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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
samedi 31 mai 1890
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1890-05-31, Collections de BAnQ.

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;j4cin^ ee w o &7«£'-iàditioii quotidienne l^cme Année Samedi, 31 HIai *8S)0 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.eon-M&xaa.La OROIS, J'IESIP^RE 1VTT XAIMS.THOMAS OUA PAIR, Rédacteur en Chef.LEGER BROÜSSEAD, Editeur-Propriétaire.assssan Ï7JV LIVRE Voici un nouveau volume du Jow-nal de Indu* [in 18,chev Savine) C’est le troisième.Le premier avait pour sous-titre ; La révolution de septembre 1879 * le deuxième : \a capitula L'on de la Commune ; nous devons donc y rencontrer souvent M.Thiers.En effet Fidus consacre bien des pages à ce personnage, pour lequel les républicains fcont si ingrats.De tout ces pages bien enlevées, nous en citerons aujourd’hui deux ou trois : le sa diner «liez >3.Thiera M.le docteur Bertrand de Saint-Germain me raconte un diner auquel il went d’assister chez M.Thiers.Les convives étaient outre les deux dames,MM.Dumas le savant ; Duver-gier de llauranne ; Paul Janet, le professeur de philosophie ; de Dresseuse, le ministre protestant ; Fr.Lenonnant ; Barthélemy Saint Hilaire ; un députe et le docteur.M.Thiers a émis quelques opinions dignes d’être notées.Le docteur lui demandait s’il profitait des beaux jardins de l’hotel Bagration pour se promener : i; Non a-t-il répondu ; tous les jours je sors, je passe par la place Louis XV (il no dit jamais la place de la Concorde), et je remonte les Champs Elysés, en regrettant chaque lois de ne pouvoir m’arrêter à Guigno ! A lome j’allais souvent entendre Polichinelle.Le Pape, quoique Pulcinella se permit bien quelques satires laissait parler Pulcinella ; mais mon ami Victor Emmanuel, depuis qu’il est à Rome, Ta supprime ! “ On parla du synode des protestants, qui s’est clos il y a peu de temps : 44 Les protestants vinrent me trouver, j’étais alors au pouvoir, dit M.Thiers, et me liront part de leur intention de te réunir, de cherchai à les en dissuader : Vous allez rendre publics vos dissentiments, leur dis-je.Je ne pus les convaincre.Ils avaient pour eux le Concordai, il fallut le leur permettre.Qu’est-il arrivé ?C’est que leur assemblée n’a servi qu’à augmenter leurs divisions ; ils n’ont pu s’entendre sur aucun des points importants ;au contraire, ils se sont disputés avec acharnement ; ce n’est pas seulement de la discorde, c’est de l’anarchie ; non seulement des dissentiments,mais de la haine.C’est à ce point que, nous à l’Assemblée, en comparaison, nous sommes des frères ! ” On peut juger de Pellet d’un tel mot, surtout quand on commit les haines avouées personnelles, des partis de P Assemblée: “ La nation n’est plus rien ! ” disait récemment un député de la gauche, M.Lacretolle.On a demandé à M.Piliers ce qu’il pensait du procès du maréchal Bazaine.11 était alors devant la cheminée ; voici sa réponse, avec un accent et une pose oratoires: “ En mon finie et conscience, le maréchal Bazaine n’est pas coupable ;en un temps où tous ont concouru à la catastrophe, il est déplorable qu’un seul soit considéré comme responsable.11 a fait des fautes politiques; mais les autres ceux qui l’accusent, I ivilleton DU COURRIER DU CANADA 31 Mai 1890 - N° 18 LE (suite) —A Ben-Sadoc, répond un des ouvriers.