantes citations tout ce qui a paru sur l\u2019ouvrage et puis développe les conclusions qui se dégagent de l\u2019ensemble.Ceux qui s\u2019intéressent à notre histoire sociale devraient lire ces pages.On trouvera ici surtout des extraits de l\u2019épilogue.France ou de Belgique furent-ils mal informés, peu intéressés ou réticents ?Quoiqu\u2019il en soit, un relevé minutieux ne nous a signalé qu\u2019un périodique de France (la Revue économique) qui ait donné son attention à l\u2019événement.Dans le Canada anglais, au contraire, plusieurs appréciations sympathiques et développées ont paru dans les meilleurs périodiques d\u2019intérêt culturel ou social (The Canadian Forum, University of Toronto Quarterly, The Canadian Journal of Economics and Political Science, The Canadian Historical Review et Queen's Quarterly).Le Canada français était singulièrement intéressé, puisqu\u2019il s\u2019agissait du sens de son histoire sociale, dans l\u2019un de ses événements importants.A son habitude, le Devoir se compromit le premier: deux de ses rédacteurs envisagèrent l\u2019ouvrage sous deux angles différents, le deuxième surtout, en un jugement élaboré et fort équilibré.L'Actualité économique et Relations industrielles, spécialisées en la matière, accordèrent au livre une place de choix, mais avec un bonheur fort inégal.Relations se devait de parler sur un sujet qui tient à son histoire et au sens de son action.L'Action nationale, dont l\u2019œuvre même était mise en cause, exprima ses vues à plusieurs reprises, avec vigueur et netteté.Dans ce concert de voix du Canada français, les silences impressionnent; silence du mouvement syndical; sur un travail qui veut expliquer un des moments essentiels de la vie du mouvement, aucun dirigeant de la C.T.C.C., aucun dirigeant des autres centrales syndicales n\u2019a exprimé d\u2019opinion; silence de l\u2019Action catholique ouvrière et de ses organes d\u2019expression; silence des foyers de pensée ou centres de rayonnement culturel, tels que la Revue dominicaine, Lectures, la Revue de l'Université d'Ottawa et Culture, ces deux dernières revues étant pourtant les seules au Canada français répertoriées au Canadian Index (de 1956 et 1957); silence des journaux, comme l'Action catholique, le Droit, Notre Temps.264 RELATIONS etc.Bien considéré et à deux ans de distance, ce manque de dialogue au sein de notre milieu, malgré ce qu\u2019on pourrait apporter pour le justifier dans les circonstances, est inquiétant.Synthèse de la critique L\u2019analyse des articles et comptes rendus demeure très révélatrice; surtout elle permet une synthèse.Sur le traitement accordé aux différents travaux de cette recherche, sur l\u2019insertion de la grève dans le contexte social et sur la valeur historique du chapitre préliminaire de Trudeau apparaît une convergence étonnante de la critique.La conclusion très nette qui se dégage de cette contribution critique est que l\u2019étude de l\u2019histoire de notre pensée sociale depuis cinquante ans et celle du sens de la grève de l\u2019amiante sont à reprendre à pied d\u2019œuvre, les essais de l\u2019ouvrage consacrés à ces points ayant lamentablement échoué.Néanmoins, cette grève de l\u2019amiante demeurant à mon sens, aujourd\u2019hui comme en 1949, « l\u2019un des événements les plus considérables de l\u2019histoire sociale du Canada français », l\u2019étude qu\u2019on en a fait a abouti à former un dossier sans pareil dans notre littérature sociologique, assez pauvre, on le sait.Cette valeur vient des monographies « très méritoires » (Roger Chartier), « qui constituent un apport unique à la littérature canadienne des relations du travail » (C.B.Mac-pherson), « une des pièces maîtresses de l\u2019histoire sociale chez nous » (Raymond Gérin); j\u2019espère que ma contribution (ce Cahier n° 4 de IT.S.P.) aura servi à leur restituer l\u2019importance que leur juxtaposition au texte de Trudeau a pu leur faire perdre dans l\u2019esprit de plusieurs.Orientation des recherches a)\tSur la grève, il reste tellement à dire.Les monographies publiées n\u2019ont donné que la version ouvrière, et encore incomplète, puisque il faudrait reprendre l\u2019histoire même du syndicalisme dans l\u2019industrie de l\u2019amiante, en s\u2019attachant à l\u2019évolution intérieure elle-même, à celle des idées et des sentiments, avec une attention particulière aux influences subies de l\u2019extérieur.L\u2019histoire financière véritable de la Canadian Johns-Man ville, le « géant de l\u2019amiante » et de toute cette industrie, est complètement à refaire; l\u2019étude devrait s\u2019attacher à la situation du marché international, à son évolution depuis la guerre jusqu\u2019à la grève.Un des points les plus obscurs et les plus importants de la conjoncture d\u2019alors me paraît la pensée des dirigeants de la Johns-Manville.Jusqu\u2019à quel degré ces hommes ont-ils prévu, désiré, préparé ou même provoqué l\u2019événement, c\u2019est-à-dire la lutte à finir?Jusqu\u2019à quel point leur conduite a-t-elle été inspirée par la peur du caractère, étrange à leurs yeux, que prenait à ce moment le syndicalisme catholique du Québec?Autre point capital et non abordé: les relations patronales-gouvememen-tales.Mgr Charbonneau a parlé de conspiration.Qui jamais trouvera les éléments de ce dossier ,J\u2019ordonnera et le publiera ?Enfin, le chapitre sur le rôle de l\u2019Église du Québec a indiqué les motifs de son intervention, esquissé l\u2019évolution des démarches et décrit les résultats, mais on n\u2019a pas exposé l\u2019influence multiforme et véritable qu\u2019exercèrent les détenteurs de l\u2019autorité ou d\u2019un mandat ecclésiastiques.b)\tSur notre pensée sociale.Le domaine de notre histoire sociale et économique est entamé; mais on compte sur les doigts de la main les travaux historiques sérieux sur la pensée sociale ou économique du Canada français, ses conditions et son évolution.Quelques éléments de synthèse ont été présentés dans les Essais sur le Québec contemporain; des monographies, parfois schématiques ont paru sur des centres de diffusion, sur les Semaines sociales, ou sur des fondateurs d\u2019œuvres animés par une pensée, comme le commandeur Desjardins.On vient de publier un relevé analytique consi- dérable mais déficient de l\u2019enseignement social des évêques du Canada.Une thèse, plus élaborée que certains travaux antérieurs, sur les origines et les premières années de la C.T.C.C.attend publication.Mais nous sommes loin du compte! Mis à part les travaux d'exploration à entreprendre sur notre préhistoire sociale et sur les précurseurs de notre pensée dans le domaine économique (parmi ces précurseurs, Édouard Montpetit aimait à classer Ërrol Bouchette), combien de recherches se révèlent aujourd\u2019hui nécessaires pour comprendre la conjoncture actuelle! La plus importante m\u2019a toujours paru l\u2019étude de ce mouvement de pensée sociale qui a abouti à l\u2019Action sociale catholique à Québec, au Devoir et à l\u2019École sociale populaire à Montréal.Essor des Caisses populaires, fondation de l\u2019Association catholique de la Jeunesse canadienne-française, lancement des premières retraites fermées collectives, organisation des premiers syndicats ou associations professionnelles d\u2019inspiration chrétienne, etc.Il y a eu, à ce moment, avant et après le Congrès eucharistique de Montréal, un état de grâce social unique que personne n\u2019a intégralement décrit ni expliqué.Un article de la Chronique sociale de France, en son numéro spécial récent sur le Canada français, tentait de cerner les données du problème.L\u2019évolution des idées dans nos classes populaires n\u2019a jamais non plus été abordée.Le mouvement ouvrier s\u2019est toujours exprimé dans ses congrès; personne n\u2019a tenté de dégager les orientations de sa pensée.Autre aspect important, qui reprend de l\u2019actualité et qui n\u2019a jamais fait l\u2019objet d\u2019une recherche: le rapport historique entre les partis politiques et l\u2019organisation syndicale.Le bouleversement subi par notre agriculture de même est un fait.Qui, depuis Léon Gérin, a étudié scientifiquement ce phénomène, par exemple, la naissance et le progrès de l\u2019Union catholique des Cultivateurs (U.C.C.), du mouvement coopératif et de toute la structure actuelle du monde rural québécois ?Si « le monolithisme idéologique » est un mythe, l\u2019École nationaliste ne l\u2019est pas; pour connaître sa doctrine, il faudrait, non seulement examiner livres et brochures, mais encore dépouiller méthodiquement le Devoir, Y Action française et l'Action nationale qui l\u2019a continuée, travail qui amènerait à distinguer les « manières » successives ou orientations diverses qui surgirent selon l\u2019influence marquante des personnalités ou les problèmes à résoudre.La recherche la plus délicate consisterait à saisir en des phénomènes vérifiables l\u2019interaction de la « pensée nationaliste » consciente et du milieu social avec toutes ses structures mentales inconscientes et avec toutes ses institutions établies; une autre, qui apporterait des révélations étonnantes, consisterait à examiner jusqu\u2019à quel point notre pensée sociale a été perméable aux influences extérieures à notre milieu ou s\u2019est organisée en fonction d\u2019une résistance à ces influences.Enfin, quelle a été la doctrine sociale de l\u2019Église, telle qu\u2019exposée chez nous par l\u2019Épiscopat, par chacun des évêques, par le clergé, tant régulier que séculier, par les « autorités sociales » et les groupes sociaux ou institutions d\u2019enseignement qui s\u2019en réclamaient?Quelle est sa valeur, si on la compare à celle qui vient de Rome ou de l\u2019épiscopat étranger, quelle est sa valeur d\u2019incarnation, d\u2019adaptation ou d\u2019opportunité?Peut-on y déceler des courants ou des influences, y découvrir une unité directrice ou en faire une synthèse logique?Toutes questions qui constituent le champ libre de l\u2019investigation scientifique et dont les réponses apporteraient aide substantielle et réconfort puissant.Telles me paraissent les avenues non explorées où la recherche sociale chez nous pourrait s\u2019engager.La contribution de Trudeau à la Grève de l\u2019amiante aura eu du moins ce mérite de provoquer la réflexion et de stimuler au travail.OCTOBRE 1958 265 L\u2019Acelf et la langue parlée C\u2019est Chicoutimi qui a reçu cette année, du 19 au 23 août, les congressistes de l\u2019Association canadienne des Éducateurs de langue française.Les séances, qui se tinrent dans la magnifique salle du Séminaire, furent suivies avec fidélité et attention, ce qui signifie de belles assistances, car il y eut plus de sept cents inscriptions.Si Chicoutimi fut le centre académique du congrès, toute la région cependant voulut être cordiale et le fut avec un brio qui charma tous les délégués.En plus du banquet offert par la cité de Chicoutimi, il y eut des réceptions à Arvida, Kénogami, Jonquière, Port-Alfred et Bagotville, sans compter le tour du lac Saint-Jean accompli par plusieurs congressistes le lendemain du congrès.Ces réceptions manifestèrent à la fois les sentiments d\u2019unité et d\u2019émulation qui existent entre des localités qui apportent chacune un cachet particulier au grand « royaume du Saguenay ».Elles eurent aussi l\u2019indiscutable mérite de créer entre les délégués eux-mêmes et entre les délégués et leurs hôtes beaucoup de cohésion.Le fait a d\u2019autant plus d\u2019importance que les congrès de l\u2019Acelf réunissent des personnes non seulement des multiples paliers de l\u2019enseignement mais aussi des diverses provinces.Cette année encore, le Québec, l\u2019Ontario, l\u2019Ouest et les Maritimes étaient représentés.Il faut souvent peu de chose pour prendre vivement conscience de l\u2019union que crée l\u2019Acelf entre les groupes français du pays.Les quelques mots que prononça avec chaleur à Port-Alfred M.Camille Fournier, de Saint-Boniface (Manitoba), qui passa quarante-sept années de sa vie dans l\u2019enseignement, émurent les délégués plus que ne l\u2019aurait fait une longue dissertation sur la nécessité de relations entre tous les éducateurs canadiens-français du pays.L\u2019originalité et la valeur de l\u2019Acelf viennent précisément de ce qu\u2019elle groupe les éducateurs des divers degrés et des diverses provinces.Pour être de plus en plus en évidence, cette originalité et cette valeur ne sont pas encore suffisamment connues, je crois, surtout peut-être dans la province de Québec.Mais elles iront en s\u2019imposant toujours davantage.Grâce en grande partie aux congrès.Le thème du congrès de cette année fut « La langue parlée ».Le président de l\u2019Acelf, M.Robert Gauthier, directeur de l\u2019Enseignement français en Ontario, songeait depuis longtemps à ce thème dont il aimait à dire et à redire l\u2019extrême nécessité.Les travaux présentés au congrès en explorèrent les nombreux aspects.On se plaît parfois à répéter qu\u2019il y a beaucoup de verbiage dans les congrès et qu\u2019il n\u2019y a guère de réalisations