MusiCanada, 1 janvier 1922, décembre
1922 Per /A -ISé r% Cosier Postal 2304 à lire C’est l’Art seul qui fera gagner la paix dans le monde Madame Cécile Sorel Berlioz et sa “Marche Hongroise” La Mélodie perdue Emiliano Renaud La Mort de Chopin Franz Liszt 1922 — MONTREAL — 1922 +*****1r********1r****t****-****ir********1:*ir1rirte****ir******-i j NUMÉRO DE NOËL 1ère Année No 2 J EMILIANO RENA UD, Directeur Etc., Etc., Etc.iHugique “Sous-Bois” ( FaZse) Joseph Henrÿ Dorion * “Sandwich” (Fox Trot) Emiliano Renaud ?Votre Sourire - (C liant) Albert Cadieux ?Papillons ( Valse Impromptu) Bazile Lemieux ' Orientale ’ ’ (Piano) Emiliano Renaud SANTA CAEC1LIA * *^.00 de musique inédite et publiée exclusivement par nous ; L’EXEMPLAIRE - 35 sous T 1 i mm J- ' Smüs [v'vA’iirTî // A l’occasion du NOUVEL AN, nous présentons à tous nos Déposants, nos meilleurs souhaits de PROSPERITE et de BONHEUR.Nous en indiquons ici le plus sûr chemin.Nos ancêtres l’ont suivi.Faisofis comme eux et 1923 sera pour nous une BONNE et HEUREUSE ANNEE LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal.“La Grande Banque des Travailleurs” Bureau Principal et seize Succursales à Montréal.A.P.LESPERANCE.Gérant Général. Nos Collaborateurs l L’Hon.ATHANASE DAVID, secrétaire de la prorince de Ouébcc.MONTREAL L’Hon.RAOUL DANDURAND, sénateur-ministre, président de France-Amérique.MONTRÉAL L’Hon.Juge EDOUARD FABRE-SURVEYER, vice-président de l'Alliance française, MONTRÉAL L Hon.Jtlge LOUIS LORANGER, conférencier.M.EDOUARD MONTPETIT, secrétaire général de l'université de Montréal, professeur d'économie politique aux Hautes Études, conférencier, littérateur, auteur - MONTRÉAL M.FERNAND RINFRET, député de Saint-Jacques au parlement du Canada, m Journaliste et critique d'art, MONTRÉAL M.IRENEE VAUTRIN, député de Saint-Jacques à la législature provinciale, architecte, conférencier, auteur, MONTRÉAL M.JULES EDOUARD PRÉVOST, député de Terrebonne au parlement du ^ Canada, iournaliste, ST-JÉRÔME M.LEON TREPANIER, échevln de Montréal, journaliste, MONTRÉAL M.GONZALVE DESAULNIERS, chevalier de la légion d'honneur, président de l'Alliance française, conférencier, poète, MONTRÉAL M.l’Abbé J.-A.-M.BROSSEAU, littérateur, curé à ST-JÉRÔME M.R.OCT.PELLETIER, doyen des musiciens canadiens, organiste ù la Basilique, compositeur, musicologue.MONTRÉAL M.l’Abbé ELIE AUCLAIR, journaliste, directeur de la "Revue Canadienne", MONTRÉAL Dr EUGÈNE LATREILLE, de l'université de Paris, professeur à l’université de Montréal, médecin de l’Hôtel-Dieu, MONTRÉAL M.JEAN CHARBONNEAU, littérateur, poète lauréat de l’Académie française, MONTRÉAL M.ACHILLE FORTIER, compositeur, auteur et musicographe, OTTAWA M.ARTHUR LETONDAL, compositeur, organiste au Gésu, musicographe, MONTRÉAL M.RENÉ CHOPIN, poète et littérateur.MONTRÉAL M.B.F.POIRIER, compositeur et organiste à Notre-Dame, MONTRÉAL M.ALFRED LALIBERTÉ, R.C.A., sculpteur.Montréal M.CLAUDE ADONAÏ CHAMPAGNE, compositeur, PARIS M.SUZOR COTÉ, R.C.A.artiste peintre, Montréal M.AEGIDIUS FAUTEUX, littérateur, bibliothécaire de Salnt-Sulplce, MONTRÉAL M.ERNEST LANGLOIS, compositeur et organiste au Saint-Enfant Jésus, MONTRÉAL M.HENRI HÉBERT, R.C.A.sculpteur.Montréal M.RAOUL PAQUET, compositeur et organiste à St-Jean-Baptlste, MONTRÉAL M.J.-J.GAGNIER, chef d'orchestre, directeur des Grenadiers, compositeur, MONTRÉAL M.P.-B.de CRÈVECOEUR, secrétaire de l'Alliance française, bibliothécaire de l'Institut Fraser, MONTRÉAL M.AMÉDÉE TREMBLAY, compositeur et organiste, SALT LARE CITY M.LÉON LORRAIN, auteur et Journaliste, MONTRÉAL M.LÉO ROY, compositeur et musicographe, QUÉBEC M.HECTOR GARNEAU, Historien, littérateur, directeur de la bibliothèque A municipale de Montréal, MONTRÉAL Mlle VICTORIA CARTIER, organiste, musicographe, directrice de l'Ecole ^ de piano Paris-Montréal, MONTRÉAL M.ARTHUR LAURENDEAU, maître de chapelle A la Basilique et musicographe, MONTRÉAL M.J.-P.-L.BERUBE, secrétaire du Conseil des Art9, MONTRÉAL Mme BERTHE ROY, planiste et musicographe, QUÉBEC M.JOSEPH SAINT-CHARLES, R.C.A.artiste-peintre MONTRÉAL MADELEINE (Mme W.-A.HUGUENIN), auteur, directrice de "La Revue Moderne", MONTRÉAL M.LOUVIGNY de MONTIGNY, auteur, littérateur, représentant de la Société des gens de lettres de Paris, OTTAWA Mme ALYS MICHOT, artiste lyrique, correspondante, SAN FRANCISCO M.F.-X.Le NOBLET Du PLESSIS, auteur et correspondant, PARIS M.LÉON SAMPAIX, Pianiste, Directeur du ITHACA (N.Y.) Conservatory.M.L.-J.DOUCET, littérateur, poète-chan9onnler, QUÉBEC M.CHS.MARCHAND, chanteur folkloriste, conférencier, MONTRÉAL M.OSCAR O’BRIEN, pianiste, compositeur, Montréal M.W.-A.BAKER, littérateur-poète, MONTRÉAL COLOMBINE (Mme CIRCÉ COTÉ), auteur, femme de lettres, bibliothécaire, MONTRÉAL M.GUSTAVE LABELLE, violoncelliste, compositeur, MONTRÉAL M.JOSEPH F.de BELLEVAL, journaliste, correspondant, QUÉBEC M.JOSEPH FORTIER, auteur, professeur à l’université de Shanghaï, correspondant.SHANGHAÏ, Chine Docteur JULES JEHIN de PRUME, officier d'instruction publique, Paris,auteur et correspondant.NEW-YORK M.MAURICE MORRISSETTE, poète-chansonnier, OTTAWA M.ERNEST TREMBLAY, Journaliste et chansonnier, MONTRÉAL Mme J.MAUBOURG ROBERVAL, de l’union des maîtres du chant français, MONTRÉAL M.SALVATOR ISSAUREL, professeur de chant et musicographe, MONTRÉAL M.S.-MORGAN POWELL, , courriériste de théâtre au "Star", MONTRÉAL M.JOSEPH SAUCIER, artlste lyrique, MONTRÉAL Dr FRED.PELLETIER, ^ compositeur, musicographe, MONTRÉAL M.PHILIP A.-H.KING, A critique musicale ou "Star", MONTRÉAL M.PAUL MORIN, auteur, poète, MONTREAL Dr J.-C.BERNARD, conférencier, MONTRÉAL Dr C.N.VALIN, conférencier, MONTRÉAL M.P.-M.BERNARD, chroniqueur et chansonnier, MONTRÉAL M.ALBERT LABERGE, .critique d’art et salonnler, MONTRÉAL M.NARCISSE ARCAND, # journaliste, chroniqueur, MONTRÉAL M.J.-A.MORENCY, chanteur, chroniqueur, (tableaux, oeuvres d’art) MONTRÉAL Dr JEAN SAUCIER, correspondant, WORCESTER.Mass.M.HENRI HAINS.avocat et publiciste, MONTRÉAL M.YVES le ROUZÈS, „ éducateur et pionnier du chant à l'école, MONTRÉAL ‘MUSICANADA” est imprimé par La Compagnie d’imprimerie Moderne, No 39, rue Dowd, Montréal. 2 çyVLusiCanada Numéro de Noël, 1922 UN DUEL AU PIANO | (d’après M.Bollinat) ^ | C’était en 184.il y avait, au château de N.une réunion d'artistes comme il est rare d’en rencontrer.Les deux plus grandes illustrations du piano, Liszt et Chopin se trouvaient en présence.Voici les épisodes auxquelles donna lieu la rivalité des deux grands virtuoses.Un soir du mois de mai, entre onze heures et minuit, la société était réunie dans le grand salon.Les larges fenêtres étaient ouvertes, il faisait un beau clair de lune, les rossignols chantaient, un parfum pénétrant de rose et de réséda entrait par bouffées dans la chambre.Liszt jouait un nocturne de Chopin et, selon son habitude, le brodait à sa manière, y mêlant des trilles, des tremolos et des points d’orgues qui ne s’y trouvaient pas.A plusieurs reprises Chopin avait donné des signes d’impatience; enfin n’y tenant plus, il s’approcha du piano et dit à Liszt avec son flegme anglais.— Je t’en prie, mon cher, si tu me fais l’honneur de jouer un morceau de moi, joue ce qui est écrit ou bien joue autre chose; il n’y a que Chopin qui ait le droit de changer Chopin.— Eh bien! joue toi-même, dit Liszt, en se levant un peu piqué.— Volontiers! dit Chopin.En ce moment, la lampe fut éteinte par une phalène étourdie qui était venue s’y brûler les ailes.On voulait rallumer.— Non! s’écria Chopin, au contraire, éteignez toutes les bougies; le clair de la lune me suffit.Alors, il joua.il joua une heure entière.Vous dire comment, c’est ce que nous ne voulons pas essayer.Il y a des émotions que l’on éprouve et qu’on est impuissant à traduire.Les rossignols se taisaient pour l’écouter, les fleurs buvaient comme une divine rosée ces sons venus du ciel, l’auditoire dans une muette extase, osait à peine respirer, et lorsque l’enchanteur finit, tous les yeux étaient baignés de larmes, surtout ceux de Listz.Il serra Chopin dans ses bras en s’écriant: — Ah ! mon ami, tu avais raison ! Les œuvres d’un génie comme le tien sont sacrées! c’est une profanation d’y toucher.Tu es un vrai poète et je ne suis qu'un saltimbanque.— Allons donc ! reprit vivement Chopin, nous avons chacun notre genre, voilà tout.Tu sais bien que personne au monde ne peut jouer comme toi, Weber et Beethoven.Tiens, je t’en prie, joue-moi l’adagio en ut dièze mineur de Beethoven, mais fais cela sérieusement comme tu sais le faire quand tu veux.Listz joua cet adagio et y mit toute son âme, toute sa volonté.Alors se manifesta dans l’auditoire un autre genre d’émotion; on pleura, on sanglota, mais ce n’était plus de ces larmes douces que Chopin avait fait couler, c’était de ces pleurs cruels dont parle Othello.La mélodie du second artiste ne s’insinuait pas doucement dans le cœur, elle s’y enfonçait comme un poignard.Ce n’était plus une élégie, c'était un drame.Cependant Chopin crut avoir éclipsé Liszt ce soir-là.Il s’en vanta en disant: “Comme il est vexé!’’ (Textuel), Liszt apprit le mot et s’en vengea en artiste spirituel qu’il était.Voici le tour qu’il imagina quatre ou cinq jours après.La société était réunie à la même heure, c’est-à-dire vers minuit.Liszt supplia Chopin de jouer.Après beaucoup de façon, Chopin y consentit.Liszt alors demanda qu’on éteignit toutes les lampes, toutes les bougies et que l’on baissât les rideaux, afin que l’obscurité fut complète.C’était un caprice d’artiste, on fit ce qu’il voulait.Mais, au moment où Chopin allait se mettre au piano, Liszt lui dit quelques mots à l’oreille, et prit sa place.Chopin qui était très loin de deviner ce que son camaradè voulait faire, se plaça sur un fauteuil voisin.Alors Liszt joua exactement toutes les compositions que Chopin avait fait entendre dans la mémorable journée dont nous avons parlé, mais il sut les jouer avec une si merveilleuse imitation du style et de la manière de son rival qu’il était impossible de ne pas s’y tromper; et, en effet, tout le monde s’y trompa.Le même enchantement, la même émotion se renouvelèrent.Quand l’extase fut à son comble, Liszt frotta une allumette et mit le feu aux bougies du piano.Il y eut dans l’assemblée un cri de stupéfaction.— Quoi! c’est vous! — Comme vous voyez! — Mais nous avions cru que c’était Chopin! — Qu’en dis-tu ?dit Liszt à son rival.— Je dis comme tout le monde; moi aussi j’ai cru que c’était Chopin.UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL COURS DU Conservatoire National de Musique Les Cours du Conservatoire National de Musique ont lieu chaque semaine comme suit: Théorie de la Musique - le Lundi @ 10.30 a.m.Harmonie le Année - - le Mardi @ 10.30 a.m.Harmonie 2e Année - - le Jeudi @ 10.30 a.m.Harmonie 3e Année - - le Samedi @ 10.30 a.m.Pose de la Voix - - - le Mercredi @ 10.30 a.m.Solfège - le Vendredi @ 10.30 a.m.Répétition d’Orchestre - le Mardi @ 8.00 p.m.Répétition de Chorale - le Jeudi @ 8.00 p.m.Cours Instrumentais par arrangement spécial.A partir du 1er janvier, tous ces différents cours se donneront aussi le soir pour ceux qui ne peuvent y assister dans la matinée.Tous les Cours du Conservatoire sont donnés gratuitement et la seule condition d’admission est un examen et une inscription de $5.00 pour toute l’année.Le Conservatoire est heureux d’annoncer l’affiliation d’un orchestre de 45 membres sous la direction de M.E.Chartier, professeur de violon, comme aussi de la chorale Brassard, composée de 185 voix, dirigées par M.A.J.Brassard.Ceux qui désirent faire partie de l’une ou de l’autre de ces deux organisations, seront admis après examen fait par MM.Chartier ou Brassard.Les professeurs du Conservatoire donnent gratuitement aussi des leçons instrumentales de piano, de violon, etc., à tous ceux qui, sur examen, font preuve de talent et lorsque ces derniers ne se trouvent pas en position de se procurer l’éducation nécessaire, l’inscription de $5.00 pour l’année n’est pas même exigée.Pour inscription et toute autre information, s’adresser à M.O.F.DeVeaux, Secrétaire au Bureau du Conservatoire, 312 est, rue Ste-Catherine, Montréal. Numéro de Noël, 1922 cyWusiCanada 3 — Tu vois, dit le virtuose en se levant que Liszt peut être Chopin quand il veut, mais Chopin pourrait-il être Liszt ?C’était un défi que Chopin ne voulut pas ou n’osa pas accepter, Liszt était vengé.