—Ah ! ce sont les matelots du 14 Centaure ?” —La dernière prise laite par l’invincible “ Arasfiel ”.Osmanli jette un regard autour de mi, il marche, lentement vers le calé le plus proche où il s’instule.Ea vente des captifs de Ben Sadoc occupait col matin-là toutes les conversations.Il est vrai que celles de Orientaux ont une lenteur, une placidité bien éloignée de la nôtre.Entre deux boudées de tabac et deux gorgées de café, ils s’adressaient une question dont la solution se donnait nvec une gravité semblable.Les enfants seuls, bien qu’ils participassent déjà à cette lenteur habituelle, s’abandonnaient pourtant à teur instinct curieux, Les ouvriers achevaient de disposer l’estrade et quelques-uns déjà en ont fait bien davantage, et lui a payé plus qu’eux de sa personne!” On sait du reste que M.Thiers a toujours défendu le maréchal.Il eut voulu que Me Âllou lïit sou avocat au lieu de Me Lichaud ; mais Me Allot!, républicain s’y est refusé.M.Thiers a dans un autre moment entretenu le docteur B de Saint Germain de ses travaux philosophiques; il prépare les éléments d’un grand ouvrage sur les progrès des sciences et fait à ce sujet, des études de physiologie, d’histoire naturelle, etc.Il a interrogé le docteur sur les opérations du cerveau, les rêves que le docteur explique par une théorie ingénieuse et fort vraisemblable etc.11 a meme, ê cette, occasion prononcé un mot significatif : 44 Je ne suis pas positiviste, mais je suis positivement spiritualiste.’’ Il est, il faut le reconnaître un vrai disciple de l’école de Voltaire, un homme du dix huitième siècle déiste reconnaissant l’immortalité de l’âme, un Dieu rémunérateur etc., mais n’allant pas au delà.Au surplus le livre, qu’il prétend composer est conçu sur un plan si vaste qu’il ne lui sera pas donné de le faire; il oublie son âge, et que déjà la mort étend son ombre vers lui.()n sait que Fidus qui raconte beaucoup d’anecdotes nes’en tient pas là.Aux faits piquants, aux détails inédits il mêle des jugements où l’on peut trouver à contester, mais qui méritent toujours l’attention.CORRESPONDANCE ROMAINE Rome,, 3 mai 1890.Noire Saint-Père le Pape a reçu samedi en audience particulière S.A.R.le prince Charles d’Areiiberg de Bruxelles.Lundi Sa Sainteté a reçu S.Exc.M.Anicet Vergara, le nouvel envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Chili, lequel lui a présenté les lettres qui l’accréditent en cette qualité auprès du Saint-Siège.Avant hier jeudi, le Souverain Pontife, assisté par son grand aumo nier Mgr Cassetta, par son sacriste des cérémonies pontificales Mgr Sinistri, a célébré la messe dans sa chapelle privée.S.A.la grande-duchesse douairière de Toscane y assistait avec sa suite et a eu le bonheur de recevoir la sainte communion de l’auguste main de Sa Sainteté.Après la messe d’actions de grâces, une collation a été servie dans les appartements secrets du Saint-Père.Par billet de lasecrétaireried’Etat, en date du 1er de ce mois, S.Em.le cardinal Parocchi, vicaire de Sa Sainteté, a été nommé protecteur de l’ordre des carmes déchaussés, à la place du défunt cardinal Schiallino.Son Eminence, qui préside le comité pour le monument à ériger au Vatican en l’honneur de saint Thomas d’Aquin, est allée visiter l’autre jour I marbre .il’a fait que donner plus de relief, de sentiment et de vie à cette belle statue, et l’on peut dire que c’est une œuvre réussie sous tous les rapports.Le cardinal Parocchi, après avoir longuement étudié et admiré la statue du Docteur Angélique, a vivement félicité M.Aureli.S.Em.le cardinal Rampolla, secrétaire d’Etat, a envoyé une lettre à Mgr Canestrari, administrateur apostolique du diocèse de Frascati, pour lui annoncer que le Saint-Père, qui a donné tant de preuves de sa bonté au cardinal Massaïa pendant qu’il vivait, veut que le désir de Son Eminence, plusieurs lois manifesté, de reposer dans la tombe des capucins de Frascati, soit pleinement satisfait.Sa Sainteté permet donc que les restes du cardinal Massaia, qui sont déposés actuellement dans la sépulture de la Propagande, au campo Verano, puissent être transportés à Fracasti, pour y être ensevelis dans la tombe des capucins, qu’il s’ôtait choisie.Le