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Titre :
La relève
Éditeur :
  • [Montréal :La relève],1934-1941
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
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La relève, 1940-04, Collections de BAnQ.

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¦ H La Relève Fondée en 1934.Cahiers publiés sous la direction de Robert Charbonneau et de Paul Beaulieu Rédacteur en chef : Claude Hurtubise.36, avenue Roskilde, Outremont, Montréal 1er cahier 5e série Menace à l'est “La pire menace qui pèse aujourd’hui sur l’Europe est celle de l’orientalisation”.Cette phrase que le général Franco a prononcée dans une interview récente, comme elle est lourde de sens et de vérité ! Depuis que la conjonction des deux dictateurs rivaux a jeté l’Europe dans une redoutable inconnue, nombreux sont ceux qui sentent rôder autour de nous une menace dont la violence hitlérienne n’est encore qu’un aspect, peut-être pas le pire, une menace presque indéfinissable tant elle se laisse mal concevoir esprits, mais une menace dont nous devinons que l’accomplissement consacrerait la fin de nos plus véritables leurs.Qu’elle prenne l’aspect d’une attaque militaire, qu’elle se manifeste par des convulsions intérieures, cette menace n’en est pas moins identique, en sa substance, à celles que l’Europe a dû affronter au cours des siècles et dont elle a si souvent triomphé.C’est une longue histoire que celle-là.Vagues d’invasion ou hérésies conquérantes, régimes oppresseurs ou gnoses dissolvantes, à combien de reprises, nous autres, gens d’occident, n’avons-nous pas dû faire front, pour que subsistât sur notre “petit cap”, ce par quoi notre minime continent s’oppose à la massive Asie ?Les pires circonstances ne furent pas celles où la force brutale était seule en jeu ; Attila n’apportait guère avec soi que des appétits dévorants.Mais si la Perse avait triomphé à Marathon et à par nos va- > ' If I LA RELÈVE 2 I Salamine, un des éléments fondamentaux de notre esprit eût été détruit dans sa racine ; si Hannibal avait vaincu définitivement les légions, la cité ne serait point ce que Rome nous a appris à concevoir en elle ; si le marteau de guerre d’un petit chef français n’avait arrêté le croissant à Poitiers, mille ans de christianisme futur, et Chartres et Notre-Dame, se fussent évanouis dans les possibles de l’histoire.'! I| La menace orientale se présente aujourd’hui sous la double apparence de ces redoutables synthèses : la force y servirait l’erreur.Les armées, — on vient de le voir en Pologne — précéderaient les commissaires et les propagandistes ; la conquête des lieux et des biens se parachèverait par une autre conquête, à laquelle la violence sanglante ouvrirait les voies.On se persuadait trop aisément en France, que le communisme russe avait décidément opté ; il s’enfermait dans ses larges frontières, se durcissait dans une autocratie calquée sur celle des Tzars, se bornait à contenir le Jaune en Orient, bref, avait oublié l’Occident.Nous oublions, nous, que cet aspect russe de la politique du Kremlin, n’était pas le seul : qu’un autre demeurait sans cesse prêt à lui être substitué, l’aspect révolutionnaire.L’un n’est pas séparable de l’autre, et tous les gains si aisément réalisés depuis deux mois par Moscou, ont exactement autant de sens si l’on veut les interpréter du point de vue russe que du point de vue révolutionnaire ; ils entrent aussi bien dans une politique strictement russe renouvelée de Pierre et de Catherine que dans une intention de subversion européenne à laquelle de telles conquêtes assurent une admirable option.C’est cela exactement qu’il faut discerner dans le plus secret de nos périls, dans cette formule pénétrante de Franco.: : ' ! ' .iiî I * * * Demain l’Allemagne sera vaincue.Ebranlée, disloquée, en proie à toutes les forces que la dictature hitlérienne tient mal comprimées, ne sera-t-elle pas un champ d’action facile offert aux propagandes bolchevistes ?Et si cela est évité, il n’en demeurera pas moins que, au nord, l AlKNACG DE L’EST 3 sur la Baltique, au sud sur les Carpathes, une poussée a été opérée qui se fera lourdement sentir, que des positions sont prises en des lieux où l’histoire n’avait jamais vu les soldats du Tzar.C'est en cela que tient la véritable trahison d’Hitler.Il y avait une certaine grandeur dans son anti-communisme; il prétendait représenter l’Occident.Dans l'effort même qu’il accomplissait, si inadmissibles que fussent les moyens, il y avait une intention que nous pouvions comprendre.Mais soumettant sa doctrine aux nécessités et à l’opportunisme d’un coup de dés diplomatique, il a trahi non seulement sa propre doctrine, mais une tradition qui le dépasse.Ce n’est pas pour rien que les barons baltes rapatriés de force abandonnent des biens que les Chevaliers Teutoniques avaient conquis de haute lutte : c’est pour hausser le reniement à la taille d’un symbole historique.Qu’il y ait toujours eu, en Allemagne, un courant souterrain qui poussait à trahir l’Europe aux bénéfices de l’Orient, il est certain.Nos Mérovingiens, nos Capétiens ont trouvé devant eux à plusieurs reprises slaves et germains unis.Il était profondément allemand ce Hohenstaufen, émigré en Sicile, à demi musulman, Frédéric II, qui donnait à l’élan glorieux de la croisade l’étrange aboutissement d’un marché de gré à gré 1 Islam.Et combien de fois la pensée allemande n'est-elle pas allée chercher en Orient des raisons de s’insurger contre cet Occident auquel elle se sentait mal fixée ?Nietzsche aussi, en un sens, cet anti-oriental, présage et préfigure les hommes du régime de la force.Ce à quoi Hitler a ouvert les écluses, c’est plus, c’est autre chose qu’une puissance politique et même qu’une doctrine sociale et économique.Le bolchévisme est la syn-t èse d’une certaine conception philosophique, le marxisme, ensemble de données beaucoup moins définissables qui participent à ce qu’il y a de plus obscur dans l’âme russe.Que le marxisme soit vrai ou faux, qu’il soit forme à 1 explication des phénomènes économiques contemporains, qu’il puisse réaliser l’optimum des conditions de vie humaine, ce sont là des points dont on peut discuter : en avec avec un con- I ! i LA RELÈVE 4 ! 