Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 29 juillet 1879, mardi 29 juillet 1879
bionic Amice No 45-Edition ^uoiidioimt-Scinc année Mardi £9 Juillet 1879 mi ®anak JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JE CROIS, J’ESPKR'E RT J’AIME.IIKIOKllIB Dans su première page qui est encadrée de noir, le Courrier de Bru-.relies contient les lignes suivantes, en effet bien lamentables et pour les.quelles il n’a que trop raison de prendre le deuil.il Le Moniteur nous apporte ce malin une nouvelle qui retentira dans le pays comme un glas funèbre : la LOI DE MALHEUR est promulguée • “ à tous présents et à venir ” li/nVeiH8?pfcteÎ!nSn&i,ii maire, cette loi que Leopold Ici signa avec bonheur, est abrogée et que la religion de cinq millions de llelges est exclue des écoles publiques.La loi nouvelle porte la date du 1er juillet.Contrairement à ce qui avait été annoncé, elle n’est pas accompagnée des arrêtés qui doivent en régler l’exécution ; ces mesures administratives viendront â leur heure, dit l'Etoile.On comprend, du reste, qu’une lois en possession de la signature royale, le ministère franc-maçon n’ait pas voulu attendre davantage pour s’en prévaloir devant le pays.A moins que les arrêtés d’exécution n’en disposent autrement, la loi entre en vigueur le dixième jour qui suit sa promulgation.L’en- selgiiemuiu cuiïiul^uc n’a tUu&u déjà plus dix jours francs pour évacuer des écoles fondées aux frais du peuple croyant et qui représentent le fruit de près de quarante ans de labeurs et de sacri lices.L’odieuse coniiscation est donc consommée : demain la Libre-Pensée et l’Athéisme trôneront au nom du Roi dans trois mille écoles d’où l’on aura chassé Dieu.l'Eglise et la morale chrétienne, au mépris de nos vieilles libertés communales, au mépris des droits et de la volonté des pères de famille ! Lien que prévu, cet attentat légal causera parmi nos popu utions une émotion aussi profonde que légitime: c’est par un cri de réprobation et de (loukuu* (JlVullUfc itounclllcj will loi liliale, digne des insensés et des barbares, comme les appelait Léopold 1er, qui l’ont dictée aux Chambres et imposée ;ï la Couronne.Nous aurons à revenir sur les conséquences de cette déclaration de guerre et sur les graves devoirs qui en résultent pour les catholiques ; aujourd'hui nous ne pouvons que déplorer le coup le plus funeste sans contredit qui depuis 1830 soit venu met ire en péril les destinés de notre chère Patrie ; demain nous retrouvera au poste du combat, et tous, groupés autour de nos Evêques, nous nous efforcerons par un large développement donné a renseignement libre de conjurer les calamités suspendues sur la Belgique.” Décrétée par la loi de malheur, la persécution scolaire va se traduire en acte.L'Etoile, qui pour avoir 44 un pied dans l’Eglise, ” n’en a pas moins ses entrées dans les bureaux du V .*.colonel de l'instruction publique, annonce on ces termes ce qui se.brasse dans le nouveau département, succursale officielle des ateliers maçonniques : * “ Un des premiers actes du gouver- nement sera probablement de déterminer pour tout le royaume par un réglement général, en exécution de l’article lü de la loi, les rapports des instituteurs avec les autorités locales, les comités scolaires, l’inspecleur principal et les inspecteurs cantonaux, et de déterminer aussi les mé-.thodes d’enseignement.“ Le gouvernement aura aussi à nommer les inspecteurs généraux dans chaque province et les inspecteurs cantonaux, à établir le conseil de perfectionnement de l’enseiimc-.• .