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L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 7 juillet 1944
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

L'Avenir du Nord, 1944-07-07, Collections de BAnQ.

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CHENIFR t 1 w 1897-1944 Directeur: HECTOR PERRIER Fondateurs: Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1944 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même, nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent" (Benjamin Suite) ' LABELLE QUARANTE-HUITIEME ANNEE, NUMERO 27 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro SAINT-JEROME, LE VENDREDI, 7 JUILLET 1944 Nous rvrrous prospôrvr los fils du Suiui-EAiurou! QUATRE ANS D'ACTION INTELLECTUELLE Quoique contraint par mon état de santé à me retirer de la politique active.Je tiens à affirmer que je n’en conserve pas moins un attachement profond pour le comté de Terrebonne.J'ai conscience que dans 1 exécution du mandat que m'avalent confié les électeurs de ce comté, j’ai mis la plénitude de mon dévouement.Je n’entends pas m'arrêter là.C'est mon ferme désir d'être encore utile a ceux qui m'avaient témoigné leur confiance et je tiens, en manifestant moins d'activité peut-être, mais avec la même sincérité, à me dévouer encore à la sauvegarde de leurs intérêts.Un moyen idéal de me tenir en contact intime avec mes commettants d'hier sera ce journal qu’en 1942 J'ai reçu des mains du regretté sénateur Jules-Edouard Prévost et dont j'ai promis de continuer l'oeuvre merveilleuse.M'inspirant donc de notre devise qui propose de "voir prospérer les fils du Saint-Laurent", je puiserai, dans la diffusion plus considerable de cette feuille, vieille de quarante-huit années, les moyens d'être utile à mes concitoyens.Si, dans l'exercice de mon mandat de député.Je me suis, sans répit, efforcé de satisfaire aux besoins matériels de la population, je tiens à souligner qu’au moment où ['Honorable Piemier ministre me confiait le secrétariat de la province, je m’étais assigné spécialement la tâche de mettre en valeur, par l'introduction et 1 application dans le domaine éducationnel, de réformes jugées opportunes ou nécessaires, les pro-londs talents qui sommeillent-chez nos jeunes.Le plein épanouissement de ces compétences latentes par voie de méthodes adaptées aux nécessites de l'heure comme a celles de l'avenir, est le but capital que je me proposais.De tout temps, Je me pénétrai de l'éclatante vérité de l’axiome que "la valeur d'un peuple depend de son degré de culture” J'ai conscience d'avoir, en collaboration avec les autorités religieuses et civiles, de même qu'avec l'appui de mes collègues du gouvernement, imprimé un essor vers le mieux à notre système d'enseignement.C'est mon Intention de surveiller les effets des mesures que j'ai préconisées et mes concitoyens peuvent être assurés que dans le calme de ma retraite.Je me pencherai encore avec sollicitude sur notre jeunesse, l’aidant à résoudre les complexes problèmes qui se poseront à elle, ne ménageant jamais ma plus sincère collaboration aux autorités compétentes.HECTOR PERKIER Réunion des libéraux de Terrebonne Ainsi que le requiert la constitution de l'Association des libéraux du comte de Terrebonne, les délégués déjà choisis sont convoqués à une réunion qui aura lieu en la salle municipale de Saint-Jérôme, le mardi, 11 juillet prochain, à 7.30 heures de la soiree.Ils seront appelés a se choisir des officiers qui seront en fonctions pour une période de trois années et devront aussi procéder au choix du candidat qui lera la lutte dans le comté de Terrebonne lors des prochaines élections provinciales.L'Honorable Hector Perrier a accepté l'invitation que lui a faite l’Association à présider cette convention.Monsieur Lionel Bertrand, député de Terrebonne aux Communes, a aussi accepté l'invitation de l'Association et sera présent.ON CHUCHOTE QUE.M.Henri Bourassa, Grand Maître de la Loge.nazionaliste en Laurentic, participera, dit-on, à la présente campagne électorale provinciale.L'ex-député de Labclle aux Communes, battu, écrasé par le fils de son propre organisateur, daignera-t-il, pour une fois, repondre à un modeste et obscur citoyen de la province de Québec : conseillera-t-il de nouveau, comme il l'a fait à une assemblée relativement récente du Bloc-popuant, tenue en la ville de Québec, âscs compatriotes canadiens-français et catholiques de voter, à défaut de candidat de M.1-aurendeau, pour un candidat de la C.C.F., «le préférence aux moutons rouges ou bleus, voire aux candidats Indépendants ?On sait que, depuis leur expulsion publique du Bloc popuant, MM.(iouin.Chaloult et Hamel n’ont guère mis «le gants blancs — symbole «le leur virginité politique (?) pour eng .uirlander leurs alliés d'hier comme poisson pourri, allant jusqu'à les accuser d'être les instruments imbéciles, les instruments inconsciemment idiots de forces financières occultes, voire d’être de véritables jouets entre les mains des trusts.Nous défions nos propres amis, qui ont eu la patience d'écouter leurs récents discours, radiophoniques ou autres, de dire «me nous exagérons.Or, il est définitif tenons-nous «le source autorisée, que M.André Iaiurcndeau, chef-dauseur-à-la-corde provincial i'u Bloc-popuant effrité, ne leur opposera pas de candidat aux présentes élections.'l’as de farceurs! va.et tous les mêmes, décidément.Des le lendemain du Jour où l'honorable Adélard Godbout annonçait à la radio la dissolution des Chambres provinciales, le Devoir annonçait en première page, en caractère gras «avait-il reçu des subventions de son ancien ami, M.Duplessis, «m «le son nouveau protégé, M.André latiireiidcnu ?nous posons, pour le moment, tout simplement la question) tout à côté de la signature «le son Grincheux qu'il publiera des comptes-rendus impartiaux «les discours prononcés aux diverses assemblées politiques.Si nos lecteurs nous le permettent, nous leur conseillons de consulter un numéro «lu Devoir «le leur choix, un numéro de cette semaine ou de la semaine prochaine, aux fins de se rendre compte du sens que le Devoir donne au mot ''impartialité.” Ils pourront ainsi juger par eux-mêmes.de l'espace accordé aux discours «les libéraux, du ton du compte rendu et de la grosseur du titre ; ils pourront constater, par la meme occasion, comment sont traités l'I'nion nationale et le Bloc-popuant.On a lu dans les journaux que Sa Sainteté Pie XII a accordé lundi dernier une audience particulière à un bataillon du Royal 22e Régiment canadien-français.de Québec, dans la célèbre et historique Salle Clémentine du Vatican.Parlant en français, “vous avez donné de magnifique preuves de courage.” a dit le Pape à ceux de nos fils qui appartlennt à cette unité.Vous aurez peut-être bientôt à affronter de nouveaux dangers, «le nouvelles fatigues.Nous serons de tout coeur avec vous." Dignes descendants des Zouaves pontificaux canadiens (1870), les "gars" du 22e, ainsi que tint à le souligner le mujor-genëral Georges-P.Vanicr, grand héros de la première grande guerre et ambassadeur du Canada près du Comité français de la Libération nationale à Alger, ont eu, comme leurs illustres ancêtres, l'insigne honneur «le défiler devant la basilique «1e Saint-Pierre.A quand pareil honneur pour les braves de la Ligue pour la défense du Canada et autres predicants isolationnistes du catholicisme intégral en lamrcn-tie ?.Comme il fallait s'y attendre, les pêcheurs en eau troublé naziona-listes, démagogues-nés dont la seule volupté sadique qu’ils connaissent est de vomir et de vomir encore à jet continu sur l'adversaire, ne cessent d'exploiter, de réformer surtout "l’incident Bouchard,” et cela pour des lins électorales évidentes.Nous sommes, quant à nous, «le l'avis de Me Roger Duhamel, président général et secrétaire de la Société Saint-Jean-Baptiste : "il convient de clore ce malheureux débat" «me souleva le récent discours de M.Bouchard nu sénat.Et en volet les raisons invoqués au cours d’un premier-Montréal parue, sous sa propre signature, en page éditoriale «1e la Patrie de dimanche dernier : “Avec un ensemble exceptionnel (sie), nos chefs religieux cl civils ont fait entendre leur protestation et ont signifié à M.Bouchard qu’il n'exprimait en aucune façon les sentiments de ses compatriotes.(.) Car le premier ministre, M.Adélard Godbout, n'a Entré dans la politique après une longue hésitation ce qui dénote riiez lui beaucoup de virilité, de modestie et de réalisme M.Perrier ist aujourd’hui contraint par l’état de sa santé, que quatre années «1 un I tbeur constant ont compromise, de retourner à la vie privée et de laisser à d'autres le soin de compléter 1 oeuvre magistrale de régénérescence Intellectuelle et économique qu'il u élevée à la gloire du Canada-français i't pour le plus grand bien de la jeune génération.Admirablement préparé à jouer le rôle que son chef lui confiait en 1910 par son association professionnelle avec un de ses distingués prédécesseurs, le sénateur David, et par sa longue expérience à la commission ¦colaire de Montréal et au conseil de l'instiuctton publique, et surtout, par son amour passionné de l'étude et son désir ardent de rendre service à ses compatriotes, il était l'homme tout désigné pour réaliser les réformes éducationnelles qui s'imposaient -t que le parti libéral, dirigé par M.Godbout, s'était donné pour mission d’accomplir.M.l'errlcr ne vit dans l'offre du premier ministre qu'une autre occlusion de contribuer au progrès de sa province par le moyen le plus efficace et le plus noble : l'instruction.II n'accepta les lourdes responsabilités du ministère dont dépend 1 avancement Intellectuel de notre peuple qu'à la vue «le lu satisfaction morale que lui procurerait l'accomplissement de «a tâche.Et c est avec la détermination de réaliser une oeuvre durable qu'il céda au désir de son chef politique et de» esprits clairvoyants.Depuis s«ni assermentation connue ministre de la couronne, il a déployé une activité inlassable pour réaliser son rêve altruiste de placer sa province à la tête «le la confédération dans le domaine «le l'instruction publique et de permettre à la jeunesse québécoise de gravir les sommets dans toute» les sphères de l'activité humaine par I acquisition de la culture générale et de lu spécialisation.Son trop bref passage sur la scène parlementaire et législative se résume en quatre ans d action Intellectuelle.Ces quatre années de dévouement à lu cause de T instruction publique, et marquées de réformes et d’initiatives audacieuses et généreuses, l'historien de l'avenir les traduira en un chapitre cloquent de la marche ascendante