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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
L. Affaires magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2013-09-30, Collections de BAnQ.

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[" DES GENS, DE L\u2019INNOVATION, DES STRATÉGIES AUTOMNE 2013 AFFAIRESMAGAZINE PERFORMANCE Les secrets de la conciliation travail, famille.et triathlon AÉRONAUTIQUE Grandir hors du corridor Montréal-Mirabel L\u2019IRLANDE SE SORT LA TÊTE DE L\u2019EAU PORTRAIT Superior Plus : la recette Luc Desjardins Association des concessionnaires Subaru du Québec pensezsubaru.ca on lit dans vos pensées On sait que vous aimez aussi bien les sorties en ville que les Voici la XV Crosstrek.de vue unique, grâce à et la tenue de route Si vous pensez pensez subaru ! escapades à la campagne.Elle vous offre un point sa position rehaussée, légendaire de Subaru.conduite sans compromis, Subaru est le seul constructeur à recevoir une mention «Meilleur choix sécurité» de l\u2019iiHS pour tous ses modèles, et ce, pour une quatrième année consécutive.Meilleur choix sécurité\u2020 * A lfachat au comptant a partir de 26 260 $, taxes en sus, pour la XV Crosstrek 2.0 Tourisme 2014 (EX1-TP), a transmission manuelle.A lfachat, les frais de transport et de preparation (1 650 $) ainsi que les taxes sur le climatiseur (100 $) et sur les pneus neufs (15 $) sont inclus.Le concessionnaire peut offrir un prix moindre.ƒ¢ Cote de consommation dfessence etablie par Ressources Naturelles Canada de 6,0l/100 km (route) pour la XV Crosstrek 2014 equipee de la transmission automatique a variation continue et dotee dfun reservoir dfessence dfune capacite de 60 litres.Les donnees de consommation de carburant devraient etre utilisees a seule fin de comparer des vehicules.La consommation de carburant reelle variera selon les conditions routieres, les habitudes de conduite et la charge du vehicule.Photo(s) a titre indicatif seulement.Pour plus dfinformation sur cette offre, voyez votre concessionnaire Subaru participant.Les specifications techniques sont sujettes a changement sans preavis.JAponAiS et pluS encore ! .Transmission automatique (CVT) - Ville 8,2 / route 6,0 .Transmission manuelle (5MT) - Ville 8,9 / route 6,7 Indice dfoctane recommande : 87 - Donnees estimatives economie dfessence (l/100 km)ƒ¢ A lfachat au comptant a partir de 26 260$* transport et preparation inclus, taxes en sus Financement et location disponibles 2014 SOMMAIRE Rédacteur en chef Jean-Sébastien Gagnon Conception graphique et réalisation Marie-Christine Cayer Jean-Marc Charron-Aubin Chefs de division Hélène de Guise François Roy Journalistes Jean-François Codère Jean-Philippe Décarie André Dubuc Richard Dufour Stéphanie Grammond Sylvain Larocque Rudy Le Cours Vincent Marissal Nathaëlle Morissette Mathieu Perreault Marc Tison Marie Tison Photographes Hugo-Sébastien Aubert Marco Campanozzi Martin Chamberland Yan Doublet Janick Marois Sylvain Mayer André Pichette Olivier Pontbriand Illustrateurs Marie-Christine Cayer Jean-Marc Charron-Aubin Collaborateur Antoine Hasbroucq Publicité 514 285-6909 André Desmarais Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier Président et éditeur Éric Trottier Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard Directeur de l\u2019information NOTRE ÉQUIPE 10 RENAISSANCE EN IRLANDE Durement frappée par la crise financière, l\u2019Irlande est aussi l\u2019un des premiers pays à en émerger.Survol d\u2019une nation qui n\u2019en est pas à sa première renaissance.L\u2019AUTRE FILIÈRE AÉRONAUTIQUE Au-delà de Bombardier et de la grappe industrielle installée entre Montréal et Mirabel, il existe dans les régions du Québec toute une constellation d\u2019entreprises qui réinvente les façons de faire en aéronautique.Portrait.6 CHRONIQUE Mecachrome: la renaissance d\u2019une icône 7 VIE DE BUREAU Bénéfique, boire au boulot ?8 VOYAGE Hôtels ALT: se loger autrement 22 MODE Montres immortelles 24 FINANCES PERSONNELLES Utilisez l\u2019impôt pour enrichir votre retraite ! 28 PORTRAIT Superior Plus : la méthode Luc Desjardins 38 TECHNO Les nouveaux entrepreneurs du jeu vidéo 42 AU BOUT DU COMPTE Battre monnaie : l\u2019art et la méthode 18MÉTRO, BOULOT, VÉLO Trois professionnels à la vie hyper chargée nous expliquent comment ils arrivent à concilier travail, famille.et triathlon.32 4 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Le fournisseur de confiance pour vos données Avec Q9, notre partenaire, nous sommes le plus important fournisseur de centres de données au Canada.Portée inégalée Nous administrons le plus vaste réseau de centres de données; un réseau entièrement géré et exploité ici même, au Canada.Sécurité totale Nos solutions de sécurité complètes protègent vos informations et vos applications cruciales.Disponibilité de 100% Alimentés par le réseau filaire de données le plus vaste au pays, nous garantissons les performances de nos installations, un engagement appuyé par une entente de qualité de service.Soutien supérieur Faisant partie de la plus vaste équipe de soutien au pays, nous offrons une surveillance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et les services de plus de 3000 professionnels certifiés pour concevoir et mettre en oeuvre votre solution de centres de données.Pour plus d\u2019information, visitez bell.ca/toujoursdisponible. En octobre 2007, la societe Mecachrome, motoriste pour la Formule 1 et fabricant de composantes dfavions et de pieces usinees de haute precision pour lfaeronautique et lfautomobile, realisait la plus importante premiere emission dfactions de lfannee au Canada, en levant 200 millions de capitaux.Un an plus tard, lfaction de Mecachrome emise a 14 $ ne valait plus que 5 cents.La faillite semblait imminente.La societe francaise, qui avait demenage son siege social international en 2003 a Montreal, etait une veritable icone dans le domaine automobile et aspirait a sfimposer comme integrateur dans le secteur de lfaeronautique ou elle realisait dfimportants mandats pour les grands de lfindustrie Boeing, Airbus et Bombardier.En 2007, son usine de Mirabel employait 400 personnes.Deux ans plus tard, au plus fort de la recession mondiale de 2009, Mecachrome entreprenait sa restructuration sous les auspices de la Loi sur les arrangements avec les creanciers des compagnies.Le Fonds de solidarite de la FTQ etait alors le principal partenaire de Mecachrome en ayant assume une tranche de 15 millions dfun premier montage financier de 40 millions en 2005.Lorsque Mecachrome devient publique, le Fonds absorbe 10% de lfemission de 206 millions.áA la fin de 2007, on voyait la recession mondiale se profiler.Mecachrome avait deja des problemes de livraison pour des composantes en aluminium des CRJ 700 et 900.Lfentreprise devait assembler a Mirabel des avions PAC, mais le projet a avorte en raison de la recessionâ, se rappelait Jean Wilhelmy, vice-president principal, Aerospatiale, du Fonds de solidarite, rencontre au Salon international de lfaeronautique du Bourget cet ete.La famille Casella, qui avait fonde et exploite Mecachrome depuis 70 ans, a du ceder sa place.Lfentreprise a ete refinancee par trois investisseurs : le fonds ACE Management (qui appartient a plusieurs groupes industriels du secteur de lfaeronautique), le Fonds strategique dfintervention (un fonds dfinvestissement du gouvernement francais) et le Fonds de solidarite.á On a reinvesti dans le consortium parce qufil fallait sauver la filiere canad ienne de Mecachrome .On a eu raison.Lfusine de Mirabel est sur le point dfatteindre le seuil de rentabilite.Pas encore rentable mais viable â, constate Jean Wilhelmy.Au plus fort de ses activites, Mecachrome exploitait 11 usines en Europe et au Quebec.Le groupe en denombre cinq aujourdfhui et est toujours le fabricant de moteurs dfexcellence des marques de serie, que ce soit Porsche, Mercedes ou Maserati.Au Quebec, les activites de Mecachrome ont ete restructurees pour permettre au groupe de realiser de nouveaux mandats.Si lfentreprise a deja compte plus de 400 travailleurs, elle nfen denombrait plus que 150 au plus fort de la crise en 2010.En 2013, Mecachrome sfest remise en mode embauche et emploie 225 personnes a son site industriel de Mirabel et a son centre de developpement de Saint-Laurent.áLfan dernier, notre centre de developpement comptait 12 personnes mais a la fin de 2012, on avait 50 ingenieurs qui travaillaient au developpement de nouveaux produits pour nos clients â, mfexplique Pierre Ayotte, vice-president de Mecachrome et directeur general de lfusine de Mirabel.En me faisant faire le tour du proprietaire, Pierre Ayotte, un ancien directeur de GE qui sfest joint a Mecachrome en 2009, mfexplique combien lfimplantation de nouveaux procedes dfautomatisation a hausse la productivite de lfusine qui dessert les Boeing, Airbus, Bombardier, Aerolia de meme que Comac, le fabricant du nouveau jet regional chinois C919.á On vient de decrocher neuf nouveaux mandats pour autant de produits de differents clients, dont pour le A320neo.On mise beaucoup plus sur la valeur ajoutee que nous amene notre equipe dfingenierie.On a obtenu le mandat de developper le mat experimental du reacteur du prochain moteur de GE.On a tout fait de A a Z, et ils sont emballes â, souligne le DG.Lfusine de Mirabel et Mecachrome operent maintenant davantage en mode de schema industriel avec leurs partenaires de lfaerospatiale quebecoise.áOn fabrique des grosses pieces pour Sonaca afin de leur liberer des capacites de production et on fait maintenant usiner toutes nos petites pieces par le Groupe Meloche.Cfest de cette facon qufon peut optimiser nos forces.áOui, Mecachrome est en mode resurrection et cfest surtout une belle histoire pour ses travailleurs qui nfont jamais lacheâ, constate Pierre Ayotte.¡ La resurrection dfune icone JEAN-PHILIPPE DECARIE Pour joindre notre journaliste : jdecarie@lapresse.ca PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Un employe de lfusine de Mecachrome a Mirabel.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Pierre Ayotte, directeur general de lfusine de Mecachrome a Mirabel.6 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 8% 9% 10% 12% 22% L\u2019alcool rend semblable à la bête.Mais il rend aussi créatif, ont constaté des psychologues de l\u2019Université de l\u2019Illinois.« Une ivresse modérée diminue la concentration et ralentit le raisonnement, mais aide à emprunter des voies iconoclastes pour résoudre des problèmes », explique Andrew Jarosz, l \u2019aut eu r pr i nc ipa l de l\u2019étude publiée l\u2019an dernier dans la revue Consciousness and Cognition, en entrevue depuis Chicago.« C\u2019est un peu comme dormir sur un problème: ça aide à la créativité.» La moitié des cobayes, qui devait faire un test de c réat iv ité cou ramment utilisé en recherche, buvait un cocktail vodkacanneberge jusqu\u2019à atteindre la limite légale pour conduire.L\u2019autre moitié restait sobre.Un aut re chercheur , Mau r i c e S c hwei t z e r , de l \u2019École commerciale Wharton de l\u2019Université de Pennsylvanie, s\u2019est pour sa part penché sur l\u2019utilisation de l\u2019alcool durant les négociations.Il rappelle que durant les négociations de Dayton qui ont mis f in à la guerre en Bosnie en 1995, les dernières difficultés ont été aplanies au cours d\u2019une nuit bien arrosée.Par contre, le leader serbe Slobodan Milosevic a oublié de réclamer une clause cruciale : une amnistie pour les crimes de guerre qui lui aurait évité son procès à la Cour internationale pénale de La Haye.Les bons et les mauvais côtés de l\u2019alcool au travail VIE DE BUREAU TEXTEMATHIEU PERREAULT ILLUSTRATIONS MARIE-CHRISTINE CAYER BOIRE LE MIDI \u2026 ET AVANT LE TRAVAIL États-Unis 2% Canada4% PROPORTION DES EMPLOYÉS CANADIENS QUI BOIVENT LE MIDI Construction Proportion des Français qui boivent de l\u2019alcool le midi lors d\u2019une journée de travail des Français boivent trois verres ou plus le midi.18% 5% Source : INPES 2006 LE SALAIRE DE L\u2019ALCOOL Les buveurs légers et modérés gagnent respectivement 9% et 15% de plus que les abstinents, selon une étude australienne publiée en 2003.Plusieurs autres études ont montré la même tendance qui, selon les chercheurs de l\u2019Université de Melbourne, est due au fait que, parmi les abstinents, on compte beaucoup d\u2019ex-alcooliques dont la carrière a été bouleversée par la bouteille.Les buveurs modérés consomment quelques fois durant le mois, mais jamais plus de huit verres en une seule occasion.Données recueillies en Alberta ; il n\u2019existe pas de statistiques similaires pour le Québec SOURCES: AADAC, Research Institute on Addictions, 2002 Détail/Gros Manufacturier Éducation Finance PROPORTION DES EMPLOYÉS QUI BOIVENT LE MIDI CANADA ÉTATS-UNIS Au moins une fois durant l\u2019année 11% 7% Moins d\u2019une fois par mois 8% 4% Au moins une fois par semaine 1% 1% Quatre fois ou plus par semaine 0,3% ND.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 7 Les hotels ALT poussent comme des champignons au pays.Cette nouvelle chaine quebecoise, propriete du groupe possedant les hotelsboutiques Le Germain, veut etre partie prenante du developpement des villes en elisant domicile dans des secteurs en plein essor comme Griffintown, ancien quartier ouvrier du sudouest de Montreal.á On veut etre la, lance sur un ton convaincu Hugo Germain, directeur du developpement pour les hotels ALT, au cours dfun entretien telephonique avec La Presse Affaires.On croit beaucoup au secteur qui VOYAGE Les hotels ALT Operation revitalisation NATHAELLE MORISSETTE Brossard (Quartier DIX30), Quebec, Toronto, Halifax En construction : Griffintown, Winnipeg, Ottawa HOTEL ALT ET HOTEL LE GERMAIN, QUELLE DIFFERENCE?> Les chambres des hotels ALT sont plus petites.Elles mesurent 250 pieds carres, alors que Le Germain offre une superficie se situant entre 350 et 400 pieds carres.> Les clients des hotels ALT beneficient de moins de services qufau Germain.On ne retrouve pas de service aux chambres, pas de minibar et pas de peignoir.> Le prix dfune chambre au ALT est beaucoup moins eleve qufau Germain.A Quebec, par exemple, le cout dfune nuit au ALT sfeleve a 144$ contre 235$ au Germain.devient un peu la signature de la creativite a Montreal.Il faut juste lui donner un peu dfamour.Cfest un peu lfentree de la ville, a proximite du canal de Lachine et de lfEcole de technologie superieure (ETS).