L'Avenir du Nord, 23 octobre 1902, jeudi 23 octobre 1902
Sixième Année — No 43 Journal Hebdomadaire — Deux cents le numéro.Jeudi, 23 octobre 1902 i ORGANE LIBERAL du DISTRICT deTERREBONNE.Lt MTT DI L’AVENIR EJT DAMS UE PEUPLE mImE MOUX VTRROKJ PRQJPtRIR EILJ DOS?JURENT .Ç&.3*>OX~) î?Un an.Six mois .pUjo-pyieyne-pts * $1.00 0.50 Jean-B.-B.Prevqst, Arthur Lemont, Directeur de lu Rédaction Secrétaire de la Rédaction ADMINISTRATION :-SAINT-JEROME (TERREBONNE) AT>T>°P°«8 1 De pouce : Un mois.$1.00 “ Un an.$3.00 aura» SOMMAIRE Un conseil, poésie Présent ! Bienvenue Questions M.Tarte démissionne Colonne judiciaire Méli-Mélo Autour de l’école Affaires municipales Adieux du curé Lamarche Nouvelles de Saint-Jérôme et d’ailleurs.Eugène Manuel Dorenzaccio Jean Valjean Paul Leroy Lox Piccolino Jérôme Un Conseil Un conseil, ami : que ton cœur soit fort ! Lutte pour le bien : la défaite est sainte.Si tu dois souffrir, accorde à ton sort Un regret, — jamais une plainte.Ecris, parle, agis, sans peur du danger.L’univers est grand : que tou œil y plonge ! Tu pourras faillir, môme propager Une erreur parfois, — jamais un mensonge.Si tu vois plus tard d’indignes rivaux Toucher avant toi le but de ta vie, Trahis seulement, sûr que tu les vaux, Du dépit parfois, — ïamais de l’envie Tu voudras aimer : l’amour prend pour lui Nos meilleurs élans contre un long méconte ! Du moins qu’il te laisse, après qu’il a fui, Des larmes parfois, — jamais de honte.Le mal ici-bas trône audacieux : D’un amer dégoût si ton âmo est pleine, Nourris dans ton sein, montre dans tes yeux Du mépris parfois, — jamais de la haine.Et si dans ce monde, étroite prison, Un trouble apparent met l’âme en déroute, Que l’œuvre de.Dieu laisse à ta raison -4” Un souci parfois, — mais jamais un doute.Eugène Manuel.PRESENT ! La Nation a répondu clopin-clopant aux quatre questions que nous lui posions dans notre numéro du 2 octobre.Quoique dise M.Nautel, nous persistons à dire que, plus que personne I’hon.M.Taillon, son ex-premier ministre et son ex-collègue, a la responsabilité de la passation du bill intitulé : Loi constituant en corporation » The Montreal Light, Heat and Power Company.» En posant nos questions, nous avons ou-bie de demander en même temps au directeur de La Nation s’il n’est pas vrai que M.Taillon avait plaidé ce bill devant les comités des bills privés et ce en compagnie de M.Campbell, ex-associé de l’lion.M.Abbott, ancien premier ministre du Canada ?» Nous n’avons rien à reprocher à ces messieurs, dit M, Nantel, ils étaient avocats.» Mais, voyons, pense-t-on nous faire croire que ces messieurs ont été choisis seulement parce qu’ils étaient avocats ?Non, ils ont été bel et bien choisis pour en imposer, par leur présence, aux députés et •conseillers législatifs conservateurs.Et parmi les directeurs de cette compagnie on trouve un plus grand nombre de noms conservateurs que de noms libéraux.Ainsi, nous le répétons, on y voit les noms ¦des propriétaires du seul organe conservateur français de la province de Québec.On a pourtant bien vu l’hon.M.Guérin, ministre du cabinet Parent, combattre ce bill de toutes ses forces devant la Législature, et puis un grand nombre de députés libéraux Voter contre.Nous affirmons donc que c’est sans droit que le directeur de La Nation donne l’entière responsabilité de cette législation privée au cabinet Parent.Le directeur de La Nation termine * en nous posant deux questions auxquelles il nous demande de répondre.Voici la première : L’Avenir voudra-t-il nous dire » lo Si le Trust de Montréal n’est pas de fait maître des chemins et rues de toutes les municipalités sises à cent milles de Montréal ?» A cette première question, nous répondons franchement que nous ne voyons pas que cette compagnie, qualifiée injustement de trust par M.Nantel, jouisse de privilèges beaucoup plus grands que nombre d’autres compagnies.Cette compagnie a les mêmes pouvoirs, à peu de chose près, qu’une foule d’autres compagnies avaient obtenus auparavant, et ce pendant que M.Nantel était député, voire ministre.S’il l’exige, nous lui en citerons des douzaines, où les termes de certains