Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 27 septembre 1871, mercredi 27 septembre 1871
année QUEBEC, MERCREDI SEPTEMBRE 1871.Numéro JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS, J’ESPERE ET J’AIME.I.cttrcn de Rome.5 eeptenibrè.| es (Jupiilntione dea Romains et celles venant de l’Italie et des paya lointains no cessent d’affluer au Vatican, et Pio IX les accueille avec une bienveillance cette oraison, faite cordc saltern contrilo, riche d’une expérience, acquise surtout cent jours d’indulgence, une fois le jour.J depuis 1848, il serait homme à arrêter Indulgentiam centum dierum semel in lîn Gouvernement ;prôt à glisser dans dia luenntur.| Ihibime, pourvu que celui-ci consentit à — Qucsto è sievro (cela est sûr), me dit l’écouter.Mais M.Thiers ne pense pas, l’ermite.b _____ Oui c’est sûr,— et c’est beaucoup !tYne tendresse extreme.plus sur que tous les ministres d’Italie, y \roiiS savions par l’expérience des compris l’Internationale, vingt-cinq années de ce grand pontificat l'influence universelle qu’ont acquise au Saint-Siège et au pouvoir^ temporel les qualités personnelles du Pape.Mais il fallait Ica entreprises sacrilèges du roi Victor-Emmanuel pour mettre en lumière la foi et la fidelité du peuple romain.Je lo dis à l’honneur de ce peuple, il est le seul en Europe qui ait su en quelques mois organiser une société morale et religieuse qui embrasse tous les ordres et fait montre d’uuo sagesse, d'uno ônei-«ic et d’une confiance merveilleuses.Je veux parler de la société romaine pour les intérêts catholiques.Sa puissance est affirmée par la révolution officieuse, oui en demande à grand cris l’anéantm-gcincnt, la compare à l’Internationale et la dit alliée et complice de l’Internationale.L’accusation est folle, monstrueuse, mais vous verrez que le gouvernement feindra de la prendre au sérieux.Chaque jour une ou deux sections J’hummcs et de dames de cette société se présentent au Vatican, y rendent à Pie IX l’hommage de leur dévotion et reçoivent de lui des paroles de coufort et d’édification.Puis, viennent d'autre* associations catholiques.Hier, par exemple, c’était celle de Saint-Vincent de Paul, rcpiésentée par les présidents, vices-présidents, secrétaires et trésoriers des 15 conférences établies à Rome.A f Adresse lue par le président du conseil supérieur, Sa Sainteté a répondu par l’allocution que vous avez publiée, qui a ému les feuilles révolutionnaires ellcs-mèincs.«le dis que les feuilles révolutionnaires se sont émues elles-mêmes de ces paroles parce qu’une des préoccupations publiques cet celle des loyei‘6.Les propriétaires imposés par le gouvernement de Victor-Emmanuel ne veulent rien supporter des charges de la révolution.Forcés de payer 2S-G0 p.ojo au lieu do 5ojo qu’ils payaient au Pape, ils prétendent que les locataires supportent le poids entier de l’impôt.De là des récriminations, des menaces, qui précèdent les voies de fait.Les ministres italiens vont et viennent.L’entrevue do Gastein est une véritable bouteille à l’encre, dans laquelle l’Italie de Victor-Emmanuel voit plus trouble que nous.Riccioti Garibaldi u’a fait que passer à Rome et s’est rendu à Naples.Ils mitonnent quelque grosse affaire pour le 20 septembre.On sent cela rien qu’à l’agitation de la rue, aux iusultcsaux prêtres, an bris des images saintes, aux caricatures, aux diatribes des journaux.Le Tempo commence aujourd’hui la publication d'un salo phamphlet contre lcx-impératriceEugénie.CommentMa6-taï, Antonelli, de Mérode et d’autres prélats, François II et Marie-Sophie entrent-ils dans la trame abjecte du romancier '( je no sais.Ce qu’il y a de plus scandaleux que la publication, c’est la tolérance du gouvernement.Après trois jours d’affichage, la questure s’est contentée de placer une dandelettc de E* sur les c< Amours de Mastaï ”.die laissera publier les Aihours.Clioso étrange, quelques feuilles offi rieuses feignent d’être prises do nausées.“ Nous devons tout a Napoléon III, disent-elles, et vous attaquez sa femme ! ” A 'cia le Tempo répond in petto : Il faut vivre.Et comment vivre sans mensonges, sans scandales î Les Italiens à Rome se eroient forts, 7“ils me font pitié.—J’ai rencontré tout a l heure un ermite, dont la coiffure, les vêtements et la chaussure témoignaient d un trop long usage.11 a retiré de fous sa pèlerine une boite do cuivio et !no présentée.Sur la lace principale 6o trouve uno effigie do la Vierge 'lu h donno à baiser ; au sommet une ouverturo (chose rarissime aujourd’hui, eu Italie, qu’une pièce d’argent).L’or-m,to ,n’a regardé d’un œil doux, et, me rendant plus que je ne lui avais donné, m a ollcrt une foule do fouiliets imprimes.Je vous envoie un do ces feuillets.n y lit en tête ces deux textes do l’E-'iingile qui accostent un cœur enflamme entouré d’une couronne d’épines et de M)°n8 ;—Quia turbati estis et cogitatio-UCÿ descendant in corda vestra f—Eccc C(Jo vobiscum sum omnibus diebus usque cPn sommationcni saeculi.Puis vient 1 oraison : Cleincntissitno Jesu, salua vitae, resur-ectio nostra Tu solus es : Te ergo prro-l*l!UIB» no Acre linquas nos in aogustiis pcrtiirbationibuB nostris, sed per ago-nun Cordis Tui Sanctissirai et per dolo-ür8 , trk Tnæ Immaculate, Tuis Farau-subvcni, quos pretioso Sanguine redo- o ^Ult nno note où l’on Apprend quo le aint-I ère, dans une audience accordée Lo citoyen Tognetti, arrêté pendant les troubles du 25 août, est 6orti do prison.Comment le gouvernement de Victor-Emmanuel n’aurait-il pas des égards pour un patriote si zélé ?N'a-t-il pas bien mérité de la patrie en 18G7 ?Le roi, les princes, les ministres | cuvent-ils oublier quec’e6t lui qui, complice de son cousin Tognetti et de