* + * Une lettre curieuse Voici une lettre que le roi Louis II de Bavière, âgé alors de vingt ans, adressait à Richard Wagner, après la première représentation de Tristan et lseull, œuvre dont M.et Mme Schnorr jouaient les rôles principaux: Illustre et divin ami, “C’est à peine si je puis attendre la soirée de demain, tellement j’aspire dès maintenant à voir la deuxième représentation.Vous avez écrit au Pfistermeister (intendant de la cour): vous espérez que mon admiration pour votre œuvre ne sera pas amoindrie par la conception quelque peu défectueuse du rôle de Kur-wenal de la part de Mitterwurzer.— Ami! Comment pouviez-vous avoir une pensée pareille ?je suis enthousiasmé, transporté.Je brûle du désir d’une nouvelle représentation! Cette œuvre miraculeuse Que ton esprit nous créa! qui pourrait la voir, qui pourrait la connaître sans la dire céleste ?Elle, si magnifique, si suave, si grandiose, elle a désaltéré mon âme !^ ^ — Salut à son créateur, à lui mon admiration ! “Mon ami, voulez-vous avoir la bonté de dire à l’excellent couple artiste combien son jeu m’a exalté, enthousiasmé; voulez-vous lui exprimer mes meilleurs remerciements ?je vous en prie, faites-mpi la joie de m’écrire bientôt.“N’est-ce pas, mon précieux ami, le courage pour créer du nouveau ne vous abandonnera jamais! Au nom de ceux que vous remplissez de délices que Dieu seul accorde, je vous prie de ne pas perdre courage.Vous et Dieu! “Jusqu’à la mort, jusqu’au delà, dans l’empire des mondes de la nuit, je reste, “Votre fidèle” Louis.“Berg, le 12 juin, 1865.“Adresse: Au poète-musicien, Richard Wagner, “Munich.” I .| I Une Colère de Beethoven On sait qu’en 1819, Johann, le frère de Beethoven, ayant fait fortune à Lintz, quitta cet endroit pour aller vivre à Vienne en commerçant retiré, s’arrogeant le droit de tout dire avec l’impudence toujours vulgaire du parvenu.Il arrive donc dans la ville où habite son frère célèbre, commence à exploiter le génie de celui-ci, lui avance de l’argent, et croit se permettre de négocier des œuvres inédites pour se rembourser, en prenant toujours la précaution de mettre le nom de son frère en évidence.Il fait tant et si bien que Beethoven devient de plus en plus aigri, et finalement, sa colère n’a plus de bornes; aussi, méprise-t-il ce Johann de tout son cœur, allant jusqu’à le traiter de “Souillon”.Au début d’un concert, le grand musicien déjà au pupitre, aperçoit le pharmacien impudemment installé dans sa stalle.D’un seul bond, il va droit à l’agent de police, lui demande de chasser de suite cet individu au quatrième rang: “c’est mon frère,” dit-il, “et si cet animal prosaïque reste là, le diable m’emporte si je fais exécuter ma musique!” “Ce monsieur a payé sa place!” Rien ne fit, Beethoven resta inébranlable, et Johann fut contraint de décamper, car le concert ne devait pas commercer tant qu’il persisterait à rester là.Cette dûre leçon ne lui servit point puisque quatre ans plus tard, il adressait à l’occasion du 1er janvier 1823, sa carte à Beethoven, portant ces mots: Johann van Beethoven, Propriétaire foncier.Le grand artiste la retourna de suite à son expéditeur après avoir écrit sur le dos: Ludwig van Beethoven, Propriétaire d’un cerveau.La Société Nationale de Fiducie 286, ST-L.AURENT, MONTREAL NOUS SOMMES Exécuteurs-testamentaires et fiduciaires Receveurs et procureurs Séquestres et curateurs Agents financiers NOUS NOUS CHARGEONS D’ADMINISTRER Les fonds d’amortissement Les fortunes privées Les successions • Les propriétés NOUS FAISONS La perception des loyers et des répartitions d’églises Les émissions et la vente d’obligations pour le compte des: Commissions scolaires Municipalités Fabriques J.DeSerres, Gérant • Tel.Plateau 3680 LA MUSIQUE QUE VOUS AIMEZ et quand vous en désirez Vos auteurs favoris vous suivent si vous possédez un de ces fameux instruments Grafonola “Columbia” PHONOGRAPHES “Edison” ou “Pratte” Répertoires complets des Disques Columbia et Edison.Aussi Rouleaux pour Pianos, Automatiques.Venez voir le fameux Piano Pratte chez — — — — — — 452, RUE STE-CATHERINE EST TEL.EST 1752 Vis-à-vis chez Dupuis - 4 (zyVhisiCanada Numéro de Noël, 1922 L 'Effet de la Musique sur l’Homme d'Affaires et le Travailleur {_ _ _____________________________________ Chas.F.Schwaab, le roi de l’acier, disait dernièrement: ‘‘Je consacre chaque semaine un jour entier à la musique, et je ne voudrais pas perdre cette journée musicale pour un monde.Plus je travaille fort, plus elle m’est utile.Ce jour-là je me retire dans le calme de ma demeure et je joue de l’orgue moi-même, ou j'écoute la musique que d’autres jouent pour moi.L'effet est extraordinaire, je me sens l’esprit plus libre, mon énergie redouble et je puis faire face avec plus d’aise et d'optimisme aux difficiles problèmes que j’ai à résoudre.Dans toutes les usines où j’ai mon mot à dire, je suggère: “Ne pourrions-nous pas donner un peu de musique à ces travailleurs?" Nous avons des corps de musique, des chorales et nous donnons toute l’année des concerts.La musique tient en éveil le côté sentimental des ouvriers et les rend plus alertes.C’est de tout cœur que je puis personnellement remercier la musique, cause de mon propre bonheur." * * * Charles Wannamaker, le plus ancien défenseur de la musique dans l’industrie, s’exprime comme suit: "Nous voulons que nos employés travaillent avec un cœur chantant.Dans le champ du travail nous voulons faire fleurir la douce et charmante violette.” * * * Woolworth, nom si connu par tout le Canada, s’est fait, toute sa vie, un devoir de passer une heure chaque jour à écouter de la musique.Il a toujours considéré ce temps aussi bien que celui qu’il passait à boire, manger ou prendre de l’exercice.Son esprit devenait plus actif lorsqu’il s’enfermait dans la magnifique salle de musique de sa demeure, avec son orgue superbe et ses nombreux autres instruments.* * * Un officier important de la compagnie Packard dit: “Faisons une hypothèse: un machiniste arrive à l’usine le matin après s'être querellé avec sa femme, avant son départ de la maison.Dans cet état d’âme il se met à l’ouvrage et gâte probablement sa première pièce.Il en devient plus énervé encore et toute la matinée les choses vont de mal en pis.Arrive l’heure du concert quotidien.Après avoir écouté quelques morceaux de musique, l’obsession noire disparaît de son esprit et il retourne au travail, calme et consolé.Rien n’est aussi réparant pour l’esprit et les nerfs du travailleur, qu’un concert par un bon corps de musique: c’est pour lui véritablement un don de Dieu”.* * * La compagnie Wolf de la ville de New-York se sert du phonographe comme d’un réveille-matin pour réveiller l’énergie de ses employés au début de la journée."Généralement,” dit M.Wolf, “il faut un quart d’heure ou vingt minutes à l'artisan pour prendre son aplomb; la musique le pousse à se mettre au travail dès le premier instant avec entrain et énergie.Un jour que volontairement, nous avons omis de donner la musique du matin, il s’est élevé un murmure de mécontentement général.” * * * Frank Crane, le célèbre journaliste, dit qu’il n'écrit jamais sans faire jouer une composition d’un pianiste de renom, sur son piano automatique.Il affirme que cette musique l’aide dans son travail et rend sa pensée plus limpide, plus claire.* * * Le grand pianiste Bauer dit qu’un jour après un de ses concerts, on lui présenta un homme qui lui dit: “Je suis un rédacteur d’annonces.Je gagne ma vie à produire des idées neuves.De temps à autre mon esprit semble s’endormir et j’ai découvert que la bonne musique ravive alors mon imagination.J’assiste à l’un de vos concerts et je retourne chez moi l’esprit bouillonnant de merveilleuses idées.” * * * Quand donc nos industriels et hommes d’affaires canadiens songeront-ils à leur propre intérêt en stimulant avec de la musique, le zèle de leurs employés?* * * Il y a Tonique et Tonique L’un de nos bons ténors déclare dans les journaux qu’il a été guéri de ses troubles d’estomac par la médecine brevetée de M.X.Encore une preuve que toute la base de la musique c’est le (la) tonique! ©eux concerté Deux grands artistes à ne pas manquer PABLO CASALS Le roi du violoncelle.Théâtre St-Denis, le 15 janvier 1923; GERALDINE FARRAR L’étoile du chant, de l’opéra et du cinéma.Théâtre St-Denis, le 29 janvier 1923.DIRECTION — — — LOUIS-H.BOURDON Billets en vente chez LINDSAY et ED.ARCHAMBAULT.En vente dans toutes les pharmacies, librairies, etc 10 sous le cahier de 32 usages; $1.00 la boite de 12 cahiers.pou» cr .Lq PuairictTiON h) oc L Am Dépositaires pour le Canada ROUGIER FRÈRES (Cle Incorporée) 210, rue Lemoine, MONTRÉAL ECHANTILLONS GRATUITS Rougier Frères, 210, rue Lemoine, Montréal.Veuillez m’envoyer par la poste, SANS FRAIS, un cahier-spécimen pour huit usages de PAPIER D’ÉGYPTE: NOM.1„.ADRESSE. Numéro de Noël, 1922 zyilusiÇ anada 5 ffiluétCanaba Revue mensuelle des Beaux-Arts Publiée à Montréal par “MUSICANADA, Incorporée” EMILIANO RENAUD, Président (CANADA - - $3.50 par an ABONNEMENTS ETATS-UNIS - - 4.oo - (ETRANGER - - 5.00 “ Strictement payable d’avance.Adresser toutes correspondances à Casier Postal 2304, Montréal, Can.RÉDACTION et ADMINISTRATION:—263, rue St-Jacques, Suite 609 Édifice Banque de la Nouvelle-Ecosse Téléphone Main 8714 A nos Lecteurs FRANCHEMENT, “Musicanada” ne comptait pas sur un accueil aussi enthousiaste, chaleureux et sincère de la part du grand public de langue française, et les éloges que nous avons reçus de tordes parts, tous spontanés, s'ils ont pu quelque peu blesser notre modestie, nous ont du moins été un encouragement à persévérer, à tenir bon et à continuer la lutte pour l'avancement des arts, de tous les arts et non seulement la musique, parmi les nôtres.Pour ceux qui savent quelles difficultés rencontrent les téméraires qui s'aventurent dans le lancement d'un journal, surtout un journal d'idées, en notre pays, il est hors de doide que notre premier numéro fut une réelle surprise.Cependant, si nous avons conscience d’avoir présenté une revue propre, même intéressante à nos lecteurs, nous savons également qu’il y a eu des lacunes que nous allons nous empresser de combler dès que nous les constaterons et que nous le pourrons.Ainsi, on remarquera qu’au point de vue de l'information et de la variété des articles, ce deuxième numéro l'emporte de beaucoup sur le premier.Il y a autant de musique et plus de matière à lire.Mais, il y a aussi plus de pages, et si nous avons augmenté notre format, sans changer nos prix de vente, d'abonnement et nos taux d’annonce, c’est que, — sans avoir la prétention d'imiter la grenouille de la fable, selon qu’on a pu le prétendre en certains milieux, — nous avons cru qu'il fallait tout faire, même des sacrifices pour forcer le public à lire des choses profitables.Notre musique a été choisie avec un soin égal à celui du premier numéro et nous avons voulu en même temps plaire à toutes les catégories de notre population.Si l’on trouve dans ce numéro de la musique bien faite, sans jamais être trop difficile, on trouve également de la musique de danse, non moins bien faite, mais “dansante.” Et, pourquoi pas de la danse, puisque la danse constitue