Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 24 décembre 1881, samedi 24 décembre 1881
Meme Amice IMS—Ejdition mintidiemie—Xfomn Aiiiiaa SfliiiMli 24 Fleeetnhre 1 S NI JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JS OkOIS.J’ESPERE ET J’AIME Dr N.E.DIONNE, Rédacteur en Chef • ¦ » • * ' • .1 * * -1- LEGER BROUSSEAU, Editeur Propriétaire, revue generale (19 décembre 1881) France Lu grande question du véritable ’‘chef du pouvoir exécutif’’est, — nous le supposons du moins— close par cette réplique de la “ Paix, ” qui en définitive, aura le dernier mot : Nous avions trop présumé, paraît-il, de la “ République française, ” en admettant quels qualification qu’elle avait appliquée au premier ministre pouvait être, “ de sa part, une simple erreuf Ce journal la maintient, et déclare “ qu’il no serait pas embarrassé de la défendre ” ; mais, en fait, il ne la défend pas, ce qui lui serait d’ailleurs difficile, en présence du texte formel de l’article 7 de la loi constitutionnnelle du 25 février 1875, que nous lui avons opposé.Du reste, la “ République française ” ne discute pas.1311e s’en réfère, sur ce point de droit constitutionnel français, aux défenseurs qu’elle a trouvés, paraît-il, à l’étranger, et qu’elle ne nous fait pas connaître.Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est que, dans la presse française, elle n’a trouvé d’autres défenseurs que le Voltaire.La question de droit est jugée ; elle l’est de la même manière par tout le monde.Nous n’avons donc pas à continuer une discussion désormais inutile, et qui n’aurait de raison d'être que si nous nous trouvions en face de contradicteurs plus désintéressés.Hier ont eu lieu des élections supplémentaires à la chambre des députés.M.Clémenceau a été élu à Arles et dans la 2e circonscription du dix-huitième arrondissement de Taris.Il a opté pour ce dernier siège.M.Devès, ministre de l’agriculture, a été élu à Bagnères de Bi-gorre, département des Hautes-Pyrénées,contre M.Paul Fould, bonapartiste.M.Leydet, radical, a été élu à Aix, Bouches-du-Rhône.L’excédant des recettes sur les dépenses de cette année s’élèvera à 200 millions de.francs.Les crédits supplémentaires atteingnent 170 000 000.Il y aura donc au 1er janvier prochain une somme disponible de 80 millions de francs.Allemagne Les bruits qui ont couru ces jours derniers au sujet do la dissolution prochaine du reiehstag semblent tirer une confirmation d’un article de la “ Gazette de l’Allemagne du Nord : ” “ En apposant leurs signatures au ba9 du traité de fédération, les princes allemands ont voulu dire que l’Allemagne serait soumise à la direction de la Prusse, mais non pas qu’elle devrait se soumettre aux majorités changeantes qui peuvent se rencontrer dans le reiehstag.Les professeurs allemands et les provinciaux qui ont ruiné autrefois l’unité de l’Allemagne à l’église St-Paul à Francfort, et cela par haine de la dynastie et de la monarchie, feraient encore la même chose si on le leur permettait.Toutefois, il est du devoir de la nation, de protester à temps.” Leu accidents de chemins de fer III “ On oublie trop le développement énorme et imprévu qu’a pris depuis quelque temps le mouvement de transports sur certaines lignes françaises.De nouvelles voies son devenues et ont été reconnues nécessaires : il faut le temps de les exécuter.Les études, les autorisations, les expropriations, tout cela n’est pas l’ouvrage d’une année, il s’en faut.” Au reste, les Français sont parfois trop prêts à se déprécier eux-mêmes.La statistique des accidents de chemins de fer d 1 1859 à 1869 montre en effet un voyageur tué : En France, sur 13 383 014 voyageurs En Belgique, sur 13 000 032 — En Angleterre, sur 15 229 073 — Les chemins frauçais étaient donc à peu près sur la même ligne que les chemins belges et un peu au-dessous des chemins anglais, tandis que do 1862 à 1879, il y a eu un voyageur tué : En France, sur 27 879 000 voyageurs En Belgique, sur 25 289 421 — En Angleterre, sur 13 423 000 — Ainsi les chemins français ont pris, comme sûreté l’avance sur les chemins belges et ils sont do beaucoup supérieurs aux chemins au-glais.Dans le troisième et dernier point de son travail M.Bontoux passe en revue les moyens à mettre en œuvre pour rendre plus rares encore les accidents.Voici en résumé, ceux qu’il indique comme promettant d’approcher, quant à présent, le plus près possible du but.L’adoption générale des signaux électriques à cloche sur toutes les lignes à simple voie ; L’adoption des freins à air comprimé ; La construction de voies parallèles, bien préférables à la multiplication indéfinie de trains sur les mômes voies ; Enfin, l’application d’une discipline impitoyable au personnel des chemins de fer, discipline compensée par des salaires accrus.Tout cela est exposé et développé avec la netteté vigoureuse d’un homme qui connaît