cardinal secrétaire d’Etat a écrit une auter lettre à M.Je commandeur Paganuzzi, president général de l’œuvre des Congrès catholiques d’Italie.11 ressort de cette lettre que le Souverain Pontife donne son entière approbation ail projet voté à Rome, et que je vous ai aussitôt signalé, de fêter solennellement son jubilé épiscopal.Voici les passages de la lettre de Son Eminence qui ont trait à cette question .La nature même des questions que le comité proposera comme vous l’annoncez, a contribué particulièrement à accroître l’intérêt que Sa Sainteté prend à cette religion.En effet, le Saint-Père ne saurait être insensible au zèle déployé par le comité pour que les fidèles se disposent à célébrer son jubilé épiscopal, s’il plait à Dieu de lui prolonger la vie jusque là.Sans doute le Saint-Père rapporte au Pasteur suprême de l’Eglise tout l’honneur qui est rendu au Vicaire de Jésus-Christ ; mais il reconnaît aussi combien il est opportun, surtout de notre temps, de travailler de resserrer de plus les liens d’amour et de respect qui unissent les bons fidèles au Père commun.A la suite de cette lettre, le comité a adressé un appel à tous les catholiques d’Italie et à ceux du monde entier pour qu’ils se préparent à célébrer le jubilé épiscopal de Sa Sainteté, qui tombe au mois de juillet 1893, avec plus d’éclat encore et de générosité que sou jubile sacerdotal.Les pèlerins allemands sont arrivés à Rome par plusieurs groupes.Ils ne sont guère plus de trois à quatre cents et ont à leur tête le prince de Lœwenstein.lis seront reçus jeudi prochain, 3 du courant, en audience solennelle par Notre Saint-Père le Pape, et seront admis un autre jour à assister à sa messe.La cour de cassation de Rome, par l’atelier du sculpteur Aureli, qui une sentence en date du 28 avril vient de terminer, en marbre, la statue du saint docteur, d’après le modèle en plâtre qu’on a admiré â l’exposition vaticane.L’exécution en dernier, vient de donner gain de cause aux chapitres des cathédrales de la Sardaigne qui s’étaient pourvus devant les tribunaux pour repousser les prétentions fiscales de l’administration domaniale.En effet, le domaine entendait prélever une taxe extraordinaire de 30 pour cent, avec l’effet rétroactif jusqu’au mois de septembre 1807, sur l’allocation accordée a ces mêmes chapitres, à titre de compensation pour les anciennes dîmes ecclésiastiques supprimées dans les Etats sardes par la loi du 1-5 avril 1851.La cour de cassation a repoussé les prétentions du domaine et l’a condamné en outre aux frais du procès.Le Sénat a continué ces jours-ci la discussion du projet de loi sur les Œuvres Pies et, comme c’était prévu, a voté tous les articles les plus hostiles à l’Eglise et au clergé, conformément aux désirs du gouvernement.L’article le plus controversé, celui qui exclut les curés des congrégations de charité a été approuvé, après un discours de M.Crispi, par 103 voix contre 59.Naturellement les organes ministériels sont radieux et couvrent le Sénat de fleure, vantant sa sagesse, son zèle, son assiduité, son amour de la patrie et que sais-je encore ?Mais il ne faudrait pas conclure du nombre exceptionnel de sénateurs qui ont pris part à ce vote, que le Sénat est toujours aussi assidûment fréquenté et que beaucoup d’orateurs prennent part aux débats.Oh ! non.Le jour où les curés ont été exclus des congrégations de charité, le gou-vernemdht avait mandé tous les préfets, magistrats, généraux et nombreux employés supérieurs qui font partie du Sénat.Le ministre leur avait dit de voter pour l’exclusion des curés, et iis avaient voté pour cette exclusion.Ils auraient voté de même contre si on l’avait exigé d’eux.Ce qui prouve qu’ils n’étaient venus que mandés par ordre, c’est que ces sénateurs sont arrivés au moment du vote, n’ont pas pris