L'Avenir du Nord, 20 novembre 1942, vendredi 20 novembre 1942
CHENIER 5^1g5l ¦ G \r 1897-1942 Fondateurs : Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1942 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même; nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent".(Benjamin Suite) Directeur: HECTOR PERRIER LABELLE ÜSTsc! QUARANTE-SIXIEME ANNEE.NUMERO 47 Journal hebdomaire — Cinq sous le numéro LE VENDREDI 20 NOVEMBRE 1942 L’aube de la liberation A mesure qu'ils obtiennent l'Initiative des opérations, les stratèges alliés ont recours aux tactiques de la guerre de surprise et ménagent des déceptions cuisantes à l'ennemi.Le "second front”, qui avait préludé à Dieppe et que les troupes axlstes se préparaient à repousser au nord de l'Europe, s'est ouvert brusquement en Afrique du nord, dans l'empire colonial français, où plusieurs chefs politiques et militaires de la troisième république voulaient poursuivre la lutte de la France métropolitaine aux côtés de son alliée.l'Angleterre, plutôt que de capituler devant l'envahisseur nazi, en juin 1940.Profitant des succès foudroyants de la huitième armée britannique en Afrique orientale, les troupes anglo-américaines ont décidé de porter la guerre à l'Axe, et non à la France, en Afrique occidentale, dans le but de couper la retraite à l’armée de Rommel, de prévenir l'invasion italo-allemande des colonies africaines françaises, de forcer Hitler à dégarnir le front russo-allemand, de provoquer un soulèvement pro-allié en France et de préparer la libération de celle-ci en même temps que de l'Europe asservie.Tel3 sont les résultats Immédiats attendus du "second front".En quelques Jours les Alliés les ont atteints.L'armée italo-allemande, désemparée, est en fuite et rembarque ce qu'elle peut de ses effectifs pour l'Europe; la menace d'invasion des colonies françaises d'Afrique par l'Axe se dissipe avec les derniers vestiges de l'armée ennemie vaincue; les Russes reçoivent enfin la récompense de leur ténacité et reconnaissent la loyauté de leurs alliés.Après avoir soutenu le coup seuls pendant de longs mois et nous avoir évité la catastrophe qui.sans eux était inévitable, ils voient leur front dégagé de plusieurs divisions nazies, dirigées vers tous les points vulnérables de l'Europe nazlfiée.grâce à la relève que leur apporte leurs alliés britanniques, américains et français combattants; la France, métropolitaine et coloniale, est en effervescence et collabore ouvertement, dans la mesure du possible, avec les Alliés.Unie de coeur et d’esprit à la France combattante, elle salue dans l'occupation temporaire de son empire colonial africain l'aube de la libération.Et l'Europe entière partage son sentiment.Le "second front” en Afrique a dépassé, dans ses résultats, les prévisions de ceux qui le réclamaient en Europe.Si les Alliés avaient frappé immédiatement dans le nord de la France et de l'Europe occupée, ils se seraient heurtés à des difficultés innombrables qui auraient peut-être compromis ou du moins, retardé l’exécution de leurs plans.La France officielle, c'est-à-dire Vichy, aurait collaboré avec l'Allemagne à la défense de son territoire et aurait tâché d'empécher la France patriote de contribuer au succès allié.Par leur débarquement surprise en Afrique, les Alliés ont déjoué les projets de l'Axe et donné une tournure .nouvelle à la guerre.Hitler, qui doit maintenant faire face à une attaque éventuelle par la Méditerranée, en plus de celle qui l'attend toujours par la Manche, et qui viendra à son heure, répétant probablement le mouvement de pince récent d'Afrique, a dû envahir la France Inoccupée.Cette dispersion de ses troupes en affaiblira la résistance au moment de l'invasion du continent L'occupation par les troupes allemandes du territoire nominalement gouverné par Vichy constitue la violation d'un des principaux articles de l'armistice de 1940 et précipite la rupture de la politique de collaboration entre le vainqueur et le vaincu.Elle désorganise les projets caressés par Berlin et Vichy de conclure une paix prochaine entre l'Allemagne et la France afin d'assurer “une atmosphère d'entente mutuelle en Europe." La France est libérée de ses obligations envers l'Allemagne en vertu de l’armistice de Bordeaux.Elle peut maintenant collaborer avec qui elle voudra, et nous savons de quel côté vont ses sympathies.La voix de Vichy est étoufTée par la grande voix de la nation française.Après trois ans et demi de silence, la voix de l'honneur couvre la voix de l'humiliation.La France tout entière peut maintenant s'unir à la France combattante qui préparait la revanche de concert avec les alliés, dans son exil volontaire.La "révolution nationale” dont parlait Pétain le 12 août 1941, en exposant à la nation française le crédo de Vichy, va bientôt se manifester mais dans le sens contraire à celui visé par les traîtres et les opportunistes qui voulaient imposer à la France l'ordre nouveau européen conçu et dirigé par Hitler, "après que l'Allemagne aura accompli des tâches gigantesques dans l'est, en défense d'une civilisation, et qui peuvent changer la face du monde." selon les propres paroles du maréchal.Vichy et ses maîtres se trompaient.La France n'était pas en révolution nationale mais en ébullition nationale.Elle l'est plus que jamais, et les effets de cette ébullition seront d'autant plus terribles, le moment venu, qu'on en aura longtemps étouffé les manifestations.L’Europe réconciliée 11 en est de même de toute l'Europe conquise."Europe reconciliée", avait-on encore fait dire à Pétain, nu sujet de l'ordre nouveau nazi.Oui, Europe réconciliée dans son assaut prochain contre la barbarie teutonne et dans son élan unanime vers sa libération.Depuis trois ans.un vent de révolte a secoué l'Europe asservie et a ébranlé le prestige instable de l'usurpateur nazi.Sous le signe du V symbolique, les nations subjuguées et spoliées se sont levées d'un bout à l’autre du continent contre l'oppresseur, et aussi, contre certains de leurs gouvernants coliabora-tlonnlstes par conviction, lâcheté ou opportunisme.Le monde assiste au spectacle palpitant d'une Europe réconciliée dans sa volonté inébranlable de secouer le joug nazi, en traquant ses maîtres omnipotents, en sabotant leur oeuvre néfaste et en donnant au vainqueur une démonstration indéniable de sa lassitude, de son dégoût et de son indignation Elle recourt aux soulèvements Isolés, aux explosions locales, elle se limite à des manifestations de sympathie envers la cause des Alliés, qui est la sienne, avant de pouvoir s'unir à eux, pour chasser, les armes A la main, les hordes teutonnes des territoires qu'elles profanent.De chacun de ces peuples en effervescence, s'est détaché temporairement, après chaque invasion des barbares modernes, un rameau dont l'amputation n'a pas réussi à tarir la sève généreuse, et qui est allé se greffer sur le tronc britannique pour donner au monde les fleurs de l'espérance avant île le combler des fruits de la délivrance.L’Europe réconciliée dans son désir de revanche et d'affranchissement, c'est in synthèse de l'histoire de tous les peuples conquis à travers les âges, c'est l'union du droit contre la force, de la liberté contre l'esclavage, de l'esprit contre la matière.Leçon de l'histoire que les fascisme dominateur, cupide et arrogant r.'a pas voulu comprendre et dont il sera ln victime.Depuis l'occupation nazie, le courroux de ln France s'est exercé contre les complices les plus fanatiques d'Otto Abetz et contre ln soldatesque allemande.Attentats et meurtres se sont succédé à un rythme accéléré.Seules, des mesures de représaille d'une sévérité excessive ont eu raison des Insurgés.Des centaines d'otages français ont passé devant le peloton d'exécution boche pour chaque Allemand zigouillé.Le mémo spectacle se déroule dans tous les pays conquis où l'Allemagne doit maintenir des troupes d'occupation pour combattre le désordre, enrayer le flot d'immigration vers l'Angleterre, étouffer la révolte, l'asslsslnat et le sabotage.L'Allemagne apprend de jour en Jour qu'il lui n été préjudiciable d'établir ses conquêtes sur In vlolntJon du droit des peuples à disposer d'eux-mèmes.L'Allemagne victorieuse de l'Europe par les armes ou par l’audace et l'Intimidation, H’est vue aux prises, depuis trois ans, avec un continent réconcilié qui n'attend que l'affaiblissement du colosse nazi pour l'nbnt-trc.Elle devra bientôt faire face à la ruée formidable des légions libératrices contre ln forteresse du nazisme.L'aube de ln libération se lève.Nous voyons maintenant poindre à l'horizon (le la victoire et de ln paix le soleil de l'invasion salvatrice du continent européen.La dague, dont parlait dernièrement le général Mac-Naughton, s'élève de plus en plus au-dessus de l'Europe et pointe directement sur Berlin.W.E.Will LUT* 'U!; jPROVllVfc “Un peuple te crée aux champs et meurt dans les villes” Depuis le début de notre histoire politique, llfonorable Monsieur Godbout est le premier agriculteur de carrière à diriger les destinées de notre province, c’est un fait intéressant à la fois pour la classe agricole et aussi pour toute la Province, car l’agriculture est l'assise fondamentale et la grande nourricière de notre pays et elle n'a jamais cessé d'être "l'industrie canadienne numéro 1".L'âpreté du travail de la terre et son absence apparente de bénéfices immédiats ont par le passé souventes fois éloigné le paysan de cette profession si indispensable à la société.Toutefois, malgré l'exode vers les villes notre province compte encore 150,000 cultivateurs et près de 155.000 fermes où vivent environ 57'7, de sa population.Dès son assermentation comme Ministre de l'Agriculture, Monsieur Godbout n'a Jamais failli au devoir, il n'a jamais manqué une seule occasion, de toutes façons, de venir en aide â la classe agricole."La terre nous a sauvés dans le passé et encore une fols, répète souvent le Premier Ministre, "c'est la garantie de notre avenir”.A ceux qui feont sur des terres.Monsieur Godbout prodigue ses encouragements en insistant sur la satisfaction qu’éprouve l'homme qui j remplit bien un devoir pénible, et sur la supériorité de la valeur morale du travail sur sa valeur matérielle, "Il y a des gens qui travaillent surtout pour obtenir des biens matériels; ces biens sont utiles et même nécessaires, mais les biens spirituels comptent encore davantage.Les grandes oeuvres s'appuient sur la valeur morale".Comprenant qu'il faut de fameuses ancres pour attacher à la terre cette part de la population qui nourrit l'autre, Monsieur Godbout a tout mis en oeuvre pour faciliter la tâche aux colons établis sur les terres j de la Couronne et leur permettre de devenir propriétaire de ces lots le j plus vite possible."La Colonisation est une oeuvre essentielle, a dit le Premier Ministre, et nous l'envisageons ainsi.C'est pour la Province en général que nous travaillons.Nous voulons rendre la colonisation bonne pour les colons en tâchant d'éviter les erreurs et les injustices et surtout la stagnation.Nous avons fait au colon des conditions plus humaines; c'est pourquoi il est demeuré à son poste.On ne pourra jamais demander au colon de revenir aux méthodes d'autrefois.” M.Godbout a noté que le département a obtenu de beaux résultats avec ses nouvelles méthodes.Il a rappelé qu'en Italie, Mussolini a proclamé aux quatre coins du monde, la réussite de son système pour l'assèchement des Marais Pontins.Ici, dans la Province, sans grande publicité, on a fait plus en ce domaine que les Italiens en quatre ou cinq ans, a affirmé le Premier Ministre.