un délassement et une école de maintien, d’élégance et même de belles manières ?Aujourd’hui, on danse partout dans nos familles et nous avons cru qu’un “Fox trot” enlevant, populaire et surtout inédit, était un joli cadeau à offrir à tous nos amis.Notre directeur écrit actuellement, en collaboration pour le livret, une opérette qui pourrait bien voir le jour à Montréal, dès ce prochain printemps, et il a bien voulu nous passer le manuscrit du “Fox trot" qui sera dansé et chanté dans cette opérette.Enfin, qu'on se le rappelle, toute notre musique est inédite et il est impossible de se la procurer, en dehors de “MusiCanada".On remarquera également que nos illustrations sont des copies fidèles de chefs-d’œuvre fort rares, de nature à former le goût de la jeunesse.Toujours nous efforcer de faire mieux, voilà, croyons-nous, une politique saine, sage et équitable, de nature à nous mériter encore plus, si possible, la grande et précieuse faveur de tous les amis de la cause artistique dans le Canada français.La Direction.Quo Vadimus La Planche du Salut A LORS que tout semble aller si mal dans le monde; que des royaumes croulent et que certaines démocraties semblent marcher vers la banqueroute; que la Turquie montre de nouveau les dents, s'est-on jamais demandé quels seraient les chefs, les chefs capables de tirer de la sérénité et de la stabilité de ce chaos?Des hommes d’état?Il faudrait des hommes susceptibles de se sacrifier, non seulement pour le bénéfice de leur pays, mais pour le bien-être de toute l'humanité, au lieu d'égoïstes politiciens exploitant le peuple pour eux-mêmes, autant que pour le triomphe de leurs mesquines combinaisons.Et les surhommes sont si rares, de nos jours! Alors, d’où nous viendra la lumière éclairant la roule vers une vie plus équitable, plus saine et pour tous plus juste?Viendra-t-elle de cette Russie d’où le gouvernement des Soviets a banni les écrivains, les peintres, les savants, les artistes, les musiciens; cette Russie où l'on foule aux pieds toute croyance comme une inutile et même nuisible superstition?Viendra-t-elle de cette libre Amérique, où l’hypocrisie, sous forme de lois prohibitives, fait éclore des crimes inconnus dans les pays de tolérance?Quelle influence invoquer qui pourrait à chacun rappeler ses devoirs envers l’humanité?La religion, le civisme, la fraternité, la liberté ont fait faillite, et l'ignoble rire gras du profiteur repu nous écorche les oreilles.Où donc, encore une fois, trouverons-nous des chefs capables de comprendre et d’élever nos aspirations, d’orienter et replâtrer nos consciences ?Chercherons-nous chez le paysan, le mineur, le manœuvre?Ou chez les avocats qui encombrent la politique et l'administration ?Ou chez l'homme d'affaires si absorbé par le souci de son propre intérêt ou du “Safety-first" ?Où sont-ils les chefs qui ont à la fois du cœur et de la tête, et qui, sans perdre le sens pratique des hommes et des choses, peuvent quand même avoir de l'imagination et de l’idéalisme?Ah! si nous cherchions parmi les peintres, les poètes, les écrivains, les penseurs, les savants, et surtout les musiciens, tous ceux qui ne se sont désintéressés des choses ambiantes que parce qu'on ne s’était pas intéressé à leurs travaux, à leurs aspirations, à leurs rêves, et qui.souffrant leur propre agonie, ne pouvaient voir du coup et comprendre l’agonie du monde! Que peuvent-ils faire, demandez-vous?Et vous riez! Pourtant, jadis vous ne croyiez pas aux possibilités de l'électricité et au prodige de la radiographie.Qui vous dit que nous ne subissons pas actuellement la phase décisive qui nous mettra au fait de toute la puissance de la subconscience, de Vauto-suggestion?En tout cas, si nous devons être sauvés, — car par le fait de nos jalousies, nos haines et nos hypocrisies, nous sommes encore plus près de notre perte, que par l'hypothétique menace d’un coup de queue de comète, — si nous devons être sauvés, nous ne le serons que par les influences provenant d'une culture intellectuelle considérée jusqu'ici comme un simple délassement accessoire, un bagage de connaissances secondaires.Et, c'est encore l’art, le luxe du petit nombre, l’art sublime, et l'art seul qui aura pu nous procurer cette culture rédemptrice.Cependant, au milieu de tous ces conflits, de cette confusion et de cette destruction, les musiciens, les peintres, les compositeurs, les sculpteurs, les poètes, les artistes lyriques ou dramatiques, continuent à produire, à nous donner leur effort, tout comme si le bouleversement ambiant ne les concernait pas.Ils vivent dans un autre monde, celui de l’imagination:—l’âme.Où git leur espoir?Au milieu du matérialisme et du cannibalisme qui nous rongent, des luttes fratricides de chaque jour, des craintes des épouses et des mères et des pleurs des enfants, les musiciens, les peintres, les compositeurs, les sculpteurs, les artistes lyriques ou dramatiques ne sont pas autrement touchés par la grande agonie du monde, si ce n’est qu’ils sont du côté des salaires de famine et du pain cher.Où git leur espoir?N’empêche que si nous devons être sauvés — ne riez pas profanes, — sauvés de la destruction qui nous menace, c'est qu’enfin, le peuple aura pu subir l’influence d’une culture esthétique qui, jusqu’ici, n'était que le lot exclusif des aristocraties. 6 çJVlusiC anada Numéro de Noël, 1922 -^- Il faut que “l’intelligence'' du monde descende des sommets pour tenir en contact avec les humanités vibrantes et souffrantes; il faut qu'à jamais l'art domine l'égoïsme, les sordides passions, le matérialisme, le militarisme, et surtout, le bolchévisme ambiants.L’art, pacificateur des religions et des races en conflit.L'art, consolateur suprême du petit salarié.L’art, baume de l’âme.L’art, source de joie, d'espérance.L'art, soulagement et guérison de ceux qui souffrent.L'art, qui commence où le monde finit et nous parle d'immortalité.Et, comme me le disait dernièrement, madame Cécile Sorel: “Il faut que le peuple ait sa part de beauté, de jouissances et d'émotions artistiques, sa part des grandes idées morales qui planent dans l’univers.” Gustave Comte.* * * \ Madame Cécile Sorel, collaboratrice j de “MusiCanada” j LA plupart de nos lecteurs ont dû aller applaudir madame Cécile Sorel, à la Comédie française, et alors ils savent quel art infini cette magnifique artiste, qui passe pour la femme la mieux toilettée de Paris, met dans ses interprétations.Mais, il est à peu près certain que fort peu de nos lecteurs connaissent Madame Sorel intime, et se doutent même de l’exquise causeuse quelle est.J'ai eu le très rare bonheur de pouvoir causer avec elle à plusieurs reprises, mais l’interview dont je veux me souvenir, c'est celle que, dans son coquet salon du Ritz, elle voulut bien m'accorder uniquement pour “MusiCanada”, dont elle pense le plus grand bien, et à qui elle souhaite le plus sincère succès.Madame Sorel nous met tout de suite à l'aise.Elle nous reçoit, sans apparat, comme elle se trouve, et il se trouve qu’en dehors de la scène, c’est la femme mise avec le plus de simplicité et d’élégance.Madame Sorel aime le Canada et les Canadiens dont elle sent vibrer près du sien le grand cœur français, et c'est à regret qu'elle nous quitta, déclarant que'elle espérait revenir bientôt.Parlant des représentations du Saint-Denis, où elle fut acclamée par les nôtres, Madame Sorel me dit: “Ce qui m’a rendue plus heureuse, c'était de sentir le peuple, le vrai peuple dans cette grande salle; car le peuple, c'est l’âme même de la nation, avec ses émotions si sincères, même si elles sont parfois rudes dans leur expression.” Lorsque Madame Sorel parle de l'art quelle aime par dessus tout, ses yeux s’animent et parfois ils se mouillent.On sent alors que cette grande et admirable artiste toute vibrante possède un tempérament d’apôtre.Elle est convaincue que l'art est le seul lien universel qui domine tous les sentiments.“Comme je vous félicite, dit-elle, de publier un journal d'une telle tenue, et dont le but est si élevé.Transmettez bien de ma part, tous mes vœux de succès à monsieur Renaud, votre directeur.” Madame Sorel se dit heureuse de la mission que le ministre des Beaux-Arts de France lui a confiée, et elle espère l'avoir accomplie à la lettre.“Comme je comprends, dit-elle, jusqu'à quel point il nous faut cultiver cette grande amitié française sur la terre canadienne!” Et, c'est alors qu'en souriant, elle ajoute: “Ce qui veut dire que nous allons revenir, n’est-ce pas?” Elle n'a pas oublié le magnifique héroïsme des Canadiens sur les champs de bataille de France et de Belgique, et à ce sujet, elle dit simplement, mais avec un tel accent de vérité émue: “Ce n'est pas autant le nombre que l'appui moral qui a gagné la guerre.Ah! comme nous avons frissonné de joie et d'espérance en voyant arriver chez nous, vos beaux gars canadiens, si solides, si enthousiastes, si patriotes, si Français.Vos vaillants soldats accourus si généreusement pour nous défendre! “Mais l'appui moral, le lien moral, c’est aussi l'art, et ne l'oubliez jamais, c'est l'art et l’art seul qui fera gagner la paix dans le monde.Nos diplomates et nos ambassadeurs le disent du reste.Nous faisons beaucoup plus qu'eux, puisque c’est par l'art même que nous atteignons l’âme du peuple, sans y faire appel par des promesses." Madame Sorel admire aussi le peuple anglais, si correct mais si enthousiaste quand même.Il y a deux mois, elle jouait le “Misanthrope” à Londres, devant le roi et la reine, ainsi que la cour et toute l'aristocratie, et elle fut émue aux larmes de voir toute la salle se lever et chanter la “Marseillaise” en français.“Tout ce monde là, dit-elle, chantait avec une âme qui passait par dessus Molière et allait vers notre pays, en signe d’amitié.Voilà de ces seuls prodiges que peut faire l'art sublime.” Qu'aurait-ee été si Madame Sorel avait entendu nos étudiants lui chanter la même “Marseillaise” ?Au fait, pourquoi ne lui a-t-on pas chanté l'hymne français?Serions-nous moins francophiles que les Anglais?Cette réflexion est de nous et il ne siérait pas de l'attribuer à la grande artiste française qui est la délicatesse et la courtoisie même.C'est à regret que nous avons dû prendre congé, non sans avoir remercié Madame Sorel de l'insigne honneur quelle avait bien voulu faire à “MusiCanada”.G.C.?* * Où est vraiment l’Ame du Peuple?Le chant populaire, chez tous les peuples, c'est l'âme même de la nation qui rit, souffre, palpite, vibre et vit sa vie sincère et honnête.Et, cela est si vrai que les plus grands compositeurs de musique sont allés chercher dans ces mêmes chants populaires leurs plus sublimes inspirations.Si Grieg a écrit d'impérissables norwégiennes, il n'a pas su trouver de thèmes plus beaux pour ses développements que les chants des paysans de son pays.Wagner lui-même, le colosse de Beyreuth, fut un des premiers maîtres de la musique à se servir du chant populaire pour plusieurs de ses immortels “leitmotiv”.En France, il y a longtemps que les maîtres du concert et de l'opéra ont eu avec le plus grand succès, la même idée, et Gustave Charpentier, dans “Louise”, est allé encore plus loin, puisqu'il a su trouver l'âme française dans les cris de Paris, au réveil, et qu'il les a harmonisés avec l'admirable succès que l'on sait.Et, voilà que pour l’intelligence de ceux de nos lecteurs qui ont suivi la saison d'opéra russe je suis heureux de dire que “Boris Godounov”, l'œuvre éminente de Moussorgsky est le symbole de la tentative la plus heureuse d'opéra national.Ca n’a pas marché tout seul pour commencer, et il fallut lutter longuement et avec opiniâtreté contre les classiques, qui ne voulaient pas entendre parler de thèmes tirés des chants du peuple.Mais Moussorgsky connaissait bien le folklore slave et sa rude beauté, et pour mettre en musique une tragédie aussi émouvante que “Bons Godounov”, il ne voulut pas chercher son inspiration ailleurs que dans les chants de son pays._ La conclusion de tout ceci, c’est que lorsqu'on veut de la sincérité dans l'expression des sentiments, c'est chez le peuple qu'il faut aller la chercher.Le peuple a l’âme simple, et lorsqu'il chante il se contente de chanter simplement ce qu'il ressent, sans chercher l’artifice ou l'apparat.Aimons bien nos chants populaires canadiens.Chantons-les souvent, et parce que quelques-uns de nos meilleurs compositeurs les ont trouvés assez intéressants pour en faire de belles harmonisations n'allons pas croire que la source soit tarie.Le succès attend l'auteur du premier opéra canadien qui saura en comprendre toute la beauté et les utiliser comme le plus sûr moyen d'émotivité ou de saine joie.