Le journal de la rue, 1 janvier 1996, Vol. 3, No 1
PER CPP BNQ SE SENSIBILISER POUR MIEUX VIVRE! vol.:i.N" I.l'LIL RACISME P.6 PACTE DE NON-VIOLENCE P.7 DOSSIER: LE SUICIDE p.14 DES PAUVRES AIDENT LES PAUVRES p.19 LE COMMUNAUTAIRE P.20 MAISONS DE LA FAMILLE p.21 DROGUE p.22 HISTOIRES DE CADEAUX p.23 MARIE-CARMEN ET LE SUICIDE P.12 Marie-Carmen reçoit beaucoup de courrier de jeunes qui ont des idées suicidaires.Nous l’avons rencontrée pour prendre le temps d’en causer.Son témoignage devient une façon de répondre et de dire aux jeunes du Québec qu’elle les aime passionnément.À LA CONQUÊTE DE SOI p.8 PROCHAIN INCESTE ET ABUS SEXUEL Sept jeunes (extoxicomanes) du Pavillon^du Nouveau point de vue, sont partis des «blocs» de la rue Ste-Catherine pour se rendre au Mont Jacques-Cartier, en Gaspésie: 42 jours de périple et de vécu intense.p : ski 101 IT miâii ¦¦¦¦ LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation et d’information.Nous aimons y parler des jeunes qui fuguent et de sujets quelque peu tabous comme la drogue, la prostitution et le suicide.Nous voulons faire connaître les diverses ressources disponibles qui peuvent aider et servir à intervenir, en créant un pont d’entraide entre intervenants et jeunes.Le journal est distribué aux jeunes sur la rue et aux maisons d’accueil ou d’intervention.LE JOURNAL DE LA RUE est un organisme sans but lucratif non subventionné.Toute contribution financière nous permettra de poursuivre notre but: être présent et soutenir ceux qui en ont besoin.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada La reproduction totale ou partielle des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Nous aimons recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour publication éventuelle.ÉDITORIAL DÉMYSTIFIER LES PHÉNOMÈNES SOCIAUX Le suicide, comme tous les autres phénomènes sociaux, c’est important d’en parler ouvertement avec notre coeur, pour éviter d’en faire un sujet tabou.Pour aider les gens à sortir de l’isolement, éduquer et informer le grand public de notre responsabilité et de l’importance de notre implication dans notre entourage.Malheureusement je suis régulièrement choqué et déçu par la façon dont certains médias et organismes communautaires traitent de la question.Si on veut justifier des subventions, organiser une campagne de levée de fonds ou augmenter la popularité d’un média, pour atteindre ces objectifs, on n’a qu’à rechercher les statistiques qui dévoilent ce qui capte l’attention du grand public.Plusieurs données semblent amplifiées ou faussées.Si on écrit: «En 1993, il y a eu 88 jeunes de 15 à 19 ans qui se sont suicidés au Québec», il est possible qu’on se heurte à l’indifférence de plusieurs.Si on écrit: «Le Québec a l’un des plus hauts taux de suicides chez les jeunes au monde» ou encore d’une «Explosion de suicides chez les jeunes», on va peut-être attirer l’attention plus facilement.Mais, devrions-nous mettre l’accent sur ce point?Toujours à la recherche de performance, on nous dit rarement où aider ni comment intervenir correctement.Tout ce qu’on veut connaître ce sont les statistiques où le Québec se classe le premier: le meilleur dans le pire! À quel groupe d’âge fait-on référence lorsqu’on utilise le terme «jeunes»?Certains statisticiens attribuent l’étiquette aux individus se situant entre 15 et 35 ans, d’autres vont jusqu’à 44 ans! On pourrait croire qu’on choisit délibérément l’étiquette qui fait l’affaire en fonction de l’idée qu’on veut renforcer.Un jeune qui se suicide, c’est un de trop.En parler devrait se résumer à évaluer notre part de responsabilité en tant que citoyen, parent ou ami d’une personne qui souffre et à promouvoir de l’aide.Je garde espoir que nos coeurs d’adultes s’ouvriront et tendront les bras à cette jeunesse qui ne demande qu’à être aimée et à vivre.Raymond Viger 2 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Je | Coordinnation et rédaction Raymond Viger Collaboration Marie-Carmen Père André Durand Michel Therrien Anne Siebes Denis Marquette Patrick Danye Chantal G.Chantal P.Francis Cédrick Benoît Maréva Lafrenière René Sirois Gilles Carignan Benoît Grou Carole Roy Distribution Père André Durand Daniel Roy Raymond Viger Projets spéciaux Père André Durand Monique Cheney Raymond Viger Christian L’Archevêque Design et infographie Johanne Beaudoin Merci à tous les bénévoles, plus particulièrement à Jean et Paulette Vinette de l’Oasis Marie Caritas Pour réserver un espace de commandite contactez-nous au: (514) 498-4230 Abonnement : 20 $ RESSOURCES SUICIDE INTERVENTION UN PAS VERS L’ESPOIR CONFÉRENCES- ÉCHANGES FORMATION SUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE POUR TOUS! (514) 448-8311 Dernièrement, je causais avec un intervenant qui passait une mauvaise période dans son travail.Il avait également perdu un jeune (par suicide) auquel il s’était attaché et lié d’amitié.Je lui ai parlé des différentes ressources qu’il connaissait déjà.Il avait une certaine réticence à se servir des ressources existantes pour lui-même: «Pour les autres ça va, c’est correct, mais pour moi, je suis intervenant, je devrais savoir quoi faire et pouvoir m’arranger tout seul avec ce que je vis.» Les ressources sont disponibles pour tout le monde, sans exception de race, de sexe, d’âge, de connaissance ou de travail.Sortons de notre isolement pour faire ce premier pas, un pas vers l’espoir, vers la relation d’aide pour soi et pour les autres.FAMILLE • Maison de la famille: (514) 288-5712 • Parents anonymes: 1-800-361-5085 • Familles monoparentales: (514) 729-6666 • Maisons de jeunes: (514) 725-2686 • S.O.S.violence conjugale: 1-800-363-9010 • Agression sexuelle: (514) 934-4504 • Tracom: (514) 483-3033 (Centre-Ouest) • Iris: (514) 388-9233 (Nord) • L’entremise: (514) 351-9592 (Est, Centre-Est) • L’autre maison: (514) 768-7225 (Sud-Ouest) • L’ouest de l’île: (514) 684-6160 (Ouest) • L’accès: (514) 468-8080 (Longueuil) I I • Ade et référence Montréal: (514) 527-2626 ailleurs au Québec: 1-800-265-2626 • Centre antipoison: 1-800-463-5060 • Acoolique anonyme: (514) 376-9230 • Narcotique anonyme: (514) 525-0333 • Centre désintoxication Préfontaine: (514) 521-1280 • Domrémy: (514) 385-0046 • Pavillon du nouveau point de vue: (514) 887-2392 • Maison Jean Lapointe pour ados: Montréal: (514) 620-1218 Québec: (418) 523-1218 iiiii • Jeunesse J’écoute: 1-800-668-6868 • Tél-Jeune 1-800-263-2266 •Tél-Ade: (514) 935-1101 • Déprimé anonyme: (514) 278-2130 De plus, il y a 35 centres de prévention du suicide à travers le Québec, faites le 411 et demandez celui le plus près de chez vous.Vous pouvez faire de même pour les centres de crise.Groupes de rencontres thérapeutiques pour les personnes suicidaires et leurs proches, animées par deux intervenants de crise.Pour plus d’information: Suicide Intervention, (514) 448-8311.3 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180.Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Un quotidien titre: «De plus en plus de jeunes en prison».Le texte spécifie que l’augmentation au Canada est due à l’accroissement démographique.Puis, on ajoute qu’au Québec le nombre de jeunes incarcérés a diminué.On pourrait proposer un autre titre: «De moins en moins de jeunes en prison au Québec».