La musique, 1 janvier 1924, avril
Ps/ M'3?û be- b Année — No 64 Avril 1924 La Musique Publication de l’Université Laval SOMMAIRE : L’Orchestre Symphonique de Boston.J.-Robert Talbot L’Orgue à l’église.Article III — Ses méfaits : l’Orgue usurpateur-Fr.Raymondien, E.C.Une fête de l’Art.Georges Maheux Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $ 1.50 par année Le numéro 20 sous 01)£bcC \mgtm iiffifi / LA MUSIQUE Publication de l’Université Laval Comité de Direction MM.les professeurs de l’école de Musique : M.Gustave Gagnon, M Arthur Lavigne, M.Joseph Vézina, M.J.-A.Gilbert, M.1 abbé ( Desrochers, M.l’abbé L.Destroismaisons, M.l’abbé A.Tardif, M.J.-A.Bernier, M.Henri Gagnon, M.Orner Létourneau, M.J.-R.lalbot; M.le chanoine J.-R.Pelletier, le Rév.Père H.Lefebvre, S.J.Comité de Rédaction M.le chanoine J.-R.Pelletier; M.l'abbé C.Desrochers; M.l’abbé W.Ferland ; le Rév.Père H.Lefebvre ; M.l’abbé P.Gagnon ; M.Orner Létourneau ; M.Hector Faber ; M.Georges Maheux ; M.Jos.-F.de Belleval ; M.J.-Robert Talbot.Administration Directeur-Gérant : M.l’abbé C.Desrochers Secrétaire de Rédaction : M.Jos.F.de Belleval Administrateur: M.J.-Robert lalbot La MUSIQUE parait le 25 de chaque mois, sauf en juillet et août, ABONNEMENT, à partir de janvier: Canada et Etats-Unis.$1.50; Union postale : 20 francs.Le numéro 20 sous.ADRESSE pour tout ce qui regarde l’administration : LA MUSIQUE, Casier Postal 655 Québec, Canada. (femfrm Sc (Eourdpgtte Pianos — Ot-gues — Violons — Musique en Feuilles — Victor-Victrolas Disques “Victor” —Musique Classique et Populaire — Musique Religieuse Editions Européennes et Américaines 252, rue jst-Soaepij Til, 4026 QUEBEC.142, rue ^St-fean T Ml.4345 TRADE MARK A.G.VERRET IMMEUBLES et ASSURANCES 160, rue St-Jean, Québec.T«fcl.bureau 1630 _ _ Tél.résidence 830 Maison fondée en 1850 TERREAU & RACINE, Enr.(FONDERIE DE LA CANOTERIE) rondeurs S Marchands 196 à 224, rue St-Paul - .QUEBEC Aux Communautés Religieuses Pourquoi n’achetez-vous pas directement du manufacturier ?Vous économiseriez au moins 50%, c'est-à-dire les profits des marchands de gros et de détail.MM.Masson & Caille, fabricants français d’étoffes pour communautés religieuses, vous offrent, par l’entremise de leur représentant à Québec, toutes sortes de tissus : Voiles, Serges.Anacostes, Draps, Etc., en blanc et en couleur, il suffit de fournir un type de nuance.A cause de la dépréciation du franc, les prix sont 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1924 C’était un grand festival, l’une de ces rares occasions où l’on peut laisser voyager l'imagination sans contrainte.L’Art musical était notre maître, et nous savions qu il se présentait à nous en habit de gala.Sous forme d’orchestre symphonique, la musique venait réconforter nos esprits, activer nos générosités, éveiller en nous l idée du Beau.Et, bercé par ces sonorités si soignées, captivé par ces teintes si variées, nous pensions à l’orchestre tel que nous le peint Camille Mauclair (1) : « La seule occasion qui me soit encore offerte de retrouver dans la vie moderne un spectacle du moyen-âge, l’orchestre me la donne quand j’envisage son petit peuple noir, sa réunion corporative, isolée.« Nous sommes en présence d un groupe humain, vu derrière un voile de sonorités qu il tisse entre la scène et la salle.Tous sont méticuleux, muets, attentifs, lointains.On les regarde travailler et, comme les ouvriers d’une tapisserie de haute lice, il semble qu'ils ne voient pas le décor qu'ils trament à l’envers.Nous seuls, an voyons naître les fleurs et les paysages immatériels : eux ne voient que les outils et le cane- (1) La Religion de la Musique : Eaux fortes d’après l’orche.tre.vas.Entre eux et nous, le chef d’orchestre interposé, seul dans le secret, paraît, de son bâton brandi, fusilier à grands traits les contours de la féerie sonore.Et ainsi ces hommes se dérobent en créant un rideau d images divinement transparentes.