Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 15 juillet 1880, jeudi 15 juillet 1880
SI4rnK‘ Année -Edition cfttpti de l’article 124.^ ' Voix A droite.—Vous ne l’avez pas lu.' ' M.Paul de Cassagnac.—Oh ! je le connais, il m’a déjà été appliqué ! M.le président.—Le paragraphe 5 de l’art.124 prononce la censure avec exclusion temporaire, contre tout député qui s’est rendu coupable d’outrages envers le gouvernement.[Bruit prolongé à droite.] M.Paul de Cassagnac.— Depuis que j’ai l’honneur d’être dans cette Chambre et de siéger sur les bancs de la droite, il m’est arrivé, vous le savez, de parcourir successivement et par voie hiérarchique, tous les degrés du règlement ; j’ai été exclu, censuré, rappelé à l’ordre.Un membre à droite.—Et invalidé.M.Paul de Cassagnac.—Et invalidé, il faut ajouter cela.M.le président.—L’invalidation ne fait pas partie des peines disciplinaires de la Chambre.M.Paul de Cassagnac, avec une certaine ironie.Eh bien, je crois que, dans ces différentes circonstances, j’ai assez bravé le pouvoir disciplinaire dont on parle, pour avoir aujourd’hui le droii et le devoir—surtout après la bienveillance que la Chambre m’a témoignée—de m’incliner devant le xèglement Je le fais, et je crois qu’il m’est arrivé de donner assez de preuves de mon courage pour ne pas craindre de paraître diminué en m’inclinant devant la discipline.[Approbation.] Je reconnais que ma parole a été plus loin que ma pensée.Quoi qu'en pensent mes adversaires et mes amis, je proclame que, si j’avais maintenant la parole qui m’est échappée, M.le président aurait bien fait d’user de son pouvoir disciplinaire.[Très bien ! très bien ! à droite.] M.le président, prenant un air paternel et indulgent, tout en restant majestueux.—M.Paul de Cassa- mais." | Feltre, quand nous aurons appliqué “ Et à quoi cela sert-il ?” demande 1 le réglement sur le délit qui vient le ministre.(Rires à droite.) On le lui d’etre commis, nous 1 appliquerons explique.Cet accident prouve une de nouveau au nouveau délit que chose : l’inconvénient, qu’il y a à dé-! vous venez de commettre.(\ ifs ap-léguer pour un concours agricole un plaudissements n gauche et au cen-bijoutier, même de talent.” tro*) On rit.M.l irard assis au premier j Par les paroles qu’il a prononcées, banc, devient blême.Cet excellent Paul de Cassagnac a encouru l’ap-homme n aime pas qu on le plai- plication du paragraphe ô de l’article santé.règlement M de Cassagnac termine bientôt M- ]e comtc de Maillé - CVsl son discours et retourne a sa place odieux ' au milieu des applaudissementsrépé- M.le président* se penchant en tés de toute la droite.M.Constans monte à la tribune et prononce son troisième discours, que la gauche écouté avec stupeur et qu elle applau- mer djre pourquoi c’est odieux, dit a peine.M.de Cassagnac reprend j le comte de Maillé se lève à la tribune et se plaint vivement du jemj d’une voix forte.—C’est, moi.silence de M.Constans a 1 egard de^ je vajs vous le dire.(Applaudisse-la candidature officielle.monts à droite.— Bruit prolongé.— 44 Je regrette de n’avoir pu obtenir l’n grand nombre de.membres de la bien !| cette déclaration précise que, pen-j droite se lèvent et prononcent des Mais, je rappelle pour l’exemple, à dant les élections prochaines, vous paroles qui se perdent dans le bruit.) M.de Cassagnac et à ses amis, qu’il appliquerez les principes que vous j L’agitation est à son comble.La n’est pas possible cependant d’intro-affirmiez quand ils vous étaient uti- gauche est levée, la droite applaudit duire dans nos débats parlementaires les, que vous laissez dans le vague, M.de Maillé, qui veut s’expliquer, soit contre le gouvernement,soit c< quand ils vous gênent.