(Raymond Viger) Les journaux nous bombardent presque quotidiennement de toutes sortes de sondages.Ceux qui m’intéressent le plus concernent les taux de criminalité.Environ 50 % des gens croient que la criminalité est en hausse, 40 % croient qu’elle demeure constante et moins de 10 % sont d’avis qu’elle est en baisse.N’en déplaise au 90 % de la population qui croient le contraire, il semble, d’après les statistiques, qu’elle soit à la baisse depuis quelques années.Plusieurs articles publiés dans les journaux nous montrent que le taux de criminalité a diminué.90 % des gens ignorent ce fait bien qu’ils lisent les journaux.Ils croient même que la criminalité augmente! Pourquoi?Les articles qui font état d’une baisse de criminalité ne font jamais la une des quotidiens.Par contre, en première page, on peut lire des manchettes comme celles-là: «Découverte d’un cadavre dans un boisé», «vol spectaculaire d’une banque», «un vieillard sauvagement battu», «explosion d’une bombe artisanale».Pour la majorité des gens, l’article sur la baisse de la criminalité en page 11 est beaucoup moins intéressant que le sang qui coule en page 1.Dans les médias, on couvre les crimes de A à Z: on en parle au moment du crime, à l’arrestation du suspect, pendant l’enquête préliminaire, pendant tout le procès, à la condamnation, et en fin d’année, à la révision des événements marquants.Ce battage médiatique donne la fausse impression qu’il y a eu 6 crimes de commis, au lieu d’un seul.La concurrence médiatique fait en sorte qu’on divulgue à qui mieux mieux les détails les plus sordides de ces crimes, renforçant ainsi l’opinion publique dans sa conviction que la criminalité est à la hausse.Merci à Benoît Grou (du Journal Espoir et Liberté) pour ses informations, sa collaboration et son engagement.¦MMjMB» RwJlI&P fflÊÈmm / ¦ Qui dit vrai?4 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ BOÎTE AUX LETTRES Lettre ouverte à ma famille Qu’est-ce qu’un «vrai de vrai»?Je suis toxicomane.Je sais qu’il me serait utile d’avoir de l’aide, car je peux difficilement m’en sortir seul.Vous voulez m’aider, alors ne cherchez pas de solutions à ma place.Ceci m’amène à ne plus vous respecter et à me révolter car au fond, je sais ce que j’ai à faire mais je ne suis pas prêt.De grâce, pas de sermon, ni morale, ni réprimande, ni blâme, ni argumentation, que je sois sous l’effet de drogues ou non.Cela peut vous soulager, mais cela ne m’aide pas, car je me blâme déjà moi-même et plus je souffre, plus je veux me geler.N’écoutez pas mes promesses.La nature de ma maladie m’empêche de les tenir, même si je suis sincère à ce moment-là.Les promesses représentent mon seul moyen de fuir ma souffrance.Restez ferme dans vos décisions, ne changez pas d’idée constamment, car je suis habile à vous manipuler même si je sais que je paierai la note un jour.Ne vous mettez pas en colère contre moi, cela vous détruit et ainsi, vous ne trouvez plus de solutions pour m’aider.Ne laissez pas une grande inquiétude à mon égard vous envahir, car elle vous pousse à prendre mes responsabilités et m’empêche de subir les conséquences de mes gestes.Ne dissimulez pas ou n’essayez pas de cacher mes gaffes vis-à-vis des autres.Cela peut réduire les crises, mais cela fait progresser la maladie.Par dessus tout, ne fuyez pas la réalité comme je le fais! Essayez d’être heureux malgré tout.malgré moi.Ma dépendance aux drogues s’aggrave à mesure que ma consommation persiste.Votre bonheur sera sûrement pour moi l’occasion de croire que je peux, moi aussi, être heureux sans drogue.Je suis né au Québec.Mes parents sont arrivés de Haïti lorsqu’ils étaient jeunes.Vous l’aurez deviné: ma peau est brune! Plusieurs Québécois de mon âge me repoussent en me traitant de .vous savez quoi.Mes grands-parents sont morts depuis un bon bout de temps déjà, et je n’en connais pas plus que vous sur Haïti.Il arrive fréquemment que des Haïtiens me repoussent aussi: je ne suis pas un «vrai de vrai» Haïtien puisque je suis né au Québec.Je prends des cours dans un centre d’aide aux immigrants pour en savoir un peu plus sur la culture de mon pays d’origine; origine que vous percevez lorsque vous regardez la couleur de ma peau.Unjeune Québécois né au Québec Anonyme 5 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ RACISME: LES DIFFÉRENCES, UNE RÉALITÉ C’est la diversité qu’on retrouve dans tous les règnes (minéral, végétal, animal et humain) qui fait l’intérêt de notre planète.Pourquoi ne pas apprécier les différences et leur donner la place qui leur revient?(F.Colombani) Une cour d’école bondée d’enfants.Dans un coin, un jeune, rejeté et humilié, joue seul.Sa grosseur a fait de lui un enfant boudé et exclu du groupe.Demain ce sera peut-être le plus petit qui subira le rejet, un autre jour, le plus grand, le meilleur, le chouchou de la maîtresse, la tête forte.Tous les extrêmes du groupe risquent d’y faire un bref séjour.Si c’est un enfant de couleur qui se retrouve dans ce coin de solitude, on criera au racisme.Bien qu’elles représentent la moitié de la population, les femmes pourront subir certaines mise à l’écart.Elle se réuniront et brandiront la bannière du sexisme contre les agresseurs.Je pense cependant qu’il existe un racisme encore pire: l’indifférence devant nos différences! On ne peut jouer à l’autruche et faire semblant que nous sommes tous pareils.Nous ne le sommes pas, c’est une réalité indéniable.Nous sommes différents en tant qu’individus, sociétés et cultures.Je dois prendre conscience des différences individuelles et les respecter, pas seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan de l’éducation, de la langue, des moeurs, des coutumes, de la religion et du folklore qui caractérisent une ethnie par exemple.Prendre conscience des réalités ethniques consiste à découvrir les différences physiques et culturelles, et non pas à les ignorer.En les découvrant on peut apprendre le respect des êtres dans leurs réalités individuelles et collectives.Face à l’inconnu, il y a peur et rejet.C’est une forme de racisme.Face à l’inconnu, faire semblant qu’il n’y a pas de peur et s’obliger à fermer les yeux, est une autre forme de racisme, plus discrète mais tout aussi difficile à vivre.Il nous reste à découvrir l’inconnu.Ce faisant, l’inconnu deviendra du connu.Dans l’ignorance, nous combattons par peur.Dans l’indifférence, nous combattons nos peurs.Dans la connaissance, aurions-nous peur de ne plus avoir à combattre?Il a été dit: «Aimez-vous les uns les autres».Peut-on aimer quelqu’un sans prendre le temps de le connaître?Raymond Viger miNizMAtir comeur msfcf/i/œ pm r wit fere cmM fs.|i4gpm fëmm MflfWI ¦fiPS Utoct .©• mwmunm 6 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ PACTE NON-VIOLENCE (BsssgaBBsss^sæs TOUJOURS ENSEMBLE «c mtA La délinquance, la violence, la drogue, les gangs de rue sont des réalités auxquelles les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés tous les jours.