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Titre :
Prêtres et laïcs
Le mensuel Prêtres et laïcs fait suite à L'Action catholique ouvrière et se veut un instrument de travail pour les prêtres et les laïcs soucieux de l'évolution de la société québécoise. Il traite principalement de pastorale populaire et d'apostolat laïque.
Éditeur :
  • Montréal, :[Prêtres et laïcs],1967-1973
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Prêtre aujourd'hui
  • Successeur :
  • Dossiers "Vie ouvrière"
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Prêtres et laïcs, 1971-03, Collections de BAnQ.

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[" \u2014 DOSSIER La famille ouvrière MARS 1971 \u2014 VOL XXI PRÊTRES ET LAICS REVUE D'APOSTOLAT LAÏC ET DE PASTORALE POPULAIRE Sous la direction des aumôniers nationaux de l\u2019Action Catholique Ouvrière Jacques Lemay, o.m.i., directeur P.-E.Pelletier, o.m.i., Laurent Denis, o.m.i., Roger Poirier, o.m.i., Raymond Roy, Hubert Coutu, aumôniers nationaux de la J O C Secrétaire à la rédaction: Paul-Emile Charland, o.m.i.Abonnement: $5.00 pour un an; $9.00 pour deux ans; $0.60 le numéro Adresse: 1201, rue Visitation, Montréal 133, Qué.Canada Téléphone: (514) 524-1188 Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement n° 0220.\u201cFrais de port garantis si non-livrable\u201d.Imprimerie Notre-Dame (O.M.I.), Richelieu, Qué. sommaire Mars 1971 \u2014 Vol.XXI ÉDITORIAL La famille ouvrière Paul-Emile Charland, o.m.i.130 DOSSIER La famille ouvrière dans la société Philippe Garigue 133 La nouvelle loi d\u2019aide sociale: réflexions sur le bill 26 Fernande Benoit, t.s.M5 Le conseiller conjugal, un artiste de la communication Jean-Jacques Campeau, o.m.i.154 Profil d\u2019une pastorale familiale renouvelée Louise Bouvrette, J.-P.Cloutier 163 Réalisations familiales du diocèse de Québec Jean-Louis Fortier, pire 169 EXPÉRIENCES PASTORALES Comment vit un groupe de S.O.F.Yves Lajoie, ptre 173 Pastorale des milieux populaires Les stagiaires du C.P.M.O 179 Le Centre de pastorale en milieu ouvrier Claude Lefebvre, f.c.184 Un an de travail en usine André Pellerin, ptre 186 L\u2019Institut de pastorale familiale Université St-Paul, Ottawa 144 'amille ouutiète Chaque année nous réunissons un dossier sur la [amille, car nous croyons que c'est là que se joue le sort des hommes.Nous nous sommes arrêtés, cette année, sur la famille ouvrière, celle qui forme la base de notre société et qui, pour cette raison même, a le plus besoin de l'appui de la société.Nous connaissons déjà la thèse de Philippe Garigue sur la politique familiale.Il la reprend à notre intention, soulignant que les problèmes de la famille ne lui viennent pas de sa forme interne mais qu'ils lui viennent de l'extérieur, de la situation économique et culturelle que lui fait la société.De cette double difficulté, c\u2019est encore la famille ouvrière qui est le plus touchée.La situation économique de la famille ouvrière, on a tenté de l améliorer par le bill 26, ou la loi-cadre d'aide sociale.C\u2019est un effort qu'il faut reconnaître, mais cette nouvelle législation apporte-t-elle vraiment la solution désirée?Fernande Benoit, une travailleuse sociale, analyse ici la loi-cadre et trouve que malgré les améliorations réelles, elle est encore inadaptée à la situation des petit salariés et manque de dynamisme et d\u2019envergure.Le second problème auquel est affrontée particulièrement la famille ouvrière est la situation culturelle qui évolue rapidement et la préparation insuffisante des couples.L\u2019Institut de pastorale familiale de l'Université St-Paul s'est penché spécialement sur ce problème cette année, et une des conclusions que nous présente Jean-Jacques Campeau est l\u2019urgence de constituer chez-nous des centres de counselling familial à la portée de tous.Ainsi, beaucoup de problèmes familiaux, s'ils étaient pris à temps, éviteraient de dégénérer en conflits insolubles.La pastorale familiale, fort heureusement, occupe de plus en plus l'attention de prêtres et de laïcs.Deux diocèses nous ont fait parvenir dzdito\u2019iLaC JÇa 130 le bilan de leurs activités.A St-Jérôme.on a pris comme un deuxième souffle, une pastorale familiale renouvelée.Les anciens mouvements familiaux ne paraissant plus adaptés aux familles ouvrières, c'est autour de problèmes précis et de situations concrètes quelles préfèrent se regrouper.A Québec, la création d'un Office de Pastorale Familiale veut animer différents mouvements et services à la famille.Un de ces services vient de fêter son 25e anniversaire: le Service d'Orientation des Foyers.Fondé par l'action catholique ouvrière, le S.O.F., par sa pédagogie et son esprit, est fait à la mesure du couple ouvrier qui aspire à la participation.Yves Lajoie, aumônier national, nous livre la vie d'une équipe qui, depuis près de 10 ans, continue de se développer.Le S.O.F.a ainsi révélé à eux-mêmes des milliers de couples, devenus par la suite des parents heureux et des militants actifs.Plusieurs couples animateurs nous ont révélé, cependant, que leur plus grande peine était la difficulté de trouver des prêtres qui partageraient leur préoccupation pour le salut de la famille.L'Institut de Pastorale Familiale de l'Université St-Paul offrira cette année, en plus de son programme complet, une session d\u2019été de 10 jours pour prêtres et laïcs désireux de réfléchir sur la situation actuelle de la famille au Canada et de rechercher une pastorale qui lui soit adaptée.La mission ouvrière commence à prendre racines chez nous.Plusieurs efforts sont entrepris qui dénotent un engagement prometteur: le renouveau du Mouvement des Travailleurs Chrétiens, l\u2019expérience prudente mais audacieuse de prêtres-ouvriers, surtout la mise sur pied d'un centre de formation, le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier.Les premiers stagiaires nous livrent leurs réflexions sur le cheminement qu'ils ont accompli jusqu\u2019ici, tandis que le directeur-fondateur, le Père Claude Lefebvre, fait appel à la réflexion et aux suggestions de ceux et celles qui sont déjà engagés dans 1\u2018évangélisation du monde ouvrier.Comme plusieurs lecteurs nous l\u2019ont suggéré, nous voulons susciter la collaboration d\u2019un plus grand nombre à la rédaction de la revue; nous vous soumettons donc le sujet du prochain dossier.Depuis longtemps nous voulons aborder la question fondamentale de la foi et de la culture ouvrière.Foi et culture ouvrière: quels sont les traits caractéristiques de la culture ouvrière québécoise; comment la foi peut-elle s'exprimer à travers cette culture; connaissez-vous des expériences de l\u2019expression de la foi venant du monde ouvrier?Ces questions et celles qui s\u2019y ratta- 131 chent vous suggèrent-elles quelques réflexions: nous vous invitons à nous les faire parvenir d'ici la fin du mois de mars.En ce 20e anniversaire, nous désirons que la revue Prêtre et Laïcs devienne de plus en plus l\u2019affaire de tous ses lecteurs; nous en avons reconnu chez eux le désir à la générosité avec laquelle un très grand nombre d'entre eux ont répondu à l'invitation que nous leur avons faite.Au nom de toute l'équipe nous voudrions les remercier personnellement et les assurer de notre fidélité.Paul-Emile Charland, o.m.i.DOSSIERS DÉJÀ PARUS SUR LA FAMILLE Prêtres et Laïcs, juillet 1967 \u2014 Conférence internationale de la Famille Prêtres et Laïcs, janvier 1968 \u2014 Pastorale familiale Prêtres et Laïcs, mars 1969 \u2014 Où va la Famille?Prêtres et Laïcs, février 1970 \u2014 Pour une politique familiale 132 La famille ouvrière dans la société Philippe Garigue Je liai pas l\u2019intention de vous présenter quelque chose de sensationnel,1 probablement que j\u2019aurais de la difficulté à le faire, mais d\u2019essayer de vous présenter une thèse qui est le résultat à la fois de ma formation et de mes activités de conseiller des gouvernements, au Québec aussi bien qu'à l\u2019échelle internationale.La thèse, elle est difficile à énoncer, parce que ce n\u2019est que récemment que j\u2019ai pu moi-même la préciser de façon à ce qu elle soit assez claire; je vais la présenter par étapes, de manière à en faire valoir tous les aspects avant d\u2019arriver à la conclusion.I.Remise en question de la famille Comme vous le savez, à peu près partout dans le monde il y a, non seulement de la part des jeunes, mais de la part aussi du mouvement féminin, une remise en question plus ou moins systématique de la famille; ceci s\u2019ajoute à la remise en question qui a été faite traditionnellement par les mouvements ou les partis politiques dits radicaux, mouvements de gauche, socialistes, communistes, etc.Cette critique est devenue très importante dans la période récente, parce que des personnes extrêmement 1 Conférence prononcée à l\u2019Institut de Pastorale Familiale, Université St-Paul, Ottawa, en novembre 1970.133 bien intentionnées et dont on ne pourrait mettre en doute la bonne foi, ou même 1 intelligence ou les connaissances, parlent ouvertement de transformations majeures dans les relations hommes-femmes et parents-enfants.Ces personnes proposent d\u2019autres types de famille, comme nous allons le voir.Il existe, en effet, tellement d\u2019autres exemples à travers le monde, que l'on ne peut pas les écarter tout simplement et dire que ce sont des marginaux, des gens qui n'ont pas l\u2019intelligence voulue pour vraiment comprendre le problème.Il serait naïf de notre part de le croire.Il y a un autre fait qui s\u2019ajoute à celui-là lorsqu'on regarde la liste des problèmes sociaux: délinquance, drogue, criminalité, enfants illégitimes, etc, et que l\u2019on étudie le rapport des praticiens, que ce soit psychologues, travailleurs sociaux, etc.qui ont la tâche de les étudier et de réhabiliter les personnes.Dans un nombre de cas de plus en plus imposant, on trouve que la famille est l\u2019un des facteurs les plus importants dans l\u2019origine de ces problèmes.Si vous mettez ensemble ces deux faits, d\u2019un côté la remise en question de la famille, et de l\u2019autre l\u2019origine de beaucoup de problèmes sociaux, individuels ou collectifs, personne ne peut à ce moment-là être très heureux de la situation familiale d\u2019aujourd\u2019hui.Pour la défendre, il faudrait une foi que je ne possède pas, une foi aveugle que la famille telle qu elle existe aujourd\u2019hui chez-nous est la seule manière de vivre et qu\u2019il faut la défendre à tout prix.Je ne suis donc pas venu ici défendre la famille d'aujourd\u2019hui, parce que je crois, de fait, qu'elle provoque des problèmes chez les individus et qu\u2019il faut trouver des solutions.2.Origine des problèmes Il s\u2019agit de se demander d\u2019où viennent les problèmes, et pas seulement de dire que la famille d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est plus valable comme mode de préparation à la vie; il s\u2019agit de savoir quelles sont les origines des problèmes qui nous causent une montée de la délinquance, de la criminalité, des problèmes sociaux.Est-ce dû à certains types de relations à l\u2019intérieur de la famille d\u2019aujourd\u2019hui, ou est-ce dû à la famille elle-même qui, quoi qu\u2019il arrive, causera toujours des problèmes?Si nous arrivons à cette dernière conclusion, nous avons le droit de dire: \u201cAbo- 134 lissons la famille\u201d; nous n\u2019aurions pas le droit de défendre une institution qui serait la source première d\u2019une série de phénomènes pathologiques.Beaucoup de gens sont convaincus que cela est vrai.Ils voudraient que dans l\u2019Eglise on trouve une manière de vivre qui permette d\u2019éloigner les enfants des parents, et les adultes entre eux, lorsque les tensions commencent à entrer en jeu.Pour eux, la famille est peut-être encore un moment nécessaire dans la société pour reproduire les générations; mais étant donné qu\u2019il y a trop de population dans le monde, si on pouvait arrêter le taux de natalité à ce que les américains appellent \"Population growth Zero\", la notion de deux adultes qui seraient ensemble pour avoir un enfant, et de parents qui devraient rester ensemble pour bien élever leurs enfants, serait tout autre que ce qu\u2019elle a été par le passé et qu\u2019elle est maintenant.Quand vous joignez à cela d\u2019autres aspects, comme le développement de la personnalité libre, le plein épanouissement sexuel, la liberté de l\u2019individu, la transformation de la société dans l\u2019orientation que veut lui donner Marcuse, vous avez une critique extrêmement forte.Si alors vous allez aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suède, en Norvège, au Danemark, vous rencontrez des personnes très intelligentes qui vous disent: il est temps que vous, qui paraissez intelligent, vous reconnaissiez les faits et la situation.Tel est le problème.3.Essais de solution Quand nous cherchons la vérité sur la famille, le doute commence à entrer en nous au moment où l'on envisage, à titre de solution, d\u2019autres types de familles.a) Le Kibboutz Il y a la solution du kibboutz où hommes et femmes, travaillant à part, se rencontrent pour les relations personnelles, et où les enfants sont élevés par des personnes spécialisées qui peuvent leur donner les services dont ils ont besoin.Le kibboutz n\u2019est pas nouveau, il existe depuis bientôt 50 ans.C\u2019est là que la discussion commence à devenir intéressante.Si, en effet, on examine la vie dans les kibboutz, ont trouve certaine- 135 ment des situations qui sont, à certains égards, beaucoup plus favorables au développement de l'enfance que celles que l\u2019on trouve dans un grand nombre de familles de chez-nous où la pauvreté, les privations culturelles et autres facteurs que ces gens-là ne pourront jamais donner à leurs enfants ce qu un kibboutz donne aux jeunes.En même temps, vous retrouvez, entre hommes et femmes, des relations extrêmement satisfaisantes.b) La famille tribale L\u2019autre solution est le retour à la famille tribale que l\u2019on retrouve en Afrique, en Amérique Latine, en Asie.Elle reflète les modes de vie d'un certain type de société: société agraire, société de chasse, société dite tribale.Ces types de vie familiale se sont développés, non en raison d\u2019un choix délibéré par les individus qui les ont pensés, mais en fonction de la division du travail, des modes de chasse, de la possession du territoire, etc.; ce sont eux qui ont déterminé les structures sociales.Par exemple, la polyandrie de certaines tribus indiennes vient du fait que la terre devait rester dans les mains des femmes, puisque les hommes partaient pour la guerre et n\u2019étaient pas là pour la cultiver; il en est résulté un système matriarcal dans lequel la femme, restant seule avec ses enfants, c\u2019était elle qui avait la responsabilité, et ce n\u2019était pas son mari qui avait autorité sur ses enfants, mais son frère: système complexe permettant à une femme de se marier avec une série de frères de façon à maintenir l\u2019unité de la propriété de la terre.c) Les Communes Il y a des gens qui, sans aller si loin, disent qu\u2019il y a possibilité de mettre des familles en commun et de faire ce qu\u2019on appelle des \"communes\u2019\u2019.Il en existe en ce moment aux Etats-Unis, en Europe, quelques unes au Canada.Nous avons peu d\u2019informations sur ce qui se passe dans ces communes, mais l\u2019idée est celle-ci: des groupes relativement jeunes, des couples mariés avec ou sans enfants, se mettent ensemble et vivent une vie en commun, non sexuellement, se partageant les tâches, se partageant les responsabilités du revenu, celle d\u2019élever les enfants.L\u2019exemple le plus fameux est celle qu\u2019on appelle \"Commune 2 de Berlin\".Un livre a été écrit par les membres eux-mêmes, certains qui y ont vécu pendant deux ans.Or le résultat, pas encore concluant mais 136 assez important pour qu\u2019on puisse l\u2019accepter déjà comme une indication, est que les difficultés de vivre cette vie commune augmentent en fonction du nombre de personnes incluses dans ces groupes.Comme l\u2019indique le rapport de \"Commune 2\", les conflits développent les problèmes de personnalité, et un certain nombre ont dû subir des traitements psychanalytiques pour essayer de s\u2019en sortir.4.Valeur de ces essais Est-ce que c\u2019est le kibboutz, la vie en commun, l\u2019unité de groupe plutôt que l\u2019unité homme-femme et leurs enfants qui serait la base de la