La renaissance, 3 août 1935, samedi 3 août 1935
Première année — i\o 7 10 SOUS Montréal, samedi .‘l a ont 1935 h Rtmmmu HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR ASSELIN M.Stevens .M.Stevens et la * Manufacturer’s Finance Corporation > Un commissaire chargé par le gouvernement «l’Ontario de faire enquête sur la faillite de la « Manufacturer’s Finance Corporation », où le ipuhlic a perdu plus de troisi millions de dollars, M.John M.Godfrey, conclut que les administrateurs, y compris l’ancien ministre du Commerce, M.Stevens, ont payé des dividendes à même le capital, durant la période de mise sur pied, et que M.Stevens a touché illégalement, outre 2000 actions ordinaires sans valeur nominale, une commission de $1000 sur la vente des titres.M.Stevens rétorque à cela «pie ces conclusions ont été tirées de faits mal établis ou mal présentés, ce qui n’est pas impossible.Que l’ancien ministre du Commerce soit ou non coupable du crime qu’on lui reproche et qui fut de perpétration courante durant toutes ces dernières années, la chose n’a en soi d’autre importance que de souligner ce que nous avons souvent prétendu à l’encontre de M.Stevens lui-même, à savoir qu’une saine capitalisation des entreprises serait la réforme la plus essentielle de toute l’économie actuelle.M.Stevens a eu toute liberté «l'orienter à sa volonté l’enquête sur les bénéfices commerciaux ou, comme on dit, l’écart des prix : n’est-il pas curieux qu’il se soit montré si impatient de connaître les bénéfices réalisés par telle ou telle société grâce à des pratiques vdéloyales (unfair practices) et que b* opérations encore toutes récentes de la « Manufacturer’s Finance Corporation » ne l’aient pas intéressé davantage : elles étaient à peine vieilles de cinq années ! La radio et la politique L’Illustration formule le vœu «pie Radio-Etat nous épargne l’ennui des boniments électoraux, après avoir publié ceux de MM.Bennett et des autres dud’s de parti.« Radio-Etat, dit-elle, est faite pour notre délassement.Qu’on nous garde au moins ce refuge en période électorale ! » Mais tant qu’à être un refuge, pourquoi Radio-Etat ne proscrirait-elle pas tous les discours électoraux indistinctement, comme M.Charlesworth l’avait promis et comme nous l’avons naguère demandé ?Du reste, aujourd’hui, s voulu, jiuisque les élections n’auraient pas lieu avant sejjtembre.L’épo»jue des élections, personne jusou’ici n’aurait pu la dire : M.Bennett la garflait pour lui, semble-t-il.De fait, il n’est pas imjiossible que ce soit en sej>-ttmibre.Mais pour M.Stevens ou pour M.Cartier — ce qui est tout comme — il ne fait pas de doute que les élections n’auront pas lieu plus tard ni plus tôt qu’en septembre, et que le parti de la Reconstruction aura d’ici là le temps de procéder à son organisation, contrairement à la tradition politique qui veut que les j>artis visent surtout à se surprendre les uns les autres.Une feuille montréalaise qui voit en tout quelque occasion d’applaudir M.Bennett nous invitera sans doute à admirer de nouveau la magnanimité de celui-ci, si différente des piège» tendus par les chefs libéraux à leurs adversaires.Peut-être certains préfèreront-ils voir dans la déclaration de M.Cartier une preuve «le la connivence qui existe aujourd’hui entre le président du Conseil et son ancien ministre.Un témoignage en faveur de Mae West Il vient du révérend Neil Dodd, recteur de Sainte-Marie-des-Anges, à Holl vwood.D’ajjrès ce « clergyman » épiseopalien, qui a, paraît-il, noué beaucoup de mariages entre étoiles de l’écran, depuis 1918, et qui en !us dangereux qu’il est hitlérien, c'est-à-dire dénué des plus élémen-I.ores scrupules reçus dans les leilieux civilisés.On constate trop bien le synchronisme qui existe entre les discours des dirigeants de Berlin cl certains de leurs actes, pour être dupe des professions de foi paci-f i pies de quelques hauts chefs «les Croix gammées.Non, certes, que lu il sans exception soit mauvais en 11 *vs hitlérien.Mais il n’en reste pas moins qu’un gouvernement qui fonde toute son action " ' sur la destruction d’une partie de sa population, sur l’écrasement de- volontés, de l’intelligence, de l’indépendance, est par définition un gouvernement dangereux pour se- voisins.Vous avons connu, il y a quelques dizaines d’années, nue sorte de fascisme avant la lettre, <111i s’intitulait néo-slavisme et qui était le digne successeur du panslavisme anti-européen.Nous avons également connu un pangermanisme que l’on avait pu eroire détruit par la guerre comme l’avait été le néo-slavisme.Malheureusement, il n’en a rien été et, après une période d’obscurité, le pangermanisme s’est relevé, plus fort de tout l’appui volontaire que lui prêle le gouvernement hitlérien et de l’aide involontaire (pie lui donnent la bêtise et la veulerie vertueuse de quelques hommes, politiques et autres, à l’étranger.l.e pangermanisme ne désarme pas, et c’est pourquoi la première tâche qui s’impose aux hommes d’Ktat des pays civilisés est de circonscrire le mal et de se préparer à la défense de l’Occident.domine exemple de la méthode allemande d’intimidation et d’in-sinuntion, les dirigeants de Berlin suggèrent des visites réciproques d’anciens combattants.Les gouvernements étrangers acceptent, et donnent même leur bénédiction à ccs entrevues.On tondie dans une sentimentalité idiote chez les anciens Alliés, tandis que les Allemands marquent un point en touchant le moral de leurs anciens et aussi probablement futurs adversaires.La mode est aux visites de vétérans : on se tend une main pacifique pendant que de l’autre on arme sournoisement et fiévreusement.Cela pourrait encore s’admettre si les Allemands ne proclamaient bien haut leur intention d'en finir bientôt avec certains de leurs anciens ennemis.Mais, avec un gouvernement hitlérien au p avoir, la chose est incompréhensible : la France et l’Angleterre font un marché de dupes.Et déjà o" trouve dans les colonnes de cert ns grands journaux de Londres d - lettres d’Anglais nouvellement ci avertis aux beautés du régime hitlérien parce qu’ils ont été bien reçus et qu’on leur a témoigné d(*t égards de commande ! Les vétérans n’ont-ils combattu pendant quatre ans et demi (pie pour renforcer le régime des camps de concentration ?Ceci n’est, après tout, qu’un à-côté de l’affaire.Le principal a été la récente manifestation du « pangermanisme impérissable » et de « l’action germanique à l’étranger » (pii s’est tenue, il y a quelques semaines, à Kœnigsberg.En accordant à 'l’Allemagne toutes les circonstances atténuantes (pie l’on voudra, celte manifestation revêt presque le caractère d’une préparation à la croisade contre les peuples civilisés.Le gouvernement de Berlin a en effet patronné une manifestation au cours de laquelle des orateurs (h; marque ont demandé, sur un ton péremptoire, que la jeunesse allemande à l’étranger ait des droits privilégiés et qu’elle soit élevée par des professeurs exclusivement allemands (lire nazis).A la lumière des principes germaniques actuellement en vigueur, la création d’une ligue pour le pangermanisme à l’étranger équivaut à la formation d’un organisme semblable au fameux Kommintern moscovite.Sans compter qu’il est grotesque pour un pays qui se donne un gouvernement totalitaire de venir réclamer des privilèges pour sa population hors frontières, alors que le même gouvernement les refuse catégoriquement aux étrangers établis dans les limites du Reich.Les prétentions allemandes sur l’Alsace et la Lorraine sont aussi inadmissibles pour la France que celles qui visent les territoires (le l’Est le sont pour la Pologne, l’Autriche ou la Tchécoslovaquie.Cette menace ne s’arrête pas là.Avec le nouvel accord naval, le Roioli va posséder la maîtrise incontestée de la Baltique.Les Scandinaves, pourtant gens paisibles, savent trop bien ce que cela signifie.Ils parlent (l’armer et ils ont parfaitement raison.Malheureusement, l’APemagne trouvera là un autre prétexte pour augmenter ses forces déjà beaucoup trop considérables.Avec cela, l’éclipse temporaire de l’Italie dans les affaires de l’Europe centrale fait le jeu (les Allemands.Il est curieux de voir qu’un gouvernement aussi réaliste que celui de Rome ne se rende pas compte des risques d’une aventure africaine et mi’elle cherche au loin un ennemi, alors que l’adversaire le plus dangereux se trouve presque à sa porte.Comme ce ne seront pas les pays d’Extrême-Orient qui viendront prêter main forte à l’Europe lors de la grande crise, il serait bon que les pavs du Vieux Continent songeassent enfin à leur propre sécurité.L’âne de Buridan Actes et déclarations sont parfois contradictoires : témoin l’entente navale anglo-allemande, après et malgré Stresa, et le Ta Grande-Br etagne et le bloc-or Sous ce titre, le Financial Times U:t.6) publie l’éditorial suivant : Notre point de vue fondamental quant à la situation peut être exposé très simplement.Nous estimons que les monnaies du bloc de l’or sont surévaluées par rapport tant à la livre qu'au dollar, et que ce déséquilibre est un obstacle très sérieux à la stabilisation monétaire et à la reprise du commerce international.Tant qu’il existera, il est inutile que nous cherchions à stabiliser, pour la bonne raison que nous ne pouvons pas mettre la livre en équilibre à la fois avec le dollar et avec les devises du bloc de l’or.Si nous tentions l’impossible, le seul résultat serait d’arrêter la reprise de notre commerce intérieur et c’est pourquoi nous préférons laisser aller les choses à la dérive.Il s’ensuit que si les pays du bloc-or décidaient de Pratiquer la dévaluation de leur propre gré, cet obstacle sei-ait écarté automatiquement.Cela ne veut pas dire que nous croyions avoir le droit d’insister pour que ces pays aient recours à la dévaluation, encore moins qu’il convient que nous dirigions notre politique monétaire, à nous, de manière à les y obliger.L'accident de M.Schuschnigg On lit dans le JOURNAL DES DÉBATS sous la plume de M.Pierre Bernus : Même si l’enquête conclut au caractère fortuit de l’accident, on ne pourra jamais affirmer en toute connaissance de cause que la malveillance n’y a été pour rien.Il est d’ailleurs possible qu’à Vienne même bien des gens préfèrent ne pas savoir le fond des choses.Dans tous les cas, il faut se dire que les actes criminels sont constamment à craindre d.ans la lutte que le Reich a entreprise pour la conquête de l’Autriche.M.von Papen et les nombreux agents nazistes qui sont sous ses ordres poursuivent avec ténacité leur travail de termites.Aucun scrupule n’arrêtera les dirigeants nazistes le jour où ils penseront que la violence peut leur Delikatessen pour les dames de Londres a n;Nr ' WSm : v- IfNQ, Dictateur à poigne ou dictateur à bottes ?par ANDRE BOWMAN Dessin do Forain, (lu 23 octobre 11115, paru « De la Marne au Rhin » dans la collection premier discours de sir Samuel Hoare, en tant que secrétaire des Affaires étrangères, après l’accord sur la flotte du Reich.Il serait un peu trop facile et probablement inexact de prendre le ministre anglais comme bouc émissaire et de le charger «l'intentions qu’il n’a peut-être pas.Il est difficile de croire — comme certains l’avancent — que sir Samuel iHoare, complètement gagné aux idées nazies en raison de ses sentiments russophobes, va procéder à « une épuration » du Foreign Office et se débarrasser de tous les fonctionnaires « trop francophiles » pour les remplacer par des hommes sûrs.Le cabinet anglais, même converti à une théorie nouvelle de la sécurité européenne, ne le laisserait probablement pas faire.Mais il n’en demeure pas moins que le secrétaire des Affaires étrangères penche encore plus du côté allemand que sir John Simon lui-même et qu’il fait contre-poids à l’influence de M.Eden, gagné, lui, aux idées plus saines de la défense de l’Occident.Sir Samuel Hoare s’est révélé un ministre remarquable de l’Air.Plus tard, au ministère de l’Inde, il est arrivé à ses fins avec beaucoup d’habileté.Mais cela ne veut pas dire qu’il réussira complètement comme secrétaire des Affaires étrangères.Sir John Simon avait été dans ce domaine ce qu’il est Convenu d’appeler un « flop ».Sir Samuel pourrait, lui-aussi, n’être qu’un diplomate de second ordre.Lors du remaniement du cabinet, il y a quelques semaines, tout le monde s’attendait à la nomination au Foreign Office de M.Eden qui, quoique jeune, avait montré des qualités indéniables de négociateur.Or, peu de temps avant la constitution du ministère Baldwin, des influences occultes commencèrent à jouer pour écarter M.Eden de Downing Street et une faction, curieusement dirigée par M.Chamberlain, chancelier de l’Echiquier, mit son veto à une nomination qui semblait assurée.A quels motifs ont obéi les gens qui se sont opposés à l’installation de l’ancien lord du Sceau Privé, ce n’est pas très difficile à dire : une faction d’hommes politiques et de personnages influents — entre autres à l’Amirauté — tenait 'SS*-',',',',',','.',',',',',',',',',',',',',',',',- à une entente avec Je Reich et est arrive a faire triompher ses vues.VI.Eden était trop « francophile ».Sir Samuel ne l’est point : il est même russopliohe, ce qui est dû au souvenir désagréable de sa mission à l’élrograd pendant la guerre.Il offre donc toute garantie aux yeux de la faction en question.En attendant, son action se resume a ceci : entente navale avec le Reich pour faire pendant à l’alliance franco-russe ; discours ambigu le I I juillet où il essaie de concilier les contraires en déclarant que le front de Stresa n’est pas rompu, bien que le gouvernement britannique ait, pour toutes fins pratiques, déchiré une partie du traité de Versailles : déclarations sur la sainteté de la S.D.N.et sur le respect des engagements signes : position diplomatique tantôt favorable, et tantôt opposée à l’Ital ie ; enfin pourparlers plus ou moins secrets entre Londres et Rome, en vue de partager l’Ethiopie en sphères d’influence — selon la lettre et l’esprit du traité de 1906.Tout ceci correspond à quoi ?I ont d’abord, à un souci de maintenir un équilibre spécifiquement anglais en Europe — équilibre impossible à réaliser — ; secondement, a limiter la course aux armements en «contrôlant» la nouvelle flotte allemande ; troisièmement, à empêcher l’Italie de prendre pied trop fortement vers les sources du Nil ; quatrièmement, à sauver la face de la S.D.N.et enfin, à prévenir des contrecoups politiques dangereux au sein des peuples de couleurs vivant sous la domination de l’Angleterre.Comme on le voit, ces cinq objets sont quasi inconciliables : il faut choisir entre l’alliance avec l’Allemagne et l’alliance avec la France, l’Italie et même, tout paradoxal que cela puisse paraître, avec la R ussie, pour assurer la défense de l’Occident contre le communisme brun qui