Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 14 novembre 1883, mercredi 14 novembre 1883
g7cinc Aiinee No I BC-Edition quotidienne-7cine Année Mercredi 14 Nor ombre JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JM cmom.j”mambxm et j’aime Dr N.E.DIONNE, Réducteur en Chef VCSJ LÉGER BROUSSEa U, Editeur Propriétaire FRANCE LK H U DO RT SCOLAIRE Le Siècle est tout attristé des confidences laites par M.Tirard à la «•oininission du budget sur la situation des finances de la République.H ko lamente el se désespère 44 des réductions sérieuses ” auxquelles il faut se résoudre sur les dépenses de l'instruction publique, et qui vont arrêter tout d’un coup le magnifique élan de la libre .pensée victorieuse “ de l'obscurantisme.” Cette victoire était un peu, ou même beaucoup, l’œuvre du Siècle ; du moins il lui plaît de le dire et de s’en glorifier.Aussi, pour qu'il renonce à la pousser à bout, laut-il que la nécessité soit vraiment inexorable.Une phrase de Montesquieu ne le console pas, mais l’aide à se résigner : 4i L’amour des lois et de la patrie demande une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre.” L’intérêt de renseignement primaire n’est qu’un intérêt particulier ; il faut le sacrifier.C’est parler d'or.Par quelle inadvertance le Siècle poursuit-il en ces termes la citation : 44 Cet amour est “ singulièrement afiecté aux démo- j craties.Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque J *• citoyen.Or, le gouvernement est .“comme toutes les choses de ce1 “ monde : pour le conserver il tau “l'aimer.” C’est justement ce que nous disons, et ce que la France, nous l’espérons, commence à comprendre.En vérité, le Siècle devrait avoir le courage de conclure suivant ses prémisses.Le gouvernement républicain que nous subissons mérite de plus en plus d’être liai ; par conséquent, Montesquieu a prononcé sa condamnation.C’est bien lui qui est coupable, gravement et criminellement coupable dans ces questions d’enseignement.C'est bien à lui que tous les républicains—nous ne parlons pus de nos propres griefs—doivent demander compte de leurs illusions perdues, de leurs espérances déçues.Lorsqu'il obtenait le vote de la loi du lü juin 1881, plusieurs de ses amis, tout en acceptant le principe de la gratuité absolue, s’inquiétèrent des charges énormes dont son application allait grever les communes.Le ministre répondit superbement que , l’Etat viendrait h leur aide et met- j trait à leur disposition un peu de cos | prestigieuses plus-values dont il | faisait honneur à la sagesse de son administration.Il promettait quinze millions par an ! Celui qui faisait cette promesse était d’une singulière audace, et ceux qui y croyaient d'une inexprimable naïveté.On sait ce que sont devenus ces excédents de recettes, et comment le {désordre à f intérieur et les folles entreprises à l’extérieur les ont promptement engloutis et supprimés.Lorsque le gouvernement introduisait dans nos codes la loi sur l’obligation, ceux-raêmes qui ne la considéraient pas comme une atteinte injustifiable a la liberté ne s’en mon- trèrent.pas moins effrayés de l’aggravation des dépenses qu’elle devait entraîner par la multiplication des écoles et des maîtres.Le ministre renouvela ses promesses ; il annonça que, là où les communes consentiraient à un léger sacrifice, l’Etat ferait couler généreusement le fleuve de ses largesses.M.Ferry disait quo ce n'était pas, que ce no pouvait être une question d’argent.11 en est qui ont cru aux 44 comptes fantastiques ” qu’il ne rougissait pas de présenter.Ceux-là, dupes ou complices,doivent s’accuser eux-mêmes ; mais nous pouvons nous joindre à eux pour rendre aussi au gouvernement la justice qui lui est due.Législativement, nous avions la gratuité et l’obligation.On voulait surtout la laïcité de renseignement public.A vrai dire, si l’on admettait gratuitement tous les enfants à l’école, et si on les contraiernait bien-tut à y entrer de force, ce n'était que pour les priver plus sûrement et plus complètement de tout enseignement religieux.Mais la