* • "Lorsque la guerre est survenue, a-t-il déclaré, nous avons été menacés d'un arrêt complet et je dois dire que nous devons au clergé, de façon générale, l'excellence du choix des colons.Nous aurions voulu intensifier la mécanisation des travaux de colonisation, qui a rendu de réels services aux colons; il aurait fallu augmenter chaque année de quelques unités notre flotte de tracteurs, ce qui a été impossible." Monsieur Godbout n'a jamais rien négligé pour aider le cultivateur et le colon de cette province, afin qu’ils restent sur leurs terres, car plus que tout autre, il sait qu'"un peuple se crée aux champs et meurt dans les villes".L’honorable Rochette et les Pêcheries maritimes En octobre 1939, l'honorable Edgar Rochette.C.R., député de Char-levoix-Saguenay, était assermenté comme ministre du Travail, des Mines et des Pêcheries Maritimes.Pendant trois ans il a administré ces importants départements avec une maîtrise digne de la confiance qu'a mise en lui le premier ministre de notre province.Le remaniement ministériel effectué ces jours derniers a amené une nouvelle répartition des responsabilités ministérielles.On peut supposer que c’est pour lui permettre de pouvoir consacrer tout son temps aux Mines et au Travail, dans les heures critiques que nous traversons, que l'honorable Adélard Godbout a demandé à M.Rochette de faire le sacrifice de son département des Pêcheries Maritimes qu'il dirigeait non seulement avec la dextérité d'un expert, mais avec un enthousiasme qui s'explique par le fait que depuis plus de vingt ans il s'est toujours intéressé activement aux pêcheries maritimes de notre province, parce qu'il est né â la Malbaie, et est député du comté de Charlevoix-Saguenay dont une grande partie de la population, celle de Saguenay, vit de la pêche.Comme député, l'honorable M.Rochette a toujours cherché à améliorer le sort des pêcheurs de son comté.Comme ministre des pêcheries, il a voulu le bien-être de tous les pêcheurs professionnels de sa province.Examinons brièvement ce qu'il a fait, dans le court espace de trois ans, pour asseoir l'industrie des pêcheries maritimes sur des bases solides.Avant de songer à imprimer une orientation nouvelle à l'industrie, orientation dont elle avait grandement besoin, il a d’abord commencé par réorganiser complètement le département.Il est allé chercher un biochimiste expert en pêcheries, M.Arthur Labrie, qui dirigeait la Station Expérimentale de Pêche de la Gaspésie du gouvernement fédéral, en fit le premier sous-ministre exclusivement attaché aux pêcheries maritimes.On assista ensuite à la mise au point des services administratifs et techniques, et à la fondation d'un office de publicité et de propagande.Une fois cette besongne accomplie, M.Rochette se mit à l'oeuvre pour fournir aux centres de production les usines et l'outillage dont ils avaient besoin pour lutter sur un pied d'égalité avec leurs concurrents des autres provinces, dans le domaine des poissons frais et congelés.Lorsque M.Rochette prit la direction des pêcheries maritimes le réseau d'entrepôts frigorifiques du département était capable de congeler 108 tonnes de poisson par jour, et d'entreposer 6.975,000 livres.En trois ans, la capacité de congélation a été portée à 142% tonnes, et celle de l'entreposage à 10,145,000 livres.Deux nouveaux entrepôts furent construits: Grande-Rivière, dans Gaspé-Sud, et Ruisseau Leblanc, dans Bonn-venture Ceux situés aux endroits suivants, endroits qui occupent des positions stratégiques par rapport aux bancs de pêche, ont été agrandis: Belle Anse, Newport.Gascons, Paspébiac, Port Daniel, Gaspé, Percé, Petit Gaspé, Cap des Rosiers, St-Mauriee et Havre St-Pierre.Quinze des entrepôts sont munis de congélateurs rapides et d'usines à filets modernes.Pour assurer un contact plus étroit entre le département et les pêcheurs, un bureau permanent n été établi il y a deux ans en plein coeur de 1a péninsule, c'est-à-dirc à Gaspé.Des techniciens sont constamment en service afin de surveiller la qualité de nos produits de mer.qu'ils soient destinés à l’exportation ou aux marché locaux.Les efforts du département tendent vers une inspection encore plus systématique du poisson.Un séchoir n été construit l'an dernier, à Rimouski, pour le séchage de ln morue provenant de la côte nord du golfe St-Laurent II subira incessnmment son second agrandlssage.Il est actuellement capable de sécher 30,000 livres de morue par Jour.Ce séchoir supprime le handicap que ln mauvaise température de l'automne imposait nux pêcheurs du nord, et leur permet de disposer de leur morue durnnt les mois où les prix atteignent leur maximum.Le problème de la production étant réglé.M.Rochette s'est attaqué A celui de la distribution.Au moyen d'une publicité variée et soutenue, il a éveillé l'intérêt.Il n fait organiser une cuisine expérimentale où plusieurs centaines de dames ont déjà suivi des cours sur ln cuisson du poisson.Il n enfin entrepris une campngnc d’éduention chez les détaillants de poisson, et, à cette fin, s'est assuré il n'y n pas très longtemps, de ln coopération des marchands de gros do ln province.Grâce à une entente Intervenue avec le ministère provincial du Commerce et de l'Industrie, la vente de notre poisson sur les marchés étrangers s'effectue maintenant de façon parfaite.; SUPERIORITE DES PARTIS J SUR LES BLOCS s - } -J Ce système de partis est la » pierre angulaire de nos insti-| tutions publiques.Il n'est pas J parfait mais il est perfectible.S Nous savons, hélas jusqu'à quel * point ont été décevants, en | France, les essais d adapter au j régime parlementaire le sys-( tème de blocs, de groupes ou de J fronts.Ces blocs, groupes ou j fronts incarnent des Intérêts j particuliers.Ils ne peuvent pro-{ duire que des gouvernements J de coalitions et les coalitions S ne durent que tant qu'il ne s’en | offre pas d’autres qui parais-| sent mieux favoriser ces inte-J rêts particuliers.Un grand part ti, au contraire, recruté dans } tous les rangs de la société et j par tout le pays, doit néces-S sairement pour être grand et | durable laisser à chacun l’im-J pression très nette qu'il est au I service de l'intérêt général de ! toute la communauté."Je ne veux prêcher â personne un esprit de parti aveugle et servile, mais je crois que nous avons le droit de relever le défi de ceux qui condamnent avec tant d'assurance les anciens partis traditionnels qui ont veillé au contrôle des intérêts généraux de notre communauté depuis l’origine de nos institutions parlementaire”.«Honorable Louis Saint-Laurent Ministre de la Justice) 4 ( V V 4 j » 5 I ; i > : * s \ \ s : \ S \ H V 4 4 5 \ y S y y y y y \ \ y y y y On chuchote que.Incertain quant aux chances de succès de son parti.Monsieur Maxime Raymond aurait décidé de tâter le pouls de la masse dans Outremont, le 30 du courant.II se serait opposé à ce que son “bouc" briguât les suffrages sous l'étiquette officielle du parti.Il aurait intimé à Jean Drapeau l'ordre de se balla-der sous de fausses couleurs et de se présenter comme “candidat des conscrits”.Chassez le naturel, il revient au galop ! Les discours du jeune avocat stagiaire sont trop émaillés du mot "bloc" pour que le peuple ne voit pas en lui le candidat de Maxime.Mossieu le Cheuf.inutile de.masquer votre jeu ! • • • Le major-abbé Sabourin communique toujours son patriotisme et son enthousiasme aux foules qui accourent l’entendre.Cette semaine encore, sa chaude et persuasive parole faisait vibrer les coeurs, à Hamilton.Décidément, les éclaboussures qui viennent d’en-bas n’étoufferont jamais son verbe.Pourquoi donc les vermisseaux ne se terrent-ils pas ?• • • La semaine dernière, nous signalions l’absence, à l'assemblée inaugurale du “bloc" tenue à St-Geor-ges de Beauce.du docteur Pierre Gauthier, député de Portneuf aux Communes et organisateur-cn-chef du Bloc populaire canadien.Un autre membre, censé très actif, ne figurait pas davantage sur la tribune : René Chaloulû, député de Lotbinière à la Législature.A quoi donc attribuer cette soudaine éclipse ?«Monsieur Edouard Lacroix l'aurait-il par hazard voulue ?On sait que M.Lacroix qui, entre parenthèse, sait tout juste lire et écrire, pose bien à l'homme d'état, mais nul n’ignore qu’il n'a pas de béguin pour le député de Lotbinière qui se pique, lui, d'être un intellectuel.Peut-être Monsieur Raymond pourrait-il nous fournir quelques éclaircissements.* * * La bataille fait toujours rage sur maints théâtres de guerre.Des myriades de nos soldats combattent avec acharnement pour assurer à une humanité pantelante la paix et la liberté qui lui permettront de récupérer ses forces.Nos gars rivalisent de bravoure et d’héroïsme 1 Et durant ce temps, il en est qui s'amusent encore à jouer au .bloc.* * • “La guerre aura prouvé que les Américains ne connaissent pas assez les langues étrangères.” C’est ec que vient de déclarer M.Mortimer Graves, secrétaire de la American Council of learned Societies.Quand donc certains esprits étroits et timorés de chcz-nous admettront-ils que l’enseignement de l’anglais constitue tout un trésor d’avantages pour les nôtres ?* * I Hitler déclarait il y a quelque temps, que les Américains n’étaient En Afrique du Nord Depuis l'explosion de 1939, les nations alliées ont connu des jours bien sombres.Un à un les petits peuples sont tombés sous les formidables poussées des puissances de l'Axe, la blessure capitale s'établissant bien dans la chute de la France.Faisant courageusement face à la terrible tourmente, essuyant des défaites et subissant de lourdes pertes sans jamais désespérer, les nations alliés s'attelèrent à la tâche d'édifier une structure de défense qui, enfin, semble devoir endiguer le torrent dévastateur des hordes ennemies.Avec la fuite des mois, la physionomie de la guerre a changé; aux toutes dernières heures, ce sont les nations unies qui portent l'offensive, reconquièrent les lambeaux de sol perdu hier, se préparant à libérer les petits peuples qui geignent et pâtissent sous la botte de Hitler et de ses sordides satellites, en chassant ceux-ci des territoires que leurs pieds n'auraient jamais dû fouler.Les récentes victoires en Afrique du Nord et en Egypte, la merveilleuse résistance offerte sur le front russe, sans toutefois nous inciter à nous plonger dans un dangereux optimisme, sont de nature à nous encourager à persister dans l'effort.L'ennemi affiche des signes de faiblesse; les défections se succèdent; les forces des brigands nazis se désagrègent.Au cours des dernières heures, un homme qui se posait pourtant en ardent protagoniste de la collaboration avec Berlin vient de se joindre à nous.Si l'avènement de Jean Darlan à la tête des forces françaises en Afrique du Nord est vraiment la conséquence d'un projet mûri et arrêté avec les autorités des nations alliées, nous pouvons dire alors qu'un acte de première importance, et qui aura de grandes répercussions dans la conduite de la guerre, vient d’être posé.Personne ne niera que Darlan ne soit en état de nous apporter une aide matérielle considérable.N’a-t-il pas déjà enjoint à la flotte française de se rallier à nous?Nous admettons que rien dans ce sens n'a encore été fait, mais les unités franses peuvent fort bien être versées dans la marine alliée d'un instant à l’autre.En plus, Darlan, qui est aujourd'hui généralement reconnu comme représentant officiel de Vichy, malgré sa récente répudiation par Pétain, est certes susceptible de nous gagner certaines sympathies françaises au sein des possessions afriçaines.Bien fol, et piteux stratège serait celui qui, sans d'abord en établir la réelle valeur, rejetterait les offres faites par l'amiral Darlan, même si la collaboration avec ce dernier était entachée de certains désavantages peut-être graves.Afin de nous mieux gouverner dans le jugement à porter sur cet homme, projetons sur l'écran de régression quelques gestes qu’il esquissa au cours des deux dernières années.En 1941, Darlan succédait à Pierre Laval comme premier lieutenant de Pétain.Trois mois plus tard, s'adressant aux éditeurs français de Paris occupé, il déclarait; "Même si l’improbable victoire de l'Angleterre se réalisait, ou si le monde Anglo-Saxon triomphait, la France ne serait encore qu’une possession de second plan; ceci signifierait bien peu si, dans telle occurrence, la Grande-Bretagne ne nous accordait que le traitement qu’elle dispense à /‘Irlande ou même à une colonie.Je n'ai qu’un désir: agir de façon à assurer à notre pays son maintien comme puissance en Europe, puissance reconnue dans le monde entier.J'entends par là que le rôle de la France devra s’étendre à une large contribution à l'édification de l’Ordre Nouveau, quelle devra, partant, mettre tout en branle pour avancer l'heure de la paix.Si l'impérialisme britannique a besoin de la guerre pour détruire l’Europe, la France, elle, a besoin de paix pour survivre!" Il vaut bien de noter qu'au moment où Darlan s'exprimait ainsi, la paix dont il parlait signifiait cele voulue par Hitler, comprenait l'acceptation des conditions dictées par le fuerher.Plus explicitement, c’était la mise à mort de l'Angleterre que Darlan lui-même accusait de livrer une guerre de piraterie à la France.Un mois plus tard, faisant une déclaration publique en sa qualité de Chef du Cabinet de Pétain, il tenait le même discours à Vichy, préconisant avec véhémence l'entière collaboration avec l’axe et l'absolue rupture de tout lien avec l'Angleterre.Subséquemment, à la faveur de certaines intrigues qu'il noua avec Berlin et Vichy, Pierre Laval revint à la surface et reprit le pouvoir.Ce n’est pas sur une question de principes que l’on disposa de Darlan, mais celui-ci fut relégué dans l’ombr,e tout simplement parce que I.aval avait été plus heureux dans la trame de ses intrigues.Tel est, bien grossièrement et brièvement brossé, le portrait de celui qui, — en apparence du moins.