Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 16 février 1884, samedi 16 février 1884
28eme aiumm rjsLen»# No 213-Edition quotidieiine-7eme Aiinee Samedi 16 Février 1884 bu (J anato JOURNAL DES INTERETS CANADIENS FRANCE qUE KONT-ILS : Paris, 27 janvier 1884.L’extrême gaucho (lu conseil muni-fcipal s’est émue de la tactique de M.Waldeck-Rousseau, qui lait retomber sur les édiles de l'hôtel-de-ville l'impopularité de Parrel Poubelle, et aussi des attaques que maints journaux ont dirigées à ce propos contre la municipalité.Son émotion est d’ailleurs facile à 'comprendre.Les municipaux ont une grosse part de responsabilité •dans ce qui est arrivé.C’est une de Ueurs délibérations qui a autorisé M.Poubelle à prendre Parrété dont les chiffonniers se plaignent si amèrement.# Mais c’est après coup que les radicaux du conseil municipal ont compris la portée de leur fameuse délibération, et comme ils tiennent à ne pas s’aliéner tous leurs électeurs, ils ont dépêché une délégation, à M.Poubelle, préfet de la Seine, avec prière de convoquer le conseil municipal en session extraordinaire ; la délégation portait une pétition ad Imr, signée par 27 membres.M.Poubelle a été charmant pour ces messieurs.11 leur a promis de prendre immédiatement des mesures pour la convocation.Et sur cette promesse, il est allé trouver le ministre de l’intérieur, M."Waldeck-llous-seau.Mais là, l’infortuné Poubelle s’est heurté à une résistance inattendue.Le ministre trouve qu’il a assez •d’ennuis comme cela, sans se mettre •encore à dos le conseil municipal avant le 1er fôvriej, qui est la date iixée pour la convocation ordinaire.Vous imaginez aisément le désarroi du préfet de la Seine, et le mécontentement des radicaux de l’Ilôt cl-de-Ville.Le discours que M.de Mun a prononcé vendredi à propos de l’interpellation de M.Langlois sur la politique économique du gouvernement a produit une très grande impression sur tous ceux qui l’ont entendu à la Chambre.On retrouve un écho de cette impression dans les comptes rendus •de la presse républicaine.Dans son langage si élevé et si sobre, le député •catholique du Morbihan a montré l’impuissance de la République et de ses prophètes à résoudre le problème social, qu’il est aujourd’hui impossible de nier.M.de Mun a aussi fait allusion au glorieux rôle joué jadis en faveur des faibles et des petits, par l’Eglise catholique, et il a déclaré qu’il faudrait en venir un .jour à un accord international pour remplacer la juste et suprême médiatrice d’autrefois, ei pour régler iiartout les lois du travail et de la concurrence.A part deux ou trois excentriques de la gauche, et parmi eux l’inévitable M.Floquet, tous les députés ont écouté M.de Mun avec déférence •et sympathie.C’est un nouveau et grand succès pour le sympathique fondateur des cercles catholiques d’ouvriers, dont le seul tort,aux yeux de ses amis, est de prrlcr trop rarement.Le Sénat a enfin terminé hier la discussion du budget extraordinaire.MM.de Reignié, Labuze, sous-secrétaire des finances, Tirard, ministre.Léon Say et de Parieu, ont successivement pris la parole.On a fort longuement disserté, fort ennuyeusement aussi, sur la “péréquation de l'impôt.” Finalement, les réformateurs d’impôt ont été ajournés, et on a donné carte blanche au ministre, qui continuera à faire de son mieux ; puis on passe à divers projets d’intérêt local et on s’ajourne à lundi.Moins heureuse que le Sénat, la Chambre n’a pu terminer* hier la discussion de l’interpellation Langlois.Divers orateurs ont pourtant proposé leurs petites panacées.M.Rivet a demandé l’établissement de l’impôt sur le revenu, lequel, selon