devient (1e jour en jour plus redoutable.L’âne de Buridan mourut de faim pour ne pas avoir su choisir sa route.Espérons qu’il n’en sera pas de même de sir Samuel Hoare, et que le secrétaire des Affaires étrangères anglais saura se rendre compte à temps qu’il ne faut pits courir deux lièvres à la fois.André BOWMAN Crise financière, crise politique et morale, disent les observateurs, pas toujours pessimistes ni malveillants, qui étudient de près la situation de la France et se demandent de quoi sera fait le proche avenir.Crise du régime, qui ne courra se résoudre que par une di taturc.disent les partis extrême s.Crise du XXe siècle, diraient peut-être les observateurs plus impartiaux, crise généralisée et contre laquelle il n’y a rien a faire, sinon de s’adapter aux conditions nouvelles de la civilisation.Il n’y a plus que les libéraux et les démocrates pour déclarer qu’il n i) a pas à proprement parler de crise, mais qu’en revanche il y a des gens qui en parlent toujours, qui en exagèrent les caractères, afin d imposer leurs vues et faire triompher leurs théories.Les bouleversements politiques actuels sont les résultats directs et immédiats de la déviation des institutions existantes, par des gens incapables de les conserver et de les faire fonctionner normalement.D’après les libéraux et démocrates, se sont les mêmes gens qui ont ruiné un système lentement mis au point au cours des cent cinquante dernières années, qui prétendent maintenant que ce système est périmé et qu ils en ont un autre, tout prêt, et qui fera merveille.Bien entendu, ajoutent les libéraux, ce sont messieurs les saboteurs qui prétendent avoir le monopole de la reconstruction.Quelque chose, dans les arguments des libéraux, peut donner à réfléchir : il y a toujours eu du chômage, à toutes les époques et dans tous les pays du monde: il y a toujours eu un malaise politique, social ou religieux dans toutes les nations et sous tous les régimes.Vous n’avez pas besoin de dictateurs, disent les libéraux, vous n’avez besoin que d un peu de bon sens.Depuis le début de la crise du régime, la question se pose avec une singulière insistance : « Aurons-nous un dictateur à poigne ou un dictateur à bottes ?» Ce qui pourrait se traduire plus librement par : « Trouverons-nous un Bonaparte parmi les hommes du jour, ou nous contenterons-nous d'un nouveau général Boulanger ?» Au moment où les difficultés politiques et financières soulèvent toute sorte de problèmes, entre autres celui de l'existence même du régime et des institutions nationales, on comprend fort bien l'anxiété de la France, à la recherche d'un homme, d'un chef.Les partis extrêmes cherchent toujours ¦—- mais la gauche pas plus que la droite n'ont encore découvert ¦—• « le défenseur de la démocratie » ou « l’homme qui rétablira l’ordre dans le pays ».Il faut, bien entendu, excepter les monarchistes, qui comptent sauver la France, aplanir toutes les difficultés, résoudre tous les problèmes, par le pur et simple rétablissement du Roi avec toute la pompe et l'étiquette traditionnelles et par la restauration de permettre de s’emparer du pays convoité.L’assassinat du chancelier Doll-fuss a suffisamment prouvé qu'ils ne reculaient devant aucun crime.La question d’Autriche devrait plus que jamais appeler l’attention des gouvernements européens.A tout instant, elle peut être l’occasion de quelque acte qui menacerait aussitôt la paix.Seule une réaction immédiate, analogue à celle de l’Italie au lendemain de la mort de M.Dollfuss, pourrait alors rétablir la situation.Le conflit italo-éthiopien M.Wladimir d’Ormesson écrit dans le Figaro : Comment ne pas être d’accord avec l’Angleterre pour déplorer, au moment où l’Europe se trouve à un tournant tragique de son histoire, que des incidents aussi graves risquent d’éclater en Afrique et tendent dès maintenant à l’extrême une atmosphère internationale déjà saturée d’électricité ?Pourtant l’Italie a l’éternité devant elle pour développer son influence en Abyssinie.Alors, pourquoi précipiter les choses ?Pourquoi leur donner un tour si aigu ?L’Italie n’a aucun besoin de prouver au monde qu’elle est capable de terrasser l’Abyssinie.Chacun le sait.Au surplus, la guerre coloniale se fait bien moins à coups de canons qu’à coups d’habiletés.Lyau-tey, qui fut maître en la matière, a conquis le Maroc avec sa politique indigène et ses officiers de renseignements bien plus qu’avec ses mitrailleuses.Ces parties-là sont longues.Elles exigent une patience inlassable.Elles ne se jouent pas.comme les conflits européens, sur des champs de bataille.Le colonel Lawrence est-il bien mort ?A peine la vie curieuse du colonel Lawrence s’est-elle achevée que des bruits étranges circulent.Un voyageur ne l’a-t-il point aperçu aux confins éthiopiens ?La mort du fameux agent de l'Intelligence Service ne serait-elle qu’une comédie, prélude à de nouveaux exploits ?M.Alexandre Petit dans le JOURNAL examine chacune des bizarreries qu’on peut relever dans l’accident mortel du soldat Shaw (soi-disant Lawrence) et dans la manière expéditive avec laquelle il a été enterré.M.A.Petit écrit à la fin de son article : Mais il y a d’autres circonstances étranges dans cette tragique histoire.D’abord la mise en bière fut faite à j l’hôpital, dans la chambre gardée par les factionnaires baïonnette au canon.I C’est donc enfermé dans son cercueil que le cadavre Shaw-Lawrence fut amené à Cludshills, pour être enterré dans le cimetière de la vieille église de Moreton.Autre singularité, les obsèques de cet homme qui joua un rôle si considérable pour le bien de l’Empire se déroulèrent sans pompe aucune, sans déploiement de troupes, sans la présence de grandes personnalités militaires dont Lawrence avait été un collaborateur prestigieux.Quelques personnes qui ne pouvaient rien voir, assistèrent seules aux discrètes funérailles.On fit dire que Lawrence avait voulu cela.Enfin, Lawrence fut enterré sous le nom de Shaw.Craignait-il d’être importuné jusque dans sa tombe par ses admirateurs ?Ou bien n’est-ce pas qu'il fallait bien enterrer Shaw parce que Shaw, lui, était mort ?On dira qu’il y avait la famille.C’est exact.Il y avait un frère de Lawrence qui, lui, fut admis à l’hôpital et qui assista aux obsèques.Celui-là sait.Un autre frère, missionnaire en Chine, était avec sa mère sur un bateau qui les ramenait en Angie-I terre.Ils ont dû être renseignés aussi, j par la suite.Ils n’ont pas parlé.Ils ne [ parleront pas.Cependant ni la mère, ni les frères j de Lawrence ne portent son deuil.Demain, sans doute, l'Intelligence I Service protestera-t-il contre ce qu’il appellera une ridicule légende.Il sait, tout comme celui qui a écrit ces lignes, qu'à moins d'un singulier hasard, lien | ne viendra compromettre l’équilibre [ de cette tragédie si soigneusement I constiuite.quelques vieilles coutumes datant d'au moins deux cents ans.Il faut en excepter aussi I'Action française, monarchiste elle aussi, mais infiniment plus réaliste, à tendances dictatoriales, ou tout au moins autoritaires.Les royalistes ont le Roi et cela leur suffit.Mais les démocrates et les pseudo-démocrates.à nuances aussi nombreuses que variées, se demandent vers qui tourner leurs regards.Personne dans le personnel habituel de la Troisième République qui jouisse d'une autorité suffisante pour entraîner derrière lui la majorité de la population.On cherche et on ne trouve pas.On parle de dictature : mais il reste à découvrir le Dictateur.Comme chacun sait, il est infiniment plus facile de trouver un candidat-dictateur qu un dictateur véritable.Ce dernier ne se fait pas sur commande, on ne le choisit pas, on ne l élit pas : il s'impose.Et jusqu'ici personne ne s’est imposé.Et les partis de tourner en rond, une lanterne à la main, à la manière de Diogène.On a parlé de dictateur civil, d un politicien rompant avec la tradition parlementaire et mettant enfin son énergie au service exclusif du pays; ce n'était qu'un rêve.On s’est tourné alors vers les militaires, car, en fin de compte, c'est toujours vers les militaires que les gens se tournent instinctivement : quelques géné- raux célèbres ayant fait leurs preuves durant la Guerre devinrent les hommes de l'avenir, des dictateurs potentiels.Mais là encore.déboires.Un général d’un dynamisme bien connu, Mangin, mourut prématurément.Foch ne voulut jamais rien entendre, pas plus que Lyautey, pas plus que Weygand.Et, certes, s’il y eut jamais des hommes capables d’entraîner la presque totalité de l'opinion derrière eux.c’étaient bien ces généraux célèbres.On se tourna alors vers les militaires « de seconde zone », vers quelques officiers qui fréquentaient, comme en Pologne, ce qu'on appelle « la table des colonels » : on ne trouva rien, ou presque.C’est à peine si le nom du lieutenant-colonel de la Rocque émergea d'entre tous les noms cités.Il est vrai que La Rocque avait derrière lui une organisation assez puissante, celle des Croix de Feu.Mais même parmi ces anciens combattants l’unanimité n’est pas complète.Elle est même loin de l’être, si l’on en juge par des défections récentes de jeunes chefs de file qui demandent plus d'action de la part de leur chef, et de quelques autres qui exigent une attitude plus claire sur les buts politiques du parti.Car de simple association d'anciens combattants titulaires de la Légion d'Honneur, les Croix de Feu sont devenus, comme en Allemagne, comme en Italie, un groupe politique d'anciens combattants.Il lui faut donc un programme et surtout un chef.La Rocque est-il ce chef ?Ou bien n'est-il qu'un simple président nominal d'une organisation comme il en a tant poussé dans tous les pays au lendemain de la guerre ?C’est ce que seul l'avenir pourra démontrer.En attendant, il est à la tête de quelque chose de plus qu'un parti politique situé en dehors de l’enceinte du Parlement.Il a derrière lui une puissante machine et quelques cerveaux.Les Croix de Feu ont démontré jusqu’à l’évidence que, si l’occasion s’en présentait, ils pourraient jouer un rôle de tout premier plan dans la crise du régime, dont on parle toujours et qui ouvrirait, naturellement.des successions.L’opinion publique est loin d'être ralliée tout entière au parti du colonel : la gauche, le centre et même la droite monarchiste lui sont hostiles.Cependant, en principe, le parti des Croix de Feu devrait avoir pour lui l'immense majorité des suffrages puisqu'il représente les anciens combattants, cette génération impitoyablement sacrifiée pendant la guerre et même depuis la signature de la paix.Mais de nos jours l'histoire s’écrit vite et à dix-sept ans d'intervalle on ne se souvient de la guerre que pour célébrer pompeusement quelque cérémonie qui puisse donner lieu à des discours.99 4 ll/HXIIfflUt ,'t août / 9,7.7 VOYAGE A NEW-YORK SiitiK In illrfi'tIon iiiTMoiinrllo ill- SI.I1’.HON Depart do Montreal 4Hv 7 jours ol; demi <<>ni|>l<-li- Départ de Québec pour New-York le 14 août Four tous renseignements s'adresser aux VOYAGES HONE 660 ouest, rut* Stc-Callierim*, ou 1245 rue de l’Université.HA 3284 Les veuves et les orphelins ne comptent pas.puisqu'ils ne sont pas électeurs: les mutilés végètent souvent avec une pension misérable.pension que l'on n augmente pas sous prétexte qu’en France l héroïsme ne doit pas être monnayé, et les anciens combattants qui s'en sont sortis à peu près indemnes retournent à leur petite besogne de tous les jours, sans qu'on leur montre autant d égards qu’au rond-de-cuir syndiqué.Indiscutablement, la génération de la guerre n a pas été traitée comme elle aurait dû l'être.D'où un mécontentement bien compréhensible devant les désillusions dans le domaine international et les saletés, petites et grandes, dans le domaine intérieur.Mais comme le font remarquer certains observateurs, rien n’empêche les quelques millions d’anciens combattants d élire des députés un peu plus propres et de ne pas se laisser diriger par des comitards départementaux.S’ils votent à gauche, c’est qu’ils le veulent bien.A quoi les théoriciens des Croix de Feu déclarent qu’ils ne prennent position que parce que le Parlement n’a pas rempli tout son devoir, qu’il est revenu aux anciens errements, qu’il trahit la confiance du pays et néglige un peu trop les anciens combattants.On pourrait croire qu’il ne s’agit donc pue d'un parti de mécontents.dirigé par quelques ambitieux.un parti appelé à mourir de sa belle mort, comme tant d’autres l'ont déjà fait avant lui.Pjen ne serait plus inexact.Il suffit de lire la plaquette d'Henni Malherbe1 intitulée La Rocque pour se rendre compte que le parti des Croix de Feu est vivant.très vivant même, qu'il a une doctrine, des idées, qu’il a des actes à son actif et qu'il a même un chef.C'est sur cette question de chef eue Ion peut se demander jus-ru'à quel point on peut suivre t Tenrn Malherbe sans risquer de faire fausse route.L'officier est connu : La Rocque est jeune, quarante-huit ans.une brillante car-r'ère militaire au Maroc et au front.Mais le grand X.c'est encore le chef.On peut rendre d'inappréciables services comme officier d'état-major, sans être pour cela qualifié pour mener dictato-rialement un pays comme la France, où tout de même les problèmes à résoudre sont plus importants que ceux du San Salvador ou de Haïti.Il faudra toujours faire de la politique et la politicize est avant tout un art de sunthèse et de compromis.Or il est rare de trouver un militaire capable de se plier aux nécessités politinues comme le ferait un civil.It y a un abîme entre l'administrateur colonial et le dictateur national.Les deux positions ne sont pas comparables; elles diffèrent non seulement en ampleur, mais aussi en espèce.C’est pour-rv.oi tant de Français, et non des moindres, montrent une défiance instinctive pour le militaire politicien.Pour un chef décidé à tout, il v avait une occasion magnifique de prendre le pouvoir le 6 février 1934 : La Rocque n'a même pas tenté la grande aventure.Depuis, il aurait probablement été facile de faire naître une occasion favorable pour renverser le régime : le chef des Croix de Feu n'a pas bougé.Peut-être cette inaction est-elle voulue.T^a Rocque a derrière lui.malgré des défections, une armée disciplinée, une troupe d'élite : il rt+end peut-être son heure afin d être sûr de réussir.Dans ce cas ce serait un dictateur bien malin ef doué d’une psychologie profonde.Mais, après tout, serait-il un dictateur dans le sens contemporain du mot ?Ce n’est pas sûr.Henry Malherbe traduit certaine-r'ent l’état d'esprit qui règne chez les Croix de Feu quand il dit : Qu’il me soit permis d’aborder ici un problème qui préoccupe tous les esprits : celui de la dictature.La dictature mussolinienne a raccommodé les affaires romaines, toutes gâtées quelles fussent.Organisation de défense contre la misère et l’anarchie, elle