Reflet de société /, 1 janvier 2004, Novembre 2004 - Janvier 2005
Vol 13, No.2, Nov-Déc-Jan.2004 JOURNEE INI IVERSITÉ DU NOUVEAU MONDE REFLET DE SOCIÉTÉ Se sensibiliser pour mieux vivre JOURNAL DE LA RUE DROITS DE L'ENFANT ?0 NOVEMBRE ES JEUNES, VICTIMES DE LA PEINE DE MORT www.iournaldelarue.com v> 7 78313 01041 1 R 07638 PP 40025160 77831301041102 AVEC LA FORMATION PROFESSIONNELLE AU SECONDAIRE ET LA FORMATION TECHNIQUE AU COLLÉGIAL, TU AS TOUT POUR RÉUSSIR.-gSïs toutpourreussir.com GUY BLAIN A TOUS LES OUTILS POUR RÉUSSIR.Ce lauréat de l'édition 2004 des olympiades québécoises et canadiennes de la formation professionnelle et technique a obtenu son diplôme d'études professionnelles de machiniste.Toi aussi, tu peux avoir tous les outils pour réussir.Des dizaines de métiers passionnants et d'excellentes perspectives d'embauche t'attendent dans toutes les régions du Québec.Renseigne-toi à ton établissement scolaire ou va sur toutpourreussir.com et choisis le métier spécialisé ou l'emploi technique qui t'allume! Québec El El PHOTOGRAPHIES DE LA PAGE COUVERTURE Le choix final pour la couverture a été très difficile.C’est pourquoi nous avons décidé de faire 2 couvertures pour le numéro de novembre et de vous présenter les finalistes.'' - Vii îivf'-À' '5X> î> v-1'C J \ 6 ,- Ÿ'' ,£s\ \ !r3 ' LES GAGNANTS: «4 V LES FINALISTES Zia, fille de Philippa et Daniel et Luka, fils de Guillaume et Nadine iM#»- Marianne, fille de Caroline et Bruno Jonquière Photographie: Duy Trait Photographie: Danielle Simard Ludovick, fils de Lorianne et Jonathan Sainte-Hvacinthe Zia, fille de Philippa et Daniel France.Bourges Notre prochaine couverture honorera la Journée internationale des femmes.Envoyez-nous vos meilleures photos avant le 15 décembre avec vos coordonnées.(Photo originale par la poste ou par internet minimum 300 dpi de résolution.) Marika, fille de Pascal et Céline Montréal Luka, fils de Guillaume et Nadine Montréal Photographie: Céline Bergeron Photographie: Marie B.Volume 13 numéro 2 nov/déc 2004/janvier 2005 82 000 exemplaires / 254 200 lecteurs Publication bimestrielle Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est, Montréal HIV 1X5 TéL: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 E.: iournaKfl iournaldelarue.ca W.: www.journaldelarue.com Abonnement (514) 256-9000 Café-Graffiti (259-6900)_______ Lyne Déry, Steve Bouchard Francis Rodrigue Rédaction (514) 256-4467 __Photographie page couverture Raymond Viger Coordination (514) 259-1763 I Danielle Simard Info-Graphisme Valérie Larivière Illustration Pascal Rodrigue Agent de développement Mario St-Pierre (819) 373-6668 Duy Tran et Lorianne Gaucher Collaborateurs Sylvie Dumont Marie-Hélène Proulx Christine B.Lauthe Louise Gagné Jean-CLaude Leclerc Nicole-Sophie Viau Claire Lévesque Anne Lamothe Julie Rhéaume Denis Bélanger Luc Dufresne Réal Boisvert Steve Bemier Maryse Guénette Jean-Guy Roy Frédéric Vincent Conrad Ghislaine Morin Nous aimerions recevoir vos commentaires.Ne vous gênez pas pour nous envoyer vos textes et/ou dessins pour une publication éventuelle.La rédaction se réserve le droit d’abréger les lettres reçues.Nous SOMMES membres: AQPS Association québécoise de prévention du suicide AITQ Association des intervenants en toxicomanie du Québec FPJQ Fédération professionnelle des journalistes du Québec LfilïLlfl Bureau de vérification de la distribution $1 Institut du Nouveau Monde Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.DÉFENDRE ET PROMOUVOIR les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.Le Journal de la Rue a un fonds de réserve pour l’argent provenant des abonnements.Au far et à mesure que les journaux vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.Une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes et de vous garantir la livraison de votre Journal de la Rue.La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécuniaire des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans Reflet de société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux Publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal, no.d’enregistrement - 07638 - CMPA Association des Éditeurs de magazines Canadiens AQEM Association québécoise des éditeurs de magazines AMECQ Association des médias écrits communautaires du Québec SoPREF Société pour la promotion de la relève musicale (te l’espace francophone ISSN Radio Ville-Marie partenaire pour un débat de société 1615-4^74 Editorial Raymond Viger Le pouvoir de l'image Une image vaut mille mots dit-on.Difficile à admettre pour un écrivain-journaliste-rédacteur comme moi.Je réalise maintenant qu’on ne peut se battre contre ce vieil adage.Plusieurs expériences nous ont effectivement démontré cette gênante réalité.Notre magazine en est un d’information et de sensibilisation.Un débat social sur les différentes problématiques pour favoriser un changement social, une réflexion pour toucher les principaux acteurs de notre société.Ces acteurs de changements sociaux sont autant les politiciens et les syndicats que les parents, les intervenants et les citoyens.Tout le monde a un rôle important à jouer dans un débat qui doit être fait, dans une nouvelle vision de société qui doit naître.Notre magazine en est un de contenu.Notre grande faiblesse aura toujours été son côté visuel.Pendant longtemps, notre visuel aura été de n’offrir qu’une infographie de base pour permettre une meilleure lecture de notre contenu.Mais voilà qu’avec le Café-Graffiti, nous travaillons avec des jeunes qui ont de grandes capacités d’illustration et de dessins.Nous aurions dû être capables de devenir le magazine social qui a le meilleur visuel à présenter.Nous avons offert à ces jeunes des opportunités de prendre leur place, de livrer un message à travers leurs images.Nous remarquons cependant que, souvent, le jeune illustrateur est en panne d’idée lorsque vient le temps d’illustrer un thème, une idée.Encore plus difficile si nous lui demandons de mettre en contexte ses dessins pour en faire une bande dessinée.Le contenu de la bande dessinée, le texte, n’est pas aussi fort que l’illustration.Un peu comme Uderzo et Gossiny, l’auteur et l’illustrateur d’Astérix, nous avons tenté de jumeler un illustrateur avec un rédacteur.Nous offrons donc les textes, un contenu aux jeunes pour qu’ils les illustrent.La situation s’est grandement améliorée.Malgré tout, nous avons eu des incohérences qui nous auront mérité des prix citron.Rappelons-nous les illustrations de notre texte sur Constance Rozon et du Festival Juste pour rire (Vol 12 no 2 octobre 2003).Les illustrations donnaient un environnement au texte différent de ce qu’il était écrit.Nous avions eu à nous excuser dans le numéro suivant de cette interprétation visuelle.Aujourd’hui je dois reprendre pour une deuxième fois ma plume des excuses.Dans le dernier numéro, une illustration s’est glissée qui détonnait avec le texte et notre environnement éditorial.Dans le dernier exemplaire de Reflet de Société, dans le texte Créons de l’emploi: fermons les lave-autos automatiques, nous parlions de création d’emploi et de la beauté de voir un père de famille travailler dans un lave-auto manuel.L’illustration que nous avait fournie notre infographe montrait de jolies filles en tenues sexy lavant des automobiles.Au départ, la rédaction avait refusé le dessin.Nous ne voyions pas le lien entre l’illustration et le texte.Notre infographe a insisté, parlant de sa liberté d’expression, son droit à interpréter un texte à sa manière, du refus d’être censuré.Sous la pression du dead line et l’envahissement des différents dossiers inhérents au travail de directeur général de l’organisme, d’intervenant et de rédacteur en chef, j’ai flanché et j’ai cédé.Ce n’est qu’après publication que j’ai réalisé la grossièreté de l’erreur que je venais de commettre.D’une part, l’image ne s’apparentait aucunement avec le texte, je me devais de la refuser.D’autre part, il est vrai que je ne peux me permettre de bafouer le droit de notre infographe de s’exprimer et de créer les images qu’il veut bien réaliser.Cependant, cela ne veut pas dire pour autant que j’accepte de les publier dans notre magazine.Si l’image ne fait pas l’affaire, notre infographe n’avait qu’à la mettre dans son porte folio personnel ou de l’afficher lors d’une exposition personnelle.Je n’ai pas eu le courage de bafouer sa créativité.Je n’ai pas eu la sagesse de faire la différence entre un dessin pour sa créativité personnelle et un dessin qui doit communiquer son message et soutenir un texte de contenu.Aujourd’hui je n’ai que l’humilité de vous présenter l’erreur que j’ai commise et de m’en excuser.Cette réflexion me ramène au débat que nous avions eu sur les publicités d’E-duc-Alcool (Vol.12 no 2 octobre 2003).Le contenu des messages publicitaires est socialement acceptable.Mais les images qui supportent ces messages donnent soif et le goût de boire.Le monde de la publicité est très friand de ces images.Les publicistes savent que les mots ne servent souvent qu’à apaiser notre conscience pendant que l’image s’occupe de notre inconscient.Les politiciens travaillent maintenant leur campagne avec des faiseux d’image, les multinationales se donnent belle image pensant ainsi faire bonne figure tout en continuant de polluer la planète.L’image que l’on vend a-t-elle un pouvoir plus grand que le contenu?Les jeunes ont de grands talents artistiques.Nous allons continuer de les aider et les soutenir à pouvoir verbaliser et créer des images sociétales.Le pouvoir de l’image appartient aux jeunes.Je remercie les lecteurs qui nous ont écrit et téléphoné pour nous faire part de leurs commentaires sur ce sujet.Cela démontre une fois de plus l’importance d’être critique et vigilant.Aucun média digne de ce nom ne saurait faire la sourde oreille à vos commentaires.Continuez votre bon travail.Vous êtes des acteurs de changements sociaux.REFLET DE SOCIETE > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com mk r 10 ans Le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont de concert adopté un plan d'action décennal qui, grâce notamment à un nouvel investissement fédéral de 41 millards de dollars, consolidera les soins de santé pour tous les Canadiens.De meilleurs soins de santé : & réduction des temps d’attente • améliorer l’accès pour que les Canadiens obtiennent plus vite les tests cruciaux, les traitements et les chirurgies essentiels davantage de médecins, d’infirmières et d’autres professionnels de la santé • élaborer des plans plus former et recruter davantage de professionnels de la santé, et accréditer plus rapidement ceux formés à l’étranger ié élargissement des soins à domicile •améliorer le soutien aux personnes soignées ou en convalescence à domicile Sf meilleur accès aux services de santé à la famille et communautaires •augmenter l’accès en tout temps à des médecins, infirmières et autres professionnels de la santé meilleur accès aux médicaments essentiels • gérer les coûts des médicaments afin qu’aucune famille n’ait à choisir entre les médicaments et la déchéance financière SÎ amélioration de la santé des Autochtones • investir de nouveaux fonds et mieux planifier pour combler l’écart entre les soins de santé offerts aux Autochtones et aux autres Canadiens Réduction des temps d'attente : Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de rendre compte des progrès accomplis dans le domaine de la santé et, pour la première fois, dans la réduction des temps d’attente.Si des indicateurs comparables.pour mesurer les progrès • les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux utiliseront des indicateurs comparables pour rendre compte de l’amélioration de l’accès aux médecins, aux services de diagnostic et aux traitements des jalons.pour préciser le but visé • les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux établiront des temps d’attente médicalement acceptables - fondés sur l’avis d’experts -d’abord dans les domaines du cancer, des maladies du cœur, de l’imagerie diagnostique, des remplacements articulaires et de la restauration de la vue ^ des objectifs.pour susciter le changement • chaque gouvernement provincial et territorial établira ses propres objectifs pour les temps d’attente et rendra compte annuellement aux citoyens des progrès réalisés Les Canadiens pourront constater à quoi sert leur argent affecté aux soins de santé et les résultats déterminants qu'il produit.