Le Courrier de St-Hyacinthe, 30 décembre 1911, samedi 30 décembre 1911
[" m 59e Année No 7136 9BRIE complete Décembre' 1911 No 41 SAMEDI, 30 Nos Institutions,\u2014Notre Langue,\u2014Nos Lois.Bt-Hyaointhk, 30 Décembre 1911 t A dos lecteurs, A leurs familles, et ^ tous ceux qui leurs sont chers, nous souhaitons uue bonne et heureuse année 1 Kous vivons dans un pays fortuné.L\u2019ère de développement que uous traversons n\u2019est pas près de Unir, il y a tout lieu de l\u2019espérer.La paissante protection do la couronne britauique nous assure la paix A l\u2019extérieur.Les traditions du respect des autorités sont encore assez vivantes au Canada pour tenir à l\u2019arrière-pian à l\u2019intérieur, les rares adeptes (les émancipés et des forceués de l\u2019Europe qui s\u2019égarent sur nos vives ou qui y poussent.Dans uotre province de Québec surtout, ces traditions sont le résultat de fortes couviotious religieuses réchauffées et entretenues par une union étroite do notre population avec les ministres de l\u2019Eglise catholique et apostolique, dépositaire de la mission du Sauveur des hommes, vena snr la terre pour apporter la paix anx hommes de bonne volonté.Nous avous, à un degré qui n\u2019est dépassé nulle part ailleurs la paix sociale.Nous avons la prospérité matérielle.Souhiitons que notre pnys encore jeune sache profiter do ces biens incalculables, que la Providence tient dans ses mains.Que nos jeunes soient sages et n\u2019oublient pas, aux jonrs de leurs succès, les causes profondes de cet état de choses.Qu\u2019ils ne se laissent pas éblouir dans le tourbillon du progrès et qu\u2019ils aient devant leurs yeox les leçons de leurs maîtres autorisés.Qu\u2019ils soient fidèles A défendre les trésors laissés par les anciens : nos institutions, notre langue, nos lois.Qu\u2019ils aiment Dieu, \u2014 et leur dame, comme les chevaliers d\u2019autrefois, \u2014 lenrs foyers, \u2014 le sol de la patrie, et qu\u2019ils aillent leur chemin sans faillir ; et le Canada dont ils sont le plus solide avoir, suivra sa marche heureuse longtemps après qae les anciens d\u2019aujourd\u2019hui seront disparus ! il.Armand Lavcrae.Depuis notre dernier numéro, M.Armand Lavergnea été frappé d\u2019une attaque d\u2019appendicite et a do subir l\u2019opération ordinaire eu pareil cas.Cette maladie a provoqué do tous les côtés des marques de sympathies qui prouvent en quelle estime est tenu l\u2019excellent député do Montma-gny.La forte constitution de M.Lavergne l\u2019a aidé à prendre le dessus sur la maladie et aux dernières nouvelles il était considéré comuio hors do danger.Tous nos bons souhaits an distingué malade.CA TOURNE Pendant que le6 journaux libéraux Bout à nous faire des prédictions pour nous annoncer lo retour de Sir Wilfrid Laurier au pouvoir, les provinces nous donnent les unes ftprès lee antres les preuves que le vent favorise les conservateurs par tout.L\u2019Ile du Prince Edouard est en ce moment à faire des élootions provinciales.Cinq conservateurs ont été élus par acclamation : l\u2019Hon.Ma* thienson et son collègue l\u2019Hon.Mac* Donald et trois antres.Des élections partielles avaient déjà fait prévoir ce résultat et les conservateurs sont maintenant sûrs d\u2019arriver avec nne bonne majorité et de faire cesser l\u2019espèce de dead lock QQ» existait depuis assez longtemps dans la position des partis de Pile, m®lgré la présence des libéraux an Pouvoir à Ottawa.Baignes lisions.A uue rénuiou des directeurs de la Banque des Cantons de l\u2019Est tenue à Montréal ces jours derniers, une offre a été soumise de la part de la Banque Canadienne du Commerce, celle de la fusion des deux banques, on plutôt de l\u2019absorption de la banque des Cantons de l\u2019Est par la banque du Commerce.Les actionnaires de la banque des Cantons de l\u2019Est recevraient deux actions de la banque du Commerce d\u2019une valeur de pair de $50 en échango de chaque action de leur Bunque