« Que savons-nous d'eux ?Rien, ou presque.Ce sont des prêtres, leurs noms n’importent pas.Ils sont assemblés, captifs du vertige qu’ils nous donneront.Du fait qu’ils se réunirent, ils constituent un témoignage d’humanité supérieure, car ils recèlent l’amour, la terreur, la haine, l’extase, la caresse, l’affolement, la défaite et le triomphe, comme chacun de nous, MAIS ILS PEUVENT ET DOIVENT LES DIRE, COMME UNE PRIÈRE, COMME UN PUBLIC EXAMEN DE LA CONSCIENCE HUMAINE, ET NOUS LES EN AVONS CHARGES.Il y a donc un abrégé du monde sensible et du monde moral dans ce groupe d’hommes érigé en exemple.» Et.a demi égaré dans «la forêt de l’enchantement » devenant pour nous « l’enchantement de la forêt » nous revivions mieux le tableau de l’orchestre : « La flûte et le hautbois imitent l’eau vive : un éclair d’argent les 50 LA MUSIQUE dessine, avant de devenir le son lui-même.La flamme tordue aux flancs des cuivres est déjà, hurlante et rouge, le symbole de leur tempête, évocatrice de guerre et d’incendie, que déchaîne le geste précis et rapide du timbalier voisin.Soutenant les grands torses fauves des contrebasses, des hommes les surmontent de leurs têtes vivantes.Le quatuor à cordes est celui des tisserands.« Avec l’archet pour navette, ils trament la laine des sons sourds, y mêlent la soie des hymnes langoureuses, le fil d’or des pizzicati sensuels, les perles de couleurs des arpèges, d’un grand geste lent ou brusque qui s’évade puis se résigne, tremble et s’élance, avec des violences de coups d’épée lancés, de soudaines douceurs des mains calmant l’âme du violon qui se lamente, puis le coupant d’un sursaut brutal qui lui arrache un cri d’agonie.Et parfois tous les bras droits font un même geste de faucheurs, et les bras gauches sont repliés comme sur un enfant, que les doigts nerveux tourmentent.«.Une force immense est dans ce petit peuple, cristallisation des énergies latentes de la métaphysique qui ne veut pas mourir dans le monde et, n’étant plus crue sur parole, s’est faite sonorité pour recommencer la conquête des âmes.« L’orchestre est le miroir de l’univers.Où aller pour trouver 1 esprit qui vivifie?Où, sinon là?Heureusement il est convenu que la musique e9t un plaisir, et, pour certains une névrose : sans quoi, si tous compre- naient qu’elle est la dernière prière, on devrait craindre que la vie ordinaire s’en vengeât.Mais, protégée par le snobisme, l’incompréhension et l’espoir des spasmes plus raffinés que ceux de 1 amour physique, elle peut encore impunément nous donner, en plein modernisme athée, le spectacle mystique îles exaltations du moyen-âge, avec ses moines, ses extasiés, ses rituels et ses grands saints aussi, depuis saint Augustin, qui s’appelle en cette religion Beethoven, jusqu’à saint François d’Assise que nous appelons César Frank.« En vérité il se fait là une sorcelle-rie.singulière (ou du moins ma rêverie s’amuse de ces hypothèses), lorsque feuilletant leurs grimoires, ces corrects démonologues, sanglés dans le frac que ne désavouerait pas Lucifer, maniant leurs instruments d’alchimistes selon des formules subtiles, reconstituent devant nous le miracle des fakirs, en nous suggérant les sensations d un paysage qui n’existe pas, et se jouant de nos émotions au point de forcer ?ios larmes, nos frissons ou notre délectation non par un spectacle, mais par la réduction de tous les spectacles de la vie à une transposition plus immatérielle encore que le langage articulé.«.L’homme seul debout, dompteur, est apparu, le claquement minime du bâton au pupitre apaise le rugissement fauve et douloureux de l'orchestre qui s’accordait.On croirait que ce sont les instruments eux-mêmes qui se sont plaints, refusant LA MUSIQUE 51 d’obéir, comme les bêtes fabuleuses jadis, avant qu’elles fussent assez proches d’Orphée pour céder à sa magie.On croirait que le dernier écho protestataire de la vie brutale et confuse a vibré dans ces bois, ces cuivres et ces cordes, que l’àrne de la rue a fini do passer là.Et alors il y a un des silences les plus profonds et les plus poignants que nous puissons entendre dans une époque où l’on n’en connaît plus guère, quelque chose comme un immense arrêt du coeur, quelques secondes pendant lesquelles toute la vie ordinaire est refoulée, oubliée, par un prodigieux désir de synchronie.Le sort de deux ou trois mille âmes est à la merci du groupe sombre qui attend un ordre.Et le premier glissement de la première sonorité est, délicieusement, celui même de la vie délivrée qui prend le large vers l’inconnu.» R digieusement recueilli, nous attendions le début du concert.Le seul changement que nous constations en voyant apparaître M.Monteux, c’était un léger retard à commencer le festin : le directeur avait bien voulu retarder, très gentiment, afin d'attendre tout le monde.