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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
vendredi 26 février 1864
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1864-02-26, Collections de BAnQ.

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8ème aimée QUEBEC, VENDREDI 26 FEVRIER i«G4.NuntéroL 12 JOURNAL DHS INTERETS CANADIENS JE CROIS J'ESPERE JET J’AIME (lu üu M Jv:tu DE QUEBEC AV LAC JACQUES CARTIER.MM1>I tliti:—Co* ;i(16rutions gôuôrules—Lu départ de Québec—Le premier camp—Lu»- ins-tnictioas du Minib're il’Airriciilturr—Un faux guidü—Le dimanche dm s le camp—lin ronver- Si9_Le Lac Noël—Un camp de llurons—Le Lac Caribou—La mare de ' Rivière Montmoron-cv—Le Lac Jacques-Cartier.9 UN CAMP DE 11UROXB.Ce qui nous frappa à premiere vue, dans ce camp ouvert i\ tous, à quelques pas du Lac, c’est l'extrême sécurité avec laquelle les sauvages laissent tout ce qii ils our sons la protection traditionnelle du couvert de la forêt.Il semble qu’i! leur reste quelque chose de lu lier té nationale qui les porte à mépriser ley vices des visage* pâles et qui leur fait dédaigner les plus &ituples mesures île précaution contre le vol, de tout temps inconnu parmi eux.u Pas de vole »rs dans le bois” remarquait un jour un de nos sauvages en recherchant un »>’jet que nous avions écarté dans le camp; et il faut que les sauvages soient bien persuadés de cette vérité pour abatul muer, comme ils le font, leurs armes, leurs vivres, leur chasse, en un mot tout ce qu'ils possèdent dans leur camp ouvert, pendant qu'ils s’absentent îles semaines entières, à la poursuite de quelque gibier qui a tiaverse leur chemin de eliasrc, ou à la visite des pièges et des trapes tendus â la loutre, à la martre, au vison, au castor, â l'orignal ou au carcajou.C'était une de ces excursions (pii avait motivé l'absence des sauvages dont nous rencontrions le camp ; et nu pouvant obtenir de renseignements d’enx-mémes, nous commençâmes une perquisition générale pour juger de leur chasse.''Isa cabane, large de six pieds, so composait tout simplement d'un plan incliné, fait d'écorces imbriquées appuyées sur quelques perches, ouverte â l’exposition du sud et fermé â droite et â gauche de manière â former un abri complet contre les vents du Nord, de l'Est et de l'Ouest.En face du camp était une immense épi-nette renversée dont les racines encore toutes chargées de terre tonnaient un écran contre les vents du Sud et un tb yer pour le feu du bivouac.C’était là que tumait encore une bûche allumée pour le déjeuner du matin, et que notre cuisinier lit bientôt flamber eu préparant le dinar.Dès notre arrivée nous avions aperçu, au bout d'une perche plantée dans la no’ge, une superbe cuisse de caribou.La tentation était trop forte, et remplaça.r la viande fraîche pour du lard sale nous limes un échange que nous pensâmes tout â notre avantage., après avoir • 'ûté â notre nouveau plat.La curios:* * aidant, nous ouvrîmes un sac de fourrures, principalement de peaux de cas.ji .Passés entre les perches du toit, étui.uit un fusil chargé, un sac â plomb cou niant quelques balles, et mi cerceau u.u ur duquel séchait une peau de castor, .*01111110111 tué, tendue avec force et percée d'un coït}» de feu.Parmi les ustensiles de cuisine une mi* coiue de sapin encore tonte neuve attira notre attention.Sur le manche était incruste tout au long le nom d’une femme.Celait sans doute rendant les fui-guesboiices du cutup que le souvenir de la famille était venu au cœur du pauvre sauvage isolé au fond des bois.Eu cherchant encore nous trouvâmes une lettre du pays ; malgré notre respect pour tout ce qui touche â une correspondance persunnolie, notre curiosité remporta.Au reste nous n’eûmes pas besoin de briser le cachet do l'enveloppe, cette Icttie était sans enveloppe.Nous ne la dépliâmes pas non plus, car elle était écrite tout au long sur une petite planche de sapin bien mince, longue de trois pieds et large de six pouces, dé* oti-pée en forme d’aviron â manche raccourci.Nous u'avons qu'un regret, c'est de n'avoir pas conserve l'original de cette correspondance avec son langage et ses nouvelles locales.Sur le revers de la planche nous donnâmes des détails sur notre exploration avec des nouvelles du village, puis l'heure de repos étant écoulée, chacun reprit son paquet et nous partîmes pour aller camper bur mie montagne à peu de distance du Lac des Neiges, dont nous renconti ions le sentier à l'Est do notre route.LK LAC CAKIUOU.Encouragés par la grande distance que nous avions franchie le jour procèdent, nous partimes de bonne heure mardi le 25, après une nuit très-froide passée sur le sommet u’uue montagne Eau boisée et exposée au veut du nord.n ciel étoilé, d’un bleu magnifique, sans nuage, un vent s'engouffrant de cùlé dans notre camp, établi Est et Ouest et un feu mal nourri par nos boni mes fatigués, voilà autan de circonstances qui, sur une montagne à trois milles pieds au Dessus du niveau de la mer et a la tin d’octobre, ont pour résultat un tmid excessif, contre lequel un abri du colon et une convoite île laine ne 8011I pas une protection suffisante.Aussi avons-nous eu froid, et avons-nous trouve le matin une chaudière d'eau placée à nos côtés, sous la tente, complètement glacée pendant la nuit.Mais la vio de camp a cela de particulier qu’elle nous habitue aux froids les plus intenses, dont les atteintes ne se font plus sentir.Pendant la première nuit au lieu de nous déshabiller, nous nous vêtissions pour dormir, mais quelques semaines plus tard nous abandonnions notre paletot, comme un embarras pendant le sommeil.Notre voisinage des lacs nous permettait d'entendre dans le silence de la nuit les craquements de la glace répétés par l'écho de* montagnes boisées.