â A lfinstar des hotels ALT deja en place, lfetablissement de 19 etages et de 154 chambres, qui ouvrira ses portes a lfhiver 2014 a lfangle des rues Peel et Wel l ington, servira principalement une clientele dfaffaires.Le concept de la chaine est dfoffrir des chambres a un prix avantageux, un decor moderne sans superflu ou lfon a raccourci la liste des nombreux services generalement offerts dans les hotels conventionnels, tels que le service aux chambres.á Essentiellement, on a une clientele de semaine, tres corporative qui compte beaucoup de voyageurs seuls, decrit M.Germain.Je ne pense pas que ca va changer dans Griffintownâ, dit-il.Lfarrivee du ALT dans le paysage de ce quartier en pleine transformation rejouit Jean-Francois Belisle, directeur general de LfArsenal, un tout nouveau centre dfarts et hote de nombreuses expositions et dfevenements novateu rs tel s que C2-MTL, etabli dans Griffintown.áOn a besoin dfun hotel dans le coin pour que les collectionneurs puissent venir nous voir, dit-il.On a souvent des demandes de gens qui souhaitent trouver un hebergement et on nfa dfautre choix que de les envoyer dans le Vieux-Montreal.â Vent de renouveau a Winnipeg Winnipeg, qui multiplie les efforts pour revitaliser son centre- ville, accueillera lui aussi un hotel ALT au printemps 2014, en plein coeur du quartier des sports, du tourisme et des divertissements.áOn a un produit dynamique qui est un signe de renouveauâ, souligne le directeur du developpement des hotels ALT pour expliquer la venue de son etablissement dans ce secteur precis de la capitale manitobaine.Lfobjectif est toujours le meme: servir une clientele dfaffaires.Et dans cet te opt ique, le Groupe Germain a bien lfintention dfetendre sa presence partout au pays, dfun ocean a lfautre.áAu Canada, 90% des voyages dfaffaires se font de facon horizontaleâ, souligne Hugo Germain.Il existe actuellement sept hotels ALT.Parmi eux, quatre sont deja ouverts (Quartier DIX30, Quebec, Toronto et Halifax) et les trois autres sont en construction (Griffintown, Winnipeg, Ottawa).Lfexpansion ne sfarretera pas la.Dfici cinq ans, M.Germain croit pouvoir compter sur la presence de 17 hotels ALT, notamment a Vancouver, Edmonton et Saint John.¡ PHOTOS FOURNIES PAR HOTEL LE GERMAIN 8 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE (1) Tarifs Ponant Bonus par personne sur base occupation double, sujet à évolution, hors pré et post acheminement, hors taxes portuaires et de sûreté.Plus d\u2019informations sur www.ponant.com Crédits photos : © Martin Puddy/The Image Bank/Getty Images.Taux de change du 11/09/2013 1\u20ac = 1,371778 $ CA La Croisière selon Compagnie du Ponant Du Japon des Samouraïs au vert des rizières balinaises en passant par la mythique Baie d\u2019Ha Long, la Croisière selon Compagnie du Ponant c\u2019est le privilège de se réveiller chaque matin face à un nouveau paysage de cette Asie millénaire et d\u2019en découvrir les plus beaux sites.Mouillages inaccessibles aux grands navires, service raffiné, équipage français, gastronomie : à bord du SOLÉAL, nouveau yacht 5* de 132 cabines et suites, accédez par la Mer aux trésors de la Terre.Commencez l\u2019expérience sur ponant.com Contactez votre agence de voyages ou appelez le Hiver 2013-2014 - 17 départs à partir de 3320 $ CA (1) +33 4 88 66 64 00 Gratuit depuis un poste fixe ASIE, ENTRE TERRE ET MER : L\u2019ÉVASION YACHTING DOSSIER L\u2019IRLANDE SORT LA TÊTE DE L\u2019EAU LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 11 DUBLIN \u2014 Pas facile de trouver le bon moment pour acheter une maison quand les prix sont en chute libre depuis plus de cinq ans.Au début de l\u2019année, après un an de recherche, Jennifer Mulholland et David Carroll ont finalement décidé de faire le saut.«Nous croyons que le marché a atteint son niveau plancher dans le sud de Dublin.Pour nous, c\u2019était le temps d\u2019acheter », dit MmeMulholland, une conseillère en immobilier commercial âgée de 27 ans.Le couple a payé 378000\u20ac (529000$) pour une maison de trois chambres à coucher.C\u2019est environ 40% de moins que ce qu\u2019il aurait dû débourser avant l\u2019éclatement de la pire crise immobilière de l\u2019histoire de l\u2019Irlande, en 2008.Selon le courtier Douglas Newman Good, les prix des propriétés résidentielles ont crû de 15% à Dublin en un an.Ailleurs dans le pays, les prix continuent à baisser, mais à un rythme beaucoup plus lent qu\u2019au cours des dernières années.Ce n\u2019est pas trop tôt : depuis 2007, la valeur moyenne des maisons a connu une chute vertigineuse de plus de 50% en Irlande.Dans certains secteurs urbains, les agences immobilières reprennent vie.«Nous faisons plus de visites, il y a plus d\u2019offres d\u2019achat, et le nombre de transactions est en hausse d\u2019environ 25% par rapport à il y a un an», confie Sean McCarthy, agent d\u2019immeubles pour la firme Downey McCarthy à Cork, dans le sud de l\u2019Irlande.Le regain dans l\u2019immobilier résidentiel est alimenté par le redressement graduel du marché de l\u2019emploi.À Dublin, le taux de chômage est passé de 13 à 12% au cours de la dernière année.À l\u2019échelle nationale, le taux est désormais de 13,4%, s\u2019éloignant lentement mais sûrement du sommet de 15% atteint il y a un an.Les jeunes profitent de l\u2019embellie, même si près de 30%d\u2019entre eux n\u2019arrivent toujours pas à trouver un emploi.Ça bouge aussi dans l\u2019immobilier commercial, où l\u2019activité augmente depuis plusieurs mois, indique l\u2019analyste Marie Hunt, de la firme spécialisée CBRE.Des chantiers immobiliers laissés en plan pendant la crise sont relancés.Les exploitants de grues constatent une hausse de la demande.Les investisseurs internationaux qui n\u2019ont pas peur du risque sont de retour en Irlande.Par exemple, un ancien PDG de Coca-Cola, Neville Isdell, s\u2019apprête à racheter pour 10 millions d\u2019euros le CHQ, un centre commercial qui avait coûté 45 millions d\u2019euros à développer en 2005.L\u2019homme d\u2019affaires de 70 ans espère faire de l\u2019immeuble historique, situé dans la cité de la finance internationale de Dublin, une «destination » incontournable.En l\u2019espace de 15 ans, l\u2019Irlande est passée d\u2019un boom qui suscitait l\u2019envie partout dans le monde à une pénible crise financière qui l\u2019a placée à la merci de ses créanciers internationaux.Mais à la fin de l\u2019année, le pays deviendra le premier de la zone euro à se sortir de son plan de sauvetage.Ceci dit, pour bien des Irlandais, la morosité va demeurer une réalité pour encore plusieurs années.PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND TEXTES SYLVAIN LAROCQUE Tout juste de l\u2019autre côté du fleuve Liffey, le Marker, un hôtel cinq étoiles doté d\u2019une impressionnante terrasse surplombant la ville, a ouvert ses portes ce printemps.Lancée pendant la crise, la construction de l\u2019établissement avait dû être interrompue pendant deux ans avant de reprendre grâce à des investisseurs israéliens, suisses et irlandais.L\u2019optimisme se fait également sentir à la Bourse de Dublin, qui affiche une progression de plus de 25% depuis le début de l\u2019année, la meilleure performance en Europe de l\u2019Ouest.Ces bonnes nouvelles font dire à plusieurs que le pi re est maintenant passé pour l\u2019économie du pays.Mais il en faut plus pour redonner confiance à l\u2019Irlandais moyen, éprouvé par des années d\u2019austérité.«Il y a une lueur d\u2019espoir, mais ce n\u2019est pas suffisant.Nous avons eu trop de faux espoirs », fait remarquer Ian Kinane, étudiant au doctorat en études anglaises, rencontré cet été sur le campus du Trinity College Dublin, en plein coeur de la capitale.« Les régions rurales demeurent profondément dévastées », rappelle Dermot O\u2019Leary, économiste en chef chez le courtier Goodbury.La crise mondiale de 2008 a secoué l\u2019 Irlande comme peu d\u2019autres pays.L\u2019écroulement de la banque américaine Lehman Brothers a eu pour effet d\u2019attirer les regards sur l\u2019insolvabilité latente des institutions financières irlandaises.Le gouvernement est rapidement intervenu pour secourir les banques, une décision fort controversée qui a mené le petit État au bord de la faillite.Si bien qu\u2019en novembre 2010, Dublin n\u2019a eu d\u2019autre choix que d\u2019accepter un humiliant sauvetage de 67,5 milliards d\u2019euros de l\u2019Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI).Le « Tigre celtique » avait bel et bien cessé de rugir.À la fin des années 90, grâce principalement à sa grande capacité d\u2019attirer des multinationales américaines sur son territoire, l\u2019Irlande enregistrait les plus forts t aux de c roissance de l\u2019UE, ce qui lui avait valu ce surnom inspiré de la vigueur de certaines économies asiatiques au même moment.L\u2019éclatement de la bulle techno, en 2001, a cependant porté un coup dur à l\u2019Irlande, faisant chuter ses exportations de matériel et de services informatiques.La croissance du PIB a subitement fondu de moitié, passant de 9,3% en 2000 à 4,8% en 2001.Les prix des maisons ont commencé à reculer.Ne souhaitant pas que l\u2019âge d\u2019or de l\u2019économie irlandaise prenne fin sous son règne, le gouvernement du premier ministre Bertie Ahern a multiplié les mesures incitat ives pour revigorer le secteur immobilier.Il a notamment instauré un crédit d\u2019impôt pour favoriser l\u2019achat de propriétés à revenus.Les banques irlandaises et étrangères sont rapidement entrées dans le jeu.Grâce entre autres à l\u2019entrée en vigueur de l\u2019euro, en janvier 2002, elles ont eu accès à des capitaux bon marché provenant d\u2019Allemagne et d\u2019autres pays du continent.Des fonds qu\u2019elles ont mis à la disposition des acheteurs sous la forme de prêts hypothécaires à taux très avantageux, ce qui a ranimé chez plusieurs Irlandais le rêve de devenir propriétaires.Tout était en place pour faire naître une bulle.Des ménages à revenu modes te se sont a insi surendettés pour mettre la main sur des propriétés fortement surévaluées.Des Irlandais de la classe moyenne ont réussi à obtenir du financement pour acheter des appartements en Europe de l\u2019Est qu\u2019ils n\u2019avaient même pas pris la peine d\u2019aller visiter.L\u2019Irlande était prise d\u2019une folie immobilière rarement vue jusque-là.La facture de ces excès a été salée.L\u2019Irlande a dû débourser pas moins de 64 milliards d\u2019euros pour recapitaliser ses six banques.La colère des Irlandais face à ce fiasco, déjà forte, a récemment été attisée lorsque le quotidien Irish Independent a diffusé des enregistrements montrant que les dirigeants de l\u2019Anglo Irish Bank ont caché aux autorités «L\u2019Irlande n\u2019a pas besoin de réinventer sonmodèle économique.Nous n\u2019avons qu\u2019à faire ce que nous faisions bien dans les années90, avant la spéculation immobilière.» \u2014 Fergal O\u2019Brien, économiste en chef, Irish Business and Employers Confederation 12 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE © Le Marker, un hotel cinq etoiles, vient dfouvrir ses portes a Dublin.© Les travaux de construction de lfedifice ont ete interrompus pendant la crise.et au public les difficultes financieres de lfinstitution.Nationalisee en 2009, Anglo a ete liquidee en 2011.Deux autres banques irlandaises, AIB et Permanent TSB, ont ete nationalisees, alors que la plus importante institution financiere du pays, la Bank of Ireland, est detenue a 15% par lfEtat.Le renflouement des banques a rapidement plonge le gouvernement, dont les finances etaient deja precaires, dans une grave crise budgetaire.En 2010, le deficit de lfEtat a atteint 50 milliards dfeuros, soit 32% du PIB, un niveau sans precedent.LfIrlande devait consentir un rendement de 9% pour emprunter sur les marches.La situation etait devenue intenable.Le recours a un plan de sauvetage etait ineluctable.Comme un malheur nfarrive jamais seul, lfeffrondrement des banques a entraine la deconfiture de lfindustrie de la construction, qui representait 25% de lfeconomie irlandaise en 2006, contre 6% aujourdfhui.Resultat : de 2008 a 2010, le PIB du pays a degringole, chutant de 6% dans la seule annee 2009.Pour respecter les conditions imposees par lfUE et le FMI dans le cadre du sauvetage, le gouvernement a decrete une serie dfá ajustements budgetaires â totalisant 29 milliards dfeuros en six ans.Taxes et impots ont ete augmentes, des prestations et certains services ont ete reduits.Mais contrairement aux Grecs et aux Portugais, les Irlandais sont tres peu descendus dans les rues pour manifester leur indignation.á Les Irlandais aiment beaucoup faire la fete, mais ils savent tres bien que celle qui sfest deroulee entre 2002 et 2008 a dure trop longtemps.Le lendemain matin, ils avaient la gueule de bois, mais ils ont tout de suite c ommenc e a f a i r e l e menage â, soutient Donal Donovan, ancien cadre du FMI et auteur, avec Antoin Murphy, du livre The Fall of the Cel t i c Tiger (Ox ford University Press).LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 13 © Enda Keogh, proprietaire du Peterfs Pub et president sortant de lfassociation des pubs de Dublin.© Les banques irlandaises, qui ont joue un role central dans le krach immobilier, ont du fermer des dizaines de succursales.COMPARAISONS IRLANDE/QUEBEC Irlande Quebec Population 4,6 millions 8,1 millions Taux de chomage (aout 2013) 13,4% 7,9 % PIB par habitant (2012) 45 793 $US 44 685 $US Croissance economique (2012) 0,9% 1,0 % Dette publique brute en proportion du PIB (2012) 112% 98 % Sources : Statistique Canada, Central Statistics Office Ireland, OCDE, Institut de la statistique du Quebec Avec la montee du chomage et lferosion de leur revenu disponible, les Irlandais nfont eu dfautre choix que de reduire leur train de vie.La crise a notamment precipite la fermeture de pubs, un secteur qui souffrait deja de la stricte interdiction de fumer instauree en 2004.A Dublin, le nombre de clients a diminue le midi, de plus en plus de travailleurs apportant leur lunch au bureau pour economiser.14 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Au centre-ville de Cork, dans le sud du pays, Apple a récemment ouvert de nouveaux bureaux où travaillent des centaines de salariés.POURCENTAGE D\u2019HYPOTHÈQUES EN DÉFAUT DE PAIEMENT 0 5 10 15 20 Plus de 180 jours 91-180 jours 90 jours et moins 2009 2010 2011 2012 2013 Plusieurs pubs ont réagi en offrant des repas le soir afin de tirer profit du tourisme, qui est en hausse, explique Enda Keogh, propriétaire du Peter\u2019s Pub et président sortant de l\u2019association des pubs de Dublin.