11 terrain où l’on pent se battre.Mais lautic discuter ; il comme notre on est sur un élément du bolchevisme russe ne peut pas se se refuse par une simple réaction de défense, corps se défend contre les poisons par des vomissements.Entre ce fond proprement oriental et nous, il n y a même pas de terrain de contact possible parce qu’il n’y a, à proprement parler, rien qui soit du même ordre, à la meme échelle.Au sens fort et étymologique du terme, il s agit la I 1 d'un monstre.Toute l’histoire de la Russie est pétrie de cette influence monstrueuse : le sadisme oriental des Assyriens se retrouve à travers Ivan le Terrible, Pierre le Grand, 1 Okrana, le Guépcou ; le profond antagonisme de cet esprit oriental avec toutes formes raisonnables et stables de la société se retrouve dans l’autocratismc et dans son homologue le nihilisme.Il n’est pas jusqu’à certaines tendances touchantes de la spiritualité russe qui ne soient marquées de cette anarchie intérieure, le Raskol, le Doukkoborisme, le Tols-toïsme.Ne disons pas qu'il n’y ait pas là un ordre, le devrait être d’abord défini ; mais que 1 ordre i f il sens de ce mot i résulte de ces tendances nous est totalement contraire .qui qu'il nie ce par quoi nous sommes.Qu’est l’Europe, sinon la synthèse de trois éléments, l’un et l’autre surgis des bords de la Méditerranée, et qui s’harmonisent en nous ?Là où ils ont pénétré, sans qu on en puisse douter, il y a Europe; là où la pénétration a etc plus difficile, plus incertaine, l’Europe hésite (la Hongrie est plus européenne, en ce sens que 1 Allemagne) , la ou éléments manquent, l’Europe fait défaut.Chacune des étapes parcourues nous a fait acquérir un lot de valeurs différentes ; à la Grèce nous devons les hiérarchies de 1 intelligence, à Rome celle de la raison appliquée à la loi, au christianisme celles du cœur.Toutes les trois représentent à la fois une morale et une hiérarchie.On peut remettre en question cette morale et cette hiérarchie, c’est entendu, mais on ne peut pas faire qu’elles ne soient à la base de désignons aujourd’hui par Européen.Il peut autre Europe, c’est concevable, mais elle ces V ce que nous y avoir demain une 1 \A MENACE DE l’eST 5 fi ne serait plus ce qui, historiquement, depuis plus de deux mille ans a été désigné par ce mot.?: ?Nous commençons à savoir davantage ce qu’on peut entendre par la menace d' orientalisation.Elle tient essentiellement dans le refus, dans la subversion de cet ordre et de cette hiérarchie.Ce n’est pas céder à une facile intention polémique que de dire que le communisme nie la morale ; c’est s'en tenir à une stricte constatation.Le dessein révolutionnaire annihile toute morale ; la Révolution est la morale elle-même ; elle la dévore comme elle dévore tout.Quand Lénine, après Brest-Litovsk, s’entendit reprocher d’avoir failli à l'honneur, il répondit avec l’orgueil du vrai révolutionnaire : “Si vous n’êtes pas capable de ramper sur le ventre, dans la boue, pour la Révolution, vous n’êtes pas des révolutionnaires mais des vessies gonflées par le vent”.L’honneur dans l’abjection ! On ne peut nier la sombre grandeur de cette attitude ; mais on ne songerait pas plus à nier qu'elle est exactement antithétique à tout ce qui constitue nos bases.Une même subversion s’opère dans les hiérarchies.Celles de l’intelligence sont subverties par la soumission de l’esprit aux décisions du pouvoir et de la masse.Celles de la loi par ce monstrueux déséquilibre entre l’Etat et l’homme, qui aboutit à tenir pour légitimes les pires volte-faces des propagandes.Celles du cœur, par le déchaînement de la violence, devenue 1’ultima ratio.En disant que nos hiérarchies sont subverties, je ne veux pas sous-entendre qu elles sont toutes valables et que les formes sous lesquelles elles se manifestent dans notre société soient toutes acceptables aux yeux de la justice.Mais il est de fait que nos sociétés dites bourgeoises protègent mieux, quoi qu’on en dise, un certain minimum de ces valeurs morales, de ces hiérarchies que le régime oppresseur où s’allie le fanatisme slave avec l’idéologie marxiste.Quand nous disons que l’occident est menacé, nous ne voulons pas dire qu’il est parfait.Mais il reste 1 : fl /Il - 1 ' LA RELÈVE () qu’il est à la fois notre sauvegarde et cette nef sur laquelle nous sommes embarqués.Une conception exacte de l’équité étaie puissamment ici notre instinct de conservation.Allons plus loin.Admettons même qu’il y ait dans cette vaste et monstrueuse expérience telle partie de l’œuvre qui donne à notre esprit d'équité plus de satisfaction que l’homologue, chez nous ; que par exemple cette amitié communautaire qui fut celle des premiers chrétiens se retrouve dans le terrible coude à coude bolchevique.Ce ne serait pas une raison pour que nous renoncions à combattre la menace elle-même ; parce que la façon dont elle établirait ce qui, dans son système, peut être valable, entraînerait une destruction radicale de valeurs encore plus précieuses.Au Moyen-Age, l’Eglise catholique connut cette tentation du mieux; sous les Albigeois il y avait aussi des hommes respectables, des purs, qui par leur seul présence, jugeaient les excès de richesse du haut-clergé chrétien.Pourtant l’Eglise a bien fait de combattre cette menace.Cette menace orientale qui portait avec soi les ferments des pires désagrégations.Cet exemple est hautement instructif.Quand saint Dominique vint combattre l’hérésie, que fit-il ?Il invita les chrétiens à se dépouiller de leurs richesses, à aller prêcher, pauvres et mendiants.Aux armes des hérétiques, dans ce qu elles avaient de solide, il opposait une solidité accrue.Cet exemple vaut pour nous.L’orientalisation menace à la fois notre morale et nos hiérarchies.Il ne suffira pas de lui résister les armes à la main.Il faudra aussi approfondir les bases de cette morale et de cette hiérarchie, pour les rendre plus incontestables.Il faudra que dans un occident rédimé, tout ce qui porte atteinte aux valeurs exactes qui nous viennent de la Grèce, de Rome et du Christ soit combattu et que l’ordre auquel nous tenons n’oublie pas que sa meilleure justification est l’équité.Il ne servirait à rien de combattre la menace ténébreuse en défendant des positions déjà compromises : c’est au-delà qu’il faut regarder, au-delà de ses erreurs, — et des nôtres.Il i I I I ! ., ! I Daniel-ROPS fi Le "Catholic Worker’"’ en Amérique New-York, Mott Street, Chinatown.C’est le quartier des Cours de justice, des prisons et des quartiers généraux de la police.Seuls des Italiens pauvres et des Chinois y vivent.Le soir, des autocars arrivent de Times Square, remplis de curieux venus d’Europe et de l’Ouest à la recherche de sensations nouvelles dans cette étonnante ville cosmopolite.Il n’y a qu’un coin de soleil dans ce hideux quartier qui s’est développé comme un cancer grâce à la spéculation avide, et qui déforme le corps gigantesque de New-York.C’est un emplacement carré, pavé, entouré d’une clôture de fil, un terrain de jeux pour les enfants pauvres du voisinage — une autre de ces bienfaisantes initiatives du maire La Guardia et de son énergique et compétent adjoint, M.Moses, qui ont doté l’immense métropole d’une multitude de terrains de jeux et de parcs.Et pourtant, même ce terrain de jeux serait triste et ennuyeux si ce n’était des rires, des chants et des cris des enfants pauvres d’origine italienne et des interminables bavardages de leurs mères.Il y a loin de ce carré à nos parcs d’Europe avec leurs arbustes, leurs pelouses, leurs fleurs et leurs allées ombragées.Cela ressemble plus à une plaie béante au milieu de ces mornes et lugubres maisons, indignes de l’homme, qu’on appelle "tenements”.Et cependant s’ils n'avaient pas cet emplacement, les garçonnets et les fillettes devraient délasser leurs membres et jouer dans des rues sales, dans des cours sombres et humides et entre les voitures stationnées.Les rues sont remplies d’hommes bruyants, gras, mal rasés et dont la casquette semble collée sur la tête.On entend les femmes chanter ou crier d’une voix perçante à leurs fenêtres.Des enfants rachitiques, assis sur les talons le long du trottoir, occupent toute leur journée à d’interminables et fiévreuses parties de cartes.; iï ?' 