L'Avenir du Nord, 28 février 1936, vendredi 28 février 1936
CHENIER QUARANTIEME ANNEE, NUMERO 9 SEUL JOURNAL ou DISTRICT de TERREBONNE 1897-1936 EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-NEUF ANS 1897-1936 “LE MOT DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME ; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT" (Benjamin Suite) SAINT-JEROME, P.Que.Abonnement : S2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO LABELLE LE VENDREDI, 28 FEVRIER 1936 LE FRONT LIBERAL Il y a au moins soixante-dix libéraux sur quatre-vingt dix députés siégeant à l’Assemblée législative de Québec.Des dissidences se sont produites dans leurs rangs, mais, si nous remontons à l'origine de ces désaccords nous n'en voyons aucun qui soit assez fondamental pour diviser irrémédiablement le parti libéral.Nous le disions ici même, il y a quelques mois : “Quand les fondateurs de l'Action Libérale Nationale émettent des idées, soumettent aux chefs libéraux, dans un manifeste ou autrement, des projets ou même des critiques sensées, pratiques et constructives, ils ne font qu’exercer utilement leur indépendance et accomplir leur devoir de libéraux sincères.” L'histoire démontre que le parti libéral a toujours été le parti des saines réformes.A plus d'une époque il lui a fallu se réformer lui-mème afin de remplir pleinement, dans le monde des idées et des faits, l'oeuvre régénératrice qu'il s'est assignée dès sa naissance et qu'il doit poursuivre sans trêve.L'heure des réformes paraît bien avoir sonné pour le parti libéral dans la province de Québec.Le gouvernement le comprend aussi bien que les libéraux qui le pressent de réaliser des réformes dans l'administration de la chose publique et dans notre législation.Le parti libéral peut et doit présenter un front uni pour accomplir l'opération qui les sauvera et lui donnera des forces nouvelles.Nous ne voulons pas croire que le parti libéral est dans la situation rie ces peuples ou de et» associations qui, suivant la formule de Tite-Live, ne peuvent “supporter ni les maux ni les remèdes.” Demeurant fidèle au grand principe de liberté et à l'amour du progrès qu'il a mis au service du peuple et l'ont fait travailler au bien général, le parti libéral a su s'adapter aux besoins de l’heure, se soucier des problèmes nouveaux qui surgissent au cours des années, surtout à certaines époques qui demandent des gouvernants plus d'initiative, de clairvoyance et d'énergie.Si nous laissons de côté la politicaillerie électorale et si nous relisons le Manifeste que les libéraux dissidents, sous le nom de L'Action Libérale Nationale, ont lancé au début de leur mouvement ; si nous éliminons les équivoques qui se sont glissées dans un combat où les personnes ont pris plus de place que les idées, nous ne trouvons rien qui rende impossible le front uni des libéraux en vue de l’oeuvre desirable à accomplir.Pour le démontrer, nous allons rappeler les parties essentielles du Manifeste de L'Action Libérale Nationale qui demande des “réformes d'ordre politique, économique et national.” Ces libéraux désirent une évolution politique et économique en vue de rétablir l’équilibre qui fera disparaître la crise actuelle.Leur Manifeste propose donc un "plan d’ensemble" de réformation.L’Action Libérale Nationale, dit le Manifeste, est née de la nécessité de cette évolution.L’Action Libérale Nationale est née de la nécessité d’une action politique.Citons le texte même : L'Action libérale nationale est née de la nécessité d'une action politique vivante et constructive qui, tout en sachant reconnaître la valeur de certaines oeuvres antérieures et le mérite de leurs auteurs, se préoccupe avant tout du présent et rie l'avenir.L’Action libérale nationale est née de la nécessité d’adapter la politique provinciale aux besoins urgents d’aujourd'hui, but qui actuellement ne saurait être atteint que par la “relibéralisation” du parti libéral provincial.Suivent les différents articles de ce programme de réformes que les libéraux dissidents eux-mêmes admettent n’être pas parfait.Réformes agraires.“Ces réformes se ramènent à dix articles principaux qui doivent être réalisés simultanément.Ce sont : lo Préparation et exécution d’un vaste plan de colonisation ; 2o Redressement de notre agriculture par la conquête des marchés locaux et étrangers ainsi que par l’électrification des campagnes et, à ces fins, augmentation des subsides ; 3o Organisation de l’industrie complémentaire, petite et moyenne ; 4o Organisation professionnelle des agriculteurs ; 5o Etablissement d'un crédit agricole provincial, afin de remédier aux lacunes du crédit agricole actuel ; 6o Protection de l'ouvrier et du journalier rural et du bûcheron en particulier ; 7o Rachat des tenures seigneuriales par la province ; 8o Collaboration avec le Conseil de l’Instruction publique pour assurer la ruralisation de l’école de rang ; 9o Organisation de l’enseignement agronomique supérieure et réforme de l’enseignement agricole à tous les degrés ; lOo Inventaire de la Coopérative fédérée et, au besoin, paiement de sa dette par le gouvernement, et remise de cette institution aux cultivateurs organises.La restauration rurale, dont nous donnons ci-dessus les grandes lignes, comporte une étude préalable approfondie suivie de l'élaboration d'un plan d'ensemble et de la coordination des différents ministères et services intéressés : Terres et Forêts, Agriculture, Colonisation, Voirie, Trésorerie et Secrétariat provincial.Cette etude, ce plan d’ensemble, cette coordination, il suffit d’étudier la question, meme superficiellement, pour s'en convaincre, ne peuvent être menés à bonne fin par un seul homme.Il faut le concours désintéressé de toutes les compétences.C'est pourquoi nous préconisons la création d'une Commission d'Agriculture et de Colonisation composée de spécialistes indépendants et de fonctionnaires.Les divergences d'opinions sont bien légères, ici, entre les liberaux.Reconnaissons que l’entente est facile avec un gouvernement qui, sur tous les points signalés, n'a guère besoin d'être RELIBERALISE.Plusieurs de ces réformes sont commencées et peuvent aisément être complétées avec un homme comme l’honorable M.Godbout, ministre de l’agriculture, dont la compétence n’est pas niable.II.Réformes ouvrières.— lo Loi sur le contrat de travail et codifica- tion en un seul volume de toutes nos lois ouvrières : (Code du Travail).2o Application du rapport de la Commission des Assurances sociales : a) dans les mesures qu’il préconise pour la protection de l’enfance et l'extension de l'hygiène industrielle ; (cf.2o rapport, pp.12 à 32 et 4o rapport 2ème partie, pp.113 à 125); b) par la création d'une assurance-maladie-invalidité propre à répartir sur le plus grand nombre les charges d'hospitalisation, de façon à libérer le budget provincial ; (cf 7o rapport, pp.275 à 321); c) par l'institution d'allocations aux mères nécessiteuses et de pensions de vieillesse avec la collaboration du fédéral ; (cf 5o rapport, pp.140 à 163 et 2o rapport, pp.32 à 44); 3o Revision de la Loi des Accidents du Travail ; 4o Réglementation de la vente à tempéram-ment ; 5o Disparition des taudis par l’encouragement à la construction des logements ouvriers ; 6o Extension de la réglementation des heures de travail ; 7o Rémunération équitable pour le travail de l’ouvrier, à l’eflet de lui faciliter l’accès à la propriété ; 8o Révision et extension de la Loi du salaire minimum ; 9o Primat du salaire sur les dividendes ; lOo Application rigoureuse de la Loi de l'Observance du dimanche.Cet article du manifeste tient un peu de l’utopie et est assurément moins pratique que le précédent.Toutefois, sans faire un grand effort de rclibéralisation le gouvernement approuve sans doute, en théorie, les mesures désirées, peut adopter et faire siennes plus d'une de ces suggestions.Les libéraux dissidents doivent cependant reconnaître que tout gouvernement rencontre, dans ce domaine, des difficultés financières non négligeables.III.Réformes industrielles et commerciales.— lo Création d’un ministère du commerce, aux fins suivantes ¦ ai recherche de nouveaux débouchés à l'étranger pour nos produits agricoles et industriels ; b) nomination de nouveaux agents commerciaux dans plusieurs pays étrangers pour stimuler le commerce de la province en ces pays ; c) création d'un laboratoire de recherches afin de trouver de nouveaux emplois pour nos ressources naturelles; d) création d'un office de renseignements pour nos commerçants et nos Industriels ; u) coopération nvec les Industriels pour améliorer l’Industrie ; f) Inventaire de nos ressources naturelles pour tâcher d’intéresser les propriétaires de capitaux à créer de nouvelles industries ; g) coopération avec les Industriels pour essayer d'obtenir plus d'emplois pour les chômeurs ; h) coopération avec les industriels pour fnl.re valoir leurs droits auprès du Gouvernement fédéral relativement à l'abaissement et au relèvement des tarifs ; 2o Changements dans l’administration de la Commission des Liqueurs de Québec : u) abolition des achats par intermédiaires ; b) diminution du nombre des commissaires.I Ce programme reflète, à peu de choses près, les idées du parti i libéral en général et du gouvernement actuel.IV.Réformes économiques.— lo Briser, par tous les moyens possibles, l'emprise qu'ont sur la province et les municipalités les grandes institutions financières, le trust de l'électricité et celui de l'industrie du papier; 2o Afin d'obtenir la baisse des taux de l’électricité : aménagement par la province, au fur et à mesure des besoins, des pouvoirs d'eau non encore concédés ainsi que de ceux concédés mais non encore exploités ; de plus, enquête immédiate, par une commission indépendante spécialement nommée dans ce but et possédant tous les pouvoirs nécessaires, afin de déterminer s'il est dans l'intérêt de la province d'acquérir graduellement, à un coût permettant de baisser substantiellement les taux actuels tout en amortissant le prix d'achat, les compagnies produisant ou distribuant l'électricitc dans la province ; 3o Combattre les cartels du charbon, de la gazoline et du pain, en leur faisant une concurrence d'Etat si nécessaire ; 4o Combattre le trust du lait en réunissant dans une association fermée tous les producteurs de lait de la province de Québec ; 5o Enquête complète sur la structure et les méthodes financières des compagnies d’utilité publique et assainissement de leur capitalisation ; 6o Aggravation et application sévére de la loi des Combines ; 7o Politique d'electrificaton rurale progressive selon un plan déterminé inspiré du système ontarien, (ceci faisant partie, d’ailleurs, du plan de restauration rurale).En quoi cet article du Manifeste peut-il diviser irrévocablement les libéraux ?La plupart de ces réformes sont en voie de réalisation.V.Réformes financières.— lo Revision de la Loi des Compagnies, à fonds social, afin de prévenir l'exploitation du petit épargnant et d'assurer la protection de l'actionnaire et du porteur de débentures ; 2o Uniformisation de la dite loi dans tout le Canada : 3o Création par la Province d'un organisme spécial pour assurer l’application compétente et rigoureuse de la dite loi.Ces réformes ne sont possibles qu'avec la coopération du gouvernement fédéral.Le front libéral l'obtiendra plus facilement que tout autre.VI.Réformes politiques et administratives.— lo Economie et honnêteté dans l'administration de la chose publique ; 2o Interdiction aux ministres d’être actionnaires ou intéressés d’une manière quelconque dans une compagnie obtenant des contrats du gouvernement ; 3o Interdiction aux ministres d’être directeurs d'une banque, d’une compagnie de fiducie, d’une compagnie d’utilité publique, d’une compagnie d'assurance ou d’une compagnie de chemin de fer ; 4o Transformation du Conseil législatif en un Conseil économique ; 5o Rêmise des fonctions et des pouvoirs du Lieutenant-gouverneur entre les mains du Juge en chef de la Cour d'Appel ; 6o Coordination des ministères fédéraux et provinciaux, afin de prévenir les doubles emplois, la dite coordination devant s’exercer plus particulièrement dans le cas des pêcheries maritimes, afin d'assurer l’élaboration et l'application d'üri système elficace et de faire bénéficier nos pêcheurs des subsides fédéraux.Ces reformes sont plus académiques, plus radicales et plus compliquées que les précédentes.Les auteurs du Manifeste s’en rendent compte, sans doute.Ces suggestions demandent une étude approfondie.Mais, ici encore, nous ne voyons rien qui soit de nature, à morceler à jamais le parti libéral.VII.Réformes électorales.— lo Bulletins avec talons, comme autrefois ; 2o Vote obligatoire, (mesure sujette à pléthùste); 3o Election partielle dans les trois mois qui suivent la date de la vacance ; 4o Cartes d'identité dans les villages de plus de 10,000 âmes ; 5o Diminution des dépenses d’élection ; 6o Réglementation des souscriptions aux fonds électoraux faites par les compagnies à responsabilité limitées; 7o Limitation des souscriptions électorales individuelles ; 8o Supposition de personnes punissable par un an de prison au moins, et même sanction contre tous ceux qui ont employé, payé ou aidé toute personne se rendant coupable de cette infraction.Si toute loi est susceptible d’amélioration, cela est vrai surtout de la loi électorale.Rien n’empëche tous les vrais libéraux de s’entendre sur cette réforme.VIII.Réformes fiscales.— lo Loi temporaire donnant le droit de rachat à celui qui est dépossédé de ses propriétés par vente du shérif sur prêts hypothécaires, le dit droit de rachat devant s’exercer dans les deux ans de la vente sur remboursement du capital, des intérêts et des frais, le taux d’intérêt apres la vente devant être le même que celui mentionné dans l’hypotheque ; 2o Rajustement du taux d’intérêt sur prêts hypothécaires ; 3o Diminution de l’intérêt chargé par les banques et ce, afin d’aider l'industrie et le commerce ; 4o Conversion de la dette provinciale au meilleur taux possible ; 5o Rajustement des subsides fédéraux afin de faire plus large la part des provinces ; 6o Redistribution des impôts, tant fédéraux que provinciaux et municipaux, afin que les sociétés commerciales et certaines classes d’individus qui souvent jouissent d'exemptions ou d'évaluations injustes, contribuent aux charges publiques de façon équitable.C’est le temps de redire que Paris ne s’est pas fait en un jour.Nous ne voyons pas qu'un autre parti que le parti libéral soit nécessaire pour étudier et réaliser graduellement ces réformes.IX.Réformes judiciaires.— lo Réorganisation complète de la police provinciale sous la direction d’un seul chef dont les pouvoirs s'étendraient a toute la province et à l’application de toutes les lois ; 2o Réorganisation des tribunaux relevant du gouvernement provincial, de façon à assurer la distribution équitable du travail et afin de diminuer les dépenses ; 3o Revision des tarifs des frais judiciaires, de façon à assurer à tous les justiciables un recours moins coûteux.Cet article du Manifeste est dans la note et conforme à l’orientation du présent gouvernement libéral.