d\u2019une valeur de pair (le $100 ; ce qui équivaut à dire que la banque des Cantons de l\u2019Est reçoit l\u2019offre d\u2019entrée sur pied d\u2019égalité daus lu bauque du Commerce, quant à la valeur de son actif.A la bonrso les actions de la banque du Commerce valent $207.50 pour disque $100 ; celle do la Eastern Townships étant cotées à $180.La proposition faite par la bauque Canadienne du Commerce est acceptée eu principe par la direction de la banque des Cantons de l\u2019Est, mais doit être soumise à ratification par les actionnaires, dans une assemblée que Ton convoque poor le 14 février, prochain.Il n\u2019y a pas de doute que l'arrangement proposé sera accepté.\u2014Mlle Girard, 250 Cascades.Con-feotioi do robes, manteaux et linge-\u2022fee.LANGAGE DIGNE DES PREMIERS CHRÉTIENS M.l\u2019abbéOlaudeville, missionnaire à Mauléou (Basses-Pyrénées), vient d\u2019ôtre condamné à 100 francs d\u2019amende avec sursis pour la question deH manuels scolaires.Ou sait que ces manuels scolaires, prescrits par le gouvernement français, ont été condamnés par les évô-ques comme injurieux à la foi et à la morale.Voici la déclaration énergique que M.l\u2019abbé Claudeviile avait faite au tribunal et que nous empruntous à la Croix de Paris.On y sent vibrer tout ce qu\u2019il y a de plus chevaleresque dans l\u2019âuie française.C\u2019est une page qui nous rappelle le langage des premiers chrétiens dovaut leurs bourreaux.Messieurs, Von8 avez anjonrd\u2019hai devant voos un inculpé singulier : d\u2019abord, grâce à Dieu, je ne comparais pas (levant votre tribunal pour l\u2019un des délits iufâmants qui d\u2019ordinaire conduisent au bine de la correctionnelle.Quel est dono mon crime î J\u2019ai déplu à la franc-maçonnerie, toute-puissante eu Franco, par nne conférence contre les mauuels condamnés, lors de mon Carême, à Saint-Panl-lès-Dax ! Puisf moi l\u2019inculpé, parce que je ?\u2019avais nullemeut A rougir de mes paroles, j\u2019ai avoué sans hésitation comme sans réticences avoir pro-uoncé le discours incriminé.Pas un seul accusateur Sur les six mille âmes dont se compose cotte paroisse crânement indépendante, malgré plusieurs enquêtes qui ont duré plus de cinq mois, on n\u2019a pas pu trouver un seul dénonciateur, un seul accusateur.Ce u\u2019esfc pas à Saint-Paul lès-Dax, Messieurs, que pousseut les lâches mouchards qui continuent à déshonorer la France.A cette flère paroiBse, j\u2019envoie ici l\u2019expression de toute mon admiration et de toutes mes sympathies.Donc, ce qui n\u2019est point banal, on n\u2019a pas pu vous fournir mémo an témoin A charge ! Et l\u2019inculpé, avec sou aveu spontané, mais réfléchi, reste seul (levant vous.L\u2019embarras du choix Seul encore, sans avocat, je me présente devant vons ; oependaut, je n\u2019avais que l\u2019embarras dn choix pour trouver un habile défenseur.Sur un désir manifesté par moi, les Guicheuué, les Riquoir, les Laxague, mes compatriotes et amis, ces grands maîtres du barreau, ces catholiques convaincus, toujours sur la brèche pour soutenir la cause divine de l\u2019Eglise, se seraient disputé l\u2019honneur désintéressé (le venir dans cette enceiute avec leur vaste science juridique, leur éloquence irrésistible, leur fiue ironie, flageller les agissements malfaisants de la franc-maçon-uerie, stigmatiser l\u2019impiété, l\u2019immoralité, les erreurs voulues, les mensonges impudents des manuels condamnés, revendiquer haut et ferjne pour le prêtre catholique, le droit absolu, le droit intangible de défendre sa foi et de sauvegarder l\u2019Ame innoceute des enfants.