— |.Pour obtenir un exemplaire du document « Aperçu du plan d’action décennal sur les soins de santé 2004 », composez le 1 800 O-Canada (1 800 622-6232).Vous pouvez aussi le consulter sur Internet à www.canada.gc.ca/plansante.1+1 Gouvernement Government du Canada of Canada Canada À l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus, y Le suicide de mon (ousin le 11 mai, Jenny Marty, une lectrice de Lyon en France nous avait fait parvenir Perle ce texte.Jenny est une mère de quatre enfants.Voici un extrait de son texte.Disparition Les yeux levés au ciel, une mère regarde.Avec des larmes amères, les nuages épars, en se demandant pourquoi?Puis, elle s’attarde longuement en caressant le visage Sur la surface d’une photo prise quelques jours après sa naissance.Elle se rappelle combien cet enfant était tant désiré Mais depuis sa disparition, elle est déchirée Jusqu’au plus profond de sa chair.Lourde est sa souffrance.Un sentiment de colère enserre sa douleur, Douleur qui ne fait qu’augmenter au fil des heures, des jours, des mois.Seule, contre vents et marées, elle va tout faire pour accuser le coup Car cet enfant de l’amour était un don, un trésor unique, un réel bonheur.Elle savait qu’un enlèvement peut et pouvait arriver à n’importe qui.Mais de là à penser que cela lui arriverait.Jamais, elle ne l’aurait cru.Et pourtant, la chair de sa chair, le sang de son sang a été kidnappé, pourquoi?La déchéance humaine est tombée bien basse pour agir ainsi! Personne n’est à l’abri d’être un jour kidnappé.Un enfant, comme tout être humain, doit être respecté et aimé.Un enfant n’a pas demandé de naître pour vivre de telles atrocités.Un enfant, c’est notre devenir.Le devenir de tous.L’enfant est de toutes les races et de toutes les cultures et nous en sommes responsables.Les enfants ont aussi des droits.Le droit d’être aimé, respecté, de jouer et de rêver, de dire non, d’être protégé contre toutes formes de violence.Louise Harel ASSEMBLEE NATIONALE Qll É R F C JL* U L Bureau de circonscription Bureau 102 2065.avenue Jeanne-D'Arc Montréal (Québec) H1W3V3 Téléphone : (514) 873-9309 Télécopieur : (514) 873-5415 Courriel : lharel @ assnat qc.ca Hôtel du Parlement Bureau 2.89 Québec (Québec) Q1A1 A4 Téléphone: (418)644-1629 Télécopieur : (418) 646-6641 Nous ressentons tous un sentiment d’impuissance lorsqu’un proche se suicide.Mon cousin s’est suicidé il y a trois semaines.Il était très proche de moi.Malgré toute la peine que je puisse avoir, la seule chose que je sais c’est que sa peine était immense.Il ne voulait pas mourir.Il voulait arrêter de souffrir.C’était son seul moyen.Ça me permet de lui pardonner et d’alléger ma peine.Mais c’est tout de même quelque chose de très violent pour nous.Même inconcevable que quelqu’un qu’on aime meurt de cette façon.Pour lui, tout était noir.Il ne voyait pas la même chose que nous.Je ne peux essayer de l’oublier.Je ne l’oublierais jamais.Je m’efforce de me souvenir de ce qu’il a eu de plus beau pour remplacer l’horreur de sa fin.De nombreuses questions remontent en moi.Je me pardonne en me disant que c’est normal de me questionner et parfois de culpabiliser.Tout ça est un grand mystère dont lui seul détient le secret.Je me rappelle à nouveau les bons souvenirs afin que ceux-ci illuminent mon visage d’un sourire et je lui dis que je l’aime.N.D.L.R.Il existe plus de 35 centres de crise à travers le Québec.L’assistance annuaire peut nous donner les coordonnés du centre le plus près de chez nous.Il existe des groupes d’aide pour les endeuillés du suicide.Certains CLSC ont aussi des groupes d’aides et des intervenants pouvant aider et soutenir les proches.Il existe maintenant la ligne 1-866-appelle (1-866-277-3553) qui peut vous aider en tout temps à travers le Québec.N’hésitez pas à téléphoner et à demander de l’aide.mmmt.-**.-.-.—.|y REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Se prendre en main Béatrice P.Amiot, Sorel Tracy Je reçois pour la première fois votre Journal de la Rue.J’aime le nouveau nom, Reflet de Société.J’aime beaucoup votre magazine.Je suis d’accord qu’il faut dénoncer le mal et parler des problèmes de nos jeunes, surtout dans cette revue qui est pour eux.Il est important aussi de leur offrir des moyens de se prendre en main et leur donner le désir, le goût de devenir responsables de leur vie.être adolescent ne veut pas dire être rebelle et révolutionnaire, fuir la réalité dans la drogue et la loi de la facilité.Il faut les aider à prendre ce grand départ pour grandir dans leur vie, parce qu’ils sont la relève de notre société.La réussite de notre vie nous concerne tous.Et nous, les adultes, nous avons une grande part de responsabilité.Nous avons des choses à comprendre et à corriger pour que nos jeunes deviennent de bons citoyens engagés et responsables dans la Prendre le temps de refaire notre éducation, mal faite ou mal comprise.Redevenir des gens vrais et plus humains, capable de vivre ensemble sans se détruire les uns les autres et vivre dans l’amour de soi et des autres.C’est de ça que nos jeunes ont besoin pour grandir dans leur vie.À nous de réfléchir sur nos comportements.Soir de spleen Sur la route des pas perdus Je me retrouve seul, ému, Seul.Eperdu.Sous la pluie.Je gémis.Abandonné.Ça ne tourne pas rond dans mon cafard.J’ai de la boue au fond de mon cœur.Tristesse.S’il était le plus laid de tous les chiens du monde, Je l’aimerais à cause de ses yeux.Si j’étais le plus vieux du monde, L’amour luirait encore dans le fond de mes yeux.Et nous irions tous les deux, lui, si laid, moi, si vieux Un peu moins seul au monde, à cause de nos yeux.Il est révolutionnaire lorsque nous disons à quelqu’un Quoique tu fasses.Je t’aimerais quand même.Persévérante Laurette Girouard, Gatineau Tombé de son nid Ossature brisée Cicatrisé par la vie Chemins non défrichés.Les yeux écarquillés Les ailes battantes De son abri dépouillé Espérant dans le silence.Parti de si loin Pour rejoindre l’été Faire tant de chemin Désespéré à l’arrivée.Relever la tête vers le ciel Se remettre en marche Essayer à nouveau ses ailes Prendre enfin sa place.Prochain numéro : - Forum JEUNESSE 400 jeunes à ALMA - Journée Internationale des femmes Québec «« Je suis très heureuse de collaborer à ce numéro du journal Reflet de société.Les bénévoles qui en assurent la parution se dévouent corps et âme pour améliorer les conditions de vie des jeunes marginalisés en les accompagnant dans leur recherche d’autonomie.Leur travail porte fruits et contribue activement à la santé de notre démocratie; à ce titre, ils méritent de chaleureuses félicitations.J'invite les Québécoises et les Québécois à continuer d'appuyer cet organe de liaison ancré dans la communauté et entièrement au service de celle-ci.J'encourage également les femmes et les hommes qui animent Reflet de société à poursuivre leur œuvre de sensibilisation aux problèmes des jeunes marginalisés.En donnant vie à ce lieu de débats et de partage des ressources, ils permettent à chacun et à chacune de trouver des solutions adaptées à leurs besoins particuliers.Je les en remercie sincèrement.Longue vie à Reflet de société La ministre de la Culture et des Communications, LINE BEAUCHAMP Visiter le: www.joumaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIETE 4HKS HïïïïnnTmt [Tê nlR Je suis la conjointe d’un joueur compulsif.La première règle pour aider un joueur qui est près de nous est de ne jamais financer ses dettes de jeu.Le joueur doit faire face à la musique.C’est la seule façon de l’aider dans son cheminement.Un accueil inconditionnel, une ouverture d’esprit dans les discussions, ne pas l’accuser ou crier après, mais ne jamais lui avancer de l’argent pour aller jouer.Je remercie Loto-Québec d’avoir rudement mis à l’épreuve notre couple.Aujourd’hui nous sommes complètement ruinés.Nous en avons pour des années à remonter la pente.Ces difficultés nous ont permis de connaître Gamblers Anonymes pour mon conjoint qui est un joueur compulsif et Gam-anon, pour les proches des joueurs tel que moi.C’est dans ces groupes d’aide que nous avons pu changer notre mode de vie et être beaucoup plus heureux dans notre nouveau cheminement qu’avant.Avant de tout perdre, nos enfants trouvaient normal que le garde-manger soit plein.Aujourd’hui, après avoir manqué de beaucoup de choses, ils réalisent quelles ne sont pas acquises.Cela se gagne.Les beaux moments que nous pouvons aujourd’hui vivre en couple et en famille, sont possibles parce que nous avons assumé et accepté les difficultés que nous avons rencontrées.C’est en ce sens que je remercie Loto-Québec de nous avoir minés.Nous avons eu à passer par là pour découvrir un nouveau mode de vie, réapprendre à goûter aux différents plaisirs de la vie et de la relation.Je ne souhaite à personne de passer à travers toutes les difficultés que nous avons vécu.Mais je vous souhaite d’avoir la chance d’apprécier un mode de vie qui vous permet de goûter à la magie des relations humaines.Amis internet Claude J’ai une amie qui a commencé à clavarder sur différents réseaux.Elle a établi des relations avec des gens qu’elle n’a jamais rencontrés, jamais entendu la voix.Ce qui a débuté par une activité sporadique est vite devenue une activité de plus en plus régulière, quotidienne.Aujourd’hui, c’est plusieurs heures par jour qu’elle passe devant son écran à jaser de tout et de rien avec tous ces étrangers.Elle avait un copain.Leur relation s’est dégradée et ils se sont séparés.Elle préférait continuer à discuter avec ses cyber-amis.Je ne la vois plus, nous n’avons plus d’activités ensemble comme avant.Elle s’est isolée dans son monde artificiel.Même au bureau, j’ai entendu dire que son rendement a diminué, profitant de toutes les occasions pour aller vérifier ses messages.J’ai peur qu’elle finisse par perdre son emploi aussi.Pour certains, Internet est une ouverture sur le monde et peut briser l’isolement.Pour d’autres, c’est la fin d’une relation saine avec leur environnement.Je ne sais même plus comment je peux l’aider.Je suis impuissant face à sa cyberdépendance.NDLR: L’impuissance que nous pouvons vivre lorsque nous voyons un proche dépendant est bien réelle.Nous pouvons prendre le temps de consulter les ressources pour nous aider à rester présent et significatif pour la personne en difficulté.Il ne faut pas hésiter à demander l’aide appropriée.Demandez à un intervenant psycho social de votre CLSC, il pourra vous diriger dans les ressources disponibles dans votre quartier et vous aider à évacuer les émotions qui peuvent remonter en vous.Si on veut continuer à aider une personne proche, il faut aussi accepter d’être aidé.Réal Ménard Député d'Hochefaga 4036, rue Ontario est Montréal, Québec H1W 1T2 Téléphone: 514-283-2655 Télécopieur: 514-283-6485 Courriel: menarrl @parl.gc.ca I REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Christine B.LAUTHE «Et pourquoi ne légaliserait-on pas la prostitution?