** La glace serre de ce temps-là, disaient 110s sauvages en attisant les braises du foyer.A peine avions-nous fait un mille que nous arrivâmes à un lac de forme irrégulière que 110116 traversâmes sur la glace.Nous reprîmes le sentier plaqué et après avoir traversé une hauteur assez considérable, nous arrivâmes au Lac Caribou vers midi.Sur tout le parcours du chemin, des trappes étaient tendues par les chasseurs que nous avions lencontrés ; mais comme elles avaient été visitées depuis deux jours, â en juger par les pistes récentes imprimées sur la neige, nous ne trouvâmes pas nue martre prise.Ces trappes sont d'une construction fort simple.Quatre copeaux longs de 18 pouces et larges de *ix sont enlevés â quelque sapin voisin et enfoncés dans le b"l de manière à former une petite chambre, ronde, recouverte par une branche de sapin.Une porte longue de neuf pouces est ménagée d'un côté, devant laquelle joue dans une coulisse, faite avec deux pet its piquets, une peiche longue de six pieds et grosse comme le bras, retenue à six pouces de terre par | un petit support mobile.Pour arriver â l'appât placé à l'intérieur de la chambre la martre est obligée de déranger le oiipport et en même temps ia perche lui tombe sur le col et la tue à 1 instant même, v ne tète de truite sert ordinairement d'appât.La neige et la glace en embarrubsunt le jeu delà perche dans la coulisse rend impossible l'emploi des trappes en hiver.Les sauvages ont également l’habitude de tendre aux caribous des collets qui sont assez ingénieux, mais dont un faillit nous causer un grave accident.Ce collet consiste dans une forte courroie, disposée en nœud cornant et étendue sur le sol, dans un sentier fréquenté par les caribous ou les orignaux.Attaché au »?sommet d'un jeune arbre bien llexible, le collet est retenu â terre par une branche et un petit ’ ^ disposés en trappe.De sorte qu’au moment où le pied de ranimai se pose au milieu du nœud coulant, la perche se relève avec force et retient par la patte l'impmdent caribou qui perd son équilibre en ayant un de ses pieds soulevés de terre, et esl impuissant â se retirer du piège dans lequel il est tombé.Malheureusement un de ces pièges avait été tendu dans le sentier que noue suivions, entre deux racines traçantes, laissant un espace profond de dix pouces et large de trois pieds.Déjà nous avions évité ce danger avec un certain nombre des hommes en sautant d'une racine à l'autre sans nous douter du piège qui nous était tendu, lorsque M.Iiamel affleura le nœud coulant et le fit partir à la grande frayeur de M.Noilson qui le suivait de près et qui faillit le recevoir dans la figure.Nos sauvages 11 hésitèrent pas à dire que si un homme lut tombé dans le collet, il aurait été enlevé par h s pieds, tandis que le Iront aurait donne contre les racines, do manière à le blesser grièvement, sinon mortellement.A(>rù, q.olqnes instants de repos sur les bords du lac Caribou, dont une partie seulement était glacée, nous repartîmes, traversâmes bientôt un nouveau lac moins grand, dont la {dace put nous porter, et commençâmes 1 ascension d'une montagne peu hait to il est vrai, mais d'une pente très-rapide.C'est la seule difficulté sérieuse que nous ayiotis encore rencontrée pour le tracé d’un chemin, et il 11'est pas douteux que cette ditliciilté pourrait être tournée.Une neige abondante tombe â gros tlucons et déjà nous enfonçons jusqu’aux genoux sans pourtant avoir besoin de nos raquettes.De fait, depuis notre depart nous n'avons pas eu une seule journée sans pluie ou sans neige et sans avoir été mouillés complètement de la tète aux pieds.Une montée comme celle que nous gravissons est bien faite pour exté huit nos porteurs, surtout â la fin d'une journée déjà longue ; aussi campons-nous sur le premier plateau dans une forêt épaisse de bois verts, chargés de neige, et près d'un ruisseau tombant en cascade dans un ravin profond.LA MARK 1>E LA KIVIKIŒ MONTMO1ŒNCY.Nous étions eu marche depuis une heure, jeudi le 29, lorsque pendant un repos sur le flanc d'une colline, nous aperçûmes descendant à grands pa» derrière nous trois hommes, que nous reconnûmes bientôt pour être Simon le vieux trappeur de Lurette, avec son lils et Jean Baptiste, trois hommes d’une force et d’une expérience peu communes, dont le renfort assurait notre traversée jusqu’au Lac St.Jean, considérée douteusejusqu’à ce jour.Après les premiers serrements de main, ils nous informent que de retour de leur chasse d’automne, ils se sont mis à notre poursuite ainsi que l’ordre leur en avait été donné.Lés chefs de l’ex-péditiou décident alors, pour hâter notre voyage, de garder tout le personnel jusqu'au Lac Jacques-Cartier en répartis-sant également la charge entre tous le-* hommes, de manière à faire de plus fortes journées de marche.Nos nouveaux porteurs ayant fini leur paquet, nous partons légèrement et arrivons aux bords do la rivière Montmorency, dont les eaux coulent ici avec une lenteur qui leur a fait donner le nom de Mare.Les derniers froids ont glacé la rivière et nous avons ],i perspective d’une bonne journée de marche devant nous.Les paquets sont placés sur des traîneaux improvisés et nous marchons d'un pas rapide vers le lac Jacques-Cartier.Ici la rivière Montmorency parcourt une vallée assez large dont la culture serait