a scellé, à un moment critique, l’accord des volontés et des intelligences.Poursuivra-t-elle ses avantages ?On ne saurait l’affirmer.Cette technique de gouvernement simpliste et pleine d’emportement peut-elle être acclimatée de ce côté-ci des Alpes ?Le libre arbitre cartésien est chez nous inné, comme en Italie, en Allemagne, en Russie le goût de la servitude 1 Plon, éditeur.Paris, 1935.Le projet d’émigration L’Etoile nr Nord s’inquiète à bon droit du projet d’émigration vers les colonies récemment mis a jour en Angleterre.11 y voit, lui aussi, une confirmation de 'l’opinion souvent exprimée ici que notre dépendance de l’Angleterre est beaucoup plus étroite que ne le prétendent les politiques, naïfs ou non, qui voudraient nous endormir dans la douce illusion d’un Canada indépendant de la politique métropolitaine.Le Canada tient à l’Angleterre par plus d’un lien.Bien que nos politiciens aient plaide pour son autonomie avec une ardeur de néophyte et clamé triomphalement sur tous les toits au’il avait définitivement brisé toute étreinte, certains faits qui arrivent à 'ntervalles mesurés nous font opiner vers le contraire.Ces faits sont positifs et ne manquent pas de nous laisser perplexes, nous qui jouissons d'une liberté d'action limitée, parce qu'enfin des faits ont une puissance de persuasion beaucoup plus considérable que le pouvoir magnétique des beaux parleurs nui se confondent en harangues savantes.11 en trouve la confirmation dans ce projet d’émigrat’on, déjà exposé ici.qu’on a adopté à Londres sans se préoccuper plus que cela de la volonté des « dominions ».Ainsi pas plus tard que lundi dernier le gouvernement britannique, réuni dans la capitale anglaise, décidait de déclancher un important mouvement d'émigration vers les dominions et les colonies en vue de parer •’U chômage oui a atteint des proportions alarmantes peut-être plus chez John Bull qu’ailleurs.A ce sujet -10 députés et 30 lords ont formé un groupe de politique impériale dont le travail consistera à décongestionner l'Angleterre en expédiant un peu partout un total de 100,000 familles, soit de six à sept cents mille individus.Cette campagne est soulevée par l'apathie des gouvernements à l’égard des développements impérial et colonial.On croit que le mouvement, convenablement organisé et bien secondé par les gouvernements des dominions, devrait apporter une diminution considérable du chômage dont la compilation des statistiques émeut avec raison le parlement.De plus, pour donner suite à ce programme, on a l’intention de dépêcher chez-nous.au Canada, une délégation de trois experts qui s’enquéreraient de la meilleure politique à prendre pour paver le plus solidement possible la voie à une émigration pratique.Ces gens-là sont plus probablement en mal de voyages, ou bien ils ignorent totalement les conditions qui prévalent ici, car, sans ça, il est certain ou'ils ne prendraient jamais la peine de traverser l’océan, chose qu’ils ne font que pour quémander ou faire de notre pays un « refugium peccatorum » comme si le Canada était habité par des Crésus désireux de jeter leurs piastres à la bande famélique qu'on veut leur consigner.Notre confrère rappelle à ce propos quelques vérités élémentaires et essentielles, trop souvent exposées ici pour qu il soit nécessaire d’v revenir.11 précise qu’il n’est pas opposé en principe à l’immigration, ajoute qu elle est même nécessaire au développement d’un pays comme le nôtre, mais qu’elle ne l’est que dans certaines conditions qui sont loin d’exister à l'heure actuelle.La première condition à observer est donc d’appliquer le principe d’immigration avec discernement, chose Là-bas.le despotisme a des racines vigoureuses, multiples, nourries par des sièdles d'oppression et qui font refleurir, à chaque saison.l’autocratie.Le Français a la tête claire et propre aux affaires.Le fascisme pourrait difficilement exercer sur l’esprit d’un tel homme ses puissances de vertige.Un peu plus loin, Henry Malherbe parle de la crise de la liberté.Il la comprend, mais il préfère une autre attitude que celle empruntée aux nations voisines de la France.Dans son esprit —• et là, encore, il semble refléter parfaitement les vues de ses camarades les Croix de Feu —- il faut résoudre le problème par une solution française et rien que française.Pour cela, il faut un chef.La Rocque est-il cet homme ?Est-il un Bonaparte ?Ou bien n est-il qu une nouvelle édition du grotesque général Boulanger ?On s’est beaucoup moqué de Hitler qui pendant des années a préparé son accession au pouvoir.T rois mois avant qu’il ne prit la tête du gouvernement allemand, une partie de la presse anglaise le considérait comme définitivement « dehors ».Et cependant il atteignit à la chancellerie d'Empire.Rien ne dit que La Rocque ne fera pas la même chose dans un avenir plus ou moins rapproché.André BOWMAN D’uniforme qu’il était, on a rendu notre peuple cosmopolite en permettant l’entrée au pays d’un ramassis de personnages exotiques peu recommandables.Ce sont les gens de cet acabit qui vitupèrent constamment contre l'autorité et brisent l’harmonie des groupes.On les retrouve toujours aux abords des foyers de discorde où ils ne cessent d’inciter les plus pacifiques à la révolte par leurs formules lapidaires et débraillées.Dans la fameuse « marche de la faim » vers Ottawa, on a découvert que la majorité des mentors étaient des émigrés venus ici avec des dossiers judiciaires passablement chargés.Dès lors comment s’imaginer que le trop-plein de l’Angleterre nous serait de quelque utilité ?Encore si ces gens nous apportaient un appui financier quelconque, nous aurions peut-être raison d’être conciliants tout en se réservant le droit de faire une sélection judicieuse.Mais avec les garanties qui nous seront offertes, ce serait un non-sens de donner dans ce programme par lequel nous risquerions de tout perdre et de ne rien gagner.Aussi espérons-nous que les considérations politiques ne viendront pas rendre possible l’exécution de ce plan qui ne serait autre chose que l'empoisonnement d’un peuple encore embryonnaire.C’est à y songer sérieusement.Malheureusement les considérn-tions politiques entrent pour beaucoup dans les décisions de nos gouvernements et c’est par des liens de :ette nature, plus encore que par les liens officiels, que Londres commande et détermine la politique de x dominions indépendants».Les décorations politiques, les titres honorifiques, ne sont que des hochets, de la fumée, des riens, surtout si on les compare à certains intérêts financiers beaucoup plus puissants : ds vous lient pourtant un homme d’Etat en carton beaucoup plus sûrement qu'aucun lien d’ordre juridique ou constitutionnel ne peut rattacher une colonie à sa métropole.Ce n’est pas pour rien qu’on a recommencé à distribuer ces riens dans le Canada.Aussi ne faut-il pas se faire trop d’illusion sur les résultats de notre opposition à l’immigration en temps de crise.L’antagonisme économique Rien qu’il y 'paraisse moins aux yeux du public moyen, la guerre économique n’est peut-être pas moins pénible que la guerre militaire.Et il n’y a pas de trêve.La guerre économique se poursuit toujours de plus en plus acharnée et le Canada y est plus exposé qu’il ne le fut jamais dans un conflit armé.La recherche de débouchés à l’étranger est une véritable conquête et l’expression «Conquête des marchés extérieurs », rendue courante par M.Henry Laureys, ne saurait être plus juste.Le C anada en fait aujourd’hui l'expérience.Sous l’inspiration de qui l’on sait, il a voulu s'assurer îles positions privilégiées sur les marchés britanniques.La riposte naturelle des autres pays n’a pas tardé à venir et l’accès des marchés proprement étrangers lui devient de plus en plus difficile, ainsi qu’en témoignent ces lignes de la Presse : Les Canadiens ont en à peine le temps de se réjouir de l’accroissement de leurs exportations à 1 étranger que le gouvernement japonais manifeste l'intention d’imposer une surtaxe de 50 pour cent sur les marchandises canadiennes.En même temps le gouvernement français glisse dans ses réformes énergiques pour sauver le franc une surtaxe de 50 pour cent également sur la farine, la pâte de bois, le bois et autres marchandises importées en grande partie du Canada.Aux Etats-Unis, les représentants de l'Etat du Maine se préparent à réclamer du gouvernement américain le contingentement du papier-journal et de la pâte de bois.Ce n'est qu’un épisode de la campagne organisée contre 1 importation des produits canadiens depuis qu il est question d’un accord commercial entre les Etats-Unis et le Canada.La Presse, avec son optimisme de commande, assure que le Canada triomphera de ces difficultés qui lui paraissent passagères.On nous permettra d etre moins optimiste sur 1 attitude conciliante de pays que, par les accords d Ottawa, nous avons voulu supplanter sur les marchés britanniques et, en même temps, exclure ou peu s en faut de nos propres marchés.Triste mise-en-scène Les Courriers de Montmagm tiennent M.Bennett responsable des événements d'il y a un mois à Régina.L’Abénaki écrit qu’il aurait fallu arrêter des le premier moment la marche des chômeurs de l’Ouest sur la Capitale.Ils n’étaient alors qu’une poignée.S’ils sont des communistes, M.Bennett devait le savoir avant qu'ils partent de Régina.Au lieu de les empêcher de partir, M.Bennett a favorisé leur départ.Les chemins de fer ont été prévenus d’avoir à fermer les yeux et de laisser les chômeurs pour Ottawa envahir leurs trains.Cette accusation n été portée contre le gouvernement par M.Woodworth en pleine Chambre des Communes et M.Bennett n'a pas nié.On a laissé les chômeurs s’organiser; on a laissé leur nombre augmenter à chaque étape.Mais M.Bennett prétendait alors que cela regardait les provinces et les municipalités.Quand les « marcheurs » eurent accompli une partie de leur trajet, M.Bennett les considéra comme des violateurs de la loi sur les chemins de fer et de la loi sur le bon ordre.« Ces lois-là, ils les violaient depuis leur départ de Vancouver ».écrit notre confrère, qui ajoute : M.Bennett leur donna ordre de s’arrêter à Région.Mais il envoya deux de ses ministres parlementer avec eux et consentit a recevoir des envoyés des chômeurs et à écouter leurs doléances.Cependant, quand les délégués furent devant M.Bennett, comme ils n’étaient que huit, notre brave premier ministre, entouré de la gendarmerie, put se payer le luxe de les traiter avec mépris, de les insulter et de les provoquer.Et comme si tout cela n’était pas encore assez pour provoquer une émeute de première classe parmi les chômeurs, M.Bennett défendit aux citoyens de Régina de donner des aliments, de l’argent, des habits, enfin d’aider d’aucune façon quelconque les chômeurs que le gouvernement avait laissé se concentrer à Régina.Ce fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres.Il y eut bagarre ; un homme fut tiré et plusieurs blessés.M.Bennett est responsable de la mort du constable Miller, comme s’il l'eut assassiné.Pour l’Abénaki, cela n’est qu'une triste mise-en-scène : notre Bouvier a délibérément laissé prendre de l'ampleur à un mouvement qu’il pouvait étouffer dès son origine et cela pour se donner l’air du titan qui lutte seul contre le communisme et le vainc.Par machiavélisme, afin de fournir aux bonnes âmes de I’Action catholique et aux cruches du Journal l’occasion de dire que Bennett a écrasé le communisme, notre Machiavel de papier mâché a favorisé le développement du mouvement soi-disant communiste ; il a favorisé au début la marche des chômeurs sur Ottawa ; il l’a laissé s'organiser et a laissé leur nombre croître ; il a parlementé avec eux et traité avec eux comme de puissance à puissance.Tout cela pour avoir l’occasion de passer pour avoir sauvé le Canada du communisme et se faire un capital politique en vue des élections ! ! ! Cela est à peine exagéré.La santé des petits La santé publique est un des éléments les plus importants de la prospérité d’une nation.Les pouvoirs publics de tous les pays s’en préoccupent aujourd’hui avec de plus en plus de succès.On ne saurait mieux assurer à un peuple une bonne moyenne de santé qu’en entourant les nouveaux-nés des soins qui éloigneront d’eux les dangers de contagion ou d’affaiblissement.Aussi faut-il applaudir sans réserve à la plus récente initiative de M.Athanase David en matière d’hygiène publique, initiative que P.B.résume et apprécie ainsi au Canada.A la prière du secrétaire de la Province, on s’occupe actuellement d’installer dans notre ville à l’Assistance maternelle, la première clinique antituberculeuse pour les nouveaux-nés, qui seront immunisés au moyen du sérum B.C.G., dont on doit la découverte aux docteurs Calmette et Guérin.La clinique comptera quinze lits, et le B.C.G.y sera préparé par le docteur Frappier, jeune médecin qui a fait à Paris, sous la direction de l’éminent docteur Calmette, des études particulières à cet égard.