pouvoirs de passer dans les routes publiques sont absolument identiques.Et M.Nantel nous pose cette autre question : L’Avenir veut-il nous dire » 2o.S’il est en faveur de ce Trust et s’il approuve le cabinet Parent, l’auteur responsable de toute législation d’ordre public ou privé, de l’avoir laissé passer ?» Eh ! mais oui, 1’Avenir du Nord est en faveur de cette compagnie ; il souhaite mène qu’elle vienne sous peu construire des tramways électriques dans le comté de Terrebonne ; seulement la compagnie devra suivre la loi et le sage proviso que la Lé- gislature a écrit dans sa charte liticommo suit: et qui 10.La compagnie pourra, dans la cité de Montréal ou dans tout autre endroit situé dans la province de Québec, dans un rayon de cent milles de la dite cité, avoir accès à et établir sous ot sur les rues et chemins publics, tous les tuyaux, lignes, conduits et autres installations qui pourront être nécessaires aux besoins de ses affaires, tous ces travaux devant être faits aussi vite que possible et sous la diiection de la municipalité dans laquelle ces travaux se trouvent situés, pourvu que la compagnie soit responsable de tous les dommages qu’elle pourra causer.Pouvu toujours que la compagnie ne puisse pas établir ses fils, poteaux, conduits ou autres constructions nécessaires pour les fins de cette loi dans les rues de la cité de Montréal ou do toute autre municipalité, sans donner au préalable, un avis d’un mois à cet effet aux autorités municipales, et pourvu : (a) Qu’en exécutant ses travaux ou en établissant son matériel ou ses appareils elle ne cause aucun dommage inutile ; (b) Qu’elle veille, avec tout le soin possible, à ce que les rues ou le chemin public soient laissés libres et que l’usage n’en soit pas interrompu ; (c) Qu’elle protège scs travaux et leurs accessoires par tous les moyens convenables ; (d) Qu’elle répare les rues et le chemin pu blic avec la diligence convenable : (e) Qu’elle répare tout dommage qui peut avoir été causé par les travaux ou par l’installation des accessoires ; (f) Et qu’elle soit tenue responsable de toute négligence à cet égard.Comme nos lecteurs peuvent le constater, ce trust n’est pas si maître que veut le laisser croire M.Nantel.Les restrictions que lui impose la Législrture sont assez nombreuses et assez sévères.Mais, sincèrement, nous ne cachons pas que si nous étions un organe du district de Montréal et si nous y avions tous nos intérêts, comme le directeur de La Nation, nous serions peut-être opposés à ce bill.Mais nous considérons l’intérêt du comté de Terrebonne avant celui de la métropole et nous demandons à grands cris à ce trust infâme de venir construire dans toutes nos paroisses du nord, dans un rayon do deux cents milles, s’il le veut, des usines à gaz, des usines électriques et des tramways ; peut-être même serions-nous prêts à voter des boni à cet eflet, et nous le laisserions » maître des chemins et de nos municipalités.» Mais nous, nous limitons nos aspirations aux intérêts de notre district rural, et nous j n’avons, nous, aucune ambition à entrer au conseil de ville de Montréal.Lorenzaccio QUESTIONS Au cours de son dernier article intitulé: » Réponses et questions," lo directeur de la Nation, a écrit une phrase qui est infiniment injuste onveis l’AvENm nu Nord.Il dit : » L’Avenir se signale parmi les plus fanatisés do l’esprit aveugle de parti, jamais ce journal n’ir pu rendre justice à un adversaire et reconnaître que ses chefs peuvent so tromper.» Peut-on écrire avec autant de cynisme de pareils mensonges.N.Nautel accuse I’Avenir d’être un organe fanatique.Eh bien, voudra-t-il réponire encore, franchement, s’il eu est capable, aux questions suivantes : lo.N’est-il pas vrai que » L’Avenir du Nord » a été, de tous les journaux libéraux, le plus sévère à l’égard de son chef, sir "Wilfrid Laurier, sur la question de l’impérialisme?» L’Avenir du Nord » ne s’est-il pas, en cette occasion, montré un organe franchement national, s’élevant au-dessus de l’esprit de parti et blâmant sans hésitation le gouvernement Lau rior ?2o.N’est-il pas vrai que » L’Avenir du Noid," mettant encore de côté l’esprit do par ti, a félicité sincèrement M.Chauvin, un ad versaire, qui, sur cette question, tint d'abord une conduite si digne d’éloges, mais que malheureusement, il n’a pas couservéo ?3o.N’est il pas vrai que, lors de la nomination de la fameuse commission de colonisation, » L’Avenir du Nord » s’est montré très sévère pour le gouvernement Parent ?