lui, pourra remplacer progressivement tous les autres impôts.M.Laroche Joubert a prêché en faveur des sociétés coopératives, et M.Frédéric Passyest parti en guerre contre ceux qui gémissent de voir les chiffres de l’importation dépasser ceux 44 à moins d’évène- temps prochain, ments imprévus ”.Cette réserve impliquait, dès le principe, une certaine préoccupation de la part du ministre de la guerre : on s’attendait, à Londres, qu’à la dernière heure quelque chose viendrait troubler les mesures projetées pour le rappel du corps expéditionnaire ; c’est pourquoi, imitant la prudence des marins, le ministre anglais a eu le soin de dire que le départ aurait lieu, tempo permittendo.Aujourd’hui le temps esta la bourrasque, en Egypte.Le ministère de Chérif pacha a complètement sombré, l’administration est dans le plus grand désarroi ; le Khédive menace de s’en aller, si cela continue, en emmenant avec lui son jeune fils ; les Anglais se mettent en quatre pour assumer la direction du navire de l’Etat, mais ils trouvent que l’équipage indigène se montre mutin et acariâtre.Et, comme pour mettre le comble à cette situation désespérée, les hordes du Mahdi battent furieusement en brèche tout ce qui reste de l’autorité égyptienne dans le Soudan, et elles s’apprêtent à passer la frontière.Devant un pareil état de choses, de l'exportation.D’après ce (ligne on serait mal venu, à coup sur, de économiste, il faut voir en ce point parler d’évacuation, en Angleterre, un si une de prospérité.(J1ela ast S1 vra>- fl"e les journaux an- Mais la palme pour la séance d’hier Slai® q™ l’avaient demandée avec revient an citoyen Brialou, qui a le plus d’insistance jusqu’ici, ont en-réclamé comme le meilleur moyen .fièrement changé de langage ; ils ne de remédier à la crise économique vont pas, par exemple, jusqu’à de-l’association des ouvriers aux béné* mander, comme le Tunes, la consti-lices du patron.Quand l’année sera tution d’un ministère égyptien exbonne, on partagera ; quand elle sera clusivement composé d Anglais : c est mauvaise,, le patron supportera à lui ^îl n°lc chauvine, seul toutes les pertes ; rien n’est plus Mais ceux qui, comme la Pat! Mail aisé.Gazette, ont défendu le puritanisme Le citoyen Brialou, qui se pose de M.John Bright, qui s’était pro-volontiers en 44 député des ouvriers” nonce en faveur de la non-intervena eu des attitudes et des phrases su- tion et s’est retiré du cabinet après perbes.Elles ont fait rire l’auditoire, les évènements d’Alexandrie ; ceux si bien qu’à un moment donné M.qui, la veille encore de la défaite de Brisson à du imposer silence au pro- Hicks pacha, demandaient à grands létaire lyonnais, qui venait de coin- cris qu’on laissât l’Egypte aux Egyp-mettre un petit juron.Il l’a supplié tiens ; tous ceux enfin qui protes-de songer à la bonne renommée de taient, plus ou moins sincèrement, la France et de son Parlement.M.contre toute idée d’annexion ou de Brialou a pris très mal le conseil, et protectorat, sont unanimes à recon- a déclaré à M.Brisson qu’à titre d’enfant du peuple, il pouvait manquer d’instruction, mais qu’il n’outrageait personne.naître que M.Gladstone doit prendre des mesures énergiques, pour ne perdre aucun des avantages acquis par _ la bravoure du général Wolseley et Le maréchal Serrano va rentrer en jlar^habileté diplomatique de lord Espagne, sans laisser ici des regrets.,;u,lorm-11 est heureux d’avoir marié sa fille Ce changement est dù uniquement ici au millionnaire russe, car il n’au- à la peur qu’inspire le Mahdi.Sans rait pas osé jouer en Espagne la co- les évènements du Soudan, les parti-médic de mariage religieux qu’il sans de l’évacuation, qui nppartien-a jouée ici.Le prétendu mariage nent à la majorité ministérielle, n’au-44 catholique ” n’a pas eu lieu.Il n’y raient pas manqué de rappeler à M.a eu que le mariage schismat ique, et Gladstone les engagements formels la fille de l’hidalgo Serrano est deve- que presque tous les membres du ca- nne russe comme son époux.N.