concrètes d\u2019un congrès à l\u2019autre.La part de vérité qu\u2019il peut y avoir dans cette boutade ne doit pas faire oublier l\u2019action, souvent cachée mais efficace, déterminée par certains travaux.Lors de l\u2019assemblée générale qui clôtura le congrès, un éducateur, venu d\u2019un de nos plus anciens collèges classiques, affirma que les travaux \u2014 ils avaient tous été polycopiés et distribués aux congressistes \u2014 seraient utilisés dès cette année dans son collège.J\u2019entendis un principal d\u2019École normale faire la même remarque après la réunion.Un autre éducateur, persuadé de l\u2019utilité des textes présentés au congrès, fit des instances pour s\u2019en procurer trois séries.Les travaux devaient être suivis d\u2019une discussion.Celle-ci fut pratiquement inexistante à cause de la longueur des exposés.Il faut admettre qu\u2019il est difficile, pour ne pas dire impossible, de faire court, si on veut traiter en profondeur -un sujet complexe; de plus, un texte substantiel prolonge davantage l\u2019action et l\u2019efficacité d\u2019un congrès.Par ailleurs, il est également évident que la présentation d\u2019un ensemble de travaux longs et parfois austères peut imprimer à un congrès un caractère de passivité et de monotonie.Pour assurer la participation vivante des congressistes, les confé- fail du mol5 renders responsables des séances consacrées aux échanges de vues devraient se contenter rigoureusement d\u2019un exposé plutôt court: disons de quinze à vingt minutes.Ce qui n\u2019empêcherait pas de distribuer aux congressistes et d\u2019imprimer par après dans le compte rendu du congrès le texte intégral des travaux.Cette manière de faire aurait le double avantage d\u2019assurer une participation plus vivante des congressistes (à supposer que la discussion soit préparée et bien menée), et de prolonger l\u2019action du congrès par la publication intégrale de textes qui constitueraient une petite somme sur le thème étudié.M.Roland Vinette déclara, au cours de la dernière réunion, que le congrès de cette année plus que tous les précédents aura des résultats tangibles, si chacun passe vraiment de la théorie à l\u2019action.«Chacun», ce sont non seulement les éducateurs et les élèves de tous les secteurs de l\u2019enseignement, ce sont tous les Canadiens français qui veulent vraiment que notre groupe représente authentiquement la culture française en Amérique du Nord.Il n\u2019est pas tellement difficile, pour qui le veut, de bien parler.Un effort sérieux, soutenu, passé en habitude a la promesse d\u2019un immense rayonnement.A.Plante.Le cardinal et le komissar Marxiste mais nationaliste, Gomulka, lors de la révolte de Budapest, en 1956, s\u2019élevait contre « l\u2019intervention étrangère dans les affaires intérieures d\u2019un pays quel qu\u2019il soit, parce que ces affaires doivent être réglées par le peuple et la classe ouvrière »; et la radio de Budapest (24 nov.) s\u2019enhardissait jusqu\u2019à traiter de « crime contre la Hongrie » l\u2019intervention des armées rouges.Depuis, Gomulka a changé de registre.A Gdanz, le 28 juin dernier, il déclarait « contre-révolutionnaire » le soulèvement de la Hongrie, et légitime, l\u2019exécution de Nagy et de Maleter.Ce revirement présage de nouveaux malheurs pour l\u2019Église.Au lendemain du soulèvement de Poznan (juin 1956), par centaines et centaines de milliers, les Polonais étaient venus à Czestochowa, implorer l\u2019intercession de Notre-Dame.Autour du trône, resté vide, du primat de Pologne, ce fut, dans la prière, une des plus grandes protestations morales de l\u2019histoire.Gomulka, lui-même ancien prisonnier de Staline, libéra le cardinal dont l\u2019autorité spirituelle allait réussir à freiner l\u2019indignation populaire, évitant ainsi à Varsovie le sort de Budapest, écrasé impitoyablement.Le cardinal et Gomulka s\u2019entendirent sur une sorte de modus vivendi: l\u2019enseignement religieux fut rétabli dans les écoles, açrès les heures ordinaires de classe; les décrets par lesquels l\u2019État s\u2019arrogeait le droit de contrôler et d\u2019interdire les nominations ecclésiastiques, furent révoqués; les évêques et les prêtres, éloignés de leurs sièges ou de leurs cures, purent reprendre leurs postes; un certain nombre de publications catholiques purent renaître, et les pèlerinages monter toujours vers la Vierge noire de Czestochowa.En novembre RELATIONS 1957, 4,000 avocats s\u2019y rendaient pour entendre le cardinal; en mai de cette année, 8,000 étudiants venaient; puis, une autre fois, 11,000 instituteurs.C\u2019était décidément trop de prières.La presse accuse, maintenant, le cardinal de s\u2019être raidi après son voyage à Rome en mai et juin 1957, et « de ne pas s\u2019opposer au déchaînement de fanatisme clérical qui se manifeste dangereusement en Pologne ».Le 21 juillet dernier, la police effectua une descente à Czestochowa.Le lendemain de cette profanation, anniversaire de la proclamation de la « république populaire » en Pologne et « fête nationale », Izvestia, organe du gouvernement de l\u2019U.R.S.S., consacrait un numéro spécial à la Pologne: fait exceptionnel, l\u2019éditorial était signé Gomulka: « La pierre d\u2019angle de notre politique est l\u2019internationale prolétarienne, écrivait-il.Les idées du marxisme-léninisme éclairent la voie de notre parti.De ces sources jaillit l\u2019amitié qui unit la Pologne populaire et l\u2019Union soviétique.» Ce n\u2019est pas le langage que tenait Gomulka en novembre 1956.D\u2019ailleurs, la presse soviétique ne lui ouvrait pas alors ces colonnes.Le révisionnisme ayant été déclaré dans le communiqué conjoint de Krouchtchev et de Mao Tsé-tong « le plus grand danger du communisme » contre lequel il faut mener une « lutte implacable », le komissar s\u2019est aligné, si dure que dut être pour lui la décision.L.d\u2019Apollonia.M.Diefenbaker et les droits du français Il n\u2019est pas trop tard pour souligner l\u2019importante déclaration faite à la Chambre des Communes par le premier ministre, M.Diefenbaker, lors de l\u2019adoption du système de traduction simultanée des débats (11 août).C\u2019est un fait généralement admis, déclara-t-il en présentant la motion, que notre assemblée « est, aux termes de notre constitution, absolument bilingue ».Par conséquent, rien ne s\u2019oppose à l\u2019adoption d\u2019un système de traduction simultanée; bien plus, on aurait dû y procéder depuis longtemps, car le nouveau système, non seulement « signifiera la reconnaissance tardive de l\u2019égalité des deux langues principales du pays », mais encore permettra à tous les députés de se faire comprendre de leurs collègues, quelle que soit la langue dans laquelle ils s\u2019expriment.Puis, en un langage vigoureux dont les nuances et les subtilités sont sans doute plus faciles à saisir dans le texte original que dans la version française des Débats que nous citons, le premier ministre poursuivit: La motion à l\u2019étude représente la reconnaissance tardive de fait que, sous notre constitution, ce droit fondamental a été assuré et sera respecté comme partie intégrante de notre liberté constitutionnelle et qu\u2019il sera jugé immuable et inchangé.C\u2019est là, je crois, l\u2019essence même du maintien de l\u2019unité dans notre pays.En somme, la Confédération est le fruit de l\u2019association des Canadiens d\u2019origine française et d\u2019origine britannique.Pour cette raison, nous devrions tout faire et tout mettre en œuvre pour assurer le maintien de ces droits constitutionnels fondamentaux, ainsi que l\u2019égalité de ces droits linguistiques.Par conséquent,.je propose cette mesure à la Chambre afin que, par son adoption, nous OCTOBRE 1958 puissions ainsi symboliser de façon concrète les dispositions constitutionnelles de l\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord et leur conférer ainsi, dans cette enceinte, l\u2019autorité parlementaire.Cette déclaration ressemble à celle que fit Sir John A.Macdonald en 1890 sur l\u2019égalité des deux races; elle revêt d\u2019autant plus d\u2019importance qu\u2019elle émane d\u2019un premier ministre canadien dont les origines et la culture ne sont pas françaises, et que son passé met à l\u2019abri de tout soupçon de favoritisme à l\u2019égard de l\u2019élément français.Par deux fois sur ses lèvres, revient l\u2019expression « reconnaissance tardive ».Le français aura dû en effet attendre plus de 90 ans avant de recevoir dans les débats de la Chambre le même traitement que l\u2019anglais! A ce sujet, il est bien permis de nous demander combien de temps il faudra encore pour qu\u2019on rende au français pareille justice dans tous les services fédéraux.S\u2019il y a, au dire de M.Diefenbaker, devoir de « tout mettre en oeuvre pour assurer.l\u2019égalité de ces droits linguistiques », que ne nous donne-t-il enfin ces chèques bilingues que nous réclamons depuis tant d\u2019années, sans ajourner davantage cette autre « reconnaissance tardive » des droits du français! Engagé en cette voie qui l\u2019a conduit à reconnaître que « la Confédération est le fruit de l\u2019association des Canadiens d\u2019origine française et d\u2019origine britannique », n\u2019admettra-t-il pas aussi que le Canada, pays bilingue, est aussi pays à double culture?Il est bien de reconnaître au Canada les droits de la langue française; mais il serait mieux de reconnaître aussi les droits de la culture canadienne-française à vivre, à se développer, à s\u2019exprimer en des institutions propres, à se créer un milieu imprégné de son esprit, à posséder les ressources financières nécessaires à son expansion.Ce ne serait pourtant que simple justice à l\u2019égard d\u2019un des deux associés de la Confédération canadienne.Le gouvernement Diefenbaker ira-t-il jusque-là?ira-t-il jusqu\u2019à reconnaître d\u2019une façon concrète et pratique, particulièrement dans sa législation sociale et dans sa politique éducationnelle, ces droits de la culture canadienne-française ?Il faut l\u2019espérer pour le bien même de notre pays.R.Arès.Oeillères et santé de l\u2019esprit Les inepties, solennelles ou naïves, que prononcent, à l\u2019occasion de congrès divers, les personnages non moins divers de notre temps ne mériteraient pas une seconde d\u2019attention n\u2019était la publicité que, forcément, la presse leur accorde.Heureusement, publicité n\u2019implique pas toujours approbation.N\u2019empêche que, dans certains cas, la nature des propos débités, la réputation ou le titre des discoureurs appellent jugement ou mise au point.C\u2019est bien ce que provoquaient les ineffabilités servies à Montréal par la présidente de la Fédération internationale des Femmes universitaires; or, le correctif, à ma connaissance du moins, n\u2019est pas venu de qui on devait l\u2019attendre: des femmes universitaires elles-mêmes (ignorance ?paresse ?complicité?), mais de l'Action catholique (Québec, 18 août, p.4), du Droit (Ottawa, 12 août, p.2) et du Devoir (Montréal, 13 sept., p.13).Que prétend Mlle la Présidente?Pour être en santé intellectuelle, une nation doit tolérer toutes les œuvres littéraires, qu\u2019elles soient chrétiennes, existentialistes ou communistes.L\u2019inspiration chrétienne, l\u2019inspiration existentialiste, l\u2019inspiration communiste semblent être les trois tendances dans les œuvres d\u2019aujourd\u2019hui.Ne portez pas de jugement après avoir lu les œuvres d\u2019une seule école.{La Presse, 13 août, p.18; le Devoir, 16 août, p.7.) D\u2019après le Soleil (Québec, 14 août, p.32), Mlle Jeanne Chaton aurait, de la sorte, protesté « contre les œillères en matière de lecture ».Dommage pour le reporter qui a coiffé 266 267 son poulet de ce chapeau impertinent, car S.