•lo.N’est il pas vrai que lors des défaites qu’a subies le gouvernement Parent dans Sou langes et Stanstead, » L’Avenir du Nord » t dit franchement à ce gouvernement ce qu’il pensait ?Voyons, M.Nantel, devant notre pays qui nous est témoin, n’est il pas vrai que » L’Avenir du Nord,» dans toutes ses luttes, n’a eu eu vue que le bien de la patrie et non celui du parti ?Rendez nous donc justice et veuillez répondre aux questions que nous vous posons.I Colonne * judiciaire ÜS La liberté cle la presse Après quatre mois d’absence, Sir Wilfrid Laurier est revenu au pay's.Bienvenue ! c’est-à dire que l’accueil le plus bienveillant, le plus sympathique, soit fait au plus grand des fils du Canada ! Sir Wilfrid Laurier rentre au pays en triomphateur, en vainqueur qui revient non pas chargé de dépouilles opimes et lo glaive sai gnant encore du sang de l'ennemi.» Laurier revient au pays en vainqueur pacifique, en héros sans épée, qui, par la seule royauté do son esprit, a su changer pour les Canadiens, ses compatriotes, le cours des évènements.» Laurier nous arrive d’Angleterro où il avait été convié pour assister à la conférence de Lon dres.C’est là, en pleine capitale de l’Angleterre, que Laurier h remporté sa belle victoire.C.’est là que, pour la défense de son pays, Sir Wilfrid Laurier a souffert les plus douloureuses angoisse.Le mauvais génie que l’Histoire désignera sous le nom de Jot Chamberlain, lui a fait supporter les plus pénibles épreuves.Il a déchaîné 'contre Dotre représentant tout ce qu’il avait de terrible.Sir Wilfrid Laurier a été en butte à la plus redoutable des stratégies.Pour lui faire accepter l’impérialisme, ou plutôt lo militarisme, Chamberlain a eu recours d’abord anx » obsessions politiques et diplomatiques." Ne réussissant pas, il adopta alors les "objurgations sociales plus terribles encore, pour pouvoir faire consentir Laurier.Il fit échec de nouveau.Il alla, dit-on, jusqu’à se servir do menaces pour briser enfin l’énergie de notre représentant.Ii ne réussit pas plus : tout fut inutile.Laurier ne broncha pas.Il demeura inexpugnable.Et Chamberlain dut reeulei après avoir ignominieusement échoué.Eh bien ! c’est cctto victoire quo Laurier vient de remporter sur le terrain diplomatique.A elle seule, cette victoire vaut plus pour la consolidation do notre pays que tous les avantages qui pourraient nous venir d’hécatombes humaines, Laurier ost aussi allé en France.Notro mère patrie lui fit la réception la plus affectueuse et la plus enthousiaste, reconnaissant en lui un digne descendant de scs illustres fils.Avec la France et l’Italie, Laurier a entamé des négociations commerciules, » brisant ainsi les vieux cadres des timidités coloniales cl reculant les frontières do la souveraineté canadienne.Avec une éloquence captivante et persuasive, sobre et communicative, Laurior a dit à l’Europe étonnée notro histoire si belle, a fait connaître notre Canada au monde, notre Canada quasi indépendant et prêt à avoir sa place au soleil des nations.Vos compatriotes, sir Wilfrid Laurior, sont fiers de vous et la Patrie reconnaissante vous bénit.- Jean Valjean Hi Tarte démisionrçe L’honorable J.Israël Tarte n’est plus ministre des Travaux Publics.Il a demandé à sir Wilfrid, son chef, la permission de se retirer de son cabinet et Sir Wilfrid Laurier a accédé à sa demande.Cet événement, qui ferayépoque dans l’histoire de notre pays, ne nous a pas pris par surprise : comme tant d’autres, nous l’avions prévu ; il no pouvait en être autremeut: M.Tarte devait a se soumettre ou so démettre, si Nous connaissions trop bien le tempéramment de M.Tarte pour avoir pensé qu’il so soumît : Tarte a accepté l’alternative la plus glorieuse, à ses yeux, il se démit.M.Tarte est-il à féliciter do sa manière d’agir ?Ma foi, il me semblo qu’on pourrait toujours le féliciter de la pureté d'intention avec laquelle il a entrepris sa campagne protectionniste.Pour M.Tarte, cette campagne est peut-être Imti-iibérale, mais elle n’est pas anti-nn-tionalo.