du peuple canadien-français vers la conquête du savoir à tous ses degrés Le secrétaire de la province a bien mérité des générations futures et de celle qui grandit en leur facilitant l'accès de toutes les carrières.Sans doute, comme il tient à ie reconnaître lui-même, ces immenses progrès Intellectuels, lu jeunesse privilégiée, qui en bénéficie aujourd'hui et qui en bénéficiera demain, les doit aussi à l ardent patriote réaliste qui administre la province depuis 1939 et à tous ses collègues, de même qu'à la députation libérale, qui ont appuyé les réformes de M.Perrier et ont compris leur devoir envers le peuple en votant le budget le plus élevé jamais accordé à l'instruction dans cette province.Mais le nom de M.Perrier, en dépit de sa modestie et de son détachement, s identifiera longtemps mix réalisations éducationnelles et artistiques «les quatre dernières années qui illustrent une époque et font franchir à la survivance française en Amérique une de ses étapes les plus Importantes.Que l'humilité de notre directeur nous pardonne g «tte explosion de sincérité et de gratitude qui n'est que le reflet de la reconnaissance de tous ses compatriotes qui déplorent sa retraite de la vie publique.Les amis de l'instruction se consolent, cependant, d'apprendre qu'il continuera de s'intéresser vivement nu mouvement éducationnel et artistique, dans la vie p rivée, ainsi qu'il le déclarait à la radio, mardi dormer Quant à nous, ses loyaux collaborateurs à l'Avenir du Nord, nous nous réjouissons de sa décision de conserver la direction de ce journal de combat pour les grandes causes nationales et internationales.Sous son inspiration, nous préparerons de nouveaux triomphes aux idées saines et progressives, de cette tribune que nous avons héritée du lutteur persévérant que fut le sénateur Prévost.Le comté de Terrebonne, qui a presque toujours été représenté, à Ottawa comme à Québec, par des hommes d'Etat distingués de toutes les nuances politiques, a été associé pendant plusieurs années, grâce aux honorables David et Perrier, au remarquable développement de l'instruction publique dans notre province.Il perd aujourd hui un député qui n'a cessé de s'intéresser à scs problèmes et d'y apporter une solution, en même temps que d'illustrer le nom de Terrebonne.Le secrétaire provincial n'abandonnera son portefeuille qu'a prés avoir contribué à In victoire de ceux qui doivent poursuivre l'oeuvre commencée.“Avant mon départ", a-t-il précisé, en s'adressant à toute la province, mardi soir, "je veux donner publiquement à l'honorable Adélard Godbout et à ses collègues le témoignage de ma gratitude, de ma loyauté et de mon admiration.C'est pourquoi je serai à leurs côtés pendant toute la campagne électorale.Je reste avec eux jusqu'au 8 août pour «iéfendre la cause qui représente le progrès véritable et les plus saines aspirations de la province de Québec.Si mes forces physiques ne me peiniettent plus de supporter le fardeau de la vie publique, il vue reste encore assez d'énergie et de courage pour affronter l'électorat avec ceux dont je reste solidaire de l'oeuvre admirable accomplie depuis 1939." Paroles fières et «lignes qui témoignent «le la sincérité, de la droiture, de la conviction et «lu sentiment «les responsabilités «l'un véritable serviteur de la patrie- Guillaume FREDERIC UN HOMME.OU UN GOUVERNEMENT ?Chants laurentiens Jour gris ,.pas tardé d’agir conformément aux vues de la population québécoise (re-re-sic)." Ajoutons que, citant, à la lin de son article, un extrait essentiel de la dénonciation formulée à l'issue du Congrès Eucharistique tenu à Saint-Hyacinthe par S.E.le cardinal Villeneuve, le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste en concluait ce qui suit : “C'est sur ces paroles tombées des lèvres du cardinal Villeneuve qu'il convient «1e clore ce débat malheureux.” Pareil avis du président général et secrétaire de la Société Saint-Jean-Baptiste, encore une fois, mettra-t-il fin ail dégobillage des nazionalistes plus catholiques que le primat de l'Eglise catholique au Canada?Qui vivra, verra.puant ou du comité Gouin-Cha-loult-IIamel, — formuler un seul mot de protestation au sujet de cette campagne sourde mais persistante qui dure depuis 1939.Mais vous entendez les mêmes gens prétendre.affirmer, dans certains de leurs discours à la radio ou dans les salles de marché, que la conscription pour outre-mer existe depuis toujours et, dans d'autres, que nous l’aurons sûrement un jour ou l'autre.Les uns et les autre accorderont-ils jamais, et une bonne fois pour toutes, leurs violons, ou persisteront-ils à vouloir ridiculement se payer la tête de nos bons habitants ranayens ?Il serait temps, ne trouvez-vous pas, pour nos adversaires de s'entendre sur ce qu'ils ont à «lire au sujet «1e la conscription.MM.Bracken, diet «lu parti progressiste conservateur, et C.-P.McTaguc, président national, clament plus haut que jamais depuis quelque temps que le service militaire obligatoire pour outre-mer s'impose de toute urgence.mais pour déplorer aussitôt — ô logique — le manque soi-disant de main-d'oeu-vre agricole aussi bien que le manque de bras dans nos usines «1e guerre.Chose étrange, encore plus étrange, vous n'entendez, guère un seul orateur nazionaliste — qu’il soit de l’école «le la Désunion nationale, de l'officine du Bloe-po- lai dans le Canada : Relisons ensemble, voulez-vous, cette phrase d’un récent article de 31.Orner Héroiix sur la Saint-Jean-Baptiste et les élections : “A plus forte raison en est-il ainsi de nos frères de l'Ouest et dos Français Acadiens, Louisianais, (Franco-Amcricains) des Etats-Unis,” écrit-il dans le Devoir.Nous avons délibérément souligné l'expression “Franco - Américain” parce que nous nous étonnons de ce que M.Hcroux n'oit pas plutôt écrit "Franoo-F.tatsu-niens” ou “Etatsuniano-Français” quant à se lancer dans le charabia tout pur, comme son journal en donne chaque jour l'exemple, depuis maintenant un bon moment, avec l'emploi de la barbare expression "anglo-étatsunien" qui est ridicule, on ne peut plus ridicule.* * * Continuant nos incursions dans l'enclos où piaillent, broutent et ;e prélassent les "faux-prophètes politiques", i.ous ne donnerons aujourd'hui que quelques traits de la physionomie de deux hommes qui furent ministres dans un cabinet qui se rendit illustre par ses orgies le dépenses : celui de Maurice le Noblet Duplessis.Le premier.William Tremblay, un ancien boucher de Maisonneuve devenu grand seigneur lu Boulevard Pie IX au cours de son stage au ministère du travail ; le deuxième, Bona Dussault, un brave pilote que le député des Trots-Rivières mua un jour en ministre de l’agriculture.Egalement fort en verbe, William Tremblay ne le céda jamais en rien à son chef dans l'art de se contredire «-t de distribuer les promesses les plus fallacieuses.Il sera probablement de nouveau en lice au cours des prochaines élections.Bona Dussault, orateur au ton plus modéré, ne montra jamais de répugnance à faire miroiter les perspectives les plus brillantes et les plus.Irréalisables.Du jour au lendemain, Maurice Duplessis l'arracha à sa cabine de pilote pour le hisse- au portefeuille de l’agriculture."Il n’y a pas de sot métier” et nous opinons qu’un homme, quelle que soit la sphère, où habituellement, il évolue, puisse Incarner les qualités que doit manifester tout bon administrateur.Cependant, nous nous refusons à admettre que William Tremblay et Bona Dussault, soient du "bon bois" pour faire des ministres.En 1936, ni le premier ni le deuxième ne possédait la moindre qualification et encore moins la formation voulue pour administrer d'aussi importants ministères que ceux qui leur fûrent confiés.La physionomie de leur compétence n’a pas été modifiée par les années : Ils doivent encore être casés parmi les éléments médiocres.Au reste, la piètre figure qu'ils affichèrent tous deux durant les trois années oe "grande noirceur" témoigne que nous n'errons point en faisant une telle affirmation Et Duplessis est enclin à jeter de nouveau son dévolu sur eux.L'âne a beau être recouvert de la peau du lion, deux grandes oreilles émergent toujours de sous cette défroque.Que Tremblay et Dussault soient empanachés d’un titre de ministre, ils demeureront toujours les mêmes bateleurs de foire.Que conclure de ceci ?Sinon que Maurice le Noblet Duplessis ne tint jamais, pas plus qu'il n'y tient aujourd'hui, à s’entourer d'hommes de valeur, car Tremblay et Dussault ne sont pas les seuls à être de médiocre trempe.Le chef de l'Union nationale n’a jamais eu de béguin pour les hommes capables de tenir les marchons de commande.Il accorde ses préférences à des pantins qui.aveuglément, sans ne jamais maugréer, courbent honteusement l'échine devant lui, se plient a se?quatre volontés et passent docilement par ses fourches caudines.Les hommes audessus de la moyenne seraient susceptibles de lui porter ombrage et mettraient peut-être en danger, en brillant trop sur la scène gouvernementale, son titre de chef.On sait qu'après avoir escamoté le pouvoir qu’il ne put tenir que durant trois courtes années, — la masse, cependant, les considéra des siècles, — Maurice Duplessis constitua un réel *'oue man government".Toutes ies décisions, relevant pourtant du Conseil des ministres, furent prises par lui et uniquement par lui La danse des millions, l'exercice d'un honteux favoritisme.lui seul en fut responsable : les autres n’étaient que des figurants et n’avaient pas voix au chapitre II fallait qu’il persévérât dans cette voie jusqu'à la fin.Aussi décida-t-il de dissoudre les chembres sans confesser à ses collègues qu'ayant acculé la province aux portes de la banqueroute il ne pouvait tenir la barre plus longtemps.En plus de satisfaire à un devoir qui incombe à tout chef de gouvernement, n'eût-il pas dû.fût-ce par élémentaire courtoisie, rechercher les conseils de ses ministres, faire appel aux suggestions de ceux-ci ?Mais c’eût été déprécier un Duplessis qui personnifia de tout temps la fatuité et l’arrogance.Cette immuable intention de ne s’entourer que de gens de valeur médiocre ne doit-elle pas aujourd'hui constituer un salutaire avertissement pour le peuple de ne plus placer sa confiance dans le pitre «qui l'a une fois odieusement trompé et bassement trahi et qui s’apprête à repéter le geste ?Nous combattons depuis cinq ans les régimes dictatoriaux.Nous avons engagé le meilleur de la nation dans cette croisade pour la liberté et le maintien de nos institutions constitutionnelles.A quoi donc serviront nos efforts et nos sacrifices, si, dans la gouverne de la chose publique, nous permettons à un homme assoiffé de pouvoir et d'honneurs, un homme qui a démérité, de saboter notre oeuvre ?Maurice Duplessis n'a-t-il pas.de 1936 à 1939.agi en dictateur de premier rang ?Et s’il convoite à nouveau les leviers de commande, n’est-il pas inspiré du désir d'appliquer le régime qu'il instaura durant ses trois années de pouvoir ?Déjà, se» candidats fantoches, ses pantins, ses marionnettes sont choisis.Et parmi ceux-ci figure l'ancien ministre du travail.William Tremblay, une nullité absolue dans le domaine publique, une homme qui ne manifesta d'autre compétence que celle de promettre à faux et de se plier servilement devant les exigences de son maître.On chuchote aussi le nom de Bona Dussault comme candidat : il ne vaut pas mieux.Et tous les autres sont de la même trempe* "Dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es." Ça ne sera jamais avec Maurice Duplessis et sa horde d'aveugles valets que la hiérarchie des valeurs sera instaurée et maintenue dans ie Québec Au peuple d'y penser le jour du prochain scrutin.Pierre-Gils La nomination de M.L.