— nous tend aujourd’hui le rameau d'olivier et nous fait l’offre de son appui.Une question devient opportune: quel sera le statut du Général Charles de Gaulle, ce grand et courageux soldat qui.dès les débuts du conflit, s'est rangé avec nous et n'a cessé de batailler à nos côtés durant les sombres heures de 1940?Quelle sera aussi la position ou le rôle du Général Henri Giraud, ce héros que les prisons, ainsi que le disait Winston Churchill, “ne peuvent retenir en captivité", l'homme que De Gaulle se déclarait prêt à suivre sur tous les théâtres de guerre?Il est évident que même à cette heure tardive.Darlan peut ajouter à notre force.Qu'il nous fasse cette offre de collaboration au moment où trois années d'intensive préparation engendrent enfin notre force, peu importe; le moindre facteur susceptible d'accroître nos chances de succès ne doit être négligé.Qu’il nous soit cependant permis de souligner que Jean Darlan n'était pas animé des mêmes bonnes intentions alors qu'il y avait chez-nous pressant besoin d'aide.Partant donc du principe que son offre devrait être acceptée, ne pouvons-nous pas présumer que l'infâme Quisling pourrait bien nous offrir la libération de la Norvège, que De Kalley suggérerait de nous amener la Hongrie un de ces jours, et qu’enfin Hitler, Mussolini et l'Empereur des Nippons, nous tendraient tantôt la main, nous offrant de collaborer.Si, pour sauver sa peau, il prenait envie à Goering de nous offrir sa Luftwaffe, quelle attitude devrions-nous alors prendre?Cette question que nous posons représente ce que nos voisins d'outre quarante-cinquième appellent: "food for the thought".Nous éloignant de toute prétention et mesurant justement notre incompétence en matière de stratégie militaire, nous ne formulons aucun jugement définitif.Les chefs savent ce qu'ils ont â faire.Cependant, nous opinons qu'il est important au premier chef que les autorités pèsent bien la valeur des hommes qui nous offrent ainsi, au moment où les premiers rayons de soleil percent, un concours qui peut fort bien procéder de l'intérêt personnel, un appui susceptible d'ôtre inspiré par l'égoïsme.En toute justice pour ceux qui ont bu avec nous à la coupe amère des revers et des défaites, ceux qui, avec vaillance, combattent à nos côtés depuis que s'est déclenché le cataclysme, il s'impose que soit bien établi le degré de sincérité des hommes politiques ou militaires qui veulent, à cette heure avancée, joindre leurs efforts aux nôtres.Léopold F.qu'un peuple assoiffé de plaisir et de frivolités, que comme nation guerrière, il était permis de les désigner sous le chiffre de zéro.Que pense le cl-dcvant peintre des succès américains en Afrique du Nord et que doivent penser les Nippons dont vingt-trois navires viennent d’être envoyés par le fond, précisément par la marine et les avions de nos voisins ?“Food for the thought”, dirait Sammy.* • • Le docteur Pierre Gauthier, député de Portneuf aux Communes et organisateur du Bloc populaire canadien, ce parti des pure entre les purs, assistera-t-il & la prochaine réunion des.bloqués ?Nul ne peut dire, sauf peut-être Monsieur Maxime Raymond, • • • Au cours de l'élection partielle dans Charlevoix-Saguenay, les électeurs n’auront que l’embarras du choix.En effet, cinq candidats se disputeront les suffrages populaires.Souhaitons qu’en enregistrant leur vote, les citoyens de ce comté n’aient d’autre but que celui de satisfaire aux intérêts de notre pays.Par les temps difficiles qjue nous traversons, U simpose pins qne jamais que le people jette son dévolu sur des hommes ou des femmes de bonne volonté et de réelle valeur. Page doux L’AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 20 novembre 1942 Intérêts communs C'est, entre autres moyens, par des réunions du genre de celle qui réunissait au Windsor, quelque huit cents cultivateurs du Québec, venus de tous les coins de la province rendre hommage aux cultivateurs d'autrefois sous les auspices de la Commission du ttoisième centenaire de Montréal et du ministère de l'Agriculture, c'est par ces sortes de réunions que l'on apprendra le mieux aux gens des campagnes et aux gens des villes qu'ils ont des intérêts copimuns, qu'ils ont avantage à se bien connaître pour bien collaborer.Le premier ministre, l'hon.Adélard Godbout, a su le dire dans son allocution: il est nécessaire que la ville et la campagne se rencontrent souvent pour mieux se comprendre.Montréal, centre da la finance, de l'industrie et du commerce dons notre Dominion, a besoin de 1 appui, non seulement de sa propre population, mais encore de tous les citoyens du Québec pour conserver son rang de métropole.De leur côté, les citoyens des districts ruraux ne doivent perdre aucune occasion d'aider au progrès de Montréal, principal marché pour la vente de leurs produits et pour l'achat d'une foule de marchandises.Au fond, nous nous dirigeons vers les mêmes buts quoique par des voies différentes.D'avoir évoqué ensemble le souvenir des braves colons d'autrefois et de tous ceux qui, le long de notre histoire, ont travaillé à mettre le sol québécois en valeur, nous incitera, il faut l'espérer, à rendre de plus en plus étroite, de plus en plus efficace cette collaboration entre ruraux et citadins au profit des uns et des autres.Nos ancêtres donnaient tout l'effort dont ils étaient capables pour développer et enrichir le pays où la Providence les avait établis.L'hommage qu'on leura rendu, est certes des plus mérités: ils ont puissamment contribué & créer pour la race un réservoir de vie spirituelle d'un prix inestimable.Donnons-nous la main, gens des campagnes et gens des villes, pour continuer ensemble l'oeuvre qu'ils ont commencée et mise en bonne voie! Des années s'en viennent où nous aurons besoin de nous serrer les coudes et de constituer un front solide pour résister aux épreuves et résoudre les difficultés que l'après-guerre ne manquera pas d'apporter.Pratiquons dès maintenant la solidarité et l'entr'aide afin de n'être pas pris alors au dépourvu! (Le Canada) La nécessité des services sociaux Dans les milieux où l’on étudie déjà les possibilités de la colonisation.du retour à la terre, dans la réhabilitation des démosilisés.il semble que l'on accorde peut-être une importance trop gTande aux considérations d’ordre pécuniaires.On dira, par exemple, que le succès d’une famille en pays neuf, en autant qu'elle possède par aillleurs les qualifications nécessaires, sera assuré si le montant des octrois est élevé.Partant de là, l'on soutiendra qu'un grand nombre de colons qui ont abandonné leur lot dans le {«ssé seraient demeurés en pays neuf, s’ils eussent reçu une aide financière plus considérable.Sans aucun doute, l'octroi doit suffire à la vie de la famille ; il - doit aussi tenir compte du nombre des enfants.Cependant il n'est pas le seul facteur de succès ; loin de là.Xous avons connu nombre de familles bien qualifiées, assurées d'une bonne vie en pays neuf qui ont cependant abandonné au bout d'une année ou deux.Elles n’ont pas réussi à s’acclimater.Personne ne le niera, la famille qui quitte la ville ou même son village natal dans les vieux centres de la province pour aller s'établir en Abitibi s'engage pour ainsi dire dans une vie complètement nouvelle.11 lui faut s’adapter.Elle ne prendra racine qu’à la condition de pouvoir satisfaire à ses besoins religieux, sociaux, culturels et économiques.Par exemple, pour les jeunes surtout, les lieux de rencontre, d'amusements sains, font trop souvent défaut.Même les personnes d'âge mûr ont besoin de se distraire par des rencontres sociales.La vie paroissiale.la participation de.chacune des familles dans des oeuvres communes, religieuses, sociales ou économiques est indispensable.S'il est vrai que les cercles d'étude, les or ganismes coopératifs, les cercles de Fermières, ont fait beaucoup pour grouper les familles, pour les faire travailler ensemble, pour leur assurer des moments de distrac-ton, la tâche est loin d'être achevée.En pays neufs, il est arrivé souvent qu'une famille ait abandonné son lot parce que les enfants n’ont pu s’intéresser à ce nouveau mode de vie.Dans les plans de colonisation de l’après-guerre, si l’on veut assurer le maintien des familles.leur enracinement à la terre, il faudra faire plus large la part des services sociaux.C.-E.Coulure La Croix-Rouge Tous ceux qui, de près ou de loin, ont affaire aux gouvernements municipaux, tous ceux qui détiennent quelque fonction ou charge publique devraient savoir comment obtenir les secours de la Croix-Rouge en cas de sinistre.Nous entendons par ''sinistre”, une conflagration.une inondation, une explosion ou tout autre accident qui peut mettre en danger la vie de nombreux citoyens.Bien entendu, La responsabilité et le devoir de venir en aide aux sinistrés appartiennent d'abord aux autorités municipales.Ce sont elles qui doivent organiser les premiers secours, loger les personnes sans abri, comme il est également de leur devoir d'empêcher, dans la mesure du possible, tous les désastres prévisibles.Mais si les besoins dépassent les possibilités des organisations locales, les autorités municipales feront appel au gouvernement provincial.C'est lui qui réclamera ensuite l'aide de la Croix-Rouge, s'il le juge nécessaire.Un exemple fera mieux comprendre la nature des soins procurés par la Croix-Rouge et la perfection de son organisation.L’an dernier, un incendie se déclarait dans un orphelinat du I.ac Saint-Jean.Plus d’une centaine d'enfants se trouvèrent soudain sans abri, et pour la plupart avec leurs seuls vêtements cfe nuit.Les bonnes religieuses réussirent à sauver tout leur petit monde, mais comment lui procurer nourriture, vêtements et abri ?Les autorités municipales se déclaraient tout aussi impuissantes.On réclama assistan ce auprès du gouvernement provin cial qui jugea que.dans les cir constances, la Croix-Rouge était la seule organisation capable de ré soudre tous les embarras des reli gieuses en même temps que de protéger la santé des petits orphelins Un télégramme fut envoyé à la Croix-Rouge.Moins d'une heure plus tard, un train spécial quitta Montréal, emportant des vivres, des vêtements, des couvertures, des fournitures médicales.Deux gardes malades et onze infirmières auxili aires appartenant à la Croix-Rou ge montèrent dans le train.Lorsque le convoi arriva dans le village, un bon nombre d’orphelins n'avaient pu encore trouver place dans les maisons.Les infirmières de la Croix-Rouge s'occupèrent aus sitôt à les secourir.Le même jour le train repartait pour Montréal amenant la plupart des orphelins qu'une institutions s'était offerte à loger temporairement.A la Maison de la Croix-Rouge, à Montréal, on garde une certaine quantité de vêtements et de fournitures médicales et d'autres articles indispensables dans un sinistre.Depuis quelques mois, deux autres dépôts ont été établis le long du fleuve Saint-Laurent, tant pour les sinistrés civils que pour les rescapés des torpillages.La Croix-Rouge n'appartient à personne; elle appartient à tout le monde, à tous ceux qui veulent mettre en pratique les principes fondamentaux du christianisme.Pour une société de ce genre, 35, 000 bénévoles dans notre province c'est beaucoup.Mais cela ne suffit pas à remplir toutes les tâches départies à la Croix-Rouge.Nos combattants luttant pour nous dans les airs, sur terre et sur les mers; aidez-leur en travaillant pour la Croix-Rouge.Vous pouvez certainement faire quelque chose.Parlez-en à votre section locale ou écrivez à la Maison de la Croix-Rouge, 7/0 rue Saint-Antoine, à Montréal.Lettre à Prosper, cultivateur En toutes circonstances servez du ST GEORGES Wb-* CULOH 160 02.*2.15 40 02.26 02.L-**" .G.BRIGHT* CO Lichin* En vent» d»n» U* magasin» de 1» Commi»»i°0 de» Liqueur» de Québec.L1MITED.NIA.GARA FALLS.ONT.•» Sa»k.Mon cher Prosper, L’hiver, le terrible hiver dont nous souffrons peu en somme de ce côté-ci de l’Atlantique, mais qui, en Europe, s'affirme redoutable à cause de la guerre, a donné tôt, cette année, ses premiers coups de gnffe.Je ne veux pas t'entretenir ici de considérations générales sur les misères de l’hiver européen: les vaincus y mourront par millions et les pseudo-vainqueurs germaniques par milliers.Leur sort affreux doit surtout, pour le moment, nous inspirer des mesures d’ordre pratique.Ainsi, mon cher Prosper, l'on nous demande de produire des vivres, encore des vivres et toujours plus de vivres, afin d'alimenter nos défenseurs tie là-bas, qui empêchent le fléau d’aborder sur nos rives.Les autorités constatent également que la consommation de viande a encore augmenté au Canada en 1941.On a mangé, l'an dernier, plus de porc, plus de boeuf et plus de mouton.Cette augmentation complique encore les choses, car l'Amérique devra nourrir, davantage chaque mois, à mesure que le cercle im placable forgé par les Nations Unies se resserre autour de l'Axe : l’A mérique devra nourrir, disai-je, le populations d’Europe, partiellement celles d’Afrique et peut-être un peu plus tard celles d’A.sie.Nous avons là un marché potentiel qui fera de notre continent le garde-man ger du monde, et du cultivateur le citoyen le plus important du Ca nada.Ces réflexions me ramènent l’hiver.De la fenêtre de mon école, je vois mon plus proche voi sin réparant sa glacière : ce voisin, qui est le grand Joseph Courte manche, que tu connais aussi bien que moi, est un sage sous ses airs timides.