(?) Toutefois cette pureté d’intention ne pouvait, selon nous, justifier l’action de M.Tarte.Sir Wilfrid le lui a dit : n Si vous en étiez arrivé à la conclusion que l’intérêt du pays exigerait sans retard l’élévation des droits de douaue, la première chose pour vous à faire, comme membre du gouvernement, avant de vous adresser au publie, c’eût été de mettre vos vues devant vos collègues, dans le but d’obtenir cette action unanime du cabinet, qui est la base même du gouvernement responsable.Si vous n’aviez pu obtenir do vos collègues leur assenti ment à l’orientation nouvelle que vous recommandiez, vous auriez eu à choisir, à adopter leur manière de voir ou do vous séparer d’eux, n C’est bien en effet ce qu’aurait dû- faire M.Tarte.En acceptant la charge de ministre il en assumait surtout les obligations.Et la principale de ce.s obligations était do so dépar tir de sa liberté d’action et «le langage.Et c’est ce sacrifice que M.Tarte n’a pas voulu subir plus longtemps.Il veut être libre de dire et de faire ce qu’il veut et comme il veut.N’étant plus miuistre, que sera M.Tarto?Il sera député, et il nous a déjà dit ce qu’il ferait, s’il était député.Il nous disait bien, alors, qu’il forait de la question du transport n sa question n ; mais il ne nous parlait pas encore de la révision du tarif, et c’est depuis, qu’il a ajouté cet article à son programme.Donc voilà M Tarte simple député On dit qu’il prdndra lui-mêmo le fauteuil éditorial, a La Latrie.M.Tarte rentrera dans le journalisme, sera-ce pour le bonheur du sir Wilfrid Laurier ?Quelqu’un, un jour, avait dit • n M.Israël Tarto sera pour Laurier ce qu’a été Wilsou pour Grévy.n Nous espérons bien, nous souhaitons que cette prophétie no so réalise pas.Mais nous ne pouvons toutefois terminer sans au moins dire, que selon nous, Tarte, lo fameux Tarte, est vraiment l’un u des types les plus remarquablement doués que notre race nît produit.n Province de (Jcebec District de Teiuieuonne.} Coup Supérieure No 65 SARAH ELIZABETH DONALDSON éépouso de J AMES McKENZIE, du canton Montcalm, district de Terrebonne, a, ce jour, intenté une actian ou séparation do bien centro son époux.PREVOST A RINFRET, Procureurs do la demanderesse.Sainte Scholastique, 27 sept.1902.J -A.C.Ethier vs.La Compagnie d’Imprimerie de Saint Jérôme.— Cour de Circuit, district de Terrebonne.— lion.Juge Taschereau.M.Ethier a obtenu jugement, samedi dernier, contre la Cie d’imprimerie de Saint-Jérôme.Il l’avait poursuivie pour deux articles publiés les 28 juin ot 12 juillet 1902 dans La Naiton sous lo pseudonyme d’Arthur Sincère.Vu l’attitude de ce journal depuis quoique temps, ce procès avait soulevé beaucoup d’intérêt, car il soumettait aux tribunaux la légalité d’uu genre, certainement répréhensible, mais que quelques-uns hésitaient à reconnaître comme dommageable, dans le sens quo donne à ce mot le langage du Palais.En effet, il no s’agissait pas seulement dans cette cause d'un li belle bien défini, à savoir d’une accusation do e chantugo n portée sans raison contre le dépu té de Deux-Montagnes.Ix-s avocats du do mandeur ont aussi voulu soumettre au tribunal certaine façon de traiter ios adversaires qui, évidemment, n’est pas de bonne éducation, mais dont il s’agissait de faire décider si ello était u poursuivuble n, suivant un mot qui nous est fourni par notre, savant confrère.C’est la conclusion à déduire du jugement prononcé samedi.Le savant juge, après avoir lu les n passages reprochés n dans les deux articles déjà men tionnés, fait remarquer n que leur premier tort-est de faire allusion à une cause pendante et do sembler vouloir d'avance dicter aux témoins et au juge leur attitude.Il est suprêmement inconvenant de faire des commentaires sur uns cause pendante, ot, dans l’espèce, l’inconvenan ce touche au mépris do cour.u En somme, lo premier article incriminé est très grossier.Sans doute, lorsqu’on met en