très possible.Un foin nature) épais et de bonne qualité abonde sur tout son parcours, en même temps quelles feux ont brûlé la foret dès longtemps» et ont préparé le sol au passage de ia charrue.Vers midi, nous nous arrêtons derrière une pointe élevée qui nous protège contre un vent violent, nous poussant en route.Nous repartons bientôt an pas de course, et placés â l'avant de notre colonne, nous venions de doubler une pointe de la rivière, lorsque nous aperçuiiDS un orignal avec deux petits, buvant â un trou d'eau sur la glace, â deux cents verges de nous.Nous retournâmes au plus vite sur nos ]ms pour arrêter le reste de la colonne au-delà de la pointe, et le plus grand silence succéda au tapage général pendant que M.Neilson coulait une balle dans son fusil.Il s'approchait déjà à une portée convenable lorsqu’une bouffé de veut avertit l'orignal de la présence d'un ennemi.Eu même temps il traversa la rivière et bondit dans la forêt, suivi de près parses deux petits.Quelques heures après, nous traversâmes leur pistes, et bien qu'à une grande distance de l'endroit où nous les avions surpris, ils couraient encore à toute vitesse, ainsi que nous pouvions on juger par leur justes profondément enfoncées dans le sable éclaboussé sur la neige.Nous continuâmes aiiitd le reste de la journée sur la glace que nous n'abandonnions que pour couper des pointes troj> longues et abréger ainsi notre chemin.Le soir, nous campâmes dans un |>etit ilôt tout entouré de glace.D’industiieux castors avaient inondé toute la vallée par une chaussée habilement construire et qui agrandissait rétendue de leurs domaines.Vendredi le 30, nous continuâmes notre route sur la glace jusqu'à ce que quelques jietiis rapides nous forcèrent de laisser cette route facile, mais peu sûre, pour un sentier pierreux très difficile à suivre.Ici une partie de la vallée se compose de roches dénudées, sans la moindre trace de végétation, formant un paysage accidenté.Sur les bords de la rivière, le sol se compose de gros cailloux roulés à travers lesquels croit ici et là quelque rare épi net te rabougrie.Il ne faudrait pas conclure que tout le pays environnant est de cette nature ; il y a aussi des alluvions de sable et des prairies naturelles susceptibles de culture.Nous campons encore près d'une chans-sôo de castors.LE LAC JACQUES-CARTIER.Samedi, le 31, de bonne heure, nous levons le camp par une jduio torrentielle, bien décidés à faire les six milles qui nous séparent encore du Lac Jacques-Cartier sur les bords du me) nous voulons passer le Dimanche.Nous traversons d'abord des savanes dans lesquels nous enfonçons à chaque pas, puis nous prenons une montagne dans laquelle le sentier que nous suivons est à peine tracé.A chaque instant nous le perdons, et ce n’est q 11’après s'ètre séparés dans toutes les directions et après de minutieuses recherches que nous le retrouvons.A midi, nous mous arrêtons un instant pour manger un biscuit et réchauffer nos membre* engourdis par le froid.Nos diets complètement trempés se collent sur nous, et pendant que la chaleur du foyer répand une douce chaleur sur nos poitrines, nous avons froid un dos, et la pluie glacée qui n'a cessé de tomber par torrents depuis le matin continue son œuvre sans relâche, au grand détriment de notre confort.Dans ces circonstances, le repos est pire que la fatigue et nous repartons avec la perspective de camper bientôt.En effet à trois heures, après avoir descendu une côte rapide, nous arrivons sur les bords d'une immense nappe d'eau, sur laquelle la vue s'étend à trois lieues, c'est le lac Jacques-Cartier.Au milieu des clameurs les plus enthousiastes et des félicitations réci|>ro-ques sur notre arrivée, nous étions descendu sur le sable même du rivage pour en mieux voir les bords, lorsque nous aperçûmes, sur une pointe voisine de la décharge du lac, un caribou pacifiquement occupé à brouter l'herbe.On Be tut, et M.Neilson, arme de son fusil, avançait le long de la berge pour l’np-prochcr, lorsque l'animal releva la tète et se mit à flairer l’air comme s'il 6e disposait à partir.M.Neilson alors pressa ia détente et le coup partit.Le caribou bondit sur lui-même s'élança dans la décharge du lac, traversa de notre côté et s’enfonça dans le bois.Un de nos sauvages le suivit, inaÎ6 ne trouva aucune trace de blessure.A quatre heures nous étions confortablement campés, et à la chaleur d'un grand feu chacun était occupé à faire sécher ses effets.Après une longue nuit de repos, nous nous réveillâmes dimanche 1er Novembre, par une tempête de vent et de pluie qui n’était que la continuation .du temps que nous avions eu tout le jour précédent.La neige avait complètement disparu et nous nous en félicitions dans l’espérance que nous passerions les hauteurs sans le secours des raquettes, lorsque vers midi une neige épaisse commença à tomber.Immédiatement après les prières du dimanche, nos cinq porteurs canadiens furent informés par les chefs de l'exploration que leurs services n'étaient plus requis.En effet les provisions avaient diminué de moitié et nous n'étions partis que depuis onze jours.Lu partie la plus diflicile et la plus longue du chemin nous restait à faire et la saison avancée nous faisait craindre des neiges profondes à franchir, qui nécessairement retarderaient encore notre marche.Pendant qu’ils se pré]Riraient à retourner Messieurs Neilson et Hamel étaient occupés à leur correspondance.Vers deux heures, tout étant prêt, nos hommes partirent après nous avoir fait les meilleurs souhaits, emportant avec eux les dernières nouvelles d'une expédition, dont Québec 11e devait entendre parler qu'un mois plus tard.I>*t lac Jacques-Cartier au lac St.Jean.II SOMMAIRE.