L'Avenir du Nord, 28 août 1942, vendredi 28 août 1942
CHENIFR 1897-1942 SEUL JOURNAL du DISTRICT deTERREBONNE EXISTANT DEPUIS QUAKANTE-CINQ ANS 1897-1942 'Le mot de l'avenir est dans le peuple même; nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent" (Benjamin Suite) SAINT-JEROME, P.Que Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire L'honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme LABELLE QUARANTE-SIXIEME ANNEE.NUâfERO 35 • Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro LE VENDREDI 28 AOUT 1942 Aux lecteurs de Y" Avenir du Nord” Pour la dernière fois.Je m'adresse aux lecteurs de L’Avenir du Nord comme directeur et propriétaire de ce Journal qui a occupé une si large place dans ma vie depuis quarante-six ans.A partir d'aujourd'hui.Je passe mon Journal à l'honorable Hector Perrier, député du comté de Terrebonne à l'Assemblée législative et secrétaire de la province de Québec.C'est dire qu’il sera entre bonnes mains.Je continuerai, certes, d'aimer et de servir lldée libérale et la pensée canadienne, qui m'ont sans cesse préoccupé.Les chefs politiques qui servent cette idée et cette pensée ont toujours ma confiance.Mais des rainons personnelles dont mon état de santé et la faiblesse croissante de ma vue sont les principales, m'empêchent de continuer une tâche à laquelle J'ai consacré presque toute ma vie.Ce n’est pas sans un profond chagrin que je quitte un journal'dont J'ai été l’un des fondateurs et dont j'assumais seul la direction depuis 1897.Je ne puis annoncer cette décision sans adresser des remerciements à mes collaborateurs qui m'ont manifesté tant de dévouement et d'amitié et sans leur dire la peine que j’éprouve en ce moment.Je veux aussi témoigner ma gratitude aux lecteurs et abonnés qui ont toujours été fidèles à L'Avenir du Nord.A l'heure où se termine une importante période de ma vie, une foule de souvenirs de tous genres, tristes ou gais, surgissent dans ma mémoire.Le 3 Janvier 1897, L'Avenir du Nord était fondé par M.Wilfrid Gascon sur la demande d'un groupe de libéraux du district de Terreboryie.Quelques semaines après.J'en devenais le propriétaire et le directeur.Les années ont passé emportant avec elles, hélas, toute une phalange d’amis et de cooperateurs.Presque tous les ouvriers et les collaborateurs de la première heure sont disparus.Mentionner les principaux libéraux qui contribuèrent à la fondation de L’Avenir du Nord, c'est faire voir comme le temps a éclairci leurs rangs : l'honorable Wilfrid Prévost, le docteur Henri Prévost, l'honorab'.e Jean Prévost, l'honorable F.-X.Mathieu, Messieurs P.-F.-E.Petit, le docteur Eugène Fournier,, le docteur Emmanuel Fournier, maître Dominique Leduc, le docteur Daniel Longpré.Dans la ville de Saint-Jérôme comme dans le cointé et le district de Terrebonne, une génération nouvelle a remplacé celle qui fut témoin des débuts de L'Avenir du Nord.Wilfrid Gascon, le fondateur de L'Avenir du Nord, devint traducteur au Hansard à Ottawa, et le fut pendant de longues années.Il est maintenant à sa retraite mais il demeure le penseur clairvoyant, l'écrivain alerte et vigoureux, le patriote ardent, le journaliste averti et courtois dont le talent jeta tant d’éclat sur L'Avenir du Nord.Au nombre des anciens journalistes dont nous trouvons la signature dès les premieres années de L'Avenir du Nord et que la mort a emportés, se trouvent Messieurs Joseph Grignon, A.-B.Cruchet, Camille de Marti-gny, le docteur Henri Prévost, Fernand Rinfret, Jean Prévost, Emmanuel Fournier, le docteur Wilfrid Grignon, le docteur Edmond Grignon, Olivar Asselin, Marcel Bernard.D'autres survivent aux quarante-six ans de L'Avenir du Nord, tels que l’honorable Thibaudeau Rinfret.Germain Beaulieu, Claude-Henri Grignon, l'abbé Elie-J.Auclair, Louis Dantin, sans parler des collaborateurs récents bien connus de nos lecteurs.Il ne m’appartient pas d'apprécier le long et constant travail accompli depuis quarante-six ans par L’Avenir du Nord.Toutefois, je puis affirmer sans forfanterie que, comme directeur de ce journal, j’ai loyalement servi des idées que je croyais saines, conformes aux Intérêts du peuple canadien et des Canudiens-françals en particulier.Je crois avoir consciencieusement rempli mon devoir et je ne crains pas le jugement impartial que l'historien du journalisme canadien portera sur L'Avenir du Nord.Tout en admettant que dans le cours de quarante-six ans, L'Avenir du Nord a pu commettre des erreurs, je crois que son oeuvre a été utile et qu’il s'est toujours soucié, avant tout, de l'avancement de la nation canadienne.Les mots de Benjamin Suite que nous avons adoptés comme devise et qui apparaissent, depuis quarante-six ans, en tête de L'Avenir du Nord m'ont toujours guidé : “Le mot de l'avenir est dans le peuple même.Nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent.” L'avenir du Nord a été au premier rang de mes préoccupations et Je crois avoir contribué à la marche rapide du progrès qui a changé la face des choses dans le beau Nord ouvert par le curé Labelle.J'ai désiré de toutes mes forces que l'oeuvre de l’apôtre de la colonisation et de ses héroïques collaborateurs portât ses fruits.L’avenir du Nord est assuré, mais non seulement l'avenir du nord de Montréal mais du nord de notre province.Le journal que je passe à l’honorable Hector Perrier continuera, Je le sais, de travailler à la prospérité des fils du Saint-Laurent.Dans ce but, il se rappellera toujours que le mot de l'avenir est dans le peuple même.Le devoir du peuple est de s'emparer du sol et le devoir des chefs de la nation, aussi bien que de ceux qui dirigent l’opinion publique, est d'instruire le peuple.L’instruire sur son histoire, lui remettre sous les yeux les beaux exemples des ancêtres, les luttes du passé, lui faire comprendre les devoirs du présent et lui ouvrir des horizons sur l'avenir.Français, libéral, catholique et canadien L'Avenir du Nord le sera comme il l’a toujours été.L'idée politique qu'il défendra sera, dentnin comme hier, une idée libérale et canadienne.Tel est le souhait que Je formule en quittant L’Avenir du Nord.Pour continuer son modeste mais sincère concours à l’oeuvre d’avenir qui m’est chère, je confie L'Avenir du Nord à l’honorable Hector Perrier dont l'activité, l’autorité, la haute compétence sauront maintenir les traditions de doctrines et de pensées qui ont toujours été celles de mon Journal.Je quitte le poste que J’occupe â L’Avenir du Nord depuis près d’un demi-siècle, le coeur plein de peine.Me tournant vers les lecteurs de mon journal dont la fidélité dans les heures de lutte fut mon grand réconfort, Je leur dis mon inaltérable reconnaissance.Jules-Edouard Prévost Perspective de “second front” l.e second front, expression consacrée, bien qu’inexacte — puis-(pi'il existe plusieurs fronts à part celui de Russie pour désigner l'offensive éventuelle alliée sur le continent européen, est en voie de devenir une réalité attendue depuis des mois interminables écoulés dans la douleur physique et l'angoisse morale par les peuples subjugés de niuropc vaincue et prostrée.Quelle forme prendra cette oITen-sive, d'envergure et quanti sera-t-elle déclenchée ?("est le secret des stratèges et probablement aussi leur point d’interrogation.L’attaque de la semaine dernière sur Dieppe a été une surprise causée plus par son caractère temporaire que par sa nature imprévue.Second front énigmatique que celui-là.ef bien fait pour tromper l’ennemi et le surexciter autant que pour aiguiser sa vigilance.C’est une guerr des nerfs nouveau genre et plus efficace que celle des nazis.Le haut, commandement allé vient de ména ger une surprise à l’ennemi comme celui-ci ne lui en avait jamais causée.Nous commençons enfin à tirer partie des tactiques allemandes et à leur donner un raffinement (pii leur procure une supériorité incontestable.Nous prenons petit à petit l'initiative des opérations.1918 est sur le point de se répéter ! Peu PETIT COURRIER D’EUROPE HOLLANDE Les Hollandaises au travail Londres.— On apprend que, pour la première fols, depuis l'occupation des Pays-Bas, les autorités allemandes ont ordonné à toutes les femmes de dix-huit à quarante ans, de s’enregistrer en vue d’être groupées par équipes de travail.Les nazis éprouvent une résistance acharnée dans leur nouvelle entreprise.GRANDE-BRETAGNE f.a guerre fait des merveilles auprès des femme» Londres.— Un grand couturier de Londres déclare que.depuis le début de la guerre, les Anglaises en général ont diminué de trois pouces autour des hanches.De leur côté, les médecins estiment que les souliers “pour temps de guerre", dont les talons n'ont pas plus que deux pouces de hauteur, ont omélloré la silhouette des dames et rendu plus résistants les muscles de l'abdomen Le ministre de l'alimentation, lord Woolton, dit â son tour que le régime alimentaire plus sévère a causé un grand bien à la santé des femmes.ALLEMAGNE Tout le monde surveillera nos avions Stockholm, Suède.— Après le dernier raid des commandos britanniques, le chef de police de Berlin a ordonné à la population entière de la capitale de se laisser mobiliser, afin de surveiller jour et nuit l’approche des avions des Nations Unies.Seules, les personnes au-dessous de quinze ans ou au-dessus de soixante-dix ans seront exemptées.Les journaux cherchent à rassurer les Berlinois, prétendant que ces précautions “établissent simplement la prévoyance des autorités." En réalité, la population est extrêmement inquiète, craignant avec raison le sort de Rostock.de Luebeck et de Cologne.ESPAGNE Un archevêque espagnol attaque les nazis Bernes, Suisse.