La presse, 16 novembre 1976, cahier Élection
[" h- iT* ¦M ! i ! J |f | par Marcel PEPIN Déjouant tous les pronostics, le chef du Parti québécois, défait ù deux reprises depuis 1970, a mené son parti à une éclatante victoire hier, remportant 70 sièges à l'Assemblée nationale, contre 27 au Parti libéral, 11 à l'Union nationale, un au Crédit social et un au Parti national populaire.M.René Lévesque a remporte une victoire personnelle Impressionnante dans Taillon, devançant de 22,000 voix son adversaire libéral, tandis que le premier ministre Bourassa mordait la poussière dans son comté de Mercier, de même que M.Jérôme Choquette dans Outremont.Le chef unioniste Rodrigue Biron a été facilement élu dans Lotbinière, de même que M.Camil Samson dans Rouyn Noranda.Des son élection, M.René Lèves que a rassuré veux qui se sont le plus énergiquement opposes à son parti, a savoir les anglophones et les Néo-Québécois, en déclarant qu'il entendait faire du Quebec la patrie de tous les Québécois.De son coté, le premier ministre Bourassa a accepté la défaite avec sérénité, demandant aux milieux d\u2019affaires de rester calmes, ce dont M.Lévesque l a félicite.Des que M.Bourassa eut concédé l'élection, le premier ministre du Canada.M.Trudeau a déclaré qu'à son avis le chef péquiste avait obtenu un mandat pour administrer la province et non la séparer.Il s'est dit confiant que les Québécois rejetteront le séparatisme.Dans un télégramme adressé au chef péquiste.il lui a confirmé la mm tenue d'une conférence constitutionnelle à la mi-décembre.S\u2019il n'a pas réussi à faire élire un seul de ses candidats dans les comtés à majorité de langue anglaise, M.Lévesque compte cependant an sein de sa députation le premier Québécois d'origine haïtienne a siéger à l'Assemblée nationale du Québec, élu par les électeurs du comté de Papineau, qui compte les villes de Gatineau et Buckingham, dans l'Outaouais.Les ministres Au moment de mettre sous près se.10 ministres avaient été de faits, mais le sort de MM.Paul Berthlaumc, dans Laprairic et Paul Phaneuf dans Vaudreuil Soulanges demeurait incertain.Le PQ a par contre perdu de justesse tes comtés deSalnl-lIvacinthe et Hull.Des que la victoire du PQ est apparue certaine, les rues de Mont real se sont rapidement animées, les parades d'automobilistes multipliant et les fêtards n'en fi Hissant plus de chanter victoire.Les sis députés péquistes qui ont assumé l'Opposition officielle face aux 102 libéraux de M.Bourassa en 1973 ont tous été réélus, de même que les gros canons du par ti.MM.Camille Laurin, Jaeq Parizeau, Claude Morin, Pierre Mardis.Guy Juron et autres.La percée péquiste s'est mani festee dans toutes les regions de la province, à l'exception du West Island, tandis que les gains de PC nion nationale se sont concentres dans les Cantons de P Ksi et la revoir TétOMPHl,\t3 I* Ml % Égÿ* ;.v i M 'A 'f [TRIAL MARDI 16 NOVEMBRE 1976 Le cabinet Lévesque : l\u2019embarras du choix Une défaite acceptée avec grande sérénité Lévesque: la plus grosse majorité Une dizaine de ministres battus Trudeau prêt à collaborer par*te6ti40lNS rie nuira bureau d\u2019Qtlmva Lévesque peut maintenant nous démêler O .per Marcel PEPIN Ballottes vntrv deux ombigwitev les électeurs québécois ont opte massivement pour le* changement, écartant du meme coup toutes les menaces de plus en plus hx sien (pies qui pieux aient sur leur tête au cours des dernières heures de la t am pagne.Mais ils n'ont pas écarté l amln guile pour autant.I.a victoire pu quisle (Vêtait pas sitôt acquise que déjà, tant a Toronto qu'à Ottaxx a ou a Montreal on I interprétait comme une option pour le statu quu, option que M.Levesque aurait l'obligation de respecter.Les mêmes gens qui se sont fait dire pendant des semaines qu'un vote pour le Parti québécois est un \\ oie contre le Canada apprennent soudain, de la bouche même des plus x intents adversaires du l*(j.qu'il s\u2019agit tout au plus d\u2019un ver diet négatif contre M.Bourassa Décidément, il n'est pas facile de se denteler dans celte pmx ince ou les mandats clairs succulent aux mandats clairs, sans que l'on ne sache jamais davantage a quoi s'eu tenir Ainsi.M Bourassa avait besoin de l\u2019appui explicite des IJuebccois pour dire \u201cnon\" au séparatisme.Il ne l'a pas obtenu Devant celle ex idem e.NI Trudeau n'en vont lui pas moins.M.l.exesque a obtenu le mandat de gouverner le (Juche et non de h sépare \" ajoutant .1 ai tontianee que les (Juehecois t ontinuvront a rejeter le séparai is me.