solution?Il existe en ce moment aux Etats-Unis plusieurs professeurs d\u2019université qui l\u2019affirment.La famille, à ses origines, n\u2019a pas été le couple, elle a toujours été la famille étendue, avec un nombre important de personnes pouvant remplacer le père ou la mère, au moins dans l\u2019ensemble.Les modalités de vie et de responsabilité faisaient que l\u2019attachement direct entre un homme et une femme n'était pas aussi psychologiquement demandant parce que le concept de l\u2019amour-passion n\u2019existait pas au même degré qu\u2019il existe chez-nous.Par ailleurs, l\u2019identification des jeunes avec les parents, ou d\u2019un parent avec son enfant, n\u2019existait pas au même degré, et les distorsions psychologiques qui existent chez-nous dans la relation amoureuse ou dans la relation parentale ne se présentaient pas.Il y a une tentation de dire que cela est fantastique et qu\u2019il faut revenir en arrière, qu\u2019il faut redécouvrir la vérité de la vie du groupe et la redistribution des responsabilités multiples entre toutes les personnes de la famille étendue.Pourquoi cette sélection que nous avons développée à un tel point dans la relation conjugale?Pourquoi cette identification nécessaire d\u2019un père ou d\u2019une mère avec son enfant?Pourquoi la nécessité de l\u2019adulte-père pour développer la personnalité de l\u2019enfant?Tout ceci, répondent-ils, sont des distorsions dues à l\u2019incroyable civilisation occidentale.Il y a des modèles de vie commune qui ont déjà démontré leur valeur et nous allons pouvoir vivre des modes de vie beaucoup plus satisfaisants, beaucoup moins tendus, beaucoup plus équilibrés.Il y a des livres écrits sur ce sujet: ils disent que le problème des relations extramaritales, de l\u2019infidélité, disparaît et est réglé une fois pour toutes.Or, chaque fois que l\u2019on commence à examiner en détail ce système de mariage de groupe, on voit que ce qui a contribué à développer ces 137 structures ne venait pas de 1 intérieur de la famille mais venait de l\u2019extérieur, du système économique par exemple.Est-ce que nous devons, nous qui sommes arrivés à un niveau de compréhension de ces problèmes, penser que notre solution c\u2019est d'adopter des systèmes économiques, des systèmes religieux, qui nous permettent de vivre de cette manière?Ne semblerait-il pas un peu naïf de croire que l\u2019on puisse copier des systèmes familiaux venant d\u2019autres sociétés?De plus, on s\u2019aperçoit qu\u2019il y a des failles dans ces systèmes de famille communautaire.Les enfants élevés dans le kibboutz, par exemple, comparés à des enfants de familles de classe moyenne, élevés normalement, souffrent de privations psychologiques partielles: leur adaptation est complète à leur société, mais aussitôt que vous les sortez de ce groupe ils ont une grande difficulté, il leur faut un milieu qui est semblable, celui de l\u2019armée par exemple.Avant, donc, d\u2019adopter un système, il faut voir que lui aussi comporte des problèmes: nous ne devons pas l\u2019adopter sans discernement.Il faut nuancer, il faut dire en fonction de quelle situation: est-ce valable dans nos sociétés modernes, dans nos concentrations urbaines de un million d'habitants?Nous voyons donc que les trois exemples cités n\u2019offrent pas les solutions qui pourraient, en toute certitude, apporter une amélioration à la famille monogamique basée sur la notion de couple.Une conclusion s'impose: quelque soit le mode de vie familiale auquel nous pouvons penser, il y aura des problèmes.Je pense que c\u2019est une conclusion que nous devons accepter: il n\u2019y a pas de vie familiale heureuse sans qu\u2019elle ait à affronter des difficultés.Venir à ce genre de conclusion, je ne pense pas que ce soit naïf, parce que cela nous permet de repartir dans une autre direction, cela nous permet de dire que ce n\u2019est pas en tournant le dos à la famille d\u2019aujourd\u2019hui que l\u2019on va solutionner les problèmes de la famille.5.Les difficultés de la famille D\u2019où viennent ces problèmes?Nos recherches nous ont suffisamment indiqué que la vaste majorité des difficultés familiales viennent de trois ordres de problèmes: la situation économique, l\u2019incompétence psychologique des individus, le conflit entre la famille et la société.138 a)\tLa situation économique des familles Lorsque le niveau des ressources ne permet pas de faire face aux demandes et aux besoins de la famille, alors des problèmes vont se poser.La notion de besoin est une notion minimum, celle de demande vient s\u2019ajouter, mais elle est parfois aussi exigeante.Ainsi, la société de consommation a des demandes autrement plus grandes que d\u2019autres milieux.Le problème est justement que ces familles vivent dans une société de consommation: alors on va voir les difficultés grandir en raison même des mille demandes que les adultes et les enfants vont avoir et auxquelles ils ne peuvent pas répondre.La première conclusion de toutes les recherches qui ont été faites est qu\u2019un grand nombre de problèmes familiaux sont causés par des difficultés économiques comme le chômage, l\u2019impossibilité de satisfaire les besoins de base ainsi que les besoins culturels.Vous connaissez la différence entre les besoins de base et les besoins dits sociaux, culturels: la privation culturelle est aujourd'hui une donnée inévitable qui a été démontrée amplement, par exemple par la situation des familles noires aux Etats-Unis.b)\tL\u2019incompétence des individus Un deuxième ordre de problèmes, c'est l\u2019incompétence des individus dans certains domaines de la vie, incompétence qui vient d\u2019un manque d\u2019information ou d\u2019une personnalité qui n\u2019a pas été préparée aux relations dans lesquelles elle s\u2019engage.c)\tLe conflit entre la famille et la société Un troisième ordre de problèmes vient du fait que les individus arrivent à des moments où il y a conflit entre ce qu\u2019ils veulent faire et les normes sociales de leur environnement.Ainsi, un moment très difficile pour les familles c\u2019est le conflit entre la définition de la famille et la définition de la société.L\u2019exemple le plus brillant de ceci est le développement de l\u2019éducation dans une société moderne.La cause principale des conflits entre les générations, ceci a été la grande découverte de nos recherches, ce n\u2019est pas l\u2019attitude des parents, mais ce sont les valeurs qu\u2019enseigne le système d\u2019éducation aux enfants, et le décalage qui se produit entre les enfants assez éduqués et les parents qui ont d\u2019autres valeurs et d\u2019autres points de référence.Ceci peut aller très loin, spé- 139 cialement lorsque le système d éducation dévalorise systématiquement les valeurs traditionnelles: à ce moment-là le gouvernement, ou la société, crée un système d éducation qui détruit systématiquement les relations familiales.Nous en avons tellement d exemples ici au Québec.On peut montrer des cas où, par exemple, la régionalisation de l\u2019éducation a créé la désintégration familiale dans certaines de nos régions.Nous voyons donc que si l\u2019on regarde les phénomènes de causalité, 1 on peut voir que ce n\u2019est pas la notion de famille monogamique responsable de ses enfants qui est à l'origine même des problèmes familiaux.Quelque soit le mode de vie familiale vous aurez des problèmes.Il y a possibilité d\u2019améliorer le système autrement qu\u2019en tournant le dos à la famille monogamique.6.La solution aux problèmes de la famille Je suis président d\u2019une organisation internationale et je rencontre différents types de familles.Lorsqu\u2019on commence à les étudier, on découvre que chaque pays a des problèmes familiaux qui ont les mêmes causes que pour la famille monogamique: problèmes au niveau économique, problèmes d\u2019incompétence pour remplir les rôles, problèmes de confit entre la définition des normes familiales et des normes de la société.On arrive à la conclusion que, s'il y a des modes de structures de relations familiales qui semblent plus ou moins meilleures que les autres en fonction du mode d\u2019organisation de la société, la plupart des problèmes familiaux ne viennent pas de la structure de la famille.La polygamie, par exemple, solutionne des problèmes mais en crée d\u2019autres.Une chose est évidente, c\u2019est que la vaste majorité des problèmes de relations familiales sont la conséquence de phénomènes extérieurs à ces structures.Suis-je alors complètement relativiste?Non, mais je pense que, de fait, chaque modalité familiale est adaptée à un type de société différent.Or nous sommes dans la société occidentale, société hautement individualisée et dont tous les concepts religieux, tous les concepts de valeur sociale portent sur l\u2019individu.Il est inévitable qu\u2019un concept autre que ceux qui portent sur l\u2019individu, entrera en conflit avec notre mode de socialisation.Nous retrouvons là la raison pour laquelle le mode de vie monogamique s\u2019est développé en relation avec toute notre conception de la vie sociale.Je ne veux pas établir ici une échelle de valeur entre la 140 polygamie et la monogamie; je tenais seulement à souligner que chaque fois qu\u2019une société a pris le chemin de l\u2019industrialisation et de l\u2019urbanisation massive, elle est passée du système polygamique au système monogamique.a)\tNon seulement au niveau de l'individu.Vous voyez les problèmes que tout ceci me pose.La grande question est: qu\u2019est-ce qu\u2019on fait après avoir découvert cela?Est-ce qu\u2019on va en rester uniquement au niveau des personnes: offrir des cours de préparation au mariage, apprendre comment se comporter dans le couple, donner une certaine compétence dans la relation avec les enfants?Tout ceci est important, tout ceci doit être fait mais est-ce que cela va solutionner ceux des problèmes familiaux qui ne sont pas dus à l'action des individus dans la famille, mais qui viennent de l\u2019extérieur?Les conclusions soulignent avec évidence, par exemple pour les familles noires aux Etats-Unis, ou pour nos propres familles ici au Québec, que nous ne pouvons solutionner les problèmes de la famille simplement en solutionnant ceux de l\u2019individu, si vous le laissez seul à faire face à une situation où c\u2019est la société elle-même qui crée les problèmes.b)\tmais surtout au niveau de la société.Pour la vaste majorité des problèmes familiaux, vous laissez la famille impuissante dans cette société.La question qui se pose est alors la suivante: comment arriver à solutionner des problèmes dans un monde qui est essentiellement un monde organisé.Quand on a voulu introduire l\u2019allocation familiale au Canada, à la fin de la deuxième guerre mondiale, pour imiter ce qui se faisait en Angleterre, il y a des gens qui ont protesté, ils disaient: on va maintenant toucher à l\u2019autorité du père, on va détruire la famille.Il ne faut jamais, disaient-ils, toucher à la famille de l\u2019extérieur, il ne faut jamais enlever ce qui fait l\u2019essentiel de la famille, c\u2019est-à-dire ce mode de relations intimes, personnelles, dans lequel les individus sont entièrement libres de ce qu\u2019ils font dans la famille.Déjà, avec ce dernier mot, vous savez très bien que j\u2019exagère.Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, ce genre de vie familiale, non seulement n'a plus de sens, mais produit des problèmes.Si la famille a besoin de vivre sa vie à elle, sa vie affective personnelle, elle ne peut pas faire 141 face seule aux problèmes que lui imposent, par exemple, l\u2019urbanisation, 1 industrialisation, l\u2019éducation, les problèmes de santé et de loisir.Elle n a plus son jardin, sa cour où les enfants peuvent jouer.Il faut donc organiser autour de la famille toute une série de services de logement, de loisir, de santé, de travail, etc.Non pas qu\u2019il faille remplacer la famille, c\u2019est ce que nous avons découvert, mais de façon à permettre que les tensions qui causent les problèmes soient minimisées.Ici 1 argument va très loin et la notion de politique familiale se développe.Politique familiale: non pas une politique sociale visant à aider la famille, mais une politique sociale qui conçoit que la famille est la donnée de base dans le développement de la personnalité des jeunes et dans la satisfaction des besoins des adultes.Tout ce dont l\u2019homme a besoin dans une société moderne, il faut qu\u2019on la lui donne à travers sa famille.Le donner à travers sa famille, c\u2019est fournir justement à la famille les services de santé, d\u2019éducation, etc.qui soient non pas des services en général, mais des services qui permettent à la famille de fonctionner normalement.Ici, le débat est très vaste.La notion de politique familiale est une notion nouvelle chez-nous; dans d'autres pays elle est plus claire et ils ont plus d\u2019expérience que nous.Le débat se résume à ceci: il ne s\u2019agit pas de donner un effritement de services, chaque Ministère donnant un service à la famille, il s\u2019agit que les services soient coordonnés de façon à ce que la famille puisse en bénéficier, car c\u2019est elle qui donne finalement ce dont l'individu à besoin, et non pas le Ministère.c) avec la participation des familles.La question qui se pose immédiatement est: quelles seront les priorités, qui aura à définir les besoins des familles, de quelle manière on va organiser les services.Car c\u2019est là où se pose finalement l\u2019autre grande question: si vous faites tout ceci vous mettez inévitablement la famille en dépendance du Ministère.Ce sera encore pire que maintenant.La mère dira: je ne suis pas responsable parce qu\u2019on ne m'a pas donné ce qu\u2019il faut.Où sera le sens des responsabilités des époux et des parents si ce sont les ministères qui ont toutes les responsabilités?C\u2019est là qu\u2019il faut être très attentif à ne pas créer une situation de dépendance.La situation de dépendance détruit le sentiment de responsabilité: pour que quelqu\u2019un se sente responsable de ses actions, il doit être capable de prendre ses propres décisions.Comment, alors, amener 142 les parents à garder le sentiment de leurs responsabilités dans une société où il faut donner certains services à la famille?Je crois, et ceci est la thèse que j\u2019avance parce qu\u2019elle a été réalisée dans d\u2019autres pays, que c\u2019est la participation politique des familles aux décisions qui les concernent qui amènera cette solution.La notion de participation telle qu elle se développe aujourd\u2019hui est la notion-clef pour amener certains groupes au sentiment de leur responsabilité dans la société.Ce même principe s\u2019applique à toute personne, à tout groupe: si vous voulez développer des groupes responsables il faut qu\u2019ils participent aux décisions.Si vous voulez développer des parents responsables, ils doivent être amenés à participer aux décisions concernant la santé, l\u2019éducation, les loisirs, etc.Comment, dans la société moderne, développer une politique familiale qui offre aux familles des services pour qu\u2019elles puissent fonctionner normalement et donner aux individus ce dont ils ont besoin; et comment faire participer les familles aux décisions concernant ces services: tel est le problème d\u2019aujourd\u2019hui, non seulement au Canada, mais dans tous les pays du monde.Je conclurai donc avec ceci: ce n\u2019est pas en tournant le dos à la famille d\u2019aujourd\u2019hui, mais en essayant de localiser la cause réelle des problèmes familiaux qu\u2019on pourra les solutionner.Une fois qu\u2019on les aura localisés, essayer de trouver des solutions, mais des solutions qui évitent de mettre les familles, c\u2019est-à-dire les parents et les enfants, dans une situation de dépendance vis-à-vis la société dans sa totalité, vis-à-vis le gouvernement.Or selon moi, la seule solution c\u2019est que les parents en tant que citoyens d\u2019un pays, et aussi en tant que parents qui craignent pour l\u2019avenir de ce pays, participent à la mise en place d\u2019une politique familiale.143 PROGRAMME EN PASTORALE FAMILIALE 10 JOURS Session de réflexion théologique et pastorale \"UNE PASTORALE POUR LA FAMILLE\" du 21 JUIN au 2 JUILLET 1971 \u2022\tRéflexion sur la situation actuelle de la FAMILLE au CANADA \u2022\tRecherche d'une PASTORALE pour notre temps.PROGRAMME D'UNE ANNÉE EN PASTORALE FAMILIALE UNE ANNÉE i Pour les prêtres, les laïques les religieux et les religieuses \u2014\tqui veulent se préparer au rôle de conseillers ou d'animateurs auprès des couples et des familles \u2014\tqui désirent exercer une responsabilité dans des organismes au service de la famille.Sociologie \u2014 Théologie \u2014 Psychologie anthropologie \u2022 droit familial \u2022 animation counseling \u2022 recherche \u2022 etc.Programme conduisant au grade de _ Maîtrise en Pastorale, secteur de la famille À L'UNIVERSITÉ SAINT-PAUL Pour renseignements, écrire à: Secrétariat Institut de Pastorale Université Saint-Paul 223, rue Main Ottawa, Ont.KIS IC4 Réflexions sur le Bill 26 La nouvelle loi d\u2019aide sociale Fernande Benoît, travailleuse sociale Situation des familles à faible revenu Problèmes multiples, liés les uns aux autres.Le Bill 26 a été conçu pour venir en aide à cette catégorie de la population québécoise définie comme étant économiquement faible ce qui comprend les sans-travail et les gagne-petit.Les problèmes de ce groupe sont multiples.Ce sont principalement des problèmes de travail, de logement, de santé et un faible degré de scolarité.Tous ces problèmes sont intimement liés les uns aux autres.Un travail mal rémunéré ou l\u2019absence de travail se traduit sous forme de logements insalubres et d\u2019une nourriture inadéquate.Ces facteurs ont sur la santé des répercussions néfastes et l\u2019on sait, d\u2019après une enquête récente, combien la santé de la population du Québec laisse à désirer.La pauvreté est une source de frustrations constantes et d'humiliation.Sans compter des problèmes d'ordre psychologique qui se traduisent par un sentiment d\u2019humiliation et une profonde dévalorisation de la personnalité, surtout en ce qui a trait aux hommes à qui incombe la tâche de gagner le pain quotidien.Il n\u2019y a plus de mérite à être pauvre dans une société industrialisée comme la nôtre.Au contraire, la pauvreté est une source de frustrations constantes lorsque tant de biens de consommation sont offerts ostensiblement à tout un chacun, pauvre comme 145 Problèmes\tqui minimisent\tles chances de réhabilitation:\tla scolarité et l'endettement.