Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 23 décembre 1881, vendredi 23 décembre 1881
#5emc Amice No 165-Edition quotidienne—5cmc Année Vendredi 38 Décembre 1£81 si li.-f * •« JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JE CROIS.J’ESPERE ET J*AIME Dr N.E.DIONNE, Rédacteur en Chef LÉGER BROÜSSEAÜ, Editeur Propriétaire.I X I ! ! 1) *> RKYVE OENERAViFi (18 décembre 1881) France La ville de Gabès a été choisie comme la principale station militaire des Français dans le sud.Cette décision a causé un grand mécontentement par suite de l’insalubrité de la localité.Be puissantes tribus au sud de Gabès ont profité de la retraite de la colonne du général Loge-rot pour conclure une alliance défensive, et leur attitude est menaçante.Le traité de commerce entre la France et le Portugal a été signé.L’ “ Evénement ” sera poursuivi pour avoir rendu compte du procès eu di Hiunation de M.lloustan contre M.Rochefort, au delà des limites autorisées par la loi.Cela a pour but d’empêcher la publication du discours du défenseur de M.Rochefort dans l’action de M.Challcmel-Lacour contre le rédacteur en chef de 1’ “ Intransigeant, ” action qui viendra jeudi prochain devant le t ribunal correctionnel.Il est a peu près certain que le tribunal condamnera M.Rochefort.Egypte Le bruit ayant couru qu’un Italien avait tué un soldat, les troupes ont saisi et emprisonné le gouverneur, ont barricadé la poite de son palais, et ont refusé de laisser entrer les consuls étrangers.On a découvert depuis que le meurtre a été commis par un Bédouin.La ville est tranquille, mais l’affaire a fait sensation, car elle montre avec quelle facilité une émeute pourrait se produire.Une commission composée de trois ofliciers du Caire procède à une enquête sur les circonstances du meurtre.Russie Sur la proposition de M.Pobedo-notzeff, président du synode sacré, le conseil privé et secret va être rétabli.Cette espèce de cour d’inquisition fut créée du temps de l’empereur Paul, et l’on recherche maintenant parmi les archives des éléments pour servir à son rétablissement.Irlande Beaucoup d’armes et de munitions ont été découvertes hier matin à 2 heures, dans une maison de Brabazon street, Dublin.Quatre personnes ont été arrêtées.Les articles saisis comprennent 8 grenades, deux boîtes do dynamite, vingt-six fusils Enfield, six revolvers, 5 000 cartouches de fusil, 500 cartouches ne revolver et vingt-six charges de poudre à canon, avec une liste de noms d’officiers appartenant à une société secrète.Deux frères nommés Whelan et un nommé Ryan ont été arrêtés.La caserne des constables de Cro-boy a été incendiée la nuit dernière.Les constables étaient endormis, et ont failli périr dans les flammes.Des coups de fusils ont été tirés dans la maison d’un homme employé par M.Galbraith, magistrat à Cap- pard.Cinq personnes, ont été arrêtées à propos de cette affaire.On télégraphie de Killarney au “ Standard ” que la situation devient de plus en plus grave, et que dans certains districts l’administration du gouvernement a cessé temporairement.I.c rntliollelMiue aux Etats-Unis Il est intéressant de voir comment les journaux français apprécient le rôle du clergé catholique dans les fêtes de Yorktown.Cette grande solennité nationale a été inaugurée par une messe solennelle célébrée sur ce champ de bataille historique par un prêtre catholique, et par un discours de l’évêque de Richmond, Mgr Keane.Le vénérable prélat a trouvé des accents dignes de la circonstance ; après avoir fait éclater en un langage magnifique les sentiments de fidélité et d’amour des catholiques américains pour les institutions de leur pays, il a fait ressortir tout ce que la dignité des peuples, le développement des vraies libertés et l’autorité du pouvoir trouvaient dans la doctrine de l’Eglise.Bar un touchant rapprochement, la cérémonie avait commencé par la récitation d’une prière composée jadis par l’évêque Carall, l’ami de Washington, le compagnon des fondateurs de l’Indépendance, et le premier évêque catholique des Etats-Unis.Mgr Keane a terminé son discours par des paroles chaleureuses à l’adrc6se de la France, dont cette terre imprégnée du sang de ses enfants rappellera toujours, a-t-il dit, les bienfaits au souvenir du peuple américain.Les témoignages de sympathie qui nous viennent de l’étranger sont trop rares aujourd’hui pour que nous ne constations pas celui-ci avec gratitude.Mais ces récits ont un autre enseignement.L’église catholique s’est seule trouvée assez grande pour célébrer dignement les gloires du peuple américain, et, quoique la majorité soit protestante, c’est à elle que le premier rang a été donné.Au fur et à mesure que la république des Etats-Unis grandit, elle sent instinctivement le besoin de s’appuyer sur l’Eglise ; le pressentiment de ses destinées avertit ses hommes d’Etat qu’ils trouveront là le solide fondement de sa prospérité et de ses progrès dans l’avenir.La République française suit voie tout opposée.Elle foule aux pieds toutes les traditions nationales, et se joue des croyances de l’immense majorité de ses habitants.L’abîme est au bout d’une telle folie.Puisse-t-elle ne pas y entraîner la patrie avec elle ! mage pour des tiers, la responsabilité personnelle d’un agent, quel que soit le degré auquel il est placé dans la hiérarchie, commence au moment même où il cesse de remplir le devoir que sa position lui impose ; “il s’agit donc, dit-il, de bien déterminer : 1.les devoirs qui, dans le cas particulier, incombent à chacun ; 2.quels sont les agents qui ont manqué à leurs devoirs.” Venant ensuite à l'application de ce principe : .