Ça résoudrait tous les problèmes! Une fois légalisée, les prostituées pourraient choisir leurs conditions de travail, leurs clients; elles passeraient des contrats de travail avec des employeurs, travailleraient au chaud dans des maisons, auraient une prise en charge sociale.Bref, ça serait parfait!» Cette réflexion je l’ai entendu souvent et parfois même de la bouche des personnes prostituées.C’est aussi ce que soutenaient les féministes australiennes dans les années 90 lorsqu’elles cherchaient des solutions à l’exploitation et au trafic des femmes dans l’industrie du sexe.Aujourd’hui, ce sont les mêmes qui crient «Au secours» devant les effets dévastateurs que la légalisation a engendré dans leur pays et plus particulièrement dans la province de Victoria en Australie.* Ces femmes font le cruel constat qu'«aucun législateur n ’est capable de prévoir les formes diverses d’exploitation sexuelle que des industriels du sexe vont pouvoir mettre en place pour en tirer un maximum d’argent.»* La libéralisation facilite l’expansion massive, la diversification de l’industrie et l’explosion des formes d’exploitation.Une fois que la prostitution est légitimée dans un pays comme une pratique commerciale acceptable, peu de barrières morales existent pour empêcher les formes nouvelles et brutales de l’asservissement de la personne - trafic d’enfants et de femmes qui alimentent les «bordels» locaux; services sexuels exigeant toujours plus de la personne et ceci dans des conditions toujours plus à risques - parce que dans cette industrie comme dans les autres «tout se vend, tout s’achète».On constate que le jeu de l’offre et de la demande, bien connu dans le commerce et dans l’industrie, fait prospérer les réseaux de trafiquants de femmes et d’enfants.Ce qui devait être une solution à l’insécurité, à la violence, au crime -situation auxquelles les personnes prostituées sont confrontées chaque jour dans la rue - s’est avéré être un cercle infernal d’esclavage dans lequel la violence, la consommation de drogues, la peur se sont conjuguées au rejet et à l’exclusion pour finalement renvoyer à la rue toutes les personnes prostituées qui n’étaient plus «rentables et efficaces».La légalisation a des conséquences pour les personnes qui vivent dans et de la prostitution, mais elle en a aussi dans les rapports, plus généraux, entre les hommes et les femmes.A Victoria, une génération d’hommes, a appris depuis la légalisation qu’il est normal et acceptable de traiter des femmes comme des objets sexuels qui n’ont d’autre utilité que celle de leur propre «consommation».Toutes les sociétés qui ont légalisé l’industrie du sexe et en vivent en tirent de très gros profits.Du temps de l’esclavage, des fortunes ont été amassées du fait du trafic d’esclaves.Mais alors pourquoi revenir en arrière?Les féministes australiennes conjurent toutes les femmes des autres pays d’éviter la situation dramatique qu’elles connaissent, «de ne pas se lancer dans le chemin de la légalisation*».Elles invitent les décideurs qui se soucient du bien-être des femmes à décriminaliser les personnes prostituées et à maintenir la criminalisation des bordels et des souteneurs.Ce constat australien doit nous interpeller et nous faire réagir face à des solutions qui, sous le couvert de supprimer la prostitution de rue et d’assurer le mieux-être des résidants, donne aux clients le droit à des demandes illimitées et aux proxénètes le droit à un esclavagisme mercantile.Qui sont les grandes perdantes de la légalisation?Les femmes, toutes les femmes! Lorsqu’un pays légalise la prostitution ce sont toutes les femmes qui sont concernées.et tous les hommes.C’est dans le respect et l’égalité que nous pouvons et devons cohabiter.*La légalisation de la prostitution n’est pas la réponse: l’exemple de Victoria; Coalition contre le trafic des femmes (CATW); Mary Sullivan et Sheila Jeffreys.2001.Extrait d'une entrevue de Xavier Raufer par Michel Arsenault (L'actualité 15 octobre 2004) «Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1989 est tombé le mur de Berlin.Et en décembre, de toutes jeunes Russes avaient déjà remplacé les dames d’un certain âge.En clair: trois semaines après la chute du Mur, la prostitution a changé de visage! J’ai demandé au préfet de police de Paris combien de temps avait fallu aux policiers pour redresser la parole à leurs homologues russes.Réponse: trois ans!» Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIÉTÉ n GAMBLING Petit questionnaire pour mieux se connaître tssaisr-'W-1 Avez-vous déjà resspn« a ou delai, / ressentl des remords «“delà honte après avoir joué?P-WS^^nVtvfe Ravoir gjgnM'^^^vantage?urgent de retourner et gag- juuéjuap’àtndredendawtf financer votre jeu?votre jeu?Participez au grand sondage annuel de Reflet de Société Aidez-nous à créer des images pour prévenir le jeu compulsif.Vous pouvez participez sur notre site internet : www.journaldelorue.com Ou encore en venant nous rencontrer au Salon du livre de Montréal, du 18 au 22 novembre prochain au kiosque du Journal de la Rue à la Place Bonaventure.REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Avez-vous déjà célébrer un événpr éprouvé le besoin de lem heureux en jouant?' ^MonVsuS^n v;^nrimementS 0U une envie de jouer?Est-ce que le Je» vous a causé des A,«-vous perdu activités qui vous tatérew* VOS .-vous déjà joué dMS le but d’obtenir de ou «îss'srrs:?"”-»* AHh ioué pour échapper aux Avez-vous déjà joue^ soucis ou aux problèmes?^SfadÉjâ«» v°tre familiale Si vous avez répondu OUI à une de ces questions, le jeu est peut-être un problème pour vous.Si vous vous questionnez sur votre jeu ou celui d’un conjoint ou ami, n’hésitez pas à appeler pour mieux vous informer.Mon Dieu, donnez-moi la Sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le Courage de changer les choses que je peux et la Sagesse d’en connaître la différence.wmm RESSOURCE POUR LE JEU COMPULSIF: JEU: Aide et Référence (514)0527-0140 McGill (514)398-1391 www.youthgambling.com Centre Dollard-Cormier (514)385-0046 www.centredollardcormier.qc.ca uww.gam-anon.org www.ga m b lersa no n y mous.org w w w.j e u -c o m p u I s i f.i n fo www.tel-jeunes.com Maison Jean Lapointe (514) 288-2611 Pavillon Foster (anglais et chinois) (514)486-1304 Orientation Praxis (514) 723-2585 9": A Visiter le: www.journaldelarue.com L’Université du Nouveau Monde UNIVERSITÉ DU NOUVEAU MONDE Raymond Viger Mission de l'Institut du Nouveau Monde: découvrir œ Québec de demain.Des citoyens, des idées, des projets.Michel Venue Malgré le beau temps qui règne à Montréal au mois d’août, 400 jeunes provenant de partout à travers le Québec se rejoignent sur une base volontaire pour rêver et réfléchir le Québec de demain.Malgré le beau temps, Catherine Farembach, directrice générale du Fonds Jeunesse Québec.«L’Institut du Nouveau Monde a su laisser toute la place aux jeunes pour créer leur propre programmation.L’échange avec des mentors de tous les milieux a été fort intéressant.Ce projet aura été une excellente expérience de travail pour les jeunes et leur donner des responsabilités.Je connais bien les jeunes qui participent à différents débats dans d’autres réseaux déjà organisés.Parmi les 400jeunes que j’ai croisé, je n’ai pas vu de visages connus.Les jeunes venaient de partout à travers le Québec, de nouveaux jeunes venus faire le débat.J’ai trouvé intéressant la place que les jeunes ont eu l’occasion de prendre.».ils travailleront ensemble pendant quatre jours à définir des propositions et des changements pour nos décideurs et la société.Conférences, ateliers, tables rondes avec une centaine d’acteurs influents de notre société, ils nous livrent maintenant le fruit de leur réflexion.Une organisation qui aura été possible grâce à l’implication de huit jeunes dans un projet du Fonds Jeunesse Québec.Pendant six mois, ces jeunes se sont acharnés à tout préparer, à tout prévoir.Face aux imprévus, ils ont gardé leur sourire et leur entrain.Quand une difficulté survenait, ils s’excusaient et, avec des yeux pétillants ils mettaient tout en œuvre pour trouver une solution rapide et efficace.Dans toute organisation, rien n’est parfait, mais cette capacité de garder sa bonne humeur et d’inventer une solution fait toute la différence pour la personne aux prises avec un problème.Les grand acteurs de notre société Pendant ces quatre jours, ils ont eu la chance de côtoyer Henri Massé, le grand manitou de la FTQ, Bernard Landry, ancien Premier Ministre et chef de l’opposition, Roméo Dallaire, ancien commandant des forces de maintien de la paix au Rwanda pendant le génocide, Marie-France Bazzo, animatrice à la radio de Radio-Canada et à Télé-Québec, Pierre Fortin économiste et chroniqueur pour L’actualité, Claudette Carbonneau, première femme à présider la destinée de la CSN, Michaëlle Jean, animatrice de l’Heure du midi à Radio-Canada, Pops, (le Bon Dieu dans la rue), François Avard, auteur des Bougons, Christian Vanasse, membre des Zapartistes, Michel Mpambara, humoriste, Riccardo Petrella du groupe de Lisbonne et auteur de Désir d’humanité, le droit de rêver et bien d’autres.Près d’une centaine d’invités de haut calibre sont venus s’entretenir avec les jeunes, mais surtout répondre à leurs questions.Un vrai débat pour parler des vraies AFFAIRES Et le débat a vraiment eu lieu.D’entrée de jeu, le directeur général Michel Venne parlait de toutes les attentions qui ont été mises en place pour recevoir le groupe de 400 jeunes.Il s’est rapidement fait crier dans la salle que pour des considérations environnementales, il n’aurait pas dû y avoir des verres en «styromousse».Tout en gardant son sourire, Michel Venne a eu l’ouverture d’esprit de bien recevoir la critique et de mentionner que cela sera pris en compte pour l’an prochain.Quand on donne l’opportunité aux jeunes de s’exprimer, il faut être capable de se remettre en question sans toujours être sur la défensive.Bernard Landry s’est fait vertement questionner sur des questions écologiques.Le Ministre de l’Éducation, Pierre Reid, a sûrement bien entendu les demandes répétées des jeunes pour un meilleur