(Applaudisse- , mais M.Gambetta l’en empêche.avant et désignant un banc à droite gnac demande à la Chambre que les avec sa patoche.—Que celui qui a dit paroles qu’il a prononcées' soient 14 c'est odieux ” veuille bien se nom- considérées comme non avenues, par- par ce qu'il les a prononcées sans les avoir pesées, qu’il les retire et qu’il les regrette.Cette déclaration l’ho-nore, et je n’insiste pas pour l’application de la peine.Très bien ! très ments à droite.) “ Au lieu de donner à tous la justice, et de se conduire comme le gouvernement de la nation, la République est, parmi nous, à l’état de campement, comme une faction victorieuse pendant un moment.” (Applaudissements à droite.—Exclamations à gauche.Voix diverses : C’est abominable ! Un grand mouvement se produit sur les bancs do la gauche.Des vociférations éclatent.M.Bonnet-Duver-dicr s’agite avec fureur.M.Gambetta s'est levé, très rouge, et remuant sa règle comme le glaive de Raphaël.M.le président.—Il y a dans votre langage, tantôt comme hier, contre Alors de tous les bancs de la droite s’élèvent le mômes cris : “ Tous, tous ! frappez-nous tous.” M.le président.—Comme il n’y a pas de répression collective, j’appliquerai le règlement individuellement ; nous procéderons par ordre.Oh ! vous pouvez croire que nous ferons respecter notre gouvernement, cou- - tre dos membres de cette Ch ambre,1 des insinuations, des paroles violentes qui commandent l’intervention de mesures disciplinaires, pour en arriver, après avoir lancé le mot, à le retirer impunément [Trèsbien ! très bien !] Four aujourd’hui, je reconnais que les explications doivent être accucil-lies, et je déclare l’incident clos.[Très messieurs.[Applaudissements répé- bien ! très bien !] tés à gauche et au centre.] • L’incident est clos.M.Paul de M.le Provost de Launay.—Vous Cassagnac termine paisiblement son serez moins indulgent que l’Empire discours et dépose l’ordre du jour ne l’a été à votre égard.suivant : M.le président.Je vous rappelle à “ La Chambre des députés, renou-l’ordre.vêlant les blâmes énergiques et répé- tés qu’elle a émis contre l’Empire, contre le 10 mai et contre tous les Je donne la parole à M.Paul de Cassagnac pour s’expliquer sur l’ap- gouvernements qui ont pratiqué la candidature officielle, invite M.le ministre de l’intérieur à s’assurer que les fonctionnaires de la République française ne s’exposent pas à violer la neutralité en matière d’élection.” [Rires à gauche.] La majorité réclame l’ordre du jour pur et simple, qui est adopté.Le duc de Feltre a ensuite la parole.Il demande à M.Gambetta quel est son crime.M.Gambetta lui répond qu’il a outragé la Chambre.M.le président.— Vous avez dit qu’on avait escamoté le pouvoir.; M.le duc de Feltre.—Non ! [Bruit à gauche.] .M.le president.—Je vous ferai re-j marquer que j’ai entendu ces paroles.Si vous avez quelques explications à donner, je suis prêt, et la Chambre 1 est prête à les écouter.M.le duc de Feltre.—Ce que j’ai dit, c’est que vous vouliez escamoter le pouvoir.[Rires à gauche.] Quand un homme a manqué à toutes ses promesses, il a un but, et votre but, apparemment, doit être d’escamoter la République.[Rires.) M.le président.Je croyais que M.le duc de Feltre avait proféré un outrage contre le gouvernement de la République.Il para t qu’il ne s’est adressé qu’à ma personne.Ce n’est rien.