* * ?Histoire Authentique de Germania Lorsque Fraülein Anna Führing personnifia “Germania,” à l'opéra impérial de Berlin, il y a quelques années, le kaiser Guillaume, qui était un amateur de formes plantureuses, majestueuses, — oh! combien, — trouva cette artiste tellement de son goût qu’il ordonna que son effigie fut imprimée sur tous les nouveaux timbres de l’empire.Ceci se passait naturellement avant la guerre, et pour être exact, disons que c'était en 1900.Un timbre poste, c’est peu de chose, mais l'effigie de “Germania” était tellement bien réussie que le timbre nouveau fui l'un des principaux mouvements de propaganda militariste qui entraina le désastre de la Vaderland et le chaos du monde.Depuis l'établissement de la république, on a tellement protesté que le timbre à l'effigie de Fraülein Anna Führing, l'idole du souverain, a été supprimé et remplacé par un autre._ .La conclusion de cette histoire authentique c’est qu'il n'arrive pas tous les jours à une chanteuse d'opéra d'avoir son portrait sur un timbre officiel et d'être le facteur de débâcle d'un grand pays.Tout de même, la chanteuse eut ses beaux jours, Guillaume aussi, et où sont-ils maintenant?* * * G.C.Notre frontispice Nos lecteurs nous sauront sans doute gré de leur offrir cette Sainte Cécile de l’illustre peintre Raphaël.Nous devons cette reproduction à la gracieuseté de M M.Morency Frères. Numéro de Noël, 1922 cyVJusiCanada 7 j ^ Spectacles, Concerts j Jamais, de mémoire d'homme, Montréal n'eut de début de saison artistique aussi actif, aussi encourageant, aussi prometteur.Les attractions offertes au public ne furent pas importantes seulement par la quantité, mais aussi par la qualité, et ce qui parait devoir être un signe consolant des temps, c’est qu’il y a des publics suffisamment nombreux pour toutes ces occasions d'augmenter notre bagage de connaissances artistiques.Mme Galli-Curci.— C'est madame Galli-Curci qui a ouvert la série des grands concerts, le 2 octobre, et l'immense foule quelle a attirée au Saint-Denis, fut un bel encouragement pour M.Louis-H.Bourdon, l'impresario bien connu.Madame Galli-Curci est toujours Vadmirable artiste que nous savons et nous n'avons pas été autrement surpris de voir le public se lever pour lui faire une ovation.Marcel Dupré.— Un autre fait bien significatif et encourageant, c'est la belle et enthousiaste réception faite par une foule considérable et appréciatrice, à M.Marcel Dupré, l’éminent organiste de Notre-Dame-de-Paris, à Saint-Jean-Baptiste, dans les premiers jours du mois.Nous nous souvenons d'un temps peu éloigné, où un concert d'orgue attirait tout au plus une centaine d’auditeurs.Ils y viennent cette fois par milliers et nous sommes heureux de constater ce progrès.M.Marcel Dupré est un grand artiste, et il l’a prouvé par l'impeccable interprétation d'un programme du plus haut choix.Mais il est surtout un des rois de l’improvisation, et sa magistrale symphonie sur quatre de nos principaux airs canadiens, qu’on lui transmit au dernier moment, lui aurait valu une énorme salve d'applaudissements, si le public eut eu l'habitude d’applaudir à l'église, comme la chose arrive fréquemment en France.Le jour où Montréal pourra se payer une salle de concert avec un orgue véritable, les maîtres de l'orgue, qui sont après tout, des hommes comme les autres, pourront compter sur les ovations qu’on prodigue aux autres grands virtuoses.La grande tournée de Marcel Dupré en Amérique est la plus belle propagande en faveur de la musique d’orgue, destinée à convaincre maints curés qu'à un orgue de grand prix il faut autre chose qu'un ignorant ou un ''cabochon’.Maurice de Féraudy.— Dès le 3 octobre, ce fut M.Gauvin, l'aimable impresario, qui nous procurait une inoubliable saison de 16 jours et une vingtaine de représentations, au théâtre Saint-Denis, avec d'excellents artistes de la Comédie-française, de Paris, et du théâtre de l'Odéon, ayant à leur tête l’illustre vice-doyen M.de Féraudy.Et nous sommes particulièrement heureux de constater que le public a encouragé comme il convenait ces admirables représentations des grands chefs-d’œuvre classiques et modernes du théâtre français.Le talent de M.de Féraudy est immense, et l'accueil fait par tous à cet artiste si éminent, nous fait honneur.Le ministère des Beaux-Arts de France, et le secrétaire de la province, ont bien fait de patroniser comme il convenait une si louable et si digne entreprise.Une remarque en passant.C’est un peu notre raison d'être d’aimer la musique, mais nous avouons que des représentations comme celles de M.de Féraudy et celles, non moins intéressantes que nous offre M.L.-H.Bourdon, aux Nouveautés, peuvent facilement se passer de musique, entre les actes.Le public aime mieux causer, échanger ses impressions sur l'œuvre et ses interprètes, et il est inutile de lui écorcher les oreilles avec de la musique quelconque, souvent mauvaise, en guise d'accompagnement.A moins qu'on veuille nous servir de la musique de toute première classe.; mais ne mêlons pas les cartes, le concert avec le concert, et le théâtre avec le théâtre.Au théâtre, il vaut du reste mieux dépenser plus pour avoir de bons interprètes, que pour nous servir une musique inutile.Le concert Malépart.— Cette jeune pianiste canadienne qui a remporté deux bourses d'Europe, et a étudié plusieurs années en France, nous a prouvé qu'elle était pianiste à un haut degré et quelle avait su profiter des leçons des maîtres.Le théâtre des Nouveautés.— Voici un théâtre qui nous sert de fort belles représentations avec une excellente troupe, un théâtre qu'on n'encourage pas assez.Nous félicitons tout de même M.Bourdon de n'avoir pas craint les sacrifices financiers pour assurer le triomphe et le succès du beau et bon théâtre français à Montréal.Il méritait certes que le gouvernement subventionnât son entreprise.Tournée Sorel-Lambert.— Après la quinzaine classique de Féraudy, ce fut la quinzaine de Cécile Sorel et Albert Lambert, deux des plus éminents sociétaires de la Comédie-française.Secondés par une troupe excellente, ces deux artistes nous ont servi proprement les plus belles œuvres du répertoire français, principalement du Molière.Les Canadiens se sont portés en foule à ces spectacles et l'on a acclamé comme il le méritait le splendide talent de madame Cécile Sorel.A Québec, le succès ne fut pas moindre et les étudiants de la vieille capitale ont donné une leçon d’enthousiasme et d'entente à leurs confrères de l’université de Montréal, en faisant aux deux éminents délégués de la F rance l'ovation qu’ils méritaient.Madame Sorel, reçue partout avec enthousiasme, n’a pas caché son amitié et son admiration pour les Canadiens-français.En embrassant sur les deux joues le président du club de Réforme, • elle a déclaré que c'était nous tous quelle embrassait ainsi."Tout de même, nous disait un avocat en vue, il y en a plus d’un qui aurait voulu être à la place du docteur Jean Décarie!" Madame Sorel qui avait apporté des toilettes merveilleuses a fait l'admiration de toutes les femmes; quelques fois, cependant, cet étalage frisa l’anachronisme.Quant à M.Albert Lambert, c’est certainement un très grand artiste, mais c'est un tragédien qui a eu le tort de vouloir jouer la comédie.Si son succès n'a pas été aussi éclatant que celui de madame Sorel, il n’a qu'à s'en prendre à lui-même.Pourquoi a-t-il tenté ici une expérience qu'il n aurait jamais osé risquer en France?Nous prenait-il pour des sauvages, avant d’arriver?Tant pis pour lui.L’Opéra De Féo.— Troupe fort quelconque et répertoire toujours le même.Ces représentations qui avaient pour publiciste un m'as-tu-vu français qui se faisait passer pour journaliste et écrivait sa langue comme un Esquimau, ont été languissantes et n'ont attiré qu'une minime proportion de notre population au théâtre Majesty.Triste et insignifiante quinzaine lyrique.L'Opéra San Carlo.— Peut-être supérieure cette brève saison au St-Denis, avec un répertoire cependant trop connu, et en plus avec des "remplacements” ou des "coupures" ou des omissions de scènes impardonnables, et nous conseillerons à 1'impresario Signor Fortune Gallo de cesser ces choses-là, par exemple de nous donner "Faust” sans scène d'église, ou encore, de nous faire jouer la marche des trompettes d'Aida par des trombones; tout cela est un manque de tact envers l'auditoire, un manque de respect au compositeur, et en plus, de nous faire penser que peut-être Monsieur Gallo prend les Canadiens pour des “poires".%Quil fasse mieux à l’avenir s’il ne veut pas voir diminuer le prestige incontestable de sa troupe dont les chœurs sont assez passables avec un orchestre trop réduit.Beau succès pour quelques artistes en vedette dont Léon Rothier et la petite chanteuse japonaise Tamaki Mima, dans "Madame Butterfly", naturellement.L'Opéra Russe.— Celle-là fut la plus belle quinzaine lyrique que Montréal ait jamais eue depuis fort longtemps.Troupe merveilleusement bien composée d'artistes de toute première valeur, chœurs supérieurement sus, et orchestre bien balancé quoique fort peu nombreux.Des voix superbes, dont un Chaliapine en plus jeune, avec le baryton Pantaleef.Beaux décors et ballet.Nos compatriotes ne se sont décidés que vers la fin à aller voir si ce que disaient les journaux était vrai, et ils ont ensuite regretté que cette saison fut si courte.Quant au répertoire, moins "Faust", "Rigo-letto” et la "Juive”, il fut entièrement nouveau avec d’admirables œuvres telles que: "Boris Godounoff", de Moussorgsky; "Pique Dame", de Tshaikowsky; le "Démon", de Rubenstein; la "Fiancée du Tsar” et la "Fée des neiges”, de Rimsky-Korsakoff; "Eugen Onegin" de Tschaikowsky; ainsi que la “veillée de Noël”, du même auteur.Cette grande saison du Saint-Denis dura sept semaines consécutives, et nous savons quelques rares fervents, qui ne manquèrent pas une première.La Symphonie de Boston.— M.Monteux et son orchestre ont rempli le théâtre Saint-Denis cette fois, mais ils nous ont servi un programme trop court et sans rappels.Belle soirée d'art avec une Symphonie de Brahms comme pièce de résistance, et l’ouverture de “Tannhauser", sans doute bien jouée mais trop connue.On eut mieux fait de nous laisser "Espana”, de Chabrier.Les cuivres cependant sonnaient faux, et l'on se demandait si l’excellente bière canadienne, inconnue dans la république des "drys”, y était pour quelque chose.La Musique des Grenadiers.— C'est notre Garde républicaine à nous, et M.J.-J.Gagnier, notre collaborateur, est un Parés tout à fait à la hauteur de la situation.Son premier concert de sa troisième saison indique son intention de rester dans les sommets de l'art en nous servant beaucoup de primeurs et de chefs-d'œuvre.Exécutions excellentes qu’on devrait encourager davantage.Au Chapitre des Concerts.— Il y eut les deux violonistes Mise ha Elman et Jascha Heifetz et le pianiste Rachmaninoff au St-Denis; tous trois restent les excellents virtuoses que nous avons eu le plaisir d'entendre chaque saison. 