“ Un employé supérieur, directeur de l’exploitation, continua-t-il, a sous ses ordres tout le personnel qui concourt à assurer le service.Le directeur de l’exploitation est au plus haut degré de l’échelle ; c’est à lui que s’arrête la responsabilité en matière d’accident.Vouloir “ à priori ” faire remonter la responsabilité au delà du chef de l’exploitation, c’est - à - dire vouloir l’étendre, soit au conseil d’administration, soit au directeur général, s’il y en a un, est contraire aux règles d’une saine logique.Théoriquement la responsabilité do ces deux organes, conseil et directeur général, peut exister, et pour répondre à toutes les objections, nous mentionnerons plus loin ces éventualités ; mais dans la pratique, elles ne se sont jamais réalisées.“ Quant au directeur même de l’exploitation, chef du pouvoir exécutif, il est et doit doit être responsable, comme tous les agents,dans la limite de ses pouvoirs.” Et après avoir établi cette limite pour chacun des employés à son dé-gré do la hiérarchie, depuis le directeur de l’exploitation jusqu’à l’homme d’équipe, l’auteur conclut en ces termes : “ Du haut jusqu’au bas de l’échelle, le cercle d’attributions va en s’amoindrissant d’un rang à l’autre ; chacun doit avoir l’autorité nécessaire pour remplir le devoir qui lui incombe, et assume par contre la responsabilité de ses actes.“ Il en est ainsi à tous les degrés jusqu’aux organes de l’avant-dernier rang, qui doivent en quelque sorte tout voir do leurs yeux dans une sphère d’activité proportionnée à leurs forces, et jusqu’à ceux de dernier rang, qui eux, doivent faire de leurs |,cn acrldenlN «le clicuiins tie IVr t II Après l’exposé des accidents, M.Bantoux aborde la question des responsabilités.Posant en principe que, dans le service des chemins do fer, comme du reste dans*tout travail pouvant, à un titre quelconque, entraîner un dom- mains.M.Bontoux passe à la réfutation du reproche d’avarice adressé aux compagnies, et montre les difficultés qu’elles éprouvent à réaliser les moindres réformes : “ Toutes les améliorations, dit-il,ne peuvent pas toujours être réalisées aussi vite que le public le croit possible.“ Une section de ligne est-elle trop chargée par suite d’un développement imprévu de trafic aux abords d’une grande ville, le directeur de l’exploitation est toujours le premier à réclamer l’établissement de voies nouvelles ; mais quelles formalités, quels délais n’est-on pas forcé de subir avant d’arriver à l’exécution ! “ Combien d’essais et d’épreuves ne faut-il pas faire avant d’adopter un nouveau système de freins ou de signaux ! Combien de systèmes n’a-t-on pas essayés à grands frais, qui, au premier abord, paraissaient {parfaits, et que l’expérience a démontrés nuisibles ! “ Un itinéraire de trains est signalé comme pouvant être dangereux par suite du retard qui se produit dans telle ou telle station, le changement est décidé en principe ; mais d’abord rien ne peut se faire sans l’autorisation officielle, puis on recule devant les réclamations probables du public.On multiplie les précautions, en attendant avec impatience le moment1 où les voies nouvelles pourront être ouvertes ; et si, dans l’intervalle, un accident se produit, parce qu’un homme aura brutalement violé sa consigne, immédiatement le public condamne sans rien savoir des circonstances de la cause.“ Il faut connaître bien peu l’esprit qui anime les directeurs du service si lourd de l’exploitation, pour les croire capables de sacrifier avec un cœur léger la sécurité des voyageurs, leur propre réputation et leur carrière tout entière, tout cela pour économiser au profit des actionnaires, qui généralement ne leur en savent aucun gré, des sommes souvent bien inférieures aux frais énormes qui résultent des accidents.Je ne crois pas que jamais un directeur d’exploitation ait reculé devant une dépense ayant pour objet d’assurer la sécurité des voyageurs,et je ne crois pas qu’on puisse citer un seul cas où un dirececur se soit vu refuser par un conseil d’administra-tration un crédit demandé an nom de la sécurité publique.Dock (lotlnnt Dans le Journal du Havre (France) : L’an dernier, notre unique cale sèche a été occupée, pendant près de la moitié de l’année, par les steamers de deux de nos compagnies maritimes