—La navigation en radeaux—La rivière Chicoutimi—De la riviere Chicoutimi à la rivière t'piku—Notre personnel de sauvages—La rivière üpika—Une marche forcée le dimanche —Ce qu'il nous restait de vivres—La Belle Rivière—Le?radeaux eu rivière—Notre dernière galette.LA NAVIGATION EN RADEAUX.Après ce long rejjos du septième jour pendant lequel nous fûmes forcément retenus dans le camp par un très mauvais temps, nous nous réveillâmes lundi le 2 novembre parfaitement disposés à entreprendre le passage du lac Jacques-Cartier en radeaux.Déjà nos hommes étaient à l'œuvre importante de leur construction, et leurs vigoureux coups de hache répétés par le lac disaient l’empressement qu ils y mettaient, afin de profiter du calme plat dont nous jouissions et qu'un soleil magnifique dorait de ses premiers rayons.Vu par une belle matinée de novembre le lac Jacques-Cartier offrait un tableau digne de figurer parmi les plus gracieux chefs-d'œuvre des peintres paysagistes.Cette belle nappe d’eau s'étendant à un horizon de neuf milles, reflétait dans sa coupe do 1 verdure les bois de sapin qui, descendant des montagnes voisines, venait mourir sur ses bords.Ici et là un rocher abrupto baignait ses pieds dans les profondeurs du lac, tandis que sa cime altière couronnée de quelques épiuettes rabougries semblait se contempler avec orgueil dans le miroir des eaux.Le coloris le plus gai répandait 6es teintes vives toutes inondées de soleil sur cette nature sauvage, surprise en quelque sorte sur le tait et semblant s’indigner des bruits de l’activité humaine troublant sans scrupule des siècles de silence.Après les premiers regards donnés à tout ce qui nous entourait, nous allâmes suivre la construction des radeaux à quelque distance du camp.Le bois se coin- 1 pose entièrement de sapin et d’épinet-ic de petite taille, en sorte que nous sommes obligés d'employer plusieurs arbres secs à la construction de chaque radeau.Cette construction est fort simple et se fait en plaçant quatre à cinq troncs d'arbres long de dix pieds, les uns à cotés des autres, et à les relier par trois traverses percées do liclies en bois pénétrant dans chaque bille.Quelques perches longues et sèches, pour être moins pesantes, sont appuyées sur les traverses et élèvent le pont sur lequel s'assied l'équipage et se placent les vivres, pour être préservés de l'atteinte de l’eau.En raison de la rareté du bois, il était onze heures lorsque les deux radeaux furent prêts à nous recevoir au nombre de dix.Mais nous aperçûmes bientôt qu'ils étaient insuffisants et il fallu commencer la construction d’un troisième radeau, qui retarda not:© départ jusqu'à deux heures.Vers midi une légère brise avait ridé la surface du lac et le veut ou augmentant toujours avait soulevé de petites vagues qui nous forcèrent à cotoyer le côté gauche du rivage où nous étions plus à l'abri.Tonie lente qu était notre navigation aidée de perches et d’avirons, eilo égalait la vitesse d'un homme à pied sur un terrain sans embarras; aussi arrivâmes-nous bientôt à la moitié de la longueur du lac.Là une pointe s'avançait au large, qu’il nous était certainement impossible de doubler sans mouiller notre biscuit et notie farine.Déjà les vagues baignaient do temps en temps le pont de nos radeaux, et uotis ue pouvions sauver nos vivres qu’en les élevant sur nos raquet- tes.Pourtant nous étions comparativement à l’abri, et les vagues du large qu’il faudrait franchir en doublant la pointe auraient certainement avarié nos vivres sans qu'il fut possible de les renouveler.Nous relâchâmes donc vers trois heures et demie pour camper en atten dant le calme.Toute la unit le vent s'éleva plus violent avec des brouillards de neige, et il fut encore plus impossible le lendemain de continuer notre navigation.Durant l'après-midi nous allâmes sur un des radeaux pêcher dans une |>ctite baie voisine assez calme, mais sans succès.An reste nos hameçons n'étaient pas faits pour prendre le poisson de ce lac, dont la truite mesure, dit-011, de 2J à trois pieds de longueur.De bonne heure, mercredi le 4, nous nous préparions à partir par un temps douteux, lorsqu'on 6’aperçut que le veut, pendant ia nuit, avait détaché un des radeaux, qu'il fallut remplacer.Cette nouvelle cause de retard nous retint jusqu'à onze heures, où nous nous embarquons pour terminer le reste du trajet.D'épais brouillards de neige nous enveloppaient de temps eu temps en nous cachant complètement les bords du lac que nous suivions pourtant de bien près.Après deux heures de navigation pénible contre un vent de l’Est, nous mimes pied à terre sur un banc (le sable à la tète du lac.Un aviron solidement planté reçut une inscription indiquant notre passage et la direction de notre course ü’apres l’aiguille magnétique.Quelques instants après nous étions en marche pour la rivière Chicoutimi.LA RIVIERE CHICOUTIMI.Los plus grandes difficultés de l'exploration allait commencer en laissant le lac Jacques Cartier, que nous avions atteint en suivant toujours un sentier plaqué quelque peu debarrassé.A l’avenir nous n'avions plus la moindre indication, et quels que fussent lc6 obstacles à franchir, il nous faudrait suivre notre course guidés par la bo isso^e seule.Aux premiers pas faits dans la forêt des difficultés sans nombre se dressèrent sur notre marche, nous donnant un asj>ect de l'avenir qui