Monti, mit le feu à la mine de la caserne Scrristori ?Peut ê’re !e roi, les princes et le ministre aimeraient-ils mieux, en ce moment, que le dit citoyen n’eût payé, sur l'échafaud, comme les deux autres, la peine de 6on crime monstrueux, car il ferait sauter le Quirinal avec le roi, les prince* et les ministres, sans plus de façon que la caserne Scrristori et les zouaves.Toujours est-il que Tognetti, le meurtrier, est un gaillard res pecté, a le grade de lieutenant dans la garde nationale, soupe chez le prince Ilumbert et danse avec la princesse Marguerite.On a ré pété son mot à la table des époux savoyards : 4< Eh bien ! Altesse qu’en faisons-nous de ce Pape ?” Par cette seule accointance de la monarchie italienne avec un tel homme, on peut apprécier le caractère de celte monarchie et le sort qu’elle s’est préparé.Certes, la royauté a donné bien des scandales, mais celui-ci est très fort.Cependant Tognetti étant à cette heure un personnage, je crois devoir raconter co que j’en sais, afin de décharger le peuple romain du déshonneur que lui causerait un tel caractère 6’il se généralisait en quelques familles.Les Tognetti sont habitants du Transtenèrc, et ont donné toujours à leurs concitoyens l'exemple de la vertu et de la probité.Celui des Tognetti qui a subi la peine capitale avait eu une jeunesse pieuse et sa fin a été couronnée par le repentir le plus émouvant.Son père était honoré, et, durant le procès, qui a duré long temps, sa mère ne cessait de prier pour obtenir, ce que Dieu lui accorda, la conversion du coupable.Le Tognetti d’ajourd’hui n’a plus son père, qui fut un très-digne homme modèle de vertus chrétiennes, mais il conserve ta mère, deux frères, l'un plus âgé, l’autre plus jeune que lui, et des sœurs Toute cette famille exerce lo métier de pollarolo (marchand de volailles), et sa boutique, où l’on trouve, l’hiver, des chevreaux et des agneaux, est la plus achalandée comme aussi la plus honnête du Transtevère.A quatre heures et demie sn été, à cinq heures pendant la mauvaise 6aison, la mûre Tognetti assiste à la première messo dans une petite église de Saiut-Jacquee, sur la place Scoseacavallo, en face de la maison où, avant sa translation à Florence, était la Civilta cattolica.Le frère aîné se dit lui-même caccialepre, le plus jeune est un enfaut, et tons les Tognetti, leurs alliés et leurs amis gémissent sur les débordements du lieutenant de la garde nationale.Celui-ci se livre, d’ailleurs, à une vie et à des dépenses qui ne sont point d’un homme do sa condition, et fait des dettes.Le 15 août, les Tognetti avaient illuminé leur boutique en l'honneur de la madone ; mais quand le lieutenant rentra, il 6e mit en courroux et éteignit les lampions.Ce fait donne uno idée du dissentiment qui existe entre le patriote et sa famille.Quoi qu’il en soit, je tiens pour sûr que si le patriote se trouve un jour confiné à Fenestrelle ou placé, par le gouvernement italien, en présence d’un nc-loton do soldats chargés de le fusiller pour quelque nouveau méfait, il se frappera la poitrine et mourra en chrétien repentant.Les Italiens ont beau faire, ils ne corrompront pas lo peuple romain, et les quelques hommes dont ils égarent la raison la retrouveront au dernier moment.—(Z’ Univers.) M.Tliier*.Nous lisons sous ce titre daus la Cor-rcspondancc de Genève.Voici co que nous écrit do Versailles un homme d'Etat dont il est inutile de louer l’esprit, les vues profondes et le fjénie observateur.Eu parcourant ces ignés, tout lecteur attentif en sera certainement frappé.* .# 44 La situation devient ici chaque jour plus mauvaise.Nous tournons dans uu cercle vicieux qui peut sc traduire par la formule suivante.Le Gouvernement a un homme do trop, l’Assemblée man- Îue d’un homme.A l’Assemblée M.hiers est un trésor, au Pouvoir il est un malheur.44 Esprit subtil et délié, très pénétrant pour analyser et critiquer, il excelle ù saisir les défauts do tout Pouvoir qui n’est pas lésion.Plein de savoir et no inédite pas, et, trauebons le mot, ne prie pas.Jugez les autres, c’est; son fort ; se juger 6oi-même, il no sait.Esprit, imagination, savoir-faire, il a tout, hormis de la conscience.Il appartient à la race des Gouvernements qui ne se confessent pas et qui, par conséquent, font laire pénitence à ceux qui 60 confessent.M.Thiers ne peut ni atteindre, ni même rechercher la perfection.Pourquoi ?Parce qu’il se croit parfait.Il est convaincu qu’ii excelle en tout.Parfait diplomate, parfait homme d’Etat, orateur parlait, jurisconsulte parfait, il se croit tout cela, et mémo parfait pédagogue, car c’est sur le ton d'un maître d’écolo qu’il morigène l’Assemblée.Vous me suivrez, dit-il, ou sinon je me retire.Gare ! je vais vous chasser de l’école avec l’aide de ceux avec lesquels je m’appuierai.Ainsi parle ou semble parler ce petit homme irritable, fantasque, capricieux, absolu, qui n’entend pas qu’on lui résiste, mémo un instant.4* C’est donc un homme de trop, qui embarrasse tout en voulant tout faire par lui-même et en croyant fermement qu’il n’y a (pie lui qui 6aclie faire.D’autre part, il manque un homme dans Rassemblée, un homme qui résume en lui-même toutes les forces vives d’une majorité, la rende imposante et la fasse respecter,.Faute d’avoir ce chef, la majorité hésite, flotte, tergiverse, n’a que dos velléités à opposer aux volontés itupératives de M.Thiers.Ces volontés ne sont sans doute, ni grau des, ni généreuses, ni élevées, ni même sincères, mais elles sont pratiques, suffisantes pour un moment, fournissent un expédient pour te tirer d’embarra9, et la pauvre Assemblée finit par y souscrire, faute de mieux.44 Gouverner sans l’Assemblée, M.Thiers n’en a pas le