“Puisque l'Etat me deman de de produire beaucoup de lait d’oeufs, de légumes et de viande’ semble se dire Joseph, “il me fau dra beaucoup de glace pour conser ver tout ceia.au cours de l’été prochain .” Et dès les grands froids venus, je m’attends à voir ses deux fils, qui sont mes élèves, aider leur père à tailler à même la rivière un plus grand nombre de blocs, qu’au cours de l’hiver dernier.Je te conseille.Prosper, de faire de même.Rien n'est plus facile que de conserver de la glace, et, corn me moi.tu jugeras de son importan ce pour notre production de guer re intensifiée.Un local de dix pieds carrés et de huit pieds de hauteur, aménagé dans le coin d'un hangar, contient assez fie glace, nous affirme le Ministère fédéral de l’Agricul ture, pour en fournir 50 livres par jour pendant 130 jours, même en calculant un certain déchet.Il suf fit que le fond soit recouvert d'u ne couche de bran de scie d'un pied d'épaisseur, de même que les côtés et le dessus de la pile de blocs de glace.A défaut de bran de scie ou de ripes de planeur, tu pour rais te servir de ton foin de rua récage, ou de ce foin sauvage fin qui pousse dans les endroits bas de ta terre.Enfin, pour vider le sujet, j puis même ajouter, sur l'autorit les experts d’Ottawa, que s’il t’était nécessaire de construire une glacière spéciale, tout ce dont tu aurais besoin, ce serait une construction élémentaire, en planches brutes, suffisante pour mettre la glace à i'abri des intempéries.Tu peux ficher c-n terre des perches et les revêtir à l'intérieur de pbin ches grossières ou de croûtes, laissant un espace d'environ de pouce d’une planche à l’autre.Tu recouvriras le tout d'une toiture, pour rejeter la pluie.Ce n’est pas là.Prosper, un ouvrage bien compliqué : mais il peut rendre des services immenses à ton pays.Car rien ne sert d’intensifier la production de denrées périssables.si la chaleur doit ensuite les létériorer.Entre toute récolte et la vente d'un produit, il s’écoule un peu de temps: c’est là que la glace que tu auras emmagasinée trouvera sa valeur, véritablement ncalculable, puisqu’elle contribuera à sauver outre-mer des vies humai nés.Bien à.toi, DAMASK.Les problèmes de guerre dominent notre économie Reg*»».Quel trésor qu'une famille confraternelle qui ne demande qu'à être mise à contribution lorsque votre isolement vous fait sentir les Innombrables manques d'indulgence de la vie."Les problèmes d'une économie de guerre ont pris, depuis 1939, une importance croissante et aujourd’hui Il dominent la structure économique du pays".Ainsi s'est exprimé M.A.-A.Magee.C.R., président de Barclays Bank (Canada), a la quinzième assemblée annuelle des actionnaires."Quand les événements de l'année auront été consignés, l appvrt du Canada à la cause des Nations Unies occupera une place de premier plan.L'importance d'un flot continu d'engins de guerre est intensifiée par les exigences extraordinaires d une guerre motorisée; les forces armées qui combattent pour la cause de la liberté dans diverses parties du globe sont soutenues par les munitions et les approvisionnements que leur expédient les usines canadiennes."L'étendue de la participation du Canada peut se mesurer par le montant des contrats et engagements du ministère des munitions et approvisionnements.A la fin de septembre le grand total s'élevait à pas moins de $5.5 milliards.La construction navale est évaluée à $259 millions en 1942.soit 185% de plus que l'an dernier.La production d'avions s'accroît de 158% à $268 millions; la fabrication des véhicules motorisés passe de $206 millions en 1941 à $401 millions.Les canons, les fusils, les obus, les produits chimiques, les chars d'assaut et les autres engins sortent en quantité croissante des usines canadiennes et sont dirigés vers les divers fronts."La production canadienne est maintenant étroitement liée à celle des Nations unies; grâce à une consultation constante, on a obtenu une standardisation sans exemple dans le passé."En dépit d'une collaboration étroite, les autorités devront envisager deux problèmes principaux pour maintenir ta production au niveau requis.Le premier est de maintenir une main-d'œuvre suffisante en face des besoins de l'armée.Le second est la pénurie des matières premières; pour satisfaire aux besoins de la guerre, la production d'articles d'usage civil devra être réduite.L'industrie de la construction.stimulée depuis longtemps par la guerre, sera frappée tout particulièrement."Les priorités, la taxation des prix et les restrictions à l'exportation ont été imposées dans de nombreux cas mais elles comptent peu en comparaison des sacrifices qu'il faudra faire à l'avenir.Un pays ne peut diriger une forte partie de ses facilités de production vers les industries de guerre sans disloquer certaines parties de son économie industrielle".M.Magee a fait allusion a l'industrialisation intensive du Canada depuis le sombre mois de juin 194); il a ajouté que "nous sommes peut-être trop près des miracles qu'accomplit l'industrie pour nous en rendre compte bien clairement mais leur influence ultime sur notre destinée économique peut être amoindrie." Agriculture Le rôle de l'agriculture en temps que source de vivres en temps de guerre ne saurait être exagéré.Travaillant à la récolte dans de3 conditions difficiles, les cultivateurs du Canada n'en continuent pas moins de donner le rendement qu'on attend d'eux.Grâce à une excellente précipitation, les moissons qui viennent d'etre récoltées atteignent des proportions sans précédent.La récolte de blé s'élève au niveau record de 615 millions de boisseaux.Le rendement du blé à l'ancre a même dépassé le record établi en 1915.Sans doute, l'abondance de la récolte de blé a fait surgir certains problèmes concernant surtout la main-d'œuvre et l’entreposage, mais il y a lieu de noter que cette immense quantité de blé, jointe aux récoltes considérables de grains communs, éloigne tout danger d’une disette de fourrage relativement au programme de l'élevage du bétail en temps de guerre.L'importance de l'industrie animale apparaît clairement par les contrats passés avec la Grande-Bretagne.Ce pays, en effet, avait be soin de 600 millions de livres de ba con et de porc pour l'année terminée en septembre dernier; durant Jes douze mois finissant le 31 mars prochain.elle aura besoin de 125 millions de livres de fromage et environ 660,000 caisses de lait évaporé du Canada.Industrie minière La production de l’industrie minière se maintient à un niveau passablement stable depuis deux ans.Il s'est produit une expansion marquée en 1940 et la capacité de production des mines de métaux usuels a été maintenue au même rythme par la suite.Il est évident que l'on tâche par tous les moyens d'accroître la production de métaux usuels.D'autre part, la production d'or, qui atteignait le plus haut niveau en 1939, accuse maintenant une diminution et l’on en est arrivé à restreindre cette production en vue de l'effort de guerre, afin de conserver la main-d'œuvre et les matériaux Indispensables à la production de guerre.Energie électrique L'augmentation constante et rapide de la production d’énergie hydro-électrique permanente depuis trois ans indique l'efTct de la guerre sur toute l'activité industrielle, surtout sur l’industrie de l'aluminium.De fortes quantités d'énergie qui étaient vendues sous forme d'énergie Intermittente le sont maintenant sous forme d'énergie permanente.L'Industrie de la pâte et du papier, qui utilisait une bonne partie de cette énergie Intermittente, est proba- PROMOTION ET NOUVEAU POSTE AU LIEUTENANT-COLONEL ROCHE Le ministre de la défense nationale, l'honorable J.-L.Ralston, annonce la promotion du It-coloncl Redmond Roche, de Montreal, au rang de colonel intérimaire et sa 1 nomination comme vice-président du comité de sélection des officiers, de reclassification et de distribution.Le colonel Roche est l'ancien commandant du C.E.O.C.de l'Université de Montreal et du 1er butaillon du Régiment de Maisonneuve outremer.blement celle qui fut le plus fortement atteinte.Par suite de l'occupation de la Norvège par l'ennemie la Grande-Bretagne a dû s'adresser au Canada pour obtenir un certain nombre de produits, comme des abrasifs, des produits chimiques et des aciers d'alliage La production de ces matières exige une grande quantité d'électricité, ce qui a créé un sérieux problème au Canada.Il est donc évident qu'il faudra de plus en plus pratiquer une stricte éconolme d'électricité et que les besoins de la guerre devront passer avant toute nécessité civile Industrie manu!acturière La guerre a révolutionné complètement la vie industrielle au Canada Nous sommes entrés dans la quatrième année de guerre avec une production croissante de munitions, par suite d une expansion industrielle constante L’industrie de l'automobile a été entièrement convertie à la production de véhicules militaires.Nous produisons maintenant plus d'explosifs en six mois que durant toute la guerre de 1914-18.L'industrie de la construction navale est plus active que jamais et celle de l'avionnerie a pris une telle expansion que le pays fabrique maintenant autour de 400 avions par mois.Les prix Par suite du contrôle exercé par le gouvernement sur les prix des denrées et sur les salaires, l'employé canadien est dans une bien meilleure situation aujourd'hui qu'il ne l'était à la dernière guerre.La tendance du coût de la vie au cours des douze derniers mois offre un contraste frappant en regard de la hausse considérable qui se produisit durant la même période à la dernière guerre.Grâce au contrôle rigide visant surtout à la stabilisation des prix de détail.l'Indice du coût de la vie n'a presque pas varié depuis octobre 1941.tandis qu'il grimpait de 24 p.c.à la dernière guerre.Finances nationales Le gouvernement aura besoin de $3,900 millions environ cette année pour défrayer les dépenses nationales.de sorte qu'il devra emprunter $1,850 millions.A part les 100 millions qu'il obtiendra par l'épargne obligatoire, cette somme devra être souscrite par les compagnies et le public en général." L’habileté et l'énergie avec lesquelles on a mené les campagnes d'emprunts de la Victoire ont amené le Commission des prix et du commerce en temps de guerre Organisation des comités locaux de rationnement L organisation des comités et sous-comités locaux de rationnement va bon train.Le maire de Montréal.M.Adhémar Rnynault, a présidé la première assemblée des membres du comité local de rationnement pour la municipalité de Montréal.Ce comité annoncera prochainement le nom des secrétaires et les locaux des sous-comités distribués dans dix des quartiers de Montréal.Ventes du thé, du sucre cl du café récupérés S'ils veulent vendre du thé, du public à sc rendre compte de la part financière qu'il doit fournir A ( effort de guerre du pays et les résultats encourageants du troisième emprunt indiquent l'esprit de coopération chez le public Conclusion La guerre a fnit disparaître les derniers vestiges de la dépression économique.Aujourd'hui, nous avons à faire (ace à des problèmes tout à fait différends.La menace d une inflation et la rareté de la main-d'oeu-vre ont fait surgir des difficultés de premier ordre et la façon dont on s'efforce de solutionner ces problèmes contitue un facteur essentiel dons la poursuite de la guerre.Cette guerre est la guerre de tout le monde.Si nous la perdons, nous perdrons tout ce que nous avons.Mats nous atteindrons la victoire finale.à condition de mettre tout égoïsme do côté et de travailler entièrement pour la cause alliée et pour la conservation de la liberté que nous chérissons.sucre ou du café "récupérés, c'est-à-dire provenant d'un stock de banqueroute ou sauvés dun Incendie, d'un naufrage, etc., les ajusteurs des sociétés d'assurances, les syndics de faillite et les autres personnes qui font ce commerce, doivent obtenir un permis de la Commission des Prix et du Commerce en temps de guerre.La division du rationnement le rappelle à tous les Intéressés Elle souligne, à ce propos, les dispositions de la loi qui restreignent le commerce des denrées rationnées.Seuls ceux qui Importent directement le thé, le café torréfié ou le café vert, ou qui en font ordinairement le commerce avec le permis de la Commission des Prix, ont le droit d’en vendre à qui que ce soit.De même nul n’a le droit de vendre du sucre, à moins d'être raffiné ou de faire ordinairement le commerce du sucre avec un permis obtenu conformément à l'ordonnance 78 de la Commission.Les directeurs du thé et du café ont le pouvoir démettre un permis de vendre le thé, le café torréfié et le café vert épave ou non-réclamé, comme celui de vendre n'importe quel autre thé ou café.Dans le cas du sucre, c'est à l'administrateur du sucre que l'on doit s'adresser.Toute transaction qui n'est pas autorisée par ce permis est Illégale, à moins bien entendu, de se faire entre marchands autorisés et dètre accompagnée de la transmission de titres de rations (coupons, certificats.etc ) Chaque homme a sa tâche qui, poursuivie assidûment, tend à devenir un but en elle-même et à franchir, ainsi qu’un pont, les abîmes sans charme de sa vie.George Ellott Le tour avec les LAMPES FLUORESCENTES EDI50N MAZDA I ES Lampes Fluorescentes L* Edison Mazda accélèrent la production des usines de guerre canadiennes d'un océan à l’autre.24 heures durant, à l'intérieur, cet éclairage extraordinaire donne la lumière du jour, évite le gaspillage, diminue la fatigue des yeux et des nerfs.Economiques, fraîches, sans éblouissement ni ombres.Pour plus amples détails voir le bureau C.G.E.le plus rapproché.FABRICATION CANADIENNE L4V CANADIAN GENERAL ELECTRIC CO.LIMITED ¦ % 3 LA LA In i: It ’V' rontenac W"1 M '//eutjfutrrt /jir ’ile&t sec: v.metl/tu-x rafraic/uïtcnuntfiurct yu’UxitWa EîiÈEK 1 '¦à**'- W&m Saint-Jérôme, le 20 novembre 1942 L’AVENIR DU NORD Page trei» L'automne Bientôt noun plongerons duns les froides ténèbres ; Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres Le bols retentissant sur le pavé des cours.Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère.Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé, Et, comme le soleil dans son enfer polaire.Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe j L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.Mon esprit est pareil à la tour qui-succombe Sous les coups du bélier Infatigable et lourd.Il me semble, bercé par ce choc monotone, Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.Pour qui ?C’était hier l’été ; voici l’automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.Charles BAUDELAIRE « I t t \ \ I t ) s '"7 Le concours de jouets Le concours de jouets domestiques a-t-il vraiment soulevé beaucoup d enthousiasmes parmi les Jérômiens ?N’ayant reçu que peu de demandes de renseignements, je présume qu’on s'est mis à l'oeuvre sans difficulté, ou.que l’on s’est adressé directement à la revue PAYSANA.Alors, tant mieux.Je tiens à communiquer à ceux et celles qui sont à confectionner des Jouets de bols, d Indienne ou de laine, qu’en plus des 50 prix de $5.00 offerts par l'honorable Hector Perrier, la directrice de PAYSANA annonce d'autres généreux prix dont : un grand prix de $50.00 en argent ; un autre de $25.00 ; et plusieurs de $10.00.Voici les conditions à remplir pour l’expédition des jouets domestiques confectionnés soit à Saint-Jérôme, soit dans la campagne, ou dans les villages adjacents : 1° — Il faudra attacher à chaque envol son nom et son adresse.2° — Numéroter les envois s’il y en a plus d’un fait par la même personne, (car il y aura un des grands prix pour un groupe de 3 et plus venant de la même personne).3’ — Mentionner à quelle oeuvre on veut que la vente de son jouet profite : L’hôpital Sainte-Justine Nos Berceaux en Terre de Colonisation L’Oeuvre d'Adoptlon de l’Enfance 4“ — Adresser à JOUETS PAYSANA.3425, rue Saint-Denis Montréal.Les petits soins prolongent la vie des choses Tirer toujours le fermoir avant de laver un vêtement.On évite ainsi des accrocs aux autres vêtements et le fermoir ne se brisera pas.Si on se donnait la peine de revoir le linge, après chaque lavage, pour découvrir les parties claires ou qui commencent à montrer de l'usure, et de les raccommoder avant que n’apparaisse le trou, on prolongerait la durée du vêtement, lui conservant une apparence plus soignée.Analphabètes -SSS; MENU \OMT f PRIX ÉCONOMIQUE!^ î)metà déüciem BENSON’S FÉCULE DE MAIS Célèbre depuis plus de 80 ans GRATIS ! Demandes l'excellente brochure “Recettes do Choix”, In-cluer une étiquette de n’ltnnorte quel produit Canada Stnrch et c-crivrz nu Service de rivconomlc Domestique, Dént.Y.K., Canada Starch Co.Ltd., easier postal 129, Montréal.F2 Ne vous précipitez pas dans Larousse ; un analphabète est un type qui ne sait pas lire.Du mot alphabet et du privatif grec “an”.Cela parle, comme on dit, pour soi.Les autorités militaires nous révèlent que l'Oncle Sam a rejeté 250,000 hommes pour le service parce qu’ils sont analphabètes.Malgré l’instruction obligatoire aux Etats-Unis, la fameuse “illiteracy", honte de tout Etat moderne qui se respecte, se voit encore au pays ; on la retrouve chez des immigrés, chez les populations nègres du Sud qui trouvent moyen d’éviter les autorités, et encore en certaines régions isolées, comme les montagnes du Tcnnesse, où il faudrait une école pour chaque “log cabin", tant sont grandes les distances entre les habitations des montagnards.Il faut donc que les défenseurs du pays sachent lire, la guerre étant devenue, on vous le dit, tellement scientifique ! Le sergent, ce héros impopulaire de la conscription, a déjà assez d’épreuves avec ses “bébés” sans avoir à leur lire leur manuel d instructions.Qu’est-ce à dire de nos analphabètes canadiens ?iH JLA l.èSrSn Chronique féminine Gouaches laurentiennes Les premières gelées ont paralysé les travaux agraires.Le froid a solidifié la boue qui reste sculptée aux sabots des chevaux de labour.La neige est venue légère et molle recouvrir le sillon dans la plaine et coiffer d’une dentelle ivoirine le sommet des montagnes.Ici et la de petites mares stagnantes où les grenouilles somnolent engourdies par le froid.Et le ruisseau, qui coulait en chantonnant sous le pont de bois, est à deml-congelé sous la morsure du nordet.Sur les rebords escarpés d’un rocher, pendent des stalactites qui paraissent autant de longs pendentifs rutilants miroitant au soleil sans éclat d’un jour d’automne.L’hiver s’implante en conquérant, encerclant maîtres et bêtes dans sa froide étreinte.Les fermiers ont fini d’engranger les moissons depuis quelques semaines ; avec les gars de la ferme, ils remisent herses et charrues à l’arrière-plan pour astiquer les harnais à clochettes et peinturer de tons vifs les petits berlots qui ajouteront du pittoresque sur les routes enneigées des hameaux laurentiens.Au milieu de la clairière, un chasseur siffle son chien dans l’espoir d’un gibier à mettre en joue.Partout aux abords de la forêt, des amoncellements de bois entassés en cordes bien mesurées, pour les chauffages d'hiver.Il y a bien quelques souches éparses, que le feu d’abattis rongera jusqu’aux chicots, pour faire de la terre neuve.Dans le lointain des collines déboisées se réflètent dans l’eau trouble d’un lac qui recèle en ses profondeurs la truite et le brochet.Une volée de huards sillonne la nue, et les sons étouffés de leurs cris se répercutent par-delà les bois voisins réveillant au fond des chenils les gardiens du troupeau.Un brouillard monte lentement obscurcissant graduellement le pays d’en-haut, tandis que de grands oiseaux effarés tournoient avant de plonger dans une descente en spirale jusqu'au fond du lac, pour atteindre leur pâture.Ils semblent de petits navires aériens qui planent solitaires et si élégants dans le lent battement de leurs grands ailes noirs.A l’approche d un hameau voisin, un mince filet de fumée grisâtre s'élève des cheminées coiffant les petites maisons blanchies à la chaux.D’autres maisonnettes bâties avec des troncs d’arbres équarris, sont bousillées avec de la toile à poche ou de vieux journaux.Il faut se barricader en ce pays nordique contre le vent qui s’engouffre par les lucarnes et pénètre à travers les moindres fissures.Ce pays montagneux si attrayant avec ses forêts, ses lacs, ses grandes solitudes est vite assombri en cette saison, par des crépuscules plus brefs, plus frais, alors que les tons chauds des collines disparaissent brusquement, laissant dans la pénombre les collines qui se profilent, telles des tours de forteresses ou de gracieux campaniles.Les sapins sombres montent comine des flèches d'églises dans l'impassible firmament d’automne ; ils s'élèvent au-dessus du gouffre mystérieux des forêts séculaires.dans un brouillard immatériel tissé de nuages et de rêves.Et par les nuits hâtives qui viennent avec la décroissance rapide des jours d'automne limpides et mouillés, nous sentons déjà l'adieu de certaines harmonies .MARYSE Livres et revues Gtanures LA REVUE DOMINICAINE On dit que l’âme des vivants aus______ si vient errer autour de ce qu'ils Sommaire de novembre 1942 ont aimé et de ce qu'ils ont quitté.- | C'est qu’un amour donné peut Gabriel Lussier, O.P.: Le mois du fort bien se combattre, mais sans souvenir; Rex Desmarchais: La des- jamais pouvoir mourir.tinée humaine, cette petite chose; Joseph M.Parent.O.P.: Le nouveau patron des hommes de sciences; Ber-thelot Brunet; Invitation au retour, i Pierre Kieour: Constructeurs d’ave-niri Félix Leclerc: Sanctus.DIRECTIVES PRATIQUES Raymond Charland, O.P.; La permission de lire des livres à l'index.LE SENS DES FAITS A.Papillon, O.P.: Le père Merkel-bach, O.P.; T.M.Charland.O.P.: La société canadienne d histoire de l'Eglise; A.Papillon, O.P.: Le congrès eucharistique de Hawkesbury; Criti-cus: Projections; Le Père Amédée Jacquemet.— Echec au prêtre.L'ESPRIT DES LIVRES S.E.le cardinal Villeneuve, O.M.I: “Le sacrement de pénitence” (A.Papillon, O.P.); R.P.Noël Germain, S.J.: "La Franc-Maçonnerie du Québec est-elle protestante?"; (André Diotte): Abbé Antonio Villeneuve: "Je fais mon action de grâce" (A.Papillon, O.P.) ; R.P.Valère Mas-sicotte, O.F.M.; "Libre et conquérant" IA.Papillon, O.P.): L'abbé Léonce Boivin.D.Th.L.D.C.: “Le combat Social” ( Réginald M.Croteau, O.P.); Soeur Saint-Stanislas.A.S.V.: "Aux petits du royaume" (M.A.Leblanc, O.P.); Helen Islowolsky: "Ligtli Before Dusk” (A.Papillon, O.P.): Daniel Halevy: "Péguy et les cahiers de: la Quinzaine" (André Diotte);Roger Vercel: "La clandestine" (André Diotte); Pierre Benoit: "Le désert de Gobi” (André Diotte); Jules Romains: "Salsctte découvre l'Amérique" (André Diotte): Jules Romains: "Les hommes do bonne volonté" (André Diotte).Abonnements: Canada: $3.00.5375.Ave.Notre-Dame de Grâce, Rien ne rapproche plus de Dieu que le souvenir d'une sainte mère.— OZANAM.» * * Les grands du monde, ignorant ce que c’est que la douleur, ne savent point compatir à la douleur.— DUMAS, père.Vieillir est délicieux.C’est l’agrément de la soirée paisible avant le sommeil de la nuit.Toute âme, même la plus transparente, est mystérieuse.C’est à force de folies que l'on finit par être sage.La passion est une lutte, alors que l'amitié est une entente.Le temps n’a pas de rive.Il coule et nous passons si vite.En novembre : prions pour nos morts — notre tour de les rejoindre est parfois si proche.DES AIRS DATANT DES “GIBSON GIRLS" Allan Mclver, au concert qu’il dirigera le mardi 24, aux stuidos de Radio-Canada à Montréal, fera entendre une série d’airs populaires adaptés‘au genre du music-hall actuel, comme Sing my Heart, London Bridge Falling Down et quelques airs qui datent de l'époque des "Gibson Girls”.Dorothy Whyte, soprano, apportera de nouveau son concours à ce concert ainsi que le Quintette et le choeur formés par Mclver.Ventre au four "La frugalité et la sobriété sont le meilleur élixir de longue vie".CANNETON BRAISE A L’ORANGE Prenez un beau canneton, colorez' le au beurre et faites-le cuire doute ment pendant 40 minutes.Evidenv ment si votre canneton est un peu dur, la cuisson peut prendre jusqu'à une heure.Coupez un peu de céleri en petits morceaux et placez-le autour de votre canneton quelques minutes avant la fin de la cuisson.Enlevez complètement la graisse produite par le canneton et mouillez ensuite avec 2 tasses de sauce brune.Lorsque le canneton est cuit, reti-rez-le; ajoutez à votre sauce brune le jus de 2 oranges et celui d'un demi-citron; faites réduire la sauce et complétez-la avec le zeste d'une orange que vous aurez enlevé délicatement sans toucher au blanc de l'orange, car cette partie blanche donnerait un goût amer à votre plat; coupez ce zeste d'orange en juliennes, faites-les blanchir fortement et ensuite mélangez-les avec votre sauce brune.Il faut se rappeler qu'une fois que votre zeste a été ajouté à la sauce, celle-ci ne doit plus bouillir.Découpez votre canneton, versez votre sauce dessus et décorez le plat avec des tranches d'oranges coupées à vif, sans noyau.Il est bon de mettre le restant de votre sauce dans une saucière et servez en même temps que le canneton.CHARLOTTE A L’ORANGE 1 tasse de jus et de pulpe d'orange 3 cr à table de jus de citron 3 blancs d'oeufs 2 tasses de crème à fouetter 4 c.à soupe d'eau froide 4 c.à soupe d'eau chaude l)«i c.à table de gélantine Faites tremper la gélatine dans l’eau froide et faites-la dissoudre dans l'eau chaude, ajoutez au jus de citron et au jus d'orange.Faites refroidir lorsque le mélange est à consistance du miel, battez jusqu'à ce qu'il soit mousseux, ajoutez-y les blancs d'oeufs battus en neige et la crème fouettée.Garnissez un moule avec des sections d'orange, versez le mélange et laissez refroidir.m m m GATEAU A L’ERABLE >4 tasse de graisse 1 tasse de sirop d’érable 2 cuil.