L'Avenir du Nord, 21 décembre 1928, vendredi 21 décembre 1928
tRBNTK-DEUXIEME ANNEE — NUMERO 51.CHENIER .; ¦ - - ‘; • : •• :•*;f VENDREDI, 21 DECEMBRE 1928 JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOÜS LE NUMERO \èjv'; yfc i oz?f -i&2ts _ >w *gg SEUL JOURNAL du DISTRICT deTERREBON NE EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS.1897-1928 ________ “LK ;,I0T 01-; L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) Editeur-Propriétaire: LUCIEN PARENT.Directeur politique: JULES-EDOUARD PREVOST.SAINT-JEROME, Comté de Terrebonne.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT.LABELLE LA NOUVELLE IDOLE DU PARTI CONSERVATEUR Samedi soir dernier un banquet monstre a été offert à M.Camilicn Ifonde, maire de Montréal, et récemment élu député de la division Sainte-Marie, de Montréal, à l’assemblée législative.Les organisateurs ont voulu faire de ce banquet une manifestation bruyante en 1 honneur d un vulgaire politicien dont ils essayent de faire l’une des gloires du partie conservateur.A ec sujet, le ’’Canada” écrit co qui suit: Lu muni lestât ion barnuiuesquo dont on a voulu encadrer* la minuscule personnalité politique de M.Camillien Hondo, samedi soir, fait éclater au grand jour !’indigence du parti conservateur.11 tant, eu cllet, (pie ce parli soit bien pauvre en hommes pour faire du politicien Camillien lïoude l’un de ses généraux.Que disons-nous ! Les conservateurs aux abois poussent l’exagération stupide jusqu'à décerner le titre de ‘‘héros’ à ce drôle parce qu’une popularité légère lui sourit, en passant.Samedi soir, on a assisté à l’un des spectacles les plus ridicules que lu politique puisse offrir.Des milliers de personnes se sont réunies pour honorer le nouveau grand homme du parti conservateur.Fanfares, clairons et trompettes ont résonné pour annoncer au monde le venue du sauveur que les conservateurs appellent à grands cris depuis si longtemps.Des orateurs, dont M.Caban, digne d’un meilleur sort, ont célébré la liante valeur et les prouesses de Ca-millien Hondo, le ‘‘bien-aimé de la foule”, cet homme au coeur incommensurable, ce “héros” en un mot, que M.Félix De-rochers a non seulement placé sur un piédestal aussi haut que les tours 'le Notre-Dame, mais qu’il a même élevé jusqu’aux nues.Et dans ce cadre immense, éclatant, flamboyant, fulgurant que seul un surhomme aurait pu remplir, dans cotte apothéose exagérée et extravagante est apparu un pygmée, une sorte de Triboulct politique, qui a amusé la foule par ses grimaces, ses gambades, ses farces truculentes et ses marottes qu’il agite sans cesse quand il parle nu peuple roi.Que Camilien lloude ait du bagout, qu’il ait l’esprit combatif, possède un flux de paroles et surtout du toupet, nous n'en disconvenons pas.Avec tout cela on peut être un camelot à la langue bien pendue, un charlatan habile à vendre des pilules merveilleuses, et des poudres magiques dans les carrefours; mais, avec tout cela aussi, on devient burlesque quand on prend des attitudes de chef politique, de grand homme et do héros.11 a beau être député de Sainte-Marie et maire de Montréal.M.Camillien Hondo n’est pas de ceux que l’on met à la tête d'un parti politique sérieux et digne.Si quelques-uns en doutaient hier, ce doute doit s’évanouir aujourd’hui, depuis le discours aussi vide que grotesque que le “grand homme” a prononcé a sou banquet de samedi.Tamais hâbleur n a exbalo autant de balivernes.Eu vérité, le contraste était tellement grand outre l’apothéose et celui qui en était l'objet, qu’il en devenait injurieux.11 est indisputable que de tous ceux qui ont pris la parole, Camillien lloude a été le plus insignifiant.Nous sommes certains qn'aujourd'hui M.C.-1L Cuban et plusieurs autres doivent se sentir humiliés d’avoir pris part à cette manifestation où “leur héros” s'est montré plus petit que jamais.En politique, M.Camillien lloude est un nain qui peut, un instant, l’aire rire la populace par ses contorsions, mais nain il est et nain il restera.C'est pourquoi il n’y a rien do plus triste dans notre monde politique, actuellement, que de voir l’ancien parti conservateur, le parti de Cartier ; et de Chnpleau, réduit à mettre au nombre de ses héros M.Camillien lloude.