Êm.le cardinal Léger, parlant avant Mlle Chaton, avait déconseillé aux femmes universitaires de lire certains écrivains de notre siècle, qui « remplacent les véritables valeurs par la sexualité et le cynisme » et dont la doctrine peut réduire à l\u2019esclavage ceux qui s\u2019en nourrissent.S\u2019il y avait à choisir entre les œillères et l\u2019esclavage, le bon sens n\u2019hésiterait pas.On lutte volontiers contre celui-ci; on ne peut se passer de celles-là: elles servent très positivement à maintenir le coursier dans la bonne voie, en l\u2019écartant des fondrières et des fossés, en lui épargnant les mirages d\u2019un horizon peut-être élargi, mais propre à l\u2019effaroucher ou à l\u2019attirer hors du droit chemin.Hommes de bureau, étudiants, liseurs concentrés portent souvent une visière ou abat-jour, dont l\u2019effet, apparenté à celui des œillères, consiste à diminuer le risque de dispersion ou d\u2019éblouissement.Pourquoi ce mépris pour les œillères, invention (comme les garde-fous) des gens sensés?Le mot vous déplaît ?Retenez la chose, capitale « en matière de lecture », pour parler comme le reporter du Soleil.Voyons un peu.La jeunesse, même universitaire, parce qu\u2019elle est encore en formation, a besoin qu\u2019on lui montre les sentiers de la vérité.Car la Vérité existe, mademoiselle.C\u2019est une Personne, et elle n\u2019a élu domicile ni dans les caves existentialistes, ni dans les cellules communistes.Que, dans ces asiles contemporains de l\u2019angoisse et de la révolte, on puisse rencontrer des esprits sincèrement avides de lumière et de paix, c\u2019est certain.Que l\u2019expression de leur quête fébrile d\u2019une solution aux problèmes humains soit, occasionnellement, de nature à faire réfléchir les possesseurs tranquilles de la clarté, d\u2019accord.Et, précisément, dans l\u2019étude de la Vérité faite par ceux qui ont la joie de la connaître et d\u2019en vivre, on ne craint pas d\u2019affronter les aberrations des esprits privés de normes (ou d\u2019œillères), inquiets et incertains dans leur liberté, comme dirait joliment Mlle Chaton.Mais, n\u2019en déplaise à Mlle la Présidente, on juge alors erreurs et incertitudes; selon le conseil de saint Paul, on s\u2019intéresse à tout pour tout juger, à la lumière infaillible du Maître de la Vérité.Ne pas juger, ce serait renier le Christ et se renier soi-même, puisqu\u2019on est du Christ et qu\u2019on prolonge son œuvre de vérité et de rédemption ici-bas.Qui soutiendra que la jeunesse, même universitaire, peut se passer en cela de maîtres et de guides ?Et parmi les diplômés de nos universités, combien demeurent suffisamment en contact avec les sources profondes (philosophiques et surtout théologiques) de la vraie doctrine pour se croire capables de discerner et d\u2019exorciser à coup sûr les subtils mensonges de tant d\u2019œuvres contemporaines?Des spécialistes eux-mêmes n\u2019échappent pas à tous les pièges de l\u2019erreur.Qu\u2019on réfléchisse à la condamnation récente de quatre ouvrages de l\u2019abbé Henry Duméry, l\u2019un des esprits les plus pénétrants de cette génération, et à la mise en garde concernant l\u2019œuvre du P.Teilhard de Chardin.Quel prêtre ne reçoit en secret des aveux qui attestent le bouleversement intellectuel ou moral dont sont victimes les jeunes et les moins jeunes auquels on a permis, sans discernement, des lectures sophistiques ou désespérées! Et s\u2019il n\u2019y avait que des faussetés spéculatives dans les produits du marxisme et de l\u2019existentialisme.Contre leur cynisme et leur exaltation morbide de la sexualité, une élémentaire prudence dressera même les plus rassis de nos savants.Ceux-là, d\u2019ailleurs, à moins d\u2019être forcés d\u2019étudier les demi-dieux du jour, gonflés par l\u2019opinion, et de vérifier leur inexistence, fût-ce en les perçant d'un coup de plume (voir André Blanchet, S.J., Études, nov.1956, p.255), consacrent leurs efforts à l\u2019approfondissement de la vérité, à la recherche des formules les plus propres à en diffuser la lumière.Comme le sculpteur Henri Charlier {le Martyre de l\u2019art, p.48), ils souffrent d\u2019avoir à gaspiller du temps dans des réfutations ou des redressements qui ou bien arrivent trop tard ou bien n\u2019atteignent pas ceux qui devraient en profiter.On ne préserve pas la santé de son corps en absorbant un aliment dont on a raison de suspecter la qualité.Pour la santé de l\u2019esprit, ruineux est le libéralisme adolescent qu\u2019on nous suggère.Mais il est de mode, actuellement, d\u2019estimer adultes les frémissements épidermiques d\u2019une sensibilité frustrée.Plus sûre est la parole de sagesse que le Pape vient d\u2019adresser aux universitaires catholiques de Pax Romana, en congrès à Vienne.Il leur recommande de « proclamer les véritables libertés de l\u2019esprit et d\u2019en assurer la protection contre toutes les formes abusives de pressions politiques, sociales ou philosophiques ».L\u2019Église, ajoute-t-il, non seulement « revendique le droit de connaître et de répandre ce qui est vrai », mais encore elle garde ses fils des abus de la liberté et des égarements de la pensée, à la condition qu\u2019on pratique une « filiale obéissance » envers son magistère de vérité {le Devoir, 6 sept., pp.4, 5).Ce n\u2019est pas en se brouillant la vue qu\u2019on a chance de mieux voir.Et ce n\u2019est pas aux fils des ténèbres que les fils de lumière iront demander le chemin du salut.J.d\u2019Anjou.Langue parlée, langue écrite L\u2019an dernier, le Conseil de la Vie française, par son congrès tenu à Québec, chercha le moyen de refranciser notre milieu (voir Relations, août 1957, p.213).Cette année, l\u2019Association canadienne des Éducateurs de langue française (Acelf) aborda exclusivement, dans son congrès de Chicoutimi, le problème de notre langue parlée.Les journaux ont fort bien commenté les travaux du congrès; le P.Plante rapporte ici (p.266) quelques détails relatifs à l\u2019organisation de ces assises nationales.A titre de complément, je voudrais formuler deux remarques inspirées par une des résolutions du congrès et par une question d\u2019un journaliste.1.Le congrès de l\u2019Acelf réclame de notre gouvernement québécois (ce n\u2019est pas la première fois) la création d\u2019un office provincial de linguistique dont la fonction serait a) de veiller à l\u2019épuration et à la protection de notre français parlé et écrit, b) d\u2019exercer un contrôle efficace sur la publicité française, c) « d\u2019établir les normes auxquelles devraient se conformer les communiqués officiels de tout organisme gouvernemental de la province de Québec ».Ne serait-ce pas au département de l\u2019Instruction publique, organisme vraiment représentatif de la culture française au Québec et muni d\u2019une certaine autorité, qu\u2019il appartient de procéder à la formation de cette office et de presser sa mise en marche ?Pour agir sur le département lui-même, il y a le Conseil de la Vie française, l\u2019Acelf et tous les professeurs qui n\u2019ont pas renoncé à promouvoir la cause du français dans les écoles et ailleurs.Il faut bien admettre que notre corps enseignant (masculin et féminin), à tous les degrés (primaire, secondaire, universitaire), ne montre pas le dynamisme et l\u2019intransigeance que supposent les convictions exprimées au congrès de Chicoutimi.Qu\u2019à cela on puisse fournir de bonnes excuses, il convient de le rappeler.D\u2019autre part, tant que l\u2019enseignement ne comptera pas un nombre suffisant de spécialistes en matière de langage (prononciation, grammaire, stylistique), tant qu\u2019on n\u2019aura pas déterminé avec une certaine férocité que, pour être professeur dans nos écoles, collèges et universités, il faut un niveau élevé de compétence linguistique, c\u2019est en vain qu\u2019on multipliera congrès et résolutions.Dans le Droit (4 sept., p.2), M.Camille L\u2019Heureux bataille avec ardeur pour qu\u2019on embrigade tout le monde dans la croisade en faveur de la langue.Je l\u2019admire; mais croit-il que les parents de nos élèves marcheront si les maîtres piétinent ?268 RELATIONS Il est malheureusement à craindre que la majorité des nôtres ne se décernent d\u2019emblée des diplômes de compétence avant toute étude spécialisée.Comment sortir alors de la barbarie relative qui affecte notre parler?Il faudrait que tous ceux qui ont le devoir de restaurer la pureté de la langue française chez nous prennent conscience de leur propre insuffisance en matière de langage.Comme nous sommes loin de pouvoir applaudir pareil effort! Vous causez avec un homme, une femme de solide instruction, avec un professeur, un ecclésiastique; vous prônez la nécessité d\u2019une réforme de notre parlure; vous soulignez quelques défauts, soit de prononciation (nasillement, imprécision des voyelles), soit de vocabulaire ou de syntaxe (anglicismes, tournures indues ou inachevées : peu de gens achèvent correctement leurs phrases), et neuf fois sur dix, votre interlocuteur vous approuve chaudement, ajoute à vos doléances.et commet, ce faisant, le plus candidement du monde, l\u2019une ou l\u2019autre des fautes que vous venez de condamner.Notre inconscience, voilà, si je ne me trompe, la racine du mal.C\u2019est pourquoi je réclame des spécialistes authentiques.Qu\u2019on les prépare ou qu\u2019on les importe; qu\u2019on les charge de former et de réformer d\u2019abord nos professeurs; que ceux-ci acceptent et observent, sous peine de perdre leur emploi, les exigences que les spécialistes établiront.Alors seulement, on aura le courage et le droit de se montrer rigoureux à l\u2019égard des élèves, à tous les degrés.Aussi longtemps que les promoteurs du bon parler français baragouineront une langue empâtée, indécise et incorrecte, sans reconnaître le besoin qu\u2019ils ont, les premiers, de réforme ou du moins de correction, je considère qu\u2019on bat le vent inutilement.Un nombre encourageant de nos annonceurs de la radio et de la télévision prononcent le français à la perfection; quelques-uns (ce n\u2019est pas la majorité) sont même capables d\u2019improviser le développement d\u2019une idée, la description d\u2019un fait dans une langue tout à fait correcte et parfois élégante.On ne voit pas l\u2019ar- gument qui excuserait les professeurs de nos élèves de ne pouvoir en faire autant.2.Dans un excellent éditorial (Montréal, 23 août, p.4), le directeur du Devoir, commentant le congrès de l\u2019Acelf, demande: Qui verra à donner suite aux conclusions du congrès, à les faire passer dans la vie de tous les jours, à les introduire à l\u2019école primaire, dans les collèges, a l\u2019usine, au bureau, dans les journaux ?Dans les journaux?Mais les directeurs, j\u2019imagine, par eux-mêmes ou par les correcteurs compétents que les quotidiens se doivent d\u2019embaucher.Cela s\u2019applique davantage encore aux hebdomadaires et aux revues mensuelles: échappant à la bousculade de l\u2019édition quotidienne, ils peuvent à loisir reviser leurs textes et en effacer négligences et incorrections.Ce qui me plaît dans la question de M.Filion, c\u2019est qu\u2019elle implique l\u2019admission d\u2019une influence de la langue écrite sur la langue parlée.Il s\u2019accorde en cela avec l\u2019Acelf et M.L\u2019Heureux {le Droit, 8 sept., p.2).Raison de plus pour que revues et journaux dévoués à la cause de la langue française s\u2019assurent les services d\u2019un correcteur expert.A en juger par les fautes, graves et légères, que les moins imparfaites de nos publications tolèrent contre Sa Majesté la Langue française, les correcteurs compétents ne pullulent pas chez nous.On ne se console pas à la pensée que la France souffre du même mal.Pourrait-on espérer qu\u2019en dépistant fautes et distractions dans nos livres, revues et journaux, on aiderait la langue écrite à s\u2019amender?Nous tenterons l\u2019expérience.A partir du mois prochain, nous relèverons certaines incongruités de notre français imprimé.Il va de soi que notre revue accepte d\u2019avance les améliorations qu\u2019on voudra lui proposer.J.d\u2019Anjou.LE CONGRES DE SPIRITUALITÉ DE NICOLET Georges RO BIT AILLE, S.J.LES MILLE CONGRESSISTES qui, après la messe pon-j tificale, se dispersaient au soir du 22 août, se félicitaient d\u2019avoir vécu des journées réussies qui auraient un lendemain.Selon l\u2019expression d\u2019une congréganiste, nous y avions baigné « dans un climat de chrétienté » ; clercs et laïcs avaient fraternisé dans la plus franche collaboration, en leurs exposés, aux carrefours, à la cafeteria.Plus de 900 congressistes inscrits, dont un bon tiers de laïcs, auxquels se joignirent, en plus de 400 religieuses de Nicolet, de nombreux participants occasionnels, parmi lesquels il nous plaît de mentionner LL.EE.NN.SS.G.Cabana, A.Douville, M.Lajeunesse, O.M.I., et G.-L.Pelletier.« Climat de chrétienté » surtout, créé par la participation aux prières communautaires de toutes formes, qui nous unissaient dans la louange chorale des petites heures psalmodiées et chantées en français, dans le silence du quart d\u2019heure d\u2019oraison, autour de l\u2019autel enfin, pour la messe de groupe qui s\u2019ajoutait pour la plupart à une messe matinale, et au dernier jour, pour la pontificale célébrée face au peuple par S.Exc.Mgr Albertus Martin, en sa cathédrale provisoire.Grâce à la maîtrise du P.Gaston Fontaine, C.R.I.C., chargé d\u2019en diriger l\u2019exécution, nous avons comme refait nos expériences de prières bien faites, d\u2019office bien récité, de messes vivantes.Jusqu\u2019au Dominus vobiscum qui, chanté en français, aura retrouvé pour la plupart un élan insoupçonné.Le Congrès s\u2019est donné ainsi son climat authentique; celui d\u2019une recherche de la prière dans la sincérité.La prière en notre chrétienté Nous venions, selon le mot du P.Dominique-de-Saint-Joseph, O.C.D., à la réunion d\u2019ouverture, juger notre prière et l\u2019améliorer.Des exposés excellents (qui seront recueillis en volume) et des carrefours frayèrent la route.Leur mérite, d\u2019abord, fut de nous centrer sur de grandes unités de notre chrétienté, sur des types représentatifs: prière des tout-petits, prière de la famille, prière de la paroisse ouvrière, prière sur les ondes, prière des apôtres de grande classe que forment les congrégations mariales, dans l\u2019esprit de la constitution Bis saeculari.L\u2019exposé de Sœur Saint-Jean-Baptiste sur la prière que font les tout-petits de leur naissance à la septième année enchanta, par la finesse des observations, le charme des anecdotes, la sûreté d\u2019un regard merveilleusement accordé au cœur des petits.Nous redécouvrions la grâce faite jusqu\u2019ici à notre peuple de s\u2019éveiller dans un foyer qui prie dans le silence et le respect.Ces valeurs sont aujourd\u2019hui compromises: « le plus grave handicap de notre monde est de négliger les valeurs de silence et de respect, essentielles à la prière ».Comment ne pas souhaiter, en faveur des mamans de nos petits, la plus large diffusion par la radio et la télévision de cette initiation magistrale de portée souveraine, puisque nos tout-petits, dans leur innocence, accèdent beaucoup plus tôt que nous ne le croyons à la prière parfaite ?M.Benoît Baril et le P.