[Applaudissements répétés ] Quant à M.de Maillé, qui a également ki parole pour s’expliquer, M.Gambetta est plus sévère.Le.mot 44 odieux ” lui a été au cœur et il tient à s’en venger.A la lin de la séance, M.Lenglé, qui devait interpeller le gouvernement sur l'amnistie, a demandé la remise à huitaine, 44 en raison, a-t-il ajouté, de certains événements qui se sont passés depuis un mois.” (Figaro) Albert Millaud.-— ^ — ——- TltAXEE LES DISSENTIMENTS Paris, 1C juin.Comme si l’échéance des décrets du 20 mars portait déjà malheur au gouvernement, le voilà aux prises avec des embarras inattendus.Il a pu se tirer tant bien que mal de la question des traités de commerce, en reconnaissant expressément devant le Sénat que les lettres échangées à ce sujet entre M.Léon Say et lord Granville, n’avaient qu’une valeur relative, qui ne pouvait en aucun cas lier le pouvoir exécutif ni les Chambres ; mais l’affaire de l’amnistie s'aggrave pour lui.Elle a produit une véritable scission au sein du cabinet.MM.Varroy, Jules Ferry, Jaurréguiberry s’étaient énergiquement prononcés contre l’amnistie.Les dissentiments ont été tels parmi les ministres qu’on a pu faire courir au Palais Bourbon le bruit de la démission de M.Varroy.Quant à M.Ferry, il est répudié par la gauche avancée.La minorité du ministère est accusée d’avoir fait violence à la majorité.Le parti radical se montre très exalté.L'initiative de la proposition d’amnistie incombe | forcément aux groupes avancés de la gauche, qui ont décidé, il y a quelques jours, ue se substituer au gouvernement dans le cas où celui-ci ne voudrait pas se départir de sou atti- tude expectante ; cependant, sur le conseil de M.Gambetta, qui continue à jouer double jeu dans cette affaire, ils auraient ajourné leur résolution jusqu’après le scrutin de ballottage qui doit avoir lieu dimanche dans le 20e arrondissement.,1 * \ • *** .Cette élection a une importance particulière par rapport à l’amnistie.M.Gambetta et ses amis, voyant le cabinet menacé par la proposition des gauches, conseillent un ajournement qui, en permettant aux électeurs du quartier du Père-Lachaise de prouver leur respect de la légalité, serait pour le cabinet un motif absolu de décréter l’amnistie plénière ; cela leur permet aussi d’engager les électeurs à ne pas voter pour Trinquet, afin de ne pas compromettre la cause de l’amnistie.D’autre part, en ne proposant pas tout de suite l’amnistie, le gouvernement et les gauches travaillent pour l’élection de Trinquet, et cette élection rendrait l’amnistie encore plus impossible que l’élection de Blanqui à Lyon : car Blanqui au moins est gracié, tandis que Trinquet est un forçat en exercice au bagne de la Nouvelle-Calédonie.Pour le gouvernement, il n’y a que difficultés et dangers dans cette question de l’amnistie.Placé entre la rue, la Chambre des députés et le Sénat, de quelque côté qu’il se tourne, il ne saurait trouver de solution.L’amnistie semblait encore la plus commode, la plus réalisable ; c’est l’attitude du centre gauche du Sénat qui a certainement empêché le ministre de présenter une proposition dans ce sens, comme il en avait d’abord l’intention.Le vote très significatif de ce groupe a été une véritable injonction à l’adresse du cabinet , avant même de se réunir, les membres du centre gauche avaient fait une démarche auprès du président de la république pour l’informer que dans l’état des esprits A la première Chambre, l'amnistie n'y obtiendrait pas cent voix.