— L’hebdomadaire suisse "Katholiches Volksblatt" rapporte que, dimanche dernier, Mgr Garcia, archevêque de Valladolid, a attaqué avec violence le nazisme, dans un sermon prononcé en sa cathédrale.Il a défendu aux fidèles la lecture de la revue nazie •Signal", auparavant très populaire ; il a condamné les théories racistes et s'est moqué de ce qu'il dénomme "l'adoration athée" des fidèles de Rosenberg.MELI - MELO L’UNIVERSITE DEVRA RETARDER SES COURS Le déménagement de l'université de Montréal dans ses nouveaux édifices de la montagne n'étant pas encore terminé, plusieurs Facultés et Ecoles sont forcées de retarder la date d’ouverture de leurs cours.A la Faculté de Droit, les cours reprendront vers le 1er octobre.Les facultés de médecine, de sciences et de chirurgie dentaire n'ont pas encore fixé leurs dates d'ouverture.Le nouvel édifice de la Montagne sera inauguré le 1er octobre.Il semble donc qu'aucune des facultés qui ont.besoin de laboratoires ne commencera ses cours avant celte date.Les facultés de médecine, sciences et chirurgie dentaire se partagent certains laboratoires et certaines salles de cours.Elles ouvriront donc toutes les trois en même temps.Les semaines de retard seront reprises au cours de l’année.importe la date, peu importe le temps que nous mettrons.Ce qui importe, c'est la victoire décisive à n'importe quel prix et au moment opportun.Ce (pii est à retenir de cette répétition de la grande offensive prochaine du continent européen, c’est que la traversée de la Manche et le débarquement de nos troupes eu France occupée, jugés impossibles par l'ennemi et même par plusieurs d'entre nous, et non des moindres, aient réussi, alors qu’une semblable tentative de la part des nazis a échoué à un moment où l’Angleterre était moins bien préparée à repousser une invasion que ne l'est la France nazifiéc, présente, ment.Certes, nos troupes ont subi des i (fit) ^'llLLy Rj iij.IHi PROVI Monsieur Godbout aime à parler finances Il était devenu sï difficile à Monsieur Duplessis de trouver les fonds nécessaires pour son administration qu’il lui fallut contracter, à l’été de 1939, un mois avant la guerre, un gros emprunt sur le marché de New-York pour payer ses dépenses ordinaires et extraordinaires.Cet emprunt coûte très cher aujourd'hui aux contribuables de la province, parce qu’en plus de payer un bon intérêt, il faut verser des centaines de milliers de dollars de prime, tous les ans, du fait que notre dollar est plus bas que le dollar américain.Cette semaine.Monsieur Godbout a contracté un emprunt de REMBOURSEMENT de $9,725,000., qui a été souscrit en trois heures à peine.Cet emprunt a été contracté, pour rembourser des soldes d’emprunts antérieurs parvenus à échéance.Il n’est donc pas question de nouvel argent, et la dette consolidée de la province demeure la même, sans aucune augmentation, puisque toutes les dépenses ordinaires et extraordinaires sont maintenant payées à même les revenus.Le contraste est frappant entre l’empressement des préteurs du Québec et de l’extérieur pour obtenir des obligations à 3Vi% de la province qui sont offertes pour rapporter 3.54%.alors qu’il y a trois ans, l administratlon Duplessis ne pouvait pas trouver d'argent à emprunter sur le marché canadien, même en offrant un intérêt supérieur à 4 pour cent, et était obligée d’aller emprunter aux Etats-Unis.La situation s’explique lorsque l'on se donne la peine de jeter un coup d'oeil sur l’amélioration survenue dans les finances de la province de Québec, grâce non seulement au redressement marqué dans les conditions économiques mais encore, et particulièrement, grâce à l’habileté reconnue de l’honorable J.-A.Mathewson.le meilleur trésorier qui ait présidé aux finances du Québec depuis la Confédération.Le prospectus publié par les Maisons de courtage à l’occasion de la nouvelle émission indique que la position financière de la province continue de s'améliorer.Pour l’année terminée le 31 mars 1942, la province a enregistré un surplus de $19.845,000.au compte ordinaire, et le surplus a été de $1,988,000.en tenant compte des dépenses en immobilisation.Les autorités provinciales ont aussi réussi à diminuer le passif total, direct et indirect de $4.044,000.au 31 mai 1942.Le jour n’est pas loin où la province jouira de son ancien “prestige financier” et pour cause, car sa dette par tête est approximativement la moins élevée de toutes les provinces du pays et elle est de moitié moins élevée que la plus haute.Sincères félicitations à Monsieur Mathewson dont la sagesse et la vigilance inlassable, la fidélité au principe de l'épargne ont permis d'obtenir en si peu de temps ces heureux résultats dont nous nous réjouissons.Protection aux ouvrier» Le gouvernement Godbout a édifié une magnifique législation ouvrière : mais cette législation, si belle soit-elle, serait lettre morte si elle n’était appliquée sévèrement par les tribunaux de justice.Heureusement, les juges de la correctionnelle collaborent efficacement avec les comités conjoints de nos diverses industries pour faire respecter les lois collectives de travail que l'on doit aux gouvernements libéraux.Chaque semaine, des patrons sont condamnés à l’amende pour avoir violé certains articles des décrets promulgués par Québec dans l’intérêt de tous les employés et patrons.Depuis le commencement de l’année, il y a eu quantité de sommations envoyées à des patrons par divers comités, principalement ceux de la construction, de l'automobile, des barbiers et de la coiffure.Lorsqu'il s’agit de faux rapports dans le but de tromper les inspecteurs et de payer aux ouvriers un salaire moindre que celui fixé par le décret collectif, l’amende est de $200.00.Lorsque l’affaire est plaidée avec plusieurs ajournements, les frais dépassent souvent le montant de l’amende, et nous avons vu récemment, un entrepreneur obligé de payer S500.00 pour avoir déclaré sur son rapport au comité conjoint de la construction qu’il payait ses hommes 82 cents de l’heure, alors qu’il ne leur donnait que 42 cents.L’écolicr doit être en bonne santé A l'approche de la fin des vacances, l’honorable H.Groulx, ministre de la santé et du bien-être social, fait un appel aux parents pour qu’ils fassent examiner leurs enfants.Un enfant qui n'est pas absolument bien portant, ne saurait faire une bonne année.En conséquence, les parents ne devraient pas omettre l'examen médical de leurs enfants à l’ouverture des classes."Dans les comtés desservis par nos unites sanitaires, dit l’honorable Groulx, les enfants sont généralement bien préparés pour la rentrée.C'est parce que nos hygiénistes y tiennent régulièrement des cliniques de puériculture et y donnent tous les conseils nécessaires aux mères de famille".Voici le nombre des enfants examinés dans les cliniques du gouvernement provincial au cours du mois de mai et juin : mai juin De 0 à 1 an 9,689 12.371 De 1 à 6 ans 7.254 13.251 Les visites à domicile se chiffrèrent par : De 0 à 1 an 10,456 12,055 De 1 à 6 ans 15,360 16,723 De plus, au cours du mois de mai, quelque 9,000 écoliers bénéficièrent des conseils des hygiénistes du Gouvernement.Le gazogène Avec le rationnement de la gazoline et des huiles, le gazogène est appelé à jouer un rôle important dans un avenir rapproché.Ce n'est donc pas en vain que la province de Québec, très riche en bois de toutes sortes, s’intéresse de façon toute spéciale au gazogène et que le ministère des terres et forêts fait faire des expériences depuis plusieurs années.Si l'on ne peut généraliser l’emploi de ce produit du bois, on sera tout de même en mesure de l'utiliser avec profit dans plusieurs domaines.Actuellement, on a centralisé les expériences et les travaux de recherches à l'université McGill, où toutes les découvertes faites jusqu'à date, soit au Canada, soit à l’étranger, sont minutieusement étudiées.Parmi les systèmes qui sont soumis à une sérieuse expérience, on mentionne celui qui a été fabriqué à Montmagny par Messieurs Janv et Dubois.On espère qu’avant longtemps, on pourra fournir des détails très intéressants sur les récents progrès des recherches sur le gazogène.Pour les colons : 1,188 maisons et 1,310 granges-étables La construction a été très active dans toutes les régions de colonisation depuis le printemps ; en particulier, la construction de nouvelles granges-étables qui a dépassé tous les records établis en ces dernières années.Du 1er avril au 1er août 1942, le ministère de la colonisation a accordé des primes pour l'érection de 200 nouvelles maisons d’après le plan fédéral-provincial et 986 d'après le plan provincial.Ces primes qui étaient antérieurement de $250.ont été portées, cette année, a $300.chacune.Le Gouvernement accorde une autre prime de $200.aux colons qui s’étant érigés un camp temporaire décident de convertir ce camp en une habitation plus grande et plus confortable.La construction des granges-étables a connu une augmentation encore plus considérable.En effet, au 1er août, les octrois accordés se chiffraient â 1,310, soit 250 à des colons du plan fédéral-provincial et 1,080 à des colons du plan provincial.L'aide du Gouvernement aux colons est appréciable et le budget affecté à cette fin n été considérablement augmenté, mais il n'en demeure pas moins que le colon doit faire sa part, et c'est ainsi que dans toute la politique du ministère de la colonisation, se manifeste l’intention bien arrêtée d'aider généreusement le colon qui veut faire sa part en s’aidant d'abord lui-même.pertes, qu’elles ont bien rendues à l’ennemi, mais elles ont pu se retn-barquer après avoir accompli leur mission sur le littoral français, le bastion nazi le mieux fortifié de l'Kuropc conquise.Ce succès laisse prévoir une poussée irrésistible le jour où les forces alliées cantonnées en Angleterre s’abattront sur tout le continent européen, de l’extrémité septentrionale de la Norvège à l’extrémité méridionale de ITtalie et de la Grèce.Ne nous berçons pas d'illusions, toutefois, et n'allons pas nous imaginer que nous tenons déjà la proie entre nos mains.La libération du continent européen par le “second front” n'est encore qu'un projet (pii ne sc réalisera que si toutes les nations unies continuent à mettre leurs ressources matérielles et humaines et à consentir les sacrifices les plus onéreux.