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Titre :
L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 23 décembre 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

L'Avenir du Nord, 1938-12-23, Collections de BAnQ.

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CHENIER Société JfcJti oiicfUê DISTRICT de TERREBONNE SEUL JOURNAL i 1897-1938 EXISTANT DEPUIS QUARANTE-DEUX ANS 1897-1938 'Le mot de l'avenir est dans le peuple même ; nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent" (Benjamin Suite) SAINT-JEROME, P.Qué.Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme QUARANTE-DEUXIEME ANNEE, NUMERO 51 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro LABELLE LE VENDREDI, 23 DECEMBRE .938 Gloria in Excelsis Deo Noël.Noël.Le mystère que nous honorons en ce jour, c'est l'anéantissement du Verbe Incarné .nous jouissons du pieux spectacle d'un Dieu, descendu pour nous relever, abaissé pour nous agrandir, appauvri volontairement (jour répandre sur nous les trésors célestes.Je confesse que je ne puis admirer cet abaissement de mon maitre ; et pourtant ce que admire encore davantage, c’est qu’on me donne cet abaissement comme un signe pour reconnaître en lui le Sauveur du monde.’Votre Sauveur est né aujourd'hui, nous dit l’ange, et voici la marque ,i laquelle vous le reconnaîtrez : un enfant revêtu de langes et couché dans une crèche”, c’est-à-dire une nature semblable à la vôtre, des infirmités telles que les vôtres, des misères au-dessus des vôtres.Divines marques, sacrés caractères est-il bien vrai ?Le pouvons-nous croire ?Quoi, vous êtes les signes certains par lesquels je reconnais mon Sauveur ?Dieu n'est plus irrité contre nous, puisqu'il s’unit à notre nature par une étroite alliance.Sa gloire se tempère, sa grandeur s'abaisse, cette ustice rigoureuse ne se montre pas : il n'y a que la bonté qui nous apparaisse pour nous inviter avec plus d'amour * * * SI mon Sauveur, par son premier pas dans ce monde, se met au-dessous des Anges en se faisant homme, ce n’est pas assez : il descend le second degré, il se rend égal aux pécheurs par l’infirmité, afin que ses faiblesses Hérissent les nôtres.Mon Sauveur n'a épargné à son corps ni la faim, ni la soif, ni les fatigues, ni les sueurs, ni les infirmités, ni la mort.Il n’a épargné a son âme ni la tristesse, ni l’inquiétude, ni les longs ennuis, ni les plus cruelles appréhensions.Or Jésus n'a pas oublié ni les longs travaux, ni les autres difficultés son pénible pèleilnugi de sorte qu'il ne nous plaint pas seulement ommc ceux qui sont dans le port plaignent les autres qu'ils voient sur la mer agitée d'une furieuse tempête .mais il nous plaint a peu près comme ¦ux qui courant les mêmes périls se plaignent les uns les autres.Et la impassion du Sauveur n'est pas une afiection inutile : si elle émeut le oeur, elle sollicite le bras Ce médecin est tout-pqissant : tout ce qui lui fait pitié, il le sauve ; tout ce qu'il plaint il le guérit.» * » Ce qui nous empêche d'aller au souverain bien, c'est l'illusion des biens apparents, c'est la folle et ridicule créance que tout le bonheur de la vie consiste dans ces biens extérieurs que nous nommons les honneurs, les richesses et les plaisirs C'est pourquoi le fils de Dieu semble n'être venu sur la terre que pour fouler aux pieds toute cette vaine pompe, et braver pour ainsi dire, par la pauvreté de sa crèche, notre faste ridicule, > vanités extravagantes.Il prend tout ce que les hommes évitent, tout ce qu'ils craignent, tout ce qu'ils méprisent, tout ce qui fait horreur à leurs sens, pour faire voir combien les grandeurs du siècle lui semblent vaines et Imaginaires.Les Juifs espèrent un autre Messie, qui les comblera de prospérités rr la terre.Ah ! combien de Juifs parmi nous ! Combien cie chrétiens \oudraient un Sauveur qui les enrichit, qui contentât leur ambition, ou qui voulût flatter leur délicatesse ! Ce n'est pas là notre Jésus-Christ C'est un Sauveur qui fait honte aux superbes, qui fait peur aux délicats de la terre, que le monde ne peut goûter, que la sagesse humaine ne peut comprendre, qui ne peut être connu que des humbles de coeur.BOSSUET.i JOYEUX NOËL g i S I À tous ses lecteï.rE’s, 'ses asmonceurs, ses clients et ses amis, notre journal est heureux d’o££rir ses meilleurs voeux à l’occasion de Noël La messe de minuit La messe de Minuit i Touchante solennité que, durant de longues semaines d’attente, les petits enfants entrevoient dans leurs rêves comme une ouverture de paradis.Mystérieuse ceremonie dont les vieillards même ne peuvent voir le retour annuel, sans entendre chanter au fond de leur coeur la gamme toujours vivante des joies naïves et des douces émotions de l’enfance.Qui de nous, entrant dans une de nos églises, pendant la nuit de Noël, peut, sans qu’une larme lui monte du coeur aux paupières, entendre flotter sous les voûtes sonores, avec la puissante rumeur des orgues, ces chants si beaux de simplicité et de grâces naïves, que nous ont transmis ces génies inconnus a qui l’art chrétien doit tant de chefs-d’oeuvre."Adeste fideles" ! cette invocation si large de rythme en même temps que si gracieuse de forme."Nouvelle agréable” ! cette mélodie pleine d’entrain si bien dans la note prime-sautière et joviale de nos pères.“Dans cette étable" ! ce cantique dont la majesté nous courbe le front malgré nous devant le grand mystère."Les anges dans nos campagnes” ! cet hosanna triomphal et vibrant de confiance, d'allégresse et d'amour.Et.enfin, le premier de tous, le plus pénétrant et le plus populaire de nos noëls : "Ça bergers assemblons-nous" ! Hélas ! elles sont bien loin les heures où j'écoutais tout ému ces vieux cantiques.La jeunesse s'est enfuie avec elles, pour faire place aux préoccupations de l'âge mûr.Eh bien ! malgré tout, à chaque hiver qui me vieillit, quand revient ce jour béni entre tous les jours, cette nuit sainte entre toutes les nuits, un recueillement involontaire s’empare de moi.Et quand, du haut de leurs cages aériennes, les cloches sonnent dans l'ombre l’anniversaire de l'événement auguste, je crois voir l'ange de mes jeunes années qui me pousse du coude, me fait signe du doigt et m’invite à le suivre auprès de l'humble berceau où sommeille le Dieu des petits enfants.Louis FRECHETTE.CONTE DE NOEL par LOUIS DANTIN L’aventure de Léon Millaud A l'âge de vingt-six ans, Léon Millaud était caissier au guichet une grande banque qui faisait par tuée vingt-six millions d'affaires, et gagnait vingt-six dollars par maine.Il supportait sa vieille mè-veuve et retirée à la campagne.1 >n exigeait qu'il fût bien mis et garnît.l'élégance due à une maison i it-cotéc Tous ces frais, joints à i pension, le laissaient à peu près dans l'indigence.C'était un Jem e homme digne, tranquille et timide.A gratter son ne simple on y ùt