* Pendant que l’on parlait de la retraite possible de M.Varroy, A propos de l’affaire de l’amnistie, M.le général Farre était mis directement en échec par la Chambre des députés, au sujet de la nouvelle loi de l’administration de l’armée.Partisan de l’organisation actuelle de l’intendance militaire, le ministre do la guerre a été battu sur plusieurs points, et finalement condamné par un vote de la majorité qui renvoie à la commission, pour l’inviter à le faire sien, le projet déjà voté par le Sénat et repris sous forme d’amendement à la seconde Chambre.La suite de la discussion pourra l’obliger, quelque amour propre qu’il ait du pouvoir, à donner sa démission ; les échecs successifs d’hier sont de mauvais présage pour son portefeuille.* Tout cela n’est pas fait pour consolider le pauvre cabinet Freycinet.\ ienne l’échéance des décrets du 20 mars, comment se tirera-t-ii des grandes difficultés qu’il s’est mises soil ornent sur les bras ?1 * i’1 L Feuilleton du COURRIER DU CANADA 15 Juillet 1880.—No 100 LES ?Par Louis de Beij.emare.(Suite.) 11 secouait en effet sa noble tête et, tout en fuyant agitait sa longue crinière qui ruisselait d’eau.L’orgueil du fier animal se révoltait à l’attouchement impur de la courroie lancée sur lui par la main de l’homme ; et bientôt il l’eut rejetée loin do lui.Déjà le second vaquero s’était élancé A sa poursuite.Ce fut pendant quelques courts instants une lutte merveilleuse d’a gilité et d’adresse entre le cheval sanvage et le fougueux cavalier qui le poursuivait loïazo à la main.Rien ne l’arrêtait, ni les troncs des arbres contre lesquels il semblait devoir se briser, ni leurs branches basses qui menaçaient de lui fendre le crAnc.Agile comme un centaure, le vaquero tournait tous ces obstacles on apparence insurmontables, et, tantôt coaché sur la selle, tantôt accroché aux flancs-de son cheval, et presque sous son ventre, il se coulnit sons les branches et à travers les troncs des arbres, avec toute la souplesse d’un 1 serpent.Bientôt le cheval blanc et le 1 vaquero disparurent A tous les yeux.Tous les chasseurs sortirent A la fois de leur embuscade, en poussant des cris do joie.' Le spectacle dont ils venaient d’être témoin valait presque à lui seul la capture de vingt eue-vaux sauvages.Tandis que le vaquero désarçonné sortait du lac, ruisselant d’ean et ses vêtements souillés do fange, Encinas s’approcha de lui pour le consoler.“ Vous êtes heureux, dit-il, d’en être quitte à si bon marché.Puissè-je en dire autant de votre compagnon ! car on ne voit plus revenir ceux qui poursuivent de trop près le Coursier-Blanc-dcs-Prairies.” I,’ASSUREUR ET I,’ASSURÉ.Quand le moment de confusion fut passé, don Augustin envoya porter A chacun des quatre détachements qui battaient lu plaiue et la forêt l’ordre de resserrer autour de l’abreuvoir.On ne doutait plus maintenant de la présence d’une troupe de chevaux dans le voisinage, et c’était le lendemain à pareille heure qu'il fallait s’en rendre maître.Lorsque, les messagers furent partis pour exécuter l’ordre qu’ils avaient reçu, ceux des serviteurs de don Augustin restés près de lui s’occupèrent à couper le bois nécessaire pour allumer les feux qui devaient servir A préparer le repas du souper et à ; ,* .• • : • | .J »/ J .