«Au plus fort de la crise, not re chi f f re d\u2019a ffa i res a baissé de 25 %, relate M.Keogh.Il est maintenant presque revenu à ce qu\u2019il était avant.Les gens boivent moins, mais ils choisissent des produits plus chers.» Selon lui, la crise a forcé les pubs à améliorer leur service.L\u2019abondance de chômeurs a facilité la tâche aux tenanciers: il est aujourd\u2019hui beaucoup plus facile qu\u2019avant de trouver de bons travailleurs et de les garder.C\u2019est sans compter que les coûts de main-d\u2019oeuvre ont diminué d\u2019environ 20% depuis 2008, souligne Fergal O\u2019Brien, économiste en chef de l\u2019Irish Business and Employers Confederation.«Nous avons regagné une bonne partie de la compétitivité que nous avions perdue pendant le boom», note-t-il.Des entrepreneurs comme Robin Blandford ont profité de la baisse des salaires \u2013 et des loyers \u2013 pour se lancer en affaires.Fondée en 2008, la firme Decisions for Heroes (D4 H) commercialise un logiciel qui facilite le travail des secouristes.Née d\u2019un premier contrat octroyé par la Garde côtière irlandaise, l\u2019entreprise compte aujourd\u2019hui parmi ses clients la Garde côtière auxiliaire américaine, un service d\u2019ambulances de Nouvelle-Zélande et le gouvernement albertain.«La crise nous a rendus plus affamés sur les marchés internationaux », résume Julie Sinnamon, d\u2019Enterprise Ireland, un organisme gouvernemental qui encourage les entrepreneurs à exporter.Si tout va comme prévu, l\u2019 I rlande se libérera en décembre du plan de sauvetage qui la protégeait depuis l\u2019automne 2010.Le déficit du gouvernement fond à vue d\u2019oeil, ce qui a permis au pays de recommencer à emprunter sur les marchés, souvent à des taux inférieurs à ceux obtenus par l\u2019Italie, qui n\u2019a pourtant pas reçu de sauvetage.Aux yeux de nombreux observateurs, la disciplinée Irlande est le modèle à suivre pour se sortir d\u2019une crise financière.Mais après six ans d\u2019austérité, nombreux sont ceux qui demandent au gouvernement de jeter un peu de lest, y compris les économistes de droite.«Nous suggérons de retrancher 500 millions d\u2019euros aux mesures d\u2019austérité à venir et d\u2019investir cette somme dans des projets de construction qui favoriseront la croissance et la création d\u2019emplois», affirme Dermot O\u2019Leary.Quoi qu\u2019il arrive, les répercussions du krach immobilier se feront sentir pendant encore plusieurs années.La dette du pays représentera cette année près de 125% du PIB, contre à peine 25% en 2007.La firme Goodbury calcule qu\u2019il faudra au moins 20 ans pour que le poids de la dette repasse sous les 60%du PIB.Plus préoccupant encore est l\u2019endettement des ménages, qui a diminué ces dernières années mais qui demeure très élevé à 200% du revenu disponible , contre 165% au Canada.Une hypothèque résidentielle sur huit est en défaut de paiement depuis plus de trois mois, un chiffre qui continue d\u2019augmenter.Paul Joyce, des Free Legal Advice Centres, soutient que les banques n\u2019auront d\u2019autre choix que d\u2019effacer une partie de ces prêts, puisque plusieurs emprunteurs ne pourront jamais les rembourser au complet.« Ne pas s\u2019attaquer au problème a un coût financier, mais aussi social : à cause de l \u2019endet tement excessif, des gens tombent en dépression et la criminalité augmente », déplore M.Joyce.Du côté des banques, on ne veut pas amnistier tout le monde.« Certains clients ont vu leur situation financière s\u2019améliorer, mais ils ne reprennent pas leur paiements, espérant une annulation de leurs dettes », relève Felix O\u2019Regan, por te-parole de l \u2019 I rish Banking Federation.Dans le but de dénouer l\u2019impasse, le gouvernement vient de faciliter la reprise de propriétés par les banques, une procédure jusqu\u2019ici très peu répandue en Irlande, pays marqué par les expulsions brutales menées par l\u2019occupant britannique au 19e siècle.Tant qu\u2019il ne sera pas maîtrisé, ce problème hypothécaire restera l\u2019un des principaux obstacles à un rétablissement durable de l\u2019économie irlandaise, préviennent les experts.D\u2019où l\u2019importance de retenir les leçons de la crise.« Ce que nous avons vécu montre pourquoi il faut vraiment établir des principes clairs de crédit responsable dans une société, note Paul Joyce.Sinon, c\u2019est le désastre.» LfIrlande a reussi a faire croitre ses exportations durant la crise, ce qui a permis au pays de compenser la baisse de la demande interieure causee par la debacle de lfindustrie de la construction et les mesures dfausterite du gouvernement.Mais le vent vient de tourner.Pendant la premiere moitie de l fannee, les exportations irlandaises ont recule de 2% par rapport a la meme periode de 2012, et les economistes prevoient que la tendance se poursuivra au cours des prochains mois.A lforigine de ce revirement : la morosite des economies europeennes et lfexpiration de brevets pharmaceutiques , qui touche plusieurs medicaments fabriques en Irlande, dont les celebres Viagra et Lipitor.La societe pharmaceutique derriere ces deux produits, Pfizer, a licencie des centaines de salaries en Irlande au cours des 18 derniers mois.Mais tout nfest pas perdu: le geant americain compte maintenant investir 130 millions de dollars dans le pays pour y fabriquer des medicaments plus specialises.En depit des soubresauts de lfeconomie mondiale, lfIrlande demeure un modele pour attirer des exportateurs dforigine etrangere, plus particulierement les multinationales americaines.En 2012, le pays de 4,6 millions dfhabitants a decroche 144 projets menes par des entreprises etrangeres.A titre de comparaison, le Quebec en obtient une soixantaine par annee.LfIrlande accueille neuf des dix plus importantes entreprises en technologies de lfinformation, dont Google, Microsoft et Intel.Ces dernieres annees, les Facebook, Twitter et autres Dropbox se sont ajoutes a la liste.Neuf des plus importantes compagnies pharmaceutiques, parmi lesquelles J oh ns on & J oh ns o n , Gla xoSmit h K li ne e t Abbott, sont egalement LAMACHINE A EXPORTER SfESSOUFFLE Le centre commercial CHQ a Dublin.Presque desert, le complexe est sur le point dfetre rachete par un ex-PDG de Coca-Cola.Google emploie quelque 2500 personnes a Dublin.Le geant americain vient dfy ouvrir un centre de donnees de 75 millions dfeuros.implantees en Irlande, tout comme plusieurs banques internationales.Les quelque 1000 multinationales presentes dans le pays donnent du travail a 153 000 personnes.Cfest plus de 8% de tous les emplois du pays.Le pays jouit dfatouts indeniables.Cfest le seul membre de la zone euro a avoir lfanglais comme langue officielle et ses habitants sont generalement bien formes.De plus, vu la taille modeste de lfIrlande, il est relativement facile pour les gens dfaffaires dfentrer en contact avec les representants du gouvernement, note Denis Collins, lfun des dirigeants dfIBM dans le pays.Evidemment, le faible taux dfimpot des societes, qui est de 12,5% contre plus de 20% au Canada, agit comme un puissant aimant.LfIrlande a reussi a maintenir cet avantage concurrentiel malgre les pressions de la France et de lfAllemagne durant les negociations sur le sauvetage financier du pays.Cet ete, lfOCDE a assure qufelle ne considerait pas lfIrlande comme un paradis fiscal.Le recent s candale Apple a toutefois suscite une vaste couverture mediatique dont les Irlandais se seraient bien passes.Au printemps, un sous-comite du Senat americain a revele que deux des filiales irlandaises de lfentreprise californienne payaient moins de 2 % dfimpot sur leurs profits.Dublin a qualifie le rapport dfá errone â mais nfa pas voulu dire quel etait le veritable taux dfimposition dfApple.Ce qui preoccupe davantage en Irlande, cfest la faiblesse des echanges commerciaux avec lfAsie et lfAfrique.á Meme si nous avons une tres bonne reputation aupres du gouvernement chinois, nous nfavons pas encore reussi a obtenir dfimportants investissements de la part de ce pays â, note John Whelan, directeur general de lfAssociation irlandaise des exportateurs.LfIndustrial Development Agency (IDA), lfequivalent irlandais dfInvestissement Quebec, compte 19 bureaux dans le monde.Lforganisme vient tout juste dfen ouvrir un troisieme en Chine.áNous avons des gens sur le terrain, nous ameliorons notre connaissance des marches [asiatiques], mais les retombees ne viendront qufa plus long terme â, affirme le chef de la direction dfIDA, Barry OfLeary.¡ 16 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE I l suffit de parler a un Irlandais pendant quelques minutes pour que le sujet soit inevitablement souleve.Depuis 2010, lfemigration a repris de facon marquee a cause de la crise, privant le pays dfune partie de ses forces vives au moment ou il en a le plus besoin.Lfan dernier, pres de 51 000 Irlandais ont quitte lfile dfemeraude alors qufa peine 16 000 autres sont retournes y vivre.Depuis 2009, la perte migratoire nette sfest chiffree a plus de 94 500 chez les citoyens irlandais.En incluant les residents etrangers qui ont eux aussi quitte lfIrlande, la perte nette depasse les 122 000 personnes.Tout un contraste avec lfannee 2007, alors que le pays enregistrait un gain net de plus de 100 000 personnes.á C fest une t ragedie sociale puisque ces jeunes pourraient apporter une grande contribution a lfeconomie irlandaise, deplore lfeconomiste Donal Donovan.Cfest un probleme que nous avons souvent eu au cours de notre histoire, mais nous pensions lfavoir regle pour de bon avant que la crise ne frappe.â Un sondage mene lfan dernier pour le National Youth Council of Ireland (NYCI ) indique qufune famille sur quatre a vu un de ses proches emigrer au cours des dernieres annees.Pire encore, dans le groupe des 18 a 24 ans, un Irlandais sur deux songe a partir.á Pour plusieurs jeunes Irlandais, lfemigration est la seule perspective viable a lfheure actuelle â, constate Mary Cunningham, directrice du NYCI.Les refugies economiques irlandais vont un peu partout : ailleurs en Europe, en Australie, en Asie, aux Etats-Unis et au Canada.A la fin de lfannee derniere, quelque 7500 Irlandais travaillaient au Canada, trois fois plus qufavant la crise.En 2012, pres de 900 Irlandais sont devenus residents permanents du Canada, deux fois plus qufen 2008.Plusieurs de ces nouveaux arrivants sont des travailleurs de la construction qui ont perdu leur emploi dans la foulee du krach immobilier de 2008.Ils nfont pas eu trop de mal a se faire embaucher sur les nombreux chantiers de Toronto ou dans les champs petroliferes albertains.A cause notamment de la barriere de la langue, tres peu sont venus au Quebec.M.Donovan croit que la plupart des exiles irlandais ne reviendront pas.Mais Catherine Clancy, la mairesse travailliste de Cork, la deuxieme ville en importance du pays, se montre plus optimiste.áCfest un exode couteux, parce que cfest lfEtat irlandais qui a paye la formation de ceux qui partent, dit-elle dans son bureau de lfhotel de vil le.Mais j fespere qufavec la reprise, plusieurs dfentre eux reviendront et feront profiter lfIrlande des idees, des connaissances et de lfexperience qufils auront acquises a lfetranger.â ¡ LfEMIGRATIONREVIENT HANTER LE PAYS ! @ Scene de la vie quotidienne dans la ville de Cork.# Un Irlandais installe entre deux guichets automatiques a Dublin demande de lfargent aux passants.! @ # COMMERCE INTERNATIONAL (2012) Irlande Canada Quebec Investissements directs etrangers 32,9 G$US 41,8 G$US 9,2 G$CAN Exportations 227,6 G$US 546,9 G$US 164,8 G$US Sources: OCDE, Institut de la statistique du Quebec áNous sommes au debut dfune reprise tres graduelle apres une tres profonde recession.â .Dermot OfLeary, economiste en chef, Goodbury Guy-Renaud Kirouac, Patrick Nadon et Patrice Denis.PORTRAITS CONCILIATION TRAVAIL, FAMILLE.ET TRIATHLON TROIS PROFESSIONNELS À LA VIE CHARGÉE NOUS LIVRENT LEURS SECRETS RICHARD DUFOUR S\u2019entraîner en vue d\u2019un triathlon est déjà un défi à relever en soi.Imaginez le faire en élevant des enfants et tout en occupant un poste de cadre qui comporte de hautes responsabilités.Pour Patrice Denis, Patrick Nadon et Guy-Renaud Kirouac, conjuguer la vie professionnelle à un entraînement intensif, à l\u2019épicerie et aux activités des enfants fait partie du quotidien.Voici leurs secrets.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 19 PORTRAITS Triathlon IRONMAN de Mont-Tremblant PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Triathlon de Tel Aviv, en Israël PHOTO ODED BALILTY, ASSOCIATED PRESS Patrice Denis Quand les Eskimos d\u2019Edmonton, de la Ligue canadienne de football, l\u2019ont libéré après sa troisième saison avec l\u2019équipe au tournant des années 2000, Patrice Denis a perdu ses repères sur le plan sportif.Cet analyste financier certifié (CFA) et actuaire de formation s\u2019est lancé à la recherche d\u2019une activité qui allait lui ramener le « feeling» de la compétition et de l\u2019entraînement.« J\u2019ai mis toutes mes énergies dans le football pendant plusieurs années.Il me fallait trouver autre chose.J\u2019ai besoin d\u2019avoir des objectifs, de bouger et de faire de l\u2019exercice.Je carbure à ça », dit celui qui est aujourd\u2019hui vice-président chez Pimco, le plus important gestionnaire mondial d\u2019obligations.Il a adopté le triathlon pour sa diversité (entraînement,musculation, étirement).«Je trouve que c\u2019est un beau rythme de vie.» Père de trois enfants (13 ans, 9 ans et 6 ans), il dit travailler en moyenne 50 heures par semaine, s\u2019entraîner entre 8 et 15 heures par semaine et vient d\u2019accepter le poste d\u2019entraîneur- chef du club de football moustique dans lequel son fils joue cet automne.Heureusement qu\u2019 il n\u2019a besoin que de six heures de sommeil par nuit pour être fonctionnel le jour.Ses journées peuvent commencer avec du vélo le matin ou de la natation et se terminer\u2026 avec du vélo ou de la natation.Il lui arrive de partir de sa résidence de Pointe-Claire pour aller travailler au centre-ville à vélo (environ 30 kilomètres).