8 LA RELÈVE ! Mais une fois l’an, il se fait un grand changement : Mott Street est inondée de la lumière de milliers d’ampoules, vertes, blanches et rouges, formant de nombreux dessus de la rue; d’énormes autels de toile peinte sont érigées comme des décors de théâtre pour cacher la façade sans visage des hideuses maisons.Les escaliers de sauvetage en fer, plus hideux encore, sont ensevelis sous les drapeaux italiens et américains.L’air est rempli des notes claires de la musique joyeuse d’une fanfare.C’est vers le 15 août, le jour de la procession de l’image de Notre-Dame à travers “Little Italy” ou plutôt de la petite Sicile, aux environs de Canal Street.C’est un grand jour pour tous les Siciliens de ce quartier.La nostalgie de leur pays natal les envahit et ils revoient les pèlerinages de Valle Di Pompei, près de Naples, des environs de Païenne, de Caltanisetta, Syracuse et Messine.Ils oublient leurs hideuses prisons, construites il y a quatre-vingts ans par de cupides spéculateurs et maintenant habitées par leurs derniers locataires : travailleurs pauvres et gais, chauffeurs de taxis, savetiers, barbiers et cireurs de bottes.Mott Street est un sium condamné; il le fut officiellement il y a deux ans.Ce fut pour moi un soulagement d’apprendre cette décision lors (le ma première visite au Catholic Worker”.Mais entre temps, un politicien — ce qui en Amérique signifie un homme possédant une influence secrète, irrésistible, un tireur de ficelles — avait réussi a faire renvoyer l’exécution de ce décret aux calendes grecques.Nous voyons ici à l’évidence, un des désavantages de la démocratie : en telles matières un dictateur peut procéder beaucoup plus rapidement.Cependant il est étonnant de voir ce que le maire La Guardia et M.Moses ont accompli par une lutte tenace, disputée pied par pied.Mais ici, à Mott Street, rien n’a changé.Une couche de peinture pour cacher la saleté et le délabrement, des matériaux incombustibles mais peu coûteux pour rendre les escaliers à l’épreuve (lu feu, des escaliers de sauvetage neufs pour remplacer les anciens, trop rouillés, et ainsi des années s’écouleront avant ! ! ! arcs au- : Il ! I 1 lill ! Ill n I i ft il ; : LE CATHOLIC WORKER” EN AMÉRIQUE 9 t I : qu’on fasse la moindre amélioration.Des hommes continueront de vivre dans ces P i taudis, vingt familles dans chaque édifice, et très souvent, un seul robinet et des latrines dans la cour.Le plus navrant, c’est que ceux qui habitent maisons ont fui la pauvreté do leur patrie, la pauvreté de la belle et riante Sicile, au ciel bleu et la saine culture de son sol.Et ils habitent maintenant ce quartier.Est-ce une preuve que les conditions chez eux sont encore plus désespérées?! cos A deux minutes du Bowery, quartier célèbre hospices, à cinq minutes du vieux Washington Square, élégant, distingué et propre, à quelques pas de Canal Street, trépidante du bruit des autos dont la moitié, des voitures élégantes, frôlent la misère sur leur trajet d’un quartier riche de New-Jersey à un autre sur Long Island, à travers le Holland Tunnel et sur le pont de Manhattan.Voilà vraiment New-York, la ville des cris, des contrastes tragiques, des transitions brusques.par ses refuges de nuit et ses ! i ?Nous voici a 115 Mott Street.La porte principale un passage sombre et malodorant qui conduit à intérieure.A gauche, une petite boutique délabrée.Sur la vitre, 1 ’inscription “Catholic Worker ouvre sur une cour et derrière, on aperçoit une statue de plâtre de peu de prix, représentant saint-Joseph, père des pauvres et patron des ouvriers.Cette statue est un rebut de Barclay Street, si cela dit quelque chose.(Barclay Street est le centre du meice religieux, où vous pouvez acheter la dernière atrocité pieuse, une auréole en tube néon la Vierge ou des roses artificielles pour votre statue du Sacré-Cœur à l’expression doucereuse ou des ornements d’église du style le plus laid.Le tout au prix du gros, l’avis d’un altiste compris).A côte de cette misérable statue, des tableaux couverts d’avis.vous com- pour votre autel de H Récemment Adé Béthune a peint quelques fresques simples et dépouillées sur les murs de cette pauvre boutique : le Christ donnant a manger aux pauvres, guérissant les ma- » ! LA RELÈVE 10 ' lades, travaillant dans l’échoppe de son père nourricier ; saint Pierre visitant saint Paul dans la prison de Rome.Mais déjà elles s’effritent.Rien ne tient sur ces vieux murs croulant, rien que la poussière, la mauvaise odeur et la pauvreté.Sauf les fresques, toutes les images sont pauvres, dans tous les sens du mot, et il n’y a pas deux chaises semblables.Ici.c’est la pauvreté nue, horrible, sans vernis ; non pas la coquetterie philosophique d’un Diogène cynique.C’est ici qu’ils se rencontrent presque chaque soir dans cette atmosphère rance.On peut toujours y discuter ou écouter.On y lit des textes ; on donne des causeries sur les problèmes sociaux, économiques et même artistiques.Soyez sans crainte, vous y rencontrerez des prêtres, des séminaristes, des professeurs et des ouvriers, des chômeurs secourus et des banquiers, des marins et des étudiants, des écrivains et des paysans, des Juifs, des communistes, des païens et des chrétiens.Traversons cette arrière-cour sale et noire, obscurcie par du linge qui y sèche (on se demande par quel miracle).Voici la maison de l’Accueil, la maison Saint-Joseph, prêtée à Dorothy Day par la propriétaire pour l’abriter, elle, son personnel et les pauvres.D’un côté, un magasin de fruits, de l’autre, les bureaux de la rédaction dans une petite chambre.Le “Catholic Worker”, 110,000 exemplaires par mois.Quand il va sous presse, toute l’équipe se rend à l’imprimerie, sur le Broadway et aide les imprimeurs à faire le travail.Je me suis joint à eux en août dernier et nous avons déjeuné de fraises fraîches dans un cafeteria d’ouvriers.Les gens étaient très affables et le collet romain a soulevé moins de protestations qu’il a causé de surprise dans un endroit aussi vulgaire.; ; ; if : ! 