découvert un : nul de romantisme, un sourd be-ûn d'envol, de passion, de tumulte.Mais ces instincts, toujours matés, umalent dans l'Inertie, ne sc montaient a la surface qu'en bulles aus-itôt éclatées Chaque matin le vuyalt Installé dans sa cage, entre autres cages Identiques, et enfer-dans la pensée des chèques, des : irdereaux, des chillies, qui allaient remplir sa journée.Le soir ne lui laissait que des heures fatiguées et Idée d’errer au hasard, dans les bords du fleuve, en quête d'air al-du fade relent des paperasses.La.dans un café bien modeste il naît son repas, à côté de commis nix docks, d’assistants douaniers et autres employés minables.Une fois rentré en ville, au milieu des rues métriques, il lui venait la fantaisie d'entrer, pour vingt-cinq sous, dans quelque cinéma, et à défaut de son roman propre, de voir se dérouler les aventures des aut i es.Ce fut un de ces soirs, dans la minute éclairée d'un entr'acte, qu’il reçut, le coup de foudre.A sa gauche se trouvait assise, drapée d'une robe mauve pâle et d'un corsage grls-dc-colombe.l’image même de la Beauto.Il ne l'aperçut pas d’abord; mais ¦ destin voulût qu'ils se tournassent 1 n même temps l'un vers l’autre.Et dès lors l'auditoire, la scène, la vedette et l'Intrigue lu film ne furent plus pour Léon que des ombres brumeuses Jamais 11 n'avait vu un profil aussi pur, tant cl or â des cheveux i fin -, des Joues aussi pareilles à des L uises dans la crème, des yeux d'un bleu aussi limpide et aussi diaphane Leurs deux regards s’étalent croisés, et, rassurée rans doute par la bonne mine de son voisin, cette déesse, impromptu, lui avait décoché un demi-sourire.L'obscurité, elle, avait tout gâté.Mais au montent où l'héroïne détaillait dans les bras du traître, une voix fraîche avait murmuré, se parlant à elle-même : "Vrai, c'est impressionnant, ce drame !" Et Léon, à mi-voix, s’était comme répondu : "Ça arrive, pourtant, ces choses-là !" Et ils avalent continué sournoisement, aux instants pathétiques, de s’échanger des monologues.Au sortir de la salle Léon avait osé aborder la jeune fille et.de fil en aiguille, l'avait reconduite à sa porte.Sou nom était Julie ; elle était sténographe, et son bureau avoisinait la banque où travaillait Léon."Un de mes amis, lui dit-elie.m'a fait faux bond ce soir : c’est pourquoi vous m'avez vue seule" Mais il protesta ."Mademoiselle, cet ami est loufoque ; à sa place rien au monde ne m'eût retenu loin de vous." Il n'en fallut pas plus pour déclancher l’idylle, et en moins d'une semaine Léon était amoureux fou.Dans le mois qui suivit ils se revirent fréquemment.Julie se montrait accueillante et se laissait adorer gentiment ; mais, en fait de retour, elle semblait n’accorder qu'une camaraderie aimable.Avec des allures de princesse elle avait des goûts luxueux Léon était un humble esclave chargé du soin de ses plaisirs, et qui.bien malgré lui, restait au-dessous de son rôle.Car elle avait d'autres admirateurs qui rivalisaient auprès d'elle d'attentions coûteuses ; tandis que lui ne pouvait lui offrir ni dîners fins, ni concerts symphoniques, ni broches en platine pour sa fête II sentait vivement son infériorité ; d'autant que ses confrères à la banque lui disaient : "Méfie-toi de cette fille, elle n'en veut qu'à ta bourse ; elle en a plaqué deux ou trois que nous connaissons.” Mais son coeur était l pris et trouvait des excuses à toutes les manières de l’aimée, même à des cruautés oui parfois le faisaient soulTrlr.Ces obstacles eux-mêmes lut posaient un défi et l'incitaient à d'héroïques efforts.Elle lui disait : "Vous avez à la banque une belle situation, n'est-cc pas?" Et H mentait, comme ayant honte de sa lésine."Excellente, dl-salt-il.et l'on me promet une augmentation Si j'avais fini de payer quelques dettes criardes je serais a la crête du Ilot " Mais il se rongeait à penser qu'Edouard Lange et Fernand Chatel, du bureau ù côté, non seulement vivaient près de Julie, mais faisaient pour elle des folies qui lui étaient inaccessibles.Justement Noël approchait.Il y aurait, la veille, des banquets, des bals chics, auxquels ils voudraient l'escorter.Ce serait le temps des cadeaux porteurs de messages.Lui.épargnait depuis deux mois pour un mince présent à sa mère ! Quelle chance avait-il qu'elle voulût le suivre dans un restaurant de deuxième ordre, ou accepter un réticule pris à l'étalage des bazars ?Ces pensées l'obsédaient, mettaient dans son âme une révolte.11 se torturait à chercher quelle magie, quel miracle, lui procurerait de l'argent, au moins pour ce Noël qui allait, croyait-il.décider de son sor' 11 pouvait emprunter quelques dollars, sans doute, mais ce serait si peu '.Ce qu'il lui fallait, pour une fois, c’était d'être au large et prodigue 1 Sa tète enfin, à tourner en cercle, en devint si confuse, si complètement démontée, qu'une paix désespérée s'y établit soudain.Les raisonnements, les soucis en avaient disparu.Il n'y restait plus enfoncée que l'idée fixe d'avoir Julie, avec la certitude qu'il y réussirait.Pour la première fois depuis des semaines il dormit ce soir-là très paisiblement Le lendemain il attendit la belle à la sortie de son bureau.Julie, dit-il d'un ton aisé, savez-vous qu'on annonce une soirée brillante, suivie d'ttn grand souper, à l'hôtel Ritz-Hammond, pour la veille de Noël ?Julie le regarda, surprise, et, d'un air amusé où perçait un brin d’ironie : Je sais, je sais, dit-elle ; j'attends l'invitation de quelque millionnaire.Bah ! répliqua Léon, ce n'est que vingt dollars par tète : ce n'est pas la mort d'un homme.Sans doute Il faut compter sur des frais de toilette, sur un auto avec chauffeur, et Je suppose qu’un cadeau à la dame est de mise.Mais après tout Noel n'arrive qu'une fois par an.Et pour des gens comme nous, dit Julie, c'est une fois de trop ! Pas du tout, ma chérie.Si vous vouliez m'accompagner au Ritz, vous me feriez un extreme plaisir.Je croyais, dit la fille, que vous aviez des dettes.Tout a une fin, n'est-ce pas ?Et puis, l’exagérais : Je voulais éprouver votre petit coeur.Vilain cache t tier.va ! Alors vous avez des bidoux ?Et vous voulez m’emmener an Ritz ?Ma foi, je ne dis pas non.Edouard m'invite ailleurs, mais c’est, bien votre tour.- Alors comptez sur moi.J'irai vous prendre chez vous le 24 à neuf heures.A propos, s'il vous manquait rien pour assister i cette soirée, des 'souliers, un chapeau, que sais-je, faites-moi seulement signe : ça res' tera entre nous deux Léon s’éloigna d'un pas leste en [sifflotant un air de danse.II était : ans la moindre idée de ce qu'il allait faire : mais n avait-il pas trois 'jours pour aviser ?Le lendemain matin, sur les dépôts remis à son guichet, il glissa ! calmement deux cents dollars dans .une enveloppe qu'il cacha sous une ’ pile de livres A la fermeture des bureaux, I enveloppe était dans sa poche.Le jour suivant, un téléphone avertit la banque qu'il se trouvait indisposé et ne pourrait se rendre à son travail.11 passa cette journée en calculs et en courses.Un complet de soirée, une cravate, un foulard, des gants de chevreau : une montre-bracelet aussi (depuis le temps qu elle lui manquait !