«Autre pays, autre coutume » ! *** Avec une fermeté et une couleur de feu, les cors et les bassons attaquent le thème du destin de la Symphonie en Fa mineur do Tsehai-kowsky.Viennent s’ajouter à leur plainte tous les autres instruments à vent.Et tel un homme qui vient de crier à pleins poumons toute la tristesse qui l’accable, épuisé par l’effort qu’il a fait, s’apaise pour nous dire confidentiellement toute sa douleur : c’est bandante sostenu-to qui se termine pianissimo, et fait place au moderato con anima.Fiévreusement, en un mouvement de valse, au rythme serré et énergique, les violons et les violoncelles nous disent l’âme de Tsehaikowsky en face de la douleur.Et, en une longue période tourmentée et nerveuse tous les instruments nous tracent une page de la psychologie russe.Ici, le Fatalisme est plus fort que l’homme.Le Destin est une force contre laquelle l’on ne peut lutter.Il faut se soumettre et se lamenter.Quelle attitude différente de celle de Beethoven ! Mais il y a aussi de la joie dans la %rie : la clarinette en annonce le motif.Et le dialogue chromatique de la flûte, du basson, etc., sont autant d éclats de rire des gens qui se livrent à une franche gaieté.Mais dans une réunion, si gaie soit-elle, il se trouve toujours un personnage morose : les altos et les violoncelles ruminent le motif triste.La conversation s’anime : les deux idées, joie et tristesse, se combattent.Pendant un certain temps la tristesse domine, le motif du destin a la priorité.La joie n’a pas abandonné la partie, le basson énonce le motif joyeux que nous avait présenté la clarinette, et les éclats de rire sont plus sonores, plus aigus, c’est la loi des contrastes : plus la tristesse est, profonde, plus bruyante sera, la joie qui la supplantera.Ainsi se con- 52 LA MUSIQUE tiuue cette recherche du bonheur, de la joie.Au moment ou elle atteint son paroxisme, l’on croit la posséder, mais avant même que nous puissions y goûter, elle a fui de nouveau ; son départ si brusque en rend l’absence plus amère.Le deuxième mouvement n’est pas de même teinte.C’est encore de la tristesse, mais de la tristesse moins fiévreuse.Ce mouvement, comparé au premier, fait songer à ces peintres flamands qu’on a appelé les «romanistes» .Us emploient les couleurs et les procédés des peintres italiens, mais sans en atteindre la perfection.La tristesse qui nous absorbe dans ce mouvement n’est pas une tristesse présente mais une tristesse passée.Une épreuve surmontée ne nous inquiète plus ; on y songe presque avec plaisir.Le hautbois, en sa plaintive cantilène, trace le point de fuite du tableau : toutes les lignes seront coordonnées suivant cette perspective énoncée, et tour à tour : baubois, violoncelles, violons, converseront sur la même idée.Cette pensée atteindra le charme de la conversation intime, lorsque violas et bassons chanteront ce thème, cependant que violons, flûtes et clarinettes y ajouteront une broderie ; tel ferait un homme d’esprit parlant de métaphysique.C’est dire qu'un certain aspect psychologique, sérieux et gai éveille des idées connexes.Une chose triste en appelle parfois une gaie : tandis que les violons reprennent le thème du hautbois, les flûtes et les clarinettes nous font réentendre les éclats de rire du mouvement.Puis c’est le souvenir qui nous enivre : l’horizontale tracée est plus brève, le basson redira une partie de la période, les violons et la clarinette, faute de mémoire, ne se souviendront que du motif, et le basson répétera ce souvenir en y ajoutant l’angoisse d’un ami qui nous quitte.Le Scherzo, sur lequel Tschaikow-sky fondait beaucoup d’espoir, est en effet une merveille du genre.Le dialogue endiablé des cordes, en pizzicati, nous place tout «le suite dans l’état d’âme recherché.Point de ligne suivie, ni joie débordante, ni tristesse profonde.Dans le second tableau, le mena uumo, le hautbois ramène une réminiscence rythmique du rire tapageur : celui d’un homme à la démarche chancelante et qui a le vin gai.Les cuivres viennent, sans phrase de transition, nous procurer l’illusion d’une fanfare dans le lointain, puis les deux idées se superposent.Et.de nouveau reprennent les pizzicati des cordes.Toutes ces idées se succèdent sans lien apparent ; c’est voulu par l’auteur.Le quatrième mouvement Allcr/ro con fuoco, décrit une fête populaire.Ne vous êtes-vous jamais réjouis du bonheur des