«Je dois me rendre au travail, alors aussi bien le faire de cette façon.» Le week-end, il s\u2019attaque à de plus grosses séances d\u2019entraînement.Le dimanche, il peut être debout à 5h et partir rouler plusieurs heures.«Je considère qu\u2019à mon retour à 10h le dimanche matin, il y a encore beaucoup de temps pour profiter de la journée en famille.» Sa conjointe s\u2019est elle aussi lancée dans le triathlon et il s\u2019entraîne avec elle quand c\u2019est possible.Patrice Denis et sa conjointe s\u2019étaient d\u2019ailleurs tous les deux inscrits à l\u2019Ironman de Tremblant au mois d\u2019août.Les trois enfants de ce couple ont aussi tous déjà fait au moins un triathlon.Guy-Renaud Kirouac Lorsque nous l\u2019avons joint, Guy-Renaud Kirouac finalisait la location de son « wetsuit » dans une boutique de la rue Saint-Denis en prévision du demi-Ironman qui s\u2019est déroulé en juin à Tremblant.À 51 ans, c\u2019était son premier demi-Ironman, mais aussi son tout premier triathlon.Directeur des activitésbénéfices à la fondation CHU Sainte-Justine, il est à la tête d\u2019une équipe de six personnes.«J\u2019ai doublé mes heures d\u2019entraînement depuis un an pour ce demi-Ironman et ça m\u2019a rentré dans le corps au niveau du sommeil », dit ce père de trois enfants (10 ans, 13 ans et 16 ans).« L\u2019inconvénient avec les sports d\u2019endurance, c\u2019est que plus tu progresses, plus tes séances d\u2019entraînement sont longues.Aujourd\u2019hui, je ne fais jamais rien de moins d\u2019une heure.Une sortie de quatre heures de vélo n\u2019est pas rare.» Il s\u2019entraîne six fois par semaine, certaines journées matin et soir, mais la plupart du temps le soir.Le fait qu\u2019il habite dans l\u2019arrondissement Rosemont-La Petite- Patrie, sur l\u2019île de Montréal, joue à son avantage.«Je suis près de mon travail.Ceux qui passent deux heures ou plus par jour en voiture pour aller travailler ne peuvent pas consacrer ce tempslà à une activité sportive.» « Les gens regardent la télé en moyenne pendant 14 heures par semaine.C\u2019est l\u2019équivalent de deux heures par jour.Moi, je m\u2019entraîne.» À ses yeux, regarder deux heures de télé par jour est plus excessif que de s\u2019entraîner deux heures par jour.Le sport d\u2019endurance représente une soupape qui lui permet de dépenser son énergie.« Je n\u2019ai pas un travail physique, le sport m\u2019aide à gérer mon stress et à équilibrer ma vie.» Le plus difficile est de trouver l\u2019équilibre entre dépenses énergétiques et repos, et de l\u2019intégrer à la vie quotidienne et à sa vie de famille.Comme la pomme ne tombe jamais bien loin de l\u2019arbre, deux de ses garçons sont des nageurs d\u2019élite qui s\u2019entraînent six jours par semaine.20 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Triathlon IRONMAN de Mont-Tremblant PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Patrick Nadon á Ti-cul â, comme il le dit luimeme, Patrick Nadon sfetait jure qufun jour, il courrait un marathon.Il est passe a lfacte il y a cinq ans quand il a eu 40 ans.Il sfest ensuite lance dans le triathlon parce qufil avait des amis qui pratiquaient ce sport.Peu a peu, il sfest fixe des objectifs qui augmentent sans cesse.áCfest devenu une drogueâ, dit cet associe principal au sein du cabinet de comptablesNadon Lemay Desrochers.Commeil soutient ne pas etre un leve-tot, cfest plus souvent le soir qufil sfentraine.Et puisque son bureau est situe a Laval et qufil demeure a Saint-Lambert, il doit optimiser ses deplacements.áSouvent, je pars du bureau vers 15 h ou 16 h pour rentrer chez moi et mfentrainer avant de travailler a la maison en soiree.â Pour alimenter sa motivation, il sfinscrit continuellement a des competitions et participe a environ une dizaine dfepreuves par annee.á Mfentrainer me donne du temps pour moi.Et tu ne peux pas tfentrainer seulement quand tu trouves le temps pour le faire car tu ne seras pas assez en forme [pour faire de bonnes performances] quand tu trouveras enfin le temps.â Patrick Nadon est au coeur dfune famille reconstituee avec quatre enfants (il en a deux et sa conjointe en a eu deux nes dfune union precedente).á Je les ai eus jeune, mes enfants.Ma plus jeune a 18 ans et ma plus vieille a 20 ans.Les enfants de ma conjointe ont 16 et 14 ans, et elle a une garde partagee â, precise-t-il en soulignant que le fait que les enfants soient presque tous des adultes facilite la gestion de son entrainement et de son temps.Il sfest inscrit au marathon de Montreal cette annee et ses deux filles (Sarah et Noemie) se sont inscrites au demi-marathon.Comme Patrice Denis et Guy-Renaud Kirouac, Patrick Nadon ne sfaccorde lui aussi qufune seule journee de conge par semaine et pas toujours lameme.áTypiquement, dans le triathlon, on a trois entrainements dfune heure par sport par semaine auxquels sfajoutent de longues sorties.Lfhiver, je mfentraine neuf heures par semaine, et ca passe a une quinzaine dfheures par semaine au printemps.â Des trucs pour performer RICHARD DUFOUR Patrick Nadon dit qufune des choses qui lui permettent dfeviter de perdre du temps est dfavoir engage un coach qui lui prepare ses plans dfentrainement et qui fait le suivi.áCa permet de mfassurer que mon plan est efficaceâ, affirme-t-il.Il dit faire 80% de son temps de velo dans son garage.áPas de perte de temps en preparation, pas de facteur meteo, pas de risque dfaccident, pas de nid-de-poule.Lfenvironnement est parfait pour cibler des zones dfentrainement, et le plus agreable est que jfecoute des series (Mad Men, Dexter, etc.) sur mon ordinateur pendant que je pedale, ce que je nfaurais jamais le temps de faire autrement.â Il aime lire, mais dit manquer de temps pour le faire, alors quand il court dehors, il ecoute des livres audio loues a la bibliotheque.áLa duree dfun long entrainement ne semble pas la meme quand tu es captive par une histoire.â Patrick Nadon utilise aussi la technologie (tablette, telephone intelligent, etc.), qui lui permet de rester branche au bureau.áQuand jfai commence ma carriere il y a plus de 20 ans, on etait esclave du bureau.â Il affirme aussi apprecier courir en voyage (pour affaires ou en vacances).áCa me permet de visiter des endroits que je ne verrais jamais autrement.â Patrick Nadon assure par ailleurs qufil est essentiel de souligner le soutien de sa conjointe (á si lfarticle nfen parle pas, elle me tuera â, dit-il).á Elle est toujours la pour mfencourager.Elle me suit en velo avec des gourdes quand je cours et me jase.áLfan passe, nous sommes alles en Europe.Comme nous passions par Lyon le jour du marathon de Lyon, je me suis dit a la derniere minute que jfetais aussi bien de le faire tant qufa etre la.Pas certain que ca representait une journee ideale de vacances pour ma blonde.â Guy-Renaud Kirouac, lui, prend des jours de conge le vendredi pour se reposer et faire differentes commissions afin de degager du temps la semaine.Il lui arrive meme de faire jusqufa deux siestes le samedi pour á recharger ses batteries â.Son panier dfepicerie est toujours rempli avec beaucoup de fruits et de legumes.áCe sont des habitudes de vie a prendre.Je limite les exces, car jfen suis venu a perdre le gout de manger gras, etant donne que je paye le prix durant deux jours ensuite.â Patrice Denis dit se concentrer sur le moment present.áJe suis discipline de nature.Quand je dis que je fais quelque chose en me levant le matin, jfai un plan, je le fais.Cfest rare que ca ne me tente pas et je me sens mieux quand je le fais.Il nfy a pas 10 000 choses dans ma vie.Il y a ma famille, mon travail et mon entrainement.Ca se limite pas mal a ca.Mais je les fais a fond.â Pour lui, il est plus important de planifier la journee de la semaine ou il sera au repos que de planifier ses journees dfentrainement.Determiner la journee de conge a une influence sur le reste de sa semaine.Il tente de sfentrainer quand ses enfants dorment le matin ou le soir, soit quand la journee avec la famille est terminee.Patrice Denis apporte aussi une attention particuliere a sa nutrition.áJe mange regulierement dans une journee.Ce que tu manges te permet dfavancer.Si tu nfas pas dfenergie, il y a quelque chose qui ne marche pas.De facon generale, les gens ne mangent pas assez de legumes et trop de pain.Avant, jfaimais me preparer un steak ou aller au restaurant indien.Je ne le fais plus car jfai constate que jfavais de la difficulte a mfentrainer le lendemain.Il ne faut pas avoir peur de modifier son alimentation.â ¡ Capturer le temps TEXTE ANTOINE HASBROUCQ COLLABORATION SPÉCIALE On n\u2019achète pas une montre, on se l\u2019offre.Elle est de ces pièces, dans le vestiaire masculin, qui sont de véritables statements, l\u2019expression directe de soi à travers le raffinement d\u2019un objet précieux qui symbolise et défie le temps tout à la fois.Les grandes maisons d\u2019horlogerie, de par leur savoir-faire parfois séculaire, travaillent ce rêve d\u2019une montre qui nous définit et que l\u2019on léguera, au-delà du temps.Ces chefs-d\u2019oeuvre d\u2019artisanat ont, pour ainsi dire, une durée de vie quasi illimitée, il importe donc de les choisir avec discernement.MODE OFFREZ-VOUS UN MYTHE.REVISITÉ Il y a tout juste 50 ans est née la mythique Rolex Daytona.Ce modèle, dit Cosmograph, avec ses trois chronomètres, était taillé sur mesure pour les pilotes automobiles.Les cadrans contrastés permettent en effet de lire les informations en une fraction de seconde.Créée en 1963, ce n\u2019est que cinq ans plus tard que la Daytona devient un mythe de l\u2019horlogerie.En s\u2019affichant au poignet de l\u2019icône Paul Newman dans Winning (Virages en français), la Daytona vient de faire son entrée dans l\u2019histoire.À l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de l\u2019un de ses modèles phares, Rolex en propose plusieurs réinterprétations, dont ces deux modèles, qui suivent l\u2019une des grandes tendances de la rentrée : l\u2019or rose.Cet alliage 18 carats ajoute comme une patine à la montre, lui conférant une touche intemporelle.En version total look, tout or, ou montée sur un bracelet cuir, la Daytona est un choix sûr, parfait équilibre d\u2019esprit sportif et d\u2019élégance, comme le confirme Robert Cherbaka, spécialiste Rolex à la bijouterie Everest.«Une Daytona, c\u2019est quelque chose d\u2019inamovible, ça fait partie de ces montres qui sont tellement recherchées qu\u2019elles prennent de la valeur au fil des années.» Modèle Daytona Everose 37 850$ (bracelet or) et 29 050$ (bracelet cuir) En vente chez Everest bijouterie, 8910, rue Lajeunesse 514 388-5358 LA TOUCHE MILITAIRE DU BRACELET NATO C\u2019est une des tendances actuelles qui voient les propriétaires de montre de luxe changer leur bracelet d\u2019origine au profit de ce bandeau de nylon sorti tout droit de l\u2019équipement militaire.Indestructible et permettant de porter la montre par-dessus une paire de gants, ce bracelet rudimentaire est un véritable phénomène.À tel point que des marques de montres de luxe ont décidé de le proposer d\u2019origine sur certains de leurs modèles.C\u2019est le cas de Tudor et de son Héritage Chrono Blue.Les couleurs du bracelet de nylon reprennent celles du cadran, pour un résultat rafraîchissant et fun.Le modèle étant étanche jusqu\u2019à 150 mètres, c\u2019est le seul bracelet véritablement conseillé pour les sports aquatiques.Modèle Tudor Héritage Chrono Blue, 4420$ En vente chez Château d\u2019Ivoire, 2020 rue de la Montagne, Montréal 514 845-4651 22 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE INFINIMENT NOIR En matière de montre, pour cette rentrée, black is the new black.Avec ses matériaux de très haute technologie, tels que le titane, ou son bracelet indestructible rappelant celui du Modèle Mark 11, la grande montre d\u2019aviateur calendrier perpétuel Top Gun d\u2019IWC illustre la tendance noire en version aviateur.Avec son verre antidépressurisation et son mécanisme capable d\u2019encaisser les 9G d\u2019un décollage, elle se paie le vrai luxe d\u2019être décrite comme un instrument professionnel de mesure du temps par les as de la voltige, le comble du chic et de l\u2019exclusivité.Tout aussi inspiré par l\u2019univers de l\u2019aviation, Tag Heuer propose également un modèle ébène très sportif et d\u2019une précision imparable avec la Formula 1.Son mécanisme à quartz pourrait dérouter les puristes mais il fera le bonheur des plus pragmatiques.Côté design, pour les anticonformistes et les chasseurs d\u2019absolu, c\u2019est vers Bell&Ross qu\u2019il faudra se tourner.Avec son design reprenant celui des bombardiers furtifs B-2, la BR03 Phantom ne fait aucune concession.Noir mat du cadran jusqu\u2019aux aiguilles, cette montre ne laisse pas indifférent et fait tout un effet, à l\u2019opposé du mode furtif.! Modèle IWC grande montre d\u2019aviateur calendrier perpétuel Top Gun 38 600$ En vente chez Château d\u2019Ivoire, 2020, rue de la Montagne, Montréal 514 845-4651 @ Modèle Bell & Ross BR03 Phantom, 4500$ (sur commande) En vente chez Matt Baily, 1427, rue Crescent 514 845-8878 # Modèle Tag Heuer Formula 1, 2000$ En vente chez Everest bijouterie, 8910, rue Lajeunesse 514 388-5358 LE RETOUR À LA SOBRIÉTÉ Pour être élégante, une montre doit savoir aussi se faire discrète, d\u2019autant plus si on veut lui faire traverser les époques.Après les années d\u2019exubérance, de nombreuses marques reviennent à une plus grande simplicité dans les modèles proposés ainsi qu\u2019à un diamètre et une épaisseur réduits.La Time Walker de Mont Blanc illustre cet esprit à la perfection.Une montre sans âge, dont la beauté se révèle peu à peu, en observant les détails de cette pièce tout en subtilité.Mont Blanc met dans ces montres ce même chic un peu austère qu\u2019il a su mettre dans ses stylos.Ici, rien de trop, seulement l\u2019essence de la masculinité.Plus subtile, et exclusive, encore, Patek Philippe surprend tout d\u2019abord par l\u2019extrême dépouillement de la dernière version de sa Calatrava.Ce joyau d\u2019horlogerie ne se laisse réellement admirer dans toute sa complexité qu\u2019avec l\u2019accord de son propriétaire.En effet, en retournant la montre, un clapet discret se soulève, laissant apparaître la fascinante mécanique, chef-d\u2019oeuvre spectaculaire de maîtres artisans.