8 çyVIusiCanada Numéro de Noël, 1922 Ce qui séparé, chez nous, j | l'artiste et le public.j ON s'étonne parfois du fait que les artistes dramatiques sont si inconnus des profanes de Montréal qui les applaudissent ou les ovationnent, de loin, surtout les artistes de tournée, et l'on s'imagine corollairement que ce sont des êtres à part se contentant des applaudissements et ne tenant pas à connaître leurs admirateurs de près.Il n'est pas vrai que les artistes, surtout ceux qui ont de la réputation, soient si hautains et si inabordables; je sais au contraire qu'ils ne demanderaient pas mieux que se lier davantage avec ceux qui leur montrent de la sympathie et de l'admiration pour leur talent.En France, et dans nombre de grandes villes d'Europe et d'Amérique, c'est la coutume, chez nombre de spectateurs enthousiastes ou appartenant à la classe dirigeante, d’aller féliciter les grands artistes, immédiatement après la représentation, avant même qu'ils aient eu le temps de se déguiser en simples mortels comme nous.A Montréal, on n’y songe pas, et ceux, très rares, qui ont tenté l'expérience, n'ont plus osé y retourner.Les artistes eux-mêmes, ainsi que les directeurs, préfèrent ne pas recevoir de visites dans les coulisses.Pourquoi ?La raison est bien simple, et disons-la tout de suite, sans chercher à atténuer la vérité.C'est qu'on construit trop mal les théâtres, à Montréal, et au Canada en général.On dirait, et c’est probablement le cas, que nous n'avons pas eu d'architectes qui se sont spécialisés dans ce genre de construction.Au point de vue de l'esthétique extérieur des théâtres, admettons que ce n'est pas toujours la faute des architectes s'il y a manque de goût et absence totale de perspective; le terrain coûte cher sur nos grandes artères, et l'on a voulu garder tout l’espace pour loger le plus de public possible à l'intérieur.Dans nombre de cas, on se contente d'un long couloir, trop étroit, qui conduit au corps principal de l'édifice, loin en arrière de la rue, où le terrain a coûté meilleur marché.Mais, au point de vue de l’acoustique de la salle, la plupart de nos architectes semblent avoir été complètement désorientés.D'autre part, si on a gâté le public, au point de vue du luxe, de la décoration et du confort, il n'en a jamais été ainsi pour les artistes.Les loges d'artistes de tous nos théâtres, à Montréal, sont des trous étroits, sans air, toujours éclairés à la lumière artificielle, situées, à part deux ou trois pour les premiers rôles, sous la scène ou sous les combles, et dont l’accès est difficile et peu invitant, par des escaliers de bois en tire-bouchon.Ces loges d’artistes sont tellement peu “logeables” que c’est tout juste si l'on peut y installer la malle de l'artiste et une couple de chaises.Tous les vêtements et costumes sont accrochés au mur, les uns sur les autres, et comme table de toilette, servant au maquillage, l'artiste n'a qu'une tablette fixée au mûr, surmontée d’un miroir.A Paris, en Europe et dans d'autres grandes villes d'Amérique, on prend un autre soin du confort des artistes.Les premiers rôles de la Comédie française ont chacun leur loge privée, leur cabinet de toilette, et un boudoir meublé et décoré avec goût, avec des plantes, des tableaux, des objets d'art.Ce boudoir est l’endroit où les artistes reçoivent leurs visiteurs pendant les entr'actes ou après le spectacle.Il y a de plus un grand foyer des artistes où l'on peut aller causer et fraterniser en quelque sorte.A Montréal, ceux qui risquent d'aller voir un artiste dans sa loge ne renouvellent pas l'expérience, parce qu’il leur a fallu se laisser bousculer par les machinistes trop occupés et pressés avec leurs décors et accessoires.On les regarde avec raison d'un mauvais ail et comme des intrus, s’ils attendent dans les coulisses, à la porte de la loge, que l’artiste soit “montrable".S’ils sont admis dans sa loge pendant que l’artiste s'habille ou se grime, c’est la désillusion inévitable, les lèvres rougies, les yeux noircis, les sourcils déplacés et les traits enfarinés.Tout cela vu de trop près, sous la lumière crue et directe des ampoules électriques, détruit infailliblement l'impression de grâce et de beauté qu'on a pu avoir de la salle.Et je comprends parfaitement que les artistes aussi bien que les directeurs n'aiment pas à voir les coulisses envahies par la foule des profanes.Résultat: c'est que l'artiste dramatique ou lyrique qui a eu du succès à Montréal, doit se contenter des applaudissements ou bravos lointains de la salle, et se passer des sympathies plus directes et des admirations de vive voix d'après le spectacle.Il se déshabille, enlève son fard, se remet en “civil”, puis tristement et sans escorte, regagne son hôtel, en attendant les journaux du lendemain.Le public de Montréal ne connaît pas assez les artistes qu'il aime et qu'il applaudit, et le peu de confort de nos coulisses l’empêche de les connaître plus intimement.G.C.* * * \ \ \ Berlioz et sa “Marche Hongroise” \ La “Damnation de Faust” fut écrite par fragments, sur la traduction du “Faust” de Goethe, de Gérard de Nerval, dont Berlioz tira son livret, qu'il mit lui-même sur pied.Parmi ces fragments, celui d’un effet immédiat, saisissant le public par son coloris, sa puissance et son rythme, fut et reste encore le morceau intitulé: “Marche hongroise," ou “Marche de Rackoczy.” On sera sans doute curieux de savoir, par l'extrait suivant qu'écrivait en 1842, de Budapest, le grand compositeur français à son ami Humbert Ferrand, la première impression produite en pays hongrois, par cette fameuse marche, dont le thème lui-même fut fourni, par un air national, et qu'il se décida, à la suite du formidable succès quelle obtint, à placer en finale de la première partie de son "Faust.” Tout d’abord, il faut noter dans la lettre à M.Ferrand, une intéressante impression “avant la lettre." Berlioz, à la veille de la première audition, avait communiqué son manuscrit à M.Horwath, rédacteur d'un journal hongrois.Et voici l'entretien qu'il eut avec lui: — J'ai vu, lui dit M.Horwath, votre partition de la “Marche Rackoczy,” eh bien, j’ai peur.Vous avez exposé notre thème piano et nous avons au contraire, l'habitude de l'entendre jouer FORTISSIMO.— Oui, répondit Berlioz, par vos Zingari.Mais soyez tranquille, vous aurez un FORTE comme jamais de votre vie vous n’en avez entendu.Vous n'avez pas bien lu.En toute chose, il faut considérer la fin." Et maintenant, laissons parler Berlioz, rapportant l'effet produit: “Le public resta calme et silencieux à l'exposition; mais quand, sur un long crescendo, des fragments fugués du thème reparurent, entrecoupés de notes sourdes de grosse caisse, simulant des coups de canon lointains, la salle commença à fermenter avec un bruit indescriptible; et, au moment où l'orchestre déchainê dans une mêlée furieuse, lança son FORTISSIMO si longtemps contenu, des cris, des trépignements inouis ébranlèrent la salle, la fureur concentrée de toutes ces âmes bouillonnantes fit explosion avec des accents qui me donnèrent le frisson de la terreur.A partir de ce moment, la tempête de l’orchestre devint incapable de lutter avec l'éruption de ce volcan, dont rien ne pouvait arrêter les violences.” Quand tout fut fini, après des BIS et des rappels formidables, Berlioz, retiré dans un petit salon, derrière le théâtre, vit venir à lut un homme misérablement vêtu et le visage animé d'une façon étrange.En apercevant le compositeur, l’homme se jette sur lui, l’embrasse avec fureur; ses yeux se remplissaient de larmes, et il balbutie ces mots: _ — Ah! monsieur, monsieur! Moi, Hongrois.pauvre diable.Pas parler français, un poco l’italiano!.Ah! J’ai compris votre canon.oui, oui.la grande bataille.Allemands, chiens!" Et, se frappant la poitrine à grands coups de poing: — Dans le cœur, moi.je vous porte.Ah! Français.révolutionnaires.savoir faire la musique des révolutions!" El Berlioz ajoute: _ “Je n essayerai pas de dépeindre la terrible exaltation de cet homme, ses pleurs, ses grincements de dents.C’était presque effrayant; c’était sublime!" * * * Le concert Contant Feu Alexis Contant fut un apôtre et un pionnier de l'art musical chez nous.Sans avoir eu la chance de voyager et de prendre contact avec l’étranger, il se forma seul et il a produit des œuvres d’un grand mérite, bien que pas toutes égales.C’était un cerveau d’artiste bien équilibré.On a bien fait d’organiser un concert entièrement composé de ses œuvres, et le secrétaire de la province, en acceptant de présider le concert du 6 décembre, au Ritz, a voulu montrer à notre population qu'il ne faut pas oublier ceux qui se sont dévoués pour nous faire honneur. Numéro de Noël, 1922 c^MusiCanada 9 Gloire Vaut-Elle Mieux que Richesse?Et le Conservatoire de Musique Les affaires de la famille mulli-millionnaire des McCormick de Chicago, surtout celle de Harold F.McCormick, qui épousa dernièrement la chanteuse lyrique polonaise Ganna Walska, ont beaucoup plus occupé les journaux américains que leur importance ou leur dignité le méritait.Le seul membre de cette famille qui semble mériter une certaine sympathie, c'est Muriel McCormick, qui, non contente d'avoir refusé un très gros engagement dans une compagnie de cinéma, a quitté le toit paternel pour aller occuper un modeste appartement où elle se prépare à la scène lyrique.Son nom de théâtre est Nawanna Nicor, et elle a déclaré quelle ne voulait devoir ses succès qu’à son mérite personnel et non au gros sac de ses parents.C’est très bien, mais elle constatera peut-être qu’en dépit de tous ses talents, ses dispositions et ses études, elle arrivera moins vite à la notoriété que sa sœur, par son mariage avec un maquignon suisse beaucoup plus vieux quelle.* * * La Musique chez les Detenus On prête à monsieur Séguin, le gouverneur de la prison de Bordeaux, l'intention d'imiter les autorités de Sing-Sing, et de faire organiser des concerts par les prisonniers.Laisser chanter des prisonniers ou leur montrer à chanter, c'est non seulement honnête et moralisateur, mais c'est aussi un excellent moyen de culture.Tout de même, pour le premier concert des détenus nous nous permettons de signaler quelques morceaux de circonstance et qui figureraient bien au programme.— "Fuyez! Fuyez!" — entrée de Méphis-to, 5ième acte de Faust.— “Envolez-vous” — duo des Hirondelles, de "Mignon" — “Silvio Pellico" (Mes prisons) — "Le Masque de fer”.— Dans les prisons de Nantes".— "Pour oublier mes peines dans ces sombres cachots.” (Chœur des voleurs, de Carafa).* * * La musique à l’école Les associations musicales de Milwaukee ont réussi à obtenir que les autorités scolaires de cette ville accordent des “bons points’’ aux élèves apprenant la musique en dehors des écoles de hautes études.Hommage posthume à l’un des nôtres ALEXIS CONTANT, le regretté compositeur canadien, dont les œuvres ont été l’objet d’un concert au Ritz, le 6 décembre 1922, avec une conférence de M.Gonzalve Desaulniers.Présidence de l’hon.L.A.David.Le gouvernement provincial nous a donné l’an dernier l’école des Beaux-Arts, ce devrait être celte année le tour du Conservatoire.Et comme j'ai la mémoire fidèle, je rappelle ces paroles de l’hon.secrétaire de la province:: "Je ne quitterai pas le ministère sans avoir obtenu la fondation du conservatoire dont nos musiciens ont tant besoin!” J'espère que M.Athanase David restera encore longtemps à la tête de notre département des Beaux-Arts, mais il n’est pas autrement nécessaire qu’il attende d’être sur le point de partir pour accomplir sa promesse.