moyen ; se passer de M.Thiers, l’Assemblée n’en a pas le courage.Et pourtant M.Thiers vient de constater lui-même qu’il n’a plus la confiance de l’Assemblée.Il gouverne donc avec des votes qu’il extorque à l’Assemblée à force de menaces.Ce Gouvernement là ne peut s’appeler constitutionnel et on ne peut dire non plus qu’il 6oit purement personnel.Il est conservateur en ce sens qu’il a fait la guerre à la Commune ; il e6t révolutionnaire en ce sens qu’il en partage les principes.Tant que la Commune fut armée, il la combattit pour lui arracher ses armes.Vaincu, il choie 6es homme3, accueille ses délégués, caresse ses idées.Si, entre le 18 Mars et lo 20 Mai, Assy, Bergeret, Cluseret ou Paschal Grqusset avaient consenti à traiter térieuseinent avec M.Thiers, soyez sûr que ce fier grand homme sc serait sans effort abaissé jusque-là.44 II fait un rêve, il a une illusion, il se croit un chanteur.Il 6e persuade que sa parole fascine, que rien ne résisto à sa voix de sirène, que sou éloquence et la finesse de ses aperçus exercent un charme irrésistible.Son idée fixe est qu’il a enchaîné M.de Bismark.La manière dont s’exécute^ le traité de Versailles a dû pourtant le convaincro que lo charme, si charme il y a eu, n’a pas duré longtemps.44 II s’est bercé, de la même chimère au sujet de l’Assemblée.Il l’a crue éprise de lui.Hélas ! il sent que le ravissement s’évanouit.Mais que lui importe ?11 n’en reste nas moins au Pouvoir, attendant que l’on débusque, co qui ne peut tarder d’arriver.44 M.Thiers est vieux, mais son art gouvernemental est encore plus vieux que lui.Il se réduit à nager entre deax eaux, à se tenir eu équilibre entre deux forces, à s’asseoir entre doux chaises.Par malheur, les deux chaises sont animées, elles tendent à s’écarter.Que va devenir lo petit homme, l’acrobate politique qui manœuvre de l’une à l’autre.44 Où veut-il eu venir ?Il vise moins à régénérer la France qu’à la gouverner-Pour la régénérer il fandait la purger du virus révolutionnaire qui la tourmente depuis plus do quatre-vingts ans.Or M.Thiers, atteint du môme mal, ne peut que l’inoculer davantage aux veines du pays.Entre les geus de la Commune et lui, où est, au fond, la différence ?Il est au Pouvoir et vent y rester ; ils n’y sont pas et veulent y monter.Pour lui, rien de sacré que ce qui l’arrange ; pour eux rien de sucré en dehors de leur intérêt.Moins logique, moius conséquent que scs rivaux, il sera, on définitive, moins fort, et à eux la dernière victoire.Aussi dans un prochain avenir le Pouvoir doit glisser de ec3 mains dans les leurs.Les gens do la Commune no croient pa9 en Dieu et conséquent ment abrogent tout culte.M.Thiers croit-il en Dieu ?Personne no saurait le dire assurément, mais en tout cas il ne veut pagode la religion, il en fait bon marché.La religion il l’aime, comme instrument do police, tout au plus comme une satisfaction de luxe qu’on peut accorder aux gens qui ont la einguliôro fantaisie de ne pa9 vouloir vivre sans Dieu.44 La religion qu’il conçoit no doit avoir rien à faire avec la morale publique ni avec la morale politique.Un Dieu pour les individus, il daigne y consentir ; mais un Dieu pour son pays, pour la nation française cl ponr sa politique à lui, M.Thiers ne le tolérera pas.Il se trouve à cet égard lùi-même un Dieu très-suffisant.44 II n’a pas voulu permettre aux Prussiens de désarmer les gardes nationales.Il n’a pas consenti davantage à leur dissolution demandée ; *>r h» majoré de l’AsoOinblée.Cela ne le recommande ni auprès de la majorité ni auprès do la garde national.La première conçoit, au sujet de ce patronage accordé à une institution périlleuse, une défiance légitime.L:i seconde, fidèle nu principe révolutionnaire qui est son âme, ne lui gardera aucune reconnaissancepour ces sympathies intéressées.M.Faidherbe, un des dictateurs transitoires de l’avenir, le plante déjà là et 6e tient en réserve pour la prochaine occasion favorable.41 O/i dira que M.Thiers ne s’eet pas senti encore assez bien armé pour affronter le péril du désarmement de la garde nat:onale qui se montre menaçante, surtout à Lyon.Dans ce cas-là, que n’a-t-il en confidence, fait part de son embarras aux chefs de la majorité ?Il leur aurait donné des garanties sérieuses qu’il abolirait cette institution, aussitôt que la chose serait possible, et en aurait aisément obtenu l’ajournement de la gues-tion.Mais non, il a mieux aimé laisser venir la discussion, proférer des menaces irritantes, plaider la cause de la garde nationale et donner occasion de la condamner.Cette conduite maladroite a excité toutes les liassions mauvaises, réveillé tontes Ic3 espérances criminelles et mécontenté également et les hommes d’ordre et les partisans du désordre.44 Sa manœuvre n’a pas été plus habile dans la question romaine Admettons qu'il eut été difficile de prendre, le 22 Juillet, une résolution efficace.Mais alors il fallait écarter la question.Il suffisait pour cela de donner à la Droite des gages sérieux pour l’avenir, tenir un langage clair, net, explicite.Il a mieux aimé user de finesse, recourir à des faux-fuyants, escamoter un vote qui u’uvitucc rien, ne décide rien, a éveillé les défiances de la Droite et la jette fatalement dans les br&6 de la Gauche.44 II faut on s’appuyer sur des principes, ou sur un parti.M.Thiers n’a point de principes ; M.Thiers n’a la confiance d’aucun parti.Il lui reste de s’appuyer sur lui-même.Fièrement campé sur le roc de son propre mérite, il regarde avec une compassion profonde et se tient sûr de magnétiser avec sa langue toutes les oppositions.Mais, hélas! cette langue jadis si flexible, si piquante, si caressante tour à tour, si claire et si sûre de