$ Modèle Mont Blanc Time Walker, 3470$ En vente chez Everest bijouterie, 8910, rue Lajeunesse 514 388-5358 % Modèle Patek Philippe Calatrava, prix sur demande En vente chez Humbertown Jewellers 270 The Kingsway, Toronto, ON M9A 3T7 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 23 Pour joindre notre journaliste : sgrammond@lapresse.ca ILLUSTRATIONS JEAN-MARC CHARRON-AUBIN STÉPHANIE GRAMMOND FINANCES PERSONNELLES Dans tous les manuels sur les placements, on vous apprendra qu\u2019il faut prendre plus de risque pour obtenir de meilleurs rendements.Mais il existe une manière toute simple \u2013 enfin presque \u2013 pour gonfler vos rendements sans encourir plus de danger.Mettez le fisc à profit ! En insérant les bons placements dans les bons comptes, vous pouvez étirer vos épargnes cinq ans de plus, affirme Sylvain Chartier, expert-conseil chez Gestion privée 1859 de la Banque Nationale, simulations à l\u2019appui.En fait, ce n\u2019est rien de bien sorcier.I l s\u2019agit de mettre les placements qui coûtent le plus cher d\u2019impôts (les obligations) à l\u2019abri du fisc dans le REER.Et il faut garder les placements qui bénéficient d\u2019un traitement fiscal plus avantageux (les actions) pour votre compte non enregistré.Mais si vous avez uniquement un REER, mettez-y tous vos titres.Il ne faut surtout pas renoncer aux actions pour cette raison, indique Éric Brassard, associé chez Brassard Goulet Yargeau et conseiller en placement auprès de Patrimoine Dundee.Le CPA-CA doit justement prononcer une conférence sur la fiscalité des placements au congrès annuel de l\u2019Association de planification fiscale et financière, au début du mois d\u2019octobre.Malheureusement, trop d\u2019investisseurs n\u2019appliquent pas ces règles de base.Après avoir déterminé leur profil d\u2019investisseur \u2013 disons équilibré \u2013, ils ont le réflexe d\u2019établir la même répartition d\u2019actifs dans tous leurs comptes : 50% actions/50% obligations dans le REER, dans le CELI, dans le REEE, dans le compte non enregistré.Mauvaise idée! Il faut mettre les bons placements aux bons endroits.Mais cela ne veut pas dire de virer son portefeuille à l\u2019envers d\u2019un coup sec.Un grand remue-ménage provoquerait des frais de transactions excessifs, prévient M.Chartier.Allez-y graduellement.Corrigez le tir lorsque vous aurez des titres qui arrivent à échéance ou lorsque vous aurez l\u2019intention de vendre une position.Surtout, évitez de transférer des titres de votre compte non enregistré à votre CELI ou votre REER.Si vous transférez des actions qui sont en hausse, le transfert déclenchera un gain en capital imposable.Et si les actions sont en baisse, la perte en capital ne sera pas reconnue.Dommage, car cela vous aurait permis d\u2019effacer les impôts sur d\u2019autres gains.Prudence aussi avec les achats/ rachats.Si vous vendez puis rachetez le même titre dans un autre compte à l\u2019intérieur de 30 jours, les règles de «pertes apparentes» pourraient vous donner du fil à retordre.Dans les bons pots lesmeilleurs placements Étirer votre capital cinq ans de plus ?C\u2019est possible ! Il suffit de maximiser vos rendements après impôts.«Il fautmettre les bons placements aux bons endroits.Mais cela ne veut pas dire de virer son portefeuille à l\u2019envers d\u2019un coup sec.Un grand remue-ménage provoquerait des frais de transactions excessifs.» \u2014 Sylvain Chartier, expert-conseil chez Gestion privée 1859 de la Banque Nationale 24 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE TAUX DfIMPOSITION DES DIFFERENTS TYPES DE PLACEMENT Si votre revenu est dec Interets Dividendes Gains en capital 45 000 $ 38,37% 19,22% 19,19% 90 000 $ 45,71% 29,35% 22,86% Plus de 135 000$ 49,97% 35,22% 24,99% N.B.: Taux combines pour les particuliers au Quebec en 2013.Dividendes determines verses par des societes inscrites en Bourse.LA BONNE POSOLOGIE REEE Comme il sfagit du financement des etudes de vos enfants, allez-y pour la securite dfabord.Ce nfest meme pas une question de fiscalite, mais plutot une question dfhorizon de placement.Dans le Regime enregistre dfepargne- etudes (REEE), votre horizon est plus court que dans le REER, car vos enfants entreprendront leurs etudes postsecondaires avant votre depart a la retraite.enfin, je vous le souhaite ! Vous ne voudriez pas etre pris a decaisser lfargent du REEE apres un effondrement de la Bourse, sans avoir le temps de vous refaire, dit M.Chartier.Alors, restez plus prudents, avec davantage de titres a revenus fixes.De toute facon, les gouvernements vous donnent deja un cadeau equivalent a 30% de vos cotisations, parfois davantage.Deja un beau rendement.REER, CRI, FERR, FRV Dans le Regime enregistre dfepargne-retraite (REER), il vaut mieux placer des titres a revenus fixes en priorite : obligations, fonds de marche monetaire, certificats de placement garanti (CPG), depots a terme.Ces placements versent des revenus dfinteret qui sont imposes au maximum, soit au meme taux que vos revenus dfemploi.Lfimpot atteint donc 50% si vous gagnez plus de 100 000$.Alors, autant mettre ces titres a lfabri du fisc.Bien sur, rien ne vous empeche de mettre aussi des actions dans votre REER, si vous avez uniquement des comptes enregistres.A noter : certains choix de placements qui beneficient deja dfun cadeau fiscal ne peuvent pas etre places dans le REER.Cfest le cas de Capital regional et cooperatif Desjardins et des titres REA (Regime dfepargne- actions).Par contre, il est possible de profiter des credits dfimpot des fonds de travailleurs (30% pour le Fonds de solidarite FTQ et 40% pour Fondaction) en cotisant a son REER.Mais depechez-vous, car Ottawa a annonce le retrait de son credit dfici 2017.CELI Si vous utilisez votre compte dfepargne libre dfimpot (CELI) comme fonds dfurgence, restez cantonnes dans un fonds de marche monetaire ou un compte dfepargne.Les interets seront a lfabri de lfimpot.Mais surtout, votre argent sera disponible en cas dfimprevus.La liquidite est lfobjectif premier.Mais si vous accumulez de lfargent dans le CELI pour des besoins a plus long terme, votre retraite par exemple, cfest completement une autre histoire.Le CELI devrait accueillir vos placements les plus audacieux, ceux qui ont le plus fort potentiel dfappreciation, dit M.Brassard.Idealement, allez-y avec des actions de petites societes canadiennes.Et pourquoi pas etrangeres ?Parce que vous ne pourrez jamais recuperer la retenue fiscale de 15% ou plus que le fisc etranger prendra sur vos dividendes.COMPTE NON ENREGISTRE Vous avez maximise vos cotisations REER, REEE, CELI ?Felicitations ! En plus, vous avez dfautres epargnes dans un compte non enregistre ?Merveilleux ! Si cela correspond a votre profil, mettez-y des actions canadiennes.Si vous faites un gain a la revente de lfaction, seulement la moitie sera imposable.Sur un gain de 10 000$, vous paierez tout au plus 2500$ si vous etre impose au taux maximal de 50%.En outre, vous profiterez dfun credit dfimpot sur les dividendes de societes canadiennes.Par contre, les dividendes etrangers sont consideres comme du revenu dfinteret.Autre ápetit â detail : les dividendes etrangers sont assujettis a une retenue de 15%, parfois davantage, mais lfinvestisseur peut generalement recuperer cette ponction dans sa declaration de revenus au Canada.Les fonds a structure corporative sont une autre option a considerer pour reduire lfimposition dans les comptes non enregistres, estime M.Brassard.Ces fonds, qufon appelle souvent á categories â, sont aussi une bonne idee pour ceux qui ont un compte dfentreprise.¡ 26 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE VIN TEXTE VINCENT MARISSAL PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND Il est deja assez ardu, dans un pays nordique comme le Canada, de produire du vin, mais les valeureux entrepreneurs qui sfy risquent doivent, en plus, affronter une bureaucratie lourde, des monopoles dfEtat frileux et un protectionnisme profond de la part des provinces.Pas etonnant, dans les circonstances, qufil soit si difficile pour lfamateur de mettre la main sur quelques belles bouteilles made in Canada.Il y a plus dfun an, le gouvernement federal a modifie les reglements du transport interprovincial de vin canadien, permettant dorenavant aux consommateurs de rapporter quelques bouteilles des autres provinces ou dfen commander en ligne.Rien, malheureusement, nfest jamais simple dans cette federation, et Ottawa a laisse aux provinces le soin dfelaborer leurs propres regles et limites.Le Quebec tarde toujours a instaurer les siennes, et la grande majorite des provinces nfa pas encore autorise le commerce en ligne.Si bien que, au cours de votre prochain sejour dans un vignoble de lfOkanagan (un bonheur que je vous souhaite !), il vous sera vraisemblablement encore impossible de commander une caisse de Burrowing Owl, de Blue Mountain ou de Quailfs Gate (pardonnez le name dropping, il sfagit de quelques-unes de mes maisons preferees en Colombie-Britannique).Quant a lfinternet, oubliez ca pour le moment! Nous pourrions nous consoler si nos monopoles dfEtat (SAQ au Quebec, LCBO en Ontario et BC Liquor en C.-B.) sfouvraient un peu aux producteurs canadiens et assuraient lfaccessibilite de leurs vins.Malheureusement, en cette matiere, il y a loin, tres loin, de la coupe aux levres.Au Canada, il est encore et toujours plus facile de trouver un petit rouge uruguayen ou une grappa dfun petit producteur italien qufune bouteille de vin des principales regions viticoles canadiennes.Et cette fois, on ne pourra pas blamer uniquement la SAQ, qui fait un effort depuis quelques annees pour áimporterâ du vin des autres provinces, contrairement a la LCBO et a la BC Liquor, qui boycottent carrement les produits quebecois.Cuvee des solitudes SAQ LCBO BC LIQUOR 328vins canadiens 155 du Quebec 108 de lfOntario (des grosses maisons comme Inniskillin et des plus petites comme Clos Jordanne) 64 de Colombie-Britannique (dont les gros producteurs commeMission Hill et des plus petits commeBlueMountain et BurrowingOwl) La faible production, donc la relative rarete, des vins du Quebec peut expliquer en partie leur absence des marches ontariens et britanno-colombiens.Et puis, soyons modestes: la qualite de nos vins sfameliore, mais le terroir quebecois est plus ingrat que celui des vallees du Niagara ou de lfOkanagan.Cela dit, il est tout de meme etonnant qufaucun vin de glace quebecois ou meme quelques blancs ne se soient fraye un chemin jusqufa Toronto ou Vancouver.Il est encore plus curieux de constater que lfOntario offre si peu de vins de Colombie-Britannique.Et vice-versa.On dirait que le syndrome des deux solitudes sfest repandu dans les vignoblesc ¡ 1352vins canadiens 1067 de lfOntario 72 de Colombie-Britannique 0 du Quebec ! ! ! (Seulement 2 cidres de glace) 525vins canadiens 493 de Colombie-Britannique 31 de lfOntario 1 cidre de glace du Quebec .Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 27 ENTREPRISES PHOTO FOURNIE PAR SUPERIOR PLUS TEXTES ANDRÉ DUBUC Superior Plus est une entreprise de distribution de produits énergétiques et de fabrication de produits chimiques qui a été portée aux nues par les investisseurs en 2004 avant d\u2019entreprendre une longue descente qui a abouti à l\u2019embauche de Luc Desjardins en novembre 2011.« Dans l\u2019analyse que j \u2019avais faite avant d\u2019accepter l\u2019emploi, j \u2019avais identifié que deux de nos divisions avaient besoin d\u2019être redressées », dit le gestionnaire de 61 ans dans un entretien téléphonique accordé à la fin du mois d\u2019août.La division propane perdait des parts de marché depuis sept ans au Canada.Quant à l\u2019unité de distribution de gypse et aut res produit s de construction, elle souffrait de la déprime immobilière chez nos voisins du Sud.Avec quelques i n it i a t i ve s de s on c r û , M.Desjardins était persuadé de dégager des fonds pour sortir l\u2019entreprise du bourbier de la dette.Les résultats n\u2019ont pas tardé.Deux ans plus tard, le ratio d\u2019endettement est descendu de 6 à 3,5 fois les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA).Le ratio glissera à trois fois d\u2019ici la fin de l\u2019année.Un revirement qui a attiré l\u2019attention de la communauté financière.Après avoir été coupé à six reprises depuis 2004, le dividende pourrait remonter de 50 %, à 0,90 $ par action, d\u2019ici 2015, a écrit l\u2019analyste Benoit Laprade, de Scotia Capital, en avril dernier.D e s o n c ô t é , l a f irme Venator Capita l Management, de Toronto, fa it de Superior Plus l\u2019une de ses plus fortes positions au sein de son fonds de revenu.Dans le quotidien Financial Post, le gestionnaire Stephen Anderson a souligné, en février dernier, l\u2019envergure des flux de trésorerie que parvient à dégager le distributeur de propane.Ce n\u2019est pas d\u2019hier que M.Desjardins s\u2019est forgé la réputation d\u2019agir avec diligence.« Pou r un segment d\u2019a ffa i res qui n\u2019a lla it pas bien, Luc avait créé un processus de soins intensi fs d\u2019une durée maximale de 90 jours, se souvient Daniel Denault, qui agissait comme chef des finances de l\u2019imprimeur Transcontinental dans les années 2000.Beaucoup de divisions ont été redressées de la sorte et ont connu une amél ior at ion de leu r rentabi l ité », indique M.Denault , qui agi t aujourd\u2019hui à titre d\u2019administrateur de sociétés.Avant d\u2019arriver chez Transcontinental en 2000, M.Desjardins s\u2019était fait la main avec le fabricant d\u2019enveloppes Supremex, de l\u2019arrondissement de LaSalle, à Montréal.«C\u2019est lui qui m\u2019a engagé comme chef des finances en 1992», dit Gilles Cyr, aujourd\u2019hui président et chef de la direction de Supremex.Le duo avait rapidement remis la société sur le chemin de la rentabilité.« On se complétait bien.Je suis un gars de chi f f res, car tésien, de machines.Luc est plus un gars de stratégie d\u2019entreprise », ajoute M.Cyr.P ou r d é p l o ye r s a stratégie d\u2019ent repr ise, Luc Des j a rd i ns pro - cède par plans t r ienn au x .Du t emps d e Transcontinental, c\u2019était Évolut ion 2010.Chez Superior Plus, ça s\u2019appelle Destination 2015.