1 i il® ! + 111 - (ill i ! : Cette maison ne contient qu’une seule pièce par plancher et elle s’appuie à une maison semblable à l’arrière.C’est humide, mal aéré, et cela respire les odeurs de plusieurs générations successives de pauvres gens malpropres.Il y a trois étages où les membres du groupe vivent en commun i t 11 LE “CATHOLIC WORKER” EN AMÉRIQUE avec les pauvres auxquels ils donnent le couvert et le gîte.Ils travaillent pour leurs protégés et vivent avec eux.Ils dorment dans les mêmes lits, ils vivent dans les mêmes pièces, partagent les mêmes aliments, portent les mêmes habits de seconde main, dons de personnes charitables.Il arrive assez souvent que l’un des jeunes gens est forcé de céder son lit à un hôte tardif.Le “worker” dort alors sur le plancher du palier, sur un pupitre ou sur une chaise; l’hôte tardif est quelquefois un miséreux, malade ou ivre.Ceux qui sont refusés par les autres institutions et refuges sont accueillis ici.La Salvation Army exige vingt cents par nuit et si vous n’avez que dix-huit ou dix-neuf cents, on ne vous admet pas.Ici ou est accueilli sans condition.t ! ?' 1 I CATHOLIC WORKER” EN AMÉRIQUE 13 LE " t l’arme avec laquelle ces jeunes chrétiens combattent l’endurcissement bourgeois et le capitalisme aveugle de leurs coreligionnaires.Vraiment il s’agit d’un mouvement dangereux, en fait le seul mouvement dangereux parce qu’il s’étend.Le communisme sera en danger.Ici, comme a dit saint Jean-Baptiste, la hache atteint la racine.Ma description ne peut donner qu’une vague idée de l’esprit qui a transformé ces jeunes Américains, On peut sentir l’influence de ce mouvement dans presque toutes les villes des Etats-Unis.f (à suivre) II.A.REINHOLD.(Traduction de LA RELEVE) ¦ LA FAMINE EN CHINE On nous n fait savoir que nos lecteurs ont répondu A l’appel que nous avons publié dans le dernier cahier en faveur des Chinois menacés par la famine.Il faut continuer a envoyer de l’argent.“La misère ne fait que croître chaque jour avec l’hiver cette année plus rigoureux et précoce que d'habitude”, écrit le F.Joliet, “.l'eau ne s’est pas encore retirée et il faudra attendre septembre pour une récolte.Là tout est encore à organiser et les quelques secours procurés, grâce à vous, aux plus malheureux ont été accueillis avec la plus touchante reconnaissance.Les enfants aux corps plus fragiles, sont et seront les premières victimes de la mort par la faim.C'est donc au moins dix mille piastres par mois qu’il faudrait pour les empêcher de mourir de faim”.Le Père Joliet parle ici des enfants de son district.C’est à trente millions, dit Mgr Yu-Pin, qu’il faut évaluer le nombre de personnes chassées de leurs maisons par la guerre et les inondations et qui mourront de faim si la charité ne leur vient en aide.On peut envoyer son aumône au R.P.André Joliet, Mission Catholique de Potowchen, Hopeh, Chine, par chèque ou mandat postal ou au R.P.procureur des Missions, Maison des Jésuites, L’Immaculée Conception, 1885 est, rue Rachel, Montréal.; \ Pierre van der Meer de Walcheren Il “Vobis datum est nosse mysteria regni cœlorum”.vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux”.Ainsi débute l’introduction de Léon Bloy au livre de son filleul Pierre van der Meer de Waleheren : Journal d’un converti1.Ces paroles du Sauveur non seulement rendent à la perfection la tonalité spirituelle de l’œuvre de Pierre van der Meer, mais encore situent, définissent ce lieu prédestiné sur la voie de l’amour, où Dieu attendait son serviteur et où 11 est venu à sa rencontre, et enfin, jettent une vive lumière sur sa vie intérieure et nous montrent une de ces âmes généreuses invinciblement attirées vers le mystère, impérieusement sollicitées par lui, comme y habitant et qui ne peuvent jamais s’en détourner ou s’en affranchir, ni cesser de l'interroger, même au plus profond du désespoir.J’erre à travers mon âme comme un réprouvé, “écrivait-il quelques années avant sa conversion.Ceux-là souffrent une véritable crucifixion de tout leur être tant que ne s’est pas accomplie pour eux, la résurrection spirituelle dans la foi.Tel nous le révèle son journal dès le début : un homme tourmenté, merveilleusement apte à souffrir, insatisfait, incapable de s’arrêter, sans repos, se nourrissant d’angoisse, que rien ne distraira d’une recherche constante de Dieu, ni les deuils, ni la misère, ni surtout l'insidieuse tentation de l’indifférence, terrible récompense du désespoir.Tout lui sera sujet d'interrogation : il sentira toujours quelque chose d'essentiel échapper à tout ce qu’il contemple.11 marchera dans la douleur et la solitude avec l’intuition obscure qu’il pourrait peut-être accéder à un plan où sa personne, tout en contribuant à une mystérieuse et universelle harmonie, en serait soutenue, traversée, vivifiée.Devenir un membre d’un vaste corps, avoir une fonction, une nécessité pour ainsi dire organique.Qu’était-ce, sinon la nostalgie de la communion des saints, en dehors de laquelle il n’y a que solitude ou complicité, et du corps mystique, qui nous réunit dans le < i ! f ! 15 PIERRE VAN DER MEER Christ avec qui nous sommes dès cette vie en présence de Dieu le Père?Quoi de plus admirable que l’action de la grace épousant en quelque sorte la nature pour l’achever et la parfaire, s’unissant à la personne avec une délicatesse infinie pour lui donner sa pleine et nécessaire mesure d’être et de vérité ! Quoi de plus prodigieux que cette trame de l’amour s’emparant d’une âme, que cette insertion du don de foi dans l’esprit ! Cette particulière action de la grâce se déroule sur trois plans différents.D’abord dans l’esprit, le mois, cette partie supérieure de l’âme qui, d’après saint Augustin, est le siège de Dieu, le lieu d’élection de la grâce, caché aux puissances conscientes pour la plupart des hommes en cette vie.C’est la que Dieu prédispose l’âme à l’entendre, c’est là qu'il fait passer (A‘ois, I, XIX, 12) que la bonne volonté écoutera.Dieu commence toujours le premier, selon la parole de l’Evangile : encore en ce sens que Pascal disait : pas si lu ne m’avais déjà trouvé”.Le deuxième lieu de l’action divine est celui des puissances conscientes : l’intelligence et la volonté, la terre aux hommes du bonne volonté ! Qu’est-ce a dire?Est-ce là la consécration de notre volonté si mesurée, si légale.tellement attachée aux stricts devoirs?Est-ce encore l'exaltation de notre tranquillité bien à l’abri de la vraie charité ?Notre prétendue bonne volonté est-elle celle des saints et des convertis qui ont cherché Dieu avec l’héroïsme et la persévérance que nous admirons si distraitement ?Desirons-nous vraiment la paix que les saints nous ont décrite ?Il semble bien que non, et tant de prudence de notre part sied bien peu à l’amour.L’accomplissement plus ou moins extérieur des devoirs ne constitue pas l’exercice de la bonne volonté.Et de la loi ne peut issir la paix : elle n’accorde qu’une fausse sécurité, sans vie comme elle-même.Ces paroles des anges apprenant aux hommes la naissance de Jésus devraient résonner de façon terrible dans les églises, car cette bonne volonté que la plupart se représentent sous la figure ¥ son murmure Nul ne vient au Père si je ne l’ai appelé”.C’est Tu ne me chercherais Paix sur 1 Il LA RELÈVE 16 do (iiielquc bonasse et souriante dame de Ste-Anne, c’est la guerre que le Christ affirmera ])lus tard venir apporter, le feu dont 11 a dit : Que veux-je