> : ces achats absorbèrent plus d'une moitié de son pécule.Il fallait au surplus prévoir la limousine, le bouquet ci orchidée >.les cigarettes, les cocktails.les pourboires : et surtout le cadeau qu'il accrocherait pour Julio à l'arbre érigé dans la salle 11 avait vu chez un orfèvre un bracelet cerclé d'améthystes qui s’olîrait pour cinquante dollars : cela lui semblait acceptable.Son budget en craquait un peu.mais se tenait encore debout.U s'en félicitait quand il reçut par un exorès le billet suivant de Julie ; —“Chéri, je constate avec peine que je n'ai rien de convenable a mettre pour cette soirée.Puisque tu es bien en moyens et que tu me l'as si gentiment offert, envoie-moi donc, quelques dollars pour une robe et ce qui s'ensuit.Je t'en aimerai beaucoup.Ta Julie.P S.Si tu pouvais aller jusqu'à trente-cinq dollars, j’aurais tout ce qu'il faut pour ne pas le faire honte.” Quelle confiance ! pensa Léon, quelle belle simplicité ! Il se sentit touché infiniment.Et il fit sans retard porter à la jeune fille quatre billets de .dix dollars.Cette fois ses plans s'en trouvaient ‘dérangés.Mais il eût vite conçu une idée géniale.Il avait entendu parler d'une maison de jeu.rue Craig, où se rendaient parfois les commis de la banque, et où ils se vantaient de chances remarquables.Pourquoi eux et pas lui ?Ce serait la première fois qu'il tenterait pareille fortune, mais il se sentait prêt à toutes les audaces.Il fut admis au cercle à la simple vue de sa carte.Il risqua dix dollars et doubla sa mise aussitôt.Alors il s'appliqua, méthodiquement, a poursuivre ce beau début.Il tenta, après la roulette, le bridge et le poker, des jeux qu'il connaissait à peine.La veine le suivit, insensée.Il avait gagnï.à minuit, sept cent cinquante dollars.Il en fut exalté, sans doute, mais non extrêmement surpris.C'était bien ce qu'il attendait.Il remonta à son logis sans apparence de fièvre.Seulement un nouveau dessein se formait en lui.Fort*de cette richesse neuve, il demanderait la main de Julie Elle serait titre d'être sa femme ; du coup il atteindrait ie but capital de sa vie.Le lendemain.24.devait être le jour fatidique.Il se leva, froid mais ensoleillé, émanant les effluves de la fête prochaine.De bonne heure les magasins regorgèrent de clients, et les bonhommes Noël, suant sous leurs défroques, acc ueillirent les derniers souhaits de la marmaille avide.Les coeurs mondains goûtaient d avance les réjouissances festiva-les : les âmes pieuses se préparaient aux émotions des rites chrétiens ; mais frivole ou mystique, une joie inusitée s’épanchait sur la ville, la i couvrait comme d'une couche neigeuse.Léon, tout à la pensée de Julie, termina ses achats, y compris le bracelet d'améthyste et une boite de chocolats fins.Puis l’attente lui i pesa.Il chercha à tromper les heures en circulant sans but sur les j boulevards affairés ; mais il ne put calmer l’agitation qui le gagnait.Une réaction nerveuse s’opérait maintenant et tendait toutes ses fibres vers l’issue de son aventure.Rentré chez lui vers les trois heures, il se dit qu'un poème adressé à Julie porterait le coup décisif ; et, s’attablant à son pupitre, il commença j d'assembler des rimes qu'il voulait ' lyriques et brûlantes.Ce haut ef-i fort mental l’absorba tellement qu’il en perdit la notion des heures, tandis qu’une lassitude serrait son cerveau surmené.Sa tête - à la fin s'abattit sur les feuillets à peu près vierges, et il tomba dans un pesant sommeil.Aucun rêve n’en troubla la stupeur prolongée.Mais on sait bien que l'âme sous-consciente est toujours en éveil et fait jaillir des profondeurs ou nous jette le somme des idées refoulées, des sentiments bannis et des images devenues obscures.Il dut se passer chez Léon un phénomène semblable ; car, sans cause apparente, il se réveilla en sursaut, et.la main à son front, il s’écria : "Maman !" "Pourquoi ai-je dit: Maman?", se demanda-t-il.Mais il le comprit aussitôt : "J'ai oublié le présent de ma mère !" Cette découverte lui serra le coeur.Comment avait-il pu ?Cette attention élémentaire, il n’y avait jamais manqué : i! la préparait depuis des semaines II s'en voulut d’un tel oubli, qui lui apparut sans excuse.Par malheur il n’était plus temps ! Sa mère passerait la Noël sans un cadeau, sans un souhait, très inquiète de son silence ! Il regarda l'horloge et fut surpris qu'il fût déjà six heures.Il pouvait tout au moins acheter le cadeau et le déposer à la peste : il ne serait que d'un jour en retard.Et soudain il se rappela tout l'argent qui gonflait sa bourse.U enverrait à sa maman un présent distingué, coûteux, qui expierait sa négligence ! Mais alors un autre souci lui barra le coeur, surgissant sourdement de son âme secrète, élaboré sans doute dans ce sommeil dent il sortait.Cet argent, d'où provenait-il ?Il eut, avec un choc, la pleine conscience de sa faute.Il se vit caissier infidèle, puis joueur sans scrupule, ayant obtenu cet argent de sources honteuses.Qu’eût dit sa brave mère de cette clnïte ?Non, il ne pouvait l’insulter en lui faisant une part de ce bien mal acquis.Il ne dépenserait pour elle que ce qu'il avait prélevé sur ses gages honnêtes : au moins il n’en ferait pas sa complice.Il prit dans un tiroir les quelques dollars épargnés et sortit cherchant à la hâte, dans les boutiques encore ouvertes, quelque souvenir convenable.La rue Sainte-Catherine était pleine de chalands attardés qui.d’un air alerte et joyeux, circulaient sous les lumières crues, assiégeaient les étalages Et Léon, tout-à-coup, se sentit seul, tout seul, au milieu de cette foule, courbé sous un fardeau de dégradation et d'ennui.Il hésitait devint une vitrine, quand il vit s'approcher une vieille femme à l'air de pauvresse, couverte d'un manteau trop mince, qui se mit, elle aussi, à contempler les marchandises.Et il lui sembla que cette femme, c'éta’t sa mère qui le rejoignait, qui le suivait comme un reproche."Absurde !” se dit-il ; mais ridée ie hantait ; il se sentait poussé à parler à cette femme.— Madame, dit-il.enfin, vous me trouverez bien hardi, mais oourriez-vous me dire quel don de Noël conviendrait .i une dame, mettons de votre âge ° C'est pour ma mère, et je ne sais trop que choisir parmi tant de choses." La femme leva les yeux, un instant interdite.Elle avait une figure honnête où luisait une étrange douceur.— Mon bon monsieur, dit-elle, un joli tablier, une robe, une pèlerine.sont des choses toujours bien reçues.Ou encore une broche émaillée.ou un collier de fausses perles noires.Vous comprenez, c'est selon ce que vous avez.