Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 30 août 1897, lundi 30 août 1897
41ëmo ANNÉE V F*'71v—EDITION QUOTIDIENNE.—20ème ANNEE LUNDI, 30 AOUT 1897 nin .1E CUOIIS, J’ESPEUE* ET J’ASRE «¦ .i- - ~ La redaction, }DElfJvGBFl 32, rue de la Fabrique.T IT O MA.S CIT A1PA.IS, Directe ur-3?ropriô±aire Administration: 30, rue de la Fabrique rln Feuilleton du COURRIER du C-4.rt.4iU 30 A ?B T 1397-No.SI LE COMTE Du Trehoux Suis-je, disait il, un danseur payé pout fui re des révérence.».Cepeniant, fatigué des affaires qui ne comportent paa d’appointements fixes.il «’émit chargé peu à peu do liquider des succession* »»u de gérer des domaines de mineurs et d’absents.Moyennant une somme convenue à l'avance, il administrait, se payait lui-même avant de rendre compte et n’avait de discussion avec per-tonne.D’ailleurs d'une intégrité parfai-d’une habileté consommée, tout .c, prospérait entre ses mains ; ceux qui parvenaient à lui faire accepter la gestion de leurs intérêts estimaient à voir fait un coup de fortune.l)e sa personne, il était grand, maigre large «l'épaules, osseux ; il avait les traits accentué.*, un nez énorme, recourbé, les yeux sévère*, abrités par d’épais sourcils, une ligure de faucon.11 vivait seul, prenait ses repas dehors, dans Quelque méchante oberge, .s'enfermait chez lui au retour, tsavaiiiait une partie de la nuit, dormait peu et sortait de *grand matin.On lie pouvait pénétrer chez lui qu’à l’heure précise, d’un rendez vous assigné d’avance : pour se faire écouter les clients devaient expliquer leur affaire sans détails mutiles, sans verbiage ; autrement Noirot les rappelait, u la question.11 avait adopté trois phrases qu'il répétait en forme d interjection pour stimuler les gens et faire court ; C’est juste 1.ça va (tien .nous] allons voir.Avec le temps ces trois formules devinrent son refrein perpétuel.Joignez à cela, quelque* mots entrecoupés qui dans lu conversation lui échappaient comme une sorte d’écho de au pensée, vous aurez une idée suüisante de son éloquence.Georges ne connaissait ni les habitudes ni le caractère de M.Nuiror, il nu l’avait jamais vu, soi ra pports avec lui se résumaient eu trois ou quatre lettres échangées entre eux définis sa majorité et strictement, relatives au montant annuel des droits féodaux de Miré.Il courait donc grand liaijuc de perdre son temps et sos pas eu poursuivant cet boni me quasi inabordable si le hasard ne l’eut heureusement servi.Au moment, «ni pour U vingtième fois depuis deux jours, il se présentait a la porte de Noirot, celui ci arrivait de sou côté, les bottes aux jambes, un fouet à la main.Ils se rencontrèrent sur le palier de l'escalier, Noirot ne lit pas mine de voir son visiteur et se disposait a rentrer seul.Ce n'était pas Je compte de Georges, qui ne ie cédait a personne en résolution.l'ardoiinez-moi dit-il en s'avançant, vous êtes sans doute M.Nuirot —Oui ! répondit laconiquement 1 a vu cat prêt a fumier la porte.Georges s'avança de nouveau.Je désire vous parler, monsieur.— Impossible ! j'ai beaucoup d’alfaires, écrivez moi.—Ah ! pas du tout, mon affaire est plus pressée qu aucune autre.— C’e-jt juste, .toujours comme ça.De main, monsieur, écrivez, .deux mots seulement.—Comment écrire, lorsque j’ai fait trente lieues pour vous parler t —Trente .lieues .hum' impossible ce soir.— Vraiment non, ce n’est pas impossible, et je vais vous parler ici même, s’il le faut.— Vous av ez été, il y a dix-huit minées chargé par M.Glagnics, mou oncle.