\t' J\u2019ai préféré, Messieurs, imiter divine Victime du Calvaire, don l\u2019image si réconfortante a été odiea* sentent proscrite de nos trlbuoar43* sur l\u2019injonction de la franc-maçonnerie : devant Oaïphe, devant Pilate, Jésus était seol, Jésus n\u2019avait point d\u2019avocat : il s\u2019est oontentéd\u2019affirmer sa divinité et la mission qu\u2019il avait reçue de son Père d\u2019évangéliser les foules poor leur enseigner le chemin dn ciel.Dépositaires du pouvoir divin Or, ce pouvoir, avant de remonter A la droite du Très- Haut, il l\u2019a fcrans* mis à Pierre, chef des apôtres, par Pierre an Pape, par le Pape aux évêques, par les êvêques aux prê très : 11 Comme mon Père m\u2019a envoyé, a-t-il dit, ainsi je voos envole : allez, enseignez tontes les nations.\u201d Dans oes dernières paroles, Messieurs, notr6 France bien-aimée était comprise comme tons les antres peuples, et ce n\u2019est pas la frano-maçonnerie qui, par ses tracasseries mesquines, ses menaces ridicules, ses lois injustes, ses pénalités arbitraires, réussira A exclure notre malheureuse patrie de l\u2019enseiguement divin du Christ ! Les apôtres, puis, dans le cours des siècles, les Papes, les évêques, les prêtres ont prêché partout et toujours la parole moralisatrice et sauo tifiante de Dien, eans même songer à en demander la permission anx pouvoirs publics.Dleo n\u2019est-il pas infiniment an-dessus des hommes les pins puissants, et ne vant-il pas mieux obéir à nn Dien infiniment bon et juste qu\u2019aux hommes, snrtont quand ces hommes sont les ennemis les pins acharnés de Dien et de sa sainte religion î Les pouvoirs publics, quelquefois, irrités, furieux d\u2019nno prédication qni condamnait leurs criantes injustices, leur impiété notoire,ont voolu interdire la parole évangélique eu forgeant cootre les intrépides ministres de Dien tout un système savant de lois d\u2019exceptions.Les prédicateurs du saint Evangile ont passé outre.Ce conrage jn le sais leur a valu souvent la perte de la liberté, des biens et même de la vie, mais de telles persécutions ont toujours donné naissance à des prédicateurs plus nombreux, aussi zélés, aussi énergiques.N\u2019ayant pas voulu m\u2019associer un avooat, jen\u2019ai même pas la pensée de me justifier.Oui, Messieurs, à propos de manuels condamnés qui empoisonnent l\u2019esprit et le cœur de nos enfants, j\u2019ai prêché, comme c\u2019était mon devoir, la dootrine catholique, en vertu d\u2019un ordre explicite de Dieu, de par un droit reçn de Dien.Un pareil droit ne se défend pas devant les tribunaux de ce monde.A certaines heures de folie, les pouvoirs humains peuvent l\u2019entraver, mais le détruire, jamais ! EN PLEINE FRANC-MAÇONNERIE.En France, dans beaucoup d\u2019écoles publiques, par ordre de la frano-maçonnene ( oar depuis plus de trente ans nous ne vivons plus en République, mais en pleine franc-maçonnerie,) aveo la complicité tantôt secrète, mais réelle, tantôt scandaleusement manifeste des premiers bénéficiaires de la secte maudite, certains manuels outragent jonrnelle ment la foi et les mœurs de l\u2019enfance.A la Balte de nos vaillants évêques, parmi lesquels, je le proclame aveo orgueil ici, sur sa terre natale, brille au premier rang par son attitude et ses directions courageuses, uu Landais, Mgr Gienre, évêque de Bayonne, mon évêqae, dont Basqaes et Béarnais sommes si fiers, je me suis levé, moi aussi, comme tous les prêtres de France, pour éclairer les parents et sauver ainsi leurs chers enfants.LOIN DE LE REGRETTER Cela, Messieurs, je suis loin de le regretter.Voyez plutôt : L\u2019instruction de mon procès dne à l\u2019initiative de M.le soqs préfet de Dax, qui, dans les rares loisirs de sa lourde charge, sait trouver le temps de lire le Nouvelliste de Bordeaux, a commencé pour moi le 27 jain dernier.Or, depuis cette époque, une vingtaine de fois, soit dans les villes, soit dans les campagne, j\u2019ai fortement prêehé, devant de superbes auditoires, contre les quatorze manuels, paroe que tous les évêques frauçais, légitimes successeurs des apôtres, gardiens et défenseurs de la dootrine oatholi-qne, nos seuls chefs en matières religieuses, les out justement condamnés par leur magnifique Lettre collective du 14 septembre 1909 comme contralree A la foi, à la salue morale et même A la vérité