à thé de poudre à pâte de cuil.à thé de soda 2 oeufs de tasse de lait Vs cuil.à thé de cannelle lVs tasse de farine.Bien battre les oeufs.Faire fondre le beurre.Mêler lentement les oeufs, le sirop d'érable, et le lait Sasser ensemble les ingrédients secs et les ajouter au liquide en brassant contaminent.Cuire 50 minutes dans un four de 350 degrés F.* * * Le raifort peut être employé comme assaisonnement pour les sandwiches aux tomates, le rôti de boeuf et même ajouté à la mayonnaise.OPTOMETRISTE-OPTICIEN Bachelier en Optométrie ?rPLOMB D* tUNTVKRSITB DK MONTREAL Spécialité : EXAMEN DE LA VUE Correction des troubles musculaires des yeux Prescriptions de verres PAUL E.TALBOT, Ba.O.330, rue SAINT-GEORGES — SAINT-JEROME Pour consultation : Tel.171 A Saint-Jérôme, tous les jours, de 2 à 9 h.p.m.BUREAU-CHEF : 6*61, rue SAINT-HUBERT, MONTREAL Proverbes de tous les pays Proverbes arabes A ceux qui ne parlent pas d'autre langage que celui de la force, on ne peut que répondre par la force.Neville Chamberlain ÉCONOMISEZ.CUISEZ AVEC LA “MAGIC”! Donne des tendreS/ gâteau^ fite légers •• • moms de » ** cuisson ordinaire- Pour Livre de Cuisine GRATUIT écrivez à: Poudre \ Pâcc "Magic”» Fraser Ave., Toronio NO AUUN PARLEZ DISTINCTEMENT, DIRECTEMENT DANS LE TRANSMETTEUR Dégagez les lignes de téléphone pour faciliter la PRODUCTION DE GUERRE Le téléphone est nécessaire à la production do guerre.Toutes les lignes téléphoniques dépendent les unes des autres: ne permettez pas que des délais inutiles retardent des messages d’importance vitale pour le pays.bon AUTRES conseils a observer OSSS ïrï—"• A REPONDEZ .n.déUi quand la cloche sonne.©SOYEZ BREF.Dégage» votre ligue pour l’appel suivant.EVITEZ le.heure» d’afflucnee poor vos appel» f > f6 50(1,000 afpill —- ‘X’ïdiïï, /-< «" Si tu permets à ton chameau de mettre le nez sous ta tente, tu peux être assuré qu'il y entrera bientôt sa bosse.—Un fruit délicieux est une véritable joie pour notre palais.— Mais ce n’est pas au fruit que doit aller notre reconnaissance, c’est à l’arbre qui le produit.—Il est plus noble de pardonner que de punir, car le pardon, c’est la fleur d'une victoire.— La maison du danger s’élève aux confins de la trop grande quiétude.—Où la vertu n'existe pas, la liberté ne saurait vivre et prospérer.—Il est juste que celui qui parle de choses qui ne le regardent pas s'entende dire des choses désagréables.—Faites attention aux scintillements.Ils ont de grands charmes pour les yeux mais lis peuvent aussi mettre le feu à toute une ville.Proverbes Latins —La réelle vertu vaut cent courages.—Les choses qui sont au-delà de nos possibilités ne méritent pas notre longue attention.—Les dieux n’aiment pas à aider les nonchalants.—Celui qui ne vas pas de l’avant est fatalement condamné à aller en arrière.—Après une mauvaise récolte, il faut plus que jamais s’empresser de semer à nouveau.Le monde est trop petit pour abriter un envieux de tout et de tous.—Il existe des jeux où il vaut mieux perdre que gagner.—Il ne faut pas oublier que tout avantage a son désavantage.Proverbes portugais —Mieux vaut mériter l'estime et ne pas l'avoir que de l'avoir et ne pas la mériter.—Il est préférable d'avoir un âne vous portant paisiblement au but qu'un cheval rapide, vous précipitant dans le fossé.—Mieux vaut se taire tout le temps que de mal parler une seule fois.—Seul est vraiment pauvre celui qui croit l'ètre.Proverbes grecs —Lorsque la cause est juste, le faible est plus puissant que le fort.—La raison est le meilleur médecin pour la colère.—La charité a son origine dans nos —Lacharité a son origine dans nos propres causes, mais eile ne doit pas se limiter là.—Ne soyez jamais le crieur public de vos propres mérites.—Quand on enlève sans remplacer, il faut s'attendre à toucher bientôt le fond.—Il est stupide de broncher deux fois contre la même pierre.Proverbes hollandais —Un homme sage s’adapte aux circonstances comme l’eau s'adapte au vase qui la contient.—La chaumière dans laquelle on rit est plus souhaitable que le palais dans lequel on pleure.—Les perles et les pierres précieuses n'ont jamais été bonnes à manger.-Le jour où vous serez apte à vous gouverner entièrement vous-même, vous serez capable de gouverner le monde.Il existe des clients pour n'importe quel genre de sottise.Il est préférable de subir une injustice que de la commettre soi même.La discotèque de Radio-Canada.Les concerts symphoniques de l’apres-midi £h \^\ )¦] Aoumtét**#* La discothèque de Radio-Canada a préparé pour la semaine commençant le lundi 23 novembre, le programme suivant : Le lundi 23.à 3 h.33 de l’après-midi, Variations sur un thème de Haydn, de Brahms.L'Orchestre symphonique de New-York.Chef d'orchestre : Toscanini.Lieutenant Kijé, de Prokofieff.L’Orchestre de Boston.Chef d’orchestre : Kousse-vitzky.Le mardi 24.à 3 h.33 de l’après-midi, Iberia, de Debussy.L’orchestre symphonique de New-York, direction Barbirolli.Les Préludes, de Liszt.L’Orchestre de Philadelphie.Chef d'orchestre ; Eugène Orman-dy.Le mercredi 25, à 3 h.33 de l’après-midi, La Symphonie no 4, en ut mineur (tragique), de Schubert.L’Orchestre symphonique de New-York, direction Barbirolli.Le jeudi 26, à 3 h.33 de l’après-midi, Antar, de Rimsky-KorsakofT.Société des Concerts du Conservatoire, direction Coppola.Le samedi 28, à 10 h.du matin, Sinfonia Domcstlca, de Strauss.L'Orchestre de Philadelphie, direction Ormandy.Conseils pratiques LES VIANDES Avant de mettre le jambon au four, recouvrez-le de miel au lieu de sucre pour obtenir cette riche surface dorée, si appétissante.* * * Pour empêcher les côtelettes de sécher et de durcir, rôtissez-les d’abord sur un feu très chaud, puis couvrez-les bien et finissez de cuire sur un feu modéré.* * * L’agneau doit être servi très froid ou très chaud.Sinon, le gras se fige et la viande devient moins appétissante.• * • Beaucoup de vitamines se perdent quand on fait bouillir les légumes.Aussi recommande-t-on de les faire cuire à la vapeur, excepté les oignons, les choux et les choux-fleurs pour lesquels cette méthode n’est guère recommandée.* • * Si vous pelez les légumes à l’avance et les laissez tremper dans l'eau, ils perdent ainsi beaucoup de leurs vitamines.• • * Vous pouvez cuire les légumes au four, en même temps que les viandes, non seulement pour économiser du combustible mais pour en conserver toute la valeur nutritive.POUR SEULEMENT 2$ de LEVURE VOUS OBTENEZ DU PAIN DÉLICIEUX H Pag* quatre L’AVENIR DU NORD Saint-Jérôm*, le 20 novembre 1942 .CI yotre tendent Pr0'C?i des vôtre» et cC u' dC n programme ïS&Sf*"'' ° «w* .«-KSS.S .pargnf5 chaq paiotn®nt • fer» : às?“^ •heures 'V ^dent.«** èénéft«« '"taUsaUW'- *„ -s* *sstf» LA PLUS * -— «lai»»1?.XiRESSIVE L'INDUSTRIELLE COMPAGNIE D'ASSURANCE VIE-ACCIDENT-MALADIE PRIMES ANNUELLES-SEMESTRIEU.ES-TRIMESTRIELLES Mensuelles • hebdomadaires — La musique La nouvelle de la creation d une “Commission de 1 enseignement musical” a provoqué quelquetnoi.Voici ce qu’on pouvait lire à ce sujet dans la "Presse" de samedi dernier : "Les journaux ont rapporté la tenue à Montréal, le vendredi 23 octobre dernier, d'une première séance de la Commission de l’enseignement musical, organisme créé en vertu de la "Loi instituant le Conservatoire de musique et d art dramatique de la province de Québec”.et soumise, au cours de la dernière session, a 1 approbation du parlement par l'honorable Hector Perrier.La nouvelle d'une telle commission, semble-t-il, a causé quelque surprise même dans le monde de nos artistes et autres milieux intéressés, d’aucuns se demandant quelle est la raison d'être de pareille initiative première de la part des autorités du Conservatoire.Or, selon ce que nous faisait observer l’honorable secrétaire provincial, interrogé à ce sujet, il ne s’agit là que de l’application d’une des dispositions spécifiques de la loi qui dit, en effet, que “ce conservatoire a pour but d’assurer la coordination de l'enseignement de la musique et de l’art dramatique, dans cette province sans, toutefois, porter atteinte au développement et à l’autonomie des institutions existantes, et d’aider à la formation professionnelles de compositeurs, de chanteurs, d’ins-trumentisies et d'acteurs." Concurrence à éviter “Comme on le voit, de conclure l’honorable M.Perrier, la tâche première du Conservatoire est de procéder dans le sens indiqué plus haut si l’on veut, en plus d’éviter de faire double emploi dans certains cas sous forme de concurrence d’Etat quelconque, au reste inutile, aux initiatives privées, améliorer réellement les conditions actuelles de l’enseignement musical en suppléant aux lacunes manifeste qui pourraient exister sous ce rapport, unique but que j’avais en vue lors de ma présentation de la loi." L’honorable M.Perrier est assuré à l’avance que !a nouvelle commission, présidée par Me Arthur Vallée, C.R., "lequel a déjà fait ses preuves d’homme d’affaires sérieux.dans Québec pratique, comme président de la Commission d'administration de l'Université de Montréal", mènera à bien l’enquête dont elle a été chargée et que les conclusions auxquelles on en viendra seront bien accueillies par le Conservatoire dont "il eût été difficile, selon notre interlocuteur, de placer les destinées en meilleures mains que celles de notre très distingué compatriote Wilfrid Pelletier, du "Metropolitan Opera", de New-York.“En ce qui a trait à l'enseignement de la musique tout spécialement, dit l’honorable M Perrier, on sait qu'il est déjà pratiqué dans toutes nos maisons d'éducation religieuses du Québec ainsi que dans la plupart de nos autres institutions confiées à la direction de professeurs laïques.Il va sans dire que jusqu’ici, vu le manque d’autorité centrale officielle, chacune d’elle a plus ou moins eu son propre mode d'enseignement, aussi que celles-ci n’y attachent pas toutes et nécessairement la même importance.Et c'est ici, continue l’honorable M.Perrier.que l’on comprendra le rôle que la nouvelle commission dite de l’enseignement musical est appelée à exercer.Elle se doit de faire enquête tout d'abord, sur les différents modes d’enseignement auxquels je viens de faire allusion ; en second lieu, de chercher à établir, si possible.une coordination logique et pratique à ce sujet, puis à découvrir, enfin, ce que le Conservatoire devra faire pour harmoniser en même temps que vulgariser dans le meilleur sens du mot cet enseignement chez nous.Le rationnement du thé et du café Les sources d'approvisionnement de thé et café sont les mêmes qu'au mois d’août dernier, l'approvisionnement n'e3t pas meilleur et la situation sous ce rapport ne s est pas améliorée.Ainsi, d’après un porte-parole de la division des vivres, com mission des prix et du commerce, on ne doit s’attendre à aucun changement dans le rationnement du thé et du café qui restera ce qu'il est actuellement.Petit courrier , d’Europe G RAN DE- BRETAG NE Pour gagner la guerre, une fois pour toutes Londres.— L'effort de la Grande-Bretagne destiné à remporter une victoire définitive, s'avère formidable.Des compilations Indiquent le fait étonnant que rien que dans les entreprises ferroviaires du Royaume-Uni.quatre-vingt-dix mille femmes ont remplacé des hommes appelés sous les drapeaux.DANEMARK Hélas, comme ils comprennent peu! Suède.— L'agence de nouvelles allemande “Transocean" se plaint amèrement de ce que le gouvernement danois n'appuie pas de tout son poids la cause de l'Allemagne."Ce malheureux petit pays ne comprend pas qu’il s’agit de sa survie même” commente "Transocean”.Mais la Suède, pays neutre, estime de son côté que c’est justement parce que les Danois comprennent d’où viendra le salut, qu’ils ne coopèrent pas avec l'Allemagne.NORVEGE Le mensonge a des limites Berne.Suisse.— Des spectateurs norvégiens, à une représentation obligatoire d'un film "documentaire" allemand, ont été ahuris d'apercevoir sur l’écran une scène montrant des soldats nazis "donnant à manger à des civils de Norvège”.Le premier moment d’incrédulité passé.les murmures se firent entendre, puis les coups de sifflet.Enfin, la représentation fut interrompue au milieu de l'hilarité générale, après qu'un spectateur se fut écrié : “Les nazis donnant à manger aux Norvégiens ?Non, mais ils tournent le film à 1 envers !" HOLLANDE Londres.— I,es nazis n'hésitent plus à emprisonner des prêtres hollandais.sous le moindre prétexte.Le journal nazi en langue hollandaise.le “Volk en Vaderland", publie carrément ceci : “Le père W.Hubeek, curé de Vlaarbingen ; le père C.Groen, de Gorkurr.; deux aumôniers de Blerick ont été arrêtés.Ces quatre représentants du catholicisme ont refusé de prêcher des sermons contre la Russie, alors que l'Europe entière est en danger.L'Ordre nouveau se doit de punir pareille traîtrise.” Voilà où nos ennemis en sont réduits.>IALTE Les tables de cuisine les font voler ! Londres.