-E.Pot-vin à la présidence de la Commission hydro-électrique de Québec, dont il était le trésorier depuis le 14 avril, jour de l'institution de cet organisme national eanadien-fr.in-cais, ne fut nullement une surprise pour tous ceux-là qui connaissent l’ancien président de la Commission municipale.Ses longs états «le service administratifs joints à son expérience ae«iuise à la Commission municipale qu'il «lirig«ait le 1934 à juin dernier (1944), l’ho- norable M.Duplessis ne s'étant „ucre jugé de taille a le “gulllot-tiner” alors qu'il était au pouvoir, sont une garantie manifeste qu'il sera à la hauteur de la tâche on ne peut plus importante qui lui a été dévolue, el.s adversaires ne sauraient, par ailleurs, accuser, dans les circonstances, le gouvernement Godbout d'avoir voulu récompenser les services d’une de ses "cica-turcs," 31.Potvin n'ayant jamais fait de politique, n’ayant même jamais été vu sur une tribune politique quelconque.Excellente nomination, alors direz-vous ?.Attendez, et vous entendrez, au cours «1e la présente campagne électorale, des orateurs stipendiés de l’Union nationale aussi bien que du Bloc popuant, “les voleurs de temple” ayant toujours un terrain d'entente, s’ils y font allusion, insinuer au moins tout le contraire.Autre nomination non noms heureuse et manifestement dénuée de toute considération de stricte politique «le parti aura été celle de l'honorable Oscar Drouin, qui accède à la présidence de la Commission municipale en remplacement di- 31.Potvin.3!inistrc des affaires municipale au cours des cina dernières années, il demeure donc, en principe, dans son domaine et connaît tous les rouages de la commission qu’il vient d’être appelé à diriger, puisqu'il était en relations pour ainsi dire quotidiennes avec elle de par ses fonctions officielles.Nous avons souligné que la question de stricte politique de parti n'avait été pour rien dans la nomination de l'honorable M.Drouin.Personne n’ignore, en effet, que l'ancien député de Québec-Est à T Assemblée législative fut libéral jusqu’en 1936 alors qu’il adhérait à l’Union nationale, qu’il fut ministre «les terres et forêts, au début du régime Duplessis, avant que «le revenir à ses premières amours politiques de jeunesse.On sait également nue le nouveau président de la.Commission municipale ne fut jamais ce qu'on peut appeler ur.libéral orthodoxe, qu'nussi souvent qu'à son tour il afficha des tendances nationalistes.Encore ici, donc, l'honorable 31.Godbout n’a voulu tenir compte que des quali- fy pleut sur lu ville.Les piqûres des gouttelettes mordent mon front nu et je marche duns le vent, vers un destin inexorable.L'humidité du matin m'enveloppe et je regrette tout un beau passé comme on voit des images :u cinéma.C'était hier.Je suis dans ma fotèt bien-aimée.J entends des chants d'oiseaux confondus avec les feuillages et tombant en cascades roulantes de tous ies arbres.Musique sussut ante d'ailes dans tous les nids où poussent les couvées neuves.L'été se noie sous les vagues de boutons d’or, au creux des vallons déserts.Et les touffes des fruits sauvages.partout.Un fard brutal de la terre, s’unissant comme des bou-ihes au-dessus des sources.L’herbe que /e foule grouille de vie intense Des couleuvres, minces Blets de chair verte, passent tellement vite.Pas même d'ombre.Des crapauds cherchent des mouches.Ils sont satisfaits, les verrues sur leurs dos se gonflent.Leur panse, affalée sur la fraîcheur du sol.se prélasse.Sur des tiges lisses et luisantes, dans un terrain brûlé, des millions de chenilles condensent la mousse de leurs corps verdâtres.Brosses à dents de lutins, oubliées après un sabbat.Et le soir, une lune, se grisant à plomber des rayons sur tous les arbres.Autant d'écbarpes légères, glissant, glissant jusqu'au sol.Ils sont loin ces quelques souvenirs de la forêt.Je suis pris par la routine affolante du travail.Je vis dans un cauchemar de bruits, de machines.d’éclairs.L'âme s'use, se fatigue comme la semelle de souliers aplatis, et l'homme marche, allant il ne sait où.pour trouver des joies qui se cachent désespérément.Tous les carrefours sont bondés de gens, des inconnus qui regardent indifféremment leurs semblables.Les cornes des autos hurlent comme autant de loups à la curée, et leur passage crée un vent qui pue l'essence.Et ce besoin impérieux de lutte qui vous tenaille, vous pousse en tyran vers des banalités journalières.La pluie augmente ses cinglées.Il me faut me cacher sous un portique.Un gueux m'accoste, me regarde et dit : — "Vous n'Pi'ez pas un billet de tramway ?" Je lui crie un "non" d’enragé, sachant trop que si je lui donne le billet ce paria courra à la plus proche taverne afin de l’échanger contre un verre de bière.N’y tenant plus, je me jette dans la tempête comme un noyé et je marche au hasard, en fixant l'horizon bas.que des nuages chargés mêlent à l'asphalte de la chaussée.Oh ! qui me redonnera le grand silence des bois, les nuits lumineuses au-dessus des lacs et cette paix de la solitude jetant sur le coeur, avec le baume de l'oubli, un repos d extase.Adolphe NANTEL ficatlons administratives de son ancien collègue quand il le désigna à la succession de 31.Potvin.* * * Il est encore une récente nomination faite par le gouvernement Godbout dont nous tenons a parler aujourd’hui : celle de l'honorable H.-R.Renault, ministre d’Etat, en remplacement de l’honorable 31.Drouin au ministère «les affaires municipales, du commerce et de l'indstrie.Elle fait non moins honneur que les deux précédentes à la largeur d’esprit du premier ministre actuel du Québec, car elle témoigne de son constant souci de s'entourer de dignes représentants de toutes les classes de la société en vue «l'assurer à chacune sa part légitime d'attention et de législation adéquate.Epoux modèle, père de famille tendrement dévoué l’honorable 3L Renault est, de l’avis de tous ceux qui le connaissent, un homme d’affaires de longue expérience, comme l’atteste, du reste, son double titre de président général de l'Association des marchands détaillants du Canada et de président de la section provinciale de cet organisme commercial national.Nous avons noté, la semaine dernière, que le gouvernement Godbout avait aussi pensé à la classe ouvrière de sa province en appelant à siéger dans son cabinet les (suite à la page quatre) iX, ù.èiêâ v Page deux L'A VKSIR DV NORD Suint-Jt rômv, le 7 juillt t W44 Discours - programme de l'honorable Adélard Godbout L’honorable Adélard Godbout, par son radio-discours du 28 juin où il annonça la dissolution des Chambres provinciales, inaugurait en quelque sorte sa campagne électorale puisqu’il énonça les grandes lignes du programme qu’il entend soumettre à l’approbation du peuple du Québec le 8 août prochain.On saisira toute la haute et claire portée de ce discours, dont nous publions un peu plus loin le texte entier, par les quelques rapides extraits suivants.".L’Union nationale et le Bloc populaire représentent la montée redoutable de l’étroitesse d’esprit, de l’opportunisme et du fanatisme dans notre province.Or.ce sont là trois formes d’une faiblesse congénitale qui sont parmt les plus novices.Ce sont autant de sources de division, d’irrésolution et de danger S’y abreuver, c’est accepter de plein gré l’empoisonnement national."Je déteste la haine .Parce qu’il a témoigné d’un fanatisme aussi redoutable que celui de l’école qu’il prétend combattre, je me suis trouvé, vendredi dernier, dans l’obligation pénible, mais impéiieuse.de condamner M.Damien Bouchard”.Désireux de bien préciser sa pensée et de prévenir, par la même occasion, toute équivoque de la par: des adversaires sciemment malhonnêtes."le gouvernement provincial a tenu à proclamer, d autre part, le premier ministre, rendra compte des actes qu’il a posés dans le domaine provincial.Nous ferons ainsi la lutte sur le terrain qui nous est propre et non ailleurs ; et nous défions M.Duplessis ou tout autre hâbleur de nous y rencontrer sans se couvrir de honte.’’ Comme on le voit, la présente lutte ne se fera pas, comme aux élections provinciales de 1939.sur le terrain fédéral où le chef de l’Union nationale nous avait entraînés en vue de nous faire oublier, si possible, les turpitudes sans nombre de son régime 11936-39 > et l’état de faillite imminent qui menaçait Québec, le gouvernement du temps n’ayant même plus l’argent nécessaire pour payer ses fonctionnaires.Suit le texte du discours de l’honorable M.Godbout Mesdames et messieurs, Pendant les quelques années où J’ai eu l’honneur d’administrer vos affaires à la chambre provinciale, j’ai acquis, à l’égard des faiseurs, un mépris que je voudrais voir pai taire par tous ceux qui placent très haut le rôle de l’homme politique Les événements qui ont marqué notre vie nationale depuis 1939 i l’entrée du Canada dans la guerre et !a législation exceptionnelle, souvent rigoureuse, qui a suivi cette décision capitales ont semé tant de confusion dans les esprits et suscité tant d’impatiences à l’égard de l’Etat que les démagogues ont tout de suite pensé que leur heure était venue, que les cerveaux étaient mûrs pour accueillir leur propagande ; que jamais ils ne trouveraient, pour les servir, un climat psychologique plus propice à leurs mensonges.Ils se sont donc acharnés à mêler les cartes, à confondre les problèmes les plus différents, à identifier les actes du gouvernement fédéral, seul responsable des lois qui engaent notre économie et notre capital humain dans la guerre, avec les actes du gouvernement provincial, auquel le pacte fédératif n’a jamais reconnu de compétence en ces