Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Avril - Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Reflet de société /, 2013, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1® m:< mjm PER tefletdeSociété 5 '*151 BAnQ regard différent sur notre société Vol.21 No # 3 Avril-Mai 2013 Avril le mois de l’autisme ~gftv mMsu y^SSW"" \ m% 1 7/M v / 7/ / tVM\i\ ivi\ m.www.cafegraffiti.net/jonathan-cormier.html Ruks Artiste graffiteur Maîtrisant d'abord le dessin au crayon-feutre, Jonathan Cormier explore plusieurs mediums: le crayon, l'huile, l'acrylique, la canette.C'est cette dernière qu'il préfère.Une façon originale de soutenir l'artiste et de personnaliser vos cadeaux et souvenirs.Merci pour votre visite et votre présence.À travers son exploration, il cherche encore, il cherche son style, il cherche son style unique, il cherche le petit quelque chose qui lui permettra de faire sa marque.Jonathan est un artiste à surveiller dont on voudra suivre l’évolution.Johathan Cormier vous présente sa collection d'images.Elles sont disponibles en cartes de voeux avec enveloppe pour 4$, affiche 8 par 11 pour 5$, sur un T-Shirt blanc pour 20$ ou encore sur un Sweat-shirt gris pour 40$.Les vêtements sont disponibles dans les grandeurs petit, médium, large et extra-large.http://cafcafegraffiti.net/jonathan-cormier.html Arpi •fl Artiste ibond des7~‘nQ de **>»?» - ^ga^r//^ v , jr swA/j'b/rt.* feçtfW /SSA/ 1615-4774 î£l Le citoyen au cœur de notre mission Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expériences et faire progresser les débats Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Le Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.Merci de vous abonner à Reflet de Société et de soutenir notre mission.4233 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc H1V 1X4 Tél : (514) 256-9000 fax: (514) 256-9444 Sans frais : 1-877-256-9009 info@refletdesociete.com www.refletdesociete.com http://www.refletdesociete.com/abonnement.html EditoriaL Avril, mois de l’autisme www.raymondviger.wordpress.com as* ^ Ce mois-ci, nous vous proposons un dossier sur l’autisme.Témoignages de parents, expériences de jeunes autistes, engagement d’organismes auprès des familles ayant un enfant autiste.J’ai d’abord pensé demander une interview à l’un des membres du couple formé par Charles Lafor-tune et Sophie Prégent pour Reflet de Société, puisqu’ils sont les parents d’un enfant autiste.En parallèle, j’ai trouvé un excellent entretien de Charles Lafortune mené par Richard Martineau à l’émission Les francs-tireurs sur le Web.Puis, en mai 2012, Charles Lafortune était invité à Tout le monde en parle où Guy A.Lepage lui a demandé son avis sur la scolarisation des enfants autistes.Ces entretiens sont suffisamment explicites pour qu’on s’y réfère.Inutile de solliciter une rencontre avec Charles Lafortune ou Sophie Prégent, qui ont certainement beaucoup de pain sur la planche tant professionnellement que personnellement.Pourquoi réinventer les histoires quand elles existent déjà?Félicitations à Richard Mar- 4 tineau et à Guy A.Lepage pour ces moments de qualité.Cependant, il est désolant que l’émission Les francs-tireurs avec Charles Lafortune disparaisse de son site Internet en décembre prochain.Depuis quelques années, le comédien et animateur s’investit dans la cause qu’est l’autisme.Il a donné d’excellentes interviews pour sensibiliser la population.Malheureusement, les documents visuels sur Internet ne sont plus accessibles au public trois ans après leur diffusion.Charles Lafortune sera-t-il toujours prêt à accorder d’autres entretiens?A recommencer encore, encore et encore.C’est une question sur laquelle les diffuseurs devraient se pencher.En procédant comme ils le font actuellement, ils privent leur auditoire web de documents uniques, de moments de télé remarquables, voire même d’intérêt public.Quant aux éditeurs, ils font parvenir deux exemplaires des ouvrages publiés à la Bibliothèque et Archives du Québec et à celle du Canada.C’est le dépôt légal.Ainsi, tous les ouvrages publiés sont à la portée du grand public.Par ailleurs, les auteurs reçoivent des paiements annuels pour compenser l’accès gratuit donné à la population en ces lieux, parce qu’aucune redevance ne leur est versée, les documents ne faisant pas l’objet d’une vente.C’est le droit du dépôt public.Malheureusement, aucun mécanisme ne protège les émissions diffusées sur Internet de quelque nature qu’elle soit.Nous n’aurons donc plus accès à de nombreux reportages en décembre prochain.Profitez-en pour aller faire un petit détour sur leurs sites Web avant la fin de l’année.Charles Lafortune et Richard Martineau http://video.telequebec.tv/ video/2627/episode-307 — Les francs-tireurs, janvier 2010.http://www.youtube.com/ watch?v=sqfjxfoHTmw: Tout le monde en parle, mai 2012.Juin, mois des Autochtones Dans le prochain numéro de Reflet de Société, à l’occasion du Mois national de l’histoire autochtone, le magazine présente un dossier spécial sur les Premières Nations.Le Café Graffiti sera aussi de la partie en montant une exposition toute particulière sur les Autochtones.L’exposition se tiendra tout le mois de juin.Les heures d’ouverture seront de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi, au 4237, rue Sainte-Catherine Est (une rue à l’est du boulevard Pie-IX) à Montréal.( WWW.refletdesociete com^jl Photo: Les Francs-Tireurs, Zone 3 LA SALLE DE BAINS EST LA NOUVELLE SALLE DE RÉUNION.Les professionnels et gens d'affaires lisent des magazines pour rester bien informés.Alors, présentez vos produits ou services aux décideurs.où qu'ils soient.Incluez les magazines spécialisés dans votre prochain plan médias. Café-Graffiti Normand Charest Reflet3§Société Services aux abonnés Changement d’adresse 514 256-9000 abonnes@refletdesociete.com Éditeur/ Rédacteur en chef Raymond Viger 514 256-4467 raymondviger@hotmail.com Notre mission: le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d’aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Colin La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Reflet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques : drogue, prostitution, suicide,violence et santé.On propose des solutions et des ressources.Danielle Simard 514 256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITÉ ET COMMANDITE Journalistes Dominic Desmarais, McGregor, Jean-Pierre Bellemare, Annabelle Bouanchaud, Normand Charest 'y'4' .: P.nllahnratoi ire Louise Gagné, Nicole Viau, Jean-Claude Leclerc, Pupitre Photographes Dj Stess, Vjeran Lisja Couverture ECP télévision Illustrations et infographie Correction Renart Léveillé, Mabi Juan Carlos Sanchez Lopez Reflet de Société dispose d’un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fonds.C’est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes 514 259-6900 •Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) •Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) Membres de: «Magazine Canada (CMPA) •Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) •Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec (ROCAJQ) Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d’édition.NE ME JETTE PAS passe-moi à un ami 6,95 $ l’unité RefletdeSociété Wm?L’environnement avec Fanny Aïshaa Courrier du lecteur Prix Droits et Libertés 2012 Dans le dernier numéro, nous avons publié la photo présentant Gaétan Cousineau, le directeur de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, nous remettant le Prix Droits et Libertés 2012 accompagné du ministre de la Justice du Québec, Bertrand St-Arnaud.Vous avez été nombreux à nous féliciter pour ce travail et pour celui que nous accomplissons depuis plus de 20 ans auprès des jeunes.Trop nombreux pour vous nommer individuellement; car le magazine au complet n’aurait pas suffi! Merci à vous tous pour vos mots d’encouragement et vos félicitations.La rédaction Le Château Frontenac et son avant-gardisme! J’ai été très contente d’apprendre que tous les artistes présents au Château Frontenac sont des artistes du Québec.Pour avoir une culture forte, il est primordial que nos artistes puissent exposer leurs œuvres dans des milieux renommés.Et le Château Frontenac ( WWW.refletdesociete.com ) .ir.6 http://www.refletdesociete.com/abonnement.html accueille des touristes venant de partout dans le monde.Il est important de présenter fièrement notre culture.Annie.Le graffiti main stream?Après votre numéro de novembre qui traitait d’une exposition graffiti au Château Frontenac, après le reportage sur la murale graffiti avec le Musée national des beaux-arts du Québec, ainsi que les nombreux autres dossiers que vous nous avez présentés sur les victoires de jeunes artistes urbains.le graffiti serait-il devenu une culture main stream?Pierre-Antoine, Québec.Le street art à Québec Voici deux événements touchant le street art mais traités différemment.En novembre dernier, vous avez présenté le Château Frontenac faisant une première exposition sur le street art.Enchanté de l’expérience, le directeur Robert Mercure veut réitérer l’événement l’an prochain et continuer à travailler avec les artistes.En février, c’était au tour du Musée national des beaux-arts du Québec.Il a organisé une animation en direct sur une grande murale graffiti en invitant le public à peindre.Une animation de foule qui ne serait pas reprise l’an prochain.Est-ce que le Musée national des beaux-arts du Québec considère que les artistes urbains ne sont pas des artistes mais seulement des amuseurs publics?Félicitations à Robert Mercure du Château Frontenac pour son sens visionnaire de l’art, de la culture et de la jeunesse! France.Colin McGregor C’est toujours un grand plaisir de lire les textes de Colin McGregor.Rafraîchissants, malgré les thèmes carcéraux qu’il aborde, les sujets sont traités avec intimisme et simplicité.Félicitations! Claudette Tremblay, Trois-Rivières.Ministres: Santé et Justice J’ai été content de voir que la ministre aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon, et le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, soient présents dans votre dernier numéro afin de souligner le travail que vous accomplissez depuis maintenant 20 ans.Les différents ministères ne sont pas assez visibles dans votre magazine.A ce que je sache, votre revue est la seule au Québec qui parle d’intervention auprès des jeunes tout en touchant l’ensemble de la population.Surprenant de ne pas voir plus régulièrement des campagnes de publicité menées par différents ministères et autres fondations en prévention des comportements toxiques.Serge Turgeon, Sherbrooke.Mois de l’histoire des Noirs J’ai bien apprécié les réserves que Johnny Walker Bien-Aimé a exprimées.Dans certains cas, les formes de ségrégation positive peuvent jouer contre les gens que l’on veut aider.Johnny Walker Bien-Aimé étant un Noir, il a pu se permettre de parler de ses réticences.Mais est-ce qu’un Blanc aurait pu dire la même chose sans se faire taxer de raciste?Un Blanc qui préfère demeurer anonyme, Montréal.Accommodements carcéraux Merci Monsieur Bellemare de nous rappeler des réalités non visibles par un simple citoyen.Votre article mérite d’être connu et diffusé.Merci à Reflet de Société de permettre à des chroniqueurs comme Jean-Pierre Bellemare d’occuper une place privilégiée au sein de votre revue.Pierre Hotte, Montréal.A toute votre équipe Que d’émotions j’ai eues à la lecture de votre Journal de la Rue, surtout le numéro de février dernier.Il y a beaucoup de gens qui vivent de grandes souffrances.Heureusement, des gens généreux et bienfaisants croisent leur route.Continuez de faire du bien autour de vous et vous pourrez tous en retirer des bienfaits.Bravo! Denise, Laval.Une école pour le Burkina Faso Wow! Cet article m’a beaucoup touchée.Je suis heureuse que quelqu’un s’implique dans cette cause.Le Burkina Faso est l’un des 10 pays les moins développés dans le monde.Je ne peux imaginer l’affreuse qualité de vie des gens qui habitent là-bas.Avec seulement deux saisons, le Burkina Faso n’est pas très choyé.U y a la saison des pluies qui dure quatre mois et la saison sèche qui dure neuf mois.La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations de plus en plus fortes des populations.C’est triste que les gens doivent abandonner leurs maisons et tout ce qui leur est cher.Votre article m’a ouvert les yeux.Bianca Ferland, France.Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec 3 et 4 mai au Palais des Congrès de Montréal.Entrée gratuite.www.salonimmigration.com (mit refletdesociete.com 7 Autisme Petite définition?Un ensemble d’affections méconnues, NORMAND CHAREST difficiles à classer et à nommer Historique des appellations Au 19e siècle, les thérapeutes utilisaient couramment le terme d’«idiotisme» pour qualifier un ensemble de troubles chez l’enfant.Soulignons que le terme grec idiotes désignait alors la vie privée par opposition à la sphère publique.Ainsi, le terme médical d’idiotisme s’appliquait à une personne qui se replie sur elle-même.Au 20e siècle, le psychiatre suisse Eugen Bleuler (1857-1939) emploie le terme «autisme» pour désigner celui d’idiotisme, le mot «idiot» étant devenu péjoratif dans le langage populaire.Toutefois, le sens demeurait à peu près le même, puisque la racine grecque autos signifie «soi-même» et représente la même notion de repli sur soi, puis de difficultés de communication avec les autres.Au début, on estimait l’autisme comme un symptôme de la «schizophrénie infantile».Mais en 1943, on considère ce trouble comme une maladie à part entière, en s’appuyant sur un article de Léo Kanner (1894-1981) dans lequel il observe que les symptômes à long terme ne correspondent pas à ceux de la schizophrénie.De plus, Kanner croit que les autistes présentent une intelligence normale mais qu’ils n’arrivent pas à s’exprimer correctement.L’article invoque l’isolement (aloneness) et l’intolérance au changement (sameness).Puis, en psychanalyse, l’idée que l’autisme pouvait résulter de la froideur affective des parents, en particulier chez la mère, s’est répandue.C’est en réaction à la culpabilisation engendrée que sont nées les associations de parents dans les années 1980, contre cette conception qui les excluait.Désormais, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’autisme dans les TED, soit les «troubles envahissants du développement».De nos jours, on parle aussi de TSA, soit de «troubles du spectre de l’autisme».Trois symptômes de l’autisme L’autisme est caractérisé par trois symptômes observables chez l’enfant d’environ trois ans: la difficulté à socialiser, les difficultés de communication verbale et non verbale, et les actions restreintes et répétitives.Toutefois, il existe plus d’une forme d’autisme dont les symptômes varient selon les cas.De plus, divers troubles peuvent accompagner l’autisme: un retard mental (dans environ 60 % des cas, sauf chez les autistes «de haut niveau»), l’épilepsie (30 %), des troubles de l’attention, d’anxiété ou de dépression à l’âge adulte, etc.L’autisme au cinéma Le film américain Rain Man (1988) est certainement l’un des premiers à traiter de l’autisme.Le personnage de Raymond Babbitt, dont l’interprétation a valu un Oscar au comédien Dustin Hoffmann, présente certains symptômes de l’autisme.Rain Man ne souhaite pas établir de liens avec les gens, il a des comportements répétitifs (il doit écouter la même émission de télévision à heure fixe, sinon il fait des crises d’angoisse) et possède une mémoire exceptionnelle des chiffres.Bien que ce film est évoqué lorsqu’on entend parler d’autisme, le cas de ce personnage n’est pas représentatif de la majorité des autistes.Il a été inspiré d’un cas réel, celui de Kim Peek (1951-2009), qui souffrait de ce que l’on appelle le «syndrome du savant».Dans les faits, seulement la moitié des personnes qui souffrent de ce syndrome sont des autistes, l’autre moitié étant affectée d’une variété d’invalidités du développement et de maladies cérébrales.PAS D EXCUSES PAS de LiMîTtS Lazy Legz ?MITES EXCUSES PAS DE PAS D T-shirt excuses 1 Lazy Legz NOLinrMTS refletdesociete.com 8 Et troubles envahissants du développement Le combat pour des services convenables Rencontre avec Carmen Lahaie, présidente de l’organisme ATEDM et mère d’un enfant autiste.Une combattante à la fois douce et totalement déterminée.NORMAND CHAREST Comme on peut le lire sur son site Web, l’organisme ATEDM offre des services à toutes les personnes TED et leurs familles littéralement abandonnées, l’acronyme signifiant: Autisme et troubles envahissants du développement Montréal.Le 6 décembre dernier, ATEDM a reçu une mention d’honneur de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour son travail en matière de défense des droits des personnes autistes et de leurs familles, en même temps que la Commission remettait au Journal de la Rue (organisme fondateur du magazine Reflet de Société) le Prix Droits et Libertés 2012 pour ses 20 ans d’engagement auprès des jeunes.Nous avons rencontré la présidente de l’organisme, Carmen Lahaie, à sa résidence au nord de Montréal.Nous sommes tout de suite frappé par la présence de plusieurs chats abandonnés qu’elle a recueillis «parce ce qu’il fallait bien qu’on s’occupe d’eux», dit-elle.Voilà déjà un trait marquant de sa personnalité.Aider ceux qui souffrent D’entrée de jeu, Carmen Lahaie nous parle d’elle et de sa vie.Dès son enfance, confit-elle, elle s’est battue contre les injustices et a souhaité protéger les plus faibles.Elle n’a jamais hésité à s’afficher comme leader et à revendiquer des droits qu’elle jugeait essentiels.Ses aptitudes ont été reconnues par les religieuses, qui lui ont offert de suivre son cours classique.Ce faisant, elle aurait voulu être médecin Ç WWW.refletdesociete.com) pour aider et soigner.Mais, comme elle était issue d’un milieu pauvre, elle devait aider sa mère et ne pouvait se permettre d’entreprendre des études supérieures trop coûteuses.Elle a donc opté pour une profession d’infirmière spécialisée en pédopsychiatrie.Profession qui l’a amenée à constater, souvent amèrement, les limites de la psychiatrie telle qu’on la pratique au Québec, précise-t-elle.Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les gens avaient tendance à adopter une attitude défaitiste face aux troubles mentaux.Et on considérait ceux qui en étaient atteints comme des êtres marginaux, anormaux et parfois dangereux.On les plaçait plus ou moins incurables et on les mettait dans divers établissements.Par ailleurs, on cherchait trop souvent à associer la cause des anomalies avec le comportement des parents, les culpabilisant par le fait même.La psychiatrie les jugeait sans chercher à savoir s’il pouvait y avoir d’autres causes à ces troubles mentaux.On se contentait d’un simple constat de symptômes, sans poser de véritable diagnostic.Les psychiatres ne faisaient qu’observer des comportements sans en chercher les causes physiques possibles.Des causes physiques aux problèmes mentaux «Si on soignait d’abord les pro- d.pui.1981 du développement Montréal blêmes physiques des malades, on réglerait souvent une partie de leurs problèmes mentaux, dit Carmen Lahaie.Les parents que je soutenais au sein d’ATEDM me mentionnaient presque toujours que leur enfant souffrait de problèmes intestinaux.Ils ajoutaient: “J’ai commencé à perdre mon enfant après l’administration de tel ou tel vaccin” signifiant ainsi que son cas s’était aggravé à ce moment-là.Mais l’effet des vaccins lié à cette maladie n’a jamais été reconnu par la médecine.» Les métaux lourds dans l’environnement sont aussi mis en cause.On pense au mercure présent dans les obturations dentaires et à certains vaccins, au plomb contenu dans la peinture des anciennes maisons.«Nous avons vécu deux ans dans un logement situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Durant toute cette période, les membres de la famille ont été plus ou moins indisposés.Nous avons appris plus tard qu’il y avait des émanations de radon sous terre.C’est là que les premiers symptômes d’autisme sont apparus chez mon fils Jérémie, le troisième de mes cinq enfants.Dans son cas, il s’agissait peut-être d’une conjonction de contaminants et du vaccin, comme éléments déclencheurs.» 9 Autisme Elle s’est alors vite rendu compte que les services de santé et services sociaux ne pouvaient pas répondre aux besoins des autistes et de leurs familles.C’est ainsi qu’elle s’est tournée vers un organisme qui offrait du répit aux familles.Revendiquer les droits de ces malades «Mais je voulais plus, ajoute Carmen Lahaie.Je voulais défendre les droits des autistes à des soins et des services convenables, même si je ne savais pas comment faire.C’est alors que je me suis impliquée dans des organismes d’aide pour handicapés.Ça m’a permis d’avoir un accès aux agences gouvernementales par leur entremise.» Durant les années 1980, la réforme en santé mentale lui a permis d’obtenir des budgets pour des camps destinés à donner du répit aux familles.Durant les années 1990, il y a eu une forte augmentation des cas d’autisme, alors que la maladie ne jouis- gardée des médecins.» sait pas encore de la reconnaissance des services de santé et services sociaux.Les malades éprouvaient de graves troubles de comportement.En psychiatrie, on les attachait et on les bourrait de médicaments.L’organisme qui allait devenir ATEDM, formé d’un petit groupe de bénévoles, surtout de parents, tentait de répondre aux besoins et de compenser les manques du système.10 L’expérience américaine en autisme «Nous sommes entrés en contact avec des organismes américains proposant des programmes intéressants.On se demandait comment ils fonctionnaient et où ils trouvaient l’argent nécessaire.Nous avons invité deux psychiatres américains qui affirmaient que certains problèmes physiques étaient à l’origine des troubles graves de comportement, incluant l’autisme.» Les recommandations des médecins américains ont été difficilement acceptées par les médecins et les hôpitaux québécois.Selon l’expérience de la directrice d’ATEDM, l’approche des spécialistes d’ici ne serait pas efficace.Leurs évaluations se perdent dans la bureaucratie, et il n’y a pas d’amélioration des troubles du comportement.L’argent prévu pour les services à offrir se perd en frais d’administration.