seulement : la Compagnie transatlantique et celle des Chargeurs-Réunis.Or, depuis le vote de la loi sur la marine marchande, on sait le mouvement qui se fait dans nos constructions navales.La Compagnie des Chargeurs-Réunis, pour sa seule part, a dix steamers en construction.Et ce n’est pas tout ; à côté d’elle et l’on peut dire par ses soins, vient d’être créée la Compagnie postale de l’Atlantique, qui fait le service du | Havre au Canada et du Canada au I Brésil.De ce chef, voici encore un J renfort de cinq steamers ; la Compagnie commerciale de navigation va en avoir sept ; et la ligne régulière des steamers français du Pacifique (de MM.Bossière et Cie), en aura six.Voilà donc, pour ces seules Compagnies, un accroissement de vingt-quatre steamers transatlantiques sans compter les trois immenses paquebots de la Compagnie générale transatlantique, dont l’un la Ville-de-New- York est en construction.Ce n’est donc pas trop s’avancer* que de dire que d’ici à un an ou dix-huit mois, notre port se sera enrichi d’une trentaine de bateaux à vapeur de grandes dimensions destinés à la navigation transatlantique.Or, pense-t-on que notre unique cale sèche suffira à cet immensehnaté-riel ?Non.Que faire, alors ?Aller se réparer à Cherbourg ou en Angleterre ?Ne serait-ce pas bien triste et bien honteux ?Nos ingénieurs n’y ont point songé ; mais nos armateurs s’en sont alarmés, et, après avoir tenté d’inutiles eflorts pour obtenir la construction d’une cale sèche, ils ont dû songer à autre chose.On a songé à établir, au Havre, comme cela a en lieu, déjà, en Russie, à Nikolaief et à Saigon, dans notre colonie de Cochinchine, un doct-flot-tant qui, autant que possible, pût remplir l’office d’une forme de radoub.M.Dubosc, rapporteur de la commission, au sein de la chambre de commerce, a étudié cette question avec beaucoup de soin, et se montre, ainsi que tous ses collègues, pensons-nous, très favorable à la construction de cet engin.Le corps du dock se compose d’un ponton formant la base, et de deux caissons latéraux.L’ensemble est divisé en 90 compartiments étanches, par une série de cloisons transversales et longitudinales.Les compartiments supérieurs des caissons latéraux forment chambres à air permanentes.Toute la construction est exécutée on fer galvanisé.Au milieu de la longueur du dock sont installés, dans chacun des corn partiments latéraux, des appareils d’épuisement.Lorsqu’il s’agit de mettre un navire à sec, le dock est immergé, d’abord, par l’ouverture d’une série de vannes permettant à l’eau de mer de remplir tous les compartiments inférieurs.Ensuite le navire ost halé au-dessus du ponton, et maintenu au moyen d’accores.Ce travail terminé, les machines d’épuissement vident les compartiments, et le dock, en émergeant, met à jour la carène entière du bâtiment, qui apparaît comme dans une véritable cale sèche.Les machines d’épuisement se composent chacune d’un moteur à vapeur, de la force de quatre-vingt-dix chevaux, agissant sur deux pompes rotatives.Le travail d’épuisement, et conséquenment la mise à sec du navire, s’éflectuent dans un délai de trois heures au maximum.Le poids total approximatif de la construction est de 4 500 000 kilogrammes (4 500 tonnes).Tel est l’engin qu’il s’agit d’établir, au Havre.On nous assure que beaucoup de nos armateurs, se syndiquant entre eux, sont disposés a en faire les frais.—Entre tirailleurs : IjE sergent.—Allons, les enfants, de l’entrain.et ne ménageons pas notre peau, hein !.PITOU (grommelant).—C’est çà !.dirait-on pas qu’on en a de rechange ! Histoire naturelle SÉCRÉTIONS • 9 Les produits des sécrétions qui s’accomplissent dans le corps sont de deux sortes : ou ces produits sont séparés pour être rejetés au dehors, et alors on les surnomme excrcmenliliels, ou ils sont destinés à être transformés puis réabsorbés par l’économie ; on ies surnomme alors récrcmenliliels.La matière sébacée, les larmes, la sueur, l’urine sont dans le premier cas ; la salive, la bile, le suc gastrique dans le second.La matière sébacée est une humeur grasse et onctueuse que sécrètent les follicules situés dans l’épaisseur de la peau, et qui est destinée à l’assouplir et à en lubrefier la surface.Le mucus est aux membranes muqueuses ce que le matière sébacée est à la peau externe.Les glandes lacrymales sont les organes spongieux contenant les larmes; on désigne ainsi un liquide qui lubrifie le globe de l’œil, en facilite les mouvements dans l’orbite, et va se perdre dans les fosses nasales.Quoique les larmes soient transparentes et limpides, elles ont une saveur amère et salée, et présentent le caractère des bases chimiques, verdissant le sirop de violettes.On y trouve du chlorure de sodiun (sel ordinaire) des phosphates de chaux, de soude et d’alumine.Les impressions fortes favorisent ordinairement l’écoulement des larmes.La sueur est le produit de la transpira lion cutanée ou de la peau ; elle est sécrétée par les follicules