part aux débats, sont repartis aussitôt après avoir voté, et savaient si lieu de quoi il retournait que beaucoup ignoraient même où il fallait aller pour voter et ont du être conduits comme par la main du côté où l’on votait suivant les désirs de M.Crispi.Et voilà comment sont votées les lois les plus importantes par ces sénateurs si sages, si zélés, si assidus, si patriotes, etc.Les fêtes de mai, sur lesquelles on avait tant compte pour rendre un peu de vie à la capitale et la soulever de la terrible crise dans laquelle elle se débat ne s’annoncent pas d’une manière bien brillante et le temps est loin de les favoriser, car il ne cesse pas de pleuvoir et il fait presque froid.Les fêtes ont commencé hier par l’inauguration de l’Exposition industrielle et artistique faite par le roi Humbert et la reine Marguerite.L’exposition industrielle n’a rien de remarquable,et chacun sait que Rome nài pas d’industrie proprement dite ; quant à l’exposition artistique, elle est au-dessous de tout, et il suffit de la parcourir pour constater ie coup mortel que la révolution italienne a porté aux arts, jadis si florissants sous ie gouvernement éclaire des Papes, qui les protégèrent toujours.ASSASSINAT RITUEL d’un Enfant chrétien a Damas On nous écrit de Beyrouth le 30 avril 1890 : Damas vient d’avoir la seconde édition du meurtre du Père Thomas ; j’arrive de cette ville, et je veux vous raconter le fait tel que je l’ai entendu, sur les licux.de la bouche de plusieurs témoins.On sait que le P.Thomas, capucin, desservant la paroisse latine de cette ville, fut assassiné par les juifs en 1841 et que l’or juif et l'influence de (Jrémieux sauvèrent les assassins de la potence qui était préparée.Ce procès a été public et il est plus clair encore que celui do Tizza Eslar.Les juifs espèrent aujourd’hui le même succès de l’emploi des mêmes moyens, mais nous deions tâche” au moins de faire la lumière av oar de cet exécrable événement, laissant à la divine Providence le soin de mener les choses au résultat conforme à son adorable volonté.Voici le fait : Un jeune enfant de cinq ou six ans, appartenant à une famille arménienne catholique et portant le nom de Henri Abd-el-Nour, a disparu de la maison paternelle au temps de Pâques ; on l’a cherché en vain pendant de longs jours ; folle de douleur et d’angoisse, la mère est allée consulter un devin qui lui a dit : L’enfant est dans un puits .Et enfin : Il est dans tel puits, qu’il a désigné.Je passe sur les charlataneries de ce sorcier, mais j’ai hâte de dire que cette fois-ci le diable n’a pas menti.L’autorité avertie a fait de mauvaise grâce les perquisitions, et l'enfant a été trouvé dans le lieu indiqué.Vingt médecins se sont assemblés autour de ce petit, caduvie et ont dressé un procès-verbal dont la conclusion est celle-ci : L’enfant a été saignée par l'ouverture d’n e reine pratiquée sur la main gauche.IL ont coupé cette main et l’ont enfermée dans ttn bocal plein d’esprit de vin, qu’ils ont soigneusement cacheté et muni de leurs sceaux.Seize d’entre eux ont signé le procès-verbal, et le tout a été remis à l’autorité locale.Que s’est-il passé au sérail ?Personne ne le sait au juste, et je ne veux pas me faire l’écho des mille et une suppositions qui courent ies rues ; qu’il me suffise de dire que le gouverneur de Damas a fait extraire le bras du bocal, après eu avoir rompu les sceaux, sans égard pour la commission médicale, et a ordonné l’enterrement de ce bras réuni au corps de l’enfant.Deux soldats (je les ai vus) gardent le tombeau de jour, et la nuit on en met seize alin de prévenir l’enlèvement du corps.Espèrc-t-on enterrer aussi le fait et l’émotion qu’il produit ?C’est évidemment le but qu’on poursuit, puisqu’un ordre publié par le gouverneur défend, sou-s peine d’emprisonnement, de