À l’ère des communications la violence envahit notre quotidien, s’intégrant sans qu’on s’en rende compte à notre mode de vie, comme s’il était normal de la côtoyer.Peu importe qu’elle soit verbale, physique, sexuelle ou psychologique, la violence nous touche et nous dérange tous.Alors, pendant qu’on tente de nous sensibiliser à ce phénomène, le traitement médiatique à sensation engendre l’insécurité de la population, nous portant à croire que la société risque de sombrer quotidiennement dans la violence.C’est pourquoi, pour nous, prévenir et sensibiliser sont maintenant des mots d’ordre.C’est en sensibilisant la population à la violence et en faisant la promotion de la non-violence, bref, c’est en posant des gestes concrets que nous changerons les mentalités et les comportements.Joignez-vous à la plus grosse gang en ville, joignez-vous à PACTE NON-VIOLENCE.PACTE NON-VIOLENCE TOUJOURS ENSEMBLE inc et SERVICE JEUNESSE CANADA: DÉCLARATION DU PACTE Reconnaissant la présence du phénomène de la violence dans ma communauté, je m’engage à respecter les droits de tout individu, à promouvoir la non-violence dans mes actions quotidiennes, à ne pas tolérer la violence qui peut m’être faite, ou qui peut être faite à autrui, 4926, rue de Verdun Verdun, Québec H4G 1N3 Téléléphone: (514) 761-7867 afin de mettre un terme à toute forme d’agression physique, psychologique, verbale et sexuelle.Et j’ai signé: ___________________________________ Ami(e)s: ___________________________________ ,yj4 :*«» f SEW SERVICE \ f YOUTH «UHISStl f SERVICE CANADA CANADA N.B.: demande à tes amis de signer et de s’engager à créer eux aussi un climat de non-violence autour d’eux.7 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180.Suce.Beaubien MÛ.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ W, mm Une expedition qui nous a rapprochés de la nature dans toute sa splendeur.J’ai eu la chance de passer quelques jours avec des jeunes en thérapie au Pavillon du Nouveau point de vue.Ce fut pour moi l’occasion de connaître leur vécu en maison de désintoxication.Cédrick et Chantal G.complétaient une thérapie au Pavillon, et j’étais loin de me douter que j’allais vivre une aventure bien différente avec eux.Pendant ce temps, Diane Leboeuf et Pierre Vachon préparaient une expédition de 42 jours avec sept extoxicomanes ayant terminé leur cure de désintoxication au Pavillon.Cette marche avait pour but de démontrer publiquement que les jeunes possèdent plein de capacités et de ressources et qu’ils ne méritent pas d’être marginalisés et étiquetés abusivement.Une expérience qui dure 42 joufs pour se découvrir sous un nouveau jour, avec un regard neuf.Un défi pour se confronter à la nature grâce à des activités comme l’escalade et la randonnée pédestre.Un temps de partage pour s’ouvrir à la vie et aux gens qui nous entourent.8 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 Si la société leur fournit des projets et si elle supporte leurs intérêts, les jeunes peuvent réussir à canaliser leur énergie et découvrir leurs talents.L’expédition démarre le 16 juillet 1995, aux «blocs» de la rue Ste-Catherine à Montréal (ce monument, point de ralliement des jeunes de la rue, symbolise le bas fond que certains ont parfois à toucher.Quand on pense aux «blocs», on pense à drogue, prostitution, délinquance, itinérance, suicide et à alcool.C’est un lieu où plusieurs ont décroché de la société).Destination: le Mont Jacques-Cartier, dans le parc de la Gaspésie.Ce sommet, le plus haut du Québec septentrionale, est situé à 1268 mètres d’altitude et à 950 kilomètres de Montréal.Un sommet qui représente la liberté, l’autonomie, le but à atteindre, le rêve qui sommeille en nous, l’espoir d’une vie;.L’arrivée est prévue pour le 23 août, soit 42 jours, l’équivalent d’une cure de désintoxication au Pavillon.C’est le même engagement.La thérapie du Pavillon est basée sur des activités de plein air.Le contact avec la nature favorise l’intériorité et peut aider le jeune à faire face à son vécu et à ses souffrances.H2G 3C9 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc À LA CONQUÊTE DE SOI Abonnement : 20 $ «Ayoe!» Une coupure sous le pied de Chantal G.«Tes oeufs étaient bien bons Danye .même si tu les as tournés avec la tapette à mouches!» Avec l’amour et le respect qu’ils reçoivent de la coordonnatrice Diane Leboeuf et des intervenants, les adolescents apprennent à s’accepter, à s’aimer, à être en relation avec eux-mêmes et l’entourage.La thérapie met l’accent sur l’estime de soi et la revalorisation de l’être humain dans sa globalité.Un être qui, trop souvent, a été manipulé, rabaissé, rejeté, abusé.Un être qui entre au Pavillon, écrasé par le poids d’une souffrance qui dure depuis trop longtemps.Après 42 jours de thérapie, c’est un nouvel adolescent qui en sort, mieux outillé pour affronter les difficultés de la vie et capable de se responsabiliser face :î?4 N Æ aux obstacles quotidiens.Les cures miracles n’existent pas.À sa sortie, le jeune aura appris à travailler avec de nouveaux outils de cheminement.Les outils que la vie nous donne tout au long de notre chemin, on peut les ranger dans notre atelier ou encore s’amuser à expérimenter avec eux.On peut s’isoler, rester seul avec ces outils, ou encore être supporté par un nouvel environnement, de nouveaux amis.Encore une question de choix personnel.À partir du moment où nous avons des choix, nous sommes maîtres de notre destinée et responsables de leurs conséquences.Les moyens utilisés pour l’expédition sont les même que ceux de la thérapie habituelle: marche, bicyclette et escalade.Les têtes d’affiches, les héros de ce projet sont: Chantal P., Chantal G., Danye, Patrick, Cédrick, Benoît et Francis.Le thème du projet est clair: «À la conquête de soi».Le plus grand conquérant est celui qui se conquiert lui-même.Si nous ne prenons pas le temps de grimper nos montagnes, nous ne pouvons pas découvrir nos talents et nos m3 9 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ •y* i*l SS?* ressources.C’est par le travail d’équipe que nous pouvons réaliser ces conquêtes en commun, en croyant aux jeunes et en leur force.En collaboration avec les médias, cette expédition invite à la réconciliation.Réconciliation entre les jeunes, les adultes et la société.Pendant la marche d’autres jeunes ont suivi l’exemple et entrepris une cure au Pavillon.Beaucoup de gens ont été touchés par la beauté de ce projet.En nous permettant de nous montrer tel que nous sommes et avons été, avec amour et espoir, nous pouvons créer une ouverture d’esprit qui permet ce petit pas de plus à chaque jour.42 jours à pied et à vélo, sous le soleil ou la pluie, au chaud et au froid et se sentir vivant parce qu’on est capable de ressentir tous les extrêmes que la vie nous offre.J’ai suivi le groupe pendant 19 jours à différents points stratégiques de l’itinéraire, afin d’avoir une vue d’ensemble de l’expérience.J’y ai traîné, parfois de peine et de misère, le matériel nécessaire pour ramener des images et des témoignages importants quant à la valeur et aux capacités de notre jeunesse.10 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Sortir de son isolement, ce peut être de se retrouver autour d’une table avec des amis et de se permettre d’être soi-même.Tout au long du parcours, le groupe s’arrêtait dans différentes villes pour partager avec des groupes d’entraide, dans les maisons de jeunes.Les adolescents ont pris le temps de se lever courageusement, et de se montrer sous leur vrai jour en public, pour dire: oui, les jeunes méritent d’être entendus et la jeunesse vécue.Pour dire: oui, un jeune peut être un citoyen à part entière et fier de l’être.Pour dire: nous ne sommes pas parfaits, mais nous avons et nous aurons aussi nos instants de plus grande force.Une force honnête et sincère qui passe par le coeur, un grand courant d’amour qui peut ébranler toutes les armures des adultes.