(Suite à la 2e page) Un homme et son péché Une paysannerie des pays d’en-haut Sainte misère des pays d'en-haut ! tu t’es abattue sur nous comme un fulgurant éclair dans la nuit de nos' vies citadines.Nous t’avons accueillie comme une maîtresse du passé, purifiée à la source même des Incessantes douleurs aussi bien qu'à celle des Joies saines et naïves d'an tan.Sainte misère des pays d’en-haut ! incarnée dans cette humble paysanne, patiente et douce, les doigts crispés sur son coeur affolé, sans cesse arc-boutée dans sa foi de croyante pour rester Illuminée d’un sourire Intérieur et espérer à genoux.Avec Georges Duhamel, “je pense que la grâce nous touche de façon bien inopinée: elle éclate soudain, sans raison, comme l'azur radieux dans un ciel qui n'y comptait point.” Mais comme elle est souveraine, ô Donalda, et combien ton aumône spirituelle eHt attachante pour nous qui sommes à la recherche de la grâce perdue.Sainte misère des pays d'en-haut ! leçon ardente d'une race laborieuse, courbée d'un bout de l’année jusqu’à l'autre sous un labeur acharné, dans ces solitudes où “l’on vivait, bûchait, mourait sans docteur”, n’attendant la vraie paix que dans le repos éternel, si durement acheté par tous.Sainte misère des pays d’en-haut ! endurée par ceux-là même qui, la hache sur l’épaule, quittèrent notre village Jerômien à la suite du grand curé Labelle, pour entreprendre l’héroïque chevauchée des montagnes du Nord, tu nous es revenue après plus de cinquante ans, et nous t avons étreinte passionnément, parce qu'accablés de la futilité de nos vies faciles, et parce que tu restes auréolée d'une munificente sagesse ! Il se peut aussi, que le culte du souvenir ne saurait nous détourner d'un présent où le souvenir même s’alimente.Et la parfaite communion dans le souvenir n'est-elle pas une faveur extraordinaire et un avertissement ?Aussi quand 11 nous fut donné d’en jouir, lui avons-nous ouvert les bras pour l'accueillir comme une élue.Et si l’on répète encore que tout a été écrit ou prononcé à l’avance, dans un monde où il n’y a rien de neuf, je proteste énergiquement contre cette assertion ; car, je suis maintenant convaincue qu'il y a des êtres privilégiés qui entendent des voix et savent en transmettre les chaleureuses intonations.Aux "pays d'en-haut”, où tout a beaucoup changé malheureusement, Claude-Henri Grignon reste le poète de nos terres rocailleuses, de nos forêts au luxuriant feuillage, de nos lacs poissonneux, comme de nos bons habitants disséminés dans les hameaux échelonnés aux flancs des coteaux.D'ailleurs, Grignon est fils de la terre laurentienne, U est de l'un des pays d'en-haut.Son père, vrai type du médecin de campagne, — un docteur Cyprien, quoi ! — était lui-même, fils des légendaires aubergistes jérômiens, Jean-Jean et Manchette Grignon.Claude-Henri Grignon connait le Nord, son vrai visage, sa vraie stature, car U n'est pas un citadin en villégiature dans les Laurentides : il a pignon sur rue au village de Sainte-Adèle-en-haut.Dès son enfance, il a rêvé parmi les rosiers du jardin familial, ou couché dans le foin des vallloches : et le soir, entre les branches des vieux saules, il a vu s’allumer les étoiles, fleurs d'incandescence, qui par leui mille rayons, se reliaient aux lignes de son avenir prédestiné.Et, de la lucarne de sa chambre d'adolescent, par delà les collines du village, il a vu briller tous les soirs, comme dans les contes qu'a dictés la nostalgie humaine, une fixe petite lumière à l’horizon, qui ne s’est jamais éteinte ; il la revoit toujours dans son âme, comme il la voyait autrefois à travers la forêt de sapins sombres de la colline laurentienne.Il a le don de nous faire ainsi participer à son observation constante des choses et des êtres du pays qu’il habite et qu'il aime.La vie paysanne le pénètre et l'émeut constamment ; il observe le mouvement des âmes frustes ; leurs joies et leurs peines ne lui sont pas étrangères ; il participe à leur vie quotidienne, leurs travaux et leurs fêtes champêtres, leurs labeurs et leurs délassements.Aussi, nous a-t-il apporté du fond du temps, avec ses scènes vécues de notre vie rurale en pays de colonisation, un nouvel élan vers l'existence simple et modeste des anciens et le regret des belles vieilles coutumes ; fêtes et noces d'antan.Il a su également nous faire comprendre qu'en dépit des forces emprisonnées, des désirs martyrisés, des idées chargées de chaines, les primitifs colons de notre région savaient être joyeux et conserver en leur âme deux asiles où le malheur ne pouvait les atteindre, deux biens que personne ne pouvait leur arracher : leur religion et leur langue.Et nous avons compris la dure leçon qu’ils nous donnaient ceux-là qui, malgré leur vie inhumaine, leurs incroyables privations, surent entre ces deux trésors qui rehaussaient la misère de leur existence, laisser passer les souffrances et le malheur comme un orage traversé d’éclaircies.* m * Ce fut donc le samedi 22 août 1942, que nous fûmes conviés tous, à l'aréna de Saint-Jérôme, pour assister à la création d’un théâtre typiquement canadien, agrémenté des expressions savoureuses et pittoresques de nos paysans du Nord, — “Ce fut une fête de choix !” comme il est dit (liez nous.Et l’auditoire enthousiaste fit une ovation à l'auteur, —- ce redoutable pamphlétaire de nos lettres canadiennes, dont la renommée n’est plus à faire, puisqu’à l'angélus du soir, à travers le pays québécois et bien au-delà, on écoute religieusement, derrière les volets clos, cet “homme et son péché” !.A cette première, une foule de deux mille cinq cents personnes avait pris place sur les chaises et les estrades de l’amphithéâtre improvisé.Au ra'ng d'honneur se groupait autour de M.Emile Dubois, curé de Saint-Jérôme, une phalange de curés venus des pays d’en-haut pour participer à cette fête de la paysannerie.L’honorable Hector Perrier, secrétaire provincial, député du comté de Terrebonne à la législature, ainsi que M.Lionel Bertrand, député au fédéral, accompagnés de mesdames Perrier et Bertrand rehaussaient de leur présence cette réunion inter-villageoise de tout un comté.Le colonel J.-V.Francoeur, commandant du camp militaire de Saint-Jérôme, et madame Francoeur participaient avec leur bonne grâce habituelle à cette fête du Nord.Dans l'assistance nous avons remarqué le maire de Saint-Jérôme, le docteur Alfred Cherricr et madame Cherrier, mesdames Claude-Henri Grignon, Albert Duquesne, Guy Mauffette.M.et madame Henri Grignon, de Montréal, M.et madame Gratien Gélinas.M.C.Bourgeois, de New-York, le docteur et madame Gaston Lapierre, de Montréal, et nombres d'autres, dont MM.les vicaires de Saint-Jérôme, M.l’abbé Desmarais, aumônier du pensionnat, le révérend père Granger, dominicain, MM.les curés : Lussier, de Sainte-Marguerite du lac Masson, Ethier, de Saint-Sauveur-des-Monts, Léonard, de Lesage, Coutu, de Saint-Janvier, Grenier, de Sainte-Jovite.McLeod, de Mont-Rolland.Valiquette, de Sainte-Anne-des-Plaines, etc.Il en vint même de Mont-Laurier et de la Gatineau.On se pressait, on s’enthousiasmait, et lorsque l'auteur adressa la parole à l'auditoire, ce fut une salve d’applaudissements qui lui témoigna l'appréciation chaleureuse de tous.MM.Fred.Barry, metteur en scène et Guy Mauffette, directeur artistique, méritent des félicitations pour leur active coopération à faire un réel succès de cette représentation assez hasardeuse en somme, puisque ce théâtre Improvisé de toutes pièces, sert habituellement d’aréna pour joutes de hockey et fêtes sportives.Bref, en dépit du lieu, de l’heure tardive et de la lenteur dans le changement des décors, ce fut un succès magnifique.D'ailleurs, l'interprétation avait été confiée aux comédiens mêmes qui ont créé, à la radio, les types avec lesquels nous ont familiarisés les "belles histoires des pays d’en-haut".C’est en dire l’excellence.On eût dit qu’ils vivaient réellement de la vie des primitifs colons du Nord.Ainsi le Séraphin Poudrier, de Charland, respirait l’avarice même.Il a fouillé son type d’avare dans tous ses travers et les moindres gestes du sordide bonhomme se traduisaient jusque dans l’expression mesquine de ses mains tordues et de ses doigts crochus.Les Jérômiens avaient déjà eu l’avantage de voir jouer M.Charland à l’époque mémorable des représentations de La Passion, et tous ont pu de nouveau, apprécier les qualités exceptionnelles de cet artiste.Albert Duquesne, nous a, de son côté, campé un Alexis Labranche "qui est pas piqué des vers”, m’a dit un vieux jerômien.C'est à coup sûr Donalda la sainte, qui a les prédilections de l’auteur.Il a recréé ce type de femmes énergiques et douces, aimantes et croyantes, qui ont incarné, chez nous, la force d’une race robuste et chrétienne.La journée finie elles ravaudaient, à la chandelle, auprès des bers qui ne chômaient pas.Et c’est ainsi que Grignon les aime, — corpulentes comme mademoiselle Angélique, redondantes comme Artémise au coeur d’or ; mais surtout, patientes, fidèles et résignées comme sa Donalda.Mademoiselle Mauffette a su avec son timbre de voix aux inflexions tendres et tristes, son jeu sobre presque effacé, faire la conquête de l’auditoire.Le docteur Cyprien, de Fred.Barry, était d’un naturel si frappant que j’en avals les larmes aux yeux.Il évoquait pour la Jérômienne de vieille souche, la bonne figure du docteur Jules, ou celle aussi émouvante du jovial et généreux docteur Henri, qui firent de l’apostolat médical (Suite à la deuxième page) Pagc deux Saint-Jérôme, le 28 août 1942 La guerre du Canada La mobilisation économique La conversion de l'économie du Canada en economic de guerre est maintenant un fait accompli.Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la science de l'économie politique, ceux qui subissent les effets des phénomènes économiques sans en connaître les causes, cela demande quelques explications.On peut définir sommairement l'économie politique : l'ensemble des faits qui se présentent dans la production de la richesse en vue de l'accroissement du bien-être de la société.L'économie politique n’est pas l'économie dans le sens d'épargne et elle n'est pas non plus, de la politique.Le véritable objet de la science économique est l'homme vivant en société : elle s’occupe de la production des biens pour satisfaire ses désirs, ses besoins et pour augmenter son bien-être ou son confort.Elle conditionne donc, dans une large mesure, les relations que les individus se créent entre eux et.de ce fait, elle se trouve intimement liée à la science sociale, tellement que les meilleurs économistes.Le Play, par exemple, sont d'abord des sociologues.Il n’est peut-être pas mauvais de remarquer en passant, que si les Canadiens-français avaient apporté à l'observation et à l'étude des phénomènes économiques et sociaux qui se produisent autour d'eux, la même ardeur avec laquelle ils abordent la question nationaliste, il n’y aurait plus de question nationaliste ici car ils connaîtraient toutes les causes de leur infériorité économique et ils pourraient, par suite, traiter le mal là où il se trouve.é Les faits économiques peuvent se classer en quatre principales divisions : la PRODUCTION qui prend la richesse à sa source, c'est-à-dire aux champs, dans les mines, dans la forêt, dans la mer, les lacs et les rivières.C'est l'exploitation agricole, minière, forestière et des pêcheries : la CONVERSION qui comprend tout le cycle des operations auxquelles un produit brut est soumis pour être transformé en produit fini, c'est-à-dire prêt a l’usage et à la consommation.Cette division renferme l’industrie et le travail : la DISTRIBUTION ou répartition qui a pour fonction de mettre le produit fini entre les mains du consommateur.Cette division renferme dans ses frontières les organismes qui ont été, à tort ou à raison, les plus vilipendés pendant la crise économique : le commerce et la finance.Nous arrivons enfin au stage final de l'évolution économique, la CONSOMMATION ou l'usage des biens.Nous rencontrons ici une erreur courante qui est dangereuse au maintien de l'équilibre économique et surtout de notre effort de guerre.On vient de voir que la science économique a pour but de satisfaire les besoins de l'homme.Ces besoins constituent donc le principal moteur de l’activité économique.Les habitudes de vie de la société moderne ont rendu ces besoins illimités ; Us grandissent à mesure qu’augmente le bien-être et la grande erreur qui en résulte est que l'homme, dupe de ses désirs, confond facilement besoins et désirs.Ainsi la possession d'une automobile de promenade est considérée comme un besoin aujourd'hui, une nécessité ; de même, un grand nombre de femmes croient que le monde est prêt de s'écrouler si elles manquent de bas de soie.Cependant, on peut jouir d'un bonheur suffisant sans automobile de promenade et sans bas de soie.Il s'agit de savoir faire la juste distinction entre les biens qui sont indispensables et ceux qui ne le sont pas.Mais il est un bien précieux qui surpasse tous les autres en excellence, un bien sur la possession duquel U ne saurait y avoir d’équivoque, qui ne relève pas de la science économique mais dont la privation rend plus malheureux que la privation de tous les autres biens, sans exception, la LIBERTE.C'est pour la conservation de ce bien éminent que nous faisons la guerre.La guerre nous a enlevé nos illusions quand elle nous a mis brutalement en face du fait que pour sauver la liberté, il fallait renoncer, au moins provisoirement, à l'usage des biens non indispensables et ne faire usage des autres qu'avec la plus grande modération.Cela parait dur à beaucoup de ^ens qui ne savent pas encore faire la distinction entre les biens indispensables et ceux dont on peut se passer.Mais, en pensant que les millions d'êtres humains qui gémissent sous la botte allemande sont privés, même des biens les plus indispensables, lis VÎT cuveront les restrictions qui leur sont imposées bien supportables.Les conditions nouvelles créées par la nécessité urgente de ménager nos ressources et de forcer la production pour faire efficacement la guerre, ne s’accommodent plus d’une économie qui ne fonctionne qu'en vue d’aceroitre le bien-être de la société ; c'est pourquoi l'économie de paix a été suspendue et remplacée par une autre dont toute la puissance est tendue vers le salut du pays.On a appelé cette création, l'économie de guerre.Le terme n’est peut-être pas des plus heureux puisque la production dans l'économie de guerre s'occupe surtout de biens qui n'ont pas de valeur économique.A défaut d'autre meilleur, il faut s’en contenter.Il est grandi par le fait qu’il désigne l’effort gigantesque d’un peuple viril et énergique, qui a le courage de se refuser l’usage légitime de biens dont la somme de jouissance qu’il en retire constitue son “standard” de vie.Les moralistes, qui sont gens positifs, disent que le véritable bonheur ne se trouve pas dans cette jouissance.On admettra, tout de même, qu’elle y aide.Le peuple canadien fait ce sacrifice afin de pouvoir consacrer toutes ses ressources et toutes ses énergies à la défense de sa liberté.On dira plus tard que cette époque a été la plus glorieuse dans toute son histoire.Malgré la faible densité de sa population, le Canada est l’un des pays les mieux organisés au point de vue économique.Il possède de vastes quantités de matières brutes, des forces hydrauliques pratiquement illimitées, des moyens de transport efficaces et rapides, une organisation financière complète, la main-d’œuvre technique spécialisée et enfin, des hommes d'affaires entraînés pour faire fonctionner ce vaste organisme.On a vu quç c'étaient là les principaux facteurs qui conditionnent l'activité économique d'un pays.Mobilisés pour le service de la défense du Canada, ces moyens accomplissent des choses étonnantes.Il faut se garder d’une autre erreur courante qui fait aussi beaucoup de dupes, et c’est que l'accroissement énorme d'activité qui se manifeste dans l’industrie et le commerce par suite de la production intensive de matériel de guerre est pris pour de la prospérité.A vrai dire, cette fausse prospérité ressemble à la vraie comme de fausses perles ressemblent aux vraies.Ceux qui croient pouvoir exploiter cette prospérité factice se préparent de douloureux mécomptes.Et, il est opportun de dire qu'il n'a pas été nécessaire de priver le peuple canadien des premières nécessités de la vie pour accomplir cet effort de guerre, comme l'ont fait les nazis, en Allemagne dans la préparation de leur abominable attentat contre la civilisation.Cela n’était pas suffisant, ils ont audacieusement filouté les nations étrangères pour obtenir une partie des stocks qu’ils accumulaient.Le truc-employé n’exigeait pas un grand effort de génie : il a suffi de s’affranchir de scrupules embarrassants ; d'importer en quantités massives et de limitée les exportations au minimum.Autrement dit, l’Allemagne achetait à crédit avec l’intention de ne pas payer.Elle restait débitrice des autres pays mais, qu’est-ce que ce léger inconvénient quand on prépare le sac de l'univers ?Les nations alliées sont en retard sur l’Allemagne dans la mobilisation économique, mais elles sont en bonne voie de regagner le temps perdu En ce moment elles franchissent les étapes a une allure qui leur permettra bientôt de dépasser l'Allemagne.si cela n'est pas déjà fait, et alors, celle-ci paiera chèrement pour ses crimes et ses infamies.J.-B.COTE Tous droits réservés par le Syndicat des Auteûrs Canadiens Enrg.Un homme et son péché ¦ (Suite de la première page) aux portiques des Laurentides et jusque dans les pays d'en-haut pendant cinquante et trente-cinq ans.Sainte misère des braves médecins de campagne 1 - L’excellente comédienne Juliette Béliveau sut dérider l’auditoire avec ses facéties et ses prises de bec conjugales ! Julien Lippe (Jos Malterre), fut un aubergiste de campagne “qui prend la vie comme-ça vient.” Les brèves apparitions de Pit Caribou 'Armand Leguet), furent amusantes.Pierre Durand, dans le rôle de l’Exilé, fut comme à son habitude d’une sincérité et d’une conviction que je ne saurais passer sous silence.Eugène Daigneault (le père Ovide) et Alfred Brunet, (Ti-Mousse i, ont été à la hauteur de l’opinion que nous nous en étions déjà faite à la T.SP.Sylva Alarie (Artémlso et Juliette Huot (Bertinei nous ont laissé l’impression d’avoir grandi sur une terre “en bois débouté”.