sinon qu’il brûle?et la paix du Gloria, c’est celle qu’il nous donnait, disant : Je ne donne pas ma paix comme le monde la donne.Enfin la grâce abonde de toutes manières pour celui qui cherche Dieu.Elle le guide et le soutient secrètement dans l’activité de son intelligence, dans toutes ses actions, dans ses amitiés, dans ses rencontres.En lisant le Journal de Pierre van der Meer, on s’aperçoit que rien ne fut indifférent dans sa vie, que tout lui fut grâce.Hélas! pourquoi oublions-nous qu’il en est de même pour nous, que la Providence environne chacun de nous de grâces innombrables?Un esprit absolu comme de Walcheren s’est orienté vers le catholicisme, instinctivement pour ainsi dire.Là seulement il entrevoyait la possibilité de la plénitude de vie qu’il rêvait.Elevé dans un milieu aristocratique et libre-penseur, il ne connaissait rien de précis du catholicisme.Au cours d’un séjour à Paris, des visites à Notre-Dame lui donnent le désir de s’en instruire.Alors il lit avec sa femme la Passion de Nolre-Sciyncur d’Anne-Catherine Emmerich.Il lisait déjà Bloy qu’il admirait passionnément et qui passait pour fou dans les milieux littéraires du temps comme en plusieurs encore de nos jours.Il lit aussi depuis longtemps la Bible qu’il comprend d’une façon toute spirituelle.En août 1908, un ami l’invite à venir passer quelques jours à la Trappe de West-Malle près d’Anvers.Il accepte immédiatement, puis à quelque temps de là, ayant reçu de l’argent, il part pour l’Italie avec sa femme et son fils.Voilà deux événements dont sur le moment il ne pouvait comprendre la portée mais qui furent décisifs dans l’histoire de sa conversion, car c’est au cours de ces voyages que le visage du catholicisme commencera à se révéler à son ardent désir.En 1909, à bout de ressources il quitte la Hollande et vient s’installer à Paris.11 lit saint Augustin.De plus eu plus son désir se tend vers Dieu, rien de l’éblouissante vie de Paris ne le détourne de son inquiétude, ne fait taire en lui cette voix inconnue qui gémit et crie, Abba! Père! mais bientôt il : ! ; i .i 17 PIERRE VAN DER MEEK va rencontrer le frère d’élection vers qui Dieu le guide depuis toujours : il fait la connaissance de Léon Bloy qui plus tard sera son parrain.11 fréquente la chapelle des Bénédictines de la rue Monsieur, l’année suivante, il y suivra les olïices de la Semaine Sainte.Il lit les mystiques et Léon Bloy.La Bible est pour lui, “homme sans Dieu, la parole de Dieu”.“Je sais, écrit-il, que c’est la vérité et quoique le sens profond m’échappe presque toujours, je sens l’énorme et divin Mystère sous les mots.Je me penche sur un seul verset, je le relis d’innombrables fois, et j’ai le vertige, comme si je regardais dans un gouffre, mais sans elfroi.Alors je connais des moments d’une immense joie, et pourtant je ne connais pas la paix”.“Je veux Dieu”, s’écrit-il un peu plus loin.Voici le moment où Dieu semble laisser l’âme en suspens, vouloir, du sein de ce brusque silence, une confirmation de son désir.A elle maintenant de se lever et d’aller frapper, et de demander.Il est vidé de tout, sa solitude est complète.“Je suis un pauvre homme qui cherche et demande le chemin, et je ne trouve personne qui m’aide [.] J’attend.Quelque chose de grand doit m’arriver.J’attends un miracle.Je ne peux continuer ainsi, avec mon cœur qui saigne et mon esprit torturé.Je me sens chargé de chaînes.Un miracle doit me délivrer.Mais quoi î Comment ?Par qui?” A la fin de l’année il revoit Léon Bloy à qui il demande de lui présenter un prêtre et c’est avec des larmes dans les yeux que le “terrible” homme le lui promet.Ah! avec quels accents faudrait-il louer la douceur et la charité du vieux Bloy qui a reçu des mains de Dieu ce jeune homme éperdu, pour l’aimer comme un fils, lui prodiguer ses conseils de père douloureux et lui communiquer son zèle scandaleux! Maintenant il prie avec son admirable femme, attendant avec impatience le jour de son baptême.Ensemble ils vont souvent chez les Bloy où ils rencontrent Jacques Maritain et sa femme qui, six ans plus tôt étaient venus eux aussi “demander le chemin du ciel au Mendiant ingrat”.O, la merveilleuse, la sainte amitié de ceux-là, si visiblement réunis par Dieu! Enfin le 24 février 1011.à St-Médard de Paris, il recevait le baptême f ' LX RELÈVE 18 avec son fils, et son mariage était béni.“ .• au bas de 1 e-«rüse obscure, près du baptistère un homme et un petit garden lient le même cierge et rayonnent de joie : e est der Meer de Walchcren et son fils 1 ienc renaître ensemble de 1 eau et de çon Pierre Matthias van Léon qui viennent de VEsprit Le vieux parrain Léon Bloy prie pour eux dans l'ombre avec le calme du lion dévorant sa proie”.Depuis, Dieu les a bénis en tout.Leur tils Pierre Léon, qui vécut âme d’enfant celte grande aventure, devint PJ33.Leur fille Anne-Marie est .Pour eux, écrit encore avec eux en son Bénédictin; il est mort en aussi Benedictine a Oosterhout.Maritain dans la fervente introduction au livre de son ami les Chartreux, c’en est bien fini de toute experience voilà retranchés dans la terrible solitude ou : Ce n’est pas assez, refusé, sui- ter rest vc et les le Dieu qui demande tout semble dire et demande plus encore.Ce plus, ils ne l’ont pas allés jusqu’à l’holocauste de leur propre cœur, et Dieu avait rendu consubstantiel a lent leur don héroïque, ec même Dieu vie.Et puis, ayant vu qui a finalement épargné Abraham les a rendus 1 un a 1 autre et renvoyés parmi nous.Pierre van dcr Meer a repris le travail d’éditeur, — c’est lui qui depuis quelques années a donné aux éditions Désolée de Brouwer un si remarquable essor à Paris, - et son travail d’écrivain b il carde au Iront l’ombre lumineuse de ceux que la main divine a marqué du signe de la douleur, son action n’en est que plus énergique et plus féconde .Dieu a toujours suscité dans son peuple des témoins de ses oeuvres, des confesseurs à qui il est donne mission toute humilité les ouvrages de la grâce et la charité divine.Dieu est charité, disait précède de toute éternité, attend avec une patience $ travail, son de raconter en les merveilles de saint Jean, et son amour nous soutient, nous guide, nous la fine pointe de notre esprit n a pas etc nous n’avons pas renié le Christ par le nous infinie et tant que émoussée, tant que .désespoir, il nous est toujours possible de percer le l lel.Alors, ainsi que le Journal de Pierre van dcr Mecr l’enseigne, Dieu suscitera une grâce à chacun de nos pas.llelas! voila notre » Mfl 19 PIERRE VAN DIOR MEEK péché, le péché qui prend tout notre temps, duquel est fait notre temps : ce refus perpétuel de la grâce, renouvelé à chaque instant, et partout, car la grâce est omniprésente, ("est pourquoi l’endurcissement du cœur est si effrayant ; il lie s’accomplit pas de soi : il se produit dans la conscience par une vigilance à rebours, si l’on peut dire, par un refus aussi nombreux que la grâce.Mais il est fatal pour quiconque demeure conscient de l’appel