° UlbnL l’kmrnnvi» , 44 En outre, un reglement d’administration générale devra intervenir pour déterminer spécialement,d’après les principes de la loi : lo Les attributions des inspecteurs des divers grades, leurs rapports entre eux et avec les autorités communales, provinciales et les commissaires d’arron-1 dissement ; 2o les attributions du conseil de perfectionnement ; 3o l’or-1 ganisation des conférences trimestrielles ; 4o le mode d’indemniser les instituteurs qui fréquentent les con- ; férences, les frais de déplacement et de séjour des inspecteurs, des mem-j bres du conseil de perfectionnement et la rétribution du secrétaire de ce conseil.” • On le voit, l’organisation sera compliquée ; elle sera.do.nln«.h;,*- \ conteuse, d’autant plus coûteuse que j le dévouement catholique sera remplacé à tous les degrés de l’échelle par l'intérêt, le sordide intérêt, ce grand mobile des libéraux en tone-' tions comme des gueux en quête de places.Les ressources de l’Etat, même avec l’appoint des nouveaux im-pots, lie subiront pas à assouvir tous ces appétits : aussi le gouvernement ‘ s’apprête-t-il à mettre en coupe réglée les communes et les provinces.Voici, toujours d’après Y Etoile, ses' dispositions a cet égard : i *• Un autre réglement d’administra-lion générale établira les règles d’après lesquelles doit se calculer la pro- • portion de l’intervention obligatoire de la nrovinee et l'allocation de la commune en rapport avec les ressources locales.Mais ce réglement, d’après l’article 34, peut être ajourné jusqu'à la session de 1882.; u L’article 88 de la loi mérite d’être médité : ! 44 Art.38.Aucune école ne peut obtenir ou conserver un subside ou nue allocation quelconque delà com- J muno, de la province ou de l’Etat, si : /’ autorité qui la dirige ne la soumet au j régime de surveillance cl d'inspection f établi par la présente toi.44 Les infractions aux dispositions légales sont portées à la connaissance dujgouvernemcnt par les inspecteurs ; il en est de même des autres abus qui seraient constatés dans une école.“ Le gouvernement use des moyens propres à amener l’exécution de la loi et à faire cesser les abus ; si /’autorité dirigeant Vécole refuse de se soumettre à ta loi ou de réformer les abus, les subsides communaux, provinciaux et de l’Etat sont retirés par arrêté royal motivé et inséré au Moniteur.” Ces menaces, que Y Etoile a la naïveté de recommander aux 44 méditations ” du public, sont en ellet bien caractéristiques.Elles prouvent que la loi de guerre est en meme temps une loi de défiance et que ses auteurs «ont allés de gai té de cœur au-devant des résistances les plus respectables et les plus légitimes.Us se flattent d'en avoir raison, soit ; il est en tout cas une complicité dont ils peuvent dès à présent faire leur deuil : c’est celles des pères de famille.Le peuple catholique, nous n’en voulons pour preuve que les 317 mille signatures du pétitionnement, ne livrera pas ses enfants à l’Etat libre-penseur ; il lui laissera pour compte ses instituteurs, êraihos‘ê.MVi11j,(V\,.W QtTHV!U miné le Roi à apposer sa signature au bas d’un document qui divise «on peuple en oppressent s et en opprimés, ni à scruter les sentiments qui l’ont poussé à abandonner le sceptre aux ennemis de l’Eglise dans laquelle il est né, c’est-à-dire à l’injustice et à la haine personnifiée.44 Le Roi pouvait rétablir la paix et la concorde dans le pays, il n’avait qu’un mot à dire et ce mol il ne l’a pas dit.Au lieu de s'éclairer du flambeau do la Vérité, il s’est laissé éblouir par un feu-lollet de fictions qui ne sont pas même constitutionnelles, et il ne s'est pas aperçu que derrière cette lumière éphémère que la franc-maçonnerie faisait miroiter