- • - •j • ¦ éclairer le campement pendant la Encinas vouait du préside, et la jeune nuit.! fille espérait que peut-être il pour- Les chasseurs de bisons aidaient rait lui donner quelques rensèigife-aux vaqueros, A l’exception d’Enci- ments sur celui dont son esprit n’a-na8, que dona Rosario avait désiré vait cessé d'ètre occupé, entretenir un instant, pendant que Le crépuscule commençait déjà A son père et le sénateur se promo- i assombrir la surface du lac, qui rellé-naient A l’écart, en causant sans taient les dernières teintes ronges du doute de leurs projets d’avenir.soleil couchant.Déjà l'on voyait, du La jeune fille, assise sur les bords soin des eaux, s'élever do légères va-dn lac, effeuillait d’une main dis-.peurs qui bientôt allaient s’étendre traite les Ileurs que le sénateur avait ’ comme un voile.C’était l’heure où cueillies pour elle.Une fraîche brise les oiseaux dans les bois sc cachaient plissait la nappe tranquille de l’eau, sous le feuillage et faisaient onton-sur laquelle elle jetait des regards dre les dernières notes de leur chant pensifs.Blanche et gracieuse comme d’adieu au jour.Rosarita, pensive et une ondine, Rosarita tout en écou- rêveuse, prêtait l’oreille au murmure tant le chasseur do bisons, rêvait aux harmonieux de la brise du soir, et dangers qui environnent les voya- semblait plongée dans une vague gems isolés dans le désert.Ce n’était mélancolie.point à elle qu’elle pensait ; toutes Avant que la nuit ne se fit.tout A ses idées se portaient vers le jeune fait, Encinas prit sa carabine, sitlla homme qui s’était si soudainement son fidèle et vaillant dogue, ot s’en éloigné la nuit, et.dont elle n’avait fut avec lui battre les environs dn pas entendu parler depuis quinze lac aux Bisons ; don Augustin, par jours.prudence, lit transporter la tente de A quelques informations timides sa fille et la sienne au milieu de la qu’elle avait prises, il avait été ré- clairière parmi les feux allumés pour pondu que ni sur la route de G nny- campement.mas, ni sur celle d’Arispo on n’avait Quand Encinas revint de son cx-rencontré le fils adoptif d’Arellanos.cursion, scs compagnons ainsi que Un vaquero avait vu sa cabane dé- les vaqueros avaient presquo achevé serte, et rien n’indiquait son retour leur repas.au lieu où s’était écoulée sa jeunesse.¦ Il n’avait rien vu qui fût do natu-Ce n’était donc que vers Tnbac re à causer quelque alarme, et son qu’il avait pu se diriger, et c’était rapport établit une sécurité complète près de Tnbac que commençaient les parmi les maîtres ot les serviteurs.dangers dont elle s’effrayait pour lui.Tandis que les premiers faisaient novice, que Francisco ne soit pas en un souper froid tiré des cantines de voyage, les antres groupés autour de leur foyer, à quelque distance, s’entretenaient A voix basse des évènements de la journée.Ce fut près d’eux que le robuste chasseur de bisons alla s’asseoir.j Les feux projetant au loin leurs clartés éblouissantes, qui se répétaient sur la nappe d’eau ; le reflet rougeâtre qu’en recevaient les costumes divers des vaqueros ot.des chasseurs de bisons, l’attitude enfin des personnages de chaque groupe donnaient aux bords du lac un aspect non moins pittoresque pendant la nuit que celui qu’ils offraient A la lumière du joitr.! “ Je vous ai gardé de quoi souper, : dit le novice à Encinas ; car enfin il est juste que chacun ait sa part, surtout vous, qui racontez de si merveilleuses histoires.” Encinas se mit vigoureusement en besogne, après avoir remercié le novice do sa prévenante attention ; mais il mangeait avec autant de ta-cituruité que d’appétit, et son jeune pourvoyeur ne trouvait pas son compte à ce silence.“ Vous n’avez donc rien vu de nouveau dans les environs ?” dit-il pour entrer en matière.Le chasseur fit signe que non ; mais il n’ouvrait la bouche que pour manger.Tout ça n’empêche pas, reprit le core de retour de sa chasse au Conr-sier-blnncdes-Prairies.—Le Coursier-blanc-des-Prairies ' dit un des vaqueros ; quel animal est-co que celui-là ?—Un animal merveilleux, répondit le jeune homme ; mais, dame, je n'en sais pas plus long.Ls seigneur Encinas vous le dira.