nous attendait.Les branches dus fourrés épais semblaient se serrer les unes contrôles antres et s’entrelacer pou r s'opposer à notre passage.La hache seule pouvait vaincre leur résistance opiniâtre, et encore semblaient-elles se soulever do terre pour embarrasser nos pieds à chaque pas.Luttant avec énergie, nous nous finies pourtant un passage, et arrivés à un petit coteau, nous vîmes devant nous avec un indicible plaisir, un brûlé de deux ans s’étendant au loin et nous offrant un chemin facile.Immédiatement les pas se firent plus longs et plus prompts, et de colline en colline nous traversâmes un plateau lé gerement accidenté ; et la nuit nous surprit sur le penchant d'une coulée où «ions campâmes près d'un ruisseau.Bien n'est triste comme ce grand brûlé dans lequel nous nous trouvons.11 ne reste plus de l'éjiaisse forêt et de sa verte et fraîche parure que des troues d'arbres jonchant le sol et que la main de l'hiver a recouverts d'un linceul d'une éclatante blancheur.Pour compléter la pénible illusion qui s'empare alors de l’âme aux souvenirs qu'elle éveille, de grands sapins noircis et dépouillés de leurs rameaux se dressent comme autant de mausolées au-dessus de ce vaste champ de la mort.On dirait toute une génération d’hommes attendant dans un morne silence le réveil du dernier jour.C'est un vain que nous cherchons une branche verte pour tapisser notre camp; il nous faut dormir sur la boue.La terre légèrement remuée se dégèle peu à peu par la chaleur du feu, et l'humidité qui s'en échappe se fait bien»ôt sentir.D'un autre côté, la brise du soir en descendant la colline s'engouffre dans notre tente, accompagnée d une épaisse fumée.Nous passons ainsi une unit de douze heures, la plus pénible sans contredit de tonte l'exploration.De bonne heure, jeudi le 5, nous décampons fatigués de la nuit, et en suivant toujours le brûlé, nous arrivons bientôt à la rivière Chicoutimi.Ici elle coule des eaux tranquilles reconvertis d’une glace assez épaisse pour nous porter.Nous la suivons donc 6ur tout son parcours et traversons ainsi une vallée d'un demi-mille, de largeur moyenne, bordée de liantes montagnes, que nous aurions été fort peinés de traverser, si la rivière Chicoutimi ne nous eût fourni un passage facile.Ici encore des alluvions recouvertes de prairies naturelles offrent des ressources fourragères considérables et une exploitation facile.Des pistes nombreuses de loutres se dessinaient sur la neige qui recouvrait la glace depuis le matin.Vers midi nous primes u:i instant de repos, à l'abri d'un gros arbre, isolé au milieu des prairies.Dans une mare voisine quelques canards se jouent hors de notre portée.Nous repartons bientôt, et toujours en suivant la rivière, nous franchissons la haute chaîne de montagnes qui entoure le lac Jacques-Cartier.Mais bientôt la rivière prend un cours plus rapide et son pont de glace s'amincit sensiblement ; ce n’est qu’avec hesitation quo nous choisissons un passage souvent entre deux mares dans los- 3uelles nous voyons les eaux profondes e la rivière Chicoutimi passer rapidement.A chaque |>as la glace se fendille et ploie ; à chaque coup de hache légèrement donné pour sonder sa force, le taillant s’enfonce et l'eau rejaillit.De fait la glace n’a j>as un pouce et noua nous étonnons de la trou ver si forte avec une aussi faible épaisseur.Mais le bois offre tant d’obstacles à notre marche, et il est si agréable de suivre les bords gracieux d’une rivière, que nous persistons à garder la glace jusqu’à ce que des rapides nous forcent à la laisser.Nous suivions alors la rive Est et il fallait traverser à l’Ouest.Pendant que nous avançions avec précaution pour tenter un passage et que nous étions arrivés au tiers du chemin, un de nos sauvages so hasarda au pas de course à quelques pieds de nous.La glace, en se ployant derrière lui, décrivit une courbe d'un pied, et nous pensions le voir s'abîmer, lorsque son jded droit s’enfonça jusqu’à la cheville, mais jm» assez vile pour j>er-dro l'équilibre, et il arriva sain et sauf de l’autre côté, n'ayant eu que la peur.Cette expérience n'était pas faite pour nous rassurer ; pourtant nous avançâmes encore, et quelques instants après nous avions également franchi sans accident ce pont peu sûr.Le reste du parti ne voulut pas se hasarder, et ce ne fut qu'aprùs avoir coupé de jeunes arbres et en avoir fait un pont solide qu'ils se décidèrent à traverser.Pendant ce temps, une loutre nageait silencieusement dans une mare à quelques pas de nous, derrière 1111e pointe.Un de nos sauvages en l’apercevant s’empara du fusil et s'embusqua pour la tuer, mais le coup ne porta pas.Elle mesurait bien une longueur de quatre pieds, et sa fourrure du plus beau noir, se montrait quelque peu sur le dos.Nous étions tout préoccupés de sa vue ot nous avancions négligemment sur la glace, à quelque distance du bord, pour la mieux voir, lorsque nous enfonçâmes complètement dans la rivière.Un arbre heureusement se trouvait à notre portée, et à l'aide de ses branches, nous nous tirâmes de l'eau, un peu troide à cette saison.Au reste, c'était la troisième fois que la glace se brisait ainsi sous nos pieds depuis notre départ, mais les immersions antérieures n’avaient été que partielles.Nous avions encore une heure de marche, et pendant que le parti traversait la rivière sur le pont dont nous avons parlé, nous changions d'effets.Nous fumes fort surpris en posant les pieds sur la glace de u’en pas sentir beaucoup le froid.Au reste cela nous met en mémoire un bain Je neige