soutien dans les questions de Prêts et Bourses.Les jeunes étaient là pour s’exprimer, pas pour dormir sur leur chaise pendant qu’on leur parlait du Québec tel qu’il est.Ils ont voulu rêver le Québec de demain qui les attend et qu’ils veulent réaliser.Ils ont répondu à l’appel et brillamment rempli leur mandat.Les 50 propositions d'un nouveau Québec Le tout s’est déroulé avec une grande implication et avec beaucoup d’enthousiasme chez les jeunes.Il fallait les voir dans les pauses continuer à faire le débat et porter la réflexion encore plus loin.Les jeunes se sont impliqués dans une démarche qui les amenait à formuler 50 propositions pour un Québec qui leur est propre.Ces propositions peuvent être consultées sur le site Internet de l’Institut du Nouveau Monde www.inm.qc.ca.l’organisme qui parraine cette activité estivale nommée l’Université du Nouveau Monde.Même si les jeunes sont conscients que les alliances et le regroupement des gens deviennent presque incontournables en politique, pour une réflexion mature et complète.Ils ont choisi l’objectivité à la partisanerie.Et sur cet exercice de démocratie et de travail d’équipe, nos politiciens auraient avantage à écouter nos jeunes et à prendre exemple sur ce qu’ils ont réalisé.Si les politiciens apprenaient à travailler davantage en équipe plutôt que de chercher à se démolir entre eux, nous aurions peut-être la chance de mieux bâtir notre société d’aujourd’hui et de demain.Photographie: Frank Desgagnés Dialogue non partisan Le dialogue a réussi à régner en maître.Les jeunes se sont exprimés, tout en respectant le droit de parole de leurs vis-à-vis.Malgré que toutes les allégeances politiques étaient représentées, les jeunes ont parlé en tant que citoyens militants et non pas en tant que militants d’un parti politique.Aucune ligne de parti n’était de mise.Tout le monde avait son mot à dire, à sa façon, pour un Québec meilleur.DÉCOUVRIR LE QUÉBEC DE DEMAIN C’est avec une grande fierté envers le potentiel et l’implication de nos jeunes que j’ai assisté à l’Université du Nouveau Monde.Reflet de Société va continuer à suivre de près les débats et les activités de l’Institut de Nouveau Monde.Vous trouverez à la page couverture arrière de ce numéro un reportage photo sur l’Université du Nouveau Monde 2004 et une invitation pour l’an prochain.Puisque maintenant les jeunes ont pris position, il faut donner une suite aux débats.Nous y serons et nous nous ferons un plaisir de rappeler à M.Venne dans les semaines qui vont précéder de ne pas oublier de remplacer les verres en «styromousse».Voir couverture arrière pour notre photo-reportage.LTNM est un institut indépendant, non partisan, voué au renouvellement des idées et à l’animation des débats publics au Québec.L’INM oeuvre dans une perspective de justice sociale, de respect des valeurs démocratiques, et dans un esprit d’ouverture et d’innovation.LTNM veut inspirer l’émergence de solutions novatrices aux problèmes du Québec contemporain.Retrouver le goût de l’avenir, relancer l’imaginaire, aider les décideurs à décider mieux, dessiner les contours du Québec dans lequel nous voulons vivre demain, déterminer ce qui doit être fait pour répondre aux aspirations d’une société progressiste, juste, démocratique et pluraliste.Henri Massé, président de la FTQ «Dès le début de mon exposé, une quarantaine de jeunes s’étaient déjà entassés au micro pour discuter.Nous avons échangé pendant plus d’une heure par la suite, un débat fort actif.Cette formule est plus intéressante qu’une simple conférence.J’ai été frappé par les questions et les remarques des jeunes.Il est faux de croire que les jeunes sont égoïstes.Ils sont très préoccupés par la mondialisation et les choses sociales.Les jeunes sont très solidaires.Il est important de travailler nos convergences, plutôt que nos divergences.Il y a tout de même une limite aux débats non partisans.La force des idées n’est pas suffisante.Pour un changement, il faut aussi apprendre à contester.Pour ne pas se décourager, il ne faut pas se donner que des objectifs à long terme.Il faut aussi se donner de petites luttes, des revendications à court terme, des victoires de tous les jours.Il n’y a pas assez de forum comme ça.A l’époque nous avions la JEC (Jeunesse Écolière Catholique) et ensuite la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique) pour faire les débats de société.Notre société a tout de même changé.Dans les années 70, le long des autoroutes, on voyait toutes sortes de cochonneries qu’on jetait de nos automobiles ou dans nos excursions de pêche.Aujourd’hui on est beaucoup plus respectueux de l’environnement.Ill REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIETE Le Ministre de l'Éducation, M, Pierre Reid, déçoit les participants de l'Université du Nouveau Monde, Raymond Viger Après quatre jours de durs labeurs, d’échange et de réflexions sur une nouvelle société, c’est l’euphorie totale à l’assemblée citoyenne de l’Université du Nouveau Monde.Pendant la lecture des 50 propositions qu’ils ont élaborées, 400 jeunes applaudissent, font des ovations debout.Un vent de changement parcourt la salle.Michel Venne, le directeur général de l’Institut du nouveau monde qui a permis la tenue de cet événement, prend la parole.Il a droit lui aussi à une ovation monstre.Les jeunes sont heureux et enthousiastes de l’expérience.y > gMlll \ t m is f LA:** Le Ministre de l’Éducation, M.Pierre Reid, au nom de son gouvernement, est venu prendre acte des propositions des jeunes.Plus il parle et plus l’enthousiasme commence à s’effriter.Certains jeunes calent dans leur fauteuil, d’autres se chuchotent à l’oreille pendant que le Ministre nous entretient sur la théorie de Darwin et de la grosseur des cerveaux des fourmis.Deux jeunes, n’en pouvant plus, commencent à crier après le Ministre.Une dizaine d’autres quittent la salle.Cette salle si passionnée quelques secondes auparavant devient indifférente et déçue du discours du Ministre.Après avoir rêvé d’un Québec nouveau où règne la démocratie, après avoir eu des dizaines et des dizaines d’ateliers, de conférences et de tables rondes sur l’impor- tance de prendre sa place, l’indifférence du monde du pouvoir tente d’endormir maintenant les jeunes.J’ai rencontré plus d’une dizaine de jeunes après le discours du Ministre Reid.Ils sont unanimes à dire que le discours était «inapproprié.Cela détonnait avec tout ce que j’ai entendu pendant quatre jours.Je ne se sens pas que le Ministre de l’Éducation nous a entendu.Il aurait dû assister aux ateliers avec nous.Son discours est une coupure avec le restant de l’Université du Nouveau Monde.Il n’a fait aucune référence à nos propositions, malgré qu’il venir à la rescousse du Ministre en expliquant que M.Reid n’avait pas lu les propositions avant de se les faire présenter par les jeunes et qu’il n’avait pas eu le mandat de les débattre.Ayant été présent pendant les quatre jours de réflexions citoyennes faits par les jeunes, je considère personnellement que si le Ministre de l’Éducation avait eu juste un peu d’écoute, il aurait pu féliciter les jeunes pour leur travail et leur engagement.Indépendamment de la faisabilité des propositions, il aurait pu parler de la fierté de voir des jeunes arriver avec des solu- «Est-ce qu'il a traité les citoyens qui se CONTENTENT D'UN BOULOT-DODO-MÉTRO DE SIMPLE FOURMI y en ait dix sur l’éducation.» Certains, encore sous l’effet de choc, se sont contentés de commentaires tels que «inimaginable» ou encore tout simplement «complètement pourri».SANS CERVELLE?» tions qui, globalement, méritent d’être discutées.Des jeunes qui ne se contentent pas de chialer pour chialer, mais qui ont pris leur place de citoyens et qui ont rêvé d’un Québec meilleur.D’autres jeunes ont été blessé par certaines paroles accusatrices du Ministre telles que «.vous ne connaissez pas bien.».Les jeunes se sont questionnés: «Est-ce qu’il a traité les citoyens qui se contentent d’un boulot-dodo-métro de simple fourmi sans cervelle?» Ils ont été déçus, qu’en tant que Ministre responsable de changement dans le système de l’Éducation, qu’il se contente de dire qu’il en fera des photocopies pour ses fonctionnaires.«De telles propositions ne sont pas du ressort des fonctionnaires, mais du Ministre de l’Éducation.J’ai l’impression que nos propositions s’en vont directement à la déchiqueteuse.Compte tenu de l’importance du débat, pourquoi le Premier Ministre n’est pas venu lui-même nous rencontrer?» Les porte-parole des propositions auraient, quant à eux, préféré un débat sur les énoncés présentés.Michel Venne a tenté de Quand j’écoutais le discours du Ministre Pierre Reid, j’avais l’impression d’être infantilisé.Si on veut que les jeunes s’expriment, il faudrait tout de même prendre un temps pour les écouter.Si on veut que les jeunes prennent une place active dans notre société, il faut aussi être prêt à assumer qu’ils peuvent penser différemment de nous et que leurs propositions peuvent déranger nos vieilles habitudes.Je ne sais pas si M.Reid est un bon Ministre de l’Éducation ou non.Une chose est certaine, à titre de représentant du Premier Ministre pour être à l’écoute de la jeunesse, il a coulé son examen.NDLR: Nous avons demandé à plusieurs reprises une entrevue téléphonique avec le ministre Pierre Reid.Après six semaines d’attentes nous sommes toujours sans nouvelle.Visiter le: www.journaidelarue.com REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Mario St-Pierre masas Célébrer la Journée nationale de l’enfant, c’est confirmer le rôle essentiel que doivent jouer les enfants dans leur propre vie et celle de leur collectivité, c’est reconnaître qu’ils sont des citoyens à part entière qui peuvent, et doivent contribuer de façon significative aux décisions qui permettront que leur pays soit digne des enfants.Les Etats-Unis bafouent les DROITS DES ENFANTS Nos voisins du pays de l’Oncle Sam prétendent être les grands défenseurs des droits de humains, déclarent la guerre au nom de la liberté et revendiquent le titre de policiers du monde.Pourtant, ils s’entêtent à ne pas ratifier la Convention relative aux droits de l’enfant .La peine de mort, l’emprisonnement à vie et les droits des adultes semblent primer sur le respect de leurs propres enfants.Avec la Somalie les Etats-Unis sont les seuls à ne pas avoir ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant qui célèbre son 15e anniversaire cette année.En fait, 25 États américains refusent d’abolir la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs, des handicapés ou des mineurs atteints de maladies mentales reconnues.De telles pratiques vont carrément à l’encontre de la convention qui prône, entre autres, le droit à la vie et le meilleur intérêt possible de l’enfant.Plus particulièrement l’article 37 de la Convention qui protège l’enfant contre toute forme de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants y compris la peine capitale ou l’emprisonnement à vie sans liberté de libération.Les Etats-Unis ont du mal à s’engager face à ce document de droits internationaux.La première raison mise de l’avant stipule que la convention fragilise le droit des parents sur les enfants.On jumelle cet argument à l’avortement.Il faut souligner que les Etats-Unis s’opposent à l’avortement en propageant l’idée de l’abstinence sexuelle comme solution miracle.De nombreux lobbies, soutenus par le Sénateur Jesse Helms, laissent croire que cette Convention brime les parents.On le surnomme « sénateur du non »pour son opposition systématique aux traités internationaux.Il a quitté ses fonctions en janvier 2003.Après avoir consacré sa dernière année au Congrès américain pour lutter contre le sida.Atteint d’un cancer et d’une maladie musculaire l’obligeant à utiliser une chaise roulante, Monsieur le Sénateur aurait-il eu des remords face à ses positions intransigeantes?Osons espérer que oui! Convention sur les droits de l'enfant: 15 ans déjà! Le 20 novembre 1989, l’Assemblée Générale des Nations Unies (O.N.U.) adoptait la Convention Internationale des Droits de l’Enfant qui reconnaît aux enfants des droits fondamentaux.