\triche.Et les mal nantis n\u2019échappent pas plus que les bien nantis à la sollicitation.Ceci touche à deux problèmes qui ont pour une famille à faible revenu de graves conséquences, la scolarité et l\u2019endettement, et qui miniminisent singulièrement les chances de réhabilitation et d\u2019avancement de ses membres.La scolarité dans notre société est affaire de planification à long terme.La planification dans une famille à faible revenu est à très court terme: comment payer le loyer, les comptes d\u2019électricité et de gaz, où trouver l\u2019argent pour habiller les enfants pour l\u2019école.Elle se fait au jour le jour et les échéances pèsent lourdement à la fin de chaque mois.Et les dépenses augmentent d\u2019année en année sans que les revenus augmentent pour autant.Dans une société telle que la nôtre ces dépenses ont trait à des nécessités.Les tensions économiques aggravent les tensions psychologiques.\tIci entre en jeu le crédit: crédit pour l\u2019ameuble-ments, pour les vêtements, crédit chez l\u2019épicier du coin, sans compter les comptes médicaux, et, lorsque les dettes se sont accumulées, il reste le recours à des maisons de finances.L\u2019endettement ne touche pas que cette catégorie de notre population, mis il la touche de façon plus tragique.En effet, les chances de s\u2019en sortir sont, pour une famille pauvre, bien faibles: ces familles sont perpétuellement essoufflées.Les enfants quittent l\u2019école le plus tôt possible pour travailler et alléger le fardeau familial.De plus, l\u2019atmosphère à la maison n\u2019est guère propice aux études, car les tensions économiques compliquent et aggravent les tensions d\u2019ordre psychologique qu\u2019on peut trouver dans une famille.Le bill 26 peut-il remédier à ces problèmes?\tC\u2019était un bref tableau des conditions de vie d\u2019une famille à faible revenu.Le Bill 26 peut-il remédier de quelque façon aux problèmes avec lesquels ces familles sont aux prises?Si l\u2019on cherche à analyser la nouvelle loi de l\u2019aide sociale, il y a deux facteurs à considérer: le but qu\u2019on se propose et les moyens mis en œuvre pour l'atteindre.146 Analyse de Son appellation est trompeuse.Elle est axée sur le travail et le revenu qu'il apporte.La réadaptation quelle vise est en fonction du travail.la nouvelle loi-cadre Le premier point à signaler est l\u2019appellation même de la loi.On a remplacé le mot assistance par le mot aide.Ceci laisserait supposer qu\u2019on a envisagé une conception beaucoup plus large des besoins sociaux et une politique de bien-être qui permettrait de combler ces besoins.Or, en étudiant le texte de la loi, on se rend compte qu\u2019elle n'est rien d'autre qu\u2019une loi d'assistance financière.L\u2019article 6 de la loi se lit comme suit: L\u2019aide sociale comble les besoins ordinaires et spéciaux d'une famille ou personne seule privée de moyens de subsistance.(souligné par l\u2019auteur) On constate donc que la loi est axée sur le travail et le revenu qu\u2019il dispense.Les articles 8 et 9 qui se rapportent aux personnes ou aux familles non privées de moyens de subsistance ont été conçus dans le même sens.Ils permettent de combler les besoins spéciaux et ordinaires de ces personnes ou familles advenant le cas où elles courraient le risque d\u2019être privées de moyens de subsistance.En définitive, l\u2019aide sera accordée aux détenteurs d\u2019un emploi s\u2019il y a danger pour la santé ou risque de dénuement total, tel que spécifié dans ces articles.Elle n\u2019a pas de ce fait un caractère obligatoire.Enfin, lorsqu\u2019il est question dans la loi de réadaptation, on sous-entend toujours la réadaptation au monde du travail.L'article 10 en fait foi: Une famille ou personne seule à qui l\u2019aide sociale a été accordée en vertu de l\u2019article 6 peut continuer à recevoir cette aide après qu'elle a retrouvé ses moyens de subsistance, si cette aide est nécessaire pour assurer la réadaptation complète et permanente du chef de cette famille ou de cette personne seule suivant le cas.(souligné par l\u2019auteur) 147 En quoi consiste cette assistance financière?Au-L'azsistance fi-\ttrement dit, quel revenu annuel assure-t-elle?Si on nancière prévue,\tprend une famille-type de deux adultes et de deux en- fants, âgés de 10 à 15 ans (l\u2019assistance varie selon l\u2019âge des enfants), on obtient le tableau suivant: Assistance allouée\t$2,676.00 Allocations familiales\t235.33 Revenu annuel\t$2,911.33 A noter que l\u2019assistance est fixe en ce qui a trait à la nourriture et aux vêtements, mais peut varier quand aux frais de logement.Notre famille-type pourrait donc recevoir un maximum de $3,450.environ, mais pourrait également recevoir moins de $2,911.33, Il y a cinq ou six ans, une famille de quatre personnes ayant un revenu de moins de $3,000 était classée parmi les familles pauvres.Ceux qui sont ê-ligibles à l'assistance.Considérons maintenant une famille de quatre personnes, mais dont le chef de famille travaille.A partir de quel revenu cesse-t-elle d'être éligible à une allocation pour ses besoins ordinaires?(dans tous ces cas, nous considérons le revenu net) Revenu hebdomadaire\t$ 50.00\t$ 60.00\t$ 65.00\t$ 70.00 Revenu annuel du travail\t2600.00\t3120.00\t3380.00\t3640.00 Allocations familiales\t235.33\t235.33\t235.33\t235.33 Revenu annuel\t$2835.33\t$3355.33\t$3615.33\t$3875.33 Assistance allouée\t988.08\t468.00\t208.08\t Nouveau revenu annuel\t$3823.41\t$3823.33\t$3823.41\t 148 L'allocation pour le s besoins spèciaux.Le droit d'appel et les sanctions.Nous constatons que le revenu annuel d\u2019une famille-type dont le chef de famille travaille a été fixé à $3,823 environ.Avec un revenu de $70.00 par semaine, une famille n'est plus éligible à une allocation pour ses besoins ordinaires.Elle pourrait être éligible à une allocation pour ses besoins spéciaux en autant que leur coût dépasse $52.00 (par année).Avec un revenu de $80.00 par semaine, il y a peu de chances qu\u2019une famille obtienne de l\u2019aide pour ses besoins spéciaux.L\u2019excédent de ses revenus par rapport à ses besoins ordinaires étant de $572.(par année) et la couverture allouée pour les besoins spéciaux étant limitée.A noter que dans tous ces cas, le coût des besoins ordinaires est celui fixé dans les Règlements se rapportant au Bill 26.Les autres points importants de la loi sont la catégorisation des besoins, le recours possible aux sanctions et le droit d\u2019appel.Les besoins sont divisés en besoins ordinaires, comprenant la nourriture, le logement et les besoins personnels et domestiques, et en besoins spéciaux ayant trait principalement à la santé, tels que médicaments, lunettes, etc., et au retour au travail, coût de transport pour la recherche d\u2019un emploi, coût d\u2019un cours de formation, etc.L\u2019appel est un mécanisme qui a été créé pour sauvegarder les droits des citoyens.Advenant le cas où une personne se croit lésée dans ses droits, elle peut avoir recours à la \"commission d\u2019appel de l\u2019aide sociale\u201d formée de six membres nommés par le lieutenant-gouverneur en conseil.Par contre, dans certains cas, l\u2019aide sociale peut être refusée, discontinuée, suspendue ou réduite: par exemple, si une personne n\u2019accepte pas ou ne se conforme pas à un plan de relèvement, refuse ou abandonne un emploi, refuse ou néglige d\u2019exercer ses droits ou recours (articles 9 et 12).149 Les lacunes de la nouvelle législation Telle que conçue la loi de l\u2019aide sociale ne colle pas à la réalité de notre époque, elle comporte d\u2019importantes lacunes, elle risque de léser le citoyen dans ses droits fondamentaux, enfin elle manque d\u2019envergure.Elle est basée sur l'hypothèse du retour au travail, alors que le chômage ne cesse de grandir avec l'industrialisation.Elle est basée principalement sur l\u2019hypothèse du retour au travail de la grande majorité des sans-emploi?A l\u2019époque de l\u2019automatisation, est-ce bien réaliste?Nous savons qu'une grande partie de la main-d\u2019œuvre est déjà déclassée et qu\u2019elle le sera davantage dans un avenir peut-être pas tellement éloigné.Le chômage a même commencé à atteindre les couches professionnelles de la population.Jusqu\u2019à quel point peut-on espérer remettre sur le marché du travail un homme de 45 ans dont la santé est atteinte, lorsqu'on sait qu'à cet âge les chances de trouver un emploi vont en décroissant même pour un bien portant?Or, dans cette catégorie de la population que la loi vise, un homme de 40 ans en mauvaise santé est malheureusement loin d\u2019être une exception.Le faible degré de scolarité ne permet plus de répondre aux exigences du tra-rail.Qu\u2019on considère maintenant le faible degré de scolarité de cette population.Beaucoup n\u2019ont qu\u2019un diplôme d\u2019études primaires, quand ce n\u2019est pas trois ou quatre années de scolarité.Jusqu'à quel point espère-t-on éduquer cette population pour qu\u2019elle puisse répondre aux qualifications exigées à l\u2019heure présente sans tenir compte de celles qui seront exigées demain?D\u2019autant que, passé un certain âge, les capacités pour apprendre diminuent quand il n\u2019y a pas eu un entraînement continu dans l\u2019enfance et la jeunesse.La démarcation entre les sans-travail et ceux qui détiennent un emploi n'existe pas dons les laits.Enfin, la loi établit une démarcation entre les sans-travail et ceux qui détiennent un emploi.Cette démarcation n\u2019existe pas dans les faits.Celui qui travaille aujourd\u2019hui sera peut-être en chômage demain et vice versa.Ils ont les uns et les autres les mêmes problèmes et les mêmes qualifications, ou la même absence de qualifications.Ils appartiennent en général à une main-d'œuvre non spécialisée.150 Ceux qui ont peu d'espoir de retourner au travail sont condamnés à perpétuer une génération de défavorisés.Aucun mécanisme n'a été prévu pour permettre la réhabilitation.Les structures administratives de l'assistance sociale sont encore inhumaine et ont souvent une attitude punitive.Ceux qui ont peu d\u2019espoir de retourner au travad soit à cause d\u2019une incapacité physique ou mentale, soit à cause de leur situation, c\u2019est Je cas des mères chef de famille, ont la perspective de vivre avec ce qu\u2019on peut considérer dans notre contexte comme un revenu de famine.Le petit salarié, lui, pourra atteindre un revenu de $3,875 ( famille-type).Ces gens sont donc contraints de vivre dans la pauvreté.Et ils ont pour la plupart charge d'enfants.L\u2019on sait qu'une génération de défavorisés produit une autre génération de défavorisés.A l\u2019heure actuelle, le taux de scolarité chez les jeunes dans ces milieux est bas \u2014 la plupart n\u2019ont pas complété leurs études secondaires \u2014 et le taux d\u2019absentéisme scolaire est élevé.En établissant ses barèmes, dont les taux sont les plus bas au Canada, Terreneuve compris, le gouvernement s\u2019est préparé le plus sûrement du monde toute une autre génération qui sera demain à sa charge.La loi de l\u2019aide sociale a été conçue en fonction du retour au travail.Cependant, aucun mécanisme n\u2019a été prévu dans la loi pour permettre et favoriser la réhabilitation.On compte sans doute sur les services existant déjà qui sont nettement insuffisants, quand ils ne sont pas inadéquats.Il faudrait repenser l\u2019éducation des adultes, surtout en milieu défavorisé, et l\u2019orienter différemment.Est-ce bien nécessaire et bien réaliste d'apprendre à des hommes faits les règles de la grammaire?De plus, il faudrait transformer profondément les structures administratives existantes.Les bureaux de bien-être, du moins à Montréal, favorisent beaucoup plus la \"déshabilitation\u201d que la réhabilitation.Les officiers de bien-être ont trop souvent une attitude punitive.Celui qui fait une demande ignore le plus souvent le nom de l\u2019officier de bien-être et, d\u2019une fois à l\u2019autre, il change d\u2019officier.Il doit venir au moins deux fois avant d\u2019être entendu, quand ce n\u2019est pas plus.La première fois, on lui donne un numéro et on fixe le jour de son entrevue.Ce qui ne l\u2019empêche pas ce jour-là d\u2019attendre pendant des heures.Très souvent, il ne reçoit que des 151 rebuffades et il est lésé dans ses droits, qu\u2019il ignore la plupart du temps.Ne pourrait-on pas donner des rendez-vous par téléphone comme cela se pratique dans d autres services?On pourrait également mettre sur pied des services d\u2019urgence pour les cas qui ne peuvent attendre.On pourrait aussi former une équipe de conseillers qui renseignerait les gens sur leurs droits et sur les recours dont ils disposent.Il serait préférable que cette équipe ne soit pas reliée aux bureaux de bien-être.Les comités de citoyens devraient être représentés à la \"Commission d'appel\".On trouve malheureusement dans l\u2019esprit de la loi une attitude punitive.Le ministre se réserve le droit d\u2019appliquer des sanctions si quelqu'un ne se conforme pas au plan qui lui est proposé.Ce droit de sanction comporte un grave risque d'atteinte au droit de chacun à s\u2019auto-déterminer.De plus, de telles sanctions ne favorisent en rien la réhabilitation.Par exemple, on a très souvent forcé des épouses abandonnées à lever un mandat contre leur mari, ce qui diminue toujours beaucoup par la suite les chances de réconciliation et d\u2019entente.Bien sûr, on a institué un mécanisme d\u2019appel, mais tous les membres de la commission d\u2019appel sont nommés par le gouvernement.Les comités de citoyens devraient être représentés à cette commission.La nouvelle loi risque de créer beaucoup de mécontentement et de désenchantement.En réalité, la loi de l\u2019aide sociale ne modifie à peu près pas les conditions de vie des assistés sociaux et apporte aux petits salariés une aide très restreinte.Elle risque surtout de créer beaucoup de mécontentement et de désenchantement.On remarque que le gouvernement a tenu avant tout à ne pas augmenter ses dépenses.Les besoins spéciaux énumérés dans les Règlements étaient presque tous couverts auparavant.D\u2019ailleurs, la catégorisation des besoins introduite dans la loi est plutôt artificielle et ne tient pas compte de tous les besoins, comme les besoins de participation ou les besoins de loisir, par exemple.Il y aurait dans ce domaine beaucoup de services à créer au niveau des parents et des enfants.Pourquoi n\u2019y aurait-il pas de classes de neige pour les enfants défavorisés?Sans oublier des services de garderies dont le manque se fait cruel- 152 lement sentir.Il faudrait aussi mettre sur pied des services d\u2019information, budgétaire, légale, etc., qui soient à la portée des gens.Conclusion Cette loi a été conçue dans un esprit plus négatif que positif: elle manque de dynamisme et d'envergure.Cette analyse démontre que la loi de l\u2019aide sociale, sous sa forme actuelle, n\u2019apporte aucune solution dynamique aux problèmes des classes défavorisées.Même à supposer que le plein emploi soit rétabli, leurs problèmes de logement, de scolarité et d\u2019endettement ne seront pas résolus pour autant.L\u2019assurance-maladie est un pas en avant, mais elle n\u2019englobe pas tous les aspects de la santé.Il est bien évident que les allocations sociales allouées ne permettront pas aux moins fortunés de se nourrir convenablement.Nous voyons là le danger qu\u2019il peut y avoir à compartimenter les besoins.Cette loi a été conçue dans un esprit plus négatif que positif, un esprit qui n\u2019est pas toujours attentif aux besoins des Québécois du 20 siècle.Elle rappelle par certains côtés le \"New Poor Law\u201d promulgué dans l\u2019Angleterre de 1834.Nous sommes entrés dans l\u2019ère industrielle bien après nos voisins du sud et de l\u2019ouest.Peut-être pourrions-nous maintenant, en politique sociale, sauter quelques étapes.153 Le conseiller conjugal, un artiste de la communication Jean-Jacques Campeau, o.m.i.Institut de Pastorale Familiale \"Le tragique apparaît seulement quand la femme devient une personne.