* * * A me relire, je constate que j’ai involontairement mêlé l'emportement de l'enthousiasme à là froideur d’un compte-rendu.Que l’on m’excuse.Mes réminiscences d’enfance et de jeunesse, mon attachement à tout ce qui représente le passé héroïque de nos colons, tout ce qui a mis en moi mon culte de Saint-Jérôme, tout cela est remonté à la surface et est venu se glisser dans les simples notes que j’entendais tout d'abord transcrire.Dois-je le regretter ?Mon Dieu je n’en al pas le courage.Pour parler comme Séraphin je me justifierai en disant : "quand l'avoine est coupée on la ramasse" .L'AVENIR DU NORD LA CLINIQUE DES RUMEURS (Contribution de la "Colonne Canadienne” ) l Son Exc.Mgr Joseph Charbonneau se rend aux camps Bruchési Le Canada en guerre Mensonges insidieux propagés pour créer le.désunion Des évènements qui se sont produits récemment dans notre propre pays dans le golfe Saint-Laurent — ont donné lieu à des rumeurs malicieuses ayant pour but de semer la méfiance et la désunion, de diviser les nations alliées et de dresser les groupes les tins contre les autres.Ces rumeurs appartiennent à la quatrième catégorie dans le programme de défaitisme préparé par Hitler.Vous en avons parlé dans notre dernière chronique.On comprend aisément que la publication de détails concernant ies torpillages, soit île nos navire» ou même de sous-marins nazis, ne peut que servir les intérêts de l'ennemi.C’est en obtenant de tels renseignements qu’Hitler connaîtra les succès de se- sous-marins, la nature des cargaisons des linteaux torpillés et —; information d’importance vitale — sp rendra compte de la nécessité de remplacer les équipages perdus.D’autres part, le secret maintenu au sujet des activités sous-marines des Allemands favorise la naissance des rumeurs les plus fantaisistes.Prenons par exemple ceile qui suit, concernant les récents torpillages dans le golfe.Hile est de celles qui sont lancées pour mettre çn doute la loyauté de nos compatriotes et de "dresser un groupe contre un autre": f ne rumeur: “Un peu avant les derniers torpillages, un sous-marin allemand vint à la surface, à environ deux cents verges du rivage, en face d’un village du bas du golfe.Deux officiers allemands en uniforme, vinrent à terre dans une embarcation en caoutchouc, se rendirent au magasin général et achetèrent pour plusieurs centaines de dollars de provisions, qu'ils payèrent avec de l'argent canadien.Ils chargèrent ensuite le- provisions dans leur emharcation et reprirent la direction du sous-marin.” l:ne rumeur: “Les pêcheurs ca-nadiens-f rançais du golfe Saint-Laurent vendent du jioisson aux sous-marins allemands en échange de rhum." La vérité : Le Lieutenant Commander C.-H.Little.Service Naval: "Ce histoires sont une pure invention.Les sous-marins ennemis ont amplement de provisions pour leurs croisières." "Les sous-marins ennemis ne risqueraient pas de se faire dénoncer dans le but d’obtenir des provisions." Le lieutenant de Section E.-B.Good speed.Région de l’Air de l’Est.Corps d'Aviation Royal Canadien : “Ces histoires sont fausses.Tous les gens qui résident sur les rives du Sait-Laurent coopèrent avec nous dans notre service de surveillance.” Le Surintendant H.-A.-R.Gagnon, Royale Gendermerie, Montréal: "Ces histoires sont évidemment de pures faussetés.Je reviens justement d'une tournée d'inspection dans la région du golfe et tout ce que je puis dire, c'est que je plains les marins allemands qui essayeront de mettre pied à terre".L’Officier Commandant.Royale Gendarmerie.Québec: "Rien ressemblant à ce qui se raconte n’est jamais arrivé.Notre difficulté n’a pas été d'obtenir la coopération des résidants du bas du golfe, mais plutôt de coordonner l’assistance qui nous a été offerte par tout le monde." (Note: Nombre d'histoires du même genre ont été mises en circulation.Le but de tels mensonges est évidemment de mettre en doute la loyauté et le courage des Canadiens-français habitant les rives du golfe.Bien qu’on ne saurait douter de la loyauté et du courage de la population de ce- régions, il est quand même bon de mettre les choses au point ).Une autre rumeur qui court la rue concernant les incidents du golfe est celle-ci : Une rumeur: “11 n’y a pas eu de torpillage dans le golfe Saint-Laurent.Cette histoire de cargos coulés par l'ennemi a été inventée par le gouvernement pour faire accepter la conscription”.La vérité: Cette rumeur a été démentie par la simple publication Perspective de.(Suite de la 1ère page) "Des larmes, des sueurs et du sang.” selon l’expression 'le Churchill.les Allemands et les Japonais, en ont versés bien avant nous, pendant la période fébrile de préparation à la guerre.Ce qui explique leurs succès faciles du début.Mais le moment est arrivé de l'épuisement progressif qui les achemine vers la ruine et la capitulation.L'attaque surprise sur Dieppe, en plus rie viser a redonner confiance à la Russie dans la forte offensive 'fisc* alliés, avait' pour but évident rie dégager le front russ.- d'une partie ries effectifs nazis, en prévision rie l'invasion du continent.Depuis la visite de Churchill en Russie, où il a conféré avec Staline et les diplomates et les officiers supérieurs rie plusieurs nations mires, — ce qui donne une importance particulière à ces entrevues sur la conduite future ries opérations alliées — il est rie plus en plus question de confier toutes la stratégie ries nations unies à un commandement unique.Une telle centralisation entre les mains de Foch a été la clef du succès ries alliées, en 191X.au moment où tout semblait perdu.W.E.des faits qui pouvaient être révélés sans aider l'ennemi Toutefois, le fait quelle ait pu circuler en même temps que d’autres histoires admettant l'existence des torpillages, démontre bien la crédulité de certaines gens et le danger qu'il y a de répéter tout ce qui nous est raconté.Nous examinerons maintenant une rumeur d’un autre genre, mais appartenant quand même à la catégorie des "mensonges destinés à semer la désunion parmi les alliés." C'est une rumeur qui a commencé à se répéter dans les états de l est de la république américaine, mais qui circule aujourd’hui au Canada, pour les besoins de la cause de la démoralisation.On racontait donc aux Etats-L nis que les stocks de gazoline et d'huile étaient »i considérables au Canada, qu’il n’était pas nécessaire de rationner ces produits.Pareille discrimination ne pouvait que causer du ressentiment.Pourquoi les citoyens des Etats-Unis seraient-ils rationnés alors que les Canadiens pouvaient remplir librement leurs réservoirs?Il fallut publier de nombreux article» dans les journaux pour tuer cette rumeur et convaincre les gens des Etats-L nis que les Canadiens avaient été mis a la ration du carburant avant le.» Américains.Une rumeur: "Dans le but de plaire à Québec, le gouvernement ne met pas en vigueur dans cette province le rationnement de la gazoline.Les propriétaires des postes de.service se contentent de sourire quand des étrangers leur présentent .des coupons de rationnement.Ils leur disent que dans Québec ces coupions ne sont pas nécessaires." La vérité Voici ce que dit à ce propos M.André Deniers, conseil à la Commission des Prix et du Commerce en Tempis de Guerre.division de Montréal: “Le rationnement de la gazoline est mi» en vigueur dans la province de Quéliec comme dans le reste du Dominion : chaque plainte que nous recevons est l’objet d'une enquête minutieuse.De plus nous surveillons étroitement les vendeurs et chaque infraction est promptement punie, soit en annulant le permis du vendeur, soit en le traduisant devant la Justice.Pour ce qui est du consommateur en faute, le régisseur des Huiles lui retire son livret de coupons.(Note:,— Cette histoire, naturellement.ne saurait être prise au sérieux chez-nous dans la province de Québec, car nous savons tous quelle chance nous aurions d'obtenir de la gazoline sans coupons de rationnement.Mais il importe de faire connaître les faits en dehors de la province de Québec afin d'éviter de mécontenter les autres éléments de notre piopulation.) .Viriez à enrayer la campagne ries rumeurs lancée par Hitler.Premièrement.dites à celui qui raconte une de ces “histoires" soi-disant véridiques, qu'il fait ainsi le jeu d’Hitler; deuxièmement, écrivez à la "Colonne Canadienne".Immeuble Transportation.Montréal, donnant tous les détails rie la rumeur: troisièmement, ne répétez pias la rumeur : quatrièmement, faites connaître les faits publiés dans cette colonne.Comité éditorial de la Clinique des Rumeurs: Dr F.-C_vril James, principal et vice-chancelier de l'Université McGill: M.Paul Vaillan-court.secrétaire honoraire de la Croix-Rouge pour la province de Quéliec; l’honorable juge C.-Gordon Mackinnon; M Paul Fournier, président du Conseil (les Métiers et if P % / Pour être fraîche comme une rose en dépit de la chaleur Aussitôt qu’une offensive de grande envergure aura été déclenchée par nos effectifs sur le continent européen, les troupes seront suivies de très près par plusieurs contingents formés de femmes, appartenant à toutes les nationalités des Nations unies.Ces femmes s'entraînent depuis assez longtemps déjà, à procurer des secours immédiats aux populations des pavs occupés, à mesure que nous les délivrons.On se souvient qu’après la dernière (îrande Guerre, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont secouru l’Europe au moyen de vastes emprunts, ou se fiant à l’entreprise particulière de quelques sociétés, ou même de mécènes.Cette fois, les gouvernements alliés ont décidé de faire l’ouvrage eux-mêmes; ils seront secondés par des femmes, se livrant en Angleterre a des études spéciales sur la médecine, la diététique, l'éducation populaire, etc.I.e premier de ces groupes féminins vien de recevoir ses diplômes, et est tout prêt à agir.En attendant, les recrues affluent pour ce genre d'ouvrage Les cours se tiennent à Londres, dans la section de Bloomsbury.La moitié des dépenses est payée par les gouvernements des Nations unies; l’autre moitié par l'Etat britannique.Les salles où ont lieu les conférences ont l’aspect le plus étrange du monde.Elles sont remplies de femmes dont l’âge varie entre vingt-trois et cinquante ans.La plupart emt fui l'Europe envahie, et possèdent des parents sous la botte nazie.Une seule personne, dans le moment, est de nationalité anglaise: il s’agit d"une femme qui habita longtemps la Grèce, et qui compte y retourner pour aider au sauvetage de ce peuple admirable.Les autres femmes appartiennent toutes aux autres nations.On voit des Norvégiennes, dont l’une a été ramenée des lies Lofeten par des commandos canadiens.L’ne autre Norvégienne est docteur en médecine, fit le coup rie feu en Norvège, et a été décorée pour bravoure sous le feu de l'ennemi.Une autre était manucure en Tchécoslovaquie.Une autre femme, de famille illustre, mais dont on tait le nom et lu nationalité de crainte de représailles, a des siens clans toutes les parties du monde.Son mari était prisonnier à Bucharest, aux dernières nouvelles ; un de ses fds est soldat en Nouvelle-Zélande; une fille est infirmière en Suède et son cadet est artilleur en Ecosse.Les cours spéciaux suivis par ces femmes ont été organisés par Mlle Younghusband.fille du fameux explorateur décédé le mois dernier.Il y a en tout 21 conférences, traitant d’une infinité de sujets, comme bien l'on pense.Les élèves apprennent à vêtir les petits enfants, à savoir comment nourrir quand la famine les a le réElles vicil-veille d’être îpprcndre à pii duits à l’article de la mort, doivent pouvoir soigner ies lards, les femmes à la mères.Elles doivent ; s’attirer la confiance de ceux souffrent, parler leur langage, connaître les moeurs différentes avec chaque contrée.Un des cours les plus intéressants est donné par le docteur K.