¦/Angleterre en Egypte de Nous lisons dans le Mondent Rome du IG janvier : Il y a environ trois mois, lord Har-tington déclarait, au nom du gouvernement delà Reine, que l’évacuation de l’Egypte prendrait fin le mois de février ou,au plus tard, le prin- binet ont pris à ce sujet.La session du Parlement s’ouvrira dans trois semaines, c’est-à-dire en plein février, mais personne n’osera, croyons-nous, reprocher au ministère de n’avoir pas exécuté sa promesse.Nous sommes loin du temps où l’on voulait laisser cuire les Egyptiens 44 dans leur jus ” : aujourd’hui, les moins chauvins d’entre les Anglais demandent que la Grande-Bretagne installe un ministre résident au Caire, tout comme la France à Tunis.La menace d’un protectorat effectif avec la présence d’un ministre résident n’est peut-être pas étrangère à la docilité dont Nubar pacha a fait preuve dans la composition du nouveau ministère.Personne n’ignore, en effet, que M.Clifford Lloyd exercera une influence incontestable et décisive dans les conseils du ministère dont il est le sous-secrétaire ; mais Nubar pacha a sauvé les apparences : le représentant de l’Angleterre manœuvrera le gouvernail selon sa propre inspi ration ; mais en attendant, ce n’est qu’un timonier, tandis que Nubar pacha garde les dehors d’un commandant de parade.C’est déjà beaucoup, pour l’Angleterre, que d’avoir introduit l’élément anglais dans le ministère d’un pays qui avait pris les armes pour se défaire de l’ingérence étrangère.Et, lorsqu'on pense que le ministère actuel n’est guère qu’une transition vers un protectorat effectif, il est permis de se demander si l’évolution produite dans l’opinion publique, en Angleterre, par la marche du Mahdi, n’a pas été provoquée artificiellement à la seule fin de prolonger et même de consolider l’occupation de l’Egypte ?Lord Harrington a dit que l’évacuation ne pouvait être entravée que par suite de difficultés imprévues ; or, l'insurrection du Soudan et la inarche du Mahdi datent du mois de janvier 1882.Est-ce là une difficulté qu’on puisse raisonnablement qualifier d’imprévue, une fois que, jusqu'au mois d’octobre 1883, époque à laquelle lord Harrington a prononcé son discours, aucun changement n’était survenu dans les dispositions du Mahdi ?De deux choses l’une, ou les affaires du Soudan n'ont pris que depuis peu un aspect sérieux aux yeux du gouvernement anglais, et, dans ce cas, il sera taxé d’imprévoyance dans sa politique de pacification en Egypte ; ou bien le Mahdi n’est qu’un prétexte pour les Anglais de parachever la conquête de ce pays, en prenant en main les rênes du Gouvernement, et alors il faudra reconnaître que nous avions raison de dire, juste un an après la victoire de Tell-el-Ké-bir, que l’Angleterre n’évacuerait l’Egypte qu’après avoir placé à la tête des principales administrations des magistrats de son choix, et que, de militaire, l’occupation deviendrait administrative ; c’est-à-dire plus sûre et plus profitable.Société «le la paix S.Em.le cardinal archevêque de Dublin vient d’adresser à M.Henry "Wighem, président de la Société de la Faix, une lettre en réponse à une invitation qu’il avait reçue nous en extrayons les passages suivants : 44 Je n’aimerais rien autant que de voir se créer un tribunal