« Luc a le doigté pour élaborer avec son équipe des plans qui vont satisfaire les besoins des trois auditoires clés de l\u2019entreprise : les employés, les clients et les investisseurs , fa i t remarquer Anne Douvi l le, présid e n t e d \u2019 O p t i m i z o Solutions, une boîte de consultation en optimisat ion des processus de marketing et ventes.SUPERIOR PLUS LA MÉTHODE LUC DESJARDINS L\u2019action de la société albertaine Superior Plus a doublé de valeur depuis l\u2019arrivée de Luc Desjardins comme chef de la direction, un des rares francophones aux commandes d\u2019une société publique dans le reste du Canada.L\u2019ancien patron de l\u2019imprimeur Transcontinental redresse des entreprises en difficulté ici et aux États-Unis depuis plus de 20 ans.Il partage avec nous sa méthode qui a fait ses preuves.US LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 29 áSur les20gerants de Superior Propane auCanada, jfen ai remplace 15 en 2 ans.â .Luc Desjardins, president, Superior Plus VENTES ANNUELLES 4MILLIARDS DE DOLLARS BENEFICE DfEXPLOITATION AVANT AJUSTEMENT 300MILLIONS DE DOLLARS EMPLOYES 4600 BENEFICE NET 93 MILLIONS DE DOLLARS EN 2012 (PERTES DE 303 MILLIONS EN 2011) A la fois distributeur de gaz propane et de materiaux de construction, et fabricant de produits chimiques entrant dans la fabrication du papier, Superior Plus a son siege social a Calgary.Structuree en fiducie de revenu a la fin des annees 90, Superior Plus a beneficie de lfexemption de lfimpot sur les benefices qui etaient redistribues aux proprietaires de la fiducie, dfou lfopulence des distributions, qui sfest elevee jusqufa 0,60$ par mois par part en 2004.Prisee par les boursicoteurs, la fiducie nfavait aucun mal a recueillir des fonds pour financer ses multiples acquisitions, quitte a negliger sa gestion au quotidien.Se voyant prive de revenus de taxation colossaux, le gouvernement canadien a sonne le glas des fiducies de revenu le jour de lfHalloween 2006, obligeant le distributeur de gaz propane a se convertir en societe par actions.Avec lfabolition des fiducies et, avec elle, de lfexemption fiscale, lfargent facile sfest tari pour Superior Plus, les investisseurs preferant placer leurs fonds ailleurs.Lfentreprise, une societe par actions depuis decembre 2008, sfest rapidement retrouvee surendettee.La valeur de lfaction a alors pique du nez.De son sommet de 33,15$ en fevrier 2005, elle a perdu 85% de sa valeur pour atteindre un creux a 5,21 $ en 2011.Son dividende a suivi la meme trajectoire, ayant ete coupe a six reprises depuis decembre 2004, tombant a 0,05$ par mois.LES HAUTS ET LES BAS DE SUPERIOR PLUS E x- V P m a r k e t i n g c h e z Transcontinental, Mme Douville sfest mise a son compte il y a trois ans.Lfun de ses premiers clients a ete Luc Desjardins qui lfa introduite chez Roofing Supply Group (RSG), du Texas.A lfepoque, M.Desjardins etait un des associes de la firme de capitaux prives Sterling Group, de Houston, qui detenait RSG.á J e l fa i v u a l l e r c h e z Transcontinental pendant huit ans.Je lfai vu dans sa strategie chez Sterling.Il repete la meme chose chez Superior Plusâ, dit-elle.Que trouve-t-on dans le plan triennal cette fois-ci?M.Desjardins a lance cinq initiatives dans chacune des divisions de lfentreprise avec une cible a atteindre, inspiree des meilleures pratiques de lfindustrie.áJe vais a Harvard une semaine par annee a la fin de janvier pour etudier 20 cas dfentreprises â, dit M.Desjardins, adepte declare de la formation continue.Dans la division Propane Canada, par exemple, les mesures retenues visent a ameliorer les processus dfachat dans le but de reduire les stocks, dfaugmenter les marges en affinant la structure de prix, dfoptimiser la gestion des techniciens et de la flotte de camions, et de tonifier la croissance interne des ventes.Des c on s u lt a n t s e x t e r ne s valident les cibles et dictent les etapes pour y parveni r.Plan de bataille en poche, le general Desjardins jauge lfetat des unites appelees a livrer combat.áSur les 20 gerants de Superior Propane au Canada, jfen ai remplace 15 en 2 ansâ, reconnait Luc Desjardins.Implacable dans lfevaluation du talent, Luc Desjardins se montre habile a galvaniser les rangs.áLuc, cfest surtout un bon rassembleur et un bon motivateur â, souligne Daniel Denault.Pour assurer la mobilisation des troupes, Luc Desjardins fait un suivi serre des manoeuvres.áJe vais dans chaque division tous les mois une journee pour voir lemonde et leur parler de leur travailâ, dit-il.Une fois les cibles atteintes et sa dette degonflee, Superior Plus partira a la chasse aux acquisitions.Dans sa ligne de mire, un distributeur de propane dans le nord-est des Etats-Unis.Luc Desjardins veut aussi rendre plus dodue la division des produits de construction avant dfy trouver un pretendant.La methode Desjardins reussirat- elle a faire doubler la valeur de Superior Plus, encore une fois ?Ses actionnaires ne demanderaient pas mieux.¡ QUI EST LUC DESJARDINS ?Huitième d\u2019une famille de 13 enfants du quartier Ahuntsic à Montréal, Luc Desjardins hérite de son père le goût pour la gestion d\u2019entreprise.Le chef du clan familial a détenu jusqu\u2019à quatre magasins de meubles.Le patriarche a aussi participé au lancement des fameux timbres Gold Star, rendus célèbres par la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay.Ancêtres des cartes Air Miles d\u2019aujourd\u2019hui, les Gold Star étaient distribués dans les épiceries Metro dans les années 60, faisant concurrence aux timbres Pinky des supermarchés Steinberg.Quant à Luc Desjardins, sa carrière prend un tournant majeur en 1998 quand il accepte de diriger la division des enveloppes de Mai l-Well , propriétaire de Supremex, à Denver, au Colorado.« J\u2019ai décidé de faire ce que ça prend pour devenir un meilleur gestionnaire », dit celui qui dévore chaque numéro de la Harvard Business Review en quête de nouvelles idées de lecture.Après le succès obtenu chez Mail- Well, son nom se met à circuler dans les milieux d\u2019affaires en Amérique du Nord.Les mandats se succèdent alors : Transcontinental , à Montréal ; puis Sterling, Roofing Supply Group et Velcon Filters, aux États-Unis, avant de revenir au pays pour diriger Superior Plus.« Je pense qu\u2019 i l est dif f i c i le de devenir un gestionnaire d\u2019envergure en Amérique du Nord si tu as vécu seulement à Montréal et au Québec.Il faut que tu ailles vivre ailleurs, conseille-t-il aux gestionnaires de la nouvelle génération.Je m\u2019aperçois que bien des entrepreneurs du Québec ne le font pas.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 31 DOSSIER AÉRONAUTIQUE LEBONHEUR ESTDANS LES RÉGIONS Les brochures promotionnelles ne manquent pas de le souligner : Montréal est l\u2019un des rares endroits dans le monde où l\u2019on peut trouver dans un rayon de 30 kilomètres toutes les pièces nécessaires à la fabrication d\u2019un avion.L\u2019industrie aéronautique québécoise est effectivement concentrée dans la région montréalaise.Or, plusieurs entreprises ont choisi de s\u2019établir ou de demeurer à l\u2019extérieur de l\u2019axe Montréal-Mirabel.Malgré un certain nombre de défis, elles semblent y avoir trouvé le bonheur.PHOTO SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL Plusieurs PME des régions, comme APN à Québec, se spécialisent dans l\u2019usinage de haute précision.PHOTO JANICK MAROIS, LA VOIX DE L\u2019EST GE Aviation a choisi Bromont notamment pour sa qualité de vie.TEXTES MARIE TISON Tandis que le patron de Produits Aviatech, Carl Duguay, accorde une entrevue à La Presse Affaires dans son bureau d\u2019Alma, un petit air joyeux se fait entendre en provenance de l\u2019atelier.Quelqu\u2019un siffle en travaillant.Une courte visite permet de voir des mécaniciens spécialisés en train de terminer la remise à neuf d\u2019un petit avion à hélice de 1947.«Ça va devenir un modèle 2013», s\u2019enorgueillit Carl Duguay, un natif d\u2019Alma qui a appris son métier de mécanicien en aéronautique sur le tas et qui est sur le point d\u2019obtenir sa certification grâce à des cours par correspondance.Il a décidé de lancer son atelier de réparation et de remise à neuf de petits appareils prêt à monter chez lui parce que c\u2019était chez lui, mais aussi parce que c\u2019était moins cher que dans les grands centres.«Le même hangar à Montréal, ce ne serait pas le même prix, fait-il observer.Le coût de la vie est aussi plus élevé là-bas.» Produits Aviatech est une toute petite entreprise qui compte neuf employés.Premier Aviation, une importante entreprise de maintenance qui compte 330 employés à Trois-Rivières, a fait le choix de la région pour les mêmes raisons.Lorsque Ronnie di Bartolo et ses associés ont lancé Premier au début des années 2000, il n\u2019était pas question d\u2019aller à Montréal.« C\u2019était trop cher pour une société comme la nôtre », explique le président et chef de la direction de Premier dans son bureau, situé dans un complexe de hangars qui ne cesse de prendre de l\u2019expansion.Les partenaires ont cherché à obtenir le hangar de maintenance de Royal Aviation et de Canada 3000 à l\u2019aéroport de Québec, sans succès.Ils se sont alors tournés vers Trois-Rivières.«La ville était accueillante, ils ont été là à côté de nous, déclare M.di Bartolo.Nous n\u2019avons jamais regretté notre choix.» Originaire de Montréal, il s\u2019est installé à Trois-Rivières.« J\u2019aime ça, ça me prend seulement cinq minutes pour me rendre au bureau.» GE Aviation, une multinationale américaine, a choisi pour sa part Bromont pour installer une nouvelle usine de pièces de moteurs en 1982.L\u2019entreprise cherchait alors un lieu à proximité d\u2019une usine existante à Rutland, au Vermont.«L\u2019avantage, c\u2019est la qualité de la vie», affirme le directeur de l\u2019usine, Philippe Simonato.Pour sa part, le Centre d\u2019excellence des drones (CED) a opté pour l\u2019aéroport d\u2019Alma afin de bénéficier d\u2019un immense espace aérien, éviter des zones urbaines \u2013 forcément peuplées \u2013 et se soustraire à une atmosphère encombrée de signaux radio.«À Montréal, les fréquences sont assez chargées», note Marc Moffatt, gestionnaire de la recherche et du développement au CED.Pour l\u2019entreprise de nolisement Hélicoptères Panorama, le fait d\u2019être à Alma lui permet de se retrouver au centre du Québec, entre les grands centres et le Grand Nord.« Avec un plein d\u2019essence, on peut aller partout où ça brasse », lance le jeune directeur général de l\u2019entreprise, Jimmy Emond.Dans le domaine de l\u2019usinage, plusieurs entreprises déjà en région pour desservir d\u2019autres secteurs d\u2019activité se sont tournées vers l\u2019aéronautique.C\u2019est notamment le cas de Delastek, une PME de Grand- Mère qui a commencé par faire du calibrage de papier pour les moulins de la région.Après avoir perdu ce contrat en 1986, l\u2019entreprise s\u2019est réinventée en concevant des systèmes électriques pour bateaux de plaisance.«Dans les années 90, le bateau a pris l\u2019eau, raconte Claude Lessard, président de Delastek.Nous avions un centre de recherche, nous avons décidé d\u2019aller en aéronautique.» PHOTO SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE Claude Lessard voit grand pour son entreprise, Delastek Aéronautique, à Grand-Mère.Bell Helicopter et Bombardier sont des clients importants.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 33 Produits Aviatech, à Alma, fabrique notamment des flotteurs pour hydravions.Le grand patron, Carl Duguay, est particulièrement fier de son avion personnel, qu\u2019il a monté lui-même PHOTO GIMMY DESBIENS PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL Le petit robot R2DTubes accomplit des tâches répétitives de haute précision chez Quéloz & Associés, à Québec La transition a été difficile: l\u2019entreprise est passée de 40 à 6 employés, spécialisés en recherche et développement.C\u2019est un pari qui a payé : Delastek produit maintenant des pièces électromécaniques pour Bell Helicopter et Bombardier.En 2009, Delastek a même décroché un contrat pour la fabrication de la cabine de pilotage de la CSeries, un exploit pour une PME.Maintenant, 130 personnes travaillent dans les installations de Delastek, un véritable labyrinthe installé au sein de l\u2019ancienne usine de textile Wabasso.À Québec, APN est en train de faire la transition entre l\u2019usinage général de haute précision et l\u2019usinage pour l\u2019industrie aéronautique.«Sur les trois principaux clients qu\u2019avait APN, un n\u2019existe plus et un autre est presque éteint, explique Yves Proteau, vice-président d\u2019APN, rencontré dans les locaux lumineux de l\u2019entreprise, situés dans le parc technologique de Québec.C\u2019est pour cela qu\u2019il y a cinq ans, nous nous sommes lancés dans l\u2019aéronautique.» APN a réussi à mettre le pied dans ce secteur pendant le boom qui a précédé la récession de 2008-2009.Abipa Canada, une entreprise de Laval, avait alors besoin de sous-traitants.« En 2009, l\u2019industrie est tombée mais nous avons quand même continué à travailler », commente M.Proteau.À l\u2019heure actuelle, 40% des activités d\u2019APN à Québec sont liées à l\u2019aéronautique.Une autre entreprise d\u2019usinage de Québec, Quéloz & associés, est dans le domaine depuis plus longtemps.Fondée en 1974 par Bernard Quéloz, Guy Légaré et trois autres associés, elle ne consacrait au départ que 20% de ses activités à l\u2019aéronautique.M.Quéloz étant originaire de Suisse, l\u2019entreprise travaillait notamment en horlogerie.Des contacts personnels au sein de Pratt & Whitney Canada (P&WC) ont permis de décrocher de premiers contrats auprès du motoriste.«Avec les années, nous sommes allés de plus en plus en aéronautique, notamment parce qu\u2019il y avait moins de compétition et parce que cela nécessitait plus de connaissance technique, de précision, indique le vice-président de Quéloz, Richard Légaré, le fils de Guy.Cela garantissait une meilleure valeur ajoutée.» Peu à peu, Bombardier, Héroux- Devtek et Messier-Dowty se sont ajoutés à la liste de clients de Quéloz.L\u2019aéronautique représente maintenant 90% des activités de la société, rachetée en 2000 par les deux fils de Guy Légaré, Richard et Denis.Le paternel, maintenant âgé de 75 ans, travaille encore deux jours par semaine chez Quéloz pour donner un coup de main à ses fils.