«Plutôt que de proposer un service client, on propose un service à l’établissement», selon Carmen Lahaie.En d’autres mots, la bureaucratie recherche la satisfaction de l’institution, plutôt que celle du patient.L’organisme a grandi avec le temps.Même si ATEDM occupe leurs propres bureaux et compte des employés permanents, les parents continuent d’y œuvrer bénévolement, surtout en matière de services.Toutefois, le volet «défense des droits» est à court de volontaires et dépend en grande partie du travail de Carmen Lahaie, toujours aussi militante.Une maison de répit d’un organisme bénéficie d’une subvention de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.ATEDM reçoit aussi une aide non récurrente pour le soutien des familles en crise.Mais les demandes de subventions nécessitent toujours beaucoup d’efforts.Il s’agit d’un travail qui est toujours à recommencer.On consacre beaucoup de temps aux troubles du comportement ainsi qu’aux solutions à la pièce.On accompagne les parents qui doivent affronter la bureaucratie, comme dans le cas où la direction d’école voulait rendre la médication obligatoire, ce qui n’est pas légal.Selon Carmen Lahaie, la rigidité de la psychiatrie est toujours bien réelle: «Il est impossible de changer les choses, et on fait face à une chasse gardée des médecins.» Virus et ulcères intestinaux «Chaque fois que nous parlons de problèmes intestinaux chez les autistes, la médecine d’ici nous discrédite en citant le Dr Andrew Wakefield», raconte la présidente d’ATEDM.Le Dr Wakefield, un gas-troentérologue anglais, aurait découvert le virus de la rougeole dans des ulcères intestinaux d’enfants autistes.Il a publié ses résultats dans la revue médicale The Lancet en 1998.Le lien qu’il a établi entre les problèmes intestinaux et le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (vaccin RO R) a entraîné des poursuites judiciaires qui ont brisé sa carrière.L’effet des contaminants et de l’alimentation «Tout ce que nous demandons, ajoute Carmen Lahaie, c’est la raison pour laquelle vous refusez de faire des recherches en ce sens?Les médecins ne connaissent pas la cause de l’autisme et aucune recherche n’est effectuée sur l’effet possible des contaminants.Pour- ^ WWW, refletdësocietecorrP^ Selon Carmen Lahaie, la rigidité de la psychiatrie est toujours bien réelle: «Il est impossible de changer les choses, et on fait face à une chasse tant, les recherches cliniques commencent à reconnaître qu’il y a des causes environnementales à l’autisme, soit les métaux lourds.Et comme on retrouve du mercure dans des vaccins, par exemple, pourquoi refuser de se poser la question?» A cela s’ajoute l’effet des intolérances alimentaires sur l’autisme.Ainsi, on peut atténuer certains symptômes en soustrayant de l’alimentation des malades le gluten (protéine des céréales), la caséine (protéine du lait) ou le soya, selon le cas.Car chaque enfant est différent.En pratique, l’effet de l’alimentation chez les autistes est très frappant.Un dessert donné à un enfant autiste «parce que c’est jour de fête» peut provoquer une crise grave.et évidemment la fin de la fête pour tous.La situation rêvée: un centre spécifique à l’autisme A quoi devraient ressembler les services de santé offerts aux autistes?En supposant qu’on puisse formuler, par exemple, un souhait offert par un génie sorti d’une bouteille?L’idéal, selon Carmen Lahaie, serait d’établir un centre spécifique à l’autisme, dans lequel on regrouperait tous les services voulus.En parallèle, il arrive qu’ATEDM s’occupe parfois des enfants d’une mère qui vient de mourir, en attendant que la DPJ prenne le relais, l’organisme joue alors le rôle d’un service d’urgence dont le système ne dispose pas.Dans le centre dont rêve la directrice d’ATEDM, on offrirait aux petits un service d’évaluation avant diagnostic.On y chercherait aussi des causes physiques aux divers troubles de développement et de comportement, y compris l’hyperactivité.En ce moment, l’attente f WWW, refletdesociete.com\ * Et troubles envahissants du développement pour les services existants est très longue et le processus, complexe.Le cas des autistes de haut niveau, comme ceux présentant le syndrome d’Asperger, est particulier et il nécessite une approche et des services différents.Leur autisme est parfois ignoré, en raison de leur grande intelligence, même s’il arrive qu’ils accaparent les services psychiatriques.«Certains d’entre eux cumulent les diplômes.Et pourtant, ils ne fonctionnent pas bien en société.On doit les entraîner à devenir auto- «Les programmes actuels ciblent les jeunes enfants, jusqu’à cinq ans.Mais on néglige les plus vieux, et les adultes autistes sont en attente depuis toujours.C’est une situation angoissante pour les parents vieillissants de ces derniers qui ont encore besoin de soutien», poursuit-elle.Pendant ce temps, le dévouement des parents de l’organisme ATEDM et de sa directrice ne cesse de se manifester.Nous la remercions de nous avoir fait prendre conscience des besoins des personnes qu’elle représente.De plus, nous saluons L’effet de Palimentation chez les autistes est très frappant.Un dessert donné à un enfant autiste peut provoquer une crise grave.nomes pour qu’ils puissent vivre en appartement et payer leurs factures.Ils acceptent parfois difficilement qu’on les aide, toujours à cause de leur intelligence.Néanmoins, on doit les écouter sans les juger et procéder par étapes, tout en demeurant conscient qu’il est impossible de changer ceux qui ne veulent pas changer», commente la directrice d’ATEDM.la reconnaissance de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse qui pourra aider cet organisme à atteindre ses buts humanitaires.Coordonnées de ATEDM 4450, rue Saint-Hubert, bureau 320 Montréal, Téléphone : 514 524-6114 Courriel : atedm@autisme-montreal.com Site Web : www.autisme-montreal.com *rsonne messe Commission , des droits de la perwjam •t des droits de la jeuUkM tdJHSi De gauche à droite: Gaétan Cousineau remet le Prix Droits et Libertés à Mesdames Carmen Lahaie et Julie Champagne en présence du ministre Bertrand St-Arnaud.11 Photo: Jean-Charles Hubert Autisme Les difficultés des soins aux autistes Chaque enfant est unique NORMAND CHAREST Sylvie Norris est très impliquée dans le milieu communautaire, puisqu’elle travaille pour le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec, le ROCAJQ, qui a ses bureaux rue Saint-Hubert à Montréal.Elle est aussi mère de famille.Une famille dont un de ses quatre enfants souffre d’un «trouble dans le spectre de l’autisme».Un témoignage qui donne matière à réflexion.Dès l’âge de trois ans Raphaël, le fils de Sylvie Norris, n’avait que trois ans lorsque son comportement est devenu préoccupant.Il faisait des colères incontrôlables qui duraient quatre ou cinq heures.«Si la maternelle a été difficile, la première année a été une horreur car, pour Raphaël, le simple fait d’être assis dans une salle de classe constitue une épreuve», déclare sa mère.A commencé alors un laborieux processus d’évaluation qui a duré près de deux ans.Trois spécialistes, trois examens et trois diagnostics différents.«La psychologie n’est pas une science exacte, indique-t-elle.Je le sais, parce que j’ai moi-même étudié en psychologie.Ainsi, on peut observer des critères communs à divers troubles, comme la dyslexie sévère et l’autisme, mais c’est la prévalence des critères qui aide à établir un diagnostic.» Un cas pas assez «caractéristique» pour recevoir de l’aide «Le cas de notre fils n’est pas assez “caractéristique”.Bureaucratique- 12 ment, sa situation semble moins grave parce qu’il s’exprime assez bien.Il n’a pas de problèmes de socialisation, il se soucie des autres et il a des amis, contrairement à beaucoup d’autistes.Par conséquent, nous n’avons pas eu droit aux services du système de santé.Nous sommes sur une liste d’attente pour voir un ergothérapeute depuis six ans.’ Tout d’abord, nous avons dû payer de notre poche 700$ par mois.Pour trois spécialistes: un orthophoniste, un ergothérapeute et un psychologue.Et c’est sans compter les pertes de revenus.Après deux ans, j’ai laissé tomber tous les spécialistes et je me suis occupée moi-même de mon enfant, en utilisant un système de renforcement positif.(Soulignons que Sylvie Norris détient un diplôme d’éducatrice spécialisée, mais elle ne travaille pas dans ce domaine.) Je n’avais besoin que d’un nouveau jeu de Lego par semaine.Raphaël est fou des Lego.Le seul hic, c’est que mes trois autres enfants avaient de la difficulté à comprendre que leur frère ait droit à un cadeau chaque semaine et pas eux.» Les critiques de l’entourage «Certains critiquaient ma méthode s’appuyant sur les récompenses, comme si j’achetais la tranquillité.Mais au moins, ça fonctionnait.Parfois, à les entendre, c’était comme si tout le monde savait mieux s’y prendre que moi avec mon fils.Lorsqu’on s’occupe d’un enfant en difficulté, il y a toujours des tensions avec l’entourage: la parenté, les frères et sœurs, le conjoint, l’école, les spécialistes, voire les gens en général.Les conseils des autres, ça devient lourd.» Tous les parents peuvent comprendre ce problème, car chaque enfant affronte des difficultés qui lui sont personnelles.«La seule différence, répond Sylvie Norris, c’est que, pour un enfant autiste, les difficultés sont beaucoup plus fréquentes.» Les enfants autistes souffrent d’un «malaise de communication» qui ressemble à de la manipulation.Ceux qui ignorent ce genre de troubles vous jugent souvent et prétendent que votre enfant vous manipule.«D’autre part, le gardiennage était impensable à l’époque, quoique les services semblent plus adéquats maintenant.Mais je ne peux l’affirmer puisque mon fils n’en a plus besoin, car il a 12 ans», poursuit-elle.Ne compter que sur soi ?Habitant Saint-Hyacinthe, Sylvie Norris n’a pu utiliser les services offerts à Montréal, comme ATEDM.Dans sa région, elle a assisté une fois à une réunion de parents d’autistes où l’animatrice ne lui a appris rien de bien utile, déclare-t-elle.En raison de sa propre expérience, elle en savait déjà pas mal plus que cette dernière, et ce genre de réunion ne pouvait pas l’aider.Les services dans les écoles étaient rares ou mal adaptés.Chaque année, l’enfant risquait de changer de TES (technicienne en éducation spécialisée).Mais Raphaël a eu la même TES pendant presque cinq ans.Heureusement, car ça peut lui prendre des mois pour s’habituer à ( WWW, refletdesocietexom') Et troubles envahissants du développement une nouvelle éducatrice.Et la direction de l’école ne pouvait jamais garantir qui serait la technicienne de mon fils l’année suivante.Le changement d’enseignant comportait, quant à lui, son lot de difficultés.Ils ne commençaient à bien comprendre les comportements de Raphaël qu’après les fêtes, soit plus de quatre mois après la rentrée! La peur de la nouveauté Son principal problème est la nouveauté, qui est toujours pour lui une source de tensions et, éventuellement, de crises.Impossible d’aller chez le coiffeur.Le simple fait de lui mettre une cape de coiffure le rendait mal à l’aise.Et au premier coup de ciseaux, c’en était fini! La mère a remplacé le coiffeur, puisqu’il faut bien «choisir ses combats», ajoute-t-elle.Mêmes difficultés chez le dentiste.Cependant, une dentiste pour enfants de l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal, a réussi à s’en occuper, mais la distance séparant la maison et l’hôpital est de 70 km.Aller en voyage est aussi compliqué.Une fois rendu à l’aéroport, rien ne garantit qu’on va arriver à lui faire prendre l’avion.Et alors, il n’y aurait d’autres choix que de retourner à la maison.Heureusement, ce n’est pas encore arrivé! Autre exemple: la mère de Raphaël est une passionnée d’équitation.Elle a même dressé des chevaux.Pourtant, six essais ont été nécessaires pour faire monter son fils.Pour ce faire, elle devait d’abord connaître le nom du cheval, prendre le temps de se familiariser avec lui et établir un lien «amical» entre le cheval et l’enfant.Il fallait ensuite que la mère et l’enfant montent tous les deux sur le cheval, en même temps.Cela demandait environ une demi-heure de préparation pour une demi-heure d’équitation.Le succès fragile d’une telle entreprise repose sur le fort lien de confiance entre la mère et l’enfant.Un cas difficile à «classer» L’autisme regroupe un très large éventail de troubles difficiles à comprendre et à définir.Raphaël réussit à s’exprimer convenable- ment et il n’a pas de problème de socialisation, ce qui est rare chez les autistes.Lorsqu’il est très tendu, en réaction à quelque chose de nouveau par exemple, il se met en boule, à la manière d’un hérisson, avant de faire de grandes colères, où il pourrait tout casser.Le cas de Raphaël est qualifié de «TSA, soit trouble dans le spectre de l’autisme», ce qui pour le non-initié est plutôt vague.Il fait partie des autistes de haut niveau.Il n’a donc pas de déficience intellectuelle, contrairement à ceux de bas niveau.Les autistes de haut niveau sont souvent très intelligents, mais ne peuvent fonctionner normalement en société pour diverses raisons.Chaque autiste est différent, d’où les difficultés potentielles envers les éducatrices, les gardiennes et autres intervenants qui ne connaissent pas suffisamment l’enfant.Il n’y a pas de manuel d’instruction, c’est du cas par cas.D’où la nécessité de donner le crédit à la mère, qui est la mieux placée pour comprendre son enfant, chacun étant unique Comprendre l’autisme à travers les yeux d’une fillette L’auteure du livre Laisse-moi t’expliquer l’autisme, la psychoéducatrice Stéphanie Deslauriers se glisse dans la peau de Coralie, une fillette de huit ans, pour expliquer l’autisme de son frère Léo.ANDERS TURGEON Agréablement illustré et conçu à la manière d’un album éducatif sur l’autisme, le livre s’adresse d’abord aux jeunes.Laisse-moi t’expliquer l’autisme est un ouvrage de vulgarisation qui peut aussi s’adresser aux parents d’un enfant autiste ou aux adultes désirant mieux comprendre l’autisme chez l’enfant.A travers les mots de Stéphanie, Coralie nous dévoile ce qu’est l’autisme : une condition neurologique permanente et non une maladie guérissable.Elle nous raconte ensuite son quotidien avec son frère Léo.La fillette en décrit la réalité: • l’hypersensibilité aux sons et aux objets; • l’anxiété et le stress vécus, sous la forme de crises, par l’enfant autiste; • les «intérêts restreints» de l’enfant autiste; • le sentiment d’injustice que peuvent vivre les frères et sœurs d’enfants autistes; • l’importance de briser l’isolement en côtoyant d’autres familles qui compte un enfant autiste; • la scolarisation des autistes dans une école ordinaire ou spécialisée; • la démythification de l’autisme auprès des proches et de la population en général; • les relations fraternelles d’un enfant autiste; • les mythes et réalités de l’autisme; • les ressources existantes.