À ce jour 191 pays se sont engagés à l’appliquer.Au Canada, bien que nous ayons ratifié la convention le 13 décembre 1991, c’est en 1993 que le gouvernement du Canada adoptait le projet de loi C-371, connu sous le nom de la Loi sur la journée de l’enfant, et désignait le 20 novembre de chaque année comme journée nationale de l’enfant afin de promouvoir la Convention des Nations Unies au Canada.Ce document contient 54 articles.La Convention relative aux droits de l’enfant est fondée sur quatre principes interreliés: • dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l’intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale; • tous les enfants ont droit à la vie, à la survie et au développement; • tous les enfants ont le droit de participer; • tous les droits appartiennent à tous les enfants, sans discrimination ni exception.La convention relative aux droits DES ENFANTS EN RÉSUMÉ • Tout enfant a un droit inhérent à la vie, et les États assurent au maximum • la survie et le développement de l’enfant.• Tout enfant a droit à un nom et à une nationalité dès sa naissance.Dans certains états américains J’suis trop jeune pour acheter des billets de loterie, Trop jeune pour louer des films XXX Trop jeune pour consommer de Valcool Trop jeune pour acheter des cigarettes Trop jeune pour fréqueter les bars, Trop jeune pour voter.Mais à 16 ans J'ai T âge d’être exécuté légalement.Visiter le: www.journaldelarue.com B Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIÉTÉ DOSSIER ; DROITS DES ENFANTS • Lorsque les tribunaux, les institutions de protection sociale ou les autorités administratives prennent des décisions qui concernent les enfants, la considération primordiale doit toujours être l’intérêt supérieur de l’enfant, l’opinion de l’enfant doit être dûment prise en considération.• Les États s’engagent à garantir à chaque enfant la jouissance de ses pleins droits sans discrimination ni distinction d’aucune sorte.En particulier, les filles doivent jouir des mêmes droits que les garçons.• Les États prévoient pour les enfants qui sont sans famille une protection de remplacement convenable.La procédure d’adoption doit être soigneusement réglementée et les États s’efforcent de conclure des accords internationaux pour assurer des garanties et la légalité de la procédure lorsque les parents adoptifs ont l’intention d’emmener l’enfant à l’étranger.• Les enfants handicapés ont droit à un traitement, une éducation et des soins spéciaux.• Les enfants ne doivent pas être séparés de leurs parents sauf en vertu d’une décision prise parles autorités compétentes dans l’intérêt des enfants.• Les États doivent faciliter la réunification des familles en autorisant l’entrée ou la sortie de leur territoire.• La responsabilité d’élever l’enfant incombe d’abord aux parents, mais les États leur accordent l’aide appropriée et assurent la mise en place d’institutions qui veillent au bien-être des enfants.• Les États, la collectivité et les parents protègent les enfants contre les brutalités physiques ou mentales, la négligence ou l’abandon y compris contre la violence et l’exploitation sexuelle.• Les États protègent les enfants contre l’usage illicite des drogues et contre l’utilisation des enfants pour la production ou le trafic de drogues.En mai 2002, plus de 7 000 personnes provenant du monde entier se sont rassemblées à New-York pour prendre part à la Session extraordinaire des Nations Unies sur les enfants, la plus importante jamais réalisée.Mais encore là, les Etats-Unis ont largement handicapé l’événement en s’opposant à toutes référence à la Convention.En décembre 2003, les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils désiraient ratifier la Convention mais qu’ils souhaitaient auparavant déposer une réserve sur l’article 37 qui condamne le recours à la peine de mort contre les enfants.Certains des 25 Etats américains, qui conservent la peine capitale dans leur arsenal juridique applicable à des mineurs, n’hésitent pas à l’appliquer concrètement.N’ayant visiblement rien compris à l’essence même de la Convention, leur demande a été rejetée.Au nom de la liberté, combien d’autres décisions nos voisins justifient : guerre, tuerie d’innocents, refus de protéger des gens en situation de pauvreté.Comment, en tant que société sensible aux droits Au cours des 15 dernières années, 38 mineurs ont été exécutés dans 8 pays du monde: Arabie Saoudite, Iran, Nigéria, Pakistan, Congo, Yémen, Chine et les Etats-Unis.Ces derniers détiennent le triste record mondial d’exécution de mineurs: 9 à eux seuls! fondamentaux, pouvons-nous tolérer ces comportements?Imaginez, un instant, qu’au Québec l’on mette à mort un enfant pour un crime commis.Nous assisterions à tout un tollé de protestations et d’indignation de toutes parts.Il faut dénoncer cette « toute puissance américaine » qui ne respecte aucun droit humain fondamental en déclarant la guerre à qui mieux mieux, en tuant, en laissant mourir des enfants dans leur propre pays.Le Président Bush dénonce l’avortement mais il se garde bien le droit de tuer des enfants de leur vivant! Des centaines de jeunes condamnés À MORT Une vingtaine d’États américains dont le Texas, ont recours à la peine capitale pour des personnes qui ont commis des crimes alors qu’ils étaient mineurs ou, dans certains cas sont exécutés alors qu’ils n’ont pas encore 18 ans.La section canadienne francophone d’Amnistie internationale nous invite à écrire au Gouverneur du Texas pour demander de commuer les sentences de mort prononcées contre tous les mineurs.Consulter le site: www.amnistie.qc.ca ou par téléphone: (514) 766-9766 i REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com DOSSIER Louise Gagné Les États-Unis sont aux prises avec un important phénomène depuis plusieurs années: quelque 100 000 enfants seuls (c’est-à-dire toute personne de moins de 18 ans sans ses parents ou la personne qui en a la responsabilité légale ou coutumière) se présentent aux frontières ou sont identifiés sans statut sur le territoire américain.Les 7 à 8 000 d’entre eux dont la situation est étudiée chaque année, étaient tous placés en détention jusqu’à récemment.On a vu jusqu’à 15 000 de ces jeunes détenus à certains moments.Dans le but d’aider ces milliers d’enfants (le plus grand nombre sont âgés de 14 à 17 ans, le plus jeune ayant 18 mois), les Églises catholiques et luthériennes collaborent pour trouver des avocats (essentiellement des étudiants en droit qui agissent sur une base bénévole), organiser des services sociaux et médicaux pendant la période de détention (45 jours en moyenne), et faciliter leur vie aux États-Unis de ceux qui sont autorisés d’y rester.Avec plusieurs autres organisations, ils plaident pour que l’État américain assume ses responsabilités et assurent le respect des droits fondamentaux de ces jeunes.En septembre 2004, j’ai participé à titre de représentante du Bureau international des droits des enfants à une rencontre organisée par ces organismes à Washington, en présence de responsables de Y Office of Refugee Resettlement (ORR), l’organisme gouvernemental mandaté depuis mars 2003.Plusieurs équipes universitaires ont pris note des délibérations et en feront état dans un article scientifique qui doit être publié bientôt.Ils ont convenu d’élaborer un plan national pour mieux coordonner les interventions gouvernementales et non-gouvernementales.Pour répondre au rapport d’Amnistie internationale de 2003 qui dénonçait la détention des mineurs, les Américains cherchent des solutions pour garantir leur bien-être, tenant compte de la sécurité.Certains de ses jeunes sont en effet, des victimes de la traite ou d’exploitation sous diverses formes.Au Québec, les autorités d’immigration réfèrent tous les enfants seuls, au Service d’accueil des réfugiés et des immigrants (SAR1M) rattaché au CLSC de Côte-des-Neiges à Montréal.Un représentant désigné accompagne l’enfant dans ses démarches et s’assure que ses droits sont respectés: conseil légal, hébergement et scolarisation, services médicaux, contacts avec les parents et protection contre les trafiquants, etc.La tendance des exécutions de mineurs est à la hausse.En 1986, il y en a eu 743.Les pires années auront été 1996 avec 4 272 exécutions de mineurs et 2001 avec 3 048.NDLR: Les États-Unis sont contre le Tribunal international.Ils ne veulent pas êtrejugé par d’autres gouvernement.De plus, le processus juridique pour ratifier et signer une entente internationale est très lourd.Les États-Unis ont mis 30 ans pour ratifier la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.Après 17 ans, ils n ’ont pas encore ratifier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes! Malgré tout, ils peuvent prendre la décision d’attaquer un pays beaucoup plus rapidement.• • • «Ceux qui prétendent conférer la légitimité doivent eux-mêmes l’incarner; ceux qui invoquent le droit international doivent eux-mêmes s y soumettre.» Extrait du message du Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, 21 septembre 2004.DROITS DFS FNFANTS • Les enfants appartenant à des populations minoritaires ou autochtones pourront avoir leur propre vie culturelle, pratiquer leur religion et employer leur langue librement.• Tout doit être mis en oeuvre pur empêcher l’enlèvement et la traite des enfants.• Lenfant a le droit de jouir du meilleur état de santé possible.Les États assurent l’accès aux soins médicaux à tous les enfants, en mettant l’accent sur la prévention, l’éducation sanitaire et la réduction de la mortalité infantile.• L’enseignement primaire est gratuit et obligatoire, la discipline scolaire doit respecter la dignité de l’enfant.• Léducation a pour but de préparer l’enfant à la vie dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance.• Les enfants doivent avoir du temps pour le repos et le jeu ainsi que l’accès aux activités culturelles et artistiques dans des conditions d’égalité.• Aucun enfant de moins de 15 ans ne peut participer à des hostilités, les enfants touchés par un conflit armé doivent bénéficier d’une protection spéciale.