dits sudoripa-rcs ; et, lorsque sa production est abondante,elle apparaît sur la peau sous forme de gouttelettes liquides, incolores, d’une saveur salée, d'une odeur plus ou moins forte.Chimiquement, la sueur est formée d’acide acétique (vinaigre), d’un peu de matière animale, de chlorhydrate de soude et de potasse, avec des traces de phosphate terreux et d'oxyde de fer.On appelle reins deux glandes assez volumineuses situées dans la région lombaire, de part et d’autre de la colonne vertébrale ; ce sont ces glandes que, dans l’art culinaire, on désigne sous le nom de rognons.Leur fonction est de recueillir, de l’intérieur du corps, les liquides destinés à être expulsés sous forme d'urine.L’émission de l’urine débarrasse l’économie de substances qui pourraient lui être nuisibles, et joue, sous ce rapport, un rôle analogue à celui de la transpiration ; ces deux sécrétions sont d’ailleurs complémentaires : si l’une augmente l’autre diminue.Au point de vue chimique, l’urine est formée d’eau, avec diverses substances dissoutes ou en suspension, savoir : l'urée, des sels à base de chaux et d'ammoniaque, des acides urique, lactique, phosphorique, etc ; accidentellement, on y trouve de l’albumine, des substances grasses ou caséeuses, un sucre fermentescible.s L’industrie utilise l’urine pour le dégraissage des laines, la préparation des peaux, la dissolution de l’indigo, la fabrication du sel ammoniac et de l’orscille ; l’agriculture y trouve un engrais puissant.C’est dans l'arme que le phosphore a été découvert en 1669, par un marchand de Hambourg, nommé Brandt qui distillait l’urine dans l’espoir d’en retirer de l’or.Peu .après, le chimiste allemand Kunckel trouva ot divulgua le secret de Brandt.En 1769, le phosphore a été trouvé plus abondant dans la substance des os, par le suédois Galin.On ne saurait dire lequel des deux le bon Dieu reçoit dans le ciel avec plus de faveur : du riche qui a pitié du pauvre, ou du pauvre qui ne porte pas envie aux riches.Feuilleton ilu COURRIER DU CANADA 23 Décembre, 1881.—No 3 Par Raoul de N a very.Le jeudi saint, elle avait coutume, avant de faire ses pàqucs, de réunir ses filles de chambre ; elle leur tenait ce langage d’un air fort rogue : *' Mesdemoiselles, Dieu nous commande de nous pardonner les torts dont on s’est rendu coupable envers nous ; je vous pardonne, mesdemoiselles, toutes les fautes .que vous avez commises envers moi.Allez ! ” Co petit discours, répété chaque année, était, dans sa naïveté phari-saïque, le seul acte do charité qu’elle crut devoir accomplir pour la satisfaction de sa conscience.Henri no prit, près do son père et de sa mère, que des habitudes religieuses insuffisantes.Tant qu’il n’eùt pas vingt «ns, les choses se passèrent fort tranquillement ; quand la jeunesse commença à s’éveiller en lui, avec ses vagues inquiétudes et ses aspirations mystérieuses, Henrii témoigna à son père le désir de voir an peu le monde, et de franchir leB horizons que l’œil pouvait pnreourir du haut des tourelles du château.C’était par une belle journée d’automne, Antoine, et son fils étaient partis, le matin do bonne heure.M.de Robur se trouvait en belle humeur; il faisait un temps superbe, il ouvrait le nez au vent du matin, l’œil vif, la jambe sûre, la main posée légèrement sur le fusil.Henri crut que le moment était bien choisi pour une confidence méditée depuis longtemps.—Mon père,—dit-il tout-à-coup, on donnant à sa voix un accent plus grave qu’à l’ordinaire, et en fixant sur M.de Robur un regard dans lequel se trahissait une secrète inquiétude,—mon père, n’avez-vous jamais songé que votre fils ferait bien d’aller à Paris ! M.do Robur s’arrêta, regarda Henri, et appela ses chiens.Les chiens arrivèrent.Le chasseur leur désigna du doigt un buisson qui se trouvait sur le bord d’un champ : les chiens y coururent, une compagnie de perdrix s’éleva.M.do Robur tira ; pour la première fois do sa vie, peut-être, il n’abattit rien.Vous voyez,mon fils, il no faut pas causer devant le gibier.Le jeune Henri ne se le tint pas pour dit.Lo soir, quand, au soleil couchant, il rentra avec son père, profitant d’nn moment où il marchaient l’un près de l’autro par un beau chemin.: —Mon père, vous ne m’avez pas répondu quand, ce matin, je vous ai parlé de mon désir d’aller à Paris.Antoine garda un momont le silence, devint rouge et répondit à voix presque basse : —Cela dépend de votre mère.—Et de vous aussi, mon père, lit Henri.—Moi, je suis très consentant.—Alors, demenda le jeune homme après un moment do siience, vous en parlerez à ma mère ?—Non, répondit vivement M.de Robur, chargez-vous de ce soin.En ce moment passa un groupe do> paysans, et Antoine, qui, cependant, n’était pas dans l’habitude de parler à ceux qu’il rencontrait, les interpella sur .différents sujets.La conversation entre le père et le.fils était rompue.Quelques jours après, Henri do Robur, ayant achevé de lire à sa mère un long et fastidieux volume, aborda la question qui lui ^tenait au cœur.