( WWW, refletdesociete.corrTj 13 Autisme Vivre avec l’autisme ISABELLE BINGGELI «Pour la première fois, nous envisageons des vacances d’été tous ensemble!» lance avec enthousiasme Hélène Picard, une jeune mère de 33 ans.Elle et son conjoint Maxime sont devenus des experts dans l’organisation de la routine quotidienne et des projets familiaux.Les déplacements et les activités de leurs deux garçons sont rigoureusement planifiés, le moindre détail pensé et corrigé si nécessaire.Zélés, direz-vous?Non, ils sont simplement les parents de Zachary et Cédric, qui ont reçu un diagnostic d’autisme alors que leurs fils étaient âgés de 4 ans et de 19 mois.Le cadet, Cédric, est depuis sa naissance un enfant à la santé fragile.En plus de ses problèmes d’alimentation, il présente également des signes de retard du développement, ne réagissant toujours pas à l’appel de son nom à l’âge de sept mois.«Nous croyions qu’il était un petit peu plus farouche, plus difficile à apprivoiser, raconte sa mère en évoquant ses souvenirs.Nous ne comprenions pas ses réactions.Le moindre mouvement, bruit ou lumière pouvaient déclencher chez lui une crise.» L’autisme est diagnostiqué rapidement chez le jeune Cédric et ses parents lui accordent encore plus d’attention.Bien malgré eux, ils en donnent moins au grand frère Zachary, qui passe parfois inaperçu.Autisme et intelligence Ce dernier est un garçon extrêmement intelligent, qui savait compter et reconnaître toutes les couleurs en anglais et en français dès l’âge de deux ans.«Zachary avait et a toujours un énorme potentiel, il nous surprend constamment, sou- 14 ligne fièrement Hélène, mais nos échanges avec lui pouvaient s’avérer laborieux.Nous le sentions souvent bien loin dans son propre univers, dans sa petite bulle.» En effet, alors que les parents décident d’inscrire leurs fils dans un centre de la petite enfance (CPE), les éducateurs mentionnent le manque d’interaction entre eux et l’aîné.Son comportement laisse entrevoir des traits anxieux, un déficit de l’attention et des problèmes de communication.Un deuxième constat frappe: Zachary est également autiste, mais autiste de haut niveau.Dans son cas, cela se traduit par de grandes capacités d’apprentissage mais des aptitudes sociales jugées déficientes.La jeune mère de famille confie l’avoir pressenti: «Après avoir reçu le diagnostic de Cédric, nous avons suivi plusieurs formations sur les troubles envahissants du développement.Nous sommes devenus membres de la Société de l’autisme de Lanaudière et avons énormément lu sur le sujet.Dès qu’on a formulé des doutes sur le comportement de Zachary, je savais bien vers quoi on se dirigeait.» Réorganiser sa vie avec un enfant autiste Cette deuxième annonce ébranle la famille ainsi que les proches.C’est Hélène qui réagit le plus violemment.Heureusement, son conjoint sait la rassurer, lui rappelant que leurs garçons sont toujours les mêmes malgré une situation difficile à accepter.«Les mères sont généralement plus émotives au début, mais elles se ressaisissent rapidement.Les pères deviennent les piliers sur qui s’appuyer, raconte-t-elle calmement.Mais les hommes n’ont-ils pas leurs moments de peine et de détresse?«Mais si.Les étapes de la vie telles que vécues normalement par les enfants les touchent davantage, poursuit-elle.Les parents ont un pincement au cœur lorsqu’ils voient un gamin enfourcher aisément une bicyclette, ou encore entendre un ami raconter sa fin de semaine de pêche avec son fils.Pourtant, rien n’est impossible, ce sont les temps de réponse qui sont plus longs.» Dans ces moments délicats, c’est Hélène qui, à son tour, console Maxime et demeure forte pour sa famille.Pour eux, la vie continue malgré une totale réorganisation de l’environnement familial.Tout est adapté aux besoins des deux garçons: des séquences dessinées sur les murs rappelant l’ABC des soins du corps et du brossage des dents jusqu’aux mesures de sécurité comme des mécanismes pour verrouiller les armoires de cuisine et des serrures disposées en hauteur.La maman, qui reste à la maison, organise le déroulement des journées et veille à ce que ses enfants ne manquent de rien.Elle en a vu de toutes les couleurs.«Chez nous, négliger un minime détail peut déclencher une aventure complètement folle! s’esclaffe-t-elle.Tenez, cela fait plusieurs années que le tube de dentifrice est posé sur le comptoir de la salle de bains sans que personne n’y prête attention.Mais voilà qu’un beau jour, Cédric décide de l’engloutir en entier!» Si Hélène sourit beaucoup et semble d’un optimisme à toute épreuve, elle admet toutefois que certains instants sont pénibles: «Il arrive que, pendant des semaines, les garçons se lèvent à 4 h du matin.Pour eux, la journée commence! On ne peut pas leur expliquer le déroulement nor- WWW.refletdesociete.com J __—-i Et troubles envahissants du développement mal d’une journée comme à d’autres enfants.Ils ne conçoivent pas le monde à notre manière.Imaginez, cela a pris quatre ans avant que Cedric ne fasse ses nuits!» Néanmoins, avec le temps, les parents apprennent à gérer de mieux en mieux chaque situation et à anticiper les comportements et les idées farfelues qui peuvent passer par la tête de leurs fils.L’école pour un jeune autiste Cédric et Zachary ont maintenant six et sept ans.Le temps est venu pour eux d’aller à l’école.Ils sont intégrés dans les classes ordinaires avec l’aide d’une intervenante qui les accompagne huit heures par semaine.Elle les aide notamment à mieux se concentrer, répète les consignes du professeur, les rassure afin qu’ils puissent bien suivre les directives et les calme lorsque survient une crise.Dans leurs groupes, les deux garçons ont des amis qui les connaissent depuis plusieurs années et qui s’accommodent très bien de leurs différences.Certains d’entre eux les prennent même sous leur aile.Selon l’éducatrice spécialisée Corinne Lepage, ce scénario n’est pas monnaie courante.«Les élèves sont généralement très peu sensibilisés à ce qui touche l’autisme ou un autre trouble envahissant du développement.Ils jugent ceux qui semblent différents et font parfois des commentaires méchants à leur endroit.» Elle souligne que les limites de temps, d’énergie et de budget se font ressentir.«Les enseignants qui ont un enfant présentant un problème d’apprentissage dans leur classe ne sont souvent informés qu’à la dernière minute de son intégration.Ils en ont déjà plein les bras avec la discipline.Le temps qu’ils accordent à l’élève autiste, par exemple, n’est vraiment pas suffisant.Pour cette clientèle, ajoute Corinne avec conviction, il nous faut des ressources supplémentaires!» Elle revient tout juste d’une formation intensive sur l’autisme et paraît plus que motivée.«Il y a tellement à faire avec ces enfants, et pas seulement à l’école! Ce serait si pertinent de travailler de façon systémique, c’est-à-dire de faire le lien entre l’environnement scolaire et familial.Par exemple, nous pourrions transposer à la maison certaines de nos approches éducatives utilisées en classe adaptée.» Cela favoriserait l’apprentissage et surtout rassurerait ces enfants qui, comme Zachary, deviennent anxieux face à des instructions à suivre ou à des tâches à accomplir.Même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir pour améliorer la compréhension entourant les personnes autistes, la jeune éducatrice insiste sur l’importance d’informer et de sensibiliser davantage la population.Même son de cloche chez Hélène, qui est si fière de ses garçons.Chacune à sa manière, elles contribuent à bâtir un monde où la différence signifie l’opportunité de grandir tous ensemble.Quelques faits sur l’autisme L’autisme est un handicap qui modifie le développement normal de la communication, comme les interactions sociales.Il est régulièrement associé à d’autres troubles tels que l’épilepsie, l’hyperactivité et l’oligophrénie (faiblesse d’esprit).C’est durant les trois premières années de la vie d’un enfant que se manifeste l’autisme.Il figure parmi les troubles envahissants du développement (TED) et atteint près de 10 personnes sur 10 000, sans considération d’ordre social, ethnique ou raciale.Cependant, on observe qu’il touche majoritairement les garçons (quatre contre une fille), et que ses causes et symptômes varient considérablement d’un enfant à l’autre.Des causes environnementales à l’autisme?Evelyne Claessens a publié récemment un livre qui traite des causes environnementales dans le déclenchement de l’autisme.Dans sa préface, le Dr William Shaw écrit: «Aujourd’hui, grâce à des études récentes dont fait part ce livre, on reconnaît que certaines personnes autistes présentent un trouble immunitaire affaiblissant le processus de désintoxication de leur organisme qui doit faire face à tous les produits chimiques et polluants de l’environnement.De nombreuses substances chimiques et toxiques seraient considérées commes des sources expliquant l’ampleur de l’augmentation des cas d’autisme (300 % en 10 ans).» Parmi les substances citées se trouvent des insecticides et des agents de conservation.On parle aussi de l’effet des métaux lourds encore présents dans les vaccins destinés aux enfants.Le livre aborde en plus de sujets comme les intolérances alimentaires, les antibiotiques, les hormones, les aliments irradiés, les micro-ondes.Au verso de la couverture, on peut lire que «ce livre n’a pas pour objectif de lancer des accusations mais plutôt d’offrir des pistes de réflexion et de susciter une prise de conscience».Evelyne Claessens, Comprendre et vaincre l’autisme.Causes environnementales dans le déclenchement de l’autisme, éditions Québécor, 2012.