cause un homme public, la liberté do la presse est très graude On a le droit de critiquer les actes des hommes publics et la loi, sur ce point, est disposée à accorder une très largo discré tion.Mais il no suit pas de là qu’on puisse tourner les phrases de façon à luisser croire toutes sortes de choses.On n’a pas le droit d’écrire des articles vagues et imprécis, qui donnent libre cours aux imaginations ot jettent du louche, sur les actions et les réputations.Il est des hommes qui sont arrivés à l’apogée, que les insultes no sauraient atteindre et qui les détruisent par leur seul mépris.Mais les jeunes, qui n’ont pas encore le grand prestige et qui ont besoin de touto leur réputation pour poursuivre leur carrière, la loi leur doit sa protection pour empêcher quo les affirmations imprudentes et les accusations calomnieuses no viennent à tort briser leur avenir.n Le second article, continue le savant juge, est tout aussi polisson que le premier.Son auteur ne peut être pris que pour un écrivnilleur dont il n’y a pas à qualifiei la conduite.Dans un lniiguge délirant et obscène, il prétend jeter impunément l’injure et su termine par un li belle évident et caractérisé.Cette façon d'écrire ne saurait être tolérée et chaque fois que les tribunaux sont appelés à se pronoucer là-dessus, ils doivent la condamner.Tout ce jugement do l'honorable juge Taschereau, très élaboré et intéressant, prononcé avec force et conviction a été écouté religieuse ment par un nombreux auditoire.Ce*te décision est d’une grande importance dans notro district, où la polémique s’est souvent portée à de grandes violences et où l’on dirait que l’unique préoccupation de certains journalistes est de pousser jusqu’aux extrêmqs limites qui séparent l’injure du libello proprement dit.Les paroles du savant juge ne sauraient manquer d’avoir leur effet salutaire et bionfaisant.Lkx.Méditerranée par ses flottes et d’y vivre aux dépens des nations riveraines, divisées ou indifférentes à la solidarité do leurs intérêts.n Au Maroc, nous devons nous entendre aisément pour écarter de l’Afrique septentnona le les ambitions illégitimes qui contestont nos droits A Gibraltar, l'Espagnol sent toujours l’affront que sa dépendance en faco do l'étranger envenimo depuis des siècles.n Notro amitié commune s’appuie donc sur la méfiauce salutaire qu’inspiro l’activité envahissante do l'Angleterre : il n'est pas de meilleur moment pour un accord solide.Tout le monde ici sont la vérité et la force dos idées qui nous mettent la main dans la main.vol ?Et si leur clairvoyance s'en est émv.e, sous quelle forme, sous quels garanties, chercheront ils à associer les patriotes do France à leurs légitimes préoccupations?.I — MELI-MELO — | u La maison divisée » C’est- lo titre d’un éditorial du Figaro où on déplore u ce malheureux penchant de la France, à ee partager sur toutes les questions et souvent sur une vétille, en deux moitiés ennemies toujours prêtes à se montrer les dents et à s’entre dévorer.Une affaire succède à uno autre et déchaîne les mêmes passions.Au moindre incident, il saute aux yeux que nous no demandons qu’à nous expulser, à nous exi 1er, à proscrire — et même à nous traiter réciproquement en ôtage.La guerre civile est l’é tat endémique dans notro pays.n Cette outrance politique est un signe du race ; mais c’est aussi un présago do ruine.La maison n’est plus seulement agitée par des différences ou mémo par des conflits d'opinions, elle est en proie à une fièvre chaudo, à un délire de colère et de huinc, et c’ost probablement ce que l’Evangile nppollc une maison divisée — avec les conséquences qui en résultent, u VOILA LA RÈGLE Quand on est enrumé.il faut se soignor de suite avec lo Baume Rhumal.Alliance franco-espagnole L’idée d’uuo alliance franco-espagnole ron contre en France l’approbation à peu près générale.Voici d’ailleurs ce qu’en dit M.Ernest Judot, dans Le Petit Journal, un des jour naux les plus en vue en France : n L’alliance de la Franco ot do l’Espagne correspond aujourd’hui aux vœux do l’opinion publique.Elle ne so heurte à aucune difficulté morale et lo rapprochement, précisé par un