• Que M.lloude se donne des allures de chef et cherche à accaparer le j panache de M.Arthur Sauve, c’est une question a débattre cntie eux.Mai.- ^ que les conservateurs fassent leur beau dimanche de M.lloude, ce rasta- j quouère politique qui ne sait que baver sur les ministres, juges et autres qui | lui déplaisent; (pie les conservateurs fassent de ec pierrot un "héros", de j ce pvgméc un grand homme, le plus grand des conservateurs de la province j de Québec, cela dépasse les bornes.Cette indécence imlitique dégoûte à bon droit plus d’un conservateur.Il suffit d’entendre les discours de M.Camillien lloude pour apprécier l’affaissement moral d'un parti qui s'en tait un general.Que le parti conservateur critique le parti libéral et cherche à ro- j prendre pied dans notre province, c est sou droit.Mais qu il s humilie au point de sc laisser évangéliser par Camillien lloude, r est pour lui le plus sûr moyen de ne jamais conquérir la confiance et le respect, du peuple.Où sont les fieaux jours d’autan où le parti conservateur axait a sa tête des hommes publics respectables et respectés, ou il comptait dans ses rangs des orateurs sérieux, sincères, instruits, dont le caractère ouv- rière en imposaient aux foules?En ce tciuos-la, un homme coniine M.Ca-millicn lloude aurait été relégué nu dernier rang du parti par les chefs conservateurs; de nos jours, ils en font un de leurs généreux! Nos moeurs politiques ne sont pus perverties au point d'affronter le peuple avec telle désinvolture.Lu foule, qui est honnête et logique, ne pour- ] ra manquer de s'indigner de voir le parti conservateur s'adresser à elle par la bouche de M.Camillien lloude.En le hissant au pinacle de leur parti, MM.Cnlian, Bell, Duplessis, M.Arthur Sauvé lui-iiiêiiie ne se rendent-ils pas compte du tort qu’ils font à une cause déjà si mauvaise et m pou populaire ?En vérité, les aboiements rageurs de M.Camillien lloude lais- j sent le parti conservateur aux abois — A tous nos Clients, Lecteurs et Annonceurs nous souhaitons 1 il O «SS*® nun1*1 v*nw«j$ VIEUX CHRISTMAS Christmas! Que de choses lionnes et douces, aimables et gracieuses, tendres et palisantcs ec mot n’évoque-t-il pas pour nos amis d'Outre-Manche! Noël a de tous temps réjoui les hommes anglais, apporté de la joie aux grands et du bonheur au petits.Nulle fête n’est plus populaire dans les lies Britanniques, nulle n’est attendue avec plus d'impatience et nulle n'est célébrée avec plus d’entrain.Les Anglo-Saxons, tradilionnalis-tes, ont conservé de vieilles coutumes, surtout dans la campagne ou dans les petites cités do certains comtés; mais il est regrettable que le modernisme ait banni des grandes villes les plus pittoresques de ces coutumes, celles qui remontaient aux premiers siècles de l’ère chrétienne.Le Wassaïl Bowl est précisément le plus ancien usage connu, celui qui semble le premier avoir marqué d’un caractère particulier les fêtes de Christmas.L’origine de cette coupe, d’après la légende, doit être attribuée à Rowena, la merveilleuse princesse, l'illc du roi Hengistus, qui but dans cette coupc à la sauté de Voligem le puissant chef, allié de son père.Cette coupe d’or massif était remplie d’un mélange assez singulier de bière chaude, de sucre, de sherry et de citron, le tout saupoudré de gingembre et de quartiers de pointues.Les Américains prétendent trouver là l’origine de leurs cocktails ou de leurs pick-me-up.Plus tard l’usage du Wassaïl Bowl qui d’ailleurs a complètement disparu, fut remplacé par un autre, par cette fameuse Coupe d'Amour qui figura dans tous les Christmas du XYe au \Ville siècle et qu’on rencontre encore dan- quelques châteaux.La Coupe d'Amour fut introduite en Angleterre par la femme de Malcolm Konmure.Afin d’engager les rudes et joyeux Ecossais à rester à table jusqu'à l'heure des prières; elle a-vnit décidé qu’une Coupe d’Amour remplie de vin généreux, de Sucre et d’épices, passerait de mains cil mains.Cotte cérémonie bizarre consistait en