* * * Après la présentation de son "plan d’ensemble”, le Manifeste de L’Action Libérale Nationale conclut que ses auteurs n’ont pas "la prétention de croire que la formule qu’ils soumettent à l’opinion publique soit, dans son ensemble définitive et parfaite”.Les suggestions que l’on voudra bien nous faire, dit le Manifeste, seront accueillies avec plaisir et recevront toute notre attention.Il ne saurait évidemment y avoir de compromis sur les principes qui sont à la base même de notre mouvement, mais nous n’hésiterons pas à apporter à notre plan d’ensemble les modifications dont la nécessité nous sera démontrée par une saine critique.Nous sommes convaincus que le gouvernement est animé du même esprit de bonne entente sur un programme vraiment libéral.Que les libéraux dissidents, francs et sincères, évitent de se faire les serviteurs et les complices du parti tory et qu’ils s’en tiennent à leur Manifeste où ils ont émis des idées et des principes.Pour eux comme pour le parti libéral dont ils sont les adeptes, c'est le seul moyen de constituer un front uni qui assure la réalisation d'un programme de réformes bienfaisantes.JULES-EDOUARD PREVOST.LE COMMERCE DU CANADA AVEC LE JAPON La presse conservatrice prétend que l’entente commerciale conclue par le gouvernement King avec le Japon comprenait certaines industries canadiennes.La Dominion Textile, de Sherbrooke a même fermé ses portes.Le gouvernement King a immédiatement décidé de faire une enquête complète sur l’industrie textile au Canada.A la suite de cette énergique décision, l’industrie de Sherbrooke a ouvert ses portes, en déclarant qu’a-près tout le commerce du Japon ne paraissait pas devoir lui nuire considérablement.1 .L’enquête décidée se fera quand môme.Le premier ministre a déclaré û la Chambre, le 11 février : “SI au pays quelque Industrie pense qu'elle a à souffrir d’une loi quelconque adoptée par le présent gouvernement, elle n’a qu’à exprimer son désir qu’il y ait pleine enquête dans la façon dont elle est conduite, et elle aura une enquête sans délai." Parlant du commerce du Canada avec le Japon, l’honorable M.King ajouta que le rétablissement de relations commerciales normales entre le Canada et le Japon a eu pour elïet de restaurer au travail des milliers d'hommes dans la Colombie-Britannique et dans d’autres parties du pays.Il a augmenté le pouvoir d'achat, dont nous avons tant entendu parler au cours des dernières années et qui est si nécessaire aujourd’hui au peuple canadien.Bien loin de créer du chômage, il a, de même qu'un autre accord international dont je parlerai.beaucoup contribué à accroître l’embauchage industriel, l’embauchage sur les chemins de fer et l’embauchage dans bien d’autres domaines.MELI-MELO L'IMMIGRATION SOUS LE REGIME BENNETT Avant, pendant et depuis les élections fédérales, la presse tory, y compris certains Journaux portant le faux-nez de l'indépendance, ont accuse et accusent le parti liberal d'avoir laissé entrer trop d'immigrants au Canada.A les en croire, îe parti conservateur est plus sage et a fermé les portes de notre pays à l'immigration.Or, voici le nombre des immigres qui sont entrés au Canada sous le gouvernement Bennett.Ces statistiques ont été communiquées à la Chambre des députés, le 17 février ; sur la demande de M.Fontaine, député de Saint-Hyacinthe : Du 1er août 1930 au 31 déc.1930 24,628 Année civile 1931 27,530 " " 1932 20,591 “ “ 1933 14,382 “ “ 1934 12,476 Du 1er janv.1935 au 31 oc.1935 9,655 Total 109,262 Prière aux journaux conservateurs de reproduire .• • • L’EXPOSITION DE PARIS EN 1937 En 1937, aura lieu à Paris une exposition universelle.Vingt-six pays ont déjà accepté d’y prendre part.Il est désirable que le Canada figure a cette importante exposition.Notre pays, dit avec raison le Canada, est une des principales puissances commerçantes du globe."Le monde entier sera là.Il faut que le Canada y soit aussi, pour y donner au monde le spectacle de son exubérante jeunesse économique.” • • • LA SITUATION DES PARTIS A OTTAWA Avec l’élection de M.McDonald, libéral, comme député de Souris, Manitoba, la force respective des partis aux Communes est la suivante : libéraux, 171 ; conserva- teurs, 39 ; crédit social, 17 ; C.C.F., 7 ; Libéraux-indépendants, 5; libéraux-progressistes, 2; restaurateur, un; conservateur-indépendant, un; indépendant, un ; U.F.O.-travail-liste, un.Total, 245.• * • ’LA SENTINELLE” Tel est le nom d’un nouvel hebdomadaire dont nous saluons l’apparition à Lachute.Ce journal "d’information régionale” a pour rédacteur en chef M.Louis Pelland et est publié par la "Société de Publication de la Sentinelle Enrg.” • • • LES CONSERVATEURS ET M.DUPLESSIS Les conservateurs de Wcstmount inviteront sous peu Me Maurice Duplessis, chef de l'opposition provinciale, à une conference en vue de connaître la politique future de leur parti à cause de son affiliation avec l’Action libéral nationale.Ils représenteront à M.Duplessis qu’ils sont essentiellement conservateurs et entendent demeurer fidèles à certains des vieux principes du parti.La nouvelle de cette démarche a été annoncée à l’assemblée annuelle de l'association conservatrice de Westmount, tenue lundi soir au Victoria Hall.M.A.McA.Murphy, directeur, a déclaré, notamment, que les citoyens de Westmount qui sont membres de l’association ne doivent pas oublier qu’ils appartiennent au parti conservateur.Il peut être opportun, a-t-il ajouté, pour M.Duplessis de s’associer aujourd’hui à d’autres, dont le groupe de l’A.L.N., "mais il y a certains principes auxquels nous devons rester fidèles, et c'est pourquoi devons-nous inviter M.DuDlessis à venir discuter à Westmount de la situation”.Billet d'Ottawa LA RECIPROCITE ET LE PARTI LIBERAL Par PERTINAX Le moment fut solennel, l'autre jour, quand M.Mackenzie King se leva en chambre pour demander l'approbation du traité de réciprocité entre le Canada et les Etats-Unis.Chacun eut l’impression d’être témoin de l'un des grunds faits de notre histoire économique et politique.C’est la culmiiiution de trois quarts de siècle d’etforts et de luttes qui, par moments, menacèrent notre vie nationale et entravèrent peut-être notre vie économique.L'histoire de la réciprocité, — M.King n'eut pas de peine à le prouver, — se confond avec l'histoire du parti libéral.A trois reprises, après le premier essai qui dura de 1851 à 1866, des libéraux tentèrent de restaurer le régime de réciprocité avec les Etats-Unis.En 1874, George Brown fit une proposition qui fut rejetée par le sénat américain.En 1911, Laurier revint à la charge.Toutes sortes de considérations, fort étrangères à la question, contribuèrent à écarter le projet.C’est l'un des chapitres les plus tristes et, — pour ceux qui ne l’ont pas vécu, — les plus Incompréhensibles de notre histoire.A noter, incidemment, que M.Bennett fut à cette époque l'un des adversaires les plus acharnes delà réciprocité.Apres avoir fait mine de changer d'attitude, à la veille des dernières élections, il reste fidèle à lui-méme en s’opposant au traité récemment conclu par M.King.Mais le premier ministre s’amusa à relire certaine déclaration de M.Bennett faite au temps où il s'accrocha à la réciprocité comme à une planche de salut, dans l’espoir d’être ramené au pouvoir.Cette déclaration contient la meilleure réponse à ses objections d’aujourd’hui.Le traité fut possible, cette fois, parce qu’il se trouva que deux gouvernements libéraux étaient au pouvoir, deux gouvernements qui croient à l’abaissement des tarifs.Roosevelt et King, parlant le même langage, purent s'entendre.M.King fait, de nouveau, le récit des négociations menées en vitesse, sitôt après l'élection.Le moment était opportun car l'approche des élections présidentielles aux Etats-Unis aurait rendu les négociations plus difficiles.Et le Canada n’aurait pas obtenu les mêmes concessions.Il est assez significatif que le traité ait été signé à Washington le jour de l’armistice.Cela prend un sens précis, car c’est la fin de la guerre économique et du stupide nationalisme qui fut, en bonne partie, cause de la dépression.Avec la reprise du commerce, nous en sortons.Ainsi donc l’avantage n'est pas seulement pour le Canada et les Etats-Unis, mais pour le monde entier.L’exemple sera suivi, d’ailleurs.On le pressent par les commentaires de la presse anglaise qui laisse déjà entrevoir un traité de réciprocité identique entre l’Angleterre et les Etats-Unis.Les avantages pour le Canada sont déjà évidents.Les chiffres officiels du bureau de la statistique révèlent que les diverses parties du pays se trouvent bien du nouveau régime inauguré le premier janvier.Et ces avantages ne peuvent qu'aller en s’accentuant.On le verra par un accroissement du trafic sur nos chemins de fer, par le relèvement de notre pouvoir d'achat, et par le retour de la prospérité qui s'étendra à toutes les activités de la nation.L’ELOGE DE L’HONORABLE ATHANASE DAVID FAIT PAR UN JOURNAL CONSERVATEUR L’Illustration, un journal conservateur bien authentique, fait l’éloge de l'honorable Athanase David et s’étonne qu'il ne succède pas à l’honorable M.Taschereau si celui-ci donne sa démission.Les éldges que l’Illustration adresse à M.Athanase David réfutent les attaques et les calomnies de son adversaire et de ses amis lors de la dernière élection.Le journal conservateur dit ; "II y a peu d’années, de l'aveu du premier ministre lui-même, M.David était considéré comme le candidat le plus sérieux à sa succession.D'un esprit large, conciliant dans un parti d'autocrates, doué de talents bien supérieurs à ceux de la plupart des membres de l’actuel cabinet.grand seigneur à sa manière et bon enfant dans l’intimité.M.David avait raison d’espérer parvenir un jour à la tête de son parti."Dans la crise ministérielle que le gouvernement Taschereau traverse présentement, on s’étonne que les chefs du parti n’aient pas songé à l’honorable Athanase David."Une seule raison valable pourrait avoir écarté le ministre des beaux arts du poste que la plupart de ses collègues con- voitent en dépit des dangers extrêmes qu'il présente : le fait d’avoir été élu dans Terrebonne par un seul électeur, l’officier rapporteur.” Naturellement, l'Illustration, un bon organe conservateur, ne peut faire des compliments à M.David, sans essayer de déprécier ses collègues.Mais, passons.Les électeurs du comté de Terrebonne trouveront ridicule et puérile l’affirmation que M.David n’a été élu que par une voix, quand ils savent mieux que tout autre, qu’ils l’ont élu, le 25 novembre dernier, par 720 voix de majorité.L’Illustration poursuit : “Et voilà comment l'un des plus brillants ministes de M.Taschereau aura été écarté d'un poste qu’ii ambitionnait légitimement, que ses talents lui permettaient mieux que quiconque, de convoiter, qui aurait rempli avec tact et intelligence une difficile mission et qui, seul peut-être, aurait sauvé en partie la situation compromise.“La vie réserve souvent de ces surprises désagréables à des moments fort mal choisis." Cette opinion est à retenir par les conservateurs, les libéraux et même .les indépendants ! M.King explique que le traité dut être négocié dans un certain cadre.Les pouvoirs extraordinaires consentis au président des Etats-Unis lui permirent de conclure l’accord sons le soumettre au sénat américain.C’est un bon point, car on sait qu'en matière de traités ce noble corps fit souvent l’office de croque-mort.Rien à craindre cette fois, cependant.Le traité est déjà en vigueur par proclamation du président.Mais les pouvoirs du président sont limités quant à la durée du traité, d'abord.Il ne peut être pour plus que trois ans.Aucune réduction de tarif ne peut être de plus de cinquante pour cent.Aucun produit imposable, à l’heure actuelle, ne peut entrer subséquemment en franchise.Et toute nation, concluant un accord de ce genre, doit donner en retour le traitement de la nation la plus favorisée.C'est dans ce cadre que le traité fut conclu.Mais, à l'expérience, il est à prévoir que le Canada pourra obtenir des avantages encore plus marqués quand le moment viendra de renouveler le traité.Les critiques, de part et d’autre, s'appliquent à laisser croirp que l’une ou l'autre des deux parties roula l’autre.Tel n’est pas le cas.Les Etats-Unis et le Canada se firent des concessions mutuelles.De la part du Canada, ces concessions s’étendent à un plus grand nombre de produits, mais dont l’importation, dans chaque cas, est relativement peu considérable.De la part des Etats-Unis, les concessions semblent moindres.Mais c’est qu'elles s’étendent à des catégories de produits que nous exportons en plus grande quantité.II s'avère aussi que le gouvernement canadien négocia en vue d'avantager le producteur aussi bien que le consommateur.C'est la bonne formule.M.King entend suivre la procédure parlementaire en soumettant le traité à l’opprobation de la chambre.Les députés pourront considérer les détails, d'abord, et étudier la portée de l’accord avant d’exprimer leur opinion.La différence de M.Bennett qui força le parlement à accepter d’emblée les accords impériaux avant même d’en connaître la substance.Que le Parlement approuve le traité, ce n’est en vérité qu’une formalité.Le peuple canadien s’est prononcé de façon assez claire.Le parti libéral est revenu au pouvoir avec un mandat Impérieux.Et, sans tarder, il l’exécute.PERTINAX.PROGRAMMES RADIOPHONIQUES MESSAGE DU ROI A LA RADIO Sa Majesté le roi Edouard VIII parlera à tous ses sujets de l’Empire, dimanche matin, 1er mars, au moyen de la radio.Ce message de Sa Majesté sera relayé au Canada par la Commission de la Radio grâce à un arrangement conclu avec la British Broadcasting Corporation.L’émission commencera à 10 h.30 du matin pour se terminer à 11 h.30.On croit que Sa Majesté parlera vers les onze heures.Les communiqués de Londres ne disent rien du sujet de Sa Majesté.La British Broadcasting Corporation fera entendre à 10 h.30 un concert afin de permettre aux ra-diophiles de synchroniser les récepteurs avec les postes émetteurs de leurs régions respectives.LA SYMPHONIE DE NEW-YORK Mademoiselle Ray Lev, une Jeune pianiste de Brooklyn, fera ses débuts devant le grand public et à la radio le dimanche, 1er mars, lors du concert de la Symphonie de New-York que dirigera Hans Lauge.Mlle Lev jouera le Concerto en do mineur No 3, de Beethoven.Cette artiste est née en Russie mais fut elevée aux Etats-Unis.Quand ses parents immigrèrent à New-York, elle n’avait que 3 ans.Hans Lange, cul succède à Toscanini comme chef d’orchestre de la Symphonie pour les prochains concerts, a choisi pour l'audition de dimanche prochain le Concertino en fa mineur de Pergolèse, arrangé par Sam Franko, “Five Fairy Tales”, par le jeune compositeur américain Bernard Rogers, deux oeuvres de Borodino, “Dans les steppes de l’Amérique centrale” et les Danses du Prince Igor.Cette émission sera diffusée par les postes de T.S.F.de la Commission.* • » TRIBUNES LITTERAIRES La causerie de M.Paul Morin sur nos fautes de langage “(Les Fureurs d’un puriste)” ont lieu désormais le mercredi soir à 10 h.30.Celles de M Maurice Hébert sur le mouvement littéraire ont lieu le samedi soir, à 7 h.45 et celles de M.Victor Barbeau sur la vie internationale (Regards sur le monde actuel), le dimanche, à 6 h.30. Page deux L'AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 28 février 1936 NOTES de la semaine Par Louis Pelland LA RETRAITE A 60 ANS LA C.C.F.SK DEFINIT Et elle u’y gagne rien car plus eli' F’st d'efforts pour réunir en une urmuie intelligible a::u îumeu scs théories, plus elle en soUlign» >ts lacunes et les contnuücUcns.Cost M.J.-S.Taylor, depute de Nanaimo et partisan de M.Woods-worth.qui entreprit .a defense et illustration de la politique cécéef-nste en ces termes qui depuis le début du siècle servent au plus magistral bourrage de crânes que 1 histoire ait jamais enregistré.Le plus triste est un manque evl dent de sincérité.Apres un préambule ou il est question de 1a decadence et de l’imminence de l'holocauste du capitalisme” et qui mériterait d'être payé quelques roubles, M.Taylor se défend, lui ci la C.C.F.d avoir rien de commun avec le communisme Ce qui ne i empêche pas de se lancer sans transition dans un dithyrambique eloge de la société communiste où "homme et femme tiennent tout en commun dans l'harmonie et la compréhension de leurs difficultés .Il est bien Inutile d entreprendre de démontrer les vices de l'argumentation de M.Taylor Qu'il suffise d'en noter le caractère contradictoire et la terminologie enflee qui tente bien vainement de suppléer à un manque total d'arguments sérieux.LE PROBLEME DU CHOMAGE C'est le problème du Jour, et le devoir le plus urgent du gouvernement est de concentrer tous ses efforts dans le but de remédier au terrible mal.Aussi, par la voix de M.Rogers, ministre fédéral du travail, le gouvernement s'est-il empressé de définir la politique qu'il entend suivre dans ce domaine.Le gouvernement a le choix entre deux systèmes : un socialisme pius ou moins pousse qui lui fera prendre à sa charge la solution du problème, et une politique libérale par laquelle l'Etat, tout en conservant ses responsabilités, cherchera à promouvoir une collaboration efficace des individus.Une fois de plus, cette dernière formule qui est une application des grands principes qui n ont cessé de dominer la politique du parti libéral tel que dirige par lhonorable M.King, se révèle la plus conforme aux besoins du moment et la seule dont U soit possible d'attendre une solution véritable.A ceux qui s'obstinent à croire à la faillite du libéralisme, M.Rogers répond en démontrant le vice du système par lequel on voudrait le remplacer : "Dans le passé, lorsqu'un projet national de chômage était suggéré, it semblait admis que le trésor fédéral en assumerait la plus large part, sinon le contrôle absolu.On semble croire que les ressources du Dominion et son pouvoir d'emprunt sont sans limites.Il n’y a aucune restriction au pouvoir fédéral pour taxer et emprunter, mais il y a une limite prudente au-delà de laquelle il ne serait pas sage de s'aventurer ."Le gouvernement espère que la finance privée et l'industrie feront leur part, feront leur devoir, en donnant le plus de travail possible.Les chefs de la finance ont déjà exprimé leurs craintes, les conséquences que peuvent avoir les budgets non équilibrés.” A ce clair exposé d'une saine doctrine, il n’y a rien à ajouter pour ou contre, et les couplets mélodramatiques de tous les démagogues socialisants sont heureusement impuissants à couvrir l'exposé d'une politique qui a le double avantage de répondre aux besoins du moment et de respecter les droits de l’individu.