parler de ce fait Plus de vingt personnes sont ' déjà en prison pour violation de cet ordre.Quel est l’auteur de cet assassinat ?La voix publique désigne une certaine juive, comme auteur de l’enlèvement du petit Henri.Si jamais l’opinion force le gouvernement à instruire le procès, on verra si les soupçons sont fondés.ISOigg.l'OeaeAS-lIIB^ La librairie Lcduy a récemment publié une nouvelle édition d’un livre intéressant et édifiant où l’art et la piété sont unis : Vie du R J\ Hermann, m religion Augustin-Marie du T.S.Sacrement, canne déchaussé, par M Charles Sylvain.Cette vie d’un saint religieux, dont Mgr de la Bouillerie, juge des pins compétents, a dit : “ La nature l’avait fait grand artiste,la grâce en fit un grand chrétien ”, a reçu dès sa publication de telles approbations qu’il suffit, comme nous la faisons, d’en signaler l’édition nouvelle.Et en même temps nous donnons une lettre adressée par Louis Vouillot à la sœur du E.p.Hermann, peu do temps après la mort de celui-ci : Madame, .T’ai reçu la lettre charmante et touchante que vous avez bien voulu m’écrire à p opos de la mort de votre saint frère, mon très cher P.Hermann.La nature particulière de mes occupations, toujours pressées, m’a empêché de vous remercier aussitôt que je l’aurais voulu, mais je ne veux pas que vous ignoriez combien je suis reconnaissant.T’aimais Hermann du fond de mon cœur ; je l’aimais et je l’a Imirais.Il avait toute simplicité, toute candeur, toute humilité, tout amour de tout bien.La grâce du bon Dieu me l’a fait rencontrer souvent.Pendant plusieurs années, ce fut une joie que j’avais dans tous mes voyages.A peine arrivé quelque part j • le voyais, et chaque fois, il me laissait le souvenir de quelque trait nouveau de sa vertu.Ma sœur et mes tilles qui le connaissaient et le vénéraient, l’ont pleuré autant que moi.Nous comprenons bien votre douleur, mais nous devinons ves consolations.11 est de ceux qui ne laissent par orphelins ceux qu’ils ont aimés.Il m’a souvent parlé de madame et certainement vous l’aurez toujours et, jusqu’à lajdernière heure, vous sentirez que cette ange est près de vous.A cause de la grande affection que j ai pour lui je me réjouis d’apprendre la joie que vous donne ce fils, dont il me parlait aussi et duquel il espérait beaucoup.Je me recommande à vos prières madame,et vous prie de me croire votre très humble et.dévoué serviteur.Louis Veuillot.Ben-Sadoc, autant par cruauté que par orgueil, faisait toujours publiquement la vente de ses prisonniers.S’il les avait réunis dans une des vastes salles de sa maison, les acheteurs seul fusssent venus les voir.Or Ben Sadoc voulait que ce marché contentât tout ensemble sa soif d’argent et ses instincts de vengeance.Il transformait en pilori l’estrade d’exposition.Non seulement les hommes riches venaient étudier, juger la marchandise et en débattre le prix, mais le peuple prenait sa part du spectacle, et ne pouvant se donner le luxe d’acheter un de ces malheureux, il satisfaisait du moins sa cruauté stupide en injuriant, outrageant.des chrétiens, pour se venger d’avoir eu pendant plusieurs siècles des chrétiens pour rois et pour vainqueurs.Les prisonniers de 1’“ Arasfiel ” étaient prévenus.La dernière nuit qu’ils passèrent dans la maison de Ben-Sadoc lut affreuse.Il ne s’agissait plus seulement pour eux d’être enfermés dans un cachot.On s’habitue â la so li-tude, on finit • par l’aimer.Mais devenir la propriété, la chose d’un homme qui peut, à son gré vous surcharger de travail, vous accabler d'injures, torturer votre corps et tenter d’ébranler et d'affaiblir votre - ^ • au milieu d’esclaves abrutis par les chaînes, annualisés par l’hébétement progressif amené par les humiliations et les coups! Ne plus pouvoir parler avec son cœur dans le recueillement et redemander à