\" E.Mounier Oui, 11,030 dossiers de divorce civil à Montréal au cours des deux dernières années! Ce chiffre comte fragilité du mence à être familier, du moins à ceux que l\u2019avenir de la famille au Québec préoccupe.\u201cOn considère maintenant le mariage comme une institution fragile plutôt qu\u2019un état stable\u201d, nous dit-on dans le Rapport de la Commission Royale d\u2019enquête sur la situation de la femme au Canada1.Pourquoi des conseillers conjugaux La crise du mariage, liée à l'émancipation de la femme.Les conséquences de la crise que traversent la famille et le mariage ne sont pas faciles à mesurer.Cette crise, à mon avis, est liée très fortement au phénomène, somme toute assez récent, de l'émancipation de la femme que connaît surtout notre société nord-américaine2.Auparavant on ne pouvait vraiment pas parler de couple, puisque pour parler de couple il faut que les deux con- 1\tRapport sur la situation de la femme au Canada, page 286.2\tLe deuxième sexe, de Simone de Beauvoir a été écrit en 1949, et The Feminine Mystique de Betty Friedan, en 1963.154 joints aient au moins voix au chapitre, sinon toute leur liberté.\u201d Le tragique en effet, écrit Mounier, apparaît seulement quand la femme devient une personne.\u201d Le progrès technique et scientifique a profondément influencé la vie de la femme.Les rapides changements, les progrès techniques et scientifiques, l\u2019urbanisation, l\u2019industrialisation et les découvertes médicales des 20 ou 30 dernières années ont profondément influencé la façon de vivre des femmes, et partant, de la famille.Qu\u2019on pense par exemple à la batterie de cuisine de nos grand-mères et à celle des jeunes femmes d\u2019aujourd\u2019hui, au travail de la femme mariée3, au contrôle des naissances4, à l\u2019avortement5.Et que dire de nos 11,030 requêtes en divorce?Nouvelle chance pour le mariage avec la promotion de la femme.Ce tableau peut sembler pessimiste.Et bien, qu\u2019on laisse les chiffres de côté et qu\u2019on regarde vivre un peu la famille moyenne, celle que l\u2019on rencontre tous les jours, celle \u201cqui tient encore\u201d: on s\u2019apercevra que la remise en question est radicale.Des croyances et des traditions qu\u2019on croyait fortement enracinées sont ébranlées.Le mariage a perdu son caractère sacré et s\u2019est laïcisé, l\u2019autorité paternelle est en perte de vitesse, etc.C\u2019est non seulement la répartition traditionnelle des rôles féminins et masculins qui change, mais aussi la conception même du mariage et de la famille.\"Si l\u2019on veut vraiment assurer aux femmes une réelle égalité, les idées au sujet du mariage doivent changer également.Dans le mariage, mari et femme doivent devenir des partenaires, chacun étant libre d\u2019exercer un métier ou une carrière, et les deux se partageant également les responsabilités de la maison et de la famille.Les liens familiaux se resserreraient alors de nouveau parce que ni la femme ni l\u2019homme ne se sentiraient pris au piège dans le mariage, comme cela arrive souvent6.\u201d 3\tEn 1968 les femmes constituaient 34.4 pour cent de la population active au Canada, dont la moitié étaient mariées.4\tLe nombre moyen d'enfants par famille qui était de 8 au siècle dernier, est passé à 3 en 1961, et cela bien avant l'usage généralisé de la pilule contraceptive.5\tLe Dr Serge Mongeau, dans son livre \"Lavortement\", parle de 10,000 à 25,000 avortements par an, seulement au Québec.6\tUn mémoire présenté à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme.155 La famille s'organise différemment.Selon plusieurs sociologues, la famille est en train de s\u2019organiser de façon différente et devrait sortir de cette crise plus forte et mieux adaptée à notre société démocratique industrialisée.Les femmes deviennent de plus en plus les égales de leur mari, devant la loi et dans la vie quotidienne.Les hommes exercent moins leur autorité.La double norme, surtout en matière sexuelle, disparaît progressivement.Le foyer se modernise et les services se font plus abondants, d\u2019où la diminution des corvées ménagères.Certaines fonctions familiales se déplacent au profit de l\u2019Etat, de l\u2019école ou de l'industrie, déplacement qui a donné plus d\u2019indépendance mutuelle aux membres d\u2019une même famille.La famille dans cette société plus ouverte, deviendrait le lieu privilégié de la rencontre des personnes et des liens affectifs.Mais en attendant, le passage à cette nouvelle famille n\u2019est pas fait, il est en train de se faire.Pour réaliser ce passage les jeunes époux ne peuvent plus se référer à l\u2019histoire de leur propre famille.Les transformations se sont faites trop rapidement et trop radicalement pour qu\u2019ils puissent se servir des modèles d\u2019hier.Le fossé entre chaque génération se creuse rapidement et s\u2019agrandit chaque jour avec l\u2019accélération de l\u2019urbanisation.Plusieurs familles réussissent à se restructurer avec l'aide de conseillers conjugaux.\u201cComment s\u2019étonner, écrit le Dr J.-C.Lemaire, du nombre des conflits conjugaux ou de la relative croissance des divorces?N\u2019y a-t-il pas lieu de s\u2019étonner plutôt du très grand nombre de couples qui, tant bien que mal, réussissent à se restructurer, à traverser des crises successives en un temps ou l\u2019exigence de bonheur individuel se fait de plus en plus pressante?7\u201d Les services offerts aux couples A problèmes nouveaux, avons-nous des solutions nouvelles?Qu\u2019offre-t-on aux couples modernes pour 7 Cahier Laennec, juin 1967, consacré au conseillers conjugaux.156 affronter ces nouvelles difficultés?Certes beaucoup Les divers servi- d\u2019organismes sociaux, politiques ou d\u2019inspiration relices à la famille.\t,\t-jj' c\tj\u2019\t,\t.i gieuse, viennent en aide d une façon ou d une autre a la famille et au couple.J'ai déjà parlé par exemple du S.O.F.comme mécanisme de thérapie de groupe8.Je n\u2019ai pas l\u2019intention d\u2019énumérer ces organismes ici, j\u2019en oublierais certainement et il est quasi impossible d\u2019en décrire le travail.J\u2019aimerais tout de même parler de quelques initiatives qui se rapprochent davantage du counselling conjugal.Par exemple, le travail formidable accompli par Séréna depuis sa fondation en 1955 auprès de plus de 28,000 couples, surtout au Québec, et qui en aide chaque année environ 4,000 grâce à la collaboration de 300 couples moniteurs bénévoles.On se réduit trop souvent à la question de la régulation des naissances.Un service similaire est assuré par le Centre de Consultation Conjugale de Québec, fondé en 1963.Jusqu'à maintenant, 16,000 couples ont eu recours à leur aide.Ces deux organismes sont avant tout des Services de régulation des naissances, donnant de l\u2019information surtout sur la méthode sympto-thermique.Mais comme me le disait M.Raymond Boutin, t.s.p., directeur du Centre de Consultation de Québec, \"il est rare qu\u2019on se limite à parler de régulation des naissances; on est vite amené à donner de l\u2019information sur la vie familiale et conjugale, et à faire à proprement parler de l\u2019éducation familiale\u201d.A signaler aussi le Centre de Planning Familial de Montréal du Dr Serge Mongeau, et un Comité Régional de Planification Familiale qui est à s\u2019organiser à Québec dans la ligne du Centre de Planning de Montréal, c\u2019est-à-dire, pour donner une information générale sur la limitation des naissances, sans préférence marquée pour l\u2019une ou l\u2019autre méthode.Les services plus spécialisés de consultation conjugale.Pour obtenir des services plus spécialisés, on peut consulter le Centre de Consultation Matrimoniale de Montréal, fondé en 1962, \"le premier centre profes- 8 Prêtres et Laïcs, février 1970, page 70 et suivantes.157 sionnel de langue française œuvrant exclusivement dans le domaine de la vie conjugale\", et à Québec, le Service de Thérapie Conjugale9.A ma connaissance, c\u2019est à peu près tout ce que l'on offre au Québec dans le domaine exclusif de la consultation conjugale pour les francophones.On ne peut que souhaiter avec André Guy, \"la multiplication dans toutes les régions de la province, de semblables centres\u201d10.A qui s\u2019adresse le counselling?Ce souhait s'avère d\u2019autant plus impérieux si l'on s'arrête à penser au petit nombre de ceux qui peuvent avoir accès à ces services.Pour les services spécialisés en thérapie, encore que très rares, ils sont souvent très dispendieux.Et puis les psychologues et les psychiatres apparaissent encore trop souvent comme de \u201cprestigieux practiciens\" qui font un peu peur et qu'on n\u2019ose pas déranger parce qu\u2019on est malheureux en ménage.On aimerait bien exposer sa situation à son médecin, mais il n\u2019a pas le temps d\u2019écouter et donnera probablement une prescription.des pilules.Et il est regrettable que les couples ne puissent avoir recours à une consultation conjugale que par le biais des centres ou clinique de régulation des naissances.Le couple a bien d\u2019autres problèmes que celui-là.D\u2019ailleurs, de l\u2019aveu même des responsables de ces centres, la compétence et l\u2019entraînement de leur personnel va dans le sens de la régulation des naissances et non du counselling proprement dit.On improvise, en amateur; on fait de son mieux! On peut formuler toutes sortes de souhaits ou de recommandations, comme les 167 recommandations de la Commission Royale d\u2019enquête sur la situation de la femme au Canada, favorisant par exemple l'avortement Les services thérapeutiques sont trop peu nombreux et trop dispendieux.Trop souvent on se contente de faire du replâtrage.9\tPour plus de renseignements, voir Prêtres et Laïcs, janvier 1968, p.37-45.10\tRelations, décembre 1970.158 Quand fera-t-on de la prévention ?Les sources ordinaires de conflits conjugaux.sur demande, la stérilisation non thérapeutique, des garderies d\u2019enfants, des allocations familiales, des congés de maternité payés, des pensions aux femmes séparées, la création de tribunaux de la famille, etc.On ne fait alors que du replâtrage, des solutions-cataplasmes à des problèmes dont les causes sont ailleurs.Quand fera-t-on de la prévention?Quand ferons-nous quelque chose pour solidifier le couple et l\u2019aider à prendre ses responsabilités avant qu\u2019il ne se traîne devant un \u201ctribunal de la famille\u201d?Oui, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait pour le couple moyen, pour \u201cles conjoints présumés normaux, ni riches, ni très pauvres, qui ne s\u2019estiment pas malades, mais seulement en difficultés et qui cherchent avant tout quelqu\u2019un avec qui faire le point et trouver une solution\u201d?(Liliane Quérouil).Ceux qui ne veulent pas attendre que la crise soit aiguë pour consulter parce qu\u2019ils prennent leur vie au sérieux et voudraient toujours faire mieux.Eux aussi sont affrontés avec les nouveaux problèmes du couple et de la famille.Les cours d\u2019éducation familiale, comme ceux qu\u2019offre le Service d'Orientation des Foyers, peuvent renforcir ces couples.Peut-on dire qu\u2019on déploie pour eux autant d\u2019énergie et de ressources financières que pour les malades et les déséquilibrés?Peut-être y en aurait-il moins dans ces catégories si on avait fait un peu plus de prévention et d\u2019éducation familiale, comme le souhaite M.Boutin pour le Centre de Québec.En un mot, ceux qui n\u2019ont pas besoin d\u2019aller voir un psychanalyste ou un psychothérapeute, et qui ne sont pas encore rendus chez l\u2019avocat.La dysharmonie des caractères, l\u2019éducation des enfants, l\u2019argent et les distractions, le travail de la femme, les problèmes sexuels, la jalousie ou l\u2019infidélité, l\u2019attitude des beaux-parents: tels sont les sources de conflits par ordre d'importance que les conseillers conjugaux rencontrent le plus souvent en France11.Cette situation n\u2019est pas 11 Revue Psychologie, mai 1970, p.22-23.159 tellement différente de la nôtre, et il y aurait de quoi occuper quelques conseillers conjugaux.Un artiste La plupart des couples ont besoin d'une aide discrète.qui se situe au niveau de la mise en communication des conjoints.Rendre saine une relation qui s'est détériorée.de la communication Dans les conflits que je viens d\u2019énumérer, et que quiconque a quelque expérience auprès des couples peut rencontrer, il ne s\u2019agit pas de troubles profonds, d'une \"reconstruction totale de la personnalité\u201d, puisque le dommage n\u2019est pas si profond.Ce dont ces couples ont besoin c\u2019est d\u2019une aide beaucoup plus discrète puisqu\u2019elle s\u2019adresse à des êtres sains, blessés sans doute par la vie, mais dont les ressources restent entières.Même si à l\u2019occasion l\u2019activité du conseiller conjugal pourra être informative, en particulier auprès des fiancés et des jeunes couples, par exemple en éducation sexuelle et sentimentale, pour l\u2019essentiel elle se situe, me semble-t-il, au niveau de la rencontre des personnes et de la mise en communication des conjoints entre eux.Il s\u2019agit de ce que j\u2019appellerais \"l\u2019art de la communication\u201d.Comme le disait le Dr D.T.Jansen dans une conférence à l\u2019Institut de Pastorale Familiale à Ottawa en janvier dernier: \"The marriage counsellor is operating as an educator, an artist, a motivator and is something of a salesman.He believes that he has a better way to relate to other people.He knows a way of relating a little more creative.He has to sell that.\u201d Pour M.Jansen de l\u2019American Institute of Family Relations de Los Angeles, le counselling n\u2019est pas une technique ni une science, mais un art.Dans ce domaine, il n\u2019y a pas d\u2019école de pensée comme en psychothérapie le gestaldtisme, le freudisme ou le behaviorisme.En quoi consiste cet art?\"Not destroy the marriage and yet change it enough so that it can become a workable relationship.In other words, every family is locked in a balance.The system is in the balance.The balance might be sick.It is in the balance nevertheless.The 160 balance is so sick that they are hurting.When they are hurting enough, then they will come to you.To take that relationship which is in a balance and to begin to shift minor elements in that balance so that the relationship will not colapse: this is to me the art of marriage counselling.You are to bring about a healthy balance out of a sick balance without destroying in the process.