Émile Legault, C.S.C., présentèrent de façon profonde et brillante les conditions actuelles OCTOBRE 1958 269 de la prière de la famille.Les époux d\u2019aujourd\u2019hui entendent leur vocation à la sainteté; en vertu du sacrement qui a consacré leur union, ils doivent rendre témoignage au Christ et à l\u2019Église; ils aspirent à collaborer avec les prêtres et les religieux comme des adultes à l\u2019édification de l\u2019Église.C\u2019est jusque-là que leur prière doit se déployer.La famille, selon le mot de saint^Jean Chrysostome repris par le P.Legault, est une petite Église.Au père d\u2019y présider à la prière, d\u2019en assurer l\u2019intérêt renouvelé en puisant dans la Bible ou dans la messe du lendemain.Souhait louable, certes, qu\u2019il ne faut pas, croyons-nous, trop presser; car combien sont initiés à la Bible ?surtout, notre bon vieux chapelet, comme nous l\u2019a démontré au pèlerinage du dernier jour le P.Fontaine, s\u2019il est récité avec dignité et lenteur, nourri d\u2019une courte méditation reprise de l\u2019Évangile, garde toujours sa fraîcheur.Le rapport de M.le chanoine Laforest, sur sa paroisse ouvrière \u2014 Saint-Simon-de-Drummond \u2014 fut, par l\u2019intérêt qu\u2019il suscita, un des sommets du congrès.Monsieur Laforest connaît à fond la paroisse qu\u2019il a fondée, il y a 22 ans; paroisse privilégiée à plusieurs titres: 60% de propriétaires, 4384 âmes, 855 familles, dont 24 protestantes; l\u2019instruction confiée à des religieux et religieuses; 164,000 communions l\u2019an dernier, soit 43 par communiant.Une enquête formulée en plus de 25 questions y fut menée récemment de façon rapide et discrète dans toutes les familles sur la prière: prie-t-on?sous quelle for me?aime-t-on la prière?Même pour le curé qui la dirige, les résultats furent bouleversants.400 familles feraient une paroisse modèle; 200 suivent le courant; 200 autres sont plus que médiocres.Sans doute, la condition de l\u2019ouvrier rend difficile sa prière: vie trépidante et tapageuse, au milieu des machines, vraie course à la fatigue; soucis de tous genres: les deux bouts à joindre, la santé, les enfants, les travaux du foyer; l\u2019ambiance païenne qui sollicite de toute part; la télévision qui fait veiller et, parfois, empoisonne.Avec cela qu\u2019ils ne savent pas prier : « Nous souffrons d\u2019un manque de formation pour bien participer à la messe, pour y voir autre chose qu\u2019une pratique comme les autres ».La routine s\u2019installe dans la réception des sacrements, dans la récitation du chapelet, partout.Certains s\u2019élèvent au delà de la prière de demande, s\u2019appuient vraiment sur Dieu, rayonnent une vie apostolique.D\u2019autres sont fidèles aux formes extérieures et concilient difficilement foi et pratique; ils suivent le courant, vont à la messe mais n\u2019y comprennent quasi rien.D\u2019autres enfin, ne savent plus prier.Le plus angoissant est que « nos jeunes de dix-sept à vingt-cinq ans sont en train de perdre la foi ».Ce rapport sera à méditer car par lui, notre monde ouvrier, celui d\u2019aujourd\u2019hui et surtout celui de demain, croyons-nous, se découvre.Il faut regarder la réalité en face; il faut, notamment, rapprendre à nos ouvriers à prier, à comprendre la sainte messe et à s\u2019y unir au Christ qui s\u2019offre avec eux et pour eux.Us doivent prier de façon personnelle, comme des hommes.Le monde moderne et la prière Un second groupe d\u2019exposés, nous présenta la prière et ses conditions actuelles dans une perspective d\u2019ensemble renouvelée, renouvelée par le regard du philosophe (Gustave Thibon) et du sociologue (Fernand Dumont).M.Gustave Thibon s\u2019est acquis chez nous des amitiés solides et enthousiastes.L\u2019affluence le deuxième jour grossit sensiblement.Lorsqu\u2019il parut à la table des conférenciers, la fatigue des vingt heures de retard d\u2019avion n\u2019y paraissait plus; c\u2019était bien sa manière torrentueuse, profonde, pailletée d\u2019anecdotes pittoresques et joyeuses, la verve du conteur au service d\u2019une pensée opulente qui embrasse le monde et l\u2019intègre.« Homme moderne, pries-tu ?» De moins en moins hélas! car ce lui semble de moins en moins utile et de plus en plus difficile! A quoi bon prier depuis que nous maîtrisons les causes secondes?Un paratonnerre vaut mieux contre la foudre qu\u2019une prière! Au reste, il y faudrait le silence, le recueillement que nous avons bannis, et la vitesse, ennemie souvent de la dignité et de la liberté, nous emporte.Pourtant, l\u2019homme moderne demeure la créature de Dieu, son enfant choyé; il doit aller à lui, participer à sa vie, s\u2019identifier à lui: prier demeure l\u2019acte essentiel de son être.L\u2019homme a donc beau étendre ici-bas ses conquêtes, il doit les maîtriser; surtout, le mystère de Dieu reste entier et c\u2019est là l\u2019objet essentiel de la prière.Nous avons faim de Dieu et ce Dieu, nous ne pouvons que l\u2019implorer et le recevoir dans le plus amoureux respect.Par la prière qui nous donne Dieu, nous atteignons notre valeur définitive.La conférence de M.Thibon, son témoignage émouvant furent des moments de joie de rare qualité.La méthode sociologique, dont M.Fernand Dumont, nous présenta de façon fort juste l\u2019application à la prière, aboutit à la même conclusion.Société rurale et société urbaine ou industrialisée ont sur la prière de tout autres incidences.Nous en faisons la difficile expérience, comme le révélait l\u2019enquête de Saint-Simon-de-Drummond.Nous ne vaincrons qu\u2019à force de lucidité, notre prière personnelle sera le principe de notre unité.Retour aux sources Enfin, trois études splendides nous conduisirent aux sources par excellence de la prière: la Bible, la liturgie et la théologie de la prière elle-même.Le P.Cantius Matu-ra, O.F.M., est sans doute un familier, un amoureux de la Bible, pour nous l\u2019avoir présentée avec tant de lucide ferveur.Reprenant la profonde analogie découverte par les Pères entre la Parole de Dieu et l\u2019Humanité du Verbe, il nous rappelait que dans l\u2019une comme dans l\u2019autre humanité et divinité sont inséparables; l\u2019aspect humain comme l\u2019aspect divin de la Parole de Dieu appelle notre étude diligente.Incorporée au tissu même de la vie du peuple à travers lequel Dieu vient à nous, elle nous déroute, elle nous perd salutairement, en nous découvrant les voies de Dieu, en nous apprenant à tout voir en lui et lui en toutes choses.Elle brille comme une lampe dans le temple.Si la prière est la rencontre de Dieu, sa Parole en notre âme est déjà sa présence prête à se déclarer, l\u2019amorce brûlante du dialogue sacré.La Bible est le livre de l\u2019Église et par elle et en elle seulement, nous en avons l\u2019intelligence.S\u2019il y faut de grands efforts, accessibles, au dire du P.Matura, à une culture moyenne, songeons au fruit qui nous attend: « Notre faim, notre soif seront rassasiés et notre cœur deviendra tout chaud comme celui des disciples d\u2019Emmaüs, lorsque le Christ leur expliquait les Écritures.» Peut-être eût-il convenu, pour la consolation des arriérés ou des retardataires que nous sommes quasi tous en études scripturaires, de souligner l\u2019importance singulière du Nouveau Testament que le Verbe en personne remplit de sa lumière ?L\u2019exposé du P.Gaston Fontaine sur la liturgie couronnait d\u2019excellente manière les expériences de prière communautaire qu\u2019il avait brillamment dirigées.La liturgie, nous disait-il, n\u2019est pas la source unique de la prière mais la plus indispensable.Ses modes d\u2019expression majeurs ne sont-ils pas la messe, les sacrements, l\u2019office divin ?Elle est la prière de la grande famille de Dieu, mûrie au souffle de l\u2019Esprit; elle prolonge de façon authentique la prière même du Christ, celle qu\u2019en son sacrifice, sur la croix, il inaugura.Nous avons donc singulièrement à soigner notre participation à la messe, la participation intérieure et la participation extérieure.270 RELATIONS Quant à l\u2019office divin, les expériences du congrès devraient ouvrir la voie à des rajeunissements, à des utilisations diligentes de cette prière hors pair, préparée par l\u2019Esprit comme un miel des cieux.La théologie proprement dite de la prière devait avoir son mot; le R.P.Louis-de-Sainte-Thérèse, O.C.D., le formula avec un rare bonheur.Il dégagea les conclusions du congrès puis, dans une sorte de montée du Carmel, nous découvrit une à une en nous les sources profondes de la prière.Nous prions avec notre corps, par le silence, le recueillement, notre maintien, nos gestes, nos paroles; par notre âme, plus encore, soit qu\u2019elle imagine, ou qu\u2019elle pense.Par les vertus théologales mises en nous par le baptême, et sur lesquelles nous gardons l\u2019initiative, notre prière accède au plan de Dieu même; plus profondes cependant et plus jaillissantes encore sont en nous les sources de la prière déposées par des « dons » que l\u2019Esprit seul peut libérer, épanouir à leur capacité, suscitant en nous les gémissements ineffables qui traduisent comme il convient notre adoration, notre louange, notre action de grâces, nos regrets, nos demandes, surtout l\u2019amour de notre Père des cieux.Nous retiendrons les conclusions générales que dégageait du congrès le R.P.Louis-de-Sainte-Thérèse: La science de la prière doit s\u2019apprendre tout le long de la vie et un signe que notre prière est authentique est le désir à ce propos d\u2019être enseigné.La crise que traverse notre prière ne se dénouera dans la lumière que si nous interrogeons l\u2019Église.Écoutons sa sagesse maternelle; elle nous apprend au nom du Christ, à prier; elle nous propose des voies multiples et sûres: la Bible, la liturgie, les enseignements des Pères, des docteurs, les formules éprouvées par une longue tradition.Elle ne nous oblige pas à les prendre toutes.Respectueuse de l\u2019Esprit et de sa liberté, elle garde l\u2019ancien comme le nouveau, s\u2019ils sont vraie prière; elle demande à tous d\u2019être accueillants, comme elle, à toute prière vivante, que l\u2019écorce soit fine et tendre comme sur la pousse de l\u2019année ou durcie par les ans.En cette note d\u2019un timbre si juste, entendue au terme de cette enquête sur la prière, il nous plaisait reconnaître la sagesse LE THÉÂTRE du Carmel, maître incontesté ès choses de la prière, guide de tout repos pour l\u2019étape qui nous attend.Les exposés complémentaires sur l\u2019art au service de la liturgie (M.Guy Viau), sur le chant grégorien (Dom Lemieux, O.S.B.) furent de même qualité, ainsi que les récitals bibliques émouvants exécutés par M.René Salvador Catta.Le congrès de Nicolet aura donc été une réussite par l\u2019affluence et la diversité des participants, par la haute tenue des travaux d\u2019une belle sincérité, par la mise en œuvre des modes de prière traditionnels comme des apports d\u2019une pastorale récente.Peut-être pouvait-on souhaiter pour l\u2019heureux renouvellement dans la paix des âmes priantes, un effort de synthèse et d\u2019intégration plus poussé qui sauvât de notre héritage religieux tout ce qui le mérite, dans l\u2019esprit de l\u2019exposé du R.P.Louis-de-Sainte-Thérèse ?Une crise sérieuse, grave, éprouve notre vie spirituelle et conséquemment notre vie de prière.« Nos jeunes de dix-sept à vingt-cinq ans sont en train de perdre la foi.» Par contre des générosités exemplaires mûrissent en tous milieux.Nous avons à prévoir un dur labeur pour nous rendre familières la Bible et la liturgie, pour repenser l\u2019assistance à la messe, l\u2019offrande du matin, la récitation du chapelet, l\u2019oraison; surtout, selon l\u2019observation du P.Ludger Brien, S.J., « nous avons à déposer toute pusillanimité pour porter sur nous-mêmes un regard très exigeant et espérer des autres tout ce qu\u2019ils peuvent donner ».Sur tous ces points le congrès de Nicolet nous a éclairés et stimulés.Comment n\u2019en point féliciter et remercier les Pères Carmes qui en furent les maîtres ouvriers?Comment oublier enfin, celui qui, il y a deux ans, les accueillait en son diocèse et leur confiait entre autres cette tâche de haute portée ?Il revenait bien à Mgr Al-bertus Martin de présider les assises de ce congrès et d\u2019y prononcer, en son homélie de la messe pontificale, la parole fondamentale de l\u2019Église sur la prière ici-bas: unie au fiat de Notre-Dame au pied de la croix, unie elle-même au consummation est de son Fils expirant, la prière est l\u2019hommage au Père pour que son Nom soit sanctifié et que sa volonté sainte s\u2019accomplisse.LA SCENE OU LE STUDIO?Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.IL SEMBLE qu\u2019il y ait un boutiquier dans tout organisateur de spectacles.Comme un marchand bien avisé, il profite à plein de la vogue d\u2019une marchandise; il en fait valoir toutes les qualités aux chalands qui ne demandent pas mieux que de le croire.D\u2019ailleurs, par souci de variété et pour stimuler l\u2019intérêt, il en renouvelle parfois la présentation par un étalage différent et un éclairage particulier: on peut presque penser que c\u2019est autre chose.Voilà un peu le genre de réflexions que je faisais au sortir d\u2019une récente représentation, à la Comédie canadienne, d\u2019Un simple soldat de Marcel Dubé, tout en attendant \u2014 avec patience \u2014 mon autobus.J\u2019avais vu cette nouvelle œuvre de Dubé, à la télévision.A moi aussi, cela avait plu.Le rythme rapide et un peu bousculé qui convient tout à fait à la télévision m\u2019avait paru excellent ainsi que le jeu si naturel de Gilles Pelletier.Un galon de plus à la manche de Dubé! Alors commença la nouvelle aventure.Chargé de son havresac et de ses succès, le simple soldat déménagea des studios de Radio-Canada et vint s\u2019installer sur la scène de la Comédie canadienne.La gloire d\u2019un soir devait avoir de nombreux lendemains, ce n\u2019était que justice! Les foules affluèrent, sans doute, puisque, après l\u2019arrêt obligé des des vacances, on annonça une nouvelle série de représentations.Un peu à mon corps défendant, je l\u2019avoue, j\u2019y suis allé, à mon tour.Je dois être très vieux jeux: comme Boileau, je n\u2019aime pas beaucoup confondre les genres.Je crois encore que chaque art possède ses propres moyens d\u2019expression et qu\u2019une œuvre est d\u2019autant plus puissante qu\u2019elle se soumet davantage à cette loi et ne prétend pas envahir tout de go les autres domaines de l\u2019art.La preuve en a été faite plusieurs fois.Témoin \u2014 entre autres\u2014Tit\u2019Coq de Gratien Gélinas, grand succès à la scène, échec au cinéma.Pourquoi?Parce que \u2014 on l\u2019a assez dit! \u2014 c\u2019était trop théâtre, pas suffisamment cinéma.A mon avis, l\u2019histoire se répète ici.Un simple soldat a été conçu et écrit pour la télévision où il a fait florès.Ce fut une erreur de le transposer à la scène, tel quel, où il déçoit.Qu\u2019on m\u2019entende bien.Le sujet est très dramatique et donc apte au théâtre et Dubé sait, quand il veut, bâtir une pièce pour les tréteaux.Et précisément, pourquoi ne lui avoir pas suggéré de refaire sa pièce en fonction, cette fois, de la salle et non plus seulement de la caméra de télévision ?Ainsi, on aurait pu corriger l\u2019émiettement de l\u2019action dû au découpage excessif des scènes; éliminer, ou au moins réduire à une OCTOBRE 1958 271 seule, plus poussée, les soulades de « grill » assez triviales et vite monotones, au reste, en direct; élaguer la distribution des personnages inutiles à l\u2019action centrale: à ce point de vue, le rôle de Marguerite pouvait disparaître et l\u2019idylle charmante et banale entre Fleurette et Ronald tout autant.Sans doute, la vie est faite de la bigarrure de ces événements multiples et divers; le théâtre, lui, choisit et s\u2019arrête à l\u2019essentiel.Dans Un simple soldat, l\u2019essentiel c\u2019est l\u2019adaptation de Joseph Latour à la vie banale de tous les jours et à son milieu dont il ne se sent pas accepté.A vrai dire, la guerre pour Joseph, n\u2019a été qu\u2019une période d\u2019évasion à la recherche d\u2019un moyen de régler son problème psychologique, problème qui remonte à plus haut, lorsqu\u2019il n\u2019avait que dix ans environ, à la mort de sa mère.Ce fut une brisure irrémédiable, semble-t-il; d\u2019autant que son père n\u2019a pas réussi à lui procurer une autre maman en se remariant à une femme seulement désireuse de se caser avec ses deux enfants qui suffisaient amplement à son amour: il n\u2019y eut pas de place pour Joseph.Thème extrêmement riche en possibilités dramatiques qu\u2019on aurait voulu voir réalisées plus intensément sur la scène; malheureusement, l\u2019anecdotique y a pris trop de place.En revanche, sur le plan de l\u2019interprétation nous avons été comblés.Jeu naturel, aisé, dégagé, chez tous.On n\u2019avait pas l\u2019impression que les comédiens jouaient des personnages de théâtre mais les personnages mêmes de la vie.Je souligne en passant les talents prometteurs de la petite Louise Rémy, dans le rôle de Fleurette, pour m\u2019arrêter à Gilles Pelletier.Pelletier semble avoir été un simple soldat toute sa vie et n\u2019avoir été que cela, tellement il évolue parfaitement à l\u2019aise dans les mille et une attitudes et situations que requiert son rôle.Rien ne semble prévu ou prémédité, tout est juste et précis: c\u2019est le comble du naturel et une composition dramatique supérieure.Et pourtant, comment se fait-il que sa grande scène du cinquième acte où Joseph, enfin, dit son fait à tout le monde avant de s\u2019effondrer dans l\u2019ivresse et le désespoir ne nous a pas émus comme à la télévision?Au contraire, j\u2019entends encore le cri de détresse et d\u2019intense supplication de Jean Duceppe, dans le rôle d\u2019Armand, lancé à son beau-père pour qu\u2019il l\u2019aime, lui aussi, comme son vrai fils, Joseph; or, cet appel pathétique ne m\u2019avait pas fortement impressionné à la télévision.Effets impondérables de l\u2019Art! \u2014 \u2014 \u2022 4jothon international EXTRÊME ORIENT J~)OUR la deuxième fois en 1 deux ans, le président de la Banque Royale du Canada, M.James Muir, a été démenti par les faits.Au printemps de 1956, le distingué banquier était allé en U.R.S.S.et en Pologne.Il en revint champion de la « coexistence pacifique », c\u2019est-à-dire d\u2019un gros mouvement d\u2019affaires dans cette direction.Russes et Polonais, disait-il, étaient suffisamment contents de leur régime politique et ne demandaient qu\u2019à travailler en paix.Il avait à peine fini de parler que la révolte éclata à Poznan.Les Montréalais d\u2019origine polonaise furent tellement indignés qu\u2019ils décidèrent de sortir leurs maigres épargnes de la Banque Royale.« Nous sommes pauvres », me dirent-ils au cours d\u2019une vibrante assemblée à laquelle ils m\u2019invitèrent, « mais il faut que ces gens comprennent que nous n\u2019avons pas confiance dans le jugement de leur président ».Deux ans plus tard, M.Muir s\u2019en alla en Chine rouge.Transcrivons pour nos lecteurs ces quelques lignes de son rapport, traduit par Mlle Letrésor en Parisian French1.Si ce tableau n\u2019est pas un rêve, et si le sens d\u2019observation et d\u2019appréciation n\u2019est pas un vain mot, alors nous pensons que la grande majorité du peuple chinois a le Gouvernement qu\u2019elle souhaite, un Gouvernement qui améliore son sort, un Gouvernement dans lequel elle a confiance, un Gouvernement qui ne court absolument aucun risque d\u2019être supplanté.Il est difficile de croire que la Chine désire quoi que ce soit qui ressemble à la guerre, ne serait-ce que pour la raison de l\u2019effet désastreux que cela aurait sur les plans d\u2019améliorations que l\u2019on essaye de réaliser.Laissons de côté ce que dit M.Muir sur les sentiments du peuple chinois à l\u2019égard du gouvernement rouge, car il n\u2019est pas compétent pour nous renseigner à ce sujet.En juillet 1958, M.Muir, était absolument certain, à moins qu\u2019il n\u2019ait rêvé éveillé, que la Chine rouge ne voulait pas 1.La traduction, en effet, a été faite non pas à Montréal, mais à Paris.« quoi que ce soit qui ressemble à la guerre ».Le 23 août, la Chine rouge commença son bombardement de Tungting qui dure depuis lors.Tous nos journaux en ont parlé, mais ce qu\u2019ils ont oublié de nous dire, c\u2019est que ces milliers de tonnes de métal qui éclatent sur les pauvres pêcheurs de Tungting et de Quemoy étaient des actes de paix! Où se trouvaient donc les actes de guerre?D\u2019après la Pravda, la presse chinoise et, peut-être, quelques autres journaux, c\u2019est du côté américain qu\u2019il faut les chercher.On sait que la septième flotte américaine croise dans la mer de Formose.Le 19 août, six de ses bateaux s\u2019en allèrent en tournée à Singapour.La presse pékinoise les accusa immédiatement de créer une « tension », de complicité avec l\u2019Angleterre.Le lendemain, 20 août, l\u2019organe officiel du parti communiste chinois, le Jenmin Jibao de Pékin, assura ses lecteurs que c\u2019était là un nouvel anneau « dans la chaîne des provocations contre les peuples d\u2019Asie, d\u2019Afrique et d\u2019Amérique latine ».Quant à l\u2019autre journal pékinois, le Huanmin Jibao, toujours d\u2019après une correspondance de Pékin à la Pravda, il proclama que « l\u2019apparition des armées américaines à Singapour constitue une menace pour tous les peuples d\u2019Asie qui luttent pour leur indépendance.Les peuples d\u2019Asie, pleinement décidés à défendre la souveraineté de leurs pays, sauvent la paix dans ce secteur et coupent court à la provocation des impérialistes.» Et voilà pour les peuples! Aussitôt que le bombardement de Tungting eût commencé, les six bateaux américains revinrent dare-dare de Singapour à Formose.Maintenant, peut-être, vous comprendrez ce que les communistes essayent de dire: Quand les bateaux américains quittèrent Formose pour une promenade à Singapour, ils commirent un acte criminel d\u2019agression contre tous les peuples d\u2019Asie, d\u2019Afrique et d\u2019Amérique latine.Quand les bombardiers rouges et l\u2019artillerie communiste chinoise, en pilonnant Tungting et Quemoy, les obligèrent à revenir, la paix fut sauvée.Voyez-vous comment, en langage communiste il n\u2019y a rien d\u2019aussi belliqueux que 272 RELATIONS la promenade la plus bucolique, quand le promeneur est méchant; et rien d\u2019aussi pacifique qu\u2019un bombardement, quand c\u2019est pour la bonne cause ?Seulement, c\u2019est tellement insensé que la propagande communiste par le monde en est aux abois! Le 27 août 1958, le Vestnik communiste de Toronto ne savait encore rien, ni de la croisière américaine à Singapour, ni du bombardement communiste de Quemoy.Tout ce qu\u2019il avait dans son frigidaire, c\u2019était un article du Jenmin Jibao de Pékin du 16 août, paru dans la Pravda le 19 août, et ça prend deux jours au Canada pour recevoir la Pravda.Comme signe de désorganisation dans la propagande communiste, c\u2019est effrayant.Mais pourquoi M.Muir choisit-il ce moment pour plaider, devant les capitalistes canadiens, la cause des communistes chinois ?Ca ne va certainement pas encourager la clientèle canadienne-française de sa Banque Royale! PROPAGANDES r\\N A ENVIE de faire des INTERNATIONALES\tconstatations analogues au sujet des attentats fellaghas en France, et de l\u2019opposition que M.de Gaulle vient de rencontrer en Afrique, surtout à Dakar.Quand, immédiatement après avoir pris le pouvoir, M.de Gaulle s\u2019en alla à Alger, sa présence ne fut marquée d\u2019aucun incident, et pourtant les Français ne firent pas grand déploiement de forces militaires ou policières.M.et Mme Nixon, en Amérique latine, n\u2019eurent pas la même bonne fortune.Nous relevâmes ce contraste pour en tirer deux conclusions: les attentats communistes ou inspirés par un nationalisme qui fraternise avec le communisme ne sont pas « populaires », mais doivent être soigneusement préparés par une équipe de conspirateurs professionnels; la propagande mondiale au sujet de ces incidents est l\u2019objet d\u2019une savante cuisine.Il n\u2019y a là rien de spontané, et cela pourrait servir d\u2019avertissement à ceux qui se prennent trop facilement pour une sorte d\u2019incarnation des aspirations populaires.Rien n\u2019est aussi paisible que le peuple.Il peut réagir violemment et obéir à ceux qui crient fort et s\u2019appliquent à lui imposer une direction implacable.Après la révolution de mai, les escarmouches continuèrent en Algérie; nous eûmes l\u2019occasion d\u2019observer, non sans étonnement, que la presse mondiale ne s\u2019en occupait plus, ce qui n\u2019était pas encourageant pour ceux qui se faisaient tuer pour une cause qui n\u2019avait plus d\u2019intérêt.Après trois mois de calme, on attire notre attention sur les attentats commis par les fellaghas en France métropolitaine.Distinguons entre les crimes et la valeur publicitaire qu\u2019on voudrait leur donner.Les meurtres, incendies et explosions ne paraissent pas avoir une étendue considérable.Que vaut la propagande intermittente qu\u2019on leur fait ?La liaison mondiale serait-elle en train de se renouer « un peu », après l\u2019ouragan qui la mit en pièces au mois de mai ?En même temps qu\u2019on donna quelque