—Ma mère, dit-il, est-ce que vous trouveriez bon que j’allasse a Paris ?Mme de Robur regarda fixoment Henri.Ses yeux froids s’arrêtèrent sur ceux du jeuno homme, comme pour y surprendre une secrète pensée ; puis, d’une voix ferme et sèche, elle répondit : * —“ Non ! ” Henri de Robur devint pâle en entendant ce monosyllabe.Mmo do Robur avait donné à sa Téponsc un accent qui aurait ôté au plus intrépide le désir de renouveler la question.Tout abasourdi, le jounejde Robur se retira dans sa chambre, et, faut-il le dire ?il passa la nuit à pleurer.Il lui montait au cœur des bouffées de colère haineuse contre cette volonté de femme, dont l’inpérieuse exigence pesait sur sa jeunesse.Il rêvait à ce monde fermé pour lui, à Paris, à ces fêtes, à ces spectacles, dont il devinait l’éclat ! Il voyait, comme dans un miroir, l’imago de mille séductions, loin desquelles un charme fatal le retenait enchaînée.Pourquoi son père cédait-il ainsi ?Il se le demandait, et il comprenait ce qu’il y avait de défectueux dans lo caractère de celui dont il portait lo nom.La froideur qu’il avait remarquée, sans jamais s’en rendre compte, entre son père et sa mère, tenait à l’oppression que Mme Antoine fai-fait peser sur la volonté impuissante de son mari.Quelques jours après cet incident, le père et le fils allaient ensemble visiter un quartier de bois, où les bûcherons venaient de mettre la cognée.M.de Robur, d’une voix plus amicale, demanda à son fils : —Avez-vous parlé à votre mère, Henri ?—Oui, mon père, reprit le jeune homme.—Eh ! bien ?fit le comte Antoine.—Ma mère m’a répondu négativement.—Quelles raisons vous a-t-elle donnée ! —Aucune.—Gomment, aucune ?—Je lui ai demandé à partir pour Paris, elle m’a répondu “ Non ! ” tout simplement.—Et vous ne l’avez pas questionnée sur ses.motifs, répliqua Antoine avec une certaine hésitation.—Je n’ai point osé, reprit le jeune homme.—Je comprends cela ! et il garda pendant plusieurs jours, avec son fils et sa femme, un silence contraint.Il est impossible de raconter les idées folles qui tourmentèrent, pendant trois mois, l’esprit de Henri de Robur.Rien n’eùt été cruel pour un psychologue comme le spectacle de cette jeunesse frémisssante et timide, de ces désirs contenus, réprimés, étouffés.Un aiglon renfermé dans un cage, ne se débat pas plus douloureusement que le jeune Henri |de Robur ne se débattait dans la captivité à laquelle le condamnait l’impérieux égoïsme de sa mère.Un jour, celle-ci témoigna le désir d’aller voir, à un château voisin, un vieux parent malade.Elle fit atteler, son fils monta en voituro avec elle.Le comte prit un cheval et déclara qu'il accompagnerait la calèche.A quelques pas du château, la route se bifurquait ; d’un côté, le long de la vallée, un chemin pierreux, escarpé, courait sut le flanc de la colline ; d’un autre côté, la route descendait vers de vastes prairies.La voiture suivit la routo qui descendait dans la vallée.Antoine de Robur s’engagea dans le sentier.A peine y avait-il fait quelques pas, qu’on entendit un cri ; lo choval, qui était cependant fort doux, avait fait un écart si violent qu’il venait de jeter en bas son cavalier.Antoine était tombé la tête contre un tronc d’arbre.Quand Henri arriva près de son père, il le trouva évanoui.On le rapporta au château ; il y mourut au bout de deux heures, sans avoir repri connaissance.Sa première douleur passée, Henri de Robur se demanda si cet événement inattendu n'aurait pas pour résultat de changer co que sa position avait de réellement intolérable.La mort d’Antoine faisait d’Henri lo chef de la maison.L’heure d’une délivrance no devait point être obtenue sans lutte.Un dimanche, après lo départ du curé, qui était venu dîner au château, Henri prit la petite main ridée de sa mère.(A suivre) LB COL « RIB K CANADA SOMMAIRE fievce générale.] Los accidents de chemins de fer.Ijo catholicisme aux Etats-Unis.Dock flottant.Histoire naturelle.Feuilleton :—Madame de ilobur : (J suivre.) Est-ce une insulte au clergé.Visiteurs français.La douane et la contrebande.Souscriptions pour le monument de Mgr Ca/.ean Vieille tactique.Europe.Amérique.L’éclairage électrique « La Jeannette » Petites nouvelles.Faits divers.* ANNONCES NOUVELLES Cadeaux ! Cadeaux !—Renaud A Cie.Vente des bancs à la Basilique.Jouets mécaniques.—Mlle A.Mohr.Verres à bière, etc.etc.—Peverley A Cie.Cour Supérieure.—Désiré Guay.Cartes de visite à prix réduits.Chemin de fer Intercolonial.—D.Pottinger.Fêtes de Noel.—J os.Hamel et Frères.Au Bon Marché.—N.Garneau.Avis spécial —Gingras A Langlois.Pour argent comptant seulement.—Behan Bros.Bazar du patronage.Cadeaux de Noel—I.P.Déry.I.e téléphone musical de Edison.Présents de haut gôut.