à ses veux, la guerre s’établissait en permanence dans le pays.4411 nous est bien cruel,à nous, royalistes, de penser et de dire que dans le combat qui nous a été livré par des ennemis de la royauté et de l'Eglise, nous n’avons reçu ni protection ni aide, alors que l’une et l’autre nous appartenaient de droit, car cette aide et cette protection pouvaient nous être données légitimement par un roi catholique sans qu'il dérogeât en rien à ses devoirs de souverain constitutionnel.4* Cette loi, a dit le prince do Ligne, est UNE LOI DE PARTI, UN COUP DE MAJORITÉ, L’ABUS DE LA VICTOIRE ! ” Et le Roi l’a signée.bien qu'elle n’ait obtenu que deux voix de majorité ! !.Apres ceia, ne sommes-nous pas autorisées à dire aujourd’hui : Le Roi règne mais ne gouverne plus ! Dans de semblables conditions,que devient pour nous, catholiques de Belgique, le pouvoir royal ?11 reste, malgré nos griefs, ce qu’il était,c'est-à-dire que nous restons royalistes ; nous restons les amis de la monarchie, les amis de ce pouvoir, mais nous le voulons fort et respecté, nous lui restons fidèles tandis que nos adversaires le trahissent tous les jours.Nous nous rappellerons tous les jours, toutes les heures, que nous sommes chrétiens, et pour revendiquer nos droits et conserver celte foi qui nous est plus précieuse que la vie, nous n'avons plus besoin, comme nos pères, de prendre les armes pour la défense de l'Eglise, nous saurons user de celles que nous avons entre les mains.” , L'Ami de Y Ordre ne craint pas d'emprunter à l’histoire, pour l'appliquer à la situation actuelle, une.de ses plus terribles leçons : *4 Cette date du 1er juillet, dit-il, figurera, dans l’histoire de la Belgique, comme celle de l’abandon de Rome dans l’histoire du second empire français.” La Gazette de Liège n’est pas moins énergique dans l’expression de sa patriotique douleur : “ C’eut été, ou jamais, dit-elle, l'occasion pour le Souverain—un Roi chrétien, après tout !—d’intervenir et d’user des prérogatives que la Constitution lui a conférées, ou tout au moins de ne point souscrire aux exigences de la Loge avant d’avoir consulté le pays.44 II ne l’a point fait ; il a cru plus §iurade.s^ncliner-devant lexadicalis-pouvons que l’en plaindre, prier Dieu de lui pardonner et de ne point faire retomber sur le pays et la royauté belge le châtiment de la finite du 1er juillet 1870.44 Tour nous, ornée ou non de la signature royale, la loi de malheur restera ce qu’elle a toujours été : une mesure absolument unique, antireligieuse et antinationale, dont notre plus pressant devoir sera de préparer le reversement légal, et de réparer le mal à force de dévouement à l’enseignement catholique.” Le Journal d'Anvers constate que la loi de malheur marque l'avènement en Belgique 44 d’une irréligion d’Etat ” et, après avoir indiqué les conséquences prochaines de ce triomphe des sectes révolutionnaires, il ajoute .“ Si un jour, dans notre chère Belgique, dans notre petite patrie,qui fut si longtemps heureuse et tranquille, si un jour les pouvoirs s'ébranlent, si le trône chancelle, si la barricade s’élève et que les citoyens soient obligés de chercher dans les caves un refuge contre les fureurs populaires, les esprits sérieux remonteront jusqu’au 10 juillet 1S79 pour trouver la cause principale de ces sinistres événements.L'Union de Charleroi prévoit que l'apostasie, aujourd'hui complète, de la Belgique officielle, attirera sur le pays les châtiments divins : 44 On a chassé Dieu du Parlement ; on le oannit ae i ecoie n faudrait s’étonner au-delà de toute mesure, si son bras vengeur ne s’appesantissait pas sur un peuple qui