— Excellentes suggestions, madame.je vous en remercie.Mais veuillez donc, je vous en prie, m’accordez un autre service.Entrez avec moi dans le magasin et faites le choix de ce cadeau.— Si ça vous aide, je le veux bien, dit simplement la femme.Ils parcoururent ies rayons, et l’inconnue finalement posa le doigt sur un chandail qu’accompagnait une paire de pantoufles fourrées.— A notre âge, dit-elle, ce qu’on veut, c’est d'avoir chaud pendant l’hiver.— Rien cie plus juste, dit Léon.Il était soulagé, heureux, de sentir près de lui cette bonne vieille aimable qui lui enlevait un souci.— Et maintenant, ajouta-t-il, je vous prie de choisir quelque chose pour vous-même : ,1e vous le dois bien.— Oh ! que non, protesta la femme ; je veux pas etre payée pour ça.Mais, à vous parler franc, j'accepterais ce qu’il faut pour un sandwich et une tasse de café.Il se trouve, pour l'heure, que je suis à court.— Est-ce possible ?dit Léon.Alors veuillez me suivre : nous allons pourvoir à cela.(Suite à la deuxième page) Page deux L'AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, 1, 23 décembre 193h Conte de Noël.Les idées et i’information dans îe journalisme L'Avenir du Nord achève sa 42e année puisqu'il fut fondé le 3 janvier 1897 par M.Wilfrid Gascon.N'ayant jamais perdu de vue que "le mot de l'avenir est dans le nnrt peuple même,” notre journal a voulu instruire le peuple pour le rendre L'une après l’autre les années passent, distribuant a cnaci l s.i meilleur et plus fort.C'est pourquoi, dans tous les domaines : politique.de bonheur et de tristesse.Puis, une à une, elles sen vont a jamais, n historique, économique, littéraire, artistique, etc.l'Avenir du Nord a nous laissant que leur souvenir.cherché à renseigner ses lecteurs, à répandre des idées et à promouvoir' L'an 1938.à son tour, ne sera plus bientôt qu un peu du P-u-M les réformes qu’il a cru nécessaires à la véritable prospérité des ''fils du Comment ne point nous rappeler les inquiétants événements de ces Saint-Laurent" ! derniers mois ?Il est évident que l'année qui nous quitte vient d ajoutei Aux diverses étapes de sa carrière déjà longue, j’ai marqué le point a l'histoire un chapitre mémorable, encose inachevé et dont le dénouement et jeté un coup d’oeil sur l’oeuvre modeste mais persévérante du journal îlous tient tous dans l’anxiété.que je dirige depuis plus de quarante ans.| Mais, pourquoi notre front seralt-il soucieux, notre oeil inquiet et A la veille de son quarante-troisième anniversaire, on m'a demandé de notre pensée songeuse ?Le courage, la confiance, couronnés d'une ferme rappeler les services que l'Avenir du Nord a pu rendre au parti libéral.I volonté et aidés par le secours d'en Haut, ne sont-ils pas toujours là pour Il ne m'appartient pas de tracer moi-même le tableau fidèle et complet faire face a l'épreuve, surmonter l'obstacle et nous mener droit dans le de la part prise par mon journal dans les combats politiques.Les qua- sentier du devoir, avec la joie au coeur et la paix dans l'âme.Non.le rante-deux ans de l'Avenir du Nord appartiennent à l'histoire du jour- ‘pessimisme n'a jamais qu'affaibli l'énergie, réprimé l'enthousiasme, brise nalisme dans la provtne ¦ de Québec.Je laisse aux historiens la tâche l’effort.d'apprécier et de juger les quarante années de labeur constant durant Que Noel et le Premier de l’An soient pour tous des jours de gaieté et lesquelles mon journal a voulu servir les idées libérales en même temps be bonheur.Soyons virils, confiants et joyeux, cependant, gardons-nous que les intérêts généraux des Canadiens.'d'oublier ceux qui souffrent.Sachons nous pencher vers le pauvre, le Qu'on me permette, plutôt, de profiter de l'occasion qui se présente malade, l'infirme.Notre charité jointe a une sympathie sincère sera le pour réaffirmer que, malgré 1 evolution de la presse de nos jours, les lénitif nécessaire à leurs souffrances et.pour tous, le gage le plus sur de idées encore plus que l'information constituent le noble rôle et la véritable joie, de santé et de bonheur pour l'an nouveau, influence du journal.I fi-E.PARENT II y a eu dans l'histoire du journalisme deux grandes époques : celle Député au Fédéral pour le comté île Terrebonne.de l’antiquité où le journalisme ne fut exclusivement que le véhicule des - nouvelles, avant et même après la découverte de l'imprimerie : et ensuite le journalisme plus récent qui fut le journalisme d'idées et d'opinions.Certes, le journal continue d'etre le cerveau du monde, comme on i a déjà défini, puisqu il doit refléter les idees de l’humanité et enregistrer tous les actes de la vie humaine.Malgré ies évolutions quil a subies, les étapes qu’il a parcourues, les transformations que la marche du temps lui a imposées, le journal, s il veut garder sa grandeur véritable et accomplir son noble rôle, doit exprimer des opinions, défendre des principes, porter des jugements sur les hommes et les oeuvres de son epoque autorité en abdiquant son devoir et sa part de responsabilité dans le (Suite de la première page) Il l’emmena dans un restaurant voisin."Faites servir à cette dame un bon diner,” commanda-t-il.Alors la pensée de Julie lui revint, inattendue, presque importune C’est vrai, il avait ce rendez-vous ! sa montre neuve marquait sept heu res et vingt minutes."Peste ! il faut, songea-t-il, que je sols chez elle à neuf heures : et toute ma toilette est à faire i" Il allait se lever pour prendre congé de la vieille dame, quand celle-ci, lui touchant le bras : — Vous ne savez pas, dit-elle, comme vous m'avez rendue heureuse ! J'ai un fils, moi aussi, à peu près de votre âge .j'étais si triste qu'il me manquât ! Je m’imagine que vous le remplacez.Cela ne vous fâche pas, au moins ?Et elle se mit à rire de sa belle illusion.Léon rit.lui aussi : et de nouveau sa mère lui apparut en cette pauvresse.Puis, oevenu soudain serieux : — Vous auriez, dit-il, un fameux garçon ! un qui vole, un qui joue, un qui se perd pour de fausses amies Comment ces mots sortaient-ils de sa bouche ?Il les sentait monter d’une âme souterraine, enchalnee mais à mesure qu il les prononçait, ils lui révélaient un abîme où il était près de s'engloutir.— Je ne vous crois pas, dit la vieille dame : vous avez fait un mauvais rêve.Vous êtes bien trop gentil pour ça.— Peut-être, dit Léon, était-ce un mauvais rêve.Il resta un instant plonge dans ses pensées.Juiie ! En un éclair il la vit démasquée, avec son âme égoïste et frivole, le traînant a sa suite comme une épave, lui luisant oublier son devoir et sa mère.— Garçon, appeia-t-il, du papier, une plume, s’il vous plait.Vous excusez, madame ?Un court billet sans importance.Il avait recouvré la claire vue des choses ; mais le sens romantique le tenait encore.Il écrivit : "Julie, ou-bliez-moi.Croyez que je n'ai jamais existé, et pardonnez a mon fantôme.Léon.” Puis il héla un messager."Avant neuf heures, sans faute.” Et il se sentit tout-à-coup rasséréné, joyeux.