laïcité, c’était manifestement la ruine «m perspective et à brève échéance.A la place des écoles congréganistes si nombreuses, propriétés des corpora • tions ou des particuliers, il fallait aviser à la construction d’écoles municipales, gaies, confortables, c’est-à-dire dispendieuses, ” suivant l’expression de M.Paul Bert.On n’a pas encore osé discuter le projet établissant cette laïcité qui eût révolté les consciences en ruinant ouvertement le pays.On sentait que l'opinion n’était pas mûre pour cette réforme.Cependant la loi du 1er juin 1878 et un article de la loi de finances de 18S3 en autorisant les préfets à imposer d’office la création d’une école laïque môme aux municipalités en possession d’une école religieuse, ont fourni le moven d’atteindre partout au résultat ambitionné.On a lait ainsi indirectement ce que l’on ne croyait pas prudent de tenter directement, et re détour frauduleux a assuré en France le règne provisoire de renseignement antichrétien.Charges pour les communes, charges pour les départements, subventions gratuites, avances remboursables, soixante millions d’un côté, soixante millions de l’autre, puis cent quatre-vingt-dix millions, tel est le bilan de cette malhonnête opération.Le ministre a demandé tout ce qu’il a voulu : ou fui a donné tout ce qu’il a demandé.Il a tout dissipé, devancé les annuités, dévoré en un seul exercice les-soinraes qui devaient être réparties sur les exercices suivants ; aujourd’hui il ne lui reste plus qua confesser son impéritie, et à s’excuser de la violation obligée de toutes ses promesses.Lorsqu’il devient urgent de s’arrêter, après tout ce gaspillage et cette déprédation de la fortune publique, en lace clos départements obérés, de l’Etat réduit aux expédients, et des communes endettées sur la foi de ces engagements fallacieux, au milieu de cette détresse et de cette déroute, c’est peu de pleurer, comme fait le Siècle.11 serait bien encore de A.mesurer et de dénoncer les responsabilités.Le gouvernement est coupable, coupable non seulement d’imprévoyance, mais de volonté et d’intention, non seulement de faillite, mais de banqueroute.Ceux qui l'ont soutenu, applaudi, encouragé, ne sont pas moins coupables que lui.S’il est vrai qu'un gouvernement injuste ne mérite pas d’être aimé, celui-ci doit tomber sous le coup de la réprobation et de la malédiction de la France.• Puisque le Siècle se plaît à citer Montesquieu, il est encore un passage que nous lui recommandons et dont il peut’faire très justement l’application au gouvernement de M.Grévy : 44 Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public; mais, pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers.La République est une dépouille ; et sa force n’est plus que que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.” Pierre Marie - *?- - ——- Un attentat contre le l’niitliCon Le gouvernement italien vient dj décider qu’un tombeau superbe serait élevé au roi Victor-Emmanuel au centre même du Panthéon, c'est-à-diro de l'église Santa DIaria ad Mar-fi/rrs.11 ne semble pas que l’idée ait obtenu un très grand succès.Le peuple romain n’aime pas qu’on dérange et qu’on profane ses antiques monuments au profit des contemporains.Jadis, les Papes ont purifié et sanctifié les ruines de la Rome païenne, pour les consacrer au Dieu de la Rome chrétienne ; mais, à côté de ces ruines relevées et conservées par les i Papes, le catholicisme a élevé des monuments grandioses et impérissables, dus au génie chrétien et inspi-directcment par la majesté de * > i j i % >1 • i p doute qu’on lui élevât une tombe dans une chapelle, comme y sont les autres tombes.Mais peut-elle permettre que la tombe s’élève au milieu, et masque le grand-autel ?Aux autres difficulté.s, le ministre Baccelli en ajoute une autre, en appelant Victor-Emmanuel II le roi libérateur.De qui a-t-il délivré Rome t Du l’apc, répond-on.Eh bien ! vous voulez obliger le Pape à consentir à à ce que, au milieu d’une des principales églises de Rome, s’élève un monument pour déclarer que le Pape était un