à fond son sujet, et le stylo précis et ferme rend bien la pensée.1 Voici la conclusion de cette remarquable étude, dont nos grandes compagnies de chemins de fer auraient tort de ne pas faire leur profit : “ Les questions qui touchent au personnel des chemins de fer sont des plus délicates.Quelques-unes des idées qui vont être énoncées sont très probablement en contradiction avec des opinions très répandus dans le public ; je crois, malgré cela, pou-voit les considérer comme plus pratiques que certaines théories à la mode d’aujourd’hui ; il est de mode, en effet, do déclamer contre le despotisme des directeurs des chemins de fer vis-à-vis du personnel ; on a proposé et on propose encore, dit-on, des projets de loi ayant pour but de régler les relations entre le personnel des mécaniciens et des conducteurs et les compagnies.Le point de vue auquel on se place est, à mon avis,erroné ; il y a quelque chose à faire, mais tout autre que ce que l’on veut faire.“ Le personnel employé sur les chemins de fer peut être, au point de vue spécial de cette étude, divisé en deux catégories.L’une, la seule dont il y ait lieu de s’occuper ici,comprend tout les agents dant le service touche à la sécurité do la circulation, mécaniciens, conducteurs, aiguilleurs, les hommes chargés des signaux, enfin les employés de gare attachés à un titre quelconque au service du mouvement des trains.“ Ce personnel-là, entre les mains duquel repose la sécurité des centaines de millions de voyageurs qui circulent annuellement sur les chemins de fer français, doit être soumis à une discipline d’acier, et d’acier trempé.Pour tout ce qui touche à la sécurité des trains, le service d’un çhemin de fer doit être assimilé au service à bord d’un navire ; la régularité absolue, permanente, qui est la condition !l sine qua non ” do la sécurité, ne peut s’obtenir que d’hommes sachant bien qu’une faute ne sera pas par-donnée.“ Tout agent qui commet une infraction aux règlements de sécurité devrait être immédiatement ou renvoyé, ou placé dans un autre service, même, bien entendu, si la faute n’a pas eu de conséquence.C’est un devoir vis-à-vis du public.“ Une aiguille est mal faite, un signal n’est pas fait ou n’est pas respecté, une gare n’est pas ouverte en temps utile ; il n’y a pas eu d’accident : pour une cause ou pour une autre, il a pu être évité ; les voyageurs du train en danger ne s’en sont pas même aperçus : l’agent coupable doit être éloigné.Il ne l’est pas ; huit ou dix jours après, il retombe dans la même faute ; un accident arrive, et l’enquête démontre que l’agent fautif était dans le cas de récidive : n’y-a-il pas là une resposabilité supérieure engagée ?“ On dira que c’est de la barbarie et du despotisme de punir aussi sévèrement un homme qui s’est trompé lorsque son erreur n’a pas eu de conséquence fatale ; c’est là une théorie fausse : on oublie trop les millions de voyageurs exposés à des accidents terribles par les fautes possibles de quelques milliers d’hommes.Nul n’est forcé d’entrer dans ce service, spécial ; ceux qui y entrent doivent en connaître et en accepter les conditions.“ Et d’ailleurs, j’ai hâte de le dire, ce personnel-là devrait être rémunéré tout autrement que le personnel dont, le travail n'a qu’un intérêt d’ordre pécuniaire ; l’homme chargé de manœuvrer une aiguille ou un signal devrait être payé beaucoup plus que l’homme chargé de manipuler des marchandises ou des wagons.Les catholiques allemands Les journaux gueux se sont efforcés d’amoindrir le succès des catholiques dans les élections allemandes.Voici quelle est, sur cette question, l’opinion d’un journal fort peu “ clérical ”, la “ Gazette d’Augsbourg : ” '• Le parti du centre (les députés catholiques) est devenu pour tout de bon le centre de la politique allemande ; voilà le résultat saillant des élections du 27 octobre, résultat que reconnaissent et les gouvernementaux et les conservateurs de la “ Gazette de la Croix, ” car ils expriment l’espoir que le centre sera raisonnable, et qu’il n’aura pas de trop grandes exigences.“ La preuve que c’est là une inspiration officieuse, c’est une note adressée à la “ Correspondance politique ” de Vienne, et reproduite par la “ Gazette de l’Allemagne du Nord ”, dans cette note on met devant les yeux du centre, pour le cas où il se conduira bien, la perspective d’occuper la place que le parti national-libéral a occupée pendant douze ans, mais on menace de la colère du chancelier ce même centre, s’il veut se comporter en maître de la situation.'¦, “ Ainsi nous en sommes déjà là ! Le centre, à lui seul, en y comprenant les “ guelfes ” (séparatistes) auxquels il donne l’hospitalité, peut compter sur 110 voix; à quoi viennent s’ajouter les Polonais et les Alsaciehs-Lor-rains, qui tous,—ce que les officieux font encore ressortir,—marchent avec le centre dans les questions religieuses, et cela donne une armée de 140 voix.