(.) Dans la nouvelle clinique, on assurera donc l’immunisation aux enfants nés de mères tuberculeuses.Mais ce n’est là que le premier pas dans une nouvelle voie.L'honorable Athanase David, qui a dans ses attributions la surveillance de la santé publique, a déclaré que le gouvernement serait heureux de pouvoir se rendre à un désir exprimé par la profession médicale, en fondant un laboratoire oil serait préparé le B.C.G.pour être ensuite distribué aux dispensaires, comme c’est le cas pour le sérum antidiphtérique.On espère partout que ce projet sera bientôt une réalité.Sur la même innovation, I’Evéne-.uent écrit de son côté, de Québec : La science a découvert un moyen d’enrayer la tuberculose par le traitement du B.C.G.Le B.C.G.est un vaccin anti-tuberculeux qui a fait ses preuves dans nombre de pays où il a été utilisé.Notre ministre de la Santé a suivi les progrès de cette nouvelle découverte scientifique et ceux qui connaissent son dévouement inaltérable à la science savent qu’il veut en faire bénéficier la population.M.David procède avec le tact qui a carac- Le secret professionnel du journaliste A côté du grand nombre de journaux insipides, pas nécessairement rédigés pour cela par des imbéciles ou des ignorants mais plutôt par de pauvres diables qui gagnent leur vie en pratiquant leur métier autrement qu’ils le voudraient, il reste des journaux et surtout des journalistes qui veulent et peuvent rendre - et rendent parfois — d’éminents services au public auquel ils s’adressent.Ils peuvent le faire par exemple en divulguant les intentions secrètes de certains hommes publics, en faisant connaître les machinations inavouées de certains financiers ou politiciens dont ils ont pu pénétrer les secrets ; ils peuvent aussi, sans toujours révéler des affaires sensat onnelles, des scandales, rendre une infinité de services au public.Ma:s il arrive souvent que les personnes qui sont en mesure de procurer au journaliste des renseignements de cette nature ne sauraient le faire sans s’exposer à de rudes coups, sans le plus souvent mettre leur situation en jeu ; aussi ne consentent-elles à céder leurs informations que sous le sceau du secret le plus absolu, contre la promesse la plus formelle de discrétion.Et les journalistes, quoi qu’on disent, sont capables de discrétion.Surtout quand l’honneur de la profession est en jeu.Mais ils le font parfois aux dépens de leur liberté.Car si leur informateur ne s’expose pas en exigeant une aussi dangereuse discrét on, c’est le journaliste qui reçoit les coups destinés à l’informateur qu’il couvre de son silence.Le parlementaire qui fait des « révélations » et provoque des enquêtes le fait, lui, sous le couvert de l’immunité.Le journaliste, au contraire, reste exposé à toutes les repré-sa lies, justes ou injustes, et la Loi, loin de le protéger contre ces représailles, le punit de son admirable discrétion.Cela est inadmissible et il faudra qu’un jour le secret professionnel du journaliste soit reconnu par la législation.C’est ce que réclame le New York World Telegram, à l’occasion de la condamnation de Martin Mooney, dans un vigoureux plaidoyer dont la reproduction n’allongera pas indûment cet article et dont j’emprunte la tradution à la TRIBUNE : La décision de la Cour d'Appel, à l'effet que Martin Mooney devra aller en prison ou révéler les informations confidentielles sur lesquelles il a basé ses articles concernait certains rackets, pose un problème public important.Les journaux à maintes reprises ont dénoncé des scandales politiques ou autres ignorés des représentants ordinaires de la loi.Maintes fois, les journalistes n obtiennent leurs informations que sur la promesse de garder le secret sur le divulgateur.Si d'autres grands jurys ou d'autres procureurs généraux suivent les traces de celui qui a jeté en prison Martin Mooney, forçant les chefs de nouvelles et les reporters à dévoiler les sources de leurs informations, ils affaibliront grandement la mission des journaux.La seule sécurité pour le public, c'est qu'on reconnaisse le caractère pro- térisé toutes ses innovations.Il fonde une clinique à l’Assistance Maternelle de Montréal, où les enfants seront vaccinés avec le B.C.G.Nous nous en réjouissons parce que nous savons, par des médecins qui en connaissent la valeur, que cette décision peut produire de merveilleux résultats.Ces deux citations sont prises dans des journaux évidemment voués au parti dont M.David est l’une des vedettes.Mais il faut admettre que rarement l’éloge aura été si peu inspiré par la partisannerie ou la flatterie.fcssionncl des secrets du journalise, immunité que possèdent depuis longtemps les avocats, les médecins et !cs prêtres.Un projet de loi demandant l'immunité pour les journalistes fut défait en Chambre à la dernière session.La nature de la dernière décision de la Cour d'Appel rend nécessaire une action favorable du prochain parlement.C'est un fait prouvé que presque toutes les mises à jour de scandales ou de malhonnêtetés des politiciens ont commencé dans les journaux.L’un des exemples les plus frappants, c'est l'enquête qui amena la création de la Commission Scabury cl la chute de T ammany.Si les procureurs et les autres représentants de la loi, qui se servent souvent des informations des journaux, peuvent s’ingérer dans la sainte liberté de la presse, l'intérêt public sera le premier à en souffrir.Naturellement tout journaliste se respectant préférera aller en prison plutôt que de trahir le secret de celui qui l’a renseigné en lui permettant d'informer le public.Mais c'est une peine trop grande pour l'exiger d'un reporter.Le prochain Congrès y remédiera en enlevant la clause obligeant le reporter à violer les confidences et ce sera dans l’intérêt public.Espérons que, même si le prochain Congrès ne le fait pas, notre prochain Parlement le fera, donnant en cela l’exemple aux autres.Nous avons assez souvent emprunté à l’étranger des modèles de législation pas toujours adaptables ou pas toujours adaptés au Canada pour, dans ce domaine, servir à notre tour de modèle aux autres.Georges LANGLOIS LE YOGOURT de DELISLE Ce produit est six fois plus efficace que le lait de beunre.Vous arrive-t-il quelquefois, sans à vrai dire être malade, de « traîner les ailes », d’être sans courage et fatigué au moindre effort ?Les poisons intts-.imaux sont la cause de ces sensations.Ces poisons passent dans le sang et I organisme se fatigue à lutter contre eux.Chaque fois que vous vous sentez ainsi déprimé, vous devriez faire une cure de Yogourt de Delisile.Prenez-en deux pots par jour pendant huit ou dix jours.Les bacilles bulgares contenus dans ce bon produit désinfecteront votre intestin et purifieront votre sang.Une cure de Yogourt rétablira les pertes subies par votre organisme, vous donnera des forces nouvelles et vous permettra de prendre place de nouveau au banquet de la vie.II ne faut pas confondre le Yogourt avec le lait d'e beurre et le lait caillé de camip'agne.Quoique les ferments contenus dans ces produits, soient bons pour désinfecter l’intestin, Kayser, un des premiers microbiologistes d’Europe, enseigne que les bacilles bulgares du Yogourt développent six fois plus de ferments que ceux du lait de beurre.Or, puisqu'il s’agit de détruire les mauvais microbes qui se trouvent par milliards dans l’intestin, si vous absorbez un ptodluit qui, à volume égal, est six fois plus rithe en ferments, la puissance de désinfection lé ce produit est six fois plus grande.C’est ce qui a lieu chaque fois que vous consommez un pot de Yogourt de Delisle, parce que ce produit est préparé avec les véritables bacilles bulgares.L’elfficacité du Yogourt est plus marquée lorsqu’il est absorbé frais.Le Yogourt de Delisle porte toujours la date à laquelle il peut être consommé.Il est livré seulement en peti'is pots de grès.Pour être servi à domicile, veuillez appeler Delisle, 916 est, avenue Duluth, AMherst 0434.ou'on a négligé de faire dans le passé.Georges LANGLOIS IfIMMHffMf AIUSikLETTRFS Lectures d’été Il fait très chaud, je souffre de troubles cardiaques qui n’ont rien de commun avec les troubles du coeur ou tie cœur (les deux peuvent se dire), je ne lis guère et il paraît que je dois faire de la critique.Si tant est que j’aie jamais fait ce métier abrutissant, pour soi et les autres, du critique.Je me vante, d’ailleurs, quand je dis que je ne lis pas: la manie de la lecture est une démangeaison qui vous laisse à votre lit de mort, et si je vois saint Pierre un jour (au plus tôt possible, Seigneur, car je suffoque de chaleur, non pas, chère Jovette, de chaleurs, ne vous y trompez pas), ce jour-là, ce jour béni, je me présenterai, un bouquin sous le bras.Ce qui ne veut pas dire que je l’aurai lu., encore une fois.Mais on respire, on aspire les volumes comme l’air, pourvu, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop canadiens.Le dernier livre que j’ai lu, et que j.vous recommande, et que je vous supplie de lire, c’est tout simplement les Œuvres de Jean Racine (inutile d'indiquer la maison d’édition).Je I irie que vous ne connaissez pas Jean Racine.D’abord, vous ne connaissez pas son portrait d’un peintre anonyme, et qui est au musée de Langres: je n’en ai moi-même vu qu’une reproduction.Ce beau visage se permet d’être mystérieux et ces beaux yeux ont le droit de l’être: ils ont, à coup sûr, tout vu.Je lis Racine depuis toujours, et je l’estime, pour ses vers, le plus grand lyrique du monde, en même temps que pour ses tragédies, le plus judicieux auteur comique qui soit.11 a inventé le romantisme bien avant les vrais romantiques : Andromaque, autant qu’une pièce de Shakespeare, est un mélange de drame et de comédie.Ce que je vous dis ne vous intéresse pas : l’important, c’est que ce soit là un petit problème qui me distraie et me fasse oublier la chaleur et mes troubles cardiaques qui, encore une fois, ô Jovette, n’ont rien à faire avec les troubles du cœur.Si vous lisez Racine, vous assistez à une comédie en musique.C’est du Mozart et ça n’est pas tout à fait du Mozart.Le Racine de Langres était un homme très triste que ses sentiments religieux empêchaient de se suicider, mais il n’en souriaient pas moins, je le jure, et il n’en riait pas moins des autres.Mon arbre généalogique, par un vieux gentilhomme (à Saint-Ours, chez l’auteur).J’ai reçu par hasard ce volume, qui m’a diverti infiniment.L’auteur nous apprend qu’il est accroché à l’armorial canadien et que personne ne l’en décrochera.Il y a deux classes de gens, les gentilshommes et les manants: lui n’est pas un manant.Encore un peu et le mot croquant était prononcé.Je n’en parlerai pas p us, de peur de me faire bâtonner, c imme un vulgaire Voltaire, qui ne fut noble qu’assez tard.Œuvres choisies de Marceline Des-bordes-Valmore.Rien de commun avec Mlle Senécal.Elle fut malheure ise : d’autres femmes furent malH ureuses.Elle eut du talent : d’autres L nmes eurent du talent.Elle eut des lu blesses : quelle femme n’en a pas eu ?Je veux dire de style.Mais on a t op chanté ça.Et le comte, ou le \ comité, (je me perds dans tout ça, ô gentilhomme de Saint-Ours) le ni irquis ou le baron de Montesquiou-F sansac a trop mis de fleurs sur sa tombe.Malgré elle, Marceline demeure Marceline : une bonne qui eut deux ou trois fois du génie.Nos poétesses, qui ne sont pas des bonnes, quoi que l’on en penses n’en pourraient pas dre autant.Le siège et le sac de Constantinople Pur les Turcs en 1453, par Gustave Schlumberger (Plon).Je n’ai rien à dire de ce volume, sinon qu’il est d’un intérêt extrême.J’ai mis le mot extrême, parce que j’aime beaucoup I histoire et surtout contée sur ce ton.Au surplus Schlumberger était un grand historien, ce dont se doute peut-être notre plus grand historien, M.Bruchési (lequel ?).Escale aux Mascareignes, par Claude Argyll (Jean Crès).Une escale qui vous donne envie de repartir tout de suite.Essai sur Proust par Jean Dufresne.J ai devant lés yeux une caricature encagée (et parue dans I’OrdRE) de notre plus éminent proustiste.Je ne saurais donc le critiquer.Et j’aurais tort d’ailleurs.Personne mieux que M.Jean Dufresne ne connaît Proust dans notre vaguement français Canada.Et, disons-le, personne n’était moins Canadien que Proust.J’ai surtout nimé, dlans l’œuvre de M.Dufresne, le chapitre où il traite des « Amours d’Albertine » : je n’avais jamais encore aussi bien compris la |wycho.|ogic du génial romancier.M.Jean Dufresne a clarifié les bouquins du baron de Sellière et de Léon Pierre-Quint.Le port de Montréal, par M.Henri Beauchamp (Editions du Totem).Montréal est décidément un grand port, et un port de mer d’eau douce, en plus.Le style est impeccable et l'information itou.Tibi, pair M.Paul Rainville (sans nom d’éditeur, mais chez tous les libraires).Un bouquin fort émouvant et qui est écrit d’un ton tellement cordial qu’après l’avoir lu je me suis enveloppé dans une couverture rouge et ne me suis pas endormi tout de suite.Ne oroyez pas, puisqu’il s’agit de tuberculose, à Thomas Mann : M.Rainville n’a pais la prétention d’être un grand écrivain et il ne l’est d'ailleurs pas.Et cependant, ce qui est d’un écrivain, il nous a fait vivre, et à d’autres sans doute que moi, revivre la vie d’un sanatorium.J’avais envie d’aller m’y installer ; mais je n’ai pas assez d’influence pour entrer gratuitement à celui du lac Edouard : M.Rainville vous le présentera, et avec agrément.Au seuil de l'enfer, par Arturo Marpicarti (Plon).Je n’affirmerai pas que c’est là un très beau livre, parce que je n’affirme ça que des ouvrages que j’ai relus maintes fois.Mais, sans m’abuser, je orois qu’il y a là de fort belles pages.De quoi faire pâlir le plus mâle de nos écrivains, j’entends madame Lamontagne.Stendhal a passé par là.11 y a une prison que je n’avais jamais encore vue décrite ainsi.Et Dieu sait, ou plutôt le diable des critiques, si Ton trouve souvent de l’inédit dans ses lectures.Magistrats et policiers, par Léon Daudet (Grasset).Quand il ne se répétera plus, Daudet sera le plus grand écrivain de l’époque.Ténèbres, par Francis Carco (Albin Michel).Je n’y peux rien, mais il m’est impossible de lire du Carco.Sans doute lirai-je son discours à l’Académie, dont il sera sûrement, et ensuite vogue la galère.Si jlai des lecteurs, je demande à l’un d’eux de lire Ténèbres et de me faire parvenir une appréciation en cinq lignes que j’intercalerai, dans une prochaine chronique, entre la recension des Œuvres complètes de M.Ferland (Editions de l’Hôtel des postes) et celles de M.le curé Couillard-Després, de la même Académie (celle-là est peut-être aussi française que Tautre, ô doumicant Doumic ! ).Le Beau-fils, par Emmanuel Bove (Grasset).Le roman le plus ennuyeux du plus ennuyeux romancier de notre époque.Marcel Dugas ( ?) Il paraît que M.Dugas vient de publier un recueil dè poèmes, à moins que ce ne soit de critiques.L'Adolescent, par Dostoïevski (Gallimard).Il faut s’incliner.Dostoïevski est un des plus grands écrivains de la littérature universelle : tout le monde lefttré le sait, si Grignon ne l’admet pas (mais peut-être se convertira-t-il, ce oritique étant un des plus honnêtes que je sache, en dépit d’un style qui ne Test pas toujours).Mais plus que Y Adolescent, j’aime Y Idiot, (rien de commun avec qui vous savez) qui, en même temps qu’un récit aussi vrai que Arma Karénine, par exemple, est un bréviaire de bonté : l’épilepsie (le Russe était épileptique comme Flaubert) enseigne peut-être la bonté.Berthelot BRUNET Hugo et les communistes Le préfet de police de Paris, en interdisant aux communistes toute manifestation en l’honneur de Victor Hugo, aurait pu leur dire qu’on ne leur faisait cette défense que pour leur épargner le ridicule de chanter le poète attitré de deux rois.Voici quelques précisions de M.Jules Véran: « Poète officiel de la Restauration, Victor Hugo reçoit de Louis XVIII, en 1820, une gratification de 500 francs pour son ode sur la mort du Duc de Berry, puis en 1822, une gratification de 1000 francs sur la cassette particulière du roi.Charles X l’invite à la cérémonie de son sacre et le nomme chevalier de la Légion d’honneur.Le poète s’acquitte en écrivant son Ode sur le Sacre ; Quand Charles X mourra en exil, Hugo se rappellera ses bienfaits et écrira un très beau poème Sunt lacry-mae reruvn, il s’indignera du silence qui enveloppe cette mort et il offrira au roi disparu le pieux hommage de son souvenir fidèle.» Mlle Jovette Bernier Les expositions Lu pensée et le ver Quand la sombre douleur « La terre est trop vieille pour s'en moquer.» Proverbe breton.Du coeur, pour vous chanter des accents entraînants.Ah ! j’en avais plein la poitrine ! Et des mots vrais, pour convenir à tous les gens.J’en savais de bien mis, d’autres à pauvre mine Sur des airs avenants.Jamais je n’ai raillé ! jamais votre misère.Ni vos deuils, ni vos adultères, N’ont tendu le rictus inhumain du mépris Sur ma lèvre sincère.J’ai rarement souri, je n’ai jamais haï.Mais je voulais chanter la Gloire, cette femme Qui poignarde en secret tout en vous couronnant.Et je voulais chanter vos raisons qui me blâment D’avoir trouvé l’Oubli au coeur d un mot puissant.Quand je passais mes nuits a refaire la terre Pour que l’humanité s’y complaise toujours.J’en reculais pour vous les bornes familières.Pour ceux qui en avaient bien trop tôt fait le tour.Et je voyais pâlir vos peines égoïstes Quand la sombre douleur se prend à nous aimer.Pour mettre un peu de joie en vos jours embrumés.J’ai redoré, pour vos yeux las, les aubes tristes.Et mes chants étaient doux comme ceux du Psalmiste, Mais vous cherchiez les jeux pervers de Salomé.Jovette BERNIER Inédit de « Mon Deuil en Rouge » Echos La clarté de Claudel Voici quelques lignes tirées d’un article paru dans la Revue de Paris et signé de Paul Claudel: « Il y a des mois immobiles.La même pluie tous les jours nous bloque.L’hiver noir et l’hiver blanc, entre la moisson et la vendange, la stupeur lumineuse de thermidor, pourvoient à congeler et à cuire en nous des impressions durables.» Avant de jeter la pierre à l’illustre écrivain, assurons-nous bien qu’il ne s’agit pas d’une gageure.A propos de géographie Tout membre de l’Institut qu’il soit, M.Fortunat Strowsky n’en conserve pas moins ses droits à l’humour.L’actualité lui inspire cette entrée en matière d’une critique littéraire: «Jadis»on voyageait pour apprendre la géographie.Aujourd’hui, avec l'avion, le pullman et les Normandie, on ne voyage que pour la désapprendre.