tyran, et que Victor-Emmanuel est venu délivrer les Romains de sa tyrannie ?Peut-on avoir une prétention plus excessive ?Il est facile de deviner le but du ministre Baccelli.Il veut porter la profanation du Panthéon à ce point que le Saint-Père Léon XIII soit obligé d’y interdire tout culte catholique.et.de le laisser à la possession du gouvernement.La sécularisation du Panthéon est un des principaux desseins de la Révolution.Alberto Mario l’a proposée cent fois dans sa Leg a délia Democrat ia.Mais, pour y réussir, M.Baccelli no veut pas procéder comme les révolutionnaires de France qui, à Paris, ont profané l’église Sainte-Geneviève.Il cherche, au contraire, à contraindre à cette sécularisation l'autorité ecclésiastique elle-même.La patiente sagesse de Léon XIJI saura réduire à néant ce dessein sacrilège.W Iéos catholiques «lu nie Maurice* On trouve dans le CatholinUniversel de Cleveland (Ohio) un article consacré aux catholiques de Maurice, que nos lecteurs nous sauront gré de reproduire : Nous avons déjà parlé de l'excellente organisation des catholiques de Maurice, qui fait briller au milieu de communions dissidentes et de .# „ .peuples païens la civilisation vivi- res directement paria majesté de h r • .* i i:fr, J liante du catholicisme.A la ditfe- 1 Eglise universelle.i A • i * r" , , ,®,T* - i,,.- % • M rencc de ce qui existe a Cleveland, L Italie révolutionnaire a essaye! 1 , * , T> ' * nous remarquons chez nos confreres parfois d clever dans Rome a sa pro-1 i v , • *i i v ^ i i : .i 4 • • 1 i de 1 ancienne île de rrance un grand ?,?te U* î?™g‘îTr ‘ esprit de solidarité, et une activité ’ uscln C1 e lc 11 :l r«u“1 flu a L‘tah lr ! intellectuelle oui r un contraste assez iacheux entre les grandeurs du passé et les mesquinouer ies du présent.Désespérant sans doute d'égaler ses travaux à ses prétentions, elle trouve plus commode de loger ses gloires dans les monuments élevés à la gloire, des ancêtres.Elle les loge en garni.qui ne connaît pas de frontières.Par le numéro de mai des Annales, organe de l’Union catholique de Maurice, nous apprenons que là aussi la communauté catholique a souffert des empiètements de l'irréligion d’Etat, qui, au mépris des droits natu- rr.„ i .„ -4 ».; rels et constitues, voudrait enlever ions les journaux italiens on „ ’ .x il.i\t t • n i .• 1 entant a ses parents et a 1 Eglise, pub m une lettre du roi Humbert En cetle 0C(!asi rinstruraenl du ni\ liant le ministre Baccelli a presser , secularism* ” de l’Etat a été le 1 execut ion du projet dont il s agit lieutenant-gouverneur, N.F.Napier LUmta cat toi ua consacre a cette ];roomi., qul depuis a quitté Maurice grave question un article dont nous lo gouvernement de l’Australie reproduisons la partie principale : , occide„tale.Pendant tout le cours Voilà une grave question nouvelle de son administration, M.Broome a qui surgit.Le Panthéon est une des joué un double jeu à l’égard de la principales églises de Rome, dédiée communauté catholique.Tandis pnncipi par le Pape saint Boniface IV, l’an 610, à Dieu, « la Vierge, à tous les f martyrs, et nommée à cause de cela S.Maria ad Martyres, élevée par Benoit XIII au rang de diaconat cardinalice.L'affaire dépend donc de l’autorité ecclésiastique, qui n’a pas empêché que Victor-Emmanuel y fût enterré, et n'empêcherait pas sans îque.qu'il prodiguait les paroles flatteuse et les promesses encourageantes, il cherchait, par ses actes officiels, à miner sourdement la cause catholique.Aussi l’Union s’est-elle abstenue a juste titre de présenter une adresse à M.Broome lors de son départ.Nous apprenons avec satisfaction 1 que le nouveau gouverneur de Maurice,sir J.Pope llennessy, devait aniver à la capitale Port-Louis, le 1er juin.C’est un fait significatif qu’un Irlandais catholique ait été appelé à remplacer M.Broome.rSir John est le premier gouverneur catholique nommé depuis que l'ile de France est devenue une colonie britannique.Ses Coreligionaires nejlui demandent que la justice dans le droit commun, et peuvent être assurés qu’il l’obtiendront Nous