—Joseph Donati.CANADA QUEBEC: 23 DECEMBRE 1SS1 Kst-cc mu* insulte au clergé Nous avons dit dans le numéro de mercredi qu'un révérend du comté de Portnettf avait été obligé de travailler jtour M.Langelier sous peine d'etre chassé de son église.Le fait est exact en tous points.Un ministre protestant, conservateur par tradition et peut-être aussi par conviction, s’était déclaré favorable à la candidature de M.Brousseau dès les premiers jours de la campagne élec torale.Huit jours plus tard, d’après les ordres reçus on sait d’où, il dut met tre de côté ses sympathies pour les reporter sur M.Langelier.Voilà le fait indéniable.Est-ce qu’en le racontant nous avons insulté le clergé protestant ?VElecteur prétend que oui, et nous prétendons que non ; à nos lecteurs de juger lequel des deux se trompe.L’idée de soulever le préjugé protestant contre nous perce trop souvent dans VEIecleur pour que nous nous y laissions prendre.Petit conseil «riiygléu© Nous avons conseillé aux personnes nerveuses de ne boire absolument que de l’eau.Nous avons aussi recommandé de ne donner que de l’eau pnre aux enfants bien constitués, et cela en regrettant de n’avoir ni le droit ni le pouvoir d’imposer ce liquide pour unique breuvage 5 plusieurs catégories de gens bien portants—lié quoi, l’eau est-elle donc une boisson si salutaire ?—Nous nous sommes montrés trop ami de l’eau pour vouloir en faire nous mêmes un éloge qui pourrait sembler exagéré ; nous préférons invoquer le témoignage des savants dant l’autorité ne saurait être contestée.“ Dans les conditions ordinaires d’habitation, de régime, d’activité physique et morale, dit M.Michel Lévy, il n’est pas de breuvage qui convienne mieux à l’homme que l’eau.L’eau ne stimule ni ne ralentit aucune fonction ; elle facilite l’accomplissement de toutes.Sous son influence, les révolutions des Ages s'opèrent en leur temps, sans secousse ni maladies." — “ Les buveurs d’eau, dit Ilaller, conservent mieux le goût, l’odorat, la vue et même la mémoire.” C’est à l’usage de l’e au pure depuis l’Age de 18 ans que ce grand physiologiste s’est cru redevable de l’intégrité de ses sens et surtout de sa vue, malgré le grand nombre de recherches microscopiques exécutées par lui en plein soleil.Ho Aman.mais en voilà certes assez pour convaincre les plus récalcitrants au régime de l’eau.On m’objectera peut-être cependant que l’eau pure est bien fade D’accord.Eh bien, nous sommes bon prince et pourvu qu’on en boive, nous permettons qu'on l'aromatise un peu.On pourra y faire macérer, c’est-à-dire infuser à froid, 1 pincée de fleurs de tilleul par carafe, ou 15 à 20 feuilles de camomille romaine ; soit encore 1 cuillerée à bouche de fleurs de houblon ou même quantité de fleurs et de feuilles de petit chêne, ou germandrée.Ce matin, à la chapelle du Sémi naire, Mgr B.Pàquet, a chanté le service pour le repos de l’a me de M.l’abbé Sax.Tous les M.du Séminaire, M.le curé de Québec, M.l’abbé Audet, de Sillery, et M.l’abbé Marois de l’Archevêché, assistaient au chœur.Les journaux catholiques italiens annoncent la mort du savant P.Ballerini, jésuite, professeur de théologie morale à l’université grégorienne.Le R.P.Ballerini né à Bologne, le 10 octobre 1805, est auteur du Sy/loge Moyivmentorum, publié pour la défense du dogme de lTmmaculée-Conception.Vieille lactique Le Courrier du Canada et Y Electeur sont aux prises.Il s’agit de savoir si le clergé a pris une part active riux dernières élections.Nous n’avons pas l’intention de nous mêler au débat, mais nous croyons que notre confrère du Courrier a parfaitement droit de prendre la défense des Messieurs que 1 Electeur attaque, et nous approuvons la position qu’il a prise.Au mépris des mandements, l’organe radical traîne certains prêtres devant le tribunal incompétent de l’opinion publique.S’il a à se plaindre d’eux pourquoi n’en appelle-t-il pas à l’ordinaire ?Si sa cause est bonne il ne doit pas craindre le jugement qui sera rendu.Il obtiendra justice, il peut en être certain.En attendant, puisqu’il se permet de villipender, d’insulter, d’aller même jusqu’à traiter de fou le curé deN.-P.du Mont-Carmel il faut bien que quelqu’un lui réponde.Les attaques sont portées dans et par la presse,il faut se servir du même moyen pour riposter.Attaque demande riposte.Depuis que la lutte est terminée,on dirait qu’il y a un parti pris parmi nos adversaires pour lancer les insinuations les plus malveillantes afin de faire sortir la presse conservatrice de la sage réserve quelle avait adoptée.Ces gens semblent croire qu’ils peuvent tout faire maintenant que l’impunité leur est acquise.Laissons les faire, laissons déborder le torrent.Us vont se montrer sous leurs véritables couleurs et ils se tueront eux-mêmes.Us n’ont pas mal commencé.Plue ils parleront, plus ils tempêteront, le mieux ça sera pour nous.Ces gens ne respectent rien.Ils regrettent de ne plus pouvoir poser en victime vis-à-visjdes sectes étrangères et ilsessaient de raviver ce seul moyen qu’ils avaient pour s'attirer leurs sympathies.C’est là le secret de toutes ces sorties déplacées.[Le Quotidien ) célèbres voleurs ont été capturés et pendus.