• Les enfants victimes de mauvais traitements, de négligence ou ayant été mis en détention doivent bénéficier d’un traitement ou d’une formation appropriée en vue de leur guérison et de leur réadaptation.• Ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans.• Les enfants impliqués dans des infractions à la loi pénale ont droit à un traitement qui contribue à développer leur sens de la dignité et de la valeur personnelle et vise à faciliter leur réinsertion sociale.• Les enfants en détention doivent être séparés des adultes, ils ne doivent subir ni tortures ni traitements cruels ou dégradants.Les états doivent faire largement connaître les droits énoncés dans la Convention, aux adultes comme aux enfants.Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 Vol.13,2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 l’aide qu’il apporte aux jeunes.C’est pourquoi il se dévoue à 100% dans cette nouvelle mission qu’il s’est donné.Depuis 1999, plusieurs difficultés seront surmontées pour mener à bien ce projet qui lui tient à cœur.Il aura su impliquer plusieurs membres de sa famille à travers le Québec.Ses enfants Sylvain à Québec et Martin à Sorel, sa cousine Marlène à Roberval.Après cinq années d’effort, le Journal de la Rue est maintenant le média qui a le plus haut taux de croissance au Québec.Bravo Russell pour ton implication et ta détermination.Je suis fier de toi, pour ce que tu es et pour ce que tu as fait.Je t’aime, ta compagne de toujours, Ghislaine.Visiter le: www.journaldelarue.com if- Radio Un jeune de 27 ans m’aborde à la sortie d’une célébration en s’exclamant: «C’est vous Radio Ville-Marie.Je veux vous dire merci car si je suis en vie aujourd’hui, c’est grâce à votre radio!» Voilà un commentaire pour le moins étonnant à l’endroit d’un média par les temps qui courent.Ils sont fréquents les témoignages de ce genre dans cette radio spécialisée qui célèbre cette année son 10e anniversaire d’existence.Depuis son entrée en ondes en 1995, Radio Ville-Marie s’est taillée une place enviable dans le paysage médiatique montréalais.24 hres par jour, cette station radiophonique accompagne ses 257 500 auditeurs avec créativité sur la route de la vie humaine et spirituelle grâce à une programmation riche et variée.Sa force et son dynamisme: une équipe extraordinaire mue de l’intérieur, passionnée de la vie à faire grandir.Un média spécialisé L’univers des médias est fascinant.Les fondateurs de Radio Ville-Marie (CIRA-FM) l’ont bien compris et ont voulu en faire une radio animée d’un dialogue ouvert et franc, où l’on éveille aux valeurs humaines et chrétiennes.Elle se veut une radio qui a de l’âme, qui écoute la vie d’ici et d’ailleurs.Elle se définit comme un service de radiodiffusion d’inspiration chrétienne et universelle, qui cherche à rassembler les églises, sans but lucratif, où Jean-Guy Roy son personnel d’animation est bénévole.Située aux fréquences 91,3 FM (Montréal) et 100,3 FM (Sherbrooke), elle diffuse présentement dans un bassin de plus de 4 millions de personnes et à travers le monde via son site internet radiovm.com.Au cours de l’automne 2004 s’ajouteront les fréquences de Trois-Rivières (89,3) et Victoriaville (89,1).Dans un monde en mutation continuelle, où la quête de sens et les valeurs fondamentales sont tant recherchées, cette station offre à tous des chemins de croissance, des points de repères, des outils de discernement.Plusieurs personnes la considèrent comme la radio des «sans voix», la leader des valeurs.Une radio branchée sur la vie La programmation essaie de rejoindre les préoccupations des gens.C’est une radio qui tente d’apporter un éclairage pertinent sur les grands enjeux à la lumière des valeurs chrétiennes qui sont ancrées dans notre histoire collective.À travers la diffusion de ses 140 émissions hebdomadaires, Radio Ville-Marie apporte soutien et inspiration auprès de ceux et celles qui doutent, cherchent et luttent.Les émissions se regroupent sous cinq volets: information, culture musicale, culture religieuse et sociale, réflexion, services communautaires.Au fil des années, Radio Ville-Marie a tissé des liens très solides avec des organismes du milieu qui travaillent à rendre notre monde plus humain, plus fraternel et plus solidaire.Ces partenariats lui permettent d’offrir des émissions où l’intelligence parle avec le coeur.Elle est sans contredit un lieu d’échange, de recherche et de débat entre les divers courants de pensée qui circulent au sein de la société.Par le choix d’une musique de haute qualité, elle favorise l’ouverture qui mène à l’intériorité.Elle partage aussi avec ses auditeurs d’agréables moments de divertissement, signe d’une radio qui sait célébrer la vie.Pour beaucoup de ses auditeurs, Radio Ville-Marie est devenue une amie indispensable qui redonne courage et espoir.Un avenir prometteur Cette station a un potentiel remarquable: 110 animateurs, 20 chroniqueurs, 15 permanents, 60 bénévoles hors ondes.Alors que nous assistons aux fusions et à la concentration des médias, Radio Ville-Marie prend de l’expansion, développe progressivement son propre réseau.De nombreux projets sont en voie de réalisation afin qu’elle soit de plus en plus ancrée dans le vécu des jeunes, des adultes, des aînés.Grâce à la générosité de ses auditeurs et de son réseau d’ami(e)s associé(e)s, la station peut regarder vers l’avenir avec confiance.Faire route avec RVM, c’est aller au cœur même de la vie qui bat.Elle est une radio en mission continuelle sur la rue, dans les maisons, dans les églises de differentes confessions mais surtout au cœur de l’être humain en quête de son humanité et de son devenir.En fait, elle est plus qu’une radio! Radio Ville-Marie, 505 avenue du Mont-Cassin, Montréal, (Québec) H3L 1W7 Tel.: (514)382-3913 Télécopieur : (514) 858-0965 Sans frais : 1-877-668-6601 Courriel : cira@radiovm.com 'affin Galeries Rive-Nord 1 00, bvd.Brien Repentigny (Qc) (450) 581-9892 Tours Triomphe 2512, bvd.Daniel-Johnson Laval (Qc) (450) 682-0636 Plazo St-Hubert 6330, rue St-Hubert Montréal (Qc) (514) 274-2870 Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIÉTÉ Fermont Naissance d’une coopérative jeunesse Denis Bélanger, Trait d’union de Nord (418) 287-3655 !üüü mm H» i - ! ü S i $$ i " «S «S —flmtrnm m Wmm mmm mmssmm mmmmm&mmmm m mmsmmmmmmmsm ms L’été dernier, une Coopérative Jeunesse de Service voyait le jour à Fermont.L’expérience positive des jeunes aura profité non seulement à la population, mais aussi à tous les intervenants qui ont su diriger le projet vers la réussite.Lors du recrutement des coopérants, la plupart des jeunes âgés de 13 à 16 ans ont présenté leur candidature, car ils voyaient là une belle opportunité pour occuper un emploi et gagner quelques sous.Mais après deux mois de travail, ils auront obtenu bien plus que de l’argent.«J’ai acquis plusieurs nouvelles connaissances et élargi mes responsabilités.Ce qui est intéressant c ’est que ce bagage me suivra pendant longtemps», dit la présidente de la Coopérative Émilie Albert-Marin.«Cette aventure m’apermis d’apprendre le travail individuel ainsi qu ’à mieux travailler en équipe», de commenter un autre coopérant, Daniel Dunn.Pour Sophie-Hélène Collin et Jocelyn Lévesque, cette entreprise leur a permis de tisser des liens.D’ailleurs, afin de bâtir une bonne chimie de groupe, plusieurs activités ont été organisées en dehors des heures de travail.Les coopérants auront notamment fait une sortie de camping.De plus, la CJS aura éveillé chez certains des aspirations professionnelles.«J’envisageais déjà de faire une carrière en administration.Ce projet m’a donné plus que jamais l’envie de me diriger dans ce domaine», révèle Emilie.Même son de cloche chez Sophie-Hélène.«J’étais intéressée par la commercialisation.Ayant eu l’occasion de développer certaines habiletés de communication, ces semaines de travail m’incitent à poursuivre mes aspirations.» Le but premier de la CJS était de permettre aux jeunes de prendre conscience de leurs capacités et responsabilités collectives afin de transformer le milieu selon leurs besoins.Évidemment, les jeunes n’ont pas fait tout le travail, devant apprendre au départ les rudiments de la gestion d’entreprise.Ce sont l 1 les animateurs Chantal Patoine et Sébastien Tessier qui ont eu la tâche de démarrer la Coopérative avant que les coopérants en assurent la gestion.Sébastien et Chantal ont éprouvé un drôle de sentiment lorsqu’est venu le temps de transférer les responsabilités aux jeunes.«J’ai trouvé cela difficile de relâcher le tout et de ne demeurer qu ’un observateur alors que nous avions les deux pieds dans le projet depuis des semaines», confie Sébastien.Mais ils ont tout de même compris que leur implication se limitait à un rôle de conseiller et que les jeunes devaient être laissés à eux-mêmes pour expérimenter ce qu’ils ont appris.Les deux animateurs affirment de plus être fort satisfaits du travail des jeunes.«Je leur dis à tous un grand bravo.Je suis très fière d’eux», lance Chantal.« Ils n ’auront pas de difficulté à obtenir un emploi à l’âge de 16 ans, car ils ont eu une forma- TrauÙuiuon DU NORD tion polyvalente.Rares sont les jeunes de cet âge qui possèdent de tels atouts», renchérit Sébastien.Un franc succès Pour la durée de la période estivale, la CJS a pu compter sur un grand appui de la population alors que plus de 94 contrats ont été réalisés.Évidemment, les jeunes n’ont pas chômé, ceux-ci ayant effectué 229 heures de travaux divers ainsi que 317 heures de gardiennage.En plus, ils ont fait au-delà de 225 heures de bénévolat au local de la CJS afin d’en assurer la gestion.Du côté des finances, la Coopérative a généré jusqu’ici des revenus de 4 129$ et nécessité des dépenses de 3 094$.«Les objectifs ont été atteints et même surpassés.Je suis très contente; on ne s’attendait pas à une aussi grande réussite, surtout pour une première année d’essai», affirme la conseillère du Carrefour Jeunesse-Emploi de Duplessis et un des maîtres d’œuvre du projet, Kathy Laplante.L’expérience sera-t-elle répétée?Mme Laplante n’hésite pas une seconde à répondre oui.