devons ajouter que le lieutenant-gouverneur qui est parti n'a pas eu le champ libre par l’accomplissement de ses mauvais desseins.L’évêque du Port-Louis ayant présenté au gouvernement de la métropole des observations bien motivées, M.Broome a dû faire un minimum de concessions.L’activité dont ont fait preuve les Mauriciens catholiques dans cette circonstance e4.au sujet de diverses mesures où les intérêts de la religion étaient impliqués, peut servir d’exemple aux catholiques militants du monde entier.L'influence d’un climat délicieux n’a pas énervé nos frères de Maurice.Nous regrettons que le temps nous manque pour emprunter aux Annales d’autres détails sur la fermeté de leur attitude.Les exigences des affaires publiques ne nous permettent d’échanger nos pensées que par les colonnes des Annales et celles de l'Univers, mais une foi commune établit entre nous une intime correspondance, et, que nous soyons au milieu de l’océan Indien ou sur les rivages d’un lac du nord, catholiques, nous sommes un dans la fraternité du Christ, un dans notre fidélité inébranlable au siège de Pierre.Il convient également d’extraire les passages suivants du très remarquable rapport dont il a été donné lecture à la dernière réunion de l’assemblée générale de 44 1'Unioncatholique.’’ On sera frappé du zèle intelligent et fécond que déploient ces champions infatigables de la bonne cause : Les services que les Annales nous rendent ne se bornent pas non plus à notre île.C’est pae cet organe que Y Onion se fait connaître à l’extérieur, en unissant sa faible voix au concert des voix catholiques.A Rome comme à Londres, en Europe comme en Amérique, nos Annales ont reçu le meilleur accueil.Son Eminence le cardinal Simeoni, préfet de la Propagande, à daigné nous témoigner sa satisfaction des progrès faits par l'Union, et de l'impulsion donnée par elle à la diffusion des bons livres et des publications religieuses.Les Sociétés avec lesquelles nous sommes en relations et nos membres correspondants se félicitent de pouvoir nous suivre de loin.Nous avons aussi établi, par ce moyen, avec la presse des divers pays, un constant échange de bons rapports.Les organes les plus autorisés de l’opinion catholique ont parlé de notre publication avec bienveillance, et nous font de temps à autre d»*s emprunts.Nous répondons de notre mieux ¦ ces procédés confraternels en non8 efforçant de faire connaître et de pro* pager ici les revues et les journaux catholiques des deux mondes.Nous aimons donc à penser que ceux des membres et des amis do Y Union qui ont permis à notre organe de se fonder et de vivre, ne regretteront pas l’appui qu’ils lui on donné et le lui continueront.Le nombre devrait seulement en être plus grand, et nous espérons que les personnes sympathiques à notre œuvre, mais qui ne lui ont pas encore donné cette marque d’intérêt, ne différeront pas davantage dele faire.Nous n’attendons que cela pour étendre, sans en augmenter le prix, la périodicité du recueil, car la livraison mensuelle est depuis longtemps débordée par l’abondance des matières.Le second des vœux adoptés par vous l’année dernière, la fondation d’un cercle catholique, a provoqué une initiative que votre conseil a secondée de son mieux, en cédant à l’institution naissante la salle dont nous avions fait notre bibliothèque.Vous nous approuverez sans doute d’avoir laissé au cercle une entière autonomie.11 n’existe entre nos associations d’autres liens que ceux de la confraternité catholique et les conventions qui règlent la jouissance du local.Nous avons applaudi aux brillants débuts delà jeune société, et nous ne pouvons que lui souhaiter un accroissement rapide, que nous sommes prêts à seconder dans la mesure de nos forces.Los intérêts de l’éducation occupent toujours une large place dans notre sollicitude.L'Union continue à subventionner des écoles qui, autrement, ne pourraient pas se soutenir, et auxquelles le voisinage d’écoles du gouvernement, sous l’empire des règlement actuels, ne permet pas d’espérer une assistance de l’Etat.Cependant, en