\u201d En résumé, rendre saine une relation malade qui s\u2019est détériorée.Il faut voir à l'œuvre un de ces maîtres de la communication entre conjoints, comme Jansen ou Phillips, lui aussi de Los Angeles, pour découvrir toute l\u2019habileté, le flair et la créativité que suppose cet art complexe.Améliorer la communication: tel est le rôle du conseiller conjugal.Faciliter le dialogue chez le couple, améliorer leur communication, tel est l\u2019objectif auquel vise le conseiller conjugal.Le consensus sur ce point est remarquable entre ce qu\u2019on en dit en France (Dr J.-G.Lemaire, Renée Monjardet, Liliane Quérouil) et ce qu\u2019on dit à l\u2019American Institute of Family Relations (D1 Dave T.Jansen, Dr Clinton Phillips, Dr Donald Wilson) de Los Angeles.L\u2019American Institute a fait œuvre de pionniers dans ce domaine puisqu\u2019on y offre des services de consultation conjugale depuis 1929.Ils ont mis au point, entre autres, un test, le T.J.T.A.(Taylor-Johnson Temperament Analysis), particulièrement utile dans le counselling auprès des couples: j\u2019en ai brièvement parlé dans Prêtres et Laïcs de février 1970.Sessions de formation au counselling, à l'intention des prêtres, etc.On sait que depuis 2 ou 3 ans à l\u2019Institut Pastoral de Calgary, à Banff, et à l\u2019université de Windsor, cet Institut organise des sessions sur le \"Marriage and Family Counselling\u201d de deux à quatre semaines à l\u2019intention des ministres, des prêtres, des travailleurs sociaux, des infirmières ou des professeurs.Qui sait, peut-être finiront-ils par nous apprivoiser, nous du Québec.Nous sommes bien pauvres dans ce domaine quand on se compare au secteur américain.A Los Angeles seulement, existent environ 4,000 groupes de counselling.Ils fourmillent partout aux Etats-Unis.161 Le counselling, un projet d'Eglise Un vaste champ d\u2019action s\u2019ouvre à l\u2019Eglise.Les évêques canadiens l\u2019ont bien vu, il y a 2 ans, en mettant Nouveau champ sur pied un comité spécial de la famille qui a déjà donné l'Eglise.P°Ur des fruits.L\u2019université St-Paul d Ottawa vient de faire un pas dans ce sens en fondant cette année un Institut de Pastorale Familiale et en organisant un programme d\u2019une année de cours portant sur la famille.Tout récemment (12-H février) l\u2019Office National de l\u2019Action Sociale organisait des Journées d\u2019études sur la Pastorale Familiale.On sait que la session annuelle de pastorale de juin, à l\u2019Université St-Paul portera sur la pastorale familiale.Partout on sent un intérêt croissant pour la famille, et l\u2019Eglise semble engagée dans ce courant sans doute à cause des valeurs fondamentales qui y sont impliquées.Le prêtre: l'homme du dialogue et de la communication.Plusieurs prêtres œuvrent déjà dans ce domaine.Il est à souhaiter qu\u2019il y en ait de plus en plus.Le prêtre m\u2019apparaît être dans une situation privilégiée pour devenir cet \"artiste de la communication\u201d, \u2018 l\u2019homme du dialogue\" qui, non seulement crée des liens entre les hommes mais qui fait en sorte que la relation époux-épouse signifie plus pleinement l\u2019amour de Dieu pour l\u2019humanité et l\u2019amour du Christ pour son Eglise.162 Profil d'une pastorale familiale renouvelée Louise Bouvrette et Jean-Paul Cloutier co-responsables de la pastorale familiale et du Centre de la Famille de St-Jérôme C'est devenu banal d'affirmer que nous vivons dans une société en mutation, ce qui se traduit dans la famille par une mise en interrogation de ses modes de vivre.La vie se présente comme une appartenance à plusieurs univers sociaux: plans familial, culturel, professionnel, récréatif, spirituel.C.\u2019est un foisonnement d\u2019organismes qui offre des services de plus en plus spécialisés et diversifiés.Les parents, comme les jeunes, se trouveront selon les besoins du moment, tantôt sur un banc d\u2019école, tantôt dans un centre de loisirs, etc.Il se passe peu de semaines sans que chacun ne soit sollicité à devenir membre de telle association ou organisation.Des rencontres de tout genre se multiplient.Certains se sentent saturés.Peu de couples éprouvent ainsi le besoin de participer à un mouvement qui se présente comme une surajoute aux participations quasi-obligatoires.C\u2019est une des raisons qui fait que les regroupements familiaux connaissent une difficulté de recrutement: il leur faut passer d\u2019une participation nécessaire à une participation provoquée.Créer un impact Les mass-media, surtout la télévision et le cinéma, créent une nouvelle expression des besoins et des aspirations des couples: des manières de penser, des schèmes de comportement leur sont communiqués, sans qu\u2019ils aient les instruments adéquats pour leur faire face.Une foule de stimuli viennent les provoquer jusque dans l\u2019intimité de leur vie con- 163 jugale et familiale.Présentement, nous avons trop de couples qui ne se soucient que de capter ce qui fait leur \"affaire\u201d dans l\u2019immédiat, i.e.qui font des choix à courte vue; ou une minorité des couples qui décident de dire non, ce qui donne l\u2019impression aux autres qu\u2019ils marchent à rebours; ils n élèvent la voix que pour crier \"gare\u201d.Il faut des couples de plus en plus nombreux qui s\u2019acceptent plongés dans ce monde \u201970, et qui, de 1 intérieur des structures actuelles, agissent.Une insertion réelle et consciente est le premier pas nécessaire à tout engagement.Nous croyons difficilement à ce qu\u2019un grand nombre de couples puissent spontanément se mettre au service des autres, s\u2019ils ne se perçoivent pas d\u2019abord comme solidaires dans une même aventure.C\u2019est au prix de cette insertion, que les valeurs familiales seront promues.Si certains couples veulent se donner audience dans leur milieu, ils se doivent de renouveler leur vocabulaire sur la famille.Cela est également vrai pour les pasteurs qui se surprennent à sortir de leur tiroir les vieux clichés familiaux, dès qu\u2019ils ont à faire le \"mot de l\u2019aumônier\u201d ou l\u2019homélie.Il est important de se soucier de l\u2019image qui se dégage de soi.On sait combien il est difficile de se départir d\u2019une première impression.Se présenter comme le défenseur ou le gardien des valeurs familiales, ça risque fort de sembler vieux jeu.A Saint-Jérôme, la formule traditionnelle d\u2019un F.N.D.(Foyer Notre-Dame) semble déjà usée.Les couples apparaissent peu enclins à faire partie d\u2019un mouvement.Ça fait peur; car la plupart des couples ne veulent pas \"s\u2019enrôler\".Il y a une allergie manifeste face à un engagement permanent et inconditionnel.Les couples sont prêts à se déplacer pour rendre un service précis ou encore s'interroger sur un événement actuel qui vient modifier la physionomie familiale.Les couples craignent aussi de s'inscrire à une série de rencontres dont les sujets sont déterminés à l\u2019avance, car cela semble tuer la spontanéité de l\u2019action.Il faut être un \"fin renard\u201d pour faire accepter à un couple qu'il lui faut 10 ou 12 rencontres; et cela, même si, après avoir vécu l\u2019expérience d\u2019animation d\u2019un S.O.F., il aura changé sa manière de voir.Ce qui est certain, c\u2019est qu'il faut éviter de se présenter comme un organisme offrant d'autres réunions.Dans notre diocèse un bon nombre de couples sont sensibilisés aux questions politiques, économiques et sociales; c\u2019est ce qui frappe tout observateur.Il y a là une pierre d'attente.C\u2019est d\u2019abord par ce biais que nous pourrons rejoindre les familles.Autrement, nous risquons fort de donner l'impression que nous mettons uniquement sur pied des regroupements additionnels et parfois marginaux.164 Le défi des jeunes couples Nous savons que les mouvements et services familiaux déplorent la trop grande absence des jeunes couples.Nous sommes l\u2019un des rares diocèses de la province à avoir une association rejoignant les couples de 6 mois à 2 ans de mariage: ils ont nom \"Les Jeunes Foyers\u201d.1 Une série de quinze rencontres leur est proposée.Mais, ici comme ailleurs, nous connaissons des difficultés.Pourtant, les \"Jeunes Foyers\" ont eu leur heure de gloire.Actuellement, une quarantaine de couples se rencontrent.Même s'il n\u2019est pas facile de faire un diagnostic, il apparaît que cela se résume trop à des réunions de réflexion sur des sujets à incidence psychologique et spirituelle.Ça demeure au niveau des besoins personnels des jeunes couples: chacun essayant de tirer un maximum de profit pour lui-même.Collectivement, ils ont peu d\u2019impact dans le milieu.Dans le diocèse, vu les distances séparant les villes, les équipes de Jeunes Foyers apparaissent comme des îlots clairsemés.Le processus normal de regroupement devrait être davantage celui-ci: une question surgit, un besoin naît, une urgence se crée, c\u2019est l\u2019occasion de regrouper des jeunes couples.Il est souhaitable d\u2019œuvrer d\u2019abord avec quelques jeunes couples qui sont plus sensibilisés aux besoins, aspirations et défis actuels.Et avec eux, tenter de susciter une participation occasionnelle des couples qui sont particulièrement impliqués dans telle situation.Ces quelques couples constitueraient un noyau capable de devenir un agent de sensibilisation dans le milieu.Cela suppose une grande circulation de couples: ce qui aurait pour avantage de poser autrement la question de recrutement.Un mouvement ou un service n\u2019est toujours qu\u2019un moyen et non une fin: nous le rappeler nous rend plus relatifs et plus dépendants des autres.Auparavant, plusieurs rencontres de couples étaient d\u2019abord suscitées pour échanger, dialoguer, etc.La plupart des couples ne manquent pas de contacts avec les autres, v.g.la jeune épouse se plaint souvent de ne pas être assez à la maison.Il faut aller plus en profondeur: au-delà de la banalité des rencontres habituelles, au-delà des soirées superficielles, au-delà d\u2019une simple information, au-delà d\u2019un effleurement de plusieurs sujets, etc.1 Egalement: \"Au service des Jeunes Foyers\", Office de la Famille, Centre Diocésain de St-Jean, 740 bout Ste-Foy, Longueuil.165 Les mouvements et services familiaux dans le diocèse Dans le diocèse, à part le Service de Préparation au Mariage, les mouvements familiaux structurés connaissent une baisse sensible.Nous ne pouvons pas attribuer cette diminution au seul manque de dévouement des pasteurs et des couples.Ce n\u2019est pas d\u2019abord la bonne volonté et la générosité qui font défaut.Le malaise est beaucoup plus profond.Il faut dire que de nouveaux types de rencontres de foyers, et souvent en foyer, se répandent, v.g.rencontres préparatoires au baptême, rencontres de parents par le biais de l\u2019école, (première communion, profession de foi) soirées de réflexion durant l\u2019Avent, etc.La clientèle habituelle est composée surtout de couples de classe moyenne qui, dans une bonne mesure, a déjà le souci d\u2019éduquer humainement et chrétiennement ses enfants.L\u2019équivoque (ou le manque d\u2019option) persiste: est-ce que tel mouvement ou service existe pour le profit des couples qui en sont membres ou s\u2019il s'agit d'abord de former des couples pour une prise en charge de leur milieu?Certains répondront qu\u2019ils essaient de garder ces deux pôles.Mais, dans les faits, la rencontre devient souvent l\u2019alpha et l\u2019oméga.Les efforts se font dans le sens de recruter des couples pour faire marcher sa \u201cpatente\u201d.A la limite, le mouvement se présente plus comme une fin qu\u2019un moyen.Nous savons que le Centre de la Famille choquait parfois des responsables en disant qu'il travaillait d\u2019abord pour la famille et non pour un mouvement: cela était quand même l\u2019occasion d'une sérieuse interrogation.Il est devenu certain que le fameux mythe de la roue (à savoir que les couples sont appelés à franchir toutes les étapes \u2014 S.P.M.\u2014 J.F.\u2014 S.O.F.\u2014 SERENA \u2014 F.N.D.) est tombé.Ça ressemble trop à un enrôlement à vie.Le S.P.M.jouit de l\u2019avantage de se présenter moins gratuitement: le mariage est un événement majeur pour tous les fiancés.Cet événement est précis, circonstancié, facilement repérable dans le temps et l\u2019espace.Ce qui manque aux autres, c'est cette possibilité de se sentir convoqué par un événement, ou une certaine urgence, ou un besoin précis qui demande réponse.Les couples qui sont vraiment en difficulté rechercheront d\u2019abord à contacter un conseiller matrimonial.Toutes les agences qui offrent des services spécialisés et assez identifiés dans le milieu ne manquent pas de boulot.Le Centre de la Famille en est venu à croire que des couples se déplacent quand ils perçoivent un besoin immédiat d\u2019abord pour eux-mêmes et ensuite pour les autres.166 Sans doute, nous sommes conscients d\u2019un grand risque, celui de ne nous occuper que des margiaux ou des familles vraiment en difficulté.Ce n\u2019est pas d\u2019abord sur eux qu\u2019il faut compter pour élaborer une pastorale familiale.Il faudrait percer le mythe que les couples heureux n\u2019ont pas d\u2019histoire; ils vivent des événements, connaissent des expériences, etc.Il s\u2019agit de dégager les plus significatifs, surtout ceux qui ont un impact immédiat pour provoquer des regroupements.A titre d\u2019exemple, nous manquons joliment le bateau dans la région de Ste-Scholastique où un très grand nombre de familles doit se déplacer; elles vivent un même événement qui est très peu exploité sur les plans familial, pastoral et spirituel.Une pastorale familiale en recherche Nous pensons qu'il faille sortir des sentiers battus.Une pastorale familiale ne devient possible que si elle se fonde sur une sérieuse connaissance des besoins du milieu.C\u2019est là la première sensibilisation.Les premiers artisans d\u2019une action ou d\u2019une réflexion sont d\u2019abord ceux qui vivent la situation elle-même.Plutôt que d\u2019essayer de dégager pour les autres certaines pistes, il faut d\u2019abord tenter de rejoindre un certain nombre des familles qui se trouvent plongées dans le concret d\u2019un événement et cheminer avec eux.C\u2019est une telle perspective d\u2019animation qui a permis de rejoindre un nombre surprenant de familles défavorisées.Pourquoi cette façon de faire et cette manière de voir ne seraient plus vraies quand il s\u2019agit de pastorale familiale?Bien sûr, nous parlons ici de possibilités au niveau d\u2019un diocèse comme Saint-Jérôme; c\u2019est celui que nous connaissons.Nous n\u2019avons pas l\u2019audace de dicter à des \u2019\u2019nationaux\u2019\u2019 des ébauches de travail ou des orientations.Ceux-ci ont une responsabilité accrue, celle de s\u2019en prendre à des questions familiales de grande envergure, v.g.élaborer une politique familiale au Québec, devenir un interlocuteur valable auprès des autorités gouvernementales en étant capables de dépasser leurs intérêts immédiats pour faire front commun: ce qui est trop demander à un nombre restreint des couples qui n\u2019ont souvent ni le temps, ni la compétence pour le faire.En ce sens, les \"nationaux\u201d et plusieurs organismes familiaux ont encore beaucoup de chemin à faire.Un autre exemple: plutôt que de faire chacun sa semaine nationale de publicité, si tous s\u2019unissaient pour audio-visualiser la famille; nous savons quel 167 rôle jouent déjà les mass-media dans la vie moderne: Ce sont des agents d information, d éducation, de sensibilisation: durant une semaine de l\u2019année, les mettre vraiment au service de la famille, devient un défi difficile, mais possible.Revenons à des propos plus modestes.Le Centre de la Famille, tout en coordonnant les mouvements familiaux du diocèse, s\u2019appliquera surtout à: 1 ) Trouver des formes de regroupements, d\u2019associations, d\u2019équipes répondant aux besoins d\u2019un certain nombre de familles.Souvent même, ce travail consistera à semer une préoccupation plus familiale dans des regroupements déjà existants.2)\tFaire un inventaire sérieux de l'ensemble des services professionnels ou non qui existent dans le diocèse.Eventuellement, collaborer à la création de services répondant à des besoins non-couverts et favoriser certaines régions du diocèse plus dépourvues.3)\tAccorder une priorité aux jeunes couples.d ) Faire se rencontrer les personnes œuvrant dans le sillage de la famille: organismes publics ou privés, associations, services, clubs sociaux, etc.Et cela à tous les niveaux, commercial, social, éducationnel, familial.Nous sommes conscients qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une option qui ne manque pas d\u2019ambition, compte tenu de nos effectifs.Cela ne signifie pas que nous délaissions notre travail, v.g.avec un S.O.F.ou un F.N.D., mais nos premières préoccupations sont d\u2019abord dans la ligne de conduite ci-haut tracée.Cela ne va pas sans causer parfois quelques heurts chez les responsables d\u2019un mouvement qui nous voudraient d\u2019abord comme des agents de recrutement.Nous sommes, de plus, conscients que ce cheminement est le fruit d\u2019une réflexion de deux ans et qui peut encore évoluer.Cependant, nous ne pouvons pas œuvrer sans un minimum de perspectives et d\u2019objectifs communs.Il faut savoir aussi nous ménager des étapes à court terme pour évaluer constamment notre travail.168 Réalisations familiales du diocèse de Québec Jean-Louis Fortier, ptre co-responsable de l\u2019Office de Pastorale Famiale du Diocèse de Québec.Voici quelques réalisations venant de la Pastorale Familiale du Diocèse de Québec.Création d'un Office de Pastorale Familiale Le 18 janvier dernier, le Bureau du Conseil Presbytéral reconnaissait l'existence officielle d\u2019un Office de Pastorale Familiale pour le Diocèse de Québec.En 1969, à la suite du détachement des mouvements familiaux du C.D.A.C.