de Dieu et ne répond pas.Et il faut absolument s’endurcir, puisque Dieu ne se lasse pas.Tel est, à notre sens, le message de van der Meer qui a longtemps pleuré de désir et parcouru une longue et amère route avant d’être rassasié : nous rappeler la présence et les exigences de la grâce, à nous qui avons été prédestinés — û mystère des adorables prévenances de l’amour! — à naître dans la foi et à vivre dans l’abondance des liéri-l iers de Dieu.h ?11 est regrettable que l’espace nous manque maintenant pour parler longuement du beau livre de Pierre van der Mecr sur les Chartreux : Le Paradis Blanc.L’auteur raconte un séjour qu’il fit à la Chart reuse de la Valsai nie, en Suisse.Plusieurs chapitres traitent successivement du développement de la vie érémitique et de la vie cénobitiquc depuis les premiers siècles de l’Eglise; de la vie de saint Bruno, de la fondation et des débuts de cet ordre privilégié qui n’a jamais connu de réforme.Après une sobre description de la vie quotidienne à la Valsainte, nous en venons au chapitre central de l’ouvrage, intitulé : Un Chartreux parle.C’est un véritable traité de vie contemplative selon le mode particulier aux Chartreux qui ont basé leur constitution sur la règle de saint Benoît, tout en empruntant aux Pères du désert la solitude et leur esprit d’attention.On retrouve le long de ces pages trop brèves le même frémissement spirituel qui anime le Journal de van der Mecr, la même ferveur toujours accrue, mais s’approchant enfin de cette paix des moines qui vivent “de Dieu seul dans la solitude”.Jean LE MOYNE.(1) Traduit du hollandais par l’auteur.1 vol.chez Téqui, à Paris.(2) 1 vol.chez Désolée de Brouwer, à Paris. r~ i Pcëmes Nocturne Beau cheval apeuré dans ce pré légendaire Et mon ombre en passant a trouble les images D'un monde vaste et redoutable où tu es seul Pacifique habitant du silence nocture Délicat et tremblant et fuyant sous les arbres Reviens cheval charmant vers mes yeux sans défense J’ai parcouru ce soir les chemins de mes rêves Mon visage est baigné de lumière et de pluie En mon cœur s’étendra ta figure pâlie Discrète créature ô forme des chimères.— J'ai eu peur j'ai couru sur la mousse légère Quand ton ombre en passant a touché mes naseaux A l'abri sous cet arbre à travers le feuillage Je te vois à présent plus frôle qu’un roseau Ton visage est baigné de pleurs et de lumière Tes lèvres ont tremblé d’un appel incertain Vers une créature et vers quelque mystère Et dans la nuit s’est répandu ton chant humain.J'aspirerai ta douce et patiente complainte O voix qui enveloppe et dit toute la plainte Les cris et les soupirs de la Création Et qui sait appeler les bétes par leur nom.: i Ces poèmes tirés du volume de la collection Les lies chez Desclée de Brouwer, Lettre de Nuit, La vie donnée sont publiés avec la permission de l’auteur. LOUANGE DE L’ÉPOUSE 21 r Louange de l’épouse Ton visage, est si doux dans mes mains il est frais délicat et fragile Cher visage sensible il s'émeut, il frémit comme l’herbe des prés.Ta voix ô hicn-aiméc est le printemps qui chante, le grave amour qui entre doucement Elle est un baume qui se répand, l’encens qui monte.Ton cœur est une hostie offerte à l'empire du Bien essentiel Le tabernacle ardent de mes béatitudes, un lac de fraîcheur au désert.C'est un astre de feu cl de flammes, dans le ciel léger de ta chair C’est un chant de soupirs et de larmes, un verger un jardin pur et clair.Ton esprit — aux pieds de la Sagesse s’instruit chaque jour humblement Il en connaît les jeux, les abîmes, le goût de vigne et de froment.Ne dis pas que l’amour est aveugle il a les yeux de l’Etcrnel Ne crains pas son regard créateur, la jeunesse de l’aigle revit dans le ciel.Le Dieu des cœurs — efface des années la poussière et les traces du temps Et te porte sans ride et sans tache, de l’amour à l’Amour sans déclin. LA RELÈVE 22 De Profundis Dieu mon Dieu la distance entre nous n’est pas tolérable Montrcz-moi le chemin droit et nu et totalement véritable Le chemin de mon âme à votre esprit sans aucun intermédiaire De ce que les hommes ont construit entre le ciel cl la terre Je suis pauvre et dépouillée et tout me blesse Tout est trop dur de ce qui se dit et trop humain pour ma détresse La douleur m’a ravi mon enfance Je ne suis plus qu'une âme en deuil de sa joie Dans la terrible et stricte voie Où vit à peine l’espérance Tout juste de quoi lever les yeux vers vous et ma solitude est totale Et ces ténèbres sont sur moi comme une pierre sacrificielle et tombale Comment avoir accès auprès de vous par delà les symboles Et connaître sans nulle erreur la vérité de votre Parole Tout ce qui se dit de vous est sacrilège Et ce que vous-même avez prononcé par nos mots un mystère infini le protège Et pendant que vous vous enveloppez de toutes ces ombres Le monde que vous avez fait resplendit de ses étoiles sans nombre Et le vertige de l’abîme saisit mon âme Et je crie vers vous mon Dieu Du fond de l’abîme.; ! ! Baissa MARITAIN F Chroniques La guerre et la justice Aucun de ces problèmes urgents rpii engagent le sort de vastes communautés d’hommes ne doit être négligé sous prétexte (pie la guerre exige la totalité de nos énergies et (pi'il faut remettre à plus tard tout ce (pii lie concourt pas directement à gagner la guerre.Une conception juste de la politique, suivant laquelle la fin de cette activité humaine est le bien commun de la société, c’est-à-dire la possibilité pour chacun d’une droite vie ici-bas, admet que tous les problèmes politiques et sociaux sont intimement liés entre eux et profondément influencés par la solution (pic les individus apportent à leurs problèmes personnels.11 n’y a pas juste gouvernement des hommes dans un pays où des classes ouvrières nombreuses sont tellement méprisées qu’elles n’ont aucune part à la gestion des affaires publiques et (pi’il ne leur reste que le privilège de mourir de faim, où l’intelligence est embrigadée, l’éducation faussée par des doctrines officielles imposées de force ou par une mentalité générale mal ordonnée, où la morale individuelle est rejetée en bloc ou détournée de sa fin spirituelle et rendue stérélisante, où la liberté de l’Eglise est perpétuellement étouffée.La conduite de la guerre est le problème primordial, toute activité doit présentement lui être subordonnée, mais cela n"entraîne pas que toutes les autres activités politiques doivent être oubliées.S’il advient que la solution pratique de tel problème doit être temporairement négligée, il ne s’en suit pas quo l’intelligence n’a plus à s’en préoccuper.lTn des privilèges de cette faculté, c’est de pouvoir ordonner les éléments d’un problème en fonction de la solution à obtenir, mais sans en perdre aucun de vue.Pour que cette juste guerre demeure juste, le devienne de plus en plus en I . f 24 IA KKI.