l’expression comme de la pensée, cetto langue enchanteresse a vieilli.Le discours du 20 Juillet a révélé au monde que le grand parleur était use ; son plaidoyer en faveur de la garde nationale a montré qu’il a perdu le calme et que ce prodigieux sang-froid qui fesait 6a force, a fait place aux agacements du veillard.Seul il no s'aperçoit pa9 que ccs roses sont flétries, que le charme est rompu, qu’il n’est plus qu’un vulgaire discoureur.44 Les personnes qui l’approchent sa vent qu’il a un faible.Il s’imagine que dans sa tournée diplomatique à tra vers l’Europe il a fait des merveilles.Les récits qui eu ont été publiés depuis, montrent tout le contraire.Toutes les cours l’ont poliment éconduit.La cause de 6on insuccès n’est pas la situation terrible où se trouvait la France, terras 6ée sous le talon prussien.Non, la vraie cause, la voici.Personne n’ignorait que le diplomate nomade nourrissait la pensée do rétablir l’ordre eu France, voir môme on Europe, en faisant triompher des idées qui mènent infailliblement au désordre.Ou savait qu’il était homme à cajoler tout le monde, à exploiter les forces do chacun à son profit, à ne rien donner en échange à qui que ce soit.M.Thiers infatué do.sa petite personne, ayant l’air de dire à chaque gouvernement : aidez-moi, et en vous permettant de le faire, je vous fais un grand honneur, M.Thiers, dis-je, n’inspira nulle part ni sympathie, ni confiance.L’Assemblée, avec laquolle il joue la même comédie, manquant d'hommes à lui substituer, est vien forcée do subir les caprices de ce petit César enchanteur ; mais l’Europe, c’est autre chose ; elle lui fait politesse et lui tourne le dos.Il est au milieu de l’Europe encore .plus isolé qu’au milieu des députés de Versailles.J’en reviens donc à nfon point do départ et je finis comme j’ai commencé : dans l’As-seiublée, M.Thiers eût été un trésor, au Pouvoir c’e6t un fléau.” A propoa d’une expulsion.Lo Siècle annonce qu’un écrivain français et clérical, et qui nous intéresse, est expulsé de Rome.Il on donne la nouvelle eu termes éveillés et gaillards.Les coups de ce genre ont le privilège do l’émoustiller.Il devient pimpant; il semblerait sur le point de parler une langue connue.Nous le saieissons dans co moment flatteur : Le gouvernement do Victor-Emmanuel vient de prendre une iroeeure très grave.C’est uu ordre qui expulse de Rome un certain M.Lerouge, dit ‘4 comte de Maguelonne,” qui e6t le directeur d'une publication cléricale connue eous le nom de Correspondance de Home.Ce M.Lerouge est, parait-il, un ami personnel du rédacteur en chef d’une des principales feuilles cléricales de Parie.Ce n’est pas précisément un type de bienveillance et ue bonté.Il est vrai qu’il n’a aucun talent littéraire.C’est peut être a cause de cela que le Vatican lui donnait un subside de 1,500 fr.par mois.Expulser M.Lerouge, c'est bien.Mais comme toujours il faut un pendant ; on frappe un clérical, il faut en môme temps frapper un italianisme.On a jeté les yeux sur un M.Schœffe-, sculpteur prussien, associé à M.Raff* ce Sonzogno, journalisme milanais.Tons deux s’étaient donné la mission de faire la guerre sans pitié et sans merci aux jésuites, lc3 vrais maîtres de Rome.! Ainsi la balance est égale : on exclut uu papalin, c’est vrai ; mais en même temps on exclut un autipapalin.Le ministre de Prusse n’a pas /fait trop de difficulté pour le Prussien.M.de Rémusat do son côté, ministre/ des affaires étrangères, a consenti à l’ejclu-sion de M.Lerouge, et l’on s’est appuyé en cette circonstance 6ur co fait qqe M.Petrucceili délia Gattina, citoyen italien, a été renvoyé de France pour des violences de langage moins énormes que celles qui sont justement reprochées à M.Leruuge.En eux-mêmes, ces faits n’ont pas une très grande importance ; mais nous Ie9 mentionnons pour moutrer sous son véritable jour la situation délicate où le gouvernement italien est engage.M.de Maguelonne est depuis longues années le correspondant à Rome de I’ é/-nivers.Voilà qui explique la mesure dont il est victime, et qui nous dispense de le défendre contre les injtires et les dédains du Siècle.Nos aigles hnviniens ne lui accordent 44 aucun talent littéraire ”.Cela leur va do distribuer de telles justices*.Ils bout si liua uu métier ! Mais M.de Maguelonne nous semblait bon pour nous.Il est fort au courant de toute l’Italie, connaisseur exquis de la langue, des questions et des homme3.Il a vu tout le règne de Pie IX, et ses lettres vivantes et généreuses témoignent d'un courage que le Siècle n’a pas du tout montré devant les communeux.Bief, on le chasse parce qu’on le craint.La proscription atteint avec lui, mais pour rire, deux italianiesiines du genre le plus péiroieux.Il combattait très hardiment ces espèces trop déclarées, pour qui le Siècle dissimule mal ses sympathies.Que le Siècle soit bien tranquille : lo Sonzogno et le Schœftér ne tarderont pas à rentrer.Ils sont de ceux qui peuvent servir ; ils ont assez servi déjà pour s’imposer.On les reverra, comme on a revu chez noue Eudes et Mégy.Le gouvernement subalpin ajoute à l’injure contre l’écr.vain français en l’associant à ce Sonzogno, qui est juif, et à ce Schœftér, qui est Prussien.Mais ce que Marie Maguelonne trouvera plus amer que l'acconplage et plus dur que la ruine de sa situation, c’est de perdre la belle chance qu’il avait d’être assassi-ué à Rome pour la cause de Pie IX.Nous saurons plus tard comment notre ambassadeur et notre gouvernement ont livré ce citoyen français, qui continuait à défendre le droit et la justice abandonnés par eux.Il y aura là des détails, nous en avons peur, dont notre fierté nationale ne tirera aucun lustre.Pour 10 moment, noua ignorons toute