« On nous a enseigné, et on nous enseigne encore, qu’entre les continents, il y a des océans.Celui qui sépare l’Europe et l’Amérique est grand, et s’appelle, dit-on, Atlantique.Or, quand vous voulez aller en Amérique, vous commencez par vous rendre au Havre.On vous retient une chambre confortable dans un palace merveilleux.Vous passez quatre jours au milieu des distractions et des magnificences, à manger, à boire, à dormir, à écouter des pièces de théâtre ou de la musique, à regarder les plus élégantes toilettes du monde.Et puis, un matin des gens qui baragouinent entrent dans le palace et vous demandent vos papiers.On ouvre portes et fenêtres, vous apercevez d’étranges constructions ; vous dites: «Je suis à Luna-Park.» Vous êtes à New-York.« Et l’Atlantique ?« Il n’y a jamais eu d’Atlantique.L’Europe et l’Amérique sont séparées par un palace, où l’on entre par la porte de droite et où l’on sort par la porte de gauche.» Voilà une aimable fantaisie qui n’est pas tout à fait dans le goût des cinq académies.Carco écrivain classique.Les amis de l’œuvre de Carco ne manifestent aucun étonnement devant la publication des « Pages Choisies » destinées à l’enseignement.L’initiative est heureuse et Carco lui-même dit combien il est préférable de faire étudier aux jeunes les meilleures pages des écrivains marquants de leur génération plutôt que d’écrivains médiocres des grandes époques.M.Carco avoue qu’il n’est pas très à l’aise pour parler d’une question qui le touche de trop près.Il n’y paraît guère dans ces lignes où il exprime librement une très juste opinion: « .je pense qu’il est excellent de Un salon d’été à l’Arts’ Club 1 par EMILE VENNE DES tableaux de divers artistes canadiens.La circulaire d'invitation assure que cette exposition serait partout un événement artistique.C’est vrai.D’autant plus qu’elle s’ouvre quelques semaines seulement après le très remarquable Salon des Anciens des Beaux-Arts, et tandis que le souvenir de la faiblesse du Salon du printemps n’est pas encore éteint.Ces trois salons s’étant succédé avec d’étonnantes variations de valeur et de tendances indiquent dans leur ensemble la somme de nos possibilités picturales.Si nous tentions etc faire le point ?Voyons d’abord ce nouveau salon.L’intérêt d’une exposition de tableaux se révèle aux premiers regards.Une impression initiale domine.Il suffit de quelques bonnes toiles pour incliner à une générale admiration.Ici, nous sommes aussitôt matés.Un splendide portrait de femme par M.Jongers.Tout ce qu’il y a de peint en ce tableau, — mais avec une rare maîtrise, — c’est une fort belle tête.Virtuosités : ce frémissement de couleurs dans les fonds, et ces zébrures contrariées fouaillant la toile, pour suggérer, plus que pour décrire, non pas un corps, mais la possibilité d’un vêtement, matinée, robe ou casaquin.Une vie, fraîcheur et amabilité, qu’on raconterait, imprègne la figure.Au travail, l’artiste a sans doute connu des heures merveilleuses.Son pinceau fut joyeux, tendre au modelé des lèvres, spirituel à dessiner les yeux, moelleux à la palpitation de la pulpe rosissante des joues.C’est presque l’évocation de la femme, cette figure pétrie de vie, de rêve, et qui sait ?de poésie et d’amour.L’éclat de ce tableau fait tort à La robe bleue de M.Lilias Newton où la tête devient accessoire.Le sujet est la robe, un décor froid et synthétique.Peinture en surface, arabesque colorée n’évoquant qu’une vie banale, sans rêve.Et doit-on isoler du rêve un portrait de jeune fille ?Arrêtez devant Paul, trappeur par M.Holgate ! Ne soyez pas rebutés par cette coloration maussade ! La figure dressée est roide comme la vareuse d’indéfinissable tonalité (sans doute ingrate à peindre).Un regard.On évoque une vie inconnue.Tout est dans ce regard, parfaitement réussi, de l’homme soumis à la nature et sachant ruser avec les bêtes qu’il traque.Ni songeur, ni las, doucement inflexible.C’est le regard qu’on voit dans les yeux des dompteurs et des sages.Réussissant leur petit scandale, les deux toiles de M.Marc Fortin, La charrette de Foin-Octobre et Le Port forcent l’attention, bien qu’exposées à contre-jour.Que serait-ce en pleine lumière ?Ces peintures dévidées, violentes, sauvages même, ne me déplaisent pas.Le Port : des fumées blafardes où des proues de navire se détachent brusquement en rouge.M.Fortin cherche évidemment à raconter une histoire extraordinaire.Si jamais il y parvient, il ne sera possible à personne de ne pas admirer, car ce sera très puissant et très beau.Mais il lui faudrait sérieusement discipliner son dessin.Aujour- 1 The Arts’ Club, 2027, rue Victoria, à Montréal.L’exposition durera jusqu’à la fin août.Entrée gratuite.faire connaître aux jeunes des écrivains de leur époque, dont les livres sont en résonnance avec la vie contemporaine.Bien entendu, je ne les mets pas sur les rangs des grands auteurs, de ceux qui sont de tous les temps.Mais il y a un plan inférieur sur lequel, quand les écrivains ont vieilli, il faut faire un effort énorme pour les rejoindre.C’est une difficulté qui, pour ma part, m’a toujours parue insurmontable quand il s’agit de « maîtres » de second ordre, comme il en fourmille dans les anthologies scolaires.Des pages choisies de Mac Orlan me paraîtraient, par exemple, beaucoup plus dynamiques.» Nous comprenons fort bien que les livres de Carco — texte intégral — ne puissent figurer aux bibliothèques de nos collèges, mais ces « Pages Choisies » y remplaceraient avantageusement les œuvres de René Bazin et consorts.d'hui quelqu’un pourrait sourire.Et c’est dommage.Une barque d’un vert un peu frais dépare la bonne toile de M.Sheriff Scott, 'The Boat, Black Lake, où le lac et le lointain sont subtilement transparentes dans une atmosphère inondée de caressante lumière.Passons vite devant cette agressive tache bleue, paysage sec et tarabiscoté de M.Thurston Topham, Moonlight : North River.Musons plutôt à Château Richer.M.H.L.Smith, en ce paysage, moule les fabriques dans les frondaisons comme dans un écrin.Une luminosité très fine y crée l’azur qui doit environner le « borne ».Lourdement, les branches des conifères ploient sous des masses de neige molle.Quelle fantaisie joue la lumière sur les coussins bleutés ! Nécessaire en ce paysage, une jeune skieuse s’avance gaiement sur le sentier moelleux.Une figure dans un paysage fait facilement « coton », le dégringole ou l’anime.M.Simpkins a réussi avec Winter’s Blanket une aquarelle intensément vibrante.Le martèlement de chantantes couleurs, bleues, verdâtres, roses, brunes : et voilà tout l’hiver canadien avec ses neiges, ses plaisirs, ses ennuis ! Combien compassé paraît auprès de cette aquarelle, — impression fièrement notée, et avec quelle verve, — le tableau de M.Coburn, Return from the IVoods, où, vous l’attendez, tirant des traîneaux dans une plaine enneigée, un cheval brun suit un cheval blanc.Un ciel verdissant et triste où vague un petit nuage pâle.Thème connu.Ce fut, tout d’abord, une trouvaille.Une bonne histoire est bonne la première fois qu’on l’écoute.Mais à la vingtième version : holà ! Harbour New Haven, aquarelle de M.Beckwith, me ferait me répéter : il sait la beauté que le soleil confère momentanément aux plus insignifiants objets.Ici, le sujet n’est pas insignifiant.C’est dire que l’artiste, par son dessin et son coloris sans repentirs, vifs comme la lumièie, a su exprimer.A signaler encore : une précieuse image, Seal Corer, Grand Manan, par M.W.S.Maxwell; The Forest Pool, par M.W.M.Barnes, qui mériterait une longue analyse; Schooners in the ice de M.Chas.W.Simpson, où de belles colorations se jouent dans une lumière de vitrail ; La Malbaie, par M.A.C.Clouthier, panorama de montagnes d’une peinture tourmentée, où l’on aimerait plus de délicatesse aux lointains, mais agréable d’ensemble; üetz Valley-Tyrol, subtilités lumineuses de M.Eric Riordon.D’autres encore qui vous charmeront.En somme, des aquarelles de MM.Simpkins et Beckwith au portrait de femme par M.Jongers, en passant par la peinture sauvage de M.Fortin, l’essai fauviste de M.Beament, des paysages sentimentaux, nuancés ou aggressifs, c’est une réhabilitation du Salon du printemps.• Loin de moi la pensée de diminuer le mérite de nos peintres.Je sais trop l’héroïsme nécessaire aux artistes en ce pays où T « amateur » est aussi rare que le « connaisseur ».Cependant, ils semblent croire, comme Zola, « qu’un tableau, c’est un morceau de nature vu dans une fenêtre », ou comme Péladan, « que le seul chef-d’œuvre qu'on pounait refaire à notre époque, c’est la Joconde ! » Les tableaux de composition, où l’œuvre est un agencement dû tout entier à la pensée du peintre, n’abondent guère.Ce fut rue Saint-Urbain que nous avons rencontré les meilleurs, et en plus grand nombre.Ici, il y en a bien peu.Au Salon du printemps ?N’en parlons pas 2.Je veux bien qu’en une goutte d'eau se reflète le ciel; qu'une nature morte évoque toute une vie; un paysage, tout un pays; le portrait d’une femme, la femme; un portrait d’homme, l’humanité.Je sais qu’un peintre ayant du talent — ou du génie — trouve toujours à s’exprimer.Je n’en crois pas moins que la peinture éveillerait chez nous un intérêt plus vif si elle était — du 2 A part un tableau d’histoire de M.Scott, Frontenac à Cataraqui, tZ «’en était pas d’autres A mentionner. 6 moins en apparence — moins pu- j rement descriptive.Les peintres peuvent plus qu’imiter la nature qui nous entoure.Ils « ne sont pas des parures de lu\e, dont pourrait se passer une nation.Ils lui sont, sur cinq ou six générations, aussi indispensables que le pain ou que le feu.Us la préservent d’une barbarie toujours menaçante.C’est là leur fonction éminente, principale, et l'on peut admettre que, sans eux, certains sentiments humains, les plus délicats comme les plus forts, iraient s’amoindrissant et s’éteignant:!.» Léon Daudet écrit «les poètes».Il n’est pas de poésie que littéraire.Les artistes sont obligatoirement des poètes.Et, parmi eux, les peintres possèdent — ou doivent posséder — cette puissance d’inclure en leurs images l’idéal : toute la poésie.« 11 est plus sur de graver sur les âmes, à l’aide d’images, que sur l’airain.» • Voilà surtout ce qu’il nous faut souhaiter.Au Salon du printemps on pouvait dire : hélas ! Coup sur coup deux expositions nous ont forcés d’écarquiller les yeux.Nous voulions garder une espérance en quittant l’Art Gallery.Mais autant nous désirons parler avec sympathie des artistes et des œuvres, autant il nous est pénible d’être indulgent.Les ileux dernières expositions nous auront évité de l’être.Celle des Anciens des Beaux-Arts4, par son indiscutable valeur, ne nous fournissait pas simplement des raisons, mais une obligation d’espérer les œuvres nécessaires.Celle qui vient de s'ouvrir pour l’été, sous les auspices et dans les salles de l’Arts’ Club, contribue à son tour à nous remettre en confiance.Nous avons de bons peintres.11 n’en tient qu’à eux de nous offrir de très belles compositions.Le public s’y intéressera.Il eu a besoin.Emile VENNE S Léon Daudet dans I,e Monde des Images, pp.216, 217.¦* Analysée dans le premier numéro de la Renaissance.-•- Le moulin de Daudet Le moulin à vent historique qui inspira Alphonse Daudet lorsqu’il écrivit Les lettres de mon moulin a été sauvé de la ruine et de l’oubli.Il a été trans- * 1 formé en musée consacré à Alphonse Daudet et inauguré par M.Edouard Herriot, ex-président du Conseil.Déjà, un des moulins — il y en a quatre — a été restauré et reçoit chaque jour de nombreux visiteurs.Il s’élève au sommet d’un sentier tortueux et rocailleux qui débouche dans la grande rue de Fontvielle, près d’Arles.On hâte les travaux de remise en état dans les trois autres moulins.Mme Frédéric Mistral, veuve du célèbre poète félibre à qui l’on doit i la résurrection de la langue provençale, 1 est la présidente du groupe qui s’est donné pour tâche de sauver les fameux moulins.En 1933 ces derniers furent classés « monuments historiques » et l’Etat doit en assurer la conservation.^ m L’acier au manganèse, marque « Sorel », d’un alliage spécial, pour mâchoires de concasseurs, revêtement intérieur de malaxeurs d’asphalte, semelles de chenilles pour excavateurs et tracteurs, outillages miniers, etc., est reconnu de qualité supérieure; il est employé par la majorité des entrepreneurs de pavage.En général, l’industrie minière du Québec fait aussi grand usage de ce matériau.Aucun Canadien ne doit oublier qu’en achetant des marchandises ou des produits fabriqués par nos manufacturiers il accomplit un devoir social et collabore à l’expansion de nos propres industries.C’est là du patriotisme bien compris.