autres?L’attaque brillante des bois et des cordes, en Fa majeur, nous communique l’esprit du peuple qui se donne à une fête populaire, et avec quelle sincérité.Cependant que tous se réjouissent, Tschaikowsky n oublie pas la thèse qu’il a exposée dans son LA MUSIQUE 53 premier mouvement.D’un côté la joie, le bonheur,de l’autre In tristesse.Pendant que le bonheur existe pour quelquos-uns, le sceptique se refuse à croire à l'idée d’un bonheur possible sur terre.Et comme dans le premier mouvement, ces deux idées sont traitées alternativement, suivant que l’on entend le motif de l'allegro ou le motif de Validante, je veux dire le thème du destin énoncé au début de la symphonie.Et ici il importe de bien remarquer la conclusion de Tchaikowsky : le bonheur existe en ce monde, même pour celui que ne veut pas y croire.Si réellement il ne peut trouver aucune joie dans sa propre vie, qu’il se réjouisse du bonheur des autres.Ainsi se termine ce merveilleux poème, en affirmant que l'homme peut et doit trouver le bonheur, s’il le veut chercher.L’interprétation de M.Monteux m’a semblée absolument conforme à l’idée de l’auteur.M.Monteux possède l’énergie et la souplesse nécessaires à la traduction de la douleur et de la joie.Il a même su parfaitement traduire l’énergie de Tchaikowsky sans atteindre à la couleur que donne à l’énergie la volonté d’acier du maître de Bonn.Il est beaucoup plus difficile que l’on ne saurait le croire, étant donné l'orchestration brillante de Tschai-kovvsky, de ne pas exagérer la puissance de volonté do l’auteur.Rappelons-nous (m qu'il nous a dit au début : Le fatalisme est une force contre laquelle il n'y a, rien à faire, si ce n'est se soumettre et se lamen- ter.Aussi, Tschaikowsky nous fait-il fuir la tristesse pour nous consoler par le rêve.Par sa merveilleuse interprétation, M.Monteux a su infuser à ce poème symphonique les caractéristiques de la vie réelle.La seconde partie du programme était un bref exposé de la musique française.Nous ne faisons aucune remarque sur le choix des auteurs, car il est imposible de ne présenter que les plus grands chefs-d’oeuvie.Le choix était judicieusement fait, et il y en avait pour tous les goûts.Telle doit être, en effet, la composition d im programme sérieux, dont le double but est de plaire et d’instruire.L’ouverture du Roi d'Ys appartient à la fois au genre dramatique et au genre symphonique.C’est précisément ce qui explique pourquoi cette ouverture trouve place aux concerts mêmes d’où le « bar-num »est rigoureusement exclu ! Dans cette musique claire, M.Monteux faisait luire un soleil de printemps.Et la lumière avait cette lucidité qu’on ne constate qu’à certains jours de l'aimée.L’orchestre a répondu avec précision, dans le rythme et la couleur, à toutes les exigences du Directeur.Ceux qui connaissent l'histoire du drame, voyaient chacun des personnages se dresser devant eux.Dans le solo de violoncelle, M.Bedetti fut l’artiste soigné que nous avons toujours connu.La Valse de Maurice Ravel est un poème d'une forte écriture musicale. 54 LA MUSIQUE Aussi, ne sommes-nous nullement scandalisé si cette pièce n’a pas satisfait tous les goûts.Toutefois, que l’on veuille bien me permettre quelques observations.L’on est trop enclin à placer M.Ravel parmi les auteurs ultra-modernes, que j’appellerai pour le moment les extravagants.M.Ravel, dans la rosette des vents qui nous indique l’orientation de la musique française actuelle, est un des points cardinaux tout comme MM.Debussy, d’Indy et autres.Nous avons affaire à vine personnalité qui n’est pas naissante, mais bien formée.Par ailleurs, cette personnalité n’est pas plus en dehors de la course que celle des deux principaux auteurs que je viens de nommer.