matières.Manoeuvre de l’adversaire : confondre fédéral et provincial Nos amis se sont peut-être demander depuis quelques mois pourquoi nous avons refusé systématiquement de répondre aux attaques de nos adversaires ; pourquoi nous avons accueilli leurs assaut* les plus violents par le silence le plus serein : pourquoi, en un mot.nous avons ignoré tous les cris de M.Duplessis à la Chambre, toutes les clameurs puériles du Bloc Populaire à la radio.La raison en est simple.Le chef de l’opposition, comme d’ailleurs tous les politiciens de son calibre, espérait me placer dans une situation fausse en m’entraînant dans l’arène fédérale ; il était persuadé qu’il pousserait mon gouvernement dans une impasse en le solidarisant avec le gouvernement d’Ottawa.M.Duplessis a fait fausse route et commis une nouvelle erreur de jugement.En matière de politique fédérale, le premier ministre d’une province exerce comme chacun de vous son droit de critique et de suffrage.Lorsque le moment viendra pour le gouvernement de M.King de rendre ses comptes aux électeurs de notre province, je n’hésiterai pas une seconde à exprimer mon avis sur les questions du débat, à dire le bien ou le mal que Je pense de la législation d’Ottawa, à définir mes propres positions dans tous les domaines qui ressortissent, non pas à l’Assemblée législative, non pas aux départements et aux services de l’administration provinciale, mais a la Chambre des communes et aux organismes de l’Etat fédéral.Citoyen du Canada, j’ai le droit strict de condamner ou d’approuver certaines mesures du gouvernement fédéral ; premier ministre de la province de Québec, J’ai raison d'espérer que mon gouvernement sera jugé à ses actes.Dissolution de l’Assemblée législative, élections le 8 août C’est le 29 juin dernier, que les Chambres provinciales étaient dissoutes.C’est le mardi, 8 août, que l’électeur, par son vote, rejettera dans l’oubli les boutefeux qui agitent et tendent de salir la province depuis plus de quatre ans.Nous nous engageons donc dans une campagne provinciale où le gouvernement provincial rendra compte des actes quil a posés dans le domaine provincial.Nous aurons ensuite l’occasion de nous prononcer sur la politique du gouvernement fédéral, soit pour en applaudir, soit pour en censurer les auteurs.Nous ferons ainsi la lutte sur le terrain qui nous est propre et non ailleurs ; et nous défions M.Duplessis ou tout autre hâbleur de nous y rencontrer sans se couvrir de honte.Le Jeu du chef de l'opposition est clair.Ses efforts pour pratiquer une brèche dans notre politique et dans nos oeuvres ont lamentablement échoué au cours de la session qui vient de finir.Jamais Je n’ai tant déploré que le texte des débats à la Chambre provinciale ne fût pas sténographié et diffusé dans toute la province.M.Duplessis s’y est en effet conduit avec toute la légèreté, avec toute l’incohérence, avec aussi tout le laisser-aller qui avaient marqué ses discours de 1936.M.Duplessis : “Oui.nous allons en faire, de la politique fédérale” Par respect pour le lecteur, les journaux n’ont publié de ces tirades creuses que des comptes rendus tamisés ou fleuris, selon leurs sympathies politiques ; mais, si vous aviez assisté aux séances de l’Assemblée législative, si vous aviez été témoin de ces déclamations indignes d’un homme politique, encore plus d’un chef de parti, M.Duplessis et son école vous auraient rempli le coeur du plus profond dégoût.C’est au milieu d’une harangue inintelligible qu’il s’est un jour écrié : “Oui.nous allons en faire, de la politique fédérale ! ” Cet aveu, mesdames et messieurs.est sans doute la confession d’impuissance la moins déguisée qu’un chef de l’opposition provinciale ait jamais faite à l’Assemblée législative.Incapable de trouver dans nos actes un aliment pour ses réquisitoires électoraux, si tristement comiques lorsqu'on les relit après son bref et coûteux séjour au pouvoir : impuissant à nous combattre dans le domaine où s'est exercé notre mandat législatif depuis 1939 et où.normalement, il avait la mission, lui.d’exercer sa surveillance et son droit de critique : privé de l’engin électoral qu'il cherchait, M.Duplessis n’a rien trouvé de mieux que ce ridicule, ce sursaut de colère de l’homme qui se sent battu.Je renonce pour ma part à comprendre la logique de cette attitude ; mais je ne renonce pas à explorer avec vous les raisons qui l’ont inspiré.M.Duplessis veut faire oublier son passé politique Si M.Duplessis s’efforce ainsi d’éviter la politique provinciale, c'est qu'il y est entièrement désarmé et que son passé politique n'est pas au nombre des sujets qu’il lui plaît de discuter en public ; mais la vraie raison de son acharnement à brouiller les questions, c'est qu’il veut faire oublier à notre peuple les actes salutaires que nous venons de poser pour son affranchissement économique, et, plus particulièrement, le coup mortel que nous avons porté au trust hydroélectrique en étatisant la Montreal night.Heat & Power.Ce n’est pas lui qui a tué le trust qu'il avait dénoncé Les déclarations du chef de l'Union nationale, depuis dix ou dou-1 ze ans, forment un chapitre étrange de notre vie publique.Le 22 mai 1933, il affirmait devant les membres de l’Idée conservatrice que “L’énergie électrique se vendait ici trois fois plus cher qu’en Ontario." Le 27 juin 1934, selon le compte rendu du ’’Devoir”, il disait à la Jeunesse conservatrice : “La Montreal Light Heat & Power est (.) une des compagnies qui oppriment et pressurent le peuple”.A la Baie-du-Fèvre, en juillet 1936, 11 s’écriait : “Nous voulons que le trust de l'électricité soit réduit à la raison ! ” En août 1936, il dit encore : “Nous allons briser par tous les moyens l’emprise du trust de l’électricité sur la province ! ” Enfin, pour couronner ces citations édifiantes, qui justifient si bien d’avance l’étatisation de la Montreal Power, voici ce que disait le petit cathéchisme électoral de l’Union nationale, publié et diffusé au cours des élections provinciale de 1936 • “Question : Que! a été jusqu’ici le plus pernicieux des trusts, dans la province de Québec ?Réponse : le plus pernicieux des trusts, dans la Province de Québec, a été jusqu’ici le trust de l’électricité”.Je pourrais évidemment multiplier les citations de cette nature ; mais les promesses de M.Duplessis étant encore toutes fraîches dans les mémoires, où ses oeuvres bienfaisantes tiennent forcément peu de place, en voilà assez pour établir que le chef de l'Union nationale semblait consumé à cette époque d'une ardeur de croisé, le simulacre d’étatisation entrepris au Témlscamingue Or, que fit-11, une fois au pouvoir’ Il mit sur pied, dans un coin reculé de la province, une centrale électrique qui, aux termes de la loi, devait faire concurrence au trust "le plus pernicieux" qui fut, selon ses propres paroles, et "le réduire à la raison”.Mais la construction de l’usine du Témlscamingue fut entreprise dans des conditions si onéreuses que les adversaires de l’é- tatisation de la Montreal Power s'autorisent aujourd'hui de cette faillite pour prétendre que l'hydro coûtera plus cher à l'usager que le monopole qu’elle remplace.Et pourquoi l’usine du Témlscamingue fut-elle une faillite si lamentable ?Parce que M.Duplessis acheta de la Noranda, au prix de $72,000.en chiffres ronds, une franchise devenue caduque et qu'il aurait pu tout simplement résilier ; parce que M.Duplessis loua, au coût de $335,000, des machines payees $151 -000 : parce que M.Duplessis, comme en témoigne le contrat intervenu le 8 novembre 1938 entre le Syndicat national de l'electricité et la Noranda Mines Limited, fit adopter à sa centrale une frequence de 25 cycles pour favoriser cette entreprise ; parce que.par le même contrat.M.Duplessis s'engagea à vendre l'électricité à tout autre client minier $10 plus cher par cheval-vapeur que le prix consenti à Noranda Mines ; parce que son usine du Témlscamingue.construite pour la production de 48,000 chevaux-vapeur, n'en vend guère que 15,000, l'engagement pris en faveur de la Noranda l’empêche d’avoir d'autres clients ; parce que M.Duplessis, en accumulant ainsi les extravagances et les erreurs, fit de sa centrale une entreprise si piteuse, si peu viable que ces messieurs du trust pouvaient la montrer en disant : “Voilà la preuve que le gouvernement ne peut pas exploiter à bon compte les sources d'énergie électrique de la province: en dix-sept mois, l'usine du Témis-camingue a accumulé un déficit de $289.212 ! " Eh bien ! mesdames et messieurs, si l'on rapproche cet étrange fiasco de l'attitude pro-trustarde que M.Duplessis a prise lorsque nous avons établi l'Hydro-Québec ; si l’on réfléchit que la Montreal Power pour se justifier d'avoir capitaliser son achalandage et sa franchise, a Invoqué une loi de l'Union nationale abrogée depuis par mon gouvernement ; si l'on songe enfin que le chef de l'Opposition brûle aujourd'hui tout ce qu’il adorait il y a dix ans n’est-on pas en droit de penser qu'il avait résolu, dès 1936, de saper le mouvement qui se dessinait au sein du peuple en faveur de l’étatisation de la Montreal Light, Heat & Power ?Que M.Duplessis choisisse : ou bien il a fait sciemment le jeu du trust en ruinant d'avance la centrale du Té-miscamihgue.et alors il est indigne d'accepter une responsabilité dans la vie publique ; ou bien il a ruiné | sa centrale par incompétence, ignorance ou incurie, et alors il n'a qualité ni pour le rôle qu’il joue aujourd'hui dans l'opposition, ni pour le rôle qu'il voudrait jouer s'il pouvait jamais arriver au pouvoir.Qui a détruit te monopole de la Montreal Light, Heat ?Oui, mesdames et messieurs, nous avons détruit le monopole de la Montreal Power.Nous l’avons détruit parce que, selon les paroles mêmes de M.Duplessis à la Chambre, le 22 mars 1933, la Montreal Power “s’était rendu coupable d'abus dénoncés par les membres des deux partis”.De l’aveu même du chef de l'opposition, on a donc réclamé cette mesure, il y a près de douze ans.Comment a-t-il l’audace de prétendre que c’est une improvisation électorale ?A-t-il oublié que les libéraux ont proposé cette mesure, ainsi que l'électrification des campagnes, à leur congrès de 1938 ?Nous avons pris le temps qu’il fallait pour enquêter à fond sur les opérations de la Montreal Light, Heat & Power avant de franchir l'étape la plus importante, la plus vitale, de notre marche vers la libération économique du Québec.L’improvisation, c’eût été de nous engager dans cette voie sans en avoir, au préalable, exploré les détours, au risque de compromettre nos projets d’avenir et de ruiner les espoirs que le peuple avait mis en nous., Il a coulé