^ À Colombus (Ohio), on a arrêté le nommé Newburgs, assistant secrétaire au bureau des Travaux publics ; sous accusation de faux dans 4000 pièces justificatives.La ville de Lexington (Kentucky) est envahie par les eaux, et le magnifique pont du chemin de fer est détruit.La petite vérole fait de grands ravages dans le Nord-Ouest.La nuit dernière, le feu a détruit le théâtre de Pensacola (Floride), ainsi qu’une usine attenante.Le procès Guiteau se continue; on dit que le prévenu perd peu à peu la confiance qu’il avait dans l’issue definitive.l/a floua ne «1 lu ooiilretiandc Non-seulement les autorités de la douane ont découvert qu’il existait un système de contrebande établi depuis longtemps par les employés des wagons Pullman, mais elle croit aussi avoir la preuve que la compagnie Pullman a introduit sans payer de droits, une quantité d’articles en usage dans les bureaux et dont elle garnissait ses wagons.L’honorable M.Bowell, ministre des douanes, est arrivé à Montréal mardi soir,et a eu des entrevues avec les principaux employés de la douane.La compagnie Pullman a, dit-on, retenu les services d’un avocat qui lui conseillait de ne rien livrer à la douane, et qui se préparait à demander aux tribunaux la restitution des articles déjà saisis.Le surintendant de la compagnie est parti hier de Détroit pour se rendre à Montréal.Les autorités de la douane s’adresseront aussi aux tribunaux, dit-on, pour obtenir le droit de faire des démarches qui devront leur procurer des preuves relativement à cette affaire.:tte triciic sur toute l’étendue de iiob côtes.Le conseil générai des points-ét-chaussées, de son côté, a donné un avis conforme aux conclusions de M.Un correspondant du Ch mairie déclare que les membres du Club-Cartier ont lait un excellent choix en choisissant M.Jean Blanchet comme leur président.“ C’est, dit-il, un homme d’expérience et à de bon jugement, et il remplira certainement les devoirs de sa charge avec la plus grande impartialité.” EDllOI’K FRANCE.Taris, 22 décembre 1881.—Beaucoup de titres du Canal de Panama ont été achetés pour le compte des Américains.Sa Grandeur Monseigneur l’Archevêque a ordonné qu’un Te Deum soit solennellement chanté dans toutes les églises et chapelles catholiques de VArchidiocèse, le Jour de l’An, pour remercier Dieu des grâces du Jubilé.Mercredi, à l’hôtel "Windsor, a eu lui une réunion des directeurs provisoires du nouveau Crédit-Mobilier franco canadien.Le mode d’organisation a été longuement discuté, ainsi que la nature des industries qui pourraient être l’objet de cette nouvelle organisation.L’assemblée était présidée par M.Chapleau.Etaient présents, avec M.Legru, MM.Garneau, Mousseau, Desjardins, Chapleau, Leckie,C.O.Perrault.MM.Lacoste, Globenski et Bisail-lon, ont été chargés de préparer l’acte d’incorporation qui sera demandé.Nous saluons avec plaisir l'apparition des Nouvelles Soirées Canadiennes dont le numéro-propectus, actuellement sous presse, sera distribué dans quelques jours.Les Nouvelles soirées Canadiennes seront publiées à Québec.Elles paraîtront le 1er et le 15 de chaque mois Les matières seront exclusivement du crû.La nouvelle revue compt era parmi scs rédacteurs nos premiers écrivains.La liste comprend les noms suivants ; Chauveau, Taché, Eouthier, Faucher de Saint Maurice, Tassé, Dann, Mar-mette, Gagnon, Bnies, Legendre, Fréchette, Suite, Achintre, Gérin-Lajoie, Dansereau, Provencher, Gélinas,Pren-/lergast, l’abbé Bruchési, Taché, etc.M.l’abbé Sax, par son testament, laisse une somme d’à peu près $45.000 pour des pensions en faveur d’élèves pauvres au Petit et au Grand Séminaire de Québec.M.Sax a en outre fait don au couvent de St-Romuald d’une somme de $7.000.SOUSCRIPTIONS Pour le monument de Monseigneur Cazcau (suite) Les missions des Révérendes Sœurs du Bon Pasteur.?15.00 Madame Veuve C.Langevin (2e envoi) .15.00 Les Dames Ursulines%(2e envoi).10.00 L’Institut Canadien.10.00 M.V.X.Plamondon.ptre*.10.00 M.F.X.Gosselin,’ptre.10.00 M.Claude Giguère.10.0q Le Juge J.T.-Taschereau .8.00 Le Maire de Québec.5.00 L’Honorable P.Garneau .5.00 M.J.G.Bouleau, Pire., (2e env.).5.00 M.Siméon Lesage .5.00 M.Théod.Dombroski .5.00 Les RR.PP.Rédemptoristes de ^ te* n n e.^ .00 M.J *13.Z.Bolduc, Ptre., (2e env.) 2.00 M.A.Bernier, Ptre.2.00 M.Victor Livernois.2.00 Rév.M.P.Dassyiva, Ptre.i.00 Rév.M.H.Paquet, Pire., (2e env.) 1.00 M.Ernest Gagnon.1.00 M.P.Lemay.1.00 Une amie.1.00 M.J.B.Gosselin, Ptre.0.50 Total.$128,50 Grand total.SCOi.OO (A suivre) ¦¦ ^ - VISITEURS FRANÇAIS Nous apprenons avec plaisir que la délégation française de Yorktown, ayant en tête le général Boulanger, visitera notre province la semaine prochaine.Les distingués visiteurs quitteront New-York mardi soir et arriveront à Montréal mercredi matin.Us feront le voyage dans le magnifique char officiel du chemin de fer du Nord, qui a été gracieusoment mis à leur disposition par M.Séné-cal.ANGLETERRE.Londres, 22 décembre.