(Comité Diocésain d\u2019Action Catholique), la Fédération de la Famille réclamait la fondation de cet Office.Son rôle est ainsi défini: \u2014 Animer et coordonner ce qui existe en Pastorale Familiale dans le Diocèse.\u2014 Promouvoir la dimension chrétienne des valeurs engagées dans la famille et le mariage.¦\u2014- Rester en relation avec les organismes travaillant au bien-être spirituel, moral, intellectuel et social de la famille.\u2014 Etudier les besoins de la famille sur le plan moral et spirituel.\u2014 Conseiller les autres organismes sur les questions familiales.\u2014 Prendre et susciter des initiatives pour rejoindre les personnes non-atteintes par les mouvements familiaux v.g.divorcés, séparés, mères célibataires etc.169 \u2014 Susciter des rencontres de réflexion sur un aspect doctrinal, spirituel et moral impliquant la famille v.g.morale conjugale, avortement, divorce, catéchèse du mariage etc.\u2014 Organiser des sessions d\u2019étude sur des sujets se rapportant à la famille pour les responsables de mouvements familiaux ou pour autres personnes travaillant pour la famille.Cet Office ne veut pas être une superstructure, un chapeau sur les mouvements ou services à la famille.Il ne veut rien enlever à l\u2019autonomie des mouvements et services, ni paralyser les initiatives.Il se veut un service d\u2019animation spirituelle au cœur des mouvements et des services à la famille.Deux prêtres seront co-responsables de l\u2019O.P.F.Ils travailleront en collaboration avec les diverses équipes de laïcs et avec les cinq permanents laïcs à temps plein et deux autres à temps partiel.Avant son existence officielle, l\u2019O.P.F.a organisé depuis deux ans au moins vingt journées d\u2019études pour les prêtres et les laïcs engagés en Pastorale Familiale.Il faut ajouter aussi à son crédit de nombreuses collaborations à des organismes divers et des participations aussi variées.Et maintenant les projets ne manquent pas! Congrès du 25e anniversaire du Service d'Orientation des Foyers \u2014 3 mai 1970.La non-participation est un mal qui sème la terreur dans tous les milieux actuellement.Elle tue aussi beaucoup d\u2019enthousiasme pastoral.Le contraire arrive parfois.Quinze cents ( 1500 ) personnes participaient, le 3 mai dernier, au Congrès du 25e anniversaire du S.O.F.Les moyens techniques modernes ont bien servi la pastorale.L\u2019installation d\u2019un système de T.V.en circuit fermé avec écran géant dans deux salles supplémentaires nous a tirés d\u2019embarras.Le thème du Congrès était: \u201cLes Foyers heureux contestent\" Une telle participation marque bien une forme positive de contestation! Plus de 7,000 couples ont suivi les rencontres du S.O.F.chez nous.Les F.N.D.fêtent leur 10e anniversaire \u2014 22 novembre 1970.Une autre réalisation marque l'intérêt croissant des couples pour les mouvements familiaux.Plus de 500 personnes participaient au Congrès du 10e anniversaire des Foyers Notre-Dame ayant pour thème: \"Le Couple, Réalité Vivante\".Le Dr Harry Grantham, psychiatre.170 parla du Couple et son cheminement, puis du Couple et sa maturité.Un catéchète, M.Jean-Claude Filteau, présenta le Couple et sa spiritualité.Le Rapport Didier est actuellement scruté par les 500 couples actifs des F.N.D.groupés en 11 sections.La Fédération de la Famille et les mass-media Nous vivons depuis 1966 un regroupement des mouvements familiaux dans le Diocèse de Québec.C\u2019est la Fédération de la Famille.Trois mouvements et quatre services groupant plus de 4,000 couples forment cette Fédération.Les organismes familiaux ont senti très vite ce besoin d\u2019une collaboration étroite entre eux et cette nécessité de s\u2019unir pour devenir une force de pression pour la famille.L\u2019expérience des quatre ans est fort positive.La collaboration entre mouvements ne cesse de s'accroître.Les couples sont de plus en plus sensibilisés à des réalités comme l'évolution de la famille, l\u2019action familiale, les politiques familiales, les foyers brisés etc.La Fédération de la Famille suit de près l\u2019actualité et ne manque pas d\u2019exprimer son opinion sur des questions importantes engageant la famille.Mentionnons ici quelques sujets sur lesquels elle a exprimé son point de vue ou fait des revendications privément ou par les mass-média: programme d\u2019éducation sexuelle, carte d\u2019identité pour les jeunes, office de pastorale familiale, le disque \u201cTon sexe et l\u2019autre\u201d, Humanae Vitæ, le Bill Omnibus, le Conseil Supérieur de la Famille, la direction générale de la Famille, des émisions de T.V., les tribunaux familiaux, le mariage civil, le Bill 26, les garderies etc.etc.Les buts de la Fédération sont: -\u2014 Favoriser la connaissance mutuelle, l\u2019échange et la collaboration entre les différents organismes membres.\u2014 Promouvoir des structures sociales et politiques qui favorisent le plein épanouissement de la famille.¦\u2014- Représenter les intérêts de la famille auprès des pouvoirs publics et des corps intermédiaires.Après avoir travaillé deux ans sur les Politiques Familiales, la Fédération de la Famille engage une action auprès des mass-media.L'image projetée de la famille par les mass-média est négative le plus souvent.C\u2019est l\u2019image de la famille malheureuse, désunie et disloquée.Il faut 171 réagir! La Fédération de la Famille a formé un comité de liaison avec les représentants de la T.V.( Radio-Canda) de la Radio et de la Presse.Plusieurs actions sont en cours: courts messages, photos de famille heureuse, programme de T.V.et de radio, articles de journaux, concours de photos de famille heureuse etc.Ça promet! Service Auxiliaire des Veuves Au décès de son mari, la femme connaît un profond déséquilibre sur le plan affectif, social et religieux.Elle prend parfois plusieurs années à retrouver la joie de vivre et à assumer sa solitude.Il y a 9 ans, quelques veuves ont décidé d'aider leurs compagnes.Ce fut la naissance du Service Auxiliaire des Veuves.Elles s\u2019étaient fixé comme objectifs: \u2014\trevaloriser le veuvage dans la communauté sociale, politique et religieuse.\u2014\tengager un travail d\u2019éducation auprès des couples.\u2022\u2014 représenter et défendre les droits et intérêts de la veuve.\u2014\tfaire découvrir le sens chrétien du veuvage.La S.A.V.vise à être au service des veuves du diocèse plus qu\u2019à les amener au Service.Ses préoccupations vont surtout aux jeunes et aux veuves récentes.Ses activités sont des plus variées: équipes de réflexion, loisirs, activités sociales, mémoires, journal, journées d\u2019étude, animation etc.etc.Le Service est un élément positif et dynamique en Pastorale Familiale et au cœur des mouvements familiaux.Il a aidé de nombreuses veuves à refaire leur équilibre, à sortir d'impasses sur le plan de la foi, de l\u2019assistance sociale et à préparer ainsi un remariage.Voilà les sons de cloche de notre Pastorale Familiale.Bourdon ou Carillon?L\u2019important c\u2019est qu\u2019ils soient entendus et qu\u2019ils éveillent! 172 tFxjjA\u2019iLznczi.jiaitozaLzi Le Service d\u2019Orientation des Foyers Comment vit un groupe de S.O.F.Yves Lajoie, ptre aumônier national du S.O.F.Les quelques lignes qui suivent se veulent sans prétention.Elles décrivent la vie qu\u2019ont connue un groupe de dix couples et un aumônier.Des sociologues et des psychologues auraient mieux -observé notre vie et sauraient exprimer plus scientifiquement que nous le faisons son profil.Il y aurait sûrement avantage à le faire.LES DÉBUTS Lors de sa formation en 1962 notre groupe comptait dix couples et un aumônier qui ne se connaissaient à peu près pas.Chacun était venu soit par une sollicitation, soit par un besoin de la femme de sortir; les hommes en général n'y voyaient pas tellement ce qu\u2019ils y apprendraient: ils se croyaient la science infuse sur la vie de ménage, de couple.Les trois premières rencontres ont été acceptées sans trop d\u2019enthousiasme: les discussions tournaient vite en critiques acerbes, chacun voulant faire voir qu\u2019il en savait plus que l\u2019autre.\"Si \u201cX\u201d est là la prochaine [ois, je n'y retourne pas\".\u2014 \"Attends la semaine prochaine, je vais l'engueuler\".L\u2019intérêt a débuté lors d\u2019une soirée récréative.Le point tournant de cette soirée, comme d\u2019ailleurs la vie de tous et chacun de nous, a été un jeu consistant à interpeller l\u2019autre par son prénom.C\u2019est comme si les barrières avaient sauté.Les rencontres par la suite ont été acceptées comme une sortie agréable et l\u2019amitié s\u2019est communiquée peu à peu à tout le groupe.173 La dernière rencontre a donné lieu a un renouvellement des promesses de mariage: ce fut ce qui a fait dire à un couple que ce second mariage a été plus important que le premier car \"depuis cette cérémonie nous avons remonté la côte, nous avons compris ce qu\u2019est le sacrement de mariage et nous avons pris en mains nos responsabilités d\u2019époux, de parents; avant ce jour-là, notre union s\u2019en allait chez le diable.Nous avions même rencontré l\u2019assistance sociale pour la garde des enfants\u2019\u2019.ET LA SUITE A la suite de ces treize rencontres, le groupe (moins un couple, et c\u2019est là notre peine à tous) décida de se revoir.Il s'était créé une telle amitié que d\u2019un commun accord on organisa une autre série de rencontres.Chacune devait comporter la discussion d\u2019un sujet religieux ou profane, puis un côté récréatif et un goûter sobre.Depuis huit ans le groupe se revoit quatre ou cinq fois par année: c\u2019est une fête de se revoir et quand un couple ne peut venir au rendez-vous, il nous manque quelque chose: chacun s\u2019informe des absents.Cette année, nous avons voulu faire le point afin de noter ce tournant de notre vie, cette expérience vécue depuis huit ans.A cette fin, un questionnaire demandant les impressions sur les rencontres a été envoyé à chaque couple.La compilation des réponses a donné lieu à d\u2019intéressantes remarques que nous vous livrons sans aucune pudeur.Les rencontres elles-mêmes \"Les rencontres subséquentes ont rapporté plus que les treize premières rencontres\u201d.\"Depuis, on forme une grande famille\u201d.\u201cLes réunions sont enrichissantes : chacun apporte son mot d'encouragement, c\u2019est un réconfort\u201d.\"C'est une richesse que ces réunions par les idées apportées lors des discussions\u201d.\"On se rencontre pour s\u2019aider\u201d.\"Chacun apporte ses expériences, c\u2019est un enrichissement\u201d.\"Au début je pensais que la charité était en signe de piastre\u201d.\"On m\u2019a appris comment m\u2019en sortir au point de vue financier\u201d.\"Ce que j\u2019admire le plus, c\u2019est le bel exemple de la vie de famille, de couple\u201d.\"J'y apprends à me comprendre, à comprendre les autres, à être plus sociable\u201d.\"Je sens que je ne suis pas seul à lutter\u201d.\"Nous avons plus confiance en la vie, à voir vivre un couple heureux\u201d.\"C\u2019est un grand bonheur que je ne connaissais pas: des amis sincères\u201d.174 Les couples s\u2019entraident l\u2019un l\u2019autre.Ils se téléphonent, s\u2019encouragent, se confient leurs joies, leurs peines.\u201cC\u2019est un coup de fil qui arrive au bon moment\u201d.\u201cLes jeunes couples cherchent des expériences, les plus âgés apportent, non leurs conseils, mais leur exemple de vie, leur manière de voir\u201d.Le bienfait des rencontres pour le couple lui-même Parmi les réponses, nous avons noté entre autres: \u201cL'amitié entre couples, nous ne connaissions pas ça, c\u2019est une nouvelle vie que ces rencontres\u201d.\u201cNous nous comprenons mieux, nous sommes plus heureux à deux\u201d.Ces rencontres nous font réfléchir sur notre sort: nous ne sommes pas les seuls à avoir des difficultés\u201d.\u201cLe foyer n\u2019est plus le même, nous dialoguons ensemble et avec nos enfants sur les sujets apportés\u201d.\u201cLes discussions nous ont aidés à mieux comprendre nos enfants, à avoir plus de dialogue avec eux\u201d.\u201cLa vie à deux est une chose qu\u2019il faut exploiter et mettre en pratique.Les rencontres m\u2019apprennent à accepter mon conjoint tel qu\u2019il est avec ses qualités et ses défauts; je l'apprécie davantage et je le comprends mieux\u201d.\u201cJ\u2019ai appris à prendre mes responsabilités à la maison comme à mon travail\u201d.\u201cNous ne sommes pas toujours sur la même longueur d\u2019onde; les rencontres nous rapprochent, c\u2019est un stimulant\u201d.\"Notre foyer est plus épanoui\u201d.\u201cCe qui vient d'un couple est plus écouté par un autre couple que ce qui vient du prêtre\u201d.Il est fort intéressant de noter les différentes influences qui ont joué dans la vie du groupe et de chacun des couples.Il nous semble y avoir trois sortes d'interaction et de progression.\u2014 Il y en a de type individuel: \u201cJe ne reconnais plus mon mari\u201d.L'un ou l\u2019autre conjoint a évolué grâce à la provocation qu'exerce sur lui les autres membres du groupe.\u2014 Mais les plus grands changements ont été d\u2019ordre conjugal, ce qui comporte aussi une évolution d\u2019ordre individuel.Une telle a réalisé combien son mari avait été respectueux pour elle vis-à-vis certain aspect.Un autre a puisé le courage d\u2019endurer certain travers.On peut dire que chacun des couples a consommé d\u2019avantage son union.Et cela grâce soit à un individu, à un couple ou au groupe.\u2014 Le troisième niveau d\u2019interaction, a été la formation d\u2019une conscience de groupe, d\u2019un sentiment d\u2019appartenance.Cet événement 175 a été si puissant que pour beaucoup, il était ressenti pour la première [ois.\"J\u2019aime mieux recevoir mes amis, plutôt que la parenté\u201d.En somme nous avons formé une Eglise.Si d'autres que nous faisaient cette expérience, ils sauraient ce qu\u2019est l\u2019Eglise.Les [aits saillants Les principaux événements pour le groupe ont été la soirée récréative du début, le renouvellement des promesses de mariage, puis différents rendez-vous aux salons mortuaires.Il faut bien le noter la maladie et la mort ont marqué notre groupe profondément.L\u2019homme ressent peut-être davantage en temps de difficultés le besoin de donner et de recevoir de l'appui.C\u2019est ainsi que plusieurs membres du groupe ont eu à subir près d\u2019une dizaine d\u2019opérations majeures allant de l\u2019ablation de vertèbres au soulagement du Parkingson.Un couple a été affligé par la perte accidentelle d\u2019un enfant, plusieurs ont perdu ou père ou mère ou frère.L\u2019année dernière le premier conjoint d'un couple participant est décédé.Ça été une peine très lourde pour chacun.A cette occasion l\u2019aumônier et quelques couples ont parcouru plus de cent milles pour se rendre aux funérailles.Ça, ça fait chaud au cœur\u201d.A chacune de ces épreuves presque tout le groupe se rendait soit au salon, soit aux funérailles.Chacun s\u2019est fait un devoir d\u2019exprimer, soit par sa présence ou par un autre moyen, sa sympathie et son encouragement: \"Je me sentais seul, mais quel réconfort le groupe m\u2019a apporté: ça, ce sont des amis sincères\u201d.Le rôle de chacun face au groupe A la question \u201cavez-vous l\u2019impression d\u2019avoir apporté quelque chose au groupe?aux couples?à l\u2019aumônier?