À ces jeunes qui ont le droit et qui méritent de se faire confiance et qu’on leur fasse confiance, à ces jeunes qui ne demandent qu’à aimer et être aimés, à ces jeunes qui détiennent leur propre vérité au fond de leur coeur, je dis simplement et humblement: j’ai beaucoup d’admiration pour ce que vous êtes, et tels que vous êtes.Continuez de croire en ce qu’il y a de plus vrai et de plus beau en ce monde, c’est-à-dire en vous-mêmes.Raymond Viger Il JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ MARIE-CARMEN ET LE SUICIDE Les premiers défenseurs des droits de l’homme sont ceux qui se consacrent aux orphelins, aux destitués, aux délinquants.L’Amour est l’eau bienfaisante qui peut créer et combler les vides.Dans chaque pays il devrait exister des villages d’enfants, libres de créer leur propre constitution, leurs propres lois.La liberté donne à l’enfant le pouvoir d’expression, et ces villages enrichiraient la psychologie moderne qui étudierait les enfants dans leur propre milieu.(.) La nouvelle ère donnera progressivement des enfants nouveaux, dotés d’une conscience plus vaste, plus riche, et qui n’auront rien de commun avec les enfants du passé.En prévision de cet événement, il faut de plus en plus laisser aux enfants le droit de s’exprimer! (Élisabeth Warnon) J’ai demandé à Marie-Carmen une entrevue pour le journal.J’avais lu qu’elle recevait beaucoup de lettres de jeunes qui avaient des idées suicidaires et je souhaitais lui offrir un espace pour leur répondre.Après notre entretien, j’aurais pu écrire tout un livre! Faire la synthèse d’une rencontre aussi riche en un seul article aurait exigé des coupures.Trop de belles choses avaient été dites pour nous limiter ainsi.Nous avons donc convenu d’une récidive au prochain numéro.Déjà, Marie-Carmen m’offrait une belle leçon de vie, en m’accordant le temps et l’espace nécessaires pour satisfaire aux exigences de ce message.Aussi, après réflexion, j’ai accepté de suivre un autre courant, celui que Marie-Carmen dessinait devant moi.Les normes et les conventions procurent une orientation sécurisante, mais une fois que le bateau vogue sur l’eau, pourquoi ne pas suivre l’impulsion du moment, face à la brise qui caresse les voiles?C’est à une sorte d’abandon de soi qu’on s’en remet.Je m’abandonne à moi-même, et c’est peut-être plus difficile à faire que de m’abandonner aux autres: je délaisse la rigidité de mes conventions pour accepter le risque de l’aventure, du nouveau.Le voyage s’amorce sur la cote d’amour de Marie-Carmen pour la jeunesse.On ne peut rester indifférent devant la profondeur d’un tel sentiment.Celui-ci dégage une énergie qui pourrait faire fondre le scepticisme de beaucoup de gens en poste d’autorité auprès des jeunes.Il n’est pas surprenant qu’elle soit le porte parole de Jeunesse J’écoute, une ligne téléphonique disponible toute la semaine, 24 heures par jour.Toujours accessible, cette ligne sert à briser l’isolement de ceux qui ont besoin de parler, d’être entendus.Je laisse donc la parole à Marie-Carmen qui nous éclairera un peu plus sur sa passion.Les jeunes nous parlent avec la voix du coeur.Si on prenait le temps de les écouter, ils pourraient nous enseigner tant de choses magnifiques.Il est curieux que plusieurs adultes demandent aux jeunes d’attendre d’être plus âgés pour comprendre les choses de la vie et s’exprimer.Lorsqu’on devient adulte on réalise qu’on «savait».Il faut alors revenir à la source: à l’adolescent qui sommeille en nous.Certains ont déjà parlé de l’enfant intérieur, de l’enfant en soi.Toute la force et la beauté de cet enfant se retrouvent à l’adolescence.La beauté et la force des adolescents sont-elles si menaçantes que les adultes se sentent poussés à les blâmer et à les juger?Chaque période de l’humanité a connu ses guerres, ses épidémies et ses grands fléaux.On ne cesse de répéter aux jeunes qu’ils n’ont pas d’avenir.Pourtant nous avons tous la force nécessaire devant les obstacles qu ’on rencontre.Si notre société semble plus mal en point que la 12 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180.Suce.Beaubien MR, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Les jeunes devraient étudier la Vie et son expression dans toutes les formes.À quoi bon farcir les jeunes cerveaux de théories ardues?On fait des enfants des machines à calculer, des mécontents, des futurs révoltés! On les prive des jeux nécessaires à leur développement et les place devant bien des conflits intérieurs.(Élisabeth Warnon) À quoi bon toutes les connaissances du monde si nous ne possédons pas une philosophie de vie et un mode d’emploi pour les utiliser en vue d’un plein épanouissement de soi?Aurions-nous besoin d’un lexique pour nous aider à exprimer et extérioriser les conflits internes, et les identifier sous leurs vrais noms?(Raymond Viger) précédente, cela prouve que les jeunes sont plus forts que nous pour faire face aux nouveaux défis.Les jeunes sont beaux et, d'une génération à Vautre, ils sont de plus en plus forts.Quand je les regarde dans les yeux, je vois tout leur potentiel d'amour: leurs yeux brillent comme des étoiles dans le ciel.Je ne peux qu'admirer tous ces rêves qu'ils portent en eux.Il n’y a pas de rêves trop fous ou trop grands, il n'y a que des adultes qui cherchent à les étouffer.Les jeunes transmettent un amour qui nous accule à l'ouverture de coeur.Il est urgent que les adultes changent leur attitude devant les jeunes, qu'ils cessent de leur bourrer le crâne de choses négatives.La vérité se trouve au fond de nos tripes, pas dans le discours.Durant ma période de détresse, un ange m'a dit que le seul pouvoir de la noirceur était la peur.On allume une flamme, un briquet, et le noir s'en va.Au fond de nous tous il y a une flamme intérieure plus forte que toutes les forces des ténèbres.Prier, se recueillir c’est allumer une flamme dans le coeur.Ma lumière m'a toujours guidée.On se croit seul dans sa peau et parfois, on peut ressentir toute la tristesse de la solitude.Mais on est pas seul au monde, il suffit de briser l'isolement, de s'ouvrir à l’aide autour de soi et aux énergies qui ne demandent qu'à nous aimer.Chanter me permet de ventiler mes craintes, mes angoisses, c’est ma thérapie.La chanson exorcise certaines de mes peurs.Cela répond à un besoin d'être vraie, d'entrer en contact avec mon être profond.Plusieurs moyens sont disponibles pour briser l'isolement.Il existe de multiples formes d’aide, tendues comme des perches au dessus de l’abîme.On n ’est jamais seul, même quand on a l'impression d'être cristallisé dans une bulle.Il s'agit de croire, de garder espoir et de rester en contact avec ses rêves.L'amour que j’éprouve pour la jeunesse actuelle attise ma flamme intérieure, elle me donne espoir dans la vie, dans l’avenir.C’est en m’aimant et en étant bien dans ma peau que je peux rayonner, que cette flamme, alimentée par les jeunes, peut émaner de moi et en rejoindre d’autres, faire des petits.Amitié à tous, Marie-Carmen Merci Marie-Carmen pour cette flamme que tu apportes dans le coeur de notre journal.Quand je me retrouverai seul dans les rues de nos villes, j’allumerai mon briquet, je penserai à toi et ferai un pas de plus.Merci pour cette étoile que tu fais briller dans le ciel de nos rues.Raymond Viger Prochaine entrevue: «Démystifier l’artiste dans son travail.» P.S.Pour t’aider à allumer la flamme de ton coeur tu peux appeler Jeunesse J’écoute: 1-800-668-6868.C’est gratuit et confidentiel.Tu as le droit d’être aimé.13 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ La plus grande prison qui soit au monde est la prison de l’esprit limité.Prenons dès maintenant la décision d’être libre et de modeler notre vie selon le prototype divin.Servons-nous de sa puissance magique et guérissante pour panser les plaies des coeurs meurtris, pour proclamer la libération du captif et l’ouverture des portes de la prison de ceux qui sont enchaînés par la peur, les échecs, la misère et la douleur.Par le pouvoir divin qui est en nous, nous avons la possibilité d’aplanir toutes les difficultés.La force divine intérieure constitue notre plus grande défense contre les pensées négatives et contre les pressions de la vie extérieure.