purement soientlfique.Non, mille fois non, Messieurs, je ne regrette pas la oonféreooe scolaire donnée en l\u2019église de 8aint-Paul-lès-Dax, le 9 avril 1911, et après mon procès, qu\u2019il soit suivi d\u2019un acquittement ou d\u2019une condamnation, je continuerai A faire mon devoir, à dire, sur cette question comme sur toute les autres, la vérité, toute la vérité, sans me préoccuper des foudres de 1» frano-miçonnerie ni des conséquences de mon ministère courageusement accompli pour Dieu et les Ames.A vous donc, Messieurs, de pro-nonoer une sentenoe dont, uu jour, vous aures A répondre devant Dieu.Oette sentenoe, que sera-t-elle ! G\u2019est lo aoiadxo do met soucis* Uu acquittement pur et simple, auquel, du reste, je ne m\u2019attends pas, vous ferait grand honneur.MIEUX QUE LA CROIX D\u2019HONNEUR.Uue condamuatiou, loin de me couvrir de honte, me grandira devant Dieu ; elle me procurera même devant les hommes sensés plus de gloire que la croix de la Légion d\u2019honneur, qni trop souvent, hdss ! est épinglée sur des poitrines véreuses et vendues ! Non par bravade ou sotte vanité, Messieurs, mais uniquement pour que vous connaissiez à foud l\u2019état exact de mou Ame, je tiens A vous faire les déclarations suivantes, nettes et précises, sur mou attitude, selon les divers oas d\u2019une coudamna tion très probable, pour ne pas dire certaiue.Si vons me condamnez A nno amende aveo sursis, dautt l\u2019espoir que je me corrigerai, je ue puis pas vous laisser dans cette illusion ; aujourd\u2019hui, eu votre auguste personno je m\u2019engage, par serment devaot Dieu, A récidiver, non pas une fois, mais plus de cent fois.Si vous me condamnez A uue amende saus sursis, je ue ferai point appel dovaut la Oour de Pan, et je vous Jure encore que je ne payerai pas on centime de cette amende.Mieux : j\u2019insérerai dans les journaux une coto qui défendra anx catholiques de payer eu mon lieu et place : oet argent sera plus utile-meut employé A soulager les pauvres pendant l\u2019hiver.Quand A la saisie judiciaire, je ne la crains pas, elle est matériellement impossible : je ne dispose de rien, je vis au jour le jour, comme les petits oiseaux dn bon Dien, me confiant en sa paternelle Providence, qui ne m\u2019a jamais abandonné.C\u2019EST LA PRISON Et alors o\u2019est la prison 1 Soit.Oet horizon si borné, si sombre poor les vrais criminels, m\u2019attire et je l\u2019appelle de tous mes desire.Déjà, A Grenoble, un simple vicaire a été emprisonué pour un cas de la même espèce.Notre exemple, Messieurs, sera très contagieux : d\u2019autres en très grand nombre, dans chaque diocèse, le suivront, et le jour où quelques évêques, des ceutalnes de prêtres seront sons les verrou* pour la cause Impérissable de la religion, le peuple frauçais, indignement trompé par ses faux amis, ouvrira les yeux, reconnaîtra notre complet désintéressement et jettera A terre comme une loque souillée, la franc-maçonnerie et tons ses misérables adeptes, qui sont les pires ennemis de la Frauoe I Quoique je ne redoute pas la prison, je vous dirai pourtant que je ne m\u2019y rendrai pas de moi-même.Les gendarmes, A qui, d\u2019ailleurs, je n\u2019opposerai aucune résistance, devront me prendre A mon domicile et me oondaire, menottes aux mains, A la maison d\u2019arrêt.Sans peina, A ma physionomie, on découvrira que je ne suis ui uu voleur ni uu assassin.Eu me voyant traverser leurs villages, nos bonnes populations catholiques ne manqueront pas de dire : \u201cG\u2019est la liberté de conscience enchaînée par la franc maçonnerie qni passe I\u201d Pour elles, ce sera le meilleur des sermons ; elles s\u2019en souviendront, l\u2019avenir le prouvera î Si je vais en prison, je serai, m\u2019a-t-on dit, enfermé à Saiut-Palals, Encore une attention délicate de notre Dien 1 Sans oraindre de froisser les Basques, dont la foi est si robuste, ne voilà-t il pas que, aveo sou tact de frano-maçoa brutal, le F.