s’éloigne de lui, qui éloigne môme son image et son souvenir des jeunes générations.44 Les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent." Tremblons que le peuple belge ne paie chèrement le bonheur et la gloire d’être gouverné par la Franc maçonnerie ! ” La Patrie de Bruges relève avec vigueur le défi jeté au pays catholique par les auteurs de la loi de guerre : 44 Jamais loi n'aura été combattue avec autant d’acharnement que celle qui vient d’être promulguée.Nous en paralyserons les funestes effets par la presse, par l'association, par des efforts incessants pour détourner les enfants des écoles où l'on ne peut pas meme enseigner le Décalogue ! 44 Tous ceux qui contribueront à favoriser ces écoles, nous les traiterons comme on traitait les ministériels de 1828 et 1829 : ils seront honnis, bafoués, mis au ban de l’opinion publique.” L'Echo de Namur montre en quoi consistera la vengeance des catholiques, si odieusement frappés : privilège des chrétiens qu il n y a pour eux ni douleurs sans compensations, ni afllictions qui ne puissent être allégées et changées en joie.Dans la terrible épreuve que nous traversons, il dépendra de nous, de notre foi, de notre énergie, de notre dévouement à la cause sacrée (le la religion et de la patrie, de conjurer les malheurs dont la franc-maçonnerie manace notre pays.” Le Journal de Bruxelles a une ap-vrôns &ans commentaires au jugement de nos lecteurs : * Si le ministère du 11 juin avait été sincère dans sa politique, s’il avait été animé de pensées de liberté, il aurait dit au Parlement : 44 Le partie qui m’a conduit au pouvoir demande, à tort ou à raison, la révision de la loi de 1842 ; un gouvernement doit compter avec le parti qui le soutient, et môme avec ses passions; je suis donc contraint de proposer une nouvelle loi sur l’enseignement primaire ; celle de 1842 n’était qu’un modus vivendi, entre les Eglises et l’Etat, tel que la Constitution l’a défini ; il y a d’autres modus vivendi possibles ; je vous propose d’en rechercher ensemble un nouveau, qui me permette de donner quelque sa- j t IrAjpI lAll O U v nvi ay/t >.«%*.J A w» A«.r\ a r.ti.’’ Un pareil langage aurait certes ; froissé ceux qui pensent que des i transactions comme celle de 1842 ne ; doivent pas être brisées unilatérale* ; ment ; mais les membres du Parle-i ment auraient pu tenir compte de la ! portée politique d’une semblable at-1 titude.Avec un peu de bonne volonté de part et d’autre, on aurait pu ; faire une loi générale." | Après ce préambule, tout au moins inattendu, le Journal de Bruxelles I émet les réllexions suivantes, qui rentrent mieux dans le sentiment i “ général ” des catholiques : “ Le ministère, n’écoutant que la passion, a voulu faire une loi de par- j n ~ 4.,/.i*-ia- - j public, qui ne se relèvera pas du coup qu’on lui a porté.Dans peu de j temps, il n'y aura pas une commune sans école libre.! “ La première conséquence de cette politique néfaste sera d’arrêter pendant quelque temps l’essor de l’instruction primaire, lequel était continu depuis 1842.•* Une grande partie de notre nation sera contrainte de payer deux fois pour les besoins de l’instruction ; légalement pour les besoins factices des écoles officielles, moralement, pour les écoles libres, destinées à la préservation nécessaire de la religion et des* traditions morales de notre peuple.C’est une vexation, qui alimentera dans de vastes proportions les querelles des parties, déjà si vives.“ L’enseignement normal de l’Etat inondera le pays de magisters libre-penseurs, bouffis de prétentions 44 scientifiques ” lesquels diviendrons la peste des campagnes et le danger des populations urbaines.Partout les instituteurs nouveaux seront ce que M.Thiers appelait des anticurés.