(J.Murphy) « .J LE SUICIDE -, MH Lorsqu’un parent, un ami, un proche se retrouve dans une situation de crise, on peut se contenter de lui refiler le numéro de téléphone d’un centre de prévention et s’éloigner, par peur de ne pas trouver les bons mots, de brusquer, de.Pour apaiser toutes nos peurs on peut essayer de se convaincre que ça ne concerne que les professionnels et qu’on n’a ni les connaissances ni l’expérience voulues pour intervenir, que c’est l’affaire des autres, ou encore que le temps va arranger les choses.On se croise les doigts et on espère.Mais, si l’ami passe à l’acte et complète son suicide, comment vais-je me sentir dans les jours, les mois ou les années qui suivront?Vais-je culpabiliser en me disant: «Je le savais.j’aurais dû.j’aurais pu?» Intervenir auprès d’une personne suicidaire est une responsabilité collective et individuelle.La personne la mieux placée pour aider cet ami à sortir de son isolement, c’est peut-être une personne de confiance qui l’aime et qui a déjà eu un bon contact avec elle.C’est peut-être toi.Tout en restant soi-même, on peut poser la main sur l’épaule de son ami et faire un bout de chemin à ses côtés, écouter et dire ce qu’on ressent.On peut créer un pont d’entraide et d’amour entre cet ami et des ressources qui faciliteront une intervention adéquate.Devant la profondeur de la détresse d’un être qui au fond ne demande qu’à vivre, on peut assurer une communication qui l’aidera à découvrir sa propre lumière, l’étincelle de vie qui sommeille au fond de chacun.Jusqu’à la dernière minute, le désir de mourir est réversible.L’intervention offre la possibilité d’intensifier une amitié déjà présente, et de grandir mutuellement.En s’abstenant d’intervenir, on risque de perdre un ami .pour la vie.Raymond Viger 14 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Il est des poisons mentaux très efficaces qui conduisent au suicide: ils représentent les lois et les opinions humaines et la croyance que nous sommes punis pour nos péchés, que notre karma (si on y croit) nous poursuit, que nous avons péché dans des vies antérieures et que nous expions nos fautes.Ces pensées se pressent à notre esprit: «C’est peut-être la volonté de Dieu.c’est la croix que je dois porter.» D’autres qui ont le complexe du martyr, disent: «Dieu m’éprouve, il faut que j’accepte ma souffrance comme étant la volonté de Dieu.» La Volonté de Dieu est la volonté de la Vie, et la Vie veut se manifester en tant que santé, harmonie, joie, intégrité, perfection et abondance.La Vie ne peut souhaiter la mort.La Paix ne peut vouloir la souffrance.La Joie ne peut désirer la douleur, l’Harmonie la discorde, l’Amour la punition.Croire que Dieu nous éprouve ou qu’il nous punit met en action la loi d’attraction qui appellera la manifestation de difficultés de toutes sortes.(J.Murphy) Au Québec la violence se vend bien.Les médias vendent la violence comme on vend de la crème glacée durant les grandes chaleurs de l’été.La violence fait augmenter les cotes d’écoute.On donne priorité aux actes de violence de notre société: meurtres, tragédies familiales, etc.On scrute tous les détails à la loupe et on se dépêche de repasser sans cesse les images de tuerie.Certaines émissions de lignes ouvertes sont animées par des personnes qui ne sont pas là pour informer sérieusement, mais pour crier fort, pour favoriser les engueulades et parfois raconter n’importe quoi.Les gens aiment cela et les propriétaires des médias doivent rapporter coûte que coûte.Adieu informations sérieuses et éducation des auditeurs.Serions-nous esclaves de la civilisation américaine?Les médias et notre société sont dirigés par des adultes qui ont peut-être une grande peur des jeunes et des ados.Cette peur se concrétise en faisant de nos ados les bouc-émissaires de la violence, du suicide et de la drogue: ce qui est tout à fait gratuit! Notre société d’adultes se retrouve-t-elle devant l’impasse d’un échec?Les adultes sont-ils prêts à reconnaître leur responsabilité, ou préfèrent-ils se défendre en accusant les jeunes?Je garde espoir, car je vois de plus en plus d’adultes qui admettent leur responsabilité, qui sont prêts à réfléchir et à entamer une nouvelle forme de communication avec leurs adolescents.André Durand D’après les études de Phillips (1974) et Wasserman (1984) il semble qu’on peut noter un accroissement significatif de suicides lorsque les manchettes, par le biais des journaux ou de la télévision, en font état.Le nombre de personnes qui s’enlèvent la vie atteint des sommets après la diffusion de l’information: plus la couverture médiatique donne de détails, plus les suicides sont nombreux.Quand on analyse les données de plus près, on remarque que l’effet d’entraînement affecte surtout l’accroissement du suicide chez les jeunes à cause de leur extrême sensibilité aux influences extérieures - Phillips et Cortensen (1986), Bara (1987), Gould, Wallenstein et Davidan (1989).De plus, cet accroissement s’avère proportionnel à la durée et à l’importance accordées à la nouvelle.Robert Simon, Centre de Prévention du Suicide 02 inc.(Chicoutimi) Compte tenu de l’influence cruciale des médias sur le comportement suicidaire chez les jeunes, à titre de prévention, journaux et bulletins de nouvelles devraient-ils faire l’objet d’une mise en garde telle que: 18 ans et plus?Raymond Viger, Suicide Intervention (Longueuil) 15 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Préceptes pour éloigner la tendance suicidaire 1.Faites des choses qui vous donnent un sentiment d’accomplissement, de joie et de direction dans la vie, qui récompensent vos efforts.Voyez votre vie comme votre propre création et faites en sorte de la rendre positive.2.Faites bien attention à vous, soyez à l’écoute de vos besoins internes à tous les niveaux, encouragez-vous sans cesse.3.Libérez toutes émotions négatives: peurs, envies, chagrins, colères.Exprimez vos sentiments d’une manière appropriée, ne les retenez pas et apprenez à vous pardonner.4.Conservez à l’esprit des images positives et des buts: les images de ce que vous voulez réellement dans votre vie.5.Aimez-vous et aimez les autres.Faites de ce sentiment une priorité de votre existence.6.Créez des relations honnêtes, chaleureuses et drôles.Essayez