• * • AL STEVENS On se souvient de l’enquête sur l'écart des prix que conduisit naguère avec une fougue intempestive M.Stevens et qui sombra dans la tempete qui du coup provoqua une scission du parti conservateur.En principe M.Stevens avait raison et si à un si beau zèle se fut joint plus de mesure et de discernement, il n’y a pas de doute que l’enquête eut porté des fruits.Cette histoire valut à M.Stevens une certaine notoriété, mais lui valut aussi de cruels déboires.Si bien que le nom de l’ex-ministre du commerce demeure intimement lié à cette question de l’écart des prix.M.Stevens d’ailleurs ne perd pas d’occasion de reprendre ce sujet qui lui est cher et cette semaine encore se reprenait à dénoncer certains procédés plus ou moins honnêtes dont se rendent coupables les magasins à succursales multiples et sommait M.Gardiner de poursuivre la voie que lui-même avait tracée.Aux observations et aux conseils de M.Stevens, M.Gardiner répondit fort pertinemment et apprit à l’ex-ministre qu'il s'intéresse de près à la question, sans oublier de noter en passant l’exagération où M.Sievp ns s’était laissé entraîner.MONTREAL EN DANGER?Le mal n’est pas encore fait et on a encore lieu d'espérer qu'il ne se fera pas.Mais certaines circonstances portent à craindre que la vie économique de Montréal ne subisse un dur couo.H s'agit de la gare Viger.M.Louis Dupue, secrétaire ae la rédaction du Devoir, révélait, au cours d’une récente causerie au Cercle Universitaire, la dégradation systématique que l'on a fait subir à l’hôtel Viger et soulignait la triste répercussion que la fermeture de la gare aurait sur la vie économique de l’Est de la ville.“Nos députés, ajoutent M.Dupire, veulent — et nous les en félicitons — boucher le trou béant ouvert par le projet de gare centrale de l'ouest : mais 11 est plus important encore et plus facile aussi d’empé-cher qtu-, par la fermeture de la gare Viger, ne s’ouvre un trou bcant dans la vie économique de l'Est.” Notons avec M.Dupire que la vie économique de toute la ville d‘-Montréal est Intimement lice à celle de l’Est.On peut même ajouter que la vie économique de toute la province est intimement liée à celle de la Métropole ; ce qui met en lumière l’Importance d’un fait qu’on aurait tort ae croire d’intérêt loca).Louis PKLLAND.Mise à la retraite de tous les tra-vauieurs muuUeis dés qu'ils attei-gm ni i âge ae soixante ans.Nos litres en trenuraient qui se piqueront toujours a être oons a l ouvrage , et qui trimèrent et besognèrent jusqu'à la fin.Celui qui lâchait notait qu un "feignant!." Mais cette brillante ldee, a laquelle s accrocha naguère M.Bennett, vient a'étre reprise par M.Heaps, depute travailliste.H trouva, naturellement, pour l’appuyer ie groupe du crédit social Cl le chef au parti C.C.F., M.Woodsworth, tous gens anxieux de se rendre intéressants par leurs théories et qui allée tent a avoir le monopole ae la pille a I egard des petites gens.M.Woodsworth, qui aurait déjà droit a la retraite, complete le pian de M.Heaps et suggéré une pension annuelle ae cinquante dollars.Soit 5000.par année.C’est mieux que le ' diviaende” de AL Aberhart sous la magie du credit social.Mats, dans un cas comme dans 1 autre, on ne-gage d'indiquer d’où viendra l'argent.Ce ne peut être par simple prestidigitation.On parte de la richesse potentielle du pays.Mais cela n'a guere plus de sens, c-n ce qui nous occupe, que certaines formules magiques destinées à berner les nails et les crédules On estime qu.- 870.000 personnes ayant dépassé i'àge de soixante ans sont actuellement, employées au Canada.A-t-on réfléchi que pour donner a chacun une pension de $50 par mois, il faudrait une somme de 5520,000,000.par année.Où lu trouver ?Le seul moyen serait d'amener l'industrie a fournir la somme sous forme d'une nouvelle taxe.Qu'ar-nverait-il alors ?Certaines entreprises, déjà chancelantes, ne pourraient supporter ce nouveau fardeau et tomberaient en faillite.Leurs employés seraient sur le pavé.Voilà qui ne serait pas une solution pour le chômage.D'autres industries, pour se maintenir, se verraient forcées de réduire les gages ou de congédier une partie de leurs employés.Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas le travailleur qui v trouvera profit.Les industries qui doivent faire face à la concurrence acharnée dans l'exportation seraient, aussi j affectées et devraient probablement , réduire le volume de leur production.Du coup, elles doivent aussi réduire le chiffre de leur personnel.Encore plus de gens sans travail.Voila qui s’enchaîne de façon irréfutable.Mais 11 y a plus.Si vous déplacez un certain nombre de gens et.les remplacez par d'autres, vous n’augmentez pas le nombre de ceux qui produisent.Nous venons même de prouver que, par suite du fardeau additionnel qu'elle devra supporter.l'industrie se verra forcée de restreindre ses activités et son personnel.Le volume de la production restant le même, ou diminuant.on ne voit pas comment serait augmenté le pouvoir d'achat de la masse.C'est un cercle vicieux.L’Idée de la retraite à soixante ans peut être attrayante pour ceux qui sont fatigués.La perspective d'une pension ne laisse pas de hanter ceux qui sont dénués de ressources En temps normal, chacun peut a loisir caresser de tels rêves.Mais, aujourd’hui, la condition financière du jiays est telle qu’il est dangereux meme de l'alanguir.C’est le fardeau de tous.Personne ne peut se récuser.Chacun doit en prendre sa part, sans quoi le poids peut devenir intolérable pour les autres.La solidarité impose des devoirs, et même des sacrifices à la collectivité Quiconque s'y refuse, en des temps comme aujourd'hui, faillit au premier devoir de citoyen.Sans effrayer inutilement, 11 y a des choses qu’il faut dire.Le spectre de la banqueroute, au lieu de provoquer la panique, doit nous rendre plus réfléchis et plus courageux.Le seul mot prend un sens sinistre pour les particuliers Mais a-t-on songé à ce que veut dire une banqueroute nationale et collective, à laquelle personne n'échappe ?C'est le chaos, comme en Allemagne après la guerre, le cauchemar et le désespoir, comme en Russie après la révolution.C’est en regard de ce passé encore tout récent qu'il faut considérer tous les beaux projets que le pays ne peut se payer sans risquer la ruine.La Fédération libérale nationale du Canada LA DE L'ELECTION BE TE APRES LA CONFERENCE DE FULDA LES PROBLEMES RELIGIEUX EN ALLEAIAGNE On sait que les Evêques allemands se sont réunis à Fulda, où l’on garde le tombeau de saint Boniface, l’apôtre de leur pays, en conference extraordinaire.Cette assemblée, à laquelle ne manquaient que les Eveques de Passau, de Ratisbonne et a'Augsbourg, retenus par I'àge ou la maladie, a eu lieu les 8 et 9 janvier.Il y a été procédé à un examen de la situation, qui continue de se presenter comme peu rassurante.Le procès de Mgr Banasch est sur le point de commencer.Quinze procès de ''fraudes sur les devises” vont fournir de nouveaux aliments a la campagne anticléricale.La Gestapo, au cours de ses perquisitions dans les séminaires et les couvents, a saisi ou photographie nombre de documents qui vont servir a la développer.• * * Par ailleurs, des projets existent, relatifs aux organisations de jeunesse, qui autorisent toutes les inquietudes.Dans le Message pour l'année 1936 qu'il a adressé récemment aux six millions de membres de la Jeunesse hitlérienne, le chef de celle-ci, Baldur von Schirach, a annoncé qu'a côté d'elle, appelée a former une élite, il serait constitué une "Jeunesse d'Etat” qui engloberait la masse.Que deviendra, dans ces conditions, la jeunesse catholique ?On peut s'attendre, d'un jour a l'autre, a sa dissolution.Il y a cependant des négociations en cours entre l'épiscopat et les représentants du gouvernement.If y a peu de temps, îe ministre Goebbels et le conseiller d'Etat Grohe ont eu une entrevue avec le cardinal Schulte, archevêque de Cologne, pour essayer de trouver à la question des jeunesses une solution acceptable pour les deux parties.Au dire de certains informateurs, Mgr David, vicaire général de Cologne, se serait même rendu a Rome pour renseigner le Saint-Siège sur ces pourparlers.C’est l'évêque de Treves, Mgr Bomewasser.qui a été le rapporteur de la question des jeunesses devant la conférence de Fuida.Il a même élaboré un projet en vertu duquel les associations locales continueraient seules d'exister, tandis que les deux grands sièges centraux de Düsseldorf et de Cologne, qui donnent le mot d'ordre à la Jeunesse catholique dans toute l’Allemagne, seraient supprimés.C’est sur cette base que se sont poursuivis, croit-on.les entretiens entre les Evêques de Berlin et d Osnabrück.d'une part, et le ministre des Cultes.M.Kerrl.d'autre part.Les autorités du Reich voudraient qu'au sein de la "Jeunesse d'Etat" annoncée par Baldur von Schirach, les jeunes catholiques, qui y seraient tous embrigadés, eussent un aumônier général, placé sous la juridiction de l’évêque aumônier général de l'armée.C'est là, à n’en pas douter, un véritable plan de militarisation de toute ia jeunesse, et l’on comprend que les Evêques et les catholiques en soient effrayés.On a même fait remarquer, à ce propos, que le Saint-Siège n'a toujours pas nommé d’évêque aumônier général de l’année, quoique cette institution ait été prévue, il y a trois ans, par le Concordat.On a fait observer aussi que l’Etat ne donne pas, en es moment, de preuves de bônne volonté à l'égard des Jeunesses catholiques, puisque leur principal organe, Michaël, vient d'être à nouveau interdit.Il est bon de savoir que Michaël, qui remplace Die Junge Front, avec ses 300,000 exemplaires, a aujourd’hui le plus fort tirage des organes catholiques du Reich.Au reste, le tirage des hebdomadaires religieux est en constante progression.C’est ainsi que Le Catholique, qui est publié par l'Evêché de Moyence, est passe de 40,000 exemplaires au début de 1935, à 74,000, et que la Semaine religieuse de Berlin, avec ses 78.000 abonnés, enregistre un gain qu’on évalue à 40% * * * A la suite de la Conférence de Fulda, les Evêques allemands ont publié une Lettre pastorale sur le sacrement de mariage, qui a été lue du haut de la chaire, dans les églises.On s’est demandé, de divers côtés, pourquoi ils avaient choisi ce sujet, de préférence a un autre.La réponse à cette question est aisée.A la suite de la publication des lois de Nuremberg, dont le but est d'assurer la défense de la race, on s'attend, en Allemagne, à une véritable offensive légale contre le mariage chrétien et a une agression contre la doctrine catholique, en cette matière, olus forte encore que celle constituée par la loi sur la stérilisation dont il est, d’ailleurs, fait mention, pour la réprouver, dans la Lettre pastorale qui vient d'être publiée.On se fera une idée de ce que pourra être la législation nouvelle, par une brève analyse d'une proposition de loi sur le divorce obligatoire qui émane du Comité de l'Académie de droit allemand, chargé de la refonte des lois concernant le divorce.Aux termes de cette proposition, le divorce peut être prononcé a la requête du procureur, lorsque celui-ci constate 'Je trouble complet d'un ménage”.Or.le mot "trouble" doit être entendu, selon la doctrine nazie, comme signifiant tout ce qui est estimé mauvais, au point de vue de la communauté biologique et politique de la nation.C'est cette communauté, qu'en vertu des lois de Nuremberg, il importe de préserver.Dès lors, la meilleure entente entre les époux n'empéehe-rait pas un procureur nazi de requérir le divorce et un tribunal de le prononcer contre un ménage accusé, par exemple, de déployer une activité jugée hostile à l'Etat national-socialiste.Une telle activité serait déclarée criminelle, et ceux auxquels elle serait reprochée pourraient tomber sous le coup de la loi sur le divorce obligatoire.CAUSE REMISE I N COUR D’APPEL Lundi dernier, à Montréal, Me Elu* Beauregard, qui représentait Me Alex.Prud'homme procureur de l'hon Athanase David député du comté de Terrebonne a l'Assemblée législative, a déclaré devant le tribunal d’Appel que Me Prud'homme était actuellement malade et ne pouvait paraître devant les tribunaux pour quelque temps encore en rapport avec la contestation enregistrée par Me Hermann Barrette, andidat défait dans Terrebonne.Quant à Me Aimé Oeoflrlon, associé de Me Prud'homme, il se trouve actuellement à Sherbrooke, a ajouté Me Beauregard, et n’a pu prendre la place de son confrère, Me Gustave Monette, avocat de M Hermann Barrette, candidat défait du comté de Terrebonne, a déclaré que vu que cette action avait été prise en vertu de la loi électorale, et non en vertu de la loi des contestations d'élections, il n’avait aucune objection à ce qu’elle soit remise au prochain terme de la Cour d’Appel.Mc Monette a immédiatement admis les raisons fournies par son adversaire.Le révérend frère MARIE-VICTORIN LE u E ET LES ETATS- RENSEIGNEMENTS SUR CE TRAITE Le gouvernement d'Ottawa a publié un livre blanc donnant des renseignements sur le traité de réciprocité entre le Canada et les Etats-Unis dont la ratification sera soumise.demain, à la Chambre des communes par le très hon.Mackenzie King.Cette question sera 1 une des plus importantes de la présente session.Dans ce livre blanc, 11 y a une foule de renseignements qui avaient déjà été fournis par le gouvernement, lorsqu'il a fait connaître la teneur de la nouvelle entente commerciale.On y remarque la réduction des droits .sur les marchandises canadiennes importées aux Etats-Unis, taux de douane actuels et antérieurs établis sous le régime du tarif des Etats-Unis sur les marchandises canadiennes; les exportations aux Etats-Unis, pendant les années terminées le 31 mars 1930 et 1935.des principaux produits canadiens visés dans l’accord commercial ca-nado-américain entré en vigueur le 1er janvier 1936 ; la réduction des droits sur les marchandises des Etats-Unis importées au Canada ; les taux du tarif de préférence britannique.du tarif intermédiaire, de-tarif général ainsi que les taux spéciaux établis sous le régime des accords commerciaux avec les pays du Commonwealth britannique, lorsque ces taux spéciaux sont inférieurs au tarif de préférence bri-tannicjue et aux taux spéciaux applicables à ces articles sous le régime des accords commerciaux avec la France.Dans les tableaux le gouvernement donne les anciens et les nouveaux taux et le pourcentage de ré- I ductlon.Les Etats-Unis accordent ! une réduction de tarif sur 76 Items.1 mais en plus 11 y a réduction sur 210 Items obtenue par la clause du.LAUREAT DE L’ACADEMIE DES SCIENCES Toute la presse française a relaté dernièrement l'attribution d'un des plus Importants prix de botanique, le prix de Coincy, a un Frère des Ecoles chrétiennes, Fr.Marle-Vic-torin, de Montréal (Canada).Nos lecteurs seront heureux, sans doute, de connaître de plus amples details sur la personnalité de ce religieux qui fait honneur à la fois à la culture française, à sa Congrégation et au catholicisme tout entier.Fr.Marie-Victorin est, un Canadien-Français issu de la vieille famille bretonne des Kirouae.Né dans la province de Québec, il reçut le français comme langue maternelle et.dans cette langue, exprima la presque totalité de son oeuvre scientifique, par ses écrits comme par son enseignement, montrant ainsi pour la culture française une fidélité d'autant plus remarquable qu'il possède une maîtrise exactement égale de la langue anglaise.Depuis trente années, le Fr.Ma-rie-Victorin s’est consacré à l’étude de la flcre de la province de Québec, immense domaine plusieurs fois grand comme la France, qu’il parcourut en tout sens, décrivant de nombreuses espèces nouvelles dans plus de 100 publications magistrales.La synthèse de cette oeuvre considérable vient de prendre corps dans la magnifique Flore laurcn-tienne, qui attira tout spécialement l'attention de notre Académie des sciences.Par le soin de ses descriptions biologiques, la beauté de son illustration, la puissance de son évocation générale de la végétation de Québec, cet ouvraga-peut être proposé comme modèle aux flores européennes, et c’est un succès de portée incalculable qu’une telle oeuvre se soit exprimée dans notre langue sur un continent aux neuf dixièmes de langue anglaise.Nous devons reconnaître là un des signes les plus encourageants de la renaissance scientifique de nos frères éloignés du Canada, si fidèles et si Français, peuple fier, désormais libre ci maître de ses destinées grâce à l’intelligent libéralisme de l’empire britannique.