“ Pour former la majorité il n’en faut plus que 59, qui peuvent être fournies, peut-être, par les conservateurs seuls sans compter le “ parti impérial.” C’est là, sans doute, une position très-satisfaisante., pour le centre, s’entend.” marifi Magazine de 1746, la maison deM.Pearson fut attaquée par des émeutiers, qui démoliront le toit de la chapelle, abattirent les portes, les fenêtres et le vestiaire, et.firent un feu joie des débris, des livres et des vêtements au milieu do la place du Marché ! aux cris de : God save the king George ! et à bas la messe ! Les descendants protestants de ce forcenés, ajoute le Tablet, ont choisi, par un instinct de réparation, un ministre du culte catholique comme membre du School Board.Puissent nos gueux s'instruire par cet exemple.Un rapprochement Le Tablet de Londres rappelle, dans son numéro du 29 octobre, les scènes de sauvagerie par lesquelles se signalèrent, au XVIIIe siècle, les protestants auglais à l’égard des catholiques,scènes semblables à celles auxquelles se livrèrent les gueux dans les Pays-Bas, et que renouvellent les gueux modernes, comme on on a eu la preuve à Courtrai, à Ingolmuns-ter et à Contich, à l’accasion des dernières élections communales.Mais la feuille catholique anglaise fait voir le contraste qui se présente en Angleterre entre la conduite des protestants des temps passés et de ceux des temps actuels.Voici comment le Tablet fait ressortir le contraste que présentent les deux situations : AStokesley, près de Middlesborough, a ou lieu dernièrement l’élection des membres du School Board ou comité scolaire.Le Rév.Laurent MacGonnell, prêtre catholique, a été élu membro de ce comité par 209 voix, dont la grande majorité était formée de protestants.Voici en quoi consiste le contraste dont il sagit.Dans cette même localité, il y a 135 ans, d’après le Gentlc- Ftiyez les cabarets La commune d’Argenteuil, près Paris, est sous le coup d’une vive émotion.A la suite d’une querelle survenue le 5 décembre entre des Français et des Italiens, ceux-ci ont joué du couteau et tué deux de leurs adversaires.Le fait s’est passé à trois heures de l’après-midi, à quelques pas d’un débit de vin à l’enseigne : “ Aux deux cigares,” tenu par M.Bedoin.La querelle prit naissance à propos d’un coup contesté dans une partie de billard.Des mots on en vint aux mains.Des douze ouvriers, six Français, six Italiens, mis à la porto du café par le propriétaire, se rendirent sous le pont du chemin de fer, et le combat commença.Il avait été convenu qu’on se battrait à coups de poing, mais un Italien sortit un couteau et eu frappa dès le début de ]' lutte son adversaere nommé Grison.Le malheureux, atteint en pleine poitrine, tomba.Cinq Italiens prirent la fuite, laissant leur compa- \ triote aux mains des autres ouvriers.Cet individu, nommé Montoni, réussit à se frayer un passage, et se sauva dans la direction d’Enghien.j Un charretier, nommé Château, ; conduisant une voiture de charbon, ! voulut l’arrêter, mais Montoni lui planta son couteau dans la poitrine.Le coup Jut si violent que la lame traversa le cœur de l’infortuné voiturier, qui tomba foudroyé.Grison, atteint mortellement, eut encore la force de se rendra chez le marchand de vin, M.Bedoin, où il ne tarda pas à rendre le dernier soupir.Les gens que la bataille avait attirés se mirent à la poursuite do l’Italien., Montoni est enfin arrêté et désarmé 1 sans donner un seul mot d’explications.La foule s’amasse, l’entoure, l’enlève, et eu un instant il est assailli de coups de poings, de pierres et enfin de coups de couteau dans le dos.Montoni a été transporté à l’hôpital d’Argenteuil en mémo temps que les cadavres de ses deux victimes.Son état est des plus graves.OÊOOIUPAIE .lOl.L.VNDE, ESPAGNE, JAPON, AN NAM, mill'll.Le royaume de Hollande ou îles Pays-IIas, qui est au llr rang des grandes Pujssanccs, présente un cas analogue à celui de l’empire Britannique : ce der- nier n’a dans la métropole que la 9' partie de sa population totale, et la Hollande n’en a que la 7" partie.On compte en effet, î millions d’habitants dans la JIol lande proprement dite, et 24 millions et demi dans ses colonies océaniennes ; la Puissance se complète par 110 mille habitants, répandus dans la Guyane hollandaise et quelques-unes des îles Antilles.Dans la Hollande proprement dite, les catholiques forment le tiers de la population, et la hiérarchie catholique y est rétablie.Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle ; mais l’administration des colonies relève du roi seul, ce qui rend la marche de leurs affaires indépendante des troubles et des mouvements inhérents au régime constitutionnel.Le royaume des Pays-Bas est divisé en 11 provinces.Sa capitale est Amsterdam, ville de 290 mille habitants ; mais le gouvernement réside à La Haye, qui a lüi mille habitants.Le pays est bien cultivé, et l'industrie y prospère.L’indépendance de" la Hollande date de l'an 1559, et sa constitution en royaume, de l’année 1800 ; son roi actuel Guillaume III, gouverne depuis 1819.Le royaume d’Espai/ne est au 12" raiv des grandes Puissances : il renferme 17 millions d habitants dans la métropole 7 millions et demi en Océanie, 2 millions en Amérique, et 31t mille en Afrique.Le royaume d’Espagne a été formé en 1-j79.par la réunion de plusieurs états particuliers.Le roi actuel, Alnhonse XII gouverne depuis 1875.L'Espagne est divisée, au point de vue militaire, en 12 capitaineries, et au point de vue administratif, en 48 provinces La capitale, Madrid, a 237 mille habitants.Le gouvernement est constitutionnel.En dehors de l'Europe, il y a quatre états qui entrent dans la liste' des grandes Puissances, savoir : deux en Amérique des Etats-Unis et le Brésil) et deux en Asie (le Japon et l’empire d’Annam).Le Japon est au 9” rang de la liste générale, ayant une population do 3î millions d’habitants.C’est un pays complètement insulaire, situé à l’Est de la Chine, et fort avancé dans l’industrie et la civilisation.Longtemps fermé aux Européens, il commence enfin à entrer en relation avec les étrangers, et il faut espérer que ce sera au profit de la civilisation chrétienne et du pays lui-même.La capitale, \édo, a 590 mille habitants.L’empire d’Annam a 21 millions d’habitants ; il est situé au sud-est de l’Asie et touche la .Chine, le royaume de Siam! la Cochinchine française et la mer de Chine ; il est divisé en 0 régions ; la plus septentrionale est le Tonquin, fameux par les inaityrs qui sont morts en témoignage de la foi catholique.L’empire est lié par deux traités conclus avec la fiance, l’un en 1806, l’autre en 18G7 La capitale, Hué, a 50 mille habitants.Le Brésil clôt la liste des Puissances qui atteignent 10 millions d’habitants : il en a 11 millions.C'est une très grande contrée del Amérique méridionale, donnant a 1 Est sur 1 océan Atlantique, et touchant les trois Gnyanes, le V’éné-zuéla, la Colombie, l'Equateur, le Pérou la Bolivie, le Paraguay, la Plata et IL ruguay.Ancienne colonie portugaise, le Brésil forme, depuis 1822, un empire constitutionnel divisé en 20 provinces ; c’est le seul état monarchique du Nouveau Momie.Sous le rapport ecclésiastique, il comprend 9 diocèses, relevant de l’archevêque de Bahia.C'est dans le Brésil que se trouve le fameux (louve des Amazones.qui est le 3" de l’Univers.La capitale, Bio-de-Janeiro, a 275 mille habitants ; Bahia en a 129 mille Pernambuco 117 mille Feuilleton du COURRIER DU CANADA o 4 Décembre, 1881.—No 4 i Par Raoul de Navery.—Ma mère, lui dit-il, jo crains de vous causer de la peine.11 la regarda pour trouver dans ses yeux un encouragement.Il n’y vit rien qu’un regard fixe et froid.—Je voudrais.il me semble.Mme Antoine semblait être de marbre, tant elle était pâle et immobile.Henri cherchait ses mots, il ne les trouvait pa9 ; il eût voulu n’avoir rien dit, il ne pouvait ni achever, ni s’arrêter.II continua : —A mon âge.il serait peut-être convenable que.Enfin, il se leva, se redressa, et dit : —Il me semble, ma mère, qu’il serait temps que j’apprisse enfin quelque chose du monde.Henri de Robnr ne put se défendro d’un sentiment extrêmement douloureux quand il vit l’émotion profonde que ses paroles produisaient snr sa mère.Celle-ci avait fixé sur lui des yeux étincelants et gonllés ; le feu d’une colère sauvage brillait au travers des larmes.Après un moment de silence, elle se leva : —Monsieur, dit-elle, avec un accent de dureté, vous êtes maître do votre ; personne et de votre patrimoine.Au siècle où nous vivons, il y a longtemps qu’il est de mode de ne plus respecter ceux desquels on tient la vie.Demon temps, il en était autrement.Henri de Robur est libre d’aller où il lui convient.Qui le retiendrait ?Serait-ce la pensée de laisser au fond d’un vieux château de Provence, isolé et désert, sa mère âgée, souvent malade ?—Ma mère ! .murmura le jeune homme.—J’cn ai dit trop .long, interrompit Mme do Robur.—Ma mère ! reprit Henri, en mettant dans son accent toutes les supplications do la tendresse.—Monsieur, jo «vous prie de vous retirer.Et la vieille femme resta seule, frémissante de colère et de douleur.Son fils lui échappait.Il y avait bien de l’égoïsme dans cet amour, mais y avait aussi dans oette ténacité inflexible la profondeur d’un immense amour maternel.Le lendemain Henri fit ses préparatifs de départ.1 Vingt fois, durant cette intermi- nable journée, Henri fut le point de renoncer à ses projets, et de faire à son impérieuse mère le sacrifice de sa liberté.III A PARIS îü Il avait un tel effroi de la volonté acérée sous laquelle avait plié son enfance, qu’il n’osait aborder sa mère pour s’avouer vaincu.Vers le soir le curé vint au château.