( WWW, refletdesociete.comj 15 Autisme Et troubles envahissants du développement Les prisonniers qu’on ne voit jamais Au pénitencier fédéral, il y a quelques prisonniers qu’on ne voit pratiquement jamais.Ils évitent de sortir de leur cellule, sauf en cas de besoin.JEAN-PIERRE BELLEMARE, PRISON DE COWANSVILLE Plusieurs raisons expliquent ce comportement, la plus commune est la peur qu’il porte en eux: celle d’être jugé une deuxième fois par un tribunal carcéral qui ne fait pas dans la dentelle.Les auteurs de crimes crapuleux qui ont été sévèrement invectivés par la population, risquent un second traitement plus corsé par leurs codétenus, car les corrections finissent parfois en véritable boucherie.En gang, les détenus ont la fâcheuse tendance à la compétitivité dans leur méchanceté.Il existe un autre groupe de détenus qui tentent de passer entre le mur et la peinture, ce sont les psychiatrisés.Ils ne sont pas des auteurs de crimes crapuleux, mais leur crainte incontrôlable de l’univers carcéral les angoisse.Emprisonnés à l’intérieur de l’enceinte d’une prison, ils en fabriquent une seconde dans leur tête, là il où est impossible de s’évader.Un reportage dénonçant les conditions de détention qu’aurait subies Simon Marshall lors de sa détention au pénitencier résume très bien le phénomène.Emprisonnés à l’intérieur de l’enceinte d’une prison, ils en fabriquent une seconde dans leur tête, là où il est impossible de s’évader Solitaire et sans défense, Simon a été battu, volé et agressé presque tous les jours par ses codétenus.Le jeune autiste, accusé à tort d’être un violeur en série, a été libéré de tous les chefs d’accusation après l’analyse de son ADN (très tardive, qui a été exécutée seulement à sa seconde condamnation), ce qui l’a disculpé de toute accusation criminelle dirigée contre lui.Il a été libéré du pénitencier, puis interné en psychiatrie.Il n’y a jamais eu de commission d’enquête sur cette affaire, et tous ceux qui y avaient participé, qui s’est révélée un véritable fiasco judiciaire.Donc, tout est encore en place pour que se reproduise ce genre d’incident.Combien de fois ai-je vu un détenu détourner l’attention de sa petite personne en ridiculisant ou en abusant d’un psychiatrisé et en l’utilisant comme bouc émissaire! Ils sont des cibles idéales pour des détenus aveuglés par leur propre ignorance.Qu’il n’en déplaise à l’honorable Pierre-Hugues Boisvenu, de nombreux psychiatrisés le deviennent à la suite d’une série d’épreuves qui les dépassaient: perte d’emploi, divorce, infidélité, faillite, cancer, deuil, accident.Eh oui! ces évènements entraînent parfois des gens dans la folie et, aujourd’hui, la folie est criminalisée.Mais qui voudrait défendre ces condamnés?Ils ne rapportent rien aux avocats et encore moins à la société.Quel lobby pourrait subsister grâce à une clientèle aussi peu recommandable?Aux yeux de ceux qui bénéficient d’une sécurité d’emploi en béton, ainsi que d’une immunité reliée à l’exercice de leurs fonctions.ce sont des concepts qui échappent à leur entendement.16 ( WWW.ref1etdesociete.com - Photo: ATEDM T-SHIRT 9,95$ + 3.55$ TAXES ET TRANSPORT Affichez vos couleurs! SWEAT-SHIRT 29,95$ + 8.95$ TAXES ET TRANSPORT GRANDEURS: S, M, L, XL COULEURS T-SHIRT: ROUGE, VERT FLUO, NOIR, BLEU, ROSE, BLANC.SWEAT-SHIRT: GRIS, ROSE, ROUGE, NOIR.514-256-9000 • 1-877-256-9009 • info@editionstnt.com • www.editionstnt.com Achetez un t-shirt ou un sweat-shirt du et soutenez notre intervention auprès des jeunes.pour votre soutien http://editionstnt.com/t-shirts.html espace pour la 1^ Vie jardin botanique montréal lent vivre.» Mahatma Gandhi F/51SI espace ^ pour la ^ vie insectarium montrea! «Vivre tout simplement pour que tous puissenl espace pour la vie biodome insectarium jardin botanique planétarium rio tinto alcan Les murales du Café Graffiti se sont retrouvées autant sur les 11 étages des bureaux de Desjardins que sur les 350 pieds de longueur pour le déménagement du Planétarium de Montréal ou encore les murales réalisées pour le Salon chalets et maisons de campagne au Stade olympique.Les endroits de réalisation se sont multipliés et auront été tout autant diversifiés.Les murales peuvent être dans des styles graffiti, réalistes, bandes dessinées, artistiques et bien d’autres.Certaines de ces murales se retrouvent autant à Fermont qu’en Gaspésie et même en France.espace pour la viebiodô Dioaome montréal Pour le client, le Café Graffiti permet d’assurer la qualité du travail à réaliser et du sérieux des artistes.Dès 1997, le Café Graffiti débute la réalisation de murales, autant intérieures qu’extérieures.Il n’était pas évident à cette époque de vendre le professionnalisme des jeunes artistes et la qualité de leur travail.La presence du Cafe Graffiti permet aux jeunes de prendre avantage de l’expertise en place, au réseau de contact de l’organisme, d’avoir accès aux matériaux, au financement de leur projet et de bénéficier d’une assurance responsabilité de 3 millions.Plusieurs facteurs influencent le coût d’une murale permettant d’accommoder toutes sortes de budget: •Le type de surface et son état; •L’environnement de travail; •Le sujet développé; •L’effet escompté; •La superficie; •La hauteur.En discutant avec notre directeur artistique, cela permettra de définir le budget nécessaire pour réaliser votre projet.http://www.cafegraffiti.net/galerie-cafe-graffiti/murales.html Le quatrième mur COLIN MCGREGOR, PRISON DE COWANSVILLE C’est une courte promenade, par un jour ensoleillé.Environ 30 mètres, le long d’un agréable sentier, tout en montée.De l’herbe verte de chaque côté; quelques grands arbres feuillus; et parfois, l’été, un massif de fleurs.L’odeur de la pelouse fraîchement coupée.Des couleurs qui vous changent des nuances de gris.Je me dirige vers un édifice qui ressemble à un chalet de ski à étages, long et étroit, et couvert de baies vitrées du côté qui se présente à moi.Ça me fait penser au pavillon du lac aux Castors sur le mont Royal, où j’allais me réchauffer l’hiver après avoir patiné.En une autre saison de l’année et de ma vie.Derrière l’édifice, en partie caché par de hautes clôtures: un stationnement rempli d’autos et de camions, dont les plus remarquables brillent au soleil, projetant des couleurs pastel.Je me souviens des voitures.Elles sont synonymes de liberté.Elles vous permettent d’aller où vous voulez.L’odeur des sièges d’auto qui ressemble à celle du cuir.De l’autre côté de la clôture.Il s’agit du pavillon des visiteurs de ma prison.Je n’y vais pas très souvent.Mais il y a quelques semaines, une lettre adressée à mon attention est apparue à la fenêtre du poste de garde, qui joue aussi le rôle de bureau de poste dans mon bloc cellulaire.La calligraphie me rappela une ancienne connaissance.Là d’où je viens, historiquement et géographiquement, il est impoli de taper à la machine ou d’imprimer une 20 lettre personnelle.Le ton de la lettre est chaleureux et sans jugement.Un ancien ami du secondaire a lu un de mes articles, une critique de livre dans un magazine religieux.Comme la plupart des gens que j’ai connus, il me croyait mort.«Nous sommes tous pécheurs, me dit-il.Tout comme toi, je pourrais me retrouver en prison.» J’ai pensé que ce n’était pas très probable.Je le revois: blond, grand, toujours souriant, portant la cravate rayée et le veston noir de notre école privée.Si ce genre de surfeur angélique pouvait réellement se retrouver un jour en détention, il faudrait se pincer pour être certain qu’on ne dort pas.U est curieux.Il souhaite me visiter.Et puis il ajoute: «Colin, que diable t’est-il arrivé?» Sauf qu’il n’utilise pas le mot «diable».Aujourd’hui, je suis tendu.La dernière fois où nous nous sommes croisés, lors d’un dîner-bénéfice, nous étions dans la vingtaine.J’en ai maintenant 50, et comme j’étais toujours le plus jeune de ma classe, je réalise qu’il doit être encore plus vieux que moi.La salle des visiteurs, au rez-de-chaussée, est mieux entretenue que les autres pièces de la prison proprement dite.Ça sent le shampoing à tapis.Et ça me rappelle la civi- lisation.Dans un coin, des jouets d’enfants empilés, près d’une aire de jeu.Dans un autre coin brillent des machines distributrices de bonbons et de sodas.Le plancher, qui doit faire 25 mètres de long, est couvert de tables comme on en trouve dans les restaurants de hamburgers, bien-cordées.Quatre chaises pivotantes attachées à l’unique patte massive de chaque table.Un mur de la pièce est complètement vitré, avec vue sur le sentier par lequel je suis venu.Deux autres murs offrent des paysages champêtres sous forme de murales.Le quatrième mur est sombre.C’est le plus imposant.Un grand miroir obscur, comme ceux qui permettent à un officier de nous observer de l’autre côté.Le voilà, souriant.Mince, légèrement voûté.Des mèches grises sur le crâne et au menton.Il ressemble à l’un de nos professeurs, le plus sympathique, celui qui nous laissait remettre nos devoirs un jour plus que j’avais connus.tard, à condition qu’on n’en parle pas aux autres.Le monde a vieilli sans moi.Au cours de la première heure, il déborde de questions; je parle comme un encanteur, des centaines de mots jaillissent de ma bouche.Il s’excuse presque de sa curiosité.Je Il me questionne sur mon crime.«Les journaux disent que tu étais devenu fou.» Je lui parle du temps où je vivais sans abri, rejeté par tous ceux ( www.ref1etdesociete.com LIS __ lui dis: «Demande-moi n’importe quoi.» Il veut connaître tous les détails de la vie de prison, que je trouve banals.Comment peut-on ignorer l’heure des décomptes?Nos repas sont servis dans quelle sorte de plateau?L’image du stationnement me revient à l’esprit.Ça me rappelle que nous ne vivons pas tous de la même manière.Il me ques tionne sur mon crime.«Les journaux disent que tu étais devenu fou.» Je lui parle du temps où je vivais sans abri, 3 ceux que Ils ont déjà vu tout cela, avant.rejete par tous j’avais connus «Les journaux ont parlé de cela, aussi, ajoute-t-il.Mais comment en ont-ils parlé?» que je lui demande en haussant les épaules.C’est vrai qu’ils n’avaient rien fait à personne.Alors que moi, oui.de la salle, loin des baies vitrées.Certains s’embrassent.D’autres, pas.Il ouvre ses bras.Et puis il est parti.En direction de ce stationnement que je ne peux atteindre.Mon grand moment est passé.Je me dirige vers ma porte, du côté le plus s de la vraie prison.Nous, les détenus, nous serons fouillés un à la fois.En chemin, je passe devant le quatrième mur.J’observe mon reflet.Moi aussi j’ai 50 ans.Je me demande ce que les gardiens pensent de tout cela, de l’autre côté du miroir sombre.Ils pensent probablement à leur retour à la maison, vers la télé, la famille et le lit.L’éclai- rage du plafond clignote.Mon ami me serre les mains dans les siennes.Ensemble, nous prions.Il est religieux.C’est ce genre de personnes qui visitent les prisonniers.L’éclairage clignote à nouveau.Nous nous levons.Les familles et les enfants se regroupent près d’une porte blanche quelconque, à l’autre bout Le quatrième mur est sombre.C’est le plus imposant.Un grand miroir obscur, comme ceux qui permettent à un officier de nous observer de l’autre côté.WWW.refletdesociete.com J 21 Marie-Claire Blais, Passages américains La jeunesse américaine contre la ségrégation et pour la paix Retour sur la jeunesse et la révolte des années 1960 aux Etats-Unis et sur les justes luttes sociales qu’elle a menées.NORMAND CHAREST Le «printemps érable» de 2012 nous aura montré des étudiants luttant contre la hausse des droits de scolarité et, si possible, pour la gratuité scolaire.Sans vouloir minimiser les défis auxquels fait face la jeunesse actuelle, il faut bien constater que chaque génération a connu son lot de difficultés tout aussi importantes.Dans son essai Passages américains qui vient de paraître, la romancière québécoise bien connue nous ramène à une autre jeunesse, celle des années 1960 qui luttait aux Etats-Unis contre la ségrégation La lutte pour les droits des Noirs Le livre est divisé en trois parties.La première, intitulée Lamentation pour un sénateur foudroyé, met en scène le sénateur Robert Kennedy, sa lutte pour les droits des Noirs, son assassinat commis après celui de Martin Luther King, et brosse un grand tableau, plein de passion et de compassion, de cette époque impressionnante.