“ La querelle du libéral et du clérical va revenir jusque dans lo plus Feuilleton du Courrier du Canada Quebec.29 Juillet 1879—No 19 ¦ ^ MC ¦»/! DES FOURRURES Par Jules Verne.Aussi les commerçants russes, exploitant toutes les frontières du Nouveau-Cornouailles jusqu’à l’océan Arctique, pourchassent-ils incessamment les loutres marines, dont l'espèce tend singulièrement à se raréfier.Telle est la raison pour laquelle ces animaux fuient constamment eurs, q .____%l___ .13 sur 1< _ Kamtchatka et dans toutes les iles de l’archipel de Béring.44 Mais, ajouta le sergent Felton, après avoir donné ces détails à ses hôtes, les loutres américaines ne sont pas à dédaigner, et celles qui fréquentent le lac du Grand-Ours valent encore de deux, cent cinquante a trois cents francs la pièce.” C’étaient, en effet, des loutres (IIIIUlAilA 1U1V1IV —- devant les chasseurs, qui ont dû les poursuivre jusque sur les rivages du magnifiques qu eeelles qui vivaient 1 sons les eaux du lac.L’un de ces j mammiphères, adroitement tiré et • tué par le sergent lui-même, valait presque les enhydres du Kamtchatka.Coite bête, longue (le deux pieds et demi depuis l’extrémitc du museau Ijusqu’au bout delà queue, avait les pieds palmés, les jambes courtes, le pelage brunâtre, plus foncés au ilos, plus clair au ventre, des poils soyeux, longs et luisants.“ Un beau coup de fusil, sergent ! dit le lieutenant Hobson, qui faisait admirer à Mrs.Paulina Harnett la magnifique fourrure de l’animal abattu.—En effet, monsieur Hobson, répondit le sergent Felton, et si chaque jour apportait ainsi sa peau de loutre, nous n’aurions pas à nous plaindre ! Mais que de temps perdu à guetter ces animaux, qui nagent et plongent avec une rapidité extrême ! Us ne chassent guère que pendant la nuit, et il est très-rare qu’ils se hasardent de jouir hors de leur gite, tronc d’ardre ou cavité de roche, fort difficile à découvrir, même aux chasseurs exercés.—Et ces loutres deviennent de moins en moins nombreuses ?demanda Mrs.Paulina Barnett.—Oui, madame, répondit le sergent, et le jour où cette espèce aura disparu, les bénéfices de la Compagnie décroîtront dans une proportion .notable.Tous les chasseurs se dispu- tent cette fourrure, et les Américains, principalement, nous font une ruineuse concurrence.| rendant votre voyage, mon lieute-liant, n’avez-vous pas rencontré aucun agent (les compagnies américaines ?—Aucun, répondit Jasper llobson.Est-ce qu’ils fréquentent ces territoires si élevés en latitude ?j —Assidûment, monsieur Hobson, dit le sergent, et quand ces fâcheux sont signalés, il est bon do se mettre j sur ses gardes.—Ces agents sont-ils donc des voleurs de grand chemin ?demanda Mrs.Paulina Barnett.—Non, madame, répondit le sergent, mais ce sont des rivaux rcclou-Fables, et quand le gibier est rare, les chasseurs se le disputent à coups do fusil.J’oserais même affirmer que, si la tentative cle la Compagnie est couronnée de succès, si vous parvenez à établir un fort sur la limite extrême du continent, votre exemple 11e tardera pas à être imité par ces Américains, quo le ciel confonde ! —Bah ! répondit le lieutenant, les territoires de chasse sont vastes, et il y a place au soleil pour tout le monde.Quant à nous, commençons d’abord ! Allons en avant, tant que la tevro solide 11e manquera pas à 110s pieds, et que Dieu nous garde ! ” Après trois heures de promenade, les visiteurs revinrent au Fort-Confidence.U11 bon repas, composé de poisson et de venaison fraîche, les attendait dans la