que nous primes un jour, avec un de nos amis, un étudiant norvégien, sur les hauteurs du Simplon.Partis à quatre heures du matin j»our traverser les Alpes, nous avions franchi presque toutes les hauteurs, et depuis une heure nous étions dans les neiges, accables de fatigue.Près de la route 6'élevait un mur de soutènement couronné de larges pierres, toutes chaudes sous les rayons d'un soleil do juin ; à ses pieds un immense banc de neige, dont la vue seule nous rafraîchissait.Assis sur ce mur, nous le considérions avec des regards de convoitise, lorsque l’idée nous vint de nous y plonger.Un moment après, le bain do neige que nous avions pris nous donnait une nouvelle vigueur, et la réaction de bien-être que nous en éprouvâmes nous indemnisa largement de la sensation de froid intense du premier contact.Nous laissâmes bientôt la rivière Chicoutimi pour prendre la direction Nord-Ouest jusqu’à la rivière Upica que, d’après les calculs des chefs de (’expédition, nous devions atteindre dans quatre jours de marche.DE LA RIVIERE CHICOUTIMI A LA RIVIÈRE UriKA.Les difficultés qui se présentèrent d’abord en laissant la rivière Chicoutimi nous firent comprendre que nous n'avancerions qu’à petites journées.Il fallut absolument qu’un de nos sauvages se mit en avant, la hache à la main, pour nous ouvrir un passage à travers ia forêt.A chaque instant, nous étions arrêtés et la nuit 1 ous surprit à quelque distance seulement de la rivière.Nous avions compté snr de grands, brûlés qui devaient nous conduire d'ici jusqu'à la rivière Métabetchouane.Mais nous n’en avons pas encore rencontré, et devant nous, s'étend tout un océan de verdure avec ses vagues représentées par des montagnes et des collines s’étendant jusqu a l’horizon.Vendredi le 9, après plusieurs heures de marche pénible, nous voyons un petit brûlé sur notre droite qui uefait j>as route et (pie par conséquent, noii9 ne pouvons suivre.Les hommes sont harassés de fatigue et trempés par la uei^e qui à chaque pas se détache de© arbres et tombe comme nue avalanche sur chacun de nous.Tout le monde est silencieux et chacun fait sa journée de travail comme une corvée et non plus avec la faieté qui nous accompagnait au départ.a*s difficultés semblent croître à mesure que nous nous enfonçons dans ce bois touffu et accidenté.Pour ne pas dévier de notre route, nous ne suivons plus les gorges des montagnes, qui nous évitaient leurs aspérités, mais nous ah 46 !>’ rnf'RRlKR I*»’ » OA.lone droit devant none, tantôt descendant dane dee ravine profonde creusée par un coure d’eau prenant quelquefois la forme d’un lac, tantôt faisant des montées rapide», aux pieds desquelles les porteurs hésitent on toisant du regard la hauteur qu’ils ont à franchir ; et une foie au sommet, ils s’arrêtent épuisée et haletante sons le poids de leur lourd fardeau.1 eu-dant que la neige les recouvre de la tète aux pieds, de grosses sueurs descendent sur leur visage amaigri et disent éloquemment les efforts oe courage et de volonté que vient do leur coûter cette ascension pénible.Pourtant, a peine avons-nous fait quelques pas sur c°.plateau si bien gagné, qu il nous tant ic-descendre dans uu nouveau ravin, pour remonter encore ; jusqu’à ce que la nuit vienne mettre une fin à ces pérégrinations de liant en bas et de bas en haut, faites pour éprouver les voyageurs les plus robustes etles plus determines.^ Toute la journée de samedi le 7 se passe encore à ce métier de galérien, et sur le soir nous arrivons à un ancien brûlé, qui nous promet pour les jours suivants moins de difficultés et de plus longues journées de marche.11 est temps, car nos homines commencent a se désespérer.Nous campons sur le flanc d'une colline plantée ici et la de jolis bosquets, et la vue s’étend au loin dans un rayon de plusieurs milles.Dimanche le S, nous passons, la journée entière dans le camp, occupés aux travaux ordinaires du septième ^ jour.Pendant que les nus réparent à l’aiguille les accidents de la semaine, les autres^ bandent leurs plaies ou préparent de 1 écorce a fumer.C’est qu'en même temps que les vivres, les approvisionnements de tabac s’épuisent avec une rapidité effrayante.Le sauvage prévoyant fait alors par .économie autant que par goût un mélange d’écorce de bois ronge râpée avec son tabac.Ce bois ronge forme de petits taillis dans les bas-fonds humides, où on le trouve généralement avec les aulnes.En passant le dos d'un couteau sur les branches, l’écoree se détache en longs filaments suspendus ici et la par leurs extrémités.La branche ainsi dépouillée est plantée en terre près du feu de bivouac, incliné à 45 degrés, de manière à exposer ces filaments à l'action de la chaleur qui, en quelques minutes, les dessèche complètement.Recueillis dans le creux de la main, ils tombent en poudre 6ous le moindre froissement.C'est alors que le sauvage ouvre son sac à tabac et remplit jusqu'à la gueule du cette pondre qui prend le nom de - Nerpipamique.” Après un premier essai déclaré satisfaisant l’emploi de ce mélange devint bientôt général dans tout le camp.Lorsque durant la jour née nous rencontrions un taillis de bois rouge, chacun su chargeait d’un petit fagot de branches, eî après le repas du soir, le feu du bivouac était entoure d’une petite forêt de branches de bois rouge, en quantité suffisante pour l’approvisionnement des jours suivants.