sa mémoire les noms aimés et les visages chéris ?Se trouver écrasé, pressuré, martyrisé dans tout son être, er n’avoir pas même une heure pour pleurer ! Ben-Sadoc connaissait bien son métier de bourreau ! aussi ne manquait-il jamais Me visiter ses captifs la veille de la vente publique, afin de se repaître de leurs secrètes angoisses.Pour la première fois il fut complètement déçu quand il entra dans la salle où se travaient les prisonniers.Les malheureux avaient entendu les consolations de Compian, et voulaient soutenir en lace du pirate l’honneur et le courage marseillais.Mais que do nuances dans ce calme silencieux ! Goëlend assis â terre,.les coudes sur les genoux, les [poignets enchaînés, fixait sur Ben-Sadoc de regards farouches.Trois marins du 44 Centaure ” Alison, Gargaillou et Bouchafer se tenaient immobiles, les yeux fermés et couchés sur le dos.Ils dédaignaient de regarder leur bourreau.Deux amis, deux matelots, Mistral et Josse, appuyés sur l'épaule l’un.puiser dans leur affection une force nouvelle.üllioule le plus jeune, était aussi le plus faible.Accroupi à terre, la tête ensevelie dans ses mains, il songeait que jamais il ne reverrait, sous les oliviers au feuillage pâle, Marie sa fiancée tressant des guirlandes d’immortelles ! Si jeune, si vaillante, au milieu de ces trophées du souvenir préparés par les tombes.Puis, ballotté par les vagues, passait devant lui l’épave à laquelle s’accrochait Feu-Saint-Elme, sou Irère se dévouant héroïquement pour tenter de sauver » Jacques Tonnerre ou périr avec le vieux matelot.La baie de Marseille magnifique et bleue se déroulait devant lui, comme â l'heure ou pour la dernière fois le 44 Centaure ” mit à la voile ; il wembrassait du regard le groupe formé par la famille Compian, et il se disait que JJ jamais sa belle ville natale, fille de la mer comme Venise et Gènes il le reverrait sur ce port où il avait] grandi.Ses rêves de jeunesse, d’espérance, de fortune et d’affection se brisaient tout d’un coup.Du haut des plus beaux, des plus doux espoirs, il retombait sanglant et meurtri dans cette salle basse qu’il quitterait bientôt pour le marché des esclaves.Son esprit, lucide et ferme quand en présence de la honte de l’esclavage ; il sentait la sueur perler â son front et ses yeux se remplirent de larmes.Pendant la dernière veillée, sous l’empire d’un sombre désespoir, il avait dit à Compian : “ Capitaine, vous savez si je me suis bien battu â bord.—Oui, Ollioules, cl je rends justice à votre courage.—Ainsi, jamais vous ne me croirez coupable d’une lâcheté?—Jamais.—Et si je commettais un acte réputé pour tel ?—Je penserais que vous êtes devenu fou.—Je ne suis pas lou, Compian, non, vrai ! Et c’est parce que je possède toute ma raison que je m'épouvante.Si je puis recevoir une balle sans me plaindre, me laisser amputer un membre sans crier, je ne me résigne pas à tourner une meule ou â bêcher la terre pour un chien de Turc.Dieu nous abandonne aux infidèles, mourons! —Dieu nous abandonne.répéta lentement Nicolas, est-ce une raison pour abandonner Dieu ?’’ Puis il ajouta après un moment do silence.44 Qui ose dire cette parole : Dieu m’abandonne ; non, non, elle est impie et blasphématoire! Vous êtes comme les pêcheurs de Galilée, des dort, et vous écriez éperdus, parce que la mer monte et vous menace : —Seigneur! nous périssons!