«D’autres jeunes pourront participer au projet l’été prochain», ajoute-t-elle.Cette dernière ne s’attendait pas un tel succès lorsqu’elle a eu en janvier dernier le mandat d’implanter une CJS à Fermont.Qu’est-ce qu’une Coopérative Jeunesse de Services?C’est une petite entreprise composée d’une quinzaine de jeunes.Tout en étant guidés par deux animateurs, les adolescents avaient la tâche de dénicher les contrats, d’assurer la gestion de la coopérative et de remplir toutes autres tâches connexes au projet.Les services offerts par les jeunes sont surtout des contrats de gardiennage, de tonte de gazon, de peinture, de travaux ménagers, etc.REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com APR ES 26 AXS D’EXISTENCE: Le F R A P R U est un incontournable en matière de logement social Anne Lamothe, Tour d’y voir, www.tdv.qc.ca Le FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) est sans doute un des organismes ayant monté le plus souvent aux barricades pour les personnes à faible revenu.Après un quart de siècle de revendications, ce groupe communautaire est devenu un incontournable pour toutes les questions touchant le logement social au Québec.Le FRAPRU a été créé en 1978 par un comité de citoyens du Centre-Sud de Montréal pour établir un rapport de force avec le gouvernement en matière de logement.D’abord, des besoins ont été ciblés du côté de la rénovation urbaine, principalement pour défendre les programmes fédéraux, provinciaux et municipaux ayant pour but de permettre aux gens de demeurer le plus longtemps possible dans leur quartier.Dès le début des années 80, le FRAPRU amorce un premier virage, et devient l’ardent défenseur du logement social que l’on connaît.François Saillant qui a pris la coordination quelques mois seulement après la fondation de l’organisme explique ainsi ce virage: «Déjà, sous le gouvernement péquiste, on avait des signes inquiétants pour l’avenir des HLM (habitation à loyer modique), car l’État voulait se tourner vers l’aide à la personne au lieu d’apporter une allocation au logement.Nous avons décidé de surveiller de plus près les visées de l’État pour ne pas que les personnes à faible revenu soient brimées dans leurs droits.» Il y a 20 ans, l’appellation logement social était méconnue.Non seulement le FRAPRU en a fait son fer de lance, mais il a veillé à l’inculquer aux paliers de gouvernement fédéral et provincial.Aujourd’hui certaines municipalités ont également ajouté le logement social parmi leurs priorités.Depuis sa fondation, l’organisme a intensifié sa force de frappe.À ses débuts, six groupes membres provenant de Montréal, Québec, Sherbrooke et Verdun se penchaient sur les orientations.Aujourd’hui, le FRAPRU compte près de 90 membres associés dont une trentaine de membres participants.«En 1986, nous avons voulu élargir nos appuis.Même si les groupes associés n’ont pas le droit de vote, ils nous font partager leur expertise dans leur domaine respectif.C’est un moyen pour nous de nous développer.» Au fil des années, le conseil d’administration a constaté que pour que la concertation soit judicieuse, il fallait laisser aux groupes leur autonomie dans l’action.Selon le coordonnateur, des organismes ayant des missions différentes ou complémentaires peuvent cohabiter sous un même regroupement.«Une coopérative et un HLM n’ont pas toujours les mêmes intérêts au sein du regroupement.Nous ne pouvons pas leur demander de poser les mêmes actions que nous, mais la présence de chacun a sa raison d’être.» Durant toutes ces années, le FRAPRU s’est rendu sur la place publique pour dire non aux coupures d’allocations au logement annoncées par le gouvernement provincial et il a été entendu.Plus récemment, il s’est battu pour faire retirer dans la loi la possibilité que les assistés sociaux soient saisis à la source pour le paiement de leur loyer.Les actions revendicatrices de l’organisme ont porté fruits: «Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord et au Canada où le pourcentage des revenus consacré au loyer est évalué à 25%.Ailleurs, il atteint 30%,» indique M.Saillant.Présent dans les quartiers Selon M.Saillant, le FRAPRU joue un rôle dynamisant en épaulant les associations des quartiers dans leurs revendications, notamment auprès de la métropole.Comme le nombre de personnes touchées par la problématique de logement social augmente chaque année, les gouvernements ne peuvent plus ignorer les comités de logement.«Il y a quand même des hauts et des bas dans nos rapports.Le gouvernement fédéral s’était durci, mais il semble avoir une ouverture, nous allons en profiter pour poursuivre les pourparlers.» Après 25 ans d’existence, la mobilisation des troupes demeure un défi permanent au FRAPRU: «Les mal-logés et les sans-logis sont les premiers porteurs de nos revendications, mais ce sont aussi les personnes les plus difficiles à joindre et à mobiliser.Ces gens ont tellement d’autres problèmes à régler en plus de celui de se loger qu’il est difficile de les impliquer.Nous travaillons actuellement sur la façon de les amener à se mobiliser», nous dit M.Saillant.A l’approche de la commission parlementaire sur la politique d’habitation du gouvernement Charest prévue en novembre, le FRAPRU est d’attaque: «Nous attendons depuis 30 ans cette politique et le fait que les mots logement social n’apparaissent nulle part jusqu’à présent dans les textes est inquiétant.Nous craignons que le plan de modernisation du gouvernement crée des iniquités et nous fasse perdre les acquis gagnés au fil des ans», conclut M.Saillant.NDLR: Le Frapru a été un leader en ce qui touche la concertation pour faire adopter la Loi contre la pauvreté.Ils ont fait une campagne et présenté une pétition avec plus de 100 (XK) noms de personnes appauvries.Malgré tout, tel que nous le rappelait Michel Venne dans sa chronique du Devoir du 4 octobre dernier traitant de Factuel gouvernement: «La philosophie innovatrice visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale est littéralement balayée sous la langue de bois et les préjugés.» Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 « REFLET DE SOCIÉTÉ National Gaspésie MT*.Mine basse à Murdochville Entrevue avec Martin Frigon, co-réalisateur du documentaire Make Money.Salut, bonsoir! Frédéric Vincent, Journal Graffiti (418) 392-7440 Avril 2002, la Noranda ferme les portes de sa fonderie livrant Murdochville et ses habitants à eux-mêmes.Fermeture définitive ou espoir d’une relance?La question fait rage en Gaspésie.Avril 2002, la Noranda ferme les portes de sa fonderie livrant Murdochville et ses habitants à eux-mêmes.Fermeture définitive ou espoir d’une relance?La question fait rage en Gaspésie.Elle parvient même aux oreilles de Martin Frigon et de Christian M.Fournier, deux réalisateurs de passage dans la péninsule pour le tournage d’un documentaire sur la pêche.Intrigués par l’intensité des débats, les deux compères décident de faire un détouré par Murdochville.Ils y rencontrent Emery Tapp, un ancien travailleur qui dénonce la Noranda et la re-localisation de ses activités au Chili: «Ç’a pas de remord de conscience une grosse compagnie de même.Make money.Salut, bonsoirl».Le déclic c’est produit.Les deux documentaristes tiennent le sujet, un personnage central et le titre de leur prochain film.Make Money.Salut, bonsoir! met en évidence le marasme de Murdochville qui baigne dans l’angoisse et l’indécision depuis le départ des dirigeants de la Noranda.Le documentaire s’articule autour de la vie d’un groupe d’anciens travailleurs, «le groupe Béryllium».Des hommes dans la force de l’âge qui se battent contre la bérylliose, un mal industriel incurable qui les ronge de l’intérieur pendant que la liste des morts s’allonge.La triste réalité du chômage dans une ville isolée se double pour ces hommes d’un cauchemar médical.La vie de ces gens concentre à elle seule «tous «Ç’a pas de remord de conscience une grosse compagnie de même.Make money.Salut, bonsoir'.».En Gaspésie comme au Québec, le documentaire d’auteur, celui qui fait réfléchir et qui questionne, est bel et bien vivant.Et c’est tant mieux! Martin Frigon Martin Frigon, 34 ans.Jeune réalisateur qui signe avec Make Money Salut Bonsoir! un de ses premiers documentaires bénéficiant d’une large diffusion.Résidant à Québec, il entretient un profond attachement avec la péninsule en raison de ses racines gaspésiennes (les Méchins).Une Gaspésie au centre de son œuvre puisqu’après Mourir au large, un documentaire sur les pêcheurs côtiers gaspésiens et Make Money.Salut Bonsoir!, il prépare un film sur le poète et écrivain gaspésien Sylvain Rivière.Martin Frigon suivra aussi la Noranda et sa fonderie déménagée au Chili pour «observer les conséquences de ses activités sur l’environnement et les populations locales.» La question des ressources naturelles est au centre de ses préoccupations.Les courtes-vues des gouvernements dans le développement régional et leurs conséquences sur l’ouvrier-marchandise qui donne sa santé et ultimement sa vie à l’industrie aiguisent particulièrement ses dents de réalisateur engagé: «À une époque où on nous présente toutes sortes de cochonnerie comme la télé réalité qui prétend nous présenter le réel dans toute son objectivité, moi je travaille dans le documentaire qui prend position.Celui qui donne une opinion sur le réel.» REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 les problèmes présents à Murdochville: la maladie, la perte de la valeur immobilière, les déchirements familiaux », explique le co-réalisateur Martin Frigon.Le film se concentre exclusivement sur ces familles dont le seul espoir réside dans la fermeture définitive de la ville: «Si jamais la ville ferme, on va peut-être bien avoir un peu d’aide du gouvernement» et pouvoir partir, explique l’un deux.Les partisans de la relance économique de la ville sont, par contre, totalement absents du documentaire.Martin Frigon s’en défend: «La Noranda et les autres parties ont bénéficié d’une visibilité suffisante.C’était le temps de donner la parole aux gens qui ont été laissés pour compte dans cette affaire.».C’est d’ailleurs «le mandat du documentaliste de dessiner les drames qui sont à l’ombre des projecteurs même Visiter le: www.journaldelarue.com si l’histoire officielle ne veut pas prendre le temps de les mettre en circulation.» Et l’histoire officielle de la ville est quelque peu manipulée.«Le drame à Murdoch, c’est qu’il y a une loi du silence autour des questions de santé et d’environnement.La Noranda, le médecin, la CSST, le CLSC, tous ces organismes ou ces acteurs qui étaient au courant et qui avaient la possibilité d’intervenir sont restés muets.» Cette omerta persiste aujourd’hui sous la forme d’une opposition à tout ce qui peut «projeter une image négative de la ville», explique Martin Frigon.Le film étonne par la lucidité de ces travailleurs qui reconnaissent leur soumission aveugle à une grosse compagnie.Leur rage est palpable et leur capacité à se livrer frappe.«Il faut passer beaucoup de temps avec les gens pour qu’ils nous laissent nous intégrer dans leur espace personnel», explique le coréalisateur qui a fréquenté Murdochville pendant plus d’un an et demi pour le tournage.Mais ensuite, la magie du documentaire opère et «on accède à tout l’univers émotionnel.