écho aux désordres des fellaghas, en France, on nota un certain tapage organisé lors des assemblées africaines de M.de Gaulle.Mouvement populaire d\u2019indépendance?Nous le saurons dans quelques jours.S\u2019il n\u2019y eut que des cris, poussés par une claque désespérée, on serait porté à conclure que l\u2019organisation internationale rouge ne vaut pas cher à l\u2019heure qu\u2019il est.C\u2019est un peu l\u2019impression que font les camarades au Canada.D\u2019abord, ce n\u2019est pas facile de les dénicher.A Montréal, on distribua une circulaire sur le gaz naturel le 26 août 1958.Comme sujet de conversation c\u2019était, à cette date, un peu vieillot.Elle était signée des noms de Henri Gagnon, Gérard Fortin et Michel Patterson; trois compères qui s\u2019appellent maintenant « le conseil des clubs socialistes ».J\u2019eus la curiosité de chercher dans le bottin ce qu\u2019il y avait au 3658 du boulevard Saint-Laurent, où fut préparée la circu- laire.J\u2019y trouvai: Fine Hand Made Tailor, Canadian Danube Association et Schwarzbaum I Fur Co.D\u2019après l\u2019annuaire du téléphone qui vient de paraître, les deux dernières raisons sociales ont déménagé! Je ne trouvai pas le tailleur.Quant au « Conseil des Clubs Socialistes », aucune trace! Il aura sans doute vécu Ce que vivent les roses, l\u2019espace d\u2019un matin.Gagnon et Fortin, m\u2019assure-t-on, sont tantôt unifiés, et tantôt dissidents, par rapport à l\u2019obédience officielle; mais allez-y voir.Faudrait-il alors songer à Tito ?De toute façon, peu de choses sont aussi ratatinés, pour l\u2019instant, que les slogans pacifistes communistes.A peu près partout les camarades démasqués se font voir comme ils sont: des aigris qui voudraient créer des difficultés, des chicanes, des querelles, des attentats, dans l\u2019espoir d\u2019assouvir leurs rancunes et de rendre intéressante, avec eux, à coup de mensonges, une cause qui ne l\u2019est plus.Pour comprendre quelque chose à leurs communiqués, il faut leur donner un sens exactement opposé à celui que les mots insinuent.Comme faillite, c\u2019est affreux, mais il y a moins estimable: ceux qui endossent cette propagande pour des raisons qui défient toute analyse.POLOGNE T ES « CATHOLIQUES » gouvernementaux Lt ne sont pas seulement patriotes, mais pacifistes.Comme acte de paix, la descente opérée par la police populaire au grand sanctuaire national de Czestochowa les 21-22 juillet 1958 étonna non seulement la Pologne, mais le monde.On sait que le cardinal Wyszynski fut rappelé, du couvent où il était aux arrêts, en octobre 1956, lors de la révolution de Hongrie, parce que le gouvernement avait besoin de lui pour calmer la population.Il revint, apaisa le pays; un précaire modus vivendi s\u2019établit grâce auquel l\u2019Eglise obtint quelques bribes de liberté.On créa donc au sanctuaire de Czestochowa un Institut du Primat, aussi pauvre qu\u2019une mission dans la jungle au siècle dernier, et on y installa deux autocopistes et deux clavigraphes qui servirent à imprimer les lettres du cardinal, les mandements des évêques et quelques écrits catéchistiques.Tout était légal; les règlements de 1950, confirmés en 1952 et 1956 exemptaient ces écrits du visa de la censure d\u2019État, mais il est bien difficile, dans une démocratie populaire, d\u2019imprimer quoi que ce soit, même sur autocopiste, qui ne soit pas complètement conforme à ce que veut l\u2019agent du gouvernement responsable pro tempore.Le 13 mai 1958, la police essaya une première fois de faire perquisition à l\u2019Institut du Primat.Devant l\u2019émoi des pèlerins, toujours nombreux à Czestochowa, les agents durent battre en retraite.On renouvela l\u2019assurance, la dernière fois le 17 juillet 1958, qu\u2019on ne dérangerait plus l\u2019Institut du Primat; c\u2019était une manœuvre pour tromper la vigilance des intéressés.Quatre jours plus tard, le 21 juillet 1958, vers 2 h.30 de l\u2019après-midi, un fonctionnaire du ministère de l\u2019Intérieur se présentait au monastère.Le sous-prieur descendit le recevoir; sans montrer de mandat, le policier assura qu\u2019il avait ordre de perquisitionner l\u2019Institut et de confisquer les deux autocopistes.Le sous-prieur obtempéra sans résistance, et conduisit le visiteur là où il voulait aller; dans l\u2019intervalle, une vingtaine de policiers en pékin avaient trouvé une petite porte de service, qu\u2019un ouvrier avait laissée ouverte par mégarde.Ils entrèrent sans rien demander ni montrer, arrivèrent par leurs propres moyens jusqu\u2019à l\u2019Institut, s\u2019installèrent comme chez eux et procédèrent à la confiscation des circulaires, des livres de la bibliothèque et du magasin; ils jetèrent leur butin dans des sacs qu\u2019ils avaient apportés.Les livres de publication récente qu\u2019ils raflèrent portaient OCTOBRE 1958 273 tous le visa de la censure politique.Ils ne montrèrent aucun mandat, ne dressèrent aucun inventaire de ce qu\u2019ils confisquaient, ne laissèrent aucun reçu, pas même pour les deux clavigraphes qu\u2019ils emportèrent aussi dans leurs sacs, si bien que les assistants stupéfaits se demandaient s\u2019ils avaient affaire à des policiers, à des cambrioleurs, ou, comme c\u2019est assez souvent le cas dans des situations semblables, à un mélange des deux.Fait curieux, on laissa au monastère les deux autocopistes qui avaient épouvanté le ministère.Furent-ils jugés de qualité trop inférieure pour servir aux augustes besoins d\u2019une démocratie populaire?Ces opérations avaient pris plusieurs heures; les rapports ne nous disent pas si les moines servirent quelque chose aux voleurs; je le croirais volontiers, car leur proverbiale hospitalité est inviolable, et la politesse polonaise est à l\u2019épreuve des situations les plus saugrenues aussi bien que des individus les plus fatigants.Vers 8 heures du soir, l\u2019Institut du Primat ayant été dûment examiné, dépouillé et sali, la troupe s\u2019en alla dans la cour principale, devant le sanctuaire, où il y avait un magasin d\u2019objets de piété et de brochures.Le magasin était déjà fermé.On l\u2019ouvrit pour la perquisition; les pèlerins qui sortaient de l\u2019office du soir crurent qu\u2019ils pourraient se procurer quelques souvenirs; un agent en mufti leur dit de s\u2019en aller, qu\u2019on ne vendait rien, et que la police était sur les lieux.De fait, l\u2019objet principal des angoisses du gouvernement était une brochure intitulée: Miracles et Grâces accordés par Vintercession de Notre-Dame de Czestochowa.Parmi les miracles rappelés, il y avait celui de 1920, alors que Pilsudski battit les bolchéviques qui s\u2019étaient précipités à la conquête de la Pologne et qui, cette fois-là, manquèrent leur coup.La brochure avait été publiée en.1938! La foule qui sortait de l\u2019église et débordait sur la place devint houleuse, si bien que les policiers crurent opportun d\u2019appeler du renfort.La milice mit près de deux heures à se rassembler, à comprendre ce dont il s\u2019agissait et à s\u2019amener.Dans l\u2019intervalle, les cloches du monastère annoncèrent à 9 heures du soir la fermeture du sanctuaire.Le moine responsable de cet humble service, s\u2019en acquitta régulièrement et laissa ouverte la petite portière jusqu\u2019à 10 heures pour l\u2019écoulement des derniers pèlerins qui, empoignés par le brouhaha, n\u2019avaient pas du tout envie de sortir ce soir-là.Henri Le Sourd: Tous frères.Coll.« Présence Chrétienne ».\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1957, 180 pp., 18.5 cm.Prix: 57 fr.b.AVEC SAINT JEAN, l\u2019A.redit sous mille formes la grande loi du Seigneur: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.» Adaptés à chaque période de l\u2019année liturgique, ces vingt-huit sermons nous invitent à plus de fraternité chrétienne dans nos jugements, nos paroles, nos actions.« Soyez accueillants les uns pour les autres comme le Christ a été accueillant pour vous.Ne faites rien par esprit de rivalité ou de gloriole.Ne regardez pas chacun votre propre intérêt; regardez plutôt celui des autres.Ne jugez pas.Ne condamnez pas.» Nous devons agir ainsi au nom de Dieu: «Vous serez mes témoins.» Et ce n\u2019est pas facultatif: « Qui n\u2019est pas avec moi est contre moi », a dit Jésus.Vivre en chrétien signifie modeler sur le Christ toute notre vie: pensées, jugements, actions.Écoutez l\u2019appel du Pape: A 10 heures, les règlements monastiques étant ce qu\u2019il sont, la portière fut fermée à son tour sur la foule de pèlerins, de policiers et de moines et c\u2019est alors qu\u2019arriva la milice.Au lieu de sonner poliment et de s\u2019annoncer comme du monde, ils lancèrent leur camion contre la grille qu'ils défoncèrent; ils firent irruption dans le monastère (commettant par là un sacrilège), se déployèrent contre la foule de pèlerins, dont un grand nombre étaient des femmes, qu\u2019ils essayèrent d\u2019assommer à coups de matraque, cependant que les moines s\u2019efforçaient en vain de prêcher la paix à tout ce monde excité jusqu\u2019au paroxisme.On arrêta un certain nombre de pèlerins, qu\u2019on fit monter dans les camions de la police, et qu\u2019on emmena au violon.On ne sait pas encore ce qui leur est arrivé.Le butin fut expédié à Katowice.Le 22 juillet, fête de sainte Marie-Madeleine, à 1 heure du matin, les policiers finirent par s\u2019en aller.Depuis lors, le bureau du procureur de la république a annoncé qu\u2019il y avait, à l\u2019Institut du Primat, « de grandes imprimeries non autorisées » et qu\u2019on y distribuait des publications non contrôlées par l\u2019« Organe de l\u2019Office de contrôle des publications et spectacles ».Ceci est faux.Il n\u2019y avait pas d\u2019imprimerie, mais uniquement ces deux autocopistes dont les gardiens de la paix ne voulurent pas.Un décret de 1952 précise que les circulaires ainsi imprimées ne sont pas sujettes à la censure préventive, et ce décret de 1952 fut étendu à l\u2019Eglise catholique en décembre 1956, après le retour à Varsovie du cardinal Wyszynski.Le bureau du procureur menaça de sanctions pénales ceux qui propageraient de fausses nouvelles.Il devrait commencer par s\u2019intenter un procès: puis, poursuivre les ambassades polonaises qui écoulent à l'étranger ces calomnies sous le couvert de l\u2019immunité diplomatique, comme ce fut le cas en Italie.Pour l\u2019instant, la seule chose que nous demandons à ces tristes personnages, c\u2019est de ne pas nous insulter en nous parlant de paix.Les vraies forces de la paix, on ne les trouve pas du côté rouge; l\u2019année mariale nous dira bientôt ce qui a été accompli pour le rapprochement des individus, des classes sociales et des nations.Joseph-H.Ledit.13 septembre 1958 « La violence et l\u2019injustice des hommes, quelles qu\u2019en soient les formes, outragent Dieu » (p.39).Il faut condamner partout « le mépris de la justice et de l\u2019amour fraternel » (p.38), si nous voulons « la paix véritable, fondée sur la justice, la charité, la liberté » (Pie XII).Notre baptême nous ordonne à une vie d\u2019enfants de Dieu, semblable à celle du Fils premier-né.L'exemple du pratiquant qui sort de l\u2019église ne doit pas être un obstacle pour celui qui n\u2019y entre pas.Il devrait, au contraire, lui faire sentir qu\u2019il manque quelque chose à sa propre vie.Tous frères.Des mots?Un appel?A chacun de répondre.Et celui qui a répondu peut toujours répondre mieux encore; ce livre l\u2019y aidera.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Léo Trese: Nous sommes un.Traduit de l\u2019américain par l\u2019abbé L.Brevet.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1957, 176 pp., 19 cm.Prix: 450 fr.P N DIX-NEUF CHAPITRES, l\u2019A.rappelle les splendeurs du dogme concernant le baptême (pp.17-32), la confirmation (49-57), le mariage (125-141).Rien de neuf; mais combien actuelles, les merveilles de la grâce dans les diverses vocations! Enrichissantes et pressantes apparaissent aussi les responsabilités du Corps mystique que l\u2019Esprit d\u2019amour propose à l\u2019âme dont la foi est dynamique et expansive.L\u2019A.les présente dans le cadre liturgique du Christ en prière (109-123), de notre participation à la messe et de la pratique de l\u2019oraison mentale (153-163), qu\u2019il a raison de mettre à la portée de tous.Deux 274 RELATIONS questionnaires: « Discussion » et « Mon apostolat », à la fin de chaque chapitre, précisent les résolutions que doit inspirer cet ouvrage.Stimulantes surtout pour des éducateurs et des dirigeants d\u2019Action catholique, ces pages, écrites avec humour et optimisme, nous « incitent à réaliser dans notre comportement une mise au point à laquelle nous n\u2019avions peut-être pas le courage de penser ».Sœur Marie-de-Sainte-Alida.UAbord-à-Plouffe, Qué.Chan.Rodolphe Hoornaert: Louez Dieul Méditations sur la vertu de religion selon l'esprit de saint François de Sales.