beaucoup d’encre sur l’étatisation de la Montreal Power.Le monopole a gaspillé une fortune pour faire croire au public que mon gouvernement, en créant une Hydro provinciale, portait atteinte à l’entreprise privée.Ni socialiste ni tory Je ne suis pas un partisan du socialism e d'Etat, qui vise à la nationalisation de tous les services publics et de toutes les entreprises exploitant une richesse naturelle.le ne suis pas non plus un tory, et je ne crois pas qu’une institution soit nécessairement bonne parce qu’elle a longtemps existé.Dans une société bien organisée, le gouvernement respecte la liberté d’entreprise, mais il la réglemente avec le souci constant de l'intérêt général L’abolition d'un monopole devenu abusif et la création, à sa place, d’une régie d'Etat ne compromettent nullement la liberté d’entreprise.Est-il plus étonnant que l’Etat exploite une Hyaro qu’un chemin de fer ou un service postal ou service de transport aérien ?Qui niera que les Postes, administration d’Etat, ne soient aussi bien organisées, aussi efficaces, que n’importe quelle entreprise privée de même importance ?Enfin, avez-vous entendu dire que l'Ontario, qui a étatisé les services hydroélectriques, en 1906 ait effrayé le commerce et l’industrie ?Avez-vous entendu dire que l'entreprise privée fût menacée dans la province du Manitoba, où cependant le gouverne ment exploite lul-mêrne, non seulement une Hydro, mais, en outre, le service du téléphone.Ontario, vendait moins cher une électricité achetée de nous Notre premier souci, en expro- priant la Montreal Power, a été de rétablir un Juste équilibre entre notre province et l’Ontario.Selon l'Annuaire du Canada, de 1942, notre production hydroélectrique est pourtant deux fois plus considérable que celle de la province voisine La seule région de Montréal est desservie par deux grandes sources d'énergie électriques toutes proches: la Beauharnois, dont la capacité excède 650,000 chevaux-vapeur, et l'usine des Cèdres, qui en produit 200,000.Or, en dépit de ces avantages naturels, l'usager de notre province payait son électricité plus cher que celui de l'Ontario, bien que cette province achetât de nous une partie importante de son énergie hydro-électrique.Nous ne pouvions tolérer plus longtemps cet absurde état de choses.Le 23 octobre dernier, le “Financial Post" que nul ne soupçonna de combattre l'entreprise privée, établissait une comparaison entre les taux d'électricité de l'Ontario et ceux du Québec.Pour le service domiciliaire l’usager d’une grande ville comme Montréal payait $1.80 une consommation de 60 kilowatt-heure : celui de Toronto, seulement $1.31.Ce tait à peine $1.24 à Kitchener.Pour qui coûtait $2.10 à Saint-Jean coù-le service industriel et commercial, la différence était encore plus marquée.Une consommation d électricité qui aurait coûté $297 à Toronto.centre desservi par l’Hydro-ontarienne, aurait coûté $420 à Montréal, et $510 à Saint-Jean.La propagande du trust essaie de faire croire que le kilowatt-heure se vend en moyenne moins cher dans notre province que dans l'Ontario Le subterfuge est grossier, cette moyenne générale ne reflète en effet que le prix payé par certains usagers importants, Intimement liés au trust dont Us obtenaient des faveurs.Taux déjà réduits Eh bien! L’Hydro a mis fin au regime absurde que je viens de décrire.Elle a déjà réduit les taux de $2,210.000 par an, dans la seule région de Montréal, et trois autres entreprises hydroélectriques ont emboité le pas en réduisant les leurs de plus d’un million de dollars.Elle a pu le faire parce qu’elle est libérée de l’impôt fédéral de six millions par année que la Montreal Power devait payer sur ses profits et dont l'usager domiciliaire, industriel ou commercial faisait les frais, j Elle a pu le faire aussi parce qu’elle ne paiera plus de dividendes sur un capital mouillé.Elle a pu le faire en un mot parce que l'Hydro-Qué-bec n'a pas été créée pour alimenter le trésor provincial, mais bi^n pour desservir les usagers à meilleur compte et nous permettre de compléter le plus tôt possible l'électrification si nécessaire de nos campagnes.Le service en soi ne changera pas.Nous avons conservé le personnel de la Montreal Power, cette grande armée de travailleurs qui permettait à l’entreprise de fonctionner.Les seules personnes que la création de l’Hydro a mises à pied, ce sont les administrateurs.Et leur sort ne parait à personne digne de pitié.• L’Ilydro, notre bien N'oubliez donc pas.mes chers amis, que l'Hydro-Québec est votre bien.Grâce à vous, elle fait maintenant partie du patrimoine national Je vous demande d'en défendre l’existence et le progrès contre tous les requins de la haute finance et les démagogues de la basse politique.Ne laissez pas le trust “le plus pernicieux" de la province de Québec renaître de ses cendres, ne détruisez pas notre oeuvre de libération avant qu'elle ait donné tous ses fruits, répandu tous ses bienfaits, consacré votre affranchissement d'une tutelle économique dont le fardeau pèserait sur vos enfants plus longtemps encore qu'il n'a pesé sur vos propres épaules.Donner raison à M.Duplessis et aux trusts de l’électricité ?Autant vaudrait fermer à double tour la première porte qui se soit ouverte dans notre province sur un horizon de progrès et d'espoir, puis Jeter la elè à la mer.Autant vaudrait nous résigner à périr, lentement mais sûrement, sous le joug des écumeurs et des valets qu’ils ont trouvés dans la politique.Où nous agirons tout de suite, enfin sûrs de notre force, ou nous devrons accepter une irrémédiable impuissance.Si le peuple n’est pas avec nous dans cette oeuvre de régénération économique et sociale, il sera contre lui-méme • s’il est avec nous, et je sais qu’il nous appuie de tout son coeur, le trust ne se remettra Jamais du coup que nous lui avons porté Nous voulons qu'il y ait une vie montante, un accroissement de vie dans notre province.Nous avons voulu que notre économie se développât harmonieusement, dans l’équilibre de toutes nos forces.C’est pourquoi notre attention et nos soins se sont étendus à tous les domaines.Finances assainies Et d’abord, l'assainissement des finances publiques.Pendant les 165 semaines qu'il a été au pouvoir, le gouvernement de l'Union Nationale a augmenté la dette d'environ un million par semaine.Les dépenses qui.jienc.ant la dernière année financière de l’administration libérale 1193519361, s’élevaient à $67,897,000 ont été portées à une somme globale de $110,109,000 en 1938 1939, soit une augmentation formidable de $49,-212,000.Mon gouvernement a dû pourvoir au paiement des Intérêts et de la dette contractée par l’administration précédente.Les dépenses durent être comprimées d'une manière rigoureuse : elles furent abaissées de $110,000.000 à $90.000,000 ; non seulement avons-nous ajusté les dépenses aux revenus, nous avons également soldé l'année fiscale avec un surplus.Disparu le spectre de la banqueroute, du crédit épuisé, des comptes < u souffrance ! Nous remboursons | au train de cinq millions par année, sans diminuer l’efficacité d’nu-I cun service public.Notre règle est celle du chef de famille prévoyant : le gouverne- ment vit selon ses moyens.Notre politique agraire Par ailleurs, nous avons multiplié les écoles d'agriculture et les bourses d'études aux fils de cultivateurs, drainé et assaini des sols dont la richesse est incomparable et qui fourniront à notre province des produits maraîchers d’une Qualité supérieure ; introduit partout de nouvelles cultures et de nouvelles industries agricoles comme celles du sucre de betteraves, du lin.du tabac à cigarettes, etc.: mis à la disposition du cultivateur l’outillage nécesaire à l’épierrement des gorifiques en bordure des voies fer-terres : contribué à rétablissement.| d'abattoirs locaux : institue des | primes sur certains produits lai-[ tiers, construits des entrepôts fri-j rées ; créé l’Office des débouchés agricoles, dont le rôle bienfaisant ! s’accentuera toujours davantage | lors de l’après-guerre, quand 'c Canada devra disputer à ses concur! rents la conquête des marches ex-• térieurs Nous avons été guidés I dans notre politique agraire par le i souci constant de préparer l’avenir Transformation (les méthodes de colonisation Nous avons transformé les méthodes de colonisation, en motorisant les travaux et allégeant la lourde tâche du défricheur Nous avons institué un crédit aux colons qui permet à ceux-ci d’emprunter à 2% seulement, par l'cntremlse des Caisses populaires.Nous avons procédé à la classification scientifique des sols, avant d'y établir des colons.Nous avons ouvert des routes carrossables dans les régions où naguère encore, les villages naissants étaient entièrement isolés.Nos réformes ouvrières Le souci (lu progrès a Inspite nos lois ouvrières et nos lois sociales.Nous avons Institué un Conseil supérieur du travail où sont représentés les patrons et les ouvriers et dont le rôle est de favoriser l’accord entre le capital et le travail Nous avons, par l’abrogation des Bills 19 et 20, assuré la reconnaissance du droit d’association et l’autonomie du travail organisé.Nous avons perfectionné l’Institution du contrat collectif du travail.Nous avons institué la Commission de Tussurance-maladle.Nous avons établi un salaire minimum pour les ouvriers des deux sexes dans les industries où le travail n’est pas organisé II est intéressant de noter que, du 1er juillet 1941 au 1er décembre 1943, l’augmentation du niveau du salaire hebdomadaire moyen de l’ouvrier de la province de Québec s’est manifestée par une hausse de 26 8%.alors que dans l’Ontario, pour cette même période, cette hausse n’était que de 20 7%.Législation sociale Dans le domaine social, je crois que le peuple a des raisons particulières d’être satisfait de l’oeuvre que nous avons accomplie depuis 1939, ayant toujours en vue le bien commun autant que celui des individus.Toute notre législation tient a la fois compte du respect dû à la personne humaine et du principe fondamental de l’entr’alde et de la collaboration sur le plan national.En établissant une Commission du Bien-Etre social, nous avons non seulement créé un organisme qui régit l’aSsuranceémaladie, mais encore un ministère du Bien-Etre social dont la fonction est d’étudier et de résoudre de faoçn pratique les graves problèmes du bien-être social, à la lumière des principes les plus élevés et par les moyens les plus sûrs et les plus efficaces.Nous avons étendu à un plus grand nombre de mères nécessiteuses l’avantage des allocutions du gouvernement et porté de six à onze le nombre des enfants éligibles a ces allocations aux termes de la loi.Nous avons Institué la Commission du Service civil, afin de proiéger le fonctionnaire contre la vicissitudes politiques dont il était constamment menacé.Nous avons accordé le suffrage aux femmes de notre province ; car la femme, éducatrice des enfants et reine du foyer, doit avoir son mot à dire au sujet de tout ce qui affecte de près ou de loin la sécurité de la famille.