grande salle, et ils firent honneur au dîner du sergent.Quelques heures de causerie dans le salon terminèrent cette journée, et la nuit procvirn aux hôloo iln fort un excellent sommeil.Le lendemain, 81 mai, Mrs.Paulina Barnett et Jasper llobson étaient sur pied dès cinq heures du matin.Le lieutenant devait consacrer tout ce jour à visiter le campement des Indiens et â recueillir les renseignements qui pouvaient lui être utiles.Il proposa à Thomas Black de l’accompagner dans cette excursion.Mais l’astronome préféra demeurer â terre.Il désirait faire quelques observations astronomiques et déterminer avec précision la longitude et la latitude du Fort-Confidence.Mrs.Paulina Barnett et Jasper llobson durent donc faire seuls la traversée du lac, sons la conduite d’un vieux marin nommé Norman, qui était depuis de longues années au service de la O Compagnie.Les deux passagers, accompagnés du sergent Felton, se rendirent au pc-tit port, où le vieux Norman les attendait dans sou embarcation.Co n’était qu’un canot de pêche, non ponté, mesurant seize pieds de quille, gréé en cutter, qu’un seul homme pouvait manœuvrer aisément.Le temps était beau.Il ventait une petite brise du nord-est, très-favorable â la traversée.Le sergent Felton dit adieu â ses hôtes, les priant de l’excuser s’il ne les accompagnait pas, mais il 11e pouvait quitter la factorerie en l’absence de son capitaine.L’amarre de l’embarcation fut larguée, et le oanot, tribord auiuic, ayant quille le petit port, fila rapidement sur les fraîches eaux du lac.Ce voyage n’était véritablement qn’uno promenade, et une promenade charmante.Le vieux matelot, assez taciturne de sa nature, la barre engagée sous le bras, se tenait silencieux â l’arrière de l’embarcation.Mrs.Paulina Barnett et Jasper llobson, assis sur les bancs latéraux, examinaient le paysage qui se déployait devant leurs yeux.Le canot prolongeait la côte septentrionale du Grandeurs à une distance de trois milles environ, de manière à suivre une di- plendissaient par places ; mais ce qui éblouissait le regard,c’étaient ces ice» bergs mobiles, semblables â des blocs d’argent en fusion, dont l’œil ne pouvait soutenir la réverbération.Des glftyono oüUüco |mt 11m ci, il au ica* tait plus aucune trace.Seules, ces montagnes flottantes, que l’astre radieux pouvait à peine dissoudre, semblait protester contre ce 6oleil polaire, qui décrivait un arc diurne très-allongé, et auquel la chaleur manquait encore, sinon l’éclat.Mrs.Paulina Barnett et Jasper llobson causaient de ces choses, échangeant, comme toujours, les pensées que cette étrange nature provoquait en eux.Ils enrichissaient leur esprit de souvenirs, tandis que l’ein-barcation, ondulant à peine sur ces eaux paisibles, marchait rapidement.à six UC l’L il ; rection rectiligne.On pouvait donc En effet, le canot était parti 1 observer facilement les grandes mas-1 heures du matin, et à neuf heures, il 1 ses des coteaux boisés, qui s’abais- ! sc rapprochait sensiblement déjà de 1 saient peu à peu vers l’ouest.De co j côté, la région formant la partie nord ! du lac semblait être entièrement pla-111e, et la ligne de l’horizon s’y reculait à une distance considérable.Tonte cette rive contrastait avec celle qui dessinait l’angle aigu au fond duquel s’élevait le Fort-Confidence, encadré dans sa bordure de sapins verts.On voyait encore le pavillon de la Compagnie, qui se déroulait au sommet du donjon.Vers le sud et l’ouest, les eaux du lac, obliquement frappées par les rayons solaires, res- la rive septentrionale du lac qu’il devait atteindre.Le campement des Indiens se trouvait établi à l’angle nord-ouest du Grand-Ours.Avant dix heures, le vieux Norman avait rallié cet endroit et il venait atterrir près d’une berge très-accore, au pied d’une falaise de médiocre hauteur.