\u2014 Bruges (8, rue Notre-Dame), Ch.Beyaert, 1957, 153 pp., 19 cm.Prix: 48 fr.b.CE MERVEILLEUX petit volume est composé d\u2019une trentaine de courtes et savoureuses méditations, dont voici quelques thèmes: Dieu, objet de toute louange; la louange, fin de l\u2019homme; le Christ, prêtre de la louange; l\u2019Église, société de la louange; la messe, sacrifice de louange; le chant des psaumes; l\u2019Écriture, fontaine de louange; louange et apostolat; la religion, vertu unifiante.L\u2019homme est créé pour louer son Créateur.Poètes, musiciens et artistes ont pour mission de découvrir la beauté de la nature et de l\u2019orienter vers Dieu au nom de tous leurs frères.Mais, depuis la faute d\u2019Adam, la louange de l\u2019homme ne peut plus atteindre Dieu; alors le Christ est venu.« Le Verbe, cantique vivant et éternel de Dieu, se faisant chair, s\u2019est fait, sur terre, chant vivant de l\u2019humanité.» (P.20.) L\u2019habitude de tout rapporter à la plus grande gloire de Dieu donne à une vie une unité et une harmonie incomparables.Avec un art consommé, l\u2019A.nous donne un texte d\u2019une grande profondeur dans un style à la fois simple, actuel et bruissant d\u2019une telle poésie qu\u2019il s\u2019apparente le plus heureusement du monde à la prose délicieuse de saint François de Sales.Bien qu\u2019écrit à l\u2019intention des prêtres, ce livre enchantera tout chrétien douloureusement conscient de son impuissance à louer Dieu comme il le voudrait, et heureux de trouver ici matière à perfectionner ses balbutiements.Béatrice Clément.Boucherville, Qué.Émile LEGAULT, C.S.C.: Notre Dame de toute joie.\u2014 Montréal (25 est, rue Saint-Jacques), Éditions Fides, 1957, 88 pp., 18 cm.Prix: $1.EN PARCOURANT ces pages délicieuses, tout lecteur comprendra que « Marie est vivante et présente et attentive » à ses enfants de la terre.L\u2019être humain cherche le bonheur, il a une faim d\u2019absolu que Dieu seul peut combler.Or, Marie « est le chemin qui conduit à Dieu ».Elle veut notre bonheur.Elle a réponse à nos angoisses.Elle descend plusieurs fois chez ses pauvres enfants, pour les supplier de s\u2019aimer comme des frères.Cet opuscule nous redit toute la joie que renferme une prière à Marie: « la maman qui n\u2019en peut plus, le papa qui souffre au plus profond de son cœur, le grand garçon, la grande fille bousculés dans leur amour », tous trouveraient lumière et force s\u2019ils allaient verser le trop-plein de leur cœur aux pieds de la Vierge Marie.Car elle sait ce que chaque âme a coûté à son Fils.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.P.Ranwez, S.J., J.et M.-L.Defossa, J.Gérard-Libois: Ensemble vers le Seigneur.La formation religieuse en famille.\u2014 Bruxelles (184, rue Washington), Éditions de Lumen Vitae, 1957, 255 pp., 19.5 cm.Prix: TV/TERVEILLEUX instrument de formation religieuse en famille, cet ouvrage est le fruit non seulement de recherches théoriques, mais d\u2019une expérience vécue en équipe; on a pu obvier de la sorte aux risques de l\u2019abstraction et de l\u2019inadaptation.Je recommande chaudement ce livre unique à nos foyers chrétiens, qui y puiseront, avec les leçons du plus authentique catholicisme, une pédagogie féconde.Les auteurs divisent leur itinéraire en cinq étapes: de la naissance à la quatrième année, de quatre à sept ans, de sept à dix ou onze ans, de dix ou onze ans à treize ans, de treize à dix-sept ans.A propos OCTOBRE 1958 itKftP vichy Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\"?RAREMENT nécessaire, si vous prenes la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTIN8 quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandes l'avis de votre médecin.êfu CE LESTï «JW UINÊRALIIUTUK£U£ MOPRltTt M L'ÉTAT Rllgfll RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTER Méfiez-vous des Imitations!!! Exigez ( CÉLESTINS > Importateurs: HERDT CHARTON INC., Montréal 275 de chaque étape, ils exposent clairement leurs principes de base et les méthodes requises pour les mettre en valeur; ils présentent ensuite des exemples et applications; de rituels paraliturgiques ou liturgiques, ils tirent de riches leçons de vie chrétienne; enfin, ils terminent chaque chapitre par une invitation à la réflexion conjugale: «Et nous deux, qu\u2019en pensons-nous?» Une abondante bibliographie, un tableau synoptique du développement religieux de l\u2019enfant ajoutent à la substance de cet ouvrage qui, par son contenu et son expression (simple, concrète, accessible à tous), constitue une splendide réussite de pastorale familiale.Jean-Paul Labelle.A.-M.ROGUET, O.P., Abbé André Merlaud: La Porte ouverte à toutes les questions, cahiers 1 et 2.\u2014 Paris, (31 rue du Fleurus), éditions Fleurus, 1957, 44 pp., 15.5 cm.CUR DES SUJETS touchant à la morale et à la religion, ^ voici une nouvelle « boîte aux questions » qui intéressera le catholique de la rue facilement en butte aux difficultés et sophismes courants.Le P.Roguet aborde des problèmes religieux d\u2019actualité que soulèvent les manchettes des journaux ou la propagande de certaines sectes américaines: changements apportés dans les pratiques religieuses, valeur objective des religions, fin du monde, soucoupes volantes.L\u2019abbé Merlaud explique surtout la morale conjugale: divorce, limitation des naissances, union libre, accouchement sans douleur, mariage et virginité.Les exposés sont clairs, alertes et appuyés solidement sur l\u2019enseignement de l\u2019Église.A lire et à diffuser.Jean-Paul Labelle.Albert Kriekemans: Préparation au mariage et à la famille.Traduit du néerlandais par Cécile Seresia.\u2014 Tournai, Caster-man, 1957, 217 pp., 19.5 cm.Prix: 60 fr.b.C'XPÊRIENCE, érudition, droiture d\u2019esprit recommandent cet ouvrage, que déparent cependant une certaine superficialité, due à la trop grande variété des sujets abordés, et quelques erreurs et préjugés, aussi illogiques que masculins, en ANJOU radieux Angevins Roy\u201ede».eUvme= Anjou, Rose et l- Flosêd'A-'i^fet'so Anjou B,aIîïatu^e et S< \t 276 matière de sexualité (pp.24-25, 89, 93).Pour bien se préparer au mariage (lre partie), il faut: a) une saine compréhension de la psychologie des sexes, b) une éducation sexuelle sérieuse, c) une juste notion de l\u2019amour conjugal, d) un choix judicieux de son conjoint au cours de fréquentations chrétiennes.Passant à l\u2019influence de la famille dans cette préparation, l\u2019A.étudie (2e partie) l\u2019entente conjugale, la tâche du père et de la mère et la part qui revient aux grands-parents, amis, hôtes, domestiques, voire aux morts.L\u2019A.a le mérite de souligner que l\u2019amour humain est surtout spirituel et dépend de l\u2019amour de Dieu (59, 86, 90, 107); que la perfection est mieux assurée dans la virginité (78) ; que le sexe est don et mission (20) ; que la révolte n\u2019est pas un caractère naturel de l\u2019adolescence, mais la poussée d\u2019un élan légitime auquel les « adultes » s'opposent indûment (189); enfin, que l\u2019éducation vraie se fonde sur la morale et la religion.Joseph d\u2019Anjou.Suzanne-Marie Durand: Enseignement concentrique.Éducation vitale.\u2014 Tournai, Casterman, Centre d\u2019Études pédagogiques, 1957, 245 pp., 20 cm.Prix: 75 fr.b.A PRÈS Humanités ouvrières et Culture féminine, puis Êduca-lion féminine, Chemins nouveaux, l\u2019A.aborde l\u2019éducation de l\u2019adolescente en regard de la vie.Constatant que « nos grandes élèves.savent ou croient savoir beaucoup de choses », mais que leur pensée « n\u2019est pas formée » (p.21), l\u2019A.souligne l\u2019inquiétude des vrais éducateurs qui veulent « une culture en profondeur » : non pas « instruire les adolescents en vue d\u2019un concours ou même d\u2019une profession, mais.les préparer à leur vie d\u2019hommes » (28).L\u2019A.conclut que « l\u2019éducation.demanderait un regroupement des connaissances éparses autour d\u2019une idée centrale: l\u2019idée chrétienne de l\u2019homme, qui serait comme le pivot d\u2019un humanisme nouveau » (25).Réparties autour de six thèmes (la personne humaine, l\u2019homme en devenir, maison et famille, cité, région et travail, la France, voyage autour du monde), toutes les disciplines (philosophie, littérature, sociologie, biologie, histoire, géographie.) formeraient les adolescents, enrichiraient leur esprit, ouvriraient leur cœur à tous les humains, leurs frères dans le Christ.Livre sérieux qui peut nous aider à repenser nos méthodes pédagogiques au profit des élèves qu\u2019on nous confie.Sœur Sainte-Thérèse-du-Divin-Cœur.École Saint-Antonin, Montréal.Abbé Jean Tjürpin: La Seule Aventure.\u2014 arir, (79 rue de Gentilly), Éditions Spes, 1957, 255 pp., 19 cm.Prix: 800 fr.A \"P'DUCATEUR d\u2019expérience, l\u2019A.s\u2019adresse aux adolescents français de quinze ou seize ans encore aux études.Sans leur cacher la dureté du monde qui les attend, il leur montre le rôle qu\u2019ils devront y jouer comme catholiques et leur apprend à exercer tout de suite un apostolat à leur mesure auprès de leurs condisciples.Pour rendre les autres meilleurs, il faut veiller à se perfectionner soi-même chaque jour.Études sérieuses, vie disciplinée, pratique du sport en équipe, surtout vie intérieure renouvelée par la prière et les sacrements assureront aux jeunes cette personnalité rayonnante qui entraîne les indécis et les médiocres.Bien que l\u2019ouvrage soit destiné à de jeunes Français, il fera du bien à nos adolescents, dont les difficultés psychologiques et morales ressemblent beaucoup à celles de leurs cousins d\u2019Europe.Jean-Paul Labelle.Suzanne-Marie Durand: Canadiens, mes amisl \u2014 Québec (619, rue de Montmartre), Éditions du Pélican, 1957, 140 pp., 19 cm.Prix: $1.75.OYMPATHIQUE, ce « journal de bord » d\u2019une Française ^ venue chez nous au cours de l\u2019été 1957.Éducatrice, l\u2019A.accomplit une tournée des instituts familiaux de la province de Québec et nous promène avec elle de Montréal à Gaspé, en Mau-ricie, au Saguenay èt jusqu\u2019à Ottawa.Elle nous livre ses impressions avec simplicité et bonne humeur, sur un ton cordial et bien vivant.Un joli cadeau à offrir à des amis étrangers, ce petit RELATIONS volume abondamment illustré de photos et de cartes.Il donne une bonne idée de nos paysages et de nos institutions; il fait connaître de belles figures canadiennes et l\u2019un des aspects les mieux réussis de l\u2019éducation de notre jeunesse féminine.Béatrice Clément.Boucherville, Que.Claude Ryan: L\u2019Education des adultes, réalité moderne.\u2014 Montréal (3425, rue Saint-Denis), Institut canadien d\u2019Édu-cation des adultes, 1957, 32 pp., 19 cm.Prix: $0.35.ON TROUVERA dans ces pages une brève initiation à l\u2019organisation de l\u2019éducation des adultes en général ainsi qu\u2019au Canada français en particulier.Texte simple et clair, rempli de détails pratiques et inspiré par un sens social averti.R.A.Charles E.Phillips: The Development of Education in Canada.\u2014 Toronto (82 Spadina Avenue), W.J.Gage & Co.Ltd., 1957, 626 pp., 25 cm.Jacques Heers: Merveilles en Andalousie.Coll.« Plaisir du voyage.» \u2014 Paris (17, rue Jean-Goujon), Le Centurion, 1955, 96 pp., 18 cm.Prix: 300 fr.T3ROJETEZ-VOUS un voyage en Espagne?Ce petit livre suggère un tour intéressant à travers la plus méridionale des provinces espagnoles.Géographie, histoire et activité économique, brièvement décrites, précèdent quelques pages sur le folklore et les fêtes de l\u2019Andalousie.La corrida, sport violent et cruel qui exige de l\u2019audace et une maîtrise consommée; la feria ou foire du printemps; la romeria ou pèlerinage qui s\u2019accompagne parfois de concours de chars; la Fête-Dieu qui se célèbre pendant quatre jours à Grenade; surtout la Semaine sainte à Séville: autant d\u2019aspects de la vie andalouse qu\u2019il ne faut pas manquer.L\u2019itinéraire comprend les villes marquantes de la région: Cor-doue, Séville, Cadix, Ronda, Malaga, Alméria, Grenade.Renseignements touristiques et glossaire complètent heureusement les détails fournis.Texte évocateur, belles photos, format commode et surtout esprit chrétien.Béatrice Clément.Bouchenille, Qué.T^ANS ce monumental ouvrage, l\u2019A., qui est professeur à l\u2019Université de Toronto, trace le tableau de l\u2019évolution des différents systèmes scolaires au Canada, depuis les débuts du régime français jusqu\u2019à nos jours.Entreprise difficile et délicate, car on ne peut parler de l\u2019éducation au Canada sans toucher aux questions de nationalité et de religion.Une lecture rapide de ce volume me laisse croire que M.Phillips s\u2019est acquitté de sa tâche avec compétence et objectivité.Son chapitre intitulé « The Church and Public Education » se présente en termes mesurés et prudents, spécialement les paragraphes qu\u2019il consacre au problème des écoles séparées.L\u2019A., on le sent, veut rendre justice à tout le monde et essaie d\u2019exposer le point de vue catholique avant d\u2019y opposer la manière de voir protestante.Quelles que soient ses idées personnelles, elles n\u2019interviennent ni dans la présentation des faits, ni dans l\u2019analyse des régimes scolaires.Après avoir reconnu que le patriotisme canadien-français enseigné dans les écoles est difficile à comprendre pour les Anglo-Canadiens, il ajoute aussitôt que le Québec est la province où les deux groupes ethniques s\u2019entendent le mieux, et que c\u2019est là un exemple pour le monde (The example of the province of Quebec is Canada's best contribution towards a tolerant and unified world).Ouvrage à lire par tous ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019histoire et au progrès de l\u2019éducation au Canada.Richard Arès.Marguerite HAMILTON: Des souliers rouges pour Nancy.Le témoignage d'une mère.Traduit de l\u2019américain par Marguerite Bréhier.Coll.