& mm „ , r' ¦ MM uWMi ¦ m ¦ TmtfËwà.ET NOUS NE L’EN AVONS PAS EMPECHE ‘pOMME tous les parents, nous aurions aimé garder notre fils à la maison.Mais nous savons aussi qu’il est plus noble et plus généreux pour un jeune homme de se porter au secours des malheureux, de se battre pour son pays et la liberté.Et puis, dans l’Armée active, il fera son chemin.Ce sera pour lui l’apprentissage de la vie, et il apprendra à se débrouiller”.L’exercice, la vie au grand air, le changement fréquent de milieu, voilà quelques-uns des avantages de la vie militaire.Canadiens français, engagez-vous dans l’infanterie.L’Armée active demande des volontaires.Vous y serez bien traités; vous ferez partie d’unités canadiennes-françaises et vous aurez aussi l’occasion d’affirmer votre patriotisme et de prendre part à la libération de la France, la terre de vos ancêtres.!©! POSTEZ IEAV0TBEBBAS Où puis-je m’engager volontairement AUJOURD’HUI?Au plut procha centre da recrutement.Si voua ni tavez pot où aller, écrivez aux quartier» généraux du recrutement de l’armée titué dant la ville la plut proche de chef vout.Quels sont les congés accordés au Canada ?Vout avez 14 |ourt de pe'mittion (conjé) à tout let 12 moi», plut de fréquent» congé» de fin de «imalne et de courte» permUtiont pour le» fêle».Wfl r Saint-Jérôme, le 7 juillet l'Jlt 1/AVENIR DfJ NORD Page trait SA LETTRE! Depuis «les jours, dr longs jours, l'ennui m'étreint : un ennui profond, un ennui tout noir, un ennui teinté de «lèses poir ! C'est qu'il m'a quittée pour gagner d'autres deux, tenter fortune Sous d’autres deux, au loin, il est allé tenter fortune.Oui, tenter fortune, puis, un matin pas trop lointain, me revenir lourd de dons, dé trésors, «le richesses qu'il déversera à mes pieds.Oui, des dons, des trésors, des richesses que la fortune, ga gnéc sous d'autres deux, au loin, lui aura valus Valus pour moi.lit pour moi seule ! Pour moi.l’unique objet de » desseins, de ses pensées, «le son amour.Mais que m’importent, après ccs heures de déchirements, ces jours «le séparation, ces semaine* d'angoisse», le* dons, les trésors, les richesses ! Après 1rs avoir espérés, convoités, je préfère sou-«lain la médwxrité d'existence, voire l’absolue pauvreté.J.ahh«>rrc à cette heure les dons, les trésors, les richesse* dont les faux mirages m’ont valu la j>erte de mon homme I Tous mes désirs les plus intimes, mes désirs les plus ardents ne tend-mt que vers son retour ' Qu’il me revienne tout pauvre, en gueux, mais riche encore, lourd de cet amour si tendre qu’il sait dispenser avec passion profonde, y mettant son âme.toute son âme, la plénitude «le sa belle âme ! Je maudis l'espace qui me sépare de lui, l'espace «pii prohibe à mes bras plein» d'ardeur de l’étreindre là, tout contre mon être ! I,'espace qui éloigne du mien son coeur, son grand coeur toujours jeune et impulsif, son coeur qui distille un amour chaud, un amour brûlant, un amour «lui fait chanceler et donne le vertige, un amour Iftiupltin Dix heures du matin.Je traverse Broadway à grandes enjambées, j'ai rendez-vous avec Claude DAuphirt.Je le revois en pensée avant de le revoir “en chair et en os" selon l'expression cinématographique, publicitaire.Je me souviens.Il se fait applaudir au Gymnase dans "L'espoir" d Henri Bernstein, au cinéma dans "Entrée des Artistes".11 y a six ans de cela.Comme c'est loin A-t-il changé ?C'est Ce que Je me demande d'abord.H est au rendez-vous II me prie de m'asseoir dans un confortable fauteuil avec le plus charmant -nu-rire.Il est resté le même, jeune, accuillant.cordial.Echange de souvenirs parisiens.Mais J'ai charge d'intervleyer J attaque : — "Qu'avez-vous fait au cours des dernières années ?” "Vous savez que je me suis engagé dans les chars d'assaut au début de la guerre.J'ai fait campagne jusqu'en juin 1940 J'aurais beaucoup à vous dire au sujet des souvenirs plutôt pénibles de mon existence de combattant.Pour l'heure, Je préfère me taire.Avec les braves petits gars qui montaient le char que Je commandais, nous traversâmes la France après la capitulation de Bordenux.L'un d’eux était mécano avant la guerre chez Citroën.et pour cela on l'appelait La Goupille.Comme moi-même, la défaite les accablait.Mon accablement fut de courte durée Démobilisé.je m'en fus tiens le Midi où je rencontrai de-, eue rades de la scène, Oaby Mori.ay entre autres, qui feignirent de r.e p is me reconnaître.Trop d'entre eux.d'entre elles, trop 1 entre les directeurs et directrices étalent décidés -e viler au joug de l'envahisseur Fié.ieusemcnt ces messleurs et ees dames se préoccupaient de trouver d es pièces de tendance "européenne 1 "Nouvel Ordre avait ses exigences n'est-ce pas ?Moi, au lieu de 'collaborer avec Hitler, je me décidais à collaborer avec mon frère.Jean Nohaln.après avoir repoussé les offri s alléchantes de plusieurs compagn - s allemandes de la zone occupée L'argent leur coûtait peu.à ces compagnies : les presses de la Banque de France roulaient sans discontinuer pour sati -faire à toutes les demandes des autorités allemandes d'occupation.J'aurais pu toucher des cechet-s vingt fois plus gros qu'avant la guerre.Je n'étais pas Sacha Guitry.Dans ma modestie, je résistai à la tentation.Aisément, je vous le confesse."Donc, avec mon frère nous de- vînmes comédiens ambulants.Nous ne nous refusâmes rien.Nous nous offrîmes un orchestre qui, avant le lever du rideau, Jouait la Madelon, la Marche Lorraine.Nous ne fûmes pas inquiétés, mais A certains signes, nous devinâmes que nous inquiétions les officiels.Et Je décidai de m'exiler J'ai quitté Paris par la Porte d’Orléans.C'est par ccllo-IA que je rentrerai pour y retrouver l'exquise jeune tille qui me sourit A mon départ en me servant le verre de l'au revoir.Je m'embarquai dans un petit bateau et Je voguai dans le noir, direction des cotes anglaises, direction de Gaulle.J'appris en atterrissant le débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord Je saluai avec joie l'aurore do lu victoire."Et me voici A New-York en train de tourner un film de l'OAV.l.sous la direction de Jean Kenoir, avant de repartir pour l'Angleterre”.- "Quels sont vos plans d'avenir ?” "Ami, l'avenir est A Dieu.Pas de plans lointains.Il me semble que lorsque je serai de retour en France, j'aurai surtout besoin de repos.Henri bemsteln estime que Je serai appelé A jouer Musset.Il est gentil et généreux, car le contrat qui me lie A lui n'est pas arrivé A expiration.Je lui dois encore un an de collaboration.C'est lui.je ne 1 oublie pas, qui me découvrit chez Baty".J'étais sur le seuil de la porte quand Claude Dauphin m'arrêta "N'oubliez pas de dire mes amitiés A Buré et Torrès.Je lis "France-Amérique".Avec Joie Au service de notre cause, c'est un journal qui se bat et qui se bat bien." Ernest BAUEK ( F rance-Amérique) i.4‘s 4/ran iln nmijnsins iit> Ê’tiris I,a Tribune de Genève du 2G avril publie un émouvant reportage sur les grands magasins de Parts.30.000 acheteurs visitent encore tous les jours les grands magasins parisiens pratiquement dépouillés de toute marchandise.Ils y viennent et y reviennent.Jusqu'au Jour où ils réussissent A y acheté! quelque chose.Chaque fois qu un magasin a quelque chose A offrir, des bas par exemple, de longues queues se forment.Dans les vitrines, plus de stands métalliques, plus d'étalage .spec taculaire.En effet aucun article ne peut être exposé A moins qu il ne soit effectivement en vente A l'intérieur.Cette règle fait le désespoir des étalagistes Les vitrines doivent être changées plusieurs fols par semaine d'après les articles en stock.Tous les grands magasins souffrent beaucoup! du rationnement de la lumière électrique.Chaque grand magasin est autorisé à utiliser 1000 kw heure par jour, alors qu'avant la guerre, les grands magasins utilisaient journellement 21.000 kw-heu-re.D'après les dernières restrictions, la consommation d électricité doit encore être diminuée.Mêmes difficultés pour le chauffage.Les escaliers et les ascenseurs ne sont pas chauffés.Tous les jours.Il se présente dans les grands magasins des acheteurs qui cherchent A échanger du beurre et de la viande contre quelque!) articles en vente On fait des démarches auprès de la Direction, auprès des chefs de rayon, auprès des vendeurs.Un employé est congédié si jamais il se laisse tenter par les offres de troc.Les paysans écrivent des lettres aux grands nmgas.ns, suggérant invariablement l'échange de leurs produits contre les articles dont Ils ont besoin.Les départements les moins fréquentés sont ceux où 1 on vend des articles pour chiens.Le plus fréquenté est celui où l'on vend du mobilier.Les employés ont peu changé.Il y a cependant une nouvelle catégorie d'employés : les femmes des prison niera de guerre.Elles reçoivent en moyenne 1000 frs par mois.Relativement peu d'employés des grands magasins ont été réquisitionnés pour le travail forcé en France.Les grands magasins du "Brin-temps" emploient 5000 hommes âgés de 18 à 60 ans.Le salaire d'un chef de rayon est de 6,000 frs.Tous les employés ont droit A 15 p.c.de rabais sur les articles achetés et A 20 p.c.si leurs achats ont un caractère "professionnel," comme par exemple les vêtements portés pendant les heu res de travail Le magasin a organisé une cantine et une coopérative qui pratiquent h-s prix "du petit marché noir." On ne publie plus les cutaloques.Les agences des bureaux de voyage et les bureaux de change des grands magasins ont été supprimés Les filiales de grands magasins en province sont devenues pratiquement autonomes Du fait que les troupes d'occupation ont réquisitionné tous les camions et toutes Im voitures de livraison, les magasins ne font plus de livraison A domicile.On a recours aux compagnies privées de transport pour livrer les articles les plus lourds Les "Galeries Lafayette” pour garder un peu de leur ancien prestige, ont ouvert dans leurs locaux une importante exposition d art.Les travaux exposés proviennent des meilleures galeries et sont vendus A des prix fort élevés Le nombre de vols commis dans les grands magasins a augmenté dans des proportions impressionnai tes : cinq fols plus grand qu avant la guerre.La "Saniuritaine évalue A six millions la valeur des ob ets volés au cours de l'année.Pour le "Printemps," ce chiffre est évalué