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Titre :
L'album musical
Éditeur :
  • Montréal :A. Filiatreault & Cie,1882-1884
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Canada artistique
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L'album musical, 1882-06, Collections de BAnQ.

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A.FILIATREAULT & CIE , Editeurs Ed.MacMAHON, Rédacteur NUMERO 6 MONTRÉAL, JUIN 1882.Pris 50 cents.LA COMPAGNIE GRAU.L’événement musical du mois dernier a été les représentations musicales données à Montréal par la troupe Grau.Les huit représentations ont montré la valeur de la compagnie et l’excellence de son répertoire.C’était une troupe française, exécutant de la musique française, c’est tout dire ; car si la France est la première des nations par sa littérature ; elle est aussi la première par sa musique.Depuis la disparition de Bellini, Donizetti, Rossini, Meyerbeer, seul Verdi, représentant l’école italienne peut lutter avec les maîtres français : Auber, Adam, Gounod, Halevy, Ambroise Thomas,Massé,Saint-Saëns, Massenet,Maillart,Salvayre, Bizet, et dans une note plus modeste, Offenbach, Le-coq.Audran, Planquette.Ça été pour Montréal une bonne fortune que d’entendre ces œuvres, de genres divers, mais toutes de qualité supérieure, et l’on doit regretter que la compagnie n’ait pu donner un plus grand nombre de représentations.Carmen, ce chef-d’œuvre du regretté Bizet, cette œuvre si originale, d’une couleur locale si vraie, d’une orchestration si savante et si délicatement fouillée, a ouvert la marche.L’exécution a été bonne.Mlle.Paola Marié rend bien la phsyionomie passionnée et sauvage de Carmen.Sa voix la trahit quelquefois, mais puisqu’il y a des taches au soleil, ne peut-il y en avoir aussi aux étoiles ?Mlle Grégoire, si aimée à Montréal, où on se souvient toujours de ses succès dans le Pré-aux-Clercs, remplissait, par complaisance les deux rôles de Micaëla et de Mecèdes.C’est une complaisance dont le public a bénéficié car il a pu l’entendre et l’applaudir plus souvent.Quelle charmante dugazon que Mlle grégoire et comme l’opéra-comique lui convient ! M.Mauras a bien chanté et bien joué le rôle de don Jozé.Son jeu, un peu froid au début, s’est échauffé à mesure que l’action se corsait et c’est très dramatiquement qu’il a joué les dernièrses scènes.Vive El torero, vive M.Maugé ! Avec quel brio, quelle passion il a chanté ce poëme du torreador racontant une course de taureaux ! On aurait dit un de ces torreadors fameux qui passionnent l’Espagne, et qui, les jours de courses, tiennent les dix mille spectateurs du cirque haletants et anxieux.Sa voix claire, puissante, nuancée avec art, a soulevé plusieurs fois les bravos.Avec l’opéra bouffe, La Mascotte,La fille du tambour major, nous retrouvons Mlle Paola Marié dans son élément.Sa voix est suffisante et son jeu en situation.Mlle Grégoire, M.vl.Nigri, Mezières, Duplan, tous ex- cellents.Aussi quel succès, que de rires, que de bravos Çissé le duo des Glou et des Bé, cette trouvaille exquise, bissé la complainte du prince Laurent XVII, si spirituellement détaillée par Mlle Grégoire, bissé aussi le duo du baiser, chanté pourtant un peu trop lentement.Et dans la Fille du tambour major, quel ensemble, quelle verve ! Mlles Paola Marié et Grégoire, dans Stella et Claudine sont supérieures.Quel brillant officier que Nigri ! Quels comiques de bon aloi que Duplan et Mézières.Comment pourrions-nous raconter l’enthousiasme de la salle entière à l’entrée des troupes françaises à Milan.Tous les spectateurs debout applaudissaient, agitant leurs mouchoirs, acclamant le drapeau français.L’émotion était générale, bien des yeux étaient mouillés de larmes.Ah ! combien les Canadiens aiment la France ! Très bonne représentation aussi de Paul et Virginie, cette immortelle idylle de Bernardin de Saint Pierre que Victor Massé a su rendre avec tant de délicatesse et de passsion juvénile, dotant ainsi l’art français d’un nouveau chef-d’œuvre.M.Mauras a tenu sans fléchir et avec éclat le rôle d e Paul, et quoique Mlle