— L'ile de Malte, qui servira vraisemblablement de tremplin pour l'invasion utiime de l'Europe.peut ajouter à ses titres de gloire celui des ménagères.En effet, les avions de la R A F .se faisant endommager plus d'appareils qu'elle n’en pouvait remplacer, les Maltaises se mirent de la partie.Elles vidèrent leurs cuisines des tables et des bancs qui les meublaient, afin de fournir du matériel aux ateliers de réparations.C’était la seule façon d'obtenir rapidement du bois pour remplacer les pales brisées des hélices, et certaines parties rompues des carlingues.Le bois fut taillé avec un tel succès, que tous les menuisiers de l’ile demandèrent qu'on leur permît de faire le même travail, après avoir reçu les instructions des techniciens de l’aéronautique.FRANCE Le meurtre organisé se continue Londres.— Un poste clandestin de radio en France, rapporte que treize paysans de Normandie viennent d'étre fusillés, sur l’ordre d'une cour militaire allemande.On les f# Ow t/otes rtHiéefl.lC y fifü ¦'.m • lACX'l '¦’riv C’est bon de revenir o la BLACK mil ¦m Wmm mêm "'A • wtSBm m lp8 ¦à mm - Æ WAVS*:- mÊÊÊmti |Rsp mm lipp La meilleure frère au produite par DAWES depuis cinq générations^ Canada A LA CONVENTION MOLSON Le groupe ci-dessus fut photographié lors de la récente convention des représentants de la brasserie Molson dans la province de Québec, convention qui eut lieu le jeudi.29 octobre dernier, à Montréal.On reconnaît, de gauche à droite : MM.J.-L.Bélanger, de Laehute, J.Desormeaux, de Joliette.C.-A.Beaudry, de Saint-Jérome, et J.-L.Brissctte, de Sainte-Agathe.accusait d'avoir organisé du sabotage ; d'autres Français ont été condamnés à des peines de travaux forcés.Les nazis craignent que malgré les événements de Méditerranée, l'invasion de 1 Europe par le nord reste fort possible.YOUGOSLAVIE 422 otages meurent héroïquement Londres.— Le gouvernement de Yougoslavie, en exil à Londres, apprend que dans la ville de Maribor, sise en cette partie de la Yougoslavie qubn appelle la Slovénie.172 otages ont été fusillés parce que des patriotes avaient fait sauter un train transportant des troupes.Sur cette ligne menant vers Trieste, sur l'Adriatique, et venant des usines de munitions de l'Allemagne méridionale, passent huit trains par jour, qui transportent des ravitaillements destinés à l'Afrique du Nord.C’est l'un d eux que les patriotes Slovènes ont fait sauter.Les Allemands ont questionné séparément chacun des 172 otages, espérant obtenir les noms des saboteurs.Pas un seul n'a daigné répondre : ils sont tous morts en süence.Les nazis ont été tellement exaspérés, quils ont ensuite fusillé 150 autres otages à Cluj, pour le même “méfait”.Ces martyrs ne se sont pas plaints davantage.On estime que 3,500 innocents ont été assassinés dans cette province de Slovénie, depuis le début de l'invasion de l’Axe, jusqifià la fin du mois d'août dernier.ALLEMAGNE "On ne parle pas de ces insignifiances" Berne, Suisse.— Tous les jour- j naux allemands reçus récemment en Suisse conseillent à leurs lecteurs de ne pas discuter à la maison de sujets aussi secondaires, que, par exemple, la mort, au front de Russie ou d'Afrique du Nord, d un frère, d'un fils ou dun fiancé.Le journal d'agriculture nazi "Jurhessischc Landeszeltung" donne même les sujets de conversation qu'il trouve “enfantins" ; ainsi, les militaires en congé ne devraient jamais mentionner des faits sans grande importance, tels les bombardements aériens au coeur du Reich, la destruction des usines, ou les souffrances causées par le manque de nourriture.Ce sont là des ennuis domestiques, indignes de l'attention d'un soldat.Ceux-ci devraient au contraire, parler des jeunesses nazies apportant des fleurs ou des jeux aux blessés dans les hôpitaux, ou des enfants souffrant du froid, "afin de mériter l’ordre nouveau”.Le service pourrait devenir obligatoire même dans la réserve Mme Roosevelt est de reiour Mme Franklin-D.Roosevelt, femme du président des Etats-Unis, est revenue de son voyage en Grande-Bretagne.Elle était partie de New-York le 21 octobre.Elle est arrivée le 17 novembre à un aérodrome du voisinage où l'attendait !e président.En Angleterre, elle eut pour hôtes le roi et la reine.Elle a fait une visite très attentive des activités britanniques militaires et civiles.On a annoncé, à la Maison Blanche, que Mme Roosevelt recevra les journalistes.Le recrutement obligatoire pour l’armée de réserve est actuellement à l'étude.Malgré qu'il reste certains détails à établir, le principe peut en être adopté n’importe quand, dit-on dans les milieux bien informés.Les classes qui seraient probablement affectées sont : Les célibataires d’àge militaire, sujets à l'appel au service actif obligatoire sous la loi de mobilisation des ressources nationales, soit de 19 à 40 inclusivement, qui à l'examen ont été classés “B", “C” ou "D ', ce qui les rend inéligibles pour l'armée active ; les célibataires de la catégorie “A’ dont l'appel à l’entrainement a été remis à plus tard parce qu'ils occupent des positions dans des industries essentielles ; les hommes mariés.L'honorable J.-L.Ralston a déclaré récemment qu'il n'y a pas d'obstacle politique ni légal qui empêche le service obligatoire dans la réserve.Depuis plusieurs mois, la réserve fait des campagnes de recrutement en vue de porter toutes les unités sur le pied de guerre.Plusieurs unités manquent encore d'hommes.Lun des problèmes à régler, quand le service obligatoire dans la réserve sera établi, s’il est établi, c'est le choix des hommes à appeler.Il faudra établir un système.La réserve n'a pas intérêt à prendre des hommes qui demeurent loin du centre de l’unité.On croit donc que les fermiers ne seront probablement pas affectés.Il se peut qu’on tire au sort les noms des éligibles.Québec suspend le paiement de la prime de deux sous sur le fromage M.Adrien Morin, sous-ministre adjoint de 1 agriculture, a annoncé, qu'à compter du premier décembre, le gouvernement provincial discontinuera de payer la prime de 2 sous la livre sur le fromage conservant 92 points au classement, fabriqué dans les usines laitières du Québec.Commentant cette décision, le sous-ministre adjoint a cité les quelques faits suivants qui mqtivent la décision du gouvernement.De Janvier à octobre, a dit M Morin, la production canadienne du beurre a baissé de 2.5 p.c.à mettre en regard d'une augmentation de la consommation évaluée à 10 p.c.Par ailleurs, encouragée à la fois par les primes fédérales et provinciales, f industrie fromagère a pris un essor considérable dans toutes les provinces du Canada.En fait la production fromagère accuse, de janvier à octobre une augmentation de 38.8 p.c.sur la même période de l'an dernier.Dans la province de Québec, la disproportion est encore plus accentuée.La production beurrière a baissé de 8 p.c.tandis que celle du fromage s'est- accrue de 77 p.c.Il existe un déséquilibre qu'il convient de corriger en établissant, autant que possible, la parité entre les prix du lait livré aux beurreries et aux fromageries.Par ces décisions un plus juste équilibre sera rétabli entre ces deux branches de l'industrie laitière qui aura pour effet d'assurer une production de beurre suffisante pour satisfaire à la consommation.Elle permettra également au gouvernement fédéral de reviser scs projets d encouragement à l'une et à l'autre de ces productions en vue de les orienter de manière à ce qu’elles répondent toutes deux aux besoins des marchés domestiques tout en assurant à la Grande-Bretagne le fromage dont elle a besoin.Pas de distinction de races dans les industries de guerre Le Service sélectif sévira contre le* patrons qui marqueront des préférences de race ou de religion Le Service national sélectif avertit les patrons que l’on ne tolérera pas qu'ils fassent des différences entre leurs employés, sous prétexte de race, de religion ou de couleur.Ceux qui se rendront coupables de telles distinctions se verront couper leur source de main-d’oeuvre.Le Service sélectif a pris cette décision à la suite de protestations émises surtout par le Congrès canadien juif, alléguant que certains patrons font des distinctions dans leurs usines, dont souffraient les Juifs.Le Congrès a envoyé une délégation conférer avec M.Elliot M.Little, di reçteur du Service sélectif, et l’a informé qu'en certains cas des fonctionnaires du Service sélectif s'étaient prêtés aux différences de traitement dont se rendent coupables bon nombre de patrons.Le Service sélectif dit que les patrons qui continueront de manifes ter ces préjugés se verront couper leur source de maln-d’oeuvre, car le service refusera alors d émettre des permis aux ouvriers qui veulent tra vailler pour eux.P.s.(j "g v ^Df.nrCfiî aavfy'' irif ÿaeru de tâhzMe: VOTRE FUSIL La véritable saveur de Hollande vous procurera une sensation de satisfaction et de chaleuraprès une dure |ournée dans le bois.10 ONCES, 26 ONCES, 40 ONCES, sl.15 *2.70 *3.90 DitHlliel •mboutollléau Canada tout ks surveillance dlr«dft do John do Kuypor A Son, Distillafaurtt, Rotterdam, Holland*.Pas de voyages gratuits sur les trains aux fêtes Les conditions de la guerre et l'affluence considerable dans les trains obligeront cette année encore les chemins de fer à suspendre tous les laissez-passer sur leurs ligues durant la période des Fêtes de Noël et du Jour de l’An.C’est ce que viennent d’annoncer le Pacifique Canadien et le Canadien National dans une communication qui dit que "vu l’affluence dans les trains occasionnée par les congés militaires et le mouvement général du public durant la prochaine période îles Fêtes, la direction des deux réseaux canadiens se voient dans la nécessité de suspendre les permis de circulation gratuits et les billets à moitié prix, entre le lundi 21 décembre 1942 et le mardi 5 janvier 1 ‘>43 inclusivement.“Cette mesure s'applique à toutes les lignes et à tous les trains îles deux réseaux et de leurs filiales.“Il s'agit d’une mesure imposée par la guerre et la direction des deux réseaux ferroviaires est convaincue que le public saura l'accepter comme telle.” Raids américains en Europe occupée Le major-général Cari Spaatz, 1 chef de l'aviation américaine en Europe, a annoncé que des avions de combat américains ont attaqué des soldats et des installations allemands en Europe occupée et que tous les appareils sont revenus à i leurs bases.Des camions chargés de soldats, Julien Green vient de s’enrôler dans l’armée américaine Il avait été ambulancier à 17 ans et s'était enrôlé dans l'artillerie française en 1918.Julien Green, le célèbre écrivain et romancier français d'origine américaine, fait maintenant partie de l'armée américaine.Stationné d’abord au Camp Meade, il vient d être transféré au Camp Ritchie.Outre ses oeuvres mieux connues.Julien Green a publié récemment en anglais un livre de souvenirs sur la France de Jadis, sur la France heureuse et non encore souillée par la botte nazie : "Memories of Happy Days".Il est peu d écrivains mieux qualifiés que Julien Green pour parler de la France des beaux Jours.Né à Paris de parents américains en 1900.il s'est enrôlé dans l'artillerie française en 1918, après avoir servi corame ambulancier, à lâge de 17 ans seulement, dans l’American Field Service près de Verdun et dans le corps d'ambulancier Morgan Harjes sur le front italien.Il vint pour la première fois en Amérique à l'âge de 19 ans et s'inscrivit, trois ans durant.à l’Université de Virginie.Son premier roman, "Mont Cinè-re ’.fut publié en France en 1927.Après la chute de .la France, Julien Green est revenu en Amérique où 1! s’est enrôlé.des avant-postes militaires et des batteries d'artillerie ont servi de cibles aux aviateurs des Etats-Unis.Le feu des mitrailleuses et des canons a dispersé des soldats nazis, fait des victimes et causé des dommages au matériel.“Relations” Sommaire novembre 1942 Editorial : Les oracles de l'opinion.Commentaires : Vraie tradition en éducation.— Curieuse préoccupation de guerre.— Cri d'alarme en Angleterre et aux Etats-Unis .et au Canada — En revenant de Saint-Hyacinthe.Articles : La Beauce agricole : Flrmln Letourneau."Ecoles nationales" : Louls-C.de Léry.Pour un renouveau économique : FYançols Hertel.Une liberté démocratique en danger : Orner Genest.Chroniques : Si La Fontaine pouvait parler : Alexandre Dugré.Le Canada et Haïti se tendent la main: Philippe Cantave.Horizon international : Mexique — Espagne — Pologne — Russie.Correspondance : A propos d’électrification rurale : Arthur Surveyor.Autour des articles du P.Plante : Paul Dufault.Un bilingue sur le bilinguisme : Un de l’Ouest.Cinéma — Livres récents.$2.00 abonnement annuel — 25 sous l'exemplaire.Ecole Sociale Populaire, 1961 est, rue Rachel — Montréal — CHerrier 3101.POUR UNE VRAIE BONNE TOUCHE aiNJ^KUYPER MAISON.FOND É E EN 1695 .:Ï2.- .• wmîmy, 4 IOoï.*1.15 2 5 oz.*2.75 40 oz.