*.Maivy a, d\u2019un trait de plnme, supprimé ranmôoier de Saint-Palais ! AUMONIER PROVIDENTIEL Eh bien, Messieurs, j\u2019en deviendrai l\u2019aumônier providentiel.A mes oo-détenus, je parlerai dn bon Dien qni pardonne tontes les fautes sitôt que sincèrement on les regrette.Je ne désespère pas de les confesser et de les faire communier aveo mol.Sans nul doute, le F.*.Malvy n\u2019a pas prévu cette communion générale d\u2019hommes d\u2019au genre tout nouveau ! LA encore je prierai beaucoup poor notre pauvre France, afin que dégagée des étreintes mortelles de la franc-maçonnerie, elle revieune A son Dien qui l\u2019attend pour son plus grand bonheur.LA aussi je prierai pour mes chers enfants, A qui les évêques, les prêtres conserveront la foi, sans se laisser arrêter par l\u2019amende, la prison ni même U more, car l\u2019Ame dos enfants de la France les francs maçons ne l\u2019auront jamais, jamais ! Mon tempe de prison fini, aveo pins de véhômenoe qu* par le passé aveo l\u2019autorité plus grande que me donneront snr les oatholiques les jours bénis de ma réclusion, j\u2019irai de ville en ville, de village en village, parler toujours contre les ma-nnels, condamnés jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient retirés de tontes nos écoles, prêcher toujours oontre les méfaits révoltants de la franc-maçonnerie jusqn\u2019A la victoire finale, qui sûrement arrivera pour les catholiques A l\u2019heure de Dieu, et des indloea nombrenx me donnent le droit d\u2019af» firmer, Messieurs que oette hears est proche* BANQUE D\u2019BOGHELAGÀ De Banque d\u2019Hoohelaga a en A Montréal la semaine dernière son assemblée annuelle et comme d\u2019ha-bitnde ; les actionnaires ont en les détails d\u2019une excellente année d\u2019af faires.Lo oapital social versé de la banque est de $2,500.009.8a réeorve qui au début de l\u2019année qui vleut do se terminer était do $2,500.000 se trouve portée cotte aunée A $2,650,000, oe qui, avec la balance au crédit dn compte de Profits et Pertes, se trouve A former un capital gôuéral de $5,182.291.Les profits de l\u2019année sont de $416,000 déduotion faite de tous frais ce qui représente près de 16 J % sur lo capital de $2,500.000.Un antre point qui frappe le leo-teur du rapport soumis, o\u2019est le chiffre proportionnellement très considérable de l\u2019actif immédiatement disponible de la banque $8,500,000, en billots do la puissauoe, en mon- tants dûs par les autres banques, débentnres municipales et autres, prêts A demande, dépôts au gouvernement.Pour des obligations totales extérieures de $22,000.000, la banque d\u2019Hochelaga a dono A sa disposition immédiate $8,500.000, sans comprendre ses créances et antres valeurs qui montent en plus A $18,430.000.Il y a pou de banques qui soieut proportionuellement aussi solides.La baoquo d\u2019Hochelaga compte maiuteuaut 15 bureaux dans Montréal, et 21 ageuous extérieures.La direction a annoncé nue nouvelle émission de $500,000 dictions ce qui portera sou capital versé A \u20223,000 000, Aveo une situation comme celle de la banque d\u2019Hoohelaga, la conséquence naturelle c\u2019est que les aotionnaires s\u2019empressent do souscrire cette nouvollo émission qu\u2019on leur offre A $145 l\u2019aotion do $100.Voici lo rapport soumis aux ao-tiouunires : COMPTE DE PROFITS ET PERTES 30 novuibrz 1911.CRÉDIT Balance au crédit de Profit» et Perte» le 30 norembre 19I0.15,041.18 Profit» |>our l'année finissant le 3g wvcaibre 1911, déduction faite de» frai» il\u2019Administration, Intérêt »ur Dépôts, Perte* et perte* probable».415,000.86 $ 430,042.04 DEBIT Dividende payé le 1er mar* 1911.$\t50,000.00 \u201c\t\u201c 44 1er juin 1911.56,250.00 \"\t\u201c\t44 1er septembre 1911.56,250.00 \u2022\u2022 payable le 1er décembre 1911.56,250.00 Réduction sur Edifice* de la Banque et aimablement.24,000.37 Porté au Fond» de Pension de» Employés .5,000.00 Porté au hond* de Réserve .