¦ La place de premier plan occupée par le Fr.Marie-Victorin dans le mouvement scientifique canadien est si bien reconnue par ses collègues de langue anglaise que ceux-ci lui ont conféré récemment un honneur exceptionnel en l’appelant à présider la section V de la Société royale du Canada, l’équivalent de notre Académie des sciences.Chez le Fr.Marie-Victorin, nous devons admirer non seulement le savant, mais aussi l’éducateur, l’animateur.l’entraîneur de foules.Créateur de l’Institut botanique de Montréal, de la Société canadienne d’histoire naturelle, il est aussi l’un des principaux réalisateurs de l’Association canadienne pour l’avancement des sciences, dont les Congrès de plus en plus Importants affirment le renouveau scientifique du pays canadien-français et de l’oeuvre splendide des cercles de jeunes naturalistes qui.groupant.dans tout le Canada des dizaines de milliers d’écoliers, attire à ses Expositions des centaines de milliers de visiteurs.Enfin, notons que le Fr.Marie-Victorin est non seulement la personnalité scientifique la plus marquante du Canada français, mais aussi l'un de ses meilleurs littérateurs.De charmants recueils de orose : Récits laurentiens, Croquis Lauren tiens, des recherches sur l'histoire et le foik-lore montrent que jamais la science n’est incompatible avec un sens profond de la poésie et de la beauté, et qu’un es-orit de cette envergure peut associer harmonieusement l'une et l’autre.H.P.La Croix, de Paris A Paube du règne d'un souverain moderne SA MAJESTE EDOUARD VIII Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande empereur des Indes traitement de la nation la plus favorisée.Il y a aussi 34 item concernant l'entrée en franchise au Canada, due aux conditions de traités existant avec d’autres pays.Le Canada accorde des réductions tarifaires sur 143 item.Nos exportations aux Etats-Unis Le livre blanc contient entre autres comparaisons les suivantes dans nos exportations aux Etats-Unis ; 1930 1935 Bét.de 700 lbs ou plus S 8,065,720 $ 1,254,705 Bét.moins de 175 lbs 2,066,048 23,616, Crème 4,679.804 8 Fromage Sheddard 1,498,833 100,867 Sucre d’érable 2.390,393 468,489 Bois de pulpe 13,860,209 7,054,650 Papier à journal 126,288.510 68,106,166 Bien que le traité soit soumis pour rectification, cette semaine, Il est cependant en vigueur depuis deux mois.Pendant cette courte période, les ventes du Canada aux Etats-Unis ont augmenté de 14 pour cent, pendant que nas achats dans le pays voisin ont été augmentés de 13 pour cent.Nos lecteurs liront avec intérêt les notes et commentaires suivants d’un rédacteur de L’ECHO DE PARIS sur le roi Edouard VIII • • • Londres, 21 janvier.— Le prince qui, aujourd'hui, succède à son père, le feu roi Georges V, sur le nom d'Edouard VIII, naquit le 23 juin 1894, à White Lodge Richmond-Park, dans la premiere année du mariage de ses parents.C’est le premier roi célibataire que l'on voit monter sur le trône d'Angleterre depuis le règne d'Edouard VI, qui se termina en 1553.Bien qu'adoré de ses parents et idolâtré de son arrière-grand'mère, ia reine Victoria, le prince ne fut jamais gâté.Tout jeune, il témoigna de ‘:on bon caractère et de son esprit.Toujours il Interrogeait sa gouvernante française sur les mystères de l'au-delà (il avait cinq ans a l'époque» : — Ou sera placée mon arrière-grand'mère au Paradis V — Eh bien ! juste derrière les anges, répondit la bonne dame embarrassée.— Hum i dit l’enfant, je ne crois pas qu'elle aimera beaucoup ça.Elle veut toujours être la première! Au collège naval d'Osborne, où on l’envoya à treize ans, en 1907, il menait exactement la vie des autres cadets.Ses camarades le traitaient absolument comme un des leurs et l’avaient surnommé familièrement "Sardine”, ce dont il ne se formalisa pas.C'était un petit garçon travailleur, appliqué, mais toujours le premier au jeu.Au collège naval de Dartmouth, où il fut transféré, en 1909, il fit preuve des mêmes qualités.La mort de son grand-père, le roi Edouard VII.survenue le 6 mai 1910.mit fin à ses espoirs de continuer à servir dans la marine.Le prince devint alors duc de Cornouailles, titre héréditaire du fils aine du roi.et duc de Rothesay, en sa qualité d'héritier au trône d'Écosse.Lors de son seizième anniversaire, le 23 juin 1910, le jeune prince fut enfin créé prince de Galles et comte de Chester.Il reçut solennellement son investiture de prince de Galles au château de Carnavon.Peu après, il devait s'embarquer comme midship pour sa première croisière, à bord du cuirassé Hin-doustan et on le nomma bientôt lieutenant de vaisseau.Il donna satisfaction entière à ses chefs par son intelligence et son sens de la discipline.En octobre 1912, le prince entra au Magdalen College, â Oxford.Là aussi.U devait mener la vie la plus simple, semblable à celle de ses camarades.Il dinait avec eux dans le grand hall médiéval, vidait joyeusement en leur compagnie des pots de bière, chassait à courre, jouait au polo, au golf, au football, participait aux épreuves d'aviron et s'appliquait surtout à l’étude des langues étrangères qu'il parle à la perfection.Il gagna vite la réputation d’un bon garçon, d’un "jolly good felloy".Il passa ensuite, en quittant Oxford, quelques mois à Paris, chez le marquis de Breteuil.•ami de son grand-père.Cependant, le prince ne devait pas jouir longtemps de la sérénité de la jeunesse.La guerre éclata soudain.Il n'était guère encore qu'un enfant.Le 7 août, il reçut sa commission de deuxième lieutenant aux grenadiers-guards.Il exigea aussitôt d'ètre envoyé au front, où il arriva le 17 novembre, à l’état-major du général French.Il réclama passionnément de rejoindre en ligne son bataillon et il eut une algarade restée fameuse avec Kitchener : — N'importe, si je suis tué, j’ai trois frères qui peuvent prendre ma place.— Monseigneur, répliqua le vieux soldat, secrètement ravi de cet enthousiasme de bon augure, je peux admettre, en efïet, que vous soyez tué, mais je ne peux pas courir le risque que vous soyez fait prisonnier.Enfin.Kitchener céda et le prince monta en ligne, au comble de ses voeux.Là, il fut.dans les tranchées, le camarade du fils de Kipling, qui devait être tué à Loos.Il partagea les risques des troupiers et.plusieurs ftis, sauta par-dessus le pa: rapet avec son bataillon, malgré l'inquiétude mortelle de l'état-major.Un jour, notamment, il échappa de peu à la mort.Un obus frappa de plein fouet son autc qu'il venait de quitter et tua son chauffeur, à deux pas de lui.Il passa ensuite.à l’état-major de lord Frc-r.ch.puis à celui du général Munro ; puis à celui de lord Home et de lord Cavan.Il partit ensuite pour l’Egypte et passa enfin au front italien où il resta plusieurs semaines sur le plateau d’Asiago.Partout, il fit simplement et bravement son devoir, sans qu aucun honneur extraordinaire lui fût rendu, puisque, ayant commencé la guerre comme second lieutenant, il la termina comme capitaine.Ainsi, le roi Edouard VIII aura-t-il passé tout jeune par le plus rude et le plus périlleux des noviciats.Comme il le disait lui-même au Guild Hall de Londres, en rentrant de la guerre, en 1919 : — Pendant ces quatre ans.je me suis mêlé aux hommes.C’est là que je suis devenu un homme.L’apprentissage fut âpre.Mais celui qui n'était alors qu’un tout jeune homme et presque un enfant, sut dompter ses nerfs.Un jour qu'il visitait un hôpital à l'arriére des lignes, fi s’arrêta devant le lit d'un soldat canadien atrocement défiguré, aveugle, sourd, méconnaissable.la face tuméfiée et déchiquetée.Le prince pâlit, passa en détournant les yeux : mais, se reprenant.il revint sur ses pas et embrassa silencieusement le malheureux.Voilà un de ces traits qui lui ont gagné tous les coeurs.Après la guerre, dès 1919, le jeune prince se mêla de plus en plus aux affaires nubliques.Il devait être le premier ambassadeur de la Monarchie à travers l’Empire.Il visita tour à tour le Canada, la Nouvelle-Zélande.les Indes, l’Australie, les Etats-Unis.l’Afrique du Sud.le Japon, lTtalie, la France, etc.Sa popularité fut énorme.Sa Jeunesse, sa simplicité, son sourire vainqueur, son goût passionné du sport le firent idolâtrer.Il fut le Prince Charmant, le prince de la Jeunesse, car il est jeune, plus Jeune que son âge.Il est passionné des sports.Il possè- de six avions et s'en sert comme vous d'un taxi.Il a survolé les lignes allemandes pendant la guerre, et, depuis, il a lait les Andes, il a été du Caire à Karthoum, de Marseille a Paris, à Copenhague, etc.Aviateur excellent, ii a piloté lui-meme le plus grand hydravion du monde, le DO.X.Personne mieux que lui n'a donc mérité le titre de maréchal de l’air.Ce grand sportif, dont les prouesses hippiques sont restées célébrés, qui a enasse le tigre aux Indes, a ere adopte par les Peaux-Rouges et par les tribus Mahories comme l’un deux.Il a gravi la Cordillère des Andes et le Kilimandjaro.11 a mene la rude vie des cow-boys dans son ranch canadien, a témoigne partout de la curiosité la plus intelligente, il sest toujours montré avide de connaître les choses et les hommes.Ayant été témoin, tout jeune, des horreurs de la guerre, il s’est toujours montre sensible et compatissant aux misères humaines.Ainsi, après la grève générale, lorsque la crise minière atteignit sa période la pius âpre, le prince tint a se rendre compte par lui-mème de la situation.Il visita les regions les plus malheureuses du pays de Galles, entra dans les taudis, Interrogea les chômeurs, les réconfortant de bonnes paroles ; mais il fit prendre aussi des mesures énergiques pour leur soulagement.Le rapport qu’il fit rédiger alors fut si critique a l'égard des autorités qu’il ne fut pas publié, mais on tint compte de ses recommandations.En fait, le prince, qui méprise tout protocole inutile, s'est toujours mêlé de très près au peuple.Il a visité les puits de mines, but la bière avec les travailleurs dans les clubs de l'East End, partagé la vie du camp des boy-scouts et des hommes de la British Legion, accordé sans cesse sa bienveillance à ses camarades anciens combattants.Il a gagné de la sorte une popularité profonde, même parmi les commu-nites.L’un d'eux, rouge entre les rouges, le voyant si simple, si humain, si sincèrement apitoyé par les malheurs du peuple, s’écriait en lui serrant les mains : — Sir.si vous n'étiez pas prince, vous seriez un type vraiment épatant Est-il besoin de dire que c'est là le compliment auquel le prince a été peut-être le plus sensible dans toute sa vie.En 1927.le prince, qui avait voyagé en Afrique australe, fit escale à Sainte-Hélène, où il planta lui-méme un olivier près de la tombe de Napoléon.En 1928, il parcourut l'Afrique centrale et tua son premier lion.Son voyage fut interrompu par la nouvelle de la grave maladie du roi Georges.Il regagna Londres en toute hâte, accomplissant 10,000 kilomètres en un temps record de neuf jours, utilisant avion, train et paquebot.En 1931.le “premier commis voyageur de l'Empire", comme il aimait à se nommer, repartait encore pour l'Amérique du Sud où il ouvrit solennellement l’exposition commerciale de Buenos-Ayres.Il rentra en Angleterre pour trouver son pays en proie aux dangers économiques et sociaux les plus graves.On peut dire qu'une fois de plus son exemple fut décisif.Il fit don, sur ses revenus personnels, car il n'avait pas de liste civile du Parlement, de 10,000 livres sterling à l'Echiquier.Au mois d'avril 1932, il reprenait ses tournées dans tout le pays, témoignant sa sympathie de façon active aux travailleurs.Au mois d'août, le prince de Galles s’est rendu à Thiepval, où il a inauguré le dernier monument commémoratif aux morts britanniques en France, en l’honneur des 73,000 morts qui reposent dans les tombes inconnues.Edouard VIII aime notre pays qu'il a connu tout jeune et où il a servi comme soldat pendant la guerre, où, depuis, il a toujours aimé venir se reposer de ses soucis.De ses séjours répétés sur la côte basque, en Provence, à Paris, il aime à dire qu'il a gardé le meilleur souvenir.C’est qu'il aime notre pays comme son père et son grand-père Edouard VII.auquel il ressemble à tant d'égards.Tel est ce roi jeune et ami de la jeunesse qui s'est mêlé aux hommes de toutes classes.Il aime sincèrement le peuple.Ce sera un roi magnifique, dans toute la force de l'âge, riche d’une extraordinaire expérience.C’est un chef.Brave, il l'a prouvé pendant la guerre.Homme d’action et de caractère, sa volonté s'exercera très certainement, dans la conduite des affaires, d'une façon originale et peut-être plus directement que ce ne fut le cas pour Georges V.Elevé pour le trône, entraîné toute sa vio pour cette écrasante tâche, celle de régner sur un demi-millard d’hommes.11 a reçu la plus parfaite instruction qui lui permettra d’exercer ce grand métier de roi.Certes, ses loyaux sujets, bien qu’absolumcnt respectueux de sa volonté, n’ont pas vu sans quelque regret, leur jeune prince, aujourd’hui leur souverain, persévérer dans le célibat.Mais il est toujours resté intransigeant sur ce point : — Je suis décidé, disait-il à un ami, à remplir exactement mon de- ; voir de Prince et de Roi.Quant à la question du mariage et aux affaires de sentiment, cela ne regarde que mol puisque la succession à la Couronne est amplement assurée.Depuis quelques années, cet amour exubérant do la vie qu’il tenait sans doute du roi Edouard VII, son grand-père, cette gaieté juvénile et saine qui avait valu au prince de Galles une si vive popularité dans le monde, ont cédé peu à peu à une gravité nouvelle, comme si l’appréhension du grand rôle qui lui était réservé pesait déjà sur son esprit.Mais, aujourd'hui, Edouard VIII est le roi.Il se sent fortifié par l’amour et le loyalisme des sujets de son immense empire.Il ne craint rien.Il se sent à la hauteur de sa tâche formidable.Il gouvernera hardiment,, en grand monarque moderne, pénétré de scs responsabilité de chef.Tous ceux qui l’ont approché vantent son caractère réaliste et sa droiture.On ne l’abuse pas avec des mots.Edouard VIII est le premier gentilhomme de son empire.Il a fol dans .son étoile.Aujourd’hui qu'il monte sur le trône de ses pères, 11 REGLEMENTS DU PRESENT CAREME Voici le reglement du prochain carême dont vous voudrez bien donner connaissance aux fidèles le dimanche de la quinquagésime.C'est le même que celui de l'année dernière.1.Tous les jours du Carême, excepté les dimanches, sont des jours de jeûne d'obligation ; 2.Tous les mercredis et vendredis, de meme que le samedi des Quatre-temps, sont, en plus, des jours d'abstinence, ou l'on est tenu de faire maigre aux trois repas ; 3.Les lundis, mardis, jeudis et samedis, sauf le samedi aes Quatre-temps, il est permis de faire glas au repas principal.Ces jours-1a les personnes non soumises a la loi du jeune ou légitimement empêches de jeûner, peuvent laire gras aux trois repas ; 4.Aux jours ae jeune où l'abstinence n'est pas imposée et où, par consequent, on peut faire gras, U nëst pas aefendu de manger de la viande ei du poisson au meme repas ; 6.Le principal repas se prend indifféremment le midi ou le soir ; 6.La loi de l'abstinence et du jeune cesse le Samedi Saint à midi, il est donc permis, ce jour-ià, de faire gras à midi et de faire un repas en gras et complet le soir ; I.Le matin, ceux qui jeûnent peuvent prendre 2 onces environ de la nourriture en usage les Jours maigres en notre pays ; 8.La loi de l abstineiice oblige tous les fidèles qui ont 7 ans révolus, et la loi du jeûne tous ceux qui ont 21 ans révolus et qui n'ont pas encore commence leur 60e année.Comme les années passées, les fidèles pourront remplir le devoir de ia communion pascale à partir du mercredi des cendres jusqu’au dimanche de la quasimodo inclusivement.Les aumônes du carême seront recueillies dans un tronc spécial et adressées à M.le Procureur diocésain dans la semaine qui suit Pâques.