Dalmont, très souffrante, n’ait pu donner toute sa valeur au rôle de Virginie, ils se sont fait applaudir dans le grand duo : J-e jure de n' être qu'à toi.Les couplets de Domingo : L’oiseuu s’ nvole, d’une mélodie si touchante et si suave, ont été tr s bien dits par M.Maugé, et Mme Privât a su donn er aux plaintes de Mélia le caractère âpre et sauvage q ui leur convient.Puis est venu : Si fétais roi, le chef-d’œuvre d’Adam, s’il n’avait fait le Chalet.Quel charmant libretto, quelle charmante musique ! C’est gai, spirituel, vraiment français.Mme Privât a fait admirer sa belle voix de contralto et son talent de chanteuse.Elle a plaine-ment réussi et ce succès est d’autant plus méritoire que le rôle est écrit pour un soprano.L’effet général souffre bien un peu de cette substitution.Grand succès aussi pour M.Maugé qui a retrouvé dans la romance : Si vous croyez toujours avoir rêvé et la chanson à boire, les bravos donnés au torréador et à Domingo.Très bon aussi M.Mauras qui a dit ses romances avec beaucoup de goût et qui a très bien joué son rôle de roi in téri-maire.M.Tauffenberger, qui avait déjà par trop charg é son "irole de petit tambour dans la Fille du tamaour -jnajor a été très mauvais dans Piféar.A force de voulo être comique, il a été grotesque et a joué en queue rou ge.Mignon a été la moins bonne des représentations.Le rôle de Mignon ne convient à Mlle Paola Marié, ni comme physique, ni comme voix.Il faudrait vraime nt une trop forte dose d’illusion pour pouvoir voir dans cette grosse femme, aussi large que haute, l’enfant innocent et sauvage, le ‘‘Mignon aspirant au ciel.” 26 L’Album Musical Aussi est-elle obligée de forcer des effets, et alors la femme de l’opérette se montre bien vite.Sa voix, où les trous sont nombreux, ne lui permet pas de rendre exactement la partition : témoin le duo des hirondelles qu’elle arrange à sa façon et le grand air du troisième acte.M.Mauras a été moins bon dans Wilhem Meister que dans les rôles où nous l’avions entendu précédemment.Il paraissait fatigué et cette fatigue a surtout été visible dans la romance : Elle ne savait pas, qu’il a chantée beaucoup trop vite et sans aucune nuance.Ah ! combien M.Mauras gagnerait à chanter plus souvent en demie-teinte ; il se fatiguerait moins et charmerait davantage le public.Du your et la nuit nous ne parlerons pas.Le poëme est mauvais, par trop grivois, et la musique est du Le-coq médiocre, très médiocre.Les Dragons de Villars ont terminé cette trop courte saison.On ne pouvait plus brillamment finir, car c’est une œuvre délicieuse.Le poëme est plein d’intérêt, la mélodie toujours soutenue et l’orchestration savante.Le rôle de Rose Friquet convient très bien à Mme Privât.Elle l’a joué avec beaucoup de naturel et de verve et l’a chanté avec cette voix d’un timbre harmonieux, s’étendant des notes basses du contralto aux notes élevées du soprano.Aussi a-t-elle été très applaudie après l’air d’entrées, après le duo du deuxième acte et après l’air : Espoir charmant Sylvain m'a dit je il aime.Mlle Grégoire est une fermière très accorte.M.Mauras a donné sa vraie physionomie au rôle de Sylvain.Très brillant M.Maugé dan Belamy.Sa belle voix lui a valu de nouveaux bravos Ces représentations dont nous n’avons pu donner qu’une légère esquisse, en nous faisant connaître, dans leur intégrité, ces ouvrages où se montrent avec tant d’intensité le génie littéraire et musical de la France, nous ont laissé le regret de ne pouvoir assister plus souvent à de si belles fêtes.Mais en présence de la foule qui n’a cessé d’envahir l’Académie pendant ces huit soirées, nous avons to ut lieu d’espérer que nous reverrons bientôt la compagnie Grau.On annonce, en effe, que cette compagnie, composée d’éléments nouveaux, commencera en septembre sa saison à New-York, et que bientôt après elle viendra à Montréal.On parle de l’engagement d’une des étoiles parisiennes : Mme Théo.ZEL'Y'ZMDNTIEl!.La Saint-Jean-Baptiste approche et les éditeurs de Y Album Musical st croient obligés de publier un chant national à l’occasion de cette fête.Il nous est fourni par notre