\u2022\u2022\u2022«« \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 »\u2022\u2022\u2022.\u2022\u2022\u2022\u2022«.\u2022\u2022\u2022\u2022«.,\u2022\u2022\u2022.«\t150,000.00 Balanoe au crédit de Profits et Pertes le 30 novembre tyii.\t32,291.67 $ 430,042.04 FONDS DE RÉSERVE Balance au 30 novembre 1910.$2,500,000.00 Porté au crédit de ce compte le 30 novembre 1911.150,000.00 Balance au crédit de Fonds de Réserve 1030 novembre 1911 $2,650.000.00 BILAN 3O NOVKMUK.K I9I I J.D.ROLLAND, Président.I PASSIF Capital versé.$ 2,500,000.00 Fond» de Réserve.2,650,000.00 Profit* et Perte».32,291.67 Dividende» non réclamés.2,002.40 Dividende payable le ter décembre 1911.\t56,250.00 Dû a d'autre* Banques en Angleterre et en piycétranger» .\u2022\u2022\u2022»^.$\t61,906.69 B ill et s de la Banque en circulât ion.*\u2022 .«.«\u2022\u2022 «.2,150.3 24.00 Dépôt* ne portant pas Intérêt.5,247,105.20 Dépôts portant intérêt.14,022.815.93 Traita» impayées des Agences sur le Bureau-chef.201,716.84 $ 5.240.544-07 $21,689,868.66 $26,930,412.73 ACTIF Or et argent.$ Billet* de 1a Puissance.Billets et chèque» d'autre» Banques.Dû par d\u2019autres Banque» en Canada.,.Dû par d'autres Banques en Angleterre.Dû par d*autres Banques en pmy» étranger» .Consolidés anglais et Débentures des Gouvernements Fédéral et Provinciaux, de la Cité de New-York.et de U Cité de Montréal Autres Débentures municipales.».Autres Débentures canadiennes.Prêts à demande sur Actions et Débentures .Dépôts au Gouvernement en garantie de la circulation.304,873.46 1,752,286.00 1,893, ï°6.29 285,090.15 t93,098.92 443-35 *93* 1,198, 1,816,720.45 228.500.00 115.600.00 600,645.31 I 12,100.00 .Billets escomptés courants.- Billets en souffrance (pertes déduites).Hypothèques sur propriétés vendus par la Banque.Propriétés foncière!.Edifices de la Banque, Ameublement et autres valeurs.\u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022»\u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022 \u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2022 $17,802,271.64 43.075-71 1S.591.61 39.439-49 526,570.35 8,500,463.93 $18,429.948.83 $26,930,412.73 kM.J.A.PRENDERGAST, Gérant-Général.Le» Commandement» d\u2019un Cliel de Bureau.Nous trouvons dans une revue américaine, nn humoristique niais très sensé décaiogue d\u2019an chef de boreaa.Voici i I Ne mentez pas ! Gela fait perdre mon temps et le vôtre ; je vous prendrai bien A la fin, et cette fiu sera mauvaise.II Suivez votre ouvrage, et non l\u2019hor loge.Uuo bonne joarnée est toujours oour te ; mais l\u2019ouvrage raccourci m\u2019allonge la ûgare.III Donnes moi Jplas que je n\u2019attends et je vons paierai plus qae vou* n\u2019atteudfz.O\u2019est quand mes profité augmentent que votre paie profite.IV Vons devez tant A vons même, qn\u2019li ne faut pas devoir aux antres.Sortes de dattes on aortes de mon bureau, * V Ça n\u2019eut pas par aooident qae l\u2019on | devient maihonn&te.Ceux qni sont bons, \u2014 homme comme frmme, \u2014 savent bien reconnaître la tentation qui passe.VI\t1 Môlsz vous de vos sff lires,et avant longtemps, vous aurez d»*s affaires auxquelles vous sur* z mêlé pour votre propre compte.VII Ne faites j«mais oe qui vo is répugne.Celui qui p'*nt volerpour nui, pent voler contre moi.\ta 9\tVIII Vous ne me d*-voz pas vos nuits ! Mais si la dissipation diminue do moitié U valeur de votre travail, vons oe resterez chez moi qae la moitié dn temps que vous comptiez y faire.IX Ne me dites pas oo que j\u2019aime A \u2022mtendre, mus dites-moi oe que je dois savoir.Ma vaoité se passera bien de valet, mais il en faut an A ma bourse.X Ne grogaez pas si je tronve à redire.6i je von9 corrige, o\u2019est qae vons valez qu\u2019on voqs garde j on ne perd pas son temps A enlever les taches snr las pommes pourries.