cette histoire.Le Siècle a été plus prompte ment informé que nous.Il a des rela tiens qui lui permettent de savoir d’u-vanco qui sera flambé, et notre collabo- |.rateur, déjà enduit do pétrole, se croit peut-être eucore sous la protection du drapeau français.Et, puisque nous parlons du Siècle, disons un mot de AI.Cernuschi, 6on propriétaire-directeur.Il parait que cet ex-italien est présentement absent.Il a subi, lui aussi, une expulsion.11 voyage pour cause do peur prolongée.Dans sa belle jeunesse, étant sans pécule et sans gloire, et membre du parlement romain de Alazzini, il rêva de faire sauter la coupole de Saiut-Picrre.11 ne le fit pas, mais l'idée lui parut si belle qu’il s’eu vanta.Et c'cst une si forte tète, que cette idée endormie ou remise ne l’empêcha pas de brasser des affaires en France, et son petit.argent réfugié moussa jusqu’à la hauteur de plusieurs raillions.Avec un de ses million?, il acheta le Siècle.Puis il se trouva sous la griffe do la Commune et vit son ami Chaudey mort,et i’émotiou l’a contraint d’émigrer temporairement.Il sc promène.11 a de quoi se promoncr ; mais il voit toujours le cadavre de Chaudey.# C’est pour dire qu’il y a un jngo qui condamne au boulet de la peur.en attendant.Louis Veüillot.Ufortderamflral Boutât-Willaumez.Dans ce temps de démoralisation et de scepticisme, la mort d'un homme d’honneur et de foi est un malheur public : avec l’amiral Bouët-Willaumez nous perdons dn même coup et l’illustration du passé et l’e.-pérance de nouveaux services pour la patrie.Mais an moins, par une céleste compensation de la Providence, trouvons-nous dan9 des âmes de cette tremi e une consolation également patriotique, une virilité de la mort qui nous siibjug* e, cet héroïsme chrétien d -l'homme qui sait mourir comm^ il a su vivre, commandant à s* s concitoyens par l’exe uple de son agonie comme il leur imoo»ait par fa vie : l’homme qui ne se • éd t pas devant l’éternité.Ceux qui cherchent à renouveler la société, ne trouveront pa* de i lu- ma-gn fique-t «*t de pins pritiq us co •*« i s que ceux là ; ils ne trouveront pas d’autre voie, il n’y a que la religion.L'amiral Boiië*, avec sa fougue et son intrépidité proverbiales, brisé par les angoisses morales et le* fatig’ es physiques d’une dern èrecampagne dont l'h s-toire appréciera le mérite et les dangers ; cet homme encore jeune, plein d’honneurs, de jours, de crédit, d’expérience, s’est vu arracher, au milieu d’atroces douleurs, à ses amis, à sa femme, à sus six enfants, dont deux en bas-âge, et il a envisagé sa fin avec toute la résignation du soldat, de la foi et de l'honneur, s’é-teignaut dans les bras de son Dieu, et dans les espérances de notre sainte Eglise.Ne désespérons pas du salut de la France, voilà ce qu’il faut ponr la régénérer.Semtn Christimorum.Cathelineau.Le jour de la fête de sainte Anne, vers sept heures du matin, on eut pu voir sur la route qui conduit de la gare an sanctuaire, uu groupe de pèlerins s’avancer, recueillis, le chapelet à la main et priant.C’était le général Cathelineau ac-compHgné de son état-major.Ils venaient accomplir un vœu.Reçus par le clergé à l’entrée du villa-gp, ilo enivireut avec piété le parcours ordinaire des processions.Une grande foule suivait.A l’église, des places d’honneur leur avaient été réservées.La messe d'action de grâces fut dite à leur intention par M.l’abbé Lavigne, vicaire général de Nice.Tout contribuait à remplir l’âme d'une émotion vive ; elle augmenta encore quand on vit le général précéder humblement se9 officiers à la table sainte, plus beau, plus noble et plus grand que lorsqu’il les conduisait au feu.C\st do cette fui agissante et forte que sortira le salut de la France.Honneur à ces soldats chrétiens ! Q iand on récite le chapelet, quand ou porte sursa poitrine l’image du Sacré Cœur, on peut être vaincu, écrasé par le nombre, mais de telles défaites sont glorieuses; ce courage et cette foi sont les germes de la victoire.—(Semaine de Hantes.) r de La fortuite dca Prlncea d’Orléana.Quelques orléanistes, plus royalistes que le roi, auraient imaginé de demander à la chambre la restitution aux princes d’Orléans des biens confisqués à leu famille, à l’issue do la Révolution d 1848.Le comte do Paris donnant une nouvelle preuve du tact qui le caractérise, les a dissuadés de ce dessein, et la proposition a été abandonnée.Beau uiorite ! ai-je entend*» dire à ce sujet, les princes font si riches !.C’est là le cri de la légende, mais la vérité est que les princes d'Orléans sont loin d'avoir la fortune de féerie qu’on leur pi été et qui fait qu’on les accuse souvent de parcimonie, là où, par force majeure, ils ne peuvent faire ni plus ni mieux.Les deuxvgrandes sources de la fortune de la maison d’Orléans sont l’inrituge du prince de Cuudé et celui de madame Adélaidc.Seul le duc d'Aumale a bénéficié de l’héritage du prince de Condé,qu’est venu augmenter, dan6 une proportion considérable, la fortune de la duchesse d’Aumale, fille unique du feu prince de Sa-lernc et do la princesse, héritière de l’empereur d’Autriche, François 1er.Le reveuu du duc d’Aumale peut être évalué environ à deux millions et demi, dont près d’un million appartient an duc de Guise, sou file, comme sa part de l’héritage maternel.Le duc d’Aumale a gardé à sa charge tous les pensionnés de la maison d.Condô et la liste en est longue.C’es^ là uuc tradition dans la famille d’Or léans et tous ceux qu’elle secourait dans leur prospérité, elle a tenu à devoir de leur veuir eu aide même dans l’exil.La prince*ee de Joinville a apporté à sou mari des domaines considérables an Brésil, rendus encore plus productifs par l’habile exploitation qu’en fait faire