• * • "Rien n'est donc changé dans les pratiques extérieures relatives au jeune et à l'abstinence.Ce sont les dispositions intimes de nos coeurs qui doivent subir un changement profond et nous porter à observer avec un grand esprit de ferveur et de penitence les mortifications prescrites par l'Eglise."En ces temps de crise aigue et persistante Nous savons quelles souffrances reelles accablent tant de membres de Notre famille diocésaine, même parmi ceux qu’une vie laborieuse, sobre et honnête semblait devoir mettre à l’abri de la gene.De coeur, Nous compatissons à la misère de tous.Nos sociétés de bienfaisance et de charité, telles que ia Société Saint-Vincent de Paul, multiplient leurs efforts pour leur venir en aide.Nous faisons appel à la générosité de Nos diocésains, favorisés des biens ae la fortune, et Nous les prions de verser d'abondantes aumônes, selon leur condition, dans le sein des pauvres, soit directement, soit par l’intermédiaire des diverses sociétés que Nous venons de mentionner.Un chrétien ne peut oublier que puis les temps sont mauvais et plus 1a souffrance est grande sur la terre, plus aussi les hommes doivent s'humilier, se repentir et tendre des mains suppliantes vers le Ciel, d'où leur viendra le secours.Pendant les années de prospérité, combien de pauvres humains, oublieux de leurs devoirs envers Dieu, ont coure avec frénésie, après les richesses et les plaisirs.Aussi longtemps que les conditions économiques ont été favorables.Us n’ont eu de regards que pour la terre.Aujourd'hui, dans sa tendresse, le Seigneur permet l'épreuve afin de purifier et de sauver ses enfants.Que ceux-ci reconnaissent leur erreur qu’ils sachent expier leurs dérèglements, et de nouvau ils jouiront des bienfaits de son amour."Puissions-nous utiliser cette cruelle expérience pour ramener nos populations à une plus juste appréciation des biens temporels, et à la simplicité de la vie chrétienne ! Que la pratique d’une sage économie aux jours d'abondance les prémunise contre les imprudences du gaspillage et de la prodigalité ! Elle leur inculquera le goût de l'épargne en vue des temps de chômage et de misère.L’austérité des moeurs favorise autant le bien-être que la vie morale."Puissions-nous encore profiter de la leçon pour exciter dans nos coeurs un vrai repentir, et pour les animer à la ferveur et à la confiance envers la miséricorde de Dieu.Si les austérités prescrites par les commandements de l’Eglise ou provenant de la gène et de la pauvreté, étaient acceptées avec des sentiments d'expiation ; si les jours du carém" étaient remplis de prière par l’assistance à la sainte messe et aux exercices de piété, par la méditation du chemin de la croix, ou la récitation du Rosaire aux pieds cîu Saint Sacrement ; si de sincères résolutions d’éviter le péché à l’avenir étaient prises par des volontés résolues, ces différents actes toucheraient assurément le coeur de Dieu, qui ne se laisse pas vaincre en générosité.Parce, Domine, parce populo tuo.Soigneur, ayez pitié de votre peuple.Exaucez-nous, car votre miséricorde est douce !” (1) ‘¦I.a Semaine Religieuse de Montreal" il» Circulaire de Mgr Gauthier.prend pour devise : “Dieu et mon droit".Mais Edcuard-Albert-Chris-tian-George-André-Patrick - David, par la grâce de Dieu, roi de Grande-Bretagne, d'Irlande et des Dominions d’outre-mer, empereur des Indes, défenseur de la Fol, conserve pour devise celle que l’on déchiffrait hier encore sur l'écusson surmonté de la triple plume d’autruche du prince de Galles : Ich dien (Je sersi.Depuis l’enfance, 11 a été élevé dans le culte du devoir envers la nation.Dans un de scs derniers discours, n'a-t-11 pas déclaré : “La Couronne s'élève au-dessus de toutes les distinctions de pays, de race, de patrie, et sert à réaliser leur unité transcendantale.SI, un Jour, II m'échoit de monter sur le trône, J’espère qu'on m'en trouvera digne." L'explosion de fol monarchique, d’amour et de patriotisme qui secoue aujourd'hui l'Angleterre est, pour le monde entier, une grande leçon Ainsi se trouve révélée, une fols de plus, par l’exemple britannique, cette admirable continuité de la Monarchie qui sait poser, comme le disait Bonald, "tout ce qui est sur tout ce qu) fut .RAVJVfOND LACOSTE. Saint-Jérôme, le 28 février 1936 L’AVENIR DU NORD Page trois il JL* f tlHlHt IX H4?î£ jjèSd Chronique féminine Les mots “apprêté 99 Que la crise actuelle ait touché tous les domaines, dicton économique, s'11-vous-plait.j'en couviens avec vous.Permettez, toutefois, que je me retranche derrière une objection: l'enrichissement des lettres.Quel rapport y a-t-il, direz-vous, entre la littérature et la crise économique actuelle ?Voici.Seule, la littérature française est encore riche : ses mots sont millionnaires.Voilà ! Si vous désirez me suivre, comprenez-moi d'abord ! Que les mots ne soient point riches en placements bancaires, miniers et dans les réserves des bois-debouts, ne trouvez-vous pas qu'ils aient prospéré, depuis des siècles, dans leurs propriétés propres ?Auriez-vous songé aux nombreuses significations des mots, en vous repliant sur leurs sens, que nous "eussions” été d'accord.Ce préambule prend figure de questionnaire quelque peu indigeste.Encore une fois, j'en conviens, mais, laissez-moi me dépêtrer, je vous prie.Plutôt, suivez-moi., Quand je dis : — Je vais au puits —, j'emploie une langue, toute de convention, qui peut signifier : — Je vais chercher de l’eau, s'il y a de l’eau ; si la margelle est encore là ; si j'ai un seau ; si j'ai un puits.Continuons.Dans la saison chaude.Madame X., dont la glacière est insuffisante, ou qui n'a pas de glace, ni de frigidaire, confie généralement sa livre de beurre à la fraicheur de son puits.Madame X., quand elle vous répond qu'elle va au puits, veut-elle nous laisser entendre qu'elle va “crie” de l’eau ?Non, c’est du beurre que Madame X entend dire.Continuons encore .Le puits a déjà servi de lieu de rendez-vous, de ralliement.(Pas politique, cette fois ! ) Mademoiselle Z va au puits comme on se rend à un lieu d’explication "où l’eau n’a rien à y voir — où l'eau est peut-être de trop — où l'eau est peut-être nécessaire.Enfin, que sais-je ?Pour conclure, si mademoiselle Z est bien élevée, jamais plus elle ne dira : — Je vais au puits.J'espère que mes lecteurs me suivent toujours, pas au puits, Grand Dieu ! mais dans mon raisonnement ! Vous voyez, n’est-ce pas, ce que l'on peut faire au puits, (non, vous auriez été taxés d'indiscrétion i mais vous comprenez, maintenant, que les mots sont riches de sens ou de signification .Il en est de même de tous les mots : ils sont millionnaires ! "Nous nous servons, pour écrire, nous explique Jacques de Lacretelle, d’une matière brassée et apprêtée depuis des siècles, donc malléable, mais qui ne se laisse transformer que de façon imperceptible." Lacretelle se sert du mot “imperceptible".Moi, me souvenant du puits, j'aime mieux l'expression : — transformer de façon perceptible — n'est-ce pas ?Avec tous nos changements d’écoles, classicisme, romantisme, réalisme, symbolisme, dadaïsme, surréalisme, etc., etc., les mots consacrés ont servi à trop d'usages.Nous devrions les transplanter en terre chaude, pendant l'hiver, du moins.Peut-être, aussi, cesseront-ils leur équivoque! J'ai connu certain critique d'art qui prenait figure de novateur de mots en recourant aux archaïsmes.Ils croyaient, ces créateurs, éviter l'équivoque des mots, en remontant aux anciens mots.Ces vieux mots, qui sait s'il n’étaient pas vicieux dans leur temps ?Pour moi, je ne trouve qu’un moyen : essayer d’écrire sans apprêt."Prends garde aux loups, Cléphire, en allant au puits.” MARYSE CHEZ LES OBLATES DE BETHANIE La Pointc-du-Lac, 20 février 1936.Le mercredi 12 février, a eu lieu chez les Soeurs Oblates de Béthanie une cérémonie de vêture et de profession religieuse.Ont revêtu le saint Habit : Soeur Madeleine de Jésus, (Mlle G.Beau-chemin, Sainte-Monique); Soeur Berthe de Jésus, (B.Lajoie, Saint-Epiphane); Soeur Jeanne d’Arc de Jésus (J.d’Arc Vanier, Saint-Martin) Soeur Marcelle de Jésus (M.Denoneourt, les Trois-Rivières); Soeur Juliette de Jésus (J.Rouette, la Pointe-du-Lac) ; Soeur Marie-Thérèse de Jésus, (G.Comtois.Berlin, N.H.) Ont fait profession : Soeur Thérèse de Jésus, (M.-A.Dufresne, les Trois-Rivières); Soeur Adélinc.de Jésus (A.Bouthet, Berlin N.H.i ; Soeur Gabrielis de Jésus, (G.Rouette, la Pointe-du-Lac.) La cérémonie a été présidée par le révérend Père J.-A.Allard, C.F.S.directeur du Cénacle, assisté des révérends Pères A.Ouellet et J.Re-nuart, C.F.S.La bénédiction du Très-Saint-Sacremsnt qui termina la cérémonie fut donnée par M.l'abbé J.Beauchemin, cure de Saint-Céles-tin, frère de Soeur Madeleine de Jésus.Outre de nombreux parents et amis, on remarquait M.l’abbé L.Rompré, vicaire de la Pointe-du-Lac, .t M.l'abbé N.Saint-Pierre, aumônier des Frères de l'Instruction Chrétienne.PRÉVENEZ LES DANGERS DE LA CONSTIPATION* Les “matières innssimilnb!cs"du Son All-Bran agissent doucement L’hygiène de l’oeil La constipation ordinaire est surtout causée par le défaut de "matières inassimilabics" dans les aliments.Notre organisme n’est pas stimulé intérieurement.Des millions de personnes temor-gntnt que le Son All-Bran Kellogg renferme les “matières inassimilables" molles, qui donnent des résultats satisfaisants.Les essais dans les laboratoires sur les aliments démontrent que lcs"matières inassimilabics" du Son All-Bran peuvent être absorbées en toute confiance.Il va de soi que les quelques personnes dont les intestins sont malades ou très sensibles ne doivent pas consommer de "matières inassimilabics", sous aucune forme, légumes feuillus ou son.Contrairement aux cathartiques, le Son All-Bran agit doucement et ne perd pas son efficacité par l'accoutumance.Dans l'organisme, il absorbe l'humidité, nettoie l’intestin et provoque une élimination normale et salutaire.Deux cuillerées à soupe de cette savoureuse céréale, servie avec de la crème ou du lait, suffisent généralement.Vous vous en régalcrc: aussi dans les plats cuisinés._ Aides votre famille à se bien porter.Serves quotidiennement du Son AllBran qui régularise l’organisme.Toutes épiceries Fabriqué par Kellogg, à London, Ontario.•La omlllpalisn raui/f par tlr/aul *Jr ‘'mdtihtl indinmlldblet".De toutes nos facultés, la vu-j est sûrement la plus précieuse ; aussi devons-nous accorder à nos yeux tous les soins qu’ils requièrent.Une habitude excellente qui devrait devenir une routine est celle de mettre dans les yeux des nouveau-nés quelques gouttes d’une solution de nitrate d’argent immédiatement après leur naissance ; ce simple traitement aurait pour effet de prévenir nombre de cas d'ophthalmie purulente qui conduit malheureusement trop souvent à la cécité.L'ophthalmie purulente du nouveau-né est produite par une infection gonococique des yeux des enfants a leur passage dans les voies maternelles.N'y a-t-il pas négligence ou ignorance impardonnable de la part des parents quand de pauvres petits êtres sans défense sont privés a jamais de ce don si précieux de la nature, la vue ?Cette affliction pourrait être maintes fois évitée si on avait l'habitude de mettre dans chacun des yeux du bébé, immédiatement après sa naissance, quelques gouttes d'une solution de nitrate d’argent.L'organisme humain, à l'état normal, possède une réserve de forces qui peut répondre à une demande extraordinaire.Toutefois, il ne faut pas oublier que cette réserve a une limite et que si celle-ci est outrepassée, la réserve s'épuisera.Les personnes dont l’occupation journalière exige un effort constant de la vue doivent, il va sans dire, accorder quelque repos à leurs jeux durant la soirée et non pas consacrer ce temps entièrement à la lecture.Lorsque vous lisez, voyez à ce que la lumière soit convenable et qu'elle ne vienne pas en face ni qu'elle ne se reflète sur un papier brillant.Peu importe si elle vous vient au-dessus d'une épaule ou de l’autre ; ceci n’est important que si l’on écrit, et pour une personne droitière, la lumière devra venir de gauche afin que l'ombre de sa main ne nuise pas à son travail.Il n’y a aucun inconvénient pour la vue de lire au lit pourvu que la lumière soit convenable et que l’on se place dans une position demi-assise en s'appuyant sur des oreillers.Pendant qu'on lit ou qu'on accomplit un travail qui réclame une application constante de la vue, il est bon de s’arrêter de temps en temps et de regarder dehors ou vers un point éloigné ; cela repose les yeux qui ont été fixés pendant quelque temps sur des objets rapprochés.Lire dans les tramways ou les wagons fatigue ordinairement la vue parce que l'éclairage peut faire défaut et aussi à cause de la difficulté à arrêter la vue sur un point étant donné le mouvement du convoi.Il ne faut Jamais se frotter les yeux ni y introduire aucun objet.Si un corps étranger s’est introduit dans l'oeil, ayons recours à des mains habiles pour l’enlever ; autrement, il pourrait en résulter plus de tort que de bien.Ne rien introduire dans les yeux qui ne soit prescrit par quelqu'un qui sait pour quelle raison 11 faut appliquer tel traitement ou tel autre.Pour questions au sujet de la santé en général, écrire à l'Association Médicale Canadienne, 184 rue Collège, Toronto.Une réponse personnelle sera envoyée par écrit.VENTRE AU FOUR Faisons de la bonne cuisine elle ne coûte pas plus cher que la mauvaise.— SOUPE A L’OIGNON ET AU FROMAGE Prenez deux oignons, deux cuillerées à table de beurre, une pincée de sel, une cuillerée à table de farine, deux tasses de bon bouillon, quelques petits croûtons frits, une cuillerée à table de fromage de Gruyère, une cuillerée à table de Parmesan râpé.Couper les oignons en tranches minces, les mettre dans une casserole avec le beurre, les faire revenir de belle couleur en remuant, saupoudrer avec la farine et mouiller avec le bouillon, laisser cuire un quart d’heure; au dernier moment passer les croutons au beurre, saupoudrer le bouillon de lromage.le verser dans les tasses à bouillon y mettre quelques petits croûtons et servir aussitôt.• * • COTELETTES DE PORC AUX CAROTTES Avec des côtelettes de porc une garniture de carottes fait merveille.Faites dorer au beurre vos côtelettes de porc, puis retirez-les, mettez à leur place des carottes coupées en rondelles et préalablement blanchies six minutes à l'eau bouillante salée.Ajoutez une échalote hachée avec du persil, saupoudrez de sucre et laissez cuire pendant une vingtaine de minutes.Quand les carottes Sont bien tendres, mouillez avec quelques cuillerées de bouillon.Disposez les côtelettes de porc par dessus et laissez mijoter sur le coin du fourneau Dendant un gros quart d'heure Servez les côtelettes sur le lit de carottes surtout mettez assez de carottes car les convives en reprendront.• • • POUDING Al'X CERISES Prenez deux oeufs, un demiard de lait frais, une demi-cuillerée «à thé de sel.deux pleines tasses de farine préparée, deux cuillerées à thé de poudre à pâte, deux cuillerées à table de beurre, trois cuillerées à thé de sucre, une pleine tasse de cerises en conserves ou de confitures.Sassez la farine et mesurez-la, puis sassez-la encore avec la poudre à pâte et le sel.Mettez le beurre en crème avec le sucre, et battez dedans les jaunes d'oeufs.Ajoutez un peu de lait, et un peu de farine jusqu'à ce que vous ayez mis toute la direction.Versez dessus les cerises, nuis les blancs des oeufs bien battus.Versez dans un moule beurré ; faites cuire à la vapeur pendant une heure et demie.Servez chaud avec une sauce aux cerises.* * * PAIN D'EPICES V2 tasse de beurre, 2 tasses de sucre brun, 2 oeufs ou 1 oeuf et 2 jaunes d’oeufs.34 tasse de lait sur, 2 tasses de farine, >4 cuillerée à thé de sel, 1 cuillerée à thé de soda 1 cuillerée à thé de poudre à pâte, 1 cuillerée à thé de cannelle, >/2 cuillerée à thé de clou de girofle, >/2 cuillerée à thé de muscade.Travaillez le beurre en crème.Ajoutez le sucre graduellement et mélangez bien.Ajoutez les oeufs battus.Passez les ingrédients secs ensemble et ajoutez-les alternativement avec le lait sûr.Faites cuire dans un plat beurré à four modéré (350 degrés F.i.environ 40 minutes.GLAÇAGE Battez deux blancs d’oeufs en neige ferme.Ajoutez graduellement 1 tasse d?sucre brun.Eoan-dez sur une pâte à gâteau.Saupoudrez de noix hachées et faites cuire de la façon indiquée ci-dessus.CONFECTIONNEZ DES FRIANDISES AVEC DU LAIT SUR Il y a toujours du lait qui sùrit.quels* que soient les soins que la meilleure des ménagères apporte à sa conservation.Heureusement, ce lait n’est pas perdu, car la plupart des gens savent en effet aujourd'hui qu’au cours du procédé naturel du surissage qui est causé par l’action de bactéries inoffensives sur le sucre de lait, le lait sûr est tout aussi nutritif que le lait frais, s’il n’est pas agréable au goût, on peut encore l'employer utilement pour faire du fromage blanc et des gâteaux ou des petits fours délicieux.FROMAGE BLANC Faites chauffer une pinte (ou plus) de lait sûr au bain-marie jusqu’à une température d’environ 100 degrés F., ou jusqu'à ce qu'il se sépare en caillé et en petit lait.Passez, sans presser, à travers un coton à fromage double.Mettez le lait caillé dans un bol, mélangez bien et assaisonnez de sel et de poivre.Humectez de crème.Refroidissez.Une pinte de lait donne une tasse de fromage.Servez avec des biscuits secs ou employez pour les salac es ou les sandwichs.