(à suierr.) ?« LE COURRIER DU CANADA Tableau indiquant l'heure oe l’arrivée et du départ des malles.Bureau de Poste, Québec; Juin • 9 1879.j Arrivée.MALLES.| Clôture, j i ——i et Eté—1879 8.00 .Ottawa, par chemin île fer (fl).8.00 .Province «l'Ontario (a).1.45 f>.15 1 45 fi 15 QUEBEC.8.00 .Àrthabasbu, Sherbrooke, Lennoxvillo, Isl.Pond.Township de l'Est et Richmond jusqu'à Montréal, par chemin de fer, tous les jours (fl).fi.15 Station de la Chaudière.fi 15 8.00 .Cité do Montréal,et l’Ouest par chemin de fer, tous lesjours.I 1 j G.15 et Sorei, par chemin de fer, tous les jours.1.45 Montréal, Trois-Rivières, Sorei, lialiscan, Si.- ¦¦»« .O.».0.1.t a.nn.M .Leeds/Megan tic, tous les jours (a) .0.15 8.Ü0 .SaintrGiles et Saint-Syl- vestre, tous les mardis, jeudis et samedis (a).6.15 4.30 Rivière-du-Loup, par chemin de fer,entre Québec et la Rivière du Loup, tous les jours.8.45 .7.45 Par l’express est de la Rivière - du - Loup, les comtés de Gaspê et Bona venture et les Provinces du Nouveau-Brunswick.la Nouvelle-Ecosse, les Isles «lu Prince-Edouard, St.-«îean de Terreneuve et laBermude via Halifax, N.S.tous les jours (b).G.45 .Moulins de la Chaudière.8.45 Joseph Hamel et Freres, 58, RUE SOUS-IiK-FORT, 58.000• l ONT riionneur d’annoncer à leurs nombreuses pratiques et au public qu’ils ont maintenant en mains le plus grand assortiment de marchandises nouvelles tonte compétition et à dos conditions très faciles.1 ISPTJn escompte de 10 °/0 est accordé pour tous les achats faits au comptant.Département des Dmnc§» Soie noire Gros Grains.Soie noire glacée, (Gros de Naples).Soie noire turquoise pour garnitures.Soie en couleur à la verge.Imprimeur et Editeur Proprietaire -DU— 66 99 No.9, Hue Buade, Haute-Ville, E B E C.IMPORTAT*] ÜE DR ^ uc —ET— FouiTiiooouro doo Fabriqtioo 1 ES V- -S- '*• - 1 r • pf*— r- •V- ,£f‘1*5- < - LIGNE ALLAN, Sous contrat avec le gouvernement Six mots.25 do .j Trois mois.15 TARIF DES ANNONCIEZ raiir * OOO Pour Huissiers : NO.58, RUE SOUS-LE-FORT, R- V.Québec, 22 février 1879.» BLANCS DE FROCÈS-VERBAUX DE SAISIE, BLANCS D’AVIS, ETC., ETC., ETC Les ordres envoyés par écrit recevront toute Inattention et seront executes sans delai.-OOO-r- Les annonces sont insérées aux condition4-vantes, savoir : Six lignes et au-dessous.50 o*n Pour chaque insertions subséquente 12j Pour les annoncos d'une plus grande ét«,n«l elles seront insérées àraison de 10 cents, )>nr I; pour la première insertion, «ifi 5 qr.nts p«»m Insertions subséquentes, ULULAMES \—20 cents lu ligne Tout ce qui a rapport à lu rédaction don adressé à H.PAMPHILE VALLEE, liédacleur-en• Ch Les annoncos, les réclaqies, les abonnum»1 doivent être adrosaé à Léger Hrousscaii ED IT EU RPR OP RIE T A IDE.RUE BUADE, HAUTE-VILLE QUEBEC.IMPRIMÉ KT PUBLIÉ PAR LEGER BROUSSE A Editeur-Propriétaire No î)t Rue Bua nonobstant les efforts L’exposé financier de l'hon.M.i t , .proportion du lover.sU)clT qU'nPU -"‘".Vf’T Lancier a ümonm 4" ! A M.bauveur.un ma.chand-epicier • la fois dos saCrilices de la part de °Jxre.Cl ,a.s .*'.L | qui vend des liqueurs dans une mai- ha population, si elle tient à ses ins- d avoir amélioré la position nnauciere | goii de ja va]cur annuelle de $120.! titutions provinciales, et un régime ce la province, le gouvernement-Joly ( pajera p0Ur sa licence $60.judicieux et sévère d’économie de la a précisément fait le contraire.