(r) Il SV\\\\\\\\V\VV\V\\\\\\\\\\SVS\V\V\\\\VVV\WVVV\VVV\V* ; Rectification du vocabulaire j A\\\\\\\\\\\\\\V\\\\N\V\V\\N\\VN\\\N\\WWWWNVWN^ Suite Chez M.Gallus un valet de chambre vint ouvrir.Il était en tenue de service intime : gilet de livrée à manches et tablier blanc à bavette ; tenue qui n’indique pas que l’on attend des convives.Cette particularité était connue de M.Emirent et lui fit craindre une nouvelle erreur.Le valet de chambre fit entrer M.et Mme Laurent au salon, leur demanda qui il fallait annoncer et se retira.Constatant le silence qui régnait dans l’appartement et le temps relativement long que mettaient M.et Mme Gallus à apparaître, M.Laurent fut pris d’inquiétude.Je crains, dit-il à sa femme, que nous ne nous soyions encore une fois fourvoyés.Il tira de sa poche l’invitation de M.et Mme Gallus et constata qu’elle était bien pour le jour même.Il avait reçu cette invitation six jours plus tôt et avait, selon l’usage, fait connaître son acceptation.Il se rassura.A ce moment Mme Gallus parut en robe d’intérieur, suivie de M.Gallus en pantalon de flanelle et veston de foyer.Salutations embarrassées et gêne réciproque.Monsieur, dit enfin M.Laurent, je m’aperçois qu’il y a un malentendu entre nous.Veuillez, je vous prie, me l’expliquer et surtout excuser mon involontaire indiscrétion, ainsi que mon ignorance s’il y a lieu.On s’expliqua.L’invitation à dîner était pour le soir, non pour midi, attendu qu’à Paris le repas de midi s’appelle déjeuner, et celui du soir dîner.Cette différence dans les appellations était la cause de l’erreur de M.Laurent.M.et Mme Gallus, avec la bonne grâce et l’exquise politesse des gens de Paris, réussirent à prouver que les torts étaient de leur côté, attendu qu’à l’égard d’étrangers ils auraient dû spécifier l’heure.Déjeuner, dîner, souper n’ont pas la même signification à Paris qu’au Canada, du moins quant aux heures propres à ces importantes fonctions.De retour chez lui M.Laurent s’em- pressa d’inscrire les observations suivantes : Déjeuner.— A Paris, il y a le petit déjeuner et le déjeuner proprement dit.Le petit déjeuner se prend au saut du lit.11 est ordinairement composé de lait, de café au lait, de café noir ou de chocolat, accompagné de brioches ou de petits pains au beurre ; on y adjoint assez souvent des œufs ; rarement de la viande.Le vrai déjeuner se prend vers midi.C’est un repas solide, gastronomique, auquel on invite souvent des convives.Le déjeuner peut être un repas d’apparat, mais il a lieu entre hommes dans la majeure partie des cas.C’est ce que l’on appelle au Canada le lunch ou le dîner.Dans un grand nombre de villes de province, en France, ce repas prend, comme chez nous, le nom de dîner.Il convient donc de noter soigneusement cette particularité, si l’on veut éviter des mécomptes.Toute invitation à déjeuner est pour midi ; à dîner pour six heures, à souper pour minuit.Dîner.— Le dîner se prend vers six heures.C’est encore un repas solide, chaud et non froid, de grande ordonnance, et une des manifestations les plus ordinaires de la vie mondaine.Les dames y assistent toujours.Dans les milieux fashionables on y paraît en grande toilette.Souper.— Le souper se prend dans la nuit, après le théâtre, le bal, ou une soirée prolongée.Le souper est ordinairement moins cérémonieux que le dîner, mais il peut tout de même avoir grande allure.Le souper prend encore le nom de médianoclie, d’en-cas, ou de réveillon.Ce dernier ternie s’applique surtout au repas traditionnel que l’on fait dans la nuit de Noël.Goûter.— C’est une collation que l’on sert dans l’après-midi, surtout aux enfants.Autrefois, — il n’y a pas encore bien longtemps — lorsque les ouvriers des grands centres industriels, du Nord et de l’Est de la France particulièrement, travaillaient de cinq heures du matin à huit heures du soir, ils avaient droit à une demi-heure pour goûter — de quatre heures à quatre heures et demie.REVUE DES REVUES Henri ROULLAUD A SUIVRE l,a crise de la ieunosse Vo-’I à un fuiet qui nous aura valu une abondante littérature fade surtout de lamentations imprécises et de vagues espoirs.L es Idées publient à ce suiet une âtude où M.Jean-Charles Harvey traite la question de façon plus précise.M.Harvev, qui « refuse obstinément de vieillir » mais possède l’ex-nérience qui manque aux jeunes, s’efforce de défnir la situation des deux générations qui s’affrontent et de distinguer leurs torts respectifs, et il conseille à chacun un essai de compréhension mutuelle.M.Harvey reconnaît la justesse des attaques des jeunes envers leurs aînés, couoables de s’être fort bien accommodés de cette civilisation matérialiste née de la guerre.Mais ces accusât ons qui portent contre un grand nombre, ne touchent pas « tous les plus de quarante ».Quelques-uns sont grandement coupables, mais nombre d’entre eux n’ont accepté cet état de choses que comme un pis aller et n’auraient pas demandé mieux que d’en changer si c’eut été possible : Nous en sommes venus aux malheurs présents non seulement par une série de fautes volontaires mais aussi par un ensemble de faits inéluctables nui tiennent plus de la fatalité que de l'agitation des hommes.On ne peut reprocher à personne d’être venu au monde en Afrique ou en Asie ou en Australie, de même on ne saurait incriminer quelqu’un d’être né au sein même de notre système économique et d’avoir été obligé d’y vivre et même d’en vivre.Voilà une pensée dont il ne faut jamais se départir en portant nos jugements sur les hommes qui nous ont fait ou qui nous dirigent.Or les torts des aînés sont intimement liés aux fautes du capitalisme.C’est donc au régime économique actuel que la jeunesse s’en prend : Elle mesure la puissance des gouvernements ou même leur impuissance, elle cherche, elle s'aventure parfois sur des terrains glissants ; les uns en tiennent pour le corporatisme, les autres pour un socialisme mitigé, les autres, allant plus loin, voudraient l’Etat producteur, régulateur de l’emploi du salaire et de la propriété, et voisine ainsi avec les théories de Karl Marx ou du communisme.S' cette tendance révolutionnaire s accentue, la querelle des générations pourrait bien devenir une guerre sans merci.Pour l’éviter on ne peut demander aux jeunes de sacrifier leur juste ressentiment.On ne peut non plus demander aux aînés de « désencombrer » purement et simplement.Le salut réside donc dans la compréhension mutuelle, et M.Harvey le comprend très bien : ••• H appartient à la génération qui l a précédée, c est-à-dirc aux « plus de Quarante ans », de reculer d’un pas ou de chercher un moyen d'occuper et de canabser les énergies qui bouillonnent derrière eux et qui causeront d'irréparables dégâts.Il serait bon, il serait même nécessaire que la génération des aînés sût s?, rajeunir, afin de mieux comprendre l'âme des jeunes et de se tenir un peu à leui niveau pour les aider par son expénence et surtout pai sa sympathie agissante.D’autre part il est du devoir de la jeunesse de se preparer à son rôle social en capitalisant ses loisirs par l'élude cl le perfectionnement de la personnalité.Cette étude très au [joint n’apporte aucune solution pratique définitive.1V1.Harvey l’avoue avec d’autant plus de facilité que « dans un état de choses aussi complexe les meilleurs écono-m stes du monde n ont prouvé que leur impuissance ».Mais elle a le mérite de mettre de 1 ordre dans une question très embrouillée, de poser le problème d une façon claire et de rendre à chacun son dû.La femme moderne _ Au cours d une conférence sur le rôle de la femme française moderne, M.Jean Giraudoux s’arrête à la « notion » de femme, dont les deux principales assises sont celles-ci : 1 La femme n est pas physiquement l’égale de l’homme ; 2° La femme est le principe et la raison du foyer.Cette notion semble aujourd’hui vérité d un autre âge, et quant au premier point M.Giraudoux note que dans la v e moderne il n’y a plus, grâce à la machine, d’infériorité physique.Eu jour où la civilisation a consisté pour mettre un train en marche à déplacer une manette, pour convoquer un ^\\w\y.\\\x\\\s\\\\x\\w%x\\\\sw\\\x\xx%w\xxsws\x*s Les livres acques dieux.Paris.UK Vis.M E : Un favori des Eugène Figuière, éditeur, Le favori, c’est Jean-Benjamin de La Borde (17.14-171)4) confident et grand ami de Louis XV, mort sous la 'l'erreur pour un motif inventé de toutes pièces par le scélérat Fouquier-Tinville.C’était un fermier général très bon, très cultivé, et qui eut toute la sympathie de Voltaire; ce par quoi il ne connut guère que l’ingratitude, malgré les services qu’il rendit.Ce livre n’est pas de l’Histoire romancée mais de la biographie, et du meilleur aloi.J.Licas-DlBRETON : La duchesse de Berry, par Octave Aubry, in i(> jésus, couverture illustrée et quatre planches hors-texte en héliogravure, dans la Collection « Hier et Aujourd’hui », de chez Flammarion, 26, rue Racine, à Paris.Femme turbulente et intrépide, mère héroïque, Marie-Caroline de Bourbon offre une des plus romanesques destinées du XIXe siècle.Elle naît avec l’aventure.A deux mois, pour la dérober aux émeutiers qui saccagent son palais de Naples, une nourrice l’emporte dans une barque.A dix-huit ans, elle épouse un fils de France, le duc de Berry.Un historique assassinat la rend veuve.Puis la Révolution de 18.50 prive son fils du trône et l’exile.Elle veut reprendre il a couronne aux d’Orléans.Elle débarque clandestinement en France, se proposant de renouveler, avec le prestige de son nom, le prodige de l’île d’Elbe.Elle tente, dans cette équipée pathétique, de soulever la Vendée.Trahie, elle est prise et enfermée dans la citadelle de Blaye où.elle accouche d’un enfant.Cette naissance lui fait perdre son auréole.Elle n’est plus à craindre.On la renvoie à son mari secret, le comte de Lucchesi Pali, Sicilien.Ils auront, comme dans les contes de fée, beaucoup d’enfants.Tour à tour dramatiques, pittoresques et amusants, les épisodes de cette vie s’ordonnent comme ceux d’un roman.L’historien J.Lucas-Dubreton les fait revivre dans La dueh esse de Berry.Devant nous s’anime la figure spirituelle, ardente, héroïque et toujours rieuse de cette princesse.Et c’est, respectueux de l’histoire, le plus éblouissant roman d’aventures.Robert iITIarcourt, Professeur à l’Institut Catholique de Paris ; Souvenirs de Captivité et d’Eva- personnel à appuyer sur un bouton de sonnette, pour avoir chaud à tourner une petite roue, on ne pouvait plus parler, dans la conduite, de femme et d homme.(.) Entre le terrassement et la conception intellectuelle, ces deux extrêmes rései~vés encore aux hommes, l’homme et la femme sont ou seront un jour égaux dans l’exploitation du monde.C’est, si vous le voulez, plutôt que l’égalité physique, l’égalité matérielle.Cela ne va pas, d’ailleurs, continue M.Giraudoux, sans grave préjudice pour la femme.De l’abolition de la première notion d’infériorité physique, le second caractère de la femme, qui lui vient de son rôle domestique, se trouve lui-même anéantie : A mesure que le monde lui est acquis (à la femme), le foyer se relire.De deux façons.D’abord, parce que le rôle pratique et économique du foyer se restreint.Les raisons qui poussaient jadis un homme à fonder un foyer n’étaient pas toutes d’ordre sentimental.L’épouse justifiait son utilité par une valeur économique réelle.Le jour où les vêlements ont été cousus ailleurs qu’à la maison, où les épiciers ont fait des conserves et des confitures, a été un jour quelque peu dramatique pour la femme.(.) Chaque métier à tisser le chanvre a sapé les assises d’un foyer.Chaque pouponnière créée est l’affaiblissement de cent foyers.A la maison même, la femme se trouve expropriée peu à peu en tant que ménagère, qu’éducatrice, que ministre de l’intérieur familial.Certains ne manqueraient pas de conclure à ce que la femme, égale de l’homme, dût partager tous ses droits.Ils oublient que l’acquisition de ces nouveaux droits ne va pas sans la perte d’autres tout aussi importants, dont le moindre n’est pas celui que confère le double rôle d’« éducatrice et de ministre de l’intérieur familial ».Les deux .dons, 1915-1918.Ouvrage couronné par l’Académie française.Un vol.in-8 de la Collection de M émoires, Etudes et Documents pour servir ù l’Histoire de la C uerre Mondiale.Payot, 106, Boulevard Saint-Germain, Paris.Dans la Collection de AI émoires pour servir à l'Histoire de la Guerre Mondiale viennent d’être publiés les Souvenirs de captivité et d'évasions île Robert d’Harcourt, professeur à l’Institut catholique de Paris.Ce récit, toujours parfaitement objectif et véridique, est par son contenu — fuites audacieuses, arrestations et coups de feu dans la nuit — aussi mouvementé et captivant qu’un roman d’aventures ! Tombé gravement blessé sur le front entre les mains de l’ennemi; interné dans plusieurs camps de prisonniers; recommençant inlassablement des tentatives d’évasions chaque fois punies par les terribles duretés des geôles allemandes; parvenu enfin, à sa troisième tentative, jusque sur le Rhin, dans la région du lac de Constance, où ii a le bras droit fracassé par une balle au passage du fleuve à la nage, le sergent d’Harcourt a tenu à éviter dans sa narration le défaut que n’ont pas su toujours éviter les auteurs de livres de guerre ; l’emphase.Ce sont les faits eux-mêmes qui communiquent à ce récit, volontairement dépouille de toute littérature, sa qualité d’émotion.L’intérêt intrinsèque des péripéties personnelles est complété par les dons d’observation du témoin.Depuis longtemps familier de l’Allemagne du temps de paix, où il avait vécu pendant six ans et achevé sa thèse de doctorat ès lettres, l’auteur était plus qualifié que quiconque pour nous présenter une esquisse interne de l’Allemagne du temps de guerre.Le récit d’aventures se double d’un tableau psychologique d’une incontestable valeur documentai re.