* * * G.C.Un médecin organiste a trouvé la solution de notre problème musical L nous fait plaisir que notre problème-valse, publié dans le premier numéro a été trouvé par au moins un lecteur.Nous avons reçu plusieurs réponses, dont quelques-unes très amusantes.Un de nos lecteurs a cru trouver “O Canada”, de Lavallée, dans cette composition.Inutile de dire qu’il ne s’en trouve pas une seule note.Les autres, s’étant laissés dérouter par le changement de rythme et les traits d’agrément, ont semblé perdre la mélodie de vue et nous ont déclaré que cela ressemblait à du Schumann et du Chopin.Nous sommes certes flattés de la comparaison ou du rapprochement, mais, encore une fois, on faisait entièrement fausse route.Enfin, c’est le docteur L.-A.Hébert, organiste en l’église de la Nativité d’Hochelaga, domicilié au No 2017 de la rue Sainte-Catherine Est, qui a trouvé la véritable solution et qui a, par conséquent droit, à une année d’abonnement à notre revue.La réponse qu’il nous a adressée et qui était la véritable, c’était la fameuse “Sicilienne”, de Cavalleria Rusticana, de Mascagni, un air que tout le monde sait pour l’avoir entendu dans la rue, par les joueurs d’orgue, ou au théâtre lyrique.On n’a qu’à l’examiner de nouveau et l’on se convaincra qu’il est facile de retrouver la note même du morceau.Nos félicitations au docteur Hébert.AVIS IMPORTANT!!! Guettez plus tard les noms des artistes qui apparaîtront aux “ Mount-Royal Musicales” qui auront lieu au nouvel hôtel Mount-Royal.CANADIENS, Chantez en Français Chanson de Barberine, chant et Piano, port compris $0.40 Chanson de Grand-Père - - - - 40 Histoire d’un baiser - - - - - 40 Ma Blonde - - - - - 40 Matin jeune et gai - - - - - 40 Mon coeur a tant de peine - - - - 40 Petit coeur de Manon - - - - - 40 Plaisir d’amour - - - - - 25 Reviens Méchante - - - - - 25 Tapis persan - - - - - 40 Ces 10 petits bijoux livrés dans tout le Canada pour $3.50 Demandez notre Catalogue Raoul Vennat, 642-St™?£Æntréal- 10 çJ7MusiCanada Numéro de Noël.1922 Notre concours de valse KJ OUS devons retarder au mois de mai prochain, notre concours lV de valse "valsante”, parce que nous n'avons reçu iusqu’ici qu’un seul manuscrit digne d’être étudié.Ce retard est également la conséquence d’observations qu’on nous a faites, à l’effet que le delai était vraiment trop court pour Vimportance du prix que nous offrons, soit $100 en argent.Donc, on a jusqu’au premier mai, 1923, pour nous adresser un manuscrit._ Seulement qu’on prenne bien garde; pas de valse classique ou ultra moderne; c’est une valse “valsante” que nous voulons avoir.Qu’on se le dise.* * * Beethoven et les contrebassistes de son temps Le joueur de contrebasse, relégué au dernier rang de l’orchestre, où durant toute la durée du concert, il frotte consciencieusement les solides cordes de son gros instrument avec un archet qui ressemble à une scie de charpentier, éveille plutôt la curiosité que l’intérêt de l’auditoire.Beethoven termine sa quatrième symphonie par un passage qui met les gros violons de basse dans un état ressemblant à des convulsions nerveuses.Les joueurs de contrebasse eurent toujours, et ont encore, une sainte frayeur de ce passage.Weber, dans une pièce satyrique très amusante, dans laquelle il fait dire à chaque instrument à la fin d’un concert, ses impressions et les souffrances qu’il a endurées, fait s’exprimer comme suit le gros violon de basse.“Ah! ne comparez pas vos infortunes aux miennes.Il a toujours été reconnu qu’il est de mon devoir de conserver à l’orchestre mon air de noble dignité, par mon jeu tranquille, assuré et rempli de réserve, et ne voilà-t-il pas que ce jeune et insupportable Beethoven me force de sauter, de galopper, de me tordre, de courir, de danser comme un lunatique tout comme si j’étais un jeune et fringant premier violon.C'est un outrage!’’ * * * Les débuts de “Tannhauser” Comme on le sait, l’œuvre immortelle de Wagner fut huée à sa première représentation, à Paris.Voici quelques-unes des critiques: — De Jean d'Ortigue, remplaçant Berlioz, dans les “Débats”: “L’expérience est décisive! Notre Academie de musique ne saurait désormais courir de pareilles aventures.” D’Oscar Commettant dans “l’Art musical”: “M.Wagner a cru faire une révolution: il n’a fait qu’une émeute.” .De Jouvin, gendre de Villemessant, dans “le Figaro”: "C’est un infini grisâtre où l’on entend le morne clapotement des sept notes de la gamme qui tombent jusqu’à la fin de la partition.” De Paul de Saint-Victor, dans “la Presse”: “Obscurité compacte et pesante.Vacarme discordant qui ne parvient qu’à dissimuler les plus grossiers fracas des tempêtes physiques.” De Gustave Héguet, dans “l’Illustration”: “Vous avez entendu parfois un accompagnateur promener ses doigts distraits pendant que le chanteur se mouche ?Voilà l’agréable exercice auquel M.Wagner occupe son orchestre.” Prospère Merrimée écrivait: “Il me semble que je pourrais composer quelque chose de semblable en m’inspirant de mon chat marchant sur le clavier du piano.” Auber disait: .“Comme ce serait détestable.si c’était de la musique!” Et ainsi de suite._____________________ Las 3021 Dr A.Racine D.D.S., L.D.S.1430, ONTARIO EST, Anftle Frontenac.MONTRÉAL.J.D.ARCHAMBAULT PIANISTE | Studio chez BOUVIER Ltée, 452, Ste-Catherine, l Enseignement du piano; interprétation et harmonie.— \____________________________________________________________________ Est | / -i | Anecdote de la vie < ] d’après J.D’ORTIGUE Jean Sébastien Bach improvisait une fugue, comme un organiste ordinaire improvise un prélude.Jean Sébastien était un bon homme, il avait des goûts simples, il aimait la nature, il faisait des excursions à travers les champs; les concerts des oiseaux le réjouissaient, et ne l'empêchaient nullement de se livrer, tout en cheminant, à ses inspirations qu’il écrivait au retour.> Un jour, c'était un dimanche, il arrive dans un village d’Allemagne.La cloche appelait les paysans à l’office, il se rendit à l’église._ .On commençait la messe.Il monta à l'orgue et lia conversation avec l’organiste, qui ne tarda pas à s’apercevoir que l’inconnu avec qui il parlait en savait plus que lui.L’organiste lui offrit de tenir l’orgue, ce que Jean Sébastien accepta.Il avait joué le Kyrie, le Gloria, que le chœur était en rumeur.— Quel peut être i’organiste qui joue aujourd’hui ?Ce n’est pas notre organiste habituel; en ce cas il aurait fait de notables progrès depuis dimanche dernier._ Ces propos et autres semblables circulaient parmi les chantres et ceux qui faisaient les entendus.A la fin, le prévôt du chœur, intrigué au dernier point, députa à l’orgue un enfant de chœur, avec l’ordre de lui rapporter le nom de l’inconnu qui maniait si bien l’instrument.L’enfant de chœur se présente à Jean Sébastien et s’acquitte de sa commission.—Va, lui dit le grand artiste, va dire au maître de chœur que je lui dirai mon nom aux premières mesures de l’Offertoire._ Le moment venu, Jean Sébastien commence un motif qui débutait par les notes suivantes.Quand je dis les notes, je suppose que l’on sait maintenant que les Allemands ont conservé les dénominations des notes et la tablature instrumentale par les lettres, dites grégoriennes, et qu'ils ont eu l’idée de désigner le Si naturel par la lettre H, pour le distinguer du Si bémol, marqué par B.Jean Sébastien commença donc son sujet ainsi: — B, A, C, H, c’est-à-dire Si bémol, La, Ut, Si naturel., .Le prévôt du chœur était tout oreilles, et comme il était d’ailleurs bon musicien, il déchiffra sans peine l’énigme musicale.On pense bien la joie, la surprise dont il fut saisi, et quelle fête le prévôt et les choristes firent au grand musicien.* * * Comment les sons se transforment en dessins et couleurs Un appareil qui, simultanément, exécute un morceau de musique et dessine un tableau suggéré par le son musical de ce morceau, vient d’être inventé par Charles Esméric, un français, émule de Marinetti, de l'école ultra-radicale.Esméric est l'inventeur de plusieurs appareils curieux, un entre autres, destiné à donner l’effet d’un jeu de pièces pyrotechniques accompagné de musique “jazz”.Esméric affirme que cette machine peut être perfectionnée à un tel point qu’elle supplantera toutes les représentations théâtrales ordinaires, et ce, à la grande satisfaction du public.On assure que l’on a fait avec succès l’essai de l’un de ses derniers appareils dans un théâtre de Berlin.7 è Bach X TiÉCEMBRE.C'est le mois des cadeaux.Rien n’est plus délicat à offrir que des Chocolats “A LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ” si célèbres à Paris et dont nous aeons la vente exclusive au Canada.Pour ANNIVERSAIRES, BAPTÊMES, FIANÇAILLES, MARIAGES, nous avons des boites assorties au sujet et qui sont de véritables oeuvres d’art.Téléphone: Est 2140 KERHULU & ODIAU Limitée LA PÂTISSERIE FRANÇAISE 172-184, rue Saint-Denis - - (près Ste-Catherine) Succursale à Westmount, 4901, rue Sherbrooke Ouest Téléphone: Westmount 7909 PAGE.S.MANQUANTE.S. PAGE.S.MANQUANTE.S. Numéro de Noël, 1922 çyiîusiCanada 13 r " SDUS-BDIS (VALSE) JOSEPH HENRY DORION /t?iola?ifôio PIAN0< L TJ- fed- % fed.* fed.llJ J # -f 1 p—, -C-_ „UJ - S# Ü4= _* — -, ni] d f— -ip r f Of s "I -» f i=: =st=pt I —?t =i| fl « J 1 -a£> i Ü^^^gg^l^^ggÈ UPPISH / ff Toujours vite J) \ £ £ £ £ ± ± t: £ > -f- -f- -f- f- p- JL p.1 ~E ^ :r 1 E E :t e E—*—-E—£ y f —g y > 97 9 >¦ -p- L > -Z____# >¦ i >- > # > écore plus vite % 3EI > :c__îe_ H S i F c//2 heu > moins vice JL i » ORIENTALE 2 28 çyUusiCanada Numéro de Noël, 1922 sfr/TTge n do s : t assez le/it *•>1 V % dahidement et /Àdl trtEfcf tlllec/reflo 1LF o r i tJ OJ if !f mol to crescendo Toujours 1/es-fort et /ras JDe/tus en /tus doux fort et /lus 1/ancre//tie moins trop vite C.I #_ip.e/ de plus en /tus lent Jusqu'à.la fin OfflENTflLE 3 t~aai ¦71 wmr* I ifi rr .Ewr A, ¦rri'r Vf Mil l'Hff mm O BS Numéro de Noël, 1922 çyWusiCanada 29 | Aux aspirants pianistes à la j | plateforme j APRÈS bien des demandes de la part de plusieurs de nos jeunes pianistes qui étudient pour les concerts, j’ai pensé profiter des colonnes de “MusiCanada” pour donner quelques conseils à ces élèves sérieux et justement ambitieux.J’espère aussi qu’ils comprendront que je le fais avec la meilleure intention du monde, dans le but d’aider en même temps que d’encourager mes compatriotes si bien doués, surtout pour les Beaux-Arts; seulement, serait-ce dû à de l’indifférence pour le travail, ou encore à une quasi-incompréhension du travail à faire, toujours est-il que, dans la trop grande majorité des cas, l’on parvient rarement à des résultats qui vaudraient la peine d’être mentionnés.“Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus:” malheureusement il s’en trouve encore trop de ces pauvres illusionnés qui croient trop tôt avoir atteint leur but, s’imaginant qu’ils sont prêts à affronter le public, ou, si vous le préférez, la plateforme.Hélas, quelle désillusion! à la moindre apparition en public, le pauvre débutant s’aperçoit et comprend qu’il ne possède pas suffisamment les “armes” nécessaires pour pouvoir être considéré comme un pianiste, un exécutant de quelque valeur.Qu’arrive-t-il alors au moment même de ses débuts?Voilà: la mauvaise impression créée, l’insuccès auprès de son auditoire lui causent un désappointement douloureux, lui font réaliser qu’il a été mal dirigé, mal conseillé par de trop bons amis, qu'il a bel et bien perdu son temps! Il tremble devant son auditoire, se hait tout en maudissant son professeur; il voit toutes ses légitimes ambitions s’étioler comme les pétales d’une rose fanée en leur disant un triste adieu ; quel drame, oui ! Mais je conseillerais à ce malheureux de ne pas se décourager, de continuer quand même ses études, et cela encore plus sérieusement qu’il l’a fait auparavant, d’entendre autant de bons pianistes qu’il pourra, de lire beaucoup de livres instructifs, de toujours pratiquer avec un esprit absolument “libre” de distraction durant son travail, et enfin, comme point final, se rappeler le conseil de Boileau “Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, etc.”, ne pas trop abuser d’exercices tels que, par exemple, pour les cinq doigts, les gammes, les arpèges, les trilles, etc, et pratiquer et jouer plutôt de préférence les admirables Etudes de Chopin, les Préludes et Fugues du “Clavecin bien tempéré” de Jean Sébastien Bach et autres pièces des clavecinistes qui chasseront la monotonie des exercices et qui sont remplis de toute la technique nécessaire pour devenir un pianiste aussi parfait que possible.En terminant, j’oserai dire que s’il est vrai que la confiance en soi-même est souvent la moitié du succès, par contre, j’ajouterai que trop de confiance peut bien souvent amener un désastre difficile à réparer.Emiliano Renaud.