—Dieu se réveillera ! Je le sais, je vous le promets! A quelle heure?Je ne puis sonder les desseins de sa providence.L’épreuve êst lourde, et cependant j’acceptes l’épreuve.Oui, vous souffrez, Ollioules, et vous avez sujet de souffrir.Vous pensez à la sœur de Feu-Saint-Elme, le pauvre mousse .et vous avez raison de la regretter.Mais oseriez-vous faillir au souvenir de cette enfant, quand je demeure ferme devant celui de Madeleine?Pouvez-vous comparer votre affection naissante pour Marie, à mon attachement pour ma femme ?.Depuis six mois vous rêvez d’en faire la compagne de votre vie, mais Madeleine est ma confidente et amie depuis vingt ans! Et d’ailleurs, Ollioules, que sont tous les sentiments possibles eu face de ce sentiment que vous ignorez : La paternité ! Marthe, Victor, et Lazare le plus petit, celui de mes enfants qui a davantage besoin d’appui et de caresse.Dai perdu tout cela.De ma fortune je n’en parle pas, je ne saurais la regretter; Gaspard sauvé par moi n’abandonnera pas ma famille.Mais cette famille, mon sang et ma chair, mon cœur et mes larmes ! Ces êtres adorés que je ne verrai plus ! Ces créatures chéries qui me pleureront désormais sansm’atténdre.* ph Le Courrier du Canada, Samedi 31 jJIai 13»)0« Malles pour F Europe A COMMENCER AUJOURD’HUI et jus-±\_ qu’à nouvel avis, ce Bureau fermera une autre malle directe pour l’Europe, les JEUDIS a 9.00 1*.M- laquelle sera expédiée par la ligne Cunard via New-York.A.G.TOURANGEAU, Maître de Poste.Bureau de Poste, J Québec, 2$ mai 1S90.( Québec, 30 mai 1S90—2f ^5 ANNONCES NOUVELLES Compagnie de navigation du Ricliel eu et Ontario Ligne Allan (voir ^ème page) Nouveaux Tapis—Behan Pros Déménagement—Madame \ allée.Crédit paroissial.~C.P.Lanctôt.CANADA QUEBEC, 31 MAI 1890 impasse le gouvernement Mercier nous a placés.Electeurs, préparez votre verdict ! LE GOUFFRE DU DEFICIT $1.040,100 de découvert Pour l’exercice ISOO-O! Effrayante nit nation L’hon.M.Shehyn a dit dans son discours budgétaire le 21 lévrier dernier : .l’estime les recettes de cet exercice [1890-911 à S3,528,672.80, dont 808,000 représentant celles ù compte du capital S3,460,522.80 provenant du revenu ordinaire.Cette estimation est basée sur celle du dernier exercice, tout en tenant compte des changements qui peuvent se produire en plus ou eu moins, sur certains articles.Cette estimation a etc fuite avec le plus grand soin possible, et fai raison de croire que nous encaisserons le montant.(Dis cours sur le budget, (1890, p.p, 3 G et 37).A la page 38 du même discours, le trésorier a fait la déclaration suivante : Passons maintenant au chapitre de la dépense, «l’évalue à 84,877,828.24 le total des paiements de cet exercice distribué comme suit : Dépenses ordinaires Service de la dette publique.81,176,055.32 Service administratif.2,249,589.92 83,425,645.24 Dépenses imputables au capital G onstr ucti on des édilices publics etc.8912,133.0.J Subsides aux chemins de fer.540,000.00 81,452,183.00 Total.§4,877,828.2 i Faisons maintenant une opération très simple : D Recette épenses totales de 1890-91.SI,87/,828 eceltes totales de 1890*91.3,529,072 Découvert.S 1,3 *9,150 LTionorable M.Shehyn, le ministre des finances de M.Mercier, le trésorier de la province, a donc officiellement proclamé que la prochaine année fiscale va se solder par un déficit total dans les opérations budgétaires, de $1,349,150.Il n’y a pas à sortir de là ; c’est une déclaration ministérielle ; c’est tout ce qu'il y a de plus officiel ! EN MILLION, TROIS CENT QUARANTE-NEUF MILLE, CENT CINQUANTE-SIX piastres de déficit pour une seule année ! ! ! Et nous n’avons plus un seul sou de balance en caisse, à l’heure qu’il est.Plus un seul sou de l’emprunt de $3,500,000 contracté en 1887 ! Plus un seul sou des $2,229,070.45 des dépôts des compagnies de chemins de 1er ! Et le trésorier nous annonce froidement un découvert probable de $1,319.150 pour l’exercice fiscal de 1890-91.Avec quoi le gouvernement Mercier va-t-il combler ce découvert ?Avec des taxes nouvelles ou un nouvel emprunt.Il n’y a pas d’autre alternative, pas d’autre issue.Voilà • dans quelle désastreuse] OU EST LE FASTE?31ère i ec-J?a ch a Dans son fameux discours du Tara-Hall, M.Mercier, voulant venger sa clique des avanies dont elle est l'objet, s'est écrié : On sait parfaitement bien que tandis que nous, malgré ce qu’on en dise, nous restons pauvre dans ta vie publique, donnant tout ce que nous gagnons, d’abord pour faire vivre nos familles, et ensuite, pour aider à des œuvres île charité, aider à l’éducation, aider à toutes les causes justes.Ceux qui nous traitent de clique se sont enrichis quand ils étaient au pouvoir et aujourd'hui nous écrasent par la somptuosité de leurs équipages.