Ça devient presque thérapeutique!», conclut-il.Thérapeutique pour qui?Pour les personnages du film certainement, mais aussi pour Martin Frigon qui avoue son «désir de venger la Gaspésie des années d’exploitation et d’incompétence des gouvernements et des grosses compagnies».Son espoir est d’inciter les gens à une prise de conscience, «cette base nécessaire à d’éventuelles transformations sociales ou modifications de notre rapport à l’environnement et au territoire».D’abord être conscient et ensuite «réfléchir à une manière de se diversifier plutôt que d’articuler le développement de nos régions autour des mégas usines, mégas industries, mégas entreprises,» conclut-il avec passion.Make Money Salut Bonsoir! sera diffusé le 5 novembre à TéléQuébec et disponible par la suite dans les clubs vidéos.N.D.L.R.: Pendant que ce documentaire fait la lumière sur cette tragédie écologique qui a affecté la qualité de vie des citoyens de Murdochville, aujourd’hui les Gaspésiens tentent de se mobiliser contre l’implantation d’une usine à Belledune qui va transporter la pollution des déchets toxiques américains dans leur secteur.Risque-ton de faire un autre documentaire sur les gaffes écologiques de Belledune dans quelques années?Va-t-on, un jour, avoir une vision à long terme de la gestion de l’environnement?es— Conrad de Roherval Qu'est-ce qu'un alcoolique?C'est une personne qui consomme un verre d'alcool et qui sent le besoin d'en absorber d'autre, souvent jusqu'à l'ivresse.Si je désire vivre une belle sobriété, dans tous les domaines de ma vie, j'ai à y mettre des efforts et je vais y arriver.Si je veux gagner une bataille, il faut que je m'assure que j'ai tous les outils nécessaires pour y arriver.On vient au monde que pour soi-même.Sauvons notre peau.Face à quelqu'un qui prend de l'alcool, il faut essayer de ne pas se mettre en colère.Ce n'est pas facile, mais il faut chercher à le comprendre.Pour quelqu'un qui ne consomme pas, c'est facile de dire «Tu n'as qu'à pas consommer.» Mais ce n'est pas si simple que ça.La personne veut arrêter mais elle ne peut pas.Il y a quelque chose qui commande les alcooliques à consommer peu importe les conséquences.Bien peu d'alcooliques ont consacré à leur problème de boisson le moindre examen intelligent.Ils admettent avec réticence qu'il leur faut arrêter.Mais ils continuent de boire.L'alcoolique vit dans un esclavage.L'alcool lui fournit le seul moyen qu'il connaisse de rendre sa vie supportable ou d'apaiser ses nerfs surexcités.Une existence pareille rend bientôt sa vie incontrôlable.Le rétablissement de l'alcoolique peut se faire en tout temps avec l'aide de différents mouvements et des ressources.* l'économie SOCIALE.ÇA PARLE D'ARGENT et de valeurs humaines.CHANTIER DE L'ÉCONOMIE SOCIALE www.chantier.qc.ca Visiter le: www.journaldelarue.com Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 < REFLET DE SOCIÉTÉ Gaspésie Saùuenay-lac-st-jean gpllllplllll BWIBWI ¦ ¦¦ : ., .pm image ËNrHepBisE URCONOMli?SOCIALE Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com 31 Kino Trois-Rivifre Mathieu Roy et Martin Saulnier font partie des fondateurs de la cellule trifluvienne.Pour Mathieu: «Ce qui est attirant dans Kino, c’est que chaque représentation est un test.La réaction du public face aux films est instantanée.» Pour sa part Martin avoue que la cellule de Trois-Rivières s’est développée par obligation: «Il y avait trop de membres à Montréal et l’idée de faire des films nous faisaient tripper.Il nous fallait mettre sur pied une nouvelle cellule afin de présenter nos films.» En ce qui concerne le groupe trifluvien, il est très actif et leur progression est phénoménale.Tout en respectant le moule de Kino Montréal, la Mauricie offre une couleur régionale.Formé au départ d’une douzaine de membres, il en compte maintenant près de soixante-dix.Cette effervescence est dû aux gens impliqués et passionnés qui compose la cellule.Trois-Rivières est une petite ville avec un solide noyau artistique et culturel et une forte concentration média- tique.Cela favorise sa popularité.Plus de 150 personnes assistent chaque mois à ces représentations.Très rares sont les salles de projection Kino qui sont de style cabaret avec un bar.La salle le Maquisart offre de l’espace et une ambiance chaleureuse qui contribue au succès grandissant de ces soirées.Pour plus d’information: www.kino00.com www.kino3r.com Je m'appelle Merle Mayer, hoimw violent ¦ ROBERTO MAYER sortes de choses pour tenter d’oublier.J’avais toute une série de deuils que je n’avais pas faits.J’ai gardé rancune dans le fond de moi pendant longtemps.J’ai longtemps accusé les autres.Ils me répondaient sur la défensive.Comment pouvais-je espérer qu’ils s’ouvrent à moi en les jugeant de la sorte?J’ai tenté différentes thérapies et des fraternités.Mais c’est dans la lecture de quelques livres tels que L’enfant intérieur de Whitfield ou Conversation avec Dieu de Walsch que j’ai trouvé l’aide pour un nouveau cheminement.J’ai été violent.J’ai voulu tuer.Mes principes, mes valeurs m’en ont empêché.J’ai voulu me suicider.Je prenais tout sur mes épaules.Des gens près de moi ont été abusés sexuellement.J’ai culpabilisé de n’avoir pu les aider.J’ai consommé toutes J’ai eu de la difficulté à m’exprimer, à m’ouvrir.C’est pourquoi je me suis mis à écrire.J’avais besoin de partager avec les autres ce que je vivais et ressentais.Peut-être que des gens vont se reconnaître dans mes écrits.Écrit sur le vif de l’émotion, le début de mon livre est noir et tranquillement il se dirige vers une nouvelle voie, une sérénité.Ce fut une sorte d’illumination pour moi.Une grande bouffée d’air frais au fur et à mesure que je m’exprimais et me libérais.J’ai appris à vivre le moment présent avec le goût de continuer le travail commencé.J’accepte mon chemin.J’essaie de comprendre d’où je viens pour mieux me réconcilier avec mon entourage, mais surtout avec moi-même.Aujourd’hui, je suis père de deux magnifiques garçons.Je n’approuve pas tous leurs gestes.Quand cela arrive, je leur dis le mal que cela me fait vivre.En parlant de mon vécu, cela les aide à trouver un nouveau cheminement.Je partage mon expérience, les problèmes que cela m’a apportés, sans cachette, sans moraliser.Il est possible qu’ils aient besoin de se brûler pour comprendre.Je réussis à être moi-même quand je suis avec eux.Le livre de Roberto Mayer, Jours de Nuit, est disponible par la poste au Journal de la Rue au coût de 12.95$ (taxe et frais de postes inclus).Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Vol.13.2 « REFLET DE SOCIÉTÉ Visiter le: www.journaldelarue.com 36 Quelques trucs pour économiser l’énergie Maryse Guénette L’hiver est à notre porte.La facture d’énergie va grimper.Changer quelques-unes de nos habitudes peut nous aider à payer moins cher.Chauffer selon ses besoins C’est le chauffage qui coûte le plus cher en énergie.Première chose à faire: maintenir la température de son logis à 21 °C le jour, et à 17 °C la nuit ou lorsqu’on s’absente pour plus de deux heures.Dans les pièces inoccupées, la température peut être encore plus basse, soit 10 °C; évidemment, il faut alors garder fermées les portes de ces pièces.Autre mesure permettant d’économiser du chauffage: ouvrir les rideaux le jour (surtout quand il fait soleil) et les fermer le soir.Cela permet de réchauffer votre appartement le jour, et de réduire les pertes de chaleur la nuit.Réduire l'humidité Un appartement trop humide est un appartement où l’air a du mal à se réchauffer.Pour faire en sorte que l’humidité ne soit pas un problème, il est recommandé de toujours faire fonctionner le ventilateur de la salle de bain lorsque l’on prend un bain ou une douche.La hotte de la cuisinière doit aussi être en marche lorsque l’on fait la cuisine (surtout s’il s’agit de faire bouillir des aliments).Autre truc: ouvrir tous les jours les fenêtres de manière à créer un courant d’air.Cinq minutes suffisent pour remplacer l’air vicié par de l’air frais et chasser l’humidité.Vous pourrez ainsi non seulement économiser, mais aussi mieux respirer.Bien utiliser ses ÉLECTROMÉNAGERS Pour que le réfrigérateur soit le plus efficace possible, il faut idéalement l’éloigner des sources de chaleur (four, fenêtre ensoleillée, etc.).Il est aussi conseillé d’attendre que les plats chauds soient à la température de la pièce avant de les placer au réfrigérateur.Un congélateur presque vide demande plus d’énergie qu’un congélateur rempli à pleine capacité.Vous n’utilisez pas beaucoup votre congélateur?Pourquoi ne pas le remplir de option consommateurs Cet article a été réalisé par le Service d'agence de presse d’Option consommateurs, une association qui représente et défend les intérêts de tous les consommateurs québécois.Devenez membre d'Option consommateurs.Vous donnerez plus de poids à nos interventions publiques et soutiendrez notre travail auprès des personnes en difficulté.Grâce à vous, nous pourrons en faire plus.option consommateurs l'aMOdation de» consommateurs du Québec 2120, rue Sherbrooke Est Bureau 604 Montréal (Qué.) H2K 1C3 www, option-consommateurs.org O OUI, je désire devenir membre d'Option consommateurs O 1 an : 5 $ tx ind.(2 $ pour la part sociale + 2,61 $ de cotisation annuelle taxable) O 2 ans : 8 $ tx ind.(2 $ pour la part sodale + 5,22 $ de cotisation annuelle taxable) prénom et nom_____________________________________________________________ adresse _________________________________________________________________ bouteilles d’eau.Évitez aussi de laisser la poussière s’accumuler en grande quantité sur le serpentin situé à l’arrière ou en dessous de l’appareil.Nettoyer celui-ci avec une brosse ou un aspirateur deux fois par année permettra au frigo et au congélateur d’être 12 % moins énergivore.Ne mettez le four en marche qu’au moment de l’utiliser.Il doit être préchauffé?Dix minutes seront suffisantes.Vous pouvez aussi prendre l’habitude d’éteindre le four et les éléments de la cuisinière quelques minutes avant la fin de la cuisson; la chaleur accumulée terminera le travail.Pour de petites quantités de nourriture, le micro-ondes et le four grille-pain sont plus économiques que la cuisinière électrique, la bouilloire électrique, le poêlon électrique et la mijoteuse.Ne faites fonctionner le lave-vaisselle que lorsqu’il est plein.Ce faisant, choisissez un cycle court et évitez d’utiliser le mode séchage à air chaud.Vous lavez votre vaisselle à la main?En utilisant un bac en plastique et en y lavant plusieurs articles à la fois, vous évitez de faire couler beaucoup d’eau chaude.Lavez votre linge à l’eau froide (ou à l’eau tiède), et seulement lorsque la laveuse est remplie à pleine capacité.Ne faites pas fonctionner la sécheuse plus longtemps que nécessaire.Nettoyez régulièrement le filtre à charpie.Assurez-vous que le clapet à la sortie du conduit d’évacuation se referme afin que l’air froid ne puisse pénétrer dans la maison.ville province.code postal.courriel (en lettres majuscules) _ REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com liliilllllll RESSOURCES | ' t Vol.13.2 Novembre/Décembre 2004 Janvier 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com ALIMENTS BIO TECHNO BOISSONS PRODUITS NATURELS ALLERGIES À L'ÉCOLE EAUX EMBOUTEILLÉES PIZZAS SURGELÉES CÉRÉALES À DÉJEUNER PRODUITS AMAIGRISSANTS.J J J * ' > J f ) I I I lit 1 ^ Et bien plus encore! Consultez l'édition courante de Protégez-Vous et les archives des cinq dernières années pour connaître les grandes tendances et discerner le vrai du faux en matière de santé et d'alimentation.Vous obtiendrez un accès illimité à tous les articles, les tests et les enquêtes publiés dans nos pages depuis cinq ans! Cette mine d'informations incomparables est accessible uniquement par abonnement.¦A / Abonnez-vous! Pour vous abonner au magazine, au site internet ou au combiné •VA fit ou téléphonez-nous 1866 895-7186 »s>Vv L'UNIVERSITE DU NOUVEAU MONDE 400 jeunes à travers le Québec se réunissent pour rêver une nouvelle société.PROCHAIN RENDEZ-VOUS EN 2005 www.uinm.qc.ca UNIVERSITÉ DU NOUVEAU MONDE Photographe: Frank Desgagnés
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