—Vous l’avez vu, parbleu ! répliqua le chasseur de bisons ; votre camarade a voulu le poursuivre, et il a manqué de se rompre le cou.C'est ce qui arrive toujours, jo vous l’ai dit.Si mon cheval n’avait pas eu trop d’ardeur, il n’aurait pas glissé et en ne glissant pas.—Vous ne seriez pas tombé.Mais votre bête a glissé, voilà, —Bah ! cela m’est arrivé avec bien d’autres.L’important pour l’honneur d’un vaquero est de ne tomber qu’avec son cheval.—C’est vrai ; mais, si vous aviez pratiqué comme moi les prairies de l’Ouest, reprit Encinas fort sérieusement, vous sauriez qu’on y rencontre de temps à antre un cheval blanc si beau qu’on n’en voit pas le pareil, si rapide qu’au trot il va plus vite qu’un autre à toute course ; et je vous défie de me diro que vous ayez vu jamais un cheval plus magnifique, plus léger que ce cheval blanc de ce soir.(A suivre.) LU COURRIER DU ;ii«â SOMMAIRE.l ue séance do !a (IhaœiJV.e d«*>y dcjiut ¦;> Franco —L'intorpollatiôn C.a tagine.Franco.— Los dissentimouls.v I*ki-ii.lkton :—Le?clieroheu's «l’pr, ]>«**’ Bolloniaro, [J suivre ) Nos gloires cnnadionnos.'-1/nlTaire de la rue tir*- ivvros Ciment de (^uôhoo »*l Foi ll.ui i.Lu ville de Qnôluv.Assemblée l»'*ei?l.»ti\ •• \ mériqm*.J elites liom elles.Fails Diver*.Journal ilEibiraljrn, ’ • n.\ i > l'dm ation.l’dncalion par les Faldos.Hi née.L’art de bien lire à liante \oi\.Los pins grandes villes do ITniVTs en ’ W Choix de pensées «le Vnuvenaratio.jguée, mais énergique.11.tient à la Amenez de commettre»et j’en rends res-ni ni ii L* hrmnet r»nrri» rlf*R ' jésuites : lie lo main le bonnet carré deB jésuites ; derrière lui, nous-' apercevons M- de Ravignan, sénateur, et derrière M.de Ravignan, M.Chesnelong.¦ M.Clément s’approche du guichet qui s'est entr’ouvert.Il ôte son chapeau, et de sa voix la plus courtoise : •• Mou Père, dit-il.je viensvous don- ponsables tous ceux qui y ont contribué.-—.l’accomplis le mandat dont je suis chargé, se borne à répondre M.Clément.Vonlez-A'ous me livrer passage et me dire où sont les Pères Jésuites que j’ai mission de faire sortir ?ner connaissance Annonces .Vouvclie^ Avis—.1.M.I3ro liteau.Imposition ngrico!»* ot induslrii*!;i \ l snm*»*.— C.S.Stovon? A i )—L.A.S *n* .A 'h»*l»kurs, allez au veritable niagar :i Ai: 1! :: March»*.— N.liarntyni.rj’-XLï^9^ .^ SO./m ^ .-as*.s, qukrkc.is jriLrirr ; Nos gloires cuiinclKciiiK’.s Nos voisins dos Elats-I’nis sont tou- préfoeiure de police qui vous concer-• » ; ne.Le I*.Pitot lève la tète et attend.Les -deux rommissairos ont ceint leur ! écharpe ; il paraissent un peu gènes.1 Lo silcnco est profond.Le Père Fi-tot attend toujours, assis devant le guichet.M.Clement prend d’une main défaillante un papier officiel, et ilit au révérend Tère les décrets que Ton connaît, et par lesquels les jésuites sont expulsés, en vertu de lois — ! existantes.Quand la lecture est finie, M.Clé-1 ment attend une réponse, le père Pitot.derrière son guichet, reste immo-hile.Alors M.d e Ravignan qui est • derrière lui.déclare qu'on ne peut pas répondre aux sommations qui viennent d'ètre faites.11 y a d'abord 1 une question de propriété.Les pro, priétaires de l'immeuble qu’on vient f d'envahir, protestent par la bouche de M.de Ravignan, leur président.1 II y a ensuite une question d'huma-jnité.On ne peut songera venir expulser des vieillards de quatre-vingt-sept ans, à quatres heures du matin.M.Clément demande à voir les actes de propriété.