* * * l Détails inédits sur la vie de Handel Beethoven a dit: “Handel est notre maître à tous.” Handel est né à Halle, Saxe, le 23 février, 1683.Son père était un chirurgien, homme très sévère qui décida que son fils serait avocat, et ne permit jamais à l’enfant d’approcher d’un instrument de musique; il le retira même de l'école parce que l’on y enseignait la musique.Cependant la mère, ou la nourrice, du jeune enfant, réussit à mettre "le fruit défendu” à sa portée, sous la forme d’un petit clavecin dont les cordes étaient recouvertes de drap afin d’en amortir le son.Cet instrument fut caché sous les toits et là l’enfant se faufilait le soir pour se livrer à sa passion pour la musique.Il attendait que tout le monde fut au lit, et son père absent de la maison.A l’âge de sept ans, son père l’amena visiter le duc de Saxe-Weissensels.Le superbe orgue dans la chapelle du duc attira l’attention de l’enfant, et s’en approchant furtivement, il joua une mélodie que le duc entendit.Ce dernier ayant questionné l’enfant, exigea du père la promesse qu’il permettrait à son fils d’étudier la musique.A son retour à Halle, le jeune Handel devint l’élève de Zachar, l’organiste à la cathédrale.Ce professeur avoua, alors que Handel avait atteint sa neuvième année, que son élève en connaissait aussi long que lui-même en musique.Il avisa le jeune homme de se rendre à Berlin, ce qu’il fit en 1696.On le classa alors comme un prodige.Un compositeur italien, qui se trouvait à Berlin, écrivit un morceau rempli de difficultés et de guets-apens techniques, et pria le jeune Handel de le jouer, ce qu’il fit sans hésitation et sans commettre la moindre faute.Son père étant mort, Handel retourna à la demeure familiale pour devenir le support des siens.Plus tard il se rendit à Hambourg où il joua second violon dans l’orchestre de l’opéra.Un soir qu’une occasion fortuite se présentait de jouer du clavecin, il fit voir sa prodigieuse habileté et se trouva de ce moment avoir ses coudées franches dans le monde musical.En 1705 il écrivit son premier opéra, “Almira, reine de Castille.” Puis successivement il produisit les opéras de Néron et de Daphné.Il fit alors une tournée en Italie où il écrivit un nouvel opéra dans presque chaque ville qu’il visita.A Venise il écrivit Agrippina en trois semaines, et obtint un succès immense.Il retourna à Hanovre où il fut nommé maître-de-chapelle de la cour de l’Electeur George de Brunswick, qui plus tard devait devenir roi d’Angleterre.En 1710, Handel visita Londres où il composa Rinaldo, opéra qui fut donné au théâtre Haymarket et dont bon nombre d’airs sont encore fort en vogue.Handel visita de nouveau l’Angleterre en 1713 et composa le “Te Deum” chanté à la cathédrale St.Paul, en présence de la reine Anne, à l’occasion de la victoire d’Utrech.La reine accorda alors à Handel, une pension de deux cents livres par année.A la mort de la reine Anne, George de Hanovre monta sur le trône d’Angleterre, et Handel composa à cette occasion la “suite” de vingt-cinq courts morceaux connue sous le nom de “Water-Music,” ce qui lui valut d’être nommé professeur de musique des enfants du roi, et une pension additionnelle de deux cents louis Handel, devenu alors citoyen anglais, écrivit un grand nombre de compositions, entre-autres; Chantos Anthea et The Harmonious Blacksmith.En 1720, Londres vit une renaissance de l’opéra italien et Handel en fut nommé directeur.Cependant l’entreprise fut malheureuse, et, ruiné, Handel découvrit en quoi consistait sa véritable force, la musique religieuse.En 1732, Handel produisit son premier oratorio anglais “Esther”, avec un succès fou.Il écrivit alors, la cantate Agis et Galetta et l’oratario Deborrha, puis encore Israel en Egypte, Il Cantorosa, et nombre d’autres.En 1741, au cours d’un voyage en Irlande, il écrivit son immortel “Messie”.Handel, maintenant âgé de cinquante-huit ans, continua ses compositions l’Occasional Oratorio, Judas Macchabé, Josué Théodora etc.naissant rapidement sous sa plume féconde.L’ardu travailleur vit cependant sa vue s’affaiblir et finalement devint aveugle, non sans avoir laissé au monde musical, comme héritage, une dernière œuvre superbe: Jephta.Il mourut le 14 avril, 1759.* * * La Berceuse au Téléphone Un bébé de New-York âgé d’un an semble être l’enfant qui jouisse du “Dodiche-dodo” le plus original et le plus coûteux qu’il soit possible d’inventer.Ce bambino s’endort chaque soir aux sons de la voix de sa mère qui lui arrivent par le téléphone de longue distance.Pour cette mère, qui est l’une des étoiles les plus brillantes du théâtre de vaudeville, la distance ne compte pas, la dépense est secondaire lorsqu’il s’agit d'endormir son enfant, dont elle est forcément séparée.Belle Baker, qui brille au premier rang parmi les artistes de vaudeville et qui reçoit les cachets les plus considérables du monde théâtral, ne laisse pas pour cela les feux de la rampe étouffer son instinct maternel.Il est connu dans les cercles artistiques que s’il s’agit pour elle de choisir entre un succès sur la scène et les soins à donner au chevet d’un bébé malade, le bébé l’emportera invariablement.Dernièrement et pour la première fois dans sa carrière, cette mère actrice fut forcée de s’éloigner de New-York pour faire une tournée théâtrale dans le sud et l’ouest américain.Anxieuse de tenir vivace chez son enfant, Herbert John, le son de la voix de sa mère, qui l’avait jusque là endormi chaque soir, elle conçut ce “plan” téléphonique et elle ne manque pas un soir de chanter au téléphone pour endormir son mioche chéri. Liszt au milieu d’intimes.30 Numéro de Noël, 1922 çJVlusiCanada % 7&£sf ^ / ïjg£ggîa*feg5if , t -»'S É À "S, ' Numéro de Noël, 1922 çyidusiCanada 31 Dans le monde artiste parisien | L’Enfance des Grands Musiciens j •—A la Comédie-Française: La pièce de M.François Porché: les Chevaliers de Colomb, passera probablement ces jours-ci.On a célébré en une intime cérémonie, le centenaire de Got, qui fut longtemps le doyen de la Maison de Molière.— L’opérette, que MM.Sacha Guitry et André Messager ont dernièrement terminée, est intitulée J’ai deux Amants.— Depuis quelque temps il est question de la création d’une nouvelle salle de concerts qui serait édifiée rue Daru, près de l’Église russe.Une société immobilière serait en voie de formation.— Le Salon des Musiciens français a repris la série de ses auditions, salle des Concerts du Conservatoire.Les compositeurs de musique désireux de voir leurs œuvres figurer aux programmes de ce Salon sont priés de les adresser au Secrétariat général, 28, rue Nollet.Le Comité retiendra de préférence les œuvres qui n’ont pas encore été interprétées en audition publique.— On se souvient qu’au Congrès de Strasbourg, tenu au mois de mai, les directeurs de spectacles avaient décidé de fermer les théâtres et cinémas le 15 février 1923 si le Parlement n’avait pas modifié les taxes qui frappent les spectacles.Les représentants des divers groupements se sont réunis sous la présidence de M.Alphonse Franck, ils ont adopté à l’unanimité l’ordre du jour suivant: Les présidents des divers groupements du spectacle (Théâtre, Music-Hall et Cinéma) de Paris et de province, réunis au Théâtre-Edouard-VII sous la présidence de M.Alphonse Franck, président de la Confédération nationale du Spectacle de France, assisté de M.Mauret-Lafage, président de la Fédération des Associations des directeurs de spectacles de province, convoqués pour examiner les moyens de réalisation des décisions prises au Congrès de Strasbourg et approuvées par la réunion intersyndicale tenue au Concert-Mayol, confirment les accords intervenus entre tous les groupements du Spectacle et donnent tous pouvoirs à leurs délégués pour constituer la caisse de défense et assurer la fermeture générale du 15 février au cas où les revendications du Spectacle fixées par l’ordre du jour de Strasbourg ne seraient pas adoptées par le Parlement avant cette date.L’assemblée a, en outre, désigné des mandataires chargés d’examiner les moyens par lesquels la fermeture générale des établissements de spectacles, dans toute la France, pourrait être réalisée.— La trente-deuxième édition de Y Annuaire des Artistes va être sous presse prochainement.Elle contiendra, outre un répertoire de 100,000 adresses bien à jour, plus de 800 comptes rendus d’œuvres nouvelles théâtrales et musicales exécutées au cours de la dernière saison en France et à l’étranger.Cette documentation précieuse et unique est l'œuvre de notre confrère M.Jean Bonnerot.v- l Bach et les vieux maîtres anglais en faveur à Londres La vie musicale subit un changement en Angleterre, à Londres du moins, nous affirme un correspondant dans “Musical Courrier”.Ce monsieur qui visite l’Angleterre après avoir fait un tour d’Europe, a remarqué, surtout à Londres, un fort mouvement chez le peuple anglais, pour l'ancienne musique du pays, une dévotion à Bach et aux vieux chants anglais.Bach plaît aux Anglais à cause de sa musique noble et pleine d’énergie qui rappelle la période des Tudor.Il existe à Londres, actuellement un sextuor qui chante ces bijoux du seizième siècle avec l’art et la précision des virtuoses modernes, tout en y mettant le mode et le style d’antan.Si leur talent n’a rien d’extraordinaire au point de vue musical, l’écrivain dit n’en être pas moins convaincu que les excellentes autres qualités dont ils font preuve les feraient aimer même du peuple américain.Il se dégage d’eux une atmosphère d’intimité qui est charmante.Lorsqu’on lit la vie des grands hommes qui ont illustré l’art musical, on est frappé de la précocité de leur génie.Mozart, enfant, en offre peut-être, le plus bel exemple, et tout le monde sait qu’à trois ans, il montra un goût prononcé pour la musique, et qu’à quatre ans, il composa un Menuet encore célèbre aujourd’hui.A six ans, cet illustre musicien jouait le piano devant les têtes couronnées et remportait un succès colossal.Hummel, son élève favori, commença à apprendre le violon à quatre ans, et à cinq ans, le chant et le piano.Formé par le grand Mozart, à neuf ans il devint un pianiste merveilleux.Beethoven se fit compositeur à 13 ans, et Mozart qui l’entendit alors ne put s’empêcher de lui prédire un brillant avenir.Haendel est un autre exemple frappant de précocité d’enfant.Son père voulut le faire recevoir avocat et pour cela fit disparaître de la maison tous les instruments de musique.L’enfant résista et avec l’aide de sa nourrice se procura un piano qu’il installa dans le grenier, et là il pratiqua des nuits entières.A 7 ans, il visita un palais en compagnie de son père et quand il fut rendu à la chapelle, le jeune Haendel s’installa sur l’orgue et joua d’une manière si merveilleuse que le duc insista auprès du père pour le garder auprès de lui afin qu’il étudia sérieusement la musique.A 11 ans, Haendel fit des hymnes qui furent chantées dans les principales