dévoué collaborateur, M.E.Blain de Saint-Aubin.Quelques mots au sujet de cette composition ne seront pas inutiles.En 1869, rUniversité Laval offrit un prix de poésie pour un Hymne pour la fête nationale des Canadiens~ Français.M.P.Lemay remporta le prix.Son poëme, d’une allure très élevée, fut publié peu après la proclamation des concurrents heureux, en séance publique et solennelle, et M.E.Blain de Saint-Aubin obtint une mention honorable.Sa composition n’a jamais encore été publiée, et il doit aujourd’hui à la bienveillante autorisation de M.le Recteur de l’Université de pouvoir publier les paroles qu’il écrivit sur l’air d’un des chants nationaux et historiques de notre ancienne mère-patrie.Voici la lettre qui l’informait de son succès : l Université Laval, Faculté des Arts, j 14 septembre, 1869.Cher monsieur,.J’ai l’honneur de vous informer que le jury chargé de juger le concours de poésie de 1869, a attribué une mention honorable au travail portant pour devise : “ Croire et combattre ! ” L’ouverture des devises cachetées ayant donné votre nom pour cette pièce de poésie, j’ai l’honneur de vous en prévenir, et de vous présenter en même temps mes sincères et cordiales félicitations.J’ai l’honneur d’être, monsieur, Votre très-humble serviteur, Thos.E.Hamel, Ptre, Sec.Fac.des Arts, Univ.Laval.P.S.—Le rapport du jury sera présenté en séance publique, lundi prochain, 20 du courant, à l’Université, à sept heures et demie p.m.L’auteur a fait cet hymne à la mémoire des fondateurs et l’a dédié auxprésidents, officiers et membres actuels des sociétés Saint-Jean-Baptiste en Canada et aux Etats-Unis.Nous sommes certains que tous les Canadiens tiendront à l’avoir et à le chanter.A tous égards, il mérite qu’on lui fasse cet honneur.L’Université-Laval ne l’aurait pas couronné s’il n’en était pas digne.D’ailleurs il ne suffit que d’étudier attentivement chaque strophe pour y trouver une foule d’allusions pleines d’apropos et remplies d’idées nobles, délicatement exprimées.Etudions-les plutôt ensemble.STROPHE I.Précurseur glorieux, Saint Jean, l’apôtre austère, Subjuguait l’homme et le désert, Annonçant aux mortels le bonheur de la terre, Un Rédempteur, le Dieu qu’il sert.Ah ! sur ta bannière chérie, Canadien, lis avec fierté Ce nom qui veut dire : Patrie, Droits reconquis et liberté ! Saint-Jean-Baptiste, c’est la “Patrie” ce sont les droits reconquis, c’est la liberté.C’est un fait assez remarquable que nombre de batailles, célèbres dans l’histoire de la chrétienté et de la civilisation, se sont livrées sous les murs et dans le voisinage de villes placées sous le patronage de Saint-Jean, On peut citer entre autres, dans l’ordre chronologique, la bataille de Roncevaux, près de Saint-Jean-Pied-de-Fort, en 798, la bataille de Saint-Jean-d’Ange- L’Album Musical 27 ly, 1372, celle de Saint-Jean-de-Losne, 1636, celle de Saint-Jean-de-Luy, 1660 ; enfin celle du Fort Saint-Jean, Canada, en 1775.STROPHE II.A Saint Jean Baptiste.Saint Patron, soutiens-nous dans les luttes vaillantes, Dans nos revers et nos succès ; Arrière, arrière ici les âmes défaillantes, La valeur seule a des excès ! Un peuple nourri de la Foi ! Sa devise est : “ Croire et combattre ! ” Noble appel et sublime loi ! STROPHE III.Aujc Hommes.Citoyens courageux, orgueil de la Patrie, Toujours unis et toujours forts, Aux tournois éclatants des Arts, de l’Industrie, Que de lauriers pour vos efforts ! Par le Travail et l’Espérance, Exempts de haine et de regrets, Soyez, avec persévérance, Laboureurs aux champs du progrès.L’auteur, dans ces deux vers de la troisième strophe : “ Aux tournois éclatants des Arts, de l’Industrie, “ Que de lauriers pour vos efforts ?’’ fait une délicate allusion aux succès obtenus par le Canada aux expositions universelles de 1855, 1862 et 1867.Les strophes qui précédent et ceux qui suivent ne laissent aucun doute sur le sens attaché au mot “ progrès ” dont on abuse tant parfois.Il s’agit ici du progrès réalisé à l’ombre des saines croyances, progrès dans lequel le clergé canadien, de l’aveu même des écrivains libéraux les plus éminents—ceci soit dit à son éternelle gloire—a toujours vaillamment battu la marche.Strophe iv.Aux Femmes Anges de nos foyers, O Mères Canadiennes, Guidez nos pas vers l’avenir, Et régnez dans nos cœurs, héroïnes chrétiennes, Par l’Amour et le Souvenir.Jamais, pour une cause sainte, Nos martyrs, tombés triomphants, Ne murmurèrent une plainte : Us sont morts vos dignes enfants ! “ O mères Canadiennes ! ”— En passant, disons que l’auteur de cet hymne composa, en i860, un chant intitulé : *•La mère Canadienne ” dont le regretté Antonin Dessane écrivit la musique.Ce chant est devenu très populaire en Canada.“ Héroïnes chrétiennes ”— Nous devons à l’obligeance de M.Benjamin Suite, qui est en voie d’arriver à une belle place parmi les historiens du Canada, le nom de trois héroïnes canadiennes : Mlle Mance qui voyageait par mer et par terre, trottait par les champs-et manqua dix fois de tomber entre les mains des Iro quois ; Mme de Verchères, qui, seule, défendit le fort de Verchères ; Mlle de St.Ours, qui labourait le champ paternel, tandis que les hommes étaient à la guerre.Strophe v.A la Jeunesse.Enfants de ces héros, ô brillante Jeunesse, Aimez, aimez votre pays ; Au sentier de l’honneur, sans orgueil, sans faiblesse, Cœurs généreux et fronts hardis.Chaque page de notre histoire— —Dans la paix ou dans les combats Raconte une double victoire, Et l’Exemple assure vos pas.La seule objection que l’on puisse faire à cet hymne national, c’est qu’il est adopté à une musique étrangère.Mais cette objection tombe d’elle-même lorsque l’on sait que toutes les mélodies nationales, qui ont été composées de nos jours, n’ont pas survécues au vingt-quatre juin qui les avaient vu naître, et que la seule qui ait conservé de la popularité est la chanson de Sir Georges E Cartier “O Canada, mon pays, mes amours” qui a aussi été composée sur le rythme d’une chanson française dont le refrain est : “Je suis français, mon pays avant tout.” L’hymne de M.de Saint-Aubin a été composé sur l’air du Chant du départ de Méhul.C’est un air populaire et l’auteur fut un grand compositeur.Les mots de l’hymne national de M.de Saint-Aubin sont parfaitement adoptés aux mots.Du mouvement musical en Canada.Vi.—Monsieur, e vous amène ma fille qui désire prendre des leçons de vous.—Je suis désolé, madame, de ne pouvoir satisfaire au désir de votre fille ; le temps me manque complètement.Mais je me ferai un plaisir de la recommander à un de mes confrères.•—Soit.Mais je désire que vous entendiez ma fille, y consentez-vous ?Je ne pouvais point refuser d’entendre cette fillette d’une quinzaine d’années, qui posa sur le piano sa petite méthode de Hünten.Elle me joua un petit morceau convenablement, et je l’encourageai à travailler.L’année suivante, je me promenais avec un confrère, et celui-c1 me remercia de l’élève que je lui avais envoyée.—Vous ne savez pas, me dit-il, que cette jeune fille, lorsqu’elle vint vous voir, enseignait la musique.Elle avait une quinzaine d’élèves à deux dollars par mois, trois leçons par semaine ! Elle est le soutien de sa mère, qui est veuve.Je ne fis aucune réflexion.Cela se passait il y a vingt ans ; depuis lors le nombre de ces maîtresses a augmenté d’une manière désolante pour l’art.Une autre fois, un jeune homme vint me trouverpour lui donner des leçons de piano ; nous fixons le jour et l’heure.C’était un 28 L’Album Musical anglais.A la première leçon, je l’essaie, je le questionne.Il ne paraissait pas être du bois dont on fait les musiciens.—Connaissez-vous vos notes î —Oui.—Sur le papier ou sur le piano ?—Sur le piano.¦—Eh bien, il faut apprendre à lire la musique sur votre méthode.•—Oh ! c’est inutile ; mon professeur avait écrit le nom des notes sur les touches du clavier et aussi sur la musique.—Fort bien, lui répondis-je en me levant, allez retrouver ce professeur ; quant à moi, je n’enseigne point de cette manière.Et il partit.—Monsieur, je désire prendre des leçons d’harmonie ; je me sens du goût pour cette science ; j’ai déjà fait des études préliminaires qui m’aideront dans le travail.