*4.20 EMBOUTEILLE EN ENTREPOT AU CANADA WISERS OLD RY! Saint-Jirôme, le 20 novembre 1942 L’AVENIR DU NORD Paxm cinq Papotages du P'tif Doc Nous commençons cette semaine, sous cette rubrique, la publication d'une série de courts articles portant sur des sujets scientifiques.Celle-ci est une généreuse collaboration que nous accorde un tout jeune étudiant en agronomie.Nous n'hésitons pas à croire que nos lecteurs trouveront un vif plaisir à lire cette chronique et nous invitons ceux de nos Jeunes gens qui aimeraient tenter quclqu'essal du genre, à se prévaloir de l'hospitalité de nos colonnes.N.D.R.* ?* I/Avenlr du Nord, s'il constitue étiquettes.Puis l'on I avenir des "pays d'en-haut”, a aussi contribué à en construire le présent.Depuis quarante-cinq ans il est la Grande Ourse de la région.Par ses éditoriaux charpentés et robustes, il remplit la promesse initiale de fustiger l'erreur et de démolir le préjugé.Par sa page domestique, il a sûrement contribué à rendre plus Intéressante la vie des femmes du Nord.Il fait aujourd'hui un autre pas à l'avant en ouvrant un petit coin aux sciences.On déplore un fait : le manque de vulgarisation des données scientifiques dans le Québec.Avec une éducation trop dédaigneuse de ce point de vue et une ambiance trop vissée au travail nécessaire, la science se renferme en un petit cénacle d'élus.On vivotte dans un monde qu'on ne comprend pas, qu'on ne sait disséquer.Cette lacune se creuse en un gigantesque ventre-de-boeuf dans les conversations, d'où cette dépense de salive sur de suaves "il fait-y beau ' et d'originalis-slmes "Je pense qu il va pleuvoir ”.Cette enfance des sciences dans le Québec, — chez le commun des gens.— nous amène d’assez cocasses trouvailles.Ainsi on m'a donné de Jeanne d'Arc l'idée dune chipie rébarbative et d'une mégère désen-tripalllée, quand on m'a déclaré, dans une réunion : "Devant ses Juges, Jeanne d’Arc a battu sa poulpe".Ce cher monsieur devrait pousser l'obligeance Jusqu’à me renseigner sur l'instrument du supplice.Ces quiproquos trop répétés, avec la trop courte péri ('de consacrée aux sciences à l'école, expliquent un peu combien peu de nos jeunes s'orientent vers les carrières scientifiques.II reste à nous battre la coulpe et.revirer de bord.Les "papotages'' qui ambitionnent d'offrir un minimum de renseignements sur la science, son progrès et ses côtés cocasses, seront une simple promenade au hasard, un butinage agréable au jardin des sciences.Les "papotages’ papoteront dans le décousu et se piqueront parfois d'un brin d'humour.Ils tâcheront à constituer une lecture d intérêt qui empêchera chacun de "cailler" dans la berceuse après souper.On passera la faulx dans les notions trop mûres et la flamme dans les herbes folles.Loin de nous l'idée de former de chacun un Archimède, ce beau passionné de science qui, sans émoi, continua ses expériences pendant qu on s'emparait de sa ville.Le but premier se confine aux notions élémentaires, à ce qu'on ne peut décemment ignorer, à ce qui peut alimenter agréablement les conversations vides.• • * Certain philosophe qui n'existe peut-être que dans le cerveau en gésine de P'tit Doc et qui.sans dou te, adressait ses conseils à des Gargantua du temps, a prôné comme suprême moyen de persuasion prendre les gens par la panse.Aussi ai-je la sagesse de débuter par un mot sur l’alimentation.Mâchouiller des cailloux n'entre pas dans l'alimentation modèle.Néanmoins les matières minérales y entrent pour beaucoup.Par mal heur, certains en furent trop per suadés, ce qui nous a amené depuis de nombreuses années, toute une théorie de produits minéraux en bouteilles.Tout se vend en bouteilles.Des artistes de génie suent à la conception des fioles ; des écrivains de génie pondent des noms hyper complexes ; des experts en décora tlon nous griffonnent d'attrayantes La T^S.F.ONDES PAR-CI ; ONDES PAR-I.A nous avance la marchandise tombée du Ciel, à grands coups de programmes radiophoniques et de méchante littérature commerciale.Avec les jumelles Dionne ou quelque beauté d'Hollywood pour faire mousser l'affaire, le cas est décidé : chacun se videra les fioles dans les entrailles.Pourtant, trop peu se doutent que toutes ces matières minérales, même attifées des noms les plus harmonieux, même tirées de fioles en porcelaine, valent zéro en alimentation.Le système digestif de l'homme n’a jamais eu, et n’aura probablement Jamais l’organisation voulue pour digérer la pierre à chaux.Il faut l’absorption à 1 état combiné dans la plante ; il faut que le végétal réalise la systhèse des minéraux pour que ceux-ci aient la moindre valeur pour la régénération des tissus et la production de matière vivante.Plus un aliment est Ingurgité à un état voisin de | l’état vivant, plus il a de chances de profiter à l'organisme.Aussi dc-vrait-on cuire tout aliment en lui conservant la complexité, l'armature du vivant.Par malheur, l'usage trop fréquent de légumes en purée a rendu l'estomac inhabitué à la digestion des légumes crus; malgré tout, des légumes à peine cuits dament le pion à ceux qui ont mijoté durant des heures, même si ceux-ci se perdent dans la plus ragoûtante des "popottes’.Le même principe s’applique aux viandes, cuisses de grenouilles, ou "sizzling steaks", toutes les viandes devraient être à peine cuites, et on devrait les engrouffrer en cet état, même sous peine de se voir traiter de cannibale par un gringalet débile nourri de produits en conserves.La plupart des éléments nutritifs de la viande nous tirent la révérence et prennent la clef des airs après une cuisson prolongée.Et les produits en boite, donc ! J* consens à payer mon tribut d'admiration aux maîtres-architectes dont les pyramides s'édifient en beautés dans les montres de magasins.Pourtant, même vitaminisés au soleil de Floride, ces produits ont perdu la plupart de leurs éléments réellement nutritifs.En colorant la poussière des chemins et en la délayant dans une eau grasse, vous obtiendriez un produit tout aussi assimilable et aussi nutritif que les soupes en poudre.Si les jumelles de Callender n'avaient engobé que les soupes en poudre et les purées savantes que la publicité leur met au bec.depuLs longtemps elles taperaient leur somme dans une vallée du paradis.Il est temps de revenir à une méthode moins artificielle d'alimentation.Soupirons après le Jour où un grand novateur que je salue à travers les siècles, nous fabriquera un estomac d’acier, muni de toute une série de chantepleures à corps chimiques, pour la digestion des minéraux.Chacun, alors, avec une émotion artistique, écoutera résonner les grains de fer sur les parois d'un oesophage d'aluminium.Et Jules Verne n'aura pas prévu çà ! P’tit Doc L'EFFORT DE L'ANGLETERRE Pensées Le malheur des coeurs qui ont aimé.c'est de ne rien trouver qui remplace l'amour.• • • La santé est le plus grand des biens ; la beauté est au second rang, la richesse au troisième.PLATON Le personnel des studios de Radio-Canada à Montréal a acheté des Bons de la Victoire pour près de $5,000 OC.Ce personnel ne comprend ni les musiciens, ni les comédiens, ni les conférenciers.* * * François Bertrand et René Lcca-valier.tous deux annonceurs au poste de Radio-Canada à Montréal, ont quitté le Canada, ces jours derniers.pour faire du service outremer.• • • Roger Baulu, chef des annonceurs de Radio-Canada à Montréal, est allé assister, avec un groupe de journalistes et de fonctionnaires de la radio, à l'inauguration de la nouvelle route des Etats-Unis en Alaska.* * ?** La musique des H.M.Canadian Grenadier Guards, à son concert du mercredi, 25, Jouera une marche de J.-S.Paquet, intitulée "Les Gardes de Dieppe”.M.Paquet est du personnel des musicographes de Radio-Canada.* * * Mademoiselle Marcelle Barthe, de Radio-Canada, donnera une causerie à la Société d'Etudes et de Conférences, à Montréal, le 1er décembre, causerie qu'elle a intitulée "La voix sans visage".* * * Le lieutenant André Marcil, de la Marine Royale Canadienne, donnera prochainement une série de causeries à Radio-Canada, sur les équipages canadiens “au grand large".Le lieutenant Marcil, citoyen bien connu de Montréal, a navigué avec les grandes escadres de guerre sur presque toutes les mers.• • • Radio-Canada transmettra le dimanche.13 décembre, de 11 heures à midi, sous les auspices de l'Heure Dominicale, la grand'messe à la Basilique de Québec, ainsi que le sermon que prononcera Son Eminence le cardinal Villeneuve.• • • Le lieutenant Albert Cloutier, instructeur à l’Ecole des Officiers de l'Université de Montréal, quittera la scène de la radio pour la durée de la guerre, cela à partir du mardi, 1er décembre.Il jouait l'un des premiers rôles dans la Fiancée du Commando.• • • ANDROMAQUE Les artistes dramatiques de Radio-Canada, le dimanche.22, joueront Andromaque de Racine.Madame de Maintenon écrivit un jour à Racine le priant de rédiger pour les demoiselles de la Maison de Saint-Cyr, quelques scènes d'où serait banni le romanesque, cela parce qu'elles avaient joué Andromaque avec trop d ardeur.Cette pièce, au sens de la directrice, encourageait trop le jeu du tendre et des rêveries sentimentales.Racine qui avait toutes les raisons du monde de ne pas déplaire à Madame de Maintenon.puisqu'elle était la femme de Louis XIV, écrivit donc Esther, "ouvrage propre à être récité et chanté.C’était confesser qu'Andromaque avait une tout autre allure au point dé vue des sentiments humains que le Cid.de Corneille.Du Racine de Sainte-Beuve, de celui de Jules Lemaître à celui de François Mauriac sans compter ce qui se publie actuellement, que n’a-t-on pas dit des passions qui animent les personnages du tragique.Jules Lemaitre déclare qu"'avec Andromaque et Her-mione, l'amour moderne a fait son entrée dans la littérature française." Le mercredi, à quatre heures et demie du soir, M.Jean-Charles Bonenfant explique, sous la rubrique "Le théâtre au service de l'éducation", les oeuvres à l'affiche du Théâtre classique.Pour se scandaliser en voyant en vente des marchandises anglaises, il faut de la mauvaise foi ou de l'ignorance.L'Angleterre est une lie et un pays presque exclusivement industriel.Sans exportations elle serait affamée.Les navires qui traversent l'Atlantique ne doivent pas revenir vides.Enfin, nos importations de l'Angleterre sont rassurantes; elles démontrent que notre alliée garde avec nous la suprématie maritime en dépit de la menace des sous-marins allemands.Ces arguments seraient-ils sans valeur que nos mange-Anglais ne pourraient rien reprocher à la Grande-Bretagne en matière de production de guerre.Sa production, per capita, est la plus Importante de tout les pays, amis et ennemis.En septembre, elle a augmenté de 14 p.c.sa production d'armements (sans tenir compte des avions ni des vaisseaux) et elle en a livré exactement les trois-quarts à ses alliés.Ses chantiers maritimes produisent deux fois plus que n'importe quel pays.Plus de 600 navires de guerre anglais sillonnent constamment les mers du globe, ils ont détruit, capturé ou endommagé plus de 125 vaisseaux ennemis et plus de 6,000,000 de tonnes de marchadises.Rien que sui l'Atlantique, plus de 250,000 Anglais risquent chaque jour leur vie.(Le Canuda).SAISON D’OPERA DU METROPOLITAN A RADIO-CANADA Radio-Canada transmettra à la fin de ce mois ou plus exactement dès le vingt-huit novembre, l'opéra chanté le samedi après-midi, sur la scène du Metropolitan.Le programme de cette saison porte les titres de seize opéras.Cet arrangement de la haute direction de Radio-Canada avec les autorités américaines compétentes ne manquera pas d’être apprécié par tous les auditeurs.La saison débutera par "Lucie de Lammermoor" avec Madame Lily Pons dans le premier rôle.• • • SERENADE AVEC Mlle MURIEL BIRCKHEAD Muriel Birckhead, dont les auditeurs de Radio-Canada ont déjà apprécié le talent, reviendra aux studios de la Société à Montréal avec les artistes de Sérénade pour Cor-1 des, le lundi 23, à 8 h.05 du soir.Muriel Birckhead.contralto, est américaine et quoique toute jeune, elle occupe une place fort intéressante dans les milieux artistiques.Elle chantera Berceuse Américaine, de Gladys Rich, Beau Soir, de Debussy et Music I Heard with You, de Hageman.Jean Deslauriers a inscrit à son programme Polka, de Sokolov-Gla-zounov-Liadov, Scherzo, de Mendelssohn et Scherzo, d'Ippolitov-Ivanov.L'histoire du Montréal industriel «4 ¦ s COIN DES PROFESSIONNELS & FORTIER & PREVOST AVOCATS 160, avenue Parent SAINT-JEROME Me JOSEPH FORTIER Me HENRI PREVOST Téléphones : 258 - 201 - 35 I tsssà Pour ne pas retourner au temps du boghei et de la charette Les propriétaires d’automobiles ou de camions qui ne veulent pas revenir aux temps anciens du boghei et de la cliarette feraient bien de surveiller non seulement leurs pneus et leur carte de rationnement mais aussi leur batterie d'auto.Si chacun se servait de son simple bon sens, la durée des batteries pourrait être prolongée.Le service de l’Information au Consommateur fait remarquer, par exemple, qu'on devrait se donner la pleine de faire examiner la batterie fréquemment et de la faire remplir
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