devant lequel les peuples et les rois auraient à comparaître pour faire décider,sans effusion de sang, leurs disputes, qui maintenant, remplissent le inonde de carnages et de misères.44 Mais je dois avouer que je n’ai aucun espoir de voir se réaliser ce projet en ce moment.Le monde chrétien a un jour connu un tribunal pareil, et en acceptait les décisions.L'arbitre qui /'/ présidait est encore en vie, mais le monde a changé de face, et s’est soustrait à son autorité.44 Jusqu’au jour où le monde sera disposé à l’accepter comme l’arbitre désintéressé de ses querelles, je crois que tout arbitrage sera impossible,et que le glaive, ù la honte du nom chrétien et au détriment immense des nations chrétiennes, sera appelé à régler les questions pendantes.” Inutile de dire que nous partageons complètement les nobles aspirations de l’illustre cardinal archevêque, et que nous faisons des vœux ardents pour qu’un jour la Papauté redevienne C arbitre pacifique entre les nations.Histoire du Cap-Santé [SUITE ET fin] Le sieur de Bécancour a [eu l’honneur de commander à un camp volant entretenu pour notre service au dit pays, pour le garantir des courses des sauvages ; en sorte que la famille du dit Sieur de Bécancour et les habitations des vassaux et peuples qui habitent ses dites terres, font une des plus agréables parties du pays ; mais d’autant qu’en l’année J les dits intéressés, en reconnaissance du secours que nous leur avons donné pour parvenir au dit établissement qui était dès lors en nombre de plus de l’un et de l’autre sexe, tant séculiers que prêtres et religieux, nous prièrent d’accepter l’acte qu’ils passèrent volontairement, par lequel ils remirent en nos mains la supériorité et domination du (lit pays, se réservant seulement les habitations, lequel acte nous fut présenté par le Sieur de Périgny, le dit Sieur de Fortille et autres, qui passèrent le dit acte, comme ayant pouvoir de toute la compagnie, nous avons cru qu’il était de notre justice,non seulement de décorer la principale terre et habitation du dit Sieur de Bécancour d’un titre d’honneur convenable à sa qualité et mérite, mais encore de donner quelque marque de distinction honorable qui passe à sa postérité, et soit un sujet d’une louable émulation à ses enfants et postérité d’imiter sa vertu et suivre son exemple.A ces causes, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons créé, érigé, élevé et décoré, créons, érigeons, élevons et décorons, par ces présentes signées de notre main, la dite terre et seigneurie de Portncuf, située en notre dit pays de la Nouvelle-France, dite du Canada, en titre, nom et dignité de Baronnie, pour en jouir par le dit Sieur de Bécancour, ses enfants, successeurs, ayants cause, et les descendants d’iceux en légitime mariage, pleinement et paisiblement,relevant de nous à cause de notre couronne, à une seule foi et hommage, aveu et dénombrement requis par les lois de notre royaume et coutumes du dit pays, aux dits titre, nom et dignité de Baronnie, voulons qu’ils se puissent dire, nommer et qualifier tels en tous actes tant en jugement que dehors, qu’ils puissent jouir des droits d’armes, blasons, honneurs, prérogatives, rangs, prééminences en fait de guerre, assemblées de noblesse et autres, ainsi que les autres barons de notre royaume, que les vassaux et autres terrains et relevants de la dite seigneurie de Portneuf noblement et en roture les reconnaissent pour barons, leurs rendent leurs aveux, dénombrement et déclarations,les cas y échéant en la dite qualité, laquelle nous voulons pareillement être dans les sentences qui seront rendues par leurs officiers