« Ecrites pour sa famille, sans préoccupation de publicité, les notes de M.Robert d’Harcourt — a dit M.Paul Seippel — ont le ton de certains mémoires du premier Empire, de ceux de Marbot, par exemple.Et les aventures qu’il conte sont à peine moins extraordinaires que celles que narrait, à la fin de ses jours, le général de la Grande Armée.» Jules AURIC Pierre Benoit, de l’Académie française : Boissière.Lorsque M.Pierre Benoit fit son entrée dans le monde, le Sort qui distribue leurs rôles aux jeunes humains lui a touché du doigt le front et lui a dit : « Toi tu raconteras des histoires aux hommes ».Car conter est un don de naissance., C’est cadeau de fée.Combien peu l’ont reçu! Combien depuis le père Dumas nous ont, aussi souvent que M.Pierre Benoit, offert ce que le bon La Fou-Benoit, offert ce que le bon La Fontaine appelait un « plaisir extrême » ?M.Pierre Benoit nous raconte donc qu’à la veille de sa réception à l’Académie française, une lettre venue d’un camarade de régiment porté disparu pendant la Guerre et dont le souvenir s’était effacé en lui, le dirigea vers un château voisin de Nouvion dans le Nord tie la France, où le conviait le « revenant ».Par quel miracle ce garçon était-il encore en vie et possesseur, lui sans famille ni fortune, de cette belle demeure, c’était là mystère à tirer au clair et promesse d’une merveilleuse aventure.Chargeant malicieusement du récit le héros lui-même, M.Pierre Benoit nous parle; ici par personne interposée; mais cette personne, Dieu merci ! raconte aussi bien que lui-même.A ceux que l’on voudrait précisément voir demander à cet entraînant.Boissière quelques heures passionnées, annoncer les événements qui vont les saisir, pourrait-on imaginer pire maladresse ?Par quels jeux du destin une ancienne étoile des Folies-Bergère, restée très belle, abrite un soir dans son château un jeune caporal surpris avec son escouade par une soudaine avance allemande à l’heure de la ruée de 1914 et voit se dresser devant elle le fils, encore lourd de rancune, de l’homme qu’elle a jadis acculé à la ruine et au suicide, selon quels rythmes complexes se mêlent l’amour et la haine, et pourquoi, dans un fossé de la citadelle de Maubcugc, un beau corps de femme roule sous la salve d’un peloton allemand, c’est le secret de M.Pierre Benoit et il n’appartient qu’à lui seul de vous le révéler en vous présentant son héroïne, qui, bien entendu, pour demeurer fidèle à l’initiale fétiche, a pris aujourd’hui dans la série de ses beautés fatales le nom d’Adlonne.Armand RIO Derrière soi.Jules Renard, dont on commémorait ces temps-ci le 25e anniversaire, bavardait avec Antoine.Le fondateur du Théâtre Libre, qui venait île traverser une dure période d’épreuves, lui disait avec sa vaillance habituelle : — Heureusement, nous avons tous des heures merveilleuses derrière nous.— Oui, fit Jules Renard.Seulement nous n’avons jamais le temps de nous retourner ! decnJ' da, plLj de&e, Adpton.du 'tSutuidu, à BANFF Bien que dans notre province il n’en soit guère question, la loi sur les débouchés des produits du sol est toujours en vigueur.La dernière industrie à s’enrégimenter sous la domination d’un office central est cêlle des conserves ou, plus exactement, celle des confitures, en anglais jam.Depuis avril dernier les prix de gros, dans cette industrie, ont monté de 10 à 30 pour cent.Les prix de détail ont suivi.C'est là que le consommateur eut son mot à dire.11 remplaça tout simplement ses confitures du matin par du miel, du sirop d’érable, des fruits, tous produits non « codifiés ».Les fabricants de confitures s'inquiètent de cette baisse de la consommation.Jusqu’ici, l’office central n’a encore rien trouvé pour obvier à ce sérieux inconvénient.Il est probable qu'il ne trouvera rien du tout.Les marchands de détail, pour la plupart, se débrouilleront eux-mêmes par des pratiques déloyales.Ils s’entendront avec leurs fournisseurs qui, pour le même prix, leur expédieront 110 caisses de tel ou tel produit au lieu de 100, par exemple.Rien ne sera plus facile que de couper les prix et les.jambes du concurrent honnête.La loi sur les débouchés aura été d’autant plus facile à tourner qu’elle est une mauvaise loi.Et, de plus, en quoi les fabricants et vendeurs de confitures peuvent-ils invoquer le « bénéfice » de la loi sur les débouchés?Cette loi n’était-elle pas destinée à l'usage exclusif des agriculteurs ?Jean-Marie NADEAU La Renaissance est un hebdomadaire unique en son genre au Canudu français.LA LANGUE DES AFFAIRES (De I’Ecole canadienne ) Facilité.¦— Abondance monétaire : la facilité de l’argent stimule les affaires.Au pluriel.Conditions de paiement avantageuses : Nous accordons à la clientèle toutes les facilités possibles.Facture.«— Nomenclature des articles composant une commande, avec indication de prix.(Ne pas dire envoi, traduction littérale d’invoice.) Facturer.-—- Etablir un prix, l’inscrire sur une facture : Nous vous facturons ces articles au prix de revient.Facturier.— Employé préposé à l’établissement des factures.Failli.-—> Adjectif et substantif.Celui qui a déposé son bilan : le commerçant failli, le failli.Falsifier.— Mêler à un produit des substances étrangères.Dénaturer, contrefaire d'une façon frauduleuse : falsifier un acte, la comptabilité d’une maison.Fer.¦— Abréviation de chemin de fer : expédier 'des marchandises par fer.Ferme.—> Offre qui engage celui qui l’a faite, dès qu’elle est acceptée : faire une offre ferme.Prendre à ferme, louer une exploitation aux termes d’un bail.Ferroviaire.— Néologisme.Qui se rapporte aux chemins de fer : titres ferroviaires.Feu.—- Désigne l’élément luira ê m e : marchandises endom- magées par le feu.(Le feu, considéré comme sinistre, prend le nom d incendie : assurance contre l’incendie.) Fiche.— Petit rectangle de papier ou de carton destiné à recevoir des notes ou autres indications : répertoire sur fiches.(Ne pas dire carte, d’après l’anglais card.) Fichier.—< Classeur ou tiroir où l’on range des fiches.Fictif.— Qui n’existe que par convention : des valeurs fictives.Fiduciaire.— Chose dont la valeur repose uniquement sur la confiance du public : monnaie, circulation fiduciaire.Financement.— Néologisme.Action de financer, de faire ou fournir les fonds : le financement d’une entreprise.Firme.— Compagnie, société, raison sociale.Fisc.— Trésor de l’Etat, administration chargée de percevoir l’impôt : les abus du fisc.Fiscal.— Qui se rapporte au fisc : tarif fiscal, tarif douanier ayant pour objet de procurer des ressources à l’Etat.(Ne pas employer fiscal lorsqu’il s’agit de l’entreprise privée.) Foncier.—- Qui a rapport à un fonds de terre, à des biens immobiliers; propriétaire foncier, propriété foncière, impôt foncier.Fondé de pouvoir ou pouvoirs.Personne autorisée légalement à agir au nom d’une autre personne ou d’une société.Fonds.— Synonyme de capitaux : être en fonds, faire les fonds d’une opération, avancer, toucher des fonds.Ce mot figure dans diverses locutions, telles que fonds d’amortissement, de réserve, de prévoyance, de garantie, de roulement (working capital).Il désigne parfois les titres des emprunts d’un Etat : des fonds publics.Fonds de commerce.ensemble des éléments d’actif : local, stock, achalandage.Force.— Il faut dire qu’un contrat, une police d’assurance, une loi sont en vigueur, et non pas en force, de l’anglais in force.Forclore.— Empêcher d’agir en justice après un délai déterminé.Forfait.— Traiter à forfait : s’engager à faire une chose moyennant un prix fixé d’avance.Formule.— Modèle, texte invariable, document imprimé sur lequel sont ménagés d’habitude des blancs que remplit celui qui l’utilise : une formule de chèque, de connaissement, de transfert, etc.(Ne pas dire un blanc.) Fournir.—- Fournir sur quelqu’un, faire traite ou tirer sur lui.Fournitures.— Ensemble de ce qu’on fournit : fournitures pour navires, fournitures de bureau.Léon LORRAIN É \W, MONTREAL .wi Optométristes-Opticiens ‘ n à l’Hôtel-Dieu CARRIERE & SENECAL LIMITEE 271 EST, RUE STE-CATHERINE Tel.LA 7070 | A DERNIERE édition de notre Bulletin périodique contient une analyse concise et un jugement sur un titre américain que nous considérons comme d’un achat intéressant à l’heure actuelle.Nous serons flattés de votre demande de renseignements GARNEAU &OSTIGUY AGENTS I)E CHANGE IMMEUBLE ALDRED, PLACE D’ARMES.Montreal Stock Exchange Montrenl Curb Market Canadian Commodity ExcUunare Inc.CHRONIQUE FINANCIÈRE -par AUGUR - Physionomie du marché Le marché de New-York continue son avance régulière et soutenue.On remarque aux Etats-Unis que les affaires maintiennent leur position et que la production de l’acier augmente tous les jours rapidement, ce qui indique que dans un délai relativement court la sidérurgie ne tardera pas à atteindre un nouveau maximum que l’on pourrait qualifier « d’après-dépression ».Si toutes les difficultés politiques et lous les problèmes qui en résultent sont loin encore d être résolus, on constate néanmoins que l’opinion publique y attache une importance de plus en plus faible, parce que le Congrès refuse d être entraîné dans un mouvement qui lui ferait voter une législation dangereuse.Même en ce qui concerne le marché du blé qui avait fait preuve d’une certaine faiblesse ces derniers temps, on remarque une reprise assez inattendue.Pour être bref, la physionomie du marché de New-York s’est améliorée au point de devenir excellente.Quant au marché canadien, aussi bien dans le compartiment des mines que dans celui des industrielles, il reste pour ainsi dire à l’état stagnant.On observe le glissement habituel de 1 achat de titres canadiens pour celui de titres américains, dès que ces derniers montrent quelque activité.Les ventes sont absorbées sans aucune difficulté et nous restons persuadés que, quel que soit le faible volume des achats de valeurs industrielles locales, ce mouvement est de la plus haute importance et se traduira inévitablement par un raffermissement des cours.jt En fait, après avoir tenu compte de 1 influence et des incertitudes qui précèdent chaque élection, il paraît de plus en plus probable que la fièvre spéculative qui se manifeste à New- York est appelée à se propager jusque sur nos marchés.Naturellement il est possible que l’activité ne porte au début que sur quelques titres cotés à la fois au Canada et aux Etats-Unis : des valeurs comme International Nickel, Ford of Canada, Hiram Walker, Pacifique Canadien.Il est indéniable que les compagnies susnommées sont appelées à profiter indirectement du mouvement de restauration industrielle aux Etats-Unis.Nous croyons également que parmi les valeurs nationales appelées à enregistrer des améliorations se trouvent Shawinigan et Montreal Power.Ces deux compagnies ont de très grandes chances d’enregistrer une augmentation de recettes durant les prochains mois.Il y a également quelques possibilités de hausse, d’un caractère spéculatif, sur des valeurs comme Canadian Westinghouse, ordinaires, Canadian Car, privilégiées, Massey-Harris, privilégiées, Canadian Bronze et Building Products.Ces titres nous paraissent les meilleurs parmi ceux qui ont des chances de hausse.Les aurifères Il est très probable qu’un grand nombre de nos lecteurs possèdent un nombre respectable de valeurs aurifères et qu’ils s’étonnent de ne pas voir ces titres avancer comme ils le firent l’année dernière.En ce qui concerne le groupe des mines «classées» (titres donnant des dividendes depuis plusieurs années) les recettes de 1935 sont dans plusieurs cas un peu inférieures à celles de l’année précédente.On ne cite pour ainsi dire pas d’amélioration de recettes.Si cette stabilité relative continue jusqu’à la fin de l’année — et c’est bien ce que nous croyons — il est logique et probable qu’il se pro- duira un certain nombre de ventes de temps à autre de la part de détenteurs désirant se procurer des industrielles sur lesquelles les chances de dividende et de hausse sont plus probables.Dans ces circonstances le marché des aurifères se maintiendra à des niveaux relativement peu intéressants, à moins toutefois qu’il se produise quelque découverte ou quelque amélioration inattendue dans le groupe des valeurs non classées (jun.or stocks) où des travaux importants de développement sont poussés.Comme conclusion, il semble donc sage de réduire les engagements futurs sur le groupe des aurifères et de rechercher plutôt des industrielles de premier ordre ou des valeurs de services publics bien établis.Questions et réponses D.M.nous écrit : Me conseillez-vous d’acheter du C.P.R.dans les environs des cours actuels et attendez-vous une augmentation du transit sur le chemin de fer ?Réponse : — Nous conseillerions vivement à toute personne qui n’attend pas des dividendes immédiats d’acheter des actions du C.P.R.et de les mettre en portefeuille.Bien que la puissance de recettes du C.P.R.soit diminuée et n’ait pas de chance de se rétablir d’ici longtemps aux niveaux de la période d’avant-crise, il nous semble qu’il faille s’attendre à une amélioration modérée des recettes de la compagnie.Au point de vue plus spéculatif, nous pensons que le C.P.R.est appelé à enregistrer quelques améliorations dues aux transports de la récolte de blé, et à suivre les avances de New-York.AUGUR : VV* chezWOODHOUS H VENTE SPECIALE DU MOIS D’AOUT AMEUBLEMENT Ensemble de studio en noyer Rembourrage à ressorts tel qu’illustré '.Y mm r « ¦ %.usm ) t > J .iLLifc i ¦ <***?'¦ Ameublement de studio eu trois morceaux d’un beau style et d’un grand confort.Construit solidement en noyer, conformément à l’illustration ci-dessus.Le rembourrage du divan, y compris le dossier, est à ressorts et recouvert d’une étoffe durable.C’est là une excellente occasion de vous assurer un confort appréciable.Premier acompte : $4 — Versements mensuels : S3 SANS INTERETS Prix régulier $115 Lendras Birmingham Liverpool Man chas ter Leeds Nottingham Hull Newcastle-on-Tyne Southampton Middletborough Sunderland Bristol Cardiff Edimbourg Glasgow Belfast Dublin llijl 105 rua 8ta-Catherin# Ouest.Montréal.CO.JL/m/tecY 12 ifiPfxinf/M 3 août 1935 ï L’agitation de la mer De l’insomnie î La houle Le commandant de vaisseau Chou-paut donne, dans Mer ET COLONIES, les précisions qui suivent sur l'ai/i-tation de la mer et ses causes : La mer est un élément essentiellement mobile dont deux causes principales agitent la surface : le vent, qui soulève la houle, et la marée, qui produit les courants.Nous examinerons plus loin le phénomène îles marées et considérerons d'abord l'effet du vent, sans entrer, toutefois, dans la théorie de la houle, ne voulant envisager, dans ces notes très simples, que ce qu’il est nécessaire de connaître pratiquement et ce que l’on peut vérifier de ses propres yeux.La houle est une ondulation de la surface de la nier qui.sous l’influence du vent, se propage en longues ondes à profil cylindrique, à génératrices horizontales sensiblement rectilignes.Une houle d’Ouest, par exemple, est une houle venant de l’Ouest, allant vers l’Est et dont les crêtes sont, par conséquent, dirigées Nord-Sud.Dans la courbe sinueuse que donne la section droite de la houle, le creux est moins accentué que la crcte.On définit la houle au moyen île trois éléments : i° La longueur (a L) ou distance horizontale Alî ( fig.î ) de crête en crête.Elle est variable, suivant la force du vent et les parages, elle change fréquemment du simple au triple d'une lame à l’autre.Dans les grandes brises d’Ouest de l’Océan Pacifique Sud, la plus grande lon- obliquement s’infléchit pour s’étendre parallèlement au rivage.Courants alternatifs de la houle.— Si l’on observe un ipetit objet flottant au ras de l'eau, on voit que la houle le soulève et le laisse retomber dans le creux suivant; il est resté sensiblement à la même place.En réalité, en y regardant de plus près, il a été déplacé puis ramené en sens contraire à la même place.11 y a courant direct sur les sommets de la houle et courant de retour dans les creux : ce sont les courants alternatifs de la houle (fig.