\" & A OTTAWA \u2014 La victoire du Parti québécois a semé la consternation à Ottawa.Quelques heures apres l'annonce de l'élcvtioil d'un gouvernement majoritaire péquiste, tous les chefs de partis fédéraux, le premier ministre Trudeau en télé, ont tenté dé désamorcer la crainte que pourrait susciter dans le Canada anglais l'élection d'un gouvernement que les libéraux tout fédéraux que provinciaux n'ont cessé de quatVcrdo \u201cséparatistes\".Ce n'est qu'après que M.Bourassa eut concédé lui-même l'élection que M.Trudeau a accepte de commenter l'élection.Mais de façon très laconique et dans une atmosphère très tendue.''Démocratiquement consulté, le corps électoral du Québec a donne assez de sièges au Parti québécois pour qu'il puisse former le prochain gouvernement do la province.C'est donc dans le respect du processus démocratique que nous reconnaissons la victoire péquiste.\u201cSi noiwnous appuyons sur les assurances tant de fois réitérées par le chef péquiste au cours de la campagne, nous devons conclure A.5?-e - I B h&£x >v- mmm ?W- B SF:> At.Trvdeou, hier soir U il liseurs deputes parvenant a sauver leur siège.Il n\u2019est certes pas facile de de partager de façon rigoureuse les ioies \"indépendantistes'' des \\o les fédéralistes égarés elle/ le l'Q, mais il parait un peu Iai-ila- et emmnude de faire sémillant que I indépendance ne fait plus partie du programme peipiiste M.dans l'immediaI M l.cves-que doit faire face a la lourde ta elle de rassurer non seulement les Québécois et le reste du pas s.niais aussi les minorités etlmiques.à eumnieneer par la minorité anglaise.dans un deuxieme temps il ne devrait pas tarder a livrer une Iranelte interpretation de sa \\ ictm rv.de manière i sort ir le Québec une fuis pour toutes de l amliigm' A beaucoup d'egards i e scrutin constitue une a mère leçon pour les stratèges libéraux qui ont cru que le seul fait de se proclamer fédéralistes cl d'agiter l'épouvantail séparatiste suffisait pour gagner la confiance populaire.I\te peuple a montré d'abord qu'il existait d'autres choix fédéralistes et ensuite qu'il en avait assez de se faire enfermer dans ce dilemme insupportable ou, A toutes fins utiles, or.lui interdisait de changer d'équipe â moins de changer de régime.II\ta ensuite clairement fait savoir aux libéraux qu\u2019ils ne savent pas comment vendre un pays.En réalité, aucun pays n'établit sa s a leur en dollars et cents.Rapetls svr le Canada a cette dimension, e était presque favoriser l'autre option.Trois fois en six ans les Quebc cuis ont vie l'objet de violents as sauts de propagande ou trop sou Von LEVESQUE, pog» 3 que la population a vote, non pas sur une option constitutionnelle, mais bien sur des questions d'ordres economique et administratif, et que M.René l.évesque et son parti ont reçu le mandat de gvu venter la province, non pas celui Voir TRUDEAU, pege 3 Aucune panique rue Saint-Jacques K Bourassa: un appel au calme K! A premiere x ne M TmkIimii ii .i p.is entièrement tort, puisque M Levesque n\\i pas obtenu la mnjo rite absolue «1rs voix, la present e tir ITnion nationale ayant grandement contribue, semble t il.a ren etir en faveur du PQ dans certaines regions stratégiques.Mais il u a pas entièrement raison non plus, car lorsqu'on consacre quatre semaines de discours et de propagande à clamer que le vrai visage du PQ, c'est son option séparatiste, on est un peu mal venu de prétendre, au lendemain du scrutin, que tel n'est plus le eus.C'est faire Pnx eu humiliant d'avoir voulu \u2019tromper sciemment les électeurs.La dermite des libéraux ne s'ex plique certes pas uniquement par le goût de (Indépendance qui semble se répandre rapidement en dehors de Montréal, mais aussi par le refus d\u2019un style de gouvernement axe sur la partisannerie.les programmes a courte vue et la crainte du changement La défaite d'un nombre impres sionnant de ministres illustre jus qu\u2019a quel point le mécontentement frappe surtout Coquine dirigeante.