«Mais c’est l’esprit que l’on voulait tuer en Martin Luther King, Jack et Robert Kennedy, Malcom X, l’esprit et ses idées de progrès, l’esprit et sa désobéissance à un ordre inéquitable, social ou racial.» Désobéissances civiles raconte la longue Marche pour la paix et la liberté entreprise par des jeunes qui ont cheminé de Québec à Miami en 1963, qui ont été menacés de mort par le Ku Klux Klan.raciale et la guerre au Vietnam, en commençant par ces paroles: «Ces années étaient des années de révolte et d’illuminations, mais des années, aussi, de grandes souffrances.» Et Marie-Claire Blais mentionne une prophétie que Robert Kennedy avait faite aux Noirs américains, après l’assassinat de Martin Luther King, en la reliant à l’actuel et premier président noir des Etats-Unis, Marie-Claire BLAIS Passages américains Barak Obama: «Oui, il se pourrait bien que dans quarante ans nous ayons un président noir (“A Negro would be president within forty years”)» avait dit le sénateur, dont la vision soudain s’était agrandie, prophétique, jusqu’à ces jours que nous vivons.Désobéissances civiles La deuxième partie appelée Désobéissances civiles raconte la longue Marche pour la paix et la liberté entreprise par des jeunes qui ont cheminé de Québec à Miami en 1963, qui ont été menacés de mort par le UIC BCMfCIAM® www.cafegraffiti.net/luc-bouchard.html 4237 rue Ste-Catherine Est, Mtl, H1V 1X4 WWW.CAFEGRAFFITI.NET www.cafegraffiti.net/fanny-aishaa-mural.html Tél: (514) 259-6900 11-877-256-9009 22 f WWW.refletdesociete.com 11 -.* http://www.cafegraffiti.net/fanny-aishaa-mural.html http://www.cafegraffiti.net/luc-bouchard.html Marie-Claire Blais au Salon du livre de Montréal en 2010 mmBÊÊm *¦ - ' wxf Ku Klux Klan, puis emprisonnés et maltraités dans le Sud ségrégationniste.«En ces années 1963-1964, de jeunes manifestants pacifistes partaient sur les routes, c’étaient des étudiants ou des professeurs, des artistes, des femmes, des hommes, qu’ils soient de race blanche ou noire, ils étaient tous frères et appartenaient au même mouvement de l’action non violente.» Presque cinq décennies plus tard, on reste sidéré par le courage, certes, mais peut-être aussi par l’inconscience de cette jeunesse venue du Nord, de l’Est et de l’Ouest qui croyait que l’on pouvait changer les choses par des manifestations non violentes.Une jeunesse qui, arrivée dans le Sud des anciens planteurs de coton, se retrouve à la merci d’une minorité blanche prête à toutes les humiliations, voire jusqu’au meurtre.Dans le Sud où le Ku Klux Klan s’affiche encore en toute impunité, de jeunes manifestants non armés sont entourés par des meurtriers armés jusqu’aux dents.Les manifestants réalisent alors, avec horreur, qu’il y a une différence entre des lois sur papier et l’application de ces lois.«C’est peut-être cette fin du silence de l’esclave qui inquiète le plus les maires et les shérifs de ces villes du Sud, dans la venue des militants du Nord», écrit l’auteure.Et puis: «Si on a l’illusion de pratiquer la charité, d’être chrétien, dans cette ville, pourquoi tant de manifestations de haine raciste?» Cependant, les jeunes qui ont vu cet enfer de leurs propres yeux continueront à lutter toute leur vie contre la ségrégation et pour les libertés civiles.«On a tué des enfants innocents» La troisième partie du livre, plus courte, a été publiée dans le quotidien Le Devoir.L’auteure y relate une manifestation non violente des étudiants de l’université Kent contre la guerre, en 1970.C’était des jeunes «paisibles, sans armes.échevelés et doux» qui croyaient à la victoire de l’amour sur la guerre, comme leurs pancartes l’indiquaient: «Make Love, not War».La Garde nationale viendra briser la manifestation en tirant, finalement, sur les étudiants, dont quatre ont été tués: ils n’avaient que 19 ou 20 ans, filles et garçons.«On a tué des enfants innocents», écrit Marie-Claire Blais.Le président Richard Nixon a déploré leur mort, mais a jeté le blâme sur les manifestants, qu’il a accusés d’avoir usé injustement de violence.Le combat intérieur Une telle lecture pourrait réveiller en nous la révolte, et peut-être même la haine, mais ce n’est pas son intention.Il s’agit plutôt d’une invitation à la vigilance, à l’action sociale positive et non violente dans le but de faire évoluer nos sociétés.On se rappellera aussi que le combat commence d’abord par soi-même, puisqu’il s’agit en premier lieu de se changer soi-même avant de changer les autres.C’est seulement ainsi que l’on pourra avoir une influence évolutive sur les autres et sur nos communautés.Passages américains est la 24e publication de Marie-Claire Blais.Né le 5 octobre 1939 à Québec, l’auteure a reçu 29 reconnaissances pour son travail (Canada, États-Unis et France), dont un doctorat honoris causa ès lettres de l’Université Laval.Référence: Marie-Claire Blais, Passages américains, essai, Boréal, 2012.Aussi recommandé: Evan Thomas, Robert Kennedy.His Life, Simon & Schuster, NY, 2000.WWW.refletdesociete.com 1T 23 Photo: Wikipedia DEUX HANDICAPES AMOUREUX DOMINIC DESMARAIS Marie et Mathieu, deux handicapés, vivent une histoire d’amour qui leur donne des ailes.Ils s’épaulent dans les moments difficiles et partagent leurs victoires quotidiennes.Deux tourtereaux pour qui l’amour se goûte chaque seconde.Sans sa canne, Marie aurait du mal à faire deux pas.Comme elle a 51 ans, son état ne s’améliorera jamais.Elle a la sclérose en plaques.Marie endure son mal et ne perd pas son temps à s’apitoyer sur son sort.Il y a cinq ans, elle commençait à boiter, à manquer d’équilibre.«C’est bête, c’est venu de nulle part.Je suis partie à courir pour rattraper mon bus et je suis tombée en pleine face.» Opérée au côlon à l’automne 2006, Marie se demande si la consommation de Dilaudid, un dérivé de la morphine, n’est pas la cause de son état.«J’ai vu un reportage où l’on disait qu’on n’en donnait plus parce que ça avait entraîné la mort et de graves effets secondaires.Moi, ça m’a fait halluciner.Je n’ai pas dormi pendant deux jours, alors que c’était censé être un anesthésique.» L’éternelle optimiste Ses jambes la font souffrir, mais elle persiste à les faire bouger.«Je travaillais et je prenais le métro.Je ne voulais pas prendre les transports adaptés tant que j’étais capable de marcher.Mais, elle souffre chaque fois.«Ma santé n’était pas hypothéquée comme maintenant.Depuis l’an passé, ça a dégénéré.J’ai des spasmes aux jambes.C’est comme des décharges électriques, des engourdissements.A un moment, je ne sentais plus mes bras.Quand 24 c’est arrivé, je me suis dit: “Pas aussi mes bras! Laissez-moi au moins ça!” Depuis un gros deux mois, ils vont bien.En ce moment, c’est la douche qui me préoccupe.Je me demande parfois si je vais être capable d’y tenir debout.J’angoisse avant d’y entrer.» Au début de l’année 2009, Marie doit recourir aux services du centre de réadaptation Lucie-Bru-neau.Son handicap prend de l’ampleur.Elle quitte son emploi, son conjoint.Un pan de sa vie jeté à la poubelle.Le traumatisé Mathieu est atteint de la sclérose en plaques depuis 2004.Il ne sent pratiquement plus son corps.Ses jambes n’ont aucune force.Il passe ses journées dans un fauteuil roulant à fumer des joints pour se dégourdir les doigts.Il a des problèmes d’incontinence.Au printemps 2010, Mathieu entreprend des séances de réadaptation.La mort dans l’âme, il se cherche une raison pour continuer à vivre.«Je voulais mourir.Je capotais.» Le début d’une idylle Un ami commun raconte l’histoire de Mathieu à Marie.Mathieu, qui est 12 ans plus jeune que Marie, l’invite à souper chez lui.C’était le 27 juillet 2010.La veille de l’anniversaire de Marie.Depuis, ils sont toujours ensemble.«Ça n’a pas pris de temps.Ce qui est très rare pour moi.C’est sûr qu’au début, c’est l’inconnu.A cause de son fauteuil roulant, j’avais peur de lui faire du mal, déclare-t-il.» Marie, la prévenante, est sensible aux traumatismes de son nouvel amoureux, qui acquiesce en ho- chant de la tête.«Au début de notre relation, je pleurais toujours.O J ’ e t a î s comme un petit chien blessé, re-prend-il.» Mathieu, après avoir subi les lamentations de son exépouse, se demande comment une femme pourrait l’aimer à nouveau.«Il était tellement sensible.Je me demandais toujours si j’avais dit quelque chose de mal.Je l’embrassais et il avait les yeux pleins d’eau.Ça a pris des mois avant qu’il réalise que je l’aime pour ce qu’il est.Il était très inquiet.Je pense que c’est le cas de la plupart des handicapés, affirme Marie.» L’amour avec un grand A «Ça change tout, d’être handicapé.Les valeurs ne sont plus les mêmes.Les relations amoureuses, ce n’est plus la même chose non plus.On ne se perd pas dans des niaiseries.On n’a pas l’énergie.Pour nous, le temps est important.Quant à Mathieu, on ne sait jamais ce qui pourrait lui arriver.» Mathieu et Marie n’ont pas d’emploi, vu leur état de santé.«En tant que couple, on n’a pas à se tracasser pour le travail ou à s’occuper d’une famille, bien que Mathieu reçoive sa fille toutes les deux semaines.On est toujours ensemble sauf pour le déjeuner.On n’a pas à se raconter nos journées, comment ça s’est passé au boulot.Par ailleurs, Mathieu a bien des deuils à faire.Quant à moi, pas plus tard que l’an passé, je sortais dans les bars.Maintenant, mon petit party, c’est ici, avec Mathieu.Pour nous, c’est toujours dimanche!» Ç WWW, refletd esoc iete.com ^ Une relation entre handicapés demande des sacrifices.«On sent qu’on est limités.On ne peut pas monter le mont Royal!» raconte Mathieu en sou riant, dans son fauteuil roulant.’est des petites joies qui, avant, étaient des moments anodins.On se trouve très chanceux, ajoute-elle.» À défaut de parcourir le mont Royal, les deux tourtereaux prévoient un petit voyage de quatre jours à Québec pour célébrer l’anniversaire de © la sœur de Mathieu.Marie le regarde avec tendresse avant de reprendre la parole.«S’il bascule pour dormir, ça ne va pas me déranger.Je le comprends.Moi aussi, je suis plus faible.Quelqu’un de normal trouverait le temps long! On sait que telle activité, la piscine par exemple, ça va nous fatiguer.On le sait, alors on s’organise.On peut aussi aller au soleil, sur le banc, dans la cour de l’immeuble.» Pendant ce temps, ils de- vront se passer de leur confort adapté.«On va faire avec.On a loué un lève-personne avec une toile pour coucher et lever Ma-, thieu.Et un fauteuil roulant manuel pour qu’il puisse se déplacer à l’intérieur», explique Marie.Le lève-personne leur coûtera 100 $ et le fauteuil roulant, 45$.Mais une sortie en amoureux, ça n’a pas de prix! Marie, pistonnée par Mathieu, s’est trouvé un logement dans le même édifice que lui.Elle habite juste au-dessous de son amoureux.«Je me revois dans mon ancien immeuble, et ses 40 marches à monter.Sans Mathieu, je n’aurais pas eu de logement ici.Je ne sais pas comment je me serais arrangée.» L’exercice qui rassemble Marie fait beaucoup de vélo stationnaire et des exercices.«C’est ma religion.Je suis très disciplinée.Je pense que je ne marcherais plus sans mes exercices.C’est très bénéfique pour les jambes quand j’ai des spasmes.En plus, Mathieu fait les siens en même temps.Ça le motive énormément.Je vois une grosse amélioration.Il n’est peut-être pas aussi bien chez moi qu’au gym, mais au moins il ne reste pas ankylosé dans son fauteuil.Et c’est moralement que ça fait le plus de bien.Ça nous aide dans notre couple.» Marie et Mathieu se regardent avec amour.Ils savourent chaque instant qu’ils passent ensemble.WWW.refletdesociete.com | -' Sexualité et handicap Quand Marie rencontre Mathieu, elle n’a aucune attente.«Je le trouvais tellement gentil.Il y a des gens qui sont bien portants et qui vivent un amour faux, ils s’engueulent.Quand on est invalide, on a le temps de tout regarder et, surtout, d’écouter.On se parle beaucoup, Mathieu et moi.» «Nous, en public, on s’embrasse souvent.On s’aime! C’est toujours drôle de voir la réaction des gens.Mon moment privilégié, c’est le soir quand je retrouve mon chum.