^ 0055 LE COURRIER DE 8T-HYACIHTHE 30 DECEMBRE 1911 Le Conrrier de Saint-Hyacinthe Joornal Hebdomadaire Mt Imprimé et publie, en U Cité üe St-Hyacinthe, roe Ste-Anne, No /O, Mr J.i>* L.Taché domicilié en U dite Cité, de Ht*llyecinthe.ABONNEMENT 91,00 P*r ftD» Canada et Ktmti-UnU.L'atonpemint date du 1er et du 16 de chaiju mois Tout année commencée te paie en entier Le droit 11c meurt pas.La question dos écoles catholiques du Manitoba entre dans une nouvelle phase.Leu nuages de préjuges qui avaient été amoncelés à plaisir tendent il se dissiper ; le problème se pose plus nettement et permet ainsi l\u2019espoir d\u2019une meilleure solution.Le 00mpromis Laurier Oreenway est reconnu insuffisant pour rendre pleine justice aux catholiques muni* tobaios : voilà ce qui ressort des récentes déclarations ministérielles.L\u2019admission de ce fait comporte logiquement la reprise du réglement sur lien bases plus équitables.Un principe de droit a été violé : l\u2019ordre et la paix ne sauraient être rétablis que par la restauration complète de ce droit.Il est vrai que l\u2019administration actuelle éprouve une naturelle répugnance à rouvrir le débat sur une question irritante, mais il ne faut pss oublier que la logique des choses est plus puissante que celle des politiciens.\u201cCeux qui prétendent, comme les libéraux, les années passées, et com-mo certains conservateurs aujourd\u2019hui, que le coin promis Laurier-Oreenway est déiiuitif et qu\u2019il n\u2019y a plus à revenir sur ce règlement, nous semblent dans l\u2019erreur\u201d, dirons-nous à la suite de l'Action Sociale qui a récemment traité cette ques tiou dans un magistral article et ce journal ajoute avec raison : \u201c Ni le 41 gouvernement fédéral, ni le gou-41 vernemeut du Manitoba n\u2019ont uu-44 torité pour déclarer définitif le 44 règlement en réalité provisoire, 44 qu\u2019ils ont fait.\u201d D\u2019abord lo gouvernement fédéral en traitant cette question agissait non de son propre droit, puisque lo temps de désavouer la loi était passé, mais eu vertu d\u2019uu ordre du conseil privé sanctionné par la Reine Victoria.Lo council privé avait recouuu les droits légaux des catholiques du Manitoba à posséder leurs écoles, dans les conditions indiqués dans son jugement.Ll avait statué que l\u2019nBHgo de ces droits devait lour être rendu, sans cependant exiger l\u2019abrogation des lois du Manitoba dont les catholiques se plaignaient.44 Jl suffit d'ajouter aux lois existantes ce qu'il faut pour faire disparaître toute cause légitime de plainte.\u201d Le jugement fut sanctionné par la Reine dans les termes suivants : 44 Sa Majesté, après avoir pris le dit rapport en considération, a bien vmlu j>ar et avec Son Oonscil IVivS, approuver le dit rapport et ordonner, ainsi qu'il est par le présent ordonné, que les recommandations et instructions qu'il contient soient ponctuellement observées suivies et exécutées en tous points : le gouverneur général du Canada, en fonctions et toutes les autres personnes, en ce qui les concerne, devant en prendre connaissance pour leur gouverne.\u201d Le Parlement du Oauada a rocou-nu qu\u2019il y avait là un ordre qui l\u2019obligeait à agir, eu lui en douuaut les pouvons.Or cot ordre de la plus haute autorité de l\u2019Empire n\u2019a pas encore été pleinement exécuté et n\u2019a pas été non plus révoqué par l\u2019autorité qui l\u2019avait porté comme juge, pas plus que n\u2019out été ahaudonnées les réclamations de la partie louée, qui avait porté plainte au tribuual.Malgré les efforts et les tentatives que l\u2019on a essayés, le règlement Laurier Qreeway n\u2019a jamais été considéré comme définitif, ni par lo roi ni par les catholiques du Manitoba.Or sans l'assentiment du roi et sans l\u2019acceptation de la purtio principalement intéressée, nous ne voyons pas quelle autorité sur terre peut déclarer ce règlement déiiuitif.Personno no peut plaider la prescription sur cette question.Ainsi, ni au poiut de vue du droit natorel, ni au point do vue du droit constitutionnel, la questiou no semble définitivement réglée, et il n\u2019est au pouvoir d\u2019aucun homme politique de l\u2019enterrer