\u201d, la réponse est surprenante.Elle peut se résumer ainsi \u201cPersonnellement je ne sens pas avoir apporté grand chose, mais les couples semblent heureux de me revoir.Je prends part aux discussions et je donne mes opinions sur les différents problèmes posés\".Cette réponse dénote une humilité très profonde de chacun face au groupe.Chacun s\u2019estimant heureux de recevoir beaucoup, mais 176 ayant l\u2019impression de donner peu.Et pourtant chacun ne s\u2019est jamais ménagé pour l\u2019autre.Cette remarque d\u2019ailleurs a fait réaliser à l\u2019aumônier qu\u2019il avait peut-être manqué à une partie de son rôle prophétique: révéler à chacun son importance et l\u2019ampleur de sa contribution.\u201cLes couples semblent heureux de me revoir\u201d, c\u2019est peut-être là, la réponse qu\u2019est le S.O.F.Il y a là de sous-entendu: \u201cmerci de m\u2019accueillir, pas pour mes idées, pas pour ce que je vous donne, mais pour ce que je suis\".La chaleur envahissante de la présence.\u201cQuelques couples n\u2019allaient pas bien au début: les réunions nous apportent le réconfort, nous avons maintenant de vrais amis.Nous sommes heureux quand nous nous réunissons\".\u201cJ\u2019aime mieux recevoir mes vrais amis que la parenté\u201d.\u2019\u2019Avant, je n'avais pas d\u2019amis: on se sent compris et apprécié des couples\u201d.Et l\u2019aumônier?\u201cSa disponibilité en tout temps\u201d.\u201cDans les épreuves, on peut compter sur lui\u201d.\"Il nous a inculqué le sens des responsabilités, nous a apporté la confiance\u201d.\"J\u2019avais une opinion tout autre du prêtre, maintenant c'est mon ami\u201d.\u201cJe sens qu\u2019il peut apporter quelque chose à mon foyer\u201d.\u201cC\u2019est une joie de le recevoir à souper.Les enfants l'acceptent comme un ami et discutent franchement avec lui\u201d.\"Nous pensions que nous étions les seuls à avoir des problèmes; une crainte m\u2019empêchait de nous confier à un prêtre\u201d.\u201cQuand il a accepté de devenir l'aumônier d'un groupe du S.O.F., il ne savait pas dans quel bateau il s\u2019embarquait.L\u2019enthousiasme des couples durant la première série de rencontres et les rencontres suivantes, lui ont fait voir la nécessité de telles réunions pour le bien des couples, au point qu\u2019il en vint à se consacrer entièrement et uniquement au service du S.O.F.Ce fut une nouvelle orientation de sa vie de prêtre\u201d.Le couple animateur \u201cComme couple animateur, nous nous sommes aperçu que nous étions capables de donner de notre temps et qu\u2019en donnant on retirait beaucoup plus qu\u2019on donnait.Il faut dire que nous avions un groupe 177 merveilleux, des couples de bonne foi.Le succès de nos rencontres revient au prêtre que les gens ont senti disponible et à l\u2019amitié sincère de tous les couples.Quant nous avons débuté les rencontres, notre but était d\u2019amener tous et chacun des couples au prêtre\u201d.Avec un peu de recul, nous constatons le grand souci et l\u2019immense charité du couple animateur.Toujours zélé à préparer les rencontres, accueillant, empressé auprès de tous.Ne ménageant jamais un téléphone ou une sortie, leur délicatesse et leur respect de l'autre en ont fait un centre attirant de rencontre et de partage.Ne s\u2019imposant pas au groupe comme aux couples, ils leur ont permis de s\u2019exprimer et de s\u2019extérioriser.Il est facile de leur livrer des confidences.L'avenir du groupe?Que sera-t-il demain?l\u2019année prochaine?Le désir des couples est de rester unis.Que les rencontres soient plus nombreuses! Force est de constater que le lien entre les couples est l\u2019aumônier.Sa présence est toujours un facteur déterminant de rencontre, même si souvent l\u2019initiative de la rencontre vient du couple animateur.Cependant rien n\u2019empêche un couple qui désire recevoir chez lui de communiquer avec l\u2019aumônier ou le couple animateur afin de fixer la date d\u2019une rencontre.Mais si entretemps un événement imprévu arrive à un couple, le désir du groupe est qu'il en soit averti.Epilogue Voilà des faits, des impressions, quelques interprétations.Nous n\u2019avons qu\u2019un souhait: que plusieurs vivent une expérience S.O.F.178 Pastorale des milieux populaires Table ronde avec les stagiaires du C.P.M.O.Comment avez-vous réfléchi sur la mission de l'Eglise en milieu ouvrier?\u2014\tNotre cheminement est parti d'une constatation: la plupart d\u2019entre nous, nous constations une insuffisance de notre bagage théologique, spécialement quand nous travaillions dans le monde ouvrier.Alors, ici, nous avons commencé par partager, avec Yves Côté, nos expériences pastorales passées.Nous avons essayé de découvrir à travers nos comportements antérieurs quelles étaient les valeurs qui nous guidaient.La deuxième étape a été de chercher quel avait été vraiment notre projet à ce moment-là, en nommant les valeurs que l\u2019on voulait transmettre.Avez-vous remarqué des comportements pastoraux inadéquats que vous avez remis en question par votre réflexion?\u2014\tComme prêtre, j\u2019étais porté à penser toujours en terme d\u2019action.J\u2019ai réalisé une chose: c\u2019est que c\u2019est plus important de regarder d\u2019abord dans un milieu les valeurs qui se vivent, les aspirations des gens, pour ensuite éclairer cette vie-là d\u2019une façon valable sur le plan chrétien.\u2014\tDans ce sens-là, j\u2019ai découvert que la pastorale que j\u2019avais faite jusqu\u2019ici, c\u2019était une pastorale de choses.Je faisais des choses sans trop savoir pourquoi: j\u2019accomplissais des rites qui n\u2019étaient pas nécessairement en relation avec les besoins des gens.Je voulais être présent à mon milieu et à ce moment-là, je ne savais pas trop pourquoi.Dans une perspective de pastorale missionnaire, je veux dorénavant partir de la vie, un peu comme Jésus qui a commencé par connaître du monde puis a bâti son projet.\u2014\tIl y a une chose que je dois ajouter à cela.Les autres années, je n'avais pas en tête l\u2019objectif que je poursuivais.Cette année en regardant le projet de Jésus, en regardant le milieu, ses valeurs, eh bien, je suis capable d\u2019élaborer un objectif que je veux poursuivre, et cet objectif-là, maintenant je le traduirai dans des gestes concrets.-\u2014- Moi, j\u2019ai appris à relativiser ce qui doit être relativisé, ce qui doit être secondaire.C\u2019est l\u2019espérance de vie qui est l\u2019essentiel du projet de Jésus et cette espérance doit se célébrer, se partager, s\u2019incarner.Je vois beaucoup plus comment incarner ce message-là.Je me sens plus ouvert aux initiatives nouvelles.179 J'ai I impression que ce que vous dites là, vaut pour toute la chrétienté.Or vous avez comme préoccupation le monde ouvrier.Vous êtes-vous arrêtés à connaître ce monde spécifique que vous voulez évangéliser?\u2014\tOn a découvert que le monde ouvrier n\u2019était pas sur la carte, dans le sens qu il ne participait pas à la construction de la société.La définition qu\u2019on a donné du monde ouvrier, c\u2019est: \u201ccelui qu\u2019on ne laisse pas participer, qui ne réussit pas à faire valoir sa culture autant que les autres couches de la société\u2019\u2019.Vous avez été transplantés ici dans un milieu que vous ne connaissiez pas.Quelle méthodes avez-vous prises pour connaître ce milieu-là, puisque vous dites que vous voulez partir des valeurs du milieu.\u2014\tC'est là tout le deuxième aspect de nos études, la sociologie, avec Serge Carlos.Nous avons été initiés à des méthodes sociologiques applicables dans chacun de nos milieux.Nous nous sommes familiarisés avec ces méthodes en faisant des recherches dans le milieu ouvrier de Montréal.\u2014\tConcrètement ce qu\u2019on a fait c\u2019est une recherche sur les élections municipales.On a voulu évaluer par différentes méthodes sociologiques la participation des gens aux élections.On a cherché jusqu\u2019à quel point les ouvriers participaient aussi aux mouvements d'action sociale.On a écrit un article qui a été publié dans la revue MAINTENANT.\u2014\tActuellement on a deux recherches en marche: une sur la Saint-Vincent-de-Paul et une autre sur le recyclage.\u2014\tMais c\u2019est plus global que ça.Il y a aussi l'insertion qu\u2019on a fait dans un mouvement de promotion collective.Il y a le ministère qui nous a plongés dans le milieu, par exemple, le M.T.C.\u2014\tIl y a aussi la vie dans le quartier, en logement, qui nous a permis de toucher du doigt la vie du monde ouvrier et de partager un peu leurs conditions de vie.Il y a également les interviews, les observations qu\u2019on a faites auprès des échevins ou dans des assemblées politiques.\u2014\tIl ne faudrait pas oublier toutes les personnes ressources, les animateurs sociaux, les types engagés dans différents mouvements, les ouvriers qui sont venus ici.Toute cette information vivante, c\u2019est important.Vous avez parlé d'insertion dans un mouvement de promotion collective.En quoi cela consistait exactement?180 \u2014\tMoi.j\u2019étais dans un comité d\u2019action politique, j\u2019étais dans un projet de développement.Je participais à l\u2019atelier qui s\u2019occupait des chômeurs.D\u2019autres ont voulu mener leur action à la Maison du Quartier, dans l\u2019équipe des animateurs.\u2014\tMoi aussi, j\u2019ai travaillé dans un CAP (comité d\u2019action politique).J'ai fait beaucoup de porte-à-porte pour informer les gens et connaître leurs réactions.Quel lien faites-vous entre un engagement profane et votre situation de prêtre?Comment vous voyiez-vous là-dedans?Avez-vous le goût de continuer de tels engagements?\u2014\tCertainement.Je ne me trouvais pas en dehors de mon rôle de prêtre en travaillant au CAP.Je pense que si on veut travailler dans un projet chrétien il faut qu\u2019il y ait déjà un projet humain en marche.Il y a parfois des valeurs humaines qu\u2019il faut à tout prix développer et je pense que, comme homme, comme citoyen, on a le devoir de travailler avec d\u2019autres personnes à la promotion de ces valeurs-là.On commence par découvrir les valeurs du milieu, puis le projet chrétien, enfin une espérance chrétienne.\u2014\tPersonnellement, je voulais vivre cette expérience-là comme militant.Je sais que je suis prêtre et je ne renie pas ça.Si j\u2019y vais, moi, c\u2019est au nom de Jésus-Christ parce que Jésus-Christ, le projet des hommes il est pour ça.Je me suis senti tiraillé mais la synthèse se fait.\u2014\tLe gros danger là-dedans, c\u2019est qu\u2019on ne respecte pas l\u2019autonomie de cette activité humaine-là.Par exemple, essayer de se servir du CAP pour faire de l\u2019apostolat alors que ce n\u2019est pas un mouvement apostolique.C'est toujours l'ambiguïté.En tout cas, j\u2019ai découvert que l\u2019espérance que je propose comme prêtre doit partir de ce que les gens vivent et non pas des airs.C\u2019est important de nommer les expériences qui se vivent si on veut pouvoir dire qu\u2019elles vont aboutir.Est-ce que le rôle du prêtre ne serait pas de former les chrétiens qui travaillent là plutôt que de s'engager lui-même?\u2014\tOn est à deux niveaux et il ne faut pas mettre les deux en opposition.Là-dessus les résultats de l\u2019Action catholique me laissent songeur.Est-ce qu\u2019on peut vraiment former des laïcs militants si vraiment on n\u2019a pas vibré au même rythme et avec les mêmes préoccupations que le milieu ouvrier.Cet aspect de formation des laïcs pour jouer ce rôle-là n\u2019est pas exclu, mais je pense qu\u2019il suppose un engagement 181 beaucoup plus concret du prêtre, non pas comme celui qui est en haut et qui forme des gens, mais comme celui qui chemine avec les gens.A travers ce cheminement-là, il travaille à bâtir un milieu chrétien qui, lui, va se prendre en charge et va prendre en charge la mission de 1 Eglise.Mais le prêtre ne peut pas se situer au-dessus des gens, leur bourrer le crâne pour leur dire après cela: allez-y.D'après vous, il ne peut pas y avoir d'animation sans insertion?\u2014\tÇa n exclut pas qu\u2019il y ait d\u2019autres prêtres qui exercent un ministère dans l\u2019ordre du rassemblement eucharistique ou comme aumônier du M.T.C.Je trouve qu\u2019il y a des prêtres qui peuvent travailler à différents niveaux.Le travail du prêtre au niveau du CAP ne s\u2019oppose pas au travail du prêtre au niveau du M.T.C.Au contraire, ces travaux se rejoignent: ils rejoignent un projet global de pastorale.\u2014\tAu début j\u2019avais conscience que j\u2019étais un prêtre.Mais de plus en plus j\u2019ai pris conscience que j\u2019étais aussi un homme, que j\u2019étais un citoyen.A ce moment-là, quel que soit le milieu dans lequel je vais retourner, je ne voudrais pas être seulement le curé ou le professionnel, mais je voudrais être de la \"gang\u201d, un parmi les autres, un dans le quartier.A ce stade-ci de l'année, y a-t-il un projet de type plus missionnaire que vous entrevoyez?\u2014\tPrésentement chacun est en train d\u2019élaborer un projet qui sera critiqué par le groupe.A Québec, nous sommes en train de construire un projet qui ressemble un peu à celui des Oblats, ici, en quartier.Je pense qu\u2019il est fondamentalement missionnaire par le fait qu'on veut rejoindre les gens comme prêtre, mais aussi les connaître et partager le plus possible avec eux.Dans ce projet-là, il y a résidence en quartier et possibilité de travail en usine: participation aux activités collectives, comme les comités de citoyens, les H.L.M.\u2014\tDans le milieu ouvrier où je retourne, il y a un problème social qui se traduit en terme de non-participation du milieu ouvrier face à la vie politique, économique et sociale, et à plus forte raison au niveau de la vie de l'Eglise et de la pastorale paroissiale.Il me semble prioritaire d\u2019orienter la pastorale dans le sens d\u2019une meilleure connaissance de ce milieu-là et de provoquer une réflexion chez les ouvriers sur leur propre vie en milieu de travail, de loisirs, de participation sociale.\u2014\tChez nous, il y a un projet possible de trois prêtres qui formeraient une équipe sur le territoire d\u2019une paroisse.Chacun aurait sa spécialité: un s\u2019occuperait de pastorale familiale, un autre de pastorale ouvrière, un autre de pastorale scolaire.\u2014\tDepuis Je mois d\u2019octobre, j\u2019ai un projet en marche qui est accepté par le conseil diocésain de pastorale et le conseil de zone où je vais travailler.Il s'agit d\u2019une résidence en quartier avec une équipe, avec comme objectif de réaliser la promotion humaine et chrétienne des gens.\u2014\tA Montréal, il y a plusieurs possibilités qui s\u2019offrent.En particulier dans la région Hochelaga-Maisonneuve où on est en train d\u2019étudier le réaménagement des paroisses.Il y aurait la possibilité d\u2019organiser un projet dans ce secteur-là, au niveau de tout le secteur.Une dernière question.Au début, dans le projet du C.P.M.O., les stagiaires devaient participer à l\u2019élaboration du programme et bâtir ensemble l\u2019année.Dans quelle mesure chacun a pu participer à l\u2019élaboration du programme, à la marche de l'année?\u2014\tIl y a eu le pré-stage qui nous a permis de nous exprimer sur nos besoins, sur nos expériences vécues et les difficultés rencontrées dans nos milieux.\u2014\tAu cours de l\u2019année, nous nous sommes divisés en deux équipes de logement.Chacune des équipes s\u2019est nommé un représentant au comité de direction pour élaborer les programmes et la marche de l\u2019année.Il y a eu aussi des réunions d intégration à tous les quinze jours où il était question des objectifs qu\u2019on s\u2019était fixé au début de l\u2019année et qu\u2019on révisait, ou de différents points concrets qu\u2019on voulait décider en commun.\u2014\tAprès chaque période de travail, il y avait toujours une mise au point, un retour sur la période, avant de continuer ou de franchir une nouvelle étape.