—Le ligueur MacLauchlin, arrêté hier, s’est échappé pendant la nuit.M.Kettle a été mis en liberté pour cause de santé.L’ “ United Ireland ” a été saisi aujourd’hui à Armah.MM.Biggar, Sexton,Lawlor, Û’Con nor et O’Donnell, députés, ont publié une adresse de gratitude pour les services rendus par la Ligue des dames.Les landlords réunis à Dublin con damnent la manière dont la loi agraire est appliquée, et demandent des compensations, et l’achat des Etats.Des ouvriers qui travaillaient aux réparations d’une église protestante à Aghaballogue (Cork), ont été attaqués, chassés du chantier, et poursuivis.L’amirauté va envoyer un vaisseau dans les eaux arctiques, à la recher che de l’explorateur Leigh Smith.ESPAGNE.Madrid, 22 décembre —L’arrestation et les aveux d’un employé des Postes a mis en évidence l’existence d’une bande de voleur et de faussaires ; G0 personnes ont été arrêtées.( ( 1-4 n:.Saint-Pétersbourg, 21 décembre.— Le 14 de septembre, trois habitants de Oulons, près du Cap Barkay, à 140 verstes ou kilomètres au nord du Cap Bikoff, ont découvert une embarcation montée par onze hommes de l’équipage de la Jeannette, qui avaient beaucoup soufi’ert du froid.“ Us ont porté cette nouvelle à Jaku-tez, siège du gouvernement de la Sibérie orientale.Aussitôt le gouverneur a envoyé son député avec un médechi et plusieurs autres personnes sur les lieux, avec ordres de ramener les naufragés à Jackutez.“ M.Melville a télégraphié à la légation américaine à Saint- Peters bourg, que la Jeannette avait été brisée par les glaces le 28 juin par le 77 degré de latitude nord, ét le 157 degré de longitude Est.Après que la Jeannette eut été brisée par les glaces, l’équipage a aban donné le vaisseau, et s’est embarqué dans les canots.A 150 milles de l’embouchure de la rivière Léna, les canots se sont éloignés les uns des autres pendant une forte tempête.“ Le canot N.3, commandé par M Melville, est arrivé le 29 septembre à l’embouchure de la Léna,où elle s’est trouvé arretée par des amas de glaces, près du village de Bolenenga, habité par des idolâtres.Le canot No 1 est aussi arrivé au môme endroit,comme une dépêche précédente l’a dit.taient rendues pour assister au service de M.Dumont.On remarquait dans l’église l'honorable M.C.A.P.Pelletier, C.M.G., sénateur, M.Adolphe Hamel, marchand, et bon nombre d’autres on et cou Tort pour le» maliulc» t,A.PANACÉE DK9 FAMtU.ES DK IIROWN n’a nas d’égale pour guérir les douleurs internes et externes.Elle guérit les don joukts DK PLAlsm, lours dans le côté, le dos ou les insles- ' OUETh UTILES tins, le mal de gorge, le rhumatisme, le J0ühTi9 iNslltUcriLb, mal de dents, le mal de reins etc., etc.• '’[.qupRes HABILLÏCES Elle purifiera le sang promptement car | ET NON HABILLÉES, son action est puissante La panacée domestique do Brown, est reconnue comme le meilleur remède, possédant double force (l’aucun autre élixir ou liniment dans le monde et devrait se trouver dans Présents de Noël et du Jour de I An toutes les ramilles afin dn l’avoir sous la main en tout temps, car c’est le meilleur nm1IR remède dans lo monde pour les crampes lflIlG A# dans l’estomac et douleurs do toutes 10r>( Ruo gt.jeall S° En vente chez tous les pharmaciens Coin ,io ln Ituo sic-Ur.ulc 25 cts la bouteille.I Q»«*l>oc, 1ï décembre 1881—tor.415 —KT— • EFFETS DE TOUTES SORTES —poun— Pour argent comptant seulement ! VENTE ANNUELLE Nous offrons les effets ci-bas 'mentionnés à 25 o/° au-dessous de leurs valeurs ! lîtoircs â Rideaux do tous genres.Polos Dorés et appareils complets.Tapis Brussels et Tapisserie.Tapis (Ingrain) Kcossais et d’Escaliers.Tapis iic Coco et Napier, Rugs, Nattes, etc., etc.Le meilleur Prélart Anglais, coupé de toute largeur jusqu’à 8 vgs.TOUR PRÉSENTS DK Kocl et du Jour «le l’Ait ! ! Etoiles à Robes.Indiennes.Châles de fantaisies Vestes, Nuages, Mitaines, Gants, Poignets, Cols, Cravates, Couvertures et Flanelles et Tweeds Ecossais tout laine depuis 45c on montant.Pour argent comptant seulement ! ! Behan Brothers.RUE BIADE, Haute - Ville, 40, rue St-Pierre, Basse Ville, Québec, Un immense assortiment d’objets propres pour Cadeaux de Noël et du Jour de l’An, —TELS QUE— Albums photographiques, reliés en cuir do Russie, Velours, Chagrin, etc., etc., do toutes grandeurs.Albums à dessin, [autographe], illuminées et autres genres tout i\J‘ail nouveaux.Albums pour fleurs découpées [scraps] grand assortiment.Boites A toilettes, riche garnitures.Boite9 pour Gants et mouchoirs.Boites a ouvrago, etc.Boites, Pupitres, etc.Boites do fantaisie avec papier et enveloppes des genres les plus nouveaux.Porte-monnaies et Bourses en cuir de Russie, etc., etc.Encriers en ver taillé, etc., etc , de toutes sortes.Grand assortiment de Livres do Prières et Chapelets monté on argent., etc.Cartes pour Noël et le Jour de l’An.&5pAU tlus bas prix.Voie?, et roi/ez par vous-même.I.P.DERY, LIBRAIRE.Québec, 13 décembre lSSl — 1 an.M Société
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.