traité, servirait les besoins matériels des deux pays, n Ni la Franco, ni l’Espngno ne songent à des invasions ou des conquêtes dont la crainte oblige à entretenir des armées et des forteresses ; elles ont, au contraire, à se défendre contre les menées de l’adversaire essentiel, de l’Angleterre qui garde la prétention do dominer la L’alliance anglo-allemande Ou no peut pailer do l’alliance franco-espagnole, sans tout de suite penser à l’allianeo quo l’Alleinngno souhaite contracter avec l’Angleterre.Pourtant ce projet de l'Allemagne n’est pas bien vu en Angleterre, et lo journal anglais, Tke Spectator, une autorité, nous dit franchement ce qu’il en pense.Qu’on remarque bien, en lisant cette opinion, comme ce journal nous donne un spécimen bien véridiquo du caractère vantard de John Bull.n Nous espérons, bien sincèrement, quo lorsque l’empereur allemand, pendant son voyage ici, fora ses propositions pour uno entente avec l’Angleterre, qui lui donnerait, à lui, tous los avantages, et à nous, tous les risques, notre gouvernement lui fera comprendre clairement, qu’il doit renoncer à une idée do ce genre ; notre objectif étant plutôt d’améliorer nos relations avec la Russie et lu France, et que nous no pourrions pas y arriver s’il existait quoi que co soit qui puisse être considéré comme uuo alliance) allemande.En tout cas, nos ministres no pourraient quo tromper l’empereur, s'ils es sayaient d’éclmpper à la tâcho désagréable do repousser ses avances, et s'ils lui laissaient s’imaginer qu’une demi-alliance avec l’Angleterre est possible.Nous sommes convaincus quo dans une question do co genre, comme toujours eu matière do politique étrangère, il n'y a qu’une seule chose qui compte réellement, la volonté du peuple nnglais.Lo peuple anglais a son opinion faite, au sujet d’uno alliance ullcinun de, et rien ne peut l’amener à la modifier.Le pays no veut, à aucun prix, d’ullianco ullenmn de, fniblo ou forte, profonde ou superficielle, permanente ou temporaire.Même si les minis très contractaient uno alliance, quelles que soient les formalités et la solennité dont ils l'entoureraient, le pays la brisornit, dès qu’il en aurait connaissance.Il est bon que l’cmpo-reur sache et soit bien convaincu que ce qu’il lui faut gagner ici, co n’est pas seulement la sympathie du roi ou lo bon vouloir do quelques ministres, ou mémo du cabiuet tout entier, mais la confiance du peuple anglais ; il ne l’obtiendra pas par son magnétisme personnel, dont il se sert si habilement quand il se trouve en présenco d’individualités.La confiance du peuple anglais ne peut s’obtenir que par des moyens, qui certainement lasseraient la pationco de Guillaume II, et grâce à des prouves, non équivoques et constantes, que co pays s’est assuré lo bon vouloir du peuple allemand tout entier, et non pus simplement celui de son seignour et maître.Est-il possiblo que cola puisse so faire dans les conditions, dans lesquelles so trouvo l’Allemagne, depuis ces dernières quinze années, conditions dues surtout à l’influenco du gouvernement allemand ?u L’Election de Stanstead Nous disions nuguère quo M.Nantel n’avait pas eu lieu do se réjouir tant au sujet de l’élection de Stanstead, car co n'était pas uno victoire conservatrice.Là dessus, M.Tardivel, dans La Vérité, corrobore notro affirmation.Qu’on lise plutôt : u On l'affirme, et avec raison, croyons-nous, l’élection du Stunstead n’a pas été à proprement parler une victoire conservatrico ; la que-stion politique n’ayant été aucunement en jeu C’est uno victoire pour les Canadiens-français el c’est comme tel quo M.St-Pierre u été élu.Lo candidat do M.Dullÿ a été roulé, non pas parce qu'il était partisan do M.Parent, niais parce qu'il représentait l'élément anglais do Stan-steud et qu’il était soutenu par un ministre anglais peu sympathique aux Canudious français.n IV|.le curé Lamarche Fait ses adieux » Pour l'Europe n Sous ce titre, M.Lucien Millovoye écrit dans La Patrie, de Paris, un article, où il fait voir le péril imminent dans lequel se trouvo l’Europe.M.Millovoye se demande si l’espéranco du prince Mestchersky, de consolider la paix européenne, par