(Z/a suite au prochain numéro?) {' ' >: A r- A .mL'EBKC.26 FEVRIER 1564.quelque soit celui qui s’«*n rende coupable et à quelque parti qu’il appartienne.Nous avons eu, à la séance de mercredi, le complement des révélations faites, la veille, par M.liai*wood, relativement à la démission du major de Belle-feuillo.M.Taschereau a rapporté deux con-vertions échangées entre lui et le premier ministre en deux occasions differentes.La première eut lieu il y a un an, avant la nomination du major de Bellefeuille.Le premier-ministre dit à M.Taschereau, en présence de M.Harwood :44 Les temps sont durs maintenant ; si nous nommons M.de Bellefeuille, nous supporterez-vous?" M.Taschereau répondit péremptoirement qu'il ne pouvait faire une telle promesse.La seconde conversation eut lieu, encore chez le premier-ministre lui-même, vers la tin de la dernière session.Voici les paroles du premier ministre : 4* Si les amis du major de Bellefeuille sont contre l'administration, ce monsieur ne peut être continué dans la position qu’il occupe." Les déclarations de M.Taschereau confirment, en tout point, celles de M.Harwood.Voici maintenant le couronnement de ces révélations.M.Blanchet, qui a déjà paru sur la tons-nous d'ajouter que cette tactique ne lui a pas trop réussi car M.McGee, dans un discours dont la violence égalait l’énergie, a littéralement écrasé le député Missisq.mi.M.Huntington, qui « pris | “"f sa detense, a rendu a M.McGee injure pour injure, menace pour menace, et cela au milieu d'un brouhaha épouvantable.La Chambre s’est ajournée à trois heures ilu matin.Au nombre des pétitions présentées au commencement de cette séance, il en est une du Révérend Lore Choné, missionnaire do 1 'iie Manitouline, demandant la passation d'un acte pour abolir lo traité de Manitowaning de 1SG2.Séance de jeudi.Jeudi, les débats sur l'adresse ont continué dans le Conseil.ble que.la précédente.11 v a eu dans le cours de cette séance %» • une scène qui peut nous donner une petite idée du tableau que présentait la la- ineuse Constituante lorsque la tribune scène à propos de cette affaire, a fait lec- ; ‘‘tait !lssiÿS^u P!ir ,me ann,'e de députés, qui se disputaient à coups de pistolets le droit de se faire entendre.A défaut de pistolets, on a unplové point de nouvelles.Jusqu’à présent Rome : le parlement canadien est une véri-1 1».nombre des personnes dont la perte est table assemblée de rois.certaine sVlcvc à 31.L.A.L.Mercredi matin on a repêché -1 sacs Rimou>ki, le 21 Lévrier 1804.I de malle : un pour Kingston un püUr Montréal, un pour Détroit et un pourClii-AI.le Rédacteur, | cago.11 parait que dans le cours de turc à la chambre de- deux lettres su! vantes :— “ Québec, 24, février, 1SG4.44 Mou cher ami.Afin que personne uu puisse nier les de parler.N «ms devons cependant dire, faits mentionnés dans votre discours énoncé en justice, nue M.Cartier était, peut- hier au soir, j’afiirine que j'ai été chargé di la part de l'honorable ministre de la milice, «le vous dire, 44 pendant la denière session,'* que si vous vous absentiez «le la chambre pour ne pas voter sur la motion de AI.Cockburn, relativement à la nomination de M.Sicotte comme juge de la cour supérieure, je serais nommé major «le brigade «l'un second district, c'est-à-dire, le n.4, avec double‘salaire, et que vous auriez la place d'inspecteur des Prisons et Pénitenciers devenue vacante par la mort du Dr Xeii* son ; situation qui vous donnerait 82000 nar an, me dit alors l'honorable Sandfield Macdonald.*k J'ai l'honneur d'être, 44 Votre très-humble serviteur, 44 C.L.DeBellkfeutlle, 44 Ex-major de brigade du district u.a.44 A.J.G.Blanchet, écr, M.P.P.Québec.«4 Québec, 24 février, 1S04.“ Mon cher ami.être, un peu trop exigeant en réclamant le «Iroit de faire un nouveau discour après avoir parlé, an commencement «le la séance pendant plus (le deux liuiuvs.Quoiqu'il en soit, il nous semble que le parti ministériel aurait pu protester au!veinent que par des cris.C'est M.Bown qui a rouvert les débats s< r l'adresse M.Bown a détendu sa conduite politique attaquée, la veille, par certains députés ministériels.M.Cartier qui lui a succédé a pris à partie Al.O'IIalloran et a rectifié, preuve.?en main, quelques unes des assert ions faites à la séance précédente par AL -Ilalloian.relativement à son passage de la gauche à la droite.AI.O Ilalioran avait dit la veille qu’il n'avait jamais reconnu AI.Cartier comme son chef po- “ Dana ma lettre d'aujourd'hui et que iitique.M.Cartier a prouvé qu’il la-rous venez de lire en chambre, j ai oublie» ., ., in fuit, miivnnt moi im.mmnt nui r,*.Vait reconnu COlUllie tel Ull 1Ï10I1W ClttllS • k »» Mort de Sir L.Il* l^afontaine, Bakokkkt, Juge en Chef de la Cour.d’Appel du Bas-Canada.Une dépêche adressée à l’Uonorable G.E.Cartier et qui nous a été communiquée annonce la pénible nouvelle de la mort de Sir L.H.Lafontaine, arrivée cette nuit à 3 heures.U avait reçu hier 5 heures P.M.les derniers sacrements.a o Cbanibi e,.Séance de mercredi.Contrairement à l'habitude, les débats sur l’adresse sont très animés, cette année, dans le Conseil Législatif.Mercredi M.Ferguson Flair a défendu dans nn long discours, la conduite du gouvernement.M.Sanborn et plusieurs autres membres ont ensuite pris la parole.Le conseil s’est ajourné sans avoir adopté le second paragraphe de l'Adresse.vous un fait, suivant moi important, qui est ce lui-ci : L'honorable J.S.Macdonald, après m'avoir dit que si vous vous absentiez pour ne pas voter sur la motion de AI.Cockburn, il me donnerait deux districts militaires et deux salaires ; ajouta : 44 De Salaberry commence à vieillir et vous êtes jeune, si vos amis travaillent pour nous, vous pourrez 44 espérer la place de député-adjudant-géné-44 ral de la milice.” 