de guérir les blessures des relations passées.7.Accomplissez des actes altruistes au sein d’une communauté, d’un groupe ou d’une manière générale envers les autres.Il n’est pas facile d’identifier toutes les origines de la tendance suicidaire.La solitude, l’isolement, les difficultés d’intégration sociale à l’école ou au travail, les échecs ou la peur d’un échec, la mort ou le départ d’un être cher et la difficulté d’en faire le deuil.constituent un éventail de souffrances qu’il est important d’exprimer ou d’entendre avec respect et compassion.J’ai rencontré de nombreux jeunes qui sortaient d’une tentative de suicide.Souvent dans les derniers instants, une phrase, un mot revient: ils pensent à quelqu’un et demandent de l’aide.A l’hôpital où je travaille, j’ai assisté à plusieurs rencontres entre parents et enfants, après la tentative.Les parents, qui se sentent visés par cette tentative s’approchent lentement du lit et l’adolescent se cache la figure.Dans les yeux de cet enfant on perçoit le regard de l’animal blessé.Il suffit de lui tendre la main pour voir avec quelle force il a besoin de tendresse et d’affection.Un regard qui dit «Je t’aime» vaut sûrement beaucoup plus que celui qui demande «Pourquoi».Une démarche de réconciliation, de communication doit s’effectuer entre l’adolescent et les parents.Si l’adolescent complète son suicide, la culpabilité à résorber par les parents et amis peut être très intense.Il est important de prendre le temps de s’interroger et de réfléchir, non pas sur la vie du suicidé, mais sur sa propre vie.Quel est le sens que je donne à ma vie?Quel type de présence est-ce que j’assume auprès des autres?Y a-t-il des personnes envers qui je pourrais témoigner plus de tendresse, de présence et d’amitié?Ces événements peuvent devenir l’occasion de reprendre sa vie en mains, de lui donner un sens nouveau.Les morts sont mystérieusement présents à notre vie, et il est possible de faire en sorte que la «nouvelle présence» du suicidé nous apporte une vision plus positive de l’événement.André Durand 16 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ 8.Développez la croyance dans la possibilité d’un bien-être social.Développez un programme personnel de guérison en attirant le soutien et les conseils d’experts sans devenir leur esclave.9.Acceptez votre être et tout ce qui se présente dans votre existence comme une opportunité pour vous développer et apprendre.Apprenez tout ce que vous pouvez de chaque expérience, bonne ou mauvaise, puis allez de l’avant.(Patrick Drouot) Il est à noter que les groupes d’âges entre 20 et 55 ans comportent plus de suicides que celui des 15-19 ans.Pourtant quand on lit les journaux, on a une autre impression.Notre jeunesse est-elle le reflet de notre société?Peut-être pas vraiment.Ne lui transférons-nous pas tout simplement nos propres malaises?(Raymond Viger) Quand on parle de prévention du suicide, on se situe souvent à l’extérieur du cercle des personnes susceptibles de se suicider.On se dit: «C’est pour les autres.» Malheureusement ce n’est pas toujours le cas.La prévention consiste à prévenir pour les autres, mais également pour soi.Il faut avant tout vérifier sa propre vie: «Quel est le sens que je donne à ma vie, à ma relation avec les autres?» Nous devons assurer notre propre vie et nous donner toutes les chances de vivre heureux pour et avec nous-mêmes, ainsi qu’avec les autres.À partir de là, nous pouvons alors vérifier notre responsabilité par rapport à notre famille, notre travail et la société.Certaines personnes ont plus de responsabilités que d’autres: ceux qui travaillent auprès des ados, des jeunes ou des personnes à risque.Et aujourd’hui toutes les classes de la société et tous les groupes d’âges sont à risque.Il est donc important de rester vigilant vis-à-vis des signaux d’alarme.Tout comportement suspect est une invitation à parler ouvertement de nos inquiétudes.Il existe nombre d’outils pour nous aider à prévenir ou à intervenir face à une crise suicidaire.On peut bâtir un réseau de personnes en qui nous avons confiance, se servir des lignes d’écoute (voir ressources, p.3), des groupes communautaires, des CLSC et autres.La prévention du suicide commence avec l’individu qui a une famille et qui vit dans une collectivité.André Durand EN 1993: 1313 SUICIDES AU QUÉBEC - 1049 hommes et 264 femmes Groupe d’âge Hommes Femmes Total 01-14 ans 9 6 15 15-19 77 11 88 20-24 112 15 127 25-29 108 15 123 30-34 143 28 171 35-39 130 40 170 40-44 107 41 148 45-49 117 28 145 50-54 67 29 96 55-59 50 14 64 60-64 42 10 52 65-69 28 11 39 70-74 32 7 39 75 + 27 9 36 (Source: Bureau de la statistique du Québec) 17 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ NK ûwniû'aûiiùi^atTtuiMàniUtinliU'iiuluuiuuüi'di f #UU vn HU UXHOI Ui «T.«iU « ai Ut KO* IU « OMM t iU U ' Petit sablier, mémoire du temps qui s’écoule, preuve palpable du temps oublié qui me rappelle soudainement que je dois vivre au présent.(Denis M.) 1.Parler ouvertement Si vous avez un doute, une inquiétude qu’un ami puisse être suicidaire posez-lui directement la question: «Penses-tu à te suicider?» Offrez-lui de l’aide, de la compréhension.2.Être soi-même Restez vous-même lorsque vous voulez aider une personne suicidaire.Agissez selon vos qualités, votre tempérament, votre sensibilité.C’est à vous, telle qu’elle vous connaît, que la personne suicidaire s’adresse, Restez honnête par rapport à ce que vous vivez et ressentez.3.Écouter Les personnes suicidaires ont besoin d’être écoutées dans leur souffrance et leur désir de suicide.Soyez ouvert, chaleureux, capable de créer un climat de confiance.Traitez l’autre en adulte en l’écoutant plutôt qu’en lui faisant la morale.Acceptez ce que la personne dit et ce qu’elle vit.Il ne s’agit pas de s’apitoyer sur son sort, mais de lui signaler par votre attitude qu’elle a le droit de se sentir dépassée par les événements, par sa souffrance.4.Chercher des solutions Afin d’aider la personne suicidaire à émerger de ce moment de crise, il peut être utile de voir avec elle si elle a envisagé d’autres solutions que le suicide.Si tel est le cas, encouragez- la dans ce sens.Tentez d’amener la personne à aborder ses difficultés séparément plutôt que comme un tout, et cherchez à identifier des démarches concrètes pour chacune d’elles.Votre rôle n’est pas de faire les démarches à sa place, mais plutôt de la soutenir durant ce processus.5.Assurer un suivi et créer un réseau d’aide Assurez un suivi à l’aide que vous apportez.Demandez à la personne de vous rappeler, prenez de ses nouvelles.N’agissez pas seul.Il peut être très aidant, tant pour vous que pour la personne suicidaire, d’avoir un réseau d’amis, avec lesquelles vous pourrez échanger sur vos difficultés.Consultez des personnes ressources pour vous-même également.Soyez un pont d’entraide entre la source d’aide choisie et la personne qui ne demande qu’à vivre, malgré sa souffrance.Faites le 411 pour connaître le Centre de prévention du suicide le plus près de chez vous.