è B1 QUIETUDE Ce que Je fais ici ?— Je dors.— je lis, — je rêve ! Sans craindre qu’un chagrin ne vienne à mon insu, J’abrite mon bonheur au pied d'un roc moussu Et regarde passer le vol de l’heure brève.Dans la lutte sans fin.Je savoure une trêve ; Et je voudrais, ami, n’avoir jamais rien su Que ce calme horizon où le flot aperçu — Comme la vie, — au loin, vient mourir sur la grève.Toi qui cherches la mort et qui portes au coeur La blessure d'amour d'un sourire moqueur, Accepte donc la main des tendres solitudes ; Viens vivre quelques jours sous les cèdres épais.Loin des sombres tourments et des vaines études Pour y trouver l’oubli, pour y goûter la paix.Réflexion "Pour savoir si vous êtes charitables.medames, vous vous demanderez si vous souffrez de ces défauts contre la charité qui font souffrir le prochain ; vous vous demanderez également si vous possédez les vertus nécessaires à répandre le bonheur autour de vous.Il faut se demander si l'on a la bienveillance dans le coeur, la douceur dans le caractère et l'enjouement dans l'humeur.Sachons voir les autres avec des verres optimistes, faisons fondre leurs défauts à la chaleur caressante de notre regard.Mieux vaut tomber dans l'exces de la bonté que dans celui de la sévérité.Une âme chrétienne, une âme en état de grâce, n'a pas le droit d'avoir une figure maussade." Chan.Thellier de I’onchevlllc.V I.AK 1) Le nombre 14 et Henri IV Quatorze lettres entrent dans la composition du nom de Henri de Bourbon Le 14 décembre 1553, il voit le jour au château de Pau, en Béarn.— Notez que le militaire de 1553 offre, dans ses quatre chiffres additionnés entre eux.le nombre 14.Le 14 mai 1554, Henri II ordonne d'élargir la rue Ferronnerie.L'inexécution de cette ordonnance occasionne la mort de Henri IV, 56 ans, ou quatre fois quatorze ans, après que cette ordonnance est rendue.Le 14 mai 1552.naissance de Marguerite de Valois, qui fut la première femme de Henri IV.Le 14 mars 1590, Henri IV gagne la bataille d'Ivry.Le 14 mai 1590, la Ligue fait une procession pendant que Henri fait le siège de Paris.Le 14 décembre 1592, la ville de Dun est remise sous la puissance du roi.Le 14 avril 1594, les membres du Parlement, restés fidèles au Roi et qui s'étaient retirés à Tours, font leur rentrée à Paris.Le 14 décembre 1599, le duc de Savoie, Charles-Emmanuel 1er, jus-qu'àlors ennemi de Henri IV, vient se réconcilier avec lui et fait son entrée à Fontainebleau.Le 14 octobre 1602, les députés des Cantons suisses font leur entrée à Paris, et sont présentés au Roi.Le 14 mars 1606, Henri IV, allant faire la guerre au duc de Bouillon, recommande son fils au Parlement.Le 14 septembre 1606, le Dauphin (depuis Louis XIII) est baptisé.Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné rue de la Ferronnerie.Il avait vécu quatre fois 14 ans, 14 semaines et quatre fois 14 jours, c’est-à-dire 56 ans et 5 mois.Le 14 mai 1611, Sully, le ministre et l'ami de Henri IV, demande son congé à la régente, Marie de Mé-dicis, et quitte la Cour.Le 14 mai 1643, mort de Louis XIII, fils de Henri IV, arrivée au même quantième du mois que celle de son père.Le chiffre 1643 offre dans l’addition de ses quatre chiffres, le nombre 14 comme nous l’a offert précédemment 1553, année de la naissance de Henri IV.Conseils pratiques Voici un liniment peu coûteux, d'une efficacité éprouvée, qui, de ce temps-ci, trouvera souvent son emploi pour traiter : grippe, rhume, refroidissement, maux de gorge, pneumonie, rhumatisme, etc.Liniment d’or ipour usage externe seulement).4 onces Teinture d’iode, 8 onces Amoniaque liquide, 8 onces Térébentine, 8 onces Huile d'olive.(Agitez la bouteille).BABETTE APPREND UN SECRET, NE RISQUEZ PAS D’INSUCCES • • Lca^pûtissicrs d’ex* péricncc ne prennent pas de chances avec une poudre il pâte de qualité inférieure; c'est pourquoi 1rs chefs experts» au Cunuda, emploient et recommandent la "Magic’’.Ils savent que cette EH BIEN.BABETTE, J t TENSE QUE CL GATEAU NE LAISSE AlfN k DÉSIRE* PARCE QUE JAI SUIVI TON CONSUL,ET L’AI FAÎT AVEC IA POUDRE A pâte magic Æ poudre fameuse donne toujours des résultats satisfaisants- -des nâtcnux tout à fait délicieux.Et la "Magic” coAtc si peu, il en entre pour moins de 1$ dans un gros gâteau.Faitrs-cn venir une boite—aujourd’hui.ribriQiitt su Caastfs Louis DEUXIEME MESSAGE de votre bureau de santé Nous vous avons explique rapidement.dans notre dernière communication, qu'il existe dans la vie toutes sortes d'obstacles qui musent au progrès de notre croissance normale ou qui entravent le bon fonctionnement des organes du corps humain.Ces obstacles sont pauois assez sérieux pour causer la mort.Sachons cependant que ce serait une grave erreur que de rêver la disparition complète de tous ces obstacles.Il restera toujours quelque cause incontrôlable pour nous prouver un Jour, si nous l'oublions parfois, que nous ne sommes pas créés et mis au monde pour y rester jusqu’à la fin des siècles.Mais U nous est permis et c'est meme pour nous un devoir de chercher à nous protéger contre les accidents de toutes sortes auxquels nous sommes exposes.Voyons un peu ce qui se passe dans nos familles.L'on prend une assurance contre le feu, sur sa maison, sur son ménage, sur sa récolté ; l'homme d'affaires assure sa marchandise, il assure meme leu vitres de son magasin; l'entrepreneur en construction assure ses employés contre les accidents ; l'automobiliste assure sa machine contre les dommages causés à la personne d'autrui, contre les dommages causes a la propriété d'autrui, contre le vol et le feu ; le banquier est assuré contre le vol ; enfin, les personnes un peu plus fortunées s assurent contre la maladie et presque tout le monde lient par une assurance-vie à protéger ses dépendants en cas de mort.Ces diverses formes d’assurances reposent sur un bon principe de charité chrétienne et sont en meme temps soutenues par une saine proposition financière.En effet, un groupe plus considérable d’individus contribuent chaque année un certain montant lequel est empioyé pour couvrir les accidents, maladies ou mortalité qui surviennent dans ce groupe, et il reste aux compagnies des profits assez substantiels qui vont et aux actionnaires et aux assurés sous forme de dividendes.Les montants versés chaque année pour couvrir les assurances plus haut mentionnées sont très variables, mais nous pouvons sans crainte d’erreur dire que chaque famille ne dépense pas moins que quatre à cinq dollars par année en primes d'assurance, la dépense chez la plupart dépasse de beaucoup ce montant.Et remarquons que toutes les polices émises le sont dans le but de compenser pour des pertes : vie, feu, maladies, accidents.Très rares sont celles qui assurent un certain service de prévention par lequel l’on cherche à prévenir ces pertes plutôt qu'en payer les dommages une fois qu'on les a subies.Votre Service de santé, par contre, constitue pour vous une assurance qui cherche à prévenir de nombreuses maladies, qui cherche à améliorer la santé des individus, qui s'efforce de faire disparaître diverses causes nuisibles à la santé et ce, par les moyens que nous indiquerons graduellement dans des articles a paraître encore dans ce journal.Et cette assurance-santé dépense chaque année dans le Comté de Terrebonne la très petite somme de S0.36 par personne.Les deux tiers de ce montant proviennent du fonds consolidé de la province tandis que l’autre tiers est le produit d’une taxe imposée à raison de SO.OIV2 par $100.00 d’évaluation municipale.Il est peut-être bon de rappeler au passage qu'il a été démontre que la dépense de deux dollars par année par personne ne serait pas du tout exagérée, pour un service de santé.Nous restons donc bien en bas de cet objectif idéal et nous croyons que dans la province de Quebec il suffirait de dépenser environ un dollar par personne pour faire fonctionner à merveille un service de Santé de première valeur.Et nous n’arriverons à cette situation que le jour où nos gouvernants, de quelque parti qu’ils soient, se sentiront soutenus par une opinion publique bien résolue à donner à la santé publique toute l'attention qu'elle mérite.Les progrès réalisés en ce sens sont des plus encourageants.Ce qui manque pour parfaire le travail commencé c’est l’appui des dirigeants dans toutes les classes de la société.Non pas seulement une approbation bienveillante, mais la manifestation extérieure qui transmette à l'entourage des convictions personnelles bien appuyées.Nous tenterons donc de fournir à tous les arguments nécessaires à la formation de cette mentalité qui remplace la politique du “laisser faire" par celle qui recherche le "Toujours mieux”.Gare aux remèdes secrets Par John L.Rice, M.D.Commissaire du Service d'Hygiène de la ville de New-York Les régimes des hâbleurs, les remèdes des charletans et les conseils des personnes non autorisées à cette fin, ont fait plus de mal au point de vue de la santé de nos gens que toutes les autres choses.Le jour où tout le monde comprendra que chacun de nous a besoin de soins particuliers.nous aurons fait, ce jour-là.beaucoup de progrès.Mes besoins médicaux 11c sont pas les mêmes que ceux de mon voisin ; ceux de mon voisin ne sont pas ceux qu'il me faut Certains aliments qu'ils vous faut 11e conviennent pas à une aulre personne et a celle-ci, il luut un autre régime alimentaire que celui qui vous convient.Voilà pourquoi le médecin recommande certaine médecine pour chaque patient en particulier, et ce, pour la même maladie.Le médecin étudie votre cas et vous prescrit ce qu'il vous faut à vous et non à tout le monde.Des manlfacturiers de remèdes brevetés annoncent leurs produits en disant qu’ils guérissent de tous maux, qu'importe ce dont vous souffrez.Il n'est pas rare qu'ils annoncent que leur marchandise ne vous débarrassera pas seulement des pellicules, mais qu'elle donnera une nouvelle vigueur à tout le corps, qu'elle assouplit les nerfs, etc .etc.Non seulement les remèdes des charletans sont inefficaces, mais il arrive souvent qu'ils endommagent l'organisme.Si vous ne vous portez bien, consultez votre médecin; c'est encore 'a manière d'agir la plus économique.la plus sûre et la plus utile.Les régimes alimentaires, les régimes pour faire maigrir et tant d'autres du même genre, ne conviennent pas à tout le monde.Ce qui peut être dommageable pour vous.Les médecins, dans la plupart des cas.peuvent dire si les personnes qui viennent à eux pour se faire soigner, sont victimes des remèdes des charletans ou non.Soyez prudents.Mettez de côté les régimes alimentaires des charletans et leurs remèdes secrets.Confiez-vous à votre meilleur ami, le médecin.Humour américain CHAQUE GATEAU ENVELOPPE HERMETIQUEMENT > Qoyal tj Les Gâteaux de Levain Royal gardent toujours leur forco La sagesse des nations Veillez bien sur vous-mêmes, car les bien portants s'en vont souvent avant les malades.(Maxime malgache.) • • * Ceux-là seuls qui touchent aux cruches risquent de les casser.(Maxime malgache.) • • • La science de la vie La modestie a toujours affaire à la générosité et l’orgueil à l’envie.Rivarol.Mark Twain racontait cette histoire : J’ai eu autrefois un superbe caméléon, un exemplaire unique, qui faisait ma joie et celle de mes amis.Le plaçait-on sur une étoffe rouge, il rougissait, et sur un fond vert, il lui plaisait de briller dans le plus beau vert.Un jour, en rentrant d’une promenade, Je trouvai ma ménagère tout en larmes.— Qu'avez-vous, Mrs Baxter ?interrogeai-je, anxieux.— Le caméléon, M.Twain, le caméléon ! proféra-t-elle entre deux sanglots.— Eh bien ! qu’est-ce qu’il a, le caméléon ?— Il est mort ! répondit Mrs.Baxter, et elle s’effrondra.Revenue à elle, elle me raconta ceci : "Pendant votre absence, M.Twain, une amie est venue me voir.Lui ayant parlé de votre caméléon, elle n’eut de cesse que je ne le lui eusse montré.Nous le plaçâmes successivement sur des morceaux de drap jaunes, rouges et verts, et il devint jaune, puis rouge et ensuite vert.Finalement, — ici il y eut une crise de larmes — l'Idée nous vint de le placer sur un plaid écossais multicolore.Le caméléon n'a pas pu absorber tant de couleurs à la fois.La pauvre bête a éclaté !” • • • DANS LE SALON Lui.— Je suis persuadé, mademoiselle, que vous me prenez pour un parfait imbécile .Elle.— Oh ! la perfection n’est guère de ce monde.PAIN AUX RAISINS GATEAU STREUSEL I i PETITS PAINS PARKER Les Gâteaux de Levain Royal et les recettes de pâte au Levain Royal jout des pains légers, savoureux.Les Gâteaux de Levain Royal vous sont offerts protégés chacun par une enveloppe distincte et hermétique.Ceci assure fraîcheur absolue et complète levée de la pâte.Servez-vous des Gâteaux de Levain Royal le jour de leur uchat ou des mois plus tard—vous obtiendrez toujours les mêmes excellents résultats.Sur 8 canadiennes qui préfèrent le levain sec, 7 emploient le Royal! èv.IIROCIIURETTE CRATUITE! 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connu, M.Oratton était depuis quelques mois sérieusement malade.Nos sympathies â la famille.— Nos félicitations a Monsieur Antonio Forget, secrétaire de la municipalité de la paroisse de Sainte-Thérèse, que le gouvernement provincial vient de nommer émetteur de licences d'automobiles.— Hier soir, l'exécutif de la Chambre de Commerce a tenu une assemblée spéciale, ,â la .salle de l'Hôtel de Ville.Nous donnerons un compte-rendu de cette réunion, la semaine prochaine.— Nombreux sont ceux qui.mercredi, à l'occasion du début du Carême, ont pris de grandes et belles résolutions.Combien de ces promesses seront tenues ?Combien persévéreront dans ccs sublimes résolutions ?Plusieurs ont promis dîne pas fumer de cigarettes, de tout le carême, les dimanches exceptés.Je connais plusieurs amis qui, sous le coup de l'enthousiasme, ont fait cette promesse, mais qui dans quelques Jours, l'auront vite ignorée.D'autres iront jusqu’au bout, crânement.avec fierté.C’est là qu’on peut distinguer ceux qui ont de l’énergie de ceux qui n'en ont pas — Madame Yvon Pigeon recevait à un bridge, dimanche dernier.— Les retraites paroissiales commenceront, dimanche.La première semaine est consacré aux dames et demoiselles ; la seconde, aux hommes et Jeunes gens.Cette prédication a été confiée aux RR.PP.Ré-demptoristes.— Monsieur l’abbé Edmond Lacroix, curé, a annoncé au prône, dimanche dernier, que les recettes de la partie de cartes, organisé la semaine dernière, au profit des oeuvres de l’église, a rapporté une somme nette de $127.00.C’est un suecôs.— Le journal annonçait, la semaine dernière, que M.Antonio Forget, de Sainte-Thérèse, avait pris contre M.Paul Clin, échevin de la ville de Sainte-Thérèse, un bref de quo warranto dans le but d’empêcher M.Clin de siéger au conseil, parce que fiançais d’origine.U n'était pas naturalisé sujet britannique.L’enquête a été fixée au 4 mal prochain.A la dernière minute, on nous annonce que M.Avis d’application pour divorce Avis est donné par le présent que Bella Laurie de la cité et district de Montréal, dans la province de Québec, épouse de Morris Wozik (Rabinovitch) du village de La Ma-caza, dans le comté de Labelie, marchand, s'adressera au parlement du Canada, à sa présente ou sa prochaine session, afin d’obtenir un bill de divorce d'avec son mari, le dit Morris Wozik (Rabinovitch) pour cause d'adultère.Daté à Montréal, dans la province de Québec, ce douzième jour de février, A.D.1936.SCHWISBERG, SCHWISBERG.GINSBERG & MENDELS Procureurs de la Requérante Chambre 703, Edifice Montreal Trust, 511 Place d’Armes, Montréal.