déûultivomeut.Ou a entassé sur cette questiou bleu des intrigues, bien des falla-oieux sophismes, bien des tueusongas audacieux ; elle n\u2019est pas enterrée.Il faut le diro à la louange do ses courageux défenseurs.Il faut le dire aussi à la louange des institutions britanniques, qui out sauvegardé le droit de l\u2019opprimé, même lorsque la perversité, l'imprévoyance et le manque de courage out semblé se liguer ooutre lui.Noua espérons donc toujours en la toute-puissante Providence.Nous ne désespérons ni de la justice anglaise ni du sentiment d\u2019équité de nos compatriotes anglais.Ce sera à eux de nous oonvaincre si définitivement nous nous sommes tiompés.(\u201cLe Patriote de l'Ouest\") PROP D'UNIS 6AUVIH-?**.*\u2022 ««* Cm Colique, dym La mort do petit Jean.Dans un coin de mansarde aux murs gris, suant l\u2019humidité, gît un petit berceau, fait d\u2019un vieux panier, tout difforme et boiteux ; trois briques descellées du carrelage disjoint l\u2019empêchent de tomber.Par no trou de la lucarne brisée, mal fermée d\u2019un morceau de journal, la bise de décembre envahit en aillant le réduit de misère, y poussant la ueigo en fiocons qui dansent joyeux dans la clarté pâle du jour tombant, comme s\u2019ils n\u2019étaient poiut des messagers de mort.La mort, elle entrera bientôt ; car, dans le berceau lamentable, un petit en faut agonise.Il est Bi maigre et si chétif, le pauvre enfantolet, ses mil gu0ques joues sont si creuses et s-bleues par le froid, qu\u2019à le voir on se sentirait le ctour gros de larmes ; son haleine mourante est plus faible que la respiration d'un petit oiseau ; elle se ralentit à chaque instant, près de s\u2019arrêter.Parfois, il géuiit, mais d\u2019une voix éteinte, et si doucemeot que l\u2019on croirait entendre plutôt la plainte d\u2019un arbrisseau.Parfois, un frisson le traverse et secoue péniblement co corps mince et fragile.Et pourtaut le père a jeté ce qui lui res tait de vêtement sur lo bébé malade, espérant le réchauffer encore et lui rendre la vie ; il n\u2019a gardé qu'une chemise avec uu pantalon de toile grossière j il grelotte, gelé par la bise cruelle, à genoux près du berceau.Oh î quelle douleur profonde est imprimée sur le visage de en père aux traits tordus par la souffrance, amaigris par la faim, et de quel toil navré, navrant aussi de désespoir, il contemple won enfant qui s\u2019en va ; et dans ses sourcils froncés fermés convulsivement, quel accès de rage contenue, de cette rage qui étreint horriblement l\u2019homme vigoureux et.vie, de se sentir impuissant devant l'agonie de ceux qa\u2019ll aime.Il songe, je malheureux, qn\u2019uu an à peine est écoulé du jour où lui, Pierre Bertram), brave, et solide ou vrler, a conduit à l\u2019autel Geneviève qu\u2019il aimait depuis si longtemps.Voici deux mois que Geneviève est morte eu douuaut la vie au petit Jean, une vie qui semblait éteinte avant d\u2019être commencée.Dès lors, Pierre a quitté l'usine, il est devenu lu mère de sou enfint, dévorant sans compter les économies qu\u2019il avait jadis amassées, sou par sou, pour servir do dot àGeuviève ; et, par un véritable prodige, il avait jusqu\u2019ici préservé sou petit Jean.Mais, hélas ! le gel est venu, les économies se sont, épuisées, la maladie a dévoré le corps de Feulant.Pierre, alors, brisant son juste orgueil de bon ouvrier, qui veut gagner son pain à la sueur de son front est allé tondre la main au coiu d\u2019une rue.Quelques-uns lui ont durement répondu : N'avez-vous pas honte de mendier à votre fige et bâti comme vous l\u2019êtes T\u201d d\u2019autres lui ont donné quelques sous.Mais, en rentrant, Pierre a trouvé sou fils à deuil-mort.La douleur aiguë et la colère folle se mêlent dans son cœur et le prenant à la gorge, envahissent, eu un coup do sang, sou cerveau affaibli.Et, duns un blasphème alfreux, Pierre, montrant le poing au ciel, ose maudire Dieu
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