— Ah ! monsieur le comte du Tréhoux Aux dragons d’Auvergne, a Lille, je crois très fâché, monsieur, mais j'ai tant d’af fui res I — N’importe, accordez-moi deux minutes ; d ailleurs, je ne m’eu irai pas que vous ne m’ayez entendu, je vous le déclare.—Deux minutes ?-Nous allons voir./.Noirot ouvrit la poitc, uvutiçu un siège et s’assit iui-mOme.— Vous avez été chargé reprit Georges do recevoir - mes droits féodaux et vous les avez placés chez M.Deser mires ii Th ouïr.s.b ° • —C’est juste —Aujourd hui, je désire Its retirer, mais M.Desgranges m’oppose do délais, et demande 'main-levée .d’une garantie fournie par lui.— Des de a c’est juste .il faut une demande, donner la main-levée et attend ro Mais précisément, jo ne puis attendre.— l’as attendre ! Oh I oh ! une dette pressée, c’est fâcheux.Je n ai fias de dettes, monsieur Noi-rot, je veux faire un placement.f*on* VH bien, à plus forte raison faut-il attendre ; les placements ne sont pas comme une charge de cavalerie.—Cependant, d'ici a deux jours, j’ai besoin de mes quatre-vingt-douze mille livres : un do tues amis, un cher et respectable ami, a reçu ma promesse et compte sur cette somme.—C’est juste, jo n’ai pus de dettes.c’est un ami.— Monsieur Noirot, décria Georges impatienté, trêve de commentaires : jo '•eux avoir mon argent, vous connaissez seul les conditions faites à M.Dea-run- koa, enseignez-moi les moyona employer.—Jo veux 1 parole cîu jeune homme.' Après tout, il est maitro do sonar-8°bt .le no puis pas empêcher.—Ehbien ! monsieur.jo suis à votre disposition à regret : oui, fort à regret: le pincement était avantageux et sûr ;.Des-granges est bon ; d'ailleurs, j’avais pris 1 ta sûretés.Enfin, vous voulez soit; j’arrangerai iss choses, il vous en coûtera cinq cents éctiB au moins.Pusse encore si voua aviez «iisuite un b-n placement/ Mais.limit*.Quand un ne s'explique pus ça s'entend.—Monsieur reprit Georges, vous avez j’en conviens, »;t>o sorte d » droit à ma eonliane» ; je m'expliquerais s’il s’agissait de mes a flaires ; comme il non est pas uinei.vcus comprenez ma réserve.- Coot juste, .je comprends, »:-.ais je n'appmuvtf guère.—Peut 6tro -plus *ard, approuverez* vous, monsieur Noirot.Maintenant, moyens ?Je ouis extrêmement pressé.Il faut aller trouver M.Do»granges ei aês demain.—Peste ! des denu5».Nous allons voir.Noirot ouvrit un portefeuille et lut quelques mots a dén i-voix.Demain sept heures ouf ! puis celle-là qui peut compter pour autant à elle seule.— U est entendu, se hâta de aire Georges que vous regime/ vus honoraires comme vous l'entendrez.—C'est juste, c’est juste ; allez, six heures ; là-bas, deux heures ; retour six heures : en tout quatorze heures ; cinq pistoles.—Bon, bon, cinq pistoles, c’est juste ; je no suis ni à l'enchère ni au rabais.—Très bien, alors nous partons de main.— Demain, soit à cinq heures du ma lin.puisque vous êtes si pressé.-Je vous prendrai a la Croix de Pierre, vous -tviz vu ça, en entrant dans la ville par la r*»u tu de Thouara ( — Oui je me rappelle.— Donc maintenant, veuillez rno laisser mes affaires.Cela dit, il congédia Georges suns au ou ne ceremonie.(.1 SUtCl'tJ VARIETES P R 0 U D H 0 H Il n’existait jnsqu’ioi quo «les requisses sur Proudhon.La ii)»*ill»-tir ».I«» adversaire que h* coup «l'Etat n’a pas été un pur accident historhpn» •an* principe »*t s:m«* portée.L.» su*-cès »ln livre c*t iiuimmse.Il n*«»nri»-hit pourtant pas son •m-t«»ur «pii vit au jour le Jour, dan* .a gêne, se con,*uinani «»n «fTorls st» rl-h-s poui payer »vs «l«»u«-s.Il s’aigrit, l'insieurs fois i! «-xpliqm* la fureur «le se.* ouvrages par !«•* misèr».* h* sa vie.Il «lép«»nse un»* l »»nn.» part d
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.