à 1.200.000 frs.La moitié des articles volés ont pu être récupérés par un service de surveillance.Parmi les coupables.85 p.c sont des femmes et, comme avant la guerre, c est le département des gants qui détient le record des vols.Etant donné le manque de marchandise, il arrive très souvent que les voleurs emportent des objets "factices" Les Allemands ont des bons d’achat qui leur donnent la priorité.Il arrive qu il en offrent aux femmes françaises.Les vendeurs refusent délibérément de vendre des marchandises A ces femmes.Il arrive que celles-ci reviennent accompagnées d'un Allemand.Dans ce cas évidemment.le.vendeurs ne peuvent que s'exécuter.Jfafaéfr Jj CD Aujourd’hui, écrivez à votre gars qui est de l’autre côté! Me voici en Fronce, ovec des milliers de camarades.Cependant, nous ne sommes pas si loin que vos lettres ne puissent nous parvenir.Ah non I Et ce que nous les attendons, les lettres de chez nous I Pour nous, elles volent presque votre poignée de maim ce n'est pas peu dire! Alors, un bon mouvementI Ecrivez-nous, aujourd'hui! Et n'oubliez pas tous les autres, en Italie, en Afrique et ailleurs de par le monde.Nous voulons tous des nouvelles de chez nous, car c'est pour chez nous que nous combattons.Contribué* par la BRASSERIE MONTRÉAL IL FAUT TOUT FAIRE POUR GAGNER LA OUIIII Saint‘Jérôme, le 7 juillet 1944 L'A VENIR DV NORD Papotages du P’tit Doc Pèlerines des océans Page sept Le problème des vacances Tout bon i Miami tu, n'll so respecte et s'il ganle tia fidélité au credo de Mahomet, se doit d'entreprendre, une fols duns sa vie, lu pèlerinage de La Mecque.Un bon jour, non satisfait dus fréquents salamalecs et de la voix rauque du muezzin, Il se décide û prendre la route vers lu mystère de la Kasba C'est l'aboutissement de son existence.Après cette randonnée de féerie, sa raison de vivre « éteint ; il peut désormais s'endormir dans lu sein d'Allah.Cost un peu b même pèlerinage qu'entreprend toute anguille qui se campe dans lus voles do ses ancêtres Après îles années de glissement dans lus eaux vaseuses ou limpides des mures et ruisseaux, après une existence écoulée A l’affût des vermisseaux, des grenouilles et de la faune aquatique, l'anguille femelle se trouve lasse de vivoter.Un jour d automne, au coeur de la nuit, après avoir accumulé une réserve de graisse suffisante, elle offre son adieu ù son milieu de vie, salue les fonds vaseux où a coulé son corps huileux.laisse définitivement les arbres ut les prés des rivages chers, ut descend au til du courant vers la mer.De Inc en rivière, de rivière en fleuve, les anguilles vrillent leur chemin vers l’océan Au confluent des fleuves et de l'océan, au beau milieu des estuaires, les femelles d'eau douce transposées en eau salée rencontrent lus môles C'est alors rencontrent lus môles C'est alors des eaux.Dans le jcfme le plus complet, avec une vitesse qu'on ne leur connaissait pas auparavant, les anguilles pointent vers la mer des Sargasses On peut Imaginer les d ingers encourus par ces émigrants d ois la compagnie des requins et des autres carnassiers île l'océan; heu-ieasement, les pèlerines nagent entre deux eaux comme des diplomates.et l'argent de leur abdomen qui s assimile au lirmament les camoufle artlstement contre les appétits voraces de la faune océanique.Lie toutes les parties de la terre, des rives du Marseille comme des environs du Itto de Janeiro, les an gui 1 lus du 7 ou S ans entreprennent toutes le même voyage vers le même but.I-e lieu de réunion ne varie jamais ; le congrès général des an guilles de la terre se tient chaque année dans les mêmes eaux, au large des Bermudes, dans la mer des Sar gasses.Les Sargasses sont de ma gnitlques algues brunes cousines du fucus ; des rochers où elles fixent leur existence primitive, les courants océaniques les arrachent ÿuts cesse et les emportent vers la rner des Sargasses ; elles forment de vastes blancs de teinte terreuse où les embarcations ont peine A s'aventurer.Sous cette mer végétale se termine la randonnée des fiancées de la mer.Plongées A des profondeurs de 2 A 3 mille pieds, les anguilles écoulent leur lune de miel, A la veille de clore leur existence.Les femelles pondent alors des millions d'oeufs minuscules.Dans ce milieu propice, les oeufs écloront bientôt et de petites lances argentées en naîtront qui attendront leur deuxième pr.n-temps dans le calme des eaux salées, sous des pressions de quelques milliers de livres au pouce carré.De larves malformées et mi-trunsp.i-rentes, elles évolueront lentement jusqu'A la forme des anguilles adultes.C'est alors que s'opèieru de nouveau, mais en sens inverse, le merveilleux voyage océanique.Avec-un instinct qui ne les trompe jamais, les anguilles de la Méditerranée retourneront au pays de leurs mères, celles du Québec prendront infailliblement le chemin de nos eaux.Pendant ce temps les anguilles adultes, après leur ponte, avec avoir opéré l'acte qui clôt leur existence, ont déJA trépassé.Jamais, au cours d enquêtes biologiques poursuivies dan nos eaux et dans celles d'Europe, on n'a rencontré une anguille qui soit retournée en eau douce après la lune de miel.Les anguilles de la nouvelle génération reviennent donc inévitablement dans le milieu même où la vie de leurs mères s'est écoulée.Lus anguilles du Québec trouveront instinctivement le chemin de l'estuaire Elles remonteront le Saint-Laurent, s'engouffreront dans nos rivières, ramperont jusqu'A nos lacs et nos étendues d'eau stagnante.Mais jamais, elles ne dépasseront les cataractes du Niagara, barrière entre l'Est et l'Ouest pour la biologie des eaux.Aussi peut-on voir, au p!c des chutes, des milliers d’angull'i arrêtées dans leur course.Elles s y buteront toujours, Jusqu'au jour ou on accueillera l'idée des échelles A poisson.Alors s'ouvrira aux anguilles canadiennes la route de l'ouest et de ses rivières.Si vous prenez cet été une va-catjce longue ou coûteuse, c’est tout comme si vous décidiez d’établir pour le dîner un menu d’avant la période du rationnement.Bien des gens ont décidé de passer leur congé dans les environs, au lieu de tenter le voyage dans des trains ou des autobus bondés de voyageurs affairés.C’est ce qui a fait décider à des hommes d’affaires et des jeunes filles employées de bureau, de borner cette année leur horizon au jardin tout près du foyer.Un hamac et des livres, voilà de quoi passer encore assez agréablement une quinzaine.De l’avis des médecins, les vacances les plus salutaires que vous puissiez passer sont celles qui vous fourniront le grand air, le soleil, le repos et l’exercice.Plusieurs Jeunes filles ont aussi pris le chemin des camps d’été, et remplacent ainsi d’autres jeunes filles, étudiantes ou institutrices, qui naguère consacraient leurs vacances à la surveillance des enfants, et ont maintenant accepté pour la saison des occupations de guerre.Des milliers d’hommes ont opté pour les vacances payées, avec l'armée de réserve.Les théories qu’ils ont apprises l’hiver dernier, certains soirs de la semaine, trouveront là leur applico tion pratique.Si vous y réfléchissez bien, vou_-\ errez que le voyage au loin n'est pas du tout essentiel à la dis-t raction et au repos.Vous trouverez autant de plaisir à camper dans les environs, à faire de la bicyclette, et à jouer au golf.Tout cela ne coûte guère d’argent et vous donnera un regain d'énergie et de santé.Pour d’autres plus sédentaires encore, il reste le jardin de la victoire qui ne manque pas de fournir d’agréables distractions à quiconque veut bien y consacrer quelques loisirs.La sanfté publique dépend des ménagères Le rapport du Comité chargé d’étudier les niveaux alimentaires de consommation au Royaume-Uni, au Canada et aux Etats-Unis contient plusieurs conclusions importantes.Le Dr L.B.Pett, directeur des Services d’hygiène alimentaire, à Ottawa, a fait une déclaration non moins importante quand il a dit que "la cuisson, la préparation et l’entreposage défectueux peuvent occasionner des pertes alimentaires considérables.Ce ne sont pas les aliments disponibles suivant les statistiques, ni les aliments qu'achète une famille, mais la quantité consommée qui influe sur la santé publique.Suivant les hygiénistes alimentaires, les légumes sont de tous les aliments les plus mal employés.Il faut qu’ils soient frais, cuits rapidement, dans peu d’eau, dans un chaudron couvert, si l’on veut qu’ils gardent une grande proportion de leurs importants minéraux et de leurs vitamines.LIVRES LE TIGRE ET SA PANTHERE par Guy de Laripaudic P'tit Uoc Le "Scientific Agriculture" déclare qu'en pulvérisant le3 feuilles de navets avec une solution de borax, une quantité suffisante de bore est transmise aux plantes pour maîtriser le coeur aqueux ou le coeur brun.Ay ei-en pour votre argent Roulez-les avec le TABAC À CIGARETTES VOGUE C’est dans leur fameuse collection "Signe de Piste” que les Editions Variétés ont publié ce ro-1 man d’aventure.Ce livre, comme tous ceux de la collection, est | destiné à la jeunesse.Les garçons de dix à seize ans suivront la plus passionnante des pistes en lisant ces romans écrits pour eux par des auteurs qu’ils aimeront et illustrés par des artis tes Jeunes et sympathiques.Aventure, mystère, héroisme sont réunis dans chaque livre de cette collection.C’est une belle histoire que raconte Le Tigre et sa panthère.Un roman de 157 pages publié par les Editions Variétés.Prix: §0.75, par la poste $0.85.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal, Canada.T.S.F.MLLE CLAIRE GAGNIER, A RADIO-CANADA, LE 10 Au programme de Sérénade pour Cordes.— Le dimanche juillet, 1944, à 7 heures du soir.Claire Gagnier, soprano, qui a gagné récemment le trophée du "Singing Stars of To-Morrow" à Toronto, prendra part à l’émission de Sérénade pour Cordes le dimanche 10, juillet, à 7 heures du soir.Cette émission de Radio-Canada a orienté ses programmes, durant la 3aison d’été, vers le genre léger, comme ont pu le constater les auditeurs.Mlle Gagnier chantera entre autre chose, La Gavotte, de Manon, de Massenet.LES TROIS MOUSQUETAIRES Le dimanche, 9 juillet, 1944 à 9 heures du soir.Le niveau moral de lu société de demain sera marqué par la hauteur morale des consciences d'aujourd'hui.Koniaiii Kollanü CE QU’UN HOMME A EN PLUS > UN AUTRE L’A EN MOINS Au cours du huitième épisode des "Trois Mousquetaires ", que transmettra Radio-Canada, le dimanche, 9 juillet, à 9 heures, nous verrons que Constance Bo-nacieux, au grand désespoir de d’Artagnan, a été de nouveau arrêtée sur l’ordre du ministre, jetée en prison d’abord, puis transportée dans un couvent.Et Monsieurs de Tréviile donne le conseil à d’Artagnan de quitter Paris pour échapper à la ven geance du ministre, furieux d’a voir été déjoué dans ses projets au sujet de la reine et de ses ferrets de diamants.Le Jeune chevalier part donc à la recher che de ses trois amis qu'il a dû abandonner en route en mauvai se posture pour pouvoir accomplir sa mission.Va-t-il rentrer à Paris avec les mousquetaires et va-t-il délivrer la jeune lin-gère une fois de plus ?UNE SAISON D’AIRS D'OPERETTE ET DE COMEDIES MUSIC A LES a coii\’ m:s imum kssio\\i:ls LEGAULT U LEGAULT Le lundi, 10 juillet, 1944, à 9 heures du soir.Jean Beaudet, directeur musical de Radio-Canada inaugurera le lundi, 10 juillet, à 9 heures du soir, une nouvelle saison d’air d’opérettes et de comédies musicales.Il a choisi pour l’émission inaugurale les principaux airs de la Veuve Joyeuse de Franz Lehar.Les solistes seront Jeanne Desjardins, soprano, Jules Jacob, ténor et Lionel Daunais, Baryton.Le choeur est sous la di- rection de Victor Brault.Du matériel de guerre dans la cave ’&• • - V;‘ , .