uno vaste combinaison diplomatique, est vraiment réalisable.Est-il possible d’associer la Duplico et la Triplice à la défenso do certains intérêts communs qui sont d’importaneo capitale, et qui, par-dossus les fiontièrcs, on dépit des arme-¦uents, doivent servir de lien économique aux nations séparées par la politique, par la guerre et par l’histoire ?L’idée d’un grand Zollverein confondant dans une véritable ligue du bien public l’Orient ot l’Occident européens peut devenir fécondo en résultats, parce qu’elle répond à une réalité, à uno nécessité même, dont Pévidcnco s'imposera.La concurrence anglo-saxonne essaie d’envelopper le monde dans un cercle immense d'activité : ello est appuyée par dos forces navales qui so développent sans trêve, ello vise non seulement à la suprématie, mais encore à la tyrannie maritime, ello organise d'un bout à l’au-tro do l’univers uno coalition d’énergie, do ténacité et de puissance sur laquelle n lo soleil no se couclio jamais n.Si l’entento parvenait à s’établir entre Londres et Washington, si les rois do l’or dictaient aux gouvernements d’Angleterro et des Etats-Unis los conditions d'une alliance financière, d’un trust politiquo destinés à faire capituler la vioillo Europo.Hambourg, le Havre, Marseille, Gênes, Trieste, Constantinople, Odessa seraient à la merci do co plan gigantesque.Est-ce uuo simple hypothèse?Nous voyons qu’elle est déjà l’objectif précis d’un groupe considérable d'hommes d’Etat et d’hommes d'affaires qui des deux côtés do l’Atlantique s’efforcent do préparer l’opinion à co pacte do bouleversement et do conquête.L'Angleterre accueillerait avec joie la chance do sortir u de son spicndido isolement n.L’Amérique se réserverait.dans les profits do cette nlliance, une part proportionnée à ses jeunes ot ardentes ambitions.A l’extrémité de l'Asie, lo Japon entre en scène avec une armée saillante, uno flotte exercée, des convoitises impatientes, des espérances illimitées.L’Europe devra compter avec co nouvel adversaire.L’Europe attend ra-t-ollo pour comprendre l’imminonce, l’immensité du péril, que l'abîiue s’éclaire dos premières lueurs do l’orage ?Qu’en pensent les empereurs de Russie et d'Allemagne ?Qu’cn ont-ils dit dans l’entrovno do Ro M.l’abbé Lamnrcho nous a définitivement quittés pour entrer dans la congrégation des R.P.Rédemptoristes.Les grandes qualités dont est doué M.l’abbé Lamarche, sa largeur de vues, sa sagesse remarquable ne lui ont créé que des amis pondant 10 trou court espace de temps qu’il a été curé de Saint-Jérôme.Son départ- laisse do profonds regrets dans le cœur do chacun do ses paroissiens qui ont pu apprécier ses hautes qualité de cœur et d’esprit.La manifestation qui a eu lieu dimanche dernier, après la grand’messe, a revêtu un cachot tout particulier qui a éveillé chez tous dos émotions inoubliables II est rare que l’on assibte à co spectncle touchant d’un prêtre quittant sa paroisse, renonçant à un brillant avenir, disant adieu à ses parents, à ses amis, à sa paroisse aimée pour s’en aller vivre l'humble et difficile vio du cloître.Un sentiment d’admiration semblait courir dnns la foule, dimanche dernier, pendant que l’abbé Lamarche nous faisait Bes odieux avoo uno éloquente simplicité.On sentait quo l’es-f une déjà si grande professée envers lo curé Lamarche par toutes ses ouailles augmentait devant tant d’abnégation et lo chagrin causé par ce départ navrait tous les cœurs.M.l'abbé Lumarcho laisse ici un grand exemple do vortus chrétiennes dont le souvenir demeurera longtemps dans notre mémoire.En quelques mois, il n su se gagner et unir nutour de lui tous les esprits, sans distinction.11 aurait pu nous rendre dos services signalés, à en juger par la manière Nage ot intelligente avec laquelle il a dirigé la paroisse do Saint-Jérôme durant dix mois.La Providence en a décidé autrement et en faco do la courageuse conduite de l’abbé Lamarche, nous no pouvons à notro tour, quu nous soumettre sans disci-8 sien.Voici l’adresso lue à l'abbé Lamarche, après la grann’messe, par Sun Honneur lo maire Charles Ooduiur.Au Révérend A.