“ Us sont entre les mains de M.Meignen, notaire, jrno Saint Honoré." répond M.de I Ravignan.M.Clément fait avancer un huin-I ble scribe qui se courbe sur la ta; blette du guichet, et se hate de dres- d'un arrêté delà' —Faites attention, dit à son tour M.Chesnelong, que vous accomplissez là un acte illégal et arbitraire ; le domicile d’un particulier est protégé * i "V 1 ° ! ser un procès-verbal, lours prêts a reclamer comme leur.tout.i» i .i , canadien qui arrive à une position émi-j ., jir’de\ ant nous, Clement, etc., nenle.Grâce à la persisted\* ave* la- e,^\ Ie vous passe la iormule.L acte quelle la presse américaine attache au.\!°^ciel constate la présence (les deux noms «1 Edison.«h* l'Albani «*i au très agents, leur demande, la réponse qui canadiens la qualification de citovon.* est faite, et termine par la déclara- le Père tond un passeport fort régu- i • .I _ « , , / américains, tous ces personnages >oi 11 tien que considérés parle reste du inondecoimiu p^re Pit( mémo on élève une p.vient.on simbî.ibio ! Jait' A^es quoi, M.Clement ajoute * »•• > • - 1 - .i i lllli1 VniY nrosnno nlmnf i vn • •* \irm notification a été faite au ’itôt des décrets que l'on con- à l'égard «lu professeur James de Mille.le célèbre romancier qui est mort réc m* rro* v^ulez-vous signer ?’ ment à Halifax.Un article nécrologique* i Pitot refuse de si: «lu •• World ’ de New-York, prétend Clament se rapproche du grui d’une voix presque plaintive : “Mon f * si amer.M.prêt que le défunt était né aux Etats l uis.^ ii ii «le Saint-Jean ctahlil que | demande-t-il.pproche du guichet : -Voulez-vous ouvrir vos portes ?cost une erreur, attendu quo b* dit ••crivain est né à Saint-Jean même, où 1 il a passé la plus grande parti** de sa \ i«*.| Le professeur de Mille était un «-ci i vain Le Père Pitot fait un signe de dénégation.M.de Ravignan proteste de nouveau : ;i Une deuxième fois, dit -, - — V.w .w- ¦ .i , V > i 4 4 ' < I i t (1 J I I | X f /11- , 1 ., de sagacité peu commune, et le Cm ada ! element, voulez-vous ouvrir les u** possédé pas tantd’hominasdisfingiu/s ! Pattes .que nous puissions laisser passer, sans' Pas de réponse.C'est bien ! " dit vivement protester, de i oreilles prétmi-lM.Clé ment, qui se dirige vers la grande porte d’entrée, donnant sur la rue.lions de la part des américains.’ Les remarques qui précèdent sont , , «irées du Quebec Daily Evenin'- Un-: n V“q ^ 1?11UU°S f 1,ass«ntJ .- | Qui va enloncer la seconde porte { rut//, et elles atteignent parfaite-, Les sergents de ville ne paraissent ment le but auquel elles visent.1 pas s'en soucier beaucoup.M.Clé-Grâce aux fanfares triomphales cm- ln?nt revient avec un troisième com-bouchées par la presse des Etats-Unis m*ss?2r0, à la plus grande gloire des Flan am/ 1"e-1reconilaissez mon .,?= , autorité, dit-il ; vous ne A'oulez pas 4 rtP*s' ^lcn Peu c‘° personnes hors m'ouvrir / Alors, un serrurier, du Canada sa\cnt ou Edison —cej \ l’ixtéiîifuk homme qui ne fait pas seulement i» , ., ^ , îonneui a son pays, mais qui est • maison.Aux trente religieux qui aussi sans jeu de mots une des ht- composent toutlepersonneldel’éta-tnitres de ce siècle,—bien peu.dis-je, blissemont, est venu se joindre un savent que cet illustre inventeur «‘si,?roupe d'amis dévoués et d'anciens - ; * 1 élèves, qui ont passé la nuit avec les Pères.Ce sont MM.de Carayon-Latonr, Chesnelong, Tailhand, Keller, maT-quis de P rat z, Villier, Ernoul, baron de Ravignan, de Kerdrel, Merveil-leux-Puvjgnau, la Bassetière, du Nous lisons dans les demi,rs jour- l5dM.Joseph Odelin, Gabriel De- d» .i’* » U*.( IC • Canadien de naissance.Jean Imaume.Uiitlalrc
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.