Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 4 mars 1884, mardi 4 mars 1884
38eme Amice vmUULZZ-LL £:;S2S=KMBsrK, >• wrxz MCA'J Wo 5537-Edition quotidienne-7eme Annee Mardi 4 Mars tb84 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS THOMAS OH A l*A IS, Avocat, Ruin', nr en Chef.\'Jt V£7flCBgKion ni la liberté cL .union.M.de Peyramont, fondateur du Journal Parle, avait obtenu l’autorisation du gouvernement.On croyait qu il s agissait d'une entreprise peu nuisible.Mais quand on a vu que, sous prétexte de Journal Parle, de l*eyia- mont.réunissait un vrai public, lad- .t.-, i ministration s’est réveillée.La salle M.Norbert Billard, cause un certain de VAthénée jouit d’une mauvaise - - - * ‘ * ' ^ 1 réputation.Ùn la croit peu solide «*t capable de s’écrouler un de ces jours sur son public.Ladministia-iion a redouté un malheur, et elle a fermé l’établissement.Voilà l’explication de M.W aldeck-Kousseau.Elle n est pas très loyale, évidemment.Si M.de Peyramont t»t ses collaborateurs parlants avaient été respectueux pour le gouvernement, pour M.Jules berry notamment, on se serait fort peu préoccupé de la sécurité de ses auditeurs.L’incident vidé, la Chambre a abordé le projet de M.V aldeck-Rousseau.Ce projet, comme nous venons de le dire, est terrible.M.Waldeck-Rousseau a besoin de nouvelles armes pour imposer le respect de la République opportuniste aux intransigeants et aux tenants de la monarchie.Mais la Chambre est mal disposée à l’égard de ce projet, qui a été amèrement et violemment combattu dès son origine par la presse d’extrême gauche.Il est.clair que la loi actuelle fournit au gouvernement des moyens suffisants pour combattre toute manifestation sur la voie publique.M.Jules Ferry, par exemple, a-t-il eu besoin de lois spéciales pour réprimer la fameuse manifestation de Louise Michel sur l’Esplanade des Invalides?On sait bien que non.Alors, pourquoi une loi nom elle?C'est que, sans doute, le gouvernement a besoin de terroriser légalement ses adversaires, llaaujourd hui une magistrature domestiquée ; c’est bruit.Les lettres sont très fâcheuses pour le prince Jérôme et scs partisans.Les journaux jérômistes protestent vivement contre cet ** 1 abus de confiance.Le coup a évidemment porté, et M.de Cassagnac lie doit pas être fâché de ce nouvel incident.K.n guerre.sociale Ou lit sous ce titre dans le Journal de Rome : Le Révolution a été une réaction contre le droit chrétien, une destruction violente de l’ordre qui s était établi dans les nations, civilisées par le christianisme.Depuis moins d’un siècle, le système révolutionnaire l’a emporté partout : il a modifié l'essence de tous les gouvernements, les imprégnant jusqu’aux moelles du principe démocratique, soit qu'il tolère, soit qu il abolisse la l'orme monarchique.Mais l’instabilité des régimes, la perpétuité des crises politiques, l'état de guerre latente qui condamne tousles peuples à n'être plus qu’une immense armée, ce ne sont peut-être encore que les effets les moins désastreux de la Révolution.La Révolution, parla proclamation des prétendus droits de l'homme, a brisé tous les liens sociaux, substitué l’antagonisme des individus et des classes à l’antique organisation sociale, établie sur la hiérarchie naturelle des intérêts, et sur l’équitable répartition des droits, des devoirs et 'des privilèges.Après quatre-vingts ans de ce système, que voyons-nous partout.?