-\Y Sinclair-Loutitj qui prit son expérience dans l’Espagne d'après la guerre civile.Ce médecin montre comment organiser avec une extrême rapidité la résistance contre les Nous avons un été bizarre.Deux ou trois jours de chaleur relative avec veillées froides, puis chaleur de canicule ! Celles «le mes lectrices dont la peau devient humide, huileuse même dès qu’il fait chaud, peuvent très facilement acquérir une apparence de fraîcheur au lieu d'avoir tin visage .swifé.Celles dont la peau est huileuse d'habitude doivent corriger ce défaut en faisant usage d'une rrè-mc fie nuit à base de citron.Après les ablutions du matin et avant le maquillage elles doivent passer sur le visage un linge ou un tampon de coton imbibé d'une bonne lotion astringente — eau de Cologne ou autre.Cela aidera à votre peau à conserver une apparence mate.Mais, comme le premier soin épidémies, comment installer fies bureaux (jour retrouver les disparus.Son premier conseil, pour toute personne d'une équipe fie secours.est fie se rendre, en arrivant flans un bourg, -chez le coiffeur local.Le barbier connaît tous les personnages fie l’endroit, attitude devant l'envahisseur, sentiments de courage ou de lâcheté.Il s’avère également précieux, en face d’une épidémie de typhus (presque inévitable dans cette pauvreté universelle) pour raser les toisons fie tout le monde en un rien de temps.Enfin, ces femmes de la future armée féminine d'invasion, pratiquent ce qu'elles étudient.Elles fréquentent les quartiers pauvres, accompagnent les Anglaises dans les taudis.Car leur destin, avant d'avoir fini leur tâche, sera de nettoyer beaucoup fie saleté, fie blessures purulentes, de têtes pouilleuses.fie mourants couverts fie sanie .Cette armée sera au moins aussi héroïque que celle des hommes qui la précédera.beauté est de soigner sa disgestion, il faut surveiller sa diète.Ce que vous mangez à une très grande influence sur la températion de votre corps.Mangez le moins possible de viande échauffantes — fie viandes épicées.Consommez plutôt des salades et viandes froides, des fruits, •les légumes, fies jus fie fruits comme breuvage.Buvez de l'eau en abondance mais entre les repas.Ne croyez pas que cela vous fera transpirer anormalement.Et voulez-vous une recette de grand’mère pour vous rafraîchir quand il fait chaud ?Trempez un petit tampon dans de l'eau très froide et appliquez-le pendant une minute dans le creux à l'arrière du lobe de vos oreilles, puis essuyez la peau.C'est simple, n’est-ce pas et c’est pratique.Constatez-le en faisant l’essai tout de suite.Et si vous souffrez de transpiration trop abondante, faites m’en demande, accompagnée d’un timbre de 3c fie mon feuillet sur la transpiration, qui vous dira comment mettre fin à cette véritable affliction.On m'atteint en adressant simplement ses lettre à Cousine leur Blanche 197 ouest, rue Sainte Ca-leurs therine.Montréal.Si vous m’écrivez profitez-en pour me demander ceux des autres feuillets préparés à l'intention fies lectrices de ce journal.Us traitent des soins fltt visage, des mains, des cheveux, fies yeux, de la graisse excessive, de la maigreur, du développement de la poitrine, de la suppression des poi's follets, etc.N’oubliez pas d'inclure un timbre pour chaque feuillet désiré.le tiens à être votre confident, votre amie.N’hésitez pas à me confier vos petits et gros problèmes de beauté et c'est avec plaisir, que je vous conseillerai.HAC SA PART i) O our voir si vraiment elle est si dégarnie que cela .— La mienne n'est pas vide, seulement, tout ce qu’il y a dedans, ce sont des vieilleries .— Avez-vous fait le tour des magasins, dernièrement, ma bonne voisine ?— Non.j’attends les expositions.— Eh bien allez-y dès maintenait, et vous aurez fies surpri- SCS .— Comment, est-ce que la mode 45 n’est pas belle?— Elle est charmante, au contraire.et elle a eu l'esprit de ne rien innover de sensationnel, mais ce n'est pas à ce jxiint de vue là que je me place .— Non?Eh bien alors, je ne comprends pas.— Madame Grondin, c'est folie d'acheter, cette année, des toilettes nouvelles alors que nous en avons plein nos placards, qui ne demandent qu'à être transformées pour être encore à la grande mode.— Oui bien vous savez, les transformations.ce n’est pas toujours réussi! Quand il faut couper, retailler.puis ajuster : .— Ce n’est pas cela que je veux dire non plus, ma chère voisine.Mais les robes d'il y a deux ou trois ans sont encore en lainage pur.en soie véritable tandis que celles fie cette année, ne doivent leur apparence qu’aux tissus synthétiques.— Voyons .Est-ce qu’on ne fabrique plus d’étoffe : — Mais si Madame Grondin, seulement.comme vous savez, la soie est introuvable, on en a tellement besoin pour l’aviation et la laine, qui nous vient d’Australie et de Nouvelle-Zélande, on n’en a plus autant qu’on en voulait .— Ah ! je comprends.Alors, vous pensez que l'on ferait mieux de rechercher parmi les vieilleries?— Je ne pense pas.j’en suis sûre.Parmi les vieilleries (vous dites OPTOMETRISTE-OPTICIEN Bachelier en Optométrie ürPLOMK DK LDNIVKRatTK DE MONTRE Al, Spécialité : EXAMEN DE LA VUE Correction des troubles musculaires des yeux Prescriptions de verres PAUL E.TALBOT, Ba.O.330, rue SAINT-GEORGES — SAINT-JEROME Pour consultations : Tél.171 A Saint-Jérôme, tous les jours, de 2 à 9 h.p.m.BUREAU-CHEF : 67G1, rue SAINT-HUBERT, MONTREAL Société Canadienne de la Croix Rouge Pour secourir le plus utilement possible les combattants canadiens internés en pays ennemis, on a fondé l’an dernier l’Association canadienne fies parents des prisonniers de guerre (Canadian Prisoners of War Relatives Association).Sous la présidence de Mme J.-O.Asselin, cette société a fait de grands progrès: depuis le mois de décem- cela avec un jour faire un modèle sans col.Et cela vous permettrait de porter, par les jours frais, votre renard rouge qui est si lieau.— C’est bien vrai, à y penser comme il faut .— Avez-vous toujours votre beau chapeau de feutre fourrure?— Il est tout tapé, il est affreux.— Confiez-le à une bonne modis te.elle vous en fera un chapeau neuf.Rien ne s'arrange et ne se transforme mieux que le feutre de belle qualité.Une plume, une épingle de fantaisie, et vous aurez un chapeau bien plus chic que celui que vous aqriez pu acheter cette année.— Ma foi.Madame Voisclair.je pense que vous avez raison.Ce soir.Estelle ne reçoit pas son cavalier.Nous allons faire le tour des placards.Quand Tos va voir cela il va nous dire comme i! dit souvent: Vieille, écoute donc Madame Voisclair.Tu sais bien qu’elle a toujours raison .bre, elle public un intéressant bulletin mensuel qui.après la guerre, fera la joie des collectionneurs.L'Association a pour but non seulement d’aider les prisonniers de guerre mais aussi d’entretenir entre leurs parents de solides liens d'amitié créés par les mêmes soucis.Mme J.-O.Asselin, présidente de l’Association, demande à tous les Canadiens-français qui ont un parent en pays occupé de lui faire parvenir copie des lettres qu'ils en ont reçues.C'est ainsi que l'Association, en publiant dans son Bulletin des extraits de ces lettres (sans indication des ioms), peut se rendre compte fies principaux besoins des prisonniers et y satisfaire dans le plus bref délai possible.L'Association collabore assurc-rément avec la Croix-Rouge Canadienne et la Croix-Rouge Internationale ; sans ces deux admirables sociétés, en effet, le sort de nos compatriotes internés serait bien pénible puisque les aliments et vêtements fournis par l'ennemi sont souvent insuffisants.Nous espérons que les Canadiens français qui ont un proche parent (militaire, religieux ou civil) dans les camps d'internement ennemis s’inscriront sans tarder flans l’Association canadienne des parents fies prisonniers de guerre, Ch.718.Edifice Sun Life, à Montréal.Téléphone : PLateau 4962.En plus d’assister aux réunions, ils recevront.pour une somme très modique, le Bulletin de l'Association ¦ qui leur apportera des renseigne-^ ments utiles et intéressants.Ajoue tons que seuls des bénévoles s'oc-s cupcnt de l'administration de l’As-* sociation et de la rédaction du Bulletin.À MOUCHES WILSON TUERA PLUS DE MOUCHES QUE PLUSIEURS DOUARS EN DI TOUT AUTRE Le meilleur de tou* 10c.les attrape-mouches Propre, rapide, sûr POURQUOI c peu coûteux.Demandez - le chez PAYER votre Pharmacien, votre Epicier ou PLUS?votre Marchand Général.Th* WILSON FL Y PAD CO.Hamilton, Ont.POUR VOUS AIDER À PROTÉGER VOS VALEURS DE GUERRE Vous avez fait un placement patriotique en achetant des Obligations de la Victoire .des Obligations de l’Emprunt de Guerre .des Certificats d'Epargne de Guerre .ou même ces trois catégories de valeurs.Vous avez voulu venir en aide à votre pays, à l’heure du danger, tout en assurant votre sécurité financière après la guerre.Pour vous aider à protéger vos valeurs de guerre contre les risques de perte, d’incendie et de vol, les banques à charte du Canada vous offrent un service de protection au sujet duquel nous vous donnons les renseignements suivants: OBLIGATIONS DE LA VICTOIRE et de l’EMPRUNT DE GUERRE — Apportez-les à votre banque .