î).On dit.en langage courant, que la houle soulève et ne déplace pas.Lames.— La lame est une houle poussée et déformée par le vent.Les lames n’ont pas toutes la même hauteur; les plus hautes déferlent parfois avec une grande violence, même par grand fond.Lames sourdes.— Dans tous les fonds, une houle bien établie, régulière.met le même temps à franchir la distance qui sépare deux sommets; mais, le fond diminuant vers la plage, les crêtes se rapprochent; les pentes de la houle sont donc plus abruptes : les courants alternatifs deviennent plus forts qu’au large; la houle se transforme en lame sourde (fig.a).Brisants.— Si le ressaut du fond est suffisant, le courant alternatif direct pourra atteindre une vitesse supérieure à la vitesse ralentie de la propagation.Le sommet S, dépassant la houle, déferlera ; c’est ce qu'on appelle des /misants.11 est facile de CtURAtsr RLTRO— | —G-RAOC-.____ L_p n c o>£up S£/VS O £ L4 P ffOPAG A T/O/y s- St H g jit J* *j J* tj prefiyzt, c/> I jmt Vît gueur moyenne observée a été de 2,3° mètres 1 ; mais si l’on considère chaque lame séparément, il n’est pas rare d’en rencontrer qui atteignent jusqu’à 400 mètres de longueur.Dans l’Atlantique Nord, pour les lames ordinaires, la longueur varie de 6o à i io mètres et, dans les gros temps, de ioo à 160 mètres; 2e La hauteur (2 H) distance verticale de crête à creux (CD sur la figure i ).Quand la houle n’est pas déformée, le creux est, en général, le trentième de la longueur.Ainsi, 2 mètres de creux dans une houle régulière correspondent à une houle de 6o mètres de long environ.On a généralement tendance à exagérer la valeur du creux de la houle lorsqu’on l’estime à vue.Les plus grands creux observés et mesurés dans les grandes brises d’Ouest du Pacifique sont de 15 à 18 mètres.Là.pendant de longs mois, il vente coup de vent d’une direction constante, et rien ne fait obstacle à la propagation de la houle ; 30 La période (2 T), temps que met une crête à remplacer la précédente au même point de l'espace.Le L, x rapport — mesure la vitesse à laT quelle les ondes paraissent se propager.Notons qu’elles se propagent plus vite que le vent et qu’une longue houle, par calme plat, indique un coup de vent à une certaine distance, parfois très grande.On constate, en regardant une mer houleuse venant battre une plage dont le fond augmente graduellement vers le large, que les crêtes sont d’autant plus rapprochées les unes des autres qu’elles sont plus près de L, terre.Donc, dans la formule —, L T a diminué, T restant constant, c’est-à-dire que la vitesse de propagation a diminué et l’on constate aussi qu’une houle qui aborde une plage 1 Comme chacun sait, le mètre équivaut approximativement à 3 pieds 1-3.fif.3 Br/’ s ànt 5 vérifier de terre, au bord de la mer.qu'une houle très faible déferle en passant sur les hauts fonds (fig.3).Les barres, à l’embouchure de certains fleuves et sur certaines côtes, notamment dans le Golfe de Guinée, sont des phénomènes du même ordre.Clapotis.— Une houle qui vient frapper normalement un rocher, une falaise, un quai, revient en arrière comme une balle qui rebondit sur un mur.Chaque ondulation qui arrive en rencontre une venant en sens contraire; au moment où les deux sommets se heurtent, ils soulèvent une mer pointue.C’est ce qu’on appelle le clapotis, parfois violent au pied d'un cap; on y trouve même, dans certains cas, des mers démontées et il est alors prudent de donner du tour aux pointes.11 en est de même lorsque le courant porte au vent, c’est-à-dire va contre le vent régnant.La mer, alors, se creuse et devient terrible si le vent et le courant sont forts; de grands navires peuvent même en être gênés dans certains passages resserrés, surtout en grande marée, tels que le Raz Blanchart, entre l’île d’Aurignv et le Cap de la Hague, le Fromveur, au sud d’Ouessant; le Raz de Sein, etc.Alascaret.— Le mascaret est un phénomène, du même ordre que le précédent, qui a lieu à l’embouchure lie certains fleuves, au moment où l'onde de marée y pénètre.Le courant descendant du fleuve étant brusquement renversé, il se produit une lame qui déferle dans le lit du fleuve et parfois sur ses rives, et avec plus d’intensité en grande marée.En France, c’est dans la Seine qu’on a observé le plus fort mascaret.Aux marées d’équinoxe, la barre peut atteindre, à Quillebeuf, une hauteur de 3 mètres et s’avancer avec une vitesse d’environ 8 mètres à la seconde ou 15 nœuds et demi.Dans la Gironde, le mascaret remonte parfois jusqu’à Bordeaux.Raz de marée.— On appelle raz (ou ras) de marée un phénomène LA privât on absolue de sommeil, avons-nous dit dans une précédente chronique, est incompatible avec l’existence.Par contre il suffit de dormir pour pouvoir subsister pendant un temps d’une durée remarquablement longue, témoin le sommeil hibernal, ce curieux état d’engourdissement dans lequel se maintiennent pendant de longs mo s certains animaux tels que la marmotte et l’ours blanc polaire ; sans être autrement constitués que les autres bêtes, il leur est cependant passible de passer tout l’hiver à dormir, sans boire ni manger.11 est dommage que l’homme ne soit pas ainsi fait.Que d’obèses, en effet, que de dyspeptiques et d’ulcéreux de l’estomac — pour ne pas parler des miséreux qui n’ont rien à se mettre sous la dent — accepteraient les yeux fermés, c’est le cas de le dire, d’entreprendre une cure aussi simpliste ! L’insomnie dépend d’un trop grand nombre et d’une trop grande variété de facteurs pour qu’il soit possible d’étudier ici le traitement qui convient à chaque cas.Une rage de dent ou un furoncle à la fesse tiendront éveillés un saint aussi bien qu’une crapule ; le cardiaque qui étouffe dans son lit, l’urémique que sa propre urine empoisonne, le dément, le benêt qui a voulu attraper un coup de soleil, l’anxieux que ronge le souvenir d’une vilaine action.voilà autant de cas, et il en est une infinité d’autres, qui relèvent d’une thérapeutique appropriée.Aussi bien, la pathogénie de l’insomnie ne peut-elle être éclairée que par un examen sérieux de tous les organes et de toutes les fonctions.L'ne question se pose, par ces temps de chaleur étouffante comme du reste en tout autre temps, qui est la suivante: est-il sain de coucher nu ?Nous ne le croyons pas et voici pourquoi.Bien que la chaleur animale, qu’engendre surtout le travail musculaire, soit moindre à l’état de repos, la peau n’en continue pas moins de l’éliminer au même taux durant la nuit et cette déperdition de chaleur, lorsqu’elle est trop intense ou trop rapide, reste l’une des causes les plus fréquentes de refroidissement, de douleurs névralgiques ou rhumatoïdes, voire de pneumonie.Le renouvellement de l’air dans une chambre à coucher est certes indispensable à l’obtention d’un sommeil réparateur, mais en s’opposant au maintien d’une couche d’air chaud à la surface de la peau il la sse celle-ci sans défense contre une variation brusque de température.Les nudistes du paillasson affirment qu’il n’y a rien de tel pour aguerrir contre le froid, encore que la résistance au froid ne mette nullement à l’abri de refroidissement — et puis, c’est un peu bebête de s’endormir avec rien du tout pour s’éveiller le lendemain matin avec un point de côté.Le temps que l’on do.t consacrer au sommeil varie surtout suivant l’âge.Les enfants se doivent de longuement heureusement assez rare que l’on observe surtout sur les côtes voisines de régions volcaniques.Ils sont, le plus souvent, produits par une éruption volcanique ou un grand tremblement de terre qui, soulevant la croûte terrestre qui forme le fond de la mer, met en mouvement une énorme masse d’eau et, si des côtes sont dans le voisinage, on enregistre parfois de véritables catastrophhes.Généralement, la mer commence par se retirer pendant quelques instants, puis elle revient sous la forme d’une ou plusieurs vagues énormes qui anéantissent tout sur leur passage et pénètrent quelquefois à plusieurs kilomètres dans l’intérieur.C’est un des phénomènes les plus effrayants que l’on puisse contempler.Lors de l’éruption de Krakatoa (île de la Sonde), en 1883, la commotion fut si formidable qu’elle occasionna en mer un ras de marée qui se manifesta successivement dans l’Océan Indien, le Pacifique et jusque dans l’Atlantique.Sur une moins grande échelle, lors du tremblement de terre de Messine (fin 190S), il m’a été donné de voir les effets d un ras de marée qui accompagna les premières secousses vers 5 h.du matin.Un brick mouillé devant Reggio fut soulevé par la lame et transporté à plus de 20 mètres dans l’intérieur des terres, tandis que la locomotive et les premiers wagons d’un train pendaient de la voie ferrée dans la mer.Dans le Sud de Reggio, le village de Pe-laro, détruit par le tremblement de terre, avait été nivelé au ras du sol par les lames énormes du ras de marée.Commandant E.CHOUPAUT A SUIVRE dormir parce qu’ils grandissent et que chez eux la vie cérébrale est peu intense ; nombre de vieillards au contraire ne donnent que très peu et cependant n’en souffrent pas parce qu ils somnolent tout le jour.Pour ce qui est de l’adulte bien portant astreint à un labeur de moyenne intensité, un repos de sept ou huit heures est ordinairement suffisant.Un cerveau qui dort trop prend coutume de la torpeur et répond moins nettement aux appels, parfois pressants, qui lui sont faits à l'état de veille ; nous n’irons pas jusqu’à dire que l’insomnie est la marque des grands esprits, encore que l’Histoire en rapporte maints exemples, mais par contre il semble b en que l’excès de sommeil soit un facteur important d’abrutissement.Un bon dormeur n’est bien souvent qu’un mauvais coucheur qui accueille le jour non pas avec un sourire mais avec une grimace.Disons un mot en passant de la sieste.Qu’il soit naturel de se reposer après les repas, on en convient d’autant plus que les animaux nous donnent à cet effet une magnifique leçon de choses ; instinctivement ils s’accroupissent dans une attitude qui permet un relâchement musculaire complet, et, le ventre sur la terre chaude, ils attendent béatement que la digestion se fasse.La sieste n’est préjudiciable à la santé que si elle est de trop longue durée parce qu’alors elle ralentit le temps de la digestion et cause l’insomnie nocturne.Un individu normal, celui surtout chez qui le foie fonctionne parfaitement, 11e sent point le besoin de dormir après les repas; il se trouvera bien cependant de rester étendu pendant une demi-heure dans un fauteuil ou une chaise-longue, mais pas dans un lit.Il est indifférent de prendre telle ou telle autre position dans le lit pourvu que l’on s’en trouve bien, et la meilleure est évidemment celle dans laquelle le sommeil vient nous surprendre ; notons simplement que les card aques dorment mal sur le côté gauche sans doute parce qu’ils perçoivent les battements de leur cœur avec une netteté qu’exagère encore le silence de la nuit.Un détail intéressant : doit-on recommander ou proscrire l’usage d’un ou de plusieurs oreillers ?Certains sujets ne dorment pas parce que leur cerveau présente à un degré variable soit de l’anémie, soit de la congestion cérébrale ; il est logique alors de recommander aux premiers de se coucher la tête basse et aux seconds de prendre une position demi-assise.Voilà un conseil qui frise l’empirisme, penserez-vous non sans raison, mais dans 1 ignorance où nous sommes du mécanisme du sommeil et de l’insomn e nerveuse, les détails les plus insignifiants en apparence revêtent parfois un caractère de la plus haute importance.Il en est ainsi de l’habitude de lire au lit.Non recommandable aux adolescents parce qu’elle peut être l’occasion de troubles visuels et d’attitudes défectueuses, la lecture d’un bon auteur — et davantage peut-être celle d’un détestable écrivailleur — est un des plus sûrs moyens de conduire le plus naturellement du monde au sommeil.D’autres petits moyens, tels que la répétition monotone de chiffres et de lettres, l’évocation obstinée d’une même image ou d’un même tableau, la résolution faite mentalement d’un cal- cul difficile, auront de grandes chances de réussir, surtout chez les sujets qui sont sensibles à l’autosuggestion.A ceux qui tardent de s’endormir, nous recommandons une méthode de gymnastique palliative de l’insomnie dont l’efficacité n’a d’égale que la simplicité.Le sujet s'étend de tout son long dans le lit en se raidissant de la tête aux pieds, puis il soulève un peu la tête et respire lentement, profondément.Après une vingtaine d’inspirations, les muscles restant toujours contractés, il lève alternativement la jambe droite et la jambe gauche ; laissant alors reposer ses muscles un instant, il soulève enfin son corps tou entier de façon qu’il ne prenne appui que sur la tête et les talons.La fatigue physique et la sensation vertigineuse qui résultent de cette gymnastique endorment généralement.Pour ce qui est de l’usage des hypnotiques dans l’insomnie proprement nerveuse, nous ne nous permettrai d’en parler que pour le déconseiller formellement.Autant ils sont recommandables, voire indispensables, chez ceux qui souffrent ou qui sont agités, autant ils sont dangereux lorsqu’on s’en sert inconsidérément et pour le moindre motif.L’urée est un poison qui, lorsqu’il atteint dans le sang un certain taux, produit une somnolence aboutissant fatalement au coma urémique ; or, la plupart des hypnotiques, et ce sont aussi les meilleurs, sont des dérivés de la formule de l’urée et jouissent des mêmes propriétés à la fois hypno-gènes et toxiques.Le choix, l’horaire, le dosage d’un hypnotique devraient toujours être jalousement laissés à la discrétion de l’homme de l’art .Docteur G.A.SEGUIN ELECTRIFIEZ VOTRE MAISON POUR VOTRE SANTE /- ~ "" .Lui: “As-tu trouvé une mine d’or et engagé une cuisinière?Chaque repas est meilleur que le précédent— et quelle variété!” V / v ~r x—7 \—7 • 1 virSMP \ IV —• mine d’or, ) Elle: “La c’est notre réfrigérateur électrique.Tout se conserve parfaitement .rien ne se gâte.Nos repas sont meilleurs, plus appétissants et faciles à apprêter.Et pourtant, nos comptes de nourriture ont diminué.” & NOUVEAUX TARIFS PAR KILOWATT-HEURE Ka.2.52* ZI-200 T Ol kw-hres -®- -°P 201e kw-hre/l f\l et au-delà D.Vp II ftl POU* U Vous pouvez vous assurer tant de confort et de commodité pour quelques cents par jour simplement en faisant un plus grand usage de l’électricité dans votre maison.Les nouveaux tarifs promoteurs de consommation rendent plus économique que jamais le fonctionnement des appareils électriques.Les économies de temps, de travail et d’argent que permet l’électrification complète du foyer ne tardent pas à justifier la dépense minime encourue.MONTREAL o N LIGHT SOL HEAT D A & POWER E D 220
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