églises de sa ville natale.Mendelsohn jouait du piano avec facilité à 8 ans et quelques années plus tard dirigeait même un grand orchestre.Moscheles, l’ami le plus intime de Mendelsohn, rendit à 7 ans avec justesse et mesure une des sonates les plus difficiles de Beethoven.La vocation de Wagner se fit connaître ainsi.Il entendit, un jour, étant encore tout petit, une symphonie de Beethoven; transporté et enthousiasmé, il étudia la musique avec ardeur et sept années plus tard, il composa lui-même une symphonie qui eut une grande célébrité.Chopin, le grand pianiste français, donna son premier concert à neuf ans.Liszt se rendit célèbre par la manière dont il exécuta un morceau de musique devant la cour à 9 ans.Hiller composa un Rondo à 11 ans et joua en public un an plus tard.Rossini fit un opéra à 11 ans.Clementi acquit à 9 ans une réputation de grand pianiste.Haydn donna une messe à 13 ans; Paganini joua du violon à sept ans, et Meyerbeer donna son premier concert à 6 ans.Aux parents dont les enfants étudient la musique - jan a* ¦ M»m i »/ V ¦ ¦ > m n m \ f.mmW nm Wém'A that :tagiggga r-oaa vJiaa a«aaa ySaa» IBUr iïi J “Bon café, bonne journée” Depuis trente ans le café Saint-Marc se maintient dans la faveur des gourmets.Riche en principes stimulants, ce café possède également l’arome enchanteur des brises tièdes qui ont bercé ses ramilles.Augustin Comte & Cie, Limitée MONTREAL 40 ^yi/IusiCanada Ntmèro de Noël, 19f\2^ UNE AUBAINE! La direction de MUSI-CANADA OFFRE à tous ceux et celles qui le désirent L’OCCASION D’APPRENDRE LE PIANO GRATUITEMENT à temps perdu et par principes en 15 LEÇONS par la fameuse méthode d’Emiliano Renaud.Il n’est pas nécessaire de savoir une seule note de musique pour commencer et l’âge n’y fait rien.LA Ie LEÇON PARAITRA DANS LE PROCHAIN NUMÉRO DE MUSICANADA Et les autres dans chacun des numéros subséquents.Chaque leçon est simple, courte et facile à comprendre pour tous! LA MUSIQUE est un agréable passe-temps, et de tous les instruments le piano est sans contredit le plus beau et le plus populaire! Ne perdez pas cette rare opportunité qui se présente à vous, et ASSUREZ-VOUS VOTRE PREMIÈRE LEÇON en retenant immédiatement une copie du prochain numéro de MusiCanada ou envoyez votre nom et adresse comme suit:— MusiCanada Chambre 609 ÉDIFICE DE LA BANQUE DE LA NOUVELLE-ÉCOSSE 263, RUE ST-JACQUES, MONTREAL - Can.Almanach des Musiciens "MusiCanada" offre, A titre gracieux, aux professeurs, solistes et interprètes, une insertion dans ses pages.Cette liste contient certainement de nombreux oublis involontaires Que ceux donc dont les noms auraient été omis et qui tiennent A profiter de cette publicité offerte de bon cœur, nous adressent au plus tôt.leurs nom et initiales, leur désignation, leur adresse et leur numéro de téléphone; nous nous empresserons de les classer avec les autres, selon leur catégorie et par ordre alphabétique.Nos agents ne sont pa3 autorisés à solliciter une annonce ou un abonnement des professeurs inscrits dans la liste ci-dessous.MusiCanada.Professeurs de Piano Noms Adresse Archambault, J.-D., 452 Stc-Catherine est.Téléphone Est 1752 vt* _> • VÎ ÛUu .i ««P>» ^S, C 6t31Cni Llv.i —/«g.unir —»*• "ations bruyantes contre une belle coiffee .ions exagérées, ou une altercation entre -u encore l’attitude peu convenable de ,v ^chant avec des beautés peu farouches SftuonE*\iai+ r?f .list 2S&6 ThibcJeau, Mme A., 103 Christophe-Colomb St.-Louis 0208 Vanderpoll, G 3998 Ouest, Ste Catherine.Tel.West.2406 Concerts Dufault, Paul, Sainte-Hélène do Dagot.Fisher, Lucie, 230 Stanley Appt 40.LaRose, Jeanne, 22 Bishop.Poirier, Fabiola, 1331 Saint-Urbain.Prieur, Henri, 1001 ave du Parc.Uptown 4120J Uptown 1215 St.-Louis 5475 St.-Louis 3913w Belleau, Dantès, 104 Boul.St-Joseph est Blair, Fred-H., 314 ave des Pins, Ouest.Bohrer, Max., 338 Mackay.Boisvert.Marie-Louise, 217 Fullum.Bruyère, Yvette, 367 Jeanne-Mance.Cartier, Victoria, 473 Union.Charbonneau.J .-N., 70 Saint-Denis.Chartrand, Mlle J.61 Parc G.-E.Cartier Clossey, Jean, 224 Parc Lafontaine.Cornish, G.-W., 43 Crescent.St-Louis 888Sw Plateau 5042 .Uptown 2366 .Lasalle 918 .Plateau 3449j Plateau 107 Est 250 .West.5261 Est 4413w .Uptown 89 Professeurs de Violon D’Amour.Mlle Françoise, 125b Christophe- Colomb .DeVaux, O -F.267 Létourneux.Doiron, Mlle Mathilde, 141 Berri.Eckstein, W., Drummond Appts .Eichorn, Nicholas, 129 ave.du Parc.St-Louis 2388 .Lasalle 905 .Uptown 1230 .Plateau 2778 Fortin, Clara, 733 Champlain Gardner, Stanley.121 Bishop Goulet, Charles, 270 Visitation.Hardy, (Mme B.Laurendeau), 6 Cherrier.Houde, Chs-E.-A., 556 Saint-André.Illsley, Percival-J., 131 Clandeboye.Laliberté, Alfred, 591 Ste-Catherine ouest.Langlois, Ernest, 312 Stc-Catherine est .Lapointe, Mlle I., 1188 deLorimier.Laurier, Mlle M.-J.170 Visitation.Letondal, Art., 1034 Dorchester ouest.Létourneau, Antonio, 703 Berri .Lichtenstein, Clara, Royal Victoria College.Lussier, Aldéa, 1S ave.du Parc.Mixo, Henri, 169 Christophe-Colomb Morin-Labrecque Mme, 466 ave Union.Myers, Sophie, 172 Crescent.O'Brien, Oscar, 1386 Saint-Hubert.Est 8326 .Uptown 4842 Est 218 .Est 788S .Est 546 .Wcstmount 3702 Uptown 3911 Est 4480 St-Louis 1211 Est 5912 Uptown 3357 Est 2404 Plateau 955 Plateau 1217w St -Louis 4675 .Uptown 6287J .Uptown 1859 St.-Louis 3718w Est 3856 Est 2860m St.-Louis 4793 Plateau 4787w Plateau 4753 Blasi, A., 1 ave Laval.Cossieri, Rocco, 666 Saint-Denis.Chartier, Eugène, 55 Garnier .Chamberland, Albert, 29 Ste-Famillo Couture, Camille.151 Hutchison.D'Amour, Mlle Renée, 125 Christophe- Colomb .St-Louis 2388 Delcourt, A .7 St-Marc.Uptown 5982 DeSève, Alfred, 203 Esplanade.St -Louis 325 Drouin.Jean, 48 ave du Parc.Plateau 3816 Dumas, J.-O., 73a Laporte.VYestmount 1991 w Goulet, Jean, 270 Visitation.Est 218 Hogue, Edouard, 117 Boyer.St.-Louis 8202 Kofman, Léon, 420 Claremont.Uptown 3976 Labrecque, Jeanne.466 ave Union.Uptown 6287J Mlle Blanche Plamondon, 916 deMontigny est Est 8141J Ratto, Vincent.Grand Boulevard.Calumet 1043w Roy, M.J.-B., 1233 Cadieux.St-Louis 6003 Salvetti, A., 2442a ave Esplanade .St.-Louis 2793J Schneider, E., 144 Milton.Plateau 2266 Shea, J.-J., 2213 Ave.du Parc.St-Louis 1094 Toronto, Emile, 855 Saint-Hubert.Est 5207 Zimmermann, Otto, 5 Brébœuf .St.-Louis 4903 Professeurs de Violoncelle Charbonneau, Louis, 325 Sanguinot.Dubois, J.-B , 24 Lincoln.Duquette, Raoul, 329 Girouard.Labelle, Gustave, 1330 St-Hubert,.Lamontagne, Yvette, 91a Jeanne-Mance.Est 7830J .Uptown 4497 .We est mount Ô359w .St-Louis 2252w Plateau 2095 Paquet, Raoul.121a Christophe-Colomb Payette, Frédéric-, 1975 St-Jacques.Pelletier, R.-O., 23 Mansfield.Pelletier, Romain, 23 Mansfield.Perrault, Amédée, 426 Lagauchetière est.Poirier, B.-F., 80 St.-Denis .Racicot, Caroline, 761 St.-Denis.Renaud, Michel, 1759 ave.du Parc.Renaud, Léonie, 1759 ave.du Parc.Roy, Mme Berthe, 8 rue Collin, Quebec.St.-Louis 1467 .Westmount 5650 .Uptown 3268 .Uptown 3268 Est 5419.Est 6359 Est 734w St.-Louis 7297 St.-Louis 7297 Tel.7396 580 Victoria 1860w Savaria, J.-Elie, 161 Ropery.Saucier, Mm» J., (accompagnement) St.-Denis.Est 2886 Stopes-Plouffe, Mme Eva, 1036 Dorchester, ouest.Uptown 1325 Wilscam et Roussel (Mlles) 326 St.-Denis.Est 2007 Professeur de Hautbois Kaster, Léon, 612, Amherst.Est 2432w Professeurs de Clarinette Arnold, O., L'Abord à PloufTe, Co.Laval.Goulot, Jean, 270 Visitation.Est 218 Hardy, Alphonse, 547 St-André .Pratte, Paul, 187 St-Jacques, Longueuil Tel.24 Romano, G., Conservatoire McGill.St.-Louis 6807 Professeur de Flute Ratto, Jules, 691 Shuter.Plateau 397w Professeurs de Chant Asaelin, Marie-Anne, 109 St.-Denis .Est 8168 Bernard, Mlle C., 886 St-Denis.Boulenger, L.-C., 86 Parc Lafontame.Brassard, A.-J., 1399 St.-Hubert.Clerk, Alex.-M., 99 Sherbrooke Est.St-Louis 3707 Est 5507 St.-Louis 3937 Est «60 Desmarais, Mme C.-A , 2 Montée du Zouave.Est 6654 Dupuis, Guillaume, 553 Panel.Est 7085 Hertz, Mlle, 109 ouest, Ave Fairmount_> , .St-Louis 8942f Issaurel, Salvator, 4478 Stc-Catherine ouest Westmount 4955 Kuester, Eug., 85 Fort.Lapierre, Art., 167a Plessis.Laurendeau, Art, 0 Cherrier.Lavoie.Hercule.24 Bonsecours.psLefebvre, Germain Jr., 1043 St.-Denis.Uptown 7690w Est 4230 .Est 7888 .Main 1927 .St.-Loma 4097 Professeur de Piston Gariépy, Joseph, 504 Çemontigny Est, Tel.Est 3843 Professeur de Harpe Drouin, Mme Jean, 48 ave du Parc.Plateau 3816 Chefs d’Orchestre Gagnier, J.-J .119 Villeneuve ouest.Goulet J.J., 92 Jeanne Mance.St.-Louis 3507 .Plateau 3212 Roberval, Albert, 80 St-Denis.Est 5407 Shea, J.-J., 2313 ave du Parc.St.-Louis 1094 Vandcrmeerschen, Théo., 472 Dorchester Est.Est 5720 Professeurs d’Harmonle Fortier, Achille, Sainte-Scholastique, P.Q.Roy, Léo, 8 rue Collin, Quebeo.Tel 7396 Les Amusements du L .CAPITOL.se composent Des Meilleures Vues Animées Disponibles — et — Des Programmes Musicaux de haut genre LE FAMEUX ORCHESTRE DU CAPITOL LES ARTISTES LOCAUX DU CAPITOL sont Direction J.-J.Shea, est tellement connu des w r™ ^ , .’ M.Thompson, tenor amateurs de musique de Montreal qu’il n’a M.Becker, baryton _ Mlle Ivy Scott, soprano pas besoin de présentation.Mlle Leila Auger, soprano Tous sont profondément estimés de tous les fervents des programmes musicaux de bonne valeur.M.M.Guérin & Bélanger PHARMACIENS Soumettent les considérations suivantes Quel est votre contrôle sur le Pharmacien auquel vous confiez votre Prescription ?Nul!_Vous devez vous en rapporter à sa LOYAUTÉ.NOUS SOMMES LOYAUX ENVERS VOUS JL° En mettant à votre disposition des employés d’une compétence éprouvée.2° En n’employant dans l’exécution des Ordonnances des médecins que des médicaments absolument purs.3° En ne faisant jamais — pour aucune raison — des substitutions.Une scrupuleuse exactitude est notre très grand souci.4° En n’exigeant de vous qu’un prix raisonnable et juste.Nous nous sommes toujours contentés de profits modérés.Nous y avons trouvé notre compte et le public en a bénéficié.Venez - - Téléphonez - - Ecrivez, nous sommes à votre dispositions 90, rue Ste-Catherine Est Coin Cadleux Tél.Est 5373-5056 2002, Blvd St-Laurent Coin Falrmount Tél.St-Louls 2203-2962 1305, rue Ste-Catherine E.Coin Dufresne Tél.Lasalle 639 700, rue Ste-Catherine E.Coin Visitation Tél.Est 3268-4698 1364, rue Ste-Catherine E.Tél.Lasalle 327 Essayez DOLORINE (en capsules pour votre Mal de tête).Vous serez immédiatement soulagé.GRANGER Le Magasin par Excellence DES BELLES ETRENNES LIVRES, Éditions de Luxe, Beaux Arts.OUVRAGES illustrés pour la Jeunesse.LIVRES et Articles Religieux.ARTICLES de Fantaisie, Parfums.JEUX de Société, Jouets, Peintures.GARNITURES de Bureau, Encriers, etc.(en cuivre doré) PLUMES Fontaines, Crayons or, Argent.BOITES de Papier à Lettre, de Cartes.CARNETS et autres Articles en cuir.ARTICLES pour Décorer, Drapeaux.CARTES de Fêtes, Calendriers Français.GRAINGER FRÈRES LibuzdRes.PiNpetieRS.lmpoRteJeuRS 43 NoÎReDàme.Ouest.’KontRiàl m m m * m m m m m m m m m m m x m EDMOND ARCHAMBAULT Enrg, Les meilleurs pianos, tels que les pianos “ARCHAMBAULT” et “DAVID et MICHAUD”, deux marques tout à fait à l’honneur des nôtres et des experts en acoustique qui les ont lancées; instruments fabriqués avec des matériaux de tout premier ordre.Les plus artistiques au point de vue de la sonorité, du velouté, du “chanté” et du fini.Grand choix d’instruments: PIANOS, VIOLONS, HARMONIUMS, GUITARES, Etc., Etc.312-316, rue Ste-Catherine Est On trouvera également à cette même maison, le choix le plus complet et le plus conforme à l’actualité, en fait de musique religieuse, classique et profane.Bureaux de l’édition de la “S C H O L A CANTORUM” et du “CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE,” ce dernier _ _ affilié à l’université de Montréal.• MONTREAL m m m m m m m
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.