à n’importe quelle succursale .et la banque les gardera en lieu sûr, détachera les coupons à l’échéance des intérêts et déposera l’argent à votre compte personnel.Si vous n’avez pas de compte d’épargne, demandez à la banque de vous en ouvrir un.Le coûl total de ce service, avec la miss an lieu sûr des valeurs, n'est que do 25 cents par année pour les obligations (quelqu'en soit le nombre) dont le montant ne dépasse pas $250.00 .et un dixième d'un pour cent sur les montants dépassant $250.00.CERTIFICATS D’EPARGNE DE GUERRE — Vous pouvez aussi les déposer à votre banque .qui, moyennant un honoraire modique, les gardera en lieu sûr pendant toute la période (ou seulement une partie) allant de l’achat à l'échéance.Voici ce que cela vous coûte—non pas seulement pour une année—mais pour sept ans et demi: Pour un certificat de $ 5.00.$0.10 Pour un certificat do $ 10.00.15 Pour un certificat de $ 25.00.20 Pour un certificat de $ 50.00.25 Pour un cortiflcat de $ 100.00.50 Pour un certificat de $500.00.1.00 ' • LES BANQUES À CHARTE DU CANADA Pag« quatre L’AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 23 août 1942 Lettre à Prosper LIVRES - JOURNAUX - REVUES Mon cher Prosper.Il est d'étranges sillons qu'on peut tracer avec une charrue : des sillons pointant vers la mort! Des aviateurs américains affirmaient, voilà une dizaine de jours, avoir aperçu cette moisson inquiétante sur des labours, à quelques centaines de milles à peine de notre province.Il s'agissait de vaste* dessins en forme de flèches, ou en 'igné' que l’on estimait devoir être des marques de repaire, indiscernables au ras du sol.tuais parfaitement visibles du haut des airs, l.es pointes tie ces flèches, dessinées avec b charrue, étaient toutes dirigées vers des bases aériennes ou des usines importantes tie munition' Les aviateurs, en ont photographié trois, que j'ai vues reproduites dans les journaux.L'un des dessins avait été tracé avec la charrue ; un autre épousait la forme du ''9'' : le dernier était taillé à même le sous-bois et terminait sa silhouette dan' un sentier.Deux jours après, les autorités américaines une mise au point, dans laquelle elles mettaient en doute que ces dessin' eussent été tracés avec des intentions de traîtrise.Les pointes de flèche et le “9" [suivaient être l’effet du hasard.Cejten-dant.Washington admet qu'il continue son enquête, car et' signes, justement à proximité de ciblt -stratégiques, stmt plutôt troublants.Tù te souviens que de pareils signaux.que l’on surnomma des \ HACHÉ GROS POUR LA PIPE I HACHÉPOUR LES OCARETTES V “moissons de la mort ", existaient dans les champs de Hollande et de Belgique, aux premiers jours de mai 1940?Les moissons de mort' étaient là.pour diriger la deestruction des avions plongeurs, quand Hitler attaqua.le dixième jour de ce mois affreux, t'es moissons existaient aussi dans les plantations île canes à sucre d’Hawaï, avant le bombardement tie Pearl Harlxir.En Hollande et dans le Pacifique, elles ne furent malheureusement découvertes qu’après l’agression.Ici.la vigilance de nos pilotes cherche à les discerner avant qu'arrive l'attaque.Pouvons-nous les blâmer.s'ils se trompent de temps à autre, et s'ils interprètent mal quelques tracés uniquement du au hasard?Car la vérité.Prosper, c'est que notre surveillance ne doit pas ralentir un seul instant.Les incursions des sous-marins dans nos eaux : l'arrestation d'espions nazis chez nous ; la découverte récente de ce que l'on a cru être un plan pour bombarder la ville de Toronto : tout prouve que nous sommes surveillés, et que nous recevrons peut-être des bomlx-s sur la tète, un jour ou l'autre.Les nazis sont méticuleux dans leurs desseins, chacun sait cela.Le fameux “Bund” américain, qui possédait des affiliations au Canada.se préparait à provoquer la guerre civile stir tout notre continent.quand on lui a mis le holà.Je ne dis pas qu'il faille être pris de panique, voir des signaux mystérieux partout, assiéger la police d’avertissements et de dénonciations ridicules.Mais je dis.Prosper, qu’il ne faut pas non plus nous endormir dans une fausse sécurité.Les champs eux-mêmes, nos braves champs de la campagne canadienne, sont à surveiller ! Bien à toi.D A M ASK Montréal au temps de la Nouvelle-France par Gustave Lanctôt.Montréal.G.Ducharme, 995.rue Saint-Laurent, Montréal.En cette année du troisième centenaire de Villeraarie.voici une petite brochure qui résume à merveille l'histoire héroïque, industrieuse et progressive de la métropole sous le régime français.Formé aux disciplines scientifiques, l'auteur a fait oeuvre sérieuse et documentaire.Ses tableaux du passé montréalais ne sont ni des légendes romancées, ni des dithyrambes religieux, ni des discours patriotiques, comme il en a tant paru récemment.Ici.c’est de l'histoire humaine avec ses hauts et ses bas, ses vertus e’t ses faiblesses.Il est absurde de vouloir transformer les personnages du passé en héros sans peur et sans reproche, et de les métamorphoser en surhommes impeccables et prodigieux Les Montréallstes de 1642 à 1760 étaient de simples hommes comme les Montréalais d'aujourd'hui ni plus ni moins Le reste, c'est de la légende ou.selon l’expression courante.du bourrage de crâne.Dans la fondation de Montréal, dont le mérite premier revient à de La Dauversière et ensuite à Olier, l'auteur met en relief Maisonneuve, brave et lymphatique à qui manque l'agressivité des grands chefs et Jeanne Mance, un peu brouillonne, mais énergique et fine, qui sauvera la colonie.Mais la gloire d'avoir tenu quand même, appartient avant tout aux simples colons et à leurs Les opération récentes clans le Pacifique ont de nouveau attiré l'attention du monde sur le sort des missionnaires perdus dans ces immenses archipels.On n'a pas reçu lieaucoup de nouvelles des religieux dans les îles Salomon : on sait, par contre, que, dans les sept mille îles constituant les Philippines, les avant-postes du christianisme continuent leur ouvrage solitaire parmi des millions d'Asiatiques.Les conquérants nippons, -c rendant compte de la différence d'i-déals qui existe entre eux et ces insulaires, ont amené deux prêtres catholiques japonais avec eux.afin do rassurer les -eize millions de Philippins, dont douze millions reconnaissent l’autorité de Rome.C’e I fut un geste ,vain.car les défenseurs de ces îles, qui tiennent tou- femmes, qui refusèrent de céder, quand Maisonneuve parlait de retourner en France.Ce fut la période 'héroïque, où le courage du Moatréallste vainquit la barbarie de l'Iroquols.Après le départ de Maisonneuve, inspiré par Mgr de Laval, la petite habitation prend racine et grandit grâce au séminaire de Saint-Sul-piee devenu le seigneur de l’ile de Montréal et à l'intelligente politique de Talon, qui appuie leurs entreprises.Centre de production agricole.Montréal devient aussi le grand marché de la fourrure.C'est aussi le point de départ des explorateurs et traiteurs, mais; aux Jours de la guerre indienne, les Montréalais se révèlent, sous les Lemoyne et les d'Iberville, aussi vaillants que les compagnons de Dollard.Dans une dernière période.M.Lanctôt nous dépeint le Montréal de la fin du régime, métropole du commerce des pelleteries de l'Ouest, grenier de la colonie, centre des opérations militaires.Sur cette petite ville élégante et prospère, flère de ses églises, de ses couvents et de ses hôtels particuliers, se lève le dernier acte : la guerre de Sept Ans.Victoires, spéculations, famines se succèdent au milieu des bals, des soupers fins et des tables de jeu.Et le rideau tombe sur la capitulation de septembre 1760 dressant un nouveau drapeau sur la ville, qui, de son côté, se jure de rester catholique et française.jours flans la jungle, n’ont aucune communication avec ' Manille, la capitale.Soldats et missionnaires, réfugiés sur les collines ou dans la forêt vierge, partagent la dure existence des aborigènes.Ils se nourrissent de feuilles, de racines, de frùits sauvages, et prient Dieu sur des autels de lianes tressées.“Quelque part dans les montagnes''.écrit un prêtre américain, “nous avons hâti notre retraite où.grâce à Dieu, nous restons libres.Xous voyons des avions ennemis, et nous nous réjouissons de ce qu'ils ne nous aperçoivent [joint.Xous avons une fois essuyé le feu des mitrailleuses de l'un deux, f’ar la blessure que j’ai vue ensuite à la jamlie d'tin enfant de cinq ans qui avait été atteint, ces mitrailleuses sont terribles".Distillé «t embouteillé au Canada sous la aunreiiianca directe de JOHN de KUYPER A SON.Distillateurs.Rotterdam, Miiso-i fondée en 1695 Pour obtenir une boisson rafraîchissante, mélangez du Gin de Kuyper avec du ginger ale, du citron et du limon, de la bière de gingembre ou de l'eau tonique, puis ajoutez de la glace.inrun ITÏÏÏ3TÏ 40 onces 26 onces .1 Ounces '3-90 '2-701.15 Chronique religieuse Les missionnaires des Philippines continuent leur oeuvre malgré les Japonais L'IMPOT SUR LE REVENU Débat radiophonique L'honorable J.-L.Ilsley et l’honorable Colin-W.-G.Gibson, interviou-vés par Rupert Capian.L'annonceur du poste : Quand devrai-je payer mon impôt sur le revenu ?Comment le paierai-je ?Combien devrai-je payer ?Que puis-je déduire ?Mesdames et messieurs, La Société Radio-Canada vous présente une discussion relative au nouveau budget récemment voté par la Chambre des communes, et aux nouveaux taux de l'impôt sur le revenu qui entreront en vigueur.L'honorable J.