— Bonne maman, reprit-il.‘puisque c'est notre jeu >.pourquoi ne pas passer la soirée ensemble ?Aviez-vous des pians pour ce soir ?— Des plans ’ Je m'en retournais tout simplement à ma pension.Et je comptais, plus tard, assister à la messe de nuit.— Je vais au moins vous reconduire chez vous.Il lui offrit son bras, et ils passèrent tous deux dans les rues maintenant plus sombres, majestueux, fiers Lun de l’autie.— C'est ici.dit la femme, en s’arrêtant au seuil d'une maison de chiche apparence, loin dans le quartier Maisonneuve.Dix rniile remerciements, mon fils.— Mais vous voulez vous rendre à la messe de minuit Que diriez-vous a y a,1er en famille ?— Oh ! ce serait charmant : vraiment ça me plairait, niais il n'est encore que dix heures.— Qu a cela ne tienne.Je retourne chez moi, je m’habille et je serai chez vous a onze heures et demie.Rue Philippe.80.n'est-ce pas ?De retour a sa enambre.Léon fut stupéfait du jeu de circonstances qui, en un tour dr main, changeait ainsi sa destinée Elles gardaient pour lui un aspect irréel et un chatoiement de mystère Mais les effets en restaient surs.I! sentait son coeur allégé d’une chaîne opprimante.Limage de Julie s'effacait dans une indifférence grisâtre.Il se plaisait d'avance à écouter, auprès de sa mère de fortune, la mélopée douce des cantiques au lieu des sons canailles du jazz.Il revêtit, non pas son habit ne soirée, mais le complet le moins ”sé de sa garde-robe "A présent, se dit-il.un taxi pour cette pauvre femme, qui a assez marché pour aujourd'hui.” Il se dirigeait vers sa porte, quand il perçut !e premie- son des cloches annonçant la messe de minuit." Comme elles sont biaves et triomphantes !” songèa-t-il.Leurs volées résonnaient en lui à des profondeurs anormales, y éveillaient des échos indéfinis.Il s'arrêta à les écouter.Et plus se prolongeait leur tocsin mystique, plus leurs ondes grandissaient, s'élargissant jusqu’à faire vibrer tout son être, jusqu'à battre aux parois de son cerveau même, a secouer ses tempes en un tumulte à les faim éclater.Enfin, comme un coup de massue, la note du bourdon s'abattit, écrasant toutes les autres.Et, dans une violente secousse, Léon Milhaud se réveilla.pour tout de bon cette fois.L’obscurité noire l'entourait.Il était assis à sa table, la tête sur ses poignets croisés.C'était vrai, les cloches résonnaient, éparpillant leur tintamarre.Mais, en frottant une allumette, il ne tro iva en face de lui qu'une feuille de papier blanc sauf les deux premières ligne.-: d'une strophe : Mieux que la rose ou l’ancolie Rayonne ta beauté, Julie ! Il jeta les yeux sur l'horloge : il était minuit moins le quart.‘ Trop tard !” murmura-t-il.mêlant encore la réalité à son rêve, trop tard pour la soirée du Ritz et trop tard pour ma vieille amie ! Trop tard même pour expédier le present à ma mère! A propos, où sont ce chandail et cette paire de pantoufles ?Imbécile ! songea-t-il soudain, je les ai envoyés il y a trois jours.Mais il n’est pas trop tard pour la messe de minuit.” Il sauta sur ses pieos, endossa son paletot, et s'en fut par la neige tombante en fredonnant : “Où vas-tu.bergère, où vas-tu ?” L'apres-midi de Noël, n'ayant rien à faire, Léon marcha par curiosité jusqu’à l'adresse où il avait reconduit la vieille dame Elle était occupée par une buanderie chinoise.En témoignage de respect à l'é- dernier, a l’archevêché, de Mont- .^rëT'nnTutre délabra- gard de l'archevêque du diocèse de real, a l'occa ion du soixantième an-vafe ' des gants' et du foulard, un Montréal, Mgr Paul-Napoléon Bru- niversalre de son élévation à la pré- ] troisième du bracelet, de la montre chési, une messe spéciale a été trise.Tout le chapitre y compris et des billots du llitz, — et 11 alla chantée en son honneur, mercredi l'archevéque-coadjuteur.Son Excel- j Souhaits de M.L.-E.tarent Député de Terrebonne Aux électeurs et élcctrices du comté de Terrebonne Souhaits de maire Aux électeurs de la ville de Saint-Jérôme prospérité.Dr ALFRED GUERRIER.Maire de la ville île Saint-Jérôme.A MOS A l’occasion des fêtes de Noël et du premier de l'an, j'offre à toute la population de Saint-Jérôme mes meilleurs souhaits de bonheur et de succès., Mes voeux vont tout particulièrement a la classe ouvrière.Puisse la lt.r 'rjU remen ' 1 perdra touip providence faire pénétrer la paix et le bonheur dans chacun des foyers miivpmpmpn* • c-t rpspon.-.i nue c.uns le de travailleurs, eux qui ont fait preuve de tant de courage durant ces gou.ememeni, du peuple, dans la marche des idees.dans 1 orientation .p des esprits aernieres années.L'opinion publique a besoin du journal Gràce a la ëénéreusp coopération des autorités religieuses et civiles, Nous reconnaissons que le journalisme moderne tout en continuant deS industriels et des patrons avec tous les membres de la grande famille être le porte-ridées et le porte-opinions de notre temps, est redevenu ce jérÔn£enne' 1939 sera P0111' lous une année d-e paix' de bollhcur et de qu'il était jadis : le colporteur des nouvelles.De sorte que.grâce aux merveilleux moyens d'information universelle et rapide qui existent de nos jours, le journal est devenu un aussi gigantesque Informateur qu'un puissant éducateur des foules.Le journal qui s'en tiendrait exclusivement à des opinions, en négligeant la science de l’information, commettrait une aussi grave erreur que le journal qui ne se préoccuperait que de l'information, en lestant neutre ou nul sur le terrain des opinions et des idées.L Information complète et impartiale est.en vérité, une nécessité qui s ajoute aux opinions d’un journal mais qui ne peut ni ne doit les remplacer.Dès la première minute où il commença a émettre des idées, le journalisme lut puissant.Maintenant, pénétrant davantage et mieux dans les foules par les mille voix de l’information, il est presque tout puissant.Le peuple est friand de ces nouvelles que le journal lui sert à profusion chaque jour, c'est entendu Aussi, faut-ii les lui donner.Mais cela ne peut lui suffire et surtout, ne peut être toute la mission du journal' * * * Ceux qui sont convaincus que le vrai journalisme c'est le journalisme à idées, reconnaîtront qu à ce point de vue les journaux ruraux l'emportent souvent sur les journaux quotidiens des grandes villes.Dieu me garde de vouloir diminuer la valeur de tous nos quotidiens.Mais enfin, i il n'en est pas moins vrai que trois choses occupent les colonnes d'un ! joumai .les nouvelles, iss annonces et la rédaction Les grands journaux ! sont envahis par les annonces, inondés par les nouvelles et leur rédaction ! est trop souvent engloutie dans les unes et les autres.Et pourtant, ainsi que je le disais plus haut, le journalisme qui est 1 une chaire doit avant tout répandre dos idées.Je ne veux pas médire du journalisme à nouvelles, mais on admettra que nous avons plus besoin d idées que de nouvelles.Sans doute, i information sur les événements mondiaux, sur la politique étrangère, par exemple, touche de près les idées, mais la petite information et la nouvelle à sensation qui tiennent une si large place dans les quotidiens s'éloignent terriblement de la saine instruction que la presse doit donner au peuple et réduisent le journal à spn rôle primitif de simple véhicule de.