—Faut-il que je reste ?lui demanda Henri, ému, ébranlé.—Oui, lui dit l’homme de Dieu, si vous vous sentez la force de ne jamais reprocher à votre mère le sacrifice ue vous allez lui faire.Mais si.on, monsieur Henri, ne prenez pas un fardeau que vous ne sauriez porter.Le prêtre connaissait le caractère faible du jeune homme.Il savait combien cette âme, facile aux sentiments tendres, était incapable d’une résolution brusque.Le surlendemain, Henri de Robur, suivi d’un de ses.domestiques, quittait lo château où il avait grandi.Quand il franchit la colline qui fermait l’horizon du château de Robur, cette colline, sur les flancs de laquelle son père était mort, le cœur du jeune homme fut saisi d’une vivo émotion.Il laissait derrière lui sa jeunesse : il entrait dans uno vie nouvelle.Henri de Robur trouva à Paris tout ce qu’il y avait rêvé.Dès que cette nature ardente eût échappé à la servitude maternelle, elle se jeta dans les excès d’une vie indépendante.Il se livra au tourbillon des plaisirs avec la fougue et les emportements d’une nature méridionale, mal préparée aux luttes de la vie dans la solitude, mal contenue par un caractère faible.Il était parti avec l’intention de passer quelques mois seulement, loin de sa mère.Dix mois s’étaient écoulés depuis qu’il avait quitté le château de Robur ; il était encore à Taris.Les lettres qu’il recevait de sa mère étaiont rares, sèches, froides.Leur laconisme le troublait plus que des reproches ne l’eussent fait.Chacune de ces lettres le gênait ; il craignait de les ouvrir.Il en garda ainsi une pendant trois jours sans en rompre le cachet ; il l’ouvrit, il apprit que sa mère était souffrante.Une autre lettre, reçue le lendemain, et qu’il ouvrit en toute hâte, lui disait que la maladie était gravo.Il partit immédiatement.Quand il pénétra dans la grande salle dont la porte était ouverte, il se trouva en face d’un cercueil.Son âme fut profondément troublée par le remords.Il s'accusa d’avoir été cruel pour elle ; il s’accusa d’avoir hâté sa mort.Pour expier son ingratitude, il se condamna à rester pendant six mois clans ses terres.Ses amis, inquiets de sa retraite, accoururent le surprendre dans la saison des chasses.Ou tira des iaisans, on traqua clos sangliers, on força clos cerfs.Une existence pleine do mouvement et de bruit réveilla Henri de Robnr de sa léthargique douleur.Au bout de trois mois, il estima qu’il venait de réaliser dans le pays tout le bien dont il était capable.Un legs de sa mère fondait un hospice ; Robur on posa la premièro pierre, donna une cloche à l’église du village, et se laissa persuader qu’il s'était conduit en fils respectueux et en bon chrétien.—A moins quo tu ne veuilles couronner des rosières, lui dit un jour en riant son meilleur ami, Nysus do Meillac, jo ne sais pas ce que tu peux faire dans ton château, dans tes bois où nous n’avons plus à cueillir que des noisettes, et dans tes champs où la charrue vient do passer.Le carnaval t’invite gaiement à Paris, te voilà trois fois riche, prouve-nous à tous que nous ne sommes que des gaspilleurs d’argent sans invention et sans esprit.Nysus connaissait la faiblesse et l’orgueil d’Henri, il le fit céder.A partir de eo moment jusqu’à l’é- poque de son mariage, la vie de M.de Robur fut un enchaînement de folies occupant ses heures sans les remplir.Il dut la moitié de ses succès à clos fournisseurs.Parmi les jeunes hommes élégants clans la société desquels vivait Henri de Robur, l’un des plus distingués, était assurément Gustave do Veimar; c était un homme du même Age que Henri, plus grave que les autres compagnons.Il passait la nuit au jeu et ne craignait pas les soupers, mais il avait des retours vers la solitude, les employait à des travaux utiles, et ne permettait pas au plaisir d’altérer complètement son intelligence.S’il laissait couler lo torrent des passions, il l’endiguait quelquefois.Du reste,il ne cachait pas à ses compagnons de plaisir que vers trente ans il so rangerait, qu’il choisirait une femme et lui resterait complètement fidèle.Gustave de Veimar persuada donc à Henri qu’il devait se marier.Celui-ci, lassé, fatigué, saturé de tout, aspirait au repos.Gustave lui représenta la dignité d’un intérieur présidé, embelli par une jeune femme dont il aurait été le seul rêve, dont il resterait l’unique amour, il peignit cotte idéale créature avec .un pinceau de maître,et finit par déterminer son ami à renouveler sa vie.(/I suivre) LIS COURRIER ül CANADA SOMMAIRE Itevuo générale.Les accidents de ciicmin de fer lies catholiques allemands Un rapprochement Fuyez les cabarets Fkiuli.kton :—Madame do Hohur Historique de la fête do Noel Conférence de M.Chapats Les délégués français Le Crédit foncier Europe.Amérique.Petites nouvelles.(/I suivre.) ANNONCES NOUVELLES Cadeaux ! Cadeaux !—Renaud & Cie.Vente «les bancs à la Basilique.fouets mécaniques.