• * * Notice of application for divorce NOTICE IS HEREBY GIVEN that Bella Laurie, of the City and District of Montreal, in the Province of Quebec, will apply to the Parliament of Canada at the present or the next Session thereof, for a Bill of Divorce from her husband.Morris Wozik (Rabinovitch' of La Ma-caza, in the County of Labelie, in the Province of Quebec, on the ground of adultery.DATED AT MONTREAL in the Province of Quebec, this 12th day of February.1936.SCHWISBERG SCHWISBERG GINSBERG & MENDELS Solicitors for the Applicants Room 703.Montreal Trust Building.511 Place D’Armes, Montreal.Clin a donne sa démission comme echevin.Nous n uvon.s pu cependant faire confirmer le fait.Il n en leste pas moins vrai que certaines candidatures sont présentement mises de l avant.On nous apprend que dans le cas d’une election partielle, n n y aura pas d acclamation C'est M.Paul Laroche qui représentera Salnte-Tlieresc, dimanche prochain, a la soirée sportive de liuekey qui aura lieu au Forum, un sait que cette reunion a pour but de grouper tous les joueuts de hockey qui auraient des aspirations de se trouver un poste, sur i équipé des "Canadiens' de la N.H.L., it printemps prochain.M.Laroche est ah joueur uc hockey qui a fait ses preuves, et qui saura certainement nous fane honneur, dimanche prochain.Plusieurs centaines de térc-•.lens ont assiste a la lin de la semaine derniere, aux grandes letes sportives du carnaval, a teiaint-aoromc.Selon leur avis, 1 organisation lia pas manque, et a tous points de vue considérés, c’est un énorme succès.Je me demande pourquoi, nous ne pourrions avoir, i an prochain, une semblable fete sporLve dans notre ville.Il s agirait, des cet automne, de former un comité des sports d’hiver, a Sainte-Thérèse, et qui travaillerait dans ce sens, un n ignore pas que, depuis l'an dernier surtout, Sainte-Therese est devenu un centre touristique d’hiver très achalandé.Monsieur Hormldas Thibault, de Sainte-Thérèse, a été, lundi soir dernier, la victime d'un accident qui a nécessité son entrée à l’Hôtel-Diou.Il a été trappe, en face de su résidence, â l’intersection de la Cote Saint-Louis et de la Grande Ligne, par une automobile que conduisait M.G.de Tonnancourt, de la Regent Knitting, lequel revenait rie Salnt-Jéiôme et se dirigeait vers Montréal.On sait que lundi, vers les six heures, une tempête de vent et de grésil s'abattait sur notre région et rendait la circulation très dllllcilc.M.de Tonnancourt revenait de Saint-Jérôme, â très petite allure, et arrivait en face de la résidence de M.Thibault, au moment où celui-ci sortait de chez lui et traversait la route pour se rendre chez un voisin.M.de Tonnancourt lit tous les eHorts voulus pour ’.'éviter, et M.Thibault, sans doute énervé, lit quelques mouvements en avunl et en arrière.Il fut frappé par l'aile de la voitures et subit à la tète et au bras de sérieuses blessures.Le médecin, immédiatement demandé, conseilla son entrée immédiate a l'hôpital, et c’est M.de Tonnancourt qui l'y transporta.Aux dernières nouvelles, on nous informe que l’état de M.Thibault est assez grave, mais qu'on a bon espoir de lui sauver la vie, s’*l ne survient pas de complications.M.Thibault est un cantonnier de la Voirie Provinciale et est âgé de 67 ans.GEORGES Sainte-Thérèse Ce soir, demain et dimanche, ce dernier jour en matinée et en soirée, la direction oflre un excellent programme de vues parlantes.Un film-série mettant en vedette Rin-Tin-Tin.le célèbre chien policier, une comédie française désopilante, un film d'actualités en français, et le célèbre film français parlant : “La Maison du Mystère’’.C’est là un programme de premier choix qu'il ne faudra pas manquer.N EUV AIN E à l’oratoire Saint-Joseph Suivant une tradition commencée en 1928.une ncuvaine solennelle et universelle se fera encore cette année à l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal, du 10 au 19 mars.Afin de pouvoir participer à cette neuvaine.il faut que les intentions soient adressées avant le 10 mars pour etre déposées au pied de la statue à l’Oratoire Saint-Joseph.Côte-des-Neiges, Montréal, P.Q.Une médaille et un feuillet de neuvaine seront envoyés sur demande.A Sainte-Agathe - Le gouvernement provincial a favorise iu mie ae Smme-Agame u un uureau u émission pour licence.u automobiles.M.Pieire-nmue nome a ete nomme emeueur.ha population ue Sainte-Agathe remercie i nonoraoie mnanase ua-vnl de ce geste et le lencitc omis son choix.l/Aiiucalc (lu Sacré-Cœur L Amicale uu Sacre-Coeur de Stume-Agutne, sous ta direction ou cercle sporul, dont M.t'.-E.Beihu-nieur est le president, a onert une grande soiree vendredi, 2i levner dernier, il y eut giaiid souper aux lèves au iarü, suivi u une parue at cartes.iua> les memores aeuis y étaient presents: m.i aoDe unai-.anu, aumônier, le reverend irere fimi, directeur uu conege, m.Geoi-ges vainer, president ue i anucate, •es reverences freres Adoipne, j.Armand, Kaphael, h Anne, j.Edouard, j.Bertnmencc, J.Raymond, Patrice, Garnier, ivnvl.H, haporte, u.hanoer, U.Forget, u.Sauve, Vainer, J.-n.hegure, A.uohier, K.rinere, F.Morin, P.Chausse, K.Bomum ur, a.Hamel, J.Dansereau, K Paquette, M.Cote.U.Lortle, P Beihumeur, R.Lortie, R.üuinaon, J.-P.Helisie, F.Beihumeur, H.Pei-lerin, E.Meilleur, M, Boivin, J.Cote, H.Hamel, notaire, L.Gaudette, Albert Cloutier, R.Raymond, J.-L.Morin, R.Dufour, R.Legault, F.Allard, J Marchand, Z.Renaud, R Côte, G.Parent.Nous savons tous que le premier murs approche rapidement, et que c’est ce jour qu'aura lieu la joute des Candidats du Canadien de la N.H.L.au Forum, à Montréal.Le représentant de Sainte-Agathe est lfonorius "Lou" Laporte, âgé de 20 ans, grandeur 5 pieds 7 \'2 pouces, poids 150 livres.Ce joueur a été choisi parmi les joueurs de notre petite ligue locale et c’est le club Canadien de Sainte-Agathe qui a l’honneur d’envoyer un de ses hommes.Nous souhaitons bonne chance à notre concitoyen.— Lundi, 24 courant, un grand nombre des membres du Chalet de ski Sainie-Agathe se sont rendus au chalet, où eut lieu une partie de "fèves au lard".Tous se sont bien amusés.Les membres sont priés de prendre note que le chalet ne sera ouvert que le dimanche, durant le “Carême".Les directeurs remercient les membres actuels pour leur bon encouragement et espèrent tous les revoir l’an prochain.Ils sont au nombre de plus de 150, à la lin de la présente saison.• • • A Saint-Calixte — Dimanche dernier, M.et Mme Paul Poulin, de Saint-Calixte, recevaient à dîner en l'honneur de leurs vieux parents et beaux-parents qui fêtaient les anniversaires de leurs mariages : M.et Mme Adolphe Dufour, de Saint-Lin, 35e anniversaire et M.et Mme Jean-Baptiste Poulin, 34e anniversaire.Une adresse fut lue à chacun des deux couples par Mlle Marie-Ange Dufour, fille des jubilaires.De gentils compliments furent aussi adressés par leur fille Aline et leurs petits-enfants, Jean-Paul, Marcel et Marie-Paule Poulin.Il y eut également chant et présentation de jolis cadeaux de la part des enfants et petits-enfants.Aux heureux jubilaires, nous souhaitons encore longue vie et beaucoup de santé et bonheur.— Le 17 février est décédé Mme Jean-Baptiste Dufresne, née Léa Gravel.Les funérailles eurent lieu le jeudi, 20 courant, en l’église paroissiale.Les porteurs étaient MM.Orner Martel, Alphonse Therrien, Joseph Duval, Olivier Vézina.Ferdinand Leclair et Emile Archambault.Portaient les rubans, Mmes O.Martel, J.Gravel, J.Duval, O.Vézina, F.Leclair, E.Archambault.La défunte laisse dans le deuil son époux.M.Jean-Baptiste Dufresne, trois garçons : Wilfrid.Dollard et Jean-Baptiste, cinq filles : Mme A, Vézina (Marie-Ange), Mme J.Lajoie (Dora).Mme D.Laçasse i Victoria), Mme J.Therrien (Marie-Louise).Mme Blondin, (Bernadette-), un frère M.J.Gravel.Les funérailles eurent lieu au milieu d'un grand concours de parents et d'amis.Nos sincères sympathies à la famille.A Val Morin Funérailles de Mme Joseph Lucas Récemment ont eu lieu les imposantes funérailles de Mme Joseph nocas, née Hermeline Lafantaisie, décédée a l'âge de 74 ans et 9 mois.Elle laisse dans le deuil outre son époux, ses garçons, Joseph, VVnlrid, Albert et oscar Locas ; scs filles, Mme Zotlque Saint-Germain ’Do-rinai, Mme Anthinie Vallquette (Mélina), Mme Armand Durocher (Reine-Aiméej et Mile Hermeline Locas, vingt-huit petits-enfants.Le convoi funèbre partit de la demeure à neuf heures pour se rendre a l'église de la paroisse ou le service fut célébré a neuf heures et demie.Le service fut chanté par M.l'abbé J.-Edmond Therrien, curé de la paroisse, assisté de MM.les abbés Maurice Monty, curé de Val-David.comme diacre, et C.Char-trand, vicaire de Sainte-Agathe, comme sous-diacre.Le deuil était conduit par son époux, M.Joseph Locas, ses garçons : Joseph, Wilfrid, Albert et Uscar Locas ; ses gendres : Zoti-que Saint-Germain, Anthime Van-quette et Armand Durocher ; MM.et Mmes Henri Salnt-Gennam Jean-Paul et Lucien Saint-Germain, Frédéric Vanter, Jean-Marie Vanier.Albert Vamer, Fidele Oue-lette, Pascal Ouellette, Philippe Ouellette, Albert Lapierre, Tancrede Legault, Napoléon Beaulieu, Jules Verbruggen, Raoul Vendette, Luc Vcndetle, Donat Beauvais, Eugène Vallquette, Hormldas Paquin, D'Assise Paquin, Josaphat Maillé, Damien Marinier, Wilfrid Marinier, Honorais Gagné, Joseph Beauine.Osias Beauine, Aldéric Beauine, Hector Forget, Euclide Belalr, Joseph Larose, Arthur Forget, Félix Mantha, Isaac Bélair, Emile Paquette, Hector Harnelln, Narcisse Ménard, Regis Belalr, W.Piggott, Ferdinand Parent.Joseph De.sro-ches, Wilfrid Millette, Athanase Champlgny, Paul Champigny, Jean-Marie Champigny.Arthur Duro-cher, Louis Corner, Isaïe Page, El-zéar Beaulieu, Claude Valiquette, Raoul Vlau, Hermas Vendette, Odéo Vendette, Bruno Beaulieu, Elzéar Beaulieu, Rolland Paquette.Roland Marin, Evangéliste Vaillancourt, Ernest Vaillancourt, Noël Vaillancourt, Eugène Larose, Emile Vendette, Roland Valiquette, Roméo Lasalle, Gilles Lasalle, Yves Paquette, Marcel Lavoie, Albert Be-lair, Louis Belair.R.Parent, Jean Vanier, Adélard Husereau.Henri Beauvais, Ernest Beauvais, Adrien Beauvais, Alfred Lepage, Lucien Lepage, France Cbampigny, Mlles Yvette Dion, Irène Lapierre, Jeanne Corbell, Rita Champigny, Simonne Belair, Jeannette Viau.Gabrielle Legault, Yvette Ouellette, Claire Gagné, Les Révérendes soeurs du Sacré-Coeur et leurs élèves.La famille a reçu de nombreux témoignages de sympathies.L'inhumation a eu lieu au cimetière de la paroisse Val-Morin.A la famille en deuil, L’Avenir du Nord offre ses plus sincères sympathies et particuliérement à notre correspondante.Mile Hermélifte Locas pour le deuil cruel qui vient de la frapper.• • • A Ferme-Neuve — Mlle Lucile Morin est de retour chez sa mère.Mme Edouard Morin, après avoir passé deux mois à L’Annonciation.— De passage à Montréal ces jours derniers : M.et Mme Hector Piché.M.et Mme Willy Guindon.Mme Isaïe Godmer, Mlles Juliette et Clarisse Godmer.— M.Ange-Albert Lafontaine était d?passage à Saint-Jérôme, dimanche.— La petite Germaine Ouellette, de Mont Saint-Michel, est l’invitée de sa petite cousine.Cécile Ouellette.— M.Maurice Laflamme, de Montréal, passe quelque temps chez M.Achille Lapointe.— M.et Mme Joseph Lafontaine recevaient dimanche dernier.Parmi les invités, on remarquait M.et Mm?Adolphe Leblanc, M.et Mme Léonard Lafontaine, M.et Mme Oscar Leblanc, MM.Gérard, Hippolyte, Ange-Albert.Pierre-Robert et Jean-Jacques Lafontaine.Adrien et Cyrill?Leblanc, Rolland Morin, Aurèle Piché, Mlles Marie-Anna.Annette, Blanche et Gabrielle Lafontaine.Marguerite Courte-manche.Florida Prud’homme, Simone Gibeault, Lucille D'Amour, Liliane Mahair, Lucienne Charbon-neau, Florentin» Labelie, Il y eut chant, musique, jeux, partie de cartes et réveillon.CAH ADI 77-F Distillé et embouteillé au Canada par MELCHERS DIST11.I.ERIES LIMITED — Montréal ci Rerthierville.A Terrebonne — Le club de hockey de Terrebonne a déjà plusieurs victoires à son crédit.La saison avancée lui a permis d'enregistrer seize victoires sur dix-sept joutes avec des clubs de la région de Montréal, tels^ue Jodoin, Marchands de Ville-Em'ard, Valdor, Céphanol, Sainte-Thérese, etc.Le Terrebonne lance un défi spécialement aux clubs Saint-Jérôme et Sainte-Agathe en vue du championnat du comté.— La ligue de hockey commerciale et industrielle de Terrebonne, comprenant les clubs, Lachcnaie.Saint-Louis, Canada Flush Wood Door et Globe Shoes, vient de terminer sa schedule régulière de la saison.— La série des joutes éliminatoires nous fait voir aux prises Globe Shoes et Canada F.W.D.Ces joutes ont provoqué beaucoup d’animation et ont surtout contribué à développer un grand esprit sportif.— Dimanche dernier avaient lieu des courses de chevaux.— L'épreuve qui a suscité le plus d’animosité fut celle de voir aux prises les chevaux des deux antagonistes de ce port, M.Alexandre Larigne et M.Léon Martel.Celui-ci a été vaincu, non sans peine ! — Les élections municipales ont eu lieu le premier jour de février.Ont été élus échevins, M.Léopold Lachapelle et Jos.Bélisie, remplaçant MM.J.-B.Gauthier et Jos.Charbon neau.M.Achille Char-trand a été réélu.Il n'y a pas eu de contestations ! L’élection du maire n'avait pas lieu cette année.A Saint-Faustin — Ces jours derniers M.Albert Binette était de passage à Saint-Jérôme, en voyage d'affaires.— M.et Mme Albert Dufour et leur fille Françoise, étaient de passage à Montréal, ces jours derniers.— Mlles Gertrude, Agathe et Juliette Binette, de Saint-Faustin, autrefois du Lac Tremblant, étaient de passage au Lac Mercier dimanche dernier pour assister au tournoi de skis.— Dimanche dernier avait lieu à Saint-Faustin les premières épreuves du ski.Plusieurs gens y prirent part, il y eut sauts, slalom, etc.Il y avait un grand nombre de spectateurs.Nous espérons que ce sport continuera à être à l'honneur dans notre paroisse et dimanche prochain, let mars, les jeunes amateurs de skis se proposent d'organiser un autre tournoi.— A l'occasion des jours gras une partie de cartes fut donnée par M.Eugène Dinelle.sec.Les invités étaient : M.W.Perrault, M.P.Tisdelle, M.et Mme Onias Boivin.M.et Mme A.Binette.M.et Mme La plus vieille découverte européenne contre les maux d'estomac et rhumatismes proclamée la meilleure d'après les dernières expériences -o-n-n- Depuis 1799, des milliers de personnes ont recouvré leur santé normale après avoir soulïert durant des années de maux d’estomac de toutes sortes, aussi bien que de constipation, indigestion, gaz et acidité d’estomac qui sont les causes de tant de maladies tels que haute pression du sang, rhumatismes, maux de tête périodiques, boutons sur la figure et sur le corps, douleurs dans le dos, maladie du foie, ont tout simplement employé un remède fait par la Nature.Ce merveilleux produit pousse sur le sommet de la plus haute montagne cù il absorbe tous les éléments salutaires et les vitamines du soleil pour aider l’HUMANITE en détresse.Il est composé de 19 sortes de feuilles naturelles, graines, grains et fleurs mélangées scientifiquement et en proportion voulue et est connu sous le nom do LION CROSS HERB TEA.LION CROSS HERB TEA a un goût délicieux, il agit merveilleusement sur tout le système et est sans danger, même pour les enfants.Préparez-le frais, comme n’importe quel thé ordinaire et buvez en un plein voire une fois par jour, chaud ou froid.Un traitement de un dollar accomplit des MERVEILLES, vous fait paraître et sentir comme un nouvel homme.Si vous n’etes pas encore familier avec les effets de ce remède naturel LION CROSS HERB TEA, essayez-le tout de suite et soyez convaincus de sa valeur.S’il n’est pas satisfaisant.votre argent vous sera remis.Aussi vendu sous forme de tablettes.Essayez-le et soyez convaincus do ss.valeur avec notre garantie d'argent remis.Traitement de une semaine : $1.00 Traitement de six semaines : $5.00 Afin d'éviter toute erreur en vous procurant le véritable LION CROSS HERB TEA, veuillez remplir le coupon ci-dessous et nous l’envoyer.Lio Pharmacy, Dépt.10703 1180 Second Âve., New York City, N.Y.Messieurs, Vous trouverez ci-inclus $ voudrez bien m’invoyer fameux LION CROSS HERB TEA.Nom Adresse Localité Prov.pour lequel vous traitements du A.Dufour.Tous s’en retournèrent à une heure avancée en gardant un bon souvenir de cette veillée.— Mme H.Guindon qui était gravement malade est maintenant en bonne voie de .guérison.Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.— Dimancne dernier, M.Gérard Binette était de passage au Lac Tremblant pour prendre part à la grande course dans la descente Taschereau.Le gagnant a fait le trajet de 2>/2 milles en 3 minutes et quelques secondes.