-, nouvelles.I! y a des exceptions, mais, comme toujours, elles confirment la règle générale.Or, les journaux ruraux hebdomadaires n'ont pas besoin pour vivre de se laisser dominer par l'information ou les annonces.Ayant peu d espace à leui disposition, iis publient moins de nouvelles et s’occupent davantage de la rédaction qui, régie générale, occupe le premier rang et est bien en évidence.C est.du moins, ce que l’hebdomadaire peut et doit faire quand il a conscience de son rôle.Au surplus, le journaliste y est plus libre parce qu'il a moins de compte à rendre à monsieur celui-ci ou à monsieur celui-là.En vérité, un penseur libre a plus ses coudées franches dans un journal rural que dans la grande presse.Je le sais par expérience et je tiens à le noter afin de donner à la presse rurale (qui est si complètement éclipsée sur d autres pointai ce qui la distinguo et la met mieux en mesure de contribuer à ia formation de l'opinion publique et a l'instruction des foules Ce que je viens de dire du journal rural s’applique à la plupart des hebdomadaires publiés dans les grandes villes * J* « Je conclus cet article vraiment trop long C'est par l’idée, avant tout, que le journal gouverne réellement et qu'il est une puissance redoutable.Mais pour accomplir une oeuvre d’une telle envergure, le joumai doit pénétrer dans la masse non seulement des intellectuels, mais aussi de la plèbe.Il le faut s’il veut former ou éclairer l’opinion publique.Comment y arriver ?Le journal d'aujourd'hui en a trouvé le moyen en se faisant le porteur populaire de nouvelles innombrables et sensationnelles.SI c'est un mal.il est nécessaire.Ceux qui le déplorent doivent quand même en reconnaître la nécessité.Car.enfin, le public- ne le perdons pas de vue, est un enfant à la fois ignorant, curieux, impressionnable et distrait, sensible et léger, prêt à pleurer, prêt a rire, ayant horreur de la longue réflexion, ne refusant pas d'écouter des choses sérieuses, mais a condition que ça ne durera pas longtemps, sinon il se met à causer ou à bâiller ou à dormir, à moins qu'il ne s'en aille : il ne vieillit Jamais et est plutôt ouvert à une émotion qu’à un raisonnement Or, vouloir modifier le public sur ce point, est une utopie.'¦ Aussi bien vaut-il mieux l'accepter tel qu'il est et chercher a ' l'instruire en l’informant.C'est ce qui explique et justifie la prépondé- : rance qu’a prise l’information dans le Journal d'aujourd'hui dont la 1 grandeur et le prestige résident quand même dans les opinions qu'il ; répand et les convictions qui l'inspirent.JULES-EDOUARD PREVOST.Réflexions et souhaits de Comme on peut le constater, nous présentons à nos lecteurs un numéro d'un cachet tout spécial à l'occasion île Noël et du Nouvel An.Nous nous sommes efforcés de grouper des choses qui peuvent intéresser nos fidèles abonnés et nos généreux lecteurs.Nous accueillons avec joie et reconnaissance les félicitations et les voeux que nous adressent publiquement plusieurs de nos amis et qu’une multitude d'autres nous ont exprimés privément.Ces témoignages nous sont particulièrement précieux à la veille de notre quarante-troisième année d'existence.II n’est pas dans les habitudes de l'AVENIR DU NORD de souligner l'importance des résultats qu'il obtient.Les preuves d’attachement et de confiance que lui donnent ses lecteurs lui suffisent : il y trouve la récompense de ses efforts, la justification de sa conduite, en même temps qu'un encouragement certain à persévérer dans la voie qu'il s'est tracée, en vue du bien public.Notre tâche n'aurait pu etre poursuivie pendant quarante-deux ans si des liens étroits n'avaient uni l'AVENIR DU NORD à la grande famille de ses lecteurs.Nous avons un devoir de gratitude à remplir à l'égard de tous ceux qui nous ont fourni la preuve de leur agissante sympathie.L’AVENIR DU NORD "-e doit d’adresser ses remerciements à ses amis qui.soit dans ce numéro, soit par lettres, nous ont offert leurs souhaits et accordé l'appui de leur approbation.Les anciens lecteurs de l’AVENIR DU NORD, comme les nouveaux, sont assurés de trouver dans nos colonnes le fond des doctrines et des enseignements politiques, sociaux et religieux auxquels nous avons toujours été et restons fidèlement attachés.Merci aussi à ceux qui, en nous accordant l’aide efficace de leurs annonces, ont permis à l'AVENIR DU NORD de publier ce numéro.A tous, l'AVENIR DU NORD est heureux d’adresser, ici.ses souhaits les plus chaleureux pour l'année nouvelle qui s’ouvrira bientôt."L'AVENIR DU NORD".Sommaire des principaux articles 1 de “L’Avenir du Nord" d'aujourd'hui- Lu effel viable non! t avci Bossuet Louis Fréchette Louis Dantin Noël ! Noël ' La Messe de Minuit Conte de Noël Les Idées et l'information dans le journalisme Jules-Edouard Prévost Réflexions et souhaits de l'honorable Athanase David Souhaits de M.L.-E.Parent, député de Terrebonne Souhaits du maire de Saint-Jérôme L'honorable Alphonse Nantel J -A Beaulieu L'honorable Mackenzie King appuyé par les libéraux de l'Ontario Mell-Melo Le jubilé de diamant sacerdotal de S.Exc, Mgr Bruchési Le comité permanent du Congrès de la langue française Une autre extravagance de M.Hermann Barrette Réplique de M.Godbout à M.Onésime Gagnon Politique à deux faces Les enfants au cinéma Nouvelles de Saint-Jérôme et d'ailleurs Informations internationales Victor Supplément Pamphile Lemay Fernand de l'Eglise Abbé Elie-J.Auclair Le jubilé de diamant sacerdotal de S.Exc, Mgr Bruchési Nuit de Noël, poésie Le Noël jadis .hait plus a elle, aucun regret, fres, qui allaient remplir sa Journée., 3 ‘ aucun désirMais il fallait que son LOUIS DANTIN i voeux.Labelle, Limitée.L’AVENIR DU NORD, a s: Imprimerie J.-II.-A.303 Avenue Parent, Saint-Jérôme.Veuillez trouver ci-inclus la somme de S pour an d'abonnement à votre journal.Veuillez me faire parvenir un reçu.Nom Adresse ABONNEMENT $1.00 pour 0 mois : $2,00 pour 1 année.2 années pour $3.00.lion.Athanase David Sur le seuil d'une nouvelle année, l’honorable Athanase David écrit au directeur de l'AVENIR DU NORD une lettre que tous nos lecteurs seront heureux île lire.- Pensant aux nombreux amis que M.Athanase David conserve dans le comté de Terrebonne et le nord de Montréal, nous pouvons dire, de lui et d’eux, que les événements les ont séparés sans les désunir.