en l’administration de la justice sur les dits vassaux et justiciables, le tout en la susdite qualité de Baronnie de Portneuf, sans néanmoins que les dits vassaux soient tenus, à cause du contenu en ces présentes, à autres plus grands droits ni devoirs que ceux qu’ils doivent à présent, aucun changement de report ni aux cas loyaux.et de notre plus ample grâce et autorité que dessus, nous avons permis et octroyé, permettons et octroyons, par ces dites présentes, au dit de Bécancour et ceux de sa famille descendants du dit Pierre Robineau, d’ajouter dans leurs armes et celles de leurs ancêtres qui sont d’azur à la cottise d’or accompagnées de six étoiles, de même une fleur de lys posée sur une surface ch* .telle qu’elle est ici empreinte Sy donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre conseil souverain en notre pays en la Nouvelle-France dite Canada, que ces présentes ils hissent régistrer, et du contenu en icelles jouir et user le dit Sieur de Bécancour, ses enfants, postérité et lignée, successeurs et ayants-cause, pleinement, paisiblement et perpétuellement, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements à ce contraire, car tel est notre plaisir, et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes.Donné à Saint-Germain en Laye, au mois (le mars de l’an de grâce mil six cents quatre-vingt un, et de notre règne le XXNVIème.(Signé) Louis.Par le Roi, (Signé) Colbert.Aujourd’hui, les lettres-patentes ci-dessus, ont été enregistrées au Conseil Souverain de la Nouvelle-France, pour jouir par le dit Sieur de Bécancour, ses enfants, successeurs, ayants-cause, et les descendants d’iceux en légitime mariage, pleinement et paisiblement du contenu et conditions portées par icelles suivant l’arrêt de ce jour, à Québec, le vingt-huitième avril mil six cent quatre-vingt-trois.(Signé) Pour copie conforme à l’original en parchemin, ayant le grand sceau en cire verte, présenté au notaire soussigné par les révérendes Dames religieuses Ursulines, par lui vidimée et collationnée.Québec, le Sine janvier 1829.Errol B.Lindsay, N.P.Fin Feuilleton du COURRIER DU CANADA 10 Février 1884—No 20 L’ECOLE DES ROBINSONS (Par .Iules Verne.) [suite] Quant aux grands arbres, ils se massaient, un peu plus loin, ei, après une conrac de neuf milles environ, les deux explorateurs, assez fatigués de cette promenade de quatre heu-ros, y arrivèrent quelques minutes après midi.Le site valait vraiment la peine d’être regardé, visité, choisi, et, sans doute, occupé.Là, en cflet, sur la lisière d’une vaste prairie, coupée de buissons de manzanillas et autres arbustes, s’élevaient une vingtaine d’arbres gigantesques, qui auraient pu supporter la comparaison avec les mêmes essences des forêts californiennes.Ils •étaient disposés en demi-cercle.Le t apis de verdure qui s’étendait à leur pied, après avoir bordé le lit du rio pendant quelques centaines de pas encore, faisait place à une longue grève, semée de roches, do galets, de goémons, dont le prolongement se dessinait en mer par une pointe cib- lée de l’ile vers le nord" Ces arbres géants, ces 44 big-trees ” — les gros arbres,—ainsi qu’on les appelle communément dans l’Ouest-Amérique, appartenaient au genre des séquoias, conifères de la famille des sapins.Si vous demandiez à des Anglais sous quel nom plus spécial il les désignent, 44 des Wcllingtonias,” rêpondrait-ils.Si vous le demendiez à des Américains :44 AVasliingtonias ” serait leur réponse.On voit tout de suite la différence.Mias, qu’ils rappellent le souvenir du flegmatique vainqueur de "Waterloo où la mémoire de l’illustre fondateur de la République