présence des obligations dont notre budget se trouve chargé, nous nous demandons si nous pourrions continuer cette assistance.La Providence, espérons-le, nous épargnera la pénible nécessité de la retirer.Vous avez eu connaissance de dé marches faites par le comité diocésain auprès du gouvernement de la métropole.Sur certains points, concernant quelques modifications à apporter aux règlements des écoles subventionnées, le ministre a reconnu le bien fondé des observations du comité, et la crise qui menaçait l’existence même de nos écoles catholiques a pu être momentanément conjurée.Sur d'autres points, nous n’avons pas eu lieu d’être satisfaits.Mais nous sommes aujourd’hui pleinement rassurés pour l'avenir : l’esprit de justice et de bienveillance marquée dont l’influence salutaire se fait aujourd’hui sentir dans l’administration do notre cher pays, nous laisse une pleine confiance que la question si longtemps débattue de l’éducation populaire va recevoir enfin une solution conforme aux vœux et aux besoins réels de notre population (Applaudissement].Hiiilleton dnCOURKIEH DU CANADA U Novembre 1880—No 20 =>i LA JANGADA II UT Ct NTS LIEUES SUR L’AMAZONE, Par Ji LKsVr.RNB.i (Suite) —Jo vous demande pardon, répondit Fragoso, parmi les indigènes surtout ?Ah ! pas de barbe à faire, puis-(|ue la nature s’est montrée très avare de cette parure envers eux, mais toujours quelque chevelure à accommoder suivant la dernière mode ! Ils aiment cela, ces sauvages, hommes ou femmes ! Jo no serai pas installé depuis dix minutes sur la place de Fabatinga, mon bilboquet à la main, c’est le bilboquet qui les attire d’a-l>ord, et j’en joue fort agréablement, qu'un cercle d’indiens et d’Indiennes se sera formé autour de moi.On se dispute mes faveurs ! Je resterais nn mois ici, que toute la tribu des Ticunas se serait fait coiffer de mes Wains ! On no tarderait pas à savoir que le for qui brise c’est ainsi qu’ils me désignent, est de retour dans les murs de Tabaiin^ .1 J’y ai déjà passé à deux iopri .es, mes ciseaux et mon peigne ont mervcillo ! Ah ! par exemple, il n'y faudrait- pas revenir trop souvent sur le irfêmo marché ! Mesdames les Indiennes ne se font pas coiirer tous les jours, comme nos élégantes des cités brésiliennes, non ! Quand c’est fait, en voilà pour un an, et.pendant un au, elles emploient tous leurs soins à ne pas compromettre l’édifice que j’ai élevé, avec quelque talent, j’ose le dire ! Or il y a bientôt un an, que je ne suis venu à Tabatinga.Je vais donc trouver mes monuments on ruine, et, si cela ne vous contrarie pas, monsieur Garral, je voudrais me rendre uno seconde fois digne de la réputation que j’ai acquise dans ce pays.Question de réis avant tout, et non d’amour propre, croyez-lo bien ! —Faites donc, mon ami, répondit Joam Garral en souriant, mais faites vite ! Nous ne devons rester qu’un jour à Tabatinga, et nous en repartirons demain dès l’aube.—Je ne perdrai pas une minute, répondit Frngoso.Le temps de prendre les ustensiles de ma profession, et je débarque.—Allez ! Frngoso, répondit Joam Garral.Puissent les réis pleuvoir dans votre poche ! - Oui, et c’est là uno bienfansanto pluie qui n’a jamais tombé à verse sur votre dévoué serviteur.Cela dit, Fragoso s’eu alla rapidement.Un instant après, la famille, moins Joam Garral,îprit terre.La jangada avait pu s’approcher assez près de la berge pour que lo débarquement se lit sans peine.Un escalier en ass ez mauvais état, dans la falaise, perm it aux visiteurs d’arriver à la crête du plateau.Yaquita et les siens furent reçus par lo commandant du fort, un pauvre diable, qui connaissait cependant les lois de l’hospitalité, el leur oflrit do déjeûner dans son habitation.Oà et là allaient et venaient les quelques soldats du poste, tandis que, sur le seuil de la caserne, apparaissaient, avec leurs femmes, qui sont de sang ticuna, quelques enfants, assez médiocres produits de ce mélange do race.Au lieu d’accepter le déjeûner du sergent, Yaquita offrit au contraire ou commandant et à sa femme de venir partager le