«Il a encore le désir de jouer làdedans, s\u2019amuse Richard Légaré.Quant à moi, je suis comme Obélix, je suis tombé dedans quand j\u2019étais petit.» À Sherbrooke, Mesotec est également une affaire de famille.Fondée en 1977 par Paul Constancis et un associé, l\u2019entreprise s\u2019est rapidement dirigée du côté de l\u2019aéronautique en fabriquant des pièces de moteur pour P&WC et GE, puis des pièces de structures pour Bombardier, Bell Helicopter et Héroux-Devtek.Le fait d\u2019être éloigné du coeur de l\u2019industrie aéronautique québécoise, le fameux axe Montréal-Mirabel, a certains désavantages.«Lorsqu\u2019on envoie une pièce à un sous-traitant pour faire du traitement de surface, ça prend du temps, ça peut être plus compliqué », note le fils de Paul Constancis, Philippe, maintenant président de Mesotec.Le recrutement de personnel en région peut également être difficile, selon les besoins.«Nous savions que ce serait un défi », affirme Ronnie di Bartolo, de Premier Aviation.L\u2019entreprise a cherché à minimiser le problème en travaillant avec la commission scolaire locale et l\u2019École des métiers de l\u2019aérospatiale de Montréal afin d\u2019offrir des cours de technique spécialisée à Trois-Rivières.M.di Bartolo insiste sur l\u2019importance de trouver des employés localement : il est difficile d\u2019attirer des gens de Montréal en région, et il est surtout difficile de les y retenir.34 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE PHOTO SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE Rencontre au sommet entre Stéphane Rochette, directeur de l\u2019entretien de Premier Aviation, et Ronnie di Bartolo, président de cette entreprise de maintenance d\u2019avions de Trois-Rivières.PHOTO SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE Les installations de Premier Aviation à Trois-Rivières ont connu plusieurs phases d\u2019expansion.RÉPARTITION DES FOURNISSEURS EN AÉRONAUTIQUE Axe Montréal-Mirabel: 81% Montréal : 37% Montérégie : 26% Laval : 9% Laurentides : 9% Reste de la province: 19% Chaudière-Appalaches : 4% Québec : 3% Lanaudière : 3% Estrie : 3% Centre-du-Québec : 2% Mauricie : 2% Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean : 1% Bas-Saint-Laurent : 1% Secteurs d\u2019activité Ateliers d\u2019usinage : 40% Fabrication de pièces et de produits aérospatiaux : 35% Revêtement, gravure et traitement thermique : 17% Réparation et entretien : 12% Estampage : 10% Fabrication de machines-outils pour le travail de métal : 9% Fabrication de produits en plastique : 8% Fabrication de moules : 7% Autres : 35% Note: Une entreprise peut travailler dans plus d\u2019un secteur.Source : Sous-traitance industrielle Québec (STIQ) Reste de la province Axe Montréal-Mirabel «Nous avons récupéré quelques employés d\u2019Aveos mais la majorité d\u2019entre eux sont retournés à Montréal », regrette-t-il.À Québec, les formations en usinage attirent peu d\u2019étudiants.«C\u2019est un secteur intéressant mais mal connu, déplore Richard Légaré, de Quéloz.C\u2019est pourtant un secteur très high-tech, qui fait appel à l\u2019informatique, aux mathématiques, au travail manuel, à la minutie.» Yves Proteau, d\u2019APN, remarque de son côté que les gens formés en usinage général connaissent mal les exigences du secteur aéronautique.«Des représentants de P&WC sont venus chez nous expliquer l\u2019importance de la qualité d\u2019une pièce dans un moteur d\u2019avion, note-t-il.Dans les écoles d\u2019aéronautique à Montréal, les gens le savent, ça leur a été expliqué.» Philippe Constancis estime toutefois que la rareté des entreprises en aéronautique dans sa région favorise le recrutement chez Mesotec.«Il y a un certain sex-appeal en aéronautique qu\u2019on ne trouve pas dans les autres ateliers d\u2019usinage de la région», lance-t-il.Les dirigeants des entreprises des diverses régions s\u2019entendent sur un point: il est facile de conserver la maind\u2019oeuvre.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 35 PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL Les outils de precision que lfon peut retrouver chez APN, a Quebec.á N o t r e t a u x d e r o u - lement est de zero â, soutient Philippe Simonato, de GE Av i a t ion a B romo n t .Ronnie di Bartolo affirme pour sa part que sfil est difficile dfattirer quelqufun a Trois-Rivieres, il est encore plus difficile de faire sortir un Trifluvien de Trois-Rivieres.áQuand tu es habitue a vivre en region, tu es bien â, laisse tomber Carl Duguay, de Produits Aviatech.Pour sa part, Yves Proteau, dfAPN, souligne que dans la region montrealaise, la competition est grande entre les entreprises pour attirer du personnel.áElles se volent les employes â, affirme-t-il.Le fait de ne pas etre a Montreal et de ne pas participer aussi activement que dfautres aux activites sociales des organisations liees a lfaeronautique, comme Aero Montreal, ne preoccupe pas tout le monde egalement.á Les reunions a cravate, je ne suis pas trop fort la-dessus â, lance Carl Duguay.Plusieurs font valoir que leur entreprise nfest pas situee si loin que ca.á Nous sommes au bord de la route 55, rappel le Mario Gauthier, president de Placeteco, une entreprise de Shawinigan qui fabrique notamment des composants importants pour les appareils de Bombardier et de Bell Helicopter.á Ca me prend une heure et demi pour aller a Montreal, souligne M.Gauthier.Cfest le meme temps que ca prend pou r a l le r de Mir abel au centre-vi l le de Montrea l.â Les entreprises de la Mauricie ont dfailleurs commence, a lfinvitation de la Ville de Trois-Rivieres, a se rencontrer quatre fois par annee.Ce sont une vingtaine dfentreprises, employant une cinquantaine dfemployes, qui echangent ainsi chaque trimestre.áCfest utile, on apprend ce qui se passe dans la region, on sfentraide â, commente Mario Gauthier.En Estrie, au Saguenay.Lac- Saint-Jean et a Quebec, il nfy a pas assez dfentreprises dans le secteur de l faeronautique pour avoir une telle structure.áTu ne rencontres personne au restaurant pour parler dfaviation, affirme Yves Proteau, dfAPN.A Quebec, on parle de haute technologie, des attraits de la ville.Le maire parle du Colisee, mais personne ne parle dfusinage.â Il nfa pas tellement apprecie le fait que, lors de la fusion recente de lfAssociation quebecoise de lfaerospatiale (qui representait les PME de lfindustrie) et dfAero Montreal (la grappe aerospatiale de Montreal), cfest ce dernier nom qui a survecu.á Cfest comme sfils avaient rejete ce qui est a lfexterieur de Montreal â, deplore-t-il.Pourtant, il se passe des choses dans les regions.á Au Lac-Saint-Jean, on ne fait pas juste des bleuets, on ne fait pas juste de lfaluminium, lance Marc Moffat, du CED.On fait de lfaeronautique, on fait voler des drones.â Personne, parmi les dirigeants rencontres par La Presse Affaires, nfa emis le moindre desir de demenager dans la region montrealaise.Plusieurs etaient dfailleurs bien en peine lorsque venait le temps dfenumerer les inconvenients de faire des affaires en region.áIl nfy en a pas, des problemes â, resume Mario Gauthier, de Placeteco.¡ Dans une cage de verre, un bras robotise saisit delicatement un petit tube metallique, le soumet a une operation dfusinage, le fait passer sous un faisceau de lumiere pour verifier le travail et le depose doucement dans un petit ratelier.R2DTubes (cfest le nom qufon a donne au petit robot) est une arme dans lfarsenal de Queloz & associes dans son combat contre la Chine.á Ce contrat se jouait entre la Chine et nous, raconte Richard Legare, vice-president de la PME de 40 employes.Il fallait faire preuve de strategie et dfinnovation.â Lfacquisition de deux robots (R2DTubes et R2DTubes Junior) a inquiete certains employes, mais la plupart ont compris qufil sfagissait dfune initiative necessaire, soutient M.Legare.á Ils se sont rendu compte que lfautomatisation ne visait pas a leur faire perdre de lfouvrage, mais qufelle permettait de leur donner des taches plus interessantes.â Comme les entreprises de lfaxe Montreal-Mirabel, celles des regions font face a la mondialisation, a la concurrence des pays emergents.áIl faut automatiser le plus possible, lance Yves Proteau, vice-president dfAPN.Comme lfintervention humaine est moins importante, on peut competitionner avec la Chine.â La mondialisation signifie egalement que les entreprises des regions cherchent a penetrer des marches etrangers, et notamment le marche americain.La tache nfest pas simple.áLe marche est assez protectionniste, deplore Philippe Constancis, president de Mesotec.Le dollar canadien nfest plus un avantage depuis quelques annees.Il nfest pas facile de trouver un angle ou nous sommes competitifs.â I l indique qufil a etabli des contacts aux Etats-Unis, mais souvent, il faut tout recommencer.á Le personnel change vite â, soupire-t-il.Placeteco et Delastek nfont pas eu le choix et ont du tourner leur regard vers les Etats-Unis.A venir jusqufa recemment, Bell Helicopter, un de leurs principaux clients, faisait fabriquer tous ses appareils commerciaux a son usine de Mirabel.Or, le nouveau Bell 525 Relentless sera fabrique au Texas et le siege social de Fort Worth joue un role de plus en plus important dans la conception des nouveaux helicopteres commerciaux.áNous commencons a avoir des contacts avec les gens de Fort Worth, commente Mario Gautier, president de Placeteco.Nous voulons nous introduire dans les nouveaux appareils.â Certaines entreprises ont decide de faire des acquisitions aux Etats- Unis pour favoriser un acces au marche americain, comme Premier Aviation et APN.Premier a acquis des installations de maintenance a Rome, dans lfEtat de New York, et APN, un atelier dfusinage en Californie lie au domaine de la defense.Dans ce dernier domaine, le protectionnisme prevaut.á Nous etions bons en Europe, en Asie et au Canada, mais aux Etats-Unis, cfetait zero, declare M.Proteau.Maintenant, nous sommes presents.â ¡ La mondialisation dans les regions PHOTO FOURNIE PAR GE GE Aviation a developpe une expertise en robotique a son usine de Bromont.Cette expertise est maintenant exportee dans les autres installations de GE Aviation.PHOTO SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE Les employes de Premier Aviation remettent a neuf un appareil a fuselage etroit.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 37 Ils n\u2019ont ni la réputation ni les moyens d\u2019Ubisoft, Warner Brothers, Eidos et autres grands noms du jeu vidéo installés à Montréal, mais ils commencent à se faire remarquer.Ils s\u2019appellent Red Barrels, Tribute, Spearhead ou Compulsion et tentent de démontrer que les créateurs québécois de jeux vidéo peuvent aussi être entrepreneurs.TECHNOLOGIE Près de 90% des quelque 9600 emplois québécois dans le secteur du jeu vidéo sont concentrés dans de grands studios, qui appartiennent presque tous à des intérêts étrangers.Mais au cours de la dernière année, plusieurs entreprises de plus petite envergure ont vu le jour, fondées dans la plupart des cas par d\u2019anciens employés de longue date de ces grands studios.La tendance est bien nette, observe Catalina Briceno, directrice de la veille stratégique pour le Fonds des médias du Canada.« Il y a des facteurs qui étaient déjà bien en place, notamment les centres de formation et le bassin de talent, mais d\u2019autres se sont ajoutés récemment, comme la création d\u2019incubateurs, la plus grande disponibilité du financement et les pertes d\u2019emploi dans certains grands studios.» Travailleurs expérimentés Pionnier de cette industrie à Montréal, Jason Della Rocca a fondé en novembre dernier Execution Labs, un incubateur destiné spécifiquement aux jeunes entreprises de jeux vidéo mobiles.Il se réjouit de la multiplication des entreprises LES NOUVEAUX ENTREPRENEURS DU JEU VIDÉO similaires aux six qu\u2019il héberge dans ses locaux.«Dans un écosystème, il faut un équilibre entre les gros, les moyens et les petits studios, entre les jeux mobiles, les superproductions, les jeux en ligne, etc.Ce qui se passe est donc très bon pour Montréal.» Les créateurs qui font le saut, observe-t-il, sont en grande majorité très expérimentés.«Ils ont travaillé 10 ans dans un studio comme Ubisoft et ils partent pour avoir plus de liberté créative, croit-il.On ne voit pas beaucoup de recrues.» «Ce sont des gens dont le talent est à maturité, qui sont en pleine possession de leur art», abonde Mme Briceno.C\u2019est exactement le cas de Jean-François Major et Jonathan Lavigne, qui ont quitté Ubisoft pour fonder Tribute Games en 2011.«Chez Ubi, on se dirigeait vers des productions de plus en plus grosses, avec de plus en plus de gens, raconte Jean- François Major.Au début, nous étions 100 à travailler sur un jeu.Vers la fin, les équipes pouvaient atteindre 600 personnes.Ça donne un peu l\u2019impression de faire partie d\u2019une chaîne de montage.Et il y a le fait que nous aimions beaucoup faire des jeux en 2D, alors qu\u2019Ubisoft s\u2019éloignait de ce genre.» Pour fonder Tribute, les deux jeunes hommes ont longtemps mis de l\u2019argent de côté « et mangé des croûtes».Phi l ippe Mor in, lui , a fondé Red Barrels assez rapidement, quand le projet sur lequel lui et ses cofondateurs planchaient chez Electronic Arts a été annulé, en 2011.I l se considère chanceux d\u2019avoir pris certaines décisions qui l\u2019ont aidé à franchir les moments les plus difficiles.«Il y a des choses que l\u2019on peut faire pour se mettre dans une meilleure position pour prendre ce risque-là », explique- t-il.Parmi elles, «renouveler son hypothèque avant de lâcher sa job» et rembourser ses dettes autant que possible.Ces créateurs ne semblent pas regretter leur choix.En juin, Tribute et Red Barrels ont eu leur heure de gloire en étant invités par Sony à monter sur scène à l\u2019occasion de l\u2019Electronic Entertainment Expo (E3), à Los Angeles, la plus grande vitrine de l\u2019univers du jeu.Simon Darveau, un autre ancien employé d\u2019Ubisoft qui a récemment fondé Spearhead Games, est lui aussi très heureux de sa décision.