américaine, ce sont toujours les plus énormes produits connus de la flore californienne et névadienne.En effet, dans certaines parties de ces Etats, il y a des forêts entières do ces arbres, tels que les groupes de Mariposa et de Calveno, dont quelques-uns mesurent do soixante à quatre-vingts pieds de circonférence sur une hauteur de trois cents.L’un deux, à l’entrée do la vallée de Yose-miti, n’a pas moins de cent pieds de tour, de son vivant,—car il est maintenant couché à terre—ses dernières branches auraient atteint la hauteur du Munster de Strasbourg, c’est-à-dire plus de quatre cents pieds.On cite encore la44 Mère de la forêt ”, la 44 Beauté de la forêt,” la 44 Cabane du pionner,” les 44 deux Sentinelles ”, le 44 Général Grant ”, 44 Mademoiselle Emma,” 44 Mademoiselle Marie, ” 44 Bringham et sa femme ”, les “Trois Grâces, ” 1’ 44 Ours, ” etc., qui sont de véritables phénomèmes végétaux.Sur le tronc, scié à sa base, de l’un de ces arbres, on a construit un kiosque, dans lequel un quadrille de seize à vingt personnes peut manœuvrer à l’aise.Mais, en réalité, le géant de ces géants, au milieu d’une forêt qui est la propriété de l’Etat, à une quinzaine de milles de Murphy, c’est le Père de la forêt,vieux sequoia âge de quatre mille ans ; il s’élève à quatre cent cinquante deux pieds du sol, plus haut que la grande Pyramide de Gizeli, plus haut enfin que ce clocheton de fer que se dresse maintenant sur une des tours de la cathédrale de Rouen, et doit être tenu pour le plus haut monument du monde.C’était un groupe d’une vingtaine de ces colosses que le caprice de la nature avait semés sur cette pointe de Pile, à l’époque, peut-être, où le roi Salomon construisait ce temple de Jérusalem, qui ne s’esta jamais relevé de ses ruines.Los plus grands pouvaient avoir près de trois cents , pieds, les plus petits deux cent cin- ; quante.Quelques-uns, intérieurement évidés par la vieillesse, montraient à leur base une arche gigantesque, sous laquelle eût passé toute une troupe à cheval.Godfrey fut frappé d’admiration en présence de ces phénomènes na- turels, qui n’occupent généralement que les altitudes de cinq à six mille pieds audessus du niveau de la mer.11 trouva même que cette vue seule aurait valu le voyage.Rien de comparable, en effet, à ces colonnes d’un brun clair, qui se profilaient presque sans diminution sensible de leur diamètre, depuis la racine jusqu’à la première fourche.Ces fûts cylindriques, à une hauteur de quatre-vingts à cent pieds au-dessus du sol, se ramifiant en fortes branches, épaisses comme des troncs d’arbres déjà énormes, portaient ainsi toute une forêt dans les airs.L’un des ces séquoias gigantéas,— c’était un des plus grands du groupe, —attira plus particulièrement l’attention de Godfrey.Creusé à sa base, il présentait une ouverture large de quatre à cinq pieds, haute de dix, 1 qui permettait de pénétrer à Pinte-rieur.Le cœur du géant avait disparu, l’aubier s’était dissipé en une poussière tendre et blanchâtre ; mais si l’arbre ne reposait plus sur ses puissantes racines que par sa solide écorce, il pouvait encore vivre ainsi pendant des siècles.44 À défaut de caverne ou de grotte s’écria Godfrey, voilà une habitation toute trouvée, une maison de bois, j une tour, comme il y en a pas dans les pays habités ! Là nous pourrons être clos et couverts ! Venez, Tarte-let, ventez ! ” Et le jeune homme, entraînant son compagnon, s’introduisit à l’inté- fraîcheur.Des arbustes de diverses rieur du sequoia.; sortes croissaient sur ses bords, myr- Le sol était couvert d’un lit de .tes, lentisques, entre autres, quan-poussière végétale, et