—Mlle A.Molir.Verres à bière, etc., etc.—Peverley A Cie.Chemin de fer intercolonial.—O.Pottinger.Fêtes de Noël.—Jos.Hamel et Frères.Au Bon Marché.—N.Carneau.Avis spécial —Gingras A Langlois.Pour argent comptant seulement.—Behan Bros.Bazar du patronage.Cadeaux de Noël—1.P.Bérv.I.e téléphone musical «le Edison, Présents de haut gôut.—Joseph Donali.CANADA QUEBEC, 24 DECEMBRE 1SS1 Commence «le M.Clutpaix C LASSI QU ES ET T\OM ANTI Q U ES.L’Institut canadien a droit d’etre lier ; dans ses annales déjà si riches, il pourra enregistrer une œuvre de maître.Nous ne venons pas seulement féliciter AI.Thomas Chapais de sa conférence, nous Ven remercions du fond du cœur.Au lieu d’un pale résumé, nous voudrions pouvoir mettre sous les veux de nos lecteurs tout ce beau travail, fruit de lectures nombreuses et de Ion crues méditations, si solide dans le fond, si brillant dans la forme, si juste et si impartial dans les appréciations, si plein de la pensée chrétienne.Le cadre embrassé était immense : M.Chapais l'a rempli à merveille, faisant à chaque auteur la paTt qui lui convenait.Le critique s’est montré tour à tour historien, philosophe, orateur ; il a instruit, il a charmé, il a touché, 11 a enthousiasmé parfois.L’auditoire d’élite qui l’a si souvent et si chaleareusement applaudi avouera qu’aucun de ces éloges n’est exagéré.Nous sommes tout d’abord introduits dans le salon d’une noble marquise de Paris, au commencement de la seconde restauration.Il y avait là des ambassadeurs, des poètes, des artistes, des femmes élégantes et spirituelles, en un mot, l’élite de la société parisienne.La beauté souriait an talent, l’esprit faisait fête au génie ; les parures, les fleurs, les lumières, l’harmonie,tout contribuait à faire de la soirée de madame la marquise une fête magnifique et charmante.Soudain, -les causeries s’interrompent, l’orchestre devient muet, et un jeune homme d’une tournure aristocratiqne acquiesçant à la demande de la reine du logis, s’appuie sur le marbre d’une cheminée et laisse tomber de ses lèvres les vers suivants : Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle, emportés sans retour, Ne pouvons-nous jamais sur l’Océan des âges Jeter l'ancre un seul jour?Et le jeune homme récite ainsi jusqu’à la dernière strophe, devant son auditoire émerveillé, cette élégie admirable que tout le monde sait par cœur.Au milieu des applaudissements, un des auditeurs s’avance vers le poète : “ Qui êtes-vous donc, vous qui nous apportez de tels vers ?” Cet interlocuteur enthousiaste c’était M.'Villemain, et le jeune homme dont la renommée allait bientôt se répandre en France et dans le monde en.tier, c’était Alphonse de Lamartine.Après cette brillante entrée en matière, le conférencier revient sur ses pas.Cette poésie nouvelle, si chaude, si vive, prenant sa source au plus profond de l’être humain, était bien la poésie qui répondait à l’état des esprits et des cœurs, au commencement du dix-neuvième siècle.Mais par quelles transformations avait passé la littérature avant d’arriver à cette phase nouvelle ?C’est ce qu’étudie M.Chapais.Après avoir jeté un rapide coup d’œil sur les origines de la langue, et dit un mot des chroniqueurs du XIII et du XlVe Biècle : Joinville, Frois-sard, et Villehardouin ; après avoir mentionné an XYIe siècle Saint-Gelais, Clément Marot et Rabelais, il arrive au grand siècle, et quel tablean il nous en fait ! Que do gloires, que de génies se tronvent alors réunis autour du trône de Louis le Grand ! Il y avait des généraux, et ces généraux s’appelaient Condé et Turenne ; il y avait des ministifs de la grandeur royale, et ces ministres étaient Colbert et Loiu'ois.Il y avait des poètes, et ces poètes avaient nom Corneille, Racine, Boileau, LaFontaine et Molière.Il y avait des orateurs et c’étaient Bourdaloue, Massillon et Bossuet.L’Europe s’inclinait devant la France comme devant la première nation du monde.Ah ! Messieurs, s’est écrié le coniérencier, c’était une belle époque, et quand on s’arrête à la contempler nn peu, on est bien forcé de convenir que tout n’était pas ténèbre dans notre ancienne mère - patrie avant 1789 ! Alors, M.Chapais étudie la littérature de ce grand siècle, et lui donne tous les éloges qu’elle mérite.Huons fait successivement admirer les trois qualités maîtresses qui brillaient dans ses œuvres : la correction, la clarté, la majesté.On goûte cette langue comme on savoure un fruit mûr.Ces auteurs étaient tons, ou presque tous, des citovens honnêtes et de vrais m chrétiens ; leur style échappe à cette loi vengeresse ainsi formulée par Boileau : L?vers se î.ont tonjour> «les ba-sesses «lu c«i*ur.Dans les monuments littéraires qu’il ont laissés, on sent couler un souflle vivifiant, ou en admire la structure majestueuse et la perfection des détails.Cependant, M.Chapais met des réserves à ses louanges : il fait à la littérature classique trois reproches que nous trouvons parfaitement fondés.Elle n’est pas assez humaine : tout ce monde invisible de joies, de douleurs,de tendresses, de désirs et d’enthousiasme que nous portons en en nous mêmes, lui semble inconnu, elle ne s’occupe ni de la vie intime, ni des pures donceurs du foyer domestique, elle ne se penche pas assez vers les petits et les pauvres.Elle n’est pas assez nationale.Qui a célébré les gloires immortelles de la France ?Qui a chanté Charlemagne, saint Louis et Jeanne d’Arc ?Aussi, comme l’a écrit Madame de Staël, les chefs-d’œuvre du XVIIe siècle ne sont pas populaires, et la raison qu’elle en donne, c’est que, les arts, en France, ne sont pas comme ailleurs natifs du pays même où leur beauté se développe.Enfin, cette littérature classique n’est pas assez chrétienne ; pour la comprendre il faut avoir sous la main le dictionnaire de la fable, elle vit trop dans l’Olympe.L’historien continue.L’époque glorieuse s’en va, les génies disparaissent, les uns après les autres, et Louis XIV part le dernier,comme s’il eût été destiné à conduire le deuil de ses illustres contemporains.Le siècle qui suit est un siècle de décadence, et Voltaire, pour le juger, écrit cette parole : “ Nous sommes médiocres en tout genre, nous n’avons aujourd’hui que l’Opéra-comiqnc et mademoiselle Duchapt.” Mais voici la Révolution ; le sang d’un toi, des princesses, des nobles, des poètes, rougit le sol de la France ; puis vient la Convention, pais le Directoire, et un'soldat paraît tout à coup, précédé deB souvenirs de Rivoli et d’Aboukir ; il vient museler tous les tigres, et bâillonner tous les rhéteurs.Les premiers échos du XIXe siècle retentissent du nom et de la gloire de Napoléon ; le consulat commence son œuvre réparatrice, et la France respire.Mais la société sentait alors un besoin de religion d’idéal et de poésie, que les monotones versificateurs du siècle précédent ne pouvaient pas satisfaire.AIots, Châteaubriand rentra en France, avec un livre qui fit courir d’un bout à l’autre de sa patrie,un frémissement d’émotion et d’enthousiasme.C’était, le réveil, c’était l’aurore.Madame de Staël suivit, révélant à la France Klopstock, Gœthe et Schiller.C’étail, il est vrai, le temps des batailles et des grandes victoires ; les soldats de Bonaparte écrivaient avec leurs armes cette épopée gigantesque qui durant quinze années tint l’univers en suspens.Mais après les triomphes, vint la défaite, l’aigle blessé fut fait captif ; c’est à ce moment qne parurent les poètes de notre âge, c’est alors que le romantisme naquit.Lamartine dans ses Méditations et ses Harmonies faisait entendre ces accents inconnus qui passionnaient les âmes de ses contemporains.Une nouvelle école se forma, et bientôt, un homme qui avait l’audace des conceptions, le Bouffie héroïque, une originalité puissante en prit le commandement : c’était M.Victor Hugo.Lamartine avait cultivé surtout la poésie intime, Victor Hugo fit vibrer davantage la corde patriotique ; autour de lui vinrent se ranger comme autour d’un chef les deux Deschamps, Alfred do \ igny, Sainte-Beuve, Alfred do Musset.Que voulait le romautismo ?Il voulait rompre avec les élégances convenues et les termes usés, se faire l’écho des sentiments intimes et des impressions personnelles, briser en même temps la monotonie du vers alexandrin, en déplaçant plus souvent la césure, introduire dans la langue des images neuves et des locutions pittoresques qui, jusqu’alors, en avaient été bannies.Comment a-t-il rempli le programme qu’il s’était tracé ?M.Chapais répond à cette question en étudiant les œuvres des anteurs romantiques.comme il a étudié celles des écrivains du grand siècle : il nous en lait remarquer les qualités et les défauts.Il loue la nouvelle, école de la réforme qu’elle a tentée, il la blâme d’avoir outrepassé les bornes, et de s’être jetée dans des excès qui feront à jamais sa honte.IL admire chez elle le pittoresque et l’éclat des images, la sonorité du vers, la variété de la mesure, la hardiesse, la liberté et la nouveauté des conceptions.Il censure la violation du génie de la langue,l’emploi des expressions triviales, le brisement du rythme, la fantaisie sans frein qui ‘conduit à la confusion des idées.Ces défauts déplorables, M.Chapais nous les fait toucher du doigt dans un morceau tiré des contemplations de M.V.Hugo, et où le chef romantique fait lui-même le bulletin de sa campagne dans la langue qu’il se glorifie d’avoir créée.Après cette étude sérieuse, le conférencier se prononce contre l’exclusivisme littéraire.Lequel des deux genres faut-il choisir ?Ni l’un ni l’autre, dit-il ; l’écrivain, qui s’inspirant des deux, saurait en combiner les beautés, serait bien près de la perfection ; et cet écrivain,M.Chapais le reconnaît dans M.Louis Veuillot.Ce nom fat accueilli