-R.Lamarche, Curé do Saint-Jérôme.Monsiour lo Curé, C’est spontanément que les Paroissiens do Suint-Jérôme s’assemblent en co moment pour vous dire combien ils déplorent votre départ inattendu.I/) court ospaco do temps, pondant loquel nous vous avons ou comme pasteur, nous a cependant tous convaincus quo Mgr l’Archo-vêquo avait su judicieusement choisir, parmi scs collaborateurs, lo prêtre à la foi active et aux idées larges, au cœur d’apôtre ot doué d’un patriotisme éclairé, digne do devenir io curé do la paroisse illustrée par le curé Labello.Nous nous étions berces do l’espoir quo bientôt régneraient ici l’union et la bonne entente qui doivent exister entre citoyens s’abritant sous lo mémo clocher.C’est donc, monsieur le curé, avec lo plus profond et le plus sincère regret que la paroisse a appris votre décision d'abandonner le ministère pour répondra à l’appel irrésistible do la vocation religieuse, mais du moins nous croyons pouvoir dire quo rien, dans notre conduite, n’a influé eu quoi quo co soit |Bur cetto résolution prise, paraît il, bien avant votre nomination nu poste do curé de Saint-Jérôme.Permettez donc, monsiour le curé, à vos paroissiens, réunis tout spontanément, de vous exprimer le chagrin sincère que leur cause votre départ.Nous tenons n vous témoigner notre reconnaissance pour lo dévouement, l’abnégation dont vous avez cons a nmont f fit pn uve depuis votre arrivée au milieu do nous.Cependant, le regret quo nous ressentons do votre départ no nous empêcho pas de comprendra toute la grandeur do l’actu quo vous avez le courage (l’accornp'ir ot pour lequel nous vous offrons nos félicitations.Permettez, monsieur lo curé, à vos paroissiens, do vous souhaiter lo plus complot bonheur, auquel vous avez droit ; et nous ospérons qu’au fond du cloître, vous conserverez devant Dieu lo souvenir de la paroisse de Saint-Jérôme.Los Paroissiens do Saint-Jérome.Saint-Jérôme, 19 octobre 1902.Du haut de la chaire, l’abbé Lamarche répondit à peu piès dans les termes suivants : Monsieur lo maire, Mos chers amis, Il y a dans la vie des circonstances où les émotions se ressentent mieux qu’elles ne s’expriment.Les émotions qui me remplissent le cœur en ce moment sont de celles-là.Je Bens qu’il y a entre vous et moi un lien de sympathie très étroit et quo nous nous comprenons sans qu’il soit besoin de recourir à de grondes phrases.11 y a à peine dix mois, j’airivais an milieu • .' ' - • ¦ L’AVENIR DU NORD, 3 OCTOBRE 1902 de vous, vous apportant une bonne volonté et un désir ardent do travailler à votre plus grand bien- J’arrivais ici, heureux* de penser que j’allais dépenser mes forces, appliquer mes quelques talents, employer ma vio sacerdotale à assurer le salut do chacun de vous.Je croyais alors que je venais vivre et mourir parmi vous.J’avais mémo déjà jeté les yeux sur le coin de terre que je devais occuper un jour dans votre cimetière.Mais la Providence en a décidé autrement.Je vous quitte pour répondre à un appel qui me poursuit depuis longtemps.L’état religieux où je vais m’engager est bien la voie que m’assigne la volonté do Dieu et je dois en conscience la suivre.Pour plusieurs d’entre vous, peut être, cette conduite paraît étrange.Peut-être trouve-t-on extraordinaire et excentrique la décision que j’ai prise : abandonner une belle paroisse, une situation enviable, etc., pour aller se faire reli gieux ! Mes amis, les raisonnements humains ne valent plus rien dans les choses do Dieu.Voyez la vie des apôtres : ils ont répondu à l’appel de Jésus-Christ sans raisonner.Mais n’allez pas croire qu’une telle décision se prend sans peine.Depuis quelques mois surtout, il m’a fallu traverser des phases bien douloureuses.Aujourd'hui que ma résolution est irrévocablement prise, je me sens calme.Je ne pars pas pour aller prendre la direction d’u-110 autre paroisse.Non, car il n'existo pas de paroisse plus belle, plus florissante, plus agréable, plus facile à gouverner que votre belle et grande paroisse de Saint-Jérôme.Je vous quitte, mes amis, pour répondro à l’appel de Jésus Christ.Vous comprenez ce que mon cœur soufTre en brisant tant de liens
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.