lo prince.La duchesse deMontpensier reçut une dot de huit tnillious et a encore des^ reprises d’héritage à exercer.Le prince Auguste de Gotha, époux de la princesse Clémentine, possède une des plus consi- COURRIER DU CANADA.rablea fortunes de l’Allemagne, et la sage' administration du duc de Nemours e| fort augmenté pour ses enfante l’héritagi de leur mère, née princes^ de Saxe Cobourç-Kohary.Réunie eusemble, ces millions forment! un chiffre à réjouir M.Ponyer Quertier mais quand l’on songe sur combien del tètes ils auront à s'éparpiller, on comprend que les princes puissent dire au jonrd’hui sérieusement à ceux qui frap-| pent à leur caisse, ce que Louis Philipp* répondit un jour, par ironie, an directeur Harel venu pour implorer la sienne.L’héritage de inadamfc Adélaïde à sa mort fut estimé à 1,800,000 francs d» rente représentant un capital de soixante! mülions.Quatre millions furent prélevés pour legs particuliers ; deux millions allèrent au duc de Chartres ; dix million- an duc de Nemours, plus les forêt*-du Rainey et d’Armainvillicrs : le reste de l’héritage fut partagé entre le prince d Joinville q« i eut dans son lot la foré d’Arc-en-Barrois, et le duc de Moirfpen si r qui eut dans le sim les terres et 1* lia** au de R nd «n en Auvergne, rési 1 n e aetu lie du comté de Paris et der e* s de sa famille, en ce moment et r me .< ’e • gu fi jue fortune fut réduite! p us ;iï- de x tiers par la révolutiot th 1?4S et -es suites.Heureusement pom i.s rinces que, père prudent, Louie Phi ppe avait s faire taire à ses unfair?] ce qu’on est e avenu d’appeler de beaux mariages.A l’exceptiou du duc d’Orléans à qui la princesse Hélène n’apporta que 300,000 fr.de dot, les contrats de] mariage des autres enfants du r* i furent des plus dorés.Hard avait exposé au roi tous ses plans pour la régénération île l’art dramatique! en France et dépi *yé en termes aussi chaleureux qn‘entraînants, l’avenir magnifique qui se lèverait sur la Porte-Saint-Martin, si certaines entraves n’en arrêtaient l'essor.—Et quelles sont ces entraves ?dit le, roi qui avait approuvé tout ce discours de la mine et du geste.—Trente mille francs, sire, sans les quels c’en est fait de la scène française,] et que j'ose demander à Votre Majesté-la faveur de lui emprunter.—Trente mille francs, à moi !.se récria Louis Philippe.Mais, mon pauvre monsieur Harel, si je vous les devais, je serais obligé de vous demander du temps pour vous les rendre !.SOMMAIRE DE! LA PREMIERE PAOI Lettres de Home.M.Thiers.A propos d’une expulsion.Mort de l’amiral BoucMVillautnez.Cathelineau.La fortune des Princes d’Orléans.CANADA: QUEBEC, 27 SEPTEMBRE 1871.I/lion.IL.Joseph Papineau.Nous annoncions lundi, à titre d* trimp’e rumeur demandant confirmation,! la mort de Thon.Louis-Joseph Papineau : aujourd'hui c'est à titre de fait accompli que nous enregistrons cet éve nement a*instant : l’hon.Louis Joseph Papineau est décédé, samedi, à ion manoir de Montebello, sur la rivière Ou t.touais.Ce n’est pas une existence ordinaire q i vient de s'éteindre clans la persorm* du vénérable octogénaire.Il y a un< place et une large place réservée dan?nos ann des politiques et nationales à celui qui ; orra le nom de Louis-Jcsepli P .pineau.Pour la génération qui s'é-’cMii, pour celle qui grandit et pour les j né f itures, ce nom et la page o iv.ru le- qu'il représente resteront c • n e 1 * résumé d'une époque de luttes] J t uites sortes, luttes qui n'ont pas été sans gloire et sans profits pour la natio milité canadienne française.Louis-Joseph Papineau avait v le] jour à Montréal, cri octobre 17SG; il ar rivait, par conséquent, à scs quatre ving* cinq ans.Son père, notaire distingué avait été membre de la législature d* Bas-Canada et cet événement dans la viol du père n’a pas dû j eu contribuer à donner au fils le goût de la politique.Après avoir fait, au séminaire Je Québec, de brillantes études dans le,cours desquelles ses supérieurs et professeurs eurent pîm d’une fois l'occasion de remarquer son talent pour la parole, son bouillant pa triolisme et son ascendant, il embrassa! l'étude du droit, non pas tant pour st faire de la profession d’avocat un état de vie, que pour s’ouvrir plus facilement et plus sûrement un chemin dans les cercles politiques.Sa légitime ambition fut servie a souhait : il avait à peine vingt trois ans, et était encore modeste étudiant en droit, lorsqu’il fut, en 1809, porté à la législature, pur les suffrages dos électeurs du comté de Kent.Ui an pins tard, il était déjà chef de part?et faisait, avec autant d’ardeur que di succès a la tête de sa phalange, la guerre à la politique arbitraire qui tenait lu province de Québec dans la plus humi liante et la plus épuisante des tntellesl politiques.La guerre de 1812 vint faire diversion] aux imbroglios parlementaires.Quoi que, dès le principe, opposé à la décla ration do guerre, Lonie Joseph Papineau paya bravement, à la tète d’une corapa ;nie de volontaires, sa dette de dévou< lent à la patrie en danger.Eu 1811, c'est-à-dire à l’àgede vingt-•inq ans, il avait été élu Président do li (Chambre d'Assemblôo du 13as-Canada.