* * * MONTREAL, le 20 décembre 193g Honorable Jules-Edouard Prévost, sénateur "L'Avenir du Nord" Saint-Jérôme Mon cher sénateur, L’annee 1938 est à son déclin Elle demeurera, je crois, pour i Histoire une des plus agitées qu elle aura connues.Qui aurait cru, au lendemain de la Paix de Versailles, que le monde qui paraissait alors épuisé et assagi, retrouverait de nouvelles forces de combats et ferait fi de l'expérience acquise.N’est-ce pas la confirmation que, quoi qu'ils fassent, les humains ne pourront jamais dominer certaines forces qui les font agir et qui alimentent a des sources bien contraires au principe divin : “Aimez-vous les uns les autres”.Comment peut-on espérer, mon cher sénateur, que la véritable paix celle qui sera basée Aur un respect mutuel qu'auront les uns p.ur lc-s autres les pays, puisse exister tant et aussi longtemps que les individus les uns envers les autres, ne réprouveront pas Le foyer et l'école où se forme la mentalité de l'enfant, qui tout au cours de la vie se manifeste, tâchent-ils, a travers le monde, quc-1 que soit le peuple ou le pays ou Ils se trouvent, a réaliser et a affirmer le précepte divin ?A-t-on enseigné aux Jeunes d'hier qui, en 191i ,sç sont rencontrés sur les champs de bataille de l’Europe, la formule d'air, ur et de charité, base de toute entente et de toute concorde ?A-t-on tâché à faire disparaître, depuis, le préjugé et le racisme qui permettent a -, mains êtres de se considérer originellement supérieurs aux autres et, a ertalns peuples, de ne voir dans ceux qui les entourent qu'une infériorité intellectuelle et physique ?Non, croyez-moi, mon cher sénateur, ce ne sont pas les grandes formules qui ramèneront le monde à la discipline qui doit le diriger.Ce ne sont pas les philosophes, les économistes et les politiques qui pourront lui inculquer la sagesse clc vivre.Si je ne craignais que vous m> placiez au rang de ceux qui en parlent sans tâcher à la respecter eux-mémes, je répéterais accentuant davantage, que c'est la formule évangélique- qui seule, le peut faire.N’est-ce pas une tristesse de constater combien les hommes vont loin chercher le bonheur, alors que, la plupart du temps, il est la.tout prés, qui attend qu'on le cueille N'est-ce pas que demandant trop a la vie nous ne savons pas nous contenter de ce qu'elle nous dispense ' ~ si au lieu de comparer notre sort a celui d autres, qui semble plus nous nous contentions de constater celui des moins fortunés cette comparaison.il me semble, nous ferait accepter notre plus de satisfaction et de contentement.Que réserve l'année qui commencera bientôt ?— Certes, je ne fu jamais pessimiste, mais vous avouerais-je que Je ne la vois pas venir ave grand soulagement Je ne vois rien encore, en Europe, qui ait diminué 1 tension qui existe entre certains pays Je ne vois rien, non plus qui soi gage d'un désir vraiment fervent de revenir à la raison.De toute , parti dans tous les milieux, régnent 1 anxiété, 1 inquietude.Los perm .im renaissent et les pays, les uns après les autres, font subir à des minorité les réactions de leur insuccès dans les domaines ou politiques ou econo miques Créant cette diversion des esprits, on veut faire oublier le conditions de vie que l'on impose n ceux que l'on dirige.Mais, espérons quand même ! Il serait trop cruel, en effet d supposer que cet égarement de la raison humaine peut être permanent.'• u pa raison, mon cher sénateur, de nous sentir 1 u’r< u d habiter un pays comme le nôtre ?Ah, certes, nous avons bien no problèmes, nos luttes, même nos querelles, mais que sont-ils, comp -.ri-s ceux qui agitent les grandes nations européennes.Ne .suffirait-il pas.ici aussi, de bien peu de choses pour qu’a jamal soient chassées de notre territoire, les raisons qui parfois divin.; le peuples qui 1 habitent et les individus qui y vivent?Le désir de fuir plus grand créera, j en suis ûi l'esprit de solidarité qui fondra dan un union parfaite les désirs et les ambitions II y a bien peu de ch.,- e somme, qui nous éloigné les uns des autres, et une meilleure comprëhen sion oe ce que nous pourrions être, si seulement nous savions le mol suffira a abattre les obstacles qui nous empêchent, pour le nu .men ci atteindre le but clc notre vie canadienne.Dans notre province, que des mouvements nouveaux naissent .vraiment lieu d'etre surpris” Notre individualisme nous a tôujnui empeches d accepter des disciplines rigoureuses, mais ce désir d’avci-turt nouvelles, qui parfois nous liante, fut toujours, dans le passé et le : encore dans l’avenir, je crois, assujetti à l’ambition que nous avons d conserver un héritage que nous jugeons, a juste titre, sacré, et désirer mettre au service ou pays tout entier.Cest dams la Jeunesse qu aujourd'hui, on manifeste : 11 n'y a rie e change Ioujours.a toutes les époques, c’est elle qui u voulu étr entendue et qui.parfois, a retenu l'attention des dirigeants.Il faut 1 m., T," Cviler • la'fUr' comme Je la vois, il faut entendre causer -u est désorientée désaxée! ^ enCOr0, P°Ur Salsir J,,*»u'â fpipl pbl»! ' ” laisser TÎTT^l*cc pas le devoir de la génération qui s’en va d BCnCra'l0n r|U‘ viont' plus «lu-elle ne reçut elle-même Si vra^ent dire que notre génération laissera pli: l’accusatinr nu * ,s,us blen cpi’elle peut facilement se dérendre d rarement V ° p,'Ut’ certes’ invoquer des circonstances que le nv ;id de lu d Ln 7 ' mUiS CS Jeunes’ quanti même, n’ont-ils pas ! dm Ètr inen nH P°Urf)Uoi ^’«P^ence des siècles passés ne lui a pa, ; .discuter4 inrçr n°‘ ^ nous sentir en face de ce problème, (i Les films récréatifs sont ceux que le cinéma public pourrait présenter ie plus facilement : or, ces films n'ont le plus souvent pour ré-j sultat que de donner une fausse con! ception de la vie ; Us la présentent sous des couleurs Irréelles D’autre part, l'instinct imitateur de nos enfants ne gagne rien à s’inspirer des exemples de bouffonnerie ou d'autres exemples plus répréhensibles encore, que le cinéma lui offre trop souvent ; c) La salle publique est le lieu de présentation de toutes sortes de films : il n’est pas sans inconvé- nients graves d’en montrer le chemin à des enfants d'âge scolaire sous quelque prétexte que ce soit ; c’est là faire piètre éducation : di Le cinéma public, par son attrait, incitera les enfants à se procurer par toutes sortes de moyens (vol, fraude des oeuvres de bienfaisance, etc.) l’argent nécessaire à leur admission.C'est un mal que nous avons déjà suffisamment à déplorer.Si nous nous plaçons maintenant au strict point de vue scolaire, point de vue nous permettant de parler avec autorité, nous déclarons que l’admission des enfants dans les salles publiques de cinéma serait désastreuse pour la cause de l’enseignement : lo.