Ça fait un an qu’on est ensemble», poursuit-elle.Les deux amoureux se considèrent chanceux d’avoir une vie sexuelle satisfaisante.«On est gâtés-pourris», renchérit-elle.S’il veut s’offrir une vie sexuelle épanouie, Mathieu doit avoir une partenaire qui l’accepte comme il est.C’est ça, l’amour.» Comme des adolescents, ils piaffent d’impatience quand le préposé de Mathieu est présent.«On as-tu hâte que le préposé parte le soir! C’est le seul moment qu’on a pour se coller.A cause de son fauteuil, ce n’est pas possible le jour.» Sans un lit orthopédique que l’on peut changer de position avec une télécommande, le jeune homme dort mal.«On a essayé mon lit mais mon matelas était trop ferme pour lui.Dans son lit, il peut lever ses jambes, lever la tête.Pas dans le mien.» Voyages d’une nuit C’est Marie qui doit se déplacer et monter un étage pour rejoindre Mathieu, mais elle ne s’en plaint pas.Elle installe son lit simple qui est à la hauteur du lit orthopédique.Le matin, pour ne pas être dans les jambes du préposé qui vient lever son amoureux, Marie s’éclipse après avoir rangé son lit.«Je m’organise pour avoir libéré sa chambre à 8 h.Mais, je préfère ça que de retourner passer la nuit chez moi.» Mathieu acquiesce.Voir sa compagne le quitter en pleine nuit le déprimait.«On trouvait ça dur de se laisser pour aller dormir chacun de son côté.Il va falloir qu’on fasse une demande pour avoir un lit double orthopédique.» De temps à autre, Mathieu délaisse son lit.Il prend l’ascenseur et quitte son appartement pour des contrées éloignées.«Je pars en voyage! C’est ce que je dis quand je vais dormir chez Marie.Une nuit, je suis à Paris, une autre en Espagne.Et quand je ne passe pas une bonne nuit, on se dit qu’on était en Saskatchewan.Et on n’y retourne plus!» L’amour qui unit Marie et Mathieu a changé leurs vies.Mathieu s’accepte de plus en plus.Ses pensées suicidaires semblent disparues.Son amertume s’atténue.Il reprend des couleurs, retrouve la joie de vivre.U est beau.Surtout quand Marie le regarde.Il savoure ces doux moments.Et il y consacre tout son temps.25 SANTE MENTALE LA DOULEUR D’UN PÈRE DOMINIC DESMARAIS Jean est défait.Il a perdu son fils Michel, qui s’est suicidé à l’âge de 47 ans.Une douleur trop grande pour les frêles épaules d’un père.Michel, aux prises avec des problèmes de santé mentale, s’est ôté la vie.Il avait trop peur d’être stigmatisé par les autres.Il a refusé toute forme d’aide.Jean est allé aussi loin qu’il le pouvait pour tenter de le sauver.Il a échoué.Aujourd’hui, il ne souhaite à personne de connaître une souffrance comme la sienne.«Mon fils n’est pas né avec la maladie.Il a aimé la vie», raconte-t-il sans cesse au bord des larmes.Son fils, diplômé en commerce de l’université McGill, était toute sa richesse.Jean se sent vide, pauvre.L’homme se questionne, se demande s’il n’aurait pas pu en faire plus.Tout a commencé il y a quatre ans, lorsque Michel s’est mis à raconter des histoires étranges: des gens lui voulaient du mal.Jean ne veut pas nommer la maladie qui a atteint son fils.«Il était différent, bizarre», se limite-t-il à dire, soucieux de ne pas banaliser le désarroi de son enfant en lui accollant une étiquette.Peur de l’étiquette L’absence d’aide n’a pas tué Michel.Bien au contraire.Employé d’une institution financière, il avait droit à une thérapie et un congé de maladie payé.«Je voulais qu’il en parle avec une personne responsable, aux ressources humaines.On lui a offert de l’aide.Ça l’a inquiété.Il a refusé, de peur d’être stigmatisé.S’il avait accepté, ses collègues auraient su qu’il avait un problème.Il avait le choix de rester à la maison pendant quelques mois tout en recevant son salaire.» Devant le refus de son fils à recevoir de l’aide, Jean doit puiser aux tréfonds de son amour.Sa femme et lui offrent une thérapie à Michel.Jean essuie un autre refus et se sent encore plus impuissant.«Que faire comme parent?Je lui disais: “J’ai toujours été fier de toi.Je vais l’être encore si tu acceptes d’aller chercher de l’aide.Si tu étais un enfant, je ferais ce qu’il faut.Mais tu es un adulte, c’est à toi de décider”.» Michel reconnaît l’amour inconditionnel de son père et sa mère.Il ne repousse pas l’appui de ses parents pour leur faire mal.Il voulait s’en sortir seul.«Il me disait: “Papa, donnez-moi du temps.Je ne suis pas encore prêt.Quand je le serai, je le ferai.” C’était un homme fier.U ne voulait pas que les autres sachent qu’il avait un problème.Mais il avait peur d’en parler.Il ne voulait pas être étiqueté.» S’il accepte d’en discuter avec ses parents, Michel refuse de voir son jeune frère.«Il ne voulait pas qu’il le voie dans cet état», dit Jean les yeux rougis.ÊDITIONSTWT sion de crise L'intervention suicidaire l'une personne , .^___^ Ml DVD 19,95$ + taxes et transport Le documentaire explore différents aspects du jeu compulsif: tentation, perte de jugement, perte de ses moyens financiers, relations détruites par le mensonge.Simple d’approche et accessible 19,95$ + taxes et transport L’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire Pour apprendre à: •Détecter les signes avant-coureurs • Survivre au suicide d’un proche.GAMBLING LIVRE Éa 4233 Sainte-Catherine Est Mtl Qc, H1V 1X4www.editionstnt.com (514) 256-9000 OU 1-877-256-9009 info@edititionstnt.com 26 ( WWW.refletdesociete.com } -—-, http://www.editionstnt.com/livres.html Apportez vosjQttuments en toisant un don En face du chalet du parc Maisonneuve Station Pie-IX MARCHE POUR L’AUTISME À MONTRÉAL -rv - Cbàmafaon.w - G/Mcdwitu.- YïlcuuÆeA.\Z*V f* - (PlHX.JL pMAMUX.rsj Mi ¦ ÜLA ' u% IlîMfi vous pouvez aussi supporter la cause de Paütii avant ou apres la marche, (Reçu d'impôt disponible pour tout don de 20$ et plus avec co 3 OA Inscrivez-vous au 514 524-6114, poste coordonnées complètes) 11 TEDM 44501 mS ®aint‘Hubert'local 320, Montréal (Québec) H2J 2W9 Téléphone : S14 524-6114 - Télécopieur : 514 524-6420 www.autisme-montreal.com Montréal® Au travail, on lui donne six mois pour corriger la situation.Comme son employeur constate l’absence d’amélioration, Michel est mis à la porte.Jean, propriétaire d’un restaurant familial, lui propose d’y travailler avec lui.Il essuie un autre refus qui le chamboule.Jean est désemparé.Il aimerait convaincre son fils de suivre une thérapie pour se soigner, mais respecte sa décision en constatant les efforts que fait son garçon pour s’en sortir.«Il a arrêté de fumer et de boire du café par lui-même.Il essayait de s’aider.Mais il n’a pas réussi.S’il avait su qu’il n’aurait pas été l’objet de stigmatisation, peut-être qu’il aurait suivi une thérapie.Mais il savait qu’il y en aurait.» Tentatives de suicide Michel a tenté de se suicider en se jetant du pont Jacques-Cartier.Un escabeau sur le dos pour enjamber la clôture, il est interpellé par des policiers qui ne croient pas ses explications.Ils l’emmènent sur-le-champ à l’hôpital Notre-Dame pour y être examiné.Trois psychiatres le rencontrent et diagnostiquent un état dépressif, mais pas suicidaire.«Ils l’ont laissé sortir la journée même», raconte Jean qui, plus tard ce jour-là, rencontre son fils sans se douter de ce qui venait de se passer.Une semaine plus tard, Michel récidive en sautant d’une falaise aux abords du mont Royal.Découvert par les policiers, il est conduit à l’Hôpital général de Montréal, où il décède quelques heures plus tard.En insistant auprès des médecins, Jean a pris connaissance des deux tentatives de suicide.Dans les deux hôpitaux, Michel avait demandé de ne pas communiquer avec sa famille.«Je ne blâme pas les médecins.J’ai parlé à l’un d’eux.Il m’a dit que son travail était de garder mon fils en vie, pas de communiquer avec moi.Il a raison.Mais ( WWW.refletdesocie7e.c^) l’hôpital devrait avoir quelqu’un pour joindre les familles.Michel était encore vivant, et ma femme et moi n’étions pas là, près de lui», dit-il en sanglotant.d’ün patient.Et, surtout, il espère une meilleure sensibilisation de la société aux maladies mentales et aux effets de la stigmatisation.«Nous sommes en 2013.Nous de- Michel a tenté de se suicider en se jetant du pont Jacques-Cartier.Trois psychiatres le rencontrent.et ils Pont laissé sortir Jean est encore sous le choc.Il cherche une raison pour justifier cette mort qui l’a déchiré.D’abord, il se dit que la loi devrait être plus flexible et permettre aux hôpitaux de communiquer avec la famille la journée même».vons arrêter d’appeler ces êtres humains des fous, des tordus.Je n’ai pas sauvé la vie de mon fils.Si je peux sauver celle de garçons ou de filles, de frères ou de sœurs, ce sera une grande satisfaction.» Perdre son estime de soi-même DOMINIC DESMARAIS Pierre est un être sensible qui a longtemps été étiqueté de bon à rien.Pour retrouver son estime de soi-même qui lui faisait défaut et se tailler une place dans la société, il a dû éviter toute sa vie le regard des autres.et le sien.Agé de 57 ans, ce colosse avec quelques kilos en trop déplace de l’air.Tantôt combatif, tantôt émotif, il cherche constamment le mot juste, fouille dans sa mémoire pour en ressortir l’information exacte, passe d’un sujet à un autre pour revenir à son propos initial.Pierre est un volcan de mots et d’émotions.Il parle sans interruption comme si personne ne l’avait jamais écouté.Elevé par un père autoritaire qui décidait de tout, Pierre n’a pas appris, enfant, à avoir des idées et à les défendre.C’est en s’exilant de Joliette, sa ville natale, pour poursuivre ses études collégiales à Montréal, qu’il goûte pour la première fois à l’autonomie.«Mes amis allaient tous au cégep de Joliette.Je voulais m’isoler.» Pierre, qui aspire à des études de psychologie, est refusé dans ce programme contingenté.Il opte pour la philosophie.«Les étudiants en sciences pures me demandaient ce que j’allais faire dans la vie avec un tel diplôme.Je leur répondais qu’en premier, j’allais apprendre à penser et, une fois que je saurais penser, je penserais à ce que j’allais faire!» Dans ses cours, Pierre est encouragé à donner son opinion et à défendre ses idées.La possibilité de s’exprimer le grise au début mais, très vite, elle devient un poids.Pierre est toujours à contre-courant.La classe pense blanc, lui répond noir.«Parfois, ça m’inquiétait.Je me 28 retrouvais seul contre les autres.Dans une classe, s’il y en a un ou deux qui ne sont pas d’accord avec toi, ça peut aller.Mais quand c’est tout le groupe, c’est dur à prendre.Je me sentais mal à l’aise.» En plus de penser différemment des autres, Pierre est isolé.Il n’a pas d’amis, lui qui a quitté les siens pour la grande ville.Il a peur de couler ses cours, car personne n’adhère à ses opinions.Nerveux, il rencontre l’un de ses professeurs qui le rassure.Il lui fait comprendre que la philosophie, c’est défendre ses idées.«Tout le monde est contre toi et tu tiens ton bout.» Pierre se rappelle cet épisode qui l’a marqué.Lui, le grand gaillard, se laisse aller à pleurer.Après le cégep, il est animé par une soif d’apprendre.Après le monde des idées, il s’oriente vers celui de la logique pour étudier les mathématiques.Il y consacre toute son énergie et y assouvit sa passion.Mais le côté rationnel des équations l’étouffe.«Pendant un examen, je me suis demandé ce que je faisais là.J’ai laissé ma copie et je suis parti.» Impulsif, Pierre rentre à son appartement pour aviser ses colocataires qu’il part sur-le-champ pour l’Ouest canadien.«C’était la rébellion.Je n’étais plus capable d’entendre le mot “logique”.Comme si ce mot avait force d’Evangile.» Il se laisse aller.Lui si discipliné dans ses études et son travail.Il prend la route durant quelques mois.Un an plus tard, il retourne à l’université pour terminer son baccalauréat en mathématiques.