(Résumé d’une entrevue avec les intervenants de Suicide Intervention, un organisme de formation en prévention du suicide: 514 - 448-8311) 18 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ DES PAUVRES QUI AIDENT LES PAUVRES Tout a commencé dans l’abondance.Jean et Paulette Vinet menaient une vie aisée et éduquaient leur six enfants dans la foi chrétienne en saisissant les occasions d’aider les plus démunis.Puis soudain, fini la facilité.Ils se retrouvent au rang des pauvres.Il ne leur reste que leur foi dans laquelle les circonstances les amènent à s’enraciner plus que jamais Petit à petit leur domicile se transforme en un oasis pour tous ceux et celles qui s’y rendent.Ce qui s’y vit est tellement probant qu’un leader spirituel catholique reconnu, le Père Turcotte (principal aumônier de l’accueil Bonneau), confirme la vocation de l’endroit et le nomme «Caritas» (charité en latin), synonyme d’amour sans condition.Jean reçoit une vision céleste qui viendra compléter le nom du centre Oasis Marie Caritas.Supportant les préjugés et surmontant les obstacles que rencontre n’importe quelle personne démunie, Jean et Paulette ont développé un centre d’aide qui distribue de la nourriture, partage la souffrance exprimée, prodigue des conseils et organise des activités aussi bien pour les petits que pour les grands, pour les pauvres et les moins pauvres, matériellement et spirituellement.Jean résume ainsi la mission de l’organisme: «Faire des heureux et faire connaître la parole de Dieu» .«Dans la joie et sans juger les gens», précise Paulette.Cette recette, bien des gens l’achètent à Repentigny: citoyens, commerçants, gens d’affaire, élus et associations les appuient et leur fournissent des biens, de la nourriture, de l’argent et de la main d’oeuvre.Plus particulièrement, un groupe de bénévoles se consacrent à l’oeuvre Caritas et permettent ainsi de donner des services à toujours plus de gens.Bravo à Jean, Paulette et toute l’équipe de V Oasis Marie Caritas, de la part de tous ceux et celles qui y trouvent secours et réconfort.Gilles Carignan 19 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LE COMMUNAUTAIRE Nous devons la reproduction de cet article à la commandite de Mme Gauvreau du Salon Marie-Josée Coiffure pour elle et LUI 3590, rue Napoléon Terrebonne Téléphone: (514) 477-0540.Selon la chaise qu’on occupe, le terme communautaire peut prendre des couleurs variées.Communautés culturelles ou ethniques, marché commun, communauté urbaine.il s’agit de regroupements humains.Lorsqu’on regarde du côté des services que la société québécoise donne à ses membres, on a vu naître au cours des vingt dernières années un nombre important d’organismes communautaires qui sont aussi à but non lucratif, véritables bijoux d’entraide et d’humanisme.Ils sont enracinés dans la sensibilité aux besoins humains et dans une opiniâtre volonté d’y pourvoir dans le respect de la globalité de la personne.Il est surprenant de voir la somme de travail accompli avec un minimum de ressources, et des budgets très restreints.Bien que parfois supportés par des fonds gouvernementaux, les emplois générés sont du véritable missionnariat.En fait, ils doivent leur capacité d’offrir des services à l’implication bénévole des citoyens et à l’appui financier de la population, des milieux d’affaires et parfois des fondations.Les services qu’ils donnent sont de plus en plus nombreux et variés.Que ce soit les femmes, les hommes, les jeunes ou la famille qui nécessitent des services sociaux, de santé ou de loisirs, les besoins et les problématiques sont de mieux en mieux cernés et comblés.L’organisme communautaire a l’avantage d’être tant géographiquement que moralement proche de ses membres.Il en a facilement le pouls et peut ainsi s’adapter rapidement aux besoins qui ne cessent de se modifier.En ce sens, l’organisme communautaire possède un contact privilégié auprès de la population que ne peuvent offrir les institutions qui desservent une «clientèle» trop large.Il est dommage que plusieurs soient méconnus.Bien que nés de la volonté de citoyens, ils ont parfois de la difficulté à rejoindre ceux et celles qui auraient besoin de leurs services.Cela n’aide pas à conquérir le long chemin qui mène à la reconnaissance gouvernementale.Même si l’organisme communautaire est reconnu, les subventions allouées sont minimes comparativement aux services rendus.Et voilà la roue qui tourne: petit budget donc pas de publicité (c’est très coûteux), pas de publicité donc peu connu, et peu connu donc pas reconnu officiellement.Reconnus ou pas, il n’en reste pas moins que ces organismes sont bien vivants et répondent à des besoins concrets, des problèmes souvent aigus.Il revient à chaque membre de la communauté de s’impliquer d’une façon ou d’une autre.En cette fin de siècle où l’on arrive à une prise de conscience du fait que l’être humain a une vie intérieure aussi importante que sa vie matérielle, les organismes communautaires sont des ressources de premier plan dans le maintien de l’équilibre social.En cette époque où l’abondance de fonds gouvernementaux est chose du passé, ces organismes représentent une richesse de savoir-faire dont on ne peut se passer.Gilles Carignan 20 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LES MAISONS DE LA FAMILLE Pour toi.Qui peux parfois te sentir limité dans tes ressources.parfois coupable et sur le point de démissionner.Pour toi.Qui veux partager tes expériences, tes réflexions ton vécu (car tu n'es pas tout seul).ou qui cherches tout simplement un mieux-vivre quotidien.Pour vous.Qui aimez vos enfants et qui cherchez à les soutenir dans leur cheminement.II arrive que des petits et des gros pépins dépassent toutes nos capacités de calcul.Parfois il y a des petits pépins qui dérangent beaucoup, certains grossissent et d’autres font plus de peur que de mal.Mais il y en a aussi des gros qui paralysent vraiment et même détruisent les relations.Alors surgissent les questionnements, la confusion, les conflits, l’insécurité, la culpabilité, l’isolement, les appréhensions, la violence, le découragement, le décrochage.Un jour, un groupe de parents qui faisaient face à ces problèmes a senti le besoin de mettre cela entre parenthèse.Cherchant à être des parents efficaces, ils ont réalisé qu’une bonne solution était de se regrouper pour échanger s’entraider, supporter, valoriser, former, informer, sensibiliser, briser l’isolement, démystifier, référer et collaborer avec d’autres organismes complémentaires.Le défi de la famille de pourvoir à la croissance et à l’épanouissement de chacun de ses membres a considérablement été modifié au cour de ce siècle.Selon Sylvie Gagnier, coordonnatrice de la Maison de la famille La Parenthèse de Repentigny: «La famille se trouve en plein coeur des bouleversements de la société québécoise.Les parents et les enfants doivent se réadapter, se réorganiser et souvent ils se retrouvent sans ressource.» Qui dit famille dit relation étroite entre adultes, adolescents et enfants.Bien ancrée dans cette réalité, La Parenthèse organise des séries d’ateliers (groupe de discussion et d’échange) animés par des personnes ressources provenant d’organismes ou oeuvrant dans des domaines qui ont comme objectif commun l’épanouissement de la famille sous toutes ses formes.Le concept des Maisons de la famille repose également sur le principe du «par et pour» la famille.Il favorise donc le soutien par les pairs en mettant sur pied des groupes de gens qui vivent les mêmes situations ou les mêmes étapes de vie.Il existe présentement près de cent Maisons de la famille à travers