—Et vous voulez continuer vos études ?Commençons de suite.Te lui posai quelques questions, et à celle-ci : —En quel ton est un morceau avec trois bémols à la clef ?—Mais, monsieur, c’est parfaitement inutile pour l’harmonie.—Très-bien, lui dis-je, vous êtes plus fort que moi, revenez un autre jour.Je n’ai jamais revu ce phénomène.Je dois dire que plusieurs personnes étaient déjà venues chez moi pour prendre des leçons d’harmonie, et que, séance tenante, je leur posais toujours une question sur les principes élémentaires ; chacune se fourvoyait parfaitement.Jamais je ne voulus enseigner l’harmonie.Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait si peu de pianistes appartenant au beau sexe, quoique 95 pour cent apprennent la musique.Des causes multiples retardent le progrès de l’art musical en Amérique.Tout d’abord, la jeunesse ne sait pas travailler, et ne veut pas travailler.Puis la flirtation paralyse complètement la volonté pour des études sérieuses.Une jeune fille qui ne pense qu’à s’instruire sera une excellente élève, mais ce type-là est rare.Quand je dis que la jeunesse ne veut pas travailler, je l’entends de cette manière : que c’est le professeur qui s’épuise à enseigner à ses élèves, tandis que celles-ci se bornent à le regarder, et à ne faire que le strict nécessaire.Un professeur qui a enseigné pendant vingt années en Amérique est un homme usé.En Europe, vous voyez des professeurs plus que sexagénaires, et encore frais, remplis de santé.Pourquoi ?Parceque les élèves sont à leur tâche, travaillent assidûment, respectent leurs professeurs, et laissent ceux-ci prendre du repos durant les heures d’étude.Mais en Amérique, la profession de professeur me parait être celle d’un homme de peine.Il faut vraiment du courage pour se livrer à l’enseigne' ment, ou il faut avoir une vocation inébranlable.GUST.SMITH.LA MUSIQUE A MONTREAL EN MAI.Un connaisseur, qui a suivi les représentations de la troupe française, s’est chargé de donner une appréciation générale que nous publions sur notre première page.Quatre concerts méritent une mention spéciale.Trois ont eu lieu au Queens' Hall et l’autre au Nordheimer.Ce dernier était organisé par Monsieur et Madame O.Martel.Madame Martel s’était éclipsée pour faire place à six de ses élèves.Quelques unes d’entre elles ont fait preuve de savoir.Nous citerons surtout Mlle V.Mount.Mais il faut le dire, le chant de Mlle Mul-larky n’était pas de nature à accroître la réputation d’un professeur, Mlle Peltier possède une jolie voix mais ne chante pas encore convenablement.Il est évident que ces deux demoiselles ne sont des élèves que de quelques jours.Il aurait mieux valu les laisser de côté pour le présent concert.Madame Martel appartient à une école que nous pourrions appeler l’école de vocalisation.La vocalisation est une des parties les plus difficiles de l’art du chant, en même temps qu’elle est le moyen le plus puissant pour donner de la souplesse à la voix.Aussi ses élèves n’ont elles attaqué que des morceaux d’une grande difficulté.Rien d’étonnant qu’elles n’aient pas atteint à la peerfection.Inutile pour nous de faire des éloges de M.Martel-Tous ceux qui s’occupent de musique — tous ceux qui aiment à entendre de la musique — savent à quoi s’en tenir sur la largeur de son jeu et sur les talents de ce lauréat canadien.* * * Des trois concerts au Queen’s Hall, deux étaient donnés par la société Philarmonique.Le premier n’a pas été un succès.Le second valait mieux; il était à peu près la répétition des deux premier donnés dans la saison par cette société.A chaque concert l’orceestre l’emportait sur les chœurs.* * * Le dernier est celui de grands artistes, Guernsey et Listeman.L’Album Musical est publié tous les mois.Prix de l’abonnement : $3.00 par année.Nous enverrons un numéro échantillon à toute per- \ sonne qui nous en fera la demande, moyennant _ 25 centins.Nous nous chargerons aussi de tous les ouvrages en musique que l’on uoudra nous confier.Adressez A.FILIATREAULT & Cie., 8 Rue Ste Thérèse, P.O.Boite 325.Montréal.
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