-L.Ilsley.ministre des finances, et l’honorable Colin Gibson, ministre du revenu national.répondront à un certain nombre des nombreuses questions que les Canadiens se posent en étudiant les nouveaux barêmes.M.Rupert Capian, de la Société Radio-Canada, conduira le débat.CAPLAN : Merci ! Bonsoir, monsieur Hsley et colonel Gibson.Nous allons vous poser bien des questions, ce .soir.Mais auparavant, les Canadiens désireront peut-être connaître quel-aues-unes des raisons principales qui ont guidé le Gouvernement dans la préparation du budget.Nous connaissons tous l'une de ces raisons — l’accroissement rapide des dépenses de guerre, — mais il doit exister d’autres éléments que nous devrions connaître.Après tout, le budget ne peut s’appliquer sans lf concours du peuple.Nous vous demanderons donc, monsieur Ilsley, de nous faire un rapide exposé du budget par rapport à la guerre et aux affaires canadiennes du temps présent.ILSLEY Quand le Gouvernement a préparé le budget de cette année, il fallait nous procurer une somme non inférieure à $3,900,000,000, soit rès de huit fois le montant d'un udget davant-guerre Le peuple canadien est déterminé, depuis !e début de la guerre, et avec raison, à accomplir l’effort maximum dont notre pays est capable.Nous avons, en conséquence, construit et agrandi des usines, augmenté notre production agricole, entrepris un vaste programme de constructions navales, levé une armée nombreuse, enrôlé des milliers de nouvelles recrues dans nos forces navales et aériennes.Et cette année, qui sera probablement l’année la plus critique de la guerre, nous sommes prêts à tenter un effort gigantesque.Cet effort exige de l’argent ; il faut que le peuple canadien le paye.C’est pourquoi le Gouvernement as sume la grave responsabilité de préparer les mesures qui procureront cette somme, tout en répartls-sant la charge équitablement sur tous.J’ai dit que cette année était la plus critique de la guerre.Je ne suis ni stratège, ni critique militaire, mais il me semble que les Canadiens doivent avoir l’impression d’une situation militaire très grave, quand ils Usent le récit de l’avance alle- mande dans le Caucase, quand ils se rendent compta que nous sommes sur la défensive en Egypte, quand ils pensent aux troubles des Indes, quand Ils apprennent le torpillage des navires survenu dans le Saint-Laurent.Tout peut arriver C'est pourquoi nous ne ferions pas notre devoir envers nous-mêmes, envers nos enfants, envers l’avenir du pays, si nous n’accomplissions pas l'effort maximum, en cette année 1942.n faut envisager la méthode par laquelle nous nous procurerons ces $3,500,000,000.Dès le début de la guerre, nous avons décidé.— et le peuple canadien semble avoir ratifié cette décision, — qu'l! valait mieux, à tous les points de vue.couvrir la plus forte partie possible des frais de la guerre, à mesure qu'ils se présentent, à même les impôts.Notre budget a donc été établi de manière a fournir un peu plus de deux milliards, en impôts et autres recettes.Restaient près de $1,900 -000,000 — exactement S1.850,000.000 — à demander à l'emprunt.D’après l'assiette du budget, une partie de cette somme proviendra de l’épargne forcée, mais la plus grande partie devra provenir des économies volontaires du peuple.Mes auditeurs comprendront que le Gouvernement a deux objectifs en vue.lorsqu'il demande de l’argent au peuple : < 1 / se procurer les fonds nécessaires au paiement des frais de la guerre ; r2 • enlever au peuple de l'argent qui, autrement, servirait à l'achat Ue marchandises et de services, et dont la dépense tendrait non seulement à entraîner une hausse des prix, mais à entretenir ur.e concurrence à la production de guerre.Nous entendon-beaucoup parler d’inflation, mais les effets de l'inflation sur la vie du peuple se résument en une hausse verticale du niveau des prix.Nous avons résolument adhéré à ce principe que, de toutes les méthodes de financer les besoins de guerre, l’inflation est à tous égards la plus injuste et la plus indésirable.C'est pourquoi nous avons porté les impôts a des niveaux encore inconnus dans notre pays, mais qui ne dé passent pas la capacité de paiement du peuple canadien.Le sujet est vaste, et je pourrais en parler longuement, mais J’espère que ces observations donneront une idée générale des raisons qui motivent à la fois la hausse des impôts et l’appel continu à l’épargne.CAPLAN : Merci, monsieur Ilsley.Je crois que les Canadiens souscriront à votre opinion sur l’ensemble de la situation actuelle.En "énéral, nous avons approuvé la méthode réaliste que vous avez adoptée pour préparer les mesures financières répondant à cette situation.Bien que ces chiffres énormes dépassent l'Imagination du citoyen moyen, il y a une chose que nous comprenons bien, c’est qu'il faut accomplir la tâche.Mais nous sommes tous anxieux de savoir comment elle s'accomplira.Comment les Canadiens I pourront-ils à la fois payer leurs I impôts et augmenter leurs épargnes ?ILSLEY : L'énorme volume des dépenses pour fins de guerre aboutit à ce résultat que le peuple du Canada, dans l'ensemble, possède plus d'argent, dans ses poches et dans les ban-nues.qu'il n'en a jamais eu.En fait, le revenu total des Canadiens a augmenté de plus de 70 p.100 depuis le début de la guerre.Le chômage a presque entièrement disparu.Les revenus agricoles sont plus élevés.Le revenu national est donc considérablement augmenté.Cet argent est entre les mains du peuple, et lui permet de payer des impôts sur une échelle qu’en n’eut pas imaginée autrefois, tout en prêtant davantage au pavs.Si un pays veut tenter le plus grand effort, il doit consacrer la plus forte proportion possible de sa Droduction aux besoins de guerre.Or.si l’on augmente la proportion de la production consacrée aux besoins de guerre, on réduit la proportion consacrée aux besoins civils.Une réduction s’ensuit dans le niveau de vie, ce qui implique des sacrifices, la renonciation à des choses dont on ne penserait pas à se passer, en temps normal.J'ai beaucoup admiré l’empressement des Canadiens à consentir ces sacrifices, à se passer de divers articles.Certaines gens semblent estimer qu’on ne devrait pas leur demander de réduire leur niveau dévié.Quelques-uns estiment qu’ils devraient au contraire l’augmenter.Mais je dis à mes compatriotes, de la manière la plus pressante, qu’ils doivent, à cette heure critique de l’hlstoire nationale, réduire le plus possible leur niveau de vie pour consacrer une plus grande part des ressources du pays à l’effort de guerre.Les Canadiens possèdent l’argent nécessaire au paiement de-impôts et à la couverture des .emprunts, mais ces résultats ne s’obtiendront pas sans une réduction du niveau de vie.Il n’est pas possible de gagner la guerre ou d'en payer les frais sans sacrifices CAPLAN : Qu’arriverait-il, monsieur Ilsley, si vous ne trouviez pas c:et argent 7 ILSLEY : Cette question m’a été posée dernièrement, dans une réunion.On m’a demand si.faute d'obtenir cet argent du public, l'effort de guerre s’arrêterait.J'ai répondu : Non, il ne s'arrêterait pas.SI les Canadiens, pour quelque raison, ne payaient pas leurs impôts et ne prêtaient pas assez de leur revenu au Canada, le Gouvernement serait obligé de recourir à l'inflation pour se procurer les dollars nécessaires.Je crois superflu de décrire les méfaits de l’inflation.Us sont assez généralement connus.CAPLAN : Nous direz-vous, maintenant, quel sera l’effet individuel de l’impôt sur le revenu ?Certains d'entre nous s'aperçoivent que les impôts, cette année, comportent des modalités de compensation, — dirai-je d'a-douclssment ?— susceptibles d'alléger le fardeau plus que nous n’avions d'abord pensé, ILSLEY : Oui, je crains que beaucoup de gens ne se soient effrayés outre mesure.Ils ont négligé deux ou trois modalités de l'impôt sur le revenu.La première est que l'impôt à payer pendunt les douze mois à venir sera réduit du montant de la taxe de la défense nationale payée pendant la période du 1er janvier 1942 au 31 août 1942, date où cessera le prélèvement de cette taxe.Le second aspect que l’on a négligé est le caractère remboursable d'une partie de l'impôt, atteignant dans certains cas la moitié de l'impôt Et l’on oublie encore que cette partie remboursable ne sera même pas payable du tout lorsque le contribuable aura effectué certaines catégories de versements d’épargne au cours de 1942.Dans la mesure où elle n’est pas remplacée par des versements d’épargne, la partie remboursable de l’impôt sera remise au contribuable, après la guerre, avec intérêt de 2 p.100.Mon collègue, le colonel Gibson, expliquera plus en détail le fonctionnement de cette modalité de l'impôt.Je désire insister encore une fois sur ce point que les nouveaux impôts r.e dépassent pas la capacité de paiement du peuple.Dans certains cas.le montant réel à payer l'année prochaine sera très inférieur à ce oue beaucoup de personnes appréhendent.CAPLAN : Pourquoi avez-vous inaguré l’impôt remboursable, ou épargne forcée.comme on l'appelle généralement ?ILSLEY : Nous avons pensé que, dans la mesure du possible, chacun doit épargner, d’abord pour contribuer à l'effort de guerre, ensuite pour assurer son propre avenir.Nous n’avons pas jugé bon que certaines personnes ne sentent aucune responsabilité ou obligation, tandis que la majorité du peuple économise, achète des certificats d’épargne de guerre, non pas seulement dans un but intéressé, mais pour le bien du pays.Pour cette raison, nous avons prévu un minimum d’obligation d’épargne pour tout le monde, pendant les années de guerre.Et nous avons introduit cette nouveauté dans le budget Chacun doit épargner quelque chose.Je veux bien faire comprendre, cependant, que nous n’avons nulelment essayé de substituer l’épargne obligatoire à I épargne volontaire.J’ai dit tout à l’heure que nos dépenses excéderont nos recettes, cette année, de quelque $1,850,000,000.Or, l’épargne forcée ne nous procurera pas plus de $100 millions au cours de l’exercice financier actuel, ce qui laisse $1,750,000,000, soit plus de 90 p.100, à demander à des prêts volontaires., CAPLAN : Pourquoi ne pas demander à l’épargne forcée toute la somme que l’Etat doit emprunter ?ILSLEY: La difficulté, monsieur Capian, est celle-ci.En demandant â l’épargne forcée toute la somme que i’Etat doit emprunter, on créerait une situation intolérable pour un certain nombre d’individus Prenez, par exemple, le contribuable qui a des malades dans sa famille, ou qui a de lourdes dettes, ou des obligations d'autre sorte.Un plan d'épargne foncée sur une grand échelle devrait tenir compte d’une infinie variété d
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