son diamètre tité de ces manzanillas qui devaient n’était pas inférieur à vingt pieds assurer la récolte des pommes sau-anglais.Quant à la hauteur à la -1 vages.quelle s’arrondissait la voûte, l’obs- : Plus loin, en remontant, quelques curité empêchait de l’estimer.Mais : bouquets d’arbres, des chênes, des nul rayon de lumière ne se glissait à hêtres, des sycomores, des micocou-travers les parois d’êcorce de cette liers, s’éparpillaient sur toute cette sorte de cave.Donc, pas de fentes, vaste zone herbeuse ; mais, bien qu’il pas de failles, par lesquelles la pluie fussent, eux aussi, de grande taille, où le vent auraient pu pénétrer.Il J on les eût pris pour de simples ar-était certain que nos deux Robinsons brisseaux, auprès (le ces 44 Mam-se trouveraient là dans des condi moths-trees ”, dont le soleil levant rions supportables pour braver impu- j devait prolonger les grandes ombres nément les intempéries du ciel.Une jusqu’à la mer.A travers ces prai-caverne n’eût été ni plus solide ni j ries se dessinaient aussi de sinueuses plus sèche, ni plus close.En vérité ! lignes d’arbustes, de touffes végé-il eût été difficile de trouver mieux, taies, de buissons verdoyants, que “ Hein, Tartelett, que pensez-vous Godfrey se promit d’aller reconnaî-de cette demeure naturelle ?deman- ! tre le lendemain, da Godfrey.—Oui, mais la cheminée ?dit Tartelett.—Avant de réclamer la cheminée, répondit Godfrey, attendez au moins que nous ayons pu nous procurer du feu ! ” ' Si le site lui avait plu, il ne semblait pas déplaire aux animaux domestiques.Agoutis, chèvres, moutons, avaient pris possession de ce domaine, qui leur offrait des racines à ronger ou de l’herbe à brouter au delà de leur suffisance.Quant aux C’était on ne peut plus logique.poules, elles becquetaient avidement Godfrey alla reconnaître les envi-: des graines ou des vers sur les bords rons du groupe d’arbres.Ainsi qu’il j du ruisseau.La vie animale se mania ôté dit, la prairie s’étendait jusqu’à ; lestait déjà par des allées et venues, cet énorme massif de sequoias, qui des gambades, des vols, des bêle-en formait la lisière.Le petit rio, ments, des grognements, des^ glous-couraut à travers son tapis verdoy-1 sements, qui, sans doute, ne s’étaient, ant, entretenait au milieu do ces atnais fait entendre en ces parages, terres, un peu fortes, une salutaire (A suivre) CALENDRIER DE ISS I !7' année de la Confédération canadienne.52* mois : FEVRIER, dédié aux Douleurs de Marie.—-79 jours.Dimanche, les 3, 10, 17, 24.—Purification le samedi 2, Les Cendres le mercredi 27.Trois jours de jeûne Pendant lout le mois de février, les cadrans solaires sont en retard de 14 minutes Mtr les horloges bien réglées.La lune au périgée les 4 et ‘29, à l'apogée le 17.f Premier quartier le 4, à 1 h.13 m.du matin, j Pleine lune le 11, à 0 h.3 m.du matin.} Dernier quartier le 18, à 10 h.28 m du soir.I Nouvelle lune le 2G, à l h.50 m.du soir.Nota.Il s’agit, dans ce tableau, de l’heure propre de Québec, sur laquelle le chemin de fer retarde de 15 minutes.Les levers et couchers du Soleil et de la Lune se rapportent au centre de ces astres.ltf Février.Samedi 20' jour de la Lune, 47r de l’année.U»‘ l'immaculée Conception.—En 1881, uns-sacre (ie la colonne Flatters, en Algérie.Durée du jour 10 h.11 m., de la nuit 13 h.48 tn.Lever du Soleil 7 h.8 m., coucher 5 h 20 m Milieu du jour à midi 14 minutes.Hauteur du Soleil 30*,8.Lune : lever à 11 h.30 tn.du soir, coucher demain à 9 h.52 m.du matin.I SOMMAIRE France L’Angleterre en Egypte.Société de la paix.Histoire du Cap-Santé.[«S'in7
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