par des applaudissements unanimes.Nous avons peut-être dépassé les limites d’un compte-rendu ; mais nous avons tenu à donner au lecteur, une idée fidèle quoique imparfaite de la conférence de M.Chapais.En terminant, M.Chapais citait parmi les morts, les noms des écrivains distingues, dos poètes, des orateurs quo notre jeune pays a déjà produits, et il exprimait l’espoir de voir d’autres hommes de parole, de style et et d’inspiration, élever à la gloire de la patrie canadienne un monument pins durable que le bronze.Et nous, en entendant sa parole émue, lions nons disions avec la joie d’un compatriote et l’orgueil d’un ami : Mais lui aussi sera une de nos gloires ou plutôt il en est une déjà ! Et il n’a que vingt-trois ans ! Historique «le la lelc «le No«tl La grande fête de Noël est arrivée, et l’Église abandonnant les chants lugubres de la pénitence, va faire entendre les hymnes de l’allégresse, pour saluer la naissance du Fils de Dieu.Dans cette série de fêtes qni composent l’année ecclésiastique, par laquelle l’Église ranime notre foi, en nous proposant des mystères à honorer, il n’en est guère do plus ancienne que la fête de la Nativité de Jésus-Christ, que nons appelons Noël.Il n’y en a point eu aussi de plus solennelle, après celle de Pâques et de la Pentecôte, pour ce qui concerne l’ordre religieux, point de plus célèbre dans les vieilles chroniques de notre histoire.Ce ne serait pas chose facile que de préciser le temps où cette fête de Noël fut instituée dans l’Église.Saint-Augustin parlant des fêtes qui s’observaient de son temps par toute la terre, et que l’on regardait comme établies par les apôtres, ne fait aucune mention de celle de Noël ; d’où l’on doit conclure que quelque célèbre que fût cette fête, on ne la tenait pas comme d’institution apostolique.Cependant, d’après le sentiment général basé sur la tradition, elle est | antérieure au concile de Nicée.Les écrits de saint Clément d’Âleïandrio prouvent qu’elle n’était pas encore publiquement établie, au moins en Égypte, au commencement dn troisième siècle.Saint-.Tean Chrysostômo prêcha pour la première fois à la fête de la Nativité, introduite depuis peu à Antioche, en 887, à l’imitation des Églises d’Occident.Fort longtemps aussi il y «ut diversité dans ïb manière de célébrer cette fête, et dans le choix du jour de sa célébration.Les écrits des premiers siècles sont remplis de disputes et de commentaires à son sujet.Toutefois, la tradition la plus sûre et la plus constante, c’est que le Fils de Dieu naquit le 25 décembre, et selon le sentiment le plus probable, la quarantième année julienne, la 748e de la fondation de Rome.Dans l’Église ri „ a Surintendant en chef.cliteiTannee et New- Québec, 18 novembre 1881.1105 «Y j I Ligne de Steamers DE LA -y CHEMIN DE FER Québec et du Lac St-Jean A PARTIR du 3 novembre, les trains pour le fret et les passagers circuleront comme suit (les dimanches exceptés).Allant au Nord.Quitteront la Station du Palais, Québec.3.30 P.M.Arriveront à St-Ravmond.6.15 P.M.Allant au Sud.Quitteront SURavmond.6.30 A.M.Arriveront à Quebec.9 15 A.M.Arrêtant à la Petite Rivière, Ancienne Lorette, St-Ambroise.Scieries de Connolly, St-Gabriel, lac SLJoseph, lac Sergent, Bourg-Louis, et Ste-Catberine.tfaTLe service des trains se fera sur l’heure rie Montréal.Le fret est reçu et les billets sont vendus à la station du chemin de fer Q.M.O.A O., au Palais.J.G.SCOTT, Secrétaire.MM.Love et Alden, agents pour les billets, en face do l’iiôtel St-Louis.Québec, 3 novembre 1881.366 ES .STEAMERS DE CETTE LIGNE SONTj: EG ADI, SOLUNIO, PELORO, VINCENZO FLORIO, WASHINGTON, de 2500 à 4000 tonneaux, construits en fer, avec compartiments, et toutes les améliorations mo dernes pour le confort et la 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New-York.Québec, 25 murs 1880.997 le mois de juin 1882.Il y a un médecin et une garde-malade sur chaque steamer.Pour plus amples informations s’adresser ù L.XV, MORRIS, Broodway, New-York.A Québec, à M.BROWN, , Agent pour le Canada.No 153, Hue St-Pierre.Québec, 57 septembre 1881—lan.O Maisons Spéciales pour Fournitures aux Etaoliuements VKS DE MESSE Susdit APPROUVÉ .par Sa Grandeur Mgi D2 MONTREAL 968, Rue Notre-Dame MONTREAL t.B.LANCTOT.IMPORTATION Saps Noirs Mérinos «T Soutanes sur DB Calices, Ciboires, Burettes, Ostensoirs, Chandeliers, Lampes, Encensoirs, Bénitiers, Fontaines à Baptême, Cha-snblerie, Or fè vre rie, Chapelets, Médailles, Fleurs artificielles, Lustres à cristaux, Candélabres, Encens, Harmo-Comman^«Juimos, Etc., '°* FABRICATION DB Statues Religieuses en Plâtre et Carton-Pierre, Décoration d’église, Vitraux, Chemin de la Croix, Transparents pour intérieur d’église, Peintures religieuses, Broderie, Cha-sublerie.—SPÉCIALITÉ *.— Drapeaux, Bannières, Insignes, Etc.|9> Une 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