[;y i«* verser la v ap par Daniel L HEUREUX Avec une digne sérénité, le chef du Parti libéral, M.Robert Bourassa, a accepte hier \"le verdict clair de la population\u201d, allant même jusqu\u2019à prier les milieux économiques de rester calmes devant l\u2019élection d\u2019un gouvernement du Parti québécois.Ayant lui-même subi une cuisante défaite dans son comté de Mercier, M.Bourassa n\u2019a cependant voulu faire aucun commentaire sur son avenir politique personnel \"Ce n\u2019est pas une question que je veux traiter ce soir\", a-t-il repon du quand un journaliste lui a demandé s\u2019il demeurerait chef du Parti libéral.11 a fait une réponse semblable au sujet de la possibilité qu'il tente de se faire réélire à l'occasion d u ne élection partielle.\u201cC'est une possibilité dont je vais discuter avec mes collègues du parti\", a-t il toutefois ajoute.M.Bourassa n'a pas voulu commenter sa défaite personnelle ni élaborer sur la part de responsabilité personnelle qu\u2019il pourrait avoir relativement à la défaite de son parti.Rencontrant tes journalistes dans une salle de l\u2019immeuble de la Fraternité des policiers de Montréal, M.Bourassa a cependant donné d'autres raisons pour expliquer la victoire du Parti québécois: \"Il est évident que le Parti liberal, a-t-il expliqué, a été coince entre la gauche et la droite, la gauche trouvant qu'il n'allait pas assez loin, la droite trouvant qu'il manquait de fermeté\".M.Bourassa estime que la sorte te est de plus en plus polarisée et qu'il est beaucoup plus difficile de Voir BOURASSA.pofl.3 \"Ml K - i i i3k_ s H iï 3y -, AW phoM m^wi owl urwss» M.»f Mme Bourosso en fin de iO*r&* hi+r A i / A 7 CAHIER (LECTION U PKESSt.MONTREAL, MARDI 16NOVlM*rt 197A X On fait confiance à la promesse d'un référendum Aucune panique dans le milieu des affaires ' Les milieux d'atfàitrt et de la (maure donneront \u201cse chance au coureur1*.\u2022 \" \u2018 C\u2019est du moins 1» conclusion qu'il faut tirer des propos tenus A LA TRKSSK, hier soir, par quel ques hommes d'affaires.Généralement.les personnes, interrogées u expriment pas, face à la Venue du gouvernement Lévesque.les ctaintes que certain^attendaient.Elles préfèrent plutôt mettre en evidence l'intelligence du nouveau chef du gouvernement québécois, son sens des responsabilités et surtout les promesses qu'il a faites A lùâlntos reprises de ne rien brusquer et de r engager le Quebec sur U\u201eYote de l'indépendance qu'aprés unb consultation populaire.Une saine démocratie .M Germain l'errault.president.Banque Canadienne Nationale \u201cMonsieur René Levesque nous a promis un gouvernement fort, honnête.Surtout conscient des problèmes l.r peuple québécois a parlé, c\u2019est le résultat d\u2019une saine democrat te \"Rene Levesque n'est plus seulement le chef d'un parti politique, mais 1e chef d'un gouvernement Monsieur Levesque est mainte liant le premier ministre du Que tire, nous devons faire'Confiance A l.t fois au nouveau premier minis-trr ainsi qu'a la nouvelle équipé qui formera le gouvernement du Quebec.\" Voilà, succintement.la reaction du president de l'une des plus importantes banques à charte canadiennes.A l'issue du scrutin d'hier.Sur 1rs retombées economiques et financières: \"Tout autre commentaire, sauf ceux que je viens de soumettre, serait une presomp iton\", s'est contente de dire le pre ¦ 'dent de la Banque Canadienne Nationale.J G.Poulin, directeur pour le Québec de l'Association canadienne des manufacturiers: \"Cette victoire ne donne pas un mandat au PQ pour la separation.C'est un v oie qui représenté l'insatisfaction des Québécois face aux politiques economiques et sociales du Parti liberal \" Selon Poulin, le PQ en est t nos rient, et il s'attellera immédiatement à redresser I économie du Quebec, t roer des emplois et attirer l'investissement.Je donne la chance au coureur, ajoutr-t il.fondamental, quel que toit le gouvernement aU pouvoir, est de Véhiculer vers les élus du peuple les véritables préoccupations, craintes et contraintes des milieux de l'entreprise.Tout comme nous avons joué ce rôle avec le Parti liberal, nous entendons le jouer pleinement avec le Parti québécois.Il Incombera également au CPQ, compte tenu, au moins à court terme, des craintes que le nouveau gouvernement ne saurait Ignorer, de rappeler à ces mêmes milieux l'engagement du Parti québécois, fait face à la population, de procéder â un référendum avant rie s'engager dans tout processus d'indépendance.