(Je n'est pas là, croyons-nous, d i ni i - part de 1 administration.En conti- Les dépenses se sont élevées à un nuer les taxes ! nuant a se payer des mots, connue ., ., .i vneeA,1Wflc - — on le fait en ce moment, on sera surpoint tel que toutes les ressouices-„ • i • r n* i .1 , _ , J .Contraste pris un beau jour par 1 ellondrement.probables de la pro\ mee } passeiont.— C’est là l’analyse de ce discours Le système financier de M.Lange- Les conservateurs ont célébré, à calme et froid qui a produit une lier nous conduit directement à la 'St.Koch, par une grande démonstra- grande impression sur la Chambre, banqueroute iion paisible, le triomphe de notre et qui cependant est resté sans ré- ‘ T ! 'i.r.-,__4 .cause., , .i ponso do la pari du ministère.11 est département do la Milice et de la Défense.Le gouvernement fournira à ses jourd’hui.11 résulte que la population propres frais pour l’instruction de de Memphis est de 10,110 blancs, chaque compagnie, un instructeur *1,280 noirs, 11,827 adultes, 10,651 qui sera employé pendant un mois enfants.chaque année, ou plus longtemps, si Sheavport, Louis., 28.—Les autori-le département le juge à propos : cet tés ont établi aujourd’hui une qua-espace d’un mois pourra être divisé rant aine contre la Nouvelle-Orléans, en deux différentes époques égales, Natchez, Miss., 28.—Le conseil de si la chose est jugée plus convenable, ville a annoncé une stricte quaran-Les armes et équipement seront laine contre la Nouvelle-Orléans, qui tournis aux conditions suivantes : commencera depuis et après mercredi, onvirmi l’an nroehain il ser t de nlusi , certa!\l 110111 ^ro de rouges ont impossible cependant quon laisse ." voulu troubler cette rejouissance ; j sans réfutation un exposé si domina- cl un million .mais, à leur honte, ils ont dé renon- i geable, et il n'est que juste d’atten- Nos lecteurs peuvent se convaincre cor à leur projet.dre cette réfutation avant de se pro- par eux-mêmes combien a été désas- j Alors, pour se venger do cet échec, noncer.t reuse pour la province l’administra-.c élégamment meublées est réduit A un** piastre seulement et au-dessus par jour.Los salles des restaurants, de lunch rt de* vin sont approvisionnées avec n* qu'il y a de mieux.Vous pouvez séjoui liera la Grand Union Hotel à bien inoil leur marché que dans (ont autre hôte! do première classe dans la ville.Le gérant de la Grand Union Hotel est M Win.D.Harrison, qui s'étudie sans cosse à mettre ses hôtes parfaitement chez eux.et qui mérite pleinement U grand paîtouage qu'il reçoit.t»ï juillet — lui.- ^ — \nnonf«*!* A’oiivoIIps, Ai.iiijivri** de Si.Ilocli.—J.A.Hélangt'r.An Uon Marche.ha lionne .Su*.Anne.—C.R.Humphrey lt'1 ludion de peur cent Au lion Mardi»* Magasin qu'ils ont épargné on venant a notre les prix charges pour rinsertion des magasin pour faire leurs achats.Nousenver- nnnmiPOR " ro,ls PorlC1’,es eirets aux chars, vapeurs, goélettes y *¦ * et «lans toutes les parties de la ville ««« — ! charge extra.Pour le prix de dix piastres, on i ^olro assortiment est des plus complets et peut faire insérer quatre lignes pen- l^m!),vn‘l ltfS e,r°ts ci-dessous.dant une semaine dans trois cent D'*' en barre.Tôle, Fer-blanc, Peinture, cinquante journaux.1 * ,l[r^s% [!0llsi £cicr\ j frais Poles, Pelles, raurcncs, etc., Etc.IVesipic tous c«*s ell'ets sont importés diree-—i tement «les manufactures et sont achetés à si bon marché que nous pouvons toujours vendre i à «les prix très-bas.Les principaux effets provenant du fonds de banqu«*route ci-«b*ssus sont.Peintures, Vitres, Clous, Couplets.Serrures, Outils, Coutellerie, Bombes, (Turn-dronne, Ferrures de Maison 10 HUIS SPRIICH, ! 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