sien à bord de la jangada.Le commandant ne ee lo fit pas dire deux fois, et rendez-vous fut pris pour onze heures.En attendant, Yaquita, sa fille et la jeune mulâtresse, accompagnées de Manoel, allèrent se promener aux environs du poste, laissant Benito se mottre on rôglo avec le commandant pour l’acquittement des droits de passage, car ce sergent était à la fois chef do la douane et chef militaire.Puis, cela fait.Benito, lui, suivant son habitude, devait aller chasser dans les futaies voisines, dette fois, Manoel s’était refusé à le suivre.Cependant, Fragoso, de son côté, avait quitté la jangada ; mais, au lieu de monter au poste, il se dirigea vers le village, en prenant à travers lc.ravin qui s’ouvrait sur ladroi-te, au niveau de la berge.Tl comptait plus avec raison, 6ur la clientèle indigène de Tabatinga que sur celle de la garnison.Sans doute les femmes des soldats n’auraient pas mieux demandé quo de se remettre en ses habiles mains ; mais les maris ne se souciaient guère do dépenser quelques réis pour satisfaire les fantaisies de leurs coquettes moitiés.Chez les Indigènes, il en devait être tout autrement.Epoux et épouses, le joyeux barbier le savait bien, lui feraient le meilleur accueil.Voilà donc Fragoso en route, remontant le chemin ombragé de beau ficus, et arrivant au quartier central de Tabatinga.) Dès son arrivée sur la place, lo célèbre ligaro fut signalée, reconnu, entouré.Fragoso n’avait ni grosse caisse ni tambour, ni cornet à piston pour attirer ses clients, pas mémo de voiture brillante, à lanternes resplendissantes, à panneaux de glaces, ni de parosol gigantesque, ni rien qui pût provoquer l’empressement du public, ainsi que cela se fait dans les foires ! Non ! mais Fragoso avait son bilboquet, dont il jouait entre ses doigts ! Avec quelle adresse il recevait la tôle de lortuo qui servait de boule, sur la pointe e (filée du manche ! Avec quelle grâce il faisait décrire à cette boule cette courbe savante, dont les mathématiciens n’ont peut-être pas encore calculé la valeur, eux qui ont déterminé, cependant, la fameuse courbe “ du chien qui suit son mait.ro, ” Tous les indigènes étaient là.hommes, femmes, vieillards, enfants, dans leur costume un peu primitif, regardant de tous leurs yeux, écoutant de toutes leurs oreilles.Et l’aimable opérateur, moitié en portugais moitié en langue ticuna, leur débitait son bouiment sur le ton de la plus joyeuso humeur.Ce qu’il leur disait, c’était ce que disent tous ces charlatans qui mettent leurs services à la disposition du public, qu’ils soient figaros espagnols ou perruquiers français.Au fond, mémo aplomb, mémo connaissance des faiblesses humaines, même genre de plaisanteries ressassées, même curiosité, même crédulité que chez les badauds du monde civilisé.Il s’ensuivit donc que, dix minutes plus tard, lo public était animé, et se pressait près de Fragoso, installé dans une “ loga “ de la place, sorte de boutique servant du cabaret.Cette loga appartenait à un Br< silien domicile à Tabatinga.L pour quelques valeurs, qui sont h sols du pays et valent vingt réis, h indigènes peuvent se procurer h boissons du cru, et eu particulit l’essai.C’est une liqueur moiti solide, moitié liquide, faite avec h fruits d’un palmier, et elle se bo dans uu “ coût ’’, ou demi calebass dont on fait un usage général en c bassin de l’Amazone.Et alors, hommes et femmes,-ceux-là avec non moins d’empressi ment que celles-ci, —de prendre plac sur l’escabeau du barbier.Les c seaux de Fragoso allaient chôme sans doute, puisqu’il n’était pr question do tailler ces opulente chevelures, presque toutes remn quables par leur finesse et leur qui hté ; mais quel emploi il allait êti appelé à faire du peigne et des fen chauffant dans un coin sur un brt sero ! Et les encouragements de l’urtist à la foule.“ Voyez, voyez, disait-il, comm cela tiendra, mes amis, si vous n vous couchez pas dessus ! En voil pour un an, et ces modes-là sont lc plus nouvelles do Bélem ou de Rie de-Janeiro ! Les filles d’honneur d la reine no sont pas pins savammen accommodées, et vous remarquere que je n’épargne pas la pommade ! (A suivre) LE COURRIER DU CANADA 1>K 15W%:« \ 7' annr*e ic a confédération canadienne.’ l' mois : NOVEMBBE, d*lt* aux Défunts—30 jOüf>.Dimanches •C* 4, U, ft, Î0.- Toussaint le 1.!.: Lune au ;wgêe !*• D.à .'apogée ie 2G f Premier quartier le 7 .7 h.20 m du soi'*.Pleine lune le U, à M h.‘.t :n.au mîlin Dernier quartier le 2L à.S h.h*j ru du matin N .uve ‘e lune **• 2‘>.7.L ‘ ^ m 1 i *o r.14 Novembre, mercredi.et ]a Prusse de pommes de terre.l’Union américaine.Les Etats de exécution si leur appel en grâce est un animaux ont été la proie des Le tabac «t une autre culture très 1 l’Ouest l'emportent sur les autres et rejeté.^ cW de Dimanche dernier, 2s octobre, un terrifiant.Les pertes s’élèvent à Petites nouvelles Üorissaute aux Etats-Unis.Le Ken- la longueur de leurs voies ferrées, et tuky.la Virginie, le Tennessee, la par le capital investi, par le coût des Pennsylvanie, l'Ohio, la Caroline du travaux Nord et le Maryland sont les plus dent plus productifs de cette plante si en vogue opération, et la moitié des sommes r le capital investi, par le coût des tfmpioyé sur la ngne du Canada environ vingt-cinq mille piastres."i™»— L’honoiahl- M.Moua*-aii , vaux deconstruction.Ils posse* Southern a été tué près de la gare de mais elles sont couvertes par des aon”e hier midi au club de la garnison at plus de là moitié de lignes en Windsor, sous le pont des chars assurances.Les pompes de M."\\ al- *,n iner au juge Routiner a fo* rasion ération et la moitié des sommes urbains qui vont de cette ville à Sand- ker et celles de la ville de Détroit *h* sou voyage d'Kurupe.de nos jours.Le premier de ces ; Etats a récolté en 1ST9, 171.1-0.784 qui y ont etc consacrées.Par chaque cent milles dec i wich.Ce jeune homme, faisant le ont lait des prodiges de défenses cercle agiik-ou- — M î r nn • hcminsISorvice de serre'lr1ein’ se tr?urait sur >ur arrC;\er r.iinccndît;, Tr0ÎS p0m' assistant rédacteurJonniul 'il v ,n UU wa«°n* qu-and nu n'.;un v^nant-mers de Detroit ont ete grièvement t a donué Jlioi.,oi • j-Xur'iH 11 î : matin *• h.44 m.soir 6 h 9 ni.Didace.franciscain, .UC3.—Kn i7iG.: ton d-j Leibniu, philosap:*?• *.savant illustre.Durée du jour 9 h.77 m., ae '.a nuit î-i h.33 ::î.Lever du Soleil 7 h.1 m .coucher •; h.2$ :n.U lieu du jour à midi moins îô min ut- ?Hauteur du >&lei! 74 ,9.Lune : lever â < h.4: ut.du >oir.:ouc' -.r .ierruin à 7 h.3S m.du matin.livres de tabac, équivalant à 11,089,-|de fer américain, on croit qu'il 78- dollars.Le chiffre total de j a 25 milles en double voie, possè- j sur lequel il était monté.Les fumées de T un d:entre eux.la production pour la même année, son un SOMMAIRE I l 3ÜC0- La attentai contre e Panthéon Les calboéquiS d® i : ; e M&ixri.e i*Kr:u.irro> : La .lani-ada.suit Statistiques sur les Klats-Un s Le ; rc: scat;• 1 v n ù >’• Informations Gorr*sp$ndance d'Ontari.» Réitimé des dépêches.Moyen d'empêcher .a chute des cl- '• {t*utes nouvelles.•u 1“ des voyageur.-—Marcn- au ;>o.' tu ch&rbon.—'A oir -U*me ; syv-J l.orelie, une conférence sur la culture dant dix-neuf locomotives.13 chars dos deux locomotives firent ensemble *** I’1'*™1' ai,‘l,un aillJl!o,r,‘ »om -, , , c ; a nossaeers 4 «ont consacrés aux ba- U!l nuage si épais que l’employé ne; La ville d’Amhersburg a la satis-; ieux' um-de la paroisse ei s a etc do 4t>9,816,i.lo h\rc>, d Q !1 l *•- ^ s • ^ N / .î s'aperçut point du pont des tram- faction de voir aujourd'hui le com- ! 'u*air(î assistaient a cette séance ;r-:-aü îv Post-—A G Jourarjeau uianJif soirée.En vente le cil en drier : : diocèse **e Ei.nouski Avis eu?; Entrepreneurs.—F.H.Enn -., .i.- ij-^ .Hui e A.sira Pratt Fourrures —J.C, Paterson.Société 1 .nst : :ti ¦ :: permet ?• .c — JG Gourjeau Cour Sut-*-rieur-—Ma.oui:: '• u’.oicn ’ Male 4 s-titutrice demandée—Jos Goulet .•.i'Econom - N 'tre-Dam- -it* L* K A Véama B-usu Brus., im:-or:it€::rs.dollars.Les produits tirés de ces ; manufactures ont une valeur an-1 n i » - a*>
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