— Le lendemain d'une séance de cinéma la rêverie tient nos enfant: complètement en dehors de la class".Tout éducateur averti peut facile:.: nt dire que la veille, tel oir te! élève a fraudé la loi actuelle du m- :: : -on Inattention le trahit.2o.— I.s seuls films éducatifs que l'on prétendrait pouvoir monter ch.ne les salles publiques, sont ;x oui r nt.un aspect récréatif ou / i.-.toriqu-, /u les films strictement docune r.' lires ; or, les expériences mon?' nt r.ne le film comme tel, est un pi' d’enseignement passif, et que :< leçons de formation mo>.renseignements que l’on vi.-idi .?donner aux enfants de cet- ; te f s .n ont presque pas de portée pratiqu l'enfant se perd dans la nuits ; images.Il lui faut un mud.qui iche provoquer son ac-tivit*¦ intelVetuelle en face du film, et < • n!-!'- il ne le trouve pas dans les salles publiques.3o.N : tenons à préciser que les flirt s présentés au grand public et ' éducatifs parce que portant, .sur d< .uiet;; historiques, sont, pour no ; enfants d’âge scolaire, des sources d’erreur et peut-être de déformation plutôt que d’instruction et d’écl ne., non.En effet l’histoire dans •• I»! ¦ toujours plus ou moins romancé” L assistance prend, dans de t/:.films beaucoup plus d’intérêt au roman qu’au fond historique.No i nfant , seraient facilement cn-Uaiiiér ^ confondre l’erreur avec la vérité et le moins qu’on puisse dire, c’est, qu H n’est pas pédagogique de sur pp -.ter ainsi l’histoire sous de fausses couleurs.Le film, nous le savons et nous • n parlerons plus loin, peut fournir une aide précieuse à la cau- se de l’éducation et de l’enseignement.Il faut toutefois pour cela en user avec de multiples précautions dont seule l’école est capable.Or.ces précautions donnent nécessairement un certain aspect d’austérité aux séances tenues à l'école.L’enfant se verrait-il offrir au cinéma public d’autres séances plus récréatives, qu'il perdrait intérêt aux représentations scolaires ; l'école serait par là frustrée d'un puissant moyen d'éducation, résultat absolument opposé à celui que mettent de l’avant les propagandistes de la réforme de la loi actuelle.La loi prévoirait-elle toutes les précautions à prendre et toutes les conditions de présentation des films éducatifs, nous demeurons quand même convaincus qu’elle resterait inopérante, parce que : lo.— Los intérêts financiers n’ont, pas de soucis moraux.L’expérience récente faite avec "Snow White” le montre bien.La "Semaine religieuse” de Montréal a dû protester, au mois do juillet dernier, sur les films rnis à l'affiche en même temps que celui de Walter Disney et montrés, malgré la loi, aux enfants.2o.Au surplus, Il est Impossible de composer des programmes "pour enfants” qui satisfassent les exigences des deux principales confessions religieuses de notre province.Le film "Boys’ Town" donné comme un modèle des films pour enfants, en est un exemple éclatant.La discussion qu'il a suscitée le prouve abondamment.Allons-nous avoir des programmes pour enfants catholiques et d’autres pour enfants non-catholiques?Le cinéma à l’école n’offre pas ces inconvénients.3o.— Les accrocs actuels faits à la loi, quant à l’âge d’admission des enfants, ne peuvent que faire augu-; rer un affranchissement de toutes j restrictions, le jour où la loi devlen-; cirait plus libérale.Dans de nombreux pays, comme ‘la Belgique, la Hollande, la Scandl-I navic'.Ia Suisse, on sc félicite, non pas de la latitude donnée aux enfants, mais des mesures restrictives prises pour leur admission au cinéma La sévérité est encore la voie la plus sûre.Notre sévérité dans la province de Québec nous vaut l'en-Ivle ^’autres milieux catholicities (comme la France) moins maitres de leur législation.N’abandonnons pas ce bien à la finance étrangère.Il y a place à l'école pour le film récréatif.L’austérité des programmes scolaires, dont nous avons parlé tout â l'heure, peut être tempérée.Quant aux films éducatifs documentaires, ou didactiques, ou films â thèse n faut apprendre aux enfants a en tirer profit : 41 ^ar l'es leçons préparées â cet "llet, qui les mettent en état de remarquer ce précisément que l’on veut leur enseigner ; ô' Par des explications vraiment pedagogiques données au cours de la présentation du film ; < t Par un effort de réflexion exige de 1 enfant après la présentation du film.Qid prétendra que ce sont là des conditions réalisables dans les salles publiques ?Conclusions U ressort de cette étude, que la loi doit rester ce qu’elle est et que le gouvernement doit prendre des me- Achetez les produits annoncés dans L'AVENIR DU NORD •VOCOSOCOSCOSCCCOCOOOCO^O' sures plus sévères pour en assurer l’observance.Que le cinéma pour les enfants doit se donner à l’école.Elle seule réunit les conditions très spéciales (qu’il faut exiger: surveillance, choix judicieux des films, présenta-| Mon moralement et intellectuellement fructueuse par la mise en activité de l’esprit des enfants, séances limitées dans leur durée et dans leur fréquence.Ainsi donné, le cl] néma peut rendre de grands services.Nous demandons donc à qui de droit de prendre en considération : ai Que le bien général des enfants exige qu’on les tienne éloignés des salles publiques de cinéma ; b) Que les éducateurs doivent conserver le contrôle de renseignement par le cinéma sans que personne vienne compliquer leur travail en s’ingérant dans leur domaine ; o Que la Commission des Ecoles ( Catholiques de Montréal, connaissant bien le profit qu’il y a à tirer du cinéma au point de vue éducatif, s’est déjà, depuis quelques années, engagée dans cette voie, et qu’elle étudie actuellement les moyens de donner à cet enseignement tout le développement désirable ; d» Qu’en conséquence, l’admission des enfants au cinéma public, avant Page de 16 ans, no comblerait Pas une lacune, mais créerait dos complications clans le monde de l'éducation.Il appartiendrait, semble-t-U, au Conseil de l’Instruction publique de prévoir l’organisation d’une cinémathèque à l’usage des Commissions scolaires. Saint-Jérôme, Ik 23 décembre 1938 L’AVENIR DU NORD Page cinq 'ft to flto^^toto^/flto 6- *7 f)tof>*7 fi to & to to & to ¦ to &• to L’Etoile des Mages L’Etollf qui guida lus trois Rols vers l'Etable Apportait ces mots d’or : Paix, Espoir, Charité .Puis, elle poursuivit son périple enchante, Disant la fol d'amour à l'espace innombrable Elle revint, hélas ! Un monde dévasté.Les humains pantelants sous un Joug misérable, La discorde et la haine et leur oeuvre exécrable.Voila ce qu'éclaira sa mourante clarté ! Car la douce lueur, tremblante au cri des armes.Rouge de tant de sang, pâle de tant de larmes, S'étclgnlPlcntement, ainsi qu'un coeur blessé .Et c'est pourquoi le soir, perçant l'azur sans voile, Nos yeux cherchent en vain, là-haut, la pure étoile Disparue à jamais au fond du ciel glacé.Gaston BERAKDI.¦SS (to
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