“L’Art, unique dans son principe, est multiple dans ses formes”, et nous en avons ici un exemples frappant.Sans quitter le domaine musical, nous avons ici trois personnalités diamétralement opposées.Ensuite, pour le musicien tout comme pour le littérateur et le peintre, les études techniques sont d’une nécessité qui me parait plus absolue que relative.Comment jugez-vous un littérateur, n’est-ce pas en étudiant le mécanisme littéraire?Comment appréciez-vous un peintre ?Est-ce en délaissant la gamme des couleurs et la perspective?Mais alors pourquoi êtes-vous si catégorique dans vos appréciations musicales, alors que vous possédez plus ou moins bien la rhétorique musicale, que la grammaire elle-même est un livre fermé?Et en supposant que vous ne basiez pas votre appréciation sur l’écriture technique, vous aurez recours à l’esthétique musicale ou tout au moins à l’esthétique générale.Pouvons-nous donner un jugement sur les modernes si nous ne sommes pas familliers avec ce bagage essentiel ?Répondez vous-même, et dites-moi si un musicien n’a pas parfois raison de tenir à ses idées, quand il en connaît la sincérité.Le spécialiste est-il plus mauvais juge que le dilettante?La Symphonique de Boston a fait tourbillonner devant nous tous ces aspects de la vie actuelle que M.Ravel a voulu peindre.Et plus que jamais nous avions l’idée que la société actuelle « danse sur un volcan ».Depuis la formation de la valse jusqu’à l’apothéose, la névrose moderne était fièvreusement traduite.Obcure à l’origine, claire dans sa période qne j’appellerai normale, la valse redevient plus confuse à mesure que se traduit l’apothéose.Telle est la vie ou l’on ne cesse de s’illusionner : plus l’on tourne vite plus l’on croit mener une vie active.Ce sens de l’activité n’est qu’une image ; et comment trouvez- vous la plume de M.Ravel ?M.Monteux connaît à merveille le style de Ravel, et ses musiciens ont fait preuve d'un métier orchestral peu ordinaire.Tous ont admirablement contribué «à rendre le travail du directeur plus facile et plus séduisant.Puissions-nous entendre plus souvent la musique de Ravel,et LA MUSIQUE 55 pour pou cpie l’on prépare l’uudition, —et l'instrumentiste n’est pas le seul à qui incombe ce devoir de préparation, — nous serons délicieusement séduits par « cotte poussière de sons ».La Suite de G.Charpentier était beaucoup plus accessible, et nous croyons que le public en a gardé un excellent souvenir.Nous déplorons toutefois, que pour économiser une une dizaine de minutes toutau plus, l’on se soit permis d’escamoter le numéro deux de la Suite : “A la Fontaine”.Je connais un pays ou l’on aurait crié : “Eh ! pas de coupure s’il vous plait ! Ces tableaux d'Italie sont du travail d'impressionnisme.Tout comme Monet, Sisley et Pissaro, M.Charpentier est un “paysagiste” de “plein air”.Comme eux, il a analysé la lumière “en ses éléments colorés”.« L’impressioniste ne voit dans la nature que l’atmosphère et les rayons qui jouent sur les choses.» Aussi voyons nous M.Charpentier décrire une heure.Et en musique comme en peinture, “parti de la pensée, l’art en est arrivé à la pure sensation’’.Nous avons agréablement vécu ces différentes heures à l'appel du poète.Sérénade, A '.tide, Sur leu Cimes, et Naples, furent dos tableaux bien vivants.Le thème des violoncelles, à l’unisson, fut donné avec un ensemble qui semble plutôt au-delà du possible.Rythme, couleur et diction étaient réunis dans un faisceau parfait.Dans le solo de viola, M.Fourel traduisit d’une façon remarquable la voix de ce chanteur italien qui retourne à la maison en chantant dans la rue, au grand plaisir des personnes attardées à leurs fenêtres.A mule, nous permit de mieux apprécier le coloris de l’orchestre ; le son des clochettes, le chant des muletiers, la cantilène des paysannes, tout était absolument vivant.Sur les Cimes ne fut pas moins bien interprété.Nous avons beaucoup admiré le groupe des cors, et leurs sonneries nous donnaient l’illusion d’entendre les cloches de Sorrente, de Massa et de Malfi.Les violas et les violoncelles nous dirent l’angoisse du poète dont la voix s’élève dans la solitude.Et le tout donnait l’impression que l’on ressent en face de l’immensité, car toutes les sonorités semblaient bien aller se perdre dans l’infini.Ceux dont la fortune ne leur a pas permis de voir Naples pourront maintenant mourir en paix, car M.Monteux nous en donna la peinture réelledans le cinquième numéro de la Suite de Charpentier.Il est cependant malheureux que M.Bedetti se soit un peu oublié dans le solo de violoncelle.Il nous a semblé « italianiser » un peu trop le côté dramatique de sa mélodie ; et ainsi l’unité de style des différents solos s’en trouvait quelque peu contrariée.Cette soirée d'art est sans doute inoubliable parce que ce fut une agréable réjouissance, mais elle est 56 LA MUSIQUE surtout une leçon de choses que nous devons méditer.L’art (en grec : technie) est un moyen de Vie.