\" a.B# Texte de U.Roger LEROUX Alain DUBUC Georges GRATTON Pierre GRAVEL ff ¦ m 1 Ü ' slim, Il subsistera une certaine Incertitude.Mais II n\u2019est bien sur pas question pour nous de quitter le Québec avec nos mines sous le bras.Nous avons déjà eu » (aire face A des changements rie gouvernement ailleurs dans le monde, et comme partout ailleurs, nous tenterons de nous arranger avec le nouveau gouvernement,\" Aucune raison de s'énerver M.Pierre Brunet, vice president, Lévesque ft Beaubien, courtier en valeurs mobilières A Montreal: \"Le résultat du scrutin est surprenant, mais il n\u2019y a aucune raison de s'énerver.Le mandat que vient de reeex nlr le Parti québécois est clair II devra gouverner et vraisemblablement assainir les finances du Québec.\"Le Parti québécois n'a pas revu un mandat pour l'Indépendance du Québec, le demeure convaincu que le Quebec ne se séparera pas du reste du Canada\".\"Pour les relumhees sur les marchés financiers.Il faudra at tendre encore quelque letups pour en mesurer l'impact\", de conclure M.Brunet\" ¦ V ¦ \\ paient des impôts supérieurs a tous les autres Canadiens Les taxes indirectes qu\u2019ils doivent paver sont aussi 1res elevees par rapport a t elles des autres provinces.I ne hausse des impôts est donc A rejeter Non seulement le gouvernement ne peut envisager d\u2019an mitre ses recettes, mais encore risque t il de les voir réduites au cours de la prochaine aimer si le programme tie lutte a l\u2019inflation s'avère aussi efficace qu'il t'a etc en 197t l \u2019es ministre ries Ftnam es, Raymond Carneau, n\u2019a jamais l.e president de la CSX.M Rn ringwe.et le secretaire general de la FTQ.M Daoust.ont tous deux souhaite, dans les plus brefs de lais, une rencontre entre les nou xeaux dirigeants du Quebec et les dirigeants syndicaux afin de faire le point sur les dossiers.M Daoust a parle notamment du dossier de la salubrité au travail, du rapport Beaudry.du chômage, d\u2019une politique de main d\u2019oeuvre ci s'est dit assure que maintenant, les syndicalistes auront une oreille attentive au gouvernement 5 von Charbonneau.lui.est plus prudent quoique tout aussi enihou- x lerment aura A! 4 t 1 CAHIER ÉLECTION 3 U PRESSE, MONTREAL.MARDI 1A NOVEMBRE 1976 René Lévesque promet un gouvernement qui sera celui de tous les Québécois M I à ! £ «F par Pierre-Paul GAGNÉ Réitérant la promesse formelle de son parti de tenir un référendum sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec, le chef du Parti quebe cois.M.Relie Lévesque, s\u2019est en «âge, hier, a ce que son gouvernement soit celui de tous les Québécois.M \u201c.laniaK.a l ii ajoute, je » at pensé dans ma vie ue je pouvais '\u2022ire aussi bien en tant que Qnebe ' ois que ce soir.\" Parlant du bala> aitv de son par il.il a precise \u2022'Cette \\ ictoire de notre parti, on I espéra il et ou la souhaitait de tout notre coeur: mais on ne s'attendait jamais .* l'obtenir connue \u2022 a des « rite an lire m r-i 4- ü ¦ :-a :V£ 4 I î A «>xl V *»/ f .¦ \u2022\t1 : : â * & \u201cJe voudrais dire de façon très ( alnu* et très sincere, a I il lance, que le gouvernement du Parti québécois va travailler de toutes ses forces pour faire du Quebec la pairie de tous ceux qui l'habitent et qui l'aiment.'* Puis mois mi tonnerre d'applaudissements des quelque 6.000 parti sans pvquistes entasses au Centre Paul Sauve, il a ajoute: \" Nous ne sommes pas lin petit peuple: nous commençons meme peut cire a ressemblera un grand peuple.\" \\ isiblemviit dépassé par les stores inattendus de son parti.M l.e\\e*que a ronmiriK e par renier i ht les milliers de Québécois, d un bout .i ! autre de la province.
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