«Ça faisait un an que j’étais sur la go.Le retour a été trop brusque.Je n’étais pas prêt, j’ai abandonné.» Mais Pierre, incapable de ne rien faire, se découvre une nouvelle passion pour dépenser son trop-plein d’énergie.Il décide de suivre des cours de pilotage.A l’instar des mathématiques, il délaisse son nouveau passe-temps.Il retourne à temps partiel à l’université et s’initie aux arts martiaux.Il y trouve une dimension spirituelle et un code de vie qui le nourrissent.Les cours de karaté et d’aïkido deviennent plus importants que les maths.«Je voulais changer la texture de mes muscles.Au lieu qu’ils soient puissants, je voulais les développer en résistance et en endurance.C’était l’objectif de ma vie.Pas devenir ceinture noire.Les compétitions, je n’aimais pas ça même si je figurais bien.Ça m’apportait une discipline intérieure.» En parallèle, il termine ses études universitaires, mais sa soif de connaissances n’est toujours pas assouvie.Il retourne au cégep étudier l’électricité.«Je n’y connaissais rien! J’ai obtenu un diplôme en instrumentation et contrôle.Partout, la demande pour calibrer les instruments industriels était forte.» Pierre se sent prêt à relever un nouveau défi : affronter le marché du travail.Après avoir développé son côté créatif par la philosophie, son côté rationnel avec les mathématiques et l’électricité, et son for intérieur par les arts martiaux.Cet autodidacte solitaire est enfin bien dans sa peau.Fidèle à son besoin de découvrir, il s’attaque à un environnement qui lui est inconnu: le monde des ouvriers et des usines.Après une dizaine d’années passées WWW.refletdesociete.com En plus de penser différemment, Pierre est isolé.Il n’a pas d’amis, lui qui a quitté les siens pour à se découvrir, il doit maintenant apprendre à mettre en pratique ses connaissances en travaillant au sein d’un groupe.Pour Pierre et sa propre estime, ce sera une dure épreuve.Le travail Après des années à travailler au sein de petites équipes comme technicien en contrôle d’instruments, Pierre se trouve un emploi dans une usine qui compte plus de 500 employés.L’intégration de cet être original est difficile.A son arrivée, il pensait bien s’entendre avec ses nouveaux collègues.Lors d’une visite accompagné par le responsable de l’entretien pour finir par rencontrer les autres employés, il observe l’atmosphère de son nouvel environnement.«A première vue, ça me semblait bien.J’ai rencontré les autres techniciens, des jeunes de 15 à 20 ans de moins que moi.La plupart avait une certaine éducation, avec leur DEC (diplôme d’études collégiales).Mais d’autres employés ne savaient ni lire ni écrire.Moi, je suis comme je suis.Ma place, ce n’est pas dans les usines.» Pierre, avec son franc-parler et son vocabulaire d’intellectuel, est rapidement pris en grippe par les employés de l’usine qui font tourner les machines qu’il doit réparer.Ils se moquent de lui quand l’équipement se brise et lui manifestent leur insatisfaction quand les réparations traînent en longueur.Excédé par l’un d’eux, Pierre porte plainte en août 2005 pour harcèlement psychologique.En sa présence, l’employé a lancé des objets contre les murs avec rage, sous les encouragements des membres de son équipe.«J’ai demandé que le syndicat le rencontre.J’étais rendu au point de vouloir lui sauter dessus.Je devenais agressif.» Le syndicat crée un comité de relations et Pierre demande d’être affecté à un autre département.Rien ne change.Dès qu’il est appelé pour régler un bris d’équipement, on lui saute au visage.«Je ne pouvais plus vivre avec ça.Je me suis caché dans un bureau.Le délégué syndical m’a trouvé.Je pleurais.J’étais devenu une loque humaine.On ne m’avait même pas battu physiquement.Et j’étais sans défense.» Il rencontre un médecin qui le met en arrêt de travail pour une période de six mois pour dépression.Côté syndical, il raconte sa version des faits.Aucun grief ne sera déposé contre son intimidateur.Pierre est bouleversé.«Je ne me sentais pas appuyé, pas défendu.» Pour se soigner, il voit un psychiatre.En plus de sa dépression, il souffre de brûlures d’estomac, qui l’empêchent de dormir.Son anxiété provoquait des difficultés à digérer.«J’ai demandé à mon médecin quand j’arrêterais de prendre la médication.Il m’a dit que c’était pour la vie.Ça représentait 100$ par mois.Je me sentais mal de savoir que j’allais dépendre de la médication pour le restant de mes jours.» Autodidacte, Pierre cherche des solutions.«J’étais chez moi pour un congé de maladie de six mois.J’avais du temps pour lire.C’est alors qu’Internet a tout chamboulé.» En naviguant sur le Net, il tombe par hasard sur le site du centre américain Centerpointe, qui fait de la recherche sur les ondes et la pensée.«J’ai toujours été intéressé par la quête intérieure.Le site parlait de contrôle de la pensée.la grande ville.Et moi, je me demandais pourquoi, alors que j’ai une colonne vertébrale et que j’ai fait 10 ans d’arts martiaux, je me retrouvais caché dans un bureau à pleurer.» A partir de Centerpointe, Pierre commande des CD dont la musique a un effet sur les ondes et développe des liens entre les deux hémisphères du cerveau.Pierre fait jouer ces mélodies pendant qu’il dort la nuit.«Grâce à la musique, j’ai délaissé les pilules et mes problèmes d’estomac ont cessé.De plus, j’ai retrouvé le sommeil et j’ai pu retourner travailler.» Pierre pousse l’expérience plus loin.«Je me suis dit que j’étais capable de changer bien des choses dans mon cerveau, que ma pensée pouvait être plus grande, plus complète.» Il décide de se fabriquer des phrases subliminales, qui défilent trop vite pour les percevoir, et les fait passer sur l’écran de son ordinateur devant lequel il s’assoit régulièrement.«Plus on répète quelque chose, plus ça devient vrai.Même un mensonge, s’il est répété plus d’une fois, devient vrai.Moi, je m’écrivais que j’étais bon, que j’étais capable.Des phrases positives.» Pierre est retourné au travail, le manque de confiance qu’il traînait depuis l’enfance est disparu.Comme les arts martiaux lui ont, à une époque, procuré une paix intérieure, aujourd’hui c’est la musique de méditation qui l’apaise.Quant à demain, Pierre verra bien.D’ici là, il apprend à savourer la vie au jour le jour.Un objectif si simple qu’il aura mis des années à le comprendre.^ WWW.ref1etdesodete.com 29 efletdeSociété 1 an - 6 nos.37,95$ ?2 ans -12 nos.65,99$ ?3 ans-18 nos.89,95$ Taxes incluses International 45$ Cad.1 an.Chèque ou mandat à l’ordre de Reflet de Société 4233, Ste Catherine Est Montréal, QC H1V1X4 Téléphone: (514) 256-9000 Sans frais: 1-877-256-9009 Prénom: Adresse: Ville: Nom: Code Postal Courriel:___ Carte n‘ Province: Tél.: I I l.I l.LJ-LJ L U L U Date expiration: Signature: ?VISA ?MASTER CARD DAMEX TOUTE CONTRIBUTION SUPPLEMENTAIRE POUR SOUTENIR NOTRE TRAVAIL EST LA BIENVENUE ?J RefletdeSociété GENERAL FAMILLE VIH-SIDA Aide juridique Hochelaga (514) 864-7313 Protection de la jeunesse (DPJ) 1-800 665-1414 Info-Santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de réference dugrandMTL(514)527-1375 Grands frères/grandes sœurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514)729-6666 Regroupement maisons de Jeunes (514) 725-2686 C.O.C.Q.Sida La Maison du Parc NoPa MTSA/IH (514)844-2477 (514)523-6467 (514)528-2464 CENTRE DE CRISE DE MONTREAL Tracom (centre-ouest) Iris (nord) L’Entremise (est-centre-est) L'Autre-maison (sud-ouest) Centre de crise Québec L’Ouest de l’île L’Accès Archipel d’Entraide Prévention du suicide (514)483-3033 (514)388-9233 (514)351-9592 (514)768-7225 (418)688-4240 (514)684-6160 (450)468-8080 (418)649-9145 (418)683-4588 Grossesse Secours Chantiers Jeunesses Réseau Hommes Québec Patro Roc-Amadour Pignon Bleu YMCAMtl centre-ville YMCAHochelaga-Maisonneuve Armée du Salut La Marie Debout Éducation-coup-de-fil (514)271-0554 (514)252-3015 (514)276-4545 (418)529-4996 (418)648-0598 (514)849-8393 (514)255-4651 (514)932-2214 (514)597-2311 (514) 525-2573 1-866-329-4223 DÉCROCHAGE Éducation coup de fil Revdec Carrefour Jeunesse (514) 525-2573 (514)259-0634 (514)253-3828 Le Chic Resto-Pop Jeunesse au Soleil Café Rencontre (514)521-4089 (514) 842-6822 (418)640-0915 DROGUE ET DESINTOXICATION LIGNE D’AIDE ET D’ÉCOUTE HÉBERGEMENT DE DÉPANNAGE ET D’URGENCE Toxic-Action (Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 Centre Jean-Lapointe Mtl adulte (514) 288-2611 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24 hres Portage Centre Dollard-Cormier Jeunesse Centre Dollard-Cormier Adulte Le Pharillon Drogue aide et référence Un foyer pour toi L’Anonyme Cactus Dopamine et Préfix Intervenants en toxicomanie Escale Notre-Dame FOBAST Dianova Centre Casa Centre UBALD Villeneuve Au seuil de L’Harmonie Gai Écoute Tel-Jeunes ou (514)288-1515 (450)224-2944 (514)982-4531 (514)385-0046 (514)254-8560 1-800-265-2626 (450) 663-0111 (514) 236-6700 (514)847-0067 (514)251-8872 (450)646-3271 (514)251-0805 (418)682-5515 (514)875-7013 (418) 871-8380 (418)663-5008 (418) 660-7900 Tel-aide et ami à l’écoute Jeunesse-j’écoute Suicide action Montréal Prévention du suicide «Accueil-Amitié» Partout au Québec Secours-Amitié Estrie Cocaïnomanes anonymes Déprimés anonymes Gamblers anonymes 1-888-505-1010 (514)288-2266 1-800-263-2266 (514)935-1101 1-800-668-6868 (514) 723-4000 Gam-anon (proches du joueur) Narcotiques anonymes ou VIOLENCE CALACS Montréal (514)934-4504 Chaudière-Appalaches(418) 227-6866 Lévis 1-800-835-8342 CAVAC Montréal (514)277-9860 Québec (418)648-2190 Groupe d'aide et d’info sur le Harcèlement sexuel au travai(514) 526-0789 SOS violence conjugale Trêve pour elles Centre pour les victimes D’agression sexuelle (24h) Armée du salut (514) 363-9010 (514) 251-0323 (514)934-4504 (514) 934-5615 Outremangeurs anonymes Parents anonymes Jeu: aide et référence Alanon & Alateen Ligne Oéan (santé mentale) Sexoliques anonymes Primes-Québec (soutien masculin) Émotifs anonymes Alanon & Alateen Alcooliques Anonymes Québec Montréal Laval Rive-Sud Mauricie-Saguenay-Lac Saint-Jean NAR-ANON Montréal Saguenay abus aux ainés (418)228-0001 1-866-APPELLE 1-800-667-3841 (514)527-9999 (514)278-2130 (514)484-6666 1-800-484-6664 (514)484-6666 1-800-484-6664 (514)249-0555 1-800-463-0162 1-800-879-0333 (514)490-1939 1-800-361-5085 1-800-461-0140 (514)866-9803 (418)522-3283 (514)254-8181 (418)649-1232 (514)990-5886 (418)990-2666 (418)529-0015 (514)376-9230 (450)629-6635 (450)670-9480 (866)376-6279 (514)725-9284 (514)542-1758 (514)489-2287 Auberge de l’amitié pour femmes (418)275-4574 Bunker (514)524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514)845-0151 En Marge (514)849-7117 Passages (514)875-8119 Regroupement maisons d’hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514)522-3198 Auberge communautaire du Sud-Ouest (514)768-4774 Maison le parcours Oxygène L’Avenue L’Escalier Maison St-Dominique (514)270-7793 Auberge de Montréal (514)843-3317 Le Tournant (514)523-2157 La Casa (Longueuil) (450)442-4777 Armée Salut pour hommes (418)692-3956 Mission Old Brewery (514)866-6591 Mission Bon Accueil (514)523-5288 La Maison du Père (514)845-0168 Auberge du cœur Estrie (819)563-1387 LamaisonTangente (514)252-8771 HébergementSt-Denis (514)374-6673 L’Abris de la Rive-Sud, homme (450)646-7809 Maison Élisabeth Bergeron,femme (450)651-3591 (514)276-6299 (514)523-9283 (514)254-2244 (514)252-9886 affective Dépendance L'amour en 3 Dimensions mSa***» HPres la beau i Recue// de Pournousc exPrimer ne humoristique ! un roman pour dédramatiser la relation amoureuse, la relation d’amitie et la relation avec pnvironnement.+ 3.95$ TAXES TTRANSPORT L ?a méditer er a vivre et eMotions.2-50ST^dt transport Un travail Pe î( °u encore Guicfe d l Personrj A Permet d’£ ^connaître, ^reursefc ^eut être fait Pers°nne en - Cultures ,r>terv( 'er,tion a Su,cidaires [rle su/c/de 2Tproch^« ynerceZ 50$ TAXES ranspoRT a classique 1 'e\eH\phoP | d’\mprovisatlon- , Graffiti, Rap-ciassiques Section ( "vée aux Breaker tu guide endeuiii( orgues Casa1 Bénévo/a; /’•mp/icati Regard °n bériévi + 4.95$ TAXES ETTRANSPORT sur des gens de coeur rémoi9
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.