| En 1820, lord Dalhousie.alors gouverneur du Bas Canada, le nomma conseil 1er exécutif.L-s bonnes relations qn cette nomination accusait entre M.Papineau et lord Dalhousie ne durèrent pa3 longtemps.A peu d’anuées de là, le gouverneur et M.Papineau étaient à îouteaux tirés.Lord Dalhousie, qui avait [la rancune persistante, refusa de 6anc* ionner la nomination de M.Papineau, porté de nouveau à la présidence de la chambre.Ce n’est réellement que d ces représailles auxquelles lord Dalhou s;e en ajouta d’autres d’un caractère pim •flensanî, que date l'ouverture formelle des hostilités entre M.Papineau et lei autocrates qui, sous l’inspiration de l’An glcterre, gouvernaient le pays.En 1331, M.Papineau monta sur la brèche et somma poliment l’Angleterre d’accorder à la province un conseil logis latif électif.Cette sommation à laquelle la Chambre s’était associée n’eut pas 'effet qu’il en attendait : une commission [royale, présidée par lord Gosford, rendit, m 1S35, une décision rejetant toutes les demandes de l’assemblée.Aigri au dernier point, Louis-Joseph Papineau provoqua et nourrit par des di-cours enflammés prononcés sur différents points de la province, le raouve tntnt qui amena les douloureux événe-| incuts de 1837.Lorsqu’il vit ses corn patriotes, ehaufles à blanc par sesharan gués, faire appel à la résistance et parler de :onrrir aux armes pour secouer le joug anglais, M.Papineau s’aperçut! qu'i.avait été trop loin et, ne voulant pas passer du rôle d’agitateur politique dans les limites permises, à celui de chef Témeutiers, il s'éloigna du pays au moment où les premiers coups de fusil de la guerre civile étaient tirés.On »ait ce qui arriva ; après une lutte inutile, les échaflauds se dressèrent et on v v.t monter les chefs de rinsurrec-* don qui payèrent de leur vie !a folle tentative à laquelle les avait poussés, sans trop en calculer les conséquences, M.Papineau.De 1S37 à 1S45M.Papineau voyagea aux Etats-Unis et en Europe.Pendant le séjour qu’il lit en France, il se mit en rappoit n vue 1 ce principaux hommes politiques français et il laissa dans l’ancienne mère-patrie une grande réputation comme homme d’état et comme orateur.En 1845, M.Papineau revint an pays [et la circonscription électorale de St.Maurice,qu'il avait déjà représentée alors qu’elle s’appelait le comté de Kent, lui confia le soin de défendre scs intérêt dans le parlement du Canada-Uni.Pendant son éloignement du pays, un [homme aussi bien doué sous le rapport des talents q* e sous le rapport de la |sagesse et de !a prévoyance, avait surgi, M.Lafontaine.Ces deux hommes dont] l’nn représentait l’agitation et l’autre la1 tranquiüîé se rencontrèrent et se défièrent.La lutte ne fut pas longue.Le règne de l’arbitraire avait pris fin et le pays, fatigué, laissa dans l’isolement son idole d’autrefois pourdonner sa confiance et son appui à M.Lafontaine.En 1852, M.Papineau fut élu dans e comté dos Deux-Montagnes et en 1854 il rentra dans la vie privée d’où il n’est sorti depuis que pour se compromettre, le temps à autres, par des lettres-mani testes écrites pour la plus grande gloire et le plus grand profit d’un parti désavoué par tous ceux qui ont à cœur les intérêts religieux, sociaux et politiques lu Canada-français.Au physique, feu l’honorable Louis-Joseph Papineau était, dans l’acception la plus vraie du mot, un bel homme : taille audessus de la moyenne, port] [noble et majestueux, beau front, regard Id’aiglc.Au moral, Thon.Louis-Joseph Papi-jneau avait tout ce qu’il faut de talents et d’aptitudes pour faire un chef accompli de parti dans le domaiuede la politique, et on ne 6ait pas jusqu’où il eût pu monter s’il eût eu à un plus haut degré le don de la prévoyance et s’il eût pu maîtriser sa fougue.Comme tribnn, il n’a peut-être jamais eu son égal dans le pays, et on entend encore l’écho do sa parole puissante.Ceux qui l’ont connu alors qu’il était dans la force de l’âge nenvent dire jusqu’à quel point il était beau à voir lorsque,du haut de la tribun» législative ou duhantdu hueting, il fou-J droyait cette oligarchie anglaise qni a] fait tant de mal à notre nationalité.On peut reprocher à feu l’hon.M.Pa-] pineau d’avoir, quelquefois, dans îe court de sa carrière politique, manqué do pru-| dence et d’avoir, dans la dernière partit de sa vie, manqué de jugement ; mail >n no lui contestera jamais ses immense! talents, sa probité et son patriotisme : si la tète a quelques fois fait des écarts, çj [toujours été sans la participation du iœnr.D’ailleurs, parmi ces écarts, il] m est qui ont eu dc3 conséquences Jieu-reuses pour le Canada eu général et pour les eanadicn6-fraûçais en particu Hier ; et nous faisons ici surtout allusion |au mouvement qui a amené les événe< |ment6de 1S37.De quelque coté qu’on mvisagocc mouvement, on ne peut niev] jn’il ait eu pour résultat définitif l’affran-îhissement de notre race et l’inaugura-ion d’un régime politique tolétàble.L’hon.Louis-Joseph Papineau emporte dans la tombe les regrets d’un nombre considérable d’amis personnel) let le respect de tous ses compatriotes.L’illustre défunt no laisse qu’un fi!s.| ]M.L.J.A.Papineau, protonotaire de Montréal.Les funérailles de feu l’hon.Louis-osepli Papineau doivent avoir lieu de-imain.I Lecture sur riiitlotislnii.Hier soir, une foule nombreuse, recrutée dans toutes les classes de notre société se pressait dans la grande salle do l’Uni-versité-Laval,pour entendre la lecture de M.l'abbé Dallet sur rindoustan et se.* (habitants.On comptait sur une agréable soirée ; cette Attente n’a pas été trompée.Pendant deux heures, M.l'abbé Dallet a tenu son auditoire sous le charme de sa parole et les applaudissements répété* qui l’on si souvent interrompu ont du ionner au zélé missionnaire la mesure de [l’intérêt et de l’attention portés à son récit.M.l’abbé a parlé des mœurs, des coutumes, des langues, de?castes et des religions de lTudoustan en observateur attentif et en apôtre do l’Evangile.En observateur attentif, parce que rien ne lui a échappé dans l’étude qu'il a faite de ce pays et de ses peuples : en apôtre de l’Evangile, parce que d amies considérations générales qu’il u Cernées par-ci par-là dans son récit, il s’est place à ce point de vue élevé que n’atteignent guère parfaitement que ceux qni ont mission de parler au nom du rois des rois.La lecture de M.l’abbé Dallet défie l’analyse, et nous avons renoncé au] projet que nous avons formé d’en faire un résumé, après avoir acquis la certitude que ce que nous pourrions eu extraire de mémoire n'en donnerait qu’une idée très imparfaite.Il y a un tel en chalr.cment dans les faits et les idées qni en font la matière, que vouloir abréger] c’est s'exposer à gâter ce beau travail.Au reste, nous comptons que M.