—Une misère universelle et exaspérée ; une misère turbulente et haineuse, comme celle des anciens esclaves ; une misère ambitieuse et hardie, comme celle de la plèbe au temps des tribuns ; partout la rivalité des classes, la concurrence furieuse des appétits ; la guerre sociale en permanence.Partout on discute, sans le pouvoir résoudre, ce problème de la misère.En France, le Parlement v a cousu-cré de stériles séances, aboutissant à la nomination dérisoire d'une commission d'enquête ; en Allemagne, le socialisme d'Etat est aux prises avec le socialisme anarchique ; en Irlande, c'est un peuple tout entier qui cherche à se mettre en grève, et qui répond par l'assassinat et le pillage aux répressions sanglantes et aux palliatifs illusoires.On cherche l’origine du mai : on en rejette la faute sur les conditions économiques, sur les fléaux du ciel et de la terre, sur le vice des législations.Oui, tout cela est pour beaucoup dans la crise universelle qui met aux prises le travail contre le capital.Mais ce sont là dos causes occasionnelles.Jadis, au temps de la loi chrétienne, il y avait aussi des sécheresses, des inondations et des gouvernements imprévoyants.Mais, depuis l'antiquité, sauf en des heures d’anarchie spontanée, en des tempêtes sociales passagères, on n’avait jamais vu sévir si longtemps, si furieusement, la haine implacable des classes.Jadis, la révolte de la misère était un fléau passager, accidentel ; elle est devenue la condition normale de la société ré vol ut ion na ire.L’origine profonde du mal est dans la destruction violente faite à la lin du siècle dernier de toutes les coutumes qui réglementaient et hiérarchisaient, suivant l’esprit chrétien, les corporal ions d'artisans, mutualisaient les intérêts et les services, faisaient ce qu’on appelait si bien “ les corps d’états ", véritables corps organisés et constitués, vivant d'une vie propre, où chaque membre trouvait sa subsistance et sa dignité.Chacun pour soi, a dit la Révolution, et Dieu pour personne ! Chacun pour soi, c’est-à-dire l’individu isolé, avec des appétits disproportionnés à ses forces.Dieu pour personne, c’est-à-dire l'esprit de charité aboli, les coalitions admises.substituées aux solidarités chrét iennes, la force du capital n'ayant d'autre tempérament que celle des grèves, et au-dessus de ces conflits, entre la rage de posséder et celle de prendre, l'Etat indifférent absorbant pour entretenir ses fonctionnaires, ses Gendarmes et ses armées, et l'épargne des uns et le pain quotidien des autres ! Voilà ce qu est devenue la Société ayant perdu sa divine orientation : voilà le spectacle de la terre sur laquelle a cessé de planer le signe de la Rédemption ! N'est-ce pas vrai i Qui ne sou lire pas ?Est-ce vous, ouvriers pins affamés de plaisir que de travail, à qui on a donné, à la place de pain, la licence du cabaret, l'instruction misérable qui vous abêtit par les lectures idiotes et les phrases des démagogues ?Est-ce vous, agriculteurs qui, clans votre lopin de terre indéfiniment divisé, ne trouvez plus la subsistance d’une famille, et, contre la loi divine, êtes amenés à restreindre volontairement et criminellement la fécondité de vos femmes, malthusiens malgré vous ?Est-ce vous, patrons et propriétaires, toujours tremblants devant la meute affamée de vos ouvriers et de vos serviteurs, toujours sous la menace de la grève ou de la Jacquerie ?Pour pallier ces misères, qu'a-t-on trouvé ?L'extension sans limite de la fortune mobilière engendrant la fièvre et la ruine de l'agio ; l’abus du crédit, créant, au-dessus de la richesse réelle et permanente, une circulation fictive, mais ruineuse en somme, parce que du torrent de cette circulation s’échappe, par les mille canaux de l'impôt et de l'usure, le bénéfice légitime du travail.Palliatifs dont l’eflicacité est limitée.Les krachs, fatalement périodiques, ei les banqueroutes, sèment plus de ruines que l'ouragan et l'incendie.5 es origines t’*p II.c.s.lu >ssê «tjLA \ «;rKDoc.!*rocur»*urs
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.