plusieurs formalites dont il fallait observer rigoureusement les rites.Après le festin, la Coupe circulait autour de la table.Chaque convive, avant d’y tremper scs lèvres, se levait, saluait la maîtresse de la maison et laissait son voisin de droite prendre avec sa dextre le couvercle de la coupe, Il était bien spécifié que le couvercle fût soulevé pnr la main droite du voisin de table atïn d’enpêchcr celui-ci de tirer sa dague ou son épée.Les anciens Danois avaient, en effet, la mauvaise habitude de plonger leurs poignards dans le dos de leurs rivaux pendant que ceux-ci savouraient l’hydromel.Aussi, pour prévenir toute velléité homicide, avait-on décidé quo Fou obligerait lo voisin du buveur à embarrasser sa main d’un couvercle.La plus répandue de ces innocentes plaisanteries était le jeu do la Bûche de Noël dont l’origine remonte aux Scandinaves.Cette bûche énorme décorée de houx et pourvue de cordes était tirée par les convives depuis le seuil de la maison jusqu’à l’âtre de la salle à manger.Là chacun montait à cheval sur la bûeh r et chantait un refrain joyeux que tous reprenaient en choeur, tandis que la bûche, poussée dans la cheminée, se mettait à flamber.Ensuite, on apportait une grande vasque d’argent remplie de raisins baignnnt dans du brandy ! et dans la salle à peine éclairée par les flammes dansantes des bûches, on s'amusait à attraper, sans se brûler, les raisins dans la coupe et à les manger encore chauds.Dans le Devonshire par contre, une singulière coutume a prévalu qui mérite d'être mentionnée.Le soir de Noël les fermiers du village se réunissent porteurs do fusils et d’une cruche de cidre.Guidés par le mai- mmm i VIEUX NOELS O beaux jours envolés! 0 Noëls de jadis! Claire embrasure au fond lointain du Paradis! En ces longs mois d’hiver où la nuit gronde et vente, O douce vision, quo vous êtes vivante I Magique pauvreté ! Riens chers et bienvenus ! • Tous les trésors étaient dans nos bas contenus! Dès l’aube très émus, retenant notre baleine, Tremblants, nous saisissions l'énorme bas de laine Où le petit Jésus, en secret, avait mis Les cadeaux désirés et les bonbons promis.Un bonheur grandissant brillait notre prunelle — Qu’as-tu?demandait l'un; — C’est un polichinelle! — Et toi?— C’est un cheval de bois! — Et toi, dis, dis?— Une poupée! Un sac de noix et de candis! — Moi, disait l’autre, j'ai des crayons et des plumes, Des raisins d’or et des pastilles pour les rhumes! — Une toupie! — Un régiment! — Des animaux! Et notre coeur joyeux s'exaltait dans ces mots! Je vois passer encor devant moi co cortège.O belle âme d'enfant, neuve comme la neige! Enchantements naïfs, jouets mirobolants, _ Que vous étiez petits et que vous étiez grands! .Ma poupée au visage informe et teint do rose, Que vous me paraissez maintenant peu do chose 1 A côté do ces vers qui narguent mon.désir, Et de cet infini que je ne puis saisir! n i) Les cloches de l’église annonçaient la venue De ce Dieu qui naissait d’un Vierge ingénue.Minuit! C’était Noël C’était lo temple Saint Scintillant de reflets, bruyant comme un essaim Que la joiq envahit et que la vie inonde.Nous partions tous, à pied, dans cetto nuit profonde, Nos coeurs étaient remplis d’un grand amour de Dieu; Des étoiles piquaient d’or lo fond du ciel bleu, En jetant sur nos pas des lueurs fraternelles, Des étoiles, qui nous semblaient toutes plus belles Que celle qui, jadis, par les monts étrangers, Vers la lande divino a guidé les Bergers.Nous atteignions bientôt, pieuse caravane, La Crèche d’où montait un parfum do savane.L’Enfant Jésus donnait parmi les sapins verts, 1 Et près do Lui, la Vierge, avec ses bras ouverts, ' Souriait à Joseph, qui, douce sentinelle, Etendait sur l'Enfant une main paternelle.I La neige et le frimas recouvraient les parois * De l’érablo où dormait lo puissant Roi des Rois! Debout, dans leur manteau d’or et de cachemiro, Les Mages présentaient leur encens et leur myrrhe, -] Cependant que le boeuf et l’âne, aux souffles lourds, Le réchauffaient de leurs babines de velours ni , # ü Ah! comme je voudrais, en cette nuit sereine, j Où la foi des aïeux triomphe, souveraine, Ab! comme je voudrais, ô Jésus, cette nuit, Blanche do toute erreur, libre de tout ennui, M'agenouiller encore auprès do cette Crèche Où Vous régnez sur votre lit de paille fraîche; Et là, joignant les mains avec naïveté, L’âme pleine de foi, d’amour, do pureté, Sentir, devant ce doux et sublime mystèro Qui fait descendre un peu do ciel sur cette terre, Sentir, en ces moments divins et radieux, Les larmes d'autrefois s’échapper de mes yeux! , ,• « Blanche Lamontagne-Beauregard.