(\pp.) Vraiment M.Honoré Mercier pousse l’impudeur jusqu'à l’inconscience.Ah ! il veut jeter l’insulte à la figure d'hommes politiques dont l’honneur est sans tache et dont l’intégrité est proverbiale ! Eh bien, nous allons le rappeler à la décence en descendant sur un terrain qui nous répugne sans doute, mais où M.le premier-ministre nous a appelé lui-même.“ Ceux qui nous traitent de clique,” s’écrie-t-il dans sa rage de voir les boodlers qui l’entourent dénoncés de toutes parts, “ ceux qui nous traitent de clique se sont enrichis au pouvoir cl aujourd' hui nous écrasent par la somptuosité de leurs équipages." Tant d’audace nous frappe de stupeur, môme chez ce prodige d’efironteric et d’impudence qui s’appelle Honoré Mercier.Enrichi au pouvoir, M.Ross ! Enrichi au pouvoir, M.Tail Ion ! Enrichi au pouvoir, M.Blanchct ! Enrichi au pouvoir, M.Flynn .’Mais ce qui est un des premiers titres d'honneur de ces hommes publics, c'est qu’après avoir gouverné la province, après avoir disposé du patronage et des faveurs officielles durant des années, ils sont sortis du gouvernement plus pauvres qu’ils n’y étaient entrés.Lors même qu’ils étaient ministres, où était leur faste ?Tous vivaient sans éclat, dépensant, eux aussi, ce qu’ils gagnaient pour faire vivre leurs familles et faisant la charité sans le crier sur les toits.Tous étaient sans fortune en sortant du pouvoir, et la politique ne leur avait pas donné de rentes, parce qu’ils n'avaient pas pratiqué ce que M.Mercier a appelé un jour une politique payante.Les équipages somptueux de MJ Ross ! de M.Taillon ! de M.Flynn ! de M.lîlanchet ! où donc M.le premier-ministre les a-t-il rencontrés ?.Nous connaissons un homme public qui était pauvre, il y a trois ans, et qui nous scandalise aujourd’hui de sa splendeur insolente, de son luxe criard, de son vulgaire étalage et de ses tapageuses prodigalités.Nous connaissons un ministre qui soulève la poussière des mes de Québec sous les roues de son carrosse et sous le fer doses coursiers.Nous connaissons un chef de cabinet qui vit sur le pied de quinze mille piastres par année, qui donne dos souscriptions de$1.000, comme les marquis de l’Œil de Bœuf donnaient une chiquenaude à un grain de tabac.Cet homme public, ce ministre, ce chef de cabinet, c'est celui qui écrivait en 1884 cette lettre historique : Montréal, 17 août 1883.Mon cher Trudel, 4c viens vous demander un grand service !.Je voudrais que vous me prêtiez 8500,00 pour un 7nois, et que vous fassiez télégraphier demain malin par le caissier de la Banque Nationale de Québec, ici, que cette somme est à ma disposition.J'ai absolument besoin de cela pour demain matin.Sans cela je serais dangereusement embétê.Allez-vous me rendre ce service ?Je sais que quand vous voulez vous pouvez et si vous vous mettez en position de me le rendre,vous n’aurez pas obligé un ingrat.«le n’entre pas dans les détails, ce serait trop long, mais pour vous demander une telle chose à douze heures d'avis, il faut que j'aie besoin.J’ai attendu pour vous écrire, jusqu’à la dernière heure parce que j’ai toujours cru que je me tirerais d’alfaire sans vous.Maintenant,ce n’est que pour un mois et je vous rembourserai ce que a Ex ira.4 75 a Foin* pour boulunge .Extra du printemps.Superline No
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