«Moyen de vie pour le corps, sous forme d’art utile.Moyen de vie pour l’âme, sous forme d’art libre.» (V.d’Indy).Cette admirable audition nous fit mieux comprendre cette page de Camille Mauclair : «Mon Dieu, ou toi, Force Inconnue, devant la foule exauce notre désir d’artistes sincères : qu’elle comprenne ce que nous voulons ! Que l’art-, distinct de l’ambition et de l’argent, ne soit plus l’ornement de l’esprit sur la misère du coeur ; mais qu’il soit la plus grande piété, et l’image de ce qu’il y a de beau dans tout homme, afin que chacun, après les épreuves terribles que nous venons de connaître, retrouve la foi dans la race qui l’incarne ! Que l’art revienne au sol qui l’engendra et soit l’oeuvre de mains pauvres et pures, comme il le fut jadis au temps des grands anonymes et des héros dont nous vénérons les noms ! Que notre temps soie aimé, que la volonté de l’humanité en travail soit écoutée avec amour ! Que de nous s’écarte le démon de la suffisance ! Que le respect des morts soit notre pain, que l’espoir de servir soit notre vin: et qu’au seuil du temps nouveau nous mourrions, si cela est nécessaire, pourvu que l’art survive, et qu’il soit pour ceux qui viennent, comme pour nous qui nous en allons, la plus haute forme du bien que l’homme doit à l’homme !” (2) J.-Robert TALBOT, Membre de la Société Française de Musicologie (Paris.) (2) Les Héros de l’Orchestre, Camille Mauclair. LA MUSIQUE 57 L’orgue à l’église Article III — Ses méfaits : l’Orgue ursurpateur 1 — L’Orgue se substitue au Texte liturgique.Le rôle de l'Orgue, s’il est bien compris, en est un de sacrifice et d'abnégation : sans cesse utile, jamais encombrant.(P.H.Lefebvre, S.J., «Lu Musique», 1920, p.140) Le malheur est que l’Orgue ne demeure pas toujours sur ce plan secondaire.Il lui arrive d’usurper sans plus la première place, celle du chant grégorien.Il le chasse audacieusement, et, trompette en tête, il s’installe sur le trône.Dès lors, il devient inutile et encombrant.La première loi de l’art, c'est l’ordre.Rien n’est beau s’il n’est à sa place.Pas d’esthétique dans le désordre.II — Cause principale de cet abus.Elle est dénoncée avec justesse par F.Boulfard, dans La Vie et les Arts liturgiques : “Sous l'influence d’un manque de sens liturgique très regrettable dans l’esprit de ceux qui ont à organiser la marche de nos fonctions saintes, une ingérence de l’Orgue vraiment abusive, car elle empiète sur la substance même de la prière publique, a pu s’introduire et s’accréditer comme une chose juste et légitime.” (Févr.1923, p.107) Quel que soit celui qui l’autorise ou le commande, le troc du chant grégorien contre le jeu do 1 Orgue est injuste et illégitime.III — Droits inaliénables du Texte liturgique.Il faut, pour établir ces droits dans leurs nuances, recourir toujours au Code juridique de la Musique sacrée.Qu’en dit le Motu Proprio?“Les textes d’une fonction liturgique qui pourront être mis en musi-qne étant d’avance fixés, ainsi que l’ordre qu'ils doivent suivre, il n’est donc pas permis de changer cet ordre, ni le texte prescrit, par un autre de son propre choix, ni de l’omettre entièrement ou seulement en partie car les rubriques liturgiques n’autorisent à suppléer par l'Orgue aucun verset du texte, quand ceux-ci ne sont pas au moins récités au choeur.” (Chap.Ill, art.8) La glose la plus convenable à un ordre aussi catégorique est la soumission.Car, répète le Cardinal Respighi, “il n’est pas permis d’omettre le chant de quelqu'une des parties prescrites, propres ou communes, de la messe, de l’office ou d'autres fonctions.” (Règlement du 2 févr.1912) Pie X a précisé et fortifié la portée de cette obligation : “Le texte liturgique devra être chanté tel qu’il est dans les livres.” (Chap.Ill, art.9) D’où il appert que toute suppression ou mutilation du texte en faveur du jeu de l’Orgue est une usurpation. 58 LA MUSIQUE IV — Droits inaliénables du Chant liturgique.Ses droits, il les possède aux points de vue canonique et artistique.La parole est toujours à Pie X-Il écrit encore que “le chant grégorien est le chant propre de l’Eglise Romaine” (Chap.II, art.3) En dehors de lui, tout autre chant n’est pas le préféré, si encore ses qualités permettent de lui donner droit d'en-.trée au temple catholique.Quant à l’art liturgique, aucun chant ne convient mieux aux fonctions sacrées que le chant grégorien.Pie X l’affirme avec insistance dans le même article : “Tous tiendront fermement qu’une fonction ecclésiastique ne perd rien de sa solennité quand elle n'est accompagnée d’aucune autre musique que le chant grégorien.’’ Il y a plus : le chant grégorien est le prototype de la musique liturgique.Toute autre musique ne doit être estimée et accueillie qu’en fonction de lui.Pie X l’affirme encore au même article : “Le chant grégorien est le suprême modèle de la musique sacrée, et on peut établir en toute raison la suivante loi générale : une composition pour l’église est d’autant plus sacrée et liturgique, qu’elle se rapproche plus de la conduite, de l’inspiration et de la saveur propres aux mélodies grégoriennes : et elle est d’autant moins digne du temple, qu’elle est reconnue comme s’éloignant plus de ce modèle suprême.” 11 y a donc anomalie à consacrer des heures à la préparation d’une messe en musique, ou d’une pièce d’Orgue, alors que maîtres de chapelle, organistes, directeurs d'institutions paraissent se débarrasser du chant grégorien.“Ne jamais traiter le chant grégorien comme un parent pauvre, au bénéfice des exécutions de musique figurée.” (J.Bonnet, Le rôle de l’Organiste liturgique) V — Le dossier de l’Orgue usurpateur.Dans les temps oii il est permis, l’Orgue usurpe la place des chants liturgiques aux offices de la messe et des vêpres.I — L’Orgue usurpateur pendant la messe.Lorsqu’un chant du propre de la messe ne peut être exécuté, soit par insuffisance accidentelle de préparation, soit par insuffisance plus ou moins habituelle du choeur, on tolère que le jeu de l’Orgue le remplace, mais il est nécessaire que le Texte sacré soit lu “à haute voix" dit le Cérémonial, c’est-à-dire sur le ton de la proclamation, et non celui de la récitation courante.L’Orgue peut l’accompagner en manière d’adaptation, considérant la teneur comme tonique ou dominante.Il ne convient pas alors de distraire l’attention au texte par un accompagnement exorbité, comme celui où, durant la déclamation du Graduel des Morts, un hautbois d’amour soupire Les Adieux de Schubert ! Le Texte doit être lu à haute voix : telle est la règle.Quels sont les faits ? LA MUSIQUE 59 Bienheureux ceux que le sort tient éloigné de ces paroisses, munies d’un grand Orgue à trois claviers et pédalier, oit, les jours de fêtes, le Graduel est totalement supprimé pour faire place à une “inspiration de l’Organiste’.Uis encore, pour livrer passage à une pièce on langue vulgaire et brillamment accompagnée ! Ce sera 1 Hosanna de Granier à Pâques ; le Noël de Boëllmanou d’un quiconque,à Noël ; un Sainte Marie de Missa ou d’un autre, à l’immaculée - Conception, etc.La même ineptie préside à l’élimination de l’offertoire.Et combien plus fréquente ! C’est très rare que, dans certaines paroisses de la campagne, on entende chanter l’offertoire.A plus forte raison est-on loin d’y savourer l’une de ces délicates restitution de l’ordonnance antique, où quelques versets de psaumes ad hoc sont intercalés entre la reprise du répons.Non, toujours place à l'interdit : le cantique en langue vulgaire, c’est-à-dire le vulgaire cantique, vulgairement accompagné par un Orgue complice.Et comme si tous les chants de la messe devaient être frappés de cette lèpre, la Communion à son tour est supprimée.11 devient très facile, on le voit, d’exercer le métier du chantre : il n’y a plus rien à préparer, l’organiste est mère gigogne d’inspirations saugrenues, et le premier venu qui monte à la tribune a le droit de substituer son goût banal à la mer veilleuse et féconde ordonnance liturgique.II — L’Orgue usurpateur aux Vêpres.Ici encore, la tolérance concède, à la fatigue ou l’insuffisance du choeur, le jeu de l’Orgue, en place de la répétition de l’Antienne.Mais léchant suppléé doit être lu à haute voix, dans les mêmes conditions que les chants de la messe.La suppression “totale” de 1 Antienne pour faire place immédiate à un verset d’orgue est un abus intolérable.Il va contre les règlements canoniques et contre la constitution même de la psalmodie.Les règlements sont clairs.Aucun usage particulier, fût-il séculaire, n’a en ce cas force de loi, car nulle habitude locale ne peut se prévaloir de son antiquité contre une prescription officielle de l’Eglise.Cela surtout lorsque la loi est en conformité parfaite avec la saine tradition et l’art liturgique.Or les deux exigent le respect de la triade psalmodique : Antienne — Psaume — Antienne.Comment excuser d’horreur le cas des dimanches dans l’année où l’on ne fait qu’amorcer l’antienne, cette pauvresse qui, après le psaume, reste bouche bée : inachèvement tant du Texte littéral que du Texte musical! Tous nos grands Organistes liturgiques insistent sur le respect intégral de l’Antienne.Joseph Bonnet l’a proclamé avec énergie au récent Congrès de Paris.Maurice Emmanuel s’élève avec force contre cette aberration, dans son Traité de l'accompagnement modal des Psaumes.Dans telle église, on use de la tolérance du Cérémonial.Pourquoi ?La Liturgie y gagne-t-elle?Et l’Art musical ?Mais enfin, tolérance il y a, vous réplique-t-on.Fort bien.Alors, pourquoi n’entend-on personne “lire à haute voix” l’antienne 60 LA MUSIQLE supprimée ?Ni chantre, ni clerc.On vous répond qu'il suffit que le célébrant lise le texte à voix médiocre ou même basse.Et l’on vous apporte le texte du Motu Proprio en preuve ; “Les rubriques liturgiques n autorisent à suppléer par l’orgue aucun verset du texte, quand ceux-ci ne sont pas au moins récités au choeur.’ La récitation au choeur suffit donc.Le raisonnement est boiteux.Le Motu Proprio n’a rien détruit du Cérémonial, qui reste comme avant obligatoire.Le Motu Proprio fixe les principes généraux, le Cérémonial en établit encore les applications pratiques.Or \e Cérémonial dit : “lire à haute voix” .Ü ailleurs le Motu Proprio ne peut contredire l’esprit de la lei.Cet esprit est tout entier exprimé dans son premier article : “ La musique sacrée, comme partie intégrante de la liturgie solennelle, participe à sa fin générale, qui est la gloire de Dieu, avec la sanctification et 1 édif ication clés f idèles.Elle concourt à accroître la beauté et la splendeur des cérémonies ecclésiastiques, et, comme son office principal est de revêtir d'une mélodie choisie le texte liturgique qui est proposé à l’intelligence des fidèles, ainsi sa propre fin est d'ajouter une plue grande efficacité au même texte.” Ainsi, les textes liturgiques ne sont pas seulement pour la sanctification du prêtre célébrant ou président, mais aussi pour l’édification des fidèles.Supprimer le chant est déjà pécher contre cette fin générale ; supprimer la proclamation même du texte la blesse encore plus.C’est alors vraiment fauter contre la loi, contre l’art et contre l’ascèse de l’Eglise.La résolution à prendre est simple : toujours répéter le chant de l’Antienne après le psaume.Ce n’est pas long, c’est plus logique, plus beau et plus édifiant.Que l'Orgue joue après s'il y tient, et qu’il lui soit permis de le faire.VI — Conclusions.Je ne saurais mieux finir qu’en laissant la parole à un artiste dont nul ne contestera ni le talent génial ni l’attachement à l’Eglise, M.Joseph Bonnet.“En principe,organistes et maîtres de chapelle, tous nous voulons le bien, mais il serait souhaitable de le chercher là où il est vraiment et de subordonner notre activité aux règles de 1 Eglise.Or, il est un point sur lequel nous devrions tous être d accord : celui de nous dévouer généreusement et fidèlement au service de hi liturgie ; cette préoccupation doit passer avant toute autre.Notre premier souci devrait être d’assurer intégralement le chant de toutes les parties de la messe, non seulement dos parties que l’on chante d’habitude dans toutes les églises, mais aussi de celles que l’on omet trop souvent : le graduel, l’offertoire, la communion ; et que les interludes d’Orgue ne soient joués, aux Vêpres, qu’après que l’antienne aura été chantée au choeur.En d’autres termes, l’Organiste ne devrait pas jouer immédiatement après le “Sicut erat’’ du psaume, mais attendre que l’Antienne ait été répétée par le choeur.” (loco cit.) Il arrive à l'Orgue d’usurper à l’église.Il lui arrive aussi d’y détruire l’unité liturgique par ses interventions, peut-être même tolérées, mais maladroites.L'Orgue destructeur de l'unité liturgique passera à la barre du prochain article, sous les accusations du Droit canonique et de l’Art liturgique.Fr.RAYMONDIEN, E C LA MUSIQUE 61 UNE FÊTE DE L’ART Concert l[c==3or: • 3l|eznoEZDl[ô1|t ' iqi - >|[ë-ioer'.=5|f0 LE PIANO '"""flUll, lül C.ROBITAILLE 320, rue St-Joseph Québec.Téléphone 2291 [g1,le.IOI=)||Cm=IOI-)||c=toi=3[rô1|c=3oi m L'Impkimkhih Modkhjc, lu, rue Garuenu, Québec.3'|c=Di C=zr=z3O>) c - uonr
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