ÈVE intention et en acte, il faut que l’intelligence droite reste maîtresse des volontés.Le premier problème politique étant de gagner la guerre, le second sera celui de la paix future.L’un et l’autre demandent à ne pas être dissociés de l’idée de justice, car tous deux, par les “actes humains” (pi’ils commandent, sont soumis à la morale.Guerre et injustice s’appellent.L’injustice politique et sociale du monde actuel est une des causes profondes du présent conflit, et cette guerre — ainsi que la paix qui suivra, si elle n’est pas juste, — engendrera des misères sociales, des déséquilibres politiques entre classes et nations qui seront à la source de la prochaine.Pour gagner la guerre — et la paix — il faudra que, non seulement la société internationale, mais aussi les sociétés nationales, toutes entières, dans toutes leurs activités, soient établies dans la justice.Il ne suffit pas de songer à la redistribution future des richesses du monde entre nations pour que l’image d’une paix durable se présente à nos yeux.Il est opportun de réfléchir sur les bases nationales d’une paix mondiale.S’il y avait une plus juste distribution des richesses dans les pays, il serait plus facile de l’établir entre les pays.Le paradoxe monstrueux de notre monde de capitalisme impérialiste, de féodalité financière, c’est qu’à mesure (pi’augmente les conquêtes et l’hégémonie d’une grande nation, l’écart se fait de plus en plus injuste entre les fortunes, les moyens du pauvre n ’augmentent pas dans la même proportion que ceux du riche.Il convient, pour éclairer l’esprit, d’accorder à la justice sociale non une priorité de temps mais une priorité de nature sur la justice internationale.Logiquement il faut que la paix règne à l’intérieur des parties composantes pour que le tout puisse en jouir.Cependant dans l’ordre pratique des actes à poser immédiatement, c’est partout à la fois qu’il s’agit d’instaurer la justice.Le monde avance inéluctablement, sans nous accorder de ces pauses bienfaisantes qui nous permettraient de mener à bonne fin des petites réparations urgentes, tranquillement, I I ! 25 LA QUERRE ET LA JUSTICE en procédant par ordre : en chacun de nous d’abord, jusqu’en cette société internationale, en passant par les groupements intermédiaires, familles, petites sociétés civiles, Etats, etc.Chaque jour il faut refaire un tas de choses nécessaires à notre subsistance matérielle, et qui n’en finissent plus de vouloir être refaites, et en même temps, parer à toutes sortes d’écroulements, dérèglements, injustices dans tous les domaines.C’est dans cette dure nécessité de travailler contre tant r d’ennemis à la fois que réside la difficulté majeure de l’homme.Mais en ce moment tout particulièrement, il ne faut rien négliger de ce qui peut donner courage de vivre — et de mourir — aux pauvres humains.Il importe que le moral des peuples tienne bon.Pour cela, il faut qu’ils soient convaincus de la justice des buts de guerre et de l’existence d’une bonne volonté générale — et réelle — à l’égard d’une reconstruction de la cité sur des bases humaines, une bonne volonté manifestée par des actes immédiats de la part des classes dirigeantes.Claude IIURTÜBISE.Le théâtre : Hamlet Un monde se renverse sur lui-même, et c’est la nuit complète.Un homme veut rester droit, mais la justice est absente, son cœur s’abîme, la mort est dans son cœur.Un homme n’est plus qu’un cri d’appel à la justice, en vain il cherche une issue dans ce monde replié sur lui-même et qui voudrait dormir (mais un homme veille environné de la mort, et s’y abandonner permet seul d’être fidèle).— O Mère, peut dire Ilamlet, tu as affolé la réalité, la vérité, et la vertu, — tout est mensonge, tout est fardeau, — et parce que je suis seul à savoir le mensonge qui souille tout le royaume, je suis seul environné de la mort comme d’un signe de folie, je serai seul à faire rendre justice à ce monde, à lui faire crier son imposture.Je déclarerai tout.Je suis seul, mais mon âme s’est ouverte jusqu’en ses profondeurs parce que ma fidélité m’a fait le docile instrument de la vérité et de la justice bannies.Je ne puis plus dormir, Il LA RELÈVE 26 maintenant que l’âme de mon âme crie en exil; bientôt je vous éveillerai tous, je serai la mort, mais votre mensonge avoué seul vous tuera, et c’est votre désespoir qui fera tomber le glaive de mes mains.Ne vous étonnez pas de ma cruauté, puisque vous avez voulu qu’il n’y ait plus qu'un homme désespéré pour venger la justice.J’attendrai, roi, que tu aies fini ta prière : .know thou a more horrid lient ; When he is drunk asleep, or in his rage, Or in the incestuous pleasure of his bed, At gaming, swearing, or about some act That has no relish of salvation in’t; Then trip him, that his heels may kick at heaven, And that his soul may be as damn’d and black As hell, whereto it goes.Courtisans, vous donnez déjà ; ce qu’il reste du festin de plaisirs que le roi et la reine offrent a leur passion, suffit à vous assouvir, liais toi reine, et toi roi, qui menez ce jeu diabolique, vous défaillerez dans l’ivresse, car je dissiperai votre oubli, et toi Ophelia, naïve enfant oubliée par la Vérité, sur qui mon cœur désespéré s’est jeté comme sur le dernier reflet d’une Présence, tu seras trop tôt l’innocente proie de l’ultime lueur de vie à m’abandonner, et ton ,'h Ma et, ; ¦ ce mensonge, désespoir marquera la plénitude de mon angoisse et de ma solitude, et toi Laertes, ta légèreté te condamnera au destin de tous, et ton imbécile curiosité, Polonais, te fera disparaître dans cet incendie comme une vaine image.— Mais la reine et le roi veulent rester éveillés, comme si leur crime n ’avait pas introduit la mort au cœur même de leur passion.Tous les autres personnages ne sont que reflet de la tragédie que Hamlet porte dans l’âme ou acteurs inconscients qu’agitent un drame qui les dépasse.11 ne reste plus devant Hamlet que lo roi et la reine, et, au milieu d’eux, oiseau de mauvais augure qui passe, Ophelia devenue folle et dont la folie est le signe de la condamnation de ce un monde, et la mort, celui de sa fin.Tous les événements de la pièce ne seront que les effets attendus d’un drame antérieur.L’intérêt n’est plus dans i « 27 L1C THÉÂTRE : HAMLET ?ce qui doit arriver, mais dans ce qui est déjà arrivé.Il ne s’agit plus que de pénétrer le sens d’une tragédie qui s’achève et d’avancer dans les profondeurs jusqu’au delà des événements.Le poète doit relever le dramaturge, car c’est lui qui remontera de cette surface brillante d’un monde pris de vertige, jusqu’au mensonge initial du roi et de J a reine, jusqu’à la vérité initiale de Hamlet.Dès la première parole de Hamlet, nous ne sommes plus attentifs qu’aux révélations du poète qui l’accompagne et qui donne un sens à la logique du dramaturge : au lever du rideau, le roi et la reine sont assis sur leur trône, entourés de la cour.Le roi lit l’ordre du jour et s’entretient avec les courtisans.Dans toute cette animation, c’est à peine si nous remarquons Hamlet vêtu de noir, assis loin de tous.Tout à coup, le roi fait allusion à son deuil exagéré, presque provoquant : Hamlet (Aside) : A little more than kin, and less than kind.: How is it that the clouds still hang on you?: Not so, my lord ; I am too much i ’ the sun.Dès lors tout n’est plus que vision qui sc découvre et s’agrandit.Ainsi le mensonge se découvrira au-delà même de l’amour maternel et lilial qui ne peuvent se renoncer, jusque là où il touche à un amour plus grand encore, à une vérité plus absolue, et Hamlet, le prisonnier de la justice, l'instrument de sa vengeance, partira le dernier, ne partira qu’avec la mort, lorsque tout aura été accompli.Cette destinée les aura tous enfermés dans la mort.Le personnage de Hamlet est à l’origine et à la fin de tous les mouvements qui parcourent la tragédie, plus encore, il en est la profondeur, puisqu’il la porte en lui, puisqu’il est celui qui la fait surgir de partout comme s’il mettait le feu aux quatre coins d’une forêt.Maurice Evans nous a fait heureusement grâce d’un Hamlet pour psychiatre, et il a compris le tragique d’un monde où le mensonge apparaît comme totale absurdité.Ce King Hamlet ¦ LA RELÈVE 28 dénient” dans les actes de Hamlet n’est que qu’il y a de la réflexion de l’absurde par une conscience extrême et un cœur fidèle : dans un monde, dit Hamlet, où Virtue itself of vice must pardon beg.I essentially am not in madness, But mad in craft.Lorsqu’il s’accuse lui-même de démence, a la fin, il le fait avec ironie et n’en précipite pas moins les événements.Si sa vision était celle d’un fou enfin détrompé, continuerait-il à la poursuivre?Doit-on s’étonner de ce qu’il y a de fantasque chez lui, puisqu’elle oblige l’homme à se dépasser dans l’horreur, et non plus dans la grâce, comme toute misère, la fidélité de Hamlet manifeste d’elle-même l’ir- et puisque réalité d’êtres repliés sur eux-mêmesî Que Maurice Evans ait fait vivre ment logique tout au long du plus démesuré des approfondissements et qui, en retour, s’exprime jusqu’à l’âme de âme, c’est-à-dire qu’il ait réussi à nous montrer le lien Hamlet parfaite- un ii'l son vivant et la secrète logique de la tragédie, tout en donnant à chacun des moments de la progression toute sa valeur, dit toute la perfection de son interprétation.Il a aussi démontré qu’il n’y avait rien à retrancher au texte et que tout s’y intégrait dans la plus haute harmonie.L’interprétation, en général, était excellente, et les mouvements de scène parfaitement réglés.Peut-être aurions-nous aimé un roi un peu moins conventionnel et une reine un peu plus réservée.Nous avons aussi regretté le réalisme cru des décors, car Shakespeare ayant réussi à rendre par le texte seul toute 1 action toute la poésie de la tragédie, des décors un peu poussés voilent le sens plus qu’ils ne l’expliquent.Carmel Matthews a bien rendu le rôle si difficile d’Ophelia qui n est l’ombre d’elle-même et qui doit être à la fois, 1 â ; i I et en encore que particulièrement au moment de sa folie, le plus haut symbole de la Vérité perdue, la plus affolante image de la désolation de ce monde.Malgré quelques remarques peu importantes, nous gardons le souvenir d’une interprétation vraiment inspirée.Robert EL1E. "BREBEUF " h Nous n’avons lu que par hasard le numéro de “Brcbeuf” du 22 février 1940, mais nous y avons pris un si vif plaisir que nous ne voulons pas tarder à le dire.Comme nous sommes loin de ces feuilles de collège où rien n’est accepte qui ne soit déjà suranné, où nous sentons une main qui tremble en écrivant soigneusement les mots du maître.L’Aviseur ne semble demander, ici, pour seule récompense à sa peine que la joie de voir vivre.Nous trouvons, par exemple, sous la rubrique Tribune, essais, et lancers.libres, une note de Claude Bernard : Sur Stravinsky, dans ce style “étonnamment éveillé” dont parle Jacques Rivière, où l’image est elle-même parole, et un court et délicieux poème de François Lajoie.L’on y parle aussi du sport avec franchise, comme d’une merveilleuse aventure, une reconnaissance en plein air.Autant de choses nouvelles et rafraîchissantes.D’ailleurs tout est éveillé dans ce numéro, et c’est le plus bel éloge que nous puissions faire à un journal de jeunes.II.E.* ?* Le carême de Mgr Cheviot Sous le titre de La vie de l’homme nouveau (1 ), Mgr Chevrot vient de publier le texte des conférences qu’il a prononcées à Notre-Dame, à l’occasion du carême.On pourrait définir ce florilège de sermons: la somme catholique du chrétien.En effet, toute la doctrine est étudiée sous un jour nouveau par un homme qui allie la compétence du théologien, la lucidité du philosophe, et le verbe de l’orateur.On trouvera dans ce recueil une interprétation du mystère de la souffrance d’après saint Paul dont on a rarement lu l’équivalent.Les pages consacrées à l’épineux problème Dieu et Mammon sont, à notre avis, les plus belles du volume.Un livre à mettre dans toutes les bibliothèques, près de YHomme nouveau, texte du carême précédent.M.R.( I ) 1 vol.chez Desclée, de Brouwer, Paris, 1939. NOTE DE GERANCE L'abonnement à la Relève donne droit à dix cahiers, même si les dix ne paraissent pas dans l'année.Il peut à partir de quelque cahier que ce soit.Dans le dernier cahier auquel l'abonné a droit, nous glissons un petit billet pour lui demander de renouvelles Les cahiers ne doivent pas être classés suivant le mois, mais classés par série de dix cahiers.La 4e série a fini le cahier de janvier 1940, la 5e série commence avec commencer avec le présent cahier, avril 1940.La Relève va redevenir mensuelle prochainement, au plus tard en septembre 1940.L'équipe est déjà considérablement élargie et le sera d'ici quelques mois.Plusieurs écrivains, religieux encore et laïcs, nous ont promis leur collaboration régulière.Que nos amis fassent confiance à une revue qui a te-pendant six ans (depuis mars 1934) grâce à la pauvreté de ses moyens et à la générosité de tous ceux qui, nu de près ou de loin, l'ont soutenue.On peut nous aider 1") en se réabonnant sans tarder; 2") en envoyant une souscription, si petite soit-elle; 3") en faisant de la propagande : nous enverrons des numéros spécimens à ceux qui voudront les distribuer.Nous avons particulièrement besoin de vendeurs dans les collèges, universités, cercles d'études, etc.Que ceux qui s'intéressent à notre œuvre nous écrivent.La vente numéro est notre seul moyen d atteindre certains il! iB.'W .f.au groupes.Dans les prochains cahiers, nous publierons le texte des deux conférences prononcées à la radio, récemment, par M.Jacques Mari tain : Justice et Société, l'Egalité chrétienne.Les personnes qui désirent rencontrer les directeurs peuvent communiquer d'avance, soit par lettre, soit par téléphone, avec Paul Beaulieu aux bureaux de la revue ou avec le rédacteur en chef, Claude Hurtubise, à 340, ave Kensington, Westmount, Fltxroy 8658.L'abonnement d'un dollar (à 10 cahiers) est payable par mandat ou par chèque au pair à Montréal aux bureaux de la revue, 36, ave.Roskilde, Outremont.Tel.: CA.7562. *'• ï f
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