« De toutes rives ».\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1957, 223 pp., 19 cm.Prix: 570 fr.UN MÉNAGE charmant, mais un peu fou: deux jeunes dont l\u2019idéal se résume, pour l\u2019instant, à la maison de rêve avec le « grand patio dallé, la demi-douzaine de chambres d\u2019amis et la piscine » (p.8), et qui, en attendant cette félicité suprême, vivent d\u2019insouciance et de dettes.La perspective d\u2019avoir un fils les rend « un peu raisonnables » (8).Or, Jim est tué dans un accident, un mois avant que Margie n\u2019accouche d\u2019une fille infirme: cas extrêmement rare qui réclamera des soins médicaux constants et très coûteux.Horrifiée à la vue de l\u2019enfant dont les jambes et les pieds étaient « énormes, enflés, violacés et n\u2019avaient rien d\u2019humain » (19), la jeune mère éprouve la tentation de « la laisser glisser, comme par hasard,.sur le sol dallé » (19).Mais deux yeux bleus la fixent avec confiance.Pressant sa petite fille sur son cœur, l\u2019insouciante Margie fait son premier pas vers la maturité.Nancy vivra quatorze ans.Ses yeux reflètent l\u2019âme exquise qui anime le corps disgracié; son sourire illumine et séduit.Joyeuse et forte, elle précède toujours sa mère, l\u2019attirant à sa suite vers le catholicisme et une sereine acceptation de la volonté de Dieu.Cette histoire d\u2019une fillette infirme n\u2019a rien de déprimant, bien au contraire.L\u2019admirable simplicité de Margie, son sens de l\u2019humour épargnent au lecteur tout sentimentalisme déplaisant.On assiste, ému et ravi, à une lutte quotidienne et angoissante qui s\u2019achève dans la conquête de la joie.Béatrice Clément.Léopold Taillon, C.S.C.: Diversité des langues et Bilinguisme.\u2014 Moncton, Université Saint-Joseph, 1958, 64 pp., 23 cm.Prix: $0.50.T\u2019INFATIGABLE directeur de l\u2019École de Pédagogie de l\u2019Uni-versité Saint-Joseph défend encore une fois la cause de la langue française au Nouveau-Brunswick.Sa brochure livre les résultats d\u2019une enquête dans les pays européens où se pratique le bilinguisme.Il en conclut que « les minorités n\u2019ont pas le droit d\u2019oublier qu\u2019une perpétuelle vigilance est le prix de la liberté », et que « tout bilinguisme équilibré exige l\u2019inviolable subordination suivante: la langue maternelle ou première en premier, la langue seconde à son rang, le second ».C\u2019est ce type de bilinguisme que l\u2019A.propose dans les écoles de sa province à la suite de son enquête.Est-il besoin d\u2019ajouter que ses remarques valent aussi pour les écoles des autres provinces canadiennes ?Richard Arès.TOUTE SAVEUR FINESSE MEILLEURES VIGNES FRANCE JUS DE RAISINS DE FRANCE SANS ALCOOL Jus de qualité \u2014Jus de vitalité Trois origines: Alsace, Bordeaux, Bourgogne Six variétés: trois rouges\u2014trois blancs En vente dans les meilleures épiceries et pâtisseries Pour informations complémentaires s\u2019adresser à: Société JUFRANCE, 772 ouest, Jean-Talon, CRescent 6-1224 ou CRescent 6-1127 Boucherville, Qué.OCTOBRE 1958 277 LE PAPE NOUS PARLE Lpargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de ïa ê>aubegarlie COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Slifl* lodol g Montréal YOGOURT DELISLE LE PLUS SAIN DES LAITAGES FRAIS « L\u2019homme ne meurt, il se tue », dit-on.Il est exact que les résidus de la nutrition produisent dans l\u2019intestin des toxines qui empoisonnent lentement, continuellement.Un pot de Yogourt Delisle, pris chaque jour comme dessert, est souverain pour détruire les mauvais microbes de l\u2019intestin et donner plus de résistance à l\u2019organisme.Se consomme nature ou sucré.S\u2019harmonise bien avec les fruits frais.* * * Pour livraison à votre domicile, veuillez appeler: J.DELISLE 5275, RUE Berri Tél.: CR.4-0434 24 juin: Lettre pontificale à S.Ém.le cardinal Léger, archevêque de Montréal, le nommant légat papal aux cérémonies du troisième centenaire du sanctuaire de Saint-Anne-de-Beaupré.13\tjuillet: Allocution à un groupe de la Jeunesse féminine de l'Action catholique italienne.\u2014 « En diverses occasions, Nous avons dû, condamner l\u2019erreur de ceux qui affirment que la vierge chrétienne est quelque chose de mutilé, d\u2019incomplet: quelque chose qui ne réalise pas la perfection de son être.La virginité, au contraire, est comme une vie angélique, un état qui, en raison de son excellence, est supérieur à celui du mariage.Mais, par ailleurs, cette supériorité n\u2019enlève rien à la beauté et à la grandeur de la vie conjugale.» 16 juillet: Message à l'occasion de la commémoration du centenaire de la dix-huitième et dernière apparition de la Vierge immaculée à Bernadette, à Lourdes (message daté du 2 juillet, mais lu à la messe du 16).\u2014 « En ce siècle agité de tant de passions et fasciné par tant de vains mirages, élevez vers Dieu vos regards: ils n\u2019en seront que plus clairvoyants et sereins pour juger des choses de la terre.» 27 juillet: Radiomessage à l\u2019occasion de l\u2019ouverture de la première Conférence mondiale catholique de la Santé à Bruxelles.\u2014 Les obstacles à la collaboration dans l\u2019équipe sanitaire, les conditions d\u2019une collaboration efficace et les objectifs qu\u2019elle doit se proposer, en particulier, chez les catholiques.Le titre de « catholique » n\u2019est pas une simple dénomination, car « les chrétiens sont porteurs d\u2019un message et d\u2019une vie, qui confèrent à chacune de leurs démarches un sens particulier ».2 août: Lettre (par l\u2019intermédiaire de S.Exc.Mgr Dell\u2019Acqua) à Mgr L.Nova-rese, fondateur du Centre des Volontaires de la Souffrance, à l\u2019occasion d\u2019un pèlerinage particulier à Lourdes.\u2014 Troisième radiomessage aux religieuses cloîtrées.\u2014 La vie contemplative dans ses rapports avec la connaissance et l\u2019amour de la contemplation.« L\u2019application des normes concernant le travail (des moniales) Nous tient fort à cœur, parce qu\u2019elle concerne l\u2019intérêt des monastères contemplatifs et de tous les Ordres contemplatifs féminins, comme aussi celui de toute l\u2019Église qui, en beaucoup d\u2019endroits, at- tend le concours de toutes les forces disponibles.» 14\taoût: A l\u2019occasion des Journées catholiques internationales, message aux organisateurs de l\u2019Exposition universelle de Bruxelles.\u2014 « Il est juste d\u2019espérer que l\u2019Exposition de Bruxelles, lieu de rencontre des nations, favorisera entre elles les collaborations nécessaires au bien de l\u2019humanité entière.Jamais notamment, on ne dira assez le grave devoir des peuples privilégiés par les ressources de leur sol et une authentique culture, de travailler généreusement et dans un esprit de service, au développement économique et social de leurs frères moins avantagés.» 15\taoût : Message à un groupe de pèlerins appartenant à l\u2019Action catholique ouvrière, réunis à Lourdes en la fête de VAssomption.\u2014\tBien des progrès ont été réalisés dans la voie de la justice sociale.« Emportez surtout de votre pèlerinage la grande leçon de fraternité que donne le spectacle de tant d\u2019hommes de toutes conditions sociales unis comme des fils autour d\u2019une même Mère.» 29 août: Allocution aux membres du second congrès international du Tiers-Ordre dominicain.\u2014 « Sans rien perdre de sa sérénité et toujours consciente des faiblesses spirituelles de l\u2019humanité que dissimule mal tout cet appareil extérieur, l\u2019Église incite ses fidèles à intensifier la vie intérieure par l\u2019acceptation de ses conditions austères, mais imprescriptibles.Votre appartenance à un Tiers-Ordre vous met d\u2019emblée en mesure d\u2019assurer cet approfondissement de vie chrétienne, plus nécessaire que jamais dans un monde écartelé par ses propres inventions.» 31 août: Lettre (datée du 11 août) aux participants du XXIV« congrès mondial de Pax Romana tenu à Vienne du 31 août au 6 septembre, sur le thème: « Signification de la liberté et l\u2019université d\u2019aujourd\u2019hui ».\u2014\t«.il est bon de proclamer les véritables libertés de l\u2019esprit et d\u2019en assurer la protection contre toutes formes abusives de pressions politiques, sociales ou philosophiques.L\u2019Église sert les progrès du savoir humain, quand.elle garde tantôt ses fils de funestes abus de la liberté et de dangereux égarements de la pensée, et tantôt revendique pour eux les justes franchises de la vie intellectuelle et le droit de connaître et de répandre ce qui est vrai.» LAVALLÉE, BÉDARD, Hector LavaUée, C.A.Roger Lyonnais, C.A.Jean Lussier, C.A.Jacques Desmarais, C.A.Emile Fortin, C.A.David Crockett, C.A.LYONNAIS, GASCON & ASSOCIES Comptables agréés Romain Bédard, C.A.Lionel Gascon, C.A.Paul-L.Noiseux, C.A.René Sénécal, C.A.Maurice Saint-Louis, C.A.Guy Préfontaine, C.A.Marcel Demers, C.A.Emile Fortin, C.A.\u2014 Syndic licencié \u2014 Liquidateur 10 est, rue SAINT-JACQUES MONTRÉAL - Tél.: UN.1-6325 TROIS-RIVIERES SHERBROOKE 278 RELATIONS NOTES BIBLIOGRAPHIQUES Marcel DOLIGEZ: La Corporation du Textile de Tarare.\u2014 Paris (12, rue d\u2019Anjou, 8e), La Fédération nationale des syndicats patronaux de la branche teinture et apprêts, 1950, 18 pp.Causerie à propos d\u2019une expérience qui se poursuit dans la région de Tarare.Rappel des idées directrices sur lesquelles repose la Corporation, précisions sur l\u2019expérience tararienne et solution apportée au problème du chômage.Henry Grady Weaver: The Mainspring of Human Progress.\u2014 Irving-ton-on-Hudson, New York, The Foundation for Economic Education, 1953, 280 pp.Plaidoyer en faveur du système économique américain établi sur la liberté et la concurrence.Claude PRUDENCE: Les Éducateurs et F amour.\u2014 Louis Senotier : L'Amour-charité.Les Cahiers d'éducation chrétienne.\u2014 Paris (1, rue de l\u2019Abbé-Grégoire), Éditions du Levain, 1954, 56 et 48 pp.Dans la première brochure, un programme d\u2019action pour former les éducateurs et les initier à leurs responsabilités chrétiennes dans la formation des jeunes à l\u2019amour; dans la seconde, des recommandations pratiques pour vivre selon l\u2019amour-charité.Initiation au mystère chrétien.Catéchisme.Introduction.1.Vers le Christ avec le peuple de Dieu.2.Dé- couverte du Christ avec les Apôtres.3.L\u2019Église, peuple de Dieu.\u2014 Paris (10, rue Cassette), P.Lethielleux, 1954, 32 pp., XXIII, XXVII et XXIV feuilles.Catéchisme rédigé par une équipe de prêtres pour des enfants de milieu déchristianisé.Présentation neuve du Mystère chrétien, au moyen de fiches illustrées par des photographies, surtout de Palestine.¦ Yvon Le Floc'h, A.A.: Comment l'Église fait les saints.\u2014 Québec (1679, chemin Saint-Louis, Ber-gerville), Éditions « La Cité du Sacré-Cœur », 1954, 72 pp.Notes explicatives sur les procès de béatification et de canonisation, dans les diocèses et à Rome.Bureau des Caisses d'épargne SCOLAIRES: Caisses d'épargne scolaires.Manuel du responsable.Montréal, La Commission des Écoles catholiques, 1954, 36 pp.Manuel pour initier aux caisses scolaires et former à l\u2019épargne.J.DHEILLY: A la trace de Dieu.Ancien Testament.\u2014 Paris (11, rue de Sèvres), Les Éditions de l\u2019École, 1955, 108 pp.L\u2019A.s\u2019est proposé de « dégager les lignes maîtresses de l\u2019histoire du peuple choisi, telle que nous la livre la Bible; et, le cadre ainsi connu, de parvenir à la parole de Dieu ».TOUS LES ACCESSOIRES ELECTRIQUES BEN BÉLAND, pris.JEAN BÉLAND, Ing.P., «\u2022c-fréi.(Strictement en gros) Le temple de la lumière Béldnd 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* Regarde où tu mets le pied Ne confiez pas au premier venu vos travaux de chauffage-plomberie, recherchez une Maison de confiance.J.-W.JETTÊ a à son actif des travaux d\u2019envergure pour le compte d\u2019hôpitaux, institutions ou industries.Construisez-vous ?N\u2019oubliez pas que notre expérience, notre outillage et notre main-d\u2019œuvre nous permettent de mener à bien tous les travaux qui nous sont confiés, et rapidement: Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL niSiÏÏBiiU CHAUFFAGE-PLOMBERIE La ÎWivûèAe Banque ait Qaudda AU SERVICE DES CANADIENS DEPUIS 1817 La B de M fui la première à financer le commerce extérieur, encourageant ainsi le développement des premières entreprises privées iiii n \u2022 11 n 11 Tr chez les Canadiens.MA nANflUL Banque de Montréal rmimiiKmotcjmaBK GfüJ Il y a plus de 725 succursales de la Banque de Montréal au Canada pour vous servir OCTOBRE 1958 279 Tel.: RE.7-3651
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