î’ab bé Dallet permettra à la presse de publier sa lecture ; nous lui demandons, pour notre part, cela comme une faveur.-— I/enscignemcnt agricole.Voilà le temps de la réouverture des écoles dans les campagnes.Nous profitons de cette occasion pour recommander aux inspecteurs d’écoles et aux insti-j tuteurs un ouvrage qui doit avoir désormais et pour toujours sa place dans le programme d’enseignement de tontes nos institutions scolaires : nous vouloir parler du Petit Manuel d\ Agriculture du Dr.Lame.La nécessité de l’enseignement d< l’agriculture est aujourd’hui admise par] tout le monde et le plustôt cotte branche d’enseignement aura pris le rang qui lui appartient dans nos écoles, le mieux ce sera D’ailleurs en recommandant pour la deuxième on troisième fois le PcVt ma-nuel d?Agriculture , nous avons la certitude de recommander un ouvrage excellent.Approuvé par lo Conseil de l’Instruction Publique et par tons les hommes pratiques, il est appelé à rendre de grands services, si, seulement, les instituteurs peuvent, par toute la province, comprendre combien importe que les infante qui fréquentent nos écoles apprennent à connaitro et à aimer l’art airricor le, cet art si négligé jusqu’à ces dernières années, cct art dont l’application judicieuse peut faire de la province de Québec le premier Etat, en fait de prospérité matériel, do la confédération canadienne.Nous rappelons à qui de droit que le IPetit Mannuel est en vente chez tons les libraires- est un homme qni apprécie les bienfaits, il me remercie de lui avoir fait l’honneur d’associer son nom à celui do M.***, en posant comme le moteur d'un vote de remerciements à ceux qui etc., etc.Mais9 il lui apparlient9 prétend-i1, d’ouvrir lce eux du public sur etc, etc.M.Nesbitt se trompe ; il ne lui appartient que de fermer les yeux du public, puisqu’il m’a appartenu do le9 ouvrir.M.Nesbitt C6t un brave garçon mais qui, comme l’on dit vulgairement, ne wise pas plus long que son nez.La preuve?—La voici : Si M.Nesbitt eut eu tant soit peu de prudence, il n’eût point pris la pcined’ccriro une correspondance, afin de ne point nier qu’il ait présenté une motion de remerciements à ceux qui etc.etc., et à M.*** en particulier.Je n’avais point cru devoir faire plus que constater simplement le fait que M.Nesbitt avait présenté une motion de remerciements.Pour me rend te aux désirs apparents de ce Monsieur, je vais faire plus.M.Nesbitt avait choisi le secondcur le sa motion, sans en demander la permission.Ce secondcur forcé, très-honorable citoyen de la Haute-Ville, ne put revenir de sa surprise quand il vit M.Nesbitt le nommer comme son secon-deur.11 se leva meme et il voulut protester mais quelques gens d’alentour le tirent asseoir et le prièrent de ne rien dire.Il se rendit, mais avec peine, à leurs sollicitations.Quant a M.Nesbitt, il fit un dévergondage ou ce qui était le plus compréhensible ne l'était | as du tout.Il parla un peu lui aussi d'égalité et finit par dire que tous les hommes sont égaux sur le terrain de l'intelligence.Je n'irai point plus loin par ménagement pour ce pauvre M.Nesbitt.Mais, si monsieur Thomas ne trouve point ces coups suffisants, j’en ai d'autres.—(On Com m unique ) .Nouveau journal.Nous accusons réception du prospectus d'un nouveau journal qui, sous le titre de L'Echo le la Session j paraîtra dès l'ouvert in* de la prochaine session et qui se donnera pour mh-sion de recueillir tous les faits et gestes des députés de la légi.-l it m e provinciale, discours, votes et mes ;i\s.IJ Echo sera édité et rédigé par MM.II.Pamphile Vallée et Philippe Masson, deux jeunes écrivains avec lesquels \ os lecteurs ont déjà pu lier connaissance dans nos colonnes.11 paraîtra tous les jeudis.Le prix d'abonnement sera d’une piastre pour le commun des mortels et de $2 pour lc6 députés.La surcharge à l’endroit des députés n’en est pas une, si on considère que les députés auront, aux termes des conditions d’abonnement, le droit de publier leurs discours et des correspondances politiques dans VEcho.Nou3 souhaitons à nos deux ]cunc3 amis et à leur œuvre tout le succès qu’ils méritent.On nous prie d’informer le public québecquoie que les cours publics donnés à rUniversité-Laval, n’auront point lieu cette semaine.Chambre de «ItacuHKioii* A une séance de la Chambre de discussion de Québec tenue, lundi lo 25 du courant, lc3 résolutions suivantes ont été |uoanitnement adoptées.Proposé pat M.L.J.Mercier secondé [par P.Mackay éuier et Résolu.—Que par respect pour la nié-[moire de feu l’honorable L.J.Papineau et en signe de deuil, cette chambre |s’ajourne.Proposé par M.J.N.Duquet secondé |par N.J.Darvcau et Résolu.—Que cette résolution soit |pnbliéc dans les journanx de cette ville.J.O.Fontaine, Président C.D.Q.P.Z.Choüinard, Secrétaire C.D.Q.• « Chambre de dlBcmtrion.Pardonner lecteurs, mais il me faut (revenir à la charge.M.Thomas T.l jNesbitt n’a pas aimé voir son nom accolé [à une motion de remerciements, présentée [l’autre soir, à la Chambre de di*cussion\ II a porté une longue correspondance à y Evénement^ qne ce dernier a publié hier soir.Cependant, comme M.Nesbitt ]
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