— A la nouvelle pisciculture de Saint-Faustin, il y a 400.000 oeufs de truite rouge qui seront élevés à l’état de fretins pour le peuplement de nos lacs.EN MARGE DU MERCREDI DES CENDRES Un fait vécu Par CE LIBER “O Homme, souviens-toi que tu es poussière |§| et que tu retourneras en poussière”.Il y a certaines dates qu’on ne saurait oublier.Je ne vivrai assez longtemps, je crois, pour oublier celle du 10 février 1932, un mercredi des Cendres.Ce jour-là, je connus ce qu’était la misère ; je la vis.étalée dans toute son horreur: bien plus, je la palpai et le souvenir des heures que j'ai vécues, en cette oc-sasion, suffit à me glacer d'effroi.Il faut que je vous raconte.* • • Le médecin m’avait dit, le matin : "Duriac ne passera pas la journée.Il est fini ! C’est la misère qui l’a tué .” Le curé qu’un peu plus tard j’avais croisé, dans la grande rue, m’avait à son tour souligné : “C'en est fini de Duriac.Ce soir, il ne sera plus.Venez avec mol.” Duriac ! Je le connaissais pour l’avoir maintes fois croisé dans la rue.Il était bâti comme un hercule, bâti pour vivre centenaire avec ses épaules carrées, son large buste, ses bras noueux, ses muscles d’acier.C’était un tailleur de pierre.Je ne savais de lui que bien peu de chose, mais le fait de le croiser, aux mêmes heures de la journée, invariablement chaque jour de la semaine, me le faisait saluer comme si je l’eusse connu depuis toujours.Il habitait, dans la petite rue qui longe la rivière, une coquette maisonnette qu’il avait construite lui-mê- jme, à temps perdu.Il passait pour | un honnête homme, pas ivrogne, | bon chrétien, et ne faisant de mal ! â personne, il vivait sa vie, sans bruit, entouré de sa femme et de ses cinq enfants.J'acceptai l’invitation du curé inconsciemment, et je me revois encore, marchant à ses côtés, silencieux comme lui, à cause de l'Hostie Sainte qu’il portait sous son pa-ietôt.Je fus un peu surpris de le voir bifurquer à droite, au lieu de s’engager dans la petite rue de la Rivière.En toute autre circonstance, j’aurais sûrement passé une observation, mais déjà nous entrions dans ce coin de la ville dont les mansardes ont l’air de vous crier leur misère, mansardes qui tremblent sous les rafales d’hiver et qui abritent les miséreux, les pauvres, les sans-travail, les parias du bonheur.Une maison basse.Nous nous plions en deux pour y entrer.D'une cuisine mal éclairée et qui sent je ne sais quoi, nous passons dans une chambre presque sombre.Je reconnais le médecin.J'avance d'un pas.Sur un grabat qu’éclaire par intervalles la lueur tremblot-tante d'une bougie, un homme est étendu.C'est Duriac mourant.Au pied de la couche, une femme à la figure émaciée, aux longs doigts osseux, au physique décharné, cou- verte de guénilles mal cousues, regarde fixement, avec des yeux sans vie.son mari qui s'en va.Depuis un mois, elle n’a pas dormi : ses yeux bistrés et enfoncés le prouvent.Depuis un mois, elle a grelotté dans le logis sans feu : la ruine de son physique le dénote.Depuis un mois, pour faire plus large la part des petits, elle n’a pas touché au pain qu'apportaient les voisins : sa maigreur épouvantable le dit.Et je me souvenais des autres paroles du médecin, une heure auparavant : "La pauvre femme n'ira pas loin.La misère l’aura bientôt tuée !” Autour d’elle, cinq enfants, aux traits étirés, se groupaient, ne comprenant rien à ce qu'ils voyaient.Ils nous fixaient avec de grands yeux effarés, étonnés de voir dans la chambre tant de monde, et pourquoi ?Ils étaient pieds nus, sur le plancher humide et froid, des haillons sur leur corps, et rien qu'à les voir, il me semblait qu'ils s'en allaient déjà à la dérive, charriés par les malheurs et les chagrins.Le prêtre s'approcha du lit.Je le vis se pencher sur l’homme qui le regarda, qui me regardait et ne rne reconnaissait pas.Des sueurs énormes inondaient son front, et de minute en minute, le mal torturait sa figure qui prenait, sous la lueur vacillante de la chandelle et sous le jour gris de février qui se glissait timidement par la fenêtre, des teintes sinistrement violacées.Je n’oublierai jamais cette figure secouée par la livre, le prêtre qui pencha son visage tout a côté du sien, lui causa presque bas et lui dit quelques-unes de ces paroles, si grandes en foi, si débordantes d’espoir.Je n’oublierai jamais la résignation de cet homme devant la loi implacable de la mort, ni les éclats brusques de ses prunelles presqu’é- teintes sur le crucifix que ses mains étreignaient.J’étais à genoux.Déjà le prêtre administrait le grand sacrement.Une croix, sur les yeux, coupables parce qu’ils ont vu le péché et se sont réjouis : sur les oreilles qui ont écouté les paroles mauvaises: sur les narines si sensitives ; sur la bouche, ouverte tant de fois pour un blasphème ou une médisance ; sur les mains, instruments de tant de fautes.Puis, le mourant communia, et nous récitâmes le chapelet.Les sanglots de la femme, les pleurs des enfants effrayés, les râles du mourant se mêlaient à notre prière.Puis, à mesure que nous égrenions les Ave, la figure du moribond s’adoucissait ; la chambre semblait devenir moins triste ; il y avait je ne sais quel parfum céleste qui passait sur nous : peut-être aussi les battements d’ailes des anges attendant l'âme du juste.O sainte Religion catholique, comme tu es belle et vivifiante ! O prêtres, comme vous êtes sublimes, quand, au nom de Dieu, vous ouvrez à l'âme les portes de l’Eternité ! Midi.Je n'ai pas quitté le logis.Le médecin, redoutant une crise à l’heure de l’agonie, a requis ma présence.Pour quelques heures, je suis demeurée dans cette misère que seule une expérience du genre peut faire admettre.C’est un fait brutal, mais avouons-le : il y a des êtres humains qui sont dévorés par la faim.Il n'y avait pas lin seul morceau de pain dans la maison.Une voisine apporta le dîner, le médecin et le curé commandèrent du bois.Les enfants dévorèrent à pleines dents les larges tranches de pain, puis, rassasiés, ils vinrent s’asseoir près du feu, muets, serrés les uns contre les autres, regardant leur mère qui n’avait pas mangé et qui continuait de pleurer.Des religieuses faisaient un brin de ménage.Du ménage! Pourquoi?Un vieux poêle craqué, une table boiteuse, quelques chaises enfoncées.C’était tout le mobilier.Pas de rideaux aux fenêtres : des pages de journaux.Un mauvais plancher.Pas une image sur les murs lézardés.Dans les chambres, des paillasses sur le sol.C’était triste à crever le coeur du plus endurci des hommes.Le malheur les avait frappés au moment où ils croyaient posséder le bonheur.Les créanciers avaient pris la maisonnette.Pas de travail.Et pourtant Duriac en avait cherché ! Il vendit, un à un, tous les meubles.Puis la maladie le prit.C’était plus que l’infortune qui entrait au logis : c’était la misère noire.Ceux qui ont connu la misère savent ce qu'il signifit ce terrible mot,.Ils savent combien il fait vieillir ! Les riches ne le comprennent pas assez.Je ne leur reproche, ni leur aisance, ni leurs plaisirs, ni leurs bonheurs ; je leur reproche seulement de ne pas descendre parfois dans les classes souffrantes de la société.Qu’ils aillent là où il y a de la misère ! Pas où il y a de la paresse : là où il y a réellement de la misère ! Que verront-ils ?Des hommes abattus, malades, découragés ; des femmes décharnées, sans vêtements, sans sourires ; des enfants qui crient pour du pain et qui ont froid ; dos logis infects, affreux, dénudés.Quand on demeure toujours en haut, on ne peut qu'ignorer ce qui se passe en bas .A deux heures, Duriac mourait doucement.Je perçus son dernier soupir, et je vis ses lèvres s'entr’ou-vrir, presque dans un sourire.Il n'y a pas un moment, à mon avis, si imposant que celui-là.L’âme est sortie du corps ; elle est déjà dans l’inconnu ; elle est déjà devant son Dieu.J’étais à ce moment persuadé que le ciel comptait un élu de plus.Car Dieu ne permit pas que la femme souffrit plus longtemps, et une heure plus tard, une syncope l’emportait à son tour.Vers les six heures, deux cercueils reposaient côte à côte, dans le misérable logis.Une religieuse avait amené les petits, et comme on ne leur connaissait aucun parent, la municipalité se chargeait des frais funéraires, et les voisines de faire la veillée des corps.• • • Le même soir, j’assistais, dans l’église paroissiale, à la cérémonie des Cendres.Le prédicateur avait | choisi comme thème de son sermon, les paroles connues : “O homme, tu J es poussière et ton corps retournera en poussière !” Dans un magistral tableau, il définissait l’homme un “peu de cendre".Le corps est fait de poussière : l'âme est immortelle et retourne à Dieu d’où elle est sortie.J'étais ému.Jamais de toute ma vie, je n’avais mieux compris ces mots si éloquents, si vrais, si simples ! La vie ! Qu’est-ce que la vie?Un voyage.Quel genre de voyage ?Pas toujours heureux .Beaucoup de chagrins parfois.Le sentier est pour les uns facile; pour les autres, aride.Les uns vivent avec les fleurs, le soleil, la gaieté ; les autres ne connaissent que les nuages sombres, les heures monotones, les revers, les désastres.Mais le prédicateur le disait si bien : "Ceux qui souffrent sont les amis de Dieu.Ils n’ont pas de richesses matérielles : ils ont celles du coeur.Il n’est pas une larme versée qui n'ait devant Dieu sa récompense, et ce sont ceux-là, dont la vie a été amère, qui entreront les premiers dans le royaume de Dieu”.Et je me disais, en revenant au pauvre logis, faire une dernière visite : “Ils sont au paradis maintenant.ensemble.Dieu a jugé qu’ils avaient assez souffert.De là-haut, ils veilleront sur les petits.” Personne ne les veilla dans cette dernière nuit sur terre, si ce n’est une religieuse.Pas de parents.Pas même d'amis.Abandon total.Le lendemain, ils s’en allaient, escortés de quelques voisins charitables, vers la fosse commune, demeure qui ressembla à leur vie.Depuis, l’oubli les a pris, les herbes folles ont poussé sur eux, abondantes.Pas une croix ne rappelle leurs noms au visiteur solitaire.Ils sont oubliés comme ils le furent pendant leur vie, et ils sont devenus la poussière qu’ils étaient.• • • C’est à tout cela que j’ai pensé tantôt quand je suis sorti de l’église, après la cérémonie des Cendres.Je suis entré chez moi, désireux de me recueillir un moment.Tous les ans, que je le veuille ou non, ce souvenir revient, et il me fait du bien.Ce soir, tout particulièrement, J’ai pensé aux petits.Où sont-ils ?Que font-ils ?Les religieuses en ont probablement soin.Mais il viendra un temps où ils seront séparés les uns des autres.Ils grandiront., se connaissant à peine, se demandant pourquoi ils n'ont pas, comme les autres, cet avantage d’avoir une maison, un papa, une maman .Toujours, au fond de leur coeur, il y aura quelque chose de gris qui les rendra tristes, quelque chose de gris qui ressemblera à de la cendre ,., CELIBEIt Jour des Cendres, • 26 févrlsr, 1930. Saint-Jérôme, le 28 février 1936 L’AVENIR DU NORD Page oinq nq *:.l .En marge du mardi-gras Le vieux mendiant Par CELIBER La journée du carnaval s’était passée calme et terne, et.comme le soir venait, les gens de l'endroit se groupaient vers le centre de la petite ville, attendant et espérant en vain des distractions inaccoutumées.Soudain, par la grand’route, on vit s'approcher lentement, pénible ment, deux êtres, deux mendiants.L’un, très grand et très vieux, appuyait sa misère à un long bâton De longs cheveux blancs flottaient sur ses épaules, une barbe blanche et touffue, et en broussailles, descendait de sa face blême sur sa poitrine.L’autre était un enfant de dix ans peut-être, à la figure ravagée par la souffrance, et vêtu lui aussi, de crasseuses guenilles Le vieux donnait la main au petit Ils devaient marcher depuis le matin, car ils paraissaient extrême ment fatigués.Ils allaient vers l’inconnu, traversant des villages et des villages De partout, on les montrait du doigt.Ils mendiaient leur pain.On le leur avait refusé depuis le matin; alors, ils marchaient tous deux n’osant s’arrêter, sachant bien que Dieu viendrait à leur secours .A l’entrée de la ville, des gamins avaient crié ; — Des masques ! Et ils les avaient suivis.Eux avaient continué leur marche, indifférents à la foule qui les suivait.On y voyait des femmes, même des hommes, et dans le cré puscule, cette bande hurlait après ces malheureux.Leur silence obs tiné et leur dédain exaspéraient tous ces gens assoiffés de plaisirs, par cette fin de carnaval.Au pont, les deux mendiants s’arrêtèrent quelques instants.Le vieux se demandait s’il fallait prendre à gauche, entrer plus avant dans la ville.Il prit à droite, du côté des avenues paisibles .Il faisait noir.Le vent était devenu froid.Autour d’eux, la clameur s’enflait sans cesse et devenait menaçante.— C’est le Juif-Errant !.— Ils sont connus !.— Ils font les drôles !.La plupart croyaient réellement que c’étaient des masques, ce qu’on nomme, nous : des Mardi-Gras Et les deux silencieux marchaient, stoïques.• Quelqu'un cria ; — Jetons-les à la rivière !.Une femme ramassa une pierre, la jeta.Elle roula jusqu’à eux, et atteignit le pied de l’enfant.Alors, le vieillard se retourna contre cette foule méchante, le bâton levé, l’oeil en feu.La foule recula sous ce geste grave.De plus loin, les pierres tombèrent, plus nombreuses.Cependant, les deux gueux arrivaient devant une large grille, à travers laquelle on distinguait un vaste parc aux sapins enneigés, et tout au fond, une haute maison surmontée de tourelles et clochetons.A cette grille, six jeunes filles se tenaient, joyeuses et riantes.Leurs habits clairs mettaient des notes gaies dans ce gris crépuscule.Le vieillard et l’enfant levèrent vers elles leurs yeux pleins de supplications .Les jeunes filles comprenaient.Les mendiants désiraient un abri.Elles se consultaient.On ne pouvait pourtant pas les faire entrer.Des pouilleux pareils ?Des guenil-leux ?Des méchants, qui sait ?Le regard du vieillard ne les quittait pas.Cinq d’entre elles se sauvèrent.A la grille, une seule demeura, la plus belle, une rousse, à l'opulente chevelure, au visage fait d’un épanouissement de lis et de roses.La foule hurlait.Et le vieillard suppliait.Un instant, elle hésita .Puis, rapidement, elle entr’ouvrit la grille, et impérative : — Venez !.vite ! Us entrèrent.Et la grille sc referma lourdement sur les murmures de la foule stupéfaite.• • • Une heure plus tard.Devant la haute cheminée, où dansent les flammes, tout heureux, ils se sont chauffés longuement.Le petit était harassé, et quand il eut avalé un grand bol de soupe, il s’endormit près de l’âtre.Son sourire était si doux que la jeune fille s’en étonna.Et plus elle regardait le vieillard, plus elle le trouvait humain, bon, compatissant.Tout à coup il se leva, ramassa son bâton, le plaça sous son bras gauche, prit l’enfant dans sa large main, et se dirigea vers la porte.La jeune fille lui offrit un gite.Il refusa.Elle insista pour le petit.Le vieillard ne répondit que ces mots : — Il n’a pas besoin de dormir et il n’aura Jamais froid, ce marmot-là !.Il traversa le Jardin.Quelques étoiles trouaient le firmament noir, La rue était déserte.Lasse d'attendre, la route s’en était allée.Le vent annonçait de l'orage.A la grille, il se retourna vers la Jeune fille qui le suivait.L’enfant (Imité de Georges Bonneroe» venait de s’éveiller.Il le déposa par terre, puis prenant les deux mains de la jeune fille, il les baisa, d'un long baiser rempli de ferveur et de reconnaissance.Puis, doucement, d’une voix qui n'avait rien de la terre ; — Le bonheur vous suivra partout.ma fille, quel que soit l'endroit où vous irez .Le vieux mendiant et l’enfant s'enfoncèrent dans la rue sombre.Et la nuit derrière eux se referma.• • • Ce soir-là.la jeune fille fit un rêve étrange.Elle vit, au milieu d'une clarté immense, le vieux mendiant s’approcher de son lit.Elle le reconnut.C'était bien lui, mais transfiguré, suprêmement beau.Sa figure était si lumineuse qu'on pouvait à peine la regarder .— Je suis Dieu, dit-il.J’ai pris la forme d'un mendiant pour me rendre compte de la méchanceté des hommes.Je vous le dis : A moins que les hommes ne s’aiment entre eux.ne compatissent entre eux, le bonheur ne sera pas donné au monde.Vous l'avez, vous, car vous avez été bonne, et vous avez eu pitié de celui qui était plus malheureux que vous .Elle aurait voulu se lever et se mettre à genoux, mais une puissance l'immobilisait dans l'extase.Alors, elle s’éveilla.Mais un étrange et suave parfum remplissait toute la chambre.Elle comprit que la parole du vieillard devenait réalité, car dans son coeur descendait maintenant du bonheur, du bonheur, du bonheur .CELIBER.Jour Gras, 1936.CONCOURS DE POESIES DE 1936 La Société des Poètes tient cette année .
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