«Je sentais une révolution arriver et je sentais que si je n\u2019y participais pas, j\u2019allais manquer quelque chose d\u2019important, explique-t-il.Et depuis que je l\u2019ai fait, c\u2019est très passionnant.» TEXTE JEAN-FRANÇOIS CODÈRE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Les fondateurs de Spearhead, Simon Darveau, Atul Mehra et Malik Boukhira, devant leur mur de gestion de projet.Mercenary Kings, de Tribute Outlast, de Red Barrels Mercenary Kings, de Tribute 38 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Lfennui le plus frequent pour ces createurs devenus entrepreneurs, cfest que leur experience du monde des affaires et du marketing est souvent bien limitee.áCe sont des gens habitues a faire des jeux, moins a les vendre â, note Alain Tascan, PDG de Sava Transmedia, qui sfest souvent prononce pour la creation dfentreprises de jeux quebecoises.áQuand tu travailles dans une g rosse boi t e , t u a s lfimpression que les gens de lfadministration ne font pas grand-chose de leurs journees, mais finalement, il y a vraiment beaucoup de jobâ, rigole Jean-Francois Major.Le modele finlandais Des jeux comme Outlast , Mercenary Kings, Tiny Brains, Contrast, Big Action Mega Fight ou MacGuffin Quest, lances recemment ou sur le point de lfetre, decideront en partie du sort de cette vague de studios quebecois independants.áLa loi de la moyenne fait en sorte qufils ne reussiront pas tousâ, previent M.Tascan.Mais pour que Montreal franchisse une etape, il en faudrait au moins un qui fasse un tabac, estime-t-il.Dans lfunivers des jeux independants, cfest actuellement la Finlande qui sert de modele.Angry Birds et Clash of Clans, des jeux concus par de toutes petites equipes chez Rovio et Supercell, deux entreprises finlandaises, ont connu un succes planetaire et genere des ventes de centaines de millions de dollars.á La prochaine etape, selon M.Tascan, cfest que lfun de nous frappe comme ca, que ce soit vraiment visible et qufon commence a parler du Quebec pas seulement pour les superproductions sur consoles, mais pour les jeux mobiles aussi.â ¡ PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Chez Tribute, Jean-Francois Major, Jonathan Lavigne, Stephane Boutin, Jean Chan et Alexandre Maari peuvent travailler sur un style qufils aiment bien, les jeux en 2D.PHOTO ANDRE PICHETTE, LA PRESS Philippe Morin, Hugo Dallaire, Rejean Charpentier et David Chateauneuf, les fondateurs de Red Barrels.Tiny Brains, de Spearhead LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 39 DESIGN La guerre chaude Les fabricants québécois d\u2019appareils de chauffage électrique se battent à coup de design pour se démarquer de leurs concurrents.Une chaude compétition qui amène un vent de fraîcheur.MARC TISON C\u2019est laid : une longue boîte en tôle sommai rement pliée et assemblée.La plinthe électrique de chauffage traditionnelle est un de ces bidules domestiques moches dont on s\u2019est accommodés, par la force de l\u2019habitude.C\u2019est l\u2019effet Barbe bleue : son prix estompe ses défauts.Mais c \u2019est en t ra in de changer.Au début de l\u2019année 2010, Ouellet Canada a demandé à la firme GID Design industriel, de Québec, de concevoir une plinthe électrique qu\u2019on ne chercherait pas à cacher sous les tentures ou derrière le canapé.« L\u2019objectif était d\u2019offrir à l\u2019usager une alternative qui se positionnerait entre la plinthe électrique traditionnelle et le convecteur », énonce Mario St-Pierre, directeur du marketing chez le fabricant de l\u2019Islet.À mi-chemin entre la plinthe de base à 75$ et le convecteur à 400 $, cette nouvelle plinthe devait notamment se justifier par sa robustesse, ajoute Isabelle Proulx, spécialiste de produits chez Ouellet et elle-même designer.«GID a eu la commande de faire un design contemporain qui allait bien s\u2019harmoniser avec les différents décors, autant commerciaux que résidentiels », décrit-elle.Les designers et l\u2019entreprise ont opté pour un boîtier en aluminium extrudé, résistant à la corrosion et moins sensible aux chocs que le feuillard d\u2019acier.Profitant des formes plus complexes et des détails plus fins que ce procédé de fabrication autorise, le designer Marc Jacques, président de GID Design, a proposé une plinthe d\u2019un étonnant dynamisme.La face de son boîtier, doucement bombée, est striée dans sa partie inférieure par quatre ailettes longitudinales qui semblent se projeter vers l\u2019avant.Leurs sillons sont percés d\u2019ouvertures par où s\u2019introduit l\u2019air froid.La sortie de l\u2019air chaud s\u2019effectue au travers de quatre ailettes identiques, qui s\u2019étirent sur le dessus de l\u2019appareil.La subtilité de l\u2019objet réside dans les embouts qui ferment les deux extrémités de l\u2019extrusion.Moulés en aluminium, ils montrent eux aussi quatre nervures parallèles, qui relient les ailettes frontales aux ailettes supérieures.« On voulait qu\u2019on sente la circulation de la chaleur, explique Marc Jacques.Avec ces nervures sur les côtés, on voyait un peu comme la chaleur qui monte.Et en même temps, on voulait lui donner un peu plus de minceur.» Stelpro veut se distinguer Stelpro en fou rche lu i aussi le cheval de bataille du design.Le fabricant de Saint- Bruno a adopté en 2013 un nouveau logo épuré, composé d\u2019un simple «S» rouge auquel est apposé le petit cercle qui symbolise les degrés \u2013 autant angulaires que thermiques.«On voulait que notre logo soit le reflet de notre vision à 360° », commente Connie Chabot, vice-présidente marketing chez Stelpro.Cette nouvelle image s\u2019accompagne d\u2019une réorientation vers un design plus affirmé.«Dorénavant, sur tous les produits qui vont sortir de Stelpro, le design sera vraiment différent, et les gens vont les reconnaître, insiste Mme Chabot.Actuellement, ils sont incapables de dire si tel produit est un Ouellet ou un Stelpro.» Conçu par les designers de l\u2019entreprise, le nouveau convecteur SHC, lancé fin 2012, s\u2019inscrit déjà dans cette tendance.Plutôt que de larges ouvertures et un assemblage aux joints apparents, sa paroi montre une surface lisse, rythmée à son sommet d\u2019une série de perforations oblongues.Ses champs latéraux, aux angles arrondis, contrastent avec l\u2019arête aiguë qui court sur sa bordure supérieure.Aucun signe d\u2019assemblage.«Nous avons investi dans une machine très chère qui vient d\u2019Italie, explique Connie Chabot.L\u2019acier est entièrement plié, et il n\u2019y a pas de soudure utilisée avec cette machine.» PHOTO FOURNIE PAR OUELLET CANADA PlintheODL Sublime, de Ouellet Canada.Conception de GID Design industriel.PHOTO FOURNIE PAR CONVECTAIR Appareil de chauffage électrique à panneau rayonnant Opera 17, de Convectair PHOTO FOURNIE PAR STELPRO Convecteur électronique SHC offert en plusieurs voltages de Stelpro. Convectair le precurseur Convectair a ete le precurseur au Quebec de cette tendance vers lfobjet de chauffage esthetique.Lfentreprise de Sainte-Therese, qui a introduit les convecteurs au Canada en 1983, est la propriete du geant francais Muller.Convectair distribue au Quebec environ 250 variations sur les quelque 5000 que le Groupe Muller compte au catalogue.Ce sont, pour la plupart, des produits fabriques en France et adaptes pour satisfaire aux exigences nord-americaines.áConvectair a decide dfamener beaucoup plus de produits nouveaux sur le marche, avec les possibilites que le groupe nous donne dfoffrir une large gamme â, informe Sophie Bur eau , coordon nat r ic e marketing.En comparaison au marche europeen, Convectair avance neanmoins avec prudence sur le terrain du design.á Ils sont beaucoup plus design que nous, exprime Sophie Bureau.Ici, nous sommes encore a lfetape de passer de la plinthe de chauffage a un produit de convection.â Un exemple ?Impresario, lancee f in 2012, est une gamme dfappareils a rayonnement, dont la plaque frontale de verre colore fait effet miroir.Difficile de faire plus sobre.Le prix de lfappareil varie de 1500 a 2000 $.á Ils sont fabriques en France depuis 15 ans, commente Michel Roy, directeur national des ventes chez Convectair, mais on ne les lancait pas en Amerique du Nord parce qufon se disait : est-ce que le marche est pret a recevoir ca ?â Il lfest de plus en plus.¡ PHOTO FOURNIE PAR CONVECTAIR PHOTO FOURNIE PAR STELPRO PHOTO FOURNIE PAR OUELLET CANADA LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 41 Lfavez-vous remarque ?La Monnaie royale canadienne (MRC) a lance cet ete une serie de pieces de collection pour marquer la naissance du prince George de Cambridge.La collection Poupon royal propose entre autres un jeu de 3 pieces de 25 cents pour 24,95 $ ou une piece de 5 $ en argent fin pour seulement 75$.Ces pieces qui sfadressent aux numismates et autres fous du futur roi contribuent beaucoup a la rentabi l ite de la societe dfEtat federale qui a degage un benefice de 40,7 millions sur un chiffre dfaffaires de 2,6 milliards, lfan dernier.En fait, les pieces frappees a lfintention des collectionneurs rapportent davantage que la monnaie destinee a la consommation courante.La MRC gagne aussi de lfargent en offrant des pieces dfinvestissement (en or fin) ou en battant monnaie pour dfautres pays comme lfAlbanie ou Singapour.Ce sont toutefois les pieces de 5, 10 et 25 cents, de 1$ et de 2$ qui representent le gros des activites de son usine ultramoderne de Winnipeg.Elle est equipee pour battre des pieces avec des touches de couleur qui finissent pour la plupart oubliees dans des tirelires, des fonds de tiroir ou dfimprobables fourre-tout dfobjets dont on renonce a se departir.Ce sera sans doute le sort reserve aux pieces de 25 cents a lfeffigie de Laura Secord et de Charles-Michel dfIrumberry de Salaberry, heros de la guerre de 1812-1813, lancees au printemps et a lfete.A la difference de la Banque du Canada, qui emet et gere la circulation des billets de banque, la MRC vend ses pieces aux institutions financieres ou directement au public et ne les reprend jamais.Elle a donc avantage a ce que bon nombre soient thesaurisees.Voila pourquoi elle multiplie les pieces commemoratives.Son souci de rentabilite lfa aussi amenee a convaincre son Lfart de faire de lfargent RUDY LE COURS AU BOUT DU COMPTE Pour joindre notre journaliste : rlecours@lapresse.ca ILLUSTRATION MARIE-CHRISTINE CAYER actionnaire de mettre fin lfan dernier a la production de la piece de 1 cent qui, de 1908 a 1935, etait unilingue (one cent).Resultat : une economie de 11 millions par annee, que lui envie la US Mint.La production de pieces de 1 et de 5 cents lui a fait perdre 109 millions, lfan dernier seulement.Ce nfest pas la seule difficulte qufeprouvent nos voisins dans la fabrication de pieces et de billets de la monnaie la plus recherchee du monde.Ils ont tente de sfinspirer de lfexemple du Canada qui a introduit la piece de 1 $ des 1987, ce qui lui a permis dfeconomiser des centaines de millions depuis.La US Mint a lance en 2007 un vaste programme dans le but de remplacer le billet de 1$ par une piece qui, a terme, devait etre declinee a lfeffigie de tous les presidents disparus depuis au moins huit ans.En 2011, le programme a du etre interrompu.La Reserve federale etait incapable dfecouler 1,5 milliard de pieces dont la conservation a exige la construction dfun gigantesque coffre-fort.Si lfoperation avait reussi, le Tresor aurait economise environ 150 millions par annee.La production de billets a lfeffigie de George Washington est dfautant plus importante que le billet de 2$, a lfeffigie de Thomas Jefferson, est lui aussi boude par les Americains.On imagine qufon nfenvisage meme pas de lancer une piece de 2$, comme le Canada lfa fait avec succes en 1996.Chez nous, il a fallu mener la lutte contre les faux-monnayeurs qui ont eu beaucoup de succes durant la derniere decennie a contrefaire la serie de billets Lfepopee canadienne.Leur valeur en circulation avoisinait les 60 milliards.Cela a pousse la Banque du Canada a concevoir et a lancer la nouvelle serie produite en polymere plutot qufen papier-coton.Comme l a va leu r des billets en circulation avoisine les 60 mil l ia rds, la confiance des Canadiens dans la surete de leur papiermonnaie est primordiale.Apres les coupures de 100, de 50 et de 20$, les nouveaux billets de 5$ et de 10$ entreront en circulation en novembre.Ils ont ete officiellement lances le 30 avril , quand lfastronaute Chris Hadfield etait encore dans la station spatiale orbitale.Stephen Poloz a ete nomme le surlendemain pour remplacer Mark Carney comme gouverneur.Cfest la signature de ce dernier qui prevaudra toutefois encore bien des annees.¡ PHOTOS FOURNIES PAR LA MONNAIE ROYALE CANADIENNE 42 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Rassasiez votre soif de découverte.Même si on n\u2019en trouve pas chez tous les épiciers du coin, la saveur unique et rafraichissante du sumac le rend précieux aux yeux des amateurs d\u2019aventure.Il en est de même pour la Lincoln MKZ, que vous ne risquez pas de voir à tous les coins de rue.Mais avec son toit panoramique en verre entièrement rétractable livrable qui laisse entrer l\u2019extérieur à l\u2019intérieur, une exclusivité dans sa catégorie, vous ne manquerez pas de la trouver tout aussi rafraichissante! Découvrez la vôtre sur LincolnCanada.com Les véhicules illustrés peuvent être dotés d\u2019équipements offerts en option.\u2020 Catégorie : Berlines hybrides intermédiaires de luxe comparativement aux véhicules 2013 offerts par la concurrence.Les données sur les produits concurrents proviennent de renseignements accessibles au grand public et de données de Ford au moment de l\u2019impression.La Lincoln MKZ a recueilli le plus grand nombre de points parmi les voitures compactes de luxe dans l\u2019étude APEAL (Automotive Performance, Execution and Layout) exclusive effectuée par la firme J.D.Power en 2013.Ce sondage est basé sur les réponses de 83 442 propriétaires de véhicules neufs, évaluant les opinions de ceux-ci sur 230 modèles différents après 90 jours de possession.Les résultats de cette étude exclusive sont basés sur les expériences et les perceptions des propriétaires sondés entre les mois de février et mai 2013.Votre propre expérience peut être différente.Consultez jdpower.com © Ford du Canada Limitée 2013.Tous droits réservés.PRIX APEAL J.D.POWER « Le véhicule le plus attrayant de la catégorie des voitures compactes de luxe aux États-Unis » \u2013 J.D.Power "]
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