44 Tout à vous, 44 C.L.DeBellefeuili.e.J.G.Blanchet, écuyer, AI.P.P.” A cette écrasante accusation le premier ministre s’est contenté de faire une dénégation, non pas môn.e verbale, mais seulement de la tète.AI.Blanche» n'a pas voulu faire de commentaires, parecque, a-t-il, le document qu'il venait de iire 11*011 avait pas besoin.Nous, comme organe de l’opinion publique, nous sommes tenu d'en faire.L’accusation de tentative de coruption portée contre le premier-ministre est-elle fondée ?Répondre négativement à cette question ce ne serait rien moins qu'affirmer une occasion.AI.Cartier a aussi rapporte nombre de faits qui doivent avoir convaincu le député de Alissisquoi qu il eût agi bien plus sagement s'il eut gardé le silence sur sa conduite pendant la dernière session.AI.O'IIalloran ne s'est pas tenu pour battu et s'est de nouveau levé pour donner des explications qui, nous l'avouons, n'ont pas eu le résultat de détruire la mauvaise impression qu’ont produite sur nous ses faits et gestes de la dernière session.AL Alleyn a passé en revue les principales questions du discours du trône.Il a fait aussi allusion au règlement du prêt aux incendiés et a loué les efforts qu'a faits le Président du Conseil pour faire régler cette question.MM.AV.Ferguson et Taschereau ont ensuite parlé brièvement sur l'adresse.C'est après que AI.Taschereau eût repris son siège qu'eût lieu la scène a laquelle nous faisions allusion tout-à-^ l’heure.AI.Cartier se leva pour prendre que AIM.Harwood, Taschereau, Lhui- de nouveau la parole ; mais ses premières diet, et de Bellefeuille se sont donnés la paroles furent accueillis par les cris du par ti ministériel.Ce ne fut qu’après de longs pourparlers que AI.Cartier put enfin se faire entendre.Son discours, qui toucha à toutes les questions du programme, se prolongea jusqu’à la fin de la séance.La Chambre s'ajourna à minuit.(j ue >:i quais qu'il était nécessaire de faire bâtir à i ;|ur:i atteint un cliitlre a?sez imposant pmu Sorel, et que $10,000 avaient été ajoutées â > nécessiter l'exportation en grand «le ses la balance «lu lbn.R «le réserve commencé | produits, que deviendra cette classe «1 1mm-l'ai» dernier ; néanmoins la compagnie «lé- ! un* courageux «pu auront du à tantde titres clare un dividende «le I2è par cent.Le fer du nouveau vapeur «pii vient d'être ordonné par M.Lanière en Ecosse est attendu ici vers lu mois «le mai et ou iti~u*i:i>* de }¦ ses a 1 veinure-.Voy.ini ju’ii ne pouvait plus se défendre, et :«* voulant pas tomber vivant entre les mains d**« ennemis, il dit aux cosaques, en montrant sa bourse : u *J\u “ là une grosse somme ; mais vous ne “ l’anivz «jtfaprès m’avoir taé.” L*»s cosaques ne se le tireur pas dire deux fois et perçurent «le trois coups de lance la poitrine »Ju malheureux jeune Immun*.I ii d’eux lui trancha la tète.rieurs dans lesquels peuvent ètie en raines ce pays par la ligne de conduite qu’il suit actuellement.Le 1 o haïsse.La fleur est négligée.Sucre ter ne.Café en demande.Thé : la demain le n’est pas meilleure ; les prix se niaiiitivaillent.(i* ’• 1«.* City of London.) Le stcame • City of London est arrivé a New-York 1 ier.Dans un üé ut, dans la chambre des communes, JJ A ilncr Gihson a dit que des experience.- ivaient été faites dans le but d’établir à Lap Race un système «le signaux pour ir en temps de brunie, mais «pie les résultats n’étaient pas encourageants.La résolution de M.Baxton, déno'i çatit la destruction de Kagosima, a été pet due, api es débats, par KM voix contre 85.Lecomte Russell et lord Palmerston ont tous deux donné des explications relatives à la question danoise.IL ont maintenu que l’Autriche, et la Prusse n’avaient pas le dr«»it «l’abroger le traité de 1852.' Les deux chambres du Reigsradt danois ont adopté une résolution exhortant h* peuple à maintenir l’ordre et la tranquilite, et s’engageant a «1 ternir e le pays avec énergie.Lue adresse a été votée au roi.Le 9 le quartier général des Autrichiens était à Frocrup, et celui «les Prussiens à Flensberg.Les Allemands avaient décidé d abandonner Danuewerke.On disait que les Prussiens auraient attaqué les Danois à Duppcl, et qu’ils auraient perdu 530 homme*.Le rés d-tat es inconnu.Les Danois, au nombre de 15.000 diton, avaient réussi à retraiter jusqu'à file d* Alsen.Le due Frédéric a été proclamé à Flensberg.Il était bruit, que le Danemark avait proposé un congrès relatif au Schleswig.Le Times de Londres dit que les Danois ont tout perdu dans le Schleswig, fors l'honneur.Le Mtnning Cost dit que la Munition est dans la suspension formelle «les hostilités, et «pie le temps est arrivé 45 luoi,,b- , L enquête continue atijourd hui.ligues do sentinelles.Des «pie la voie luuKipU t «& qm coi at 1C11UU& tul praticable, les prisonniers s y enga-font voir «pie 1 arker était un agent re | gèrent et en sortirent avec precaution • ’ e to «neaux, SUO chevaux; YAzitea, 20 cillions, 3,713 tonneaux, 800 chevaux ; ia Favorite, S canons, 2,180 tonneaux, 401 chevaux ; enfin le lloyal Souvcrrign, «i« 3’963 **"»«“"* «! dü'8"" cl'uv-l,,x- S KLM ÈI )KS, les Maladies jusque là considérées comme entièrement incurables, disparaissent promptement et pcrmnucinmcnt.Dans les Maladies suivantes, ces Pilules sont le Remède le plus sûr, le plus prompt et le meilleur qui ait été préparé, et doit être encore appliqué à la s lyspepsie ou Indigestion iUaux de Poumons.Constipation, Maux de Tète, Hy
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