(“MA GASPESIE”) t mmmsmsmimmxmiimm 5SV&é*WèWèWî\ŸihYÈVèvéî\ ro, !c vicaire et le maître d’école, ils sc rendent au verger lo plus proche; là, le bedeau arrose cérémonieusement le plus bel arbre avec le contenu de la cruche, cependant que les assistants crient en choeur: O arbre, tu porte- rus mille fruits, tu nourriras ton maître et le rendras heureux!” Là-dessus les fermiers déchargent leurs fusils à travers les branches et se met-lent en route pour recommencer un pou plus loin.A Oxford, au Queen’s College, on célèbre encore, le soir de Noël, l’entrée solennelle de la tête de sanglier couronnée de lioux et piquée de petits drapeaux.L’origine de cet usage est d'ailleurs assez piquante.On raconté qu’un étudiant du Collège d’Oxford fut attaqué un jour par un sanglier furieux dans les environs de le ville.L’étudiant, qui lisait Aristote, jeta son lourd in-8e à la têto du sanglier qui tomba sur-le-champ, assommé! Si l’anecdote est vraie, elle n ’est pas flatteuse pour le philosophe grec.Enfin la plus joyeuse coutume dont on ait conserve le souvenir est ccllo qui mettait en gaîté les villageois du comté d’Oxford.Les servantes avaient le privilègo de demander à un habitant du village de décorer leur maison avec du hour et du lierre, la veille de Noël.Si lo villageois s’y refusait, les servantes avaient lo droit do lui voler une culotte et do la clouer à la porte de la maison avec son nom qu’elles exposaient ainsi à la risée publique.Do plus, il était défendu à l’infortuné coupable d’embrasser les villageoises sons le gui.Est-il besoin do dire que la crainto de cette pénalité stimulait les plus bravest Car si toutes les traditions étaient bannies du reste de la terre, les hommes n’en regretteraient qu’une: lo privilègo du gui.I A .Maurice DEKOBRA. liLi'l il.; L'A VENIR DD NORD, VENDREDI 21 DECEMBRE 1928 LES ROTIS Quelques conseils au sujets des rû* tisr'cn général, il faut compter un quart d’heure, il faut cetaoin shlrld quart d'heure de cuisson par livre de viande; cependant on gagne quelques minutes sur les rôtis de gt*>> poids.Ainsi, jxmr un morceau de viande «le trois iivrvs qunruuie minutes suïu-s« nt ; pour un rôti de quatre livres, il ne faut pins que cinquante minutes.el«*.Il ii *v a que pour le porc, lar un ga' zouiilemcnt de cloches «pii s’est répandu dans les airs.Files résonnent I de partout, les cloches.Leur carillon joyeux, qui arrive de tous les villages d'alentour, se croise, se rcu force, s’unit harmonieusement, comme le bourdonnement d'un essaim d’abeilles ou comme les mélodies d’une année de rossignols épars dans la le ni liée.l’no à une .on voit alors sortir «les maisons les lentes ombres des chrétiens et des chrétiennes.Par les i lanes du coteau, le long «les sentiers de ia plaine, serpente la procession «les coiffes et des mantes «le laine, au \ So{i et S ru %0 Nuijh »vnih »i «dir»!*, pour livraison immédiate, quelqth-H chars «le SON »*t de (îlîll KOIJCjM B .!)• inamhz nos niix pour ces entrais s t • » .• H livres a votre station.t kj E’.nuotnz en nous confiant votre commande pour l'mius El « j-s • U*® ronds : AVOINE, BLE, Bl E-D’INDE, ORGE Ivriviz i» tèlégiHphu z h nos lrms pour i os plus bas Cl ¦ ?Coopérative Fédérée de Québec 13(1.rue Saiiit-D/iul ouest — MONTREAl B iCBDSBBSDaoaBaaataHBBaaiBRBB: CSOSBIOIllBIiBBBBEIBIIII BE B B B B MAGASIN INDEPENDANT VICTOR fi'S, ft ft J Q/IFE/IÜ St-Faustin Station Spéciaux «lu 24 au 31 Décembre 25c 25c (J FL K K N ictuna ass.3 pour .PEA NT T S rôties 2 ibs.pour.; i 'FA N l TS salées la lh.! 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