- L’INFLATION se manifeste par la hausse extraordinaire des prix: l’argent se déprécie et la confusion est générale.Afin de prévenir l’inflation, on a réglementé les prix et les profits-établi un contrôle sur les gages et les salaires.& , .•* • ¦ ?.v.“Des chiffres récemment publiés indiquent qu’au cours d’une seule année, presque chaque foyer canadien jette ou brûle environ 500 livres de papier de rebut.” Telle est la déclaration sensationnelle faite ces jours derniers par un directeur de la campagne nationale de récupération.Il ajouta que ces 500 livres de papier de rebut pourraient produire ; ! 12,000 boîtes de cartouches pour armes portatives — ou , 750 caisses d'obus pour canons de Spitfires — ou 250 caisses d’obus de deux livres pour tanks.Le Canada a encore besoin de papier pour faire plus de caisses et expédier plus d'obus.Ne gaspillez pas le papier, récupérez-le ! tfkVJT p a VANTAGE.1 NOUS Cn VOui Si une personne augmente le prix de scs marchandises, une autre ses profits,et si une troisième exige un salaire plus élevé, bientôt, tout le monde éprouve les mêmes besoins.Dans ces conditions, il devient impossible de contrôler le coût de production et celui de distribution.Le plafond des prix ne s’exerce plus.dépenses ^v, *nos dépenses commencent leur ascension vertigineuse.AVIS Par une parfaite entente entre les marchands de Saint-Jérôme, comprenant les magasins de chaussures, marchandises sèches (dry I goods) magasins de coupons, bijoutiers, tailleurs, et marchands de meubles, ces magasins seront fer-i niés à 6 heures du soir durant juillet et août à partir du 8 juillet au 2 septembre inclusivement.f fiifr tic cyclistes i.cs Cyclistes du Club, de M.Alf, Langlois, de S.-Jérôme, dirigé par MM.D.et C Morin et M.l.abelle, ont été visiter, dimanche dernier, la Plage SARATOGA, et tous furent enchantés de leur randonnée.L’EQUILIBRE ECONOMIQUE EST NECESSAIRE POUR RESOUDRE LES PROBLEMES ACTUELS RÉSULTANT DE LA GUERRE, ET POUR ÉTABLIR LA PAIX SUR DES BASES SOLIDES ¦: - h :.'• .1 j C«t(« imH ?•*«!• séria «• *••••••• ém ••««•rnciwûM ««narflon «ouh* n«nt l'lm»«rtanur la circonstance il avait joliment décorés.Le clou de cette réunion fut la présentation d'un film, "Les Gars de la marine".M.Georges Méthot, représentant en gris des Produits B.A.dans le district, a fait l'historique d'un programme radiophonique mettant en vedette "Les gars de la marine, tel programme commandité par la British American Oil en collaboration avec la Marine Royale Canadienne Ce programme sera radiodiffusé tous les dimanche soirs, à 7 heures 30, à compter de dimanche le 9 juillet sur les postes C.B.F., à Montréal.C.B.Y .de Québec.C.B.J., de Chicoutimi et C.J.-8.R.de Rimouski.L'on entendra une histoire authentique de la vie d'aujour-d hui dans la Marine canadienne.Il est certain que ce programme sera fort inté-resant M Metgot accompagnait le metteur en scène, M.J.-J.Sauvage, le nouveau représentant des Produits B A pour le district.successeur de M.Robert N'ourv.Bref, ce fut une soirée très agréable.Parmi les personnes présentes, mentionnons Mmes Ovila Tétrault, O.Champagne, J-A.-D.Léveillé, Edouard Bergeron ; MM.Ovila Tétrault, J.-J Sauvage.Georges Cantin, Edouard Bergeron.O Champagne.Paul Gagnon.R.Hétu, A.Paquin A.Fortier, Gaston Champagne.R.Clément, C Hctu, J Touchette, .Armand Magnan.J -A.-D.Léveillé.R.Théoret, Georges Méthot.Jean-Paul et Philippe Tétrault, A.Gessue.de la présentation du hlm “Les Gars de la Marine".Tous les assistants participèrent ensuite à une soirée de famille au cours de laquelle un goûter et des rafraîchissements furent servis sous l'habile direction de Mme Ovila Tétrault.Mme O.Champagne et son fils Gaston firent les frais de la musique Des remerciements tout particuliers ont été adressés à M et Mme O.Tétrault qui contribuèrent si généreusement au succès de cette réunion.Dans un but hygiénique et en meme temps pour assurer l'aspect de propreté de la Ville, l'enlèvement des vidanges, de nouveau cette année, sera fait pour résultat de faire disparaitre la nuisance causée par les mauvaises odeurs qui s'échappent des récipients remplis de détritus qui passent des parties de journées sur le bord des rues.Cet enlèvement -era fait comme suit à partir de 10 heures du soir a compter du 3 juillet 1944 : QUARTIER S.-JOSEPH : Dans la nuit du lundi au mardi.QUARTIER LABELLE : Dans la nuit du mardi au mercredi.QUARTIER S.-JEAS-BAPTISTE : Dans la nuit du mercredi au jeudi.QUARTIER S.-LOUIS : Dans !a nuit du jeudi au vendredi.On compte sur la coopération de tous pour aider au maintien de la propreté et de l’hygiène dans notre ville Vol de debentures Cinq Bons de la Victoire de $50.chacun, ont été volés au cours de la nuit du 11 juin dernier, dans le domicile de madame Henry Williams, 322, rue Lorrain à Saint-Jérôme.Maintenant que la police possède les numéros d’enregistrement de ces valeurs, il sera plus facile à nos limiers de mettre la main sur le détenteur Illégal, dices Bons de la Victoire.En visite Monsieur et Madame Isidore Tremblay et leurs garçons, Dickey.Charlie et Jimmy, ainsi que M Gérard Tremblay, tous de Lebanon, N.H., étaient pour quelques jours les invités de M.et Madame Jean-Paul Gauthier.de Saint-Jérôme.Âttondoi: Attention HOMMES, F ELLES OU FEMMES DEMANDES DANS UNE INDUSTRIE DE CAOUTCHOUC DU COMTE Aucune expérience requise — Travail facile Bons salaires — Boni de vie chère en plein Vacances payées S.V.P.vous adresser immédiaiemenl Bureau d'Assurance-chômage 301, nie Labelle, Saini-Jérôme Référez à l'ordre no A 2751 Apportez cette annonce PHARMACIE i WILFRID PRUD’HOMME Successeur de Oscar Landry La pharmacie la mieux assortie du disîrîei Chocolats Laura Secord Ordonnances de Messieurs les Médecins remplies avec soin Produits REXALL Agence des Produits de Beauté 'Mireille', 'Harriett', 'Hubbard', 'Ayer' Elizabeth Arden et Barbara Gould Commandes postales exécutées avec soin Service rapide de deux messagers Téléphones : 558 et 559 341, rue Saint-Georges Saint-Jérôme Voisin du marché Exposition des travaux d'Arlisanat à l'Ecole Ménagère Régionale Rouets et métiers appartiennent à la grande histoire nationale Qu'ils reprennent leur rôle sauveur au foyer.Indiquait une patriotique inscription à la section du tissage, lors de l'exposition de l'Ecole Ménagère Régionale, dirigée par les révérendes Soeurs du Bon Conseil, à Saint-Jérôme.Et.toute enthousiasmée par un fervent élan de gratitude envers ces femmes qui accomplissent cher nous, une telle oeuvre d'apostolat national, je commençai la visite a travers les salles où s'étalaient à profusion des travaux : au metier au crochet, à l'aiguille, à la navette.au rouet, ainsi qu'au fusain et à la pyrogravure, comme en art culinaire.On ne pouvait se lasser d'admirer les souples couverture; en laine du pays, les couvertes tissées garnies de point boutonné, les nappes su Un tissé, les tapis au crochet, les tentures aux chatoyantes couleurs : une bourse tissée en paille de blé et ornementée d’émail, une merveille de travail artistique.Des lavettes brodées et cousues amoureusement par "des mains de femmes qui ne doivent jamais rester inactives et travailler chaque minute par amour pour quelqu'un”, comme le spécifiait une pancarte posée au-dessus d'une table chargée de petits tricots en laine rose, bleue ou blanche.".Des amours de petits tricots, n'est-ce pas”, me disait une jeune femme en contemplation devant le travail de tant de doigts agiles.Et rêveusement elle continua sa méditation, tandis que j'admirais de la belle laine domestique filée au rouet, par des jeunes filles de chez nous.Dans une autre pièce aussi vaste, aussi remplis de travaux, à l'aiguille.cette fols, je vis une étalage symétrique de robes, tabliers, manteaux.chapeaux reconfectionnés et garnis d'appliquer de feutre, et le reste, et le reste, on n’en finirait plus d'énuméré tout ce qu’on enseigne, tout ce que l'on confectionne au cours d'une année, dans cette ruche d'abeille industrieuse.Ici j'ai appris, "que la femme qui confiait les secrets de la couture représente une richesse pour un foyer Que les économies qu’elle réalise valent mieux que les salaires extérieures.” Et c'est tellement vrai — comme il est vrai d’ailleurs que les travaux de reprisage, de ravaudage, sont de toute première nécessité pour former nos jeunes filles, les femmes canadiennes dépareillées de demain.Les cahiers remplis de points de couture, de Dièces au fil coulé, des ajourés d'un fini impeccable, témoignaient de l’application des élèves.Dans la section art décoratif et artisanat, ce fut un régal pour les yeux que d'admirer ces petits points ornementés de cuir repoussé, cadres.chaises, tables à café, à téléphone.bref, toute une catégorie d'objets utile, artistiquement dé- corés soit à la pyrogravure, soit au fusain, soit â l'étaln repoussé.Une lampe avec abat-jour de nacolac.des portes-journaux, des cendriers, etc.enfin, tout ces multiples accessoires qui apportent ainsi enjolives.de la chaleur intime dans les foyers de ces artisanes-artistes.Et.comment passer sous silence A Suint-Janvier La Fête Champêtre, à l’occasion de lu S.-Jean-Baptiste, organisée par les Chevaliers vie Colomb, avec l'aide des Fil les d'Isabelle, a eu lieu dimanche dernier Celte Fête a remporté un succès sans précédent.A lu grand'messe.célébré à V heures 30.pour lu première fois dans nutre pa roisse, les Filles d'Isabelle, revêtues de leur bl.aie costume de fête, nous font l'honneur de prendre place sur les sièges, la section réservé à Tart culinaire cet antre de toutes les délectations oc5c®&sioooaco3®3coooccocscconcccoft JJ #,
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