le Québec.Pour connaître celle de votre territoire, contactez la Fédération des unions de familles: 514-288-5712.Gilles Cairignan 21 JOURNAL DE LA RUE Vol.3.N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LA DROGUE: RITUEL D’INITIATION?Les peuples amérindiens se servaient des drogues pour faciliter le passage de l’adolescence au monde adulte à travers un rituel qui impliquait tout le village.Cette transition, incluant la découverte de la sexualité, se faisait sous la supervision du chaman du village.Celui-ci profitait de l’occasion pour inculquer à l’adolescent les valeurs, les principes et la spiritualité de la communauté.Dans la vie de tout homme du village, les drogues utilisées avec prudence et respect, ne servaient qu’une seule fois afin de faciliter l’ouverture d’esprit à la spiritualité et à la vie.Ces chamans de tous les temps avaient compris que l’expérience initiatique qui se révélait en cette circonstance ne se répétait pas, que les bénéfices perdaient de leur intensité avec l’accoutumance.On fumait le cannabis au cours de cérémonies particulières, avec une pipe désormais célèbre: le calumet de paix.C’était une façon d’aider les guerriers à se voir autrement qu’en ennemis, à peut-être amorcer une amitié.La célébration se déroulait en présence des sages du village et sous la protection des dieux de leur culture.Nous avons gardé ce principe avec les drogues, mais nous avons sans doute oublié le mode d’emploi que les dieux avaient transmis aux chamans.Beaucoup d’images sociales nous montrent qu’en consommant une drogue quelconque (l’alcool est une drogue) il devient plus facile de se parler, de se rapprocher et d’avoir du plaisir.La drogue diminue ou élimine certaines de nos peurs.En même temps, elle risque d’inhiber nos principes, nos valeurs.La drogue peut nous permettre d’oublier des événements difficiles que nous avons vécus, mais ce faisant, elle peut aussi nous faire oublier «qui nous sommes».Nous sommes tous des êtres humains qui ne demandons qu’à être bien dans notre peau: heureux de profiter de la vie.Nous avons besoin d’être aimés, écoutés, sécurisés et réconfortés.Il est normal de se questionner à ce propos, et d’avoir envie de parler d’incidents qui ont pu nous blesser.Ce ne sont pas nécessairement toutes les personnes de notre entourage qui pourront répondre à nos questions, entendre notre vécu et en qui nous aurons confiance.Notre responsabilité est de faire le premier pas, de sortir de notre isolement, de demander l’aide nécessaire, de trouver la personne qui saura nous réconforter et nous sécuriser.Il y a quelqu’un, quelque part, qui est là pour nous aimer et nous écouter.Nous le méritons, nous en valons la peine.Si tu n’as trouvé personne pour t’aider à briser le mur du silence, des lignes d’écoute sont disponibles 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, dont Jeunesse J’écoute: 1-800-668-6868.On accueillera chaleureusement ton appel.Le grand chaman du village, tu peux en faire ton «pusher» ou ton «pimp», ou tu peux choisir un ami de confiance qui t’aime et qui saura t’écouter.C’est à toi de choisir.Raymond Viger 22 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ HISTOIRES DE CADEAUX.Merci à Carole gui nous a fourni ce texte paru dans L’Écho de la Tuque.J’ai parcouru plusieurs kilomètres pour trouver le cadeau parfait pour mon enfant.Après deux longues soirées, fatigué, j’ai pensé lui demander ce qu’il voulait.Voici la liste des cadeaux suggérés: J’aimerais être Félix, notre petit chat, pour être moi aussi pris dans vos bras chaque fois que vous revenez à la maison.J’aimerais être un baladeur, pour me sentir parfois écouté par vous deux, sans aucune distraction, n’ayant que mes paroles au bout de vos oreilles, fredonnant l’écho de ma solitude.J’aimerais être un journal pour que vous preniez un peu de temps à chaque jour pour me demander de mes nouvelles.J’aimerais être une télévision pour ne jamais m’endormir le soir, sans avoir été au moins une fois regardé avec intérêt.J’aimerais être une équipe de hockey pour toi Papa, afin de te voir t’exciter de joie après chacune de mes victoires; et un roman pour toi Maman, afin que tu puisses lire mes émotions.À bien y penser, je n’aimerais être qu’une chose, un cadeau inestimable pour vous deux.Ne m’achetez rien; permettez-moi seulement de sentir que je suis votre enfant.Un gros merci à Ron Martineau des Expos de Montréal qui a gracieusement fourni au Journal de la rue des billets pour un match de base-bail.Plusieurs jeunes de ces groupes n’avaient jamais eu la chance d’assister à une joute de base-bail au stade.Le groupe s’amusait fort pendant le match, et quelques spectateurs en ont profité pour passer des commentaires désobligeants: «As-tu vu la gang de drogués en haut?» Un groupe de jeunes en cure de désintoxication qui commence à pouvoir sentir le plaisir de la vie sans drogue.Dommage que nous ayons le jugement si rapide.Derrière un blouson de cuir, des cheveux multicolores ou des boucles, il y a un enfant qui ne demande qu’à rire et à jouer.Unjeune garçon de la rue qui n’aime pas beaucoup les humains, mais qui en revanche aime beaucoup les chiens raconte: «Quand j’étais petit, on me mettait régulièrement dehors quand mon père était soûl, et ça, par tous les temps.Alors, deux chiens venaient toujours: ils me serraient contre eux.On aurait dit •qu’ils voyaient que je crevais de froid.C’est eux qui m’ont sauvé la vie!» (Réf.: AHIMSA, Association Humanitaire d’information et de Mobilisation pour la Survie des Animaux) 23 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 1 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ louvez nows écrire pour obt livres sert a m taire s CP.180, pouvezm u Journal d S* |< / m ' Hv.Æ L’ÉQUIPE DE L’AVENTURE À LA CONQUÊTE DE SOI (pp.8-id X Danye avait peur de retarder tout le monde au départ.Elle en a dépassé plus d’un en arrivant aux côtes de Québec.«On se fait une montagne de peurs avec nos perceptions.En vérifiant auprès de son entourage il arrive souvent qu’on découvre le contraire de ce qu’on pensait.» X Patrick, de par sa curiosité et son émerveillement de la vie, s’est mérité le surnom de Petit Prince (St-Exupéry).Quand il ne trouve plus personne pour répondre à ses questions, il s’amuse à démonter tout ce qu’il voit.X Cédrick, amateur de performance, a pris conscience de son petit côté solitaire: «Maintenant, je recherche la communication, la relation.» Benoît, un être sensible, plein de talents et de capacités, compare la cure à un gâteau qu’on prépare pour soi: «Si un ingrédient manque, on peut tout simplement le remplacer par un autre à son goût!» ?Chantal G.: «J’ai aimé le groupe et je me suis laissée aimer».La montagne résonne sûrement encore du joyeux écho de son rire.reconnaissable de loin! Francis, par son implication dans le groupe, a pu s’aider: «C’est dans la simplicité que je peux avancer et apprendre à m’exprimer.Tout en restant en contact avec moi-même, j’y vais à mon rythme.» Chantal P.a appris à se faire confiance, même si les autres ne sont pas d’accord avec ce qu’elle dit.Elle n’attend plus la reconnaissance de son entourage pour s’accorder toute l’importance qu’elle mérite, et reconnaître sa propre valeur.—— Sü P?§|liïf§ mm m ww , ' mBSm wmê mmmrnâ.
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