\u2014\tLa façon dont le directeur du Centre a rempli son rôle a favorisé la participation de chacun dans le déroulement de l\u2019année et dans la prise de décision.LES STAGIAIRES 1970-71 Jean-Pierre Aumont, c.s.c., Thetford Mines (Québec) Henri-Paul Blondeau, Montréal\tClaude Leblanc, c.ss.r., Manitoba Jean-Paul Doucet, Trois-Rivières\tEvariste Lessard, o.f.m., Québec Charles Grenier, cap.Montréal\tAlphonse Richard, Moncton, N.B.Raymond Guay, Québec\tGérard Ringuette, Sherbrooke Michel Lacroix, Hull\tMaurice Savard, Chicoutimi 183 Le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier Claude Lefebvre, f.c.Ce qui est poursuivi .Le Centre vise à ce qu\u2019au terme du stage chacun se trouve équipé pour inventer et bâtir, au sein de son Eglise diocésaine, un projet pastoral qui s inscrive en vérité dans la mission de Jésus-Christ et qui \"parle\u201d aux hommes.Dans cette perspective, deux objets de recherche s\u2019imposent: \u2014\tl\u2019intervention de Jésus-Christ et son prolongement par l\u2019Eglise \u2014\tles milieux ouvriers et défavorisés, aujourd\u2019hui, chez-nous.Comment on s\u2019y engage.Pour une large part, le Centre est appelé à se rebâtir chaque année pour permettre une contribution maximale des stagiaires eux-mêmes, et répondre le plus adéquatement possible à leurs besoins.C\u2019est ensemble que nous déterminons l'emploi du temps, le fonctionnement du groupe et l'objet précis des travaux de recherche.Cette perspective nous semble nécessiter: 1 ) la limitation du nombre des stagiaires à un maximum de vingt, 2)\tde la part de chaque stagiaire, une expérience antérieure de quatre ou cinq ans d\u2019engagement, 3)\tchez eux, également, une motivation personnelle certaine.En ce sens, chacun est invité à remettre avant la fin de mai un texte de quatre ou cinq pages où il exprime les questions majeures qu\u2019il se pose quant à son engagement apostolique en milieu ouvrier; 4)\tun pré-stage, qui aura lieu cette année du H au 25 juin; 5)\tchez les responsables, le courage d\u2019informer dès que possible, où à la lumière du pré-stage, ceux pour lesquels ils jugeraient que le stage ne convient pas.C.P.M.O.1584, rue Panet Montréal 133.184 Pour le stage 7 I -72 Deux questions importantes devront trouver leurs réponses au cours des prochains mois, à la lumière de multiples échanges et de l\u2019apport de futurs stagiaires.1\t\u2014 Le Centre doit-il s\u2019ouvrir dès cette année à des laïcs et à des religieuses engagées dans l\u2019évangélisation du monde ouvrier, ou au contraire, demeurer pour un temps encore, au service exclusif des prêtres?2\t\u2014 En vue de l\u2019étude de notre société, et particulièrement des catégories sociales qui se trouvent \"au bas de l\u2019échelle\u201d, le Centre s\u2019était assuré, pour cette année, la contribution à mi-temps d\u2019un sociologue.Sous la direction de celui-ci, le groupe lui-même se détermina comme suit un programme de travail: a) initiation générale à la sociologie et apprentissage de techniques sociologiques, b ) réalisation de deux recherches sur des thèmes choisis par le groupe.Pour le stage 71-72, serait-il opportun de pré-déterminer deux objets spécifiques d\u2019étude qui légitimeraient peut-être la constitution de deux sous-groupes distincts au sein des stagiaires: a)\tl\u2019un serait axé sur le monde du travail: organisation d\u2019une entreprise de production, les conditions de travail, les relations humaines au sein d\u2019une usine, les transformations technologiques, le temps supplémentaire, etc.b)\tl\u2019autre sous-groupe étudierait de façon spécifique des populations ouvrières ou défavorisés au sein desquelles se vivent des interventions \"d\u2019animation sociale\u201d.Ces deux questions s\u2019adressent à tous ceux qui sont intéressés au C.P.M.O.et aux objectifs qu\u2019il poursuit.De façon particulière, elles s\u2019adressent à ceux (et celles?) qui envisageraient d\u2019être de la partie pour le stage 71-72.Pour plus d'informations sur le C.P.M.O., le lecteur peut référer à des publications antérieures de \"Prêtres et Laïcs\u201d: \u2014 Nov.1969, p.523: Claude Lefebvre, \"Centre de recherche et de formation pastorale pour les milieux populaires\".\u2014 Janv.1970, p.59: Jacques Archibald, (Chronique du Centre) \"L'opinion d'un Laïc\".\u2014 Févr.1970, p.113: Jacques Archambault, (Chronique du Centre) \"La formation des prêtres vue par un syndicaliste\".\u2014 Avril 1970, p.239: Yves Côté, o.p.: (Chronique du Centre) \"Les critères évangéliques de l'agir pastoral\".-\u2014 Octobre 1970, p.483: Claude Lefebvre, \"Le Centre de Pastorale pour le Milieu ouvrier\".185 Un an de travail en usine André Pellerin, ptre En mai 1969, une mission m\u2019était confiée par l\u2019Eglise de Montréal: aller travailler en usine dans une condition semblable à celle des travailleurs.Cette décision faisait suite à une période de réflexion de prêtres et de laïcs au niveau de la paroisse, de la zone (en partie), de la région et du diocèse.Pendant un an, j\u2019ai travaillé de corps et d\u2019esprit dans une manufacture de sacs en papier.\u2014 De corps, puisque j\u2019ai réellement voulu vivre et me situer au même niveau que mes compagnons de travail: suer avec eux, gagner un petit salaire avec eux, travailler avec eux, dans le bruit, à la production, subir avec eux les conséquences d\u2019un travail sur le shift du soir (de 4 h.30 p.m.à 1 h.a.m.), cheminer avec eux à travers les complications, les énigmes et la lenteur que comporte la signature d\u2019une nouvelle convention collective.\u2014 D\u2019esprit, puisque je me situais dans ce milieu comme un gars capable de faire des liens, capable de rassembler, appelé à faire prendre conscience de certaines conditions de travail qui sont anormales pour des êtres humains, appelé à provoquer une réflexion valable sur les événements qui ont marqué le monde pendant cette année-là, désireux de prendre avec eux (une minorité) des responsabilités au plan syndical, désireux de voir avec eux comment l\u2019épanouissement d\u2019une personne humaine est plus important que le bon fonctionnement d\u2019une machine, réagissant devant toute intervention patronale destructrice de la personne humaine, me réjouissant avec eux quand, ensemble, quelques employés, conscients de la situation, nous avions réussi à provoquer un changement pour le mieux.L\u2019homme que je suis est prêtre, missionnaire, rassembleur, annonceur de la Parole de Dieu: tout ce que je vivais, c\u2019est ma personne, en- 186 voyée par l'Eglise, qui le vivait pour une plus grande justice, pour une meilleure fraternité et un peu plus de solidarité dans le milieu.En faisant concrètement une action dans le milieu (particulièrement au niveau syndical), j\u2019ai personnellement compris combien il est important que les chrétiens soient présents dans tout cela puisque j\u2019ai pris conscience que le Seigneur y est présent (n\u2019y a-t-il pas recherche d\u2019une vie plus vraie?) mais qu\u2019il faut le révéler, il faut manifester cette présence.Ce travail, de corps et d\u2019esprit, et cette mission diocésaine ont fait de moi un homme vraiment chanceux: même si j\u2019ai ressenti un moment donné une manière de peur devant cette cellule d\u2019un monde à construire (le Royaume à bâtir), j\u2019ai vécu des moments formidables avec des gars et des filles (du shift de jour et du shift de soir) qui m\u2019ont aidé à voir clair dans le cheminement vers une vraie libération.J\u2019étais \u201cdans la glaise\u201d comme dit Jacques Grandmaison, j\u2019ai vu noir, j\u2019ai cherché l\u2019amour avec des gars et des filles qui ont faim et soif de vivre le Sermon sur la montagne.Tout ce que je viens de décrire, je n\u2019ai pas voulu le vivre d\u2019une façon isolée: personnellement, cependant, il me semble ne pas avoir assez réfléchi.Pendant cette année-là, rares étaient les rencontres avec des personnes ou des groupements où, à un moment ou l\u2019autre de la conversation ou de l\u2019échange, la situation du prêtre au travail ne venait pas sur le tapis; la plupart du temps, par contre, non pour une réflexion mais pour une information.Durant cette période à la manufacture de sacs en papier, une équipe de M.T.C.s\u2019est mise en marche: trois couples de la paroisse Ste-Cuné-gonde et moi, nous nous sommes arrêtés pour réfléchir, et ma façon de procéder à l\u2019usine a été éclairée par nos réflexions sur notre monde, celui du travail.De plus, rencontres de la J.O.C.au niveau local, diocésain et national et participation à la semaine de formation de Duchesnay.Au niveau de l\u2019équipe presbytérale à laquelle j'appartenais, la réflexion s\u2019est faite plus au niveau individuel que collectif, à cause de mes heures de travail (je finissais de travailler à une heure du matin).Une rencontre réellement solide et conséquente au niveau du Conseil de Pastorale de la paroisse a permis de voir beaucoup plus clairement la mission de l\u2019Eglise dans cette affaire.187 Une fois ou 1 autre, j\u2019ai rencontré les trois communautés religieuses vivant sur le territoire de la paroisse: encore là, plus d\u2019information que de réflexion \u2014 par contre, pour elles, il y a eu peut-être un \u201cflash\u201d sur la réalité de la vie en usine.Après une assemblée du syndicat, nous nous sommes rassemblés une couple de gars, dans une taverne \u2014 il en est résulté une connaissance différente du prêtre, et de ce fait, une nouvelle façon de voir 1 Eglise, une image qui correspond davantage à la réalité vécue de ces ouvriers.Les rencontres avec Ugo Benfante (prêtre au travail, en usine) ont malheureusement été trop rares et trop dispersées: elles m\u2019ont cependant permis de toujours mentionner à mes compagnons de travail que je ne suis pas une exception au clergé de Montréal.Deux rencontres avec les gars de la Mission Pierre et Paul nous ont fait partager des préoccupations semblables, tout en solidifiant, pour moi, l\u2019absolue nécessité du lien avec une communauté vraie de chrétiens, prêtres et laïcs Tout cela peut sembler beaucoup; concrètement c\u2019est très peu mais ça permet de prendre conscience que l\u2019Eglise est bien en marche puisqu\u2019il y a de ses membres qui vivent en fonction de la \u201clibération des énergies\u201d comme nous le disait Martin Roberge à l\u2019occasion du Carrefour des aumôniers de J.O.C.Au cours et à la fin d\u2019une telle année, on ne peut pas faire autrement que de se poser un tas de questions, les unes plus délicates que les autres, les unes plus essentielles que les autres.Il ne s\u2019agit pas ici de lancer la pierre à qui que ce soit, mais je me suis demandé quelle sorte de chrétiens nous avons formés, comment nous les avons aidés à faire de leur vie un signe de Dieu, en somme comment nous leur avons révélé Dieu à ces hommes et ces femmes qui le connaissent d\u2019une façon si déformée qu\u2019ils croient davantage à un \u201cdieu en haut\u201d qu\u2019à un \u201cDieu avec\u201d: \u2014 c\u2019est à cause de tout cela peut-être qu\u2019ils ne veulent pas se reconnaître membres de l'Eglise.Dans cette même ligne, je me suis demandé quelles implications pastorales pouvait avoir mon travail en usine \u2014 j\u2019y ai rencontré une centaine d\u2019ouvriers qui, je suis convaincu, ne sont pas en lien avec l\u2019un des prêtres de leur paroisse, ni même avec un chrétien engagé dans leur milieu de vie.188 Pourquoi y a-t-il si peu de prêtres engagés en milieu ouvrier?Les aumôniers d\u2019écoles sont autrement plus nombreux que les prêtres en milieu ouvrier \u2014 ça me donne à me poser des questions sur les options de l\u2019Eglise de Montréal.Les ouvriers ont les yeux clairs, l\u2019apparente richesse de l\u2019Institu-tion-Eglise est beaucoup plus visible que la Communauté de croyants partageant et mettant en commun tout ce qu\u2019ils ont de bon: la façon de vivre des Fils de Dieu ne donne pas le goût de vouloir vivre comme eux.et pourtant les ouvriers veulent vivre une vie libérée.Personnellement, je me suis demandé s'il me fallait être actif au plan syndical, au point de prendre des responsabilités qui, en temps normal, devraient être entre les mains de laïcs responsables et conscients de leur situation: à des moments bien déterminés, j\u2019ai senti le besoin d\u2019agir et, de fait, j\u2019ai partagé des coups durs et des événements heureux avec des employés de l\u2019usine, particulièrement avec ceux qui travaillaient sur le même shift que le mien, au niveau de la signature de la convention collective; j\u2019ai aussi accepté des responsabilités qui m\u2019étaient demandées, principalement au plan de la réflexion et de la sensibilisation.Dans l\u2019Eglise, on aura beau parler, si on ne fait rien ce sont des paroles en l\u2019air: il faut absolument agir (toujours dans la ligne de l\u2019évangile, n\u2019acceptant pas la résignation et le \u201cprie, ça va s'arranger\u201d).Quelles sortes d\u2019actions les membres de l\u2019Eglise, personnellement et collectivement, ont-ils entreprises ou entreprennent-ils avec les ouvriers qui sont dans le trou?Il y a aussi toute la liturgie de l\u2019Eglise qu\u2019il faut remettre en question: les lectures à la messe du dimanche, les célébrations froides et impersonnelles qui éloignent au lieu de rapprocher.Et ces grosses bâtisses qu\u2019on a sur le dos, ces presbytères de vingt chambres pour trois prêtres, ces églises immenses avec lesquelles on ne sait pas quoi faire.17 octobre 1970 189 Nous voulons remercier ceux qui nous ont encouragé à l\u2019occasion du 20e anniversaire de la revue.La direction JOSEPH EUE LTEE Huile à chauffage et brûleurs SERVICE JOUR ET NUIT GASTON ÉLIE, PRÉSIDENT 1440 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal 107, P.Q.Tel.: 861-9555 P.L.TURCOTTE Confection et Réparations MARCHAND DE FOURRURES 464, De la Chapelle, QUÉBEC\tTel.: 524-1030 rassembler Un nouveau guide d'animation liturgique et communautaire publié par l\u2019équipe de Prions en Eglise avec la collaboration d\u2019équipes liturgiques.Une idée, une image, un message pour chaque dimanche de l\u2019année.Trente-six pages abondamment illustrées comprenant des canevas d\u2019homélies pour tous les dimanches et fêtes de l\u2019année, des reportages et réflexions sur les réalisations liturgiques et communautaires, les modes et instruments d\u2019animation visuels et audio-visuels, etc.Rassembler paraît 6 fois l\u2019an.L\u2019abonnement annuel: $6.50 Abonnez-vous et abonnez chaque membre de votre équipe liturgique à Rassembler, expédié à domicile sur requête.Je désire m\u2019abonner à Rassembler O pour un an Q pour deux ans, au prix de $6.50 l\u2019abonnement annuel, de même que les personnes dont vous trouvez la liste ci-jointe.nom RESPONSABILITE DIOCESE ADRESSE VILLE PROV.SIGNATURE © NOVAL1S Université Saint-Paul, 1, rue Stewart, Ottawa, Ontario r V\"- $ STEINBERG Au service de la famille canadienne depuis 1917 SI k- Hommages Rimouski, Que.TéL: 723-12 12 LE SALON DE BEAUTÉ POUR L'AUTO G.LEBEAU Ltée 5940, rue Papineau Montréal, Tel.: 273-886I 400 St-VaIlier.Est Québec, TéL: 522-6816 I690, boul.Labelle Chomedey, TéL: 688-275I 6270, Upper Lachine Montréal, TéL: 489-8221 Toits \u2014 Housses \u2014 Nettoyage 405 ouest, Curé Poirier Jacques-Cartier, TéL: 677-9136 inférieur \u2014 Rembourrage \u2014 Vitres Produits Shell Oil Company\tProduits General Tire & Rubber Company La Compagnie distributrice du Saint-Laurent Ltée Entrepôt, Bureau, RIMOUSKI-EST\tTel.: 723-7273 F.-X.DROLET INC.Atelier de mécanique et fonderie QUÉBEC, 245, rue Du Pont Spécialité: ascenseurs\tTél.: 522-5262 MONTRÉAL, 2111, boul.Henri-Bourassa est\tTel.: 389-2258 BERNARDIN FRERES Inc.COURTIERS D'ASSURANCES AGREES Maurice Jean-Louis Pierre Jacques Bernardin, Bernardin, Bernardin, Thériault, C.D'A.A.C.D'A.A.C.D'A.A.C.D'A.A.Claude Raymond René Claud Bernardin, Bernardin, Couillard, ; Audren, C.D'A.A.C.D'A.A.C.D'A.A.C.D\u2019A.A.715, Carré Victoria, suite 410\tTél.: (514) 845-6257 MONTRÉAL 126 Laboratoire DU-VAR Inc.Manufacturier de cosmétiques et de parfumerie NOUVELLE ADRESSE 1004 PORT-ROYAL EST\tMONTRÉAL 358\tTél.: 388-8602 BYTOWN LUMBER CO.Georges Bonhomme, Gérant 1021, Chemin Cyrville, Ottawa 7 OVERNITE EXPRESS LIMITED Ottawa \u2014 Hull: 777-4301 Montréal \u2014 Toronto \u2014 Hamilton \u2014 Hawkesbury \u2014 Buckingham \u2014 St-Jérôme \u2014 Maniwaki \u2014 Shawville \u2014 Pembroke \"LARGE OR SMALL WE HAUL IT ALL** Ce n\u2019est pas en tournant le dos à la famille d\u2019aujourd\u2019hui, mais en essayant de localiser la cause réelle des problèmes familiaux qu\u2019on pourra les solutionner.Une fois qu\u2019on les aura localisés, essayer de trouver des solutions, mais des solutions qui évitent de mettre les familles dans une situation de dépendance vis-à-vis la société, vis-à-vis le gouvernement.Or, selon moi, la seule solution c\u2019est que les parents, en tant que citoyens d\u2019un pays, participent à la mise en place d\u2019une politique familiale.(page 143) Philippe Garigue 8755 "]
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